dimanche 24 juin 2012

NATIVITÉ de SAINT JEAN-BAPTISTE, PRÉCURSEUR DE NOTRE-SEIGNEUR



5 Aux jours d'Hérode, roi de Judée, il y avait un prêtre nommé Zacharie, de la classe d'Abia; et sa femme, qui était des filles d'Aaron, se nommait Elisabeth.

6 Tous deux étaient justes devant Dieu, marchant dans tous les commandements et ordonnances du Seigneur d'une manière irréprochable.

7 Et ils n'avaient point d'enfants, parce qu'Elisabeth était stérile, et ils étaient l'un et l'autre avancés en âge.

8 Or, comme il était de service devant Dieu au tour de sa classe,

9 il lui échut par le sort, selon la coutume du service divin, d'avoir à entrer dans le sanctuaire du Seigneur pour offrir l'encens.

10 Et toute la multitude du peuple était au dehors en prière, à l'heure de l'encens.

11 Un ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l'autel de l'encens.

12 Zacharie, en le voyant, fut troublé, et la crainte le saisit.

13 Mais l'ange lui dit : " Ne crains point, Zacharie, car ta prière a été exaucée : ta femme Elisabeth t'enfantera un fils que tu appelleras Jean.

14 Et ce sera pour toi joie et allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance;

15 car il sera grand devant le Seigneur, il ne boira ni vin ni rien qui enivre, et il sera rempli de l'Esprit-Saint dès le sein de sa mère;

16 il ramènera beaucoup des enfants d'Israël au Seigneur leur Dieu;

17 et lui-même marchera devant lui, avec l'esprit et la puissance d'Elie, pour ramener les cœurs des pères vers les enfants et les indociles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé. "

18 Zacharie dit à l'ange : " A quoi le reconnaîtrai-je? Car je suis vieux, et ma femme est avancée en âge. "

19 L'ange lui répondit : " Je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu; j'ai été envoyé pour te parler et t'annoncer cette heureuse nouvelle.

20 Et voici : tu seras muet et ne pourras parler jusqu'au jour où ces choses arriveront, parce que tu n'as pas cru à mes paroles, qui s'accompliront en leur temps. "

21 Cependant le peuple attendait Zacharie et on s'étonnait qu'il s'attardât dans le sanctuaire.

22 Or, étant sorti, il ne pouvait leur parler, et ils comprirent qu'il avait eu une vision dans le sanctuaire; et lui leur faisait des signes, et il resta muet.

23 Quand les jours de son service furent accomplis, il s'en alla en sa maison.

24 Après ces jours, Elisabeth, sa femme, conçut, et elle se tint cachée pendant cinq mois, disant :

25 " Ainsi a fait pour moi le Seigneur, au jour où il lui a plu d'ôter mon opprobre parmi les hommes. "

(...)

39 En ces jours-là Marie partit et s'en alla en hâte vers la montagne, en une ville de Juda.

40 Et elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Elisabeth.

41 Or, quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint-Esprit.

42 Et elle s'écria à haute voix, disant: " Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni.

43 Et d'où m'est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi?

44 Car votre voix, lorsque vous m'avez saluée, n'a pas plus tôt frappé mes oreilles, que l'enfant a tressailli de joie dans mon sein.

45 Heureuse celle qui a cru ! Car elles seront accomplies les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur ! "

(...)

56 Et Marie demeura avec elle environ trois mois, et elle s'en retourna chez elle.

57 Cependant le temps s'accomplit où Elisabeth devait enfanter, et elle mit au monde un fils.

58 Ses voisins et ses parents, ayant appris que le Seigneur avait manifesté sa miséricorde envers elle, se réjouissaient avec elle.

59 Or, le huitième jour, ils vinrent pour circoncire l'enfant, et ils le nommaient Zacharie d'après le nom de son père.

60 Alors sa mère, prenant la parole : " Non, dit-elle, mais il s'appellera Jean. "

61 Ils lui dirent : " Il n'y a personne de votre parenté qui soit appelé de ce nom. "

62 Et ils demandaient par signes à son père comment il voulait qu'on le nommât.

63 S'étant fait donner une tablette, il écrivit : " Jean est son nom; " et tous furent dans l'étonnement.

64 A l'instant sa bouche s'ouvrit et sa langue (se délia); et il parlait, bénissant Dieu.

65 La crainte s'empara de tous les habitants d'alentour, et partout dans la montagne de Judée on racontait toutes ces choses.

66 Tous ceux qui en entendirent parler les recueillirent dans leur cœur, et ils disaient : " Que sera donc cet enfant? " Et en effet la main du Seigneur était avec lui.

67 Et Zacharie, son père, fut rempli de l'Esprit-Saint, et il prophétisa, en disant :

68 " Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, parce qu'il a visité et racheté son peuple.

69 et qu'il a suscité pour nous une corne de salut, dans la maison de David, son serviteur,

70 — ainsi qu'il l'a promis par la bouche de ses saints prophètes, dès les temps anciens, —

71 pour nous sauver de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent,

72 afin d'exercer sa miséricorde envers nos pères et de se souvenir de son pacte saint,

73 du serment qu'il fit à Abraham, notre père, de nous accorder que,

74 sans crainte, affranchis de la main de nos ennemis, nous le servions,

75 avec sainteté et justice devant lui, tous les jours de notre (vie).

76 Quant à toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant la face du Seigneur pour lui préparer les voies,

77 afin d'apprendre à son peuple à reconnaître le salut dans la rémission de leurs péchés,

78 par l'effet de la tendre miséricorde de notre Dieu, par laquelle nous visitera une lumière d'en haut

79 pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et l'ombre de la mort, pour diriger nos pas dans la voie de la paix. "

80 Or l'enfant croissait et se fortifiait en esprit, et il demeura dans le désert jusqu'au jour de sa manifestation devant Israël.

ÉVANGILE SELON SAINT LUC, I : 5-25 ; 39-45 ; 56-80



BENOÎT XVI



ANGÉLUS

Place Saint-Pierre

Dimanche 24 juin 2012



Chers frères et sœurs !

Aujourd’hui, 24 juin, nous célébrons la solennité de la naissance de saint Jean-Baptiste. À part la Vierge Marie, Jean-Baptiste est le seul saint dont la liturgie célèbre la naissance, et elle le fait parce que celle-ci est étroitement liée au mystère de l’incarnation du Fils de Dieu. Dès le sein maternel, en effet, Jean est le précurseur de Jésus : sa conception prodigieuse est annoncée par l’ange à Marie, comme le signe que « rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1, 37), six mois avant le grand prodige qui nous donne le salut, l’union de Dieu avec l’homme par l’action du Saint- Esprit. Les quatre Évangiles donnent une grande importance à la figure de Jean-Baptiste en tant que prophète qui conclut l’Ancien Testament, et inaugure le Nouveau, indiquant en Jésus de Nazareth le Messie, le Consacré du Seigneur. En effet, Jésus lui-même parlera de Jean en ces termes : « Il est celui dont il est écrit : Voici que moi j'envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi. En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n'en a pas surgi de plus grand que Jean-Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui » (Mt 11, 10-11).

Le père de Jean, Zacharie, mari d’Elisabeth, parente de Marie, était un prêtre du culte de l’Ancien Testament. Il n’a pas cru tout de suite à l’annonce d’une paternité qu’il n’espérait plus désormais, et c’est pour cette raison qu’il demeura muet jusqu’au jour de la circoncision de l’enfant auquel, avec sa femme, ils donnèrent le nom indiqué par Dieu, c’est-à-dire « Jean», ce qui signifie : « Le Seigneur fait grâce». Animé par l’Esprit Saint, Zacharie parla ainsi de la mission de son fils : « Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant le Seigneur, pour lui préparer les voies, pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés » (Lc 1, 76-77). Tout ceci se manifesta trente ans après, quand Jean se mit à baptiser dans le fleuve du Jourdain, en appelant les gens à se préparer, par ce geste de pénitence, à la venue imminente du Messie que Dieu lui avait révélée durant son séjour dans le désert de Judée. C’est pourquoi on l’appela « Baptiste », c’est-à-dire le « Baptiseur » (cf. Mt 3,1-6).

Lorsqu’un jour, de Nazareth, Jésus lui-même vint se faire baptiser, Jean tout d’abord refusa, puis il consentit, et il vit l’Esprit Saint se poser sur Jésus et il entendit la voix du Père céleste qui le proclamait son Fils (cf. Mt 3, 13- 17). Mais sa mission n’était pas encore achevée: peu après, il lui fut demandé de précéder Jésus aussi dans une mort violente. Jean fut décapité dans la prison du roi Hérode, et il rendit ainsi pleinement témoignage à l’Agneau de Dieu qu’il avait été le premier à connaître et à désigner publiquement.

Chers amis, la Vierge Marie a aidé sa parente âgée, Elisabeth, à porter à son terme sa grossesse de Jean. Qu’elle nous aide tous à suivre Jésus, le Christ, le Fils de Dieu, que Jean-Baptiste a annoncé avec une grande humilité et ardeur prophétique.

À l'issue de l’Angélus :

En ce jour de la fête de la nativité de saint Jean-Baptiste, je suis heureux d’accueillir les pèlerins francophones présents pour la prière de l’Angélus. Saint Jean-Baptiste, le plus grand des enfants des hommes, a su reconnaître le Seigneur. Après avoir baptisé Jésus dans les eaux du Jourdain et l’avoir désigné comme le Messie, il s’est effacé humblement devant lui. Son exemple nous invite à nous convertir, à témoigner du Christ et à l’annoncer à temps et à contre temps, en étant comme lui la voix qui crie dans le désert, et cela jusqu’au don de notre vie. Avec la Vierge Marie sachons rendre grâce à Dieu pour tous ses bienfaits ! Bon dimanche !

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24 juin

Nativité de Saint Jean-Baptiste

Évangile selon saint Luc (I 57-80)

Quand à Elisabeth, le temps fut révolu où elle devait enfanter, et elle donna naissance à un fils. Et ses voisines et ses parents apprirent que le Seigneur avait magnifié sa miséricorde à son égard, et ils s’en réjouissaient avec elle.

Or, le huitième jour, ils vinrent pour circoncire [1] l’enfant, et ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père [2]. Et prenant la parole, sa mère dit : « Non, mais il s’appellera Jean. [3] » Et on lui dit : « Il n’y a personne de ta parenté qui soit appelé de ce nom. » Et on demandait par signes au père comment il voulait qu’on l’appelât [4]. Et ayant demandé une tablette, il écrivit : « Jean est son nom. [5] » Et ils furent tous étonnés.

Sa bouche s’ouvrit à l’instant même et sa langue se délia [6], et il parlait, bénissant Dieu. Et la crainte s’empara de tous leurs voisins et, dans toute la région montagneuse de la Judée, on s’entretenait de toutes ces choses. Et tous ceux qui en entendirent parler les mirent dans leur cœur, en disant : « Que sera donc cet enfant ? » Et de fait la main du Seigneur était avec lui [7].

Et Zacharie, son père, fut rempli du Saint-Esprit et il prophétisa [8] en disant [9] :

« Béni soit le Seigneur Dieu d'Israël : il visite [10] et rachète son peuple. Il nous suscite une force de salut dans la maison de David, son serviteur, comme il l'a dit par la bouche des saints, ceux d'autrefois [11] , ses prophètes [12]. Salut qui nous arrache à l'oppresseur, aux mains de tous nos ennemis [13] ; amour qu'il scellait avec nos pères et souvenir de son alliance sainte ; serment juré à notre père Abraham de nous donner, qu'affranchis de la crainte, délivrés des mains de l'oppresseur, nous le servions en justice [14] et sainteté devant sa face tout au long de nos jours. Et toi, petit enfant, qu'on nommera prophète du Très-Haut, tu marcheras devant la face du Seigneur pour préparer ses voies ; pour annoncer à son peuple le salut en rémission de ses péchés, par l'amour du cœur de notre Dieu qui vient nous visiter ; soleil levant, lumière d'en haut sur ceux de la ténèbre qui gisent dans l'ombre de la mort [15] , et guide pour nos pas au chemin de la paix. [16] »

Quant à l’enfant, il croissait, et son esprit se fortifiait [17]. Et il fut dans les endroits déserts jusqu’au jour où il se présenta à Israël.

[1] La circoncision avait été donnée à Abraham pour distinguer sa race de toute autre race et la préparer à posséder les biens promis à Dieu; quand arriva ce qui avait été promis, le signe fut aboli. A la circoncision, qui cesse à J.-C., succède le baptême; et c’est pourquoi Jean devait être circoncis. On l’imposait au huitième jour; l’enfant était moins sensible à la souffrance; et d’autre part on lui imposait cette marque qui l’incorporait au peuple de Dieu avant qu’il ne put le vouloir lui-même, pour établir que c’était une pure grâce. On lui donnait après la circoncision le nom qu’il devait porter, car avant de faire nombre dans le peuple de Dieu, il devait porter le signe de Dieu. Cela signifiait aussi que pour être inscrit au livre de vie, il devait avoir dépouillé les passions charnelles (saint Jean Chrysostome : « Contra Judæos et Gentiles quod Christus sit Deus »).

[2] On pensait qu’à cet enfant du miracle on ne pouvait donner de nom plus honorable que celui de son père Zacharie, de ce prêtre qui avait passé sa longue vie dans la piété et la justice. » Cela ne pouvait déplaire à la mère. Ce ne fut donc pas par répugnance pour ce nom, mais sous l’action de l’Esprit Saint qu’elle se montra si affirmative (saint Ambroise : commentaire de l’évangile selon saint Luc, II 31).

[3] Elle ne pouvait pas ignorer le nom du précurseur du Christ, elle qui avait prophétisé le Christ (saint Ambroise : commentaire de l’évangile selon saint Luc, II 31).

[4] Zacharie, prêtre de la classe d’Abia, époux d’Elisabeth, avait été réduit au silence pour n’avoir pas cru à l’annonce de l’Ange : « Moi, je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu, et j’ai été envoyé pour te parler et t’annoncer cette bonne nouvelle. Et voici que tu vas être réduit au silence et sans pouvoir parler jusqu’au jour où ces choses arriveront, pour ce que tu n’as pas cru à mes paroles, lesquelles s’accompliront en leur temps » (évangile selon saint Luc, I 19-20).

[5] Nous ne lui imposons pas nous-mêmes sont nom : il a déjà son nom donné par Dieu, nous le faisons connaître seulement. Les saints méritent de recevoir leur nom de Dieu ; les anges ne font que transmettre ces noms, ils ne les donnent pas eux-mêmes. Il apparaît bien que ce sera là non pas un nom de parenté, mais de prophétie (saint Ambroise : commentaire de l’évangile selon saint Luc, II 31 & 32).

[6] Il aurait été contradictoire qu’à l’apparition de celui qui devait être la voix, son père demeurât muet (saint Grégoire de Nazianze : discours XII).

Cette bouche avait été fermée par l’Ange; elle est ouverte par le fils qui avait été promis par l’Ange (saint Maxime de Turin : homélie LXV).

Il convenait que la foi déliât cette langue qui avait été liée par l’incrédulité. Croyons, nous aussi, et notre langue qui demeure embarrassée tant que nous sommes dans les liens de l’incrédulité, saura trouver des paroles pleines de raison. Si nous voulons savoir parler, sachons écrire en esprit les mystères de Dieu : sachons écrire non sur des tablettes, mais dans nos cœurs, tout ce qui annonce le Christ (saint Ambroise : commentaire de l’évangile selon saint Luc, II 32).

[7] Maintenant encore l’Eglise célèbre cette naissance ; elle ne célèbre que trois naissances, celle du Fils de Dieu, celle de sa mère et celle-ci ; elle sait « que pour l’homme le jour de la mort est meilleur que celui de sa naissance », et que toute naissance humaine est accompagnée de tristesse. C’est pourquoi elle célèbre la mort des martyrs qu’elle appelle leur naissance, car ils naissent vraiment à la vie quand ils se dépouillent de la vie pour le Christ. Mais cette naissance de Jean, l’Eglise la célèbre avec assurance sur la parole si expresse de l’Ange (saint Pierre Damien : sermon XXIII, sur la nativité de saint Jean-Baptiste, 4).

[8] Voyez comme Dieu est bon et comme il pardonne complètement : non seulement il rend ce qu’il avait pris, mais il accorde des faveurs que l’on ne pouvait espérer. Cet homme, tout à l’heure muet, prophétise; ceux qui auront renié Dieu, sous l’action des grâces nouvelles, le loueront. Que personne donc ne perde confiance; que personne, au souvenir des fautes anciennes, ne désespère des dons de Dieu. Dieu sait changer ses jugements, si vous savez renoncer à vos fautes (saint Ambroise : commentaire de l’évangile selon saint Luc, II 33).

[9] Ce cantique contient deux prophéties : l’une relative au Christ, l’autre à Jean. La première est exprimée dans ces paroles qui annoncent la chose comme déjà présente : « Dieu a visité. » Celle qui a rapport au Précurseur sera annoncée tout à l’heure au futur (Origène : homélie X sur l’évangile selon saint Luc).

[10] Ce peuple qu’il a visité, c’est cette nation qui depuis si longtemps portait le nom de peuple de Dieu, et qui depuis longtemps semblait abandonnée de Dieu. C’était aussi ce peuple qui, dans le monde entier, gémissait sous le joug du péché et que le sang du Sauveur allait racheter et dont il allait faire son peuple par cette rédemption (saint Jean Chrysostome : « Contra Judæos et Gentiles quod Christus sit Deus »).

[11] Je pense qu’Abraham, Isaac et Jacob, au jour de l’avènement du Christ, ont joui des effets de sa miséricorde; il n’est pas possible que ceux qui avaient vu de loin son jour et en avaient eu une grande joie, n’aient pas eu une joie plus grande au jour où vint celui dont il est dit, « qu’il a, par le sang de sa croix, fait la paix et sur la terre et dans le ciel » (Origène : homélie X sur l’évangile selon saint Luc).

[12] Toutes les Ecritures de l’ancienne Loi avaient eu pour objet le Christ ; Adam lui-même et tous les patriarches après lui, par leurs paroles ou par leurs actes, avaient rendu témoignage de cette économie qui préparait le Christ (saint Bède le Vénérable).

[13] Nos ennemis sont aussi nos convoitises, qui nous font la guerre dans nos membres, et nos péchés qui nous accablent, et nos faiblesses qui nous tuent, et les terreurs de la conscience qui ne nous laissent aucun repos (Bossuet).

[14] Non plus dans la justice charnelle des Juifs qui mettaient leur confiance dans les victimes et les observances de la Loi, mais dans une justice spirituelle, se traduisant en œuvres bonnes : dans la sainteté qui nous rend dignes de Dieu, et dans la justice qui nous fait accomplir tous nos devoirs envers le prochain; non plus dans une justice extérieure, comme est celle des hommes qui cherchent à plaire aux hommes, mais dans une justice qui agit devant Dieu, qui cherche non l’approbation des hommes, mais celle de Dieu; et cela non pas une fois ou pour un temps, mais tous les jours de la vie (saint Jean Chrysostome : « Contra Judæos et Gentiles quod Christus sit Deus »).

[15] L’ombre de la mort c’est l’oubli envahissant l’âme : de même que la mort met un abîme entre le mort et les régions de la vie, de même l’oubli entre l’âme et l’objet qui s’est éloigné de son souvenir : le peuple juif, ayant oublié Dieu, était dans la mort par rapport à Dieu (saint Grégoire le Grand : « Moralia in Job », XVI 30).

[16] Nous dressons nos pas dans le chemin de la paix quand le mouvement de nos actes est toujours en accord avec la grâce de notre Créateur (saint Grégoire le Grand : homélie XXXIII sur les péricopes évangéliques, 4).

[17] Il y a des hommes qui cultivent en eux la vigueur corporelle pour être vainqueurs dans les combats : l’athlète de Dieu se fortifiait dans l’esprit pour briser la puissance de la chair (Origène : homélie XI sur l’évangile selon saint Luc).


Méditation et historique

L'Église célèbre la naissance du Sauveur au solstice d'hiver et celle de Jean-Baptiste au solstice d'été. Ces deux fêtes, séparées l'une de l'autre par un intervalle de six mois, appartiennent au cycle de l'Incarnation ; elles sont, par leur objet, dans une mutuelle dépendance ; à cause de ces relations, on peut leur donner le même titre, c'est en latin : nativitas, naissance ; natalis dies, Noël.

Pourquoi célébrer la naissance de Jean-Baptiste, se demande saint Augustin, dans un sermon qui se lit à l'office nocturne ? La célébration de l'entrée de Jésus-Christ dans ce monde s'explique fort bien ; mais les hommes - et Jean-Baptiste en est un - sont d'une condition différente ; s'ils deviennent des saints, leur fête est plutôt celle de leur mort : leur labeur est consommé, leurs mérites sont acquis ; après avoir remporté la victoire sur le monde, ils inaugurent une vie nouvelle qui durera toute l'éternité. Saint Jean-Baptiste est le seul à qui soit réservé cet honneur ; et cela dès le cinquième siècle, car la nativité de la Vierge Marie ne fut instituée que beaucoup plus tard. Ce privilège est fondé sur ce fait que Jean a été sanctifié dès le sein de sa mère Élisabeth, quand elle reçut la visite de Marie sa cousine ; il se trouva délivré du péché originel ; sa naissance fut sainte, on peut donc la célébrer. C'est un homme à part, il n'est inférieur à personne, non surrexit inter natos mulierum major Jobanne Baptista. L'ange Gabriel vint annoncer sa naissance, son nom et sa mission, nous dit saint Maxime, dans une leçon de l'octave ; sa naissance merveilleuse a été suivie d'une existence admirable, qu'un glorieux trépas a couronnée ; l'Esprit Saint l'a prophétisé, un ange l'a annoncé, le Seigneur a célébré ses louanges, la gloire éternelle d'une sainte mort l'a consacré. Pour ces motifs, l'Église du Christ se réjouit dans tout l'univers de la naissance du témoin qui signala aux mortels la présence de celui par lequel leur arrivent les joies de l'éternité.

Saint Augustin, qui s'appliquait à découvrir les raisons mystérieuses des événements, a voulu savoir pourquoi Jésus-Christ est né à l'équinoxe d'hiver et Jean-Baptiste à celui d'été. Dans le sermon du quatrième jour dans l'octave, il nous propose ce qu'il a découvert : Jean est un homme, le Christ est Dieu. Que l'homme se fasse petit, pour que Dieu apparaisse plus grand, suivant ces paroles dites par Jean au sujet du Sauveur : il faut qu'il croisse et que moi, je diminue. Pour que l'homme soit abaissé, Jean naît aujourd'hui, où les jours commencent à diminuer ; pour que Dieu soit exalté, le Christ naît au moment où les jours commencent à grandir. tout cela est très mystérieux. La naissance de Jean-Baptiste, que nous célébrons, est, comme celle du Sauveur, pleine de mystère. Quel est ce mystère, si ce n'est celui de notre humiliation, comme la naissance du Christ est pleine du mystère de notre élévation.

Ces témoignages de saint Maxime et de saint Augustin prouvent que cette fête est l'une des plus anciennes du calendrier. Sa célébration est constatée dès le milieu du quatrième siècle. Elle a déjà sa place parmi les solennités importantes ; on lui donna bientôt une octave et une vigile et elle traversa le moyen âge avec ce complément.

Les Pères du Concile de Bâle, dans leur quarante-troisième session (1441), firent suivre son octave d'une fête nouvelle, la Visitation, et Eugène IV eut soin de confirmer plus tard cette mesure. Ce n'est pas le Concile de Bâle, il est vrai, qui établit cette fête, il n'eut qu'à la fixer au 2 juillet ; son institution remonte au pontificat d'Urbain VI qui espérait, par ce moyen, appeler la protection de Notre Dame sur l'Église menacée d'un nouveau schisme ; la bulle qui lui assignait un jour après l'Annonciation fut promulguée par Boniface IX (1389).

Le Noël d'été a, comme celui d'hiver, son cortège liturgique. Sa vigile est une réduction de l'Avent : L'Église présente à nos réflexions le récit évangélique de la mission de l'ange Gabriel auprès de Zacharie, pour lui prédire la naissance d'un enfant : l'envoyé céleste lui dit qu'il sera grand devant le Seigneur ; l'Esprit Saint le remplira de sa vertu, dès le sein de sa mère ; il convertira un grand nombre de fils d'Israël au Seigneur leur Dieu ; il précédera le Seigneur, dans l'esprit et la vertu d'Élie ; il conciliera aux fils le cœur des pères ; il amènera les incrédules à la prudence des justes ; il préparera au Seigneur un peuple parfait. L'octave de la fête pourrait fort bien être appelée la circoncision de Jean-Baptiste : en ce jour, son père lui donna son nom et il entonna ce Benedictus Dominus Deus Israël que nous chantons tous les jours de l'année, à l'office du matin, en l'honneur de l'Oriens ex alto. La Visitation est, en quelque sorte, l'épiphanie de Jean-Baptiste : il confesse par un tressaillement la manifestation de Jésus, caché dans le sein maternel. Notre Dame chante au Seigneur le Magnificat anima mea Dominum.Ce Noël d'été précède le Noël d'hiver, comme saint Jean-Baptiste est le précurseur de Jésus-Christ ; elle l'annonce ; nous le verrons paraître quand le soleil sera au terme de ses diminutions.

L'objet historique de la fête et la doctrine qui l'éclaire sont exposés par saint Luc, au chapitre premier de son Évangile. Les trois passages qui nous intéressent sont lus aux messes de la vigile, de la Nativité et de la Visitation ; il est nécessaire d'y ajouter quelques lignes de l'évangile de saint Jean, qui termine la messe : Fuit homo missus a Deo, cui nomen erat Johannes ; his venit in testimonium, ut testimonium perbiberet de lumine, ut omnes crederent per illum ; non erat ille lux, sed ut testimonium perbiret de lumine. Il est le témoin, le précurseur, la voix de Dieu...

Une mission de ce caractère n'a pu échapper aux Prophètes de l'Ancien Testament ; il faut nous attendre à trouver, sous leur plume, des figures lumineuses qui aident à la saisir. Le plus expressif est Jérémie. Le début de sa prophétie s'applique aussi bien à saint Jean-Baptiste qu'à lui-même ; l'analogie est frappante ; il n'y a qu'à le reproduire et chacun, à première vue, pourra s'en convaincre : La parole du Seigneur s'est fait entendre ; il me disait : Je te connaissais avant de te former dans le sein de ta mère ; je t'ai sanctifié avant que tu en sortes ; je t'ai choisi pour être mon prophète devant les nations. Et j'ai bégayé, A, a, a, Seigneur, mon Dieu ; mais je ne sais pas parler, je ne suis qu'un enfant. Et le reste. L'Église fait lire Jérémie aux matines de la fête et à la messe de la vigile. L'épître du jour est empruntée à Isaïe ; c'est de Jean-Baptiste qu'il écrit : Que les îles écoutent ; peuples éloignés, faites attention. Le Seigneur m'a appelé, il s'est souvenu de mon nom dès le sein de ma mère. Il a fait de ma langue un glaive aigu ; il m'a protégé de l'ombre de sa main ; il m'a pris comme une flèche de son choix et il m'a caché dans son carquois... Le Seigneur, qui a fait de moi son serviteur dès le sein maternel, me dit : Je t'ai donné aux nations comme leur lumière pour que tu sois mon salut jusqu'aux extrémités de la terre.

Ces lectures fournissent le texte des antiennes et des répons : l'introït et le graduel enferment, dans leur mélodie, ce que Jérémie et Isaïe ont pu dire de la sanctification de Jean-Baptiste avant sa naissance ; le verset alleluiatique et la communion répètent cette déclaration de Zacharie devant le berceau et les langes de son enfant : Tu, puer, Propheta altissimi vocaberis ; prœibis enim ante faciem Domini parare vias ejus. Tu t'appelleras, enfant, le prophète du Très-Haut ; tu iras devant la face du Seigneur pour lui préparer les voies. Nous retrouvons ces mêmes paroles aux offices du jour et de la nuit : les antiennes, qui accompagnent les psaumes de vêpres, de matines ou de laudes, sont tirées de l'Évangile et des prophètes. Les unes prennent les traits principaux du récit et le reconstituent ; par exemple, celles des laudes et des secondes vêpres : Élisabeth Zachariæ magnum virum genuit, Jobannem prœcursorem Domini, c'est l'annonce de l'événement ; de là, nous passons à la circoncision et à la tradition du nom : Innuebant patri ejus, quem vellet vocari eum ; et scripsit, dicens : Joannes est nomen ejus ; la troisième revient sur la même pensée ; après quoi, il semble que nous soyons mis en présence de l'enfant et, en le saluant nous ne pouvons que lui rendre les témoignages contenus dans l'Évangile : Inter natos mulierum non surrexit major Jobanne Baptista. Les antiennes des premières vêpres traduisent les mêmes impressions et empruntent leurs formules aux mêmes sources : le peuple chrétien se représente la scène et s'approprie les sentiments et le langage de ceux qui remplissent un rôle actif ; avec eux, il dit de Jean : Ipse præbit ante illum in spiritu et virtute Eliæ - Joannes est nomen ejus ; vinum et siceram non bibet. - Ex utero senectutis et sterili Joannes natus est præcursor Domini. Je ne dis rien des antiennes de matines : elles ont ce même caractère. Pendant que l'âme s'applique à suivre le sens des psaumes, l'imagination est occupée par ces souvenirs ; cela ne lui damande guère d'effort ; elle est paisible ; l'esprit, qui reçoit ses impulsions, découvre dans la psalmodie, à la faveur d'aperçus auxquels il n'aurait jamais songé de lui-même, des allusions ingénieuses à la solennité ; la pensée de saint Jean apparaît partout.

Les observations faites au sujet des antiennes valent pour les répons ; on s'exposerait, en les citant, à des répétitions inutiles : ils transportent, dans le chant, des textes connus déjà ; je n'en reproduirai qu'un, d'une facture assez originale. Hic est præcursor dilectus, voici le précurseur bien-aimé, et lucerna lucens ante dominum, et la lumière qui brille devant le Seigneur. Ipse est enim Joannes, qui viam Domino preparavit in eremo, c'est Jean qui a préparé au Seigneur la voie dans le désert, sed et Agnum Dei demonstravit et illuminavit mentes hominum, il a montré l'agneau de Dieu et éclairé l'esprit des hommes. Ipse præibit ante illum in spiritu et virtute Eliæ. En résumé, les antiennes et les répons ne font que répéter ce que l'Évangile présente de saillant ; ces traits sont de nature à pénétrer l'âme de la mission du précurseur et de son importance ; ils accroissent, par leur répétition même, l'admiration pour son caractère et sa personne ; son souvenir prend vie dans le cœur.

L'Ange Gabriel avait annoncé à Zacharie que la naissance de Jean serait, pour un grand nombre, une occasion de joie, multi in nativitate ejus gaudebunt. En souvenir de cette prophétie, sa fête est joyeuse ; elle a pour signe caractéristique une allégresse qui ne se trouve pas ailleurs. L'Église invite les fidèles à s'y abandonner ; il lui suffit de leur répéter, par ses antiennes, les paroles de Gabriel. Mais la piété chrétienne ne s'est pas contentée du chant liturgique pour manifester sa joie ; elle a emprunté, en les transformant, les usages par lesquels les païens célébraient le solstice : on sait que l'instinct qui portait ces derniers à substituer, dans leur vénération religieuse, les forces créées de la nature à leur auteur, les faisait rendre un culte au soleil et au feu dont il est le grand foyer ; leur dévotion s'épanchait en manifestations bruyantes, au moment des équinoxes ; les fêtes, qui bénéficiaient d'une popularité extraordinaire, consistaient surtout en des réjouissances publiques ; la principale était d'allumer de grands feux autour desquels dansait la population. Le paganisme grec et romain avait eu l'art de mêler ainsi son culte à la vie extérieure des peuples, et c'est ce qui contribua le plus à le faire entrer dans les mœurs, si profondément même que ces coutumes ont survécu au paganisme.

Il y avait là, pour les chrétiens, un véritable danger ; tout le monde prenait part à ces réjouissances, qui en elles-mêmes n'avaient rien de condamnable. Mais les circonstances, en les liant à une superstition, les mettaient au service du paganisme naturaliste ; c'était un entraînement auquel on résistait fort mal. Tertullien, le premier, dénonça les chrétiens impudents, qui ne craignaient pas de célébrer ainsi les calendes de janvier, les brumalies et les saturnales. La conversion de l'Empire laissa leur popularité aux réjouissances solsticiales dans l'Afrique romaine, à Rome et dans les Gaules. Les évêques voyaient ce fait avec mécontentement ; saint augustin protestait avec énergie. Habeamus solemnem istum diem, disait-il, non sicut infideles, prpter hunc solem, sed propter eum qui fecit hunc solem, solennisons ce jour, non comme des infidèles, à cause du soleil, mais à cause de celui qui a fait le soleil. Saint Césaire proscrivit, pour les mêmes motifs, ces survivances païennes ; l'évêque franc, auteur des sermons qui nous sont parvenus sous le nom de saint Éloi, défend aux chrétiens de célébrer les solstices par des danses, des caroles et des chants diaboliques. Mais la fidélité aux superstitions pyrolatriques était tenace ; les évêques ne purent en avoir raison. C'est en vain que Charlemagne leur recommanda, par un capitulaire, de proscrire de nouveau ces feux sacrilèges et ces usages païens ; il fallut en prendre son parti et chercher à transformer, par une intention pieuse, l'abus qu'on ne pouvait supprimer. Cette évolution se produisit l'abus qu'on ne pouvait supprimer. Cette évolution se produisit dans le cours du neuvième siècle : on s'apercevait enfin qu'un retour offensif du paganisme n'était plus à craindre ; il était donc inutile de se prémunir contre un ennemi définitivement vaincu.

La réaction contre les pagania solsticiales avait sans nul doute accru la note joyeuse de la fête de saint Jean-Baptiste. Cette joie spirituelle, par son charme, contribuait à détourner les chrétiens de ces réjouissances profanes ; elle servit à ménager l'évolution, qui débarrassa ces dernières de toute pensée superstitieuses, en les associant à la fête de saint Jean-Baptiste. Le solstice d'été tomba dans l'oubli ; les feux furent allumés pour manifester la joie que la naissance du Précurseur causait au monde ; le feu devint ecclésiastique : le clergé alla processionnellement le bénir ; la Jouannée, ainsi que nos pères la nommaient, resta l'une des fêtes les plus populaires et les bourgeois des villes ne l'appréciaient pas moins que les campagnards.

Les Parisiens, entre autres, étaient amateurs des feux de saint Jean ; ils en allumaient un par quartier. Celui de la Bastille passait pour l'un des mieux réussis, la garnison de la forteresse assistait en armes à son embrasement. Il ne valait pas cependant celui de la place de Grève ; on laissait au roi l'honneur de l'allumer : Louis XI le fit en 1471, François Ier en 1528, Henri II et Catherine de Médicis en 1549, Charles IX en 1573, Henri IV en 1596, Louis XIII en 1615 et 1620, Anne d'Autriche en 1616 et 1618, Louis XIV en 1648 ; à partir de cette date, l'honneur d'allumer le feu revint au conseil de ville.

Les hommes de la Révolution furent incapables de comprendre ces réjouissances et elles disparurent, à Paris du moins, en 1789 ; il en fut de même dans la plupart des villes importantes ; à Douai, où la population tenait à ces feux au point d'en allumer un dans chaque rue, tous les soirs du 23 au 29 juin, la police les interdit en 1793 ; ils furent rallumés en 1795 et les années suivantes jusqu'en 1806, sans tenir compte d'une nouvelle défense promulguée en 1797.

Ces réjouissances populaires et religieuses faisaient entrer le sentiment chrétien dans la vie des villages et des villes ; la religion n'était pas reléguée entre les murailles des sanctuaires ; les hommes la connaissaient, ils l'aimaient comme un élément essentiel de leur existence. Les coutumes auxquelles on avait l'esprit de la mêler transmettaient, avec elles, sa pensée d'une génération à l'autre ; cela pouvait aller fort loin, car ces habitudes populaires sont tenaces. Ce fait n'a pas été toujours compris au dix-neuvième siècle. Ces traditions ont eu fréquemment pour adversaires aveugles des catholiques, qualifiés hommes d'œuvre, et des prêtres, qui ont affecté d'y voir des pratiques superstitieuses. C'est ainsi que les feux de saint Jean se sont éteints peu à peu dans un grand nombre de campagnes ; il est juste de dire que saint Jean-Baptiste n'y a pas gagné un rayon de joie spirituelle ; sa fête passe presque inaperçue ; elle attire certainement beaucoup moins de monde à la messe et à la Sainte Table que le premier vendredi du mois.



LA NATIVITÉ DE SAINT JEAN-BAPTISTE

Saint Jean-Baptiste a beaucoup de noms : en effet il est appelé prophète, ami de l’époux, lumière, ange, voix, Hélie, Baptiste du Sauveur, héraut du juge et précurseur du roi. Le nom de prophète indique le privilège des connaissances; celui d'ami de l’époux, le privilège de l’amour; celui de lumière ardente, le privilège de la sainteté; celui d'ange, le privilège de la virginité; celui de voix, le privilège de l’humilité ; celui d'Elie, le privilège de la ferveur; celui de Baptiste, le privilège d'un honneur merveilleux; celui de héraut, le privilège de la prédication ; celui de précurseur, le privilège de la préparation.

La naissance de saint Jean-Baptiste fut ainsi annoncée par l’archange. « Le roi David, d'après l’Histoire scholastique (Hist. Evanq., c. I.), voulant donner plus d'extension au culte de Dieu, institua vingt-quatre grands prêtres, dont un seul supérieur aux autres était appelé le Prince des Prêtres. Il en établit seize de la lignée d'Eléazar et huit de celle d'Ithamar, et il donna par le sort à chacun une semaine à son tour; or, à Abias échut la huitième semaine, et Zacharie fut de sa race. » Zacharie et sa femme étaient vieux et sans enfants. Zacharie étant donc entré dans le temple pour offrir de l’encens, et une multitude de peuple l’attendant à la porte, l’archange Gabriel lui apparut. Zacharie éprouva un mouvement de crainte à sa vue ; mais l’ange lui dit : « Ne crains pas, Zacharie, parce que ta prière a été exaucée. » C'est le propre des bons anges, selon ce que dit la glose, de consoler à l’instant par une bénigne exhortation ceux qui s'effraient en les voyant; au contraire, les mauvais anges, qui se transforment en anges de lumière, dès lors qu'ils s'aperçoivent que ceux auxquels ils s'adressent sont effrayés de leur présence, augmentent encore l’horreur dont ils les ont saisis. Gabriel annonce donc à Zacharie qu'il aura un fils dont le nom serait Jean, qui ne boirait ni vin, ni rien de ce qui peut enivrer, et qu'il marcherait devant le Seigneur dans l’esprit et la vertu d'Elfe. Jean est appelé Elie en raison du lieu que tous les deux habitèrent, savoir, le désert, en raison de leur habillement extérieur, qui était,grossier chez l’un comme chez l’autre, en raison de leur nourriture qui était modique en raison de leur ministère, parce que tous deux sont précurseurs ; Elie du juge, Jean du Sauveur, en raison de leur zèle, car les paroles de l’un et de l’autre brûlaient comme un flambeau ardent. Or, Zacharie, en considération de sa vieillesse et de la stérilité de sa femme, se prit à douter et d'après la coutume des Juifs, il demanda un signe à l’ange : alors l’ange, frappa de mutisme Zacharie qui n'avait pas voulu ajouter foi à ses paroles.

Souvent le doute existe et s'excuse par la grandeur des choses promises, comme on le voit dans Abraham. En effet quand Dieu lui eut promis que sa race posséderait la terre de Chanaan, Abraham lui dit : « Seigneur mon Dieu comment puis-je savoir que je la posséderai ? » Dieu lui répondit (Gen., XV) : « Prenez une vache de trois ans, etc. » Quelquefois on conçoit un doute en considération de sa propre fragilité, comme cela eut lieu dans Gédéon qui dit : « Comment, je vous en prie, mon Seigneur, délivrerai-je Israël? Vous savez que ma famille est la dernière de Manassé et que je suis le dernier dans la maison de mon père. » A la suite de cela, il demanda un signe et il le reçut. Quelquefois le doute est excusé par l’impossibilité naturelle de l’événement, cela s'est vu dans Sara. En effet quand le Seigneur eut dit : « Je vous reviendrai voir, et Sara aura un fils », Sara se mit à rire derrière la porte, en disant « Après que je suis devenue vieille et que mon seigneur est vieux aussi, serait-il bien vrai que je pusse avoir un enfant? » Zacharie aurait donc été frappé seul d'un châtiment pour avoir douté, quand se trouvaient rencontrées et la grandeur de la chose promise, et la considération de sa fragilité propre par laquelle il se réputait indigne d'avoir un fils, et de plus l’impossibilité naturelle. Ce fut pour plus d'un motif qu'il en arriva ainsi. 1° D'après Bède il parla comme un- incrédule ; c'est pour cela qu'il est condamné à être muet, afin qu'en se taisant il apprît à croire. 2° Il devint muet, afin que, dans la naissance de son fils, apparût un grand miracle : car quand à la naissance de saint Jean, son père recouvra la parole, ce fut miracle sur miracle. 3° Il était convenable qu'il perdît la voix,, quand la voix naissait et venait faire taire là loi. 4° Parce qu'il avait demandé un signe au Seigneur et qu'il reçut comme signe d'être privé de la parole. Car, quand Zacharie sortit du temple et que le peuple se fut aperçu de son état de mutisme, on découvrit par ses gestes qu'il avait eu une vision dans le temple. Or, sa semaine étant achevée, il alla à sa maison et Elisabeth conçut ; et elle se cacha pendant cinq mois, parce que, selon ce que dit saint Ambroise, elle rougissait de mettre un enfant au monde à son âge ; c'était en effet passer pour avoir usé du mariage dans sa vieillesse; et cependant elle était heureuse d'être délivrée de l’opprobre de la stérilité, puisque c'était pour les femmes un; opprobre de ne pas avoir de fruit de leur union : Voilà pourquoi les noces sont des jours de fêtes et l’acte du mariage excusé. Or; six mois après, la Sainte Vierge; qui déjà avait conçu le Seigneur, vint, en qualité de vierge féconde, féliciter sa cousine de ce que sa stérilité avait été levée, et aider à sa vieillesse. Après qu'elle eut saluéElisabeth, le bienheureux Jean, rempli dès lors du Saint-Esprit, sentit le Fils de Dieu venir à lui et de joie il tressaillit dans le sein de sa mère, trépigna et salua par ce mouvement celui qu'il ne pouvait saluer de sa parole : car il tressaillit, comme transporté, devant l’auteur du salut, et comme pour se lever devant son Seigneur. La Sainte Vierge demeura donc avec sa cousine pendant trois mois, elle la servait : ce fut elle qui de ses saintes mains reçut l’enfant venant au monde, d'après le témoignage de l’Histoire scholastique (Hist. Evang., c. II), et qui remplit avec les plus grands soins l’office de garder l’enfant.

Ce Précurseur du Seigneur fut ennobli spécialement et singulièrement par neuf privilèges : Il est annoncé par le même ange qui annonça le Sauveur; il tressaillit dans le sein de sa mère; c'est la mère du Seigneur qui le reçoit en venant au monde ; il délie la langue de son père; c'est le premier qui confère Un baptême; il montre le Christ du doigt; il baptise le même J.-C. ; c'est lui que le Christ loue plus que tous les autres; il annonce la venue prochaine de J.-C. à ceux qui sont dans. les limbes. C'est pour ces neuf privilèges qu'il est appelé par le Seigneur prophète et plus que prophète. Sur ce qu'il est appelé plus que prophète, saint Jean Chrysostome s'exprime ainsi: « Un Prophète est celui qui reçoit de Dieu l’avantage de prophétiser, mais est-ce que le prophète donne à Dieu le bienfait du baptême ? Un prophète a pour mission de prédire les choses de Dieu, mais où trouver un prophète dont Dieu lui-même prophétise ? Tous les prophètes avaient prophétisé de J.-C. au lieu que Jean ne prophétisa pas seulement de J.-C., mais les autres prophètes prophétisèrent de lui : tous ont été les porteurs de la parole, mais lui, c'est la voix elle-même. Autant la voix approche de la parole, sans cependant être la parole, autant Jean approche de J.-C. sans cependant être J.-C. » D'après saint Ambroise, la gloire de saint Jean se tire de cinq causes, savoir de ses parents, de ses mœurs, de ses miracles, des dons qu'il a reçus et de sa prédication. D'après le même Père, la gloire qu'il reçoit de ses parents est manifeste par cinq caractères : Voici ce que dit saint Ambroise : «L'éloge est parfait, quand il comprend; comme dans saint Jean, une naissance distinguée, une conduite intègre, un ministère sacerdotal, l’obéissance à la loi, et la preuve d'oeuvres pleines de justice. » 2° Les miracles : Il y en eut avant sa conception, comme l’annonciation de l’ange, la désignation de son nom, et la perte de la parole dans son père il y en eut dans sa conception, celle-ci fut surnaturelle ; sa sanctification dès le sein de sa mère, et le don de prophétie dont il fut rempli. Il y en eut dès sa naissance, savoir : le don de prophétie accordé à son père et à sa ère, puisque sa mère sut son nom, et que le père prononça un cantique : la langue du père déliée ; le Saint-Esprit qui le remplit. Sur ces paroles de l’Évangile : « Zacharie son père fut rempli du Saint-Esprit », saint Ambroise s'exprime ainsi : « Regardez Jean: Quelle puissance dans son nom ! Ce nom rend la parole à un muet, le dévouement à un père; au peuple un prêtre. Tout à l’heure, cette langue était muette, ce père était stérile, ce prêtre était sans fonctions ; mais aussitôt que Jean est né, à l’instant, le père est prophète, ce pontife recouvre l’usage de la parole, son affection peut s'épancher sur son fils, le prêtre est reconnu par les fonctions qu'il remplit. » 3° Les mœurs. Sa vie fut d'une sainteté éminente. Voici comme en parle saint Chrysostome : « A côté de la vie de saint Jean, toutes les autres paraissent coupables: car de même que quand vous voyez un vêtement blanc, vous dites : ce vêtement est assez blanc, mais si vous le mettez à côté de la neige, il commence à vous paraître pâle, quoique vraiment il n'en soit pas ainsi, de même à comparaison de saint Jean, quelque homme que ce fût paraissait immonde. »

Il reçut trois témoignages de sa sainteté. Le premier fut rendu par ceux qui sont au-dessus du ciel, c'est-à-dire par la Trinité . elle-même : 1° Par le Père qui l’appelle Ange. Malachie dit (III) : « Voilà que j'envoie mon ange qui préparera ma voie devant ma face. » Ange est, un nom qui désigne le ministère, mais qui n'explique pas la nature de l’ange. Or, si saint Jean est appelé ange, c'est pour marquer le ministère qu'il a rempli, parce qu'il paraît avoir exercé le ministère de tous les anges. Il remplit celui des Séraphins : car séraphin veut dire ardent, parce qu'ils nous rendent ardents et qu'ils brûlent plus que d'autres d'amour pour Dieu'; c'est pourquoi il est dit de Jean : « Elle s'est élevé :comme un feu, et ses paroles brûlaient comme un flambeau ardent » (Ecclés., XLVIII), « car il est venu avec l’esprit et la vertu d'Elie. » 2° Il remplit le ministère des Chérubins, car chérubins veut dire plénitude de science: or, Jean est appelé Lucifer ou étoile du matin, parce qu'il fut le terme de la nuit de l’ignorance, et le commencement de la lumière de la grâce. 3° Il remplit le ministère des Thrônes qui ont pour mission de juger, et il est dit de Jean qu'il reprenait Hérode en disant : « Il ne vous est pas permis d'avoir pour femme celle de votre frère. » 4° Il remplit le ministère des Dominations qui nous enseignent à gouverner ceux qui nous sont sujets ; or, Jean était aimé de ses inférieurs, et les rois le craignaient. 5° Il remplit l’office des Principautés qui nous apprennent à respecter nos supérieurs et Jean disait eu parlant de lui-même : « Celui qui tire son origine de la terre est de la terre, et ses paroles tiennent de la terre » ; et en parlant de J.-C., il ajoute : « celui qui est venu du ciel est au-dessus de tous. » Il dit encore : « Je ne suis pas digne de délier les cordons de sa chaussure. » 6° Il remplit l’office des Puissances qui sont chargées d'éloigner les puissances de l’air et du vice, lesquelles ne purent jamais nuire à sa sainteté. Il les repoussait aussi loin de nous, lorsqu'il nous disposait au baptême de la pénitence. 7° Il remplit l’office des Vertus par lesquelles s'opèrent les miracles : or, saint Jean montra en sa personne de grandes merveilles, comme manger du miel sauvage et des sauterelles, se couvrir de peau de chameau, et autres semblables. 8° Il remplit l’office des Archanges, en révélant des mystères auxquels on ne savait atteindre, comme, par exemple, ce qui regarde notre rédemption lorsqu'il disait : « Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui ôte les péchés du monde. » 9° Il remplit l’office des Anges : quand il annonçait des choses moins relevées, comme celles qui ont trait aux moeurs ; par exemple : « Faites pénitence » ; ou bien: « N'usez point de violence ni de fraude envers personne (Luc, III). » Le second témoignage lui fut rendu par le Fils, comme on lit dans saint Mathieu (II), où J.-C. le recommande souvent d'une manière étonnante, comme quand il dit entre autres choses: « Parmi les enfants des hommes, il n'y en a pas de plus grand que Jean-Baptiste. » « Ces paroles, dit saint Pierre Damien, renferment l’éloge de saint Jean; proférées qu'elles sont par celui qui a posé les fondements de la terre, qui fait mouvoir les astres et qui a créé tous les éléments. » Le troisième témoignage lui fut rendu par le Saint-Esprit, lorsqu'il dit par la bouche de son père Zacharie : « Et toi, enfant, tu seras appelé le prophète du Très Haut. » —

Le second témoignage de sainteté lui fut rendis par les anges et les esprits célestes. Au premier chapitre de saint Luc, l’ange témoigne pour lui une grande considération quand il montre : 1° sa dignité par rapport à Dieu : « Il sera, dit-il, grand devant le Seigneur. » 2° Sa sainteté propre, lorsqu'il ajoute : « Il ne boira pas de vin ni de liqueur enivrante, et il sera rempli de l’Esprit-Saint. dès le ventre de sa mère. » 3° Les grands services qu'il rendra au prochain : « Et il convertira beaucoup des enfants d'Israël. »

Le troisième témoignage de sainteté lui fut rendu par ceux qui sont au-dessous du ciel, c'est-à-dire, les hommes, témoin son père, ses voisins, et ceux qui disaient : « Que pensez-vous que sera cet enfant? »

Quatrièmement, la glose de saint Jean se tire des dons qu'il a reçus dans le sein de sa mère, à sa naissance, dans sa vie et à sa mort. Dans le sein de sa mère, il fut avantagé de trois dons admirables de la grâce : 1° De la grâce par laquelle il fut sanctifié dès ce moment ; puisqu'il fut saint avant que d'être né, selon ces paroles de Jérémie (I) : « Je vous ai connu avant que je vous eusse formé dans les entrailles de votre mère. » 2° De la grâce d'être prophète, quand, par son tressaillement dans le sein d'Elisabeth, il connut que Dieu était devant lui. C'est pour cela que saint Chrysostome, qui veut montrer que Jean-Baptiste a été plus que prophète, dit : « Un prophète mérite par la sainteté de sa vie et de sa foi de recevoir une prophétie; riais est-ce que c'est l’ordinaire d'être prophète avant d'être homme ? » C'était une coutume d'oindre les prophètes; et ce fut quand la Sainte Vierge salua Élisabeth que J.-C. sacra en qualité de prophète Jean dans les entrailles de sa mère, selon ces paroles de saint Chrysostome : « J.-C. fit saluer Elisabeth par Marie afin que sa parole sortie du sein de sa mère, séjour du Seigneur, et reçue par l’ouïe d'Elisabeth, descendit à Jean qui ainsi serait sacré prophète. » 3° Il fut avantagé de la grâce par laquelle il mérita pour sa mère de recevoir l’esprit de prophétie. Et saint Chrysostome, qui voulait montrer que saint Jean fut plus qu'un prophète, dit : « Quel est celui des prophètes, qui tout prophète qu'il fût, ait pu faire un prophète ? » Hélie sacra bien Elisée comme prophète, mais il ne lui conféra pas la grâce de prophétiser. Jean cependant n'étant encore que dans le sein de sa mère donna à sa mère la science de pénétrer dans les secrets de Dieu ; il lui ouvrit la bouche et elle confessa reconnaître la dignité de celui dont elle ne voyait pas la personne, quand elle dit : « D'où me vient ce bonheur que la mère de mon Seigneur me vienne visiter? » Il reçut trois sortes de grâces, au moment de sa naissance : elle fut miraculeuse, sainte et accompagnée de joie. En tant que miraculeuse, le défaut d'impuissance est levé; en tant que sainte, disparaît la peine de la coulpe; en tant que accompagnée de joie, elle fut exempte des pleurs de la misère. Selon Me Guillaume d'Auxerre, trois motifs font célébrer la naissance de saint Jean : 1° sa sanctification dans le sein de sa mère; 2° la dignité de son ministère, puisque ce fut comme une étoile du matin qui nous annonça la première les joies éternelles; 3° la joie qui l’accompagna : car l’ange avait dit : « Il y en aura beaucoup qui se réjouiront lors de sa naissance. » C'est donc pour cela qu'il est juste que nous nous réjouissions pareillement en ce jour. Dans le cours de sa vie, il reçut de même grand nombre de faveurs et la preuve qu'elles furent des plus grandes et de différentes sortes, c'est qu'il réunit toutes les perfections. En effet il fut prophète quand il dit : « Celui qui doit venir après moi est plus grand que moi. » Il fut plus que prophète quand il montra le Christ du doigt; il fut apôtre, car il fut envoyé de Dieu; apôtre et prophète c'est tout un. Aussi il est dit de lui : « Il y eut un homme envoyé de Dieu qui se nommait Jean. » Il fut martyr, parce qu'il souffrit la mort pour la justice; il fut confesseur, parce qu'il confessa et ne nia pas ; il fut vierge, et c'est en raison de sa virginité qu'il est appelé ange dans Malachie (II) : « Voici que j'envoie mon ange. » En sortant du monde il reçut trois faveurs : d'abord il fut un martyr invaincu. Il acquit alors la palme du martyre ; il fut envoyé comme un messager précieux, car il apporta à ceux qui étaient dans les limbes une nouvelle précieuse, la venue de J.-C. et leur rédemption ; sa fin glorieuse est honorée par tous ceux qui étaient descendus dans les limbes et c'est l’objet spécial d'une glorieuse solennité dans l’Église.

Cinquièmement, la gloire de saint Jean se tire de sa prédication. L'ange en expose quatre motifs quand il dit : « Il convertira plusieurs des enfants d'Israël au, Seigneur leur Dieu ; et il marchera devant lui dans l’esprit et la vertu d'Elie, pour réunir les cours des pères avec leurs enfants, pour rappeler les incrédules à la prudence des justes, et pour préparer au Seigneur un peuple parfait. » Il touche quatre points, savoir le fruit, l’ordre, la vertu et la fin, d'après le texte lui-même. La prédication de saint Jean fut triplement recommandable. Elle fut en effet fervente, efficace et prudente. C'est la ferveur qui lui faisait dire : « Race de vipères, qui vous a avertis de fuir la colère à venir ? Faites donc de dignes fruits de pénitence. (Luc, III.) Or, cette ferveur était enflammée parla charité, parce qu'il était une lumière ardente; et c'est lui qui dit en la personne d'Isaïe (XLIX) : « Il a rendu ma bouche comme une épée perçante. » Cette ferveur tirait son origine de la vérité, car il était une lampe ardente. C'est à ce propos qu'Il est dit dans saint Jean (V) : « Vous avez envoyé à Jean; et il a rendu témoignage à la vérité. » Cette ferveur était dirigée par le discernement ou la science : voilà pourquoi en parlant à la foule, aux publicains et aux soldats, il enseignait la loi, selon l’état de chacun. Cette ferveur était ferme et constante, puisque sa prédication le mena à perdre la vie. Telles sont les quatre qualités du zèle, d'après saint Bernard : « Que votre zèle, dit-il, soit enflammé par la charité, formé par la vérité, régi par la science et affermi par la constance. » 2° Il prêcha avec efficace, puisque beaucoup se convertirent à ses prédications. Il prêcha en parole et ne varia jamais dans son enseignement. Il prêcha par l’exemple, car sa vie fut sainte ; il prêcha et convertit par ses mérites et ses prières ferventes. 3° Il prêcha avec prudence ; et la prudence de sa prédication consista en trois points : 1° en ce qu'il usa de menaces afin d'effrayer les méchants; c'est alors qu'il disait : « Déjà la cognée est à la racine de l’arbre » ; 2° en usant de promesses, pour gagner les bons, quand il dit: «Faites pénitence : car le royaume des cieux approche » ; 3° en usant de tempéraments pour attirer peu à peu les faibles à la perfection. Aussi à la foule et aux soldats, il imposait de légères obligations afin qu'ensuite il les amenât à s'en imposer de plus sérieuses ; à la foule, il conseillait les oeuvres de miséricorde ; aux publicains, il recommandait de ne pas désirer le bien d'autrui ; aux soldats de n'user de violence envers personne, de ne pas calomnier et de se contenter de leur paie.

Saint Jean l’Evangéliste mourut à pareil jour; mais l’Eglise célèbre sa fête; trois jours après la naissance de J.-C. parce qu'alors eut lieu la dédicace de son église; et la solennité de la naissance de saint Jean-Baptiste conserva sa place par la raison qu'elle fut déclarée un jour de joie par l’ange. Il ne faut pourtant pas prétendre que l’Evangéliste ait fait place au Baptiste, comme l’inférieur au supérieur; car il ne convient pas de discuter quel est le plus grand des deux : et ceci fut divinement prouvé par un exemple. On lit qu'il y avait deux docteurs en théologie dont l’un préférait saint Jean-Baptiste et l’autre saint Jean l’évangéliste. Ou fixa donc un jour pour une discussion solennelle. Chacun n'avait d'autre soin que de trouver des autorités et des raisons puissantes en faveur du saint qu'il jugeait supérieur. Or, le jour de la dispute étant proche, chacun des saints apparut à son champion et lui dit : « Nous sommes bien d'accord dans le ciel, ne dispute pas à notre sujet sur la terre. » Alors ils se communiquèrent chacun sa vision, en firent part à tout le peuple et bénirent Dieu. — Paul, qui a écrit l’Histoire des Lombards, diacre de l’Eglise de Rome et moine du mont Cassin, devait une fois faire la consécration du cierge, mais il fut pris d'un enrouement qui l’empêcha de chanter ; afin de recouvrer sa voix qui était fort belle, il composa en l’honneur de saint Jean-Baptiste l'hymne Ut queant laxis resonare fibris mira gestorum famuli tuorum, au commencement de laquelle il demande que sa voix lui soit rendue comme elle l’avait été à Zacharie. En ce jour quelques personnes ramassent de tous côtés les os d'animaux morts pour les brûler : il y en a deux raisons, rapportées par Jean Beleth (Cap. CXXXVII) : la première vient d'une ancienne pratique : il y a certains animaux appelés dragons, qui volent dans l’air, nagent dans les eaux et courent sur la terre. Quelquefois quand ils sont dans les airs, ils incitent à la luxure en jetant du sperme dans les puits et les rivières; il y avait alors dans l’année grande mortalité. Afin de se préserver, on inventa un remède qui fut de faire des os des animaux un feu dont la fumée mettait ces monstres en fuite; et parce que c'était, dans le temps, une coutume générale, elle s'observe encore en certains lieux. La seconde raison est pour rappeler que les os de saint Jean furent brûlés à Sébaste par les infidèles. On porte aussi des torches brûlantes, parce que saint Jean fut une torche brûlante et ardente ; on fait aussi tourner une roue parce que le soleil à cette époque commence à prendre son déclin, pour rappeler le témoignage que Jean rendit à J.-C. quand il dit : « Il faut qu'il croisse, et moi que je diminue.» Cette parole est encore vérifiée, selon saint Augustin, à leur nativité et à leur mort : car à la nativité de saint Jean-Baptiste les jours commencent à décroître, et à la Nativité de J.-C. ils commencent à croître, d'après ce vers : Solstitium decimo Christum praeit atque Joannem (Dix jours avant le solstice, arrivent la Nativité du Sauveur et celle de saint Jean). Il en fut ainsi à leur mort. Le corps de J.-C. fut élevé sur la croix et celui de saint Jean fut privé de son chef.

Paul rapporte dans l’Histoire des Lombards que Rocharith roi des Lombards, fut enseveli avec beaucoup d'ornements précieux auprès d'une église de saint Jean-Baptiste. Or, quelqu'un, poussé par la cupidité, ouvrit de nuit le tombeau et emporta tout. Saint Jean apparut au voleur et lui dit : «Quelle a été ton audace de toucher à un dépôt qui m’était confié? tu ne pourras plus désormais entrer dans mon église. » Et il en fut ainsi; car chaque fois que le larron voulait entrer en cette église, il était frappé à la gorge comme par un vigoureux athlète et il était jeté aussitôt à la renverse *.

* Ce fait est aussi rapporté par Gezo, abbé de Dertone, en 984, dans son livre du Corps et du sang de J.-C., ch. LXVII.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdcccci




NATIVITÉ de SAINT JEAN-BAPTISTE

"Cousin de Jésus, né de Zacharie et Elisabeth, il est appelé " baptiste " car il baptisait dans le Jourdain pour préparer le baptême dans l'Esprit. L'Église, dit saint Augustin, célèbre ordinairement la vie des Saints au jour de leur mort, qui est, à proprement parler, le jour de leur naissance à la vie éternelle. La Nativité de saint Jean-Baptiste a été exemptée de cette règle générale, parce qu'il fut sanctifié avant de naître, dans le sein de sa mère, par la présence de Jésus-Christ, dans la visite que fit la très Sainte Vierge à sainte Élisabeth.

La naissance de saint Jean-Baptiste fut une grande joie pour la terre, puisqu'elle lui annonçait l'approche de sa Rédemption. La puissance divine était intervenue d'une manière extraordinaire dans la naissance de quelques prophètes, de Samuel et de Jérémie, par exemple; mais elle éclata bien davantage dans celle du saint Précurseur, que la dignité de son ministère futur et le degré éminent de grâce et de sainteté auquel il était élevé rendaient, selon la parole de Jésus-Christ Lui-même, bien supérieur à tous les patriarches et à tous les prophètes.

Le message d'un Ange à Zacharie pour lui annoncer la naissance de Jean-Baptiste, la maternité d'Élisabeth à un âge très avancé, le mutisme subit de Zacharie depuis l'annonce de l'Ange jusqu'à la Circoncision de l'enfant, et sa guérison miraculeuse, qui lui permit d'entonner le beau cantique Benedictus: tout est merveilleux dans l'apparition du Précurseur, qui allait montrer bientôt le Sauveur promis et attendu depuis quatre mille ans.

Parmi les récits évangéliques, il en est peu d'aussi intéressants ni d'aussi touchants que celui de la naissance de saint Jean-Baptiste. Les miracles s'ajoutaient aux miracles autour du berceau de l'enfant; les habitants du voisinage furent saisis d'une crainte respectueuse, et le bruit de ces merveilles se répandit dans toutes les montagnes de la Judée, de sorte que tous se disaient les uns aux autres: "Que pensez-vous de l'avenir de cet enfant?"

Saint Jean-Baptiste occupe dans l'histoire de l'humanité une place incomparable: il sert de trait d'union entre les deux mondes, il résume en lui tout l'Ancien Testament et prépare le Nouveau; il ferme la mission des prophètes et ouvre celle des Apôtres. "Prophète, apôtre, docteur, solitaire, vierge, martyr, il est plus que tout cela, parce qu'il est tout cela en même temps. Il réunit tous les titres à la sainteté, et, rassemblant en lui seul tout ce qui constitue les différentes classes des saints, il forme au milieu d'eux une classe particulière." (La Luzerne.) Le culte de saint Jean-Baptiste a toujours joui d'une immense popularité.

Sa fête a été souvent célébrée par des feux de joie. Il est patron de nombreuses paroisses, de nombreuses confréries et des Canadiens Français.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/nativite_de_saint_jean-baptiste.html


Les Églises d’Orient célèbre Saint Jean durant la période de l’Épiphanie : la fête du 24 juin est incontestablement une fête romaine, en dépendance avec Noël (VIII kal. Iul – VIII kal. Ian.), en accord avec l’évangile de saint Luc. Dès le Ve siècle, St Augustin donne huit sermons en ce jour, néanmoins, les premières traces écrites de la fête à Rome sont du VIe siècle. Dès cette date, les textes romains donnent trois messes en ce jour : messe de la vigile le 23 au soir, messe de l’aurore, messe du jour.

« Prophète du Très-Haut » (All.), Saint Jean est figuré par Isaïe et Jérémie (Intr., Ep., Grad.) ; mieux qu’eux encore, il fut consacré dès le sein de sa mère pour annoncer Jésus (Secr.) et préparer les âmes à sa venue (All.), l’Évangile nous retrace les prodiges qui marquèrent sa naissance. Zacharie impose à son enfant le nom que Saint Gabriel lui a apporté du ciel et qui, signifie : Le Seigneur a fait grâce. Il recouvre aussitôt la voix : et, rempli de l’Esprit-Saint, il prédit les grandeurs de son fils : « Il ira devant la face du Seigneur pour donner au peuple la connaissance du salut ». L’Ange Gabriel avait annoncé à Zacharie que « beaucoup se réjouiraient de la naissance de Saint Jean-Baptiste ». Ce ne furent pas seulement, en effet, « les voisins et les parents d’Élisabeth », qui fêtèrent cet événement, mais chaque année, au jour de l’anniversaire, l’Église toute entière convie ses enfants à partager cette sainte joie. Elle sait que la nativité « de ce Prophète du Très-Haut » en cette Noël d’été est intimement liée à l’avènement du Messie. A partir de la fête de la Nativité de S. Jean, les jours décroissent, car le soleil ayant atteint le point culminant de sa course annuelle, se remet à descendre. Au contraire, la fête de la Nativité du Sauveur, dont celle-ci est le prélude, marque l’époque où le soleil recommence à monter sur son orbite. Le Précurseur doit s’effacer devant Jésus qui est la vraie lumière des âmes. « Il faut qu’il croisse, dit Saint Jean, et que je diminue ». Les solstices étaient l’occasion de fêtes païennes où l’on allumait des feux pour honorer l’astre qui nous donne la lumière. L’Église christianisa ces rites en y voyant un symbole de Saint Jean qui était « une lampe ardente et brillante ». Aussi « encouragea-t-elle ce genre de manifestation qui correspondait si bien au caractère de la fête. Les feux de la Saint-Jean complétaient heureusement la solennité liturgique ; ils montraient unies dans une même pensée l’Église et la cité terrestre » [1]. Le nom du Précurseur est inscrit au Canon de la Messe en tête de la 2e liste. On célébrait autrefois, au jour de sa fête, trois messes en son honneur, et nombreuses étaient les églises qui lui étaient dédiées.


Giovanni di Paolo, La Nativité de saint Jean Baptiste, vers 1453,
National Gallery, Londres


24 juin. Saint Jean-Baptiste, précurseur de Notre Seigneur Jésus-Christ.

- Saint Jean-Baptiste, précurseur de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Empereur romain : Tibère. Roi de Judée : Hérode Antipas.

" Nul ne s'est jamais rencontré qui fut plus grand que saint Jean-Baptiste. Il surpasse tous les autres, il brille au-dessus de tous ; auprès de lui les prophètes et les patriarches ne sont que des ombres, et tout homme né de la femme sera toujours impuissant à l'égaler."

Saint Thomas d'Aquin. Part. III, quest. 38, art. 1.

" Voix de celui qui crie dans le désert: Préparez les sentiers du Seigneur ; voici votre Dieu !" (Isai. XL, 3, 9.).

Oh ! qui, dans notre siècle refroidi, comprendra les transports de la terre à cette annonce si longtemps attendue ? Le Dieu promis n'est point manifesté encore ; mais déjà les cieux se sont abaissés (Psalm. XVII, 10.) pour lui livrer passage. Il n'a plus à venir, celui que nos pères, les illustres saints des temps prophétiques, appelaient sans fin dans leur indomptable espérance. Caché toujours , mais déjà parmi nous, il repose sous la nuée virginale près de laquelle pâlit pour lui la céleste pureté des Chérubins et des Trônes ; les ardeurs réunies des brûlants Séraphins se voient dépassées par l'amour dont l'entoure à elle seule , en son cœur humain, l'humble fille d'Adam qu'il s'est choisie pour mère.

La terre maudite, devenue soudain plus fortunée que l'inexorable ciel fermé jadis à ses supplications, n'attend plus que la révélation de l'auguste mystère ; l'heure est venue pour elle de joindre ses cantiques à l'éternelle et divine louange qui, dès maintenant, monte de ses profondeurs, et, n'étant autre que le Verbe lui-même, célèbre Dieu comme il mérite de l'être. Mais sous le voile d'humilité où, après comme avant sa naissance, doit continuer de se dérober aux hommes sa divinité, qui découvrira l'Emmanuel ? Qui surtout, l'ayant reconnu dans ses miséricordieux abaissements, saura le faire accepter d'un monde perdu d'orgueil, et pourra dire, en montrant dans la foule le fils du charpentier (Matth. XIII, 55.) : " Voilà celui qu'attendaient vos pères !"

Car tel est l'ordre établi d'en haut pour la manifestation du Messie : en conformité de ce qui se fait parmi les hommes, le Dieu fait homme ne s'ingérera pas de lui-même dans les actes de la vie publique ; il attendra, pour inaugurer son divin ministère, qu'un membre de cette race devenue la sienne, un homme venu avant lui, et doué à cette fin d'un crédit suffisant, le présente à son peuple.

Rôle sublime, qui fera d'une créature le garant de Dieu, le témoin du Verbe ! La grandeur de celui qui doit le remplir était signalée, comme celle du Messie, longtemps avant sa naissance. Dans la solennelle liturgie du temps des figures, le chœur des lévites, rappelant au Très-Haut la douceur de David et la promesse qui lui fut faite d'un glorieux héritier, saluait de loin la mystérieuse lumière préparée par Dieu même à son Christ (Psalm. CXXI, 17.). Non que, pour éclairer ses pas, le Christ dût avoir besoin d'un secours étranger : splendeur du Père, il n'avait qu'à paraître en nos obscures régions, pour les remplir de la clarté des cieux ; mais tant de fausses lueurs avaient trompé l'humanité, durant la nuit des siècles d'attente, que la vraie lumière, s'élevant soudain, n'eût point été comprise, ou n'eût fait qu'aveugler des yeux rendus impuissants par les ténèbres précédentes à porter son éclat.

L'éternelle Sagesse avait donc décrété que comme l'astre du jour est annoncé par l'étoile du matin, et prépare sa venue dans la clarté tempérée de l'aurore ; ainsi le Christ lumière serait précédé ici-bas d'un astre précurseur, et signalé parle rayonnement dont lui-même, non visible encore, revêtirait ce fidèle messager de son avènement. Lorsque autrefois le Très-Haut daignait pour ses prophètes illuminer l'avenir, l'éclair qui, par intervalle, sillonnait ainsi le ciel de l'ancienne alliance s'éteignait dans la nuit, sans amener le jour ; l'astre chanté dans le psaume ne connaîtra point la défaite ; signifiant à la nuit que désormais c'en est fini d'elle, il n'éteindra ses feux que dans la triomphante splendeur du Soleil de justice. Aussi intimement que l'aurore s'unit au jour, il confondra avec la lumière incréée sa propre lumière ; n'étant de lui-même, comme toute créature, que néant et ténèbres, il reflétera de si près la clarté du Messie, que plusieurs le prendront pour le Christ (Luc. III, 15.).

La mystérieuse conformité du Christ et de son Précurseur, l'incomparable proximité qui les unit, se retrouvent marquées en maints endroits des saints Livres. Si le Christ est le Verbe, la parole éternelle du Père, lui sera la Voix portant cette parole où elle doit parvenir ; Isaïe l'entend par avance qui remplit d'accents jusque-là inconnus le désert, et le prince des prophètes exprime sa joie dans l'enthousiasme d'une âme qui déjà se voit en présence de son Seigneur et Dieu (Isai. XL.).

Le Christ est l’ange de l’alliance ; mais dans le texte même où l'Esprit-Saint lui donne un titre si rempli pour nous d'espérance, paraît aussi portant ce. nom d'ange l'inséparable messager, l'ambassadeur fidèle à qui la terre devra de connaître l'Époux :

" Voici que j'envoie mon ange qui préparera le chemin devant ma face, et aussitôt viendra dans son temple le dominateur que vous cherchez, l'ange de l'alliance que vous réclamez ; voici qu'il vient, dit le Seigneur des armées." (Malach. III, 1.).

Et mettant fin au ministère prophétique dont il est le dernier représentant, Malachie termine ses propres oracles par les paroles que nous avons entendu Gabriel adresser à Zacharie, pour lui notifier la naissance prochaine du Précurseur (Ibid. IV, 5, 6.).

La présence de Gabriel en cette occasion, montrait elle-même combien l'enfant promis alors serait l'intime du Fils de Dieu ; car le même prince des célestes milices allait aussi, bientôt, venir annoncer l'Emmanuel. Nombreux pourtant se pressent les messagers fidèles au pied du trône de la Trinité sainte, et le choix de ces augustes envoyés varie, d'ordinaire, selon la grandeur des instructions que le Très-Haut transmet par eux au monde. Mais il convenait que l'archange chargéde conclure les noces sacrées du Verbe avec l'humanité, préludât à cette grande mission en préparant la venue de celui que les décrets éternels avaient désigné comme l’ Ami de l'Époux (Johan. III, 29.).

Six mois après, député vers Marie, il appuyait son divin message en révélant à la Vierge très pure le prodige qui, dès maintenant, donnait un fils à la stérile Elisabeth : premier pas du Tout-Puissant vers une merveille plus grande. Jean n'est pas né encore ; mais, sans plus tarder, son rôle est ouvert : il atteste la vérité des promesses de l'ange. Ineffable garantie que celle de cet enfant, caché toujours au sein de sa mère, et déjà témoin pour Dieu dans la négociatio sublime qui tient en suspens la terre et les deux ! Eclairée d'en haut, Marie reçoit le témoignage et n'hésite plus :

" Voici la servante du Seigneur, dit-elle à l'archange ; qu'il me soit fait selon votre parole." (Luc. I.).

Gabriel s'est retiré, emportant avec lui le secret divin qu'il n'est point charge de communiquer au reste du monde. La Vierge très prudente ne parlera pas davantage ; Joseph lui-même, son virginal époux, n'aura pas d'elle communication du mystère. Ne craignons point cependant : l'accablante stérilité dont le monde a gémi, ne sera pas suivie d'une ignorance plus triste encore, maintenant que la terre a donné son fruit (Psalm. LXXXIV, 13.). Il est quelqu'un pour qui l'Emmanuel n'aura ni secret, ni retard ; et lui saura bien révéler la merveille. A peine l'Époux a-t-il pris possession du sanctuaire sans tache où doivent s'écouler les neuf premiers mois de son habitation parmi les hommes, à peine le Verbe s'est fait chair : et Notre-Dame, instruite au dedans du désir de son Fils, se rend en toute hâte vers les monts de Judée (Luc. I, 39.). Voix de mon bien-aimé ! Le voici qui vient, bondissant sur les montagnes, franchissant les collines (Cant. II, 8.). A l'ami de l'Époux sa première visite, à Jean le début de ses grâces. Une fête distincte nous permettra d'honorer spécialement la journée précieuse où l'Enfant-Dieu, sanctifiant son Précurseur, se révèle à Jean par la voix de Marie ; où Notre-Dame, manifestée par Jean qui tressaille en sa mère, proclame enfin les grandes choses que le Tout-Puissant a opérées en elle selon la miséricordieuse promesse qu'il fit autrefois à nos pères, à Abraham et à sa postérité pour jamais (Luc. I, 55.).

Mais le temps est venu où, des enfants et des mères, la nouvelle doit s'étendre au pays d'alentour, en attendant qu'elle parvienne au monde entier. Jean va naître, et, ne pouvant parler encore, il déliera la langue de son père. Il fera cesser le mutisme dont le vieux prêtre, image de l'ancienne loi, avait été frappé par l'ange ; et Zacharie, rempli lui-même de l'Esprit-Saint, va publier dans un cantique nouveau la visite bénie du Seigneur Dieu d’Israël (Luc. I, 68.).

HYMNE

Ce que l'on connaît mieux, est l'importance que la première de ces strophes a conquise dans l'histoire du chant grégorien et de la musique. L'air primitif sur lequel on chantait l'Hymne de Paul Diacre, offrait cette particularité que la syllabe initiale de chaque hémistiche s'élevait d'un degré sur la précédente dans l'échelle des sons ; on obtenait, en les rapprochant, la série des notes fondamentales qui forment la base de notre gamme actuelle. L'usage s'introduisit de donner aux notes elles-mêmes les noms de ces syllabes : Ut, Re, Mi, Fa, Sol, La.

Gui d'Arezzo, par sa méthode d'enseignement, avait donné naissance à cet usage ; en le complétant par l'introduction des lignes régulières de la portée musicale, il fit faire un pas immense à la science du chant sacré, auparavant laborieuse et longue à acquérir. Il convenait que le divin Précurseur, la Voix dont les accents révélèrent au monde l'harmonie du Cantique éternel, eût cet honneur de voir se rattacher à son nom l'organisation des mélodies de la terre.

" Ut queant laxis resonare fibris

Mira gestorum famuli tuorum,

Solve polluti labii reatum, Sancte Johannes.

Nuntius celso veniens olympo.

Te patri magnum fore nasciturum,

Nomen et vitae seriem gerenda ;

Ordine promit.

Ille, promissi dubius superni,

Perdidit promptae modulos loquelae ;

Sed reformasti genitus peremptae

Organa vocis.

Ventris obstruso recubans cubili,

Senseras regem thalamo manentem :

Hinc parens, nati meritis, uterque

Abdita pandit.

Sit decus Patri, genitaeque Proli,

Et tibi, compar utriusque virtus Spiritus,

Semper, Deus unus, omni Temporis aevo.

Amen."

V/. Fuit homo missus a Deo,

R/. Cui nomen erat Johannes.

" Pour que d'une voix étendue et puissante vos serviteurs fassent retentir les merveilles de vos actes, bannissez, Ô saint Jean, l'indignité de nos lèvres souillées.

Un messager venu des célestes sommets annonce à votre père que vous naîtrez et serez grand ; le nom que vous porterez, la vie que vous mènerez, il expose par ordre toutes choses.

Lui doute des célestes promesses, et soudain il n'a plus le pouvoir d'articuler les sons ; mais, en naissant, vous restaurez l'organe de sa voix éteinte.

Reposant dans le secret des entrailles maternelles, vous aviez senti la présence du roi séjournant en sa couche nuptiale ; en suite de quoi, par le mérite de leur fils, votre père et votre mère découvrirent tous deux les mystères.

Honneur au Père, et au Fils qu'il engendre, ainsi qu'à vous, puissance éternellement égale aux deux, Ô Esprit, Dieu unique, dans toute la suite des âges.

Amen."

V/. Il y eut un homme envoyé par Dieu,

R/. Dont le nom était Jean.

PRIERE

" Précurseur du Messie, nous partageons la joie que votre naissance apporta au monde. Elle annonçait la propre naissance du Fils de Dieu. Or, chaque année, l'Emmanuel prend vie à nouveau dans l'Eglise et les âmes ; et, pas plus aujourd'hui qu'il y a dix-huit siècles, il ne veut naître sans que vous-même ayez, comme alors, préparé les voies à cette nativité qui donne à chacun de nous son Sauveur. A peine s'achève, au Cycle sacré, la série des mystères qui ont consommé la glorification de l'Homme-Dieu et fondé l'Eglise, que déjà Noël se montre à l'horizon ; déjà, dans son berceau, Jean tressaille et révèle l'approche de l'Enfant-Dieu. Doux prophète du Très-Haut, qui ne pouvez parler encore et déjà, pourtant, dépassez tous les princes de la prophétie, bientôt le désert, comme nous le redirons, semblera vous avoir ravi pour jamais au commerce des hommes. Mais dans les jours de l'Avent, l'Eglise vous aura retrouvé ; elle nous ramènera sans cesse à vos enseignements sublimes, aux témoignages que vous rendrez à Celui qu'elle attend. Dès maintenant, commencez la préparation de nos âmes ; redescendu sur notre terre en ce jour d'allégresse, venu comme messager de la prochaine arrivée du Seigneur, pourriez-vous un instant rester oisif devant l'œuvre immense qui vous incombe en nous ?

Chasser le péché, dompter les vices, redresser les instincts faussés de la pauvre nature déchue : tout cela devrait être accompli sans doute, tout cela serait achevé dès longtemps, si nous avions répondu fidèlement à vos labeurs passés. Il n'est que trop vrai pourtant ; c'est à peine s'il semble, en plusieurs, que le défrichement ait jamais commencé : terres rebelles, où les pierres et les ronces défient vos soins depuis des années. Nous le reconnaissons, dans la confusion de nos âmes coupables : nous confessons nos fautes à vous et au Dieu tout-puissant, comme l'Eglise nous apprend à le faire au début du grand Sacrifice ; mais, en même temps, nous vous prions avec elle d'intercéder pour nous auprès du Seigneur notre Dieu. Vous le proclamiez au désert : de ces pierres mêmes, Dieu peut toujours faire sortir des fils d'Abraham.

Chaque jour, les solennelles formules de l'oblation qui prépare l'immolation sans cesse renouvelée du Sauveur, nous apprennent la part honorable extrêmement puissante qui vous revient dans cet auguste Sacrifice ; votre nom, de nouveau prononcé lorsque la victime sainte est sur l'autel, supplie alors pour nous pécheurs le Dieu de toutes miséricordes. Puisse-t-il, en considération de vos mérites et de notre misère, être propice à la prière persévérante de notre mère l'Eglise, changer nos cœurs, et remplacer leurs attaches mauvaises par les attraits des vertus qui nous vaudront la visite de l'Emmanuel !

A ce moment sacré des Mystères, trois fois invoqué selon la formule même que vous nous avez apprise, l'Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde aura lui-même pitié de nous et nous donnera la paix : cette paix précieuse avec le ciel, avec la terre, avec nous-mêmes, qui nous préparera pour l'Epoux en nous rendant les fils de Dieu (Johan I, 12 ; Matth. V, 9.) selon le témoignage que, chaque jour également, vous renouvelez par la bouche du prêtre au sortir de l'autel. Alors votre joie et la nôtre sera complète, ô Précurseur ; l'union sacrée, dont ce jour de votre nativité renferme pour nous l'espérance déjà si joyeuse, sera devenue, dès cette terre et sous les ombres de la foi, une réalité sublime, en attendant la claire vision de l'éternité."



Réf. Bibliques : 1ère lecture : Is 49,1-6

2ème lecture : Ac 13,22-26

Évangile : Lc 1,57-66.80

TOUT UN PATRON !

Pour nous Québécois, notre saint patron est d’une telle importance, que lorsque sa fête tombe un dimanche, on le célèbre. C’est plutôt rare! Mais qu’a-t-il de si important? À partir des textes bibliques qui nous sont proposés, je vais tenter de vous le présenter.

1. De l’ancienne à la nouvelle Alliance. On peut vraiment dire aujourd’hui que Jean Baptiste est le dernier prophète de l’ancienne Alliance et le premier de la nouvelle Alliance. Il marque la transition entre les deux… De tradition et de religion juive, Jean Baptiste a critiqué ouvertement la religion de son temps : « Il vint dans toute la région du Jourdain, proclamant un baptême de conversion en vue du pardon des péchés » (Lc 3,3). Et aux foules qui lui demandaient ce qu’il fallait faire? « Il leur répondait : Si quelqu’un a deux tuniques, qu’il partage avec celui qui n’en a pas; si quelqu’un a de quoi manger, qu’il fasse de même » (Lc 3,11). Aux collecteurs d’impôts qui venaient se faire baptiser par lui, il disait : « N’exigez rien de plus que ce qui vous a été fixé » (Lc 3,13). Aux militaires : « Ne faites ni violence ni tort à personne, et contentez-vous de votre solde » (Lc 3,14).

Au fond, Jean Baptiste a dénoncé la religion sclérosée de son temps et la corruption répandue par les dirigeants. Ce fut un grand prophète comme Isaïe, Amos, Jérémie, et bien d’autres. Les premiers chrétiens ont interprété le prophète Isaïe, qu’on a en 1ère lecture aujourd’hui, comme s’il s’agissait de Jean Baptiste : « J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom » (Is 49,1b). De sorte que, saint Luc, dans son récit d’enfance va s’inspirer du prophète Isaïe pour composer un récit de naissance à Jean Baptiste (Lc 1-2). Aussi, comme la parole de Jean Baptiste était tranchante et sans compromis, le prophète Isaïe l’avait annoncé : « Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m’a protégé par l’ombre de sa main; il a fait de moi sa flèche préférée, il m’a serré dans son carquois » (Is 49,2).

Par ailleurs, ce qui fait de Jean Baptiste le premier prophète de la nouvelle Alliance, c’est qu’il a annoncé la venue du Messie. Comme le rappelle saint Paul, dans la synagogue d’Antioche de Pisidie, rapporté par les Actes des Apôtres, en 2ème lecture aujourd’hui : « Et comme il l’avait promis, Dieu a fait sortir de la descendance de David un sauveur pour Israël : c’est Jésus, dont Jean Baptiste a préparé la venue en proclamant avant lui un baptême de conversion pour tout le peuple d’Israël » (Ac 13,23-24). Et pour ne pas confondre le Baptiste et le Christ, l’auteur du livre des Actes écrit : « Au moment d’achever sa route, Jean disait : ‘’Celui auquel vous pensez, ce n’est pas moi. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de lui défaire ses sandales’’ » (Ac 13,25). Ce n’est pas un hasard que l’Église célèbre la naissance de Jean Baptiste le 24 juin, au moment où le soleil commence à descendre à l’horizon, tandis que la naissance du Christ se célèbre le 25 décembre, là où le soleil commence à monter à l’horizon, dans l’hémisphère nord bien sûr, car ces fêtes ont commencé dans l’empire romain.

2. Continuité et rupture. Entre Jean Baptiste et Jésus de Nazareth, il y a une sorte de parenté spirituelle, de sorte que saint Luc les présente comme des cousins. Lorsque Marie, la nouvelle Alliance, visite Élizabeth, l’ancienne Alliance, saint Luc dit qu’elles sont parentes (Lc 1,36). Saint Luc veut nous montrer qu’il y a continuité entre la prédication de Jean Baptiste et l’agir de Jésus de Nazareth : « Moi, c’est d’eau que je vous baptise; mais il vient, celui qui est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de délier la lanière de ses sandales. Lui, il vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Lc 3,16). Mais il y a aussi rupture, car Jean Baptiste ajoute : « Il a sa pelle à vanner à la main pour nettoyer son aire et pour recueillir le blé dans son grenier; mais la bale, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas » (Lc 3,17). Jésus n’a tellement pas exercer sa mission de cette façon que, de sa prison, Jean Baptiste envoie deux de ses disciples demander à Jésus : « Es-tu Celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre? » (Lc 7,20b). Et la réponse de Jésus s’inspire du prophète Isaïe : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres » (Lc 7,22).

Par ailleurs, lorsque Jésus parle de Jean Baptiste, il reconnaît la qualité de l’homme et du prophète qu’il a été : « Qu’êtes-vous allés voir au désert? Un prophète? Oui, je vous le déclare, et plus qu’un prophète » (Lc 7,26). Et il ajoute : « Je vous le déclare, parmi ceux qui sont nés d’une femme, aucun n’est plus grand que Jean; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui » (Lc 7,28). Mais qu’il s’agisse de Jean Baptiste ou de Jésus, les deux sont critiqués et rejetés par les pharisiens et les légistes : « En effet, Jean le Baptiste est venu, il ne mange pas de pain, il ne boit pas de vin, et vous dites : ‘’Il a perdu la tête’’. Le Fils de l’homme est venu, il mange, il boit, et vous dites : ‘’Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des collecteurs d’impôts et des pécheurs’’ » (Lc 7,33-34).

3. Tout un patron. Jean Baptiste est la patron des Canadiens français, mais plus particulièrement des Québécois qui célèbrent leur fête Nationale le 24 juin. À un moment de notre histoire où nous avons besoin de prophètes, il me semble que la figure du Baptiste peut nous aider à ouvrir des sentiers nouveaux pour qu’il y ait plus de justice, d’égalité, de dignité dans notre société contemporaine. Au Québec où une crise sociale sévit avec la jeunesse, avec les indignés de tous âges, il nous faut d’autres Jean Baptiste pour rappeler à nos gouvernants qu’ils se dirigent vers un cul-de-sac. Ces prophètes doivent sortir de l’ordinaire, comme Jean Baptiste, où, au moment de sa naissance, on croyait qu’il serait dans la lignée de son père Zacharie. Mais sa mère, Élizabeth déclara envers et contre tous: « Non, il s’appellera Jean » (Lc 1,60). C’est évident que les prophètes d’aujourd’hui comme ceux d’hier seront rejetés, jugés et même condamnés par les dirigeants et les bien pensants, mais cela ne doit pas empêcher des femmes, des hommes, des jeunes, de dénoncer les injustices et d’exiger une transformation profonde dans notre société.

Ces prophètes doivent avoir l’audace d’emprunter des chemins nouveaux qui ne sont peut-être même pas défrichés et ils doivent faire preuve d’humilité, c’est-à-dire savoir se retirer pour laisser la place à celui ou celle qui peut changer les choses. Comme Jean Baptiste, le précurseur du Christ : « Il faut qu’il grandisse et que moi, je diminue » (Jn 3,30).

À toutes celles et tous ceux qui croient à la justice et qu’il est toujours possible de rendre le monde meilleur, je souhaite une heureuse fête Nationale, une bonne Saint-Jean-Baptiste !

Raymond Gravel,

SOURCE : http://www.culture-et-foi.com/dossiers/homelies/saint_jean_baptiste.htm


Que fête-t-on à la Saint-Jean ?

Les textes des évangiles rapportent la place importante du Baptiste : il prépare la venue de celui qui doit venir. Mais en même temps, ils prennent toujours de la distance avec lui car il n'est pas le Messie.

"L'Église considère la naissance de Jean-Baptiste comme particulièrement sacrée : on ne trouve aucun des saints qui nous ont précédés dont nous célébrions solennellement la naissance. Nous ne célébrons que celle de Jean et celle du Christ. Ce ne peut être sans motif." Saint Augustin

Jean-Baptiste, fils d'Elisabeth et de Zacharie, est le précurseur du Messie. L'Evangile nous dit qu'avant sa naissance, et alors que Marie, enceinte de Jésus, rend visite à Elisabeth, il tressaille d'allégresse dans le ventre de sa mère. Signe qu'il reconnaît le Christ. Il naît trois mois après l'annonce de l'ange Gabriel à Marie : "Voici qu'Elisabeth, ta parente, en est à son sixième mois". Elisabeth est âgée, et Zacharie ne croit pas à cette fécondité soudaine : pour avoir douté de la parole de l'ange, il perd la parole et ne la retrouve qu'à la naissance de son fils. Il l'appelle Jean, ce qui signifie "Dieu fait grâce".

Au temps de Jésus, Jean est un grand personnage religieux. Il prêche la venue des temps neufs de Dieu et demande à ses auditeurs de plonger dans l'eau vive pour manifester leur volonté de s'y préparer. Les évangélistes racontent que Jésus lui-même vint l'écouter et se faire baptiser. Jean, ayant provoqué la colère d'Hérode Antipas, gouverneur de Judée, aurait été exécuté.

A Jean, Jésus rendra ce témoignage : "Parmi les enfants des femmes, il n'en est pas un de plus grand que Jean-Baptiste." Jean-Baptiste baptisera Jésus et guidera vers lui ses meilleurs disciples. Il s'effacera pour lui laisser la place.

Le 29 août, l'Eglise fait mémoire de son martyre.

"Dieu fait grâce"

La tradition liturgique propose de s'arrêter sur l'épisode de la naissance de Jean le Baptiste. Cet épisode, avec beaucoup de fabuleux ou de miraculeux, est centré sur le nom qui doit être donné au fils d'Elisabeth. Le choix suscite des polémiques dans la famille, mais rien n'y fait : ce n'est pas la tradition qui importe, mais la convergence du cheminement dans la foi d'Elisabeth et de Zacharie, la fidélité dans l'accueil de l'inattendu de Dieu - fidélité qui fait que Zacharie retrouve la voix pour bénir Dieu.

Jean signifie "Dieu fait grâce". Comme si c'était le cri du coeur d'Elisabeth, comblée de la grâce de Dieu dans sa vieillesse, comme si Zacharie, en indiquant ce nom sur une tablette, disait le cheminement de foi qui s'était fait en lui, dans le silence, après le doute qu'il avait exprimé à l'annonce de cette naissance. Dieu fait grâce à Zacharie et à Elisabeth au-delà de leurs espérances. Une fois de plus, ce nom est indicateur d'une mission : Jean-Baptiste va inviter le peuple à découvrir que Dieu fait grâce.

Ce message ne sera accueilli que par ceux et celles qui acceptent de se convertir, de se déplacer, d'aller au désert écouter la Parole. Et nous, comment découvrons-nous que Dieu fait grâce à son peuple aujourd'hui encore ?


Prière de saint Anselme de Cantorbéry

O bienheureux Jean

toi qui as baptisé le Fils de Dieu,

tu étais rempli de l'Esprit Saint

avant même d'être enfanté.

Et tu reconnaissais Dieu

avant que le monde ne l'ait connu.

Tu as reconnu la Mère de ton Dieu

avant que ta mère l'ait saluée.

Ami de Dieu, intercède pour nous.

Juin 2007

SOURCE : http://www.croire.com/Definitions/Fetes-religieuses/Nativite-de-Jean-Baptiste/Que-fete-t-on-a-la-Saint-Jean


Jean, un nom de la nouvelle alliance

Une méditation de Saint Bède le Vénérable, docteur de l'Eglise : Tel est le sens de ce nom : grâce de Dieu, c'est-à-dire celui en qui est la grâce. Car ce nom annonce l'économie de l'Évangile...

"On voulait l'appeler Zacharie. Mais sa mère dit : Non, il s'appellera Jean" (Lc 1, 60).

Tel est le sens de ce nom : grâce de Dieu, c'est-à-dire celui en qui est la grâce. Car ce nom annonce l'économie de l'Évangile. Jean désigne le Seigneur Lui-même qui vient, Lui par qui la grâce est accordée au monde. Les gens tenaient, eux, à ce qu'on appelle cet enfant Zacharie, plutôt que Jean. Ils représentent bien ceux qui, face au Seigneur qui propose le don d'une économie nouvelle de grâce, désirent plutôt rappeler le sacerdoce de l'ancienne Loi.

Ils s'opposaient ainsi à ce que déclarait sa mère, de vive voix, et son père, par écrit : "Il s'appellera Jean" (Lc 1, 60). Ces gens-là n'étaient pas encore entrés dans l'économie nouvelle ; ils prétendaient qu'il fallait encore observer tous les rites de l'ancien sacerdoce, alors qu'éclatait soudain l'Évangile du Seigneur. À ces gens-là, c'est la Loi elle-même qui leur dit de s'ouvrir à la grâce du Christ : "Le Seigneur va susciter du milieu de vous un Prophète. Je mettrai mes paroles dans sa bouche. Il vous dira tout ce que moi, le Seigneur, je lui ordonnerai" (Dt 18, 18).

Non, désormais, on ne peut plus faire confiance aux observances de l'ancien sacerdoce, s'il n'annonce pas la grâce de l'Évangile.

Aussi, une fois reconnu et imposé le nom de Jean, Zacharie retrouve la parole. Il se met à bénir Dieu. C'est la grâce de l'Alliance Nouvelle que l'apôtre devait un jour proclamer publiquement. Alors de nombreux prêtres d'Israël se soumettront à la foi. Et ils seront tous libérés, comme Zacharie aujourd'hui, de leur mutisme ; ils pourront confesser, louer et annoncer à tous, avec ferveur, le don de la Rédemption.

C'est dès le jour de la circoncision de Jean, qu'à l'annonce de l'événement, la crainte du Seigneur envahit le peuple. Quant à Zacharie, il devient le témoin de l'Esprit. Il se met à prophétiser ; il annonce notre Rédempteur et son oeuvre de libération.

Une méditation de Saint Bède le Vénérable (Moine du 7e siècle, docteur de l'Eglise) ; paru sur Croire.com en juin 2007

SOURCE : http://www.croire.com/Definitions/Fetes-religieuses/Nativite-de-Jean-Baptiste/Jean-un-nom-de-la-nouvelle-alliance



Méditation pour la nativité de saint Jean-Baptiste

Le plus noble désir de Dieu est d'engendrer ; et il ne peut être satisfait avant d'avoir engendré son Fils en nous. Comment l'âme serait-elle satisfaite de son côté si le Fils de Dieu ne naît pas en elle...

"Le temps d’Élisabeth fut accompli, et elle mit au monde un fils. Jean est son nom. Et les gens disaient : Que sera cet enfant ? Car la main de Dieu est sur lui."

N'est-il pas écrit : "Le don le plus grand est que nous soyons enfants de Dieu, et qu'il engendre en nous son Fils."

L'âme qui veut être l'enfant de Dieu ne doit rien engendrer d'autre en elle que le Fils de Dieu lui-même.

Le plus noble désir de Dieu est d'engendrer ; et il ne peut être satisfait avant d'avoir engendré son Fils en nous. Comment l'âme serait-elle satisfaite de son côté si le Fils de Dieu ne naît pas en elle ?

C'est alors que jaillit la grâce, répandue par Dieu… Lors donc que le temps fut accompli, Jean, "don de Dieu", naquit.

Quand le temps est-il accompli ? Quand il n'y a plus de temps… pour celui qui, dans le temps, a mis son cœur dans ce qui est éternel, c'est la plénitude du temps. (Christ est formé en lui).

Celui-là ne peut se réjouir en tout temps (comme le recommande saint Paul) qui se réjouit seulement dans le temps. Celui-là seul qui se réjouit au-dessus du temps, peut se réjouir en tout temps. Trois choses font obstacle à l'homme pour qu'il reconnaisse Dieu : la sujétion intérieure au temps, au corps et à la multiplicité des choses. Tant que le cœur est esclave de ces trois choses, Dieu ne peut engendrer son Fils en toi… C'est l'avidité du cœur qui fait qu'il veut saisir et posséder beaucoup de choses, mais il perd ainsi précisément ce qu'il cherche à posséder.

Tout le temps qu'il y a en toi, avec tout ce qui le remplit, fait donc que Dieu ne peut habiter ni engendrer son Fils en toi. Tout doit sans cesse sortir de toi pour que Dieu puisse entrer, (et y engendrer son Fils) Quand en effet nous dépassons le temps et tout ce qui le remplit, alors nous sommes libres, toujours joyeux : c'est alors pour nous la plénitude du temps, le Fils de Dieu naît en nous.

Maître Eckhart, Sermon 11. (Lc 1,57s) Seuil 1974 ; paru sur Croire.com en mai 2007

SOURCE : http://www.croire.com/Definitions/Fetes-religieuses/Nativite-de-Jean-Baptiste/Meditation-pour-la-nativite-de-saint-Jean-Baptiste




Solemnity of the Birth of John the Baptist

Jesus called John the greatest of all those who had preceded him: “I tell you, among those born of women, no one is greater than John....” But John would have agreed completely with what Jesus added: “[Y]et the least in the kingdom of God is greater than he” (Luke 7:28).

John spent his time in the desert, an ascetic. He began to announce the coming of the Kingdom, and to call everyone to a fundamental reformation of life.

His purpose was to prepare the way for Jesus. His Baptism, he said, was for repentance. But One would come who would baptize with the Holy Spirit and fire. John is not worthy even to carry his sandals. His attitude toward Jesus was: “He must increase; I must decrease” (John 3:30).

John was humbled to find among the crowd of sinners who came to be baptized the one whom he already knew to be the Messiah. “I need to be baptized by you” (Matthew 3:14b). But Jesus insisted, “Allow it now, for thus it is fitting for us to fulfill all righteousness” (Matthew 3:15b). Jesus, true and humble human as well as eternal God, was eager to do what was required of any good Jew. John thus publicly entered the community of those awaiting the Messiah. But making himself part of that community, he made it truly messianic.

The greatness of John, his pivotal place in the history of salvation, is seen in the great emphasis Luke gives to the announcement of his birth and the event itself—both made prominently parallel to the same occurrences in the life of Jesus. John attracted countless people (“all Judea”) to the banks of the Jordan, and it occurred to some people that he might be the Messiah. But he constantly deferred to Jesus, even to sending away some of his followers to become the first disciples of Jesus.

Perhaps John’s idea of the coming of the Kingdom of God was not being perfectly fulfilled in the public ministry of Jesus. For whatever reason, he sent his disciples (when he was in prison) to ask Jesus if he was the Messiah. Jesus’ answer showed that the Messiah was to be a figure like that of the Suffering Servant in Isaiah (chapters 49 through 53). John himself would share in the pattern of messianic suffering, losing his life to the revenge of Herodias.

Comment :

John challenges us Christians to the fundamental attitude of Christianity—total dependence on the Father, in Christ. Except for the Mother of God, no one had a higher function in the unfolding of salvation. Yet the least in the kingdom, Jesus said, is greater than he, for the pure gift that the Father gives. The attractiveness as well as the austerity of John, his fierce courage in denouncing evil—all stem from his fundamental and total placing of his life within the will of God.

Quote :

"And this is not something which was only true once, long ago in the past. It is always true, because the repentance which he preached always remains the way into the kingdom which he announced. He is not a figure that we can forget now that Jesus, the true light, has appeared. John is always relevant because he calls for a preparation which all men need to make. Hence every year there are four weeks in the life of the Church in which it listens to the voice of the Baptist. These are the weeks of Advent" (A New Catechism).

SOURCE : http://www.americancatholic.org/features/saints/saint.aspx?id=1424



John the Baptist, The Birth of (RM)

1st century. John the Baptist, the last of the prophets and the forerunner of our Lord, was a man of the desert. The son of a priestly line, born of aged parents as if by a miracle, brought up as a Nazarite, that is, dedicated from birth to God's service with lifelong obligations never to shave, take wine, or indulge in human pleasures. He lived in the wilderness, a rugged and magnetic figure, clothed in the skin of a camel, living on locusts and wild honey.


He is the most startling figure in the Gospel narrative, a man of mystery, not as other men, bronzed by the desert sun, with piercing words of ominous malediction, uncompromising and aggressive. No greater contrast can be imagined than the appearance by the river of this prophet of fire and the figure of Jesus as 'the Lamb of God which takes away the sins of the world.'

Crowds followed him, held by his hypnotic power and rugged eloquence and lashed by his bitter invective. "You offspring of vipers, who has warned you to flee from the wrath to come? Bring forth fruits meet for repentance. The axe is laid to the rotten trees." The wheat is being threshed and the stubble burnt in the empty fields. It was the voice of the old dispensation, the last echo of Moses and Elijah, the final challenge of the fire and thunder of the God of the ancient Jews.

But John also prepared the way for Jesus,and with all his fierceness exercised a vital and realistic ministry. With it went a surprising humility and tenderness, for he recognized his own limitations and that he was but a forerunner and a road-builder; and when the time came, he graciously made way for our Lord. He shrank even from the thought of baptizing Him, and spoke of Him with wonder and devotion. I am not the Christ, he said, I am but a voice. "He that comes after me is mightier than I, whose shoes I am not worthy to bear."

His end was tragic, the result of a squalid intrigue. With characteristic boldness he had denounced the unlawful marriage of the infamous Herodias, and, as a result, had been thrown into the gloomy fortress of Machaerus on the shores of the Dead Sea. Then, to gratify the cruel and frivolous whim of a dancing girl, Salome, the daughter of Herodias, who had been prompted by her mother, Herod, to his own disgust, but unwilling to take back his word, put him to death, and there followed the shameful display of his head on a charger.

Thus ended the life of this sublime and extraordinary figure who blazed the trail for our Lord. The disciples gave his body decent burial and then broke the tragic news to Jesus, who, overcome by grief and unable to face the crowds that thronged Him, took a boat and retired for a while to a desert place apart (Gill).





June 24

The Nativity of St. John the Baptist

ST. AUSTIN observes 1 that the church usually celebrates the festivals of saints on the day of their death, which is in the true estimate of things their great birthday, their birthday to eternal life. The same father adds, that the Nativity of St. John the Baptist is excepted from this rule. The reason of which distinction is, because this saint was sanctified in his mother’s womb, 2 so that he was brought forth holy into the world; which St. Bernard 3 and many eminent divines understand not only of an external sanctity, or deputation to piety, but of the gift of sanctifying grace by the remission of original sin, which they doubt not to have been imparted to him by the presence of our divine Redeemer in the visit made by the Blessed Virgin to St. Elizabeth. Moreover, the birth of the precursor of our Divine Saviour was a mystery which brought great joy to the world, announcing its redemption to be at hand; it was in itself miraculous, and was ushered in with many prodigies. God, who had often distinguished the birth of great prophets by signs and wonders, was pleased, in an extraordinary manner, to honour that of the Baptist, who, both by the dignity of his office, and by the eminent degree of grace and sanctity to which he was raised, surpassed, according to the oracle of truth itself, all the ancient patriarchs and prophets. His father Zachary was a holy priest of the family of Abia, one of the twenty-four sacerdotal families into which the children of Aaron were divided, in order that they might all serve in the temple by turns. Elizabeth, the wife of this virtuous priest, was also descended of the house of Aaron, though probably her mother was of the tribe of Juda, she being cousin to the Blessed Virgin. The Holy Ghost assures us that Zachary and Elizabeth were both just, by true virtue, not by an imperfect or false piety, which is scrupulous in some points only the better to cover certain favourite passions; which hypocrisy may often obtain the deceitful suffrage of men, but can never be pleasing in the divine eyes. The virtue of these saints was sincere and perfect, “And they walked in all the commandments and justifications of the Lord without blame.” So impenetrable are the foldings of the human heart, that we have reason to fear the disguise of some secret passions even in our best actions. But blessed are they whom God commends.

Zachary lived probably at Hebron, a sacerdotal town in the western part of the tribe of Juda, in the hilly country, about twenty miles from Jerusalem. David, when he appointed the service of the temple that was to be built, divided the priests into twenty-four courses, who were to officiate in the temple by turns, each a week at a time. Among these that of Abia was reckoned the eighth in the time of David. 4 It was usual for the priests of each family or course, when it came to their turn, to choose by lot among themselves the men who were to perform the several parts of the service of that week. It fell to the lot of Zachary, in the turn of his ministration, to offer the daily morning and evening sacrifice of incense on the golden altar, in the inner part of the temple, called the Sanctum, or sanctuary; which sacrifice was prescribed as an emblem of the indispensable homage which all men are bound to pay to God of their hearts, by morning and evening prayer. It happened that while Zachary was offering the incense one day for this sacrifice, and the people were praying without the sanctuary, he was favoured with a vision, the Angel Gabriel appearing to him, standing on the right side of the altar of incense. Zachary being struck with exceeding terror and amazement, the angel encouraged him, assuring him that his prayer was heard, and that in consequence thereof, his wife, though she was called barren, should conceive and bear him a son; adding, Thou shalt call his name John, and he shall be great before God. He did not call him great in the world, in honours, in riches, or applause; these false titles being mere emptiness and smoke; fraught with snares and secret poison. Nor did he say he would be great in the deceitful judgment and foolish opinion of men, who not knowing things as they are in themselves, seldom weigh them in a just balance, and often give them names contrary to what they ought to bear, calling darkness light, and that which is bitter, sweet. But he who is great before God is great indeed. The praises of our saint are truly admirable, because bestowed on him by the sovereign Truth; they exceed all other commendations. His matchless excellency was intimated by the name which was given him by heaven; for he was called John, which word signifies one filled with grace. John was chosen by God to be the herald and harbinger of the world’s Redeemer, the voice to proclaim to men the eternal Word; the morning star to usher in the Sun of justice, and the Light of the world. It was therefore becoming that he should be adorned with all virtues in an heroic degree. Other saints are often particularly distinguished by certain characteristical privileges; but John eminently excelled in graces, and was a doctor, a virgin, and martyr. He was a prophet, and more than a prophet, it being his office to point out to the world Him whom the ancient prophets had foretold obscurely, and at a distance. His spotless innocence, his unparalleled penance, his spirit of prayer and retirement, his zeal, and charity, were wonderful: but the crown of his greatness was his profound humility.

An early piety, and an innocence which was never defiled by any stain of sin, is a precious grace; and the first-fruits of a heart are particularly due to God, and a sacrifice most agreeable to him. Therefore the angel ordered that the child should be consecrated to God from his very birth, for an exterior mark of his holy destination; and for an emblem of the necessity of leading a mortified life in the practice of virtue, this heavenly messenger enjoined that he should never touch wine or any other intoxicating liquor. 5 The angel added, that he was holy, and filled with an extraordinary measure of grace by the Holy Ghost, even from the womb of his mother. By this extraordinary sanctity was the Baptist prepared to take upon him the high function of a preacher of penance, in order to convert the degenerate children of Israel from sin to godliness, to unite their hearts by the practice of piety to the holy patriarchs their ancestors, and to make them a perfect people to the Lord, that they might be disposed to receive the salvation which Christ brought them. For John was chosen to walk before Him, in the like spirit and power with which Elias will appear, to prepare men for His second coming to judge the world.

That the miracle of the Baptist’s birth might be more evident, Elizabeth was at that time advanced in years, and, according to the course of nature, past child-bearing. God had so ordained it, that this saint might be the fruit of long and earnest prayer, the ordinary channel of his graces. By this circumstance parents are admonished with what assiduity and fervour they ought to address themselves to God to obtain his blessing upon their offspring. Zachary was amazed at the apparition, and at the wonderful things he heard, and begged a sign might be given him which might ascertain to him the effect of these great promises. The angel, to grant his request, and at the same time to show he might have reasonably acquiesced in the marks given him in the vision itself, answered, that from that moment he should continue dumb till such time as the child was born. On the following Sabbath-day the week of his ministration expired, after which he returned home. Elizabeth conceived, and in the sixth month of her pregnancy was honoured with a visit from the mother of God, in which, at the presence of the world’s Redeemer, the Baptist was sanctified yet in his mother’s womb. On this occasion, the blessed child, yet unborn, was, by an extraordinary privilege, favoured with the use of reason; was the first among men who beheld Christ, and knew him before he saw the light with his corporeal eyes. Inexpressible was the miraculous joy with which his soul was overwhelmed to behold him present, whom the ancient prophets rejoiced so much only to foresee in spirit. Whence it is added, that he leaped for joy in the womb. 6 Elizabeth, after nine months, brought forth her son, who was circumcised on the eighth day. On that occasion the rest of the family were for having him called by his father’s name, Zachary; but the mother, by divine inspiration, said his name should be John. The father confirmed the same by writing, and immediately recovering the use of his speech, broke out into the divine praises in the most profound sentiments of love and thanksgiving, and joyfully proclaimed the infinite mercy with which God in his most tender bowels was pleased to visit his people of Israel, and the nations which were seated in the shades of death.

In the like fervent dispositions of gratitude and praise ought we to recite with the church the inspired canticle of this holy prophet. We possess the infinite treasure of divine grace in frail vessels, and walk continually upon the brink of precipices, and amidst rocks and dangers; therefore we are bound always to fear, and to use the utmost caution, lest we fall, and lose this most precious of all excellent gifts. To teach us with what watchfulness and care we are bound to preserve, and earnestly labour continually to improve it by an humble and penitential life, by assiduous prayer, by an application to the practice of all good works, and a scrupulous flight of dangerous occasions, the Baptist was inspired by the Holy Ghost to retire in his tender years into the wilderness. There he devoted himself to the exercises of holy prayer, leading a most austere penitential life. His garment was of a rough camel’s hair, girt about him with a leathern girdle, and he allowed himself no other food than what he found in the desert, wild honey and locusts. 7 These are a kind of large grasshoppers, and are used in those countries as a coarse food when dressed, but St. John ate them raw. Of this his retirement Origen writes: 8 “He went into the desert, where the air was more pure, the heavens more open, and God more familiar, that, till the time of his preaching was come, he might employ himself in prayer in the company of angels.” And again, 9 “He had neither scrip nor servant, nor so much as a poor cottage to shelter himself in from the inclemency of the weather. He remained in the desert, even when he began to preach penance.” St. Jerom writes, 10 “Neither the tenderness nor the riches of his devout parents could hold him in their plentiful house amidst dangers from the world. He lived in the desert, and disdained to behold other things with eyes which coveted to see Christ. His raiment was coarse, his food locusts and wild honey; all which things are conducive to virtue and continency.” This frightful solitude he chose for his dwelling, lest the purity of his heart should be sullied if he had entertained any commerce with men; and his penance was most austere, because the path of innocence and virtue is that of the cross or of mortification. How loudly does his penitential youth condemn those pretended Christians whose life is altogether earthly, and who, instead of curbing their inclinations, and keeping their senses in due subjection, study by softness and pleasure to gratify them almost in every thing. They renounce for ever the happiness which Christ has promised to his followers, who do not take his word and actions for the only rule of their conduct.

St. John by his retirement calls upon us to disengage our hearts from the ties of the world, and frequently to imitate in our closet his exercises in the wilderness. The world is like a perspective, which can only be seen in the true point of light at a distance. By holy retirement, and by conversing often with heaven, the fascination of its enchantments will fall from before our eyes, and we shall see that it has nothing which ought not to be to a Christian heart an object of contempt, abhorrence, or dread. It is made up of vanity, danger, and sin. Its goods and enjoyments are short-lived and uncertain, and in themselves false and empty; its pains real and grievous; and its promises treachery and deceit. It is now so worn out, and its cheats are so clearly discovered by long experience, according to the observation of St. Austin, 11 that it ought long ago to have lost its false painted charms. Gerson 12 compares those who seek for happiness in it to fools who should with great pains seek for roses and tulips on nettles and briers, which, instead of yielding flowers, can only prick and wound their hands. It is covered with a thick darkness, which intercepts the sight of heavenly things; it is filled with snares in every part, and its vanities and pleasures are fraught with deadly poison. We must enter it with a holy fear, must converse in it with watchfulness, and continually fortify our souls against the infection of its air by the antidotes of frequent meditation, prayer, and self-denial, according to the excellent advice of St. Francis of Sales. 13 Thus shall we learn to live in the world so as not to be of it, to use it as if we used it not, and possess it so as not to be possessed or captivated by it.

Note 1. Serm. 290. [back]

Note 2. Luke i. 15, 41. [back]

Note 3. St. Bern. Ep. 174. [back]

Note 4. Matt. xi. 11. [back]

Note 5. Sicera, the word used in the text, according to St. Chrysostom, Theodoret, and others, means chiefly palm-tree wine, which is little inferior to wine of the grape, and common in Palestine. But the etymology expresses any intoxicating liquor. See Synops. Critic. Calmet, &c. [back]

Note 6. Maldonatus in Luc. i. 41. [back]

Note 7. Wild honey is that which is found in trees, in which bees frequently lodge their combs in Palestine and other countries. Locusts are reckoned among the clean meats, (Lev. xi. 22.) The ancients mention them as a common food in Africa, Persia, Syria, and Palestine. Modern travellers assure us, in some countries locusts are brought to market in large quantities, but are eaten only by the common people, either fried in oil or dried in the sun. See Stapleton, Antidota Evangelica in Matt. iii. Canisius, l. 1, de corruptelis verbis Dei, c. 4. Synopsis Critic. Corn. a Lap. et Calmet. [back]

Note 8. Orig. Hom. 11, in Luc. [back]

Note 9. Hom. 25, ib. [back]

Note 10. Ep. ad Rustic. [back]

Note 11. Ep. 45, ad Arment. [back]

Note 12. Serm. contr. Avar. [back]

Note 13. L. 4, ep. 46. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume VI: June. The Lives of the Saints.  1866.



BIRTH OF ST. JOHN THE BAPTIST

Feast: June 24

This feast, a segment of Advent in the season of Ordinary Time, makes us aware of the wonderful inner relationship between the sacred mysteries; for we are still in the midst of one Church year and already a bridge is being erected to the coming year of grace.

Ordinarily the Church observes the day of a saint's death as his feast, because that day marks his entrance into heaven. To this rule there are two notable exceptions, the birthdays of Blessed Mary and of St. John the Baptist. All other persons were stained with original sin at birth, hence, were displeasing to God. But Mary, already in the first moment of her existence, was free from original sin (for which reason even her very conception is commemorated by a special feast), and John was cleansed of original sin in the womb of his mother. This is the dogmatic justification for today's feast. In the breviary St. Augustine explains the reason for today's observance in the following words:

"Apart from the most holy solemnity commemorating our Savior's birth, the Church keeps the birthday of no other person except that of John the Baptist. (The feasts of the Immaculate Conception and of the Nativity of the Blessed Virgin had not yet been introduced.) In the case of other saints or of God's chosen ones, the Church, as you know, solemnizes the day on which they were reborn to everlasting beatitude after ending the trials of this life and gloriously triumphing over the world.

"For all these the final day of their lives, the day on which they completed their earthly service is honored. But for John the day of his birth, the day on which he began this mortal life is likewise sacred. The reason for this is, of course, that the Lord willed to announce to men His own coming through the Baptist, lest if He appeared suddenly, they would fail to recognize Him. John represented the Old Covenant and the Law. Therefore he preceded the Redeemer, even as the Law preceded and heralded the new dispensation of grace."

In other words, today's feast anticipates the feast of Christmas. Taking an overall view, we keep during the course of the year only two mysteries, that of Christ's Incarnation and that of His Redemption. The Redemption mystery is the greater of the two; the Incarnation touches the human heart more directly. To the Redemption mystery the entire Easter season is devoted, from Septuagesima until Pentecost; and likewise every Sunday of the year, because Sunday is Easter in miniature.

The Christmas season has for its object the mystery of God-become-Man, to which there is reference only now and then during the remaining part of the year, e.g., on Marian feasts, especially that of the Annunciation (March 25) and today's feast in honor of the Baptist. In a sense, then, we are celebrating Christ's incarnation today. The birth of Jesus is observed on December 25 at the time of the winter solstice, while the birth of His forerunner is observed six months earlier at the time of the summer solstice. Christmas is a "light" feast; the same is true today. The popular custom centering about "St. John's Fire" stems from soundest Christian dogma and could well be given renewed attention. St. John's Fire symbolizes Christ the Light; John was a lamp that burned and shone. We Christians should be the light of the world.

--- Excerpted from The Church's Year of Grace, Pius Parsch.

Patron : Baptism; bird dealers; converts; convulsions; convulsive children; cutters; epilepsy; epileptics; farriers; hail; hailstorms; Knights Hospitaller; Knights of Malta; lambs; Maltese Knights; lovers; monastic life; motorways; printers, spasms; tailors; Genoa, Italy; Quebec; Sassano, Italy; Diocese of Savannah, Georgia; Diocese of Charleston, South Carolina; Diocese of Dodge City, Kansas; Diocese of Paterson, New Jersey; Diocese of Portland, Maine.

Symbols : Lamb; lamb on a book of seven seals; locust; camel's hair tunic; girdle; his head on a charger; scroll with words Ecce Agnus Dei or with Vox Clamantis in deserto; long, slender cross-tipped staff; open Bible; banner of victory.

Things to Do :

• Read about the traditions connected with this feast, particularly the connection with bonfires.

• The Liturgy of the Hours for the Evening Prayer (Vespers) of the Birth of St. John the Baptist has traditionally included the Gregorian chant Ut Queant Laxis. Tradition has ascribed the hymn to a Paul Warnefried (Paul the Deacon, 730-799). While preparing to sing the Exsultet at the Holy Saturday vigil, he found himself hoarse, and so prayed to St. John the Baptist, since his father lost his voice before John was born. Paul's voice was restored and he wrote this hymn in honor of the saint. True or not, what makes this song memorable is that the Benedictine monk used this hymn as a pivotal reference for our musical scale. See Catholic Encyclopedia's entry Ut Queant Laxis, more information on the hymn from Catholic Culture, a Beginner's Guide to Modal Harmony, and Gregorian Chant Notation.

• The Church year has two cycles. The more important cycle is the Temporal cycle (from the Latin tempus which means time or season). The life of Christ is relived in liturgical time, in both real time and Church's memory. Throughout the year the Paschal Mystery (Christ's work of redemption through His birth, life, passion, death, and resurrection and ascension) is relived, and broken down into the seasons of Advent, Christmas, Lent, Holy Week, Easter and Ordinary Time. Sundays are the usual means by which this cycle unfolds.

At the same time with the temporal cycle, the Sanctoral cycle (from the Latin sanctus which means saint) progresses. The Church honors Mary, Mother of God "with a special love. She is inseparably linked with the saving work of her son" (CCC 1172). Then the memorials of martyrs and other saints are kept by the Church. They are held up to us as examples "who draw all men to the Father through Christ, and through their merits she begs for God's favors" (CCC 1173).

This is one of the few saint feast days that is connected with the temporal calendar, not the sanctoral calendar, because John the Baptist was intimately involved in Christ's work of redemption. Charting or making your own liturgical calendar would be a great family project.

• Read the excerpt from the Directory on Popular Piety on the cult of St. John the Baptist.

• In Brazil, this day is known as Diário de Sáo Joáo (Saint John's Day). The festivities are set off in the villages and countryside by the Fogueira de Sáo Joáo (bonfire) on St. John's eve. Families and friends eat traditional foods around the fire while younger folks jump over the fire and firecrackers are exploded. The day is primarily a festival for children, who save up months in advance to purchase fireworks to set off for the day. In cities this is a day for parties and dances, with the urban dwellers dressing up in rural costumes.

St. John is the protector of lovers, so for fun, young country girls in Brazil will roll up scraps of paper, each bearing a name of a single girl and place them into a bowl of water. The first one which unfolds indicates the girl who will marry first.

SOURCE : http://www.passionistnuns.org/Saints/StJohnBaptist/BirthJohnBaptist/index.htm


Father Weiser explains the customs associated with June 23 and 24, the Solemnity of the Birth of St. John the Baptist.

DIRECTIONS

John the Baptist (June 24) — This Saint was highly honored throughout the whole Church from the beginning. Proof of this is, among other things, the fact that fifteen churches were dedicated to him in the ancient imperial city of Constantinople. Being the precursor of our Lord, he was accorded the same honor as the first great saints of the Christian era, although he belonged to the Old Covenant. The fact that Christ praised him so highly (Matt. 11, 11) encouraged, of course, a special veneration. Accordingly, we find a regular cycle of feasts in his honor among the early Christian churches.

It was the firm belief among the faithful that John was freed from original sin at the moment when his mother met the Blessed Virgin (Luke 1, 45). Saint Augustine mentioned this belief as a general tradition in the ancient Church. In any case, it is certain that he was "filled with the Holy Spirit even from his mother's womb" (Luke 1, 15) and, therefore, born without original sin. Accordingly, the Church celebrates his natural birth by a festival of his "nativity," assigned exactly six months before the Nativity of Christ, since John was six months older than the Lord. As soon as the feast of Christmas was established on December 25 (in the fifth century) the date of the Baptist's birth was assigned to June 24.

The question arises of why June 24, and not 25. It has often been claimed that the Church authorities wanted to "Christianize" the pagan solstice celebrations and for this reason advanced Saint John's feast as a substitute for the former pagan festival. This explanation is obviously erroneous because in those centuries the solstice took place around the middle of June due to the inaccuracy of the Julian calendar. It was only in 1582, through the Gregorian calendar reform, that the solstice fell on June 23.

The real reason why Saint John's Day falls on June 24 lies in the Roman way of counting, which proceeded backward from the Kalends (first day) of the succeeding month. Christmas was "the eighth day before the Kalends of January" (Octavo Kalendas Januarii). Consequently, Saint John's Nativity was put on the "eighth day before the Kalends of July." However, since June has only thirty days, in our present (Germanic) way of counting, the feast falls on June 24.69

The Council of Agde, in 506, listed the Nativity of Saint John among the highest feasts of the year, a day on which all faithful had to attend Mass and abstain from servile work. Indeed, so great was the rank of this festival that, just as on Christmas, three Masses were celebrated, one during the vigil service, the second at dawn, the third in the morning. In 1022, a synod at Seligenstadt, Germany, prescribed a fourteen-day fast and abstinence in preparation for the Feast of the Baptist. This, however, was never accepted into universal practice by the Roman authorities.

On August 29 the death of the Saint is honored by a Feast of the "Beheading." A third festival was celebrated in the Oriental Church in honor of "Saint John's Conception" (on September 24), commemorating the fact that an angel had announced his conception. This feast, however, was not adopted by the Latin Church. The Greek Rite (on the day after Epiphany), and recently also the Latin Church (on January 13), keep a feast in memory of Saint John baptizing the Lord.

The Baptist is patron of tailors (because he made his own garments in the desert), of shepherds (because he spoke of the "Lamb of God"), and of masons (including the Freemasons, who celebrate his day as one of their great annual feasts). This patronage over masons is traced to his words:

Make ready the way of the Lord, make straight all his paths. Every valley shall be filled, and every mountain and hill shall be brought low, And the crooked shall be made straight, and the rough ways smooth. (Luke 3, 4-6.)

All over Europe, from Scandinavia to Spain, and from Ireland to Russia, Saint John's Day festivities are closely associated with the ancient nature lore of the great summer festival of pre-Christian times. Fires are lighted on mountains and hilltops on the eve of his feast. These "Saint John's fires" burn brightly and quietly along the fiords of Norway, on the peaks of the Alps, on the slopes of the Pyrenees, and on the mountains of Spain (where they are called Hogsueras). They were an ancient symbol of the warmth and light of the sun which the forefathers greeted at the beginning of summer. In many places, great celebrations are held with dances, games, and outdoor meals.

Fishermen from Brittany keep this custom even while far out at sea in the Arctic Ocean. They hoist a barrel filled with castoff clothing to the tip of the mainsail yard and set the contents on fire. All ships of the fishing fleet light up at the same time, about eight o'clock in the evening. The men gather around the mast, pray and sing. Afterward they celebrate in their quarters, and the captain gives each crew member double pay.

Another custom is that of lighting many small fires in the valleys and plains. People gather around, jump through the flames, and sing traditional songs in praise of the Saint or of summer. This custom is based on the pre-Christian "need fires" (niedfyr, nodfyr) which were believed to cleanse, cure, and immunize people from all kinds of disease, curses, and dangers. In Spain these smaller fires (fogatas) are lighted in the streets of towns and cities, everybody contributing some old furniture or other wood, while children jump over the flames. In Brest, France, the bonfires are replaced by lighted torches which people throw in the air. In other districts of France they cover wagon wheels with straw, then set them on fire with a blessed candle and roll them down the hill slopes.

As the first day of summer, Saint John's Day is considered in ancient folklore one of the great "charmed" festivals of the year. Hidden treasures are said to lie open in lonely places, waiting for the lucky finder. Divining rods should be cut on this day. Herbs are given unusual powers of healing which they retain if they are plucked during the night of the feast. In Germany they call these herbs Johanneskraut (St. John's herbs), and people bring them to church for a special blessing.

In Scandinavia and in the Slavic countries it is an ancient superstition that on Saint John's Day witches and demons are allowed to roam the earth. As at Halloween, children go the rounds and demand "treats," straw figures are thrown into the flames, and much noise is made to drive the demons away.

It should be noted, however, that in the Catholic sections of Europe the combination of the ancient festival of nature lore with the Feast of the Baptist has resulted in a tradition of dignified celebration, which has come down to our day. People gather around the fireplace, dressed in their national or local costumes, and sing their beautiful ancient songs. When the fire is lighted, one of them recites a poem that expresses the thought of the feast. Then they pray together to Saint John for his intercession that the summer may be blessed in homes, fields, and country, and finally perform some of the traditional folk dances, usually accompanied by singing and music.

LITURGICAL PRAYER: O God who hast made this an honored day for us by the birth of Saint John: bestow upon Thy people the grace of spiritual joys, and guide the hearts of all Thy faithful into the way of eternal salvation.

Activity Source: Holyday Book, The by Francis X. Weiser, S.J., Harcourt, Brace and Company, Inc., New York, 1956

SOURCE : http://www.catholicculture.org/culture/liturgicalyear/activities/view.cfm?id=1125


Nativity of the Holy Glorious Prophet, Forerunner and Baptist

Commemorated on June 24

Troparion & Kontakion

The Nativity of the Holy Forerunner and Baptist of the Lord, John: The Gospel (Luke. 1: 5) relates that the righteous parents of St John the Baptist, the Priest Zachariah and Elizabeth (September 5), lived in the ancient city of Hebron. They reached old age without having children, since Elizabeth was barren. Once, St Zachariah was serving in the Temple at Jerusalem and saw the Archangel Gabriel, standing on the right side of the altar of incense. He predicted that St Zachariah would father a son, who would announce the Savior, the Messiah, awaited by the Old Testament Church. Zachariah was troubled, and fear fell upon him. He had doubts that in old age it was possible to have a son, and he asked for a sign. It was given to him, and it was also a chastisement for his unbelief. Zachariah was struck speechless until the time of the fulfillment of the archangel’s words.

St Elizabeth came to be with child, and fearing derision at being pregnant so late in life, she kept it secret for five months. Then her relative, the Virgin Mary, came to share with her Her own joy. Elizabeth, “filled with the Holy Spirit,” was the first to greet the Virgin Mary as the Mother of God. St John leaped in his mother’s womb at the visit of the Most Holy Virgin Mary and the Son of God incarnate within Her.

Soon St Elizabeth gave birth to a son, and all the relatives and acquaintances rejoiced together with her. On the eighth day, in accordance with the Law of Moses, he was circumcised and was called John. Everyone was amazed, since no one in the family had this name. When they asked St Zachariah about this, he motioned for a tablet and wrote on it: “His name is John.” Immediately his tongue was loosed, and St Zachariah glorified God. He also prophesied about the Coming into the world of the Messiah, and of his own son John, the Forerunner of the Lord (Luke. 1: 68-79).

After the Nativity of our Lord Jesus Christ and the worship of the shepherds and the Magi, wicked king Herod gave orders to kill all male infants. Hearing about this, St Elizabeth fled into the wilderness and hid in a cave. St Zachariah was at Jerusalem and was doing his priestly service in the Temple. Herod sent soldiers to him to find out the abode of the infant John and his mother. Zachariah answered that their whereabouts were unknown to him, and he was killed right there in the Temple. Righteous Elizabeth continued to live in the wilderness with her son and she died there. The child John, protected by an angel, dwelt in the wilderness until the time when he came preaching repentance, and was accounted worthy to baptize the Lord.

SOURCE : http://oca.org/saints/lives/2013/06/24/101800-nativity-of-the-holy-glorious-prophet-forerunner-and-baptist





Solemnity Of The Nativity of John The Baptist

Jesus called John the greatest of all those who had preceded him: “I tell you, among those born of women, no one is greater than John….” But John would have agreed completely with what Jesus added: “[Y]et the least in the kingdom of God is greater than he” (Luke 7:28).

John spent his time in the desert, an ascetic. He began to announce the coming of the Kingdom, and to call everyone to a fundamental reformation of life.

His purpose was to prepare the way for Jesus. His Baptism, he said, was for repentance. But One would come who would baptize with the Holy Spirit and fire. John is not worthy even to carry his sandals. His attitude toward Jesus was: “He must increase; I must decrease” (John 3:30).

John was humbled to find among the crowd of sinners who came to be baptized the one whom he already knew to be the Messiah. “I need to be baptized by you” (Matthew 3:14b). But Jesus insisted, “Allow it now, for thus it is fitting for us to fulfill all righteousness” (Matthew 3:15b). Jesus, true and humble human as well as eternal God, was eager to do what was required of any good Jew. John thus publicly entered the community of those awaiting the Messiah. But making himself part of that community, he made it truly messianic.

The greatness of John, his pivotal place in the history of salvation, is seen in the great emphasis Luke gives to the announcement of his birth and the event itself—both made prominently parallel to the same occurrences in the life of Jesus. John attracted countless people (“all Judea”) to the banks of the Jordan, and it occurred to some people that he might be the Messiah. But he constantly deferred to Jesus, even to sending away some of his followers to become the first disciples of Jesus.

Perhaps John’s idea of the coming of the Kingdom of God was not being perfectly fulfilled in the public ministry of Jesus. For whatever reason, he sent his disciples (when he was in prison) to ask Jesus if he was the Messiah. Jesus’ answer showed that the Messiah was to be a figure like that of the Suffering Servant in Isaiah (chapters 49 through 53). John himself would share in the pattern of messianic suffering, losing his life to the revenge of Herodias.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/nativity-of-john-the-baptist-2/

Natività di San Giovanni Battista Precursore del Signore


Ain Karem, Giudea – † Macheronte? Transgiordania, I secolo

Giovanni Battista è l'unico santo, oltre la Madre del Signore, del quale si celebra con la nascita al cielo anche la nascita secondo la carne. Fu il più grande fra i profeti perché poté additare l'Agnello di Dio che toglie il peccato del mondo. La sua vocazione profetica fin dal grembo materno è circondata di eventi straordinari, pieni di gioia messianica, che preparano la nascita di Gesù. Giovanni è il Precursore del Cristo con la parole con la vita. Il battesimo di penitenza che accompagna l'annunzio degli ultimi tempi è figura del Battesimo secondo lo Spirito. La data della festa, tre mesi dopo l'annunciazione e sei prima del Natale, risponde alle indicazioni di Luca. (Mess. Rom.)

Patronato: Monaci

Emblema: Agnello, ascia

Martirologio Romano: Solennità della Natività di san Giovanni Battista, precursore del Signore: già nel grembo della madre, ricolma di Spirito Santo, esultò di gioia alla venuta dell’umana salvezza; la sua stessa nascita fu profezia di Cristo Signore; in lui tanta grazia rifulse, che il Signore stesso disse a suo riguardo che nessuno dei nati da donna era più grande di Giovanni Battista.

Il 24 giugno si festeggia il cosiddetto “Natale estivo”. La Chiesa celebra la festa di tre natività soltanto: quella di Cristo, quella della Madonna e quella del Precursore. Per gli altri Santi, infatti, si festeggia non la loro nascita nella carne, bensì la loro entrata nel Cielo.

San Giovanni Battista occupa quindi senz’altro una posizione eminente nella schiera dei Santi. Secondo la Tradizione è in Paradiso il più alto dopo la Madonna (certo, dobbiamo anche riservare il posto di San Giuseppe!), perché assomiglia di più a Nostro Signore, e perché, anche se non fu preservato come Maria Santissima dal peccato originale, fu purificato e consacrato nel grembo di sua madre Elisabetta nel giorno della Visitazione.

È difficile pronunciare il panegirico di San Giovanni Battista. Cosa possiamo aggiungere di più dopo che Nostro Signore stesso l’ha lodato, dicendo che: “Fra i nati da donna non vi è alcuno più grande di Giovanni”?

Mi accontenterò di tre sguardi, tre “istantanee” su Giovanni Battista: contempliamo l’austerità del Profeta nel deserto; la fortezza del Testimone della luce; l’umiltà del Precursore che si scansa davanti a Colui che annuncia.

Primo sguardo: il deserto, l’ascetismo

«Che cosa siete andati a vedere nel deserto?» chiedeva Gesù parlando del Battista. «Un uomo vestito con abiti di lusso? Ecco, quelli che portano vesti sontuose e vivono nel lusso stanno nei palazzi dei re» (Lc 7,24).

Ecco il primo aspetto della personalità di San Giovanni Battista, quello che ci fa maggiormente impressione: Giovanni nel deserto, l’aria scontrosa, vestito di pelle di cammello, cibandosi di cavallette e di miele selvatico come un orso (cf. Mc 1,6). Che personaggio strabiliante!

Quello che stupisce prima di tutto del più grande di tutti i Profeti è l’austerità della sua vita, il suo amore alla solitudine e il suo spirito di preghiera. A noi che siamo prigionieri della nostra comodità e che ci perdiamo nelle cose vane, San Giovanni Battista viene a ricordare il ruolo del silenzio, del distacco e della mortificazione per ogni anima che vuole darsi a Dio. San Giovanni Crisostomo, quando descrive la vita del Battista, si meraviglia dolorosamente: «Se un uomo di tale santità ha vissuto una vita così austera, come, noi, che crolliamo sotto il peccato, non faremmo la più piccola penitenza?». Che lezione per noi! Il primo predicatore del Vangelo, il più grande testimone della verità, quello che additò la Verità stessa, fu anzitutto un’anima solitaria, distaccata da tutto, che fuggiva i piaceri e le mondanità. Giovanni non frequentò i palazzi dei Re, non fu di quei “predicatori” che cercano prima di tutto di farsi valere, di risplendere nel loro apostolato, e che in realtà non fanno altro che predicare se stessi.

Questo distacco, questa austerità del Battista si vede anche nella sua conversazione. Il primo predicatore del Vangelo non è un chiacchierone. Ciò è paradossale soltanto per coloro che hanno dimenticato che “il silenzio è il padre dei predicatori”. Quando i sacerdoti e i leviti gli chiedono: «Tu, chi sei?», risponde di punto in bianco: «Io non sono il Cristo». «Sei tu Elia?». «Non lo sono». «Sei tu il profeta?». «No». Non si potranno mai abbastanza ammirare la brevità e la semplicità di queste risposte. Sono quelle di un’anima silenziosa che cerca soltanto la verità e che dimentica il proprio interesse. «Est, est. Non, non». “Che il vostro sì sia sì, che il vostro no sia no” (cf. Mt 5,37). San Giovanni Battista è puro e trasparente come il diamante. E del diamante possiede anche la durezza.

Secondo sguardo: la fortezza

«Cosa siete andati a vedere nel deserto?
Una canna sbattuta dal vento?». Sicuramente no. Giovanni Battista non fu un uomo che si piega sotto la spinta di qualsiasi vento. Viveva solo per Dio, completamente staccato dall’opinione degli uomini, non dava retta alle dicerie... Non cercava di piacere; non accarezzava i suoi contemporanei, i “media” del suo tempo, dicendo loro soltanto quello che volevano sentire. Come si rivolgeva loro? «Razza di vipere!» (Lc 3,7). E cosa dice? Quale è il tema della sua predica? Anzitutto i Novissimi e l’urgenza che c’è di convertirsi. «Già la scure è posta alla radice degli alberi; perciò ogni albero che non dà buon frutto viene tagliato e gettato nel fuoco» (Mt 3,10). Certo, l’immagine che il Profeta infallibile ci dà del Salvatore del mondo non è sdolcinata: «Tiene in mano la pala e pulirà la sua aia e raccoglierà il suo frumento nel granaio; ma brucerà la paglia con un fuoco inestinguibile» (Mt 3,12). La predicazione di San Giovanni non è un raccolta di cose pie e sentimentali. Ma la preferiamo così. E tremiamo di essere anche noi della paglia...

Giovanni, qua, sembra terribile. Terribile perché parla in nome delle esigenze dell’Amore oltraggiato, terribile perché deve scuotere l’indifferenza del mondo. Attraverso i secoli, viene a sollevare anche noi dalla nostra torpidezza e dalla nostra tiepidezza. San Giovanni è un testimone della luce e ci ricorda che – oggi come nel suo tempo – non può esistere un compromesso tra la luce e le tenebre, tra Cristo e Belial.

E perché non cerca di piacere al mondo, ai potenti e ai “media” dell’epoca? Perché vuole anzitutto essere vero, la sua testimonianza ci tocca. Ci insegna cos’è la testimonianza. Come battezzati e soprattutto cresimati, tutti noi siamo chiamati a testimoniare. Cos’è un testimone? Il testimone è colui sulla cui parola riposa la nostra fede come su una roccia. Non crediamo alla parola di un uomo che cambia sempre, che si sottomette alla moda, che è tutto preoccupato di sentire da che parte tira il vento. «Io credo soltanto alle storie i cui i testimoni si farebbero sgozzare», diceva Pascal. Giovanni Battista fu uno di quelli. Storicamente fu il primo a confessare la Divinità di Cristo: «Io ho visto e ho testimoniato che questi è il Figlio di Dio» (Gv 1,34); «Colui che viene dopo di me è avanti a me, perché era prima di me» (Gv 1,16). Ed è anche il primo che confessa la sua azione redentrice: «Ecce Agnus Dei», «Ecco l’Agnello di Dio, colui che toglie il peccato del mondo» (Gv 1,29).

Tuttavia, San Giovanni non è morto per aver confessato la Divinità di Cristo, né per averlo designato come il Messia. Il suo martirio è per noi molto significativo. È morto per aver denunciato un adulterio, un matrimonio illegittimo. Il primo martire, quello che nella Santa Messa il Sacerdote cita prima di Santo Stefano (cf. Canone Romano), fu un martire della legge naturale! È morto, insomma, per aver detto di no a una legge civile che contradirebbe la legge morale. Per aver rimproverato un cosiddetto “divorziato-risposato”, peccatore pubblico, che voleva comportarsi davanti a tutti come se la sua seconda unione fosse legittima. Nei tempi che viviamo ciò dovrebbe farci riflettere.

Però, quest’anima forte e terribile contro il peccato e l’errore, fu anche un’anima dolce e umile.

Terzo sguardo: la dolcezza e l’umiltà del Precursore

Ciò non deve stupirci. La grande santità si caratterizza soprattutto dall’unione delle virtù le più diverse, che solo Dio può unire così intimamente. È l’unione della fortezza con la dolcezza, dell’amore per la verità o la giustizia, con la misericordia per i peccatori. Questa unione è sempre il frutto di una grande vicinanza con Dio, perché quello che è diviso nella natura, si unisce nel regno di Dio, specialmente in Dio stesso. La santità è un’immagine dell’unione misteriosa delle perfezioni le più diverse, dell’infinita giustizia e dell’infinita misericordia, nell’eminenza della Deità, nella vita intima di Dio.

San Giovanni Battista, il temibile profeta che annunciava la collera che viene, fu anche dolce e umile di cuore, come Colui del quale ha reso testimonianza.
Guardiamolo. Fin dall’inizio del suo ministero si mostra pieno di bontà per i piccoli e gli umili. Ai pubblicani di buona volontà dice soltanto: «Non esigete nulla di più di quanto vi è stato fissato». Ai soldati: «Non maltrattate nessuno; accontentatevi delle vostre paghe».

Quest’alleanza di forza e di dolcezza spiega anche l’ammirazione che ha potuto suscitare nei suoi discepoli. Come Gesù, Giovanni Battista fu molto amato. I suoi discepoli non lo dimenticheranno mai. Per esserne convinti basti rileggere le righe che gli dedicherà, ormai molto anziano, il più puro e il più delicato di tutti i suoi discepoli. Comincerà così il suo Vangelo: «In principio era il Verbo», e poi, subito, si ricorderà del suo maestro: «Venne un uomo mandato da Dio: il suo nome era Giovanni». Però Giovanni l’Evangelista, anche lui, lascerà il Battista per Gesù.

E il Battista si è rallegrato di vedere partire i suoi migliori discepoli. Qua, anche, sta la sua grandezza: nella sua umiltà. Ha accettato di spogliarsi, cioè di essere un precursore e soltanto questo. Ha avuto questa abnegazione – così rara tra i precursori – di cedere il primo posto, quando la sua missione fu compiuta.

San Giovanni Battista ha accettato di essere un puro strumento, in totale dipendenza dall’azione del Padre. Dirà: «Nessuno può prendersi qualcosa se non gli è stata data dal cielo» (Gv 3,27). L’unica cosa importante per San Giovanni fu di essere fedele al dono che gli era fatto. Era la voce, e adesso risuona la Parola; era la lampada, che doveva abituare gli occhi alla luce, e adesso risplende il Sole. E Giovanni non se ne rattrista, bensì se ne rallegra: «Lo sposo è colui al quale appartiene la sposa; ma l’amico dello sposo, che è presente e l’ascolta, esulta di gioia alla voce dello sposo» (Gv 3,29). Al contrario di alcuni dei suoi discepoli, che si offendono perché le folle lo stanno lasciando per seguire Gesù, Giovanni sa vedere al di là delle apparenze. Con lo spirito di profezia, contempla la meraviglia che sta per compiersi: questa meraviglia è la presenza dello Sposo. Lo Sposo è il Verbo di Dio. La sposa, è la natura umana che si unisce a Lui. È anche la Chiesa che sta nascendo.

La stessa realtà, cioè che quelli che lo seguivano adesso seguono Gesù, butta i suoi discepoli nella tristezza, perché si fermano alle cose materiali, ma fa esultare Giovanni di gioia, perché ne penetra il contenuto spirituale: «Ora questa mia gioia è piena» (Gv 3,29). Alla tristezza carnale dei discepoli si oppone la gioia spirituale di Giovanni. Non per caso, nella colletta della sua Messa, chiediamo la gioia spirituale. Giovanni è l’uomo della gioia divina in mezzo ai distacchi umani.

Giovanni Battista è stato completamente distaccato. Non ha cercato altro che la verità, ha dimenticato se stesso, non ha voluto vedere niente altro che il Signore. Quando sarà venuto il momento non esiterà ad insorgere contro Erode, per difendere la verità. In questi tempi duri di dittatura del relativismo, che il suo esempio luminoso ci dia forza e coraggio per testimoniare anche noi la Verità!

Autore: Padre Dominicus Re

Fonte: Il Settimanale di Padre Pio



Giovanni Battista è il santo più raffigurato nell’arte di tutti i secoli; non c’è si può dire, pala d’altare o quadro di gruppo di santi, da soli o intorno al trono della Vergine Maria, che non sia presente questo santo, rivestito di solito con una pelle d’animale e con in mano un bastone terminante a forma di croce. 

Senza contare le tante opere pittoriche dei più grandi artisti come Raffaello, Leonardo, ecc. che lo raffigurano bambino, che gioca con il piccolo Gesù, sempre rivestito con la pelle ovina e chiamato affettuosamente “San Giovannino”. 

Ciò testimonia il grande interesse, che in tutte le epoche ha suscitato questo austero profeta, così in alto nella stessa considerazione di Cristo, da essere da lui definito “Il più grande tra i nati da donna”. 

Egli è l’ultimo profeta dell’Antico Testamento e il primo Apostolo di Gesù, perché gli rese testimonianza ancora in vita. È tale la considerazione che la Chiesa gli riserva, che è l’unico santo dopo Maria ad essere ricordato nella liturgia, oltre che nel giorno della sua morte (29 agosto), anche nel giorno della sua nascita terrena (24 giugno); ma quest’ultima data è la più usata per la sua venerazione, dalle innumerevoli chiese, diocesi, città e paesi di tutto il mondo, che lo tengono come loro santo patrono. 

Inoltre fra i nomi maschili, ma anche usato nelle derivazioni femminili (Giovanna, Gianna) è il più diffuso nel mondo, tradotto nelle varie lingue; e tanti altri santi, beati, venerabili della Chiesa, hanno portato originariamente il suo nome; come del resto il quasi contemporaneo s. Giovanni l’Evangelista e apostolo, perché il nome Giovanni, al suo tempo era già conosciuto e nell’ebraico Iehóhanan, significava: “Dio è propizio”. 

Nel Vangelo di s. Luca (1, 5) si dice che era nato in una famiglia sacerdotale, suo padre Zaccaria era della classe di Abia e la madre Elisabetta, discendeva da Aronne. Essi erano osservanti di tutte le leggi del Signore, ma non avevano avuto figli, perché Elisabetta era sterile e ormai anziana. 

Un giorno, mentre Zaccaria offriva l’incenso nel Tempio, gli comparve l’arcangelo Gabriele che gli disse: “Non temere Zaccaria, la tua preghiera è stata esaudita e tua moglie Elisabetta ti darà un figlio che chiamerai Giovanni. Avrai gioia ed esultanza e molti si rallegreranno della sua nascita, poiché sarà grande davanti al Signore” e proseguendo nel descrivere le sue virtù, cioè pieno di Spirito Santo, operatore di conversioni in Israele, precursore del Signore con lo spirito e la forza di Elia. 

Dopo quella visione, Elisabetta concepì un figlio fra la meraviglia dei parenti e conoscenti; al sesto mese della sua gravidanza, l’arcangelo Gabriele, il ‘messaggero celeste’, fu mandato da Dio a Nazareth ad annunciare a Maria la maternità del Cristo: “Lo Spirito Santo scenderà su di te, su te stenderà la sua ombra la potenza dell’Altissimo. Colui che nascerà sarà dunque santo e chiamato Figlio di Dio. Vedi anche Elisabetta, tua parente, nella vecchiaia ha concepito un figlio e questo è il sesto mese per lei, che tutti dicevano sterile; nulla è impossibile a Dio”. 

Maria allora si recò dalla cugina Elisabetta per farle visita e al suo saluto, declamò il bellissimo canto del “Magnificat”, per le meraviglie che Dio stava operando per la salvezza dell’umanità e mentre Elisabetta esultante la benediceva, anche il figlio che portava in grembo, sussultò di gioia. 

Quando Giovanni nacque, il padre Zaccaria che all’annuncio di Gabriele era diventato muto per la sua incredulità, riacquistò la voce, la nascita avvenne ad Ain Karim a circa sette km ad Ovest di Gerusalemme, città che vanta questa tradizione risalente al secolo VI, con due santuari dedicati alla Visitazione e alla Natività. 

Della sua infanzia e giovinezza non si sa niente, ma quando ebbe un’età conveniente, Giovanni conscio della sua missione, si ritirò a condurre la dura vita dell’asceta nel deserto, portava un vestito di peli di cammello e una cintura di pelle attorno ai fianchi; il suo cibo erano locuste e miele selvatico. 

Nell’anno quindicesimo dell’impero di Tiberio (28-29 d.C.), iniziò la sua missione lungo il fiume Giordano, con l’annuncio dell’avvento del regno messianico ormai vicino, esortava alla conversione e predicava la penitenza. 

Da tutta la Giudea, da Gerusalemme e da tutta la regione intorno al Giordano, accorreva ad ascoltarlo tanta gente considerandolo un profeta; e Giovanni in segno di purificazione dai peccati e di nascita a nuova vita, immergeva nelle acque del Giordano, coloro che accoglievano la sua parola, cioè dava un Battesimo di pentimento per la remissione dei peccati, da ciò il nome di Battista che gli fu dato. 

Anche i soldati del re Erode Antipa, andavano da lui a chiedergli cosa potevano fare se il loro mestiere era così disgraziato e malvisto dalla popolazione; e lui rispondeva: “Non maltrattate e non estorcete niente a nessuno e contentatevi delle vostre paghe” (Lc 3, 13). 

Molti cominciarono a pensare che egli fosse il Messia tanto atteso, ma Giovanni assicurava loro di essere solo il Precursore: “Io vi battezzo con acqua per la conversione, ma colui che viene dopo di me è più potente di me e io non sono degno neanche di sciogliere il legaccio dei sandali; egli vi battezzerà in Spirito Santo e fuoco”. 

E alla delegazione ufficiale, inviatagli dai sommi sacerdoti disse, che egli non era affatto il Messia, il quale era già in mezzo a loro, ma essi non lo conoscevano; aggiungendo “Io sono la voce di uno che grida nel deserto: preparate la via del Signore, come disse il profeta Isaia”. 

Anche Gesù si presentò al Giordano per essere battezzato e Giovanni quando se lo vide davanti disse: “Ecco l’Agnello di Dio, ecco colui che toglie il peccato dal mondo!” e a Gesù: “Io ho bisogno di essere battezzato da te e tu vieni da me?” e Gesù: “Lascia fare per ora, poiché conviene che adempiamo ogni giustizia”. 

Allora Giovanni acconsentì e lo battezzò e vide scendere lo Spirito Santo su di Lui come una colomba, mentre una voce diceva: “Questo è il mio Figlio prediletto nel quale mi sono compiaciuto”. Da quel momento Giovanni confidava ai suoi discepoli “Ora la mia gioia è completa. Egli deve crescere e io invece diminuire” (Gv 3, 29-30). 

La sua missione era compiuta, perché Gesù prese ad iniziare la sua predicazione, aveva formato il gruppo degli apostoli e discepoli ed era seguito da una gran folla; egli aveva predicato proprio per questo, preparare un popolo degno, che accogliesse Gesù e il suo messaggio di Redenzione. 

Aveva operato senza indietreggiare davanti a niente, neanche davanti al re d’Israele Erode Antipa († 40 d.C.), che aveva preso con sé la bella Erodiade, moglie divorziata da suo fratello; ciò non era possibile secondo la legge ebraica, la “Torà”, perché il matrimonio era stato regolare e fecondo, tanto è vero che era nata una figlia Salomè. 

Per questo motivo un giudeo osservante e rigoroso come Giovanni, sentiva il dovere di protestare verso il re per la sua condotta. Infuriata Erodiade gli portava rancore, ma non era l’unica; perché il Battesimo che Giovanni amministrava, perdonava i peccati, rendendo così inutili i sacrifici espiatori, che in quel tempo si facevano al Tempio, e ciò non era gradito ai sacerdoti giudaici. 

Erode fece arrestare e mettere in carcere Giovanni su istigazione di Erodiade, la quale avrebbe voluto che fosse ucciso, ma Erode Antipa temeva Giovanni, considerandolo uomo giusto e santo, preferiva vigilare su di lui e l’ascoltava volentieri, anche se restava molto turbato. 

Ma per Erodiade venne il giorno favorevole, quando il re diede un banchetto per festeggiare il suo compleanno, invitando tutta la corte ed i notabili della Galilea. Alla festa partecipò con una conturbante danza anche Salomè, la figlia di Erodiade e quindi nipote di Erode Antipa; la sua esibizione piacque molto al re ed ai commensali, per cui disse alla ragazza: “Chiedimi qualsiasi cosa e io te la darò”; Salomé chiese alla madre consiglio ed Erodiade prese la palla al balzo, e le disse di chiedere la testa del Battista. 

A tale richiesta fattagli dalla ragazza davanti a tutti, Erode ne rimase rattristato, ma per il giuramento fatto pubblicamente, non volle rifiutare e ordinò alle guardie che gli fosse portata la testa di Giovanni, che era nelle prigioni della reggia. 

Il Battista fu decapitato e la sua testa fu portata su un vassoio e data alla ragazza che la diede alla madre. I suoi discepoli saputo del martirio, vennero a recuperare il corpo, deponendolo in un sepolcro; l’uccisione suscitò orrore e accrebbe la fama del Battista. 

Molti testi apocrifi, come anche i libri musulmani, fra i quali il Corano, parlano di lui; dai suoi discepoli si staccarono Andrea e Giovanni apostoli per seguire Gesù. Il suo culto come detto all’inizio si diffuse in tutto il mondo conosciuto di allora, sia in Oriente che in Occidente e a partire dalla Palestina si eressero innumerevoli Chiese e Battisteri a lui dedicati. 

La festa della Natività di S. Giovanni Battista fin dal tempo di s. Agostino (354-430), era celebrata al 24 giugno, per questa data si usò il criterio, essendo la nascita di Gesù fissata al 25 dicembre, quella di Giovanni doveva essere celebrata sei mesi prima, secondo quanto annunciò l’arcangelo Gabriele a Maria. 

Le celebrazioni devozionali, folkloristiche, tradizionali, sono diffuse ovunque, legate alla sua venerazione; come tanti proverbi popolari sono collegati metereologicamente alla data della sua festa.
S. Giovanni Battista, tanto per citarne alcune, è patrono di città come Torino, Firenze, Genova, Ragusa, ecc. Per quanto riguarda le reliquie c’è tutta una storia che si riassume; dopo essere stato sepolto privo del capo a Sebaste in Samaria, dove sorsero due chiese in suo onore; nel 361-362 ai tempi dell’imperatore Giuliano l’Apostata, il suo sepolcro venne profanato dai pagani che bruciarono il corpo disperdendo le ceneri. 

Ma a Genova nella cattedrale di S. Lorenzo, si venerano proprio quelle ceneri (?), portate dall’Oriente nel 1098, al tempo delle Crociate, con tutti i dubbi collegati. 

Per la testa che si trovava a Costantinopoli, per alcuni invece ad Emesa, purtroppo come per tante reliquie del periodo delle Crociate, dove si faceva a gara a portare in Occidente reliquie sante e importanti, la testa si sdoppiò, una a Roma nel XII secolo e un’altra ad Amiens nel XIII sec. 

A Roma si custodisce senza la mandibola nella chiesa di S. Silvestro in Capite, mentre la cattedrale di S. Lorenzo di Viterbo, custodirebbe il Sacro Mento. Risparmiamo la descrizione di braccia, dita, denti, diffusi in centinaia di chiese europee. 

Al di là di queste storture, frutto del desiderio di possedere ad ogni costo una reliquia del grande profeta, ciò testimonia alla fine, la grande devozione e popolarità di quest’uomo, che condensò in sé tanti grandi caratteri identificativi della sua santità, come parente di Gesù, precursore di Cristo, ultimo dei grandi profeti d’Israele, primo testimone-apostolo di Gesù, battezzatore di Cristo, eremita, predicatore e trascinatore di folle, istitutore di un Battesimo di perdono dei peccati, martire per la difesa della legge giudaica, ecc.

Autore:
Antonio Borrelli



Voir aussi : http://herauts.ca/doctrine/saints/nativite-de-saint-jean-baptiste/

http://www.seminairedequebec.org/Homelie-pour-le-24-juin-Nativite-de-saint-Jean-Baptiste_a481.html

http://www.interbible.org/interBible/cithare/celebrer/2012/b_st_jeanb.html

http://www.icrsp.org/Devotions-Spiritualite/St-Jean-Baptiste.htm

http://www.americancatholic.org/Features/Saints/saint.aspx?id=1424

http://www.catholicculture.org/culture/liturgicalyear/calendar/day.cfm?date=2013-06-24

http://www.agapebiblestudy.com/documents/The%20Feast%20of%20the%20Nativity%20of%20Saint%20John%20the%20Baptist.htm