mardi 19 juin 2012

Sainte JULIENNE de FALCONIÉRI, religieuse et fondatrice






SAINTE JULIENNE de FALCONIÉRI

Vierge

(1270-1341)

Julienne, de l'illustre famille de Falconiéri, vint au monde à Florence, l'an 1270, de parents très avancés en âge. Elle fut initiée dès son berceau à la piété et à la vertu, si bien que saint Alexis Falconiéri, de l'Ordre des Servites, disait à la mère ravie: "Ce n'est pas une fille, c'est un Ange que Dieu vous a donné; Il la destine à de grandes choses."

Les journées de la sainte enfant se passaient presque entières en pieux exercices. Sa mère, y trouvant de l'excès, la grondait: "Julienne, disait-elle, si tu n'apprends pas ce que doit savoir une maîtresse de maison, je ne pourrais pas te trouver un mari. -- Ne craignez rien, ma mère, répondait finalement Julienne; quand le temps sera venu, la Sainte Vierge y pourvoira." Le temps venu, Julienne refusa de se marier, et offrit à Dieu sa virginité.

Elle entra dans l'Ordre récemment fondé des Tertiaires Servites, où elle fit, sous la conduite de saint Philippe Bénizi, les plus grands progrès dans la vertu. A trente-six ans, elle était élue supérieure générale, malgré les réclamations de son humilité. Dès les commencements de sa vie religieuse, sa vie était très austère.

Elle consacrait le lundi au soulagement des âmes du purgatoire, et accompagnait ses prières de rudes pénitences et de cruelles flagellations. Le mercredi et le vendredi, elle gardait un jeûne absolu, ne prenant d'autre nourriture que la Sainte Eucharistie. Le samedi, elle jeûnait au pain et à l'eau en l'honneur de la très Sainte Vierge, et elle passait cette journée dans la compagnie de Marie, au pied de la Croix. Le vendredi, son âme était absorbée, souvent jusqu'à l'extase, dans la méditation de la passion du Sauveur.

Après sa mort, ses religieuses furent saisies d'émotion, en trouvant sur elle une ceinture de fer incrustée dans les chairs. Son divin Époux ne lui ménagea ni les tentations, ni les peines intérieures: "Seigneur, disait-elle un jour dans ses angoisses, que je souffre, s'il le faut, tous les tourments de l'enfer pendant toute l'éternité; mais, de grâce, ne permettez pas que je Vous offense!"

Le plus beau triomphe de Julienne, ce fut sa mort. Gémissant de ne pouvoir communier, elle supplie qu'au moins on lui montre la Sainte Hostie, et, quand on lui a procuré ce bonheur, son audace d'amour va plus loin, elle prie qu'on place le corporal avec l'Hostie sur sa poitrine; mais à peine son voeu est-il exaucé, que l'Hostie disparaît et que Julienne, transportée d'amour, rend le dernier soupir en disant: "Mon doux Jésus!"

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/sainte_julienne_de_falconieri.html

Sainte Julienne Falconieri, vierge

Déposition à Florence en 1341, nièce de St Alexis, un des douze fondateurs des Servites (fête le 12 février), née en 1270, elle fonda la branche féminine des Servîtes, les Mantellates. Canonisée en 1737, fête en 1738.

Leçons des Matines avant 1960

Quatrième leçon. Julienne, de la noble famille des Falconiéri, eut pour père l’illustre fondateur de l’église dédiée à la Mère de Dieu saluée par l’Ange, monument splendide dont il fit tous les frais et qui se voit encore à Florence. Il était déjà avancé en âge, ainsi que Reguardata, son épouse, jusque-là stérile, lorsqu’on l’année mil deux cent soixante-dix, leur naquit cette enfant. Au berceau, elle donna un signe non ordinaire de sa sainteté future, car on l’entendit prononcer spontanément de ses lèvres vagissantes les très doux noms de Jésus et de Marie. Dès l’enfance, elle s’adonna tout entière aux vertus chrétiennes et y excella de telle sorte que saint Alexis, son oncle paternel, dont elle suivait les instructions et les exemples, n’hésitait pas à dire à sa mère qu’elle avait enfanté un ange et non pas une femme. Son visage, en effet, était si modeste, son cœur resta si pur de la plus légère tache, que jamais, dans tout le cours de sa vie, elle ne leva les yeux pour considérer le visage d’un homme, que le seul mot de péché la faisait trembler et qu’il advint un jour qu’au récit d’un crime, elle tomba soudain presque inanimée. Elle n’avait pas encore achevé sa quinzième année, que, renonçant aux biens considérables qui lui venaient de sa famille et dédaignant les alliances d’ici-bas, elle voua solennellement à Dieu sa virginité entre les mains de saint Philippe Béniti, et la première reçut de lui, l’habit dit des Mantellates.

Cinquième leçon. L’exemple de Julienne fut suivi par beaucoup de nobles femmes, et l’on vit sa mère elle-même se ranger sous la direction de sa fille. Aussi, leur nombre augmentant peu à peu, elle établit ces Mantellates en Ordre religieux, leur donnant pour vivre pieusement, des règles qui révèlent sa sainteté et sa haute prudence. Saint Philippe Béniti connaissait si bien ses vertus que, sur le point de mourir, il ne crut pouvoir recommander à personne mieux qu’à Julienne non seulement les religieuses, mais l’Ordre entier des Servîtes, dont il avait été le propagateur et le chef. Cependant elle n’avait sans cesse que de bas sentiments d’elle-même ; maîtresse des autres, elle servait ses sœurs dans toutes les occupations domestiques même les plus viles. Passant des jours entiers à prier, elle était très souvent ravie en extase. Elle employait le temps qui lui restait, à apaiser les discordes des citoyens, à retirer les pécheurs de leurs voies mauvaises et à soigner les malades, auxquels, plus d’une fois, elle rendit la santé en exprimant avec ses lèvres le pus qui découlait de leurs ulcères. Meurtrir son corps par les fouets, les cordes à nœuds, les ceintures de fer, prolonger ses veilles ou coucher sur la terre nue lui était habituel. Chaque semaine, pendant deux jours, elle n’avait pour seule nourriture que le pain des Anges ; le samedi, elle ne prenait que du pain et de l’eau, et, les quatre autres jours, elle se contentait d’une petite quantité d’aliments grossiers.

Sixième leçon. Cette vie si dure lui occasionna une maladie d’estomac qui s’aggrava et la réduisit à l’extrémité alors qu’elle était dans sa soixante-dixième année. Elle supporta d’un visage joyeux et d’une âme ferme les souffrances de cette longue maladie ; la seule chose dont elle se plaignit, c’était que, ne pouvant retenir aucune nourriture, le respect dû au divin Sacrement la tint éloignée de la table eucharistique. Dans son angoisse, elle pria le Prêtre de consentir au moins à lui apporter ce pain divin que sa bouche ne pouvait recevoir et à l’approcher de sa poitrine. Le Prêtre, ayant acquiescé à son désir, à l’instant même, ô prodige ! Le pain sacré disparut et Julienne expira, le visage plein de sérénité et le sourire aux lèvres. On connut le miracle lorsque le corps de la Vierge dut être préparé selon l’usage pour la sépulture : on trouva, en effet, au côté gauche de la poitrine, imprimée sur la chair comme un sceau, la forme d’une hostie représentant l’image de Jésus crucifié. Le bruit de cette merveille et de ses autres miracles lui attira la vénération non seulement des habitants de Florence, mais de tout l’univers chrétien ; et cette vénération s’accrut tellement pendant près de quatre siècles entiers, qu’enfin le Pape Benoît XIII ordonna qu’au jour de sa Fête il y eût un Office propre dans tout l’Ordre des servites de la Bienheureuse Vierge Marie. Sa gloire éclatant de jour en jour par de nouveaux miracles, Clément XII, protecteur généreux du même Ordre, inscrivit Julienne au catalogue des saintes Vierges.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Miraculeusement munie du viatique sacré, Julienne achève aujourd’hui son pèlerinage ; elle se présente aux portes du ciel, montrant sur son cœur l’empreinte laissée par l’Hostie. Florence, où elle naquit, voit briller d’un éclat nouveau le lis qui resplendit sur ses armes ; d’autres sont déjà venus, d’autres viendront encore manifester, par les sublimes vertus pratiquées en ses murs, que l’Esprit d’amour se complaît dans la ville des fleurs. Qui dira la gloire des montagnes formant à la noble cité cette couronne que les hommes admirent, et que les anges trouvent plus splendide encore ? Vallombreuse, et, par delà, Camaldoli, l’Alverne : forteresses saintes, au pied desquelles tremble l’enfer ; réservoirs sacrés des grâces de choix, gardés par les séraphins ! De là, plus abondantes et plus pures que les flots de l’Arno, s’épanchent sur cette heureuse contrée les eaux vives du salut.

Trente-sept années avant la naissance de Julienne, il sembla que Florence allait devenir, sous l’influence d’un tel voisinage, un paradis nouveau : tant la sainteté y parut commune, tant les prodiges s’y vulgarisèrent. Sous les yeux de l’enfer en furie, la Mère de la divine grâce, aimée, chantée par ses dévots clients, multipliait ses dons. Au jour de son Assomption, sept personnages des plus en vue par la noblesse, la fortune et les charges publiques, avaient été soudain remplis d’une flamme céleste qui les portait à se consacrer sans partage au culte de Notre-Dame ; bientôt, sur le passage de ces hommes disant adieu au monde, les enfants à la mamelle s’écriaient tout d’une voix dans la ville entière : « Voici les serviteurs de la Vierge Marie ! » Parmi les innocents dont la langue se déliait ainsi pour annoncer les mystères divins, était un nouveau-né de l’illustre famille des Benizi ; on le nommait Philippe, et il avait vu le jour en cette fête même de l’Assomption où Marie venait de fonder, pour sa louange et celle de son Fils, le très pieux Ordre des Servîtes.

Nous aurons à revenir sur cet enfant, qui fut le propagateur principal du nouvel Ordre ; car l’Église célèbre sa naissance dans le ciel au lendemain de l’Octave de la grande fête qui le vit naître ici-bas. Il devait être devant Dieu le père de Julienne. En attendant, les sept conviés de Marie au festin de la pénitence, tous fidèles jusqu’à la mort, tous inscrits eux-mêmes au catalogue des Saints, s’étaient retirés à trois lieues de Florence au désert du mont Senario. Là, Notre-Dame mit sept années à les former au grand dessein dont ils étaient, à leur insu, les instruments prédestinés. Durant un si long temps, selon le procédé divin tant de fois relevé par nous en ces jours, l’Esprit-Saint commença par éloigner d’eux toute autre pensée que celle de leur propre sanctification, les employant à la mortification des sens et de l’esprit dans l’exclusive contemplation des souffrances du Seigneur et de sa divine Mère. Deux d’entre eux descendaient chaque jour à la ville, pour y mendier leur pain et celui de leurs compagnons. L’un de ces mendiants illustres était Alexis Falconiéri, le plus avide d’humiliations parmi les sept. Son frère, qui continuait d’occuper un des principaux rangs parmi les citoyens, était digne du bienheureux et s’honorait de ces héroïques abaissements. Aussi le vit-on, avec le concours de la religieuse cité sans distinction de classes, doter d’une magnifique église la pauvre retraite que les solitaires du mont Senario avaient fini par accepter, comme pied-à-terre, aux portes de Florence.

Pour honorer le mystère où leur auguste Souveraine s’était elle-même déclarée la servante du Seigneur, les Servites de Marie voulurent qu’on y représentât sur la muraille la scène où Gabriel salua pleine de grâce dans son humilité l’impératrice de la terre et des cieux. L’Annonciade fut le nom du nouveau monastère, qui devint le plus considérable de l’Ordre. Entre les merveilles que la richesse et l’art des siècles suivants ont réunies dans son enceinte, le principal trésor reste toujours cette fresque primitive dont le peintre, moins habile que dévot à Marie, mérita d’être aidé par les anges. D’insignes faveurs, descendant sans interruption de l’image bénie, amènent jusqu’en nos temps la foule à ses pieds ; si la ville des Médicis et des grands-ducs, englobée dans le brigandage universel de la maison de Savoie, a gardé mieux que plusieurs autres l’ardente piété des beaux temps de son histoire, elle le doit à son antique madone, et à ses saints qui semblent composer à Notre-Dame un cortège d’honneur.

Ces détails étaient nécessaires pour faire mieux comprendre le récit abrégé où l’Église renferme la vie de notre Sainte. Née d’une mère stérile et d’un père avancé en âge, Julienne fut la récompense du zèle que ce père, Carissimo Falconiéri, avait déployé pour l’Annonciade. C’est près de la sainte image qu’elle devait vivre et mourir ; c’est près d’elle encore que reposent aujourd’hui ses reliques sacrées. Élevée par saint Alexis, son oncle, dans l’amour de Marie et de l’humilité, elle se dévoua dès son plus jeune âge à l’Ordre qu’avait fondé Notre-Dame, n’ambitionnant qu’un titre d’oblate, qui lui permît de servir au dernier rang les serviteurs et servantes de la Mère de Dieu ; c’est ainsi que, plus tard, elle fut reconnue comme institutrice du tiers-ordre des Servites, et se vit à la tête de la première communauté des Mantelées ou tertiaires de son sexe. Mais son influence auprès de Dieu s’étendit bien plus, et l’Ordre entier la salue comme sa mère ; car ce fut elle qui véritablement acheva l’œuvre de sa fondation, et lui donna stabilité pour les siècles à venir.

L’Ordre, en effet, que quarante années de miraculeuse existence et le gouvernement de saint Philippe Benizi avaient merveilleusement étendu, traversait alors une crise suprême, d’autant plus redoutable que de Rome même partait la tempête. Il s’agissait d’appliquer partout les canons des conciles de Latran et de Lyon, qui prohibaient l’introduction d’Ordres nouveaux dans l’Église ; l’établissement des Servites étant postérieur au premier de ces conciles, Innocent V résolut leur suppression. Déjà défense avait été faite aux supérieurs de recevoir aucun novice à la profession ou à la vêture ; et, en attendant la sentence définitive, les biens de l’Ordre étaient considérés d’avance comme dévolus au Saint-Siège. Philippe Benizi allait mourir, et Julienne n’avait pas quinze ans. Toutefois, éclairé d’en haut, le saint n’hésita pas : il confia l’Ordre à Julienne, et s’endormit dans la paix du Seigneur. L’événement justifia sa confiance : à la suite de péripéties qu’il serait long de rapporter, Benoît XI, en 1304, donnait aux Servîtes la sanction définitive de l’Église. Tant il est vrai que dans les conseils de la Providence ne comptent ni le rang, ni le sexe, ni l’âge ! La simplicité d’une âme qui a blessé le cœur de l’Époux, est plus forte en son humble soumission que l’autorité la plus haute, et sa prière ignorée prévaut sur les puissances même établies de Dieu.

Servir Marie était, ô Julienne, la seule noblesse qui arrêtât vos pensées ; partager ses douleurs, la récompense unique qu’ambitionnât en ses abaissements votre âme généreuse. Vos vœux furent satisfaits. Mais, du haut de ce trône où elle règne maintenant sur les hommes et les anges, celle qui se confessa la servante du Seigneur et vit Dieu regarder sa bassesse [1], voulut aussi vous exalter comme elle-même au-dessus des puissants. Trompant l’obscurité silencieuse où vous aviez résolu de faire oublier l’éclat humain de votre naissance, votre gloire sainte éclipsa bientôt l’honneur, pourtant si pur, qui s’attachait dans Florence au nom de vos pères ; c’est à vous, humble tertiaire, servante des serviteurs de Notre-Dame, que le nom des Falconiéri doit d’être aujourd’hui connu dans le monde entier. Bien mieux : au pays des vraies grandeurs, dans la cité céleste où l’Agneau, par ses rayons inégalement distribués sur le front des élus, constitue les rangs de la noblesse éternelle, vous brillez d’une auréole qui n’est rien moins qu’une participation de la gloire de Marie. Comme elle fit en effet pour l’Église après l’Ascension du Seigneur, vous-même, en ce qui touche l’Ordre glorieux des Servîtes, laissant à d’autres l’action qui paraît au dehors et l’autorité qui régit les âmes, n’en fûtes pas moins dans votre humilité la maîtresse et la mère de la famille nouvelle que Dieu s’était choisie. Plus d’une fois dans le cours des âges la divine Mère voulut ainsi glorifier ses imitatrices, en faisant d’elles jusque-là, contre leur attente, ses copies très fidèles. Dans la famille confiée à Pierre par son divin Fils, Notre-Dame était la plus soumise au gouvernement du vicaire de l’Homme-Dieu et des autres Apôtres ; tous cependant savaient qu’elle était leur reine, et la source des grâces d’affermissement et d’accroissement répandues sur l’Église. De même, ô Julienne, la faiblesse du sexe et de l’âge n’empêcha point un Ordre puissant de vous proclamer sa lumière et sa gloire, parce que le Très-Haut, libre en ses dons, voulut accorder à votre jeunesse les résultats refusés à la maturité, au génie, à la sainteté de Philippe Benizi votre père.

Continuez votre aide à la famille pieuse des Servîtes de Marie. Étendez votre assistance bénie à tout l’Ordre religieux si éprouvé de nos jours. Que Florence garde par vos soins, comme son souvenir le plus précieux, celui des faveurs de Notre-Dame et des saints qu’a produits en elle la foi des vieux âges. Que toujours l’Église ait à chanter, pour des bienfaits nouveaux, la puissance que l’Époux divin daigna vous octroyer sur son Cœur. En retour de la faveur insigne par laquelle il voulut couronner votre vie et consommer en vous son amour, soyez propice à nos derniers combats ; obtenez-nous de ne point mourir sans être munis du viatique sacré. L’Hostie sainte, proposée par une autre Julienne [2] à nos adorations plus spéciales en ces jours, illumine de ses feux toute cette partie du Cycle. Qu’elle soit l’amour de notre vie entière ; qu’elle nous fortifie dans la lutte suprême. Puisse notre mort être aussi le passage heureux du banquet divin d’ici-bas aux délices de l’union éternelle.

[1] Luc. I, 48, 52.

[2] Ste Julienne de Cornillon (+1255), à l’origine de la Fête-Dieu.


Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum


Aujourd’hui la belle messe des célèbres martyrs milanais cède la place à celle de sainte Julienne, de la noble famille florentine des Falconieri, dont la fête fut d’abord introduite dans le Bréviaire par un pape qui était son compatriote (Clément XII, Laurent Corsini) ; plus tard, Clément XIII l’éleva au rite double.

Sainte Julienne peut être considérée comme une seconde fondatrice de l’Ordre des Servîtes de la bienheureuse Vierge Marie ; les circonstances qui accompagnèrent sa dernière Communion ont enveloppé cette âme séraphique d’un parfum virginal, au point d’en faire l’une des figures les plus attirantes de l’hagiographie eucharistique. On sait en effet, par une ancienne tradition, que la sainte Hostie pénétra invisiblement dans la poitrine de la malade qui ne pouvait communier, car elle rejetait toute nourriture.

La messe est du Commun, sauf la première collecte qui est la suivante : « Seigneur qui, d’une façon merveilleuse, voulûtes réconforter par la nourriture eucharistique votre bienheureuse servante Julienne durant sa dernière maladie ; nous vous demandons par ses mérites que nous aussi, dans cette épreuve suprême, fortifiés par le même Sacrement, nous puissions arriver à la patrie céleste ».

De même que les païens mettaient dans la bouche des morts la monnaie destinée à payer le fret de la barque de Caron, ainsi, au IVe siècle, c’était déjà une ancienne tradition de l’Église romaine, confirmée par un grand nombre de textes des saints Pères, que de réconforter le dernier instant des fidèles par la nourriture eucharistique : Viaticum, que parfois l’on déposait même sur la poitrine des défunts. Par la suite, l’Église modifia cette discipline et déclara qu’il suffisait aux mourants de recevoir comme viatique cette Communion qui suit la Confession et l’Extrême-Onction, sans qu’il soit nécessaire de la renouveler au moment même du dernier soupir. Cette antique coutume romaine reflète cependant la foi énergique du premier âge patristique, où, en face du matérialisme païen, on voulait confesser solennellement le dogme de l’immortalité de l’âme et de la finale résurrection des corps, dont la divine Eucharistie est le gage.



Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique


Que dans notre agonie nous soyons consolés et fortifiés par le saint viatique.

1. Sainte Julienne. — Jour de mort : 12 juin 1341. Tombeau : A Florence, dans l’église de l’Annonciation. Image : On la représente en religieuse servite (mantellata), avec une hostie sur le côté droit de la poitrine. Vie : La sainte naquit en 1270. Elle était de la noble famille des Falconiéri. Quand elle naquit, ses parents étaient déjà âgés. Son oncle, le bienheureux Alexis Falconiéri, déclara à sa mère que ce n’était pas une fille qu’elle avait mise au monde, mais un ange. A l’âge de 15 ans, elle renonça à son héritage et reçut des mains de saint Philippe Beniti l’habit des religieuses servites, dites « Mantellate ». Beaucoup de femmes des meilleures familles suivirent l’exemple de Julienne, et sa mère elle-même se soumit à sa direction spirituelle. Saint Beniti confia à ses soins l’Ordre des servites qu’il dirigeait. Sainte Julienne s’imposait de grandes mortifications et des jeûnes austères. Il en résulta une grave maladie d’estomac. Elle ne pouvait prendre aucune nourriture, elle ne pouvait même pas recevoir la sainte communion. Arrivée à ses derniers moments, elle pria le prêtre d’approcher tout au moins la sainte hostie de sa poitrine. C’est alors que se produisit le miracle de l’hostie dont parlent l’oraison et l’hymne du bréviaire : la sainte hostie disparut et Julienne s’endormit dans le Seigneur avec un visage souriant (12 juin 1341). Après sa mort, on vit l’image du crucifix, telle qu’elle était sur l’hostie, imprimée nettement sur sa poitrine. — La messe (Dilexísti) est du commun des vierges.

2. Le viatique. — Les païens mettaient dans la bouche des morts une pièce de monnaie qui devait leur servir à payer le nocher Caron pour le passage du Styx. C’était là le viatique des païens. Quant aux chrétiens, ils donnaient déjà dans l’antiquité la sainte Eucharistie aux mourants ; ils plaçaient même la sainte hostie sur la poitrine des morts. Cet usage, il est vrai, ne fut pas approuvé par l’Église ; mais il montre la foi des premiers chrétiens dans la résurrection de là chair dont le gage est la sainte Eucharistie. L’Église appelle la communion au lit de mort : viatique (nourriture de voyage). Elle l’a entourée de privilèges particuliers. Le prêtre, en administrant le viatique, use d’une formule différente de celle qu’on emploie pour la communion ordinaire : « Reçois, mon frère (ma sœur), comme viatique, le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; qu’il te garde de l’ennemi mauvais et te conduise à la vie éternelle. Amen ». Le viatique peut être reçu plusieurs fois si la maladie se prolonge. On peut également le recevoir un jour où l’on a déjà communié. Bien entendu, la loi du jeûne eucharistique n’existe plus pour le viatique. De même, pour les malades chroniques, l’Église a apporté quelques allégements à la loi du jeûne. Les malades qui sont alités depuis au moins un mois sans espoir sérieux de guérison prochaine peuvent, d’après le conseil prudent du confesseur, recevoir la communion une ou deux fois par semaine, même s’ils ont pris une médecine ou quelque autre chose sous forme de boisson (Can. 858,2).

Pour la communion des malades et pour le saint viatique il faut prévoir deux sortes de préparatifs ; les uns pour l’accompagnement du Saint-Sacrement et les autres dans la chambre du malade.

Quand c’est possible, l’Église désire qu’on porte solennellement la sainte Eucharistie aux malades. Il doit même y avoir une véritable procession à laquelle les fidèles peuvent prendre part. Le curé doit auparavant avertir ses paroissiens en faisant sonner la cloche. Lui-même prend le surplis, l’étole et le voile huméral. Il est précédé d’enfants de chœur, et on porte devant lui une lanterne allumée. Les fidèles accompagnent le Saint-Sacrement avec un cierge allumé à la main. On devrait même porter un petit baldaquin (ombrellino) au-dessus du Saint Sacrement. L’Église a accordé certaines indulgences pour les personnes qui accompagnent le Saint-Sacrement. Ces indulgences ne sont pas suspendues pendant le jubilé. Dans les grandes villes et là où la population n’est pas catholique, ce port solennel ne peut malheureusement avoir lieu. Dans ce cas : le prêtre porte le Saint-Sacrement en noir. Mais même alors, il pourrait être accompagné d’un laïc, car l’Église désire que le prêtre n’aille pas seul. Dans la chambre du malade, des préparatifs sont aussi à faire. Il faudra une table couverte d’une nappe de lin. Sur la table on place deux chandeliers avec des cierges (ceux qui ont été bénis à la Chandeleur). Il faudrait, autant que possible, avoir un crucifix. Il faut ensuite deux récipients. Il est à souhaiter qu’on mette devant la poitrine du malade une nappe en lin. On décorera la chambre elle-même autant qu’on pourra. Si le malade doit recevoir aussi l’Extrême-Onction, on disposera dans une assiette six morceaux de ouate, et dans une autre assiette un peu de sel ou de la mie de pain pour nettoyer les mains du prêtre.

SOURCE : http://www.introibo.fr/19-06-Ste-Julienne-Falconieri


Sainte Julienne Falconieri

Nièce d'Alexis Falconieri, fondatrice des Mantellates (✝ 1341)

Nièce d'Alexis Falconieri, elle était de Florence. Grande était sa piété dès sa jeunesse. Dès qu'elle le pût elle demanda à saint Philippe Benizi de la recevoir comme vierge consacrée. C'est ainsi qu'avec lui elle fonda la branche féminine des Servites de Marie sous le nom de "Mantellate". Elle mena une vie de pénitence et de mortification.

À Florence, en 1341, sainte Julienne Falconieri, vierge, qui institua les Sœurs de l’Ordre des Servites de Marie, appelées Mantellate, à cause de leur habit religieux.

Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1350/Sainte-Julienne-Falconieri.html


Sainte Julienne Falconieri

Mère et modèle des sœurs et moniales de l’Ordre de Notre-Dame

Née à Florence, Julienne est attirée par la sainteté de nos premiers frères Fondateurs. Pour partager leur esprit et leur genre de vie, elle se donne au Seigneur dans la prière, la pénitence et les œuvres de charité. Elle est parmi les premières femmes à porter le manteau des Servites, ce qui leur a valu d’être appelées « Mantelées ».

De sa vie, on retient particulièrement sa dévotion à la Mère du Seigneur et son amour de l’Eucharistie. Sur son lit de mort, incapable de retenir aucun aliment, elle demande quand même à communier au Pain de vie. La coutume médiévale, dans un tel cas, permet qu’on dépose l’hostie sur le cœur de la malade. C’est ce qu’a fait le prêtre en prière auprès d’elle. On raconte que l’hostie — Corps du Christ — demeura introuvable, comme si elle avait mystérieusement pénétrée en elle.

Marquée par les prières, les veilles et les jeûnes, toute la vie de sainte Julienne était devenue offrande et communion au Seigneur.

Oraison

Nous t’en prions, Seigneur, fais que la vie et l’exemple de sainte Julienne réjouissent ton Église ; selon ton dessein de Salut, elle est devenue une mère prévoyante et un modèle de sagesse pour de nombreuses femmes qui désirent, comme elle, suivre le Christ et servir sainte Marie. Par Jésus, le Christ, qui vit et règne avec toi pour les siècles des siècles. Amen.

Lettre de Julienne de Florence

Sur le Mont Sénario, où sont conservés les corps des Sept premiers Pères, Bonfils, Amédée, Bienvenu, Manet, Sostène, Hugues et Alexis, et leur mémoire, on sent la bonne odeur de leur sainteté (cf. 2 Cor 2, 14-15; LO 43). Un tel parfum a attiré d'autres personnes à partager leur idéal de vie: à un moment ou l'autre de leur existence, elles sont montées à la montagne pour une période de temps plus ou moins brève ... et, aujourd'hui, l'écho de leur voix retentit encore dans les grottes. Voici ce que semble raconter la "nièce" de saint Alexis, sainte Julienne [de Florence], femme laïque, amie des Servites, dont le corps repose dans la basilique de la SS. Annunziata, à Florence.

Cet article a été publié dans la Revue de culture et de spiritualité Monte Senario, n. 12, septembre-décembre 2000 sous le titre originale : «Cieli nuovi et nuova terra». Traduction par l’auteur, F. Camille M. Jacques, o.s.m.

Pour le Royaume de Dieu ...

( Des cieux nouveaux et une terre nouvelle )

Moi, Julienne,[1] femme laïque, amie des Servites,[2] j'ai toujours été fascinée par leur vie évangélique et apostolique: témoigner de l'Évangile en communion fraternelle, vivre au service de Dieu et du prochain, les yeux fixés sur sainte Marie, Mère et Servante du Seigneur. Vraiment. Je voyais un signe ici-bas du Royaume de là-haut. C'est que j'ai toujours été proche des Servites. Je fréquentais leur église Sainte-Marie - appelée ensuite par les gens la « Sainte-Annonciation » (Santissima Annunziata), à cause de la fameuse fresque qui la représentait -, à Cafaggio, près de laquelle était la maison de notre famille. Je participais à leur prière. Avec eux je chantais les « louanges » (laudi) à la Vierge Marie. Je me sentais attirée par leur vie, mais j'étais une femme. Comment pouvais-je m'unir à ces hommes de Dieu et partager leur vie?

Le Royaume ... de l'amour

Le mystère du Royaume, le mystère de la mort, m'ont toujours interrogée. Quel sens donner à l'existence? Vivre pour quoi? J'étais si touchée par les réponses du Fils de l'homme au dernier jugement (cf. Mt 25, 31-46): « Amen, je vous le dis: chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. (...) Chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait » (Mt 25, 40. 45). Je sentais le poids de ma responsabilité: le Seigneur est présent en chaque personne affamée, assoiffée, étrangère, nue, malade, emprisonnée, ...; il fallait le servir. Je me sentais coupable. Mes omissions étaient si nombreuses (cf. Mt 25, 45). Soucieuse, j'en ai parlé, à plusieurs reprises, à mon confesseur, le frère Jacques de Camporeggi,[3] et même à mon oncle Alexis que je considérais comme un père spirituel et dont je méditais les paroles de sagesse et les faisais germer dans mon coeur. Je me souviens, un jour que j'étais angoissée, je demandai à mon oncle: « Que pourrai-je dire au Seigneur au jour du Jugement dernier? ». Il me répondit, avec calme: « Tu sais, la demande du Seigneur, à la fin, ne sera pas: "Combien de fois as-tu commis tel péché ou fait telle omission ...?" mais plutôt, simplement, "Jusqu'à quel point as-tu aimé?" (cf. Lc 7, 47). En dernier lieu, c'est sur l'amour que nous serons tous jugés ». Ce fut pour moi une découverte. Sur la terre, j'étais appelée à aimer, simplement, à faire toute chose avec amour! À partir de ce moment-là, je désirai à tout prix donner ma vie à Dieu, comme mon oncle, par amour, au service de la Vierge Marie, et j'avais tellement hâte de porter l'habit des Servites. Tout le monde pensait que mon désir était simplement un coup de tête et que je me serais ravisée. Mais, j'étais vraiment décidée. À la fin, mes parents donnèrent leur consentement,[4] les frères aussi, et je pus me vêtir du manteau des Servites.[5]

"Mantelées"

Le fait de revêtir le manteau des Servites était très significatif pour moi. Cela exprimait mon engagement de conversion, pour le Royaume de Dieu: je ne voulais plus chercher à plaire par mes vêtements, mais par ce que j'étais intérieurement;[6] j'entendais me revêtir du Christ (cf. Rm 13, 14; Ga 3, 27)[7] et vivre, créature nouvelle, l'idéal de vie évangélique des Servites, comme femme laïque, leur amie. Mais, par la suite, je découvris avec les frères la signification plus spécifique de l'habit servite: il était un signe d'"innocence"/pureté et d'humilité,[8] qualités mêmes de la Vierge de Nazareth au jour de l'annonciation (cf. Lc 1, 34. 38. 48); la couleur noire indiquait le veuvage[9] et les souffrances amères de la Mère du Crucifié, lors des événements de la Passion.[10] L'habit même des Servites rappelait donc les deux moments-clés de la vie de sainte Marie, notre Dame: l'Annonciation, où elle répondit "oui" au projet salvifique de Dieu et où, sous l'ombre de l'Esprit, elle devint mère de Jésus; la Croix, où, Ève nouvelle, elle vécut son "oui" jusqu'au bout, et où, selon les mots de son Fils (cf. Jn 19, 26-27), elle devint mère de ses disciples bien-aimés, mère de l'Église. "Mantelée", je me sentais engagée - avec la Vierge glorieuse - à accueillir la Parole de Dieu (lectio divina), à être attentive aux indications de l'Esprit, et, en signe de miséricorde, à comprendre et à soulager les souffrances humaines. Après moi, beaucoup d'autres femmes demandèrent à revêtir l'habit des Servites,[11] au point même que certaines d'entre elles se réunirent et vécurent comme de véritables soeurs dans un monastère de vierges « servantes de sainte Marie ».[12]

Aider les messagers de l'Évangile

On dit que: « On ne va pas au Paradis en carrosse ». C'est bien vrai. Pour entrer dans le Royaume de Dieu, - nous enseigne Jésus - il faut tout laisser (cf. Mc 10, 21-25), ne rien garder! Moi, je m'exerçais à écouter les prédicateurs de l'Évangile, à les suivre ..., j'essayais de les aider comme je pouvais. J'étais inspirée par l'exemple de ces pieuses femmes qui avaient accompagné Jésus et les Douze, de la Galilée à Jérusalem, pendant qu'ils proclamaient la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, et qui les avaient aidés « de leurs ressources » (Lc 8, 3), et l'exemple de la jeune Lydia, de Thyatire, croyante, convertie au Christ, qui avait été baptisée et qui avait insisté pour que l'apôtre Paul et les siens viennent loger dans sa maison (cf. At 16, 11-15). Demeurant tout près de ces frères de Sainte-Marie de Cafaggio, je vis en eux des hommes remplis de zèle, messagers de l'Évangile, en paroles et en actes. Je les voyais, en ville [Florence], mendiants, serviteurs des malades, à l'hôpital de la Source vive. Je me souvenais des recommandations du Maître à ses disciples qui annonçaient le Royaume: « Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu'on vous offrira. Là, guérissez les malades et dites aux habitants: "Le règne de Dieu est tout proche de vous" » (Lc 10, 8-9). Je cherchai donc à aider ces hommes-là du mieux que je pouvais. Je leur vendais aussi du pain à bon prix.[13] Pour favoriser le déroulement de leurs travaux, je leur prêtais même de l'argent, sans intérêt.[14]

Le Royaume des cieux est déjà en moi ... et pas encore!

Mon cheminement évangélique - je le confesse - n'a pas été facile. Le Royaume de Dieu est déjà là ... et pas encore! Vraiment. Pour qu'il reste en nous, il faut être vigilants ... De même que ces hommes de Cafaggio, marchands en quête de la perle précieuse, durent tout laisser pour l'acquérir (cf. Mt 13, 45-46),[15] ainsi, moi, soucieuse des affaires du Seigneur (cf. 1 Cor 7, 34), je dus discerner "ce qui comptait vraiment", jour après jour: je reniai avec force l'égoïsme, l'esprit mondain, le mal; je préférai, aux biens d'ici-bas, la perle précieuse de l'Évangile, de l'Ordre, et, amoureuse du Christ, je voulus me conformer en tout à Lui. Toutefois, pour que cette conversion progressive à la nouveauté du Christ advienne et demeure, je choisis de pratiquer comme moyens nécessaires certaines observances pénitentielles, telles que des veilles, des prières, des jeûnes, le cilice (large ceinture de crin portée sur la peau), ...[16] Je voulais, de cette manière, appartenir totalement au Seigneur Jésus, mon Époux, et à lui seul. Je voulais dire comme l'épouse angoissée du Cantique des cantiques: « J'ai trouvé celui que mon coeur aime. Je l'ai saisi, je ne le lâcherai pas » (cf. Ct 3, 4).[17] J'appris aussi la modestie du regard (cf. Pr 27, 20; Mt 5, 27-29), c'est-à-dire à ne pas fixer les yeux sur un homme et à ne pas trouver du plaisir à sentir arrêté sur moi le regard d'un homme.[18] Je demandai au Seigneur la grâce de vivre la béatitude des coeurs purs (cf. Mt 5, 8) ... de regarder le monde, les personnes, avec Ses yeux, de Le voir, Lui, en toute personne, présent à chaque instant.

Le Pain vivant descendu du ciel

L'Eucharistie a toujours été pour moi un grand soutien. Cet repas, mémorial du "dernier Repas" de Jésus avec ses disciples, n'est-il pas une anticipation du banquet final, dans le Royaume, où Jésus a préparé une place pour chacun de nous (cf. Jn 14, 2-3)? C'est une chose grandiose, merveilleuse. Je vois dans la table eucharistique, deux tables: celle de la Parole de vie et celle du Pain vivant descendu du ciel. Le moment même de la communion a toujours été, pour moi, très significatif, intense. Les paroles du Seigneur Jésus me viennent alors à l'esprit: « Je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim; celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif ... Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. ... Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. ... celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui descend du ciel ... celui qui mange ce pain vivra éternellement » (Jn 6, 35. 54. 56. 57. 58). Combien de fois ai-je participé à l'Eucharistie des premiers frères, à Sainte-Marie de Cafaggio! Comme les disciples d'Emmaüs (cf. Lc 24, 13-35) et Marie de Magdala, en pleurs pour l'absence de son Maître (cf. Jn 20, 11-17), j'ai appris à reconnaître le Maître, vivant au milieu des siens, sous le "signe" de la fraction du pain. J'ai beaucoup joui de sa présence en moi. J'en tirais de nouvelles énergies. Parfois, à l'Eucharistie, je désirais tellement l'union avec le Christ, mon Époux, que j'étais même prête à quitter ce monde (cf. Fil 1, 23)[19] et que je faisais miennes les paroles de l'apôtre Paul:[20] « je vis mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).

Un secret, entre femmes

À toi, aujourd'hui, qui est servante de Marie ou amie des Servites, je voudrais adresser une invitation. Tu te souviens, dans l'Évangile, du récit de la guérison de la femme infirme depuis dix-huit ans (cf. Lc 13, 10-17), un jour de sabbat? Sinon, je t'invite à le relire. Je comprends, certes, que cette femme toute courbée, incapable de se redresser, est une image de l'humanité qui, dans son péché, regarde simplement vers la terre; elle est une fille d'Abraham à laquelle Jésus, un jour de sabbat, annonce la libération, la "redresse", lui enseigne de nouveau à regarder les autres en face et à lever son regard/visage vers la lumière. Le sabbat n'est pas un jour de "paralysie" ou de "soumission aveugle", mais un jour de repos, de liberté, de joie, d'action de grâce pour la libération accordée.

Toutefois, je vois aussi, dans ce récit, un message de guérison pour moi et pour toute femme. Je te prie de ne pas oublier les paroles de Jésus et son geste. Il lui dit: « "Femme, te voilà délivrée de ton infirmité." Puis, il lui imposa les mains; à l'instant même elle se trouva toute droite, et elle rendait gloire à Dieu » (Lc 13, 12-13). "Femme, te voilà délivrée ..." Jésus, un jour de sabbat tout comme aux autres jours, ne veut pas laisser la femme paralysée ou courbée, mais il tient à la délivrer, à la sauver. Sur la parole de Jésus, je t'en prie: sois délivrée, redresse-toi. C'est ainsi que Jésus, le Maître, te veut: redressée. Sois toi-même, en tout temps. Créative, empressée, tendre, sensible. Par amour. Fais un trésor de ta féminité; qu'elle soit un véritable apport à l'Ordre des Servites, à la Famille Servite. Toi qui sais regarder l'autre avec ton coeur, ne reste pas inactive. Tire profit de ton génie féminin et répète, à ton tour, les gestes bienfaisants de Jésus, signes du Royaume messianique (cf. Lc 7, 20-23). Avec ton esprit maternel, exerce-toi à accueillir le don multiforme de la vie, de la santé, du bonheur, du bien-être, de la dignité, et prends-en soin. En toi et en toute personne. En tout lieu. En tout temps.

Ta soeur et ton amie,

Julienne de Florence

[1] Sainte Julienne - dont nous n'avons pas de données biographiques avant le XVe siècle -, dite de la riche famille des « Falconieri », vécut à Florence (où elle naquit vers l'an 1271) en lien étroit avec la communauté locale des Serviteurs de sainte Marie de Cafaggio, appelée ensuite « SS. Annunziata ». Le frère Paolo Attavanti écrit, en 1494, qu'elle était la nièce de saint Alexis, un des Sept saints Fondateurs de l'Ordre des Serviteurs de sainte Marie, et qu'elle fut la première "tertiaire" ou "mantelée" de l'Ordre dans les dernières décennies du XIIIe siècle et jusqu'à sa mort, fixée ensuite au 19 juin 1341, renommée pour sa vie virginale, sa pénitence et sa piété envers Jésus eucharistie et crucifié. Elle est considérée, dès la fin du XVe siècle, comme « prototype » de toutes les soeurs et moniales servites, come le fut sainte Claire d'Assise pour l'ordre « séraphique » (franciscains), et sainte Catherine de Sienne, pour l'ordre « chérubique » (dominicains). Cf. Dal Pino Franco Andrea, Giuliana Falconieri, dans: Aa.Vv., Il grande libro dei santi. Dizionario enciclopedico, vol. 2 (San Paolo, Cinisello Balsamo 1998) pp. 966-968. Pour une présentation de la documentation des XIVe e XVe siècles sur la bienheureuse Jeanne et sur sainte Julienne, voir: Dal Pino Franco Andrea, Spazi e figure lungo la storia dei Servi di santa Maria (secoli XIII-XX) = Italia Sacra. Studi e documenti di storia ecclesiastica 55 (Herder, Roma 1997) pp. 539-549 [La B. Giovanna e S. Giuliana da Firenze nella documentazione del secoli XIV-XV].

[2] Un premier exemple documenté de femme laïque, amie des Servites, qui remonte au temps des premiers frères de l'Ordre, est celui d'une célibataire, Jeannine (Giovannina), morte le 13 septembre 1317, parente probable du frère Giovanni de la Tosca, ... et que certains experts sont tentés d'identifier à sainte Julienne! Cf. Ricordanze di S. Maria di Cafaggio, Firenze (1295-1332), dans: Casalini E.M. - Dina I. - Ircani Menichini P., edd., Testi dei "Servi della Donna di Cafaggio" = Biblioteca della Provincia Toscana dei Servi di Maria 5 (Convento della SS. Annunziata, Firenze 1995) pp. 39-40. Nous nous en inspirons pour décrire la vie de sainte Julienne.

[3] Cf. Ricordanze di S. Maria di Cafaggio, Firenze (1295-1332), dans: Casalini E.M. - Dina I. - Ircani Menichini P., edd., Testi dei "Servi della Donna di Cafaggio" = Biblioteca della Provincia Toscana dei Servi di Maria 5 (Convento della SS. Annunziata, Firenze 1995) pp. 17, 95, 98.

[4] Selon la tradition, sainte Julienne serait née en 1270, à Florence, de Chiarissimo de Falco et de Reparata Falconieri; on dit que Chiarissimo était frère d'Alexis, un des Sept saints Fondateurs de l'Ordre des Serviteurs de sainte Marie, et donc oncle de Julienne, que la jeune femme considérait comme un père spirituel. Cf. Casalini E., Santa Giuliana e il movimento laico-servitano ieri e oggi, dans: Consiglio nazionale OSSM, ed., Sussidi spiritualità - formazione. Conferenze tenute ai convegni nazionali di Misano Adriatico 1987 e 1988 = Sussidi OSSM 2 (s.e., s.l. s.d.) p. 16.

[5] Cf. Attavanti Paolo (+ 1499), Quaresimale sulle lettere dell'apostolo Paolo (Siena 1494) f. 52, dans: Moniales OSM 2 (1964) pp. 23-25. Pour la version française, voir: À la louange de sainte Julienne de Florence = Laudemus viros gloriosos 6 (CLIOS - Marianum, Rome 2000) pp. 72-74.

[6] Cf. Règle de saint Augustin, n. 19.

[7] Cf. Const. anciennes, chap. XVI (La profession), bénédiction de l'habit.

[8] Cf. Const. anciennes, chap. XVI (La profession), bénédiction de l'habit.

[9] Cf. LP 8.

[10] Cf. LO 52.

[11] Un auteur de la deuxième décennie du XVIe siècle écrit: «... notre "religion" commença à vêtir des soeurs (du Tiers-Ordre régulier) en 1332 le 2 juillet; et la première fut Julienne Falconieri, qui mourut en 1341 ... » (« ... la nostra religione cominciò a vestire delle sore (suore del terz'Ordine regolare) nel 1332 il 2 di luglio; et prima fu Giuliana de' Falconeris, che morì nel 1341 ... »). Cf. Casalini E., Santa Giuliana e il movimento laico-servitano ieri e oggi, dans: Consiglio nazionale OSSM, ed., Sussidi spiritualità - formazione. Conferenze tenute ai convegni nazionali di Misano Adriatico 1987 e 1988 = Sussidi OSSM 2 (s.e., s.l. s.d.) p. 20.

[12] Le testament de Gherardo de feu Migliore Guadagni, daté du 20 juillet 1327, dit ceci: « ... Gherardo, de tous ses biens, mobiliers et immobiliers, ... laissa, commanda, voulut et disposa, que soit fait un monastère de vierges de l'Ordre des Serviteurs de sainte Marie, au lieu qui aurait plu aux exécuteurs testamentaires » (« ... Gherardo, di tutti i suoi beni, mobili ed immobili ... lasciò, comandò, volle e dispose, che venisse fatto un monastero di vergini dell'Ordine dei Servi di Maria nel luogo, che più piacesse agli esecutori del testamento ... »). Nous ne savons pas exactement si et où ce premier monastère fut fait, mais rien n'empêche de penser, avec la tradition, que des vierges consacrées se réunirent dans un premier et nouveau monastère de Servantes de sainte Marie, approfondissant l'expérience de sainte Julienne. Cf. Casalini E., Santa Giuliana e il movimento laico-servitano ieri e oggi, dans: Consiglio nazionale OSSM, ed., Sussidi spiritualità - formazione. Conferenze tenute ai convegni nazionali di Misano Adriatico 1987 e 1988 = Sussidi OSSM 2 (s.e., s.l. s.d.) p. 20.

[13] Jeannine (Giovannina), femme célibataire, possédait probablement un four. Dans le Registro Entrate-Uscite di S. Maria di Cafaggio [= REU], en juin 1288, on lit enregistrée une dépense a la Giovannina per cocitura di due staia di pane, quando andaro i frati a la processione [de saint Jean Baptiste, patron de Florence (24 juin)] (REU, f. 28r, 7). On y lit aussi le paiement per ij staia di crusca [que] doveagli avere la Giovannina ... s. ij e d. viij (REU, f. 44v, 22). Cf. Casalini E.M., ed., Registro di Entrata e Uscita di Santa Maria di Cafaggio (REU) 1286-1290 = Biblioteca della Provincia Toscana dei Servi di Maria 7 (Convento della SS. Annunziata, Firenze 1998) pp. 192, 229.

[14] Jeannine (Giovannina), femme célibataire, dans les Ricordanze di S. Maria di Cafaggio [= R.], semble posséder assez d'argent et aide généreusement les frères. En 1295, elle prête 7 florins d'or per lo muro (R., f. 1v, 2). En octobre 1296, elle est dite Giovannina di monna Tessa, et elle donne encore 8 florins d'or que gl'avea de' suoi frère Giovanni de la Tosca; d'autres 11 florins d'or viennent par elle au couvent du frère Giovanni per compiere lo muro et naturellement tout cet argent est restitué (R., f. 6v, 1, 2). Mais le prêt le plus élevé - 22 florins d'or - accordé aux frères, est fait le 27 novembre 1297 pour acheter une parcelle de terre à vigne dans le domaine de la paroisse à Giogoli, dans un lieu dit Arelle. La restitution de cette somme commence le 28 avril 1300, à l'occasion du voyage à Rome de cette femme Jeannine (Giovannina) pour l'Année Sainte (jubilaire) fixée per le pape Boniface VIII; mais il résulte que le 17 mai 1309 la dette susdite n'est pas encore remboursée (R., f. 10r, 1 passim). Nous apprenons, cependant, que cette Jeannine (Giovannina) ne vit pas seule, mais comme servante de dame Tessa des Alluodi, avec laquelle, toutefois, elle n’est plus mentionnée à partir du 25 mai 1309. Enfin, le texte indique que le 12 avril 1310, les frères rendirent les derniers 10 florins d'or du crédit accordé, et que de la part des frères le débit fuit solutum in integrum et la Jeannine (Giovannina) fuit contenta (R., f. 12r, passim). C'est dire que le prêt accordé par Jeannine (Giovannina) en 1297 fut complètement remboursé en 1310, soit 13 ans plus tard, et sine merito quelconque: sans intérêt. Cf. Ricordanze di S. Maria di Cafaggio, Firenze (1295-1332), dans: Casalini E.M. - Dina I. - Ircani Menichini P., edd., Testi dei "Servi della Donna di Cafaggio" = Biblioteca della Provincia Toscana dei Servi di Maria 5 (Convento della SS. Annunziata, Firenze 1995) pp. 39-40.

[15] Cf. LO 19, 30.

[16] Cf. Attavanti Paolo (+ 1499), Quaresimale sulle lettere dell'apostolo Paolo (Siena 1494) f. 52, dans: Moniales OSM 2 (1964) pp. 23-25. Pour la version française, voir: À la louange de sainte Julienne de Florence = Laudemus viros gloriosos 6 (CLIOS - Marianum, Rome 2000) p. 74.

[17] Voir, dans la Liturgie des Heures OSM, l'antienne du premier psaume des premières vêpres de la solennité du 19 juin (sainte Julienne).

[18] Cf. Règle de saint Augustin, nn. 22-28.

[19] Cf. LO 20.

[20] Au sujet de l'amour de sainte Julienne envers le Christ crucifié (cf. 1 Cor 2, 2), le frère Michele M. Poccianti écrit dans son Chronicon (1567) [voir dans: Monumenta OSM 12 (1911) p. 68; pour la version française, voir: À la louange de sainte Julienne de Florence = Laudemus viros gloriosos 6 (CLIOS - Marianum, Rome 2000) p. 118]: « Dans les annales on lit aussi que cette vierge très chaste nourrit une si vive dévotion à la Passion du Christ qu’après sa mort on trouva, imprimée sur sa poitrine comme un sceau, l’image du Christ crucifié. Ceci est confirmé par les anciennes représentations de Julienne que l’on peut voir encore aujourd’hui sur les autels de l’église de la Santissima Annunziata ».

SOURCE : http://www.servitesdemarie.org/fr_1078_index.php

Sainte Julienne, de l’illustre famille de Falconieri, vint au monde à Florence l’an 1270 (le Siège apostolique étant vacant pendant trois ans, Ottokar II empereur et saint Louis IX roi de France), dans un temps où ses parents, avancés en âge, ne comptaient plus avoir d’enfants.

Elle fut initiée dès son berceau à la piété et à la vertu, si bien que saint Alexis Falconieri, de l’Ordre des Servites, quand il venait voir sa famille, disait à la mère ravie : « Ce n’est pas une fille, c’est un ange que Dieu vous a donné ; Il la destine à de grandes choses. »

Les journées de la sainte enfant se passaient presque entières en pieux exercices. Sa mère y trouvant de l’excès, la grondait : « Julienne, disait-elle, si tu n’apprends pas ce que doit savoir une maîtresse de maison, je ne pourrai pas te trouver un mari. —Ne craigniez rien, ma mère, répondait finement Julienne ; quand le temps sera venu, la sainte Vierge y pourvoira. » Mais, le temps venu, Julienne refusa de se marier, et offrit à Dieu sa virginité.

Elle entra dans l’Ordre récemment fondé des Tertiaires Servites, où elle fit, sous la conduite de saint Philippe Beniti, les plus grands progrès dans la vertu ; à trente-six ans, elle était élue supérieure générale, malgré les réclamations de son humilité. Dès les commencements de sa vie religieuse, sa vie était très austère. Elle consacrait le lundi au soulagement des âmes du purgatoire, et accompagnait ses prières de rudes pénitences et de cruelles flagellations. Le mercredi et le vendredi, elle gardait un jeûne absolu, ne prenant d’autre nourriture que la sainte Eucharistie. Le samedi, elle jeûnait au pain et à l’eau en l’honneur de la très sainte Vierge, et elle passait cette journée dans la compagnie de Marie, au pied de la croix.

Le vendredi, son âme était absorbée, souvent jusqu’à l’extase, dans la méditation de la Passion du Sauveur. Après sa mort, ses religieuses furent saisies d’émotion en trouvant sur elle une ceinture de fer incrustée dans les chairs. Son divin époux ne lui ménagea ni les tentations ni les peines intérieures : « Seigneur, disait-elle un jour dans ses angoisses, que je souffre, s’il le faut, tous les tourments de l’enfer pendant toute l’éternité ; mais, de grâce, ne permettez pas que je Vous offense ! »

Le plus beau triomphe de Julienne, ce fut sa mort. Atteinte d’une grave maladie d’estomac, épuisée par des vomissements continuels, elle gémit de ne pouvoir communier ; elle supplie qu’au moins on lui montre la sainte Hostie, et, quand on lui a procuré ce bonheur, son audace d’amour va plus loin, elle prie qu’on place le corporal avec l’Hostie sur sa poitrine. Mais à peine son vœu fut-il exaucé, que l’Hostie disparaît et que Julienne, transportée d’amour, rend le dernier soupir en disant : « Mon doux Jésus ! »

C’était le 19 juillet 1340, Benoît XII étant pape, Louis V de Bavière empereur et Philippe VI roi de France.

SOURCE : http://www.cassicia.com/FR/Vie-de-sainte-Julienne-Falconieri-Fete-le-19-juin-No_501.htm

St. Juliana Falconieri

Born in 1270; died 12 June, 1341. Juliana belonged to the noble Florentine family of Falconieri. Her uncle, St. Alexis Falconieri, was one of the seven founders of the Servite Order. Through his influence she alsoconsecrated herself from her earliest youth to the religious life and the practices of Christian perfection. After her father's death she received about A.D. 1385 from St. Philip Benitius, then General of the Servites, thehabit of the Third Order, of which she became the foundress. Until her mother's death she remained in herparents' house, where she followed the rule given her by St. Philip Benitius, practicing perfect chastity, strictmortification, severe penance, zealous prayer, and works of Christian charity. After her mother's death she and several companions moved into a house of their own in 1305, which thus became the first convent of theSisters of the Third Order of Servites, Juliana remaining the superior until the end of her life. Their dress consisted of a black gown, secured by a leathern girdle, and a white veil. As the gown had short sleeves to facilitate work, people called the sisters of the new order "Mantellate". They devoted themselves especially to the care of the sick and other works of mercy, and the superioress, through her heroic deeds of charity, set a noble example to all. For thirty-five years Juliana directed the community of Servite Tertiaries. An extraordinary occurrence, mentioned in the oratio of her feast day, took place at her death. Being unable to receive Holy Communion because of constant vomiting, she requested the priest to spread a corporal upon her breast and lay the Host on it. Shortly afterwards the Host disappeared and Juliana expired, and the image of across, such as had been on the Host, was found on her breast. Immediately after her death she was honouredas a saint. The Order of Servite Tertiaries was sanctioned by Martin V in 1420. Benedict XIII granted theServites permission to celebrate the Feast of St. Juliana. Clement XII canonized her in 1737, and extended the celebration of her feast on 19 June to the entire Church. St. Juliana is usually represented in the habit of her order with a Host upon her breast.

Sources

Acta SS., III, June, 917-25; BERNARDUS, Vita della beata Giuliana Faconieri (Florence, 1681); LORENZINI, Vita di S. Giuliana Falconieri (Rome, 1738); Legenda di S. Giuliana Falconieri, con note di Agost. Morini (Florence, 1864); BATTINI, Compendio della vita di S. Giuliana Falconieri (Bologna, 1866); SOULIER, Life of St. Juliana Falconieri (London, 1898); LÉPICIER, Ste. Julienne Falconieri fondatrice des Mantelées (Brussels, 1907).

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/08556a.htm

June 19,--ST. JULIANA FALCONIERI.

JULIANA FALCONIERI Was born in answer to prayer, A.D. 1270. Her father built the splendid church of the Annunziata in Florence, while her uncle, Blessed Alexius, became one of the founders of the Servite Order. Under his care Juliana grew up, as he said, more like an angel than a human being. Such was her modesty that she never used a mirror or gazed upon the face of a man during her whole life. The mere mention of sin made her shudder and tremble, and once hearing, a scandal related she fell into a dead swoon. Her devotion to the sorrows of Our Lady drew her to the Servants of Mary; and, at the age of fourteen, she refused an offer of marriage, and received the habit from St. Philip Benizi himself. Her sanctity attracted many novices, for whose direction she was bidden to draw up a rule, and thus with reluctance she became foundress of the "Mantellate." She led a life of apostolic charity, converting sinners, reconciling enemies, and healing the sick by sucking with her own lips their ulcerous sores. She was sometimes rapt for whole days in ecstasy, and, her prayers saved. the Servite Order when it was in danger of being suppressed. She was visited in her last hour by angels in the form of white doves, and Jesus Himself, as a beautiful child, crowned her with a garland of flowers.

She wasted away through a disease of the stomach, which prevented her taking food. She bore her silent agony with constant cheerfulness, grieving only for the privation of Holy Communion.. At last, When, in her seventieth year, she had sunk to the point of death, she begged to be allowed once more to see and adore the Blessed Sacrament. It was brought to her cell, and reverently laid on a corporal, which was placed over her heart. At this moment she expired, and the Sacred Host disappeared. After her death the form of the Host was found stamped upon her heart in the exact spot over which the Blessed Sacrament had been placed. Juliana died A.D. 1340.

Reflection.--"Meditate often," says St. Paul of the Cross, "on the sorrows of the holy Mother, sorrows inseparable from those of her beloved Son. If you seek the Cross, there you will find the Mother; and where the Mother is, there also is the Son."

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ST. JULIANA FALCONIERI, V.

THE illustrious family of Falconieri, in Italy, received great honour from the sanctity of this holy virgin. Her father, Charissimus Falconieri, and his pious lady, Reguardata, were both advanced in years, and seemed to have lost all hopes of issue, when, in 1270, they were wonderfully blessed with the birth of our saint. Devoting themselves afterwards solely to the exercises of religion, they built and founded at their own expense the stately church of one Annunciation of our Lady in Florence, which, for riche and the elegance of the structure, may at this day be ranked among the wonders of the world. B. Alexins Falconieri, the only brother of Charissimus, and uncle of our saint, was, with St. Philip Beniti, one of the seven first propagators and pillars of the Order of Servites, or persons devoted to the service of God under the special patronage of the Virgin Mary. Juliana, in her infancy, seemed almost to anticipate the ordinary course of nature in the use of reason, by her early piety; and the first words she learned to pronounce were the sacred names—Jesu, Maria. Fervent prayer and mortification chiefly took up her attention at an age which seems usually scarce capable of any thing serious. Such was her angelical modesty, that she never durst lift up her eyes to look any man in the face; and so great was her horror of sin that the very name of it made her almost fall into a swoon.

In the sixteenth year of her age, despising whatever seemed not conducive to virtue, she bid adieu to all worldly thoughts and pleasures, renounced her great estate and fortune, and the better to seek the inestimable jewel of the gospel, she consecrated her virginity to God, and received from the hands of St. Philip Beniti the religious veil of the Mantellatee. The religious men among the Servites are called the first Order. St. Philip Beniti constituted his second Order, which is that of the nuns, in favour of certain devout ladies. The Mantellatae are a third Order of the Servites, and take their name from a particular kind of short sleeves which they wear, as fittest for their work. They were instituted to serve the sick, and for other offices of charity, and in the beginning were not obliged to strict inclosure. Of this third Order St. Juliana was, under the direction of St. Philip, the first plant; and as she grew up, the great reputation of her prudence and sanctity drawing to her many devout ladies who desired to follow the same institute, she was obliged to accept the charge of prioress. Though she was the spiritual mother of the rest, she made it her delight and study to serve all her sisters. She often spent whole days in prayer, and frequently received great heavenly favours. She never let slip any opportunity of performing offices of charity towards her neighbours, especially of reconciling enemies, reclaiming sinners, and serving the sick. She sucked the most nauseous ulcers of scorbutic patients and lepers; by which means the sores are cleansed without the knife, or painful pressure of the surgeon's hand, and a cure rendered more easy. By an imitation of this mortification and charity do many pious religious persons, who attend the hospitals of the poor, gain an heroic victory over themselves. St. Juliana practised incredible austerities. In her old age she was afflicted with various painful distempers, which she bore with inexpressible cheerfulness and joy. One thing afflicted her in her last sickness—that she was deprived of the comfort and happiness of uniting her soul with her divine Spouse in the sacrament of the altar, which she was not able to receive by reason that her stomach, by continually vomiting, could not retain any food. The sacred host, however, was brought into her cell, and there suddenly disappeared out of the hands of the priest. After her death, the figure of the host was found imprinted on the left side of her breast; by which prodigy it was judged that Christ had miraculously satisfied her languishing holy desire. She died in her convent, at Florence, in the year 1340, of her age seventy. Miracles have been frequently effected through her intercession, among which several have been juridically proved. Pope Benedict XIII. enrolled her name among the blessed in 1729. His successor, Clement XII., put the last hand to her canonization.¹ Her Order is propagated in Italy and Austria. See Bonanni's History of the Founders of Religious Orders, t. ii.; Giani in her life ; and Papebroke, in his Appendix, t. iii. Junij, p. 923.

(1) Bullar, Rom. t. xv. p. 141.

SOURCE : http://www.jesus-passion.com/St.Juliana.htm