dimanche 3 juin 2012

Sainte CLOTILDE, reine


Sainte Clotilde

Elle naît à Lyon vers 470. A la mort de son père, Chilpéric, roi des Burgondes, elle se retira avec sa mère et sa sœur à Genève. Sa sœur, Sédéleube devient religieuse. Clotilde, elle, est donnée en mariage au roi des Francs, Clovis, en 493. Elle ne rendit pas son mari moins sanguinaire; il continua de tuer les membres de sa famille et les chefs francs qui le gênaient ; mais avec les évêques qu'elle fréquentait, elle prépara sa conversion. Il l'avait autorisée à faire baptiser leurs enfants. Le premier étant mort, Clovis attribua ce malheur à son baptême; le deuxième ayant failli mourir mais ayant été sauvé, il attribua sa guérison aux prières de la reine et au Dieu qu'elle servait. Il se ressouvint de lui, l'année suivante, à Tolbiac (en 496) face aux Alamans envahisseurs. Se voyant au moment de perdre, lui qui toujours gagnait, il s'écria : « Dieu de Clotilde, si tu me donnes la victoire, je me fais chrétien. » Il vainquit quelques semaines après, il reçut le baptême à Reims des mains de l'évêque Saint Rémi, avec trois mille de ses guerriers; ce jour-là, la Gaule franque devenait officiellement chrétienne. Clotilde fut une veuve (511-545) dont le cœur maternel souffrit beaucoup. Sa fille unique lui fut enlevée pour devenir la femme d'un arien, le roi des Wisigoths d'Espagne. Ses fils commirent des crimes affreux; Childebert et Clotaire allèrent jusqu'à poignarder presque   sous ses yeux les orphelins de leur frère Clodomir, pour les empêcher de régner. Ce dernier forfait détermina Clotilde à abandonner Paris, dont Clovis avait fait sa capitale. Elle partit pour Tours et y vécut dès lors près du tombeau de Saint Martin, jusqu'à sa mort, le 3 juin 545.

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/06/04/231/-/sainte-clotilde


SAINTE CLOTILDE

Reine de France

(476-545)

Sainte Clotilde était fille de Chilpéric, roi catholique d'une partie de la Bourgogne, et nièce du prince arien Gondebaud. Appelée par Dieu à la grande mission du salut de la France, elle fut élevée au palais de son oncle, assassin de sa famille. La mère de Clotilde avait déposé dans son coeur, avec la foi, les germes de la piété; aussi, dans une cour hérétique, sut-elle résister à toutes les sollicitations de Gondebaud et conserver la foi de son baptême.

Clovis, roi des Francs, entendit parler de la beauté, des vertus et de toutes les grandes qualités de la jeune princesse et la fit demander en mariage à Gondebaud, qui n'osa la refuser. Le mariage eut lieu en 493. Clotilde comprit qu'elle n'avait été appelée à partager le trône d'un roi païen que pour remplir les vues de Dieu sur un peuple généreux mais non éclairé de la lumière de l'Évangile.

Elle eut soin de gagner les bonnes grâces d'un époux magnanime, mais violent et barbare; elle usa de son influence pour lui parler de Jésus-Christ. Clovis l'écoutait avec intérêt; toutefois, il ne se hâtait pas; il lui permit cependant de faire célébrer le culte catholique dans le palais et consentit au baptême de son premier-né. Clotilde mettait sur la tête de cet enfant toutes ses espérances pour la conversion de son peuple, quand Dieu, dont les desseins sont impénétrables, le ravit à la terre. A la colère du roi, à ses reproches, la douce reine répondit: "Je remercie Dieu de ce qu'Il m'a jugée digne de mettre au monde un fils qui est maintenant dans le Ciel." Un second enfant fut baptisé encore et tomba malade. Nouvelle et plus terrible colère de Clovis; mais les prières de Clotilde furent entendues, et Dieu envoya des Anges guérir tout à coup le petit agonisant. Le moment de la grâce était venu.

A la bataille de Tolbiac, après un choc terrible, les Francs pliaient, quand Clovis, dans une illumination soudaine, s'écria: "Dieu de Clotilde, donne-moi la victoire et Tu seras mon Dieu!" Le courage renaît à ses soldats et bientôt la victoire des Francs est complète. Peu après, Clovis était baptisé par saint Rémi, à Reims; ce fut le signal du baptême de la nation entière.

Clovis mourut en 511, à l'âge de quarante-cinq ans, et Clotilde, dégoûtée du monde, éprouvée dans ses enfants, quitta bientôt la cour pour aller finir sa vie dans les larmes, les prières les aumônes, au fond d'un couvent. Prévenue du jour de sa mort, elle fit venir ses enfants, leur adressa ses dernières recommandations, et alla recevoir au Ciel sa récompense, le 3 juin 545.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE :  http://magnificat.ca/cal/fr/saints/sainte_clotilde.html


Sainte Clotilde, reine de France, femme de Clovis Ier, était fille de Chilpéric, roi des Bourguignons, qui fut assassiné par Gondebaud, son frère. Chilpéric laissa quatre enfants ; trois furent sacrifiés par le meurtrier de leur père, Clotilde seule trouva grâce devant lui. Il la fit élever sous ses yeux, et l'on remarque avec raison que, par un bonheur particulier, elle repoussa l'arianisme dont toute cette cour faisait profession. Lorsqu'elle décida son époux à embrasser la religion chrétienne, il lui dut l'avantage de recevoir la foi pure, telle que la conservait le clergé gaulois, ce qui mit tous les ecclésiastiques dans son parti. Clovis eut beaucoup de peine à obtenir la main de Clotilde : Gondebaud, son oncle, craignait de l'unir à un guerrier auquel rien ne résistait, et qui pourrait un jour réclamer les droits que son épouse avait sur la Bourgogne. Clovis menaça ; la crainte d'une guerre prochaine étourdit sur les craintes de l'avenir : le mariage se fit en 493. Par ses vertus, par l'étendue de son esprit et par sa rare beauté, cette reine acquit un grand ascendant sur Clovis ; elle le pressait souvent de se faire chrétien, action qui devait lui attacher les Gaulois, et dont il prévoyait sans doute l'importance, puisqu'avant sa conversion il permettait que Clotilde fît baptiser leurs enfants ; mais il était retenu par la crainte de blesser les préjugés de son armée. En unissant l'époque de son baptême à une victoire qui enrichissait ses soldats et assurait leur conquête, ce prince montra toute la sagesse de sa politique. Après sa mort, arrivée en 511, ses fils portèrent la guerre dans le royaume de Bourgogne. Les historiens prétendent que Clotilde les poussa à cette expédition, qui lui paraissait d'autant plus juste, qu'il s'agissait de venger la mort de son père Chilpéric ; mais quand on connaît les mœurs de cette époque, on sait que les Francs n'avaient pas besoin d'être excités pour tenter de nouvelles conquêtes, et que d'ailleurs ils ne faisaient que suivre les projets de Clovis, qui avait toujours voulu établir la domination des siens sur la Gaule entière. Clodomir, roi d'Orléans, Childebert, roi de Paris, et Clotaire, roi de Soissons, s'unirent pour chasser du royaume de Bourgogne Sigismond, fils et successeur de Gondebaud. Clodomir fut tué dans une bataille que ses soldats gagnèrent par le désir de venger sa mort : il laissa trois fils, qui, selon la coutume des Francs, devaient se partager son royaume d'Orléans ; mais Childebert et Clotaire les ayant fait demander à Clotilde, sous prétexte de les couronner, les attirèrent à Paris, afin de les dépouiller de leur héritage. Ils envoyèrent à cette princesse des ciseaux et une épée, en lui faisant dire qu'elle allait fixer le sort de ses petits-fils : que, sur sa réponse, ils seraient relégués dans un cloître ou assassinés. On prétend que Clotilde, dans l'excès de sa douleur, répondit : « J'aimerais mieux les voir morts que dépouillés de leurs couronnes ». Mais peut-on croire que les princes dévorés d'ambition aient fait dépendre la vie de leurs neveux de la réponse d'une mère qui n'avait pas le droit de prononcer dans une circonstance aussi importante ? Clotaire égorgea de sa main les deux fils aînés de Clodomir, le troisième fut sauvé. Clotilde, entièrement résignée aux volontés de Dieu, se fixa à Tours, auprès du tombeau de saint Martin, s'éloignant peu de sa retraite, ou seulement lorsqu'elle pouvait espérer d'être utile à ses fils. Elle y mourut en l'an 543. Son corps fut apporté à Paris, dans l'église de St-Pierre et St-Paul (depuis Ste-Geneviève), pour être enseveli auprès de Clovis. Plusieurs historiens, en rendant justice aux éminentes qualités de cette reine, l'ont accusée de s'être laissée entraîner par la vengeance et par l'ambition. Après treize siècles écoulés, il est difficile de décider si la guerre déclarée aux Bourguignons fut excitée par elle, ou seulement par le désir qu'avaient ses fils d'accomplir les projets de Clovis. La mort cruelle et la spoliation des enfants de Clodomir ont prouvé qu'en perdant son époux elle perdit toute son autorité ; et si la guerre contre les Bourguignons ne fut pas son ouvrage, sur quoi repose le reproche qu'on lui fait de s'être abandonnée à l'ambition et à la vengeance ? Nos historiens sont quelquefois légers dans leurs jugements, faute de connaître les mœurs des peuples qui les occupent. S'ils pensent que les Francs avaient besoin d'être encouragés par une femme pour faire la guerre à leurs voisins, ou pour se combattre entre eux, c'est qu'ils ne réfléchissent pas assez sur le caractère des barbares qui s'emparèrent des plus belles provinces de l'empire ; la guerre était pour eux un état naturel. Madame de Renneville a publié une Vie de sainte Clotilde, Paris, 1809, in-12. (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 8 - Pages 478-479)


Sainte Clotilde, Reine et Veuve

Reine de France par son mariage avec Clovis encore païen, Clotilde exerça sur son époux une influence bienfaisante et l’amena à se convertir à la foi chrétienne avec son royaume. On connaît l’appel de Clovis : « Dieu de Clotilde, donne-moi la victoire et tu seras mon Dieu. » Le Christ le rendit vainqueur et peu après le roi des Francs fut baptisé à Reims par S. Rémi : 25 décembre 498.

À la mort de son époux, Clotilde se retira à Saint-Martin de Tours, mais continua vraisemblablement à influencer ses trois fils : Clodomir, Childebert et Clotaire.

Par ailleurs très pieuse, elle fit ériger un monastère (aux Andelys), agrandir Saint-Pierre de Reims, reconstruire les Saints-Apôtres de Rouen et fut associée à la construction de la basilique des Saints-Apôtres à Paris, la nouvelle capitale du royaume. Elle termina ses jours dans la piété, auprès du tombeau de saint Martin, à Tours où elle mourut, le 3 juin 545. Elle fut enterrée à Paris aux côtés de son époux Clovis, dans l’abbaye Saints-Pierre et Paul (actuel lycée Henri-IV).

La France invoque et chante en Clotilde celle qui lui a valu le don de la foi.


Sainte Clothilde..
Vitrail néogothique dans l'église Saint-Martin de Florac

Leçons des Matines avant 1960

Quatrième leçon. Clotilde, fille du roi Chilpéric, après le meurtre de sus parents, fut élevée par son oncle Gondebaud, roi de Bourgogne, qui la donna en mariage à Clovis encore païen. Étant devenue mère, elle fit baptiser son premier-né, avec la tolérance plutôt que l’assentiment de Clovis. L’enfant, à qui on avait donné le nom d’Ingomer, étant venu à mourir lorsqu’il portait encore la robe blanche des néophytes, Clovis se plaignit vivement à Clotilde, attribuant la perte de son fils à la vengeance des dieux de ses pères irrités du mépris qu’on avait fait de leur divinité. Mais Clotilde disait : Je rends grâces au tout-puissant Créateur de toutes choses, de ce qu’il ne m’a pas jugée indigne de mettre au monde un fils appelé à partager son royaume.

Cinquième leçon. Ayant mis au monde un second fils, elle voulut aussi qu’il fût baptisé ; on lui donna le nom de Clodomir. L’enfant étant tombé malade, le roi affirmait déjà qu’il allait avoir le même sort que son frère, lorsqu’il fut guéri par les prières de sa mère. Cependant la reine ne cessait d’exhorter son époux à repousser l’idolâtrie pour adorer le Dieu unique en trois personnes ; mais Clovis se tenait attaché aux superstitions des Francs, jusqu’à ce qu’un jour, dans une expédition contre les Allemands, ayant vu son armée fléchir, il se souvint des conseils de Clotilde, et implora le Christ qui lui donna la victoire. Clotilde, pleine de joie, vint au-devant de lui jusqu’à Reims, ayant su la manière dont tout s’était passé. Appelé par elle, saint Rémi instruisit Clovis des mystères de la foi, le baptisa et lui conféra l’onction du saint chrême.

Sixième leçon. Après la mort de Clovis, Clotilde se fixa à Tours, où elle passa le reste de sa vie au tombeau de saint Martin, se livrant aux veilles, à l’aumône et aux autres œuvres de la piété, exerçant sa munificence envers les églises et les monastères. Clodomir ayant été tué dans la guerre de Bourgogne, elle éleva près d’elle ses petits-fils, Théobald, Gontaire et Clodoald. Enfin, pleine de jours, elle rendit son âme au Seigneur, à Tours, et son corps fut transféré à Paris, escorté do chœurs qui chantaient des psaumes. Les rois Childebert et Clotaire ses fils l’ensevelirent à côté de Clovis, dans le sanctuaire de la basilique de Saint-Pierre qui a reçu depuis le nom de Sainte-Geneviève.

A Laudes

V/. Tu es Deus, qui facis mirabília. (T.P. Allelúia.)

R/. Notam fecísti in pópulis virtútem tuam. (T.P. Allelúia.)

Ad Bened. Ant. Cum invocásset * Clotíldis ómnium rectórem et salvatórem Deum, convértit Deus spíritum Clodovéi regis. (T.P. Allelúia.)

V/. Vous êtes le Dieu qui opérez des merveilles. (T.P. Alléluia.) [1]


R/. Vous avez fait connaître parmi les peuples votre puissance. (T.P. Alléluia.)

Ant. au Benedictus Parce que Clotilde avait invoqué * le Dieu sauveur qui dirige toute chose, Dieu convertit l’esprit du roi Clovis. (T.P. Alléluia.)

Aux Vêpres

V/. Diffúsa est grátia in lábiis tuis. (T.P. Allelúia.)

R/. Proptérea benedíxit te Deux in ætérnum. (T.P. Allelúia.)

Ad Magnificat Ant. Manum suam * apéruit ínopi, et palmas suas exténdit ad páuperem, et panem otiósa non comédit. (T.P. Allelúia.)

V/. La grâce est répandue sur vos lèvres. (T.P. Alléluia.) [2]

R/. C’est pourquoi le Seigneur vous a bénie pour l’éternité. (T.P. Alléluia.)

Ant. au Magnificat Sa main, * elle l’a ouverte à l’homme sans ressources, ses bras, elle les a étendus vers le pauvre, et elle n’a pas mangé le pain dans l’oisiveté. (T.P. Alléluia.) [3]

[1] Ps. 76, 15.


[2] Ps. 44, 2.

[3] Prov. 31, 20.


Statue de sainte Clotilde, 
reine des Francs, épouse de Clovis Ier. 
Notre-Dame de Corbeil. XIIe siècle.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

En cette saison où l’Office du Temps nous amène à considérer les premiers développements de la sainte Église, il entrait dans les vues de l’éternelle Sagesse que les fêtes des Saints complétassent, comme toujours, les enseignements du Cycle mobile. Le Paraclet, dont l’avènement est si près de nous, doit remplir la terre [4] ; l’Homme-Dieu l’envoie conquérir l’espace et assurer les temps à son Église. Or, c’est en soumettant les royaumes par la foi, qu’il doit former au Christ son empire ; c’est en faisant que l’Église s’assimile les nations, qu’il donne à l’Épouse croissance et durée. Voici donc qu’au temps même où il vient de nouveau s’emparer du monde, les coopérateurs de l’Esprit dans son œuvre de conquête apparaissent de toutes parts au ciel de la sainte Liturgie. Mais l’Occident surtout concourt à former la constellation qui vient mêler ses clartés radieuses aux feux puissants de la Pentecôte. Et, en effet, l’établissement de la chrétienté latine ne manifestera-t-il pas plus que nulle part ailleurs, dans ces lointaines contrées, la toute-puissance de l’Esprit du Christ ? Aussi voyez comme, partis d’Orient, les deux astres incomparables des princes des Apôtres se hâtent, sur notre horizon, vers le zénith glorieux qu’ils atteindront en ce mois même ; hier Jean, le disciple bien-aimé, projetait sur la Gaule ses derniers, ses plus durables rayons [5] ; quelques jours plus tôt, c’était le pape Éleuthère et le moine Augustin joignant leur action à travers les siècles, pour porter la lumière du salut dans l’extrême Occident, chez les Bretons et les Angles ; après-demain, Boniface illuminera la Germanie.

Mais aujourd’hui, quelle autre étoile se lève en nos régions ? Son doux éclat rivalise en vertu avec la lumière des plus puissants flambeaux du Christ. La ville de Lyon, préparée par le sang des martyrs à cette seconde gloire, vit grandir dans son sein l’astre nouveau ; comme d’eux-mêmes, après trois siècles, ses rayons se mêlent à ceux de Blandine. Comme Blandine en effet, Clotilde est mère ; et la maternité de l’esclave, engendrant pour le ciel dans sa virginité les martyrs gaulois, préparait la naissance des Francs au Christ-Dieu du sein de leur première reine. Clotilde n’eut point comme Blandine à verser son sang ; mais d’autres tortures l’atteignirent cruellement toute jeune encore, et mûrirent son âme pour les grandes destinées que Dieu réserve aux privilégiés de la souffrance. La mort violente de son père Chilpéric détrôné par un usurpateur fratricide, la vue de ses frères massacrés, de sa mère noyée dans le Rhône, sa longue captivité à la cour arienne du meurtrier qui amenait avec lui l’hérésie sur le trône des Burgondes, développèrent en elle le même héroïsme de foi qui soutenait Blandine dans l’enfantement douloureux de l’amphithéâtre, et devait faire également de la nièce de Gondebaud la mère de tout un peuple. Unissons donc leurs noms dans un même hommage ; et, prosternés aux pieds du Père souverain de qui découle toute paternité sur la terre et au ciel [6], adorons ses voies remplies pour nous de tendresse et d’amour.

Dieu, qui n’a tiré du néant l’univers visible que pour manifester sa bonté, a voulu que l’homme, sortant de ses mains sans pouvoir encore contempler directement son auteur, rencontrât comme première traduction de l’amour infini la tendresse d’une mère : traduction sublime, irrésistible dans sa douceur, et dont l’exquise pureté donne à la mère cette facilité qui n’appartient qu’à elle seule d’achever par l’éducation, dans l’âme de son enfant, la reproduction complète de l’idéal divin qui doit s’imprimer en lui. Mais la fête d’aujourd’hui nous révèle combien plus sublime encore, plus puissante et plus étendue que dans l’ordre de la nature, est la maternité dans l’ordre supérieur de la grâce. Lorsque Dieu en effet, venant parmi nous, voulut prendre chair au sein d’une fille d’Adam, la maternité s’éleva jusqu’à la limite extrême qui sépare les dons d’une simple créature des attributs divins. En même temps qu’elle s’élevait par delà les cieux, elle embrassait le monde, rapprochant tous les hommes, sans distinction de familles ou de nations, dans la filiation de la Vierge-Mère. Car l’Adam nouveau, modèle parfait de la race humaine et notre premier-né [7], nous voulait pour frères en toute plénitude, frères en Marie comme en Dieu[Matth. I, 25 ; Heb. I, 6.]]. La Mère de Dieu fut donc proclamée celle des hommes au Calvaire ; du haut de sa croix, l’Homme-Dieu replaçait sur la tète de Marie la couronne d’Ève, brisée près de l’arbre fatal. Constituée l’unique mère des vivants par cette auguste investiture [8], Notre-Dame entrait une fois de plus en communication des privilèges du Père qui est aux cieux. Non seulement elle était, par nature comme lui, mère de son Fils éternel ; mais de même que toute paternité découle ici-bas de ce Père souverain, et lui emprunte sa dignité suréminente : toute maternité ne fut plus dès lors, dans un sens très vrai, qu’un écoulement de celle de Marie, une délégation de son amour, et la communication de son auguste privilège d’enfanter à Dieu les hommes qui doivent être ses fils.

Les mères chrétiennes ont bien le droit de s’en glorifier, car c’est là leur grandeur ; leur dignité s’est accrue par Marie jusqu’à un point que n’aurait pu soupçonner la nature. Mais en même temps, sous l’égide de Marie, comme hier en notre Blandine, non moins réelle pour Dieu que la leur apparaîtra maintes fois, désormais, la maternité des vierges ; comme Clotilde aujourd’hui, souvent aussi l’épouse, préparée par l’appel de Dieu et la souffrance, se verra douée d’une fécondité plus grande mille fois que celle qui lui venait de la terre. Heureux les hommes issus, par la faveur de Marie, de cette fécondité surnaturelle qui réunit toutes les grandeurs ! Heureux les peuples auxquels une mère fut donnée par la divine munificence !

L’histoire nous apprend que les fondateurs des empires ont toujours eu la prérogative redoutable d’imprimer aux nations le caractère, néfaste ou bienfaisant, qui marque leur existence à travers les siècles. Combien parfois on sent, dans l’impulsion qui leur fut donnée pour détruire plutôt que pour édifier, le manque d’un contrepoids à la prépondérance du pouvoir ! C’est que les peuples anciens n’avaient point de mères ; on ne peut donner ce titre aux héroïnes qui n’ont transmis leurs noms à la postérité, que pour avoir rivalisé d’ambition et de faste avec les conquérants. Il était réservé aux temps chrétiens de voir s’introduire dans la vie des nations cet élément de la maternité, plus salutaire, plus efficace en son humble douceur, que celui qui résulte des qualités ou des vices, de la puissance ou du génie de leurs premiers princes.

Dans le christianisme même, la sainteté que demande chez la créature qui en est investie cette maternité sublime, en fait l’apanage exclusif de l’Église catholique, seule sainte, et des nations qui sont dans l’Église ; les empires issus du schisme ou de l’hérésie n’ont point à y prétendre. Rejetés par ce côté au rang des nations païennes, ils pourront exceller comme elles dans la richesse ou la force, être appelés même d’en haut au sinistre honneur d’être les fléaux de Dieu contre des enfants indociles ; mais il restera toujours dans leur formation sociale, dans leur vie entière, un vide immense : sortis de la terre directement, fils de leurs œuvres, comme on dit aujourd’hui, ils n’ont point bénéficié des prières et des larmes d’une mère ; son sourire n’a point éclairé leurs premiers pas, adouci leur enfance. En conséquence, selon le mot du poète latin, ils ne seront point admis à la table divine, ni aux intimités d’une alliance véritable avec le ciel [9] ; et jamais la vraie civilisation n’avancera par leurs mains.

Les peuples fidèles, au contraire, sont pour l’Église, qui est le royaume de Dieu, comme les familles dont le rapprochement sous une même unité sociale forme la nation ; leur vocation, d’ordre avant tout surnaturel, appelle en eux une plénitude de vie au développement de laquelle s’emploient, dans l’éternelle Trinité, la Toute-Puissance, la Sagesse et l’Amour. Aussi, bien que la nature ait l’honneur de fournir ici les termes du langage et les points de comparaison, ses procédés et sa puissance sont tellement surpassés à ces hauteurs divines, qu’elle n’y apparaît plus que comme une faible image, presque fautive à force d’être incomplète. Mais parmi les nations baptisées dans la foi au Christ et la soumission à son vicaire, c’est à la France surtout qu’il appartient de s’écrier avec le Psalmiste ; « O Seigneur qui avez prévu mes voies et longtemps à l’avance fixé mes destinées, votre science, dans le travail de ma formation, a été merveilleuse ! Mes reins vous appartiennent ; avec ses aspirations et ses pensées, tout mon être est à vous ; car vous m’avez reçu dans vos bras comme votre œuvre, lorsque je sortais du sein même de ma mère. Aucun de mes os qui vous soit caché, à vous qui l’avez façonné dans le secret des entrailles maternelles et qui connaissez l’imperfection de mes premières origines » [10].

Il fallut du temps pour dompter les instincts farouches des guerriers de Clovis, et préparer leur épée à la noble mission dont elle était appelée à devenir, dans la main de Charlemagne et de saint Louis, l’instrument glorieux. On a dit avec raison que ce travail fut l’honneur des évêques et des moines. Mais, pour être complet et faire preuve d’une science plus approfondie des voies de la Providence, il eût convenu d’oublier moins la part que devait avoir la femme, et qu’elle eut en effet, dans l’œuvre de la conversion et de l’éducation qui firent du peuple franc le premier-né de l’Église. C’est Clotilde qui conduit les Francs au baptistère de Reims, et présente à Rémi le fier Sicambre transformé beaucoup moins par les exhortations du saint évêque, que par la vertu des prières de la femme forte élue de Dieu pour enlever cette riche dépouille à l’enfer. Quelle virile énergie, quel dévouement à Dieu nous révèlent les démarches de cette noble fille du roi détrôné des Burgondes, qui, sous l’œil soupçonneux de l’usurpateur meurtrier de sa famille, attend l’heure du ciel dans l’exercice de la charité et le silence de l’oraison : jusqu’à ce que, le moment venu enfin, ne prenant conseil que de l’Esprit-Saint et d’elle-même, elle s’élance pour conquérir au Christ cet époux, qu’elle ne connaît pas encore, avec une vaillance qui dépasse celle des guerriers formant son escorte ! La force et la beauté [11] sont véritablement sa parure au jour des noces ; le cœur de Clovis a bientôt compris que les conquêtes réservées à cette épouse, l’emporteront sur le butin ravi jusque-là par ses armes. Clotilde, au reste, a trouvé sur les rives de la Seine son œuvre préparée ; depuis cinquante ans, Geneviève est debout, défendant Paris contre l’invasion des hordes païennes, et n’attendant que le baptême du roi des Francs pour lui ouvrir ses portes.

Toutefois, lorsque dans cette même nuit de Noël qui vit Notre-Dame donner au monde l’Enfant divin, Clotilde a enfanté pour Marie à l’Église son peuple premier-né, l’œuvre est loin d’être achevée ; il s’agit de faire maintenant de ce peuple nouveau, dans les labeurs d’une lente éducation, la nation très chrétienne. L’élue de Dieu et de Notre-Dame ne défaille point à sa tâche maternelle. Que de larmes pourtant il lui faudra verser encore ! que d’angoisses sur des fils dont la violence de race semble indomptable, livrés par l’exubérance même de leur riche nature à la fougue des passions qui les pousse en aveugles aux crimes les plus atroces ! Les petits-fils qui grandissaient près d’elle, massacrés dans un infâme guet-apens par des oncles perfides ; des guerres fratricides, promenant la dévastation sur tout ce territoire de la vieille Gaule qu’elle avait purgé du paganisme et de l’hérésie ; et, comme pour compenser l’amertume des discordes intestines par une autre douleur du moins plus glorieuse, sa fille chérie, Clotilde la jeune, mourant d’épuisement à la suite des sévices endurés pour sa foi de la part d’un époux arien : tout montre assez à la reine des Francs que si le ciel l’a choisie pour être leur mère, il entend lui en laisser la peine aussi bien que l’honneur. Ainsi le Christ traite les siens, quand ils ont sa confiance. Clotilde l’a compris : depuis longtemps déjà, veuve de son époux, privée de l’assistance de Geneviève qui a suivi de près Clovis au tombeau, elle s’est retirée près du sépulcre de son glorieux précurseur, le thaumaturge des Gaules, pour y continuer avec l’aide de Martin, dans le secret de la prière et l’héroïsme de la foi qui soutint son enfance, la préparation du nouveau peuple à ses grandes destinées.

Travail immense, auquel une seule vie ne pourrait suffire ! Mais la vie de Clotilde, qui ne doit point voir s’achever la transformation tant désirée, ne se clora pas qu’elle n’ait, à Tours, serré dans ses bras Radegonde, son illustre belle-fille ; investie de sa sublime maternité dans une étreinte suprême, elle l’envoie poursuivre près de la tombe d’Hilaire, cet autre vrai père de la patrie, l’intercession toute-puissante qui fera la nation. Puis, lorsque Radegonde elle-même, sa tâche de souffrance et d’amour accomplie, devra quitter la terre, Bathilde bientôt paraîtra, consommant l’œuvre en ce siècle septième, dont on a pu dire qu’il sembla comme celui où, prêt enfin pour sa mission, « le Franc fut fiancé à l’Église et armé chevalier de Dieu » [12].

Clotilde, Radegonde, Bathilde, mères de la France, se présentent à nous reconnaissables toutes les trois aux mêmes traits pour leurs fils : préparées toutes trois, dès le début de la vie, au dévouement qu’exige leur grande mission, par les mêmes épreuves, la captivité, l’esclavage, par le massacre ou la perte des leurs ; toutes trois ne portant sur le trône que l’indomptable amour du Christ-Roi et le désir de lui donner leur peuple ; toutes trois enfin déposant le diadème au plus tôt, afin de pouvoir, prosternées devant Dieu dans la retraite et la pénitence, atteindre plus sûrement l’unique but de leur ambition maternelle et royale. Héritières d’Abraham en toute vérité, elles ont trouvé dans sa foi [13] la fécondité qui les rendit mères des multitudes que si longtemps notre sol, arrosé de leurs larmes, produisit sans compter pour le ciel. En nos temps amoindris eux-mêmes, ils sont nombreux encore, ceux que, chaque jour, la terre des Francs envoie rejoindre dans la vraie patrie les heureux combattants des jours meilleurs ; et tous, n’étant plus soumis aux distractions d’ici-bas, ont vite, là-haut du moins, reconnu leurs mères. A la vue de cette affluence toujours croissante de nouveaux fils pressant leurs rangs dans l’allégresse autour de leurs trônes, leur cœur débordant d’amour renvoie au Père souverain la parole du Prophète : « Qui donc m’a engendré ceux-ci ? Moi la stérile et qui n’enfantais pas, moi la captive et l’exilée, qui m’a nourri tous ces fils ? J’étais seule, abandonnée ; et tous ceux-là, où étaient-ils ? » — « En vérité, répond le Seigneur, tous ceux-là seront ta parure, et tu en seras entourée comme l’épouse de ses joyaux. Tes déserts, tes solitudes, la terre de ruines qui vit ta souffrance, seront remplis des fils de ta stérilité, jusqu’à en être trop étroits pour les contenir. Les rois seront tes nourriciers, et les reines tes nourrices. Et tu sauras que c’est moi, le Seigneur, au sujet de qui ne seront point confondus ceux qui l’attendent » [14].

L’éclat des miracles ayant illustré le tombeau de la sainte reine, on leva de bonne heure son corps pour l’honorer, et il fut placé dans une châsse. Toutes les fois que la ville de Paris éprouvait quelque calamité, nos pères avaient coutume de porter ce saint corps en procession avec un pieux appareil. A la fin du dix-huitième siècle, les impies s’étant emparés du gouvernement, tandis que les reliques des Saints étaient profanées dans toute la France par une fureur sacrilège, les ossements de la bienheureuse reine, grâce à une admirable providence de Dieu, furent soustraits par des personnes pieuses. La paix ayant été enfin rendue à l’Église, les saintes reliques furent placées dans une nouvelle châsse et déposées dans l’église des Saints-Leu-et-Gilles à Paris, où elles sont entourées des honneurs d’un culte fervent.

Votre gloire est grande sur la terre et au ciel, Clotilde, mère des peuples. Non seulement vous avez donné à l’Église la nation très chrétienne ; mais elles-mêmes, la catholique Espagne et l’île des Saints remontent jusqu’à vous devant Dieu par Ingonde et Berthe, vos illustres petites-filles. Plus heureuse que Clotilde la jeune, Ingonde, soutenue par Léandre de Séville, ramène à l’intégrité de la foi son royal époux Herménégilde, et l’élève jusqu’au martyre ; Berthe accueille Augustin sur la terre des Angles, et, selon la parole de l’Apôtre qui avait annoncé que le mari infidèle serait sanctifié par la femme fidèle [15], Ethelbert est conduit des ténèbres du paganisme au baptême et à la sainteté. Depuis, en combien de lieux dans notre Europe et sur combien de lointains rivages, les fils de la nation dont vous êtes mère directement n’ont-ils pas propagé cette lumière de la foi que vous leur aviez donnée : soit que l’épée fût en leurs mains la protectrice du droit qui convient à l’Épouse de l’Homme-Dieu d’enseigner librement partout et toujours ; soit qu’eux-mêmes, se faisant missionnaires et apôtres, portassent, loin de toute protection possible, aux peuples infidèles leurs sueurs et leur sang ? Heureuse êtes-vous d’avoir, la première, engendré au Christ-Roi une nation pure de toute tache hérétique et vouée à l’Église dès son premier instant ! C’est à bon droit que, par un juste hommage envers la Mère de Dieu, l’église Sainte-Marie de Reims fut, au jour de Noël 496, choisie comme lieu de cette insigne naissance ; car Notre-Dame vous fit part alors de sa glorieuse maternité sur la race humaine en des proportions admirables.

Et c’est là ce qui nous rassure, ô Clotilde, en recourant à vous. Beaucoup de vos fils ne sont plus, hélas ! ce qu’ils devraient être à l’égard de leur mère. Mais Notre-Dame, en vous communiquant les droits de sa maternité, ne l’a pu faire sans vous communiquer aussi sa tendre compassion pour des enfants abusés qui n’écoutent plus la voix maternelle. Prenez en pitié les malheureux que des doctrines étrangères [16] ont entraînés bien loin de leur point de départ. La monarchie chrétienne que vous aviez fondée n’est plus. Vous l’aviez établie sur la reconnaissance des droits de Dieu dans son Christ et dans le vicaire de son Christ. Des princes à courte vue sur leurs propres intérêts, traîtres à la mission qu’ils avaient reçue de maintenir votre œuvre, ont cru faire merveille en laissant pénétrer chez nous des maximes proclamant l’indépendance du pouvoir civil à l’égard de l’Église ; et la société, par un juste retour, a proclamé son indépendance à l’égard des princes. Mais, en même temps, le peuple affolé n’entend plus avoir d’autre souverain que lui-même, et, dans l’ivresse de la fausse liberté qu’il a prétendu conquérir, il méconnaît jusqu’au domaine suprême que garde sur lui son Créateur. Les droits de l’homme ont remplacé les droits de Dieu, comme base du pacte social ; évangile nouveau que la France, dans son prosélytisme égaré, prétend maintenant imposer au monde, à la place de l’ancien !

Tel est, dans notre pauvre pays empoisonné par une philosophie menteuse, l’excès de la déraison, que plusieurs qui déplorent l’apostasie du grand nombre et veulent rester chrétiens, croient pouvoir le faire en admettant le principe de libéralisme destructeur qui forme l’essence de la révolution : au Christ le ciel et les âmes ; à l’homme la terre, avec le droit de la gouverner comme il l’entend et de penser à sa guise. A genoux devant la divinité du Seigneur Jésus dans le sanctuaire de leur conscience, ils scrutent les Écritures et n’y découvrent point que l’Homme-Dieu soit le roi du monde ; en de savantes études ils ont, disent-ils, approfondi l’histoire et n’y ont rien vu qui les contredise. Si le gouvernement de Clovis, de Charlemagne et de saint Louis, ne répond pas en tout aux données de leur politique, il faut faire, assurent-ils, la part de ces temps primitifs : ce n’est pas en un jour qu’on arrive à l’âge parfait où nous établit enfin la loi du progrès. Pitié, ô mère, pour ces insensés ! Ressuscitez en nous la foi des Francs. Que le Dieu de Clotilde, Seigneur des armées et Roi des nations, se montre à nous ramenant la victoire, sous le vrai nom que Clovis lui donnait à Tolbiac : Jésus-Christ !

[4] Sap. I, 7.

[5] Dom Guéranger fait allusion à la fête locale des premiers martyrs des Gaules, dont Pothin, disciple de St Jean.

[6] Eph. III, 15.

[7] Rom. VIII, 29 ; Heb. II, 11-12.

[8] Gen. III, 20 ; Johan. XIX, 26-27.

[9] VIRG. Egl. IV.

...... Cui non risere parentes,

Nec deus hunc mensa, dea nec dignata cubili est.

[10] Psalm. CXXXVIII.

[11] Prov. XXXI.

[12] Hist. de S. Léger. Introduction.

[13] Rom. IV, 18 ; Heb. XI, 11.

[14] Isai. XLIX, 18-23.

[15] I Cor. VII, 14.

[16] Heb. XIIl, 9.



Miniature extraite des « Grandes Chroniques de France » 
montrant Sainte Clothilde priant Saint Martin. XIVe siècle

Sainte Clotilde,

Reine des Francs

Clotilde, fille du roi Burgonde Chilpéric et de la chrétienne Carétène, naquit vers 474, probablement à Lyon ; elle fut élevée dans la pratique de la vertu et dans la vénération des martyrs lyonnais, spécialement de sainte Blandine. Lorsque, vers 490, Chilpéric mourut elle eut pour tuteur son oncle Godégisil, roi de Genève.

Demandée en mariage par le roi des Francs, Clovis, encore païen, qui voulait trouver dans les Burgondes des alliés contre les Visigoths, elle accepta sous cette condition que les enfants à naître de leur union seraient élevés dans la foi catholique. Le mariage fut célébré à Soissons avec la pompe des coutumes barbares : la grande préoccupation de Clotilde, à partir de ce moment, fut la conversion de son époux. L’œuvre devait être lente; on pouvait craindre sérieusement que, si Clovis se faisait chrétien, il ne tombât aussitôt dans l’arianisme. L’auxiliaire envoyé par la Providence fut Rémi, évêque de Reims, qui avait gagné les bonnes grâces du roi barbare, en le félicitant de son avènement au trône. La naissance de son premier enfant fut pour Clotilde une source de douleurs : elle avait obtenu de le faire baptiser, mais ce fut pour le voir mourir aussitôt après; d’où le reproche du monarque : « C’est votre Dieu, dit-il à Clotilde, qui est la cause de la mort de l’enfant; si je l’avais consacré aux miens, il vivrait encore. » La digne épouse, sans se laisser abattre, accepta cette épreuve avec résignation, et ses prières, humbles, ardentes obtinrent la guérison de son second fils tombé malade après avoir été baptisé. En 496, la victoire de Clovis sur les Alamans à Tolbiac, après qu’il eut fait la promesse de recevoir le baptême et d’adorer le Dieu de Clotilde, vint remplir de joie le cœur de la reine : sans perdre de temps, elle fit prévenir l’évêque Rémi, qui se hâta de venir instruire le prince, pour le baptiser ensuite à Reims, le 25 décembre 496.

Cette mission providentielle accomplie, Clotilde rentra dans l’ombre durant le règne de Clovis. La reine s’occupa principalement de l’éducation de ses quatre enfants; elle vit se terminer d’une façon relativement satisfaisante la lutte de Clovis contre les Burgondes; elle se concerta avec son époux pour la construction de l’église qui devait leur servir de tombeau sur le mont de Lutèce (plus tard la montagne Sainte-Geneviève). Devenue veuve après vingt ans de mariage, elle connut des années de mortelles angoisses. Elle dut se séparer de sa fille Clotilde et la donner en mariage au roi des Visigoths, Amalaric; Clodomir perdit la vie dans une bataille contre les Burgondes, Childebert et Clotaire traitèrent en prisonniers les enfants de Clodomir et finalement assassinèrent les deux premiers tandis que le troisième ne leur échappait que pour être recueilli dans un cloître. Maltraitée par Amalaric, la jeune princesse Clotilde ne fut arrachée aux mains de ce tyran que pour expirer au moment où elle rentrait en France. Finalement Childebert et Clotaire entrèrent en lutte l’un contre l’autre et il fallut un miracle, dû aux prières de leur mère, pour empêcher que cette lutte fratricide eût de funestes résultats.

Résignée et pénitente sous le coup de tant d’épreuves, Clotilde multiplia ses pieuses fondations : elle éleva à Chelles près Paris un monastère de femmes en l’honneur de saint Georges, reconstruisit et orna la basilique qui abritait les restes mortels de saint Germain d’Auxerre, fonda aux Andelys un monastère qui fut l’émule de celui de Chelles, passa ses dernières années à Tours où l’avait attirée son culte de prédilection pour saint Martin et se fit la gardienne du tombeau de ce grand évêque thaumaturge. C’est là qu’elle mourut à soixante-dix ans, le 3 Juin 545. Son corps fut transporté de Tours à Paris; l’église du mont Lutèce, que le peuple commençait à appeler du nom de Sainte-Geneviève, reçut dans sa crypte le corps de la reine qui l’avait fondée. Là, Clotilde fut associée aux honneurs dont Geneviève était l’objet.

Cependant au neuvième siècle, les invasions normandes obligèrent les Parisiens à transporter la châsse de saint Clotilde au château de Vivières (Aisne). Quand les reliques furent rendues aux génovéfains de Paris, ceux-ci laissèrent à Vivières la tête et un bras, et ce furent là les origines d’un culte de sainte Clotilde resté populaire dans cette localité. En 1656, une côte de la sainte fut concédée à l’église de Notre-Dame des Andelys, demeurée toujours fidèle au culte de sa fondatrice. En 1793, la rage des révolutionnaires s’acharna contre le sanctuaire de sainte Geneviève ; on parvint à grand’peine à sauver les ossements de Clotilde et à les mettre en lieu sûr ; ces ossements sont conservés dans la petite église paroissiale de Saint-Leu.


Statue de Sainte Clothilde, 
Jardin du Luxembourg, Paris

Grégoire de Tours. Histoire des Francs, (Livre II XXVIII-XXX)

XXVIII - Gondioc avait été roi des Burgondes ; il appartenait à la famille d’Athanaric, le roi persécuteur (...). Il avait eu quatre fils : Gondebaud, Godégisile, Chilpéric et Godomar. Gondebaud égorgea Chilpéric son frère et noya la femme de ce dernier en lui attachant une pierre au cou. Il condamna à l’exil ses deux filles ; l’aînée qui prit l’habit, s’appelait Croma, la plus jeune Clotilde. Or comme Clovis envoie souvent des ambassades en Bourgogne, la jeune Clotilde est aperçue par ses ambassadeurs. Comme ils l’avaient trouvée élégante et sage et qu’ils avaient su qu’elle était de famille royale, ils l’annoncèrent au roi Clovis. Sans tarder celui-ci envoie à Gondebaud une ambassade pour la demander pour lui en mariage. Ce dernier n’osant pas opposer un refus la remit aux ambassadeurs, et ceux-ci, amenant la jeune fille, la présentent au plus vite au roi. Quand il l’eut vue, le roi fut rempli d’une grande joie et se l’associa par le mariage alors qu’il avait déjà d’une concubine un fils nommé Thierry.

XXIX - Puis la reine Clotilde lui donna un fils premier-né. Comme la femme voulait le consacrer par le baptême, elle prêchait assidûment son mari, lui disant : « Ils ne sont rien les dieux auxquels vous rendez un culte ; ils n’ont pu être d’aucun secours ni pour eux-mêmes, ni pour les autres. Ils sont, en effet, sculptés dans la pierre, le bois ou un métal quelconque. Les noms que vous leur avez donnés ont été des noms d’hommes, non de dieux. Tel Saturne qui, pour ne pas être dépouillé par son fils de son royaume, se serait dérobé par la fuite, prétend-on ; tel Jupiter lui-même, ce très immonde auteur de viols de toutes sortes, qui déshonorait les hommes, bafouait ses parentes et qui n’a même pu s’abstenir de coucher avec sa propre sœur qui se qualifie elle-même à la fois sœur et épouse de Jupiter. De quoi Mars et Mercure ont-ils été capables ? Ils étaient plutôt munis de recettes magiques que détenteurs de la puissance attachée au nom divin. Mais on doit plutôt rendre un culte à celui qui d’un mot a créé de rien le ciel et la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment, à celui qui a fait briller le soleil et orné le ciel d’étoiles, qui a rempli les eaux de reptiles, les terres d’animaux, l’air de volatiles ; c’est par un signe de lui que les terres sont décorées de récoltes, les arbres de fruits, les vignes de raisins ; c’est par sa main que le genre humain a été créé ; c’est grâce à sa largesse que toutes ces créatures servent complaisamment et gratuitement son homme, celui qu’il a créé. » Toutefois malgré ce que disait la reine le cœur du roi n’était nullement entraîné à croire, mais il disait : « C’est par ordre de nos dieux que toutes choses sont créées et produites. Quant à votre Dieu, il est manifeste qu’il ne peut rien et, qui plus est, il n’est pas prouvé qu’il appartienne à la race des dieux. »

Cependant la reine, qui avait la foi, présente son fils au baptême ; elle fait orner l’église de voiles et de tentures afin d’inciter par cette cérémonie plusfacilement à croire celui qui n’avait pu être fléchi par la prédication. Mais aussitôt baptisé l’enfant qu’on avait appelé Ingomer mourut dans les vêtements blancs, ceux mêmes dans lesquels il avait été régénéré. Le roi en fut amertumé et c’est sans indulgence qu’il adressait des reproches à la reine. Il disait : « Si l’enfant avait été voué à mes dieux, il aurait vécu certainement ; mais maintenant il n’a pu vivre du tout parce qu’il a été baptisé au nom de votre Dieu. » A cela la reine réplique : « Je rends grâce à Dieu tout puissant, créateur de toutes choses, qui ne m’a pas jugée complètement indigne puisqu’il a daigné accueillir dans son royaume celui qui a été conçu dans mon sein. Mon cœur n’est pas frappé de douleur pour cette cause parce que je sais qu’il a été rappelé de ce monde alors qu’il était dans des vêtements blancs pour être nourri sous les regards de Dieu. »

Après celui-ci elle enfanta un autre fils, qui fut baptisé et qu’elle appela Clodomir. Or comme il commençait à être malade, le roi disait : « Il ne peut pas lui arriver autre chose que ce qui est survenu à son frère ; baptisé au nom de votre Christ, il mourra aussitôt. » Mais grâce aux prières de la mère, il guérit sur l’ordre de Dieu.

XXX - La reine ne cessait de prier pour que Clovis connaisse le vrai Dieu et abandonne les idoles ; mais elle ne put en aucune manière l’entrapiner dans cette croyance jusqu’au jour où la guerre fut déclenchée contre les Alamans, guerre dans laquelle il fut poussé par la nécessité à confesser ce qu’auparavant il avait refusé de faire volontairement. Il arriva, en effet, que le conflit des deux armées dégénéra en un violent massacre et que l’armée de Clovis fut sur le point d’être complètement exterminée. Ce que voyant, il éleva les yeux au ciel et le cœur plein de componction, ému jusqu’aux larmes, il s’écria : « O Jésus-Christ, que Clotilde proclame fils du Dieu vivant, toi qui, dit-on, donnes une aide à ceux qui peinent et qui attibues la victoire à ceux qui espèrent en toi, je sollicite dévotement la gloire de ton assistance ; si tu m’accordes la victoire sur ces ennemis et si j’expérimente la vertu miraculeuse que le peuple voué à ton nom déclare avoir mise à l’épreuve, je croirai en toi et je me ferai baptiser en ton nom. J’ai, en effet, invoqué mes dieux, mais comme j’en fais l’expérience, ils se sont abstenus de m’aider ; je crois donc qu’ils ne sont doués d’aucune puissance, eux qui ne viennent pas au secours de leurs serviteurs. C’est toi maintenant que j’invoque, c’est à toi que je désire croire pourvu que je sois arraché à mes adversaires. » Comme il disait ces mots, les Alamans, tournant le dos, comencèrent à prendre la fuite et quand ils s’aperçurent que leur roi avait été tué, ils firent leur soumission à Clovis en disant : « Ne laisse plus, de grâce, périr des gens ; nous sommes à toi désormais. » Mais lui, ayant arrêté le combat, harangua son peuple et la paux faite rentra ; il raconta à la reine comment en invoquant le nom du Christ il avait mérité d’obtenir la victoire. Ceci s’accomplit la quinzième année de son règne.



Sainte Clotilde (née en 476 ?) saint Simplice étant pape, Romulus Augustule le dernier des empereurs d’Occident, Zénon empereur d’Orient et Childeric Ier roi de France) était fille de Chilpéric, roi catholique d’une partie de la Bourgogne, et elle était nièce du prince arien Gondebaud, qui s’empara des États de son frère et le mit à mort avec sa femme et ses deux fils.

Clotilde, appelée par Dieu à une grande mission pour le salut de la France, fut préservée dans le massacre de sa famille, et élevée au palais de son oncle usurpateur et assassin. La mère de Clotilde avait déposé dans son cœur, avec la Foi, les germes de la piété ; aussi, dans une cour hérétique, sut-elle résister à toutes les sollicitations de Gondebaud et conserver la Foi de son baptême.

Clovis, roi des Francs, entendit parler de la beauté, des vertus et de toutes les grandes qualités de la jeune princesse et la fit demander en mariage à Gondebaud, qui, craignant la colère de son puissant et terrible voisin, n’osa la refuser. Le mariage eut lieu en 493. Clotilde comprit qu’elle n’avait été appelée à partager le trône d’un roi païen que pour remplir les vues de Dieu sur un peuple généreux, mais non éclairé de la lumière de l’Évangile.

Elle eut soin de gagner les bonnes grâces d’un époux magnanime, mais violent et barbare ; puis elle usa bientôt de son influence pour lui parler de Jésus-Christ et de l’excellence de la religion chrétienne. Clovis l’écoutait avec intérêt, toutefois il ne se hâtait pas ; il lui permit cependant de faire célébrer le culte catholique dans le palais et consentit au Baptême de son premier-né. Clotilde mettait sur la tête de cet enfant toutes ses espérances pour la conversion de son peuple, quand Dieu, dont les desseins sont si impénétrables, le ravit à la terre.

À la colère du roi, à ses reproches, la douce reine répondit : « Je remercie Dieu de ce qu’Il m’a jugée digne de mettre au monde un fils qui est maintenant dans le Ciel. » Un second enfant fut baptisé encore et tomba aussitôt malade. Nouvelle et plus terrible colère de Clovis, mais les prières de Clotilde furent entendues, et Dieu envoya des Anges guérir tout à coup le petit agonisant. Le moment de la grâce était venu.

À la bataille de Tolbiac, après un choc terrible, les Francs pliaient, quand Clovis, dans une illumination soudaine, s’écria : « Dieu de Clotilde, donnez-moi la victoire, et Vous serez mon Dieu ! » Le courage renaît à ses soldats, et bientôt la victoire des Francs est complète. Peu après, Clovis était baptisé par saint Remi qui l’avait catéchisé, à Reims ; ce fut le signal du baptême de la nation entière. Quelle joie pour Clotilde !

Clovis mourut en 511, à l’âge de quarante-cinq ans, et Clotilde, dégoûtée du monde, éprouvée dans ses enfants, quitta bientôt la cour pour aller finir sa vie dans les larmes, les prières, les aumônes, au fond d’un couvent.

Prévenue du jour de sa mort, elle fit venir ses enfants, leur adressa ses dernières recommandations, et alla recevoir au Ciel sa récompense, le 3 juin de l’an 545, Vigile étant pape, Justinien empereur d’Orient et Childebert Ier roi de France.



St. Clotilda

(French CLOTILDE; German CHLOTHILDE).


Queen of the Franks, born probably at Lyons, c. 474; died at Tours, 3 June, 545. Her feast is celebrated 3 June. Clotilda was the wife of Clovis I, and the daughter of Chilperic, King of Burgundians of Lyons, andCaretena. After the death of King Gundovic (Gundioch), the Kingdom of Burgundy had been divided among his four sons, Chilperic reigning at Lyons, Gondebad at Vienne, and Godegisil at Geneva; Gondemar's capital is not mentioned. Chilperic and probably Godegisil were Catholics, while Gondebad professed Arianism. Clotilda was given a religious training by her mother Caretena, who, according to Sidonius Apollinaris and Fortunatus of Poitiers, was a remarkable woman. After the death of Chilperic, Caretena seems to have made her home withGodegisil at Geneva, where her other daughter, Sedeleuba, or Chrona, founded the church of Saint-Victor, and took the religious habit. It was soon after the death of Chilperic that Clovis asked and obtained the hand of Clotilda.

From the sixth century on, the marriage of Clovic and Clotilda was made the theme of epic narratives, in which the original facts were materially altered and the various versions found their way into the works of differentFrankish chroniclers, e.g. Gregory of Tours, Fredegarius, and the "Liber Historiae". These narratives have thecharacter common to all nuptial poems of the rude epic poetry found among many of the Germanic peoples. Here it will suffice to summarize the legends and add a brief statement of the historical facts. Further information will be found in special works on the subject. The popular poems substituted for King Godegisil, uncle and protector of Clotilda, his brother Gondebad, who was represented as the persecutor of the young princess. Gondebad is supposed to have slain Chilperic, thrown his wife into a well, with a stone tied around her neck, and exiled her two daughters. Clovis, on hearing of the beauty of Clotilda, sent his friend Aurelian, disguised as a beggar, to visit her secretly, and give her a gold ring from his master; he then asked Gondebad for the hand of the young princess. Gondebad, fearing the powerful King of the Franks, dared not refuse, and Clotilda accompanied Aurelian and his escort on their return journey. They hastened to reach Frankish territory, as Clotilda feared that Aredius, the faithful counsellor of Gondebad, on his return from Constantinople whither he had been sent on a mission, would influence his master to retract his promise. Her fears were justified. Shortly after the departure of the princess, Aredius returned and caused Gondebad to repent to the marriage.Troops were despatched to bring Clotilda back, but it was too late, as she was safe on Frankish soil. The details of this recital are purely legendary. It is historically established that Chilperic's death was lamented by Gondebad, and that Cartena lived until 506: she died "full of days", says her epitaph, having had the joy of seeing her children brought up in catholic religion. Aurelian and Aredius are historical personages, though little is known of them in the legend is highly improbable.

Clotilda, as wife of Clovis, soon acquired a great ascendancy over him, of which she availed herself to exhort him to embrace the Catholic Faith. For a long time her efforts were fruitless, though the king permitted thebaptism of Ingomir, their first son. The child died in his infancy which seemed to give Clovis an argument against the God of Clotilda, but notwithstanding this, the young queen again obtained the consent of her husband to the baptism of their second son, Clodomir. Thus the future of Catholicism was already assured in the Frankish Kingdom. Clovis himself was soon afterwards converted under highly dramatic circumstances, and was baptized at Reims by St. Remigius, in 496 (see CLOVIS). Thus Clotildas accomplished the mission assigned her by Providence; she was made the instrument in the conversion of a great people, who were to be for centuries the leaders of Catholic civilization. Clotilda bore Clovis five children: four sons, Ingomir, who died in infancy, and Kings Clodomir, Childebert, and Clotaire, and one daughter, named Clotilda after her mother. Little more is known of Queen Clotilda during the lifetime of husband, but it may be conjectured that sheinterceded with him, at the time of his intervention in the quarrel between the Burgundian kings, to win him to the cause of Godegisil as against Gondebad. The moderation displayed by Clovis in this struggle, in which, though victor, he did not seek to turn the victory to his own advantage, as well as the alliance which he afterwards concluded with Gondebad, were doubtless due to the influence of Clotilda, who must have viewed the fratricidal struggle with horror.

Clovis died at Paris in 511, and Clotilda had him interred on what was then Mons Lucotetius, in the church of the Apostles (later Sainte-Geneviève), which they had built together to serve as a mausoleum, and which Clotilda was left to complete. The widowhood of this noble woman was saddened by cruel trials. Her sonClodomir, son-in-law of Gondebad, made war against his cousin Sigismund, who had succeeded Gondebad on the throne of Burgundy, captured him, and put him to death with his wife and children at Coulmiers, nearOrléans. According to the popular epic of the Franks, he was incited to this war by Clotilda, who thought to avenge upon Sigismund the murder of her parents; but, as has already been seen Clotilda had nothing to avenge, and, on the contrary, it was probably she who arranged the alliance between Clovis and Gondebad. Here the legend is at variance with the truth, cruelly defaming the memory of Clotilda, who had the sorrow of seeing Clodomir perish in his unholy war on the Burgundians; he was vanquished and slain in the battle ofVeseruntia (Vezeronce), in 524, by Godomar, brother of Sigismund. Clotilda took under her care his three sons of tender age, Theodoald, Gunther, and Clodoald. Childebert and Clotaire, however, who had divided between them the inheritance of their elder brother, did not wish the children to live, to whom later on they would have to render an account. By means of a ruse they withdrew the children from the watchful care of their mother and slew the two eldest, the third escaped and entered a cloister, to which he gave his name (Saint-Cloud, near Paris).

The grief of Clotilda was so great that Paris became insupportable to her, and she withdrew to Tours where close to the tomb of St. Martin, to whom she had great devotion, she spent the remainder of her life in prayerand good works. But there were trials still in store for her. Her daughter Clotilda, wife of Amalaric, theVisigothic king, being cruelly maltreated by her husband, appealed for help to her brother Childebert. He went to her rescue and defeated Amalaric in a battle, in which the latter was killed, Clotilda, however, died on the journey home, exhausted by the hardships she had endured. Finally, as though to crown the long martyrdom of Clotilda, her two sole surviving sons, Childebert and Clotaire, began to quarrel, and engaged in seriouswarfare. Clotaire, closely pursued by Childebert, who had been joined by Theodebert, son of Thierry I, took refuge in the forest of Brotonne, in Normandy, where he feared that he and his army would be exterminated by the superior forces of his adversaries. Then, says Gregory of Tours, Clotilda threw herself on her knees before the tomb of St. Martin, and besought him with tears during the whole night not to permit another fratricide to afflict the family of Clovis. Suddenly a frightful tempest arose and dispersed the two armies which were about to engage in a hand-to-hand struggle; thus, says the chronicler, did the saint answer the prayers of the afflicted mother. This was the last of Clotilda's trials. Rich in virtues and good works, after a widowhood of thirty-four years, during which she lived more as a religious than as a queen, she died and was buried in Paris, in the church of the Apostles, beside her husband and children.


The life of Saint Clotilda, the principal episodes of which, both legendary and historic, are found scattered throughout the chronicle of St. Gregory of Tours was written in the tenth century, by an anonymous author, who gathered his facts principally from this source. At an early period she was venerated by the Church as asaint, and while popular contemporary poetry disfigures her noble personality by making her a type of a savage fury, Clotilda has now entered into the possession of a pure and untarnished fame, which no legendwill be able to obscure.

Kurth, Godefroid. "St. Clotilda." The Catholic Encyclopedia. Vol. 4. New York: Robert Appleton Company, 1908. 3 Jun. 2015<http://www.newadvent.org/cathen/04066a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Joseph P. Thomas.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/04066a.htm

ST. CLOTILDIS OR CLOTILDA, QUEEN OF FRANCE,

Feast: June 3

Was daughter of Chilperic, younger brother to Gondebald, the tyrannical king of Burgundy, who put him, his wife, and the rest of his brothers, except one, to death, in order to usurp their dominions. In this massacre he spared Chilperic's two fair daughters, then in their infancy. One of them became afterwards a nun; the other, named Clotildis, was brought up in her uncle's court, and by a singular providence, was instructed in the Catholic religion, though she was educated in the midst of Arians. It was her happiness in the true faith, to be inspired from the cradle with a contempt and disgust of a treacherous world, which sentiments she cherished and improved by the most fervent exercises of religion. Though she saw herself surrounded with all the charms of the world, and was from her infancy its idol, yet her heart was proof against its seductions. She was adorned with the assemblage of all virtues; and the reputation of her wit, beauty, meekness, modesty, and piety, made her the adoration of all the neighboring kingdoms, when Clovis I., surnamed the great, the victorious king of the Franks, demanded and obtained her of her uncle in marriage granting her all the conditions she could desire for the free and secure exercise of her religion.1 The marriage was solemnized at Soissons, in 493. Clotildis made herself a little oratory in the royal palace, in which she spent much time in fervent prayer and secret mortifications. Her devotion was tempered with discretion, so that she attended all her business at court, was watchful over her maids, and did every thing with a dignity, order, and piety, which edified and charmed the king and his whole court. Her charity to the poor seemed a sea which could never be drained. She honored her royal husband, studied to sweeten his warlike temper by Christian meekness, conformed herself to his humor in things that were indifferent; and, the better to gain his affections, made those things the subject of her discourse and praises in which she saw him to take the greatest delight. When she saw herself mistress of his heart, she did not defer the great work of endeavoring to win him to God, and often spoke to him on the vanity of his idols, and on the excellency of the true religion. The king always heard her with pleasure; but the moment of his conversion was not yet come. It was first to cost her many tears, severe trials, and earnest perseverance. After the baptism of their second son, Clodomir, and the infant's recovery from a dangerous indisposition, she pressed the king more boldly to renounce his idols. One day especially, when he had given her great assurances of his affection, and augmented her dowry by a gift of several manors, she said she begged only one favor of his majesty, which was the liberty to discourse with him on the sanctity of her religion, and to put him in mind of his promise of forsaking the worship of idols. But the fear of giving offence to his people made him delay the execution. His miraculous victory over the Alemanni, and his entire conversion in 496, were at length the fruit of our saint's prayers.

Clotildis, having gained to God this great monarch, never ceased to excite him to glorious actions for the divine honor: among other religious foundations he built in Paris, at her request, about the year 511, the great church of SS. Peter and Paul, now called St. Genevieve's. This great prince had a singular devotion to St. Martin, and went sometimes to Tours, to prostrate himself in prayer at his tomb. He sent his royal diadem, which is called, to this day, The Realm, a present to pope Hormisdas, as a token that he dedicated his kingdom to God. His barbarous education and martial temper made it, in certain sallies of his passions, difficult for Clotildis to bridle his inclination to ambition and cruelty, so that he scarce left any princes of his own relations living, except his sons. He died on the 27th of November, in the year 511, of his age the forty-fifth, having reigned thirty years. He was buried in the church of the apostles, SS. Peter and Paul, now called St. Genevieve's, where his tomb still remains. An ancient long epitaph, which was inscribed on it, is preserved by Aimoinus, and copied by Rivet. His eldest son Theodoric, whom he had by a concubine before his marriage, reigned at Rheims over Austrasia, or the eastern parts of France, which comprised the present Champagne, Lorraine, Auvergne, and several provinces of Germany. Metz was afterwards the capital of this country. As to the three sons of Clotildis, Clodomir reigned at Orleans, Childebert at Paris, and Clotaire I., at Soissons. This division produced wars and mutual jealousies, till, in 560, the whole monarchy was reunited under Clotaire, the youngest of these brothers. St. Clotildis lived to see Clodomir defeat and put to death Sigismund, king of Burgundy; but soon after, in 524, himself vanquished and slain by Gondemar, successor to Sigismund; Gondemar overcome and killed by Childebert and Clotaire, and the kingdom of Burgundy united to France. The most sensible affliction of this pious queen was the murder of the two eldest sons of Clodomir, committed in 526, by their uncles Childebert and Clotaire, who seized on the kingdom of Orleans. This tragical disaster contributed more perfectly to wean her heart from the world. She spent the remaining part of her life at Tours, near the tomb of St. Martin, in exercises of prayer, almsdeeds, watching, fasting, and penance, seeming totally to forget that she had been queen, or that her sons sat on the throne. Eternity filled her heart, and employed all her thoughts. She foretold her death thirty days before it happened; having been admonished of it by God at the tomb of St. Martin, the usual place of her tears. In her last illness, she sent for her sons Childebert, king of Paris, and Clotaire, king of Soissons, and exhorted them, in the most pathetic manner, to honor God and keep his commandments; to protect the poor, reign as fathers to their people, live in union together, and love and study always to maintain tranquillity and peace. She scarce ever ceased repeating the psalms with the most tender devotion, and ordered all she had left to be distributed among she poor; though this was very little; for she had always been careful to send her riches before her by their hands. On the thirtieth day of her illness she received the sacraments, made a public confession of her faith, and departed to the Lord on the 3d of June, in 545. She was buried, by her own order, in the church of St. Genevieve, at the feet of that holy shepherdess, and is commemorated in the Roman Martyrology on the 3d of June. See St. Gregory of Tours, Hist. Franc., and Fortunatus; and among the moderns, Abbe Du Bos and Gilb. le Gendre, Antiquites de la Nation et Monarchie Francoise, &c.

Endnotes

1 See on this at length, Du Bos, Hist. de l'Etablissement de la Monarchie Francoise, t. 1, l.1.

(Taken from Vol. 6 of "The Lives or the Fathers, Martyrs and Other Principal Saints" by the Rev. Alban Butler, the 1864 edition published by D. & J. Sadlier, & Company)

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SOURCE : http://www.ewtn.com/library/MARY/CLOTILDA.htm

Clotilda of France, Queen Widow (RM)
(also known as Clotilde, Clothilde)


Born at Lyons, France, c. 474; died at Tours in 545. Clothilde was matriarch to a family of saints and horrid sinners. Her granddaughter Bertha married Saint Ethelbert of Kent and prepared his heart for conversion. Their daughter Saint Ethelburga brought her husband King Saint Edwin to the Faith. Clothilde's other granddaughter Clotsinde married Albion, king of Arian Lombards, and converted him. Her grandson Clodoaldus, saved from his scheming uncle by his grandmother, became a priest and monk.


Clothilde, the daughter of King Chilperic of Burgundy, was born about the time of the fall of Rome. Western Europe was overcome by barbarians. Cathedrals and monasteries were the only civilizing influence. The Franks invaded and had to choose between pagan beliefs and Christianity. About 492, Clothilde married Clovis, king of the Salian Franks who was attracted by her beauty and wisdom.

According to Saint Gregory of Tours, she became the means of leading her husband to embrace Christianity. She had their first son baptized, but he died soon after. Her husband connected the child's baptism and death. The next child, Clodomir, became ill after baptism, but survived, as did two other sons and a daughter. Clovis was finally convinced of the truth of Christianity when he won a battle against the Alemanni that was seemingly lost after praying to "Clotilde's God" and promising that he would be baptized if the victory was his. After Clovis was baptized on Christmas Day in 496 by Bishop Saint Remigius of Rheims, the Roman Church turned its eyes west and north.

Later, Clovis and Clothilde together built the Church of the Apostles, later called Saint Geneviève, in Paris, where Clothilde was later buried. (Amazingly, her relics survived the French Revolution and can now be found at the church of Saint-Leu, Paris.)

Clothilde, after Clovis's death (511) retained enormous wealth, but could not control her children, who had become boy-kings. Visigoth Amalaric (an Arian) demanded her only daughter Clothilde II in marriage, in exchange for which, he might permit peace. Wars broke out among royal kinsfolk. Clodomir was killed and Clothilde took his three sons in her care. Anguished at the murder of two of Clodimir's sons by their uncle Clotaire, she placed the youngest (Saint Cloud or Clodoaldus, aged five) in the monastery at Versailles and retired to Saint Martin's at Tours. There she spent the rest of her life helping the sick and the poor, building churches and monasteries, and praying for her country. Churches at Laon, Andelys, and Rouen claim to have been built by her.

Amalaric treated her daughter cruelly, her brother Childebert killed her husband. But Clothilde II dies on the way home. Clothilde I prayed and did penance for her two assassin sons. Queen Clothilde died on June 3, 545, in the presence of these two sons. At her passing, a dazzling light and heavenly incense filled the room (Attwater, Benedictines, Delaney, Encyclopedia, Farmer Martindale).

In art, Saint Clotilda is dressed in royal robes with an angel near her bearing a shield with fleur-de-lys (Roeder). She is often shown at the baptism of Clovis or as a suppliant at the shrine of Saint Martin. If you go through the images at Clothilde at Prayer, you will find most of her story in pictures. In Normandy, she was the patroness of the lame and invoked against death and iniquitous husbands (Farmer).

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0603.shtml

June 3

St. Clotildis or Clotilda, Queen of France

SHE was daughter of Chilperic, younger brother to Gondebald, the tyrannical king of Burgundy, who put him, his wife, and the rest of his brothers, except one, to death in order to usurp their dominions. In this massacre he spared Chilperic’s two fair daughters, then in their infancy. One of them became afterwards a nun; the other named Clotildis was brought up in her uncle’s court, and by a singular providence, was instructed in the Catholic religion, though she was educated in the midst of Arians. It was her happiness in the true faith, to be inspired from the cradle with a contempt and disgust of a treacherous world, which sentiments she cherished and improved by the most fervent exercises of religion. Though she saw herself surrounded with all the charms of the world, and was from her infancy its idol, yet her heart was proof against its seductions. She was adorned with the assemblage of all virtues, and the reputation of her wit, beauty, meekness, modesty, and piety, made her the adoration of all the neighbouring kingdoms, when Clovis I., surnamed the great, the victorious king of the Franks, 1 demanded and obtained her of her uncle in marriage, granting her all the conditions she could desire for the free and secure exercise of her religion. 2 The marriage was solemnized at Soissons, in 493. Clotildis made herself a little oratory in the royal palace, in which she spent much time in fervent prayer, and secret mortifications. Her devotion was tempered with discretion, so that she attended all her business at court, was watchful over her maids, and did every thing with a dignity, order, and piety, which edified and charmed the king and his whole court. Her charity to the poor seemed a sea which could never be drained. She honoured her royal husband, studied to sweeten his warlike temper by Christian meekness, conformed herself to his humour in things that were indifferent; and, the better to gain his affections, made those things the subject of her discourse and praises, in which she saw him to take the greatest delight. When she saw herself mistress of his heart, she did not defer the great work of endeavouring to win him to God, and often spoke to him on the vanity of his idols, and on the excellency of the true religion. The king always heard her with pleasure; but the moment of his conversion was not yet come. It was first to cost her many tears, severe trials, and earnest perseverance. After the baptism of their second son, Clodomir, and the infant’s recovery from a dangerous indisposition, she pressed the king more boldly to renounce his idols. One day especially, when he had given her great assurances of his affection, and augmented her dowry by a gift of several manors, she said she begged only one favour of his majesty, which was the liberty to discourse with him on the sanctity of her religion, and to put him in mind of his promise of forsaking the worship of idols. But the fear of giving offence to his people made him delay the execution. His miraculous victory over the Alemanni, 3 and his entire conversion in 496, were at length the fruit of our saint’s prayers.

Clotildis having gained to God this great monarch, never ceased to excite him to glorious actions for the divine honour: among other religious foundations he built in Paris, at her request, about the year 511, the great church of SS. Peter and Paul, now called St. Genevieve’s. 4 This great prince had a singular devotion to St. Martin, and went sometimes to Tours, to prostrate himself in prayer at his tomb. He sent his royal diadem, which is called to this day, The Realm, a present to Pope Hormisdas, as a token that he dedicated his kingdom to God. His barbarous education and martial temper made it, in certain sallies of his passions, difficult for Clotildis to bridle his inclination to ambition and cruelty, so that he scarcely left any princes of his own relations living, except his sons. 5 He died on the 27th of November, in the year 511, of his age the forty-fifth, having reigned thirty years. He was buried in the church of the apostles, SS. Peter and Paul, now called St. Genevieve’s, where his tomb still remains. An ancient long epitaph which was inscribed on it, is preserved by Aimoinus, and copied by Rivet. His eldest son Theodoric, whom he had by a concubine before his marriage, reigned at Rheims over Austrasia, or the eastern parts of France, which comprised the present Champagne, Lorraine, Auvergne, and several provinces of Germany. Metz was afterwards the capital of this country. As to the three sons of Clotildis, Clodomir reigned at Orleans, Childebert at Paris, and Clotaire I. at Soissons. This division produced wars and mutual jealousies, till, in 560, the whole monarchy was reunited under Clotaire, the youngest of these brothers. St. Clotildis lived to see Clodomir defeat and put to death Sigismund, king of Burgundy; but soon after, in 524, himself vanquished and slain by Gondemar, successor to Sigismund; Gondemar was overcome and killed by Childebert and Clotaire, and the kingdom of Burgundy united to France. The most sensible affliction of this pious queen was the murder of the two eldest sons of Clodomir, committed in 526, by their uncles Childebert and Clotaire, who seized on the kingdom of Orleans. This tragical disaster contributed more perfectly to wean her heart from the world. She spent the remaining part of her life at Tours, near the tomb of St. Martin, in exercises of prayer, almsdeeds, watching, fasting, and penance, seeming totally to forget that she had been queen, or that her sons sat on the throne. Eternity filled her heart, and employed all her thoughts. She foretold her death thirty days before it happened, having been admonished of it by God at the tomb of St. Martin, the usual place of her tears. In her last illness, she sent for her sons Childebert, king of Paris, and Clotaire, king of Soissons, and exhorted them, in the most pathetic manner, to honour God and keep his commandments; to protect the poor, reign as fathers to their people, live in union together, and love and study always to maintain tranquillity and peace. She scarcely ever ceased repeating the psalms with the most tender devotion, and ordered all she had left to be distributed amongst the poor; though this was very little; for she had always been careful to send her riches before her by their hands. On the thirtieth day of her illness she received the sacraments, made a public confession of her faith, and departed to the Lord on the 3d of June, in 545. She was buried, by her own order, in the church of St. Genevieve, at the feet of that holy shepherdess, and is commemorated in the Roman Martyrology on the 3d of June. See St. Gregory of Tours, Hist. Franc. and Fortunatus; and among the moderns, Abbé Dubos and Gilb. le Gendre, Antiquités de la Nation et Monarchie Françoise, &c.

Note 1. Clovis began his reign in 481, being scarcely fifteen years of age. After the defeat of Syagrius, he fixed his residence at Soissons, in 486. He afterwards made Paris the capital of his monarchy, in 508. That city first began, to be considerable from the time that Julian the Apostate resided there when he commanded in Gaul, and except under the last Merovingian, and most of the Carlovingian kings, has been the capital of France ever since the time of Clovis. [back]

Note 2. See on this at length Du Bos, Hist. de l’Etablissement de la Monarchie Françoise, t. 1, l. 1. [back]

Note 3. The name of Alemanni, from Allerley-mann, signifies all sorts of men, and was given to a people among the Suevi, who inhabited the country between the Danube, the Upper Rhine, and the Mein, about the Duchy of Wirtemberg. See Martiniere and Grace’s additions to Puffendorf’s Modern History, t. 8. D’Anville, Etats formés après la Chûte de l’Empire Romain, p. 12, shows that the Alemanni were the first league of different nations formed in Germany, consisting of troops assembled out of the tribes of the Suevi, as Procopius assures us, (Procop. l. 1, Gothicor,) and is otherwise proved by Paulus Diaconus. (l. 3, c. 18, l. 2, c. 15.) Part of their lands called by Tacitus Decumates, paid a tax of a tenth penny; it is now called Suevia or Souabe. (See Schoeplin, Alsatia Illust. t. 1, pp. 174, 201, and Brotier in Tacit, t. 4, p. 42.) The Alemanni then inhabited both banks of the Mein and other parts towards the Rhine. The French gave the name of this nearest people of Germany to the whole country. [back]

Note 4. When the Normans plundered the suburbs of Paris, in 856, this church was twice pillaged by them; from which time the secular canons who served it became very remiss. Pope Eugenius III. in the reign of Louis VII. coming to Paris, in 1148, converted this church into an abbey of regular canons, placing there eleven canons, under an abbot, chosen out of the abbey of St. Victor. The eminently pious Cardinal de la Rochefoucault, was nominated abbot by the king in 1619, and by him an excellent reformation was established in this abbey, in 1624, under an abbot, who is chosen for three years, and general of a numerous congregation; for many other houses adopted this reform, so that the congregation of the regular canons of St. Genevieve is now very numerous in France, and comprises in that kingdom sixty-seven abbeys, twenty-eight conventual priories, two provostships, and three hospitals; and in the Low-Countries three abbeys, and three priories, besides a considerable number of curacies. When the shrine of St. Genevieve is carried in procession on extraordinary public occasions, the abbot walks on the right hand of the archbishop and the canons of the cathedral. He also gives his benediction in the streets, as the archbishop does. See Helyot. [back]

Note 5. Clovis slew his cousin Sigebert, who reigned at Cologn, Canaric, king of the Morini, Ranac, who reigned at Cambray, and Renomer, king of Mans, and possessed himself of all their territories. His name was the same with Louis; for the French anciently added a C to such names of their kings, as in Clotaire for Lotaire. The two kings of this name of the first race, are not brought into the number of the Louis, or Lewises, the Debonnaire being called Lewis I. Most historians follow the same rule as to our Edwards that reigned before the Norman conquest. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume VI: June. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/6/032.html

Voir aussi : http://confrerie-ste-clotilde.perso.sfr.fr/page-vie.php