mardi 5 juin 2012

Saint BONIFACE, moine bénédictin, missionnaire, archevêque et martyr



Saint Boniface, évêque et martyr

Le moine anglais Winfrid, auquel Grégoire II donna le nom de Boniface, est l'apôtre de la Germanie et le réorganisateur de l'Eglise franque. Ordonné évêque par le pape (722), il parcourut la Germanie en tous sens, établissant des diocèses et fondant des monastères, dont celui de Fulda. Il fut massacré à Dokhum (Hollande) avec cinquante-deux compagnons (754).

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/06/05/241/-/saint-boniface-eveque-et-martyr


SAINT BONIFACE

Archevêque de Mayence, Martyr

(680-754)

Boniface, appelé d'abord Winfrid, naquit en Angleterre, l'an 680. Une maladie grave que Dieu lui envoya décida son père à le laisser partir dans un monastère.

Devenu professeur après de brillantes études, Winfrid, par sa science et son éloquence, acquiert une réputation dont il est effrayé; alors, refusant tous les honneurs, il tourne toute l'ambition de son zèle vers les contrées encore païennes de la Germanie, et n'a qu'un désir: devenir apôtre de l'Allemagne.

En 718, il va s'agenouiller aux pieds du Pape Grégoire II et reçoit de lui tous les pouvoirs apostoliques. Après avoir traversé, en exerçant sa charité pour les âmes, la Lombardie, la Bavière et la Thuringe, il va se joindre à saint Willibrord, apôtre des Frisons; mais il s'enfuit dès que celui-ci veut lui conférer l'épiscopat. Winfrid évangélise alors la Thuringe, dont les sauvages forêts se couvrent bientôt de monastères et se peuplent de saints.

La moisson est trop abondante, il lui faut des auxiliaires; le Pape l'appelle à Rome, le sacre évêque et change son nom en celui de Boniface. L'apôtre, secondé par de vaillants missionnaires, travaille avec plus d'ardeur que jamais à étendre le règne de l'Évangile. Ses saintes audaces sont bénies du Ciel.

Un jour, il fait abattre un arbre de superstition, qui servait d'idole à un peuple aveugle, et quand la foule en fureur va se jeter sur lui, un prodige vient soudain la calmer: l'arbre énorme se plie sous une main invisible et va tomber en quatre tronçons aux pieds du Saint. Le Christ avait vaincu; des milliers de païens demandèrent le baptême.

Boniface était de nouveau débordé par l'immensité de ses succès; il fait un appel à sa patrie, et bientôt de nombreux missionnaires viennent se joindre à lui. Archevêque, légat du Pape, Boniface ne s'attribue point la gloire de ses oeuvres; Dieu est sa seule force et son seul recours; voilà le secret de ses conquêtes pacifiques.

A ce héros, il ne manquait plus qu'un combat; à ce triomphateur, il ne manquait plus qu'une victoire. Un matin, Boniface se préparait à offrir le Saint Sacrifice, quand une foule armée se précipite vers lui en poussant des cris sauvages; son entourage court aux armes; mais Boniface sort de sa tente: "Cessez le combat, mes enfants, dit-il, voici l'heure de la délivrance!" Bientôt l'apôtre tombe sous les coups de ces barbares avec tous ceux qui l'accompagnent. On le trouva criblé de blessures, tenant en main le livre de saint Ambroise: Du bienfait de la mort.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_boniface.html


BENOÎT XVI



AUDIENCE GÉNÉRALE



Mercredi 11 mars 2009



Audience générale du 11 mars 2009

Saint Boniface nous encourage à accueillir la Parole de Dieu


Chers frères et sœurs,

Nous nous arrêtons aujourd'hui sur un grand missionnaire du viii siècle, qui a diffusé le catéchisme en Europe centrale, et dans ma patrie également: saint Boniface, passé à l'histoire comme l'"apôtre des Germains". Nous possédons beaucoup d'informations sur sa vie grâce à la diligence de ses biographes: il naquit dans une famille anglosaxonne dans le Wessex autour de 675 et fut baptisé avec le nom de Winfrid. Il entra très jeune au monastère, attiré par l'idéal monastique. Possédant de remarquables capacités intellectuelles, il semblait destiné à une carrière tranquille et brillante d'érudit: il devint enseignant de grammaire latine, écrivit plusieurs traités, composa plusieurs poésies en latin. Ordonné prêtre à l'âge de trente ans environ, il se sentit appelé par l'apostolat auprès des païens du continent. La Grande-Bretagne, sa terre, évangélisée à peine cent ans plus tôt par les Bénédictins guidés par saint Augustin, faisait preuve d'une foi si solide et d'une charité si ardente qu'elle envoya des missionnaires en Europe centrale pour y annoncer l'Evangile. En 716, Winfrid, avec quelques compagnons, se rendit en Frise (aujourd'hui la Hollande), mais il buta sur l'opposition du chef local et la tentative d'évangélisation échoua. Rentré dans sa patrie, il ne perdit pas courage, et deux ans plus tard, il se rendit à Rome pour s'entretenir avec le Pape Grégoire ii et en recevoir des directives. Le Pape, selon le récit d'un biographe, l'accueillit "avec le visage souriant et le regard empli de douceur", et dans les jours qui suivirent, il tint avec lui "des conversations importantes" (Willibald, Vita S. Bonifatii, éd. Levison, pp. 13-14) et enfin, après lui avoir imposé le nouveau nom de Boniface, il lui confia avec des lettres officielles la mission de prêcher l'Evangile parmi les peuples de Germanie.

Conforté et soutenu par l'appui du Pape, Boniface se consacra à la prédication de l'Evangile dans ces régions, en luttant contre les cultes païens et en renforçant les bases de la moralité humaine et chrétienne. Avec un grand sens du devoir, il écrivait dans une de ses lettres: "Nous sommes fermes dans la lutte dans le jour du Seigneur, car des jours d'affliction et de malheur sont venus... Nous ne sommes pas des chiens muets, ni des observateurs taciturnes, ni des mercenaires qui fuient devant les loups! Nous sommes en revanche des pasteurs diligents qui veillent sur le troupeau du Christ, qui annoncent aux personnes importantes et aux personnes communes, aux riches et aux pauvres la volonté de Dieu... à temps et à contretemps..." (Epistulae, 3, 352-354: mgh). Avec son activité inlassable, ses dons d'organisation, son caractère souple et aimable bien que ferme, Boniface obtint de grands résultats. Le Pape "déclara qu'il voulait lui imposer la dignité épiscopale, pour qu'ainsi il puisse, avec une plus grande détermination, corriger et ramener sur la voie de la vérité les errants, qu'il se sente soutenu par la plus grande autorité de la dignité apostolique et fût d'autant mieux accepté de tous dans la charge de la prédication qu'il apparaissait que pour cette raison il avait été ordonné par le prélat apostolique" (Otloho, Vita S. Bonifatii, éd. Levison, livre i, p. 127).

Ce fut le Souverain Pontife lui-même qui consacra "évêque régional" - c'est-à-dire pour toute la Germanie - Boniface, qui reprit ensuite son œuvre apostolique dans les territoires qui lui avaient été confiés et qu'il étendit son action également à l'Eglise de Gaule: avec une grande prudence, il rétablit la discipline ecclésiastique, réunit plusieurs synodes pour garantir l'autorité des canons sacrés, renforça la communion nécessaire avec le Pontife Romain: un point qui lui tenait particulièrement à cœur. Les successeurs du Pape Grégoire ii le tinrent également en très haute estime: Grégoire iii le nomma archevêque de toutes les tribus germaniques, lui envoya le pallium et lui donna faculté d'organiser la hiérarchie ecclésiastique dans ces régions (cf. Epist. 28: S. Bonifatii Epistulae, éd. Tangl, Berolini 1916); le Pape Zacharie confirma sa charge et loua son engagement (cf. Epist. 51, 57, 58, 60, 68, 77, 80, 86, 87, 89: op. cit.); le Pape Stéphane iii, tout juste élu, reçut de lui une lettre, par laquelle il lui exprimait son respect filial (cf. Epist. 108: op. cit.).

Ce grand évêque, outre ce travail d'évangélisation et d'organisation de l'Eglise à travers la fondation de diocèses et la célébration de synodes, ne manqua pas de favoriser la fondation de plusieurs monastères, masculins et féminins, pour qu'ils soient comme un phare pour le rayonnement de la foi et de la culture humaine et chrétienne sur le territoire. Des monastères bénédictins de sa patrie, il avait appelé des moines et des moniales qui lui apportèrent une aide très efficace et précieuse dans la tâche d'annoncer l'Evangile et de diffuser les sciences humaines et les arts au sein des populations. Il considérait en effet à juste titre que le travail pour l'Evangile devait également être un travail pour une véritable culture humaine. Le monastère de Fulda en particulier - fondé vers 743 - fut le coeur et le centre du rayonnement de la spiritualité et de la culture religieuse: en ce lieu, les moines, dans la prière, dans le travail et dans la pénitence, s'efforçaient de tendre à la sainteté, se formaient dans l'étude des disciplines sacrées et profanes, se préparaient à l'annonce de l'Evangile, à être missionnaires. Grâce au mérite de Boniface, de ses moines et de ses moniales - les femmes ont elles aussi joué un rôle très important dans cette œuvre d'évangélisation - fleurit donc également cette culture humaine qui est inséparable de la foi et en révèle la beauté. Boniface lui-même nous a laissé des œuvres intellectuelles significatives. Tout d'abord sa nombreuse correspondance, dans laquelle les lettres pastorales alternent avec les lettres officielles et d'autres à caractère privé, qui révèlent des faits sociaux et surtout son riche tempérament humain et sa foi profonde. Il composa également un traité d'Ars grammatica, dans lequel il expliquait les déclinaisons, les verbes, la syntaxe de la langue latine, mais qui pour lui devenait également un instrument pour diffuser la foi et la culture. On lui attribue aussi une Ars metrica, c'est-à-dire une introduction à la façon de faire de la poésie, et diverses compositions poétiques, et enfin un recueil de 15 sermons.

Bien qu'il fût déjà assez âgé - il était proche de 80 ans - il se prépara à une nouvelle mission évangélisatrice: avec une cinquantaine de moines il revint en Frise, où il avait commencé son œuvre. Comme un présage de sa mort imminente, faisant allusion au voyage de la vie, il écrivait à son disciple et successeur sur le siège de Mayence, l'évêque Lullo: "Je désire mener à bien l'objectif de ce voyage; je ne peux en aucune façon renoncer au désir de partir. Le jour de ma fin est proche et le temps de ma mort s'approche; une fois déposée ma dépouille mortelle, je monterai vers la récompense éternelle. Mais toi, fils très cher, rappelle sans cesse le peuple de la confusion de l'erreur, mène à bien l'édification de la basilique de Fulda déjà commencée et, en ce lieu, tu déposeras mon corps vieilli par les longues années de vie" (Willibald, Vita S. Bonifatii, éd. cit., p. 46). Alors que commençait la célébration de la messe à Dokkum (aujourd'hui dans la Hollande du nord), le 5 juin 754 il fut assailli par une bande de païens. Alors, s'étant avancé, le visage serein, "il interdit à ses hommes de combattre en disant: "Mes fils, cessez les combats, abandonnez la guerre, car le témoignage de l'Ecriture nous exhorte à ne pas rendre le mal pour le mal, mais le bien pour le mal. Voilà le jour depuis longtemps désiré, voilà que le temps de notre fin est venu; courage dans le Seigneur!" (ibid. pp. 49-50). Ce furent ses dernières paroles avant de tomber sous les coups de ses agresseurs. La dépouille mortelle de l'évêque martyr fut ensuite portée dans le monastère de Fulda, où il reçut une digne sépulture. L'un de ses premiers biographes s'exprime déjà sur lui avec le jugement suivant: "Le saint évêque Boniface peut se dire le père de tous les habitants de la Germanie, car il a été le premier à les engendrer au Christ avec la parole de sa sainte prédication, il les a confirmés par l'exemple et, enfin, il a donné sa vie pour eux, un signe de charité qui ne pourrait pas être plus grand" (Otloho, Vita S. Bonifatii, éd. cit., lib. I, p. 158).

Des siècles plus tard, quel message pouvons-nous aujourd'hui recueillir de l'enseignement et de l'activité prodigieuse de ce grand missionnaire et martyr? Une première évidence s'impose à celui qui étudie saint Boniface: le caractère central de la Parole de Dieu, vécue et interprétée dans la foi de l'Eglise, Parole qu'il vécut, prêcha et dont il témoigna jusqu'au don suprême de lui-même dans le martyre. Il était tellement passionné par la Parole de Dieu qu'il ressentait l'urgence et le devoir de l'apporter aux autres, même au risque de sa propre vie. Sur elle reposait la foi à la diffusion de laquelle il s'était solennellement engagé au moment de sa consécration épiscopale: "Je professe intégralement la pureté de la sainte foi catholique et, avec l'aide de Dieu, je veux rester dans l'unité de cette foi, dans laquelle réside sans aucun doute tout le salut des chrétiens" (Epist. 12, in S. Bonifatii Epistolae, éd. cit., p. 29). La deuxième évidence, très importante, qui ressort de la vie de saint Boniface, est sa communion fidèle avec le Siège apostolique, qui était un point ferme et central de son travail de missionnaire. Il conserva toujours cette communion comme la règle de sa mission et la laissa comme son testament. Dans une lettre au Pape Zacharie, il affirmait: "Je ne cesse d'inviter et de soumettre à l'obéissance du Siège apostolique ceux qui veulent rester dans la foi catholique et dans l'unité de l'Eglise romaine et tous ceux que, dans ma mission, Dieu me donne comme auditeurs et disciples" (Epist. 50: in Ibid. p. 81). Le fruit de cet engagement fut le ferme esprit de cohésion autour du Successeur de Pierre que Boniface transmit aux Eglises de son territoire de mission, ajoutant à Rome l'Angleterre, la Germanie et la France, et contribuant ainsi de façon déterminante à planter les racines chrétiennes de l'Europe qui devaient produire des fruits féconds au cours des siècles successifs. Une troisième caractéristique par laquelle Boniface attire notre attention: il promut la rencontre entre la culture romano-chrétienne et la culture germanique. Il savait en effet qu'humaniser et évangéliser la culture était une partie intégrante de sa mission d'évêque. En transmettant l'antique patrimoine de valeurs chrétiennes, il donna aux populations germaniques un nouveau style de vie plus humain, grâce auquel les droits inaliénables de la personne étaient mieux respectés. En tant qu'authentique fils de saint Benoît, il sut unir la prière et le travail (manuel et intellectuel), la plume et la charrue.

Le témoignage courageux de Boniface représente une invitation pour nous tous à accueillir dans notre vie la Parole de Dieu comme point de référence essentiel, à aimer passionnément l'Eglise, à nous sentir coresponsables de son avenir, à rechercher son unité autour du Successeur de Pierre. Dans le même temps, il nous rappelle que le christianisme, en favorisant la diffusion de la culture, promeut le progrès de l'homme. C'est à présent à nous d'être à la hauteur d'un patrimoine si précieux et de le faire fructifier au bénéfice des générations qui suivront.

Je suis toujours impressionné par son zèle ardent pour l'Evangile: à quarante ans, il quitte une vie monastique belle et féconde, une vie de moine et de professeur pour annoncer l'Evangile aux simples, aux barbares; à quatre-vingt ans, une fois de plus, il se rend dans une région où il pressent son martyre. En comparant sa foi ardente, ce zèle pour l'Evangile à notre foi parfois si tiède et bureaucratisée, nous voyons ce que nous devons faire pour renouveler notre foi, pour donner en don à notre époque la perle précieuse de l'Evangile.

* * *

Je suis heureux de vous accueillir, chers pèlerins francophones. Je salue en particulier les nombreux jeunes présents ce matin, l’école militaire de Saint-Cyr, ainsi que le groupe du Cameroun, où j’aurai la joie de me rendre dans quelques jours. Vous aussi, à la suite de saint Boniface, aimez passionnément l’Église du Christ et soyez toujours des artisans d’unité. Que Dieu vous bénisse!

________________________________________

Appel à la paix et à la réconciliation en Irlande du Nord

C'est avec une profonde douleur que j'ai appris l'assassinat de deux jeunes soldats britanniques et d'un policier en Irlande du Nord. J'assure les familles des victimes et les blessés de ma proximité spirituelle, et je condamne de la manière la plus ferme ces abominables actes de terrorisme qui, non seulement profanent la vie humaine, mais mettent sérieusement en danger le processus politique en cours en Irlande du Nord, et risquent de détruire les grandes espérances engendrées par ce processus dans la région et dans le monde entier. Je prie le Seigneur afin que personne ne se laisse vaincre à nouveau par l'horrible tentation de la violence, mais que chacun multiplie les efforts pour continuer à construire, à travers la patience du dialogue, une société pacifique, juste et réconciliée.

© Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana


Saint Boniface,

Evêque et martyr

Winfrid, qui prendra plus tard le nom de Boniface, naquit vers 680, dans le royaume anglo-saxon de Wessex, récemment conquis au christianisme, où sa famille brillait par sa foi et par son rang. À l'âge de quatre ou cinq ans, il suppliait son père de lui laisser embrasser la vie monastique ; à sept ans quand il entra comme oblat à l'abbaye d'Exeter[1] où il commença ses études qu’il poursuit à l’abbaye de Nursling (diocèse de Winchester). Le souvenir de ses anciens maîtres, restera comme un parfum qui embaumera toute sa vie, singulièrement Aldheln qui, à Nursling, lui apprit les disciplines littéraires. Devenu professeur, il composa une grammaire latine. Outre la science profane, il fut initié aux sciences sacrées, surtout à l'Écriture sainte dont il ne fit pas l'objet d'une vaine érudition mais de la prédication qu’il exerça sans aucun détriment pour sa vie monastique car il était assidu aux offices comme au travail manuel. Cependant, Winfrid ne songeait qu'à porter aux païens déshérités la lumière de la foi.

En 716, avec trois compagnons, il quitta Nursling pour la Frise, située en face de l'estuaire de la Tamise, qui était la terre la plus réfractaire à l'Évangile. À peine effleurée par saint Amand et saint Éloi, la Frise était devenue le partage de saint Willibrord qui, après la mort de Pépin d'Héristal (714), se sentant peu en sécurité s'était retiré à l'abbaye d'Echternach. Winfrid ne put davantage s'y établir et regagna bientôt Nursling d'où il faillit ne plus revenir, car il fut élu pour succéder au vieil abbé Winbrecht, mort peu après son retour. Ses instances et celles de l'évêque de Winchester ayant fait élire un autre candidat, Winfrid, de nouveau libre, partit pour Rome à l'automne 718.

Au printemps de 719, Grégoire II[2] lui remit une lettre d'investiture pour prêcher la foi aux idolâtres de Germanie. Il lui recommandait de suivre dans l'administration des sacrements les règles de la liturgie romaine et, dans les cas difficiles, d'en référer au Saint-Siège. Le pape changea aussi le nom de Winfrid en celui de Boniface.

La situation de la Germanie étant confuse, le pape n'avait désigné au zèle de Boniface aucune province bien déterminée. Après avoir visité la Bavière et la Thuringe, Boniface jeta son dévolu sur la Frise que les Francs venaient de reconquérir et où saint Willibrord était retourné. Celui-ci, déjà âgé, voulut bientôt faire de Boniface son coadjuteur et successeur, mais il résolut, après trois ans de labeurs et d'expériences fécondes, d'aller porter la foi à des contrées plus déshéritées, à l'intérieur de l'Allemagne. En route il s’adjoint Grégoire, un adolescent, neveu de l'abbesse de Pfalzel, près de Trèves.

Il s’établi en Hesse qui relevait des Francs et qui, malgré les missionnaires irlandais, demeurait foncièrement païen. Fort des conseils et des prières de ses amis d'Angleterre, Boniface en entreprit l'évangélisation méthodique et pour cela établit à Amoenburg sa première fondation monastique. Il voulut sans tarder porter à la connaissance du pape ses premiers résultats et ses difficultés. Grégoire II l'invita à le venir voir à Rome.

Le pape, après lui avoir fait écrire une profession de foi, lui conféra la consacration épiscopale (30 novembre 722) sans lui attribuer un diocèse particulier mais en le rattachant directement au Saint-Siège, et lui remit, avec un recueil des conciles, des lettres de recommandation, notamment pour Charles Martel qui lui fit bon accueil et lui délivra un sauf-conduit. La protection du prince, la mission de Rome et le caractère épiscopal conféraient à Boniface un nouveau prestige aux yeux des Germains qui lui permit de faire un coup d'éclat en abattant le chêne sacré de Thor, sur la montagne de Gudenberg (Geismar, près de Fritzlar) que les populations de la Hesse vénéraient à l'égal d'un dieu. À peine entamé, l'arbre s'abattit, comme renversé par un vent impétueux ; les païens y virent une sorte de jugement de Dieu et, devant l'impuissance des idoles à se défendre, passèrent en grand nombre à la foi chrétienne. Le bois du chêne servit pour édifier une chapelle en l'honneur de saint Pierre.

Au bout d'un an, Boniface, jugeant que l'évangélisation de la Hesse était suffisamment avancée, passa en Thuringe (724) où il resta jusqu'en 731. En Thuringe, effleurée par la prédication chrétienne, la vie religieuse, aux mains d’un clergé ignorant ou relâché, était extrêmement languissante. Boniface fonda le monastère de Saint-Michel d'Ohrdruff, près de Gotha, qu’il peupla de missionnaires anglo-saxons qui se distinguaient par leur attachement au Saint-Siège et aux coutumes romaines.

Boniface recherche tout d'abord l'appui des rois et des grands, sans jamais s'inféoder à eux. Puis, pour appuyer son apostolat et en maintenir les résultats, il fait appel aux monastères tels ceux qu’il établit en Hesse (Amoenburg et Fritzlar) ou en Thuringe (Ohrdruff, pour les hommes, Kitzigen, pour les femmes, Ochsenfurt et Bischoffsheim, sur la Tauber) qui étaient des foyers de civilisation, enseignant l'agriculture et les arts en même temps que la foi.

Ayant reçu du successeur de Grégoire II (mort le 11 février 731), Grégoire III, le titre d’archevêque et le pallium (732), Boniface passa en Bavière, vaste territoire évangélisé depuis plusieurs générations, notamment par saint Rupert et saint Corbinien, mais qui n'avait pas encore reçu d’organisation hiérarchique. Saint Boniface y resta de 732 à 741, exception faite d'un séjour qu’il fit à Rome (738-739) d’où il revint consolé, encouragé, éclairé et chargé de reliques pour les jeunes églises qu'il avait fondées. Ce pèlerinage lui valut de recruter son compatriote Wunnibald, pèlerin devenu moine dans la Ville éternelle, et son frère Willibad qui avait, après un pèlerinage à Jérusalem vint les rejoindre en Germanie.

De retour en Bavière, Boniface établit les évêchés de Salzbourg, Freysing, Ratisbonne et Passau, puis regagna la Hesse où il établit l’évêché de Buraburg (remplacé sous Charlemagne par Paderborn), et la Thuringe où il établit les évêchés d’Erfurt (remplacé sous Charlemagne par Halberstadt) et de Würzburg. Pour joindre ces terres neuves aux anciennes cités de Bavière, aux confins de la Franconie et de la Bavière, saint Boniface créa le siège épiscopal d’Eichstadt pour Willibad dont le frère Wunnibad et la sœur Walburge fondèrent un monastère double à Heidenheim, alors que leur compatriote Sola bâtissait Solnhofen.

Ainsi, en une vingtaine d'années, Boniface avait édifié sur les territoires soumis aux Francs une vaste et solide chrétienté. Chacun de ses diocèses possédait un ou plusieurs monastères, mais, depuis longtemps déjà, voulait en établir un au centre de l'Allemagne, qui lui fût à la fois un lieu de repos et un quartier général. Il chargea un jeune moine, Sturmi, de lui découvrir, dans les forêts de Hesse et de Thuringe, un emplacement assez large, assez riche et abrité tout à la fois, pour recevoir une nombreuse population de moines et de missionnaires. Le roi Carloman fit la cession de ce terrain, et les défrichements commencèrent sans tarder. Le 12 janvier 744, Sturmi en prit possession avec sept autres moines. Chaque année Boniface viendra s'y reposer et se recueillir auprès d'eux dans la solitude, prenant plaisir à initier ses frères plus jeunes aux traditions monastiques. La fondation qui comptera quatre cents moines à sa mort, allait être la base solide pour l'évangélisation de l'Allemagne. « Les quatre peuples auxquels, par la grâce de Dieu, j'ai porté la parole évangélique, sont à portée, écrivait-il au pape ; je puis encore leur être utile tant que je vivrai. »

Après la mort de Charles Martel (741), ses deux fils, Pépin et Carloman, s'étaient partagés son royaume, et Boniface relevait du dernier qui avait obtenu l’Austrasie. Tant Boniface que Carloman (qui devait finir ses jours au Mont-Cassin sous l'habit monastique) gémissaient de voir des soldats et des séculiers détenir les bénéfices et les honneurs dans l'Église que Charles Martel avait cédés en récompense à ses fidèles. Carloman résolut de mettre fin à ces abus et de placer à la tête des églises des hommes qui en fussent dignes. La chose était d'autant plus nécessaire que d'autres abus venaient se greffer sur celui-là et l'aggraver. Le relâchement de la discipline permettait à beaucoup d'aventuriers de tromper un peuple naïf et crédule. Parmi eux, beaucoup de moines celtes, pour qui les pèlerinages et les missions lointaines avaient toujours eu le plus grand attrait. Malheureusement leurs usages nationaux, auxquels ils tenaient farouchement, notamment leur façon de calculer la date de Pâques, et surtout leur indépendance à l'égard de la hiérarchie ecclésiastique, en faisaient des éléments de perturbation. De plus, dans leurs rangs se glissaient inévitablement des hommes d'une vertu moins que certaine.

Avec l'assentiment du pape Zacharie, Boniface convoqua des conciles pour rappeler et préciser les prescriptions de la discipline ecclésiastique. Bientôt d'ailleurs, piqué d'émulation, Pépin voulut aussi qu'on en convoquât un pour ses états à Soissons (743), et en 744 on put réunir un concile général des évêques francs. On ne saurait énumérer ici toutes les mesures prises. Notons que son grand souci fut de resserrer les liens des prêtres avec leurs évêques et de ceux-ci avec leurs métropolitains. Les prélats indignes furent destitués et remplacés par de saints évêques, parmi lesquels il faut nommer saint Chrodegang, évêque de Metz, qui travailla si efficacement à la réforme du clergé et à l'institution des chanoines réguliers. Les biens ecclésiastiques accaparés par les nobles furent aussi rendus en partie. Enfin, en 747, l'œuvre était virtuellement achevée et un concile général la sanctionna. Tous les évêques présents signèrent une profession de foi qui fut portée à Rome sur la confession de Saint-Pierre, avant d'être remise au pape, pour marquer l'union de l'église franque et sa soumission au vicaire de Jésus-Christ.

Comme Boniface n'avait point encore de siège fixe, il choisit Cologne d’où il pourrait commander à la fois la Germanie, la Gaule et même la Frise, dont il rêvait de reprendre la conquête. Carloman et Pépin donnèrent leur assentiment, le pape le félicita ; or il demeurait dans le clergé franc, et sans doute à Cologne, bien des éléments irréductibles. Toujours est il qu'il ne prit pas possession de Cologne et accepta plus tard le siège de Mayence (747). Carloman ayant abdiqué pour se retirer au Cassin (747), Pépin reçut la couronne du pape Zacharie et Boniface le consacra à Soissons (751).

Septuagénaire, Boniface se retourne vers la Frise, son premier champ d'apostolat. À cet effet il fait choix d'un coadjuteur pour Mayence, son disciple et compatriote Lull, et retourna en Frise. Il avait préparé le plus minutieusement possible son expédition. Néanmoins l'âge, et peut-être un secret avertissement du ciel, le prévenaient de sa fin prochaine. Il fit donc ses adieux à ses amis les plus chers et leur demanda de rapporter, après sa mort, son corps à Fulda où il voulait reposer. Au printemps de 753, il s'embarqua sur le Rhin et aborda à Utrecht où il passa l'hiver.

Aux beaux jours il reprit ses courses apostoliques ; mais le fanatisme des païens s'était réveillé et une armée d'infidèles le massacra avec sa petite troupe, le 5 juin 754, tandis qu'il attendait à Dokkum, tout au nord du pays, des néophytes qu’il devait confirmer. Le saint conjura ses compagnons de renoncer à la lutte, mais sa douceur ne désarma pas les assaillants. Tandis qu'il se protégeait la tête d'un livre, un coup d'épée trancha le manuscrit et lui fendit le crâne. Avec lui périrent cinquante-deux compagnons. Les chrétiens de Frise ne tardèrent pas à recueillir les ossements des martyrs. Ceux de saint Boniface furent portés d'abord à Mayence, puis, selon sa volonté, à Fulda, où ils sont l'objet de la vénération de toute l'Allemagne catholique.


[1] L'abbaye bénédictine Saint-Pierre d'Exeter, très probablement fondée en 678. A l’époque où y étudia saint Boniface, l'abbé était Wulfard. Ethelred, roi des Saxons occidentaux, restaura ce monastère vers 858.

[2] Saint Grégoire II qui règna du 19 mai 715 au 11 février 731, fut le plus éminent pontife du VIII° siècle. Né en 669 à Rome dans une famille riche, il fut élevé au Latran. Intellectuellement doué, diplomate et résolu, il fut sous-diacre sous Sergius II qui lui confia la garde de la bourse ; il fut ensuite bibliothécaire, puis, diacre, il remplit plusieurs missions diplomatiques à Constantinople. A la mort du pape Constantin (708-715), il fut le premier romain à être élu après sept papes d'origine grecque ou syrienne. La pape Grégoire fit preuve de capacités diplomatiques dans la situation confuse où l'Italie sombrait à mesure que le pouvoir byzantin déclinait. En 716 il persuada le roi lombard Liutprand (7l2-744) de restituer les propriétés pontificales qu’il conservait encore dans le massif du Viso ; il obtint plus tard le retour à l'Empire des forteresses des Cumes et de Sutri. Entre 717 et 726, tout loyal sujet de l'Empire qu’il fût, il prit la tête de la résistance aux exigences fiscales de l'empereur Leon III l'Isaurien (7l7-741). Aussi les autorités voulèrent-elles le faire déposer ou assassiner, mais sa popularité les arrêta. Il s’efforça de contenir les visées expansionnistes des Lombards, mais en 729 Rome fut menacée par Liutprand, qui avait conclu avec l'exarque Eutychius une alliance aussi inattendue qu'éphémère. Grégoire fit une irruption spectaculaire dans le camp lombard ; le catholique Liutprand en fut si impressionné qu’il leva le siège et déposa ses insignes royaux sur le tombeau de saint Pierre en signe de soumission. Eutychius s'installa à Rome ; le Pape fit un accord avec lui et l'aida à écraser la rébellion de Tibère Petase.

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/06/05.php


St Boniface, évêque et martyr

Né vers 680, mort martyr en 755. Culte immédiat. Fête étendue à l’Église en 1874.

Leçons des Matines avant 1960

Quatrième leçon. Boniface, nommé d’abord Winfrid, naquit en Angleterre, à la fin du septième siècle. Dès son enfance, il n’eut que de l’éloignement pour le monde, et tourna ses vœux vers la vie monastique. Son père ayant tenté vainement de changer sa résolution en faisant valoir à ses yeux les attraits du siècle, il entra dans un monastère, et, sous la direction du bienheureux Wolfard, se forma à toute espèce de vertus et de sciences. A l’âge de trente ans il reçut le caractère sacerdotal. Prédicateur assidu de la parole divine, il n’était animé, dans cette fonction, que du désir de gagner des âmes. Ayant à cœur de voir s’étendre le règne de Jésus-Christ, il ne cessait de pleurer en pensant à la multitude de barbares qui, plongés dans l’ignorance, étaient asservis au démon. Comme ce zèle des âmes s’accroissait de jour en jour avec une ardeur inextinguible, il consulta la volonté divine par des prières accompagnées de larmes, et obtint du supérieur du monastère la permission de partir pour les rivages de la Germanie.

Cinquième leçon. Quittant l’Angleterre en bateau avec deux compagnons, il vint à la ville de Doreste en Frise ; mais comme une guerre très violente s’était déclarée entre Radbod, roi des Frisons, et Charles Martel, il prêcha l’Évangile sans résultat ; il revint donc en Angleterre, et retourna dans son monastère, au gouvernement duquel on l’éleva malgré lui. Deux ans après, il abdiqua sa charge du consentement de l’Évêque de Winchester, et partit pour Rome, afin que l’autorité apostolique le déléguât à la conversion des Gentils. Arrivé à Rome, Grégoire II le reçut avec bonté et changea son nom de Winfrid en celui de Boniface. Envoyé en Germanie, il annonça le Christ aux peuples de la Thuringe et de la Saxe ; et comme pendant ce temps-là le roi des Frisons, Radbod, ennemi acharné du nom chrétien, était mort, Boniface se dirigea de nouveau vers la Frise, où, en compagnie de saint Willibrod, il prêcha durant trois ans l’Évangile avec tant de fruit, que, les statues des idoles ayant été détruites, d’innombrables églises furent élevées au vrai Dieu.

Sixième leçon. Sollicité par saint Willibrod pour qu’il acceptât la dignité épiscopale, il s’y refusa afin de travailler plus librement et plus activement au salut des infidèles. S’étant avancé en Germanie, il détourna plusieurs milliers de Hessois du culte du démon. Appelé à Rome par le Pape Grégoire, il fut sacré Évêque, après avoir fait une admirable profession de foi. De là, il retourna vers les peuples germains et délivra presque entièrement la Hesse et la Thuringe des restes de l’idolâtrie. De si grand mérites valurent à Boniface d’être élevé par Grégoire III à la dignité archiépiscopale. S’étant rendu à Rome pour la troisième fois, il fut nommé par le souverain Pontife légat du Siège apostolique. Revêtu de cette autorité, il fonda quatre évêchés et réunit plusieurs synodes, parmi lesquels le mémorable concile de Leptines, dans le diocèse de Cambrai, en Belgique, et contribua alors puissamment à augmenter la foi parmi les Belges. Créé Archevêque de Mayence par le Pape Zacharie, il sacra par l’ordre du même Pontife, Pépin, roi des Francs. Après la mort de saint Willibrod, l’Église d’Utrecht lui fut confiée et il la gouverna d’abord par l’intermédiaire d’Eoban, ensuite par lui-même, lorsque, déchargé de l’Église de Mayence, il vint se fixer à Utrecht. Les Frisons étant retombés dans l’idolâtrie, il entreprit de nouveau de leur prêcher l’Évangile. Comme il était occupé de ce devoir pastoral, des hommes barbares et impies l’attaquèrent aux bords de la Burda. Enveloppé dans un sanglant massacre avec Eoban, associé à son épiscopat, et beaucoup d’autres, il eut comme eux les honneurs de la palme du martyre. Le corps de saint Boniface fut transporté à Mayence, puis enseveli, comme il l’avait demandé de son vivant, dans le monastère de Fulde, fondé par lui et devenu illustre par les nombreux miracles de ce Saint. Le souverain Pontife Pie IX a étendu son Office et sa Messe à l’Église universelle.
Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Le Fils de l’homme, proclamé Roi dans les hauteurs des cieux au jour de son Ascension triomphante, laisse à l’Épouse qu’il s’est donnée le soin et la gloire de faire reconnaître ici-bas son domaine souverain. La Pentecôte est le signal des conquêtes de l’Église ; c’est alors qu’elle s’éveille au souffle de l’Esprit-Saint ; toute remplie de cet Esprit d’amour, elle aspire comme lui aussitôt à posséder la terre. Les Anglo-Saxons et les Francs viennent de prêter en ses mains leur serment de foi et hommage au Christ, à qui toute puissance fut donnée sur la terre et au ciel [1]. Winfrid aujourd’hui, réalisant le beau nom de Boniface ou bienfaisant que lui donna Grégoire II, se présente entouré des multitudes arrachées par lui du même coup au paganisme et à la barbarie. Grâce à l’apôtre de la Germanie, l’heure bientôt va venir pour l’Église de constituer dans ce monde à l’Époux, indépendamment de sa principauté sur les âmes, un empire plus puissant qu’aucun de ceux qui l’auront précédé ou suivi.

Le Père éternel attire à son Fils [2], non pas seulement les hommes, mais les nations ; elles sont dans le temps son héritage [3], non moins que le ciel l’est pour l’éternité. Or il ne suffit pas aux complaisances de Dieu pour son Verbe fait chair, que les nations viennent isolément chacune reconnaître en lui leur Seigneur et maître. C’est le monde qui lui fut promis comme possession, sans distinction de peuples, sans limites autres que les bornes de la terre [4] ; reconnu ou non, son pouvoir est universel. Chez plusieurs sans doute, la méconnaissance ou l’ignorance du droit royal de l’Homme-Dieu doit durer jusqu’au delà du temps ; pour tous encore, nous le savons trop, la révolte sera possible. Il convenait cependant que l’Église, dès qu’elle le pourrait, mît à profit son influence sur les nations baptisées, pour les rassembler dans l’unité d’un même acquiescement extérieur à cette royauté source de toutes les autres. A côté du Pontife, vicaire de l’Homme-Dieu en ce qui touche les intérêts du ciel et des âmes, il y avait place, dans le domaine de la vie présente, pour un chef de la chrétienté qui ne fût tel qu’à titre de lieutenant du Christ Seigneur des seigneurs. Ainsi devait se trouver réalisée en toute plénitude, pour le fils de David, la principauté grandiose que les prophètes avaient annoncée [5].

Institution vraiment digne du nom qui lui sera donné de Saint-Empire ; dernier résultat de la glorieuse Pentecôte, comme étant la consommation du témoignage rendu par l’Esprit à Jésus pontife et roi [6]. Aussi, quelques jours encore ; et Léon III, l’auguste Pontife appelé par l’Esprit-Saint à poser le couronnement de son œuvre divine, proclamera, aux applaudissements du monde, l’établissement de cet empire nouveau sous le sceptre de l’Homme-Dieu, dans la personne de Charlemagne représentant du Roi des rois. Telle que nous pouvions la prévoir jusqu’ici néanmoins par les enseignements de la sainte Liturgie, cette œuvre merveilleuse n’était pas encore suffisamment préparée ; de vastes régions, celles-là même qui doivent former l’apanage principal du futur empire, ne connaissaient pas même le nom du Seigneur Jésus, ou ne conservaient d’une prédication première, étouffée sous le tumulte des invasions, qu’un mélange confus de pratiques chrétiennes et de superstitions idolâtriques. Et c’est pourquoi, précurseur de Léon III, Boniface se lève, revêtu de la force d’en haut [7]. Descendant de ces Angles à figure d’anges, par qui l’ancienne Bretagne est devenue l’île des Saints, il brûle de porter à la Germanie d’où sortirent ses aïeux, la lumière qui est venue les trouver dans la terre de leur conquête.

Trente ans d’une vie monastique commencée dès l’enfance malgré les caresses et les larmes d’un père, ont préparé son âme ; mûri dans la retraite et le silence d’un si long temps, rempli de la science divine, accompagné des prières de ses frères, il peut en toute sécurité suivre l’attrait qui l’appelle. Rome le voit d’abord soumettant ses vues au vicaire de l’Homme-Dieu, source féconde autant qu’unique de toute mission dans l’Église. Grégoire II, digne en tout des grands papes honorés du même nom, exerçait alors sur le monde chrétien la vigilance apostolique ; entre les écueils dressés par l’astuce lombarde et l’hérétique démence de Léon l’Isaurien, sa ferme et prudente main conduisait sûrement la barque de Pierre aux gloires souveraines qui l’attendaient en ce siècle huitième. Dans l’humble moine prosterné à ses pieds, l’immortel Pontife a bientôt reconnu l’auxiliaire puissant que lui envoie le ciel ; et, muni de la bénédiction apostolique, Winfrid, devenu Boniface, sent l’Esprit-Saint l’entraîner à des conquêtes que Rome même autrefois n’avait point rêvées.

Par les sentiers qu’il trace au delà du Rhin dans les régions non frayées de la terre barbare, l’Épouse du Fils de Dieu pénètre plus avant que ne firent les légions, renversant les dernières idoles des faux dieux, civilisant et sanctifiant les hordes farouches, fléau du vieux monde. Fils de saint Benoît, le moine anglo-saxon donne à son œuvre une stabilité qui défiera les siècles. Partout s’élèvent des monastères, prenant pour Dieu possession du sol même, fixant autour d’eux par la force de l’exemple et leurs bienfaits les tribus nomades. Sur tous les fleuves, du sein des forêts, en guise des cris de vengeance et de guerre, monte maintenant l’accent de la prière et de la louange au Dieu très-haut. Disciple chéri de Boniface, Sturm préside à cette colonisation pacifique, qui laisse loin derrière elle les colonies de vétérans dans lesquelles Rome païenne mettait la principale force de son empire.

Voici qu’à la même heure, en ces sauvages régions où la violence jusque-là régnait en souveraine, s’organise la milice sainte des épouses du Seigneur. L’Esprit de la Pentecôte a soufflé dans la terre des Angles, et, comme au Cénacle, les saintes femmes en ont eu leur part ; les vierges consacrées, obéissant à l’impulsion céleste, ont quitté leur patrie et le monastère où s’abrita leur enfance. Après avoir pourvu de loin d’abord aux besoins de Winfrid, copié pour lui en lettres d’or les livres saints, elles rejoignent l’apôtre ; intrépides, elles ont passé la mer, et sont venues, sous la garde de l’Époux, prendre leur part des travaux entrepris pour sa gloire. Lioba les conduit : Lioba, dont la douce majesté, dont les traits célestes élèvent la pensée au-dessus de la terre ; qui, par sa science des Écritures, des Pères et des saints Canons, égale les plus célèbres docteurs ; mais l’Esprit divin a plus encore enrichi son âme d’humilité et de saint héroïsme. Elle sera mère de la nation allemande. Les hères Germaines, avides de sang, qui, au jour de leurs noces, n’agréaient pour dons qu’un cheval de bataille avec le bouclier et la framée [8], apprendront d’elle les qualités de la femme forte. On ne les verra plus s’enivrer de carnage et ramener au combat leurs maris vaincus ; mais les vertus de l’épouse et de la mère remplaceront en elles la fureur des camps ; la famille sera fondée sur le sol germanique, et, avec elle, la patrie.

C’est ce qu’avait compris Boniface, en appelant à lui Lioba, Walburge, et leurs compagnes. Épuisé de travaux, fatigué plus encore, hélas ! Comme il arrive à tous les hommes de Dieu, par de mesquines jalousies se couvrant d’un faux zèle, l’athlète du Christ ne dédaignait pas de venir lui-même trouver près de sa fille bien-aimée conseil et réconfort. Appréciant à sa valeur la part qu’elle avait eue dans son œuvre, il la voulut pour compagne de son repos dans la tombe, en sa chère abbaye de Fulda.

Mais l’apôtre est loin encore d’être au soir de sa vie. Il doit assurer le sort spirituel des convertis sans nombre qu’a faits sa parole, et placer à leur tête ceux que l’Esprit-Saint désigne gouverner l’Église de Dieu [9]. Par ses soins, la hiérarchie sacrée se constitue et se développe ; le sol se couvre d’églises ; et sous la houlette d’évêques élus de Dieu, des peuples nouveaux, créés comme par enchantement, vivent à la gloire de la Trinité sainte en ces contrées hier païennes, où Satan avait cru pouvoir éterniser sa domination.

Vainement d’autre part, Arius, Manès, divers corrupteurs de la foi sainte anciens et nouveaux, chassés de partout, végètent encore sur les confins ignorés du paganisme germain ; vainement la cupidité d’indignes ministres du Seigneur se flatte d’exploiter toujours l’ignorance de chrétientés trop éloignées du centre vital, et jusque-là forcément délaissées. L’éclat inaltéré du Verbe divin, qui revêt Boniface comme une robe de gloire [10], rayonne de lui jusqu’au fond des retraites obscures où l’hérésie se dérobe ; le fouet dont l’Homme-Dieu s’arma pour expulser les vendeurs du temple est dans les mains de son apôtre, et il chasse loin de leurs troupeaux sacrilègement abusés les prêtres infâmes qui, à prix égal, offrent au Dieu très-haut l’hostie du salut, ou immolent des bœufs et des boucs aux divinités vaincues de la Germanie. Au bout de quarante années d’un fécond apostolat, l’Allemagne, convertie ou délivrée des pasteurs mercenaires, est acquise au Christ.

Mais le vaillant précurseur du Saint-Empire ne doit pas borner son action puissante à préparer la race germanique aux grandes destinées qui l’attendent. La France, fille aînée de l’Église, est, dans ses princes, appelée la première à porter le globe d’or surmonté de la croix, auguste emblème de l’universelle royauté du Fils de Dieu. Or, si la France de Clotilde, pure d’hérésie, reste fidèle à son baptême, elle-même cependant réclame du ciel à cette heure le secours nécessaire au salut des nations dans les périodes critiques de leur histoire. Les descendants de Clovis n’ont conservé de son royal héritage que le titre vain d’un pouvoir qu’ils n’ont plus, tandis que la vraie puissance est passée aux mains d’une famille nouvelle : race vigoureuse, qui vient de donner sa mesure en écrasant près de Poitiers l’immense armée des Maures. Mais en sauvant la chrétienté, Charles Martel conduit l’Église de France à deux doigts de sa ruine par la distribution qu’il fait des sièges épiscopaux, des abbayes, aux compagnons de sa victoire. Sous peine d’une situation non moins désastreuse que ne l’eût faite la victoire d’Abdrame, il faut déposséder de leurs crosses usurpées ces étranges titulaires, et renvoyer du moins leurs fils aux armées franques ; avec autant de douceur que de fermeté, par l’ascendant de la vertu, il faut amener le héros de Poitiers et sa descendance au respect du droit des Églises.

Victoire plus glorieuse que la défaite des Maures, et qui fut celle de notre Boniface ! Triomphe de la sainteté désarmée, aussi profitable aux vaincus qu’à l’Église même ; car il devait faire du farouche soldat, bâtard de Pépin d’Herstal, la souche pour les Francs d’une deuxième dynastie dont la gloire allait surpasser l’illustration des rois de la première race.

Légat de saint Zacharie comme il l’avait été de Grégoire III son prédécesseur, Boniface avait fixé à Mayence son siège épiscopal, pour mieux garder au Christ en même temps et la Germanie, conquête de son premier apostolat, et la France sauvée par ses derniers labeurs. Comme un autre Samuel, lui-même consacra de ses mains la nouvelle royauté, en conférant, par un rite nouveau chez les Francs, l’onction sacrée à Pépin le Bref, fils de Charles Martel. On était arrivé à l’année 752. Encore enfant, un autre Charles, héritier futur du trône qu’il venait d’affermir ainsi par la force de l’huile sainte, attirait les bénédictions du vieillard. Mais Fonction royale de cet enfant était réservée au Pontife suprême ; et un diadème plus auguste encore que celui des rois francs devait plus tard se poser sur son front, pour manifester en lui, à la tète de l’Empire romain renouvelé, le lieutenant du Christ.

L’œuvre personnelle de Boniface était achevée ; comme le vieillard Siméon, il avait vu l’objet des ambitions et des labeurs de sa vie, le salut préparé par Dieu au nouvel Israël. Lui aussi ne songe plus qu’à s’en aller dans la paix du Seigneur ; mais l’entrée dans la paix pour un tel apôtre, et il l’entend bien ainsi, ne saurait être que le martyre. L’heure va sonner ; le vieil athlète a choisi son dernier champ de bataille. C’est la Frise, encore à demi païenne ; il y a un demi-siècle, au début de sa carrière apostolique, il avait fui cette contrée pour échapper à l’épiscopat que saint Willibrord voulait lui imposer dès lors ; aujourd’hui qu’elle n’a plus que la mort à lui offrir, il aspire à s’y rendre. Dans une lettre d’humilité sublime, il se prosterne aux pieds d’Etienne III qui vient de succéder à Zacharie, et remet au Siège apostolique la correction de ce qu’il appelle les maladresses et les fautes de sa longue vie [11] ; il laisse à Lull, son très cher fils, l’Église de Mayence ; il recommande au roi des Francs les prêtres disséminés dans toute la Germanie, les moines, les vierges qui l’ont suivi dans ces lointaines contrées. Puis, faisant disposer parmi les quelques livres qu’il emporte avec lui le suaire qui doit envelopper son corps, il désigne les compagnons de son dernier voyage, et part avec eux pour cueillir la couronne.

Vous avez été, grand apôtre, le serviteur fidèle [12] de Celui qui vous avait choisi comme ministre de sa parole sainte et propagateur de son règne. En quittant la terre afin d’aller faire reconnaître sa royauté des célestes phalanges, le Fils de l’homme n’en restait pas moins le roi de ce monde qu’il abandonnait pour un temps. Il comptait sur l’Église pour lui garder sa principauté d’ici-bas.

Bien faible encore était, à l’heure de son Ascension, le nombre de ceux qui voyaient en lui leur Seigneur et Maître. Mais la foi déposée dans les âmes de ces premiers élus était un trésor qu’ils firent valoir en banquiers habiles, et surent multiplier par le commerce apostolique. Transmis de génération en génération jusqu’au retour de l’Homme-Dieu, le précieux dépôt devait produire au Seigneur absent des intérêts toujours plus considérables. Il en fut bien ainsi, ô Winfrid, dans le siècle où vous apportâtes à l’Église le tribut de labeurs qu’elle réclame de tous ses fils à cette fin, quoique en des proportions différentes. Vos œuvres parurent bonnes et profitables entre toutes à la Mère commune ; dans sa reconnaissance, prévenant la gratitude de l’Époux lui-même, elle voulut vous appeler dès ce monde du nom nouveau [13] sous lequel vous êtes maintenant connu dans les cieux.

Et, en effet, jamais richesses pareilles à celles que vous lui préparâtes, affluèrent-elles dans les mains de l’Épouse ? Jamais l’Époux apparut-il mieux et plus pleinement le chef du monde, qu’en ce huitième siècle où les princes francs, formés par vous à leurs grandes destinées, constituèrent la souveraineté temporelle de l’Église, et se firent gloire d’être, à côté du vicaire de l’Homme-Dieu, les lieutenants du Seigneur Jésus ? Le Saint-Empire vous doit d’avoir été possible, ô Boniface. Sans vous, la France s’abîmait dans les hontes d’un clergé simoniaque, et périssait avant même d’avoir vu Charlemagne ; sans vous, l’Allemagne restait aux barbares et à leurs dieux ennemis de toute civilisation et de tout progrès. Sauveur des Germains et des Francs, recevez nos hommages.

Devant la grandeur de vos œuvres, au souvenir des grands papes et de ces princes à la taille colossale dont la gloire relève de la vôtre en toute vérité, l’admiration égale en nous la reconnaissance. Mais pardonnez si, à la pensée des grands siècles, hélas ! si loin de nous, un retour sur nos temps amoindris vient mêler la tristesse aux joies de votre triomphe. Les pygmées qui s’admirent aujourd’hui parce qu’ils savent détruire et souiller, ne méritent sans doute que le mépris. Mais combien, à la lumière de votre politique sainte et de ses résultats, ô précurseur de la glorieuse confédération des peuples chrétiens, apparaissent malhabiles et coupables ces faux grands princes, ces hommes d’État de l’avant-dernier siècle, sottement admirés d’un monde qu’ils ont acheminé vers sa ruine ! Les nations catholiques, s’isolant l’une de l’autre, ont dénoué les liens qui les groupaient autour du vicaire de l’Homme-Dieu ; leurs princes, oubliant qu’ils étaient, eux aussi, les représentants du Verbe divin sur la terre, ont traité avec l’hérésie pour afficher leur indépendance à l’égard de Rome ou s’abaisser mutuellement. Aussi la chrétienté n’est plus. Sur ses débris, contre-façon odieuse du Saint-Empire, Satan dresse, à la honte de l’Occident, son faux empire évangélique, formé d’empiétements successifs, et reconnaissant pour première origine l’apostasie du chevalier félon Albert de Brandebourg.

Les complicités qui l’ont rendu possible ont reçu leur châtiment. Puisse la justice de Dieu être enfin satisfaite ! O Boniface, criez avec nous miséricorde au Dieu des armées. Suscitez à l’Église des serviteurs puissants comme vous le fûtes, en paroles et en œuvres. Venez de nouveau sauver la France de l’anarchie. Détruisez l’empire de Satan, et rendez à l’Allemagne le sentiment de ses vraies grandeurs avec la foi des anciens jours.

[1] Matth. XXVIII, 18.

[2] Johan. VI, 44.

[3] Psalm. II, 6, 8.

[4] Psalm. II, 6, 8.

[5] Psalm. LXXI.

[6] Johan. XV, 26.

[7] Act. I, 8.

[8] Tacit. De mor. Germ. 18.

[9] Act. XX, 28.

[10] Eccli. XV, 1, 5.

[11] Epist. LXXVIII.

[12] Luc. XIX.

[13] Apoc. II, 17.



Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Si par certains côtés le grand Apôtre des Germains au VIIIe siècle ressemble à saint Augustin de Cantorbéry, il en diffère cependant beaucoup, car l’action apostolique de Boniface fut plus complète, plus vaste, plus énergique, plus longue et plus durable. Ce courageux fils de saint Benoît dont le diocèse avait pour limites, d’un côté la Hollande, de l’autre le Tyrol, presque tout le cœur de l’Europe, par conséquent, apparaît comme un de ces colosses à l’activité multiforme, mais toujours parfaite. Que nous considérions en effet Boniface comme moine, comme évêque, comme docteur et évangélisateur de peuples, comme diplomate, comme martyr, il ne dément jamais sa grandeur, il est toujours parfait.

Il est toutefois une note spéciale dans l’activité du Saint, qui ne doit pas être oubliée. En même temps que le caractère épiscopal, Grégoire II lui avait donné la charge de légat du Siège apostolique chez les Germains, et, dans toute l’activité variée qu’il exerça par la suite chez les Francs et les Allemands, ce fut toujours au nom du Pontife romain que Boniface intervint et agit. On peut dire que personne ne comprit mieux que lui à cette époque la romanité de sa mission ; personne ne l’exerça avec une pareille foi et un tel zèle. Il se considéra comme le héraut de Pierre et du Pontife romain, et ce fut en cette qualité que, sur ses épaules de géant, il soutint durant de longues années, tel un nouveau saint Paul, la sollicitude de toutes les Églises de Germanie. Une gloire lui manquait : l’auréole du martyre, et il l’ambitionna elle aussi. Déjà courbé sous le poids des ans, il s’embarqua pour la Frise, qui, dans sa jeunesse, avait été le champ de ses premières armes, au temps de saint Willibrord. Cette fois cependant l’apôtre, comme prévoyant sa mort, emporta avec lui le drap funèbre dans lequel il devait être enveloppé, et ordonna que son cadavre fût enseveli dans son cher monastère de Fulda. — Ici l’on reconnaît le moine, qui est, par son corps, hors du cloître, mais qui a attaché son cœur à la solitude. — Le 5 juin 755, une horde de païens assaillirent Boniface et ses compagnons, parmi lesquels se trouvaient quelques évêques et un grand nombre de moines, et, en haine de la foi, ils les massacrèrent. L’office de saint Boniface fut étendu par Pie IX à l’Église universelle.

La messe fut primitivement rédigée pour les pays allemands, l’on y célèbre le Saint comme l’apôtre et le patron de la race. L’extension de cette messe à l’Église entière rend quelque peu déplacé dans le Missel ce particularisme régional.

L’antienne pour l’introït est tirée d’Isaïe (LXV, 19, 23). « J’exulterai avec Jérusalem et je me réjouirai avec ma nation, où l’on n’entendra plus la voix des pleurs ou du sanglot. Mes élus ne travailleront pas en vain, ils n’engendreront pas dans la tristesse, parce que c’est une race de peuple bénie de Dieu, et leurs descendants avec eux ». Suit le psaume 43 : « O Dieu, nous l’avons entendu de nos oreilles ; nos pères nous ont narré ce que, de leurs jours, vous avez fait ». — Les nations chrétiennes pourront, comme les arbres, renouveler leurs feuilles jaunies, mais elles ne se dessécheront jamais complètement, parce que leurs différents apôtres arrosèrent jadis la semence évangélique avec tant de sueurs et tant de sang que Dieu, par égard pour les mérites des pères, ne privera jamais entièrement de sa bénédiction leurs fils même dégénérés. La partie catholique de l’Allemagne se souvient des prodiges admirables que Dieu opéra dans ce pays au temps de Boniface, de Sturme, de Lulle et de Willibrord, et sent que la magnificence du passé est la garantie de cette grâce future qui, selon la sainte Écriture, rendra les nations guérissables.

La collecte est la suivante : « O Dieu qui, par le zèle du bienheureux Boniface, votre pontife et martyr, avez appelé à la connaissance de votre nom un grand nombre de peuples ; faites que nous ressentions le patronage de celui dont nous célébrons aujourd’hui la fête ».

Parfois notre paresse nous fait trouver trop ardue la mission qui nous est imposée, ou nous nourrit de l’illusion d’avoir déjà accompli de grandes choses pour Dieu. Pour dissiper ces pensées, il faut considérer ce que les saints ont fait et souffert, et alors nous nous sentirons tout petits en face de ces colosses d’activité et de vertu.

La première lecture, où les lointains descendants célèbrent les mérites de leurs pères, est identique à celle de la fête des sept fondateurs de l’Ordre des Servîtes de la bienheureuse Vierge, le 12 février. L’Esprit Saint a lui-même façonné et perfectionné ces gigantesques figures que sont les apôtres des diverses nations, les fondateurs des grands Ordres religieux, etc. Ce sont des figures complètes et universelles, auxquelles ne manque aucun des charismes du Paraclet ; thaumaturges et prophètes, apôtres, docteurs et éducateurs des peuples, ils participent en une certaine mesure à l’universalité de Dieu.

Le choix du répons-graduel est tout à fait anormal. Au lieu du chant d’un psaume, le rédacteur de la messe est allé chercher l’épître de la fête de saint Martin Ier et en a extrait quelques versets. Le texte sacré est toujours excellent, mais dans le cas présent, ce sont les règles liturgiques qui ont été violées : « Réjouissez-vous d’avoir part aux souffrances du Christ, parce que, quand sa gloire sera révélée, vous serez dans la joie et l’allégresse ». « Vous serez bienheureux alors que vous souffrirez l’injure pour le nom du Christ, parce que sur vous reposera ce qu’il y a de plus honorable et glorieux, la vertu de Dieu et son Esprit ».

Voilà pourquoi les martyrs vainquirent le monde et furent supérieurs à eux-mêmes et à la fragilité de la nature humaine. Ce n’était pas tant eux-mêmes qui triomphaient des supplices, que l’auguste Trinité, résidant en eux par la grâce.

Le verset alléluiatique est tiré d’Isaïe, et veut rappeler ce caractère de pacifique douceur, qui marque toute l’activité apostolique de Boniface. « Voici que je l’inonderai de paix — ici le texte sacré parle de Jérusalem — à l’égal d’un fleuve, et je le remplirai de gloire, comme un torrent qui déborde ».

Durant le temps pascal, aux chants précédents on substitue ceux-ci : (Is., LXVI, 10, 14). « Réjouissez-vous avec Jérusalem et soyez dans l’allégresse avec elle, vous tous qui aimez le Seigneur ». — Le texte sacré porte ici : ea, c’est-à-dire vous tous qui aimez la cité sainte. « Vous le verrez, et votre cœur en bondira de joie : les serviteurs de Yahweh connaîtront la puissance de la main du Seigneur ».

La lecture évangélique est la même que pour la fête de la Toussaint (Matth., V, 1-12). Dans son évangile, le monde proclame bienheureux les riches, les puissants, ceux qui jouissent, ceux qui sont applaudis des hommes. Outre l’expérience quotidienne qui nous fait voir que, même au milieu de tous ces prétendus biens, notre cœur se sent inquiet, Jésus, pour dissiper l’enchantement illusoire de toutes ces fausses promesses, promulgue aujourd’hui, sur le sommet d’une montagne, ses béatitudes. Bienheureux les pauvres, bienheureux les opprimés pour la justice, bienheureux ceux qui pleurent, parce qu’au ciel leur félicité sera impérissable.

Il faut toutefois considérer attentivement que cette béatitude nous est promise, non pas pour la terre, où, au contraire, l’Évangile nous avertit clairement que nous ne devons nous attendre qu’à la peine et à la douleur, mais dans le ciel, où le Christ lui aussi obtint sa gloire après l’ignominie de la passion. Nonne oportuit pati Christum, et ita intrare in gloriam suam [14] ?

L’antienne pour l’offertoire est tirée du psaume 15, comme le lundi après le IIe dimanche de Carême : « Je bénirai le Seigneur, parce qu’il m’a donné l’intelligence ; j’ai toujours tenu Dieu devant mes yeux ; s’il est à ma droite, je ne serai pas ébranlé ». — Tel est le secret des saints : marcher devant Dieu et ne s’éloigner jamais de lui.

La prière d’introduction à l’anaphore est tirée de la messe de la naissance de sainte Agnès, le 28 janvier. On y implore une abondante bénédiction qui enveloppe offrandes et offrants, afin que la fête du martyr greffe dans les fidèles des germes de sacrifice continu et complet de tout eux-mêmes à Dieu. Voilà la sainteté, voilà le martyre chrétien, auquel, d’une manière ou d’une autre, nous sommes tous appelés.

L’antienne pour la Communion est tirée de l’Apocalypse (III, 21) : « A celui qui aura vaincu, j’accorderai de s’asseoir avec moi sur mon trône : comme moi j’ai vaincu, et je siège avec mon Père sur son trône ». Comme le Fils est assis sur le trône du Père parce qu’il lui est consubstantiel, ainsi les martyrs ont part à la gloire du Christ, parce que, plus parfaitement que tous les autres, ils ont participé à sa passion.

La collecte d’action de grâces est la même que celle du 18 janvier en l’honneur de saint Paul. Les mots patrocinio gubernari, sont à leur place sur les lèvres de Rome chrétienne, qui se proclame gouvernée et protégée par les deux Princes des Apôtres ; mais s’ils gardent tout leur sens en Allemagne quand on les applique à saint Boniface, ailleurs ils en sont dépourvus.

Nous aimons à rapporter ici la belle hymne de saint Boniface, due à la plume du bienheureux Raban Maur :

Præsulis exultans celebret Germania laudes,

Et Bonifatii opus Martyris almificum.

Ordinat hunc Roma, mittit Britannia mater,

Doctorem populis et decus Ecclesiæ,

Pontificem summum, signorum fulmine clarum,

Eloquio nitidum, moribus egregium.

Quem Francus Frisoque simul Saxoque ministrum

Æternæ vitæ prædicat esse sibi.

Quod terra moritur frumentum, plurima confert

Semina, fructumque multiplicare studet.

Sicque Sacerdotis Domini lætissima crescit

Paucis ex granis multiplicanda seges.

Gloria summa Patri, compar sit gloria Nato ;

Laus et in æternum, Spiritus alme, Tibi. Amen.


Avec joie, l’Allemagne célèbre les louanges de son évêque,

Et l’œuvre admirable du saint martyr Boniface.

Rome l’ordonne, sa mère patrie la Grande-Bretagne

L’envoie comme le docteur des peuples et l’honneur de l’Église.

Pontife glorieux, illustre par l’éclat de ses miracles,

D’une éloquence rare, de mœurs incomparables.

Le Franc, comme le Frison ou le Saxon, le revendiquent

Pour leur avoir communiqué la vie éternelle.

Le froment, mourant à la terre, donne beaucoup de graines,

Et son fruit aime à se multiplier.

C’est ainsi qu’une moisson abondante germe

Dans la joie et la gloire de quelques grains semés par le Prêtre du Seigneur.

Gloire suprême soit au Père, et gloire égale au Fils,

Et à vous, Saint-Esprit, louange éternelle. Ainsi soit-il.

[14] Luc. 24, 26 : ne fallait-il pas que le Christ souffrît toutes ces choses, et qu’il entrât ainsi dans sa gloire ?




Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Pour l’unité religieuse de l’Allemagne.

1. Saint Boniface. — Jour de mort : 5 juin 756. Tombeau : à Fulda. Image : On le représente en évêque, avec une hache et, à ses pieds, un chêne abattu. Vie : Le grand apôtre et l’organisateur de l’Allemagne, originaire d’Angleterre, fut d’abord un moine bénédictin. Sa première tentative de mission (716) resta sans succès. Avant son second voyage de mission, il se rendit à Rome (718) ; il y reçut du pape un bref de mission ; il convertit alors, dans un travail de trois ans, sous la direction de l’évêque Willibrord, le pays des Frisons. Le 3 novembre 722, il fut consacré évêque par le pape Grégoire II. En 724, il reprit son œuvre missionnaire avec un zèle renouvelé ; il se tourna vers le peuple des Hessois. Sur une hauteur, près du village de Geismar, il abattit l’antique chêne du tonnerre que le peuple considérait comme un sanctuaire national et pour lequel il avait une grande vénération. Avec le bois du chêne abattu, il bâtit une chapelle dédiée à saint Pierre. Cet acte hardi scella la victoire du christianisme dans cette région. Il rencontra de grandes difficultés de la part du clergé local et des prêtres vivant à la cour. Calme et modeste, il continua de travailler seul, et confiant en Dieu seul, qu’il implorait dans des prières incessantes et qu’il faisait implorer par les religieux et les religieuses d’Angleterre. Sa confiance ne fut pas déçue. Le nombre des conversions s’accrut d’une manière étonnante. En 731, Grégoire III lui envoya le pallium, qui est le signe de la dignité archiépiscopale. Boniface couronna alors son œuvre par l’organisation de l’Allemagne. Il établit de dignes évêques, délimita les diocèses, prit soin de la vie religieuse du clergé et du peuple. Il tint, entre 742 et 747, de grands synodes nationaux. En 744, il fonda le monastère de Fulda qui devint le centre religieux de l’Allemagne moyenne. En 745, il choisit Mayence comme siège archiépiscopal, A ce siège furent soumis 13 diocèses. Ce fut l’achèvement de l’organisation ecclésiastique de l’Allemagne. Saint Boniface acheva sa vie si active, comme il l’avait commencée, dans l’œuvre missionnaire. Ayant appris, en 754, qu’une partie des Frisons avait apostasié, il fit ses adieux à son clergé ; dans le pressentiment de sa mort, il emporta son suaire. A 74 ans, il entreprit avec une ardeur juvénile l’œuvre de la restauration. Il ne devait pas l’achever. Près de la localité d’Ockum, au moment où il voulait administrer la Confirmation à des nouveaux baptisés, il fut surpris par une bande de païens sauvages et tué.

2. La messe. (Exultabo). — La messe a de beaux textes propres qui caractérisent le vénérable apôtre de l’Allemagne. L’Introït est un cri de joie de l’Église à la pensée de la conversion de l’Allemagne. Le verset du psaume (il faut oublier le sens littéral) célèbre l’œuvre de mission du saint. Dans la leçon, on nous demande de louer nos pères dans la foi (parmi eux, Boniface tient la première place). Leur mémoire doit toujours rester vivante dans l’Église, et nous devons marcher sur leurs traces. Au Graduel, nous entendons le saint martyr nous exhorter à nous unir sur la terre aux souffrances du Christ, comme il l’a fait jadis, afin de participer à la joie du Christ. A l’Alléluia, nous entendons pour ainsi dire la voix de Dieu répondre ; au Graduel, Boniface est glorifié. A l’Évangile, le Christ nous annonce lui-même les huit béatitudes. C’est la voix royale qui mène à la sainteté. Parmi ces béatitudes, nous remarquons celle des Martyrs : Heureux êtes-vous quand les hommes vous persécutent... A l’Offertoire, nous voyons le saint missionnaire parcourir l’Allemagne sous la protection de Dieu. A la Communion, nous voyons sa récompense. Il est assis sur un trône et nous recevons le gage de cette récompense dans le pain du ciel.

SOURCE : http://www.introibo.fr/05-06-St-Boniface-eveque-et-martyr#nh14


Boniface, appelé d’abord Winfrid, naquit en Angleterre, l’an 680, saint Agathon étant pape, Constantin IV empereur d’Orient et Thierry III roi de France.

Après une mission prêchée dans sa ville natale, il demanda à suivre les moines dans leur couvent. Son père refusa d’accéder à ce qu’il appelait le caprice d’un enfant de sept ans ; mais une maladie grave que Dieu lui envoya pour le punir le décida enfin à laisser partir cet enfant de bénédiction.

Devenu professeur après de brillantes études, Winfrid, par sa science et son éloquence, acquiert une réputation dont il est effrayé ; alors, refusant tous les honneurs, il tourne toute l’ambition de son zèle vers les contrées encore païennes de la Germanie, et n’a qu’un désir : devenir apôtre de l’Allemagne.

En 718, il va s’agenouiller aux pieds du Pape saint Grégoire Il et reçoit de lui tous les pouvoirs apostoliques. Après avoir traversé, en exerçant sa charité pour les âmes, la Lombardie, la Bavière et la Thuringe, il va se joindre à saint Willibrord, apôtre des Frisons, mais il s’enfuit dès qu’il s’aperçoit que celui-ci veut lui conférer l’épiscopat. Winfrid évangélise alors la Thuringe, dont les sauvages forêts se couvrent bientôt de monastères et se peuplent de saints. La moisson est trop abondante, il lui faut des auxiliaires ; le Pape l’appelle à Rome, le sacre Évêque et change son nom en celui de Boniface.

L’apôtre, secondé par de vaillants missionnaires, travaille avec plus d’ardeur que jamais à étendre le règne de l’Évangile. Ses saintes audaces sont bénies du Ciel. Un jour, il fait abattre un arbre de superstition, qui servait d’idole à un peuple aveugle, et quand la foule en fureur va se jeter sur lui, un prodige vient soudain la calmer : l’arbre énorme se plie sous une main invisible et vient tomber en quatre tronçons aux pieds du Saint. Le Christ avait vaincu ; des milliers de païens demandèrent le Baptême. Saint Boniface était de nouveau débordé par l’immensité de ses succès ; il fait un appel à sa patrie, et bientôt de nombreux missionnaires viennent se joindre à lui.

Il obtient du Pape d’instituer de nouveaux évêchés et d’organiser dans ce pays la hiérarchie catholique.

Archevêque, Légat du Pape, Boniface ne s’attribue point la gloire de ses œuvres ; Dieu est sa seule force et son seul recours : voilà le secret de ses conquêtes pacifiques.

À ce héros, il ne manquait plus qu’un combat, à ce triomphateur, il ne manquait plus qu’une victoire. Un matin, Boniface se préparait à offrir le saint Sacrifice, quand une foule armée se précipite vers lui en poussant des cris sauvages ; son entourage court aux armes ; mais Boniface sort de sa tente : « Cessez le combat, mes enfants, dit-il ; voici venue l’heure de la délivrance ! » Bientôt l’apôtre tombe sous les coups de ces barbares avec tous ceux qui l’accompagnent. On le trouva criblé de blessures, tenant en main le livre ouvert de saint Ambroise : Du bienfait de la mort. C’était l’an 754, Étienne II étant pape, Constantin V empereur d’Orient et Pépin le Bref roi de France.

SOURCE : http://www.cassicia.com/FR/Vie-de-saint-Boniface-fete-le-5-juin-apotre-de-l-Allemagne-et-martyr-en-754-No_340.htm


Saint BONIFACE 

(WINFRID, WYNFRITH).

Apostle of Germany, date of birth unknown; martyred 5 June, 755 (754); emblems: the oak, axe, book, fox, scourge, fountain, raven, sword. He was a native of England, though some authorities have claimed him forIreland or Scotland. The place of his birth is not known, though it was probably the south-western part of Wessex. Crediton (Kirton) in Devonshire is given by more modern authors. The same uncertainty exists in regard to the year of his birth. It seems, however, safe to say that he was not born before 672 or 675, or as late as 680. Descended from a noble family, from his earliest years he showed great ability and received areligious education. His parents intended him for secular pursuits, but, inspired with higher ideals bymissionary monks who visited his home, Winfrid felt himself called to a religious state. After much difficulty he obtained his father's permission and went to the monastery of Adescancastre on the site of the present city of Exeter, where, under the direction of Abbot Wolfhard, he was trained in piety and learning. About seven years later he went to the Abbey of Nhutscelle (Nutshalling) between Winchester and Southampton. Here, leading an austere and studious life under Abbot Winbert, he rapidly advanced in sanctity and knowledge, excelling especially in the profound understanding of scriptures, of which he gives evidence in his letters. He was also well educated in history, grammar, rhetoric, and poetry. He made his profession as a member of theBenedictine Order and was placed in charge of the monastic school. At the age of thirty he was ordainedpriest. Through his abbot the fame of Winfrid's learning soon reached high civil and ecclesiastical circles. He also had great success as a preacher. With every prospect of a great career and the highest dignities in his own country, he had no desire for human glory, for the thought of bringing the light of the Gospel to hiskindred, the Old Saxons, in Germany, had taken possession of his mind. After many requests Winfrid at last obtained the permission of his abbot.


In 716 he set out for the mission in Friesland. Since the Faith had already been preached there by Wigbert,Willibrord, and others, Winfrid expected to find a good soil for his missionary work, but political disturbancescaused him to return temporarily to England. Towards the end of 717 Abbot Winbert died, and Winfrid waselected to succeed him, but declined and induced Daniel, Bishop of Winchester, to influence the monks toelect another. Winfrid was left free to follow out his intentions, but before going back to his apostolic work he wished to visit Rome and to obtain from the pope the apostolic mission and the necessary faculties. BishopDaniel gave him an open letter of recommendation to kings, princes, bishops, abbots, and priests, and a private letter to the pope. On Winfrid's arrival in Rome, in the fall of 718, Pope Gregory II received him kindly, praised his resolutions, and having satisfied himself in various conferences as to the orthodoxy of Winfrid, hismorals, and the purity of his motives, on 15 May, 719, he gave him full authority to preach the Gospel to theheathens in Germany to the right of the Rhine, ordering him at the same time to adhere to the Roman practice in the administration of the Sacrament of Baptism, and to consult with the Holy See in case of difficulties.

Having received instructions to make to make his first journey through the country, only a tour of inspection, he travelled through Bavaria and found the Church flourishing, with a number of churches and monasteries. InAlamannia, which he crossed on his way to Thuringia, he found similar conditions. Thuringia was considered byRome as Christian, and the mission of Winfrid was supposed to be that of an authorized reformer. He found the country, however, in a bad condition, St. Kilian had laboured with energy, but without success. DukeGotzbert and some years later his son, Hethan II, both converts of St. Kilian had been murdered, perhaps on account of their injudicious zeal in trying to spread Christianity. Great numbers of their rebellious subjects had lapsed into heathenism, or a mixture of Christianity and idolatry. Winfrid tried to enkindle a missionary spiritin the priests and to make the people live up to the pure precepts of the Christian religion. Though heconverted some of the heathens, he did not meet with the success which he had anticipated. On his way to the court of Charles Martel, possibly to interest that prince in the matter, he received news of the death of the Frisian King Radbod, and went to Friesland. Here he spent three years under the aged St. Willibrord, travelling about with tireless energy and preaching fearlessly as he went. Multitudes of Christians who had fallen away during the persecution of Radbod were brought to repentance and thousands of pagans accepted the Faith. Many of the converts were brought together to lead a religious life under the Rule of St. Benedict. St. Willibrord, feeling the weight of his years, wished to make Winfrid his assistant and successor in the See ofUtrecht. Winfrid refused, giving as his main reason that the pope had sent him for missionary work. He therefore left and followed in the wake of the army of Charles Martel as far as Trier. Near this city was the Abbey of Pfalzel (Palatiolum). From there he took with him as a disciple and companion Gregory, a boy of about fourteen or fifteen, afterwards abbot in Utrecht, and continued his journey to Thuringia, where heconverted many. He then went into Hessia, where many more were brought into the fold of Christ. With the assistance of two chiefs whom he had converted he established a monastic cell at Amöneburg at the River Ohm (then called Amana) in Upper Hessia, as a kind of missionary centre in which native clergy were to be educated.

While Winfrid was under the jurisdiction of St. Willibrord he had no special reason for reporting to the Holy See, but, now working independently, he considered it his duty to do so. He therefore sent Bynnan, one of hisdisciples, with a letter to Gregory recounting his labours of the past years and asking for further directions.Bynnan promptly executed his commission and soon returned with the pope's answer, expressing satisfaction with what had been done and a desire to confer with Winfrid personally. Winfrid accordingly set out for Rome, taking his course through France and Burgundy. He was warmly welcomed by the pope, who questioned him carefully, made him take the usual oath of allegiance, received from him a profession of faith, and on 30 November, 722 (723), consecrated him a regional bishop, with the name Boniface. Some say that Winfrid had taken this name at the time of his religious profession; others, that he received it on his first visit to Rome. The same discrepancy of opinion exists in derivation from bonum facere or bonum fatum; perhaps it is only an approximate Latinization of Wyn-frith. Pope Gregory then sent Boniface back with letters to his diocesans inThuringia and Hessia demanding obedience for their new bishop. A letter was also addressed to Charles Martelasking his protection. Boniface himself had received a set of ecclesiastical canons for his guidance.

Boniface returned to Upper Hessia and repaired the losses which occurred during his absence, many having drifted back into paganism; he also administered everywhere the Sacrament of Confirmation. He continued his work in Lower Hessia. To show the heathens how utterly powerless were the gods in whom they placed their confidence, Boniface felled the oak sacred to the thunder-god Thor, at Geismar, near Fritzlar. He had a chapelbuilt out of the wood and dedicated it to the prince of the Apostles. The heathens were astonished that no thunderbolt from the hand of Thor destroyed the offender, and many were converted. The fall of this oak marked the fall of heathenism. Tradition tells us that Boniface now passed on to the River Werra and there erected a Church of St. Vitus, around which sprang up a town which to the present day bears the name of Wannfried. At Eschwege he is said to have destroyed the statue of the idol Stuffo. Thence he went intoThuringia.

The difficulties that confronted him here were very great Christianity had indeed made great progress, but it had become mixed up with heretical tenets and pagan customs. This was due to a great extent to some Celticmissionaries, several of whom had never been ordained, while others had been raised to the priesthood by non-Catholic bishops, though all performed priestly functions. These taught doctrines and made use ofceremonies at variance with the teaching and use of the Roman Church, especially in regard to the celebration of Easter, the conferring of baptism, celibacy, the papal and episcopal authority. Besides, many were wanting in education, some scarcely able to read or write, and equally ready to hold services for the Christians and tooffer sacrifices to the idols for the heathens. A neighbouring bishop (probably of Cologne) also gave trouble, by laying claim to a part of the district under Boniface's jurisdiction and treating his authority as an intrusion, thereby indirectly strengthening the party of the heretics. All this caused him great anxiety and suffering as may be seen from his letters to England. He overcame all, thanks to his episcopal dignity and to his ownpersonality, full of courage and zeal in the cause which he defended, and supported by the authority of thepope and of Charles Martel. His friends helped him not only by their prayers, but also by material aid. Many valuable books, ecclesiastical articles and the like were sent to him with words of encouragement. Numbers of men and women went to Germany at different times to be his helpers. Among them were Lullus, Denehard,Burchard, Wigbert, Sola, Witta (called also Wizo and Albinus), Wunibald, Willibald and the pious womenLioba, Chunihild, Chunitrude, Berthgit, Walburga, and Thecla. With these, and others recruited in Thuringiaand elsewhere in Germany, he continued his labours. The number of the faithful increased wonderfully, including many of the nobility and the educated of the country. These assisted him in the building of churchesand chapels. Boniface took care to have institutions in which religious life would be fostered. In Thuringia he built the first monastery Ohrdruf on the River Ohrn near Altenberga. He appointed Thecla Abbess of Kitzingen,Lioba of Bischofsheim, and Walburga of Heidenheim.

Pope Gregory II died 11 February, 731, and was succeeded on 18 March by Gregory III. Boniface hastened to send a delegation to the new pontiff, to pay his respects and to assure him of his fidelity. The answer to this seems to be lost. In 732 Boniface wrote again and stated among other things that the work was becoming too much for one man. Gregory III congratulated him on his success and praised his zeal, in recognition sending him the pallium, and making him an archbishop, but still without a fixed see. He gave him instructions to appoint bishops wherever he thought it necessary. Boniface now enlarged the monastery of Amöneburg and built a church, dedicating it to St. Michael. Another monastery he founded at Fritzlar near the River Eder, which was completed in 734. The church, a more magnificent structure, was not finished before 740. In 738 Bonifacemade his third journey to Rome, intending to resign his office and devote himself exclusively to the mission among the Saxons. He was accompanied by a number of his disciples, who were to see true Christian life in the centre of Christianity. Gregory III received him graciously and was rejoiced at the result of Boniface'slabour, but would not allow him to resign. Boniface remained in Rome for about a year and then returned to his mission invested with the authority of a legate of the Holy See. His first care on his return was the Church in Bavaria.

In 715 (716) Duke Theodo had come to Rome out of devotion, but probably also to secure ecclesiastical order in his provinces. Gregory II sent three ecclesiastics with instructions to do away with abuses. Their work, however, was rendered futile by the death of Theodo in 717 and the subsequent political quarrels. Bonifacehad twice passed through the country. Now with the help of Duke Odilo and of the nobles he began the work of reorganization acting entirely according to the instructions of Gregory II. He examined the orders of theclergy, deposed the obstinate, reordained those whose ordination he found invalid, provided they had erredthrough ignorance and were willing to submit to authority. He made a new circumscription of the dioceses and appointed bishops for the vacant sees, viz., the Abbot John to the See of Salzburg, vacant since the death ofSt. Rupert in 718; Erembert to Freising, vacant since the death of his brother, St. Corbinian, in 730; Gaubaldfor Ratisbon. Passau had been established and provided for by the pope himself through the nomination ofVivilo. About this time Boniface founded the new Diocese of Buraburg, and named Witta as its bishop. Thisdiocese existed for only a short time, during the administration of two bishops, and was then joined toAugsburg. Somewhat later the dioceses of Eichstätt and Erfurt (Erphesfurt) were formed, and Willibald wasconsecrated bishop for the former about October, 741; for the latter Boniface appointed as first (and last)bishop Adalar, who, it seems, never received episcopal consecration, as he is continually spoken of as apriest. Burchard was chosen for Würzburg.

Charles Martel had died 22 October, 741, at Quiercy on the Oise and was succeeded by his sons Carloman andPepin. In Rome Pope Gregory III died 28 November, 741, and was followed by Zachary. Carloman askedBoniface, his former preceptor, to a consultation. The result of this was a letter to the pope in which Bonifacereported his actions in Bavaria and asked advice in various matters. He also stated the wish of Carloman that a synod be held. In answer Pope Zachary, 1 April, 742, confirmed the erection of the dioceses, sanctioned the holding of the synod, and gave the requested information. The synod, partly ecclesiastical and partly secular, was held 21 April, 742, but the place cannot be ascertained. The bishops appointed by Boniface were present and several others, but it was mainly the authority of Boniface and the power of Carloman that gave weight to the first German synod. Among its decrees the most noteworthy are those ordaining the subjection of theclergy to the bishop of the diocese and forbidding them to take any active part in wars, to carry arms, or tohunt. Very strict regulations were made against carnal sins on the part of priests and religious. The Rule of St. Benedict was made a norm for religious. Laws were also enacted concerning marriage within the forbidden degrees of kindred. A second national synod was held 1 March, 743, at Liptina in Hainault, and another atSoissons, 2 March, 744. In this synod a sentence of condemnation was passed against two heretics, Adalbertand Clement, the former a native of Gaul, the latter of Ireland. They were strain condemned in 745 and also at a synod held in Rome. Several other synods were held in Germany to strengthen faith and discipline. At the request of Carloman and Pepin the authority of Boniface over Bavaria was confirmed and extended over Gaul.

In 744 St. Willibrord, Bishop of Utrecht, died, and Boniface took the diocese under his charge, appointed an assistant or chor-episcopus. About the same time the See of Cologne became vacant through the death of Ragenfried, and it was the intention of Boniface as well as the wish of Pope Zachary to make this hisarchiepiscopal see, but the clergy opposed. Before the project could be carried out the Diocese of Mainz lost its bishop through the deposition of Gewilieb who led a very irregular life and had killed the slayer of hisfather, who was his predecessor in the episcopal office. Pope Zachary, 1 May, 748 (747), appointed BonifaceArchbishop of Mainz and Primate of Germany. The new archdiocese comprised the dioceses of Tongem,Cologne, Worms, Speyer, Utrecht, and the dioceses erected by Boniface himself: Buraburg, Eichstätt, Erfurt, and Würzburg. Of Augsburg, Coire, and Constance the decree does not speak, but they are shortly afterwards mentioned as belonging to the province. After a few years Boniface was able to reconcile his enemies with theHoly See, so that the supremacy of the pope was acknowledged in Great Britain, Germany, and Gaul, as well as in Italy.

In 747 Carloman resigned his share of the government to his brother Pepin and left to spend the remainder of his days as a monk. He built a monastery in honour of St. Silvester at Soracte near Rome, and later retired toMonte Cassino. His motives for this are not known, but perhaps he was frightened at the severity of the measures he had felt himself obliged to use in order to obtain a union among the German tribes. Pepin, now the sole ruler, became the founder of the Carlovingian dynasty. That Boniface had anything to do with the dis-establishment of the old royal family and the introduction of a new one cannot be proved. He did not mingle in the politics of the country, except in this, that he did all in his power to convert the people to the true Faith, and to bring them into spiritual subjection to the Roman pontiff. It is generally stated that Boniface anointedand crowned Pepin by order of the pope, though this is denied by some.

The rest of his life Boniface spent in confirming what he had achieved in Germany. This he did by frequently holding synods and by enforcing the sacred canons. He did much for true religious life in the monasteries, especially at Fulda, which had been established under his supervision by St. Sturm, and into which Bonifacereturned yearly to train the monks and to spend some days in prayer and meditation. At his request Pope Zachary exempted the abbey from all episcopal jurisdiction and placed it under the immediate care of the Holy See. This was something new for Germany, though already known and practised in Italy and England. It seems that Boniface's last act as Archbishop of Mainz was the repudiation of the claim of the Archbishop of Cologneto the diocese of Utrecht. The matter was laid before Pepin, who decided against Cologne. The same decision must have been given by Pope Stephen II (III) who had become the successor of Zachary, 26 March, 752, for after that time no further claim was made by Cologne. No change was made until the ninth century, whenCologne was made an archdiocese and Utrecht one of its suffragan sees. Boniface appointed Abbot Gregory asadministrator of Utrecht, and Eoban, who had been assistant, he took as his companion.

When Boniface saw that all things had been properly taken care of, he took up the work he had dreamed of in early manhood, the conversion of the Frisians. With royal consent, and with that of the pope previously given, he in 754 resigned the Archdiocese of Mainz to his disciple Lullus, whom in 752 he had consecrated bishop, again commenced a missionary tour, and laboured with success to the East of the Zuider Zee. Returning in the following year, he ordered the new converts to assemble for confirmation at Dorkum on the River Borne. Theheathens fell upon them and murdered Boniface and fifty-two companions (according to some, thirty-seven). Soon afterwards, the Christians, who had scattered at the approach of the heathens, returned and found the body of the martyr and beside him the bloodstained copy of St. Ambrose on the "Advantage of Death". The body was taken to Utrecht, afterwards through the influence of Lullus removed to Mainz, and later, according to a wish expressed by the saint himself during his lifetime, to the Abbey of Fulda. Portions of his relics are atLouvain, Mechlin, Prague, Bruges, and Erfurt. A considerable portion of an arm is at Eichfeld. His grave soon became a sanctuary, to which the faithful came in crowds especially on his feast and during the Octave.England is supposed to have been the first place where his martyrdom was celebrated on a fixed day. Other countries followed. On 11 June, 1874, Pope Pius IX extended the celebration to the entire world. Brewers, tailors, and file-cutters have chosen St. Boniface as their patron, also various cities in Germany. The writings of St. Boniface which have been preserved are: "Collection of Letters"; "Poems and Riddles"; "Poenitentiale"; "Compendium of the Latin Language"; "Compendium of Latin Prosody"; "Sermons" (doubtful).

Mershman, Francis. "St. Boniface." The Catholic Encyclopedia. Vol. 2. New York: Robert Appleton Company, 1907. 5 Jun. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/02656a.htm>.


Transcription. This article was transcribed for New Advent by Michael C. Tinkler.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. 1907. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.


JUNE 5.—ST. BONIFACE, BISHOP, MARTYR.

ST. BONIFACE was born at Crediton, in Devonshire. England, in the year 680. Some missionaries staying at his father's house spoke to him of heavenly things, and inspired him with a wish to devote himself, as they did, to God. He entered the monastery of Exminster, and was there trained for his apostolic work. His first attempt to convert the pagans in Holland having failed, he went to Rome to obtain the Pope's blessing on his mission, and returned with authority to preach to the German tribes. It was a slow and dangerous task; his own life was in constant peril, while his flock was often reduced to abject poverty by the wandering robber bands. Yet his courage never flagged. He began with Bavaria and Thuringia, next visited Friesland, then passed on to Hesse and Saxony, everywhere destroying the idol temples and raising churches on their site. He endeavored, as far as possible, to make every object of idolatry contribute in some way to the glory of God; on one occasion, having cut down an immense oak which was consecrated to Jupiter, he used the tree in building a church, which he dedicated to the Prince of the Apostles. He was now recalled to Rome, consecrated Bishop by the Pope, and returned to extend and organize the rising German Church. With diligent care he reformed abuses among the existing clergy, and established religious houses throughout the land. At length, feeling his infirmities increase, and fearful of losing his martyr's crown, Boniface appointed a successor to his monastery, and set out to convert a fresh pagan tribe. While St. Boniface was waiting to administer Confirmation to some newly-baptized Christians, a troop of pagans arrived armed with swords and spears. His attendants would have opposed them, but the Saint said to his followers: "My children, cease your resistance; the long-expected day is come at last. Scripture forbids us to resist evil. Let us put our hope in God: He will save our souls." Scarcely had he ceased speaking, when the barbarians fell upon him and slew him with all his attendants, to the number of fifty-two.

REFLECTION.—St. Boniface teaches us how the love of Christ changes all things. It was for Christ's sake that he toiled for souls, preferring poverty to riches, labor to rest, suffering to pleasure, death to life, that by dying he might live with Christ.

INTERCESSORY PRAYER: Ask Saint Boniface to intercede for your needs today. Saint Boniface pray for us!

SOURCE : http://jesus-passion.com/saint_boniface.htm


Boniface of Crediton BM and Companions, OSB MM (RM)

Born in Crediton, Devonshire, England, 680; died at Dokkum, Friesland, in 755.


Let us stand fast in what is right and prepare our souls for trial. . . . Let us be neither dogs that do not bark nor silent onlookers nor paid servants who run away before the wolf.

--Saint Boniface

Boniface, baptized Winfrid or Wynfrith, determined at the age of five that he wanted to be a monk after listening to visitors from the monastery. He began his education when he was seven at the monastery school near Exeter and, at 14, graduated to the abbey at Benedictine Nursling (Hants) in Winchester. There he studied under Winbert, became a monk, and eventually became director of and popular teacher at the school. He wrote the first Latin grammar produced in England.

Wilfrid was ordained at age 30 and successfully taught and preached, but he wished to join Saint Willibrord as a missionary in Friesland. Having wrung a reluctant consent from his abbot, Winbert, he set out with two companions. His first missionary trip in the spring of 716 failed due to the ascendancy of the pagans and political conditions, so he returned to England that autumn. The monks at Nursling tried to make him stay by electing him abbot on the death of Winbert, but he refused because he knew that God was calling him to the mission field. In 718, he went to Pope Saint Gregory II in Rome, who commissioned Wilfrid to preach to the pagans in Germany and changed Wilfrid's name to Boniface.

Full of hope Boniface set out from Rome, crossed the lower Alps, and travelled through Bavaria to Hesse. He preached successfully in Hesse. Shortly after his arrival he was informed of the death of the pagan ruler Radbod. Hoping that he would have greater success if their leader were converted, Boniface returned to Friesland and worked with Willibrord. The ancient evangelist wanted to name Boniface his coadjutor and successor, but Boniface declined because his commission from the Vatican had been a general one, not confined to a particular diocese. Fearing that he might be persuaded to consent, Boniface returned to Hesse.

In 722, he was recalled to Rome and consecrated regionary bishop for Germany. Gregory gave him a special letter to deliver to the powerful Charles Martel. The delivery of this letter en route back to Germany won for him the valuable concession of a sealed pledge of protection from Martel.

Upon his arrival again in Hesse, Boniface decided to strike at the root of pagan superstition. He publicly announced in advance that he would at a particular time destroy their gods. The awestruck crowd at Geismar watched as he successfully cut down the sacred Oak of Thor, an object of pagan worship that stood on the summit of Mount Gudenberg near Fritzlar, without being struck down by their angry gods. The pagans, who had expected immediate judgment against such sacrilege, acknowledged that their gods were powerless to protect their own sanctuaries.

Having succeeded in Hesse, Boniface moved on to Thuringia, where he found a few Christians, including a few Celtic and Frankish priests, but they tended to be more of a hindrance than a help. Boniface established a monastery at Ohrdruf (near Gotha) to serve as a missionary center for Thuringia, and asked English monks and nuns to join him as missionaries to Germany. He found the people ready to listen, but they needed teachers to speak. For several years in succession, parties of monks and nuns crossed the sea to place themselves at the disposal of Boniface. The two existing monasteries were enlarged and new ones founded to accommodate all the missionaries. Among their numbers were Saint Lull, who succeeded Boniface in the see of Mainz; Saint Eoban, who shared Boniface's martyrdom; Saint Burchard, the first bishop of Würzburg; Saint Wigbert, abbot of Fritzlar; Saint Thecla, first abbess of Ochsenfürt Abbey; Saint Walburga, sister of Saints Willibald and Winebald; and Boniface's beautiful and erudite young cousin, Saint Lioba, who supervised all the convents founded from the monastery of Bischoffsheim.

In 731, having established several monasteries and dioceses, Boniface was sent the pallium by Pope Saint Gregory III and constituted metropolitan of Germany beyond the Rhine. He was authorized to create new sees and went to Bavaria to organize a church hierarchy and establish new sees. He became a mentor and support to the Carolingians, and he reformed the Frankish Church, which Charles Martel had plundered.

Boniface made a third journey to Rome to report on the progress being made. At that time he was appointed papal legate and recruited Saint Willibald at Monte Cassino. Returning to Bavaria as papal legate, Boniface organized its hierarchy, weeded out unworthy priests, and corrected abuses. Then he continued on with his missionary work, founding other sees at Erfurt for Thuringia, Buraburg for Hesse, and Würzburg for Franconia. Later he established a seat in Nordgau at Eichstätt.

The year 741 was a fruitful one. Boniface founded the abbey of Fulda with his young disciple, Saint Sturmi, and Charles Martel died, leaving the way open for Boniface to reach the ears of Pepin and Carloman, Martel's successors. Carloman was earnestly devout and venerated Boniface, so it was easy to convince him to call a synod to deal with abuses. The first was followed by a second in 743. Pepin summoned a synod for Gaul, which was succeeded in 745 by a general council for the two provinces. Boniface presided over all of them and succeeded in carrying out all the reforms he felt were needed. Fresh vigor was infused into the Church of Gaul. After the fifth Frankish council in 747, Boniface fixed his metropolitan see at Mainz and Pope Saint Zachary created him primate of Germany as well as apostolic legate for Germany and Gaul. Soon after this Carloman retired into a monastery and Pepin united Gaul under one rule; however, he continued to give Boniface the supported he needed. As papal legate Boniface crowned Pepin at Soissons.

When he was over 70, Boniface resigned his see to Saint Lull in 754, in order to spend his last years reconverting the Frieslanders who had lapsed into paganism after the death of Saint Willibrord. With a small company, he successfully converted large numbers in the previously unevangelized area of northeast Friesland. On Whitsun Eve Boniface and Eoban were preparing for the confirmation of some of Boniface's converts at Dokkum, in the northern Netherlands. Boniface had been quietly reading in his tent while awaiting the arrival of his new converts, when the hostile band descended on the camp. He would not allow his companions to defend him. As he was exhorting them to trust in God and to welcome the prospect of dying for the faith, they were attacked--Boniface was one of the first to fall. The body of Boniface was taken to Fulda, where it still rests. His bloodstained book was exhibited for centuries as a relic.

Boniface's impact on English history was enormous, extending beyond the simple conversion of people to Christianity. He helped to arrange alliances between popes and emperors, and the educational and literary influence from his monasteries was significant. For a another perspective on Saint Boniface's importance in Western history, read Pope Pius XII's Ecclesiae Fastos (Encyclical on Saint Boniface promulgated on June 5, 1954. His body rests at Fulda. Boniface is called "the Apostle of Germany" (Walsh, White).

Boniface's emblem is a book, pierced with a sword or ax. He may be shown (1) felling an oak tree in the presence of pagan priests; (2) with a miter and staff (White); (3) as an angel brings him a fish, an axe lies behind him in the root of an oak; (4) holding a missioner's cross and a book pierced with a sword; (5) with water springing from the ground where he strikes his cross, sword on a book, and a baptism taking place in the background; (6) in a ship with a book and cross; (7) beaten to death with a club; or (8) with a raven, fox, and arrow (Roeder).

Boniface is considered the apostle of Germany (Bavaria, Franconia, Hesse, Thuringia) and the Netherlands (Freisland), Amanburch, Fritzlar, and Fulda. He is venerated at Exeter, Nutshulling (Winchester), and Ventnor. He is the patron of brewers and tailors (Roeder).

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0605.shtml


Boniface,


Archbishop of Mentz, Apostle of Germany and Martyr

From his life, carefully written by St. Willibald his disciple, and first bishop of Achstat; and again in two books, by Othlo, a monk of the twelfth age; also from his epistles. See Mabillon, t. 3. Annal. p. 447. Fleury, t. 9. Ceillier, t. 18, p. 74. Schannat, Historia Fuldensis, anno 1729, and Serarius, Rerum Mogunticarum cum Annotat. et Supplemento a Georgio Christiano Joannis, Francofurti ad Mænum, 1722, l. 3, a p. 251, ad 370.

A.D. 755.

ST. BONIFACE was born at Crediton or Kirton in Devonshire about the year 680, and at his baptism named Winfrid. When he was but five years old, his chief delight was to hear holy men converse about God and heavenly things. The edifying deportment and holy instructions of certain pious monks, who, being employed in preaching in that country, happened to come to his father’s house, gave him a strong desire to devote himself to God in a religious state; and though he was then only a child, the deep impressions which their words left upon his heart were never after effaced. His father exerted his whole authority to divert him from his inclination to a monastic life; till being visited by a dangerous sickness, he acknowledged in it the hand of God, chastising him for opposing his son’s vocation, which he from that time gave him free leave to pursue. Winfrid was educated from thirteen years of age in the monastery of Escancester or Exeter, under the holy abbot Wolphard. With the study of grammar he joined assiduous devout meditation, and the most rigorous observance of monastic discipline, even before he had professed that state; which he embraced before he left the aforesaid monastery. After he had spent there some years, the reputation of the schools and discipline of the monastery of Nutcell, 1 in the diocess of Winchester, under the learned abbot Winbert, drew him to that house. He made an extraordinary progress in poesy, rhetoric, history, and in the knowledge of the scriptures; and was afterwards appointed by his abbot to teach the same sciences: of which duty he acquitted himself with great fruit to others, at the same time improving himself in the sciences with that redoubled advantage which maturity of years and judgment, and a diligent review of a well-digested course of former studies give to masters of an elevated genius. At thirty years of age he was promoted to the order of priesthood; and from that time was chiefly employed in preaching the word of God to the people, and in the care of souls. Such was his reputation that he was intrusted by his superiors with an important commission to Brithwald, archbishop of Canterbury; by which means that prelate and the religious king Ina became acquainted with his extraordinary merit: and the bishops of the province from that time invited him to their synods, that they might be assisted by his learning and advice in their deliberations. 1

The servant of God, burning with zeal for the divine honour and the salvation of souls, never ceased to bewail, night and day, the misfortune of those nations which lay benighted in the shades of idolatry. In these holy dispositions, after having long implored the light and blessing of heaven, he, with the leave of his abbot, passed over into Friseland to preach the gospel to the infidels in 716. But for the trial of his virtue, a war breaking out between Charles Martel, mayor of the French palace, and Radbod, king of Friseland, threw insuperable difficulties in his way. However, he advanced as far as Utrecht, then the capital city of that country, and addressed himself to king Radbod, but without success: and he was obliged to return to his monastery in England. Winbert dying soon after, Winfrid was unanimously chosen abbot. He did all that in his power lay to decline this promotion, alleging that he was called to the conversion of infidels. Though he was not able then to prevail, he shortly after urged the same motive with such success, as to engage Daniel, the learned and pious bishop of Winchester, to procure that his demission should be accepted, and another nominated abbot in his place. 2

After having staid two years in England, he set out for Rome in 719, and presented himself to Pope Gregory II. begging his apostolic blessing, and authority that he might preach the faith to infidels. The pope, fixing his eyes upon him, asked him if he brought with him commendatory letters from his diocesan. Hereupon Winfrid delivered into his hands letters from the aforesaid bishop Daniel, by which he was strongly recommended to his holiness. Gregory having read them, and conversed some time with the saint, began to treat him with extraordinary marks of kindness and esteem, and gave him an ample commission to preach the faith to all the infidel nations of Germany. He bestowed on him many holy relics, and dismissed him with his blessing, and letters of recommendation to all Christian princes in his way. The holy missionary lost no time, but taking the road of Germany, crossed the Lower Alps, and travelling through Bavaria into Thuringia, there began his apostolical functions. He not only baptized great numbers of infidels, but also brought the Christians he found already established in Bavaria, and in the provinces adjoining to France, (especially the priests and bishops,) to reform many irregularities, and to live in a manner agreeable to the precepts of the gospel, and to the holy canons of the Church; for the commerce of the heathens had almost extinguished in them the sense of the pure maxims of their faith. Winfrid hearing soon after, that by the death of Radbod, Charles Martel was become master of Friseland, and that a door was there opened for the preaching of the gospel, he hastened thither, and during three years joined his labours with St. Willebrord to the great increase of the faith; till, understanding that St. Willebrord intended to make him his successor in the episcopal charge, he was alarmed, and left that mission. For his excuse he alleged that the pope had enjoined him a commission to preach the gospel to the heathens in Germany. From Friseland he went into Hesse and part of Saxony; and wherever he came, baptized many thousands of idolaters, destroyed temples, and built churches. He acquainted Pope Gregory with this wonderful success, by a letter which he sent by one of his fellow-labourers, and, at the same time, consulted his holiness upon several difficulties that occurred in his ministry. The pope gave glory to God, and congratulated him by a letter, in which he commanded him to repair to Rome. Winfrid immediately obeyed the order, and arrived there in 723. Gregory required of him a confession of his faith, as is usual with regard to bishops elect before their consecration. He likewise put to him several questions concerning his missions and converted countries, and after a few days ordained him bishop. Willibald says, that on this occasion the pope changed his rugged northern name of Winfrid into that of Boniface: but he could only confirm that change; for we find by the saint’s letters, that he then bore the name of Boniface: joining with it that of Winfrid. The saint took an oath to maintain the purity of faith, and the unity of the Church; a copy of which, written with his own hand, he laid upon the tomb of St. Peter. Pope Gregory gave him a book of select canons of the Church, to serve him for a rule in his conduct, and by letters, recommended him to Charles Martel, and to all bishops and princes wherever he should have occasion to travel. 3

The saint returning to his mission in Hesse, continued his spiritual conquests, and cut down a tall oak consecrated to Jupiter, the timber of which he employed in building a chapel in honour of the prince of the apostles. He founded many churches, and a monastery at Orfordt. The harvest growing daily upon his hands, he procured a new supply of labourers from England, whom he stationed in Hesse and Thuringia. In 732, Gregory III. succeeding in the pontificate, St. Boniface sent messengers to Rome, to consult him upon several difficulties. Gregory showed these deputies great respect, and sent by them a pall for St. Boniface, to be used by him only when he celebrated the divine mysteries, or consecrated bishops. He at the time constituted him archbishop and primate of all Germany, with power to erect new bishoprics where he should see it expedient. The saint went himself to Rome for the third time in 738 to visit the tombs of the apostles, and to confer with his holiness about the churches he had founded. The pope received him as a living saint, and appointed him legate of the apostolic see in Germany. Boniface on his return to that country was called into Bavaria by the Duke Odilo, to reform several abuses. Finding only one bishopric in that country, namely, Passaw, he established three others, Saltzburg, 2 Freisinghein, and Ratisbon, which division the pope confirmed in 739. The holy primate soon after established three new bishoprics, at Erford for Thuringia, at Baraburg for Hesse, since translated to Paderborn, and at Wurtzbourg for Franconia: he added a fourth at Achstat in the palatinate of Bavaria. 4

Gregory III. dying in November 741, his successor Zachary, upon application made to him by St. Boniface, again confirmed all he had done in settling the church of Germany. At that time happened a memorable revolution in France, in which that crown was transferred into a new family, fruitful in great princes and valiant heroes. Charles Martel, mayor of the palace, having governed France twenty-six years with great valour and prudence, having conquered Burgundy and Aquitain, humbled the Saxons, and often defeated the Saracens who made formidable invasions from their late settlements in Spain, died in 741, being fifty or fifty-five years old. Since the dignity of mayor of the palace was become hereditary, the title of duke and prince of France had been added to it. By the death of Charles, his eldest son Carloman became mayor and prince of Austrasia, or Lorrain, and that part of Germany which was then subject to France. He subdued Odilo and Thierry, the former duke of Bavaria, and the latter of Saxony, and made them tributary; but it was his chief aim to consult by peace the happiness of his people, to protect religion, and to cultivate the useful arts. He bent his whole authority to second the zeal of our saint in all his undertakings. Two impostors were stirred up by the devil to disturb the infant church of Germany. The one, Adalbert, a Frenchman, pretended to know the secrets of hearts, gave his own hair and the parings of his nails as relics, and wrote his own life, filled with absurd pretended miracles, enthusiasm, and pride. The other, called Clement, a Scotsman, rejecting the canons or the ecclesiastical laws, taught that Christ in his descent into hell delivered all the souls of the damned: he also held heterodox opinions concerning predestination. St. Boniface, in a council in Germany, condemned them both in 742; Carloman caused them to be confined in close prison, and the sentence of our saint and his council was afterward confirmed by the pope in a synod at Rome in 745. 3 St. Boniface held another council in 743 at Leptines, now Lessines, a palace of the kings of Austrasia, near Ath, in the diocess of Cambray. Prince Carloman finding him a man full of the science of the saints, and of the spirit of God, listened to his advice in all things relating to the salvation of his soul. By the saint’s pious discourses, his heart was daily more and more inflamed with divine love, till despising the world in the height of its glory, he recommended his estates and his son Drogo to Pepin the Short, his younger brother, and disengaged himself from all the ties of the world. He then went to Rome with a splendid retinue, and having visited the tombs of the apostles and other holy places of that city, and dismissed his attendants, he received from the hands of Pope Zachary the monastic habit, and retiring to mount Soracte, built there a monastery called St. Sylvester’s. The neighbourhood of Rome drew thither so many visitants, especially among the French lords who lived in that city, that to avoid this distraction, by the advice of the pope, he withdrew to mount Cassino, where he lived several years with great fervour and humility, as the author of the Chronicle of Mount Cassino, Eginhard in his Annals, and other historians of that age testify. He chose and discharged with great cheerfulness the meanest offices, often served in the kitchen, kept the sheep of the monastery, and worked like a day-labourer in the garden. In this he had before his eyes the example of many English-Saxon kings who had done the same. Ceolwulph, king of the Northumbers, to whom Bede dedicated his History, was the eighth among them who had then exchanged his regal crown for the cowl of a monk, taking the habit at Lindisfarne in 737, as Hoveden, Simeon of Durham, and Matthew of Westminster relate. In the same year Frisisgithe, queen of the West-Saxons, going to Rome, there took the religious veil. Carloman was doubtless encouraged by these heroic examples. Being sent into France for certain affairs of his Order, he died holily at Vienne in 755. His brother, Pepin the Short, became mayor of the palace for the whole kingdom, till, in 752, he was chosen king by the unanimous consent of the whole nation, when the removal of Childeric III. put an end to the Merovingian line of kings. 4 St. Boniface, as appears by his letters and various consultations, was timorous in decisions, nor did he appear as an actor in this delicate affair. Pope Zachary, as Eginhard, Otto, and others relate, upon the application of the states of the realm, answered, that it was better he should be king, in whom the whole supreme power and authority were lodged, 5 and in this decision all parties peaceably acquiesced; judging that the State could not have two kings at the same time. All writers conspire in giving the highest commendations to the princely virtues of Pepin, whose zeal for religion, and love of the Church and of holy men, could only be rivalled by his consummate experience, wisdom, and valour, by which he laid the foundation of that high pitch of power and glory to which his son carried the French empire. The new king, desiring to be crowned by the most holy prelate in his dominions, insisted upon the ceremony being performed by St. Boniface. This was done at Soissons, where our saint presided in a synod of bishops, and all the states of the French kingdom assisted at the coronation. St. Boniface in his first council in Germany, is styled legate of St. Peter. From the councils of Lessines and Soissons, he appears to have been legate of the apostolic see in France no less than in Germany. In 746, he entreated Pope Zachary to send a bishop legate into France, that he might be eased of that burthen. The pope refused to grant this request; but allowed him by a singular privilege, to choose whom he thought best qualified to be his successor in Germany after his death. The saint had been some years archbishop of Germany before he fixed his metropolitan see in any particular city. Cologne was at first judged the most proper, it being then the metropolis; but Gervilio, the bishop of Mentz, having been deposed in a council, that city was pitched upon in 745. Pope Zachary subjected to this new metropolitan church the bishoprics of Tongres, Cologne, Worms, Spire, Utrecht; also all those which St. Boniface had erected, and those which before were subject to the see of Worms, namely, Strasburg, Ausburgh, Constance, and Coire. Thus was Mentz made the metropolitan church of all Germany; for Triers was then comprised in France. Shortly after Cologne, and in process of time many other churches were raised to the dignity of archbishoprics, though in honour of St. Boniface, Mentz has always retained the primacy. 5

To assist him in planting the spirit of meekness and Christian piety in a fierce and uncivilized nation, St. Boniface invited over from England many holy men and religious women. Among these were St. Wigbert, St. Burchard, bishop of Wurtzbourg, St. Willibald, bishop of Eichstad, and St. Lullus: and among the holy virgins, were St. Lioba, our saint’s cousin, St. Thecla, St. Walburge, Bertigita, and Contruda, to whom he committed the direction of several nunneries which he erected in Thuringia, Bavaria, and other places. In 746 he laid the foundation of the great abbey of Fuld or Fulden, which continued long the most renowned seminary of piety and learning in all that part of the world. The abbot is now a prince of the empire, lord of a very extensive territory, and is styled primate of all the abbots in Germany, and chancellor to the empress. St. Boniface had several years before founded a monastery at Fridislar in honour of St. Peter; another at Hamenburgh in honour of St. Michael; and one at Ordorfe in honour of the same archangel, in all which the monks gained their livelihood by the labour of their hands. The pastoral care of so many churches did not hinder this holy man from extending his zeal to remote countries, especially to that which gave him birth. Ethelbald, king of Mercia, was a lover of justice, and liberal to the poor; but sullied these virtues by abominable lusts, abstaining from matrimony that he might wallow in filthy incontinency; and his scandalous example was imitated by many of his courtiers. St. Boniface, touched to the quick at the news of such scandals, in 745, wrote to this prince a strong remonstrance and exhortation to penance, putting him in mind how base it was for him to be the slave of lust to the injury of God, by whose benefit he ruled so great a nation; and how heinous a crime it was to set such an example to his subjects. 6 He tells him that chastity is so highly prized among the Pagan inhabitants of old Saxony, that if a married woman was convicted of adultery, or a virgin of fornication, she was strangled, and her body burnt; and he who had dishonoured her was hanged over her grave; or she was scourged on her back by women, and stabbed with knives, first in one village, then in the next, and so round the country, till she expired under her torments. “If Gentiles, who know not God,” says the saint, “have so great a zeal for chastity, what ought to be your sentiments who are a Christian and a king!” He puts him in mind of the unhappy end of his predecessor, Cœlred, and of Osred, king of the Northumbrians, both addicted to this shameful vice, and both snatched away by sudden death in the midst of their evil courses. From the gift of Croiland, mentioned by Ingulphus, and from the laws of this king in favour of the church, and of the abbey of Ripendune, Natalis Alexander, and some others, think he became a sincere penitent. He was slain soon after, in 755, by Beornred, a rebel, who usurped his throne. 7

6

St. Boniface wrote a circular letter to all the bishops, priests, deacons, canons, monks, nuns, and all the people of England, conjuring them earnestly to join in holy prayer, to beg of God, who desires that all may be saved, that he would vouchsafe, in his infinite mercy, to shower down his blessing upon the labours of all those who are employed in endeavouring to bring souls to his saving knowledge and holy love. He often desired books to be sent him from England, especially the works of Bede, whom he calls a lamp of the church. 8 He entreated the abbess Edburge 9 to send him the epistles of St. Peter written in letters of gold, to inspire carnal men with the greater respect, and to satisfy his devotion to that apostle, whom he calls the patron of his mission. Writing to the abbot Aldherius, 10 he begs that he would cause the sacrifice of the mass to be offered for the souls of those missionaries who were lately deceased. In several other epistles he mentions the mutual contract of charity between the missionaries abroad and the priests and monks in England, that they should reciprocally pray for their deceased brethren. In a letter to a nun, 11 he mentions how much he had to suffer in his mission from the Pagans, from false Christians, and even from ecclesiastics of debauched morals. Yet the ardour of his charity made him continually to thirst after greater sufferings, and especially after the honour of laying down his life for the love of him who died for us. In a letter to Cuthbert, archbishop of Canterbury, 12 treating of the duties of pastors, he says, “Let us fight for the Lord in these days of bitterness and affliction. If this be the will of God, let us die for the holy laws of our fathers, that we may arrive with them at the eternal inheritance. Let us not be dumb dogs, sleeping sentinels, hirelings that fly at the sight of the wolf: but watchful and diligent pastors; preaching to the great and small, to the rich and poor, to every age and condition, being instant in season and out of season.” St. Boniface, in his homilies, most frequently inculcates the obligation and sanctity of the baptismal vows. 7

This apostle of so many nations thought he had yet done nothing, so long as he had not spilt his blood for Christ, and earnestly desired to attain to that happiness. Making use of the privilege which Pope Zachary had granted him of choosing his successor, he consecrated St. Lullus, an Englishman, formerly monk of Malmesbury, archbishop of Mentz, in 754, leaving him to finish the churches which he had begun in Thuringia, and that of Fuld, and conjuring him to apply himself strenuously to the conversion of the remaining idolaters. He wrote a letter to Fulrad, 13 abbot of St. Denys, begging him to make this choice of St. Lullus agreeable to King Pepin, and as his infirmities admonished him that he had not long to remain in this world, he conjured that prince to take into his favour and protection his disciples, who were almost all strangers, either priests dispersed in many places for the service of the church, or monks assembled in his little monastery, where they were employed in instructing children. He says that the priests lived on the frontiers of the Pagans, very poor and destitute, and that they were able to get their bread, but not clothing unless they were assisted. Pepin granted his request, and Pope Stephen II. confirmed his nomination of Lullus, and his resignation of the see of Mentz, in order that he might go and preach the gospel to those nations which still remained unconverted. 8

The saint, looking upon himself as devoted to labour in the conversion of infidels, and being at liberty to follow the call of heaven, would not allow himself any repose, so long as he saw souls perishing in the shades of darkness, and his extreme desire of martyrdom seemed to give him a foresight of his approaching death. Having therefore settled his church and put all things in the best order possible, he set out with certain zealous companions to preach to the savage infidel inhabitants of the northern parts of East Friesland. Having converted and baptized some thousands among them, he appointed the eve of Whit-Sunday to administer to the neophytes the sacrament of confirmation in the open fields in the plains of Dockum, near the banks of the little rivulet Bordne. He pitched there a tent, and was waiting in prayer the arrival of the new converts, when, behold, instead of friends, a band of enraged infidels appeared on the plain all in arms, and coming up, rushed into his tent. The servants that were with the holy martyr were for defending his life by fighting; but he would not suffer it, declaring that the day he had long waited for was come, which was to bring him to the eternal joys of the Lord. He encouraged the rest to meet, with cheerfulness and constancy, a death which was to them the gate of everlasting life. While he was thus employed, the Pagans attacked them sword in hand, and put them all to death. St. Boniface suffered in the seventy-fifth year of his age, on the 5th of June, in the year of Christ 755. With him were martyred fifty-two companions, of whom the principal persons were Eoban, bishop; Wintrung, Walter, and Adelhere, priests; Hamund, Strichald, and Bosa, deacons; Waccar, Gunderhar, Williker, and Hadulph, monks; the rest were laymen. The barbarians expected to have a great booty of gold and silver in the baggage of the holy martyrs; but found nothing in their trunks but relics and books, which they scattered about the fields, or hid in ditches and marshes. Some of these things were afterwards found, and of them three books are still preserved in the monastery of Fuld, or Fulden: namely, a book of the gospels written in St. Boniface’s own hand; a copy of a Harmony, or canons of the New Testament; and a third book, which is stained with the martyr’s blood, and contains the letter of St. Leo to Theodorus, bishop of Frejus, and the discourse of St. Ambrose on the Holy Ghost, with his treatise, De bono Mortis; or, On the advantage of Death. The body of St. Boniface was first carried to Utrecht, thence to Mentz, and lastly to Fuld, where it was deposited by St. Lullus, as the saint himself had desired. 14 It is to this day regarded as the greatest treasure of that monastery. The continuators of Bollandus have given us, under the title of Analecta Bonifaciana, a long history of an incredible number of miracles down to this present time, which have been wrought by God at the relics, and through the intercession of St. Boniface. 9

He who sincerely loves God, rejoices with this martyr to sacrifice to his honour his life, and whatever he has received of his bounty. With his whole strength he consecrates all his faculties eternally to the glorious and holy functions of divine love. He prays and labours without intermission that God alone may reign in his own soul, and ardently desires that all tongues may never cease to sound forth his praises, and that all creatures may have but one heart, always to be employed with the angels and blessed spirits, in doing his will, in loving him, and in glorifying his adorable name. There is no danger to which such a one would not with joy expose himself; nothing so difficult that he would not undertake, that one soul might be converted to God. He would rejoice to lay down his life a thousand times, were it possible, to hinder one offence against the divine majesty. Baronius 15 pathetically exhorts the Germans to consider what men their apostles were, and what were the maxims of the gospel they received from them; for with these their holy pastors and teachers, who will sit with the supreme Judge at the last day, they will be confronted and judged by them. 10


Note 1. This monastery was afterwards destroyed by the Danes, and never rebuilt.

Note 2. The conversion of the Bojarii or Bavarians, is recorded by the author of the short history of that event, entitled Quomodo Boiarii facti sunt Christiani, written in 858, published by Canisius, (t. 2, Lect. Antiqu.) by Du Chesne, (t. 2, Franc. Script.) by Dubravius, bishop of Olmutz, (in Collect. Scriptor. Hist. Boëmicæ, p. 15,) and by Hansiz (Germaniæ Sacræ, t. 2, p. 35.) We have also a history of it in the lives of Rupert, St. Virgilius, and other eminent bishops of Saltzburg, published by Canisius. (Ant. Lect. t. 3, part 2, p. 282.) St. Rupert or Rodbert, pronounced Robert, was of the blood royal of France, and the zealous and holy bishop of Worms, who, in 699, preached the faith in Bavaria, and built at Juvavia or Juvava, now Saltsburg, a stately cathedral, an abbey for monks, and a nunnery called Nonberg, in which he appointed Edintruda first abbess, a holy virgin whom he sent for from his own diocess, and whose name seems English. St. Robert, in the decline of his health, appointed Vitalis bishop of Saltzburg, and returning to Worms, there died soon after in 718, on Easter-day, the 27th of March. Many miracles honoured his tomb. Aventinus places the mission of St. Rupert in 570: Mezgerus in 580, conformably to the popular tradition of the church of Saltzburg. But Mabillon, Valois, Hansiz, and Pickius produce strong proofs for deferring it to 696. Bernard Pez, in a letter prefixed to his edition of the Acts of St. Trudpert the martyr, endeavoured to confirm the date of Mezgerus; and was supported by Palignese, the historian of Saltzburg, and by Meichelbeck, Hist. Frising, t. 2, diss. 1. Hansiz made a solid reply, Respons ad epistolam Pezii, p. 7, and is followed by the most judicious critics.

This see of Saltzburg had been long vacant, when St. Boniface ordained one John bishop thereof in 739, St. Virgilius, an Irishman, coming through France, brought from King Pepin recommendatory letters to Odilo, duke of Bavaria, and was by his means made bishop of Saltzburg in 746, according to Pagi, or rather in 766. He planted the faith in Carinthia, and appointed Modestus first bishop of that country. St. Virgilius died in 784. Hansiz shows against Pagi, that there were not two in Germany of this name, and that this Virgilius is the same whose opinion about the Antipodes St. Boniface mistook as if he had taught another sun and moon, and another race of men who descended not from Adam, and were not redeemed by Christ; which would have been heresy. (Ger. Sac. t. 2, p. 84.) Thus we understand in what sense St. Boniface is said to have established or restored the bishopric of Saltzburg. That city rose from the ruins of Juvava, which was destroyed by Attila. In honour of St. Rupert, the archiepiscopal see was afterwards transferred thither from Lorch, or Laureacum, the ancient capital of Noricum.

Note 3. Conc. t. 6, pp. 14, 15, and St. Bonif. ep. 138.

Note 4. The Merovingian race, so called from King Meroveus, in whom the French crown was first made hereditary, filled the throne three hundred and thirty-five years, under twenty-two successive reigns of kings in Paris. The Carlovingian line, so called from Charles Martel, possessed the crown during fourteen reigns, and terminated in Lewis V. in 987, who died without issue. The nobility passing by his uncle Charles duke of Lorrain, chose Hugh Capet, son of Hugh the Great, the powerful count of Paris, who defeated Charles, and imprisoned him for life. The Capetian race of French kings reigns to this day, but was subdivided into two younger branches; the Valesian, which begun in Philip VI. of Valois in 1328; and that of Bourbon, which was called to the throne in Henry IV. in 1587, and was descended from Robert, fourth son of St. Lewis, count of Clermont, who marrying Beatrix of Bourbon, his posterity took that title.

Note 5. The kings of France of the first race, from Clovis II. son of Dagobert I. in 643, to Childeric III. in 752, during ten reigns successively through a whole century, had given themselves up to an inactive life, and were sunk in indolence, never concerning themselves with the state, in which the supreme authority was intrusted to the mayor of the palace: and this magistracy was often the cause of wars, and became at length hereditary. Thus the kings were merely titular. This form of government was a source of continual factions, and other disorders, very prejudicial to the public weal. The crown, in all the barbarous nations which came from the North, was originally elective, as Robertson shows in his learned preliminary discourse to his History of Scotland; but among the French and most others it soon became hereditary. The constitution of the French government being become inconsistent with itself, on this occasion it was judged necessary to restore the original form, and for this purpose to transfer the crown upon him whom the laws of the state had already vested with the whole regal power and authority. Childeric III., surnamed the Stupid, having been titular king nine years, was shaved a monk at Sithiu or St. Bertin’s in 752, and died there in 755. On the answers of the two Popes Zachary and Stephen III., see Eginhard, (in Vitâ Caroli, M.) Otto, bishop of Frisingen, (in Chron.) Annales Loiseliani, Fuldenses et Bertiniani: Lambertus Schafnaburgensis, Ado, &c. Also Natalis Alexander, (Sæc. 8, diss. 2, p. 485.) Spelman (in Glossar.) F. Daniel, t. 1. Mezeray; Dom Maur, Chronologie Univ. &c. Afterwards Pepin professed himself penitent, and begged absolution of Pope Stephen III., if in this transaction he had sinned by secret ambition, or otherwise. See Mém. de l’Acad. t. 6, and Abrégé Chronol. de l’Histoire de France, par M. Henault.

How difficult soever it may be to excuse Pepin from taking ambitious steps to prepare the way for this revolution, as F. Longueval takes notice, (Hist. de l’Eglise de France, t. 4, l. 12, p. 352,) the case is very different as to the persons who only acquiesced in an unanimous resolution taken by those who were best acquainted with right and law in a succession, which till then seemed only hereditary under certain restrictions, as frequent examples in the French, English, and other new kingdoms, of the same original, from the northern transmigrations, show. Pope Zachary’s answer is said to have been, “Melius esse illum vocari regem, apud quem summa potestas consisteret.” (Annales Bertiniani ad an. 749. Eginhard, &c.) See Spelman in Glossar. The circumstances of the dethroning of Childeric, and of Pepin’s election, are related so differently, and the true history is so obscure, that it is easy for every writer to give it his own gloss. Eckhard (Comment. de rebus Franciæ Orientalis et Episcopatus Wirceburgensis, t. 2, Wirceburgi, 1729,) shows that St. Boniface had no share in this revolution nor even was pleased with it. Otherwise, he would rather have been sent on the embassy to Pope Zachary than Burchard, bishop of Wurtzbourg, and Fulrad, abbot of St. Denys. Nor would the authors of St. Boniface’s life have passed over such an occurrence under Pepin’s successors, or the saint been silent in his writings. Mabillon and Pagi place this revolution in 751; but Von Eckhard, more probably, in 752, in which the chronicle of Fontanelle (apud Du Chesne, t. 3, p. 386,) mentions the retreat of Theoderic, son of Childeric, who was sent at the same time to the abbey of Fontanelle in Normandy. That the election of Pepin was unanimous, and a transaction of the whole nation, and of all the powers that could be consulted in it, is proved in note 43 on Serarius Rerum Mogunticar, by Georgius Christianus Joannis. Francof. 1723, p. 332.

Note 6. Parce ergo animæ tuæ, fili charissime, parce multitudini populi, tuo pereuntis exemplo, de quorum animabus redditurus es rationem. St. Bonifac. ep. 19, p. 76, et apud Gulielm. Malmesb. l. 1, de Gestis Angl. Regum.

Note 7. A collection of St. Boniface’s letters was published by Serrarius in 1605; but out of the hundred and fifty-two of which it consists, only thirty-nine were written by the saint, the rest being letters addressed to him by popes, princes, bishops, and others. By his epistles it appears, that in all his designs and actions he had nothing in view but piety in the service of God. Dom Martenne and Dom Durand have given us a great number of other curious letters of St. Boniface, (Thesaur Anecdot. t. 9,) also nineteen homilies. In the fourth, St. Boniface speaking of the necessity of confession, says: “If we should conceal our sins, God will discover them publicly in spite of us. And it is better to confess them to one man than to be publicly exposed, and covered with confusion for them in the sight of all the inhabitants of heaven, earth, and hell.” (Hom. 4, p. 195.) We have in D’Acheri’s Spicilegium, t. 9, a collection of canons drawn up by St. Boniface for the direction of the clergy: also his sermon On the Baptismal Renunciation, published in Thesaurus Anecdotorum Novissimus, auctore D. Bern. Pez, Bened. abbate Mellicensi, Augustæ Vindelicorum. An. 1729, t. 3, parte 2, col. 3. The style of this saint’s writings is clear, grave, and simple. He everywhere in them breathes an apostolical spirit, and his thoughts are just and solid. The saint’s letters are all written in Latin, though, as Verstegan our most learned antiquarian takes notice, the language of the English Saxons, and of most parts of Germany, was then so nearly the same, that these missionaries seem not to have stood in need of interpreters. St. Boniface held at least eight councils in Bavaria, Thuringia, Austrasia, and Neustria; on which see Concilia Germaniæ edita a D. Joan. Fred. Schannat et P. Jos. Hartzeim, S. J. t. 1, sæc. 8, Coloniæ. 1759.

Note 8. Ep. 9, p. p. 73.

Note 9. Ib. 28.

Note 10. Ib. 26.

Note 11. Ib. 16, p. 75.

Note 12. Ep. 105.

Note 13. Pope Stephen II. was at that time come into France in 753, to implore the protection of King Pepin against Aistulphus, king of the Lombards, who threatened Rome itself. Pepin received him at Pont-yon, a royal palace near Langres, with the greatest marks of honour, met him three miles from his castle, prostrated before him, and without suffering him to alight, attended him on foot. The pope passed the winter in the monastery of St. Denys, where he fell so dangerously sick, that he was given over by the physicians; but was miraculously cured in the manner following: After prayers for his health, whilst he was alone in the church belonging to that monastery, he was favoured with a vision of SS. Peter, Paul, and Dionysius. This last told him he was restored to his health, and that he should return prosperously to his see, and bade him consecrate in that church an altar to God, in memory of the two apostles whom he there saw present. “I arose,” says the pope, “and finding myself perfectly restored to my health and strength, was for consecrating the altar that moment. But they that attended me thought I raved, and would not suffer me to do it, till I had related to them, and likewise to the king what had happened.” This the pope attested in a letter still extant. (Conc. t. 6, p. 1648, et apud Hilduin. in Areopageticis. See Anastasius, p. 1628. Mabillon, t. 4. Act. Ord. S. Bened. p. 304. Nat. Alex. Sæc. viii. Art. 6.) He granted many privileges to the abbey, and consecrated the altar, and left on it the pall which he then wore, to perpetuate the memory of his miraculous recovery. It is there shown to this day. This pope is highly commended for his piety and great alms-deeds, and cannot be suspected of a forgery. He is by some called Stephen III. because one of the same name was elected before him, but did not live to receive episcopal consecration.

Note 14. The history of the dedication of the church of Fulda, and of the translation of the relics of St. Boniface, with the life of St. Eigil, the abbot who succeeded St. Sturmius in 818, and whose name occurs in the calendars on the 17th of December, is extant, very well written by Candidus, an eye-witness, and monk of that house.

Note 15. Baron. ad Ann. 723, n. 16, et ad Ann. 775, n. 30, t. 9.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/6/051.html

St. Boniface

St. Boniface of Mainz is often called The Apostle of Germany. Named Winfrith by his well-to-do English parents, Boniface was born probably near Exeter, Devon, England. As a boy, he studied in Benedictine monastery schools and became a monk himself in the process. For years he lived in relative peace, studying, teaching, and praying. In his early 40s he left the seclusion of the monastery to do missionary work on the Continent. Because his first efforts in Frisia (now the Netherlands) were unsuccessful, Winfrith went to Rome in search of direction. Pope Gregory II renamed him Boniface, “doer of good,” and delegated him to spread the gospel message in Germany.

In 719 the missionary monk set out on what was to be a very fruitful venture. He made converts by the thousands. Once in Saxony, Boniface encountered a tribe worshiping a Norse deity in the form of a huge oak tree. Boniface walked up to the tree, removed his shirt, took up an axe, and without a word he hacked down the six foot wide wooden god. Boniface stood on the trunk, and asked, “How stands your mighty god? My God is stronger than he.”

In 722 the Pope consecrated him bishop for all of Germany. For 30 years Boniface worked to reform and organize the Church, linking the various local communities firmly with Rome. He enlisted the help of English monks and nuns to preach to the people, strengthen their Christian spirit, and assure their allegiance to the pope. He founded the monastery of Fulda, now the yearly meeting place of Germany’s Roman Catholic bishops. About 746 Boniface was appointed archbishop of Mainz, where he settled for several years as head of all the German churches.

Over the years he kept up an extensive correspondence, asking directives of the popes, giving information about the many Christian communities, and relaying to the people the popes’ wishes. In 752, as the pope’s emissary, he crowned Pepin king of the Franks. In his 80s and still filled with his characteristic zeal, Boniface went back to preach the gospel in Frisia. There, in 754 near the town of Dokkum, Boniface and several dozen companions were waylaid by a group of savage locals and put to death. His remains were later taken to Fulda, where he was revered as a martyr to the Christian faith.

Boniface was a man of action, but he was also sensitive to the feelings of those with whom he came in contact. His organizing genius and loyalty to Rome influenced Germany’s Christianity for centuries.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-boniface/

San Bonifacio Vescovo e martire


672/73 - 5 giugno 754

Senza l'opera missionaria di Bonifacio non sarebbe stata possibile l'organizzazione politica e sociale europea di Carlo Magno. Bonifacio o Winfrid sembra appartenesse a una nobile famiglia inglese del Devonshire, dove nacque nel 673 (o 680). Professò la regola monastica nell'abbazia di Exeter e di Nurslig, prima di dare inizio all'evangelizzazione delle popolazioni germaniche oltre il Reno. Dopo le prime difficoltà in tre anni percorse gran parte del territorio germanico. Convocato a Roma, ebbe dal papa l'ordinazione episcopale e il nuovo nome di Bonifacio. Prima di organizzare la Chiesa sulla riva destra del Reno pensò alla fondazione, tra le regioni di Hessen e Turingia, di un'abbazia, che divenisse il centro propulsore della spiritualità e della cultura religiosa della Germania. Nacque così la celebre abbazia di Fulda. Come sede arcivescovile scelse la città di Magonza. Morì nel 754.

Etimologia: Bonifacio = che ha buona fortuna, dal latino

Emblema: Ascia, Bastone pastorale, Spada con infilzato il libro del vangelo

Martirologio Romano: Memoria di san Bonifacio, vescovo e martire. Monaco di nome Vinfrido, giunto a Roma dall’Inghilterra fu ordinato vescovo dal papa san Gregorio II e, preso il nome di Bonifacio, fu mandato in Germania ad annunciare la fede di Cristo a quelle genti, guadagnando moltitudini alla religione cristiana; resse la sede di Magonza e da ultimo a Dokkum tra i Friosoni, nell’odierna Olanda, trafitto con la spada dalla furia dei pagani, portò a compimento il martirio.

Senza l'opera missionaria di S. Bonifacio non sarebbe stata possibile l'organizzazione politica e sociale europea di Carlo Magno. Bonifacio o Winfrid sembra appartenesse a una nobile famiglia inglese del Devonshire, dove nacque nel 673 (o 680). Professò la regola monastica nell'abbazia di Exeter e di Nurslig, prima di dare inizio all'evangelizzazione delle popolazioni germaniche oltre il Reno. Il suo primo tentativo di raggiungere la Frisia andò a vuoto per l'ostilità tra il duca tedesco Radbod e Carlo Martello. Winfrid compì allora il pellegrinaggio a Roma per pregare sulle tombe dei martiri e avere la benedizione del papa. S. Gregorio II ne assecondò lo slancio missionario e Winfrid ripartì per la Germania. Sostò nella Turingia, quindi raggiunse la Frisia, appena assoggettata dai Franchi, e vi operò le prime conversioni. In tre anni percorse gran parte del territorio germanico.

Anche i Sassoni risposero con entusiasmo alla sua predicazione. Convocato a Roma, ebbe dal papa l'ordinazione episcopale e il nuovo nome di Bonifacio. Durante il viaggio di ritorno in Germania in un bosco di Hessen fece abbattere una gigantesca quercia alla quale le popolazioni pagane attribuivano magici poteri perché ritenuta sede di un dio. Quel gesto fu ritenuto una vera sfida alla divinità e i pagani accorsero per assistere alla vendetta del dio offeso. Bonifacio ne approfittò per recare loro il messaggio evangelico. Ai piedi della quercia abbattuta eresse la prima chiesa dedicata a S. Pietro.

Prima di organizzare la Chiesa sulla riva destra del Reno pensò alla fondazione, tra le regioni di Hessen e Turingia, di un'abbazia, che divenisse il centro propulsore della spiritualità e della cultura religiosa della Germania. Nacque così la celebre abbazia di Fulda, paragonabile per attività e prestigio alla benedettina Montecassino. Come sede arcivescovile scelse la città di Magonza, ma espresse il desiderio di essere sepolto a Fulda.

Già vecchio, eppur infaticabile, ripartì per la Frigia. Lo accompagnavano una cinquantina di monaci. Il 5 giugno 754 aveva dato l'appuntamento presso Dokkum a un gruppo di catecumeni. Era il giorno di Pentecoste; all'inizio della celebrazione della Messa i missionari vennero assaliti da un gruppo di Frisoni armati di spade. "Non temete - disse Bonifacio ai compagni - tutte le armi di questo mondo non possono uccidere la nostra anima". Quando la spada di un infedele si abbatté sul suo capo, cercò di ripararsi coprendosi con l'Evangeliario. Ma il fendente sfregiò il libro e mozzò il capo del martire.
Fu il fondatore dell'abbazia di Fulda (Germania), dove è sepolto.

La Chiesa lo venera come santo dal 1828.

A San Bonifacio si fa risalire anche uno dei simboli natalizi, l'Albero di Natale, che fu da lui utilizzato per primo nel 724, quando ebbe l’idea di addobbare un abete appoggiando delle candele accese sui suoi rami. Le candele simboleggiavano la discesa dello Spirito Santo sulla terra con la venuta del “bambino Gesù”. San Bonifacio usò questa immagine per spiegare alle popolazioni pagane il senso del Natale.

Autore:
Piero Bargellini


SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/23300