lundi 14 mai 2012

Saint MICHEL GARICOÏTS, prêtre et fondateur


SAINT MICHEL GARICOÏTS

Fondateur des Prêtres du Sacré-Coeur de Jésus de Bétharram

(1797-1863)

Saint Michel Garicoïts naquit à Ibarre, village basque situé sur les contreforts des Pyrénées. Le petit Michel grandit en gardant les troupeaux. Ses parents, demeurés inviolablement fidèles à leur foi pendant la Révolution, cachaient dans leur maison les prêtres persécutés.

Devenir prêtre était le plus grand désir de Michel. Il parvint à son but grâce à la générosité d'un chanoine qui pourvut aux frais de ses études. Il fut ordonné prêtre le 20 décembre 1823.

Le jour où il sortit du grand Séminaire de Dax, on disait autour de lui qu'il était «un saint non plus à faire, mais tout fait.» Pourtant, lui-même disait souvent: «Si le bon Dieu ne m'avait pris, quel scélérat j'aurais été!»

Bien que Michel Garicoïts ne fut âgé que de vingt-huit ans, l'évêque de Bayonne le nomma directeur spirituel de la maison-mère des Soeurs de la Croix à Igon, localité voisine de Cambo. Durant trente-sept ans, il consacra les forces de son coeur et de son esprit à prêcher et à confesser quotidiennement ces religieuses et leurs novices.

En 1825, Michel Garicoïts est désigné pour le séminaire de Bétharram où il professe la philosophie et remplit les fonctions de directeur des consciences, de prédicateur, d'économe, et celle de supérieur dont il aura le titre officiel en 1831.

La France était encore bouleversée par la Révolution et l'idée de relever la situation prenait chaque jour plus de force dans le coeur du jeune abbé. Il forme alors le projet de fonder une société de prêtres s'engageant à accourir partout où la tâche serait la plus rude et la plus urgente. A trente-cinq ans, appuyé par les prières et les conseils de sainte Elizabeth Bichier des Ages, saint Michel Garicoïts fonde sa congrégation de Prêtres Auxiliaires pour les missions et l'éducation de la jeunesse dans le diocèse.

Les épreuves s'avèrent très rudes, car ceux qui devaient le soutenir ne le comprennent pas. Saint Michel Garicoïts en souffrit jusqu'à sa mort, mais sa patience et sa bonté eurent finalement raison de toutes les difficultés.

Sa doctrine spirituelle est condensée en quelques maximes brèves et saisissantes: "Dieu tout! moi rien! -- Mon Dieu, me voici sans retard, sans réserve, sans retour, par amour!» Ce saint fondateur doit la prospérité spirituelle de son oeuvre à sa vie de sacrifice et de constante immolation.

La veille de sa mort, le Saint vaquait encore à son ministère. La nuit du 13 mai 1863 une crise subite le terrassa. Il reçut les derniers sacrements et expira le lendemain en murmurant le premier verset du Miserere. Le souverain pontife Pie XI le béatifia le 15 mars 1923. Saint Michel Garicoïts avait communiqué un tel élan à ses disciples que son institut a essaimé partout à travers l'Europe, l'Amérique du Sud, jusqu'en Palestine et même en Chine.

Tiré de Marteau de Langle de Cary, 1959, tome II, p. 215-217 F.E.C. Edition 1932, p. 167-168 -- W. Schamoni, éd. 1955, p. 277

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_michel_garicoits.html


Saint Michel Garicoïts

Un apôtre de l’amour de Dieu

L’enfance d’un saint

Né le 15 avril 1797, aîné de six enfants, Michel Garicoïts a passé ses plus tendres années dans une maison isolée au pied des Pyrénées, près de la frontière franco-espagnole. Il grandit au sein d’une famille catholique, restée fidèle à l’Église de Rome pendant les persécutions révolutionnaires. Par leur piété et leur exemple, ses parents et grands-parents le marquèrent profondément. De sa mère notamment, il reçut une éducation très stricte ; plus tard Michel dira qu’après Dieu, c’est à elle qu’il devait tout.

Le jeune garçon connaît son catéchisme par cœur, et chante des cantiques tout en gardant son troupeau. À l’âge de 13 ans, il est envoyé comme domestique à la ferme des Anghelu, à Oneix. C’est là qu’il reçoit l’Eucharistie le dimanche 9 juin 1811, fête de la Sainte Trinité. Il a 14 ans. Cette expérience forte de la Présence et de l’Amour de Dieu l’accompagnera toute sa vie.

La première communion est le déclic de sa vocation. De retour au village, il annonce à son père : « Je voudrais être prêtre ». Rêve impossible, faute d’argent à la maison. Mais sa grand-mère n’hésite pas à parcourir à pied les 25 kilomètres qui la séparent du bourg de Saint-Palais. Elle convainc le curé doyen d’inscrire Michel à l’école en échange de quelques services. Travailleur acharné, le petit basque étudie le soir, à la chandelle, et devient très vite le meilleur élève en latin et en français.

Un jeune clerc qui promet

Tant au petit séminaire d’Aire-sur-Adour qu’au grand séminaire de Dax, Michel fait grande impression ; sa réussite scolaire, alliée à sa piété, lui valent d’être comparé à Saint Louis de Gonzague. Il n’a pas fini ses études que l’abbé Claverie l’appelle à la rescousse au petit séminaire de Laresorre. Par sa bienveillance et son sérieux, le jeune clerc devient très vite l’enseignant préféré, en classe comme dans la cour de récréation. Il est ordonné prêtre le 20 décembre 1823 par Mgr d’Astros, à la cathédrale de Bayonne.

Nommé à Cambo, il conquiert le cœur de ses paroissiens tout propageant, la dévotion au Sacré Cœur de Jésus. Progressivement, il place le Cœur du Christ au centre de sa vie et de sa spiritualité.

Au bout de deux ans, l’abbé Garicoïts troque sa charge de vicaire pour celle de professeur à Bétharram. En 1825, le séminaire est dans un état déplorable. Mgr d’Astros, qui avait envisagé d’y établir un groupe de missionnaires, a trouvé en Michel Garicoïts plus qu’un redresseur, un visionnaire.

À deux pas de là, il fait connaissance de Jeanne Elisabeth Bichier des Ages et des Filles de la Croix qu’elle a fondées. La rencontre est décisive. À travers le dénuement et le dévouement de cette communauté nouvelle, il découvre la vie religieuse. En même temps, le directeur de séminaire est témoin du désarroi de la hiérarchie face au laisser-aller et à l’indiscipline de certains clercs. Sa décision est prise : « Je formerai des prêtres qui, par leur obéissance, consoleront le cœur de leurs évêques ».

Les Prêtres du Sacré Cœur

Dès le début, Michel Garicoïts a en tête de fonder un ordre religieux à part entière (avec des vœux et un supérieur élu). Il rêve d’un corps de soldats du Christ, toujours prêts à répondre à l’appel de l’Église. En 1832, une retraite de trente jours chez les Jésuites lui fait embrasser la volonté de Dieu, ainsi résumée par le Père Le Blanc, son directeur spirituel : « Dieu désire que vous soyez plus qu’un Jésuite ; suivez votre inspiration, qui vous vient du ciel, et vous deviendrez le père d’une famille qui sera notre sœur… » Sitôt rentré à Bétharram, Michel se jette au pied du Saint Sacrement ; il en sort confirmé dans le projet qui occupera le restant de ses jours. Les difficultés ne manqueront pas - « Qu’il est difficile de donner naissance à une Congrégation ! », s’exclame-t-il de retour d’une visite à Bayonne - les grâces non plus.

Les Bétharramites, regroupés en 1835, prennent le nom de Prêtre du Sacré Cœur de Jésus en 1841. Le Père Garicoïts dirige sa petite famille par la parole et par l’exemple. Il propose à ses compagnons de vivre selon les règles jésuites et l’esprit de saint Ignace. Il lance sa petite société dans l’aventure outre-mer, en envoyant les premiers Bétharramites en Argentine. Il accompagne les religieuses du diocèse, à commencer par les Filles de la Croix d’Igon. Il donne des conférences hebdomadaires et anime les retraites de ses religieux ; il a le souci que chacun, éducateur, missionnaire, pasteur, travailleur manuel, reçoive la préparation appropriée à son ministère. En communauté, il est proche des Frères ; dans la société, il est attentif à tous les besoins humains.

Saint Michel de Bétharram et de partout

En 1853, le Père Garicoïts est victime d’une attaque. “N’ayez crainte, affirme-t-il à ceux que sa paralysie partielle inquiète, nous continuerons aussi longtemps que Dieu le permettra ». Un jour d’Ascension, Michel atteint le ciel qu’il essayait vainement, enfant, de toucher en escaladant les collines les unes après les autres. Le jeudi 14 mai 1863, vers 3 heures du matin, il meurt sans avoir vu son œuvre accomplie. Il faudra attendre quatorze ans pour que son rêve se réalise. Les Constitutions de la Congrégation de Bétharram sont approuvées par le pape Léon XIII en 1877. En 1923, Michel Garicoïts est béatifié ; il est déclaré Saint vingt-deux ans plus tard.

Aujourd’hui, l’esprit de saint Michel Garicoïts est bien vivant dans différentes parties du monde. Bien que peu nombreux, les Bétharramites brûlent de son charisme du « Me Voici pour faire ta volonté ». C’est ce même élan qui les pousse à répondre à l’appel des Évêques, en particulier là où personne ne peut ou ne veut s’engager.

À la suite de notre père saint Michel, nous essayons de partager aux autres le bonheur qui nous anime. Nous nous en remettons à Dieu et à la Providence pour continuer la mission du Sacré Cœur, et avec la même conviction que notre fondateur, nous voulons « voir en Dieu l’Auteur et le Gardien de notre Société ; Il la gouverne et la protègera ». En tant que chrétiens et membres de la famille religieuse du Cœur de Jésus, nous nous efforçons chaque jour de répondre à l’amour de Dieu dans nos divers ministères, en disant : En avant toujours !

John Chan Kunu,SCJ

SOURCE : http://www.betharram.net/index.php?option=com_content&view=article&id=134&Itemid=161&3ef14f6e4dbe8135e0f6214c542fc756=70ad96948df0a5e4f5c74f90b02de580


Saint Michel Garicoïts

Fondateur des Prêtres du Sacré-Coeur de Jésus de Bétharram (1797-1863)

Saint Michel Garicoïts naquit à Ibarre, village basque situé sur les contreforts des Pyrénées. Le petit Michel grandit en gardant les troupeaux. Ses parents, demeurés inviolablement fidèles à leur foi pendant la Révolution, cachaient dans leur maison les prêtres persécutés.

Devenir prêtre était le plus grand désir de Michel. Il parvint à son but grâce à la générosité d’un chanoine qui pourvut aux frais de ses études. Il fut ordonné prêtre le 20 décembre 1823.

Le jour où il sortit du grand Séminaire de Dax, on disait autour de lui qu’il était « un saint non plus à faire, mais tout fait. » Pourtant, lui-même disait souvent : « Si le bon Dieu ne m’avait pris, quel scélérat j’aurais été ! »

Bien que Michel Garicoïts ne fut âgé que de vingt-huit ans, l’évêque de Bayonne le nomma directeur spirituel de la maison-mère des Soeurs de la Croix à Igon, localité voisine de Cambo. Durant trente-sept ans, il consacra les forces de son coeur et de son esprit à prêcher et à confesser quotidiennement ces religieuses et leurs novices.

En 1825, Michel Garicoïts est désigné pour le séminaire de Bétharram où il professe la philosophie et remplit les fonctions de directeur des consciences, de prédicateur, d’économe, et celle de supérieur dont il aura le titre officiel en 1831.

La France était encore bouleversée par la Révolution et l’idée de relever la situation prenait chaque jour plus de force dans le coeur du jeune abbé. Il forme alors le projet de fonder une société de prêtres s’engageant à accourir partout où la tâche serait la plus rude et la plus urgente. A trente-cinq ans, appuyé par les prières et les conseils de sainte Elizabeth Bichier des Ages, saint Michel Garicoïts fonde sa congrégation de Prêtres Auxiliaires pour les missions et l’éducation de la jeunesse dans le diocèse.

Les épreuves s’avèrent très rudes, car ceux qui devaient le soutenir ne le comprennent pas. Saint Michel Garicoïts en souffrit jusqu’à sa mort, mais sa patience et sa bonté eurent finalement raison de toutes les difficultés.

Sa doctrine spirituelle est condensée en quelques maximes brèves et saisissantes : "Dieu tout ! moi rien ! — Mon Dieu, me voici sans retard, sans réserve, sans retour, par amour ! » Ce saint fondateur doit la prospérité spirituelle de son oeuvre à sa vie de sacrifice et de constante immolation.

La veille de sa mort, le Saint vaquait encore à son ministère. La nuit du 13 mai 1863 une crise subite le terrassa. Il reçut les derniers sacrements et expira le lendemain en murmurant le premier verset du Miserere. Le souverain pontife Pie XI le béatifia le 15 mars 1923. Saint Michel Garicoïts avait communiqué un tel élan à ses disciples que son institut a essaimé partout à travers l’Europe, l’Amérique du Sud, jusqu’en Palestine et même en Chine.

SOURCE : http://viechretienne.catholique.org/saints/1443-saint-michel-garicoits

Saint Michel Garicoïts

Saint Michel Garicoïts est né en 1797, dans un petit village du pays basque, Ibarre. D’une famille de paysans, pauvres et ardemment catholiques et, par le fait même, contre-révolutionnaires. Ses parents ont traversé les Pyrénées pour aller recevoir en Espagne le sacrement de mariage de la main d’un prêtre non jureur ; ils ont caché dans leur ferme des prêtres réfractaires, au péril de leur vie.

Le petit Michel a du caractère. Dans ce pays de basse montagne, le climat rigoureux, les travaux de la ferme et l’éducation stricte de ses parents, ont tôt fait de l’aguerrir. « Sans ma bonne et pieuse mère, dira-t-il, je sens que je serais devenu un scélérat. » Avec cela, une crainte de l’enfer, un attrait irrésistible pour le Ciel. Un jour, voyant le bleu du ciel toucher le sommet de la colline à laquelle la maison familiale était adossée, il s’imagina qu’on y pourrait entrer par-là. Toujours prompt à réaliser l’idée qui lui venait, il y grimpa laissant les moutons de son père à la garde du chien. Déception ! le ciel avait reculé jusqu’au pic voisin. Il y courut et, de là, jusqu’au troisième. L’aventure s’acheva en pleines ténèbres : sans qu’il y prît garde, la nuit déjà submergeait la montagne. L’enfant redescendit, désenchanté. Mais sa cuisante déception grava plus profondément encore dans son âme le désir du Ciel, le vrai !

Affamé de l’Eucharistie, il voulait être prêtre, mais ne put commencer ses études qu’à l’âge de quatorze ans, et encore en s’employant comme domestique, un peu comme don Bosco. Doué d’une vive intelligence, il travailla avec tant d’acharnement, qu’il rattrapa son retard, devint au séminaire un sujet d’élite et fut ordonné prêtre en décembre 1823. Pendant deux ans, il fut vicaire à Cambo, grosse bourgade du Pays basque. La source cachée de son ministère, déjà à cette époque, était la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, dont il établit une confrérie, et au Cœur Immaculé de Marie. À l’automne 1825, il est nommé professeur de philosophie au grand séminaire de Bétharram. Il a la confiance de son évêque qui confie à son secrétaire : « L’abbé Garicoïts est un saint que je vénère ; je veux en faire le directeur de toutes nos religieuses, et vous verrez qu’il ravivera dans le diocèse la sève de l’esprit chrétien et religieux. »

De fait, il réussit en très peu de temps à restaurer à Bétharram la discipline, la piété et le zèle des études, jusqu’au jour où l’évêque de Bayonne décide en 1832 de ramener ses séminaristes près de lui, à Bayonne, et laisse le Père seul. Entre-temps, deux événements capitaux se produisent : un qui le touche intimement, et l’autre qui a trait aux affaires de France et de l’Église.

D’abord, ce que saint Michel appela sa “ conversion ”. Il avait été nommé aumônier des Filles de la Croix, qui viennent de s’installer au couvent d’Igon, à quatre kilomètres de Bétharram. C’est là que, en 1828, il rencontre Jeanne-Élisabeth Bichier des Âges, leur sainte fondatrice. À son contact et à celui de ses sœurs qui pratiquent avec tant de joie et de simplicité la pauvreté évangélique, il comprend que le Cœur de Jésus l’appelle au radicalisme des saints. De ce jour, commence sa course de géant vers la sainteté.

Deuxième épisode : la révolution de 1830, qui chasse le roi légitime Charles X et met à sa place l’usurpateur Louis-Philippe. Pour les saints, pour le Ciel lui-même, comme on le voit dans les apparitions à sainte Catherine Labouré, ce n’est pas une simple révolution politique, c’est Notre-Seigneur en Personne, vrai Roi de France, qui est détrôné. L’Église elle-même est atteinte, puisqu’un prophète s’est levé en son sein, qui a pour nom Lamennais, prêchant la réconciliation de l’Église avec la Révolution au nom de l’Évangile avec pour devise : Dieu et la Liberté.

L’abbé de Nantes a dénoncé dans cette folle doctrine la grande hérésie des temps modernes, prélude à l’apostasie que nous vivons. Dès 1830, elle provoque dans le clergé, partant chez les fidèles eux-mêmes, une fièvre de revendication, d’autonomie, de révolte.

Saint Michel Garicoïts mesure le danger et monte aux remparts : l’Église souffre d’un grand mal appelant un puissant remède. « Oh ! se disait-il à lui-même, si l’on pouvait réunir une société de prêtres ayant pour programme le programme même du Cœur de Jésus, le Prêtre éternel, le serviteur du Père Céleste : dévouement et obéissance absolus, simplicité parfaite, douceur inaltérable ! Ces prêtres seraient un véritable camp volant de soldats d’élite, prêts à courir, au premier signal des chefs, partout où ils seraient appelés, même et surtout dans les ministères les plus difficiles et dont les autres ne voudraient pas. »

« Malgré sa profonde humilité, dira de lui son fils de prédilection, le Père Etchécopar, lui-même un saint, il croyait à une œuvre de spéciale création ayant son but, son organisation, son esprit, ses moyens à elle. Il croyait que le Dieu des petits et des pauvres l’avait choisi à cette fin [servir l’Église de Dieu si ébranlée par la révolution du siècle dernier et par les ravages de l’esprit moderne] et qu’il lui avait dit : “ Va fonder dans mon Église un nouvel institut. Il a sa raison d’être. Voici votre drapeau et le cri de votre ralliement : tu marcheras en tête avec le drapeau du Sacré-Cœur, en poussant le cri Ecce venio de mon Fils, et vous serez la joie et le soutien de mon Église. ” »

LES PÈRES DU SACRÉ-CŒUR, MISSIONNAIRES DE L’IMMACULÉE

Et il le fut en vérité. Un “ camp volant de missionnaires ” se constitua à Bétharram, dès 1834, et de la Bigorre à l’est au Pays basque à l’ouest, la foi et les mœurs de ce pays furent préservées grâce au Père Garicoïts et à ses missionnaires : par leurs missions populaires, leurs collèges, et par le charisme extraordinaire de directeur d’âme du fondateur lui-même. Il leur disait souvent : « En avant, en avant toujours, jusqu’au Ciel ! » Et aussi : « Jésus-Christ ne veut pas des soldats fainéants, mais des combattants et des vainqueurs. »

On peut dire qu’ils ont préparé le terrain, pour qu’au jour de ses apparitions à Lourdes, en 1858, l’Immaculée trouve un peuple bien disposé, prêt à entrer dans ses vues. Les Pères du Sacré-Cœur ont été les hérauts, les porte-paroles, les missionnaires de ce grand dessein “ orthodromique ” du Cœur Immaculé de Marie.

Sainte Bernadette vint en pèlerinage à Bétharram et acheta ce chapelet de deux sous qu’elle égrenait pendant les apparitions. Saint Michel Garicoïts, le premier peut-être parmi le clergé de la région, adhéra aux apparitions de 1858 et se fit le garant de la petite voyante auprès de Mgr Laurence, l’évêque de Tarbes. (...)

LA VIERGE MARIE, MAÎTRESSE DE LA MAISON

En 1832, nous l’avons dit, les séminaristes retournent à Bayonne et leur directeur, l’abbé Garicoïts, se retrouve supérieur d’une grande maison vide. Depuis plusieurs années, il mûrit son projet de fondation. Il va donc faire retraite à Toulouse auprès d’un saint jésuite, le Père Leblanc, qui lui dit : « Vous suivrez votre inspiration que je crois venue du Ciel, et vous serez le père d’une famille qui sera notre sœur... »

Comme écrasé par ces paroles, Michel Garicoïts va se jeter, sitôt son retour à Bétharram, au pied du tabernacle et de la Vierge en bois doré qui tient son Enfant sur un bras, un sceptre dans l’autre main, et se relève réconforté. « Je sentis alors au plus profond de mon être un mouvement extraordinaire, qui me confirmait dans mon dessein et qui m’encourageait à l’exécuter. »

À dater de ce jour, il appela la Sainte Vierge la « Maîtresse de la maison » et une pensée ne le quitta plus : de même que le Sacré-Cœur fut conçu dans le sein de la Vierge en sa maison de Nazareth, ainsi la petite société des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus est enfantée par elle en sa maison de Bétharram.

Il restaure la chapelle, en faisant appel à un artiste de talent, Alexandre Renoir, qui sculpte la Vierge du Beau-Rameau qui trône maintenant au-dessus du maître-autel. Il introduit les confréries du Saint-Rosaire, du Cœur Immaculé de Marie refuge des pécheurs et du Saint-Scapulaire. Pour les frères coadjuteurs qui aident aux tâches matérielles du sanctuaire et des missions, il achète une ferme dans les environs qu’il baptise Ferme Sainte-Marie. La première école qu’il fonde est l’École Notre-Dame. Devant l’affluence des élèves, on lui propose de bâtir un collège dans un endroit plus aéré, de l’autre côté du Gave, mais il s’y oppose résolument. Où l’on voit la délicatesse de son amour pour la “ Maîtresse de la maison ” : « La Sainte Vierge a choisi Bétharram, nous devons y rester... Au besoin, Notre-Dame nous tiendra lieu de tout. »

Toutes les fêtes de la Sainte Vierge et tous les premiers samedis du mois sont célébrés à Bétharram par le chant de la messe et des vêpres, avec assistance de la communauté entière, religieux et élèves. Le chapelet est récité quotidiennement, en commun, et le soir, toute la famille religieuse se regroupe aux pieds de Notre-Dame pour chanter l’Ave maris Stella et le Sub tuum præsidium...

Pour son compte personnel, le saint ne se contente pas de ces exercices communs. Il est affilié à l’Association du Rosaire perpétuel, et s’acquitte de ses obligations de 3 à 4 heures du matin. C’est avec Elle qu’il commence sa journée. Il est touchant de voir qu’il est mort le jour de l’Ascension, 14 mai 1863, à 3 heures du matin, c’est-à-dire à l’heure où il se levait pour réciter ses Ave.

Il n’est donc pas étonnant qu’il ait compris tout de suite l’importance des événements de Lourdes, et qu’il leur ait donné, d’abord en secret, puis publiquement, son assentiment.

Au mois de juillet 1858, Mgr Laurence qui avait en grande estime le supérieur de Bétharram, lui envoya Bernadette. De leur entretien, rien n’a filtré. Les témoins se souviennent seulement du visage rayonnant du saint et de la petite voyante, qui reviendra plusieurs fois à Bétharram recevoir les conseils du saint. (...)

« Que Dieu est bon ! disait saint Michel Garicoïts, comme il comble de grâces nos Pyrénées. » (...) Il soutiendra de ses deniers, et Dieu sait qu’il n’était pas riche ! la construction de la basilique de l’Immaculée Conception à Lourdes et, à plusieurs reprises, se mêlera humblement à la foule des pèlerins.

« Sa tendresse pour la Sainte Vierge était inexprimable », rapporte son premier biographe. Comme sa dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, elle était nourrie d’une forte et claire doctrine. Il contemplait et méditait sans fin le mystère de l’Incarnation et la réponse de la Sainte Vierge : Ecce ancilla Domini, voici la servante du Seigneur, le ravissait car elle correspondait parfaitement à l’Ecce venio, me voici, du Fils de Dieu.

« Du Cœur du Père dans le sein de la Vierge, disait-il, quel chemin s’ouvre devant nous ! Jésus est descendu par Marie. Levons la tête vers notre médecin. Et montons nous aussi par Marie. »

« ME VOICI, SANS RETARD, SANS RÉSERVE,

SANS RETOUR, PAR AMOUR ! »

Saint Michel reçut sur ce mystère ineffable de l’Incarnation des lumières particulières. Dans la nuit de Noël 1830 par exemple, on le vit tout transfiguré au moment de l’Incarnatus est du Credo et, d’autres fois, on le vit s’élever du sol après la consécration. (...)

En tête de ses écrits, saint Michel écrit ces trois lettres : FVD, Fiat voluntas Dei. (...)

Jésus, notre Modèle unique, « entra dans la carrière par ce grand acte qu’il ne discontinua jamais. Dès ce moment, il demeura toujours en état de victime, anéanti devant Dieu, ne faisant rien par lui-même, agissant toujours par l’Esprit de Dieu, constamment abandonné aux ordres de Dieu pour souffrir et faire tout ce qu’il voudrait.

« (...) Cependant, les hommes sont de glace pour Dieu ! Et parmi les prêtres mêmes, il y en a si peu qui disent, à l’exemple du divin Maître : “ Nous voici !... Ita, Pater ! Oui, Père ! ” »

Et comment est venu ce grand mal ?

« (...) Le souci du moi, le moi devenant la fin des choses, des meilleures choses. Et alors, comme tout est abaissé, dégradé dans le sensualisme ! Tout tombe et s’avilit, la philosophie, la théologie, les caractères, les ministères les plus relevés. On ne voit que soi et, de là, toutes ces préoccupations terrestres où se perdent les gens du monde. Quelle perte de temps, quelle monstruosité, et aussi quel scandale ! On met l’homme à la place de Dieu, nous nous matérialisons, nous nous humanisons au lieu de nous diviniser, au lieu d’être les uns pour les autres les images de Notre-Seigneur Jésus-Christ rapportant tout à son Père, afin que, nous voyant les uns les autres, nous vissions Dieu pour le glorifier.

« Le règne de l’humanité, c’est l’oubli de Dieu ; la révolte contre lui, c’est le crime de Lucifer, le crime qui a précipité le tiers des anges dans l’enfer. C’est ce crime même qui amènera le règne de l’Antéchrist. Oui, quand l’humanité aura chassé Dieu dans une certaine mesure, alors viendra la fin du monde, l’Antéchrist sera le fruit de cet amour de soi, égoïste, monstrueux, horrible. »

Pour restaurer le règne de Dieu, « les prêtres de Bétharram se sont sentis portés à se dévouer, pour imiter Jésus anéanti et obéissant, et pour s’employer tout entiers à procurer aux autres le même bonheur ».

« Me voici, pour faire votre volonté, sans retard, sans réserve, sans retour, par amour. »

Jusqu’au dernier jour, saint Michel a pratiqué cette maxime, héroïquement. (...)

Il s’éteignit paisiblement le 14 mai 1863.

Extrait de Il est ressuscité ! n° 69, mai 2008, p. 15-19

SOURCE : http://www.crc-resurrection.org/481-saint-michel-garicoits-1797-1863.html

Un saint prêtre de chez nous : Saint Michel Garicoïts (1797-1863)

L’Église célèbre sa fête le 15 mai. À l’occasion de l’année sacerdotale, voici une présentation de l’Apôtre du "Me voici" par le Père Gaston Gabaix-Hiale, supérieur de la communauté Maison Neuve – maison de retraite - à Bétharram.

Michel Garicoïts, Prêtre et Religieux

Le cheminement des vocations est varié : toutes ont leur racine dans le Cœur de Dieu, chacune est le fruit de son Amour. La vocation du Prophète Jérémie nous dit comment cet Amour saisit l’homme dès avant sa naissance : « Avant de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu ne sortes de son ventre, je t’ai consacré » (Jr.1.5). La vocation de Michel Garicoïts illustre ce choix de Dieu : très jeune, il est attiré par l’Eucharistie : on a montré la cuisine de la maison natale, la table où vers l’âge de 5 ou 6 ans, il simulait les cérémonies de la messe. Les parents de Michel accueillent et protègent les prêtres qui ont refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé : c’est à travers eux que Michel découvre le visage du prêtre risquant sa vie pour le service des communautés chrétiennes. Quand à l’âge de 12 ans, Michel exprime son désir de devenir prêtre, il se heurte à la pauvreté de sa famille. La réponse de son père lui barre la route : « Je ne pourrais même pas te procurer un trousseau. Si tu es raisonnable, laisse de côté ces rêves, car nous ne pouvons vivre que du fruit de notre travail ». La pauvreté matérielle, insurmontable à vues humaines, va devenir le chemin privilégié de sa formation au ministère sacerdotal : Michel sera domestique d’abord chez un fermier à Oneix, près de St Palais et ensuite valet à l’évêché de Bayonne. La famille ne supportera d’aucune façon les dépenses d’un garçon capable de gagner sa vie.

Prêtre diocésain

Devenu prêtre de Jésus-Christ, le 20 décembre 1823, Michel est nommé vicaire à Cambo : il n’y restera qu’un an et demi, animé d’un zèle qui fait face à toutes les situations : le curé est paralysé, Michel prend soin de lui comme d’un père… Il n’hésite pas à voler au secours de personnes en danger, à affronter des bourgeois d’esprit voltairien, il encourage la confrérie du Sacré-Cœur, il lui consacre la paroisse et propage la dévotion : dans l’espace de dix ans, 40 confréries regroupent plus de 600 membres dans le diocèse de Bayonne. Michel publie un manuel de dévotion intitulé : « L’Appel d’Amour du Sacré-Cœur de Jésus aux chrétiens fidèles ». En dix mois, la paroisse est transformée par le ministère de ce jeune prêtre, passionné de Dieu plein de sagesse et expert en discernement. « J’ai trouvé en arrivant dans la paroisse un vif sentiment de vénération pour l’Abbé Garicoïts et l’empreinte laissée par son zèle et le souvenir de ses vertus » témoigne un de ses successeurs à la cure de Cambo.

Vocation religieuse

La réussite dans la vie apostolique n’est pas un critère pour exiger de rester là où on travaille : « Allons ailleurs » répond Jésus à ses disciples qui viennent l’interrompre dans sa prière pour le ramener à Capharnaüm où tout le monde le réclame. L’ Evêque, à son insu, va orienter Michel Garicoïts vers la Vie Religieuse en lui demandant d’aller à Bétharram comme professeur de philosophie au séminaire du diocèse. Un instant, Michel s’interroge : « Quel dessein peut bien avoir notre évêque pour m’arracher à un ministère que Dieu bénissait visiblement ? » Monseigneur Lacroix ajoute une seconde mission en l’envoyant à Bétharram, disant : « L’Abbé Garicoïts est un saint, je veux en faire le directeur de toutes mes religieuses et vous verrez qu’il ravivera dans le diocèse la sève de l’esprit chrétien et religieux ».

Nommé aumônier des Filles de la Croix à Igon, le Père Garicoïts rencontre la fondatrice, Elisabeth Bichier des Ages, de 24 ans son aînée ; à partir de ce moment, l’appel à la vie religieuse commence à faire son chemin : il est frappé par sa pauvreté qui lui rappelle celle de sa famille. Une retraite chez les Jésuites à Toulouse le confirme dans sa vocation : « Vous suivrez votre première inspiration que je crois venue du ciel, lui dit le Père Blanc, et vous serez le père d’une famille qui sera notre sœur ». Et Michel Garicoïts de porter ce projet au plus intime de son cœur : « Oh, se disait-il à lui-même, si l’on pouvait réunir une société de prêtres ayant pour programme le programme même du Cœur de Jésus, le Prêtre éternel, le Serviteur du Père céleste : dévouement et obéissance absolue, simplicité parfaite, douceur inaltérable ! Ces prêtres seraient un camp de soldats d’élite, prêts à courir, au premier signal des chefs, partout où ils seraient appelés, même et surtout dans les ministères dont les autres ne voudraient pas ». Laborieux et interminable enfantement que celui de la famille religieuse des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram : il va demander des années car en encourageant le fondateur à regrouper une équipe de missionnaires, Mgr Lacroix entend rester le maître de cette Société qu’il veut garder au service de son diocèse. Le Père Garicoïts se soumet à la volonté de son évêque : il meurt en 1863 et la Congrégation qu’il a fondée ne sera reconnue par l’Eglise qu’en 1875, sur l’intervention de la Bienheureuse Sœur Marie de Jésus Crucifié.

Père Gaston GABAIX-HIALE,

supérieur de la communauté Maison Neuve – maison de retraite - à Bétharram.

SOURCE : http://www.diocese-bayonne.org/spip.php?article1868

Michael Garicoïts (RM)

Born near Bayonne, Basque, April 15, 1797; died 1863; canonized in 1947. Michael was the eldest son of Pyrenean peasants, Arnold and Gratianne Garicoïts, whose door was always open to the priests escaping the persecutions during and after the French Revolution. As a boy he was hired out as a shepherd to a neighboring farmer. He often expressed to his parents his desire to become a priest, but they believed it was an impossible dream because they were so poor. His grandmother, however, believed that all things are possible with God.


One day she went to discuss Michael's vocation with the parish priest of Saint-Palais, who had previously found refuge in the Garicoïts' cottage. He arranged for Michael to work for the clergy and later in the kitchen of the bishop of Bayonne in return for his education. Thus, his educational expenses at the College of Saint-Palais and at Bayonne were handled. Michael studied philosophy at Aire and theology in the major seminary at Dax. In December 1823, he was ordained to the priesthood in Bayonne by Bishop d'Astros.

He worked for two years as vicar in a parish at Cambo, where the pastor was ill. During that time he stimulated faith and combatted the heresy of Jansenism by promoting frequent communion and introducing devotions to the Sacred Heart. Then he was appointed professor of philosophy and, eventually, rector of the diocesan seminary at Bétharram--a post he filled with distinction. When the bishop decided to merge the seminary with that of Bayonne, Fr. Michael found himself left with two other priests to carry on the services. They started to live a community life.

A scheme was taking shape in Fr. Michael's mind for training priests to do mission work. In order to further discern God's plan, Michael attended a retreat in Toulouse directed by the Jesuit Father Le Blanc. He opened his heart to this good priest and was encouraged to persevere, saying: "You will be the father of a congregation that will be our sister." And, indeed, the constitution that Michael drew up resembled that of the Society of Jesus.

When Saint Andrew Fournet died in 1834, Fr. Michael, provided continued help to Saint Elizabeth Bichier des Ages with the Daughters of the Cross, also known as the Sisters of Saint Andrew the Apostle. She in turn encouraged Michael in his founding of the society of missioners called Priests of the Sacred Heart of Bétharram (Bétharram Fathers) in 1838.


After encountering many difficulties the congregation grew and spread beyond France and across the Atlantic (Attwater, Benedictines).

Voir aussi : http://nominis.cef.fr/contenus/SaintMichelGaricoits.pdf

http://www.clairval.com/lettres/fr/2002/08/06/5070802.htm

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/fiches/f0057.htm