jeudi 3 mai 2012

INVENTION de la SAINTE CROIX


INVENTION de la SAINTE CROIX

(en 326)

L'empereur Constantin, vainqueur par la Croix, lui rendait tous les honneurs dus à ce signe sacré du salut des hommes. Sa mère, sainte Hélène, ne le cédait en rien à la piété de son fils. Inspirée par un mouvement d'en Haut, elle résolut, malgré son grand âge de près de quatre-vingts ans, de visiter les Lieux Saints et de chercher le bois salutaire sur lequel le Sauveur avait répandu Son sang.

L'entreprise ne manquait pas de difficultés; les païens avaient visé à transformer les lieux à jamais vénérables, témoins de la mort de Jésus-Christ, en y établissant le culte de Vénus et de Jupiter.

Hélène ne se laissa point décourager; elle enleva les traces détestables du paganisme et fit faire des fouilles au pied du Calvaire avec tant de soin et d'ardeur, que bientôt on découvrait trois croix, avec les clous qui avaient percé les mains et les pieds du Rédempteur et le titre que Pilate avait fait placer au-dessus de Sa tête.

Mais comment reconnaître laquelle de ces trois croix était celle du Sauveur? L'évêque de Jérusalem eut l'heureuse pensée de les faire transporter chez une dame qui était sur le point de mourir; l'approche des deux premières croix ne produisit aucun résultat, mais dès que la malade eut touché la troisième, elle se trouva guérie. Un autre miracle plus éclatant encore vint confirmer le premier, car un mort qu'on portait en terre ressuscita soudain au contact du bois sacré.

L'impératrice, au comble de la joie, fit bâtir sur le lieu même une magnifique église où fut déposée la plus grande partie de cette Croix; elle envoya l'autre partie à Constantinople, où Constantin la reçut en triomphe.

Plus tard, le roi des Perses, après avoir pillé Jérusalem, emporta la Croix vénérée; mais elle fut bientôt reconquise par l'empereur Héraclius. La Croix retrouvée donna lieu à la fête de l'Invention de la Sainte Croix, qui se célèbre le 3 mai; la Croix reconquise donna lieu à la fête de l'Exaltation de la vraie Croix, qui se célèbre le 14 septembre.

Dès ces époques reculées, la dévotion à la vraie Croix se répandit, avec les précieuses parcelles de l'instrument de notre salut, dans tout l'univers. On suppose même qu'une telle diffusion n'a pu se produire sans une multiplication merveilleuse. C'est ainsi que cet instrument de supplice, autrefois infâme, est devenu un signe de gloire et de triomphe.

Que de fois, depuis l'apparition de la Croix à Constantin, le gage sacré de la Rédemption n'est-il pas miraculeusement apparu à la terre! La Croix éclate partout à nos yeux, au sommet de nos édifices chrétiens, sur nos voies publiques, sur nos autels, dans nos maisons, sur nos poitrines. La Croix est la reine du monde.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/invention_de_la_sainte_croix.html


LEÇON DU BRÉVIAIRE ROMAIN

Après l’éclatante victoire remportée sur Maxence par l’empereur Constantin qui avait reçu de Dieu le signe de la Croix du Seigneur, Hélène (née en 250), sa mère, avertie en songe, vint à Jérusalem avec l’ardent désir d’y trouver la Croix. Elle fit abattre une Vénus de marbre, que les païens avaient érigée, depuis cent quatre-vingts ans à peu près, au lieu même de la Croix, pour abolir tout souvenir de la passion du Christ. Elle fit de même pour un Adonis, qui déshonorait la crèche du Sauveur, et pour un Jupiter, au lieu de la Résurrection.

L’endroit de la Croix une fois déblayé, on découvrit trois croix profondément enfouies, et l’inscription de celle du Seigneur, mais à part ; comme on ne voyait pas à laquelle des trois elle avait été fixée, un miracle mit fin au doute. L’évêque de Jérusalem, Macaire, après avoir invoqué Dieu, fit toucher chaque croix à une femme gravement malade ; les premières ne lui firent aucun bien, mais l’attouchement de la troisième croix la guérit sur-le-champ.

A l’endroit même où elle avait découvert la croix du salut, Hélène éleva une église vraiment magnifique, où elle laissa une partie de la croix dans une châsse d’argent, emportant à son fils Constantin l’autre partie, qui fut déposée dans l’église de Sainte-Croix en Jérusalem, construite à Rome sur l’emplacement du palais Sessorien. Elle remit encore à son fils les clous qui avaient fixé le Corps très saint de Jésus-Christ. C’est à cette époque que Constantin promulgua une loi pour interdire que la croix servît encore d’instrument de supplice. Ainsi ce que l’on avait avili et méprisé devint glorieux et vénérable.


Histoire de la Sainte-Croix

La Vraie Croix, dite également Sainte Croix, est la croix sur laquelle Jésus-Christ a été crucifié. Elle aurait été faite de bois d'olivier (symbole de la réconciliation) et de cèdre (symbole de l'immortalité et l'incorruptibilité).

Selon une tradition médiévale, illustrée par exemple par les fresques de Pierro della Francesca à Arezzo, la Croix du rédempteur aurait été taillée dans le bois de l'Arbre de la Vie. Certains prétendent que cette dernière a été jetée dans un fossé, près des remparts de Jérusalem à quelques mètres du Golgotha.

D'après des témoignages historiques, Sainte Hélène, la mère de l'empereur Constantin Ier, découvrit la Croix de Jésus lors d'un pèlerinage en Palestine, qu'elle aurait entrepris en 326. L'importance de l'évènement donna naissance à la fête de l'invention (ce qui veut dire découverte) de la "Sainte-Croix". Plus tard, sur l'ordre de Constantin, une célébration annuelle fut décrétée, portant le nom "Exaltation de la précieuse et vivifiante Croix". En partance pour Rome, la mère de Constantin aurait emporté avec elle d'importants morceaux du bois sacré et aussi de nombreuses reliques ayant trait à la Passion du Christ.

Dès 614, Jérusalem, centre de pèlerinage chrétien, tomba aux mains des Perses conduits par leur roi Chosroès II , en guerre alors contre l'empire d'Orient. Les Perses emportèrent avec eux, dans leur butin, la Vraie Croix, plusieurs autres reliques et brulèrent les églises. Quelques années après, en 630, l'empereur byzantin Héraclius Ier, vainqueur des Perses à Ninive en 627, ramena la Vraie Croix à Jérusalem, la porta solennellement au Calvaire et répara l'église du Saint-Sépulcre.

La Quatrième croisade, dont le but premier était de délivrer les Lieux Saints retombés aux mains de l'Islam, se retrouve détournée par les Vénitiens sur Constantinople, mise à sac durant trois jours. Néanmoins les reliques, dont la Sainte Croix, échappèrent pour un temps à leur convoitise et au pillage.

Peu après ces évènements les vénitiens s'emparèrent des précieuses reliques. Saint Louis, roi de France, dédommagea les Vénitiens et en 1238 réussit à acquérir quelques reliques de la Passion dont la "Sainte Couronne". Le 30 septembre 1241, la Vraie Croix et sept autres reliques dominicales furent acquises par le Roi. Pour accueillir l'ensemble des reliques et la Sainte Croix, le roi fit construire et consacrer en 1248 la "Sainte-Chapelle", un lieu sacré au centre de Paris, dans l'île de la Cité, fondé en 1246. La Sainte Croix et les autres reliques venues de Constantinople furent enfermées jusqu'à la Révolution dans une Châsse monumentale d'orfèvrerie, haute de plus de trois mètres.

Le 25 avril 1794, la Vraie Croix fut dépouillée des matières précieuses qui l'ornaient et sa trace se perdit. Néanmoins il reste des reliques du bois de la Croix et un clou de celle-ci dans le Trésor de la sacristie de la Cathédrale Notre-Dame.

Il est difficile de retracer l'histoire de la Vraie Croix car celle-ci fut découpée en de nombreux morceaux distribués à de nombreux bénéficiaires. Aussi, aujourd'hui, les morceaux de la Croix du Christ sont très dispersés, et la liste de ces reliques est longue.

De nombreux autres lieux sacrés prétendent accueillir un morceau du Saint bois. De même, il existe de nombreuses variantes du récit de l'histoire de la Sainte Croix. Autant de versions qui suscitent les fantasmes les plus fous et un intérêt certain pour une des reliques les plus célèbre de l'histoire du Christianisme.



L'INVENTION DE LA SAINTE CROIX

Cette fête est appelée l’Invention de la Sainte Croix, parce qu'on rapporte que la sainte croix fut trouvée à pareil jour. Mais auparavant, elle avait été trouvée par Seth, fils d'Adam, dans le paradis terrestre, comme il est raconté plus bas; par Salomon, sur le Liban ; par la reine de Saba, dans le temple, de Salomon ; par les Juifs, dans l’eau de la piscine ; et en ce Jour par sainte Hélène, sur le mont du Calvaire.

L'Invention de la Sainte Croix eut lieu plus de deux cents ans après la résurrection de J.-C. On lit dans l’évangile de Nicodème (ch. XIX) qu'Adam étant devenu malade, Seth, son fils, alla à la porte du paradis et demanda de l’huile du bois de la miséricorde pour oindre le corps de son père afin qu'il recouvrât la santé. L'archange Michel lui apparut et lui dit : « Ne pleure pas et ne te mets point en peine d'obtenir de l’huile du bois de la miséricorde, car il te sera absolument impossible d'en obtenir, avant que cinq mille cinq cents ans soient révolus. Cependant on croit, que d'Adam jusqu'à la passion du Seigneur il s'écoula seulement 5099 ans. On lit encore ailleurs que l’ange lui offrit un, petit rameau et lui ordonna de le planter sur le mont Liban. Mais ou lit, dans une histoire apocryphe des Grecs, que l’ange lui donna du bois de l’arbre par le fruit duquel Adam avait péché, en l’informant que sole père serait guéri quand ce bois porterait du fruit. A son retour, Seth trouva son père mort et il planta ce rameau sur sa tombe. Cette branche plantée devint en croissant un grand arbre qui subsista jusqu'au, temps de Salomon. (Mais il faut laisser au lecteur à juger si ces choses sont vraies, puisqu'on n'en fait mention dans aucune chronique, ni dans aucune histoire authentique.) Or, Salomon considérant la beauté de cet arbre le fit couper et mettre dans la maison du Bois (Au IIIe livre des Rois, ch. VII, il est question de cette maison qui. fut construite par Salomon. Elle reçut le nom de maison du Bois, saltus, à cause de la quantité de cèdres qui entra dans sa construction).

Cependant, ainsi que le dit Jean Beleth. (ch. CLI), On ne pouvait le mettre nulle part, et il n'y avait pas moyen de lui trouver un endroit où il pût être employé convenablement : car il était tantôt trop long, tantôt trop court : si on l’avait raccourci dans les proportions qu'exigeait la place où on le voulait employer, il paraissait si court qu'on ne le regardait plus comme bon à rien. En conséquence, les ouvriers, de dépit, le rejetèrent et le mirent sur une pièce d'eau pour qu'il servît de pont aux passants. Or, quand la reine de Saba vint entendre la Sagesse de Salomon, et voulut passer sur cette pièce, elle vit en esprit que le Sauveur du monde devait être suspendu à ce bois, et pour cela elle ne voulut point passer dessus, mais aussitôt elle l’adora. Cependant dans l’Histoire scholastique (liv. III Rois, c. XXVI), on lit que la reine de Saba vit cette pièce dans la maison du Bois, et en revenant à son palais elle communiqua à Salomon que sur ce bois devait être suspendu celui dont la mort devrait être la cause de la destruction du royaume des Juifs. C'est pourquoi Salomon le fit ôter du lieu où il était, et enterrer dans les entrailles les plus profondes de la terre. Dans la suite on y établit la Piscine Probatique où les Nathinéens (C'étaient des Gabaonites qui étaient attachés au service du temple depuis Josué. Cf. Paralipomènes, IX, 2; Sigonius, De Repub. Hebraeor., liv. IX, ch. VII.) lavaient les victimes, et ce n'est pas seulement à la descente de l’ange, mais encore à la vertu de ce bois que l’on attribue que l’eau en était troublée et que les infirmes y étaient guéris. Or, quand approcha le temps de la passion de J.-C., on rapporte que cette pièce surnagea, et les Juifs, en la voyant, la prirent pour en fabriquer la croix du Seigneur. On dit encore que cette croix fut faite de quatre essences de bois, savoir de palmier, de cyprès, d'olivier et de cèdre. De là ce vers :

Ligna Crucis palma, cedrus, cupressus, oliva.

Car dans la croix, il y avait le bois qui servait de montant droit, la traverse, la tablette de dessus, et le tronc où était fixée la croix, ou bien, selon Grégoire de Tours (Miracul., liv. I, c. VI), la tablette qui servait de support, sous les pieds de J.-C. Par là on, peut voir que chacune des pièces pouvait être d'une de ces essences de bois dont on vient de parler. Or, l’apôtre paraît avoir eu en vue ces différentes sortes de bois quand il dit : « Afin que vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur » (Ep. aux Ephés., c. II, 18). Ces paroles sont expliquées comme il suit par l’illustre docteur saint Augustin : « La largeur de la croix du Seigneur, dit-il, c'est la traverse, sur laquelle on a étendu ses mains sa longueur allait depuis la terre jusqu'à cette traverse en largeur sur quoi tout le corps de J.-C. fut attaché, moins les mains; sa hauteur, c'est à partir de cette largeur jusqu'à l’endroit de dessus où se trouvait la tête; sa profondeur, c'était la partie cachée et enfoncée dans la terre. Dans la croix on trouve décrites toutes les actions d'un homme chrétien, qui sont de faire de bonnes oeuvres en J.-C., de lui être persévéramment attaché, d'espérer les biens célestes, et ne pas profaner les sacrements.

Ce bois précieux de la croix resta caché sous terre deux cents ans et plus : mais il fut découvert ainsi qu'il suit par Hélène, mère de l’empereur Constantin. En ce temps-là, sur les rives du Danube, se rassembla une multitude innombrable de barbares voulant passer le fleuve, et soumettre à leur domination tous les pays jusqu'à l’occident. Dès que l’empereur Constantin le sut, il décampa et vint se placer avec son. armée sur le Danube. Mais la multitude des barbares s'augmentant, et passant déjà le fleuve, Constantin fut, frappé d'une grande terreur, en considérant qu'il aurait à livrer bataille le lendemain. Or, la nuit suivante, il est réveillé par un ange qui l’avertit de regarder en l’air. Il tourne les veux vers le ciel et voit le signe de la croix formée par une lumière fort resplendissante, et portant écrite en lettres d'or cette inscription : « In hoc signo vinces, par ce signe tu vaincras. » Réconforté par cette vision céleste, il fit faire une croix semblable qu'il ordonna de porter à la tête de son armée: se précipitant alors sur les ennemis, il les mit en fuite et en tua une multitude immense. Après quoi Constantin convoqua tous les pontifes des temples et s'informa avec beaucoup de soin de quel Dieu c'était le signe. Sur leur réponse qu'ils l’ignoraient, vinrent plusieurs chrétiens qui lui firent connaître le mystère de la sainte croix et la foi de la Trinité. Constantin crut alors parfaitement en J.-C. et reçut le saint baptême des mains d'Eusèbe, pape, ou selon quelques livres, évêque de Césarée. Mais dans ce récit, il y a beaucoup de points contredits par l’Histoire tripartite et par l’Ecclésiastique, par la Vie de saint Silvestre et les Gestes des pontifes romains. D'après certains auteurs, ce ne fut pas ce Constantin que le pape Silvestre baptisa après sa conversion à la foi, comme paraissent l’insinuer plusieurs histoires, mais ce fut Constantin, le père de ce Constantin, ainsi qu'on le voit dans des historiens. En effet ce Constantin reçut la foi d'une autre manière rapportée dans la légende de saint Silvestre, et ce n'est pas Eusèbe de Césarée qui le baptisa, mais bien saint Silvestre. Après la mort de son père, Constantin, qui n'avait pas perdu le souvenir de la victoire remportée par la vertu de la sainte croix, fit passer Hélène, sa mère, à Jérusalem pour trouver cette croix, ainsi que nous le dirons plus bas.

Voici maintenant un récit tout différent de cette victoire, d'après l’Histoire Ecclésiastique (ch. IX). Elle rapporte donc que Maxence ayant envahi l’empire romain, l’empereur Constantin. vint lui présenter la bataille vis-à-vis le pont Albin. Comme il était dans une grande anxiété, et qu'il levait souvent les yeux au ciel pour implorer son secours, il vit en songe, du côté de l’orient dans le ciel, briller une croix, couleur. de feu : des anges se présentèrent devant lui et lui dirent : « Constantin, par cela tu vaincras. » Et, selon le témoignage de l’Histoire tripartite (Liv. IX, c. IX.), tandis que Constantin s'étonnait de ce prodige, la nuit suivante, J.-C. lui apparut avec le signe vu dans le ciel; il lui ordonna de faire des images pareilles qui lui, porteraient bonheur dans les combats. Alors Constantin fut rendu à la joie et assuré de la victoire ; il se marqua le front du signe qu'il avait vu dans le ciel, fit transformer les enseignes militaires sur le modèle de la croix et prit à la main droite une croix d'or. Après quoi il sollicita du Seigneur que cette droite, qu'il avait munie du signe salutaire de la croix, ne fût ni ensanglantée, ni souillée du sang romain, mais qu'il remportât la victoire sur le tyran sans effusion de sang. Quant à Maxence, dans l’intention de tendre un piège, il fit disposer des vaisseaux, fit couvrir le fleuve de faux ponts. Or, Constantin s'étant approché du fleuve, Maxence accourut à sa rencontre avec peu de monde, après avoir donné ordre aux autres corps de le suivre; mais il oublia lui-même qu'il avait fait construire un faux pont, et s'y engagea avec une poignée de soldats. Il fut pris au piège qu'il avait tendu lui-même, car il tomba dans le fleuve qui était profond; alors Constantin fut acclamé empereur à l’unanimité. D'après ce qu'on lit dans une chronique assez authentique, Constantin ne crut pas parfaitement d'ès ce moment; il n'aurait même pas alors reçu le baptême; mais peu de temps après, il eut une vision de saint Pierre et de saint Paul; et quand il eut reçu la vie nouvelle du baptême et obtenu la guérison de sa lèpre, il crut parfaitement dans la suite en J.-C. Ce fut alors qu'il envoya sa mère Hélène à Jérusalem pour chercher la croix du Seigneur. Cependant saint Ambroise; dans la lettre où il rapporte la mort de Théodose, et l’Histoire tripartite (Liv. III, ch. XII), disent que Constantin reçut le baptême seulement dans ses derniers moments; s'il le différa jusque-là, ce fut pour pouvoir le recevoir dans le fleuve du Jourdain. Saint Jérôme en dit autant dans sa chronique. Or, il est certain qu'il fut fait chrétien sous le pape saint Silvestre, quant à savoir s'il différa son baptême, c'est douteux ; ce qui fait qu'en la légende de saint Silvestre, il y a là-dessus, comme en d'autres points, bien peu de certitude. Or, l’histoire de l’Invention de la sainte croix, telle qu'on la lit dans les histoires ecclésiastiques conformes en cela aux chroniques, paraît plus authentique de beaucoup que celle qu'on récite dans les églises. Il est en effet constant qu'il s'y trouve des endroits peu' conformes à la vérité, si ce n'est qu'on veuille dire, comme ci-dessus, que ce ne fut pas Constantin, mais son père qui portait le même nom : ce qui du reste né paraît pas très plausible, quoique ce soit le récit de certaines histoires d'outre-mer.

Hélène arrivée à Jérusalem fit réunir autour d'elle les savants qu'on trouva dans toute la contrée. Or, cette Hélène était d'abord restée dans une hôtellerie (lemot latin stabularia voudrait dire servante de cour. Saint Ambroise paraît l’indiquer quelques lignes plus loin. Nous avons mieux aimé donner un féminin au mot, hôtelier, hôtelière est un mot qui a vieilli), mais épris de sa beauté, Constantin se l’attacha, selon que saint Ambroise l’avance en disant : « On assure qu'elle fut hôtelière, mais elle fut unie à Constantinl’ancien qui, dans la suite, posséda l’empire. Bonne hôtelière, qui chercha avec tant de soin la crèche du Seigneur! Bonne hôtelière, qui connut cet hôtelier dont les soins guérirent cet homme blessé parles brigands ! (Allusion à la parabole du Samaritain de l’Evangile ) Bonne hôtelière, qui a regardé toutes choses comme des ordures afin de gagner J.-C. ! (Expression de saint Paul dans l’Epître aux Philippiens, c. III, 8) Et pour cela Dieu l’a tirée de l’ordure pour l’élever sur un trône » (saint Ambroise). D'autres affirment, et c'est l’opinion émise dans une chronique assez authentique, que cette Hélène était fille de Clohel, roi des Bretons ; Constantin en venant dans la Bretagne la prit pour femme, parce qu'elle était fille unique. Delà vient que l’île de Bretagne échut à Constantin après la mort clé Clohel. Les Bretons eux-mêmes (attestent; on lit pourtant ailleurs qu'elle était de Trèves. Or, les Juifs, remplis de crainte, se disaient les uns aux autres : « Pour quel motif pensez-vous que la Reine nous ait convoqués auprès d'elle? » L'un d'eux nommé Judas, dit : « Je sais, moi, qu'elle veut apprendre de nous l’endroit oit se trouve le bois de la croix sur lequel le Christ a été crucifié. Gardez-vous bien d'être assez présomptueux pour le lui découvrir. Sinon tenez pour très certain que notre loi sera détruite et que toutes les traditions de nos pères seront totalement abolies : car Zachée mon aïeul l’a prédit à mon père Siméon et mon père m’a dit avant de mourir : « Fais attention, mon fils, à l’époque où l’on cherchera la croix du Christ : dis où elle se trouve, avant d'être mis à la torture; car à dater de cet instant le pouvoir des Juifs, à Jamais aboli, passera entre les mains de ceux qui adorent le crucifié, parce que ce Christ était le fils de Dieu.» Alors j'ai répondu : «Mon père, si vraiment nos ancêtres ont su que ce Christ était le fils de Dieu, pourquoi l’ont-ils attaché au gibet de la croix? » « Le Seigneur est témoin, répondit-il, que je n'ai jamais fait partie de leur conseil; mais que souvent je me suis opposé à leurs projets : or, c'est parce que le Christ reprochait les vices des Pharisiens qu'ils le firent crucifier : mais il est ressuscité le troisième jour et il a monté au ciel à la vue de ses disciples. Mon frère Etienne, que les Juifs en démence ont lapidé, a cru en lui. Prends garde donc, mon fils, de n'oser jamais blasphémer le Christ ni ses disciples. » — « Il ne paraît cependant pas, très probable que le père de ce Judas ait existé au temps de la Passion de J.-C., puisque de la passion jusqu'au temps d'Hélène, sous laquelle vécut Judas, il s'écoula plus de 270 ans; à moins qu'on ne veuille dire qu'alors les hommes vivaient plus longtemps qu'à présent. » Cependant les Juifs dirent à Judas : « Nous n'avons jamais entendu dire choses semblables. Quoi qu'il en soit, si: la Reine t'interroge, aie soin de ne lui faire aucun aveu.» Lors donc qu'ils furent en présence, de la Reine, et qu'elle leur eut demandé le lieu où le Seigneur avait été crucifié, pas un d'eux ne consentit à le lui indiquer alors elle les condamna tous à être brûlés. Ils furent saisis d'effroi et signalèrent Judas, en disant : « Princesse, voici le fils d'un juste et d'un prophète qui a connu parfaitement la loi ; demandez-lui tout ce que) vous voulez, il vous l’indiquera. » Alors elle les congédia tous à l’exception de Judas qu'elle retint et auquel elle dit : « Je te propose la vie ou la mort; choisis ce que tu préfères. Montre-moi donc le lieu qui s'appelle Golgotha, où le Seigneur a été crucifié, afin que je puisse trouver sa croix. » Judas répondit

« Comment puis-je le savoir, puisque deux cents ans et plus se sont écoulés et que je n'étais pas né à cette époque ? » La Reine lui dit : « Par le crucifié, je te ferai mourir de faim, si tu ne me dis la vérité. » Elle ordonna donc qu'il fût jeté dans tin puits desséché pour y endurer les horreurs de la faim. Or, après y être resté six jours sans nourriture, le septième il demanda à sortir, en promettant de découvrir la croix. On le retira. Quand il fut arrivé à l’endroit, après avoir fait une prière, tout à coup la terre tremble, il se répandit une fumée d'aromates d'une admirable odeur; Judas lui-même, plein d'admiration, applaudissait des deux mains et disait : « En vérité, ô Christ, vous êtes le Sauveur du monde ! » Or, d'après l’Histoire ecclésiastique, il y avait, en ce lieu, un temple de Vénus construit, autrefois par l’empereur Hadrien, afin que si quelque chrétien eût voulu y adresser ses adorations, il parût adorer Vénus : et, pour ce motif, ce lieu avait cessé d'être fréquenté et était presque entièrement délaissé, mais la Reine fit détruire ce temple jusque dans ses fondements et en fit labourer la place. Après quoi Judas se ceignit et se mit à creuser avec courage. Quand il eut atteint à la profondeur de vingt pas, il trouva trois croix enterrées, qu'il porta incontinent à la reine. Or, comme l’on ne savait pas (63) distinguer celle de J.-C. d'avec celles des larrons; on les plaça au milieu de la ville pour attendre que la gloire de Dieu se manifestât. Sur la onzième heure, passa le corps d'un jeune homme qu'on portait en terre : Judas arrêta le cercueil, mit une première et nue seconde croix sur le cadavre du défunt, qui ne ressuscita pas, alors on approcha la troisième croix dit corps et à l’instant il revint à la vie.

On lit cependant, dans les histoires ecclésiastiques (Sozomène. — Hist. eccl., l. II, c. I ; — Nicéph. cal., l. XVII, c. XIV, XV ; — Evagr., IV, 26), qu'une femme des premiers rangs de la ville gisait demi-morte, quand Macaire, évêque de Jérusalem, prit la première et la deuxième croix, ce qui ne produisit aucun résultat : mais quand il posa sur elle la troisième,, cette femme rouvrit les yeux et fut guérie à l’instant. Saint Ambroise dit, de son côté, que Macaire distingua la croix du Seigneur, par le titre qu'avait fait mettre Pilate, et dont l’évêque lut l’inscription qu'on trouva aussi. Alors le diable se mit à vociférer en l’air : « O Judas, disait-il, pourquoi as-tu fait cela? Le Judas qui est le mien a fait tout le contraire : car celui-ci, poussé par moi, fit la trahison, et toi, en me reniant, tu as trouvé la croix de Jésus. Par lui, j'ai Bagué les âmes d'un grand nombre; par toi, je parais perdre celles que j'ai gagnées : par lui, je régnais sar le peuple; par toi, je suis chassé de mon royaume. Toutefois je te rendrai la pareille, et je susciterai contre toi un autre roi qui, abandonnant la foi dit crucifié, te fera renier dans les tourments le crucifié. »

Ceci paraît se rapporter à l’empereur Julien : celui-ci, lorsque Judas fut devenu évêque de Jérusalem, l’accabla de nombreux tourments et le fit mourir martyr de J.-C. En entendant les vociférations du diable, Judas ne craignit rien, mais il ne cessa de maudire le diable en disant : « Que le Christ te damne dans l’abîme du feu éternel! » Après quoi Judas est baptisé, reçoit le nom de Cyriaque, puis est ordonné évêque de Jérusalem, quand le titulaire fut mort. (Belette, c. XXV). Mais comme la bienheureuse Hélène ne possédait pas les clous du Seigneur, elle pria l’évêque Cyriaque d'aller au Golgotha et de les chercher. Il y vint et aussitôt après avoir adressé des prières à Dieu, les clous apparurent brillants dans la terre, comme de l’or. Il les prit et les porta à la reine. Or, celle-ci se mit à genoux par terre et, après avoir incliné la tête, elle les adora avec grande révérence. Hélène porta une partie de la croix à son fils, et renferma l’autre dans des châsses d'argent qu'elle laissa à Jérusalem ; quant aux clous avec lesquels le corps du Seigneur avait été attaché, elle les porta à son fils. Au rapport d'Eusèbe de Césarée, elle en fit deux freins dont Constantin se servait dans les batailles, et elle mit les autres à son casque en guise d'armure. Quelques auteurs, comme Grégoire de Tours (Miracul., lib. I, ch. VI), assurent que le corps du Seigneur fut attaché avec quatre clous Hélène en mit deux au frein du cheval de l’empereur, le troisième à la statue de Constantin qui domine la ville de Rome, et elle jeta le quatrième dans la mer Adriatique qui jusque-là avait été un gouffre pour les navigateurs. Elle ordonna que cette fête de l’Invention de la sainte croix fût célébrée chaque année solennellement. Voici ce que dit saint Ambroise (De obitu Theod., nos 47-48) : « Hélène chercha les clous du Seigneur et les trouva. De l’un elle fit faire des freins ; elle incrusta l’autre dans le diadème : belle place que la tête pour ce clou ; c'est une couronne sur le front, c'est une bride à la main : c'est l’emblème de la prééminence du sentiment, de la lumière de la foi, et de la puissance impériale. » Quant à l’évêque saint Cyriaque, Julien l’apostat le fit mourir plus tard, pour avoir trouvé la sainte croix dont partout il prenait à tâche de détruire le signe. Avant de partir contre les Perses, il fit inviter Cyriaque à sacrifier aux idoles : sur le refus du saint, Julien lui fit couper le bras en disant : « Avec cette main il a écrit beaucoup de lettres qui ont détourné bien du monde de sacrifier aux dieux. » Cyriaque lui répondit : « Chien insensé, tu m’as bien rendu service ; car avant de croire à J.-C., trop souvent j'ai écrit des lettres que j'adressais aux synagogues des Juifs afin que personne ne crût en J.-C. et voilà que tu viens de retrancher de mon corps ce qui en avait été le scandale. » Alors Julien fit fondre du plomb qu'il ordonna de lui verser dans la bouche ; ensuite il fit apporter un lit en fer sur lequel Cyriaque fut étendu et au-dessous on mit des charbons ardents et. de la graisse. Comme Cyriaque restait immobile, Julien lui dit : « Si tu ne veux pas sacrifier aux idoles, dis au moins que tu n'es pas chrétien. » L'évêque s'y refusa avec horreur. Julien fit creuser une fosse profonde qu'on fit remplir de serpents venimeux. Cyriaque y fut jeté, mais les serpents moururent aussitôt. Julien ordonna alors que Cyriaque fût jeté dans une chaudière pleine d'huile bouillante. Or, comme le saint voulait y entrer spontanément, il se signa, et pria le Seigneur de le baptiser une seconde fois dans l’eau du martyre, mais Julien furieux lui fit percer la poitrine avec une épée. Ce fut ainsi que saint Cyriaque mérita de consommer son martyre dans le Seigneur.

La grandeur de la vertu de la Croix est manifeste dans ce notaire fidèle, trompé par un magicien qui le conduisit en un lieu où il avait fait venir des démons, en lui promettant des richesses immenses. Il vit un Ethiopien de haute stature, assis sur un trône élevé, et entouré d'autres Ethiopiens- debout, armés de lances et de bâtons. Alors l’Ethiopien demanda à ce magicien : « Quel est cet enfant ? » Le magicien répondit: « Seigneur, c'est votre serviteur. » Le démon dit au notaire : « Si tu veux m’adorer, être mon serviteur, et renier ton Christ, je te ferai asseoir à ma droite. » Mais le notaire se hâta de faire le signe de la croix et s'écria qu'il était de toute son âme le serviteur du Sauveur J.-C. Il n'eut pas plutôt fait le signe de la croix que toute cette multitude de démons disparut. Peu de temps après, ce même notaire entra un jour avec son maître dans le temple de Sainte-Sophie; se trouvant ensemble devant une image du Sauveur, le maître remarqua que cette image avait les yeux fixés sur le notaire qu'elle regardait attentivement (67). Plein de surprise, le maître fit passer le jeune homme à droite et vit que l’image avait encore tourné les veux de ce côté, en les dirigeant sur le notaire. I1 le fit de nouveau revenir à gauche, et voici que l’image tourna encore les yeux et se mit à regarder le notaire comme auparavant. Alors le maître le conjura de lui dire ce qu'il avait fait à Dieu pour mériter que l’image le regardât, ainsi. Il répondit qu'il n'avait la conscience d'aucune bonne action, si ce n'est qu'il n'avait pas voulu renier le Sauveur devant le diable.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdcccci




AUX PREMIÈRES VÊPRES.

Ant. 1 O grande œuvre de bonté ! * La mort a été détruite sur le bois lorsque- la vie y est morte, alléluia.

Ant. 2 Sauvez-nous, * ô Christ Sauveur, par la vertu de la Croix ; vous qui avez sauvé Pierre sur la mer, ayez pitié de nous, alléluia.

Ant. 3 Voici la Croix du Seigneur, * fuyez, parties adverses ; il a vaincu, le lion de la tribu de Juda, la racine de David, alléluia.

Ant. 4 Il nous faut mettre notre gloire * dans la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, alléluia.

Ant. 5 Par le signe de la Croix, * délivrez-nous de nos ennemis, ô notre Dieu, alléluia.

Capitule. Philipp. 2, 5-7. Mes frères : Ayez en vous les mêmes sentiments dont était animé le Christ Jésus : bien qu’il fût Dieu par nature, il n’a pas retenu avidement son égalité avec Dieu, mais il s’est anéanti lui-même en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes, à l’extérieur absolument comme un homme.

Hymnus

Vexílla Regis pródeunt :

Fulget Crucis mystérium,

Qua vita mortem pértulit,

Et morte vitam prótulit.

Quæ, vulneráta lánceæ

Mucróne diro, críminum

Ut nos laváret sórdibus,

Manávit unda et sánguine.

Impléta sunt quæ cóncinit

David fidéli cármine,

Dicéndo natiónibus :

Regnávit a ligno Deus.

Arbor decóra et fúlgida,

Ornáta Regis púrpura,

Elécta digno stípite

Tam sancta membra tángere.

Beáta, cujus bráchiis

Prétium pepéndit sǽculi,

Statéra facta córporis,

Tulítque prædam tártari.

Sequens stropha dicitur flexis genibus.

O Crux, ave, spes única,

Paschále quæ fers gáudium,

Piis adáuge grátiam,

Reísque dele crímina.

Hymne

Les étendards du Roi s’avance ; voici briller le mystère de la croix sur laquelle Celui qui est la vie a souffert la mort et par sa mort nous a donné la vie.

C’est là que transpercé

du fer cruel de la lance,

pour laver la souillure de nos crimes,

son côté épancha l’eau et le sang.

Il s’est accompli l’oracle de David

qui dans ses chants inspirés

avait dit aux nations :

Dieu régnera par le bois.

Il est heureux d’avoir porté,

suspendue à ses bras, la rançon du monde :

balance où fut pesé le corps ;

et il a enlevé sa proie à l’enfer.

Il est beau, il est éclatant,

l’arbre paré de la pourpre du roi ;

noble gibet appelé à toucher

des membres si sacrés.

La strophe suivante est dite à genoux.

Salut ô Croix, notre unique espérance ;

en ce jour glorieux du triomphe,

accrois la grâce dans le juste,

efface les crimes des pécheurs.

O Trinité, source du salut,

que toute âme vous glorifie ;

Vous nous donnez la victoire par la croix,

ajoutez-y la récompense.

Ainsi soit-il.

V/. Ce signe de la Croix sera dans le ciel, alléluia.

R/. Lorsque le Seigneur viendra pour juger, alléluia.

Ant.au Magnificat O Croix * plus brillante que tous les astres, célèbre dans le monde, vraiment aimable aux hommes, plus sainte que toutes choses, seule tu as été digne de porter la rançon du monde : doux bois, doux clous, portant un doux fardeau ; sauve ce peuple assemblé aujourd’hui pour chanter tes louanges, alléluia, alléluia.

A MATINES.

Invitatoire. Le Christ, Roi crucifié, * Venez, adorons-le, alléluia.

Hymnus

Pange, lingua, gloriósi

Láuream certáminis,

Et super Crucis trophǽo

Dic triúmphum nóbilem :

Quáliter Redémptor orbis

Immolátus vícerit.

De paréntis protoplásti

Fraude Factor cóndolens,

Quando pomi noxiális

In necem morsu ruit :

Ipse lignum tunc notávit,

Damna ligni ut sólveret.

Hoc opus nostræ salútis

Ordo depopóscerat ;

Multifórmis proditóris

Ars ut artem fálleret,

Et medélam ferret inde,

Hostis unde lǽserat.

Quando venit ergo sacri

Plenitúdo témporis,

Missus est ab arce Patris

Natus, orbis Cónditor ;

Atque ventre virgináli

Carne amíctus pródiit.

Vagit infans inter arcta

Cónditus præsépia :

Membra pannis involúta

Virgo Mater álligat :

Et Dei manus pedésque

Stricta cingit fáscia.

Hymne

Chante, chante, ma langue,

les lauriers d’un glorieux combat !

Sur le trophée de la Croix

chante le grand triomphe ;

Raconte comment le Rédempteur du monde

triomphe en s’immolant.

Dieu compatit au malheur du premier

homme sorti de ses mains.

Dès qu’il mordit à la pomme funeste,

Adam se précipita dans la mort.

Dieu lui- même désigna l’arbre nouveau

pour réparer les malheurs causés par le premier.

Cette œuvre réparatrice,

l’économie de notre salut la réclamait ;

Dieu voulait que l’artifice du serpent

fût déjoué par un autre artifice ;

il voulait porter le remède

là où l’ennemi avait causé le tort.

Quand donc fut arrivée

la plénitude des temps annoncés,

du haut du trône de son Père,

le Fils, créateur du monde, fut envoyé.

Dans le sein d’une Vierge,

il se revêtit de chair et il naquit.

Il vagit, le petit enfant,

couché dans l’étroite crèche ;

la Vierge, sa mère, enveloppe

de langes ses membres emprisonnés,

et des bandelettes étroites

enserrent les pieds et les mains d’un Dieu.

Gloire soit éternellement

à la bienheureuse Trinité.

Honneur égal au Père et au Fils,

comme aussi au Paraclet.

Que le nom du Dieu un et trois

soit loué dans tout l’univers.

Ainsi soit-il.

Au premier nocturne.

Ant. [1] De l’Invention de la Croix, * célébrons de nouveau la fête, dont la gloire brille d’un vif éclat dans le monde entier, alléluia.

V/. Ce signe de la Croix sera dans le ciel, alléluia.

R/. Lorsque le Seigneur viendra pour juger, alléluia.

De l’Épître de l’Apôtre saint Paul, aux Galates. Cap. 3, 10-14.

Première leçon. Tous ceux qui s’appuient sur les œuvres de la loi sont sous la malédiction. Car il est écrit : Maudit quiconque ne persévérera point dans tout ce qui est écrit dans le livre de la loi pour l’accomplir ! Cependant, que nul n’est justifié devant Dieu par la loi, cela est manifeste, puisque le juste vit de la foi. Or la loi ne s’appuie pas sur la foi, puisque au contraire : Celui qui observera ces préceptes, vivra par eux. Le Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, devenu malédiction pour nous, selon qu’il est écrit : Maudit quiconque est pendu au bois ! Afin que la bénédiction donnée à Abraham fût communiquée aux Gentils par le Christ Jésus, pour que nous reçussions par la foi la promesse de l’Esprit.

R/. La sainte Église vénère le jour glorieux où fut exalté le bois triomphal, * Sur lequel notre Rédempteur, rompant les liens de la mort, a vaincu le perfide serpent, alléluia, alléluia. V/. Le Verbe du Père nous a ouvert le chemin du salut, étant suspendu au bois. * Sur lequel.

De l’Épître aux Philippiens. Cap. 2, 5-11.

Deuxième leçon. Ayez en vous les mêmes sentiments dont était animé le Christ Jésus : bien qu’il fût Dieu par nature, il n’a pas retenu avidement son égalité avec Dieu, mais il s’est anéanti lui-même en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes, à l’extérieur absolument comme un homme. Il s’est abaissé lui-même, se faisant obéissant jusqu’à la mort, et la mort sur la croix. C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse, au ciel, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame, à la gloire de Dieu le Père, que Jésus-Christ est Dieu.

R/. O Croix, l’appui de notre confiance, arbre seul illustre entre tous les autres, nulle forêt n’a produit ton pareil pour le feuillage la fleur et le fruit : * Il nous est cher, ce bois ; ils nous sont chers, ces clous ; et combien est doux le fardeau qu’ils soutiennent, allléuia. V/. Tu es seule plus élevée que tous les cèdres. * Il nous est cher. De l’Épître aux Colossiens. Cap. 2, 9-15.

Troisième leçon. Dans le Christ habite corporellement toute la plénitude de la divinité ; et vous êtes remplis en lui, qui est le chef de toute principauté et de toute puissance ; et c’est1 en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision non faite de main d’homme, par le dépouillement de votre corps de chair, mais de la circoncision du Christ ; ayant été ensevelis avec lui dans le baptême, dans lequel vous avez été aussi ressuscites par la foi en la puissance de Dieu, qui l’a ressuscité d’entre les morts. Et vous, lorsque vous étiez morts dans vos péchés et dans l’incirconcision de votre chair, il vous a fait revivre avec lui ; vous remettant tous vos péchés ; effaçant la cédule du décret porté contre nous, qui nous était contraire, et qu’il a abolie, en l’attachant à la croix ; et dépouillant les principautés et les puissances, il les a menées captives avec une noble fierté, triomphant d’elles hautement en lui-même.

R/. Voici l’arbre très digne placé au milieu du paradis, * Sur lequel l’auteur du salut a vaincu, par sa mort, la mort de tous les hommes, alléluia, alléluia. V/. Croix excellente et d’une éclatante beauté. * Sur. Gloire au Père. * Sur.

Au deuxième nocturne.

Ant. Cet heureux trophée * devient la santé des infirmes, c’est, un arbre de vie, un remède à la mort alléluia.

V/. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénis sons, alléluia.

R/. Parce qui vous avez racheté le monde par votre Croix, alléluia.

Quatrième leçon. Après l’insigne victoire que remporta sur Maxime l’empereur Constantin, auquel le signe de la Croix du Seigneur avait été manifesté, Hélène, mère de Constantin, avertie en songe, vint à Jérusalem dans le dessein d’y rechercher la Croix. Sur le Calvaire, elle fit abattre une statue de marbre représentant Vénus ; c’était pour abolir tout souvenir de la passion de Jésus-Christ, que les Gentils avaient, depuis environ cent quatre-vingts ans, placé cette statue à l’endroit même où la Croix avait été plantée. Hélène agit de même au lieu où était la crèche du Sauveur, et au lieu où il était ressuscité, ayant fait enlever du premier le simulacre d’Adonis, et du second, celui de Jupiter.

R/. Il faut que nous nous glorifiions dans la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, en qui est le salut, la vie et notre résurrection : * Par qui nous avons été sauvés et délivrés, alléluia. V/. Nous adorons votre Croix, Seigneur, et nous honorons le souvenir de votre glorieuse passion. * Par qui.

Cinquième leçon. On déblaya l’endroit où devait être la Croix, et, en creusant, l’on découvrit trois croix profondément enfouies, mais le titre de la Croix du Seigneur fut trouvé à part et comme l’on ne voyait pas à laquelle des trois croix il avait été fixé, un miracle mit fin au doute. Macaire, Évêque de Jérusalem, après avoir fait adresser à Dieu des prières, fit toucher l’une après l’autre les trois croix à une femme qui était gravement malade. L’attouchement des deux premières ne lui fut d’aucun secours, mais lorsqu’on eut approché la troisième de l’infirme, cette personne fut aussitôt guérie.

R/. Tandis que par une grâce céleste on exalte le gage sacré, la foi dans le Christ est fortifiée : * On voit s’accomplir les divins prodiges opérés figurativement autrefois par le bâton de Moïse, alléluia, alléluia. V/. Au contact de la Croix, les morts ressuscitent, et les grandeurs de Dieu se révèlent. * On voit.

Sixième leçon. Ayant ainsi retrouvé la croix, instrument de notre salut, Hélène éleva au même lieu une église, vraiment magnifique où elle laissa une partie de la Croix, enfermée dans une châsse d’argent ; elle en apporta une autre partie à son fils Constantin, et on la déposa à Rome dans l’église appelée Sainte-Croix-de-Jérusalem, construite sur l’emplacement du palais de Sertorius. Hélène remit encore à son fils les clous avec lesquels le très saint corps de Jésus-Christ avait été attaché. C’est alors que Constantin porta une loi, pour défendre qu’on fît désormais subir à quelqu’un le supplice de la croix ; et ainsi la croix qui avait été jusqu’alors pour les hommes un sujet d’opprobre et de mépris, devint un objet de vénération et de gloire.

R/. Ce signe de la Croix sera dans le ciel lorsque le Seigneur viendra pour juger : * Alors seront manifestés les secrets de notre cœur, alléluia, alléluia. V/. Quand le Fils de l’homme sera assis sur le siège de sa majesté, et commencera à juger le siècle par le feu. * Alors. Gloire au Père. * Alors.

Au troisième nocturne.

Ant. Nous vous adorons, ô Christ, * et nous vous bénissons, parce que vous avez racheté le monde par votre Croix, alléluia.

V/. Que toute la terre vous adore et vous chante, alléluia.

R/. Qu’elle dise un psaume à votre nom, Seigneur, alléluia.

Lecture du saint Évangile selon saint Jean. Cap. 3, 1-15.

En ce temps-là : Il y avait parmi les pharisiens un homme appelé Nicodème, un des premiers des Juifs. Il vint la nuit auprès de Jésus, et Lui dit : Maître, nous savons que Vous êtes venu de la part de Dieu comme docteur. Et le reste.

Homélie de saint Augustin, Évêque.

Septième leçon. Nicodème était donc un de ceux qui avaient cru au nom de Jésus, à la vue des miracles et des prodiges qu’il opérait. En effet, l’Évangéliste a dit plus haut : « Lorsqu’il était à Jérusalem pendant la fête de Pâques, beaucoup crurent en son nom ». Pourquoi crurent-ils en son nom ? Saint Jean le marque par ce qui suit : « Voyant les miracles que Jésus faisait ». Et que dit-il de Nicodème ? « Il y avait un des chefs des Juifs, nommé Nicodème ; il vint la nuit à Jésus, et lui dit : Maître, nous savons que vous êtes un docteur envoyé de Dieu ». Nicodème avait donc lui-même cru en son nom. Quel motif l’avait déterminé à croire ? Nous le voyons par ces paroles qu’il ajoute : « Car personne ne pourrait faire les prodiges que vous faites, si Dieu n’était avec lui ».

R/. Doux bois, doux clous, ils ont soutenu un doux fardeau : * Ce bois a seul été digne de porter la rançon du monde, alléluia. V/. Ce signe de la Croix sera dans le ciel, lorsque le Seigneur viendra pour juger. * Ce bois.

Huitième leçon. Si donc Nicodème était parmi ceux qui, en grand nombre, avaient cru au nom de Jésus, considérons dans sa personne les raisons pour lesquelles Jésus ne se confiait pas à eux. Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis : si quelqu’un ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu ». Jésus se confie donc à ceux qui ont pris une nouvelle naissance. Ceux-là croyaient en Jésus, et Jésus ne se confiait point à eux. Tels sont tous les catéchumènes ; déjà ils ont foi au nom du Christ, mais Jésus ne se donne point à eux.

R/. Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé : * Afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle, alléluia. V/. Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. * Afin. Gloire au Père. * Afin.

Neuvième leçon. Que votre chanté y fasse attention, et elle comprendra ce que je dis. Si nous demandons à un catéchumène : Croyez-vous en Jésus-Christ ? Je crois, répond-il, et il fait sur lui-même le signe de la croix ; il porte ce signe sur le front et il ne rougit pas de la Croix de son Maître. Il croit donc en son nom. Interrogeons-le encore : Mangez-vous la chair du Fils de l’homme et buvez-vous son sang ? Il ne sait ce que nous voulons lui dire, parce que Jésus ne s’est pas encore confié à lui.

A LAUDES.

Ant. 1 O grande œuvre de bonté ! * La mort a été détruite sur le bois lorsque- la vie y est morte, alléluia.

Ant. 2 Sauvez-nous, * ô Christ Sauveur, par la vertu de la Croix ; vous qui avez sauvé Pierre sur la mer, ayez pitié de nous, alléluia.

Ant. 3 Voici la Croix du Seigneur, * fuyez, parties adverses ; il a vaincu, le lion de la tribu de Juda, la racine de David, alléluia.

Ant. 4 Il nous faut mettre notre gloire * dans la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, alléluia.

Ant. 5 Par le signe de la Croix, * délivrez-nous de nos ennemis, ô notre Dieu, alléluia.

Capitule. Philipp. 2, 5-7. Mes frères : Ayez en vous les mêmes sentiments dont était animé le Christ Jésus : bien qu’il fût Dieu par nature, il n’a pas retenu avidement son égalité avec Dieu, mais il s’est anéanti lui-même en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes, à l’extérieur absolument comme un homme.

Hymnus

Lustra sex qui iam perégit,

Tempus implens córporis,

Sponte líbera Redémptor

Passióni déditus,

Agnus in Crucis levátur

Immolándus stípite.

Felle potus ecce languet :

Spina, clavi, láncea

Mite corpus perforárunt :

Unda manat, et cruor :

Terra, pontus, astra, mundus,

Quo lavántur flúmine !

Crux fidélis, inter omnes

Arbor una nóbilis :

Silva talem nulla profert

Fronde, flore, gérmine :

Dulce ferrum, dulce lignum,

Dulce pondus sústinent.

Flecte ramos, arbor alta,

Tensa laxa víscera,

Et rigor lentéscat ille,

Quem dedit natívitas ;

Et supérni membra Regis

Tende miti stípite.

Sola digna tu fuísti

Ferre mundi víctimam ;

Atque portum præparáre

Arca mundo naufrágo,

Quam sacer cruor perúnxit,

Fusus Agni córpore.

Hymne

Le temps de six lustres est écoulé,

la durée de sa vie mortelle est accomplie :

le Rédempteur, de lui-même,

se livre aux tourments de sa Passion ;

Agneau divin.il est cloué à la croix,

bois très saint sur lequel il s’immole.

On l’abreuve de fiel ; il languit ;

les épines, les clous et la lance

transpercent le doux corps !

De l’eau jaillit ; avec elle, du sang.

Terre, océan, astres, monde,

que le fleuve vous purifie

O Croix, objet de notre confiance,

arbre illustre entre tous :

nulle forêt n’en produit de semblable

par le feuillage, les fleurs et les fruits.

O doux bois aimable, ô doux clous,

quel doux fardeau vous supportez !

Ploie tes rameaux, arbre sublime,

relâche tes fibres tendues,

fléchis cette rigidité rugueuse

que t’a donnée la nature.

Offre un soutien plus doux

aux membres sacrés du Roi du ciel.

O Croix, seul arbre digne entre tous

de porter la victime du monde,

esul digne de façonner l’arche

qui guide au port le monde naufragé,

car tu fus empourprée du sang divin

qui s’échappe du corps de l’Agneau.

Gloire soit éternellement

à la bienheureuse Trinité.

Honneur égal au Père et au Fils,

comme aussi au Paraclet.

Que le nom du Dieu un et trois

soit loué dans tout l’univers.

Ainsi soit-il.

V/. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons, alléluia.

R/. Parce que vous avez racheté le monde par votre croix, alléluia.

Ant. au Bénédictus Plus que, toutes * les tiges des cèdres, tu es élevée, toi seule, à laquelle fut suspendue la vie du monde, sur laquelle le Christ a triomphé et la mort vaincu la mort pour toujours, alléluia.

AUX DEUXIÈMES VÊPRES.

Ant., capitule, hymne et V/. des 1ères Vêpres

Ant. au Magnificat Il a été attaché à une croix qu’il a sanctifiée, * celui qui a vaincu l’enter ; il s’est revêtu de puissance, il est ressuscité le troisième jour, alléluia.

[1] Pendant le Temps pascal, les trois psaumes de chacun des nocturnes des Matines sont dits sous une seule antienne.



Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Il convenait que notre divin Roi se montrât à nos regards appuyé sur le sceptre de sa puissance, afin que rien ne manquât â la majesté de son empire. Ce sceptre est la Croix, et il appartenait au Temps pascal de lui en présenter l’hommage. Naguère la Croix s’offrait à nous comme un objet d’humiliation pour notre Emmanuel, comme le lit de douleur sur lequel il expirait ; mais depuis, n’a-t-il pas vaincu la mort ? et cette Croix, qu’est-elle devenue, sinon le trophée de sa victoire ? Qu’elle paraisse donc, et que tout genou fléchisse devant ce bois auguste par lequel notre Emmanuel a conquis les honneurs que nous lui rendons aujourd’hui.

Le jour où nous célébrâmes sa naissance, nous chantions avec Isaïe : « Un petit enfant nous est né, un fils nous a été donné ; il porte sur son épaule le signe de sa principauté [2]. » Nous l’avons vu, en effet, portant sur son épaule cette Croix, comme Isaac porta le bois de son sacrifice ; mais aujourd’hui elle n’est plus pour lui un fardeau. Elle brille d’un éclat qui ravit les regards des Anges, et après avoir été adorée par les hommes aussi longtemps que doit durer ce monde, elle paraîtra tout à coup sur les nuées du ciel, pour assister près du juge des vivants et des morts à la sentence favorable de ceux qui l’auront aimée, à la réprobation de ceux qui l’auront rendue inutile pour eux par leur mépris ou par leur oubli.

Durant les quarante jours que Jésus passe encore sur la terre, il ne juge pas à propos de glorifier l’instrument de sa victoire. La Croix ne doit reparaître qu’au jour où, tout invisible qu’elle sera demeurée, elle aura conquis le monde à celui dont elle redit les grandeurs. Il a reposé trois jours dans le tombeau ; elle restera trois siècles ensevelie sous les ombres ; mais elle aussi ressuscitera ; et c’est cette admirable résurrection que la sainte Église célèbre aujourd’hui. Jésus a voulu, quand les temps ont été accomplis, accroître les joies pascales, en révélant à force de prodiges ce monument auguste de son amour pour nous. Il nous le laisse entre les mains, pour notre consolation, jusqu’au dernier jour ; n’est-il pas juste que nous lui en fassions hommage ?

Jamais l’orgueil de Satan n’avait éprouvé de défaite aussi poignante que celle qui fondit sur lui, lorsqu’il vit que le bois, instrument de notre perte, était devenu l’instrument de notre salut. Sa rage impuissante se tourna contre cet arbre sauveur qui lui rappelait si cruellement et la puissance irrésistible de son vainqueur, et la dignité de l’homme racheté à un tel prix. Il eût voulu anéantir cette Croix redoutable ; mais, sentant son impuissance à réaliser un si coupable dessein, il tenta du moins de profaner et de cacher à tous les regards un objet si odieux pour lui. Il poussa donc les Juifs à enfouir honteusement Je bois sacré que le monde entier révère. Au pied du Calvaire, non loin du sépulcre, s’ouvrait une excavation profonde. C’est là que les hommes de la synagogue précipitent la Croix du Sauveur avec celles des deux larrons. Les clous, la couronne d’épines, l’inscription détachée de la Croix, vont la rejoindre dans ce gouffre, que les ennemis de Jésus font remplir de terre et de décombres. Le sanhédrin pense en avoir fini avec la mémoire de ce Nazaréen, que l’on a pu crucifier sans qu’il soit descendu de la Croix.

Quarante ans plus tard, Jérusalem succombait sous le poids de la vengeance divine. Bientôt les lieux de notre rédemption étaient souillés par la superstition païenne ; un petit temple à Vénus sur le Calvaire, un autre à Jupiter sur le saint sépulcre : telles furent les indications par lesquelles la dérision païenne conserva, sans le vouloir, le souvenir des merveilles qui s’étaient accomplies sur ce terrain sacré. A la poix de Constantin, les chrétiens n’eurent qu’à renverser ces honteux monuments, et le sol arrosé du sang rédempteur reparaissait à leurs yeux, et le glorieux tombeau se rouvrait à leur piété. Mais la Croix ne se révélait pas encore, et continuait de reposer dans les entrailles de la terre. Pour relever le sceptre du grand Roi, il fallait une main royale. La pieuse impératrice Hélène, mère du libérateur de l’Église, fut désignée par le ciel pour rendre au Christ, sur le théâtre même de ses humiliations, les honneurs qui lui sont dus comme Roi du monde. Avant de jeter les fondements de la basilique de la Résurrection, cette digne émule de Madeleine et des autres saintes femmes du sépulcre désira avec ardeur retrouver l’instrument du salut. Une tradition conservée chez les Juifs fut interrogée ; et l’impératrice connut vers quel endroit il était à propos de diriger les fouilles. Avec quelle sainte anxiété elle suivit les travaux ! Avec quel transport de joie elle aperçut le bois de la rédemption, que l’on ne discernait pas encore, il est vrai, mais qui devait être présent dans l’une des trois croix mises à découvert ! Son ardente prière s’élevait vers le Sauveur, qui seul pouvait révéler le divin trophée de sa victoire ; l’évêque Macaire unissait ses vœux à ceux de la pieuse princesse ; et les prodiges à l’aide desquels le discernement se fit avec certitude récompensèrent la foi qui n’aspirait au miracle que pour la plus grande gloire du Rédempteur.

C’en était fait, et l’Église entrait en possession de l’instrument du salut des hommes. L’Orient et l’Occident tressaillirent à la nouvelle de cette sublime découverte que le ciel avait conduite, et qui venait mettre le dernier sceau au triomphe du christianisme. Le Christ scellait sa victoire sur le monde païen, en élevant ainsi son étendard, non plus figuré, mais réel, ce bois miraculeux, scandale autrefois pour les Juifs, folie aux yeux des gentils, et devant lequel tout chrétien fléchira désormais le genou.

Hélène ne tarde pas à inaugurer l’arbre sacré dans la basilique qu’elle a construite, et qui réunit dans sa vaste enceinte le sépulcre glorieux et la colline du crucifiement. Un autre sanctuaire s’élève sur le lieu où reposa la Croix durant trois siècles ; de nombreux degrés conduisent le pèlerin jusqu’au fond de ce mystérieux asile. Alors commence une succession innombrable de pieux voyageurs venus des quatre vents du ciel pour honorer les lieux sur lesquels s’est opéré le salut de l’homme, et rendre leurs hommages au buis libérateur. Mais les desseins miséricordieux du ciel ne permettent pas que le précieux gage de l’amour du Fils de Dieu envers notre humble race soit le partage qu’un seul sanctuaire, quelque sacré qu’il soit déjà Hélène a détaché de l’arbre du salut une portion considérable qu’elle destine à Rome, la nouvelle Jérusalem. Ce don précieux reposera dans la basilique élevée par son fils sur les jardins de Sessorius, et le peuple romain appellera désormais ce sanctuaire la basilique de Sainte-Croix-en-Jérusalem.

Mais par le cours des âges la sainte Croix honorera de sa présence bien d’autres lieux de la terre. Déjà dés le IVe siècle saint Cyrille de Jérusalem attestait que les pèlerins qui obtenaient qu’on en détachât pour eux quelques légers éclats, avaient étendu au monde entier le bienfait divin [3], et saint Paulin de Noie nous apprend qu’aucune diminution ne se faisait sentir sur le bois immortel [4]. Au VIe siècle, sainte Radegonde sollicite et obtient de l’empereur Justin II un fragment de la portion considérable que possède le trésor impérial de Constantinople. La Gaule ne pouvait entrer plus noblement en participation du précieux instrument de notre salut que par les mains de sa pieuse reine ; et Venance Fortunat composait, pour l’arrivée de l’auguste relique, l’hymne admirable que l’Église chantera jusqu’à la fin des siècles lorsqu’elle veut célébrer les grandeurs de la sainte Croix. Jérusalem, après des alternatives de perte et de recouvrement, finit par perdre sans retour l’objet divin qui faisait sa principale gloire. Constantinople en hérite encore ; et cette ville devient la source de nombreuses largesses qui, principalement à l’époque des croisades, viennent enrichir les Églises de l’Occident. Il s’établit comme de nouveaux centres de religion envers la sainte Croix, aux lieux où reposent les fragments insignes ; de toutes parts la piété convoite une parcelle du bois salutaire. Le fer divise respectueusement les parties plus considérables, et peu à peu nos régions s’en trouvent remplies. La vraie Croix est partout, et il n’est pas de chrétien qui, dans le cours de sa vie, n’ait été à même d’en vénérer quelque fragment. Mais qui pourrait compter les actes d’amour et de reconnaissance que la vue d’un si touchant objet enfante dans les cœurs ? Et qui ne reconnaîtrait dans cette profusion successive un stratagème de la bonté divine pour raviver en nous le sentiment de la rédemption sur laquelle reposent nos espérances éternelles ?

Qu’il soit donc aime, ce jour où la sainte Église unit le souvenir triomphal de la sainte Croix aux joies de la résurrection de celui qui a conquis par elle le trône où nous le verrons bientôt monter. Rendons grâces pour le bienfait signalé qui a restitué aux hommes, à l’aide des prodiges, un trésor dont la possession eût manqué à la dot de la sainte Église. En attendant le jour où le Fils de l’homme doit l’arborer sur les nuées du ciel, il l’a confiée à son Épouse comme le gage de son second avènement. En ce jour, il rassemblera par sa puissance tous ces fragments épars ; l’arbre de vie étalera toute sa beauté aux regards des élus, et les conviera au repos éternel sous son ombre délectable.

Les Églises de l’Orient et de l’Occident ont produit un grand nombre de compositions liturgiques en l’honneur de la sainte Croix ; nous en choisirons quelques-unes qui pourront servir d’expression à la piété du lecteur, en commençant par l’immortel cantique de Venance Fortunat [5].

L’Église Romaine emploie dans l’Office d’aujourd’hui des Répons et des Antiennes qui respirent un parfum d’antiquité qui rend plus pénétrante encore l’onction dont ils sont remplis.

Le moyen âge de nos Églises latines ne pouvait demeurer muet sur les louanges de la sainte Croix. Nous lui emprunterons d’abord cette Séquence fameuse attribuée à Adam de Saint-Victor

SÉQUENCE.

Célébrons avec transport les louanges de la Croix, nous pour qui la Croix a été le principe de l’allégresse et de la gloire ; dans la Croix nous triomphons, par la Croix nous remportons sur notre farouche ennemi la victoire qui nous assure la vie.

Que nos deux concerts pénètrent jusqu’aux deux ; il mérite, ce bois cher aux hommes, que l’on consacre à sa gloire les plus doux accents. Mettons d’accord et nos voix et nos vies ; quand la vie ne contredit pas les chants que la voix fait entendre, c’est alors que la mélodie est agréable au ciel.

Célébrez la Croix, serviteurs de la Croix ; c’est par la Croix que les dons de la vie céleste sont venus réjouir vos cœurs ; dites donc tous ensemble, et que chacun répète : « Hommage à toi, arbre salutaire, principe de salut pour le monde entier ! »

Autel du salut, autel illustre et fortuné, qui fus rougi du sang de l’Agneau, de l’Agneau sans tache, qui purifia le monde de son antique péché.

La Croix est l’échelle des pécheurs, par laquelle le Roi des cieux, le Christ, attira toutes choses à lui ; par sa forme quadrangulaire, elle montre que sa vertu s’étend aux quatre confins du monde.

La Croix n’est pas un mystère nouveau, son culte ne date pas d’hier ; par elle Moïse rendit douces les eaux amères, par elle il fit jaillir les sources du rocher.

Point de salut dans la maison, si l’homme n’imprime sur la porte ce signe protecteur ; qu’il le fasse seulement, et il sera sauf du glaive, et son premier-né lui sera conservé.

La pauvre femme de Sarepta, cherchant le bois, trouva le salut ; sans ce bois cher à la foi, ni l’huile ni la farine n’auraient abondé dans sa maison.

Ces mystères furent longtemps cachés sous les symboles de l’Écriture ; mais aujourd’hui les bienfaits de la Croix éclatent au grand jour ; les rois ont embrassé la foi, les ennemis sont en déroute ; par la Croix seule, sous le Christ notre chef, un seul de nous met en fuite mille adversaires.

Rome vit Maxence submergé dans le Tibre avec ses vaisseaux ; ailleurs, les Thraces et les Perses furent taillés en pièces, et le chef ennemi tomba sous les coups d’Héraclius.

La Croix rend forts et victorieux ceux qu’elle protège, elle guérit maladies et langueurs ; par elle les démons sont rÉpoussés ; aux captifs elle rend la liberté, aux morts une vie nouvelle ; elle rétablit toute créature dans sa dignité première.

Hommage à toi, bois triomphal, ô Croix, salut du monde ! Nul arbre ne t’est comparable pour le feuillage, pour la fleur ni pour le fruit ; remède des chrétiens, sois la force de ceux qui sont sains, guéris ceux qui sont malades ; en ion nom l’homme obtientce qui dépasserait ses forces.

O toi qui as consacré cet arbre, daigne nous écouter célébrant les louanges de la Croix ; après cette vie, transporte les serviteurs de ta Croix au séjour de la lumière véritable. Ils honorent l’instrument de ton supplice ; délivre-les des tourments de l’enfer ; et quand viendra le jour delà colère, mets-nous en possession des joies éternelles.

Amen.

L’Hymne suivante, pleine de grandeur et de majesté, se trouve dans nos anciens Bréviaires romains-français, à la fête de l’Invention de la sainte Croix.

HYMNE.

Salut, ô Croix sainte ! Salut, ô gloire du monde, notre espoir véritable, source de nos joies, signe de salut, protection dans les périls, arbre de vie qui portes celui qui est la Vie universelle !

Rachetés sur toi, nous aimons à chanter tes louanges, Croix adorable, principe de vie, l’amour et l’honneur des hommes. Nous aimons à redire : Le bois nous fit esclaves, et tu nous affranchis, ô bois !

O Christ, toi qui anéantis sur la Croix la faute originelle, daigne nous purifier de nos taches personnelles ; aie pitié de l’homme fragile ; par ta Croix sainte pardonne à ceux qui sont tombés.

Par le signe de la Croix protège, sauve, bénis, sanctifie ton peuple tout entier ; écarte les maux de l’âme et du corps ; que tout fléau se dissipe en présence de ce signe tout-puissant.

Louange à Dieu le Père dans la Croix de son Fils ! Hommage pareil à l’Esprit-Saint ! Joie aux Anges, les citoyens du ciel ! Honneur sur la terre à l’Invention de la Croix ! Amen.

Nous choisirons entre les compositions liturgiques que l’Église grecque a produites en l’honneur de la sainte Croix, le Canon ou Hymne qui suit. Il a pour auteur saint Théodore Studite.

CANON.

Ce jour est un jour de joie. En ressuscitant, le Christ a fait disparaître la mort ; la vie apparaît dans tout son éclat ; Adam sorti du tombeau conduit les chœurs dans l’allégresse ; faisons entendre aussi nos chants de victoire.

Le jour est venu d’adorer la Croix précieuse ; en ce moment elle étincelle des rayons du Christ ressuscité ; venez tous, embrassons-la, couvrons-la de nos baisers avec une joie spirituelle.

Apparais à mes regards, ô Croix du Seigneur, toi dont la gloire est sans limites ; montre-moi ta beauté, ton éclat divin ; sois propice à ton adorateur, afin qu’il chante dignement tes louanges ; je m’entretiens avec toi, je te serre dans mes bras comme un être plein de vie.

Le ciel et la terre s’unissent dans un même concert ; car la Croix bienheureuse a été offerte aux regards de l’univers entier ; c’est sur elle que le Christ attaché fut immolé ; dans la joie de nos cœurs honorons-la par nos baisers.

Le divin Moïse figura jadis ta Croix, ô Christ Dieu, lorsqu’il divisa les eaux avec sa verge, conduisant le peuple d’Israël à travers la mer Rouge, et chantant à ta gloire le cantique du passage.

La Croix que nous baisons aujourd’hui, c’est celle que figurait Moïse par ses bras étendus ; par elle nous mettons en fuite l’Amalec spirituel ; par elle aussi, Seigneur, nous obtenons le salut.

L’allégresse est aujourd’hui au ciel et sur la terre ; car il a été révélé au monde, le signe de la Croix trois fois heureuse ; sa vue seule fait couler sur nous une grâce éternelle.

Comment reconnaîtrons-nous, ô Christ, le bienfait que tu nous accordes d’adorer ta Croix si digne d’hommages, sur laquelle ton sang divin a été répandu, ta chair a été attachée par les clous ? C’est en la couvrant de nos baisers que nous te rendons grâces.

En ce jour consacré à l’adoration de ta Croix, les Anges forment des chœurs et tressaillent de joie ; car c’est sur la Croix, ô Christ, que tu as écrasé l’armée des démons et sauvé la race humaine.

L’Église est devenue un second paradis ; elle possède l’arbre de vie qui était la gloire du premier ; c’est ta Croix, ô Seigneur ! Par son contact, elle nous rend participants de l’immortalité.

L’oracle du Psalmiste est accompli : car voici que nous adorons l’escabeau de tes pieds immaculés, en vénérant ta Croix, ce bois très aimé.

Le bois que Jérémie a vu mettre dans ton pain par tes ennemis, c’est ta Croix, ô miséricordieux ! Nous la couvrons de baisers, nous célébrons tes liens et ton sépulcre, la lance et les clous.

En ce jour les plus suaves parfums s’exhalent des cassolettes divines ; la Croix est inondée d’un baume de vie ; aspirons l’odeur céleste qu’elle répand, adorons-la avec foi à jamais.

Viens, Élisée ! Dis-nous quel est ce bois que tu plongeas dans l’eau. C’est la Croix du Christ qui nous a tirés de l’abîme de la mort ; adorons-la avec foi à jamais.

Jacob vit la figure de ta Croix, ô Christ ! Lorsqu’il adora le sommet de la verge divine que tenait Joseph ; il y entrevoyait le sceptre de ta royauté, que maintenant nous adorons à jamais.

Jeté dans la fosse aux lions, le grand prophète Daniel étendit ses mains en forme de croix ; il échappa sain et sauf à la gueule des bêtes féroces, bénissant le Christ à jamais.

Tous les arbres des forêts tressaillent et font entendre leurs cantiques, en ce jour où nous embrassons avec effusion le bois de la Croix, dont le Christ a glorifié le sommet, comme l’avait prédit le divin prophète David.

Un arbre m’avait donné la mort ; je t’ai retrouvé, arbre de vie, ô Croix qui portes le Christ ! tu es ma garde invincible, ma défense contre les démons ; en ce jour je t’adore et jeté crie : Sanctifie-moi par ta gloire.

Réjouis-toi et triomphe. Église de Dieu ; car trois fois heureuse tu adores aujourd’hui le bois de la très sainte Croix, autour de laquelle les chœurs des Anges assistent dans une crainte respectueuse, comme pour la servir.

« Le Christ crucifié est la force et la sagesse même de Dieu [6]. » C’est la célèbre parole de votre Apôtre, ô Jésus ! et nous en voyons aujourd’hui la vérité. La Synagogue voulut anéantir votre gloire en vous clouant à un gibet ; elle se délectait en pensant qu’il est écrit dans la loi de Moïse : « Maudit celui qui est suspendu au bois [7] ! » Et voici que ce gibet, ce bois infâme, est devenu votre trophée le plus insigne. Dans les splendeurs de votre résurrection, la Croix, loin de jeter une ombre sur les rayons de votre gloire, relève d’un éclat nouveau l’ineffable magnificence de votre triomphe. Vous avez été attaché au bois, vous avez pris sur vous la malédiction ; crucifié entre deux scélérats, vous avez passé pour un vil imposteur, et vos ennemis ont insulté à votre agonie sur ce lit de douleur. Si vous n’eussiez été qu’un homme, il ne restait de vous qu’une mémoire déshonorée ; la croix eût dévoré sans retour votre gloire passée, ô fils de David ! Mais vous êtes le Fils de Dieu, et c’est la croix qui nous le prouve. Le monde entier se prosterne devant elle et l’adore ; c’est elle qui vous l’a conquis, et les hommages qu’elle reçoit vengent surabondamment votre gloire de l’éclipsé passagère que votre amour pour nous lui imposa un jour. On n’adore pas un gibet, ou, si on l’adore, c’est le gibet d’un Dieu. Oh ! Béni soit celui qui a été suspendu au bois ! En retour de nos hommages, divin Crucifié, accomplissez en notre faveur la promesse que vous avez faite : « Lorsque je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi [8]. »

Pour nous attirer plus efficacement, vous déposez aujourd’hui entre nos mains le bois même du haut duquel vous nous avez tendu vos bras. Ce monument de votre victoire, sur lequel vous vous appuierez au dernier jour, vous daignez nous le confier jusqu’à la fin des siècles, afin que nous puisions en lui une crainte salutaire de la divine justice qui vous a attaché à ce bois vengeur Je nos crimes, un amour toujours plus tendre envers vous, ô notre victime qui n’avez point recule devant la malédiction, afin que nous fussions bénis ! La terre entière vous rend grâces aujourd’hui pour le don inestimable que vous lui avez octroyé. Votre Croix divisée en fragments sans nombre est présente en tous lieux ; il n’est pas de région dans le monde chrétien qu’elle ne consacre et ne protège.

Que n’avons-nous la piété d’Hélène, ô Sauveur, pour savoir connaître comme elle « la hauteur et la profondeur, la longueur et la largeur du mystère caché dans votre Croix [9] » ! C’est parce qu’elle a aimé ce divin mystère, qu’elle a recherché la Croix avec tant d’ardeur ; mais quel sublime spectacle cette pieuse princesse nous offre en ces jours de votre triomphe ! D’une main elle orne votre glorieux sépulcre ; de l’autre elle arrache votre Croix aux ombres qui la couvraient ; qui jamais proclama, avec cette majesté, le mystère pascal ? Le sépulcre nous crie : « Il est ressuscité, il n’est plus ici » ; la Croix nous dit : « Je ne l’ai retenu qu’un moment, et il s’est élancé dans sa gloire. » O Croix ! Ô sépulcre ! Que son humiliation a été rapide, et que le règne qu’il a conquis par vous est assuré ! Nous adorons en vous les vestiges de son passage, et vous demeurez sacrés à jamais, parce qu’il s’est servi de vous pour notre salut. Gloire soit donc à vous, ô Croix, objet de notre amour et de notre admiration en ce jour ! Continuez de protéger ce monde qui vous possède ; soyez-lui le bouclier qui le défende contre l’ennemi, le secours présent partout qui conserve le souvenir du sacrifice mêlé à celui du triomphe ; car c’est par vous, ô Croix, que le Christ a vaincu, qu’il règne et qu’il commande. CHRISTUS VINCIT, CHRISTUS REGNAT, CHRISTUS IMPERAT.

[2] Introït de la Messe du jour.

[3] Cateches. IV, X, XIII.

[4] Epist. XII.

[5] Voir aux vêpres de l’Office, plus haut.

[6] I Cor. I, 23.

[7] Deut., XXI, 23.

[8] Johan. XII, 32.

[9] Eph. III, 18.



Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Cette date rappelle le recouvrement de la sainte Croix, au temps de l’empereur Héraclius, et le don qu’en fit celui-ci, vers 629, à Zacharie, patriarche de la ville de Jérusalem, d’où, quelques années auparavant, les Perses l’avaient enlevée pour la transporter chez eux. Cette fête fut accueillie avec faveur dans les diverses liturgies occidentales, tandis qu’en Orient celle de l’Exaltatio Sanctae Crucis demeura seule en honneur ; ce jour-là, chaque année, en souvenir de la découverte du bois sacré, survenue le 14 septembre 320, on le montrait solennellement au peuple.

Par la suite, les Latins confondirent l’objet des deux fêtes ; le recouvrement de la Croix fut identifié avec l’Exaltatio du 14 septembre, et la solennité du 3 mai fut consacrée à célébrer sa découverte sous Constantin. Il faut d’ailleurs remarquer que l’Exaltation fut accueillie plutôt tardivement dans le Sacramentaire d’Hadrien, parce que ce jour, à Rome, était celui du natale de saint Corneille.

La messe est postérieure à la période grégorienne, c’est pourquoi les antiennes de l’introït et de l’offertoire sont tirées d’autres messes plus anciennes.

L’antienne pour l’introït est commune au mardi et au jeudi saints, et s’inspire d’une phrase de l’épître aux Galates (VI, 14).

Intr. « II convient que nous nous glorifiions dans la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, en qui est le salut, notre vie et notre résurrection ; grâce à qui nous avons été sauvés et remis en liberté. Alléluia, alléluia. » Ps. 66 : « Que Dieu ait compassion de nous et nous bénisse ; qu’il fasse resplendir sur nous son visage et nous soit miséricordieux. » y. « Gloire, etc. »

La collecte se trouve déjà dans le Gélasien, et fait allusion à la résurrection de la défunte sur laquelle l’évêque de Jérusalem aurait déposé la vraie Croix pour la distinguer de celles des deux larrons. Les prodiges accomplis dans la passion de Jésus sont les différentes résurrections des patriarches et des saints de Jérusalem au moment où le Sauveur expira sur la Croix.

Prière. — « O Dieu qui, dans le célèbre recouvrement de la Croix, instrument de notre salut, avez renouvelé les prodiges accomplis jadis lors de votre mort ; par le prix de ce bois de vie, accordez-nous de mériter la sentence d’éternel salut. Vous qui vivez, etc. »

L’épître (Philip., II, 5-11) est la même que le dimanche des Rameaux. L’Apôtre nous y exhorte à participer aux sentiments d’humilité et d’obéissance du Christ, supportant en Lui et avec Lui notre passion, pour lui être ensuite associés dans la gloire de la Résurrection.

La fête de la sainte Croix, au milieu des splendeurs du temps pascal, offre une profonde signification liturgique. Le Seigneur appelle son crucifiement le jour de son triomphe et de son exaltation, et cela est exact. Sur la Croix il vainc la mort, le péché et le démon, et sur ce bois triomphal il dresse son nouveau trône de grâce, de miséricorde et de salut. C’est là le sens du mélodieux chant suivant, emprunté au psaume 95 : « Alléluia, alléluia. » V/. « Annoncez parmi les nations que le Seigneur a inauguré son règne de la Croix. »

Cette version ne correspond plus au texte hébreu actuel ; elle nous a été transmise par les anciens Pères qui, avec saint Justin, accusent les Juifs de l’avoir mutilée.

Le second verset alléluiatique est le suivant : « Alléluia. Doux bois, qui soutiens les clous aimés et le poids si cher ; toi qui seul fus digne de porter le Souverain et le Seigneur du ciel ! Alléluia. »

Nous trouvons une preuve de ce que la messe n’est pas tirée du Sacramentaire Grégorien dans le fait que l’Évangile (Joan., III, 1-15) n’est pas emprunté au dernier discours de Jésus, où l’usage romain puisait de préférence durant le cycle pascal. Le choix a toutefois été heureux, car le serpent d’airain élevé par Moïse dans le désert est un type prophétique de l’Exaltatio Sanctae Crucis fêtée aujourd’hui, et indique une époque où l’on célébrait encore, le 3 mai, l’originaire exaltation de la vraie Croix, due à l’empereur Héraclius.

Dans l’offertoire on ne pleure plus, comme pendant le Carême, l’humiliation de la Passion, mais on exalte au contraire la gloire de l’étendard triomphal, en chantant un cantique d’action de grâces au Christ ressuscité.

Offert. Ps. 117 : « Le bras du Seigneur agit avec puissance, la droite de Yahweh m’exalta. Je ne mourrai pas, mais je vivrai pour annoncer la gloire du Seigneur. Alléluia. »

La collecte suivante, du Sacramentaire Gélasien, révèle des temps agités par des guerres et des invasions ennemies, probablement celles des Lombards.

Prière sur l’oblation. — « Accueillez favorablement, Seigneur, le sacrifice que nous vous offrons, afin que, délivrés du fléau de la guerre, et les embûches de l’ennemi étant déjouées, nous puissions, au moyen de l’étendard de la sainte Croix de votre Fils, vivre tranquilles sous votre protection. Par le même, etc. »

La préface est en l’honneur de la Croix, comme durant la dernière quinzaine du Carême. Les Sacramentaires donnent toutefois le texte suivant : ... per Christum Dominum nostrum. Qui per passionem Crucis mundum redemit, et antiquæ arboris amarissimum gustum, crucis medicamine indulcavit ; mortemque quae per lignum vetitum venerat, per Ligni trophæum devicit ; ut mirabili suæ pietatis dispensatione, qui per ligni gustum a florigera sede discesseramus, per Crucis lignum ad paradisi gaudia redeamus. Per quem etc.

L’antienne de la Communion révèle elle aussi la préoccupation qui dominait les esprits quand, dans le Sacramentaire Gélasien, fut accueillie la fête de ce jour, c’est-à-dire celle d’obtenir le secours du ciel contre les envahisseurs du Duché romain : « Par l’étendard de la Croix, délivrez-nous de nos ennemis, ô notre Dieu. Alléluia. »

Après la Communion on récite cette collecte : « Réconfortés par l’aliment céleste, et l’esprit réjoui par la vertu du Calice (de salut), nous vous supplions, ô Dieu tout-puissant, de nous garder de la malice de l’ennemi, vous qui avez voulu que nous remportions le triomphe au moyen du bois de la sainte Croix, arme de justice pour le salut du monde. Par le même, etc. »

Dieu s’est plu à accorder une si grande vertu au signe de la croix, qu’il suffit à bénir les fidèles, à mettre les démons en fuite et à procurer aux âmes pieuses des grâces abondantes. Les anciens avaient une telle dévotion au signe de la croix que, au dire des Pères, ils ne commençaient jamais aucune action sans s’en être munis. Julien l’Apostat lui-même, durant un sacrifice païen, mit, dit-on, plusieurs fois le démon en fuite, parce qu’instinctivement, à sa première apparition, il avait usé du signe du salut.

Au moyen âge on ne commençait aucun écrit public, inscription, loi, etc., sans y avoir d’abord tracé la croix. Celle-ci tenait lieu de signature à ceux qui ne savaient pas écrire, et précédait souvent celle des ecclésiastiques. En de nombreuses campagnes, on allait jusqu’à marquer d’une croix la pâte et le pain avant de les faire cuire.

A Rome, sur les portes de la Ville restaurées durant la période byzantine, on voit encore des graffiti représentant la croix grecque, qu’on trouve également sur les orifices des citernes et des anciens puits, sur les bouches des fours et sur les objets domestiques. Jusqu’à ces derniers temps, pour apprendre les lettres et les syllabes aux enfants, on employait un petit livre intitulé Santa Croce à cause du signe du salut qui, selon une tradition de plus de quinze siècles, précédait l’alphabet.

L’antiquité nous a également transmis des reliquaires en forme de croix sur lesquels on gravait parfois des formules d’exorcisme ; nous en avons pour exemple une croix d’or recueillie par Pie IX lui-même dans une tombe du cimetière de Cyriaque.

La plus célèbre de ces croix avec formule d’exorcisme, est celle qui est connue sous le nom de médaille de saint Benoît et dont l’efficacité est aujourd’hui encore expérimentée avec succès contre les embûches du démon.


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Invention de la Sainte Croix. — Après la brillante victoire que l’empereur Constantin avait remportée sur son adversaire, grâce à la croix parue dans le ciel (313), l’impératrice sainte Hélène se rendit à Jérusalem pour rechercher la vraie Croix du Christ. On raconte que les païens avaient mis à l’endroit où s’élevait la Croix une statue en marbre de la déesse Vénus. Quand on eut nettoyé l’emplacement de la Croix, on trouva, profondément enfoncées en terre, trois croix et, non loin, l’inscription qui avait été placée sur la Croix du Christ.

Mais il était impossible de savoir sur laquelle des trois croix avait été placée l’inscription. Un miracle trancha la question. Macaire, qui était alors évêque de Jérusalem, adressa à Dieu de ferventes prières, puis il toucha avec chacune des trois croix une femme gravement malade. Les deux premières croix ne lui procurèrent aucun soulagement, mais, dès que la troisième l’eut touchée, elle fut guérie sur-le-champ. Après la découverte de la Croix salutaire, Hélène fit construire, à cet endroit, une magnifique basilique dans laquelle elle laissa un morceau de la Croix renfermé dans un reliquaire d’argent ; elle en envoya une autre partie à son fils Constantin ; cette partie fut déposée dans l’église de Sainte-Croix de Jérusalem, à Rome. Elle apporta aussi à son fils les clous avec lesquels le saint corps du Christ avait été attaché à la Croix. C’est à cette époque que Constantin défendit, par une loi, d’infliger le supplice de la croix. Ainsi la croix, qui auparavant était pour les hommes un opprobre et une dérision, devint un objet de vénération et de gloire.

Nous fêtons aujourd’hui le souvenir de cette découverte merveilleuse de la Croix. Le bois de la Croix qui a été l’instrument de notre Rédemption, qui a été sanctifié par le contact des membres du Christ et par son sang précieux, mérite le culte le plus élevé parmi toutes les reliques. L’Église célèbre volontiers cette fête pendant le temps pascal parce que c’est sur la Croix que le Christ a remporté sa victoire. Aujourd’hui, la Croix ne nous apparaît pas comme un instrument de supplice, mais comme un signe de victoire dans l’éclat de Pâques.

La Croix et la Résurrection se complètent ; l’une ne peut pas exister sans l’autre. Le Christ, durant sa vie terrestre, parle toujours de sa Résurrection quand il annonce ses souffrances. L’Église fait de même pendant le Carême et le temps de la Passion. Sans cesse la joie pascale traverse les douleurs de la Passion. Par contre, pendant le temps pascal, l’Église a continuellement la Croix devant les yeux. Ce qui est caractéristique, c’est la commémoration de la Croix que l’on doit faire, pendant tout le temps pascal, aux féries et aux fêtes de degré moindre, le matin et le soir [10]. Voici cette antienne :

Ant. Le Crucifié est ressuscité des morts et nous a rachetés, Alléluia, Alléluia.

V/. Annoncez à tous les peuples, Alléluia,

R/. Que le Seigneur règne par le bois, Alléluia.

Prions : O Dieu, qui as voulu que ton Fils subisse le supplice de la Croix pour anéantir la puissance de l’ennemi, fais que nous, tes serviteurs, nous obtenions la grâce de la Résurrection. Par le Christ, Notre Seigneur. Amen.

Telle est l’oraison. Elle nous fait comprendre que la fête de la Croix a sa place, conformément à l’esprit de la liturgie, dans le temps pascal. L’Église arbore la Croix dans la gloire lumineuse de Pâques.

La messe. — La messe célèbre l’« exaltation » du Christ et de la chrétienté par la Croix. (Jadis, on célébrait aujourd’hui la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, c’est-à-dire du recouvrement de la Croix). Dans la Croix se trouvent « salut, vie et résurrection » (Intr.). Par son obéissance jusqu’à la mort de la Croix, le Christ a été « élevé » et tout genou doit ployer devant lui. De même nous pouvons, par l’humilité et l’abaissement, parvenir à la gloire (Ép.). Le divin Roi règne, de son trône de la Croix, sur tous les peuples (All.).

Signalons ici un fait intéressant. Le psaume 95 contient le verset suivant : « Annoncez à tous les peuples que le Seigneur est Roi ». Dans l’antiquité chrétienne, on avait coutume d’ajouter : a ligno = par le bois. « Le Seigneur règne par le bois ». C’était une pensée chère à l’Église antique de considérer le Seigneur en Croix comme un Roi. Aussi la piété chrétienne avait un tendre amour pour la Croix : Aimable bois, aimables clous, vous supportez un aimable fardeau... » A l’Évangile, nous assistons à l’entretien nocturne du Christ avec Nicodème. Le Christ parle des plus profondes vérités de notre foi : la régénération par le baptême, l’Ascension, l’envoi du Saint-Esprit et surtout l’“exaltation » en Croix. “De même que Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l’Homme soit élevé afin que quiconque croit en lui ne soit pas perdu, mais ait la vie éternelle. Nous chantons avec joie, à l’Offertoire, que la main du Seigneur « nous a élevés » nous aussi. La « vie » éternelle nous est communiquée au Saint-Sacrifice, dans lequel nous participons abondamment aux fruits de la Croix. L’Évangile se réalise d’une manière encore plus haute. Comme Nicodème, nous venons, dans la nuit de la vie terrestre, vers le Christ qui est l’éternelle lumière et nous recevons de lui non seulement la doctrine, mais encore la grâce de la régénération. Le Christ glorifié nous fait monter jusqu’au trône de sa Croix. Nous célébrons, à la messe, notre « inventio Crucis », nous découvrons la Croix. Nous y trouvons la « balance » (statera) sur laquelle est le « trésor » de notre rançon. Nous cueillons les fruits de l’arbre de vie ; à l’Ite missa est, nous emportons l’étendard victorieux qui nous guidera dans les combats de la vie. Nous « découvrons » aussi la Croix quand, derrière l’humiliation, nous contemplons la gloire et le triomphe. Nous « découvrons » la Croix quand nous voyons en elle « salut, vie et résurrection », quand nous la considérons comme une « élévation » et non comme un abaissement, comme la porteuse de la « vie » et non de la mort. Ces pensées nous aideront à rendre glorieuses les croix de notre vie.

[10] Avant les réformes de Pie XII et Jean XXIII.



The True Cross

(AND REPRESENTATIONS OF IT AS OBJECTS OF DEVOTION).

(1) Growth Of the Christian Cult; (2) Catholic Doctrine on the Veneration of the Cross; (3) Relics of the True Cross; (4) Principal Feasts of the Cross.

Growth of the Christian cult

The Cross to which Christ had been nailed, and on which He had died, became for Christians, quite naturally andlogically, the object of a special respect and worship. St. Paul says, in 1 Corinthians 1:17: "For Christ sent me not to baptize; but to preach the gospel: not in wisdom of speech, lest the cross of Christ should be made void"; inGalatians 2:19: "With Christ I am nailed to the cross"; in Ephesians 2:16: Christ . . . . "might reconcile both toGod in one body by the cross"; in Philippians 3:18: "For many walk . . . enemies of the cross of Christ"; inColossians 2:14: "Blotting out the handwriting of the decree that was against us, which was contrary to us. And he hath taken the same out of the way, fastening it to the cross"; and in Galatians 6:14: "But God forbid that I should glory, save in the cross of our Lord Jesus Christ; by whom the world is crucified to me, and I to the world".

It seems clear, therefore, that for St. Paul the Cross of Christ was not only a precious remembrance of Christ's sufferings and death, but also a symbol closely associated with His sacrifice and the mystery of the Passion. It was, moreover, natural that it should be venerated and become an object of a cult with the Christians who had been saved by it. Of such a cult in the Primitive Church we have definite and sufficiently numerous evidences.Tertullian meets the objection that Christians adore the cross by answering with an argumentum ad hominem, not by a denial. Another apologist, Minucius Felix, replies to the same objection. Lastly we may recall the famous caricature of Alexamenos, for which see the article Ass. From all this it appears that the pagans, without further consideration of the matter, believed that the Christians adored the cross; and that the apologists either answered indirectly, or contented themselves with saying that they do not adore the cross, without denying that a certain form of veneration was paid to it.

It is also an accepted belief that in the decorations of the catacombs there have been found, if not the cross itself, at least more or less veiled allusions to the holy symbol. A detailed treatment of this and other historical evidence for the early prevalence of the cult will be found in ARCHAEOLOGY OF THE CROSS AND CRUCIFIX.

This cult became more extensive than ever after the discovery of the Holy Places and of the True Cross. Since thetime when Jerusalem had been laid waste and ruined in the wars of the Romans, especially since Hadrian had founded upon the ruins his colony of Ælia Capitolina, the places consecrated by the Passion, Death, and Burial ofChrist had been profaned and, it would seem, deserted. Under Constantine, after peace had been vouchsafed to the Church, Macarius, Bishop of Jerusalem, caused excavations to be made (about A.D. 327, it is believed) in order to ascertain the location of these holy sites. That of Calvary was identified, as well as that of the Holy Sepulchre; it was in the course of these excavations that the wood of the Cross was recovered. It was recognized as authentic, and for it was built a chapel or oratory, which is mentioned by Eusebius, also by St. Cyril of Jerusalem, and Silvia (Etheria). From A.D. 347, that is to say, twenty years after these excavations, the same St. Cyril, in his discourses (or catecheses) delivered in these very places (iv, 10; x, 14; xiii, 4) speaks of this sacredwood. An inscription of A.D. 359, found at Tixter, in the neighbourhood of Sétif in Mauretania, mentions in an enumeration of relics, a fragment of the True Cross (Roman Miscellanies, X, 441). For a full discussion of thelegend of St. Helena, see ARCHAEOLOGY OF THE CROSS AND CRUCIFIX; see also ST. HELENA. Silvia's recital (Peregrinatio Etheriae), which is of indisputable authenticity, tells how the sacred wood was venerated inJerusalem about A.D. 380. On Good Friday, at eight o'clock in the morning, the faithful and the monks assemble in the chapel of the Cross (built on a site hard by Calvary), and at this spot the ceremony of the adoration takes place. The bishop is seated on his chair; before him is a table covered with a cloth; the deacons are standing around him. The silver-gilt reliquary is brought and opened and the sacred wood of the Cross, with the Title, is placed on the table. The bishop stretches out his hand over the holy relic, and the deacons keep watch with him while the faithful and catechumens defile, one by one, before the table, bow, and kiss the Cross; they touch theCross and the Title with forehead and eyes, but it is forbidden to touch them with the hands. This minute watchfulness was not unnecessary, for it has been told in fact how one day one of the faithful, making as though to kiss the Cross, was so unscrupulous as to bite off a piece of it, which he carried off as a relic. It is the duty of the deacons to prevent the repetition of such a crime. St. Cyril, who also tells of this ceremony, makes his account much more brief but adds the important detail, that relics of the True Cross have been distributed all over the world. He adds some information as to the silver reliquary which contained the True Cross. (See Cabrol, La Peregrinatio ad loca sancta, 105.) In several other passages of the same work Silvia (also called Egeria,Echeria, Eiheria, and Etheria) speaks to us of this chapel of the Cross (built between the basilicas of the Anastasis and the Martyrion) which plays so great a part in the paschal liturgy of Jerusalem.

A law of Theodosius and of Valentinian III (Cod. Justin., I, tit. vii) forbade under the gravest penalties anypainting, carving, or engraving of the cross on pavements, so that this august sign of our salvation might not be trodden under foot. This law was revised by the Trullan Council, A.D. 691 (canon lxxii). Julian the Apostate, on the other hand, according to St. Cyril of Alexandria (Contra Julian., vi, in Opp., VI), made it a crime for Christiansto adore the wood of the Cross, to trace its form upon their foreheads, and to engrave it over the entrances of their homes. St. John Chrysostom more than once in his writings makes allusion to the adoration of the cross; one citation will suffice: "Kings removing their diadems take up the cross, the symbol of their Saviour's death; on the purple, the cross; in their prayers, the cross; on their armour, the cross; on the holy table, the cross; throughout the universe, the cross. The cross shines brighter than the sun." These quotations from St. Chrysostom may be found in the authorities to be named at the end of this article. At the same time, pilgrimagesto the holy places became more frequent, and especially for the purpose of following the example set by St. Helena in venerating the True Cross. Saint Jerome, describing the pilgrimage of St. Paula to the Holy Places, tells us that "prostrate before the Cross, she adored it as though she had seen the Saviour hanging upon it" (Ep. cviii). It is a remarkable fact that even the Iconoclasts, who fought with such zeal against images and representations in relief, made an exception in the case of the cross. Thus we find the image of the cross on thecoins of the Iconoclastic emperors, Leo the Isaurian, Constantine Copronymus, Leo IV, Nicephorus, Michael II, and Theophilus (cf. Banduri, Numism. Imperat. Rom., II). Sometimes this cult involved abuses. Thus we are told of the Staurolaters, or those who adore the cross; the Chazingarii (from chazus, cross), a sect of Armenians whoadore the cross. The Second Council of Nicæa (A.D. 787), held for the purpose of reforming abuses and putting an end to the disputes of Iconoclasm, fixed, once for all, the Catholic doctrine and discipline on this point. Itdefined that the veneration of the faithful was due to the form "of the precious and vivifying cross", as well as to images or representations of Christ, of the Blessed Virgin, and of the saints. But the council points out that we must not render to these objects the cult of latria, "which, according to the teaching of the faith, belongs to the Divine nature alone . . . . The honour paid to the image passes to the prototype; and he who adores the image,adores the person whom it represents. Thus the doctrine of our holy fathers obtains in all its force: the traditionof the Holy Catholic Church which from one end of the earth to the other has received the gospel." This decreewas renewed at the Eighth Ecumenical Council at Constantinople, in 869 (can. iii). The council clearly distinguishes between the "salutation" (aspasmos) and "veneration" (proskynesis) due to the cross, and the "trueadoration" (alethine latreia), which should not be paid to it. Theodore the Studite, the great adversary of theIconoclasts, also makes a very exact distinction between the adoratio relativa (proskynesis schetike) andadoration properly so called.

Catholic doctrine on the veneration of the Cross

In passing to a detailed examination of the Catholic doctrine on this subject of the cult due to the Cross, it will be well to notice the theories of Brock, the Abbé Ansault, le Mortillet, and others who pretend to have discovered that cult among the pagans before the time of Christ. For a demonstration of the purely Christian origin of theChristian devotion the reader is referred to ARCHAEOLOGY OF THE CROSS AND CRUCIFIX. See also the works ofHarlay, Lafargue, and others cited at the end of this section. With reference, in particular, to the ansated cross ofEgypt, Letronne, Raoul-Rochette, and Lajard discuss with much learning the symbolism of that simple hieroglyphic of life, in which the Christians of Egypt seem to have recognized an anticipatory revelation of theChristian Cross, and which they employed in their monuments. According to the text of the Second Council of Nicæa cited above, the cult of the Cross is based upon the same principles as that of relics and images in general, although, to be sure, the True Cross holds the highest place in dignity among all relics. The observation of Petavius (XV, xiii, 1) should be noted here: that this cult must be considered as not belonging to the substanceof religion, but as being one of the adiaphora, or things not absolutely necessary to salvation. Indeed, while it is of faith that this cult is useful, lawful, even pious and worthy of praise and of encouragement, and while we are not permitted to speak against it as something pernicious, still it is one of those devotional practices which thechurch can encourage, or restrain, or stop, according to circumstances. This explains how the veneration of images was forbidden to the Jews by that text of Exodus (20:4 sqq.) which has been so grossly abused byIconoclasts and Protestants: "Thou shalt not make to thyself a graven thing, nor the likeness of any thing that is in heaven above, or in the earth beneath, nor of those things that are in the waters under the earth. Thou shalt not adore them, nor serve them: I am the Lord thy God," etc. It also explains the fact that in the first ages ofChristianity, when converts from paganism were so numerous, and the impression of idol-worship was so fresh, the Church found it advisable not to permit the development of this cult of images; but later, when that danger had disappeared, when Christian traditions and Christian instinct had gained strength, the cult developed more freely. Again, it should be noted that the cult of images and relics is not that of latria, which is the adoration due to God alone, but is, as the Second Council of Nicæa teaches, a relative veneration paid to the image or relic and referring to that which it represents. Precisely this same doctrine is repeated in Sess. XXV of the Council of Trent: "Images are not to be worshipped because it is believed that some divinity or power resides in them and that they must be worshipped on that account, or because we ought to ask anything of them, or because we should put our trust in them, as was done by the gentiles of old who placed their hope in idols but because the honourwhich is shown to them is referred to the prototypes which they represent; so that through the images which wekiss, and before which we kneel, we may adore Christ, and venerate the saints, whose resemblances they bear." (See also IMAGES.)

This clear doctrine, which cuts short every objection, is also that taught by Bellarmine, by Bossuet, and byPetavius. It must be said, however, that this view was not always so clearly taught. Following Bl. Albertus Magnus and Alexander of Hales, St. Bonaventure, St. Thomas, and a section of the Schoolmen who appear to have overlooked the Second Council of Nicæa teach that the worship rendered to the Cross and the image ofChrist is that of latria, but with a distinction: the same worship is due to the image and its exemplar but the exemplar is honoured for Himself (or for itself), with an absolute worship; the image because of its exemplar, with a relative worship. The object of the adoration is the same, primary in regard to the exemplar and secondary in regard to the image. To the image of Christ, then, we owe a worship of latria as well as to HisPerson. The image, in fact, is morally one with its prototype, and, thus considered, if a lesser degree of worshipbe rendered to the image, that worship must reach the exemplar lessened in degree. Against this theory an attack has recently been made in "The Tablet", the opinion attributed to the Thomists being sharply combated. Its adversaries have endeavoured to prove that the image of Christ should be venerated but with a lesser degree of honour than its exemplar.

The cult paid to it, they say, is simply analogous to the cult of latria, but in its nature different and inferior. No image of Christ, then, should be honoured with the worship of latria, and, moreover, the term "relative latria", invented by the Thomists, ought to be banished from theological language as equivocal and dangerous.-- Of these opinions the former rests chiefly upon consideration of pure reason, the latter upon ecclesiastical tradition, notably upon the Second Council of Nicæa and its confirmation by the Fourth Council of Constantinople and upon the decree of the Council of Trent.

Relics of the True Cross

The testimony of Silvia (Etheria) proves how highly these relics were prized, while St. Cyril of Jerusalem, her contemporary, testifies as explicitly that "the whole inhabited earth is full of relics of the wood of the Cross". In 1889 two French archæologists, Letaille and Audollent, discovered in the district of Sétif an inscription of the year 359 in which, among other relics, is mentioned the sacred wood of the Cross (de ligno crucis et de terrâpromissionis ubi natus est Christus). Another inscription, from Rasgunia (Cape Matifu), somewhat earlier in datethan the preceding, mentions another relic of the Cross ("sancto ligno salvatoris adlato".-- See Duchesne in Acad. des inscr., Paris, 6 December, 1889; Morel, "Les missions catholiques", 25 March, 1890, p. 156; Catech. iv in P.G., XXXIII, 469; cf. also ibid., 800; Procopius, "De Bello Persico", II, xi). St. John Chrysostom tells us that fragments of the True Cross are kept in golden reliquaries, which men reverently wear upon their persons.

The passage in the "Peregrinatio" which treats of this devotion has already been cited. St. Paulinus of Nola, some years later, sends to Sulpicius Severus a fragment of the True Cross with these words: "Receive a great gift in a little [compass]; and take, in [this] almost atomic segment of a short dart, an armament [against the perils] of the present and a pledge of everlasting safety" (Epist. xxxi, n.1. P.L., LXI, 325). About 455 Juvenal, Patriarch ofJerusalem, sends to Pope St. Leo a fragment of the precious wood (S. Leonis Epist. cxxxix, P.L., LIV, 1108). The"Liber Pontificalis", if we are to accept the authenticity of its statement, tells us that, in the pontificate of St. Sylvester, Constantine presented to the Sessorian basilica (Santa Croce in Gerusalemme) in Rome a portion of the True Cross (Duchesne Liber Pontificalis, I, 80; cf. 78, 178, 179, 195). Later, under St. Hilary (461-68) and under Symmachus (498-514) we are again told that fragments of the True Cross are enclosed in altars (op. cit., I, 242 sq. and 261 sq.). About the year 500 Avitus, Bishop of Vienne, asks for a portion of the Cross from thePatriarch of Jerusalem (P.L., LIX, 236, 239).

It is known that Radegunda, Queen of the Franks, having retired to Poitiers, obtained from the Emperor Justin II, in 569, a remarkable relic of the True Cross. A solemn feast was celebrated on this occasion, and the monasteryfounded by the queen at Poitiers received from that moment the name of Holy Cross. It was also upon this occasion that Venantius Fortunatus, Bishop of Poitiers, and a celebrated poet of the period, composed the hymn"Vexilla Regis" which is still sung at feasts of the Cross in the Latin Rite. St. Gregory I sent, a little later, a portion of the Cross to Theodolinda, Queen of the Lombards (Ep. xiv, 12), and another to Recared, the first Catholic King of Spain (Ep. ix, 122). In 690, under Sergius I, a casket was found containing a relic of the True Cross which had been sent to John III (560-74) by the Emperor Justin II (cf. Borgia, "De Cruce Vaticanâ", Rome, 1779, p. 63, and Duchesne, "Liber Pontificalis", I, 374, 378). We will not give in detail the history of other relics of the Cross (see the works of Gretser and the articles of Kraus and Bäumer quoted in the bibliography). The work of Rohault de Fleury, "Mémoire sur les instruments de la Passion" (Paris, 1870), deserves more prolonged attention; its author has sought out with great care and learning all the relics of the True Cross, drawn up a catalogue of them, and, thanks to this labour, he has succeeded in showing that, in spite of what various Protestant or Rationalisticauthors have pretended, the fragments of the Cross brought together again would not only not "be comparable in bulk to a battleship", but would not reach one-third that of a cross which has been supposed to have been three or four metres in height, with transverse branch of two metres (see above; under I), proportions not at all abnormal (op. cit., 97-179). Here is the calculation of this savant: Supposing the Cross to have been of pine-wood, as is believed by the savants who have made a special study of the subject, and giving it a weight of about seventy-five kilograms, we find that the volume of this cross was 178,000,000 cubic millimetres. Now the totalknown volume of the True Cross, according to the finding of M. Rohault de Fleury, amounts to above 4,000,000 cubic millimetres, allowing the missing part to be as big as we will, the lost parts or the parts the existence of which has been overlooked, we still find ourselves far short of 178,000,000 cubic millimetres, which should make up the True Cross.

Principal feasts of the Cross

The Feast of the Cross like so many other liturgical feasts, had its origin at Jerusalem, and is connected with the commemoration of the Finding of the Cross and the building, by Constantine, of churches upon the sites of theHoly Sepulchre and Calvary. In 335 the dedication of these churches was celebrated with great solemnity by thebishops who had assisted at the Council of Tyre, and a great number of other bishops. This dedication took place on the 13th and 14th of September. This feast of the dedication, which was known by the name of the Encnia,was most solemn; it was on an equal footing with those of the Epiphany and Easter. The description of it should be read in the "Peregrinatio", which is of great value upon this subject of liturgical origins. This solemnityattracted to Jerusalem a great number of monks, from Mesopotamia, from Syria, from Egypt, from the Thebaïd, and from other provinces, besides laity of both sexes. Not fewer than forty or fifty bishops would journey from their dioceses to be present at Jerusalem for the event. The feast was considered as of obligation, "and he thinks himself guilty of a grave sin who during this period does not attend the great solemnity". It lasted eight days. InJerusalem, then, this feast bore an entirely local character. It passed, like so many other feasts, toConstantinople and thence to Rome. There was also an endeavour to give it a local feeling, and the church of "The Holy Cross in Jerusalem" as intended, as its name indicates, to recall the memory of the church atJerusalem bearing the same dedication.

The feast of the Exaltation of the Cross sprang into existence at Rome at the end of the seventh century. Allusionis made to it during the pontificate of Sergius I (687-701) but, as Dom Bäumer observes, the very terms of the text (Lib. Pontif., I, 374, 378) show that the feast already existed. It is, then, inexact, as has often been pointed out, to attribute the introduction of it to this pope. The Gallican churches, which, at the period here referred to, do not yet know of this feast of the 14th September, have another on the 3rd of May of the same signification. It seems to have been introduced there in the seventh century, for ancient Gallican documents, such as theLectionary of Luxeuil, do not mention it; Gregory of Tours also seems to ignore it. According to Mgr. Duchesne, the date seems to have been borrowed from the legend of the Finding of the Holy Cross (Lib. Pontif., I, p. cviii). Later, when the Gallican and Roman Liturgies were combined, a distinct character was given to each feast, so as to avoid sacrificing either. The 3rd of May was called the feast of the Invention of the Cross, and it commemorated in a special manner Saint Helena's discovery of the sacred wood of the Cross; the 14th of September, the feast of the Exaltation of the Cross, commemorated above all the circumstances in whichHeraclius recovered from the Persians the True Cross, which they had carried off. Nevertheless, it appears from the history of the two feasts, which we have just examined, that that of the 13th and 14th of September is the older, and that the commemoration of the Finding of the Cross was at first combined with it.

The Good Friday ceremony of the Adoration of the Cross also had its origin in Jerusalem, as we have seen, and is a faithful reproduction of the rites of Adoration of the Cross of the fourth century in Jerusalem which have been described above, in accordance with the description of the author of the "Peregrinatio". This worship paid to theCross in Jerusalem on Good Friday soon became general. Gregory of Tours speaks of the Wednesday and Fridayconsecrated the Cross—probably the Wednesday and Friday of Holy Week. (Cf. Greg., De Gloriâ Mart. I, v.) The most ancient adoration of the Cross in Church is described in the "Ordo Romanus" generally attributed to Saint Gregory. It is performed, according to this "Ordo", just as it is nowadays, after a series of responsory prayers. The cross is prepared before the altar; priests, deacons, subdeacons, clerics of the inferior grades, and lastly the people, each one comes in his turn; they salute the cross, during the singing of the anthem, "Ecce lignum crucis in quo salus mundi pependit. Venite, adoremus" (Behold the wood of the cross on which the salvation of the world did hang. Come, let us adore) and then Psalm 118. (See Mabillon, Mus. Ital., Paris, 1689, II, 23.) The Latin Church has kept until today the same liturgical features in the ceremony of Good Friday, added to it is the song of the Improperia and the hymn of the Cross, "Pange, lingua, gloriosi lauream certaminis".

Besides the Adoration of the Cross on Good Friday and the September feast, the Greeks have still another feastof the Adoration of the Cross on the 1st of August as well as on the third Sunday in Lent. It is probable thatGregory the Great was acquainted with this feast during his stay in Constantinople, and that the station of Santa Croce in Gerusalemme, on Lætare Sunday (the fourth Sunday in Lent), is a souvenir, or a timid effort at imitation, of the Byzantine solemnity.

Sources

On the theology of the subject, ST. THOMAS, Summa Theol., III, Q. xxv, aa. 3 and 4, with which cf. Idolatry, the controversy in The Tablet from 22 June to 21 Sept., 1907. PETAVIUS, De Incarnat. XV, xv-xviii; BELLARMINE, De Imaginibus Sanctorum, II, xxiv; THEODORE THE STUDITE, Adv. Iconomachos in P.G., XCIX. For the controversy in the time of Charlemagne, GONDI OF ORLÉANS, De Cultu Imaginum. P.L. CVI, 305 sq., ; DUNGAL, Liber adversus Claudium Taurinensem, P.L., CV, 457 sq.; AMALARIUS, Des officiis eccls,. I, xvi, P.L., CV, 1028 sq.; PSEUDO-ALCUIN, Officia et Oratt. de Cruce, P.L., CI, 1207 sq.; RABANUS MAURUS, De Laudibus S. Crucis, P L. CVII, 133; SCOTUS ERIUGENA, De Christo Crucifixo, P.L., CXLI, 345.

On the cult of the cross in pre-Christian times: BROCK, The Cross, Heathen and Christian (London, 1880). criticized by DE HARLEY in Dict. apol. de la foi catholique (Paris, 1891), 670-678; DE HARLEY, Prétendue origine païenne de la Croix in La Controverse (1882) IV, 705-32; cf. La Croix et le Crucifix, ibid. (1887), IX. 386-404, and La croix chez les Chinois, ibid. (1886), VII, 589; BRING-MOUTON, De Notâ Christianismi Ambiguâ Cruce (London, 1745); SAINT FÉLIX-MAUREMONT, De la croix considérée comme signe hiéroglyphique d'adoration et de salut in Bullelin de la soc. archéol. du midi de la France (1836-37), III, 183, LAJARD, Observations sur l'origine et la signification du symbole appelé la croiz ansée in Mémoires de l'acad. des inscr. (1846); RAPP, Das Labarum u. der Sonnencultus in Jahrb. (Bonn, 1866), XXXIX, XL; MÜLLER, Ueber Sterne, Kreuze, u. Kränze als religiöse Symbole der alten Kulturvölker (Copenhagen, 1865); MORTILLET, Le signe de la croix avant le christianisme (Paris, 1886)-cf. Nuova Antologia (1867), 797, 805, and Revue Celtique (1866), 297; VERTUS, Du culte de la croix avant J.-C. in Annuaire de la Soc. Hist. Archéol, de Château-Thierry (1873, 1874) IX, 135-194; BUNSEN, Das Symbol des Kreuzes bei alten Nationen u. die Entstehung des Kreuz-Symbo's des christlichen Kirche (Berlin, 1876); HOCHART, Le symbole de la croix in Ann. de la fac. litt. de Bordeaux (1886); ROBIOU, Observations sur les signes hiéroglyphiques qui peuvent rappeler la figure de la Croix in Science cath. (1890), IV 465-471; ANSAULT, Le culte de la croix avant J.-C. (Paris, 1889); ID., Mémoire sur le culte de la croix avant J.-C. (Paris, 1891); LAFARGUE, Le culte de la croix avant J.-C. in Rev. cath. De Bordeaux (1891). XIII, 321-330; Pre-Christian Cross in Ed. Rev. (1870) CXXXI, 222; MEYER. Die Gesch. des Kreuzholzes von Christus in Abhandl. philos.-philol. bayer. Akad. (1882), XVI, 101, 116.

On crosses in general: BORGIA, De Cruce Vaticanâ (Rome, 1774); ID., De Cruce Veliternâ (Rome, 1780); GRETSER, De Cruce Christi (2 vols. 40, Ingoldstadt, 1600 and 4th ed. of the same enlarged. in Opp. Omnia (1618); BOSIO, Crux triumphans et Gloriosa (Antwerp, 1617); DECKER, De Staurolatriâ Romanâ (Hanover, 1617); BASILIUS, De Veterum Christianorum Ritibus (Rome, 1647); SCHLICHTER, De Cruce apud Judæus, Christianos et Gentiles signo Salutis (Halle, 1732); ZACCARIA, Dissert. de Inventione S. Crucis in GORI, Symbol. Litt., X, 65 sq.; PAPEBROCHI, De Inventione S. Crucis in Acta SS., 3 May, i sqq; LIPSIUS, De Cruce libri 111 (40, Antwerp, 1593); ZÖCKLER, Das Kreuz Christi (Gütersloh, 1775); ZIEGELBAUER, Historia didactica de S. Crucis Cultu et Veneratione in Ord. D. Benedicti (Vienna, 1746); WISEMAN, Four Lectures on the Offices and Ceremonies of Holy Week (London, 1839) 11-114; HOUSSAYE, Les cérémonies de la Semaine Saint . . . culte de la croix in Rev. Des Questions Historiques (1878), XXIII, 472 sq.; The Sign of the Cross in the Early Church in The Dub. Rev. (1851), XX, 113; BERNARDAKIS, Le culte de la Croix chez les Grecs in Échos d'Orient (1902), 193-202; REVIUS, De cultu Crucis (Leyden, 1851); ALGER, History of the Cross (Boston, 1858); BERJEAU, History of the Cross (London, 1863); ROHAULT DE FLEURY, Mémoires sur les instruments de la passion (Paris, 1870); NESTLE, De Sanctâ Cruce (Berlin, 1889).

On the Finding of the Cross in particular: PAPEBROCH in Acta SS., 3 May; CABROL, Étude sur la Peregrinatio Silviæ (Paris, 1895) 103-105; HOLDEN, Inventio S. Crucis (Leipzig, 1889); COMBS, tr. By LUIGI CAPPADELTA, The Finding of the Cross (London, 1907); STALEY, The Liturgical Year, an Explanation of the Origin, History and Significance of the Festival Days and Fasting Days of the English Church (London, 1907), 101-103; DUCHESNE, tr. McClure, Christian Worship (London, 1904), 274 sq., and cf. ID. Liber Pontificalis, I, 374, 378; FEASEY, Ancient English Holy Week Ceremonial (London, 1897), 114 sq.

See also BÄUMER in Kirchlex., s. vv. Kreuz, Kreuzerfindung, Kreuzpartikel; MARRUCHI, in Dict. de la Bible, s.v. Croix; SCHULTE in Realencyk für prot. Theol., s. vv. Kreuz u. Kreuzigung, Kreuzauffindung, Kreuzeszeichen.

For Additional bibliography see BÄUMER and above all CHEVALIER, Topo.-Bibl., s.v. Croix.

Cabrol, Fernand. "The True Cross." The Catholic Encyclopedia. Vol. 4. New York: Robert Appleton Company, 1908. 3 May 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/04529a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Wm Stuart French, Jr.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/04529a.htm





The Invention or Discovery of the Holy Cross

From St. Cyril of Jerusalem, cat. 10; St. Paulinus, ep. 31, p. 193; St. Sulpicious Severus, St. Ambrose, St. Chrysostom, Rufinus, Theodoret, Socrates, and Sozomen. See Tillemont, t. 7, p. 6, on St. Helena.

A.D. 326.

GOD having restored peace to his church, by exalting Constantine the Great to the imperial throne, that pious prince, who had triumphed over his enemies by the miraculous power of the cross, was very desirous of expressing his veneration for the holy places which had been honoured and sanctified by the presence and sufferings of our blessed Redeemer on earth. He accordingly came to a resolution to build a magnificent church in the city of Jerusalem, as the place which had been most honoured by the presence, the instructions and miracles, of the Son of God. St. Helena, the emperor’s mother, out of a desire of visiting the holy places there, undertook a journey into Palestine in 326, though at that time nearly eighty years of age: and on her arrival at Jerusalem, was inspired with a great desire to find the identical cross on which Christ had suffered for our sins. But there was no mark or tradition, even amongst the Christians, where it lay. The heathens, out of an aversion to Christianity, had done what they could to conceal the place where our Saviour was buried. They had heaped upon it a great quantity of stones and rubbish, besides building a temple to Venus; that those who came thither to adore him, might seem to pay their worship to a marble idol representing this false deity. They had moreover erected a statue of Jupiter in the place where our Saviour rose from the dead, as we are informed by St. Jerom; which figure continued there from the emperor Adrian’s time to Constantine’s; which precautions of the persecutors show the veneration which Christians paid from the beginning to the instruments of our redemption. Helena, being willing to spare no pains to compass her pious design, consulted all people at Jerusalem and near it, whom she thought likely to assist her in finding out the cross; and was credibly informed, that if she could find out the sepulchre, she would likewise find the instruments of the punishment; it being always the custom among the Jews to make a great hole near the place where the body of the criminal was buried, and to throw into it whatever belonged to his execution; looking upon all these things as detestable objects, and which for that reason ought to be removed out of sight. The pious empress, therefore, ordered the profane buildings to be pulled down, the statues to be broken in pieces, and the rubbish to be removed; and upon digging to a great depth, they discovered the holy sepulchre, and near it three crosses, also the nails which had pierced our Saviour’s body, and the title which had been fixed to his cross. By this discovery, they understood that one of the three crosses was that which they were in quest of, and that the other two belonged to the two malefactors between whom our Saviour had been crucified. But, whereas the title was found separate from the cross, a difficulty remained to distinguish which of the three was that on which our Divine Redeemer consummated his sacrifice for the salvation of the world. In this perplexity the holy bishop Macarius, knowing that one of the principal ladies of the city lay extremely ill, suggested to the empress to cause the three crosses to be carried to the sick person, not doubting but God would discover which was the cross they sought for.—This being done, St. Macarius prayed that God would have regard to their faith, and after his prayer, applied the crosses singly to the patient, who was immediately and perfectly recovered by the touch of one of the three crosses, the other two having been tried without effect. 1 St. Helena, full of joy for having found the treasure which she had so earnestly sought and so highly esteemed, built a church on the spot, and lodged it there with great veneration, having provided an extraordinary rich case for it. She afterwards carried part of it to the emperor Constantine, then at Constantinople, who received it with great veneration: 2 another part she sent or rather carried to Rome, to be placed in the church which she built there, called Of the Holy Cross of Jerusalem, where it remains to this day. The discovery of the cross must have happened about the month of May, or early in the spring. For St. Helena went the same year to Constantinople, and from thence to Rome, where she died in the arms of her son, on the 18th of August, 326, as Pagi demonstrates, from Eusebius and Gothefridus. The title was sent by St. Helena to the same church in Rome, and reposited on the top of an arch, where it was found in a case of lead, in 1492, as may be read at length in Bozius. 3 The inscription in Hebrew, Greek, and Latin is in red letters, and the wood was whitened. Thus it was in 1492; but these colours are since faded. Also the words Jesus and Judæorum are eaten away. The board is nine, but must have been twelve inches long. 4

The main part of the cross St. Helena inclosed in a silver shrine, and committed it to the care of St. Macarius, that it might be delivered down to posterity as an object of veneration. It was accordingly kept with singular care and respect in the magnificent church which she and her son built at Jerusalem. See the lives of St. Cyril of Jerusalem, St. Porphyrius of Gaza, &c. St. Paulinus, in his epistle to Severus, 5 relates that though chips were almost daily cut off from it and given to devout persons, yet the sacred wood suffered thereby no diminution. It is affirmed by St. Cyril of Jerusalem, 6 twenty-five years after the discovery, that pieces of the cross were spread all over the earth: he compares this wonder to the miraculous feeding of five thousand men as recorded in the gospel. Read Gretzer on the Cross. The stately church which Constantine the Great built at Jerusalem, the rich ornaments of which are mentioned by Eusebius, 7 was called the Basilic of the Holy Cross, because it possessed this precious treasure; the keeper of which was always a venerable priest. It was shown publicly to the people at Easter. The same was also called the church of the sepulchre, or of the resurrection; though this was properly only the title of the holy chapel in it, which stood over the sepulchre or cavern in which our Saviour was buried, which was in the garden adjoining to Mount Calvary: so that this great church covered the sepulchre, and was extended so far on Mount Calvary as also to include the rock Golgotha, and the very place where the cross of Christ stood at his crucifixion. 8 This extensive building was enclosed within the walls of Jerusalem when that city was rebuilt. Constantine also built a church upon Mount Olivet, over the spot from which our Saviour ascended into heaven. This place was venerated by Christians from the very time of his death, as much as the fear of their enemies would permit. And this may account for the industry of the Pagans in filling up the sepulchre or cavern with stones, heaping rubbish over it to a considerable height, and setting up the most infamous of their idols over it, that the Christians might seem to worship a Venus when they came hither to pay their homage to Jesus Christ. We find the festival of the invention or the discovery of the cross solemnized in the Latin church ever since the fifth or sixth century. 9 The finding of the cross by St. Helena, happened in the year of our Lord 326, in the twenty-first year of Constantine’s reign, the thirteenth of the pontificate of Sylvester, and the first after the council of Nice. 10 The feast of the exaltation of the Cross was kept in May, from the time that it was triumphantly placed by St. Helena in the church at Jerusalem, upon its discovery in 326, which continued to the year 335, when the great church of the resurrection was built at Jerusalem by the orders of Constantine the Great, and dedicated on the 13th of September that year, as St. Sophronius, (Or. de Exalt. S. Crucis in Bibl. Patr. Colon. t. 7.) Nicephorus, and the Typic of St. Sabas mention. The cross was exalted or set up in that church the day following which was Sunday. Hence both the Greeks and Latins kept this feast on the 14th of September: and St. Chrysostom’s death is related to have happened on this festival. After the recovery of the cross by Heraclius, this festival began to be kept in the Eastern church with greater solemnity and a fast. At Jerusalem the cross was shown to the people to be adored on Easter Monday, and also in the middle of Lent, as we learn from St. Sophronius, St. Paulinus, &c. In the Latin church, this was celebrated on the 3rd of May; whether this was the day of the discovery of the cross by St. Helena, or of Constantine’s vision or victory, or of the dedication of the church of the Holy Cross in Rome, is uncertain.

The cross was chosen by our dear Redeemer to be the glorious instrument of his victory and triumph over the devil and sin; and by his death thereon he has purchased for us redemption, grace, and glory. The cross is his holy standard, under which all his followers fight his battles; and, according to the holy fathers, will be borne before him in a triumphant manner, when he shall come in glory to judge the world. The church professes a very high regard and veneration for this mysterious and salutary sign, giving it an honourable place in her churches, making frequent use of it in her holy offices, in the administration of the sacraments, and on many other occasions: in which particulars she imitates the earliest and purest ages of Christianity. 11 It is the remark of St. Jerom, “that if the ark was held in such high veneration among the Jews, how much more ought the Christians to respect the wood of the cross, whereon our Saviour offered himself a bleeding victim for our sins?” By devoutly respecting the sign of the cross, we profess our faith in Christ, who was crucified for us; we excite our hope in his merits, kindle his love in our breasts, renew the remembrance of his sacred death, and inflame our meditations on his adorable passion, in which we learn all virtue and all spiritual knowledge. What obedience are we here taught! seeing Christ himself “learned obedience from those things which he suffered.” 12 What love of God and our neighbour! seeing Jesus has sprinkled his cross with his blood to seal his new alliance of charity, and to inculcate his own law and a new commandment. What patience do we here learn! What meekness and humility! the two things which Jesus commands us particularly to learn of him. And it is on the cross and in his sacred passion that he has principally set us the most moving example, and pressed upon us the most endearing precepts of these virtues. Whence assiduous meditation on the sufferings of Christ is the great school of Christian perfection. All the saints found in it their comfort and their joy; in it they continually feasted their souls with the most sweet fruits of love and devotion; in it they learned to die perfectly to themselves, and entered into the sentiments of Christ crucified: 13 here they stirred up their souls to perfect compunction; and placing themselves in spirit under the cross of their divine Redeemer, they offered their tears and earnest supplications to the Father, through the Son, who made himself our sacrifice on this tree: “I have seated myself under the shade of him whom I desired, and his fruit was sweet to my palate.” 14 Where did St. Bernard learn his eminent spirit of devotion but in the meditation on Christ’s sufferings? Where did the glorious St. Austin glean his spiritual science but, as he himself tells us, in the wounds of his Redeemer? It was in them that the admirable St. Francis conceived his seraphic ardours. St. Thomas Aquinas studied his sacred science and virtue in the book of the cross, and always had recourse to God at the foot of the crucifix. “St. Bonaventure seems,” says St. Francis of Sales, “when he writes the spiritual breathings of his heart, all inflamed with love; to have no other paper than the cross, no other pen than the lance, no other ink than what is dipped in the precious blood of Christ. With what feeling sentiments did he cry out: It is good always to abide in spirit before the cross! Let us make to ourselves three tabernacles in the wounds of our crucified Redeemer, one in his feet, another in his hands, a third in his sacred side. Here will I rest; here will I watch; here will I read; here will I converse.” 15 St. Paul, who was very learned, esteemed all his other science as nothing, and looked on the knowledge of Jesus Christ crucified as his only learning. “I judged not myself to know anything among you but Jesus Christ, and him crucified.” 16 By being instructed in this mystery, and having the sentiments of Christ crucified deeply impressed upon his heart, he knew all that he wished to know: it was his only solicitude and desire daily to improve himself in this one science. 17 The same apostle, in the transport of his ardent love of the cross, cried out: “God forbid that I should glory, save in the cross of our Lord Jesus Christ.” 18 To glory in a thing is to love it, to esteem it, to place in it our greatness and happiness. “Every one glories in those things in which he places his greatness,” as St. Thomas says.—The sacred passion of Christ is the source of all our happiness and good, and the perfect model and school of all virtue. If it be the tender object of our devotion, if we love and desire always to meditate on our Redeemer crucified for us, the sacred instrument of his triumph, the ensign and trophy of his precious victory, and the principal emblem of his sufferings which it represents to us, and strongly paints before our eyes, must be always dear and most amiable to us.

Note 1. Sozomen, Theodoret, Rufinus. [back]

Note 2. It was out of a religious respect to the sacred instrument of the death of Christ, that Constantine, in the twentieth year of his reign, forbade the cross to be used in the punishment of malefactors in any part of his dominions; which has been observed ever since throughout all Christendom. [back]

Note 3. Tr. de Cruce, l. 1, c. 2. [back]

Note 4. See Lipsius de Cruce, l. 3, c. 14.
The title kept at our Lady’s in Toulouse, is an imitation of this; but the inscription is in five, whereas in this it is in three lines. It was the custom of the Romans to cause the crime for which any one was condemned, to be written and carried before the criminal to the place of his punishment. Thus Suetonius, speaking of a criminal, says: (in Caligula, c. 38,) “The title which declared the cause of the punishment being carried before him.” Dio, speaking of another, says: (b. 54,) “With the title in writing, which declared the cause of his death.” And St. Attalus, the martyr at Lyons, “was led about the amphitheatre with a tablet borne before him, on which it was written, This is Attalus the Christian;” as is related by Eusebius. (Hist. b. 5, c. 1.) Pursuant to this Roman custom, Pilate ordered the title, expressive of the cause of our Saviour’s crucifixion, to be carried before him to the place of execution, as well as to be affixed to the cross. But though he meant it to signify his having brought this punishment upon himself, for having aspired to the sovereign power; yet, by a particular direction of divine providence, (as is described by Prudentius, in elegant verse, Apoth. adv. gentes, v. 381,) it in fact proclaimed him to Jews, Greeks, and Romans what he really was, their true King,—that they might read, and reverence him as such. While the malafactor hung bleeding on the cross, it was usual, by means of a sponge, to apply vinegar to his wounds, that, by its astringent quality, it might serve to stanch the blood in some degree, and prevent the criminal being put out of his pain by death sooner than was intended. The holy sponge, which served for this purpose at our Lord’s crucifixion, is shown at Rome in the church of St. John Lateran, tinged with blood, and held in great veneration. The holy lance which opened his sacred side, is kept at Rome, but wants the point. Andrew of Crete says, (de Exalt. Crucis,) that it was buried together with the cross. At least St. Gregory of Tours (l. de Gl. Mart. c. 17,) and venerable Bede (de Loc. Sant. c. 2,) testify, that in their time it was kept at Jerusalem. For fear of the Saracens it was buried privately at Antioch, in which city it was found, in 1098, under ground, and wrought many miracles, as Robert the monk (Hist. Hieros. l. 7,) and many eye-witnesses testify. It was carried first to Jerusalem, and soon after to Constantinople. The emperor Baldwin II. sent the point of it to Venice, by way of pledge for a loan of money. St. Lewis, king of France, redeemed this relic, by paying off the sum it lay in pledge for, and caused it to be conveyed to Paris, where it is still kept in the Holy Chapel. The rest of the lance remained at Constantinople, after the Turks had taken that city, till, in 1492, the Sultan Bajazet sent it by an ambassador, in a rich beautiful case, to Pope Innocent VIII., adding, that the point was in the possession of the king of France.

The crown of thorns was given by the emperor Baldwin II. to St. Lewis, as to his cousin and great benefactor, because the city of Constantinople was no longer a place of security, being sorely pressed by the Saracens and Greeks: also in gratitude for his extraordinary contributions to the defence of the eastern empire and the holy places. St. Lewis, afterwards, in requital, voluntarily paid off a loan which that emperor had borrowed from the Venetians. William of Nangis, Vincent of Beauvais, and other French historians of that time relate, how this sacred treasure was, with great devotion, carried in a sealed case by holy religious men, by the way of Venice, into France. St. Lewis, with the queen’s mother, his brother, and many prelates and princes, met it five leagues beyond Sens. The pious king, and Robert of Artois, his second brother, being barefoot and in their shirts, carried it into that city to the cathedral of St. Stephen, accompanied by a numerous procession, bathed in tears, which the sentiments of gratitude and religion drew from their eyes. It was thence conveyed to Paris, where it was received with extraordinary solemnity. St. Lewis built the Holy Chapel, as it is called, for its reception, and annexed thereto a rich foundation of a chapter of canons. He afterwards received from Constantinople the large portion of the cross which St. Helena had sent thither to her son, and other precious relics, with which she enriched the same place. Some thorns have been distributed from this treasure to other churches; and some have been made in imitation of them. They are usually very long.

The nails with which Christ was fastened on the cross, have been imitated by a like devotion. Calvin pretends to reckon fourteen or fifteen held for genuine, but names several never heard of but by himself, as that of St. Helena in Rome; for this is the same church with that of the Holy Cross; one at Sienna; one at Venice; one in the church of the Carmelites in Paris: one in the Holy Chapel; one at Draguignan: and nobody knows where the village of Tenaille is, where he places another. Some multiplication of these nails has sprung from the filings of that precious relic put into another nail made like it, or at least from like nails which have touched it. The true nail kept at Rome, in the church of the Holy Cross, has been manifestly filed, and is now without a point, as may be seen in all pictures of it. St. Charles of Borromæo, a prelate most rigorous in the approbation of relics, had many nails made like another which is kept at Milan, and distributed them after they had touched the holy nail. He gave one as a relic to king Philip II. These are all like that of Rome. St. Gregory the Great, and other ancient popes, sent raspings of the chains of St. Peter as relics, and sometimes put something of them into other chains made like them. F. Honore de St. Marie, a judicious critic, relates a late authentic miracle performed by a heart made of taffety, in resemblance of the heart of St. Teresa. As to the true nails, St. Helena threw one into the Adriatic sea, to lay a violent storm in which she was in danger of perishing, and, according to St. Gregory of Tours, it immediately ceased. St. Ambrose (de ob. Theod. n. 47,) and others testify, that her son, Constantine the Great, fixed one in a rich diadem of pearls, which he wore on the most solemn occasions; and that, for a protection in his wars and dangers, he set another in a costly bridle which he used; St. Gregory of Tours says that two were employed in it. It seems most probable that there were four nails, and that the feet were fastened with two nails apart, and not across with one. The Romans fixed little broad pieces of wood on the crosses of malefactors for the feet to rest upon, as Pliny mentions. See Lipsius, On the Cross.

The pillar at which our Lord was scourged, was anciently kept at Jerusalem, with other holy relics, on Mount Sion, as is mentioned by St. Gregory Nazianzen, (Or. 1. in Julian,) St. Paulinus, (ep. 34,) St. Gregory of Tours, (l. 1, de Glor. Mart. c. 7,) Ven. Bede, (de Locis Sanctis, c. 3;) St. Prudentius, and St. Jerom. It is shown at Rome through iron-rails, in a little chapel in the church of St. Praxedes. Over the chapel it is written that cardinal John Columna, apostolic legate in the East, under pope Honorius III. brought it thither in the year 1223. The pillar is of grey, or black and white marble, one foot and a half long, and one foot diameter at the bottom, and eight inches at the top, where is an iron ring to which criminals were tied. Some think it is only the upper part of that which St. Jerom mentions: but there appear no marks of a fracture. The Jews scourged criminals, first on the back; then often on the belly, and also on both sides: which seems to have likewise been the Roman custom.

The blood of Christ which is kept in some places, of which the most famous is that at Mantua, seems to be what has sometimes issued from the miraculous bleeding of some crucifix, when pierced in derision by Jews or Pagans, instances of which are recorded in authentic histories. See St. Thomas 3, p. 54, a. 2, ad. 3, et quodl. 5, a. 5. [back]

Note 5. Ep. 12. [back]

Note 6. Cat. 4, 10, 13. [back]

Note 7. Vit. Constant. l, 3. [back]

Note 8. This sacred building, raised by Constantine, consisted properly of two churches, the one called Anastasis, or of the Resurrection or Sepulchre, the other Martyrium, or of the Cross, which covered the spot where Christ was crucified. For Adamnan, (l. 1, de Locis Sanctis, c. 4, apud Mabill. Act. Bened. Sæc. 3, part 2, p. 506,) testifies, that they were separated by a little court or passage, Plateolam. And St. Jerom (Ep. 38, alias 61, ad Pammachium adv. Joan. Hieros. p. 312,) says, that as St. Epiphanius walked from the Anastasis to the cross, the crowd flocked about him, every one striving to kiss his feet, or touch the hem of his garment, and presenting to him their little children to bless. See Sirmondus, in an admirable exposition which he gives of an old medal with the Greek inscription Anastasis, (Op. t. 4, p. 436 and 704,) and Du Cange. (Diss. de Nummis infer, ævi, § 66.) Those who with Henry Valesius (ep. de Anastasi et Martyrio, ad calcem Eusebii, p. 304, ed. 1,) will have these two churches to have been but one and the same, must allow that they were only joined by a gallery or court. [back]

Note 9. See the Bollandists, May 3. [back]

Note 10. This history of the discovery of the cross, is related by St. Cyril of Jerusalem, and several other authors above mentioned, who lived in the same age. It is therefore matter of surprise how James Basnage could so far forget them as to say, that Gregory of Tours is the first of those who have spoken of it. (Hist, de Juifs, l. 6, c. 14, sect. 10, p. 1244.) It is objected by some, that Eusebius makes no mention of it in his history or life of Constantine, though he describes at large the building of the church of the sepulchre. But he is often guilty, like Josephus, of capital omissions in his history, to the great disappointment of his readers. But whether this omission in that place proceeded from carelessness or design, as from jealousy or any other motive, his silence ought not to be of any weight against the positive testimonies of so many unexceptionable witnesses. Montfaucon also takes notice, that Eusebius himself has clearly mentioned this miraculous event, in his comments on Psalm lxxxvii. p. 549, where he speaks of miracles wrought in his time near the sepulchre of Christ, and of the church that was built there by St. Helena. Nor can this passage be any more suspected of having been foisted in by interpolation, than that an omission of this fact happened in his historical works by the fault of transcribers. Nay, a paragraph might bo more easily passed over by the fault of copiers. [back]

Note 11. See Tert. de Coron. Militis. [back]

Note 12. Hebr. v. 8. [back]

Note 13. Phil. ii. 5. [back]

Note 14. Cant. ii. 3. [back]

Note 15. St. Bonav. l. de Vita Christi. [back]

Note 16. 1 Cor. ii. 2. [back]

Note 17. Etsi hoc solum sciebat, nihil est quod nesciebat. Magnum est scire Jesum crucifixum. S. Aug. serm. 161, n. 3. [back]

Note 18. Gal. vi. 14. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume V: May. The Lives of the Saints.  1866.



Gury Nikitin, Russian icon De la Fête de l’ Exaltation de la sainte Croix,
Finding of the Holy Cross

Today commemorates Saint Helena's discovery of the True Cross in Jerusalem in 335 in the course of excavating the foundation for Constantine's basilica of the Holy Sepulchre on Mount Calvary. It is significant that the finding of the Cross is associated with Emperor Constantine, who signed the Peace of Milan permitting the toleration of Christianity as a result of a vision of the Cross in the sky.


Saint Helena of the True Cross

Details about Helena's share in the finding of the Cross and some of the cures associated with it may be apocryphal. They say that the emperor's 80-year-old mother made a pilgrimage to Jerusalem to walk in the footsteps of her Lord. She wanted to venerate the wood of the Cross on which hung the Savior of the world, but no one seemed sure of where to find it. The heathens, presumably, hid it and, some said, built a temple to Venus over the spot. Moreover, Saint Jerome tells us that the pagans erected a statue of Jupiter in the place where Christ rose from the dead. Helena consulted the locals who told her that if she could find the sepulchre, she could locate the instruments of the punishment, because the Jews had a custom of burying such detestable objects in a hole near the burial place of executed criminals.

When the empress then ordered the temple and pagan statues to be destroyed and the rubbish removed, they discovered the Holy Sepulchre and three crosses near it, together with the nails that had pierced our Savior's body and the plaque that hung on the Cross. The plaque had become detached, so they didn't know which was Christ's Cross. Bishop Saint Macarius suggested that the three crosses be taken to the home of a prominent lady who was extremely ill. There he prayed that God would regard their faith and laid each cross in turn gently to the sick woman. At the touch of one, the woman immediately and completely recovered. This one was declared the True Cross.

The stem and title of the Cross were venerated at Jerusalem before the end of the 4th century as described by the pilgrim Egeria and others. From there it spread to Rome, where Santa Croce Basilica was built to house the relics of the Passion and Cross, and thence to other churches in the West. The title was placed in a lead box over one arch of Santa Croce, where it was discovered again in 1492. At that time the inscription in Hebrew, Greek, and Latin was in red letters, and the wood was whitened; these colors are since faded and the words "Jesus" and "Judaeorum" are eaten away. The board is nine inches long, but must have been 12".

The main part of the cross was enclosed by Helena in a silver shrine and committed to the care of Bishop Macarius. Saint Paulinus in a letter to Severus relates that daily chips were cut from this Cross and given to the devout, but the sacred wood never suffered diminution. Saint Cyril of Jerusalem wrote in 346 that "the saving wood of the Cross was found at Jerusalem in the time of Constantine and that it was distributed fragment by fragment from the spot." He compares this miracle to the feeding of the 5,000.

This feast was suppressed in the 1969 revision of the Roman calendar (Farmer, Husenbeth).