samedi 9 juin 2012

Saint EPHREM le Syrien, diacre, confesseur et Docteur de l'Église


Saint Ephrem, diacre et docteur de l'Église

Le diacre Ephrem était chargé de l'école théologique de Nisibe lorsque surgirent les Perses (363) et il dut se réfugier avec ses élèves à Edesse, où il mourut (373). il menait une vie de contemplation, qu'il entretenait par une austérité extrême. C'est de sa flamme intérieure que jaillissait ce lyrisme qui a fait de lui « la harpe du Saint-Esprit ».

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/06/09/281/-/saint-ephrem-diacre-et-docteur-de-l-eglise

SAINT EPHREM

Diacre et Docteur de l'Église

(306-374)

Ce grand Docteur qui illustra l'Église de Syrie, naquit à Nisibe, en Mésopotamie, vers l'an 306. Ephrem fut consacré à Dieu dès son enfance. Quoique pauvre et vivant uniquement des produits de la terre, sa famille possédait l'insigne privilège de compter plusieurs martyrs dans ses rangs.

Bien qu'encore jeune, Ephrem alla trouver saint Jacques de Nisibe qui l'éleva comme un fils. Prévenu des lumières de l'Esprit-Saint, il s'ensevelit dans la solitude vers sa dix-huitième année, et établit sa demeure dans une grotte au pied d'un rocher.

Ce précoce anachorète passait ses jours et ses nuits à méditer les Saintes Écritures tout en se livrant aux plus rudes exercices de la pénitence. Il couchait sur la dure et passait des journées entières sans manger. En guise de travail, il tissait des voiles de navire au profit des pauvres. Porté à la colère, par tempérament, il dompta si bien les penchants viciés de sa nature, qu'on le surnomma: la douceur de Dieu.

Ordonné diacre par l'évêque de Nisibe, saint Ephrem fut chargé d'annoncer la parole de Dieu. Prédicateur inspiré, il parlait avec une éloquence qui subjuguait ses auditeurs. Ses discours portaient la lumière et la conviction dans les âmes des fidèles qui accouraient l'entendre prêcher.

La pensée à laquelle saint Ephrem revient sans cesse dans ses exhortations comme dans ses conversations et ses prières publiques, est celle du jugement dernier. Dans l'une de ses prédications, il engagea un dialogue avec son auditoire sur le grand Jour du Jugement. Il en fit une représentation si terrifiante par l'inquiétude des demandes et l'effrayante précision des réponses, que cette harangue est demeurée célèbre dans toute la chrétienté d'Orient.

Apôtre de la pénitence, saint Ephrem en représentait lui-même un parfait modèle pour tous. Par son exemple et ses paroles, il convertit un grand nombre d'idolâtres et d'hérétiques. Il combattit victorieusement ces derniers par des écrits d'une science magistrale.

Obligé de quitter la ville de Nisibe tombée aux mains des Perses, le saint diacre se retira à Edesse où il passa les dix dernières années de sa vie. Il résolut de s'adonner plus que jamais à la prière.

Comme son détachement du monde le portait vers la solitude, il ne voulut quitter sa retraite que pour prêcher la parole de Dieu et exercer la charité envers les pauvres et les malades. Il rédigea de volumineux commentaires sur l'Écriture Sainte, des homélies, des instructions pour les monastères, des hymnes et des poèmes. Ces nombreuses compositions dans lesquelles il chante les mystères de la religion, les gloires du Christ et de Sa Sainte Mère qu'il affectionnait particulièrement, lui ont mérité le surnom de: harpe du Saint-Esprit.

Arrivé dans une extrême vieillesse, il interrompit ses travaux pour visiter saint Basile, archevêque de Césarée. Le grand évêque conçut une profonde vénération pour saint Ephrem et voulut l'ordonner prêtre; mais le saint diacre avait le sacerdoce en une si haute estime, qu'il ne voulut jamais consentir à être revêtu de cette dignité suréminente.

De retour à Edesse, saint Ephrem s'enferma dans une cellule afin de se préparer au passage du temps à l'éternité. Sur ces entrefaites, la famine et la peste éclatèrent dans la ville. Aussitôt, l'homme de Dieu accourut pour combattre le double fléau. Il secourait nuit et jour les pauvres pestiférés et leur administrait les sacrements. La peste fut finalement vaincue après trois mois d'héroïques efforts.

En retournant dans sa cellule, saint Ephrem y emportait le germe d'une maladie mortelle. La fièvre l'accula bientôt à l'agonie et à une mort imminente. Toute la ville d'Edesse accourut pour saluer une dernière fois cet inestimable bienfaiteur de leurs âmes. Rendu au terme de son pèlerinage terrestre, saint Ephrem s'endormit du sommeil des bienheureux, le 18 juin 374.

Interprète des Livres Saints, théologien, orateur et poète sacré, saint Ephrem est assurément le plus illustre écrivain de tout l'Orient chrétien. Le pape Benoît XV l'a proclamé Docteur de l'Église universelle.

Tiré de l'Abbé Pradier, édition 1889, p. 310-312 -- F.P.B., 9e édition, 1891, p. 198 -- F.E.C. Édition 1932, p. 212-213 -- Bollandistes, Paris, 1874, tome I A, p. 278


BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 28 novembre 2007

Saint Ephrem le Syrien


Chers frères et sœurs,

Selon l'opinion commune d'aujourd'hui, le christianisme serait une religion européenne, qui aurait ensuite exporté la culture de ce continent dans d'autres pays. Mais la réalité est beaucoup plus complexe, car la racine de la religion chrétienne se trouve dans l'ancien Testament et donc à Jérusalem et dans le monde sémitique. Le christianisme se nourrit toujours à cette racine de l'Ancien Testament. Son expansion au cours des premiers siècles a eu lieu aussi bien vers l'Occident - vers le monde gréco-latin, où il a ensuite inspiré la culture européenne - que vers l'Orient, jusqu'à la Perse, à l'Inde, contribuant ainsi à susciter une culture spécifique, en langues sémitiques, avec une identité propre. Pour montrer cette multiplicité culturelle de l'unique foi chrétienne des débuts, j'ai parlé dans la catéchèse de mercredi dernier d'un représentant de cet autre christianisme, Aphraate le Sage persan, presque inconnu chez nous. Dans cette même optique, je voudrais aujourd'hui parler de saint Ephrem le Syrien, né à Nisibe vers 306 dans une famille chrétienne. Il fut le représentant le plus important du christianisme de langue syriaque et réussit à concilier d'une manière unique la vocation du théologien et celle du poète. Il se forma et grandit à côté de Jacques, Evêque de Nisibe (303-338), et il fonda avec lui l'école de théologie de sa ville. Ordonné diacre, il vécut intensément la vie de la communauté chrétienne locale jusqu'en 363, année où la ville de Nisibe tomba entre les mains des Persans. Ephrem immigra alors à Edesse, où il poursuivit son activité de prédicateur. Il mourut dans cette ville en l'an 373, victime de la contagion de la peste qu'il avait contractée en soignant les malades. On ne sait pas avec certitude s'il était moine, mais il est cependant certain qu'il est resté diacre pendant toute sa vie et qu'il a embrassé l'état de virginité et de pauvreté. C'est ainsi qu'apparaît dans la spécificité de son expression culturelle, l'identité chrétienne commune et fondamentale: la foi, l'espérance - cette espérance qui permet de vivre pauvre et chaste dans ce monde, en plaçant toutes ses attentes dans le Seigneur - et, enfin, la charité, jusqu'au don de soi-même dans le soin des malades de la peste.

Saint Ephrem nous a laissé un grand héritage théologique: sa production considérable peut se regrouper en quatre catégories: les œuvres écrites en prose ordinaire (ses œuvres polémiques, ou bien les commentaires bibliques); les œuvres en prose poétique; les homélies en vers; et enfin les hymnes, qui sont certainement l'œuvre la plus vaste d'Ephrem. Il s'agit d'un auteur riche et intéressant sous de nombreux aspects, mais en particulier sous le profil théologique. Si nous voulons aborder sa doctrine, nous devons insister dès le début sur ceci: le fait qu'il fait de la théologie sous une forme poétique. La poésie lui permet d'approfondir la réflexion théologique à travers des paradoxes et des images. Dans le même temps sa théologie devient liturgie, devient musique: en effet, c'était un grand compositeur, un musicien. Théologie, réflexion sur la foi, poésie, chant, louange de Dieu vont de pair; et c'est précisément dans ce caractère liturgique qu'apparaît avec limpidité la théologie d'Ephrem, la vérité divine. Dans sa recherche de Dieu, dans sa façon de faire de la théologie, il suit le chemin du paradoxe et du symbole. Il privilégie largement les images contrastantes, car elles lui servent à souligner le mystère de Dieu.

Je ne peux pour le moment présenter que peu de chose de lui, également parce que la poésie est difficilement traduisible, mais pour donner au moins une idée de sa théologie poétique, je voudrais citer en partie deux hymnes. Tout d'abord, également en vue du prochain Avent, je vous propose plusieurs images splendides tirées des hymnes Sur la nativité du Christ. Devant la Vierge, Ephrem manifeste son émerveillement avec un ton inspiré:

"Le Seigneur vint en elle pour se faire serviteur.

Le Verbe vint en elle

pour se taire dans son sein.

La foudre vint en elle

pour ne faire aucun bruit.

Le pasteur vint en elle

et voici l'Agneau né, qui pleure sans bruit.

Car le sein de Marie

a renversé les rôles:

Celui qui créa toutes choses

est entré en possession de celles-ci, mais pauvre.

Le Très-Haut vint en Elle (Marie),

mais il y entra humble.

La splendeur vint en elle,

mais revêtue de vêtements humbles.

Celui qui dispense toutes choses

connut la faim.

Celui qui étanche la soif de chacun

connut la soif.

Nu et dépouillé il naquit d'elle,

lui qui revêt (de beauté) toutes choses"

(Hymne "De Nativitate" 11, 6-8)

Pour exprimer le mystère du Christ, Ephrem utilise une grande diversité de thèmes, d'expressions, d'images. Dans l'une de ses hymnes, il relie de manière efficace Adam (au paradis) au Christ (dans l'Eucharistie):

"Ce fut en fermant

avec l'épée du chérubin,

que fut fermé

le chemin de l'arbre de la vie.

Mais pour les peuples,

le Seigneur de cet arbre

s'est donné comme nourriture

lui-même dans l'oblation (eucharistique).

Les arbres de l'Eden

furent donnés comme nourriture

au premier Adam.

Pour nous, le jardinier

du Jardin en personne

s'est fait nourriture

pour nos âmes.

En effet, nous étions tous sortis

du Paradis avec Adam,

qui le laissa derrière lui.

A présent que l'épée a été ôtée

là-bas (sur la croix) par la lance

nous pouvons y retourner"

(Hymne 49, 9-11).

Pour parler de l'Eucharistie, Ephrem se sert de deux images: la braise ou le charbon ardent, et la perle. Le thème de la braise est tiré du prophète Isaïe (cf. 6, 6). C'est l'image du séraphin, qui prend la braise avec les pinces, et effleure simplement les lèvres du prophète pour les purifier; le chrétien, en revanche, touche et consume la Braise, qui est le Christ lui-même:

"Dans ton pain se cache l'Esprit

qui ne peut être consommé;

dans ton vin se trouve le feu

qui ne peut être bu.

L'Esprit dans ton pain, le feu dans ton vin:

voilà une merveille accueillie par nos lèvres.

Le séraphin ne pouvait pas approcher ses doigts de la braise,

qui ne fut approchée que de la bouche d'Isaïe;

les doigts ne l'ont pas prise, les lèvres ne l'ont pas avalée;

mais à nous, le Seigneur a permis de faire les deux choses.

Le feu descendit avec colère pour détruire les pécheurs,

mais le feu de la grâce descend sur le pain et y reste.

Au lieu du feu qui détruisit l'homme,

nous avons mangé le feu dans le pain

et nous avons été vivifiés"

(Hymne "De Fide" 10, 8-10).

Voilà encore un dernier exemple des hymnes de saint Ephrem, où il parle de la perle comme symbole de la richesse et de la beauté de la foi:

"Je posai (la perle), mes frères, sur la paume de ma main,

pour pouvoir l'examiner.

Je me mis à l'observer d'un côté puis de l'autre:

elle n'avait qu'un seul aspect de tous les côtés.

(Ainsi) est la recherche du Fils, impénétrable, car elle n'est que lumière.

Dans sa clarté, je vis la Limpidité,

qui ne devient pas opaque;

et dans sa pureté,

le grand symbole du corps de notre Seigneur,

qui est pur.

Dans son indivisibilité, je vis la vérité,

qui est indivisible"

(Hymne "Sur la Perle" 1, 2-3).

La figure d'Ephrem est encore pleinement actuelle pour la vie des différentes Eglises chrétiennes. Nous le découvrons tout d'abord comme théologien, qui, à partir de l'Ecriture Sainte, réfléchit poétiquement sur le mystère de la rédemption de l'homme opérée par le Christ, le Verbe de Dieu incarné. Sa réflexion est une réflexion théologique exprimée par des images et des symboles tirés de la nature, de la vie quotidienne et de la Bible. Ephrem confère un caractère didactique et catéchistique à la poésie et aux hymnes pour la liturgie; il s'agit d'hymnes théologiques et, dans le même temps, adaptées à la récitation ou au chant liturgique. Ephrem se sert de ces hymnes pour diffuser, à l'occasion des fêtes liturgiques, la doctrine de l'Eglise. Au fil du temps, elles se sont révélées un moyen de catéchèse extrêmement efficace pour la communauté chrétienne.

La réflexion d'Ephrem sur le thème de Dieu créateur est importante: rien n'est isolé dans la création, et le monde est, à côté de l'Ecriture Sainte, une Bible de Dieu. En utilisant de manière erronée sa liberté, l'homme renverse l'ordre de l'univers. Pour Ephrem, le rôle de la femme est important. La façon dont il en parle est toujours inspirée par la sensibilité et le respect: la demeure de Jésus dans le sein de Marie a grandement élevé la dignité de la femme. Pour Ephrem, de même qu'il n'y a pas de Rédemption sans Jésus, il n'y a pas d'incarnation sans Marie. Les dimensions divines et humaines du mystère de notre rédemption se trouvent déjà dans les textes d'Ephrem; de manière poétique et avec des images fondamentalement tirées des Ecritures, il anticipe le cadre théologique et, d'une certaine manière, le langage même des grandes définitions christologiques des Conciles du V siècle.

Ephrem, honoré par la tradition chrétienne sous le titre de "lyre de l'Esprit Saint", resta diacre de son Eglise pendant toute sa vie. Ce fut un choix décisif et emblématique: il fut diacre, c'est-à-dire serviteur, que ce soit dans le ministère liturgique, ou, plus radicalement, dans l'amour pour le Christ, qu'il chanta de manière inégalable, ou encore, dans la charité envers ses frères, qu'il introduisit avec une rare habileté dans la connaissance de la Révélation divine.

* * *

Je salue les pèlerins francophones, en particulier la délégation de l'Union mondiale des Organisations féminines catholiques. À la suite de saint Éphrem, puissiez-vous approfondir votre foi et toujours à rendre gloire à Dieu 'par des psaumes, des hymnes et de libres louanges' (cf. Ep 5,19). Avec ma Bénédiction apostolique.

Je salue les responsables de la diffusion dans le monde de L'Osservatore Romano, accompagnés du Directeur responsable, M. Giovanni Maria Vian et du Directeur général, Don Elio Torrigiani. Chers amis, je vous remercie de vos efforts pour promouvoir les enseignements du Pape dans le monde entier et je vous accompagne par un souvenir particulier dans la prière, afin que le Seigneur vous comble de dons spirituels abondants.

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APPEL

Le 1 décembre prochain se tiendra la Journée mondiale contre le SIDA. Je suis spirituellement proche de ceux qui souffrent de cette terrible maladie, ainsi que de leurs familles, en particulier celles qui sont frappées par la perte d'un de leurs membres. Je les assure tous de ma prière.

En outre, je désire exhorter toutes les personnes de bonne volonté à multiplier les efforts pour arrêter la diffusion du virus VIH, à lutter contre le mépris qui frappe souvent ceux qui en sont affectés, et à prendre soin des malades, en particulier lorsqu'ils sont encore enfants.

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St Ephrem le Syrien, diacre, confesseur et docteur

Mort en 378. Docteur en 1920, Fête en même temps.

Leçons des Matines avant 1960

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Quatrième leçon. Éphrem de nationalité syrienne naquit à Nisibi, ville de Mésopotamie. Son père, qui était prêtre des idoles en même temps qu’il s’adonnait aux travaux des champs le chassa de sa demeure. Il était alors jeune encore, et il se rendit chez l’évêque saint Jacques de qui il reçut le baptême. Il fit en peu de temps de tels progrès dans la sainteté et dans la science, qu’il ne tarda pas à être chargé d’enseigner dans la florissante école de Nisibi. Après la mort de l’évêque Jacques, les Perses s’étant emparés de Nisibi, Éphrem partit pour Édesse : il y demeura quelque temps parmi les moines de la montagne, puis, pour se soustraire à des visites trop nombreuses, embrassa la vie érémitique. Ordonné diacre de l’Église d’Édesse et refusant par humilité le sacerdoce, il brilla de l’éclat de toutes les vertus et s’appliqua à acquérir, par la vraie pratique de la sagesse, la piété et la religion. Fixant en Dieu seul toute son espérance, il dédaignait tout ce qui est humain et éphémère, et aspirait assidûment à ce qui est divin et éternel.

Cinquième leçon. Une inspiration divine le conduisit à Césarée, en Cappadoce. Là il rencontra Basile le porte-parole de l’Église, et tous deux se lièrent d’une heureuse amitié. A cette époque, d’innombrables erreurs assaillaient l’Église de Dieu. Pour les réfuter et pour expliquer avec soin les mystères de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Éphrem publia de nombreux travaux écrits en syrien et presque tous traduits en grec ; saint Jérôme atteste qu’il s’acquit ainsi une telle célébrité que, dans certaines églises, on faisait la lecture publique de ses écrits après celle des Saintes Écritures.

Sixième leçon. Ces publications, pleines d’une doctrine si lumineuse, méritèrent à ce grand Saint que, de son vivant déjà, on l’honora comme un Docteur de l’Église. Il composa aussi des hymnes poétiques en l’honneur de la Très Sainte Vierge Marie et des Saints, ce qui lui valut d’être justement appelé par les Syriens, la cithare du Saint-Esprit, et se fit surtout remarquer par son extraordinaire et tendre dévotion à la Vierge immaculée. Il mourut plein de mérites à Édesse, en Mésopotamie, le quatorze des calendes de juillet, sous le règne de Valens. Cédant aux instances de nombreux Cardinaux, Patriarches, Archevêques, Évêques, abbés et familles religieuses, le Pape Benoît XV, après avoir pris l’avis de la Sacrée Congrégation des Rites, le déclara Docteur de l’Église universelle.

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu.

En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Vous êtes le sel de la terre. Que si le sel perd sa vertu, avec quoi le salera-t-on ? Et le reste.

Homélie de saint Éphrem de Syrie, Diacre.

Septième leçon. C’est une grande chose que d’entreprendre une bonne œuvre et de lui donner son achèvement, d’être agréable à Dieu et utile au prochain, de plaire enfin à notre souverain et très doux Maître le Christ Jésus qui a dit : Vous êtes le sel de la terre et les colonnes des cieux. Le labeur que tu poursuis dans l’affliction, très cher [frère, passe] comme un songe, mais le repos qui suivra ton labeur est indescriptible et inestimable. Veille donc attentivement sur toi-même, afin de ne point repousser l’un et perdre l’autre, en ne recherchant ni l’un ni l’autre, à savoir le contentement présent et la joie éternelle. Efforce-toi plutôt d’acquérir la vertu parfaite, ornée et caractérisée par toutes les dispositions que Dieu aime. Si tu y parviens, jamais tu ne provoqueras la colère de Dieu, ni ne feras tort à ton prochain. ’

Huitième leçon. Cette vertu [de charité] est appelée la seule vertu ; elle est dite d’une beauté unique car elle possède en soi la splendeur des diverses vertus. Le diadème des rois ne peut être achevé sans que des pierres précieuses et des perles brillantes y soient enchâssées et entrelacées, ainsi cette vertu unique ne peut-elle subsister sans l’éclat de vertus variées. Elle est assurément comparable à un diadème royal. Car de même que celui-ci ne peut scintiller entièrement sur la tête royale si une pierre ou une perle y fait défaut, de même cette unique vertu ne peut être appelée vertu parfaite, si elle n’a la gloire de réunir les autres vertus. Et semblablement dans un somptueux festin où les condiments les plus exquis ont été préparés mais où le sel fait défaut, comme ces mets précieux ne sauraient être mangés sans sel, ainsi, une vertu qui paraîtrait complète et posséder l’honneur et la gloire d’autres vertus variées, resterait assurément vile et méprisable, si l’amour de Dieu et du prochain en était absent.

Neuvième leçon. Quelques-uns sont parvenus à cette vertu et cherchant à l’orner comme on orne tout alentour un diadème royal, ils ont possédé en grande partie la parure qui lui convient. Mais, dans la suite, à l’occasion d’un objet quelconque, sûrement très méprisable, ils ont laissé décliner entièrement une vertu si précieuse. Leur âme s’est trouvée attachée aux sollicitudes terrestres et leur vertu arrêtée par des liens si vils, n’a pu entrer au ciel. Sois donc plein d’attention et de vigilance, mon très cher [frère], de peur qu’en t’embarrassant dans des entraves analogues, tu n’ouvres à l’ennemi en quête d’une proie et-que tu ne perdes cette vertu admirable et illustre recherchée par toi au prix de tant de labeurs ; de peur encore que tu ne la rendes incapable, ta vertu, de pénétrer dans les parvis célestes et que tu ne la places plutôt avec le rouge de la confusion devant le trône de l’époux divin, ou enfin que tu la laisses fixée à la terre par un cheveu. Donne-lui au contraire, l’essor d’une confiance, que rien n’empêche, ainsi qu’une voix élevée, afin qu’elle parvienne avec exultation au lieu du repos et puisse réclamer à haute voix sa récompense.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Cette fête a été introduite dans le Missel par Benoît XV, après que, dans une touchante encyclique, il eut orné saint Éphrem de l’auréole des docteurs. A la vérité, cet illustre champion de l’orthodoxie en Syrie contre les trompeuses menées des Ariens, avait obtenu dès l’antiquité, surtout en Orient, la renommée de Maître de l’Église universelle ; et non seulement les Syriens, mais aussi les Byzantins, les Slaves, les Arméniens et les Coptes avaient accueilli, dans leurs livres liturgiques, les compositions mélodiques du célèbre diacre d’Édesse, appelé pour cela la « cithare du Saint-Esprit ».

A la gloire de saint Éphrem manquait pourtant le dernier sceau que seule la Rome papale peut donner ; il vint enfin et y mit le comble. Benoît XV, en proclamant à la face du monde les mérites de saint Éphrem, en cette année 1920 où se célébraient les fêtes centenaires de saint Jérôme, compara entre eux ces deux grands personnages et fit remarquer que tous deux furent moines et vécurent en Syrie. — Jérôme est, de peu, postérieur à Éphrem dont il célébra les mérites et la gloire. — L’un comme l’autre firent des saintes Écritures l’objet de leurs études assidues, ils s’en nourrirent, jusqu’à les transformer en leur propre substance. Le prêtre de Bethléem et le diacre d’Édesse devinrent ainsi par leur science comme deux magnifiques flambeaux, destinés à illuminer, l’un l’Occident, et l’autre l’Orient.

Dès le XVIIe siècle, Rome chrétienne avait dédié à saint Éphrem — et l’encyclique papale le rappelle — un oratoire, maintenant détruit, sur l’Esquilin. L’extension de la fête du célèbre diacre syrien à l’Église universelle a pour but de montrer aux Orientaux, et surtout aux dissidents, la vénération dont le pontificat romain entoure les gloires et les fastes catholiques de ces très anciennes Églises. D’autre part, voici que l’on comptera désormais des docteurs de l’Église à tous les degrés de la hiérarchie sacrée, puisque Benoît XV, en donnant à saint Éphrem le titre de docteur, a résolu la controverse dont l’objet était de savoir si les diacres peuvent ou non atteindre ce suprême degré d’autorité et de magistère dans l’Église de Dieu. Jusqu’alors, seuls des évêques et des prêtres y avaient accédé.

La messe est tout entière du Commun des Docteurs ; seule la première collecte est propre. « O Dieu qui avez daigné illuminer votre Église par la doctrine et les mérites du bienheureux Éphrem ; nous vous demandons, par son intercession, que, par votre puissance, vous défendiez cette Église contre tout assaut de malice et d’erreur ».

Vraiment, la « lyre de l’Esprit Saint » comme les Orientaux appellent saint Éphrem, a de si grands et si nombreux mérites dans le domaine de la sainte liturgie, qu’il aurait peut-être été désirable que ceux-ci eussent été mis en relief dans la rédaction de sa messe, par exemple par quelque composition liturgique conforme au génie et au goût latin. Saint Ephrem a composé des poèmes admirables sur l’immaculée conception et la pureté de Marie, sur la primauté pontificale, sur les martyrs, sur l’efficacité du divin Sacrifice, sur les suffrages en faveur des défunts, etc. ; ces vers, associés au chant des vierges sacrées et à la musique, passionnèrent jadis les habitants d’Édesse, contemporains d’Éphrem, et les remplirent d’ardeur pour la défense de la foi de Nicée contre les Perses infidèles et contre les Ariens.

Dans le De viris illustribus saint Jérôme témoigne qu’Éphrem, par ses œuvres, ad tantam claritatem venisse, ut post lectionem Scriplurarum, publice in quibusdam ecclesiis eius scripta recitarentur [1].

[1] Cap. 115. « Est parvenu à une telle célébrité qu’après la lecture des Écritures, dans certaines églises, on récite publiquement ses écrits. »

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

1. Saint Éphrem le Syrien. — Jour de mort : 9 juin 373. Tombeau : à Édesse, en Syrie. Image : on le représente en diacre, avec un livre ; au ciel brille une colonne de feu. Vie : Ce diacre et docteur de l’Église occupe, parmi les docteurs de l’Église de son pays, d’emblée la première place. Ce fut un champion infatigable de l’Église catholique contre les nombreuses sectes hérétiques, particulièrement les ariens. Il sut unir dans ce combat un zèle ardent contre les erreurs avec une charité compatissante pour les égarés. Ce fut un écrivain d’une grande fécondité, la « Bouche d’or » de l’Église syrienne, et un poète très apprécié. Les Églises orientales ont admis ses poésies spirituelles dans leur liturgie. Les Syriens l’appellent : « la harpe du Saint-Esprit ». — La messe est du commun des docteurs de l’Église.

2. « Harpes du Saint-Esprit ». — Un merveilleux nom ! Dans ses hymnes, Éphrem a quelques beaux vers à ce sujet : « Le son de la trompette appelle les harpes muettes (les âmes) : Éveillez-vous, faites entendre vos chants de louanges et de bénédiction devant l’Époux ! Ce sera un bruit de voix quand les tombes s’ouvriront. L’un après l’autre, ils saisiront leur harpe et entonneront des chants d’allégresse : Gloire à celui qui abaisse, gloire à celui qui relève. Puisse aussi ma cithare, au moment de sa résurrection, louer le Seigneur ! » Or chaque chrétien est une harpe divine ; mais les saints le sont d’une manière toute particulière ; ils se font entendre dans l’Église par leur exemple et leurs leçons. Le jour de leur fête, ces harpes redeviennent vivantes ; L’Esprit de Dieu les anime de son souffle ; le doigt de Dieu les touche dans les textes et les mélodies de la sainte liturgie. « Il est bon de célébrer le Seigneur, de chanter... sur la harpe à dix cordes ». Le saint nous accompagne de sa harpe céleste, et les cordes de cette harpe font écho à nos prières et à nos chants.

SOURCE : http://www.introibo.fr/18-06-St-Ephrem-le-Syrien-diacre

Discours sur l'enfantement de la Vierge

Saint Ephrem le Syrien

Discours contre les hérétiques ; par l'exemple de la perle et par d'autres preuves évidentes, il y est démontré que nous devons croire que la sainte Enfantrice de Dieu, en dehors de toute loi de la nature, a conçu Dieu notre Seigneur et l'a mis au monde pour le salut du monde.

Seigneur, j'aime et je couvre de mes baisers ton Evangile, parce qu'il nourrit ma faim. J'aspire après ta parole, parce qu'elle étanche ma soif comme une source vive. Je convie à ta table tous ceux qu'il me plaît d'y appeler, et son abondance reste toujours inépuisable. Beaucoup d'autres prennent part avec moi à la nourriture céleste, et pourtant je me trouve dans la solitude. Je bois avec une foule de convives, et c'est à moi seul que Tu verses ta grâce. "Que Te donnerai-je donc en retour" (Ps 115, 112), si ce n'est mon âme tout entière soumise à tes saints Commandements ? Je le veux, Seigneur, mais je ne le puis. Adam est mon père et il faut que je paie à la nature la dette qu'elle réclame. Je tends vers Toi de toute ma force, et je me fais obstacle à moi-même ; car il y a en moi un mystère que je ne puis expliquer. Mon regard ne laisse échapper chez les autres aucune des faiblesses humaines, et je suis moi-même dans les liens du péché. Je vois mes égarements, je les connais, et en accusant les autres, c'est moi-même que j'accuse. Mais quoi! garderai-je donc le silence afin d'éviter ma condamnation ? Et comment alors prouver mon zèle et mon amour pour Toi ? Je parlerai donc et ne cesserai de parler. Que m'importe ma propre condamnation, pourvu que j'accomplisse mon saint ministère ? Que m'importe la mort elle-même, pourvu que ton Nom soit glorifié ? Je sais que je pourrais échapper à la condamnation en faisant grâce aux vices des pécheurs ; mais je ne cesserai de les poursuivre, afin de faire éclater ton innocence et l'inaltérable pureté de ta Vie. Que les Grecs connaissent la force et la puissance de mon amour ; que les Juifs comprennent toute l'ardeur de mon dévouement, puisque je me résigne pour Toi à une mort obscure et privée de l'appareil des flammes, du glaive et des autres tortures. Peut-être croiraient-ils à mon dévouement et à mon amour, si, pour les convaincre, je souffrais à cause de Toi une mort réelle, éclatante et environnée de témoins. Mais peut-être, dis-je, que je la souffrirais, et ne le ferais-je pas ; je crains bien que, privé du secours de ta grâce, je ne succombe à la faiblesse de ma nature.

Mais, Seigneur, donne-moi l'assurance que Tu soutiendras mes efforts, et je forcerai les Grecs à croire que je puis supporter le martyre. Faites-moi connaître que Tu prendras en pitié mes souffrances, et je vais m'armer pour la lutte. Oui, je suis prêt à me dépouiller de mes vêtements pour suivre les licteurs et les satellites des Grecs. Déjà la trompette appelle aux combats les Grecs impatients ; elle leur crie d'abandonner leurs foyers pour s'élancer contre les Perses ; déjà l'appareil des supplices cesse de menacer l'Occident et se dresse désormais contre nous. Je suis pénétré de crainte, parce que Tu hais les pécheurs ; mais mon âme est inondée de joie, parce que Tu es mort aussi pour eux. Je suis frappé de terreur parce que Tu détestes les hommes esclaves des sens et de la chair ; mais je suis rassuré, parce que Tu connais la faiblesse de notre nature, Créateur, Tu connais ta créature ; souverain juge, Tu sondes tous les replis du cœur de celui que Tu vas condamner ; Dieu fait homme, Tu n'ignores point ce que tu as Toi-même senti. Tu m'avais donné une nature sans tache ; mais Adam, mon père, l'a corrompue et dégradée par mille souillures. A ces souillures il a mêlé l'illusion de la vanité ; et maintenant je subis, sans y avoir participé, la peine de sa faute. C'est lui qui a mis dans la nature humaine un levain impur, et voici que je suis menacé de naufrage au sein d'une mer orageuse. Aie donc pitié de ma faiblesse, ô Toi qui es mon Créateur, prends en compassion mon infirmité, ô Dieu qui T'es revêtu de l'humanité pour moi. Ne me repousse pas à cause de mes vices et de mes penchants dépravés ; mais plutôt expulse-les de mon cœur, à cause de l'ardeur de ma volonté. Que mes souillures ne T'inspirent point de haine contre moi ; mais considère le zèle de mes œuvres ; et bien que mes coupables pensées aient pu Te détourner de moi, daigne accorder un regard bienveillant à mes larmes et à mon aversion pour la volupté. Je connais le but ; mais aurai-je la force d'y atteindre ? Du moins je fais tout ce qui est en mon pouvoir, et si Tu daignes m'accorder ce qui me manque, Tu vois le fond de mon âme, Tu sais que je suis pauvre et dépouillé par le démon. Mon cœur est faible et chargé des liens de la corruption. Mon esprit est sans force et le péché l'a entraîné à l'erreur. J'ai laissé tes dons se perdre, et voilà pourquoi je ne possède point la parfaite sagesse ; j'ai perdu tes traces, et voilà pourquoi j'ignore où je vais. Je ne possède donc rien ; ou si je possède quelque chose, c'est Toi qui me l'as donné en Te faisant homme. Je suis dans le dénuement le plus complet ; si je deviens riche, c'est un bienfait qui me viendra de Toi et maintenant et toujours. J'implore seulement l'appui de ta grâce, confessant que mon salut sera ton ouvrage, si je suis sauvé.

Il est parlé d'un certain riche dans l'écriture ; mais comme c'était un homme sage et plein de la connaissance de Dieu, il se donnait à lui-même le nom de pauvre. Il reconnut que sa richesse n'était que pauvreté en songeant à ta puissance. Et moi, que dirai-je ou que penserai-je de moi-même ? Vous connaissez aussi cet homme, chrétiens ; car l'Evangile vous a proposé une parabole à son sujet, parce que tous les travaux des saints ont pour but le salut de l'homme. C'est ainsi qu'il s'exprime : "Il y avait un homme riche, et cet homme, ayant connaissance d'un trésor caché dans un champ, vendit tous ses biens et acheta ce champ" (Mt 13,44). Un autre fit la même chose pour obtenir une perle d'un grand prix. Il est bon d'apprécier l'apparente diversité de ses deux paraboles et d'analyser la force cachée dans chacune d'elles ; car, au fond, le sens de toutes les deux est le même ; et comme celui de la parabole de la perle ne demande qu'une courte explication, c'est de la perle que nous parlerons en premier lieu.

La perle, cet objet d'un si grand prix, nous vient de la mer. Sa valeur est proportionnée à la difficulté qu'on éprouve à se la procurer. Pourtant elle ne sert pas à notre nourriture, mais à notre ornement ; elle ne donne pas non plus le plaisir d'un breuvage agréable, mais un éclat dont on est fier. Une forte somme d'argent pèse beaucoup ; la perle semble donner de la légèreté à la pesanteur même. Toute petite qu'elle est, son pouvoir est grand. Elle est facile à porter, facile à remettre en place. On la dérobe aisément aux regards ; mais c'est avec peine qu'on la trouve. Il en est de même du royaume des cieux ; il en est de même aussi du Verbe divin qui renferme, de la manière la plus manifeste et dans les plus étroites limites, une foule de mystères. Il ne sert pas d'aliment ; car sa durée n'est pas limitée au temps fini. Ce n'est pas non plus aux pauvres qu'Il peut servir ; ceux-là seuls qui ont amassé des trésors de science et de sagesse qui peuvent en tirer profit. Quiconque est pauvre de vertus ne peut Le posséder ; Il est la propriété exclusive des saints. On ne peut arriver aux sommités qu'en passant par les degrés intermédiaires ; de même dans l'Evangile, divers intervalles séparent ceux qui marchent vers Dieu. Es-tu pauvre ? Le Verbe sera pour toi le pain qui console l'indigence. Es-tu accablé sous le poids des infirmités ? Il sera pour toi le baume qui rend la force. Pour ceux qui souffrent d'une maladie de foie, Il est le sénevé et le vin réparateurs. Pour les uns, Il est le poisson qui les nourrit ; pour les autres, le pur froment. Pour ceux-ci, la faux tranchante ; pour ceux-là, la hache vengeresse. Il est le pain d'orge pour les hommes grossiers, l'instrument de l'art dans les mains du chirurgien ; pour quelques-uns Il est le fouet qui frappe ; pour d'autres, la verge qui châtie, le fardeau qui les fatigue et qui les courbe.

Telles sont les espèces de degrés que présente l'Evangile sous la forme de paraboles. Le Seigneur connaît les riches qui ont acquis des trésors de vertu et les pauvres qui sont en proie à l'indigence de cette même vertu ; Il connaît ceux qui sont faibles et ceux qui marchent d'un pas ferme dans la foi. Il connaît ceux qui sont pleins d'ardeur et ceux qui sont languissants dans la religion et la piété. Il en frappe un grand nombre par le glaive, afin de les arracher aux idoles et d'éloigner du peuple l'impiété. "Il voit dans les lieux les plus secrets" (Mt 6,4). Le feu de ses Regards pénètre partout pour faire éclater au grand jour ce qui se cachait dans l'ombre et pour consumer ce qui s'élevait orgueilleusement contre la science de Dieu. Il cautérise les membres que ronge un ulcère mortel et retranche de la communion de l'église les affections contagieuses. Parmi les malades, Il est le médecin, parmi les athlètes, Il est celui qui distribue les couronnes ; entre les rivaux, Il est l'arbitre ; au milieu des méchants, Il est le vengeur. Les pauvres ont en Lui leur soutien et les veuves leur défenseur. Pour les superbes, c'est un roi ; pour les humbles, c'est un frère. Les étrangers Le voient venir au-devant d'eux comme un ami ; les orphelins trouvent en Lui un père, et ceux qui Le blasphèment par ignorance, un juge indulgent et facile. Il est tout cela, bien qu'Il soit toujours un, toujours le même. Car Il peut tout ce qu'Il veut et Il se prête aux besoins de chacun. Voilà pourquoi Il se révèle sous la forme de tant de paraboles, voilà pourquoi ses vertus sont si variées ; et pourtant Il est toujours Lui, Il n'a point changé. Semblable à une lyre munie de cordes nombreuses, les modes divers de son action sont toujours d'accord avec l'intérêt de tous. J'ai connu un homme qui était à la fois médecin et artisan, forgeron et architecte, intendant et laboureur, inspecteur et savant, orfèvre et potier, cuisinier et marchand. Il possédait encore une foule d'autres talents ; mais bien qu'il se livrât à tant d'occupations diverses, il ne cessait pas d'être lui-même dans chacune d'elles. Comment donc, à plus forte raison, Dieu ne conserverait-Il pas son immuable nature, malgré la multiplicité des modes de son action et la diversité des formes que revêt sa volonté ?

Et qu'on n'aille pas conclure de mes paroles et de l'exemple qui précède que le Verbe aussi n'a revêtu qu'une forme fantastique d'humanité. Autre chose est la nature, autre chose est l'art ; autre chose est la figure ou la forme, et autre chose est la substance. Celui qui est à la fois artisan et laboureur, potier et inspecteur, intendant et fournisseur, celui-là est toujours un, toujours le même sous ses formes diverses. Il ne vient pas au monde avec telle ou telle professions, il naît ; puis, plus tard, l'étude le rend habile dans les différents arts. Mais la puissance que possède l'homme de donner la vie à l'homme, ce n'est point par l'étude qu'il l'obtient, c'est la nature elle-même qui l'en a doué. L'étude et la méditation n'ont donc pas appris au Fils de Dieu l'art de se montrer aux hommes avec les apparences de l'humanité ; mais Il a revêtu substantiellement l'humanité, afin de constituer une réalité vivante, et Il fut véritablement homme au milieu des hommes.

C'est Marcion que j'attaque ici ; ce sont les frivolités mensongères qu'il débite à ses sectaires que je veux détruire. C'est Manès surtout que je veux combattre, Manès dont la doctrine sur le Dieu fait homme est encore plus erronée qu'impie. Je prendrai la perle pour base de ma réfutation. Que les hérétiques nous disent quelle est son origine et quelle est sa formation. Elle m'offre un trésor d'arguments, et au lieu des saintes écritures, c'est elle que j'oppose à nos adversaires ; qu'ils nous disent comment naît la perle ; qu'ils nous prouvent qu'elle n'est qu'une forme sans substance. Je sais ce qu'ils vont dire ; mais je saurai les confondre à mon tour. "Celui, disent-ils, qui est né substantiellement sans le secours de l'union des sexes ne peut être un homme, et si le Christ avait reçu une naissance semblable à celle d'Adam, il n'y aurait en Lui que la nature humaine, et puisqu'Il est sorti du sein d'une vierge, sans rien devoir à l'homme, Il n'a pu revêtir que les apparences de l'humanité." Je ne vous répondrai point, ô hérétiques, car j'ai quelqu'un qui le fera pour moi. Je garde le silence ; car voici la perle qui va parler à ma place. Perle brillante, révèle donc le mystère de ta naissance, fais connaître ta nature et confonds les hérétiques. Montre-leur ta substance, et détruis leurs vaines et frivoles imaginations. Que les coquillages racontent comment la perle est née, qu'ils disent comment elle a été conçue dans leur sein. Que les créatures qui habitent au fond des eaux instruisent ces superbes, qui s'imaginent pouvoir pénétrer dans les cieux. Que les êtres privés de raison, que les objets inanimés redressent le jugement de ces ambitieux qui se vantent de pénétrer et de connaître la nature des choses célestes, et que ce qui n'est soumis à aucune loi en impose une à ceux qui prétendent imposer leur loi aux autres ; je ne puis supporter l'audace et l'insolence des hérétiques, quand ils osent demander compte de ses œuvres à la puissance divine et porter un regard curieux et téméraire sur la manière dont s'accomplissent ses divins effets. Ils osent demander compte à Dieu de ses œuvres, bien qu'ils soient eux-mêmes chargés d'une dette d'iniquités, quand leur esprit s'efforce de pénétrer le mystère ineffable de sa conception et de sa naissance. Les accusés prononcent la sentence du juge, dans l'impuissance de répondre pour eux-mêmes. Si vous comprenez ce qui est incompréhensible, vous lui ôtez sa qualité d'incompréhensible, et si votre intelligence atteint une chose divine, ce ne sera plus une chose divine, mais un fait ordinaire et commun. "Si, comme dit l'Apôtre, c'est la pénétration de votre esprit qui va jusqu'à l'intuition de ce Dieu inconnu, cette intuition de votre esprit aura détruit la puissance divine" (Ac 17,23).

Je reviens à la comparaison de la formation de la perle et de la naissance du Christ. Je comprends le mode de celle-ci par la similitude qu'elle offre avec celle-là, je ne prétends pas cependant révéler la nature intime du mystère. La perle est une pierre qui doit sa naissance à une substance charnelle, puisqu'elle sort du sein d'un coquillage. Pourquoi donc se refuserait-on de croire que Dieu s'est revêtu de l'humanité dans le sein d'une vierge ? Ce n'est point l'union de deux coquillages qui produit la perle, mais le mélange de la lumière et de l'eau. C'est ainsi que le Christ a été conçu dans les entrailles de Marie, sans le secours d'une union charnelle, et c'est le saint Esprit qui, de la substance de la Vierge, a formé le corps dont Dieu s'est revêtu. La perle ne naît point coquillage et ne revêt pas seulement la forme d'un corps comme si sa substance était spirituelle ; de même le Christ diffère de la divinité ; Il n'est pas tout entier dans la nature humaine, ni confondu sans mélange dans la nature divine, comme s'Il était né avec une forme spirituelle. La perle est engendrée substantiellement, et n'engendre point d'autre pierre de son espèce. Le Christ aussi n'est autre que le Fils engendré du Père et né de Marie. La perle n'a pas seulement la forme, mais encore la substance ; le Fils de Dieu est né également avec un corps réel, et non avec une forme fantastique. La pierre précieuse qui nous occupe réunit en elle deux natures, et cette union est une preuve de celle qui s'est opérée dans le Christ. Il est à la fois le Verbe-Dieu et l'homme né de Marie, et chacune de ces deux natures n'a point été en Lui incomplète et partielle ; car Il n'était point le fruit équivoque d'une union insolite ; mais Il possédait entière et parfaite chacune de ces deux natures, bien loin de les détruire toutes les deux en les partageant. Ce n'est pas revêtu de la seule nature divine que Dieu s'est montré à la terre, et ce n'est pas non plus revêtu de la seule nature humaine que l'homme est monté au ciel ; mais le Verbe incarné état le résultat complet de deux natures complètes ; Dieu par sa nature divine et homme par sa nature humaine : tel est le Christ, fils de Marie. La divinité n'a rien fait perdre à l'humanité, et la nature humaine n'a point été un fardeau pour la nature divine ; l'union de celle-ci avec le corps ne l'a point dégradée, elle ne lui a point ôté ses attributs primitifs, pour lui en donner d'autres qui lui étaient étrangers. Elle a gardé complets les attributs qui étaient en elle, et en revêtant l'humanité, le Verbe en a également revêtu tous les caractères. L'union des natures n'a point produit leur confusion ; car ce n'était point l'union d'un corps avec un autre corps, mais de l'homme avec Dieu. Le mélange de l'eau et du vin détruit la nature de ces deux liquides ; mais le mélange de l'or et du vin produit une substance nouvelle. La divinité renferme l'humanité comme une urne d'or renferme la manne ; le Verbe divin à son tour est caché dans l'incarnation comme l'urne dans le coffre. Ce qui était intérieur devient extérieur, et réciproquement. Ainsi se démontre l'unité et la substance du Christ. Sans doute la manne n'est pas une substance née de l'urne, elle lui est seulement unie, non comme l'humanité est contenue dans la divinité, mais comme l'eau est renfermée dans la perle dont l'essence primitive est la lumière.

Considérez avec attention ce phénomène de la lumière et de l'eau et admirez les paraboles du Seigneur ; remarquez le rôle que joue une matière imparfaite dans la formation de la perle, et croyez que le Christ est né réellement d'une femme. Du sein d'un coquillage pour lequel vous ne donneriez pas même une obole, sort une pierre brillante dont mille talents d'or et plus ne sauraient payer la valeur. C'est ainsi que du sein de Marie est sorti le Dieu tout-puissant. L'huître n'éprouve point de douleur tandis que s'opère en elle la conception de la perle, elle ne sent que son approche : le sein tranquille et résigné de Marie a conçu aussi le Christ sans éprouver d'autre sentiment que celui de l'apparition d'un nouvel être en elle ; la corruption n'atteint point le coquillage, ni pendant la conception, ni pendant la naissance de la perle ; car il enfante sans douleur une pierre brillante et d'une nature parfaite ; la Vierge aussi a conçu sans péché et a enfanté sans douleur. Et non seulement la perle est conçue dans le sein du coquillage, mais encore elle s'y accroît avec le temps et peut montrer sa substance hors de l'enveloppe qui la contenait. Mais comme en sa qualité de substance, elle a besoin du secours de la chair pour servir à son alimentation, et d'employer une matière nourrissante pour atteindre le dernier terme de son accroissement progressif, elle est caché dans le sein du coquillage comme dans les entrailles d'une mère, et on dirait qu'on l'y a mise à dessein pour qu'elle pût arriver à son entier développement. Elle s'y accroît donc grâce à la matière vivifiante qui l'entoure, et elle s'assimile les sucs nourriciers qui lui sont nécessaires. De même le Fils de Marie est né sans le secours d'un acte charnel, et la substance vivifiante de la Vierge a développé celle du Christ, sans que l'homme ait coopéré à son incarnation. Ô mystères sublimes! Ô dogmes divins! La nature humaine a produit ce qui n'était point en elle ; un enfant est né, qui n'a point été engendré par l'homme ; une vierge est devenue mère, son chaste sein a été une source de vie ; ses entrailles innocentes ont nourri le Fils de Dieu ; une jeune fille a été l'auxiliaire du Verbe divin dans l'œuvre de son Incarnation. Sa substance féconde a formé le Corps du Sauveur, et c'est après son accroissement complet que le fruit de ses entrailles est venu à la lumière. C'est une femme seule et sans le secours de l'homme qui est devenue mère ; car le fruit de ses entrailles était saint. C'est une vierge qui a enfanté, parce que le Fils qu'elle a mis au monde était la source de toute pureté et de toute chasteté. C'est exempte du trouble des sens que Marie a coopéré à l'incarnation du Fils de Dieu ; car Celui à qui elle a donné le jour était le vainqueur du péché.

Comment donc le Verbe n'aurait-Il revêtu que la forme apparente de l'humanité, puisqu'Il en a revêtu aussi la nature et l'essence, et qu'Il est né au temps marqué pour l'enfantement ? Comment Celui qui présente tous les caractères de la créature naissante a-t-Il pu sortir du sein de Marie, avec les apparences de l'humanité, sans que Marie ait éprouvé le travail et la douleur de l'enfantement ? Elle n'a point souffert, quoique femme ; elle n'a point éprouvé les douleurs de l'enfantement, quoique vierge. Elle n'était pas non plus étrangère au fruit de ses entrailles, car c'était sa substance virginale qui le nourrissait, et par là, il y avait communication et parenté entre elle et Lui ; et elle est devenue mère d'un Fils dont la nature était étrangère à la sienne, parce que c'est dans son sein que le Verbe s'est fait chair. Le Christ a pris son accroissement dans les entrailles de Marie, bien qu'en qualité de Dieu, Il n'eût besoin d'aucun secours ; et Il eut une femme pour mère, bien qu'Il fût Fils de Dieu. Il a reconnu Marie pour sa mère, car c'est par elle que la divinité a revêtu l'humanité. Il était Fils de celle qui avait coopéré à son Incarnation, non seulement parce qu'elle a prouvé son acquiescement et son désir par l'ardeur de sa foi, mais encore parce que sa substance virginale avait servi à former le corps du Sauveur.

Si le Verbe avait revêtu seulement la forme apparente de l'humanité, qu'eût-Il eu besoin du secours de la nature humaine ? S'Il était venu sous une forme mensongère, qu'eût-Il eu besoin de la femme ? Et si le sein de Marie n'a été pour Lui que la voie mystérieuse par laquelle Il est venu dans le monde, pourquoi Lui a-t-il fallu attendre, pour faire son apparition, l'époque marquée pour l'enfantement ? Si pour naître Il n'avait fait que descendre des cieux et venir habiter le sein d'une vierge, pourquoi ne S'est-Il pas montré directement du ciel à la terre ? Pourquoi est-Il resté dans le sein de Marie comme dans un lieu nécessaire, s'Il pouvait se montrer aux hommes sans le secours de la nature humaine ? S'Il n'a pas revêtu l'humanité, pourquoi du haut des cieux ne S'est-Il pas montré et fait connaître aux hommes ? S'Il avait tout ce qui était nécessaire à sa Venue, pourquoi empruntait-Il le secours d'une vierge ? Les actes de Dieu ne peuvent être ni vains ni trompeurs ; la coopération de Marie serait donc vaine, si le Christ n'était venu que sous les apparences de l'humanité, et Dieu aurait trompé les hommes en leur montrant couché dans une crèche un enfant nouveau-né. Ces propositions sont rigoureusement enchaînées, mes raisonnements sont donc vrais. Je sais que le Christ est la vérité même ; et dans la formation de la perle, je vois le Dieu qui S'est fait homme.

Mais voici une autre preuve de la venue réelle et substantielle du Christ ; je veux parler de son accroissement progressif depuis sa Naissance jusqu'à son âge mûr. Supposons un moment que le Christ n'est venu que sous les apparences de l'humanité ; Il portait des vêtements. Montrez-nous donc quel est l'accroissement d'un vêtement. Et si le Christ n'avait qu'un corps chimérique, comme Il n'a cessé de le développer depuis son enfance jusqu'à sa maturité, comment se fait-il que ce développement prouve son Incarnation et que son Incarnation prouve à son tour ce développement ? En effet, son Accroissement ne s'est pas fait tout d'un coup, et sa Naissance n'a pas devancé non plus l'époque marquée pour l'enfantement. La forme n'est pas la communication d'une nature substantielle, mais, comme les vêtements, une oeuvre de l'art. A quoi donc aurait servi la nature au Christ si l'art était à ses ordres ? Qu'était-il besoin qu'Il fût conçu dans le sein d'une femme, puisque la matière ne procède pas de l'homme vivant, mais a sa source dans le sein de la terre ? Une vierge a coopéré à l'Incarnation de la divinité, et en retour la divinité a rendu sa nature incorruptible. Si un acte quelconque eût pu accomplir le mystère, cet acte eût pu appartenir aussi bien à l'homme. Et si la forme eût suffi à l'accomplissement de ce mystère, l'art de l'homme aurait donc été l'auxiliaire de la divinité. Le sein d'une femme s'est ouvert à la divinité, et sa prompte obéissance a mérité d'enfanter sans douleur. Elle a prêté à l'accomplissement du mystère une nature sujette à la douleur et à la souffrance, elle lui a été rendue exempte de souffrance et de douleur. Elle a fait un présent plein d'imperfections et de misère, et il lui a été remis plus parfait et plus riche. Les entrailles qui reçurent Dieu étaient soumises au travail et à la douleur, et elles furent délivrées de toute infirmité humaine. Celui qui Se servait d'elle pour S'incarner était un grand médecin, et voilà pourquoi Il l'a rendue saine et incorruptible. Ce n'était pas un home qui se servait du secours de la femme pour obtenir la naissance d'un fils, c'était Dieu Lui-même, aussi Il a donné à la nature mortelle de Marie des dons qu'elle ne possédait pas, afin de montrer qu'Il ne venait pas pour corrompre la nature, mais pour la conserver pure et sans tache. C'était une perle qui naissait, et voilà pourquoi Il est sorti doucement du sein maternel ; voilà pourquoi Il a été enfanté sans travail et sans douleur. Son Corps n'était point rude au toucher, comme s'il eût été d'une substance terrestre ; il n'était point mou et sans consistance, comme si la substance eût été liquide, ni composé d'éléments nombreux et divers, comme si la substance eût été matérielle ; mais l'enfant renfermait un Dieu parfait caché sous une nature simple et nue, et voilà pourquoi, grâce à la puissance de Celui qui résidait en elle, la Vierge a enfanté doucement comme le coquillage qui laissa tomber la perle. Elle n'a point souffert comme la femme, et ses chastes flancs, comme les lèvres du coquillage qui se referment, sont revenus aussitôt à leur état virginal. Elle n'a point perdu le signe de sa virginité tandis que s'opérait en elle la Conception du Christ, et, une fois qu'Il a été engendré, ses flancs n'ont pas eu besoin de s'ouvrir pour Le mettre au jour ; ils n'ont point éprouvé de déchirement tandis qu'elle enfantait.

Je suis obligé de m'attarder longtemps sur ce sujet afin que, rassemblant toutes les raisons qui peuvent convaincre les hérétiques, je leur prouve que le Christ est né revêtu de la nature humaine et non de la forme apparente de l'humanité. Nous naissons comme nous sommes conçus ; notre mère est atteinte de corruption pendant qu'elle conçoit ; elle souffre et gémit pendant qu'elle enfante. Elle perd le signe de la virginité pour concevoir, et c'est pourquoi, au moment où elle enfante, non seulement ses flancs sont ouverts, mais encore, par la suite de la perte qu'ils éprouvent, ils se distendent, ils retombent, la douleur les déchire, afin de rappeler à la femme sa corruption primitive. Car, une fois que le germe déposé dans son sein s'est développé et parvient à sa maturité, les douleurs de l'enfantement se font sentir. Il n'en est pas ainsi du Christ ; Il est né sans douleur, parce qu'Il a été conçu sans corruption, recevant un corps dans le sein d'une vierge, non par un acte charnel, mais par l'opération du saint Esprit. C'est aussi le saint Esprit qui a ouvert doucement les flancs de Marie, quand le Sauveur est sorti de son sein, pour que Celui qui était l'Auteur de la nature parût au milieu des hommes revêtu de la nature humaine. Le Christ donnait Lui-même à la Vierge la vertu nécessaire à son Accroissement. C'était le saint Esprit qui aidait dans son enfantement cette jeune mère ignorante de la couche conjugale. C'est pourquoi le fruit des entrailles de Marie ne lui a point fait perdre le signe de sa virginité, et la Vierge n'a pas éprouvé les douleurs de l'enfantement ; ses flancs se sont ouverts, il est vrai, pour laisser un passage au Dieu qu'ils renfermaient, mais ils sont revenus aussitôt à leur état virginal, de même que les lèvres du coquillage s'ouvrent pour laisser tomber la perle et se réunissent de nouveau et se referment étroitement.

Plus d'une personne a reçu en meilleur état ce dont il avait abandonné l'usage à d'autres, parce que ceux qui l'avaient accepté pour s'en servir, étant d'habiles ouvriers, avaient fait disparaître les imperfections de l'objet donné, et l'avaient rendu sans défaut. A bien plus forte raison, loin de gâter ce qu'Il avait emprunté, Dieu a dû le rendre beaucoup plus parfait qu'Il ne l'avait reçu. Ainsi Il a emprunté une nature corruptible, et Il l'a rendue sans tache par sa naissance. Les techniciens savent contenir l'eau dans les vases, au moyen de courants contraires ; ils laissent un passage à son écoulement d'un côté, et ils la font rentrer à nouveau dans les vases par des mouvements spontanés. L'Art de Dieu ne pouvait-il donc l'emporter sur celui des hommes au point d'ouvrir et de refermer les flancs de Marie, sans qu'ils fussent en rien endommagés par la masse des matières qui se livraient un passage ? Les rois accordent des privilèges aux cités dans lesquelles ils ont reçu le jour ou la couronne. Pourquoi donc le Fils de Dieu n'aurait-Il pas accordé la virginité à sa Mère, puisque ce don était en son pouvoir ? Les propriétaires et les maîtres de quelques cantons étudient la nature des lieux et des sources qui les entourent ; ils corrigent les eaux, et, à force d'adresse et de constance, parviennent à améliorer la nature du climat. Le Christ ne pouvait-Il donc, à plus forte raison, corriger les défauts qui auraient apporté le trouble dans le sein de Marie ? Devait-Il, comme s'Il eût été l'un de nous, permettre que sa Mère fût semblable au reste des femmes ? Le Christ est le seul qui soit né d'une vierge ; il était donc convenable que Marie restât vierge malgré l'enfantement et devînt mère sans éprouver les douleurs de la maternité.

Ne vous laissez donc pas aveugler par votre propre nature, au point de ne pas croire à la nature divine, et que votre chair, qui est sujette au trouble des passions, ne corrompe pas votre jugement au point de vous faire accuser la nature humaine. Le Christ n'est pas venu pour servir les passions, mais pour exterminer le péché. Il n'a pas revêtu les apparences de l'humanité pour se faire un jeu de la nature humaine ; Il n'a pas rejeté la substance pour honorer la forme. Si la forme, entre les mains de l'homme, peut arriver à des résultats dignes d'admiration, la nature, certes, le pouvait bien davantage entre les mains de Dieu. S'Il a voulu honorer la forme de la nature humaine, la nature humaine est donc quelque chose de bien noble, puisque la divinité l'a jugée digne d'honneur. S'Il est venu sous la forme de l'humanité pour corriger la nature humaine, la nature humaine est donc bien supérieure à la forme, puisqu'elle comporte un perfectionnement plus grand. Si la forme ne pouvait rien ajouter à l'accomplissement de ses Desseins, Il a dû exécuter sans elle les décrets de sa volonté. Et s'Il n'a rien fait qui soit purement formel, c'est bien inutilement qu'Il eût revêtu la forme apparente de l'humanité.

Etudiez la perle et abandonnez vos erreurs, car je ne cesserai de poursuivre mes adversaires jusqu'à ce que je les aie confondus. Remarquez qu'elle n'est pas une forme fantastique, mais une substance réelle. Cette pierre précieuse est indivisible ; la substance qu'a revêtue la divinité est également indécomposable. La perle est formée de l'union de la lumière et de l'eau, deux éléments contraires qui se sont unis intimement. Comment donc ignorez-vous ce qui est sous vos yeux, et cherchez-vous avec tant de curiosité ce qui est loin de vos regards ? La lumière procède du feu, voilà pourquoi elle enflamme en même temps qu'elle illumine. Les coquillages viennent dans l'eau et croissent par l'eau. Comment se fait-il donc que l'élément brûlant et lumineux ne consume pas la matière du coquillage ? Comment se fait-il que l'eau et le feu s'unissent intimement et substantiellement sans que l'un nuise à l'autre ? Vous ne pouvez le dire, mais vous êtes obligés de croire ce que vous voyez et ce que vous touchez. Que ce phénomène naturel, dont vous ne pouvez rendre compte soit pour vous une preuve que le Fils de Dieu est né sans le secours d'un acte charnel. Il y a aussi en Lui deux éléments contraires dont les substances s'unissent intimement.

Mais je veux détruire une objection que vous pourriez me faire. Quelques-uns de vous disent : "Dieu est incréé et la chair tombe sous les sens ; Dieu est exempt de toute souffrance, la nature humaine est sujette à la douleur. Comment donc deux natures si opposées ont-elles pu se réunir en un seul être ?" Consultez la perle, elle vous expliquera ce mystère. La lumière est le symbole de la divinité et l'eau le symbole de l'humanité. Ce n'est pas l'eau qui s'est incorporé la lumière, car elle est pesante de sa nature et ne peut s'élever dans les hautes régions de la lumière. C'est le rayon lumineux qui, dans son mouvement léger, vient s'unir à la goutte d'eau, et le coquillage entrouvert les reçoit unis dans son sein. La chaleur de la substance de l'huître fait germer le nouvel être, et les lèvres du coquillage, en s'unissant étroitement, empêchent, par leur solidité, l'humeur interne de s'écouler au dehors. La substance nourricière développe le germe qu'elle contient, et le temps fait éclore une perle brillante du mélange d'une goutte d'eau et d'un rayon de lumière. L'Evangile dit de même : "L'Esprit du Seigneur viendra sur toi" (Lc 1,35). Pourquoi cela ? Afin de lui donner la force de porter dans ses flancs la divinité. Il ajoute encore : "Et la vertu du Très-Haut te couvrira de son Aile" (Ibid.). La lumière viendra s'arrêter sur ta nature mortelle, "car le fruit de tes entrailles est saint et portera le nom du Fils de Dieu" (Ibid.). Il ne dit pas : "Celui qui est déjà né naîtra de nouveau" ; il ne dit pas non plus : "Celui qui naîtra de la vertu du Très-Haut ou de l'Esprit saint", mais "Celui qui naîtra de toi", afin de montrer que la substance virginale de Marie était nécessaire à l'Incarnation de la divinité, et que c'est en elle que le Verbe divin s'est revêtu de l'humanité. Car si l'Evangile n'avait pas dit "Celui qui naîtra de toi", on aurait pu croire que le Verbe n'a pris que la forme apparente de l'humanité. Cependant, quelques exemplaires ne portent point ces mots : "de toi", et semblent ainsi donner raison aux hérétiques. Mais bien que ces exemplaires ne portent point cette addition, cependant les expressions qui précèdent donnent à la phrase le même sens, car l'Evangile dit : "Celui qui naîtra", et ces expressions renferment nécessairement l'idée d'incarnation. D'ailleurs la conception a pour conséquence nécessaire l'incarnation et elle est incompatible avec la forme ; l'expression de l'archange montre que si la divinité a résidé dans le sein d'une vierge, cela a été pour naître revêtu de la nature humaine. Car Il eût pu se montrer plus tôt à toute la terre, s'Il n'avait pas voulu prendre véritablement le corps de l'homme, pour vivre au milieu des hommes.

Contemplez la perle, et vous verrez qu'elle renferme deux natures. Elle produit beaucoup d'effet à cause de son essence éthérée ; elle est brillante à cause de son organisation matérielle. Vous voyez sa pureté dans son éclat, et dans l'effet qu'elle produit vous découvrez la puissance qui réside en elle. Elle est dure par sa nature terrestre, elle est légère par sa nature céleste ; elle tient de l'eau par son côté grossier, de la lumière par son côté divin. Tout le monde peut observer que la perle, comme un miroir pur, reflète l'image de chacun. C'est l'art qui façonne les miroirs ; aussi y a-t-il quelque chose de trompeur dans l'image qu'ils donnent de l'objet qu'on leur présente ; mais la perle renferme naturellement cette propriété ; c'est une faculté innée en elle. Il y a beaucoup d'autres choses qui sont le résultat identique et nu du mélange de deux éléments divers, mais ce n'est point comme la perle qu'elles naissent et ce n'est pas de lumière et d'eau qu'elles sont formées.

N'allez cependant pas prendre pour exemple toutes sortes de perles ; car toutes ne sont pas bonnes et ne renferment pas les propriétés dont nous avons parlé : plusieurs, au contraire, participent beaucoup à la nature terrestre. Parmi les huîtres, les unes restent au fond des mers, les autres choisissent les lieux humides, limoneux et pleins de vase, se nourrissent de matières infectes, et produisent rarement des perles de bonne qualité. Une autre cause encore concourt à l'existence de la perle ; car si elle ne reste pas dans la coquille le temps voulu pour sa formation, on l'y trouve à l'état de pierre et comme non à terme. Aussi plusieurs de celles qui sont au fond des eaux, ne valent rien et ne doivent qu'à l'art le peu de valeur qu'elles obtiennent. Du reste, ces qualités, on les trouve rarement hors des coquilles ; il faut aller les y chercher, les en arracher ; celles-là sont appelées bonnes et parfaites, qui, pendant leur espèce d'accroissement, pendant que leur substance s'identifie à la nature, ne sont point ravies à leur enveloppe, mais en sortent d'elles-mêmes ; et voilà précisément ce qui leur donne un si grand prix. Que si vous voulez savoir comment certains animaux viennent au milieu des eaux et de l'eau elle-même, ouvrez le livre de la loi, et vous entendrez Dieu vous dire qu'Il a ordonné aux ondes de produire entre autres choses les moules et les huîtres. Car ce sont deux espèces qui se traînent aussi au fond de la mer, et comme la perle est la dernière dans l'échelle des êtres, de même le Christ est né d'une nature souillée et corrompue que seule la présence d'un Dieu pouvait purifier.

Comme la foudre sillonne l'espace, Dieu le Père remplit l'infini ; comme l'éclair brille dans l'ombre, le Christ vient épurer nos souillures. Voilà pourquoi Il purifia la sainte Vierge et naquit de manière à prouver que partout sa présence engendre la souveraine pureté. Il la purifia d'avance par l'Esprit saint, et les entrailles purifiées de Marie conçurent le divin Jésus. Il la rendit chaste et pure ; aussi resta-t-elle Vierge en Lui donnant le jour. Coquillages précieux de nos mers, dites et prouvez à la terre que la Vierge n'a pas eu besoin du concours de l'homme pour concevoir son Fils. Qu'on ouvre votre enveloppe d'écaille, et l'on n'y verra point de chair ; mais l'éclat soudain de la lumière pénètre ce corps qu'un tranchant vient de partager ; ainsi la Vierge reçut au milieu de son être le Verbe Dieu, et sans secours étranger, sans désir, comme sans passion de sa part, la divinité s'incorpora à sa nature, et elle comprit que le mystère de l'Incarnation s'opérait dans son sein ; elle éprouvait la conception, mais ignorait l'acte qui en est la source ; son corps recelait un nouvel être ; et cependant nul désir charnel ne l'avait agitée ; car pour lui conserver toute sa chasteté, ses sens semblaient avoir oublié les appétits grossiers de leur nature. Lorsque le soleil paraît au firmament, les ténèbres se dissipent, et l'univers entier brille de l'éclat de sa lumière : que sera-ce s'il concentre ses rayons sur un seul point ? Si le Christ, éclairant Paul d'un rayon de sa céleste flamme, l'a ramené à la piété, a fait du loup infidèle une brebis soumise, du cruel persécuteur un apôtre miséricordieux, si, de récalcitrant et endurci qu'il était, Il l'a rendu doux et fervent, le Verbe saint, en venant habiter le corps de Marie, a dû bien autrement encore la purifier de toute tache et de tout péché. Pour gage de dévouement, Il ne demande à la jeune fille que sa foi : à ce prix Il lui donne sa grâce ; et si dans sa Justice Il la fortifie contre la corruption, Marie, par sa foi, Lui soumet sa nature, et la grâce l'inondant e ses flots, elle devient incorruptible à tout jamais. Dieu se l'approprie, ainsi que ferait un roi d'un vase précieux appartenant à un de ses sujets. Aussi, par la grâce, Marie devint, non pas mère, mais vierge, comme la nourriture des troupeaux deviendrait mets royal, si un roi la choisissait pour sa table. Non pas que je dise que Marie fut immortelle ; mais n'ayant pas été séduite par les appétits de la chair, elle fut sanctifiée par la grâce. La rouille imprimée à sa nature périssable disparut, et son corps libre de passion se conserva toujours pur.

J'aime et je couvre de mes baisers la pierre précieuse de l'Evangile, parce qu'elle est devenue la substance de mon âme ; j'élève aux cieux et je glorifie la perle des mers parce qu'elle me raconte les mystères du Christ ; si j'ai choisi de préférence cette comparaison, c'est qu'elle confirme pour moi deux faits mystérieux. Elle me montre, en effet, le mélange de deux natures, et la force virtuelle de la divinité. Par elle je comprends la réunion de deux contraires, le changement d'une nature déjà constituée ; j'y vois le ciel uni à la terre, deux anneaux ne formant qu'une chaîne. La grâce a fondu les deux principes en un seul, et je ne trouve point de moyens pour les séparer. Je sais bien en quoi ils diffèrent l'un de l'autre ; mais la forme sphérique de la perle trompe ma sagacité et ne me permet pas d'apercevoir le lien qui les rassemble et les unit. Tous les points à sa surface se rassemblent et se confondent ; car le Christ a fait disparaître tout point distinctif ; et, comme l'ouvrier qui réunit deux chaînons égaux, Il en a fait un tout uniforme que nulle puissance ne saurait partager. La coquille peut s'ouvrir à sa jointure, la perle, par sa forme, échappe à toute division ; dans l'une, l'intersection est toujours possible ; dans l'autre, jamais, afin de bien nous faire comprendre que les tables de la loi sont doubles, mais que l'Evangile n'a que l'unité d'une sphère parfaite. La loi d'ailleurs ne s'applique qu'au temporel, et l'Evangile au spirituel : c'est la coquille et la perle réunies par le Christ. Voilà comment, aidé des lumières de la grâce sur le mystère de l'Incarnation et recherchant la nature de la perle intellectuelle, j'en ai trouvé la cause, j'en ai saisi les rapports, j'en ai compris la nature. Qu'il me soit permis de revenir encore une fois sur l'œuvre du sublime Ouvrier.

Le souverain Créateur de toutes choses est à mes yeux un laboureur, non pas qu'Il cultive les terres de ce monde, mais Il entretient l'harmonie des êtres ; non pas qu'Il sème et moissonne, non pas qu'Il vendange et fasse gémir d'immenses pressoirs ; mais Il se sert d'abord de la nature humaine pour nous donner son Fils, et de ce Fils pour rendre à notre âme toute sa liberté. Voulant liquider la créance qu'Il avait sur la nature entière, Il a revendiqué toutes les productions de la terre ; et par cette rapide transaction, Il est devenu Maître absolu de l'univers, non seulement comme Créateur, mais encore comme Rédempteur ; non seulement comme Dieu, mais comme celui qui vend la perle obtenue à la sueur de son front et pour qui la moindre parcelle est précieuse. Afin de mieux obtenir l'esclave, Il a donné son Fils. Ô ineffable bonté ! Ô sublime dévouement! Il dépose la perle au sein de la coquille, et laisse ainsi vendre à vil prix la pierre précieuse. Comprenez-vous quel est le marchand ? Distinguez-vous bien Celui qui vend tout ce qu'Il possède pour acheter la perle ? Vous voyez alors comment le riche se dépouille de toutes ses propriétés pour acquérir un petit coin de terre, afin de posséder aussi le trésor qu'il renferme. Je dis que ce riche est Dieu le Père, donnant son Fils en échange des besoins de l'humanité, se dépouillant de ses riches possessions pour acquérir quelques arpents, objets de toute sa sollicitude ; et ces quelques arpents, Il les avait donnés en partage à Adam ; mais celui-ci, frivole dans ses désirs, ne sut point les conserver ; et Dieu n'acheta pas le champ pour sa valeur absolue, mais bien à cause du trésor qu'il recelait.

Et maintenant ce champ, quel est-il ? Le corps de l'homme, et le trésor caché dedans, son âme. N'est-ce pas en effet pour cette âme "faite à son Image et à sa Ressemblance" (Gn 1,26) que Dieu vendit tout ce qu'Il avait ? N'est-ce pas pour en acquérir la possession qu'Il envoya son Fils sur la terre ? Et certes, le démon ne s'en fût pas départi au profit de la divinité, si elle n'avait pas été cachée sous l'enveloppe humaine. Dieu savait sa valeur, et Il en craignait l'aliénation ; mais Il la livrait à l'homme, parce qu'Il connaissait la faiblesse de ce dernier, et qu'Il était persuadé de pouvoir reprendre l'enveloppe et le trésor dès qu'Il le voudrait. Il envoya donc son Fils vers le démon, en Lui disant : Livre-lui toutes les choses de la terre, car tout M'appartient ; l'homme seul, à cause de son libre arbitre, échappe à mon empire ; la faculté qu'il a de se prononcer pour ou contre Moi est un vrai trésor qu'il possède. Mais comme ma gloire est intéressée à conserver ce que J'ai crû Moi-même pour mon usage et mon service particulier, donne-lui tous les êtres sans raison, mais rends-Moi l'homme qui est libre. Aussi lui livra-t-Il tous les bestiaux paissant dans les plaines de Génésareth, se réservant le champ au trésor, et arrachant ainsi l'homme à l'empire du démon. Les porcs, les ânes, les taureaux, les lions eux-mêmes ne sont pas pour celui qui les possède un grand sujet de gloire ; mais il n'en est pas de même de l'homme, car il ne fournit pas un mets succulent et corruptible, mais bien un trésor digne du ciel. Et c'est le trésor que nous avons représenté par un champ de terre ; l'Acquéreur de ce champ c'est Dieu le Père ; le médiateur, c'est le Christ, son Fils. Il s'est présenté comme simple étranger, Il a transigé comme acquéreur, Il a pris possession comme maître, parce que le Père et le Fils ne font qu'un seul Dieu. Par la nature de son Incarnation, Il a manifesté sa Volonté et son Pouvoir ; par le fait de son acquisition, Il a fait acte de médiateur ; s'élevant ensuite au rôle de maître absolu, Il a reculé champ de terre et le propriétaire, dans son ignorance, lui a aussi livré le trésor enfoui.

L'homme est donc devenu la propriété du Seigneur, et le vendeur ne savait pas lui avoir cédé en même temps un immense bénéfice ; le Christ, une fois possesseur de l'homme, le devenait aussi de tout ce qui était soumis à l'homme. Tous les êtres sans raison étaient échus en partage à Adam, et cependant le démon semblait en revendiquer la possession, puisqu'il donnait en échange le corps d'Adam lui-même ; mais dès lors qu'il avait cédé l'homme, tout ce qui appartenait à ce dernier devait être compris dans la cession et suivre son possesseur naturel. Avec l'homme furent donc vendus tous les êtres animés ; car celui-ci avait le pouvoir de les offrir à son Dieu, et voilà pourquoi l'empire du Seigneur s'étendit et sur les Juifs et sur les nations les plus reculées. Le Christ venait de faire une acquisition précieuse ; Il la paya de son sang sur la croix ; puis Il ressuscita, vint en prendre possession, en chassa les premiers maîtres, et y plaça ceux de son choix. Le champ qu'Il avait acheté, c'était la terre entière, et le trésor, les saints qu'elle renferme. Il S'attacha d'abord à la surface, Se réservant de profiter quand Il le voudrait du trésor qui était caché. Il vint au milieu des vivants ; mais les morts étant aussi de son domaine, Il les tira de la poussière qui les couvrait, et laissa le trésor pour le moment de sa résurrection. Ensuite, "Il s'en alla dans un pays éloigné" (Mt 21,33), confiant ce précieux dépôt à des gardes, et son champ à des régisseurs, afin qu'à sa Voix ils en fissent plus tard offrande au Roi suprême. Or sa perle chérie reste enfermée dans la coquille comme dans un vase, et le champ peut être comparé à l'atelier d'un potier ; c'est dans ce sens que le prophète du Seigneur a dit : "Entre dans le champ du potier" (Je 18,2). Et de quel potier entendait-il parler, si ce n'est de Dieu, puisque c'est Dieu qui nous a ressuscités dans ce champ ? Aussi jusqu'à la consommation des temps le corps de l'homme n'est qu'un champ de limon infect ; mais au grand jour qui sera le dernier, ce limon deviendra un vase purifié : pour les saints par la grâce, pour les pécheurs, par le feu de la géhenne.

Telles sont les vicissitudes de la perle, qui ne reste pas à tout jamais ensevelie dans la terre, mais en est extraite par le Marchand : aussi devient-Il Lui-même les prémices de sa Croix, et, s'Il ressuscite seul, c'est qu'Il a contracté seul. Et ce n'est pas après sa mort qu'Il a acheté la perle, parce que c'est sur la croix qu'Il a vaincu le démon, qu'Il l'a dépouillé et S'est emparé de son armure. Voilà ce qui Lui fait dire : "Je puis déposer mon âme et Je puis la reprendre" (Jn 10,18). N'avait-Il pas, en effet, un pouvoir absolu sur la mort ? Et en mourant Lui-même, ne laissait-Il pas la perle précieuse aux mains non pas du démon, mais de la nature ? Ainsi, pendant qu'elle était encore dans les entrailles de la terre, le marché en fut conclu, l'échange se fit, et elle devint le prix de sa médiation. Le vendeur insensé ne se doutait pas que Celui qu'il regardait comme un simple étranger était un Maître absolu. Le Christ reçut donc l'objet vendu ; Il reçut le champ ; Il reçut toute la valeur de ce champ : car la nature, invariable dans sa marche, obéit aux lois éternelles qui la régissaient. En acquérant le champ, Dieu acquérait tout pouvoir sur les vivants, et pour le trésor qu'il renfermait, les morts Lui étaient aussi acquis. Le type de son Incarnation reste constant dans la perle ; le bénéfice Lui en est assuré par la grâce du saint Esprit, qui fortifie le corps contre le démon ; car c'était ce Corps divin que Dieu le Père proposait pour objet et pour prix du combat.

Revenons maintenant sur notre sujet ; récapitulons ce que nous avons dit, et tâchons de saisir comme il convient l'ensemble de ces importantes vérités. Nous avons comparé Dieu le Père à un laboureur, à un ouvrier, à un marchand, à un potier, à un courtier, à un prêteur, à un rémunérateur jaloux de sa gloire. Il est bien grand, le Nom du Seigneur, puisque en deux mots il renferme de si nombreuses attributions ! La perle a été pour nous tout l'Evangile, car en quelques lettres elle contient l'explication de bien grands mystères ; et ces quelques misérables feuilles de papier expliquent la doctrine céleste. Les hérétiques affirment que se revêtir de la chair humaine est indigne du Fils de Dieu. Eh quoi! Dieu a permis qu'une simple feuille de papier pût expliquer le ciel, et Il n'aurait pas pu permettre que son Fils assumât la nature humaine ? Non que je veuille établir la parité de ces deux faits ; mais j'y trouve la preuve de la Bonté de Dieu envers nous, qui L'a fait Se dépouiller Lui-même et S'unir aux hommes. Mais, dit-on, Dieu n'est pas venu en personne sur la terre. Non certes, car ce corps terrestre et périssable ne pouvait convenir à la divinité pour vivre parmi nous. Le Maître de la nature a pris la nature du maître de la terre pour rendre à Adam son empire, que la séduction lui avait fait perdre. Et si le Christ a revêtu une forme périssable pour descendre ici-bas sous cette forme, Il était encore le Fils de Dieu.

Il est facile de voir comment sont battus les hérétiques, lorsqu'ils essayent si imprudemment de nier la substance du Christ. On peut bien les taxer de folie, car ils parlent et ne savent ce qu'ils disent, ils profèrent des mots au hasard et ne comprennent point la conséquence de leurs paroles. Malheureux incrédule! Je veux te montrer Dieu comme un prêteur bienfaisant, qui a préparé une Perle sacrée dans le sein de la Vierge, comme un cultivateur habile, qui a communiqué à la nature sa divinité. Je veux te Le montrer comme marchand associant l'homme à ses transactions, se croyant riche d'un simple denier, laissant de côté tout gain personnel, pour ne songer qu'à l'homme, et Lui donner à tout jamais le royaume céleste. La nature humaine, faible et débile, reçut en elle la divinité, et put alors combattre son ennemi. Le Fils entra dans les vues du Père, et Il souffrit pour purifier son acquisition, la réhabilitant par la grâce ; Il donnait au péché l'auxiliaire des passions et des attraits puissants. Puis offrant cette nature fragile au démon, Il l'excita à tenter l'humanité. D'un autre côté Il montra à l'homme la grâce divine et la lui promit au Nom de son Père, sans lui cacher les combats spirituels qu'il aurait à livrer pour la haine qu'il fallait vouer à tout objet terrestre. Il l'exhorta au sacrifice de propitiation et s'offrit comme médiateur dans la réconciliation divine ; Il S'engagea à obtenir le pardon et indiqua la croix comme gage assuré de sa Promesse, disposant ainsi l'homme à recourir à Dieu et le Fils à se rapprocher de son Père. Combattant ensuite Lui-même le démon, Il assura la possession à son Père et délivra l'esclave du joug affreux qui pesait sur lui.

Admire encore avec moi son ouvrage comme laboureur, car dans l'une et l'autre fonction le Christ Se montre toujours dispensateur de grâces envers l'homme et ennemi déclaré du péché. Et n'est-Il pas, en effet la source d'une foule de chefs-d'œuvre ? L'infini de ses attributions ne se prête-t-il pas à tout ce que l'esprit le plus vaste peut concevoir ? Peut-on rien imaginer qu'Il ne puisse exécuter ? Il a déposé la divinité dans le sein de la Vierge ; Il y a enfermé son Fils, afin que, partageant sa nouvelle nature, Il lui communiquât la sienne par son Incarnation. L'on peut donc dire avec vérité que pour Dieu le Père, Marie fut un arbre ; pour le Fils une mère ; et pour les hommes une source incorruptible et éternelle de l'Esprit saint. Les liens de cette greffe sacrée sont les témoignages des prophètes ; et la division s'est opérée sur l'étendue de la nature. Le jardinier a une faucille qui lui sert à élaguer et à redresser les branches, c'est-à-dire à préparer et à conserver la vertu du saint Esprit ; et l'arbre régénéré ainsi dans son espèce n'est autre que la sainte femme restée vierge.

Crois donc fermement à nos paroles, ô homme, car tout s'explique par la foi. Et si tu crois pouvoir nous taxer de mensonge, jette les yeux sur les mystères qui t'entourent, et étudie leur existence et leurs conditions. Supposons en effet que tu n'aies pas en toi ce principe que nous appelons âme, ton oeil pourra-t-il voir, ton oreille entendre ? Ton palais distinguera-t-il les saveurs, tes mains pourront-elles agir ? C'est donc l'âme qui fait tout ; le corps coopère seulement à ses actes. Vois encore la puissance divine dans ses œuvres admirables, où préside sans cesse je ne sais quelle sagesse secrète et ineffable. Mais il y a plus, je puis te prouver l'Incarnation du Fils de Dieu par des faits et des autorités purement terrestres ; et si j'emploie toutes ces comparaisons, ne crois pas que ce soit pour appuyer ma conviction sur un ou plusieurs points au hasard : c'est bien plutôt pour te faire comprendre, par ces nombreux témoignages de sagesse, la variété infinie des œuvres de la divinité et les moyens appropriés à chaque circonstance, dont Il S'est servi pour combattre le péché. Agissant toujours d'une manière différente, dans sa Nativité et après sa naissance, dans sa jeunesse et dans sa virilité, enfin dans sa propre nature, Il nous fait connaître les motifs de sa conduite pour chaque époque voulue. Et s'il te restait quelque doute sur nos paroles, écoute le Sauveur Lui-même : "Je suis la vigne et vous les sarments, et le vigneron, c'est mon Père" (Jn 15,1).

Je puis encore apporter à l'appui de mes convictions les travaux des hommes. Nous les voyons tantôt greffer les amandiers sur les germes des arbres les plus rares, tantôt enter une feuille sur une branche, ce qu'ils pratiquent surtout à l'égard des vignes ; pourquoi donc ne croirions-nous pas que Dieu a pu employer des moyens pareils dans des faits qui échappent à nos sens ; pour le Verbe, en greffant sur Lui la chair, pour la chair, en greffant sur elle la divinité ? Non, la Vierge sainte n'a pas eu besoin d'un germe étranger à son corps pour enfanter : libre de toute affection charnelle, Marie a donné sa propre substance, et la sagesse S'est bâti une maison avec des pierres que la hache ni la scie n'avaient entamées. Dans la construction, jamais le bruit du fer ne s'est fait entendre : et aussi dans Marie l'homme n'a rien fait, la Vierge seule a opéré. Les pierres du saint édifice étaient taillées et polies par leur nature, l'homme n'y avait point touché ; pareillement l'Incarnation dans la Vierge s'est faite sans le secours de l'homme ; mais elle a choisi notre nature dans ses entrailles immaculées. Comme les pierres ont été tirées de la terre ; de même l'Incarnation s'est opérée dans la nature, et la divinité est restée pure et sans tache, parce que cette nature était exempte de péché. Sans rien devoir au tranchant du fer, le temple de la sagesse s'est élevé ; sans causer ni douleur ni souillure, le Christ a été mis au monde. D'un côté, la terre seule a tout fourni ; de l'autre, la Vierge a conçu seule. La pierre n'a point été partagée, la terre n'en a point senti l'extraction ; la Vierge non plus n'a subi aucune altération, et la passion n'a été pour rien dans sa chaste conception ; la terre n'a point fourni des pierres venues d'une autre source ; mais sans travail et par instinct, elle a donné ce qu'elle avait.

Pas la moindre cause externe n'a concouru à l'Incarnation dans la Vierge ; le principe existait en elle, et sans cela ne serait-elle pas plutôt une simple nourrice qu'une mère, la dépositaire d'un trésor et non la source d'un prodige de la création ? L'Evangile lui donne le titre de mère, et non la simple appellation de nourrice ; il appelle aussi Joseph père, quoiqu'il n'ait eu aucune part à cette conception ; aussi ce n'est pas à cause du Christ qu'il reçoit ce nom, mais bien à cause de Marie, afin de mettre cet enfantement à l'abri de tout soupçon injurieux, comme n'a pas craint d'en soulever l'impiété des Juifs. Le nom, d'ailleurs, fit-il jamais la chose ; et n'appelons-nous pas bien souvent pères, non pas ceux à qui nous devons le jour, mais de vénérables vieillards ? Aussi bien, la position seule de Joseph lui donnait ce nom, et sur la terre il devait l'avoir : le lien conjugal contracté par Joseph et Marie les rendait véritablement époux, et donnait au mari le titre de père. Et les palmiers mâles, n'est-il pas reconnu qu'étendant l'ombre de leurs rameaux sur les femelles, ils font fructifier ces dernières sans les approcher nullement, sans leur rien céder de leur substance ? Quelques figuiers aussi restent stériles, s'ils ne croissent pas en vue du mâle de l'espèce. Ainsi, par la même raison qu'on appelle ces arbres pères, quoiqu'ils ne contribuent en rien à la génération, ce nom a été donné à Joseph, quoiqu'il n'ait été qu'un ami pour la Vierge. C'est un grand mystère sans doute, et voilà pourquoi il faut appeler à soi toute la création pour le sonder. Les secrets de la nature échappent aux lumières les plus vives de l'esprit et de la pensée. Ce qui existe confond la science et l'imagination la plus ardente. Comment se ferait-il alors que la nature entière ne pût nous faire saisir ce raisonnement ? Dieu était ce qui était, et tout devait obéir à sa Voix. Dieu S'était fait homme, et toute créature doit venir admirer son Créateur et s'incliner devant cette Puissance créatrice, et croire fermement que ce qui paraît impossible dans l'ordre général de la nature Lui est possible à Lui. Sachons bien tous que rien ne se fait que par sa Volonté, que la nature est son esclave. Répétons-le aux incrédules : Dieu n'a pas eu besoin d'un principe matériel pour créer le monde ; il Lui a suffi de vouloir. Il faut qu'ils en conviennent : l'univers et tout ce qu'il renferme n'est pas le produit de la matière. Et par la même raison, c'est sans le concours des deux sexes qu'Il a crû l'homme, qui contient en lui le siècle visible et invisible.

Mais je sens ma faiblesse pour parler d'une chose si grande. Venez à mon secours et prêtez-moi vos voix persuasives, lois de la nature, inventions des arts, conceptions de l'esprit! Que le firmament m'explique d'où vient la clarté de l'étoile, elle qui n'a pas reçu en partage la lumière, comme le soleil et la lune! Que l'air sillonné par la foudre, dont l'éclair tombe au sein de la coquille, fournisse une preuve de Celui qui devait naître au sein d'une Vierge. Que la terre nous dise le trésor caché dans ses entrailles ; la mer sa perle précieuse et invisible. Venez à mon aide, agriculture, maçonnerie, marchands avides et actifs, pêcheurs adroits, sagesse des monarques, combats des puissants, contradictions des hommes, découvertes des savants, science des astrologues, tyrans détrônés, folie des prêtres sacrilèges, enfants confesseurs, pasteurs prophètes ; oh! venez tous proclamer avec moi la Naissance de Dieu, et peut-être alors les hérétiques avoueront-ils que ce n'est pas seulement en apparence que le Christ est venu parmi nous ; mais qu'Il a réellement pris un corps et une âme et qu'Il est né d'une Vierge.

Voici encore ce que disent les Juifs : ils ne croient pas que Dieu ait vécu comme homme au milieu des hommes. Cependant ils croient bien qu'Il a été enfermé dans l'Arche. Et, je vous le demande, qu'est-ce qui est plus grand, l'arche ou l'homme ? Si tu crois que Dieu été enfermé dans l'arche, pourquoi ne veux-tu pas admettre qu'Il a vécu au milieu des hommes ? Nous ne pouvons pas croire, disent-ils, que s'Il eût été Dieu, Il Se fût laisser crucifier. Mais pourquoi ne refuses-tu pas aussi de croire que l'arche, qui renfermait Dieu, ait été prise par les ennemis (1 R 4,11) ; car, de même que cette arche recevait en apparence une injure ; de même le Verbe Dieu, impassible de sa nature, a été soumis par l'incarnation aux souffrances et à l'ignominie, jusqu'à pouvoir être crucifié. Et de même que sur la terre étrangère, l'arche renversa et détruisit Dragon (1 R 5,3-4), de même sur la croix le Christ triompha du démon, réduisit au silence les blasphémateurs, et fit connaître sa divine Puissance à tous les infidèles. Vous ne voulez pas croire que le Fils de Dieu est ressuscité trois jours après sa mort. Et pourquoi croyez-vous alors que Jonas, après avoir passé trois jours dans le ventre de la baleine, en est sorti sain et sauf (Jn 2) ? Vous ne voulez pas croire que la sainte Vierge a enfanté Dieu fait homme : comment se fait-il donc que vous croyez à la construction d'un temple célèbre, pour lequel aucune pierre n'a été taillée, et qui n'a nécessité l'emploi d'aucun instrument en fer (3 R 6,7) ? Et certes de tous les édifices et de tous les temples, celui-là fut sans contredit le plus beau.

La folie et la démence des Juifs dépasse toute borne ; ils ont sous les yeux les preuves les plus patentes, et ils refusent de croire. L'ineptie des hérétiques m'indigne, ils ajoutent plutôt foi aux idolâtres et aux païens qu'aux divines Ecritures. S'il n'est pas vrai qu'un édifice s'est élevé sans le secours du fer, édifice consacré au culte du Seigneur, j'accorde que le Christ n'est pas venu en personne sur la terre. Mais si les fondements de ce temple existent encore sous nos yeux, ne disputez plus et croyez. Pour moi, je scellerai cette profession de mon sang. Confondez-moi avec les infidèles, ce que je redoute le plus ici-bas, et comblez mes vœux en me faisant mourir pour le Christ. Pour ce qui est de mon corps, je tremble à l'idée de la mort ; mais mon espoir et ma confiance sont en Dieu. Par ma nature, je chancelle ; par son secours, je m'affermis. Tout est confusion en moi ; en Lui tout est espérance. Il est la perle, je suis la boue ; Il est le trésor, je suis la poussière ; Il est la vie, je suis la mort ; Il est la sagesse, je suis le péché ; Il est la vérité, je suis le mensonge ; car, pour satisfaire ma vanité, j'ai repoussé de moi la vérité. Il m'a donné une nature parfaite, et mes affections mauvaises l'ont corrompue ; Il m'a donné une volonté libre et forte, et moi, je l'ai tuée en la souillant et en la ternissant par le péché. C'est Lui qui est descendu au fond des mers pour y chercher, à travers des périls sans nombre, la perle précieuse, et sa divinité L'accompagnait dans toutes ses tribulations, et Il a emporté avec Lui dans le ciel la nature humaine qu'Il avait prise sur la terre. C'est Lui qui, sans relâche et toujours plus profondément, creusait le champ qu'Il avait acquis, et souffrait sur la croix pour S'approprier le trésor des saints qu'Il faisait sortir du tombeau. Travaillons donc, nous aussi, et de tous nos efforts, pour participer un jour à la transaction et à la médiation de notre Sauveur Jésus Christ ; car c'est à Lui que doit revenir toute gloire, tout honneur, toute adoration ; à Lui et à son Père, qui ne S'est pas soumis au même sacrifice, aussi bien qu'à l'Esprit souverainement saint, bon et vivifiant, maintenant et à tout jamais, jusqu'à la consommation des siècles. Amen 







Poet, teacher, orator and defender of the faith, Ephrem is the only Syrian recognized as a doctor of the Church. He took upon himself the special task of opposing the many false doctrines rampant at his time, always remaining a true and forceful defender of the Catholic Church.

Born in Nisibis, Mesopotamia, he was baptized as a young man and became famous as a teacher in his native city. When the Christian emperor had to cede Nisibis to the Persians, Ephrem, along with many Christians, fled as a refugee to Edessa. He is credited with attracting great glory to the biblical school there. He was ordained a deacon but declined becoming a priest (and was said to have avoided episcopal consecration by feigning madness!).

He had a prolific pen and his writings best illumine his holiness. Although he was not a man of great scholarship, his works reflect deep insight and knowledge of the Scriptures. In writing about the mysteries of humanity’s redemption, Ephrem reveals a realistic and humanly sympathetic spirit and a great devotion to the humanity of Jesus. It is said that his poetic account of the Last Judgment inspired Dante.

It is surprising to read that he wrote hymns against the heretics of his day. He would take the popular songs of the heretical groups and, using their melodies, compose beautiful hymns embodying orthodox doctrine. Ephrem became one of the first to introduce song into the Church’s public worship as a means of instruction for the faithful. His many hymns have earned him the title “Harp of the Holy Spirit.”

He preferred a simple, austere life, living in a small cave overlooking the city of Edessa. It was here he died around 373.



BENEDICT XVI



GENERAL AUDIENCE



Paul VI Audience Hall



Wednesday, 28 November 2007



Saint Ephrem



Dear Brothers and Sisters,

Common opinion today supposes Christianity to be a European religion which subsequently exported the culture of this Continent to other countries. But the reality is far more complex since the roots of the Christian religion are found in the Old Testament, hence, in Jerusalem and the Semitic world. Christianity is still nourished by these Old Testament roots. Furthermore, its expansion in the first centuries was both towards the West - towards the Greco-Latin world, where it later inspired European culture - and in the direction of the East, as far as Persia and India. It thus contributed to creating a specific culture in Semitic languages with an identity of its own. To demonstrate this cultural pluralism of the one Christian faith in its origins, I spoke in my Catechesis last Wednesday of a representative of this other Christianity who is almost unknown to us: Aphraates, the Persian sage. Today, along the same lines, I would like to talk about St Ephrem the Syrian, who was born into a Christian family in Nisibis in about 306 A.D. He was Christianity's most important Syriac-speaking representative and uniquely succeeded in reconciling the vocations of theologian and poet. He was educated and grew up beside James, Bishop of Nisibis (303-338), and with him founded the theological school in his city. He was ordained a deacon and was intensely active in local Christian community life until 363, the year when Nisibis fell into Persian hands. Ephrem then emigrated to Edessa, where he continued his activity as a preacher. He died in this city in 373, a victim of the disease he contracted while caring for those infected with the plague. It is not known for certain whether he was a monk, but we can be sure in any case that he remained a deacon throughout his life and embraced virginity and poverty. Thus, the common and fundamental Christian identity appears in the specificity of his own cultural expression: faith, hope - the hope which makes it possible to live poor and chaste in this world, placing every expectation in the Lord - and lastly, charity, to the point of giving his life through nursing those sick with the plague.

St Ephrem has left us an important theological inheritance. His substantial opus can be divided into four categories: works written in ordinary prose (his polemic works or biblical commentaries); works written in poetic prose; homilies in verse; and lastly, hymns, undoubtedly Ephrem's most abundant production. He is a rich and interesting author in many ways, but especially from the theological point of view. It is the fact that theology and poetry converge in his work which makes it so special. If we desire to approach his doctrine, we must insist on this from the outset: namely, on the fact that he produces theology in poetical form. Poetry enabled him to deepen his theological reflection through paradoxes and images. At the same time, his theology became liturgy, became music; indeed, he was a great composer, a musician. Theology, reflection on the faith, poetry, song and praise of God go together; and it is precisely in this liturgical character that the divine truth emerges clearly in Ephrem's theology. In his search for God, in his theological activity, he employed the way of paradoxes and symbols. He made ample use of contrasting images because they served to emphasize the mystery of God.

I cannot present much of his writing here, partly because his poetry is difficult to translate, but to give at least some idea of his poetical theology I would like to cite a part of two hymns. First of all, and also with a view to the approach of Advent, I shall propose to you several splendid images taken from his hymns On the Nativity of Christ. Ephrem expressed his wonder before the Virgin in inspired tones:

"The Lord entered her and became a servant; the Word entered her, and became silent within her; thunder entered her and his voice was still; the Shepherd of all entered her; he became a Lamb in her, and came forth bleating.

"The belly of your Mother changed the order of things, O you who order all! Rich he went in, he came out poor: the High One went into her [Mary], he came out lowly. Brightness went into her and clothed himself, and came forth a despised form....

"He that gives food to all went in, and knew hunger. He who gives drink to all went in, and knew thirst. Naked and bare came forth from her the Clother of all things [in beauty]"

(Hymn De Nativitate 11: 6-8).

To express the mystery of Christ, Ephrem uses a broad range of topics, expressions and images. In one of his hymns he effectively links Adam (in Paradise) to Christ (in the Eucharist):

"It was by closing with the sword of the cherub that the path to the tree of life was closed. But for the peoples, the Lord of this tree gave himself as food in his (Eucharistic) oblation.

"The trees of the Garden of Eden were given as food to the first Adam. For us, the gardener of the Garden in person made himself food for our souls. Indeed, we had all left Paradise together with Adam, who left it behind him.

"Now that the sword has been removed here below (on the Cross), replaced by the spear, we can return to it"

(Hymn 49: 9-11).

To speak of the Eucharist, Ephrem used two images, embers or burning coal and the pearl. The burning coal theme was taken from the Prophet Isaiah (cf. 6: 6). It is the image of one of the seraphim who picks up a burning coal with tongs and simply touches the lips of the Prophet with it in order to purify them; the Christian, on the other hand, touches and consumes the Burning Coal which is Christ himself:

"In your bread hides the Spirit who cannot be consumed; in your wine is the fire that cannot be swallowed. The Spirit in your bread, fire in your wine: behold a wonder heard from our lips.

"The seraph could not bring himself to touch the glowing coal with his fingers, it was Isaiah's mouth alone that it touched; neither did the fingers grasp it nor the mouth swallow it; but the Lord has granted us to do both these things.

"The fire came down with anger to destroy sinners, but the fire of grace descends on the bread and settles in it. Instead of the fire that destroyed man, we have consumed the fire in the bread and have been invigorated"

(Hymn De Fide 10: 8-10).

Here again is a final example of St Ephrem's hymns, where he speaks of the pearl as a symbol of the riches and beauty of faith:

"I placed (the pearl), my brothers, on the palm of my hand, to be able to examine it. I began to look at it from one side and from the other: it looked the same from all sides. (Thus) is the search for the Son inscrutable, because it is all light. In its clarity I saw the Clear One who does not grow opaque; and in his purity, the great symbol of the Body of Our Lord, which is pure. In his indivisibility I saw the truth which is indivisible"

(Hymn On the Pearl 1: 2-3).

The figure of Ephrem is still absolutely timely for the life of the various Christian Churches. We discover him in the first place as a theologian who reflects poetically, on the basis of Holy Scripture, on the mystery of man's redemption brought about by Christ, the Word of God incarnate. His is a theological reflection expressed in images and symbols taken from nature, daily life and the Bible. Ephrem gives his poetry and liturgical hymns a didactic and catechetical character: they are theological hymns yet at the same time suitable for recitation or liturgical song. On the occasion of liturgical feasts, Ephrem made use of these hymns to spread Church doctrine. Time has proven them to be an extremely effective catechetical instrument for the Christian community.

Ephrem's reflection on the theme of God the Creator is important: nothing in creation is isolated and the world, next to Sacred Scripture, is a Bible of God. By using his freedom wrongly, man upsets the cosmic order. The role of women was important to Ephrem. The way he spoke of them was always inspired with sensitivity and respect: the dwelling place of Jesus in Mary's womb greatly increased women's dignity. Ephrem held that just as there is no Redemption without Jesus, there is no Incarnation without Mary. The divine and human dimensions of the mystery of our redemption can already be found in Ephrem's texts; poetically and with fundamentally scriptural images, he anticipated the theological background and in some way the very language of the great Christological definitions of the fifth-century Councils.

Ephrem, honoured by Christian tradition with the title "Harp of the Holy Spirit", remained a deacon of the Church throughout his life. It was a crucial and emblematic decision: he was a deacon, a servant, in his liturgical ministry, and more radically, in his love for Christ, whose praises he sang in an unparalleled way, and also in his love for his brethren, whom he introduced with rare skill to the knowledge of divine Revelation.

* * *

To special groups:

I am pleased to greet the English-speaking visitors present at today's Audience, especially those from Australia, Canada and the United States. I offer a special welcome to the students from the University of Sunbury, Melbourne; and to the students and staff of the University of Dallas, Texas. I also greet the members of the pilgrimage from the Archdiocese of Oklahoma City, led by their Archbishop. Upon all of you I cordially invoke an abundance of joy and peace in our Lord Jesus Christ.

I greet those in charge of distribution of L'Osservatore Romano across the world, accompanied by Prof. Giovanni Maria Vian, Editor-in-Chief, and Fr Elio Torrigiani, the General Director. Dear friends, I thank you for your commitment to promoting the Pope's teachings throughout the world and I accompany you with a special remembrance in prayer, so that the Lord may fill you with abundant spiritual gifts.

APPEAL

World AIDS Day will be celebrated this coming 1 December. I am spiritually close to all who suffer from this terrible disease as well as to their families, especially those afflicted by the loss of a spouse. I assure all of them of my prayers.

I would also like to urge all people of good will to multiply their efforts to prevent the spread of the HIV virus, to oppose the contempt that often affects those who have the disease and to care for the sick, especially when they are still children.

© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana




ST. EPHREM, DEACON AND DOCTOR

Feast: June 9

St. Ephrem, called "the Harp of the Holy Spirit," is the great classic Doctor of the Syrian church. As deacon at Edessa, he vigorously combated the heresies of his time, and to do so more effectively wrote poems and hymns about the mysteries of Christ, the Blessed Virgin and the saints. He had a great devotion to Our Lady. He was a commentator on Scripture and a preacher as well as a poet, and has left a considerable number of works, which were translated into other Eastern languages as well as into Greek and Latin.

Ephrem was of Syrian descent and son of a citizen of Nisibis. While yet a young man be betook himself to the holy bishop James, by whom he was baptized, and he soon made such progress in holiness and learning as to be appointed master in the school of Nisibis in Mesopotamia.

After the death of the bishop James, Nisibis was captured by the Persians, and Ephrem went to Edessa, where he settled first among the monks in the mountains. Later, to avoid the company of those who flocked to him, he adopted the eremitical life. He was made deacon of the church of Edessa, but refused the priesthood out of humility.

He was rich in all virtues and strove to acquire piety and religion by the following of true wisdom. He placed all his hope in God, despised all human and transitory things, and was ever filled with the earnest desire of those which are divine and eternal. He was led by the Spirit of God to Caesarea in Cappadocia, where he saw Basil, the mouthpiece of the Church, and they obtained benefit from their mutual intercourse.

In order to refute the many errors which troubled the Church at that time, and to expound the mysteries of Jesus Christ, he wrote many books in the Syrian tongue, almost all of which have been translated into Greek. St. Jerome bears witness that he attained such fame that his writings were read publicly in the churches after the reading from the Holy Scriptures.

On account of his works, so full of the light of heavenly doctrine, he was greatly honored even during his lifetime as a Doctor of the Church. He composed a poem in praise of the Blessed Virgin Mary and the saints for which he was called by the Syrians "the Harp of the Holy Ghost." He was noted for his great and tender devotion towards the immaculate Virgin.

He died, rich in merits, at Edessa in Mesopotamia, on the fourteenth of the Kalends of July, 373 in the reign of Valens.

In 1920, Pope Benedict XV, at the instance of many Cardinals of the holy Roman Church, patriarchs, archbishops, bishops, abbots and religious communities, declared him by a decree of the Sacred Congregation of Rites to be a Doctor of the Universal Church.

Patron: Spiritual directors; spiritual leaders.

Symbols: cowl with small cross; pillar of light; scourge.

Often portrayed: In monastic habit; lying on a funeral slab; with a scroll and vine, as a deacon


St. Ephraem

(EPHREM, EPHRAIM).

Born at Nisibis, then under Roman rule, early in the fourth century; died June, 373. The name of his father is unknown, but he was a pagan and a priest of the goddess Abnil or Abizal. His mother was a native of Amid. Ephraem was instructed in the Christian mysteries by St. James, the famous Bishop of Nisibis, and wasbaptized at the age of eighteen (or twenty-eight). Thenceforth he became more intimate with the holy bishop, who availed himself of the services of Ephraem to renew the moral life of the citizens of Nisibis, especially during the sieges of 338, 346, and 350. One of his biographers relates that on a certain occasion he cursedfrom the city walls the Persian hosts, whereupon a cloud of flies and mosquitoes settled on the army of Sapor II and compelled it to withdraw. The adventurous campaign of Julian the Apostate, which for a time menacedPersia, ended, as is well known, in disaster, and his successor, Jovianus, was only too happy to rescue from annihilation some remnant of the great army which his predecessor had led across the Euphrates. To accomplish even so much the emperor had to sign a disadvantageous treaty, by the terms of which Rome lost the Eastern provinces conquered at the end of the third century; among the cities retroceded to Persia wasNisibis (363). To escape the cruel persecution that was then raging in Persia, most of the Christian populationabandoned Nisibis en masse. Ephraem went with his people, and settled first at Beit-Garbaya, then at Amid, finally at Edessa, the capital of Osrhoene, where he spent the remaining ten years of his life, a hermitremarkable for his severe asceticism. Nevertheless he took an interest in all matters that closely concerned the population of Edessa. Several ancient writers say that he was a deacon; as such he could well have been authorized to preach in public. At this time some ten heretical sects were active in Edessa; Ephraem contended vigorously with all of them, notably with the disciples of the illustrious philosopher Bardesanes. To this period belongs nearly all his literary work; apart from some poems composed at Nisibis, the rest of his writings-sermons, hymns, exegetical treatises-date from his sojourn at Edessa. It is not improbable that he is one of the chief founders of the theological "School of the Persians", so called because its first students and original masters were Persian Christian refugees of 363. At his death St. Ephraem was borne without pomp to the cemetery "of the foreigners". The Armenian monks of the monastery of St. Sergius at Edessa claim to possess his body.


The aforesaid facts represent all that is historically certain concerning the career of Ephraem (see BOUVY, "Les sources historiques de la vie de S. Ephrem" in "Revue Augustinienne", 1903, 155-61). All details added later bySyrian biographers are at best of doubtful value. To this class belong not only the legendary and occasionally puerile traits so dear to Oriental writers, but also others seemingly reliable, e.g. an alleged journey to Egyptwith a sojourn of eight years, during which he is said to have confuted publicly certain spokesmen of the Arianheretics. The relations of St. Ephraem and St. Basil are narrated by very reliable authors, e.g. St. Gregory of Nyssa (the Pseudo?) and Sozomen, according to whom the hermit of Edessa, attracted by the great reputationof St. Basil, resolved to visit him at Caesarea. He was warmly received and was ordained deacon by St. Basil; four years later he refused both the priesthood and the episcopate that St. Basil offered him through delegates sent for that purpose to Edessa. Though Ephraem seems to have been quite ignorant of Greek, this meeting with St. Basil is not improbable; some good critics, however, hold the evidence insufficient, and therefore reject it, or at least withhold their adhesion. The life of St. Ephraem, therefore, offers not a few obscure problems; only the general outline of his career is known to us. It is certain, however, that while he lived he was very influential among the Syrian Christians of Edessa, and that his memory was revered by all,Orthodox, Monophysites, and Nestorians. They call him the "sun of the Syrians," the "column of the Church", the "harp of the Holy Spirit". More extraordinary still is the homage paid by the Greeks who rarely mentionSyrian writers. Among the works of St. Gregory of Nyssa (P.G., XLVI, 819) is a sermon (though not acknowledged by some) which is a real panegyric of St. Ephraem. Twenty years after the latter's death St. Jerome mentions him as follows in his catalogue of illustrious Christians: "Ephraem, deacon of the Church of Edessa, wrote many works [opuscula] in Syriac, and became so famous that his writings are publicly read in some churches after the Sacred Scriptures. I have read in Greek a volume of his on the Holy Spirit; though it was only a translation, I recognized therein the sublime genius of the man" (Illustrious Men 115). Theodoret of Cyrus also praised his poetic genius and theological knowledge (Hist. Eccl., IV, xxvi). Sozomen pretends that Ephraem wrote 3,000,000 verses, and gives the names of some of his disciples, some of whom remainedorthodox, while others fell into heresy (Church History III.16). From the Syrian and Byzantine Churches the fame of Ephraem spread among all Christians. The Roman Martyrology mentions him on 1 February. In theirmenologies and synaxaria Greeks and Russians, Jacobites, Chaldeans, Copts, and Armenians honour the holydeacon of Edessa.

Works of St. Ephraem

The works of this saint are so numerous and important that it is impossible to treat them here in detail. Let it suffice to consider briefly: (1) the text and the principal versions and editions of his writings; (2) hisexegetical writings; (3) his poetical writings.

Texts and principal versions and editions

The Syriac original of Ephraem's writings is preserved in many manuscripts, one of which dates from the fifth century. Through much transcription, however, his writings, particularly those used in the various liturgies, have suffered no little interpolation. Moreover, many of his exegetical works have perished, or at least have not yet been found in the libraries of the Orient. Numerous versions, however, console us for the loss of the originals. He was still living, or at least not long dead, when the translation of his writing into Greek was begun. Armenian writers seem to have undertaken the translation of his Biblical commentaries. TheMechitarists have edited in part those commentaries and hold the Armenian versions as very ancient (fifth century). The Monophysites, it is well known, were wont from an early date to translate or adapt many Syriacworks. The writings of Ephraem were eventually translated into Arabic and Ethiopian (translations as yet unedited). In medieval times some of his minor works were translated from the Greek into Slavonic and Latin. From these versions were eventually made French, German, Italian, and English adaptations of the asceticwritings of St. Ephraem. The first printed (Latin) edition was based on a translation from the Greek done by Ambrogio Traversari (St. Ambrose of Camaldoli), and issued from the press of Bartholomew Guldenbeek of Sultz, in 1475. A far better edition was executed by Gerhard Vossius (1589-1619), the learned provost of Tongres, at the request of Gregory XIII. In 1709 Edward Thwaites edited, from the manuscripts in the Bodleian Library, the Greek text, hitherto known only in fragments. The Syriac original was unknown in Europe until the fruitful Oriental voyage (1706-07) of the Maronites Gabriel Eva, Elias, and especially Joseph Simeon Assemani(1716-17), which resulted in the discovery of a precious collection of manuscripts in the Nitrian (Egypt)monastery of Our Lady. These manuscripts found their way at once to the Vatican Library. In the first half of the nineteenth century the British Museum was notably enriched by similar fortunate discoveries of Lord Prudhol (1828), Curzon (1832), and Tattam (1839, 1841). All recent editions of the Syriac original of Ephraem'swritings are based on these manuscripts. In the Bibliotheque Nationale (Paris) and the Bodleian (Oxford) are a few Syriac fragments of minor importance. Joseph Simeon Assemani hastened to make the best use of his newly found manuscripts and proposed at once to Clement XII a complete edition of the writings of Ephraem in the Syriac original and the Greek versions, with a new Latin version of the entire material. He took for his own share the edition of the Greek text. The Syriac text was entrusted to the Jesuit Peter Mobarak(Benedictus), a native Maronite. After the death of Mobarak, his labours were continued by Stephanus EvodiusAssemani. Finally this monumental edition of the works of Ephraem appeared at Rome (1732-46) in six folio volumes. It was completed by the labours of Overbeck (Oxford, 1865) and Bickell (Carmina Nisibena, 1866), while other savants edited newly found fragments (Zingerle, P. Martin, Rubens Duval). A splendid edition (Mechlin, 1882-1902) of the hymns and sermons of St. Ephraem is owing to the late Monsignor T. J. Lamy. However, a complete edition of the vast works of the great Syriac doctor is yet to be executed.

Exegetical writings

Ephraem wrote commentaries on the entire Scriptures, both the Old and the New Testament, but much of his work has been lost. There is extant in Syriac his commentary on Genesis and on a large portion of Exodus; for the other books of the Old Testament we have A Syriac abridgment, handed down in a catena of the ninth century by the Syriac monk Severus (851-61). The commentaries on Ruth, Esdras, Nehemias, Esther, thePsalms, Proverbs, the Canticle of Canticles, and Ecclesiasticus are lost. Of his commentaries on the New Testament there has survived only an Armenian version. The Scriptural canon of Ephraem resembles our own very closely. It seems doubtful that he accepted the deuterocanonical writings; at least no commentary of his on these books has reached us. On the other hand he accepted as canonical the apocryphal Third Epistle to the Corinthians, and wrote a commentary on it. The Scriptural text used by Ephraem is the Syriac Peshito, slightly differing, however, from the printed text of that very ancient version. The New Testament was known to him, as to all Syrians, both Eastern and Western, before the time of Rabulas, in the harmonized "Diatessaron" of Tatian; it is also this text which serves as the basis of his commentary. His text of the Acts of the Apostles appears to have been one closely related to that call the "Occidental". (J. R. Harris, "Fragments of the Commentary of Ephrem Syrus upon the Diatessaron", London, 1905; J. H. Hill, "A Dissertation on the Gospel Commentary of St. Ephraem the Syrian", Edinburgh, 1896; F. C. Burkitt, "StEphraim's Quotations from the Gospel, Corrected and Arranged", in "Texts and Studies", Cambridge, 1901, VII, 2.) The exegesis of Ephraem is that of the Syriac writers generally, whether hellenized or not, and is closely related to that of Aphraates, being, like the latter, quite respectful of Jewish traditions and often based on them. As an exegete, Ephraem is sober, exhibits a preference for the literal sense, is discreet in his use of allegory; in a word, he inclines strongly to the Antiochene School, and reminds us in particular of Theodoret. He admits in Scripture but few Messianic passages in the literal sense, many more, however, prophetic ofChrist in the typological sense, which here is to be carefully distinguished from the allegorical sense. It is not improbable that most of his commentaries were written for the Christian Persian school (Schola Persarum) atNisibis; as seen above, he was one of its founders, also one of its most distinguished teachers.

Poetical writings

Most of Ephraem's sermons and exhortations are in verse, though a few sermons in prose have been preserved. If we put aside his exegetical writings, the rest of his works may be divided into homilies andhymns. The homilies (Syriac memrê, i.e. discourses) are written in seven-syllable verse, often divided into two parts of three and four syllables respectively. He celebrates in them the feast of Our Lord and of the saints; sometimes he expounds a Scriptural narrative or takes up a spiritual or edifying theme. In the East theLessons for the ecclesiastical services (see DIVINE OFFICE; BREVIARY) were often taken from the homilies of Ephraem. The hymns (Syriac madrashê, i.e. instructions) offer a greater variety both of style and rhythm. They were written for the choir service of nuns, and were destined to be chanted by them; hence the division into strophes, the last verses of each strophe being repeated in a kind of refrain. This refrain is indicated at the beginning of each hymn, after the manner of an antiphon; there is also an indication of the musical key in which the hymn should be sung. The following may serve as an illustration. It is taken from an Epiphany hymn(ed. Lamy, I, p. 4).

Air: Behold the month. 

Refrain: Glory to Thee from Thy flock on the day of Thy manifestation. 

Strophe: He has renewed the heavens, because the foolish ones had adored all the stars / He has renewed the earth which had lost its vigour through Adam / A new creation was made by His spittle / And He Who is all-powerful made straight both bodies and minds 

Refrain: Glory to Thee etc.

Mgr. Lamyu, the learned editor of the hymns; noted seventy-five different rhythms and airs. Some hymns areacrostic, i.e., sometimes each strophe begins with a letter of the alphabet, as in the case with several (Hebrew) metrical pieces in the Bible, or again the fist letters of a number of verses or strophes form a given word. In the latter way Ephraem signed several of his hymns. In Syriac poetry St. Ephraem is a pioneer of genius, the master often imitated but never equalled. He is not, however, the inventor of Syriac poetry; thishonour seems due to the aforesaid heretic Bardesanes of Edessa. Ephraem himself tells us that in the neighbourhood of Nisibis and Edessa the poems of this Gnostic and his son Harmonius contributed efficaciously to the success of their false teachings. Indeed, if Ephraem entered the same field, it was with the hope of vanquishing heresy with its own weapons perfected by himself. The Western reader of the hymnsof Ephraem is inclined to wonder at the enthusiasm of his admirers in the ancient Syriac Church. His "lyricism" is by no means what we understand by that term. His poetry seems to us prolix, tiresome, colourless, lacking in the person note, and in general devoid of charm. To be just, however, it must be remembered that his poems are known to most readers only in versions, from which of course the original rhythm has disappeared---precisely the charm and most striking feature of this poetry. These hymns, moreover, were not written for private reading, but were meant to be sung by alternating choirs. We have only to compare the Latin psalmsas sung in the choir of a Benedictine monastery with the private reading of them by the priest in the recitation of his Breviary. Nor must we forget that literary taste is not everywhere and at all times the same. We are influenced by Greek thought more deeply than we are aware or like to admit: In literature we admire most thequalities of lucidity, sobriety, and varied action. Orientals, on the other hand, never weary of endless repetition of the same thought in slightly altered form; they delight in pretty verbal niceties, in the manifold play of rhythm and accent, rhyme and assonance, and acrostic. In this respect it is scarcely necessary to remind the reader of the well-known peculiarities and qualities of Arabic poetry.

Sources

As stated above there is no complete edition of the works of St. Ephraem; nor is there any satisfactory life of the great doctor. Mention has been made of the Assemani edition of his works: Opera omnia quae extant graece syriace latine in sex tomos distributa (Rome, 1732-46). It is considered imperfect from the textual standpoint, while the Latin translation is rather a paraphrase. OVERBECK, S. Ephraemi Syri opera sclecta (Oxford, 1865); BICKELL, Carmina Nisibena (Leipzig, 1866); LAMY, Hymni et Sermones (Mechlin, 1882-86 and 1902). Among the versions it may suffice to mention the Armenian version edited by the MECHITARISTS (Venice, 1856, 1893). See also BICKELL, Conspectus rei Syrorum literariae (Munster, 1871); WRIGHT, A Short History of Syriac Literature (London, 1894); Zingerle in Kirchenlex., s.v. Ephraem; especially BARDENHEWER, Patrology, tr. SHAHAN (Freiburg im Br., 1908), 387-93, excellent appreciation and extensive bibliography; RODIGER-NESTLE in Realencyk. F. prof. Theol. und Kirche, s.v. Ephram; DUVAL, Hist. de la litt. Syriaque (3d. ed., Paris, 1906); IDEM, Histoire d' Edesse, 150-61; LAMY, Prolegomena to Vols. I and II of the Hymni et Sermones.

Labourt, Jérôme. "St. Ephraem." The Catholic Encyclopedia. Vol. 5. New York: Robert Appleton Company, 1909. 8 Jun. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/05498a.htm>.


Transcription. This article was transcribed for New Advent by Thomas M. Barrett. St. Ephraem pray for us.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. May 1, 1909. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.


ST. EPHREM, DEACON.

ST. EPHREM is the light and glory of the Syriac Church. A mere youth, he entered on the religious life at Nisibis, his native place. Long years of retirement taught him the science of the Saints and then God called him to Edessa, there to teach what he had learned so well. He defended the faith against heresies, in books which have made him known as the Prophet of the Syrians. Crowds hung upon his words. Tears used to stop his voice when he preached. He trembled and made his hearers tremble at the thought of God's judgments; but he found in compunction and humility the way to peace, and he rested with unshaken confidence in the mercy of our Blessed Lord. "I am setting out," he says, speaking of his own death, " I am setting out on a journey hard and dangerous. Thee, 0 Son of God, I have taken for my Viaticum. When I am hungry, I will feed on Thee. The infernal fire will not venture near me, for it cannot bear the fragrance of Thy Body and Thy Blood." His hymns won the hearts of the people, drove out the hymns of the Gnostic heretics, and gained for him the title which he bears in the Syriac Liturgy to this day—"the Harp of the Holy Ghost." Passionate as he was by nature, from the time he entered religion no one ever saw him angry. He became a monk at Edessa and a deacon. Here he spent most of his long life writing voluminous commentaries on the Bible and composing hymns. He wrote numerous hymns and excelled in Mariological hymns. Abounding in labors till the last, he toiled for the suffering poor at Edessa in the famine of 378, and there lay down to die in extreme old age. What was the secret of success so various and so complete? Humility, which made him distrust himself and trust God. Till his death, he wept for the slight sins committed in the thoughtlessness of boyhood. He refused the dignity of the priesthood. "I," he told St. Basil, whom he went to see at the bidding of the Holy Spirit, " I am that Ephrem who have wandered from the path of heaven." Then bursting into tears, he cried out, " 0 my father, have pity on a sinful wretch, and lead me on the narrow way." He died in his monastic cell, revered both in the East and in the West. Benedict XV officially declared him a Doctor of the Church in 1920.

REFLECTION.-Humility is the path which leads to abiding peace and brings us near to the consolations of God.


St. Ephrem of Edessa, Doctor of the Church, Confessor

From his works in the late Vatican edition; also from St. Gregory of Nyssa, in his panegyric of St. Ephrem; and from Palladius, Theodoret, Sozomen, &c. See t. 1, Op. St. Ephrem. Romæ, An. 1743, or St. Ephrem Syri Opera Omnia Latine. Venetiis, 1755, 2 tomis.

A.D. 378.

THIS humble deacon was the most illustrious of all the doctors, who, by their doctrine and writings have adorned the Syriac church. He was born in the territory of Nisibis, a strong city on the banks of the Tigris, in Mesopotamia. His parents lived in the country, and earned their bread with the sweat of their brows, but were ennobled by the blood of martyrs in their family, and had themselves both confessed Christ before the persecutors under Dioclesian, or his successors. They consecrated Ephrem to God from his cradle, like another Samuel, but he was eighteen years old when he was baptized. Before that time he had committed certain faults which his enlightened conscience extremely exaggerated to him after his perfect conversion to God, and he never ceased to bewail, with floods of tears, his ingratitude towards God, in having ever offended him. Sozomen 1 says these sins were little sallies of anger, into which he had sometimes fallen with his playfellows in his childhood. The saint himself mentions in his confession 2 two crimes (as he styles them) of this age, which called for his tears during his whole life. The first was, that in play he had driven a neighbour’s cow among the mountains, where it happened to be killed by a wild beast; the second was a doubt which once came into his mind in his childhood, whether God’s particular providence reached to an immediate superintendency over all our individual actions. This sin he exceedingly magnifies in his contrition, though it happened before his baptism, and never proceeded further than a fluctuating thought from ignorance in his childhood; and in his Testament he thanks God for having been always preserved by his mercy since his baptism from any error in faith. Himself assures us that the divine goodness was pleased in a wonderful manner to discover to him, after this temptation, the folly of his error, and the wretched blindness of his soul in having pretended to fathom the secrets of providence. 1

Within a month after he had been assaulted by the temptation of the aforesaid doubt, he happened in travelling through the country to be benighted, and was forced to take up his quarters with a shepherd who had lost in the wilderness the flock committed to his charge. The master of the shepherd suspected him guilty of theft, and pursuing him, found him and Ephrem together, and cast them both into prison, upon suspicion that they had stolen his sheep. Ephrem was extremely afflicted at his misfortune, and in the dungeon found seven other prisoners, who were all falsely accused or suspected of different crimes, though really guilty of others. When he had lain seven days in prison in great anguish of mind, an angel appearing to him in his sleep told him he was sent to show him the justice and wisdom of Divine Providence in governing and directing all human events; and that this should be manifested to him in the case of those prisoners who seemed to suffer in his company unjustly. The next day the judge called the prisoners before him, and put two of them to the torture, in order to compel them to confess their crimes. While others were tormented, Ephrem stood by the rack trembling and weeping for himself, under the apprehension of being every moment put to the question. The by-standers rallied him for his fears, and said,—“Ay, it is thy turn next; it is to no purpose now to weep: why didst thou not fear to commit the crime?” However, he was not put on the rack, but sent back to prison. The other prisoners, though innocent of the crimes of which they were first arraigned, were all convicted of other misdemeanors, and each of them received the chastisement due to his offence. As to Ephrem, the true thief having been discovered, he was honourably acquitted, after seventy days’ confinement. This event the saint relates at length in his confessions. 3 God was pleased to give him this sensible proof of the sweetness, justice, and tender goodness of his holy providence, which we are bound to adore in resignation and silence; waiting till the curtain shall be drawn aside, and the whole economy of his loving dispensations to his elect displayed in its true amiable light, and placed in its full view before our eyes in the next life. Though to take a view of the infinite wisdom, justice, and sanctity which God displayeth in all the dispensations of his providence, we must take into the prospect the rewards and punishments of the next world, and all the hidden springs of this adorable mystery of faith; yet his divine goodness to excite our confidence in him, was pleased, by this revelation to his servant, to manifest in this instance his attributes justified in part, even in this life, of which he hath given us a most illustrious example with regard to holy Job.

St. Ephrem, from the time of his baptism, which he received soon after this accident, began to be more deeply penetrated with the fear of the divine judgment, and he had always present to his mind the rigorous account he was to give to God of all his actions, the remembrance of which was to him a source of almost uninterrupted tears. Hoping more easily to secure his salvation in a state in which his thoughts would never be diverted from it, soon after he was baptized he took the monastic habit, and put himself under the direction of a holy abbot, with whose leave he chose for his abode a little hermitage in the neighbourhood of the monastery. He seemed to set no bounds to his fervour. He lay on the bare ground, often fasted whole days without eating, and watched a great part of the night in prayer. It was a rule observed in all the monasteries of Mesopotamia and Egypt, that every religious man should perform his task of manual labour, of which he gave an account to his superior at the end of every week. The work of these monks was always painful, that it might be a part of their penance; and it was such as was compatible with private prayer, and a constant attention of the mind to God; for they always prayed or meditated at their work; and for this purpose, the first task which was enjoined a young monk was to get the psalter by heart. The profits of their labour, above the little pittance which was necessary for their mean subsistence in their penitential state, were always given to the poor. St. Ephrem made sails for ships. Of his poverty he writes thus in his Testament: “Ephrem hath never possessed purse, staff, or scrip, or any other temporal estate; my heart hath known no affection for gold or silver, or any earthly goods.” He was naturally choleric, but so perfectly did he subdue this passion, that meekness was one of the most conspicuous virtues in his character, and he was usually styled The meek, or the peaceable man of God. He was never known to dispute or contend with any one; with the most obstinate sinners he used only tears and entreaties. Once, when he had fasted several days, the brother who was bringing him a mess of pottage made with a few herbs for his meal, let fall the pot, and broke it. The saint seeing him in confusion, said cheerfully, “As our supper will not come to us, let us go to it.” And sitting down on the ground by the broken pot, he picked up his meal as well as he could. Humility made the saint rejoice in the contempt of himself, and sincerely desire that all men had such a knowledge and opinion of his baseness and nothingness as to despise him from their hearts, and to look upon him most unworthy to hold any rank among creatures. This sincere spirit of profound humility all his words, actions, and writings breathed in a most affecting manner. 3

Honours and commendations served to increase the saint’s humility. Hearing himself one day praised, he was not able to speak, and his whole body was covered with a violent sweat, caused by the inward agony and confusion of his soul at the consideration of the last day; for he was seized with extreme fear and dread, thinking that he should then be overwhelmed with shame, when his baseness and hypocrisy should be proclaimed, and made manifest before all creatures, especially those very persons who here commended him, and whom he had deceived by his hypocrisy. We may hence easily judge how much the thought of any elevation or honour affrighted him. When a certain city sought to choose him bishop, he counterfeited himself mad. 4

Compunction of heart is the sister of sincere humility and penance, and nothing seemed more admirable in our saint than this virtue. Tears seemed always ready to be called forth in torrents as often as he raised his heart to God, or remembered the sweetness of his divine love, the rigour of his judgments, or the spiritual miseries of our souls. “We cannot call to mind his perpetual tears,” says St. Gregory of Nyssa, “without melting into tears. To weep seemed almost as natural to him as it is for other men to breathe. Night and day his eyes seemed always swimming in tears. No one could meet him at any time, who did not see them trickling down his cheeks.” He appeared always drowned in an abyss of compunction. This was always painted in most striking features on his countenance, the sight of which was, even in his silence, a moving instruction to all who beheld him. This spirit of compunction gave a singular energy to all his words and writings; it never forsakes him, even in panegyrics or in treating of subjects of spiritual joy. Where he speaks of the felicity of paradise or the sweetness of divine love in transports of overflowing hope and joy, he never loses sight of the motives of compunction, and always returns to his tears. By the continual remembrance of the last judgment he nourished in his soul this constant profound spirit of compunction. 5

St. Gregory of Nyssa writes, that no one can read his discourses on the last judgment without dissolving into tears, so awful is the representation, and so strong and lively the image which he paints of that dreadful day. Almost every object he saw called it afresh to his mind. The spotless purity of our saint was the fruit of his sincere humility, and constant watchfulness over himself. He says that the great St. Antony, out of modesty, would never wash his feet, or suffer any part of his body, except his face and hands, to be seen naked by any one. 6

St. Ephrem spent many years in the desert, collected within himself, having his mind raised above all earthly things, and living as it were out of the flesh, and out of the world, to use the expression of St. Gregory Nazianzen. His zeal drew several severe persecutions upon him from certain tepid monks; but he found a great support in the example and advice of St. Julian, whose life he has written. He lost this comfort by the death of that great servant of God; and about the same time died, in 338 (not 350, as Tillemont mistakes), St. James, bishop of Nisibis, his spiritual director and patron. Not long after this, God inspired St. Ephrem to leave his own country, and go to Edessa, there to venerate the relics of the saints, by which are probably meant chiefly those of the apostle St. Thomas. He likewise desired to enjoy the conversation of certain holy anchorets who inhabited the mountains near that city, which was sometimes reckoned in Mesopotamia, and sometimes in Syria. Under the weak reigns of the last of the Seleucidæ, kings of Asia, it was erected into a small kingdom by the princes called Abgars. As the saint was going into Edessa, a certain courtezan fixed her eyes upon him, which when he perceived he turned away his face, and said with indignation: “Why dost thou gaze upon me?” To which she made this smart reply; “Woman was formed from man; but you ought always to keep your eyes cast down on the earth, out of which man was framed.” St. Ephrem, whose heart was always filled with the most profound sentiments of humility, was much struck and pleased with this reflection, and admired the providence of God which sends us admonitions by all sorts of means. He wrote a book on those words of the courtezan, which the Syrians anciently esteemed the most useful and the best of all the writings of this incomparable doctor; but it is now lost. It seems to have contained maxims of humility. 7

St. Ephrem lived at Edessa, highly honoured by all ranks and orders of men. Being ordained deacon of that church, he became an apostle of penance, which he preached with incredible zeal and fruit. He from time to time returned into his desert, there to renew in his heart the spirit of compunction and prayer; but always came out of his wilderness, inflamed with the ardour of a Baptist, to announce the divine truths to a world buried in spiritual darkness and insensibility. The saint was endued with great natural talents, which he had improved by study and contemplation. He was a poet, and had read something of logic; but had no tincture of the rest of the Grecian philosophy. This want of the heathenish learning and profane science was supplied by his good sense and uncommon penetration, and the diligence with which he cultivated his faculties by more sublime sacred studies. He learned very accurately the doctrine of the Catholic faith, was well versed in the holy scriptures, and was a perfect master of the Syriac tongue, in which he wrote with great elegance and propriety. He was possessed of an extraordinary faculty of natural eloquence. Words flowed from him like a torrent, which yet were too slow for the impetuosity and multitude of thoughts with which he was overwhelmed in speaking on spiritual subjects. His conceptions were always clear, his diction pure and agreeable. He spoke with admirable perspicuity, copiousness, and sententiousness, in an easy, unaffected style; and with so much sweetness, so pathetic a vehemence, so natural an accent, and so strong emotions of his own heart, that his words seemed to carry with them an irresistible power. His writings derive great strength from the genius and natural bold tropes of the Oriental languages applied by so great a master, and have a graceful beauty and force which no translation can attain; though his works are only impetuous effusions of an overflowing heart, not studied compositions. What recommends them beyond all other advantages of eloquence, is, they are all the language of the heart, and a heart penetrated with the most perfect sentiments of divine love, confidence, compunction, humility, and all other virtues. They present his ardent, humble, and meek soul such as it was, and show how ardently he was occupied only on the great truths of salvation; how much he humbled himself without intermission, under the almighty hand of God, infinite in sanctity and terrible in his justice; with what profound awe he trembled in the constant attention to his adorable presence, and at the remembrance of his dreadful judgment, and with what fervour he both preached and practised the most austere penance, labouring continually with all his strength “to prepare himself a treasure for the last hour,” as he expresses himself. His words strongly imprint upon the souls of others those sentiments with which he was penetrated: they carry light and conviction; they never fail to strike, and pierce to the very bottom of the soul. Nor is the fire which they kindle in the breast a passing warmth, but a flame which devours and destroys all earthly affections, transforms the soul into itself, and continues without abating, the lasting force of its activity. 4 “Who that is proud,” says St. Gregory of Nyssa, “would not become the humblest of men by reading his discourse on humility? Who would not be inflamed with a divine fire by reading his treatise on charity? Who would not wish to be chaste in heart and spirit, by reading the praises he has given to virginity?” 8

The saint, though most austere to himself, was discreet in the direction of others, and often repeated this advice, that it is a dangerous stratagem of the enemy to induce fervent converts to embrace in the beginning excessive mortifications. 5 Wherefore it behoves them not to undertake without prudent counsel any extraordinary practices of penance; but always such in which they will be able to persevere with constancy and cheerfulness. Who ever laid on a child a burden of a hundred pounds weight, under which he is sure to fall? 9

St. Ephrem brought many idolaters to the faith, and converted great numbers of Arians, Sabellians, and other heretics. Saint Jerom commends a book which he wrote against the Macedonians, to prove the divinity of the Holy Ghost. He established the perfect efficacy of penance against the Novations, who, though the boldest and most insolent of men, seemed like children without strength before this experienced champion, as St. Gregory of Nyssa assures us. Not less glorious were his triumphs over the Millenarians, Marcionites, Manichees, and the disciples of the impious Bardesanes, who denied the resurrection of the flesh, and had in the foregoing century spread his errors at Edessa, by songs which the people learned to sing. St. Ephrem, to minister a proper antidote against this poison, composed elegant Catholic songs and poems which he taught the inhabitants both of the city and country with great spiritual advantage. Apollinaris began openly to broach his heresy a little before the year 376, denying in Christ a human soul, which he pretended that the divine person supplied in the humanity: whence it would have followed that he was not truly man, but only assumed a human body, not the complete human nature. St. Ephrem was then very old, but he opposed this new monster with great vigour. Several heresies he crushed in their birth, and he suffered much from the fury of the Arians under Constantius, and of the Heathens under Julian, but in both these persecutions reaped glorious laurels and trophies. 10

It was by a divine admonition, as himself assures us, 6 that about the year 372, he undertook a long journey to pay a visit to Basil. Being arrived at Cæsarea, he went to the great church, where he found the holy bishop preaching. After the sermon, St. Basil sent for him, and asked him by an interpreter, if he was not Ephrem, the servant of Christ. 7 “I am that Ephrem,” said he, “who have wandered astray from the path of heaven.” Then melting into tears, and raising his voice, he cried out: “O, my father, have pity on a sinful wretch, and lead me into the narrow path.” St. Basil gave him many rules of holy life, and after long spiritual conferences dismissed him with great esteem, having first ordained his companion priest. St. Ephrem himself never would consent to be promoted to the sacerdotal dignity, of which he expresses the greatest dread and apprehension, in his sermon on the priesthood. 8 Being returned to Edessa, he retired to a little solitary cell, where he prepared himself for his last passage, and composed the latter part of his works. For, not content to labour for the advantage of one age, or one people, he studied to promote that of all mankind, and all times to come. The public distress under a great famine called him again out of his retirement, in order to serve, and procure relief for the poor. He engaged the rich freely to open their coffers, placed beds for the sick in all the public porticos, visited them every day, and served them with his own hands. The public calamity being over, he hastened back to his solitude, where he shortly after took ill of a fever. He wrote about that time his seventy-six Paræneses, or moving exhortations to penance, consisting in a great measure of most affective prayers; several of which are used by the Syrians in their church office. His confidence in the precious fruits of the holy sacrament of the altar raised his hope, and inflamed his love, especially in his passage to eternity. Thus he expresses himself: 9 “Entering upon so long and dangerous a journey, I have my viaticum, even Thee, O Son of God. In my extreme spiritual hunger, I will feed on thee, the repairer of mankind. So it shall be that no fire will dare to approach me; for it will not be able to bear the sweet saving odour of thy body and blood.” The circumstances of our saint’s death are edifying, and deserve our notice; for nothing more strongly affects our heart, or makes on it a more sensible impression than the behaviour and words of great men in their last moments. 11

St. Ephrem was always filled with grief, indignation, and confusion when he perceived others to treat him as a saint, or to express any regard or esteem for him. In his last sickness he laid this strict injunction on his disciples and friends: 10 “Sing no funeral hymns at Ephrem’s burial; suffer no encomiastic oration. Wrap not my carcase in any costly shroud: erect no monument to my memory. Allow me only the portion and place of a pilgrim; for I am a pilgrim and a stranger as all my fathers were on earth.” Seeing that several persons had prepared rich shrouds for his interment, he was much afflicted, and he charged all those who had such a design to drop it, and give the money to the poor, which he in particular obliged a rich nobleman, who had bought a most sumptuous shroud for that purpose, to do. St. Ephrem, as long as he was able to speak, continued to exhort all men to the fervent pursuit of virtue, as his last words sufficiently show, says St. Gregory of Nyssa, meaning the saint’s testament, which is still extant genuine, and the same that was quoted by St. Gregory, Sozomen, &c. In it he says: “I Ephrem die. Be it known to you all that I write this testament to conjure you always to remember me in your prayers after my decease.” 11 This he often repeats. He protests that he had always lived in the true faith, to which he exhorts all most firmly to adhere. Deploring and confessing aloud the vanity and sinfulness of his life, he adjures all present that no one would suffer his sinful dust to be laid under the altar, and that no one would take any of his rags for relics, nor show him any honour, for he was a sinner, and the last of creatures. “But,” says he, “throw my body hastily on your shoulders, and cast me into my grave, as the abomination of the universe. Let no one praise me; for I am full of confusion, and the very abstract of baseness. To show what I am, rather spit upon me, and cover my body with phlegm. Did you smell the stench of my actions, you would fly from me, and leave me unburied, not being able to bear the horrible corruption of my sins.” He forbids any torches or perfumes, ordering his corpse to be thrown into the common burying-place among poor strangers. He expresses most feeling sentiments of compunction, and gives his blessing to his disciples, with a prediction of divine mercy in their favour; but excepts two among them, Aruad and Paulonas, both persons famed for eloquence; yet he foresaw that they would afterwards apostatize from the Catholic faith. The whole city was assembled before the saint’s door, every one being bathed in tears; and all strove to get as near to him as possible, and to listen to his last instructions. A lady of great quality, named Lamprotata, falling at his feet, begged his leave to buy a coffin for his interment; to which he assented, on condition that it should be a very mean one, and that the lady would promise to renounce all vanities in a spirit of penance, and never again to be carried on the shoulders of men, or in a chair; all which she cheerfully engaged herself to perform. The saint having ceased to speak, continued in silent prayer till he calmly gave up his soul to God. He died in a very advanced age about the year 378. His festival was kept at Edessa immediately after his death. On it St. Gregory of Nyssa soon after spoke his panegyric, at the request of one Ephrem, who having been taken captive by the Ismaelites, had recommended himself to this saint his patron, and had been wonderfully delivered from his chains and from many dangers. St. Gregory closes his discourse with this address to the saint: “You are now assisting at the divine altar, and before the Prince of life, with the angels, praising the most holy Trinity; remember us all, and obtain for us the pardon of our sins.” The true martyrology of Bede calls the 9th of July the day of his deposition; which agrees with Palladius, who places his death in harvest-time, though the Latins have long kept his festival on the 1st of February, and the Greeks on the 28th of January. His perpetual tears, far from disfiguring his face, made it appear more serene and beautiful, and his very aspect raised the veneration of all who beheld him. The Greeks paint him very tall, bent with old age, of a sweet and beautiful countenance, with his eyes swimming in tears, and the venerable marks of sanctity in his looks and habit. 12

Saint Augustin says, that Adam in paradise praised God, and did not sigh; but in our present state, a principal function of our prayer consists in sighs and compunction. Divine love, as St. Gregory observes, 12 our banishment from God, our dangers, our past sins, our daily offences, and the weight of our own spiritual miseries, and those of the whole world call upon us continually to weep, at least spiritually, and in the desire of our heart, if we cannot always with our eyes. Every object round about us suggests many motives to excite our tears. We ought to mingle them even with our hymns of praise and love. Can we make an act of divine love without being pierced with bitter grief and contrition, reflecting that we have been so base and ungrateful as to have offended our infinitely good God? Can we presume without trembling to sing his praises with our impure affections, or to pronounce his adorable name with our defiled lips? And do we not first endeavour, by tears of compunction, to wash away the stains of our souls, begging to be sprinkled and cleansed by hyssop, dipped not in the blood of sheep or goats, but in the blood of the spotless Lamb, who died to take away the sins of the world? If the most innocent among the saints weep continually from motives of holy love, how much more ought the sinner to mourn! “The voice of the turtle hath been heard in our land.” 13 If the turtle, the emblem of innocence and fidelity, make its delight to mourn solitary in this desert, what ought not the unfaithful soul to do? The penitent sinner, instead of the sighs of the turtle, ought to pour forth his grief in loud groans, imitating the doleful cries of the ostrich, and in torrents of tears, by which the deepest sorrow for having offended so good a God, forces his broken heart to give it vent. 13

Note 1. Sozom. l. 3, c. 16.

Note 2. T. 3, p. 23.

Note 3. On this genuine work see Assemani, Op. t. 1, p. 119; ib. Proleg. c. 1, et t. 2, p. 37. Item Biblioth. Orient, t. 1, p. 141. The disciples of St. Ephrem committed to writing this same history, as they had often heard it from his mouth. Hence we have so many relations of it. One formerly published by Gerard Vossius, is republished by Assemani, (t. 3, p. 23.) But the most complete account is that given us in the saint’s confession, extant in the new Vatican edition.

Note 4. See Appendix on St. Ephrem’s Works, at the end of the life.

Note 5. Serm. Ascetic. 1, p. 4.

Note 6. In encomio Basilij, t. 2.

Note 7. From his conversing with St. Basil by an interpreter it is clear that St. Ephrem never understood the Greek language. The old vicious translation of the life of St. Basil, under the name of St. Amphilochius, pretends that St. Basil obtained for him miraculously the knowledge of the Greek tongue, and ordained him priest. But this is a double mistake, though the latter was admitted by Baillet. St. Jerom, Palladius, and other ancients always style him deacon, never priest. Nor does Pseudo Amphilochius say, that St. Basil raised St. Ephrem, but only his disciple and companion to the priesthood, as the new translation of this piece, and an attentive inspection of the original text demonstrate.

Note 8. T. 4, b. 1, ed. Vaticanæ.

Note 9. Necrosima, can. 81, p. 355, t. 6.

Note 10. St. Ephrem in Testam. pp. 286, 395, and St. Greg. Nyss. p. 12.

Note 11. Testam. t. 2, p. 230, &c.

Note 12. Greg. M. Moral. l. 23, c. 21.

Note 13. Cant. ii. 12.


Appendix on the Writings of St. Ephrem

THE FIRST volume of the Vatican edition of this father’s works begins with his sermon On Virtues and Vices. He expresses in it a surprise to see the full seek food from him who was empty, and says he is confounded to speak, seeing every word would accuse and condemn himself. However, trembling, he recommends to his hearers the fear of God; charity, by which we are meek, patient, tender to all, desirous to serve, and give to all; hope, and longanimity, by which we bear all; patience, meekness, sweetness to all; inviolable love of truth in the smallest things, obedience, temperance, &c. and speaks against all the contrary vices, envy, detraction, &c.

His two Confessions or Reprehensions of himself are only effusions of his heart in these dispositions. The first he begins as follows: “Have pity on me, all ye that have bowels of compassion.” Then he earnestly begs their prayers that he may find mercy with God, though he was from his infancy an useless abandoned vessel. He laments his spiritual miseries in the most moving words, declaring that he trembles lest, as flames from heaven devoured him who presumed to offer profane fire on the altar, so he should meet with the same judgment for appearing before God in prayer without having the fire of his divine love in his heart. He invites all men to weep and pray for him, making a public confession of the failings which his pure lights discovered in his affections; for in these, notwithstanding his extraordinary progress in the contrary virtues, he seemed to himself to discern covetousness, jealousy, and sloth, though he appeared of all men the most remote from the very shadow of those vices; and by tears of compunction he studied more and more to purify his heart, that God might vouchsafe perfectly to reign in it. The second part of this work is a bitter accusation of his pride; which sin, as he adds, destroys even the gifts of God in a soul, blasts all her virtues, and renders them a most filthy abomination; for all our virtues will be tried at the last day by a fire which only humility can stand. He laments how pride infects the whole world; that some, by a strange phrenzy, seek to gratify it in earthly fooleries, and the most silly vanities, on which the opinion of madmen has stamped a pretended dignity and imaginary value. He laments bitterly, that even spiritual men are in danger of sinning, by taking pride in virtue itself, though this be the pure gift of God; and when by his mercy we are enriched with it, we are, nevertheless, base and unprofitable servants.

In his second Reprehension of himself, after having elegantly demonstrated a particular providence inspecting and governing the minutest affairs and circumstances, he grievously accuses himself of having entertained a doubt of it in his youth, before his conversion to God. He condemns himself as guilty of vain-glory, sloth, lukewarmness, immortification, irreverence in the church, talkativeness, contentiousness, and other sins. He fears lest his repentance should be like that of Esau, and begs the pity and prayers of all men for an infamous blind leper. He weeps to see that some men had conceived an esteem for him to whom none was due; and he cries out to them—“Take off my false covering, and you will see in me nothing but worms, stench, and filth: remove the cloak of hypocrisy, and you will find me an hideous and nauseous sepulchre.” He compares himself to the Pharisees, as wearing only the habit of the prophets and saints, to his heavier condemnation; for vice, covered with a mask of virtue, is always more odious and detestable. In another Confession, (t. 3, p. 439,) after accusing himself of sloth, pride, uncharitableness, and other sins, he most movingly entreats all men to weep for him; wishing they could see the extreme miseries of his heart, which could not fail most powerfully to excite their compassion, though they could not be able to bear the hideous sight of the load of his monstrous iniquities.

His treatise On the Passions is of the same nature, a lamentation that from his infancy he had been a contemner of grace, and slothful to virtue, strengthened daily his passions, and groaned in the midst of snares which made him fear to live lest he should go on relapsing into sloth.

He has left us many tracts on Compunction, which, indeed, all his writings breathe. In the first which bears this title, he invites all, rich and poor, old and young, to join him in weeping, to purchase eternal life, and to be delivered from everlasting death: by weeping and crying to see with the blind man in the gospel, the soul will be enlightened to see her miseries. God, the angels, all heaven expect and invite us earnestly to these tears: God’s terrible judgment is at hand; which he describes, and then adds, to prevent its justice we must weep not one day only, but all the days of our life, as David did, in affliction, continual prayer, austerities, and alms. The narrow gate does not admit others; the Judge will exclude those who sought their joy on earth and pampered their flesh. Then it will be too late to trim our lamps, or seek for the oil of good works; then no more poor will stand at any door for us to redeem our sins by alms. He laments our spiritual miseries, especially his sins and sloth continued all his life now to the eleventh hour. He awakes his soul by the short time that remains, and that uncertain too.

In his second he relates, that going out of Edessa early one morning, accompanied with two brethren, and beholding the heavens beautifully spangled with bright stars, he said to himself—“If the lustre of these luminaries be so dazzling, how will the saints shine when Christ shall come in glory! But suddenly the thought of that terrible day struck my mind, and I trembled in all my joints, and was seized with convulsions, and in an agony of fear, sighing and overwhelmed with a flood of tears, I cried out in bitter anguish of mind: How shall I be then found! How shall I stand before that tribunal! A monster infected with pride among the humble and the perfect, a goat among the sheep, and a barren tree without fruit. The martyrs will show their torments, and the monks their virtues; but thou, alas! O sinful, vain, and arrogant soul, wilt only bear thy sloth and negligence.” His two companions, moved by the excess of his tears, wept with him.

In his Discourse, that we ought never to laugh with a worldly joy, but to always weep, he enforces the obligation of perpetual compunction and tears.

In his ascetic Sermon, he says grief and zeal compel him to speak, but his unworthiness and his sins persuade him to be silent, his eyes delight only in tears to bewail night and day in floods the wounds of his soul, and above all that pride which conceals them from him. He laments tepidity and love of earthly things should be found among the monks, and that some interrupt their mortifications, weeping one day and laughing the next, lying one night on the ground, the next on a soft bed, whereas all our life ought to be a course of penance; he extols the humility and constant mortification of the ancient and all true monks, like shining diamonds in the world. The rest of this long discourse is a vehement exhortation of the monks to fervour and zeal, this life being a time of traffic, and very short, and a nothing; the recompense immense, and the rigour of God’s justice terrible to all. He pronounces woes to himself in the confusion he expected in the last day before all who esteemed him here. Begs earnestly all to pray for him. One of the principal means to preserve this fervour, is a strict examen every night and morning. A trader casts up every day his losses and gains, and is solicitous to repair any losses; so do you, says he, every morning and night make up your accounts carefully; examine yourself: Have I to-day spoke any idle words, despised any, &c.? Have I this night watched, prayed, &c.? He advises not to undertake too much in austerities, but such as the soul will not relax in, than which nothing is more pernicious.

His parænetic Sermon is also addressed to young monks, whom he advises to the continual presence of God in their minds most earnestly under temptations. Against sloth he observes, this succeeding fervour by fits makes a life one chain of risings and falling again; building by mortification, and destroying again by relaxing. He bids them have this inscription in the beginning of their book: Sloth banished for ever and ever from my soul.

His two sermons on the Fathers deceased, are also to monks, showing and lamenting their tepidity by the fervour of their fathers in the deserts. His Hypomnisticon is an exhortatory epistle to the same.

His treatise on Virtue is to a novice; he tells him obedience has no merit unless in hard and harsh things, for even wild beasts grow tame by mild treatment.

Next follows his book in Imitation of Proverbs, in definitions and strong sentences on all virtues, in which he teaches tears in prayer are the beginning of a good life; vain-glory is like a worm in a tree. He speaks much on humility, presumption, charity, tears out of the desire of eternal happiness, and weeps to consider his own wretchedness and poverty.

His treatise for the Correction of those who lived wickedly, is full of zeal, humility, and an extraordinary contempt of himself, and spirit of compunction.

That on Penance is a pathetic exhortation to sinners to return by the mercy of God, who expects them before the dawning of the day of life which is coming on; by the comfort which the angels will receive, and from the frightful trial at the last day, against which he prays for himself.

His discourse On the Fear of Souls, is a lamentation and prayer for himself at the sight of the heavens, still in stronger expressions and tears.

His sermon On the Second Coming of Christ, shows the joy of the blessed, and exaggerates the severity of that trial from the immensity of God’s benefits to us.

In his Tetrasyllabus he explains how the devil vanquished by the fervent, always says, I will then go to my friends, the slothful, where I shall have no labour, nor want stratagems. I have but to fetter them in the chains with which they are pleased, and I shall have them always willing subjects. He exhorts all therefore to constant fervour. In another place he exhorts all continually to repeat to themselves against sloth: “Yet a little of thy journey remains and thou wilt arrive at thy place of rest. Then take thy rest not now on the road.”

In his book on those works, Attende Tibi, to a monk, he presses the precept of being always fervent, never relaxing, in every virtue, especially in purity; and adds the example of St. Antony, who, as St. Athanasius relates, notwithstanding his great mortifications, which he never relaxed from his youth to his old age, would never bathe or so much as wash his feet, or even suffer any part of his body to be seen, except his face and hands, till after his death.

He has left us an excellent long prayer for a soul to say in time of any temptation; another for grace and pardon of sins.

A novice among the monks often begged of St. Ephrem some direction. The saint extols his zeal and humility in desiring advice from a sinner, whose intolerable stench infects all his works. His first lesson to him is that he always remember the presence of God, and avoid all unnecessary words. He recommends then to him, in ninety-six lessons, perfect obedience, abstinence, silence, solitude, which frees a man from three dangers, viz. of the eyes, ears, and tongue; never to have so much compassion for any novice as to offend God, and so perish with him; if he be tepid, it is better he should perish alone than you also by condescension; never to speak to a superior in favour of an expelled brother, without most evident proofs of his perfect conversion; for a little spark falling into a barn, easily destroys all the labours of the whole year: to avoid frequent long conversations with any young man about piety or other things, for fear of fond love; never to desire anything great or public, for God’s honour, but rather to love to be hid and unknown; many in dens and deserts were the greatest saints, but without humility the most glorious virtues and the greatest actions are lost; never to seek the care of souls, but to employ in it the utmost diligence, if it be laid upon him: always to walk in the narrow way of compunction and mourning. His other lessons conduce to humility and other virtues.

His fifty-five Beatitudes comprise the happiness of all virtues, as of ever glorifying God, which is to be as the cherubim and seraphim. He closes them bursting into tears at the reflection how far he is from any of them by his sloth under a holy garb, and how distant from the holy servants of God, who persevered some in sackcloth and chains, others on pillars, others in enclosure and fasting, others in obedience, &c. He adds twenty other beatitudes.

His book of one hundred chapters on humility, consists chiefly of short examples; as, a certain novice always kept silence. Some said to him, He is silent because he knows not how to speak. Others said, No, but it is because he has a devil. He, hearing all this, gave no answer, but glorified God in his heart.

In the second volume we have the life of St. Abraham; a long panegyric on the Patriarch Joseph; a sermon on the Transfiguration; one on the Last Judgment, and on the necessity and advantage of spending this life in tears; a treatise of ninety chapters on the right way of living; fifty paræneses or exhortations to the monks, on obedience, humility, &c.; a most pathetic sermon on the second coming of Christ, in which he expresses himself as follows: “Beloved of Christ, lend a favourable attention to what I am going to say on the dreadful coming of our Lord.—Remembering that hour, I tremble with an excess of fear; for who can relate those horrible things? what tongue can express them? When the King of kings, arising from his throne of glory, shall descend, and sit the just judge, calling to an account all the inhabitants of the earth.—At this thought I am ready to swoon away: my limbs quake for fear, my eyes swim in tears, my voice fails, my lips shrink, my tongue falters, and my thoughts are wrapt up in silence. I am obliged to denounce these things to you; yet fear will not suffer me to speak. A loud thunder now affrights us; how then shall we stand at the sound of the last trumpet, louder than any thunder, summoning the dead to rise! Then the bones of all men in the bowels of the earth, hearing this voice, shall suddenly run, and seek out their joints; and, in the twinkling of an eye, we shall see all men risen and assembled to judgment. The great King shall command, and instantly the earth quaking, and the troubled sea shall give up the dead which they possess, whether devoured by fish, beasts, or fowl. All in a moment shall appear present, and not a hair will be wanting.” He goes on describing the frightful fire consuming all things on the earth; the angels separating the sheep and the goats; the standard of the great King, that cross on which he was nailed, shining bright, and borne before him; men standing to meet this tremendous majesty, revolving their own deeds; the just with joy, the wicked worse than dead with fear; the angels and cherubim appearing, singing, Holy, Holy, Holy; the heavens opened, and the King of kings revealed in such incomparable glory, that the heavens and the earth will fly from before his face. “Who then,” says he, “can stand? He places before our eyes the books opened, and all our actions, thoughts, and words, called to an account.” He then cries out: “What tears ought we not to shed night and day without intermission, for that terrible appearance!” Here the venerable old man was no longer able to break through his sighs and tears, and stood silent. The auditory cried out—“Tell us what more terrible things will follow.” He answered, “Then all mankind will stand with eyes cast down, between life and death, heaven and damnation, before the tribunal; and all degrees of men shall be called to a rigorous examination.—Woe to me! I desire to tell you what things will follow, but my voice fails me through fear, and I am lost in confusion and anxiety; the very rehearsal of these things is most dreadful.” The audience repeated again: “Tell us the rest, for God’s sake, for our advantage and salvation.” He therefore proceeded, “Then, beloved of Christ, shall be required in all Christians the seal of baptism, entire faith, and that beautiful renunciation which they made before witnesses, saying, I renounce Satan, and all his works; not one, or two, or five, but all the works of the devil. In that hour this renunciation will be demanded of us, and happy is he who shall have kept it faithfully as he promised.” Here, he stopping in tears, they cried again: “Tell us also what follows this.” He answered: “I will tell you in my grief, I will speak through my sighs and tears; these things cannot be related without tears, for they are extremely dreadful.” The people entreated again: “O servant of God, we beseech you to instruct us fully.” The holy man, again striking his breast, and weeping more bitterly, said: “O my brethren, beloved of Christ, how sorrowful, and how frightful things do you desire to hear! O terrible hour! Woe to me, woe to me! Who will dare to relate, or who will bear to hear this last and horrible rehearsal; all you who have tears, sigh with me! and you who have not, hear what will befal you; and let us not neglect our salvation. Then shall they be separated, without hopes of ever returning to each other again, bishops from fellow-bishops, priests from fellow-priests, deacons from fellow-deacons, subdeacons and lectors from their fellows; those who were kings as the basest slaves; children from parents; friends from kindred and intimates. Then princes, philosophers, wise men of the world, seeing themselves thus parted, shall cry out to the saints with bitter tears: “Farewell eternally, saints and servants of God; farewell parents, children, relations, and friends; farewell prophets, apostles, and martyrs; farewell Lady Mother of God; you prayed much for us that we might be saved, but we would not.—Farewell life-giving cross; farewell paradise of delights, kingdom without end, the heavenly Jerusalem. Farewell ye all; we shall never more behold one of you, hastening to our torment without end or rest,” &c.

A Sermon on fraternal Charity, and on the Last Judgment, in which his tears again hindered him from pursuing his subject. Nothing can be more terrifying or more moving than these discourses, or than the next on Antichrist, or that after on the Cross, or that of Interrogations.—There follow his Testament, his Sermon on the Cross and on Charity, in which he salutes and honours that holy instrument of our redemption in the strongest words and highest epithets, which, as he says, all nations adore, and which saving sign we mark on our doors, foreheads, eyes, mouths, breast, and our whole body. His Sermon against heretics on the precious margarite, to prove the Virgin Mary mother of God; that on the vice of the tongue; his Panegyric on St. Basil; his Sermon on the Sinful Woman in the gospel; on the Forty Martyrs; on Abraham and Isaac; on Daniel and the three children. Sermons on the eight capital bad thoughts; gluttony, fornication, avarice, anger, sadness, sloth, vain-glory, and pride; on perfection, on patience and suffering; and many small tracts to monks. One contains a relation of a holy virgin in a monastery of three hundred, who was never seen eating, but worked washing the dishes and cleaning the scullery, feigning herself a fool, and bearing blows and all insults without murmuring or answering a word; called by derision, Salla or Sallop. St. Pityrumus, an anchoret, was admonished by an angel to go and see in her one who surpassed him and the others in virtue: having seen all the nuns he found not her, she being left behind in the kitchen. At his desire, which all laughed at, she was brought out. The anchoret immediately fell at her feet, crying, “Bless me, Amma,” (i. e. spiritual mother.) She also fell at his feet. The nuns said to him, “Don’t incur such a disgrace; this is Salla.” “No, (said he,) you are all Salæ.” Upon this all honoured her, and one confessed, that she had thrown on her washings of the dishes; another had struck her; another had thrust mustard up her nostrils, &c. She not bearing esteem, retired thence unknown, and was never more heard of.

The third volume contains many Sermons and Discourses, chiefly on the judgments of God and the last day; on penance, compunction, prayer, charity, and other virtues; and on vices and passions. Also the life of St. Julian the anchoret. Pious poems and several panegyrics of, and prayers to the Blessed Virgin, whose virginity and dignity of mother of God he clearly asserts.

The fourth volume consists of his Commentaries on the five books of Moses, on Joshua, Judges, and the four books of Kings. St. Gregory of Nyssa says, he studied and meditated assiduously on the holy scriptures, and expounded them all from the first book of Genesis to the last in the New Testament, with an extraordinary light, with which the Holy Ghost filled him. Many other Oriental writers testify the same. His exposition is very literal, full, and learned; nothing escapes him in them.

The fifth volume gives us his Commentaries on Job and on all the prophets. Eleven sermons on several passages of holy scripture, in which he exhorts principally to avoid all occasions of sin, and to perpetual tears and penance. Thirteen sermons on the birth of Christ; and fifty-six polemical sermons against heresies, viz. of the Marcionites, Manicheans, especially their judiciary astrology; of the Novatians, Messalians, &c. His zeal was moved seeing these errors spread in his country. He employs the Church’s authority, scriptures, and reasons to confute them.

The sixth volume gives us ninety other polemical Discourses against the Arian and Eunomian heretics or Searchers, as he calls them, because they attempted to penetrate the divine mysteries, and the incomprehensible nature of God himself. They are equally solid and strong; not dry, as most writings of controversy, but full of unction and of the greatest sentiments of devotion, and an inexpressible ardour to ever love and praise our great God and Redeemer. His sermon against the Jews is no less remarkable.

His Necrosima or eighty-five funeral canons, were wrote on Death and God’s judgments, which he had always before his eyes. He teaches evidently in them the use of ecclesiastical funeral rites and prayers at burials; that the souls of the departed immediately are judged by a particular judgment; the good immediately admitted to the enjoyment of God; those who die without having expiated venial sin, suffer in the flames of purgatory till it be satisfied for, but are relieved by the sacrifices, prayers, and other pious works of the faithful on earth. Of these fifty-four are short funeral discourses on the death of bishops, monks, and persons of all conditions. They are full of his extreme fear of the divine judgment, and a great contempt of the vanity of the world. He says in the eighty-first canon, “Entering on so long and dangerous a journey, I have my viaticum, thee, O Son of God; when hungry, I will eat thee, repairer of mankind; so it shall be, that no fire will dare approach my members, for it will not be able to bear the sweet saving odour of thy body and blood,” &c. He uses the same motive of confidence of immortality, from being fed with the body and blood of Christ, and employs that endearing divine grace to move God to have mercy on him. He repeats the same prayer in his thirteenth Parænesis. Nothing can be clearer than the texts collected by Ceillier (t. 8, p. 101,) from the writings of St. Ephrem, in favour of the real presence of the sacred body of Christ in the holy eucharist. See on them the judicious remarks of an able critic, Mém. de Trev. Jan. 1756, p. 55.

Here follow four sermons on Freewill; also seventy-six moving Paræneses or exhortations to penance. In the forty-second he tells us, that when he lay down to take a little repose in the night, he reflected on the excessive and boundless love of God, and instantly rose again to pay him the tribute of the most fervent praise and thanks he was able. “But being deterred,” says he, “by the remembrance of my sins, I began to melt into tears, and should have been disturbed beyond my strength, had not the thief, the publican, the sinful woman, the Canaanean, the Samaritan, and other examples of mercy, given me comfort and courage. He says that at other times, when he was going to fall asleep, the remembrance of his sins banished all thoughts of giving rest to his wearied body, and made sleep yield to sighs, groans, and floods of tears, to which he invited himself by the example of the penitent David, washing his bed with briny torrents; for the silence of night is the most proper season for our tears. It appears he composed this work, at least part, a little before his death; for in the forty-third Parænesis he writes: “I Ephrem am now dying. I write my last will and testament to all lovers of truth, who shall rise up after me. Persevere night and day in prayer. The husbandman reapeth a great crop by assiduous labour; so will you, if you never interrupt your devotion. Pray without ceasing.”

His book in fifteen elegant discourses on the Terrestrial Paradise, explaining its history in Genesis, and comforting himself with the name and happiness of the good thief on the cross, makes a transition to the heavenly Paradise, on the felicity of which he speaks with incredible joy and pleasure. In his eighth discourse he teaches that the soul cannot perfectly see God before the resurrection; but means by the perfectly, complete enjoyment, for he is very express, (loc. cit. supra,) that the blessed behold God immediately on their death; as Muratori demonstrates against Burnet, in his dissertation on Paradise, c. 2.

Eighteen very devout sermons on divers subjects close his works: on Christ’s Nativity and Resurrection; on Prayer, on Humility, which he teaches is the weapon our Redeemer conquered hell by, and has put into our hands as our principal and only armour against our spiritual enemies. The works of this father demonstrate the uniformity in faith of the Syriac Church in the fourth century, with that of the universal church of all ages.

Several of St. Ephrem’s works were translated into Latin, and published at Rome in 1589, by Gerard Vossius or Volkens, provost of Tongres. A Greek edition of the same was printed at Oxford in 1709, by the care of Mr. Edward Thwaites. A more complete edition of this father’s works was given to the public at Rome in six volumes in folio, in 1732 and 1743, under the direction of Cardinal Querini, librarian of the Vatican, and Monsignor Joseph Assemani, first prefect of the same library. In this we have the original Syriac text of a good part of these works, and the ancient Greek version of the rest. The Latin translation is the work partly of Gerard Vossius, partly of F. Peter Benedetti, a Maronite Jesuit who lived at Rome; and in the last volumes of Stephen Assemani, archbishop of Apamea, who also published the Chaldaic acts of the Martyrs, and is nephew of the aforesaid Joseph Assemani. The Greek text in the last volumes, especially in the sixth, is published very incorrect. See Mémoires de Trevoux for January, 1756, p. 146.


St. Ephrem, Deacon and Doctor of the Church; Doctrinal Commission; Farewell to Pere Doris

(…)

In our own day, we are striving to address matters of important to the Church in our country at this juncture in history what the saint of the day did in his.

Saint Ephrem, "the Lyre of the Holy Spirit"

The liturgy gives us a model for addressing the concerns of our day as St. Ephrem did in his time (306?-373). Poet, teacher, orator and defender of the faith, Ephrem is the only Syrian recognized as a doctor of the Church. He took upon himself the special task of opposing the many false doctrines rampant at his time, always remaining a true and forceful defender of the Catholic Church.

On November 28, 2007, Pope Benedict XVI spoke about Ephrem at a weekly Wednesday audience: “He was the most important representative of Syriac Christianity, and succeeded in a unique way to reconcile the vocation of the theologian with that of the poet. He was brought up with James, bishop of Nisibis (303-338), and with him he founded the theological school of his town. Once ordained a deacon, Ephrem completely immersed himself in the life of the local Christian community until 363, the year in which Nisibis fell under Persian rule.

In speaking of Ephrem, the Holy Father continued in the tradition of his namesake predecessor: In an encyclical letter (Principi Apostolorum Petro), Pope Benedict XV on October 5, 1920 declared the holy deacon St. Ephrem, “the lyre of the Holy Spirit” a Doctor of the Church.

“In his youth Ephrem, as he bewails in his little book of confessions, was languid and remiss in resisting the temptations by which that age is usually troubled. He was hot tempered, easily angered, quarrelsome, and unrestrained in mind and language. But while in prison on a false charge, he began to despise human things and the empty joys of this world.

Therefore, as soon as he was exonerated, Ephrem at once put on the habit of a monk and ever after devoted himself completely to the exercises of piety and to the study of the Sacred Scriptures. James, the bishop of Nisibis, one of the three hundred eighteen Fathers of the Nicene Council, who had established a renowned school of exegesis in the episcopal city, became his patron.

He not only fulfilled James' expectations with his diligent and sharp-witted commentaries on the Bible, but even surpassed them. As a result, he soon became the greatest of all commentators of that school, earning the title Doctor of the Syrians.”

After his move to Edessa, he established in his home a library and an academy. “Ephrem never left his solitude in Edessa except on fixed days to preach. In his preaching, he defended the dogmas of faith from swelling heresies. If, conscious of his lowliness, he did not dare to rise to the priesthood, he nevertheless showed himself a most perfect imitator of St. Stephen in the lower rank of the diaconate.

"He devoted all of his time to teaching Scripture, to preaching, and to instructing the nuns in sacred psalmody. Daily he wrote commentaries on the Bible to illustrate the orthodox faith; he came to the aid of his fellow citizens, especially the poor and the stricken. What he sought to teach others, he first did absolutely and perfectly. In this way, he could serve as the example which Ignatius Theophorus proposes to the deacons when he calls them ‘charges of Christ’ and asserts that they express ‘the mystery of faith in a pure conscience’”.

What was his method and purpose? He was a Christian songster, apologist and melodist: “Ephrem lived among people whose nature was attracted by the sweetness of poetry and music.

The heretics of the second century after Christ used these same allurements to skillfully disseminate their errors. Therefore Ephrem, like youthful David killing the giant Goliath with his own sword, opposed art with art and clothed Catholic doctrine in melody and rhythm. These he diligently taught to boys and girls, so that eventually all the people learned them. In this fashion he not only renewed the education of the faithful in Christian doctrine and supported their piety with the spirit of the sacred liturgy, but also happily kept creeping heresy at bay.”

As with all orthodox Christians, he loved the Mother of God and sang particularly well of her: “The lyre of the Holy Spirit" never sounded sweeter than when he was asked to sing the praises of Mary or to celebrate her perfect virginity, her divine maternity, or her full patronage of mercy toward man.”

"The Lord came to her

to make himself a servant.

The Word came to her

to keep silence in her womb.

The lightning came to her

to not make any noise.

"The shepherd came to her

and the Lamb is born, who humbly cries.

Because Mary's womb

has reversed the roles:

The one who created all things

wasn't born rich, but poor.

"The Almighty came to her (Mary),

but he came humbly.

Splendor came to her,

but dressed in humble clothes.

The One who gives us all things

met hunger.

"The One who gives water to everyone

met thirst.

Naked and unclothed he came from her,

he who dresses all things (with beauty)."

(Hymn « De Nativitate » 11, 6-8).

Ephrem’s testament recalls a childhood dream and its fulfillment in his life and work: "There grew a vine-shoot on my tongue: and increased and reached unto heaven, And it yielded fruit without measure: leaves likewise without number. It spread, it stretched wide, it bore fruit: all creation drew near, and the more they were that gathered: the more its clusters abounded. These clusters were the Homilies; and these leaves the Hymns. God was the giver of them: glory to Him for His grace! For He gave to me of His good pleasure: from the storehouse of His treasures."

SOURCE : http://archbishopterry.blogspot.ca/2009/06/st-ephrem-deacon-and-doctor-of-church.html

Ephrem of Edessa, Deacon, Doctor (RM)

(also known as Ephraem, Ephraim)

Born c. 306 in Nisibis (Syria), Mesopotamia; died at Edessa (Iraq) on June 9, 373; declared Doctor of the Church in 1920 by Pope Benedict XV; feast day formerly June 18 and February 1.

Ephrem passed his entire life in his native Mesopotamia (Syria). He was long thought to be the son of a pagan priest, but it is now believed his parents were Christians. He was baptized at eighteen, served under Saint James of Nisibis, became head of his school, and probably accompanied him to the Council of Nicaea in 325.

Syrian sources attribute the deliverance of Nisibis from the Persians in 350 to his prayers, but when in 363 Nisibis was ceded to the Persians by Emperor Jovian, he took residence in a cave near Edessa in Roman territory. Edessa (Urfa in Iraq), the site of a famous theological school, was where he did most of his writing.

Tradition says he visited Saint Basil at Caesarea in 370 and on his return helped alleviate the rigors of the famine of winter 372-73 by distributing food and money to the stricken and helping the poor (one of the jobs of deacons).

Ephraem's fame rests on his writings, above all on his metrical homilies, to be read aloud, and his hymns. The latter in particular were designed for popular use and were didactic in character, often directed against various current heresies (Attwater). He is largely responsible for introducing hymns into public worship. Particularly outstanding are his Nisibeian hymns and the canticles for the seasons.

Compositions attributed to him are still much used in the Syrian churches, and his reputation spread to the Greek-speaking world before his death. The English hymns 'Receive, O Lord, in Heaven above/Our prayers' and 'Virgin, wholly marvelous' are translated from Saint Ephraem's Syriac.

He wrote commentaries on a considerable number of books of the Bible, and a personal 'Testament' which seems to have been added to by a later hand. He countered the heretics--especially the Arians and the Gnostics--and wrote on the Last Judgment.

All Saint Ephraem's work is elevated in style, flowery in expression, and full of imagery: even as a theologian he wrote as a poet. He has always been regarded as a great teacher in the Syrian churches and many of his works were early translated into Greek, Armenian, and Latin.

Ephraem was devoted to the Blessed Virgin. He is often invoked as a witness to the Immaculate Conception because of his absolute certainty about Mary's sinlessness. He is quoted by other authors but we lack a critical edition, which has prevented further examination.

He was called 'the Harp of the Holy Spirit,' and proclaimed a doctor of the Church, the only Syrian so honored. He is especially venerated in the Eastern Church (Attwater, Delaney).

In art, Saint Ephraem is a hermit sitting on a column. There may be fiery pillars in heaven above him. He might also by shown (1) in a cave with a book, (2) with a cross on his brow, pointing upwards, or (3) his eyes cast up, full of tears (Roeder).

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0609.shtml#feli

Sant' Efrem Diacono e dottore della Chiesa


- Memoria Facoltativa

Nisibi, attuale Nizip in Turchia, c. 306 - Edessa, Siria (attualmente Turchia), 9 giugno 373

Efrem nacque nel 306 a Nisibi, città della Mesopotamia governata con la forza della armi da Roma. Dei primi anni della sua vita si conoscono racconti molto diversi tra loro: certo, invece, il sacramento del battesimo ricevuto verso i 18 anni. Strinse una profonda e spirituale amicizia con il vescovo della città, Giacomo (santo, 15 luglio), con il quale contribuì a costruire e a guidare una scuola di teologia. Ordinato diacono prima del 338 dal vescovo Giacomo (303-338), visse e operò a Nisibi fino alla conquista persiana: Efrem, alternando la vita ascetica all’insegnamento, si ritirò gli ultimi anni presso Edessa dove morì il 9 giugno dell’anno 373.

Etimologia: Efrem = che porta frutto, fertile, dall'ebraico

Martirologio Romano: Sant’Efrem, diacono e dottore della Chiesa, che dapprima in patria a Nisibi esercitò il ministero della predicazione e dell’insegnamento della sacra dottrina, poi, rifugiatosi a Edessa nell’Osroene con i suoi discepoli dopo l’invasione di Nisibi da parte dei Persiani, pose le fondamenta di una scuola teologica. Esercitò il suo ministero con la parola e con gli scritti e rifulse a tal punto per austerità di vita e dottrina da meritare per l’eleganza degli inni da lui composti l’appellativo di cetra dello Spirito Santo.

Efrem ci consegna un quadro molto importante della Chiesa orientale del IV secolo, una comunità cristiana costretta a vivere tra l’impero di Roma (prima accanito persecutore della fede cristiana, poi convertito superficialmente alla fede in Gesù Cristo) e il suo nemico di sempre: la Persia. La vita del Diacono Efrem testimonia una Chiesa viva e capace di produrre in lingua siriaca opere importanti caratterizzate da un’attenzione del tutto particolare per la liturgia e la figura di Maria che rendono le opere di Efrem ancora molto apprezzate.

Fu autore prolifico. Nei suoi testi emerge con evidenza la sua capacità di declinare il piano teologico e dottrinale con la poetica. In qualità di predicatore, capì l’importanza della musica e della poesia come strumenti per difendere l’ortodossia della fede cristiana.

Pur non coinvolto direttamente nelle dispute teologiche del IV secolo (per alcuni, tuttavia, appena battezzato seguì il vescovo Giacomo nel 325 al I Concilio Ecumenico celebrato a Nicea), fece sua e perfezionò la pedagogia chi, invece, fu protagonista di quella stagione così tormentata. Ario, i Padri Cappadoci, Ilario di Poitiers, Ambrogio di Milano e soprattutto Bardesane, gnostico che predicava ad Edessa, si servivano delle poesie e degli inni per diffondere il loro pensiero teologico.

Le opere di Efrem, in prosa come in poesia, siano esse le Omelie oppure gli Inni non rimasero confinate negli scaffali della biblioteca che arricchiva la scuola di teologia di Giacomo di Nisibi: divennero liturgia esse stesse.
Lo attestarono Basilio di Cesarea, che incontrò verso il 370, e Girolamo di Stridone che riporta nel suo De viris illustribus “che in certe Chiese, dopo la lettura della Bibbia, si leggevano pubblicamente le sue opere” (CXV). Non meraviglia che tra i titoli a lui attribuiti si trovi “arpa [cetra] dello Spirito Santo” per i meriti acquisiti soprattutto nei Carmina nisibena.

Efrem si distinse sempre per il servizio che rese alla Chiesa non solo in campo liturgico e teologico. Negli ultimi anni della sua vita organizzò gli aiuti umanitari resi indispensabili dalla grave carestia che aveva colpito la zona di Edessa: la sua autorevolezza fu garanzia di un’equa distribuzione dei viveri e dei soccorsi alle popolazioni colpite.

Dichiarato Dottore della Chiesa da Benedetto XV nel 1920.

Autore: Massimo Salani



Catechesi di Benedetto XVI all’udienza generale di mercoledì 28 novembre 2007

Cari fratelli e sorelle,

secondo l’opinione comune di oggi, il cristianesimo sarebbe una religione europea, che avrebbe poi esportato la cultura di questo Continente in altri Paesi. Ma la realtà è molto più complessa, poiché la radice della religione cristiana si trova nell’Antico Testamento e quindi a Gerusalemme e nel mondo semitico. Il cristianesimo si nutre sempre a questa radice dell’Antico Testamento. Anche la sua espansione nei primi secoli si è avuta sia verso occidente – verso il mondo greco-latino, dove ha poi ispirato la cultura europea – sia verso oriente, fino alla Persia, all’India, contribuendo così a suscitare una specifica cultura, in lingue semitiche, con una propria identità. Per mostrare questa pluriformità culturale dell’unica fede cristiana degli inizi, nella catechesi di mercoledì scorso ho parlato di un rappresentante di questo altro cristianesimo, Afraate il saggio persiano, da noi quasi sconosciuto.
Nella stessa linea vorrei parlare oggi di sant’Efrem Siro, nato a Nisibi attorno al 306 in una famiglia cristiana. Egli fu il più insigne rappresentante del cristianesimo di lingua siriaca e riuscì a conciliare in modo unico la vocazione del teologo e quella del poeta. Si formò e crebbe accanto a Giacomo, Vescovo di Nisibi (303-338), e insieme a lui fondò la scuola teologica della sua città. Ordinato diacono, visse intensamente la vita della locale comunità cristiana fino al 363, anno in cui Nisibi cadde nelle mani dei Persiani. Efrem allora emigrò a Edessa, dove proseguì la sua attività di predicatore. Morì in questa città l’anno 373, vittima del contagio contratto nella cura degli ammalati di peste. Non si sa con certezza se era monaco, ma in ogni caso è sicuro che è rimasto diacono per tutta la sua vita e che ha abbracciato la verginità e la povertà. Così appare nella specificità della sua espressione culturale la comune e fondamentale identità cristiana: la fede, la speranza – questa speranza che permette di vivere povero e casto nel mondo, ponendo ogni aspettativa nel Signore – e infine la carità, fino al dono di se stesso nella cura degli ammalati di peste.

Sant’Efrem ci ha lasciato una grande eredità teologica. La sua considerevole produzione si può raggruppare in quattro categorie: opere scritte in prosa ordinaria (le sue opere polemiche, oppure i commenti biblici); opere in prosa poetica; omelie in versi; infine gli inni, sicuramente l’opera più ampia di Efrem. Egli è un autore ricco e interessante per molti aspetti, ma specialmente sotto il profilo teologico. La specificità del suo lavoro è che in esso si incontrano teologia e poesia. Volendoci accostare alla sua dottrina, dobbiamo insistere fin dall’inizio su questo: sul fatto cioè che egli fa teologia in forma poetica. La poesia gli permette di approfondire la riflessione teologica attraverso paradossi e immagini. Nello stesso tempo la sua teologia diventa liturgia, diventa musica: egli era infatti un grande compositore, un musicista. Teologia, riflessione sulla fede, poesia, canto, lode di Dio vanno insieme; ed è proprio in questo carattere liturgico che nella teologia di Efrem appare con limpidezza la verità divina. Nella sua ricerca di Dio, nel suo fare teologia, egli segue il cammino del paradosso e del simbolo. Le immagini contrapposte sono da lui largamente privilegiate, perché gli servono per sottolineare il mistero di Dio.

Non posso adesso presentare molto di lui, anche perché la poesia è difficilmente traducibile, ma per dare almeno un’idea della sua teologia poetica vorrei citare in parte due inni. Innanzitutto, anche in vista del prossimo Avvento, vi propongo alcune splendide immagini tratte dagli Inni sulla natività di Cristo. Davanti alla Vergine Efrem manifesta con tono ispirato la sua meraviglia:

«Il Signore venne in lei
per farsi servo.
Il Verbo venne in lei
per tacere nel suo seno.
Il fulmine venne in lei
per non fare rumore alcuno.
Il Pastore venne in lei
ed ecco l’Agnello nato, che sommessamente piange.
Poiché il seno di Maria
ha capovolto i ruoli:
Colui che creò tutte le cose
ne è entrato in possesso, ma povero.
L’Altissimo venne in lei (Maria),
ma vi entrò umile.
Lo splendore venne in lei,
ma vestito con panni umili.
Colui che elargisce tutte le cose
conobbe la fame.
Colui che abbevera tutti
conobbe la sete.
Nudo e spogliato uscì da lei,
Egli che riveste (di bellezza) tutte le cose»
(Inno sulla Natività 11,6-8).


Per esprimere il mistero di Cristo, Efrem usa una grande diversità di temi, di espressioni, di immagini. In uno dei suoi inni, egli collega in modo efficace Adamo (nel paradiso) a Cristo (nell’Eucaristia):

«Fu chiudendo
con la spada del cherubino,
che fu chiuso
il cammino dell’albero della vita.
Ma per i popoli,
il Signore di quest’albero
si è dato come cibo
lui stesso nell’oblazione (eucaristica).
Gli alberi dell’Eden
furono dati come alimento
al primo Adamo.
Per noi, il giardiniere
del Giardino in persona
si è fatto alimento
per le nostre anime.
Infatti tutti noi eravamo usciti
dal Paradiso assieme con Adamo,
che lo lasciò indietro.
Adesso che la spada è stata tolta
laggiù (sulla croce) dalla lancia
noi possiamo ritornarvi»
(Inno 49,9-11).


Per parlare dell’Eucaristia, Efrem si serve di due immagini: la brace o il carbone ardente e la perla. Il tema della brace è preso dal profeta Isaia (cfr 6,6). E’ l’immagine del serafino, che prende la brace con le pinze, e semplicemente sfiora le labbra del profeta per purificarle; il cristiano, invece, tocca e consuma la Brace, che è Cristo stesso:

«Nel tuo pane si nasconde lo Spirito,
che non può essere consumato;
nel tuo vino c’è il fuoco, che non si può bere.
Lo Spirito nel tuo pane, il fuoco nel tuo vino:
ecco una meraviglia accolta dalle nostre labbra.
Il serafino non poteva avvicinare le sue dita alla brace,
che fu avvicinata soltanto alla bocca di Isaia;
né le dita l’hanno presa, né le labbra l’hanno inghiottita;
ma a noi il Signore ha concesso di fare ambedue cose.
Il fuoco discese con ira per distruggere i peccatori,
ma il fuoco della grazia discende sul pane e vi rimane.
Invece del fuoco che distrusse l’uomo,
abbiamo mangiato il fuoco nel pane
e siamo stati vivificati»
(Inno sulla fede10,8-10).


Ed ecco ancora un ultimo esempio degli inni di sant’Efrem, dove egli parla della perla quale simbolo della ricchezza e della bellezza della fede:

«Posi (la perla), fratelli miei, sul palmo della mia mano,
per poterla esaminare.
Mi misi ad osservarla dall’uno e dall’altro lato:
aveva un solo aspetto da tutti i lati.
(Così) è la ricerca del Figlio, imperscrutabile,
perché essa è tutta luce.
Nella sua limpidezza, io vidi il Limpido,
che non diventa opaco;
e nella sua purezza,
il simbolo grande del corpo di nostro Signore,
che è puro.
Nella sua indivisibilità, io vidi la verità,
che è indivisibile»
(Inno sulla perla 1,2-3).


La figura di Efrem è ancora pienamente attuale per la vita delle varie Chiese cristiane. Lo scopriamo in primo luogo come teologo, che a partire dalla Sacra Scrittura riflette poeticamente sul mistero della redenzione dell’uomo operata da Cristo, Verbo di Dio incarnato. La sua è una riflessione teologica espressa con immagini e simboli presi dalla natura, dalla vita quotidiana e dalla Bibbia. Alla poesia e agli inni per la liturgia, Efrem conferisce un carattere didattico e catechetico; si tratta di inni teologici e insieme adatti per la recita o il canto liturgico. Efrem si serve di questi inni per diffondere, in occasione delle feste liturgiche, la dottrina della Chiesa. Nel tempo essi si sono rivelati un mezzo catechetico estremamente efficace per la comunità cristiana.

E’ importante la riflessione di Efrem sul tema di Dio creatore: niente nella creazione è isolato, e il mondo è, accanto alla Sacra Scrittura, una Bibbia di Dio. Usando in modo sbagliato la sua libertà, l’uomo capovolge l’ordine del cosmo. Per Efrem è rilevante il ruolo della donna. Il modo in cui egli ne parla è sempre ispirato a sensibilità e rispetto: la dimora di Gesù nel seno di Maria ha innalzato grandemente la dignità della donna. Per Efrem, come non c’è redenzione senza Gesù, così non c’è incarnazione senza Maria. Le dimensioni divine e umane del mistero della nostra redenzione si trovano già nei testi di Efrem; in modo poetico e con immagini fondamentalmente scritturistiche, egli anticipa lo sfondo teologico e in qualche modo lo stesso linguaggio delle grandi definizioni cristologiche dei Concili del V secolo.

Efrem, onorato dalla tradizione cristiana con il titolo di «cetra dello Spirito Santo», restò diacono della sua Chiesa per tutta la vita. Fu una scelta decisiva ed emblematica: egli fu diacono, cioè servitore, sia nel ministero liturgico, sia, più radicalmente, nell’amore a Cristo, da lui cantato in modo ineguagliabile, sia infine nella carità verso i fratelli, che introdusse con rara maestria nella conoscenza della divina Rivelazione.

Autore:
Benedetto XVI





LE TESTAMENT DE SAINT ÉPHREM. Traduit du syriaque PAR M. RUBENS DUVAL. : http://remacle.org/bloodwolf/eglise/ephrem/testament.htm