jeudi 7 juin 2012

Saint CLAUDE, archevêque et confesseur

SAINT CLAUDE

Archevêque de Besançon

(607-699)

Saint Claude illustra par ses vertus la partie orientale de la Bourgogne, connue sous le nom de Franche-Comté. Il naquit à Salins vers 607, d'une illustre famille romaine.

Dès l'âge de sept ans, il fut confié à des maîtres habiles qui lui enseignèrent en même temps les leçons de la science humaine, de la foi et de la piété. Il se plaisait beaucoup dans la lecture des Livres Saints, des Actes des Martyrs, de la Vie des Saints et des sermons des Pères et des Docteurs de l'Église; aussi, jeune encore, devint-il fort instruit.

Tous les jours on le voyait assister à la Messe; il passait à l'église la plus grande partie des dimanches et des fêtes; il ne se plaisait que dans la compagnie des personnes sérieuses et édifiantes: c'étaient des indices d'une vocation spéciale. Pourtant Claude exerça le métier des armes jusqu'à vingt ans, et ce n'est qu'alors qu'il entra dans la sainte milice.

Il fut le modèle des chanoines de la cathédrale de Besançon; sa vie était celle d'un austère religieux. Ce n'était pas encore assez pour sa grande âme; il se retira, douze ans plus tard, dans un couvent; là, il ne vivait que de racines, reposait sur un dur grabat, n'aimait que la prière. Cinq ans après, il est abbé de son monastère.

Ce n'est qu'à l'âge de soixante-dix-huit ans qu'il est élu, malgré ses larmes, archevêque de Besançon. Son épiscopat dura sept années, pendant lesquelles il s'acquitta aussi parfaitement que possible de tous les devoirs d'un pasteur.

Les sermons du saint vieillard avaient tant de force, qu'ils arrachaient les âmes du vice, inspiraient la vertu et furent une cause du renouvellement de la foi et des moeurs dans son diocèse. Il profitait de ses visites pastorales pour exercer les oeuvres de miséricorde corporelle en même temps que les oeuvres de miséricorde spirituelle, visitant les malades, assistant les pauvres et ne refusant à personne un conseil ou une consolation.

Son grand âge le porta à retourner dans son monastère, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans, et il gouverna ses religieux pendant plusieurs années encore. Après trois jours de maladie, il réunit ses frères, leur adressa une touchante exhortation, leur donna le baiser de paix et s'endormit doucement dans le Seigneur, à l'âge d'environ quatre-vingt-douze ans.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fran/06-07.htm


Vitrail représentant Saint Claude (Claude de Besançon). 
Basilique Saint-Nicolas, Saint-Nicolas-de-Port, 
Meurthe-et-Moselle, Lorraine, 16ème siècle.

Selon une tradition multiséculaire de la région de Salins, Claude naquit au château de Bracon près de Salins, d'une famille d'origine romaine du nom de Claudia. Cette famille avait déjà donné à l'Église un saint évêque du nom de Claude au sixième siècle, c'est la raison pour laquelle certains biographes l'appellent "saint Claude le thaumaturge".

En l'année 607, lorsqu'il naît, son père est gouverneur de la ville. Jusque dans sa septième année, on eut soin d'élever le futur hiérarque dans la crainte de Dieu et la piété, tout en lui donnant l'éducation que supposait sa naissance. À l'âge de sept ans, son âme fut confiée à des précepteurs qui le formèrent dans le domaine de la connaissance profane autant que dans celui des Lettres sacrées. Son esprit vif, son intelligence précoce, sa docilité lui firent faire des progrès rapides, « de sorte qu'après avoir donné les heures nécessaires à l'étude, son plus grand divertissement était de lire les livres de piété et particulièrement la vie des saints à laquelle il s'appliquait beaucoup » selon un de ses biographes, Laurent Surius. Les écrits des pères alimentaient aussi cette jeune âme pleine de douceur et avide d'écouter la parole de Dieu.

Il allait à l'église tous les jours et y demeurait longtemps les dimanches et jours de fête, assistant avec ferveur à tous les ofÞces divins. Ce fut un enfant grave. Il cultivait la vertu et pour ce faire, fuyait les gens et les lieux qui l'auraient éloigné de son idéal. Il fréquentait surtout les personnes pieuses dont le commerce était susceptible de nourrir son âme. Il fut vite admiré et aimé de tous à cause de la sûreté de son jugement et de sa charité.

Jusqu'à l'âge de vingt ans, saint Claude porta les armes : il était, en tant que patrice, chargé de veiller sur les frontières, celles-ci allant alors jusqu'à l'actuel canton du Valais en Suisse romande.

En 627, il quitta l'armée au nom de sa foi : il demanda à être reçu en l'état ecclésiastique au chapitre de la cathédrale de Besançon. Le saint archevêque Donat le reçut parmi ses chanoines (le terme de chanoines - du grec canôn, règle, désignait en ce temps-là des prêtres vivant auprès d'un évêque, tout en suivant une règle religieuse). Saint Donat venait d'écrire une règle pour ses clercs, que nous possédons d'ailleurs encore, et ceux-ci vivaient sous son obédience comme des moines auprès de leur higoumène.

Saint Claude, à cause du zèle qui le dévorait, devint rapidement le modèle des autres clercs et il étudia avec tant d'assiduité qu'il fut bientôt lui-même chargé d'enseigner dans l'école ecclésiastique fondée par saint Donat.

Ascète remarquable, il ne s'accordait qu'un seul repas par jour qu'il prenait généralement vers le soir. Il jeûnait tous les jours excepté les dimanches et jours de fête et veillait souvent pour l'étude et la prière. Son sacrifice quotidien était déjà celui d'un moine accompli lorsque, voulant servir Dieu d'une manière plus totale, il se tourna vers le monachisme. Après douze années de vie ascétique au chapitre de Besançon, il se retira donc au monastère de Condat qui était, avec Luxeuil, très prospère en ce temps-là.

L'higoumène Injuriose, alors vénérable vieillard, était le chef spirituel de la communauté des moines de Condat. Il fut si impressionné par les qualités spirituelles de saint Claude, qu'il lui proposa de prendre sa charge d'higoumène. Le saint s'y refusa toujours du vivant d'lnjuriose, mais à la mort de celui-ci, ses frères moines le choisirent pour le remplacer à leur tête. C'était en 644, il avait alors trente-quatre ans !

Clovis II, premier des « rois fainéants », était en ce temps-là roi de Neustrie et de Bourgogne, il avait pour épouse sainte Bathilde qui exerçait sur lui une bonne influence et une attitude droite vis-à-vis de l'Église et de ses institutions monastiques. Saint Claude alla le voir en 650 pour demander une aide matérielle - restitution de biens donnés en jouissance à Condat ? Nouvelle dotation ? - et le monarque le reçut avec bienveillance et lui octroya généreusement l'aide demandée. Le biographe de saint Claude en parle ainsi : « J'en prends Dieu à témoin, j'ai vu de mes yeux et j'ai lu dans les archives de ce monastère - c'est-à-dire de Saint-Oyand - parmi plusieurs manuscrits, l'acte écrit en différents signes et caractères, portant les sommes citées plus haut, et commençant ainsi : Clovis, roi des Français (sic), à tous ceux qui liront cet écrit, salut. Le vénérable Claude est venu nous trouver, etc... »

Ayant obtenu la nourriture de ses frères, cinquante mesures de froment et d'orge et cinquante livres de rente, saint Claude put assurer non seulement la subsistance de son monastère, mais aussi celle des pèlerins et des pauvres de la région. Sous sa houlette, Saint-Oyand prospéra, les églises furent embellies, ornées de vases précieux et de reliquaires nouveaux. Il put aussi construire de nouveaux bâtiments et réparer ceux qui en avaient besoin, mais parallèlement à ce souci des choses matérielles utiles à l'oeuvre de Dieu, saint Claude eut grand soin de ceux qui lui furent comptés et fut un père spirituel pour lequel les âmes étaient plus précieuses que toutes les possessions du monde. Sous son higouménat, régna une grande discipline à Saint-Oyand : il y établit la règle de saint Benoît de Nursie, père des moines d'Occident, et selon certains de ses biographes, on parlait de lui comme d'un nouvel Antoine ou Pacôme le Grand et l'on comparait ses moines à ceux des déserts d'Égypte ancienne.

Si saint Claude accepte l'évêché de Besançon à la suite du décès de saint Gervais, en 685, ce n'est pas de gaité de coeur et sûrement pas pour abandonner ses moines. Il était resté higoumène de Saint-Oyand et jamais il ne cessa de diriger son monastère durant tout le temps de son épiscopat. Après sept années d'épiscopat, quand il vit avec douleur que les clercs de sa ville se laissaient aller au relâchement et qu'il n'était plus possible de rétablir l'antique discipline qu'il avait lui-même connue sous saint Donat, discipline qu'il jugeait indispensable dans l'Église, il renonça à sa fonction épiscopale et retourna à Saint-Oyand.

Ceci advint en l'an 693, alors que saint Claude était âgé de 86 ans. Il vécut encore six ans dans son monastère.

Quelques jours avant sa mort, il fut légèrement malade.

Trois jours après le début de cette indisposition, il appela tous ses moines auprès de lui et leur enseigna une ultime fois l'amour de Dieu, le mépris des choses du monde et leur demanda de supporter avec résignation son proche trépas. Comme ils pleuraient, il donna à chacun d'entre eux un saint baiser de paix et lorsqu'ils eurent quitté sa cellule, il consacra sa nuit à la prière. Le jour venu de son départ, il se fit emmener à l'église où il communia avec ferveur. Se retrouvant dans sa cellule, il demanda aux moines présents que son ensevelissement se fît sans pompe ni éclat. C'était le cinquième jour de sa maladie, à trois heures de l'après-midi. Assis sur le siège où il lisait et priait habituellement, il éleva ses mains et son regard vers les cieux et rendit doucement son âme au Seigneur.

Saint Claude mourut le 6 juin 699, dans la quatrième année du règne de Childebert III.

On mit sur son corps des parfums précieux et des aromates, mais on ne l'embauma pas, car, ainsi que cela fut vérifié plusieurs siècles plus tard, il n'y avait aucune trace d'incision sur son corps.

Sa sépulture fut modeste et longtemps resta oubliée, mais sa mémoire était déjà vénérée. Dans son martyrologe écrit vers l'an 850, Raban Maur, archevêque de Mayence (mais aussi abbé de Fulda) portait : « VII idus junii, depositio beati Claudii, episcopi. » (Le sept des ides de Juin, déposition du bienheureux Claude, évêque).

Si l'on vénérait sa mémoire, on ne commença à vénérer le corps de saint Claude qu'à partir de l'instant où, dans la moitié du XIIe siècle, on s'aperçut que son corps était demeuré intact. Les miracles ne cessèrent plus à partir de cette époque-là. On le surnomma alors le thaumaturge et l'on ajouta ce titre à celui de saint qu'on lui donnait déjà (au IXe siècle, un document atteste que le corps de saint Claude se trouve à l'abbaye de Saint-Oyand).

En mars, 1794, le corps de saint Claude a été brûlé selon l'ordre des autorités révolutionnaires.



Le 6 juin, mémoire de Saint CLAUDE, Evêque de BESANÇON

Fils du gouverneur de la ville de Besançon, Saint Claude naquit en 607. Bien qu'ayant nourri sa jeunesse par la lecture des vies de Saints, il fut cependant assigné au métier des armes. Vers l'âge de vingt ans, il quitta l'armée terrestre pour rejoindre la sainte milice du Christ, et fut reçu parmi les Clercs du chapitre de la cathédrale de Besançon, qui vivaient, tout comme dans un monastère, en suivant la règle que venait d'écrire leur Evêque, Saint Donat. Par son zèle Saint Claude devint rapidement le modèle des autres clercs et fut chargé par l'Evêque d'enseigner dans l'école de la cathédrale. Il ne prenait tous les jours qu'un seul repas, fort frugal, vers le soir, et veillait souvent toute la nuit pour étudier et prier.

Au bout de douze années de vie ascétique au chapitre, il devint moine au Monastère de Condat, alors appelé Saint-Oyend, jadis fondé par Saint Romain (cf 28 fév.), qui était, avec Luxeuil, l'un des monastères les plus renommés de ce temps. Ne se nourrissant que de racines, dormant sur un grabat, "la pâleur de son visage et la maigreur de son corps lui servaient d'ornements", et il devint là aussi le modèle des frères dans l'ascèse et le zèle divin. L'higoumène, Injuriose, lui proposa de prendre sa place, mais le Saint s'y refusa toujours. A la mort d'Injuriose (644), il dut pourtant se plier à la volonté unanime des frères et assuma la direction de la communauté. Après une démarche auprès du roi Clovis II, et grâce à l'appui de Sainte Bathilde son épouse (cf. 30 janv.), il obtint une dotation, qui permit d'assurer non seulement la subsistance du monastère, ainsi que celle des pèlerins et des pauvres de la région, mais aussi l'agrandissement des bâtiments. Saint Claude introduisit l'observation de la Règle de Saint-Benoît et enseignait régulièrement ses moines dans la pratique des Saintes vertus, tant par des homélies que par de paternelles remontrances.

A la mort de l'Evêque de Besançon, Gervais, le peuple et les clercs entrèrent en querelle sur le choix du successeur. Ils se mirent en prière et une voix se fit entendre du ciel, qui leur ordonnait de prendre Saint Claude pour pasteur. Quand on lui fit part de cette nouvelle le Saint refusa, mais il dut finalement obéir une fois de plus à la volonté de Dieu et du peuple, et fut conduit à Besançon dans une grande liesse.

Dans la fonction épiscopale, il continua de se montrer un vrai moine et menait la vie commune avec ses chanoines. Il s'adonnait avec zèle à toutes les activités requises d'un Evêque : visitait les infortunés, exhortait régulièrement ses fidèles au repentir et aux oeuvres de la charité; mais, ne pouvant toutefois oublier la douceur de la vie au monastère, il ne cessait pas de veiller à la direction des moines de Saint-Oyend. Après sept années d'Episcopat, comme il constatait que les Clercs se laissaient aller au relâchement et restaient insensibles à ses admonestations pour rétablir la discipline instaurée par Saint Donat, il renonça au trône épiscopal et retourna à son monastère (693). Il y vécut six ans dans la paix, avant de remettre son âme à Dieu, le 6 juin 699. Au XIIe siècle on découvrit son corps incorrompu et les miracles commencèrent à abonder auprès de ses reliques qui devinrent l'objet, pendant des siècles, d'un très célèbre pèlerinage (1).

1). La plus grande partie de ces reliques fut détruite de manière sacrilège par les révolutionnaires en 1794.


Saint Claude

Evêque du Jura (✝ 699)

Évêque de Besançon. D'abord militaire, il embrassa la vie monastique à Condat dans le Jura avant d'être élu évêque de Besançon. Mais dès qu'il le put, il résilia cette charge pour rejoindre la solitude.

Son monastère et le village voisin prirent son nom et le diocèse s'est placé sous son patronage: Saint-Claude-39200.

...Claude, abbé de Saint-Oyend-de-Joux, administre cette abbaye durant près de 50 ans, du milieu du VIIe siècle (vers 650) jusqu’à la fin du VIIe siècle (vers 695). Il est revêtu 7 ans de la dignité épiscopale, sans doute d’évêque claustral. De son administration, nous savons qu’il cherche à subvenir aux besoins croissants de son abbaye et qu’il contribue à son développement et à son rayonnement. L’histoire apporte peu de certitude sur la vie et la personne de saint Claude. La tradition veut qu'il soit né à Salins d'une famille gallo-romaine et qu'il ait été évêque de Besançon. Cet homme, qui de son vivant mène une vie humble et rigoureuse, va connaître après sa mort une "renaissance" prestigieuse. En effet, 500 ans après sa mort, grâce à la conservation intacte de son corps, de nombreux pèlerins accourent vers l’abbaye où les miracles se multiplient... (Qui est saint Claude? - Eglise du Jura)

Dans le Jura, vers 703, saint Claude, qui fut, croit-on, évêque et abbé du monastère de Condat.

Martyrologe romain


Qui est Saint-Claude ?

Saint Romain, ermite, vient s’établir au Vème siècle à Condat. Il est rejoint quelques temps après par son frère saint Lupicin. Peu à peu, sur une butte à la confluence de la Bienne et du Tacon, une petite communauté monastique se développe et s’organise.Oyend, 4ème abbé, met au point la règle du monastère. Sa sainteté et l’éclat qu’il donne au monastère lui valent une grande notoriété ; à sa mort, on vénère ses reliques. La ville de Condat devient Saint-Oyend-de-Joux, c’est-à-dire du Jura, avant de s’appeler définitivement Saint-Claude.Claude, abbé de Saint-Oyend-de-Joux, administre cette abbaye durant près de 50 ans, du milieu du VIIème siècle (vers 650) jusqu’à la fin du VIIème siècle (vers 695). Il est revêtu 7 ans de la dignité épiscopale, sans doute d’évêque claustral.

De son administration, nous savons qu’il cherche à subvenir aux besoins croissants de son abbaye et qu’il contribue à son développement et à son rayonnement. L’histoire apporte peu de certitude sur la vie et la personne de saint Claude. La tradition veut qu'il soit né à Salins d'une famille gallo-romaine et qu'il ait été évêque de Besançon. Cet homme, qui de son vivant mène une vie humble et rigoureuse, va connaître après sa mort une " renaissance " prestigieuse. En effet, 500 ans après sa mort, grâce à la conservation intacte de son corps, de nombreux pèlerins accourent vers l’abbaye où les miracles se multiplient. Le pèlerinage de Saint-Claude bénéficie alors d’une renommée égale à celle de Lourdes aujourd’hui. On peut citer parmi les pèlerins illustres le roi Louis XI, sainte Jeanne de Chantal et saint François de Sales. Le corps du saint thaumaturge est exposé deux fois par jour à la piété des visiteurs qui lui baisent les mains et les pieds. De nombreux miracles sont consignés dans des manuscrits et attestés par la présence de témoins, entre autres celui d’un enfant mort, ramené à la vie. C’est pourquoi, saint Claude est souvent représenté avec un enfant.

En 1754, plusieurs docteurs en médecine examinent le corps du saint et certifient son incroyable conservation. Avec la Révolution française, un délire iconoclaste s’empare des représentants du peuple. Le corps de saint Claude est brûlé en 1794 ; seul en réchappe l’avant-bras gauche, authentifié par un des médecins qui avaient examiné le corps cinquante ans plus tôt. Cet avant-bras est aujourd’hui encore conservé dans un reliquaire de la cathédrale.Curieux destin que celui de St Claude, qui de son vivant fait le choix d’une vie humble et retirée du monde, et qui après sa mort et 5 siècles de silence total, connaît une gloire humaine hors du commun, entraînant à sa suite, des milliers de croyants.



VIE DE NOTRE PÈRE PARMI LES SAINTS


CLAUDE LE THAUMATURGE


HIÉRARQUE DE BESANÇON


ET HIGOUMÈNE DE SAINT-OYAND


(607-699)


Fêté le 6 juin

Selon une tradition multiséculaire de la région de Salins, saint Claude naquit au Château de Bracon près de Salins, d'une famille d'origine romaine du nom de Claudia. Cette famille avait déjà donné à l'Église un saint évêque du nom de Claude au sixième siècle, c'est la raison pour laquelle certains biographes appellent le saint thaumaturge de Besançon saint Claude II. En l'année 607, lorsqu'il naît, son père est gouverneur de la ville. Jusque dans sa septième année, on eut soin d'élever le futur hiérarque dans la crainte de Dieu et la piété, tout en lui donnant l'éducation que supposait sa naissance. À l'age de sept ans, son âme fut confiée à des précepteurs qui le formèrent dans le domaine de la connaissance profane autant que dans celui des Lettres Sacrées. Son esprit vif, son intelligence précoce, sa docilité lui firent faire des progrès rapides, de sorte “ qu'après avoir donné les heures nécessaires à l'étude, son plus grand divertissement était de lire les livres de piété et particulièrement la vie des Saints à laquelle il s'appliquait beaucoup » selon un de ses biographes Laurent Surius. Les écrits des Pères alimentaient aussi cette jeune âme pleine de douceur et avide d'écouter la Parole de Dieu. Il allait à l'église tous les jours et y demeurait longtemps les dimanches et jours de fête, assistant avec ferveur à tous les offices divins. Ce fut un enfant grave. Il cultivait la vertu et pour ce faire, fuyait les gens et les lieux qui l'auraient éloigné de son idéal. Il fréquentait surtout les personnes pieu ses dont le commerce était susceptible de nourrir son âme. Il fut vite admiré et aimé de tous à cause de la sûreté de son jugement et de sa charité. Jusques à l'âge de vingt ans, saint Claude porta les armes: il était en tant que patrice, chargé de veiller sur les frontières, celles-ci allant alors jusqu'à l'actuel canton du Valais en Suisse Romande.

En 627, il quitta l'armée terrestre pour rejoindre la sainte milice du Christ: il demanda à être reçu en l'état ecclésiastique au chapitre de la cathédrale de Besançon. Le saint archevêque Donat le reçut parmi ses chanoines. Ce terme de chanoines—du grec canon règle—désignait en ce temps-là, des prêtres vivant auprès d'un évêque, tout en suivant une règle religieuse. Saint Donat venait d'écrire une règle—que nous possédons encore—pour ses clercs, et ceux-ci vivaient sous son obédience comme des moines auprès de leur higoumène. Saint Claude, à cause du zèle qui le dévorait, devint rapidement le modèle des autres clercs et il étudia avec tant d'assiduité qu'il fut bientôt lui-même chargé d'enseigner dans l'école ecclésiastique fondée par saint Donat. Ascète remarquable, il ne s'accordait qu'un seul repas par jour qu'il prenait généralement vers le soir. Il jeûnait tous les jours excepté les dimanches et jours de fête et veillait souvent pour l'étude et la prière. Son sacrifice quotidien était déjà celui d'un moine accompli lorsque voulant servir Dieu d'une manière plus totale, il se tourna vers le monachisme. Après douze années de vie ascétique au chapitre de Besançon, il se retira donc au monastère de Condat qui était avec Luxeuil très prospère en ce temps-là. Ce fut en l'an 639 qu'il se rendit en ce lieu alors appelé Saint-Oyand en mémoire de l'illustre higoumène du Ve siècle. Saint Claude avait alors trente-deux ans... Dans ce monastère, aussi bien qu'au chapitre de la cathédrale de Besançon, il devint vite le modèle de ses frères moines non point tant à cause de sa haute naissance, mais par la distinction de son austérité, par son zèle ardent pour la prière et son assiduité à l'étude et~ la lecture des œuvres saintes. Sobre, il ne se sustentait que de racines, dormait sur un dur grabat et, nous dit son biographe, la pâleur de son visage et la maigreur de son corps lui servaient d'ornements. » Fondé en 425 par deux frères, saint Romain et saint Lupicin, le monastère de Condat était un lieu de pèlerinage célèbre à cause du tombeau de saint Oyand qu'il abritait. Il devint bientôt connu sous le nom de ce saint avant de devenir Saint-Oyand-Saint-Claude après la mort de saint Claude; lorsque fut découvert incorrompu après plusieurs siècles le corps de ce dernier, et après les milliers de miracles accomplis par le thaumaturge, ce monastère garda son seul nom.

L'higoumène Injuriose, alors un vénérable vieillard, était le chef spirituel de la communauté des moines de Condat. Il fut si impressionné par les qualités spirituelles de saint Claude, qu'il lui proposa de prendre sa charge d'higoumène. Le saint s'y refusa toujours du vivant d'Injuriose, mais à la mort de celui-ci, ses frères moines le choisirent pour le remplacer à leur tête. C'était en 644, il avait alors trente-quatre ans !Clovis II, premier des " rois fainéants ", était en ce temps-là roi de Neustrie et de Bourgogne, il avait pour épouse sainte Bathilde qui exerçait sur lui une bonne influence et une attitude droite vis-à-vis de l'Église et de ses institutions monastiques. Saint Claude alla le voir en 650 pour demander une aide matérielle—restitution de biens donnés en jouissance à Condat ? Nouvelle dotation ?—et le monarque le reçut avec bienveillance et lui octroya généreusement l'aide demandée. Le biographe de saint Claude en parle ainsi: « J'en prends Dieu à témoin, j'ai vu de mes yeux et j'ai lu dans les archives de ce monastère—id est de Saint-Oyand—parmi plusieurs manuscrits, l'acte écrit en différents signes et caractères, portant les sommes citées plus haut, et commençant ainsi: Clovis, roi des Français (sic), à tous ceux qui liront cet écrit, salut. Le vénérable Claude est venu nous trouver, etc..... Ayant obtenu la nourriture de ses frères, cinquante mesures de froment et d'orge et cinquante livres de rente, saint Claude put assurer non seulement la subsistance de son monastère, mais aussi celle des pèlerins et des pauvres de la région. Sous sa houlette, Saint-Oyand prospéra, les églises furent embellies, ornées de vases précieux et de reliquaires nouveaux. Il fit aussi construire de nouveaux bâtiments et réparer ceux qui en avaient besoin, mais parallèlement à ce souci des choses matérielles utiles à l'œuvre de Dieu, saint Claude eut grand soin de ceux qui lui furent confiés et fut un père spirituel pour lequel les âmes étaient plus précieuses que toutes les possessions du monde. Sous son higouménat, régna une grande discipline à Saint-Oyand: il y établit la règle de saint Benoît de Nursie, Père des moines d'Occident et selon certains de ses biographes, on parlait de lui comme d'un nouvel Antoine ou Pacôme le Grand et l'on comparait ses moines à ceux des déserts d'Égypte Ancienne.

En un prologue suivi de soixante-treize courts chapitres, saint Benoît a établi un modèle de vie monastique qui définit pratiquement tous les aspects de cette vie et tend à l'organiser afin que les frères qui la suivent puissent accéder à l'unique bien nécessaire, à savoir l'obéissance à la volonté de Dieu et la marche vers son Amour ardent et inextinguible. Saint Benoît n'a pas la prétention de tout régenter car il termine sa règle en proclamant bien haut que « la pratique de la justice n'est pas toute contenue dans cette règle. » il ne voit en elle qu'une ébauche qui permet de cheminer vers Dieu, pour se hâter vers la perfection, il recommande les enseignements des Pères, inséparables de l'Écriture Sainte, et la règle de « notre père saint Basile le Grand ».

Saint Claude, utilisant cette règle forma une lignée de moines dont son successeur saint Rustique. Il laissa à la postérité un recueil de ses homélies dans lequel il avait résumé ses enseignements. On possédait encore ce livre au XIIe siècle, malheureusement il fut perdu ensuite. Il dirigea ses moines avec douceur et fermeté, étant naturellement enclin à la miséricorde. Sa prière était efficace et montait vers Dieu comme un encens d'agréable odeur: ainsi, il fut l'instrument de miracles sans que son humilité eût à en souffrir.

Saint Gervais, évêque de Besançon mourut en 686, et quand il fallut lui trouver un successeur, les clercs et le peuple étaient d'un avis contraire quant au choix de celui-ci. Un biographe anonyme mentionne qu'à cette époque, les clercs avaient déjà perdu quelque chose de leur ardeur primitive; le relâchement commençait à s'introduire dans les Gaules (...), peut -être ces luttes étaient-elles excitées par ceux d'entre les clercs qui, inclinant vers le relâchement, auraient voulu nommer un évêque dont l'indulgence eut autorisé leurs désordres…

Pendant que clercs et peuple priaient Dieu, un signe leur fut donné, une voix du Ciel se fit entendre qui leur désignait saint Claude comme digne de succéder à saint Gervais et leur ordonnait de le prendre pour hiérarque. Le nom de saint Claude fut agréé avec joie. Le saint se trouvait à ce moment-là à Salins, visitant sa famille, quand une délégation vint vers lui pour lui annoncer cette élection divine et le supplier d'accepter cette nouvelle charge. Il en fut consterné et il refusa d'abord, mais sous la pression des envoyés, de ses proches et à cause de cette voix du Ciel, il eut crainte d'aller à l'encontre de la volonté de Dieu et il se résolut à accepter la tâche nouvelle qu'on lui imposait. Il fut conduit à Besançon où dans une grande liesse, il fut consacré dans sa fonction épiscopale.

Évêque, saint Claude continua à être moine, il se trouva dans la position où était saint Donat, célébrant la Divine Liturgie avec ses chanoines, arbitrant les différends de ses ouailles ou de ses clercs avec douceur et fermeté, mais il ne permit jamais à sa fonction administrative d'empiéter sur la prière ou sur l'étude des livres saints. Il visitait les malades, exerçait la charité, prêchait avec joie pour convertir les cœurs endurcis des pécheurs et remettait de l'ordre dans les paroisses de son diocèse. Cependant il était resté higoumène de Saint-Oyand et jamais il ne cessa de diriger son monastère durant tout le temps de son épiscopat. Son cœur demeurait toujours avec ses moines; aussi, après sept années d'épiscopat, quand il vit avec douleur que les clercs de sa ville se laissaient aller au relâchement et qu'il n'était plus possible de rétablir l'antique discipline qu'il avait lui-même connue sous saint Donat, discipline qu'il jugeait indispensable dans l'Église, il renonça à sa fonction épiscopale et retourna à Saint-Oyand.

Ceci advint en l'an 693, alors que saint Claude était âgé de 86 ans. Il vécut encore six ans dans son monastère et sa mort fut douce et paisible. Quelques jours avant son départ de notre monde, il fut légèrement malade. Trois jours après le début de cette indisposition, il appela tous ses moines auprès de lui et leur enseigna une ultime fois l'amour de Dieu, le mépris des choses du monde et leur demanda de supporter avec résignation son proche trépas. Comme ils pleuraient, il donna à chacun d'entre eux un saint baiser de paix et lorsqu'ils eurent quitté sa cellule, il consacra sa nuit à la prière. Le jour venu de son départ, il se fit emmener à l'église où il communia avec ferveur aux Saints Corps et Sang du Christ. Se retrouvant dans sa cellule, il demanda aux moines présents que son ensevelissement se fasse sans pompe ni éclat. C'était le cinquième jour de sa maladie, à trois heures de l'après-midi, assis sur le siège où il lisait et priait habituellement... Il éleva ses mains et son regard vers les cieux et rendit doucement son âme au Seigneur.

Saint Claude naquit au Ciel à quatre-vingt-treize ans, le 6 juin 699, dans la quatrième année du règne de Childebert III. On mit sur son corps des parfums précieux et des aromates, mais on ne l'embauma pas car ainsi que cela fut vérifié plusieurs siècles plus tard, il n'y avait aucune trace d'incision sur son corps.

Sa sépulture fut modeste et longtemps resta oubliée, mais sa mémoire était déjà vénérée. Dans son martyrologe écrit vers l'an 860, Raban Maur, archevêque de Mayence portait à la date du 7 juin: « VII idus junu, depositio beati Claudii, episcopi. » (Le sept des ides de juin, déposition du bienheureux Claude, évêque). Si l'on vénérait sa mémoire, on ne commença à vénérer le corps de saint Claude qu'à partir de l'instant où dans la moitié du douzième siècle, on s'aperçut que son corps était incorrompu. Les miracles ne cessèrent plus à partir de cette époque-là. On le surnomma alors le thaumaturge et l'on ajouta ce titre à celui de saint qu'on lui donnait déjà (au neuvième siècle un document atteste que le corps de saint Claude se trouve à l'abbaye de Saint-Oyand).

Claude de la Roue dans un livre en latin écrit à la gloire de son saint patron, publié à Lyon en 1531 et comprenant cent soixante-dix-sept chapitres, écrivit que saint Claude: « était le consolateur des affligés, le libérateur des captifs, la résurrection des morts, la lumière des aveugles, l'ouie des sourds, la parole des muets, le salut des naufragés, le secours des religieux, la santé des malades, la force des faibles, le refuge de tous ceux qui avaient confiance en sa charité.

Comme dans les Actes des Apôtres, les linges qui avaient touché au saint apôtre Paul ou bien l'ombre de saint Pierre guérissaient, comme les os du prophète de Dieu Elisée ressuscitèrent par leur contact un cadavre entré en contact avec eux et par leur entremise avec la grâce de Dieu, le corps de saint Claude accomplit des miracles innombrables. Jusques au XVIIe siècle, on possédait encore au monastère de Saint~Oyand plusieurs volumes manuscrits dans lesquels étaient inscrits les actes de miséricorde de Dieu accordés par l'intercession de son saint thaumaturge Claude.

Les listes de miracles que nous possédons encore n'ont pas d'autre source. Parlant de son saint patron, Claude de la Roue n'exagère en rien les miracles que celui-ci accomplit, que l'on en juge plutôt par les exemples qui vont suivre et qui vont au-delà de l'époque où il écrivait.

Vers l’an 1172, un jeune homme fut étouffé par la foule qui se pressait pour vénérer le corps du saint. Pierre, archevêque de Tarentaise qui était présent, prit le corps sans vie et le porta près de celui de saint Claude et il demanda à saint Claude d'intercéder pour lui. Le jeune homme se leva d'entre les morts ! Un prêtre de Genève recouvra la vue, plusieurs enfants furent rendus à la vie, ce qui explique que souvent dans l'iconographie, le saint thaumaturge est représenté avec un enfant à ses pieds. À Lons-le Saunier, une femme paralytique, dans l'église Saint-Désiré, lors d'un voyage des reliques vers Arbois recouvra, elle, l'usage de ses membres. À Poligny, un aveugle et plusieurs malades furent guéris en l'église Saint-Hippolyte. Dans l'église Saint-Just à Arbois une femme tétraplégique amenée près du corps du hiérarque thaumaturge se leva pour remercier Dieu de l'avoir guérie; un homme à la main desséchée, se prosterna devant les reliques et sa main retrouva un aspect normal. Un aveugle vit. Un épileptique du nom d'André est rétabli dans sa santé. Un berger de Baume-les-Dames recouvre la vue après avoir demandé l'intercession du saint. Des enfants noyés sont ramenés à la vie… Bien d'autres miracles manifestent la grâce de Dieu par « Monsieur saint Claude l'ami de Dieu »; dans les archives de la préfecture du Jura, un antiphonaire manuscrit de 1234, établit une liste complète de ces interventions de Dieu par le truchement de saint Claude. Les siècles qui suivirent furent témoins d'autres miracles encore.

En 1455 Jean de la Vigne et Renaud de Trayes, vinrent en pèlerinage auprès des reliques de saint Claude pour le remercier de son intercession: deux ans plus tôt, prisonniers de pirates, ils se jetèrent à l'eau en demandant sa protection au saint thaumaturge et ils arrivèrent en sécurité au port de Savone (Ligurie).

La même année, Nicod Girod de Thonon et Pierre Destoy de Morges (canton de Vaud—Suisse) étaient sur le Lac Léman lorsqu'une tempête se leva. Le bateau fut envahi par les eaux. Ils se recommandèrent tous deux à la protection de la Très Sainte Mère de Dieu et de saint Claude. Deux passagers étaient déjà passés par-dessus bord. Redoublant leur demande d'intercession, ils virent la Mère de Dieu et saint Claude qui remettaient à flot leur bateau et ils furent sauvés et purent aborder sains et saufs le port de Saint-Sulpice (Suisse). Venus à Saint-Claude, ils voulurent que leur récit soit consigné dans un acte public.

En 1527, pendant la guerre d'Italie entre Charles-Quint et François Ier, Louis d'Arestel, noble bourguignon qui se battait avec les Milanais fut atteint par une lance à l'épaule gauche et reçut deux blessures sérieuses au ventre. Piétiné par les soldats des deux camps qui le comptaient pour mort, il se mit à prier saint Claude. Lorsque les combats prirent fin, il se releva sain et sauf ! Il en témoigna lui-même devant l'autel des reliques de saint Claudc.

Il n'est pas possible de faire une liste complète de tous ces miracles tant ils furent nombreux. En 1671, dans la nuit du 9 décembre, des réformés Genevois avancèrent vers le monastère de Saint-Claude avec l'intention bien arrêtée de brûler le corps du thaumaturge et de voler la châsse précieuse qui le contenait. Arrivant en vue du saint lieu, ils entendirent les cloches sonner et battre les tambours comme le voulait l'usage pendant le temps de l'Avent lorsque les offices allaient être célébrés. Croyant leurs plans déjoués et craignant d'être battus, ils s'enfuirent aussitôt.

En 1639, les troupes du Suédois Neymar, composées de Suédois et d'Allemands réformés, s'emparèrent de l'abbaye. Entrés dans l'église où reposait le corps du saint thaumaturge, ils voulurent forcer la grille de fer qui protégeait le chœur où se trouvait le riche reliquaire du saint. ils s'enfuirent soudain et racontèrent plus tard qu'une terrible et grande frayeur les avaient alors saisis et qu'ils n'avaient plus pu s'approcher de la châsse du saint. Il fallut alors murer le corps du hiérarque dans une muraille et lorsqu'on le retira (vraisemblablement en 1642 ou 1643) malgré l'humidité, le corps était intact. Une jeune fille paralytique qui le vénéra fut une des premières miraculées de cette vénération des reliques du saint. Le corps du thaumaturge exposait ses pieds nus trois fois par jour à la vénération des pèlerins et malgré cela, malgré l'exposition à l'air, il restait incorrompu.

En 1769, le Prince de Crony vint vénérer le corps du saint thaumaturge et un témoin oculaire nous rapporte les faits suivants: "Hier 14 septembre, on ouvrit toute la châsse pour faire voir le corps de saint Claude à monsieur le Prince. Je le vis à cette occasion. Il est toujours dans la même situation, la bouche ouverte; on y voit la langue, un peu de rougeur au palais, encore du brillant dans les yeux, quelques cheveux et la barbe; les deux mains sont sur l'estomac sans y être appuyées; tout son corps couché sur la longueur, et la tête un peu élevée sur un coussin, toujours palpable, sauf que la chair n'est pas bien blanche. On croit que c'est le souffle des personnes qui vont baiser les pieds qui occasionne cette couleur; le visage est plus blanc que le reste du corps " (manuscrit de Duvernoy).

Le corps de saint Claude, conservé par la grâce de Dieu pendant douze siècles attira la fureur imbécile et impie des révolutionnaires de 1794. Séide zélé des idées nouvelles, Simon Lejeune, député de l'Indre à la Convention, était un homme cruel, borné et sans scrupules. À Lons-le Saunier, il avait fait brûler les reliques de saint Désiré dans une cheminée pour se réchauffer les pieds !

Envoyé dans le Jura il déclara que « les peuples ne voulaient plus reconnaître d'autre Dieu que celui de la nature, d'autre religion que celle de la patrie, d'autre culte que celui de la liberté ,- (cité par La Vedette, journal de Besançon, An II, séance du 28 Ventose à la société populaire). Il ne pouvait supporter qu'il reste encore des "hochets de la superstition". Un soir, à minuit, après ripailles, il se fit donner les clés de la cathédrale et il y envoya chercher le saint corps du thaumaturge que les siècles avaient épargné. Des brutes épaisses le mirent en morceaux pour le porter au séminaire des Carmes où logeait Simon Lejeune. Pendant ce transport sacrilège, l'os de l'avant-bras du saint tomba à terre et un artisan du nom de Jaquet le conserva pendant toute la période révolutionnaire. Une femme, Marie-Anne Maillat, découvrit à terre l'index du saint qu'elle remit plus tard à l'évêché de Saint-Claude.

Cette même nuit—le 19 juin 1794—les restes insignes de saint Claude furent brûlés. Les cendres furent jetées dans un endroit de la Bienne appelé Coinchette. Des fragments du crâne demeuraient qui furent sauvés par un certain Jean-Marie Félix Prost, qui les donna ensuite à Clairvaux.

Se glorifiant de ce sacrilège devant la société populaire de Besançon, le commissaire de la République Morel, s'étonna de ce que « le grand saint Claude, qui toute sa vie avait fait des miracles, qui avait préservé du feu et des épidémies une grande partie de l'Europe, n'avait pu se garantir du brûlement (sic) que le représentant Lejeune lui avait fait subir ». (La Vedette, Journal de Besançon, tome V, p. 168). En 1799, un incendie ravagea la ville de Saint-Claude, « l'incendie ayant commencé, on ne sait comment, en plein midi, le ciel était serein et l'air calme, les habitants frappés d'un tel aveuglement et d'une stupeur si extraordinaire, que, malgré la présence des secours et l'heure favorable, loin d'employer les moyens d'éteindre le feu, chacun s'occupa de démeubler sa maison, la laissant dévorer par les flammes, de sorte qu'après un court espace de temps le sol que couvrait une ville riche et florissante n'offrait plus à la vue qu'un tas de décombres enflammés et de cendres fumantes. Le feu épargna une seule maison, celle d'un homme pieux du nom de Calais, dont l'épouse avait reçu le chapelet de saint Claude, que les impies lui avaient donné à l'instant où ils brûlaient la relique. » (Godescard Vie des Saints, 6 juin, Besançon 1836).

Le toit seul de la cathédrale Saint-Pierre fut touché. Après la période révolutionnaire, la vénération des reliques de saint Claude reprit.

Saint Hiérarque et Thaumaturge Claude Prie Dieu Pour Nous!

Tropaire de saint Claude, ton 1

Hiérarque du Ciel et ange sur la terre* Tu devins thaumaturge ô notre père saint Claude* Par le jeûne, les veilles et la prière* Tu as obtenu la grace de guérir les corps et les âmes* De ceux qui avec foi ont recours à ton inter cession* Gloire à Celui qui t'a donné la puissance* Gloire à Celui qui t'a couronné* Gloire à Celui qui par toi accorde à tous la guérison.

Kondakion de saint Claude, ton 8

A toi le pasteur et le médecin des âmes et des corps* D'une multitude de croyants de tous les siècles*Nous offrons des hymnes de louange et de reconnaissance*Car empli de la grâce du Saint Esprit et du zèle de la foi*Tu protèges par ta sainte prière tous ceux qui s'écrient vers toi* Réjouis-toi saint Claude grand thaumaturge.

Claude Lopez-Ginisty

(Cette vie fut publiée dans les années huitante dans la revue LE MESSAGER de l'Association Chrétienne des Etudiants Russes)

Livres consultés:

Anonyme du XVIe siècle: Saint Clavde Archevesque de Befançon 6 juin. Petits Bollandistes, Tome sixième, page 474. Butler, Vie des Saints, Tome 5, page 23.

La meilleure vie de saint Claude reste celle publiée anonymement au XIXe siècle à Besançon dans le volume II des Vie des Saints de Franche-Comté, consacré aux saints évêques.



L'Évêque Saint Claude retournant à son couvent 
pour y mourir à quatre-vingt-douze ans.

Saint Claude illustra par ses vertus la partie orientale de la Bourgogne connue sous le nom de Franche-Comté. Il naquit à Salins vers l’an 607, Boniface III étant pape, Phocas empereur d’Orient et Clotaire II roi des Francs, d’une illustre famille romaine.

Dès l’âge de sept ans, il fut confié à des maîtres habiles qui lui enseignèrent en même temps les leçons de la science humaine, de la Foi et de la piété. Il se plaisait beaucoup dans la lecture des Livres saints, des Actes des Martyrs, de la vie des Saints et des sermons des Pères et des Docteurs de l’Église ; aussi, jeune encore, devint-il fort instruit. Tous les jours on le voyait assister à la Messe ; il passait à l’église la plus grande partie des dimanches et des fêtes ; il ne se plaisait que dans la compagnie des personnes sérieuses et édifiantes : c’étaient des indices d’une vocation spéciale. Pourtant saint Claude exerça le métier des armes jusqu’à vingt ans, et ce n’est qu’alors qu’il entra dans la sainte milice.

Il fut le modèle des chanoines de la cathédrale de Besançon ; sa vie était celle d’un austère religieux. Pourtant ce n’était pas encore assez pour sa grande âme ; il se retira, douze ans plus tard, dans un couvent ; là, il ne vivait que de racines, reposait sur un dur grabat, n’aimait que la prière. Cinq ans après, il est abbé de son monastère. Ce n’est qu’à l’âge de soixante-dix-huit ans qu’il est élu, malgré ses larmes, archevêque de Besançon. Son épiscopat dura sept années, pendant lesquelles il s’acquitta aussi parfaitement que possible de tous les devoirs d’un pasteur. Bien loin de diminuer ses austérités et son assiduité à la prière, il les augmenta de plus en plus.

Jamais il ne manqua d’assister aux divins Offices avec ses chanoines. Il écoutait toujours avec une grande patience et une grande douceur les causes que ses prêtres venaient plaider devant lui et portait des décisions si équitables, que tout se réglait à la satisfaction des deux parties. Ses occupations ne purent l’empêcher d’adresser souvent la parole lui-même à son clergé et à son peuple ; il parlait de l’abondance du cœur avec une grande facilité et une simplicité toute paternelle. Les sermons du saint vieillard avaient tant de force, qu’ils arrachaient les âmes au vice, inspiraient la vertu et furent une cause du renouvellement de la Foi et des mœurs dans son diocèse.

Il profitait de ses visites pastorales pour exercer les œuvres de miséricorde corporelle en même temps que les œuvres de miséricorde spirituelle, visitant les malades, assistant les pauvres et ne refusant à personne un conseil ou une consolation.

Son grand âge le porta à retourner dans son monastère, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans, et il gouverna ses religieux pendant plusieurs années encore.

Après trois jours de maladie, il réunit ses frères, leur adressa une touchante exhortation, leur donna le baiser de paix et s’endormit doucement dans le Seigneur, à l’âge d’environ quatre-vingt-douze ans. C’était l’an 699, saint Serge Ier étant pape, Tibère III empereur d’Orient et Childebert III roi des Francs.


Saint Claude, évêque de Besançon 
© Musée de l'Image, Epinal

June 6

St. Claude, Archbishop of Besançon, Confessor

[Patron of the Diocess of St. Claude.] THE PROVINCE of eastern Burgundy, now called Franche Compté, received great lustre from this glorious saint. He was born at Salins about the year 603, and was both the model and the oracle of the clergy of Besançon, when, upon the death of Archbishop Gervaise, about the year 683, he was chosen to be his successor. Fearing the obligations of that charge, he fled and hid himself, but was discovered and compelled to take it upon him. During seven years he acquitted himself of the pastoral functions with the zeal and vigilance of an apostle; but finding then an opportunity of resigning his see, which out of humility and love of solitude he had always sought, he retired to the great monastery of St. Oyend or Ouyan on Mount Jura, and there took the monastic habit in 690. Violence was used to oblige him soon after to accept the abbatial dignity. Such was the sanctity of his life, and his zeal in conducting his monks in the paths of evangelical perfection, that he deserved to be compared to the Antonies and Pacomiuses, and his monastery to those of ancient Egypt. Manual labour, silence, prayer, reading of pious books, especially the Holy Bible, fasting, watching, humility, obedience, poverty, mortification, and the close union of their hearts with God, made up the whole occupation of these fervent servants of God, and were the rich patrimony which St. Claude left to his disciples. He died in 703, according to F. Chifflet; but, according to Mabillon and the authors of the new Gallia Christiana, in 696. His body was buried in the abbatial church of St. Oyend or Condate, and discovered there in 1243, and put into a silver shrine. It was found and is still preserved without the least blemish of corruption. The bowels are entire in the body, and the joints flexible. The feet are exposed bare three times every day to be kissed by pilgrims, for his shrine has been for many ages one of the most famous pilgrimages in France. The monastery and town changed their former names of Condate and St. Oyend for that of St. Claude. This great abbey of Benedictins not reformed, was secularized and converted into a collegiate of canons, in 1723, and into a cathedral in 1743, a rich bishopric being erected in it. The town of St. Claude is seven leagues from Geneva. The festival of this saint is kept on the 6th of June. His life, written only in the twelfth century, is given by Henschenius with notes. See F. Chifflet, in his Illustrationes Claudianæ. Mabillon, Act. Ben. Dunod, Hist. de l’Eglise de Besançon, p. 65, &c.


St. CLAUDE (SANCTI CLAUDII).

The Diocese of Saint-Claude comprised in the eighteenth century only twenty-six parishes, subject previously to the Abbey of Saint-Claude, and some parishes detached from the Dioceses of Besançon and Lyons. By the Concordat of 1802, the territory of this diocese was included in that of Besançon. Later the Concordat of 1817 re-erected the Diocese of Saint-Claude giving it as territory the Department of Jura, and making it suffragan to Lyons. The Abbey of Saint-Claude, the cradle of the diocese, was one of the most distinguished in the Christian world. Between 425 and 430 the hermits of Saints Romanus and Saint Lupic withdrew into the desert Condat, where Saint-Claude now stands, and there founded the monastery of Condat: other monks were; attracted to them, the land was cleared, and three new monasteries were founded: those of Lauconne, on the site of the present village of Saint Lupicin; La Balme, where Yole, the sister of Sts. Romanus and Lupicinus, assembled her nuns; and Romainmoutier, in the present Canton of Vaud. After the death of St. Romeanus (d. about 460), St. Lupicinus (d. about 480), St. Mimausus, St. Oyent (d. about 510), St Antidiolus, St. Olympus, St. Sapiens, St. Thalasius, St. Dagamond, St. Auderic, and St. Injuriosus were abbots of Condat, which was distinguished also by the virtues of the holy monks, St. Sabinian, St. Palladius, and St. Valentine (fifth century), St. Justus, St. Hymetierus, and St. Point (sixth century). The rule which was followed at the beginning in the monastery of Condat was drawn up between 510 and 515 and adopted by the great monastery of Agaune; later the rule of St. Benedict was introduced at Condat. Flourishing schools arose at once around Condat and from them came St. Romanus, Archbishop of Reims, and St. Viventiolus, Archbishop of Lyons. In the early years of the sixth century the peasants who gathered around the monastery of Condat created the town which was to be known later by the name of Saint-Claude.

The Life of St. Claudius, Abbot of Condat, has been the subject of much controversy. Dom Benott says that he lived in the seventh century; that he had been Bishop of Besançon before being abbot, that he was fifty-five years an abbot, and died in 694. He left Condat in a very flourishing state to his successors, among whom were a certain number of saints: St. Rusticus, St. Aufredus, St. Hipplytus (d. after 776), St Vulfredus, St. Bertrand, St. Ribert, all belonging to the eighth century. Carloman, uncle of Charlemagne, went to Condat to become a religious; St Martin, a monk of Condat was martyred by the Saracens probably in the time of Charlemagne. this Emperor was a benefactor of the Abbey of Condat; but the two diplomas of Charlemagne, formerly in possession of the monks of Saint-Claude, and now preserved in the Jura archives, dealing with the temporal interests of the abbey, have been found by M. Poupardin to be forgeries, fabricated without doubt in the eleventh century. A monk of Condat, Venerable Manon, after having enriched the abbey library with precious manuscripts was, about 874, appointed by Charles the Bald, head of the Palace school where he had among his pupils, St. Radbod, Bishop of Utrecht. Two abbots of Condat, St. Remy (d. 875) and St. Aurelian (d. 895), filled the archiepiscopal See of Lyons. In the eleventh century the renown of Abbey of Condat was increased by St. Stephen of Beze (d. 1116) by St. Simon of Crepy (b. about 1048), a descendant of Charlemagne; this saint was brought up by Mathilda, wife of William the Conqueror, was made Count of Valois and Vexin, fought against Philip I, King of France, and then became a monk of Condat. He afterwards founded the monastery of Monthe, went to the court of William the Conqueror to bring about reconciliation with his son, Robert, and died in 1080.

The body of St. Claudius, which had been concealed at the time of the Saracen invasions, was discovered in 1160, visited in 1172 by St. Peter of Tarentaise, and solemnly carried all through Burgundy before being brought back to Condat. The abbey and the town, theretofore known as Oyent, were thenceforeward called by the name of Saint-Claude. Among those who made a pilgrimage to Saint-Claude were Philip the bold, Duke of burgundy, in 1369, 1376, and 1382, Philip the Good in 1422, 1442, and 1443, Charles the Rash in 1461, Louis XI in 1456 and 1482, blessed Amadeus IX, Duke of Savoy, in 1471. In 1500 Anne of Brittany, wife of Louis XII, went there in thanksgiving for the birth of her daughter Claudia. The territory of Saint-Claude forme a veritable state; it was a member of the Holy Empire, but it was not a fief, and was independent of the Countship of Burgundy. In 1291, Rudolph of Hapsburg named the dauphin, Humbert de Viennois, his vicar, and entrusted him with the defense of the monastery of Saint-Claude. In the course of time, the Abbey of Saint-Claude became a kind of Chapter, to enter which it was necessary to give proof of four degrees of nobility The system of "commendam" proved injurious to the religious life of the abbey. Among the commendatory abbots of Saint-Claude were Pierre de la Baume (1510-44) during whose administration Geneva fell away from the faith; Don Juan of Austria, natural son of Philip IV (1645-79), and Cardinal d'Estrées (1681-1714). The Abbey of Saint-Claude and the lands depending on it became French territory in 1674, on the conquest of La Franche-Comté. At that the inhabitants of La Franche-Comté took him as their second regional patron, and associated him everywhere with St. Andrew, the first patron of the Burgundians. Benedict XIII prepared and Benedict XIV published a Bull on 22 January, 1742, decreeing the secularization of the abbey and the erection of the episcopal See of Saint-Claude. The bishop, who bore the title of count, inherited all the seignorial rights of the abbot. Moreover the bishop and the canons continued to hold the dependents of the old abbey as subject to the mortmain, which meant that these men were incapable of disposing of their property. The lawyer, Christian, in 1770, waged a very vigorous campaign in favour of six communes that protested against the mortmain, and disputed the claims of the canons of Saint-Claude to the property rights of their lands. Voltaire intervened to help the communes. The Parliament of Besançon, in 1775, confirmed the rights of the Chapter; but the agitation excited by the philosophers apropos of those subject to the mortmain of Saint-Claude, was one of the signs of the approaching French Revolution. In March, 1794, the body of St. Claudius was burnt by order of the revolutionary authorities.

Dole, where Frederick Barbarossa constructed in the twelfth century an immense castle in which he sojourned from time to time, but which has now disappeared, and where Philip the Good, Duke of Burgundy, established in 1422 a parliament and a university — transferred in 1691 to Besançon by Louis XIV — deserves mention in religious history. The Jesuits opened at Dole, in the sixteenth century, a celebrated establishment known as the Collège de l'Arc, the most important in France after the Collège de la Flèche. Anne de Sainctonge (1567-1621) founded there an important branch of the Ursulines, which left its mark in the history of primary education in France. The celebrated chemist, Pasteur (1822-95), was a native of Dole. Among the saints connected with the history of the diocese are: St. Anatolius, Bishop of Adana, in Cilicia, who died a hermit near Salins in the diocese (fifth century); St. Lautenus (477-547), founder of the monastery bearing his name; St. Bernond, who established the Benedictine abbey of Gigny and rebuilt in 926 the Benedictine abbey of Baume-les-Moines (ninth-tenth century); St. Colette of Corbie (1381-1447), foundress of the Poor Clare convent at Poligny in which town her relics are preserved; her friend Blessed Louise of Savoy (1462-1503), niece of Louis XI, King of France, and daughter of Blessed Amadeus IX of Savoy, wife of Hugue de Chalon, Lord of Nozeroy, then a Poor Clare in the monastery of Orbe founded by St. Colette; her relics were transferred to Nozeroy, and afterwards to Turin; Blessed John of Ghent, surnamed the hermit of Saint-Claude, celebrated in the fifteenth century for his prophecies in 1421 and 1422 to Charles VII and Henry V, King of England, relative to the deliverance of France and the birth of a dauphin; St. Francis de Sales; Ste Jane de Chantal, whose important interview at Saint-Claude in 1604 determined the foundation of the Visitation order; Venerable Frances Monet, in religion Françoise de Saint-Joseph (1589-1669); Carmelite nun at Avignon and miracle worker, born at Bonas in the diocese; Blessed Pierre François Néron, martyr, a native of the diocese (nineteenth century).


The principal pilgrimages in the Diocese of Saint-Claude are: the Church of St-Pierre at Baume-les-Moines, where numerous relics are preserved; Notre-Dame-de-Mont-Roland, end of the eleventh century; Notre-Dame-Miraculeuse, at Bletterans, 1490; Notre-Dame-de-la-Balme at Epy, sixteenth century; Notre-Dame-Libératrice, at Salins, 1639; Notre-Dame-de-Mièges, 1699; Notre-Dame-de-l'Ermitage, at Arbois, seventeenth century; Notre-Dame-du-Chêne, at Cousance, 1774. Before the application of the Law of 1901 against the congregations there were in the Diocese of Saint-Claude, Jesuits, and various teaching orders of brothers; the Trappists still remain there. Among the congregations of nuns which were first founded in the diocese are: the Soeurs du Saint-Esprit, teachers and hospitallers, with their mother-house at Poligny, and the Sisters of the Third Order of St. Francis of the Immaculate Conception, teachers and hospitallers, with their mother-house at Lons-le-Saunier. At the close of the nineteenth century the religious congregations directed in the diocese 39 day nurseries, 2 asylums for invalids, 6 boys' orphanages, 1 home for the poor, 1 asylum for Magdalenes, 14 hospitals or hospices, 3 dispensaries, 23 houses of nuns devoted to nursing the sick in their own homes, 1 house of retreat, 2 hospices for incurables, and 1, asylum for the insane. At the end of the Concordat period (1905) the Diocese of Saint-Claude contained 261,288 inhabitants, 34 parishes, 356 sucursal parishes, 24 vicariates, towards the support of which the State contributed.

Gallia christiana (nova, 1728), IV, 241-254; BENOÎT Hist. de l'abbye et de la terre de S. Claude, (Montreuil-sur-mer, 1890); POUPARDIN, Etude sur les deux diplômes de Charlemagne pour l'abbaye de S. Claude in Moyen-âge (1903); LARBEY DE BILLY, Hist. de l'Université du comté de bougogne, (Bresançon, 1814); BEAUNE AND D'ARBAUMONT, Les universités de Franche-Comté, (Dijon, 1870); PUFFENEY, Hist. de Dole, (Besançon, 1882); PIDOUX, Hist. de la confrérie de Saint Yves des avocats, de la Sainte Hostie miraculeuse et de la confrérie du Saint Sacrement de Dole, (1902).

Pierre-Louis-Théophile-Georges Goyau, «Saint-Claude », Catholic Encyclopedia (1913), Volume 13


'The Oracle & Model of the Clergy'—St Claudius of Besançon

Today, 6 June on the Church’s calendar, we celebrate the memory of St Claudius of Besançon (c. 607-696 or 699), also sometimes known as St Claudius the Thaumaturge. Unfortunately, the only sources I have on St Claudius are online, which means that ordinarily I wouldn’t bother blogging about him, but I feel obliged since I found this icon. Here is William Smith’s brief article on St Claudius in in his and Henry Wace’s A Dictionary of Christian Biography, Literature, Sects and Doctrines, Vol. I: A-D (London: John Murray, 1877), p. 552 (found on Google Books):

Claudius (10), St., II., 29th bishop of Besançon [Vesuntium], successor (according to the lists) of St Gervasius. On this saint the inventors of legends have compiled a vast farrago of improbabilities. It does not, however, seem unlikely that he sprang from a noble house, which afterwards produced the Salinensian princes; that from his earliest years he was enrolled amongst the clergy of Besançon; that after a novitiate in the abbey of Mount Jura [Condat] he was elected to succeed abbat Injuriosus in the year 641 or 642, under the pontificate of Pope John IV; that on the death of Gervase he was elected by the clergy of Besançon to be their archbishop; that after seven years he abdicated and returned to rule the abbey of Mount Jura; and that he died in AD 696 or 699.

St Claudius, in his lifetime the oracle and model of the clergy of Besançon, became after his death one of the most popular saints of France. In the 9th century Rabanus Maurus mentions him in his Martyrologium as an intercessor. The abbey of St Oyend in Mount Jura received his name, and became one of the most frequented points for pilgrimages. A town sprang up round it, as at Einsiedeln, which was only destroyed in 1799. His day is June 6. (Gallia Christ. xv. p. 17; Migne, Encycl. Theolog. xl.; Patrol. Lat. cx. p. 1149; Rabani Mauri, Martyrolog.)

According to the recent wholesale revision of Butler’s Lives of Saints (also on Google Books!), ‘Some of the people of the area were convinced that demons lived in the dark valleys of the Jura Mountains, and Claud was often invoked for his protection’ (Kathleen Jones, Butler’s Lives of the Saints, New Full Edition: June [Collegeville, MN: Liturgical, 1997], p. 54). This article also points out the long-standing confusion between our St Claudius, and another bishop of Besançon named Claudius who lived a century earlier and attended the council of Epaonum in 517. According to this site, the later St Claudius (whom we are celebrating today) was born 'in the castle of Bracon, near Salins, from the Gallo-Roman family of Claudia', and served as a border guard before laying down his arms for the life of a canon (hence the sword and helmet at his feet in the icon).

What Smith calls ‘the abbey of Mount Jura’ is the Condat Monastery, the lives of the founders of which are told in the anonymous Lives of the Jura Fathers (see The Lives of the Jura Fathers, trans. Tim Vivian, Kim Vivian, and Jeffrey Burton Russell [Kalamazoo, MI: Cistercian, 1999]). The ‘town [that] sprang up round it’ was originally named ‘St-Oyend’ for St Eugendus of Condat, but came to be called St-Claude due to the latter’s great popularity. Smith neglects to mention the specific fate of St Claudius’s relics, which were preserved incorrupt for at least four or five hundred years, but then burned by the barbaric revolutionaries in 1794. According to a 1976 account by an anonymous pilgrim printed in ‘Introduction to Orthodox Gaul’ by Fr Seraphim (Rose) (in Vita Patrum: The Life of the Fathers, by St Gregory of Tours, trans. Hieromonk Seraphim [Rose] & Paul Bartlett [Platina, CA: St Herman of Alaska Brotherhood, 1988], p. 147), the cathedral of St-Claude contains a chapel dedicated to the Saint, where there is preserved a finger of his left hand. According to this site:

In the cathedral, the St Claude chapel keeps a shrine with the wax replica of the body of the saint; the treasure of the cathedral includes the authentic forearm of the saint, that escaped desecration in 1794, whereas his left little finger is kept in a separate reliquary. When the revolutionaries burned the body of the saint, his forearm and little finger were stolen and hidden by François Joseph Jacquet, whose house was the only one to escape the 1799 blaze [mentioned by Smith].

The same article mentions, incidentally, that as a canon in Besançon, St Claudius ‘became a famous professor and ascete’, and that as abbot of Condat, he ‘imposed the Benedictine rule and was compared to the Egyptian monks Antoine and Pacôme the Great’.

SOURCE : http://logismoitouaaron.blogspot.ca/2009/06/oracle-model-of-clergyst-claudius-of.html

June 6

St. Claude, Archbishop of Besançon, Confessor

[Patron of the Diocess of St. Claude.]  THE PROVINCE of eastern Burgundy, now called Franche Compté, received great lustre from this glorious saint. He was born at Salins about the year 603, and was both the model and the oracle of the clergy of Besançon, when, upon the death of Archbishop Gervaise, about the year 683, he was chosen to be his successor. Fearing the obligations of that charge, he fled and hid himself, but was discovered and compelled to take it upon him. During seven years he acquitted himself of the pastoral functions with the zeal and vigilance of an apostle; but finding then an opportunity of resigning his see, which out of humility and love of solitude he had always sought, he retired to the great monastery of St. Oyend or Ouyan on Mount Jura, and there took the monastic habit in 690. Violence was used to oblige him soon after to accept the abbatial dignity. Such was the sanctity of his life, and his zeal in conducting his monks in the paths of evangelical perfection, that he deserved to be compared to the Antonies and Pacomiuses, and his monastery to those of ancient Egypt. Manual labour, silence, prayer, reading of pious books, especially the Holy Bible, fasting, watching, humility, obedience, poverty, mortification, and the close union of their hearts with God, made up the whole occupation of these fervent servants of God, and were the rich patrimony which St. Claude left to his disciples. He died in 703, according to F. Chifflet; but, according to Mabillon and the authors of the new Gallia Christiana, in 696. His body was buried in the abbatial church of St. Oyend or Condate, and discovered there in 1243, and put into a silver shrine. It was found and is still preserved without the least blemish of corruption. The bowels are entire in the body, and the joints flexible. The feet are exposed bare three times every day to be kissed by pilgrims, for his shrine has been for many ages one of the most famous pilgrimages in France. The monastery and town changed their former names of Condate and St. Oyend for that of St. Claude. This great abbey of Benedictins not reformed, was secularized and converted into a collegiate of canons, in 1723, and into a cathedral in 1743, a rich bishopric being erected in it. The town of St. Claude is seven leagues from Geneva. The festival of this saint is kept on the 6th of June. His life, written only in the twelfth century, is given by Henschenius with notes. See F. Chifflet, in his Illustrationes Claudianæ. Mabillon, Act. Ben. Dunod, Hist. de l’Eglise de Besançon, p. 65, &c.
Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume VI: June. The Lives of the Saints.  1866.


SOURCE : http://www.bartleby.com/210/6/064.html