vendredi 1 juin 2012

Saint JUSTIN


BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 21 mars 2007

Saint Justin

Chers frères et sœurs,

Au cours de ces catéchèses, nous réfléchissons sur les grandes figures de l'Eglise naissante. Aujourd'hui, nous parlons de saint Justin, philosophe et martyr, le plus important des Pères apologistes du II siècle. Le terme "apologiste" désigne les antiques écrivains chrétiens qui se proposaient de défendre la nouvelle religion des lourdes accusations des païens et des Juifs, et de diffuser la doctrine chrétienne dans des termes adaptés à la culture de leur époque. Ainsi, chez les apologistes est présente une double sollicitude: celle, plus proprement apologétique, de défendre le christianisme naissant (apologhía en grec signifie précisément "défense"), et celle qui propose une sollicitude "missionnaire" qui a pour but d'exposer les contenus de la foi à travers un langage et des catégories de pensée compréhensibles par leurs contemporains.

Justin était né aux environs de l'an 100 près de l'antique Sichem, en Samarie, en Terre Sainte; il chercha longuement la vérité, se rendant en pèlerinage dans les diverses écoles de la tradition philosophique grecque. Finalement, - comme lui-même le raconte dans les premiers chapitres de son Dialogue avec Tryphon - un mystérieux personnage, un vieillard rencontré sur la plage de la mer, provoqua d'abord en lui une crise, en lui démontrant l'incapacité de l'homme à satisfaire par ses seules forces l'aspiration au divin. Puis il lui indiqua dans les anciens prophètes les personnes vers lesquelles se tourner pour trouver la voie de Dieu et la "véritable philosophie". En le quittant, le vieillard l'exhorta à la prière, afin que lui soient ouvertes les portes de la lumière. Le récit reflète l'épisode crucial de la vie de Justin: au terme d'un long itinéraire philosophique de recherche de la vérité, il parvint à la foi chrétienne. Il fonda une école à Rome, où il initiait gratuitement les élèves à la nouvelle religion, considérée comme la véritable philosophie. En celle-ci, en effet, il avait trouvé la vérité et donc l'art de vivre de façon droite. Il fut dénoncé pour cette raison et fut décapité vers 165, sous le règne de Marc Aurèle, l'empereur philosophe auquel Justin lui-même avait adressé l'une de ses Apologies.

Ces deux œuvres - les deux Apologies et le Dialogue avec le Juif Tryphon - sont les seules qui nous restent de lui. Dans celles-ci, Justin entend illustrer avant tout le projet divin de la création et du salut qui s'accomplit en Jésus Christ, le Logos, c'est-à-dire le Verbe éternel, la raison éternelle, la Raison créatrice. Chaque homme, en tant que créature rationnelle, participe au Logos, porte en lui le "germe" et peut accueillir les lumières de la vérité. Ainsi, le même Logos, qui s'est révélé comme dans une figure prophétique aux juifs dans la Loi antique, s'est manifesté partiellement, comme dans des "germes de vérité", également dans la philosophie grecque. A présent, conclut Justin, étant donné que le christianisme est la manifestation historique et personnelle du Logos dans sa totalité, il en découle que "tout ce qui a été exprimé de beau par quiconque, nous appartient à nous chrétiens" (2 Apol. 13, 4). De cette façon, Justin, tout en contestant les contradictions de la philosophie grecque, oriente de façon décidée vers le Logos toute vérité philosophique, en justifiant d'un point de vue rationnel la "prétention" de vérité et d'universalité de la religion chrétienne. Si l'Ancien Testament tend au Christ comme la figure oriente vers la réalité signifiée, la philosophie grecque vise elle aussi au Christ et à l'Evangile, comme la partie tend à s'unir au tout. Et il dit que ces deux réalités, l'Ancien Testament et la philosophie grecque, sont comme les deux voies qui mènent au Christ, au Logos. Voilà pourquoi la philosophie grecque ne peut s'opposer à la vérité évangélique, et les chrétiens peuvent y puiser avec confiance, comme à un bien propre. C'est pourquoi mon vénéré prédécesseur, le Pape Jean-Paul II, définit Justin comme "pionnier d'une rencontre fructueuse avec la pensée philosophique, même marquée par un discernement prudent", car Justin, "tout en conservant même après sa conversion, une grande estime pour la philosophie grecque, [...] affirmait avec force et clarté qu'il avait trouvé dans le christianisme "la seule philosophie sûre et profitable" (Dialogue, 8, 1)" (Fides et ratio, n. 38).

Dans l'ensemble, la figure et l'œuvre de Justin marquent le choix décidé de l'Eglise antique pour la philosophie, la raison, plutôt que pour la religion des païens. Avec la religion païenne en effet, les premiers chrétiens refusèrent absolument tout compromis. Ils estimaient qu'elle était une idolâtrie, au risque d'être taxés d'"impiété" et d'"athéisme". Justin en particulier, notamment dans sa première Apologie, conduisit une critique implacable à l'égard de la religion païenne et de ses mythes, qu'il considérait comme des "fausses routes" diaboliques sur le chemin de la vérité. La philosophie représenta en revanche le domaine privilégié de la rencontre entre paganisme, judaïsme et christianisme précisément sur le plan de la critique contre la religion païenne et ses faux mythes. "Notre philosophie...": c'est ainsi, de la manière la plus explicite, qu'un autre apologiste contemporain de Justin, l'Evêque Méliton de Sardes en vint à définir la nouvelle religion (ap. Hist. Eccl. 4, 26, 7).

De fait, la religion païenne ne parcourait pas les voies du Logos mais s'obstinait sur celles du mythe, même si celui-ci était reconnu par la philosophie grecque comme privé de consistance dans la vérité. C'est pourquoi le crépuscule de la religion païenne était inéluctable: il découlait comme une conséquence logique du détachement de la religion - réduite à un ensemble artificiel de cérémonies, de conventions et de coutumes - de la vérité de l'être. Justin, et avec lui les autres apologistes, marquèrent la prise de position nette de la foi chrétienne pour le Dieu des philosophes contre les faux dieux de la religion païenne. C'était le choix pour la vérité de l'être, contre le mythe de la coutume. Quelques décennies après Justin, Tertullien définit le même choix des chrétiens avec la sentence lapidaire et toujours valable: "Dominus noster Christus veritatem se, non con-suetudinem, cognominavit - le Christ a affirmé être la vérité, non la coutume" (De virgin. vle. 1, 1). On notera à ce propos que le terme consuetudo, ici employé par Tertullien en référence à la religion païenne, peut être traduit dans les langues modernes par les expressions "habitude culturelle", "mode du temps".

A une époque comme la nôtre, marquée par le relativisme dans le débat sur les valeurs et sur la religion - tout comme dans le dialogue interreligieux -, il s'agit là d'une leçon à ne pas oublier. Dans ce but, je vous repropose - et je conclus ainsi - les dernières paroles du mystérieux vieillard rencontré par le philosophe Justin au bord de la mer: "Prie avant tout pour que les portes de la lumière te soient ouvertes, parce que personne ne peut voir et comprendre, si Dieu et son Christ ne lui accordent pas de comprendre" (Dial. 7, 3).

* * *

Je salue avec joie les pèlerins francophones, en particulier les séminaristes d’Ars, accompagnés par leur Évêque, Mgr Guy Bagnard, et tous les jeunes présents. À l’exemple de saint Justin, soyez passionnés par la quête de la vérité et devenez des témoins audacieux du Christ pour notre temps.


© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20070321_fr.html


Le martyre de Saint Justin
NOTICE SUR SAINT JUSTIN LE PHILOSOPHE

Par Paul Monceaux

Justin, dit " le philosophe " , était en effet un vrai philosophe, de tendances et de goûts comme de pro-fession et de costume; un philosophe qui, d'abord païen, se convertit au christianisme, mais qui, après sa conversion et jusqu'à son martyre, resta philosophe.

Il était né dans les premières années du IIeme siècle, en Palestine, à Neapolis, aujourd'hui Naplouse, l'ancienne Sichem, près de Samarie. Il appartenait à une famille païenne, qui lui fit donner une instruc-tion assez complète. Grand travailleur, d'esprit ouvert et curieux, le jeune Justin se passionna pour la philo-sophie. Il suivit successivement les leçons de plusieurs maîtres, appartenant aux écoles les plus diverses. Il fut séduit surtout par l'enseignement des platoni-ciens ; mais, là encore, il ne trouvait pas toute la vérité qu'il cherchait.

Entre temps, il eut l'occasion d'assister à des scènes de martyre ; il fut très ému par ce spectacle et très frappé de l'héroïsme des chrétiens. Un jour, il rencontra un vieillard, qui lui vanta et lui expliqua la religion du Christ. Le jeune philosophe se mit à lire et à étudier les livres sacrés du christianisme, qui produisirent sur lui une grande impression. Enfin, vers 130, étant à Ephèse, il se convertit. Il avait alors environ trente ans.Entre temps, il eut l'occasion d'assister à des scènes de martyre ; il fut très ému par ce spectacle et très frappé de l'héroïsme des chrétiens. Un jour, il rencontra un vieillard, qui lui vanta et lui expliqua la religion du Christ. Le jeune philosophe se mit à lire et à étudier les livres sacrés du christianisme, qui produisirent sur lui une grande impression. Enfin, vers 130, étant à Ephèse, il se convertit. Il avait alors environ trente ans.

Devenu chrétien, et chrétien très ardent, il ne renonça pas pour cela à la philosophie, ni au costume et à la vie nomade des philosophes. Il allait de pays en pays, prêchant la doctrine du Christ, la présentant comme la seule conforme à la raison. I1 finit par arriver à Rome, où il fit un premier séjour, sur lequel nous sommes mal renseignés. Il y revint un peu plus tard, et, cette fois, s'y fixa. Il y ouvrit une école, où il enseignait à des disciples la philosophie nouvelle, qui donnait à la foi chrétienne un fondement ration-nel. Son enseignement ne fut pas du goût de tous ses confrères. On lui chercha querelle à ce propos : il eut à soutenir de très vives polémiques, souvent d'un tour personnel, contre plusieurs philosophes, surtout contre Crescens le cynique.

Apôtre batailleur, champion hardi du christianisme, auteur fécond, Justin avait composé une dizaine d'ouvrages : des livres de controverse, des apologies, un grand traité contre les hérétiques. La plupart de ces ouvrages sont perdus, et connus seulement par quelques fragments ou par divers témoignages. En revanche, on lui a attribué plus tard une série d'opuscules, qui n'étaient pas de lui, et qui nous sont par-venus sous son nom : livres édifiants ou dogmatiques, apologétiques ou polémiques.

Son oeuvre authentique, en dehors des fragments, se réduit pour nous à trois ouvrages : une grande Apologie, adressée vers 150 à l'empereur Antonin le Pieux ; une seconde Apologie, adressée au Sénat vers 155, beaucoup plus courte, sorte d'appendice à la précédente ; le Dialogue avec Tryphon, écrit vers 160, où l'auteur raconte à un rabbin sa conversion et cherche à le convaincre de la vérité du christianisme. Ces trois ouvrages sont fort importants pour l'histoire de l'apologétique et pour celle des dogmes ; car Justin est le premier qui ait exposé dans son ensemble la doctrine chrétienne, et qui ait traité rationnellement la question des rapports de la foi avec la raison. Malheureusement, l'écrivain est fort inégal. Mais, s'il décourage parfois le lecteur par l'incohérence de ses développements et par Ies maladresses de son style embarrassé, il le ramène bientôt par ses saillies imprévues , imprévues et l'entraîne jusqu'au bout par son ardeur communicative : il a le mouvement, la vie, la passion. Style à part, c'était un homme éminent : penseur original et indépendant, avec le plus noble caractère et une âme d'apôtre.

Il fut martyrisé à Rome vers 165 Le cynique Crescens, à bout d'arguments, l'avait plus d'une fois menacé de le dénoncer comme chrétien. Justin lui--même déclare, dans sa seconde Apologie, qu'il s'attend à ce dénouement de leurs polémiques On a supposé que Crescens avait cyniquement tenu parole ; mais nous n'en avons pas la preuve. Les Actes du marityre disent seulement que, pendant une persécution, on arrêta Justin avec six autres chrétiens.

Voici les noms de ces compagnons du philosophe, dont plusieurs, tous peut-être, étaient ses disciples : un esclave dle la maison impériale, Evelpiste, originaire de Cappadoce ; un Phrygien, Hierax ; puis Chariton, Péon, Libérien; enfin, une femme, Charito, sans doute la soeur de Chariton. Aussitôt arrêtés, les chrétiens furent tra-duits devant le tribunal du préfet de Rome qui était alors Rusticus le philosophe, maître et ami de Marc-Aurèle. Au cours d'un émouvant interrogatoire, Justin et ses compagnons proclamèrent leur foi avec une fermeté aussi simple qu' inébranlable Condamnés à mort, ils furent aussitôt conduits au supplice et décapités.

On trouvera ci-dessous les Actes authentiques du martyre : transcription du procès-verbal officiel de l'interrogatoire, avec un très court préambule, ajouté après coup, sur la persécution, et une très courte notice sur le supplice. C'est le plus ancien document de ce genre que nous possédions. Malgré 1a sécheresse apparente du procès-verbal, la scène ne manque ni de grandeur ni d'éloquence.

Nous suivons l'édition de Von Gebllardt, Acta rnartyrum selecta, p. 18-21.

ACTES DE SAINT JUSTIN et de ses compagnons

C'était le temps où sévissaient les défenseurs criminels de l'idolâtrie. Des ordres impies, visant les pieux chrétiens, étaient affichés en ville et à la campagne, enjoignant de les forcer à faire des libations en l'honneur des vaines idoles.

Donc, on arrêta ensemble les saints. On les conduisit au préfet de Rome, qui s'appelait Rusticus.

Quand ils furent devant le tribunal, le préfet Rusticus dit à Justin : " D'abord, obéis aux dieux, et soumets-toi aux empereurs ".

- Justin dit : " On ne mérite ni reproche ni condamnation, pour obéir aux commandements de notre Sauveur Jésus-Christ ".

- Le préfet Rusticus dit : " A quelle science t'adonnes-tu `l "

- Justin dit : " J'ai essayé d'apprendre toutes les sciences. Puis je me suis attaché à la science vraie des chrétiens, quoiqu'elle ne plaise pas aux gens dans l'erreur ".

- Le préfet Rusticus dit : " Et cette science -là te plaît à toi, malheureux ? "

- Justin dit : " Oui; car je m'attache à la doctrine véritable, en suivant les chrétiens ".

- Le préfet Rusticus dit : " Et quelle est ote doctrine ? "

- Justin dit : " C'est notre conception pieuse du Dieu des chrétiens. Ce Dieu, nous croyons qu'il est unique, que dès l'origine il a été le créateur et le démiurge de toutes les créatures visibles ou invisibles. Nous croyons que le Seigneur Jésus-Christ est le Fils de Dieu, le Messie annoncé par les Prophètes comme devant assister la race des hommes, comme devant être le héraut du salut et le maître de belles sciences. Moi, qui suis un homme, je parle faiblement de lui, je le sens, en comparaison de sa divinité infinie ; je reconnais qu'il y faut une puissance de prophète. Mais il y a les pré-dictions sur celui que j'ai dit être le Fils de Dieu. Et je sais que les Prophètes étaient inspirés d'en haut, quand ils ont prédit son arrivée parmi les hommes ".

- Le préfet Rusticus dit : " Où vous réunis-sez-vous ? "

- Justin dit : " Là où chacun veut, où il peut. Crois-tu donc que nous nous réunissons tous au même endroit ? Non pas. Le Dieu des chrétiens n'est pas limité dans l'espace. Il est invisible, il remplit le ciel et la terre; partout, il est adoré et glorifié par les fidèle; ".

- En quel endroit rassembles-tu tes disciples ? "

- Justin dit : " 'Moi, je demeure au-dessus d'un certain Martin, près du bain de Timothée. Depuis tout le temps que j'y demeure (et c'est mon second séjour dans la ville de Rome), je ne connais pas d'autre lieu de réunion que cette maison-là. A tous qui voulaient venir chez moi. j'ai communiqué la doctrine de la vérité " .

- Rusticus dit : " Donc maintenant, tu es chrétien ? "

- Justin dit : " Oui, je suis chrétien ".

- Le préfet Rusticus dit à Chariton : " A ton tour, Chariton. Toi aussi, es-tu chrétien ? " - Chariton dit : " Je suis chrétien par la volonté de Dieu "

Le préfet Rusticus dit à une femme, à Charito : " Et toi que répons-tu, Charito ? "

- Charito dit : " Je suis chrétienne, par la grâce de Dieu ".

- Rusticus dit à Evelpiste : " Et toi ? qu'es -tu ? "

- Evelpiste, esclave de César, répondit : " Moi je suis chrétien. Affranchi par le Christ, je partage la même espérance, par la grâce du Christ ".

- Le préfet Rusticus dit à Hiérax : " Toi aussi, es-tu chrétien ? "

- Hiérax dit : " Oui, je suis chrétien ; car j'honore et j'adore le même Dieu. "

- Le préfet Rusticus dit : " Est-ce Justin qui vous a faits chrétiens ? "

- Hiérax dit : " Moi, j'étais chrétien, et je le serai toujours ".

- Alors, Péon se leva et dit : " Moi aussi, je suis chrétien ".

- Le préfet Rusticus dit : " Quel est celui qui t'a instruit ? "

- Péon dit : " C'est de nos parents que nous avons reçu cette belle croyance ".

- Evelpiste dit : " Sans doute, j'écoutais avec plaisir les leçons de Justin ; mais c'est à mes parents que, moi aussi, je dois d'être chré-tien ".

- Le préfet Rusticus dit : " Où sont tes parents ? "

- Evelpiste dit : " En Cappadoce. "

- Rusticus dit à Hiérax : " Et tes parents, à toi, où sont-ils ? "

- Celui-ci répondit : " Notre vrai père est le Christ; notre vraie mère est notre foi en lui. Quant à mes parents terrestres, ils sont morts. Moi, je suis d' Iconion en Phrygie ; j'en ai été arraché, et je suis venu ici ".

- Le préfet Rusticus dit à Libérien : " Et toi, qu'as-tu à dire ? Es-tu chrétien ? Es-tu, toi aussi, un impie ? "

- Libérien dit : " Moi aussi, je suis chrétien. Je ne suis pas un impie, mais j'adore le seul vrai Dieu ".

- Le préfet dit à Justin : " Ecoute-moi, toi qu'on dit éloquent, toi qui crois connaître la vraie doctrine. Si tu es fouetté, puis décapité, es-tu convaincu que tu dois ensuite monter au ciel ? "

- Justin dit : " J'espère que j'y aurai ma demeure, si j'endure tout cela Je le sais : à tous ceux qui auront ainsi vécu est réservée la récompense divine jusqu'à la consommation du monde entier ".

- Le préfet Rusticus dit : Ainsi. tu t'ima-gines que tu monteras aux cieux pour y recevoir des récompenses ? "

- Justin dit : " Je ne l'imagine pas ; mais je le sais, j'en ai la certitude ".

- Le préfet Rusticus dit : " Finissons-en ; arrivons à la chose qu'on vous demande, et qui presse. Venez tous, et, tous ensemble, sacrifiez aux dieux ".

- Justin dit : " Personne, à moins de folie, n'abandonne la piété pour tomber dans l'impié-té ".

- Le préfet Rusticus dit : " Si vous n'obéissez pas, vous serez punis sans pitié ".

- Justin dit : " C'est notre désir, d'être frappés à cause de notre Seigneur Jésus-Christ, pour être sauvés. Ce sera notre salut et notre sécurité devant le tribunal plus redoutable, où le monde entier passera, de notre Maître et Sauveur. "

- De même, les autres martyrs s'écrièrent : " Fais ce que tu veux. Nous sommes chrétiens, nous ne sacrifions pas aux idoles ".

- Alors le préfet Rusticus rendit sa sentence, ainsi conçue : " Les prévenus, n'ayant pas voulu sacrifier aux dieux en obéissant à l'ordre de l'empereur, seront fouettés et emmenés pour être punis de la peine capitale, conformément aux lois " .

Les saints martyrs glorifièrent Dieu, puis sortirent pour aller au lieu ordinaire des exécu-tions. Là, ils furent décapités, consommant ainsi leur martyre dans la confession du Sau-veur. Quelques-uns des fidèles, secrètement, enlevèrent leurs corps pour les déposer dans un lieu convenable, avec l'aide de la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, à qui soit gloire dans les siècles des siècles. Amen.

(Extrait de " La vraie Légende dorée ", relation de martyre traduites avec introduction et notices, par Paul Monceaux, de l'Institut, professeur au Collège de France. Editions Payot, Paris, 1928.)
______________________________________

Copyright © AVM 1997-2003. Tous droits réservès.

SOURCE : http://www.1000questions.net/fr/Qui-sont/saint_justin.html


St Justin, martyr


C’est le 14 avril 1882 que Léon XIII institua la fête de saint Justin sous le rite double, suite à la demande de plusieurs Pères du Concile Vatican I.

Justin fut martyrisé vers 165, à une époque où Rome ne célébrait pas encore le culte des martyrs : sa déposition nous est donc inconnue.

Il est inscrit par Florus de Lyon au 13 avril vers 850. Léon XIII adopta cette date en la déplaçant d’un jour à cause de la fête de saint Herménégilde, réduisant de ce fait la fête des sts Martyrs Tiburce, Valérien et Maxime à une mémoire.
Leçons des Matines avant 1960

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Justin, fils de Priscus, grec de nation, né à Flavia Néapolis, dans la Syrie Palestine, passa son adolescence dans l’étude assidue des belles-lettres. Arrivé à l’âge d’homme, il fut pris d’un tel amour pour la philosophie qu’il voulut, pour parvenir à la vérité, s’attacher à toutes les sectes de philosophes qu’il pût connaître et approfondir leur enseignement. Ne trouvant en toutes ces sectes qu’erreur et fausse sagesse, il fut éclairé d’en haut à la parole d’un vieillard inconnu et d’aspect vénérable, et embrassa la philosophie véritable de la foi chrétienne. Dès lors, il eut jour et nuit dans les mains les livres de la sainte Écriture, et son âme, à la méditation des paroles sacrées, devint si brûlante du feu divin, qu’appliquant fa force de son génie à acquérir la science éminente de Jésus-Christ, il composa plusieurs livres pour exposer et propager la foi chrétienne.

Cinquième leçon. Parmi les écrits les plus célèbres de saint Justin se distinguent les deux Apologies que, devant le sénat, il présenta aux empereurs Antonin le Pieux et ses fils, ainsi qu’à Marc-Antonin Vérus et Lucius Aurélius Commode, qui persécutaient cruellement les chrétiens et dont il obtint, après avoir éloquemment défendu cette même foi devant eux, un édit qui apaisa la persécution. Toutefois Justin ne fut point épargné ; accusé frauduleusement par le philosophe cynique Crescent, qu’il avait repris au sujet de sa vie et de ses mauvaises mœurs, il fut arrêté par des satellites. Amené au préfet de Rome, Rusticus, comme celui-ci lui demandait quelle était la loi chrétienne, il fit en présence d’un grand nombre de témoins cette belle confession de foi : « La doctrine véritable que nous, Chrétiens, nous gardons pieusement, est celle-ci : Nous croyons à un seul Dieu, qui a fait et créé tout ce qui se voit et tout ce que les yeux corporels ne peuvent apercevoir, et nous confessons le Seigneur Jésus-Christ Fils de Dieu, annoncé autrefois par les Prophètes, et qui doit venir juger le genre humain ».

Sixième leçon. Comme Justin dans sa première Apologie, afin de repousser les calomnies des Païens, avait exposé comment les Chrétiens s’assemblaient religieusement, et quels étaient les mystères de ces saintes assemblées, le président lui demanda quel était le lieu où lui-même et les Chrétiens de la ville se réunissaient. Justin ne voulut point découvrir les lieux des assemblées, pour ne point livrer aux chiens les saints mystères, ni trahir ses frères. Il se contenta d’indiquer sa propre demeure où il avait coutume d’instruire ses disciples, auprès du Titre célèbre du Pasteur, dans le palais de Pudens. A la fin, le préfet lui donna le choix de sacrifier aux dieux ou d’être flagellé par tout le corps. L’invincible défenseur de la foi déclara qu’il avait toujours désiré souffrir des tourments pour le Seigneur Jésus-Christ, dont il attendait au ciel une grande récompense, et le préfet prononça contre lui la sentence capitale. Ainsi, cet admirable philosophe, ne cessant de louer Dieu, après avoir été battu de verges, répandit son sang pour le Christ, et fut couronné par un glorieux martyre. Les fidèles enlevèrent secrètement son corps et l’ensevelirent dans un lieu convenable. Le souverain Pontife Léon XIII a ordonné de célébrer dans l’Église universelle l’Office et la Messe de sa Fête.

Au troisième nocturne.

Lecture du saint Évangile selon saint Luc. Cap. 12, 2-8.

En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Il n’y a rien de secret qui ne doive être découvert, ni rien de caché qui ne doive être connu. Et le reste.

Homélie de S. Jean Chrysostome.

Septième leçon. « Il n’y a rien de caché qui ne sera révélé, rien de secret qui ne sera su ». Jésus leur dit par là : il doit vous suffire pour vous consoler, que moi, votre Seigneur et votre Maître, j’aie subi les mêmes injures. S’il vous en coûte de les entendre, songez d’autre part que vous ne tarderez pas à être délivrés de ces soupçons calomnieux. Pourquoi êtes-vous affligés ? Parce qu’on vous traite de séducteurs et d’imposteurs ? Attendez quelque temps, et toutes les bouches vous nommeront les sauveurs et les bienfaiteurs de l’univers. Le temps fera \la lumière sur ces points obscurs, confondra les calomnies, et montrera votre vertu dans tout son éclat. Or, quand l’expérience elle-même aura prouvé que vous êtes les sauveurs, les bienfaiteurs véritables de l’humanité, que vous avez mis en pratique toutes les vertus, alors les hommes, oubliant les propos de vos ennemis ; n’auront égard qu’à la vérité des choses ; et, tandis que ces derniers apparaîtront comme des sycophantes, des menteurs, des calomniateurs, vous resplendirez plus vivement que le soleil ; ainsi le temps vous fera connaître, proclamera vos mérites et, d’une voix plus éclatante que celle de la trompette, appellera tous les hommes à rendre témoignage à votre vertu. Ne vous laissez donc pas abattre par ce que vous entendez maintenant ; que l’espérance des biens qui vous sont réservés ranime votre âme ; car impossible de tenir caché ce qui vous concerne.

Huitième leçon. Après avoir délivré ses disciples de toute anxiété, de toute crainte, de toute sollicitude, et les avoir rendus même supérieurs à tous les outrages, le Sauveur saisit cette occasion pour les entretenir de la liberté dont ils doivent user dans leurs prédications. « Ce que je vous dis dans les les ténèbres, dites-le dans la lumière, leur dit-il, et ce qui vous est dit à l’oreille, prêchez-le sur les toits ». Certainement il n’y avait point de ténèbres quand il leur parlait, et il ne leur disait rien à l’oreille : Jésus s’exprime ainsi par hyperbole. Parce qu’il parlait à eux seuls et dans un petit coin de la Palestine, il emploie cette figure : « Ce que je vous dis à l’oreille », comparant cette façon de les instruire à la hardiesse de langage dont ils devront user plus tard. Ne prêchez pas seulement à une, deux ou trois cités, leur dit-il ; prêchez dans tout l’univers, parcourez les mers et la terre, les contrées habitées et celles qui ne le sont pas ; dites toutes ces choses aux tyrans et aux multitudes, aux philosophes et aux orateurs, avec une grande assurance. Telle est la signification de ces mots : « Prêchez sur les toits, dites-le à la lumière », sans recourir à aucun subterfuge, avec la plus complète liberté.

Neuvième leçon. Après avoir élevé de la sorte leurs sentiments, le Sauveur revient de nouveau sur les épreuves qui les attendent, et il leur inspire un si grand courage, qu’il met leur âme au-dessus de tous les maux. « Ne craignez point, leur dit-il, ceux qui tuent le corps et ne peuvent tuer l’âme ». Voyez-vous comment il les rend supérieurs à tous les maux, aux sollicitudes, aux calomnies, aux dangers, aux pièges, enfin à la plus terrible des choses, à la mort même ? Et non seulement il leur inspire le mépris d’une mort ordinaire, mais encore d’une mort .violente. Il ne leur dit pas : Vous serez mis à mort ; s’exprimant avec la dignité qui lui convenait : « Ne craignez point, leur dit-il, ceux qui tuent le corps et ne peuvent tuer l’âme ; mais craignez plutôt celui qui peut précipiter l’âme et le corps dans la géhenne ». Comme il le fait toujours, il dirige son discours vers un but tout opposé. Craignez-vous la mort veut-il leur dire, est-ce bien cette raison qui vous fait hésiter devant le ministère de la prédication ? Voilà pourquoi précisément vous devez l’embrasser : parce que la mort vous épouvante. C’est ainsi que vous serez préservés de la mort véritable. Les hommes, dussent-ils vous tuer, quels que soient leurs efforts, ils ne tueront pas la meilleure partie de vous-mêmes. Aussi le Sauveur ne s’exprime-t-il pas de cette manière : Ils ne tueront pas l’âme ; mais de celle-ci : « ils ne peuvent tuer l’âme ». Quand même ils le voudraient, ils n’y réussiront pas. Si donc les supplices vous effraient, craignez ce supplice beaucoup plus épouvantable. Vous le voyez, au lieu de leur promettre de les délivrer de la mort, il permet qu’ils la subissent, sauf à les combler de biens plus considérables que s’il les en eût délivrés. Certes, il est plus grand d’inspirer le mépris de la mort que de délivrer de la mort.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

L’Ibérie députait hier un de ses princes à la cour du vainqueur de la mort. Avec non moins d’honneur, le Christ admet aujourd’hui dans le cortège de son triomphe un représentant de la science mise au service des intérêts surnaturels. Le manteau des philosophes égale en éclat, sur les épaules de Justin, la pourpre d’Herménégilde ; car tous deux, philosophe et prince, ont teint de leur sang, mêlé à celui de l’Agneau, les vêtements devenus l’insigne de la gloire dont ils jouissent près de lui pour jamais.

Mais ce n’est pas seulement au ciel qu’il nous faut contempler le résultat du combat de ces témoins du Christ ; la propriété du sang des martyrs est de féconder la terre même. Contre le gré de l’hérésie, du sang royal d’Herménégilde est née la catholique Espagne ; le paganisme, en immolant Justin à sa haine, raviva dans le sol Romain la vigueur de la féconde semence que Pierre et Paul y avaient déposée. Nous en avons la preuve en ce jour même, où le Cycle sacré ramène également la mémoire des saints Valérien, Tiburce et Maxime : triumvirat glorieux, conquis au Christ par l’immortelle Cécile qui fut, en ces temps, la plus noble expression de la foi romaine défendue par Justin avec tant de science et d’amour ! Quand Cécile naquit, les conférences publiques de Justin avec les adversaires du christianisme remplissaient Rome du bruit de leurs réfutations victorieuses ; ses écrits, qu’il faisait parvenir intrépidement jusqu’au trône impérial, portaient la lumière là même où sa parole n’atteignait pas. Bientôt la hache du licteur, en s’abattant sur la tète de l’apologiste, donna plus de force encore à ses démonstrations que n’avait fait sa logique puissante, lorsqu’une première fois, il avait arrêté la persécution furieuse et dompté l’enfer.

Le monde, en effet, sollicité en sens contraire dans mille écoles célèbres qui semblent prendre à tâche, par leurs contradictions, de rendre la découverte du vrai impossible, le monde, du moins, est en mesure maintenant de savoir où se trouve la sincérité. Marc-Aurèle, qui vient de succéder à Antonin le Pieux, prétend établir la philosophie avec lui sur le trône ; plaçant l’idéal de toute perfection dans la satisfaction de soi et le dédain pour autrui, il part du scepticisme dogmatique pour établir la loi morale, et livre ses Pensées à l’admiration de quelques courtisans, sans se soucier de réformer les mœurs mêmes de son entourage. Justin, dès son adolescence, a cherché le vrai pour trouver la justice ; sans se laisser décourager par l’inutilité de ses premiers efforts, il n’a point pris prétexte, pour nier la lumière, de ce qu’elle tardait à se montrer ; lorsqu’à l’heure marquée par Dieu la nuit tombe, il dévoue sa vie à la sagesse enfin rencontrée, brûlant de la communiquer à tous, petits et grands, ne comptant pour rien les travaux, les supplices même, qui lui permettront de l’affirmer solennellement à la face de l’univers. Entre le héros chrétien et le sophiste couronné qui l’envoie à la mort, quel homme de bonne foi pourrait hésiter ? Qui, comme Cécile dans son admirable confession, ne déverserait le mépris sur les prétentions de ces faux philosophes devenus les maîtres du monde, et ne donnant d’autre preuve de leur amour pour la sagesse que le parti-pris d’étouffer la voix de ceux qui la prêchent ?

La philosophie, baptisée dans le sang du converti de Naplouse, est chrétienne pour jamais. Sa désolante stérilité cesse en ce grand jour. Le témoignage du martyre que, servante fidèle enfin, elle rend à la vérité, redresse d’un seul coup les écarts monstrueux de ses premiers âges. Sans se confondre avec la foi, elle sera désormais la noble auxiliaire de cette fille des cieux. La raison humaine verra ses forces décuplées par cette alliance illustre, et produira maintenant des fruits assurés. Malheur à elle toutefois, si, oubliant la consécration sublime qui la voue au Christ, elle en vient un jour à ne plus tenir compte de la divine Incarnation, et prétend se suffire avec les enseignements de la seule nature sur l’origine de l’homme, la fin de toutes choses et la règle des mœurs ! Cette lumière naturelle qui éclaire tout homme venant en ce monde est, elle aussi, sans doute, un rayonnement du Verbe [1] ; et c’est là sa grandeur. Mais depuis que ce Verbe divin, dépassant l’honneur fait à la seule raison, a gratifié l’humanité d’une manifestation de lui-même plus directe et plus haute, il n’entend pas que l’homme fasse deux parts en ses dons, qu’il laisse de côté la foi préparant la vision même, et se contente de la lointaine lueur qui eût suffi à la pure nature. Le Verbe est un, comme l’homme même, à qui il se manifeste en même temps, quoique si diversement, par la raison et la foi ; quand l’humanité voudra se soustraire à l’illumination surnaturelle, sa punition trop méritée sera de voir le Verbe divin retirer à lui par degrés cette lumière même de nature qu’elle s’assurait posséder en propre, et laisser le monde s’abîmer dans la déraison.

Nous saluons en vous, ô Justin, l’une des plus nobles conquêtes de notre divin Ressuscité sur l’empire de la mort. Né dans la région des ténèbres, vous avez cherché de bonne heure à briser les liens du mensonge qui vous enserraient comme tant d’autres. La Sagesse, que vous aimiez sans la connaître encore, vous avait, elle aussi, choisi entre tous [2]. Or elle n’entre point dans une âme fausse, elle n’habite point dans un corps soumis au péché [3]. Bien différent des hommes chez qui le beau nom de la philosophie ne recouvrait que l’amour d’eux-mêmes et la prétention de justifier tous les vices, la recherche de la science partait chez vous d’un cœur désireux de savoir, uniquement pour aimer la vérité connue et observer ses lois. Cette pureté de l’intelligence et du cœur vous rapprochait de Dieu ; elle vous rendait digne de rencontrer sur le chemin la Sagesse vivante, qui se donne maintenant à vous pour jamais dans la pleine lumière [4]. L’Église tout à l’heure, ô Justin, vous décorait à bon droit du nom de philosophe admirable ; car, le premier, vous avez compris que la philosophie vraiment digne de ce nom, le véritable amour de la sagesse, ne pouvait arrêter ses poursuites au domaine abstrait de la simple raison, depuis que la raison n’est plus qu’une introductrice aux régions supérieures où la Sagesse se révèle en personne à l’amour qui la cherche sans feinte.

Il est écrit de ceux qui vous ressemblent : La multitude des sages est le salut du monde [5]. Mais qu’ils sont rares aujourd’hui les vrais philosophes, ceux qui, comme vous, comprennent que le but du sage est d’arriver jusqu’à la vue de Dieu [6] par la voie de l’obéissance à ce Dieu très saint [7] ! L’indépendance de la raison est le seul dogme sur lequel s’accordent les sophistes du jour ; le procédé dont ils font le cachet de leur secte est un faux éclectisme, qu’ils entendent comme la faculté laissée à tous de se faire un système : à chacun de choisir ce qui, dans les affirmations des diverses écoles, des religions elles-mêmes, peut sourire davantage. Ainsi proclament-ils que cette raison qu’ils prétendent souveraine n’a pu jusqu’à eux rien produire d’assuré ; et, pour eux-mêmes, le doute sur tout, le scepticisme, comme l’avouent leurs chefs, est le dernier mot de la science. Vraiment, après cela, sont-ils mal venus pour reprocher à l’Église d’abaisser la raison, elle qui naguère encore, au concile du Vatican, exaltait le secours mutuel que se rendent la raison et la foi pour conduire l’homme à Dieu leur commun auteur ! elle qui rejette de son sein ceux qui dénient à la raison humaine le pouvoir de donner par elle-même la certitude sur l’existence de ce Dieu Créateur et Seigneur [8] ! Et pour définir ainsi dans nos temps la valeur respective de la raison et de la foi, sans les séparer et encore moins les confondre, l’Église n’a eu qu’à écouter le témoignage de tous les siècles chrétiens, en remontant jusqu’à vous dont les ouvrages, complétés l’un par l’autre, n’expriment pas une autre doctrine.

Vous avez été un témoin fidèle autant que courageux, vaillant martyr. En des jours où les besoins de la lutte contre l’hérésie n’avaient point encore suggéré à l’Église les termes nouveaux dont la précision allait bientôt devenir indispensable, vos écrits nous montrent combien alors pourtant la doctrine était la même sous l’infirmité du langage. Béni soyez-vous par tous les enfants de la sainte Église, ô Justin, pour cette démonstration précieuse de l’identité de notre croyance avec la foi du second siècle ! Béni soyez-vous d’avoir, à cette fin, distingué scrupuleusement entre ce qui pour tous alors était le dogme même, et les opinions privées auxquelles l’Église, comme elle l’a toujours fait, laissait la liberté sur des points de moindre importance !

Ne faites pas défaut à la confiance que met en vous la Mère commune. Si loin déjà du temps où vous vécûtes, elle veut que ses fils vous honorent plus qu’ils n’avaient fait dans les siècles antérieurs. C’est qu’en effet, après avoir été reconnue comme la reine des nations, la situation pour elle est redevenue la même qu’à l’époque où vous la défendiez contre les assauts d’un pouvoir hostile. Suscitez-lui des apologistes nouveaux. Apprenez-leur comment parfois, à force de zèle, de fermeté, d’éloquence, on arrive à faire reculer l’enfer. Mais que surtout ils aient garde de se méprendre sur la nature de la lutte confiée par l’Église à leur honneur ! C’est une reine qu’ils ont à défendre ; l’Épouse du Fils de Dieu ne saurait consentir à laisser quémander pour elle la protection qu’on donne à une esclave. La vérité a des droits par elle seule ; ou, plutôt, seule elle mérite la liberté. Comme vous donc, ô Justin, ils s’appliqueront sans doute à faire rougir le pouvoir civil de ne pas même reconnaître à l’Église les facultés qu’il accorde à toute secte ; mais l’argumentation d’un chrétien ne saurait s’arrêter à réclamer une tolérance commune à Satan et au Christ ; comme vous encore, et jusque sous la menace d’un redoublement de violences, ils devront ajouter : Notre cause est juste, parce que nous, et nous seuls, disons la vérité [9].

1] Johan. I, 9.

[2] Eccli. IV, 18.

[3] Sap. I. 4.

[4] Ibid. VI, 17-21.

[5] Sap. VI, 26.

[6] Eccli. VI, 23 ; Dialog. cumTryph. 3.

[7] Eccli. IV, 15.

[8] Sess. III ; cap. 4 ; can. 10.

[9] Apolog. Ia, 23.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Justin le Philosophe est un des plus anciens auteurs ecclésiastiques, prêtre probablement, et qui passa d’abord par les diverses écoles philosophiques de son temps avant d’arriver à la sublime sagesse de la Croix. Il vient aujourd’hui déposer aux pieds du Sauveur sa couronne et la palme de son martyre. En dépit d’une si grande célébrité, le culte de saint Justin, comme en général celui de tous les martyrs romains antérieurs au IIIe siècle, était fort négligé dans la Ville éternelle. Aucun des anciens Itinéraires n’a su nous indiquer sa tombe ; et c’est seulement à titre de conjecture qu’on a cru pouvoir la reconnaître dans un loculus du cimetière de Priscille où, sur quelques tuiles plates, se trouve cette inscription au minium :

M • ZOYCTI • NOC

Ce fut Léon XIII qui, en 1882, imposa son office à l’Église universelle.

Une église de Saint-Justin existait jadis près de la basilique vaticane, à côté de la schola lombarde instituée par la reine Ansa. Mais il s’agissait probablement d’un autre martyr nommé aussi Justin, dont le tombeau était vénéré dans l’Agro Verano.

La messe est moderne, et les réminiscences historiques y abondent. Il s’agit d’un philosophe qui, après avoir vainement cherché la vérité dans les différentes écoles, stoïciennes, pythagoriciennes, platoniciennes, etc., qui s’en disputaient chacune le monopole, la trouve finalement dans la folie de la Croix, qu’il annonce courageusement, dans ses Apologies, aux Césars et au Sénat. D’où l’antithèse entre la sagesse humaine et la science divine, qui aujourd’hui, pour le rédacteur de la messe de saint Justin, est devenue le refrain de toute son ingénieuse construction liturgique. Les textes sont certes bien choisis et bien combinés, mais il manque dans l’ensemble un peu de cette spontanéité qui rend si belles, si coulantes, les antiques compositions liturgiques des Sacramentaires romains.

La collecte révèle fort bien la fin très élevée que se proposa Léon XIII en offrant à la vénération de toute l’Église le philosophe Justin. Ce Pape, pour sauver la société d’une foule d’erreurs, visait à restaurer la philosophie chrétienne, en ramenant toutes les écoles catholiques à l’étude de l’Aquinate. On comprend donc les raisons qu’avait le vieux Pontife de favoriser le culte envers les anciens docteurs de l’Église, pour lesquels saint Thomas eut un si religieux respect.

La lecture tirée de l’épître aux Corinthiens (I, I, 18-30) est un des plus beaux passages de l’Apôtre, où il oppose la sagesse de la Croix à celle du monde, laquelle est folie devant Dieu. Les prédicateurs surtout doivent méditer fréquemment ces paroles de saint Paul pour se convaincre de plus en plus que la conversion des âmes n’est pas promise par Dieu à l’éloquence et à la science humaine, mais à la simple prédication du Crucifié, dans l’esprit de Jésus, qui, par disposition divine, est devenu pour ses fidèles l’unique véritable sagesse, leur justice, leur sanctification et leur rédemption.

Les versets alléluiatiques suivants s’écartent des règles de l’antique psalmodie, car ce sont de simples passages, en prose, des épîtres de saint Paul, qui se prêtent mal au revêtement des modes musicaux grégoriens traditionnels.

Après la Septuagésime, au lieu du verset alléluiatique, on récite le trait, qui ressemble à un vrai centon des lettres de saint Paul. C’est un exemple du préjudice que porte au magnifique monument liturgique de l’Église romaine l’oubli des règles classiques de l’art grégorien :

Contrairement à l’usage antique de la liturgie romaine, en vertu duquel on réservait de préférence aux messes dominicales et aux fêtes des martyrs, durant le cycle pascal, la lecture du dernier discours de Jésus selon saint Jean, on lit aujourd’hui un passage de saint Luc (XII, 2-8). La raison de ce choix est que Justin fut l’apologiste de l’Église des Catacombes, c’est-à-dire l’un des premiers à faire connaître aux empereurs et au grand public romain et asiatique ce que, jusqu’alors, les chefs de la hiérarchie ecclésiastique avaient, comme en grand secret, révélé aux oreilles des initiés, dans la pénombre des cubicula des cimetières souterrains. Dans l’Église, tout est ordre et croissance. A l’origine, la foi était pour les seuls fidèles ; mais au deuxième siècle, l’Église est déjà mûre pour prendre l’offensive même contre les sages. Justin, avec ses deux apologies, ouvre donc pour le christianisme comme une période nouvelle, et il offre l’Évangile à la discussion du grand public païen, afin que le soleil de justice illumine désormais tous les hommes de bonne volonté.

Le verset antiphonique de l’offertoire révèle le même goût que les chants précédents.

Dans sa première Apologie, Justin est le seul parmi les anciens auteurs ecclésiastiques qui, soulevant prudemment le voile qui cachait aux non-initiés le Sacrement eucharistique, en explique aux païens l’essence, l’efficacité et le rite. L’auteur de la collecte sur l’oblation s’est inspiré de ce fait, et vise les calomnies des païens qui, peut-être parce qu’ils avaient mal compris des allusions relatives à la réalité du Corps du Sauveur dans la divine Eucharistie, faisaient un crime aux chrétiens de se nourrir dans leurs assemblées de la chair d’un enfant. Ce propos du vulgaire païen est d’ailleurs précieux pour l’histoire du dogme, puisqu’il suppose la foi des chrétiens à la présence réelle du Corps très saint de Jésus dans l’Eucharistie.

L’antienne pour la Communion des fidèles est tirée d’un texte de l’épître à Timothée (II, IV, 8).

Après la Communion, nous avons encore, dans la collecte, une nouvelle et précieuse réminiscence de l’Apologie de Justin, là où le martyr traite précisément de la divine Eucharistie.

Nous devons avoir un grand amour pour la vérité, puisqu’elle nous délivre de l’erreur et des passions et nous conduit à Dieu. Nous devons donc rechercher cette vérité religieusement, et non par vaine curiosité ; la rechercher hors de nous et en nous, puisqu’il est absolument nécessaire que nous soyons « vrais » tout d’abord. Là où, au livre de Job, la Vulgate lit : Erat ille homo rectus, d’autres versions portent ceci : Erat ille homo verus. Comme si l’on ne pouvait être vraiment homme, si l’on ne possède cette plénitude de droiture que Dieu désire de nous.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

La prédication de la Croix est la force de Dieu.

Saint Justin, surnommé le martyr, était d’origine grecque. Il naquit en Palestine. Ce fut un philosophe. Il se convertit alors qu’il était déjà parvenu à l’âge mûr. Il est au premier rang parmi les Apologistes, ces chrétiens qui défendirent hardiment la foi chrétienne contre les calomnies des païens. Sa première apologie a pour nous une importance particulière, car elle nous renseigne sur la vie morale et le culte de la primitive Église ; elle nous renseigne surtout sur la messe. Saint Justin mourut le 13 avril, entre 163 et 167, de la mort des martyrs. Son martyre nous est relaté par des actes authentiques et vénérables. Le cynique Crescens, qu’il avait convaincu d’immoralité, se vengea en le dénonçant. Ainsi, le fidèle et éloquent défenseur de la foi reçut comme récompense la couronne du martyre. Son tombeau est dans l’Église de saint Laurent, à Rome.

La messe (Narraverunt). — La messe, à la différence des messes de martyrs pendant le temps pascal, a des textes propres qui, d’ordinaire, font allusion à la vie de notre saint. Dans l’introït, nous voyons l’apologiste réfuter les « fables » des païens « devant les rois ». Sa vie est « sans tache ». Il « marche selon la loi du Seigneur ». Saint Justin a abandonné la philosophie du monde et adopté « la science suréminente de Jésus-Christ ». Puisse notre siècle, si fier de la science apparente du monde, demander cette véritable science et cette foi solide (Oraison). On peut adapter parfaitement à saint Justin le passage connu de l’Épître aux Corinthiens sur la « folie de la Croix » qui est la « force de Dieu ». « Les Juifs demandent des signes et les Grecs recherchent la sagesse. Pour nous, nous prêchons le Christ crucifié, ce qui est un scandale pour les Juifs et une folie pour les Grecs, mais ce qui est, pour ceux qui sont appelés, la force de Dieu et la sagesse de Dieu » (Ép.). L’Alléluia est l’écho de l’Épître dont il répète quelques versets. L’Évangile est un passage souvent utilisé dans les messes des martyrs. Le Christ s’adresse aux martyrs et leur demande d’annoncer publiquement ce que Dieu leur a dit dans leur cœur. « Ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps et n’ont pas d’autre pouvoir ». « Quiconque me confesse devant les hommes, le Fils de l’Homme le confessera devant les anges de son Père ». Notre saint a réalisé ces paroles. A la communion, nous voyons le martyr recevoir « la couronne de justice » ; la sainte Eucharistie est pour nous le gage de cette couronne (Comm.). « Puissions-nous persévérer dans la reconnaissance pour les dons reçus » (Postcommunion).

Ce que saint Justin nous raconte de la messe dans la chrétienté primitive (1 Apol., 65-67). — « Au jour qu’on appelle dimanche, a lieu une réunion de ceux qui demeurent dans les villes ou bien à la campagne. Là, on lit les mémoires des apôtres (c’est-à-dire les évangiles) et les écrits des Prophètes, aussi longtemps qu’il convient. Quand le lecteur a fini, le président (l’évêque) fait une allocution dans laquelle il exhorte à imiter toutes ces bonnes choses : Ensuite, nous nous levons tous ensemble et nous faisons Aes prières pour nous et tous les autres dans le monde entier afin que, dans nos œuvres aussi, nous soyons trouvés de dignes membres de la communauté et qu’ainsi nous obtenions la béatitude éternelle. Quand nous avons terminé nos prières, nous nous saluons les uns les autres par le baiser de paix. Alors, on apporte, au président des frères, du pain et une coupe d’eau et de vin ; il les prend et adresse une louange au Père tout puissant par le nom du Fils et du Saint-Esprit et il prononce, de toute sa force, une longue action de grâces (Eucharistie) pour remercier Dieu de ce qu’il nous a jugés dignes de ces dons. Quand il a terminé les prières et l’Eucharistie, tout le peuple donne son adhésion en disant : “Amen ». Après l’action de grâces du président et l’adhésion du peuple tout entier, ceux qu’on appelle chez nous les diacres distribuent à chacun des assistants du pain eucharistique, du vin et de l’eau, et en portent même aux absents.

Cette nourriture s’appelle chez nous Eucharistie. Personne n’a le droit d’y participer, sauf ceux qui considèrent notre doctrine comme vraie, ont reçu le bain pour la rémission des péchés et la régénération, et vivent selon les prescriptions du Christ. Car nous ne prenons pas cette nourriture comme un pain ordinaire et une boisson ordinaire. Nous avons appris que cette nourriture, consacrée avec action de grâces, est la chair et le sang de ce Jésus fait chair... »

SOURCE : http://www.introibo.fr/14-04-St-Justin-martyr

Portrait de Saint Justin dans André Thevet, Les Vrais Portraits et Vies des Hommes Illustres, 1584

Saint Justin

Philosophe et martyr (✝ 165)

Il naquit à Naplouse, ville de Palestine bâtie sur l'ancien site de Sichem. Ses parents étaient des païens très aisés qui lui firent faire des études très poussées. Il est alors à la recherche de la sagesse. Il en parle dans ses 'dialogues avec Tryphon' où il nous raconte sa longue quête. Il se confie à un maître stoïcien, mais celui-ci ne lui parle pas de Dieu. Il le quitte pour un disciple d'Aristote qui ne s'intéresse qu'à ses honoraires. Les platoniciens lui offrent une doctrine solide et exaltante. Saint Justin pensait avoir trouvé ce qu'il cherchait. Mais sa rencontre avec un chrétien le fait aller plus loin: la vérité tant recherchée, seul le Christ peut la lui donner. A trente ans, devenu chrétien, il ne renie pas sa quête philosophique. Elle est, à ses yeux, une préparation de la révélation chrétienne, chaque doctrine contenant une parcelle de la vérité totale qui se trouve dans le Christ. Il commence alors une carrière d'enseignant, fonde des écoles de philosophie à Ephèse puis à Rome. C'est alors que l'empereur Marc-Aurèle commence sa grande persécution. Saint Justin refuse de sacrifier aux dieux et il est décapité.

Le 21 mars 2007, Benoît XVI a présenté la vie de saint Justin, philosophe et martyr, le plus important des Pères apologistes du IIe siècle, dans sa catéchèse...
(…)

Mémoire de saint Justin, martyr. Philosophe, quand il eut découvert la vraie sagesse dans la vérité du Christ, il la suivit entièrement, la montra dans son comportement, l’enseigna, la défendit par ses écrits et mit le sceau à son témoignage par sa mort à Rome, sous l’empereur Marc Aurèle, entre 163 et 167. Après avoir présenté à l’empereur son Apologie pour la religion chrétienne, il fut traduit devant le préfet Rusticus, se déclara chrétien et fut condamné à mort.

Avec lui sont commémorés ses disciples: les saints martyrs Chariton, et Charite, Évelpiste et Hiéron, Pacon et Libérien, qui reçurent en même temps que lui la couronne de gloire.

Martyrologe romain

Dernières paroles du mystérieux vieillard rencontré par le philosophe Justin au bord de la mer: "Prie avant tout pour que les portes de la lumière te soient ouvertes, parce que personne ne peut voir et comprendre, si Dieu et son Christ ne lui accordent pas de comprendre" (Dial. 7, 3).

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1256/Saint-Justin.html

Justin, de race grecque, fils de Priscus, né à Naplouse (Palestine), passa son adolescence à l'étude de toutes les disciplines de la littérature, puis il fut saisi d'une telle pasion pour la philosophie que, pour trouver la vérité, il fréquenta toutes les sectes philosophiques et scruta toutes leurs règles. Il n'avait trouvé qu'une sagesse trompeuse, lorsqu'éclairé par un vénérable vieillard resté inconnu, il découvrit la foi chrétienne. Depuis, la méditation des Écritures embrasa tellement son âme du feu divin, que sa puissante intelligence acquit dans un degré éminent la science de la grâce et qu'il écrivit de nombreux ouvrages pour l'exposition et la propagation de la foi.


Entre les plus remarquables œuvres de Justin tiennent le premier rang les deux Apologies de la foi chrétienne qu'il présenta au Sénat, à l'empereur Antonin le Pieux et à ses fils, ainsi qu'aux empereurs Marc Antonin Verus et Lucius Aurelius Commodus, qui persécutaient cruellement les Chrétiens. Par les conférences qu'il soutenait vaillamment, il obtint qu'un édit public arrêtât les persécutions. Justin, accusé par le perfide Crescent le Cynique, dont il dénonçait la vie et les mœurs criminelles, fut pris et amené au préfet Rusticus ; le Préfet l'ayant interrogé sur les règles des chrétiens, il répondit : L'exacte croyance que nous chrétiens gardons avec amour, en celle-ci : nous reconnaissons un Dieu unique, auteur et créateur de toutes choses, tant les visibles, que celles qui ne se soient pas des yeux du corps ; et nous confessons le Seigneur Jésus-Christ Fils de Dieu, annoncé autrefois par les prophètes, et qui doit venir comme juge du genre humain.

Comme Justin, pour repousser les calomnies des païens, avait exposé clairement, dans sa première Apologie, le culte, et les mystères, le préfet s'enquit du lieu où les fidèles de la ville se réunissaient, mais Justin, garda le silence pour ne pas livrer aux chiens les choses saintes, indiquant seulement son domicile où il formait ses disciples. Le préfet lui donna le choix entre sacrifier aux dieux ou être déchiré à coups de fouets ; Justin assura qu'il avait toujours souhaité souffrir pour le Seigneur Jésus-Christ, dont il espérait recevoir dans le Ciel une grande récompense, aussi fût-il condamné à mort. Il subit donc les fouets et, louant Dieu, répandit son sang pour le Christ dans un glorieux martyre. Quelques fidèles enlevèrent son corps secrètement et l'ensevelirent dans un lieu convenable. Le Souverain Pontife Léon XIII a ordonné que son office fut célébré par toute l'Église.

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/06/01.php


BENEDICT XVI


GENERAL AUDIENCE


St Peter's Square


Wednesday, 21 March 2007


St Justin, Philosopher and Martyr (c. 100-165)


Dear Brothers and Sisters,

In these Catecheses, we are reflecting on the great figures of the early Church. Today, we will talk about St Justin, Philosopher and Martyr, the most important of the second-century apologist Fathers.

The word "apologist" designates those ancient Christian writers who set out to defend the new religion from the weighty accusations of both pagans and Jews, and to spread the Christian doctrine in terms suited to the culture of their time.

Thus, the apologists had a twofold concern: that most properly called "apologetic", to defend the newborn Christianity (apologhía in Greek means, precisely, "defence"), and the pro-positive, "missionary" concern, to explain the content of the faith in a language and on a wavelength comprehensible to their contemporaries.

Justin was born in about the year 100 near ancient Shechem, Samaria, in the Holy Land; he spent a long time seeking the truth, moving through the various schools of the Greek philosophical tradition.

Finally, as he himself recounts in the first chapters of his Dialogue with Tryphon, a mysterious figure, an old man he met on the seashore, initially leads him into a crisis by showing him that it is impossible for the human being to satisfy his aspiration to the divine solely with his own forces. He then pointed out to him the ancient prophets as the people to turn to in order to find the way to God and "true philosophy".

In taking his leave, the old man urged him to pray that the gates of light would be opened to him.

The story foretells the crucial episode in Justin's life: at the end of a long philosophical journey, a quest for the truth, he arrived at the Christian faith. He founded a school in Rome where, free of charge, he initiated students into the new religion, considered as the true philosophy. Indeed, in it he had found the truth, hence, the art of living virtuously.

For this reason he was reported and beheaded in about 165 during the reign of Marcus Aurelius, the philosopher-emperor to whom Justin had actually addressed one of his Apologia.

These - the two Apologies and the Dialogue with the Hebrew, Tryphon - are his only surviving works. In them, Justin intends above all to illustrate the divine project of creation and salvation, which is fulfilled in Jesus Christ, the Logos, that is, the eternal Word, eternal Reason, creative Reason.

Every person as a rational being shares in the Logos, carrying within himself a "seed", and can perceive glimmers of the truth. Thus, the same Logos who revealed himself as a prophetic figure to the Hebrews of the ancient Law also manifested himself partially, in "seeds of truth", in Greek philosophy.

Now, Justin concludes, since Christianity is the historical and personal manifestation of the Logos in his totality, it follows that "whatever things were rightly said among all men are the property of us Christians" (Second Apology of St Justin Martyr, 13: 4).

In this way, although Justin disputed Greek philosophy and its contradictions, he decisively oriented any philosophical truth to the Logos, giving reasons for the unusual "claim" to truth and universality of the Christian religion. If the Old Testament leaned towards Christ, just as the symbol is a guide to the reality represented, then Greek philosophy also aspired to Christ and the Gospel, just as the part strives to be united with the whole.

And he said that these two realities, the Old Testament and Greek philosophy, are like two paths that lead to Christ, to the Logos. This is why Greek philosophy cannot be opposed to Gospel truth, and Christians can draw from it confidently as from a good of their own.

Therefore, my venerable Predecessor, Pope John Paul II, described St Justin as a "pioneer of positive engagement with philosophical thinking - albeit with cautious discernment.... Although he continued to hold Greek philosophy in high esteem after his conversion, Justin claimed with power and clarity that he had found in Christianity 'the only sure and profitable philosophy' (Dial. 8: 1)" (Fides et Ratio, n. 38).

Overall, the figure and work of Justin mark the ancient Church's forceful option for philosophy, for reason, rather than for the religion of the pagans. With the pagan religion, in fact, the early Christians strenuously rejected every compromise. They held it to be idolatry, at the cost of being accused for this reason of "impiety" and "atheism".

Justin in particular, especially in his first Apology, mercilessly criticized the pagan religion and its myths, which he considered to be diabolically misleading on the path of truth.

Philosophy, on the other hand, represented the privileged area of the encounter between paganism, Judaism and Christianity, precisely at the level of the criticism of pagan religion and its false myths. "Our philosophy...": this is how another apologist, Bishop Melito of Sardis, a contemporary of Justin, came to define the new religion in a more explicit way (Ap. Hist. Eccl. 4, 26, 7).

In fact, the pagan religion did not follow the ways of the Logos, but clung to myth, even if Greek philosophy recognized that mythology was devoid of consistency with the truth.

Therefore, the decline of the pagan religion was inevitable: it was a logical consequence of the detachment of religion - reduced to an artificial collection of ceremonies, conventions and customs - from the truth of being.

Justin, and with him other apologists, adopted the clear stance taken by the Christian faith for the God of the philosophers against the false gods of the pagan religion.

It was the choice of the truth of being against the myth of custom. Several decades after Justin, Tertullian defined the same option of Christians with a lapidary sentence that still applies: "Dominus noster Christus veritatem se, non consuetudinem, cognominavit - Christ has said that he is truth not fashion" (De Virgin. Vel. 1, 1).

It should be noted in this regard that the term consuetudo, used here by Tertullian in reference to the pagan religion, can be translated into modern languages with the expressions: "cultural fashion", "current fads".

In a time like ours, marked by relativism in the discussion on values and on religion - as well as in interreligious dialogue - this is a lesson that should not be forgotten.

To this end, I suggest to you once again - and thus I conclude - the last words of the mysterious old man whom Justin the Philosopher met on the seashore: "Pray that, above all things, the gates of light may be opened to you; for these things cannot be perceived or understood by all, but only by the man to whom God and his Christ have imparted wisdom" (Dial. 7: 3).

* * *

To special groups

I offer a warm welcome to all the English-speaking visitors present at today's Audience. I extend particular greetings to the students from the American Taipei School, to the members of the Shinto religious delegation from Japan and to the pilgrims from St Vincent Archabbey in Latrobe. May this Lenten Season purify your hearts and fill you with joy, and may God bless you all!

Lastly, my greeting goes to the young people, the sick and the newly-weds. In the spiritual atmosphere of Lent, a season of conversion and reconciliation, I ask you, dear young people, to follow Jesus' example, to be faithful heralds of his saving message. I encourage you, dear sick people, to bear your daily cross in close union with Christ Our Lord. Lastly, I urge you, dear newly-weds, to make your families communities of ardent Christian witness.

© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20070321_en.html

St. Justin Martyr was born around the year 100 in the Palestinian province of Samaria in modern-day Nablus, the son of Greek-speaking parents whose ancestors were sent as colonists to that area of the Roman Empire. Justin’s father followed the Greek pagan religion and raised his son to do the same, but he also provided Justin with an excellent education in literature and history.

As a young man, Justin became interested in philosophy and looked for truth in the various schools of thought that had spread throughout the empire. But he became frustrated with the professional philosophers’ intellectual conceits and limitations, as well as their apparent indifference to God.

After several years of study, Justin had a life-changing encounter with an old man who urged him to study the Jewish prophets. He told Justin that these authors had not only spoken by God’s inspiration, but also predicted the coming of Christ and the foundation of his Church. The old man was not searching for truth but for some of his family. Nonetheless they began a discussion in which Justin identified himself as a philologian, a lover of reason. The old man challenged him — why was he not a lover of truth, a lover of deeds. Justin told him that reason led to truth, and philosophy led to happiness. This was certainly an interesting thing for Justin to say since he had not found the truth in the study of reason or happiness in his quest among the philosophers! Perhaps the old man sensed this for he asked for Justin’s definition of philosophy and of happiness.

In the long discussion that followed, Justin spoke eloquently to the old man’s searching questions but even Justin had to admit that philosophers may talk about God but had never seen him, may discuss the soul but didn’t really know it. But if the philosophers whom Justin admired and followed couldn’t, then nobody could, right? The old man told him about the ancient prophets, the Hebrew prophets, who had talked not of ideas but of what they had seen and heard, what they knew and experienced. And this was God. The old man ended the conversation by telling Justin to pray that the gates of light be opened to him.

Inflamed by this conversation, Justin sought out the Scriptures and came to love them. Christ words “possess a terrible power in themselves, and are sufficient to inspire those who turn aside from the path of rectitude with awe; while the sweetest rest is afforded those who make a diligent practice of them.”

After his conversion, Justin continued to wear the type of cloak that Greek culture associated with the philosophers. Inspired by the dedicated example of other Catholics whom he had seen put to death for their faith, he embraced a simple and austere lifestyle even after moving to Rome.

Justin was most likely ordained a deacon, since he preached, did not marry, and gave religious instruction in his home. He is best known as the author of early apologetic works which argued for the Catholic faith against the claims of Jews, pagans, and non-Christian philosophers. Several of these works were written to Roman officials, for the purpose of refuting lies that had been told about the Church. Justin sought to convince the rulers of the Roman Empire that they had nothing to gain, and much to lose, by persecuting the Christians.

In order to fulfill this task, Justin gave explicit written descriptions of the early Church’s beliefs and its mode of worship. In modern times, scholars have noted that Justin’s descriptions correspond to the traditions of the Catholic Church on every essential point. Justin describes the weekly Sunday liturgy as a sacrifice, and speaks of the Eucharist as the true body and blood of Christ. He further states that only baptized persons who believe the Church’s teachings, and are free of serious sin, may receive it. Justin also explains in his writings that the Church regards celibacy as a sacred calling, condemns the common practice of killing infants, and looks down on the accumulation of excessive wealth and property.

His first defense of the faith, written to Emperor Antonius Pius around 150, convinced that emperor to regard the Church with tolerance. In 167, however, persecution began again under Emperor Marcus Aurelius. It is not surprising that Justin was arrested during the persecution under Marcus Aurelius. Along with four others (Chariton, Charites, Paeon, and Liberianus) he was brought before the Roman prefect, Rusticus, to be accused under the law that required sacrificing to idols. When Rusticus demanded that they “Obey the gods at once, and submit to the kings,” Justin responded, “To obey the commandments of our Saviour Jesus Christ is worthy neither of blame nor of condemnation.”

When Rusticus asked what doctrines he believed, Justin told him that he had learned all the doctrines available during his quest but finally submitted to the true doctrines of the Christians, even though they didn’t please others. Just before Rusticus sentenced them he asked Justin, “If you are killed do you suppose you will go to heaven?” Justin said, “I do not suppose it, but I know and am fully persuaded of it.” Justin and his fellow martyrs were beheaded in the year 165 and went to be with the Truth Justin had longed for all his life. He is often known as Justin Martyr and his works are still available.

St. Justin Martyr has been regarded as a saint since the earliest centuries of the Church. Eastern Catholics and Eastern Orthodox Christians also celebrate his feast day on June 1

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-justin-martyr/

St. Justin Martyr

Christian apologist, born at Flavia Neapolis, about A.D. 100, converted to Christianity about A.D. 130, taught and defended the Christian religion in Asia Minor and at Rome, where he suffered martyrdom about the year 165. Two "Apologies" bearing his name and his "Dialogue with the Jew Tryphon" have come down to us. Leo XIII had a Mass and an Office composed in his honour and set his feast for 14 April.

Life

Among the Fathers of the second century his life is the best known, and from the most authentic documents. In both "Apologies" and in his "Dialogue" he gives many personal details, e.g. about his studies in philosophy and his conversion; they are not, however, an autobiography, but are partly idealized, and it is necessary to distinguish in them between poetry and truth; they furnish us however with several precious and reliable clues. For his martyrdom we have documents of undisputed authority. In the first line of his "Apology" he calls himself "Justin, the son of Priscos, son of Baccheios, of Flavia Neapolis, in Palestinian Syria". Flavia Neapolis, his native town, founded by Vespasian (A.D. 72), was built on the site of a place called Mabortha, or Mamortha, quite near Sichem (Guérin, "Samarie", I, Paris, 1874, 390-423; Schürer, "History of the Jewish People", tr., I, Edinburgh, 1885). Its inhabitants were all, or for the most part, pagans. The names of the father and grandfather of Justin suggest a pagan origin, and he speaks of himself as uncircumcised (Dialogue, xxviii). The date of his birth is uncertain, but would seem to fall in the first years of the second century. He received a good education in philosophy, an account of which he gives us at the beginning of his "Dialogue with the Jew Tryphon"; he placed himself first under a Stoic, but after some time found that he had learned nothing about God and that in fact his master had nothing to teach him on the subject. A Peripatetic whom he then found welcomed him at first but afterwards demanded a fee from him; this proved that he was not a philosopher. A Pythagorean refused to teach him anything until he should have learned music, astronomy, and geometry. Finally a Platonist arrived on the scene and for some time delighted Justin. This account cannot be taken too literally; the facts seem to be arranged with a view to showing the weakness of the pagan philosophies and of contrasting them with the teachings of the Prophets and of Christ. The main facts, however, may be accepted; the works of Justin seem to show just such a philosophic development as is here described, Eclectic, but owing much to Stoicism and more to Platonism. He was still under the charm of the Platonistic philosophy when, as he walked one day along the seashore, he met a mysterious old man; the conclusion of their long discussion was that he soul could not arrive through human knowledge at the idea of God, but that it needed to be instructed by the Prophets who, inspired by the Holy Ghost, had known God and could make Him known ("Dialogue", iii, vii; cf. Zahm, "Dichtung and Wahrheit in Justins Dialog mit dem Jeden Trypho" in "Zeitschr. für Kirchengesch.", VIII, 1885-1886, 37-66).

The "Apologies" throw light on another phase of the conversion of Justin: "When I was a disciple of Plato", he writes, "hearing the accusations made against the Christians and seeing them intrepid in the face of death and of all that men fear, I said to myself that it was impossible that they should be living in evil and in the love of pleasure" (II Apol., xviii, 1). Both accounts exhibit the two aspects of Christianity that most strongly influenced St. Justin; in the "Apologies" he is moved by its moral beauty (I Apol., xiv), in the "Dialogue" by its truth. His conversion must have taken place at the latest towards A.D. 130, since St. Justin places during the war of Bar-Cocheba (132-135) the interview with the Jew Tryphon, related in his "Dialogue". This interview is evidently not described exactly as it took place, and yet the account cannot be wholly fictitious. Tryphon, according to Eusebius (Church History IV.18.6), was "the best known Jew of that time", which description the historian may have borrowed from the introduction to the "Dialogue", now lost. It is possible to identify in a general way this Tryphon with the Rabbi Tarphon often mentioned in the Talmud (Schürer, "Gesch. d. Jud. Volkes", 3rd ed., II, 377 seq., 555 seq., cf., however, Herford, "Christianity in Talmud and Midrash", London, 1903, 156). The place of the interview is not definitely told, but Ephesus is clearly enough indicated; the literary setting lacks neither probability nor life, the chance meetings under the porticoes, the groups of curious onlookers who stop a while and then disperse during the interviews, offer a vivid picture of such extemporary conferences. St. Justin lived certainly some time at Ephesus; the Acts of his martyrdom tell us that he went to Rome twice and lived "near the baths of Timothy with a man named Martin". He taught school there, and in the aforesaid Acts of his martyrdom we read of several of his disciples who were condemned with him.

In his second "Apology" (iii) Justin says: "I, too, expect to be persecuted and to be crucified by some of those whom I have named, or by Crescens, that friend of noise and of ostentation." Indeed Tatian relates (Address to the Greeks 19) that the Cynic philosopher Crescens did pursue him and Justin; he does not tell us the result and, moreover, it is not certain that the "Discourse" of Tatian was written after the death of Justin. Eusebius (Church History IV.16.7-8) says that it was the intrigues of Crescens which brought about the death of Justin; this is credible, but not certain; Eusebius has apparently no other reason for affirming it than the two passages cited above from Justin and Tatian. St. Justin was condemned to death by the prefect, Rusticus, towards A.D. 165, with six companions, Chariton, Charito, Evelpostos, Pæon, Hierax, and Liberianos. We still have the authentic account of their martyrdom ("Acta SS.", April, II, 104-19; Otto, "Corpus Apologetarum", III, Jena, 1879, 266-78; P.G., VI, 1565-72). The examination ends as follows:

"The Prefect Rusticus says: Approach and sacrifice, all of you, to the gods. Justin says: No one in his right mind gives up piety for impiety. The Prefect Rusticus says: If you do not obey, you will be tortured without mercy. Justin replies: That is our desire, to be tortured for Our Lord, Jesus Christ, and so to be saved, for that will give us salvation and firm confidence at the more terrible universal tribunal of Our Lord and Saviour. And all the martyrs said: Do as you wish; for we are Christians, and we do not sacrifice to idols. The Prefect Rusticus read the sentence: Those who do not wish to sacrifice to the gods and to obey the emperor will be scourged and beheaded according to the laws. The holy martyrs glorifying God betook themselves to the customary place, where they were beheaded and consummated their martyrdom confessing their Saviour."

Works

Justin was a voluminous and important writer. He himself mentions a "Treatise against Heresy" (I Apology, xxvi, 8); St. Irenæus (Against Heresies IV.6.2) quotes a "Treatise against Marcion" which may have been only a part of the preceding work. Eusebius mentions both (Church History IV.11.8-10), but does not seem to have read them himself; a little further on (IV.18) he gives the following list of Justin's works: "Discourse in favour of our Faith to Antoninus Pius, to his sons, and to the Roman Senate"; an "Apology" addressed to Marcus Aurelius; "Discourse to the Greeks"; another discourse called "A Refutation"; "Treatise on the Divine Monarchy"; a book called "The Psalmist"; "Treatise on the soul"; "Dialogue against the Jews", which he had in the city of Ephesus with Tryphon, the most celebrated Israelite of that time. Eusebius adds that many more of his books are to be found in the hands of the brethren. Later writers add nothing certain to this list, itself possibly not altogether reliable. There are extant but three works of Justin, of which the authenticity is assured: the two "Apologies" and the "Dialogue". They are to be found in two manuscripts: Paris gr. 450, finished on 11 September, 1364; and Claromont. 82, written in 1571, actually at Cheltenham, in the possession of M.T.F. Fenwick. The second is only a copy of the first, which is therefore our sole authority; unfortunately this manuscript is very imperfect (Harnack, "Die Ueberlieferung der griech. Apologeten" in "Texte and Untersuchungen", I, Leipzig, 1883, i, 73-89; Archambault, "Justin, Dialogue a vec Tryphon", Paris, 1909, p. xii-xxxviii). There are many large gaps in this manuscript, thus II Apol., ii, is almost entirely wanting, but it has been found possible to restore the manuscript text from a quotation of Eusebius (Church History IV.17). The "Dialogue" was dedicated to a certain Marcus Pompeius (exli, viii); it must therefore have been preceded by a dedicatory epistle and probably by an introduction or preface; both are lacking. In the seventy-fourth chapter a large part must also be missing, comprising the end of the first book and the beginning of the second (Zahn, "Zeitschr. f. Kirchengesch.", VIII, 1885, 37 sq., Bardenhewer, "Gesch. der altkirchl. Litter.", I, Freiburg im Br., 1902, 210). There are other less important gaps and many faulty transcriptions. There being no other manuscript, the correction of this one is very difficult; conjectures have been often quite unhappy, and Krüger, the latest editor of the "Apology", has scarcely done more than return to the text of the manuscript.

In the manuscript the three works are found in the following order: second "Apology", first "Apology", the "Dialogue". Dom Maran (Paris, 1742) re-established the original order, and all other editors have followed him. There could not be as a matter of fact any doubt as to the proper order of the "Apologies", the first is quoted in the second (iv, 2; vi, 5; viii, 1). The form of these references shows that Justin is referring, not to a different work, but to that which he was then writing (II Apol., ix, 1, cf. vii, 7; I Apol., lxiii, 16, cf. xxxii, 14; lxiii, 4, cf. xxi, 1; lxi, 6, cf. lxiv, 2). Moreover, the second "Apology" is evidently not a complete work independent of the first, but rather an appendix, owing to a new fact that came to the writer's knowledge, and which he wished to utilize without recasting both works. It has been remarked that Eusebius often alludes to the second "Apology" as the first (Church History IV.8.5 and IV.17.1), but the quotations from Justin by Eusebius are too inexact for us to attach much value to this fact (cf. Church History IV.11.8; Bardenhewer, op. cit., 201). Probably Eusebius also erred in making Justin write one apology under Antoninus (161) and another under Marcus Aurelius. The second "Apology", known to no other author, doubtless never existed (Bardenhewer, loc. cit.; Harnack, "Chronologie der christl. Litter.", I, Leipzig, 1897, 275). The date of the "Apology" cannot be determined by its dedication, which is not certain, but can be established with the aid of the following facts: it is 150 years since the birth of Christ (I, xlvi, 1); Marcion has already spread abroad his error (I, xxvi, 5); now, according to Epiphanius (Hæres., xlii, 1), he did not begin to teach until after the death of Hyginus (A.D. 140). The Prefect of Egypt, Felix (I, xxix, 2), occupied this charge in September, 151, probably from 150 to about 154 (Grenfell-Hunt, "Oxyrhinchus Papyri", II, London, 1899, 163, 175; cf. Harnack, "Theol. Literaturzeitung", XXII, 1897, 77). From all of this we may conclude that the "Apology" was written somewhere between 153 and 155. The second "Apology", as already said, is an appendix to the first and must have been written shortly afterwards. The Prefect Urbinus mentioned in it was in charge from 144 to 160. The "Dialogue" is certainly later than the "Apology" to which it refers (Dialogue with Trypho 120, cf. "I Apol.", xxvi); it seems, moreover, from this same reference that the emperors to whom the "Apology" was addressed were still living when the "Dialogue" was written. This places it somewhere before A.D. 161, the date of the death of Antoninus.

The "Apology" and the "Dialogue" are difficult to analyse, for Justin's method of composition is free and capricious, and defies our habitual rules of logic. The content of the first "Apology" (Viel, "Justinus des Phil. Rechtfertigung", Strasburg, 1894, 58 seq.) is somewhat as follows:

• i-iii: exordium to the emperors: Justin is about to enlighten them and free himself of responsibility, which will now be wholly theirs.

• iv-xii: first part or introduction:

o the anti-Christian procedure is iniquitous: they persecute in the Christians a name only (iv, v);

o Christians are neither Atheists nor criminals (vi, vii);

o they allow themselves to be killed rather than deny their God (viii);

o they refuse to adore idols (ix, xii);

o conclusion (xii).

• xiii-lxvii: Second part (exposition and demonstration of Christianity):

o Christians adore the crucified Christ, as well as God (xiii);

o Christ is their Master; moral precepts (xiv-xvii);

o the future life, judgement, etc. (xviii-xx).

o Christ is the Incarnate Word (xxi-lx);

o comparison with pagan heroes, Hermes, Æsculapius, etc. (xxi-xxii);

o superiority of Christ and of Christianity before Christ (xlvi).

o The similarities that we find in the pagan worship and philosophy come from the devils (liv-lx).

o Description of Christian worship: baptism (lxi);

o the Eucharist (lxv-lxvi);

o Sunday-observance (lxvii).

Second "Apology":

• Recent injustice of the Prefect Urbinus towards the Christians (i-iii).

• Why it is that God permits these evils: Providence, human liberty, last judgement (iv-xii).

The "Dialogue" is much longer than the two apologies taken together ("Apol." I and II in P.G., VI, 328-469; Dialogue with Trypho), the abundance of exegetical discussions makes any analysis particularly difficult. The following points are noteworthy:

• i-ix. Introduction: Justin gives the story of his philosophic education and of this conversion. One may know God only through the Holy Ghost; the soul is not immortal by its nature; to know truth it is necessary to study the Prophets.

• x-xxx: On the law. Tryphon reproaches the Christians for not observing the law. Justin replies that according to the Prophets themselves the law should be abrogated, it had only been given to the Jews on account of their hardness. Superiority of the Christian circumcision, necessary even for the Jews. The eternal law laid down by Christ.

• xxxi-cviii: On Christ: His two comings (xxxi sqq.); the law a figure of Christ (xl-xlv); the Divinity and the pre-existence of Christ proved above all by the Old Testament apparitions (theophanies) (lvi-lxii); incarnation and virginal conception (lxv sqq.); the death of Christ foretold (lxxxvi sqq.); His resurrection (cvi sqq.).

• cviii to the end: On the Christians. The conversion of the nations foretold by the Prophets (cix sqq.); Christians are a holier people than the Jews (cxix sqq.); the promises were made to them (cxxi); they were prefigured in the Old Testament (cxxxiv sqq.). The "Dialogue" concludes with wishes for the conversion of the Jews.

Besides these authentic works we possess others under Justin's name that are doubtful or apocryphal.

• "On the Resurrection" (for its numerous fragments see Otto, "Corpus Apolog.", 2nd ed., III, 210-48 and the "Sacra Parallela", Holl, "Fragmente vornicänischer Kirchenväter aus den Sacra Parallela" in "Texte und Untersuchungen", new series, V, 2, Leipzig, 1899, 36-49). The treatise from which these fragments are taken was attributed to St. Justin by St. Methodius (early fourth century) and was quoted by St. Irenæus and Tertullian, who do not, however, name the author. The attribution of the fragments to Justin is therefore probable (Harnack, "Chronologie", 508; Bousset, "Die Evangeliencitaten Justins", Göttingen, 1891, 123sq.; archambault, "Le témoignage de l'ancienne littérature Chrétienne sur l'authenticité d'un traité sur la resurrection attribué à Justin l'Apologiste" in "Revuede Philologie", XXIX, 1905, 73-93). The chief interest of these fragments consists in the introduction, where is explained with much force the transcendent nature of faith and the proper nature of its motives.

• "A Discourse to the Greeks" (Otto, op. cit., III, 1, 2, 18), an apocryphal tract, dated by Harnack (Sitzungsberichte der k. preuss. Akad. d. Wiss. zu Berlin, 1896, 627-46), about A.D. 180-240. Later it was altered and enlarged in Syriac: text and English translation by Cureton, "Spicileg. Syr.", London, 1855, 38-42, 61-69.

• "Exhortation to the Greeks" (Otto, op. cit., 18-126). The authenticity of this has been defended without success by Widman ("Die Echtheit der Mahnrede Justins an die Heiden", Mainz, 1902); Puech, "Sur le logos parainetikos attribué à Justin" in "Mélanges Weil", Paris, 1898, 395-406, dates it about 260-300, but most critics say, with more probability, A.D. 180-240 (Gaul, "Die Abfassungsverhältnisse der pseudojustinischen Cohortatio ad Græcos", Potsdam, 1902).

• "On Monarchy" (Otto, op. cit., 126-158), tract of uncertain date, in which are freely quoted Greek poets altered by some Jew.

• "Exposition of the Faith" (Otto, op. cit., IV, 2-66), a dogmatic treatise on the Trinity and the Incarnation preserved in two copies the longer of which seems the more ancient. It is quoted for the first time by Leontius of Byzantium (d. 543) and refers to the Christological discussions of the fifth century; it seems, therefore, to date from the second half of that century.

• "Letter to Zenas and Serenus" (Otto, op. cit., 66-98), attributed by Batiffol in "Revue Biblique", VI, 1896, 114-22, to Sisinnios, the Novatian Bishop of Constantinople about A.D. 400.

• "Answers to the Orthodox."

• "The Christian's Questions to the Greeks."

• "The Greek's Questions to the Christians."

• "Refutation of certain Aristotelean theses" (Otto, op. cit., IV, 100-222; V, 4-366).

The "Answers to the Orthodox" was re-edited in a different and more primitive form by Papadopoulos-Kerameus (St. Petersburg, 1895), from a Constantinople manuscript which ascribed the work to Theodoret. Though this ascription was adopted by the editor, it has not been generally accepted. Harnack has studied profoundly these four books and maintains, not without probability, that they are the work of Diodorus of Tarsus (Harnack, "Diodor von Tarsus., vier pseudojustinische Schriften als Eigentum Diodors nachgewiesen" in "Texte und Untersuch.", XII, 4, Leipzig, 1901).

Doctrine

Justin and philosophy

The only pagan quotations to be found in Justin's works are from Homer, Euripides, Xenophon, Menander, and especially Plato (Otto, II, 593 sq.). His philosophic development has been well estimated by Purves ("The Testimony of Justin Martyr to early Christianity", London, 1882, 132): "He appears to have been a man of moderate culture. He was certainly not a genius nor an original thinker." A true eclectic, he draws inspiration from different systems, especially from Stoicism and Platonism. Weizsäcker (Jahrbücher f. Protest. Theol., XII, 1867, 75) thought he recognized a Peripatetic idea, or inspiration, in his conception of God as immovable above the heavens (Dialogue with Trypho 127); it is much more likely an idea borrowed from Alexandrian Judaism, and one which furnished a very efficacious argument to Justin in his anti-Jewish polemic. In the Stoics Justin admires especially their ethics (II Apol., viii, 1); he willingly adopts their theory of a universal conflagration (ekpyrosis). In I Apol., xx, lx; II, vii, he adopts, but at the same time transforms, their concept of the seminal Word (logos spermatikos). However, he condemns their Fatalism (II Apol., vii) and their Atheism (Dialogue with Trypho 2). His sympathies are above all with Platonism. He likes to compare it with Christanity; apropos of the last judgment, he remarks, however (I Apol., viii, 4), that according to Plato the punishment will last a thousand years, whereas according to the Christians it will be eternal; speaking of creation (I Apol., xx, 4; lix), he says that Plato borrowed from Moses his theory of formless matter; similarly he compares Plato and Christianity apropos of human responsibility (I Apol., xliv, 8) and the Word and the Spirit (I Apol., lx). However, his acquaintance with Plato was superficial; like his contemporaries (Philo, Plutarch, St. Hippolytus), he found his chief inspiration in the Timæus. Some historians have pretended that pagan philosophy entirely dominated Justin's Christianity (Aubé, "S. Justin", Paris, 1861), or at least weakened it (Engelhardt, "Das Christentum Justins des Märtyrers", Erlangen, 1878). To appreciate fairly this influence it is necessary to remember that in his "Apology" Justin is seeking above all the points of contact between Hellenism and Christianity. It would certainly be wrong to conclude from the first "Apology" (xxii) that Justin actually likens Christ to the pagan heroes of semi-heroes, Hermes, Perseus, or Æsculapius; neither can we conclude from his first "Apology" (iv, 8 or vii, 3, 4) that philosophy played among the Greeks the same role that Christianity did among the barbarians, but only that their position and their reputation were analogous.

In many passages, however, Justin tries to trace a real bond between philosophy and Christianity: according to him both the one and the other have a part in the Logos, partially disseminated among men and wholly manifest in Jesus Christ (I, v, 4; I, xlvi; II, viii; II, xiii, 5, 6). The idea developed in all these passages is given in the Stoic form, but this gives to its expression a greater worth. For the Stoics the seminal Word (logos spermatikos) is the form of every being; here it is the reason inasmuch as it partakes of God. This theory of the full participation in the Divine Word (Logos) by the sage has its full value only in Stoicism (see LOGOS). In Justin thought and expression are antithetic, and this lends a certain incoherence to the theory; the relation established between the integral Word, i.e. Jesus Christ, and the partial Word disseminated in the world, is more specious than profound. Side by side with this theory, and quite different in its origin and scope, we find in Justin, as in most of his contemporaries, the conviction that Greek philosophy borrowed from the Bible: it was by stealing from Moses and the Prophets that Plato and the other philosophers developed their doctrines (I, xliv, lix, ls). Despite the obscurities and incoherences of this thought, he affirms clearly and positively the transcendent character of Christianity: "Our doctrine surpasses all human doctrine because the real Word became Christ who manifested himself for us, body, word and soul." (II, Apol., x, 1.) This Divine origin assures Christianity an absolute truth (II, xiii, 2) and gives to the Christians complete confidence; they die for Christ's doctrine; no one died for that of Socrates (II, x, 8). The first chapters of the "Dialogue" complete and correct these ideas. In them the rather complaisant syncretism of the "Apology" disappears, and the Christian thought is stronger.

Justin's chief reproach to the philosophers is their mutual divisions; he attributes this to the pride of the heads of sects and the servile acquiescence of their adherents; he also says a little later on (vi): "I care neither for Plato nor for Pythagoras." From it all he concludes that for the pagans philosophy is not a serious or profound thing; life does not depend on it, nor action: "Thou art a friend of discourse", says the old man to him before his conversion, "but not of action nor of truth" (iv). For Platonism he retained a kindly feeling as for a study dear in childhood or in youth. Yet he attacks it on two essential points: the relation between God and man, and the nature of the soul (Dialogue with Trypho 3, 6). Nevertheless he still seems influenced by it in his conception of the Divine transcendency and the interpretation that he gives to the aforesaid theophanies.

Justin and Christian revelation

That which Justin despairs of attaining through philosophy he is now sure of possessing through Jewish and Christian revelation. He admits that the soul can naturally comprehend that God is, just as it understands that virtue is beautiful (Dialogue with Trypho 4) but he denies that the soul without the assistance of the Holy Ghost can see God or contemplate Him directly through ecstasy, as the Platonic philosophers contended. And yet this knowledge of God is necessary for us: "We cannot know God as we know music, arithmetic or astronomy" (iii); it is necessary for us to know God not with an abstract knowledge but as we know any person with whom we have relations. Thr problem which it seems impossible to solve is settled by revelation; God has spoken directly to the Prophets, who in their turn have made Him known to us (viii). It is the first time in Christian theology that we find so concise an explanation of the difference which separates Christian revelation from human speculation. It does away with the confusion that might arise from the theory, taken from the "Apology", of the partial Logos and the Logos absolute or entire.

The Bible of Justin

The Old Testament

For Philo the Bible is very particularly the Pentateuch (Ryle, "Philo and Holy Scripture", XVII, London, 1895, 1-282). In keeping with the difference of his purpose, Justin has other preferences. He quotes the Pentateuch often and liberally, especially Genesis, Exodus, and Deuteronomy; but he quotes still more frequently and at greater length the Psalms and the Books of Prophecy — above all, Isaias. The Books of Wisdom are seldom quoted, the historical books still less. The books that we never find in his works are Judges, Esdras (except one passage which is attributed to him by mistake—Dialogue with Trypho 72), Tobias, Judith, Ester, Canticles, Wisdom, Ecclesiasticus, Abdias, Nahum, Habacuc, Sophonias, Aggeus. It has been noticed, too (St. John Thackeray in "Journ. of Theol. Study", IV, 1903, 265, n.3), that he never cites the last chapters of Jeremias (apropos of the first "Apology", xlvii, Otto is wrong in his reference to Jeremiah 50:3). Of these omissions the most noteworthy is that of Wisdom, precisely on account of the similarity of ideas. It is to be noted, moreover, that this book, surely used in the New Testament, cited by St. Clement of Rome (xxvii, 5) and later by St. Irenæus (Eusebius, Church History V.26), is never met with in the works of the apologists (the reference of Otto to Tatian 7 is inexact). On the other hand one finds in Justin some apocryphal texts: pseudo-Esdras (Dialogue with Trypho 72), pseudo-Jeremias (ibid.), Psalm 96:10 (Dialogue with Trypho 72; I Apol., xli); sometimes also errors in ascribing quotations: Zacharias for Malachias (Dialogue with Trypho 49), Osee for Zacharias for Malachias (Dialogue with Trypho 14). For the Biblical text of Justin, see Swete, "Introduction to the Old Testament in Greek", Cambridge, 1902, 417-24.

The New Testament

The testimony of Justin is here of still greater importance, especially for the Gospels, and has been more often discussed. The historical side of the question is given by W. Bousset, "Die Evangeliencitaten Justins" (Göttingen, 1891), 1-12, and since then, by Baldus, "Das Verhältniss Justins der Märt. zu unseren synopt. Evangelien" (Münster, 1895); Lippelt, "Quæ fuerint Justini mart. apomnemoneumata quaque ratione cum forma Evangeliorum syro-latina cohæserint" (Halle, 1901). The books quoted by Justin are called by him "Memoirs of the Apostles". This term, otherwise very rare, appears in Justin quite probably as an analogy with the "Memorabilia" of Xenophon (quoted in "II Apol.", xi, 3) and from a desire to accommodate his language to the habits of mind of his readers. At any rate it seems that henceforth the word "gospels" was in current usage; it is in Justin that we find it for the first time used in the plural, "the Apostles in their memoirs that are called gospels" (I Apol., lxvi, 3). These memoirs have authority, not only because they relate the words of Our Lord (as Bossuet contends, op. cit., 16 seq.), but because, even in their narrative parts, they are considered as Scripture (Dialogue with Trypho 49, citing Matthew 17:13). This opinion of Justin is upheld, moreover, by the Church who, in her public service reads the memoirs of the Apostles as well as the writings of the prophets (I Apol., lxvii, 3). These memoirs were composed by the Apostles and by those who followed them (Dialogue with Trypho 103); he refers in all probability to the four Evangelists, i.e. to two Apostles and two disciples of Christ (Stanton, "New Testament canon" in Hastings, "Dictionary of the Bible", III, 535). The authors, however, are not named: once (Dialogue with Trypho 103) he mentions the "memoirs of Peter", but the text is very obscure and uncertain (Bousset, op. cit., 18).

All facts of the life of Christ that Justin takes from these memoirs are found indeed in our Gospels (Baldus, op. cit., 13 sqq.); he adds to them a few other and less important facts (I Apol., xxxii; xxxv; Dialogue with Trypho 35, 47, 51, 78), but he does not assert that he found them in the memoirs. It is quite probable that Justin used a concordance, or harmony, in which were united the three synoptic Gospels (Lippelt, op. cit., 14, 94) and it seems that the text of this concordance resembled in more than one point the so-called Western text of the Gospels (cf. ibid., 97). Justin's dependence on St. John is indisputably established by the facts which he takes from Him (I Apol., lxi, 4, 5; Dialogue with Trypho 69, 88), still more by the very striking similarity in vocabulary and doctrine. It is certain, however, that Justin does not use the fourth Gospel as abundantly as he does the others (Purves, op. cit., 233); this may be owing to the aforesaid concordance, or harmony, of the synoptic Gospels. He seems to use the apocryphal Gospel of Peter (I Apol., xxxv, 6; cf. Dialogue with Trypho 103; Revue Biblique, III, 1894, 531 sqq.; Harnack, "Bruchstücke des Evang. des Petrus", Leipzig, 1893, 37). His dependence on the Protoevangelium of James (Dialogue with Trypho 78) doubtful.

Apologetical method

Justin's attitude towards philosophy, described above, reveals at once the tendency of his polemics; he never exhibits the indignation of a Tatian or even of a Tertullian. To the hideous calumnies spread abroad against the Christians he sometimes answers, as do the other apologists, by taking the offensive and attacking pagan morality (I Apol., xxvii; II, xii, 4, 5), but he dislikes to insist on these calumnies: the interlocutor in the "Dialogue" (ix) he is careful to ignore those who would trouble him with their loud laughter. He has not the eloquence of Tertullian, and can obtain a hearing only in a small circle of men capable of understanding reason and of being moved by an idea. His chief argument, and one calculated to convert this hearers as it had converted him (II Apol., xii), is the great new fact of Christian morality. He speaks of men and women who have no fear of death (I Apol., ii, xi, xlv; II, ii; Dialogue with Trypho 30), who prefer truth to life (I Apol., ii; II, iv) and are yet ready to await the time allotted by God (II, iv, 1); he makes known their devotion to their children (I, xxvii), their charity even towards their enemies, and their desire to save them (I Apol., lvii; Dialogue with Trypho 133), their patience and their prayers in persecution (Dialogue with Trypho 18), their love of mankind (Dialogue with Trypho 93, 110). When he contrasts the life that they led in paganism with their Christian life (I Apol., xiv), he expresses the same feeling of deliverance and exaltation as did St. Paul (1 Corinthians 6:11). He is careful, moreover, to emphasize, especially from the Sermon on the Mount, the moral teaching of Christ so as to show in it the real source of these new virtues (I Apol., xv-xviii). Throughout his exposé of the new religion it is Christian chastity and the courage of the martyrs that he most insists upon.

The rational evidences of Christianity Justin finds especially in the prophecies; he gives to this argument more than a third of his "Apology" (xxx-liii) and almost the entire "Dialogue". When he is disputing with the pagans he is satisfied with drawing attention to the fact that the books of the Prophets were long anterior to Christ, guaranteed as to their authenticity by the Jews themselves, and says that they contain prophecies concerning the life of Christ and the spread of the Church that can only be explained by a Divine revelation (I Apol., xxxi). In the "Dialogue", arguing with Jews, he can assume this revelation which they also recognize, and he can invoke the Scriptures as sacred oracles. These evidences of the prophecies are for him absolutely certain. "Listen to the texts which I am about to cite; it is not necessary for me to comment upon them, but only for you to hear them" (Dialogue with Trypho 53; cf. I Apol., xxx, liii). Nevertheless he recognizes that Christ alone could have given the explanation of them (I Apol., xxxii; Dialogue with Trypho 76 and 105); to understand them the men and women of his time must have the interior dispositions that make the true Christian (Dialogue with Trypho 112), i.e., Divine grace is necessary (Dialogue with Trypho 7, 58, 112 and 119). He also appeals to miracles (Dialogue with Trypho 7, 35 and 69; cf. II Apol., vi), but with less insistence than to the prophecies.

Theology

God

Justin's teaching concerning God has been very diversely interpreted, some seeing in it nothing but a philosophic speculation (Engelhardt, 127 sq., 237 sqq.), others a truly Christian faith (Flemming, "Zur Beurteilung des Christentums Justins des Märtyrers", Leipzig, 1893, 70 sqq.; Stählin, "Justin der Märtyrer und sein neuester Beurtheiler", 34 sqq., Purves, op. cit., 142 sqq.). In reality it is possible to find in it these two tendencies: on one side the influence of philosophy betrays itself in his concept of the Divine transcendency, thus God is immovable (I Apol., ix; x, 1; lxiii, 1; etc.); He is above the heaven, can neither be seen nor enclosed within space (Dialogue with Trypho 56, 60 and 127); He is called Father, in a philosophic and Platonistic sense, inasmuch as He is the Creator of the world (I Apol., xlv, 1; lxi, 3; lxv, 3; II Apol., vi, 1, etc.). On the other hand we see the God of the Bible in his all-powerful (Dialogue with Trypho 84; I Apol., xix, 6), and merciful God (Dialogue with Trypho 84; I Apol., xix, 6); if He ordained the Sabbath it was not that He had need of the homage of the Jews, but that He desired to attach them to Himself (Dialogue with Trypho 22); through His mercy He preserved among them a seed of salvation (lv); through His Divine Providence He has rendered the nations worthy of their inheritance (cxviiicxxx); He delays the end of the world on account of the Christians (xxxix; I Apol., xxviii, xlv). And the great duty of man is to love Him (Dialogue with Trypho 93).

The Logos

The Word is numerically distinct from the Father (Dialogue with Trypho 128-129; cf. Dialogue with Trypho 56, 62). He was born of the very substance of the Father, not that this substance was divided, but He proceeds from it as one fire does from another at which it is lit (cxxviii, lxi); this form of production (procession) is compared also with that of human speech (lxi). The Word (Logos) is therefore the Son: much more, He alone may properly be called Son (II Apol., vi, 3); He is the monogenes, the unigenitus (Dialogue with Trypho 105). Elsewhere, however, Justin, like St. Paul, calls Him the eldest Son, prototokos (I Apol., xxxiii; xlvi; lxiii; Dialogue with Trypho 84, 85 and 125). The Word is God (I Apol., lxiii; Dialogue with Trypho 34, 36, 37, 56, 63, 76, 86, 87, 113, 115, 125, 126 and 128). His Divinity, however, seems subordinate, as does the worship which is rendered to Him (I Apol., vi; cf. lxi, 13; Teder, "Justins des Märtyrers Lehre von Jesus Christus", Freiburg im Br., 1906, 103-19). The Father engendered Him by a free and voluntary act (Dialogue with Trypho 61, 100, 127 and 128; cf. Teder, op. cit., 104), at the beginning of all His works (Dialogue with Trypho 61-62, II Apol., vi, 3); in this last text certain authors thought they distinguished in the Word two states of being, one intimate, the other outspoken, but this distinction, though found in some other apologists, is in Justin very doubtful. Through the Word God has made everything (II Apol., vi; Dialogue with Trypho 114). The Word is diffused through all humanity (I Apol., vi; II, viii; xiii); it was He who appeared to the patriarchs (I Apol., lxii; lxiii; Dialogue with Trypho 56, 59, 60 etc.). Two influences are plainly discernible in the aforesaid body of doctrine. It is, of course, to Christian revelation that Justin owes his concept of the distinct personality of the Word, His Divinity and Incarnation; but philosophic speculation is responsible for his unfortunate concepts of the temporal and voluntary generation of the Word, and for the subordinationism of Justin's theology. It must be recognized, moreover, that the latter ideas stand out more boldly in the "Apology" than in the "Dialogue."

The Holy Ghost occupies the third place in the Trinity (I Apol., vi). He inspired the prophets (I Apol., vi;xxxi; Dialogue with Trypho 7). He gave seven gifts to Christ and descended upon Him (Dialogue with Trypho 87-88). For the real distinction between the Son and the Spirit see Teder, op. cit., 119-23. Justin insists constantly on the virgin birth (I Apol., xxii; xxxiii; Dialogue with Trypho 43, 76, 84, etc.) and the reality of the flesh of Christ (Dialogue with Trypho 48, 98 and 103; cf. II Apol., x, 1). He states that among the Christians there are some who do not admit the Divinity of Christ but they are a minority; he differs from them because of the authority of the Prophets (Dialogue with Trypho 96); the entire dialogue, moreover, is devoted to proving this thesis. Christ is the Master whose doctrine enlightens us (I Apol., xiii, 3; xxiii, 2; xxxii, 2; II, viii, 5; xiii, 2; Dialogue with Trypho 8, 77, 83, 100 and 113), also the Redeemer whose blood saves us (I Apol., lxiii, 10, 16; Dialogue with Trypho 13, 40, 41, 95 and 106; cf. Rivière, "Hist. du dogme de la rédemption", Paris, 1905, 115, and tr., London, 1908). The rest of Justin's theology is less personal, therefore less interesting. As to the Eucharist, the baptismal Mass and the Sunday Mass are described in the first "Apology" (lxv-lxvii), with a richness of detail unique for that age. Justin here explains the dogma of the Real Presence with a wonderful clearness (lxvi, 2): "In the same way that through the power of the Word of God Jesus Christ our Saviour took flesh and blood for our salvation, so the nourishment consecrated by the prayer formed of the words of Christ . . . is the flesh and blood of this incarnate Jesus." The "Dialogue" (cxvii; cf. xli) completes this doctrine by the idea of a Eucharistic sacrifice as a memorial of the Passion.

The role of St. Justin may be summed up in one word: it is that of a witness. We behold in him one of the highest and purest pagan souls of his time in contact with Christianity, compelled to accept its irrefragable truth, its pure moral teaching, and to admire its superhuman constancy. He is also a witness of the second-century Church which he describes for us in its faith, its life, its worship, at a time when Christianity yet lacked the firm organization that it was soon to develop (see ST. IRENÆUS), but the larger outlines of whose constitution and doctrine are already luminously drawn by Justin. Finally, Justin was a witness for Christ unto death.

Sources

PRINCIPAL EDITIONS:-MARAN, S. Patris Nostri Justini philosophi et martyris opera quæ exstant omnia (Paris, 1742), and in P.G., VI; OTTO, Corpus apologetarum christianorum sæculi secundi, I-V (3rd ed., Jena, 1875-81); Krüger, Die Apologien Justins des Märtyrers (3rd ed., ed., Tübingen, 1904); PAUTIGNY, Justin, Apologies (Paris, 1904); ARCHAMBAULT, Justin, Dialogue avec Tryphon, I (Paris, 1909).

PRINCIPAL STUDIES:-VON ENGELHARDT, Das Christenthum Justins des Märtyrers. Eine Untersuchung über die Anfänge der katholischen Glaubenslehre (Erlangen, 1878); PURVES, The Testimony of Justin Martyr to Early Christianity (lectures delivered on the L.P. Stone Foundation at Princeton Theological Seminary) (London, 1888); TEDER, Justins des Märtyrers Lehre von Jesus Christus, dem Messias und dem menschgewordenen Sohne Gottes (Freiburg im Br., 1906). Works on special points and works of less importance have been mentioned in the course of the article. A more complete bibliography may be found in BARDENHEWER, Gesch. der altkirchl. Litteratur, I (Freiburg im Br., 1902), 240-42.


From Constantine Cavarnos’s overview of philosophy in the Church Fathers, Orthodoxy and Philosophy (Belmont, MA: Institute for Byzantine & Modern Greek Studies, 2003), pp. 20-2:

The greatest of the Apologists was Justin Martyr the Philosopher. He was born in Palestine about 114 and was martyred around 165. As a young man he acquainted himself with the teachings of the Stoics, the Aristotelians, the Pythagoreans, and the Platonists.

He found best the teachings of Plato. But even these did not completely satisfy his deep yearning for the truth. Having learned about the teachings of Christianity, he studied them, was won by them, and became a Christian. His conversion probably took place at Ephesus, in Asia Minor.

After his conversion, Justin continued to cherish all that he had found good in the philosophy of Plato, such as the belief in the immortality of the soul, retribution after death, and moral responsibility (see e.g. B.L. Gildersleeve, The Apologies of Justin Martyr, NY, 1877, p. xi).

He pointed out, however, that ‘although the doctrines of Plato are not unlike those of Christ, they are not in all respects the same’ (Apology II, 13).

Besides Plato, he particularly admired Socrates, who was Plato’s great teacher, and the Pre-Socratic philosopher Heracleitos. Thus, Justin says: ‘Those who lived according to reason (λόγος) are Christians, even though they were accounted atheists. Such among the Greeks were Socrates and Heracleitos, and those who resembled them’ (Apology I, 46).

The term ‘reason’ as used here by Justin denotes the mental faculty or power in man that apprehends values, that distinguishes between truth and error, good and evil, that orders one’s inner and outer life with a view to acquiring and doing what is good, and avoiding or overcoming what is evil, orienting an individual towards God.

With regard to Socrates, Justin adds that he exhorted men to seek God, endeavoured to draw them away from demons, and taught them the immortality of the soul, as is done by Christianity, too.

Justin undertook to defend the Christian Faith, which was beign maligned by its enemies, and thereby to defend the Christians, who, as a result of hostility to Christianity were being persecuted by command of the Roman Emperors. He wrote two Apologies addressed to the Emperors.

In these he made use of the teachings of the ancient Greek philosophers—especially thosse of Pythagoras, Hercleitos, Socrates, and Plato. He found these teachings very helpful in his endeavor to overcome the hostility of the Emperors by calling attention to certain important similarities between the beliefs of Christians and those of these philosophers, whom they respected.

Justin’s Apologies strengthened the morale of Christians. He himself endured martyrdom for his Christian faith. His martyrdom took place in Rome between 163 and 167, when Junius Rusticus was Prefect of that city (F.L. Cross, The Early Christian Fathers, London 1960, p. 49).

* * *

O God, who through the folly of the Cross wondrously taught Saint Justin the Martyr the surpassing knowledge of Jesus Christ, grant us, through his intercession, that, having rejected deception and error, we may become steadfast in the faith. Through our Lord.


JUSTIN. DIALOGUE DE SAINT JUSTIN AVEC LE JUIF TRYPHON.Τοῦ ἁγίου Ἰουστίνου πρὸς Τρύφωνα Ἰουδαῖον Διάλογος. Traduction française : M. DE GENOUDE. Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer : http://remacle.org/bloodwolf/eglise/justin/tryphon.htm


JUSTIN. DEUXIÈME APOLOGIE. Ἀπολογία ὑπὲρ Χριστιανῶν πρὸς τὴν Ῥωμαίων Σύγκλητον. Traduction française : LOUIS PAUTIGNY. Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer : http://remacle.org/bloodwolf/eglise/justin/apologie2.htm

Voir aussi : http://www.patristique.org/Justin-martyr-Dialogue-avec.html

http://www.samizdat.qc.ca/vc/pdfs/Apologetique_justin.pdf