mercredi 30 mai 2012

Sainte JEANNE D'ARC, vierge et martyre

SAINTE JEANNE D'ARC

Vierge, Libératrice de la France

(1412-1431)

Sainte Jeanne d'Arc montre une fois de plus, et d'une manière particulièrement éclatante, deux choses: combien Dieu aime la France et comme il est vrai qu'Il Se plaît à choisir les plus faibles instruments pour l'accomplissement des plus grandes choses.

Jeanne d'Arc naquit à Domremy, dans la Lorraine actuelle, le 6 janvier 1412; ses parents, Jacques d'Arc et Isabelle Romée, étaient des cultivateurs faisant valoir leur petit bien. La première parole que lui apprit sa mère fut le nom de Jésus; toute sa science se résuma dans le Pater, l'Ave, le Credo et les éléments essentiels de la religion. Elle approchait souvent du tribunal de la pénitence et de la Sainte Communion; tous les témoignages contemporains s'accordent à dire qu'elle était "une bonne fille, aimant et craignant Dieu", priant beaucoup Jésus et Marie. Son curé put dire d'elle: "Je n'ai jamais vu de meilleure chrétienne, et il n'y a pas sa pareille dans toute la paroisse."

La France était alors à la merci des Anglais et des Bourguignons, leurs alliés; la situation du roi Charles VII était désespérée. Mais Dieu Se souvint de Son peuple, et afin que l'on vît d'une manière évidente que le salut venait de Lui seul, Il Se servit d'une humble fille des champs. Jeanne avait treize ans quand l'Archange saint Michel lui apparut une première fois, vers midi, dans le jardin de son père, lui donna des conseils pour sa conduite et lui déclara que Dieu voulait sauver la France par elle. Les visions se multiplièrent; l'Archange protecteur de la France était accompagné de sainte Catherine et de sainte Marguerite, que Dieu donnait à Jeanne comme conseillères et comme soutien.

Jusqu'ici la vie de Jeanne est l'idylle d'une pieuse bergère; elle va devenir l'épopée d'une guerrière vaillante et inspirée; elle avait seize ans quand le roi Charles VII, convaincu de sa mission par des signes miraculeux, lui remit la conduite de ses armées. Bientôt Orléans est délivrée, les Anglais tremblent et fuient devant une jeune fille. Quelques mois plus tard, le roi était sacré à Reims.

Dans les vues divines, la vie de Jeanne devait être couronnée par l'apothéose du martyre: elle fut trahie à Compiègne, vendue aux Anglais, et après un long emprisonnement, où elle subit tous les outrages, condamnée et brûlée à Rouen (30 mai 1431). Son âme s'échappa de son corps sous la forme d'une colombe, et son coeur ne fut pas touché par les flammes.

L'Église a réhabilité sa mémoire et l'a élevée au rang des Saintes. Jeanne d'Arc demeure la gloire de la France, sa Protectrice puissante et bien-aimée. Elle a été déclarée sa Patronne secondaire par un Bref du Pape Pie XI, le 2 mars 1922.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/sainte_jeanne_d_arc.html


BENOÎT XVI



AUDIENCE GÉNÉRALE



Salle Paul VI



Mercredi 26 janvier 2011



Sainte Jeanne d’Arc


Chers frères et sœurs,

Je voudrais aujourd'hui vous parler de Jeanne d'Arc, une jeune sainte de la fin du Moyen-âge, morte à 19 ans, en 1431. Cette sainte française, citée à plusieurs reprises dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, est particulièrement proche de sainte Catherine de Sienne, patronne d'Italie et de l'Europe, dont j'ai parlé dans une récente catéchèse. Ce sont en effet deux jeunes femmes du peuple, laïques et consacrées dans la virginité; deux mystiques engagées non dans le cloître, mais au milieu de la réalité la plus dramatique de l'Eglise et du monde de leur temps. Ce sont peut-être les figures les plus caractéristiques de ces «femmes fortes» qui, à la fin du Moyen-âge, portèrent sans peur la grande lumière de l'Evangile dans les complexes événements de l'histoire. Nous pourrions les rapprocher des saintes femmes qui restèrent sur le Calvaire, à côté de Jésus crucifié et de Marie sa Mère, tandis que les Apôtres avaient fui et que Pierre lui-même l'avait renié trois fois. L'Eglise, à cette époque, vivait la crise profonde du grand schisme d'Occident, qui dura près de 40 ans. Lorsque Catherine de Sienne meurt, en 1380, il y a un Pape et un Antipape; quand Jeanne naît en 1412, il y a un Pape et deux Antipapes. Avec ce déchirement à l’intérieur de l'Eglise, des guerres fratricides continuelles divisaient les peuples chrétiens d'Europe, la plus dramatique d'entre elles ayant été l'interminable «Guerre de cent ans» entre la France et l'Angleterre.

Jeanne d'Arc ne savait ni lire ni écrire, mais elle peut être connue dans la profondeur de son âme grâce à deux sources d'une valeur historique exceptionnelle: les deux Procès qui la concernent. Le premier, le Procès de condamnation (PCon), contient la transcription des longs et nombreux interrogatoires de Jeanne durant les derniers mois de sa vie (février-mai 1431), et reporte les paroles mêmes de la sainte. Le second, le Procès en nullité de la condamnation, ou de «réhabilitation» (PNul), contient les dépositions d'environ 120 témoins oculaires de toutes les périodes de sa vie (cf. Procès de condamnation de Jeanne d'Arc, 3 vol. et Procès en nullité de la condamnation de Jeanne d'Arc, 5 vol., ed. Klincksieck, Paris 1960-1989).

Jeanne naît à Domremy, un petit village à la frontière entre la France et la Lorraine. Ses parents sont des paysans aisés, connus de tous comme d'excellents chrétiens. Elle reçoit d'eux une bonne éducation religieuse, avec une influence importante de la spiritualité du Nom de Jésus, enseignée par saint Bernardin de Sienne et répandue en Europe par les franciscains. Au Nom de Jésus est toujours uni le Nom de Marie et ainsi, sur un fond de religiosité populaire, la spiritualité de Jeanne est profondément christocentrique et mariale. Depuis l'enfance, elle démontre une grande charité et compassion envers les plus pauvres, les malades et tous les souffrants, dans le contexte dramatique de la guerre.

De ses propres paroles nous apprenons que la vie religieuse de Jeanne mûrit comme expérience mystique à partir de l'âge de 13 ans (PCon, I, p. 47-48). A travers la «voix» de l'archange saint Michel, Jeanne se sent appelée par le Seigneur à intensifier sa vie chrétienne ainsi qu'à s'engager personnellement pour la libération de son peuple. Sa réponse immédiate, son «oui», est le vœu de virginité, avec un nouvel engagement dans la vie sacramentelle et dans la prière: participation quotidienne à la Messe, confession et communion fréquentes, longs temps de prière silencieuse devant le Crucifix ou l'image de la Vierge. La compassion et l'engagement de la jeune paysanne française face à la souffrance de son peuple sont encore renforcés par son rapport mystique avec Dieu. L'un des aspects les plus originaux de la sainteté de cette jeune fille est précisément ce lien entre l'expérience mystique et la mission politique. Après les années de vie cachée et de maturation intérieure s'ensuivent deux brèves, mais intenses années de sa vie publique: une année d'action et une année de passion.

Au début de l'année 1429, Jeanne entame son œuvre de libération. Les nombreux témoignages nous montrent cette jeune femme de 17 ans seulement, comme une personne très forte et décidée, capable de convaincre des hommes incertains et découragés. Surmontant tous les obstacles, elle rencontre le Dauphin de France, le futur roi Charles VII, qui à Poitiers la soumet à un examen mené par plusieurs théologiens de l'université. Leur avis est positif: en elle, ils ne voient rien de mal, seulement une bonne chrétienne.

Le 22 mars 1429, Jeanne dicte une importante lettre au roi d'Angleterre et à ses hommes qui assiègent la ville d'Orléans (ibid., p. 221-222). Sa proposition est une véritable paix dans la justice entre les deux peuples chrétiens, à la lumière des noms de Jésus et de Marie, mais elle est rejetée, et Jeanne doit s'engager dans la lutte pour la libération de la ville, qui advient le 8 mai. L'autre moment culminant de son action politique est le couronnement du roi Charles VII à Reims, le 17 juillet 1429. Pendant toute une année, Jeanne vit avec les soldats, accomplissant au milieu d'eux une vraie mission d'évangélisation. Nombreux sont leurs témoignages sur sa bonté, son courage et son extraordinaire pureté. Elle est appelée par tous et elle-même se définit comme «la pucelle», c’est-à-dire la vierge.

La passion de Jeanne débute le 23 mai 1430, lorsqu'elle tombe prisonnière entre les mains de ses ennemis. Le 23 décembre, elle est conduite dans la ville de Rouen. C'est là que se déroule le long et dramatique Procès de condamnation, qui commence en février 1431 et finit le 30 mai avec le bûcher. C'est un grand procès solennel, présidé par deux juges ecclésiastiques, l'évêque Pierre Cauchon et l'inquisiteur Jean le Maistre, mais en réalité il est entièrement guidé par un groupe nombreux de théologiens de la célèbre université de Paris, qui participent au procès comme assesseurs. Ce sont des ecclésiastiques français qui, ayant fait un choix politique opposé à celui de Jeanne, ont a priori un jugement négatif sur sa personne et sur sa mission. Ce procès est une page bouleversante de l’histoire de la sainteté et également une page éclairante sur le mystère de l’Eglise, qui, selon les paroles du Concile Vatican II, est «à la fois sainte et appelée à se purifier» (LG, n. 8). C’est la rencontre dramatique entre cette sainte et ses juges, qui sont des ecclésiastiques. Jeanne est accusée et jugée par eux, jusqu’à être condamnée comme hérétique et envoyée à la mort terrible sur le bûcher. A la différence des saints théologiens qui avaient illuminé l’université de Paris, comme saint Bonaventure, saint Thomas d’Aquin et le bienheureux Duns Scot, dont j’ai parlé dans plusieurs catéchèses, ces juges sont des théologiens auxquels manquent la charité et l’humilité pour voir chez cette jeune l’action de Dieu. Les paroles de Jésus viennent à l’esprit, selon lesquelles les mystères de Dieu sont révélés à qui possède le cœur des tout-petits, alors qu’ils restent cachés aux sages et aux savants qui n’ont pas d’humilité (cf. Lc 10, 21). Ainsi, les juges de Jeanne sont radicalement incapables de la comprendre, de voir la beauté de son âme: ils ne savaient pas qu’ils condamnaient une sainte.

L’appel de Jeanne au jugement du Pape, le 24 mai, est rejeté par le tribunal. Le matin du 30 mai, elle reçoit pour la dernière fois la Communion en prison, et est immédiatement conduite au supplice sur la place du vieux marché. Elle demande à l’un de ses prêtres de tenir devant le bûcher une croix de procession. C’est ainsi qu’elle meurt en regardant Jésus Crucifié et en prononçant plusieurs fois et à haute voix le Nom de Jésus (PNul, I, p. 457; cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, 435). Environ vingt-cinq ans plus tard, le Procès de nullité, ouvert sous l’autorité du Pape Calixte III, se conclut par une sentence solennelle qui déclare nulle sa condamnation (7 juillet 1456; PNul, II p. 604-610). Ce long procès, qui recueillit les dépositions des témoins et les jugements de nombreux théologiens, tous favorables à Jeanne, met en lumière son innocence et sa parfaite fidélité à l’Eglise. Jeanne d’Arc sera ensuite canonisée par Benoît XV en 1920.

Chers frères et sœurs, le Nom de Jésus invoqué par notre sainte jusqu’aux derniers instants de sa vie terrestre, était comme le souffle incessant de son âme, comme le battement de son cœur, le centre de toute sa vie. Le «Mystère de la charité de Jeanne d’Arc», qui avait tant fasciné le poète Charles Péguy, est cet amour total pour Jésus, et pour son prochain en Jésus et pour Jésus. Cette sainte avait compris que l’Amour embrasse toute la réalité de Dieu et de l’homme, du ciel et de la terre, de l’Eglise et du monde. Jésus est toujours à la première place dans sa vie, selon sa belle expression: «Notre Seigneur premier servi» (PCon, I, p. 228; cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, 223). L’aimer signifie toujours obéir à sa volonté. Elle affirme avec une totale confiance et abandon: «Je m’en remets à Dieu mon créateur, je l’aime de tout mon cœur» (ibid., p. 337). Avec le vœu de virginité, Jeanne consacre de manière exclusive toute sa personne à l’unique Amour de Jésus: c’est «la promesse qu’elle a faite à Notre Seigneur de bien garder sa virginité de corps et d’âme» (ibid., p. 149-150). La virginité de l’âme est l’état de grâce, valeur suprême, pour elle plus précieuse que la vie: c’est un don de Dieu qui doit être reçu et conservé avec humilité et confiance. L’un des textes les plus connus du premier Procès concerne précisément cela: «Interrogée si elle sait d’être en la grâce de Dieu, elle répond: “Si je n’y suis, Dieu m’y veuille mettre; et si j’y suis, Dieu m’y veuille tenir”» (ibid., p. 62; cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, 2005).

Notre sainte vit la prière sous la forme d’un dialogue permanent avec le Seigneur, qui illumine également son dialogue avec les juges et lui apporte la paix et la sécurité. Elle demande avec confiance: «Très doux Dieu, en l’honneur de votre sainte Passion, je vous requiers, si vous m’aimez, que vous me révélez comment je dois répondre à ces gens d’Eglise» (ibid., p. 252). Jésus est contemplé par Jeanne comme le «Roi du Ciel et de la Terre». Ainsi, sur son étendard, Jeanne fait peindre l’image de «Notre Seigneur tenant le monde» (ibid., p. 172): icône de sa mission politique. La libération de son peuple est une œuvre de justice humaine, que Jeanne accomplit dans la charité, par amour de Jésus. Elle est un bel exemple de sainteté pour les laïcs engagés dans la vie politique, en particulier dans les situations les plus difficiles. La foi est la lumière qui guide chaque choix, comme témoignera, un siècle plus tard, un autre grand saint, l’anglais Thomas More. En Jésus, Jeanne contemple également toute la réalité de l’Eglise, l’«Eglise triomphante» du Ciel, comme l’«Eglise militante» de la terre. Selon ses paroles, «c’est tout un de Notre Seigneur et de l’Eglise» (ibid., p. 166). Cette affirmation, citée dans le Catéchisme de l’Eglise catholique (n. 795), possède un caractère vraiment héroïque dans le contexte du Procès de condamnation, face à ses juges, hommes d’Eglise, qui la persécutèrent et la condamnèrent. Dans l’Amour de Jésus, Jeanne trouve la force d’aimer l’Eglise jusqu’à la fin, même au moment de sa condamnation.

J’ai plaisir à rappeler que sainte Jeanne d’Arc a eu une profonde influence sur une jeune sainte de l’époque moderne: sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Dans une vie complètement différente, passée dans la clôture, la carmélite de Lisieux se sentait très proche de Jeanne, vivant au cœur de l’Eglise et participant aux souffrances du Christ pour le salut du monde. L’Eglise les a réunies comme patronnes de la France, après la Vierge Marie. Sainte Thérèse avait exprimé son désir de mourir comme Jeanne, en prononçant le Nom de Jésus (Manuscrit B, 3r), et elle était animée par le même grand amour envers Jésus et son prochain, vécu dans la virginité consacrée.

Chers frères et sœurs, avec son témoignage lumineux, sainte Jeanne d’Arc nous invite à un haut degré de la vie chrétienne: faire de la prière le fil conducteur de nos journées; avoir pleinement confiance en accomplissant la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit; vivre la charité sans favoritismes, sans limite et en puisant, comme elle, dans l’Amour de Jésus un profond amour pour l’Eglise. Merci.

* * *

Chers pèlerins francophones, que le témoignage lumineux de sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France avec sainte Thérèse de Lisieux, soit un appel à aimer le Christ et à vous engager, avec foi et détermination, au service des autres dans la charité! Bon séjour à tous!

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SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2011/documents/hf_ben-xvi_aud_20110126_fr.html


Sainte Jeanne d'Arc

Le mercredi 23 février 1429, à Vaucouleurs, le cortège fut prêt vers trois heures de l’après-midi. Jeanne était à cheval, entourée de son escorte composée de quatre lorrains : Jean de Metz, chef de l’expédition, Bertrand de Poulangy et leurs valets, Julien et Jean, puis Collet de Vienne, envoyé de Chinon par le Dauphin et son archer Richard. Agé de vingt-huit ans, rude soldat ayant conquis son grade et sa noblesse dans les récents combats, Jean de Metz avait joyeusement accepté d’escorter cette fille jusqu’à Chinon, à travers un territoire rempli d’ennemis.

S’ils passèrent la première nuit à l’abbaye de Saint-Urbain où ils étaient attendus, ils se firent héberger, les jours suivants, dans des fermes isolées, par des paysans qui n’osèrent pas refuser leur grange. Le voyage dura onze jours. Après avoir traversé l Aube et la Seine, ils arrivèrent à Auxerre, où Jeanne entendit la messe dans 1a cathédrale, franchirent la Loire à Gien, s'enfoncèrent dans les forêts de Sologne puis, après avoir passé le Cher et l’Indre, se trouvèrent enfin, le 5 mars, devant un petit village, nommé Sainte-Catherine-de-Fierbois, où Jean de Metz fit halte tandis que Collet de Vienne et son archer allaient prévenir le Dauphin du succès de l’expedition. A Sainte-Catherine-de-Fierbois était un pèlerinage. Quelques malades y faisaient des neuvaines et deux prêtres en assuraient la garde. Ce matin-là, Jeanne entendit trois messes de suite tandis que les quatre compagnons qui lui restaient se tenaient auprès des chevaux.

Après les offices, elle demeura longtemps dans la chapelle regardant alternativement les murs, l’autel et les statues, comme si elle avait voulu découvrir quelque chose. Il y avait des béquilles suspendues en ex-voto, des médailles, des inscriptions et des fleurs. L'odeur de l’encens flottait dans l’espace étroit.

Collet de Vienne revint dans l'après-midi. Le Dauphin donnait ordre de mener immédiatement la jeune fille à Chinon où elle logerait chez une femme désignée par lui. Tandis qu’à leur tour Jean de Metz et Bertrand de Poulangy étaient convoqués auprès de Charles pour rendre compte du voyage, Jeanne demeura trois jours chez son hôtesse, évitant de sortir et de répondre aux questions du voisinage.

On sait comment, le 9 mars, elle reconnut le Dauphin puis comment, quelques jours plus tard, elle répondit victorieusement à toutes les questions des examinateurs ecclésiastiques de Poitiers. Le 26 mars, Jeanne rentrait à Chinon, en compagnie du Dauphin qui était venu la chercher à Châtellerault. Maintenant, il s’agissait d’aller à Tours où étaient rassembléz les renforts pour Orléans, les armes et les approvisionements. Cependant, avant de partir, il fallait équiper Jeanne. Lorsque son armure fut prête, on s’inquiéta de l’épée : voulait-elle la garde en forme de croix ou préférait-elle un dessin particulier qui rappelât sa mission ? Jeanne répondit : « Allez à Sainte-Catherine-de-Fierbois, dans la chapelle du pèlerinage. Vous creuserez derrière l’autel, vous enlèverez une dalle, des pierres, et à peu de profondeur, vous trouverez l’épée qu’il me faut. » Ainsi fut fait, et l’on trouva une grande épée antique à la garde marquée de cinq petites croix.

Des traditions affirment que cette épée était celle de Charles Martel qui, après la bataille de Poitiers, l’aurait offerte aux prêtres du sanctuaire de Sainte-Catherine-de-Fierbois. Vers 1375, la chapelle oubliée, envahie par les ronces, n'était plus qu’une ruine. Un paralytique des environs, Godefroy, eut cependant l'idée de s'y faire porter et d’y réciter une prière quotidienne. Il fut guéri. Le bruit de ce miracle se répandit. Des prêtres de Tours accourus sur les lieux organisèrent un pèlerinage local. Au temps de Jeanne d’Arc, la vogue de Sainte-Catherine-de-Fierbois était déjà sur son déclin et l’épée de Charles Martel était oubliée.


Extraits du procès de Jeanne

Mon père s’appelait Jacques d’Arc. Ma mère, Isabelle. Chez moi, on m’appelait Jeannette. Depuis ma venue en France Jeanne.

- Quel âge avez-vous?

A peu près dix-neuf ans. J’ai été baptisée en l’église de Domremy par maîtreJean Minzet, à ce que je crois. C’est de ma mère que j’ai appris Pater noster, Ave Maria, Credo. Je n’ai appris ma créance d’ailleurs que de ma mère. Quand je fus grande, après l’âge de raison, en général je ne gardais pas les bêtes, mais j’aidais à les mener au pré. Je ne suis venue en France que sur l’ordre de Dieu. Puisque Dieu le commandait, il le convenait faire. Si j’eusse eu cent pères et cent mères, et si j’eusse été fille de roi, je serais partie.

Mon étendard était blanc, en toile blanche. Il y avait dessus écrit les noms de « Jhesus Marie », je crois. Mon étendard, je l’aimais plus, quarante fois plus que mon épée. Je portais mon étendard, quand j’attaquais, pour éviter de tuer personne. Jamais je n’ai tué personne.

En la semaine de Pâques dernière passée, elle étant sur les fossés de Melun, lui fut dit par ses voix qu’elle serait prise avant qu’il fût la saint Jean, et que ainsi fallait qu’il fût fait. Et qu’elle ne se esbahist. Mais qu’elle prît tout en gré, et que Dieu lui aiderait.

Et encore : Prends tout en gré. Ne te chaille de ton mattyre. Tu en viendras à fin en royaume de paradis. Très doux Dieu, en l’honneur de votre sainte Passion, je vous requiers, si vous m’aimez, que vous me révéliez ce que je dois répondre à ces gens d’Église.

- Savez-vous si vous êtes en la grâce de Dieu ?

Si je n’y suis, Dieu m’y mette. Et si j’y suis, Dieu m’y garde ! Je serais la plus malheureuse du monde, si je savais ne pas être en la grâce de Dieu ! Je m’en remets à Dieu de tout.

- Ne croyez-vous pas être sujette à l’Église qui est sur la terre, notre Saint Père le Pape, cardinaux, évêques et autres prélats d’Église ?

Oui, Notre Seigneur premier servi. Je m’en attends à mon juge, c’est le Roi du ciel et de la terre j’en appelle à Dieu et à notre Seigneur le Pape.

C’est ma mort, maître Jean? Donnez~moi les sacrements de pénitence, et la très sainte Eucharistie. Non, non, je ne suis pas hérétique, ni schismatique, mais une bonne chrétienne. Jésus, Jésus...


Prière

Dieu qui avez choisi sainte Jeanne d’Arc pour défendre notre pays contre l’envahisseur, accordez-nous, par son intercession, de travailler pour la justice et de vivre dans la paix. Par Jésus-Christ, notre Seigneur. - Amen.




Eugène Thirion. Sainte Jeanne d’Arc  recevant la vision de saint Michel Archange, 1876

Sainte Jeanne d’Arc

Vierge, Libératrice de la France (1412-1431)

Sainte Jeanne d’Arc montre une fois de plus, et d’une manière particulièrement éclatante, deux choses : combien Dieu aime la France et comme il est vrai qu’Il Se plaît à choisir les plus faibles instruments pour l’accomplissement des plus grandes choses.

Jeanne d’Arc naquit à Domremy, dans la Lorraine actuelle, le 6 janvier 1412 ; ses parents, Jacques d’Arc et Isabelle Romée, étaient des cultivateurs faisant valoir leur petit bien. La première parole que lui apprit sa mère fut le nom de Jésus ; toute sa science se résuma dans le Pater, l’Ave, le Credo et les éléments essentiels de la religion. Elle se confessait et communiait très régulièrement ; tous les témoignages contemporains s’accordent à dire qu’elle était "une bonne fille, aimant et craignant Dieu", priant beaucoup Jésus et Marie. Son curé put dire d’elle : "Je n’ai jamais vu de meilleure chrétienne, et il n’y a pas sa pareille dans toute la paroisse."

La France était alors à la merci des Anglais et des Bourguignons, leurs alliés ; la situation du roi Charles VII était désespérée. Mais Dieu Se souvint de Son peuple, et afin que l’on vît d’une manière évidente que le salut venait de Lui seul, Il Se servit d’une humble fille des champs. Jeanne avait treize ans quand l’Archange saint Michel lui apparut une première fois, vers midi, dans le jardin de son père, lui donna des conseils pour sa conduite et lui déclara que Dieu voulait sauver la France par elle. Les visions se multiplièrent ; l’Archange protecteur de la France était accompagné de sainte Catherine et de sainte Marguerite, que Dieu donnait à Jeanne comme conseillères et comme soutien.

Jusqu’ici la vie de Jeanne est l’idylle d’une pieuse bergère ; elle va devenir l’épopée d’une guerrière vaillante et inspirée ; elle avait seize ans quand le roi Charles VII, convaincu de sa mission par des signes miraculeux, lui remit la conduite de ses armées. Bientôt Orléans est délivrée, les Anglais tremblent et fuient devant une jeune fille. Quelques mois plus tard, le roi était sacré à Reims.

Dans les vues divines, la vie de Jeanne devait être couronnée par l’apothéose du martyre : elle fut trahie à Compiègne, vendue aux Anglais, et après un long emprisonnement, où elle subit tous les outrages, condamnée et brûlée à Rouen (30 mai 1431). Son âme s’échappa de son corps sous la forme d’une colombe, et son coeur ne fut pas touché par les flammes.

L’Église a réhabilité sa mémoire et l’a élevée au rang des Saintes. Jeanne d’Arc demeure la gloire de la France, sa Protectrice puissante et bien-aimée. Elle a été déclarée sa Patronne secondaire par un Bref du Pape Pie XI, le 2 mars 1922.



Prosper d'Épinay (Français, 1836-1914): Jeanne d'Arc
statue en pied, en armure, cathédrale Notre-Dame de Reims

Sainte Jeanne d’Arc, vierge

die 30 mai

SANCTÆ IOANNÆ DE ARC

Virginis

PATRONÆ SECUNDARIÆ GALLIÆ

II classis (ante CR 1960 : duplex II classis)

Ant. ad Introitum. Exodi 15, 1 et 2.

Cantémus Dómino : glorióse enim magnificátus est. Fortitúdo mea et laus mea Dóminus, et factus est mihi in salútem. (T.P. Allelúia, allelúia.)

Ps. 97, 1.

Cantáte Dómino cánticum novum, quia mirabília fecit.

V/. Glória Patri.

Oratio.

Deus, qui beátam Ioánnam Vírginem ad fidem ac pátriam tuendam mirabíliter suscitásti : da, quæsumus, eius intercessióne ; ut Ecclesia tua, hóstium superátis insídiis, perpétua pace fruátur. Per Dóminum.

Et fit commemoratio S. Felicis Papæ et Mart. :

Oratio.

Gregem tuum, Pastor ætérne, placátus inténde : et, per beátum Felícem Mártyrem tuum atque Summum Pontíficem, perpétua protectióne custódi ; quem totíus Ecclésiæ præstitísti esse pastórem. Per Dóminum nostrum.

Léctio libri Sapiéntiæ.

Sap. 8, 9-15.

Propósui sapiéntiam addúcere mihi ad convivéndum ; sciens quóniam mecum communicábit de bonis, et erit allocútio cogitatiónis et tædii mei. Habébo, propter hanc, claritátem ad turbas, et honórem apud senióres iúvenis : et acútus inveniar in iudício, et in conspéctu poténtium admirábilis ero, et fácies príncipum mirabúntur me. Tacéntem me sustinébunt, et loquéntem me respícient, et sermocinánte me plura, manus ori suo impónent. Prætérea habébo, per hanc, immortalitátem, et memóriam ætérnam his, qui post me futúri sunt, relínquam. Dispónam pópulos, et natiónes mihi erunt súbditæ. Timébunt me audiéntes reges horréndi. In multitúdine vidébor bonus, et in bello fortis.

Graduale. Iudic. 5, 8.

Nova bella elégit Dóminus, et portas hóstium ipse subvértit.

V/. Ibid., 11. Ubi collísi sunt currus et hóstium suffocátus est exercitus, ibi narréntur iustítiæ Dómini, et cleméntia in fortes Israël.

Allelúia, allelúia. V/. Iudith 13, 17-18. Laudáte Dóminum Deum nostrum, qui non deséruit sperántes in se, et in me, ancílla sua, adimplévit misericórdiam suam, quam promísit dómui Israël. Allelúia.

¶ In missis votivis post Septuagesimam, ommissis Allelúia et versu sequenti, dicitur

Tractus. Ps. 44, 11 et 12.

Audi, fília, et vide, et inclína aurem tuam : quia concupívit Rex spéciem tuam.

V/. Ibid. 13 et 10. Vultum tuum deprecabúntur omnes dívites plebis : fíliæ regum in honóre tuo.

V/. Ibid., 15 et 16. Adducéntur Regi Vírgines post eam : próximæ eius afferéntur tibi.

V/. Afferéntur in lætítia et exsultatióne : adducántur in templum Regis.

Tempore paschali omittitur graduale, et eius loco dicitur :

Allelúia, allelúia. V/. Judith 15, 11. Fecísti viríliter, et confortátum est cor tuum : manus Dómini confortávit te, et ídeo eris benedícta in æternum.

Allelúia. V/. Ibid. 8, 29. Nunc ergo ora pro nobis, quóniam múlier sancta es, et timens Deum. Allelúia.

+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Matthǽum.

Matth. 16, 24-27.

In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : Si quis vult post me veníre, ábneget semetípsum, et tollat crucem suam, et sequátur me. Qui enim voluerit ánimam suam salvam fácere, perdet eam : qui autem perdíderit ánimam suam propter me, invéniet eam. Quid enim prodest hómini, si mundum univérsum lucrétur, ánimæ vero suæ detriméntum patiátur ? Aut quam dabit homo commutatiónem pro ánima sua ? Fílius enim hóminis ventúrus est in glória Patris sui cum Angelis suis : et tunc reddet unicuíque secúndum ópera eius.

Ante 1960 : Credo

Ant. ad Offertorium. Judith 15, 10.

Benedixérunt eam omnes una voce, dicéntes : Tu glória Jerúsalem, tu lætítia Israel, tu honorificentia pópuli nostri. (T.P. Allelúia.)

Secreta

Hæc hóstia salutáris, Dómine, illam nobis in rebus árduis cónferat fortitúdinem, cuius beáta Ioánna, sub tanta discríminum varietáte, tam insígnia prǽbuit exémpla : ut, ad inimícos repelléndos, étiam belli perícula subíre non dubitáverit. Per Dóminum.

Pro S. Felice

Secreta

Oblátis munéribus, quǽsumus, Dómine, Ecclésiam tuam benígnus illúmina : ut, et gregis tui profíciat ubique succéssus, et grati fiant nómini tuo, te gubernánte, pastóres. Per Dóminum.

Præfatio de Sanctis

Ant. ad Communionem. Ps. 22, 4.

Si ambulávero in medio umbræ mortis, non timebo mala, quóniam tu mecum es, Dómine Jesu. (T.P. Allelúia.)

Postcommunio

Cælésti pane reféctos, qui tóties beátam Ioánnam áluit ad victóriam : præsta, quǽsumus, omnípotens Deus ; ut hoc salútis aliméntum de inimícis nostris victóres nos effíciat. Per Dóminum.

Pro S. Felice

Église Saint-Jacques, Compiègne, Oise, Picardie, France. Vitrail représentant Jeanne d'Arc communiant, une œuvre de l'atelier Champigneulle de Bar-le-Duc (1883) d'après le dessin du peintre Luc Olivier Merson. 5e travée du bas-côté sud.

le 30 mai

SAINTE JEANNE D’ARC

Vierge

PATRONNE SECONDAIRE DE LA FRANCE

IIème classe (avant 1960 : double IIème classe)

Introït

Chantons au Seigneur : il se couvre de gloire. Ma force et ma louange, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut. (T.P. Alléluia, alléluia.)

Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles.

Collecte

O Dieu, qui avez merveilleusement appelé sainte Jeanne d’Arc pour défendre la foi et la patrie, daignez accorder à votre Église, par son intercession, de vaincre les ruses de l’ennemi pour jouir d’une paix durable.

Et on fait mémoire de St Félix, Pape et Martyr :

Collecte

Pasteur éternel de l’Eglise, regardez avec bienveillance votre troupeau, protégez-le et gardez-le toujours. Nous vous le demandons par le bienheureux Pape Félix votre Martyr que vous avez placé comme berger à la tête de l’Eglise.

Lecture du Livre de la Sagesse.

J’ai résolu de prendre la Sagesse pour compagne de ma vie, sachant qu’elle serait ma conseillère aux jours heureux, mon réconfort dans les soucis et dans la peine. J’aurai, grâce à elle, la gloire auprès des foules, et malgré mon jeune âge, l’honneur auprès des anciens. Dans le jugement, on reconnaîtra ma finesse, devant les puissants j’exciterai l’admiration, et les princes me regarderont avec étonnement : si je me tais, ils m’attendront ; si je parle, ils prêteront l’oreille ; si je prolonge mon discours, ils se mettront la main sur la bouche. J’obtiendrai aussi, grâce à elle, l’immortalité, et je laisserai à la postérité un souvenir éternel. Je gouvernerai des peuples, et des nations me seront soumises. Devant ma renommée, des rois terribles prendront peur. Je me montrerai capable dans l’assemblée du peuple, et brave dans la guerre.

Graduel

Le Seigneur a choisi de nouveaux combats, et il renverse lui-même les portes des ennemis

V/. Qu’au lieu où les chars ont été brisés, l’armée des ennemis taillée en pièces, on publie la justice du Seigneur et sa clémence envers les braves d’Israël.

Allelúia, allelúia. V/. Louez le Seigneur notre Dieu, qui n’a point abandonné ceux qui espéraient en lui, et qui a accompli par moi, sa servante, la miséricorde qu’il avait promise à la maison d’Israël. Alléluia.

¶ Aux messes votives après la Septuagésime, on omet l’Alléluia et son verset et on dit

Trait

Écoutez, ma fille, et prêtez l’oreille, car le roi s’est épris de votre beauté.

V/. Tous les riches d’entre le peuple vous offriront leurs humbles prières.

V/. Des vierges seront amenées au roi après vous ; vos compagnes seront présentées au roi.

V/. Elles seront présentées au milieu de la joie et de l’allégresse ; elles seront conduites au temple du roi.

Pendant le temps pascal, on omet le graduel et à sa place on dit :

Allelúia, allelúia. V/. Tu as agi avec vaillance, ton cœur a été fort. La main du Seigneur t’a rendue forte, aussi seras-tu bénie à jamais.

Allelúia. V/. Et maintenant prie pour nous, car tu es une femme sainte et craignant Dieu. Alléluia.

Lecture du Saint Evangile selon saint Mathieu.

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, et qu’il porte sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie, la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi, la trouvera. Que sert à l’homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Ou qu’est-ce que l’homme donnera en échange de son âme ? Car le Fils de l’homme viendra dans la gloire de son Père avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon ses œuvres.

Avant 1960 : Credo

Offertoire

Tous l’acclamaient, disant d’une même voix : Tu es la gloire de Jérusalem, tu es la joie d’Israël, tu es l’honneur de notre peuple. (T.P. Alléluia.)

Secrète

Que cette offrande salutaire, Seigneur, nous procure dans les épreuves cette force d’âme dont sainte Jeanne donna de si beaux exemples, au milieu des plus grandes difficultés, elle qui n’a pas craint d’affronter les dangers de la guerre pour repousser les ennemis.

Pour St Félix

Secrète

Grâce à l’offrande de ces presents, accordez Seigneur, la lumière à votre Eglise ; faites prospérer partout votre troupeau, et daignez diriger ses pasteurs pour qu’ils vous soient agréables.

Préface des Saints .

Communion

Même si je marchais au milieu des ombres de la mort, je ne craindrais aucun mal, car tu es avec moi, Seigneur Jésus. (T.P. Alléluia.)

Postcommunion

Vous nous avez réconfortés, Seigneur, par le pain du ciel où sainte Jeanne puisa tant de fois la force de vaincre ; Permettez que cet aliment du salut nous rende victorieux de nos ennemis.

Pour St Félix

Postcommunion

Seigneur, dirigez avec amour votre Eglise qui vient de se nourrir à cette table sainte, pour que, sous votre conduite toute-puissante, elle voie grandir sa liberté, et garde la religion dans toute sa pureté.

Office

AUX PREMIÈRES VÊPRES. avant 1960

Tout comme aux secondes vêpres, sauf :

Ant.au Magnificat Voici Jeanne, * la vierge d’Orléans ; voici celle qui prie beaucoup pour le peuple et pour toute la nation française.

A MATINES.

Invitatoire. Le Roi des Vierges, le Seigneur, * Venez, adorons-le.

Hymnus

Stat cultrix vígilans páuperis hórtuli,

Annórum trédecim párvula, nil sciens,

Primas docta preces, præ sóciis pia,

Simplex, mitis et ínnocens.

Orántem Míchaël Angelus édocet,

Quam claræ párili lúmine vírgines,

Virtútum méritis conspícuæ simul,

Crebris allóquiis fovent.

Dum voces súperas éxcipit, éxpavet :

Sed, fidens Dómino, fórtior in dies,

Parens impériis, pro pátria libens

Castam se vovet hóstiam.

Mox dulces sócias et pátriam domum,

Et cum matre patrem iussa relínquere,

Miles facta Dei, quo vocat Angelus,

Fertur nil trépidans eques.

Hymne

La voilà qui cultive avec soin un pauvre jardin, et, enfant de treize ans,

ne sachant rien que les premières prières,

plus pieuse que ses compagnes,

simple, douce et innocente.

Durant sa prière, l’Ange Michel l’instruit,

et des vierges rayonnant d’une même lumière,

illustres par le mérite de leurs vertus,

ensemble la favorisent de fréquents entretiens.

Entendant les voix d’en haut elle s’effraie,

mais se fiant au Seigneur, plus forte chaque jour,

obéissant aux ordres, pour la patrie, de bon cœur,

elle se voue comme une chaste hostie.

Bientôt, les douces amies, et la maison familiale,

et sa mère et son père, il faut tout quitter ;

devenue soldat de Dieu, elle se porte, cavalière intrépide,

là où l’Ange l’appelle.

Gloire soit au Père qui a créé la terre ;

gloire soit au Fils qui a racheté les nations ;

gloire soit au Saint-Esprit qui fait

les âmes pieuses et fortes. Amen.

Au premier nocturne. Ant. 1 La magnificence de Jeanne * s’est élevée au-dessus des cieux.

Ant. 2 Viens, mon élue, * et je placerai en toi mon trône, car le Roi est épris de ta beauté.

Ant. 3 Elle a reçu * bénédiction du Seigneur, et miséricorde de Dieu son sauveur.

V/. Par les mérites et les prières de la bienheureuse Jeanne.

R/. Soyez propice, Seigneur, à votre peuple.

Du livre de l’Ecclésiastique. Cap. 51, 1-17.

Première leçon. Je vous rendrai grâces, ô Seigneur roi, et je vous louerai, Dieu mon sauveur. Je rendrai gloire à votre nom, parce que vous avez été mon aide et mon protecteur. Vous avez délivré mon corps de la perdition, des pièges de la langue injuste, et des lèvres des ouvriers du mensonge, et en face de mes adversaires Vous vous êtes fait mon défenseur. Vous m’avez délivré, selon la multitude de vos miséricordes, de ceux qui rugissaient, prêts à me dévorer, des mains de ceux qui cherchaient à m’ôter la vie, et de la puissance des tribulations qui m’environnaient ; de la violence de la flamme qui m’entourait, et au milieu du feu je n’ai point senti la chaleur ; de la profondeur des entrailles de l’enfer, de la langue souillée et des paroles de mensonge, du roi inique et de la langue injuste.

R/. Dieu exauce tous ceux qui le prient : c’est lui qui m’a envoyé son Ange et m’a prise aux brebis de mon père. * Et m’a ointe de l’onction de sa miséricorde. V/. Préparez vos cœurs pour le Seigneur et servez-le, lui seul, car il m’a envoyée à votre secours. * Et.

Deuxième leçon. Mon âme louera le Seigneur jusqu’à la mort, car ma vie était sur le point de tomber au plus profond de l’enfer. Ils m’ont environné de toutes parts, et il n’y avait personne pour m’aider ; je regardais si les hommes m’apporteraient du secours, et il n’en venait pas. Alors je me suis souvenu de votre miséricorde, Seigneur, et de ce que vous avez fait depuis le commencement du monde ; car vous tirez du péril ceux qui vous attendent, Seigneur, et vous les délivrez des mains des nations.

R/. Je t’ai prise à la maison de ton père et je t’ai fait entendre ma voix : * Et j’ai été avec toi, en tout, partout où tu as passé. V/. Et je t’ai fait un grand nom dans tout le peuple, à côté du nom des grands de cette terre. * Et.

Troisième leçon. Vous avez exalté mon habitation sur la terre, et j’ai prié pour être délivré de la mort qui se précipitait sur moi. J’ai invoqué le Seigneur, père de mon Seigneur, afin qu’il ne m’abandonnât point au jour de ma tribulation, et sans défense au jour des superbes. Je louerai sans cesse votre nom, et je le glorifierai dans mes actions de grâces, parce que ma prière a été exaucée, et que vous m’avez délivré de la perdition, et que vous m’avez sauvé dans un temps d’injustice. C’est pourquoi je vous rendrai grâce, et je chanterai vos louanges, et je bénirai le nom du Seigneur.

R/. Adonaï, Seigneur, Dieu grand et admirable, qui avez donné le salut par la main d’une femme, * Exaucez les prières de vos serviteurs. V/. Vous êtes béni, Seigneur, vous qui n’abandonnez pas ceux qui comptent sur vous, et qui humiliez ceux qui se glorifient de leur propre vertu. * Exaucez. Gloire au Père. * Exaucez.

Au deuxième nocturne.

Ant. 1 Pour la cause de la vérité, * de la douceur, et de la justice, ta main te conduira merveilleusement

Ant. 2 Il broiera l’arc, * brisera les armes, et brûlera au feu les boucliers.

Ant. 3 De justice et de miséricorde, * ta main est pleine.

V/. Le Seigneur s’est fait mon soutien

R/. Et mon refuge au jour de la tribulation

Quatrième leçon. Jeanne d’Arc est née à Domrémy, autrefois du diocèse de Toul, maintenant de Saint-Dié, de parents remarquables par leur foi et l’intégrité de leurs mœurs, en 1412. Elle avait à peine treize ans et ne connaissait que les occupations du foyer, le travail des champs et les premiers éléments de la religion, quand elle fut avertie qu’elle était choisie par Dieu pour délivrer la France et la rendre à l’ancienne autorité royale. Après que, pendant cinq ans, l’Archange saint Michel et les saintes vierges Catherine et Marguerite, dont elle recevait de fréquentes visites, lui eurent appris comment elle exécuterait ce qui lui était ordonné, elle reconnut qu’elle devait obéir à Dieu. Elle demanda au gouverneur de Vaucouleurs et, après quelques refus, en obtint des hommes qui devaient la conduire au roi Charles. Elle se rend d’abord à Toul, où elle assure devant l’évêque qu’elle a fait le vœu de virginité ; ensuite elle visite par un pieu pèlerinage la basilique de saint Nicolas de Port, pour confier au patron des Lorrains le périple qu’elle a préparé ; ensuite elle gagne Nancy, où le duc Charles reçoit favorablement la pieuse jeune fille bien qu’elle l’ait accusé d’une mauvaise conduite morale, et il se recommande à ses prières [1].

R/. Qu’il te bénisse en sa puissance, le Seigneur qui par toi a anéanti nos ennemis : * Pour que ta louange ne quitte point la bouche des hommes. V/. Tu es la joie, tu es l’honneur de notre peuple, car Dieu a glorifié ton nom * Pour que.

Cinquième leçon. Obéissant aux avertissements divins, après avoir surmonté les difficultés d’un long voyage, elle arriva au château de Chinon, en Touraine, et, ayant convaincu le roi Charles de la vérité de sa mission divine, elle partit pour Orléans. En peu de jours, par un terrible assaut, elle infligea trois défaites aux ennemis, prit leurs places fortes et fit triompher son étendard. De là, après quelques faits de guerre où le secours de Dieu se manifesta de façon merveilleuse, elle conduisit Charles à Reims pour y recevoir l’onction du sacre royal. Elle ne pensa pas pour autant qu’elle devait se reposer ; mais comme elle avait reçu du ciel l’annonce que, par la permission de Dieu, elle devait tomber au pouvoir de l’ennemi, elle accepta de bon cœur ce qui devait nécessairement arriver.

R/. Ils ont orné la façade du temple de couronnes d’or, oint le roi, et montant joyeusement, ils ont dit : Vive le roi. * Et il se fit une grande joie dans le peuple. V/. Par des hymnes et des louanges, ils bénissaient le Seigneur qui par la main d’une femme, leur avait donné la victoire. * Et.

Sixième leçon. Jeanne, faite prisonnière à Compiègne, vendue aux ennemis, bientôt conduite à Rouen, y fut traduite en jugement et accusée de toutes sortes de crimes, sauf de fautes contre la chasteté. Pour Jésus, elle supporta tout avec patience. Le procès ayant été conduit par des juges très corrompus, la vierge innocente et douce fut condamnée à la peine du feu. Ayant donc reçu le réconfort de la sainte Eucharistie qu’elle avait désirée si longtemps, les yeux tournés vers la croix et répétant très souvent le nom de Jésus, elle s’envola au ciel, le 30 mai, n’ayant pas encore accompli sa vingtième année. L’Église Romaine, qu’elle avait toujours aimée et à qui elle en avait souvent appelé, prit soin de la justifier de tout crime, sous le pontificat de Calixte III. Vers la fin du dix-neuvième siècle, Léon XIII permit d’introduire la cause de la Pucelle d’Orléans. Puis le Souverain Pontife Pie X la mit au rang des Bienheureuses, et Benoît XV au nombre des saintes Vierges. Enfin Pie XI, accédant aux vœux des évêques français, la déclara et institua patronne secondaire de la France, après la Très Sainte Vierge en son Assomption.

R/. Ma jeune enfant, ne crains pas, car je suis avec toi, dit le Seigneur : * Si tu passes par le feu, la flamme ne nuira pas à ton âme et je la glorifierai. V/. Je t’enverrai mon Ange et, au milieu de la flamme, tu loueras mon nom. * Si. Gloire au Père. * Si.

Au troisième nocturne.

Ant. 1 Gloire et beauté * sont devant lui ; sainteté et magnificence, dans son œuvre de sanctification.

Ant. 2 Les cieux * ont annoncé sa justice, et tous les peuples ont vu sa gloire.

Ant. 3 Il a jugé dans la justice, * et les peuples dans la droiture.

V/. Vous avez posé sur sa tête, Seigneur.

R/. Une couronne de pierres précieuses.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu. Cap. 16, 24-27.

En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, et qu’il porte sa croix, et qu’il me suive. Et le reste.

Homélie de saint Hilaire, Évêque.

Septième leçon. O bienheureux dommage, ô bienheureuse perte ! Le Seigneur a voulu nous enrichir au détriment de la vie et du corps, et il nous incite à lui devenir semblables. Car, étant de la nature de Dieu, il est devenu humble et obéissant jusqu’à la mort et, par là, il a reçu la puissance souveraine sur toute chose, celle qui est en Dieu. Il nous faut donc le suivre en prenant la croix, et, si ce n’est dans la réalité, du moins par notre volonté, l’accompagner dans sa passion. A quoi bon avoir acquis la puissance sur le monde, pourquoi tendre vers les richesses du siècle et par elles dominer la terre entière, si c’est pour perdre notre âme et nuire à notre vie ?

R/. Que le Seigneur exauce la prière de sa jeune vierge, où elle a demandé pour nous que Dieu se réconcilie avec nous. * Faites, Seigneur, que votre saint nom demeure en notre pays. V/. Regardez, Seigneur, et visitez votre peuple, de peur que n’y viennent à manquer l’Hostie et le Sacrifice. * Faites.

Huitième leçon. Quelle compensation chercher pour la perte de l’âme ? Lorsque le Christ, au milieu des anges, sera devant nous pour rendre à chacun selon son mérite, qu’offrirons-nous pour avoir la vie ? Croirai-je à la possibilité d’une transaction, préparée dès la vie terrestre, par les richesses, les hautes fonctions, la célébrité, les quartiers de noblesse ? Pour avoir en abondance des biens meilleurs, il faut renier toutes ces choses, suivre le Christ en méprisant tout cela et peser la possession éternelle des biens spirituels en comparaison avec la perte des biens terrestres.

R/. Seigneur, vous l’avez prévenue de douces bénédictions, * Vous avez posé sur sa tête une couronne de pierres précieuses. V/. Car elle n’a pas redouté les menaces des juges, ni recherché la gloire terrestre, mais elle est parvenue aux célestes royaumes. * Vous avez. Gloire au Père. * Vous avez.

Neuvième leçon. Quelle lourde charge imposée à la faiblesse humaine : dès que les hommes commencent à apprécier la vie, il leur faut perdre ce qui fait la joie de la nature humaine, se refuser à eux-mêmes, c’est-à-dire ne plus vouloir être ce qu’ils ont commencé d’être, alors que cette appréciation de la vie provient du désir. Il fallait donc une autorité indiscutable pour que, malgré la réaction du jugement, la perte des biens terrestres devienne désirable en raison du gain certain des biens futurs. Aussi, après avoir averti qu’il faut porter sa croix, perdre sa vie et obtenir la vie éternelle en échange de la perte de ce monde, Jésus s’adresse à ses disciples : « Quelques-uns qui sont ici présents ne subiront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme dans la gloire de son royaume »

A LAUDES

Ant. 1 Voici Jeanne, * vierge simple et très pieuse, qui révérait grandement le Seigneur, et dont personne ne disait le moindre mal.

Ant. 2 Le Seigneur la suscita, * et c’est pourquoi la jeune fille revêtit l’armure de Dieu, afin qu’elle pût résister aux embûches des ennemis.

Ant. 3 Elle s’est dressée, * les reins ceints dans la vérité, et, revêtue de la cuirasse de la justice, elle a pris le bouclier et le casque du salut.

Ant. 4 Voici qu’elle a levé sa main * vers les nations, et qu’elle a déployé devant les peuples l’étendard du Seigneur, pour mettre en fuite les ennemis.

Ant. 5 L’Ange l’a gardée en ses départs, * ses séjours et ses retours et, au milieu des flammes, il ne l’a pas abandonnée.

Capitule. Sap. 8, 9-10. J’ai résolu de prendre la Sagesse pour compagne de ma vie, sachant qu’elle serait ma conseillère aux jours heureux, mon réconfort dans les soucis et dans la peine. J’aurai, grâce à elle, la gloire auprès des foules, et malgré mon jeune âge, l’honneur auprès des anciens.

Hymnus

Armáta nunc ad régiam

Prodis, rogans a príncipe

Ut a Deo te pátriæ

Veníre fidat mílitem.

Statim trahens exércitum

Arces adis et óppida,

Pavéntibus fidúciam,

Dans fórtibus constántiam.

Aureliánum líberas,

Signum ferens intérrita,

Rhemísque frons inúngitur

Regis triúmpho nóbili.

O mira Christi cáritas,

Qui te, puéllam símplicem,

Manu poténti súscitans,

Ioánna, servat pátriam.

Hymne

Avec tes armes, maintenant tu parais à la cour,

et tu demandes au roi de te faire confiance,

comme au soldat de la patrie,

envoyé par Dieu.

Aussitôt, entraînant l’armée,

tu rejoins citadelles et forteresses,

donnant confiance aux craintifs

et constance aux courageux.

Tu délivres Orléans, intrépide,

portant ta bannière,

et à Reims, dans un noble triomphe,

le roi reçoit l’onction sur son front.

Merveilleuse charité du Christ !

C’est elle qui t’anime,

ô Jeanne, simple enfant,

et sauve la patrie.

Louange soit au Père et au Fils,

honneur au Saint Paraclet

qui blesse d’amour les cœurs

et réconforte les languissants. Amen.

V/. Grande est sa gloire en votre salut.

R/. Vous mettrez sur elle gloire et grand honneur.

Ant. au Bénédictus La bienheureuse Jeanne, * debout au milieu des flammes, les yeux tournés vers la croix, priait ainsi : Seigneur Jésus, recevez mon esprit et ne leur imputez pas ce péché.

AUX DEUXIÈMES VÊPRES.

Antiennes et Capitule de Laudes.

Hymnus

Salve, virílis pectóris

Virgo, Patróna Gálliæ !

Torménta dira sústinens,

Christi refers imáginem.

Voces supérnas áudiens,

Iesu repléta lúmine,

Dum fata pandis pátriæ,

Silent pavéntque iúdices.

Oppréssa flammis, clámitas

Iesum, crucémque fórtiter

Ampléxa, ad Ipsum, símplicis

Instar colúmbæ, pérvolas.

Choris beátis Vírginum

Adscrípta, cives ádiuva :

Te deprecánte, síngulis

Detur coróna glóriæ.

Sit laus Patri, sit Fílio :

Sancto decus Paráclito,

Qui corda amóre sáuciat,

Vires et auget lánguidis. Amen.

Hymne

Salut, Vierge au cœur viril,

patronne de la France !

En supportant de cruels tourments,

tu nous représentes l’image du Christ.

Lorsque, entendant les voix célestes,

remplie de la lumière de Jésus,

tu dévoiles les destins du pays,

les juges se taisent, pleins de crainte.

Étouffée par les flammes,

tu appelles Jésus, et embrassant

étroitement la croix, c’est vers lui que,

semblable à la candide colombe, tu t’envoles.

Admise parmi les chœurs bienheureux des Vierges,

aide tes concitoyens ;

que par ta prière, à chacun

soit donnée la couronne de gloire.

Louange soit au Père et au Fils,

honneur au Saint Paraclet,

qui blesse d’amour les cœurs

et réconforte les languissants. Amen.

V/. Par les mérites et les prières de la bienheureuse Jeanne.

R/. Soyez propice, Seigneur, à votre peuple.

Ant.au Magnificat Jeanne, épouse du Christ, * protectrice gardienne de la patrie, sois à tes serviteurs un rempart inexpugnable, par l’assiduité de tes suffrages.



Étienne Leroux. Statue de Jeanne d'Arc (1879/1880) , érigée à Compiègne
face à l'Hôtel de Ville. 
Réalisée à Paris, dans l'atelier Leroux, 99 rue de Vaugirard et coulée d'un seul jet, 
sauf pour les bras, chez les fondeurs Thiébault frères.

Sainte Jeanne d'Arc

Vierge (✝ 1431)

Fille d'humbles paysans de Lorraine, ("on m'appelait Jeannette") elle entendit des voix mystérieuses alors qu'elle n'avait que 13 ans. Saint Michel, Sainte Catherine et Sainte Marguerite, pendant trois ans lui demandèrent de libérer la France et de faire sacrer le roi à Reims. A Chinon, premier prodige, le roi donne une armée à cette bergère de 16 ans, ignorante des lois de la guerre. En huit jours, au début du mois de mai, elle délivre Orléans assiégée depuis sept mois. En juillet, Charles VII est sacré roi à Reims. Après les réussites difficiles, vint le temps des épreuves. Le roi abandonne Jeanne, un an après Orléans, elle est faite prisonnière à Compiègne, livrée aux Anglais, passe un an en prison, courageuse, héroïque dans sa pureté devant les tentatives des soldats. Sous prétexte qu'elle s'habille en homme, elle est condamnée comme hérétique. Seule lui reste la foi et l'encouragement de ses voix. Elle meurt brûlée vive à 19 ans, à Rouen le 30 mai 1431.

Jeanne d'Arc est fêtée par la République Française le deuxième dimanche de mai, fête nationale de Jeanne d'Arc et du patriotisme (loi du 10 juillet 1920); la date de Sainte Jeanne d'Arc fixée par le martyrologe de l’Église catholique est le 30 mai date anniversaire de sa naissance au ciel (c'est à dire de sa mort).

Tout au long de l’année 2012, des manifestations sont prévues en France pour commémorer le sixième centenaire de la naissance de sainte Jeanne d’Arc. (portail de l’Église catholique en France)

A lire aussi:

- Benoît XVI: sainte Jeanne est une des figures caractéristiques de ces 'femmes fortes' qui 'à la fin du Moyen Age, portèrent sans peur la grande lumière de l’Évangile dans les évènements complexes de l’Histoire' ... Sainte Jeanne d’Arc nous apprend que lorsque le pays est marqué par la division et par le découragement et la résignation, la foi qui puise à la Sagesse divine offre au chrétien la capacité de trouver les moyens extraordinaires d’intelligence et de force, pour offrir des raisons d’une nouvelle espérance pour la société... (Homélie pour la fête de Sainte Jeanne d’Arc 2012, Mgr Luigi Ventura)

- Centre spirituel de Domrémy - Un peu d’histoire : 27 janvier 1894 Jeanne est déclarée "vénérable" par Rome, 18 avril 1909 béatification de Jeanne d’Arc à Saint-Pierre de Rome, 30 mai 1920 canonisation de Jeanne d’Arc.

- "Sainte Jeanne d’Arc fut canonisée en 1920, quatre siècles après sa mort et à la fin d’une longue polémique entre ceux qui, comme l’historien Michelet, célébraient en elle, la fille du peuple de France et ceux qui, avec les Évêques d’Orléans, en commençant par Mgr Dupanloup, voyaient surtout en elle une vraie fille de l’Église. Les temps du procès, de béatification et de canonisation furent des temps de luttes anticléricales: expulsion des religieux et loi de Séparation de l’Église et de l’Etat, en 1905."

La sainteté comme suprême forme de sagesse (Homélie de Mgr Lluis Martinez-Sistach)

- Jeanne d'Arc, brûlée en 1431, ne sera béatifiée qu'en 1909 puis canonisée, c'est-à-dire inscrite sur la liste des saints de l'Église, en 1920. Les églises du diocèse de Poitiers possédant une représentation de Jeanne d'Arc sont très nombreuses. (diocèse de Poitiers- quelques saints du Poitou et d'ailleurs)

À Rouen, en 1431, sainte Jeanne d’Arc, vierge, appelée la pucelle d’Orléans, qui combattit avec force pour sa patrie, mais, livrée au pouvoir des ennemis et condamnée à mort par un tribunal ecclésiastique inique, malgré la simplicité de sa foi et son attachement à l’Église, elle mourut sur le bûcher à l’âge de dix-neuf ans.

Martyrologe romain

"Messire Dieu, premier servi" "Dieu fait ma route" (Jeanne)

Lors de son jugement: "Ne te chaille pas de ton martyre. Prends tout en gré, Dieu t'aidera; tu t'en iras par grande victoire au Paradis" (Ses voix)



Homélie pour la fête de Sainte Jeanne d’Arc 2012

Lundi 14 Mai 2012 , par le Nonce Apostolique, Mgr Luigi Ventura

Je tiens à exprimer ma vive gratitude à Mgr Jacques Blaquart, qui m’a donné la possibilité de prendre part à cette célébration historique des Fêtes Johanniques d’Orléans, en cette année du sixième centenaire de la naissance de sainte Jeanne d’Arc.

Ma présence comme Représentant du Souverain Pontife en France veut signifier la participation spirituelle du Pape Benoît XVI à la fête de la ville d’Orléans, et c’est pourquoi j’ai l’honneur de transmettre à votre Évêque, aux Autorités civiles et militaires et à toute la communauté diocésaine ses salutations affectueuses et sa Bénédiction apostolique.

Il y a presque un an, dans sa catéchèse du mercredi, le Pape Benoît XVI a présenté seize figures de femmes qui se sont distinguées par la sainteté de leur vie et la richesse de leur enseignement ; il entendait ainsi manifester le “génie féminin” du Moyen Age ; et parmi ces femmes il mentionna sainte Jeanne d’Arc. Le Pape a voulu ainsi souligner l’actualité de la Sainte protectrice de France, qui est plusieurs fois citée dans le Catéchisme de l’Église catholique. Il affirmait que sainte Jeanne est une des figures plus caractéristiques de ces « femmes fortes » qui « à la fin du Moyen Age, portèrent sans peur la grande lumière de l’Évangile dans les évènements complexes de l’Histoire ».

À 17 ans, elle s’engage personnellement pour la libération de son peuple. À la lumière des noms de Jésus et de Marie, elle cherche la paix dans la justice. Sa proposition n’est pas écoutée et elle se lance dans la lutte pour la libération de la ville d’Orléans, qui advient le 8 mai 1429.

Au soir du samedi 7 mai de cette année-là, les Français purent regagner la cité, dont le siège venait d’être levé. « Tout le clergé et le peuple d’Orléans chantèrent avec ferveur le Te Deum et firent sonner toutes les cloches de la cité, remerciant humblement notre Seigneur pour cette glorieuse consolation » (Journal anonyme du Siège d’Orléans), et, les Anglais étant partis, le jour suivant un dimanche tous se rendirent à la cathédrale.

Depuis lors, la ville n’a jamais oublié ce moment historique et emblématique, aux racines de la France moderne, et elle marche symboliquement sur les traces de la foi intrépide de la Pucelle d’Orléans, pour remercier le Seigneur de la libération qu’elle lui a méritée et de la dignité qu’elle lui a restituée. Cette année, la fête est renforcée par la joie de saluer le retour de son vieux bourdon, qui l’accompagnera de nouveau, dans les moments plus importants de sa vie, de sa belle et profonde voix, guérie des blessures de la guerre.

On sait qu’un an plus tard, Jeanne tomba prisonnière entre les mains de ses ennemis. Le procès dramatique qui suivra, comme l’a affirmé le Pape, « est une page bouleversante de l’histoire de la sainteté et également une page éclairante sur le mystère de l’Église, qui, selon les paroles du Concile Vatican II, est à la fois sainte et appelée à se purifier (LG 8) ». Elle est vraiment dramatique cette rencontre entre la sainte et ses juges, des ecclésiastiques « auxquels manquent la charité et l’humilité…, incapables de la comprendre, de voir la beauté de son âme », et qui, pour atteindre leur but, masquent un procès politique en procès religieux.

Elle sera condamnée et brûlée par une sentence qui, 25 ans plus tard, sera estimée et prouvée fausse et injuste. En lisant les témoignages, nous sommes étonnés de la sérénité et du courage manifestés par Jeanne en affrontant la souffrance et la mort : « Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort » (1 Co 1,27).

Quelle est la raison du martyre ? On la trouve dans la croix, sur laquelle Jésus a donné sa vie par amour, pour témoigner de sa fidélité à son Père, afin que nous puissions avoir la vie. « Si quelqu’un veut venir à ma suite, … qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive » (Mt 16,24). La force du martyr « n’est pas le résultat d’un effort humain, mais il est la réponse à une initiative et à un appel de Dieu, un don de sa grâce, qui rend capable d’offrir sa propre vie par amour pour le Christ et pour l’Eglise, et ainsi pour le monde » (B XVI 11.8.10).

Un homme présent à la scène pourra témoigner : « Jeanne étant dans la flamme en rendant son esprit et inclinant la tête, proféra le nom de Jésus, en signe qu’elle était fervente en la foi en Dieu ».

Les temps de crise permettent à des hommes et à des femmes de valeur de se manifester, d’être reconnus. Le royaume de France était divisé, l’Anglais régnait sur une grande partie du territoire et le dauphin, le futur Charles VII, se trouvait réduit à l’impuissance dans la ville de Chinon. Une simple Pucelle, sans éducation particulière, bergère de son état, guidée par la sagesse divine, va redonner confiance à un peuple et à son roi, contribuant à rétablir l’unité du royaume de France.

On a pu faire de sainte Jeanne d’Arc une icône politique, voyant en elle celle qui permit de bouter l’ennemi hors de France. Une telle vision réductrice ne rend pas justice à la richesse de sa vie, imbue de foi et d’amour de Dieu. Le secret caché dans sa personne ne réside pas dans des faits d’armes remarquables, dans un courage extraordinaire, dans une intelligente stratégie militaire, mais dans la source, dans l’inspiration profonde qui a donné force à son action : l’écoute de la voix de Dieu et la fidélité à sa volonté.

Dans son cœur, on ne trouve pas des sentiments de haine, mais une soif de justice et de vérité. Éclairée par Dieu sur la volonté divine, elle voulait simplement rendre à la France sa dignité et sa légitime unité. Toute son action est motivée par sa détermination à agir dans la soumission à la volonté divine. La sainteté dans ce sens peut alors être aussi politique, quand elle est au service de la vérité, du droit et de la liberté, de la cohésion et de la solidarité, de l’unité et de la justice.

Sainte Jeanne d’Arc nous apprend que lorsque le pays est marqué par la division et par le découragement et la résignation, la foi qui puise à la Sagesse divine offre au chrétien la capacité de trouver les moyens extraordinaires d’intelligence et de force, pour offrir des raisons d’une nouvelle espérance pour la société.

Jeanne a choisi de suivre la Sagesse. Ce choix se réalise très tôt et s’enracine dans une vie d’union à Dieu. Les témoignages à son procès de réhabilitation soulignent combien elle aimait prier, se confesser et communier. Il plut à Dieu de choisir une simple Pucelle, selon les termes mêmes de Jeanne, pour signifier sa consécration virginale, et elle a été toujours prête et disposée à se faire instrument de l’action divine. Saint Michel puis sainte Marguerite et sainte Catherine ont préparé Jeanne à sa mission durant de longues années, depuis l’âge de 13 ans, et elle partira rencontrer le dauphin à l’âge de 17-18 ans.

Jeanne témoigne que le messager céleste « m’apprit à bien me diriger, à fréquenter l’église. » Dieu a préparé son instrument par cette éducation patiente où la prière et la vie sacramentelle avaient une place centrale. Dans l’attente du siège d’Orléans, chaque soir et chaque matin, Jeanne rassemblait les prêtres présents pour les faire prier. Elle exhortait les soldats à se confesser pour pouvoir s’unir à ces prières. Elle invitera régulièrement ses compagnons à se confesser, à entendre la messe. Même face à son principal accusateur, l’évêque de Beauvais, monseigneur Cauchon, elle saura porter un regard de foi sur le mystère de l’Église dont le prélat était indignement témoin en demandant à ce qu’il l’entende en confession.

Cette union à Dieu et à l’Église est le secret de son existence et de son action. Sur son exemple, nous aussi sommes conduits à rechercher et à découvrir ce secret : la présence de Dieu a côté de nous, la volonté de nous mettre aux côtés de nos concitoyens en solidarité d’énergies au service de la dignité et de la justice. Comme pour elle, notre foi doit se nourrir de la vie sacramentelle, s’appuyer sur sa parole qui guérit et pardonne malgré l’expérience de notre incohérence et de notre fragilité, avec la force qui nous vient en mangeant le Pain du ciel à l’autel du Seigneur, dans le dialogue qui se construit dans la prière.

La Pucelle, habitée par l’Esprit de Sagesse, connaissait les vues de Dieu sur son pays. Cette sagesse lui donne une intelligence tactique et stratégique rare. Thibaud d’Armagnac, chevalier, bailli de Chartres, témoignera au procès de réhabilitation que « dans la conduite et la disposition des armées et sur le fait de guerre, elle se conduisait comme si elle avait été le capitaine le plus avisé du monde, qui eût été toute sa vie instruit dans la guerre. »

Le Pape Benoît XVI, dans sa catéchèse, résumait la mission de Sainte Jeanne avec ces mots : « La libération de son peuple est une œuvre de justice humaine, que Jeanne accomplit dans la charité, par amour de Jésus. Elle est un bel exemple de sainteté pour les laïcs engagés dans la vie politique, en particulier dans les situations le plus difficiles ».

Cinq siècles séparent la mort de Jeanne sur le bûcher de Rouen (30 mai 1431) de son élévation aux honneurs de l’autel. Le pape Léon XIII la proclamera vénérable (27 janvier 1894), Pie X, bienheureuse (18 avril 1909) et Benoît XV, sainte (16 mai 1920).

La publication et la traduction, en 1868, des procès de réhabilitation ont entraîné une meilleure connaissance de Jeanne et de sa vie héroïque, et cela a grandement contribué à son retour en pleine lumière dans le cœur de la France et de l’Église. C’est alors que Mgr Dupanloup, évêque d’Orléans, demanda au pape Pie IX d’ouvrir le procès de canonisation.

En 1894 (27 février), l’année même de l’introduction de la cause, fut publié à Orléans un livret officiel dans lequel on pouvait lire : « Après que le tribunal de Rouen, à la solde des ennemis de la France, eut prononcé la sentence, Jeanne d’Arc n’a donc pas fait inutilement appel à l’autorité du pape. Vingt-cinq ans après le crime horrible des bourreaux, la France étant désormais libérée et pacifiée, le pape Calixte III ordonnait le procès de révision, qui proclama l’innocence de la victime. Maintenant un nouveau procès, le véritable procès, commence : il ne s’agit plus d’une simple réhabilitation, mais de la glorification suprême réservée par l’Église à ses enfants les plus nobles. »

Héroïne médiévale, Jeanne d’Arc est ainsi devenue la sainte universellement connue de l’âge contemporain. Elle brille comme une étoile lumineuse, au firmament de l’histoire tourmentée de l’Église, avec les innombrables et héroïques figures des grands saints que la France lui a donnés. Ils font la fierté légitime du peuple qui les a engendrés, et en même temps ils sont une invitation et un encouragement à témoigner, avec une énergie, une intelligence et un courage toujours renouvelés, de la foi qui les anime.




Pierre Paul Rubens, Sainte Jeanne d’Arc, 1620
St. Joan of Arc

In French Jeanne d'Arc; by her contemporaries commonly known as la Pucelle (the Maid).


Born at Domremy in Champagne, probably on 6 January, 1412; died at Rouen, 30 May, 1431. The village of Domremy lay upon the confines of territory which recognized the suzerainty of the Duke of Burgundy, but in the protracted conflict between the Armagnacs (the party of Charles VII, King of France), on the one hand, and the Burgundians in alliance with the English, on the other, Domremy had always remained loyal to Charles.

Jacques d'Arc, Joan's father, was a small peasant farmer, poor but not needy. Joan seems to have been the youngest of a family of five. She never learned to read or write but was skilled in sewing and spinning, and the popular idea that she spent the days of her childhood in the pastures, alone with the sheep and cattle, is quite unfounded. All the witnesses in the process of rehabilitation spoke of her as a singularly pious child, grave beyond her years, who often knelt in the church absorbed in prayer, and loved the poor tenderly. Great attempts were made at Joan's trial to connect her with some superstitious practices supposed to have been performed round a certain tree, popularly known as the "Fairy Tree" (l'Arbre des Dames), but the sincerity of her answers baffled her judges. She had sung and danced there with the other children, and had woven wreaths for Our Lady's statue, but since she was twelve years old she had held aloof from such diversions.

It was at the age of thirteen and a half, in the summer of 1425, that Joan first became conscious of thatmanifestation, whose supernatural character it would now be rash to question, which she afterwards came to call her "voices" or her "counsel." It was at first simply a voice, as if someone had spoken quite close to her, but it seems also clear that a blaze of light accompanied it, and that later on she clearly discerned in some way the appearance of those who spoke to her, recognizing them individually as St. Michael (who was accompanied by other angels), St. Margaret, St. Catherine, and others. Joan was always reluctant to speak of her voices. She said nothing about them to her confessor, and constantly refused, at her trial, to be inveigled into descriptions of the appearance of the saints and to explain how she recognized them. None the less, she told her judges: "I saw them with these very eyes, as well as I see you."

Great efforts have been made by rationalistic historians, such as M. Anatole France, to explain these voices as the result of a condition of religious and hysterical exaltation which had been fostered in Joan by priestlyinfluence, combined with certain prophecies current in the countryside of a maiden from the bois chesnu (oak wood), near which the Fairy Tree was situated, who was to save France by a miracle. But the baselessness of this analysis of the phenomena has been fully exposed by many non-Catholic writers. There is not a shadow of evidence to support this theory of priestly advisers coaching Joan in a part, but much which contradicts it. Moreover, unless we accuse the Maid of deliberate falsehood, which no one is prepared to do, it was the voices which created the state of patriotic exaltation, and not the exaltation which preceded the voices. Her evidence on these points is clear.

Although Joan never made any statement as to the date at which the voices revealed her mission, it seemscertain that the call of God was only made known to her gradually. But by May, 1428, she no longer doubtedthat she was bidden to go to the help of the king, and the voices became insistent, urging her to present herself to Robert Baudricourt, who commanded for Charles VII in the neighbouring town of Vaucouleurs. This journey she eventually accomplished a month later, but Baudricourt, a rude and dissolute soldier, treated her and her mission with scant respect, saying to the cousin who accompanied her: "Take her home to her fatherand give her a good whipping."

Meanwhile the military situation of King Charles and his supporters was growing more desperate. Orléans was invested (12 October, 1428), and by the close of the year complete defeat seemed imminent. Joan's voices became urgent, and even threatening. It was in vain that she resisted, saying to them: "I am a poor girl; I do not know how to ride or fight." The voices only reiterated: "It is God who commands it." Yielding at last, she left Domremy in January, 1429, and again visited Vaucouleurs.

Baudricourt was still skeptical, but, as she stayed on in the town, her persistence gradually made an impression on him. On 17 February she announced a great defeat which had befallen the French arms outsideOrléans (the Battle of the Herrings). As this statement was officially confirmed a few days later, her cause gained ground. Finally she was suffered to seek the king at Chinon, and she made her way there with a slender escort of three men-at-arms, she being attired, at her own request, in male costume — undoubtedly as a protection to her modesty in the rough life of the camp. She always slept fully dressed, and all those who were intimate with her declared that there was something about her which repressed every unseemly thought in her regard.

She reached Chinon on 6 March, and two days later was admitted into the presence of Charles VII. To test her, the king had disguised himself, but she at once saluted him without hesitation amidst a group of attendants. From the beginning a strong party at the court — La Trémoille, the royal favourite, foremost among them — opposed her as a crazy visionary, but a secret sign, communicated to her by her voices, which she madeknown to Charles, led the king, somewhat half-heartedly, to believe in her mission. What this sign was, Joan never revealed, but it is now most commonly believed that this "secret of the king" was a doubt Charles had conceived of the legitimacy of his birth, and which Joan had been supernaturally authorized to set at rest.

Still, before Joan could be employed in military operations she was sent to Poitiers to be examined by a numerous committee of learned bishops and doctors. The examination was of the most searching and formal character. It is regrettable in the extreme that the minutes of the proceedings, to which Joan frequentlyappealed later on at her trial, have altogether perished. All that we know is that her ardent faith, simplicity, and honesty made a favourable impression. The theologians found nothing heretical in her claims tosupernatural guidance, and, without pronouncing upon the reality of her mission, they thought that she might be safely employed and further tested.

Returning to Chinon, Joan made her preparations for the campaign. Instead of the sword the king offered her, she begged that search might be made for an ancient sword buried, as she averred, behind the altar in thechapel of Ste-Catherine-de-Fierbois. It was found in the very spot her voices indicated. There was made for her at the same time a standard bearing the words Jesus, Maria, with a picture of God the Father, andkneeling angels presenting a fleur-de-lis.

But perhaps the most interesting fact connected with this early stage of her mission is a letter of one Sire de Rotslaer written from Lyons on 22 April, 1429, which was delivered at Brussels and duly registered, as themanuscript to this day attests, before any of the events referred to received their fulfilment. The Maid, he reports, said "that she would save Orléans and would compel the English to raise the siege, that she herself in a battle before Orléans would be wounded by a shaft but would not die of it, and that the King, in the course of the coming summer, would be crowned at Reims, together with other things which the King keeps secret."

Before entering upon her campaign, Joan summoned the King of England to withdraw his troops from Frenchsoil. The English commanders were furious at the audacity of the demand, but Joan by a rapid movement entered Orléans on 30 April. Her presence there at once worked wonders. By 8 May the English forts which encircled the city had all been captured, and the siege raised, though on the 7th Joan was wounded in the breast by an arrow. So far as the Maid went she wished to follow up these successes with all speed, partly from a sound warlike instinct, partly because her voices had already told her that she had only a year to last. But the king and his advisers, especially La Trémoille and the Archbishop of Reims, were slow to move. However, at Joan's earnest entreaty a short campaign was begun upon the Loire, which, after a series of successes, ended on 18 June with a great victory at Patay, where the English reinforcements sent from Parisunder Sir John Fastolf were completely routed. The way to Reims was now practically open, but the Maid had the greatest difficulty in persuading the commanders not to retire before Troyes, which was at first closed against them. They captured the town and then, still reluctantly, followed her to Reims, where, on Sunday, 17 July, 1429, Charles VII was solemnly crowned, the Maid standing by with her standard, for — as she explained — "as it had shared in the toil, it was just that it should share in the victory."

The principal aim of Joan's mission was thus attained, and some authorities assert that it was now her wish to return home, but that she was detained with the army against her will. The evidence is to some extent conflicting, and it is probable that Joan herself did not always speak in the same tone. Probably she saw clearly how much might have been done to bring about the speedy expulsion of the English from French soil, but on the other hand she was constantly oppressed by the apathy of the king and his advisers, and by the suicidal policy which snatched at every diplomatic bait thrown out by the Duke of Burgundy.

An abortive attempt on Paris was made at the end of August. Though St-Denis was occupied without opposition, the assault which was made on the city on 8 September was not seriously supported, and Joan, while heroically cheering on her men to fill the moat, was shot through the thigh with a bolt from a crossbow. The Duc d'Alençon removed her almost by force, and the assault was abandoned. The reverse unquestionably impaired Joan's prestige, and shortly afterwards, when, through Charles' political counsellors, a truce was signed with the Duke of Burgundy, she sadly laid down her arms upon the altar of St-Denis.

The inactivity of the following winter, mostly spent amid the worldliness and the jealousy of the Court, must have been a miserable experience for Joan. It may have been with the idea of consoling her that Charles, on 29 December, 1429, ennobled the Maid and all her family, who henceforward, from the lilies on their coat of arms, were known by the name of Du Lis. It was April before Joan was able to take the field again at the conclusion of the truce, and at Melun her voices made known to her that she would be taken prisoner before Midsummer Day. Neither was the fulfilment of this prediction long delayed. It seems that she had thrown herself into Compiègne on 24 May at sunrise to defend the town against Burgundian attack. In the evening she resolved to attempt a sortie, but her little troop of some five hundred encountered a much superior force. Her followers were driven back and retired desperately fighting. By some mistake or panic of Guillaume de Flavy, who commanded in Compiègne, the drawbridge was raised while still many of those who had made the sortie remained outside, Joan amongst the number. She was pulled down from her horse and became theprisoner of a follower of John of Luxemburg. Guillaume de Flavy has been accused of deliberate treachery, but there seems no adequate reason to suppose this. He continued to hold Compiègne resolutely for his king, while Joan's constant thought during the early months of her captivity was to escape and come to assist him in this task of defending the town.

No words can adequately describe the disgraceful ingratitude and apathy of Charles and his advisers in leaving the Maid to her fate. If military force had not availed, they had prisoners like the Earl of Suffolk in their hands, for whom she could have been exchanged. Joan was sold by John of Luxembourg to the English for a sum which would amount to several hundred thousand dollars in modern money. There can be no doubt that theEnglish, partly because they feared their prisoner with a superstitious terror, partly because they were ashamed of the dread which she inspired, were determined at all costs to take her life. They could not put her to death for having beaten them, but they could get her sentenced as a witch and a heretic.

Moreover, they had a tool ready to their hand in Pierre Cauchon, the Bishop of Beauvais, an unscrupulous andambitious man who was the creature of the Burgundian party. A pretext for invoking his authority was found in the fact that Compiègne, where Joan was captured, lay in the Diocese of Beauvais. Still, as Beauvais was in the hands of the French, the trial took place at Rouen — the latter see being at that time vacant. This raised many points of technical legality which were summarily settled by the parties interested.

The Vicar of the Inquisition at first, upon some scruple of jurisdiction, refused to attend, but this difficulty was overcome before the trial ended. Throughout the trial Cauchon's assessors consisted almost entirely ofFrenchmen, for the most part theologians and doctors of the University of Paris. Preliminary meetings of the court took place in January, but it was only on 21 February, 1431, that Joan appeared for the first time before her judges. She was not allowed an advocate, and, though accused in an ecclesiastical court, she was throughout illegally confined in the Castle of Rouen, a secular prison, where she was guarded by dissoluteEnglish soldiers. Joan bitterly complained of this. She asked to be in the church prison, where she would have had female attendants. It was undoubtedly for the better protection of her modesty under such conditions that she persisted in retaining her male attire. Before she had been handed over to the English, she had attempted to escape by desperately throwing herself from the window of the tower of Beaurevoir, an act of seemingpresumption for which she was much browbeaten by her judges. This also served as a pretext for the harshness shown regarding her confinement at Rouen, where she was at first kept in an iron cage, chained by the neck, hands, and feet. On the other hand she was allowed no spiritual privileges — e.g. attendance atMass — on account of the charge of heresy and the monstrous dress (difformitate habitus) she was wearing.

As regards the official record of the trial, which, so far as the Latin version goes, seems to be preserved entire, we may probably trust its accuracy in all that relates to the questions asked and the answers returned by the prisoner. These answers are in every way favourable to Joan. Her simplicity, piety, and good sense appear at every turn, despite the attempts of the judges to confuse her. They pressed her regarding hervisions, but upon many points she refused to answer. Her attitude was always fearless, and, upon 1 March, Joan boldly announced that "within seven years' space the English would have to forfeit a bigger prize thanOrléans." In point of fact Paris was lost to Henry VI on 12 November, 1437 — six years and eight months afterwards. It was probably because the Maid's answers perceptibly won sympathizers for her in a large assembly that Cauchon decided to conduct the rest of the inquiry before a small committee of judges in theprison itself. We may remark that the only matter in which any charge of prevarication can be reasonably urged against Joan's replies occurs especially in this stage of the inquiry. Joan, pressed about the secret sign given to the king, declared that an angel brought him a golden crown, but on further questioning she seems to have grown confused and to have contradicted herself. Most authorities (like, e.g., M. Petit de Julleville and Mr. Andrew Lang) are agreed that she was trying to guard the king's secret behind an allegory, she herself being the angel; but others — for instance P. Ayroles and Canon Dunand — insinuate that the accuracy of theprocès-verbal cannot be trusted. On another point she was prejudiced by her lack of education. The judges asked her to submit herself to "the Church Militant." Joan clearly did not understand the phrase and, though willing and anxious to appeal to the pope, grew puzzled and confused. It was asserted later that Joan's reluctance to pledge herself to a simple acceptance of the Church's decisions was due to some insidious advice treacherously imparted to her to work her ruin. But the accounts of this alleged perfidy are contradictory and improbable.

The examinations terminated on 17 March. Seventy propositions were then drawn up, forming a very disorderly and unfair presentment of Joan's "crimes," but, after she had been permitted to hear and reply to these, another set of twelve were drafted, better arranged and less extravagantly worded. With this summary of her misdeeds before them, a large majority of the twenty-two judges who took part in the deliberations declared Joan's visions and voices to be "false and diabolical," and they decided that if she refused to retract she was to be handed over to the secular arm — which was the same as saying that she was to be burned. Certain formal admonitions, at first private, and then public, were administered to the poor victim (18 April and 2 May), but she refused to make any submission which the judges could have considered satisfactory. On 9 May she was threatened with torture, but she still held firm. Meanwhile, the twelve propositions were submitted to the University of Paris, which, being extravagantly English in sympathy, denounced the Maid in violent terms. Strong in this approval, the judges, forty-seven in number, held a final deliberation, and forty-two reaffirmed that Joan ought to be declared heretical and handed over to the civil power, if she still refused to retract. Another admonition followed in the prison on 22 May, but Joan remained unshaken. The next day a stake was erected in the cemetery of St-Ouen, and in the presence of a great crowd she was solemnly admonished for the last time. After a courageous protest against the preacher's insulting reflections on her king, Charles VII, the accessories of the scene seem at last to have worked upon mind and body worn out by so many struggles. Her courage for once failed her. She consented to sign some sort of retraction, but what the precise terms of that retraction were will never be known. In the official record of the process a form of retraction is in inserted which is most humiliating in every particular. It is a long document which would have taken half an hour to read. What was read aloud to Joan and was signed by her must have been something quite different, for fivewitnesses at the rehabilitation trial, including Jean Massieu, the official who had himself read it aloud, declared that it was only a matter of a few lines. Even so, the poor victim did not sign unconditionally, but plainly declared that she only retracted in so far as it was God's will. However, in virtue of this concession, Joan was not then burned, but conducted back to prison.

The English and Burgundians were furious, but Cauchon, it seems, placated them by saying, "We shall have her yet." Undoubtedly her position would now, in case of a relapse, be worse than before, for no second retractation could save her from the flames. Moreover, as one of the points upon which she had been condemned was the wearing of male apparel, a resumption of that attire would alone constitute a relapse intoheresy, and this within a few days happened, owing, it was afterwards alleged, to a trap deliberately laid by her jailers with the connivance of Cauchon. Joan, either to defend her modesty from outrage, or because herwomen's garments were taken from her, or, perhaps, simply because she was weary of the struggle and was convinced that her enemies were determined to have her blood upon some pretext, once more put on the man's dress which had been purposely left in her way. The end now came soon. On 29 May a court of thirty-seven judges decided unanimously that the Maid must be treated as a relapsed heretic, and this sentence was actually carried out the next day (30 May, 1431) amid circumstances of intense pathos. She is said, when the judges visited her early in the morning, first to have charged Cauchon with the responsibility of her death, solemnly appealing from him to God, and afterwards to have declared that "her voices had deceived her." About this last speech a doubt must always be felt. We cannot be sure whether such words were ever used, and, even if they were, the meaning is not plain. She was, however, allowed to make her confession and to receive Communion. Her demeanour at the stake was such as to move even her bitter enemies to tears. She asked for a cross, which, after she had embraced it, was held up before her while she called continuously upon the name of Jesus. "Until the last," said Manchon, the recorder at the trial, "she declared that her voices came from God and had not deceived her." After death her ashes were thrown into the Seine.

Twenty-four years later a revision of her trial, the procès de réhabilitation, was opened at Paris with theconsent of the Holy See. The popular feeling was then very different, and, with but the rarest exceptions, all the witnesses were eager to render their tribute to the virtues and supernatural gifts of the Maid. The first trial had been conducted without reference to the pope; indeed it was carried out in defiance of St. Joan'sappeal to the head of the Church. Now an appellate court constituted by the pope, after long inquiry andexamination of witnesses, reversed and annulled the sentence pronounced by a local tribunal under Cauchon's presidency. The illegality of the former proceedings was made clear, and it speaks well for the sincerity of this new inquiry that it could not be made without inflicting some degree of reproach upon both the King of Franceand the Church at large, seeing that so great an injustice had been done and had so long been suffered to continue unredressed. Even before the rehabilitation trial, keen observers, like Eneas Sylvius Piccolomini (afterwards Pope Pius II), though still in doubt as to her mission, had discerned something of the heavenlycharacter of the Maid. In Shakespeare's day she was still regarded in England as a witch in league with thefiends of hell, but a juster estimate had begun to prevail even in the pages of Speed's "History of Great Britaine" (1611). By the beginning of the nineteenth century the sympathy for her even in England was general. Such writers as Southey, Hallam, Sharon Turner, Carlyle, Landor, and, above all, De Quincey greeted the Maid with a tribute of respect which was not surpassed even in her own native land. Among her Catholicfellow-countrymen she had been regarded, even in her lifetime, as Divinely inspired.

At last the cause of her beatification was introduced upon occasion of an appeal addressed to the Holy See, in 1869, by Mgr Dupanloup, Bishop of Orléans, and, after passing through all its stages and being duly confirmed by the necessary miracles, the process ended in the decree being published by Pius X on 11 April, 1909. AMass and Office of St. Joan, taken from the "Commune Virginum," with "proper" prayers, have been approved by the Holy See for use in the Diocese of Orléans.

St. Joan was canonized in 1920 by Pope Benedict XV.


Thurston, Herbert. "St. Joan of Arc." The Catholic Encyclopedia. Vol. 8. New York: Robert Appleton Company, 1910. 30 May 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/08409c.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Mark Dittman. Dedicated to my wife Joan, who looks to St. Joan of Arc as her heavenly patroness.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.



Saint Joan of Arc

Feast Day - May 30

Patroness of Soldiers and France

On January 6, 1412, Joan of Arc was born to pious parents of the French peasant class, at the obscure village of Domremy, near the province of Lorraine. At a very early age, she heard voices: those of St. Michael, St. Catherine and St. Margaret.

At first the messages were personal and general. Then at last came the crowning order. In May, 1428, her voices "of St. Michael, St. Catherine, and St. Margaret" told Joan to go to the King of France and help him re-conquer his kingdom. For at that time the English king was after the throne of France, and the Duke of Burgundy, the chief rival of the French king, was siding with him and gobbling up evermore French territory.

After overcoming opposition from churchmen and courtiers, the seventeen year old girl was given a small army with which she raised the siege of Orleans on May 8,1429. She then enjoyed a series of spectacular military successes, during which the King was able to enter Rheims and be crowned with her at his side.

In May 1430, as she was attempting to relieve Compiegne, she was captured by the Burgundians and sold to the English when Charles and the French did nothing to save her. After months of imprisonment, she was tried at Rouen by a tribunal presided over by the infamous Peter Cauchon, Bishop of Beauvais, who hoped that the English would help him to become archbishop.

Through her unfamiliarity with the technicalities of theology, Joan was trapped into making a few damaging statements. When she refused to retract the assertion that it was the saints of God who had commanded her to do what she had done, she was condemned to death as a heretic, sorceress, and adulteress, and burned at the stake on May 30, 1431. She was nineteen years old. Some thirty years later, she was exonerated of all guilt and she was ultimately canonized in 1920, making official what the people had known for centuries. Joan was canonized in 1920 by Pope Benedict XV.

Prayer to St. Joan of Arc for Faith

In the face of your enemies, in the face of harassment, ridicule, and doubt, you held firm in your faith. Even in your abandonment, alone and without friends, you held firm in your faith. Even as you faced your own mortality, you held firm in your faith. I pray that I may be as bold in my beliefs as you, St. Joan. I ask that you ride alongside me in my own battles. Help me be mindful that what is worthwhile can be won when I persist. Help me hold firm in my faith. Help me believe in my ability to act well and wisely. Amen.



Statue de Jeanne d'Arc à Notre-Dame de Paris, France.
Sainte Jeanne d’Arc, also known as the Maid of Orleans; Jean D'arc; Jehanne Darc, was one of five children born to Jacques d'Arc and Isabelle Romee: shepherdess and mystic. She received visions from Saint Margaret of Antioch, Saint Catherine of Alexandria, and Michael the Archangel from age 13.

In the early 15th century, England, in alliance with Burgundy, controlled most of what is modern France. In May 1428 Joan's visions told her to find the true king of France and help him reclaim his throne.

Carrying a banner that read “Jesus, Mary”, she led troops from one battle to another. Her victories from February 23, 1429 to May 23, 1430 brought Charles VII to the throne. Captured by the Burgundians and sold to the English for ten thousand francs, she was tried by an ecclesiastical court, and executed as a heretic. In 1456 her case was re-tried, and Joan was acquitted (23 years too late).

“About Jesus Christ and the Church, I simply know they're just one thing, and we shouldn't complicate the matter” - Saint Joan of Arc, as recorded at her trial.

Born: 6 January 1412 at Greux-Domremy, Lorraine, France; died burned alive on 30 May 1431 at Rouen, France; beatified April 11, 1905 by Pope Saint Pius X; canonized May 16, 1920 by Pope Benedict XV.

SOURCE : http://archbishopterry.blogspot.ca/2012/05/600th-anniversary-of-birth-of-saint.html

St. Joan of Arc

St. Joan of Arc is the patroness of soldiers and of France. On January 6, 1412, Joan of Arc was born to pious parents of the French peasant class, at the obscure village of Domremy, near the province of Lorraine. At a very early age, she heard voices: those of St. Michael, St. Catherine and St. Margaret.

At first the messages were personal and general. Then at last came the crowning order. In May, 1428, her voices “of St. Michael, St. Catherine, and St. Margaret” told Joan to go to the King of France and help him reconquer his kingdom. For at that time the English king was after the throne of France, and the Duke of Burgundy, the chief rival of the French king, was siding with him and gobbling up evermore French territory.

After overcoming opposition from churchmen and courtiers, the seventeen year old girl was given a small army with which she raised the seige of Orleans on May 8, 1429. She then enjoyed a series of spectacular military successes, during which the King was able to enter Rheims and be crowned with her at his side.

In May 1430, as she was attempting to relieve Compiegne, she was captured by the Burgundians and sold to the English when Charles and the French did nothing to save her. After months of imprisonment, she was tried at Rouen by a tribunal presided over by the infamous Peter Cauchon, Bishop of Beauvais, who hoped that the English would help him to become archbishop.

Through her unfamiliarity with the technicalities of theology, Joan was trapped into making a few damaging statements. When she refused to retract the assertion that it was the saints of God who had commanded her to do what she had done, she was condemned to death as a heretic, sorceress, and adulteress, and burned at the stake on May 30, 1431. She was nineteen years old. Some thirty years later, she was exonerated of all guilt and she was ultimately canonized in 1920, making official what the people had known for centuries. Her feast day is May 30.

St. Joan was canonized in 1920 by Pope Benedict XV.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-joan-of-arc/



Joan (Jeanne) of Arc V (RM)

Born at Domrémy, Champagne, Lorraine, France, 1412; died at Rouen, France, May 31, 1431; beatified in 1909; canonized in 1920; declared patroness of France in 1922. Joan's father, Jacques d'Arc, was a well-respected peasant farmer. Joan never learned to read or write. She was 13 or 14 when she had the first of her supernatural experiences. She heard a single voice addressing her from nearby, accompanied by a blaze of light. She typically received visions while tending her father's sheep. Later visions were composed of more voices, and she was able to identify the speakers as Saints Michael, Catherine of Siena, and Margaret, among others [Image 1] and [Image 2}.


By 1428, their messages to her had become specific. She was to present herself to Robert Baudricourt, who commanded the king's armies in the neighboring town of Vaucouleurs. Joan convinced an uncle to take her to him, but Robert laughed at her and commented that her father ought to discipline her.

But the visions continued. Secretly, she left home and returned to Vaucouleurs. Baudricourt's doubt of her was somewhat mollified when news reached him of a serious defeat of the French--at the Battle of Herrings outside Orléans--in February 1429 which Joan had predicted. He sent her to the king with an escort, and she chose to travel in men's clothes for her own protection.

At Chinon, Charles disguised himself, but she identified him, and by a secret sign communicated to her by her visions, she convinced him to believe in the divine origin of her mission. She asked for a troop of soldiers that she could lead to Orléans. Her request was questioned by much of the court, and she was sent to be examined by a panel of theologians at Poitiers. After a searching three-week examination, the panel advised Charles to make use of her services.

She was given a force, and a special standard was made for her bearing the words: "Jesus:Maria" and a symbol of the Trinity to whom two angels presented a fleur-de-lys. Joan wore white armor, and the force entered Orléans on April 29. Her presence invigorated the town, and by May 8, the English forts surrounding the town were captured. She was wounded in the breast by an arrow, which enhanced her reputation.

She joined in a campaign on the Loire with the duc d'Alençon, who became a good friend. The campaign was a great success, due in part to her strengthening the morale of the troops and the British were routed at Patay and then at Troyes.

Joan now pushed for the dauphin to accept his responsibilities and pushed for his coronation. On July 17, 1429, Charles VII was finally crowned, and Joan's mission as set forth by her visions was completed. From then on, she experienced only military defeats. An attack on Paris failed, mainly due to the fact that Charles had supplied neither his support nor his presence as promised, and Joan was wounded in the thigh.

During a winter of truce, Joan stayed at court, where she was still viewed with skepticism. When hostilities began again, she went to Compiegne, which was holding off the Burgundians. The drawbridge was closed too soon, and Joan and some of her troops were left outside. She was dragged from her horse and taken to the duke of Burgundy, May 24, 1430. She remained his prisoner until late autumn. King Charles made no efforts for her release. She had foretold that she would be captured by the Burgundians and handed over to the English, and so it happened. She was sold to the English leaders. The determination of the English to get rid of her is a measure of her power over her followers.

The British could not execute her for fighting them in a war, so they arranged to have her sentenced as a sorceress and heretic. On February 21, 1431, she appeared before a tribunal led by Peter Cauchon, the bishop of Beauvais, who hoped the English would help to make him the archbishop of Rouen. She was interrogated about her "voices," her faith, and her wearing of male clothing.

An unfair summary of her statements was made, and her visions were held to be unholy in nature, an opinion supported by the University of Paris. The tribunal declared that if she refused to retract, she would be handed over to the secular court as a heretic. She refused to recant, even after being threatened with torture.

When she was brought for formal sentencing into the cemetery of Saint Ouen before a huge crowd, however, she recanted to some degree, although it is uncertain how much. She was led back to prison but unaccountably reassumed the male dress that she had agreed to give up. She regained her courage and declared that all she had said during her testimony was true and that God had truly sent her.

On May 30, 1431, she was led into the marketplace of Rouen to be burned at the stake. She was not yet 20. Her ashes were thrown into the Seine.

In 1456, her mother and two brothers appealed for a reopening of the case, which Pope Callistus III agreed to do. The trial and its verdict were quashed. She was canonized as a holy maiden, not a martyr. She was called La Pucelle, "the Maid of Orléans" (Benedictines, Bentley, White).

Joan is portrayed in art as a bareheaded girl in armor, with a sword, a lance, or a banner with the words "Jesus: Maria" upon it; or she may wear an envisored helmet (White). In early pictures, her long hair flows down her back to show that she is a maiden. She may also be shown (1) with lilies of France; (2) exhorting the king; (3) followed by a train of knights; or (4) in female clothing with a sword (Roeder).


She is the patron saint of France and French soldiers (White) and venerated at Orléans, Rouen, and Domrémy (in Lorraine) (Roeder).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0530.shtml

Santa Giovanna d'Arco Vergine


Domrémy, Francia, 1412 circa - Rouen, Francia, 30 maggio 1431

Figlia di contadini, analfabeta, lasciò giovanissima la casa paterna per seguire il volere di Dio, rivelatole da voci misteriose, secondo il quale avrebbe dovuto liberare la Francia dagli Inglesi. Presentatasi alla corte di Carlo VII, ottenne dal re di poter cavalcare alla testa di un'armata e, incoraggiando le truppe con la sua ispirata presenza, riuscì a liberare Orleans e a riportare la vittoria di Patay. Lasciata sola per la diffidenza della corte e del re, Giovanna non potè condurre a termine, secondo il suo progetto, la lotta contro gli Anglo-Borgognoni; fu dapprima ferita alle porte di Parigi e nel 1430, mentre marciava verso Compiegne, fatta prigioniera dai Borgognoni, che la cedettero agli Inglesi. Tradotta a Rouen davanti a un tribunale di ecclesiastici, dopo estenuanti interrogatori fu condannata per eresia ed arsa viva. Fu riabilitata nel 1456. Nel 1920 Benedetto XV la proclamava santa.

Patronato: Francia, Radiofonisti, Telegrafisti

Etimologia: Giovanna = il Signore è benefico, dono del Signore, dall'ebraico

Emblema: Corona d’oro, Gigli, Spada

Martirologio Romano: A Rouen in Normandia, in Francia, santa Giovanna d’Arco, vergine, detta la pulsella d’Orléans, che, dopo aver combattuto coraggiosamente in difesa della patria, fu infine consegnata nelle mani dei nemici, condannata con iniquo processo e bruciata sul rogo.
Santa Giovanna d’Arco è una figura molto nota, ma superficialmente. L’esempio di questa Santa ci parla dell’amore alla Patria e di pace secondo il più genuino pensiero del Cristianesimo.

Mi capita non poche volte di dover parlare di santa Giovanna d’Arco con i miei studenti liceali. Chi mi conosce sa che da anni insegno Religione cattolica in un liceo classico. Lavoro faticoso, impervio, ma utilissimo; e se ne può facilmente immaginare il perché: i giovani di oggi sono sempre più “affamati” di verità e per me, a cui piace l’apologetica, è questo un campo su cui ritengo indispensabile spendermi; ovviamente nella consapevolezza che tutti siamo (io per primo) “servi inutili”.

Dicevo: nella mia attività di docente di Religione mi trovo spesso a dover parlare di santa Giovanna d’Arco e per un motivo ben preciso, perché in primo liceo, in storia, parlando della cosiddetta Guerra dei Cento anni gli studenti finiscono sempre col parlarne con il professore della disciplina. Fatto – diciamocelo francamente – un po’ anomalo, visto che a scuola tutto ciò che sa di Cristianesimo viene abbondantemente snobbato, basti pensare a come viene ridotta la filosofia medioevale, a stento si “sfarina” un po’ di sant’Agostino e di san Tommaso e tutto il resto è... grasso che cola. Ma evidentemente santa Giovanna d’Arco fa gola per la fine della sua vita dove si crede che la Chiesa abbia sbagliato per poi ammettere l’errore commesso.
In realtà le cose non andarono proprio in questo modo. 

Che dire allora di questa Santa?

I fatti

Prima di tutto vanno fornite le notizie storiche. Giovanna d’Arco nacque da una famiglia di umilissime condizioni, da una famiglia di contadini, a Domremy nell’anno 1412.
Durante la Guerra dei Cento anni (1337-1453) si sentì chiamata da Dio a soccorrere il re di Francia e a scacciare gli Inglesi dal suolo francese. Nel 1429 raggiunse il Delfino Carlo (futuro Carlo VII) nella città di Chinon, convincendolo ad affidarle il compito di tentare un’offensiva contro gli Inglesi. Riuscì a farsi accreditare presso la corte grazie a carismi straordinari che ella riusciva a manifestare.

Liberata Orleans dall’assedio (8 maggio 1429), vittoria che le valse il titolo di “Pulzella di Orleans”, dopo qualche giorno (18 maggio 1429) ottenne una nuova vittoria: a Patay inflisse una dura sconfitta alle armate inglesi. Queste due vittorie permisero la conquista del territorio francese fino a Reims e quindi l’incoronazione solenne del Delfino con il nome di Carlo VII. Reims era infatti la città dove da secoli avvenivano le consacrazioni dei re di Francia. Ma, una volta incoronato re, Carlo VII fu preso dal tipico spirito di compromesso di molti politici e decise di trattare con gli Inglesi. Giovanna non ci stette e decise di continuare a combattere da sola, senza l’appoggio della Corona.  

Il 24 maggio del 1430 fu catturata dai Borgognoni, i quali erano dalla parte degli Inglesi e a questi fu venduta per 10.000 tornesi. Venne imprigionata nel Castello di Rouen e qui processata per eresia e stregoneria. In realtà si trattava di un falso tribunale dell’Inquisizione con giudici simoniaci e prezzolati dagli Inglesi. 

Condannata, venne arsa viva sulla piazza del Mercato Vecchio a Rouen il 30 maggio 1431. Carlo VII non fece nulla per aiutarla; però, dopo la conquista di Rouen (1450), volle aprire un’inchiesta sul processo che portò alla completa riabilitazione della Santa; era l’anno 1456.

Giovanna d’Arco fu beatificata il 1909 da papa san Pio X e canonizzata nel 1920 da papa Benedetto XV.

Cosa c’insegna santa Giovanna d’Arco?

Dalla vita di questa grande Santa possiamo capire almeno tre cose:

- l’amor patrio è un valore cristiano;

- combattere deve essere sempre una “extrema ratio” (rimedio estremo);

- bisogna lottare per la verità e non per il potere.

1) L’amor patrio è un valore cristiano.

Il Cristianesimo afferma che tutti gli uomini sono uguali e sono fratelli, ma non ritiene sia giusto pensare che il mondo intero sia un’unica comunità spoglia di qualsiasi identità culturale. Non a caso il cosmopolitismo, cioè la convinzione che tutto il mondo è una sola Nazione, è un tipico errore di stampo illuminista e anticristiano e che consequenzialmente il Cristianesimo stesso ha rifiutato.

Come l’uomo, per Volontà di Dio, nasce ordinariamente in una famiglia, così l’uomo, altrettanto ordinariamente, nasce e cresce all’interno di una Nazione; e come l’uomo deve molto alla sua famiglia, così deve anche molto alla sua Nazione. Come deve amare la propria famiglia, deve amare anche la propria Nazione. L’amore per la propria Patria è dunque un valore cristiano.

Da qui si capisce che per il cristiano è un dovere difendere la Patria, così come è un dovere difendere la propria famiglia e la propria piccola comunità di appartenenza.

Difendere la propria Patria significa anche potere e dovere in alcuni casi combattere per essa. Quando una Nazione viene ingiustamente aggredita e non c’è altro mezzo diplomatico e incruento per scongiurare l’aggressione, la Nazione aggredita ha il dovere di difendere se stessa anche con le armi.
C’è differenza tra la ricerca e il rispetto per la pace e il pacifismo. La pace è un valore grande, enorme, ma non è al di sopra di tutti; più in alto vi è il valore della giustizia, per cui quando la giustizia viene calpestata e offesa e non c’è altro mezzo incruento per risolvere la questione, si può e si deve combattere. Il pacifismo si trasforma sempre in un’ingiustizia. Con i miei studenti faccio solitamente questo esempio. Immaginiamo che una vostra amica stia camminando da sola in una strada isolata. Ad un certo punto si avvicinano dei malintenzionati che la insidiano. Ella ovviamente invoca aiuto. Noi stiamo passando di lì e le diciamo: veditela tu perché noi siamo pacifisti! Sarebbe la più grande ingiustizia. In questo caso noi abbiamo il dovere d’intervenire... e intervenendo non è che possiamo limitarci a dire ai malintenzionati: ci sembra che il vostro comportamento non sia conforme alla buona educazione... Si tratterà di usare la forza, e – badate bene – la forza quando è a servizio dell’ingiustizia si trasforma in violenza (da “violare” un diritto), ma quando è a servizio della giustizia rimane forza.

Bisogna capire che il sacrosanto principio della legittima difesa, come vale a livello singolo, vale anche a livello sociale e internazionale.

Un’obiezione potrebbe essere fatta a proposito della famosa espressione di Gesù allorquando Egli dice che bisogna «porgere l’altra guancia» (Lc 6,29). Come rispondere? Prima di tutto va detto che nel Vangelo bisogna distinguere i precetti dai cosiddetti consigli. I primi sono obbligatori, i secondi no e questa seconda espressione è senz’altro da annoverare tra i consigli. Ma poi si potrebbe dire così: se io personalmente venissi aggredito, potrei anche personalmente decidere di subire senza reagire; ma se a fianco a me ci sono mia moglie e i miei figli, io ho l’obbligo di difendere le persone che Dio mi ha affidato; e così vale anche per coloro che governano uno Stato.

2) Combattere deve essere sempre un’“extrema ratio”.

Usare le armi non può mai essere un divertimento, una passione, ma sempre un rimedio estremo. Non è senza significato che nel caso di santa Giovanna d’Arco la Provvidenza non scelse un cavaliere della corte francese avvezzo alle armi, nemmeno una donna di corte, bensì una ragazza che mai avrebbe pensato di mettersi a capo di un esercito. Una fanciulla di umilissime origini, analfabeta, che svolgeva uno dei più miseri mestieri: la guardiana di oche. Viene da pensare a colui che nell’Antico Testamento fu scelto da Dio per combattere il gigante Golia, il fulvo e gracile pastorello Davide.

3) Lottare per la Verità e non per il potere.

Mentre Carlo VII si adattò alla convenienza del momento cercando di trattare, santa Giovanna volle giustamente andare fino in fondo. È il ragionamento dei santi, che seguono la Verità costi quel che costi, e non il mondo né il plauso della folla.

Santa Giovanna d’Arco non lottò per il successo, né per coltivare chissà quale ambizione, ma per servizio, per servizio della Verità e del suo popolo.

E per tutto questo affrontò le prove più terribili... persino il martirio.

Autore: Corrado Gnerre



Tutti hanno sentito pronunciare il suo nome, ma pochi ne conoscono seriamente la vita. Il nome di Jeanne d’Arc (Giovanna d’Arco) è più legato alla leggenda che alla santità, al mito epico che al martirio. Fin da quando aveva tredici anni fu eletta ed investita da Dio per una missione religiosa e politica di altissima responsabilità: liberare la Francia dalla prepotenza inglese in nome di Dio. 

La Chiesa, in quel periodo, viveva la profonda crisi del grande scisma d’Occidente, durato quasi 40 anni. Quando Caterina da Siena (1347-1380) morì c’erano un Papa e un antipapa; quando Giovanna nacque, nel gennaio del 1412 (si dice il giorno dell’Epifania, ma la cronologia è incerta), c’erano un Papa e due antipapa. Insieme a questa lacerazione all’interno della Chiesa, vi erano continue lotte fratricide fra i popoli europei, la più drammatica delle quali fu la «Guerra dei cent’anni» tra Francia e Inghilterra, iniziata nel 1337 e conclusasi, con pause intermedie, nel 1453.

Guerre, carestie, pestilenze, eresie prostrarono l’Europa. Era il tempo degli incubi, dove nell’immaginario collettivo le autentiche manifestazioni mistiche si intrecciavano con le magie e le stregonerie, il mondo reale della sofferenza e della morte cruenta si sovrapponeva alle fantasie demoniache popolate di mostri e di balli macabri.

In questo clima di sopraffazione, di congiure e di usurpatori, di confusione nella Chiesa e nelle nazioni, l’analfabeta Jeanne, nata a Domrémy (oggi Domrémy-la-Pucelle), nei Vosgi, nella regione della Lorena, scrive una lettera di fuoco e di grazia il 22 marzo 1429, martedì della Settimana Santa:
«Gesù, Maria! Re d’Inghilterra e voi duca di Bedford che vi dite reggente del regno di Francia, voi Guglielmo di La Poule, conte di Suffolk, Giovanni sire di Talbot, e voi Tommaso sire di Scales, che vi dite luogotenenti del duca di Bedford, rendete giustizia al Re del cielo. Restituite alla Pulzella che qui è stata inviata da Dio, il Re del cielo, le chiavi di tutte le buone città da voi prese e violate in Francia. Ella è venuta qui da parte di Dio per implorare il sangue reale. Ella è pronta a far pace, se volete renderle giustizia, a patto che le restituiate la Francia e paghiate per averla tenuta. E fra voi, arcieri compagni di guerra e voi altri che siete sotto la città di Orléans, andatevene nel vostro paese in nome di Dio; e se non lo fate attendete notizie della Pulzella che ben presto vi vedrà in grandissime disgrazie. Re d’Inghilterra, se così non fate, io sono condottiero e in qualunque luogo attenderò in Francia le vostre genti, volenti o nolenti le caccerò via. E se non vogliono obbedire, tutte le farò uccidere; sono qui inviata da parte di Dio, Re del cielo, corpo a corpo, per espellervi da tutta quanta Francia. E se vogliono obbedire saranno nelle mie grazie. E non pensate altrimenti, perché non otterrete il regno di Francia da Dio, il Re del cielo, figlio di Santa Maria, ma l’avrà re Carlo, il vero erede, perché Dio, il Re del cielo, lo vuole […]».

Jeanne, la cui vita, consumatasi in 19 anni, fu un mistero di ineffabile gioia  e di inesplicabile dolore, era la minore dei cinque figli di Jacques d’Arc e di Isabelle Romée, agiati contadini. Nell’estate del 1425, all’età di 13 anni, nel giardino di casa, sente una voce… è quella di san Michele Arcangelo, che le dice di far sua la causa della Francia. Udrà la voce ancora molte volte e ad essa si uniranno quelle delle vergini e martiri santa Margherita D’Antiochia (275- 290) e di santa Caterina d’Alessandria (287-305). L’incalzante invito era accompagnato a quello di far consacrare Carlo di Valois (1403-1461) quale re di Francia. Giovanna fece resistenza: come poteva un’adolescente diventare un condottiero? Ma il Signore rende possibile l’umanamente impossibile.

Domrémy si trovava ai confini del regno, nella valle della Mosa che divideva la Francia dall’Impero Romano-Germanico. Gli Anglo-Borgognoni nel 1428 si impadronirono di tutte le piazze della Mosa rimaste fedeli al Delfino di Francia: Domrémy fu devastata; ciò decise il capitano di Vaucouleurs, Robert de Baudricourt (ca. 1400-1454), che in un primo tempo aveva considerato Jeanne d’Arc una pazza, di inviarla alla missione da lei richiesta: salvare Orléans; far consacrare il Re; cacciare gli Inglesi dalla Francia; liberare il duca d’Orléans.

Jeanne, che aveva fatto voto di verginità, indossati abiti maschili e tagliati i capelli, venne armata di tutto punto e sul suo stendardo venne dipinto Cristo Re, affiancato da due angeli, con le parole «Jesus-Maria». Il nome di Gesù comparirà sempre nell’intestazione delle sue lettere, sul suo anello e morirà pronunciandolo più volte a gran voce. Nell’Udienza generale del 26 gennaio 2011, incentrata proprio sulla patrona di Francia, Benedetto XVI ha così spiegato: «il Nome di Gesù, invocato dalla nostra Santa fin negli ultimi istanti della sua vita terrena, era come il continuo respiro della sua anima, come il battito del suo cuore, il centro di tutta la sua vita. Il “Mistero della carità di Giovanna d’Arco”, che aveva tanto affascinato il poeta Charles Péguy, è questo totale amore di Gesù, e del prossimo in Gesù e per Gesù. Questa Santa aveva compreso che l’Amore abbraccia tutta la realtà di Dio e dell'uomo, del cielo e della terra, della Chiesa e del mondo. Gesù è sempre al primo posto nella sua vita, secondo la sua bella espressione: “Nostro Signore servito per primo”. Amarlo significa obbedire sempre alla sua volontà».

La Pulzella si unì ad un esercito d’appoggio che proteggeva un convoglio di approvvigionamento e riuscì ad arrivare ad Orléans dalla riva sinistra. L’8 maggio 1429 gli Inglesi assedianti furono sconfitti. Da qui si susseguirono una battaglia dopo l’altra e qui il coraggio soprannaturale della giovane ricorda la tempra dei condottieri dell’antico Testamento, garantiti dal Signore degli eserciti.
Il 17 luglio dello stesso anno, Carlo VII venne incoronato a Reims alla sua presenza. Il successo la consacrò eroina inviata dal Cielo: la gente voleva toccare i suoi abiti, il suo cavallo, l’avvicinavano per conoscere il futuro, per richiedere grazie e guarigioni… 

Jeanne d’Arc vinse il dominio straniero per volontà di Dio e riuscì ad infondere audacia e speranza nell’esercito regio; ma gli storici concordano anche nel riconoscerle il merito di aver allontanato con il nemico anche il Protestantesimo, che altrimenti si sarebbe innestato in Francia. Tuttavia le truppe inglesi la fecero prigioniera a Compiègne il 23 maggio 1430. Dopo due giorni dalla cattura, l’Università di Parigi chiese che l’Inquisizione la giudicasse come una strega. Questa soluzione piacque molto al duca di Bedford in quanto gli consentiva di screditare Carlo VII, che sarebbe apparso come colui che doveva la conquista del trono alle potenze infernali. 

Il 9 gennaio 1431 il vescovo Pierre Cauchon (1371-1442) aprì il processo presso Rouen nel castello di Le Bouvreuil, fortezza di Richard Beauchamp (1382-1439) che, conte di Warwich e governatore della città dal 1427, aveva precise consegne dal sovrano Enrico VI (1421-1471). Fra gli assessori convocati, sei provenivano dall’Università di Parigi, inoltre erano presenti circa sessanta prelati ed avvocati ecclesiastici, fra cui il Vescovo di Norwich e, al di sopra del Collegio Giudicante, il Cardinale di Winchester, Henry Beaufort (ca. 1374-1447), prozio e cancelliere di Enrico VI. 

L’iniquo processo durò dal 20 febbraio al 24 marzo 1431. L’imputata era colpevole d’idolatria, di scisma e d’apostasia. Durante il processo le era stato chiesto se era in grazia di Dio ed ella rispose: «Se non ci sono, voglia Dio mettermici, e se ci sono voglia Dio tenermici». Fu abbandonata al braccio secolare. Il 30 maggio 1431 Giovanna venne arsa viva sulla piazza del Vieux-Marché di Rouen. Morì contemplando una grande croce astile che frate Isembard de la Pierre aveva portato per lei. 

Nel 1456 fu solennemente proclamata la sua riabilitazione; sarà beatificata da san Pio X (1835-1914) nel 1910 e canonizzata nel 1920 da Benedetto XV (1854-1922). Una sua statua è stata posta nella cattedrale di Winchester, dinnanzi alla tomba del Cardinale Beaufort, colui che ebbe un ruolo decisivo nel tragico e infausto processo.

La martire francese resta personalità unica e straordinaria e rivela tangibilmente la potente presenza di Dio nella storia; così come la sua limpida testimonianza dimostra gli errori che gli uomini di Chiesa possono commettere, ma come la verità della Sposa di Cristo emerga comunque e sempre.
Jeanne d’Arc tese all’Imitatio Christi attraverso la fede salda, la carità immensa, la volontà indefettibile, l’umiltà, la purezza, l’oblio di sé, accettando la sofferenza e la morte come sacrificio supremo per amore. Da bambina saliva al romitorio di Notre-Dame di Bermont e nel mese mariano offriva alla Vergine Santissima corone di fiori. Nel maggio del 1431 dona la palma del martirio a «Jesus-Maria»: come per la clarissa santa Colette di Corbie (1381-1447), che probabilmente aveva incontrato a Moulins nel 1430, anche per Jeannette, come era amabilmente chiamata, la Regina del Cielo e Cristo Re sono inscindibili.
Autore: Cristina Siccardi



Santa Giovanna d’Arco, celeberrima patriota francese, fu in un primo tempo arsa viva sul rogo e non molti anni dopo, nel 1456, riabilitata dalla Santa Sede. Il suo ruolo fu decisivo nel risollevare il morale francese nel corso della guerra dei Cento Anni e certamente avrebbe meritato una sorte migliore che essere data dai borgognoni in mano agli inglesi, rifiutata dai suoi stessi compatrioti ed ifine giustiziata sotto pressione inglese. Molto è stato scritto su questa santa quasi leggendaria, purtroppo però gli agiografi non haano fatto altro che rivestirla di loro proprie convinzioni. Fu indubbiamente una grande patriota francese, perita di morte violenta, ma non una “martire” in senso cristiano, cioè uccisa non in odio alla sua fede, quanto piuttosto per motivi politici. Indubbi furono il suo immenso coraggio e la sua grande determinazione.

Nata a Domrémy verso il 1412 da una famiglia contadina, imparò a cucire e filare, ma non a leggere e scrivere. Ebbe un’infanzia tutto sommato felice, anche se turbata dal pericolo dell’invasione lorenese e dalla Guerra dei Cento Anni. Giovanna aveva solamente tre anni quando Enrico V d’Inghilterra vinse la battaglia d’Azincourt e rivendicò il trono francese, sul quale sedeva allora Carlo VI il Folle. La Francia era inoltre indebolita dalle divisioni insorte fra la casa d’Orléans e quella di Borgogna, che comportarono l’assassinio del duca da parte del Delfino, il futuro Carlo VII. Queste vicende sugellarono il legame tra i borgognoni e gli inglesi ed i britannici portarono avanti, seppur fra non poche difficoltà economiche, la battaglia per conquistare il trono di Francia.

Nel frattempo Giovanna, allora quattordicenne, dal 1426 iniziò a udire delle misteriose voci celesti accompagnate da bagliori di luce e due anni dopo proprio in tal modo fu invitata a presentarsi volontariamente alle autorità militari allo scopo di “salvare la Francia”. Orléans era in stato d’assedio e le sorti della nazione parevano incerte. Nel 1429 Giovanna riconobbe a Chinon il Delfino, nonostante questi si fosse mascherato fra i suoi cortigiani, ed ottenne un colloquio segreto con lui, riuscendo a guadagnarne la stima. Venne tuttavia condotta a Poitiers per sottoporla all’esame da parte di teologi circa la sua fede ed i suoi costumi, ma poiché non fu scorta in lei alcuna ombra, al Delfino venne dunque consigliato di sfruttare al meglio i carismi della ragazza. Giovanna chiese che delle truppe fossero messe a sua disposizione per liberare Orléans e, vestitasi di un’armatura bianca, cavalcò alla loro testa con uno stendardo recante i nomi di Gesù e Maria.

In effetti la spedizione militare ebbe successo ed Orléans fu liberata: ciò dipese indubbiamente dall’intervento della “pulzella”, che seppe risollevare il morale francese e far percepire a tutti l’aiuto divino.
L’entusiasmo popolare crebbe ancora in seguito ad altre vittorie, sino alla liberazione di Reims, ove Carlo VII poté essere incoronato con accanto Giovanna ed il suo stendardo. Forti opposizioni si levarono però ben presto dal mondo maschilista di corte, dell’esercito e della Chiesa, che guardavano a Giovanna con sospetto. Ben presto emersero gli effetti di questa avversione nei suoi confronti: rimasta ferita durante un fallito attacco a Parigi, il suo carisma fu ridimensionato e, quando mesi dopo ella liberò Compiègne, il ponte levatoio fu sollevato prima che Giovanna potesse mettersi in salvo. Catturata dai borgognoni, il re di Francia non fece alcuno sforzo per ottenere il suo rilascio e dunque il 21 novembre 1430 venne venduta agli inglesi.

Questi, desiderando che la giovane fosse condannata quale ribelle o eretica, la sottoposero ad un interrogatorio incrociato da un tribunale presieduto dal vescovo di Beauvais. Furono esaminati le “voci” misteriose che ella udiva, l’uso di abiti maschili, la sua fede e la sua volontà di sottomissione alla Chiesa. Non essendo particolarmente colta, Giovanna diede talvolta risposte non appropriate, ma seppe sempre difendersi da sola con coraggio e precisione. Il processo terminò con una “rozza e sleale ricapitolazione dei fatti”, in cui i giudici giudicarono diaboliche le rivelazioni da lei ricevute e l’università di Parigi la denunciò duramente. In parte, anche se non ci è chiaro in quale misura, convinsero Giovanna a ritrattare le sue posizioni, ma poi tornò ad indossare gli abiti maschili, divenuti ormai provocatori non traddandosi più di protezioni per la guerra, e confermò di aver esclusivamente agito per mandato di Dio stesso, che grazie alle “voci” le aveva affidato tale missione.
I giudici, accogliendo anche le istanze del vescovo, condannarono infine Giovanna d’Arco quale eretica recidiva ed il 30 maggio 1431, non ancora ventenne, venne arsa via sul rogo nella piazza del mercato di Rouen. Il suo comportamento fu esemplare sino alla fine: richiese che un domenicano tenesse elevata una croce ed alla morì atrocemente invocando il nome di Gesù. Le sue ceneri furono gettate nella Senna, onde evitare una venerazione popolare nei loro confronti. Un funzionario reale inglese ebbe a commentare circa l’accaduto: “Siamo perduti, abbiamo messo al rogo una santa”.

Una ventina di anni dopo, sua madre ed i due fratelli si appellarono alla Santa Sede affinchè il caso di Giovanna fosse riaperto. Papa Callisto III nel 1456 riabilitò l’eroina francese, annullando l’iniquo verdetto del vescovo francese. Ciò costituì una premessa essenziale ber giungere alla sua definitiva glorificazione terrena: nel 1910 San Pio X beatificò Giovanna d’Arco ed infine nel 1920 Benedetto XV la proclamò “santa”. Il suo culto fu particolarmente incentivato in Francia durante i momenti di particolare crisi in campo militare, sino ad essere proclamata patrona della nazione. Anche in Inghilterra la sua fugura è stata rivalutata ed una sua statua è stata posta nella cattedrale di Winchester, dinnanzi alla tomba del Cardinal Beaufort, colui che ebbe un ruolo decisivo nell’iniquo processo contro Giovanna.

Non manca chi ha voluto considerare questa intraprendente ragazza vissuta nel Basso Medioevo quale “prima protestante”, oppure in tempi più recenti una sorta di anticipatrice del femminismo. In realtà, Giovanna d’Arco non fu altro che una semplice ragazza di campagna, che seppe adempiere fedelmente la vocazione ricevuta tramite le rivelazioni attribuite a San Michele Arcangelo, Santa Margherita di Antiochia e Santa Caterina d’Alessandria. Seppur possa sembrare una vicenda incredibile, è impressionante la mole di documenti raccolti dalla Santa Sede grazie alla quale si rendette postuma giustizia alla giovane innocente vittima. La cosa più deprecabile sta nella presenza di ecclesiastici fra i colpevoli di questo errore giudiziario che nel XV secolo fu responsabile della sua morte.

In tempi recenti vasta è stata la produzione letteraria e cinematografica sulla vita di Santa Giovanna d’Arco. Solo nel 1996, nella soffitta di una casa colonica francese, è stata rinvenuta quella che verosimilmente pare essere stata l’armatura di Giovanna, con tanto di segni coincidenti con le ferite che la santa riportò in battaglia.

Autore:
Fabio Arduino



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