lundi 11 juin 2012

Saint BARNABÉ (JOSEPH), APÔTRE


Saint Barnabé, Apôtre

Barnabé, qui était cypriote, apparaît peu après la Pentecôte dans la communauté de Jérusalem, puis à Antioche où il introduisit Saul de Tarse parmi les frères. Ils partent ensemble pour évangéliser l'Asie mineure mais, après un différend, Barnabé devait regagner Chypre. Cet homme aux vues larges a exercé un rôle capital dans l'essor missionnaire de l'Église.

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/06/11/311/-/saint-barnabe-apotre

SAINT BARNABÉ

Apôtre

(Ier siècle)

Saint Barnabé est qualifié du nom d'Apôtre, quoiqu'il ne fût pas du nombre des douze que Jésus avait choisis; on lui a donné ce titre glorieux parce que le Saint-Esprit l'avait appelé d'une manière toute spéciale et qu'il eut une grande part, de concert avec les Apôtres, dans l'établissement du christianisme. Il était Juif, de la tribu de Lévi, et natif de l'île de Chypre; son nom de Joseph lui fut changé par les Apôtres contre celui de Barnabé, qui signifie fils de consolation. Il avait été ami d'enfance de saint Paul et c'est lui qui, après l'étonnante conversion de cet Apôtre, le présenta à Pierre, le chef de l'Église.

La première mission de Barnabé fut d'aller diriger l'Église d'Antioche, où la foi prenait de grands accroissements; il vit tant de bien à faire, qu'il appela Paul à son secours, et les efforts des deux Apôtres réunis opérèrent des merveilles. Sur l'inspiration de l'Esprit-Saint, le Prince des Apôtres leur donne l'onction épiscopale, et ils s'élancent, au souffle d'en haut, vers les peuples gentils, pour les convertir. Salamine, Lystre, la Lycaonie et d'autres pays encore, entendent leur parole éloquente, sont témoins de leurs miracles et, sous leurs pas, la foi se répand avec une rapidité prodigieuse. Paul et Barnabé se séparent ensuite, pour donner plus d'extension à leur ministère.

L'île de Chypre, d'où il est originaire, était particulièrement chère à Barnabé; c'est là qu'il devait sceller de son sang la foi qu'il avait prêchée.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.



Paolo VeroneseSaint Barnabé guérissant les malades, Vers 1566,
 huile sur toile, 260 X 193, Musée des Beaux-Arts de Rouen

BENOÎT XVI



AUDIENCE GÉNÉRALE



Mercredi 31 janvier 2007


Chers frères et sœurs,

En poursuivant notre voyage parmi les figures de premier plan des origines chrétiennes, nous consacrons aujourd'hui notre attention à plusieurs collaborateurs de saint Paul. Nous devons reconnaître que l'Apôtre constitue l'exemple éloquent d'un homme ouvert à la collaboration: il ne veut pas tout faire tout seul dans l'Eglise, mais il se sert de nombreux collègues différents. Nous ne pouvons pas nous arrêter sur tous ces précieux auxiliaires, car ils sont nombreux. Il suffit de rappeler, entre autres, Epaphras (cf. Col 1, 7; 4, 12; Phm 23), Epaphrodite (cf. Ph 2, 25; 4, 18); Tychique (cf. Ac 20, 4; Ep 6, 21; Col 4, 7; 2 Tm 4, 12; Tt 3, 12), Urbain (cf. Rm 16, 9), Gaïus et Aristarque (cf. Ac 19, 29; 20, 4; 27, 2; Col 4, 10). Et des femmes comme Phébée (cf. Rm 16, 1), Tryphène et Tryphose (cf. Rm 16, 12), Persis, la mère de Rufus - dont saint Paul dit: "sa mère, qui est aussi la mienne" (cf. Rm 16, 12-13) - sans oublier des époux comme Priscille et Aquilas (cf. Rm 16, 3; 1 Co 16, 19; 2 Tm 4, 19). Aujourd'hui, parmi ce grand groupe de collaborateurs et de collaboratrices de saint Paul, nous tournons notre attention vers trois de ces personnes, qui ont joué un rôle particulièrement significatif dans l'évangélisation des origines: Barnabé, Silas et Apollos.

Barnabé signifie "homme de l'exhortation" (Ac 4, 36) ou "homme du réconfort"; il s'agit du surnom d'un juif lévite originaire de Chypre. S'étant établi à Jérusalem, il fut l'un des premiers qui embrassèrent le christianisme, après la résurrection du Seigneur. Il vendit avec une grande générosité l'un des champs qui lui appartenaient, remettant le profit aux Apôtres pour les besoins de l'Eglise (cf. Ac 4, 37). Ce fut lui qui se porta garant de la conversion de saint Paul auprès de la communauté chrétienne de Jérusalem, qui se méfiait encore de son ancien persécuteur (cf. Ac 9, 27). Envoyé à Antioche de Syrie, il alla rechercher Paul à Tarse, où celui-ci s'était retiré, et il passa une année entière avec lui, se consacrant à l'évangélisation de cette ville importante, dans l'Eglise de laquelle Barnabé était connu comme prophète et docteur (cf. Ac 13, 1). Ainsi Barnabé, au moment des premières conversions des païens, a compris qu'il s'agissait de l'heure de Saul, qui s'était retiré à Tarse, sa ville. C'est là qu'il est allé le chercher. Ainsi, en ce moment important, il a comme restitué Paul à l'Eglise; il lui a donné encore une fois, en ce sens, l'Apôtre des nations. Barnabé fut envoyé en mission avec Paul par l'Eglise d'Antioche, accomplissant ce qu'on appelle le premier voyage missionnaire de l'Apôtre. En réalité, il s'agit d'un voyage missionnaire de Barnabé, qui était le véritable responsable, et auquel Paul se joignit comme collaborateur, touchant les régions de Chypre et de l'Anatolie du centre et du sud, dans l'actuelle Turquie, et se rendant dans les villes d'Attalia, Pergé, Antioche de Pisidie, Iconium, Lystre et Derbe (cf. Ac 13, 14). Il se rendit ensuite avec Paul au Concile de Jérusalem, où, après un examen approfondi de la question, les Apôtres et les Anciens décidèrent de séparer la pratique de la circoncision de l'identité chrétienne (cf. Ac 15, 1-35). Ce n'est qu'ainsi, à la fin, qu'ils ont rendu officiellement possible l'Eglise des païens, une Eglise sans circoncision: nous sommes les fils d'Abraham simplement par notre foi dans le Christ.

Les deux, Paul et Barnabé, eurent ensuite un litige, au début du deuxième voyage missionnaire, car Barnabé était de l'idée de prendre Jean-Marc comme compagnon, alors que Paul ne voulait pas, ce jeune homme les ayant quittés au cours du précédent voyage (cf. Ac 13, 13; 15, 36-40). Entre les saints, il existe donc aussi des contrastes, des discordes, des controverses. Et cela m'apparaît très réconfortant, car nous voyons que les saints ne sont pas "tombés du ciel". Ce sont des hommes comme nous, également avec des problèmes compliqués. La sainteté ne consiste pas à ne jamais s'être trompé, à n'avoir jamais péché. La sainteté croît dans la capacité de conversion, de repentir, de disponibilité à recommencer, et surtout dans la capacité de réconciliation et de pardon. Ainsi Paul, qui avait été plutôt sec et amer à l'égard de Marc, se retrouve ensuite avec lui. Dans les dernières Lettres de saint Paul, à Philémon et dans la deuxième à Timothée, c'est précisément Marc qui apparaît comme "mon collaborateur". Ce n'est donc pas le fait de ne jamais se tromper, mais la capacité de réconciliation et de pardon qui nous rend saint. Et nous pouvons tous apprendre ce chemin de sainteté. Quoi qu'il en soit, Barnabé, avec Jean-Marc, repartit vers Chypre (cf. Ac 15, 39) autour de l'année 49. On perd ses traces à partir de ce moment-là. Tertullien lui attribue la Lettres aux Hébreux, ce qui ne manque pas de vraisemblance car, appartenant à la tribu de Lévi, Barnabé pouvait éprouver de l'intérêt pour le thème du sacerdoce. Et la Lettre aux Hébreux interprète de manière extraordinaire le sacerdoce de Jésus.

Un autre compagnon de Paul fut Silas, forme grecque d'un nom juif (peut-être sheal, "demander, invoquer", qui est la même racine que celle du nom "Saul"), dont existe également la forme latine Silvain. Le nom Silas n'est attesté que dans le Livre des Actes des Apôtres, tandis que le nom Silvain n'apparaît que dans les Epîtres de Paul. Il s'agissait d'un juif de Jérusalem, l'un des premiers à devenir chrétien, et dans cette Eglise, il jouissait d'une grande estime (cf. Ac 15, 22), étant considéré comme un prophète (cf. Ac 15, 32). Il fut chargé de rapporter "aux frères d'Antioche, de Syrie et de Cilicie" (Ac 15, 23) les décisions prises au Concile de Jérusalem et de les expliquer. De toute évidence, on le considérait capable d'opérer une sorte de médiation entre Jérusalem et Antioche, entre juifs-chrétiens et chrétiens d'origine païenne, et ainsi, de servir l'unité de l'Eglise dans la diversité des rites et des origines. Lorsque Paul se sépara de Barnabé, il prit précisément Silas comme compagnon de voyage (cf. Ac 15, 40). Avec Paul, il gagna la Macédoine (en particulier les villes de Philippe, Thessalonique et Berea), où il s'arrêta, tandis que Paul poursuivit vers Athènes, puis Corinthe. Silas le rejoignit à Corinthe, où il contribua à la prédication de l'Evangile; en effet, dans la seconde Epître adressée par Paul à cette Eglise, on parle du "Christ Jésus, que nous avons prêché parmi vous, Silvain, Timothée et moi" (2 Co 1, 19). C'est la raison pour laquelle il apparaît comme le co-expéditeur, avec Paul et Timothée, des deux Lettres aux Thessaloniciens. Cela aussi me semble important. Paul n'agit pas "en solo", en pur individu, mais avec ces collaborateurs dans le "nous" de l'Eglise. Ce "moi" de Paul n'est pas un "moi" isolé, mais un "moi" dans le "nous" de l'Eglise, dans le "nous" de la foi apostolique. Et Silvain, à la fin, est mentionné également dans la Première Epître de Pierre, dans laquelle on lit: "Je vous écris ces quelques mots par Silvain, que je tiens pour un frère fidèle" (5, 12). Ainsi, nous voyons également la communion des Apôtres. Silvain sert à Paul, il sert à Pierre, car l'Eglise est une et l'annonce missionnaire est unique.

Le troisième compagnon de Paul, dont nous voulons faire mémoire, est appelé Apollos, probable abréviation d'Apollonios ou d'Apollodore. Bien que s'agissant d'un nom païen, il était un fervent juif d'Alexandrie d'Egypte. Dans le Livre des Actes, Luc le définit comme "un homme éloquent, versé dans les Ecritures... dans la ferveur de son âme" (18, 24-25). L'entrée en scène d'Apollos dans la première évangélisation a lieu dans la ville d'Ephèse: c'est là qu'il s'était rendu pour prêcher et c'est là qu'il eut la chance de rencontrer les époux chrétiens Priscille et Aquilas (cf. Ac 18, 26), qui l'introduisirent à une connaissance plus complète de la "Voie de Dieu" (cf Ac 18, 26). D'Ephèse, il passa par l'Achaïe et arriva dans la ville de Corinthe: là il arriva portant une lettre des chrétiens d'Ephèse, qui recommandaient aux Corinthiens de lui réserver un bon accueil (cf. Ac 18, 27). A Corinthe, comme l'écrit Luc, "il fut, par l'effet de la grâce d'un grand secours aux croyants: car il réfutait vigoureusement les Juifs en public, démontrant par les Ecritures que Jésus est le Christ" (Ac 18, 27-28), le Messie. Son succès dans cette ville connut pourtant un tournant problématique, car il y eut certains membres de l'Eglise, qui en son nom, fascinés par sa façon de parler, s'opposaient aux autres (cf. 1 Co 1, 12; 3, 4-6; 4, 6). Paul, dans la Première Epître aux Corinthiens exprime son appréciation pour l'œuvre d'Apollos, mais reproche aux Corinthiens de lacérer le Corps du Christ en se divisant en factions opposées. Il tire une leçon importante de tout l'épisode: Autant moi qu'Apollos - dit-il - ne sommes autre que diakonoi, c'est-à-dire simples ministres, à travers lesquels vous êtes venus à la foi (cf. 1 Co 3, 5). Chacun a un devoir différent dans le champ du Seigneur: "Moi j'ai planté, Apollos a arrosé, mais c'est Dieu qui donnait la croissance... car nous sommes les coopérateurs de Dieu; vous êtes le champ de Dieu, l'édifice de Dieu" (1 Co 3, 6-9). De retour à Ephèse, Apollos résista à l'invitation de Paul de retourner immédiatement à Corinthe, en renvoyant le voyage à une date ultérieure que nous ignorons (cf. 1 Co 16, 12). Nous n'avons pas davantage de nouvelles de lui, même si certains chercheurs pensent à lui comme l'auteur possible de l'Epître aux Hébreux, dont, selon Tertullien, l'auteur serait Barnabé.

Ces trois hommes brillent dans le firmament des témoins de l'Evangile en vertu d'un trait commun, et non seulement en vertu de caractéristiques propres à chacun. Ils ont en commun, outre l'origine juive, le dévouement à Jésus Christ et à l'Evangile, et le fait d'avoir été tous trois collaborateurs de l'Apôtre Paul. Dans cette mission évangélisatrice originale, ils ont trouvé le sens de leur vie, et en tant que tels, ils se tiennent devant nous comme des modèles lumineux de désintérêt et de générosité. Et nous repensons, à la fin, une fois de plus à cette phrase de saint Paul: aussi bien Apollos que moi sommes tous deux ministres de Jésus, chacun à sa façon, car c'est Dieu qui fait croître. Cette parole vaut aujourd'hui encore pour tous, que ce soit pour le Pape, pour les Cardinaux, les Evêques, les prêtres, les laïcs. Nous sommes tous d'humbles ministres de Jésus. Nous servons l'Evangile pour autant que possible, selon nos dons, et nous prions Dieu afin qu'Il faisse croître aujourd'hui son Evangile, son Eglise.

***

Je salue avec joie les pèlerins francophones présents ce matin, notamment les jeunes de Montreuil sous Bois. Soyez tous des témoins de la Bonne nouvelle dont notre monde a besoin.

© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana



Saint Barnabé

Barnabé était un juif de la tribu de Lévi, né dans l’île de Chypre où une importante colonie juive s’était installée à l’époque d’Alexandre le Grand. Il reçut dans sa jeunesse une culture hellénique. Il vint à Jérusalem et fit partie de la première communauté chrétienne : « Joseph, surnommé par les apôtres Barnabé - ce qui veut dire fils de consolation - lévite originaire de Chypre, possédait un champ ; il le vendit, apporta l’argent et le déposa au pied des apôtres » (Actes des Apôtres IV 36-37). Dès lors, tout au long de ses courses apostoliques, il vécut du travail de ses mains, comme le dit saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens (IX 6).

Certaines traditions affirment que Barnabé étudia la torah à l’école de Gamaliel, à Tarse où il rencontra Saul qui devint saint Paul. Toujours est-il que c’est Barnabé qui présenta Paul à Jérusalem : « Barnabé l’ayant pris avec lui, le mena aux apôtres et leur raconta comment, sur le chemin, Saul avait vu le Seigneur qui lui avait parlé et avec quel courage il avait à Damas prêché le nom de Jésus » (Actes des Apôtres IX 27).

Les apôtres envoyèrent Barnabé à Antioche où il fit venir Paul. Ensuite, ils furent envoyés ensemble à Chypre puis en Galatie méridionale (Pergé, Antioche de Pisidie, Iconium, Lystres, Derbé) d’où ils revinrent à Antioche. Ils furent encore ensemble au concile de Jérusalem dont, avec Jude-Barsabbas et Silas, ils portèrent les décisions à Antioche. Alors que Paul partait avec Silas pour son second voyage, Barnabé, accompagné de Jean-Marc, retournait à Chypre où, d’après les traditions il mourut martyr.


Jacob Jordaens. Les Apôtres Paul et Barnabé annonçant l’Évangile à Lystra, 1645

Saint Barnabé

Apôtre - (1er siècle)

Saint Barnabé est qualifié du nom d’Apôtre, quoiqu’il ne fût pas du nombre des douze que Jésus avait choisis ; on lui a donné ce titre glorieux parce que le Saint-Esprit l’avait appelé d’une manière toute spéciale et qu’il eut une grande part, de concert avec les Apôtres, dans l’établissement du christianisme. Il était Juif, de la tribu de Lévi, et natif de l’île de Chypre ; son nom de Joseph lui fut changé par les Apôtres contre celui de Barnabé, qui signifie fils de consolation. Il avait été ami d’enfance de saint Paul et c’est lui qui, après l’étonnante conversion de cet Apôtre, le présenta à Pierre, le chef de l’Église.

La première mission de Barnabé fut d’aller diriger l’Église d’Antioche, où la foi prenait de grands accroissements ; il vit tant de bien à faire, qu’il appela Paul à son secours, et les efforts des deux Apôtres réunis opérèrent des merveilles. Sur l’inspiration de l’Esprit-Saint, le Prince des Apôtres leur donne l’onction épiscopale, et ils s’élancent, au souffle d’en haut, vers les peuples gentils, pour les convertir. Salamine, Lystre, la Lycaonie et d’autres pays encore, entendent leur parole éloquente, sont témoins de leurs miracles et, sous leurs pas, la foi se répand avec une rapidité prodigieuse. Paul et Barnabé se séparent ensuite, pour donner plus d’extension à leur ministère.

L’île de Chypre, d’où il est originaire, était particulièrement chère à Barnabé ; c’est là qu’il devait sceller de son sang la foi qu’il avait prêchée.



Saint Barnabé

disciple et compagnon de saint Paul, apôtre (1er s.)

Lévite originaire de Chypre, Barnabas, voir les Actes des Apôtres, chap 4, verset 36 et suite...

"Joseph, que les Apôtres avaient surnommé Barnabé (ce qui veut dire : l'homme du réconfort), était un lévite originaire de Chypre. Il avait une terre, il la vendit et en apporta l'argent qu'il déposa aux pieds des Apôtres." aelf

"Barnabé nous est connu par le livre des Actes des Apôtres. Juif originaire de Chypre, il est un chrétien des toutes premières communautés de l’âge apostolique. Il accepte de mettre tous ses biens à la disposition de l’Église et surtout, discernant le charisme de Paul, il a l’audace d’introduire cet ancien persécuteur de chrétiens auprès des apôtres. Envoyé par l’Église de Jérusalem à Antioche de Syrie il découvre que les païens accueillent avec joie la Bonne Nouvelle de Jésus. Associant Paul à cette annonce de l’Évangile, on peut dire que Barnabé a favorisé sa vocation missionnaire. Il participera avec lui à son premier voyage à Chypre et en Asie Mineure et témoignera avec lui à Jérusalem devant tous les responsables de l’Église des merveilles que Dieu accomplit chez les païens. Ce témoignage sera déterminant pour que l’Église accepte d’accueillir en son sein des païens sans leur imposer les obligations du judaïsme. L’un et l’autre devant avoir leur caractère, Barnabé se sépare de Paul après un différend au sujet d’un certain Jean-Marc, probablement le futur auteur de l’Évangile de Marc. Barnabé retourne alors à Chypre où la Tradition le fait mourir martyr. Bien que n’ayant pas fait partie des Douze, Barnabé, comme Paul, est honoré avec le titre d’Apôtre. Sa vie montre que, sous l’impulsion de l’Esprit Saint, l’Église est missionnaire et catholique (universelle) dès ses origines." (P.Alain Eck, Eglise en Pays d'Hérault, n°83)

(…)

Le 11 juin, mémoire de saint Barnabé, Apôtre. Cet homme de bien, rempli de l’Esprit Saint et de foi, comptait parmi les premiers fidèles de Jérusalem. Il annonça l’Évangile à Antioche, introduisit dans le groupe des frères Paul de Tarse à peine converti, et l’accompagna dans son premier voyage pour évangéliser l’Asie mineure. Il intervint au Concile de Jérusalem et, de retour à Chypre, sa patrie, il y diffusa l’Évangile.

Martyrologe romain



Saint Barnabé, apôtre

Le corps de saint Barnabé aurait été découvert à Salamine, vers 488, ce qui valut aux habitants de Chypre la reconnaissance de leur antique autocéphalie au regard du patriarche d’Antioche.

Au XVIe siècle saint Antoine-Marie Zaccaria fonda à Milan une nouvelle famille de religieux qui prirent le nom de Barnabites, de l’église de Saint-Barnabé près de laquelle ils demeuraient. Saint François de Sales les estimait beaucoup, si bien qu’il disait gracieusement que lui aussi était barnabite, c’est-à-dire fils de consolation.

La fête de saint Barnabé est entrée assez tard dans le Calendrier romain, tandis qu’elle apparaît déjà dans le calendrier de marbre de Saint-Jean-Majeur à Naples, au IXe siècle. A Rome, le nom de l’apôtre de Chypre se trouve, dès la première heure, rapproché de ceux d’Etienne et de Mathias dans la seconde section de la grande Intercession : Nobis quoque (Canon Romain). La fête est attestée à Rome au XIe siècle, et elle se développe au XIIe.

La messe manque d’unité dans sa rédaction, empruntant ses chants à d’autres fêtes plus anciennes. Les oraisons sont reprises de l’ancienne messe de la dédicace de la basilique de St Nicodème au 1er juin, fête disparue depuis.

Depuis le Code des Rubriques de 1960, c’est la seule fête de 3ème classe à avoir conservé le Credo.


Leçons des Matines avant 1960

Au premier nocturne.

Des Actes des Apôtres. Act. 13, 43 ; 14, 3

Première leçon. Quand l’assemblée se fut séparée, beaucoup de Juifs et de prosélytes servant Dieu, suivirent Paul et Barnabé qui, leur parlant, les exhortaient à persévérer dans la grâce de Dieu. Or, le sabbat suivant, presque toute la ville s’assembla pour entendre la parole de Dieu, Mais, voyant cette foule, les Juifs furent remplis de colère, et, blasphémant, ils contredisaient les paroles de Paul. Alors Paul et Barnabé dirent hardiment : C’était à vous qu’il fallait d’abord annoncer la parole de Dieu : mais puisque vous la rejetez, et que vous vous jugez indignes de la vie éternelle, voilà que nous nous tournons vers les Gentils, car le Seigneur nous ’a commandé en ces termes : Je t’ai établi la lumière des Gentils, afin que tu sois leur salut jusqu’aux extrémités de la terre.

Deuxième leçon. Ce qu’entendant, les Gentils se réjouirent, et ils glorifièrent la parole de Dieu, et tous ceux qui étaient préordonnés à la vie éternelle embrassèrent la foi. Ainsi la parole du Seigneur se répandait par toute la contrée. Mais les Juifs ayant animé les femmes dévotes et de qualité, et les principaux de la ville, excitèrent une persécution contre Paul et Barnabé, et les chassèrent du pays. Alors ceux-ci, ayant secoué contre eux la poussière de leurs pieds, vinrent à Icône. Cependant les disciples étaient remplis de joie et de l’Esprit-Saint.

Troisième leçon. Or il arriva à Icône, qu’ils entrèrent ensemble dans la synagogue, et parlèrent de telle sorte, qu’une grande multitude de Juifs et de Grecs embrassa la foi. Mais ceux des Juifs qui demeurèrent incrédules, excitèrent et irritèrent l’esprit des Gentils contre les frères. Ils demeurèrent donc là longtemps, agissant avec assurance dans le Seigneur, qui rendait témoignage à la parole de sa grâce, opérant des miracles et des prodiges par leurs mains.

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Le Lévite Barnabé, appelé aussi Joseph, fut ordonné avec Paul comme Apôtre des Gentils, pour annoncer l’Évangile de Jésus-Christ. Il vendit un champ qu’il possédait et en apporta le prix aux Apôtres. Envoyé à Antioche pour y prêcher, il y trouva un grand nombre de personnes converties à la foi du Christ. Sa joie fut grande et il les exhorta à persévérer dans la foi. Ses exhortations eurent un grand succès, parce que tous le regardaient comme un homme bon et plein de l’Esprit-Saint.

Cinquième leçon. De là il partit pour chercher Paul à Tarse, et revint à Antioche avec lui. Ils demeurèrent une année au milieu de la chrétienté de cette ville, et inculquèrent à ces hommes les préceptes de la foi et de la vie chrétienne : c’est là aussi que les adorateurs de Jésus-Christ reçurent pour la première fois le nom de Chrétiens. Or, les disciples de Paul et de Barnabé soutenaient de leurs deniers les Chrétiens de Judée et leur envoyaient des aumônes par ces deux Apôtres. Après avoir accompli ce devoir de charité, Paul et Barnabé revinrent à Antioche, accompagnés de Jean, surnommé Marc.

Sixième leçon. Pendant que Paul et Barnabé servaient le Seigneur dans l’Église d’Antioche, jeûnant et priant avec les autres prophètes et docteurs, le Saint-Esprit dit : « Séparez-moi Paul et Barnabé pour l’œuvre pour laquelle je les ai pris. » Alors ils jeûnèrent et prièrent ; puis, leur ayant imposé les mains, les laissèrent partir. Ils se rendirent donc à Séleucie et de là dans l’île de Chypre ; ils parcoururent ensuite un grand nombre de villes et de pays, prêchant l’Évangile pour le plus grand bien de ceux qui les écoutaient. En dernier lieu Barnabé se sépara de Paul et s’embarqua pour Chypre avec Jean, surnommé Marc. Ce fut là que, vers la septième année de l’empire de Néron, le trois des ides de juin, il joignit aux travaux de l’apostolat la couronne du martyre. Sous l’empire de Zénon, on découvrit son corps dans l’île de Chypre : sur sa poitrine était l’Évangile de saint Matthieu, écrit de la main de Barnabé.

Au troisième nocturne.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu.

En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Et le reste.

Homélie de saint Jean Chrysostome. Homilia 34 in Matth., post init.

Septième leçon. Après avoir banni tout souci du cœur de ses disciples, après les avoir armés du pouvoir d’opérer des miracles, après les avoir rendus étrangers à toutes les choses de ce monde, après les avoir délivrés de toute sollicitude temporelle, après les avoir faits comme de fer et de diamant, alors seulement le Sauveur leur annonce les maux auxquels ils vont être exposés. Bien des avantages résultaient de cette prédiction : premièrement, les Apôtres apprenaient ainsi à connaître la prescience extraordinaire de leur Maître ; en second lieu, nul d’entre eux ne pouvait dès lors attribuer des maux si pénibles à la faiblesse de Jésus ; de plus, ceux que ces maux devaient atteindre n’en seraient point troublés comme d’événements imprévus et inattendus ; enfin, ils étaient prémunis contre l’émotion excessive qu’ils pourraient ressentir lorsque Jésus leur en parlerait aux approches mêmes de sa passion.

Huitième leçon. Pour leur apprendre ensuite qu’il s’agit vraiment d’une guerre d’un genre nouveau, d’une bataille bien différente des batailles ordinaires, puisqu’il les envoie sans armes, avec un seul vêtement, sans chaussure, sans bâton, sans ceinture ni besace, et qu’il leur ordonne d’attendre leur nourriture des personnes qui les accueilleront, il ne se borne pas à ce qu’il vient de dire, il affirme une fois encore sa puissance inexprimable par ces paroles : Dans cette entreprise, montrez la douceur des brebis quoique vous ayez des loups à affronter ; vous ne marchez pas seulement contre des loups, mais vous allez même au milieu des loups. Avec la douceur des brebis, il veut qu’ils aient aussi la simplicité des colombes. C’est alors surtout que ma force éclatera, quand les loups seront vaincus par les brebis, lorsque celles-ci, aventurées au milieu de ces bêtes cruelles, déchirées par d’innombrables morsures, loin d’être dévorées, convertiront même leurs ennemis, en leur communiquant leur propre nature.

Neuvième leçon. Et certes, changer les sentiments de ses ennemis, transformer leurs âmes, est un prodige beaucoup plus grand, beaucoup plus admirable que de les exterminer, surtout lorsque douze hommes suffisent à cette tâche, et que la terre entière est infestée de loups. Rougissons donc, nous qui faisons l’opposé et qui, avec la rage des loups, attaquons nos ennemis. Sans nul doute, tant que nous agirons en brebis, nous vaincrons ; si nombreux que soient les loups qui nous environnent, nous en viendrons à bout et nous en triompherons ; mais, si nous-mêmes, nous devenons des loups, nous serons vaincus, car alors il nous est retiré le secours du pasteur, qui fait paître, non pas des loups, mais des brebis.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

La promulgation de l’alliance nouvelle est venue convier tous les peuples à prendre place au banquet du royaume de Dieu ; depuis lors, nous l’avons remarqué, l’Esprit sanctificateur produit les Saints, dans le cours des siècles, à des heures qui correspondent souvent aux desseins les plus profonds de l’éternelle Sagesse sur l’histoire des nations. Nous ne devons pas nous en étonner : les nations chrétiennes ayant comme nations leur rôle assigné dans l’avancement du règne de l’Homme-Dieu, cette vocation leur confère des devoirs et des droits supérieurs à la loi de nature ; l’ordre surnaturel les investit de toutes ses grandeurs, et l’Esprit-Saint préside par ses élus à leur développement comme à leur naissance. C’est à bon droit que nous admirons dans l’histoire cette providence merveilleuse agissant, à leur insu quelquefois, parmi les peuples, dominant par l’influence cachée de la sainteté des petits et des humbles l’action des puissants qui semblent conduire toutes choses au gré de leur seule volonté. Mais, entre les Saints qui nous apparaissent comme le canal des grâces destinées aux nations, il en est que la reconnaissance universelle doit oublier moins que tous les autres : ce sont les Apôtres, placés comme fondement à la base de l’édifice social chrétien [1] dont l’Évangile est la force et la loi première. L’Église veille soigneusement à écarter de ses fils le danger d’un oubli si funeste ; aucune saison liturgique n’est privée du souvenir de ces glorieux témoins du Christ. Mais depuis la consommation des mystères du salut, qui livra le monde aux conquêtes de leur zèle, leurs noms se pressent davantage encore sur les fastes sacrés ; chaque mois du Cycle emprunte son éclat, pour une part principale, au triomphe de quelqu’un d’entre eux. Le mois de juin, tout embrasé des feux récents de la Pentecôte, vit l’Esprit-Saint poser les premières assises de l’Église sur ses fondements prédestinés ; il méritait l’honneur d’être choisi pour rappeler au monde les grands noms de Pierre et de Paul, qui résument les services et la gloire du collège entier des Apôtres. Pierre proclama l’admission des gentils à la grâce de l’Évangile ; Paul fut déclaré leur Apôtre ; mais, avant même d’avoir comme il convient rendu gloire à la puissante principauté de ces deux guides du peuple chrétien, l’hommage des nations s’adresse à bon droit en ce jour au guide de Paul lui-même dans les débuts de son apostolat, au fils de consolation [2] qui présenta le converti de Damas à l’Église éprouvée parles violences de Saul le persécuteur. Le 29 juin tirera sa splendeur de la confession simultanée des deux princes des Apôtres, unis à la mort comme dans leur vie [3]. Honneur donc tout d’abord à celui qui noua dans l’origine cette union féconde, en conduisant au chef de l’Église naissante le futur docteur de la gentilité [4] ! Barnabé se présente à nous comme avant-coureur ; la fête que lui consacre l’Église, est le prélude des joies qui nous attendent à la fin de ce mois si riche en lumière et en fruits de sainteté.

Recevez, ô Barnabé, l’hommage des nations reconnaissantes. Lévite fidèle, vous veilliez près du sanctuaire figuratif des siècles de l’attente, observant l’arrivée du Seigneur Dieu [5], jusqu’à ce que la véritable arche sainte, l’humanité du Sauveur, ayant paru dans Sion, vous vous rangeâtes près d’elle aussitôt pour la défendre et la servir. Elle venait rallier tous les peuples, leur donner la vraie manne, fonder avec tous un Testament nouveau ; elle demandait aux fils de l’ancienne alliance le sacrifice des privilèges qu’ils avaient eus au temps de l’égarement des nations. Membre de la tribu favorisée entre toutes, vous eûtes promptement fait l’abandon d’un titre périmé ; allant plus loin que le précepte, on vous vit renoncer aux possessions mêmes que vous teniez de votre famille, et vous donner, vous et vos biens, à l’Église à peine née, persécutée, méconnue de la synagogue. Aussi l’Esprit-Saint, qu’on ne surpasse jamais en générosité, vous réserva-t-il l’insigne honneur de donner aux nations leur Apôtre. Saul, votre ami, aveuglé par les préjugés de la secte pharisienne, n’avait point suivi votre exemple ; et les fidèles tremblaient à son seul nom, comme à celui du plus fougueux des persécuteurs. Mais votre intercession montait silencieusement pour lui de cette terre, et s’unissait dans le ciel à la prière d’Etienne pour son meurtrier. L’heure de la grâce sonna enfin ; vous fûtes le premier dans Jérusalem à connaître son triomphe, et il ne fallut rien moins que l’autorité de votre témoignage pour faire ouvrir au récent converti les portes de l’assemblée des croyants.

Devenu près de l’Église garant du Docteur des nations, il vous appartenait de le conduire en ses premiers travaux. Quelle gloire à vous d’avoir eu Paul pour compagnon ! S’il vous manqua d’avoir été mis au nombre des douze, votre autorité fut bien celle qui se rapprocha le plus de la leur. Délégué par eux à Antioche après le baptême de Cornélius, pour prendre en mains la conduite de l’évangélisation des gentils, vous vous adjoignîtes le nouvel ouvrier ; c’est alors que la parole du salut, passant par vos lèvres, produisit des conversions si nombreuses, qu’on donna pour la première fois aux fidèles le nom de chrétiens, qui les distinguait à la fois des païens et des Juifs. L’émancipation des nations était accomplie ; et Paul, aux yeux de tous et d’après le langage de l’Esprit-Saint lui-même, n’était encore que votre disciple et votre protégé [6], Aussi l’Esprit voulut-il que l’ordination solennelle qui le constituait Apôtre des gentils, vous fût commune avec lui. Vos voies, inséparables jusque-là et quelque temps encore, n’allaient pas tarder à se diviser pour le bien d’un plus grand nombre d’âmes. L’île de Chypre, fatalement abusée par le démon de la volupté durant les siècles de l’idolâtrie, reçut plus spécialement vos soins apostoliques ; elle vous avait donné le jour : vous lui rendîtes en échange votre sang et vos sueurs, portant partout sur son territoire la sainte et purifiante lumière du Fils de Dieu.

Mais le feu de la Pentecôte qui brûlait en vous, sollicitait votre âme à des missions plus lointaines. C’est de vous-même qu’il était écrit, en même temps que de Paul : « Je t’ai établi pour être la lumière des nations et leur salut jusqu’aux extrémités de la terre » [7]. L’Italie entendit votre douce parole qui répandait la joie sainte et la consolation du Paraclet ; elle vit ce noble visage, dont la sereine majesté faisait croire aux pauvres païens qu’ils recevaient en votre personne le prince de leurs dieux, caché sous des traits humains [8]. Bergame, Brescia, d’autres villes encore, Milan surtout, vous honorent comme leur père. Du haut de votre trône d’Apôtre, ô Barnabé, gardez en elles toujours la foi que vous y avez déposée ; plus heureuses que les cités de l’île de Chypre, elles sont jusqu’ici restées fidèles. Protégez l’Ordre utile à l’Église, qui se réclame de votre puissant patronage ; que son apostolat continue le vôtre, et mérite jusqu’au dernier jour à ses membres l’estime dont les entourait saint Charles Borromée, votre glorieux successeur sur le siège de Milan. Enfin, ô père des nations, étendez votre sollicitude à la gentilité entière qui vous fut confiée par l’Esprit-Saint sans distinction de races ou de pays : qu’elle entre toute dans la voie de lumière si bien décrite par la Lettre précieuse qui porte votre nom béni [9] ; qu’elle soit pour Dieu le vrai temple dont celui de Moriah n’était que la figure [10].

[1] Eph. 11, 20.

[2] Act. IV, 36.

[3] Ant. Oct. Ap. ad Bened.

[4] Act. IX, 27.

[5] Levit. VIII, 33.

[6] Act. XI, 30 ; XII, 25 ; XIII, 1.

[7] Act. XIII, 47.

[8] Ibid. XIV, 11.

[9] Ep. cathol. S. Barnab. ap. XIX.

[10] Ibid. XVI.

[11] Act., XI, 24 : car c’était un homme vraiment bon, plein du Saint-Esprit et de foi.


Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Saint Paul attribue constamment à Barnabé le titre d’apôtre que la liturgie lui a conservé. Il s’agit d’une désignation spéciale et d’une élection de Barnabé de la part du Saint-Esprit, qui le destina avec Paul à l’évangélisation des Gentils, comme, au début, il dirigea Pierre vers les circoncis. Le Paraclet lui-même, dans les Actes des Apôtres, nous a fait l’éloge de Barnabé, l’appelant vir bonus, et plenus Spiritu Sancto et fide [11] ; et Paul, malgré la divergence momentanée de leurs vues à l’égard du disciple Marc, a toujours conservé pour son premier compagnon d’armes, Barnabé, un profond sentiment de vénération.

La vie de Barnabé, après sa séparation d’avec saint Paul, nous est presque entièrement inconnue. Il alla d’abord en Chypre avec Marc ; mais ensuite ? Quand l’Apôtre demeura deux ans prisonnier à Rome, nous trouvons saint Marc en sa compagnie. Où était son cousin, dont saint Paul avait jadis cité aux Corinthiens l’immense autorité comme associée à la sienne ? Numquid non habemus potestatem mulierem sororem circumducendi, sicut et ceteri Apostoli, et fratres Domini, et Cephas ? Aut ego solus et Barnabas non habemus potestatem hoc operandi [12]. Que savaient de Barnabé les Corinthiens, et quelle raison avait Paul de se l’associer, après un si grand nombre d’années écoulées depuis leur séparation ? Peut-être s’étaient-ils retrouvés à nouveau et Barnabé pouvait-il revendiquer, lui aussi, comme Paul, des droits sur les Corinthiens ? C’est ce qui semblerait ressortir de l’argumentation de l’Apôtre. Les anciens attribuaient en outre à Barnabé une longue épître, très vénérée par Clément d’Alexandrie et par Origène, mais dont les critiques modernes lui refusent généralement la paternité. Cependant les arguments de ces derniers ne nous semblent pas absolument convaincants, et la question demeure ouverte.

Le corps de saint Barnabé aurait été découvert à Salamine, vers 488, ce qui valut aux habitants de Chypre la reconnaissance de leur antique autocéphalie au regard du patriarche d’Antioche.

Au XVIe siècle saint Antoine-Marie Zaccaria fonda à Milan une nouvelle famille de religieux qui prirent le nom de Barnabites, de l’église de Saint-Barnabé près de laquelle ils demeuraient. Saint François de Sales les estimait beaucoup, si bien qu’il disait gracieusement que lui aussi était barnabite, c’est-à-dire fils de consolation.

La fête de saint Barnabé est entrée assez tard dans le Calendrier romain, tandis qu’elle apparaît déjà dans le calendrier de marbre de Saint-Jean-Majeur à Naples, au IXe siècle. A Rome, le nom de l’apôtre de Chypre se trouve, dès la première heure, rapproché de ceux d’Etienne et de Mathias dans la seconde section de la grande Intercession : Nobis quoque.

Le catalogue Turinois des églises de Rome au XIVe siècle mentionne, près de la Porte-Majeure, une petite église, Sancti Barnabæ de porta, desservie par un seul prêtre. Toute trace en est perdue actuellement.

La messe manque d’unité dans sa rédaction, empruntant ses chants à d’autres fêtes plus anciennes.

L’antienne pour l’introït est celle du 30 novembre. La première collecte est la suivante : « O Dieu qui nous réconfortez aujourd’hui par les mérites et l’intercession de votre bienheureux apôtre Barnabé ; accordez-nous d’obtenir à cause de lui les faveurs de votre clémence ». Tout ce que nous obtenons de Dieu est toujours l’effet de sa miséricorde ; non seulement parce que nous sommes des pécheurs indignes de ses grâces, mais aussi parce que le don du Seigneur est une effusion de son amour, et celui-ci est d’un prix tel qu’il ne supporte aucune comparaison. C’est pourquoi le Sage a pu dire : « Si dederit homo omnem substantiam domus suæ pro dilectione, quasi nihil despiciet eam » [13].

La première lecture est tirée des Actes des Apôtres (XI, 21-26, XIII, 1-3), et concerne le premier voyage de Barnabé à Antioche et son élection à l’apostolat. Barnabé devait être déjà un personnage fort considéré et de grand mérite quand les Douze le destinèrent à la mission si difficile et si importante de la diffusion de l’Évangile dans la capitale de la Syrie, Antioche. Le Saint fit d’ailleurs honneur au choix, et comme il était perspicace, il comprit immédiatement que Saul pouvait être l’homme de la situation. Il alla donc le chercher à Tarse, et l’ayant amené avec lui sur la rive de l’Oronte, l’un et l’autre surent imprimer à la communauté d’Antioche un tel esprit d’expansion et d’initiative que les disciples du Nazaréen y reçurent pour la première fois le nom qui, dès lors, à travers les siècles, devra toujours les désigner : Chrétiens.

Paul se trouvait alors en sous-ordre, si bien que, dans les Actes, il occupe la dernière place parmi les prêtres d’Antioche. Mais le Seigneur se complaît chez les humbles, et peut, de simples pierres, susciter des enfants à Abraham ; un jour de liturgie solennelle, tandis que l’assemblée vaquait aux jeûnes et à la prière, il ordonne de lui réserver Saul et Barnabé pour la grande mission à laquelle il les destinait chez les Gentils. En ce temps de foi héroïque s’était rétablie, entre la communauté des fidèles et le Saint-Esprit, l’ancienne familiarité dont Adam, dans l’Ëden, avait joui jadis avec Dieu. Le Paraclet intervenait directement dans les affaires de la communauté, au moyen de l’effusion de ses charismes. Il parlait et on lui répondait ; il ordonnait et on lui obéissait ; il instruisait et on l’écoutait.

Quand donc, à Antioche, à l’occasion des jeûnes solennels, il fit entendre sa voix : Segregate mihi Saulum et Barnabam [14], personne n’y fit d’opposition ni ne mit de retard à exécuter son commandement : les prêtres ieiunantes et orantes, imponentesque eis manus [15], — voilà les trois éléments primitifs qui accompagnent, dès les temps apostoliques, la collation de la puissance hiérarchique, — les consacrent Apôtres.

Le graduel est tiré du psaume 18, comme celui de la fête de saint Marc en dehors du temps pascal, « Leur voix se répand par toute la terre, et leurs paroles jusqu’aux extrêmes limites du monde », « Les cieux narrent la gloire de Dieu, et le firmament annonce l’œuvre de ses mains ». D’une manière figurée, ces astres qui dorent de leurs rayons le ciel de l’Église et narrent partout la gloire de Dieu, ce sont les prédicateurs du saint Évangile.

La lecture évangélique est tirée de saint Matthieu (X, 16-22). Jésus y déclare qu’il envoie ses apôtres comme des brebis au milieu des loups, non pour leur faire la guerre, mais pour que, des loups, elles fassent des agneaux. Il s’ensuit que, les brebis allant au milieu des loups, elles ne doivent pas se promettre nécessairement de conserver toujours intacte leur toison ; le corps est en péril, mais il suffit que l’âme ne périsse pas. Une grande prudence ne serait donc pas de mise ; et c’est pourquoi le Sauveur veut qu’elle soit jointe à la simplicité de la colombe. A la place de la prudence humaine, sur laquelle il ne convient pas de trop s’appuyer, Jésus répand au contraire dans ses hérauts une prudence toute divine, leur suggérant au moment voulu ce qu’ils devront répondre devant les juges dans les tribunaux ; car, de même qu’il souffre dans ses martyrs, ainsi, par leur bouche, il rend continuellement, comme il le déclarait jadis à Pilate, témoignage à la vérité.

L’offertoire est le même que pour la fête de saint Mathias, le 24-25 février.

Voici la prière avant l’anaphore : « Sanctifiez, Seigneur, ces oblations, — c’est-à-dire, faites que nous célébrions saintement le saint sacrifice, — afin que leur efficacité, jointe aux mérites de votre bienheureux apôtre Barnabé, serve à nous purifier de toute tache ».

L’antienne pour la Communion est identique à celle de saint Mathias.

Suit la collecte eucharistique : « Nous vous supplions humblement, ô Dieu tout-puissant ; par les prières de votre bienheureux apôtre Barnabé, faites qu’après nous avoir réconfortés par vos mystères, vous ayez pour agréable toute notre vie, consacrée désormais à votre service ».

Durant le temps pascal, tous les chants de la messe sont empruntés à la fête de saint Marc, le 25 avril.

Le premier geste de Barnabé, celui de se défaire de ses biens et d’en déposer la valeur aux pieds des Apôtres, fut ce qui le désigna à la mission de l’apostolat. Le héraut évangélique doit être libre de tout embarras et attache terrestre, pour que, indépendant des hommes, rendu agile comme un esprit, il montre aux autres, par sa vie même, qu’il ne cherche que les âmes. Da mihi animas, cætera tolle [16].

[12] I Cor. IX, 5-6 : N’avons-nous pas le pouvoir de mener partout avec nous une femme qui soit notre soeur en Jésus-Christ, comme font les autres apôtres, et les frères de notre Seigneur, et Céphas ? Serions-nous donc seuls, Barnabé et moi, qui n’aurions pas le pouvoir d’en user de la sorte ?

[13] Cant., VIII, 7 : Quand un homme aurait donné toutes les richesses de sa maison pour le saint amour, il les mépriserait comme s’il n’avait rien donné.

[14] Mettez-moi à part Barnabé et Saul.

[15] Après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains

[16] Gen. 14, 21 : Donnez-moi les âmes, et prenez le reste pour vous.


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Recrutons des apôtres.

1. Saint Barnabé. — Le saint appartient au cercle des Apôtres de second rang. Mais, dès l’antiquité chrétienne, on lui donnait le titre honorifique d’Apôtre. Il s’appelait Joseph et était surnommé Barnabé, c’est-à-dire le fils de la consolation. Il était issu de la tribu de Lévi. C’était un Helléniste, c’est-à-dire un Juif parlant grec et demeurant en dehors de la Palestine ; il était originaire de Chypre. Il se convertit peu de temps après la mort du Christ et fut membre de la communauté primitive de Jérusalem. Un de ses principaux mérites fut de prendre la défense de Paul converti, alors que les disciples n’avaient pas abandonné toute défiance contre l’ancien persécuteur des chrétiens. Il le conduisit aux Apôtres. Il rendit un plus grand service encore à l’Église universelle en reconnaissant, le premier, l’importance de Paul pour la cause de l’Évangile, et en allant le chercher à Tarse pour l’amener à Antioche. Ils firent ensemble le premier voyage de mission (vers 45-48 après J.-C.). Il semble bien que, tout au moins dans la première partie du voyage, Barnabé fut le chef (Act. , chap. 13-14). Barnabé était d’une stature imposante ; c’est pourquoi les habitants de Lystres voulurent voir en lui Jupiter. A l’assemblée dite concile de Jérusalem, Barnabé était présent avec Paul, (vers 50). Avant le second voyage de mission ; les deux Apôtres se séparèrent par suite de différence d’avis (au sujet de Marc) et s’en allèrent prêcher l’Évangile chacun de son côté. Barnabé s’en alla avec l’évangéliste Marc vers Chypre. Avec ce voyage, Barnabé disparaît de l’histoire apostolique et même de l’histoire en général. Tout ce que nous dit encore la Sainte Écriture, c’est que, comme Paul, il vivait du travail de ses mains (1 Cor., IX, 5-6). On ne sait rien de certain sur le lieu et la date de sa mort. Le corps du saint aurait été découvert à Salamine, vers 488. Au Canon, son nom est cité depuis l’antiquité.

2. La messe (Mihi autem). — La messe place notre saint au rang des Apôtres. A l’Introït, nous exprimons notre vénération pour « les amis du Christ et les princes » du royaume. La leçon nous raconte les débuts de Barnabé à Antioche où il fut envoyé par les Apôtres : « c’était un homme de bien, rempli du Saint-Esprit et de foi ». Dans le temps de ce premier ministère d’évangélisation, « il alla à Tarse pour amener Saul ». Dans la compagnie du nouveau converti, il passa une année entière à Antioche. On nous raconte enfin son élection et sa consécration comme apôtre « Le Saint-Esprit leur dit (aux chefs de l’Église d’Antioche) : Séparez-moi Saul et Barnabé pour l’œuvre à laquelle je les destine. Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent partir ». Au Graduel, nous voyons les saints s’en aller en mission. A l’Évangile, c’est le Seigneur lui-même qui donne ses instructions à ses missionnaires : « Je vous envoie comme des agneaux parmi les loups... » Il leur prédit le martyre. Mais, en revanche, ils sont honorés par l’Église comme des princes du royaume. Nous fêtons aujourd’hui leur accession au trône, à laquelle nous participons, dans la sainte communion, d’une manière mystérieuse.


SAINT BARNABÉ, APÔTRE

Barnabé veut dire fils de celui qui vient, ou bien fils de consolation, ou fils de prophète, ou fils qui, enserre. Quatre fois il a le titre de fils pour quatre sortes de filiation. L'écriture donne ce nom de fils, en raison de la génération, de l’instruction, de l’imitation, et de l’adoption. Or, il fut régénéré par J.-C. dans le baptême, il fut instruit dans l’évangile, il imita le Seigneur par son martyre, et il en fut adopté par la récompense céleste. Voilà pour ce qui le regarde lui-même. Voici maintenant ce qui le concerne quant aux autres : il fut arrivant, consolant, prophétisant et enserrant. Il fut arrivant, parce qu'il alla prêcher partout : ceci est clair, puisqu'il fut le compagnon de saint Paul. II consola les pauvres et les affligés, les premiers en leur portant des aumônes, les seconds en leur adressant des lettres de la part des apôtres : Il prophétisa puisqu'il fut illustre en annonçant les choses à venir; il fut enserrant, c'est-à-dire qu'il réunit et rassembla dans la foi une multitude de personnes; la preuve en est dans sa mission à Antioche. Ces quatre qualités sont indiquées dans le livre des Actes (XI). C'était un homme, mais un homme de courage, ce qui a trait à la première qualité, bon, c'est pour la seconde, plein du Saint-Esprit, voilà pour la troisième, et fidèle ou plein de foi, ceci regarde la quatrième qualité. Jean le même due Marc son cousin compila son martyre. Il en est question principalement à partir de la vision de ce Jean, jusque vers la fin. On pense que Bède le traduisit du grec en latin*.

Saint Barnabé, lévite originaire de Chypre, l’un des 72 disciples du Seigneur, est souvent mentionné avec de grands éloges dans l’histoire des Actes. Il fut admirablement formé et disposé en ce qui le regardait personnellement, par rapport à Dieu et par rapport au prochain.

I. Pour ce qui était de lui, il était bien organisé dans ses trois puissances, la rationnelle, la concupiscible et l’irascible; 1° sa puissance rationnelle était éclairée par la lumière de la connaissance : c'est pour cela qu'il est dit dans les Actes : « Il y avait, dans l’église qui était à Antioche, des prophètes et des docteurs, entre lesquels étaient Barnabé, Simon, etc. » (XIII); 2° sa puissance concupiscible était dégagée de la poussière des affections mondaines : car il est dit aux Actes (IV) que Joseph surnommé Barnabé vendit un fonds de terre qu'il possédait : il en apporta le prix et le mit aux pieds fies apôtres : c'est ici que la glose ajoute : il donne une preuve qu'il faut se dépouiller de ce à quoi il évite de toucher, et il enseigne à fouler un or qu'il met aux pieds des apôtres; 3° sa puissance irascible était appuyée sur une grande probité, soit qu'il entreprît avec ardeur des choses difficiles, soit qu'il mît de la persévérance dans des actes de courage, soit qu'il fait constant à soutenir l’adversité. Il entreprit avec ardeur des choses difficiles, cela est évident par ses travaux pour convertir cette immense cité d'Antioche, comme il est écrit au IXe chapitre des Actes : en effet saint Paul, après sa conversion; voulut venir à Jérusalem et se joindre aux disciples ; et quand tout le monde le fuyait comme les agneaux font du loup, Barnabé fut assez audacieux pour le prendre et le mener aux apôtres. Il mit de la persévérance dans ses actes de courage, en macérant son corps et en le réduisant par les jeûnes : aussi est-il dit aux Actes (XIII) de Barnabé et de quelques autres : « Pendant qu'ils rendaient leur culte au Seigneur et qu'ils jeûnaient, le Saint-Esprit leur dit : Séparez-moi Paul et Barnabé pour l’oeuvre à laquelle je les ai destinés. » Il fut constant à soutenir l’adversité d'après le témoignage que lui en rendent les apôtres en disant (Actes, XV) : « Nous avons jugé à propos de vous envoyer des personnes choisies, avec nos très chers Barnabé et Paul, hommes qui ont exposé leur vie pour le nom de N.-S. J.-C. »

II. Il fut bien formé par rapport à Dieu. Il déférait à son autorité, comme aussi à sa majesté et à sa bonté. 1° Il déférait à l’autorité de Dieu, puisqu'il ne prit pas de son chef la charge de la prédication, mais qu'il voulut la recevoir de l’autorité divine, comme il est rapporté aux Actes (XIII). Le Saint-Esprit dit : « Séparez-moi Paul et Barnabé pour l’oeuvre à laquelle je les ai destinés. » 2° Il déférait à sa majesté. On lit en effet au XIVe ch. des Actes que certaines personnes voulaient le traiter comme une majesté divine et lui immoler des victimes comme on fait à Dieu, en l’appelant Jupiter, parce qu'il paraissait le plus recommandable, et en donnant à Paul le nom de Mercure, en raison de sa prudence et de son éloquence ; aussitôt Barnabé et Paul déchirèrent leurs vêtements et s'écrièrent : « Mes amis, que voulez-vous faire? Nous sommes des hommes mortels comme vous, qui vous annonçons de quitter ces vaines idoles, pour vous convertir au Dieu vivant. » 3° Il déférait à la bonté de Dieu. En effet on trouve dans les Actes (XV) que quelques-uns des Juifs convertis voulaient rétrécir et diminuer la bonté de la grâce de Dieu, bonté qui nous sauve gratuitement indépendamment de la loi, avançant que la grâce sans la circoncision était tout à fait insuffisante; Paul et Barnabé leur résistèrent avec force, en montrant que la bonté seule de Dieu suffisait sans les pratiques commandées par la loi : en outre ils portèrent la question air tribunal des apôtres dont ils obtinrent des lettres qui proscrivaient ces erreurs.

III. Il fut admirablement disposé par rapport au prochain, puisqu'il nourrit son troupeau par sa parole, par son exemple et par ses bienfaits. 1° Par sa parole, en évangélisant avec grand soin la parole de Dieu. En effet les Actes disent (XV) : « Paul et Barnabé demeurèrent à Antioche, où ils enseignaient et annonçaient avec plusieurs autres la parole du Seigneur. » Ce qui est évident encore par cette foule immense qu'il ; convertit à Antioche ; de sorte que ce fut -là que les disciples commencèrent à être appelés chrétiens. 2° Par son exemple, puisque sa vie fut pour tous un miroir de sainteté et un modèle de religion. Dans toutes ses actions, en effet, il fut homme de coeur et religieux, intrépide, distingué par la douceur de ses moeurs, tout rempli de la grâce du Saint-Esprit et illustre en toutes sortes de vertus et en foi. Ces quatre qualités sont énumérées dans ces paroles des Actes (XV) : « Ils envoyèrent Barnabé à Antioche » ; et ailleurs (XI) : « Il les exhortait tous à demeurer dans le service du Seigneur avec un coeur ferme ; parce que c'était. un homme bon, rempli de l’Esprit-Saint et de foi. » 3° Par ses bienfaits. Or, il y a deux sortes de bienfaits, deux aumônes, d'abord, la temporelle qui consiste à donner le nécessaire, ensuite la spirituelle qui consiste à pardonner les injures. Barnabé pratiquait la première quand il porta l’aumône aux frères qui étaient à Jérusalem, d'après le XIe ch. des Actes : « Une grande famine, selon que l’avait prédit Agabus, étant survenue sous le règne de Claude, les disciples résolurent d'envoyer, chacun selon son pouvoir, quelques aumônes aux frères qui demeuraient en Judée. Ils le firent en effet, les adressant aux anciens, par les mains de Barnabé et de Paul. » Il pratiquait la seconde, puisqu'il pardonna l’injure que lui avait faite Jean surnommé Marc. Comme ce disciple avait quitté Barnabé et Paul, Barnabé ne laissa pas cependant que d'être indulgent pour lui, quand il revint avec repentir, et de le reprendre pour disciple. Paul ne le voulut pas recevoir, de là le sujet de leur séparation. En cela l’un et l’autre agissaient par des motifs et des intentions louables. Barnabé, en le reprenant, par douceur et miséricorde; Paul ne le reçut. pas par amour de la droiture. C'est pour cela que la glose dit à ce propos (Actes, XV) : « Jean avait résisté en face, tout en se montrant trop timide, alors Paul eut raison de l’éloigner de peur que la contagion du mauvais exemple de Jean ne corrompît la vertu des autres. » Cette séparation ne se fit pas par un emportement coupable, mais par l’inspiration du Saint-Esprit qui les faisait s'éloigner afin qu'ils prêchassent à plus de monde ; et c'est ce qui arriva: Car comme Barnabé était dans la ville d'Icone, Jean, son cousin, dont on vient de parler, eut une vision dans laquelle apparut un homme éclatant qui lui dit : « Jean, aie de la constance, car bientôt ce ne sera plus Jean, mais Elevé (excelsus) que tu seras appelé. » Barnabé; informé de ce prodige par son cousin, lui dit: « Garde-toi bien de révéler à personne ce que tu as vu ; car le Seigneur m’a apparu aussi cette nuit en me disant: « Barnabé, aie de la constance, car tu recevras les récompenses éternelles, « pour avoir quitté ton pays, et avoir livré ta vie pour « mon nom. » Lors donc que Paul et Barnabé eurent prêché pendant longtemps à Antioche, un ange du Seigneur apparut aussi à Paul et lui dit : « Hâte-toi d'aller à Jérusalem, car quelqu'un des frères y attend ton arrivée. » Or, Barnabé voulant aller en Chypre pour y visiter ses parents, et Paul se hâtant d'aller à Jérusalem, ils se séparèrent par l’inspiration du Saint-Esprit. Alors Paul communiqua à Barnabé ce que fange lui avait dit. Barnabé lui répondit : « Que la volonté du Seigneur soit faite ; je vais aller en Chypre, j'y finirai ma vie et je ne te verrai plus désormais. » Et comme il se jetait humblement aux pieds de Paul en pleurant, celui-ci, touché de compassion, lui dit : « Ne pleurez pas; puisque c'est la volonté du Seigneur ; il m’est aussi apparu cette nuit et m’a dit : « N'empêche pas Barnabé d'aller en Chypre; car il y éclairera beaucoup de monde et il y consommera son « martyre. » En allant donc en Chypre avec Jean, Barnabé porta avec lui l’Evangile de saint Mathieu; il le posait sur les malades, et il en guérit beaucoup par la puissance de Dieu. Sortis de Chypre, ils trouvèrent Elymas, le magicien que saint Paul avait privé de la vue pour un certain temps : il leur fit de l’opposition et les empêcha d'entrer à Paphos. Un jour Barnabé vit des hommes et des femmes nus qui couraient ainsi pour célébrer leurs fêtes. Il en fut rempli d'indignation ; il maudit le temple, et à l’instant il S'en écroula une partie qui écrasa beaucoup d'infidèles.

Enfin il vint à Salamine : ce fut là que le magicien Elymas, dont on vient de parler, excita contre lui une grande sédition. Les Juifs se saisirent donc de Barnabé qu'ils accablèrent de nombreuses injures; ils le traînèrent en toute hâte au juge de la ville pour le faire punir.

Mais quand les Juifs apprirent qu'Eusèbe, personnage important et fort puissant, de la famille de Néron, était arrivé à Salamine, ils craignirent qu'il ne leur arrachât des mains le saint apôtre, et ne le laissât aller en liberté: alors ils lui lièrent une corde au cou, le traînèrent hors de la porte de la ville où ils se hâtèrent de le briller. Enfin ces Juifs impies, n'étant pas encore rassasiés de cette cruauté, renfermèrent ses os dans un vase de plomb, pour les jeter dans la mer : mais Jean, son disciple, avec deux autres chrétiens, se leva durant la nuit, les prit et les ensevelit en secret dans une crypte où ils restèrent cachés, au rapport de Sigebert, jusqu'au temps de l’empereur Zénon et du pape Gélase, en l’année 500, qu'ils furent découverts par une révélation du saint lui-même. Le bienheureux Dorothée, dit due Barnabé, prêcha d'abord J.-C. à Rome, et fut évêque de Milan.

* Bède est ici cité à tort, on né trouve dans le Vénérable rien de cette traduction.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdcccci



Saint Barnabé est qualifié du nom d’Apôtre, quoiqu’il ne fût pas du nombre des douze que Jésus avait choisis ; on lui a donné ce titre glorieux parce que le Saint-Esprit l’avait appelé d’une manière toute spéciale et qu’il eut une grande part, de concert avec les Apôtres, dans l’établissement du Christianisme.

Il était Juif, de la tribu de Lévi, et natif de l’île de Chypre ; son nom de Joseph lui fut changé par les Apôtres contre celui de Barnabé, qui signifie fils de consolation. Il avait été ami d’enfance de saint Paul, et c’est lui qui, après l’étonnante conversion de cet Apôtre, le présenta à Pierre, le chef de l’Église.

La première mission de Barnabé fut d’aller diriger l’Église d’Antioche, où la Foi prenait de grands accroissements ; il vit tant de bien à faire, qu’il appela saint Paul à son secours, et les efforts des deux Apôtres réunis opérèrent des merveilles.

Mais un jour le Saint-Esprit Lui-même fit entendre Sa voix aux chefs de l’Église : « Séparez-Moi Paul et Barnabé pour l’œuvre à laquelle Je les ai appelés. » Après un jeûne solennel et de longues prières, ils reçoivent l’onction épiscopale et ils s’élancent, au souffle d’en-Haut, vers les peuples gentils, pour les convertir. Salamine, Paphos, Chypre, la Pamphylie, la Pisidie, Icone, Lystre, la Lycaonie et d’autres pays encore, entendent leur parole éloquente, sont témoins de leurs miracles, et sous leurs pas la Foi se répand avec une rapidité prodigieuse.

Paul et Barnabé se séparent ensuite, pour donner plus d’extension à leur ministère. L’île de Chypre, d’où il était originaire, était particulièrement chère à Barnabé ; c’est là qu’il devait sceller de son sang la Foi qu’il avait prêchée. Les Juifs de Salamine, capitale de l’île, formèrent un complot contre celui qui menaçait de rendre leurs synagogues désertes ; l’Apôtre en eut connaissance ; mais, loin de fuir, il réunit les fidèles et leur annonça les combats qu’il allait soutenir pour le Seigneur Jésus : « Je vais aller sceller de mon sang, dit-il, la vérité que je vous ai annoncée ; tenez-vous prêts à me suivre, car le loup ne s’attaque d’abord au pasteur que pour se jeter ensuite sur le troupeau. Soyez fermes dans la Foi ; je ne vous abandonnerai pas, je vous protégerai du haut du Ciel. »

Les Chrétiens fondaient en larmes, et suppliaient Barnabé de fuir ; ce fut en vain. Barnabé, fortifié par une visite du Sauveur, continue ses prédications dans la synagogue ; mais bientôt les Juifs furieux se jettent sur lui, le traînent, l’insultent et le lapident comme un blasphémateur ; son corps est enfin jeté sur un bûcher, pour qu’il n’en reste pas de traces ; mais les flammes le respectent, et les fidèles l’enlèvent de nuit et l’ensevelissent en secret. C’était environ l’an 61, saint Pierre étant pape et Néron empereur.




L'Évangile de Barnabé, à propos d'un apocryphe

Fr. Jacques JOMIER, o.p.

Cet article a été publié dans la revue Esprit & Vie, 109e année. n° 22, 18 novembre 1999

Une affaire qui est loin d'avoir livré tous ses secrets

En 1977, un texte d'évangile apocryphe avait été publié à Paris, chez Beauchesne, avec une traduction française, des notes et une étude très approfondie ; le titre de l'ouvrage en précisait le sujet : « Evangile de Barnabé, Recherches sur la composition et l'origine ».

Plutôt que de présenter simplement la recension de l'ouvrage, nous voudrions signaler ici les principales implications d'une affaire qui n'a pas fini de faire parler d'elle.

Sous sa forme actuelle, cet évangile existe seulement depuis quatre siècles. Diverses hypothèses ont été émises à son sujet. Le texte portait-il en lui la marque de positions judéo-chrétiennes des débuts de l'Eglise ? Des couches anciennes seraient-elles restées visibles dans le texte malgré les remaniements opérés par des rédacteurs successifs ? Bref nous sommes en face d'une énigme qui pourrait être nommée « l'affaire de l'Evangile selon Barnabé ». Enfin, de bons connaisseurs de l'histoire de l'Espagne après la reconquista veulent, avec raison semble-t-il, rattacher cette affaire à la littérature de résistance des morisques face à l'inquisition ; elle serait à mettre parmi les forgeries bien connues en Espagne datant de cette époque.

Mais le plus clair de son histoire est qu'il a été adopté peu à peu par la propagande musulmane et depuis une cinquantaine d'années, il est utilisé assez largement. Il sert même en France à des propagandistes pour convertir des chrétiens à l'islam.

Les débuts de l'affaire (XVIIe- XVIIIe siècles)

Il existait, dans le très haut Moyen Age, un siècle avant l'islam, un évangile de Barnabé ; ce nom figure sur plusieurs listes d'ouvrages condamnés (décret du Pseudo-Gélase, etc.). Mais seul le nom est connu ; ni le texte lui-même, ni aucun témoignage sur la doctrine qu'il enseignait ne sont parvenus jusqu'à nous.

Dix siècles plus tard, le nom réapparut et cette fois-là en liaison avec un texte précis, à forte saveur musulmane. Etait-ce celui que visait le décret du Pseudo-Gélase ? Etait-ce un tout autre ouvrage publié sous le même titre ? Les études devaient montrer que le livre actuel formait un ensemble parfaitement cohérent, ne pouvant pas avoir été rédigé avant notre Renaissance et qu'il avait été écrit en Occident. Il ne s'agissait donc pas du même texte et le « pseudo-Barnabé » n'avait aucune autorité d'évangile. Ses affirmations avaient la valeur des sources auxquelles elles avaient été empruntées.

Nous désignerons par le sigle EB l'évangile de Barnabé, par EBI le texte italien, par EBS le texte espagnol. La première version de l'EB qui avait laissé des traces est le texte espagnol. Un manuscrit (ms9653, f° 178) à la bibliothèque nationale de Madrid en parle. Cet ouvrage avait été signalé en 1977 par Louis Cardaillac, historien de l'Espagne et spécialiste des morisques. L'auteur du manuscrit, en effet, est un morisque, un de ces musulmans espagnols extérieurement convertis au christianisme après la reconquista mais gardant leur foi musulmane dans leurs cœurs. Ce texte cité signale que la venue future de Mohammad est annoncée dans l'Evangile de Barnabé, ce qui est exact.

Au début du XVIIIe siècle, la totalité de cet évangile en version italienne comme en version espagnole est vue et signalée pour la première fois. Un conseiller du roi de Prusse, P. Cramer, qui résidait à Amsterdam, avait fait l'acquisition du texte italien. En 1709, il le prêta à un érudit, humaniste unitarien, John Toland, qui fut un des premiers à en parler. Le manuscrit lui-même suivit un itinéraire qui le conduisit finalement à Vienne (Autriche) où il se trouve encore aujourd'hui à la bibliothèque nationale.

John Toland perçut immédiatement l'aspect musulman du texte de l'EBI. Il se demanda s'il ne se trouvait pas en face d'un évangile répandu en Arabie à l'époque de Mohammad. Mais avec sagesse, il jugea qu'un supplément d'enquête s'imposait avant qu'il ne soit possible de se prononcer. Il rassembla même une série de questions qu'il serait bon d'adresser aux chrétiens résidant en terre d'Islam pour faire la lumière sur plusieurs points importants. De fait, l'aspect d'érudition devait attendre le début du XX è siècle pour être vraiment abordé.

Quant à l'EBS, le texte espagnol, un orientaliste George Sale l'a eu sous les yeux. Dans l'introduction à sa célèbre traduction anglaise du Coran, publiée pour la première fois en 1734, il en parla. On apprît ainsi par lui que le prologue de l'EBS présentait le texte espagnol comme traduit à partir de l'italien. L'EBI toujours d'après ce prologue aurait été caché au Vatican ; le pape Sixte Quint (1585-1590) l'aurait conservé dans sa bibliothèque personnelle. Un religieux en visite chez lui l'aurait subtilisé et, après sa lecture, se serait converti à l'islam. Cette préface mélodramatique ajoute que le religieux en question, intrigué par un texte de saint Irénée dirigé contre saint Paul et qui alléguait l'autorité de l'Evangile selon Barnabé recherchait depuis quelques temps cet évangile. De telles allusions à l'œuvre de saint Irénée qui est à l'heure actuelle fort bien connue et ne contient rien de tel, montrent le caractère fantaisiste du récit. Le texte espagnol passa ensuite pour perdu jusqu'en 1976, date à laquelle sa présence a été signalée dans une bibliothèque de Sydney (Australie), la Fisher Library. L'exemplaire de Sydney est incomplet ; les chapitres 120 à 200 inclus manquent sur un total de deux cent vingt-deux . Une mention manuscrite sur cet exemplaire apprend que le texte avait été recopié sur celui qui avait appartenu à George Sale.

Un essai pour y voir plus clair : le travail des Ragg (1907)

Qu'il s'agisse de l'EBI ou de l'EBS, ces deux manuscrits restèrent dans l'ombre pendant des années ; la situation aurait pu durer longtemps si des polémistes musulmans ne s'étaient pas avisés d'exploiter ce nouvel évangile. Le texte complet leur était encore inconnu mais ce qu'en avait dit George Sale dans la préface de sa traduction du Coran fut mis en avant par un célèbre apologiste musulman de l'Inde.

Il est ici nécessaire d'évoquer un gros travail publié en 1992 en allemand par Christine Schirrmacher : « Mit den Waffen des Gegners » ; elle y décrit les polémiques islamo-chrétiennes en Inde et en Egypte, surtout à partir de 1850 et jusqu'à la fin du XXe siècle. Un protestant de Bâle, Karl Gottlieb Pfander, avait publié une apologie du christianisme, soigneusement composée et l'avait successivement fait traduire en plusieurs langues. Cet ouvrage critiquait l'islam ; les musulmans n'ont pas de coutume de tolérer de telles attaques, aussi répondirent-ils. En Inde, l'un d'entre eux, Rahmatullah b. Khalîl al-Kairânâwî (1818-1891) composa un livre combatif qui aujourd'hui encore est utilisé en terre d'islam. C'est dans de tels milieux que l'existence de l'évangile de Barnabé fut invoquée avant tout comme argument pour appuyer la christologie musulmane.

L'ouvrage de Christine Schirrmacher apporte beaucoup de lumière. Elle mentionne quelques auteurs qui nomment à ce moment, l'évangile de Barnabé. Leur nombre était infime ; il devait largement augmenter par la suite. Un seul musulman cite des extraits du texte.

C'est alors que dans les milieux de l'Eglise d'Ecosse et ses missions dans l'Inde se manifeste le désir d'en finir avec ce soi-disant évangile. Deux personnes de cette église, Lousdale et sa femme Laura Ragg, versés dans des études italiennes médiévales, furent chargés de l'étudier, de le publier et de le traduire en anglais. Un orientaliste connu, D.S. Margoliouth, accepta d'examiner le texte d'un point de vue critique et rédigea une introduction convaincante. Le résultat du travail parut en 1907.

Une vie de Jésus musulmane romancée

Tout était net ; il s'agissait d'une vie musulmane romancée de Jésus précédée par un prologue anti-paulinien. Le cadre était emprunté aux quatre évangiles, à la manière du Diatessaron. Les péripéties de son existence et de son ministère se déroulaient depuis l'Annonciation jusqu'à son élévation au ciel. Les déplacements à travers la terre Sainte et la Syro-Phénicie se succédaient avec en plus un « carême » au Sinaï et une pointe jusqu'à Damas. Le contenu de l'évangile était épuré de tout ce qui pouvait faire croire que Jésus était plus qu'un homme. C'est un prophète qui prêche la morale, parle de l'amour de Dieu et du prochain ; sa doctrine avait un aspect très simple avec refus de l'idolâtrie, un monothéisme absolu, le souci de pureté rituelle et les ablutions avant la prière, la circoncision, le tout gonflé par de nombreuses considérations de spiritualité.

Il était évident que l'évangile de Barnabé avait été composé après les quatre évangiles dont il dépendait ; il les pastichait de multiples façons. En outre, la doctrine générale sur le Christ, d'après Barnabé, était celle de l'islam. Le texte retenait l'affirmation de la naissance virginale de Jésus ; Jésus était né de Marie, sans le secours d'un père. Il effectuait des miracles « avec la permission de Dieu » comme l'enseigne le Coran. L'auteur reprenait des épisodes évangéliques et un point très net manifestait qu'il en dépendait entièrement.

Dès qu'il ne suit plus ses sources, il fait preuve de maladresse ; il ignore au fond la géographie de la Palestine comme l'état social et politique du pays à l'époque de Jésus. Le miracle de la tempête apaisée sur le lac de Tibériade, par exemple, est reproduit d'après les Evangiles mais aussitôt après, la barque aborde à Nazareth, comme si ce village se trouvait au bord du lac. « Arrivés à Nazareth, les marins remplirent la ville du récit de ce que Jésus avait fait » (ch.20) puis « Jésus monta à Capharnaüm » (ch21), alors qu'au contraire Capharnaüm est sur le bord du lac et Nazareth à une altitude de près de sept cents mètres plus haut.

Un relevé soigneux des principales erreurs a été donné dans l'ouvrage des Ragg. La position respective des diverses autorités politiques, romaines ou locales, le nombre même approximatif des forces armées, les invraisemblances historiques suffisent. Un autre trait prouve également le caractère bien postérieur de Barnabé ; il est classique de voir, dans un texte qui dépend d'un autre, la présence d'amplifications. Des chiffres sont repris mais augmentés. Barnabé mentionne ainsi des effectifs militaires innombrables en Palestine à l'époque du Christ. A Miçpa, trois armées de deux cent mille hommes chacune se rassemblent sous les commandements respectifs du Grand Prêtre, de Pilate et d'Hérode, tous trois montés à cheval (ch.91) ;

Ou encore dans l'Evangile de Mathieu, Jésus demande de pardonner soixante dix-sept fois ; dans Luc ce sera sept fois par jour et dans Barnabé, soixante dix-sept fois par jour (ch.88). Il suffira d'attirer l'attention sur ce point ; la démangeaison qui pousse à multiplier les chiffres se retrouve partout (voir l'Index de la réédition 1999 au mot « nombre », p. 362).

Jésus et l'histoire du salut

L'enseignement principal dans l'Evangile de Barnabé concerne le plan de salut de Dieu ; Il n'est pas question de voir Jésus annoncé par Jean-Baptiste ; ce dernier personnage n'est jamais mentionné.

Avant le chapitre 47, au milieu d'autres enseignements, Jésus profite d'un séjour au-delà du Jourdain pour raconter à ses disciples le récit de la création. On y apprend comment le nombril d'Adam est la trace d'un crachat de Satan ; ce dernier, en effet, avait craché sur la terre dont Dieu devait se servir pour façonner le premier homme et la marque en creux est restée (sic ! ch.35 et 39). Puis Adam entendit parler de Mohammad et vit en l'air une inscription brillante comme le soleil, proclamant la formule de foi musulmane : « Il n'y a qu'un seul Dieu et Mohammad est le Messager de Dieu » (ch.39).

Après leur désobéissance dont ils se repentiront, Adam et sa femme sont chassés du paradis terrestre, au milieu d'un torrent de larmes et Dieu promet que Mohammad sera envoyé à l'homme pour le tirer de sa misère (ch. 41).

Jésus n'est que le précurseur du Messie : « Je ne suis pas digne de dénouer les courroies de chaussures ni les lacets des sandales du Messager de Dieu que vous appelez le Messie. Celui-là est fait avant moi et viendra après moi » (ch. 42). Et à la samaritaine, Jésus déclare qu'il n'est pas le Messie (ch.82). Il est clair que Mohammad a le rôle principal dans l'histoire du salut et le texte rapporte le sacrifice d'Abraham en précisant bien que le fils sacrifié allait être Ismaël. Jésus affirme dès lors que la promesse à Abraham a été faite au sujet d'Ismaël et non d'Isaac (ch. 43-44). Jésus est un prophète ordinaire. Ni la rédemption, ni le croix, ni la passion ne sont conservées.

Un second ensemble d'épisodes va du ch. 47 au ch. 126 ; la grande question alors est celle de la personne de Jésus. Le ch. 47 rapporte la résurrection du fils de la veuve de Naïm. Le texte joue sur la phrase : « dieu a suscité un grand prophète parmi nous ; il a visité son peuple ». Or à Naïm, des soldats romains présents abondent dans ce sens et affirment aux habitants qu'un de leurs dieux est venu visiter son peuple. D'où la division qui semble s'étendre à toute la Palestine ; les uns déclarent que Jésus est Dieu, les autres le refusent. La tension atteint son point culminant et fait craindre une guerre civile. Des centaines de milliers de soldats se massent dans la vallée de Miçpa. Finalement, le Grand Prêtre interroge Jésus sur son identité ; celui-ci reconnaît être un homme, un simple mortel. Il confesse que Dieu n'a pas de fils car il n'en a nul besoin (ch. 95 et 96). En suite de quoi, à la demande de Pilate, le Sénat Romain alerté interdit sous peine de mort d'appeler Jésus dieu ou fils de Dieu. Le décret fut placé dans le temple en lettres de cuivre (ch.98). Finalement, la prédication des disciples parvint à convaincre les foules et tous déclarèrent qu'il y a un seul Dieu et que Jésus est le Prophète de Dieu (ch.126).

Enfin Jésus risquait d'être nommé roi. Il refusa les propositions et s'enfuit à Damas (ch. 138-139) tout en continuant à parler du Messager qui devait venir, de son intercession, etc. (ch.137).

Finalement, les Juifs complotèrent contre Jésus mais une élévation miraculeuse au ciel le fera échapper à la mort et Judas, transformé à la ressemblance de Jésus, a été crucifié à sa place (ch. 216 et suivants).

Est-il possible de dater plus précisément le texte ?

Bref, que l'évangile de Barnabé sous sa forme actuelle ait été rédigé d'après les évangiles canoniques et s'en inspire est évident. Il leur est donc postérieur. En outre, dans ses exposés de spiritualité cet évangile reproduit des thèmes qu'il serait invraisemblable de trouver avant une date tardive, mettons le milieu du Moyen Age, et en Occident. Ainsi la topographie des régions de l'enfer ou encore la division des péchés capitaux devenus péchés mortels, ou la description des phénomènes qui précéderont le Jugement dernier. Enfin, la critique des prêtres et des religieux se fait en des termes qui rappellent beaucoup plus l'anticléricalisme occidental médiéval que la vie au Proche-Orient à l'époque à l'époque de Jésus. Même la façon de parler des pharisiens remontant à l'époque d'Elie vise avant tout les religieux occidentaux de la fin du Moyen Age et de la Renaissance.

Un dernier argument nous conduit après l'an 1350. Jésus parle des temps messianiques de l'avenir et ajoute : « et l'année du jubilé qui maintenant revient tous les cent ans reviendra chaque année et en tout lieu à cause du Messie » (ch. 82).

Le jubilé était une institution juive périodique tombant tous les cinquante ans. Le jubilé tous les cent ans fut une exception dans l'église romaine lorsque fut décrétée en 1300 une année jubilaire qui aurait du se renouveler cent plus tard. Mais, dès 1350, la périodicité augmenta. Il y eut un jubilé en 1350 et ensuite tous les 25 ans. Que les années jubilaires au lieu de tomber tous les cent ans se soient multipliées, est un phénomène qui nous reporte après 1350.

L'étude des Ragg vit le jour en 1907. L'ensemble des orientalistes l'approuva. « Apocryphe incontesté », écrivit Louis Massignon dans la Revue du Monde Musulman ; « fumisterie » (Gaukelei), déclara Ignace Golziher dans ses études sur le Coran. Quant au P. Lagrange, il eut ces mots dans une recension : « c'est un curieux monument d'un étrange état d'âme ; il n'est pas aussi ennuyeux que d'autres apocryphes » (Revue Biblique, 1908, p.300.).

Du côté musulman, par contre, les arguments n'eurent aucun impact et, sauf dans quelques cas bien précis, l'engouement continua comme avant. Bien plus, le texte fut désormais entre les mains de ceux qui voulaient le consulter. Il venait d'être publié en traduction anglaise. Il fut aussitôt traduit en arabe (1908) au Caire, sous le patronage de la revue réformiste, le Manar. Ensuite, d'autres traductions furent mises en chantier, sans que jamais l'étude critique soit reproduite. Depuis lors, tous les travaux musulmans sur la christologie ou la vie de Jésus s'en inspirent. Même la simple existence de cet évangile sert à jeter la suspicion sur la fiabilité de nos évangiles : elle est mentionnée comme preuve de la véracité de ce que le Coran dit de Jésus.

Les Etudes sur Barnabé au XXe siècle

Les polémistes continuèrent à s'appuyer sur l'évangile de Barnabé, spécialement dans l'Inde et en Egypte sans que les considérations de critique textuelle entrent en ligne de compte. Christine Schirrmacher s'étend sur le sujet ;

Malgré tout, les efforts pour essayer de convaincre les interlocuteurs musulmans eux aussi ne cessèrent pas. Ce fut peine perdue mais un certain nombre d'aspects de l'affaire apparurent plus clairement. Au Pakistan, à l'occasion de rééditions de l'évangile en question, le Dr Jean Slomp, du Christian Studies center, de Rawalpindi dans les années 70, publia diverses études. Il centra son attention sur l'Inquisition de Venise, le cas des juifs convertis au christianisme en Espagne et qui, réfugiés en Italie cherchaient à retrouver leur liberté. Il s'attacha à la personne de Sixte Quint qui avait été inquisiteur, à celle de Gregorio Leti, bourgeois italien passé à la Réforme, etc. Par ailleurs, personnellement, je m'étais attaché à la question des thèmes de spiritualité caractéristiques de la fin du Moyen Age et qui apparaissaient en Barnabé.

Un pas en avant fut fait par Luigi Cirillo et Michel Frémaux qui publièrent, en 1977, texte traduction et étude sur la composition et l'origine de ce document (voir la Bibliographie à la fin). Le fait que la rédaction finale de lEB, celle que nous possédons, soit postérieure à la fin du Moyen age ne fut par remis en question mais les chercheurs s'engagèrent dans une direction nouvelle. Ils demandèrent si l'on ne pouvait pas déceler dans l'EB des couches anciennes révélatrices de positions judéo-chrétiennes primitives. Matériellement parlant, l'EB représentait une unité et il était impossible d'y distinguer des ensembles formant bloc à part. Par contre, les auteurs pensaient que la présence de certains thèmes ne pouvait pas s'expliquer par l'islam seul. Au plan des idées, elle aurait postulé une influence judéo-chrétienne.

L. Cirillo envisage au départ une source judéo-chrétienne (et cela contre Marc Philonenko) qui avait avancé l'hypothèse d'une origine qumranienne). Quelques siècles plus tard, cet écrit judéo-chrétien est incorporé dans une apologie musulmane pour former un « écrit de base ». le dernier remaniement de cet héritage porterait la marque d'un auteur de la fin du Moyen Age (XIVe siècle).

A vrai dire, comme seul le texte italien était accessible, les hypothèses s'orientèrent naturellement vers l'Italie. Qui pouvait avoir écrit la dernière rédaction ? Henri Corbin prit un vif intérêt à la question. Il préfaça la première édition de l'étude de L. Cirillo ; il imaginait volontiers « un élève de Pic de la Mirandole, un familier de l'Académie platonicienne de Florence que ses études orientales auraient conduit à compiler cet évangile pour son usage personnel ». La question reste ouverte et cette nouvelle hypothèse est loin d'avoir été admise sans réserves.

Personnellement, nous avions publié notre étude en 1960. Nous cherchions surtout à montrer que la rédaction du texte actuel de l'EB ne pouvait dater que du XVIe siècle. C'est alors que Don Emilio Garcia-Gomez émit l'idée qui devait orienter les recherches ultérieures. Pour lui, cet évangile semblait être une affaire de morisques, une forgerie qui avait la même odeur que les faux bien connus de Grenade, ces livres de plomb « retrouvés » à la fin du XVIe siècle au Sacromonte, près de la ville ;

Cette idée fut reprise par un orientaliste espagnol, Mikel de Epalza, par lui-même d'abord, puis par un de ses étudiants dont il orienta les recherches de doctorat sur cette piste à l'université d'Alicante et dont le nom était Luis E. Bernabé Pons. Pour ces deux chercheurs, le milieu musulman suffit à expliquer les traits de cette vie de Jésus ; inutile de recourir à une origine judéo-chrétienne.

Retour en Andalousie. Les faux documents de Grenade (fin du XVIe siècle)

Dans le cas des forgeries, il est toujours difficile de reconstituer ce qui s'est passé. Silence et dissimulation sont de mise. Dans le cas présent, l'on sait que des crypto musulmans, après la chute du royaume de Grenade, sont à l'origine de la « découverte » d'une série de faux documents autour de cette ville. Tout commença en 1588, lors de la destruction d'un ancien minaret qui gênait la construction d'une grande église. Un coffret de reliques fut trouvé, il se présentait comme remontant aux temps apostoliques et aux débuts de l'épiscopat en Espagne. Puis d'autres pièces furent mises au jour, notamment des plaques de plomb (appelées livres de plomb) couvertes de textes en castillan et en arabe, censés dater de l'époque des apôtres. Les autorités ecclésiastiques firent appel à des morisques pour les traduire ; mais certains se demandèrent si les auteurs des faux n'étaient pas justement ces traducteurs. Il existe plusieurs études sur ces faux. La plus accessible est encore en anglais : Thomas Kendrick, Saint James in Spain, London, 1960.

Or, parmi les livres de plomb, il s'en trouve un qui parle du « Véritable Evangile ». Ce livre intitulé : « Libro de la Historia de la Verdad del Evangelio » est édité dans le recueil Los libros Plumbeos del Sacromonte, edicion de Miguel José Hagerty, Madrid, 1980, pp. 119-130. Le texte raconte comment la Vierge Marie a confié à l'apôtre Jacques le Véritable Evangile pour qu'il l'emporte en Espagne et l'y cache. Ainsi, échappera-t-il aux altérations. Il est même donné diverses précisions, avec mention de Chypre, ce qui suggère l'idée de Barnabé. L'évangile de Barnabé lui-même enseigne que Jésus n'est pas le Messie et que Mohammad est le Messie annoncé. Cette idée est assez curieuse dans la bouche d'un musulman car le Coran dit formellement de Jésus : « son nom sera al-Masïh Isa, fils de Marie » (Coran 3,45). Mais les dernières études sur les morisques ont montré que parmi eux, pour exalter Mohammad, certains disaient que Jésus était le Messie des enfants d'Israël tandis que Mohammad était le Messie universel. Nous ne sommes plus bien loin de Barnabé.

Finalement, cette dernière attitude reviendrait à voir dans ce texte un faux évangile destiné à renforcer dans leur foi les crypto-musulmans. En réalité, la préparation de toute cette affaire prit du temps. L'expulsion des morisques en 1609 survint avant que tout ne soit au point. Désormais, l'évangile selon Barnabé ne présentait plus le même intérêt, pour les morisques revenus en terre musulmane et qui n'avaient plus à vivre en dissimulant leur foi.

Il fallut attendre le XIXe et surtout le XXe siècle pour que cet apocryphe retrouve son intérêt pour la propagande musulmane. Il ne l'avait d'ailleurs jamais vraiment perdu et en 1908, dans sa recension du livre des Ragg, le P. Lagrange le notait bien lorsqu'il présentait : « Un ouvrage qui connaît très bien les évangiles et même la Vulgate et qui se sert de la prédication de Jésus pour faire de la propagande en faveur de Mahomet » (Revue Biblique, 1908, p. 300).

Il reste une question : en quelle langue a été écrit le texte original de cet évangile. L'idée qu'il y aurait eu au point de départ un texte arabe est abandonnée car il n'y a vraiment aucune trace de tournure arabe dans le style. Quant à croire l'exemplaire espagnol traduit sur l'italien comme l'affirme l'EBS, les derniers chercheurs ne le pensent pas. Pour eux, l'espagnol est le texte premier mais l'histoire d'un original italien a été inventée pour justifier sa découverte au Vatican et lui donner plus d'autorité. Un fait est certain : la rédaction actuelle EBS ou EBI date au plus tôt du XVIe siècle. Elle n'a aucune autorité d'évangile. La traduction italienne porte des marques qui suggèrent que ce dernier travail a été fait en Turquie dans les milieux de morisques réfugiés (type de la reliure, notes en arabes écrites en graphie orientale).

Au fond, il semble bien que, pour beaucoup de musulmans, le fait que les chrétiens soient gênés par l'évangile selon Barnabé est la vraie raison de le prendre au sérieux. Ensuite, sa doctrine, sauf pour la question du Messie, est conforme au Coran (ce qui est normal car il s'en inspire).

Enfin le caractère de Messie accordé au Christ n'a guère d'importance dans le patrimoine musulman. C'est un titre d'honneur général qui ne comporte pas les implications historiques que nous lui connaissons dans l'histoire du judaïsme.

De plus, les traductions arabes ont évité de rendre messie par le mot normal al-masîh mais, en général, ont simplement transcrit en arabe les lettres du mot anglais ou italien.

Souhaitons pourtant qu'un jour nous puissions nous entendre car dialogue ou rencontres n'aboutissent que dans la clarté et la vérité.

Jacques Jomier, o.p.

Bibliographie sommaire

Outre les titres mentionnés au cours de cet article, les ouvrages principaux pour prendre connaissance de cette affaire sont :

- Lonsdale et Laura RAGG, The Cospel of Barnabas, Oxford, Clarendon Press, 1907.

- Christine SCHIRRMACHER, Mit den Waffen des Gegners, Klaus Schwarz Verlag, Berlin, 1992.

- Luigi CIRILLO et Michel FREMAUX, Evangile de Barnabé, avec préface d'Henri Corbin (Recherches sur la composition et l'origine, texte italien et traduction française avec notes et index), Paris, Beauchesne, 1977. Réédition partielle (texte et traduction de l'évangile, avec appareil d'érudition allégé et sans la longue étude), Paris, Beauchesne, 1999.

Cette nouvelle édition contient en appendice deux notes, l'une sur J. Toland et la découverte de l'EBV ((pp. 321-324), l'autre décrivant l'EBV en 1715 (pp. 325-326). En outre, Index des citations de l'Ancien Testament, du Nouveau, des lieux parallèles EBV-Coran (pp. 327-335), Index des mots et thèmes principaux de l'EBV (pp. 337-362) qui en facilitent beaucoup l'utilisation.

- Luis F. BERNABE PONS, El texto morisco del Evangelio de San Barnabé, Granada, Universidad de Granada, Instituto de cultura Juan Gil-Albert, 1998.

D'après le ms. de Sydney. Les ch. 120-199 ont été traduits sur le texte italien de Vienne. Le texte est précédé d'une précieuse étude en espagnol.

- Maurice BORRMANS, Jésus et les Musulmans d'aujourd'hui, Collection « Jésus et Jésus-Christ » dirigée par Joseph Doré, Institut Catholique de Paris, n° 69, Paris Desclée, 1996. Cette étude bien plus générale aidera à remettre Barnabé dans son cadre musulman. Voir en particulier les pp. 87-88 et les notes correspondantes p. 114, notes 20 à 27.

Ces notes nous dispenserons de reproduire la bibliographie qui s'y trouve, avec spécialement les renvois aux travaux de Jan SLOMP, Mikel de EPALZA et Jacques JOMIER.

1 Epuisé, ce livre a été réédité sur la demande des éditions Beauchesne (juin 1999) avec le fac-similé du manuscrit original italien, toujours accompagné de la traduction française ; en revanche, l'appareil d'érudition a été considérablement allégé.

SOURCE : http://biblio.domuni.org/articlesbible/barnabe/index.htm



BARNABÉ, nommé d'abord Joseph, était de la tribu de Lévi et natif de Chypre. Il fut créé apôtre des gentils avec Paul, et écrivit en faveur de l'établissement de l'Eglise une épître qui est rangée au nombre des livres apocryphes. Après s'être séparé de Paul pour suivre le disciple Jean-Marc, il n'en remplit pas moins la mission qui lui était imposée de prêcher l'Evangile.

Saint JÉRÔME. Tableau des écrivains ecclésiastiques, ou Livre des hommes illustres.



BENEDICT XVI



GENERAL AUDIENCE



Wednesday, 31 January 2007



Barnabas, Silas (also called Silvanus), and Apollos



Dear Brothers and Sisters,

Continuing our journey among the protagonists who were the first to spread Christianity, today let us turn our attention to some of St Paul's other collaborators. We must recognize that the Apostle is an eloquent example of a man open to collaboration: he did not want to do everything in the Church on his own but availed himself of many and very different colleagues.

We cannot reflect on all these precious assistants because they were numerous. It suffices to recall among the others, Epaphras (cf. Col 1: 7; 4: 12; Phlm 23); Epaphroditus (cf. Phil 2: 25; 4: 18), Tychicus (cf. Acts 20: 4; Eph 6: 21; Col 4: 7; II Tm 4: 12; Ti 3: 12), Urbanus (cf. Rm 16: 9), Gaius and Aristarchus (cf. Acts 19: 29; 20: 4; 27: 2; Col 4: 10). And women such as Phoebe, (Rom 16: 1), Tryphaena and Tryphosa (cf. Rom 16: 12), Persis, the mother of Rufus, whom Paul called "his mother and mine" (cf. Rom 16: 12-13), not to mention married couples such as Prisca and Aquila (cf. Rom 16: 3; I Cor 16: 19; II Tm 4: 19).

Among this great array of St Paul's male and female collaborators, let us focus today on three of these people who played a particularly significant role in the initial evangelization: Barnabas, Silas, and Apollos.

Barnabas means "son of encouragement" (Acts 4: 36) or "son of consolation". He was a Levite Jew, a native of Cyprus, and this was his nickname. Having settled in Jerusalem, he was one of the first to embrace Christianity after the Lord's Resurrection. With immense generosity, he sold a field which belonged to him, and gave the money to the Apostles for the Church's needs (Acts 4: 37).

It was he who vouched for the sincerity of Saul's conversion before the Jerusalem community that still feared its former persecutor (cf. Acts 9: 27).

Sent to Antioch in Syria, he went to meet Paul in Tarsus, where he had withdrawn, and spent a whole year with him there, dedicated to the evangelization of that important city in whose Church Barnabas was known as a prophet and teacher (cf. Acts 13: 1).

At the time of the first conversions of the Gentiles, therefore, Barnabas realized that Saul's hour had come. As Paul had retired to his native town of Tarsus, he went there to look for him. Thus, at that important moment, Barnabas, as it were, restored Paul to the Church; in this sense he gave back to her the Apostle to the Gentiles.

The Church of Antioch sent Barnabas on a mission with Paul, which became known as the Apostle's first missionary journey. In fact, it was Barnabas' missionary voyage since it was he who was really in charge of it and Paul had joined him as a collaborator, visiting the regions of Cyprus and Central and Southern Anatolia in present-day Turkey, with the cities of Attalia, Perga, Antioch of Pisidia, Iconium, Lystra and Derbe (cf. Acts 13-14).

Together with Paul, he then went to the so-called Council of Jerusalem where after a profound examination of the question, the Apostles with the Elders decided to discontinue the practice of circumcision so that it was no longer a feature of the Christian identity (cf. Acts 15: 1-35). It was only in this way that, in the end, they officially made possible the Church of the Gentiles, a Church without circumcision; we are children of Abraham simply through faith in Christ.

The two, Paul and Barnabas, disagreed at the beginning of the second missionary journey because Barnabas was determined to take with them as a companion John called Mark, whereas Paul was against it, since the young man had deserted them during their previous journey (cf. Acts 13: 13; 15: 36-40).

Hence there are also disputes, disagreements and controversies among saints. And I find this very comforting, because we see that the saints have not "fallen from Heaven". They are people like us, who also have complicated problems.

Holiness does not consist in never having erred or sinned. Holiness increases the capacity for conversion, for repentance, for willingness to start again and, especially, for reconciliation and forgiveness.

So it was that Paul, who had been somewhat harsh and bitter with regard to Mark, in the end found himself with him once again. In St Paul's last Letters, to Philemon and in his Second Letter to Timothy, Mark actually appears as one of his "fellow workers".

Consequently, it is not the fact that we have never erred but our capacity for reconciliation and forgiveness which makes us saints. And we can all learn this way of holiness. In any case, Barnabas, together with John Mark, returned to Cyprus (Acts 15: 39) in about the year 49. From that moment we lose track of him. Tertullian attributes to him the Letter to the Hebrews. This is not improbable. Since he belonged to the tribe of Levi, Barnabas may have been interested in the topic of the priesthood; and the Letter to the Hebrews interprets Jesus' priesthood for us in an extraordinary way.

Silas was another of Paul's companions. "Silas" is a Greek form of a Jewish name (perhaps sheal, "to ask, to invoke", which has the same root as the name "Saul"); from which the Latin form Sylvanus also derives. The name Silas is attested to only in the Book of Acts, while the name "Silvanus" appears only in the Pauline Letters. He was a Jew from Jerusalem, one of the first to become a Christian, and he enjoyed high esteem in that Church (cf. Acts 15: 22), since he was considered a prophet (cf. Acts 15: 32).

He was charged to inform "the brethren who are of the Gentiles in Antioch and Syria and Cilicia" (Acts 15: 23) of the decisions taken at the Council of Jerusalem and to explain them. Evidently he was considered capable of bringing about a sort of mediation between Jerusalem and Antioch, between Jewish-Christians and Christians of pagan origin and thereby of serving the unity of the Church in the diversity of rites and origins.

When Paul separated from Barnabas he took Silas with him as his new travelling companion (Acts 15: 40). With Paul, he reached Macedonia (and the cities of Philippi, Thessalonica and Beroea), where he stopped, while Paul went on to Athens and then to Corinth.

Silas joined him in Corinth, where he cooperated in preaching the Gospel; indeed, in the Second Letter that Paul addressed to that Church, he spoke of "Jesus Christ, whom we preached among you, Silvanus and Timothy and I" (II Cor 1: 19). This explains how he came to be the joint author, together with Paul and Timothy, of the two Letters to the Thessalonians.

This also seems important to me. Paul does not act as a "soloist", on his own, but together with these collaborators in the "we" of the Church. This "I" of Paul is not an isolated "I" but an "I" in the "we" of the Church, in the "we" of the apostolic faith. And later, Silvanus is also mentioned in the First Letter of Peter, in which we read: "I have written [briefly] to you... by Silvanus, a faithful brother" (5: 12). Thus, we also see the communion of the Apostles. Silvanus serves Paul and he serves Peter, because the Church is one and the missionary proclamation is one.

Paul's third companion, whom we want to recall is Apollos. This name is probably an abbreviation of Apollonius or Apollodorus. Although this is a pagan name, he was a fervent Jew from Alexandria, Egypt. Luke, in his book, the Acts of the Apostles, describes him as "an eloquent man, well versed in the Scriptures... fervent in spirit" (18: 24-25).

Apollos' entry on the scene of the first evangelization took place in the city of Ephesus. He had gone there to preach and had the good fortune to come across the Christian couple, Priscilla and Aquila, who introduced him to a fuller knowledge of the "way of God" (cf. Acts 18: 26).

From Ephesus he went to Achaia and reached the city of Corinth: where he arrived with a letter of recommendation from the Christians of Ephesus, in which they charged the Corinthians to give him a good welcome (cf. Acts 18: 27). In Corinth, as Luke wrote: "he greatly helped those who through grace had believed, for he powerfully confuted the Jews in public, showing by the Scriptures that the Christ was Jesus" (Acts 18: 27-28), the Messiah.

His success in that city, however had a problematic sequence since there were certain members of that Church who, fascinated by his way of speaking, opposed the others in his name (cf. I Cor 1: 12; 3: 4-6; 4: 6).

In his First Letter to the Corinthians, Paul expressed his appreciation of Apollos' work, but reprimanded the Corinthians for wounding the Body of Christ by splitting it into opposing factions. From this whole affair he drew an important teaching: Be it I or Apollos, he says, we are none other than diakonoi, that is, simple ministers, through whom you have come to the faith (cf. I Cor 3: 5).

Everyone has a different task in the field of the Lord: "I planted, Apollos watered, but God gave the growth.... we are God's fellow workers; you are God's field, God's building" (I Cor 3: 6-9).

After returning to Ephesus, Apollos resisted Paul's invitation to return to Corinth immediately, postponing the journey to a later date of which we know nothing (cf. I Cor 16: 12). We have no further information about him, even though some scholars believe he is a possible author of the Letter to the Hebrews which Tertullian believed Barnabas had written.

These three men shine in the firmament of Gospel witnesses as they are distinguished by one common feature as well as by individual characteristics. They had in common, in addition to their Jewish origin, their dedication to Jesus Christ and the Gospel, besides the fact that all three were collaborators of the Apostle Paul.

In this original evangelizing mission they found their purpose in life and as such stand before us as shining examples of selflessness and generosity.

Moreover, let us think again of St Paul's phrase: both Apollos and I are servants of Jesus, each one in his own way because it is God who gives the growth. These words also apply to us today, to the Pope, the Cardinals, Bishops, priests and laity. We are all humble ministers of Jesus. We serve the Gospel as best we can, in accordance with our talents, and we pray God to make his Gospel, his Church, increase in our day.


* * *

To special groups

I welcome the English-speaking visitors present at today's Audience, including the students and Professors from the Minsk State University. May your visit to Rome strengthen your commitment to be generous witnesses to Christ's love and truth. Upon you all, I invoke God's blessings of joy and peace!

Lastly, my thoughts go to the young people, the sick and the newly-weds. Today the liturgy commemorates St John Bosco, father and teacher of the young to whom he proclaimed the Gospel with tireless zeal. May his example encourage you, dear young people, to live your Christian vocation authentically; may it help you, dear sick people, to offer up your suffering in union with Christ's for the salvation of humanity; may it sustain you, dear newly-weds in your reciprocal commitment to building your family faithful to the love of God and neighbour.

© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

Hans Vredeman de Vries (1527–1607) et Gillis Mostaert (I) (1528 –1598), Le Sacrifice à Lystre, 1567,
 tempera sur panneau,  79 X 112, Bremen, Paula Modersohn-Becker Museum

St. Barnabas

St. Barnabas was one of the Seventy Apostles and the companion of the Apostle Paul on some of his missionary voyages. A Jew, born in Cyprus and named Joseph, he sold his property, gave the proceeds to the Apostles, who gave him the name Barnabas (“son of consolation”) because he was gifted at comforting people’s souls. He lived in common with the earliest converts to Christianity in Jerusalem.

He persuaded the community there to accept Paul as a disciple, was sent to Antioch, Syria, to look into the community there, and brought Paul there from Tarsus. With Paul he brought Antioch’s donation to the Jerusalem community during a famine, and returned to Antioch with John Mark, his cousin. The three went on a missionary journey to Cyprus, Perga (when John Mark went to Jerusalem), and Antioch in Pisidia, where they were so violently opposed by the Jews that they decided to preach to the pagans.

Then they went on to Iconium and Lystra in Lycaonia, where they were first acclaimed gods and then stoned out of the city, and then returned to Antioch in Syria. When a dispute arose regarding the observance of the Jewish rites, Paul and Barnabas went to Jerusalem, where, at a council, it was decided that pagans did not have to be circumcised to be baptized.

On their return to Antioch, Barnabas wanted to take John Mark on another visitation to the cities where they had preached, but Paul objected because of John Mark’s desertion of them in Perga. Paul and Barnabas parted, and Barnabas returned to Cyprus with Mark; nothing further is heard of him, though it is believed his rift with Paul was ultimately healed.

Tradition has Barnabas preaching in Alexandria and Rome, the founder of the Cypriote Church, and has him stoned to death at Salamis about the year 61. His feast day is June 11.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-barnabas/


Ambrosius Francken (I) (circa 1544/1545–1618). Paul and Barnabas  élus Apôtre par l’Esprit Saint, 
XVIIe siècle, huile sur toile, 255,2 X 116, 5, Royal Museum of Fine Arts Antwerp

St. Barnabas

Barnabas (originally Joseph), styled an Apostle in Holy Scripture, and, like St. Paul, ranked by the Church with the Twelve, though not one of them; b. of Jewish parents in the Island of Cyprus about the beginning of theChristian Era. A Levite, he naturally spent much time in Jerusalem, probably even before the Crucifixion of Our Lord, and appears also to have settled there (where his relatives, the family of Mark the Evangelist, likewise had their homes — Acts 12:12) and to have owned land in its vicinity (4:36-37). A rather late traditionrecorded by Clement of Alexandria (Stromata II.20) and Eusebius (Church History II.1) says that he was one of the seventy Disciples; but Acts (4:36-37) favours the opinion that he was converted to Christianity shortly after Pentecost (about A.D. 29 or 30) and immediately sold his property and devoted the proceeds to theChurch. The Apostles, probably because of his success as a preacher, for he is later placed first among the prophets and doctors of Antioch (xiii, 1), surnamed him Barnabas, a name then interpreted as meaning "son of exhortation" or "consolation". (The real etymology, however, is disputed. See Encyl. Bibli., I, col. 484.) Though nothing is recorded of Barnabas for some years, he evidently acquired during this period a high position in the Church.


When Saul the persecutor, later Paul the Apostle, made his first visit (dated variously from A.D. 33 to 38) toJerusalem after his conversion, the Church there, remembering his former fierce spirit, was slow to believe in the reality of his conversion. Barnabas stood sponsor for him and had him received by the Apostles, as theActs relate (9:27), though he saw only Peter and James, the brother of the Lord, according to Paul himself (Galatians 1:18-19). Saul went to his house at Tarsus to live in obscurity for some years, while Barnabasappears to have remained at Jerusalem. The event that brought them together again and opened to both the door to their lifework was an indirect result of Saul's own persecution. In the dispersion that followedStephen's death, some Disciples from Cyprus and Cyrene, obscure men, inaugurated the real mission of theChristian Church by preaching to the Gentiles. They met with great success among the Greeks at Antioch inSyria, reports of which coming to the ears of the Apostles, Barnabas was sent thither by them to investigate the work of his countrymen. He saw in the conversions effected the fruit of God's grace and, though a Jew, heartily welcomed these first Gentile converts. His mind was opened at once to the possibility of this immense field. It is a proof how deeply impressed Barnabas had been by Paul that he thought of him immediately for this work, set out without delay for distant Tarsus, and persuaded Paul to go to Antioch and begin the work of preaching. This incident, shedding light on the character of each, shows it was no mere accident that led them to the Gentile field. Together they laboured at Antioch for a whole year and "taught a great multitude". Then, on the coming of famine, by which Jerusalem was much afflicted, the offerings of the Disciples at Antioch were carried (about A.D. 45) to the mother-church by Barnabas and Saul (Acts 11). Their mission ended, they returned to Antioch, bringing with them the cousin, or nephew of Barnabas (Colossians 4:10), John Mark, the future Evangelist (Acts 12:25).

The time was now ripe, it was believed, for more systematic labours, and the Church of Antioch felt inspiredby the Holy Ghost to send out missionaries to the Gentile world and to designate for the work Barnabas andPaul. They accordingly departed, after the imposition of hands, with John Mark as helper. Cyprus, the native land of Barnabas, was first evangelized, and then they crossed over to Asia Minor. Here, at Perge in Pamphylia, the first stopping place, John Mark left them, for what reason his friend St. Luke does not state, though Paul looked on the act as desertion. The two Apostles, however, pushing into the interior of a rather wild country, preached at Antioch of Pisidia, Iconium, Lystra, at Derbe, and other cities. At every step they met with opposition and even violent persecution from the Jews, who also incited the Gentiles against them. The most striking incident of the journey was at Lystra, where the superstitious populace took Paul, who had just cured a lame man, for Hermes (Mercury) "because he was the chief speaker", and Barnabas for Jupiter, and were about to sacrifice a bull to them when prevented by the Apostles. Mob-like, they were soon persuaded by the Jews to turn and attack the Apostles and wounded St. Paul almost fatally. Despite opposition and persecution, Paul and Barnabas made many converts on this journey and returned by the same route to Perge, organizing churches, ordaining presbyters and placing them over the faithful, so that they felt, on again reaching Antioch in Syria, that God had "opened a door of faith to the Gentiles" (Acts 13:13-14:27;see article SAINT PAUL).

Barnabas and Paul had been "for no small time" at Antioch, when they were threatened with the undoing of their work and the stopping of its further progress. Preachers came from Jerusalem with the gospel thatcircumcision was necessary for salvation, even for the Gentiles. The Apostles of the Gentiles, perceiving at once that this doctrine would be fatal to their work, went up to Jerusalem to combat it; the older Apostlesreceived them kindly and at what is called the Council of Jerusalem (dated variously from A.D. 47 to 51) granted a decision in their favour as well as a hearty commendation of their work (Acts 14:27-15:30; see articles COUNCIL OF JERUSALEM; SAINT PETER). On their return to Antioch, they resumed their preaching for a short time. St. Peter came down and associated freely there with the Gentiles, eating with them. This displeased some disciples of James; in their opinion, Peter's act was unlawful, as against the Mosaic law. Upon their remonstrances, Peter yielded apparently through fear of displeasing them, and refused to eat any longer with the Gentiles. Barnabas followed his example. Paul considered that they "walked not uprightly according to the truth of the gospel" and upbraided them before the whole church (Galatians 2:11-15). Paulseems to have carried his point. Shortly afterwards, he and Barnabas decided to revisit their missions.Barnabas wished to take John Mark along once more, but on account of the previous defection Paul objected. A sharp contention ensuing, the Apostles agreed to separate. Paul was probably somewhat influenced by the attitude recently taken by Barnabas, which might prove a prejudice to their work. Barnabas sailed with John Mark to Cyprus, while Paul took Silas an revisited the churches of Asia Minor. It is believed by some that thechurch of Antioch, by its God-speed to Paul, showed its approval of his attitude; this inference, however, is not certain (Acts 15:35-41).

Little is known of the subsequent career of Barnabas. He was still living and labouring as an Apostle in 56 or 57, when Paul wrote First Corinthians (9:5-6). from which we learn that he, too, like Paul, earned his own living, though on an equality with other Apostles. The reference indicates also that the friendship between the two was unimpaired. When Paul was a prisoner in Rome (61-63), John Mark was attached to him as a disciple, which is regarded as an indication that Barnabas was no longer living (Colossians 4:10). This seems probable.

Various traditions represent him as the first Bishop of Milan, as preaching at Alexandria and at Rome, whose fourth (?) bishop, St. Clement, he is said to have converted, and as having suffered martyrdom in Cyprus. Thetraditions are all late and untrustworthy.

With the exception of St. Paul and certain of the Twelve, Barnabas appears to have been the most esteemedman of the first Christian generation. St. Luke, breaking his habit of reserve, speaks of him with affection, "for he was a good man, full of the Holy Ghost and of Faith". His title to glory comes not only from his kindliness of heart, his personal sanctity, and his missionary labours, but also from his readiness to lay aside his Jewishprejudices, in this anticipating certain of the Twelve; from his large-hearted welcome of the Gentiles, and from his early perception of Paul's worth, to which the Christian Church is indebted, in large part at least, for its great Apostle. His tenderness towards John Mark seems to have had its reward in the valuable services later rendered by him to the Church.

The feast of St. Barnabas is celebrated on 11 June. He is credited by Tertullian (probably falsely) with the authorship of the Epistle to the Hebrews, and the so-called Epistle of Barnabas is ascribed to him by many Fathers.


Fenlon, John Francis. "St. Barnabas." The Catholic Encyclopedia. Vol. 2. New York: Robert Appleton Company, 1907. 10 Jun. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/02300a.htm>.


Transcription. This article was transcribed for New Advent by Janet Grayson.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. 1907. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.


ST. BARNABAS, APOSTLE.

WE read that in the first days of the Church, " the multitude of believers had but one heart and one soul; neither did any one say that aught of the things which he possessed was his own." Of this fervent company, one only is singled out by name, Joseph, a rich Levite, from Cyprus. "He having land sold it, and brought the price and laid it at the feet of the Apostles." They now gave him a new name, Barnabas, the son of consolation. " He was a good man, full of the Holy Ghost and of faith," and was soon chosen for an important mission to the rapidly-growing Church of Antioch. Here he perceived the great work which was to be done among the Greeks, so hastened to fetch St. Paul from his retirement at Tarsus. It was at Antioch that the two Saints were called to the apostolate of the Gentiles, and hence they set out together to Cyprus and the cities of Asia Minor. Their preaching struck men with amazement, and some cried out, " The gods are come down to us in the likeness of men" calling Paul Mercury, and Barnabas Jupiter. The Saints travelled together to the Council of Jerusalem but shortly after this they parted. When Agabus prophesied a great famine, Barnabas, no longer rich, was chosen by the faithful at Antioch as most fit to bear, with St. Paul, their generous offerings to the Church of Jerusalem. The gentle Barnabas, keeping with him John, surnamed Mark, whom St. Paul distrusted,took himself to Cyprus, where the sacred history leaves him; and here, at a later period, he won his martyr's crown.

REFLECTION.C St. Barnabas's life is full of suggestions to us who live in days when once more the abundant alms of the faithful are sorely needed by the whole Church, from the Sovereign Pontiff to the poor children in our streets.

SOURCE : http://jesus-passion.com/Saint_Barnabas.htm



Guercino (1591–1666). Martyr de Saint Barnabé. V.1643, 
encre sur papier, 30.5 X 19.7, National Museum in Warsaw


June 11

St. Barnabas, Apostle

ST. BARNABAS, though not of the number of the twelve chosen by Christ, is nevertheless styled an apostle by the primitive fathers, and by St. Luke himself. 1 His singular vocation by the Holy Ghost, and the great share he had in the apostolic transactions and labours, have obtained him this title. He was of the tribe of Levi, 2 but born in Cyprus, where his family was settled, and had purchased an estate, which Levites might do out of their own country. He was first called Joses, which was the softer Grecian termination for Joseph. After the ascension of Christ, the Apostles changed his name into Barnabas, which word St. Luke interprets, son of consolation, on account of his excellent talent of ministering comfort to the afflicted, says St. Chrysostom. St. Jerom remarks that this word also signifies the son of a prophet, and in that respect was justly given to this apostle, who excelled in prophetic gifts. The Greeks say that his parents sent him in his youth to Jerusalem, to the school of the famous Gamaliel, St. Paul’s master; and that he was one of the first, and chief of the seventy disciples of Christ. Clement of Alexandria, Eusebius, and St. Epiphanius, 3 testify that he was one of that number, and consequently had the happiness to receive the precepts of eternal life from the mouth of Christ himself. The first mention we find of him in holy scripture is in the Acts of the Apostles, 4 where it is related that the primitive converts at Jerusalem lived in common, and that as many as were owners of lands or houses sold them, and brought the price and laid it at the feet of the apostles, that they might contribute all in their power to relieve the indigent, and might themselves be entirely disengaged from the world, and better fitted to follow Christ in a penitential and mortified life. No one is mentioned in particular on this occasion but St. Barnabas; doubtless because he was possessed of a large estate; and perhaps he was the first who set the example of this heroic contempt of the world, which has been since imitated by so many thousands, according to the advice of Christ to the rich man. 5 This contribution was entirely free; but seems to have implied a vow, or at least a solemn promise of renouncing all temporal possessions for the sake of virtue. For Ananias and his wife Saphira were struck dead at the feet of St. Peter for having secreted some part of the price; and were reproached by that apostle for having lied to the Holy Ghost, by pretending to put a cheat upon the ministers of God. Origen, 6 St. Jerom, 7 and St. Austin, 8 are willing to hope that their sin was forgiven them by repentance at the voice of St. Peter, and that it was expiated by their temporal punishment. Though St. Chrysostom, 9 and St. Basil 10 rather fear that they might perish eternally by impenitence. St. Austin, St. Jerom, St. Chrysostom, 11 St. Gregory the Great, 12 and other fathers accuse them of a sacrilegious breach of their vow. St. Chrysostom, 13 St. Basil, 14 and St. Isidore of Pelusium, 15 observe that God, by executing his justice by visible judgments on the first authors of a crime, does this to deter others from the like; as in the Antediluvians, Sodomites, Pharaoh, Onan, and Giezi; but those who nevertheless despise his warning, and by a more consummate malice imitate such sinners, if they are not consumed by a deluge, fire, or other visible judgment, must expect a more grievous chastisement in the flames of hell, proportionate to their hardened malice.

Barnabas made his oblation perfect by the dispositions of his heart with which he accompanied it, and by his piety and zeal became considerable in the government of the church, being a good man, and full of the Holy Ghost, as he is styled by the sacred penman. 16 St. Paul coming to Jerusalem three years after his conversion, and not easily getting admittance into the church, because he had been a violent persecutor, addressed himself to St. Barnabas as a leading man, and one who had personal knowledge of him, who presently introduced him to the apostles Peter and James; and such weight did his recommendation carry, that St. Peter received the new convert into his house, and he abode with him fifteen days. 17 About four or five years after this, certain disciples, probably Lucius of Cyrene, Simeon, who was called Niger, and Manahen, having preached the faith with great success at Antioch, some one of a superior, and probably of the episcopal order was wanting to form the church, and to confirm the Neophytes. Whereupon St. Barnabas was sent from Jerusalem to settle this new plantation. Upon his arrival he rejoiced exceedingly at the progress which the gospel had made, exhorted the converts to fervour and perseverance, and by his preaching made great additions to their number, insomuch that he stood in need of an able assistant. St. Paul being then at Tarsus, Barnabas took a journey thither and invited him to share in his labours at Antioch. Such a field could not but give great joy to the heart of St. Paul, who accompanied him back, and spent with him a whole year. Their labours prospered, and the church was so much increased at Antioch, that the name of Christians was first given to the faithful in that city. In the eulogium which the Holy Ghost gives to St. Barnabas, he is called a good man by way of eminence, to express his extraordinary mildness, his simplicity void of all disguise, his beneficence, piety and charity. He is also styled full of faith; which virtue not only enlightened his understanding with the knowledge of heavenly truths, but also passed to his heart, animated all his actions, inspired him with a lively hope and ardent charity, and filled his breast with courage under his labours, and with joy in the greatest persecutions and crosses. He is said to have been full of the Holy Ghost, his heart being totally possessed by that divine spirit, and all his affections animated by him; banishing from them the spirit of the world with its vanities, that of the devil with its pride and revenge, and that of the flesh with the love of pleasure and the gratification of sense. So perfect a faith was favoured with an extraordinary gift of miracles, and prepared him for the merits of the apostleship. By the daily persecutions and dangers to which he exposed himself for the faith, his whole life was a continued martyrdom. Whence the council of the apostles at Jerusalem says of him and St. Paul: They have given their lives for the name of our Lord Jesus Christ. 18

Agabus, a prophet at Antioch, foretold a great famine, which raged shortly after over the East, especially in Palestine. Whereupon the church at Antioch raised a very considerable collection for the relief of the poor brethren in Judea, which they sent by SS. Paul and Barnabas to the heads of the church at Jerusalem. Josephus informs us that this famine lay heavy upon Judea during the four years’ government of Cuspius Fadus, and Tiberius Alexander, under the emperor Claudius. John, surnamed Mark, attended St. Barnabas back to Antioch. He was his kinsman, being son to his sister Mary, whose house was the sanctuary where the apostles concealed themselves from the persecutors, and enjoyed the conveniency of celebrating the divine mysteries. The church of Antioch was by that time settled in good order, and pretty well supplied with teachers, among whom were Simeon, called Niger, Lucius of Cyrene, and Manahen, the foster-brother of Herod the Tetrarch, 19 who were all prophets, besides our two apostles. 20 As they were ministering to the Lord, and fasting, the Holy Ghost said to them by some of these prophets: “Separate me Paul and Barnabas for the work whereunto I have taken them.” The word separate here signifies being entirely set apart to divine functions, and taken from all profane or worldly employments, as it is said of the Levites, 21 and of St. Paul. 22 The work to which these two apostles were assumed, was the conversion of the Gentile nations. The whole church joined in prayer and fasting to draw down the blessing of heaven on this undertaking. A model always to be imitated by those who embrace an ecclesiastical state. After this preparation SS. Paul and Barnabas received the imposition of hands, by which some understand the episcopal consecration. But Estius, Suarez, and others, more probably think that they were bishops before, and that by this right is meant no more than the giving of a commission to preach the gospel to the Gentile nations, by which they were consecrated the Apostles of the Gentiles.

Paul and Barnabas having thus received their mission, left Antioch, taking with them John Mark, and went to Seleucia, a city of Syria adjoining to the sea; whence they set sail for Cyprus, and arrived at Salamis, a port formerly of great resort. Having there preached Christ in the synagogues of the Jews, they proceeded to Paphos, a city in the same island, chiefly famous for a temple of Venus, the tutelar goddess of the whole island. The conversion of Sergius Paulus, the Roman proconsul, happened there. These apostles taking ship again at Paphos, sailed to Perge in Pamphylia. Here John Mark, weary of the hardships and discouraged at the dangers from obstinate Jews and idolaters, which everywhere attended their laborious mission, to the great grief of his uncle Barnabas, left them and returned to Jerusalem. Paul and Barnabas from Perga travelled eighty miles northward to Antioch in Pisidia. There they preached first in the synagogues of the Jews; but finding them obstinately deaf to the happy tidings of salvation, they told them, that by preference they had announced first to them the words of eternal life; but since they rejected that inestimable grace they would address the same to the Gentiles, as God had commanded by his prophets. The exasperated Jews had interest enough to get them expelled that city. The apostles went next to Iconium, the metropolis of Lycaonia, and preached there some time; but at length the malice of the Jews prevailed, and the apostles narrowly escaped being stoned. They bent their course hence to Lystra in the same province, in which city the idolaters, surprised to see a cripple miraculously healed by St. Paul, declared the gods were come among them. They gave to Paul the name of Mercury because he was the chief speaker, and to Barnabas that of Jupiter, probably on account of his gravity, and the comeliness of his person. 23 In this persuasion they were preparing to offer sacrifices to them, and were with difficulty diverted from it by the two saints. But soon after, at the malicious instigation of the Jews, they passed to the opposite extreme and stoned Paul. However, though left for dead, when the disciples came (probably to inter his body) he rose up, went back into the city, and the next day departed with Barnabas to Derbe. Hence, after numerous conversions they returned to Lystra, Iconium, and the other cities already mentioned, confirming the faithful in the doctrine they had lately received, and ordaining priests in every church. They at length arrived at Antioch in Syria, and continued with the disciples of that city a considerable time, full of joy and thanksgiving for the success of their ministry. During their abode in this city arose the dispute relating to the necessity of observing the Mosaic rites. St. Barnabas joined St. Paul in opposing some of the Jewish converts who urged the necessity of observing them under the gospel. This weighty question gave occasion to the council of the apostles at Jerusalem, held in the year 51, wherein SS. Paul and Barnabas gave a full account of the success of their labours amongst the Gentiles, and received a confirmation of their mission, and carried back the synodal letter to the new converts of Syria and Cilicia, containing the decision of the council, which had exempted the new converts from any obligation on the foregoing head.

St. Barnabas gives us a great example of humility in his voluntary deference to St. Paul. He had been called first to the faith, had first presented St. Paul to the apostles, and passed for first among the doctors of the church of Antioch, yet on every occasion he readily yields to him the quality of speaker, and the first place; which we must ascribe to his humility. Neither did St. Paul seek any other preeminence than the first place in all labours. At last a difference in opinion concerning Mark produced a separation, without the least breach of charity in their hearts. John Mark met them again at Antioch. St. Paul proposed to our saint to make a circular visit to the churches of Asia which they had founded. Barnabas was for taking his kinsman Mark with him; but Paul was of a different sentiment in regard to one who before had betrayed a want of courage in the same undertaking. The Holy Ghost would by this occasion separate the two apostles, that for the greater benefit of the Church the gospel might be carried into more countries. John Mark by this check became so courageous and fervent, that he was from that time one of the most useful and zealous preachers of the gospel. St. Paul afterwards expressed a high esteem of him in his epistle to the Colossians; 24 and during his imprisonment at Rome, charged St. Timothy to come to him, and to bring with him John Mark, calling him a person useful for the ministry. 25 John Mark finished the course of his apostolic labours at Biblis in Phœnicia, and is mentioned in the Roman Martyrology on the 27th of September. After this separation St. Paul with Silas travelled into Syria and Cilicia, and Barnabas, with his kinsman, betook himself to his native island, Cyprus. Here the sacred writings dismiss his history.

St. Barnabas always remembered the conversion of nations was the province allotted to him, nor could he be induced to allow himself any repose, whilst he saw whole countries deprived of the light of salvation. Theodoret says he returned again to St. Paul, and was sent by him to Corinth with Titus. Dorotheus and the author of the Recognitions suppose him to have been at Rome. The city of Milan honours him as patron from a tradition, supported by monuments which seem to be of the fourth age, affirming that he preached the faith there, and was the founder of that church. 26 But how wide soever his missions lay, he always regarded his own country as the province especially alloted to his care; and there he finished his life by martyrdom. Alexander, a monk of Cyprus in the sixth age, hath written an account of his death, in which he relates, that the faith having made great progress in Cyprus by the assiduous preaching, edifying example, and wonderful miracles of this apostle, it happened that certain inveterate Jews who had persecuted the holy man in Syria, came to Salamis and stirred up many powerful men of that city against him. The saint was taken, roughly handled and insulted by the mob, and after many torments stoned to death. The remains of St. Barnabas were found near the city of Salamis, with a copy of the gospel of St. Matthew, in Hebrew, laid upon his breast, written with St. Barnabas’s own hand. The book was sent to the emperor Zeno in 485, as Theodorus Lector relates. 27 St. Paul mentions St. Barnabas as still living in the year 56. 28 St. Chrysostom speaks of him as alive in 63. 29 He seems to have attained to a great age. 30 St. Charles Borromeo, in his sixth provincial council, in 1582, appointed his festival an holiday of obligation. Nicholas Sormani, a priest of the Oblates, maintains that he preached at Milan, 31 and St. Charles Borromeo in a sermon 32 styles him the apostle of Milan. 33

St. Barnabas, the more perfectly to disengage his affections from all earthly things, set to the primitive church an heroic example, by divesting himself of all his large possessions in favour of the poor: riches are a gift of God to be received with thankfulness, and to be well employed. But so difficult and dangerous is their stewardship; so rare a grace is it for a man to possess them and not find his affections entangled, and his heart wounded by them, that many heroic souls have chosen, with St. Barnabas, to forsake all things, the more easily to follow Christ in perfect nakedness of heart. Those who are favoured with them must employ them in good offices, and in relieving the indigent, not dissipate them in luxury, or make them the fuel of their passions: they must still dare to be poor; must be disengaged in their affections; and must not be uneasy or disturbed if their money takes its flight, being persuaded that the loss of worldly treasures deprives them of nothing they can properly call their own.

Note 1. Acts xiv. 13.

Note 2. Acts iv. 36.

Note 3. Clem. Alex. Strom. l. 2, p. 410. Eus. Hist. l. 1, c. 12, et l. 2, c. 1. St. Epiphan. Hær. 20, c. 4, &c.

Note 4. Acts iv. 36.

Note 5. Matt. xix. 21.

Note 6. Orig. in Mat. p. 383, ed. Huet.

Note 7. S. Hier. Ep. 8, ad Demetr.

Note 8. S. Aug. Serm. 148, ol. 10, de div.

Note 9. St. Chrys. Hom. 12, in Acta.

Note 10. St. Bas. Serm. l. de Instit. Monach.

Note 11. Ibid.

Note 12. St. Greg. M. l. 1, Ep. 24, p. 513, t. 2, Ed. Ben.

Note 13. Hom. 12, in Acta, t. 9, p. 101, ed. Ben.

Note 14. S. Basil, in Moral. Reg. 11.

Note 15. L. 1, Ep. 181.

Note 16. Acts xi. 24.

Note 17. Galat. i. 18.

Note 18. Acts xv. 26.

Note 19. This Manahen must have been of high birth, as he had the same nurse with Herod Antipas: he was perhaps son of Manahen, prince of the Sanhedrim under Hillel, a great officer under Herod.

Note 20. Acts xiii.

Note 21. Num. viii. 14.

Note 22. Rom. i. 1. Gal. i. 15.

Note 23. St. Barnabas is represented by St. Chrysostom and all antiquity as a man of a beautiful and venerable aspect, and of a majestic presence, whereas St. Paul was of a low stature. Whence St. Chrysostom writes of the latter: “He was a man three cubits high: yet he ascended above the heavens.” See a Lap. et Syn. Critic. hic.

Note 24. Coloss. iv. 10, 11.

Note 25. 2 Tim. iv. 11.

Note 26. See Origine Apostolica della Chiesa Milanese da Nic. Sormani, Milan. 1754.

The Religious Order of Regular Clerks, called Barnabites from the church of this saint in Milan, of which they obtained possession in 1545, was founded at Milan by three pious noblemen in 1530, confirmed by Pope Clement VII. in 1532, and Paul III. in 1535. This Order, the chief end of which is to furnish able preachers to instruct the people in missions, was exceedingly favoured by St. Charles Borromeo, and has been rendered illustrious by many great men. See Helyot, Hist. des Ord. Relig. t. 4, p. 110, and principally F. Mansi, the Servite, Nota in Raynaldi Coutin. Annal. Baronii, ad an. 1533, p. 298, t. 13, Contin. seu t. 32, totius Operis.

Note 27. Theod. Lect. 2, p. 557. Suidas, &c.

Note 28. 1 Cor. ix. 6.

Note 29. S. Chrys. Hom. 11, in Coloss.

Note 30. An epistle which is extant in Greek, and bears the name of St. Barnabas, is quoted as his undoubted work by St. Clement of Alexandria, Origen, &c. But St. Jerom and Eusebius (l. 3, Hist. c. 25,) rank it among the apocryphal or uncanonical writings; and it is evident that the church never received it into the canon of holy scripture. On which account Tillemont, (t. 1, p. 659,) Ceillier, (t. 1, p. 499,) and many others think it is not the work of this apostle; nevertheless, Dr. Cave (Hist. Liter, t. 1, p. 18,) and several others maintain St. Barnabas to be the true author. It appears certainly to be a production of the apostolic age, which the very style seems to show. It was written to the Jewish converts, who held the observance of the ceremonial law to be necessary in the gospel dispensation. The author displays much Hebrew erudition, and a great knowledge of the holy scriptures, to show that the Mosaic ceremonies were abolished by the new law. In the second part he lays down excellent precepts of morality on the virtues of humility, meekness, patience, charity, chastity, &c. under the notion of the way of light, in which the good walk under the safeguard and conduct of the angels of God, as the bad are under the influence of the angels of Satan. Among other vices, he inveighs severely against talkativeness, which he says is the snare of death. He teaches that the six days of the creation signify allegorically six thousand years, after which term he fixes the general conflagration of the world. The same is advanced by several other ancient writers, from a traditionary notion of the Jews, grounded on the supposed prediction of one Elias, not the great prophet of that name, on which the long annotation of Cotelier on this passage may be consulted. (n. 15.) But to this no heed is to be given. The fifth general council of Lateran forbids any preachers to presume to determine the time of Christ’s second coming, which he assures us no man knoweth.

Note 31. Sormani in Apologismis.

Note 32. S. Car. Borr. Hom. 26, t. 1, p. 174.

Note 33. See Bernard. Cassinus in his Veritas Sacrarum Reliquiarum in Basilica Metropolitana Mediolanensi, an. 1743.

Rev. Alban Butler (1711–73). Volume VI: June. The Lives of the Saints. 1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/6/111.html


Bartholomeus Breenberg, Saints Paul et saint Barnabé à Lystra (Sacrifice à Lystra), 1637, 

Barnabas, Apostle (RM)

Born in Cyprus and died in Salamis in the 1st century. The Acts of the Apostles describes Barnabas as 'a good man, full of the Holy Spirit and of faith' (Acts 6:24). His Jewish parents called him Joseph, but when he sold all his goods and gave the money to the apostles in Jerusalem, they gave him a new name: Barnabas, which means 'son of consolation' or 'man of encouragement.' Although Barnabas was not among the original Twelve, he is traditionally thought to have been among the 72 commissioned by Jesus to preach; thus, he is given the honorary title of Apostle and his name is included in the canon of the Mass.


Barnabas the Levite lived with the earliest Christians in Jerusalem. He was one of the first to welcome Saint Paul, the former persecutor of the early Church, and his former schoolmate. He persuaded the Christians of Jerusalem to accept Paul's claim that he was now a believer in Jesus (Acts 9:26-30). Barnabas was sent to Antioch, Syria, to investigate the community of non-Jewish believers there (Acts 11:22ff), and brought Paul there from Tarsus. It was in Antioch that the followers of The Way were first called Christians. With Paul he took the Antiochean donation to Jerusalem community during a famine.

Thereafter he, his cousin John Mark, and Paul returned to Antioch before setting out together on the first missionary journey of the Christian church (Acts 13:2ff). They went first to Cyprus, Barnabas's native land, and for this reason Barnabas is honored as the founder of the Cypriot church. Then they continued on to Perga (whence John Mark returned to Jerusalem), Antioch in Pisidia (where they were so violently opposed by the Jews that they decided to preach to the pagans), and Iconium (where they were stoned). At Lystra in Lycaonia, they were thought to be gods because of the miracles they worked and the physical beauty of Barnabas. After being taken as pagan gods, they were stoned out of the city, and fled back to Antioch in Syria. When a dispute arose regarding the observance of the Jewish laws and customs, Paul and Barnabas returned to Jerusalem for the council that decided that non-Jews would not have to be circumcised to be baptized.

When they returned to Antioch, Barnabas wanted Paul and John Mark to continue their travels with him, but Paul fell out with John Mark--perhaps because John Mark had abandoned them at Perga. In spite of Paul's extremely forceful character, Barnabas took Mark's side, demonstrating that he was a man of considerable determination and courage. The Acts of the Apostles says, "There arose a sharp contention between them. Barnabas took Mark with him and sailed away to Cyprus" (Acts 15:39). Paul chose a new ally, Silas, and went elsewhere to strengthen the churches. Little more is heard of Barnabas though it is believed that the rift with Paul was healed because we read about Barnabas later in 1 Corinthians 9:6). (Paul also discusses his relationship to Barnabas in his letter to the Galatians.)
Tradition says that Barnabas preached in Alexandria and Rome, and was stoned to death at Salamis about 61 AD. He is considered the founder of the Cypriot Church. The Order of Barnabites, founded by Saint Antony Zaccaria in Milan in 1530, took their name from their principal church named for today's saint, who was once believed to have been the first bishop of Milan. The apocryphal Epistle of Barnabas was long attributed to him, but modern scholarship now attributes it to an Alexandrian Christian between 70 and 100 AD. The Gospel of Barnabas was probably authored by an Italian Christian who became an Islamic. The Acts of Barnabas, once attributed to John Mark, are now known to have been written in the 5th century (Attwater, Benedictines, Bentley, Delaney, Farmer, Walsh, White).

In art, Saint Barnabas is a bearded, middle-aged, tall and handsome man with a book and an olive branch. He might also be shown (1) holding Saint Matthew's Gospel; (2) in scenes with Saint Paul; (3) martyred by burning; (4) with stones (Roeder), or (5) holding a pilgrim's staff (White). Barnabas is especially venerated in Florence, Italy, and Cyprus. He is invoked against hailstorms and as a peacemaker (Roeder). Barnabas is the patron of Cyprus (White).

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0611.shtml



Crâne  de Saint Barnabé apôtre, 
custodito nella chiesa di Santa Maria di Grado a Conca dei Marini


San Barnaba Apostolo


Barnaba (figlio della Consolazione), cipriota, diede agli Apostoli ciò che ricavò dalla vendita del suo campo: "Così Giuseppe, soprannominato dagli apostoli Barnaba "figlio dell'esortazione", un levita originario di Cipro, che era padrone di un campo, lo vendette e ne consegnò l'importo ai piedi degli apostoli e uomo virtuoso qual era e pieno di Spirito Santo e di fede, esortava tutti a perseverare con cuore risoluto nel Signore. Accreditò Paolo di fronte alla Chiesa, fu suo compagno nel primo viaggio missionario e nel primo Concilio di Gerusalemme. (Mess. Rom.)

Etimologia: Barnaba = figlio di consolazione, dall'arameo

Martirologio Romano: Memoria di san Barnaba, Apostolo, che, uomo mite e colmo di Spirito Santo e di fede, fu annoverato tra i primi fedeli di Gerusalemme. Predicò il Vangelo ad Antiochia e introdusse Saulo di Tarso da poco convertito nel novero dei fratelli, accompagnandolo pure nel suo primo viaggio per l’evangelizzazione dell’Asia; partecipò poi al Concilio di Gerusalemme e, fatto ritorno all’isola di Cipro, sua patria di origine, vi diffuse il Vangelo.

L’ebreo Giuseppe nativo di Cipro si fa cristiano, vende un suo campo e consegna il ricavato "ai piedi degli apostoli", in Gerusalemme. Così lo incontriamo, presentato dagli Atti degli Apostoli, con questo gesto di conversione radicale. La Chiesa neonata impara presto a onorarlo col soprannome di Barnaba, ossia “figlio dell’esortazione”. E la sua autorità cresce. Un giorno i cristiani di Gerusalemme sono sottosopra perché in città è tornato Saulo di Tarso, già persecutore spietato. Dicono che ora sia cristiano, ma chi si fida? Ed ecco che Barnaba, preso Saulo con sé, "lo presentò agli apostoli", dicono gli Atti, garantendo per lui. Basta la sua parola: Saulo, che poi si chiamerà Paolo, "poté stare con loro".

Qualche tempo dopo arriva la notizia che ad Antiochia di Siria si fanno cristiani anche dei non ebrei: novità mai vista. La Chiesa di Gerusalemme "mandò Barnaba ad Antiochia"; è l’uomo delle emergenze. E ad Antiochia capisce subito: "Vide la grazia del Signore e si rallegrò". Nessuna incertezza, nessun “vedremo”, “concerteremo”: subito egli invita "tutti a perseverare con cuore risoluto nel Signore". Risoluto lui per primo, porta Paolo da Tarso ad Antiochia, predicano insieme, poi insieme portano soccorsi ai cristiani di Gerusalemme affamati da una carestia.

Ad Antiochia matura il piano per una missione in terra pagana, diretta anzitutto alle comunità ebraiche, ma che poi si aprirà a tutti.
Barnaba e Paolo sono designati all’impresa, prendendo con sé il giovane indicato all’inizio come "Giovanni detto Marco", cugino di Barnaba. Quello che, secondo l’antica tradizione cristiana, sarà poi l’evangelista Marco. Questo primo viaggio missionario tocca Cipro e una parte dell’Asia Minore.

Barnaba è ancora con Paolo (verso l’anno 49) a Gerusalemme, per la focosa disputa sui pagani convertiti (devono circoncidersi o no?), che porterà alla decisione di non imporre loro altri pesi, oltre ai precetti profondamente radicati nell’animo degli ebreo-cristiani.

Tra gli anni 50 e 53 c’è il secondo viaggio missionario che toccherà anche l’Europa. Barnaba vorrebbe portare ancora Giovanni-Marco, ma Paolo rifiuta, perché nel primo viaggio il giovane si è separato da loro. Insiste Barnaba, ed è rottura completa. Gli Atti dicono soltanto: "Barnaba, prendendo con sé Marco, s’imbarcò per Cipro". E non parleranno più di lui. Se ne ricorda invece assai Paolo, probabilmente riconciliato con Marco: scrivendo ai Colossesi e a Filemone, manda loro i saluti anche "di Marco" (e ai Colossesi precisa: "il cugino di Barnaba"). Infine, nella prima lettera ai Corinzi, l’apostolo ricorda che anche Barnaba, come lui, si manteneva col suo lavoro. Non poteva essere altrimenti per il “figlio dell’esortazione”, che per farsi cristiano si è fatto innanzitutto povero.

Autore: Domenico Agasso