dimanche 6 mai 2012

Saint JEAN devant la Porte Latine



SAINT JEAN devant la Porte Latine

(vers 95)

Sous le règne de Domitien, à Éphèse, ville de l'Asie proconsulaire, vivait saint Jean, fils de Zébédée. Il y était venu sans doute de Jérusalem après la mort de la Sainte Vierge qu'il avait aimée et servie comme le fils le plus dévoué.

A Éphèse, Église florissante fondée par saint Paul, Jean était entouré d'un groupe de nombreux disciples. On l'interrogeait sur le Sauveur qui l'avait marqué de Sa prédilection, sur les Apôtres dont on voulait tout savoir. Il enseignait avec une inlassable charité, répandant partout les lumières éclatantes et les ardentes flammes qui s'étaient épanchées en lui du Coeur divin de Jésus.

Sur ces entrefaites commença la persécution de Domitien. La réputation de Jean, son influence et surtout le fait de son intimité avec Jésus suffisent sans doute poux expliquer son arrestation par les émissaires impériaux.

Amené à Rome, Jean comparut devant un juge; il fut condamné à mort. Pour l'exécution, on le conduisit au sud-est de Rome, devant la Porte Latine. Après la flagellation, prélude obligé de la peine de mort, on le plongea dans une cuve d'huile bouillante. L'horrible supplice fut impuissant contre lui; on le retira plus vigoureux et comme rajeuni. Ce miracle émut le juge, qui n'osa pas essayer un autre tourment sur l'homme protégé du Ciel d'une façon si évidente.

Jean fut relégué dans l'île de Patmos, au large des côtes d'Asie, dans la mer Égée. Dieu l'avait amené là pour lui révéler Ses secrets. Dans l'isolement de l'île, Jean eut la prophétique vision dont il nous a laissé le récit dans son Apocalypse, livre le plus mystérieux de la Bible, malgré les nombreux essais d'interprétation que les siècles ont successivement tentés.

Saint Jean, représenté tenant d'une main un livre et de l'autre une plume avec l'aigle à ses pieds est le patron des ouvriers du livre, parce que nul n'a su, comme lui, pénétrer et décrire les secrets de la vie divine.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE :  http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_jean_devant_la_porte_latine.html


Saint Jean Porte Latine


solennité du martyre de l'apôtre et évangéliste (1er s.)

Saint Jean Porte Latine est le nom d'une fête de l'Église de Rome en l'honneur de saint Jean, apôtre et évangéliste.

"Saint Jean, amené d'Ephèse à Rome, chargé de fers, sous l'empereur Domitien, fut condamné par le Sénat à être jeté dans l'huile bouillante. Cette condamnation fut exécutée devant l'actuelle Porte Latine. Il en sortit plus frais et plus jeune qu'il n'y était entré. Le fait est rapporté par Tertullien."

(séminaire Saint Philippe Neri)

Saint Jean, apôtre, devant la Porte latine.

"...Par l’ordre de Domitien, il est conduit à Rome, où, après lui avoir coupé tous les cheveux par dérision, on le jette dans une chaudière d'huile bouillante sous laquelle on entretenait un feu ardent: c'était devant la porte de la ville qu'on appelle Latine. Il n'en ressentit cependant aucune douleur, et en sortit parfaitement sain. En ce lieu donc, les chrétiens bâtirent une église, et ce jour est solennisé comme le jour du martyre de saint Jean..."

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/10736/Saint-Jean-Porte-Latine.html


SAINT JEAN, APÔTRE, DEVANT LA PORTE LATINE

Saint Jean, apôtre et évangéliste; prêchait à Ephèse quand il fut pris par le proconsul, et invité à immoler aux dieux. Comme il rejeta cette proposition, il est mis en prison : on envoie alors à l’empereur Domitien une lettre dans laquelle saint Jean est signalé comme un grand sacrilège, un contempteur dès dieux et un adorateur du crucifié. Par l’ordre de Domitien, il est conduit à Rome, où, après lui avoir coupé tous les cheveux par dérision, on le jette dans une chaudière d'huile bouillante sous laquelle on entretenait un feu ardent: c'était devant la porte de la ville qu'on appelle Latine. Il n'en ressentit cependant aucune douleur, et en sortit parfaitement sain. En ce lieu donc, les chrétiens bâtirent une église, et ce jour est solennisé comme le jour du martyre de saint Jean. Or, comme le saint apôtre n'en continuait pas moins à prêcher J.-C., il fut, par l’ordre de Domitien, relégué dans file de Pathmos. Toutefois les empereurs romains, qui ne rejetaient aucun Dieu, ne persécutaient pas les apôtres parce que ceux-ci prêchaient J.-C. ; mais parce que les apôtres proclamaient la divinité de Jésus-Christ sans l’autorisation du Sénat qui avait défendu que cela ne se fît de personne. — C'est pourquoi dans l’Histoire ecclésiastique, on lit que Pilate envoya une fois une lettre à Tibère au sujet de Jésus-Christ (Eusèbe, 1. II, c. II). Tibère alors consentit à ce que la foi fût reçue par les Romains, mais le Sénat s’y opposa formellement, parce que J.-C. n'avait pas été appelé Dieu d'après son autorisation. Une autre raison rapportée par une chronique, c'est que J.-C. n'avait pas tout d'abord apparu aux Romains. Un autre motif c'est que J.-C. rejetait le culte de tous les dieux qu'honoraient les Romains. Un nouveau motif encore, c'est que J.-C. enseignait le mépris du monde et que les Romains étaient des avares et des ambitieux. Me Jean Beleth assigne de son côté une autre cause pour laquelle les empereurs et le Sénat repoussaient J.-C. et les apôtres: c'était que J.-C. leur paraissait un Dieu trop orgueilleux et trop jaloux, puisqu'il ne daignait pas avoir d'égal. Voici une autre raison: donnée par Orose (liv. VII, ch. IV) : « le Sénat vit avec peine que c'était à Tibère et non pas à lui que Pilate avait écrit au sujet des miracles de J.-C. et c'est sur ce prétexte qu'il ne voulut pas le mettre au rang des dieux.

Aussi Tibère irrité fit périr un grand nombre de sénateurs, et en condamna d'autres à l’exil. » — La mère de Jean, apprenant que son fils était détenu à Rome, et poussée par une compassion de mère, s'y rendit pour le visiter. Mais quand elle fut arrivée, elle apprit qu'il avait été relégué en exil. Alors elle se retira dans la ville de Vétulonia eu Campanie, où elle rendit son âme à Dieu. Son corps resta longtemps enseveli dans un autre, mais dans la suite, il fut révélé à saint Jacques, son fils. Il répandit alors une grande et suave odeur et opéra de nombreux et éclatants miracles ; il fut transféré avec grand honneur dans la ville qu'on vient de nommer.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdcccci


St Jean, apôtre et évangéliste, devant la Porte Latine

Fête supprimée en 1960.

La basilique de Saint-Jean-devant la Porte-Latine remonte au début du VIe siècle et l’anniversaire de sa dédicace est attesté par le sacramentaire grégorien. La date fut peut-être choisie en relation avec une fête orientale préexistante. Les Syriens fêtent saint Jean le 7 mai et les Byzantins le 8.

En pays Franc, la fête ne fut plus liée avec l’anniversaire de la dédicace mais au supplice de l’huile bouillante que subit saint Jean (rapporté par Tertullien [1].

La nouvelle fête repassa à Rome au cours du Xe siècle.

[1] De prescriptione haeriticorum, c. 36 ; P.L. 2, col. 59.

Leçons des Matines avant 1960

Au 1er Noct. on lit le commencement de la 1ère Épître de l’Apôtre Saint Jean, comme au Dimanche dans l’Octave de l’Ascension, à moins qu’on ne lise en ce temps du livre de l’Apocalypse ou une Épitre de ce Saint ; alors on lirait les Leçons de l’Écriture occurrente. Les répons sont toujours pris au Commun des Apôtres au Temps pascal.

Au deuxième nocturne.

Du livre de saint Jérôme, Prêtre, contre Jovinien.

Quatrième leçon. L’Apôtre Jean, l’un des disciples du Seigneur, et, à ce que l’on rapporte, le plus jeune des Apôtres, était vierge quand il embrassa la foi du Christ, et il demeura vierge : c’est à cause de cela qu’il fut plus aimé par le Seigneur et qu’il reposa sur la poitrine de Jésus. Ce que Pierre, qui avait été marié, n’ose demander par lui-même, il prie Jean de le demander pour lui. Après la résurrection, Marie-Madeleine étant venue annoncer que le Seigneur est ressuscité, l’un et l’autre coururent vers le sépulcre, mais Jean y parvint le premier. Comme ils étaient sur la barque et péchaient dans le lac de Génésareth, Jésus leur apparut debout sur le rivage, et les Apôtres ne savaient pas qui ils voyaient ; le disciple vierge reconnut seul le Maître vierge, et dit à Pierre : « C’est le Seigneur ».

Cinquième leçon. Jean est Apôtre, Évangéliste et Prophète : Apôtre, parce qu’il écrivit aux Églises comme docteur ; Évangéliste, puisqu’il composa l’un des Évangiles, ce que ne fit aucun autre des douze à l’exception de Matthieu ; Prophète, car dans l’île de Pathmos, où l’empereur Domitien l’avait relégué à cause du témoignage qu’il avait rendu au Seigneur, il écrivit cette Apocalypse qui renferme une infinité de mystères prophétiques. Tertullien rapporte qu’à Rome, Jean, ayant été plongé dans une chaudière d’huile bouillante, en sortit plus sain et plus vigoureux qu’il n’y était entré.

Sixième leçon. Son Évangile lui-même s’élève de beaucoup au-dessus des autres. Matthieu commence ainsi, comme parlant d’un homme : « Livre de la généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham ». Luc commence par le sacerdoce de Zacharie ; Marc par la prophétie, de Malachie et d’Isaïe. Le premier des trois a pour attribut la figure d’un homme, à cause de cette même généalogie ; le deuxième, celle d’un taureau, à cause du sacerdoce ; le troisième, celle d’un lion, à cause de la voix qui crie dans le désert : « Préparez les voies du Seigneur, rendez droits ses sentiers » ; notre Jean, lui, vole dans les hauteurs comme un aigle, et parvient au Père lui-même, quand il dit : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. »

Au troisième nocturne.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu. Cap. 20, 20-23.

En ce temps-là : la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils et se prosterna pour lui faire une demande. Et le reste.

Homélie de saint Jérôme, Prêtre.

Septième leçon. Où la mère des fils de Zébédée puise-t-elle une pareille idée du royaume de Jésus-Christ, pour demander en faveur de ses enfants la gloire du triomphe, quand le Seigneur déclare que « le Fils de l’homme sera livré au prince des prêtres et aux Scribes, qu’ils le condamneront à mort, et qu’ils le livreront aux Gentils pour être moqué, et flagellé, et crucifié » ; quand il révèle à ses disciples épouvantés l’ignominie de sa passion ? C’est, je pense, parce que le Seigneur ajoute : « Et le troisième jour, il ressuscitera ». Cette femme imagine alors qu’il commencera à régner aussitôt après sa résurrection, que les prédictions concernant le second avènement vont s’accomplir dans le premier, et avec un empressement tout féminin, oubliant l’avenir, elle veut s’assurer du présent.

Huitième leçon. C’est la mère qui fait la demande, c’est aux enfants que le Seigneur répond ; car il comprend que la mère n’a demandé qu’à l’instigation des enfants. « Pouvez-vous boire le calice que je vais boire » ? Dans les divines Écritures, le mot calice a le sens de passion, selon cette parole : « Mon Père, s’il est possible, que ce calice passe loin de moi », et d’après celle-ci du Psalmiste : « Que rendrai-je au Seigneur pour tous les biens qu’il m’a faits ? Je prendrai le calice du salut, et j’invoquerai le nom du Seigneur ». Et il indique aussitôt après quel est ce calice : « Précieuse en présence du Seigneur, est la mort de ses saints ».

Neuvième leçon. On se demande comment les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean, ont bu le calice du martyre. L’Apôtre saint Jacques seul ayant eu, au rapport de l’Écriture, la tête tranchée par Hérode, et saint Jean ayant quitté cette vie par une mort naturelle. Mais si nous lisons l’histoire ecclésiastique, nous trouverons que saint Jean lui aussi a rendu témoignage au Christ, qu’il a été pour cela plongé dans une chaudière d’huile bouillante, que ce vaillant athlète du Christ en sortit pour recevoir la couronne, et fut aussitôt après relégué dans l’île de Pathmos ; et nous en conclurons que ni le courage ni la volonté ne lui manquèrent pour le martyre, et qu’il a bu lui aussi le calice de la souffrance que les trois enfants ont bu dans la fournaise ardente, bien que le persécuteur n’ait point répandu leur sang.

AUX VÊPRES.

Ant. au Magnificat Jeté dans une chaudière d’huile bouillante, le bienheureux Apôtre Jean, protégé par la grâce divine, en sortit sain et sauf, alléluia.



Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Jean, le disciple bien-aimé, que nous avons prévus du berceau de l’enfant de Bethléhem reparaît en ce jour sur le Cycle pour faire sa cour au glorieux triomphateur de la mort et de l’enfer. Couvert de la pourpre du martyre, il marche d’un pas égal avec Philippe et Jacques, dont la double palme a réjoui nos regards au début de ce mois si fécond en héros.

Dans son ambition maternelle, Salomé avait un jour présenté ses deux fils à Jésus, demandant pour eux les deux premières places de son royaume. Le Sauveur avait alors parlé du calice qu’il devait boire, et prédit qu’un jour ces deux disciples le boiraient à leur tour. L’aîné, Jacques le Majeur, a le premier donné à son Maître cette marque de son amour ; nous célébrerons sa victoire sous le signe du Lion ; Jean, le plus jeune, a été appelé aujourd’hui à sceller de sa vie le témoignage qu’il a rendu à la divinité de Jésus.

Mais il fallait au martyre d’un tel Apôtre un théâtre digne de lui. L’Asie-Mineure, évangélisée par ses soins, n’était pas une contrée assez illustre pour porter dignement la gloire d’un tel combat. Home seule, Rome où Pierre a déjà transféré sa chaire et répandu son sang, où Paul a courbé sous le glaive sa tête vénérable, méritait l’honneur de voir dans ses murs l’auguste vieillard, le disciple que Jésus aima, le dernier survivant du Collège apostolique, s’avancer vers le martyre avec cette majesté et cette douceur qui forment le caractère de ce vétéran de l’Apostolat.

Domitien régnait en tyran sur Rome et sur le monde. Soit que Jean ait entrepris librement le voyage de la cité reine pour y saluer l’Église principale, soit qu’un édit impérial ait amené chargé de chaînes dans la capitale de l’empire l’auguste fondateur des sept Églises de l’Asie-Mineure, Jean a comparu en présence des faisceaux de la justice romaine. Il est convaincu d’avoir propagé dans une vaste province de l’empire le culte d’un Juif crucifié sous Ponce-Pilate. Il doit périr ; et la sentence porte qu’un supplice honteux et cruel débarrassera l’Asie d’un vieillard superstitieux et rebelle. S’il a su échapper à Néron, du moins il ne fuira pas la vengeance du césar Domitien.

En face de la Porte Latine, une chaudière remplie d’huile brûlante a été préparée ; un ardent brasier fait bouillonner dans le vase immense la liqueur homicide. L’arrêt porte que le prédicateur du Christ doit être plongé dans ce bain affreux. Le moment est donc arrivé où le fils de Salomé va participer au calice de son Maître. Le cœur de Jean tressaille de bonheur à la pensée que lui, le plus aimé et cependant le seul des Apôtres qui n’ait pas souffert la mort pour ce Maître divin, est enfin appelé à lui donner ce témoignage de son amour. Après une cruelle flagellation, les bourreaux saisissent le vieillard, ils le plongent avec barbarie dans la chaudière mortelle ; mais, ô prodige ! L’huile brûlante a perdu tout à coup ses ardeurs ; aucune souffrance ne se fait sentir aux membres épuisés de l’Apôtre ; bien plus, lorsqu’on l’enlève enfin de la chaudière impuissante, il a recouvré toute la vigueur que les années lui avaient enlevée. La cruauté du Prétoire est vaincue, et Jean, martyr de désir, est conservé à l’Église pour quelques années encore. Un décret impérial l’exile dans l’île sauvage de Pathmos, où le ciel doit lui manifester les futures destinées du christianisme jusqu’à la fin des temps.

L’Église Romaine, dont les fastes conservent entre ses plus glorieux souvenirs le séjour et le martyre de Jean, a marqué par une Basilique le lieu où l’Apôtre rendit à la foi chrétienne son noble témoignage. Cette Basilique est située près de la Porte Latine, et un Titre cardinalice y est attaché.

A la gloire du grand Apôtre de la charité nous consacrerons cette Séquence attribuée à Adam de Saint-Victor.

SÉQUENCE.

L’heureux séjour de la grâce, dont les habitants contemplent d’un œil ferme le souverain Roi de gloire, voit Jean tout rempli de Dieu, rendu semblable aux Anges, lui qui expliquait aux hommes les plus hauts mystères du ciel.

Ici-bas il reposa sur la poitrine du Seigneur, et se désaltéra à la source des eaux vives et jaillissantes. Il parut entouré de l’éclat des prodiges, et brava les ardeurs du feu et de l’huile embrasée.

Les infidèles sont saisis de stupeur, voyant le témoin de Dieu affronter un si affreux tourment, et n’en pas sentir la rigueur.

O martyr ! ô vierge ! ô gardien de cette Vierge de laquelle est sortie la gloire du monde, implore pour nous celui qui est le principe de tous les êtres, celui en qui et par qui ils existent.

O toi qui fus aimé plus que les autres, supplie en notre faveur le Christ qui t’aima : réconcilie-nous avec lui.

Ruisseau, conduis-nous à la source ; colline, introduis-nous à la montagne ; toi en qui la grâce a opéré la virginité parfaite, fais-nous contempler l’Époux.

Amen.

Avec quel bonheur nous vous voyons reparaître, disciple chéri de notre divin Ressuscité ! Autrefois vous nous apparûtes près de la crèche où dormait paisiblement le Désiré des nations, le Sauveur promis. Nous repassions alors tous vos titres de gloire : Apôtre, Évangéliste, Prophète, Aigle au vol sublime, Vierge, Docteur de charité, et, par-dessus toutes ces grandeurs, Disciple bien-aimé de Jésus. Aujourd’hui, c’est comme Martyr que nous vous saluons ; car si l’ardeur de votre amour a vaincu celle du tourment qu’on vous avait préparé, vous n’en aviez pas moins accepté de toute l’énergie de votre dévouement le calice que Jésus vous avait annoncé dans vos jeunes années. En ces jours du Temps pascal qui s’écoulent si rapidement, nous vous voyons sans cesse près de ce divin Sauveur, qui vous comble de ses dernières caresses. Qui pourrait s’étonner de sa prédilection envers vous ? Ne vous êtes-vous pas trouvé, seul de ses disciples, au pied de la croix ? N’est-ce pas à vous qu’il a remis sa mère, désormais la vôtre ? N’étiez-vous pas présent lorsque son cœur fut ouvert par la lance sur la croix ? Lorsque vous êtes allé au Sépulcre avec Pierre, au matin de la Pâque, n’avez vous pas, par votre foi, avant tous les disciples, rendu hommage à la résurrection de votre Maître que vous n’aviez pas vu encore ? Jouissez donc auprès de ce Maître ineffable des délices dont il est prodigue envers vous ; mais priez-le aussi pour nous, bienheureux Apôtre ! Nous devons l’aimer pour tous les bienfaits qu’il a répandus sur nous ; et nous reconnaissons avec confusion que nous sommes tièdes dans son amour. Vous nous avez fait connaître Jésus enfant, vous nous avez dépeint Jésus crucifié ; montrez-nous Jésus ressuscité, attachez-nous à ses pas dans ces dernières heures de son séjour sur la terre ; et quand il sera monté au ciel, fortifiez notre cœur dans la fidélité, afin qu’à votre exemple nous soyons prêts à boire le calice des épreuves qu’il nous a préparé.

Rome a été le théâtre de votre glorieuse confession, ô saint Apôtre ! Aimez-la toujours ; et à l’heure de sa tribulation, unissez-vous à Pierre et à Paul pour la protéger. Si la palme du martyre brille en votre main à côté de la plume de l’évangéliste, souvenez-vous que c’est devant la Porte Latine que vous l’avez conquise. L’Orient vous a possédé pendant votre vie presque tout entière ; mais l’Occident revendique l’honneur de vous compter au premier rang de ses martyrs. Bénissez nos Églises, ranimez chez nous la foi, réchauffez la charité, et délivrez-nous de ces antechrists que vous signaliez aux fidèles de votre temps, et qui causent parmi nous tant de ravages. Fils adoptif de Marie, qui contemplez maintenant votre mère dans toute sa gloire, présentez-lui nos vœux durant ce mois que nous lui consacrons, et obtenez pour nous de sa bonté maternelle les grâces que nous osons lui demander.



Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Une fête de saint Jean Évangéliste apparaît déjà en ce jour dans le Missel gothique mais sans aucune indication topographique. A Rome au contraire, après le IXe siècle, on assigna cette solennité à une basilique située près de la Porte Latine, la faisant ainsi bénéficier de ce que raconte Tertullien de saint Jean qui, jeté à Rome dans une chaudière d’huile bouillante, en sortit indemne et plus robuste qu’auparavant. Ce récit du martyre de saint Jean mérite toute confiance, car Tertullien était parfaitement au courant des traditions romaines du IIIe siècle ; quant à la localisation du dolium bouillant dans l’église située devant la Porte Latine, elle est loin d’être démontrée, d’autant plus que la Porte Latine appartient à l’enceinte des murailles de la Ville construites sous Aurélien. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas à une question de lieu que s’attache la liturgie de cette fête, mais, quelques jours après l’antique natalis de Jacques, frère de Jean, décapité vers la fête de Pâques, elle entend célébrer le martyre de l’Évangéliste qui, selon la prédiction du Sauveur, dut, lui aussi, comme son frère, boire au calice de la Passion pour avoir droit à l’un des trônes les plus élevés du royaume messianique qu’avait réclamés leur mère. La messe est celle du Commun des Martyrs au temps pascal : Protexisti.

Le premier verset alléluiatique, Iustus ut Palma, reproduit celui de la fête de saint Nicolas, le 6 décembre ; le second lustus germinabit, est celui de la fête de saint Paul, premier ermite, le 15 janvier. Dans l’un et l’autre, le saint Apôtre, en raison de sa pure et virginale fraîcheur, est comparé à un arbre verdoyant et à une fleur suave qui ne se flétrit jamais.

La lecture évangélique (Matth., XX, 20-23) contient la prophétie du Sauveur relativement au martyre de Jean ; il faut y noter que la première condition posée par Jésus à une âme aspirant à entrer dans son royaume est que cette âme boive d’abord avec Lui au calice de la Passion. Cette condition n’admet pas d’exceptions ; le Père éternel n’en dispensa point son Fils unique, et celui-ci ne veut pas que le Disciple bien-aimé lui-même en soit exempt. Il faut donc prendre courage. S’il s’agissait d’un calice amer quelconque, la répugnance de la nature serait peut-être insurmontable. Mais Jésus nous dit que ce calice est le sien, dont lui-même a approché ses lèvres et a bu à longs traits. Ce qui reste maintenant pour nous est donc bien peu de chose, et a été -en outre sanctifié par la bénédiction du Sauveur.

La prière sur l’oblation est tirée du Commun des Martyrs non pontifes : « Recevez, ô Dieu, nos prières et nos oblations ; purifiez-nous au moyen des divins Mystères et, dans votre clémence, acceptez notre vœu. » La préface est celle des Apôtres.

Après la Communion, la prière d’action de grâces est la suivante : « Nous avons été fortifiés, Seigneur, par le pain céleste, faites que nous en soyons nourris pour la vie éternelle. Par notre Seigneur, etc. »

Les anciennes collectes du Missel romain, après la sainte Communion, sont d’une concision et d’une brièveté admirables. Il ne faut pas oublier que, primitivement, elles étaient destinées seulement à conclure la prière privée que chacun, à l’invitation du ministre sacré, faisait d’abord pour son compte. La collecte sacerdotale ne faisait que mettre fin à cette oraison particulière, condensant en une brève formule les vœux des fidèles pour les présenter à Dieu. En outre, les fidèles avaient autrefois un temps convenable pour s’adonner à la prière immédiatement après la Communion, tandis que le prêtre vaquait à la distribution des divins Mystères à tout le peuple. Cette cérémonie demandait toujours un certain temps, en sorte que la collecte eucharistique du prêtre indiquait vraiment la fin de l’Action sacrée, après que tous avaient communié et que les vases sacrés avaient été purifiés et remis à leur place.

Cette brièveté nous révèle en outre l’admirable esprit de discrétion de l’Église qui, dans ses pratiques générales de piété, sait tenir compte même de la faiblesse des petits, en sorte que personne ne soit détourné du service de Dieu par la difficulté de l’œuvre, mais qu’au contraire, la simplicité même et la facilité des moyens attirent et gagnent des âmes au ciel.



Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

« Jeté dans une chaudière d’huile bouillante, le saint Apôtre Jean, protégé par la grâce céleste, en sortit sain et sauf, Alléluia »

Nous célébrons aujourd’hui une fête secondaire d’Apôtre : Saint Jean devant la Porte Latine. C’est le jour anniversaire de la consécration de l’église située près de la Porta Latina, la porte sud-est de Rome. C’est là, d’après la tradition, qu’eut lieu le martyre de saint Jean.

Saint Jean. — A son disciple bien-aimé et son frère Jacques, le Christ avait promis « son calice », c’est-à-dire le martyre. « Pouvez-vous boire le calice que je boirai ? » « Nous le pouvons. » Le Seigneur leur dit : « Quant à mon calice, vous le boirez... ». Par ailleurs, le Christ dit de saint Jean, après sa Résurrection : « Si je veux qu’il reste ainsi jusqu’à mon retour... » (Jean XXI, 22). Aux temps apostoliques, on interprétait cette parole en ce sens que l’Apôtre ne mourrait pas. Mais saint Jean rectifia lui-même cette opinion en expliquant que le Seigneur avait parlé de sa mort naturelle à la différence de la mort violente de Pierre. La tradition raconte que, durant la persécution de Domitien, vers l’an 100 ap. J.-C., saint Jean fut martyr de volonté et d’intention. Il fut jeté dans une chaudière d’huile bouillante devant la Porte Latine et rendit ainsi témoignage au Christ. Il resta cependant sain et sauf et sortit de la chaudière plus vigoureux qu’avant. Cette fête est en relations avec l’ancienne fête de saint Jacques le Majeur (1er mai). On voulait, après le martyre de saint Jacques, célébrer le martyre non sanglant de son frère Jean.

L’Évangile est propre ; il contient le beau passage où le Christ promet le martyre à son Apôtre bien-aimé : « Quant à mon calice, vous le boirez ». Maintenant, le désir de saint Jean a été accompli. Il règne là-haut, assis à côté du Christ.

Dans la prière des Heures, saint Jérôme décrit, d’une manière brève et exacte, l’importance de l’Apôtre. Il parle aussi de son martyre : « Jean était Apôtre, évangéliste et prophète. Il était Apôtre, car il écrit à la communauté chrétienne comme un docteur. Il était évangéliste, ce que n’a été aucun Apôtre sauf Matthieu. Il fut prophète, car, dans l’île de Patmos où il fut exilé par l’empereur Domitien à cause de sa foi au Christ, il eut la vision de l’Apocalypse dans laquelle il prédit de nombreux événements futurs. A son sujet, Tertullien raconte (De praescriptione 36) qu’il fut jeté, à Rome, dans une chaudière d’huile bouillante d’où il sortit plus jeune et plus vigoureux. Son évangile aussi a plusieurs avantages sur les trois autres. Matthieu commence l’histoire de Jésus comme celle d’un homme quand il écrit : Livre de la génération de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham. Luc commence au sacerdoce de Zacharie ; Marc à la prophétie de Malachie et d’Isaïe. Le premier a comme symbole la figure d’un homme, à cause de la généalogie ; le second la face d’un taureau, à cause du sacerdoce ; le troisième la figure d’un lion, à cause de la voix qui crie dans le désert : « Préparez les voies du Seigneur, rendez droits ses sentiers ». Quant à notre Jean, il s’envole comme un aigle jusqu’aux hauteurs célestes et parvient jusqu’au Père lui-même quand il dit : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était Dieu ».

SOURCE : http://www.introibo.fr/06-05-St-Jean-apotre-et#nh1

- Saint Jean, martyr devant la Porte Latine. Vers 95.

Pape : Saint Anaclet. Empereur : Domitien.

" Sic eum volo manere, donem veniam."

" Je veux qu'il survive au martyre afin qu'il meure de sa mort naturelle et que je vienne le chercher."

Johan., XXI, 22.

Par l’ordre de Domitien, il est conduit à Rome, où, après lui avoir coupé tous les cheveux par dérision, on le jette dans une chaudière d'huile bouillante sous laquelle on entretenait un feu ardent : c'était devant la porte de la ville qu'on appelle Latine.

Il n'en ressentit cependant aucune douleur, et en sortit parfaitement sain.

En ce lieu donc, les Chrétiens bâtirent une église, et ce jour est solennisé comme le jour du martyre de saint Jean. Or, comme le saint apôtre n'en continuait pas moins à prêcher Notre Seigneur Jésus-Christ, il fut, par l’ordre de Domitien, relégué dans l'île de Pathmos.

La mère de Jean, apprenant que son fils était détenu à Rome, et poussée par une compassion de mère, s'y rendit pour le visiter. Mais quand elle fut arrivée, elle apprit qu'il avait été relégué en exil. Alors elle se retira dans la ville de Vétulonia eu Campanie, où elle rendit son âme à Dieu. Son corps resta longtemps enseveli dans un endroit inconnu, mais dans la suite, il fut révélé à saint Jacques, son fils. Il répandit alors une grande et suave odeur et opéra de nombreux et éclatants miracles ; il fut transféré avec grand honneur dans la ville qu'on vient de nommer.

Jean, le disciple bien-aimé, que nous avons prévus du berceau de l'enfant de Bethléhem reparaît en ce jour sur le Cycle pour faire sa cour au glorieux triomphateur de la mort et de l'enfer. Couvert de la pourpre du martyre, il marche d'un pas égal avec Philippe et Jacques, dont la double palme a réjoui nos regards au début de ce mois si fécond en héros.

Dans son ambition maternelle, Salomé avait un jour présenté ses deux fils à Jésus, demandant pour eux les deux premières places de son royaume. Le Sauveur avait alors parlé du calice qu'il devait boire, et prédit qu'un jour ces deux disciples le boiraient à leur tour. L'aîné, Jacques le Majeur, a le premier donné à son Maître cette marque de son amour ; nous célébrerons sa victoire sous le signe du Lion ; Jean, le plus jeune, a été appelé aujourd'hui à sceller de sa vie le témoignage qu'il a rendu à la divinité de Jésus.

Mais il fallait au martyre d'un tel Apôtre un théâtre digne de lui. L'Asie-Mineure, évangélisée par ses soins, n'était pas une contrée assez illustre pour porter dignement la gloire d'un tel combat. Rome seule, Rome où Pierre a déjà transféré sa chaire et répandu son sang, où Paul a courbé sous le glaive sa tête vénérable, méritait l'honneur de voir dans ses murs l'auguste vieillard, le disciple que Jésus aima, le dernier survivant du Collège apostolique, s'avancer vers le martyre avec cette majesté et cette douceur qui forment le caractère de ce vétéran de l'Apostolat.

Domitien régnait en tyran sur Rome et sur le monde. Soit que Jean ait entrepris librement le voyage de la cité reine pour y saluer l'Eglise principale, soit qu'un édit impérial ait amené chargé de chaînes dans la capitale de l'empire l'auguste fondateur des sept Eglises de l'Asie-Mineure, Jean a comparu en présence des faisceaux de la justice romaine. Il est convaincu d'avoir propagé dans une vaste province de l'empire le culte d'un Juif crucifié sous Ponce-Pilate. Il doit périr ; et la sentence porte qu'un supplice honteux et cruel débarrassera l'Asie d'un vieillard superstitieux et rebelle. S'il a su échapper à Néron, du moins il ne fuira pas la vengeance du césar Domitien.

En face de la Porte Latine, une chaudière remplie d'huile brûlante a été préparée ; un ardent brasier fait bouillonner dans le vase immense la liqueur homicide. L'arrêt porte que le prédicateur du Christ doit être plongé dans ce bain affreux. Le moment est donc arrivé où le fils de Salomé va participer au calice de son Maître. Le cœur de Jean tressaille de bonheur à la pensée que lui, le plus aimé et cependant le seul des Apôtres qui n'ait pas souffert la mort pour ce Maître divin, est enfin appelé à lui donner ce témoignage de son amour.

Après une cruelle flagellation, les bourreaux saisissent le vieillard, ils le plongent avec barbarie dans la chaudière mortelle ; mais, Ô prodige ! L'huile brûlante a perdu tout à coup ses ardeurs ; aucune souffrance ne se fait sentir aux membres épuisés de l'Apôtre ; bien plus, lorsqu'on l'enlève enfin de la chaudière impuissante, il a recouvré toute la vigueur que les années lui avaient enlevée. La cruauté du Prétoire est vaincue, et Jean, martyr de désir, est conservé à l'Eglise pour quelques années encore. Un décret impérial l'exile dans l'île sauvage de Pathmos, où le ciel doit lui manifester les futures destinées du christianisme jusqu'à la fin des temps.

A propos des premières persécutions, relevons que les empereurs romains, qui ne rejetaient aucun Dieu, ne persécutaient pas les Apôtres parce que ceux-ci prêchaient Notre Seigneur Jésus-Christ ; mais parce que les Apôtres proclamaient la divinité de Jésus-Christ sans l’autorisation du Sénat qui avait défendu que cela ne se fît de personne.

C'est pourquoi dans l’Histoire ecclésiastique, on lit que Pilate envoya une fois une lettre à Tibère au sujet de Jésus-Christ (Eusèbe, 1. II, ch. II.). Tibère alors consentit à ce que la foi fût reçue par les Romains, mais le Sénat s’y opposa formellement, parce que Jésus-Christ n'avait pas été appelé Dieu d'après son autorisation.

Une autre raison rapportée par une chronique, c'est que Notre Seigneur Jésus-Christ n'avait pas tout d'abord apparu aux Romains. Un autre motif c'est que Jésus-Christ rejetait le culte de tous les dieux qu'honoraient les Romains. Un nouveau motif encore, c'est que Jésus-Christ enseignait le mépris du monde et que les Romains étaient des avares et des ambitieux.

Maître Jean Beleth assigne de son côté une autre cause pour laquelle les empereurs et le Sénat repoussaient Notre Seigneur Jésus-Christ et les apôtres : c'était que Jésus-Christ leur paraissait un Dieu trop orgueilleux et trop jaloux, puisqu'il ne daignait pas avoir d'égal.

Voici encore une autre raison donnée par Orose (liv. VII, ch. IV.) :

" Le Sénat vit avec peine que c'était à Tibère et non pas à lui que Pilate avait écrit au sujet des miracles de Jésus-Christ et c'est sur ce prétexte qu'il ne voulut pas le mettre au rang des dieux. Aussi Tibère irrité fit périr un grand nombre de sénateurs, et en condamna d'autres à l’exil."

Notons enfin que la fête de saint Jean devant la Porte Latine a longtemps été chômée en plusieurs église. Elle a été d'obligation en Angleterre, au moins depuis le XIIe siècle jusqu'à la prétendue réforme ; mais on la mettait seulement au nombre des fêtes de second rang, auxquelles toute oeuvre servile était défendue, excepté le labour des terres.

Les Saxons, qui s'établirent dans la Grande Bretagne, avaient une dévotion singulière pour saint Pierre et saint Jean l'Evangéliste.

En plusieurs lieux, les imprimeurs honorent saint Jean devant la Porte Latine comme leur patron ; en d'autres, ce sont les vignerons et les tonneliers, à cause de la cuve ; ailleurs, ce sont les chandeliers et lampistes, à cause de l'huile bouillante.

En mémoire de son supplice, on l'invoque efficacement contre les brûlures.

L'Eglise Romaine, dont les fastes conservent entre ses plus glorieux souvenirs le séjour et le martyre de Jean, a marqué par une Basilique le lieu où l'Apôtre rendit à la foi chrétienne son noble témoignage. Cette Basilique est située près de la Porte Latine, et un Titre cardinalice y est attaché.


SÉQUENCE

A la gloire du grand Apôtre de la charité nous consacrerons cette Séquence attribuée à Adam de Saint-Victor :
" L'heureux séjour de la grâce, dont les habitants contemplent d'un œil ferme le souverain Roi de gloire, voit Jean tout rempli de Dieu, rendu semblable aux Anges, lui qui expliquait aux hommes les plus hauts mystères du ciel.

Ici-bas il reposa sur la poitrine du Seigneur, et se désaltéra à la source des eaux vives et jaillissantes. Il parut entouré de l'éclat des prodiges, et brava les ardeurs du feu et de l'huile embrasée.

Les infidèles sont saisis de stupeur, voyant le témoin de Dieu affronter un si affreux tourment, et n'en pas sentir la rigueur.

Ô martyr ! Ô vierge ! Ô gardien de cette Vierge de laquelle est sortie la gloire du monde, implore pour nous celui qui est le principe de tous les êtres, celui en qui et par qui ils existent.

Ô toi qui fus aimé plus que les autres, supplie en notre faveur le Christ qui t'aima : réconcilie-nous avec lui.

Ruisseau, conduis-nous à la source ; colline, introduis-nous à la montagne ; toi en qui la grâce a opéré la virginité parfaite, fais-nous contempler l'Epoux.

Amen."


PRIERE

" Avec quel bonheur nous vous voyons reparaître, disciple chéri de notre divin Ressuscité ! Autrefois vous nous apparûtes près de la crèche où dormait paisiblement le Désiré des nations, le Sauveur promis. Nous repassions alors tous vos titres de gloire : Apôtre, Evangéliste, Prophète, Aigle au vol sublime, Vierge, Docteur de charité, et, par-dessus toutes ces grandeurs, Disciple bien-aimé de Jésus. Aujourd'hui, c'est comme Martyr que nous vous saluons ; car si l'ardeur de votre amour a vaincu celle du tourment qu'on vous avait préparé, vous n'en aviez pas moins accepté de toute l'énergie de votre dévouement le calice que Jésus vous avait annoncé dans vos jeunes années. En ces jours du Temps pascal qui s'écoulent si rapidement, nous vous voyons sans cesse près de ce divin Sauveur, qui vous comble de ses dernières caresses.

Qui pourrait s'étonner de sa prédilection envers vous ? Ne vous êtes-vous pas trouvé, seul de ses disciples, au pied de la croix ? N'est-ce pas à vous qu'il a remis sa mère, désormais la vôtre ? N'étiez-vous pas présent lorsque son coeur fut ouvert par la lance sur la croix ? Lorsque vous êtes allé au Sépulcre avec Pierre, au matin de la Pâque, n'avez vous pas, par votre foi, avant tous les disciples, rendu hommage à la résurrection de votre Maître que vous n'aviez pas vu encore ? Jouissez donc auprès de ce Maître ineffable des délices dont il est prodigue envers vous ; mais priez-le aussi pour nous, bienheureux Apôtre ! Nous devons l'aimer pour tous les bienfaits qu'il a répandus sur nous ; et nous reconnaissons avec confusion que nous sommes tièdes dans son amour. Vous nous avez fait connaître Jésus enfant, vous nous avez dépeint Jésus crucifié ; montrez-nous Jésus ressuscité, attachez-nous à ses pas dans ces dernières heures de son séjour sur la terre ; et quand il sera monté au ciel, fortifiez notre cœur dans la fidélité, afin qu'à votre exemple nous soyons prêts à boire le calice des épreuves qu'il nous a préparé.

Rome a été le théâtre de votre glorieuse confession, Ô saint Apôtre ! Aimez-la toujours ; et à l'heure de sa tribulation, unissez-vous à Pierre et à Paul pour la protéger. Si la palme du martyre brille en votre main à côté de la plume de l'évangéliste, souvenez-vous que c'est devant la Porte Latine que vous l'avez conquise. L'Orient vous a possédé pendant votre vie presque tout entière ; mais l'Occident revendique l'honneur de vous compter au premier rang de ses martyrs. Bénissez nos Eglises, ranimez chez nous la foi, réchauffez la charité, et délivrez-nous de ces antechrists que vous signaliez aux fidèles de votre temps, et qui causent parmi nous tant de ravages. Fils adoptif de Marie, qui contemplez maintenant votre mère dans toute sa gloire, présentez-lui nos vœux durant ce mois que nous lui consacrons, et obtenez pour nous de sa bonté maternelle les grâces que nous osons lui demander."




St. John before the Latin Gate

From St. Jerom in Jovin. t. 1, p. 14. Tertullian, Præscr. c. 36. Tillem. t. 1, p. 338, and L’Istoria della Chiesa di S. Giovanni avanti Porta Latina, Scritta da Gio, Mario Crescimbeni. Roma, 1716. 4to.

A.D. 95.

WHEN the two sons of Zebedee, James and John, strangers as yet to the mystery of the cross and the nature of Christ’s kingdom, had, by their mother Salome, 1 besought our Lord to allot them the two first places in his kingdom, (implied by sitting at his right and left-hand,) he asked them whether they were disposed to drink of his cup, or, in other words, to suffer with him, in which case they should not fail to be considered in proportion to their pains and fidelity. The two disciples answered boldly in the affirmative, assuring their divine Master that they were ready to undergo anything for his sake. Our Lord, thereupon, foretold them that their sincerity should be brought to the trial, and that they should both be partakers of his cup of sufferings, and undergo bitter things for the honour and confirmation of the Christian religion. This was literally fulfilled in St. James, on his being put to death for the faith by Herod: and this day’s festival records in part the manner in which it was verified in St. John. It may be said, without any violence to the sense of the words, that this favourite disciple, who so tenderly loved his Master, and was so tenderly beloved by him, drank of his chalice, and experienced a large share of its bitterness, when he assisted at his crucifixion; feeling then in his soul, by grief and compassion, whatever he saw him suffer on the cross. This was further fulfilled after the descent of the Holy Ghost, when he underwent the like imprisonment, scourging, &c. with the other apostles, as is recorded in the fifth chapter of the Acts. But our Saviour’s prediction was to be accomplished in a more particular manner, and still more conformable to the letter, and which should entitle him to the merit and crown of martyrdom; the instrument whereof was Domitian, the last of the twelve Cæsars

He was a tyrant, detestable to all men on account of his cruelty, and the author of the second general persecution of the church. In the beginning of his reign he accustomed himself to take pleasure in acts of inhumanity, spending part of his time in his closet in catching flies, and sticking them with a sharp bodkin. He debauched his own niece, and impiously took the titles of God and Lord, as Suetonius and Eusebius have recorded. He reigned fifteen years, that is, from the year of Christ 81 to 96. Tacitus says, that in cruelty he surpassed Nero, who often shunned the sight of barbarous executions, whereas Domitian was known to take delight in beholding them. He deluged Rome with the blood of its illustrious citizens, and out of a hatred to virtue, banished the philosophers; on which occasion, Epictetus (whose Enchiridion is the most perfect abstract of the justest sentiments of moral virtue ever published by a heathen) and Dio Chrysostomus, with others, were expelled the city. As for the Christians, not only the sanctity of their doctrine and manners was the strongest reproach of the crimes of the tyrant, but the general hatred of the heathens against them excited him to glut his insatiable cruelty with their innocent blood. St. John, who was the only surviving apostle, and who at that time governed all the churches of Asia with the highest reputation which his dignity, extraordinary virtue, and miracles had acquired, was apprehended at Ephesus, and sent prisoner to Rome in the year 95. The emperor did not relent at the sight of a man of his most venerable old age and countenance, which alone might suffice to command respect, but condemned him to a most barbarous death, by ordering him to be cast into a caldron of boiling oil. The holy apostle was probably first scourged, according to the Roman custom with regard to criminals before execution, who could not plead the privilege of being Roman citizens. It is at least certain from Tertullian, St. Jerom, and Eusebius, that, by the order of the tyrant, he was thrown into a vessel of boiling oil. The martyr doubtless heard, with great joy, this barbarous sentence, exulting at the thought of speedily rejoining his Redeemer, and desiring to repay love for love in the best manner he was able, and to die for Him who had laid down his most precious life to save us sinners from hell. The most cruel torments seemed to him light and most agreeable, because they would, he hoped, unite him for ever to his divine Master and Saviour: but God accepted his will, and crowned his desire; he conferred on him the honour and merit of martyrdom, but suspended the operation of the fire, as he had formerly preserved the three children from hurt in the Babylonian furnace. The seething oil was changed in his regard into a refreshing bath, and the saint came out more fresh and lively than he had entered the caldron. Domitian, with most of the heathens, entertained a great idea of the power of magic, in which he had been confirmed by the reports concerning the prodigies pretended to be wrought by the famous magician, Apollonius of Tyana, whom he had sent for to Rome. He therefore saw this miracle without drawing from it the least advantage, but, like another Pharaoh, remained hardened in his iniquity. However, he contented himself after this with banishing the holy apostle into the little island of Patmos, one of the Sporades, in the Archipelago or Ægean sea. Domitian being assassinated the year following, his statues were every where pulled down, his name erased from all public buildings, and his decrees declared void by the senate. Upon which St. John returned to Ephesus, in the reign of Nerva, who by mildness, during his short reign of one year and four months, laboured to restore the faded lustre of the Roman empire.

This glorious triumph of St. John happened without the gate of Rome, called Latina, because it led to Latium. A church was consecrated in the same place in memory of this miracle, under the first Christian emperors, which has always borne this title. It is said to have been a Pagan temple of Diana, before it was converted to the worship of the true God. It was rebuilt by Pope Adrian I. in 772. This festival has been kept in many places a holiday. In the twelfth century, and probably long before, till the change of religion, it was observed in England a holiday of the second rank, in which all servile work was forbidden, except agriculture. Our pious Saxon ancestors had a singular devotion to St. Peter and St. John the Evangelist.

Our divine Saviour, as a mark of his special favour, and to put their love to the test, asked his two disciples, James and John, whether they could drink of the cup of which he was to drink? His sufferings he called his cup, first, because, out of the excess of his love for man, he was pressed with a burning desire to suffer and die for his redemption, as with a vehement thirst, which nothing but the ignominies and cruel torments of his cross could satiate. 2 O ardent desire of Jesus to suffer for us! O love of his cross! Secondly, Because, among the Jews, a portion which fell to a person’s lot was called his cup, Jesus, by this expression, gives us to understand, that his cross and sufferings were allotted him by his eternal Father as his portion, and that from the first moment of his incarnation he accepted it cheerfully from his hands, with an entire submission to his will, offering himself as a victim perfectly to accomplish it. He presents his cup to his servants to drink, because there is nothing which produces in them so perfect a conformity with himself, or improves more wonderfully all heroic virtues in their souls, or obtains more abundantly for them the greatest graces, provided we bear our cross with him, embrace it affectionately for his love, and offer our sufferings to him, uniting them with his. O precious cross! you are the high royal road to heaven, sanctified and made divine by our sovereign head, who opened it, and showed the way in which all his elect follow him. St. John suffered above the other saints a martyrdom of love, being a martyr, and more than a martyr, at the foot of the cross of his divine Master, with the true lovers of Jesus, Magdalen, and the Blessed Virgin mother. All his sufferings were by love and compassion imprinted in his soul, and thus shared by him. O singular happiness of St. John to have stood under the cross of Christ, so near his divine person, when the other disciples had all forsaken him! O extraordinary privilege, to have suffered martyrdom in the person of Jesus, and been eye-witness of all he did or endured, and of all that happened to him in that great sacrifice and mystery. 3 Here he drank of his cup; this was truly a martyrdom, and our Saviour exempted all those who had assisted at the martyrdom of his cross, from suffering death by the hands of persecutors. St. John, nevertheless, received also the crown of this second martyrdom, to which the sacrifice of his will was not wanting, but only the execution.

Note 1. Matt. xx. 21. Mark x. 35. [back]

Note 2. Luke xii. [back]

Note 3. Joan x. 26. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume V: May. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/5/061.html

Saint John Before the Latin Gate

About the Feast

Commemorates the attempted martyrdom of Saint John the Apostle in 95. John was bound and brought to Rome, Italy from Ephesus by the order of Domitian; the Senate condemned him to be taken to the Latin Gate and thrown in a cauldron of boiling oil. John stepped out of the cauldron without injury, and instead was exiled to Patmos.