lundi 25 juin 2012

Saint PROSPER D'AQUITAINE, moine, confesseur et Docteur de l'Église



SAINT PROSPER D'AQUITAINE

Docteur de l'Église

(+ 466)

Saint Prosper naquit dans l'Aquitaine, au commencement du Ve siècle; nous le connaissons surtout par ses excellents ouvrages, car ce savant homme semble avoir passé sa vie la plume à la main, dans les controverses contre les hérétiques. Il s'était évidemment appliqué à l'étude des belles-lettres et surtout à l'intelligence de la Sainte Écriture. Chez Prosper, à la science se joignait la vertu, et un auteur contemporain, faisant de lui les plus grands éloges, l'appelle homme saint et vénérable. Les semi-pélagiens, en particulier, eurent en lui l'un de leurs plus redoutables adversaires.

Son érudition et sa sainteté le rendirent célèbre dans toute l'Église, et saint Léon le Grand qui se connaissait en mérite, ne fut pas plutôt élevé au suprême pontificat, qu'il attira Prosper à Rome pour faire de lui son secrétaire et se servir de lui, comme saint Damase avait fait de saint Jérôme, pour répondre aux questions qui lui étaient adressées de tout l'univers chrétien. Plusieurs historiens croient même que le fond de l'admirable lettre de saint Léon sur l'Incarnation du Verbe est de la composition de saint Prosper, et que le grand Pape n'a fait qu'y mettre son style.

Le Saint n'était pas moins habile dans les sciences humaines que dans les sciences ecclésiastiques, surtout dans les mathématiques, l'astronomie et chronologie. Tout porte à croire que Prosper n'était ni évêque, ni même prêtre; mais comme il a passé sa vie à combattre les hérésies, à soutenir les vérités de la religion et éclaircir le grand et difficile mystère de la grâce, l'Église lui a donné place parmi ses Pères et ses Docteurs.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950


Saint Prosper d'Aquitaine

Théologien laïc (✝ v. 460)

Tout ce qu'on sait de sa vie c'est qu'il naquit en Aquitaine, qu'en 428, il est à Marseille et à partir de 440, qu'il fut rédacteur à la chancellerie pontificale de saint Léon le Grand. Il écrivait très bien et pour faciliter la paix de son ménage heureux, il correspondait en vers avec sa femme: "Relève-moi si je tombe, reprends-toi quand je te signale quelque faute. Qu'il ne nous suffise point d'être un seul corps, soyons aussi une seule âme." Il écrivit une 'Histoire universelle' qui est un résumé de celles d'Eusèbe et de saint Jérôme. Il consacre toute son oeuvre à défendre saint Augustin et, pour ce faire, il composa la doctrine augustinienne de la grâce en 1002 hexamètres. Il imposa silence aux évêques des Gaules qui déblatéraient contre l'évêque d'Hippone et c'est sans doute grâce à saint Prosper qu'Augustin fut reconnu très tôt comme le grand docteur de l’Église d'Occident.

Commémoraison de saint Prosper d’Aquitaine. Après une éducation littéraire et philosophique soignée, il mena avec son épouse une vie simple et modeste. Devenu moine à Marseille, il défendit avec force contre les pélagiens la doctrine de saint Augustin sur la grâce de Dieu et le don de persévérance, et servit de secrétaire au pape saint Léon le Grand. Il mourut vers 463.

Martyrologe romain


Prosper : voilà un beau nom à retrouver, qui signifie en latin : celui qui est florissant !

Bien qu'il naquit en l'époque lointaine du IVe siècle, on connaît bien ce saint d'Aquitaine grâce à ses écrits. Né à Limoges vers 390, il fera de solides études dans la célèbre abbaye Saint-Victor de Marseille. C'était un théologien et un laïc, référence importante pour notre temps ! Son exemple n'est pourtant peut-être pas totalement à suivre : on rapporte que, étant marié (et on pense, sans enfants ?), il incita son épouse à entrer dans la vie religieuse, pendant que lui-même entrait au monastère.

Prosper se trouve à Marseille quand éclate ce qu'on appelle la "controverse semi-pélagienne", affirmant que le commencement du salut est l'oeuvre de l'homme et non pas d'abord celle de la grâce de Dieu. Dans cette querelle théologique, Prosper est amené à prendre la défense de saint Augustin. Il entre en relation de correspondance avec l'évêque d'Hippone, lequel, de fait, lui répond par plusieurs de ses traités tels que "De la prédestination des saints" et "Du don de persévérance". Prosper, par ses propres écrits, réussit à imposer silence à plusieurs évêques de Gaule qui s'élevaient contre la pensée vigoureuse et parfois trop abrupte de saint Augustin !

Par la suite, Prosper, qui porte le titre mérité de "écrivain ecclésiastique", se fixera à Rome. Il y devient le secrétaire du Pape Léon 1er et y termine sa vie laborieuse d'intellectuel chrétien vers 455. Parmi ses oeuvres, on trouve une "Histoire universelle" où il condense des écrits de saint Eusèbe et de saint Jérôme, un "Commentaire des Psaumes" et un ouvrage sur "La vocation de tous les païens".

Rédacteur : Frère Bernard Pineau, OP


SAINT PROSPER D'AQUITAINE

Docteur de l'Église

(+ 466)

Saint Prosper naquit dans l'Aquitaine, au commencement du Vème siècle ; nous le connaissons surtout par ses excellents ouvrages, car ce savant homme semble avoir passé sa vie la plume à la main, dans les controverses contre les hérétiques. Il s'était évidemment appliqué à l'étude des belles-lettres et surtout à l'intelligence de la Sainte Écriture. Chez Prosper, à la science se joignait la vertu, et un auteur contemporain, faisant de lui les plus grands éloges, l'appelle homme saint et vénérable. Les semi-pélagiens, en particulier, eurent en lui l'un de leurs plus redoutables adversaires.

Son érudition et sa sainteté le rendirent célèbre dans toute l'Église, et saint Léon le Grand qui se connaissait en mérite, ne fut pas plutôt élevé au suprême pontificat, qu'il attira Prosper à Rome pour faire de lui son secrétaire et se servir de lui, comme saint Damase avait fait de saint Jérôme, pour répondre aux questions qui lui étaient adressées de tout l'univers chrétien. Plusieurs historiens croient même que le fond de l'admirable lettre de saint Léon sur l'Incarnation du Verbe est de la composition de saint Prosper, et que le grand Pape n'a fait qu'y mettre son style.

Le Saint n'était pas moins habile dans les sciences humaines que dans les sciences ecclésiastiques, surtout dans les mathématiques, l'astronomie et chronologie.

Tout porte à croire que Prosper n'était ni évêque, ni même prêtre ; mais comme il a passé sa vie à combattre les hérésies, à soutenir les vérités de la religion et éclaircir le grand et difficile mystère de la grâce, l'Église lui a donné place parmi ses Pères et ses Docteurs.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.


Saint Prosper d’Aquitaine

Confesseur au diocèse de Bordeaux

Fête le 25 juin

Église de France

près de Bordeaux, en Aquitaine, v. 390 – † v. 455

Théologien gaulois, disciple et défenseur de saint Augustin, l’évêque d’Hippone, en Numidie.

Écrivain ecclésiastique et secrétaire du pape saint Léon Ier le Grand, après 440, il polémiqua contre les semi-pélagiens et écrivit d’importants traités théologiques. Il ne semble pas que Prosper ait jamais reçu les ordres. Adversaire du pélagianisme, il fut en relation avec saint Augustin dont il résuma la pensée. Auteur d’un « carmen », pièce en vers destinée aux ingrats, poète, il écrivit à sa femme pour célébrer leur union et lui rappeler ensuite qu’ils devaient faire à eux deux « un seul corps… mais aussi une seule âme ».


PROSPER D’AQUITAINE, De vocatione omnium gentium

ediderunt Roland J. Teske et Dorothea Weber, Wien, Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, (« Corpus Scriptorum Ecclesiasticorum Latinorum », XCVII), 2009, 206 p., 21,5 cm, 26 €, ISBN 978-3-7001-6611-5.

PROSPER D’AQUITAINE, De vocatione omnium gentium, ediderunt Roland J. Teske et Dorothea Weber, Wien, Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, (« Corpus Scriptorum Ecclesiasticorum Latinorum », XCVII), 2009, 206 p., 21,5 cm, 26 €, ISBN 978-3-7001-6611-5.

Déjà en 1900, L. Valentin, vantant dans sa thèse sur Prosper d’Aquitaine les travaux de l’Académie de Vienne, attendait avec impatience la publication dans le Corpus des œuvres de son cher auteur (Saint Prosper d’Aquitaine. Étude sur la littérature latine ecclésiastique au cinquième siècle en Gaule, Paris-Toulouse 1900, p. 210 et 220). Il aura donc fallu plus d’un siècle pour que paraisse enfin le premier tome des Opera, grâce aux soins conjugués de deux universitaires, l’un américain, l’autre autrichienne, tous deux grands spécialistes, entre autres domaines, de l’œuvre d’Augustin. L’œuvre choisie pour inaugurer cette entreprise est sans doute la plus décisive, mais également la plus problématique. Inutile d’insister sur l’intérêt majeur du De vocatione omnium gentium. Premier traité de l’histoire de la théologie à imaginer, jusqu’à la défendre, la possibilité du salut des infidèles, il a surtout suscité un fort engouement lorsque, au beau milieu de la crise janséniste, la traduction française qu’en avait donnée le jésuite Girard s’était attiré les foudres d’Arnauld par ses multiples erreurs aux lourdes conséquences.

L’introduction, copieuse, se développe en deux parties rigoureusement égales. Tout d’abord, une présentation circonstanciée de l’œuvre, de ses enjeux et des problèmes qu’elle soulève, constitue le premier chapitre (p. 9-44). On trouvera, pour chaque aspect, un status quaestionis suffisamment détaillé, aboutissant à la validation d’un consensus que, depuis quelque temps déjà, nul n’osait troubler et qui reconnaît dans le Prosper des alentours de 450, passablement détaché de l’emprise d’Augustin, l’auteur de cet ouvrage (voir p. 9-15). Viennent ensuite des considérations éditoriales, entièrement dues à D. Weber, appuyées sur l’ensemble du matériel philologique, décrit et exploité : le ch. 2, consacré aux témoins manuscrits et à leur tradition (p. 44-70), et le ch. 3, recensant les précédentes éditions et expliquant les principes de la nouvelle (p. 71-78).

L’apport majeur de cette édition est de fournir un texte établi, à nouveaux frais, sur un recensement quasi exhaustif des témoins ; mais le ms. Douai, BM, 533 (XIIIe s.), florilège intégré à juste titre dans l’apparat, n’est en réalité qu’un témoin du Florilegium Duacense, représenté par au moins deux autres témoins plus anciens, dont il faut donc absolument tenir compte : Douai, BM, 285 (seconde moitié du XIIe s.) et Troyes, BM, 215 (fin du XIIe s.). L’apparat, précisément, s’il est complet, est malheureusement rendu d’autant moins lisible par la diversité des sigles et la multiplication des parenthèses et crochets, par le choix curieux de n’y omettre aucun manuscrit, même tardif (p. 74-75), alors que ces derniers sont tout bonnement exclus de l’analyse stemmatique (p. 69). Il était, par exemple, inutile d’y reporter les leçons du ms. Lisboa, BN, Alc. 67, et il aurait suffi de démontrer dans l’introduction qu’il est assurément la copie directe du ms. Troyes, BM, 5.

On mesurera, enfin, l’apport philologique de cette édition en consultant (p. 75-76) la liste comparative des passages pour lesquels le nouveau texte diffère de celui de la Patrologia Latina (un tableau mentionnant directement les variantes de Migne aurait été sans doute plus lisible). Mais, si considérables qu’ils soient, ces progrès textuels ne sont toutefois pas aussi impressionnants que cette liste le laisse paraître. Car le fait est que, pour Voc.gen., nous disposions de deux textus recepti : celui des Opera de Prosper (mip = PL 51) et celui de ceux d’Ambroise (mia = PL 17) ; or, si l’on compte bien 261 variantes entre la nouvelle édition et mip, 79 d’entre elles, cependant, avaient été déjà retenues par mia, et pour 24 autres, la variante retenue contre mia ne l’est qu’avec prudence et sans assurance (voir, dans l’apparat, les astérisques précédant les leçons jugées tout aussi probables). On en retiendra donc surtout que le texte non identifié reproduit par Migne dans mia était bien meilleur que celui de Le Brun Desmarettes et Mangeant, éditeurs de Prosper en 1711. À noter aussi qu’en 1, 7, 15 et 1, 50, 4 la mention « edd. » dans l’apparat est fautive, mia donnant déjà, dans les deux cas, la bonne leçon contre toutes les autres éditions.

Comme il peut s’y attendre, le lecteur trouvera, à la fin du volume (p. 201-206), un Index locorum similium. Si sa première partie, celle des références scripturaires, est claire et aussi complète que possible, la seconde, intitulée « Auctores » est, comme souvent, à considérer avec beaucoup de circonspection. Y sont proposés les parallela de trente-six passages de l’œuvre, qui peuvent concerner deux mots seulement comme un texte de près de quatre pages. Mais cet index donne pêle-mêle fontes et testimonia ; en réalité, on ne compterait dans Voc.gen. qu’à peine quatre références – et toutes allusives – à des auteurs antérieurs à Prosper (Sénèque, Augustin et Jérôme), neuf autres à des œuvres de Prosper lui-même ou de ses contemporains (comme Léon ou l’auteur de l’Hypomnesticon), les entrées restantes étant réservées aux citateurs, de peu postérieurs (tel Gélase) ou, surtout, de l’époque carolingienne (Hincmar et Ratramne). On pourrait s’étonner d’une telle pauvreté des sources textuelles, mais sans doute des analyses de détail permettront d’en étoffer la liste. Concernant plus particulièrement l’œuvre de Prosper, pourquoi, par exemple, à propos de 1, 10, ne pas retenir le parallèle, proposé dans la PL 51, avec Contra collatorem 12, 4 ? Il faudrait sans doute même en ajouter un second, quelques lignes plus haut dans le même paragraphe : … ne tunc quidem perdidit quando diabolo uoluntate se dedit pourrait bien n’être que la réécriture – qui plus est palinodique ! – de C.coll. 9, 5 (… deceptori suo uendidit, perdidit boni scientiam). On ne comprend pas non plus pourquoi, parmi les nombreux échos littéraires et doctrinaux exposés par M. Cappuyns (« L’auteur du “De Vocatione omnium gentium” », Revue Bénédictine, 39, 1927, p. 198-226, surtout p. 215-219), si peu ont été retenus, alors que les rapprochements avec Léon (p. 221-222) sont tous acceptés. Une dernière remarque : en 1, 2, où est développée la conception des adversaires de Prosper qui font de la grâce un comes et non un dux de la uoluntas humana, la distinction nettement soulignée entre les deux fonctions de dux et de comes peut, bien sûr, être un héritage sénéquien (Vit. 8, 1, cf. l’index), mais est-il seulement probable que Prosper veuille faire une allusion, ou même pense au De uita beata, alors même qu’on peut en trouver une trace, certes moins littérale, dans une lettre d’Augustin (ep. 186, 3, 10), dont on est certain que Prosper la connaissait, et qui traite très précisément de la grâce ? Notons d’ailleurs que cette question avait fait l’objet de plusieurs lignes dans son Contra collatorem pour réfuter, comme il le fait encore ici, les prétendus ennemis de la grâce (Cassien, Coll. 13, 8, 3-4 et Prosper, C.coll., 2, 3 et 19, [3], toujours à propos de la bona uoluntas). L’unique renvoi à Sénèque risquerait donc bien d’être trompeur…

Mais le plus important est qu’avec l’achèvement de ce travail minutieux et l’établissement d’un texte mieux assuré vont pouvoir être entreprises à l’avenir des études moins hasardeuses. Ce volume constitue donc bien aussi un point de départ. Il a déjà produit des fruits, qu’il faudrait dès à présent ajouter à la bibliographie (d’ailleurs inexistante dans le volume). Outre la contribution que Voc.gen. a pu apporter à la résolution d’une « énigme augustinienne » (R.J. Teske, « An Augustinian Enigma », Proceedings of the Catholic American Philosophical Association, 83, 2009, p. 19-24), son attention méticuleuse au texte a même sans doute permis à l’éditrice de détecter dans la prose de Prosper un nouveau fragment de Salluste (D. Weber, « Eine spätantike Sallust-Reminiszenz? Zu Prosper, De uocatione omnium gentium 1. 4. 7 », Acta antiqua Academiae scientiarum Hungaricae, 50, 1, 2010, p. 89-96). Touchant la rédaction même de Voc.gen., mentionnons une claire analyse de F. Gori (« Varianti d’autore nel De vocatione omnium gentium attribuito a Prospero d’Aquitania », Augustinianum, 50, 1, p. 255-262), qui pense pouvoir attribuer un certain nombre de variantes textuelles à l’auteur lui-même et soutenir ainsi la thèse d’une double recension de l’œuvre, une thèse qui a ouvert un échange d’articles avec la même éditrice (toujours dans Augustinianum, 50, 2 : D. Weber, « Autorenvarianten in Prospers De vocatione omnium gentium ? Einige metodische Überlegungen », p. 567-573, puis F. Gori, « Un chiarimento », p. 575-576), dont il ne semble pourtant pas ressortir que la proposition de F. Gori soit mal fondée. À en juger, enfin, par l’intérêt qu’on lui a manifesté lors d’un « Workshop Prosper of Aquitaine » au dernier Congrès de patristique d’Oxford (été 2011, actes à paraître en 2013), cette publication ne peut être la source que de nombreuses promesses pour les études prospériennes naissantes, et avant tout pour l’indispensable entreprise d’édition critique des œuvres de l’Aquitain.

Jérémy Delmulle, « PROSPER D’AQUITAINE, De vocatione omnium gentium », Revue de l’histoire des religions [En ligne], 1

2013, mis en ligne le 12 avril 2013, consulté le 21 juin 2013. URL : http://rhr.revues.org/8084


Sommes-nous semi-pélagiens ?

Jean Lédion

Il est caractéristique que le pélagianisme soit un ensemble d’idées qui ont d’abord agité les milieux que l’on qualifierait, aujourd’hui, de “ monastiques ”. Car, chez ceux qui embrassent la vie ascétique, les divers renoncements qu’ils s’imposent, comme les jeûnes, les veilles, la dureté du travail manuel, l’abandon de la volonté propre, engagent des efforts considérables de la volonté. Et tous ces efforts, ces “ mérites ”, ils les ressentent, à juste titre, comme absolument nécessaires à leur salut ou tout au moins indispensables à la persévérance dans l’état de vie qu’ils ont choisi. Le danger est alors de minimiser le rôle de la grâce, de la gratuité du salut apporté par la Croix du Christ. Et ce pas, Pélage, et surtout ses disciples, l’ont franchi.

Le pélagianisme

C’est une confiance unilatérale et excessive en la bonté de la nature de l’homme, nature qui participe à la grâce du Créateur, qui a poussé les pélagiens à affirmer que certains hommes pouvaient, par leurs seules forces, devenir véritables images de Dieu. De là allaient en découler diverses conséquences, comme l’affirmation que certains peuvent arriver à être sans péché et se trouver dans le même état qu’Adam avant son péché, tandis que d’autres pouvaient de même être, grâce à leur ascèse, libérés du péché avant de mourir. Cette doctrine en arrivait, de fait, à nier la réalité du péché originel. Il en résultait alors l’inutilité du baptême des petits enfants. C’est sans doute d’ailleurs ce dernier aspect du pélagianisme qui a ému, au début du Vème siècle, l’épiscopat d’Afrique. Pélage et son disciple Célestius furent condamnés par le XVIème concile de Carthage (1er mai 418).

Absent de ce concile, saint Augustin n’avait pas été mêlé à cette condamnation, mais il fut rapidement appelé à s’engager dans la controverse pélagienne avec tout le poids de son expérience et de sa formation théologique. A travers ses sermons, ses lettres et de nombreux livres, il aborda toutes les questions délicates qui tournent autour des rapports entre la liberté humaine et la grâce.

Les moines d’Adrumète et de Provence

Bien que condamné par le Concile de Carthage, dont les décision furent approuvées par Zosime évêque de Rome, le pélagianisme engendra d’autres remous. Ces remous furent provoqués par des difficultés de réception de la doctrine augustinienne de la grâce. Pour certains moines, comme ceux d’Adrumète (Sousse en Tunisie actuelle), ceux de Marseille et de Lérins, la grâce, au sens d’Augustin, revenait à éliminer le libre arbitre.

L’opposition la plus forte à la doctrine augustinienne fut celle des moines de saint Victor à Marseille. Le monastère avait été fondé par Jean Cassien, qui y vivait encore et qui avait déjà publié ses Institutions Cénobitiques et ses premières Conférences. Son autorité était considérable dans les milieux chrétiens du sud de la Gaule. Mais ces critiques contre les positions d’Augustin heurtèrent, à leur tour, un certain nombre d’esprits dans les milieux des laïcs marseillais, par ailleurs admirateurs d’Augustin. Ces laïcs, avec à leur tête Prosper d’Aquitaine (390-460), écriront à Augustin pour qu’il réfute la doctrine que l’on qualifiera, beaucoup plus tard, de semi-pélagienne. Augustin répondit par ses deux derniers livres complets publiés avant sa mort : le De Prédestinatione Sanctorum et le De Dono Perseverantiae.

Quelles étaient les erreurs des semi-pélagiens ?

Il serait hors de propos d’entrer dans le détail de la contestation courtoise qui se développe entre les moines de Provence et Augustin. En fait le problème central du débat est celui de l’antériorité de la grâce par rapport aux bonnes œuvres. Deux aspects essentiels doivent être soulignés selon Augustin. D’abord, le commencement dans la foi qui conduit l’homme à la conversion, au baptême, est déjà un effet de la grâce.

Ensuite, l’accomplissement des bonnes œuvres est le résultat de la grâce et non pas ce qui suscite la grâce divine. Ce sont là, entre autres, les erreurs que relève Prosper d’Aquitaine chez les moines marseillais :

Voici les théories qu’ils professent. Tout homme a péché en Adam ; et nul ne se sauve par ses œuvres, mais par une nouvelle naissance qui est un don de Dieu. Néanmoins c’est à tous les hommes sans exception qu’est offerte la propitiation contenue dans le sacrement du sang du Christ, de sorte que tous ceux qui veulent accéder à la foi et au baptême sont à même de se sauver. [1]

Certains même parmi eux s’éloignent très peu des sentiers pélagiens : forcés de confesser la grâce du Christ et sa priorité par rapport à tout mérite humain, car si elle était la contrepartie de mérites, elle ne pourrait être appelée grâce, ils veulent que cette grâce se réfère à l’acte de la création, où chaque homme, antérieurement à ses mérites, puisqu’il n’existait pas encore, a été constitué par la grâce du créateur libre et raisonnable, de sorte qu’il peut, ayant le discernement du bien et du mal, diriger sa volonté vers la connaissance de Dieu et l’obéissance à ses commandements, et atteindre à la grâce de la régénération dans le Christ, et cela par ses forces naturelles, en demandant, en cherchant, en frappant : ainsi, s’il reçoit, s’il trouve, s’il entre, c’est qu’ayant bien usé du bien de la nature, il a mérité, à l’aide de la grâce initiale (= sans doute la nature humaine), de parvenir à la grâce salvatrice du Christ. [2]

Le motif qui a porté ces personnages, à l’opposition desquels nous nous heurtons, à prêcher une pareille théorie de la grâce (...) c’est qu’ils redoutent d’attribuer à l’action divine les mérites des saints(...) car disent-ils, les exhortations dont on stimule les infidèles et les chrétiens négligents n’ont plus de raison d’être(...) on ne peut en définitive inviter quelqu’un à se corriger ou à devenir meilleur que s’il sait que son effort vers le bien sera efficace, et que sa liberté recevra l’aide de Dieu au cas où elle aura choisi d’obéir aux commandements divins. Ainsi donc, comme il y a, chez ceux qui ont atteint l’âge du libre vouloir, deux choses par quoi s’accomplit le salut humain : la grâce de Dieu et l’obéissance de l’homme, ils veulent que l’obéissance précède la grâce, et il faudrait dès lors croire que le commencement du salut dépend de celui qui est sauvé et non de Celui qui sauve, et que c’est la volonté de l’homme qui se procure l’aide de la grâce divine, et non la grâce qui s’assujettit la volonté humaine. [3]

On voit, à travers ces extraits de Prosper d’Aquitaine que, sans dépendre de Pélage et des pélagiens, la doctrine des moines provençaux s’en rapprochait dangereusement. Il ne semble pas que ce soit une exagération de Prosper d’Aquitaine. Lorsqu’on lit attentivement Cassien, même en dehors de sa 13ème Conférence, considérée comme la plus semi-pélagienne, on retrouve cette doctrine sous-jacente. Ainsi dans les Institutions :

...C’est que divers sont les dons ; et la même grâce du Saint-Esprit n’est pas accordée à tous, mais celle dont chacun s’est rendu digne et capable par son zèle et ses efforts. Ainsi, tous les saints apôtres ont joui de l’intégrité parfaite ; mais le don de science a particulièrement abondé en saint Paul, parce qu’il s’y était préparé par son ardeur intelligente et son application. [4]

La mort d’Augustin ne mit pas fin à la crise. Prosper d’Aquitaine continuera la combat et publiera dans l’Indiculus (entre 435 et 442) l’ensemble des décisions du concile de Carthage et du Siège Apostolique sur la grâce. Finalement, ce sera au siècle suivant que le IIème Concile d’Orange (3 juillet 529), sous l’impulsion de Césaire d’Arles, condamnera les thèses semi-pélagiennes. Il sera dès lors considéré, malgré son caractère local, comme l’expression de la foi de l’Eglise sur le sujet.

Et les catholiques d’aujourd’hui ?

Le récent accord du 31 octobre 1999 entre Catholiques et Luthériens, doit nous inciter à nous interroger. Les nécessités de l’éducation, de la formation morale ont toujours porté les éducateurs à insister sur le rôle de la volonté, sur la nécessité de faire des efforts, voire sur l’intérêt d’acquérir des “ mérites ” toujours utiles pour préparer la vie future. La conséquence funeste en a souvent été d’occulter le rôle initial de la grâce dans la vie du chrétien. Et l’on a bien souvent entendu, en milieu chrétien, le fameux adage : “ aide-toi, le ciel t’aidera ” qui est typiquement pélagien.

Faut-il alors désespérer de changer ce déplorable état d’esprit ? Certainement pas. Pour cela il faut toujours se rappeler que celui qu’on appelle le Docteur de la Grâce, saint Augustin, est passé par les mêmes erreurs. Ce n’est que dans les premières années de son épiscopat, plus de dix ans après sa conversion, qu’il a découvert le rôle premier de la grâce :

Dans la solution de cette question [5] j’ai fait beaucoup d’efforts en faveur du libre arbitre de la volonté humaine ; mais la grâce de Dieu a été victorieuse et je n’ai pas pu ne pas arriver à comprendre la vérité limpide de ces paroles de l’Apôtre : “ Qui donc t’a choisi ? Que possèdes-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu que te glorifies-tu comme si tu ne l’avais pas reçu ? ”. Le bienheureux martyr Cyprien, voulant prouver la même doctrine, a placé ces textes sous ce titre définitif : “ il ne faut se glorifier en rien, puisque rien vient de nous ” [6].

A nous de suivre le même chemin.

Jean Lédion, marié, trois enfants. Diplôme d’ingénieur, docteur d’État ès Sciences Physiques. Enseignant dans une école d’ingénieurs à Paris.

[1] Lettre de Prosper d’Aquitaine à Augustin (n°1) BA. 24, p 395.

[2] Ibid. (n°4) BA24, pp 399-401.

[3] Ibid. (n°5) BA 24, pp405-407.

[4] Jean Cassien, Les Institutions Cénobitiques, Livre VI, Ch.XVIII (trad.E.Pichery).

[5] Il s’agit d’une question posée en 397 par Simplicianus, évêque de Milan, à Augustin.

[6] Augustin, Retractationes, livre II 1, 1 (BA 12 p 452 et introduction pp. 207-208).


Tiro Prosper of Aquitaine

The first sure date in the life of Prosper is that of his letter to St. Augustine written under the following circumstances. In 428 or 429 a certain Hilary wrote to St. Augustine in reference to difficulties raised against hisdoctrine in Marseilles and the neighbourhood. Hilary distrusted his own ability to give St. Augustine a proper grasp of the situation, so he prevailed with a friend whom he described as a man distinguished tum moribus, tum eloquio et studio (for morals, eloquence and zeal) to write also. This friend was Prosper who, though he had never met St. Augustine, had corresponded with him. The two letters were despatched at the same time, and may be said to have opened the semi-Pelagian controversy. St. Augustine replied to the appeal made to him with the two treatises, "De Praedestinatione" and "De Dono Perseverantiae." It was about this time that, Prosper wrote what was really a short treatise on grace and free will, under the form of a letter to a certain Rufinus, and his great dogmatic poem of over a thousand hexameter lines, "De Ingratis", on the semi-Pelagians, who were enemies of grace and are represented as reviving the errors of Pelagianism. Two epigrams of twelve and fourteen lines respectively against an "obtrectator" of St. Augustine seem also to have been composed in the lifetime of the saint. Three opuscules belong to the time immediately after the death of St. Augustine (430):
  • "Responsiones ad capitula Gallorum." These capitula were a series of fifteen propositions attributed to St. Augustine by his opponents, e.g. "the Saviour was not crucified for the whole world." To each Prosper appended a brief responsio and concluded the treatise with fifteen corresponding sententiae, setting forth what he held to be the true doctrine.
  • "Ad capitula objectionum Vincentianarum responsiones". The Vincentian objections were like the "capitula Gallorum", but more violent, and they attacked Prosper as well as St. Augustine. Prosper replied to them one by one. The Vincent who drew them up was probably Vincent of Lérins (Bardenhewer, Hauck, Valentin), but some writers have contested this point.
  • "Pro Augustino responsiones ad excerpta Genuensium". This is an explanation of certain passages in St. Augustine's treatises, "De praedest" and "De dono persev.", which presented difficulties to some priests atGenoa who asked Prosper for an explanation of them. These three opuscula are placed by Bardenhewer after Prosper's visit to Rome.
In 431 Prosper and a friend went to Rome to invoke the aid of St. Celestine. The pope responded with the Letter, "Apostolici Verba", addressed to the bishops of Gaul, in which he blamed their remissness with regard to the enemies of grace, and eulogized St. Augustine. On returning to Gaul, Prosper again took up the controversy in his "De Gratia Dei et libero arbitrio; liber contra collatorem". The "Collator" was Cassian who in his "Conferences" had put forward semi-Pelagian doctrine. The date of this, the most important of Prosper's prose writings, can be fixed at about 433, for the author speaks of twenty years and more, having elapsed since the beginning of thePelagian heresy, viz., according to his "Chronicle", A.D. 413. An ironical epitaph on the Nestorian and Pelagianheresies was probably composed shortly after the Council of Ephesus. The "Expositio psalmonum" is substantiallyan abridgment of the "Enarrationes" of St. Augustine. It probably comprised the whole psalter, but as it has come down to us it only comments on the last fifty. The "Sententiie ex Augustine delibatae" are a collection of sayings extracted from the writings of St. Augustine. In framing them Prosper as a rule dealt rather freely with the text of St. Augustine, chiefly in the interests of rhythmic prose. Canons 9, 14, 15, 16, 18 of the second Council of Orange were taken from sentences 22, 222, 226, 160, 297. The epigram are a number of the sentences turned into verse. Both these works must have been composed about the time of the Council of Chalcedon, and probably, therefore, in Rome, whither Prosper was summoned about A.D. 440 by Leo the Great. According toGennadius (De vir. ill., 84) he was said to have drawn up the letters written by this pope against Eutyches.

The "Chronicle" of Prosper, from the creation to A.D. 378, was an abridgment of St. Jerome's, with, however, some additional matter, e.g. the consuls for each year from the date of the Passion. There seem to have been three editions: the first continued up to 433, the second to 445, the third to 455. This chronicle is sometimes called the "Consular Chronicle", to distinguish it from another ascribed to Prosper where the years are reckoned according to the regnal years of the emperors and which is accordingly called the "Imperial Chronicle". This is certainly not the work of Prosper. It was compiled by a man whose sympathies were not with St. Augustine, and who was formerly supposed to be Tiro Prosper and not Prosper of Aquitaine, but this theory has broken down, for Prosper of Aquitaine in some manuscripts of the "Consular Chronicle" is called Tiro Prosper. With regard to the writings of Prosper not yet mentioned, Valentin pronounces the poem "De providentia" to be genuine; the "Confessio S. Prosperi", and De vocatione gentium" to be probably genuine; the "Epistola ad Demetriadem", the "Praeteritorum sedis Apostolicae auctoritates de Gratia Dei, etc." appended to the Epistle of St. Celestine, and the "Poema mariti ad conjugem" to be very likely genuine. The "De vita contemplativa" and "De promissionibus etc." are not by Prosper, according to Valentin and Hauck. Hauck agrees with Valentin with regard to the "Poemamariti" and the "Confessio", but pronounces against the "De vocatione", the "De providentia", and on the otherdoubtful works expresses no view. The story that Prosper was Bishop of Reggio in Italy was exploded bySirmondi and others in the seventeenth century. For the origin of this legend see Dom Morin in "Révue bénédictine", XII, 241 sqq. Prosper was neither bishop nor priest. The question whether he mitigated the severity of St. Augustine's doctrine has been much debated. The difference of opinion probably arises more from different views regarding St. Augustine's doctrine than from different interpretations of Prosper's. The general trend of opinion among Catholic writers seems to be in favour of the affirmative view, e.g. Kraus, Funk, Bardenhewer,Valentin, and others.

Bacchus, Francis Joseph. "Tiro Prosper of Aquitaine." The Catholic Encyclopedia. Vol. 12. New York: Robert Appleton Company, 1911. 30 Mar. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/12487a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Michael C. Tinkler.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. June 1, 1911. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.


Prosper of Aquitaine

c.390-c.463. A scholar whose background is unknown save that he had a classical education, was learned in theology, was married, and was part of a monastic community in Marseilles at the outbreak of the Semi-Pelagian controversy* (426), which he opposed. Together with a friend, Hilary, he wrote to Augustine* in Africa (428) concerning the opposition to his theology of grace and predestination, especially among the disciples of John Cassian,* to which Augustine's reply was the De praedestinatione sanctorum and De dono perseverantiae. In 431 he went to Rome to gain Celestine I's* support for Augustine's doctrines, then published several works in their defense, with attacks on Vincent of Lérins* (Pro Augustino responsiones) and Cassian (Contra collatorem), including the Capitula Caelestiana which went to the bishops of Gaul as part of a papal letter. While initially in agreement, he finally rejected Augustine's position (De vocatione omnium gentium), believing God willed to save all men.

As secretary to Leo I* after 440, he aided him with correspondence and theological writings against the Nestorians.* His own writings were of various forms: De ingratis, a poem of 1,000-plus hexameters on grace; probably Poema conjugis ad uxorem in sixteen anacreontic verses and fifty-three distichs; a series of epigrams including those against Semi-Pelagians and Epitaphium Nestorianae et Pelagianae haereseos; and Psalmorum a C ad CL expositio after the Council of Ephesus.* Epitoma chronicorum, a synthesis of the chronicles of Jerome,* Sulpicius Severus,* and Orosius,* reflecting also his own time (433-55), was edited and augmented by Cassiodorus* and Paul the Deacon.*

SOURCE : http://www.biblicaltraining.org/library/prosper-aquitaine

Prosper of Aquitaine (RM)

Born in Aquitaine, France, c. 390; died in Rome, Italy, c. 463. Saint Prosper was probably a layman who may have been married. He left Aquitaine for Provence and settled at Marseilles. Prosper devoted his fine intellect to the study of theological questions. He wrote to Saint Augustine in 428, and in response, Augustine wrote his treatises on perseverance and predestination. Prosper opposed the semi-Pelagianism of Saint John Cassian (which is why he has never been canonized in the West), accompanied his friend Hilary, who had asked him to write to Augustine, on a trip to visit Pope Saint Celestine I in Rome. He is said to have become a secretary to Pope Saint Leo the Great in Rome, where Prosper died. He wrote poetry and treatises, notably his Chronicle, a universal history from creation to the Vandal capture of Rome in 455. Saint Prosper was a prolific writer and a powerful controversialist (Benedictines, Delaney, Encyclopedia).

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0625.shtml

Saint Prosper of Reggio

Also known as
  • Prosper of Aquitaine
  • Prospero of….
  • Tiro of….
Memorial
Profile

A good student in his youth, especially of the work of Saint Augustine of Hippo; Prosper was known throughout his life for his holiness and purity. As an adult, Prosper moved from Aquitaine to Provence and settled near Marseilles, an area plagued with heresies. A layman, Prosper worked to increase these people’s understanding, and to educate them in their mistakes. He became widely known for his work converting heretics, sometimes leading pilgrimages to Rome, Italy so heretics could hear the truth staight from the Pope. Secretary to Pope Saint Leo the Great in 440; he used the position to spread truth and teach against heresy, fighting endlessly against semi-Pelagianism.

Born
Died
  • c.460 of natural causes
Canonized
Patronage



San Prospero d'Aquitania Monaco e teologo


Limoges (Francia), fine IV secolo - Roma, dopo il 455

Ha studiato nella nativa Aquitania (Gallia romana) ed è buon letterato e teologo. Ma non sarà prete. Vive per molti anni, dal 426, nei monasteri di Marsiglia e della sua regione, come monaco laico. Non è martire e non ha fatto miracoli. La Chiesa lo venera come maestro di fede. Tra i monaci marsigliesi, Prospero vede diffondersi una dottrina secondo cui l’uomo è capace di volere il bene e di salvarsi con la sola sua volontà, sicché la grazia divina è preziosa, ma non indispensabile. Diffonde queste idee il monaco Pelagio, venuto dall’Inghilterra a Roma, e poi fuggito nel 410 verso il Nordafrica con molti Romani, quando l’Urbe è stata saccheggiata dai Goti di Alarico. Poi, dall’Africa alla Palestina, ha raccolto molti seguaci (specie tra gli anacoreti, volontari della penitenza) e ha disorientato fedeli e vescovi. Al “pelagianesimo” ha reagito subito con energia Agostino vescovo di Ippona, con i trattati De peccatorum meritis, De natura et gratia e De spiritu et littera (412-415). Poi papa Innocenzo I e il concilio di Cartagine hanno respinto la dottrina di Pelagio. 

Ma nel Marsigliese i monaci ce l’hanno con Agostino: i suoi trattati non li convincono, anzi! Si affretta Prospero a informare Agostino e a spiegargli che questi vanno orientati, c’è bisogno ancora di spiegare, di chiarire... Agostino si rimette al lavoro, scrivendo un nuovo trattato con chiarimenti: è l’ultima sua opera prima di morire (a poca distanza da Pelagio). Ma ancora invano: quelli tengono duro; e come loro nel mondo cristiano ce ne sono molti... Così, Prospero si vota alla battaglia dottrinale e alla difesa di Agostino dalle accuse scaturenti a volte da incomprensione, da partito preso, da ignoranza, da certi modi agostiniani di esprimersi, certa sua passionalità. Prospero non è un polemista. È uno che vuol far capire. È quello che assicura "l’integrazione della dottrina agostiniana su grazia e predestinazione nel patrimonio teologico della Chiesa" (G. de Plinval). Nel 440 accompagna a Roma l’arcidiacono Leone, che al suo arrivo sarà eletto Papa, succedendo a Sisto III, e si servirà di lui come estensore di testi dottrinali. Gran lavoratore, Prospero scrive anche di storia romana; fra le ultime opere teologiche si ricorda il trattato De vocatione omnium gentium, che è il primo scritto cristiano dedicato alla salvezza dei non-cristiani. Muore in data incerta dopo il 455 e non si conosce il luogo della sua sepoltura.

Etimologia: Prospero = vegeto, florido, felice, significato chiaro

Martirologio Romano: Commemorazione di san Prospero d’Aquitania, che, versato nella filosofia e nelle lettere, condusse con la moglie una vita virtuosa e temperante e, fattosi monaco a Marsiglia, difese strenuamente contro i pelagiani la dottrina di sant’Agostino sulla grazia di Dio e sul dono della perseveranza, svolgendo anche a Roma la mansione di cancelliere del papa san Leone Magno.

Fu il difensore della dottrina di s. Agostino sulla Grazia e sulla predestinazione e le sue opere sono quasi l’unica fonte da cui attingere notizie su di lui stesso e sull’attività di scrittore che occupò la maggior parte della sua vita. 

Nacque intorno al 390 a Limoges in Aquitania, dalle sue opere si arguisce che abbia percorso tutto il consueto corso di studi classici, in una Gallia fiorente nell’istruzione, al punto che già nel I secolo Plinio la chiama “un’Italia, piuttosto che una provincia”. 

Da un suo poema in 122 versi ‘Poema coniugis ad uxorem’ si capisce che da giovane doveva essere sposato. Non si sa perché dall’Aquitania si spostò a Marsiglia, dove passò gran parte della sua vita come monaco laico, senza alcuna carica e grado ecclesiastico. 

Conobbe personalmente s. Agostino e prese le sue difese, cioè del suo pensiero sulla dottrina della grazia, quando vide le reazioni suscitate da questa dottrina nei vari monasteri di Marsiglia e della Provenza e lo informò con lettera dei commenti e del suo operato; fu affiancato in ciò da un altro laico Ilario. 

Agostino rispose ai due difensori della Gallia indirizzando loro due libri: “De praedestinatione sanctorum” e “De dono perseverantiae” che allora formavano una sola opera, l’ultima scritta dal grande Dottore della Chiesa prima che morisse (28 agosto 430). 

Ma neppure dopo la sua morte si attenuarono le critiche alla sua dottrina da parte degli oppositori che allora si chiamavano ‘Marsigliesi’; Prospero ed Ilario decisero allora di andare a Roma a chiedere l’intervento del papa Celestino I (431) il quale indirizzò una lettera ai vescovi della Gallia affinché smorzassero le critiche degli oppositori, ritenendo Agostino “uomo di tanto sapere, che anche i miei predecessori lo annoverarono fra i migliori maestri”. 

Fino al 440 troviamo Prospero impegnato a comporre un gran numero di scritti teologici sempre rispondendo alle diverse calunnie e obiezioni contro s. Agostino, coinvolgendo anche i papi che si succedevano a Roma e fu proprio papa Leone I Magno, che trovandosi in Gallia, dispose che Prospero lo seguisse a Roma e lo impegnò nella cancelleria pontificia (440). 

Qui ritrovò la tranquillità dello spirito, non si occupò più delle controversie sulla Grazia, anche perché morto nel 435 Cassiano, maggiore oppositore di Marsiglia, la disputa si acquietò alquanto; poté così dedicarsi alla diffusione del pensiero agostiniano e quindi sul polemista, prevalse l’esegeta, il compilatore, il cronista. 

Autore in prosa, le sue opere si contano a centinaia, commenti, sentenze, epigramma, esposizione dottrinale in versi; compose a Roma anche l’unica opera che non parla di s. Agostino, il ‘Chronicum integrum’ cronaca universale dalle origini fino alla presa di Roma da parte di Gianserico (455). 

Per difendere la dottrina della Grazia e della predestinazione elaborata da s. Agostino, Prospero diventa lui stesso teologo di rara grandezza, accentrando il suo pensiero essenzialmente su due argomenti: l’universalità della volontà salvifica di Dio e la predestinazione. 

Dio concede a tutti gli uomini la grazia sufficiente per salvarsi; nega nel modo più assoluto la predestinazione al peccato e alla perdizione, Dio non ha colpa della dannazione, coloro che si perdono, lo fanno di loro volontà. 

Prospero spiega con chiarezza, con morbidezza e si sforza di rendere accettabili i rigidi e fermi principi agostiniani, che per questo sono stati spesso fraintesi e non solo dagli eretici. 

Prospero morì intorno all’anno 463, l’unico indizio di un culto resogli nell’antichità è un affresco nella basilica di S. Clemente a Roma, ben conservato, che lo raffigura con un aureola intorno alla testa, con i capelli tagliati a forma di corona dei monaci, con addosso una tunica a maniche larghe stretta ai fianchi da una cintura, è senz’altro l’aspetto di un monaco. 

E’ fuor di dubbio che si tratta di Prospero, perché in quella basilica papa Zosimo nel 417, condannò il pelagianesimo e i semipelagiani, di cui il grande scrittore fu fiero confutatore. 

Erroneamente confuso con s. Prospero vescovo di Reggio Emilia, che si festeggia il 25 giugno, fu inserito nel ‘Martirologio Romano’ da Cesare Baronio, alla stessa data.

Autore: Antonio Borrelli