mardi 15 mai 2012

Sainte DYMPHNE (DYMPNA) de GHEEL, vierge et martyre




"Dympna - ou Dymphna; désirable, vierge sainte. Une sainte Irlandaise. Le lieu de son martyre est indiqué par un monument à Geel, Belgique, où elle avait fuit pour sa vie et sa vertu, et où son propre père (un roi Irlandais, nous rapporte l'histoire) qui était décidé à l'épouser, sa propre fille, suite à la mort de sa femme et reine (la mère naturele de Dymphna). Elle est traditionnellement la patronne de ceux qui ont des maladies mentales et des affections nerveuses, mais fut par la suite adoptée (à la lumière de son histoire personnelle) par les victimes d'inceste et autres abus sexuels. Il existe une chaîne mondiale de prière de dévotion à sainte Dymphne, que l'on sait rejoindre en s'adressant aux Pères Franciscains".

http://www.amdg.be/ : retranscription du texte des "Petits Bollandistes", 7ième édition, Bar-le-Duc 1876.


SAINTE DYMPNA (DYMPHNE), VIERGE ET SAINT GÉREBERNE, PRÊTRE, MARTYRISÉS A GEEL, EN BRABANT (7ième siècle)

La virginité, inconnue aux idolâtres, a toujours jeté un très-vif éclat au milieu des peuples barbares, dès les premiers moments de leur conversion à la Foi : elle n'a pas peu contribué à leur faire comprendre toute la sainteté et la sublimité du Christianisme, et en même temps adoucir leurs moeurs dures et farouches. La vie de sainte Dympna, en particulier, offre un exemple extraordinaire, mais qui s'est renouvelé plus d'une fois chez ces nations dont saint Jérôme disait qu'elles ne connaissaient aucune loi dans leurs alliances, et suivaient avec une aveugle brutalité tous les instincts de leurs passions grossières.

Dympna était fille d'un roi ou prince de Bretagne : peut-être faut-il entendre sous ce nom le successeur d'un chef des Angles ou Saxons, qui vinrent faire invasion dans cette île, aux 5ième et 6ième siècles. Son père était païen; sa mère, dont les actes ne disent que ce seul mot, était Chrétienne, comme sa fille. Un saint prêtre nommé Géreberne, qui vivait dans les environs de leur demeure, les avait baptisées l'une et l'autre, et les entretenait dans la pratique de la religion. De bonne heure la jeune Dympna donna les plus belles espérances, et sa vertu qui se développait en elle avec les années, annonçait déjà qu'elle saurait dans l'occasion faire preuve d'un grand courage. Elle était douce, modeste, pleine de retenue, de pudeur, et ne cherchait à plaire en toutes choses qu'à Dieu et aux auteurs de ses jour. Dympna perdit sa mère dans un âge peu avancé encore, et cette perte, déjà si triste pour son coeur, devint encore pour elle l'occasion d'une grande et pénible tentation.

En effet, son père, que la mort de son épouse avait rempli d'une prafonde douleur, ayant dans la suite formé le projet de se remarier, ordonna à ses officiers de lui faire connaître une personne dont les traits pussent lui rappeler celle qui lui avait été si chère. Après de longues et inutiles recherches dans la contrée, ils vinrent le trouver, et par un inconcevable oubli de toute pudeur, ils lui conseillèrent d'épouser sa fille Dympna, dont les traits de ressemblance avec sa mère étaient frappants.

Malgré l'horreur qu'inspire la nature pour de semblables alliances, la corruption et la grossièreté de ces peuples ne le repoussaient point toujours : aussi n'est-on qu'à demi étonné en voyant le roi barbare accepter la proposition de ses officiers (1). La jeune vierge frémit à cette parole, et malgré toutes les instances et toutes les promesses qu'on lui faisait, elle déclara qu'elle n'y consentirait jamais. Comme ses refus ne faisaient qu'irriter les désirs de son père, elle demanda 40 jours pour réfléchir. Le roi y consentit, ne doutant pas que, cet intervalle, écoulé, elle se rendrait à ses sollicitations; mais la pieuse Dympna avait dans le coeur une pensée bien différente.

Elle visita aussitôt le saint prêtre Géréberne, qui continuait de la diriger dans la vertu et la pratique de ses devoirs. Là, elle exposa à ce vénérable vieillard la situation critique dans laquelle on la plaçait. Géréberne, hors de lui-même en l'entendant ainsi parler, leva, les yeux au ciel, et conjura le Seigneur de lui faire connaître sa volonté dans un si pressant danger. Dieu exauça cette fervente prière de son serviteur, et lui déclara qu'il fallait réaliser au plus tôt le projet conçu par la jeune vierge, et fuir dans un pays étranger où elle pourrait le servir sans obstacle. Dès ce moment, Dympna fit, avec des précautions extrêmes, tous les préparatifs de son départ : elle gagna un serviteur de son père et son épouse, qui promirent de l'accompagner avec le saint prêtre Géréberne. Tout étant disposé, ils profitèrent d'un moment favorable et se mirent en mer, s'abandonnant au milieu des flots à la Providence qui leur avait inspiré cette résolution. Elle ne les abandonna pas ; après une heureuse traversée, ils abordèrent non loin des embouchures de l'Escaut, près des lieux où se trouve aujourd'hui la ville d'Anvers. S'étant mis aussitôt à chercher une retraite où ils pussent se reposer de leurs fatigues, ils s'arrêtèrent à Gheel.

Ce pays était alors peu habité: on ne voyait presque partout que des broussailles ou des bois, au milieu desquels ils rencontrèrent une petite église dédiée à Saint Martin. Ce lieu leur parut convenable: ils s'y arrêtèrent, et c'est là que, dès ce moment, le saint prêtre Géréberne célébra les Divins Mystères. A quelque distance, ils construisirent, dans le lieu appelé Zemmale, une petite habitation, où ils vécurent l'espace de 3 mois dans les prières, les aumônes et la pratique de toutes les vertus.

Cependant le père de Dympna fut bientôt averti de la fuite précipitée de sa fille, et il en fut pénétré de douleur: aussitôt il envoie de toutes parts des gens pour chercher à connaître où elle s'est cachée; lui-même, accompagné d'un grand nombre de gens armés, se met à sa poursuite, et, s'embarquant sur ses vaisseaux, il arrive auprès des embouchures de l'Escaut où quelques indices semblaient lui faire espérer de trouver la fugitive. Il ordonne alors à une partie des siens de se disperser dans le pays, comme ils avaient fait précédemment en Bretagne, et de s'informer partout si sa fille a paru dans la contrée. Quelques-uns d'entre eux étant arrivés dans un village appelé Westerloo, assez proche de Zemmale, passèrent la nuit dans une auberge, puis le matin, au moment de partir, ils payèrent l'hôte qui les avait traités. Celui-ci, en recevant de leurs mains des pièces d'argent, les regarda avec attention, et observa qu'elles étaient tout à fait semblables à d'autres pièces qu'il possédait : cette réflexion frappa les envoyés qui lui demandèrent de qui il avait pu recevoir une monnaie étrangère comme celle-là. C'est, dit l'hôte, d'une jeune fille de Bretagne qui mène une vie solitaire et retirée non loin d'ici, et qui achète avec ces pièces les choses nécessaires à la vie. Ces paroles ne firent qu'augmenter les soupçons des officiers du roi : ils l'interrogèrent de nouveau sur l'extérieur de cette personne, son âge et ses traits; l'hôte répondit encore à ces questions; il ajouta qu'elle était accompagnée d'un vénérable vieillard, prêtre, et de plusieurs autres personnes; que du reste, s'ils le désiraient, il pourrait les conduire en peu de temps au lieu qu'elle habitait. Les envoyés acceptèrent cette proposition avec joie, et ayant accompagné leur guide, ils arrivèrent dans un lieu désert, inculte, sauvage, où, au milieu d'autres personnes, ils aperçurent Dympna qu'ils connaissaient très-bien. Aussitôt ils s'empressèrent de venir annoncer cette nouvelle au roi, qui se mit en chemin avec les gens de sa suite, et se rendit à l'endroit indiqué. Arrivé près de sa fille, il lui adresse tour à tour des paroles flatteuses, des reproches et des promesses. "Qu'avez-vous pensé, en fuyant ainsi votre pèro, et comment avez-vous pu abandonner son palais, pour venir habiter cette solitude affreuse? Ne savez-vous donc pas quelle place vous est destinée dans mon royaume? Est-ce que les paroles d'un vieillard décrépit et sans force auraient troublé votre esprit au point de vous faire perdre de vue les honneurs qui vous attendent près de moi? »

Le vénérable prêtre Géréberne, qui était présent quand le roi parlait ainsi, ne put s'empêcher de prendre alors la parole: "O roi», lui dit-il, "comment la passion a-t-elle pu ainsi pervertir vos pensées? Comment pouvez-vous concevoir des projets si contraires à votre gloire et la vertu de votre fille? Ignorez-vous donc que la pureté est le plus précieux de tous les trésors, qu'elle donne la sagesse aux jeunes gens, et aux vieillards la sainteté? Cessez de tenir un pareil langage, indigne de vous, ne sollicitez pas davantage votre fille, elle persiste et persistera toujours dans son généreux dessein". Puis, se tournant vers Dympna, il l'exhorta de nouveau à ne point écouter les propositions criminelles qui lui avaient été faites.

Plein de fureur en entendant ce discours, le roi fait saisir le vénérable Géréberne par ses gens qui l'accablent d'injures et de coups; et voyant qu'il continue de protester à haute voix contre une telle violence, il donne un signe, et les soldats le renversent sans vie. Après de nouvelles instances qui provoquent de nouveaux et plus énergiques refus de la part de Dympna, le roi s'irrite, menace et déclare à sa fille que si elle ne renonce à suivre les folles pensées que lui a suggérées ce misérable vieillard, qui vient de payer de sa tête son audace et son insolence, elle ressentira elle-même les effets de sa colère. « Mon Père", répond Dympna, "n'espérez pas d'obtenir mon consentement, jamais je ne le donnerai".

A ces mots, le roi furieux commande à ses gens de la tuer; mais ils n'osent obéir à un pareil ordre donné dans la colère. Voyant leur hésitation, il saisit lui-même son glaive, et, d'un seul coup, il abat la tête de sa fille, qui tombe à ses pieds baignée dans son sang. Le corps de Dympna et celui du vénérable Géréberne restèrent quelques jours exposés aux animaux et aux oiseaux de proie qui les respectèrent; puis, de pieux habitants du pays les déposèrent dans la terre. Plus tard, à cause des miracles qui s'opéraient en ce lieu, le clergé et le peuple cherchèrent les restes des deux martyrs, et les trouvèrent renfermés dans deux tombeaux d'une pierre extrêmement blanche: ce qui parut d'autant plus étonnant que toutes les pierres dans ce pays sont noires. Peut-être Dieu voulut-il manifester de cette manière combien lui avait été agréable le sacrifice de ces deux martyrs de la chasteté.

Il se fit depuis un grand nombre de guérisons extraordinaires au tombeau des deux Saints. De toutes parts on y accourait pour implorer leur protection. C'est alors que les habitants de Xantes sur le Rhin cherchèrent à s'emparer de ces reliques, afin de les conserver au milieu de leur ville; mais ayant été surpris au moment où ils venaient de les enlever, ils furent forcés de les rendre. Les principaux habitants de Gheel pensèrent alors à agrandir l'église dans laquelle était renfermé le tombeau, et à placer les reliques de sainte Dympna dans une châsse plus belle. On en prépara une qui était très-riche, et dans laquelle l'évêque de Cambrai transporta ces vénérables dépouilles.

L'époque précise de la mort de sainte Dympna n'est pas connue. Les auteurs varient sur l'année qui peut être placée vers le milieu de la seconde partie du 7ième siècle. Pour le jour, le manuscrit d'Utrecht, qui rapporte la vie de la sainte, le fixe au 30 mai; mais c'esL le 15 que sa fêtè est célébrée.

Le village de Gheel prit beaucoup d'accroissement par le culte et les miracles de sainte Dympna. On y trouve dans la suite une baronie, un hopital, et une église qui fut érigée en collégiale.

On représente sainte Dympna tenant un démon enchaîné : c'est qu'elle est renommée pour la délivrance des possédés et la guérison de la folie et de l'épilepsie; car ce qui était possession chez les anciens est regardé comme folie ou épilepsie chez les modernes. A ce tître, on a établi à Gheel, sous son patronage, une maison d'aliénés, aussi cétèère en Belgique que Bicêtre chez nous : cette maison existe de temps immémorial.

Si l'on nous demande pourquoi l'on invoque sainte Dympna pour les possédés, aliénés ou épileptiques, nous trouvons facilement le motif de ce patronage dans l'acte insensé de son père qui, à son projet d'inceste, ajouta le meurtre : par un rapprochement facile à concevoir, il est naturellement venu à l'esprit du peuple d'invoquer contre la folie celle qui avait été victime de la fureur et de la démence de son père.

Nous avons emprumpté cette Vie aux "Vies des Saints de Cambrai et d'Arras", par M. l'abbé Destombes

(1) On peut voir dans saint Jérôme (liv II, contre Jovinien), ce qu'il rapporte des moeurs des Barbares et des alliances qu'ils contractaient. Après de pareils exemples, il n'y a rien qui doive nous étonner dans celui que nous avons ici sous les yeux. Certains auteurs, avant de crier à l'invraisemblance, devraient au moins examiner ces choses.

Dans le sanctoral des RP Bénédictins, éditions Letouzey & Ané 1936 :

SAINTE DYMPNE, VIERGE ET MARTYRE (6ième SIÈCLE)

Dympne, fille d'un prince d'Irlande, perdit sa mère en bas âge. Le père était païen, mais les femmes à qui l'enfant fut confiée étaient Chrétiennes : elles l'instruisirent des vérités de la Foi et la firent baptiser secrètement. Le père, frappé de la beauté de sa fille, voulut l'épouser, dans l'aveuglement de sa passion. Dympne, qui s'était consacrée au Seigneur, repoussa avec horreur cette abominable proposition. Elle prit la fuite, de l'avis d'un saint prêtre (voir Gerebern) qui l'accompagna. Tous deux abordèrent en Brabant, à quelques lieues d'Anvers. Dympne, avec quelques servantes qui l'avaient suivie, forma à Ghéel une sorte de monastère. Le père, à force de recherches, découvrit ce lieu de retraite; il traversa la mer pour ramener sa fille de gré ou de force auprès de lui. N'ayant pu vaincre les résistances de Dympne, il la tua de sa propre main. Le corps de la victime fut inhumé à Ghéel (6ième siècle), et une église fut, bâtie sur le tombeau de la victime honorée comme une sainte.

Au 13ième siècle, le corps fut retrouvé, et à cette occasion fut renouvelée la légende du roi voulant épouser sa propre fille. Des insensés retrouvèrent la raison à son tombeau et ainsi la sainte martyre fut vénérée comme la patronne des maniaques. Ghéel eut un asile de lunatiques. La fête de sainte Dympne est au 15 mai; au 27 octobre est la translation des reliques.

Bibl. - O'Hanlon, Irish saints, t. 5, p. 284.

Tropaire de sainte Dympna, ton 4

Pour échapper à la folie des pécheurs,

Tu t'en allas sur les flots de la mer

Avec le prêtre Géréberne

Pour trouver un asile où louer le Christ.

Et tu couronnas par le martyre

Une vie toute tournée vers le Seigneur.

Aujourd'hui nous te prions, vierge Dymphne,

D'intercéder auprès de Dieu pour le Salut de nos âmes.

Messe de Sainte Dymphne (ancien rite romain)

Collecte

Deus, amator pudicitiae, qui beatam Dympnam Martyrem tuam, in suscepto virginitatis proposito mirabiliter confirmasti : concede propitius; ut cujus festum venerando recolimus, ejus apud te meritis et precibus adjuvemur. Per Dominum Nostrum Jesum Christum.

Dieu qui aimez la chasteté, vous qui avez soutenu dans son voeu de virginité la bienheureuse Dymphne, votre martyre, dont nous célébrons la fête avec piété, faites-nous trouver dans ses mérites et ses prières un appui auprès de vous. Par Notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils.

Troparion of Saint Dympna tone 4

To escape to the madness of sinners, /

You went on the rough seas /

Together with the priest Gerebern /

To find a shelter where to praise Christ. /

And you didst crown by the martyr /

A life completely devoted to Our Lord. /

Today we pray to thee, O maiden Dympna, /

That you intercede to Christ our God for the salvation of our souls

SOURCE : http://home.scarlet.be/amdg/oldies/sankt/dympna.html


Sainte Dymphne de Gheel

Vierge, martyre

ou Dypne.

Une belle légende entoure cette sainte vénérée en Belgique où 'ses' reliques ont été retrouvées au XIIIe siècle, près d'Anvers. De nombreuses guérisons se produisirent près de sa châsse et l'on y fonda un hôpital pour les malades mentaux. Alors on lui attribua une vie édifiante. Fille d'un roi païen d'Irlande, elle perdit sa mère et, veuf, son père reçut même le conseil d'épouser sa fille. Dymphna s'enfuit du château avec son confesseur, Saint Gerebrand, et deux amis. Rattrapés en Belgique ils furent décapités sur ordre du roi.

À Ghéel dans le Brabant, au VIe ou VIIe siècle, sainte Dypne, vierge et martyre.

Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1160/Sainte-Dymphne-de-Gheel.html


Sainte Dymphne de Geel

Au centre de la Campine se trouve la commune de Geel. Avec ses 35 502 habitants, elle constitue l’une des plus grandes villes de la province d’Anvers.

L’histoire de Geel est indissociablement liée à Sainte Dymphne.

Sa légende est particulièrement intéressante en ce qu’elle constitue un creuset où s’entrecroisent à la fois mythe collectif et mythe à forte tonalité oedipienne. La ritualisation qui en est la suite, et qui fournit la trame au processus thérapeutique, est elle aussi en tout point digne d’intérêt.

L’histoire de cette Sainte du VIe siècle fut rédigée tardivement par Pierre, évêque de Saint-Aubert de Cambrai, entre 1238 et 1247. Un retable en bois, disparu lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale, mais dont il reste des descriptions précises, en détaillait aussi les principaux faits.

La légende

D'après la tradition, Dymphne (ou Dypne) naît vers la fin du VIe siècle en Irlande. Elle était la fille du roi païen irlandais Damon et d'une mère chrétienne d'une grande beauté. Sa mère fit baptiser secrètement Dymphne par le Père Gerebernus ou Gerebrand. Malheureusement, la mère mourut alors que sa fille était encore un enfant. Ses conseillers lui suggérèrent de se remarier, ce à quoi il mit pour condition que sa nouvelle épouse devrait ressembler à l'ancienne comme deux gouttes d'eau, ce qui bien entendu était impossible. Un de ses conseillers proposa alors au roi qu'il épouse sa propre fille, laquelle était le portrait craché de sa mère. Le roi trouva que c'était en effet une bonne idée, et la demanda en mariage. Dymphne trouva cette proposition très choquante et la repoussa résolument. Son père ne voulut cependant pas y renoncer, et la menaça de la tuer si elle ne l'acceptait pas pour époux.

Pour échapper aux avances incestueuses de son père, Dymphne décida de s'enfuir en compagnie de son confesseur, le Père Gerebernus, dans l’espoir se réfugier à Rome avec ce dernier. Ils s’enfuirent par la mer et, après avoir débarqué à Anvers, ils poursuivirent leur route jusqu'à Zammel, un hameau de Geel en forêt de Campine, où ils construisirent une hutte à proximité d'une chapelle dédiée à Saint-Martin.

Le roi, rendu plus furieux encore par la fuite de sa fille, envoya des éclaireurs pour retrouver sa trace et certains d'entre eux parvinrent à Westerlo, une commune voisine de Zammel. Lorsqu'ils voulurent régler leur nuitée à l'auberge "Le Chaudron", l'hôtelière remarqua qu'ils utilisaient pour payer les mêmes monnaies étrangères que celles de la jeune fille de Zammel.

Rentrés en Irlande, les éclaireurs rapportèrent bien entendu ces propos au roi, qui décida aussitôt de partir à la recherche de sa fille et de la contraindre au mariage. Il la retrouva à Geel, qui ne comptait alors que quinze maisons, en compagnie de Gerebernus. Lorsque sa fille refusa une fois encore sa proposition de mariage, le roi en fut si courroucé qu'il fit mettre Gerebernus à mort par ses gens et décapita lui-même sa fille.

Deux anges descendirent alors du ciel et recollèrent la tête de Dymphne sur son corps. Un fou qui passait par là et assista à la scène, recouvra subitement la raison, nous dit la légende. Une façon de dire qu’il recouvra sa propre tête et guérit de son aliénation. La décollation est ainsi guérie symboliquement par Dieu, par une sorte de transfert de personne à personne: la tête coupée de Dymphne est symboliquement recollée par Dieu sur le corps du fou. Tout ceci se passa le 30 mai de l'an 600, dit la légende du XIIe siècle.

Les habitants enterrent les corps des martyrs et édifient une chapelle sur cette sépulture, qui, se substituant peu à peu à celle de saint Martin, devint un lieu de pèlerinage. À la suite de ce miracle, Dymphe devint la sainte patronne des aliénés et Geel devint un lieu réputé guérir la folie. Quant à Saint Gerebrand, il est vénéré surtout à Sonsbeck près de Xanten, en région rhénane.

La base historique de cette tradition est évidemment incertaine, du fait que Dymphne, vierge et martyr du VIe siècle, n’entre dans l'histoire qu’au XIIIE SIECLE grâce à l’évêque chargé de rédiger sa biographie.

Les restes de Dymphne et de Gerebernus sont toujours conservés en l'église Sainte-Dymphne, dans le centre historique de Geel. Les analyses scientifiques supportent en tous cas la légende en ce sens que ces restes seraient ceux d'une très jeune femme et d'un homme ayant au moins vingt ans de plus qu'elle, et qu'ils seraient tous deux décédés entre l'an 700 et l'an 800.

Le fou qui passe opportunément par là et recouvre miraculeusement la raison est peut-être une façon imagée de justifier l’octroi aux aliénés du patronage de Sainte-Dymphne. Une autre justification peut résider dans le fait que les crimes du père (la volonté d’inceste et le double meurtre), furent attribués à un accès de folie provoqué par le démon. On représente donc Sainte-Dymphne tenant un démon enchaîné : en effet, les maladies mentales étaient considérées au moyen-âge comme une forme de possession diabolique. Que les reliques de la Sainte soient censées favoriser la guérison de la folie et de l’épilepsie serait dès lors une sorte de récompense divine répondant aux excès du père-fou agissant sous l’emprise du démon.

En tout cas, le martyre de Sainte-Dymphne a convaincu certaines personnes de l’effet médicinal de ses reliques. Tout un ensemble comportemental que l’on peut rattacher aux rites de passage est d’ailleurs retrouvé à Geel, où le malade doit passer tous les jours de la neuvaine (le traitement dure neuf jours) sous la châsse contenant les reliques de la sainte. À cette dimension de “passage” s’ajoute, lorsque le sujet doit introduire tout ou partie de son corps dans un orifice, un rite de dépôt de la folie dans un lieu sacré. Le moment où comme à Geel, le malade devait toucher les reliques est une séquence symbolique fortement chargée de sens.

Les pèlerins atteints de folie, logeaient alors chez l'habitant et y étaient laissés par leur famille le temps de la neuvaine et parfois plus.

L’église Sainte-Dymphne a été spécialement érigée au 14e siècle pour les nombreux pèlerins et constitue un des plus beaux et des plus importants témoignages du passé unique de la Cité charitable. Sainte-Dymphne aurait été enterrée dans cette église, aux côtés de son confesseur Gerebernus.

Les conséquences sociales de cette légende

Le développement du culte de Sainte Dymphne avait déjà fait de Geel un lieu de pèlerinage important au début du Moyen-âge, la sainte étant très logiquement invoquée pour combattre la folie. Les aliénés venaient avec leurs accompagnateurs, pour participer à une neuvaine d'offices religieux spécialement célébrés à leur intention ou simplement pour se rapprocher des reliques. Il était généralement admis que plus long était le séjour sur place, plus intense était l'effet guérisseur.

Au début ces pèlerins étaient accueillis par le clergé de l'église Sainte-Dymphne, mais au quinzième siècle fut érigée pour faire face à la demande la "Chambre des malades", un nouveau bâtiment attenant à l'église et destiné à accueillir et à surveiller les malades au cours de la neuvaine. Les registres y attestent la présence de non moins de 4.000 aliénés entre 1687 et 1797.

L'accueil des malades mentaux et de leurs accompagnateurs, et même leur prise en charge pour une période plus longue et même parfois définitive, devint ainsi une spécialité de Geel. A partir du dix-huitième siècle les simples d'esprit furent accueillis directement chez les résidents de la ville, sans qu'aucun rituel spirituel n'y soit encore associé. Et puisque ce système avait l'air de bien fonctionner, les autres communes prirent l'habitude d'envoyer leurs patients à Geel. De nos jours on utilise encore le vocable d’accueil familial de Geel et cette tradition séculaire d'aide aux malades valut à Geel le titre de « Cité charitable ». Un malade mental accueilli dans une famille devenait véritablement membre de celle-ci et y restait jusqu'à la fin de ses jours.

Le « Gasthuis » Sainte-Dymphne (Hôtel-Dieu) est devenu un musée récemment restauré. Il permet de familiariser les visiteurs avec la vie quotidienne et le travail des sœurs de l’Hôtel-Dieu qui, depuis 1552, se sont chargées des soins aux malades et de l’accueil familial, et avec la légende de Sainte-Dymphne. Tous les cinq ans, Geel dédie également une fête à Sainte-Dymphne, marquée par une procession et un grand nombre d’activités annexes.

Sainte Dymphne est fêtée le 15 mai.

La symbolique chrétienne

Quittons maintenant la légende de Sainte Dymphne et ses conséquences sociales (l’accueil des malades mentaux), pour nous pencher sur le message symbolique.

Légende ne signifie pas ici conte édifiant ou récit merveilleux, mais doit être pris dans son sens premier, venant du latin « legenda » : « ce qui doit être lu ». Le vrai sujet n’est dès lors pas plus un conte naïf qu’un récit historique (notion moderne qui intéresse peu l’homme du moyen-âge). Non, le but d’une « légende » de saint ou de sainte consiste plutôt « à décrire un conflit dont Dieu et l’Esprit du mal sont les protagonistes et dont l’homme est à la fois le terrain, l’enjeu et l’acteur. »

Ce qui frappe tout d’abord, c’est que Sainte Dymphne a eu la tête coupée. On peut faire un rapprochement avec St Jean-Baptiste, décapité sur l’ordre d’Hérode, ou avec les saints dits « céphalophores », qui tiennent leur tête coupée entre les mains.

Le but de ces récits est d'éclairer l'homme sur sa vraie nature, sur son origine et sur sa destination : l’homme a chuté et est tombé dans la dualité, son but doit être de retrouver son état primitif. La tête, le chef, qui symbolise aussi la Connaissance, indique que cette Connaissance, cette Parole perdue, doit être retrouvée. L’union entre le ciel et la terre, qui se réalisait à travers le premier Adam, a été rompue. La partie qui le reliait au plan divin a été sectionnée et le lien doit être rétabli.

Ayant perdu l’unité du paradis terrestre, l’homme est tombé dans la dualité et dans la matière. Son chef, image du spirituel, a été séparé du corps : son corps reste dans le plan de la Matière, séparé du plan de l’Esprit. L’homme doit donc trouver le moyen de réintégrer ce plan supérieur et retrouver l’Unité avec Dieu.

La séparation de l’esprit d’avec le corps peut aussi être une étape symbolique : pour atteindre l’éveil, l’homme doit séparer le siège de la pensée consciente de celui de la vie animale. Il remémore la supériorité originelle de l’homme, qu’il a tendance à oublier et qu’il se doit de mettre en action en s’engageant sur la voie de la réintégration. L’homme est coupé de sa vraie nature : coupé par sa façon de vivre et de se comporter dans un monde qui a fait des progrès techniques, mais qui n’a pas vraiment évolué sur le plan spirituel, que du contraire.

Pourtant l’homme moderne, l’“homme du torrent”, comme le nomme Louis-Claude de Saint-Martin, possède encore en lui-même les potentialités nécessaires pour devenir un « homme de désir ». Ces potentialités sont rappelées par l’ange qui ramasse la tête de Sainte Dymphne et la recolle sur sa tête, rétablissant ainsi le lien coupé avec le plan spirituel ou divin.

La légende de Sainte-Dymphne, une autre version de Peau d’Ane.

La légende de Sainte-Dymphne, se transmit par tradition orale depuis le VIe ou VIIe siècle, avant d'être mise par écrit aux environs de l'an 1240, document que nous connaissons comme la "Vita Sanctae Dimpnae".

Il est intéressant de constater que les rapprochements avec le conte de Perrault « Peau d’Ane » sont nombreux.

On y retrouve d’abord le thème de l’inceste. Le père veuf et inconsolable d’une femme d’une grande beauté. La fille dont la ressemblance avec sa mère est troublante. Le père qui poursuit sa fille de ses avances et qui veut à tout prix l’épouser. La fille qui n’a d’autre échappatoire que la fuite. La fuite sur un navire, thème récurrent des histoires du genre. Le déguisement : dans le cas de Dymphne, elle se déguise en jongleur pour ne pas être reconnue quand elle prend la fuite.

Mais on retrouve également tous ces éléments dans nombre d’autres histoires de Reines ou d’Epouses de Mai, qui font partie des traditions liturgiques dites « païennes » du Printemps et dont la célébration est attestée depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. Aujourd’hui elles se déguisent sous le nom de Carnaval, mais elles sont toujours bien vivantes.

L’épisode de la fille qui fuit son père parce qu’il veut l’épouser se retrouve d’ailleurs dans un roman du XIIIe siècle, donc contemporain de la mise par écrit de la légende de Sainte-Dymphne : Mai et Bellefleur. Bellefleur prendra elle aussi la mer pour échapper à son père incestueux.

Nous savons aujourd’hui qu’une des interprétations possibles de « Peau d’Ane » et des Epouses de Mai, est leur personnification de la nouvelle saison et qu’elles répondaient au personnage qui jouait ce rôle dans la liturgie printanière. On y retrouvait aussi un père dénaturé, sorte de Saturne aux allures de satyre.

Mais après tout, quels sont les hommes qui ne se sentent pas amoureux de la jeune saison, radieuse et séduisante, en tout point semblable à sa défunte mère ?

Et les rituels de christianisation de la liturgie printanière se ressemblent, avec quelques variantes. Les versions allemandes spécifient qu’elle devait avoir une chevelure d’or ; les versions autrichiennes, tchèques et slaves, exigent qu’elle soit marquée au front d’une étoile ou d’une croix d’or. L’héroïne désignée aux poursuites de son père incestueux doit souvent s’enfuir par la mer, qui pouvait constituer un rite de pluie. On pourrait multiplier les exemples.

La fête de Sainte Dymphne qui se célèbre le 15 mai en fait incontestablement une Reine de Mai. Mais ne porte-t-elle pas haut la croix d’or du Christ et la palme des martyrs pour avoir résisté à un père païen et incestueux ?

Nous avons donc probablement ici l’intégration de la vie édifiante d’une vierge et martyre du VIe ou VIIe siècle (époque du début de la christianisation de nos contrées) dans un contexte du XIIIe siècle soucieux de christianiser des liturgies printanières païennes (franques ou celtes) toujours bien ancrées tant dans les coutumes que dans l’inconscient collectif des habitants de nos régions.

SOURCE : http://mirandum.wifeo.com/sainte-dymphne.php


St. Dymphna

(Also known as Dympna and Dimpna).

Virgin and martyr.

Virgin and martyr.
The earliest historical account of the veneration of St. Dymphna dates from the middle of the thirteenth century. Under Bishop Guy I of Cambrai (1238-47), Pierre, a canon of the church of Saint Aubert at Cambrai, wrote a "Vita" of the saint, from which we learn that she had been venerated for many years in a church at Gheel (province of Antwerp, Belgium), which was devoted to her. The author expressly states that he has drawn his biography from oral tradition.

According to the narrative, Dymphna — the daughter of a pagan king of Ireland — became a Christian and was secretly baptized. After the death of her mother, who was of extraordinary beauty, her father desired to marryhis own daughter, who was just as beautiful, but she fled with the priest Gerebernus and landed at Antwerp. Thence they went to the village of Gheel, where there was a chapel of St. Martin, beside which they took up their abode. The messengers of her father however, discovered their whereabouts; the father betook himself thither and renewed his offer. Seeing that all was in vain, he commanded his servants to slay the priest, while he himself struck off the head of his daughter. The corpses were put in sarcophagi and entombed in a cave where they were found later. The body of St. Dymphna was buried in the church of Gheel, and the bones of St. Gerebernus were transferred to Xanten.

This narrative is without any historical foundation, being merely a variation of the story of the king who wanted to marry his own daughter, a motif which appears frequently in popular legends. Hence we can conclude nothing from it as to the history of St. Dymphna and the time in which she lived. That she is identical with St. Damhnat of Ireland cannot be proved. There are at Gheel fragments of two simple ancient sarcophagi in which tradition says the bodies of Dymphna and Gerebernus were found. There is also a quadrangular brick, said to have been found in one of the sarcophagi, bearing two lines of letters read as DYMPNA. The discovery of this sarcophagus with the corpse and the brick was perhaps the origin of the veneration. In Christian art St. Dymphna is depicted with a sword in her hand and a fettered devil at her feet. Her feast is celebrated 15 May, under which date she is also found in the Roman martyrology.

From time immemorial, the saint was invoked as patroness against insanity. The Bollandists have published numerous accounts of miraculous cures, especially between 1604 and 1668. As a result, there has long been a colony for lunatics at Gheel; even now there are sometimes as many as fifteen hundred whose relatives invokeSt. Dymphna for their cure. The insane are treated in a peculiar manner; it is only in the beginning that they are placed in an institution for observation; later they are given shelter in the homes of the inhabitants, take part in their agricultural labours, and are treated very kindly. They are watched without being conscious of it. The treatment produces good results. The old church of St. Dymphna in Gheel was destroyed by fire in 1489. The new church was consecrated in 1532 and is still standing. Every year on the feast of the saint and on the Tuesday after Pentecost numerous pilgrims visit her shrine. In Gheel there is also a fraternity under her name.


Kirsch, Johann Peter. "St. Dymphna." The Catholic Encyclopedia. Vol. 5. New York: Robert Appleton Company, 1909. 15 May 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/05221b.htm>.


Transcription. This article was transcribed for New Advent by Paul T. Crowley. Dedicated to Tracy Sedin and Family.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. May 1, 1909. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.
SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/05221b.htm


St. Dymphna was the daughter of a Celtic chieftain, Damon, and his beautiful wife, a devoted Christian. Damon loved and admired his holy wife, who was popular and beloved amongst their people. She raised Dymphna as a Christian. In her spiritual development, Dymphna had a friend and confidant, an elderly priest named, Gerebran.

Tradition tells this story of Dymphna’s martyrdom: When she was fourteen, her mother died. Her father, Damon, fell into a state of mental illness brought on by grief from his wife’s passing. To help bring Damon out of his grief and illness, his advisers recommended he find another wife.

A search began to find another righteous, noble, and beautiful woman who would consent to marry Damon. Unfortunately no one could be found and Damon goaded by evil advisers to marry his daughter, Dymphna because she was as pure and beautiful as her mother. Horrified by the idea of this union, Dymphna vehemently refused and fought off her insanity-ridden father. With the assistance of her priest, Gerebran, Dymphna fled the castle and headed across the sea to Belgium. Damon found them in Gheel and had Gerebran beheaded.

The mad chieftain again attempted to persuade her to return with him to Ireland. Again Dymphna refused. In a fit of rage, Damon drew his sword and cut off Dymphna’s head. Dymphna was fifteen years old. Circa 620, Dymphna received the crown of martyrdom in defense of her purity and chastity.

In Gheel, Belgium, the spot where Dymphna and Gerebran were murdered has become a holy shrine. Fragments of two sarcophagi and a block bearing Dymphna’s name are at the shrine. Countless miracles have taken place at this shrine and as the result of invocations to St. Dymphna. A fire destroyed an old church of St. Dymphna in Gheel in 1489. A new church was consecrated in 1532 and still stands.

Dymphna is the patron saint of those suffering from mental and emotional illnesses, and sometimes referred to as the Patroness of Abuse and Incest Victims. Highly successful treatment centers for the emotionally disturbed and fraternities are named for St. Dymphna.

St. Dymphna’s Feast Day is May 15. Every year on her feast day and on the Tuesday after Pentecost, pilgrims visit her shrine in Gheel. In art, Dymphna is often depicted with a sword in her hand and a fettered devil at her feet. St. Dymphna is an encouragement to all who face and deal with emotional and mental illness, stress, tension, frustration, abuse and incest. As a victim of one possessed by insanity, Dymphna remained faithful to her beliefs, her purity, and her love for God and Jesus Christ.

Prayers to St. Dymphna are potent and have been proven to result in miracles, because she is a powerful intercessor for those who invoke her help and guidance.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-dymphna/

Prayer to St. Dymphna

Lord, our God, you graciously chose St. Dymphna

as patroness of those afflicted with mental and nervous disorders.

She is thus an inspiration and a symbol of charity

to the thousands who ask her intercession.

Please grant, Lord, through the prayers of this pure youthful martyr,

relief and consolation to all suffering such trials,

and especially those for whom we pray.

(Here mention those for whom you wish to pray).

We beg you, Lord, to hear the prayers of St. Dymphna on our behalf.

Grant all those for whom we pray

patience in their sufferings

and resignation to your divine will.

Please fill them with hope, and grant them the relief and cure they so much desire.

We ask this through Christ our Lord who suffered agony in the garden.

Amen.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/catholicprayers/prayer-to-st-dymphna/

St. Dympna, Virgin and Martyr
 SHE was the daughter of an Irish king, and having by vow consecrated her virginity to God, to avoid the snares to which she saw herself exposed at home, passed to Antwerp and chose her abode at Gheel, a village in Brabant, ten leagues from Antwerp. There she served God in retirement and assiduous prayer. But being at length discovered and pursued by those who were the enemies of her chastity, she was murdered by them because she refused to consent to their brutish passion.—Her relics were solemnly taken up by the bishop of Cambray on the 15th of May, and are preserved with veneration in a rich shrine at Gheel. She flourished in the seventh century. See Molanus, Miræus, the Roman Martyrology, Henschenius, t. 3, Maij. p. 477, and Colgan, in MSS. Contin. Act. SS. Hibern.
Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume V: May. The Lives of the Saints.  1866.
Dympna of Gheel VM (RM)

(also known as Dymphna, Dympne)



Died c. 650. Variations of the legend of Saint Dympna are to be found in the folklore of many European countries. In fact, it is a classic example of a folktale adapted as the life-story of a saint. In the early 13th century, the bones of an unknown man and woman were discovered at Gheel near Antwerp, Belgium. The name Dympna was found on a brick with the two ancient, marble coffins and may have been taken as a variation on the name Saint Damhnait (Damhnade).


Dympna is said to have been the daughter of a pagan Irish (from Monaghan?), British, or Amorican king and a Christian princess who died when she was very young, but who had baptized her daughter. As Dympna grew into a young woman, her uncanny resemblance to her dead mother aroused an incestuous passion in her father.

On the advice of her confessor, Saint Gerebernus, Dympna fled from home. Accompanied by Gerebernus and attended by the court jester and his wife, she took a ship to Antwerp. She then travelled through wild forest country until she reached a small oratory dedicated to Saint Martin on the site of the present-day town of Gheel (25 miles from Antwerp). The group settled there to live as hermits and during the several months before they were found, Dympna gained a reputation for holiness because of her devotion to the poor and suffering.

Dympna's father had pursued her to Antwerp, and he sent spies who found them by tracing their use of foreign coins. The king tried to persuade her to return, but when she refused, the king ordered that she and Gerebernus be killed. The king's men killed the priest and their companions but hesitated to kill Dympna. The king himself struck off her head with his sword. The bodies were left on the ground. They were buried by angelic or human hands on the site where they had perished. The whole story gripped the imagination of the entire countryside especially because, according to tradition, lunatics were cured at her grave. Great interest in her cultus was renewed and spread when the translation of the relics of Dympna was followed by the cures of a number of epileptics, lunatics, and persons under evil influences who had visited the shrine. Thus, in the 13th century, a bishop of Cambrai, faced with the growing veneration of Dympna and increasing interest in mental illness, arranged for her biography to be written by a man named Pierre who collected the oral tradition. Ever since, she has been regarded as the patroness of the mentally ill.

Under her patronage, the inhabitants of Gheel have been known for the care they have given to those with mental illnesses. By the close of the 13th century, an infirmary was built. Today the town possesses a first-class sanatorium, one of the largest and most efficient colonies for the mentally ill in the world. It was one of the first to initiate a program through which patients live normal and useful lives in the homes of farmers or local residents, whom they assist in their labor and whose family life they share. The strength of Dympna's cultus is evidenced by this compassionate work of the people of Gheel for the mentally ill at a time when they were universally neglected or treated with hostility.

The body of Dympna is preserved in a silver reliquary in the church bearing her name. Only the head of Gerebernus rests there, the remains have been removed to Sonsbeck in the diocese of Muenster. Three churches in Belgium have altars dedicated to her (Attwater, Benedictines, D'Arcy, Delaney, Farmer, Kenney, Montague, O'Hanlon, White).

In art, Saint Dympna is a crowned maiden with a sword and the devil on a chain. Sometimes she may be shown (1) kneeling before her confessor, Saint Gerebernus, (2) kneeling at Mass while her father murders the priest Gerebernus (Roeder), (3) praying in a cloud surrounded by a group of lunatics bound with golden chains, or (4) being beheaded by the king (White). The more common image now seen of Saint Dympna (shown here and in a larger size), clearly illustrates that she is a virgin (lily) and Irish (note the shamrock on the book). For an interesting image that has larger cultural implications, see La Cadena--El Hogar.

Dympna is invoked against insanity, mental illness of all types, asylums for the mentally ill, nurses of the mentally ill, sleepwalking, epilepsy, and demoniac possession (Roeder). A lovely set of nine prayers to Saint Dymphna are worth studying.

Her feast day is kept in Ireland and Gheel. In the United States, her cultus centers on her shrine in Massillon, Ohio, which is next to one of the most modern hospitals in the world. The Franciscan Mission Associates in America conduct a world-wide correspondence in her name to fund their activities for the poor and suffering, especially in Central America (Montague).