jeudi 3 mai 2012

Saint PHILIPPE et Saint JACQUES le Juste, fils d'Alphée, dit le MINEUR, APÔTRES



Saint Philippe et saint Jacques. 
Bréviaire à l'usage de Besançon.
XVe.


SAINT PHILIPPE et SAINT JACQUES LE MINEUR

Apôtres

(Ier siècle)

Saint Philippe était de Bethsaïde, en Galilée, patrie de saint Pierre et de saint André. Le Sauveur, dès les premiers jours de Sa vie publique, le rencontra et lui dit: "Suis-Moi!"

Après la Pentecôte, il alla prêcher dans les immenses contrées de l'Asie supérieure; il évangélisa longtemps les Scythes, puis les Galates, les Phrygiens, et c'est dans la ville d'Hiérapolis, en Phrygie, qu'il confirma sa prédication par le témoignage de son sang.

Un jour que le peuple offrait de l'encens à un gros serpent qu'il regardait comme une de ses divinités principales, Philippe, saisi de compassion, se jette à terre et supplie Dieu de délivrer ces malheureux de la tyrannie du serpent infernal. L'affreuse bête expire aussitôt. Le peuple se montrait disposé à accepter la doctrine d'un homme qui opérait de telles merveilles; mais les magistrats et les pontifes s'emparèrent de l'Apôtre, le battirent de verges, le clouèrent à une croix et l'accablèrent de pierres. A sa mort, la terre trembla et plusieurs édifices s'écroulèrent.

Saint Jacques, appelé le Mineur pour le distinguer de Jacques le Majeur, frère de saint Jean, était né à Cana, en Galilée; il était de la tribu de Juda et cousin de Notre-Seigneur selon la chair. La tradition affirme qu'il ressemblait au Sauveur, et que les fidèles aimaient à regarder en lui une vivante image de leur Maître remonté dans le Ciel. Jacques eut un frère, Apôtre comme lui, nommé Jude, et ses deux autres frères, Joseph et Simon, furent disciples de Jésus.

Après la Pentecôte, quand les Apôtres se partagèrent le monde, Jacques se fixa à Jérusalem, pour la conversion spéciale des Juifs. Son autorité était très grande dans l'Église primitive, et, au concile de Jérusalem, c'est lui qui, le premier après saint Pierre, prit la parole. Il nous reste de lui une belle Épître.

Les conversions nombreuses et éclatantes opérées par son ministère lui suscitèrent des ennemis. Les princes des Juifs le firent monter sur la terrasse du temple et lui dirent: "Juste, nous avons confiance en toi; parle et dis-nous la vérité sur Jésus!" Le saint Apôtre s'écria: "Pourquoi m'interrogez-vous sur le Christ? Il siège dans les Cieux à la droite de la Majesté divine, et un jour Il reviendra sur les nuées du Ciel." La foule approuvait ces paroles; mais les chefs, jaloux, précipitèrent le vieillard du haut en bas. Brisé dans sa chute, le martyr trouve encore la force de se mettre à genoux et de prier Dieu pour ses bourreaux, en répétant la parole du Sauveur: "Seigneur, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font." Un foulon l'étendit mort d'un coup de levier sur la tête.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_philippe_et_saint_jacques_le_mineur.html


SAINT PHILIPPE, APÔTRE

Philippe signifie bouche de lampe, ou bouche des mains ou bien il vient de philos, amour, et uper, au-dessus, qui aime les choses supérieures. Par bouche de lampe, on entend sa prédication brillante; par bouche des mains, ses bonnes oeuvres continuelles ; par amour des choses supérieures; sa contemplation céleste.

Saint Philippe, apôtre, après avoir prêché vingt ans en Scythie, fut pris par les païens qui voulurent le forcer à sacrifier devant une statue de Mars. Mais aussitôt, il s'élança de dessous le piédestal un dragon qui tua le fils du pontife employé à porter le feu pour le sacrifice, deux tribuns dont les soldats tenaient Philippe dans les chaînes : et son souffle empoisonna les autres à tel point qu'ils tombèrent tous malades. Et Philippe dit : « Croyez-moi, brisez cette statue, et à sa place adorez la croix du Seigneur, afin que vos malades soient guéris et que les morts ressuscitent. » Mais ceux qui étaient souffrants criaient : « Faites-nous seulement guérir, et de suite nous briserons ce Mars. » Philippe commanda alors au dragon de descendre au désert, pour qu'il ne nuisit à qui que ce fût. Le monstre se retira aussitôt, et disparut. Ensuite Philippe les guérit tous et il obtint la vie pour les trois morts. Ce fut ainsi que tout le monde crut. Pendant une année entière il les prêcha, et après leur avoir ordonné des prêtres et des diacres, il vint en Asie dans la ville de Hiérapolis, où il éteignit l’hérésie des Ebionites qui enseignaient que J.-C. avait pris une chair fantastique. Il avait là avec lui deux de ses filles, vierges très saintes, par le moyen desquelles le Seigneur convertit beaucoup de monde à la foi. Pour Philippe, sept jours avant sa mort, il convoqua les évêques et les prêtres, et leur dit : « Le Seigneur m’a accordé ces sept jours pour vous donner des avis. » Il avait alors 87 ans. Après quoi les infidèles se saisirent de lui, et l’attachèrent à la croix, comme le maître qu'il prêchait. Il trépassa de cette manière heureusement au Seigneur. A ses côtés furent ensevelies ses deux filles, l’une à sa droite, et l’autre à sa gauche. Voici ce que dit Isidore de ce Philippe dans le Livre de la Vie, de la naissance et de la mort des saints (Ch. XLV) : « Philippe prêche J.-C. aux Gaulois; les nations barbares voisines, qui habitaient dans les ténèbres, sur les bords de l’océan furieux, il les conduit à la lumière de la science et au port de la foi; enfin, crucifié à Hiérapolis, ville de la province de Phrygie, et lapidé, il y mourut, et y repose avec ses filles. » Quant à Philippe qui fut un des sept diacres, saint Jérôme dit, dans son martyrologe, que le 8e des ides de juillet, il mourut à Césarée, illustre par ses miracles et ses prodiges ; à côté de lui furent enterrées trois de ses filles, car la quatrième repose à Ephèse. Le premier Philippe est différent de celui-ci, en ce que le premier fut apôtre, le second diacre; l’apôtre repose à Hiérapolis, le diacre à Césarée. Le premier eut deux filles prophétesses, le second en eut quatre, bien que dans l’Histoire ecclésiastique on paraisse dire que ce fut saint Philippe, apôtre, qui eut quatre filles prophétesses : mais il vaut mieux s'en rapporter à saint Jérôme.

* Eusèbe, Histoire ecclésiastique, I. III, c. XXXI.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdccccii
SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome02/066.htm


SAINT JACQUES, APÔTRE (LE MINEUR)

Jacques veut dire, qui renverse, qui supplante celui qui se hâte, qui prépare. Ou bien il se tire de Ia, qui signifie Dieu, et cobar, charge, poids. Ou bien Jacques vient de jaculum, javelot, et tope, coupure, coupé par des javelots. Or, on le dit qui renverse parce qu'il renversa le monde par le mépris qu'il en fit : il supplanta le démon qui est toujours hâtif : il prépara son corps à toutes sortes de bonnes oeuvres. Les mauvaises passions résident en nous par trois causes, ainsi que le dit saint Grégoire de Nisse : par mauvaise éducation, ou conversation, par mauvaise habitude du corps, ou par vice d'ignorance. Elles se guérissent, ajoute le même auteur, par la bonne habitude, par le bon exercice, et par l’étude de bonne doctrine. Ce fut ainsi que saint Jacques se guérit et qu'il eut son corps préparé à toutes sortes de bonnes oeuvres. Il fut un poids divin par la gravité de ses moeurs ; il fut coupé par le fer, en souffrant le martyre.

Saint Jacques, apôtre, est appelé Jacques d'Alphée, c'est-à-dire fils d'Alphée, frère du Seigneur, Jacques le mineur, et Jacques le Juste. On l’appelle Jacques d'Alphée, non seulement selon la chair, mais encore selon l’interprétation du nom : car Alphée, veut dire docte, document, fugitif, ou bien millième. Il est nommé Jacques d'Alphée, parce qu'il fut docte, par inspiration de science; document, par l’instruction des autres; fugitif, du monde, qu'il méprisa; et millième, par sa réputation d'humilité. On le nomme frère du Seigneur, parce qu'il lui ressemblait au point que beaucoup les prenaient l’un pour l’autre en les voyant. Ce fut pour cela que lorsque les Juifs vinrent se saisir de J.-C., de peur de prendre Jacques à sa place, Judas, (39) qui vivant avec eux savait les distinguer, leur donna pour signal le baiser. C'est encore le témoignage de saint Ignace eu son épître saint Jean l’évangéliste où il dit : « Si cela m’est possible, je veut vous aller joindre à Jérusalem, pour voir ce vénérable Jacques, surnommé le juste, qu'on dit ressembler à J.-C. de figure, de vie, et de manière d'être, comme s'ils avaient été deux jumeaux de la même mère : ce Jacques dont on dit : si je le vois, je vois en même temps J.-C. dans chacun de ses membres. » On l’appelle encore frère du Seigneur, parce que J.-C. et Jacques, qui descendaient de deux soeurs, descendaient aussi, prétendait-on, de deux frères, Joseph et Cléophas : car on ne le nomme pas frère du Seigneur parce qu'il aurait été le fils de Joseph, l’époux de Marie, mais d'une autre femme, d’après certains témoignages, mais parce qu'il était fils de Marie, fille de Cléophé : Et ce Cléophé fut bien le frère de Joseph, époux de Marie, quoique maître Jean Beleth (ch. CXXIV) dise que Alphée, père de Jacques dont nous parlons, fut frère de Joseph,, époux de Marie. Ce que personne ne croit. Or, les Juifs appelaient frères ceux qui étaient parents des deux souches : Ou bien encore on l’appelle frère du Seigneur eu raison de la prérogative et de l’excellence de sa sainteté pour laquelle, de préférence aux autres apôtres, il fut ordonné évêque de Jérusalem. On l’appelle encore Jacques le mineur, pour le distinguer de Jacques le majeur, fils de Zébédée ; car quoique Jacques de Zébédée eût été plus âgé, il fut cependant, appelé après lui. De là vient la coutume qui s'observe dans la plupart des maisons religieuses que celui qui vient le premier s'appelle major, et celui qui vient le dernier s'appelle minor, quand bien même celui-ci serait plus ancien d'âge ou plus digne par sa sainteté. On l’appelle aussi Jacques le Juste, à cause du mérite de son excellentissime sainteté : car, d'après saint Jérôme, il fut en telle révérence et sainteté au peuple, que c’était à qui pourrait toucher le bord de son vêtement. En parlant de sa sainteté, Hégésippe, qui vivait peu de temps après les apôtres, écrit, selon les Histoires ecclésiastiques : « Jacques, le frère du Seigneur, généralement surnommé le Juste, fut chargé du soin de l’Eglise depuis J.-C. jusqu'à nos jours. Il fut saint dès le sein de sa mère; il ne but ni vin, ni bière; il ne mangea jamais de viande; le fer ne toucha pas sa tête; il n'usa jamais d'huile, ni de bain; il était toujours couvert d'une robe de lin. Il s'agenouillait tant de fois pour prier que la peau de ses genoux était endurcie comme la plante des pieds. En raison de cet état de justice extraordinaire et constante, il fut appelé juste et abba, qui veut dire défense du peuple et justice. Seul de tous les apôtres, à cause de cette éminente sainteté, il avait la permission d'entrer dans le saint des saints. » (Hégésippe.) On dit encore que ce fut le premier des apôtres qui célébra la messe; car, pour l’excellence de sa sainteté, les apôtres lui firent cet honneur de célébrer, 1e premier d'entre eux, la messe à Jérusalem, après l’ascension du Seigneur, même avant d'avoir été élevé à l’épiscopat, puisqu'il est dit, dans les Actes, qu'avant son ordination, les disciples persévéraient dans la doctrine enseignée par les apôtres, et dans la communion de la fraction du pain, ce qui s'entend de la célébration de la messe : ou bien peut-être, dit-on qu'il a célébré le premier en habits pontificaux, comme plus tard saint Pierre célébra la messe le premier à Antioche, et saisit Marc à Alexandrie. Sa virginité fut perpétuelle, au témoignage de saint Jérôme en son livre contre Jovinien. Selon que le rapportent Josèphe et saint Jérôme, en son livre des Hommes illustres, le Seigneur étant mort la veille du sabbat, saint Jacques fit voeu de ne point manger avant de l’avoir vu ressuscité d'entre les morts; et le jour de la résurrection, comme il n'avait pris jusque-là aucune nourriture, le Seigneur lui apparut ainsi qu'à ceux qui étaient avec. lui, et dit : « Mettez la table et du pain. » Puis prenant le pain, il le bénit et le donna à Jacques le Juste en disant Lève-toi, mon frère, mange, car le fils de l’homme est ressuscité des morts. » La septième année de son épiscopat, les apôtres s'étant réunis à Jérusalem, saint Jacques leur demanda quelles merveilles le Seigneur avait opérées par eux devant le peuple ; ils les lui racontèrent. Saint Jacques et les autres apôtres prêchèrent, pendant sept jours, dans le temple, en présence de Caïphe et de quelques autres Juifs qui étaient sur le point de consentir à recevoir le baptême, lorsque tout à coup un homme entra dans le temple et se mit à crier : « O Israélites, que faites-vous? Pourquoi vous laissez-vous tromper par, ces magiciens ?» Or, il émut si grandement le peuple, qu'on voulait lapider les apôtres. Alors il monta sur, les degrés d'où prêchait saint Jacques, et le renversa par terre depuis ce temps-là il boita beaucoup. Ceci arriva à saint Jacques la septième année après l’ascension du Seigneur.

La trentième année de son épiscopat, les Juifs n'ayant pu tuer saint Paul, parce qu'il en avait appelé à César et qu'il avait été envoyé à Rome, tournèrent contre saint Jacques leur tyrannie et leur persécution. Hégésippe, contemporain des apôtres, raconte, et on le trouve aussi dans l’Histoire ecclésiastique (Eusèbe, livre II, ch. XXIII), que les juifs cherchant l’occasion de le faire mourir, allèrent le trouver et lui dire : « Vous t'en prions ; détrompe le peuple de la fausse opinion où il est que Jésus est le Christ. Vous te conjurons de dissuader, au sujet de Jésus, tous ceux qui se rassembleront le jour de Pâques. Tous nous obtempérerons à ce que tu diras, et nous, comme le peuple, nous rendrons de toi ce témoignage que tu es juste et que tu ne fais acception de personne. » Ils le firent donc monter sur la plate-forme du temple et lui dirent en criant à haute voix : « O le plus juste des hommes, auquel nous devons tous obéir, puisque le peuple se trompe au sujet de Jésus qui a été crucifié, expose-nous ce qu'il t'en semble. » Alors saint Jacques répondit d'une voix forte : « Pourquoi m’interrogez-vous touchant le Fils de l’homme voici qu'il est assis dans les cieux, à la droite de la puissance souveraine, et qu'il doit venir pour juger les vivants et les morts. » En entendant ces paroles, les chrétiens furent remplis d'une grande joie et écoutèrent l’apôtre volontiers; mais les, Pharisiens et les Scribes dirent : « Nous avons mal fait en provoquant ce témoignage de Jésus; montons donc et nous le précipiterons du haut en bas, afin que les autres effrayés n'aient pas la présomption de le croire. » Et tous à la fois s'écrièrent avec force : « Oh ! oh ! le juste est aussi dans l’erreur. » Ils montèrent et le jetèrent en bas, après quoi, ils l’accablèrent sous une grêle de pierres en disant : « Lapidons Jacques le Juste. » Il ne fut cependant pas tué de sa chute, mais il se releva et se mettant sur ses genoux, il dit : « Je vous en prie, Seigneur, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. » Alors un des prêtres, qui était des enfants de Rahab, s'écria : « Arrêtez, je vous prie, que faites-vous ? C'est pour vous que prie ce juste, et vous le lapidez ! » Or, l’un d'entre eux prit une perche. de foulon, lui en asséna un violent coup sur la tête et lui fit sauter la cervelle. C'est ce que raconte Hégésippe. Et saint Jacques trépassa au Seigneur par ce martyre sous Néron qui régna l’an 57 : il fut enseveli au même lieu auprès du temple. Or, comme le peuple voulait venger sa mort, prendre et punir ses meurtriers, ceux-ci s'enfuirent aussitôt. — Josèphe rapporte (liv. VII) que ce fut en punition du péché de la mort de Jacques le Juste qu'arrivèrent la ruine de Jérusalem et la dispersion des Juifs : mais ce ne fui pas seulement pour la mort de saint Jacques, mais principalement pour la mort du Seigneur qu'advint cette destruction, selon que l’avait dit le Sauveur : « Ils ne te laisseront pas pierre sur pierre, parce que tu n'as pas connu le temps auquel Dieu t'a visitée. » Mais parce que le Seigneur ne veut pas la mort du pécheur, et afin que les Juifs n'eussent point d'excuses, pendant 40 ans, il attendit qu'ils fissent pénitence, et par les apôtres, particulièrement par saint Jacques, frère du Seigneur, qui prêchait continuellement au milieu d'eux, il les rappelait au repentir. Or, comme il ne pouvait les rallier par ses avertissements, il voulut, du moins les effrayer par des prodiges : car, dans ces 40 ans qui leur furent accordés pour faire pénitence, on vit des monstruosités et des prodiges. Josèphe les raconte ainsi : Une étoile extraordinairement brillante, qui avait une ressemblance frappante avec une épée, paraissait menacer la ville qu'elle éclaira d'une lumière fatale pendant une année entière. A une fête des Azymes, sur la neuvième heure de la nuit, une lueur si éclatante entoura l’autel et le temple que l’on pensait qu'il fit grand jour. A la même fête, une bénisse que l’on menait pour l’immoler mit au monde un agneau, au moment où elle était entre les mains des ministres. Quelques jours après, vers le coucher du soleil, on vit des chars et des quadriges portés dans toute la région de l’air, et des cohortes de gens armés s'entrechoquant dans les nuages et cernant la ville de bataillons improvisés. En un autre jour de fête, qu'on appelle Pentecôte, les prêtres, étant la nuit dans le temple intérieur pour remplir le service ordinaire, ressentirent des mouvements et un certain tumulte; en même temps, ils entendirent des voix qui criaient : « Sortons de, ces demeures. » Quatre ans avant la guerre, un homme nommé Jésus, fils d'Ananias, venu à là fête des tabernacles, se mit tout à coup à crier : « Voix du côté de l’orient; voix du côté de l’occident; voix du:côté des quatre vents ; voix contre Jérusalem et contre le temple; voix contre les époux et les épouses ; voix contre tout le peuple.» Cet homme est pris, battu, fouetté ; mais il ne savait dire autre chose, et plus on le frappait, plus haut il criait. On le conduit alors au juge, qui l’accable de cruels tourments; il le fait déchirer au point qu'on voyait ses os: mais il n'eut ni une prière ni une larme; à chaque coup qu'on lui assénait, il poussait les mêmes cris avec un certain hurlement; à la fin il ajouta : « Malheur! malheur à Jérusalem ! » (Récit de Josèphe.)

Or, comme les Juifs n'étaient pas convertis par ces avertissements, et qu'ils ne s'épouvantaient point de ces prodiges, quarante ans après, le Seigneur amena à Jérusalem Vespasien et Tite qui détruisirent la ville de fond en comble. Et voici ce qui les. fit venir à Jérusalem ; on le trouve dans une histoire apocryphe : Pilate, voyant qu'il avait condamné Jésus innocent, redouta la colère de l’empereur Tibère, et lui dépêcha, pour porter ses excuses, un courrier du nom d'Albin : or, à la même époque, Vespasien avait le gouvernement de la Galatie au nom de Tibère César. Le courrier fut poussé eu Galatie par les vents contraires et amené à Vespasien. C'était une coutume du pays que quiconque faisait naufrage appartenait corps et biens au gouverneur. Vespasien s'informa qui il était, d'où il venait, et où il allait. « Je suis, lui répondit-il, habitant de Jérusalem : je viens de ce pays et j'allais à Rome. » Vespasien lui dit : « Tu viens de la terre des sages, tu connais la science de la médecine, tu es médecin, tu dois me guérir. » En effet Vespasien, dès son enfance, avait une espèce de vers dans le nez. De là son nom de Vespasien. Cet homme lui répondit : « Seigneur, je ne me connais pas en médecine, aussi ne te puis-je guérir. » Vespasien lui dit : « Si tu ne me guéris, tu mourras. » Albin répondit : « Celui qui a rendu la vue aux aveugles, chassé les démons, ressuscité les morts, celui-là sait que j'ignore l’art de guérir. » Et quel est, répliqua Vespasien, cet homme dont tu racontes ces merveilles ? » Albin lui dit : « C'est Jésus de Nazareth que les Juifs ont tué par jalousie; si tu crois en lui, tu obtiendras ta guérison. » Et Vespasien dit : « Je crois, car puisqu'il a ressuscité les morts, il pourra aussi me délivrer de cette infirmité. » Et comme il parlait ainsi, des vers lui tombèrent du nez et tout aussitôt il recouvra la santé. Alors Vespasien, au comble de la joie, dit : « Je suis certain qu'il fut le fils de Dieu ce-lui qui a pu rie guérir. Eh bien ! J'en demanderai l’autorisation à César : j'irai à main armée à Jérusalem anéantir tous les traîtres et les meurtriers de Jésus. » Puis il dit à Albin, le messager de Pilate : « Avec ma permission, tu peux retourner chez toi, ta vie et tes biens saufs. » Vespasien alla donc à Rome et obtint de Tibère-César la permission de détruire la Judée et Jérusalem. Alors pendant plusieurs années, il leva plusieurs corps de troupes ; c'était au temps de l’empereur Néron, quand les Juifs se furent révoltés contre l’empire. Ce qui prouve, d'après les chroniques, qu'il ne le fit pas par zèle pour J.-C., mais parce que les Juifs avaient secoué la domination des Romains. Vespasien arriva donc à Jérusalem avec une nombreuse armée, et au jour de Pâques, il investit la ville de toutes parts, et y enferma une multitude infinie de Juifs venus pour célébrer la fête.

Pendant un certain espace de temps, avant l’arrivée de Vespasien à Jérusalem, les fidèles qui s'y trouvaient, avertis par le Saint-Esprit de s'en aller, se retirèrent dans une ville nommée Pella, au delà du Jourdain, afin que les hommes saints ayant quitté la cité, la justice divine pût exercer sa vengeance sur ce pays sacrilège, et, sur ce peuple maudit. La première ville de la Judée attaquée fut celle de Jonapatam, dont Josèphe était le commandant et le chef; mais Josèphe opposa avec ses hommes urne vigoureuse résistance. Cependant connue il voyait la ruine prochaine de cette place, il prit onze Juifs avec lesquels il s'enferma dans un souterrain, où, après avoir éprouvé pendant quatre jours les horreurs de la faim, ces Juifs, malgré Josèphe, aimèrent mieux mourir que de se soumettre au joug de Vespasien : ils préféraient se tuer les uns les autres et offrir leur sang en sacrifice à Dieu. Or, parce que Josèphe était le plus élevé en dignité parmi eux, ils voulaient le tuer le premier, afin que Dieu fût plus vite apaisé par l’effusion de soit sang, ou bien ils voulaient se tuer mutuellement (c'est ce qu'on voit en une chronique), afin de ne pas se rendre aux Romains. Mais Josèphe, en homme de prudence qui ne voulait pas mourir, s'établit juge de la mort et dit sacrifice, et ordonna qu'on tirerait au sort deux, par deux, à qui serait tué le premier par l’autre. On tira donc le sort qui livra à la mort tantôt l’un, tantôt l’autre, jusqu'au dernier avec lequel Josèphe avait à tirer lui-même. Alors Josèphe, qui était fort et adroit, lui enleva son épée et lui demanda de choisir la vie ou la mort en lui intimant l’ordre de se prononcer sur-le-champ. Cet homme effrayé répondit : « Je ne refuse pas de vivre, si, grâce à vous, je puis conserver la vie. » Alors Josèphe parla en secret à un des familiers de Vespasien, que lui-même connaissait bien aussi, et demanda qu'on lui laissât la vie. Et ce qu'il demanda, il l’obtint. Or, quand Josèphe eut été amené devant Vespasien, celui-ci lui dit : « Tu aurais mérité la mort, situ n'avais été délivré parles sollicitations de cet homme. » « S'il y a eu quelque chose de mal fait, répondit Josèphe, on peut le tourner à bien. » Vespasien reprit : « Un vaincu, que peut-il faire ? » Josèphe lui dit : « Je puis faire quelque chose, si je sais me faire écouter favorablement. » Vespasien répondit : « Soit, parle convenablement, et si tu dis quelque chose de bon, on t'écoutera tranquillement. » Josèphe reprit : « L'empereur romain est mort, et le Sénat t'a fait empereur. » « Puisque tu es prophète, dit Vespasien, pourquoi n'as-tu pas prédit à cette ville qu'elle devait tomber en mon pouvoir ? Je le lui ai prédit pendant quarante jours, répondit Josèphe. » En même temps arrivent les députés romains, proclamant que Vespasien est élevé à l’empire, et ils le conduisent à Rome. Eusèbe en sa chronique témoigne aussi que Josèphe prédit à Vespasien, et la mort de l’empereur, et son élévation. Alors Vespasien laissa Tite, son fils, au siège de Jérusalem. Or, celui-ci, apprenant que son frère avait été proclamé empereur (c'est ce qu'on lit dans la même histoire apocryphe), fut rempli d'un tel transport de joie qu'une contraction nerveuse le saisit à la suite d'une fraîcheur et qu'il fut paralysé d'une jambe. Josèphe apprenant que Tite était paralysé, rechercha avec un soin extrême la cause et les circonstances de cette maladie. La cause, il ne la put découvrir, ni on ne put lui dire de quelle nature était la maladie ; pour le temps où elle s'est déclarée, il apprend que c'est en entendant annoncer que son frère était élu empereur. En homme prévoyant et sage Josèphe, avec ce peu de renseignements, se livra à des conjectures qui lui firent trouver la nature de la maladie, par la circonstance où elle s'était déclarée, savoir : que sa position était le résultat d'un excès de joie et d'allégresse. Or, ayant remarqué que les contraires se guérissent par les contraires, sachant encore que ce qui est occasionné par l’amour se détruit souvent par la douleur, il se mit à chercher s'il ne se trouvait personne en butte à l’inimitié de ce prince. Il y avait un esclave tellement à charge à Tite qu'il lui suffisait de le regarder pour être tout bouleversé; son nom, il ne le pouvait même entendre prononcer. Josèphe dit alors à Tite : « Si tu souhaites être guéri, accueille bien tous ceux qui seront de ma compagnie. » Tite répondit: « Quiconque viendra en ta compagnie peut être certain d'être bien reçu. » Aussitôt Josèphe fit préparer un festin, plaça sa table vis-à-vis de celle de Tite, et fit mettre l’esclave à sa droite. En le voyant, Tite contrarié frémit de mécontentement, et comme la joie l’avait refroidi, la fureur où il se mit le réchauffa. Ses nerfs se détendirent et il fut guéri. Après quoi Tite rendit ses bonnes grâces à son esclave, et accorda son amitié à Josèphe. Peut-on s'en rapporter à cette histoire, apocryphe ? Est-elle ou non digne de récit? J'en laisse l’appréciation au lecteur.

Or, le siège de Jérusalem dura deux ans. Au nombre des maux qui firent le plus souffrir lés assiégés, il faut tenir compte d'une famine si affreuse que les parents arrachaient leur nourriture à leurs enfants, les maris à leurs femmes, et les femmes à leurs maris, non seulement d'entre les mains, mais même d'entre les dents : les jeunes gens les plus robustes par l’âge, semblables à des spectres errant par les rues, tombaient d'inanition tant ils étaient pressés par la faim. Ceux qui ensevelissaient les morts tombaient souvent morts sur les morts eux-mêmes. Comme on ne pouvait soutenir la puanteur des cadavres, on les fit ensevelir au dépens du trésor public. Et quand le trésor fut épuisé, on jeta au-dessus des murs les cadavres qui s'amoncelaient. Tite, en faisant le tour de la place, vit les fossés remplis de corps morts dont la puanteur infectait le pays ; alors il leva les mains au ciel en pleurant, et il dit : « O Dieu, tu le vois, ce n'est pas moi qui en suis l’auteur. » Car la famine était si grande, dans Jérusalem qu'on y mangeait les chaussures et les courroies. Pour comble d'horreur, une dame de noble race et riche, ainsi qu'on le lit dans l’Histoire ecclésiastique, avait été dépouillée, de tout par des brigands qui se jetèrent sur sa maison, et ne lui laissèrent absolument rien à manger. Elle prit dans ses bras son fils encore à la mamelle, et lui dit : « O fils, plus malheureux encore que ta malheureuse mère ! à quoi te réserverai-je ? Sera-ce à la guerre ou à la faim, ou encore au carnage? Viens donc à cette heure, ô mon enfant ; sois la nourriture de ta mère, le scandale des brigands, et l’entretien des siècles. » Après avoir dit ces mots, elle égorgea son fils, le fit cuire, en mangea une moitié et cacha l’autre. Et voici que les brigands, qui sentaient l’odeur de la viande cuite, se ruent incontinent dans la maison, et menacent cette femme de mort, si elle ne leur donne la viande. Alors elle découvrit les membres de l’enfant : « Voici, dit-elle, à vous a été réservée la meilleure part. » Mais ils furent saisis d'une horreur telle qu'ils ne purent parler. « C'est mon fils, ajouta-t-elle, c'est moi qui ai commis le crime ; mangez sans crainte ; j'ai mangé la première de l’enfant que j'ai mis au monde : n'ayez garde d'être plus religieux qu'une mère et plus délicats que des femmes : si la pitié vous domine, et si vous éprouvez de l’horreur, je mangerai tout entier ce dont j'ai déjà mangé une moitié. » Les brigands se retirèrent tout tremblants et effrayés. En tin la seconde année de l’empire de Vespasien, Tite prit Jérusalem, la ruina, détruisit le temple jusque dans ses fondements, et de même que les Juifs avaient acheté J.-C. trente deniers, de même Tite fit vendre trente Juifs pour un denier. D'après le récit de Josèphe, quatre-vingt-dix-sept mille Juifs furent vendus, et onze cent mille périrent par la faim et par l’épée.

On lit encore que Tite, en entrant dans Jérusalem, vit un mur d'une grande épaisseur, et le fit creuser. Quand on y eut percé un trou, on y trouva dans l’intérieur un vieillard vénérable par son aspect et ses cheveux blancs. Interrogé qui il était, il répondit qu'il était Joseph, de la ville de Judée nommée Arimathie, qu'il avait été enfermé et muré là pour avoir enseveli J.-C. : et il ajouta que depuis ce moment, il avait été nourri d'un aliment céleste, et fortifié par une lumière divine. Pourtant l’évangile de Nicodème dit que les Juifs ayant reclus Joseph, J.-C. en ressuscitant le tira de là et le conduisît à Arimathie. On peut dire alors qu'après sa délivrance, Josèphe ne cessa de prêcher J.-C. et qu'il fut reclus une seconde fois. L'empereur Vespasien étant mort, Tite, son fils, lui succéda à l'empire. Ce fut, un prince rempli de clémence, d'une générosité et d'une bonté telles que, selon le dire d'Eusèbe dans sa chronique et le témoignage de saint Jérôme, un jour qu'il n'avait pas fait une bonne action, ou qu'il n'avait rien donné, il dit : « Mes amis, j'ai perdu ma journée. » Longtemps après, des Juifs voulurent réédifier Jérusalem ; étant sortis de bon matin ils trouvèrent plusieurs croix tracées par la rosée, et ils s'enfuirent effrayés. Le lendemain matin, dit Milet dans sa chronique, chacun d'eux trouva des croix de sang empreintes sur ses vêtements. Plus effrayés encore, ils prirent de nouveau la fuite, mais étant revenus le troisième jour, ils furent consumés par une vapeur enflammée sortie des entrailles de la terre.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdccccii
SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome02/068.htm

JACQUES, surnommé le juste et appelé aussi le frère du Seigneur, était selon les uns issu de Joseph par un premier mariage, ou bien , ce qui me semble plus probable, était fils de Marie, cette soeur de la mère de Jésus-Christ dont Jean parle dans son évangile. Après la Passion du Sauveur, les apôtres l'instituèrent évêque de Jérusalem. Il a écrit une seule épître qui fait partie des sept Épîtres catholiques ; on prétend même qu’elle fut publiée sous son nom par un autre auteur, quoiqu'il se soit écoulé peu de temps avant qu'elle commençât à faire autorité. Hégésippe, qui vivait dans des temps rapprochés des apôtres, parlant de Jacques dans le cinquième livre de ses commentaires, s'exprime ainsi : « Jacques , le frère du Sauveur, surnommé le juste, reçut des mains des apôtres la direction de l'Eglise de Jérusalem. Plusieurs ont porté le nom de Jacques; celui dont nous parlons fut saint pour ainsi dire avant de naître. Il ne but jamais de vin ou d'autres liqueurs spiritueuses, et ne mangea jamais de chair; jamais il ne coupa ses cheveux, et il ne connut point l'usage des parfums et des bains. Il n'était permis qu'à lui seul de pénétrer dans le sanctuaire. Ses vêtements étaient faits de lin et non de laine. Il entrait seu1 dans le temple et se prosternait devant le peuple pour prier. Ses genoux avaient fini par devenir aussi durs que la peau du chameau. » Hégésippe ajoute une foule de détails qu'il serait trop long de rapporter.

(Favius) Joseph, dans le vingtième livre de ses Antiquités, et Clément dans sa septième Hypotypose, racontent qu'à la mort de Festus, gouverneur de Judée, Néron envoya Albinus pour le remplacer. Or Ananus, fils d'Ananas et issu de la famille sacerdotale, grand-prêtre quoique très jeune, prit. le temps qu'Albinus n'était pas arrivé pour assembler un conseil devant lequel il fit venir publiquement Jacques, pour le forcer à renier lé Christ, fils de Dieu. Comme ce saint homme s'y refusait, il le condamna à être lapidé. Jacques, précipité de la plate-forme du temple , se brisa les jambes dans sa chute. Alors levant les mains vers le ciel, il s'écria à demi mort: « Pardonnez-leur, mon Dieu, ils ne savent ce qu'ils font. » Un foulon l’acheva en lui assénant sur la tête un coup de levier doux il se servait pour fouler ses draps.

Le même Joseph rapporte que sa piété était si grande et si vénérée du peuple, que sa mort avait, pensait-on, attiré la ruine de Jérusalem. Paul, dans son épître aux Galates, fait mention  de ce saint homme. « Je n'ai vu, dit-il, aucun autre apôtre que Jacques, le frère du Seigneur. » Les Actes des apôtres le citent fréquemment. L'évangile intitulé selon les Hébreux, que j'ai traduit depuis peu en grec et en latin, et dont Origène s'est servi, ajoute le passage suivant au récit de la résurrection de Jésus-Christ : « Le Seigneur, après avoir donné son suaire au serviteur du prêtre, alla vers Jacques et lui apparut. Or Jacques, depuis qu'il avait bu dans la coupe du Sauveur , avait juré de ne plus manger de pain jusqu'à ce qu'il l'eût vu ressuscité d'entre les morts. Le Seigneur dit alors : « Apportez-moi une table et du pain; » et quand on lui eut donné ce qu'il demandait, il prit le pain, le bénit, le rompit et le donna à Jacques en lui disant : « Mon frère, mangez ce pain, parce que le fils de l'homme est ressuscité d'entre les morts. » Jacques gouverna l'Église de Jérusalem pendant trente ans, c'est-à-dire jusqu'à la septième année du règne de Néron. Il fut enterré contre le temple, dans l'endroit où il avait été précipité. Quelques auteurs ont pensé, mais à tort, qu'il avait été enseveli dans le jardin des Olives.

Saint JÉRÔME. Tableau des écrivains ecclésiastiques, ou Livre des hommes illustres.

Saint Philippe

Saint Philippe naquit à Bethsaïde, sur les bords du lac de Tibériade, comme les saints Pierre et André. Saint Clément d'Alexandrie, suivant une tradition ancienne, l'identifie au jeune homme qui demande la permission d'aller enterrer son père avant de suivre Jésus qui répond de laisser les morts ensevelir les morts[1].

Selon l'évangile de saint Jean, on peut supposer qu'il fut d'abord un disciple du Baptiste avant d'être appelé par Jésus à qui il conduit Nathanaël[2] (Barthélemy) ; c'est à lui que Jésus s'adresse avant la première multiplication des pains[3] et c'est à lui que se présentent les païens approcher le Seigneur[4] ; enfin, pendant la Cène, il demande à Jésus de montrer le Père[5].

La tradition nous apprend qu'il prêcha aux Scythes et qu'il mourut très vieux à Hiérapolis (Phrygie) où, selon Eusèbe de Césarée qui cite Polycrate, il fut enterré. Clément d'Alexandrie prétend qu'il mourut de mort naturelle alors que d'autres disent qu'il fut martyrisé sous Domitien ou sous Trajan (lapidé puis crucifié).

L’apôtre Philippe est généralement représenté jeune ; il porte souvent la croix de son supplice et, parfois, des pains qui rappellent son rôle de la multiplication des pains. Parce qu’il porte un nom grec et qu’il est natif de Bethsaïde, on l’associe à André.
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[1] Evangile selon saint Matthieu, VII 22 ; évangile selon saint Luc, IX 60.

[2] Evangile selon saint Jean, I 43-51.

[3] Evangile selon saint Jean, VI 5-7.

[4] Evangile selon saint Jean, XII 21-22.

[5] Evangile selon saint Jean, XIV 7-12.

Saint Jacques

Saint Jacques, dit le Mineur, fils d'Alphée et frère de Jude, originaire de Nazareth, était un parent du Seigneur et fut le premier évêque de Jérusalem, à la demande expresse de Jésus si l'on en croit saint Jérôme et saint Epiphane.

Il fut favorisé d'une apparition spéciale du Sauveur ressuscité dont saint Paul se fait l'écho[6], et dans laquelle, selon saint Clément d'Alexandrie, lui fut communiqué de manière particulière le don de science.

Evêque de Jérusalem, il jouit d'un prestige particulier et d'une autorité considérable : c'est à lui que saint Pierre veut que l'on annonce d'abord sa délivrance[7] ; c'est lui qui contrôle la doctrine et la mission de Paul[8] ; c'est lui qui au concile de Jérusalem, résume le discours de Pierre et règle ce qui doit être observé lors de la conversion des païens[9] ; c'est encore chez lui que Paul, lors de son dernier voyage à Jérusalem, rend compte de sa mission[10]. Il est enfin l'auteur de l'épître de saint Jacques.

L'historien juif Flavius Josèphe et Eusèbe de Césarée mentionnent son martyre par lapidation[11]. Recopiant Hégésippe, Eusèbe de Césarée et saint Jérôme écrivent : « Il a toujours conservé sa virginité et sa pureté entière. Nazaréen, c'est-à-dire consacré à Dieu dès sa naissance, il ne coupa jamais ses cheveux ni sa barbe, n'usa ni de vin, ni bains, ni d'huile pour oindre ses membres, ne porta point de sandales, n'usa pour ses vêtements que du lin. Ses prostrations à terre dans la prière étaient si fréquentes que la peau de ses genoux s'était endurcie comme celle du chameau. Son éminente sainteté lui valut le surnom de Juste par excellence. » Hégésippe dit que Jacques fut enterré près du Temple, sur le lieu même de son martyre (précipité du Temple, puis lapidé et achevé par un foulon qui lui fracasse le crâne). Il est souvent figuré en évêque de Jérusalem ; son attribut est le bâton de foulon, instrument de son supplice.

Si l’on ne sait pas grand chose du culte que l’on rendit primitivement à saint Philippe, en revanche, on sait que l’on montrait à Jérusalem, au IV° siècle, la chaire épiscopale de saint Jacques que l’on vénéra plus tard à l’église de la Sainte-Sion. Au VI° siècle, une église de Jérusalem passait pour avoir été construite sur l’emplacement de la maison de saint Jacques. Les plus importantes reliques des corps de saint Philippe et de saint Jacques dont on célèbre aujourd'hui la translation, sont à Rome, dans la crypte de la basilique des Saints-Apôtres.

De nombreuses églises disent posséder des reliques de saint Jacques le Mineur, telle la cathédrale Saint-Sernin de Toulouse, Saint-Zoïle de Compostelle, l’église des Jésuites d’Anvers, Saint-Etienne de Forli, la cathédrale de Langres, Saint-Corneille de Compiègne ... Avec des reliques de saint Jacques, Saint-Sernin de Toulouse afffirme posséder des reliques de saint Philippe dont la cathédrale d’Autun dit avoir hérité de Cluny une partie du chef dont le reste fut distribué entre Notre-Dame de Paris et la cathédrale de Troyes. Florence assure avoir un bras de saint Philippe.

Les traces parisiennes du culte de saint Philippe et de saint Jacques, dont on célèbre aujourd'hui la translation des reliques à Rome, dans la basilique des Saints-Apôtres, semblent assez tardives. L'abbaye Saint-Maur-des-Fossés possédait dans son trésor une partie du chef de saint Philippe rapportée de Constantinople vers 1245, comme l'attestait un acte conservé dans les archives.

D'autre part, le duc Jean de Berry, oncle du roi Charles VI, avait donné aux chanoines de Notre-Dame de Paris une relique du chef de saint Philippe. Etant malade dans son hôtel de Nesle, il demanda que cette relique lui fût apportée en procession, le premier mai, par les chanoines revêtus de chapes de soie, tenant chacun un rameau de bois vert et l'église semée d'herbe verte. Il y avait à Notre-Dame une chapelle Saint-Philippe et Saint-Jacques.

Sans que l'on s'explique comment, la chapelle de l'hôpital Saint-Jacques-du-Haut-Pas, devenue église succursale pour les habitants du faubourg (1566), d'abord mise sous le patronage de saint Jacques le Majeur, passa, lors de sa reconstruction, sous celui des saints apôtres Jacques, fils d'Alphée, et Philippe ; la première pierre fut posée le 2 septembre 1630 par Gaston d'Orléans, en présence de Jean-François de Gondi, premier archevêque de Paris. C'est là que seront inhumés l'abbé de Saint-Cyran et la duchesse de Longueville.

Dans le quartier alors misérable du Roule, il y avait un hospice qui appartenait aux employés de la Monnaie[12], dont la chapelle, dédiée à saint Philippe et à saint Jacques le Mineur, restaurée en 1636 et 1642, fut érigée en église paroissiale le 1° mai 1699. Erigé en faubourg en 1722, le Roule qui était alors « de tous les faubourgs de Paris (…) le plus négligé et le plus malpropre » fut peu à peu nettoyé puis, à partir de 1750, transformé par la construction de beaux hôtels dont celui de la marquise de Pompadour qui deviendra le palais de l’Elysée. L'église paroissiale qui menaçait ruine fut détruite en 1739 pour faire place à une nouvelle église ; en attendant, le culte se faisait dans une grange. Le 14 août 1741, Louis XV donna un terrain de l’ancienne pépinière du Roule, en face de l’ancienne église, pour y construire une église, un presbytère et un cimetière. Ce premier projet fut abandonné au profit d’un nouvelle construction sur l’emplacement de l’ancienne église. Si les plans furent dressés par Jean-François Chalgrin en 1765, la construction de Saint-Philippe-du-Roule ne commença qu’en 1774 et dura une dizaine d’années. Le maître-autel fut consacré le 30 avril 1784. Maintenue comme paroisse après la Constitution civile du Clergé (1791), Saint-Philippe-du-Roule fut fermée en 1793, puis mise à la disposition des Théophilanthropes, et enfin rendue au culte catholique le 8 juin 1795. Cette église qui avait été agrandie en 1845 et consacrée le 13 novembre 1852, fut vidée de la plupart de ses tableaux entre 1960 et 1970.
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[6] Première épître de saint Paul aux Corinthiens, XV 7.

[7] Actes des Apôtres, XII 12-17.

[8] Epître de saint Paul aux Galates, I 19 & II 9.

[9] Actes des Apôtres, XV.

[10] Actes des Apôtres, XXI 18-19.

[11] C’était à la Pâque, le 10 avril 62.

[12] Au début du XIII° siècle, les officiers et les employés de la Monnaie avaient fondé au hameau du Roule une léproserie. Autorisée en 1216 par l’évêque de Paris (Pierre de Nemours) la léproserie était dirigée par huit frères dont la nomination était partagée entre l’évêque et les ouvriers de la Monnaie (arrêt du Parlement de 1392, confimé par une ordonnance de Charles IX datée du 19 novembre 1562).

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/05/03.php


Benoît XVI,

catéchèse,

28 juin 2006

Jacques le Mineur


Chers frères et sœurs,

A côté de la figure de Jacques "le Majeur", fils de Zébédée, dont nous avons parlé mercredi dernier, un autre Jacques apparaît dans les Évangiles, dit "le Mineur". Il fait lui aussi partie des listes des douze Apôtres choisis personnellement par Jésus, et il est toujours désigné comme "fils d’Alphée" [1]. Il a souvent été identifié avec un autre Jacques, dit "le Petit" [2], fils d’une Marie [3], qui pourrait être "Marie de Cléophas", présente, selon le Quatrième Évangile, au pied de la Croix avec la Mère de Jésus [4]. Il était lui aussi originaire de Nazareth et probablement parent de Jésus [5], dont il est appelé "frère" à la manière sémite [6]. Le Livre des Actes souligne le rôle prépondérant exercé dans l’Église de Jérusalem par ce dernier Jacques. Lors du Concile apostolique qui y fut célébré après la mort de Jacques le Majeur, il affirma avec les autres que les païens pouvaient être accueillis au sein de l’Église sans devoir d’abord se soumettre à la circoncision [7]. Saint Paul, qui lui attribue une apparition particulière du Ressuscité [8], à l’occasion de sa venue à Jérusalem, le nomme même avant Simon-Pierre, le qualifiant comme lui de "colonne" de cette Église [9]. Ensuite, les judéo-chrétiens le considérèrent comme leur principal point de référence. On lui attribue également la Lettre qui porte le nom de Jacques et qui est comprise dans le canon néo-testamentaire. Il ne s’y présente pas comme "frère du Seigneur", mais comme "serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus" [10].

Parmi les chercheurs, la question de l’identification de ces deux personnages portant le même nom, Jacques fils d’Alphée et Jacques "frère du Seigneur, est débattue. Les traditions évangéliques n’ont conservé aucun récit, ni sur l’un ni sur l’autre, se référant à la période de la vie terrestre de Jésus. En revanche, les Actes des Apôtres nous montrent qu’un "Jacques" a exercé un rôle très important, comme nous l’avons déjà mentionné, après la résurrection de Jésus, au sein de l’Église primitive [11]. L’acte le plus important qu’il accomplit fut son intervention dans la question du rapport difficile entre les chrétiens d’origine juive et ceux d’origine païenne : il contribua avec Pierre à surmonter, ou mieux, à intégrer la dimension juive originelle du christianisme avec l’exigence de ne pas imposer aux païens convertis l’obligation de se soumettre à toutes les règles de la loi de Moïse. Le Livre des Actes nous a transmis la solution de compromis, proposée précisément par Jacques et acceptée par tous les Apôtres présents, selon laquelle aux païens qui auraient cru en Jésus Christ on ne devait demander que de s’abstenir de la coutume idolâtre de manger la chair des animaux offerts en sacrifice aux dieux, et de l’"impudicité", terme qui faisait probablement allusion aux unions matrimoniales non permises. En pratique, il s’agissait de ne respecter que quelques interdictions considérées réellement importantes par la loi mosaïque.

De cette façon, on obtint deux résultats significatifs et complémentaires, tous deux encore valables actuellement ; d’une part, l’on reconnut le rapport inséparable qui lie le christianisme à la religion juive comme à sa matrice éternellement vivante et valable ; de l’autre, on permit aux chrétiens d’origine païenne de conserver leur identité sociologique, qu’ils auraient perdue s’ils avaient été obligés d’observer ce qu’on appelle les "préceptes cérémoniaux" mosaïques : désormais ceux-ci ne devaient plus être considérés comme obligatoires pour les païens convertis. En substance, on marquait le début d’une pratique d’estime et de respect réciproque, qui, malgré de malheureuses incompréhensions successives, cherchait par sa nature à sauvegarder ce qui était caractéristique de chacune des deux parties.

L’information la plus ancienne sur la mort de ce Jacques nous est offerte par l’historien juif Flavius Joseph. Dans ses Antiquités juives [12], rédigées à Rome vers la fin du Ier siècle, il nous raconte que la fin de Jacques fut décidée sur une initiative illégitime du Grand Prêtre Anan, fils de Annas cité dans les Évangiles, qui profita de l’intervalle entre la déposition d’un Procureur romain (Festus) et l’arrivée de son successeur (Albinus) pour décréter sa lapidation en l’an 62.

Au nom de ce Jacques, outre le Protoévangile de Jacques apocryphe, qui exalte la sainteté et la virginité de Marie Mère de Jésus, est particulièrement liée la Lettre qui porte son nom. Dans le canon du Nouveau Testament, celle-ci occupe la première place parmi ce qu’on appelle les "Lettres catholiques", c’est-à-dire qui ne sont pas destinées à une seule Église particulière - comme Rome, Éphèse, etc. -, mais à de nombreuses Églises. Il s’agit d’un écrit très important, qui insiste beaucoup sur la nécessité de ne pas réduire sa propre foi à une simple déclaration verbale ou abstraite, mais à l’exprimer concrètement par des œuvres de bien. Entre autres, il nous invite à la constance dans les épreuves joyeusement acceptées et à la prière confiante pour obtenir de Dieu le don de la sagesse, grâce auquel nous parvenons à comprendre que les véritables valeurs de la vie ne se trouvent pas dans les richesses passagères, mais plutôt dans le fait de savoir partager ses propres biens avec les pauvres et les indigents [13].

Ainsi, la Lettre de saint Jacques nous montre un christianisme très concret et pratique. La foi doit se réaliser dans la vie, surtout dans l’amour du prochain et notamment dans l’amour pour les pauvres. C’est dans ce cadre que doit également être lue la phrase célèbre : "En effet, comme le corps qui ne respire plus est mort, la foi qui n’agit pas est morte" [14]. Cette déclaration de Jacques a parfois été opposée aux affirmations de Paul, selon lequel nous sommes rendus justes par Dieu non en vertu de nos œuvres, mais grâce à notre foi [15]. Toutefois, ces deux phrases, apparemment contradictoires avec leurs perspectives différentes, se complètent en réalité, si elles sont bien interprétées. Saint Paul s’oppose à l’orgueil de l’homme qui pense ne pas avoir besoin de l’amour de Dieu qui nous protège, il s’oppose à l’orgueil de l’autojustification sans la grâce simplement donnée et non méritée. Saint Jacques parle en revanche des œuvres comme du fruit normal de la foi : "C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits", dit le Seigneur [16]. Et saint Jacques le répète et nous le dit.

En dernier lieu, la Lettre de Jacques nous exhorte à nous abandonner entre les mains de Dieu dans tout ce que nous accomplissons, en prononçant toujours les paroles : "Si le Seigneur le veut bien" [17]. Il nous enseigne ainsi à ne pas présumer de planifier notre vie de manière autonome et intéressée, mais à laisser place à la volonté insondable de Dieu, qui connaît ce qui est véritablement bon pour nous. Ainsi, saint Jacques demeure aujourd’hui

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Benoît XVI,

catéchèse,

6 septembre
 
Philippe


Chers frères et sœurs,

En poursuivant les descriptions des figures des divers Apôtres, comme nous le faisons depuis quelques semaines, nous rencontrons aujourd’hui Philippe. Dans les listes des Douze, il est toujours placé à la cinquième place [18], et donc substantiellement parmi les premiers. Bien que Philippe soit d’origine juive, son nom est grec, comme celui d’André, et cela constitue un petit signe d’ouverture culturelle qui ne doit pas être sous-évalué. Les informations à son propos nous sont fournies par l’Évangile de Jean. Il provenait du même lieu d’origine que Pierre et André, c’est-à-dire de Bethsaïde [19], une petite ville appartenant à la tétrarchie de l’un des fils d’Hérode le Grand, lui aussi appelé Philippe [20].

Le Quatrième Évangile rapporte que, après avoir été appelé par Jésus, Philippe rencontre Nathanaël et lui dit : "Celui dont parlent la loi de Moïse et les Prophètes, nous l’avons trouvé : c’est Jésus fils de Joseph, de Nazareth" [21]. Philippe ne se rend pas à la réponse plutôt sceptique de Nathanaël ("De Nazareth ! Peut-il sortir de là quelque chose de bon ?"), et riposte avec décision : "Viens, et tu verras !" [22]. Dans cette réponse, sèche mais claire, Philippe manifeste les caractéristiques du véritable témoin : il ne se contente pas de proposer l’annonce, comme une théorie, mais interpelle directement l’interlocuteur en lui suggérant de faire lui-même l’expérience personnelle de ce qui est annoncé. Les deux mêmes verbes sont utilisés par Jésus lui-même quand deux disciples de Jean-Baptiste l’approchent pour lui demander où il habite [23]. Jésus répondit : "Venez et voyez" [24].

Nous pouvons penser que Philippe s’adresse également à nous avec ces deux verbes qui supposent un engagement personnel. Il nous dit à nous aussi ce qu’il dit à Nathanaël : "Viens et tu verras". L’Apôtre nous engage à connaître Jésus de près. En effet, l’amitié, la véritable connaissance de l’autre, a besoin de la proximité, elle vit même en partie de celle-ci. Du reste, il ne faut pas oublier que, selon ce que saint Marc écrit, Jésus choisit les Douze dans le but primordial qu’"ils soient avec lui" [25], c’est-à-dire qu’ils partagent sa vie et apprennent directement de lui non seulement le style de son comportement, mais surtout qui Il était véritablement. Ce n’est qu’ainsi, en effet, en participant à sa vie, qu’il pouvait le connaître et ensuite l’annoncer. Plus tard, dans la Lettre de Paul aux Éphésiens, on lira que l’important est d’"apprendre le Christ" [26], et donc pas seulement et pas tant d’écouter ses enseignements, ses paroles, que, davantage encore, Le connaître en personne ; c’est-à-dire connaître son humanité et sa divinité, son mystère, sa beauté. En effet, il n’est pas seulement un Maître, mais un Ami, et même un Frère. Comment pourrions-nous le connaître à fond en restant éloignés ? L’intimité, la familiarité, l’habitude nous font découvrir la véritable identité de Jésus Christ. Voilà : c’est précisément cela que nous rappelle l’apôtre Philippe. Et ainsi, il nous invite à "venir", à "voir", c’est-à-dire à entrer dans une relation d’écoute, de réponse et de communion de vie avec Jésus, jour après jour.

Ensuite, à l’occasion de la multiplication des pains, il reçut de Jésus une demande précise, pour le moins surprenante : savoir où il était possible d’acheter du pain pour nourrir tous les gens qui le suivaient [27]. Philippe répondit alors avec un grand réalisme : "Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun ait un petit morceau de pain" [28]. On voit ici le caractère concret et le réalisme de l’Apôtre, qui sait juger les aspects réels d’une situation. Nous savons comment les choses se sont ensuite passées. Nous savons que Jésus prit les pains et, après avoir prié, les distribua. Ainsi se réalisa la multiplication des pains. Mais il est intéressant que Jésus se soit adressé précisément à Philippe, pour avoir une première indication sur la façon de résoudre le problème : signe évident qu’il faisait partie du groupe restreint qui l’entourait. A un autre moment, très important pour l’histoire future, avant la Passion, plusieurs grecs qui se trouvaient à Jérusalem pour la Pâque "abordèrent Philippe... Ils lui firent cette demande : "Nous voudrions voir Jésus". Philippe va le dire à André ; et tous deux vont le dire à Jésus" [29]. Nous avons une fois de plus le signe de son prestige particulier au sein du collège apostolique. Dans ce cas, il sert surtout d’intermédiaire entre la demande de plusieurs Grecs - il parlait probablement grec et put servir d’interprète - et Jésus ; même s’il s’unit à André, l’autre Apôtre qui porte un nom grec, c’est, quoi qu’il en soit, à lui que ces étrangers s’adressent. Cela nous enseigne à être nous aussi toujours prêts à accueillir les demandes et les invocations, d’où qu’elles proviennent, ainsi qu’à les orienter vers le Seigneur, l’unique qui puisse les satisfaire pleinement. Il est en effet important de savoir que nous ne sommes pas les destinataires ultimes des prières de ceux qui nous approchent, mais que c’est le Seigneur : c’est à lui que nous devons adresser quiconque se trouve dans le besoin. Voilà : chacun de nous doit être une route ouverte vers lui !

Il y a ensuite une autre occasion, toute particulière, où Philippe entre en scène. Au cours de la Dernière Cène, Jésus ayant affirmé que Le connaître signifiait également connaître le Père [30], Philippe, presque naïvement, lui demanda : "Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit" [31]. Jésus lui répondit avec un ton de reproche bienveillant : "Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : "Montre-nous le Père ?". Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ?... Croyez ce que je vous dis : je suis dans le Père, et le Père est en moi" [32]. Ces paroles se trouvent parmi les plus importantes de l’Évangile de Jean. Elles contiennent une véritable révélation. Au terme du prologue de son Évangile, Jean affirme : "Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c’est lui qui a conduit à le connaître" [33]. Eh bien, cette déclaration, faite par l’évangéliste, est reprise et confirmée par Jésus lui-même. Mais avec une nouvelle nuance. En effet, alors que le prologue de Jean parle d’une intervention explicative de Jésus, à travers les paroles de son enseignement, dans la réponse à Philippe, Jésus fait référence à sa propre personne comme telle, laissant entendre qu’il est possible de le comprendre non seulement à travers ce qu’il dit, mais encore plus à travers ce qu’Il est simplement. Pour nous exprimer selon le paradoxe de l’Incarnation, nous pouvons bien dire que Dieu s’est donné un visage humain, celui de Jésus, et en conséquence à partir de maintenant, si nous voulons vraiment connaître le visage de Dieu, nous n’avons qu’à contempler le visage de Jésus ! Dans son visage, nous voyons réellement qui est Dieu et comment est Dieu !

L’évangéliste ne nous dit pas si Philippe comprit pleinement la phrase de Jésus. Il est certain qu’il consacra entièrement sa vie à lui. Selon certains récits postérieurs (Actes de Philippe et d’autres), notre Apôtre aurait évangélisé tout d’abord la Grèce, puis la Phrygie où il aurait trouvé la mort, à Hiérapolis, selon un supplice décrit différemment comme une crucifixion ou une lapidation. Nous voulons conclure notre réflexion en rappelant le but auquel doit tendre notre vie : rencontrer Jésus comme Philippe le rencontra, en cherchant à voir en lui Dieu lui-même, le Père céleste. Si cet engagement venait à manquer, nous serions toujours renvoyés uniquement à nous-mêmes comme dans un miroir, et nous serions toujours plus seuls ! Philippe, en revanche, nous enseigne à nous laisser conquérir par Jésus, à être avec lui, et à inviter également les autres à partager cette indispensable compagnie. Et, en voyant, en trouvant Dieu, trouver la vie véritable.

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[1] cf. Mt10, 3 ; Mc 3, 18 ; Lc 5 ; Ac 1, 13.

[2] cf. Mc 15, 40.

[3] cf. ibid..

[4] cf. Jn19, 25.

[5] cf. Mt 13, 55 ; Mc 6, 3.

[6] cf. Mc6, 3 ; Ga 1, 19.

[7] cf. Ac 15, 13.

[8] cf. 1 Co 15, 7.

[9] cf. Ga 2, 9.

[10] Jc 1, 1.

[11] cf. Ac 12, 17 ; 15, 13-21 ; 21-18.

[12] 20, 201sq.

[13] cf. Jc 1, 27.

[14] Jc 2, 26.

[15] cf. Ga 2, 16 ; Rm 3, 28.

[16] Mt 7, 17.

[17] Jc 4, 15.

[18] comme dans Mt10,3 ;Mc 3, 18 ; Lc 6, 14 ; Ac 1, 13.

[19] cf. Jn 1, 44.

[20] cf. Lc3, 1.

[21] Jn 1, 45.

[22] Jn 1, 46.

[23] cf. Jn 1, 39.

[24] cf. Jn 1, 38, 39.

[25] Mc 3, 14.

[26] 4, 20.

[27] cf. Jn 6, 5.

[28] Jn 6, 7.

[29] Jn 12, 20-22.

[30] cf. Jn 14, 7.

[31] Jn 14, 8.

[32] Jn 14, 9-11.

[33] Jn 1, 18.

SOURCE : http://www.introibo.fr/11-05-Sts-Philippe-et-Jacques#inter6


Saint Philippe

Un des apôtres du Christ (1er s.)

Pendant des siècles, Saint Philippe et Saint Jacques ont été fêtés au 1er mai, jour où leurs reliques furent transférées dans la basilique romaine des douze apôtres. Récemment, ils ont laissé leur place à l'humble saint Joseph pour réconforter les travailleurs. Pas seulement ceux de notre Europe, mais tous les travailleurs obscurs, exploités et écrasés dans les ateliers d'Asie ou d'Amérique latine. Philippe était de Bethsaïde, sur la rive nord du lac de Tibériade, comme André et son frère Pierre. Jean le Baptiste, qui se tenait à Béthanie au delà du Jourdain avec deux de ses disciples, leur dit en voyant Jésus: "Voici l'agneau de Dieu." Les deux disciples suivirent Jésus, l'un d'eux était André, le second sans doute Philippe. Jésus leur dit "Viens, suis-moi." Tout de suite Philippe évangélise Nathanaël : "Nous avons trouvé le Messie... viens et vois." (Jean 1. 45-46) On retrouve Philippe au moment de la multiplication des pains: "Jésus dit à Philippe: Où achèterons-nous des pains pour que tous ces gens puissent manger?" (Jean 6. 5) Peu avant la Passion, des Grecs qui veulent voir Jésus, s'adressent à lui: "Nous voulons voir Jésus." (Jean 12. 20) Au soir de la dernière Cène, Philippe lui, veut voir Dieu: "Montre-nous le Père et cela nous suffit. - Philippe qui me voit, voit le Père." (Jean 14. 8) Philippe, le disciple qui veut voir et fait voir... Jacques est moins connu. Les exégètes distinguent plusieurs Jacques autour du Seigneur. Jacques le Majeur, fils de Zébédée et frère de Jean. Jacques fils d'Alphée dont on sait seulement qu'il fut apôtre, et celui-ci, Jacques, frère du Seigneur, de sa parenté et originaire de Nazareth. Il aurait dirigé l'Église de Jérusalem et serait mort martyr vers 62. C'est lui que nous fêtons aujourd'hui.

Fête des saints Philippe et Jacques, Apôtres. Philippe, né à Bethsaïde, disciple de Jean-Baptiste, comme Pierre et André, fut appelé par le Seigneur à le suivre. Jacques, fils d’Alphée, considéré chez les Latins comme le même que le frère du Seigneur, surnommé le Juste, dirigea le premier l’Église de Jérusalem et, quand s’éleva le débat au sujet de la circoncision, se rangea à l’avis de Pierre de ne pas imposer le joug de la Loi juive aux disciples venant du monde païen; il couronna peu après son apostolat par le martyre.

Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1086/Saint-Philippe.html

La fête romaine des Saints Philippe et Jacques commémore la dédicace de la basilique des Saint-Apôtres en 570 par Jean III (561-574), que l’on célébra en y déposant les reliques de Philippe et de Jacques le Mineur.

Elle fut élevée au rang de rite double avec les autres fêtes d’apôtres en 1298 par Boniface VIII. Elle devin double de IIe classe en 1568.

Du VIe siècle à nos jours, elle fut fêtée au 1er mai. L’introduction de la fête de St Joseph artisan en 1956 la déplaça au 11 mai, premier jour libre.

Textes de la Messe

die 11 maii

ante 1955 : die 1 maii

Ss PHILIPPI et IACOBI

App.

II classis (ante CR 1960 : duplex II classis)

Tempore paschali :

Ant. ad Introitum. Neh. vel 2 Esdr. 9, 27.

Clamavérunt ad te, Dómine, in témpore afflictiónis suæ, et tu de cælo exaudísti eos, allelúia, allelúia.

Ps. 32, 1.

Exsultáte, iusti, in Dómino : rectos decet collaudátio.

V/. Glória Patri.

Oratio.

Deus, qui nos ánnua Apostolórum tuórum Philíppi et Iacóbi sollemnitáte lætíficas : præsta, quǽsumus ; ut, quorum gaudémus méritis, instruámur exémplis. Per Dóminum.

Léctio libri Sapiéntiæ.

Sap. 5, 1-5.

Stabunt iusti in magna constántia advérsus eos, qui se angustiavérunt et qui abstulérunt labóres eórum. Vidéntes turbabúntur timore horríbili, et mirabúntur in subitatióne insperátæ salútis, dicéntes intra se, poeniténtiam agéntes, et præ angústia spíritus geméntes : Hi sunt, quos habúimus aliquándo in derísum et in similitúdinem impropérii. Nos insensáti vitam illórum æstimabámus insániam, et finem illórum sine honóre : ecce, quómodo computáti sunt inter fílios Dei, et inter Sanctos sors illórum est.

Allelúia, allelúia. V/. Ps. 88, 6. Confitebúntur cæli mirabília tua, Dómine : étenim veritátem tuam in ecclésia sanctórum.

Allelúia. V/. Ioann. 14, 9. Tanto témpore vobíscum sum, et non cognovístis me ? Philíppe, qui videt me, videt et Patrem meum. Allelúia.

+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Ioánnem.

Ioann. 14. 1-13.

In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : Non turbátur cor vestrum. Creditis in Deum, et in me crédite. In domo Patris mei mansiónes multæ sunt. Si quo minus, dixíssem vobis : Quia vado paráre vobis locum. Et si abíero et præparávero vobis locum : íterum vénio et accípiam vos ad meípsum, ut, ubi sum ego, et vos sitis. Et quo ego vado, scitis, et viam scitis. Dicit ei Thomas : Dómine, nescímus, quo vadis : et quómodo póssumus viam scire ? Dicit ei Iesus : Ego sum via et véritas et vita ; nemo venit ad Patrem nisi per me. Si cognovissétis me, et Patrem meum útique cognovissétis : et ámodo cognoscátis eum, et vidístis eum. Dicit ei Philíppus : Dómine, osténde nobis Patrem, et sufficit nobis. Dicit ei Iesus : Tanto témpore vobíscum sum, et non cognovístis me ? Philíppe, qui videt me, videt et Patrem. Quómodo tu dicis : Osténde nobis Patrem ? Non créditis, quia ego in Patre, et Pater in me est ? Verba, quæ ego loquor vobis, a meípso non loquor. Pater autem in me manens, ipse facit ópera. Non créditis, quia ego in Patre, et Pater in me est ? Alióquin propter ópera ipsa crédite. Amen, amen, dico vobis, qui credit in me, ópera, quæ ego facio, et ipse fáciet, et maióra horum fáciet : quia ego ad Patrem vado. Et quodcúmque petiéritis Patrem in nómine meo, hoc fáciam.

Credo

Ant. ad Offertorium. Ps. 88, 6.

Confitebúntur cæli mirabília tua, Dómine : et veritátem tuam in ecclésia sanctórum, allelúia, allelúia
.
Secreta

Múnera, Dómine, quæ pro Apostolórum tuórum Philippi et Iacóbi sollemnitáte deférimus, propítius súscipe : et mala ómnia, quæ merémur, avérte. Per Dóminum.

Præfatio de Apostolis.

Ant. ad Communionem. Ioann. 14, 9 et 10.

Tanto témpore vobíscum sum, et non cognovístis me ? Philíppe, qui videt me, videt et Patrem meum, allelúia : non credis, quia ego in Patre, et Pater in me est ? Allelúia, allelúia.

Postcommunio

Quǽsumus. Dómine, salutáribus repléti mystériis : ut quorum sollémnia celebrámus, eórum oratiónibus adiuvémur. Per Dóminum.


le 11 mai

avant 1955 : le 1er mai

Sts PHILIPPE et JACQUES

Apôtres

IIème classe (avant 1960 : double IIème classe)

Au Temps pascal :

Introït

Au temps de leur affliction ils ont crié vers vous, et vous les avez écoutés du ciel, alléluia, alléluia.

Justes, exultez dans le Seigneur : aux coeurs droits convient sa louange.


Collecte

Dieu qui nous réjouissez en la solennité annuelle de vos de vos Apôtres Philippe et Jacques ; faites, nous vous en prions, que nous soyons instruits aux exemples de ceux dont les mérites nous remplissent d’allégresse.

Lecture du livre de la Sagesse.

Les justes se lèveront avec une grande assurance contre ceux qui les auront mis dans l’angoisse, et qui auront ravi le fruit de leurs travaux. A cette vue les méchants seront troublés par une horrible frayeur, et ils seront stupéfaits en voyant tout à coup ceux dont ils n’attendaient pas le salut ; ils diront en eux-mêmes, saisis de remords, et gémissant dans l’angoisse de leur cœur : Voici ceux dont nous avons fait autrefois un objet de risée, et un thème d’outrages. Insensés que nous étions, nous regardions leur vie comme une folie, et leur mort comme une honte ; et voilà qu’ils sont comptés parmi les fils de Dieu, et que leur partage est avec les saints.

Allelúia, allelúia. V/. Les cieux publieront vos merveilles, Seigneur, et votre vérité dans l’assemblée des saints.

Allelúia. V/. Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas ? Philippe, celui que me voit, voit aussi mon Père.

Lecture du Saint Evangile selon saint Jean.

En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Que votre coeur ne se trouble point. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures. Si cela n’était pas, Je vous l’aurais dit ; car je vais vous préparer une place. Et lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi. Vous savez où je vais, et vous en savez le chemin. Thomas Lui dit : Seigneur, nous ne savons pas où vous allez ; comment pourrions-nous en savoir le chemin ? Jésus lui dit : Je suis la voie, la vérité et la vie. Personne ne vient au Père, si ce n’est par moi. Si vous m’aviez connu, vous auriez aussi connu mon Père ; et bientôt vous Le connaîtrez, et vous l’avez déjà vu. Philippe Lui dit : Seigneur, montrez-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas ? Philippe, celui que me voit, voit aussi le Père. Comment peux-tu dire : Montrez-nous le Père ? Ne croyez-vous pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais le Père, qui demeure en moi, fait lui-même mes oeuvres. Ne croyez-vous pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Croyez-le du moins à cause de ces oeuvres. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera lui-même les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais auprès du Père. Et tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.

Credo

Offertoire

Les cieux publieront vos merveilles, Seigneur, et votre vérité dans l’assemblée des saints, alléluia, alléluia.

Secrète

Recevez favorablement, Seigneur, les dons que nous offrons en la solennité de vos Apôtres Philippe et Jacques : et détournez de nous tous les maux que nous méritons.

Préface des Apôtres [*].

Communion

Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas ? Philippe, celui que me voit, voit aussi mon Père, alléluia : ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Alléluia, alléluia.

Postcommunion

Rassasiés par la participation à ces mystères de salut, nous vous demandons, Seigneur, d’être aidés grâce aux prières de ceux dont nous célébrons la solennité.

Extra Tempus paschale :

Ant. ad Introitum. Neh. vel 2 Esdr. 9, 27.

Clamavérunt ad te, Dómine, in témpore afflictiónis suæ, et tu de cælo exaudísti eos.

Ps. 32, 1.

Exsultáte, iusti, in Dómino : rectos decet collaudátio.

V/. Glória Patri.

Oratio.

Deus, qui nos Apostolórum tuórum Philíppi et Iacóbi sollemnitáte (commemoratióne) lætíficas : præsta, quǽsumus ; ut, quorum gaudémus méritis, instruámur exémplis. Per Dóminum.

Léctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Ephésios.

Ephes. 4, 7-13.

Fratres : Unicuíque nostrum data est grátia secúndum mensúram donatiónis Christi. Propter quod dicit : Ascéndens in altum, captívam duxit captivitátem : dedit dona homínibus. Quod autem ascéndit, quid est, nisi quia et descéndit primum in inferióres partes terræ ? Qui descéndit, ipse est et qui ascéndit super omnes cælos, ut impléret ómnia. Et ipse dedit quosdam quidem apóstolos, quosdam autem prophétas, álios vero evangelístas, álios autem pastóres et doctóres, ad consummatiónem sanctórum in opus ministérii, in ædificatiónem córporis Christi : donec occurrámus omnes in unitátem fídei, et agnitiónis Fílii Dei, in virum perféctum, in mensúram ætátis plenitúdinis Christi.

Graduale. Ps. 44, 17-18.

Constítues eos príncipes super omnem terram : mémores erunt nóminis tui. Dómine.

V/. Pro pátribus tuis nati sunt tibi fílii : proptérea pópuli confítebúntur tibi.

Allelúia, allelúia. V/. Ioann. 14, 9. Tanto témpore vobíscum sum, et non cognovístis me ? Philíppe, qui videt me, videt et Patrem meum. Allelúia.

In Missis votivis post Septuagesimam, omissis Allelúia et versu sequenti, dicitur
Tractus. Ps. 125, 5-6.

Qui séminant in lácrimis, in gáudio metent.

V/. Eúntes ibant et flébant, mitténtes sémina sua.

V/. Veniéntes autem vénient cum exsultatióne, portántes manípulos suos.

+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Ioánnem.

Ioann. 14. 1-13.

In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : Non turbátur cor vestrum. Creditis in Deum, et in me crédite. In domo Patris mei mansiónes multæ sunt. Si quo minus, dixíssem vobis : Quia vado paráre vobis locum. Et si abíero et præparávero vobis locum : íterum vénio et accípiam vos ad meípsum, ut, ubi sum ego, et vos sitis. Et quo ego vado, scitis, et viam scitis. Dicit ei Thomas : Dómine, nescímus, quo vadis : et quómodo póssumus viam scire ? Dicit ei Iesus : Ego sum via et véritas et vita ; nemo venit ad Patrem nisi per me. Si cognovissétis me, et Patrem meum útique cognovissétis : et ámodo cognoscátis eum, et vidístis eum. Dicit ei Philíppus : Dómine, osténde nobis Patrem, et sufficit nobis. Dicit ei Iesus : Tanto témpore vobíscum sum, et non cognovístis me ? Philíppe, qui videt me, videt et Patrem. Quómodo tu dicis : Osténde nobis Patrem ? Non créditis, quia ego in Patre, et Pater in me est ? Verba, quæ ego loquor vobis, a meípso non loquor. Pater autem in me manens, ipse facit ópera. Non créditis, quia ego in Patre, et Pater in me est ? Alióquin propter ópera ipsa crédite. Amen, amen, dico vobis, qui credit in me, ópera, quæ ego facio, et ipse fáciet, et maióra horum fáciet : quia ego ad Patrem vado. Et quodcúmque petiéritis Patrem in nómine meo, hoc fáciam.

Ant. ad Offertorium. Ps. 18, 5.

In omnem terram exívit sonus eórum : et in fines orbis terræ verba eórum.

Secreta

Múnera, Dómine, quæ pro Apostolórum tuórum Philippi et Iacóbi sollemnitáte (commemoratióne) deférimus, propítius súscipe : et mala ómnia, quæ merémur, avérte. Per Dóminum.

Præfatio de Apostolis.

Ant. ad Communionem. Ioann. 14, 9 et 10.

Tanto témpore vobíscum sum, et non cognovístis me ? Philíppe, qui videt me, videt et Patrem meum : non credis, quia ego in Patre, et Pater in me est ? Allelúia, allelúia.

Postcommunio

Quǽsumus. Dómine, salutáribus repléti mystériis : ut quorum sollémnia (memóriam) celebrámus, eórum oratiónibus adiuvémur. Per Dóminum.

Hors du Temps pascal :

Introït

Au temps de leur affliction ils ont crié vers vous, et vous les avez écoutés du ciel.

Justes, exultez dans le Seigneur : aux coeurs droits convient sa louange.


Collecte

Dieu qui nous réjouissez en la solennité (commémoraison) de vos Apôtres Philippe et Jacques ; faites, nous vous en prions, que nous soyons instruits aux exemples de ceux dont les mérites nous remplissent d’allégresse.

Lecture de l’Epître de saint Paul aux Ephésiens.

Mes Frères : À chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don du Christ. C’est pourquoi l’Ecriture dit : Étant monté en haut, il a emmené des captifs, il a donné des dons aux hommes. Or, que signifie : il est monté, sinon qu’il était descendu d’abord dans les parties inférieures de la terre ? Celui qui est descendu est le même que celui qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. Et c’est lui qui a donné les uns comme Apôtres, d’autres comme prophètes, d’autres comme évangélistes, d’autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints, pour l’oeuvre du ministère, pour l’édification du corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme parfait, à la mesure de l’âge de la plénitude du Christ.

Graduel

Vous les établirez princes sur toute la terre ; ils se souviendront de votre nom, de génération en génération, Seigneur.

V/. A la place de vos pères, des fils vous sont nés, c’est pourquoi les peuples vous loueront.

Allelúia, allelúia. V/. Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas ? Philippe, celui que me voit, voit aussi mon Père.

Aux Messes votives après la Septuagésime, on omet l’Alléluia et le verset suivant et on dit

Ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans l’allégresse.

V/. Ils allaient et venaient en pleurant, tandis qu’ils jetaient leurs semences.

V/. Mais ils reviendront avec allégresse chargés de leurs gerbes.

Lecture du Saint Evangile selon saint Jean.

En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Que votre coeur ne se trouble point. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures. Si cela n’était pas, Je vous l’aurais dit ; car je vais vous préparer une place. Et lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi. Vous savez où je vais, et vous en savez le chemin. Thomas Lui dit : Seigneur, nous ne savons pas où vous allez ; comment pourrions-nous en savoir le chemin ? Jésus lui dit : Je suis la voie, la vérité et la vie. Personne ne vient au Père, si ce n’est par moi. Si vous m’aviez connu, vous auriez aussi connu mon Père ; et bientôt vous Le connaîtrez, et vous l’avez déjà vu. Philippe Lui dit : Seigneur, montrez-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas ? Philippe, celui que me voit, voit aussi le Père. Comment peux-tu dire : Montrez-nous le Père ? Ne croyez-vous pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais le Père, qui demeure en moi, fait lui-même mes oeuvres. Ne croyez-vous pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Croyez-le du moins à cause de ces oeuvres. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera lui-même les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais auprès du Père. Et tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.

Offertoire

Leur bruit s’est répandu dans toute la terre, et leurs paroles jusqu’aux extrémités du monde.

Secrète

Recevez favorablement, Seigneur, les dons que nous offrons en la solennité (commémoraison) de vos Apôtres Philippe et Jacques : et détournez de nous tous les maux que nous méritons.

Préface des Apôtres.

Communion

Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas ? Philippe, celui que me voit, voit aussi mon Père : ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ?

Postcommunion

Rassasiés par la participation à ces mystères de salut, nous vous demandons, Seigneur, d’être aidés grâce aux prières de ceux dont nous célébrons la solennité (mémoire).

Office

AUX PREMIÈRES VÊPRES. avant 1960

Ant. 1 Seigneur, * montrez-nous votre Père, et il nous suffit, alléluia. 

Ant. 2 Philippe, * qui me voit, voit aussi mon Père, alléluia. 

Ant. 3 Il y a si longtemps * que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas ? Philippe, qui me voit, voit, aussi mon Père, alléluia. 

Ant. 4 Si vous m’eussiez connu, * vous auriez donc connu mon Père ; mais bientôt vous le connaîtrez, et vous l’avez déjà vu, alléluia, alléluia, alléluia. 

Ant. 5 Si vous m’aimez, * gardez mes commandements, alléluia, alléluia, alléluia. 

Capitule CSap. 5, 1.Les justes s’élèveront avec une grande fermeté contre ceux qui les ont tourmentés et qui leur ont ravi leurs travaux.

Hymnus C

Tristes erant Apóstoli
De Christi acérbo fúnere,
Quem morte crudelíssima
Servi necárant ímpii.
Sermóne verax Angelus
Muliéribus prædíxerat :
Mox ore Christus gáudium
Gregi feret fidélium.
Ad ánxios Apóstolos
Currunt statim dum nuntiæ,
Illæ micántis óbvia
Christi tenent vestígia.
Galilǽæ ad alta móntium
Se cónferunt Apóstoli,
Iesúque, voti cómpotes,
Almo beántur lúmine.
Ut sis perénne méntibus
Paschále, Iesu, gáudium,
A morte dira críminum
Vitæ renátos líbera.
Deo Patri sit glória,
Et Fílio qui a mórtuis
Surréxit ac Paráclito,
In sempitérna sǽcula.
Amen.

Hymne C
Les Apôtres restaient attristés
de la mort cruelle du Christ,
livré par des serviteurs impies
à un affreux supplice.
Mais un ange vient d’annoncer
aux femmes cette parole de vérité :
Bientôt le Christ, de sa propre bouche,
rendra la joie aux fidèles assemblés.
Tandis qu’elles courent porter aussitôt
cette nouvelle aux Apôtres anxieux,
elles rencontrent Jésus glorieux
et s’attachent à ses pas.
Les Apôtres se rendent sur les
hautes montagnes de Galilée,
leurs vœux s’accomplissent
et ils ont le bonheur de voir Jésus environné de gloire.
Afin que vous soyez toujours, ô Jésus,
la joie pascale de nos âmes ;
délivrez de la mort cruelle du péché
ceux que vous avez fait renaître à la vie.
Gloire à Dieu le Père,
gloire au Fils qui est ressuscité des morts
et gloire au Saint-Esprit
dans les siècles éternels.
Amen.

V/. Saints et justes, réjouissez-vous dans le Seigneur, alléluia. 

R/. Dieu vous a choisis pour son héritage, alléluia. 

Ant.au Magnificat Qu’il ne se trouble point * votre cœur et qu’il ne craigne pas : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Il y a beaucoup de demeures en la maison de mon Père, alléluia, alléluia.

A MATINES.
Invitatoire. Le Seigneur, roi des Apôtres. * Venez, adorons-le, alléluia.

Au premier nocturne.

Si en ce temps on ne lit pas l’Épitre de saint Jacques, on prend aujourd’hui pour Leçons du 1er Nocturne le commencement de son Épitre, comme au 4e Dimanche après Pâques ; mais, si on lit cette Épître, on prend l’Écriture occurrente du jour où l’on est. Les Répons se disent toujours du Commun des Apôtres.

Au deuxième nocturne. 

Quatrième leçon. Philippe, né à Bethsaïde, est l’un des douze Apôtres appelés d’abord par le Christ notre Seigneur. Il apprit à Nathanaël que le Messie promis dans la loi était venu, et le conduisit au Seigneur. Les faits montrent clairement avec quelle familiarité le Christ accueillait Philippe ; des Gentils désirant voir le Sauveur s’adressèrent à cet Apôtre, et le Seigneur, voulant nourrir dans le désert une multitude de personnes, lui parla ainsi : « Où achèterons-nous des pains, pour que ceux-ci mangent » ? Philippe, après avoir reçu le Saint-Esprit, se rendit dans la Scythie, qui lui était échue en partage, pour y prêcher l’Évangile, et il convertit cette nation presque tout entière à la foi chrétienne. Enfin, étant venu à Hiérapolis en Phrygie, il fut attaché à la croix pour le nom du Christ, et accablé à coups de pierres, le jour des calendes de mai. Les Chrétiens ensevelirent son corps dans le même lieu, mais il a été ensuite transporté à Rome et déposé, avec celui du bienheureux Apôtre Jacques, dans la basilique des douze Apôtres.

Cinquième leçon. Jacques, frère du Seigneur, surnommé le Juste, s’abstint dès son jeune âge, de vin, de cervoise, et de chair ; il ne coupa jamais ses cheveux et n’usa ni de parfums, ni de bains. Il n’était permis qu’à lui seul d’entrer dans le Saint des saints ; il portait des vêtements de lin, et était si assidu à la prière que ses genoux étaient devenus aussi durs que la peau d’un chameau. Après l’ascension du Christ, les Apôtres le créèrent Évêque de Jérusalem ; et c’est à lui que Pierre envoya un messager annoncer qu’un Ange l’avait délivré de prison. Une controverse s’étant élevée au concile de Jérusalem, au sujet de la loi et de la circoncision, Jacques fut de l’avis de Pierre, et fit aux frères un discours dans lequel il prouva la vocation des Gentils, et dit qu’il fallait écrire aux frères absents de ne pas imposer aux Gentils le joug de la loi mosaïque. C’est de lui que parle l’Apôtre, quand il écrit aux Galates : « Je ne vis aucun Apôtre, si ce n’est Jacques, le frère du Seigneur ».

Sixième leçon. Telle était la sainteté de sa vie, que les hommes souhaitaient à l’envi de toucher le bord de ses vêtements. Étant parvenu à l’âge de quatre-vingt-seize ans, ayant gouverné très saintement l’Église de Jérusalem pendant trente années, comme il annonçait avec courage et fermeté le Christ, Fils de Dieu, il fut d’abord assailli à coups de pierres, et ensuite mené à l’endroit le plus élevé du temple, d’où on le précipita. Gisant à demi mort, les jambes brisées, il levait les mains au ciel, et priait Dieu pour le salut de ses bourreaux, en disant : « Pardonnez-leur, Seigneur, car ils ne savent ce qu’ils font ». Pendant qu’il faisait cette prière, on lui brisa la tête d’un coup de fouloir, et il rendit son âme à Dieu en la septième année de Néron. Il fut enseveli près du temple, au lieu même où il avait été précipité. Il a écrit une lettre qui est une des sept Épîtres catholiques.

Au troisième nocturne.

Lecture du saint Évangile selon saint Jean. Cap. 14, 1-13.
En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Que votre cœur ne se trouble point. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures. Et le reste.

Homélie de S. Augustin, Évêque.

Septième leçon. Il faut, mes frères, élever avec plus d’énergie nos pensées vers Dieu, afin que notre esprit puisse comprendre, autant qu’il est possible, les paroles du saint Évangile que vous venez d’entendre. Notre Seigneur Jésus-Christ dit à ses disciples : « Que votre cœur ne se trouble point. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi ». Il veut prévenir la crainte tout humaine que sa mort pourrait produire dans l’âme de ses disciples et le trouble qui devrait s’ensuivre, et il les console en leur déclarant qu’il est Dieu lui-même : « Vous croyez en Dieu, leur dit-il, croyez aussi en moi ». Car si vous croyez en Dieu, par une conséquence nécessaire, vous devez croire en moi : conséquence qui ne serait point légitime, si Jésus-Christ n’était pas Dieu.

Huitième leçon. Croyez donc en Dieu, et croyez en celui.qui est par nature, et non par usurpation, l’égal de Dieu. Il s’est anéanti lui-même sans perdre la nature divine, mais en prenant la nature de serviteur. Vous craignez la mort pour cette forme de serviteur, « que votre cœur ne se trouble point », la nature divine la ressuscitera. Mais pourquoi les paroles suivantes : « IL y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père », sinon parce que les disciples craignaient pour eux-mêmes ? C’est pour cela qu’ils eurent besoin d’entendre le Sauveur leur dire : « Que votre cœur ne se trouble point ». En effet, quel est celui des Apôtres qui ne devait être saisi de crainte en entendant Jésus dire à Pierre, celui d’entre eux qui avait le plus de confiance et d’ardeur : « Le coq ne chantera pas que tu ne m’aies renié trois fois » ?

Neuvième leçon. Ils craignaient eux-mêmes de périr éloignés de lui, et leur trouble était bien légitime ; mais ces paroles : « Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père ; autrement je vous l’aurais dit, car je vais vous préparer une place », ces paroles calment le trouble et l’agitation de leur âme, en leur donnant l’espérance certaine qu’après les périls et les épreuves de cette vie, ils seront pour toujours réunis à Dieu avec Jésus-Christ. Si l’un est supérieur à l’autre en force, en sagesse, en justice, en sainteté, « il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père » ; aucun ne sera exclu de cette maison, où chacun sera placé selon son mérite.

A LAUDES.

Ant. 1 Seigneur, * montrez-nous votre Père, et il nous suffit, alléluia. 

Ant. 2 Philippe, * qui me voit, voit aussi mon Père, alléluia. 

Ant. 3 Il y a si longtemps * que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas ? Philippe, qui me voit, voit, aussi mon Père, alléluia. 

Ant. 4 Si vous m’eussiez connu, * vous auriez donc connu mon Père ; mais bientôt vous le connaîtrez, et vous l’avez déjà vu, alléluia, alléluia, alléluia. 

Ant. 5 Si vous m’aimez, * gardez mes commandements, alléluia, alléluia, alléluia. 

Capitule C Sap. 5, 1.Les justes s’élèveront avec une grande fermeté contre ceux qui les ont tourmentés et qui leur ont ravi leurs travaux.

Hymnus C
Paschále mundo gáudium
Sol núntiat formósior,
Cum luce fulgéntem nova
Iesum vident Apóstoli.
In carne Christi vúlnera
Micáre tamquam sídera
Mirántur, et quidquid vident
Testes fidéles prǽdicant.
Rex Christe clementíssime,
Tu corda nostra pósside,
Ut lingua grates débitas
Tuo repéndat nómini.
Ut sis perénne méntibus
Paschále, Iesu, gáudium,
A morte dira críminum
Vitæ renátos líbera.
Deo Patri sit glória,
Et Fílio, qui a mórtuis
Surréxit, ac Paráclito,
In sempitérna sæcula.
Amen.

Hymne C
Un soleil plus beau annonce
au monde la joie pascale,
les Apôtres voient Jésus,
resplendissant d’une lumière nouvelle.
Ils admirent dans la chair du Christ
ses plaies étincelantes comme des astres,
et, témoins fidèles,
ils annoncent tout ce qu’ils voient.
O Christ, roi très clément,
que ce soit vous qui possédiez nos cœurs,
afin que notre langue rende à votre nom
les actions de grâces qui lui sont dues.
Pour que vous soyez toujours, ô Jésus,
la joie pascale de nos âmes,
délivrez de la mort cruelle du péché,
ceux que vous avez fait renaître à la vie.
Gloire à Dieu le Père
et à son Fils, qui est ressuscité des morts,
ainsi qu’à l’Esprit Paraclet
dans les siècles éternels.
Amen.

V/. Précieuse en présence du Seigneur, alléluia. 

R/. Est la mort de ses Saints, alléluia.

Ant. au Bénédictus Moi je suis la voie, * la vérité et la vie : personne ne vient à mon Père que par moi, alléluia.

AUX DEUXIÈMES VÊPRES.

Ant., Capitule et V/. comme à Laudes, Hymne comme aux 1ères Vêpres.

Ant. au Magnificat Si vous demeurez en moi, * et que mes paroles demeurent en vous, tout ce que vous demanderez il vous sera fait, alléluia, alléluia, alléluia.




Giuseppe Mazzuoli. Saint Philippe, 

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Deux des heureux témoins de la résurrection de notre bien-aimé Sauveur se présentent à nous aujourd’hui. Philippe et Jacques viennent nous attester que leur Maître est véritablement ressuscité d’entre les morts, qu’ils l’ont vu, qu’ils l’ont touché, qu’ils se sont entretenus avec lui durant ces quarante jours ; et afin que nous ne doutions pas de la sincérité de leur témoignage, ils tiennent en main les instruments du martyre qu’ils ont subi pour attester que Jésus, après avoir souffert la mort, est sorti vivant du tombeau. Philippe s’appuie sur la croix où il a été attaché comme son Maître ; Jacques nous montre la massue sous les coups de laquelle il expira.

La prédication de Philippe s’exerça dans les deux Phrygies, et son martyre eut lieu à Hiérapolis. Il était dans les liens du mariage lorsqu’il fut appelé par le Christ, et nous apprenons des auteurs du second siècle qu’il avait eu trois filles qui s’élevèrent à une haute sainteté, et dont l’une jeta un grand éclat sur l’Église d’Éphèse à cette époque primitive.

Plus connu que Philippe, Jacques a été appelé le Frère du Seigneur, parce qu’un lien étroit de parenté unissait sa mère à celle de Jésus ; mais dans ces jours de la Pâque il se recommande d’une manière spéciale à notre admiration. Nous savons, par l’Apôtre saint Paul, que le Sauveur ressuscité daigna favoriser saint Jacques d’une apparition particulière. Une telle distinction répondait, sans aucun doute, à un dévouement particulier de ce disciple envers son Maître. Nous apprenons de saint Jérôme et de saint Épiphane que le Sauveur, en montant aux cieux, recommanda à Jacques l’Église de Jérusalem, et que ce fut pour répondre à la pensée du Maître que cet Apôtre fut établi premier Évêque de cette ville. Au IVe siècle, les chrétiens de Jérusalem conservaient encore avec respect la chaire sur laquelle Jacques siégeait, quand il présidait l’assemblée des fidèles. Nous savons également par saint Épiphane qu’il portait au front une lame d’or, symbole de sa dignité ; son vêtement était une tunique de lin.

La renommée de sa vertu fut si grande que, dans Jérusalem, tout le monde l’appelait le Juste ; et les Juifs assez aveugles pour ne pas comprendre que l’affreux désastre de leur ville était le châtiment du déicide, en cherchèrent la cause dans le meurtre de Jacques qui avait succombé sous leurs coups en priant pour eux. Nous sommes à même de pénétrer l’âme si sereine et si pure du saint Apôtre, en lisant l’admirable Épître où il nous parle encore. C’est là que, dans un langage tout céleste, il nous enseigne que les œuvres doivent accompagner la foi, si nous voulons être justes de cette justice qui nous rendra semblables à notre Chef ressuscité.

Le corps de saint Jacques et celui de saint Philippe reposent à Rome dans la Basilique appelée des Saints-Apôtres. Ils forment un des trésors les plus sacrés de la ville sainte, et l’on a lieu de croire que ce jour est l’anniversaire même de leur Translation. Sauf les fêtes de saint Jean l’Évangéliste et de saint André, frère de saint Pierre, l’Église de Rome fut longtemps sans célébrer les fêtes particulières des autres Apôtres ; elle les réunissait dans la solennité de saint Pierre et de saint Paul, et nous retrouverons encore un reste de cet antique usage dans l’Office du 29 juin. La réception des corps de saint Philippe et de saint Jacques, apportés d’Orient vers le VIe siècle, donna lieu à l’institution de la fête d’aujourd’hui en leur honneur ; et cette dérogation amena insensiblement sur le Cycle l’insertion des autres Apôtres et des Évangélistes. L’Église grecque célèbre les deux Apôtres à des jours différents, qui sont les anniversaires de leur martyre. Nous extrairons d’abord les strophes suivantes consacrées à la louange de saint Philippe.

( DIE XIV NOVEMBRIS.)

Réfléchissant les feux de celui qui est la grande lumière, tu as resplendi, ô Philippe, comme un astre de la plus grande beauté. Tu cherchais le Père des lumières dans son propre Fils, et tu l’y as rencontré. C’est en effet dans la lumière que l’on trouve la lumière, et le Fils est la forme de la substance du Père ; il nous révèle que le Père est son archétype. Demande-lui, ô Apôtre, qu’ils soient sauvés, ceux qui ont été marqués de son sang divin.

O prodige admirable l’Apôtre Philippe, envoyé de Dieu comme un agneau au milieu des loups, se promène sans crainte parmi ces animaux meurtriers ; par la foi il en a fait des agneaux, il a transformé divinement le monde. O œuvre de la foi ! ô puissance admirable !

Toi qui seul es miséricordieux, laisse-toi fléchir par ses prières, et daigne sauver nos âmes.

O prodige admirable ! l’Apôtre Philippe a paru dans le monde comme un puits d’eaux vives où l’on puise la sagesse ; de ce puits dérivaient les enseignements sacrés ; dans ses ruisseaux nous avons bu une eau miraculeuse. Ouvrier divin, que de merveilles tu as opérées ! Aussi vénérons-nous ta mémoire avec foi.

Tu as abandonné tout ce qui est de la terre, afin de suivre le Christ ; l’Esprit Saint t’a rempli de ses inspirations, ô Philippe ! Il t’a envoyé vers les nations perdues, pour amener les hommes à la lumière de la connaissance divine. Le combat que tu désirais avec ardeur, tu l’as rencontré dans les supplices divers auxquels tu as été soumis, et tu as rendu ton âme à Dieu : demande-lui , ô bienheureux, qu’il daigne nous accorder sa grande miséricorde.

Mettant en fuite les démons, apparaissant comme un astre aux veux de ceux qui étaient plonges élans les ténèbres, tu leur as montré le Soleil éblouissant qui est sorti de la Vierge, tu as renverse les temples des idoles, et rassemble les Églises pour la gloire de notre Dieu ; c’est pourquoi nous te vénérons, et célébrant avec transport ta divine mémoire, nous crions vers toi d’une voix unanime : Apôtre Philippe, prie le Christ Dieu de nous accorder la rémission de nos péchés, à nous qui célébrons avec ardeur ta sainte mémoire.

Tu as paru aux hommes sur la terre comme une nuée spirituelle, contenant une pluie abondante destinée à arroser mystiquement les sillons de nos âmes. Ta parole a lait le tour du monde, et ta rosée est tombée sur lui comme un parfum qui l’embaume. Tu as souffle dans les cœurs des infidèles la divine senteur du Saint-Esprit, et tu as répandu en eux les trésors célestes. Apôtre Philippe, prie le Christ Dieu de nous accorder la rémission de nos péchés, à nous qui célébrons avec transport ta sainte mémoire.

Cueillons maintenant dans les Ménées quelques traits à la louange de saint Jacques, dont la mémoire est demeurée si chère aux Orientaux.

(DIE XXIII OCTOBRIS.)

Venez honorer avec nous la mémoire du Frère du Seigneur, d’un homme saint et inspire de Dieu. Il porta avec ardeur le joug du Christ, il prêcha son Évangile, sa bonté : et son mystère ineffable lui fut confié. Dieu tout-puissant, à sa prière, faites-nous miséricorde.

Le bruit de sa parole retentit jusqu’aux extrémités du monde : par la lumière qu’elle répandait, elle nous disposa à contempler la Vertu divine. Tu es notre pontife, ô Jacques ! Intercède auprès de Jésus ami de l’homme, afin que nos âmes soient sauvées.

Tu as relevé la dignité de ton sacerdoce par le sang de ton martyre, ô saint Apôtre ! Du haut du pinacle du temple, tu as prêché le Dieu Verbe créateur de toutes choses ; précipite delà par les Juifs, tu as mérité d’entrer dans le palais des cieux : Jacques, frère du Seigneur, prie le Christ Dieu, afin que nos âmes soient sauvées.

Votre Apôtre, Seigneur a eu la tête brisée par le bois : mais maintenant il est sur votre arbre de vie dans le paradis ; affranchi du joug des choses terrestres, il goûte avec transport les joies éternelles ; par ses prières, accordez votre paix aux églises.

Dans ta sagesse, ô Jacques, tu nous enseignes que tout bienfait excellent et tout don parfait descendent du Père des lumières sur les mortels ; prie Dieu, ô Apôtre, en faveur de ceux qui te célèbrent dans leurs cantiques, afin qu’ils entrent en partage de ces célestes faveurs.

Frère de Jésus-Christ selon la chair, tu as trouvé grâce auprès de lui, ô Apôtre ! Tu as communiqué à tous les grâces de la lumière et de la connaissance divine, et tu as extirpé jusqu’à la racine l’erreur de l’idolâtrie, ô Jacques ! C’est pour cela que les princes des ténèbres et du mensonge te font injustement périr, au moment où tu prêches la divinité du Sauveur.

Le Fils unique du Père, Dieu et Verbe, qui dans ces derniers temps a daigne vivre au milieu de nous, t’a désigné, ô Jacques, pour le premier pasteur de Jérusalem, pour le dispensateur fidèle des mystères spirituels ; c’est pourquoi nous te vénérons tous, ô Apôtre !

Le chœur des Apôtres t’a élu pour être, comme Pontife, le premier serviteur du Christ dans la sainte Sion, parce que étant, ô Jacques, son frère selon la chair, tu avais suivi ses pas sur la terre comme un voyageur fidèle.

Tout resplendissant de l’éclat des feux du divin Esprit, o Jacques, Frère de Dieu, tu as paru comme le zélateur de la divine bonté ; c’est pourquoi, comme autrefois Aaron, tu as reçu du Seigneur, qui par sa miséricorde t’avait admis parmi ses frères les Apôtres, une robe plus sacrée que celle du sacerdoce de la loi ; supplie-le de sauver nos âmes, o glorieux Apôtre.

Saints Apôtres, vous avez vu notre divin Ressuscite dans toute sa gloire ; il vous a dit au soir de la Pâque : « La paix soit avec vous ! » et durant ces quarante jours il vous a apparu, afin de vous rendre certains de sa résurrection. Votre joie fut grande de revoir ce Maître chéri qui avait daigné vous choisir pour ses confidents les plus intimes, et votre amour pour lui devint plus ardent que jamais. Nous nous adressons à vous comme aux initiateurs des fidèles au divin mystère de la Pâque ; vous êtes aussi nos intercesseurs spéciaux en ce saint temps. Faites-nous connaître et aimer Jésus ressuscité. Dilatez nos cœurs dans l’allégresse pascale, et ne permettez pas que nous perdions jamais la vie que nous avons recouvrée avec Jésus.

Votre dévouement pour lui, ô Philippe, se montra dès les premiers jours de votre vocation. A peine aviez-vous connu ce divin Messie, que vous couriez tout aussitôt l’annoncer à Nathanaël votre ami. Jésus vous laissait approcher de sa personne avec une douce familiarité. Au moment d’opérer le grand miracle de la multiplication des pains, c’est à vous qu’il s’adressait, et qu’il disait avec une adorable bonté : « Où achèterons-nous des pains pour nourrir tout ce monde ? » Peu de jours avant la Passion de votre Maître, des hommes de la gentilité ayant désiré voir de leurs veux ce grand prophète dont on racontait tant de merveilles, ce fut à vous qu’ils s’adressèrent pour les conduire vers lui. Avec quelle ardeur, à la dernière Cène, vous demandiez à Jésus qu’il vous fît connaître le Père céleste ! Votre âme aspirait à la lumière divine ; et quand les feux de l’Esprit-Saint retirent embrasée, rien ne fut au-dessus de votre courage. Pour récompense de vos labeurs, Jésus vous fit partager les honneurs de sa croix. Demandez, ô saint Apôtre, que nous imitions voire recherche empressée auprès de notre commun Maître, et que sa croix nous soit douce quand il lui plaît de la partager avec nous.

Et vous qui êtes appelé Frère du Seigneur, vous dont le noble visage retraçait ses traits, Pasteur de l’Église de Jérusalem, nous honorons aussi votre amour pour le divin Rédempteur. Si vous avez faibli un moment avec les autres, au moment de la Passion, votre repentir l’attira près de vous : après Pierre, vous fûtes le premier des Apôtres auquel il daigna se manifester en particulier. Recevez aujourd’hui nos félicitations, ô Jacques, pour cette faveur si digne d’envie, et en retour faites-nous goûter combien le Seigneur ressuscité est doux. Votre cœur, ô saint Apôtre, n’aspira plus qu’à montrer à Jésus la reconnaissance tient il était rempli ; et le dernier témoignage que vous rendîtes à sa divinité dans la cité infidèle, lorsque les Juifs vous eurent élevé sur le sommet du temple, vous ouvrit par le martyre la voie qui devait vous réunir à lui pour toujours. Obtenez, généreux Apôtre, que nous le confessions aussi avec la fermeté qui convient à ses disciples ; que nous n’hésitions jamais lorsqu’il s’agit de proclamer ses droits sur toute créature.

Nous vous réunissons dans une prière commune, ô saints Apôtres, et nous vous demandons d’avoir pitié des Églises de l’Orient que vous avez évangélisées. Priez pour Jérusalem que profanent le schisme et l’hérésie, que l’infidèle retient encore sous son joug. Obtenez que nos yeux la voient bientôt purifiée et affranchie, que ses Lieux saints cessent d’être souillés chaque jour par le sacrilège. Suscitez chez les chrétiens de l’Asie-Mineure le désir de rentrer dans l’unité du bercail que gouverne le souverain Pasteur. Enfin, ô saints Apôtres, priez pour Rome, votre seconde patrie. C’est dans son sein que vous attendez la résurrection glorieuse ; pour prix de la religieuse hospitalité qu’elle vous donne depuis tant de siècles, couvrez-la de votre protection, et ne permettez pas que la cité de Pierre, votre auguste Chef, voie plus longtemps dans ses murs l’abaissement de la Chaire apostolique.




Angelo de Rossi. Saint Jacques le mineur

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Station aux Saints-XII-Apôtres.

Primitivement, l’apôtre Jacques, fêté en ce jour à Rome (et cela concordait avec la tradition orientale et avec le Lectionnaire syrien d’Antioche), était Jacques le Majeur, frère de Jean, qui fut en effet mis à mort à l’époque de la fête de Pâques. Toutefois, comme parmi les apôtres et les disciples du Seigneur il y eut plusieurs Jacques, et que le Ier mai, à Rome, l’on fêtait aussi la dédicace de l’« Apostoleion », où étaient déposées quelques reliques des apôtres Philippe et Jacques le Juste, celui-ci, avec le temps, élimina son homonyme, qui trouva une nouvelle place le 25 juillet. La tradition syriaque assigne la date du 27 décembre à la mort de saint Jacques, premier évêque de Jérusalem et, en ce jour, l’on fête aussi saint Jean l’Évangéliste.

La même incertitude règne à l’égard de saint Philippe fêté aujourd’hui. Une vieille tradition liturgique romaine l’identifierait à ce Philippe Évangéliste de Césarée qui baptisa l’eunuque de la reine des Éthiopiens ; cependant celui-ci était un des sept premiers diacres hellénistes de Jérusalem, qu’il faut distinguer de l’Apôtre du même nom.

Malgré ces oscillations de la tradition, il est pourtant démontré que l’Apostoleion romain, commencé par Jules Ier, reconstruit par Pelage Ier, fut dédié par Jean III à la mémoire de tous les Apôtres, et, en particulier, de Philippe et Jacques ; en sorte que les deux titres : Ad Sanctos Apostolos ou Basilica Apostolorum Philippi et Iacobi furent l’un et l’autre en usage pendant quelque temps. Finalement le titre liturgique des Saints-Apôtres prévalut, et c’est celui qui a cours aujourd’hui.

L’inscription absidale rappelait jadis l’histoire de l’édifice :

PELAGIVS • COEPIT • COMPLEVIT • PAPA • IOHANNES
UNVS • OPVS • AMBORVM • PAR • MICAT • ET • PRAEMIVM

En 1873, à l’occasion d’une restauration générale du temple, on retrouva, sous l’autel principal, l’antique coffret des reliques déposées là par Jean III le jour de la dédicace ; il contenait quelques fragments d’os, des résidus d’enveloppes de soie et de substances aromatiques.

Autrefois, les vers suivants narraient au peuple l’histoire et les gloires de l’Apostoleion romain :

HIC • PRIOR • ANTISTES • VESTIGIA • PARVA • RELIQVIT
SVPPLEVIT • COEPTVM • PAPA • IOHANNES • OPVS,
LARGIOR • ET • EXISTENS • ANGVSTO • IN • TEMPORE • PRAESVL
DESPEXIT • MVNDO • DEFICIENTE • PREMI
FLVCTIBVS • HVMANIS • PORTVM • SCIT • FERRE • SALVTIS
CVI • SEMPER• CVRAE • EST • REDDERE • VOTA • DEO
NOMINE • CENSVRA • MENTE • ET • SERMONE • IOHANNIS
QVI • SIBI • COMMISSAS • PASCERE • NOVIT • OVES
HOC • OPVS • EXCOLVIT • QVO • PLEBS • FESTINA • RECVRRENS
ERIPITVR • MORSV • DILACERANDA • LVPI 

Son prédécesseur avait à peine commencé cet édifice,
Le pape Jean le termina.
Pontife à l’esprit large, bien que les temps fussent tristes alors
Il ne fut pas arrêté par la crainte d’être emporté dans la catastrophe du monde entier.
En face des tempêtes de l’humanité, il institua ce port de salut,
Tandis que son esprit élevait vers Dieu une prière ininterrompue.
Il fut vraiment un second Jean, par le nom, l’austérité, les desseins, les discours ;
Il sut conduire au pâturage le troupeau à lui confié.
Il érigea cet asile, où il se hâta de mettre en sûreté le peuple fidèle,
Afin de l’arracher à la dent du loup.

La messe composée à cette occasion révèle bien son caractère de circonstance, surtout dans l’introït, où l’on décrit la joie et l’émotion des Romains après qu’ils eurent été délivrés de Totila par l’eunuque Narsès. Il peut se faire que cette condition personnelle du grand capitaine byzantin ait influé sur le choix de saint Philippe, que l’on identifiait à tort avec celui qui avait baptisé l’eunuque de Candace, le Narsès de ce temps.

L’introït est tiré d’EsDRAS, II, IX, 28 : « Durant le temps de l’affliction ils élevèrent leur cri vers vous, Seigneur ; et vous, . du ciel, vous l’exauçâtes. Alléluia, alléluia. » Ps. 32 : « Exultez, ô justes, dans le Seigneur ; il convient aux hommes droits de le louer. »

La prière est la suivante : « O Dieu qui nous consolez chaque année par la solennité de vos bienheureux apôtres Philippe et Jacques ; faites que les exemples de ceux dont les mérites nous réjouissent aujourd’hui nous instruisent. Par notre Seigneur, etc. ».

Autrefois on lisait aujourd’hui, à Rome, deux leçons de l’Écriture, tirées de l’Ancien et du Nouveau Testament. Cette dernière (Ephes., IV, 7-13) a disparu, et la première est demeurée ; elle appartient au Commun des Martyrs durant le temps pascal. Elle a déjà été indiquée le 13 avril, pour la fête de saint Herménégilde.

Suit le double verset alléluiatique. Le premier est tiré du Psautier : « Alléluia, alléluia. » Ps. 88 : « Les cieux révèlent, Seigneur, vos merveilles ; et dans l’assemblée des saints est exaltée votre vérité. »

Le second verset est pris de la péricope évangélique de ce jour : « Alléluia » (Ioan., XIV, 9) : « Depuis si longtemps je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas encore ? Philippe, qui me voit, moi, voit aussi mon Père. Alléluia. »

Dans la tradition conservée par les manuscrits, nous trouvons au contraire cet autre verset : Alléluia. Nimis honorati sunt, etc.

La lecture évangélique, comme il est de règle au temps pascal, est un passage du dernier discours du divin Maître, là où il répond à Philippe qui lui demande de voir le Père (Ioan., XIV, 1-13). Le temps présent est le temps de la foi et non de la vision ; il convient donc de nous contenter de voir le Père et l’auguste Trinité au moyen de Jésus-Christ qui, comme Dieu, est la parfaite image de la divinité. Comme Dieu, Jésus est la splendeur de sa substance ; comme homme, il est l’exemplaire le plus parfait, qui, mieux que tout autre, reproduit dans une forme créée l’archétype original incréé.

L’antienne pour l’offrande des oblations est identique au premier verset alléluiatique après l’épître. Les cieux dont il est question ici, et qui révèlent les merveilles divines, symbolisent les saints Apôtres qui, ayant reçu les prémices de l’Esprit, ont pour cela obtenu la place la plus éminente dans la hiérarchie de l’Église.

La prière sur l’oblation est la suivante : « Acceptez, Seigneur, dans votre clémence, l’oblation que nous vous offrons en la solennité de vos apôtres Philippe et Jacques, et éloignez de nous les châtiments que nous n’avons que trop mérités. Par notre Seigneur, etc. »

La préface est maintenant celle du Commun des Apôtres. Dans le Sacramentaire Grégorien elle était ainsi conçue : ... aeterne Deus, qui ecclesiam tuant, in apostolica soliditate firmasti, de quorum consortio sunt beati Philippus et Iacobus, quorum passionis hodie festa veneramur ; poscentes ut sicut eorum doctrinis instruimur, ita exemplis muniamur et precibus adiuvemur, per Christum etc.

L’antienne pour la Communion du peuple est tirée de l’Évangile de ce jour (Ioan., XIV, 9-10) : « Depuis si longtemps j’ai été avec vous, et vous ne me connaissez pas encore ? Philippe, celui qui me voit, voit aussi mon Père. Alléluia. Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Alléluia, alléluia. »

Quelle suavité dans ce reproche de Jésus aux âmes qu’au moyen d’une vocation spéciale, religieuse, ecclésiastique, etc., il appelle à son intimité ! Vous ne m’avez pas encore compris ! En effet, connaître et comprendre Jésus signifie l’imiter et fidèlement le reproduire dans sa vie. Chaque fois donc que nous commettons la faute la plus minime, nous nous éloignons de cette douce contemplation de Jésus.

La collecte après la Communion est la suivante : « Fortifiés par le mystère de notre salut, nous vous supplions, Seigneur, de nous accorder l’aide des prières de ceux dont, aujourd’hui, nous célébrons la fête. Par notre Seigneur, etc. »

Le Sacramentaire Grégorien ajoute en ce jour la prière super populum, qui servait jadis de bénédiction finale : Beatorum Apostolorum Philippi et Iacobi continua, Domine, plebs tua semper exsultet : et his praesulibus gubernetur, quorum et doctrinis gaudet et meritis. Per Dominum... Beaucoup disent avec saint Philippe : Seigneur, montrez-nous le Père, et cela nous, suffit. Mais beaucoup aussi se font illusion sur leurs conditions personnelles et croient qu’un amour sentimental suffit et tient lieu de la pureté de l’esprit et du détachement de toutes les choses créées. Un atome de poussière sur l’œil empêche la vue et cause une grande douleur. Ainsi en va-t-il pour l’âme : une affection désordonnée lui enlève la libre vue de Dieu et lui cause un grand préjudice. Gerson disait à ce sujet : Omnis copia quae Deus tuus non est, tibi inopia est.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Je suis la voie, la vérité, la vie.

Le premier mai est dans beaucoup de pays la fête du travail. La plupart des métiers, ainsi que les écoles, célèbrent cette fête. Ce jour doit être pour nous, chrétiens, un jour de fête religieuse. Nous avons pour cela deux motifs : C’est aujourd’hui le premier jour du « mois le plus beau » qui, pour les chrétiens, est le « mois de Marie ». Aujourd’hui aussi est une fête d’Apôtres et ces jours, dans l’Église, sont toujours célébrés avec solennité. Jadis, c’était un jour de fête d’obligation. Nous célébrons aujourd’hui deux Apôtres : saint Philippe et saint Jacques le Mineur.

L’Apôtre saint Philippe fut un des premiers disciples du Christ. Il fut appelé peu de temps après le baptême du Seigneur dans le Jourdain. Lisons le passage dans l’Évangile de saint Jean : Il Le jour suivant, Jésus voulut se rendre en. Galilée. Alors, il rencontra Philippe et lui dit : « Suis-moi ». Philippe était originaire de Bethsaïde, le pays d’André et de Pierre. Philippe rencontra Nathanaël et lui dit : « Nous avons rencontré celui dont Moïse dans la Loi et les Prophètes ont parlé : Jésus, le fils de Joseph de Nazareth ». Nathanaël lui répondit : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » — « Viens et vois », lui répondit Philippe ».

Au sujet de saint Jacques le Mineur, nous avons plus de renseignements. Il est appelé le « frère du Seigneur », c’est-à-dire qu’il était son cousin. Il vécut dans une pénitence stricte. On raconte de lui qu’il ne se coupa jamais les cheveux, n’usa jamais d’huile à oindre ni de bains. Il priait tellement qu’il avait des callosités aux genoux, comme une « peau de chameau ». Les Juifs eux-mêmes honoraient sa sainteté et il reçut l’autorisation de pénétrer dans le « saint » du temple, ce qui n’était accordé qu’aux prêtres. Après l’Ascension, il fut établi par les Apôtres premier évêque de Jérusalem. Au concile de Jérusalem sa voix fut décisive. A l’âge de 96 ans, après avoir saintement gouverné l’Église de Jérusalem pendant 30 ans, il fut lapidé par les Juifs qui le portèrent ensuite sur le pinacle du temple d’où ils le précipitèrent. Tombé, les jambes brisées et à demi mort, il leva les mains vers le ciel et pria pour le salut de ses persécuteurs en disant : “Seigneur, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Pendant cette prière, un foulon l’acheva en lui donnant un coup de son fouloir sur la tête.

L’Église conserve de cet Apôtre un souvenir vénérable : son Épître, qui est aussi pieuse que pratique. Les reliques des deux Apôtres se trouvent dans l’église des Douze Apôtres à Rome. En 1873, on trouva sous le maître autel l’antique reliquaire que le pape Jean III (560-573) y avait déposé au moment de la consécration de cette église. Le reliquaire ne contient que des petites parcelles d’os. (A l’origine, on célébrait aujourd’hui saint Jacques le Majeur et non saint Jacques le Mineur. On sait que saint Jacques le Majeur fut martyrisé au temps de Pâques. De même, on ne célébrait pas l’Apôtre Philippe, mais le diacre Philippe qui fut célèbre par ses travaux d’évangélisation).

La messe (Clamaverunt). — Cette messe a été composée pour la dédicace de l’Église des Apôtres. Elle tient compte en partie des circonstances extérieures du moment. La ville de Rome avait été arrachée par Narsès au pouvoir du roi des Goths, Totila. Les malheurs de l’invasion et la joie qui suivit la délivrance trouvent leur écho dans l’Introït. — La plupart des textes sont propres (quelques-uns seulement sont empruntés au commun des martyrs du tempo pascal : Leçon, All. Off.). L’Évangile est tiré du discours d’adieu de Jésus dans saint Jean. La raison, c’est que Philippe y fait une question au Seigneur. Au reste, ce passage convient très bien au temps pascal.

Essayons de célébrer la messe sous la conduite des deux Apôtres. Pendant l’avant-messe, ils sont nos guides ; ils nous aident à entrer dans le saint sacrifice. La communauté chrétienne pénètre dans l’église précédée des deux Apôtres. Ce sont des guides expérimentés ; ils ont trouvé jadis le chemin qui mène au Christ. En nous rendant à la messe, disons aujourd’hui : « Dans leur besoin, ils ont crié vers toi, Seigneur, et tu les as exaucés du haut du ciel » (Intr.). C’est la route qui conduit au royaume de Dieu sur la terre ; nous y rencontrons sans cesse la souffrance et la croix, mais cette route nous conduit à la victoire, au terme bien heureux. Le chemin est dur. Parfois il nous semble que nous allons succomber sous le poids de la croix. Continuons néanmoins de suivre les traces des Apôtres ; c’est la véritable voie. L’oraison nous parle directement des deux saints Apôtres : on prononce leurs noms ; l’Église étend les mains ; les saints sont devant nous. Que demande l’Église pour nous ? Elle demande que l’œuvre de la Rédemption pénètre profondément nos âmes ; Les Apôtres sont, dans cette oraison, nos intercesseurs. Dans les deux lectures, ils sont nos prédicateurs. La leçon nous présente les mêmes pensées que l’Introït. Sur la terre, de durs combats attendent les élus. Comme les Apôtres étaient méprisés ici-bas ! Or, ils sont maintenant des princes, des élus de Dieu. A l’Évangile, les deux Apôtres sont là, le Christ est au milieu d’eux. Quels beaux accents n’a pas le discours d’adieu, au temps pascal ! Jésus prend congé de son Église avant de monter au ciel. Le Sauveur s’attendrit ; il nous console. Il reviendra, nous dit-il, il va nous préparer une place, il viendra nous cherche ; afin que nous soyons là où il est. Nous ne devons pas être tristes au milieu des détresses terrestres ; notre patrie est là-haut. Jésus lui-même prépare pour nous la maison paternelle. Il nous indique le but, il nous indique le chemin. Les Apôtres accablés de chagrin ne connaissent ni le but ni le chemin. Jésus les leur indique avec bonté : Je suis la voie et par conséquent la vérité et la vie. Quelle grande parole ! Le Christ est notre tout. Il doit être le centre de notre vie religieuse. Tel est le véritable chemin qui mène au ciel. C’est pourquoi rassemblons-nous autour de lui à la messe. Là, il est notre voie dans sa doctrine et ses commandements, notre vérité dans l’Évangile, notre vie dans sa sainte Eucharistie. Le Christ nous communique encore une grande vérité. Il est Dieu, le Fils consubstantiel de Dieu. Le Père est en lui et il est dans le Père. Qui voit le Sauveur voit le Père. Il est la plus haute manifestation de Dieu. Au saint sacrifice, le Christ est présent sur l’autel et dans le Christ est le Père. Dieu est tout près de nous. — Voilà ce que nous disent les Apôtres, après le Christ lui-même ; ils sont nos prédicateurs. Nous entrons maintenant dans le sacrifice du Christ. C’est aussi notre sacrifice. Nous devons l’offrir avec le Seigneur. C’est pourquoi nous avançons solennellement vers l’autel sous la conduite des deux Apôtres au moment de l’Offrande. Les Apôtres déposent sur l’autel leur vie remplie de mérites : leurs joies, leurs peines, leurs soucis de pasteurs. Comme l’aigle qui entraîne ses petits vers le soleil, les deux Apôtres nous appellent vers l’autel et nous invitent à y déposer les modestes sacrifices de notre vie’. Ils unissent notre offrande à la leur. — Telle était la tâche des deux saints. Maintenant, ils s’écartent respectueusement ; ils se tiennent devant l’Agneau qui est immolé tout en restant toujours vivant. Ils offrent avec nous le Saint-Sacrifice. Nous formons une grande unité dans le Christ. Les fidèles, avec les Apôtres et les saints qui les entourent, sont le corps mystique du Christ. Au centre se tient le Sauveur Eucharistique. Quand nous nous approchons de nouveau de l’autel pour cueillir les fruits de l’arbre de la Croix, les saints se tiennent devant nous et nous conduisent à la table du Seigneur. C’est pourquoi l’antienne de la Communion est toujours en étroite relation avec le saint du jour. A la Postcommunion, nous demandons de conserver les fruits salutaires du Saint-Sacrifice pour mener une vie chrétienne vertueuse. Après la messe, les saints continuent de nous accompagner, pendant le jour, dans toutes nos voies, dans le travail, la peine et la joie.


Sts. Philip and James

Philip was one of the first chosen disciples of Christ. On the way from Judea to Galilee Our Lord found Philip, and said, “Follow Me.” Philip straightway obeyed; and then in his zeal and charity sought to win Nathaniel also, saying, “We have found Him of whom Moses and the prophets wrote, Jesus of Nazareth.” And when Nathaniel in wonder asked, “Can any good come out of Nazareth?” Philip simply answered, “Come and see,” and brought him to Jesus.

Another saying of this Apostle is preserved for us by Saint John. Christ in His last discourse had spoken of His Father; and Philip exclaimed, in the fervor of his thirst for God, “Lord, show us the Father, and it is enough!” The tradition of the ancients has established that he died a martyr at Hierapolis in Phyrgia. There the remains of a church known to be dedicated to him have been identified, north of the entrance to the great necropolis. His relics were later transported to Rome, to the church of the Holy Apostles.

Saint James the Less (the Younger), author of the canonical Epistle, was the son of Alpheus, the brother of Saint Jude and a cousin of Our Lord, whom he is said to have resembled. Saint Paul tells us that he was favored by a special apparition of Christ after the Resurrection. (I Corinthians 15:7) On the dispersion of the Apostles among the nations, Saint James remained as Bishop of Jerusalem, where the Jews held in such high veneration his purity, mortification, and prayer, that they named him the Just. He governed that church for 30 years before his martyrdom.

Hegesippus, the earliest of the Church’s historians, has handed down many traditions of Saint James’s sanctity. Saint James was a celibate Nazarite consecrated to God; he drank no wine and wore no sandals. He prostrated himself so long and so often in prayer that the skin of his knees was hardened like a camel’s hoof. It is said that the Jews, out of respect, used to touch the hem of his garment.

He was indeed a living proof of his own words, “The wisdom that is from above is first of all chaste, then peaceable, modest, ready to listen, full of mercy and good fruits.” (James 3:17) He sat beside Saint Peter and Saint Paul at the Council of Jerusalem. When Saint Paul at a later time escaped the fury of the Jews by appealing to Caesar, the people took vengeance on James, and crying out, “The just one has erred!” stoned him to death. During his martyrdom he prayed for his persecutors in the same words pronounced by Jesus: “Heavenly Father, forgive them, they know not what they do.”

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saints-philip-and-james/

Philip and James, Apostles (RM)
(James is also known as Giacomo, Jacobo, Jacques)


1st century; feast day formerly on May 1. Philip was born in Bethsaida, Galilee, and may have been a disciple of Saint John the Baptist. He is mentioned as one of the Apostles in the lists of Matthew (10:3), Mark (3:18), Luke (6:14), and in Acts (1:13). Aside from the lists, he is mentioned only in John in the New Testament, where he has the gift of raising the questions everyone else is afraid to ask, and appears to be a careful, level-headed man.


Philip was called by Jesus Himself (John 1:43-48) on the day after Saint Peter and Andrew and began his evangelizing efforts by bringing Nathaniel (a.k.a. Bartholomew) to Jesus. Philip also shows us a bit about how to evangelize: When Nathaniel ask, "Can anything good come from Nazareth?" He appeals for a personal inquiry: "Come and see."

Philip was present at the miracle of the loaves and fishes (John 6:1-15), when he engaged in a brief dialogue with the Lord (John 6:5-7), and was the Apostle approached by the Hellenistic Jews from Bethsaida to introduce them to Jesus (John 12:21ff). Just before the Passion, Jesus answered Philip's query to show them the Father (John 14:8ff), but no further mention of Philip is made in the New Testament beyond his listing among the apostles awaiting the Holy Spirit in the Upper Room (Acts 1:13).

According to tradition, he preached in Greece and was crucified upside down at Hierapolis in Phrygia under Emperor Domitian, c. 80 AD. Philip's alleged relics were translated to Rome and placed in the Basilica of the Twelve Apostles, where an ancient inscription records that it was originally dedicated to Saints Philip and James. The Golden Legend says that Philip drove away a dragon of the Temple of Mars with the Cross. Some later traditions develop the role of Philip's supposed daughters in the early Church, but many of these confuse today's saint with Philip the Deacon (cf. Acts 8; 21:8).

James, the son of Alphaeus and Mary, is named in the same lists of Apostles in Matthew, Mark, and Luke, and in Acts 1:13 is one of the other apostles in the Upper Room in Jerusalem after Christ's Ascension. James is mentioned as one of the "brothers" (parthenos) of the Lord (Matt. 13:55; Mark 6:3) with Joseph, Simon, and Jude and is called the "brother of the Lord" (most likely meaning a first cousin) in Galatians 1:19. It was to James that Peter wanted the news of his miraculous escape transmitted (Acts 12:17), and James seems to have been regarded as the head of the primitive Church of Jerusalem. He was the one who suggested that only four Jewish practices be imposed on Gentile Christians (Acts 15:13-21), beginning this statement with the words, "It seems good to the Holy Spirit and to us. . . ." Paul reported to him and sought his approval several times.

This James seems to be the James of the Epistle of James who opens the letter by calling himself "servant of God and of the Lord Jesus Christ," which may indicate it was an official Church title; James uses the tone of authority of one well known in the Church and accustomed to wielding authority.

Traditionally, biblical exegetes have considered James, the son of Alphaeus, as the same James called "the brother of the Lord," the James who speaks with the voice of authority in the early Church; many modern scholars, however, hold that there may have been two men named James, one the son of Alphaeus and one of the Twelve, and the other "the brother of the Lord" and author of the epistle. Among the reasons cited is that James speaks of the Apostles in the past tense and does not identify himself as an Apostle; the apparent distinction between this James and the Apostle James in 1 Corinthians 15:7; and the elegant Greek literary style used that the author of the epistle, which is unlikely to be that of a Galilean peasant.

The name "James the Less" is usually applied to James the son of Alphaeus, because of the reference in Mark 15:40, where he is called "James the Less" or "James the Younger." According to the converted Jew Heggesippus, a 2nd-century ecclesiastical historian, James was thrown from the pinnacle of the Temple in Jerusalem by the Pharisees and then stoned to death about the year 62 AD. The contemporary Jewish historian Josephus records that the bishop James was stoned to death. Ancient legendary sources recorded in the Golden Legend say that he was killed by the blow of a fuller's club after his fall from the temple. He lived just long enough to forgive his killers. This James is also known as "the Just." Eusebius contended that the catastrophes that later struck Jerusalem were a punishment for their treatment of one "who was the most righteous of men" (Appleton, Attwater, Benedictines, Bentley, Delaney, Farmer, Tabor, Walsh, White).

In art since the 15th century, Saint Philip is portrayed as an apostle holding a long cross, or a staff with a small cross on it (Appleton, Tabor), which resembles a ceremonial object rather than the instrument of his crucifixion. It is like the staves used by Saint Michael and Saint Margaret in overcoming dragon-like demons, and likely refers to the incident in the Temple of Mars. The cross may be seen in images of Philip as (1) a weapon against the dragon (paganism); (2) his instrument of martyrdom; or (3) a sign that he was a missionary preacher who stressed the victory of the Cross (Appleton).

Philip might also be shown (1) crucified on a tall cross; (2) with loaves and fishes; (3) with a loaf and book; (4) with a snake or dragon; (5) with descendit ad inferna on a book or scroll; (6) baptizing the Ethiopian eunuch; (7) casting a devil from the idol of Mars; or (8) with his brother Andrew. Like Andrew, he is often, though not invariably, of venerable appearance.

Saint James is depicted in art as facially similar to Jesus, whose cousin he is said to have been. He may be portrayed (1) with a club or large mallet (Tabor); (2) holding his epistle, either as a book or scroll; (3) with the prophet Haggai and the words credo in Spiritu Sanctu; (4) as a child with a toy mill; or (5) flung from the pulpit or a pinnacle of the temple (Roeder). A 13th- century sculpture at Chartres shows Saint James with the fuller's club. In addition to the emblems of their martyrdom, the Apostles were each given other distinctive symbols in the 14th-15th centuries (Appleton).

Philip is the patron of hatters, pastry chefs (Roeder), and Uruguay. James is the patron of the dying due to his deathbed forgiveness of his murderers (White).

Early manuscripts of the Martyrology of Saint Jerome place the feast of Philip on May 1. The feast of James may have been joined to that of Philip after the joint dedication of the basilica in Rome to their honor. The traditional date was moved because May Day was dedicated to Saint Joseph the Worker in 1955 and the following day honors Saint Athanasius. In 1955, the Feast of Philip and James was transferred to May 11, but in 1969, it was again moved to May 3. Eastern Churches celebrate the feast on November 14 (Farmer).




St. Philip the Apostle

Like the brothers, Peter and Andrew, Philip was a native of Bethsaida on Lake Genesareth (John 1:44). He also was among those surrounding the Baptist when the latter first pointed out Jesus as the Lamb of God. On the day after Peter's call, when about to set out for Galilee, Jesus met Philip and called him to the Apostolate with the words, "Follow me". Philip obeyed the call, and a little later brought Nathaniel as a new disciple (John 1:43-45). On the occasion of the selection and sending out of the twelve, Philip is included among theApostles proper. His name stands in the fifth place in the three lists (Matthew 10:2-4; Mark 3:14-19; Luke 6:13-16) after the two pairs of brothers, Peter and Andrew, James and John. The Fourth Gospel records three episodes concerning Philip which occurred during the epoch of the public teaching of the Saviour:
  • Before the miraculous feeding of the multitude, Christ turns towards Philip with the question: "Whence shall we buy bread, that these may eat?" to which the Apostle answers: "Two hundred penny-worth of bread is not sufficient for them, that every one may take a little" (vi, 5-7).
  • When some heathens in Jerusalem came to Philip and expressed their desire to see Jesus, Philip reported the fact to Andrew and then both brought the news to the Saviour (xii, 21-23).
  • When Philip, after Christ had spoken to His Apostles of knowing and seeing the Father, said to Him: "Lord, shew us the Father, and it is enough for us", he received the answer: "He that seeth me, seeth the Father also" (xiv, 8-9).
These three episodes furnish a consistent character-sketch of Philip as a naïve, somewhat shy, sober-mindedman. No additional characteristics are given in the Gospels or the Acts although he is mentioned in the latter work (1:13) as belonging to the Apostolic College.


The second-century tradition concerning him is uncertain, inasmuch as a similar tradition is recorded concerning Philip the Deacon and Evangelist — a phenomenon which must be the result of confusion caused by the existence of the two Philips. In his letter to St. Victor, written about 189-98, bishop Polycrates of Ephesusmentions among the "great lights", whom the Lord will seek on the "last day", "Philip, one of the Twelve Apostles, who is buried in Hieropolis with his two daughters, who grew old as virgins", and a third daughter, who "led a life in the Holy Ghost and rests in Ephesus." On the other hand, according to the Dialogue of Caius, directed against a Montanist named Proclus, the latter declared that "there were four prophetesses, the daughters of Philip, at Hieropolis in Asia where their and their father's grave is still situated." The Acts (21:8-9) does indeed mention four prophetesses, the daughters of the deacon and "Evangelist" Philip, as then living in Caesarea with their father, and Eusebius who gives the above-mentioned excerpts (Church History III.32), refers Proclus' statement to these latter. The statement of Bishop Polycrates carries in itself more authority, but it is extraordinary that three virgin daughters of the Apostle Philip (two buried in Hieropolis) should be mentioned, and that the deacon Philip should also have four daughters, said to have been buried in Hieropolis. Here also perhaps we must suppose a confusion of the two Philips to have taken place, although it is difficult to decide which of the two, the Apostle or the deacon, was buried in Hieropolis. Many modern historiansbelieve that it was the deacon; it is, however, possible that the Apostle was buried there and that the deaconalso lived and worked there and was there buried with three of his daughters and that the latter were afterwards erroneously regarded as the children of the Apostle. The apocryphal "Acts of Philip," which are, however purely legendary and a tissue of fables, also refer Philip's death to Hieropolis. The remains of thePhilip who was interred in Hieropolis were later translated (as those of the Apostle) to Constantinople and thence to the church of the Dodici Apostoli in Rome. The feast of the Apostle is celebrated in the Roman Church on 1 May (together with that of James the Younger), and in the Greek Church on 14 November. [Editor's Note: The feast is now celebrated on 3 May in the Roman Church.]

Sources

Acta SS., May, I, 11-2; BATIFFOL, in Analecta Bollandiana, IX (1890), 204 sqq.; LIPSIUS, Die Apokryphen Apostelgeschicten und Apostellegenden, II, II (Brunswick, 1884), 1 sqq.; Bibl. Hagriogr. Latina, II, 991; on the two Philips cf. ZAHN in Forschungen sur Gesch. Des neutestamentl. Kanons, VI (Erlangen, 1900), 158 sqq.

Kirsch, Johann Peter. "St. Philip the Apostle." The Catholic Encyclopedia. Vol. 11. New York: Robert Appleton Company,1911. 1 May 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/11799a.htm>.


Transcription. This article was transcribed for New Advent by John Looby.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. February 1, 1911. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.
SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/11799a.htm


James Tissot Saint Philippe, 28,3 X 16,  Brooklyn Museum


St. Philip, Apostle

ST. PHILIP was of Bethsaida, in Galilee, and called by our Saviour to follow him 1 the day after St. Peter and St. Andrew. 2 He was at that time a married man, and had several daughters; 3 but his being engaged in the married state hindered him not, as St. Chrysostom observes, from meditating continually on the law and the prophets, which disposed him for the important discovery of the Messias in the person of Jesus Christ, in obedience to whose command he forsook all to follow him, and became thenceforth the inseparable companion of his ministry and labours. Philip had no sooner discovered the Messias, than he was desirous to make his friend Nathanael a sharer in his happiness, saying to him: We have found him of whom Moses in the law and the prophets did write, that is, the Messias; Jesus, the son of Joseph, of Nazareth. Nathanael was not so ready to give his assent to this assertion of his friend, by reason that the supposed Messias was reported to be of Nazareth. Philip, therefore, desired him to come himself to Jesus and see; not doubting but, upon his personal acquaintance with the Son of God, he would be as much convinced of the truth as he was himself. Nathanael complied, and Jesus, seeing him approach, said, within his hearing: Behold an Israelite indeed, in whom there is no guile. Nathanael asked him, how he came to know him; Jesus replied: Before Philip called thee, when thou wast under the fig-tree, I saw thee.—Nathanael, as two holy fathers explain the matter, calling to mind that the closeness of his retirement on that occasion was such, that no human creature could see him, owned him hereupon for the Son of God, and the King of Israel, or, in other words, the Messiah, foretold by Moses and the prophets. The marriage at Cana of Galilee happening three days after, to which Jesus and his disciples were invited, St. Philip was present at it with the rest. The year following, when our Lord formed the college of apostles, Philip was appointed one of that number, and, from the several passages of the gospel, he appears to have been particularly dear to his divine master. Thus, when Jesus was about to feed five thousand persons, who had followed him into the wilderness, for the greater evidence of the miracle, and for the trial of this apostle’s faith, Jesus proposed to him the difficulty of feeding the multitudes in that desolate place. 4 And a little before our Saviour’s passion, certain Gentiles, desirous to see Christ, made their first address to Philip, and by him and St. Andrew obtained that favour. Our Saviour, in the discourse he made to his disciples immediately after his last supper, having promised them a more clear and perfect knowledge of his heavenly Father than they had had hitherto, St. Philip cried out, with an holy eagerness and impatience: Lord, show us the Father, and it sufficeth us.—From which words our Saviour took occasion to inculcate afresh a steady belief of his divinity, and perfect equality with the Father, saying: So long a time have I been with you, (teaching you who I am both by my words and actions,) and have you not known me? (If you beheld me with the eyes of faith such as I really am, in seeing me you would see the Father also, because) I am in the Father, and the Father is in me. 5

After our Lord’s ascension the gospel was to be preached to the whole world by a few persons, who had been eye-witnesses of his miracles, and were enabled, by the power of the Holy Ghost, to confirm their testimony concerning him by doing the like wonderful works themselves. That this might be accomplished, it was necessary that the disciples should quickly disperse themselves into all parts of the world. St. Philip accordingly preached the gospel in the two Phrygias, as Theodoret and Eusebius assure us from undoubted monuments. St. Polycarp, who was only converted in the year 80, enjoyed his conversation for some time, 6 consequently St. Philip must have lived to a very advanced age. It appears from a passage of Polycrates, quoted by Eusebius, 7 that he was buried at Hierapolis, in Phrygia, which city was indebted to his relics for its preservation by continual miracles, as is averred by the author of the sermon on the twelve apostles, attributed to St. Chrysostom. 8 An arm of St. Philip was brought from Constantinople to Florence, in 1204, whereof we have an authentic history in the Bollandists. The Orientals keep his festival on the 14th of November; the Latins on the 1st of May, with St. James. His body is said to be in the church of SS. Philip and James, in Rome, which was dedicated to God under their name, in 560. The Emperor Theodosius, in a vision, received from St. John the Evangelist, and St. Philip, the assurance of victory over the tyrant Eugenius, the morning before the battle, in 394, as Theodoret relates. 9

From St. Philip we must particularly learn an ardent love of God, and desire to see the Father. He asked only this favour, because this was his only desire. Is it ours? Do we feel it so perfect as to extinguish all inordinate earthly affections and desires in our breasts? Do we employ the proper means to attain to this happy disposition? To obtain it, let us employ the succour of this apostle’s prayers, and by disengaging our hearts from corruption and vanity, become, in desires and affections, citizens of heaven. The pilgrim soul sees herself a stranger here on earth, and discovers nothing in this desert place of her banishment, but an abyss of vanity, and subjects of compunction, grief, and fears. On the other side, looking up to God, she contemplates the magnificence and splendour of his kingdom, which will have no end; its peace, security, sanctity without stain, delights without sorrow, unchangeable and incomprehensible joys; and she cries out in a holy transport: “O joy surpassing all joys, and without which there is no true joy, when shall I possess you? O, sovereign good, discover to me some ray of thy beauty and of thy glory; may my heart be set on flame by thy love, and my soul languish and waste with desire to be united to thee, to behold thee face to face, to sing thy praises night and day, to drink of the plenty of thy house, and of the torrent of thy delights, to be for ever confirmed in thy love, and in some measure transformed into thee!” Such a soul seeks to hide herself from the eyes of men, to live unknown to the world; and, in retirement and repose, to apply herself to prayer, all her thoughts being taken up in contemplating the glorious things which are said of the blessed city of her God. All worldly enjoyments and distractions are insupportable to her, and she finds no comfort in this place of banishment but in singing the praises of her God, in adoring and in doing always his will, and in the sweet sighs and tears with which she seeks him, and begs him to reign perfectly in her affections by his grace and love, and to draw her speedily to himself out of this Babylon, in which every object increases her affliction, and inflames her desire, seeming to say to her: Where is thy God?

Note 1. John i. 43. [back]

Note 2. St. Clement of Alexandria relates, as a thing well known, that St. Philip was the person who, when called by our Lord, begged leave to go home first and bury his father; which occasioned the reply: Follow me, and let the dead bury their dead. By which words Christ meant not to condemn duties of that kind; but gave the disciple to understand that, being called to the highest spiritual functions, these were to be preferred to corporal works of mercy. [back]

Note 3. Some of these, as St. Clement of Alexandria testifies, (Strom. l. 3, p. 428,) he settled in marriage. But two of them lived always virgins to a great age, and were buried at Hierapolis, as we learn from Polycrates, quoted by Eusebius. (b. 2, c. 31.) Sozomen relates, (l. 7, c. 27,) that one of them raised a dead man to life; and Papias says, (Eus. Hist. l. 3, c. 39,) that he heard this miracle from their own mouths, though not as wrought by them. Polycrates mentions a third daughter of great sanctity, probably married, buried at Ephesus, and calls these three sisters the lights of Asia. [back]

Note 4. John vi. 5. [back]

Note 5. John xiv. [back]

Note 6. See Tillemont, t. 1, p. 384. [back]

Note 7. B. 3, c. 31. [back]

Note 8. T. 8, Ed. Ben. [back]

Note 9. B. 5, c. 24. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume V: May. The Lives of the Saints.  1866.



St. James the Less

TThe name "James" in the New Testament is borne by several:
  1. James, the son of Zebedee  Apostle, brother of John, Apostle; also called "James the Greater".
  2. James, the son of Alpheus, Apostle  Matthew 10:3; Mark 3:18; Luke 6:15; Acts 1:13.
  3. James, the brother of the Lord  Matthew 13:55; Mark 6:3; Galatians 1:19. Without a shadow of doubt, he must be identified with the James of Galatians 2:2 and 2:9; Acts 12:17, 15:13 sqq. and 21:18; and 1 Corinthians 15:7.
  4. James, the son of Mary, brother of Joseph (or Joses)  Mark 15:40 (where he is called ò mikros "the little", not the "less", as in the D.V., nor the "lesser"); Matthew 27:56. Probably the son of Cleophas or Clopas (John 19:25) where "Maria Cleophæ" is generally translated "Mary the wife of Cleophas", asmarried women are commonly distinguished by the addition of their husband's name.
  5. James, the brother of Jude  Jude 1:1. Most Catholic commentators identify Jude with the "Judas Jacobi", the "brother of James" (Luke 6:16; Acts 1:13), called thus because his brother James was better known than himself in the primitive Church.
The identity of the Apostle James (2), the son of Alpheus and James (3), the brother of the Lord and Bishop of the Church of Jerusalem (Acts 15, 21), although contested by many critics and, perhaps, not quite beyonddoubt, is at least most highly probable, and by far the greater number of Catholic interpreters is considered as certain (see BRETHREN OF THE LORD, where the chief argument, taken from Galatians 1:19, in favour of theApostleship of St. James the brother of the Lord, is to be found). The objection moved by Mader (Biblische Zeitschrift, 1908, p. 393 sqq.) against the common statement that "Apostles" in Galatians 1:19 is to be taken strictly in the sense of the "Twelve" has been strongly impugned by Steinmann (Der Katholik, 1909, p. 207 sqq.). The James (5) of Jude 1:1 must certainly be identified with James (3), the brother of the Lord and theBishop of Jerusalem. The identification of James (3), the brother of the Lord and James (4), the son of Mary, and probably of Cleophas or Clopas offers some difficulty. This identification requires the identity of Mary, the mother of James (Matthew 27:56; Mark 15:40), with Mary the wife of Cleophas (John 19:25), and, consequently, the identity of Alpheus (2) and Clopas (4). As Clopas and Alpheus are probably not two different transcriptions of the same Aramaic name Halpai (see CLEOPHAS), it must be admitted that two different names have been borne by one man. Indeed, there are several examples of the use of two names (a Hebrewand a Greek or Latin name) to designate the same person (Simon-Petrus; Saulus-Paulus), so that the identity of Alpheus and Cleophas is by no means improbable.

On the whole, although there is no full evidence for the identity of James (2), the son of Alpheus, and James (3), the brother of the Lord, and James (4), the son of Mary of Clopas, the view that one and the same person is described in the New Testament in these three different ways, is by far the most probable. There is, at any rate, very good ground (Galatians 1:19, 2:9, 2:12) for believing that the Apostle James, the son of Alpheus is the same person as James, the brother of the Lord, the well-known Bishop of Jerusalem of the Acts. As to the nature of the relationship which the name "brother of the Lord" is intended to express, see BRETHREN OF THE LORD.

James in the Scriptures

Had we not identified James, the son of Alpheus with the brother of the Lord, we should only know his name and his Apostleship. But the identity once admitted, we must consequently apply to him all the particulars supplied by the books of the New Testament. We may venture to assert that the training of James (and his brother Jude), had been that which prevailed in all pious Jewish homes and that it was therefore based on the knowledge of the Holy Scripture and the rigorous observance of the Law. Many facts point to the diffusion of the Greek language and culture throughout Judea and Galilee, as early as the first century B.C.; we may suppose that the Apostles, at least most of them, read and spoke Greek as well as Aramaic, from their childhood. James was called to the Apostolate with his brother Jude; in all the four lists of the Apostles, he stands at the head of the third group (Matthew 10:3; Mark 3:18; Luke 6:16; Acts 1:13). Of James individually we hear no more until after the Resurrection. St. Paul (1 Corinthians 15:5-7) mentions that the Lord appeared to him before the Ascension.

Then we lose sight of James till St. Paul, three years after his conversion (A.D. 37), went up to Jerusalem. Of the Twelve Apostles he saw only Peter and James the brother of the Lord (Galatians 1:19; Acts 9:27). When in the year 44 Peter escaped from prison, he desired that news of his release might be carried to James who held already a marked preeminence in the Church of Jerusalem (Acts 12:17). In the Council of Jerusalem (A.D. 51) he gives his sentence after St. Peter, declaring as Peter had done, that the Gentile Christians are not bound tocircumcision, nor to the observance of the ceremonial Mosaic Law, but at the same time, he urged the advisability of conforming to certain ceremonies and of respecting certain of the scruples of their Jewishfellow-Christians (Acts 15:13 sqq.). On the same occasion, the "pillars" of the Church, James, Peter, and John"gave to me (Paul) and Barnabas the right hands of fellowship; that we should go unto the Gentiles, and they unto the circumcision" (Galatians 2:9). He publicly commended the great charter of Gentile freedom from theLaw, although he still continued the observance in his own life, no longer as a strict duty, but as an ancient, most venerable and national custom, trusting to "be saved by the grace of the Lord Jesus Christ" (Acts 15:11). When afterwards some came from James to Antioch and led Peter into dissimulation (Galatians 2:12), his name was used by them, though he had given them no such commandment to enforce their interpretation of the concordat which, on his proposal, had been adopted at the Council of Jerusalem. When St. Paul after his third missionary journey paid a visit to St. James (A.D. 58), the Bishop of Jerusalem and "the elders" "glorified the Lord" and advised the Apostle to take part in the ceremonies of a Nazarite vow, in order to show how false the charge was that he had spoken of the Law as no longer to be regarded. Paul consented to the advice of James and the elders (Acts 21:1 sqq.). The Epistle of St. James reveals a grave, meek, and calm mind, nourished with the Scriptures of the Old Testament, given to prayer, devoted to the poor, resigned inpersecution, the type of a just and apostolic man.

James outside of the Scriptures

Traditions respecting James the Less are to be found in many extra-canonical documents, especially Josephus(Antiq., XX, ix, 1), the "Gospel according to the Hebrews" (St. Jerome, Illustrious Men 2), Hegesippus(Eusebius, Church History II.23), the pseudo-Clementine Homilies (Ep. of Peter) and Recognitions (I, 72, 73),Clement of Alexandria (Hypot., vi, quoted by Eusebius, Church History II.1). The universal testimony ofChristian antiquity is entirely in accordance with the information derived from the canonical books as to the fact that James was Bishop of the Church of Jerusalem. Hegesippus, a Jewish Christian, who lived about the middle of the second century, relates (and his narrative is highly probable) that James was called the "Just", that he drank no wine nor strong drink, nor ate animal food, that no razor touched his head, that he did not anoint himself or make use of the bath, and lastly that he was put to death by the Jews. The account of his death given by Josephus is somewhat different. Later traditions deserve less attention.

Camerlynck, Achille. "St. James the Less." The Catholic Encyclopedia. Vol. 8. New York: Robert Appleton Company, 1910.1 May 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/08280a.htm>.


Transcription. This article was transcribed for New Advent by WGKofron. With thanks to St. Mary's Church, Akron, Ohio.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.
Epistle of St. James

The questions concerning this epistle are treated in the following order:

I. Author and Genuineness;

II. Tradition as to the Canonicity;

III. Analysis and Contents of the Epistle;

IV. Occasion and Object;

V. To whom addressed;

VI. Style;

VII. Time and Place of composition.

Author and genuineness

The author is commonly identified with the Lord's brother, the Bishop of Jerusalem (see ST. JAMES THE LESS; the view that the Lord's brother must be identified with James, the son of Alpheus, is by far the most probable). Internal evidence (contents of the Epistle, its style, address, date, and place of composition) points unmistakably to James, the Lord's brother, the Bishop of Jerusalem, as the author; he exactly, and he alone, fulfils the conditions required in the writer of the Epistle. External evidence begins at a comparatively latedate. Some coincidences, or analogies, exist between the Epistle and the Apostolic Fathers (Clement of Rome, the Pastor Hermas, St. Justin, St. Irenæus; see Mienertz, "Der Jacobusbrief", Freiburg im Br., 1905, p. 55 sqq.). The literary relation between the Epistle of James and the Epistle to the Romans is doubtful. Its later recognition in the Church, especially in the West, must be explained by the fact that it was written for JewishChristians, and therefore not widely circulated among the Gentile Churches. From the middle of the third century, ecclesiastical authors cite the Epistle as written by St. James, the brother of the Lord. See the testimonies in the section following. The greater number of the Fathers in the Western Church identify the author with James the Apostle. In the Eastern Church, however, the authority of Eusebius and St. Epiphaniusmay explain some ecclesiastical doubts about the Apostolic origin of the Epistle, and consequently about itscanonicity.

Tradition as to canonicity

In the first centuries of the Church the authenticity of the Epistle was doubted by some, and amongst others by Theodore of Mopsuestia; it is therefore deuterocanonical. It is wanting in the Muratorian Canon, and because of the silence of several of the Western Churches regarding it, Eusebius classes it amongst theAntilegomena or contested writings (Church History III.25 and II.23); St. Jerome gives the like information (Illustrious Men 2), but adds that with time its authenticity became universally admitted. In the sixteenth century its inspired nature was contested by Erasmus and Cajetan; Luther strongly repudiated the Epistle as "a letter of straw", and "unworthy of the apostolic Spirit", and this solely for dogmatic reasons, and owing to his preconceived notions, for the epistle refutes his heretical doctrine that Faith alone is necessary forsalvation. The Council of Trent dogmatically defined the Epistle of St. James to be canonical. As the solution of this question of the history of the canonicity of the Epistle depends chiefly on the testimony of the ancientFathers, it remains to be seen whether it is quoted by them as Scripture. (a) In the Latin Church it was knownby St. Clement of Rome (before A.D. 100), the Pastor Hermas (about A.D. 150), St. Irenæus (125?-202?, 208),Tertullian (d. about 240), St. Hilary (d. 366), St. Philaster (d. 385), St. Ambrose (d. 397), Pope Damasus (in the canon of about A.D. 382), St. Jerome (346-420), Rufinus (d. 410), St. Augustine (430), and its canonicityis unquestioned by them. (b) In the Greek Church, Clement of Alexandria (d. 217), Origen (d. 254), St. Athanasius (d. 373), St. Dionysius the Areopagite (about A.D. 500), etc., considered it undoubtedly as asacred writing. (c) In the Syrian Church, the Peshito, although omitting the minor Catholic Epistles, gives that of St. James; St. Ephraem uses it frequently in his writings. Moreover, the most notorious heretics of Syriarecognised it as genuine. Thus we find that Nestorius ranked it in the Canon of Sacred Books, and James of Edessa adduces the testimony of James, v, 14. The Epistle is found in the Coptic, Sahidic, Ethiopic, Arabic, and Armenian versions. Although, therefore, the canonicity of the Epistle of St. James was questioned by a few during the first centuries, there are to be found from the very earliest ages, in different parts of theChurch, numerous testimonies in favour of its canonicity. From the end of the third century its acceptance asinspired, and as the work of St. James, has been universal, as clearly appears from the various lists of theSacred Books drawn up since the fourth century.

Analysis and contents of the epistle

The subjects treated of in the Epistle are many and various; moreover, St. James not infrequently, whilst elucidating a certain point, passes abruptly to another, and presently resumes once more his former argument; hence it is difficult to give a precise division of the Epistle. It is doubtful whether the sacred writer intended any systematic arrangement of subject; indeed, it is more probable that he did not, for in the HebrewSapiential Books of the Old Testament, Proverbs, Ecclesiastes, Ecclesiasticus, to which the present Epistlemay in many ways be likened, the order in which the moral sentences stand does not seem to suggest any connection between them. It will therefore be more expedient to give a simple enumeration of the subjects treated in the Epistle:
  • Inscription (i, 1);
  • persecutions are to be borne with patience and joy (2-4);
  • wisdom must be asked of God with confidence (5-8);
  • humility is recommended (9-11);
  • God is not the author of evil but of good (12-18);
  • we must be slow to anger (19-21);
  • not faith only, but also good works are necessary (22-27).
  • Against respect of persons (ii, 1-13);
  • another exhortation to good works (14-26).
  • Against the evils of the tongue (iii, 1-12);
  • against envy and discord, 13-18.
  • Against wars and contentions (iv, 1-3);
  • against the spirit of this world and pride (4-10);
  • against detraction (11-13a);
  • against vain confidence in worldly things (13b-16).
  • Against the rich that oppress the poor (v, 1-6);
  • exhortation to patience in the time of oppression (7-11), and to avoid swearing (12);
  • of the anointing of the sick (13-15);
  • of prayer (16);
  • we must have at heart the conversion of sinners (19-20).
This enumeration shows that St. James inculcates especially: patience and perseverance in adversity,temptations, and persecutions; the necessity of good works, mercy, and charity. For the question of apparent opposition between St. James and St. Paul with regard to "faith and works" see EPISTLE TO THE ROMANS.

Occasion and object

Occasion

St. James seems to have been moved to write his Epistle on witnessing that the first fervour of the JewishChristians had grown cold, and that, owing to various causes, both external and internal, a certain spirit of discouragement had declared itself amongst them.

(1) External Causes. The new Christian converts found themselves at first the object of the indifference only of their fellow townsfolk, the greater number of whom still remained in unbelief; but this attitude very soon changed to one of hostility and even persecution. These early converts, belonging as they mostly did to the poorer classes, found themselves oppressed by the wealthy unbelievers; some were refused employment, others were denied their wages (v, 4); at other times they were mercilessly dragged before the tribunals (ii, 6); they were persecuted in the synagogues, and were, besides, reduced to extreme want and even starvation (ii, 15-17).

(2) Internal Causes. In the midst of these trials the faith of many began to languish (ii, 14, 20, 26), and theevil ways they had abandoned at their conversion were gradually indulged in once more. Thus it came to pass that the poor were despised in the sacred assemblies (ii, 1-9); there were breaches of brotherly charity (ii, 7); some arrogated to themselves the office of teacher who were unfitted (iii, 1, 13); many were guilty ofdetraction and other sins of the tongue (iii, 1-12; iv, 11-13); there were contentions and lawsuits (iv, 1-2); some indulged in swearing (v, 12); others neglected assiduous prayer (v, 13, 17-18); pride and vainglory were yielded to (iv, 6-10); even some of the sacred rites seem to have been overlooked (v, 14-16). Such were theevils that the Epistle sought to remedy.

Object

St. James wrote his Epistle for a moral purpose, and addressed his co-religionists as their pastor, in hisquality of Bishop of Jerusalem, in order: (1) to exhort them to constancy in the faith in spite of thepersecutions and trials they were undergoing, and to give them comfort in their tribulations; (2) to correct the abuses and extirpate the evils amongst them, by urging them to make their conduct conformable to theirfaith, and by earnestly reminding them that faith alone would not save them unless they added good works.

To whom addressed

St. James wrote his Epistle for the Jewish Christians outside Palestine, who, for the greater part, were poorand oppressed. This we gather with certitude from the inscription (i, 1), and from various indications in the text.

A. The words, i, 1, "to the twelve tribes" can mean the whole Jewish nation; but the words following, "which are scattered abroad", designate clearly the Jews of the Dispersion. The Jews in Palestine, surrounded byGentiles, were not considered as "scattered abroad". That he addressed the Jewish Christians only becomes evident by the fact that the author styles himself "the servant of God, and of our Lord Jesus Christ", and by this title he indicates clearly that he writes to the disciples of Christ only.

B. That the readers were Jewish appears still more evidently from the Epistle itself. St. James takes for granted that those whom he addressed were well versed in the writings of the Old Testament. Moreover, he calls them not only his "brethren", which name taken by itself does not remove all doubt, but he so clearly shows them to be Christians that it is incomprehensible how any critics understand unconverted Jews to be the "brethren" to whom the Epistle was written. Thus in i, 18, he writes to those whom God "of his own willhath begotten by the word of truth, that they might be some beginning of his creature"; in ii, 1, headmonishes them as follows: "My brethren, have not the faith of our Lord Jesus Christ of glory with respect topersons"; in ii, 7, he refers to them when he writes of "the good name [of Christ] that is invoked upon you"; in v, 7, they are to be patient "until the coming of the Lord"; etc. Further proof is afforded by the date of composition.

C. The context does not reveal who were the particular Jewish converts, to whom the Epistle was addressed. We gather, however, that St. James appeals to certain Christians, labouring under the stress of particular circumstances, in order to warn them against special perils; no one will easily admit that the vices against which he inveighs and the errors which he condemns were to be met with in each and every community ofJewish converts. Therefore the conclusion that he addressed some particular Churches forces itself upon ourminds. As, according to the most probable opinion, the Epistle was not written later than about A.D. 50, we may conclude that it was written to some of the Churches of Syria or of another country not far distant fromJerusalem.

Style

The style is sententious, figurative, often poetical, and may be compared to that of the Prophetical and Sapiential Books of the Old Testament. It is rapid, betrays emotion, and is not wanting in those vehement outbursts of feeling customary with the writers of that period, and which so powerfully set the force of the argument before the reader. It has already been noticed that the different sentences of the Epistle may be divided into hemistichs of parallel meaning; this is quite in keeping with the distinctly Hebraic style of the whole Epistle; it is a well known fact that the classical period is not found in Hebrew, but that the short members of a proposition are continually in juxtaposition.

Time and place of composition

Time

The Epistle was probably written about A.D. 47. The reference to the persecutions (ii, 6) is in the present tense, and indicates a stage of suffering which has not yet receded into the past of history. Now, in A.D. 44 the Churches of Judea were exposed to the persecution inflicted by Herod Agrippa, in which James, the son ofZebedee, was murdered (Acts 12:1 sqq.). Moreover, the author could not have written after the Council ofJerusalem (A.D. 51), where James acted as president, without some allusion to his decision unanimously accepted (Acts 15:4 sqq.). Another indication also derived from indirect internal evidence, is an allusion to the hungry and naked poor (of Jerusalem, ii, 15 sqq.); they suffered probably from the famine foretold by Agabus(Acts 11:28-30), and usually identified with one mentioned by Josephus (Antiq., XX, ii, 5), A.D. 45.

Place of composition


The Epistle was probably written by St. James in Jerusalem; this we may conclude from the study of the life of the author (see SAINT JAMES THE LESS), and this opinion finds favour with nearly all its critics.

Sources

Consult Introductions to the New Testament. It will suffice to indicate some recent commentaries and special studies in which the earlier bibliography is mentioned. CATHOLIC WORKS:-ERMONI IN VIGOUROUX, Dict. de la Bible, s.vv. Jacques (Saint) le Majeur, Jacques (Saint) le Mineur, Jacques (Epître de Saint); JACQUIER, Histoire des livres de Nouveau Testament (Paris, 1909); MEINERTZ, Der Jacobusbrief und sein Verfasser in Schrift und Ueberlieferung (Frieburg im Br., 1905); CALMES, Épître catholiques, Apocalypse (Paris, 1905); VAN STEENKISTE-CAMERLYNCK, Commentarius in Epistolas Catholicas (Bruges, 1909). NON-CATHOLIC WORKS:-LIPSIUS, Die apocryphen Apostelgeschichten und Apostellegenden (Braunschweig, 1883-1890); SPITTA, Der Brief des Jacobus (Göttingen, 1896); MAYOR, The Epistle of St. James (London, 1892); IDEM in HASTINGS, Dict. of the Bible, s.vv. James and James, The General Epistle of; PLUMPTRE, The General Epistle of St. James (Cambridge, 1901); EMMETT in HASTINGS-SELBIE, Dict. of the Bible, s.v. James, Epistle of.

Camerlynck, Achille. "Epistle of St. James." The Catholic Encyclopedia. Vol. 8. New York: Robert Appleton Company, 1910.1 May 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/08275b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Christopher Nantista.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.
SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/08275b.htm



May 1

St. James the Less, Apostle

See Tillemont, t. 1, p. 405. Ceillier, t. 1, p. 422

ST. JAMES, to distinguish him from the other apostle of the same name, the son of Zebedee, was called the Less; which appellation is supposed to have taken its rise, either from his having been called later to the apostleship than the former, or from the lowness of his stature, or from his youth. He is also known by the title of James the Just, a denomination all agree, with Hegesippus 1 and St. Clement of Alexandria, to have been given on account of his eminent sanctity. He was the son of Alpheus 2 and Mary, the sister of the Blessed Virgin, and seems to have been born some years before our Lord. Jesus came with his brethren, and probably St. James among the rest, to settle in Capharnaum, at the beginning of his ministry. 3 James and his brother Jude were called to the apostleship in the second year of Christ’s preaching, soon after the Pasch, in the year 31. He was favoured with an extraordinary apparition of his Master after his resurrection. 4 Clement of Alexandria says, that Christ being risen from the dead, communicated the gift of science 5 to SS. James the Just, John, and Peter, and that they imparted it to the other apostles. We are told by SS. Jerom 6 and Epiphanius, 7 that our Lord, at his ascension, recommended his church of Jerusalem to St. James; in consequence whereof the apostles, before their dispersion, constituted him bishop of that city. It was probably for a mark of his episcopal authority, and as an ensign of his dignity, that he wore on his head a lamina, or plate of gold, as is recounted by St. Epiphanius. 8 Polycrates, quoted by Eusebius, 9 testifies, that St. John did the same: others relate the like of St. Mark. It was probably done in imitation of the Jewish high-priest.

St. James governed that church in perpetual dangers, from the fury of the people and their violent persecutions; but his singular virtue procured him the veneration of the Jews themselves. As to his sanctity, Eusebius 10 and St. Jerom 11 give from Hegesippus the following account concerning him: “He was always a virgin, and was a Nazarite, or one consecrated to God. In consequence of which he was never shaved, never cut his hair, never drank any wine or other strong liquor; moreover he never used any bath, or oil to anoint his limbs, and never ate of any living creature except when of precept, as the paschal lamb: he never wore sandals, never used any other clothes than one single linen garment. He prostrated so much in prayer, that the skin of his knees and forehead was hardened like to camel’s hoofs.” St. Epiphanius says, 12 that, in a great drought, on stretching out his arms to heaven, he by his prayers instantly obtained rain. His eminent sanctity made even the Jews style him the just man: and Origen observes, 13 that Josephus himself gives him that epithet, though it is not to be found now in Josephus’s works. The same reverence for his person procured him the privilege of entering at pleasure into the sanctum or holy place, namely, that part of the temple where none but the priests were allowed by the law to enter. 14 St. Jerom adds, 15 that the Jews strove, out of respect, who should touch the hem of his garment. In the year 51, he assisted at the council of the apostles, held at Jerusalem, about the observance of circumcision, and the other legal ceremonies of the law of Moses. Here, after having confirmed what St. Peter said, he devised the sentence which the apostles drew up on that occasion. 16 This apostle being bishop of a church, which then chiefly consisted of Jewish converts, tolerated the use of the legal ceremonies, 17 and, together with others, advised St. Paul to purify himself and offer sacrifice. 18 He is the author of a canonical epistle which he wrote in Greek. It is at the head of those called catholic or universal, because addressed not to any one particular church, but to the whole body of the converted Jews dispersed throughout the then known world. It was penned some time after those of St. Paul to the Galatians, in 55, and to the Romans in 58. It could not therefore be written before the year 59, fourteen years after the death of St. James the greater. The author’s view in this epistle is to refute the false teachers, who, abusing certain expressions in St. Paul’s writings, pretended that faith alone was sufficient to justification without good works: whereas, without these, he declares our faith is dead. He adds excellent precepts of a holy life, and exhorts the faithful not to neglect the sacrament of extreme unction in sickness.

The oriental liturgy or mass, which bears the name of this apostle, is mentioned by Proclus, patriarch of Constantinople, and by the council in Trullo, and is of venerable antiquity. 19—St. Basil, indeed, testifies, 20 that the words of the sacred invocation in the consecration of the bread and of the cup, were not committed to writing, but learned and preserved by tradition down to the fourth century, which was done on a motive of respect and veneration: but other parts of the liturgy were written. Perhaps St. James gave only general directions about this liturgy, upon whose plan it was afterwards drawn up or enlarged. His singular learning in sacred matters is extolled by St. Clement of Alexandria, 21 and St. Jerom. 22

The Jews, being exasperated at the disappointment of their malicious designs against St. Paul, by his appeal to Cæsar, to whom he was sent by Festus, in the year 60, were resolved to revenge it on St. James. That governor, dying before the arrival of his successor, Albinus, this vacancy gave them an opportunity of acting more arbitrarily than otherwise they durst have done. Wherefore, during this interval, Ananus, the high-priest, son of the famous Annas mentioned in the gospels, having assembled the Sanhedrim, or great council of the Jews, summoned St. James and others before it. Josephus, the Jewish historian, says, 23 that St. James was accused of violating the laws, and delivered to the people to be stoned to death. And Hegesippus adds, 24 that they carried him up to the battlements of the temple, and would have compelled him from thence to make a public renunciation of his faith in Christ, with this further view, thereby to undeceive, as they termed it, those among the people who had embraced Christianity. But St. James took that opportunity to declare his belief in Jesus Christ after the most solemn and public manner. For he cried out aloud from the battlements, in the hearing of a great multitude, which was then at Jerusalem on account of the passover, that Jesus, the Son of man, was seated at the right hand of the Sovereign Majesty, and would come in the clouds of heaven to judge the world. The Scribes and Pharisees, enraged at this testimony in behalf of Jesus, cried out: “The just man also hath erred.” And going up to the battlements, they threw him headlong down to the ground, saying: “He must be stoned.” St. James, though very much bruised by his fall, had strength enough to get upon his knees, and in this posture, lifting up his eyes to heaven, he begged of God to pardon his murderers, seeing that they knew not what they did. The rabble below received him with showers of stones, and at last a fuller gave him a blow on the head with his club, such as is used in dressing of cloths, after which he presently expired. This happened on the festival of the Pasch, the 10th of April, in the year of Christ 62, the seventh of Nero. He was buried near the temple, in the place in which he was martyred, where a small column was erected. Such was the reputation of his sanctity, that the Jews attributed to his death the destruction of Jerusalem, as we read in St. Jerom, 25 Origen, 26 and Eusebius, 27 who assure us that Josephus himself declared it in the genuine editions of his history. Ananus put others to death for the same cause, but was threatened for this very fact by Albinus, and deposed from the high-priesthood by Agrippa. The episcopal throne of St. James was shown with respect at Jerusalem, in the fourth century. His relics are said to have been brought to Constantinople about the year 572.

Note 1. B. 2, c. 1, 23. [back]

Note 2. Some take Alpheus and Cleophas to be only different names for the same person. Others are of opinion, that Cleophas was Mary’s father; or perhaps she married Cleophas after the death of Alpheus. Joseph, called in the original text Jose, was a brother of St. James, and son of Mary. (Mark xv. 40.) St. Jude styles himself his brother. (Jude i.) He had also a brother called Simon, the same with Simeon, son of Cleophas, and bishop of Jerusalem, whose life was given on the 18th of February. These were called our Lord’s brethren, according to the use of that word among the Jews, which extends it to all near relations. They had also sisters: St. Epiphanius names two, Mary and Salome. The sons of Cleophas were likewise cousins-german to our Saviour, by St. Joseph his reputed father: for Hegesippus assures us that Cleophas was brother of St. Joseph. Cleophas was himself a disciple of Christ, who, going to Emmaus with another disciple, was favoured with the apparition related, Luke xxiv. He is honoured in the Roman Martyrology the 25th of September; and Mary, his spouse, who had followed and served Christ in Galilee, and attended him in his passion and burial, on the 9th of April. [back]

Note 3. John ii. 12. [back]

Note 4. 1 Cor. xv. 7. [back]

Note 5. [Greek], Eus. b. 2, c. 1. [back]

Note 6. In Gal. p. 164. [back]

Note 7. Hær. 87. [back]

Note 8. Hær. 29. [back]

Note 9. Eus. b. 3, c. 24. [back]

Note 10. B. 2, c. 23. [back]

Note 11. In Jovin. b. 2, c. 24. [back]

Note 12. Hær. 78. [back]

Note 13. Orig. in Cels. l. 1, p. 35. [back]

Note 14. Heges. apud Eus. ib. [back]

Note 15. In Galat. 1. 19. [back]

Note 16. Acts xv. [back]

Note 17. Gal. ii. 11. [back]

Note 18. Acts xxi. 17. [back]

Note 19. See Le Brun, Sur les Liturgies. [back]

Note 20. L. de Spir. S. c. 27. [back]

Note 21. Apud Eus. l. 2, c. 1. [back]

Note 22. L. contra Cels. [back]

Note 23. Ant. 1. 20. [back]

Note 24. Apud Eus. l. 2, c. 23. [back]

Note 25. In Jovin. b. 1, c. 24. [back]

Note 26. Contra Cels. l. 1, and in Matt. p. 223. [back]

Note 27. Eus. Hist. l. 1, c. 23. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume V: May. The Lives of the Saints.  1866.
SOURCE : http://www.bartleby.com/210/5/012.html

Santi Filippo e Giacomo il Minore Apostoli


- Festa

L'apostolo Filippo e Giacomo il minore vengono ricordati lo stesso giorno poichè le loro reliquie furono deposte insieme nella chiesa dei Dodici Apostoli a Roma.

Filippo (primo secolo) era originario della città di Betsaida, la stessa degli apostoli Pietro e Andrea. Discepolo di Giovanni Battista, fu tra i primi a seguire Gesù e, secondo la tradizione, evangelizzò gli Sciti e i Parti.

Giacomo (primo secolo) era figlio di Alfeo e cugino di Gesù. Ebbe un ruolo importante nel concilio di Gerusalemme (50 circa) divenendo capo della Chiesa della città alla morte di Giacomo il Maggiore. Scrisse la prima delle Lettere Cattoliche del Nuovo Testamento. Secondo Giuseppe Flavio (37 circa - 103) fu lapidato tra il 62 e il 66. Tuttavia l'attendibilità del racconto è dubbia.

Il 3 di maggio la Chiesa ricorda la memoria liturgica di due santi:

San Filippo Apostolo


Palestina, I secolo d.C.

Filippo, nato a Betsaida, fu tra i primi ad essere chiamato da Gesù. Spesso confuso con il diacono Filippo, al di là delle notizie forniteci dal quarto Vangelo, la tradizione e su di lui non è sempre concorde. Sicuramente evangelizzò, sotto Domiziano, la Frigia, dove sembra sia morto crocifisso a testa in giù.

Etimologia: Filippo = che ama i cavalli, dal greco

Emblema: Croce, Pani e pesci

Martirologio Romano: Festa dei santi Filippo e Giacomo, Apostoli. Filippo, nato a Betsaida come Pietro e Andrea e divenuto discepolo di Giovanni Battista, fu chiamato dal Signore perché lo seguisse; Giacomo, figlio di Alfeo, detto il Giusto, ritenuto dai Latini fratello del Signore, resse per primo la Chiesa di Gerusalemme e, durante la controversia sulla circoncisione, aderì alla proposta di Pietro di non imporre quell’antico giogo ai discepoli convertiti dal paganesimo, coronando, infine, il suo apostolato con il martirio.

Due apostoli festeggiati insieme: Filippo e Giacomo. Due galilei che hanno trovato "colui del quale hanno scritto Mosè e i Profeti". E’ con queste parole che Filippo conduce a Gesù l’accigliato Natanaele (Bartolomeo) così diffidente verso quelli di Nazaret. Filippo è appena citato nei Vangeli di Matteo, Marco e Luca. Giovanni lo presenta per la prima volta mentre fa il conto di quanto costerebbe sfamare la turba che è al seguito di Gesù (6,57). E, più tardi, quando accompagna da Gesù, dopo l’ingresso in Gerusalemme, alcuni “Greci” venuti per la Pasqua: quasi certamente “proseliti” dell’ebraismo, di origine pagana (12,21 ss.). Nell’ultima cena, Filippo è uno di quelli che rivolgono domande ansiose a Gesù. Gli dice: "Signore, mostraci il Padre e ci basta", attirandosi dapprima un rilievo malinconico: "Da tanto tempo sono con voi, e tu non mi hai ancora conosciuto, Filippo?". E poi arriva, a lui e a tutti, il pieno chiarimento: "Chi ha visto me, ha visto il Padre". 

Dopo l’Ascensione di Gesù, troviamo Filippo con gli altri apostoli e i primi fedeli, allorché viene nominato Mattia al posto del traditore Giuda (Atti degli apostoli, cap. 1). Poi non si sa più nulla di lui.

Autore:
Domenico Agasso


San Giacomo il Minore Apostolo


Palestina, I secolo d.C.

Giacomo, detto il Minore per distinguerlo dal fratello di Giovanni, divenne vescovo di Gerusalemme dopo la morte di Giacomo il Maggiore e la partenza di Pietro. Occupò una posizione di rilievo negli Atti degli Apostoli ed è autore di una lettera “ cattolica “ alle “ dodici tribù della diaspora “, che è come un’eco del “Discorso della montagna”. Il suo ascetismo gli conquistò la stima anche di ebrei ortodossi, molti dei quali si convertirono. Sembra sia stato lapidato nel 62 d.C..

Etimologia: Giacomo = che segue Dio, dall'ebraico

Martirologio Romano: Festa dei santi Filippo e Giacomo, Apostoli. Filippo, nato a Betsaida come Pietro e Andrea e divenuto discepolo di Giovanni Battista, fu chiamato dal Signore perché lo seguisse; Giacomo, figlio di Alfeo, detto il Giusto, ritenuto dai Latini fratello del Signore, resse per primo la Chiesa di Gerusalemme e, durante la controversia sulla circoncisione, aderì alla proposta di Pietro di non imporre quell’antico giogo ai discepoli convertiti dal paganesimo, coronando, infine, il suo apostolato con il martirio.

Due apostoli festeggiati insieme: Filippo e Giacomo. Due galilei che hanno trovato "colui del quale hanno scritto Mosè e i Profeti". E’ con queste parole che Filippo conduce a Gesù l’accigliato Natanaele (Bartolomeo) così diffidente verso quelli di Nazaret. 

Giacomo figlio di Alfeo. E’ detto il Minore per distinguerlo da Giacomo figlio di Zebedeo (e fratello di Giovanni) detto il Maggiore e da secoli venerato come Santiago a Compostela. Da Luca sappiamo che Gesù sceglie tra i suoi seguaci dodici uomini "ai quali diede il nome di apostoli" (6,14), e tra essi c’è appunto Giacomo di Alfeo, il Minore. Nella Prima lettera ai Corinzi, Paolo dice che Gesù, dopo la risurrezione "apparve a Giacomo e quindi a tutti gli apostoli". 

Lo chiamano “Giusto” per l’integrità severa della sua vita. Incontra Paolo, già duro persecutore dei cristiani e ora convertito: e lo accoglie con amicizia insieme a Pietro e Giovanni. Poi, al “concilio di Gerusalemme”, invita a "non importunare" i convertiti dal paganesimo con l’imposizione di tante regole tradizionali. Si mette, insomma, sulla linea di Paolo. Dopo il martirio di Giacomo il Maggiore nell’anno 42 e la partenza di Pietro, Giacomo diviene capo della comunità cristiana di Gerusalemme. Ed è l’autore della prima delle “lettere cattoliche” del Nuovo Testamento. In essa, si rivolge "alle dodici tribù disperse nel mondo", ossia ai cristiani di origine ebraica viventi fuori della Palestina. E’ come un primo esempio di enciclica: sulla preghiera, sulla speranza, sulla carità e inoltre (con espressioni molto energiche) sul dovere della giustizia. Secondo lo storico Eusebio di Cesarea, Giacomo viene ucciso nell’anno 63 durante una sollevazione popolare istigata dal sommo sacerdote Hanan, che per quel delitto sarà poi destituito.

Autore:
Domenico Agasso