dimanche 23 décembre 2012

Sainte MARGUERITE d'YOUVILLE, fondatrice


Marguerite d'Youville (1701-1771)

Fondatrice de la Congrégation des Soeurs de la Charité

Première fleur de sainteté aux racines canadiennes, MARGUERITE d'YOUVILLE naît à Varennes (Québec), le 15 octobre 1701. Enfant de Christophe Dufrost de Lajemmerais et de Marie-Renée Gaultier de Varennes, ella sera suivie de deux soeurs et trois frères. À sept ans, elle est orpheline de père. Sa famille connaît dès lors une grande pauvreté. Grâce à l'influence de Pierre Boucher, son arrière-grand-père, Marguerite bénéficie de deux années d'études chez les Ursulines de Québec. Ses éducatrices décèlent chez elle un caractère bien trempé et une grande maturité.

De retour au foyer, l'adolescente seconde sa mère dans la tenue de la maison et l'éducation de ses frères et soeurs. Plus tard, elle suit à Montréal sa mère remariée et fait la connaissance de François d'Youville qu'elle épouse en 1722. Très tôt, elle réalise qu'il devient indifférent à son foyer. Elle souffre de ses fréquentes absences et de son commerce de l'alcool avec les Indiens. Des six enfants qu'elle met au monde, quatre décèdent en bas âge. À ces épreuves s'ajoute celle de la cohabitation avec une belle-mère exigeante. Lorsqu'une maladie soudaine et mortelle atteint son mari, Marguerite veille sur lui avec tendresse jusqu'à ce qu'il meure, en 1730, la laissant enceinte du sixième enfant qui ne survivra pas.

La jeune veuve saisit progressivement l'amour de sollicitude de Dieu pour tous les humains et se sent pressée de manifester cette compassion autour d'elle. Avec une immense confiance en la Providence de ce Dieu qu'elle aime comme un Père, elle entreprend de multiples ceuvres en réponse à des besoins non comblés. Tout en veillant à l'éducation de ses deux fils qui deviendront prêtres, elle accueille chez elle une aveugle, le 21 novembre 1737. Puis, avec trois compagnes qui partagent ses visées, elle se consacre à Dieu, le 31 décembre 1737, pour le servir dans la personne des plus démunis. Marguerite devient alors, à son insu, fondatrice de l'Institut connu plus tard sous le nom de Soeurs de la Charité de Montréal, "Soeurs Grises".

En se rangeant du côté des pauvres, Marguerite fait éclater les cadres sociaux de son époque. Aussi cette femme audacieuse est-elle la cible des railleries et des calomnies des siens et de son milieu. Elle persévère dans son projet malgré une santé ébranlée et la mort d'une associée.

L'incendie qui détruit son logis l'amène à radicaliser son engagement au service des pauvres. Avec ses deux compagnes de première heure, elle s'engage, le 2 février 1745, à tout mettre en commun pour aider un plus grand nombre de personnes dans le besoin. Deux ans plus tard, la "mère des pauvres", comme on l'appelle déjà, prend la direction de l'Hôpital des Frères Charon qui tombe en ruine. Elle en fait un refuge pour toutes les misères humaines que son oeil perspicace sait découvrir. Avec ses soeurs et les collaborateurs et collaboratrices dont elle s'entoure, Marguerite met sur pied des services en faveur des pauvres aux mille visages.

En 1765, un incendie ravage l'hôpital, mais non la foi et le courage de la fondatrice. Elle invite alors ses soeurs et les pauvres à reconnaître le passage de Dieu dans cette épreuve et à le louer. Et comme si elle voyait l'avenir, elle entreprend, à 64 ans, la reconstruction de ce refuge des gens mal pris. Épuisée, Marguerite décède le 23 décembre 1771, laissant le souvenir d'une mère qui a servi avec compassion Jésus Christ dans les démunis.

Le petit grain jeté en terre canadienne en 1737 par cette fille de l'Église, devient un arbre qui étend ses racines sur presque tous les continents. Les Soeurs de la Charité de Montréal, "Soeurs Grises", avec leurs communautés-soeurs: les Soeurs de la Charité de St-Hyacinthe, les Soeurs de la Charité d'Ottawa, les Soeurs de la Charité de Québec, les Grey Nuns of the Sacred Heurt (Philadelphia) et les Grey Sisters of the Immaculate Conception (Pembroke) poursuivent la même mission avec audace et espérance.

Le 3 mai 1959 le pape Jean XXIII proclamait bienheureuse cette Mère à la charité universelle, cette femme au coeur sans frontière. Depuis ce jour, la dévotion du peuple à cette grande servante des pauvres n'a cessé de croître et de nombreuses faveurs sont obtenues par son intercession. L'une d'elles, la guérison d'une jeune femme atteinte de leucémie myéloblastique en 1978, a servi de miracle requis pour sa canonisation.

Aujourd'hui encore, Marguerite d'Youville sait comprendre, pour les avoir vécues, les situations pénibles qui marquent tant d'enfants orphelins, d'adolescents inquiets de l'avenir, de jeunes filles aux espoirs déçus, d'épouses brimées dans leur amour, de familles monoparentales, de personnes engagées dans les oeuvres caritatives et de celles dont la vie est consacrée à Dieu au service de leurs frères et soeurs.




CANONIZZAZIONE DI MARGHERITA D’YOUVILLE


OMELIA DI GIOVANNI PAOLO II


Basilica Vaticana - Domenica, 9 dicembre 1990


Carissimi fratelli e sorelle!

“Preparate la strada del Signore, raddrizzate i suoi sentieri”.

1. Ci troviamo ormai nel cuore dell’Avvento. La chiamata profetica dell’antica alleanza, le parole del grande Isaia risuonano oggi sul Giordano: “Raddrizzate i sentieri”. “Si presentò Giovanni . . . predicando un battesimo di conversione per il perdono dei peccati” Durante l’Avvento la comunità cristiana ascolta di nuovo l’invito di Giovanni al battesimo di conversione, che preannuncia già vicino “il battesimo con lo Spirito Santo” (Mc 1, 3. 4. 8).

“Dopo di me viene uno che è più forte di me e al quale io non sono degno di chinarmi per sciogliere i legacci dei suoi sandali” (Mc 1, 7). La Chiesa non torna su queste parole come se fossero soltanto parole del passato, storiche: essa vive di tutta la loro attualità. L’Avvento è la dimensione essenziale della sua vita in ogni epoca. E così, da questo perenne Avvento ecclesiale nascono i santi, i quali, lungo ogni nuova epoca e in sempre nuove situazioni, “preparano la strada del Signore” e “raddrizzano per lui i sentieri” (Mc 1, 3) dell’esistenza umana.

2. Aplanir la route du Seigneur, c’est, pour Isaíe, ouvrir la route à celui qui vient délivrer, guérir et sauver. La première lecture nous a fait entendre cet appel pressant: “Consolez, consolez mon peuple”. Historiquement, le prophète annonçait la consolation d’Israël par sa délivrance d’un empire où il était captif. Aujourd’hui, nous méditons la vérité de ces paroles divines lorsqu’elles viennent frapper l’oreille et l’esprit d’une femme ouverte à l’appel de Dieu. Marguerite d’Youville nous apparaít comme une femme qui a entendu le Seigneur lui dire: “Console mon peuple”, “prépare mon chemin en allant chercher les plus pauvres, ceux dont la vie est une longue suite de souffrances sans issue”. Et la voici, jeune veuve, qui se consacre au service exclusif des pauvres de Montréal. A l’image de son Seigneur qui “rassemble les agneaux, les porte sur son cœur et prend soin des brebis qui allaitent leurs petits”, la voici saisie par la lumière fulgurante de l’amour du Père. Elle réunit des compagnes qui s’engagent à tout mettre en commun pour redonner cet amour aux petits et aux pauvres.

Avec leur “Mère à la charité universelle”, les “Sœurs Grises” “reconnaissent Jésus-Christ dans la personne des pauvres”. Elles ont “pour eux toute la déférence possible et les servent avec joie”.

“Consolez, oui, consolez mon peuple”.

Ecco le parole del Santo Padre in una nostra traduzione italiana.

2. Spianare la strada del Signore, è, per Isaia, aprire la strada a Colui che viene a liberare, a guarire e a salvare. La prima lettura ci ha fatto sentire questo pressante appello: “Consolate, consolate il mio popolo”. Storicamente, il profeta annunciava la consolazione di Israele attraverso la sua liberazione da un impero dove era schiavo. Oggi, noi meditiamo la verità di queste parole divine dal momento che hanno colpito le orecchie e lo spirito di una donna aperta alla chiamata di Dio. Margherita d’Youville ci appare come una donna che ha sentito il Signore dirle “Consola il mio popolo”, “prepara il mio cammino andando a prendere i più poveri, coloro la cui vita è un lungo susseguirsi di sofferenze senza via d’uscita”. Ed eccola, giovane vedova, che si consacra al servizio esclusivo dei poveri di Montréal. A immagine del suo Signore che “raduna gli agnelli, li porta sul petto e conduce pian piano le pecore madri che allattano i loro piccoli” (Is 40, 11), eccola presa dalla luce folgorante dell’amore del Padre. Riunisce delle compagne che si impegnano a mettere tutto in comune per ridare questo amore ai piccoli e ai poveri. Con la loro “Madre della carità universale” le “Suore Grigie” “riconoscono Gesù Cristo nella persona dei poveri”. Hanno “per loro tutta la deferenza possibile e li servono con gioia” (cf. Regolamento delle Suore Grigie).

“Consolate, sì, consolate il mio popolo”.

3. “Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent”. Sainte Marguerite d’Youville, dans l’Avent de l’Eglise, nous donne avec tous les saints une image du monde nouveau où règnent l’Amour, la Vérité, la Justice et la Paix. Saint Pierre le dit: “Ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice”. Dans son dévouement quotidien, Marguerite apporte aux plus démunis un peu de cette nouveauté: une communauté d’amour où les petits sont respectés parce que le Seigneur leur est proche, parce qu’il est présent dans leur cœur. Pour la sainte que nous honorons, c’est la charité concrète de chaque jour qui fait triompher la justice selon Dieu et qui révèle la présence du monde nouveau: “Son salut est proche de ceux qui le craignent et la gloire habitera notre terre”.

Ecco le parole del Santo Padre in una nostra traduzione italiana.

3. “Misericordia e Verità si incontreranno, Giustizia e Pace si baceranno” (Sal 84, 11). Santa Margherita d’Youville, nell’Avvento della Chiesa, ci dona con tutti i santi un’immagine del mondo nuovo dove regnano l’Amore, la Verità, la Giustizia e la Pace. San Pietro lo dice: “E poi, secondo la sua promessa, noi aspettiamo nuovi cieli e una terra nuova, nei quali avrà stabile dimora la giustizia” (2 Pt 3, 13). Nella sua dedizione quotidiana, Margherita porta ai più poveri un po’ di questa novità: una comunità d’amore dove i piccoli sono rispettati perché il Signore è vicino a loro, perché è presente nel loro cuore.

Per la santa che onoriamo, è la carità concreta di ogni giorno che fa trionfare la giustizia secondo Dio e che rivela la presenza del mondo nuovo: “La sua salvezza è vicina a chi lo teme e la sua gloria abiterà la nostra terra” (Sal 84, 10).

4. Il est des moments, pourtant, où le salut paraít bien loin. La lumière de Dieu, de l’amour qui sauve, est cachée par l’obscurité de la contradiction. L’œuvre engagée par Marguerite a plus d’une fois été entravée par la nature ou par les hommes. Pour travailler à rendre plus proche ce monde nouveau de justice et d’amour, il a fallu mener de longs et obscurs combats. La fondatrice des “Sœurs Grises” nous donne un grand exemple: elle a su maítriser ses déceptions, accepter la souffrance portée comme la Croix avec le Christ. Abandonnée aux mains de la Providence, Marguerite a poursuivi sa route dans l’espérance. La confiance ne la quittait pas. Elle reprenait la tâche de toutes ses forces, de toute son habileté, contre toute apparence. Car, dans le secret mystère de l’épreuve, elle savait encore accueillir la présence du Sauveur qui vient, de la miséricorde du Dieu fidèle, le véritable Maítre de l’histoire. Marguerite savait le salut proche de ceux qui craignent le Seigneur. Même aux heures les plus sombres, elle voyait se lever la lumière de Dieu.

Ecco le parole del Santo Padre in una nostra traduzione italiana.

4. Ci sono dei momenti, però, in cui la salvezza sembra molto lontana. La luce di Dio, dell’amore che salva, è nascosta dall’oscurità della contraddizione. L’opera intrapresa da Margherita è stata più di una volta ostacolata dalla natura e dagli uomini. Per lavorare per rendere più vicino questo mondo nuovo di giustizia e d’amore, è stato necessario condurre lunghe e oscure battaglie. La fondatrice delle “Suore Grigie” ci ha dato un grande esempio: ha saputo dominare le sue delusioni, accettare la sofferenza portata come la Croce con Cristo. Abbandonata nelle mani della Provvidenza, Margherita ha seguito la sua strada nella speranza. La fede non la lasciava. Riprendeva il lavoro con tutte le sue forze, con tutta la sua abilità, contro tutte le apparenze. Poiché, nel segreto mistero della prova, sapeva ancora accogliere la presenza del Salvatore che viene, della misericordia del Dio fedele, il vero Maestro della storia. Margherita sapeva la salvezza vicina a coloro che temono il Signore. Anche nelle ore più buie, vedeva levarsi la luce di Dio.

5. Marguerite placed her life completely in the hands of God the Creator. Day after day, in a spirit of deep trust, she sought "to offer herself with Jesus to our heavenly Father". She understood the meaning of Saint Peter’s exhortation: "You should be living holy and saintly lives while you wait and long for the Day of God to come".

In God, Marguerite saw the Father who "loved the world so much that he gave his only Son". In union with Our Lady of Providence, as she called the Mother of the Saviour, she would prayerfully contemplate the mystery of God’s universal fatherhood; she came to understand that all men and women are truly brothers and sisters, that their heavenly Father would never fail to be close to them, and that his love called them to an active life of service to others.

Ecco le parole del Santo Padre in una nostra traduzione italiana.

5. Margherita ha riposto completamente la sua vita nelle mani di Dio Creatore. Giorno dopo giorno, in uno spirito di piena fiducia, ha cercato “di offrire se stessa con Gesù al nostro Padre celeste”. Lei aveva capito il significato dell’esortazione di San Pietro “voi dovete essere nella santità della condotta e nella pietà, attendendo e affrettando la venuta del giorno di Dio” (2 Pt 3, 11-12).

In Dio Margherita vedeva il Padre che “ha tanto amato il mondo da dare il suo Figlio unigenito” (Gv 3, 16). In unione con Nostra Signora della Provvidenza, come ella chiamava la Madre del Salvatore, volle devotamente contemplare il mistero della paternità universale di Dio; giunse a comprendere che tutti gli uomini e le donne sono realmente fratelli e sorelle, che il loro Padre celeste non manca mai di essergli vicino, e che il suo amore li chiama ad una vita attiva di servizio agli altri.

6. We thank God for the figure which he sets before our eyes this morning. Yes, we give him thanks. For the first time in history, a woman of Canadian birth is inscribed among the saints whom the Church has raised to the glory of the altars. This earthly glory is but a reflection of the glory which is theirs in heaven. Their gave fixed on man because it is fixed on God, the saints reveal the glory of the Lord.

And Marguerite’s holiness continues to bear fruit for her daughters, the Grey Nuns, who carry on her work of charity to all, in a spirit of abandonment to Divine Providence. May Saint Marguerite d’Youville support them through her intercession and guide them along the paths of holiness!

Ecco le parole del Santo Padre in una nostra traduzione italiana.

6. Ringraziamo Dio per la figura che egli questa mattina pone davanti ai nostri occhi. Sì, gli rendiamo grazie. Per la prima volta nella storia, una donna di natali canadesi viene iscritta tra i santi che la Chiesa ha innalzato alla gloria degli altari. Questa gloria è ricevuta in terra ma è un riflesso della loro gloria in Cielo. La loro gloria è stabilita sull’uomo poiché è stabilita su Dio, i santi rivelano la gloria del Signore (cf. Is 40, 5).

E la santità di Margherita continua a portare frutti per le sue sorelle, le Suore Grigie, che proseguono la sua opera di carità verso tutti, in uno spirito di abbandono alla Divina Provvidenza. Che Santa Margherita d’Youville le sostenga attraverso la sua intercessione e le guidi lungo i sentieri di santità!

7. Ecco l’opera dei santi, legata in modo straordinario agli uomini che essi hanno servito mettendo in pratica il più grande comandamento dell’alleanza e del Vangelo. E, nello stesso tempo, “la loro speranza è piena di immortalità” (Sap 3, 4). Hanno portato in sé il vivo e continuo Avvento della Chiesa. “Attendevano e affrettavano la venuta del giorno di Dio” (cf. 2 Pt 3, 12).

Noi pure attendiamo con loro. Aspettiamo - secondo la sua promessa - “nuovi cieli e una terra nuova, nei quali avrà stabile dimora la giustizia” (2 Pt 3, 13).

Aspettiamo. “Prepariamo la strada del Signore” in noi stessi e in mezzo agli uomini. “Raddrizziamo per lui i sentieri” (Mc 1, 3).

Che il grande Avvento della Chiesa trovi in noi spazio: uno spazio profondo e vasto. Affinché “tutti gli uomini possano vedere la salvezza che viene da Dio” (Lc 3, 6).

© Copyright 1990 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/homilies/1990/documents/hf_jp-ii_hom_19901209_s-margherita-d-youville_it.html


DUFROST DE LAJEMMERAIS, MARIE-MARGUERITE (Youville), fondatrice de la Congrégation des Sœurs de la Charité de l’Hôpital Général de Montréal (sœurs grises), née à Varennes (Québec) le 15 octobre 1701, décédée à Montréal le 23 décembre 1771.

Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais appartenait à l’une des grandes familles de la Nouvelle-France. Sa mère, Marie-Renée Gaultier de Varennes, était la fille de René Gaultier* de Varennes, gouverneur de Trois-Rivières, et de Marie Boucher, fille de Pierre Boucher*. Son père, François-Christophe Dufrost de La Gemerais, de vieille noblesse française, était passé au pays en 1687. Marguerite, l’aînée, eut trois frères, Charles et Joseph qui se firent prêtres et Christophe* qui accompagna son oncle, Pierre Gaultier* de Varennes et de La Vérendrye, dans ses expéditions dans l’Ouest canadien. Ses sœurs, Marie-Clémence et Marie-Louise, épousèrent respectivement Pierre Gamelin* Maugras et Ignace GAMELIN, négociants montréalais fort bien connus à l’époque.

Marguerite n’a pas encore sept ans quand son père décède, laissant sa famille dans l’insécurité financière. Néanmoins, les relations familiales aidant, elle est admise au pensionnat des ursulines de Québec en août 1712. Elle y séjourne deux ans. De retour à Varennes, elle partage avec sa mère les lourdes responsabilités familiales jusqu’en 1720, année où Mme Dufrost se marie à Timothy Sullivan*, médecin roturier mais fortuné. Cette union, une mésalliance à l’époque, fait obstacle à un projet de mariage entre Marguerite et un jeune noble.

Vers la fin de 1721, la famille déménage à Montréal où Marguerite fait la connaissance de François-Madeleine d’Youville, fils de Pierre You* de La Découverte. Le 12 août 1722, ils s’épousent en l’église Notre-Dame. Leur contrat de mariage, passé la veille, est des plus intéressants ; presque tous les hauts personnages de la colonie assistent à la signature, entre autres le gouverneur Philippe de Rigaud* de Vaudreuil, Claude de Ramezay*, gouverneur de Montréal, et Charles Le Moyne* de Longueuil, gouverneur de Trois-Rivières. Le contrat assure à Marguerite un douaire de 6 000# et un préciput de 1 000# avec bagues et joyaux. C’est beaucoup pour cette époque où les gens de condition moyenne jouissent habituellement d’un douaire de 300# à 500# et d’un préciput de 200# à 300#.

Le jeune couple s’installe place du Marché, chez Mme You de La Découverte, qui est peut-être grippe-sou, comme l’ont dit certains, mais qui n’en vit pas moins dans un intérieur assez confortable, ainsi que le révèle l’inventaire fait après le décès de François-Madeleine en 1730. Leurs huit années de vie commune sont pour le moins obscures ; cependant, nous y décelons deux périodes bien différentes. Dans un premier temps, soit de 1722 à 1726, quatre enfants naissent à intervalles rapprochés. Tous meurent en bas âge sauf François qui deviendra curé de Saint-Ours. Ces premières années sont marquées par les plaintes répétées des Indiens et des commerçants contre le genre de commerce pratiqué par François-Madeleine à l’île aux Tourtres [V. Pierre You de La Découverte], et par la présence ‘ à peu près constante de Mme You de La Découverte chez qui Marguerite et François-Madeleine habitent, bien que le couple semble avoir parfois résidé à la maison de ferme de Sainte-Anne-du-Bout-de-l’île (Sainte-Anne de Bellevue), appartenant aux You de La Découverte. En effet, non loin de là, à Saint-Joachim-de-la-Pointe-Claire, une de leurs filles est enterrée. Le deuxième temps de leur vie conjugale, de 1727 à 1730, est fortement marqué par ‘la place prépondérante que Marguerite accorde désormais à la pratique de la religion. L’année 1727 semble particulièrement importante ; son fils nous dit qu’on la vit alors « renoncer aux vains ajustements et embrasser le parti de la piété » ; elle-même, dans une lettre écrite à l’abbé de l’Isle-Dieu en 1766, fait remonter sa dévotion et sa « confiance au Père éternel » à cette époque. C’est d’ailleurs à partir de 1727 qu’elle s’agrège à différentes confréries religieuses. Pendant cette période, la mère de François-Madeleine décède, lui laissant de quoi vivre à l’aise, et un cinquième enfant, Charles-MARIE-Madeleine, naît en juillet 1729.

À la mort de François-Madeleine, le 4 juillet 1730, Marguerite est âgée de 28 ans. Elle a la charge de deux enfants en bas âge et est enceinte d’un sixième qui naîtra le 26 février 1731 et décédera moins de cinq mois plus tard. Elle hérite d’une succession endettée – François-Madeleine avait vite fait de dissiper son héritage – et n’a de meilleur parti que d’y renoncer. On lui adjuge toutefois, par bail judiciaire, la maison qu’elle habite, où elle tiendra un commerce pendant plusieurs années.

Une nouvelle étape commence qui amènera Mme d’Youville, en deux temps encore, à assumer la responsabilité de l’Hôpital Général de Montréal. Une première période, de 1730 à 1737, est consacrée à la prière, aux bonnes œuvres et à l’éducation de ses deux fils ; François entrera au séminaire de Québec en 1737 et Charles le suivra en 1742. Sous la direction du sulpicien Jean-Gabriel-Marie Le Pape* Du Lescöat, son conseiller depuis 1727, elle travaille activement au sein de confréries et s’applique à adoucir la vie des pauvres de son entourage. Cette vive conscience de la misère qui l’entoure l’incite à poser des gestes de plus en plus concrets, encouragée par le sulpicien Louis Normant* Du Faradon, son directeur spirituel depuis la mort de Le Pape Du Lescöat en 1733. Ainsi, le 21 novembre 1737, elle accueille chez elle Françoise Auzon, une sexagénaire aveugle. Le 31 décembre, Marie-Louise Thaumur de La Source, Catherine Cusson et Marie-Catherine Demers Dessermont s’engagent, avec Mme d’Youville, à se consacrer au service des pauvres. Bien que ce ne soit encore qu’une association séculière, il semble qu’elles prononcent des vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, et ce moment est considéré comme la date de fondation de leur communauté.

Au mois d’octobre 1738, elles emménagent dans une maison assez grande pour les loger et leur permettre d’accueillir d’autres déshérités qu’elles font vivre du produit de leurs divers travaux. L’œuvre de Marguerite d’Youville est lancée, mais les dix années qui suivent lui réservent de durs labeurs et de pénibles souffrances. Il lui faut faire face à l’incompréhension de sa famille ; en novembre 1738, ses deux beaux-frères ont signé, avec d’autres, une pétition marquant leur opposition à l’intention qu’on prête aux sulpiciens de remplacer les Frères hospitaliers de la Croix et de Saint-Joseph par Mme d’Youville et ses filles à la direction de l’Hôpital Général. Elle doit supporter l’hostilité de la population qui voit la petite communauté d’un mauvais oeil. Certains les appellent « les grises », les accusant de s’enivrer et de continuer la vente illicite d’eau-de-vie aux Indiens que faisaient le beau-père et le mari de Mme d’Youville. Les calomnies vont bon train, et un récollet va même jusqu’à leur refuser la communion. De 1738 à 1744, Mme d’Youville, affligée d’un mal à un genou, doit garder la chambre. Après sa guérison, alors que tout semble rentrer dans l’ordre, un violent incendie détruit la maison, le 31 janvier 1745, et elle éprouve maintes difficultés à loger ses pensionnaires et sa communauté, formée maintenant de cinq membres, jusqu’au moment où elle assume la charge de l’Hôpital Général en 1747. C’est le surlendemain de cet incendie que Mme d’Youville et ses compagnes signent un acte, rédigé par Normant Du Faradon, appelé « Engagements primitifs » dans lequel elles promettent formellement de vivre et de mourir ensemble dans la soumission et l’obéissance à celle qui sera chargée du gouvernement de la maison, de se départir de tous leurs biens, sauf des biens-fonds, pour les mettre en commun, et de se consacrer sans réserve au bien-être des pauvres. Cet acte, dont une copie sera insérée dans le premier recueil des règles de la congrégation rédigé en 1781 par Étienne MONTGOLFIER, forme la base de la communauté fondée par Mme d’Youville.

Ces dix années de difficultés n’ont toutefois pas été infructueuses : la communauté s’est consolidée et est parvenue à poursuivre l’œuvre qu’elle s’était assignée, Mme d’Youville ayant fait preuve de force de caractère, d’esprit pratique et d’un inlassable dévouement. Aussi les sulpiciens persuadent-ils le gouverneur Beauharnois*, Mgr de Pontbriand [Dubreil *] et l’intendant HOCQUART, tous trois administrateurs de l’Hôpital Général, de confier la direction de l’établissement à Mme d’Youville. Une ordonnance, promulguée le 27 août 1747, la nomme directrice de l’hôpital « provisoirement et sous le bon plaisir de Sa Majesté et jusques à ce qu’elle en ait autrement ordonné ».

C’est un établissement en faillite que prend en main Mme d’Youville [V. Jean Jeantot* ; Louis Turc* de Castelveyre, dit frère Chrétien]. Fondé en 1692 par François Charon* de La Barre, l’Hôpital Général est grevé d’une dette de près de 40 000# et la maison est dans un état lamentable. La dernière étape de la vie de Mme d’Youville sera consacrée à remettre l’hôpital sur pied, à l’administrer avec des moyens financiers réduits et à établir de façon permanente la communauté qu’elle a formée. Après avoir fait un inventaire des biens de l’hôpital, qui donne une idée du délabrement dans lequel il se trouve, Mme d’Youville fait effectuer des travaux de nettoyage et les réparations les plus urgentes. Le 7 octobre, elle s’y installe avec six associées, dont deux ne sont pas encore agrégées à la société [V. Agathe Véronneau*], et huit pensionnaires. Elle y trouve deux vieux frères hospitaliers et quatre vieillards malades. Bientôt de grandes salles sont prêtes à recevoir les malades et les miséreux des deux sexes, ce qui change l’orientation de l’Hôpital Général jusque-là réservé aux hommes. À la demande du sulpicien Antoine Déat*, elle fait aménager 12 chambres pour y accueillir celles qu’on appelait à l’époque les « filles perdues ».

Les choses vont bon train et Mme d’Youville a tout lieu de croire qu’elle réussira à remettre la maison sur pied. Mais devant l’opposition de la cour à reconnaître officiellement la communauté – le roi veut éviter la formation de nouvelles communautés religieuses dans la colonie, les considérant comme une source de dépenses – l’intendant BIGOT, Mgr de Pontbriand et le nouveau gouverneur La Jonquière [Taffanel*] craignent que la mort de la fondatrice n’entraîne la désagrégation de la communauté et un second échec pour l’Hôpital Général. Aussi, en octobre 1750, Bigot rend-il une ordonnance mettant fin au contrat provisoire de 1747 et unissant l’Hôpital Général de Montréal à celui de Québec. Les hospitalières de Québec sont autorisées à vendre à leur profit les bâtiments et dépendances de l’établissement de Montréal et les meubles qu’elles ne veulent pas garder, « à la charge de nourrir et entretenir les infirmes, vieillards, estropiés, orphelins du gouvernement de Montréal » qui seront conduits à Québec. Toutefois, à cause de la saison avancée, Mme d’Youville peut demeurer à l’hôpital et poursuivre son œuvre jusqu’au mois de juillet suivant. Cette ordonnance jette la consternation parmi la population de Montréal quia fini par apprécier l’œuvre de Mme d’Youville et de ses filles. Normant Du Faradon adresse alors au ministre de la Marine une requête signée par 80 citoyens, dont le gouverneur de Montréal, Charles Le Moyne* de Longueuil, dans laquelle il rappelle que, lors de la fondation de l’Hôpital Général en 1692, les « lettres patentes portoient la clause et la réserve expresse que ledit Etablissement servit à perpétuité sans pouvoir être changé ny de lieu ny en autre œuvre pie ». Marguerite d’Youville et ses filles rédigent aussi une supplique dans laquelle elles décrivent les améliorations apportées à l’Hôpital Général depuis qu’elles l’ont pris en main et démontrent le tort irréparable que l’on fait aux pauvres de Montréal en les privant d’un endroit « où ils sont assurés de trouver un secours certain dans leur vieillesse ». Enfin, elles s’offrent à liquider les dettes du frère Chrétien si on les confirme dans « les droits grâces et privilèges » accordés aux frères hospitaliers lors de la fondation de l’hôpital. Mme d’Youville va porter elle-même cette requête à Québec à Mgr de Pontbriand et à Bigot qui la reçoivent froidement. Ils n’ont pas confiance en la permanence de la communauté et, à l’instar de beaucoup de leurs contemporains, ils perçoivent sa fondatrice comme un instrument entre les mains des sulpiciens qu’ils soupçonnent de vouloir s’emparer de l’Hôpital Général. Aussi, refusent-ils d’appuyer sa pétition. Seul le gouverneur La Jonquière lui manifeste de la sympathie et lui promet son aide.

Si Mme d’Youville trouve peu d’appui à Québec, Jean Couturier, supérieur de la Compagnie de Saint-Sulpice à Paris, prend sa défense auprès de la cour et fait valoir son offre d’acquitter les dettes de l’hôpital, à la condition que le roi veuille bien reconnaître sa communauté par lettres patentes et la charger de façon définitive de l’Hôpital Général. Il rappelle aussi une clause du contrat passé entre les sulpiciens et François Charon, qui stipule que si l’hôpital cessait d’exister et que les frères n’achetaient pas le terrain, ce dernier reviendrait au séminaire avec tous ses bâtiments. Or, les frères ne l’ayant jamais acheté, Bigot ne peut disposer d’un bien appartenant aux sulpiciens. Le 14 décembre 1751, sur ordre de la cour, l’intendant doit rendre une ordonnance révoquant l’union de l’Hôpital Général à celui de Québec et laissant Mme d’Youville à la tête de son établissement. Le 12 mai suivant, le roi en conseil ordonne aux administrateurs de l’hôpital de passer un contrat avec Mme d’Youville pour en fixer le mode d’administration. Ce contrat, rendu public par une ordonnance du 28 septembre 1752, est inspiré du mémoire que Mme d’Youville avait fait parvenir aux administrateurs le 19 juin précédent, dans lequel elle expose les moyens qu’elle entend prendre pour s’acquitter des dettes de l’hôpital. Elle le fait avec un talent d’administratrice que les gouvernants et les commerçants de l’époque auraient pu lui envier. Et, en femme prudente qui a bien failli tout perdre, elle met aussi ses conditions : ses filles et elle seront dispensées de l’enseignement et fermeront l’école que les frères hospitaliers tenaient dans l’hôpital ; elles auront tous les droits et privilèges accordés aux frères ; si le roi décide un jour de leur enlever l’administration de l’établissement, on devra leur rembourser les 18 000# qu’elles sacrifient à l’acquittement des dettes. Les lettres patentes, datées du 3 juin 1753, dans lesquelles le roi reconnaît l’existence légale de la communauté et charge officiellement Mme d’Youville et ses compagnes de l’administration de l’Hôpital Général, arrivent à Québec à l’automne et sont enregistrées au Conseil supérieur le 1er octobre. En juin 1755, Mgr de Pontbriand fait sa visite pastorale à la communauté et approuve officiellement le règlement rédigé au début de leur vie en commun par Normant Du Faradon. Le 25 août suivant, les professes reçoivent l’habit des mains du sulpicien. Elles prennent le nom de Sœurs de la Charité de l’Hôpital Général ou sœurs grises, en souvenir du sobriquet dont les Montréalais les avaient affublées. Pendant ce temps, en France, grâce au dévouement de l’abbé de l’Isle-Dieu, les créanciers de l’Hôpital Général sont payés et les dettes de l’établissement finalement réglées en 1756.

L’Hôpital Général qui accueille des pauvres des deux sexes, des filles perdues et des enfants abandonnés est en fait un hospice ; mais, en 1755, une épidémie de variole le transforme en véritable hôpital. L’année suivante, Bigot a recours à Mme d’Youville pour faire soigner, aux frais du gouvernement, les soldats et les prisonniers malades. L’intendant lésine sur les paiements, les réduit, et l’hôpital doit assumer la plus grande partie des dépenses. Pour loger et nourrir tout ce monde, Marguerite d’Youville s’avère d’une ingéniosité peu commune. Elle sait mettre tout à profit : travaux à l’aiguille, confection de voiles et de tentes, fabrication d’hosties et de bougies, préparation du tabac, cuisson et vente de chaux, location de quelques terres et vente de produits de leurs fermes. Elle reçoit aussi des dames de condition qui payent pension. Cette femme, qui sait se faire craindre et aimer à la fois, réussit à mettre à profit les compétences de chacun. En effet, on trouve des tailleurs, des cordonniers, des boulangers d’occasion parmi les hospitalisés ayant quelque force pour travailler. Elle engage des prisonniers britanniques qui ont été soignés à l’hôpital, soit comme employés de ferme, soit comme infirmiers, aidant les religieuses peu familières avec la langue anglaise. La communauté continue d’œuvrer malgré les épidémies, les mauvaises récoltes, la guerre puis le nouveau régime.

Pour la fondatrice, les épreuves se multiplient. En 1757, il s’en faut de peu que la maladie ne l’emporte et elle rédige un premier testament léguant tous ses biens à l’hôpital. Suivent ensuite les peines de la séparation d’avec certains amis et membres de sa famille qui regagnent la France après la Conquête. Puis, c’est le problème de la monnaie dévalorisée alors que la France doit 120 799# à l’hôpital. Enfin, l’année 1765 lui réserve la plus lourde épreuve : le 18 mai, le feu anéantit, en l’espace de quelques heures, l’Hôpital Général qui abrite 18 sœurs, 17 dames payant pension, 63 pauvres et 16 enfants illégitimes. À l’abbé de l’Isle-Dieu elle écrit : « Priez, mon cher Père, que Dieu me donne la force de bien porter toutes ces croix et d’en faire un saint usage. En voilà bien à la fois : perdre son Roi, sa Patrie, son bien. »

Elle n’a d’autre choix que de rebâtir et, durant les dernières années de sa vie, elle est tout aussi active qu’à ses débuts. Avec l’aide du séminaire de Saint-Sulpice – Étienne Montgolfier lui avance 15 000# – elle commence la reconstruction, et, sept mois après l’incendie, les pauvres peuvent regagner leur logis. Elle vend une terre de Chambly qui donne un rendement médiocre, et achète de l’une de ses pensionnaires, Marie-Anne Robutel de La Noue, la seigneurie de Châteauguay, dont la plus grande partie est encore en friche, mais dont elle pressent toutes les possibilités. Elle y fait construire un grand moulin à eau et une boulangerie, fait défricher et ensemencer plusieurs arpents de terre et y plante un verger, surveillant elle-même ces travaux, malgré la fatigue des voyages en charrette et en canot entre Montréal et Châteauguay. Marguerite d’Youville voit à tout, de sorte qu’à la veille de sa mort elle laisse une maison solidement établie, tant au spirituel qu’au matériel. Dans un second testament, elle lègue la moitié de ses biens à ses deux fils et l’autre à l’Hôpital Général, à la condition que ceux-ci puissent éventuellement s’y retirer gratuitement. Elle décède à la suite d’une attaque de paralysie le 23 décembre 1771, laissant à tous le souvenir d’une femme exceptionnelle. C’est à sœur Marguerite-Thérèse Lemoine Despins que revient la tâche de continuer l’œuvre de la fondatrice.

Si Mme d’Youville possédait un remarquable talent d’administratrice, son désintéressement était tout aussi notoire. Le courage indomptable qui lui permit de résister aux multiples épreuves, de se défendre contre les accusations injustes des grands du pays et de supporter les insultes et les calomnies de la population, ne doit pas nous faire oublier la sensibilité de cette femme qui vibrait aux malheurs comme aux bonheurs de ses parents et amis et que touchait profondément toute misère humaine. Sa correspondance nous révèle l’intensité de sa vie spirituelle, et la tradition lui attribue des miracles et certaines paroles prophétiques.

Claudette Lacelle

On a abondamment écrit sur Marguerite d’Youville et sur son œuvre. Trois bibliographies, celles de Catherine Barry, « la Vénérable mère d’Youville et les Sœurs de la Charité de Montréal (sœurs grises) » (thèse de bibliothéconomie, université de Montréal, 1938), de sœur Sainte-Fernande [Albina Côté], « Bibliographie, 1950–1958, de la bienheureuse Marguerite d’Youville » (thèse de bibliothéconomie, université Laval, 1963) et de sœur Saint-Hyacinthe [Gertrude Pelletier], « Bienheureuse Marguerite d’Youville ; bibliographie canadienne, 1938–1949 » (thèse de bibliothéconomie, université Laval, 1963), couvrent la période d’avant sa béatification – survenue en 1959 – et dénombrent 808 titres. Par ailleurs, on a beaucoup écrit depuis cette date. Cependant, dans la majorité de ces études, les années précédant sa prise en charge de l’Hôpital Général demeurent obscures puisque ce n’est qu’à partir de 1747 qu’elle entretient une correspondance suivie. Or, à l’époque, elle a 46 ans et elle est veuve depuis 18 ans ; c’est donc les deux tiers de sa vie qui restent dans l’ombre. Toutefois, les études récentes, faites à partir des actes notariés, nous éclairent quelque peu sur ces années moins connues. Seules paraissent ici les sources et les études qui nous ont été véritablement utiles. [c. l.]

AN, Col., C11A, 90–96 ; F3, 13, 14 (copies aux APC).— ANQ-M, Chambre des milices, 1–5 ; Greffe de J.-C. Raimbault, 24 avril 1731 ; Greffe de Pierre Raimbault, 11 août 1722.— APC, MG 8, E6, 1–5 ; MG 17, A7-2-1, 3, pp.877–882, 971–975 ; A7-2-3, 8, pp.88–91 ; A15, 1, pp.15–124.— ASGM, Dossier : Maison mère, Historique, Doc., 146–253 ; Mère d’Youville, Corr. ; Famille ; Antoine Sattin, Vie de madame Youville, fondatrice et première supérieure des Sœurs de la Charité de l’Hôpital Général de Montréal, communément nommées sœurs grises, dédiée à cette même communauté, 1828 ; C.-M.-M. d’Youville, Mémoires pour servir à la vie de Mde Youville et tirés pour la plupart des dépositions des sœurs Despins, Lasource, Rinville et de Mde Gamelin, et d’une autre sœur ; La vie de madame Youville, fondatrice des Sœurs de la Charité à Montréal.— Bégon, Correspondance (Bonnault), ANQ Rapport, 1934–1935.— Édits ord. (1854–1856), II : 404.— La Rue, Lettres et mémoires, ANQ Rapport, 1935–1936 ; 1936–1937 ; 1937–1938.— [M.-R. Côté], Une disciple de la croix, la vénérable Marguerite d’Youville, Marie-Marguerite Dufrost de La Jemmerais, veuve d’ Youville, 1701–1771, fondatrice à Montréal en 1737 du premier institut canadien, les Sœurs de la Charité (sœurs grises) ([Québec], 1932).— [É.-M. Faillon], Vie de Mme d’Youville, fondatrice des Sœurs de la Charité de Villemarie dans l’île de Montréal, en Canada (Villemarie [Montréal], 1852).— A. Fauteux et Drouin, L’Hôpital Général de Montréal, I.— Albertine Ferland-Angers, Mère d’Youville, vénérable Marie-Marguerite Du Frost de Lajemmerais, veuve d’Youville, 1701–1771 ; fondatrice des Sœurs de la Charité de l’Hôpital-général de Montréal, dites sœurs grises (Montréal, 1945) ; Pierre You et son fils François d’Youville ([Montréal, 1941]).— A.-H. Gosselin, L’Église du Canada après la Conquête, I ; L’Église du Canada jusqu’à la Conquête, II ; III.— Estelle Mitchell, Le vrai visage de Marguerite d’Youville (1701–1771) (Montréal, 1973).— M. Trudel, L’Église canadienne.— Albertine Ferland-Angers, Varennes, berceau d’une sainte, RHAF, XIII (1959–1960) : 3–17.— É.-Z. Massicotte, La famille Dufrost de la Gemmeraye, BRH, XXII (1916) : 71–76.

Dictionnaire biographique du Canada en ligne © 2000 University of Toronto/Université Laval


James Duncan (1806-1881), Portrait de Mère Marguerite d'Youville (1701-1771), 
1825-1881, Huile sur toile, 75.6 x 65.3

Bienheureuse Marguerite d'Youville

Fondatrice de la Congrégation des Soeurs de la Charité de Montréal

(1701-1771)

Marie-Marguerite Dufrost de La Jemmerais naquit au Canada, dans la province de Québec, à Varennes, le 15 octobre 1701; elle fut baptisée le lendemain. Aînée de la famille, elle étudia deux ans au couvent des Ursulines de Québec où s'épanouirent sa belle intelligence et sa grandeur d'âme.

A vingt ans, Marguerite fut mariée à François d'Youville. Elle se voit obligée de demeurer chez sa belle-mère parcimonieuse qui lui rend la vie difficile. Pour comble de malheur, elle découvre que François ne devait pas être le mari rêvé: volage, indifférent et dépensier, il gaspille rapidement sa fortune personnelle, plongeant sa famille dans les larmes et les privations. Il délaisse son foyer et passe la plus grande partie de son temps à l'Île-aux-Tourtes, troquant des fourrures contre de l'eau-de-vie. Après une courte maladie, François d'Youville meurt le 4 juillet 1730, malgré les soins attentionnés prodigués par sa jeune épouse qui veille à son chevet nuit et jour. De leurs cinq enfants, deux fils en bas âge lui survivent. Marguerite en attend un sixième qui ne vivra que quelques mois.

Après le décès du père, tout comme avant, la mère aimante veille seule sur l'éducation de ses enfants. Elle les forme autant par l'exemple que par la parole. En plus du fardeau de subvenir aux besoins de sa famille, la jeune veuve doit encore liquider les nombreuses dettes contractées par son défunt mari. Elle ouvre donc un petit commerce, ce qui lui permet non seulement de s'acquitter de ses dettes, mais encore de faire instruire ses deux fils au Séminaire de Québec. Sa joie sera grande de les voir tous deux, François et Charles, accéder au sacerdoce.

«Dès les premières années de son veuvage, écrit son fils Charles, on la vit, pleine de charité pour le prochain, se faire un devoir et un honneur de visiter les pauvres, les malades, les prisonniers, retranchant sur son nécessaire pour soulager les membres souffrants du Sauveur. On la vit, avec édification, allant de porte en porte, mendier de quoi faire inhumer les criminels [...], visiter les pauvres de l'Hôpital Général et raccommoder les haillons de ces indigents.»

La messe quotidienne et de fréquentes visites à l'Hostie du tabernacle la soutiennent dans sa tâche ardue, toujours accomplie avec un grand amour de Dieu et du prochain. Peu à peu, des personnes dévouées se joignent à elle dans l'exercice de la charité. Une première indigente est reçue dans le logement hospitalier où le 31 décembre 1737, Mère d'Youville et ses collaboratrices se consacrent d'une seule voix à leur nouvel apostolat.

En l'an 1747, la restauration de l'hôpital général des Frères Charron pour les indigents sans foyer, est confiée à Madame d'Youville pour le bénéfice des pauvres de toutes catégories: enfants abandonnés, orphelins, vieillards, infirmes, malades. Modèle de toutes les vertus, cette incomparable mère des pauvres se dévoue pour ses protégés au milieu de sa petite famille religieuse. Sa foi magnanime, son amour exceptionnel de la croix et sa confiance sans bornes en la Providence se traduisaient en chants d'actions de grâces au sein des pires épreuves. Devant les ruines fumantes de l'hôpital général de Montréal, à l'exemple du saint homme Job, Mère d'Youville trouve la force de répéter l'acte sublime de la plus héroïque résignation: «Le Seigneur nous a tout ôté; il n'est arrivé que ce que le Seigneur a voulu.» Elle ajouta d'un ton ferme: «Mes enfants, nous allons réciter le Te Deum à genoux pour remercier Dieu de la grande grâce qu'Il vient de nous accorder.»

Après avoir beaucoup aimé Jésus-Christ dans Ses membres souffrants, la fondatrice des Soeurs Grises expire en faisant cet émouvant adieu à ses Filles: «Que je serais heureuse si je me voyais dans le Ciel avec toutes mes soeurs.» Lors de son pieux trépas survenu le 23 décembre 1771, Dieu immortalisa visiblement le grand amour que Sa servante avait voué à la Croix, en faisant paraître ce signe du salut, tout lumineux, au-dessus de l'hôpital général. Le bien immense que sainte Marguerite d'Youville a réalisé et perpétué par sa congrégation depuis plus de deux cents ans, témoigne encore de la prodigieuse sainteté de cette femme admirable.

(...)

Résumé O.D.M.



Youville, Marie-Marguerite d'

Marie-Marguerite d'Youville, née Dufrost de La Jemmerais, fondatrice des Soeurs de la Charité de l'Hôpital général de Montréal (Varennes, Qc, 15 oct. 1701 -- Montréal, 23 déc. 1771). Marie-Marguerite étudie chez les ursulines de Québec puis, en 1722, elle marie François d'Youville, de Montréal, qui meurt en 1730. Elle élève ses deux enfants et continue de s'occuper de l'entreprise familiale, malgré sa « conversion » religieuse qui l'amène à se retirer de la société en 1727. Dix ans plus tard, en compagnie de quatre autres femmes, elle forme un groupe laïc voué aux oeuvres de charité et prononce des voeux simples.

Les soeurs sont appelées « grises » (au sens d'« éméchées ») parce que les d'Youville ont la réputation de profiter du commerce de l'eau-de-vie. En 1747, on leur confie la direction de l'Hôpital général de Montréal, fondé en 1692 par François Charon de La Barre mais alors en faillite. Elles le convertissent en hospice pour les personnes âgées, les enfants trouvés, les orphelins et les femmes « déchues ». En 1750, les autorités civiles et religieuses décident de le fusionner avec l'Hôpital général de Québec, mais les sulpiciens intercèdent à Paris, et Louis XV confère le 3 juin 1753 à la communauté un statut juridique et un nom à l'hôpital.

En 1755, les religieuses entreprennent enfin leur carrière de Soeurs de la Charité de l'Hôpital général de Montréal, ou SOEURS GRISES. Pour financer leur oeuvre, elles mettent sur pied diverses entreprises : des fermes, un verger, une meunerie et une boulangerie. Pendant l'épidémie de variole de 1755 et la guerre de Sept Ans, leur établissement devient vraiment un hôpital. Mère d'Youville connaît toutefois des déceptions : sa famille retourne en France lors de la Conquête, et son hôpital brûle en 1765. Elle meurt en 1771 après plusieurs années de maladie.

Beaucoup de Montréalais témoignent de ses dons de prophétie et de ses pouvoirs de guérison miraculeuse. Sa vie spirituelle et son esprit de sacrifice sont officiellement reconnus par Rome : elle est la première personne née au Canada à être béatifiée, et elle est canonisée en 1990.

Cornelius J. Jaenen



 
MARGUERITE d'YOUVILLE, the first native Canadian to be elevated to sainthood, was born October 15, 1701 at Varennes, Quebec. She was the eldest of six children born to Christophe Dufrost de Lajemmerais and Marie-Renée Gaultier. Her father died when she was seven years old leaving this family of six in great poverty. It was only through the influence of her great grandfather, Pierre Boucher, that she was enabled to study for two years at the Ursulines in Quebec. Upon her return home, she became an invaluable support to her mother and undertook the education of her brothers and sisters.

She married François d'Youville in 1722 and the young couple made their home with his mother who made life miserable for her daughter-in-law. She soon came to realize that her husband had no interest in making a home life. His frequent absences and illegal liquor trading with the Indians caused her great suffering. She was pregnant with her sixth child when François became seriously ill. She faithfully cared for him until his death in 1730. By age 29, she had experienced desperate poverty and suffered the loss of her father and husband. Four of her six children had died in infancy.

In all these suffering Marguerite grew in her belief of God's presence in her life and of his tender love for every human person. She, in turn, wanted to make known his compassionate love to all. She undertook many charitable works with complete trust in God, who she loved as a Father.

She provided for the education of her two sons, who later became priests, and she welcomed a blind woman into her home. Marguerite was soon joined by three young women who shared her love and concern for the poor. On December 31, 1737, they consecrated themselves to God and promised to serve him in the person of the poor. Marguerite, without even realizing it, had become the foundress of the Sisters of Charity of Montreal, "Grey Nuns".

Marguerite always fought for the rights of the poor and broke with the social conventions of her day. It was a daring move that made her the object of ridicule and taunts by her own relatives and neighbors. She persevered in caring for the poor despite many obstacles. She was in weakened health and mourning the death of one of her companions when a fire destroyed their home. This only served to deepen her commitment to the poor. On February 2, 1745, she and her two early companions pledged themselves to put everything in common in order to help a greater number of persons in need. Two years later, this "mother of the poor" as she was called, was asked to become director of the Charon Brothers Hospital in Montreal which was falling into ruin. She and her sisters rebuilt the hospital and cared for those in most desperate human misery. With the help of her sisters and their lay collaborators, Marguerite laid the foundation for service to the poor of a thousand faces.

In 1765 a fire destroyed the hospital but nothing could destroy Marguerite's faith and courage. She asked her sisters and the poor who lived at the hospital, to recognize the hand of God in this disaster and to offer him praise. At the age of 64 she undertook the reconstruction of this shelter for those in need. Totally exhausted from a lifetime of self-giving, Marguerite died on December 23, 1771 and will always be remembered as a loving mother who served Jesus Christ in the poor.

Marguerite was one woman, but this daughter of the Church had a vision of caring for the poor that has spread far and wide. Her sisters have served on almost every continent. Today, her mission is courageously carried on in a spirit of hope by the Sisters of Charity of Montreal, "Grey Nuns" and their sister communities: the Sisters of Charity of St. Hyacinthe, the Sisters of Charity at Ottawa, the Sisters of Charity of Quebec, the Grey Nuns of the Sacred Heart (Philadelphia) and the Grey Sisters of the Immaculate Conception (Pembroke).
 
Pope John XXIII beatified Marguerite on May 3, 1959 and called her "Mother of Universal Charity" - a well-merited title for one who continues to this day to reach out to all with love and compassion. Marguerite d'Youville can sympathize with the unfortunate and painful situation of so many orphans, with adolescents worried about the future, with disillusioned girls who live without hope, with married woman suffering from unrequited love and with single parents. But most especially, Marguerite is a kindred spirit with all who have given their lives to helping others. The power of Marguerite's intercession before God was clearly evidenced when a young woman stricken with acute myelobastic leukemia in 1978 was miraculously cured. This great favor opened for Marguerite the door to the official proclamation of sainthood.



Marie-Marguérite d'Youville

(née Dufrost de Lajemmerais).


Foundress of the Gray Nuns, or Sisters of Charity, born at Varennes, near Montreal, 15 October, 1701, of Christophe-D. de L. and Renée de Varennes, the sister of Laverendrye, discoverer of the Rocky Mountains; d. 23 December, 1771. After studying two years with the Ursulines at Quebec, she shared, at the age of twelve, in the housework of her widowed mother. She married (1722) M. d'Youville, who treated her with indifference, and eight years later left her a widow with three children and a heavy debt. She was forced to carry on a small trade in order to meet her obligations. The only two of her sons who reached manhood became priests. Out of her ownpoverty, she helped the needy. Mother d'Youville conceived an ardent devotion to the Eternal Father, which was to be the keynote of her life. Providence destined her to rescue from debt and ruin the hospital, founded (1694) by M. Charon, ad hitherto managed by a brotherhood bearing his name. This undertaking which was to be the cradle and groundwork of a new religious institute, the Grey Nuns, or Sisters of Charity, was destined to flourish under the wise and zealous direction of Mother d'Youville. When, in 1747, the General Hospital was entrusted to her, she had already, with a few companions living under a provisional rule, begun practicing the spiritual andcorporal works of mercy. She opened the hospital to disabled soldiers, the aged of either sex, the insane, the incurable, foundlings, and orphans. When, to save the General Hospital of Quebec, the intendant Bigot, withBishop Pontbriand's assent, decided to transfer to the former institution the property of the Montreal Hospital,Mother d'Youville submitted. The intervention of the Sulpician superior, Cousturier, maintained her rights. In 1755, Mgr. Pontbriand confirmed the rule of the institute drawn up by Father Normant. Mother d'Youvilleassumed the entire debt, 49,000 livres, and to meet the expense of restoring, rebuilding, and harbouring numerous inmates, increased by the admission of epileptics, lepers, and contagious patients excluded from the Hôtel-Dieu, she made clothing for the king's stores and for the traders of the upper country, which constituted her chief revenue. During the Seven Years War so many English soldiers were treated at the hospital, that one of its wards was called "la salle des Anglais". Mother d'Youville ransomed from the Indians, at a great price, anEnglish prisoner destined to torture, and saved from their fury several fugitives, one of whom, through gratitude, later prevented the bombardment of the fortress-like hospital. Owing to the exorbitant cost of necessaries of life, due to unscrupulous corruption, the hospital was heavily indebted at the time of the conquest. A credit of 100,000 livres, due by the French Government, was redeemed with interest only under Louis XVIII, and the sum applied to the work begun by the foundress. Despite her poverty, Mother d'Youville undertook to rescue allfoundlings thrown upon her charity. When, in 1766, the General Hospital was destroyed by fire, fully resigned to her loss, she knelt with her sisters and recited the "Te Deum". Her institute has spread throughout Canada and even to some of the neighbouring states. The Decree introducing the cause of her beatification, and entitling her to be called Venerable, was signed on 28 April, 1890.

Sources

FAILLON, Vie de Madame d'Youville (Ville Marie, 1852); JETTE, Vie de la Ven. Mère d'Youville (Montreal, 1900).

Lindsay, Lionel. "Marie-Marguérite d'Youville." The Catholic Encyclopedia. Vol. 15. New York: Robert Appleton Company,1912. 1 May 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/15736c.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Michael T. Barrett. Dedicated to the Sisters of Charity.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1912. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.


DUFROST DE LAJEMMERAIS, MARIE-MARGUERITE (Youville), founder of the Congregation of the Sisters of Charity of the Hôpital Général of Montreal (Grey Nuns); b. 15 Oct. 1701 at Varennes (Que.); d. 23 Dec. 1771 in Montreal.

Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais belonged to one of the great families of New France. Her mother, Marie-Renée Gaultier de Varennes, was the daughter of René Gaultier* de Varennes, governor of Trois-Rivières, and Marie Boucher, the daughter of Pierre Boucher*. Her father, François-Christophe Dufrost de La Gemerais, who descended from an old noble family in France, had come to Canada in 1687. Marguerite, the eldest child, had three brothers: Charles and Joseph, who became priests, and Christophe*, who accompanied his uncle, Pierre Gaultier* de Varennes et de La Vérendrye, on his expeditions in western Canada. Her sisters, Marie-Clémence and Marie-Louise, married respectively Pierre Gamelin* Maugras and Ignace Gamelin, two prominent Montreal merchants.

Marguerite was not yet seven when her father died, leaving his family financially insecure. With the aid of relatives she was nevertheless admitted in August 1712 to the Ursulines’ boarding-school at Quebec, where she spent two years. Returning to Varennes, she shared the heavy family responsibilities with her mother until 1720, when Mme Dufrost married Timothy Sullivan*, a doctor who although a commoner was well off. The marriage, a mésalliance at that period, stood in the way of a projected marriage between Marguerite and a young nobleman.

Towards the end of 1721 the family moved to Montreal, where Marguerite became acquainted with François-Madeleine d’Youville, the son of Pierre You* de La Découverte. On 12 Aug. 1722 they were married in the church of Notre-Dame. Their marriage contract, which had been signed the day before, is interesting because its signatures show that nearly all those eminent in the colony were present, among them Governor Philippe de Rigaud* de Vaudreuil, Claude de Ramezay*, governor of Montreal, and Charles Le Moyne* de Longueuil, first Baron de Longueuil and the governor of Trois-Rivières. The contract guaranteed Marguerite a jointure of 6,000 livres and an additional legacy with first claim on the estate for 1,000 livres as well as rings and jewels. It was a great deal for a period when people in average circumstances usually had a jointure of 300 to 500 livres and an additional legacy of 200 to 300 livres.

The young couple went to live on the Place du Marché, in the home of Mme You de La Découverte, who perhaps was miserly, as some have claimed, but who nonetheless lived in quite a comfortable house, as the inventory made after d’Youville’s death in 1730 reveals. Little is known of the couple’s eight years together, but there seem to have been two distinct periods. At the beginning, from 1722 to 1726, two boys and two girls were born in close succession; all died in infancy except François, who would later be parish priest of Saint-Ours. These early years were marked by repeated complaints from Indians and merchants against d’Youville’s trading practices at he aux Tourtres [see Pierre You de La Découverte], and by Mme You de La Découverte’s almost constant presence in the house. Apparently, however, the couple sometimes resided at the farmhouse in Sainte-Annedu-Bout-de-l’Î1e (now Sainte-Anne de Bellevue) which belonged to the You de La Découverte family, since one of their infant daughters was buried not far from there, at Saint-Joachim-de-la-Pointe-Claire. The second period in their married life, from 1727 to 1730, was strongly marked by Marguerite’s concentration upon the practice of religion. The year 1727 seems particularly important; her son writes that she was then seen “to renounce vain adornments and to embrace the way of piety”; in a letter written to Abbé de L’Isle-Dieu in 1766 she herself traced her devotion and her “confidence in the Eternal Father” back to this time. Moreover, it was in 1727 that she began to join different religious sisterhoods. During this period d’Youville’s mother died, leaving him the means to live comfortably, and a fifth child, Charles-Marie-Madeleine, was born in July 1729.

When d’Youville himself died on 4 July 1730, Marguerite was 28. She had to take care of two infants and was expecting a sixth child, who was born on 26 Feb. 1731 and died less than five months later. She inherited an estate burdened with debts – since d’Youville had wasted no time in squandering his inheritance – and had no better course open to her than to renounce it. By a court lease she was, however, awarded the house she was living in, and from its premises she carried on a trading business for several years.

A new stage in her life was beginning which would lead Mme d’Youville, again in two phases, to assume responsibility for the Hôpital Général of Montreal. She devoted the first period, from 1730 to 1737, to prayer, good works, and the education of her two sons; François entered the Séminaire de Québec in 1737 and Charles followed him in 1742. Under the direction of Sulpician Jean-Gabriel-Marie Le Pape* Du Lescöat, who had been her adviser since 1727, she worked actively within sisterhoods and applied herself to easing the lives of the poor. Her lively awareness of the surrounding poverty prompted her to increasingly concrete acts, in which she had the encouragement of Sulpician Louis Normant* Du Faradon, her spiritual director since Le Pape Du Lesctöat’s death in 1733. Thus, on 21 Nov. 1737, she took Françoise Auzon, a blind woman in her sixties, into her home. On 31 December Marie-Louise Thaumur de La Source, Catherine Cusson, and Marie-Catherine Demers Dessermont pledged with Mme d’Youville to devote themselves to the service of the poor. Although theirs was still only a lay association, they apparently took vows of poverty, chastity, and obedience, and this moment is considered the date of the founding of the order.

In October 1738 they moved into a house large enough to lodge them all and to allow them to receive other unfortunates, whom they looked after with the proceeds from various endeavours. Marguerite d’Youville’s work was started, but the next ten years had harsh labour and painful suffering in store for her. She had to face her family’s lack of understanding; indeed in November 1738 her two brothers-in-law, along with others, signed a petition against the Sulpicians’ alleged intention to put Mme d’Youville and her companions in charge of the Hôpital Général in place of the Brothers Hospitallers of the Cross and of St Joseph. She had to put up with the hostility of the populace, which looked on the little community with disfavour. Some people called them “les grises,” meaning tipsy women; they were accused of getting drunk and continuing the illicit sale of liquor to the Indians which Mme d’Youville’s father-in-law and her husband had carried on. The slander spread quickly, and a Recollet even went so far as to refuse them communion. From 1738 to 1744 Mme d’Youville, who suffered from a bad knee, had to stay in her room. When she was better again and everything seemed to be more in order, a raging fire destroyed the house on 31 Jan. 1745. She experienced many difficulties in finding lodgings for her inmates and the community, which by now had five members, until 1747, when she assumed charge of the Hôpital Général. Two days after the fire Mme d’Youville and her companions signed a deed drawn up by Normant Du Faradon, called “Engagements primitifs,” in which they promised formally to live and die together in submission and obedience to the one person who would be entrusted with the administration of the house, to divest themselves of all belongings except landed property and put them into a common fund, and to devote themselves unreservedly to the welfare of the poor. This deed formed the basis of the community founded by Mme d’Youville, and a copy was included in the earliest collection of its rules, published in 1781 by Étienne Montgolfier.

The ten years of difficulty had not, however, been unprofitable: with Mine d’Youville’s strength of character, practical turn of mind, and tireless devotion to duty, the community had been consolidated and had managed to continue its chosen work. Consequently the Sulpicians persuaded Governor Charles de Beauharnois*, Bishop Pontbriand [Dubreil*], and Intendant Hocquart, who were all trustees of the Hôpital Général, to charge her with its management. An ordinance promulgated on 27 Aug. 1747 appointed her director of the hospital “temporarily and at His Majesty’s pleasure and until he has given other instructions for it.”

Mme d’Youville was taking in hand a bankrupt institution [see Jean Jeantot*; Louis Turc* de Castelveyre, named Brother Chrétien]. Founded in 1692 by François Charon* de La Barre, the Hôpital Général was burdened with a debt of nearly 40,000 livres, and its building was in a lamentable state. The last period of Mme d’Youville’s life was devoted to getting the hospital running again, administering it with limited financial means, and establishing on a permanent basis the community she had formed. After completing an inventory of the hospital’s possessions, which gives some idea of its dilapidated condition, Mme d’Youville had it cleaned up and had the most urgent repairs done. On 7 Oct. 1747 she moved into it with six associates, two of whom had not yet been admitted into the community [see Agathe Véronneau*], and eight inmates. She found two old Brothers Hospitallers and four sick old men in the hospital. Soon large rooms were ready for the sick and poor of both sexes, a change in the policy of the Hôpital Général which until then had been reserved exclusively for men. At the request of Sulpician Antoine Déat*, Mme d’Youville had 12 rooms made ready to receive those then called “fallen women.”

Things were going well and Mme d’Youville had every reason to think that she would succeed in re-establishing the Hôpital Général. But the court opposed the creation of new religious communities in the colony; the king considered them a source of expense since when they received official recognition they became entitled to an income to provide for their continuing existence. Intendant Bigot, Bishop Pontbriand, and the new governor, La Jonquière [Taffanel*], were afraid that, without this assured income, the community would disintegrate when the founder died and the Hôpital Général would fail for a second time. Therefore in October 1750 Bigot issued an ordinance terminating the provisional contract of 1747 and uniting the Hôpital Général of Montreal with the one in Quebec. The hospital nuns of Quebec were authorized to sell the institution’s buildings and dependencies and the furniture they did not want to keep, “in return for assuming the responsibility for feeding and keeping the infirm, elderly, disabled, and orphans of the Government of Montreal,” who would be taken to Quebec. Because of the lateness of the season, however, Mme d’Youville could remain in the hospital and continue her work until the following July. This ordinance dismayed Montrealers, who had come to appreciate the work done by Mme d’Youville and her sisters. Normant Du Faradon sent the minister of Marine a petition signed by 80 citizens, among them the governor of Montreal, Charles Le Moyne* de Longueuil, second Baron de Longueuil, which recalled that at the founding of the Hôpital Général in 1692, the “letters patent contained the clause and express reserve that the aforesaid establishment should serve in perpetuity without the possibility of being changed either as to place or into any other pious work.” Marguerite d’Youville and her sisters also drew up a petition in which they described the improvements made to the Hôpital Général since they had taken over and indicated the irreparable harm that would be done the poor of Montreal in depriving them of a place “where they are assured of finding certain help in their old age.” Finally they offered to repay Brother Chrétien’s debts if they were themselves confirmed in “the rights, favours, and privileges” granted to the Brothers Hospitallers at the time the hospital was founded. Mme d’Youville went in person to Quebec to carry this petition to Bishop Pontbriand and Bigot, who both received her coldly. They had no confidence in the community’s permanence, and like many of their contemporaries they saw its founder as an instrument of the Sulpicians, whom they suspected of wanting to gain control of the Hôpital Général. Consequently they refused to support her petition. Only Governor La Jonquière was sympathetic towards her and promised her his help.

Athough Mme d’Youville found little support in Quebec, Jean Couturier, the superior of the Sulpicians in Paris, took up her defence at the court and stressed her offer to repay the hospital’s debts on condition that the king recognize her community by letters patent and put her definitely in charge of the Hôpital Général. He also brought up a clause in the contract between the Sulpicians and François Charon which stipulated that if the hospital ceased to exist, and if the Brothers did not buy the land, the land would revert to the seminary, along with all the buildings on it. As the Brothers had never bought it, Bigot could not dispose of a property that belonged to the Sulpicians. On 14 Dec. 1751 the intendant was obliged by royal order to issue an ordinance revoking the union of the Hôpital Général of Montreal with that in Quebec and leaving Mme d’Youville in charge of the institution. On 12 May 1752 the king in council ordered the trustees of the hospital to sign a contract with Mme d’Youville determining how it would be administered. This contract, which was made public by an ordinance of 28 Sept. 1752, was prompted by a memoir that Mme d’Youville had delivered to the trustees on 19 June in which she set out the methods she intended to adopt to discharge the hospital’s debts – methods that reveal an administrative ability the government and merchants of the time might have envied. As a prudent woman who had almost lost everything, she also set out her conditions: she and her sisters would be dispensed from teaching and would close the school that the Brothers Hospitallers conducted in the hospital; they would have all the rights and privileges granted the Brothers; if the king one day decided to take the administration of the institution away from them, the 18,000 livres they were sacrificing to pay off the debts would have to be repaid them. The letters patent, dated 3 June 1753, in which the king recognized the community as a legal entity and placed Mme d’Youville and her companions officially in charge of the administration of the Hôpital Général, reached Quebec in the autumn and were registered in the Conseil Supérieur on 1 October. In June 1755 Bishop Pontbriand made his pastoral visit to the community and officially approved the rules drawn up by Normant Du Faradon at the beginning of their life in common. On 25 August, 11 of those who had already made their profession received the habit from the hands of the Sulpician. They took the name Sisters of Charity of the Hôpital Général, or Grey Nuns (Sœurs Grises), in memory of the sobriquet given them by the people of Montreal. In France in the mean time, thanks to Abbé de L’Isle-Dieu’s successful handling, the creditors of the Hôpital Général were paid off and the institution’s debts finally settled in 1756.

The Hôpital Général, which took in poor men and women, fallen women, and abandoned children, was in fact a hospice; but in 1755 a smallpox epidemic transformed it into a real hospital. The following year Bigot called on Mme d’Youville to attend to the sick soldiers and prisoners, at government expense. The intendant was stingy with payments and cut them down, and the hospital had to assume the major share of the costs. Marguerite d’Youville proved remarkably ingenious at lodging and feeding all these people. She knew how to turn everything to profit: needlework, the making of sails and tents, production of consecrated wafers and candles, curing of tobacco, burning and sale of lime, renting of plots of land, and sale of produce from the sisters’ farms. She also received ladies of quality who paid board and lodging. Able to make herself both feared and loved, she succeeded in turning everyone’s skills to profit. Even among those hospitalized were found persons with strength enough to work as occasional tailors, shoemakers, and bakers. She hired British prisoners who had been treated at the hospital, either for labour on her farms or as hospital attendants to help the nuns who had little knowledge of English. The community continued its tasks despite epidemics, poor harvests, the war, and then the new régime.

For the founder the trials multiplied. In 1757 illness almost carried her off and she drew up her first will, leaving everything she owned to the hospital. Later she had the grief of separation from the friends and members of her family who returned to France after the conquest. There was the devaluation of the currency, at a time when France owed the hospital 120,799 livres. The year 1765 brought the heaviest trial, for on 18 May, in the space of a few hours, fire destroyed the Hôpital Général, which then was sheltering 18 sisters, 17 ladies paying board and lodging, 63 poor persons, and 16 illegitimate children. She wrote to Abbé de L’Isle-Dieu: “My dear Father, pray that God will give me the strength to bear all these crosses and to make saintly use of them. So much at one time: to lose one’s king, one’s country, one’s possessions.”

She had no choice but to rebuild, and the last years of her life were as active as the early ones. With the help of the Sulpician seminary – Étienne Montgolfier advanced her 15,000 livres – she began the rebuilding, and seven months after the fire the poor were able to return to their lodgings. She sold a piece of property at Chambly which was producing little income, and from one of her boarders, Marie-Anne Robutel de La None, bought the seigneury of Châteauguay, which was still largely uncultivated but whose possibilities she foresaw. She had a large water-mill and a bakehouse built there, had several acres of land cleared and sown, and an orchard planted, supervising everything herself despite the fatigue of the trips by cart and canoe between Montreal and Châteauguay. Marguerite d’Youville saw to everything, with the result that on the eve of her death she left a house that was firmly established, both spiritually and materially. In a second will she bequeathed half of her possessions to her two sons and the remainder to the Hôpital Général on condition that if the occasion arose her sons could retire to live there for nothing. She died on 23 Dec. 1771 after a paralytic stroke, remembered by all as an exceptional woman. To Sister Marguerite-Thérèse Lemoine Despins fell the task of continuing her work.

If Mme d’Youville possessed remarkable administrative talent, her unselfishness was equally evident. And the indomitable courage which enabled her to stand up to her many trials, to defend herself against the unfair accusations of those in power in Canada, and to put up with the insults and calumnies of the populace, should not obscure the sensitivity of this woman, who was moved by the misfortunes as well as by the moments of happiness of her relatives and friends and whom every form of human affliction touched deeply. Her correspondence reveals the intensity of her spiritual life, and tradition attributes miracles and certain prophetic utterances to her.


[A great deal has been written on Marguerite d’Youville and her work. Three bibliographies cover the period before her beatification in 1959 and they list 808 titles: Catherine Barry, “La vénérable Mère d’Youville et les Sœurs de la Charité de Montréal (sœurs grises)” (thèse de bibliothéconomie, université de Montréal, 1938); Sœur Sainte-Fernande [Albina Côté], “Bibliographie, 1950–1958, de la bienheureuse Marguerite d’Youville” (thèse de bibliothéconomie, université Laval, Québec, 1963); Sœur Saint-Hyacinthe [Gertrude Pelletier], “Bienheureuse Marguerite d’Youville; bibliographie canadienne, 1938–1949” (thèse de bibliothéconomie, université Laval, 1963). Much has been written since 1959. In the majority of the studies, however, the years before she took charge of the Hôpital Général are treated only briefly, since it was not until 1747 that she began a sustained correspondence. At that time she was 46 and had been a widow for 18 years; two-thirds of her life, then, remains obscure. Nevertheless, recent studies based on notarial acts illuminate these years to some degree. Only the most useful primary and secondary sources are listed here.  c.l.]

AN, Col., C11A, 90–96; F3, 13, 14 (copies at PAC). ANQ-M, Chambre des milices, 1–5; Greffe de J.-C. Raimbault, 24 avril 1731; Greffe de Pierre Raimbault, 11 août 1722. ASGM, Dossier: Maison mère, Historique, Doc., 146–253; Mère d’Youville, Corr.; Famille; Antoine Sattin, “Vie de madame Youville, fondatrice et première supérieure des Sœurs de la Charité de l’Hôpital Général de Montréal, communément nommées sœurs grises, dédiée à cette même communauté, 1828”; C.-M.-M. d’Youville, “Mémoires pour servir à la vie de Mde Youville et tirés pour la plupart des dépositions des sœurs Despins, Lasource, Rinville et de Mde Gamelin, et d’une autre sœur”; “La vie de madame Youville, fondatrice des Sœurs de la Charité à Montréal.” PAC, MG 8, E6, 1–5; MG 17, A7-2-1, 3, pp.877–82, 971–75; A7-2-3, 8, pp.88–91; A15, 1, pp.15–124. Bégon, “Correspondance” (Bonnault), ANQ Rapport, 1934–35. Édits ord. (1854–56), II, 404. La Rue, “Lettres et mémoires,” ANQ Rapport, 1935–36, 1936–37, 1937–38. [M.-R. Côté], Une disciple de la croix, la vénérable Marguerite dYouville, Marie-Marguerite Dufrost de La Jemmerais, veuve dYouville, 1701–1771, fondatrice à Montréal en 1737 du premier institut canadien, les Sœurs de la Charité (sœurs grises) ([Québec], 1932). [É.-M. Faillon], Vie de Mme dYouville, fondatrice des Sœurs de la Charité de Villemarie dans lîle de Montréal, en Canada (Villemarie [Montréal], 1852). A. Fauteux et Drouin, LHôpital General de Montreal, I. Albertine Ferland-Angers, Mère dYouville, venerable Marie-Marguerite Du Frost de Lajemrnerais, veuve dYouville, 1701–1771; fondatrice des Sœurs de la Charité de lHôpital-general de Montreal, dites sœurs grises (Montreal, 1945); Pierre You et son fils François dYouville ([Montreal, 1941]). A.-H. Gosselin, LÉglise du Canada après la Conquête, I; LÉglise du Canada jusquà la Conquête, II, III. Estelle Mitchell, Le vrai visage de Marguerite dYouville (1701–1771) (Montreal, 1973). M. Trudel, LÉglise canadienne. Albertine Ferland-Angers, “Varennes, berceau d’une sainte,” RHAF, XIII (1959–60), 3–17. É.-Z. Massicotte, “La famille Dufrost de la Gemmeraye,” BRH, XXII (1916), 71–76.

General Bibliography




Voir aussi : http://www.sgm.qc.ca/fr/main-nav/sainte-marguerite-dyouville/son-histoire/

http://fr.sanctuaireyouville.ca/sainte_marguerite_d_youville