jeudi 21 juin 2012

Saint LOUIS (LUIGI, ALOYSIUS) de GONZAGUA (GONZAGUE), jésuite et confesseur



SAINT LOUIS de GONZAGUE

Jésuite, Confesseur

(1568-1591)

Saint Louis de Gonzague naquit en l'an 1568, d'une famille princière d'Italie. Avant sa naissance, sa mère, en danger de mort, avait fait voeu de consacrer son enfant à Notre-Dame de Lorette, si elle obtenait une heureuse délivrance. Encore au berceau, s'il se présentait un pauvre, Louis pleurait jusqu'à ce qu'on lui eût fait l'aumône; son visage respirait un tel air de vertu, que ceux qui le portaient dans leurs bras croyaient tenir un Ange.

A l'âge de cinq ans, il avait retenu et répété quelques paroles grossières qu'il avait entendues sortir de la bouche des soldats de son père, sans les comprendre; il en fut repris et en montra tant d'horreur, qu'il pleura cette faute, la plus grande de sa vie, et qu'il en fit pénitence jusqu'à la mort. Le père de Louis, qui songeait à la fortune de son fils, l'envoya successivement chez plusieurs princes, en qualité de page; mais Dieu, qui avait d'autres vues, voulait ainsi montrer ce jeune Saint aux cours d'Europe, pour leur faire voir que la piété est de toutes les conditions, et l'innocence de tous les âges. Dans ces milieux mondains où il vivait comme n'y vivant pas, ses progrès dans la sainteté furent surprenants.

A huit ou neuf ans, il fit le voeu de virginité perpétuelle; sa délicatesse était si angélique, que jamais il ne regarda une femme en face, pas même sa mère; jamais il ne permit à son valet de chambre de l'aider à s'habiller, et sa pudeur était si grande, qu'il n'osa même pas lui laisser voir le bout de ses pieds nus. Vers l'âge de onze ans, il fit sa Première Communion des mains de saint Charles Borromée.

A seize ans, il se décida à entrer dans la Compagnie de Jésus. Peu de vocations ont été aussi éprouvées que la sienne: son père fut pour lui, pendant quelques temps, d'une dureté sans pareille; mais il dut enfin céder devant la Volonté de Dieu, et Louis entra au noviciat des Jésuites, à Rome. Il y parut dès les premiers jours comme un modèle digne d'être proposé aux plus parfaits; on vit en lui un prodige de mortification, un ange de pureté, une merveille d'amour de Dieu. La seule vue de Louis dissipait chez les autres les plus violentes tentations de la chair. Jamais il n'avait ressenti la concupiscence charnelle, et malgré cela il était cruel pour son propre corps à l'égal des Saints les plus austères.

Obligé par ses supérieurs, pour cause de santé, à ne pas se laisser absorber dans la pensée de Dieu, il devait s'écrier souvent, emporté par l'amour au-delà de l'obéissance: "Éloignez-Vous de moi, Seigneur!" Louis reçut du Ciel l'annonce de sa mort et fut bientôt victime de sa charité pendant la peste de Rome, l'an 1591.

Son premier miracle après sa mort fut la guérison de sa mère, à laquelle il apparut souriant et resplendissant de gloire. Ce fut le signal d'une dévotion qui fut récompensée par de nombreux prodiges.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_louis_de_gonzague.html


Saint Louis de Gonzague

Louis de Gonzague était le fils de Ferrante de Gonzague[1] et de Marta de Tana Santena[2], issus de familles illustres où l’on compte nombre d’évêques[3] et de cardinaux[4]. Ferrante, en catholique fidèle, avait refusé une haute dignité offerte par Henri VIII d'Angleterre ; Marta s'adonnait aux œuvres de charité et aux lectures spirituelles. Louis, le premier de leur huit enfants, naquit au château de Castiglione, près de Mantoue, le 9 mars 1568 ; la naissance s'était présentée dans des conditions si difficiles qu’il fut ondoyé immédiatement ; le baptême solennel eut lieu le 20 avril 1568.

Louis fut, dès le berceau, le modèle du calme le plus aimable. Il lui arriva plus tard de disparaître : on le retrouvait dans quelque coin, à genoux et les mains jointes. Sa mère avait le désir qu’il se consacrât à Dieu, mais son père le destinait à la carrière militaire ; il lui avait fait faire un costume de soldat et des armes adaptées à ses quatre ans. Un jour, il l'emmena à la forteresse de Casale où Louis, fort réjoui, chargea lui-même, à l'insu de tous, une petite pièce de campagne ; quand le coup partit, on crut à une révolte, et Louis faillit être tué par le recul de la pièce. Bien mieux, il se mit à employer le langage des soldats.

Quand son père embarqua ses troupes pour Tunis. Louis retourna dans sa famille ; c'était la fin de ce qu'il appela plus tard sa vie de péché, dont il eut toujours une honte extrême. Ferrante, revenu de son expédition en 1577, envoya Louis et son frère Rodolphe à Florence, à la cour du grand-duc ; Louis étudiait le latin et le toscan, cet attique de l'italien, et on le citait en exemple aux princesses Eléonore et Marie de Médicis. Il entreprenait une lutte acharnée contre les défauts qu'il s'était découverts : la colère, l'impatience, le mécontentement intérieur ; il ne connaissait pas encore la prière mentale, mais la lecture d'un petit livre sur les mystères du Rosaire, développait sa dévotion envers la mère de Dieu. C'est à l'église des Servites, devant la Vierge de l'Annonciation, qu'il fit, à cette époque, son vœu de chasteté perpétuelle, et bien qu'il ne subît jamais la moindre tentation, il se livra, dès lors, à une vigilance et à une mortification sévères.

A l'automne 1579, son père l'appela à Mantoue où il fut atteint des premiers symptômes de la pierre ; mis au régime, on obtint une guérison parfaite, mais sa santé générale en fut ébranlée. Quelques mois plus tard, à Castiglione il décidait de continuer les jeûnes où il avait trouvé le bien de son âme. Il passait en contemplation des heures entières pendant lesquelles il fondait en larmes ; un opuscule de méditations quotidiennes, par saint Pierre Casinius, et des lettres de l'Inde, qui tombèrent entre ses mains, lui firent connaître la Compagnie de Jésus. Pendant une absence de son père, il reçut le saint cardinal Charles Borromée qui lui donna, pour la première fois, la communion, le 22 juillet.

Revenu à Casale, il fit de grands progrès dans les langues anciennes, lisant surtout Sénèque, Plutarque et les auteurs spirituels ; il fréquentait le couvent des Capucins et celui des Barnabites, dont il admirait la concorde, la douce gaieté, l'ordre de vie et le mépris des choses d'ici-bas. En 1581, de retour à Castiglione, il ne prenait par jour qu'une once de nourriture ; ses instruments de pénitence étaient des chaînes à chien et des molettes d'éperon ; il passait une partie des nuits en oraison et commençait à souffrir de douleurs de tête qui ne le quittèrent plus. Sans guide spirituel, il aurait pu aboutir à un faux mysticisme, si sa prière continuelle n'avait été : Dirigez-moi, mon Dieu !

Quand, en 1581, Ferrante étant grand-chambellan du roi d'Espagne, Louis fut, à la cour de Madrid, page du prince héritier ; il s’adonnat aux études scientifiques, mais le discours latin dont il salua Philippe II après la soumission du Portugal, montre que sa formation littéraire était solide[5]. Aux heures des leçons de danse et d'escrime, il s'esquivait malgré les remontrances de son père ; il ne semble pas que l'obéissance ait alors été sa vertu dominante. Il lisait Louis de Grenade et réussissait à méditer une heure sans distraction, après avoir lutté parfois pendant trois ou quatre heures. La mort de l’Infant le fortifia dans son mépris du monde qu’il songeait d'ailleurs à quitter depuis Mantoue.

Après avoir pensé aux capucins et à un ordre ancien à réformer, il se décida pour la Compagnie de Jésus qui était dans l'élan de sa première ferveur ; il y était attiré par son goût pour l'éducation de la jeunesse et la conversion des païens ; de plus, il était sûr que, dans cet ordre seul, il ne serait chargé plus tard d'aucun honneur ecclésiastique.

Son père, pour gagner du temps, lui fit visiter les cours de Mantoue, Ferrare, Parme et Turin. Plusieurs évêques essayèrent de le persuader qu'il travaillerait plus à la gloire de Dieu en gouvernant sa principauté, mais en vain. Son père finit par donner son consentement, après l'avoir aperçu, par une fente de la porte, se donner la discipline jusqu'au sang et avoir assisté à un interrogatoire sur sa vocation poursuivit pendant une heure.

Avant de partir, Louis séjourna pendant quelques mois à Milan pour les affaires de son père, tout en poursuivant ses études philosophiques. En juillet 1585, il fit à Mantoue les Exercices de saint Ignace, signa le 2 novembre, en faveur de Rodolphe, son acte d'abdication relativement à sa principauté[6], et prit, le 4, le chemin de Rome ; il passa par Lorette pour accomplir un vœu de sa mère au moment de sa naissance. Le 25, il arrivait au noviciat Saint-André sur le Quirinal, où son postulat fut abrégé : il avait donné auparavant assez de preuves de la solidité de sa vocation.

Trois mois après, son père mourait dans des sentiments de piété remarquables, regrettant de s'être opposé si longtemps à la volonté de Dieu sur son fils. Louis, bien qu’il éprouvât une grande peine, se réjouissait de cette fin ; depuis qu'il avait quitté Castiglione, il ne pensait à sa famille qu’en priant pour elle. Il ne voulait plus entendre parler de son origine et fréquentait de préférence les frères coadjuteurs ; il sortait avec des vêtements râpés, un sac sur le dos pour recueillir les aumônes. Il écrivit alors la méditation connue sous le nom de Traité des Anges.

Le 27 octobre 1586, il partit pour Naples avec le maître des novices, mais un érysipèle et de la fièvre étant survenus, on le renvoya à Rome, dès le mois de mai, au collège romain où il prononça ses premiers vœux (25 novembre 1587). Il soutint publiquement des thèses de philosophie, puis passa à la théologie. Il discutait toujours avec vigueur, mais avec modération, n'interrompant jamais personne. En février et mars 1588, il recevait les ordres mineurs et s'appliquait de plus en plus à l'obéissance : il avait toujours une tendance marquée à résister lorsqu'on contrariait son zèle pour les pénitences extérieures.

En septembre 1589, le Père général lui ordonna d’aller à Castiglione, pour régler une querelle entre son frère Rodolphe et le duc de Mantoue au sujet du château de Solférino. Louis fit appel à la générosité du duc et le pria pour l'amour de Jésus de se réconcilier avec Rodolphe. Il réussit aussi à faire accepter le mariage secret de son frère qui avait fait scandale. Reçu à la maison des jésuites de Milan, il y eut la révélation de sa mort prochaine ; il aurait voulu revoir Rome où avait débuté sa vie religieuse ; le Père général l'y rappela précisément. A Sienne, invité à adresser une allocution aux élèves du collège, il parla sur le texte : Extote factores verbi et non auditores tantum.

De retour à Rome, il fit encore un discours sur les obligations de l'épiscopat, en présence de plusieurs évêques et sur leur demande. Pour fortifier son amour de Dieu, il lisait les soliloques de saint Augustin, l'explication du Cantique des cantiques par saint Bernard, la Vie de sainte Catherine de Gênes. Quant à son amour pour le prochain, il le manifesta surtout pendant la famine et la peste des années 1590-1591 ; il se dévoua à l'hôpital Saint-Sixte, puis à Santa Maria della Consolazione ; en chemin il rencontra un pestiféré, le porta sur ses épaules, et rentra malade (3 mars). Il resta languissant pendant plusieurs mois. Dans une sorte de ravissement qui dura toute une nuit, il apprit qu'il mourrait le jour de l'Octave du Saint-Sacrement, le 20 juin : ce jour-là il parut justement mieux et dut insister à plusieurs reprises pour obtenir la viatique ; on le trouvait si bien que le Père Bellarmin lui-même, son confesseur, ne fut pas admis à rester auprès de lui le soir ; il n'y avait que deux autres Pères et l'infirmier quand il rendit le dernier soupir entre dix et onze heures.

Son corps fut enseveli dans la crypte de l'Annonciade ; sept ans plus tard, à cause d'une inondation du Tibre, on enleva le cercueil et on fit une distribution de reliques ; les autres furent mises dans une chapelle de la même église, déplacées plusieurs fois, puis déposées dans la nouvelle église de Saint-Ignace, construite à la place de l'Annonciade. La béatification eut lieu sous le Pontificat de Paul V, verbalement le 21 mai 1605, avec confirmation écrite le 19 octobre de la même année. La canonisation fut décrétée par Benoît XIII, le 26 avril 1726, et proclamée solennellement le 31 décembre suivant. Le 21 juin 1925, saint Louis de Gonzague a été déclaré par Pie XI « Patron céleste de toute la Jjeunesse chrétienne. »
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[1] Les Gonzague (Gonzaga) sont une famille princière d’Italie qui remonte au XI° siècle, et qui règna sur Mantoue de 1328 à 1708. La famille de Gonzague se partage en plusieurs branches : 1. la branche aînée des marquis puis ducs de Mantoue, qui s’éteignit en 1627 ; 2. la branche collatérale des ducs de Nevers qui succéda à la branche aînée ; 3. la branche des ducs de Sabbionetta ; 4. la branche Castiglione delle Steviere à laquelle appartient saint Louis de Gonzague ; 5. la branche des princes de Guastalla, issue en 1557 de la branche aînée et qui s’est éteinte en 1746. Ferrante de Gonzague, marquis de Castiglione delle Steviere, prince du Saint-Empire, général des troupes impériales.

[2] Fille d’honneur de la reine Elisabeth d’Espagne.

[3] Dont : Ludovic, évêque de Mantoue en 1483 ; Augustin, archevêque de Reggio-de-Calabre en 1537 ; Annibal (en religion, François), évêque de Cefalu (1587), de Pavie (1593) et de Mantoue (1593), nonce en France de 1596 à 1598.

[4] Dont : François, cardinal en 1461, évêque de Mantoue (1466) ; Sigismond, cardinal en 1505 ; Hercule, évêque de Mantoue (1521), cardinal en 1527, premier légat au concile de Trente ; Pirro, cardinal en 1527, évêque de Modène (1527) ; François, cardinal en 1561, évêque de Cosenza (1564), de Mantoue (1565) ; Frédéric, cardinal en 1563, évêque de Mantoue (1564).

[5] L'histoire loue Antiochus car il aimait la justice au point de préférer, disait-il, voir les villes d'Asie obéir aux lois plutôt qu'aux ordres émanés de lui. Cicéron fait un titre d'honneur à Pompée de s'étre montré, malgré sa gloire, accessible aux plus humbles. Que dire de vous, prince magnanime, illustre souverain des Espagnes et autres lieux ? En effet, vous vous laissez aborder par tous, même les plus humbles. Premier entre tous les princes par la grandeur et la puissance, vous ne craignez pas de ressembler aux derniers de tous par la simplicité (29 mars 1583).

[6] L'Illustrissime Seigneur Louis (âgé de 17 ans et huit mois), fils aîné de l'Illustrissime Seigneur Ferrante de Gonzague, Marquis de Castiglione et de Stiviere..., désireux d'entrer sans retard dans la Société et Religion des Jésuites, pour y embrasser leur genre de vie et y faire en temps voulu sa profession s'engage pour lui et ses héritiers, et sans y être poussé par aucune contrainte, aucune crainte, aucune ruse en aucune voie de fait, mais spontanément et de son propre mouvement, en toute liberté et volonté délibérée, et par toute manière, voie, droit, forme et cause qui peut donner plus de poids, de valeur et d'efficacité à cet Acte ; en présence et avec l'autorisation, la licence, l'assentiment et l'assistance du susdit lllustrissime Seigneur Ferrante de Gonzague, son père, de l'Illustrissime Seigneur Horace, de la famille des marquis de Gonzague et Seigneur de Solférino, son oncle, ainsi que des Illus¬trissimes Seigneurs Prosper et Marc-Antoine, marquis de Gonzague, ses plus proches parents résidant à Mantoue ; tous approuvent expressément son dessein et sa décision. L'lllustrissime Seigneur Louis, sachant parfaitement l'étendue de la cession, renonciation et donation qu'il fait, comme lui-même l'a déclaré et attesté ; la nature et le montant de la donation entre vifs étant garantie par moi, notaire soussigné, s'engage à céder, cède effectivement et abandonne au dit illustrissime Seigneur Rodolphe, son frère cadet, lequel est présent et en reçoit le gage, avec l'assentiment et l'autorisation du susdit Illustrissime Seigneur son père, son droit d'aînesse et la succession au marquisat de la dite place de Castiglione et Stiviere, avec ses terres et dépendances.


Antonio Balestra (1666 - 1740). Étude pour Saint Louis de Gonzague
 en prière devant la Vierge Marie (1745),
Santuario basilica di San Luigi Gonzaga, Castiglione delle Stiviere

Prière à Marie

Vierge sainte, mon guide et ma souveraine, je viens me jeter dans le sein de votre miséricorde, et mettre, dès ce moment et pour toujours, mon âme et mon corps sous votre sauvegarde et sous votre protection spéciale. Je vous confie et je remets entre vos mains toutes mes espérances et mes consolations, toutes mes peines et mes misères, ainsi que le cours et la fin de ma vie, afin que, par votre intercession et par vos mérites, toutes mes oeuvres soient faites selon votre volonté et en vue de plaire à votre divin Fils.


St Louis de Gonzague, confesseur

Mort en 1591. Canonisé en 1726. Fête en 1842.

La messe se ressent de tous les défauts de la décadence de l’art liturgique au XVIIIème siècle. En compensation, elle ne manque ni de variété ni d’onction. (Bhx Card. Schuster)

Leçons des Matines avant 1960

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Louis, fils de Ferdinand de Gonzague, marquis de Castiglione et d’Esté, parut naître au ciel avant de naître à la terre, car sa vie se trouvant en danger, on se hâta de le baptiser. Il garda avec tant de fidélité cette première innocence, qu’on l’aurait cru confirmé en grâce. Dès qu’il eut l’usage de sa raison il s’en servit pour s’offrir à Dieu, et mena chaque jour une vie plus sainte. A l’âge de neuf ans, il fit, à Florence, devant l’autel de la bienheureuse Vierge, qu’il ne cessa d’honorer comme sa mère, le vœu d’une perpétuelle virginité ; par un insigne bienfait du Seigneur, il devait la conserver sans qu’aucune révolte du corps ou de l’âme vînt jamais l’éprouver. Il se mit, dès cet âge, à réprimer si fortement les autres troubles intérieurs, qu’il n’en ressentit, dans la suite, plus même le premier mouvement. Il maîtrisait si bien ses sens et surtout ses yeux, que, non seulement il ne regarda jamais Marie d’Autriche, quoiqu’il dût la saluer presque tous les jours pendant plusieurs années, étant au nombre des pages d’honneur de l’infant d’Espagne ; mais qu’il s’abstenait même de considérer le visage de sa propre mère. Aussi fut-il appelé à juste titre un homme sans la chair, ou un ange dans la chair.

Cinquième leçon. A la garde des sens, Louis joignait la mortification corporelle. Il jeûnait trois fois la semaine, se contentant d’ordinaire d’un peu de pain et d’eau ; mais, à vrai dire, son jeûne semble avoir été, en ce temps, perpétuel, puisque là quantité de nourriture prise à ses repas égalait à peine une once. Souvent aussi il déchirait sa chair, trois fois en un même jour, au moyen de cordes ou de chaînes ; quelquefois des laisses de chien lui servaient de discipline et des éperons remplaçaient pour lui le cilice. Trouvant sa couche trop molle, il y glissait secrètement des morceaux de bois, afin de la rendre plus dure et de s’éveiller plus tôt pour prier ; il passait en effet une grande partie de la nuit dans la contemplation des choses divines, couvert d’un seul vêtement, même au plus fort de l’hiver, demeurant à genoux sur le sol, ou bien encore courbé et prosterné par faiblesse ou fatigue. Parfois il gardait une complète immobilité dans la prière, trois, quatre ou cinq heures de suite, tant qu’il n’avait pas au moins durant une heure, évité toute distraction. La récompense de cette constance fut une stabilité d’esprit telle que sa pensée ne s’égarait jamais durant l’oraison, mais restait perpétuellement fixée en Dieu comme en une sorte d’extase. Pour s’attacher uniquement au Seigneur, Louis, ayant enfin triomphé des résistances de son père, après un très rude combat de trois années, et renoncé en faveur d’un frère à ses droits sur la principauté de ses ancêtres, vint à Rome s’associer à la Compagnie de Jésus, à laquelle il s’était entendu appeler par une voix céleste, lorsqu’il se trouvait à Madrid.

Sixième leçon. Dès le noviciat, on commença à le regarder comme un maître en toutes sortes de vertus Sa fidélité aux règles, ee même aux moindres lois était d’une exactitude extrême ; son mépris du monde sans égal ; sa haine de lui même, implacable ; son amour pour Dieu, si ardent, qu’il consumait peu à peu ses forces corporelles. Aussi en vint-on -à lui prescrire de détourner pour un temps sa Pensée des choses divines ; mais en vain s’efforçait-il de fuir son Dieu, qui partout se présentait à lui. Également animé d’une admirable charité envers le prochain, Louis contracta auprès des malades qu’il servait avec zèle dans les hôpitaux publics, un mal contagieux, qui dégénéra en une lente consomption. Au jour qu’il avait prédit, le treize des calendes de juillet, au début de sa vingt-quatrième année, il passa de la terre au ciel, après avoir demandé qu’on le flagellât et qu’on le laissât mourir étendu sur le sol. Dieu le montra à sainte Madeleine de Pazzi en possession d’une si grande gloire, que la sainte n’aurait pas cru qu’il y en eût de semblable en paradis. Elle affirma qu’il avait été d’une sainteté extraordinaire, et que la charité avait fait de lui un martyr inconnu. De nombreux et éclatants miracles le rendirent illustre et leur preuve juridique décida Benoît XIII à inscrire aux fastes des Saints cet angélique jeune homme, et à le donner, principalement à la jeunesse studieuse, comme un modèle d’innocence et de chasteté, en même temps qu’un protecteur.

Au troisième nocturne.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu.

En ce temps-là : Jésus, répondant aux Sadducéens, leur dit : Vous errez, ne comprenant ni les Écritures, ni la puissance de Dieu. Car, à la résurrection, les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes de maris ; mais ils seront comme les Anges de Dieu dans le ciel. Et le reste.

Homélie de saint Jean Chrysostome.

Septième leçon. La virginité est bonne, j’en conviens avec toi ; et même elle vaut mieux que le mariage, je te l’accorde aussi volontiers ; et s’il est permis, j’ajouterai qu’elle est supérieure au mariage, autant que le ciel est au-dessus de la terre, autant que les Anges sont au-dessus des hommes en excellence ; et s’il reste quelque chose à ajouter après cela, au lieu de dire autant, je dirai encore plus. Car s’il n’y a ni épouses ni époux parmi les Anges, il faut dire aussi qu’ils ne sont pas formés de chair et de sang. En outre, ils n’habitent point sur la terre, ils ne sont pas sujets aux troubles des sens et aux désordres des passions. Ils n’ont pas besoin de manger et de boire ; ils ne sont point tels qu’une voix douce, une molle harmonie, un beau visage puissent les charmer : en un mot, aucun attrait de ce genre ne les séduit.

Huitième leçon. Mais l’espèce humaine, bien qu’elle soit naturellement inférieure à ces esprits bienheureux, met toute sa force et toute son application à leur ressembler, autant qu’elle en est capable. Comment cela ? Les Anges ne connaissent point l’union conjugale ; ni les vierges non plus. Les Anges, toujours en présence de Dieu, sont tout à son service ; les vierges font de même. Si les vierges, tant que le poids du corps les retient en bas ne peuvent monter dans-le ciel, une compensation, et très grande, les console ; car il leur est permis, pourvu qu’elles soient pures d’esprit et de corps, de recevoir le roi du ciel. Vois-tu l’excellence de la virginité ? Comme elle relève les habitants de la terre, au point d’assimiler ceux qui sont revêtus d’un corps aux pures intelligences !

Neuvième leçon. Car, en quoi, je le demande, Élie, Élisée, Jean, ces véritables amateurs de la virginité, diffèrent-ils des Anges ? En rien, sinon qu’ils étaient de nature mortelle. Si quelqu’un s’applique à chercher en eux d’autres différences, il ne les trouvera pas autrement doués que ces esprits bienheureux. Et même, ce en quoi ils paraissent d’une condition inférieure doit leur être compté comme un grand mérite. En effet, pour que des habitants de la terre puissent arriver à la hauteur de cette vertu, à force d’énergie et d’application, vois de quelle force, de quelle sagesse de conduite il faut qu’ils soient pourvus.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Oh ! combien grande est la gloire de « Louis fils d’Ignace ! Je ne l’aurais jamais cru, si mon Jésus ne me l’avait montrée. Je n’aurais jamais cru qu’il y eût dans le ciel de gloire aussi grande ». C’est Madeleine de Pazzi, dont nous célébrions il y a moins d’un mois la mémoire, qui s’exprime ainsi dans l’une de ses admirables extases. Des hauteurs du Carmel, d’où sa vue plonge par delà les cieux, elle révèle au monde l’éclat dont rayonne au milieu des célestes phalanges le jeune héros que nous fêtons en ce jour.

Et pourtant, la vie si courte de Louis n’avait semblé offrir aux yeux distraits du grand nombre que les préliminaires, pour ainsi dire, d’une existence brisée dans sa fleur avant d’avoir donné ses fruits. Mais Dieu ne compte pas comme les hommes, et leurs appréciations sont de peu de poids dans ses jugements. Pour ses saints mêmes, le nombre des années, les actions éclatantes, remplissent moins une vie à ses yeux que l’amour. L’utilité d’une existence humaine ne doit-elle pas s’estimer, par le fait, à la mesure de ce qu’elle produit de durable ? Or, au delà du temps la charité reste seule, fixée pour jamais au degré d’accroissement que cette vie passagère a su lui donner. Peu importe donc si, sans la durée, sans les œuvres qui paraissent, l’élu de Dieu développe en lui l’amour autant et plus que tel autre dans les labeurs, si saints qu’ils soient, d’une longue carrière admirée par les hommes.

L’illustre Compagnie qui donna Louis de Gonzague à l’Église, doit la sainteté de ses membres et la bénédiction répandue sur leurs œuvres, à la fidélité qu’elle professa toujours pour cette importante vérité où toute vie chrétienne doit chercher sa lumière. Dès le premier siècle de son histoire, il semble que le Seigneur Jésus, non content de lui laisser prendre pour elle son nom béni, ait eu à cœur de faire en sorte qu’elle ne pût oublier jamais où résidait sa vraie force, dans la carrière militante et active entre toutes qu’il ouvrait devant elle. Les œuvres resplendissantes d’Ignace son fondateur, de François Xavier l’apôtre des Indes, de François de Borgia la noble conquête de l’humilité du Christ, manifestèrent en eux à tous les regards une merveilleuse sainteté ; mais elles n’eurent point d’autre base que les vertus cachées de cet autre triumvirat glorieux où, sous l’œil de Dieu, par la seule force de l’oraison contemplative, Stanislas Kostka, Louis de Gonzague et Jean Berchmans s’élevèrent dans ce même siècle jusqu’à l’amour, et, par suite, jusqu’à la sainteté de leurs héroïques pères.

C’est encore Madeleine de Pazzi, la dépositaire des secrets de l’Époux, qui nous révélera ce mystère. Dans le ravissement où la gloire de Louis se découvre à ses yeux, elle continue sous le souffle de l’Esprit divin : « Qui jamais expliquera, s’écrie-t-elle, le prix et la puissance des actes intérieurs ? La gloire de Louis n’est si grande, que parce qu’il opérait ainsi au dedans. De l’intérieur à ce qui se voit, aucune comparaison n’est possible. Louis, tant qu’il vécut sur terre, eut l’œil attentif au regard du Verbe, et c’est pourquoi il est si grand. Louis fut un martyr inconnu : quiconque vous aime, mon Dieu, vous connaît si grand, si infiniment aimable, que ce lui est un grand martyre de reconnaître qu’il ne vous aime pas autant qu’il désire aimer, et que vous n’êtes pas aimé de vos créatures, mais offensé !... Aussi lui-même fit son martyre. Oh ! Combien il a aimé sur terre ! C’est pourquoi, maintenant au ciel, il possède Dieu dans une souveraine plénitude d’amour. Mortel encore, il déchargeait son arc au cœur du Verbe ; et maintenant qu’il est au ciel, ces flèches reposent dans son propre cœur. Car cette communication de la divinité qu’il méritait par les flèches de ses actes d’amour et d’union avec Dieu, maintenant, en toute vérité, il la possède et l’embrasse ».

Aimer Dieu, laisser sa grâce tourner notre cœur vers l’infinie beauté qui seule peut le remplir, tel est donc bien le secret de la perfection la plus haute. Et qui ne voit combien cet enseignement de la fête présente, répond au but que poursuit l’Esprit-Saint depuis sa venue dans les jours de la glorieuse Pentecôte ? Ce suave et silencieux enseignement, Louis le donna partout où s’arrêtèrent ses pas durant sa courte carrière. Né pour le ciel, dans le saint baptême, avant même que de naître complètement à la terre, il fut un ange dès son berceau ; la grâce, passant de lui dans les personnes qui le portaient entre leurs bras, les remplissait de sentiments célestes. A quatre ans, il suivait dans les camps le marquis son père ; et quelques fautes inconscientes, qui n’avaient pas même terni son innocence, devenaient, pour toute sa vie, le point de départ d’une pénitence qu’on eût prise pour l’expiation nécessaire au plus grand des pécheurs. Il n’avait que neuf ans, lorsque, conduit à Florence pour s’y perfectionner dans l’étude de la langue italienne, il se montra l’édification de la cour du duc François où grandissait alors la future reine de France, Marie de Médicis, plus jeune que Louis de quelques années ; les attraits de cette cour, la plus brillante de l’Italie, ne réussirent qu’à le détacher pour jamais du monde ; ce fut alors qu’aux pieds de la miraculeuse image de l’Annonciade, il consacra à Notre-Dame sa virginité.

L’Église elle-même, dans la Légende, nous dira le reste de cette vie où, comme il arrive toujours chez les âmes pleinement dociles à l’Esprit-Saint, la plus céleste piété ne fit jamais tort aux devoirs de la terre. C’est parce qu’il fut véritablement le modèle en tout de la jeunesse studieuse, que Louis mérita d’en être déclaré protecteur. Intelligence d’élite, fidèle au travail comme à la prière au milieu du tumulte des villes, il se rendit maître de toutes les sciences alors exigées d’une personne de sa condition. Des négociations épineuses concernant les intérêts de ce siècle, lui furent plus d’une fois confiées ; et l’on vit à quel point il eût excellé dans le gouvernement des hommes et le maniement des affaires. Là encore, il devait servir d’exemple à tant d’autres, que leurs proches ou de faux amis prétendent retenir sur le seuil de la vie religieuse par la considération du bien qu’ils sont capables de faire, du mal qu’ils pourraient empêcher : comme si le Très-Haut, pour sa part de réserve plus spéciale au milieu des nations, devait se contenter des nullités impuissantes ; comme si les aptitudes de la plus riche nature ne pouvaient pas toujours se retourner vers Dieu, leur principe, d’autant mieux et plus complètement qu’elles sont plus parfaites. Ni l’État, ni l’Église, au reste, ne perdent jamais rien à cette retraite pour Dieu, à cet abandon apparent des sujets les meilleurs : si, dans l’ancienne loi, Jéhovah se montrait jaloux qu’on offrit à son autel le meilleur en toute sorte de biens, ce n’était pas pour appauvrir son peuple ; qu’on le reconnaisse ou non, la principale force de la société, la source des bénédictions qui gardent le monde, résidera toujours dans ces holocaustes aimés du Seigneur.

« La prudence de l’homme lui tient lieu de cheveux blancs, dit le Sage ; la vieillesse vraiment vénérable ne s’estime point au nombre des années » [1]. Et c’est pourquoi, ô Louis, vous occupez une place d’honneur parmi les anciens de votre peuple. Gloire de la Compagnie sainte au milieu de laquelle, en si peu de temps, vous remplîtes la course d’une longue existence, obtenez qu’elle continue de garder précieusement, pour elle et les autres, l’enseignement qui se dégage de votre vie d’innocence et d’amour. Le seul vrai gain de l’homme à la fin de sa carrière est la sainteté, et c’est au dedans que la sainteté s’acquiert ; les œuvres du dehors n’entrent en compte, pour Dieu, que selon la pureté du souffle intérieur qui les inspire ; si l’occasion fait défaut pour ces œuvres, l’homme peut y suppléer en se rapprochant du Seigneur, dans le secret de son âme, autant et plus qu’il n’eût fait par elles. Ainsi l’aviez-vous compris ; et l’oraison, qui vous tenait absorbé dans ses inénarrables délices, en vint à égaler votre mérite à celui des martyrs. Aussi, de quel prix n’était pas à vos yeux ce céleste trésor de l’oraison, toujours à notre portée comme il le fut à la vôtre ! Mais pour y trouver comme vous la voie abrégée de toute perfection, selon vos propres paroles, il y faut la persévérance et le soin d’éloigner de l’âme, par une répression généreuse de la nature, toute émotion qui ne serait pas de Dieu. Comment une eau bourbeuse ou agitée par les vents, reproduirait-elle l’image de celui qui se tient sur ses bords ? Ainsi l’âme souillée, et celle-là même qui, sans être l’esclave des passions, n’est point maîtresse encore de toute agitation provenant de la terre, n’arrivera point au but de l’oraison qui est de reproduire en elle l’image tranquille de son Dieu.

La reproduction du grand modèle fut parfaite en vous ; et l’on put constater combien la nature en ce qu’elle a de bon, loin de pâtir et de perdre, gagne au contraire à cette refonte au divin creuset. Même en ce qui touche les plus légitimes affections, vous n’aviez plus de regards du côté de la terre ; mais voyant tout en Dieu, combien les sens n’étaient-ils pas dépasses dans leur infirmité menteuse, et combien aussi par là même croissait votre amour ! Témoin vos suaves prévenances, ici-bas et du haut du ciel, pour l’admirable mère que vous avait donnée le Seigneur : où trouver plus de tendresse que dans les épanchements de la lettre si belle écrite par vous à cette digne mère d’un saint, dans les derniers jours de votre pèlerinage ? Et quelle délicatesse exquise ne vous conduisait pas à lui réserver votre premier miracle, une fois dans la gloire ! Par ailleurs, l’Esprit-Saint, en vous embrasant de tous les feux de la divine charité, développait en vous pour le prochain un amour immense ; caria charité est une ; et on le vit bien, quand vous sacrifiâtes votre vie pour les malheureux pestiférés.

Ne cessez pas, illustre Saint, d’assister nos misères ; soyez propice à tous. Conduite par le successeur de Pierre au pied de votre trône, la jeunesse surtout se réclame de votre puissant patronage. Dirigez ses pas sollicités en tant de sens contraires ; que la prière et le travail pour Dieu soient sa sauvegarde ; éclairez-la, lorsque s’impose à elle le choix d’un état de vie. Puissiez-vous, durant ces critiques années de l’adolescence, user pour elle largement de votre beau privilège et protéger dans vos dévots clients l’angélique vertu ! Enfin, ô Louis, que ceux-là même qui ne vous auront pas imité innocent, vous suivent du moins dans la pénitence, ainsi que l’Église le demande au Seigneur en ce jour de votre fête.

[1] Sap. IV, 8.


Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Voici un lis d’une blancheur éclatante, embaumé de pureté virginale, que le Seigneur transplanta, de la vulgarité de la cour fastueuse et sensuelle de Madrid, dans le jardin élu d’Ignace de Loyola à Rome. Tout, dans la vie de Louis, respire la sainteté et la fraîcheur : son baptême hâtif, avant même qu’il fût né ; sa première Communion, reçue des mains de saint Charles Borromée ; son acceptation dans la Compagnie de Jésus par Claude Acquaviva ; la direction spirituelle, au Collège romain, du saint cardinal Robert Bellarmin ; ses dures pénitences et enfin, victime de la charité au service des pestiférés, à l’hôpital de la Consolation à Rome, sa mort immaculée. Le séraphin du Carmel de Florence, sainte Marie-Madeleine de Pazzi, dans une célèbre vision de la gloire de saint Louis au ciel, résuma ainsi les louanges de l’angélique jeune homme, modèle des clercs (car il eut en effet le rang d’acolyte) : « Louis fut un martyr inconnu. Il décochait continuellement des flèches au Cœur du Verbe, quand il était mortel. Oh ! quelle gloire a dans le ciel Louis, fils d’Ignace ! »

La messe se ressent de tous les défauts de la décadence de l’art liturgique au XVIIe siècle. En compensation, elle ne manque ni de variété ni d’onction.

L’antienne pour l’introït est tirée du psaume 8, tandis que le second verset du psaume 148 la suit, avec la doxologie. Deux irrégularités, dès le début de la messe. — Ant. « Vous l’avez fait de peu inférieur aux anges ; vous l’avez couronné de gloire et de majesté ». Ps. 148 : « Louez-le, vous tous, ô ses anges ; louez-le, vous, ses puissances ».

La virginité élève l’homme au niveau des anges mêmes, qui sont des créatures spirituelles. Bien plus, comme l’observe saint Jean Cbrysostome, la chasteté apparaît encore plus belle chez l’homme que chez l’ange, parce qu’en cette chair fragile elle est le résultat d’une lutte longue et difficile.

La collecte fait abstraction du cursus classique, mais elle est concise et bien faite : « O Dieu, dont nous vient tout don céleste ; vous qui, dans l’angélique et jeune Louis, avez uni l’innocence à la plus rigide pénitence ; accordez-nous, par ses mérites et ses prières, de le suivre dans la pénitence puisque nous n’avons pas imité son innocence ».

La première lecture, sauf le dernier verset qui manque, est la même que le 8 février. Cependant le texte original du passage de l’Ecclésiastique (XXXI, 8-11) s’adapterait beaucoup mieux à saint Louis, si, au lieu du texte retouché : Beatus vir qui inventus est sine macula, il avait été cité par le Missel dans son exactitude : Beatus dives qui inventus est sine macula, etc.

De fait, l’Écriture, en cet endroit, ne fait pas l’éloge d’un juste quelconque, mais du riche qui, tout en ayant la fortune, la puissance et la gloire, en fait bon usage et partage ses biens entre les pauvres. L’état de pauvreté est honorable et méritoire, car le Verbe de Dieu l’a sanctifié dans son Humanité ; mais la vertu du riche est, elle aussi, difficile et glorieuse, alors que, ayant vaincu l’attrait de l’or et de la splendeur de la vie, il demeure pauvre et humble d’esprit, même au milieu de l’opulence matérielle.

Le répons après la lecture est tiré, contrairement aux règles, de deux psaumes différents. Le verset alléluiatique est emprunté à un troisième. Cela prouve que le rédacteur a composé cette messe sur sa table de travail, avec le seul secours d’une bonne concordance et sans prendre garde au caractère musical de cette partie de la liturgie eucharistique. Ps. 70. « Seigneur, dès ma jeunesse vous êtes mon espérance ; à vous je m’appuyai dès le sein maternel ; dès les entrailles de ma mère vous êtes mon protecteur ». — Ce verset peut fort bien se rapporter au baptême hâtif de saint Louis, avant même qu’il ait vu le jour. — Ps. 40 : « A cause de mon innocence vous me soutenez et vous m’élevez en votre présence pour toujours. Alléluia ». Ps. 64. « Bienheureux celui que vous choisissez et transportez pour qu’il habite dans vos parvis ! » — Le parvis n’est pas le temple, mais il le précède ; et c’est pourquoi il désigne ici le saint état religieux, qui représente le vestibule du paradis.

La lecture évangélique est tirée de saint Matthieu (XXII, 29-40). Jésus réduit au silence les Sadducéens sceptiques et matérialistes, qui, pour tourner en ridicule la résurrection, lui avaient proposé le cas d’une femme mariée successivement à sept frères. « A la résurrection, demandent-ils ironiquement, de qui sera-t-elle femme ? » Le Sauveur répond en expliquant la nature spirituelle de notre future vie glorieuse, grâce à laquelle le corps dans le ciel participera à l’état de l’âme glorifiée. Il ne sera donc plus soumis au besoin de nourriture, aux maladies, à la mort. En ce bienheureux royaume, il n’y aura plus de mariages à contracter, de berceaux à préparer, de dots à verser. Nous serons tous alors ce que sont présentement les anges de Dieu. — L’application liturgique à Louis, angelicus iuvenis, est évidente.

Les Pharisiens réduits au silence, un docteur de la Loi demande au divin Maître quel est le précepte le plus important de la Thora. Jésus lui lépond que c’est celui dans les saintes ardeurs duquel l’homme s’immole tout entier : l’amour. — Ici encore, nous retrouvons saint Louis, le martyr inconnu, au dire de sainte Madeleine de Pazzi, celui qui décochait des flèches au Cœur du Verbe quand il était sur la terre.

L’antienne pour l’offrande des oblations est très bien adaptée au moment liturgique de l’offertoire. Ps. 23. « Qui gravira la montagne du Seigneur, et qui se tiendra dans son sanctuaire ? Celui dont les mains sont pures, et pur le cœur ». — Cœur et mains désignent ici la pureté des intentions et des œuvres, qui doivent être comme l’ornement intérieur du ministre du sanctuaire.

Dans la collecte avant l’anaphore, il est question des larmes qui, telles des perles précieuses, ornaient les blanches livrées de saint Louis, quand il s’approchait du banquet eucharistique. Il consacrait plusieurs jours à s’y préparer, et autant à en rendre grâces à Dieu.

L’antienne pour la Communion du peuple rappelle avec insistance que l’Eucharistie est la nourriture des anges, et que, même sur la terre, elle fait des anges. Ps. 77. « II leur donna le pain du ciel, en sorte que l’homme mangea du pain des anges ».

La prière d’action de grâces est la suivante : « Maintenant que nous nous sommes nourris d’un aliment angélique, faites, Seigneur, que nous vivions aussi de la vie des anges ; et, à l’imitation de celui dont nous célébrons la fête, que nous persévérions dans l’attitude d’une reconnaissance pleine d’amour ».

En l’honneur de l’acolyte Louis, « martyr inconnu » d’amour, on peut aujourd’hui répéter ce que, au IVe siècle, le pape Damase écrivait sur la tombe d’un autre acolyte, le martyr Tarcisius : Par meritum quicumque legis cognosce duorum, Quis Damasus rector titulum post præmia reddit.


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Nous qui ne l’avons pas suivi dans son innocence, suivons-le dans sa pénitence.

1. Saint Louis. — Jour de mort : 25 juin 1591, dans sa 24ème année. Tombeau : à Rome, dans la chapelle qui lui est dédiée dans le transept de Saint-Ignace. Image : On le représente en Jésuite, avec une Croix, un lis, une tête de mort. Vie : L’angélique jeune homme, l’innocence pénitente, « rapidement arrivé à la perfection, avait rempli plusieurs années ». Saint Robert Bellarmin, qui lui donna son assistance spirituelle à son lit de mort, affirma, avec d’autres personnes qui connaissaient bien Louis de Gonzague, que ce jeune homme n’avait jamais dans sa vie commis un seul péché mortel. Mais ce qui brilla surtout parmi toutes ses vertus, ce fut sa pureté angélique que ne vint jamais troubler même une mauvaise pensée. Cette pureté fut un effet d’une grâce spéciale de Dieu. Louis naquit en 1568. Il était issu d’une maison princière. A l’âge de douze ans, il fit, à Florence, devant l’autel de la Mère de Dieu, le vœu de virginité. Il reçut la première communion de la main de saint Charles Borromée. Envoyé comme page à la cour d’Espagne, il ne se permit jamais de regarder le visage de l’impératrice, Marie d’Autriche. Il vivait dans une grande mortification. Il restait jusqu’à cinq heures en prière sans éprouver la moindre distraction. Après trois ans de pénibles efforts, il obtint de son père la permission d’entrer dans la Compagnie de Jésus (1585). Au service des malades, il contracta une maladie infectieuse et mourut à 24 ans, en 1591. Avant de mourir, il avait manifesté le désir d’être fouetté et couché sur la terre.

Pratique. — Le livre des héros de l’Église célèbre deux faits dans sa vie : « Par la renonciation à la dignité princière et par l’innocence de sa vie, il s’est acquis une gloire incomparable ».

2. La messe. (Minuísti). — C’est le modèle typique d’un formulaire de messe moderne. La vie du saint s’y reflète. A l’Introït, nous chantons l’angélique jeune homme : « Tu ne l’as placé que très peu au-dessous des anges... Louez le Seigneur, vous tous, anges ». L’oraison peut être également considérée comme classique. Motif de la prière : en saint Louis, Dieu a « uni une innocence merveilleuse avec l’esprit de pénitence ». Prière : « Nous qui ne l’avons pas suivi dans son innocence, puissions-nous l’imiter dans sa pénitence » (le latin est encore plus lapidaire : innocentem non secuti, pænitentem imitemur). La leçon du Commun prend aujourd’hui une actualité plus grande : « Il aurait pu pécher et il ne pécha pas ». Ces paroles ne s’appliquent-elles pas directement à ce fils de prince vivant à la cour impériale ? Le Graduel, comme le verset de l’Alléluia, est toute une histoire de vocation. Dès le sein de sa mère, Louis avait été choisi par Dieu ; dans son enfance, il se consacra à Dieu ; jeune homme, il entra dans un Ordre religieux. L’Évangile est également choisi intentionnellement. Il parle de la vie angélique du saint qui est le prélude de la vie du ciel où il est « semblable aux anges » ; il parle aussi du grand amour de Dieu et du prochain dont brûlait l’âme de Louis de Gonzague. A l’Offertoire, nous voyons le saint gravir la montagne du ciel. La Secrète est d’une grande profondeur de pensée. Nous sommes assis avec saint Louis au banquet des noces, revêtus de l’habit nuptial L’habit nuptial du saint est orné de perles précieuses (ses larmes de pénitence). A la Communion, nous goûtons le pain des anges et nous demandons de mener ici-bas une vie angélique et de persévérer dans une action de grâces perpétuelle. Chaque texte propre de cette messe mérite d’être médité.

SOURCE : http://www.introibo.fr/21-06-St-Louis-de-Gonzague#nh1


Né en 1568 près de Mantoue en Italie, Louis était le fils d'un haut dignitaire de la cour de Philippe II, roi d'Espagne. Tout petit, il manifeste déjà un grand attrait pour la prière et la pénitence. Envoyé à la Cour de Florence, Louis étudie le latin et le toscan. C'est un enfant violent et farouchement indépendant, qui n'a alors que 9 ans. Il n'hésite pas à condamner l'inconduite des courtisans et garde son cœur et son corps dans la pureté la plus grande. Rappelé dans sa famille à Mantoue, Louis découvre la Compagnie de Jésus, l'Ordre des Jésuites. À 16 ans, il manifeste à son père sa volonté d'entrer dans la famille spirituelle de saint Ignace de Loyola. ; il devra attendre plusieurs années que la permission lui soit accordée. À la Cour de Mantoue, puis à Madrid où son père le Duc de Gonzague a été appelé en qualité de grand chambellan de Philippe II, le jeune prince Louis mène une vie de prière et de mortification. Déjà, il bataille durement, menant le "combat spirituel" contre sa volonté propre et son caractère très entier.


En novembre 1585, ayant fait les Exercices de saint Ignace, Louis abdique ses droits princiers en faveur de son frère ; il entre au noviciat à Rome, à l'âge de 17 ans. Il prononcera ses premiers voeœux de Jésuite au Collège Romain en 1587. Pendant sa courte et très intense vie religieuse - seulement quatre années - Louis de Gonzague s'engage dans l'étude de la philosophie et de la théologie. Mais voici que la famine et la peste ravagent Rome. Ne tenant aucun compte de sa santé fragile, Louis se met de toutes ses forces au service des miséreux. Atteint par la peste, il se prépare à la mort dans la paix et la joie. Il expire le 20 juin 1591 : il n'avait que 23 ans.

D'origine germanique, le prénom Louis signifie "hlod" (gloire) et "combat (wig).

On fête également saint Louis, roi de France, le 25 août et saint Louis-Marie le 28 avril.

Rédacteur : Frère Bernard Pineau, OP

SOURCE : http://www.lejourduseigneur.com/Web-TV/Saints/Louis-de-Gonzague


Saint Louis de Gonzague

Jésuite (✝ 1591)

C'est un saint rayonnant de pureté qu'il nous est donné de fêter. Promis aux plus hautes destinées car il était fils de la haute aristocratie italienne, il fut d'abord page à la cour de Florence. Il avait 9 ans. Dans cette atmosphère fastueuse et corrompue des cours italiennes de la Renaissance, il répond aux dépravations qui l'entourent par un vœu de chasteté.

Il rencontre saint Charles Borromée qui lui donne sa première communion.

Envoyé à la cour de Madrid pour parfaire son expérience princière, il revient décidé à devenir jésuite. Il a 17 ans. Son père s'y oppose farouchement, mais doit se plier à la volonté inébranlable de son fils.

Novice à Rome, saint Louis y sera l'élève de saint Robert Bellarmin. Il multiplie les austérités au point d'avoir un mal de tête lancinant. Il étudie intensément. Sa vie spirituelle est alors douloureuse et tourmentée.

A 22 ans, il reçoit la révélation que sa vie sera brève. Cette révélation transforme sa vie spirituelle qui sera désormais plus dépouillée, plus sereine, plus abandonnée à Dieu.

En 1591, la peste ravage Rome. Louis se dévoue auprès des malades et meurt, pestiféré à son tour, à 23 ans, dans l'allégresse en s'écriant: "Quel bonheur!"

Une internaute nous écrit:

"j'aime particulièrement la réponse de Saint Louis de Gonzague lorsque quelqu'un lui demande alors qu'il était enfant et qu'il jouait "si vous deviez mourir dans 1 heure que feriez vous?" Réponse: "je continuerais à jouer" C'est un exemple de confiance superbe. Signé: la maman d'un Gonzague"

Mémoire de saint Louis de Gonzague, religieux. Issu de famille princière, d’une pureté de vie remarquable, il abdiqua en faveur de son frère la principauté de Mantoue pour entrer dans la Compagnie de Jésus, mais en prenant un pestiféré sur ses épaules pour le conduire à l’hôpital, il contracta le mal et mourut à l’âge de vingt-trois ans, en 1591.

Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1363/Saint-Louis-de-Gonzague.html


St. Aloysius Gonzaga

Born in the castle of Castiglione, 9 March, 1568; died 21 June, 1591. At eight he was placed in the court ofFrancesco de'Medici in Florence, where he remained for two years, going then to Mantua. At Brescia, when he was twelve, he came under the spiritual guidance of St. Charles Borromeo, and from him received FirstCommunion. In 1581 he went with his father to Spain, and he and his brother were made pages of James, the son of Philip II. While there he formed the resolution of becoming a Jesuit, though he first thought of joining the Discalced Carmelites. He returned to Italy in 1584 after the death of the Infanta, and after much difficulty in securing his father's consent, renounced his heritage in favour of his brother, 2 November, 1585, a proceeding which required the approval of the emperor, as Castiglione was a fief of the empire. He presented himself to Father Claudius Acquaviva, who was then General of the Society, 25 November, 1585. Before the end of his novitiate, he passed a brilliant public act in philosophy, having made his philosophical and also his mathematical studies before his entrance. He had in fact distinguished himself, when in Spain, by a publicexamination not only in philosophy, but also in theology, at the University of Alcalá. He made his vows 25 November, 1587. Immediately after, he began his theological studies. Among his professors were FathersVasquez and Azor. In 1591 when in his fourth year of theology a famine and pestilence broke out in Italy. Though in delicate health, he devoted himself to the care of the sick, but on March 3 he fell ill and died 21 June, 1591. He was beatified by Gregory XV in 1621 and canonized by Benedict XIII in 1726. His remains are in the church of St. Ignazio in Rome in a magnificent urn of lapis lazuli wreathed with festoons of silver. Thealtar has for its centerpiece a large marble relief of the Saint by Le Gros.

O'Conor, John Francis Xavier. "St. Aloysius Gonzaga." The Catholic Encyclopedia. Vol. 1. New York: Robert Appleton Company, 1907. 22 Jun. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/01331c.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Dave Ofstead.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. March 1, 1907. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/01331c.htm


JUNE 21.—ST. ALOYSIUS GONZAGA.

SAINT ALOYSIUS, the eldest son of Ferdinand Gonzaga, Marquis of Castiglione, was born on the 9th of March, 1568. The first words he pronounced were the holy names of Jesus and Mary. When he was nine years of age he made a vow of perpetual virginity, and by a special grace was ever exempted from temptations against purity. He received his first communion at the hands of St. Charles Borromeo. At an early age he resolved to leave the world, and in a vision was directed by our Blessed Lady to join the Society of Jesus. The Saint's mother rejoiced on learning his determination to become a religious, but his father for three years refused his consent. At length St. Aloysius obtained permission to enter the novitiate on the 25th of November, 1585. He took his vows after two years, and went through the ordinary course of philosophy and theology. He was wont to say he doubted whether without penance grace would continue to make head against nature, which, when not afflicted and chastised, tends gradually to relapse into its old state, losing the habit of suffering acquired by the labor of years. " I am a crooked piece of iron," he said, " and am come into religion to be made straight by the hammer of mortification and penance." During his last year of theology a malignant fever broke out in Rome; the Saint offered himself for the service of the sick, and he was accepted for the dangerous duty. Several of the brothers caught the fever, and Aloysius was of the number. He was brought to the point of death, but recovered, only to fall, however, into slow fever, which carried him off after three months. He died, repeating the Holy Name, a little after midnight between the 20th and 21st of June on the octave-day of Corpus Christi, being rather more than twenty-three years of age.

REFLECTION.—Cardinal Bellarmine, the Saint's confessor, testified that he had never mortally offended God. Yet he chastised his body rigorously, rose at night to pray, and shed many tears for his sins. Pray that, not having followed his innocence, you may yet imitate his penance.



JUNE XXI.

ST. ALOYSIUS, OR LEWIS, GONZAGA, C.

[From his life, written in the most authentic manner by F. Ceparius, his master of novices. See also other memoirs collected by Janning, the Bollandist, Junij, t. iv. p. 847, ad p. 1169, and his life in French by F. Orleans.]

BUTLERS LIVES OF THE SAINTS

A.D. 1591.

ALOYSIUS GONZAGA was son of Ferdinand Gonzaga, prince of the holy empire, and Marquis of Castiglione, removed in the third degree of kindred from the Duke of Mantua. His mother was Martha Tana Santena, daughter of Tanus Santena, lord of Cherry, in Piemont. She was lady of honour to Isabel, the wife of Philip II. of Spain, in whose court the Marquis Gonzaga also lived in great favour. When she understood this nobleman had asked her in marriage both of the king and queen, and of her friends in Italy, being a lady of remarkable piety, she spent her time in fasting and prayer, in order to learn the will of heaven, and to draw down upon herself the divine blessing. The marriage was solemnized in the most devout manner, the parties at the same time performing their devotions for the jubilee. When they left the court and returned into Italy, the marquis was declared chamberlain to his majesty, and general of part of the army in Lombardy, with a grant of several estates. The marchioness made it her earnest petition to God that he would bless her with a son, who should devote himself entirely to his love and service. Our saint was born in the castle of Castiglione, in the diocess of Brescia, on the 9th of March, 1568. William, Duke of Mantua, stood godfather, and gave him the name of Aloysius. The holy names of Jesus and Mary, with the sign of the cross, and part of the catechism, were the first words which his devout mother taught him as soon as he was able to speak ; and from her example and repeated instructions the deepest sentiments of religion, and the fear of God were impressed upon his tender soul. Even in his infancy he showed an extraordinary tenderness for the poor ; and such was his devotion, that he frequently hid himself in corners, where, after long search, he was always found at his prayers, in which, so amiable was his piety, and so heavenly did his recollection appear, that he seemed to resemble an angel clothed with a human body. His father designing to train him up to the army, in order to give him an inclination to that state, furnished him with little guns, and other weapons, took him to Casal to show him a muster of three thousand Italian foot, and was much delighted to see him carry a little pike, and walk before the ranks. The child stayed there some months, during which time he learned from the officers certain unbecoming words, the meaning of which he did not understand, not being then seven years old. But his tutor hearing him use bad words, chid him for it, and from that time he could never bear the company of any persons who in his hearing ever profaned the holy name of God. This offence, though excusable by his want of age and knowledge, was to him during his whole life a subject of perpetual humiliation, and he never ceased to bewail and accuse himself of it with extreme confusion and compunction. Entering the seventh year of his age, he began to conceive greater sentiments of piety, and from that time he used to date his conversion to God. At that age, being come back to Castiglione, he began to recite every day the office of Our Lady, the seven penitential psalms, and other prayers, which he always said on his knees, and without a cushion—a custom which he observed all his life. Cardinal Bellarmin, three other confessors, and all who were best acquainted with his interior, declared after his death, their firm persuasion, that he had never offended God mortally in his whole life. He was sick of an ague at Castiglione eighteen months, yet never omitted his task of daily prayers, though he sometimes desired some of his servants to recite them with him.

When he was recovered, being now eight years old, his father placed him and his younger brother, Ralph, in the polite court of his good friend, Francis of Medicis, Grand Duke of Tuscany, that they might learn the Latin and Tuscan languages; and other exercises suitable to their rank. At Florence the saint made such progress in the science of the saints, that he afterwards used to call that city the mother of his piety. His devotion to the Blessed Virgin was much inflamed by reading a little book of Gaspar Loartes on the mysteries of the Rosary. He at the same time conceived a great esteem for the virtue of holy chastity ; and he received from God so perfect a gift of the same, that in his whole life he never felt the least temptation, either in mind or body, against purity, as Jerom Platus and Cardinal Bellarmin assure us from his own mouth. He cultivated this extraordinary grace by assiduous prayer, universal mortification, and the most watchful flight of all occasions; being well apprized that this virtue is so infinitely tender, that it fades and dies if blown upon by the least vapour; and that it is a bright and clear mirror, which is tarnished with the least breath, and even by the sight. He never looked at any woman, kept his eyes strictly guarded, and generally cast down, would never stay with his mother alone in her chamber; and if she sent any message to him by some lady in her company, he received it, and gave his answer in a few words, with his eyes shut, and his chamber door only half open ; and when bantered on that score, he ascribed such behaviour to his bashfulness. It was owing to his virginal modesty, that he did not know by their faces many ladies among his own relations, with whom be had frequently conversed, and that he was afraid and ashamed to let a footman see so much as his foot uncovered. But humility, which is the mother of all virtues, was in our saint the guardian of his purity. He never spoke to his servants by way of command, but with such modesty that they were ashamed not to obey. He would only say to them, "Pray despatch this or that ; You may do this ;" or, "If it be no trouble, you may do this or that." No novice could practise a more exact and ready obedience than Aloysius set an example of towards all his superiors, especially Francis Tuccius, whom his father had appointed tutor to his sons, and governor of their family at Florence.

The two young princes had stayed there a little more, than two years, when their father removed them to Mantua, and placed them in the court of the Duke William Gonzaga, who had made him governor of Montserrat. Aloysius left Florence in November, 1579, when he was eleven years and eight months old. He at that time took a resolution to resign to his brother, Ralph, his title to the marquisate at Castiglione, though he had already received the investiture from the emperor. And the ambitious or covetous man is not more greedy of honours or riches than this young prince, from a better principle, appeared desirous to see himself totally disengaged from the ties of the world, by entirely renouncing its false pleasures, which begin with uneasiness, and terminate in remorse, and are no better than real pains covered over with a bewitching varnish. He knew the true delights which virtue brings, which are solid without alloy, and capable of filling the capacity of mans heart ; and these he thirsted after. In the mean time he fell sick of an obstinate retention of urine of which distemper he cured himself only by the rigorous rules of abstinence which he observed. He took the opportunity of this indisposition to rid himself more than ever of company and business, seldom going abroad, and spending most of his time in reading Surius's Lives of Saints, and other books of piety and devotion. It being the custom in Italy, and other hot climates, to pass the summer months in the country, the marquis sent for his sons from Mantua to Castiglione in that season. Aloysius pursued the same exercises, and the same manner of life in the town, at court, and in the country. The servants who watched him in his chamber saw him employed in prayer many hours together, sometimes prostrate on the ground before a crucifix, or standing up, absorbed in God so as to appear in an ecstasy. When he went down stairs they took notice that at every standing-place he said a Hail Mary. It was in this retirement that his mind was exceedingly enlightened by God, and without the help of any instructor he received an extraordinary gift of mental prayer, to which his great purity of heart and sincere humility disposed his soul. He sometimes passed whole days in contemplating, with inexpressible sweetness and devotion, the admirable dispensations of divine providence in the great mysteries of our redemption, especially the infinite goodness and love of God, his mercy, and other attributes. In this exercise he was not able to contain the spiritual joy of his soul in considering the greatness and goodness of his God, nor to moderate his tears. Falling at last on a little book of Father Canisius, which treated of Meditation; and on certain letters of the Jesuit missionaries in the Indies, he felt a strong inclination to enter the Society of Jesus, and was inflamed with an ardent zeal for the salvation of souls. He began even then to frequent the schools of Christian Doctrine, and to encourage other boys, especially among the poor, in learning their catechism, and often instructed them himself. So excellently did he then discourse of God as astonished grown persons of learning and abilities. It happened that, in 1580, St. Charles Borromeo came to Brescia in quality of apostolic visitor, and preached there on the feast of Mary Magdalen. No importunities of the marquis or other princes could prevail upon that great saint to visit them at their country seats, or to take up his lodgings any where but with the clergy of the churches where he came. Wherefore Aloysius, being only twelve years old, went to Brescia to receive his blessing. It is incredible how much the good cardinal was taken with the piety and generous sentiments of the young prince. But finding that he had never yet received the holy communion, he exhorted him to prepare himself for that divine sacrament, and to receive it very frequently ; prescribing him rules for his devout preparation, and with regard to many other practices of piety; all which the holy youth constantly observed, remembering ever after with wonderful joy the happiness of having seen so great a saint. He from that time conceived so tender a devotion to the blessed eucharist, that in hearing mass, after the consecration, he often melted into tears, in profound sentiments of love and adoration ; and he frequently received wonderful favours in communicating ; and this holy sacrament became his greatest comfort and joy. The marquis after this carried his whole family to Casal, the residence of his government of Montserrat. There the saint made the convents of the Capuchins and Barnabites the usual places of his resort. He fasted three days a week, Fridays at least, on bread and water, boiled together for his whole dinner; his collation was a little piece of dry bread. On other days his meals were so slender that his life seemed almost a miracle. He secretly thrust a board into his bed to rest on in the night, and rose at midnight to pray, even in the coldest season of winter, which is very sharp under the Alps. He spent an hour after rising, and two hours before going to bed in private prayer.

In 1581 his father attended the Empress Mary of Austria, wife to Maximilian II., and sister to Philip II. of Spain, in her journey from Bohemia to Spain, and took with him his three children ; a daughter, named Isabel, who died in Spain, and his two sons, who were both made by King Philip pages to his son James, elder brother to Philip III. Aloysius was then thirteen years and a half old. He continued his studies, but never neglected his long meditations and devotions, which he often performed by stealth in secret corners. Though he every day waited on the Infant of Spain, James, to pay his duty to the empress, he never once looked on the face of that princess, or took notice of her person ; and so great was his guard over all his senses, and so universal his spirit of mortification, that it was a proverb at court, that the young Marquis of Castiglione seemed not to be made of flesh and blood. Whilst he remained in Spain he found great pleasure and benefit in reading Lewis of Granada's excellent book on Mental Prayer. He prescribed himself a daily task of an hour's meditation, which he often prolonged to three, four or five hours. He at length determined to enter into the Society of Jesus, in order to devote himself to the instructing and conducting souls to God; and he was confirmed in this resolution by his confessor, who was one of that Order. When he disclosed it to his parents, his mother rejoiced exceedingly; but his father, in excessive grief and rage, said he would have him scourged naked. "0 that, it would please God," replied, modestly, the holy youth, " to grant me so great a favour as to suffer that for his love." What heightened the father's indignation was a suspicion that this was a contrivance on account of his custom of gaming, by which he had lately lost six hundred crowns in one evening—a vice which his son bitterly deplored, not so much, as he used to say, for the loss of the money, as for the injury done to God. However, the consent of the marquis was at length extorted through the mediation of friends. The Infant, or Prince of Spain, dying of a fever, Aloysius was at liberty, and after two years stay in Spain, returned to Italy, in July, 1584, on board the galleys of the famous John Andrew Doria, whom his Catholic Majesty had lately appointed admiral. His brother travelled in rich apparel, but the saint in a suit of black Flanders serge. In his journey he either conversed on holy things, or entertained himself secretly in his heart with God. As soon as he came to an inn he sought some private little chamber, and fell to prayer on his knees. In visiting religious houses he went first to the church, and prayed some time before the blessed sacrament. When he had arrived at Castiglione, he had new assaults to bear, from the eloquence and authority of a cardinal, many bishops, and eminent men, employed by the Duke of Mantua and his own uncles; yet he remained firm, and brought over some of these ambassadors to his side, so that they pleaded in his favour. But his father flew back from his consent, loaded his son with opprobrious language, and employed him in many distracting secular commissions. The saint had recourse to God by prostrating himself before a crucifix, and re-doubling his severities; till the marquis, no longer able to oppose his design, cordially embraced him, and recommended him to Claudius Aquaviva, general of the Society, who appointed Rome for the place of his novitiate. The father repented again of his consent, and detained his son nine months at Milan, during which time he used the most tender entreaties, and every other method to bring him from his purpose. He again removed him to Mantua, and thence to Castiglione ; but finding his resolution invincible, left him at liberty, saying to him, "Dear son, your choice is a deep wound in my heart. I ever loved you, as you always deserved. In you I had founded the hopes of my family; but you tell me God calls you another way. Go, therefore, in his name, whither you please, and may his blessing every where attend you." Aloysius, having thanked him, withdrew, that he might not increase his grief by his presence, and betook himself to his prayers. His cession of the marquisate to his brother, Ralph, with the reserve of two thousand crowns in ready money, and four hundred crowns a year for life, was ratified by the emperor, and the writings were delivered at Mantua, in November, 1585. The excessive grief and tears of his subjects and vassals at his departure only drew from him these words : "That he sought nothing but the salvation of his soul, and exhorted them all to the same." Arriving at Rome, he visited the churches and chief places of devotion, then kissed the feet of Pope Sixtus V., and entered his novitiate at St. Andrew's, on the 25th of November, 1585, not being completely eighteen years old. Being conducted to his cell, he entered it as a celestial paradise, in which he was to have no other employment than that of praising God without interruption ; and exulting in his heart, he repeated with the prophet, "This is my rest for ever : here will I dwell, for I have chosen it."

The saint, in his noviceship, condemned himself as guilty of sloth if he did not in every religious duty surpass in fervour all his companions ; lie respected them all, and he behaved himself towards them as if he had been the last person in the family, and indeed such he always reputed himself. He loved and rejoiced most in the meanest and most contemptible employments. His mortifications, though great, were not so severe as he had practised in the world, because limited by obedience, which gave a merit to all his actions. He used to say that a religious state in this resembles a ship, in which they sail as fast who sit idle as they who sweat at the oar in rowing. Yet such was the general mortification of his senses, that he seemed totally inattentive to exterior things, only inasmuch as they regarded God. He never took notice of the difference of villas where he had been, the order of the refectory in which he every day ate, or the rich ornaments of the chapels and altars where he prayed. He seemed entirely inattentive to the taste of what he ate, only he endeavoured to avoid whatever seemed savoury. He never listened to reports or to discourse about worldly matter ; spoke very little, and never about himself, thinking himself justly deserving to be forgotten by the whole world, and to be made no account of in every thing. He was a capital enemy to any artifice or dissimulation, which he called the bane and canker of Christian simplicity. Nothing gave him so much mortification as the least marks of honour or distinction. It was his delight to carry a wallet through the streets of Rome, begging from door to door, to serve the poor and the hospitals, or to sweep the kitchen, and carry away the filth ; in which actions he usually had before his eyes Christ humbled for us. On holidays he used to catechise the children of poor labourers. He changed his new gilt breviary for an old one, and often did so in his habit and other things. His whole life seemed a continued prayer, and he called holy meditation the short way to Christian perfection. He found in that exercise the greatest spiritual delights, and remained in it on his knees, as if he were motionless, in a posture of wonderful recollection and respect. It is not possible to describe the sweet raptures and abundant tears which often accompanied his devotion, especially in presence of the blessed eucharist, and after communicating. He spent the three first days after communion in thanksgiving for that inestimable favour ; and the three following in languishing aspirations and desires to receive on the Sunday his Saviour, his God, his Physician, his King, and his Spouse ; on the eve of his communion his mind was wholly taken up with the dignity and infinite importance and advantages of that great action, nor could he speak of anything else. Such was the fire of his words whenever he spoke on that mystery of love, that it inflamed all who heard him. He made every day at least four regular visits to pray before the blessed sacrament. The passion of Christ was also a most tender object of his devotion. From his infancy he had chosen the Blessed Virgin for his special patroness and advocate. He had a singular devotion to the holy angels, especially his. angel guardian. In the beginning of his noviceship he was tried by an extreme spiritual dryness and interior desolation of soul; which served perfectly to purify his heart, and was succeeded by the greatest heavenly consolations. He bore the pious death of his father with unshaken constancy, because he considered it and all other events purely in the view of the divine will and providence. It happened six weeks after Alovsius had taken the habit. From the day on which his son had left him to enter the Society, the marquis had entirely devoted himself to the practice of perfect virtue and penance.

Humility and obedience were the young novice's favourite virtues, and by them he gained a perfect mastery over himself. To appear poor, little, and contemptible was his delight, and he rejoiced to see the last and worst portion in anything fall to his share. He was never known guilty of the least transgression of the rule of silence or any other; and feared to arrive one moment too late at any duty. He would not, without the leave of his master, speak one word even to his kinsman, Cardinal Roborei ; nor would he ever stay with him so long as to fail one minute in any rule. It happened that the pious and learned Jerom Platus, whilst he was his master of novices, thinking his perpetual application to prayer and study prejudicial to his health, ordered him to spend in conversing with others after dinner, not only the hour allotted for all, but also the half hour longer which is allowed to those who dined at the second table. Father minister, not knowing this order, punished him for it, and obliged him publicly to confess his fault ; which he underwent without offering any excuse. The minister learning afterwards how the matter was, admired very much his silence, but for his greater merit enjoined him another penalty for not telling him the order of a master. The saint bore in silence and the imputation and chastisement of the faults of any others, because this afforded him an opportunity of exercising patience, meekness, and humility. By a habit of continual application of his mind to God, attention at prayer seemed so easy and natural to him, that he told his superior, who put to him that question, that if all the involuntary distractions at his devotions during six months were joined together, they would not amount to the space of one Hail Mary. His health decaying, he was forbid to meditate or pray, except at regular times. This he found the hardest task of his whole life; so great a struggle did it cost him to resist the impulse with which his heart was carried towards God. For the recovery of his health he was sent to Naples, where he stayed half a year, and then returned to Rome. In that city, after completing his novitiate of two years, he made his religious vows on the 20th of November, 1587, and soon after received minor orders.

Aloysius had finished his logic whilst page in the Spanish court, and his use of natural philosophy during his nine months stay at Milan. After this he commenced student in divinity undr Gabriel Vasquez, and other celebrated professors; but a family contest obliged him to interrupt his studies. His uncle, Horatius Gonzaga, died without issue, and bequeathed by will his estate of Suphurino to the Duke of Mantua. Ralph, the saint's brother, pleaded that the donation was invalid, the estate being a fief of the empire, which inalienably devolves on the next heir in blood, and he obtained a rescript of the Emperor Maximilian in his favour. But the duke refused to acquiesce in this sentence; and the Arch-duke Ferdinand, and several other princes, had in vain attempted to reconcile the two cousins. At length St. Aloysius was sent for to be the mediator of peace. He had then just finished his second year of divinity, and was at the Jesuits's villa at Frescati during the vacation, when Father Robert Bellarmin brought him an order from the general to repair to Mantua about this affair. A discreet lay-brother was appointed to be his companion, to whom a charge was given to take care of his health, with an order to Aloysius to obey him as to that particular. Most edifying were the examples of his profouund humility, mortification, love of poverty, and devotion, and incredible the fruits of his zeal, both on the road and at Mantua, Castiglione, and other places where he went. Though both parties were exceedingly exasperated, no sooner did this angel of peace appear, than they were perfectly reconciled. The duke, though before much incensed, was entirely disarmed by the sight and moving discourse of the saint; he readily pardoned and yielded up the estate to the marquis, who as easily consented to bury in oblivion all that had passed, and the two cousins made a sincere and strict alliance and friendship together. Many others who were at variance, or at law, were in the same manner made friends by the means of the saint's friendly interposing. No enmity seemed able to withstand the spirit of meekness and charity which his words and whole deportment breathed. Great numbers were by him converted from sinful habits, and many brought to a profession of perfect virtue. His brother Ralph had fallen in love with a young gentlewoman, much inferior to him in birth, and had secretly married her before private witnesses, but durst not publish his marriage for fear of offending his uncle, Alphonsus Gonzaga, lord of Castle-Godfrey, whose heir he was to be. The saint represented to him that by such a conduct, notwithstanding his precaution, he offended God by the scandal he gave to his subjects and others, who looked upon his behaviour as criminal. He, moreover, undertook to satisfy his uncle, rnother, and other friends, and thus engaged him publicly to declare his marriage, and the uncle, and others, through the saint's mediation, took no offence at the alliance. Aloysius having happily restored peace among all his relations, and settled them in the practice of true virtue, by the direction of his superiors went to Milan on the 22nd of March, 1590, there to pursue his theological studies. These he accompanied with his usual exercises of devotion, and all virtues, especially humility, to nourish and improve which in his heart, he embraced every kind of humiliation. He often begged to serve in the kitchen and refectory, and it was his delight to draw water for the cook, wash the dishes, cover the table, or sweep the scullery. Whilst he was at Milan one day in his morning prayer, he was favoured with a revelation, that he had only a short time to live. And by this heavenly visitation he found his mind wonderfully changed, and more than ever weaned from all transitory things. This favour he afterwards disclosed at Rome, in great simplicity, to F. Vincent Bruno and others. The general would not suffer him to finish his studies at Milan, but recalled him to Rome in November the same year, to perform there the fourth or last year of his theological course. The saint chose a dark and very small chamber over the staircase in the garret, with one window in the roof ; nor had he in it any other furniture than a poor bed, a wooden chair, and a little stool to lay his books upon. He appeared even in the schools and cloisters quite absorbed in God, and often at table, or with his companions at re-creation time after dinner, he fell into ecstasies, and appeared unable to contain the excessive heavenly joy with which his soul overflowed. He frequently spoke in raptures on the happiness of dying, the more speedily to enjoy God.

In 1591, an epidemical distemper swept off great multitudes in Rome. In this public distress the fathers of the Society erected a new hospital, in which the general himself, with other assistants, served the sick. Aloysius obtained by earnest entreaties to be one of this number. He catechised and exhorted the poor patients, washed their feet, made their beds, changed their clothes, and performed with wonderful assiduity and tenderness, the most painful and loathsome offices of the hospital. The distemper being pestilential and contagious, several of these fathers died martyrs of charity, and Aloysius fell sick. It was on the 3rd of March, 1591, that he took to his bed ; at which time he was overwhelmed with excessive joy at the thought that he was called to go to his God. This joy gave him afterwards a scruple whether it was not immoderate ; but his confessor, who was the famous Cardinal Bellarmin, comforted him, saying, that it is not an unusual grace to desire death, not out of impatience, but to be united to God. The pestilential fever in seven days became so violent, that the saint received the viaticum and extreme unction. However, he recovered ; but from the relics of this distemper succeeded an hectic fever, which in three months reduced him to an excessive weakness. He studied to add continual mortifications to the pains of his disease, and rose in the night to pray before a crucifix, till being caught by the infirmarian, he was forbid doing so for the future ; which direction he punctually obeyed. The physicians having ordered him and another sick brother to take a very bitter draught, the other drank it at once with the ordinary helps to qualify the bitterness of the taste; but Aloysius sipped it slowly, and as it were, drop by drop, that he might have the longer and fuller taste of what was mortifying; nor did he give the least sign of perceiving any disagreeable taste. After speaking with Father Bellarmin on the happiness of speedily enjoying God, he fell into a rapture through excess of inward delights, and it continued almost the whole night, which seemed, to him in the morning, to have been but one moment, as he told Father Bellarmin. It seems to have been in this ecstasy that he learned he should die on the Octave day of Corpus Christi, which he often clearly foretold. In thanksgiving for his death being so near, he desired one to recite with him the Te Deum; with which request the other complied. To another he cried out, his heart exulting with joy, "My father, we go rejoicing! we go rejoicing!" He said every evening the seven penitential psalms with another person in great compunction. On the Octave day he seemed better, and the rector had thoughts of sending him to Frescati. But he repeated still that he should die before next morning, and he received the viaticum and extreme unction. At night he was thought to be in no immediate danger, and was left with two brothers to watch by him. These, about midnight, perceived on a sudden, by a wanness and violent sweat with which he was seized, that he was falling into his agony. His most usual aspirations during his illness, were the ardent languishings of a soul aspiring to God, extracted from the psalms. After saying, "Lord, into thy hands I commend my spirit," he frequently repeated the holy name of Jesus; with which sacred word he expired a little after midnight, between the 20th and 21st day of June, the Octave of Corpus-Christi that year, 1591, being twenty-three years, three months, and eleven days old, of which he had lived five years and almost seven months in the Society. He was buried in the Church of the Annunciation, belonging to the Jesuits of the Roman college. A rich chapel being afterwards built in that church under his name, by the Marquis Scipio Lancelotti, his relics were translated into it. St. Aloysius was beatified by Gregory XV. in 1621, and canonized by Benedict XIII. in 1726. Ceparius gives a history of many miracles wrought through the intercession and by the relics of this saint, several being cures of noblemen and eminent prelates. A much more ample history of his miracles may be read in Janning, the Bollandist, in an Appendix to the life of St. Aloysius.

When we see a young prince, the darling of his family and country, sacrifice nobility, sovereignty, riches, and pleasures, the more easily to secure the treasure of divine love, and of eternal happiness, how ought we to condemn our own sloth, who live as if heaven were to cost us nothing !

SOURCE : http://www.jesus-passion.com/saint_aloysius_gonzaga.htm



San Luigi Gonzaga Religioso


Castiglione delle Stiviere, Mantova, 9 marzo 1568 - Roma, 21 giugno 1591

Figlio del marchese Ferrante Gonzaga, nato il 19 marzo del 1568, fin dall'infanzia il padre lo educò alle armi, tanto che a 5 anni già indossava una mini corazza ed un elmo e rischiò di rimanere schiacciato sparando un colpo con un cannone. Ma a 10 anni Luigi aveva deciso che la sua strada era un'altra: quella che attraverso l'umiltà, il voto di castità e una vita dedicata al prossimo l'avrebbe condotto a Dio. A 12 anni ricevette la prima comunione da san Carlo Borromeo, venuto in visita a Brescia. Decise poi di entrare nella compagnia di Gesù e per riuscirci dovette sostenere due anni di lotte contro il padre. Libero ormai di seguire Cristo, rinunciò al titolo e all'eredità ed entrò nel Collegio romano dei gesuiti, dedicandosi agli umili e agli ammalati, distinguendosi soprattutto durante l'epidemia di peste che colpì Roma nel 1590. In quell'occasione, trasportando sulle spalle un moribondo, rimase contagiato e morì. Era il 1591, aveva solo 23 anni. E' sepolto a Roma nella chiesa di Sant'Ignazio di Campo Marzio.

Patronato: Giovani, Gioventù

Etimologia: Luigi = derivato da Clodoveo

Martirologio Romano: Memoria di san Luigi Gonzaga, religioso, che, nato da stirpe di principi e a tutti noto per la sua purezza, lasciato al fratello il principato avito, si unì a Roma alla Compagnia di Gesù, ma, logorato nel fisico dall’assistenza da lui data agli appestati, andò ancor giovane incontro alla morte.

Nell’autunno del 1585 a Castiglione delle Stiviere e dintorni, fino a Mantova, girava una strana voce: Luigi, il nobile rampollo primogenito del signore della città Ferrante Gonzaga, così bravo e così promettente per il futuro della dinastia, stava per rinunciare al diritto di successione, in favore di Rodolfo, il secondogenito. Era vera la voce? Putroppo sì, ma molti sudditi speravano di no. E invece, un brutto giorno nel castello di San Giorgio, a Mantova, ebbe proprio luogo la solenne cerimonia della rinuncia alla primogenitura. Grande fu il dolore della popolazione semplice, che già lo stimava.
Dicevano infatti: “Non eravamo degni d’averlo per padrone... egli è un santo e Dio ce lo ha tolto”.

Grande dolore (mista a delusione e... rabbia) da parte del padre: aveva posto tutta la propria fiducia e il futuro della propria casata in quel ragazzo... che ora voleva andarsene, per inseguire i suoi strani ideali, abbandonando tutto, potere e lusso, onori e ricchezze, ambizione e gloria. Non riusciva ancora a capire, e tanto meno ad accettare. Comprensibile invece la gioia di Rodolfo, il soggetto privilegiato dalla decisione: d’improvviso e senza colpo ferire si vedeva spalancata la porta che tanto sognava: diventare marchese e signore di Castiglione delle Stiviere, con annessi diritti e connessi privilegi. E questo grazie a quello “strano” fratello, Luigi, che una volta gli rispose essere lui stesso quello più felice. Per inciso: la storia ci dirà che dopo non molti anni l’uno finirà sugli altari (fu dichiarato Beato nel 1605 dal Papa Paolo V), l’altro invece consumerà i suoi giorni scomunicato e infine assassinato.

Per la verità, si era levata anche qualche voce critica verso quella decisione. Ma Luigi aveva risposto:
“Cerco la salvezza, cercatela anche voi! Non si può servire a due padroni... È troppo difficile salvarsi per un signore di Stato!”.

E molti capirono il messaggio.

Luigi, quando prese questa decisione, aveva 17 anni. E così, il 4 novembre 1585, si incamminò verso Roma, dove sarebbe entrato nella giovane Compagnia di Gesù (i Gesuiti). Con sé portava una lettera del padre al Superiore Generale dell’Ordine:

“Lo mando a Vostra Signoria Rev.ma che gli sarà Padre più utile di me... Ella diviene padrone del più caro pegno che io abbia al mondo e della principale speranza che io avessi nella conservazione di questa mia casa”.

Questo ci dà la misura della grandissima stima e aspettative da parte di tutti, di cui godeva Luigi Gonzaga, e, date le sue doti, del brillante avvenire che tutti sognavano per lui.

Grande stima, ammirazione e aspettative lo accompagneranno in quei pochi anni che visse da gesuita.
Dopo la sua morte il padre Generale testimoniò:

“Io non pensai mai che dovesse morire di quella infermità, perché ritenevo per certo che Dio Nostro Signore l’avesse chiamato alla Compagnia di Gesù per dargli a suo tempo il governo di lei, per suo gran bene”.

Un’aspettativa non certo da poco: lo vedeva già, a suo tempo, superiore generale ovvero successore del grande Ignazio di Loyola, il fondatore stesso dei Gesuiti.

Nelle corti, per “aprire gli occhi”

Luigi nacque il 7 marzo 1568, figlio di Ferrante Gonzaga, marchese di Castiglione delle Stiviere (presso Mantova), un uomo orgoglioso e duro, dedito al gioco ma anche attaccato alla famiglia ealla fede, e da Marta di Sàntena, una contessa piemontese, donna molto buona e religiosa che lascerà una profonda influenza sul figlio. Luigi era di intelligenza brillante e aperta, dal carattere forte e focoso, talvolta ostinato e duro. Una volta fu udito affermare: “Sono un pezzo di ferro contorto che deve essere raddrizzato”. Aveva il destino già segnato: diventare marchese imperiale come il padre. E così fin da bambino fu gradualmente fatto entrare in quel mondo nobile e dorato, spesso corrotto e corruttore, dove non di rado regnava il culto dell’effimero e dell’apparenza, il tutto condito di banalità e vanità. Luigi, ancora fanciullo, conobbe la vita di corte di Firenze (1578, con i Medici) dove ebbe la possibilità di giocare con le principessine Eleonora (futura duchessa di Mantova) e con Maria de’ Medici (futura regina di Francia), a Mantova e poi anche a Madrid, alla corte di Filippo II (1582).

Fu all’età di dieci anni che Luigi, nella chiesa dell’Annunziata proprio a Firenze, si offrì a Dio, e spontaneamente “si consacrò a Maria, come Lei si era consacrata a Dio”. Capiva quello che faceva? Certamente, giudicando dalla vita che condusse dopo: intuiva bene il significato del gesto e fu sempre coerente con esso. Intanto cresceva sempre più non solo il gusto della preghiera e della meditazione ma anche una certa insofferenza per quel mondo circostante ricco e gaudente, frivolo e futile nonché, spesso, spiritualmente vuoto.

Luigi si era proposto come ideale di seguire Cristo incondizionatamente e per amore suo anche la povertà. Da Firenze passò a Mantova, e qui si ammalò. I medici gli ordinarono una dieta durissima, a pane e acqua. Luigi approfittò della situazione per imparare volontariamente a... fare penitenza, per amore a Cristo Crocifisso. Qui poi ebbe la consolazione di fare la prima comunione dalle mani del Card. Carlo Borromeo (San), in visita pastorale.

Intanto il mondo di corte gli stava sempre più stretto, ne intuiva i limiti umani e spirituali, e anche i pericoli per sé, e così a poco a poco stava maturando il proposito di rinunciare alla primogenitura. Ne parlò prima alla madre, poi dovette sopportare le burla dei parenti e la inevitabile quanto comprensibile violenta opposizione del padre. Questi era fiero di Luigi: ne voleva fare un grande erede e la fortuna del marchesato. Le premesse di intelligenza, cultura e capacità diplomatiche c’erano (cose che mancavano al fratello). Ferrante Gonzaga era furioso solo alla prospettiva della rinuncia.

Tornati da Madrid (1584) ordinò ai due figli di fare un giro di cortesia per le varie corti italiane. L’obiettivo ufficiale era “distrarre” un po’ Luigi, con un’altra vita di corte magari più brillante, e, secondo motivo nemmeno troppo segreto, la speranza che incrociasse gli sguardi e suscitasse l’interesse di qualche bella principessa di sangue blu. Il ragazzo fu quindi spedito a Mantova, a Parma, a Ferrara, a Pavia e a Torino, fresca capitale (dal 1563) dei Savoia.

Ma Luigi al ritorno, anche davanti a tutto il parentado, fu irremovibile nel suo proposito: rinuncia al marchesato per farsi religioso gesuita. A quel punto pensarono, tristemente sospirando, che la vocazione di quel ragazzo così intelligente e riflessivo, così calmo ma deciso, veniva proprio da Dio, e non era un capriccio adolescenziale. E si rassegnarono.

Il motto: “Come gli altri”, cioè senza privilegi

Luigi entrò nella Compagnia di Gesù nell’anno 1587, a Roma, dopo il noviziato. Durante questo periodo i padri Gesuiti si accorsero subito di avere tra le mani un vero gioiello spirituale. Non solo non aveva bisogno di tutti i discorsi di stampo ascetico, ma il loro problema era di moderare ed equilibrare l’ardore penitenziale che era già patrimonio spirituale del soggetto che dovevano formare. E si crearono anche situazioni al limite dell’umorismo. Luigi era così abituato alla penitenza e all’autocontrollo ascetico che i suoi formatori non trovarono di meglio che proibirgli di... fare penitenza. Con il risultato che per lui la vera penitenza era non fare penitenza.

E siccome soffriva di emicrania il padre spirituale gli consigliò di non pensare troppo intensamente a Dio, con il risultato che doveva sforzarsi maggiormente per obbedire... di non pensare a Dio, per amore di Dio. Confidava ad un suo formatore anziano:

“Veramente io non so che fare. Il padre rettore mi proibisce di fare orazione, acciò che con l’attenzione io non faccia violenza alla testa: ed io maggior forza e violenza mi fo, mentre cerco di distraèr la mente da Dio che io tenerla sempre raccolta in Dio, perché questo già per l’uso mi è quasi diventato connaturale, e vi trovo quiete e riposo e non pena”.

Dio gli era così presente che giunse a pregare: “Allontanati da me, Signore”. Non so quanti santi hanno osato pregare così, escludendo San Pietro, ma questi aveva detto le stesse parole per altri ben noti motivi.

Luigi era già impegnato negli studi di teologia quando sulla città di Roma si abbatté un’immane tragedia: prima la siccità, poi la carestia, infine un’epidemia di tifo. Nell’opera di assistenza che i Gesuiti prestarono, fu presente anche lui: sempre a fianco dei malati, specialmente i più ripugnanti e i moribondi.
Girava anche per i palazzi dei nobili a chiedere l’elemosina per quei poveracci. Lo faceva seguendo, lui di sangue nobile, il motto: “Come gli altri”, dimenticando cioè tutti i privilegi. Questo coraggio e questa forza, anche fisica, sentiva che gli veniva da Dio stesso e dal Cristo che lui serviva nei sofferenti. Fino a quando raccolse un moribondo, malato di peste, e se lo caricò sulle spalle per portarlo all’ospedale. Probabilmente fu contagiato proprio in quella circostanza.

La sua fine comunque arrivò velocemente ma non inaspettatamente. All’incontro con Dio era preparatissimo e anche la morte non gli faceva paura tanto che a tutti diceva “Me ne vado felice” e alla stessa madre, nell’ultima lettera, raccomandava di non piangere il proprio figlio come morto ma come vivente e per sempre felice davanti a Dio. Il giorno della sua nascita al cielo fu il 21 giugno 1591, assistito da San Roberto Bellarmino, uno dei grandi Gesuiti della prima ora. Luigi Gonzaga fu un martire non della fede (anche se ne aveva tanta) ma della carità, fino a donare la propria vita per il prossimo

Come si vede da questi piccoli tratti, qui la stoffa del giovane santo, secondo tutti i canoni della santità cristiana, è facilmente riconoscibile e proponibile. Invece non fu così. 

Nel clima anticlericale dell’800 (e anche del primo ’900) la sua santità non solo non fu riconosciuta ma fu ostacolata. In un certo senso ha fatto testo la frase del Gioberti (1801-1852) che aveva scritto essere la santità del Gonzaga “inutile e dannosa a imitarsi”. Invece, escludendo alcuni elementi (forse un po’ esagerati) propri del suo carattere e del tempo in cui visse, i tratti salienti della sua santità hanno un grande valore e sono proponibile anche ai giovani di oggi, così bisognosi di veri e sostanziosi modelli da imitare, e non di effimeri, superficiali e piccoli “eroi” creati ad hoc dall’onnipotente circo mediatico e commerciale.

Autore: Mario Scudu

Dalla LETTERA ALLA MADRE

Io invoco su di te, mia Signora, il dono dello Spirito Santo e consolazioni senza fine. Quando mi hanno portato la tua lettera, mi trovavo ancora in questa regione di morti. Ma facciamoci animo e puntiamo le nostre aspirazioni verso il cielo dove loderemo Dio eterno nella terra dei viventi...

La carità consiste, come dice San Paolo, nel “rallegrarsi con quelli che sono nella gioia e nel piangere con quelli che sono nel pianto”. Perciò, madre illustrissima, devi gioire grandemente perché per merito tuo, Dio mi indica la vera felicità e mi libera dal timore di perderlo.

Ti confiderò, o illustrissima signora, che meditando le bontà divine, mare senza fondo e senza confini, la mia mente si smarrisce. Non riesco a capacitarmi come il Signore guardi alla mia piccola e breve fatica e mi premi con il riposo eterno e dal cielo mi inviti a quella felicità che io fino ad ora ho cercato con negligenza e offra a me, che assai poche lacrime ho sparso per esso, quel tesoro che è il coronamento di grandi fatiche e pianto.

O illustrissima Signora, guardati dall’offendere l’infinita bontà divina, piangendo come morto chi vive al cospetto di Dio e che con la sua intercessione può venire incontro alle tue necessità molto più che in questa vita.

La separazione non sarà lunga. Ci rivedremo in cielo e insieme uniti all’autore della nostra salvezza, godremo gioie immortali, lodandolo con tutta la capacità dell’anima e cantando senza fine le sue grazie. Egli ci toglie quello che prima ci aveva dato solo per riporlo in un luogo più sicuro ed inviolabile e per ornarci di quei beni che noi stessi sceglieremo.

Ho detto queste cose solo per obbedire al mio ardente desiderio che tu, o illustrissima signora e tutta la famiglia, consideriate la mia partenza come un evento gioioso. E tu continua ad assistermi con la tua materna benedizione, mentre sono in mare verso il porto di tutte le mie speranze. Ho preferito scriverti perché niente mi è rimasto con cui manifestarti in modo più chiaro l’amore ed il rispetto che, come figlio, devo alla mia madre.

PREGHIERA di Papa Giovanni Paolo II

San Luigi, povero in spirito a te con fiducia ci rivolgiamo benedicendo il Padre celeste perché in te ci ha offerto una prova eloquente del suo amore misericordioso. Umile e confidente adoratore dei disegni del Cuore divino, ti sei spogliato sin da adolescente di ogni onore mondano e di ogni terrena fortuna. Hai rivestito il cilizio della perfetta castità, hai percorso la strada dell’obbedienza, ti sei fatto povero per servire Iddio, tutto a lui offrendo per amore.

Tu, puro di cuore, rendici liberi da ogni mondana schiavitù. Non permettere che i giovani cadano vittime dell’odio e della violenza; non lasciare che essi cedano alle lusinghe di facili e fallaci miraggi edonistici.
Aiutali a liberarsi da ogni sentimento torbido, difendili dall’egoismo che acceca, salvali dal potere del Maligno.

Rendili testimoni della purezza del cuore.

Tu eroico apostolo della carità ottienici il dono della divina misericordia che smuova i cuori induriti dall’egoismo e tenga desto in ciascuno l’anelito verso la santità.

Fa’ che anche l’odierna generazione abbia il coraggio di andare contro corrente, quando si tratta di spendere la vita, per costruire il Regno di Cristo.

Sappia anch’essa condividere la tua stessa passione per l’uomo, riconoscendo in lui, chiunque egli sia, la divina presenza di Cristo.

Con te invochiamo Maria, la Madre del Redentore.

A lei affidiamo l’anima e il corpo, ogni miseria ed angustia, la vita e la morte, perché tutto in noi, come avvenne in te, si compia a gloria di Dio, che vive e regna per tutti i secoli dei secoli. Amen.

PREGHIERA del Card. Carlo Maria Martini

Signore Gesù, che hai rivelato a san Luigi il volto del Dio amore, e gli hai donato la forza di seguirti rinunciando a tutto ciò che al mondo appariva prestigio e ricchezza, di spendere la sua vita per i fratelli, nella letizia e nella semplicità di cuore, concedici, per sua intercessione, di accogliere il tuo disegno sulla nostra vita e di comunicare a tutti i fratelli la gioia del Vangelo, il sorriso della tua presenza d’amore.  Fa’ che la tua croce sia, come lo è stata per Luigi Gonzaga, la nostra consolazione, la nostra speranza, la soluzione dei problemi oscuri della vita, la luce di tutte le notti e di tutte le prove.

E tu Maria, che hai ispirato all’adolescente Luigi il proposito della verginità, consolida in noi il desiderio della purezza e della castità, ottienici il dono di contemplare il mistero di Dio attraverso quella Parola mediante la quale Gesù ci parla, ci chiama, suscita la nostra risposta.

Te lo chiediamo, Padre, per Cristo nostro Signore nella grazia dello Spirito Santo. Amen.



Il matrimonio dei suoi genitori - il marchese Ferrante Gonzaga e Marta dei conti Tana di Chieri (Torino) - si è celebrato nel palazzo reale di Madrid, perché Ferrante è al servizio di re Filippo II di Spagna. Luigi è poi nato nel castello di famiglia: è il primo di sette figli, erede del titolo e naturalmente con un futuro di soldato. Perciò il padre lo porta in mezzo alla truppa già da bambino. Poi cominciano per lui i soggiorni in varie corti e gli studi. 

Nel 1580, dodicenne, Luigi riceve la prima Comunione dalle mani di san Carlo Borromeo. Nel 1581 va a Madrid per due anni, come paggio di corte e studente. È di questa epoca un suo ritratto. Autore è il grande El Greco, che mostra il Luigi autentico (come pochi altri suoi ritratti), e ben diverso dal fragile piagnone raffigurato più tardi da tanta pittura per sentito dire, fuorviata dal fervore maldestro di oratori e biografi: purtroppo la sua austerità di vita (da lui contrapposta alla fiacchezza morale del gran mondo) sarà, per molto tempo, presentata come una sorta di avversione ossessiva nei confronti della donna. 

In Spagna, Luigi è brillante alunno di lettere, scienza e filosofia e tiene la tradizionale dissertazione universitaria; insieme, legge testi spirituali e relazioni missionarie, si concentra nella preghiera, decide di farsi gesuita e – malgrado la contrarietà del padre – a 17 anni entra nel noviziato della Compagnia di Gesù a Roma, dove studia teologia e filosofia. 

Nel 1589 (a 21 anni) lo mandano a Castiglione delle Stiviere per mettere pace tra suo fratello Rodolfo (al quale ha ceduto i propri diritti di primogenito) e il duca di Mantova. Obiettivo raggiunto: Luigi si muove bene anche in politica, anche se la sua salute è fragile (e le severe penitenze certamente non lo aiutano). Nel ritorno a Roma, un misterioso segnale gli annuncia vicina la morte. È il momento di staccarsi da tante cose. Ma non dalla sofferenza degli altri; non dalla lotta per difenderli. Nel 1590/91 un insieme di mali infettivi semina morte in tutta Roma, stende in 15 mesi tre Papi uno dopo l’altro (Sisto V, Urbano VII, Gregorio XIV) e migliaia di persone. Contro la strage si batte Camillo de Lellis con alcuni confratelli, e così fa Luigi Gonzaga. Ma siccome è malato anche lui da tempo, gli si ordina di dedicarsi ai casi non contagiosi. Però lui, trovato in strada un appestato in abbandono, se lo carica in spalla, lo porta in ospedale, incaricandosi di curarlo. Poi torna a casa e pochi giorni dopo è morto, a 23 anni. "In una commovente lettera, il 10 giugno, egli prese commiato dalla madre" (L. von Pastor).
Nel 1726, papa Benedetto XIII lo proclamerà santo. Il suo corpo si trova nella chiesa di Sant’Ignazio in Roma, e il capo è custodito invece nella basilica a lui dedicata, in Castiglione delle Stiviere, suo paese natale.

Autore: Domenico Agasso

SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/23450

Voir aussi : http://www.traditioninaction.org/SOD/j006sdSt.Aloysius2-9.htm

http://idlespeculations-terryprest.blogspot.ca/2012/06/st-aloysius-gonzaga.html