vendredi 29 juin 2012

Saint PIERRE et Saint PAUL, APÔTRES


SAINT PIERRE et SAINT PAUL

Apôtres

(65 ou 66)

Le 29 juin, l'Église honore à la fois saint Pierre et saint Paul, ces deux incomparables Apôtres, unis dans la foi, dans la prison et dans la mort. Toutefois, la fête du 30 juin nous donnant occasion de parler de saint Paul, bornons-nous aujourd'hui au prince des Apôtres. C'est à l'Évangile qu'il faut avoir recours pour connaître les détails de cette vie étonnante.

Fils de pêcheur et pêcheur lui-même, simple, ignorant, sans éducation, il entend le Fils de Dieu lui adresser cet appel singulier: "Suis-Moi, Je te ferai pêcheur d'hommes." Parmi tous les Apôtres, il brille par sa foi énergique et reconnaît en Jésus le Christ, Fils de Dieu. Il ne quitte jamais le Sauveur, il est de toutes les grandes occasions de la vie du Maître.

Malgré son triple reniement au jour de la Passion, faute si noblement réparée ensuite, il est confirmé comme chef des Apôtres et chef de l'Église. Son siège renversera bientôt celui des Césars, et l'humble pêcheur aura un nom plus immortel que les plus grandes célébrités de tous les siècles.

Jésus avait dit autrefois à Ses Apôtres: "Le disciple n'est pas plus que le Maître; si on Me persécute, on vous persécutera." Saint Pierre devait avoir, en effet, le sort de Jésus-Christ et arroser de son sang l'Église naissante. Touché par les larmes des fidèles, non mû par la crainte, Pierre songea d'abord à fuir la persécution que venait de soulever l'empereur Néron; mais, comme il sortait de Rome, il vit le Christ Se présenter à lui:

"Où allez-Vous, Seigneur, Lui dit-il.

-- Je vais à Rome, dit Jésus, pour y être crucifié de nouveau."

A ces mots, le Sauveur disparut, et Pierre comprit qu'il devait revenir à Rome pour y être crucifié.

Le prince des Apôtres eut à endurer les souffrances d'un long emprisonnement; il eut du moins la consolation d'y être le compagnon de saint Paul et de consommer son sacrifice le même jour que lui. Pierre fut condamné au supplice de la Croix; mais, par humilité, se jugeant indigne d'être crucifié comme le divin Maître, il demanda à être crucifié la tête en bas, ce qui lui fut accordé. Arrivé au lieu du supplice, Pierre ne put contenir la joie de son coeur: "C'est ici l'arbre de vie, cria-t-il au peuple, l'arbre où a été vaincue la mort et le monde racheté. Grâces à vous, Fils du Dieu vivant!"

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.


Paul Poupard. Pierre et Paul aux origine de l'Église de Rome

Depuis la première année sainte de l'Église de Boniface VIII en 1300, les temps ont bien changé, comme le visage de Rome qui accueille les pèlerins. Mais la démarche demeure la même : aller prier aux Limina Apostolorum, ou « Mémoires des apôtres », ces lieux sacrés de Rome où sont conservés et vénérés les tombeaux des apôtres Pierre et Paul, grâce auxquels la Ville est devenue le centre de l'unité catholique. Dès le IIe siècle, les fidèles se rendent à Rome pour voir et vénérer les trophées des apôtres Pierre et Paul, et contempler sa basileia, sa royale majesté. Au IVe siècle, le pèlerinage de Rome devient en Occident le parallèle de celui qui, en Orient, conduisait à Jérusalem au tombeau du Seigneur.

C'est parce que Pierre est venu à Rome et qu'il y a été enseveli après son martyre qu'irrésistiblement les pèlerins ont afflué vers Saint-Pierre, lieu de sa sépulture, et que le pape, son successeur, s'est établi à son voisinage. Les deux faits ont la même origine. L'emplacement de la basilique Saint-Pierre n'a pas été choisi arbitrairement. L'édifice s'élève au-dessus de la tombe ; très précisément, le cœur de la basilique, l'autel de la confession, a été édifié au-dessus de sa sépulture. Son Éminence le Cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical de la culture et auteur de Rome Pèlerinage (Bayard-L'Emmanuel, 1997) relate ici comment la tradition et les épîtres de la fin du Ier siècle se sont trouvées confirmées par les fouilles archéologiques menées depuis 1940 dans les Grottes vaticanes et à Saint-Paul-hors-les-Murs.

Le témoignage de la tradition

Une tradition immémoriale affirme que Pierre, venu à Rome implanter l'Église au cœur de l'empire y périt martyr. Que pouvons-nous dire de sûr à ce sujet à la lumière de l'histoire et de l'archéologie ? Les zones d'ombre se sont progressivement réduites depuis que le pape Pie XII fit entreprendre des travaux gigantesques, à l'occasion de la sépulture de son prédécesseur, le pape Pie XI.

Une première constatation s'impose, et elle est capitale. Aucune voix ne s'est jamais élevée dans l'Antiquité contre cette croyance du martyre de Pierre à Rome. Cet argument a silentio, du silence, a une grande force. Quant aux textes allégués en faveur de la tradition, il s'agit de l'épître de saint Clément de Rome aux Corinthiens et de l'Épître aux Romains de saint Ignace d'Antioche.

Clément, l'évêque de Rome, écrit aux Corinthiens vers la fin du Ier siècle pour apaiser les dissensions qui divisaient la communauté chrétienne. Dans sa lettre, il évoque la multitude innombrable des fidèles qui ont péri à Rome pendant la persécution de Néron, et en particulier les apôtres Pierre et Paul : « Jetons les yeux sur nos excellents apôtres : Pierre qui, victime d'une injuste jalousie, souffrit non pas une ou deux, mais de nombreuses fatigues et qui, après avoir rendu son témoignage, s'en est allé au séjour de gloire qui lui était dû. C'est par suite de la jalousie et de la discorde que Paul a montré le prix de la patience […] et, ayant rendu son témoignage devant ceux qui gouvernent, il a quitté le monde et s'en est allé au saint lieu ». Clément a peut-être connu personnellement les deux apôtres. Des allusions de sa lettre on peut légitimement déduire que c'est Rome qu'il évoque, cette ville dont il est l'évêque et d'où il écrit.

C'est de Smyrne qu'Ignace, évêque d'Antioche en Syrie, écrit son épître aux Romains, sous le règne de Trajan, peut-être en 107. « Je ne vous donne pas des ordres, leur écrit-il, comme Pierre et Paul ; ils étaient des apôtres, et moi, je ne suis qu'un condamné ; ils étaient libres, et moi, jusqu'à présent, je suis esclave ; mais si je souffre, je deviendrai un affranchi de Jésus-Christ en qui je ressusciterai libre ». On ne peut qu'être frappé par la mention conjointe des deux apôtres, à qui Ignace rendra bientôt témoignage, à Rome précisément, par son propre martyre.

Au début du IIIe siècle apparaît la tradition selon laquelle l'apôtre Pierre aurait été crucifié la tête en bas, comme le pèlerin peut le voir sur un très beau relief du XVe siècle dans les Grottes vaticanes. La cruauté de Néron rend ce supplice possible, mais rien ne permet de l'affirmer avec certitude. Par contre, c'est sur des bases solides que repose la tradition du martyre et de la sépulture de Pierre au Vatican pendant la persécution de Néron, décrite par une célèbre page des Annales de Tacite. Après l'incendie criminel de l'an 64, il ne subsistait à Rome aucun autre lieu capable d'abriter de tels sinistres et grandioses spectacles. Le Circus Maximus avait été endommagé par le feu et le Circus Flaminius était trop petit. Les Romains avaient coutume de placer les croix des condamnés le long des voies. On peut penser que celle de Pierre a été dressée, avec d'autres mentionnées par Tacite, le long d'une de ces routes au voisinage du cirque.

Quant à la tradition bien affirmée de la sépulture de Pierre au Vatican, le premier document qui l'atteste est un célèbre passage de Gaïus, que nous a conservé l'historien Eusèbe. Celui-ci, dans son Histoire ecclésiastique, rapporte la polémique de ce docte prêtre romain avec Proclus, membre de la secte hérétique montaniste, dans les dernières années du IIe ou les premières années du IIIe siècle. Pour affaiblir l'autorité de l'Église romaine, Proclus exaltait la présence en Asie Mineure de la tombe de l'apôtre Philippe et d'autres grands personnages de la chrétienté primitive. Gaïus répliqua avec force : « Mais moi, je puis te montrer les trophées des saints apôtres. En effet, si tu veux te rendre au Vatican ou sur la voie d'Ostie, tu trouveras les trophées de ceux qui ont fondé cette Église ». Gaïus parle de « trophées ». On ne peut réduire la signification de ce terme à de simples monuments commémoratifs, dans ce contexte polémique qui oppose ces trophées à des insignes tombes d'Asie Mineure. Le raisonnement, autrement, serait sans aucune portée. Il s'agit d'un mot grec, tropaion, qui signifie « monument de victoire », entendons ici de la victoire obtenue par les deux martyrs au nom de Jésus-Christ : en subissant la mort, ils entraient victorieusement dans la vie avec le Ressuscité.

Ainsi, dès la fin du IIe siècle apparaît le ferme témoignage que Pierre avait au Vatican sa tombe glorieuse, comme Paul avait la sienne sur la voie d'Ostie. Dans le Vatican de Néron, un monument s'imposait par son importance. C'était le cirque commencé par l'empereur Caligula (37-41) et terminé par Néron (54-68). Les fouilles ont pu le localiser le long du côté sud de l'actuelle basilique Saint-Pierre, entre l'Arco delle Campane et la Piazza di Santa Marta, c'est-à-dire à ga ornement était l'obélisque dressé en son centre, que, d'après Pline l'Ancien, Caligula avait fait venir tout exprès d'Égypte. C'est ce même obélisque que le pèlerin peut contempler aujourd'hui au centre de la place Saint-Pierre, où il fut transféré en 1586 par l'architecte Domenico Fontana sur l'ordre du pape Sixte Quint. Les fouilles récentes ont permis de retrouver les fondations primitives de l'obélisque.

On sait aussi, grâce aux mêmes fouilles, que, dès le Ier siècle, la plaine vaticane recevait des tombes le long des voies qui la traversaient. Cet antique usage est bien attesté, comme le pèlerin le découvre en voyant les tombeaux qui bordent la via Appia. Riches et pauvres s'y côtoyaient, ces derniers se glissant dans les petits espaces demeurés libres entre les somptueux tombeaux érigés pour les patriciens romains. Rien d'étonnant à ce qu'un pauvre crucifié, reconnaissable après sa mort – il n'avait été ni défiguré par le feu, ni broyé par les fauves – soit recueilli par les fidèles et que son cadavre soit déposé dans une fosse creusée dans le sol nu.

Les fouilles de Pie XII

Le pape Pie XI avait exprimé le désir d'être enterré ad caput Sancti Petri, au plus près de la tombe de l'apôtre Pierre. Pour accéder à ce vœu, son successeur Pie XII fit entreprendre, en juillet 1940, les travaux nécessaires à la mise en place du lourd sarcophage dans les Grottes vaticanes. On appelle ainsi le sous-sol de la basilique Saint-Pierre, formé par la différence de niveau entre l'ancienne et la nouvelle basilique. Ses voûtes basses, supportées par des pilastres qui le divisent en trois nefs, soutiennent le pavement de l'édifice actuel. À peine eut-on atteint 0,20 m de profondeur, au cours des travaux, qu'apparut le pavement de l'ancienne basilique constantinienne, puis, sous ce pavement, un grand nombre de sépultures chrétiennes. En creusant plus profondément, on découvrit des murs de fondation de l'antique sanctuaire et une nécropole romaine – celle-ci peut se visiter aujourd'hui en obtenant une autorisation préalable – que la construction de ce dernier avait ensevelie.

L'exploitation scientifique de ce chantier d'une ampleur imprévue devait fournir des informations importantes et incontestées. Deux campagnes de fouilles furent successivement menées, de 1939 à 1949, puis de 1953 à 1958. L'examen du sol révéla une donnée étonnante : pour créer la base nécessaire à la construction de l'édifice de Constantin, ses architectes avaient dû à la fois remplir de terre et entrecouper d'œuvres massives de soutènement une zone encore non utilisée de la nécropole, et en même temps entailler une partie de la colline du Vatican. Pourquoi Constantin avait-il choisi, pour bâtir sa basilique, un endroit déjà occupé par un cimetière, et par ailleurs si peu favorable, car le sol argileux demandait d'importants travaux de drainage et des travaux de terrassement à flanc de coteau ? Tout aurait dû lui faire écarter ce site. Tout, sauf la tradition vivante à son époque de la présence du tombeau de Pierre, tout près du lieu de son martyre.

Les pilastres qui supportent la voûte des Grottes vaticanes, sous la nef centrale de la basilique, reposent sur un fond artificiellement formé d'un mélange d'argile et de sable. L'édifice est érigé au-dessus de l'endroit où la tradition localisait la tombe de Pierre. Les fouilles ont exhumé une tombe pauvre, appelée thêta, recouverte de tuiles, dont l'une porte un sceau que l'on peut dater du règne de l'empereur Vespasien (69-79). Tout le matériel trouvé aux alentours immédiats remonte à la même époque : fragment de petite lampe portant la marque de son atelier de fabrication, morceaux de verre irisé et doré à l'égyptienne.

La nécropole païenne

Une nécropole plus récente a été mise au jour, qui remonte aux IIe et IIIe siècles. Cette nécropole païenne commença à accueillir des tombes chrétiennes, comme le révèlent les inscriptions des monuments funéraires. C'est ainsi que le petit sépulcre païen des Julii de la seconde moitié du IIe siècle se transforme en sépulcre chrétien, à la première moitié du IIIe siècle. En sa décoration lumineuse, on retrouve les scènes chères aux chrétiens. Sur les murs se succèdent les images du Bon Pasteur, du pêcheur mystique, de Jonas englouti par le monstre marin, ce qui symbolise le Christ descendu aux enfers et ressuscité après trois jours à la lumière des cieux. Et, au plafond, parmi les sarments couleur émeraude d'une vigne symbolique, s'élève, sur un quadrige tiré par des chevaux blancs, la radieuse représentation du Christ-Soleil, glorieuse image de la résurrection espérée. Le contraste est grand entre la richesse de cette décoration et l'humilité de la position de cette tombe, entre deux autres sépulcres qui l'étouffent, pour ainsi dire, à l'intérieur de la nécropole. C'est que rien n'était excessif pour décorer un édifice dont le privilège était de se trouver au voisinage immédiat de la memoria de Pierre.

La « memoria » de Pierre

Les fouilles ont en effet démontré que l'autel central de la basilique Saint-Pierre est construit exactement au-dessus de la memoriade l'apôtre. C'est Clément VIII qui l'a fait édifier (1592-1605). En descendant sous le riche baldaquin de bronze du Bernin, on remonte du flamboyant XVIe siècle renaissant vers les siècles passés, grâce aux dispositions de Jean-Paul II qui a remis en communication directe l'autel de la Confession de Pierre avec son tombeau, caché depuis cent cinquante ans par la grande statue de Pie VI à genoux, de Canova. Sous l'autel de Clément VIII se trouve un autre autel, celui de Calixte II (1119-1124), et, sous celui-ci, un autre encore, de Grégoire le Grand (590-604), encastré dans l'autel de Calixte II. En allant au-dessous, on rencontre un monument constantinien de forme quadrangulaire revêtu de marbre blanc et de porphyre rouge. Constantin l'a lui-même dédié à l'apôtre. Il remonte peut-être aux cérémonies commémoratives de la victoire décisive du pont Milvius, le 28 octobre 312.

Le Mur rouge

Entre ses murs de marbre, ce monument constantinien enferme une construction plus ancienne, un petit édicule. Considéré manifestement par l'empereur comme digne d'un exceptionnel respect, cet édicule est élevé sur une petite place rectangulaire de 8 mètres du nord au sud et de 4 mètres d'est en ouest, appelée conventionnellement par les chercheurs le campo P. Les chambres funéraires qui l'entourent remontent aux années 130 à 150. Sur le côté ouest se dresse un mur appelé Mur rouge, à cause de la couleur rouge vif dont il est peint. Derrière, un chemin – clivus – donnait accès à d'autres chambres funéraires. En dessous de ce chemin, un égout permettait l'écoulement des eaux. Les tuiles dont il est recouvert portent un sceau indiquant les propriétaires, personnages historiques bien connus, puisqu'il s'agit d'Aurelius Caesar, le futur empereur Marc Aurèle, et de sa femme, Faustina Augusta. Nous sommes donc entre 146, date à laquelle Faustina prit le nom d'Augusta, et 161, où le nouvel empereur prit le nom de Marc Aurèle.

Certaines des tombes fort modestes qui s'appuient sur le Mur rouge témoignent par leurs tuiles d'une origine antérieure. Quant au petit édicule, le plus important pour le pèlerin, il subit diverses destructions et déformations, qui n'empêchent pourtant pas une sérieuse reconstitution. Deux niches superposées sont creusées dans le Mur rouge. Entre elles s'avance, comme une table, une plaque de travertin soutenue par deux colonnettes de marbre blanc ; celle de gauche est encore bien visible dans la maçonnerie ajoutée à une époque postérieure. Dans le pavé, une ouverture fermée par une dalle, et d'une orientation différente, donnait sur une sorte de cachette doublée de petites plaques de marbre, où l'on a retrouvé des ossements, des restes de vieilles étoffes, des morceaux de verre, des pièces de monnaie. Nul doute qu'on y ait déposé quelques restes alors jugés dignes du plus grand respect.

Le trophée de Gaïus

Si tous les archéologues ne s'accordent pas en tout point, le pèlerin peut du moins avoir la certitude, en ce lieu sacré, de l'existence d'un édicule construit dans la nécropole vaticane vers 160, et inclus par Constantin dans son monument érigé en mémoire de saint Pierre. Il s'agit sans aucun doute du fameux trophée dont parlait le prêtre Gaïus quelques années plus tard. L'identité de l'édicule du Mur rouge et de ce trophée est désormais admise par tous les savants. Cet édicule n'a pu être construit en ce point que fort malaisément. Une raison impérieuse commandait donc de le situer là, et non pas ailleurs. Quelle autre raison, pour ce point précis, sinon la présence en ce lieu d'une dépouille mortelle déjà vénérée en cet endroit même ?

Peut-on aller plus loin et assurer avec certitude que la tombe de Pierre existait réellement sous l'édicule ? Les fouilles ont révélé des indices d'une fosse antique, dont l'orientation est la même que celle de l'ouverture dont nous avons parlé plus haut, et qui est différente de celle de l'édicule lui-même. Les ossements humains qui ont été retrouvés sous les fondations du Mur rouge n'ont, à l'examen scientifique, révélé aucun rapport avec l'apôtre Pierre. Mais à l'intérieur du monument constantinien, les fouilles ont fait apparaître en 1941 un loculus large de 0,77 m sur 0,29 et haut de 0,315, revêtu à l'intérieur de bandes de marbre grec, creusé dans le mur préexistant, le mur G pour les spécialistes, postérieur au Mur rouge, mais antérieur au monument constantinien qui l'a respecté et inclus. Il contenait, lors de l'inventaire, du plâtras tombé de haut, jusqu'à mi-hauteur, avec des ossements qui y étaient mêlés. On recueillit ces ossements dans une petite caisse de bois et on les déposa dans un lieu voisin situé dans les Grottes vaticanes.

La cachette et la caissette

Aussi surprenant que la chose paraisse, ils y restèrent longtemps oubliés ! Et devant la cachette vide, les spécialistes formulèrent naturellement l'hypothèse qu'elle avait été destinée à recevoir les restes de Pierre. Ainsi s'exprimèrent le père Antoine Ferma en 1952, Jérôme Carcopino en 1953, le père Engelbert Kirschbaum et Pascal Testini en 1957. C'est Margherita Guarducci qui redécouvrit en 1953 la caissette de bois contenant le matériel prélevé dans la cachette. Outre les os, elle contenait aussi de la terre, des fragments de plâtre rouge, de petits restes d'étoffe précieuse et deux fragments de marbre. Tout cela fut confié à l'examen scientifique du professeur Venerando Correnti. Après une longue et minutieuse analyse, le savant conclut, en juin 1963, que les ossements appartenaient à un seul individu de sexe masculin, de constitution robuste, âgé au moment de sa mort de soixante à soixante-dix ans. Les analyses expérimentales du tissu mêlé à la terre révélèrent de l'or authentique, de l'étoffe teinte de vraie pourpre, et de la terre analogue à celle du lieu.

Conclusions de l'enquête

Cette enquête permet de conclure, en récapitulant les données de l'analyse. Selon une tradition séculaire, Pierre vint à Rome et y subit le martyre sous le règne de Néron dans les jardins du Vatican, près du cirque impérial, situé le long du côté sud de la basilique actuelle. L'existence dans la nécropole voisine de tombes chrétiennes dans un cimetière païen s'explique par la conviction que la sépulture de Pierre était dans le voisinage immédiat. Seule cette conviction explique qu'aient été affrontées les difficultés énormes pour ériger en cet endroit la basilique constantinienne, malgré la nécessité de bousculer des tombes et d'opérer des travaux de terrassement considérables, à mi-pente de la colline. Le monument constantinien en l'honneur de Pierre était donc considéré comme le sépulcre du martyr. À l'intérieur de ce monument-sépulcre, le loculus creusé dans le mur G fut revêtu de marbre à l'époque de Constantin, et ne fut jamais violé jusqu'à sa découverte en 1941, lors des fouilles entreprises sur l'ordre du pape Pie XII.

De ce loculus proviennent les ossements conservés dans un lieu voisin, où ils furent repris en 1953. Ces ossements sont donc ceux qui, au temps même de Constantin, ont été considérés comme les restes mortels du saint apôtre Pierre. Leur examen anthropologique le confirme. Le tissu de pourpre tissé de fils d'or dans lequel ils furent enveloppés atteste la haute dignité qu'on leur attribuait, en parfaite consonance avec le porphyre royal qui ornait l'extérieur du monument. La terre qui les entoure comme d'une croûte s'est révélée à l'examen pétrographique correspondre au sable marneux où fut creusée la tombe primitive, alors qu'en d'autres lieux du Vatican la terre est constituée d'argile bleue ou de sable jaune.

Tous ces éléments forment entre eux comme les anneaux d'une chaîne qui conduit à identifier ce qui a été conservé des ossements de Pierre. Ce fut, après examen personnel, la conviction du pape Paul VI, qui déclara en célébrant les saints apôtres Pierre et Paul, le 29 juin 1976 :

« Pour ce qui est de saint Pierre, nous avons la chance d'être parvenus à cette certitude – annoncée par Pie XII, notre prédécesseur de vénérée mémoire – que la tombe de saint Pierre est ici, en ce vénérable lieu où a été construite cette solennelle basilique qui lui est consacrée et où nous sommes rassemblés en ce moment dans la prière. »

Pierre et Paul

On ne peut dissocier Pierre et Paul. L'Église de Rome a été fondée par les deux apôtres. L'un et l'autre y sont morts martyrs. Et le pèlerinage le plus antique conduit à vénérer leurs restes mortels. L'histoire de Saint-Paul-hors-les-Murs, pour être moins complexe que celle de la basilique Saint-Pierre, n'en est pas moins ténébreuse. Le pèlerin qui arrive à la moderne basilique ne soupçonne rien des siècles passés, puisqu'un malencontreux incendie détruisit les 15 et 16 juillet 1823 presque entièrement la première basilique.

Comment pouvons-nous reconstituer l'histoire ? Paul, l'apôtre des Gentils, appartient à une famille d'origine juive, établie à Tarse en Cilicie, – la Turquie actuelle – où elle a acquis droit de cité romain. Après ses voyages missionnaires, il va porter le produit d'une collecte à Jérusalem. Poursuivi par le ressentiment tenace des Juifs, il est arrêté et conduit à Césarée devant le procurateur Félix. Celui-ci le garde prisonnier pendant deux ans. Devant Festus qui lui succède, Paul en appelle à César, puisqu'il est citoyen romain. C'est en 60 qu'il arrive à Rome, après un naufrage sur les rivages de Malte. De 61 à 63, il jouit de ce qu'on appelle la custodia libera, ce qui lui permet d'écrire plusieurs de ses épîtres et d'annoncer le royaume de Dieu avec assurance. Fit-il, de 63 à 66, une dernière tournée apostolique en Orient ou vers l'Espagne ? Rien ne permet de répondre à cette question. En 66, en tout cas, il est de nouveau prisonnier à Rome. Et il a la tête tranchée sur la route de Rome à Ostie, en 67.

Le témoignage de Luc

Il vaut la peine de relire, après le récit de la tempête et du naufrage que nous a laissé saint Luc, auteur des Actes des Apôtres, l'évocation de l'arrivée à Rome et la prédication de l'apôtre intrépide, au cœur de l'empire romain. C'est sur cette page missionnaire que se termine la grande fresque des Actes des Apôtres brossée par le médecin compagnon de Paul.

« C'est trois mois plus tard que nous avons pris la mer sur un bateau qui avait hiverné dans l'île ; il était d'Alexandrie et portait les Dioscures comme enseigne. Nous avons débarqué à Syracuse pour une escale de trois jours. De là, bordant la côte, nous avons gagné Reggio. Le lendemain, le vent du sud s'est levé et nous sommes arrivés en deux jours à Pouzzoles. Nous avons trouvé là des frères qui nous ont invités à passer une semaine chez eux. Voilà comment nous sommes allés à Rome. Depuis cette ville, les frères qui avaient appris notre arrivée sont venus à notre rencontre jusqu'au Forum d'Appius et aux Trois-Tavernes. Quand il les vit, Paul rendit grâces à Dieu : il avait repris confiance.

Lors de notre arrivée à Rome, Paul avait obtenu l'autorisation d'avoir un domicile personnel, avec un soldat pour le garder. Trois jours plus tard, il invita les notables juifs à s'y retrouver. Quand ils furent réunis, il leur déclara :

« Frères, moi qui n'ai rien fait contre notre peuple ou contre les règles reçues de nos pères, je suis prisonnier depuis qu'à Jérusalem j'ai été livré aux mains des Romains. Au terme de leur enquête, ces derniers voulaient me relâcher, car il n'y avait rien dans mon cas qui mérite la mort. Mais l'opposition des Juifs m'a contraint de faire appel à l'empereur sans avoir pour autant l'intention de mettre en cause ma nation. Telle est la raison pour laquelle j'ai demandé à vous voir et à m'entretenir avec vous. En réalité, c'est à cause de l'espérance d'Israël que je porte ces chaînes… »

Ils lui répondirent : « Nous n'avons reçu, quant à nous, aucune lettre de Judée à ton sujet, et aucun frère à son arrivée ne nous a fait part d'un rapport ou d'un bruit fâcheux sur ton compte. Mais nous demandons à t'entendre exposer toi-même ce que tu penses : car, pour ta secte, nous savons bien qu'elle rencontre partout l'opposition ».

Ayant convenu d'un jour avec lui, ils vinrent le retrouver en plus grand nombre à son domicile. Dans son exposé, Paul rendait témoignage au Règne de Dieu et, du matin au soir, il s'efforça de les convaincre, en parlant de Jésus, de sortir de la loi de Moïse et des prophètes. Les uns étaient convaincus par ce qu'il disait, les autres refusaient de croire…

Paul vécut ainsi deux années entières à ses frais et il recevait tous ceux qui venaient le trouver, « proclamant le Règne de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ avec une entière assurance et sans entraves » (Actes 28, 11-31).

La via Appia

Je n'ai jamais pu fouler les pavés de l'antique voie appienne, la via Appia, sans évoquer cette arrivée à Rome du vigoureux apôtre, épuisé par les épreuves, prisonnier entravé par les chaînes du Christ, mais toujours intrépide pour annoncer l'Évangile. De longue date, il avait désiré voir Rome pour porter la bonne nouvelle dans ce haut lieu de l'empire.

Des riches patriciens ou des pauvres esclaves, qui pouvait se soucier du petit Juif arrivant avec d'autres prisonniers, encadrés par un détachement de soldats, dans le va-et-vient de la grande foule cosmopolite vaquant à ses affaires et à ses plaisirs ? Selon l'usage, Paul passa sans doute dix jours au corps de garde du camp des prétoriens sur le mont Coelius. Burrhus, préfet des prétoriens, autrement dit le chef de la police impériale, ayant pu se convaincre de la véracité du bon témoignage rendu au prisonnier par le gouverneur Festus, l'autorisa à prendre un logement hors du camp, avec toujours son bras droit enchaîné au bras gauche du soldat chargé de le garder.

Martyre et sépulture

Dans les Actes, saint Luc rapporte le séjour romain de Paul et son annonce de l'Évangile, d'abord aux Juifs, jusqu'à la fin abrupte du récit. La seule chose qui soit certaine sur cette période de captivité est l'écriture, par l'apôtre, des lettres aux Colossiens, aux Éphésiens et à Philémon. Dans cette considérable marge d'incertitudes et d'hypothèses, il semble prudent d'admettre que Pierre vint à Rome alors que Paul, contre lequel aucune charge n'avait été retenue, avait fini par être libéré ; que Paul y revint après son dernier périple missionnaire, après aussi les hécatombes de Néron, où Pierre avait péri crucifié et avait été furtivement enseveli un soir d'automne par quelques fidèles. En arrivant à Rome vers l'année 67, Paul trouvait une communauté chrétienne décimée et humiliée. Quelles que soient les conditions de son retour, il ne dut pas enseigner longtemps sans être dénoncé et arrêté. C'est alors qu'il aurait dicté sa dernière lettre à Timothée, comme son testament spirituel. Condamné, Paul devait avoir la tête tranchée, supplice réservé aux citoyens romains. D'après le témoignage d'Eusèbe, son martyre eut lieu la quatorzième année du règne de Néron, soit entre juillet 1967 et juin 1968. La tradition rapporte que la tête, en rebondissant trois fois sur le talus, y aurait fait jaillir trois sources, nos modernes Tre Fontane. Rien ne permet d'accréditer cette version de caractère légendaire, adoptée par saint Grégoire, mort en 604.

Pour Paul comme pour Pierre, la proximité du lieu du supplice et du tombeau semble un fait historique. Pour Paul, ce lieu était voisin du Tibre, les décapitations se faisant généralement au long des fleuves. Un sarcophage de la fin du IVe siècle représente du reste la décapitation de saint Paul près d'un fleuve. Attesté dès la première moitié du IVe siècle, le culte liturgique supposait la présence d'un sanctuaire ad corpus édifié à cet endroit. Or celui-ci est situé, comme pour Pierre, dans la nécropole qui bordait la route, au milieu de tombes païennes portant des urnes, des inscriptions, des peintures et des stucs qui vont des derniers temps de la république jusqu'au IVe siècle, à deux kilomètres des murs d'Aurélien et de la porte du même nom. Sans avoir pour la sépulture de Paul les mêmes détails que pour celle de Pierre, nous avons la même certitude : la tombe de l'apôtre des Gentils se trouve au-dessous de l'autel majeur de l'actuelle basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. Il y eut d'abord en cet endroit une construction constantinienne. Un mur c suite.

« Paulo Apostolo mart (yri) »

La construction d'une basilique monumentale sur cet emplacement remonte en 386, un demi-siècle après la mort de Constantin. Les empereurs Valentinien II, Théodose et Arcadius écrivent alors au préfet de Rome, Salluste, pour s'assurer de l'approbation du Sénat et du peuple romain pour ce projet destiné à édifier une grande basilique remplaçant celle qui avait été « anciennement » consacrée à saint Paul. À 1,37 m sous la table d'autel actuelle, une plaque de marbre de 2,12 m sur 1,27 m porte l'inscription – datant selon les uns de la première, selon les autres de la seconde moitié du IVe siècle – PAULO APOSTOLO MART. La plaque est composée de plusieurs morceaux rapportés. Seul celui qui porte le mot PAULO est muni de trois orifices, un rond et deux carrés, qui ne peuvent qu'être liés au culte funéraire de saint Paul. En effet, l'orifice rond, le seul qui n'abîme pas l'inscription, et qui donc peut lui être contemporain, est relié à un petit puits qui devait rejoindre la tombe. La présence sur le marbre des traces d'un couvercle métallique articulé, permettant d'ouvrir et de fermer à volonté l'orifice, semble bien le rapporter, ainsi que son conduit, à l'usage attesté par ailleurs aux catacombes de verser des parfums dans les tombeaux chrétiens. Un poème de Prudence, du début du Ve siècle, fait allusion à cet usage. Cependant, ce culte a ensuite changé de forme : les deux puits carrés sont venus abîmer l'inscription PAULO. Ils furent construits plus tard pour rejoindre, à des niveaux différents, le puits rond. Ainsi le bloc de maçonnerie sous-jacent a été retravaillé avant que l'on repose l'ancienne plaque, dont il est impossible, dans l'état actuel, de se représenter l'état primitif, encore qu'elle soit le témoin vénérable d'un culte vraisemblablement antérieur à la grandiose construction de 386.

Telles sont les données de l'archéologie, qui rejoignent ce qu'écrivait le prêtre Gaïus, déjà cité, dans sa lettre au montaniste Proclus : « Je puis te montrer les trophées des Apôtres. Que tu ailles au Vatican ou sur la route d'Ostie, tu y rencontreras les trophées de ceux qui ont établi l'Église romaine ».

Beaucoup d'incertitudes demeurent sur ces temps reculés. Qui furent les premiers chrétiens de Rome ? Quels ont été les premiers missionnaires ? L'histoire ne nous le dit pas. Nous savons seulement que saint Paul parle de l'Église de Rome comme d'une Église nombreuse, connue, célèbre par sa foi et ses œuvres. Quand il arrive dans la ville, saint Luc nous précise au livre des Actes des Apôtres que les frères de cette ville viennent à sa rencontre sur la voie appienne. Nous savons les martyres et la sépulture de Pierre au Vatican, ensuite de Paul sur la voie d'Ostie.

Depuis lors, comme l'assure le vieil adage, tous les chemins mènent à Rome. Et découvrir la Rome de Pierre et Paul est pour le moderne Romée une réponse au vœu de Paul : « Il faut aussi que je voie Rome » (Actes des Apôtres 19, 21).

Paul Poupard

Avril 2002

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SOURCE : http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/pierre_et_paul_aux_origines_de_l_eglise_de_rome.asp



Solennité des Saints Pierre et Paul

Première lecture

Lecture du second livre des Actes des Apôtres (XII 1-11)

A cette époque, le roi Hérode-Agrippa [1] se mit à maltraiter certains membres de l'Eglise. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter [2].

Voyant que cette mesure était bien vue des Juifs, il décida une nouvelle arrestation, celle de Pierre. On était dans la semaine de la Pâque. Il le fit saisir, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il avait l'intention de le faire comparaître en présence du peuple après la fête.

Tandis que Pierre était ainsi détenu, l'Eglise priait pour lui devant Dieu avec insistance. Hérode allait le faire comparaître ; la nuit précédente, Pierre dormait entre deux soldats ; il était attaché avec deux chaînes et, devant sa porte, des sentinelles montaient la garde. Tout à coup surgit l'ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. L'ange secoua Pierre, le réveilla et lui dit : « Lève-toi vite. » Les chaînes tombèrent de ses mains. Alors l'ange lui dit : « Mets ta ceinture et tes sandales. » Pierre obéit, et l'ange ajouta : « Mets ton manteau et suis-moi. » Il sortit derrière lui, mais, ce qui lui arrivait grâce à l'ange, il ne se rendait pas compte que c'était vrai, il s'imaginait que c'était une vision. Passant devant un premier poste de garde puis devant un second, ils arrivèrent à la porte en fer donnant sur la ville. Elle s'ouvrit toute seule devant eux. Une fois dehors, ils marchèrent dans une rue, puis, brusquement, l'ange le quitta. Alors Pierre revint à lui, et il dit : « Maintenant je me rends compte que c'est vrai: le Seigneur a envoyé son ange, et il m'a arraché aux mains d'Hérode et au sort que me souhaitait le peuple juif. [3] »

Textes liturgiques © AELF, Paris

[1] Hérode Agrippa I°, fils d'Aristobule et de Bérénice, par conséquent petit-fils d'Hérode le Grand et de Mariamne I, né en 10 avant Jésus-Christ. Envoyé très jeune à Rome, il y avait bénéficié de la protection d'Antonia la jeune (fille de Marc-Antoine et d'Octavie), vivant ainsi dans le proche entourage de l'Empereur. En 23, ruiné par un train de vie dispendieux, il repartit en Palestine et vécut des maigres revenus accordés par Hérode Antipas. Lassé de cette position médiocre, il retourna à Rome, où il devint le compagnon de Caius, le futur empereur Caligula. Des propos imprudents sur la succession impériale lui valurent de se faire incarcérer par Tibère. Libéré à la mort de ce dernier, en 37, il fut couvert d’honneurs par Caligula, qui lui accorda le titre royal et la possession de l'ancienne tétrarchie d'Hrode Philippe II. De passage à Alexandrie, sur le chemin de la Palestine, il tenta d'intercéder pour les Juifs persecutés par les Grecs (38). En 39, il reçut les domaines d'Hérode Antipas. Bientôt de retour à Rome, il joua un certain rôle dans la proclamation de Claude, après l'assassinat de Caligula (41). Son zèle fut récompensé par l'octroi de l'Idumée, de la Judée et de la Samarie. Sa politique intérieure est mal connue : on sait qu'il ne se priva pas de déposer les grands-prêtres et renoua avec la politique de grands travaux d'Hérode le Grand. De son mariage avec Cypros (arrière-petite-fille de Salomé, sœur d'Hérode le Grand), il eut Hérode Agrippa II, Bérénice et Drusilla. Il mourut en 44, alors qu'il faisait célébrer les jeux quinquennaux, institués par Hérode en l'hollneur d'Auguste.

[2] Jacques est un nom théophore qui signifie « que (Dieu) protège » (forme grécisée de Jacob). Deux apôtres de Jésus portent le nom de Jacques : Jacques, dit le majeur, fils de Zébédée, dont il s’agit ici ; l'apôtre Jacques, dit le mineur, fils d'Alphée, premier évêque de Jérusalem et auteur de l’épître. Frère aîné de Jean l’évangéliste, fils de Zébédée et de Salomé, Jacques qui était habitait Bethsaïde ou Capharnaüm, pratiquait la pêche sur le lac de Génésareth, avec son père et des mercenaires embauchés. Sans doute, cousin de Jésus par sa mère, était-il des disciples de Jean-Baptiste, qui suivirent Jésus. Sa famille jouissait d'une certaine aisance, puisque sa mère eut la possibilité d'accompagner le Seigneur, de lui venir en aide et d'acheter des aromates d'embaumement. Choisi comme Apôtre, Jacques figura presque en tête des Douze, si l'on en juge par la place qu'il occupe dans les quatre listes apostoliques et par le comportement de Jésus à son égard. Avec Pierre et Jean, il formait le groupe des intimes de Jésus, seuls admis au spectacle de certains grands événements comme la résurrection de la fille de Jaïre, la Transfiguration et la sainte Agonie de Notre Seigneur au Mont des Oliviers. C'est sans doute cette situation privilégiée qui l'enhardit à faire plusieurs demandes intempestives, révélatrices de ses tendances naturelles. De passage en Samarie il réclama l'extermination par la foudre d'un village inhospitalier ; en route vers Jérusalem et dans la persuasion où il était d'une prochaine instauration sur terre du royaume messianique, il sollicita, ou poussa sa mère à solliciter, pour lui et son frère, les premières places dans ce royaume ; à l'annonce de la ruine du Temple, il s'enquit immédiatement de la date exacte de cet événement. Son impétuosité était telle qu'il reçut de Jésus, avec son frère Jean, le surnom de « Fils du tonnerre. » Il n'en imitera pas moins la défection des autres apôtres, après l'arrestation de son Maître au jardin de l'Agonie. Malgré le silence dont l'entourent les textes sacrés après la Pentecôte, il est vraisemblable qu'il dut, jusqu'à la fin de sa vie, faire figure de chef dans l’Eglise primitive, puisque c’est sur lui et sur Pierre que porte le choix meurtrier du roi Hérode Agrippa I° qui voulait abattre les têtes de l'Église pour plaire aux Juifs. Jacques le majeur périt alors par le glaive, donnant sa vie en témoignage de sa foi, comme Jésus le lui avait prédit.

[3] Dans ce passage des Actes des Apôtres, saint Luc souligne le parallélisme entre saint Pierre et Jésus. Tous deux sont arrêtés au moment de la Pâque et gardés par des soldats, la nuit qui précède leur jugement. La situation de saint Pierre symbolise la mort : son sommeil et sa nudité. Bien plus l'Ange du Seigneur le « réveille » et lui dit de « se lever » : deux verbes qui signifient la résurrection. Les chaînes tombent et les portes s'ouvrent, de même que la pierre du tombeau fut roulée. Enfin saint Pierre comprend que le Seigneur l'a délivré d'une mort certaine. La suite du récit ressemble étrangement à ceux de Pâques : une femme annonce aux frères que Pierre est là, sans l'avoir encore vu. Elle se fait traiter de folle et ils croient qu'ils s'agit d'un esprit. En voyant saint Pierre, ils sont pris de stupeur. L'intention de saint Luc est évidente : Pierre a ainsi vécu symboliquement la mort et la résurrection de Jésus. Ce dernier récit des Actes des Apôtres sur saint Pierre évoque son futur martyre et son entrée dans la vie nouvelle. Or la libération de Pierre est, par deux fois, mise en relation avec la prière de la communauté : c'est par elle que le Seigneur conforte et sauve ses témoins éprouvés.


Psaume 33


Je bénirai le Seigneur en tous temps,

sa louange sans cesse à mes lèvres.

Je veux me glorifier du Seigneur :

que les pauvres m'entendent et soient en fête.


Magnifiez avec moi le Seigneur,

exaltons tous ensemble son nom !

Quand je cherche le Seigneur, il me répond,

il me délivre de toutes mes peurs.


Qui regarde vers lui resplendira

sans ombre ni trouble au visage.

Un malheureux a crié : Dieu l'entend,

il le sauve de toutes ses angoisses.


Il veille, l'ange du Seigneur,

prêt à dégager ses fidèles.

Goûtez, voyez comme il est bon, le Seigneur !

Heureux l'homme qui s'abrite en lui !


Épître

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée (IV 16-18) [1]

Fils bien-aimé, me voici déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. Je me suis bien battu, j'ai tenu jusqu'au bout de la course, je suis resté fidèle. Je n'ai plus qu'à recevoir la récompense du vainqueur: dans sa justice, le Seigneur, le juge impartial, me la remettra en ce jour-là, comme à tous ceux qui auront désiré avec amour sa manifestation dans la gloire.

[ Efforce-toi de venir vite vers moi, car Démas m'a abandonné par amour du monde présent et s'en est allé à Thessalonique, Crescens en Galatie, Tite en Dalmatie. Luc est seul avec moi. Prends Marc et amène-le avec toi, car il m'est fort utile pour le service. J'ai envoyé Tychique à Ephèse. Le manteau que j'ai laissé à Troas chez Carpus, apporte-le en venant, ainsi que les livres, surtout les parchemins. Alexandre le fondeur m'a fait beaucoup de mal ; le Seigneur lui rendra selon ses œuvres. Garde-toi de lui, toi aussi, car il a fait à nos paroles une forte opposition. ] Tout le monde m'a abandonné [ Que cela ne leur soit pas compté ! Mais ] le Seigneur, lui, m'a assisté. Il m'a rempli de force pour que je puisse jusqu'au bout annoncer l'Evangile et le faire entendre à toutes les nations païennes. J'ai échappé à la gueule du lion ; le Seigneur me fera encore échapper à tout ce qu'on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer au ciel, dans son royaume. A lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Textes liturgiques © AELF, Paris

[1] Saint Paul est en prison, enchaîné dans un cachot, « comme un malfaiteur » (II 9). Il ne se fait plus d'illusions sur l'issue de son procès et attend la sentence qui le condamnera à mort. Il écrit à Timothée, son fidèle compagnon qu’il voudrait bien revoir avant de mourir. Il parle de sa mort comme d’un sacrifice, littéralement une libation, rite qui évoque sa vie librement donnée. Aux Philippiens il a déjà dit qu'il était prêt à verser son sang (Philippiens II 17). Sa mort est aussi un départ, comme celui des soldats qui lèvent le camp en pliant leurs tentes, ou comme les marins qui quittent le port en larguant les amarres. Il s'en va ailleurs. Il compare sa vie qui s'achève aux jeux du stade, comme ailleurs : il a lutté contre les forces du mal (Ephésiens VI 10-17), il a couru pour saisir le Christ (Philippiens III 12-14). Maintenant approche l'heure du triomphe pour les vainqueurs, lui et « tous ceux qui aiment l'épiphanie »,la venue glorieuse du Seigneur. Saint Paul n'a pas oublié sa solitude, lors de son procès; pourtant il y voit une victoire, car cela lui a permis de venir annoncer l'Évangile à Rome, et même face aux magistrats qui représentent toutes les nations païennes. La seule délivrance qu'il espère, c'est son salut définitif : son entrée dans le Royaume, en présence de la gloire de Dieu qu'il a cherchée toute sa vie.



Évangile

Suite du saint Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ selon Saint Matthieu (XVI 13-19).

Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe [1], et il demandait à ses disciples [2] : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? [3]»

Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste [4] ; pour d'autres, Elie [5] ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes [6]. » Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? [7] »

Prenant la parole Simon-Pierre déclara [8] : « Tu es le Messie[9], le Fils du Dieu vivant ! [10]» Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise [11] ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

Textes liturgiques © AELF, Paris

[1] Césarée de Philippe qui est située près de l'une des principales sources du Jourdain, au pied de l'Hermon (sud-ouest), contrôle la route entre Tyr et Damas et garde la plaine fertile du lac Huleh (le Semechonitis des Romains). Le site est identifié à Baniyas. Antiochus III y défit les Egypriens (paneas en grec). Les Grecs y dédièrent un sanctuaire à Pan et aux Nymphes. Auguste donna la région à Hérode le Grand qui lui éleva un temple. Après la mort d'Hérode, la région fut incluse dans la tétrarchie de Philippe qui reorganisa Panéas et qu'il nomma Césarée de Philippe, en son honneur et en celui de Tibère César. La ville devint un centre important de la civilisation gréco-romaine. Césarée de Philippe fut incluse dans le territoire d'Agrippa II qui l'appela Néronias, en l'honneur de Néron.

[2] Il avait voulu les séparer du reste des hommes afin qu’ils pussent en toute liberté confesser leur foi (saint Jean Chrysostome : homélie LIV sur l’évangile selon saint Matthieu, 1).

[3] Par cette question il faisait entendre qu’il y avait en lui quelque chose de plus que l’homme. Qu’il fût un homme, il suffisait de le voir, de voir son corps pour le reconnaître. Mais par cette question, il faisait entendre qu’outre ce qu’on voyait en lui il y avait quelque chose de caché, et c’est à cela que devait se porter la foi des vrais croyants (saint Hilaire de Poitiers : commentaire de l’évangile selon saint Matthieu, XVI 6).

[4] Hérode disait : Celui que moi j’ai fait décapiter, Jean, c’est lui qui s’est relevé ! (évangile selon saint Marc, VI 16).

[5] Elie avait été enlevé au ciel dans un char de feu ; quant Jésus-Christ ira au ciel, ce sera en y montant par sa propre vertu, ce sera en retournant au séjour d’où il était venu. Elie se venge en faisant descendre le feu du ciel ; Jésus préfère par une patience invincible guérir ses persécuteurs plutôt que de les faire mourir. Jérémie est sanctifié dès le sein de sa mère ; Jésus, dès le sein de sa mère, sanctifie celui qui doit être son précurseur. jean, dès le sein de sa mère avait senti la présence du Seigneur et l’avait adoré, mais Jésus était celui-là même qui était adoré. Jean baptisait dans l’eau, et Jésus baptisait dans l’Esprit ; Jean amenait à la pénitence et Jésus pardonnait les péchés (saint Ambroise : commentaire de l’évangile selon saint Luc, VI 96). Elie était vénéré comme un intercesseur et une aide dans les difficultés. On considérait Elie comme celui qui allait rétablir le peuple d'Israël, qui devait réconcilier les pères avec leurs fils et les fils avec leurs pères, avant que vienne le jour du Seigneur. A lui, pensait-on, devait revenir de désigner le Messie et de lui donner l’onction.

[6] L’opinion des gens a été rapportée au roi Hérode, presque dans les mêmes termes, (évangile selon saint Marc, VI 14-15). Selon l’opinion populaire, Jean-Baptiste aurait bien pu être ressuscité d'entre les morts ; les Juifs croyaient qu’un innocent mis à mort peut ressuciter, et, en cette qualité, accomplir des miracles, ce qu’il n’a pas fait de son vivant.

[7] Vous avez toujours été avec moi, vous avez vu des miracles plus grands que ceux qui ont été accomplis devant les foules ; vous pouvez avoir de moi une idée plus parfaite. Et de fait il leur pose cette question après qu’il a accompli devant eux de nombreux miracles, après que déjà il leur a révélé des vérités sublimes, donné des preuves nombreuses de sa divinité et de son unité avec le Père (saint Jean Chrysostome : homélie LIV sur l’évangile selon saint Matthieu, 1).

[8] Quand il s’agit de dire la vérité sur le Christ, Pierre se souvient de sa primauté et il est empressé à parler autant qu’il avait été jusque-là réservé dans son silence (S. Ambroise : De incarnationis dominicæ sacramento, IV).

Quand il s’agissait de dire les opinions qui circulaient parmi les foules, tous parlaient ; mais voici qu’il faut dire la vérité sur Jésus, un seul, Pierre, parle comme le représentant de tous les autres (saint Jean Chrysostome : homélie LIV sur l’évangile selon saint Matthieu, 1).

[9] Messias, traduit l’hébreux Mâchiah qui signifie oint dont l’équivalent en grec est Khristos (Christ).

[10] Il dit une parole qu'aucune voix humaine n'avait encore prononcée : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » En vérité, alors même que le Christ demeurant dans la chair s'était déjà déclaré Fils de Dieu, l'Apôtre fut alors le premier à reconnaître dans la foi que la nature divine est en lui. Si Jésus, en effet, a loué Pierre, ce n'est pas uniquement pour l'avoir honoré par sa profession de foi, mais aussi pour avoir reconnu son mystère, car l'Apôtre n'a pas seulement confessé le Christ, mais il l'a aussi proclamé Fils de Dieu. Pour l'honorer, il lui eût certainement suffi de confesser : « Tu es le Christ. » Il eût pourtant été inutile de l'appeler Christ sans le proclamer Fils de Dieu. De fait, en disant : Tu es, Pierre a clairement déclaré la perfection et le caractère unique de la vraie nature du Fils. Et en disant : « Celui-ci est mon Fils », le Père a révélé à Pierre qu'il devait proclamer : « Tu es le Fils de Dieu. » Car la parole Celui-ci est est l'indication donnée par celui qui révèle tandis que l'adhésion donnée par celui qui confesse sa foi s'exprime par la réponse : Tu es. L'Église est donc bâtie sur la pierre de cette confession. Mais un esprit de chair et de sang ne peut découvrir le sens de cette profession de foi. Appeler le Christ Fils de Dieu et, de plus, croire qu'il l'est, est un mystère qui ne peut étre révélé que par Dieu. Ou alors, serait-ce le nom divin qui aurait été révélé à Pierre plutôt que la filiation de nature ? Pour ce qui est du nom, Pierre avait déjà souvent entendu le Seigneur se proclamer Fils de Dieu. Sur quoi porte donc cette glorieuse révélation ? Elle concerne certainement la nature et pas le nom, qui avait déjà été souvent proclamé (Saint Hilaire de Poitiers : De Trinitate VI).

[11] Etant la pierre inébranlable, la pierre de l’angle qui fait de deux peuples un seul peuple, le fondement en dehors dquel on ne peut en établir aucun autre, je veux que toi aussi, mon serviteur, tu sois une pierre, parce que tu seras fortifié par ma puissance, et par ton union avec moi, tu possèdera les qualités qui m’appartiennent en propre (saint Léon le Grand : sermon IV, 3).



Historique de la Basilique St Pierre de Rome

Chacun se souvient que le saint apôtre Pierre fut crucifié, la tête en bas, dans le cirque du Vatican, pendant la persécution de Néron qui, pour mieux se disculper, accusa les chrétiens d’avoir provoqué l’incendie qu’il avait lui-même fait allumer (juillet 64). Devant tant de terribles supplices, Tacite bien qu’il crût les Chrétiens coupables, fut pris de pitié « car on se disait que ce n’était pas pour l’utilité publique mais pour la cruauté d’un seul qu’on les faisait mourir [1]. La Tradition enseignait que le Prince des Apôtres avait été inhumé, à flanc de coteau, sur le mont Vatican [2], près du lieu de son martyre, où les fidèles vinrent très tôt le vénérer. Grâce aux fouilles que Pie XII (1939-1958) fit effectuer, pendant dix ans, à partir du 28 juin 1939, on sait que la sépulture de Pierre est exactement sous l'autel de la Confession [3]. « C'était donc une partie redoutable à jouer et, dans un siècle où la critique commande, une terrible chance à courir. Une sagesse temporelle se fût probablement abstenue. Nul n'aurait pu blâmer Pie XII de ne point affronter un si gros risque. Et sa confiance a été récompensée. Non seulement la fouille qu’il a voulue étend et enrichit le domaine de l'histoire et de l'archéologie profanes, mais elle assure, au lieu de la ruiner ou de l'affaiblir la tradition apostolique romaine. [4] »

Le premier monument élevé sur la tombe de saint Pierre, sans doute par le saint pape Anicet (155-166), est une plaque de marbre sur laquelle on a dressé deux colonnettes de marbre blanc pour supporter une tablette appuyée dans un mur creusé de deux niches, au-dessus et au-dessous de la tablette. Au cours du troisième siècle, on ajouta du marbre autour du monument et on disposa une mosaïque à ses pieds.

La première basilique, décidée par l’empereur Constantin [5] et le saint pape Sylvestre (314-335), s'ordonnait autour de la tombe du chef des apôtres. Les architectes firent des prodiges, dans ces terrains marécageux, pour combler la considérable différence des niveaux (14 m. entre l’Est et l’Ouest ; 11 m. entre le Nord et le Sud). Tournée vers l’Ouest, la basilique comprenait 5 nefs séparées par quatre alignements de 24 colonnes de marbre couronnées de chapiteaux corinthiens ; elle était précédée d’un atrium rectangulaire[6], long de 21 mètres, où, au centre, sous un ciborium [7], on voyait une fontaine, ornée de 4 griffons [8] et surmontée d’une pomme de pin en bronze doré [9]. La basilique Saint-Pierre, ouverte par 5 portes [10], était haute de 38 mètres, elle avait 90 mètres de long et 65 mètres de large ; le transept, long de 88 mètres, lui donnait l’aspect d’un tau. Face à la nef centrale, l’abside circulaire, profonde d’une dizaine de mètres, avait 18 mètres de large. Le tombeau de saint-Pierre fut « mis à l’intérieur d’une grande armoire de marbre ouverte vers l’Orient, vers la nef de la basilique dont il occupe le centre de l’abside. »


[1] Tacite : « Annales », chapitre XV.

[2] Au début du III° siècle, s'adressant au montaniste Proclus qui se prévalait de la possession des tombes de l'apôtre Philippe et de ses filles par une église orientale, le prêtre Gaius avait déclaré : « Soit que tu ailles au Vatican, soit que tu suives la voie d’Ostie, tu y trouveras les Trophées de ceux qui fondèrent l’Eglise de Rome. » (Eusèbe de Césarée : « Histoire ecclésiastique », II, 25).

[3] Les fouilles ont été faite en deux étapes. La première étape a duré de 1939 à 1949, par les jésuites Ferrua et Kirschbaum, le professeur Apollonoj-Ghezzi (architecte) et l’archéologue Enrico Josi, sous la direction de Mgr Kaas, secrétaire-économe de la Fabrique de Saint-Pierre. La deuxième étape a commencé en 1953, par le professeur Guarducci, A. Prandi et D. Mustilli

[4] Jérôme Carcopino : « Etudes chrétiennes » (Flammarion).

[5] Le Liber Pontificalis dit que l’empereur Constantin, en signe de pénitence, a lui même travaillé aux travaux de terrassement, en remplissant de terre et en transportant sur la place une douzaine de récipients.

[6] La construction de cet atrium que l’on appelait le Paradis, est généralement attribuée au saint pape Simplicius (468-483).

[7] Ce ciborium, soutenu par quatre colonnes ioniques, était fermé d’une grille en bronze doré et décoré de paons qui, chez les Anciens, symbolisaient l’immortalité de l’âme ou la résurrection car ils croyaient que la chair des paons ne se décomposait jamais.

[8] Cet animal fabuleux a la tête, les ailes et les serres de l’aigle, associées au corps et aux membres postérieurs du lion. Dans la symbolique chrétienne, le griffon exprime les deux natures du Christ : l’aigle, la divine ; le lion, l’humaine. Dans le Purgatoire de Dante, le char triomphal de l’Eglise est tiré par un griffon.

[9] Cette énorme pomme de pin, prise entre le Panthéon et la place de Venise, dans le quartier Rione della Pina, où elle aurait servi pour une fontaine après avoir orné le sommet du Panthéon, avant que la voûte de bois ne brûlât et ne fût remplacé par l’actuelle coupole. Cette pomme de pin se trouve aujourd’hui dans une niche semi-circulaire du palais du Belvédère, dans le Cortile della Pigna qui s’étend entre la Bracci nuovo et le palais du Belvédère. Dans la symbolique chrétienne, la pomme de pin représente le fruit de l’arbre de vie.

[10] La Porta Judici que l’on n’ouvrait que pour des funérailles ; la Porta Argentea qui était recouverte d’argent ; la Porta Romana où l’on exposait les enseignes de la victoire ; la Porta Ravenniana dont le nom désignait le quartier du Transtévère (cité des Ravennais, civitas Ravennatium) ; la Porta Guidonea où attendait les guides (guidones) de la basilique.


Homélie sur St Pierre

Le Bienheureux Pierre, premier entre les Apôtres, et qui aima le Christ véhémentement, eut le bonheur de s'entendre dire : « Et moi je te dis : Tu es Pierre. Car l'apôtre avait déclaré : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Et le Christ répond : « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre j'édifierai mon Eglise [11] » : sur cette pierre, j'édifierai la foi que tu confesses. Sur cette parole que tu as dite, « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », j'édifierai mon Eglise. Car toi, tu es Pierre.

Pierre tient son nom de la pierre, et ce n'est pas de Pierre que la pierre tire son nom. Pierre vient de la pierre, se réfère à la pierre, comme le chrétien vient du Christ et se réfère au Christ. Ecoute Paul : « Car, frères, je ne veux pas que vous l'ignoriez : nos pères furent tous sous la nuée, tous ils traversèrent la mer, et tous, au temps de Moïse, il furent baptisés dans la nuée et dans la mer ; et tous ils mangèrent la même nourriture spirituelle, et tous ils burent le même breuvage spirituel : car ils buvaient de la pierre spirituelle qui les accompagnait, et la pierre était le Christ.[12] » Voilà d'où est Pierre.

Avant sa Passion, le Seigneur Jésus, comme vous le savez, choisit et appela ses disciples, ses Apôtres. Parmi eux, presque partout, Pierre reçoit cette grâce de représenter à lui seul la personne de toute l'Eglise. A cause de cette personne de toute l'Eglise, qu'il représentait à lui seul, il eut ce bonheur d'entendre : « A toi je donnerai les clés du royaume des cieux. [13] » Car ces clés, ce n'est pas un seul homme, mais c'est l'unité de l'Eglise, qui les a reçues. Et nous célébrons la primauté de Pierre précisément parce qu'il représentait toute l'universalité et l'unité de l'Eglise quand le Seigneur lui dit : « A toi, je donnerai » ce pouvoir que, de fait, il donna à tous. Et écoutez ce que le Seigneur dit à tous les Apôtres dans un autre passage de l'Evangile : « Recevez l'Esprit-Saint. Si vous remettez les péchés à quelqu'un, ils lui seront remis ; si vous les retenez, ils seront retenus. [14] » Ceci relève du pouvoir des clés, dont il a été dit : « Ce que vous délierez sur la terre sera délié aussi dans le ciel, et ce que vous lierez sur la terre sera lié aussi dans le ciel. [15] » Mais pour que tous sachent que pierre représentait la personne de toute l'Eglise, comparons ce qui est dit à lui seul et ce qui est dit à tous les fidèles : « Si ton frère a péché contre toi, corrige-le entre toi et lui seul ; s'il t'écoute, tu as gagné ton frère, S'il ne t'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute l'affaire soit établie sur la parole de deux ou trois témoins. S'il ne les écoute pas non plus, dis-le à l'Eglise ; et s'il n'écoute pas même l'Eglise, qu'il te soit comme un païen et un publicain. Amen je vous le dis : ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. [16] » C'est la colombe qui lie, et c'est la colombe qui délie : l'Edifice fondé sur la pierre lie et délie.

C'est d'abord la force de l'Eglise qui est célébrée en Pierre, parce qu'il suivit le Seigneur allant à sa Passion ; mais une certaine infirmité de l'Eglise est aussi mentionnée, car, interrogé par une servante, il renia le Seigneur. Cet Apôtre qui aimait tant le Seigneur, le renia soudain : il se retrouva lui-même, parce qu'il avait trop présumé de lui-même. Il avait déclaré, en effet : « Seigneur, j'irai avec toi jusqu'à la mort ; et s'il faut que je meure, je donne ma vie pour toi. » et le Seigneur répondit à ce présomptueux : « Tu donneras ta vie pour moi ? En vérité je te le dis : avant le chant du coq, tu m'auras renié trois fois. [17] » Ce que le médecin avait prédit, arriva ; ce que le malade avait présumé, ne pouvait arriver. Mais ensuite ? Voici ce qui est écrit, voici ce que dit l'Evangile : « Le Seigneur le regarda ; et Pierre sortit dehors, et pleura amèrement. [18] » Sortir dehors, cela veut dire ici : confesser sa faute publiquement. Il pleura amèrement, parce qu'il savait aime [19]. La douceur de l'amour suivit, parce que l'amertume de la douleur avait précédé.

C'est pour la même et bonne raison qu'après sa Résurrection le Seigneur a confié ses brebis à Pierre nommément ; car Pierre ne fut pas le seul à paître les brebis du Seigneur : mais quand le Christ parle à un seul, c'est l'unité qui est recommandée, et confiée d'abord à Pierre parce que Pierre a la primauté parmi les Apôtres. « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Il répond : « J'aime. » Interrogé une seconde fois, il répond la même chose. Interrogé une troisième fois, il s'attriste : n'a-t-on pas confiance en lui ? Mais comment n'aurait-il pas eu confiance en lui, celui qui voyait son cœur ! Après cet instant de tristesse, Pierre répond : « Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t'aime. » Sachant tout, tu ne peux pas ignorer cela.

Ne sois pas triste, ô Apôtre ! Réponds une fois, réponds deux fois, réponds trois fois. Que ta confession soit trois fois victorieuse dan l'amour puisque te présomption a été trois fois vaincue dans la peur. Ce que tu avait lié trois fois doit être délié trois fois. Délie par amour ce que tu avais lié par peur. Et le Seigneur confie ses brebis à Pierre une fois, deux fois, trois fois.

Saint Augustin, Sermon CCLXXXV

[11] Evangile selon saint Matthieu, XVI 16-18.

[12] Première épître de saint Paul aux Corinthiens, X 1-4.

[13] Evangile selon saint Matthieu, XVI 19.

[14] Evangile selon saint Jean, XX 22-23.

[15] Evangile selon saint Matthieu, XVIII 18.

[16] Evangile selon saint Matthieu, XVIII 18.

[17] Evangile selon saint Matthieu, XXVI 33-35, & évangile selon saint Jean, XIII 37-38.

[18] Evangile selon saint Luc, XXII 61-62.

[19] Flevit amare qui noverat amare : il y a ici un jeu de mot intraduisible sur amare, qui est à la fois la forme adverbiale de l'adjectif amer et l'infinitif du verbe aimer. En ce qui concerne la phrase précédente (exiit foras, hoc est confiteri), on remarquera que le mot latin foras (dehors) a donné forum : place publique ; mots qui d'autre part ont une consonance proche de fari (parler) d'où est dérivé confiteri (confesser).




Historique de la Basilique Saint Paul hors-les-murs

Après qu’il fut décapité aux Aquæ Salviæ, aujourd'hui identifiées à l’abbaye des Tre Fontane [20], le corps du saint apôtre Paul, fut enseveli dans le Prædium Lucinæ, petite arera funéraire.

qui se trouvait le long de la route qui menait à Ostie, à près de mille pas de la porte Ostienne [21]. Là où fut déposé le corps de saint Paul, on éleva sans doute une cella memoriæ au-dessus de laquelle, selon ce que l’on lit au Liber Pontificalis, l’empereur Constantin éleva une basilique [22] que le saint pape Sylvestre I° aurait consacrée le même jour même que la basilique de Saint- Pierre (18 novembre 324) [23].

Encore que les Actes de saint Sylvestre disent que Constantin fit de nombreux dons pour cette basilique, il est probable, puisqu’elle était construite entre la voie Ostienne où était située l’entrée, et le tombeau de saint Paul, qu’elle était bien plus petite que celle que nous connaissons aujourd’hui et que son abside était tournée vers l’Orient [24].

Par un rescrit impérial daté de 384, les empereurs Valentinien II, Théodose et Arcadius [25] avertissaient Sallustius, préfet de Rome, de leur volonté d'agrandir la basilique, en raison de la sainteté du lieu, de l'afflux des pèlerins et de leur dévotion, ajoutant que s’il plaisait au Peuple et au Sénat, elle devrait s'étendre plutôt le long du fleuve que dans la colline voisine. Sous la direction de Ciriade, dit mechanicus ou professor mechanicus, la nouvelle basilique, commencée entre 384 et 386, fut consacrée par le pape Sirice (390) et achevée, en 395, sous l’empereur Honorius (395-423), comme en témoigne l'inscription de l'Arc triomphal[26]. Il s’agissait d’une église à cinq portes et à cinq nefs soutenues de quatre-vingts colonnes, précédée d'un atrium carré semblable à celui de l'ancienne basilique Saint-Pierre.

Il semble qu’un tremblement de terre ébranla la basilique que saint Léon le Grand (440-461) fit restaurer, consolider et décorer. C’est à saint Léon le Grand que l’on attribue, autour de la nef, au-dessus des arcades, le commencement de la série des portraits des papes, jusqu’à Innocent I° (401-417) ; on dit aussi qu’il fit peindre dans la nef, sur deux registres, au-dessous des fenêtres et au-dessus des portraits des papes, quarante-quatre scènes de l’Ancien Testament et quarante-quatre scènes des Actes des Apôtres[27]; entre les fenêtres il aurait fait peindre des apôtres et des prophètes. C’est sous son pontificat que la princesse Galla Placidia, sœur de l’empereur Honorius, commanda et offrit les mosaïques de l’arc triomphal.

Sous le pape Symmaque (590-640), on fit consolider l’abside et décorer la confession, en même temps que l’on construisait un accueil pour les pélerins pauvres (habitacula). Saint Grégoire le Grand (590-640) fit rehausser le transept qu’il fit relier aux nefs

par cinq marches, et attribua de considérables donations foncières pour entretenir les lampes autour du tombeau de saint Paul qui par sa doctrine avait illuminé le monde entier. Serge I° (687-701) restaura le toit et les habitacula désormais appelés cubicula. Sous Grégoire II (715-731), les communautés monastiques qui étaient autour de Saint-Paul furent réunies en une seule [28], pour que les moines chantassent les louanges de Dieu jour et nuit. Charlemagne fit édifier le monastère qu’une dame romaine enrichit et abrita de fortifications. Peu touchée par les premières invasions barbares, Saint-Paul-hors-les-Murs fut mise à sac par les Lombards (739). Le pavement des nefs latérales et des vestibules fut refait sous Adrien I° (772-795) qui offrit de nombreux objets sacrés[29]. Léon III (795-816) fit consolider le toit, installer le dallage de marbre, restaurer la voûte de l’abside, ornée de mosaïques, et offrit aussi de nombreux objets sacrés.

Les Sarrasins pillèrent la basilique (847) pour quoi Léon IV (847-855) fit exécuter un nouveau ciborium soutenu de quatre colonnes d'argent. Après la bataille du Cap Circeo où il avait chassé les Sarrasins des alentours de Rome, Jean VIII (872-882), fit construite une enceinte fortifiée autour de la basilique, du monastère et de la bourgade environnante, assez semblabe à celle que Léon IV avait élevée autour du Vatican ; cet ensemble fortifié, appelé Giovannipolis, fut assez solide pour résister, en 1083 et 1084, aux assauts d'Henri IV qui dut se contenter de détruire le long portique qui allait de la basilique à la porte d'Ostie. L’abbaye, à la demande de Léon VII (936-939), avait été réformé par Saint Odon de Cluny (936) [30].

C'est au onzième siècle que l’on construisit près de la façade, à côté de la nef nord, le campanile, peu avant que l’abbé Hildebrand (futur pape Grégoire VII) qui avait fait de nombreuses restaurations, fit mettre, par ordre du Consul Pantaleion, la porte de bronze, fondue à Constantinople, en 1070, par Staurachios de Chios. Après l’incendie de 1115, Innocent II (1130-1143) fit soutenir le toit du transept par une colonnade centrale.

Au treizième siècle, les Vassalletto construisirent le cloître (1208-1235), Nicola d’Angelo et Pietro Vassalletto réalisèrent le candélabre pascal, le pape Honorius III (1216-1227), fit exécuter une nouvelle mosaïque pour l'abside qui fut achevée sous Nicolas III Gaetano (1277-1280), et Pierre Cavallini travailla aux fresques de la nef principale dont on a parlé plus haut. Au siècle suivant, Arnulf de Cambio élevait, avec son associé Pierre, le nouveau ciborium et, sous le pontificat de Jean XXII (1316-1334), Cavallini dotait la façade de la basilique de mosaïques (1325) dont des fragments sont aujourd'hui à l'intérieur.

En 1349 un tremblement de terre détruisit le campanile et une partie du portique qui furent reconstruits par le pape Clément VI Roger (1342-1352). Ce tremblement de terre avait tant endommagé la citadelle de Giovannipolis qu’on se résolut à l’abandonner puis à la détruire entièrement.

Encore que Boniface IX Tomacelli (1389-1404) et Martin V Colonna (1417-1431) eurent octroyé des indulgences pour la réparation de Saint-Paul-hors-les-Murs[31] qui ne commença qu’en 1426 sous la direction du cardinal Gabriel Condulmer (futur Eugène IV), le quinzième siècle vit peu de travaux d'embellissement à l’exception des peintures de Benozzo Gozzoli et d’Antoniazzo Romano. En 1426, le Cardinal Gabriel Condulmer obtint que Martin V unît à l'abbaye de Saint-Paul la Congrégation Sainte-Justine de Padoue ; élu à la succession de Marin V, le cardinal Condulmer (Eugène IV) octroya de nouveaux privilèges à l’abbaye et lui donna Sainte-Marie in Cosmedin et les habitations contiguës, afin que le culte puisse en cas de guerre. L’abbé de Saint-Paul-hors-les-Murs, Jean, fut désigné par Eugène IV pour recevoir le serment de fidélité d'Alphonse d'Aragon pour le royaume des Deux Siciles (1445). Sous Calixte III Borgia (1455-1458) l’abbaye reçut le château de Nazzano pour compenser les trois mille florins qu’elle avait consacrée à la croisade contre les Turcs où les armées chrétiennes reprirent Belgrade (juillet 1456) et battirent la flotte ottomane à Lesbos (août 1457). Sixte IV, Alexandre VI, Clément VII et Paul III firent aussi de nombreuses concessions en faveur de l’abbaye Saint-Paul qui était devenu un lieu de piété, d'études et d'érudition. Jules II della Rovere (1503-1513) confia aux moines de Saint-Paul-hors-les-Murs Saint-Saturnin au Quirinal et quelques maisons mitoyennes pour qu’ils y résidassent l’été (1505). Le Sénat et le Peuple Romain prirent sous leur protection l’abbaye, singulièrement pendant les vacances du Siège Apostolique (1514).

Lors du sac de Rome (1527) les troupes luthériennes du connétable de Bourbon, au service de Charles Quint, n’épargnèrent pas la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. A la fin du seizième siècle, pour le jubilé de 1575, Grégoire XIII Boncompagni (1572-1585) qui avait donné à l’abbaye le monastère du Champ de Mars, fit décorer le chœur et donna une ballustrade au tombeau de saint Paul ; Sixte Quint Peretti (1585-1590) qui fit réaménager le chœur en détruisant le presbyterium de saint Grégoire le Grand et en fermant l'entrée de la confession souterraine, commanda le plafond à caisson de la nef principale et du transept.

Sous le pontificat de Clément VIII Aldobrandini (1592-1605), Onorio Longhi (1569-1619) éleva au fond de l'abside un autel dont le retable dissimulait partie de la mosaïque (1600). Paul V Borghèse (1605-1621) donna le palais Saint-Calixte aux moines de Saint-Paul comme résidence d'été (1608). C’est à la même époque que l’on construisit la chapelle Saint-Brigitte et que Carlo Maderno fit la chapelle du Saint-Sacrement (1619-1620)[32] décorée par Giovanni Lanfranco dont les toiles ont été dispersées[33]. Innocent X Pamphili (1644-1655) aurait voulu que Francesco Borromini renouvelât totalement la basilique Saint-Paul comme il l’avait fait pour Saint-Jean du Latran à l’occasion de l’année sainte de 1650, mais il n’eut le temps que de commencer la réfection du toit, achevé sous Clément X Altieri (1670-1676).

Benoît XIII Orsini (1724-1730) fit refaire, par Antoine Canevari et Mathieu Sassi, le portique de la basilique qui, à peine restauré par Alessandro Specchi, s’était brusquement écroulé (1° mai 1724) ; cette nouvelle construction, achevée pour l’année sainte 1725, nécessita la destruction du narthex primitif. La même année, il fit construire la chapelle du Crucifix[34]. Benoît XIV Lambertini (1740-1758), fit restaurer la mosaïque de l'abside (1747), les peintures de Cavallini, et la série des portraits des papes qui fut continuée par Salvatore Monosilio.

Le terrible incendie, survenu dans la nuit du 15 au 16 juillet 1823, détruisit presque complètement la basilique. Ne furent sauvés qu'une partie de la façade, l'arc triomphal, le transept et le cloître. Mais les fresques de Cavallini furent anéanties et les mosaïques reçurent de graves dommages. Du monde entier, dans un émouvant concours de solidarité, parvinrent aussitôt des dons généreux pour la reconstruction de la basilique et les travaux furent immédiatement entrepris. L'œuvre fut d'abord confiée à Pascal Belli (1752-1833), à Pierre Bosio et à Pierre Camporese le jeune (1807-1873), la direction en fut finalement prise par Louis Poletti (1792-1869), auquel est dû le dessin de l'extérieur et de l'intérieur et l'érection du campanile. Virgilio Vespignani (1808-1882) dessina le portique ; Guillaume Calderini (1837-1916) lui apporta quelques modification et en termina la construction. Nicolas Consoni (1814-1884) et Louis Agricola (1795-1857) dessinèrent les nouvelles mosaïques de la façade. Le 4 Octobre 1840, Grégoire XVI fit la dédicace du transept et, en 1854, le même jour, , Pie IX procéda à la consécration de l'ensemble de la basilique restaurée.


[20] Saint Grégoire Grand rapporte que la tête de l’apôtre Paul rebondit trois fois et fit chaque fois jaillir une source.

[21] Selon le témoignage d’Eusèbe de Césarée, la décapitation de saint Paul s’est faite la quatorzième année du règne de Néron, soit entre juillet 67 et juin 68.

[22] fecit basilicam Sancto Paulo Apostolo cuius corpus recondidit et conclusit in arca Sancti Petri.

[23] La confession est toujours restée au lieu où Constantin fit élever la première basilique sur la tombe même de l'Apôtre. La tombe, d'abord visible au dessus du sol, jusqu'au IXe siècle, a depuis été enterrée. Elle n'est reparue au jour que durant les travaux de reconstruction du siècle dernier. Le sarcophage qui garde le corps de l'Apôtre des Gentils est recouvert d'une plaque de marbre portant l'inscription Paulo/Apostolo Mart, que les meilleurs érudits qui en ont étudié la paléographie datent du IVe siècle.

[24] Prudence (348-405), grand poète de l’antiquité chrétienne occidentale, écrivait : Du côté où s’ouvre la Voie d’Ostie, s’élève le tombeau de Paul, à l’endroit où sur la gauche, le fleuve embrasse les prés. Le site est meveilleux. Un très bon prince construisit le temple et ses dépendances avec magnanimité. Les poutres disparaissent sous des plaques d’or, pour qu’à l’intérieur, la lumière brille comme au soleil levant. Il étaya par des colonnes munies de chapiteaux d’or, le voûte dorée, partagée en quatre nef.

[25] Ce pourquoi elle porte le nom de basilique des trois empereurs.

[26] THEODOSIUS COEPIT PERFECIT HONORIUS AULAM DOCTORIS MUNDI SACRATAM CORPORE PAULI.

[27] Ces deux cycles, refaits au XIII° siècle par Cavallini et Ghiberti, échappèrent pour la plupart à l’incendie de 1823, mais furent détruits lors de la reconstruction ; on en conserve les copies qu’en fit faire le cardinal Francesco Barberini, en 1635.

[28] Monasteria, quæ secus basilicam S. pauli erant ad solitudinem reducta, innovavit (...) congregationnem post lungum tempus constituit.

[29] Quand leur roi des Lombards, Didier, vint à Rome, Adrien I°, qui avait abondamment enrichie la basilique Saint-Paul, mit à l'abri les objets sacrés, les tapisseries et les étoffes précieuses (773) qui y étaient conservées.

[30] Ut monasterium intra ecclesiam beati Pauli Apostoli, ut ilim fuerit, reædificaret

[31] bulle du 4 septembre 1423.

[32] Il s’agit de l’actuelle chapelle Saint-Laurent.

[33] Deux lunettes peintes à fresque sont encore au monastère et deux tableaux sont à Rome, dans des collections privées.

[34] Il s’agit de l’actuelle chapelle du Saint-Sacrement.




Une Unité qui transcende toutes les différences

28 juin 2009 by P. Thomas Rosica

Réflexion biblique en la Fête des apôtres Pierre et Paul

Aujourd’hui mes réflexions veulent donner le sens de la fête des saints Pierre et Paul célébré le 29 juin. L’itinéraire de Pierre fut de passer de la faiblesse du refus au roc de la fidélité. Il nous a donné l’ultime témoignage de la croix. Le pèlerinage de Paul fut de l’aveuglement de la persécution au feu de la proclamation. Il a rendu vivante la Parole de Dieu aux nations.

Être avec Pierre signifie préserver l’unité de l’Église chrétienne. Parler avec Paul c’est proclamer la pure Parole de Dieu. Leur passion était de proclamer l’Évangile du Christ. Leur engagement était de créer une place pour chacun dans l’église du Christ. Leur loyauté envers le Christ mena à la mort. Pierre et Paul sont pour nous une fondation solide; ils sont les piliers de notre église.

À Césarée de Philippe, affirmation, identité et intention

Le récit de l’évangile d’aujourd’hui (Matthieu 16, 13-19) tourne autour de l’affirmation, d’identité et d’intention. Jésus et ses disciples viennent d’arriver dans la région de Césarée de Philippe, loin de leur environnement familier. Césarée de Philippe, bâtie par Philippe, était une garnison romaine, pleine d’architecture, d’imagerie, et de styles de vie de la civilisation urbaine gréco-romaine. Cette place était étrangère aux apôtres qui étaient plus habitués à des bourgs et des alentours du lac.

Sexualité et violence marchaient fort dans ces sanctuaires religieux de la ville, connus pour leur culte au dieu grec Pan. Dans ce centre de pouvoir, de sophistication et d’exubérance du culte païen, Jésus se tourne vers ses disciples et leur demande ce que les gens disent de lui Comment voient-ils son travail? Qu’ont-ils à l’esprit? Probablement pris de court par cette question, les disciples font appel à leurs souvenirs: des remarques surprises lors de conversations, des opinions qui circulaient dans les villes de pêcheurs des environs du lac. Jésus lui-même est au courant de quelques-unes des histoires à son sujet. Il ne connaît que trop bien l’attitude de sa propre ville de Nazareth et ce souvenir le blesse profondément.

Les disciples établissent une liste d’étiquettes appliquées à Jésus. Et ces noms révèlent leurs différentes attentes au sujet de Jésus. Certains ont pensé au flamboyant Élie, travaillant à une réelle confrontation avec les puissances. D’autres le considèrent plus comme Jérémie se lamentant, centré plus sur l’itinéraire intérieur, le côté privé de la vie. Par-dessus tout, la question posée aux disciples fait écho à travers les temps, en tant que tournant décisif pour tout chrétien.

À un certain moment, chacun doit vivre ce qui s’est passé à Césarée de Philippe et répondre à la question provocatrice de Jésus: «Pour vous, qui suis-je? » Selon notre propre déclaration de foi en Jésus, quels sont les responsabilités et les engagements que nous percevons?

Sur la route de Damas, la conversion de Paul

En l’an 35 avant JC, Saül apparaît comme un jeune pharisien très droit, presque anti-chrétien à l’extrême. Nous lisons dans les Actes au chapitre 7 qu’il était présent, bien que ne prenant pas part, à la lapidation d’Étienne. Très vite après, Paul fait l’expérience de la révélation qui a transformé sa vie. Sur la route vers Damas, ville de Syrie, où il allait continuer les persécutions contre les Chrétiens, il est frappé d’aveuglement. Avec enthousiasme, Paul a accepté la mission de prêcher l’évangile du Christ, mais comme beaucoup d’autres appelés à une grande tâche, il sentit son indignité et disparut du monde pour passer trois ans en « Arabie » à méditer et prier avant de commencer sa mission.

Ses voyages terrestres et par mer nous sont racontés dans ses lettres dans le Nouveau Testament. Paul lui-même nous dit qu’il fut lapidé, fouetté trois fois, naufragé trois fois, qu’il a enduré la faim et la soif, des nuits sans sommeil, des périls; à côté de ces épreuves physiques, il a souffert de beaucoup de déceptions et d’angoisses presque constantes au sujet des communautés chrétiennes faibles et disséminées.

Les derniers moments sur terre de Pierre et Paul

Selon l’ancienne tradition, au matin du 29 juin, Pierre et Paul sont tirés de leur cellule commune de la prison Mamertime de Rome et séparés. Pierre est transféré au cirque Néron où il est crucifié la tête en bas, alors que Paul est emmené à l’est de Rome à l’endroit maintenant connu sous le nom de «Tre Fontane». Le nom rappelle la légende de la décapitation du saint quand sa tête rebondit trois fois, créant ainsi trois fontaines. A travers les âges, les artistes ont peint leur adieu, méprisant souvent la dernière accolade des deux amis. La légende dorée se souvient de leurs paroles de séparation :

Paul à Pierre: «Paix sur toi, Pierre de fondation des églises et berger des brebis et des agneaux du Christ !»

Et Pierre à Paul: «Va en paix, prêcheur de la vie vertueuse, médiateur et meneur du salut du droit!»

Le lien entre les deux saints est aussi évident dans leur basilique respective. L’empereur Constantin a construit les six premières églises chrétiennes de 313 à 328, et parmi celles-ci furent la basilique St-Pierre et celle «hors les murs» de St-Paul. Cinq de ces églises font face à l’Est, orientation commune des églises de ce temps. Celle de St-Paul est orientée vers l’Ouest, afin qu’à travers la ville, les deux basiliques veillent sur les brebis et les agneaux de leur cité.

Un texte de saint Jean Chrysostome est très approprié en cette fin d’année consacrée à saint Paul. Il est tiré de sa dernière homélie sur l’épître de Paul aux Romains. Après avoir exprimé son désir ardent de visiter le tombeau de saint Paul à Rome et d’y voir même la poussière du corps de saint Paul, Jean Chrysostome s’exclame:

Qui me donnera donc d’embrasser le corps du glorieux Paul, de demeurer attaché à son tombeau, de voir les cendres de ce corps qui suppléait dans sa chair à ce qui manquait aux souffrances de Jésus-Christ, qui portait les stigmates du Sauveur, qui répandait partout l’Évangile? … la poussière de cette bouche qui faisait parler le Christ …

Non, ce n’est pas de cette bouche seulement, mais de ce grand cœur aussi que je voudrais voir la poussière; on dirait, la vérité, en appelant ce coeur, le cœur de toute la race humaine, la source inépuisable des biens, le principe et l’élément de notre vie….. de ce cœur plus élevé que le plus haut des cieux, plus large que la terre, plus resplendissant que les rayons du soleil, plus ardent que le feu, plus solide que le diamant, de ce cœur qui versait des eaux vives… ce cœur qui mérita d’aimer Jésus-Christ plus que nul antre ne l’aima jamais. »

Je voudrais voir la poussière de ces mains chargées de fers, dont l’imposition donnait l’Esprit; de ces mains qui écrivaient cette lettre (aux Romains) …

« Je voudrais voir la poussière de ces yeux frappés d’une cécité bienfaisante, dont les regards embrassèrent ensuite le salut du monde, de ces yeux qui ont eu la gloire de contempler le corps du Christ, de ces yeux qui voyaient les choses de la terre et étui ne les voyaient pas, qui apercevaient ce qu’on ne peut apercevoir, qui ne connaissaient pas le sommeil, qui veillaient au milieu des nuits…

Je voudrais voir la poussière de ces pieds qui ont parcouru la terre, sans ressentir la fatigue, qu’on a liés contre le bois de la prison, quand il secoua et fit trembler les murailles; la poussière de ces pieds qui franchissaient et les lieux habités et les déserts, de ces pieds toujours en voyage… »

« Je voudrais voir la tombe où reposent les armes de la justice, les armes de la lumière, les membres maintenant vivants, et qui étaient morts … membres du Christ, revêtus du Christ, temple de l’Esprit, demeure sainte, où tout était cimenté par l’Esprit, cloué, rivé par la crainte de Dieu, empreint des stigmates de Jésus-Christ. »

St Jean Chrysostome, «Homélie 32 sur l’Épître aux Romains,dans la Lettre aux Romains,» Migne, Patrologia Graeca 60, 678-80).

Ensemble, ils bâtirent l’Église

Comme des hommes ordinaires, Pierre et Paul se seraient peut-être éviter par moment. Pierre était un pêcheur de la Mer de Galilée et Paul un intellectuel ayant reçu une éducation grecque. Mais Jésus les a pris ensemble pour être un signe pour son église dans laquelle le spectre entier de l’humanité trouverait une place nouvelle qu’on appelle chez soi. Ensemble, ils travaillèrent à construire l’église. Ensemble ils ont témoigné du Christ. Tous deux ils ont enduré la mort du Seigneur, mort de mains meurtrières. Paul est mort par l’épée et Pierre fut crucifié la tête en bas. Leur unité a transcendé toutes les différences. Ils nous enseignent la profondeur de l’engagement chrétien. Par Pierre et Paul, la révélation de la véritable identité de Jésus apporta des nouvelles exigences et responsabilités.

En proclamant cette année de saint Paul qui maintenant se termine, le pape Benoît XVI a invité chaque catholique de regarder dans le miroir de sa vie et de se demander: «Suis-je déterminé et prêt à annoncer la foi catholique comme saint Paul l’a fait? Ai-je le souci de répandre la foi par mon exemple et mes conversations avec mes amis, collègues et connaissances? Qu’est ce que je perçois comme responsabilités en déclarant ma foi en Jésus?



Sts Pierre et Paul, apôtres

Dom Lefebvre, Missel

L’Église tout entière est en fête, car « Dieu a consacré ce jour par le martyre des Apôtres Pierre et Paul » (Or.). Et dans les deux grandioses basiliques élevées à Rome sur les tombeaux de ces deux Princes qui ont conquis par la croix et l’épée leur place au sénat éternel » [1], on célébrait autrefois un double sacrifice. Plus tard, à cause de la grande distance qui séparait ces deux églises, on divisa cette fête en honorant plus spécialement Saint Pierre le 29 Juin et Saint Paul le 30.

Saint Pierre, évêque de Rome, est le vicaire, c’est-à-dire le lieutenant, le remplaçant visible du Christ. Comme le montrent la Préface, l’Alléluia, l’Évangile, l’Offertoire et la Communion, les Juifs avaient rejeté Jésus, ils firent de même à l’égard de son successeur (Ép.). Déplaçant alors le centre religieux du monde, Pierre quitta Jérusalem pour Rome qui devint la ville éternelle et le siège de tous les Papes.

Saint Pierre, premier Pape, parle au nom du Christ qui lui a communiqué son infaillibilité doctrinale. Aussi n’est-ce pas la chair et le sang qui le guident, mais le Père céleste qui ne permet pas non plus que les portes de l’enfer prévalent contre l’Église, dont il est le fondement (Év.).

S. Pierre en recevant les clefs est préposé au « royaume des cieux » sur terre, c’est-à-dire à l’Église, et règne au nom du Christ qui l’a investi de sa puissance et de son autorité suprême (Ev.). Les noms de S. Pierre et de S. Paul ouvrent la liste des apôtres au Canon de la Messe. (lre liste). Avec l’Église qui ne cessait d’adresser des prières à Dieu pour Pierre (Ep.), prions pour son successeur, le serviteur de Dieu, notre Saint Père le Pape (Canon de la Messe).



The Acts of Peter and Paul

It came to pass, after Paul went out of the island Gaudomeleta, that he came to Italy; and it was heard of by the Jews who were in Rome, the elder of the cities, that Paul demanded to come to Cæsar. Having fallen, therefore, into great grief and much despondency, they said among themselves: It does not please him that he alone has afflicted all our brethren and parents in Judæa and Samaria, and in all Palestine; and he has not been pleased with these, but, behold, he comes here also, having through imposition asked Cæsar to destroy us.


Having therefore made an assembly against Paul, and having considered many proposals, it seemed good to them to go to Nero the emperor, to ask him not to allow Paul to come to Rome. Having therefore got in readiness not a few presents, and having carried them with them, with supplication they came before him, saying: We beseech you, O good emperor, send orders into all the governments of your worship, to the effect that Paul is not to come near these parts; because this Paul, having afflicted all the nation of our fathers, has been seeking to come hither to destroy us also. And the affliction, O most worshipful emperor, which we have from Peter is enough for us.

And the Emperor Nero, having heard these things, answered them: It is according to your wish. And we write to all our governments that he shall not on any account come to anchor in the parts of Italy. And they also informed Simon the Magian, having sent for him, that, as has been said, he should not come into the parts of Italy.

And while they were thus doing, some of those that had repented out of the nations, and that had beenbaptized at the preaching of Peter, sent elders to Paul with a letter to the following effect: Paul, dear servant of our Lord Jesus Christ, and brother of Peter, the first of the apostles, we have heard from the rabbis of theJews that are in this Rome, the greatest of the cities, that they have asked Cæsar to send into all his governments, in order that, wherever you may be found, you may be put to death. But we have believed, and do believe, that as God does not separate the two great lights which He has made, so He is not to part you from each other, that is, neither Peter from Paul, nor Paul from Peter; but we positively believe in our Lord Jesus Christ, into whom we have been baptized, that we have become worthy also of your teaching.

And Paul, having received the two men sent with the letter on the twentieth of the month of May, became eager to go, and gave thanks to the Lord and Master Jesus Christ. And having sailed from Gaudomeleta, he did not now come through Africa to the parts of Italy, but ran to Sicily, until he came to the city of Syracusewith the two men who had been sent from Rome to him. And having sailed thence, he came to Rhegium of Calabria, and from Rhegium he crossed to Mesina, and there ordained a bishop, Bacchylus by name. And when he came out of Mesina he sailed to Didymus, and remained there one night. And having sailed thence, he came to Pontiole on the second day.

And Dioscorus the shipmaster, who brought him to Syracuse, sympathizing with Paul because he had delivered his son from death, having left his own ship in Syracuse, accompanied him to Pontiole. And some of Peter'sdisciples having been found there, and having received Paul, exhorted him to stay with them. And he stayed a week, in hiding, because of the command of Cæsar. And all the toparchs were watching to seize and kill him. But Dioscorus the shipmaster, being himself also bald, wearing his shipmaster's dress, and speaking boldly, on the first day went out into the city of Pontiole. Thinking therefore that he was Paul, they seized him, and beheaded him, and sent his head to Cæsar.

Cæsar therefore, having summoned the first men of the Jews, announced to them, saying: Rejoice with greatjoy, for Paul your enemy is dead. And he showed them the head. Having therefore made great rejoicing on that day, which was the fourteenth of the month of June, each of the Jews fully believed it.

And Paul, being in Pontiole, and having heard that Dioscorus had been beheaded, being grieved with great grief, gazing into the height of the heaven, said: O Lord Almighty in heaven, who hast appeared to me in every place whither I have gone on account of Your only-begotten Word, our Lord Jesus Christ, punish this city, and bring out all who have believed in God and followed His word. He said to them therefore: Follow me: And going forth from Pontiole with those who had believed in the word of God, they came to a place calledBaias; and looking up with their eyes, they all see that city called Pontiole sunk into the sea-shore about one fathom; and there it is until this day, for a remembrance, under the sea.

And having gone forth from Baias, they went to Gaitas, and there he taught the word of God. And he stayed there three days in the house of Erasmus, whom Peter sent from Rome to teach the Gospel of God. And having come forth from Gaitas, he came to the castle called Taracinas, and stayed there seven days in the house ofCæsarius the deacon, whom Peter had ordained by the laying on of hands. And sailing thence, he came by the river to a place called Tribus Tabernes.

And those who had been saved out of the city of Pontiole that had been swallowed up, reported to Cæsar inRome that Pontiole had been swallowed up, with all its multitude. And the emperor, being in great grief on account of the city, having summoned the chief of the Jews, said to them: Behold, on account of what I heard from you, I have caused Paul to be beheaded, and on account of this the city has been swallowed up. And the chief of the Jews said to Cæsar: Most worshipful emperor, did we not say to you that he troubled all the country of the East, and perverted our fathers? It is better therefore, most worshipful emperor, that one city be destroyed, and not the seat of your empire; for this had Rome to suffer. And the emperor, having heard their words, was appeased.

And Paul stayed in Tribus Tabernes four days. And departing thence, he came to Appii Forum, which is calledVicusarape; and having slept there that night, he saw one sitting on a golden chair, and a multitude of blacks standing beside him, saying: I have today made a son murder his father. Another said: And I have made a house fall, and kill parents with children. And they reported to him many evil deeds— some of one kind, some of another. And another coming, reported to him: I have managed that the bishop Juvenalius, whom Peterordained, should sleep with the abbess Juliana. And having heard all these things when sleeping in that AppiiForum, near Vicusarape, straightway and immediately he sent to Rome one of those who had followed him from Pontiole to the bishop Juvenalius, telling him this same thing which had just been done. And on the following day, Juvenalius, running, threw himself at the feet of Peter, weeping and lamenting, and saying what had just befallen; and he recounted to him the matter, and said: I believe that this is the light which you were awaiting. And Peter said to him: How is it possible that it is he when he is dead? And Juvenalius thebishop took to Peter him that had been sent by Paul, and he reported to him that he was alive, and on his way, and that he was at Appii Forum. And Peter thanked and glorified the God and Father of our Lord Jesus Christ.

Then having summoned his disciples that believed, he sent them to Paul as far as Tribus Tabernes. And the distance from Rome to Tribus Tabernes is thirty-eight miles. And Paul seeing them, having given thanks to our Lord Jesus Christ, took courage; and departing thence, they slept in the city called Aricia.

And a report went about in the city of Rome that Paul the brother of Peter was coming. And those thatbelieved in God rejoiced with great joy. And there was great consternation among the Jews; and having gone to Simon the Magian, they entreated him, saying: Report to the emperor that Paul is not dead, but that he is alive, and has come. And Simon said to the Jews: What head is it, then, which came to Cæsar from Pontiole? Was it not bald also?

And Paul having come to Rome, great fear fell upon the Jews. They came together therefore to him, and exhorted him, saying: Vindicate the faith in which you were born; for it is not right that you, being a Hebrew, and of the Hebrews, should call yourself teacher of Gentiles, and vindicator of the uncircumcised; and, being yourself circumcised, that you should bring to nought the faith of the circumcision. And when you see Peter, contend against his teaching, because he has destroyed all the bulwarks of our law; for he has prevented the keeping of Sabbaths and new moons, and the holidays appointed by the law. And Paul, answering, said to them: That I am a true Jew, by this you can prove; because also you have been able to keep the Sabbath, and to observe the true circumcision; for assuredly on the day of the Sabbath God rested from all His works. We have fathers, and patriarchs, and the law. What, then, does Peter preach in the kingdom of the Gentiles? But if he shall wish to bring in any new teaching, without any tumult, and envy, and trouble, send him word, that we may see, and in your presence I shall convict him. But if his teaching be true, supported by the book and testimony of the Hebrews, it becomes all of us to submit to him.

Paul saying these and such like things, the Jews went and said to Peter: Paul of the Hebrews has come, and entreats you to come to him, since those who have brought him say that he cannot meet whomsoever he may wish until he appear before Cæsar. And Peter having heard, rejoiced with great joy; and rising up, immediately went to him. And seeing each other, they wept for joy; and long embracing each other, they bedewed each other with tears.

And when Paul had related to Peter the substance of all his doings, and how, through the disasters of the ship, he had come, Peter also told him what he had suffered from Simon the Magian, and all his plots. And having told these things, he went away towards evening.

And in the morning of the following day, at dawn, behold, Peter coming, finds a multitude of the Jews beforePaul's door. And there was a great uproar between the Christian Jews and the Gentiles. For, on the one hand, the Jews said: We are a chosen race, a royal priesthood, the friends of Abraham, and Isaac, and Jacob, and all the prophets, with whom God spoke, to whom He showed His own mysteries and His great wonders. But you of the Gentiles are no great thing in your lineage; if otherwise, you have become polluted and abominable byidols and graven images.

While the Jews were saying such things, and such-like, those of the Gentiles answered, saying: We, when we heard the truth, straightway followed it, having abandoned our errors. But you, both knowing the mighty deedsof your fathers, and seeing the signs of the prophets, and having received the law, and gone through the sea with dry feet, and seen your enemies sunk in its depths, and the pillar of fire by night and of cloud by day shining upon you, and manna having been given to you out of heaven, and water flowing to you out of a rock—after all these things you fashioned to yourselves the idol of a calf, and worshipped the graven image. But we, having seen none of the signs, believe to be a Saviour the God whom you have forsaken in unbelief.

While they were contending in these and such-like words, the Apostle Paul said that they ought not to make such attacks upon each other, but that they should rather give heed to this, that God had fulfilled His promises which He swore to Abraham our father, that in his seed he should inherit all the nations. For there is no respect of persons with God. As many as have sinned in law shall be judged according to law, and as many as have sinned without law shall perish without law. Romans 2:12 But we, brethren, ought to thank God that, according to His mercy, He has chosen us to be a holy people to Himself: so that in this we ought to boast, whether Jews or Greeks; for you are all one in the belief of His name.

And Paul having thus spoken, both the Jews and they of the Gentiles were appeased. But the rulers of theJews assailed Peter. And Peter, when they accused him of having renounced their synagogues, said: Hear, brethren, the holy Spirit about the patriarch David, promising, Of the fruit of your womb shall He set upon your throne. Him therefore to whom the Father said, You are my Son, this day have I begotten You, the chiefpriests through envy crucified; but that He might accomplish the salvation of the world, it was allowed that He should suffer all these things. Just as, therefore, from the side of Adam Eve was created, so also from the side of Christ was created the Church, which has no spot nor blemish. In Him, therefore, God has opened an entrance to all the sons of Abraham, and Isaac, and Jacob, in order that they may be in the faith of profession towards Him, and have life and salvation in His name. Turn, therefore, and enter into the joy of your fatherAbraham, because God has fulfilled what He promised to him. Whence also the prophet says, The Lord hassworn, and will not repent: You are a priest for ever, after the order of Melchizedec. For a priest He became upon the cross, when He offered the whole burnt-offering of His own body and blood as a sacrifice for all the world.

And Peter saying this and such-like, the most part of the people believed. And it happened also that Nero'swife Libia, and the yoke-fellow of Agrippa the prefect, Agrippina by name, thus believed, so that also they went away from beside their own husbands. And on account of the teaching of Paul, many, despising military life, clung to God; so that even from the emperor's bed-chamber some came to him, and having becomeChristians, were no longer willing to return to the army or the palace.

When, consequently, the people were making a seditious murmuring, Simon, moved with zeal, rouses himself, and began to say many evil things about Peter, saying that he was a wizard and a cheat. And they believedhim, wondering at his miracles; for he made a brazen serpent move itself, and stone statues to laugh and move themselves, and himself to run and suddenly to be raised into the air. But as a set-off to these, Peterhealed the sick by a word, by praying made the blind to see, put demons to flight by a command; sometimes he even raised the dead. And he said to the people that they should not only flee from Simon's deceit, but also that they should expose him, that they might not seem to be slaves to the devil.

And thus it happened that all pious men abhorred Simon the Magian, and proclaimed him impious. But those who adhered to Simon strongly affirmed Peter to be a magian, bearing false witness as many of them as were with Simon the Magian; so that the matter came even to the ears of Nero the Cæsar, and he gave order to bring Simon the Magian before him. And he, coming in, stood before him, and began suddenly to assumedifferent forms, so that on a sudden he became a child, and after a little an old man, and at other times a young man; for he changed himself both in face and stature into different forms, and was in a frenzy, having the devil as his servant. And Nero beholding this, supposed him to be truly the son of God; but the ApostlePeter showed him to be both a liar and a wizard, base and impious and apostate, and in all things opposed to the truth of God, and that nothing yet remained except that his wickedness, being made apparent by the command of God, might be made manifest to them all.

Then Simon, having gone in to Nero, said: Hear, O good emperor: I am the son of God come down fromheaven. Until now I have endured Peter only calling himself an apostle; but now he has doubled the evil: forPaul also himself teaches the same things, and having his mind turned against me, is said to preach along with him; in reference to whom, if you shall not contrive their destruction, it is very plain that your kingdomcannot stand.

Then Nero, filled with concern, ordered to bring them speedily before him. And on the following day Simon the Magian, and Peter and Paul the apostles of Christ, having come in to Nero, Simon said: These are the disciplesof the Nazarene, and it is not at all well that they should be of the people of the Jews, Nero said: What is aNazarene? Simon said: There is a city of Judah which has always been opposed to us, called Nazareth, and to it the teacher of these men belonged. Nero said: God commands us to love every man; why, then, do you persecute them? Simon said: This is a race of men who have turned aside all Judæa from believing in me.Nero said to Peter: Why are you thus unbelieving, according to your race? Then Peter said to Simon: You have been able to impose upon all, but upon me never; and those who have been deceived, God has through me recalled from their error. And since you have learned by experience that you can not get the better of me, I wonder with what face you boast yourself before the emperor, and supposest that through your magic art you shall overcome the disciples of Christ. Nero said: Who is Christ? Peter said: He is what this Simon the Magianaffirms himself to be; but this is a most wicked man, and his works are of the devil. But if you wish to know, O good emperor, the things that have been done in Judæa about Christ, take the writings of Pontius Pilatesent to Claudius, and thus you will know all. And Nero ordered them to be brought, and to be read in their presence; and they were to the following effect: 

Pontius Pilate to Claudius, greeting. There has lately happened an event which I myself was concerned in. For the Jews through envy have inflicted on themselves, and those coming after them, dreadful judgments. Their fathers had promises that their God would send them his holy one from heaven, who according to reasonshould be called their king, and he had promised to send him to the earth by means of a virgin. He, then, when I was procurator, came into Judæa. And they saw him enlightening the blind, cleansing lepers, healing paralytics, expelling demons from men, raising the dead, subduing the winds, walking upon the waves of the sea, and doing many other wonders, and all the people of the Jews calling him Son of God. Then the chiefpriests, moved with envy against him, seized him, and delivered him to me; and telling one lie after another, they said that he was a wizard, and did contrary to their law. And I, having believed that these things were so, gave him up, after scourging him, to their will; and they crucified him, and after he was buried set guards over him. But he, while my soldiers were guarding him, rose on the third day. And to such a degree was thewickedness of the Jews inflamed against him, that they gave money to the soldiers, saying, Say his discipleshave stolen his body. But they, having taken the money, were not able to keep silence as to what had happened; for they have testified that they have seen him (after he was) risen, and that they have received money from the Jews. These things, therefore, have I reported, that no one should falsely speak otherwise, and that you should not suppose that the falsehoods of the Jews are to be believed.

And the letter having been read, Nero said: Tell me, Peter, were all these things thus done by him? Petersaid: They were, with your permission, O good emperor. For this Simon is full of lies and deceit, even if it should seem that he is what he is not— a god. And in Christ there is all excellent victory through God and through man, which that incomprehensible glory assumed which through man deigned to come to the assistance of men. But in this Simon there are two essences, of man and of devil, who through man endeavours to ensnare men.

Simon said: I wonder, O good emperor, that you reckon this man of any consequence— a man uneducated, a fisherman of the poorest, and endowed with power neither in word nor by rank. But, that I may not long endure him as an enemy, I shall immediately order my angels to come and avenge me upon him. Peter said: I am not afraid of your angels; but they shall be much more afraid of me in the power and trust of my LordJesus Christ, whom you falsely declarest yourself to be.

Nero said: Are you not afraid, Peter, of Simon, who confirms his godhead by deeds? Peter said: Godhead is in Him who searches the hidden things of the heart. Now then, tell me what I am thinking about, or what I am doing. I disclose to your servants who are here what my thought is, before he tells lies about it, in order that he may not dare to lie as to what I am thinking about. Nero said: Come hither, and tell me what you are thinking about. Peter said: Order a barley loaf to be brought, and to be given to me secretly. And when he ordered it to be brought, and secretly given to Peter, Peter said: Now tell us, Simon, what has been thought about, or what said, or what done.

Nero said: Do you mean me to believe that Simon does not know these things, who both raised a dead man, and presented himself on the third day after he had been beheaded, and who has done whatever he said he would do? Peter said: But he did not do it before me. Nero said: But he did all these before me. For assuredly he ordered angels to come to him, and they came. Peter said: If he has done what is very great, why does he not do what is very small? Let him tell what I had in my mind, and what I have done. Nero said: Between you, I do not know myself. Simon said: Let Peter say what I am thinking of, or what I am doing. Peter said: WhatSimon has in his mind I shall show that I know, by my doing what he is thinking about. Simon said: Know this, O emperor, that no one knows the thoughts of men, but God alone. Is not, therefore, Peter lying? Peter said: you, then, who sayest that you are the Son of God, tell what I have in my mind; disclose, if you can, what I have just done in secret. For Peter, having blessed the barley loaf which he had received, and hawing broken it with his right hand and his left, had heaped it up in his sleeves. Then Simon, enraged that he was not able to tell the secret of the apostle, cried out, saying: Let great dogs come forth, and eat him up before Cæsar. And suddenly there appeared great dogs, and rushed at Peter. But Peter, stretching forth his hands to pray, showed to the dogs the loaf which he had blessed; which the dogs seeing, no longer appeared. Then Petersaid to Nero: Behold, I have shown you that I knew what Simon was thinking of, not by words, but by deeds; for he, having promised that he would bring angels against me, has brought dogs, in order that he might show that he had not god-like but dog-like angels.

Then Nero said to Simon: What is it, Simon? I think we have got the worst of it. Simon said: This man, both inJudæa and in all Palestine and Cæsarea, has done the same to me; and from very often striving with me, he has learned that this is adverse to them. This, then, he has learned how to escape from me; for the thoughts of men no one knows but God alone. And Peter said to Simon: Certainly you feign yourself to be a god; why, then, do you not reveal the thoughts of every man?

Then Nero, turning to Paul, said: Why do you say nothing, Paul? Paul answered and said: Know this, O emperor, that if you permit this magician to do such things, it will bring an access of the greatest mischief to your country, and will bring down your empire from its position. Nero said to Simon: What do you say? Simonsaid: If I do not manifestly hold myself out to be a god, no one will bestow upon me due reverence. Nerosaid: And now, why do you delay, and not show yourself to be a god, in order that these men may be punished? Simon said: Give orders to build for me a lofty tower of wood, and I, going up upon it, will call myangels, and order them to take me, in the sight of all, to my father in heaven; and these men, not being able to do this, are put to shame as uneducated men. And Nero said to Peter: Have you heard, Peter, what has been said by Simon? From this will appear how much power either he or your god has. Peter said: O mostmighty emperor, if you were willing, you might perceive that he is full of demons. Nero said: Why do you make to me roundabouts of circumlocutions? Tomorrow will prove you.

Simon said: Do you believe, O good emperor, that I who was dead, and rose again, am a magician? For it had been brought about by his own cleverness that the unbelieving Simon had said to Nero: Order me to be beheaded in a dark place, and there to be left slain; and if I do not rise on the third day, know that I am a magician; but if I rise again, know that I am the Son of God.

And Nero having ordered this, in the dark, by his magic art he managed that a ram should be beheaded. And for so long did the ram appear to be Simon until he was beheaded. And when he had been beheaded in the dark, he that had beheaded him, taking the head, found it to be that of a ram; but he would not say anything to the emperor, lest he should scourge him, having ordered this to be done in secret. Thereafter, accordingly.Simon said that he had risen on the third day, because he took away the head of the ram and the limbs— but the blood had been there congealed— and on the third day he showed himself to Nero, and said: Cause to be wiped away my blood that has been poured out; for, behold, having been beheaded, as I promised, I haverisen again on the third day.

And when Nero said, Tomorrow will prove you, turning to Paul, he says: You, Paul, why do you say nothing? Either who taught you, or whom you have for a master, or how you have taught in the cities, or what things have happened through your teaching? For I think that you have not any wisdom, and art not able to accomplish any work of power. Paul answered: Do you suppose that I ought to speak against a desperate man, a magician, who has given his soul up to death, whose destruction and perdition will come speedily? For he ought to speak who pretends to be what he is not, and deceives men by magic art. If you consent to hear his words, and to shield him, you shall destroy your soul and your kingdom, for he is a most base man. And as the Egyptians Jannes and Jambres led Pharaoh and his army astray until they were swallowed up in the sea, so also he, through the instruction of his father the devil, persuades men to do many evils to themselves, and thus deceives many of the innocent, to the peril of your kingdom. But as for the word of the devil, which I see has been poured out through this man, with groanings of my heart I am dealing with the Holy Spirit, that it may be clearly shown what it is; for as far as he seems to raise himself towards heaven, so far will he be sunk down into the depth of Hades, where there is weeping and gnashing of teeth. But about the teaching of myMaster, of which you asked me, none attain it except the pure, who allow faith to come into their heart. For as many things as belong to peace and love, these have I taught. Round about from Jerusalem, and as far asIllyricum, Romans 15:19 I have fulfilled the word of peace. For I have taught that in honour they should prefer one another; Romans 12:10 I have taught those that are eminent and rich not to be lifted up, and hope in uncertainty of riches, but to place their hope in God; 1 Timothy 6:17 I have taught those in a middle station to be content with food and covering; I have taught the poor to rejoice in their own poverty; I have taught fathers to teach their children instruction in the fear of the Lord, children to obey their parents in wholesome admonition; I have taught wives to love their own husbands, and to fear them as masters, and husbands to observe fidelity to their wives; I have taught masters to treat their slaves with clemency, and slaves to serve their own masters faithfully; Colossians 3:18-22 I have taught the churches of the believers to reverence one almighty, invisible, and incomprehensible God. And this teaching has been given me, not from men, nor through men, but through Jesus Christ, Galatians 1:1 who spoke to me out of heaven, who also has sent me to preach, saying to me, Go forth, for I will be with you; and all things, as many as you shall say or do, I shall make just.

Nero said: What do you say, Peter? He answered and said: All that Paul has said is true. For when he was a persecutor of the faith of Christ, a voice called him out of heaven, and taught him the truth; for he was not an adversary of our faith from hatred, but from ignorance. For there were before us false Christs, like Simon, false apostles, and false prophets, who, contrary to the sacred writings, set themselves to make void the truth; and against these it was necessary to have in readiness this man, who from his youth up set himself to no other thing than to search out the mysteries of the divine law, by which he might become a vindicator of truth and a persecutor of falsehood. Since, then, his persecution was not on account of hatred, but on account of the vindication of the law, the very truth out of heaven held intercourse with him, saying, I am the truth which youpersecutest; cease persecuting me. When, therefore, he knew that this was so, leaving off that which he was vindicating, he began to vindicate this way of Christ which he was persecuting.

Simon said: O good emperor, take notice that these two have conspired against me; for I am the truth, and they purpose evil against me. Peter said: There is no truth in you; but all you say is false.

Nero said: Paul, what do you say? Paul said: Those things which you have heard from Peter, believe to have been spoken by me also; for we purpose the same thing, for we have the same Lord Jesus the Christ. Simonsaid: Do you expect me, O good emperor, to hold an argument with these men, who have come to an agreement against me? And having turned to the apostles of Christ, he said: Listen, Peter and Paul: if I can do nothing for you here, we are going to the place where I must judge you. Paul said: O good emperor, see what threats he holds out against us. Peter said: Why was it necessary to keep from laughing outright at a foolish man, made the sport of demons, so as to suppose that he cannot be made manifest?

Simon said: I spare you until I shall receive my power. Paul said: See if you will go out hence safe. Peter said: If you do not see, Simon, the power of our Lord Jesus Christ, you will not believe yourself not to be Christ.Simon said: Most sacred emperor, do not believe them, for they are circumcised knaves. Paul said: Before weknew the truth, we had the circumcision of the flesh; but when the truth appeared, in the circumcision of the heart we both are circumcised, and circumcise. Peter said: If circumcision be a disgrace, why have you been circumcised, Simon?

Nero said: Has, then, Simon also been circumcised? Peter said: For not otherwise could he have deceivedsouls, unless he feigned himself to be a Jew, and made a show of teaching the law of God. Nero said: Simon, you, as I see, being carried away with envy, persecutest these men. For, as it seems, there is great hatredbetween you and their Christ; and I am afraid that you will be worsted by them, and involved in great evils.Simon said: You are led astray, O emperor. Nero said: How am I led astray? What I see in you, I say. I see that you are manifestly an enemy of Peter and Paul and their master.

Simon said: Christ was not Paul's master. Paul said: Yes; through revelation He taught me also. But tell me what I asked you— Why were you circumcised? Simon said: Why have you asked me this? Paul said: We have a reason for asking you this. Nero said: Why are you afraid to answer them? Simon said: Listen, O emperor. At that time circumcision was enjoined by God when I received it. For this reason was I circumcised.

Paul said: Do you hear, O good emperor, what has been said by Simon? If, therefore, circumcision be a goodthing, why have you, Simon, given up those who have been circumcised, and forced them, after being condemned, to be put to death? Nero said: Neither about you do I perceive anything good. Peter and Paulsaid: Whether this thought about us be good or evil has no reference to the matter; but to us it wasnecessary that what our Master promised should come to pass. Nero said: If I should not be willing? Petersaid: Not as you will, but as He promised to us.

Simon said: O good emperor, these men have reckoned upon your clemency, and have bound you. Nero said: But neither have you yet made me sure about yourself. Simon said: Since so many excellent deeds and signshave been shown to you by me, I wonder how you should be in doubt. Nero said: I neither doubt nor favour any of you; but answer me rather what I ask.

Simon said: Henceforward I answer you nothing. Nero said: Seeing that you lie, therefore you say this. But if even I can do nothing to you, God, who can, will do it. Simon said: I no longer answer you. Nero said: Nor do I consider you to be anything: for, as I perceive, you are a liar in everything. But why do I say so much? The three of you show that your reasoning is uncertain; and thus in all things you have made me doubt, so that I find that I can give credit to none of you.

Peter said: We preach one God and Father of our Lord Jesus Christ, that has made the heaven and the earth and the sea, and all that therein is, who is the true King; and of His kingdom there shall be no end. Luke 1:33Nero said: What king is lord? Paul said: The Saviour of all the nations. Simon said: I am he whom you speak of. Peter and Paul said: May it never be well with you, Simon, magician, and full of bitterness.

Simon said: Listen, O Cæsar Nero, that you may know that these men are liars, and that I have been sent from the heavens: tomorrow I go up into the heavens, that I may make those who believe in me blessed, and show my wrath upon those who have denied me. Peter and Paul said: Us long ago God called to His own glory; but you, called by the devil, hastenest to punishment. Simon said: Cæsar Nero, listen to me. Separate thesemadmen from you, in order that when I go into heaven to my father, I may be very merciful to you. Nero said: And whence shall we prove this, that you go away into heaven? Simon said: Order a lofty tower to be made of wood, and of great beams, that I may go up upon it, and that my angels may find me in the air; for they cannot come to me upon earth among the sinners. Nero said: I will see whether you will fulfil what you say.

Then Nero ordered a lofty tower to be made in the Campus Martius, and all the people and the dignities to be present at the spectacle. And on the following day, all the multitude having come together, Nero ordered Peterand Paul to be present, to whom also he said: Now the truth has to be made manifest. Peter and Paul said: We do not expose him, but our Lord Jesus Christ, the Son of God, whom he has falsely declared himself to be.

And Paul, having turned to Peter, said: It is my part to bend the knee, and to pray to God; and yours to produce the effect, if you should see him attempting anything, because you were first taken in hand by theLord. And Paul, bending his knees, prayed. And Peter, looking steadfastly upon Simon, said: Accomplish what you have begun; for both your exposure and our call is at hand: for I see my Christ calling both me and Paul.Nero said: And where will you go to against my will? Peter said: Whithersoever our Lord has called us. Nerosaid: And who is your lord? Peter said: Jesus the Christ, whom I see calling us to Himself. Nero said: Do you also then intend to go away to heaven? Peter said: If it shall seem good to Him that calls us. Simon said: In order that you may know, O emperor, that these are deceivers, as soon as ever I ascend into heaven, I will send my angels to you, and will make you come to me. Nero said: Do at once what you say.

Then Simon went up upon the tower in the face of all, and, crowned with laurels, he stretched forth his hands, and began to fly. And when Nero saw him flying, he said to Peter: This Simon is true; but you and Paul are deceivers. To whom Peter said: Immediately shall you know that we are true disciples of Christ; but that he is not Christ, but a magician, and a malefactor. Nero said: Do you still persist? Behold, you see him going up into heaven. Then Peter, looking steadfastly upon Paul, said: Paul, look up and see. And Paul, having looked up, full of tears, and seeing Simon flying, said: Peter, why are you idle? Finish what you have begun; for already our Lord Jesus Christ is calling us. And Nero hearing them, smiled a little, and said: These men see themselves worsted already, and are gone mad. Peter said: Now you shall know that we are not mad. Paulsaid to Peter: Do at once what you do.

And Peter, looking steadfastly against Simon, said: I adjure you, you angels of Satan, who are carrying him into the air, to deceive the hearts of the unbelievers, by the God that created all things, and by Jesus Christ, whom on the third day He raised from the dead, no longer from this hour to keep him up, but to let him go. And immediately, being let go, he fell into a place called Sacra Via, that is, Holy Way, and was divided into four parts, having perished by an evil fate.

Then Nero ordered Peter and Paul to be put in irons, and the body of Simon to be carefully kept three days, thinking that he would rise on the third day. To whom Peter said: He will no longer rise, since he is truly dead, being condemned to everlasting punishment. And Nero said to him: Who commanded you to do such a dreadful deed? Peter said: His reflections and blasphemy against my Lord Jesus Christ have brought him into this gulf of destruction. Nero said: I will destroy you by an evil taking off. Peter said: This is not in your power, even if it should seem good to you to destroy us; but it is necessary that what our Master promised to us should be fulfilled.

Then Nero, having summoned Agrippa the proprætor, said to him: It is necessary that men introducing mischievous religious observances should die. Wherefore I order them to take iron clubs, and to be killed in the sea-fight. Agrippa the proprætor said: Most sacred emperor, what you have ordered is not fitting for thesemen, since Paul seems innocent beside Peter. Nero said: By what fate, then, shall they die? Agrippa answered and said: As seems to me, it is just that Paul's head should be cut off, and that Peter should be raised on across as the cause of the murder. Nero said: You have most excellently judged.

Then both Peter and Paul were led away from the presence of Nero. And Paul was beheaded on the Ostesian road.

And Peter, having come to the cross, said: Since my Lord Jesus Christ, who came down from the heaven upon the earth, was raised upon the cross upright, and He has deigned to call to heaven me, who am of the earth, my cross ought to be fixed head down most, so as to direct my feet towards heaven; for I am not worthy to be crucified like my Lord. Then, having reversed the cross, they nailed his feet up.

And the multitude was assembled reviling Cæsar, and wishing to kill him. But Peter restrained them, saying: A few days ago, being exhorted by the brethren, I was going away; and my Lord Jesus Christ met me, and having adored Him, I said, Lord, whither are You going? And He said to me, I am going to Rome to be crucified. And I said to Him, Lord, were You not crucified once for all? And the Lord answering, said, I saw you fleeing from death, and I wish to be crucified instead of you. And I said, Lord, I go; I fulfil Your command. And He said to me, Fear not, for I am with you. On this account, then, children, do not hinder my going; for already my feet are going on the road to heaven. Do not grieve, therefore, but rather rejoice with me, for today I receive the fruit of my labours. And thus speaking, he said: I thank You, good Shepherd, that the sheep which You have entrusted to me, sympathize with me; I ask, then, that with me they may have a part in Yourkingdom. And having thus spoken, he gave up the ghost.

And immediately there appeared men glorious and strange in appearance; and they said: We are here, on account of the holy and chief apostles, from Jerusalem. And they, along with Marcellus, an illustrious man, who, having left Simon, had believed in Peter, took up his body secretly, and put it under the terebinth near the place for the exhibition of sea-fights in the place called the Vatican.

And the men who had said that they came from Jerusalem said to the people: Rejoice, and be exceeding glad, because you have been deemed worthy to have great champions. And know that Nero himself, after these not many days, will be utterly destroyed, and his kingdom shall be given to another.

And after these things the people revolted against him; and when he knew of it, he fled into desert places, and through hunger and cold he gave up the ghost, and his body became food for the wild beasts.

And some devout men of the regions of the East wished to carry off the relics of the saints, and immediately there was a great earthquake in the city; and those that dwelt in the city having become aware of it, ran and seized the men, but they fled. But the Romans having taken them, put them in a place three miles from the city, and there they were guarded a year and seven months, until they had built the place in which theyintended to put them. And after these things, all having assembled with glory and singing of praise, they put them in the place built for them.

And the consummation of the holy glorious Apostles Peter and Paul was on the 29th of the month of June— in Christ Jesus our Lord, to whom be glory and strength.

The Story of Perpetua

And as Paul was being led away to be beheaded at a place about three miles from the city, he was in irons. And there were three soldiers guarding him who were of a great family. And when they had gone out of the gate about the length of a bow-shot, there met them a God-fearing woman; and she, seeing Paul dragged along in irons, had compassion on him, and wept bitterly. And the name of the woman was called Perpetua; and she was one-eyed. And Paul, seeing her weeping, says to her: Give me your handkerchief, and when I turn back I shall give it to you. And she, having taken the handkerchief, gave it to him willingly. And the soldiers laughed, and said to the woman: Why do you wish, woman, to lose your handkerchief? Do you not know that he is going away to be beheaded? And Perpetua said to them: I adjure you by the health of Cæsar to bind his eyes with this handkerchief when you cut off his head. Which also was done. And they beheaded him at the place called Aquæ; Salviæ, near the pine tree. And as God had willed, before the soldiers came back, the handkerchief, having on it drops of blood, was restored to the woman. And as she was carrying it, straightway and immediately her eye was opened.

And the three soldiers who had cut off the head of Saint Paul, when after three hours they came on the same day with the Bulla bringing it to Nero, having met Perpetua, they said to her: What is it, woman? Behold, by your confidence you have lost your handkerchief. But she said to them: I have both got my handkerchief, and my eye has recovered its sight. And as the Lord, the God of Paul, lives, I also have entreated him that I may be deemed worthy to become the slave of his Lord. Then the soldiers who had the Bulla, recognising the handkerchief, and seeing that her eye had been opened, cried out with a loud voice, as if from one mouth, and said: We too are the slaves of Paul's master. Perpetua therefore having gone away, reported in the palace of the Emperor Nero that the soldiers who had beheaded Paul said: We shall no longer go into the city, for webelieve in Christ whom Paul preached, and we are Christians. Then Nero, filled with rage, ordered Perpetua, who had informed him of the soldiers, to be kept fast in irons; and as to the soldiers, he ordered one to be beheaded outside of the gate about one mile from the city, another to be cut in two, and the third to bestoned. And Perpetua was in the prison; and in this prison there was kept Potentiana, a noble maiden, because she had said: I forsake my parents and all the substance of my father, and I wish to become aChristian. She therefore joined herself to Perpetua, and ascertained from her everything about Paul, and was in much anxiety about the faith in Christ. And the wife of Nero was Potentiana's sister; and she secretly informed her about Christ, that those who believe in Him see everlasting joy, and that everything here is temporary, but there eternal: so that also she fled out of the palace, and some of the senators' wives with her. Then Nero, having inflicted many tortures upon Perpetua, at last tied a great stone to her neck, and ordered her to be thrown over a precipice. And her remains lie at the Momentan gate. And Potentiana also underwent many torments; and at last, having made a furnace one day, they burned her.

Source. Translated by Alexander Walker. From Ante-Nicene Fathers, Vol. 8. Edited by Alexander Roberts, James Donaldson, and A. Cleveland Coxe. (Buffalo, NY: Christian Literature Publishing Co., 1886.) Revised and edited for New Advent by Kevin Knight.<http://www.newadvent.org/fathers/0815.htm>.

SOURCE : http://www.newadvent.org/fathers/0815.htm


Anonyme espagnol. Saint Pierre, 1617, 78 × 95, Quadreria dei Girolamini, Napoli


Jose Ribera, San Paul, 1616-1617, 78x95, Quadreria dei Girolamini, Napoli


Petitions to St. Peter and St. Paul

O holy Apostles, Peter and Paul, I choose you this day and forever to be my special patrons and advocates; thee, Saint Peter, Prince of the Apostles, because thou art the Rock, upon which Almighty God hath built His Church; thee, Saint Paul, because thou wast fore-chosen by God as the Vessel of election and the Preacher of truth in the whole world. Obtain for me, I pray you, lively faith, firm hope, and burning love; complete detachment from myself, contempt of the world, patience in adversity, humility in prosperity, attention in prayer, purity of heart, a right intention in all my works, diligence in fulfilling the duties of my state of life, constancy in my resolutions, resignation to the will of God and perseverance in the grace of God even unto death; that so, by means of your intercession and your glorious merits, I may be able to overcome the temptations of the world, the flesh and the devil, and may be made worthy to appear before the chief and eternal Shepherd of souls, Jesus Christ, Who with the Father and the Holy Ghost liveth and reigneth for endless ages, to enjoy His presence and love Him forever. Amen.

Our Father, Hail Mary, Glory be.

V. Thou shalt make them princes over all the earth.

R. They shall be mindful of Thy name, O Lord.

Let us pray:

O God, Whose right hand raised up blessed Peter, when he walked upon the water and began to sink, and thrice delivered his fellow-Apostle Paul from the depths of the sea, when he suffered shipwreck: graciously hear us and grant, by the merits of them both, that we also may attain unto everlasting glory: Who livest and reignest world without end. Amen

(An Indulgence of 500 days.)



Prayer to Sts. Peter and Paul for the Holy Catholic Church

Defend, O Lord, thy servants, we beseech thee, from all dangers both of body and soul; and, by the intercession of the blessed and glorious Virgin Mary, Mother of God, of the blessed Apostles Peter and Paul, of blessed N., and of all thy saints, mercifully grant us the blessings of peace and safety ; that all adversities and errors being removed, thy Church may freely and securely serve thee; through Christ Our Lord. Amen.
Prayer to St. Paul

Thou art the Vessel of election, Saint Paul the Apostle, the Preacher of truth in the whole world.

V. Pray for us, Saint Paul the Apostle,

R. That we may be made worthy of the promises of Christ.

Let us pray:

Almighty and everlasting God, Who, of Thy divine mercy, didst instruct Thy blessed Apostle Paul what he should do that he might be filled with the Holy Ghost; by his admonitions directing us and his merits interceding for us, grant that we may serve Thee in fear and trembling and so be filled with the comfort of Thy heavenly gifts. Through Christ our Lord, Amen.

(An Indulgence of 500 days)

Invocations

Defend, O Lord, Thy people: and as they put their trust in the patronage of Thy holy Apostles, Peter and Paul, keep them ever by Thy protection. Through Christ our Lord. Amen (Roman Missal).

(An Indulgence of 300 days)



Saint Peter and Saint Paul, Apostles

(from the Liturgical Year, 1904)

After the great solemnities of the movable cycle, and the Feast of St. John the Baptist, none is more ancient, nor more universal in the Church, than that of the two Princes of the Apostles. From the beginning, Rome celebrated their triumph on the very day itself which saw them go up from earth to heaven, June 29th. Her practice prevailed, at a very early date, over the custom of several other countries, which put the Apostles' feast towards the close of December. It was, no doubt, a fair thought which inspired the placing of these Fathers of the Christian people in the cortege of Emmanuel at his entry into this world. But, as we have already seen, today's teachings have intrinsically an important preponderance in the economy of Christian dogma; they are the completion of the whole Work of the Son of God; the cross of Peter fixes the Church in her stability, and marks out for the Divine Spirit the immutable centre of his operations. Rome, therefore, was well inspired when, leaving to the Beloved Disciple the honour of presiding over his brethren at the Crib of the Infant God, she maintained the solemn memory of the Princes of the Apostles upon the day chosen by God Himself to consummate their labours and to crown, at once, both their life and the whole cycle of mysteries.

Fully today, do the heavens declare the glory of God, as David expresses it, today do they show us the course of the Spouse completed on the eternal hills (Ps. xviii. 2-6). Day unto day uttereth speech, and night unto night revealeth the deep secret (Ibid. 3). From north and south of the new Sion, from either side of her stream, Peter and Paul waft one to other, as a farewell song, as a sacred Epithalamium, the good Word (Ps. xliv. 2); sublime that echo, sonorous its power, vocal still throughout the whole earth (Ibid. xviii. 4, 5), and yet to resound as long as the world lasts. These two torches of salvation blend their flames above the palaces of ancient Rome; the passing darkness of their death, that night of which the Psalmist sings, now concentrates light, forever, in the midst of the queen city. Beside the throne of the Bridegroom fixed forever and ever on yonder seven hills (Ps. xliv. 7-10), the Gentile world, now become the Bride, is resplendent in glory (Eph. v. 27), all fair in that peerless purity which she derives from their blood united as it is to that of the Son of God.

But seemly is it, not to forget, on so great a day, those other messengers sent forth by the divine householder, and who watered earth's highways with their sweat and with their blood, the while they hastened the triumph and the gathering in of the guests invited to the Marriage feast (St. Matth. xxii. 8-10). To them is it due, if now the law of grace is definitively promulgated throughout all nations, and if in every language and upon every shore the good tidings have been sounded (Ps. xviii. 4, 5). Thus the festival of St. Peter, completed by the more special memory of St. Paul his comrade in death, has been from earliest times regarded as the festival likewise of the whole Apostolic college. In those primitive times it seemed impossible to dream of separating from their glorious leader any of those whom Our Lord had so intimately joined together in the responsibility of one common work. But in course of time, however, particular solemnities were successively consecrated to each one of the Apostles, and so the feast of June 29th was more exclusively attributed to the two Princes whose martyrdom rendered this day illustrious. More than this; as we shall presently see, the Roman Church, thinking it impossible fittingly to honour both of these on the same day, deferred till the morrow her more explicit praises of the Doctor of the Gentiles.

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The Antiphons and Capitulum of First Vespers take us back to the opening days of the apostolic ministry. They place us in the midst of those which immediately follow the Descent of the Holy Ghost. Peter and John go up together to the temple of Jerusalem. Calvary's sacrifice has put an end to its figurative oblations; but it, nevertheless, still continues to be a place of prayer, pleasing to heaven, on account of its grand memories. At the door of the sacred edifice, a man, lame from his birth, begs an alms of the Apostles. Peter, lacking both silver and gold, exerts in his favour the power of healing which he possesses in the name of Jesus Christ of Nazareth. The Synagogue yields no more to the miracles of the disciple than she did to those of the Master; she will not be converted; and presently a new Herod, wishing to please the Jews, finds no better means of doing so than the putting to death of James the brother of John, and the imprisoning of Peter.

But the angel of the Lord comes down into the prison where he is sleeping, on the eve of the day fixed for his death; the angel bids him arise, put on his garments, and follow him. The Apostle, set free, proclaims the reality of that which at first he thought but a dream. He departs from Jerusalem, now hopelessly the accursed city; and on all sides of the gentile world into whose midst he has entered, is verified the prophecy: Tu es Petrus: Thou art Peter, and upon this Rock I will build my Church (St. Matth. xvi. 18).

Ant. Peter and John went up to the temple at the ninth hour of prayer.

Ant. Silver and gold I have none; but what I have, I give unto thee.

Ant. The Angel said to Peter: Cast thy garment about thee, and follow me.

Ant. The Lord hath sent his Angel, and hath delivered me out of the hand of Herod. Alleluia.

Ant. Thou art Peter, and upon this rock I will build my Church.

Capitulum. (Acts, xii.)

Herod the king stretched out his hand to afflict some of the church; and he killed James the brother of John with the sword. And seeing that it pleased the Jews, he proceeded to take up Peter also.

Decorum lux

Lo! beauteous Light Eternal floods, with sacred fires, this golden day which crowns the Princes of Apostles and opens out unto the guilty a free path to Heaven.

The Teacher of the whole earth, as well as the Doorkeeper of Heaven, both of them Fathers of Rome, and Judges of nations, each a victor of death, the one by the sword, the other by the cross, laurel-crowned, both take their seats in the Senate of Eternal Life.

O happy Rome, by noble gore of Princes twain art thou now consecrated; empurpled by the blood of such as these, thou alone in beauty dost surpass all the rest of earth.

To the Trinity in Unity that governeth all things through ages of ages, may there be eternal glory, honour, power, and jubilation. Amen.

V. Their sound hath gone forth into all the earth.

R. And their words unto the ends of the world.

Antiphon of the Magnificat

Thou art the Shepherd of the sheep, O Prince of the sheep, O Prince of the Apostles, to thee were delivered the keys of the kingdom of heaven.

Prayer:

O God, who hast consecrated this day by the martyrdom of thine Apostles Peter and Paul; grant to thy Church that she may in all things follow their instruction by whom she received the Faith. Through our Lord, &c.



The sun is bending towards the horizon. The Church is about to resume her chants, and to begin the sacred Vigil which will be continued until morning with all the pomp and continuity of the greatest solemnities. In heart, at least, let us keep watch with her. This night is the last during which the visible Head given to her by the Spouse, is fulfilling his ministry of prayer and suffering in Nero's dungeons; so much the less, therefore, will she leave him, and so much the more eager is she to spend herself in extolling his greatness. When once again the day-star shall appear in the east, gilding with his rays those seven hills whereon the Queen of nations is seated, the hour of sacrifice will have sounded for the Vicar of the Man-God. Let us, then, prepare to form a part of his cortege, by representing to ourselves in thought the historic details of this glorious drama, and the facts which led to it.

Since the terrible persecution of the year 64, Rome had become for Peter a sojourn fraught with peril, and he remembered how his Master had said to him, when appointing him Shepherd of both lambs and sheep: Follow thou me (St. John, xxi). The Apostle, therefore, awaited the day when he must mingle his blood with that of so many thousands of Christians, whom he had initiated into the faith, and whose Father he truly was. But before quitting earth, Peter must triumph over Simon the Magician, his base antagonist. This heresiarch did not content himself with seducing souls by his perverse doctrines; he sought even to mimic Peter in the prodigies operated by him. So he proclaimed that on a certain day, he would fly in the air. The report of this novelty quickly spread through Rome, and the people were full of the prospect of such a marvelous sight. If we are to believe Dion Chrysostom, Nero seems even to have entertained at his court this wondrous personage, who pledged himself to soar aloft in mid-air. More than that, the emperor would even with his own presence honor this rare sight (Orat. xxi). The imperial lodge was reared upon the Via Sacra, where the scene was to be enacted.

But cruel for the impostor did this deception prove. "Scarce had this Icarus begun to poise his flight," says Suetonius, "than he fell close to Nero's lodge which was bathed in his blood." The gravest writers of Christian antiquity are unanimous in attributing to the prayer of Peter this humiliation inflicted on the Samaritan juggler in the very midst of Rome, where he had dared to set himself up as the rival of Christ's Vicar.

The disgrace, as well as the blood of the heresiarch, had fallen on the emperor himself. Curiosity and ill-will but needed, therefore, to be combined, in order to attract personally upon Peter an attention that might prove disastrous. Moreover, be it remembered, there was yet another danger, and to this Saint Paul alludes, namely, the peril of false brethren. To understand this term and justly to appreciate the situation, we must bear in mind how inevitable are the clashings of certain characters in a society so numerous as was already that of the Christians in Rome; and how discontent is necessarily caused to vulgar minds when existing circumstances sometimes demand higher interests to be exclusively consulted, in the always difficult question of choosing persons to offices of trust, or to special confidence. These things well borne in mind, it will be easy to account for what Saint Clement, an eye-witness of the Apostle's martyrdom, attests in a letter to the Corinthians, viz., that "rivalries and jealousies" had a large share in the tragic end brought about, through the suspicions at last conceived by the authorities against "this Jew."

The filial devotedness of the Christians of Rome took alarm, and they implored Saint Peter to elude the danger for a while, by instant flight. "Although he would have much preferred to suffer," says Saint Ambrose (Contra Auxent), Peter set out along the Appian Way. Just as he reached the Capuan gate, Christ suddenly presented Himself, seemingly about to enter the city. " Lord, whither goest thou? cried out the Apostle. " To Rome," Christ replied, "to be there crucified again." The disciple understood his Master; he at once retraced his steps, having now no thought but to await his hour of martyrdom. This Gospel-like scene expresses the sequel of our Lord's designs upon the venerable old man. With a view to founding the Christian Church in unity, He had extended to his disciple his own prophetic name of the "Rock," or " Stone," Petrus; now, even unto the Cross itself, was He about to make him His participator. Rome having replaced Jerusalem must likewise have her Calvary.

In his flight, Peter dropped from his leg a bandlet which a disciple picked up, with much respect. A monument was afterwards raised on the spot where this incident occurred: it is now the Church of Saints Nereus and Achilles, anciently called Titulus fascioloe, the Title of the bandlet. According to the designs of Providence the humble fasciola was to recall the memory of that momentous meeting at the gates of Rome, where Christ in person stood face to face with His Apostle, the visible Head of His Church, and announced that the hour of his sacrifice on the cross was at hand.

From that moment Peter set everything in order with a view to his approaching end. It was at this time he wrote his Second Epistle, which is, as it were, his last testament and loving farewell to the Church. Therein he declares that the close of his life is near, and compares his body to a temporary shelter, a tent which one takes down to journey further on. The laying away of this my tabernacle is at hand, according as our Lord Jesus Christ also hath signified to me (2 St. Pet. i. 14). These his words are evidently an allusion to the apparition on the Appian Way.

On the day fixed by God's decree, pagan power gave orders for the Apostle's arrest. Details are wanting as to the judicial procedure which followed, but the constant tradition of the Roman Church is that he was incarcerated in the Mamertine Prison. By this name is known the dungeon constructed at the foot of the Capitoline hill, by Ancus Martius, and afterwards completed by Servius Tullus, whence it is also called Carcer Tullianus. Two outer staircases, called the steps of sighs, led to this frightful den. An upper dungeon gave immediate entrance to that which was to receive the prisoner and never to deliver him up alive, unless he were destined to a public execution. To be put into this horrible place, he had to be let down by cords, through an opening above, and by the same was he finally drawn up again, whether dead or alive. The vaulting of this lower dungeon was high and its darkness was utter and horrible, so that it was an easy task to guard a captive detained therein, specially if he were laden with chains.

On the twenty-ninth of June, in the year sixty-seven, Peter was at length drawn up to be led to death. According to Roman law, he must first be subjected to the scourge, the usual prelude to capital punishment. An escort of soldiers conducted the Apostle to his place of martyrdom, outside the city walls, as the laws required. Peter was marched to execution, followed by a large number of the Faithful, drawn by affection along his path, and for his sake defying every peril.

Beyond the Tiber, facing the Campus Martins, there stretches a vast plain, which is reached by the bridge named the Triumphal, whereby the city is put in communication with the Via Triumphalia and the Via Cornelia, both of which roads lead to the North. On its further side from the river, the plain is bounded on the left by the Janiculum, and beyond that, in the background, by the Vatican hills whose chain continues along to the right in the form of an amphitheatre. Along the bank of the Tiber the land is occupied by immense gardens, which three years previously had been made by Nero the scene of the principal immolation of the Christians, just at this same season also. To the west of the Vatican Plain and beyond Nero's gardens was a circus of vast extent, usually called by his name, although in reality it owes its origin to Caligula, who placed in its centre an obelisk which he had transported from Egypt. Outside the Circus, towards its furthest end, rose a temple to Apollo, the protector of the public games. At the other end, the declivity of the Vatican hill begins, and about the middle, facing the Obelisk, was planted a turpentine tree well known to the people. The spot fixed upon for Peter's execution was close to this said turpentine tree. There, likewise, was his tomb already dug. No other spot in all Rome could be more suitable for so august a purpose. From remotest ages, something mysterious had hovered over the Vatican. An old oak, said by the most ancient traditions to be anterior to the foundation of Rome, was there held in great reverence. There was much talk of oracles heard in this place. Moreover, where could a more choice resting-place be found for this old man who had just conquered Rome, than a mound beneath this venerated soil, opening upon the " Triumphal Way " and the " Cornelian Way," thus uniting the memories of victorious Rome and the name of the Cornelii, which had now become inseparable from that of Peter?

There is something supremely grand in the taking possession of these places by the Vicar of the Man-God. The Apostle, having reached the spot and come up to the instrument of death, implored of his executioners to set him thereon, not in the usual way, but head downwards, in order, said he, that the servant be not seen in the same position once taken by the Master. His request was granted; and Christian tradition, in all ages, renders testimony to this fact which adds further evidence to the deep humility of so great an Apostle. Peter, with outstretched arms, prayed for the city, prayed for the whole world, the while his blood flowed down upon that Roman soil the conquest of which he had just achieved. At this moment Rome became forever the new Jerusalem. When the Apostle had gone through the whole round of his sufferings, he expired; but he was to live again in each one of his Successors, unto the end of time.

Prayer:

O Peter, we also hail thy glorious tomb! Well does it behove us, thy chosen sons of the West, to celebrate with faith and love the glories of this day. If all nations are moved at the tidings of thy triumphant death; if all tongues proclaim that from Rome perforce must the law of the Lord come forth, unto the whole world; is it not because this death of thine has turned Babylon into that city of divine oracles hailed by the son of Amos, in his prophecy (Is. ii. 1. 5)? is it not because the mountain prepared, in distant ages, to bear the house of the Lord, begins to peer from out the mist, and now stands forth in full day-light to the eyes of the nations. The site of the new Sion is forever fixed; for on this day, is the corner-stone laid (Ibid. xxviii. 16), and Jerusalem is to have no other foundation, than this tried and precious Stone.

O Peter, on thee must we build; for fain are we to be dwellers in the Holy City. We will follow our Lord's counsel (St. Matth. vii. 24-27), by raising our structure upon the rock, so that it may resist the storm, and may become an eternal abode. Our gratitude to thee, who hast vouchsafed to uphold us, is all the greater, since this our senseless age, pretends to construct a new social edifice, which it would fix on the shifting sands of public opinion, and hence realizes naught save downfall and ruin! Is the stone rejected by our modern architects any the less, head of the corner? And does not its strength appear in the fact (as it is written) that having rejected and cast it aside, they stumble against it and are hurt, yea broken?

Standing erect, amid these ruins, firm upon the foundation, the rock against which the gates of hell cannot prevail,--we have all the more right to extol this day, on which the Lord hath, as our Psalm says established the earth (Ps. xcii. 1). The Lord did indeed manifest His greatness, when He cast the vast orbs into space, and poised them by laws so marvelous, that the mere discovery thereof does honour to science; but His reign, His beauty, His power, are far more stupendous when He lays the basis prepared by him to support that temple of which a myriad worlds scarce deserve to be called the pavement. Of this immortal day, did Eternal Wisdom sing, when divinely foretasting its pure delights, and preluding our gladness, he thus led on our happy chorus: "When the mountains with their huge bulk were being established, and when the earth was being balanced on its poles, when He established the sky above, and poised the fountains of waters, when he laid the foundations of the earth, I was with Him, forming all things; and was delighted every day playing before him at all times ; playing in the world, for my delights are to be with the children of men (Prov.viii).


The Commemoration of St. Paul Apostle

(from the Liturgical Year, 1904)

On the Twenty fifth of January, we beheld Stephen leading to Christ's mystic crib, the once ravenous wolf of Benjamin (Gen. xlix. 27), tamed at last, but who in the morning of his impetuous youth, had filled the Church of God with tears and bloodshed. His evening did indeed come when as Jacob had foreseen, Saul, the persecutor, would outstrip all his predecessors among Christ's disciples, in giving increase to the Fold, and in feeding the Flock, with the choicest food of His heavenly doctrine.

By an unexampled privilege, Our Lord though already seated at the Right Hand of His Father, vouchsafed not only to call, but personally to instruct this new disciple, so that he might one day be numbered amongst His Apostles. The ways of God can never be contradictory one to another; hence, this creation of a new apostle may not be accomplished in a manner derogatory to the divine constitution already delivered, to the Christian Church by the Son of God. Therefore, as soon as the illustrious convert emerges from those sublime contemplations, during which the Christian dogma has been poured into his soul, he must needs go to Jerusalem to see Peter, as he himself relates to his disciples in Galatia. "It behoved him," says Bossuet, "to collate his own Gospel with that of the prince of the Apostles." From that moment, aggregated as a co-operator in the preaching of the Gospel, we see him at Antioch (in the "Acts of the Apostles"), accompanied by Barnabas, presenting himself to the work of opening the Church unto the Gentiles, the conversion of Cornelius having been already effected by Peter himself. He passes a whole year in this city, reaping an abundant harvest. After Peter's imprisonment in Jerusalem, at his subsequent departure for Rome, a warning from on high makes known to those who preside over the Church at Antioch, that the moment is come for them to impose hands on the two missionaries, and confer on them the sacred character of Ordination.

From that hour Paul attains the full stature of an apostle, and it is clear that the mission unto which he had been preparing is now opened. At the same time, in St. Luke's narrative, Barnabas almost disappears, retaining but a very secondary position. The new Apostle has his own disciples, and he henceforth takes the lead in a long series of peregrinations marked by as many conquests. His first is to Cyprus, where he seals an alliance with ancient Rome, analagous to that which Peter contracted at Cesarea.

In the year 43, when Paul landed in Cyprus, its pro-consul was Sergius Paulus, illustrious for his ancestry, but still more so for the wisdom of his government. He wished to hear Paul and Barnabas: a miracle worked by Paul, under his very eyes, convinced him of the truth of his teaching; and the Christian Church counted, that day, among her sons one who was heir to the proudest name among the noble families of Rome. Touching was the mutual exchange that took place on this occasion. The Roman Patrician had just been freed by the Jew from the yoke of the Gentiles; in return, the Jew hitherto called Saul received and thenceforth adopted the name of Paul, as a trophy worthy of the Apostle of the Gentiles.

From Cyprus Paul travelled successively to Cilicia, Pamphylia, Pisidia, and Lycaonia, everywhere preaching the Gospel and founding Churches. He then returned to Antioch in the year 47, and found the Church there in a state of violent agitation. A party of Jews, who had come over to Christianity from the ranks of the Pharisees, whilst consenting indeed to the admission of gentiles into the Church, were maintaining that this could only be on condition of their being likewise subjected to Mosaic practices, such as, circumcision, distinction of meats, etc. The Christians, who had been received from among the gentiles, were disgusted at this servitude to which Peter had not subjected them; and thus the controversy became so hot, that Paul deemed it necessary to undertake a journey to Jerusalem where Peter had lately arrived, a fugitive from Rome, and where the Apostolic College was at that moment furthermore represented by John, as well as by James the bishop of the city. These being assembled to deliberate on the question, it was decreed, in the name and under the influence of the Holy Ghost, that the exacting of anything relative to Jewish rites should be utterly forbidden in the case of gentile converts. It was on this occasion, too, that Paul received from these Pillars, as he styles them, the confirmation of this his apostolate superadded to that of the Twelve, and to be specially exercised in favour of the gentiles. By this extraordinary ministry deputed to the nations, the Christian Church definitively asserted her independence of Judaism; and the gentiles could now freely come flocking into her bosom.

Paul then resumed his course of apostolic journeys over all the Provinces he had already evangelized, in order to confirm the Churches. Thence, passing through Phrygia, he came to Macedonia, stayed a while at Athens, and then on to Corinth, where he remained a year and a half. At his departure he left in this city a flourishing Church, whereby he excited against him the fury of the Jews. From Corinth, Paul went to Ephesus, where he stayed two years. So great was his success with the gentiles there, that the worship of Diana was materially weakened; whereupon a tumult ensuing, Paul thought the moment come for his departure from Ephesus. During his abode there he made known to his disciples a thought that had long haunted him: I must needs see Rome: the capital of the gentile world was indeed calling the Apostle of the Gentiles.

The rapid growth of Christianity in the capital of the empire had brought face to face and in a manner more striking than elsewhere, the two heterogeneous elements which formed the Church of that day: the unity of Faith held together in one fold those that had formerly been Jews, and those that had been pagans. Now it so happened, that some of both of these classes, too easily forgetting the gratuity of their common vocation to the faith, began to go so far as to despise their brethren of the opposite class, deeming them less worthy than themselves of that baptism which had made them all equal in Christ. On the one side, certain Jews disdained the gentiles, remembering the polytheism which had sullied their past life with all those vices which come in its train. On the other side, certain gentiles contemned the Jews, as coming from an ungrateful and blinded people, who had so abused the favours lavished upon them by God as to crucify the Messias.

In the year 53, Paul, already aware of these debates, profited of a second journey to Corinth, to write to the Faithful of the Church in Borne that famous Epistle in which he emphatically sets forth how gratuitous is the gift of faith; and maintains how Jew and gentile alike, being quite unworthy of the divine adoption, have been called solely by an act of pure mercy. He likewise shows how Jew and gentile, forgetting the past, have but to embrace one another in the fraternity of one same faith, thus testifying their gratitude to God through whom both of them have been alike prevented by grace. His apostolic dignity, so fully recognized, authorized Paul to interfere in this matter, though touching a Christian centre not founded by him. Whilst awaiting the day when he could behold with his own eyes the queen of all Churches, lately fixed by Peter on the Seven Hills, the Apostle was anxious once again to make a pilgrimage to the City of David. Jewish rage was just at that moment rampant in Jerusalem against him; national pride being more specially piqued, in that he, the former, disciple of Gamaliel, the accomplice of Stephen's murder, should now invite the gentiles to be coupled with the sons of Abraham, under the one same Law of Jesus of Nazareth. The Tribune Lysias was scarce able to snatch him from the hands of these bloodthirsty men, ready to tear him to pieces.

The following night Christ appeared to Paul, saying to him: Be constant, for as thou hast testified of me in Jerusalem, so must thou bear witness also at Rome. It was not, however, till after two years of captivity, that Paul, having appealed to Caesar, landed in Italy at the beginning of the year 56. Then at last the Apostle of the Gentiles made his entry into Rome: the trappings of a victor surrounded him not; he was but a humble Jewish prisoner led to the place where all appellants to Cassar were mustered; yet was he that Jew whom Christ himself had conquered on the way to Damascus. No longer Saul, the Benjamite, he now presented himself under the Roman name of Paul; nor was this a robbery on his part, for after Peter, he was to be the second glory of Rome, the second pledge of her immortality. He brought not the primacy with him indeed, as Peter had done, for that had been committed by Christ to one alone; but he came to assert in the very centre of the gentile world, the divine delegation which he had received in favour of the nations, just as an affluent flows into the main stream, which mingling its waters with its own, at last empties them unitedly into the ocean. Paul was to have no successor in his extraordinary mission; but the element which he had deposited in the Mistress, the Mother Church, was of such value, that in course of ages the Roman Pontiffs, heirs to Peter's monarchical power have ever appealed to Paul's memory as well; pronouncing their mandates in the united names of the " Blessed " Apostles Peter and Paul."

Instead of having to await in prison the day whereon his cause was to be heard, Paul was at liberty to choose a lodging place in the city. He was obliged, however, to be accompanied day and night by a soldier to whom, according to the usual custom, he was chained, but only in such a way as to prevent his escape: all his movements being otherwise left perfectly free, he could easily continue to preach the Word of God. Towards the close of the year 57, in virtue of his appeal to Caesar, the Apostle was at last summoned before the pretoritim; and the successful pleading of his cause resulted in his acquittal.

Being now free, Paul revisited the East, confirming on his Evangelical course the Churches he had previously founded. Thus Ephesus and Crete once more enjoyed his presence; in the one he left his disciple Timothy as bishop, and in the other Titus. But Paul had not quitted Rome for ever: marvelously illumined as she had been by his preaching, the Roman Church was yet to be gilded by his parting rays and empurpled by his blood. A heavenly warning, as in Peter's case, bade him also return to Rome where martyrdom was awaiting him. This fact is attested by St. Athanasius (De fuga sua. xviii): we learn the same also from St. Asterius of Ameseus, who hereupon remarks, that the Apostle entered Rome once more, "in order to teach the very masters of the world; to turn them into his disciples; and by their means to wrestle with the whole human race. There, Paul finds Peter engaged in the same work; he at once yokes himself to the same divine chariot with him, and sets about instructing the children of the Law, within the Synagogues, and the Gentiles outside (Homil. viii.)."

At length Rome possesses her two Princes conjointly: the one seated on the eternal chair, holding in his hands the keys of the kingdom of heaven; the other surrounded by the sheaves he has garnered from the fields of the Gentile world. They shall now part no more; even in death, as the Church sings, they shall not be separated. The period of their being together was necessarily short, for they must needs render to their Master the testimony of blood before the Roman world should be freed from the odious tyranny under which it was groaning. Their death was to be Nero's last crime; after that he was to fade from sight, leaving the world horrorstricken at his end, as shameful as it was tragic.

It was in the year 65 that Paul returned to Rome; once more signalizing his presence there by the manifold works of his apostolate. From the time of his first labours there, he had made converts even in the very palace of the Caesars: being now returned to this former theatre of his zeal, he again finds entrance into the imperial abode. A woman who was living in criminal intercourse with Nero, as likewise a cup-bearer of his, were both caught in the apostolic net, for it were hard indeed to resist the power of that mighty word. Nero, enraged at "this foreigner's" influence in his very household, was bent on Paul's destruction. Being first of all cast into prison, his zeal cooled not, but he persisted the more in preaching Jesus Christ. The two converts of the imperial palace having abjured, together with paganism, the manner of life they had been leading, this twofold conversion of theirs did but hasten Paul's martyrdom. He was well aware that it would be so, as can be seen in these lines addressed to Timothy: "I labour even unto bands, as an evil doer; but the word of God is not bound. Therefore, I endure all things for the sake of the elect. For I am even now ready to be sacrificed, like a victim already sprinkled with the lustral water, and the time of my dissolution is at hand. I have fought the good fight, I have finished my course, I have kept the faith. As to the rest, there is laid up for me a crown of Justice which the Lord, the just Judge, will render to me in that day (2 Tim)."

On the Twenty-ninth of June, in the year 67, whilst Peter, having crossed the Tiber by the Triumphal bridge, was drawing nigh to the cross prepared for him on the Vatican plain, another martyrdom was being consummated on the left bank of the same river. Paul, as he was led along the Ostian Way, was also followed by a group of the Faithful who mingled with the escort of the condemned. His sentence was that he should be beheaded at the Salvian Waters. A two miles' march brought the soldiers to a path leading eastwards, by which they led their prisoner to the place fixed upon for the martyrdom of this, the Doctor of the Gentiles. Paul fell on his knees, addressing his last prayer to God; then having bandaged his eyes, he awaited the death stroke. A soldier brandished his sword, and the Apostle's head, as it was severed from the trunk, made three bounds along the ground; three fountains immediately sprang up on these several spots. Such is the local tradition; and to this day, three fountains are to be seen on the site of his martyrdom, over each of which an altar is raised.

Let us unite our voice of homage to that of preceding ages in honour of this Vessel of Election, whence salvation flows so abundantly over our earth.

Prayer:

Praise then be to thee, O Apostle, now and forever! Eternity itself will not suffice to exhaust the gratitude of us, the "Nations." Accomplish thy work in each one of us during all ages; permit not that, by the falling off of any one amongst those called by Our Lord to complete His mystic Body, the Bride be deprived of one single increase on which she might have counted. Uphold and brace against despondency the preachers of the sacred Word, all those who by the pen or by any title whatsoever, are continuing thy work of light. Multiply those valiant apostles who are ever narrowing upon our globe the boundaries of darkness. Thou didst promise to remain with us, to be ever watchful of faith's progress in souls, and to cause the pure delights of divine union to be ever developing there. Keep thy promise; because of thy going away to Jesus, thy word is none the less plighted to those who, like ourselves, could not know thee here below. For to those who have not seen thy face in the flesh, thou hast left, in one of thine immortal Epistles, the assurance that thou wilt take care that their hearts be comforted, being instructed in charity, and unto all riches of fullness of understanding, unto the knowledge of the mystery of God the Father and of Christ Jesus, in Whom are hid all the treasures of wisdom and knowledge (Coloss. ii. 1-3).

During this season of the sacred cycle, the reign of the Holy Spirit Who formeth saints (Rom. viii), grant that Christians of good will may be brought to understand how, by their very baptism, they are put in possession of that sublime vocation which is too often imagined to be the happy lot of but a chosen few. Oh! would that they could seize this grand yet very simple idea, which thou hast given of the mystery wherein is contained the absolute and universal principle of Christian Life (Ibid. vi); that, having been buried with Jesus under the waters, and thereby incorporated with Him, they must necessarily be bound by every right and title to become saints, to aim at union with Jesus in His Life, since they have been granted union with Him in His Death. Ye are dead, and your life is hidden with Christ in God (Coloss. iii. 3) these were the words addressed by thee to our forefathers: oh! then, repeat them to us likewise, for thou didst give them as a truth intended for all without distinction! Suffer not, O Doctor of us, Gentiles, that the light grow dim among us, to the great detriment of the Lord and of His Bride.




Santi Pietro e Paolo Apostoli


m. 67 d.C.

Due apostoli e due personaggi diversi, ma entrambi fondamentali per la storia della Chiesa del primo secolo così come nella costruzione di quelle radici dalle quali si alimenta continuamente la fede cristiana. Pietro, nato a Betsaida in Galilea, era un pescatore a Cafarnao. Fratello di Andrea, divenne apostolo di Gesù dopo che questi lo chiamò presso il lago di Galilea e dopo aver assistito alla pesca miracolosa. Da sempre tra i discepoli più vicini a Gesù fu l'unico, insieme al cosiddetto «discepolo prediletto», a seguire Gesù presso la casa del sommo sacerdote Caifa, fu costretto anch'egli alla fuga dopo aver rinnegato tre volte il maestro, come questi aveva già predetto. Ma Pietro ricevette dallo stesso Risorto il mandato a fare da guida alla comunità dei discepoli. Morì tra il 64 e il 67 durante la persecuzione anticristiana di Nerone. San Paolo, invece, era originario di Tarso: prima persecutore dei cristiani, incontrò il Risorto sulla via tra Gerusalemme e Damasco. Baluardo dell'evangelizzazione dei popoli pagani nel Mediterraneo morì anch'egli a Roma tra il 64 e il 67.

Martirologio Romano: Solennità dei santi Pietro e Paolo Apostoli. Simone, figlio di Giona e fratello di Andrea, primo tra i discepoli professò che Gesù era il Cristo, Figlio del Dio vivente, dal quale fu chiamato Pietro. Paolo, Apostolo delle genti, predicò ai Giudei e ai Greci Cristo crocifisso. Entrambi nella fede e nell’amore di Gesù Cristo annunciarono il Vangelo nella città di Roma e morirono martiri sotto l’imperatore Nerone: il primo, come dice la tradizione, crocifisso a testa in giù e sepolto in Vaticano presso la via Trionfale, il secondo trafitto con la spada e sepolto sulla via Ostiense. In questo giorno tutto il mondo con uguale onore e venerazione celebra il loro trionfo.

Il 29 di giugno la Chiesa commemora la solennità liturgica degli Apostoli:

San PIETRO

Pietro, scelto da Cristo a fondamento dell'edificio ecclesiale, clavigero del regno dei cieli (Mt 16,13-19), pastore del gregge santo (Gv 21,15-17), confermatore dei fratelli (Lc 22,32), è nella sua persona e nei suoi successori il segno visibile dell'unità e della comunione nella fede e nella carità. Gli apostoli Pietro e Paolo sigillarono con il martirio a Roma, verso l'anno 67, la loro testimonianza al Maestro.

San PAOLO

Paolo, cooptato nel collegio apostolico dal Cristo stesso sulla via di Damasco, strumento eletto per portare il suo nome davanti ai popoli, è il più grande missionario di tutti tempi, l'avvocato dei pagani, l'apostolo delle genti, colui che insieme a Pietro far risuonare il messaggio evangelico nel mondo mediterraneo. Gli apostoli Pietro e Paolo sigillarono con il martirio a Roma, verso l'anno 67, la loro testimonianza al Maestro.

SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/20375

Voir aussi : http://www.traditioninaction.org/SOD/j134sdPeterPaul_6-29.htm