mercredi 23 mai 2012

Saint CRISPIN de VITERBE,frère capucin


SAINT CRISPIN de VITERBE

Capucin

(1668-1750)

Crispin de Viterbe eut pour parents de pauvres ouvriers. Sa mère lui inspira, dès ses premières années, une grande dévotion à Marie: "Voilà ta vraie Mère," lui avait-elle dit, en le conduisant à Son autel.

Le pieux enfant fut placé chez un de ses oncles qui était cordonnier; le samedi soir, avec le petit salaire de la semaine, Crispin allait acheter un bouquet pour la Sainte Vierge.

La vue de plusieurs Capucins décida sa vocation: il avait vingt-cinq ans. Quoique faible de santé, Crispin, dans le couvent où il fut admis, suffisait à tout: il bêchait le jardin, allait à la quête, soignait les malades. Un religieux infirme, plein d'admiration pour lui, disait: "Frère Crispin n'est pas un novice, mais un ange." Rien de plus naïf que la piété de ce sublime ignorant.

Dans tous les couvents où il passait, Crispin dressait à son usage un petit autel à Marie. Un jour qu'il y avait placé deux belles fleurs, elles furent volées par deux petits espiègles. Peu après, un religieux lui donna deux cierges; le bienheureux les alluma et sortit pour cueillir des légumes dans le jardin; le religieux qui les avait donnés les ôta, et se cacha pour voir ce qui arriverait. A son retour, Crispin, attristé, se plaignit à Marie: "Comment! Hier les fleurs et aujourd'hui les cierges! O ma Mère, Vous êtes trop bonne; bientôt on Vous prendra Votre Fils dans les bras et Vous n'oserez rien dire!"

Quand on le plaignait de son excès de travail, il disait en riant le mot de saint Philippe de Néri: "Le Paradis n'est point fait pour les lâches!" Un jour, la maladie sévit dans un couvent: "Voulez-vous risquer votre vie et aller soigner vos frères? lui dit son supérieur. Voulez-vous? reprit Crispin; j'ai laissé ma volonté à Viterbe, en entrant chez les Capucins." Il guérit tous les malades du couvent et revint lui-même en parfaite santé.

Il aimait beaucoup les fonctions de frère quêteur et se plaisait à s'appeler l'âne des Capucins. Si, pour l'éprouver, on l'accablait d'injures: "Dieu soit loué! s'écriait-il; on me traite ici comme je le mérite." Sa charmante humeur l'a fait appeler le Saint joyeux.
Il est mort à Rome le 19 mai 1750.

Fra Crispino a été béatifié, le 26 aout 1806, par le pape Pie VII (Barnaba Chiaramonti, 1800-1823) et canonisé, le 20 juin 1982, par le Bx Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) à conclusion du 8e centenaire de la naissance de saint François d’Assise (Crispin a été le premier saint canonisé par Jean-Paul II).

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20120519&id=6268&fd=0



St. Crispin de Viterbe (Pierre Fioretti), frère capucin italien. Né le 13 novembre 1668 à Viterbe, Pierre Fioretti était fils de laboureurs très pieux. Il devint très proche du Seigneur très vite par la prière et le jeûne. On l’appelait déjà tout jeune « le petit saint ». Sa mère, dès son plus jeune âge, lui inspira une grande dévotion à la Vierge Marie. Chaque fois qu'elle emmenait son fils à l'église, ils s'arrêtaient devant l'autel de la vierge, et elle lui disait « Voilà ta vraie Mère ». A 5 ans, il avait été consacré à la Vierge Marie, à qui il fit toujours confiance. Tout enfant, il fut placé chez un oncle, cordonnier. Avec les quelques sous qu'il gagnait, Crispin allait acheter des fleurs pour apporter à la Sainte Vierge. Apprenti, il prenait toujours une part de son maigre salaire pour offrir chaque samedi soir un bouquet à la Reine des cieux. A l'âge de 25 ans, voyant autour de lui des frères Capucins, il eut envie de les rejoindre, malgré sa faible santé. Il intégra donc le couvent où il exerça toutes les tâches ancillaires qu'on lui demandait : bêcher le jardin, quêter, faire la cuisine, soigner les malades, etc., tâches dont il s'acquittait dans la joie et la bonne humeur constantes. Le frère infirmier disait de lui : « Frère Crispin n'est pas un novice, mais un ange. ».Il resta frère lai, soignant les malades, apaisant les rixes par sa seule présence. Il guérit vite une mourante. Il avait le don de guérison. Il était cuisinier, mais édifiait par sa foi et sa mortification. Il était envoyé de couvents en couvents. “ Avec l’aide de Dieu, je veux savoir dans mon état garder pleine et sans tache la chasteté de mon corps, réprimant et refrénant en moi les instincts mauvais. Je m’efforcerai à tout prix d’acquérir un esprit de force... Complètement détaché de ce monde trompé et trompeur, je m’efforcerai de n’avoir que des désirs qui soient de Dieu et pour Dieu, de Jésus et pour Jésus ”. Frère cuisinier, il acueillait tout le monde dans sa cuisine autour de l’autel qu’il avait dressé à Marie. Pendant quarante ans, il fut moine quêteur pour son couvent d'Orvieto ; tout en demandant le pain à ceux qu'il sollicitait, il leur parlait de Dieu et de la Vierge Marie pour laquelle il avait toujours une aussi profonde dévotion. D'ailleurs, quand on lui soumettait des cas douloureux ou difficiles, il répondait : « Laissez-moi parler un peu avec Madame ma Mère (mia Signora Madre), puis revenez me voir ». Il était apôtre et sauveur. A 80 ans, malade, on l’emmena à Rome. Là, toute une partie de la ville était venue le visiter, à l’étonnement du saint qui ne comprenait pas qu’on s’intéressât à un pauvre pêcheur comme lui. Il mourut le 19 mai 1750, comme il l’avait prédit, en laissant à tous ses contemporains le souvenir d'un saint homme joyeux, partageant sa bonne humeur et témoignant de sa foi sans limite devant ses frères tout en accomplissant les plus humbles besognes.. Béatifié par Pie VII le 26 août 1806, il fut canonisé par Jean-Paul II le 20 juin 1982.

Sa mère lui avait enseigné de mettre toute sa confiance dans la Vierge Marie et d'avoir recours à elle en toutes circonstances. Un jour qu'il était monté sur un arbre avec trois camarades, une branche se cassa, et ils tombèrent sur des pierres. Le petit Crispin s'écria aussitôt : « Sainte Vierge Marie, venez à mon aide ! ». Ses trois camarades furent gravement blessés et seul Crispin se releva sans une égratignure.

Dans tous les couvents où on l'envoyait, Crispin dressait à son usage un petit autel à Marie. Un jour qu'il y avait placé deux belles fleurs, elles furent volées par deux malandrins. Le lendemain, un religieux lui donna deux cierges ; Crispin les alluma et sortit pour aller cueillir des légumes dans le jardin ; le religieux qui les lui avait donnés les enleva, et se cacha pour voir comment Crispin allait réagir. A son retour, Crispin, ne voyant plus les cierges, se plaignit à Marie: « Comment ! Hier les fleurs et aujourd'hui les cierges ! Ô ma Mère, Vous êtes trop bonne ; bientôt on Vous prendra Votre Fils dans les bras et Vous n'oserez rien dire ! ».

Quand on le plaignait de son excès de travail, il disait en riant le mot de saint Philippe Néri: « Le Paradis n'est point fait pour les lâches ! ».

Un jour, une maladie contagieuse se répandit dans son couvent. Son supérieur lui demanda : « Voulez-vous risquer votre vie et aller soigner vos frères ? » Crispin lui répondit : « Voulez-vous ? J'ai laissé ma volonté à Viterbe, en entrant chez les Capucins». Il alla soigner tous ses frères et ne fut pas atteint lui-même par l'épidémie.

Il aimait beaucoup aller quêter pour sa communauté et s'appelait lui-même l'âne des Capucins. Si, pour l'éprouver, on l'insultait, il s'écriait : « Dieu soit loué ! On me traite ici comme je le mérite »

SOURCE ; http://www.eglise.gf/index.php?option=com_content&view=article&id=73:saint-crispin-de-viterbe-capucin-italien-&catid=50:saint-de-la-semaine&Itemid=59&lang=pt&160bd5f46256fe583b33e397cd30b92c=93e5d684da091ebfd52d8e4f800c7d5b

Saint Crispin de Viterbe

Premières années

Ce fut à Viterbe, dans les Etats dont la sainte Eglise de Dieu a été naguère si injustement dépouillée, que naquit le grand serviteur de Marie, frère Crispin, en l’an du Seigneur 1668. Son père était un honnête ouvrier, nommé Ubald Fioretti ; sa mère s’appelait Marzia. A son baptême, il reçut le nom de Pierre qu’il devait plus tard changer pour celui sous lequel il est connu et honoré.

De bonne heure, Marzia inspira à son enfant une tendre dévotion envers la Très sainte Mère de Dieu. Lorsqu’il eut atteint sa cinquième année, elle le conduisit à l’église de Notre-Dame della Quercia, où, après s’être longuement prosternée devant l’image miraculeuse qu’on y vénère, elle l’offrit et le consacra à Marie : « Regarde, mon enfant, dit-elle au jeune Pierre, voilà ta Mère : je te donne à elle pour toujours ; aime-la de tout ton cœur. »

Depuis lors, Pierre n’appela plus la Sainte Vierge que sa Mère et sa Dame. Il jeûnait à la vigile de ses fêtes et tous les samedis, en son honneur. Il l’invoquait fréquemment, et Marie exauçait ses prières.

Un jour, il tomba du haut d’un arbre avec quelques-uns de ses petits camarades. Tous furent grièvement blessés, à l’exception de notre bienheureux qui se releva sans la moindre égratignure. Il avait imploré le secours de sa Mère, et Marie l’avait soutenu dans sa chute.

A un âge si tendre, il se levait la nuit pour prier Dieu, ou pour s’étendre sur la terre nue, et mortifiait son petit corps par de rudes disciplines.

A dix ans, ses parents le firent étudier quelque peu. Ils le placèrent ensuite chez un de ses oncles, qui était cordonnier. Toutes les semaines, quand il était satisfait de son travail, cet oncle lui donnait une petite pièce d’argent. Le bienheureux courait bien vite acheter un bouquet de fleurs. « Donnez-moi les plus belles que vous ayez, disait-il au marchand ; c’est pour les offrir à une grande Dame. » Cette Dame était la Sainte Vierge, sa bonne Mère.

Il déposait le bouquet devant sa statue et demeurait là de longues heures en prière, n’entendant que Jésus, ne voyant que Marie.

Le bienheureux Crispin, Capucin

Une si belle fleur n’était pas destinée à se faner au contact du monde : Notre-Seigneur la cueillit et la plaça dans un vase précieux.

Un jour que les novices du couvent des Capucins passaient en procession, le saint jeune homme fut profondément touché de leur recueillement et de leur ferveur. Dès lors, tout son désir fut de les imiter. Il s’adressa au Provincial qui lui permit d’entrer au Noviciat.

Ce ne fut pas sans une vive douleur que sa mère le vit s’éloigner pour toujours du toit paternel. Le bienheureux la consola le mieux qu’il put : « Pourquoi pleurez-vous ? lui dit-il. Ne m’avez vous pas donné à la Très Sainte Vierge dès l’âge de cinq ans ? Voudriez-vous aujourd’hui reprendre ce que vous lui avez offert ? Vous n’avez fait aucune réserve ; je ne m’appartiens donc plus ? »

Le gardien du couvent, voyant sa petite taille, ses traits pâles et amaigris, craignit qu’il ne pût supporter les rigueurs de la règle. Il refusa tout d’abord de l’admettre au nombre des novices ; mais le Provincial intervint, et, quelques jours après, le bienheureux pouvait revêtir l’habit de Saint-François. Il changea son nom pour Crispin, en souvenir du métier qu’il avait exercé dans le monde. Il avait alors vingt-cinq ans.

A l’exemple de saint Félix de Cantalice dont le glorieux souvenir était encore vivant dans l’ordre des Capucins, le saint religieux ne voulut jamais être que simple frère convers. Cette âme candide ne se croyait pas assez pure pour les sublimes fonctions de l’autel. En conséquence, il allait à la quête, soignait les malades, servait les frères, cultivait le jardin.

Le frère Crispin, cuisinier

Après un noviciat passé tout entier dans la prière et l’austérité, le bienheureux fut admis à faire profession. Puis on l’envoya au couvent de la Tolfa, où il fut chargé de la cuisine. Son premier soin fut d’y élever un petit autel à la Sainte Vierge où il chantait tous les soirs avec deux autres frères les litanies de la Bonne Mère.

Une cruelle épidémie promenait alors ses ravages dans la contrée. Une bienfaitrice du couvent en fut atteinte, et elle était sur le point de mourir, lorsqu’à sa prière, le gardien du couvent lui envoya le frère Crispin dont les mérites et les vertus étaient déjà connus de tous. Le bienheureux fit le signe de la croix sur le front de la malade, avec la médaille de son chapelet, qui représentait l’Immaculée Conception. Elle fut guérie à l’instant.

Le bruit de se prodige se répandit au loin, et tous les malades de la Tolfa eurent recours à l’intercession de l’humble religieux pour être délivrés de leurs infirmités. Il en guérit un très grand nombre au moyen de cette médaille.

La renommée du saint religieux franchit bien vite les murs du cloître pour se répandre dans toutes les provinces voisines. Elle lui donna partout une salutaire influence. Les pécheurs publics ne pouvaient souffrir la présence du bienheureux. A son approche, les jeux cessaient, les disputent s’apaisaient, les duellistes laissaient tomber leurs épées. Aussi un missionnaire s’écriait-il : « Le frères Crispin fait plus par sa seule présence que moi avec tous mes sermons. »

Le frère Crispin, infirmier

Malgré les pressantes sollicitations du bon peuple et les vives réclamations des magistrats de la Tolfa, le bienheureux fut envoyé à Rome pour soigner les malades.

Il entra dans la ville sainte par la porte la plus rapprochée de Saint-Pierre : « Pouvons-nous, disait-il à ses compagnons, aller au couvent, avant d’avoir été prier au tombeau du prince des Apôtres, qui tient les clefs du Paradis et doit nous en ouvrir les portes ? »

Arrivé dans la basilique, il se prosterna la face contre terre et arrosa de ses larmes ce sol béni qu’avaient arrosé de leur sang tant de martyrs et de confesseurs. Il ne pouvait quitter ce lieu si cher, et ce ne fut qu’à grand’peine que ses compagnons parvinrent à l’en arracher.

Le bienheureux ne resta pas longtemps à Rome. Son humilité lui faisait trouver sa charge d’infirmier beaucoup trop élevée pour son mérite.

« Je ne suis pas, disait-il, une bête que l’on puisse tenir à l’ombre : je suis trop froid dans l’amour de Dieu. Il me faut de la fatigue et de la chaleur, ou le feu de la cuisine, ou le soleil du jardin ; j’ai besoin de travailler pour me réchauffer. »

Le frère Crispin, cuisinier pour la seconde fois

Les supérieurs accueillirent favorablement sa demande et l’envoyèrent à Albano, pour y remplir l’office de cuisinier.

Il dressa bien vite un petit autel et plaça dans la cuisine une image de sa Bonne Mère, devant laquelle il venait chanter et prier quand ses occupations le lui permettaient.

Si quelqu’un venait visiter le couvent, le bienheureux le conduisait devant cette image, et lui récitait les belles stances que le Tasse a consacrées à la Très Sainte Vierge, dans sa Jérusalem délivrée. Comme un religieux lui reprochait un jour de se servir des poètes profanes :

« Mon Père, répondit l’humble frère convers, le poisson ne va pas de lui-même à l’hameçon du pêcheur. Il faut qu’il y soit attiré par quelque appât. Nos austérités, nos cilices et nos jeûnes ne sont guère du goût des gens du monde ; ces vers les attirent et leur font écouter le petit discours que j’y ajoute. »

Les seigneurs, les évêques, les cardinaux, vinrent voir l’autel du frère Crispin et lui entendre réciter ces vers. Le Pape lui-même aimait à rendre visite à l’humble religieux et à lui donner de sa main des cierges pour sa madone.

Un jour un seigneur apporta au bienheureux deux belles fleurs brodées de soie et d’or. Quelques jeunes gens, qui allaient et venaient dans la cuisine, les lui volèrent, ce qui l’affligea vivement à cause du peu de respect que ces jeunes gens témoignaient envers la Très Sainte Mère de Dieu, pour qui ces fleurs étaient destinées. Le lendemain, le Père Damascéni, familier du Pape, lui offrit deux cierges. Le bienheureux les alluma sur son autel et sortit dans le jardin pour cueillir des légumes. Aussitôt le Père Damascéni fit enlever les cierges, de sorte que quand le frère Crispin rentra il crut qu’on les lui avait encore volés :

« Mais comment ? dit-il, en s’adressant à la Sainte Vierge, hier les fleurs, aujourd’hui les cierges ? Mais vraiment, ma Mère, vous êtes trop bonne. Ils vous prendront quelque jour votre Fils dans vos bras et vous n’oserez rien dire. Oui, je vous le dis, je vous le répète, et le redirai mille fois, vous êtes si bonne qu’ils finiront par vous enlever votre Fils. »

Le Père Damascéni écoutait, caché en un coin, ces reproches affectueux. Il rentra tout ému dans la cuisine, prit le bienheureux dans ses bras, le couvrit de baisers et de larmes et lui rendit les cierges.

Tant de bienveillances de la part des seigneurs les plus distingués, des cardinaux et du souverain Pontife lui-même, jetèrent l’alarme dans l’âme du saint religieux. Il craignait de perdre le précieux trésor de l’humilité. Cette crainte s’augmenta encore lorsque sa charité l’ayant contraint de faire quelques miracles, il devint l’admiration de tous.

Un des camériers du Pape était depuis longtemps tourmenté par des douleurs aiguës contre lesquelles on avait employé inutilement tous les secrets de l’art ; il alla trouver le bon Père cuisinier, qui les guérit aussitôt en lui faisant prendre une des fleurs offertes sur son petit autel. Le médecin du Pape, ayant appris cette guérison : « Vos remèdes ont plus de vertu que les nôtres, dit-il au frère Crispin. – Monseigneur, répondit le bienheureux, vous êtes un savant médecin et tout Rome vous reconnaît comme tel ; mais la Sainte Vierge est encore plus savante que vous et que tous les médecins du monde. »

Le saint passait une grande partie de son temps au pied de sa bonne Mère, la priant, l’invoquant, implorant son secours. Aussi obtenait-il tout ce qu’il demandait. S’agissait-il de guérir un malade ? Il le faisait venir devant sa madone, et la maladie disparaissait promptement. Le temps lui avait-il fait défaut pour préparer le repas ? Il déposait son plat sur le petit autel, et le plat était cuit en un instant.

Cependant on accourait en foule au couvent pour voir le bienheureux et prier devant son autel. Mais lui, craignant de plus en plus pour son humilité et voulant se dérober aux louanges et aux manifestations dont il était l’objet, pria ses supérieurs de le faire changer de monastère. Ils l’envoyèrent dans celui de Monte-Rotondo, où il fut chargé de cultiver le jardin.

Le frère Crispin, jardinier

En arrivant dans sa nouvelle résidence, le bienheureux trouva le frère quêteur malade. Dès lors tout le service du couvent porta sur lui. Durant tout le jour il quêtait, bêchait, labourait, aidait à la cuisine : il veillait, priait, méditait pendant la nuit. Il faisait tout, et suffisait à tout. Quand on le plaignait de cet excès de besogne, il citait cette parole de saint Philippe de Néri : « Le paradis n’est pas fait pour les lâches. »

Il éleva dans son jardin un petit autel à sa bonne Mère, qu’il mit à l’abri sous une mauvaise cabane de branchages. Tous les jours il venait avec son admirable simplicité répandre les graines devant cette cabane, afin que les petits oiseaux s’y assemblassent pour chanter les louanges de leur Reine.

Partout où allait le bienheureux, N.-S. se plaisait à manifester sa sainteté par quelque miracle. Pendant son séjour à Monte-Rotondo, il arriva qu’un jeune homme, travaillant à réparer la voûte de l’église, tomba du haut de son échelle, se brisa le corps sur le maître-autel et vint rouler sur le pavé. On venait de le déposer presque sans vie dans l’infirmerie quand le Père Crispin entra :

« François, dit-il en s’approchant doucement du moribond, espère en Dieu et en sa très Sainte Mère : dans deux jours tu seras guéri. » Pendant ces deux jours le saint religieux redoubla ses prières et ses austérités, et François se leva complètement guéri.

Le Père Crispin, infirmier pour la seconde fois

Une épidémie ravageait le couvent de Bracciano. Il fallait à tout prix y envoyer un infirmier. Le bienheureux se trouvait à Rome lorsqu’on apprit cette douloureuse nouvelle ; il s’offrit aussitôt.

« Comme il y a péril de mort, lui dit le Provincial, je n’entends pas forcer votre volonté.

- Quelle volonté, mon Père ? s’écria le bienheureux. Quand je me suis fait Capucin, j’ai laissé ma volonté à Viterbe. J’ai fait vœu d’obéissance devant Dieu, la Sainte Vierge et notre Père saint François, sans réserve ni pour les maladies, ni pour la mort. Envoyez-moi donc en vertu de l’obéissance et j’irai content. »

Le Provincial lui donna l’ordre qu’il désirait, le bénit et le laissa partir. Mais les amis du bienheureux, apprenant le danger qu’il allait courir, s’efforcèrent de le retenir : « Ne craignez rien, leur dit-il, je vais à Bracciano en compagnie d’un grand et savant médecin, et muni d’un excellent préservatif. Le grand médecin qui vient avec moi, reprit-il, c’est notre Père saint François, et le préservatif que j’emporte, c’est la sainte obéissance. »

Il revint en effet sain et sauf quelque temps après. Il avait guéri, tant par ses soins que par ses prières, tous les malades de Bracciano.

Le frère Crispin, quêteur

Au chapitre suivant, il fut décidé que le bienheureux irait au couvent d’Orviéto, et y exercerait les fonctions de quêteur. Il eut bien vite gagné tous les cœurs par son humilité et sa simplicité. Au bout de quelques jours toute la ville le chérissait ; tous le respectaient comme un saint, tous se disputaient l’honneur de remplir sa besace. L’évêque et le gouverneur faisaient arrêter leur carrosse pour s’entretenir avec cet humble frère dont les réponses simples et naïves pénétraient jusqu’au fond de l’âme. Le bienheureux en profitait pour obtenir des secours aux malheureux, aux veuves, aux orphelins, aux prisonniers. Il portait la joie et la paix dans toutes les familles : aussi, comme on l’aimait ! Comme on écoutait ses paroles ! Plusieurs fois ses supérieurs l’envoyèrent dans d’autres couvents ; mais les aumônes cessaient aussitôt ; le frère quêteur qui le remplaçait trouvait toutes les portes fermées. Il fallait mourir de faim ou rappeler le frère Crispin. Il revenait donc et toute la ville accourait au-devant de lui et le ramenait en triomphe à son couvent.

Tant de témoignages d’honneur et d’affection n’enflaient point le cœur du saint religieux. Toujours petit, toujours humble, toujours le dernier de tous, il ne s’appelait que l’âne des Capucins.

- Allons, mes enfants, faites place à l’âne des Capucins, s’écriait-il lorsqu’il lui fallait traverser la foule.

- Et où est-il donc cet âne ? lui demanda un jour un homme qui ne le connaissait pas.

- Tu ne vois pas que je porte le bât, reprit le bienheureux en montrant sa besace.

On lui demandait une fois pourquoi il allait toujours nu-tête : « C’est parce qu’un âne ne porte pas de chapeau, » répondit-il avec une aimable simplicité.

L’humble frère n’aimait rien tant que de souffrir pour son divin Maître. On voulait le détourner d’aller faire la quête dans la maison dont le maître l’accueillait par des outrages : « Mais je n’ai pas de meilleur ami, » répondit-il, et incontinent il allait frapper à sa porte. Une autre personne ne manquait jamais, lorsqu’il venait lui demander l’aumône, de l’accabler d’injures, l’appelant hypocrite, fourbe, dévot, etc. Le bienheureux l’écoutait tranquillement, puis, quand elle avait fini : « Dieu soit béni ! s’écriait-il tout joyeux, de ce qu’il y a à Orviéto une personne qui me connaisse et qui me traite comme je le mérite.

Notre-Seigneur faisait resplendir aux yeux du monde la sainteté de son serviteur par de nombreux et éclatants prodiges. Un jour que le Provincial était venu dîner au couvent, avec quelques autres pères, le vin manqua. Le bienheureux courut chez un seigneur du voisinage et lui demanda d’un certain vin qu’il désigna. « Ce serait avec un grand plaisir, lui fut-il répondu, mais le tonneau est vide ; on vous en donnera d’autre. – Non, non, c’est de celui-là que je veux, reprit le bienheureux ; allons voir le tonneau. » On descendit à la cave avec lui, et au grand étonnement de ses bienfaiteurs, le père Crispin remplit son vase au tonneau qu’on savait vide. Ce tonneau fournit du vin longtemps encore sans s’épuiser.

La même chose arriva pour un sac de farine qu’on avait entièrement vidé pour le bienheureux.

Le cardinal Guallieri, qui habitait une villa, aux environs d’Orviéto, devant recevoir le roi d’Angleterre ; son intendant avait demander à Rome des fleurs dont on manquait à Orviéto. Le commissionnaire les oublia, ce qui déconcerta fort l’intendant. Mais le Bienheureux lui dit : « Ne vous inquiétez pas ; je vais vous fournir toutes les fleurs dont vous avez besoin pour la table et les appartements. » Il sortit un instant, et revint bientôt avec un énorme bouquet de magnifiques fleurs d’une espèce inconnue à Orviéto et dans les pays voisins. Comme on lui demandait d’où il les avait tirées : « Occupons-nous d’abord de gagner le ciel, répondit-il ; si nous avons le bonheur d’y parvenir, nous y verrons des fleurs bien plus belles et d’un parfum plus doux.

Cependant le bienheureux vieillissait et s’affaiblissait de jour en jour : ses dernières années ne furent qu’une suite de miracles presque continuels. N.-S. lui communiqua à un haut degré le don de prophétie, de sorte qu’on recourait à lui comme à un oracle divin.

Un jour qu’il visitait un pauvre père de famille, cloué sur son lit de douleur et n’attendant plus que sa dernière heure, sa femme, toute éplorée, se jeta aux pieds du bienheureux, le suppliant d’avoir pitié d’elle et de ses enfants, et de guérir son mari. Le saint religieux passa toute la nuit en prières. Le lendemain, il accourut tout joyeux à la maison du malade : « Antoine, lui dit-il, livre nouveau, compte nouveau. Dieu t’accorde dix années de vie. Mets donc ordre à tes affaires, car après ces dix ans tu retomberas dans la même maladie, mais cette fois pour en mourir. » Antoine se leva guéri, et la prédiction du bienheureux s’accomplit de point en point.

Mort bienheureuse du frère Crispin

L’humble frère resta à Orviéto près de quarante ans. Il fut rappelé à Rome lorsque, accablé de vieillesse, il ne pouvait plus sortir pour faire la quête. Cependant les habitants de la bonne ville d’Orviéto obtinrent une dernière fois qu’il leur serait rendu. Un prince, rentrant dans ses Etats, n’aurait pas été reçu avec plus de magnificence qu’on en déploya au retour du bienheureux. Tout le peuple se porta à sa rencontre pour lui faire cortège. Les cris enthousiastes de vive le saint ! vive le serviteur de Dieu ! retentissaient de toutes parts. Mais le pauvre frère convers gémissait d’un tel honneur dont il se croyait si indigne : « Pourquoi tant de bruit, disait-il, pour un vieil âne usé ? Ne voyez-vous pas que je suis une bête à moitié morte ? Allez, allez à l’église vous prosterner devant Notre-Seigneur et devant sa Très Sainte Mère, au lieu de venir adresser des louanges au plus vil des hommes, à un misérable pécheur. »

Il passa encore quelques années au milieu de ce peuple qu’il aimait tant, secourant les pauvres, guérissant les malades. Enfin Dieu l’appela à Rome, où il devait mourir.

Quand il se vit sur le point de quitter cette terre, il fit ses adieux à ses amis et à ses bienfaiteurs. Il n’était pas encore malade ; mais Notre-Seigneur lui avait fait savoir qu’il recevrait bientôt la récompense de ses travaux.

Il tomba malade, à l’approche de la fête de saint Félix de Cantalice, pour lequel il avait une particulière dévotion. Les religieux, ses frères, crurent que Dieu l’appellerait à lui ce jour-là. Mais le bienheureux leur dit : « Je ne mourrai pas le jour de saint Félix, mais le lendemain. – Et pourquoi ? lui demanda-t-on. Parce que ma mort troublerait sa fête, » répondit-il avec une grande simplicité.

Puis, levant les mains vers le ciel, il s’écria : « O mon Jésus ! vous qui m’avez racheté par votre sang, achevez maintenant votre œuvre et assurez le salut de mon âme. Et vous, ô divine Marie ! mon soutien, mon refuge, ma protectrice, secourez-moi dans ce grand passage. »

Le démon essaya de troubler la ferveur de ses derniers instants : il lui apparut sous la forme d’un gros chien noir et hideux, rôdant autour de son lit comme pour le dévorer.

« O méchante bête ! s’écria le bienheureux, que veux-tu de moi ? Je n’ai rien à faire avec toi : mon juge est Jésus-Christ et sa sainte Mère est mon avocate : quant à toi, je ne te connais pas. »

On l’aspergea d’eau bénite, ce qui mit en fuite le monstre infernal.

A la nouvelle de sa maladie la grande ville s’émut : les princes et les seigneurs vinrent voir le pauvre frère convers et lui baiser les mains.

Il reçut les derniers sacrements avec une ferveur inexprimable. Puis, jetant encore un regard sur les images de Notre-Seigneur et de la Très Sainte Vierge, et levant les yeux au ciel, il remit doucement son âme entre les mains de son Créateur, au milieu des larmes et des sanglots de tous les assistants. C’était le lendemain de la fête de saint Félix de Cantalice, dont il avait si fidèlement reproduit la vie, en l’année 1750.

Après que sa belle âme se fut envolée au ciel, les membres du bienheureux, raidis par les rhumatismes, reprirent leur souplesse, ses plaies disparurent, son corps devint blanc et vermeil comme celui d’un petit enfant. Il resta six jours, exposé à la vénération des fidèles, sans donner le moindre signe de putréfaction. Le pèlerin qui va prier au tombeau des apôtres peut aller vénérer ses précieuses reliques, conservées intactes dans l’église des capucins.

A la mort du bienheureux, la ville sainte était remplie d’un très grand nombre d’étrangers qui étaient venus à Rome pour le Jubilé. Ils furent témoins des miracles qui s’opérèrent pendant ses funérailles et sur son tombeau.

Le couvent fut bientôt envahi par la foule ; six fois on changea les habits du bienheureux ; six fois ils furent mis en pièces, et la multitude s’en disputa les lambeaux, sans que les gardes pussent l’en empêcher. Les funérailles de ce pauvre frère, jardinier, cuisinier et mendiant, furent si splendides qu’un ancien biographe s’écrie dans son admiration : « Quel roi n’a jamais eu de pareils obsèques ? »

La vie du bienheureux Crispin a été écrite par différents auteurs : celle-ci est empruntée en grande partie à Ribadéneira.



Saint Crispin de Viterbe

Capucin italien (✝ 1750)

Pierre Fioretti.

Béatifié le 17 septembre 1806 par Pie VII - Canonisé par Jean-Paul II le 20 juin 1982.

(…)

À Rome, en 1750, saint Crispin de Viterbe, religieux capucin, qui, en allant faire la quête à travers les villages de montagne, enseignait aux gens de la campagne les rudiments de la foi. (19 mai au martyrologe romain)

Martyrologe romain


Saint Crispin de Viterbe (Pierre FIORETTI)

Nom: FIORETTI

Prénom: Pierre (Pietro)

Nom de religion: Crispin de Viterbe

Pays: Italie

Naissance: 13.11.1668 à Viterbe

Mort: 19.05.1750 à Rome

Etat: Frère Capucin

Note: Cuisinier, infirmier, jardinier, puis pendant près de 40 ans, frère quêteur à Orvieto au service de son couvent.

Béatification:: 07.09.1806 à Rome par Pie VII

Canonisation:: 20.06.1982 à Rome par Jean Paul II

Fête: 19 mai

Réf. dans l’Osservatore Romano: 1982 n.26

Réf. dans la Documentation Catholique: 1982 p.707

Notice:

Pietro Fioretti est né en 1668, à Viterbe en Italie. Il devint frère capucin sous le nom de Crespin et exerça les fonctions de cuisinier, infirmier, jardinier, puis pendant quarante ans, de frère quêteur pour son couvent d'Orvieto. Quêtant le pain matériel, il distribuait avec bonhomie celui de la Parole et du réconfort tant matériel que spirituel. Il édifiait le prochain par sa joie franciscaine et sa confiance envers la Vierge Marie. Quand on lui soumettait un cas difficile, il répondait: "Laissez-moi parler un peu avec Madame ma Mère ('mia Signora Madre'), puis revenez me voir". Il mourut à Rome en 1750.



Blessed Crispin of Viterbo

Friar Minor Capuchin; b. at Viterbo in 1668; d. at Rome, 19 May, 1750. When he was five years old, his piousmother took him to a sanctuary of the Blessed Virgin, a short distance from Viterbo, where she consecrated him to the Mother of God and placed him under her special protection. The child grew beyond his years in virtue andscience of the saints; so that the townsfold of Viterbo were wont to call him il Santarello, the little saint. AsCrispin one day saw the Capuchin novices walking in procession, God inspired him with the desire to embrace thereligious life. He was shortly afterwards received into the Franciscan Order as a simple lay brother. Having been employed for some time as cook in the convent at Viterbo, he was sent to Tolfa, a town not far distant from Civita Becchia, to fulfil the same office. Thence he was sent to Rome and finally to Albano. Here Crispin was visited by the men of the world, by bishops and cardinals, and even by the pope himself, who always took delight in conversing with the humble lay brother. It was Crispin's constant endeavour to imitate the virtues of hispatron, St. Felix of Cantalice, whom he had chosen as his model of perfection at the beginning of his religious life. Like St. Felix, he used to call himself the ass or beat of burden of the Capuchins, and, having on one occasion been asked by a stranger why he went bare-headed, Crispin answered jocosely, that "an ass does not wear a hat." Enfeebled by old age and by his numerous austerities, he was sent to Rome by his superiors, there to end his holy life. His body, which even at the present time is still in a remarkable state of preservation, rests under one of the side altars in the church of the Capuchin Fathers in Rome. Blessed Crispin was solemnlybeatified by Pope Pius VII in 1806. His feat is celebrated only by the Capuchins.

Sources

LEO, Lives of the Saints and Blessed of the Three Orders of St. Francis (Taunton, 1886), II, 280-85.

Donovan, Stephen. "Blessed Crispin of Viterbo." The Catholic Encyclopedia. Vol. 4. New York: Robert Appleton Company,1908. 2 Apr. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/04491b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Cris Ouano, MI. For the conversion of family.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/04491b.htm

Saint Crispin of Viterbo

At Viterbo, Italy, Saint Crispin of Viterbo was born of lowly tradespeople in 1668. In holy baptism he received the name of Peter. Christian piety was the worthwhile inheritance Peter received from his parents. When he was five years old his mother took him with her one day to the miraculous image of Mary of the Oak near Viterbo. She directed the attention of her little son to the Mother of God and said: "See, that is also your mother. I have made a gift of you to her. Always honor her as a good son would do." Peter did that throughout his life.

When his school days were over, the ambitious boy made the best of a chance to learn a little Latin, and his parents were told that he had the talents to study. But as they had not the means to pay for his education and did not want their son to be half-educated, they sent him to his uncle to learn the shoemaker's trade. At the wish of his parents Peter cheerfully entered the workshop and learned the trade to the complete satisfaction of his uncle.

But meanwhile, child of Mary that he was, Saint Crispin of Viterbo sought to advance more and more in piety and Christian perfection. This endeavor turned his thoughts toward the religious state. Seeing certain Capuchin novices taking an edifying part in a procession, he went to the convent and pleaded so urgently for admission that in spite of his delicate appearance he was accepted. His parents, too, gave their consent, and so he was invested on the feast of St Magdalen in 1693. He received the name of Crispin, for the holy shoemakers Crispin and Crispinian.

Even as a novice Saint Crispin of Viterbo lived so perfectly that everybody admired him. As his model, especially in humility, self-abnegation, and continual work joined with prayer, he took St Felix of Cantalice, whose life was still fresh in the memory of many who were living. After making his vows, he was sent as cook to the convent at Tolfa. There Saint Crispin of Viterbo made it his first care to erect in his kitchen a little altar to Mary, at which he offered his beloved Mother all his labors. Mary rewarded her faithful son with special proofs of her favor. Many a sick person was restored to health when he gave them some of the fruit which he had previously placed on his little altar after asking the Mother of God to bless them.

When Saint Crispin of Viterbo was cook at the convent in Albano near Rome, one of the pope's chamberlains, of whose recovery the doctors despaird, was brought to him. Crispin led him to his little Mary altar, and soon the sick person was cured for good. The pope's physician said to Crispin: "Brother, your remedies are more effective than ours." Crispin replied: "You are a skillful physician, all Rome knows that. But then, the Blessed Virgin can do more than all the physicians in the world."

A distinguished man, who had until recently led a bad life, lay ill and desired that Crispin should come and cure him. Saint Crispin of Viterbo went there, but said to him: "Sir, you want the Blessed Virgin to cure you. But, tell me, he who offends the Son, does he not also grieve the Mother? True veneration of the Blessed Virgin consists in not offending her Divine Son in any way." At the mild reproach of the holy brother, the sick man was much ashamed. He burst into penitent tears and promised to amend his life. And he faithfully carried out his promise when Crispin cured him by blessing him with a medal of the Immaculate Conception.

His superiors and brethren were edified at Crispin's perfection. In company with several of the brothers he was once with his Father Provincial, when the latter received word that in one of their convents all the brothers were down with a contagious disease and that help was needed at once. The superior mentioned his predicament. Whom shall he send there? At once Crispin volunteered. Father Provincial expressed his pleasure at the offer, but insisted that he would not send him against his will. Crispin replied: "Will, my Father? What will? When I entered religion, I left my will at home. Here I recognize only your will." When the others called his attention tot he danger of death that he would encounter, Crispin said: "That is nothing. Ihave a marvelous preventive invented by St Francis - it is the obedience in which I set out." He actually did return in excellent health after all the sick had gotten well under his care.

Wherever Crispin went, he brought pleasure with his holy cheerfulness. Among the sick he banished all discontent and complaint; it was as if an angel had come from heaven. He often held several charges at the same time in the friary, but when work piled up, he used to say: "That is good; Paradise is not for lazybones."

Even at the door of death he preserved this cheerful spirit. When he was near death as a result of weakness and other bodily infirmities, and the physician drew his attention to it, he said joyfully with the Psalmist: "I rejoiced at the things that were said to me: We shall go into the house of the Lord." (Ps. 121,1). With the sweet names of Jesus and Mary on his lips, he breathed forth his soul on May 19, 1750, in the eighty-second year of his life.

His body, which is still incorrupt, is honored in the Capuchin church at Rome. Pope Pius VII beatified him in 1806.

*from The Franciscan Book of Saints, Fr. Habig, ofm.


St. Crispin of Viterbo (1668-1750)

Feast Day: May 23

Canonized: June 20, 1982

by Brian O’Neel

Born Peter Fioretti, this Italian saint’s pious parents taught him how to be holy. People in his hometown of Viterbo called him “the little saint.”

After his father died, his uncle got him work as a cobbler’s apprentice. While an expert at this trade, Peter decided to join the Capuchins at age 25. He took the name of Crispin, and showed himself capable of handling all physical hardships while maintaining a solid spiritual life. When epidemics broke out nearby, he cared for the sick. He visited prisons daily to ensure that prisoners had enough food and that the guards weren’t abusing them. He also helped these gentlemen repent, thereby saving many souls.

Occasionally, people left babies at the friary’s orphanage. Crispin lovingly raised these foundlings, and when they left, he got them work and kept in touch with them. He hassled merchants who overcharged or underpaid workers. He persuaded lenders to forgive debts. Because of this, many thought him a saint, but just as many saw in him a nosy busybody.

Crispin was funny. Asked why he went bare-headed, he responded, “An ass doesn’t wear a hat!” After Crispin was transferred to Rome, Clement XI would visit him just for laughs. He died of pneumonia at the age of 82.

BRIAN O’NEEL is a writer, husband and father of six living in southeast Pennsylvania. His latest book is “39 New Saints You Should Know.”

SOURCE : http://www.legatusmagazine.org/st-crispin-of-viterbo-1668-1750/

Crispin of Viterbo, OFM Cap. (AC)
(also known as Peter Fioretti)


Born in Viterbo, Italy, November 13, 1668; died at Rome on May 19, 1750; beatified in 1806; canonized by Pope John Paul II in 1982; feast day was May 23. Small, fragile Peter Fioretti was an apprentice shoemaker under his uncle's tutelage when he heard God's call to the religious life. Although joined the Capuchins at Orvieto about 1693 and took the name Crispin (patron of cobblers), he bore a resemblance to Blessed Benvenutus in that he too worked in the kitchen as a lay brother. His services in the kitchen, garden, and infirmary were used at the friaries of Viterbo, Tolfa, Bracciano, Rome, and Albano. He loved to call himself "the little beast of burden of the Capuchins."

For many years at Orvieto he was the admirable quaestor (the brother who requests alms). Those contacts allowed him to listen and help the unhappy, despairing, and discouraged. He was always joyful and so well liked that when another brother was appointed as quaestor in his place, the housewives refused to receive him or support his community. The guardian was thus obliged to restore Crispin to that role. In addition to counselling the townsfolk, Crispin taught the basics of the catechism to them and the peasants in the nearby mountains.

During his canonization, Pope John Paul II praised Crispin as a "humble brother without any history, who simply accomplished his mission and understood the true value of our earthly pilgrimage" (Benedictines, Farmer).





MESSA PER LA CANONIZZAZIONE DEL



BEATO CRISPINO DA VITERBO



OMELIA DI GIOVANNI PAOLO II



Basilica di San Pietro, 20 giugno 1982


Carissimi fratelli e sorelle.

1. È questo un giorno solenne per noi, invitati a contemplare la gloria celeste e la gioia indefettibile di Crispino da Viterbo, annoverato dalla Chiesa tra il numero dei Santi, tra coloro che hanno raggiunto, dopo il pellegrinaggio terreno, la visione beatifica del Dio vivente, Padre, Figlio e Spirito Santo, offrendoci incoraggiante conferma dell’affermazione paolina: “Le sofferenze del tempo presente non sono paragonabili alla gloria futura che dovrà essere rivelata in noi” (Rm 8,18).

Giorno di letizia soprattutto per i religiosi dell’Ordine Francescano dei Frati Minori Cappuccini, i quali, mentre si rallegrano per l’onore tributato a questo confratello, che ha avuto fame e sete della giustizia e ne è stato saziato (cf. Mt 5,6), elevano il loro ringraziamento all’Onnipotente per la misericordiosa bontà, con cui ha voluto loro donare un nuovo confessore della fede, che, in quest’anno celebrativo dell’ottavo centenario della nascita di san Francesco si aggiunge agli altri santi della grande Famiglia dei Cappuccini.

Nel dichiarare santo Crispino da Viterbo, decretando che egli sia devotamente venerato come tale, ad onore della santissima Trinità e ad incremento della vita cristiana (cf. Formula Canonizationis), la Chiesa ci assicura che l’umile religioso ha combattuto la buona battaglia, ha conservato la fede, ha perseverato nella carità, conseguendo la corona di giustizia preparatagli dal Signore (cf. 2Tm 4,7-8). Veramente fra’ Crispino, durante la vita terrena, stette davanti al Signore, al suo servizio, ed il Signore è ora per sempre la sua eredità felice (cf. Dt 10,8-9).

Per seguire Cristo Gesù, egli ha rinnegato se stesso, cioè gli ideali puramente umani, ed ha assunto la propria croce, la tribolazione quotidiana, i limiti personali ed altrui, solo preoccupato di imitare il Maestro divino, salvando così in senso perfetto e definitivo la propria vita (cf. Mt 16,23-25). “Qual vantaggio infatti avrà l’uomo se guadagnerà il mondo intero, e poi perderà la propria anima?” (Mt 16,26). L’interrogativo evangelico, letto or ora, ci interpella e ci invita a fissare lo sguardo su quella mèta felice, che è già possesso del nostro santo e che anche a noi è riservata con assoluta certezza, nella misura in cui sapremo rinnegare noi stessi e seguire il Signore, portando il peso della nostra giornata di operai laboriosi.

Salga, in questo momento, la nostra gratitudine commossa verso Dio, autore della Grazia, che ha condotto il suo servo fedele Crispino alla più alta perfezione evangelica, implorando al tempo stesso, per sua intercessione, di “praticare incessantemente la vera virtù, alla quale è promessa la pace beata del cielo” (Oratio diei).

2. Ed ora vogliamo riflettere in modo particolare sul messaggio di santità di fra’ Crispino da Viterbo.

Era il periodo dell’assolutismo di Stato, di lotte politiche, di nuove ideologie filosofiche, di inquietudini religiose (si pensi al Giansenismo), di progressivo allontanamento dai contenuti essenziali del Cristianesimo. L’umanità nel suo doloroso travaglio storico, alla ricerca incessante di più alti traguardi di progresso e di benessere, è ricorrentemente tentata di falsa autonomia, di rifiuto delle categorie evangeliche, per cui ha bisogno imprescindibile di santi, cioè di modelli che esprimano concretamente, dal vivo, la realtà della Trascendenza, il valore della Rivelazione e della Redenzione operata da Cristo.

Questa appunto, nell’autosufficiente secolo dei lumi, in cui egli visse, fu la missione di san Crispino da Viterbo, umile frate cappuccino, cuoco, infermiere, ortolano, e poi per quasi quarant’anni questuante in Orvieto, a servizio del suo convento. Ancora una volta, per misericordia divina, le parole profetiche di Gesù trovarono in quest’umile santo realizzazione eloquente: “Ti benedico, o Padre, Signore del cielo e della terra, perché hai nascoste queste cose ai sapienti ed agli intelligenti e le hai rivelate ai piccoli. Sì, o Padre, perché così è piaciuto a te” (Mt 11,25-26). Dio compie meraviglie mediante l’opera degli umili, degli incolti e dei poveri, perché si riconosca che ogni incremento salvifico, anche terreno, corrisponde ad un disegno del suo amore.

3. Il primo aspetto di santità che desidero rilevare in san Crispino è quello della letizia. La sua affabilità era nota a tutti gli Orvietani ed a quanti lo avvicinavano, e la pace di Dio che sorpassa ogni intelligenza custodiva il suo cuore ed i suoi pensieri (cf. Fil 4,5-7). Letizia francescana la sua, sostenuta da un carattere ricco di comunicativa ed aperto alla poesia, ma soprattutto derivante da un grande amore verso il Signore e da una fiducia invitta nella sua Provvidenza. “Chi ama Dio con purità di cuore – soleva dire – vive felice e poi contento muore”.

4. Un secondo atteggiamento esemplare è certamente quello della sua eroica disponibilità verso i confratelli, come pure verso i poveri ed i bisognosi di ogni categoria. A questo proposito, infatti, si deve dire che l’impegno principale di fra’ Crispino, mentre umilmente questuava i mezzi di sussistenza per la sua famiglia conventuale, fu quello di donare a tutti aiuto spirituale e materiale, divenendo espressione vivente di carità. Ha veramente dell’incredibile l’opera da lui svolta in campo religioso ed assistenziale, per la pace, la giustizia e la vera prosperità. Nessuno sfugge alla sua attenzione, alle sue premure, al suo buon cuore, ed egli va incontro a tutti attingendo alle più perspicaci risorse ed anche ad interventi, che si presentano nella cornice dello straordinario.

5. Altro particolare impegno della sua vita santa fu quello di svolgere una catechesi itinerante. Egli era un “laico dotto”, che coltivava con i mezzi a sua disposizione la conoscenza della Dottrina Cristiana, non tralasciando, al tempo stesso, di istruire gli altri nella stessa verità. Il tempo della questua era il tempo della evangelizzazione.

Incoraggiava alla fede ed alla pratica religiosa con un linguaggio semplice, popolarmente gustoso, fatto di massime ed aforismi. La sua saggia catechesi divenne ben presto nota ed attirò personaggi dell’ambiente ecclesiastico e civile, ansiosi di avvalersi del suo consiglio. Ecco, ad esempio, una sua illuminante e profonda sintesi della vita cristiana: “La potenza di Dio ci crea, la sapienza ci governa, la misericordia ci salva”. Le massime traboccavano dal suo cuore, sollecito di offrire col pane, che sostenta il corpo, il cibo che non perisce: la luce della fede, il coraggio della speranza, il fuoco dell’amore.

6. Infine, desidero sottolineare la sua tenera ed insieme vigorosa devozione a Maria santissima, che egli chiamava la “mia Signora Madre” e sotto la cui protezione condusse la sua vita di cristiano e di religioso. All’intercessione della Madre di Dio fra’ Crispino affidò suppliche ed affanni umani incontrati lungo la strada del suo questuare, e quando veniva sollecitato a pregare per gravi casi e situazioni soleva dire: “Lasciami parlare un poco con la mia Signora Madre e poi ritorna”. Risposta semplice, ma totalmente intrisa di sapienza cristiana, che dimostrava totale confidenza nella sollecitudine materna di Maria.

7. La vita nascosta, umile ed ubbidiente di san Crispino, ricca di opere di carità e di saggezza ispiratrice, reca un messaggio per l’umanità di oggi, che come quella della prima metà del ‘700 attende il passaggio confortante dei santi. Egli, autentico figlio di Francesco d’Assisi, offre alla nostra generazione, spesso inebriata dai suoi successi, una lezione di umile e fiduciosa adesione a Dio ed ai suoi disegni di salvezza; di amore alla povertà ed ai poveri; di ubbidienza alla Chiesa; di affidamento a Maria, segno grandioso di misericordia divina anche nell’oscuro cielo del nostro tempo, secondo il messaggio incoraggiante scaturito dal suo Cuore Immacolato per la presente generazione.

Eleviamo la nostra preghiera al nostro Santo che ha raggiunto la gioia definitiva del cielo dove non esiste “né morte, né lutto, né affanno, perché le cose di prima sono passate” (Ap 21,4).

O san Crispino, allontana da noi la tentazione delle cose caduche ed insufficienti, insegnaci a comprendere il vero valore del nostro pellegrinaggio terreno, infondici il necessario coraggio per compiere sempre tra gioie e dolori, tra fatiche e speranze, la volontà dell’Altissimo.

Intercedi per la Chiesa e per l’umanità intera, bisognosa di amore, di giustizia e di pace.

Amen! Alleluia!

© Copyright 1982 - Libreria Editrice Vaticana


Crispino da Viterbo (1668-1750)

religioso, O.F.M. Cap.

Fra Crispino nacque a Viterbo il 13 novembre 1668 dai coniugi Ubaldo Fioretti e Marzia Antoni. Fu battezzato il 15 dello stesso mese col nome di Pietro. Ubaldo uscirà presto dalla scena lasciando il figlio orfano ancora in tenera età e Marzia vedova per la seconda volta. A prendersi cura del bambino subentrerà lo zio paterno Francesco che gli consentirà di frequentare con profitto le scuole primarie presso i gesuiti, per poi accoglierlo come apprendista nella sua bottega di calzolaio.

La piissima genitrice, dal canto suo, riversa sul piccolo Pietro le più pure e profonde attenzioni materne. In una visita al santuario della Quercia, additando al bambino l'immagine della Vergine, gli dice: « Vedi, quella è la tua madre e la tua signora; in avvenire amala e onorala come tua madre e tua signora». Il futuro Religioso le erigerà ovunque un altarino e le offrirà sempre « i fiori più belli ». Pietro Fioretti si sarebbe deciso a farsi cappuccino in occasione di una processione penitenziale che si svolgeva a Viterbo per impetrare la pioggia in tempo di grave siccità. In quella processione sfilavano esemplarmente anche i novizi scesi dal convento della Palanzana. Fu l'ultimo tocco della grazia per la sua definitiva risoluzione. Infatti il 22 luglio 1693, venticinquenne, farà ingresso proprio nel suddetto convento per compiervi l'anno di noviziato. Destinato di Comunità in vari conventi del Lazio (Tolfa, Roma, Albano, Monterotondo) ed in quello di Orvieto ove rimase per circa quarant'anni, vi eserciterà gli umili e gravosi uffici di infermiere, cuciniere, ortolano e questuante. La sua vita di religioso trascorrerà sul filo di 57 anni totalmente consacrati al servizio di Dio e dei fratelli. Ha dell'incredibile l'opera da lui svolta in campo assistenziale per riportare pace, giustizia e serenità nell'intimo delle coscienze. Crediamo di rendere omaggio ai carismi che lo Spirito elargisce se diciamo che fra Crispino si rese in modo singolare risonanza evangelica su tutti i fronti. Nessuno infatti sfugge alle sue attenzioni: artisti, commercianti, agenti di polizia (allora chiamati sbirri), carcerati, orfani, infermi, contadini, ragazze madri, anime consacrate. E questo non soltanto durante il quarantennio orvietano, quando l'apostolato della bisaccia incontro al pane colmava di occasioni prossime la sua giornata. Quantunque appartengano proprio a quel periodo completivo della sua vita le manifestazioni più avvincenti della sua sensibilità sociale.

Fra Crispino ha al suo attivo altri 18 anni di consacrazione religiosa trascorsi nel chiuso della cucina, nel recinto claustrale dell'orto e - gli ultimi due, con distacco - nell'infermeria alle prese con i propri acciacchi preludenti al tramonto. Come abbia potuto effondere tanta saggezza illuminante ed ispiratrice anche in questa fase di vita nascosta, non è facile comprenderlo. La discreta formazione culturale attinta nella giovinezza e la stessa giovialità congeniale, maturate poi in una comunicativa fiorita di poesia e di penetranti aforismi, non spiegano a sufficienza il fascino esercitato dall'umile cuciniere di Albano su personalità di altissimo rango. È vero che molti, specialmente prelati, confluivano comunque in quei luoghi ameni e ricreativi. Ma rimane il fatto che tutti, nobili e dotti, a cominciare dal papa Clemente XI, amavano conversare con lui e sollecitavano il suo consiglio. E né umanamente si possono intendere casi eclatanti di riconciliazione avvenuti allorché l'obbedienza consegnerà a fra Crispino la zappa di ortolano nel più solitario convento di Monterotondo. Da non dimenticare infine le centinaia di lettere, semplici ed essenziali, latrici su più vasto raggio della sua inesauribile carità. Un uomo dunque pieno di amore, che da autentico figlio del Serafico di Assisi edifica tutti, fraternizza con tutti e rende gloria a Dio con le note del Cantico delle Creature.

Ma forse rifletteremo su quel che più conta se dopo aver veduto fra Crispino tutto donato agli altri, lo ridoneremo per un momento a se stesso. Egli ha inteso innanzitutto santificarsi, attuare in minorità di vita quella che noi oggi, con tanta inventiva nei metodi, chiamiamo formazione permanente.

Da giovane aveva frequentato le scuole classiche, ma in religione prende per maestro un Fratello meno fortunato di lui negli studi, vissuto circa un secolo e mezzo prima, dallo stile di vita tanto simile al suo, canonizzato dal Papa suo amico: è Felice da Cantalice. Fra Crispino studierà per tutta la vita le uniche sei " lettere " di cui era a conoscenza il primogenito dei Santi cappuccini: le piaghe di Cristo e la Madonna. La gioia, la cortesia e l'illuminata comunicabilità, diventate in lui proverbiali, suppongono un esercizio di penitenza e di immolazione incessanti. Crocifisso ai suoi voti, ha condiviso il sacrificio comunitario sino al canto dell'ecce quam bonum. E deve essere stato davvero grande il suo amore se non di rado accorreva in vari conventi per curare e confortare i confratelli infermi con grave rischio per la propria salute.

Nonostante tutte le testimonianze di venerazione e di affetto, a fra Crispino non mancarono insidie, umiliazioni, incomprensioni e croci. E questo era scontato per un religioso come lui. Infatti il suo coerente impegno nella realizzazione dell'ideale evangelico lo poneva non solo al centro dell'attenzione, ma anche in conflitto permanente con la realtà che lo circondava.

Fra Crispino non ammetteva nella sua vita le donazioni calibrate, le mezze misure, i compromessi, le riserve. Rinunciò fin dalla prima ora a battere la strada della mediocrità e si sintonizzò perfettamente col radicalismo evangelico. Basta ascoltarlo: "Amiamo Dio di tutto cuore "; " tutto abbiamo da operare per amor di Dio ". Rivolgendosi ad un confratello gli dichiara: " Se vuoi salvarti l'anima, hai da servare le seguenti cose: amar tutti, dir bene di tutti e far bene a tutti ". Nelle difficoltà riprendeva vigore ripetendo a se stesso: " Tanto è il bene che mi aspetto che ogni pena m'è diletto "; oppure ritrovava il sereno al pensiero che " quando l'uomo fa dal canto suo tutto ciò che sa e può, nel restante deve gettarsi nel mare della misericordia di Dio ".

Era esigentissimo con se stesso, e perciò aveva il coraggio evangelico di chiedere molto anche agli altri e particolarmente ai suoi confratelli. Voleva che la vita religiosa fosse impegnata, austera, ricca di opere buone, lievitata da un continuo e dinamico fare penitenza.

Fra Crispino fu esemplare nella vita di fraternità, soprattutto attraverso un servizio sollecito, umile, inventivo e gioioso ai fratelli. In tutta la sua vita si distinse nella povertà evangelica. Sobrio nell'uso delle cose, fu alieno da qualunque superfluità o ricercatezza. Nel suo ufficio di questuante seppe unire la più grande carità ad un vivissimo senso del puro necessario. In convento doveva giungere soltanto la Provvidenza da benedire e ringraziare. Una povertà, dunque, fatta mistero di amore e di condivisione. Intese il dovere e l'attrattiva della purezza in modo eminente. Per la salvaguardia di questa virtù si avvalse di tre mezzi: una singolarissima devozione alla Vergine, la preghiera, la penitenza. Divenne modello di obbedienza, intesa come fonte viva di gioia perenne e mezzo efficace per conservare la pace personale e l'armonia fraterna.

Fra Crispino è il santo della gioia, di quella gioia cristiana che è frutto dell'ascolto e della interiorizzazione della parola di Dio, della pacificazione e comunione con i fratelli. Egli ha amato il Signore perdutamente nei battiti del faticoso quotidiano vissuto. Con ansia ha ricercato il volto di Dio, ha polarizzato tutte le sue energie a contraccambiare l'amore di Dio.

Ad un buon parroco, travagliato da grandi ansietà spirituali, fra Crispino dà consigli tali che un provetto maestro di spirito non potrebbe far di meglio: " Si faccia animo grande e virile ... vada allegramente (a compiere doveri spesso tanto delicati), non facendo caso del turbamento ... Procuri ... stare allegro nel Signore e divertirsi in cose geniali, ma buone e sante, quando però è assalito dalla malinconia... Se la nostra vita è una continua guerra, è segno che siamo destinati per misericordia di Dio ad essere dei principi grandi in paradiso ".

Questa è l'ultima lettera e la più lunga tra le pubblicate. Vi è in essa delicatezza di tratto, penetrazione psicologica e sicurezza di guida spirituale. Si può considerare come il testamento e, insieme, uno dei più espressivi ritratti della fisionomia spirituale di fra Crispino. Caduto gravemente infermo durante l'inverno 1747-48, il 13 maggio lasciò il convento di Orvieto per la volta di Roma. Quando, due anni dopo, l'infermiere lo avvisò che la morte era ormai vicina, rispose rassicurando che non sarebbe morto il 18 maggio per " non turbare la festa di san Felice ". Infatti morì il giorno seguente: 19 maggio 1750.

Le sue spoglie mortali sono esposte alla venerazione dei fedeli in una cappella della chiesa dell'Immacolata Concezione in via Vittorio Veneto, Roma.

Il 7 settembre del 1806 venne proclamato " Beato " da Pio VII.

Tre circostanze rendono particolarmente toccante il faustissimo evento della canonizzazione: avviene entro l'anno celebrativo dell'8° centenario della nascita di san Francesco; durante il mese che vede l'Ordine di fra Crispino congregato in uno dei suoi più importanti Capitoli Generali; è la prima ad essere decretata da Giovanni Paolo II in quattro anni di pontificato.



San Crispino da Viterbo (1668-1750)

• 1668, 13 novembre: nasce a Viterbo Pietro Fioretti (Crispino). Fino all'età di 25 anni rimane nella bottega dello zio calzolaio

• 1693, 22 luglio: veste l'abito cappuccino nel convento della Palanzana di Viterbo come fratello laico

• 1694, 22 luglio: emette la professione dei voti

• 1694-1697 aprile: risiede nel convento di Tolfa

• 1697: va a Roma per qualche mese

• 1697-1703 aprile: dimora ad Albano

• 1703-1709 ottobre: abita nel convento di Monterotondo

• 1709-1710 gennaio: è ortolano a Orvieto

• 1710-1748: è questuante a Orvieto (eccetto alcuni brevi cambiamenti)

• 1715 ultimi mesi: sosta brevemente a Bassano

• 1744: da metà maggio alla fine di ottobre è a Roma

• 1748, 13 maggio: viene ricoverato presso l'infermeria di Roma

• 1750, 19 maggio: muore durante questo anno santo, alle ore 14,30

• 1755-1757: stante la fama di santità viene istruito il processo informativo a Orvieto e a Roma

• 1806, 7 settembre: viene beatificato da papa Pio VII

• 1982, 20 giugno: Giovanni Paolo II lo dichiara santo (il primo canonizzato da questo papa)

Nella liturgia viene ricordato il 20 giugno

AFORISMI DELLA LETIZIA FRANCESCANA

Crispino nacque a Viterbo, nella contrada detta del Bottarone, il 13 novembre 1668; fu battezzato il 15 dello stesso mese nella chiesa di S. Giovanni Battista con il nome di Pietro. Dall'atto di battesimo vengono fuori anche i nomi della mamma, Marzia, del padre, Ubaldo Fioretti, e del padrino, Angelo Martinelli. Ubaldo, che aveva sposato Marzia già vedova con una figlia, era un artigiano e uscirà presto dalla scena, lasciando Pietro orfano in ancor tenera età, e Marzia vedova per la seconda volta. Il suo posto sarà preso dal fratello. Francesco, un calzolaio a lui molto affezionato e che al nipotino fece frequentare le scuole dei gesuiti, e lo accolse come apprendista nella sua bottega di calzolaio.

Pietro rivestí l'abito cappuccino il 22 luglio 1693, giorno della Maddalena, assumendo il nome con cui è conosciuto nella storia della santità: Crispino da Viterbo, e al compiersi dell'anno della prova, il 22 luglio 1694, fu trasferito a Tolfa, dove rimase quasi tre anni, fino al mese di aprile del 1697. Passato a Roma, vi sostò appena qualche mese; dal 1697 fino all'aprile 1703 dimorò ad Albano, di dove passò a Monterotondo; qui rimase quasi ininterrottamente per oltre un sessennio, fino all'ottobre 1709; si recò quindi ad Orvieto, dove fu ortolano fino al mese di gennaio del 1710, quando cominciò ad esercitare l'ufficio di questuante. Cominciavano cosí i quasi quarant'anni di vita orvietana, interrotti da una breve permanenza a Bassano (ultimi mesi del 1715) e a Roma (metà maggio - fine ottobre 1744). Finalmente, il 13 maggio 1748, vi fu la partenza definitiva per l'infermeria di Roma, dove morirà il 19 maggio 1750.

Fra Crispino fu beatificato il 7 settembre 1806 e, finalmente, canonizzato il 20 giugno 1982.

In un profilo biografico di fra Crispino da Viterbo rimarrebbe una incolmabile lacuna se non si accennasse ai suoi aforismi: detti, sentenze, massime, riflessioni o esclamazioni in cui egli, da autentico maestro, sapeva condensare il succo delle sue convinzioni piú profonde e dei suoi sentimenti. Uomo riflessivo e cortese, aveva il gusto delle similitudini e delle immagini. Soprattutto, sapeva trovare parole e modi giusti, quando si trattava di "avvertire" gente di qualsiasi condizione. Lo notò con felice intuito il fratello laico Domenico da Canepina, di 43 anni, che ai processi depose: "Nel dare li suoi santi avvertimenti, costumava una maniera dolce e cortese, mostrando di santamente scherzare, e indirizzando il discorso quasi ad una terza persona per meglio venire con prudenza al suo intento...".

Alcuni degli aforismi di fra Crispino seguitarono ad essere ripetuti a lungo. Ne fan fede non solo i processi canonici dove sono riferiti in gran numero, ma capitava anche di sentirli citare per le vie e nelle case, tanto è vero che un cappuccino, p. Giuseppe Antonio dalla Valtellina, predicando la quaresima nei castelli dell'Orvietano (Sugano, Torre, Sala e S. Venanzio), credette opportuno commentare "detti e massime" di fra Crispino, e la gente accorreva per sentirli ripetere, anche perché era convinta della loro efficacia.

Ne citeremo alcuni anche qui, senza la pretesa di esser completi o di inquadrarli nel contesto in cui furon detti, cosa che richiederebbe troppo spazio. Spesso, alzando gli occhi al cielo, fra Crispino esclamava: "Oh, bontà divina!". Oppure, invitando ad ammirare il creato, diceva: "Che grande Iddio, che grande Iddio!". Spesso gemeva: "Oh Signore, perché tutto il mondo non vi conosce e non vi ama ?"; ed esortava: "Amiamo questo Iddio perché lo merita"; "Ama Dio e non fallire, fa pur bene e lascia dire"; ammoniva i mercanti: "Avvertite, non fate il Meo, ché Iddio ci vede". E ancora: "Chi non ama Dio è matto"; "Chi ama Dio con purità di cuore, vive felice e poi contento muore "; "Chi fa la volontà del Signore, mai gli accade cosa alcuna in contrario".

In tempo di grave carestia, esortava cosí alla fiducia nella divina Provvidenza: "Poni in Dio la tua speranza, ché averai ogni abbondanza"; "La divina Provvidenza piú di noi assai ci pensa"; nella stessa occasione, a chi domandava come avrebbe provveduto alle necessità del convento, dove la famiglia si era accresciuta di sette studenti, fra Crispino rispondeva "che non ci pensava niente, ma che aveva tre gran proveditori", cioè Dio, la Madonna e san Francesco.

Sentendo suonare la campana per la preghiera, si licenziava con dire che "lo chiamava il suo Signor Padre "; e a fra Francesco Antonio da Viterbo dichiarò: "Paesano, quanto facciamo, tutto l'abbiamo da operare per amor di Dio... Io non alzerei neppure una paglia che non fosse per la gloria del Signore"; facendo altrimenti, "sarebbe stato martire del demonio".

Frequentissime, sulla lingua di fra Crispino, erano "le sue sante massime" sulla Madonna, che chiamava "la mia Signora Madre": "Chi è devoto di Maria santissima non si puol perdere"; "Chi ama la Madre e gl'offende il Figlio, è un finto amatore"; "Chi offende il Figlio non ama la Madre"; "Non è vero devoto di Maria chi disgusta il suo divin Figliuolo coll'offese". E insegnava a ripetere: "Maria santissima, siatemi luce e scorta particolarmente nel punto della mia morte". Quando veniva sollecitato a pregare la Madonna per casi gravi (ordinariamente si chiedevano miracoli) egli diceva: "Lasciami parlare un poco con la mia Signora Madre, e poi ritorna"; oppure: "Mandarò un memoriale alla mia Signora Madre, e poi ne vedremo il rescritto"; e non sempre il rescritto era quale lo si sarebbe voluto, come nel caso di Francesco Laschi, al quale disse: "La mia Signora Madre non ha sottoscritto il memoriale da me porto per la salute di tuo figlio".

Sono molto numerosi i detti riguardanti i novissimi. Fra Crispino compie ogni atto alla luce dell'eternità che l'attende, e vuole che nessuno perda di vista questa realtà, gioiosa oppure terribile, a seconda di come si sarà vissuto. A suor Maria Costanza annunzia la prossima, imprevedibile fine con le parole "Chi nasce, muore". A chi era attaccato alle vanità del mondo, ricordava: "Ogni giorno ne passa uno". Incoraggiava malati e tribolati con dire: "Il patire è breve, ma il godere è eterno ", oppure: "Tanto è il bene che mi aspetto, che ogni pena mi è diletto ", "Iddio me l'ha data, Iddio me la leverà: sia fatta la sua santissima volontà". A chi lo compassionava per le sue sofferenze, rispondeva allegramente: "Quando vuoi patire per amor di Dio, quando sei morto? ", oppure: "Eh, che volemo aspettare a patire quando siamo nel pilozzo? ", e per "pilozzo" intendeva la fossa nel cimitero. Piú spesso ammoniva: "In paradiso non si va in carrozza ", "Il paradiso non è fatto per li poltroni ", "In paradiso non ci si va colle pianelle".

Il pensiero dell'inferno gli faceva sovente esclamare: "Oh eternità, oh eternità ", anche se era convinto che "si dura piú fatica per andare all'inferno che per acquistare il santo paradiso colle sante operazioni"; ed aggiungeva: "La morte è una scuola da far mettere giudizio a quanti matti s'attaccano al mondo". E lui, i matti che incontrava, li aiutava a mettere giudizio in tempo. Ai mercanti diceva: "Avvertite che Dio vede il contratto e la mercede"; a un tale che. stava dirigendosi verso certe case, disse: "È tempo di mutar strada, se vuoi mutar fortuna per il cielo e per la terra". E ancora ammoniva: "Le cose mondane non conducono a Dio"; "Chi è interessato, è dannato". Ma piú spesso cercava di infondere sentimenti di fiducia: cosí, a coloro che gli chiedevano se si sarebbero salvati, "prontamente rispondeva che, se avessero avuta speranza di salvarsi, si sarebbero salvati"; "insinuava sempre che la misericordia di Dio era infinita"; "La misericordia di Dio, signora, è grande. Si liberi dalla cattiva pratica con una buona confessione"; "La potenza di Dio ci crea, la sapienza ci governa, la misericordia ci salva". Alla signora Paola Schiavetti, angosciata da scrupoli, rispose: "Quando l'uomo fa dal canto suo tutto ciò che sa e puole, nel restante deve gettarsi nel mare delle misericordie di Dio".

Particolarmente numerosi sono pure i detti di fra Crispino circa la vita religiosa tra i cappuccini, a proposito della quale esclama: "Oh quanto siamo obbligati al Signore, che ci ha chiamati alla santa religione". In essa egli serví portando bisaccia e fiasche, che erano "la sua croce ", "ma quanto era maggiore quella di Cristo !". Piú d'una volta ebbe a dire che la croce dei religiosi "era di paglia a paragone di quella de' secolari; e senza veruna uguaglianza le croci che portavano i secolari, benché di ferro, potevano paragonarsi a quella che portò" Cristo. Aveva perciò una visione piuttosto pessimistica della vita religiosa quale era vissuta nel suo tempo. Voleva che fosse impegnata, austera e materiata di opere. Soleva ripetere: "Figliuoli, operate fino che siete giovani, e patite volentieri, poiché quando uno è vecchio, non vi resta se non la buona volontà".

Lui tanto garbato nell'"avvertire", quando si trattava di religiosi, lasciava volentieri da parte immagini e allegorie. Cosí, a fra Francesco Antonio da Viterbo che si era arrabbiato contro il guardiano, disse di punto in bianco: "Paesano, se vuoi salvarti l'anima, hai da servare le seguenti cose: amar tutti, dir bene di tutti e far bene a tutti". A un altro suggerí: "Se voi volete vivere contento nella comunità religiosa, dovete osservare, tra le altre, queste tre cose: cioè soffrire, tacere ed orare". Era particolarmente severo contro chi veniva meno al voto di obbedienza. Ammoniva: "Chi non obbedisce è un anima morta innanzi a Dio ed al padre san Francesco, ed un corpo inutile alla religione"; "...rassomiglia ad un giovane senza giudizio, mentecatto e torbido in una famiglia, il quale è solamente buono per inquietare e disturbare gli altri e fare confusioni"; "...è come un corpo morto in una casa, che a nulla altro serve se non ad appestarla con il suo fetore".

Esortava a sovvenire i poveri che si presentavano alla porta, e diceva che Dio avrebbe provveduto in abbondanza, "quando avessimo tenute aperte le due porte, cioè quella del coro alla maggior gloria del Signore, e quella della portaria a beneficio de' poveri"; e ancora: "la porta mantiene il convento".

Fra Crispino era esigente con i religiosi, ma non pessimista nei confronti dell'Ordine: reputava una grande grazia poter in esso servire Dio. Incontrando un fanciullo orvietano, Girolamo, figlio di Maddalena Rosati, gli prediceva che sarebbe stato cappuccino, cantarellandogli: "Senza pane e senza vino, fraticello di fra Crispino". Il ragazzo si fece frate col nome di Giacinto da Orvieto e morí ancor chierico a Palestrina, appena ventunenne, nel 1749. Ma vi è pure tutta una serie di aforismi che si direbbero congeniali all'indole di fra Crispino. Con essi egli celia allegramente su fatti e situazioni non di rado penosi, con un inesauribile senso di humour. Il droghiere orvietano Francesco Barbareschi, tormentato dalla podagra, era da fra Crispino invitato lepidamente "a prender l'asta d'Achille, cioè la vanga, e faticare nella villa Crispigniana, chiamando cosí il suo orticello, ove seminava l'insalata e piantava gli erbaggi per i benefattori". Bruciante come una frustata in faccia, la risposta data ad un altro che gli chiedeva di esser guarito dallo stesso male: "Il vostro male è piú di chiragra che di podagra, perché... non pagate chi deve avere: li vostri operai e servidori piangono...".

Alla principessa Barberini, che voleva veder guarito subito il figlio Carlo rispose: "Eh, non ti basta che guarisca nell'Anno Santo ? ... Eh, che vuoi pigliare il Signore per la barba? Bisogna ricevere da Dio le grazie quando lui le vuol fare". A Cosimo Puerini, dispiacente di dare in elemosina una fiasca di vino buono, Crispino dice: "Eh, che vuoi fare il sagrificio di Caino?". Dopo che un cappuccino era scampato per miracolo alla morte nel tentativo di attraversare un fiume in piena, fra Crispino cantarellò: "Torbida si vede, torbida si lassa; son un gran matto, se si passa". A fra Crispino capitava spesso di dover parlare di se stesso... per aiutare gli altri a farsi sul suo conto un'idea piú rispondente a verità. Cosí almeno la pensava lui, che volentieri faceva eco ai suoi denigratori con dire: "sono peggiore dei merangoli, da' quali pure se ne ricava un poco di sugo, ma da me cosa vogliono ricavare?". Per sottrarsi a lodi ed ammirazione, fra Crispino ricorreva spesso ad immagini e similitudini. A chi gli diceva di non rovinare la minestra con l'assenzio, rispondeva: "Ogni amaro tenetelo caro", oppure: "Questo assenzio se non è secondo il gusto, è secondo lo spirito". A chi lo compassionava vedendolo camminare sotto la pioggia, diceva: "Amico, io cammino tra una goccia e l'altra ", oppure tirava in ballo la sua "sibilla "che gli teneva "l'ombrella sopra il capo "o gli portava le pesanti bisacce.

Essendo andato a visitare il cardinale Filippo Antonio Gualtieri, questi gli chiese perché mai, per l'occasione, non avesse indossato un abito e un mantello un poco migliori. E Crispino "al solito con una facezia rispose, allargando il mantello, che questo riluceva da tutte le parti, volendo significare che era logoro e sbucato". A chi si esaltava per i suoi miracoli, diceva: "Eh via, di che vi meravigliate? Non è già cosa nuova che Dio faccia miracoli"; "E non sai, amico, che san Francesco li sa fare i miracoli?". A Montefiascone, al popolo che gli tagliuzzava il mantello per farne reliquie, gridava: "Ma che fate, o povera gente! Quanto sarebbe meglio che tagliaste la coda ad un cane ! ... Che siete matti? tanto fracasso per un asino che passa! Andate in chiesa a pregare Iddio!".

L'umile bestia da soma tornava spesso nei discorsi di fra Crispino, e nelle sue parole non c'è alcunché d'affettato. Un giorno disse al p. Giovanni Antonio: "Padre guardiano, fra Crispino è un asino, ma la capezza che lo guida sta nelle vostre mani; però, quando volete che vada o si fermi, tirategli o allentategli la capezza". Quando si faceva aiutare a porsi sulle spalle le bisacce, "tutto allegro e gioviale egli diceva: Carica l'asino e va alla fiera"; e a chi gli chiedeva perché mai non si coprisse il capo contro la pioggia o il sole, rispondeva "facetamente: Non sai che l'asino non porta il cappello? e che io sono l'asino dei cappuccini?". Ma alcune volte soggiungeva con serietà: "Sai perché non porto la testa coperta ? Perché rifletto che sempre sto alla presenza di Dio".

Mariano D'Alatri