Saint NICAISE,
Évêque et martyr et ses
compagnons dont sa soeur sainte Eutropie (+ 407)
Dans ces années, il y
avait grande invasion des Vandales en Champagne. Ils étaient destructeurs et
leur christianisme arien leur faisait détester les tenants de la foi du Concile
de Nicée. Les habitants de Reims préférèrent s'enfuir. Mais l'évêque saint Nicaise
ne voulut pas abandonner les vieillards et ceux qui ne pouvaient se sauver. Il
attendit les barbares sur le parvis de la cathédrale. Il voulait les persuader
par la douceur, mais ses paroles restèrent vaines. Les Vandales le tuèrent
ainsi que sa sœur Eutropie, deux de ses clercs, Florent le diacre, et Jucundus
le lecteur, qui se tenaient à ses côtés. Le massacre se poursuivit ensuite dans
toute la ville.
Sainte Eutropie, vierge
qui fut martyrisée à Reims avec son frère, Saint Nicaise.
SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/244/Saint-Nicaise-de-Reims.html
Saint Nicaise, Archevêque
de Reims et sainte Eutropie
Martyrs
(Ve siècle)
Saint Nicaise, archevêque
de Reims, fut un vrai pasteur des âmes, l'homme de la paix, de la justice et de
la charité. "La gloire d'un pasteur, répétait-il souvent, n'est pas de se
couvrir des dépouilles de ses ouailles, mais de se dépouiller lui-même pour les
revêtir."
Longtemps la cité de
Reims fut docile à sa parole. Mais peu à peu le pasteur affligé vit son
troupeau glisser dans la corruption et le vice. Les crimes s'y multipliaient de
jour en jour, et la voix de Nicaise, qui flagellait publiquement les abus,
n'était plus écoutée. Dieu résolut alors d'envoyer à la cité coupable un
châtiment exemplaire. Il appela sur elle le glaive des Vandales. Avant de
frapper, le Seigneur, usant de miséricorde, députa du Ciel un Ange pour
annoncer au saint évêque le fléau qui allait affliger la ville ingrate.
Nicaise assembla son
peuple, et, les larmes dans la voix: "Pleurez, dit-il, gémissez sous la
cendre, troupeau infortuné, Dieu a compté le nombre de vos iniquités; si vous
ne faites pénitence, d'effroyables châtiments vont s'appesantir sur vous."
Mais ces salutaires avertissements furent inutiles. L'apparition des Vandales
se chargea de justifier la prédiction du saint pontife. Nicaise attendit les
barbares à genoux; l'un d'entre eux se précipita sur lui, et d'un coup de hache
lui abattit la tête.
Sa soeur Eutropie allait
être épargnée; mais, craignant des outrages pires que la mort, elle souffleta
le meurtrier de son frère, et reçut un coup d'épée au travers du corps. Les
barbares s'enfuirent en entendant les anges chanter dans les airs la gloire des
martyrs.
Abbé L. Jaud, Vie
des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
- Saint Nicaise,
archevêque de Reims, martyr. Ve siècle.
" Un pasteur
véritable doit travailler jusqu'à l'effusion de son sang plutôt que
d'abandonner le troupeau de Jésus-Christ."
Saint Athanase.
MARTYRE DE SAINT NICAISE
ÉVÊQUE DE REIMS
LE 14 DÉCEMBRE DE L'ANNÉE
407
Les Églises du nord de la
Gaule, quoique parvenues assez tard à une existence officielle, s'étaient bien
vite dédommagées. « Chaque jour qui s'écoulait, dit M. Kurth, marquait un
progrès pour les chrétientés de la Gaule du nord. Bientôt elle fut à même de payer
sa dette aux Églises du midi. C'est un enfant de Toul, saint Honorat, qui alla
fonder, en 405, cet illustre monastère de Lérins, foyer de la vie monastique en
Gaule et pépinière de l'épiscopat gaulois. C'est un fils de Trèves, Salvien,
qui brilla au premier rang des écrivains ecclésiastiques du cinquième siècle,
et dont la pathétique éloquence n'a pas vieilli pour l'histoire. C'est à Trèves
encore, dans la société du saint prêtre Banosus, que se développa la vocation
religieuse de saint Jérôme ; et si on se rappelle que cette ville a eu pour
professeur Lattante et pour élève Ambroise, on trouvera que l'Église de
Belgique n'a pas été inutile à l'Église universelle.
On ne comprendrait pas
bien le grand rôle réservé à cette Église dans l'histoire de la jeunesse du
monde moderne, si à l'étude de sa vie intime on n'ajoutait celle de ses
organismes essentiels. Comme l'Église universelle elle-même, l'Église des
Gaules alors était une fédération de diocèses reliés entre eux par la
communion, par les assemblées conciliaires et par l'obéissance à l'autorité du
Souverain Pontife. En dehors de ce triple et puissant élément d'unité, toute
son activité et toute sa vie résidaient dans les groupes diocésains. Chaque
diocèse était comme une monarchie locale dont l'évêque était le chef religieux
et tendait à devenir le chef temporel. Chef religieux, il était la source de
l'autorité, le gardien de la discipline, le dispensateur des sacrements,
l'administrateur de la charité, le protecteur né de tout ce qui était pauvre, faible,
souffrant ou abandonné. Chacune de ces attributions concentrait dans ses mains
une somme proportionnée d'autorité et d'influence. L'État lui-même avait
reconnu et affermi cette influence en accordant à l'épiscopat les deux grands
privilèges qui lui garantissaient l'indépendance : je veux dire l'exemption des
charges publiques et la juridiction autonome. Les constitutions lui accordaient
même une part d'intervention dans la juridiction séculière, chaque fois qu'une
cause touchait particulièrement à la morale ou au domaine religieux. La
confiance du peuple allait plus loin. N'ayant plus foi dans les institutions
civiles, ils s'habituèrent à confier la défense de tous leurs intérêts aux
autorités ecclésiastiques. Ils ne se préoccupèrent pas de faire le départ du
spirituel et du temporel : ils donnèrent tous les pouvoirs à qui rendait tous
les services. Sans l'avoir cherché, en vertu de sa seule mission religieuse et
grâce à l'affaiblissement de l'État, les évêques se trouvèrent chargés du
gouvernement de leur côté, c'est-à-dire de leurs diocèses Gouverneurs sans
mandat officiel, il est vrai, mais d'autant plus obéis que tout ce qui avait un
caractère officiel inspirait plus de défiance et d'aversion, ils furent, en
Gaule surtout, les bons génies du monde agonisant. Ils fermèrent les plaies que
l'État ouvrait ; ils firent des prodiges de dévouement et de charité. Les
évêques, dit un historien protestant parlant de la Gaule pratiquèrent alors la
bienfaisance dans des proportions que le monde n'a peut-être jamais revues »
[1].
Telle était la situation
lorsque éclata la catastrophe de 406. Ce fut un coup terrible pour les
chrétientés de la Gaule septentrionale. Nous ne savons que peu de chose de ces
jours pleins de troubles et de terreurs, où l'histoire même se taisait, comme
écrasée par l'immensité des souffrances qu'il eût fallu enregistrer. Même les
quelques souvenirs qu'en ont gardés les peuples ont été brouillés et, confondus
avec celui de l'invasion hunnique, arrivée un demi-siècle plus tard. Un seul des
épisodes consignés par l'hagiographie peut être rapporté avec certitude aux
désastres de 406 ; il s'agit de la mort du vénérable pontife de Reims, saint
Nicaise, égorgé par les Vandales au milieu de son troupeau qu'il n'avait pas
voulu abandonner [2].
II LE MARTYRE DE SAINT NICAISE
Que les combats fameux du
bienheureux Nicaise, évêque de Reims et martyr du Christ, dont nous célébrons
le triomphe, et de sa sainte sœur Eutropie, dont nous admirons l'intrépidité et
la pudeur, nous soient propices en ce jour où nous attendons joyeux les
consolations que leurs prières et leurs mérites nous obtiendront. Tandis qu'ils
luttaient encore sur cette terre au service du Christ, ils la remplirent des
heureux exemples de leur sainteté.
Élevés maintenant sur les
sièges célestes, le souvenir de c qu'ils furent nous instruit encore, et ils
protègent certainement par leurs prières continuelles ceux qui s'efforcent
attentivement d'atteindre la perfection, les sauvegardant des dangers présents,
passés et futurs. La bienheureuse vierge Entropie suivait infatigable et sans
faiblir son très saint frère qu'elle imitait et aidait, afin d'en recevoir la
protection pour sa chasteté, et afin que, débarrassée des souillures de
l'esprit, elle servît Dieu en toute la pureté et intégrité d'un corps défendu
contre les plaisirs de la chair. Tous deux rendaient les hommages assidus de
leur piété jusqu'au moment où éclatèrent les jours menaçants des persécutions.
Nicaise, le véritable
serviteur de Dieu, cultivait avec vigueur le champ qui lui avait été confié et,
se conformant au précepte de l'Apôtre, il prodiguait à temps et à contretemps,
par l'effusion de la parole de Dieu, les semailles qu'il avait le devoir de
répandre.
Mais, comme le dit la
parole divine, telle partie tombe sur la route, telle autre sur les pierres et
les terrains arides, telle dans les épines, telle enfin dans une terre
préparée, et celle-ci rend une moisson abondante. Ainsi parmi les hommes il y a
un grand nombre d'appelés, mais peu d'élus ; il s'en trouva plusieurs qui
suivirent le Christ en sa compagnie et, remplis du Saint-Esprit, se préparèrent
au martyre. Qu'est-ce donc qui a provoqué la colère divine à cet écrasement des
Gaules qu'une révélation lui avait fait connaître avant qu'elle arrivât ? C'est
alors qu il condamnait une richesse d'origine infâme, proclamant dans son
angoisse la future destruction de la province amenée par l'excès du plaisir et
la paresse de l'impuissance, lamentable maladie de l'âme, ou par la convoitise
de l'avarice, passions qui enchaînent misérablement le coeur humain. L'évêque
exhortait donc ses ouailles dont la conscience coupable l'inquiétait, prêt à
mourir pour tous afin de détourner de tous la colère de Dieu ; il suppliait,
l'esprit contrit et le coeur humilié, l'invincible clémence céleste afin que le
glaive des hommes ne pénétrât pas jusqu'aux âmes, mais pour que, sauvés par la
pénitence et la prière continuelle et la conscience renouvelée, ils reçussent
le plein pardon, grâce à l'ineffable grandeur de la miséricorde divine.
Sous le règne des Césars
païens qui persécutèrent les chrétiens depuis le temps des apôtres jusqu'à
l'époque de Constantin, l'esprit malin s'efforça par les mille ruses de
l'hérésie d'atteindre le dogme de la sainte Trinité et la foi chrétienne ; il
ne cessera pas d'agir de même jusqu'à la fin des temps, trompant les fidèles
par d'apparents rapprochements soucieux de tout perdre, de faire souffrir, de
rompre et de réduire à néant l'unité de l'Église qui est dans le Christ. Après
le baptême de Constantin et la fin de la persécution atroce commencée par son
prédécesseur Dioclétien, la sainte Église de Dieu commença à retrouver peu à
peu la paix ; à la faveur d'un repos bien désiré, elle s'étendit, s'enrichit et
s'accrut de disciples et d'honneurs. Malheureusement l'Église de Gaule se
laissa abuser par ces biens et, à l'instigation du démon, se livra au plaisir
et à la bonne chère ; bientôt on ne rougit plus de délaisser la religion, de
mettre en oubli les préceptes divins, de provoquer des scandales, des scissions,
et d'offenser Dieu.
Et voilà que soudain,
parmi tant de dissipations, s'émut la fureur de nations intraitables. La cohue
des Vandales, vengeresse de l'offense faite à Dieu, se lance sur plusieurs
provinces. Ces bandes, détruisant les villes de fond en comble, tuant tout le
monde sans distinction, ne semblaient rechercher autre chose que de répandre le
sang humain. Dans cette bourrasque, la Gaule se trouvait avoir de très
illustres serviteurs de Dieu, saint Nicaise de Reims et saint Aignan d'Orléans,
que leurs miracles et les dons qui les ornaient avaient fait connaître à tous.
Ils avaient lutté longtemps par leurs prodiges et leurs prières à écarter la
colère de Dieu, s'efforçant à éteindre les hérésies et l'immoralité et à
ramener les peuples au Roi-Dieu par la pénitence, et de détourner de leurs
peuples une pareille persécution. Ils poussaient leurs fidèles par leurs
prédications et par tout ce qu'ils tentaient à revenir à la pénitence, à la
patience et au martyre, afin que ceux qu'une funeste prospérité avait conduits
au péché trouvassent dans l'adversité non le jugement de condamnation, mais la
grâce du pardon et l'occasion du salut. L'armée des Vandales vint donc camper
sous les murs de Reims; presque tout le monde s'était enfui; ils ne songeaient
cependant qu'à tuer ceux qui ne partageaient pas leur croyance.
Le dernier jour de ce
pillage, comme les Vandales cherchaient de tous côtés et menaçaient gravement
la ville, les citoyens terrifiés vinrent trouver Nicaise, qui priait à genoux,
le suppliant de les consoler et de dire ce qu'ils avaient à faire de mieux, ou
se livrer en esclavage aux barbares, ou combattre jusqu'à la mort pour sauver
la ville. Entendant cela, Nicaise, à qui une révélation avait faut connaître le
sort réservé à la ville, répondit :
« Il faut combattre pour
le salut, non par les armes, niais par les mœurs, non avec la confiance de la
force, mais avec le soutien de ses vertus, non pas tant avec le corps qu'avec
l'esprit. Nous savons que cette indignation a été amenée par le juste jugement
de Dieu, aussi le seul conseil de salut que l'on puisse donner serait de
s'humilier sous le châtiment divin, sans violence, comme des enfants de péché,
mais avec patience, comme des enfants de prière, afin que nous puissions être
appelés à bon droit et que nous soyons réellement enfants de Dieu. Acceptons ce
péril en esprit d'expiation, offrons-nous pour obtenir le pardon et ne pas
tomber pour nos péchés dans la peine éternelle, ainsi les misères présentes
seront moins un tourment qu'un remède. En ce qui me concerne, je suis prêt,
comme doit l'être le pasteur, à donner ma vie pour mes brebis, à mépriser la
vie présente afin que vous receviez la vie éternelle qui a été promise. Prions
donc instamment pour nos ennemis, sollicitons leur salut, demandons qu'ils se
repentent de leurs crimes, afin que nous les voyions aimer et servir la vérité
avec la même passion qu'ils ont apportée dans l'impiété. »
Nicaise et sa soeur
Entropie excitaient ainsi le peuple à affronter le martyre, et ils s'offraient
eux-mêmes vaillamment, remettant à Dieu le soin de leur victoire. Ce fut sur
ces entrefaites que l'invasion des barbares commença. Nicaise, rempli de la
force de l'Esprit-Saint, accompagné d'Entropie, accourut sur le portail de la
basilique de la Sainte Vierge — qu'il avait bâtie lui-même pour son église
cathédrale, car jadis la chaire épiscopale se trouvait dans l'église des
Saints-Apôtres, — et ils entonnèrent des psaumes et des cantiques.
Dès qu'il vit les gens
armés qui approchaient, il commanda le silence d'un geste de la main et dit :
« O armes victorieuses,
et plût à Dieu que ce fût pour le Christ, ô force exécutive des volontés
divines, pourquoi, contrairement à la nature de la condition humaine,
changez-vous votre victoire en rage ? Le droit des vainqueurs était jadis ainsi
résumé : Épargner les humbles, combattre les puissants. Voici donc une foule de
chrétiens humbles et pieux, prosternés devant son Dieu en votre présence, qui
attend, obéissante jusqu'à la mort, la rémission de ses péchés dans le lieu
même où elle fut régénérée. Tandis que le temps est favorable et que durent
encore les jours de salut, faites vous-mêmes pénitence pour vos péchés,
reconnaissant le vrai Dieu dont vous satisfaites à l'indignation en corrigeant
les fils de sa miséricorde, qui chaque jour perdent la vie à cause de vous, de
peur que sa colère qui vaut à ses fils la correction pour le salut, ne soit
pour vous le paiement dans la damnation éternelle. Si vous rejetez la vérité,
et que vous tuez mes brebis, prenez-moi à leur place, offrez à la majesté
divine le sacrifice de mon corps, afin que le pasteur mérite d'être trouvé
digne de la récompense céleste, ainsi que ses brebis.
Là-dessus Nicaise se
prosterna avec sa soeur et chanta d'une voix forte :
« Mon âme a été comme
attachée à la terre ».
Un violent coup d'épée
trancha dans son gosier le verset commencé, mais ses lèvres achevèrent de
murmurer :
« Seigneur, vivifie-moi
selon ta parole ».
Sainte Eutropie, voyant
autour d'elle la fureur s'adoucir et redoutant que sa beauté ne la destinât aux
plaisirs des païens, sauta sur l'assassin en criant :
« Hélas ! méchant tyran,
tu as fait mourir de tes mains indignes un grand serviteur de Dieu et tu me
réserves pour abuser de moi. Le jugement de Dieu te damnera pour t'en punir. »
Et pour le provoquer,
elle bondit, lui arracha les paupières et les yeux, et à l'instant même elle
fut percée par des épées, qu'elle préférait aux attouchements des païens. Son
sang se répandit et elle recueillit avec son frère la palme du martyre.
Les païens, furieux de
l'audace et de la constance de la vierge et confondus du châtiment soudain de
l'assassin de Nicaise, changeant l'indulgence qui les avait poussés à
l'épargner, lui firent subir d'odieux outrages.
Le meurtre fini, les
habitants massacrés, une terreur subite envahit les persécuteurs. Comme si les
armées célestes étaient venues venger un crime si atroce, on entendit un bruit
insolite et énorme dans l'église ; l'ennemi affolé perdit son arrogance ; ce
fut un sauve-qui-peut général dans les montagnes, sur les routes ; il abandonna
son butin et on ne le revit plus.
La ville demeura
longtemps déserte, les chrétiens ayant fui dans la montagne par crainte des
barbares ; mais les corps des martyrs étaient gardés par les anges ; la nuit,
on voyait de très loin leur céleste lueur et beaucoup de gens les entendirent
chanter. Cependant les habitants, réconfortés par des révélations divines,
revinrent dans la ville ensevelir les corps des saints martyrs dont l'odeur
exquise les guidait. Mêlant la joie aux larmes et chantant des hymnes lugubres,
ils enterrèrent les martyrs avec respect dans des lieux consacrés à cet effet
autour de la ville. Et tout ceci arriva afin que la force sacerdotale
invincible, éprouvée durement, fût glorifiée et la négligence criminelle du
peuple reçût son juste traitement, et expiée par l'effusion du sang, fût
effacée.
Les corps de Nicaise et
d'Entropie furent inhumés dans le cimetière de Saint-Agricola, sur la route qui
est à l'est de la ville, dans le temple fameux construit jadis par le préfet
Jovinus, afin que l'on vît le dessein providentiel qui avait voulu que ce
temple tirât son lustre non de sa destination première, mais de la sainteté de
ses hôtes. Ces corps s'y trouvent et ils sont glorifiés par de nombreux
miracles.
Les gens de Reims
possèdent là deux gages perpétuels d'intercession en leur faveur... Assurés par
ces prières, souhaitons donc d'arriver aux joies désirables dont les
bienheureux jouissent sans fin dans le Christ. Amen [3].
[1] HAUCK
Kirchengeschichte Deutschland, A. I, p. 79.
[2] Bibliographie :
FLODOARDUS, Historia Remensis Ecclesiae, I, 6-7. (P. L. t. CXXXV, col. 36-43).
— G. WAITZ, dans les Monuments Germaniae Script, t. XIII, p. 417-420. — Sunius,
Vitae Sanctorum, t. XII (1616), p. 265-266. — Analecta bollandiana, t. V
(1886), p. 341-42; t. I (1881), p. 609-13, et t. II (1882), p. 156-157 —
Bibliotheca hagiographies latina (1901), fasc, V, p. 885. — CERF, Saint Nicaise
est-il martyrisé en 407 par les Vandales, ou en 451 par les Huns ? (Reims,
1873, in-8°), 38 pp. — H. FLEURY, Saint Nicaise et son Église dans Chroniq. de
Champagne (1838), t. IV, p. 1-14. — G. KURTH, Clovis (Paris, 1901, in-8°), p.
151-153, que je cite dans la notice.
[3] LES MARTYRS ; tome 3
: Julien l’Apostat, Sapor, Genséric ; Recueil de pièces authentiques sur les
martyrs depuis les origines du christianisme jusqu'au XXe siècle, traduites et
publiées par le R. P. Dom H. LECLERCQ, Moine bénédictin de Saint-Michel de
Farnborough. 1921.
SOURCE : http://alexandrina.balasar.free.fr/martyre_de_saint_nicaise.htm et http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2008/12/14/1356882_14-decembre-saint-nicaise-archeveque-de-reims-martyr-ve-siecle.html
Scènes de la vie de saint Nicaise, Vitrail provenant d'une chapelle de la cathédrale
de Soissons (Picardie, France), début du XIIIe siècle. Louvre
Museum. Department of Decorative Arts, Richelieu, first floor, room 2. Gift
of Mrs. Homberg, 1907
NICAISE DE REIMS
Évêque de Reims, Martyr,
Saint
(Ve siècle)
Après les évêques dont
nous venons de parler, le siège épiscopal fut occupé par saint Nicaise, homme
d'une grande charité et constance, qui sut gouverner avec vigueur, au milieu de
la persécution des Vandales, le troupeau confié à ses soins : pendant la paix,
source d'éclat et de gloire pour son église ; au milieu des dangers, guide
courageux et protecteur fidèle ; formant le peuple par ses pieuses doctrines et
ses vertueux exemples, et relevant la splendeur de l'Église, chaste épouse de
Jésus-Christ, par de riches fondations. Jusqu'à lui la chaire épiscopale avait
été attachée à l'église dite des Apôtres ; inspiré par une révélation divine,
il érigea une nouvelle basilique en l'honneur de la bienheureuse Mère de Dieu,
toujours vierge, où il transféra le siège épiscopal, et qu'il consacra bientôt
de son sang. Ce saint évêque, averti par un ange, prévit longtemps d'avance les
massacres qui devaient désoler la Gaule, et, pour réprimer la fatale confiance
d'une aveugle prospérité, il annonçait les vengeances de la colère divine. Son
inquiète charité portait avec douleur le poids des péchés de son troupeau ;
prêt à mourir pour le salut de tous, il s'offrait, afin de détourner de son
peuple la colère de Dieu ; ou, puisque sa ruine était inévitable, cherchant à
gagner la clémence de Dieu par l'humilité d'un cœur contrit et résigné, il
s'efforçait, sinon d'arrêter le glaive temporel, au moins d'empêcher que le
glaive éternel ne pénétrât jusque dans les âmes. Mais comme la semence de la
parole de Dieu ne peut germer au milieu des épines des richesses, ceux qui
prospèrent et se glorifient dans la vanité du siècle n'ouvrent point leur cœur
aux conseils salutaires, et ne les y reçoivent point pour les faire fructifier
: distraits par les embarras de mille occupations passagères, au lieu de
poursuivre la charitable vie, ils s'engagent sous les étendards funestes du
péché et de la mort ; et parce qu’ils ne haïssent pas assez profondément le
mal, ils sont incapables de faire dignement le bien. Aussi les peuples ne
craignaient pas de mépriser la sainte religion, de violer les commandements de
Dieu, de se rendre esclaves des vanités, de se souiller des vices de la
concupiscence, d'exciter des scandales et des schismes, et enfin, ô douleur !
d'offenser Dieu par toutes les iniquités. Mais tout-à-coup, au milieu même des
jours de prospérité, Dieu suscite la colère des nations les plus barbares : des
hordes de Vandales se précipitent furieuses dans les diverses provinces pour
,venger ses offenses ; les murs des villes tombent devant eux ; les familles
périssent par le glaive avec leur postérité. Les barbares semblent n'aspirer à
aucune gloire, ne chercher aucun profit. Ils ne veulent que verser, épuiser le
sang humain ; ils ne sont altérés que du carnage des Chrétiens. Au milieu de
cette affreuse tempête, de glorieux évêques brillaient dans les Gaules ; à
Rheims, le grand saint Nicaise ; à Orléans, le bienheureux saint Anian ; à
Troyes, saint Loup ; à Tongres, saint Servais, et quelques autres prélats
fameux par leurs vertus, qui retardèrent longtemps par leurs prières et leurs
mérites l'éclat de la colère de Dieu, s'efforçant d'éteindre l'hérésie et les
vices parmi le peuple, de le ramener par la pénitence à la religion catholique
et au vrai culte du Seigneur, et de détourner de la tête de l'Église chrétienne
le glaive d'une si terrible persécution et des vengeances divines.
Cependant les Vandales
viennent camper devant Rheims, ravagent tout le pays, et poursuivent avec
acharnement la perte des Chrétiens enfermés dans la ville : ils veulent
détruire et effacer de la surface de la terre ces ennemis de leurs dieux et des
mœurs païennes. À l'exemple de Jésus-Christ, saint Nicaise, prêt à donner sa
vie pour ses frères, prend la ferme résolution de ne point abandonner son
troupeau : il veut, ou se sauver avec eux, ou souffrir tout ce que voudra leur
faire souffrir le Père de famille, dans la crainte qu'en fuyant il ne semblât
délaisser le ministère de Jésus-Christ, sans lequel les bommes ne peuvent vivre
ni devenir chrétiens. Aussi, selon la pensée de saint Augustin, a-t-il acquis
les mérites d'une plus grande charité que celui qui, surpris dans sa fuite,
confessa cependant Jésus-Christ, et mourut martyr, mais non pas pour ses
frères, et n'ayant songé qu'à lui-même. Le saint évêque craignait bien plus que
sa fuite ne détruisît les pierres vivantes de l'édifice divin, que de voir
tomber et brûler sous ses yeux les pierres et les bois des édifices terrestres
; redoutant mille fois moins de livrer les membres de son propre corps aux
tortures et à la rage des ennemis, que de laisser mourir les membres du corps
de Jésus-Christ privés de la nourriture spirituelle ; il était résigné, si ce
calice ne pouvait passer loin de lui, à faire la volonté de celui qui ne peut
vouloir rien de mal, et ne cherchait point son bien, mais imitait celui qui a
dit : « Je ne cherche point ce qui m'est avantageux en particulier, mais ce qui
est avantageux à plusieurs pour être sauvés » (1 Co 10, 33). Persuadé donc que
sa fuite serait plus funeste peut-être par le mauvais exemple, que ses services
ne seraient un jour profitables s'il conservait sa vie, aucune raison ne put le
déterminer à fuir. Il ne craignait pas la mort temporelle, qui vient toujours
tôt ou tard, lors même qu'on cherche à l'éviter, mais la mort éternelle, qui
peut venir si on ne l'évite pas, et ne pas venir si on l'évite. Loin de se
complaire en lui-même, et de croire sa personne plus précieuse et plus digne
d'être tirée du danger que toute autre, comme plus éminente en grâce, il
s’obstina à rester, afin de ne pas priver l'Église de son ministère, nécessaire
surtout en de si grands périls : on ne le vit point, comme le gardien
mercenaire, abandonner ses brebis, et fuir à l’aspect du loup : mais, semblable
au bon pasteur, il offrit généreusement sa vie pour son troupeau : enfin, il
lui sembla que, dans cette extrémité, ce qu’il avait de mieux à faire, c’était
d’adresser de ferventes prières au Seigneur, pour lui et pour les siens, et il
choisit ce parti.
Cependant les assiégés
succombent aux fatigues de la défense, aux veilles, au besoin ; l’ennemi au
contraire redouble de fureur, bat de toutes parts les murs avec succès, tout le
peuple est frappé de terreur et de découragement : tous accourent auprès de saint
Nicaise, prosterné en prière au pied des autels : désespérés, tremblants de la
victoire prochaine des barbares, ils lui demandent des consolations, comme des
enfants à leur père ; ils le supplient de décider ce qu’il y a de plus utile à
faire, ou de se soumettre à la servitude des barbares, ou de combattre jusqu’à
la mort pour le salut de la ville. Le saint pasteur, à qui Dieu a fait
connaître par révélation que Rheims doit périr, console son peuple, et ne cesse
cependant d’implorer la clémence du Seigneur, afin que cette tribulation de la
mort temporelle, loin d’être leur perte éternelle, profite au contraire à leur
salut, et qu’ils persistent dans la confession de la vraie foi ; il les exhorte
à combattre pour le salut de leur âme, non avec des armes visibles, mais par de
bonnes mœurs, non avec l’appui des forces corporelles, mais par l’exercice de
toutes les vertus spirituelles : il leur rappelle que la punition qui les
frappe est un juste jugement de Dieu contre les péchés ; il leur répète sans
cesse qu’il n’y a d’autre moyen de salut que de s’humilier avec componction
sous les coups de la vengeance divine, de les recevoir, non point avec murmure
et désespoir, comme des enfants d’iniquité, mais avec patience et douceur,
comme des enfants de piété qui attendent les récompenses du royaume céleste.
« Souffrez, leur dit-il,
souffrez avec dévotion ces tribulations d’un jour dans l’espoir d’une éternité
de bonheur ; offrez-vous de bon cœur à cette mort d’un moment, pour éviter les
peines d’une damnation éternelle méritée par vos fautes ; trouvez votre salut
dans votre perte, et au lieu de supplice, l’éternelle guérison de vos âmes.
Priez pour vos ennemis, afin qu’ils reconnaissent leurs iniquités, et que ceux
qui sont aujourd’hui les ministres de l’impiété deviennent un jour les
disciples de la piété, et les sectateurs de la vérité ». Enfin, il déclare que
pour lui, il est prêt, comme le bon pasteur, à donner sa vie pour son troupeau,
et à braver la mort temporelle, pourvu qu’ils obtiennent avec lui le pardon de
leurs fautes et le salut éternelle.
Le pieux évêque était
secondé par sainte Eutrope, sa sœur, chaste épouse de Jésus-Christ, qui,
mettant sa vertu sous la protection de son frère, imitait en tout ses exemples
et ne le quittait jamais, afin de préserver la pureté de son âme des souillures
spirituelles, et la chasteté de son corps de la corruption des plaisirs
charnels. Tous deux animaient le peuple de tous leurs efforts à briguer la
palme du martyr, et demandaient en même temps pour lui au Seigneur le prix de
la victoire. Enfin le jour marqué de Dieu pour le triomphe des barbares étaient
arrivé, aussitôt que saint Nicaise voit leurs hordes furieuses se précipiter
dans la ville, fortifié par la vertu de l’Esprit-Saint, et accompagné de sa
bienheureuse sœur, il se présente au-devant d’eux à la porte de l’église de la
sainte vierge Marie, mère de Dieu, chantant des hymnes et des cantiques
spirituels. Pendant que, tout entier à la sainte psalmodie, il chante ce verset
de David : « Mon âme a été comme attachée à la terre » (Ps 118 [119], 25), sa
tête tombe tranchée par le glaive. Cependant la parole de piété ne manque point
en sa bouche ; car sa tête, roulant à terre, poursuit la sentence
d’immortalité, et il continue : « Seigneur, vivifiez-moi, selon votre parole ».
Mais sainte Eutrope
voyant l’impiété s’adoucir à sa vue, et craignant que sa beauté ne fût réservée
aux débats et à la brutalité des païens, se précipité sur le sacrilège
meurtrier de l’évêque ; l’insultant à grands cris, provoquant son martyre, elle
de frappe d’un soufflet, lui arrache les yeux, animée par une force divine, et
les jette à terre. Bientôt égorgée par les barbares transportés de fureur, et
donnant son sang à son Dieu, elle partagea avec son frère et d’autres saint
victorieux la palme du martyr ; car parmi le peuple, beaucoup, soit clercs,
soit laïques, imitèrent cette constance ; et, participant à la souffrance,
méritèrent de participer aussi à l’éternelle béatitude de leur père selon
Jésus-Christ. On cite entre autres, comme les plus illustres, le diacre Florent
et saint Joconde, dont les têtes sont conservées à Rheims derrière l’autel de
la sainte vierge Marie, mère de Dieu.
Cependant les barbares
demeurent étonnés de la constance de la vierge et de la subite punition du
meurtrier. Les massacres étaient finis, le sang des saints ruisselait à grands
flots ; tout-à-coup une horreur d’épouvante les saisit ; ils voient des armées
célestes qui viennent venger le sacrilège ; la basilique retentit d’un bruit
épouvantable. Redoutant la vengeance divine, ils abandonnèrent le butin ; leurs
bataillons fuient dispersés et quittent en tremblant la ville, laquelle demeura
longtemps solitaire ; car les chrétiens, réfugiés dans les montagnes, n’osaient
en descendre dans la crainte des barbares, et les barbares redoutaient d’y
retrouver les célestes visions qui les avaient frappés. Dieu seul et ses anges
veillaient à la garde des saints martyrs ; tellement que la nuit on voyait de
loin les lumières célestes ; quelques-uns même entendirent les saints et doux
concerts des Vertus et des Dominations du paradis. Rassurés enfin par cette
miraculeuse révélation de la victoire divine, les habitants que la Providence
avait conservés pour ensevelir les saints rentrent dans Rheims en faisant des
prières. Arrivés au lieu où gisent les corps, ils sentent s’exhaler une odeur
de parfums délicieux. Mêlant la joie aux gémissements, ils célèbrent en
pleurant les louanges du Seigneur, préparent pour la sépulture les saintes
reliques, et les déposent avec respect en des lieux convenables autour de la
ville. Quant aux corps de saint Nicaise et de sainte Eutrope sa sœur, ils les
ensevelirent solennellement dans le cimetière de l’église de Saint-Agricole,
fondée longtemps auparavant, et magnifiquement décorée par Jovin, homme très
chrétien et maître de la cavalerie romaine ; en sorte qu’il semblerait que la
Providence eût préparé de loin cette demeure sainte, plutôt pour la dignité et
célébrité de ces saints martyrs, que pour le dessein et la condition de sa
fondation première.
Depuis que les corps de
ces saints martyrs ont été déposés dans cette église, d’innombrables miracles
l’ont illustré. Par leurs mérites et leurs prières, les malades y ont recouvré
la santé et la force, et leur exemple enseigne aux fidèles à marcher dans le
chemin du ciel. Saint Jérôme écrivant à une jeune veuve de noble origine,
nommée Aggerunchia, et l’exhortant à persévérer dans le saint état du veuvage,
fait mention de cette persécution des barbares ; il dit entre autres choses :
« D’innombrables nations
barbares s’emparèrent de toute la Gaule. Les Quades, les Vandales, les
Sarmates, les Alains, les Gépides, les Hérules, les Saxons, les Bourguignons,
les Allemands, les Pannoniens, horrible république, ravagèrent tout le pays
renfermé entre les Alpes et les Pyrénées, entre l’océan et le Rhin. Assur était
avec eux. Mayence, ville autrefois fameuse, fut prise et saccagée, et des
milliers de chrétiens furent égorgés. La capitale des Vangions [1] fut ruinée
par un long siège. Les peuples de la puissante ville de Rheims, d’Amiens,
d’Arras, ; les Morins, situés aux extrémités de la Belgique, ceux de Tournai,
de Spire, de Strasbourg, furent transportés dans la Germanie, les Aquitains, la
Novempulanie lyonnaise, la Narbonnaise furent dévastés, excepté quelques
villes, que le fer ruinait au-dehors et la famine au-dedans ».
Enfin on dit que saint
Remi avait fixé sa demeure dans cette basilique, afin que comme en esprit il
approchait sans cesse des mérites des saints martyrs, il en approchât aussi en
corps et en personne. On montre encore aujourd’hui, près de l’autel, le petit
oratoire où il aimait à prier en secret, et à offrir, loin du bruit populaire,
au Dieu qui voit tout les saintes hosties de contemplation. C’est là qu’un jour
il vaquait à ces pieux exercices, lorsque, apprenant tout-à-coup l’incendie de
la ville, il accourut pour l’arrêter en invoquant le Seigneur, et, secondé de
l’appui des saints, laissa les traces de ses pas empreintes pour toujours sur
les pierres des degrés de l’église.
Texte de Flodoard (Histoire
de l'Église de Rheims).
[1] Worms.
SOURCE : http://alexandrina.balasar.free.fr/nicaise_de_reims_martyr.htm
Saint Nicaise. Petites heures de Jean de Berry. XIVe.
Also
known as
Nicasio
Profile
Brother of Saint Eutropia. Bishop of Rheims, France,
and founder of its basilica. Martyred in
the barbarian invasion of Rheims,
an invasion he saw in a vision.
beheaded c.451 at Rheims, France in
the doorway of his church, trying to slow the barbarians so his parishioners
could escape
buried at
the church of the Saint-Nicaise monastery
the monastery was
destroyed during the French
Revolution, and his remaining relics re-located
to the cathedral of Rheim
—
bishop holding
a sword and
his severed head
Additional
Information
Book
of Saints, by the Monks of
Ramsgate
Golden
Legend, by Jacobus
de Voragine
Lives
of the Saints, by Father Alban
Butler
Roman
Martyrology, 1914 edition
books
Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
Saints
and Their Attributes, by Helen Roeder
other
sites in english
images
sitios
en español
sites
en français
fonti
in italiano
Martirologio Romano, 2005 edition
websites
in nederlandse
Readings
Let us abide the mercy of
God and pray for our enemies. I am ready to give myself for my people. – Saint Nicasius
MLA
Citation
“Saint Nicasius of
Rheims“. CatholicSaints.Info. 27 January 2024. Web. 5 January 2026.
<https://catholicsaints.info/saint-nicasius-of-rheims/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-nicasius-of-rheims/
Book
of Saints – Nicasius, Eutropia and Others
(December
14) (Saints) Martyrs (5th
century) Saint Nicasius
was a Bishop of Rheims and
had with him his sister Eutropia. All agree that they, with a multitude of
other Christians,
suffered death at
the hands of Barbarian invaders of Gaul;
but some would date their martyrdom as
early as A.D. 407,
while others, with greater probability, maintain that it took place nearly half
a century later at the time of the inroad of the Huns.
MLA
Citation
Monks of Ramsgate.
“Nicasius, Eutropia and Others”. Book of Saints, 1921. CatholicSaints.Info.
4 March 2016. Web. 5 January 2026.
<https://catholicsaints.info/book-of-saints-nicasius-eutropia-and-others/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/book-of-saints-nicasius-eutropia-and-others/
St. Nicasius of Reims
Feastday: December 14
Bishop of Reims and
a martyr. Nicasius was slain with his sister Eutropia and a group of clergy
either by the Vandals or
the Huns.
SOURCE : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=4834
SS.
Nicasius, Ninth Archbishop of Rheims, and His Companions, Martyrs
IN the
fifth century an army of barbarians from Germany ravaging part of Gaul,
plundered the city of Rheims. 1 Nicasius,
the holy bishop, had foretold this calamity to his flock. When he saw the enemy
at the gates and in the streets, forgetting himself, and solicitous only for
his dear spiritual children, he went from door to door encouraging all to
patience and constancy, and awaking in every one’s breast the most heroic
sentiments of piety and religion. In endeavouring to save the lives of some of
his flock, he exposed himself to the swords of the infidels, who, after a
thousand insults and indignities, (which he endured with the meekness and
fortitude of a true disciple of God crucified for us) cut off his head. Florens
his deacon, and Jocond his lector, were massacred by his side. His sister
Eutropia, a virtuous virgin, seeing herself spared in order to be reserved for
wicked purposes, boldly cried out to the infidels, that it was her unalterable
resolution rather to sacrifice her life, than her faith or her integrity and
virtue. Upon which they despatched her with their cutlasses. St. Nicasius and
St. Eutropia were buried in the church-yard of St. Agricola. Many miracles
rendered their tombs illustrious, and this church was converted into a famous
abbey, which bears the name of St. Nicasius, and is now a member of the
congregation of St. Maur. The archbishop Fulco, in 893, translated the body of
St. Nicasius into the cathedral, which the martyr himself had built, and
dedicated to God in honour of the Blessed Virgin Mary. His head is kept in the
abbey of St. Vedast at Arras. See St. Gregory of Tours, and Gall. Chr. Nov. t.
9. p. 6. The Acts of St. Nicasius in Surius (14 Dec.) were written before Hincmar,
probably in the seventh century, but are of small importance, as Dom. Rivet
observes.
Note
1. Tillemont thinks these barbarians were
Goths, and that the Vandals were Arians before they left their own country in
the north of Germany. But how could they there have received Christianity so
early as in the beginning of the fifth century? How could Count Stilico, by
birth a Vandal, hope to advance his pagan son Eucherius by the help of the
Vandals, by opening the pagan temples and restoring idolatry, for which attempt
he and his son were put to death, as Orosius relates, if they were not then
idolaters in 407; though in the middle of the same fifth century they were
Arians, as appears from Salvian, l. 7, and King Genseric in 428? Stilting shows
that St. Nicasius suffered under the Vandals in 407, of which irruption of the
Vandals St. Jerom speaks in his epistle to Ageruchio in 409. See Stilting in
his life of St. Viventius, the immediate predecessor of St. Nicasius, on the
7th of September, t. 3, p. 65, and Gall. Christ. Nov. t. 9. p. 6. [back]
Rev. Alban Butler
(1711–73). Volume XII: December. The Lives of the Saints. 1866.
Martyre de saint Nicaise. Legenda aurea. Bx J. de Voragine. Mâcon. XVe.
San Nicasio di Reims Vescovo
Festa: 14 dicembre
Emblema: Bastone
pastorale
Martirologio
Romano: A Reims nella Gallia belgica, nell’odierna Francia, passione di
san Nicasio, vescovo, che insieme alla sorella Eutropia, vergine consacrata a
Cristo, al diacono Fiorenzo e a Giocondo fu ucciso durante una incursione di
alcuni pagani davanti alla porta della basilica da lui stesso fondata.
Il Catalogo episcopale della Chiesa di Reims, degno di credito e anteriore al IX sec, indica Nicasio come decimo vescovo della città. Lo storico Flodoardo dice la stessa cosa e gli dedica nella sua Historia Remensis ecclesiae un lungo capitolo che, a dire il vero, è pieno di luoghi comuni.
Flodoardo comincia col dire che, pieno di zelo per la bellezza della Chiesa "vergine sposa di Cristo", Nicasio fondò la nuova cattedrale della città posta sotto il titolo della Vergine Maria, togliendo in tal modo tale rango all'antica basilica dei SS. Apostoli. Si è fatto notare che questi titolari di chiese compaiono generalmente più tardi, ma Flodoardo ha potuto facilmente trasporre al V sec. titolazioni in uso al suo tempo e cioè, nel X.
Nel racconto seguono lunghe lamentele sul cattivo comportamento degli abitanti della città che attirarono in tal modo su di essa il castigo divino, cioè l'invasione dei Vandali (407). E' vero che l'autore paragona il suo eroe a s. Aniano di Orlèans e s. Lupo di Troyes che vissero cinquanta anni più tardi, e a s. Servazio di Tongres, morto cinquant'anni prima, ma questi anacronismi sono inseriti in un commento e non nell'episodio centrale del martirio di Nicasio.
Il vescovo si era rifiutato di fuggire e, in compagnia di sua sorella, la vergine Eutropia, esortava gli abitanti di Reims a subire serenamente il martirio. Quando i barbari vennero all'assalto, Nicasio rimase solo sulla soglia della chiesa di Nostra Signora da lui fondata, e qui fu decapitato mentre la sorella subiva la stessa sorte, da lei peraltro cercata per sfuggire a peggiori oltraggi. Alcuni fedeli furono anch'essi assassinati: dopo di che i barbari, in preda ad un improvviso terrore, si ritirarono.
Nelle sue grandi linee, questa narrazione è accettabile. Si può quindi ammettere che N. sia morto durante la grande invasione barbara del 407, mentre i tentativi fatti per riportarlo al tempo degli Unni (451) non sono appoggiati da argomenti validi: è quindi preferibile la tradizione di Reims, rappresentata da Flodoardo.
Un dettaglio del martirio di Nicasio merita particolare attenzione. Nel momento della sua esecuzione, il vescovo recitava il lungo salmo CXVIII; era giunto al versetto "Adhaesit pavimento anima mea", quando gli fu mozzata la testa, che però, caduta al suolo, continuò nel salmo, aggiungendo: "Vivifica me, Domine, secundum verbum tuum". Questo episodio, rilevato dal bollandista M. Coens, e significativo per la storia della cefaloforia (santi che portano la propria testa); infatti, in una testa tagliata, la lingua sembra ancora viva, palpitante, per cui nell'immaginazione degli agiografi, la testa diventa parlante (come in questo caso). Infine il santo decapitato porta egli stesso la sua testa in un determinato luogo che generalmente é quello che egli sceglie per la propria sepoltura.
Nicasio e sua sorella vennero sepolti nella chiesa costruita da Giovino nella metà del sec. IV, chiesa che ebbe per patroni prima s. Agricola e poi lo stesso Nicasio e che divenne, nel sec. XI, il centro di una abbazia benedettina conservatasi fino alla Rivoluzione francese. Il culto del santo vescovo si diffuse largamente nella provincia di Reims: era uno dei santi principali dell'abbazia di S. Amando (Nord) nell'antica diocesi di Tournai. La sua festa si celebra il 14 dicembre, data nella quale Nicasio già è iscritto nel Martirologio Geronimiano, donde, tramite i martirologi storici, è passato nel Romano.
Autore: Henri Platelle
SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/81400
Nicasius van Reims,
Frankrijk; martelaar met Eutropia, Florentinus en Jucundus; †
407 of 451.
Feest 3 januari
(Eutropia: één van de Drie Gezusters) & † 14 december.
Hij staat te boek als de
tiende bisschop van Reims en stichtte de basiliek van Reims. Hij
werd voor de deur van zijn kerk gedood, ofwel door de Vandalen, of wel door
Attila’s Hunnen. Met hem kwamen om het leven zijn zuster Eutropia die zichzelf
als maagd had toegewijd aan de Heer, zijn diaken Florentius en
Jucundus, zijn lector.
Verering & Cultuur
De kerk en het klooster Saint-Nicaise werden tijdens de Franse revolutie vernietigd. Zijn relieken bevinden zich in de kathedraal van Reims.
Eutropia wordt in België samen met Genoveva van Parijs († ca 512; feest 3 januari) en Bertilla van Marolles († 687; feest 3 januarI) vereerd als een van de Drie Gezusters.
Nicasius is patroonheilige van Reims; tegen oogziekten en muizenplagen.
Hij wordt afgebeeld als bisschop (tabberd, staf en mijter), met zwaard en het (deels) afgehouwen hoofd in de hand (hiermee liep hij na zijn onthoofding lofliederen zingend weg).
In Belgisch Limburg behoort Eutropia tot de zogeheten Drie Gezusters. Dezen worden vooral vereerd te Heusden en Zolder. Het betreft hier naast Eutropia van Reims, in Belgisch Limburg vooral vereerd te Rijkel: Genovefa, in Belgisch Limburg vereerd te Zepperen, Vlaanderen en Bertilia van Marolles, in Belgisch Limburg vereerd te Brustem.
Op Pinksteren werd te Heusden-Zolder de begankenis der 'dry ghezusters'
gehouden: men trok langs St. Eutropia in de St-Janskapel, langs Sint Bertilia
in de kerk van Eversel en langs Sint Genoveva in de Smeedseindekapel te
Beringen.
[BjL.1986; Lin.1999; Dries van den Akker s.j./2007.12.16]
© A. van den Akker
s.j. / A.W. Gerritsen
SOURCE : https://heiligen-3s.nl/heiligen/12/14/12-14-0451-nicasius.php





