mercredi 6 juin 2012

Saint NORBERT, archevêque, confesseur et fondateur




Saint Norbert, évêque

Norbert (1080-1134) fut d'abord chanoine de Xanten (Rhénanie), puis il voulut adopter une vie plus évangélique avec quelques compagnons. Ils se fixèrent en France près de Laon à Prémontré, où Norbert fonda une communauté de Chanoines réguliers (1120). Peu après il devait être nommé archevêque de Magdebourg et il travailla à la réforme de l'Eglise en Allemagne.

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/06/06/251/-/saint-norbert-eveque

SAINT NORBERT

Archevêque, Fondateur de l'Ordre des Prémontrés

(1080-1134)

Norbert, né en 1080, près de Cologne, fut engagé dès son jeune âge dans la cléricature; mais il fréquentait plus la cour que l'Église et reculait devant les Ordres sacrés, afin de suivre la voie des plaisirs.

Il avait déjà trente-trois ans, quand, traversant à cheval une belle prairie, accompagné d'un seul serviteur, il fut assailli par une soudaine et horrible tempête. La scène de saint Paul sur le chemin de Damas se renouvela; car Norbert entendit une voix céleste lui dire: "Pourquoi Me fuis-tu? Je te destinais à édifier Mon Église, et tu scandalises Mon peuple." En même temps, la foudre éclate et le renverse par terre, où il demeure évanoui pendant une heure entière. Quand il eut recouvré ses sens, il dit à Dieu: "Seigneur, que demandez-Vous de moi?" Et la réponse à sa question lui fit comprendre qu'il devait quitter le monde et vivre dans la pénitence.

La conversion fut immédiate et complète, et bientôt l'on put voir, non sans étonnement, le brillant gentilhomme échanger ses riches vêtements contre la bure du moine. Il se prépara pendant quarante jours, dans un monastère, à offrir pour la première fois le Saint Sacrifice de la Messe.

Norbert obtint du Pape les pouvoirs de missionnaire apostolique et commença à prêcher la pénitence. Ses oeuvres étaient plus éloquentes encore que sa prédication: il marchait nu-pieds, même en plein hiver, au milieu de la neige, n'avait pour vêtement qu'un rude cilice en forme de tunique et un manteau de pénitent; il observait perpétuellement le carême selon la rigueur des premiers siècles, et y ajoutait de ne manger presque point de poisson et de ne boire du vin que très rarement: on eût dit un nouveau Jean-Baptiste, par son zèle et ses austérités.

Cependant Dieu réservait à Norbert la gloire de fonder l'Ordre des Prémontrés, ainsi nommé parce que le Saint avait eu révélation du lieu où il devait l'établir. Saint Augustin lui ayant apparu, une Règle d'or à la main, il comprit qu'il devait adopter pour son Ordre la règle de ce grand docteur. Il fut lui-même la règle vivante de ses frères.

En 1126, se réalisa une vision que sa mère avait eue avant sa naissance: Norbert fut obligé d'accepter l'archevêché de Magdebourg, et il eut désormais outre le souci de son Ordre, le soin de son diocèse, où son apostolat fut traversé par de grandes persécutions et couronné d'abondants fruits de salut. Rien du reste, n'avait changé dans sa vie, et jusqu'à sa mort il mena dans son palais la vie d'un moine dans sa cellule.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_norbert.html


Saint Norbert,

Évêque et confesseur

Né à Xanten, petite ville de Rhénanie, entre 1080 et 1085, saint Norbert était issu de nobles familles apparentées aux souverains d'Allemagne et de Lorraine. Si son enfance ne nous est point connue, on sait que sa jeunesse fut mondaine et dissipée, encore qu’il fit d'assez sérieuses études qu'il complètera d'ailleurs après sa conversion. Cadet, il reçut une prébende canoniale à Xanten dont il ne remplit pas les obligations, et c’est par ambition qu’il reçoit le sous-diaconat. D’abord au palais de l’archevêque de Cologne, il ne tarda pas à gagner la cour où sa prestance et sa belle mine lui valent le meilleur accueil.

Chapelain de l'empereur, Norbert accompagne Henri V à Rome (1111) où sa conscience se révolte quand l'empereur extorque au pape prisonnier l'investiture des évêques par la crosse et l'anneau. S’il refuse l'archevêché de Cambrai que lui offre l'empereur, il ne se résignera que peu à peu à quitter la cour et à rompre avec le prince excommunié.

Vers 1115, comme il gagne Wreden, en Westphalie, à cheval et suivi d'un écuyer, un épouvantable orage le surprend, la foudre le terrasse. Il rentre aussitôt à Xanten où, désormais, il se contentera d'une petite cellule donnant sur le cloître, pour se livrer à la prière et à la mortification. Pendant trois ans, il ne quitte sa cellule que pour aller solliciter les avis du bénédictin Conon, abbé de Siegburg. Sous les pelisses et les fourrures de son habit, il cache le cilice. Lors de son ordination sacerdotale (Cologne, à la Noël 1115), il dépouille solennellement ses habits précieux et revêt un simple habit de peaux d'agneaux, puis, avant de célébrer sa première messe, fait une retraite de quarante jours à Siegburg.

Dès sa première messe, il prêche le néant du monde et de ses richesses, faisant sentir à ses confrères chanoines l'inconvenance de leur conduite et de leur faste, ce qui lui vaut tant d’insultes et de railleries qu’il doit se confiner dans sa cellule. Il marche pieds nus, vêtu d'un manteau de pénitent, il jeûne tous les jours, sauf le dimanche. Outre de fréquents séjours à Siegburg et chez les chanoines réguliers de Rolduc, près de Maëstricht, il visite souvent l’ermite Ludolphe. Il s'aménage une grotte, plus propice à la méditation des Écritures et à la prière que sa cellule canoniale.

Ses prédications jointes à une certaine excentricité, lui attirent de solides ennemis qui le défèrent au concile national de Fritzlar (1118) où il est accusé de prêcher sans mandat, de trop attaquer le clergé dans ses diatribes et de vivre en moine sans être agrégé à une communauté. Il n'a pas de peine à se disculper mais décide de quitter Xanten. Aussi se dépouille-t-il de son bénéfice et de sa fortune, ne se réservant qu'une maigre somme, une mule pour ses pérégrinations et une chapelle pour la célébration de la messe ; il donne la plus grande part de ses biens au monastère de Fürstenberg que desservi par les moines de Siegburg. Aux chanoines, il laisse un beau calice. Pour lui, il part pieds nus, accompagné de deux serviteurs qui n'avaient pas voulu abandonner leur maître.

La première étape fut Huy, sur la Meuse, entre Liège et Namur, où il apprit que le pape Gélase II avait dû fuir devant l'antipape créé par Henri V. Il part alors rejoindre le pape fugitif Saint-Gilles-en-Provence. Se trouvant encore trop riche, il se dessaisit de sa mule et du peu d'argent qui lui restait. Il traverse la France et veint se jeter aux pieds du pape qui veut le garder auprès de lui mais Norbert craignant de retrouver les dangers qu'il avait déjà connus dans les cours séculières, obtient qu'on le laisse partir. Le pape lui accorde le pouvoir de prêcher dans toutes les limites de l'Église romaine.

Comme Norbert ne parle guère les langues romanes, il regagne les pays germaniques. Aux Rameaux, à Valenciennes, il prêche la Rédemption et se fait miraculeusement comprendre de ses auditeurs de langue d'oïl. Il tombe malade avec ses deux serviteurs qui succombent au mal et Norbert, après les avoir soignés, leur ferme les yeux et pourvoit à leur sépulture. L'archevêque de Cambrai, Burchard, que Norbert a bien connu à la cour impériale, fait alors une visite pastorale à Valenciennes et son chapelain, Hugues de Fosses, tombe sous le charme de Norbert qu’il suit. Ils parcourent ensemble le Hainaut et le Brabant, appelant à la pénitence, à la justice, à la charité et au pardon des injures. Ils n'acceptent aucune rétribution, se contentent de l'hospitalité et d'une maigre pitance. Le surplus des offrandes de l'autel était distribué aux pauvres.

On sait combien les cités du Moyen-Àge étaient divisées : c'était l'époque où l'Église instituait la trêve de Dieu. Partout, le passage de Norbert amène les réconciliations et le surnom d'Angelus pacis lui reste.

En octobre 1119, Norbert est à Reims où Calixte II vient de réunir un concile. L'affluence est telle que Norbert renonce à saluer le nouveau pape quand Barthélemy de Joux, évêque de Laon et parent du pape, vient le chercher pour le présenter et lui obtenir le renouvellement des pouvoirs concédés par Gélase II. Avec Barthélemy de Joux, Norbert gagne Laon, ville alors célèbre par ses écoles où il perfectionne ses connaissances de dialectique, de grammaire et de théologie. Lorsque Calixte II visite Laon, il demande à Norbert de prendre la tête des chanoines réguliers de l'abbaye Saint-Martin de Laon que l’évêque veut réformer. Après quelques échecs, Norbert veut reprendre sa liberté pour chercher une voie conciliable avec sa vocation apostolique, mais Barthélemy de Joux qui entend le garder dans son diocèse, le conduit près de Coucy-le-Château, dans une clairière jadis essartée par les moines de Saint-Vincent de Laon où, après une nuit de prières, Norbert décide de s'établir (1120).

Le nouvel ordre va rivaliser avec Cîteaux et saint Norbert apparaîtra comme l'émule de saint Bernard. Prémontré est-il une allusion à la vision que Norbert eut durant la nuit qu'il passa en prière, ou bien cette clairière portait-elle déjà ce nom ? Il est difficile d'en décider. En tout cas, aussitôt son dessein arrêté, le saint se met en devoir de le réaliser. Il passe l'hiver confiné dans une modeste cellule, mais aux beaux jours il prêche à Laon et dans les provinces du Nord : sa parole enflammée conquit de nombreux adeptes à son nouveau genre de vie et quand il rentre à Prémontré, il est accompagné de quarante disciples. Il n'est pas facile de préciser le dessein du fondateur qui a été arraché à son œuvre dès 1126 pour être placé sur le siège épiscopal de Magdebourg. Le travail d'organisation est l'œuvre de son successeur, Hugues de Fosses, qui s'inspire beaucoup des us de Cîteaux et de la charte de charité. On sait les liens étroits qui unissent Cîteaux et Prémontré, Bernard et Norbert, ce qui a déterminé les emprunts de Hugues. Norbert sollicité tout à la fois par la vie bénédictine à Siegburg, la vie érémitique et la vie canoniale à Rolduc ; c'est cette dernière forme et la règle de saint Augustin, qu'il adopte, avec beaucoup de réminiscences monastiques. Son attrait pour la vie érémitique détermine son choix du site sauvage et écarté de Prémontré. Celui-ci, dans l'esprit du fondateur est une pépinière de missionnaires pour régénérer le clergé et évangéliser le peuple. De nombreuses filiales sont créées : la première est Floreffe, près de Namur. En 1124, ce fut Anvers, fief de l'hérétique Tanchelin que les disciples du saint défient. L'extension prend les proportions de celles de Cîteaux et, du vivant d'Hugues de Fosses, premier successeur de Norbert, on compte une centaine de monastères répartis en vingt-neuf circaries ou provinces. Parmi les postulants figurent les plus grands noms, tel Godefroy de Cappenberg, riche seigneur westphalien, qui légue son château pour en faire un monastère, entraîne au cloître son frère, sa femme et ses deux sœurs qui fondent à leur tour d'autres abbayes. Thibaut, comte de Champagne, sollicite son admission à Prémontré, mais Norbert le renvoie dans le monde, le marie à la nièce de l’évêque de Ratisbonne, mais crée à son intention le tiers ordre. À l'ordre proprement dit s'ajoute de bonne heure, une branche féminine, qui faisait de Prémontré un monastère double ; plus tard, les norbertines vécurent dans des monastères isolés et s'adonnèrent à la vie contemplative, selon l'esprit de leur fondateur.

En 1124, comme deux légats du pape sont à Noyon, Norbert obtient leur approbation, puis il part pour Rome (1125), par la Champagne, la Lorraine, l'Alsace et l'Allemagne. À la mi-février 1126, il obtient d'Honorius II la bulle laudative. Il revient par la même route pendant le Carême, sans s'octroyer aucune dispense du jeûne ; accueilli en Lorraine, près de Pont-à-Mousson, par le duc en personne qui lui donne un terrain pour fonder un monastère, Sainte-Marie-au-Bois.

Prémontré le revoit ensuite, mais pour peu de temps, car Thibaut de Champagne le supplie de venir avec lui au devant de sa fiancée. Le saint doit accéder à sa demande et quitte, définitivement cette fois, ses frères, en leur laissant une sorte de testament spirituel, où il les exhorte à la pratique de toutes les vertus monastiques et surtout de la charité envers les pauvres.

La fiancée n’étant pas au lieu de rendez-vous, Thibaut conjure Norbert de pousser jusqu'à Ratisbonne et c’est ainsi qu’il se trouve à Spire où se tient la diète du Saint-Empire à laquelle les habitants de Magdebourg ont déféré le cas litigieux de l'élection de leur nouvel archevêque. Bientôt le nom de Norbert est prononcé et rallie tous les suffrages que ratifient les légats et l'empereur. Le 18 juillet 1126 Norbert, pieds nus, fait son entrée solennelle à Magdebourg où il est sacré huit jours plus tard. Il donne sa démission d'abbé de Prémontré et invite ses fils à faire choix d'Hugues de Fosses pour son successeur.

Dans l'administration de son diocèse de Magdebourg, le succès vient assez rapidement, cependant, Atticus, archidiacre intrigant et ambitieux, qui avait fort profité de la vacance épiscopale, soudoie des assassins pour tuer le saint prélat, puis fomente une sédition contre lui. Pour se soustraire à la fureur populaire Norbert se réfugie au manoir épiscopal de Gevenkenstein, d'où il lance l'interdit sur les rebelles qui, peu à peu, se calment ; au bout de six semaines l'évêque put rentrer à Magdebourg (1129).

Norbert qui a installé ses fils dans la collégiale de Sainte-Marie, leur confie l'administration de l'Hôtel-Dieu et les engage dans l'évangélisation des Wendes qui occupent le nord de son diocèse qu’ils pillent à intervalles réguliers et qu’avec le secours de l'empereur Lothaire, il avait vaincu en 1127.

L'élection du successeur d'Honorius II met en présence deux concurrents, Anaclet II et Innocent II. Tandis que le premier s'installae à Rome, Innocent est reconnu par la France, au concile d'Étampes, grâce à saint Bernard et à Pierre le Vénérable. Le fondateur de Prémontré, d’accord avec les abbés de Clairvaux et de Cluny, rallie l'empereur et l'Allemagne au pape légitime qui décide une intervention armée pour le ramener à Rome. Norbert est chargé d’en avertir le pape qui tient un concile à Reims. Le saint accompagne l'empereur dans son expédition, tandis que saint Bernard accompagne le pape. On se retrouve à Rome où Lothaire est sacré à Saint-Jean-de-Latran. Norbert reçoit le pallium et le titre de chancelier de l'Empire, par suite de la vacance du siège de Cologne, mais sa santé est irrémédiablement atteinte. Il rentre pour le Carême et peut encore célébrer, le jeudi saint, pour consacrer le saint chrême, et à Pâques, mais au prix d'efforts inouïs. À la Pentecôte, il reçoit le saint viatique et meurt peu après, dans la nuit du 5 au 6 juin 1134.

Saint Norbert avait exprimé maintes fois le désir de reposer parmi ses fils dans la collégiale Sainte-Marie de Magdebourg où il fut déposé. De nombreux prodiges s'accomplirent à son tombeau, que les chanoines norbertins consignèrent dans le registre des miracles. Ces faits et le renom de sainteté de Norbert déterminèrent à solliciter sa canonisation en 1200, mais sans résultat. Il ne semble pas qu'il y ait un culte officiel avant le XVIème siècle. En 1582, à la demande du chapitre général des Prémontrés qui faisait état de son nom dans plusieurs martyrologes, le pape Grégoire XIII autorisa l'ordre à le célébrer, sous le rite double, avec octave, le 6 juin. La fête fut reportée, dans l'ordre de Prémontré, au 11 juillet, à cause de l'occurrence des fêtes de la Pentecôte et du Saint-Sacrement avec leurs octaves. En 1621, la fête était étendue à l'Église universelle, à la date du 6 juin.

Depuis 1540, le luthéranisme avait expulsé les Prémontrés de Magdebourg. Après plusieurs tentatives infructueuses, l'abbé de Strahor, en Bohême, réussit à obtenir les reliques du saint et à les emporter dans son monastère (1627), où il repose encore.

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/06/06.php

St Norbert, évêque et confesseur

Prêtre en 1115, fondateur des Prémontrés en 1120, archevêque en 1126. Culte reconnu en 1582. Fête en 1620.

Leçons des Matines avant 1960

Quatrième leçon. Norbert, issu de très nobles parents, reçut dans sa jeunesse une éducation distinguée. Placé ensuite à la cour même de l’empereur, il méprisa les attraits du monde et désira s’enrôler dans la milice ecclésiastique. Ayant été initié aux saints ordres, il ne voulut plus porter de vêtements qui sentissent la mollesse ou la somptuosité et, couvert d’une melote, se donna tout entier à la prédication de la parole de Dieu. Après avoir renoncé à des prébendes assez importantes et distribué son patrimoine aux pauvres, il commença un genre de vie d’une austérité remarquable, ne faisant par jour qu’un seul repas, le soir, et cela avec les seuls aliments permis pendant le carême, marchant nu-pieds et portant des vêtements en lambeaux, malgré les rigueurs de l’hiver. Ainsi puissant en œuvres et en paroles, il ramena quantité d’hérétiques à la foi, de pécheurs à la pénitence, d’ennemis à la paix et à la concorde.

Cinquième leçon. Comme il était à Laon, l’Évêque le pria de ne pas s’éloigner de son diocèse. S’étant alors choisi une retraite dans un lieu désert appelé Prémontré, et après y avoir réuni treize compagnons, il institua l’Ordre de Prémontré pour lequel, dans une vision miraculeuse, saint Augustin lui donna une règle. La renommée de sa sainteté se répandait de plus en plus et un grand nombre de disciples venant à lui tous les jours, son Ordre fut confirmé par Honorius II et d’autres Papes ; il construisit de nombreux monastères et son institut se propagea d’une façon admirable.

Sixième leçon. Appelé à Anvers, il y détruisit la détestable hérésie de Tanquelin. Son esprit prophétique et ses miracles le rendirent célèbre. Finalement, ayant été élevé, malgré sa résistance, sur le siège archiépiscopal de Magdebourg, il s’y montra ferme à défendre la discipline ecclésiastique et particulièrement le célibat des Prêtres. Au concile de Reims, il seconda singulièrement Innocent II, et s’étant rendu à Rome avec d’autres Évêques, il réprima le schisme de Pierre de Léon. Enfin cet homme de Dieu, plein de l’Esprit-Saint et chargé de mérites, s’endormit dans le Seigneur à Magdebourg, l’an du salut mil cent trente-quatre, le six juin.


Saint Norbert recevant la règle de saint Augustin pour son ordre, vers 1140

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

L ’Esprit divin multiplie les secours sur la route de l’Église. Il semble vouloir nous montrer aujourd’hui que la puissance de son action ne doit point s’amoindrir avec les années ; voici que douze siècles après sa venue, éclatent dans le monde les mêmes miracles de conversion et de grâces qui signalèrent son glorieux avènement du ciel en terre.

Norbert, qui porte en ses veines le sang des empereurs et des rois, s’est vu convier surnaturellement, dès le sein de sa mère Hadwige, à une noblesse plus haute ; et cependant, trente-trois années d’une vie qui n’en doit guère compter plus de cinquante, ont été données par lui sans réserve aux plaisirs. Il est temps pour l’Esprit divin de hâter sa conquête. Un jour, dans un orage soudainement survenu, la foudre tombe au-devant du prodigue ; elle le précipite de son cheval, et creuse un abîme entre lui et le but où le porte une soif inassouvie de vanités qui n’arrivent pointa combler le vide de son cœur. Alors, au plus intime de son âme retentit la voix qu’entendit Saul sur le chemin de Damas : « Norbert, où vas-tu ? » Et le miséricordieux dialogue continue entre Dieu et ce nouveau Paul : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? — Éloigne-toi du mal, et fais le bien ; cherche la paix et poursuis-la » [1]. Vingt ans après, Norbert est au ciel, occupant parmi les pontifes un trône illustre, et rayonnant de l’éclat qui marque dans la patrie les fondateurs des grands Ordres religieux.

Quelle trace profonde, durant les années de sa pénitence, il a laissée sur terre ! L’Allemagne et la France évangélisées, Anvers délivré d’une infâme hérésie, Magdebourg arraché par son archevêque aux dérèglements qui souillaient la maison de Dieu : tant d’œuvres dignes de remplir une longue et sainte vie, ne sont point pourtant les plus beaux titres de Norbert à la reconnaissance de l’Église. Avant d’être appelé malgré lui aux honneurs de l’épiscopat, l’ancien hôte de la cour impériale avait choisi dans les forêts du diocèse de Laon, pour prier Dieu et châtier son corps, une solitude inhabitable. Mais bientôt Prémontré a vu ses marécages envahis par des multitudes ; les plus beaux noms de la noblesse venaient demander au grand pénitent la science du salut. En même temps, Notre-Dame lui montrait l’habit blanc que ses disciples devaient revêtir ; saint Augustin leur donnait sa Règle. Une famille nouvelle de Chanoines réguliers, la plus illustre, était fondée ; ajoutant aux obligations du culte divin solennel les austérités de sa pénitence ininterrompue, elle dévouait également ses membres au service des âmes par la prédication et l’administration des paroisses.

Il fallait, dans l’Église de Dieu, ce complément à l’œuvre des moines qui avaient relevé, au siècle précédent, l’épiscopat et la papauté du servilisme féodal. Les moines, quoique n’excluant de leur vie aucune œuvre sainte, ne pouvaient cependant, aussi nombreux qu’il eût été nécessaire, quitter leurs cloîtres et prendre sur eux la charge des âmes, que tant de pasteurs indignes du second ordre continuaient de trahir, dans le douzième siècle, au profit de leurs passions simoniaques et concubinaires. Seule, néanmoins, la vie religieuse pouvait relever le sacerdoce, depuis les hauts sommets de la hiérarchie jusqu’aux derniers rangs de la milice sainte. Norbert fut élu de Dieu pour une part de cette œuvre immense ; et l’importance de sa mission explique la prodigalité sublime avec laquelle l’Esprit-Saint multiplia autour de lui les vocations. Le nombre et la rapidité des fondations permirent de porter bientôt partout le secours ; l’Orient lui-même vit presque aussitôt se lever sur lui la lumière de Prémontré. Au XVIIIe siècle, malgré les destructions des Turcs et les ravages de la prétendue Réforme dans les pays où sa diffusion avait été la plus grande, l’Ordre, divisé en vingt-huit provinces, renfermait encore dans presque toutes ses maisons de cinquante à cent vingt chanoines, et l’on comptait toujours par milliers les paroisses confiées à ses soins.

Les religieuses, dont la sainte vie et les prières sont l’ornement et le secours de l’Église militante, occupèrent dès l’origine la place qui leur était due dans cette innombrable famille ; au temps du fondateur ou peu après sa mort, on en comptait plus de mille à Prémontré même. Un tel chiffre pourra nous donner une idée de la propagation vraiment prodigieuse de l’Ordre à ses débuts. Norbert étendit également sa charité aux personnes qui, comme Thibault comte de Champagne, eussent voulu le suivre au désert, et que la volonté de Dieu retenait dans le monde ; il préluda aux pieuses associations que nous verrons saint Dominique et saint François organiser, au siècle suivant, sous le nom de tiers-ordres.

Vous sûtes racheter le temps [2] comme il convenait, ô Norbert, en ces jours mauvais où vous-même, entraîné par l’exemple de la multitude insensée, aviez frustré Dieu si longtemps dans ses desseins d’amour. Les années refusées par vous d’abord au service du seul vrai Maître du monde lui sont revenues multipliées à l’infini, augmentées de toutes celles que lui ont données vos fils et vos filles. En vingt ans, vos œuvres personnelles ont, elles aussi, rempli le monde. Le schisme abattu, l’hérésie terrassée pour la plus grande gloire du divin Sacrement qu’elle attaquait dès lors, les droits de l’Église revendiqués intrépidement sur les princes de ce monde et tous les détenteurs injustes, le sacerdoce rendu à sa pureté première, la vie chrétienne affermie sur ses véritables fondements qui sont la prière et la pénitence : tant de triomphes en si peu d’années, sont dus à la générosité qui vous empêcha de regarder en arrière, même un instant, du jour où l’Esprit-Saint toucha votre cœur. Faites donc comprendre aux hommes qu’il n’est jamais trop tard pour commencer à servir Dieu. Fût-on, comme vous, déjà sur le soir de la vie, ce qu’il reste de temps suffit à faire de nous des saints, si nous donnons pleinement ce reste au ciel [3].

Foi et patience furent vos vertus chéries ; répandez-les sur notre triste siècle, qui ne sait plus que douter et que jouir en allant stupidement à l’abîme. N’oubliez point dans le ciel, ô apôtre, les contrées que vous avez évangélisées, malgré leur oubli, malgré leur retour aux tromperies de l’enfer. Saint pontife, Magdebourg a perdu l’antique foi, et avec elle le dépôt qu’elle ne méritait plus de votre saint corps ; Prague possède aujourd’hui vos reliques sacrées ; en bénissant l’hospitalière cité, priez pour la ville ingrate qui n’a pas su garder son double trésor. Enfin, ô fondateur de Prémontré, souriez à la France qui se réclame de votre plus pure gloire. Obtenez de Dieu que, pour le salut de nos temps malheureux, il rende à votre puissant Ordre quelque peu de son ancienne splendeur. Bénissez dans leur trop petit nombre, ceux de vos fils et de vos filles qui cherchent, en dépit des hostilités ridicules et odieuses du pouvoir, à faire revivre chez nous vos bienfaits. Maintenez en eux votre esprit : qu’ils sachent trouver dans la paix avec eux-mêmes le secret du triomphe sur les forces de Satan ; que les splendeurs du culte divin soient toujours pour eux la montagne aimée d’où, comme Moïse, ils rapportent au peuple chrétien, nouvel Israël, la connaissance des volontés du Seigneur.

[1] Psalm, XXXIII, 15.

[2] Eph. V, 16.

[3] I Petr. IV, 2.


Statue de Saint Norbert (au centre) sur le Pont Charles, à Prague
À gauche, Saint Wenceslas, et à droite Saint Sigismund.


Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

La fête de ce saint évêque de Magdebourg, fondateur des chanoines Prémontrés, entra d’abord dans le calendrier avec le rite semi-double, puis, sous Clément X, reçut le rite double. Le Siège apostolique doit à saint Norbert une gratitude particulière, parce que, durant le schisme de l’antipape Anaclet II il travailla activement, avec saint Bernard et le pieux abbé de Farfa, Adinolf, à ramener les peuples à l’obéissance envers Innocent II. Quand en effet, dans les premiers jours de mai 1133, les armées du roi Lothaire ramenèrent à Rome le Pontife exilé, nous trouvons avec lui, comme l’âme même de cette expédition, les abbés de Cîteaux et de Farfa et le saint archevêque de Magdebourg qui, à cette époque, remplissait aussi les fonctions de chancelier royal. Ce fut le dernier labeur du Saint, puisque, consumé par ses dures pénitences et par ses travaux, il mourut le 6 juin 1134.

Autrefois, dans la Ville éternelle, une petite église érigée par les Prémontrés sur le Viminal rappelait la venue du Saint à Rome. Frappée ensuite par la confiscation, elle est maintenant détruite.

La messe est du Commun des Confesseurs Pontifes ; seule la première collecte est propre : « Seigneur qui avez rempli d’éloquence votre bienheureux pontife Norbert pour qu’il fût le héraut zélé de votre parole, et qui lui avez aussi accordé de fonder dans l’Église un nouvel Ordre ; par ses mérites donnez-nous d’accomplir ce qu’il nous enseigna par ses actes non moins que par ses paroles ».

La caractéristique de la mission de Norbert fut la prédication enflammée de la parole de Dieu. C’est là une mission toute apostolique, qui, trop souvent, n’est pas appréciée à sa valeur. La prédication du verbe évangélique est si nécessaire en effet, qu’elle doit précéder l’administration même des Sacrements, puisque personne ne peut croire à la parole de Dieu et se sauver, si aucun apôtre ne prêche.

Mais les âmes ne se régénèrent que dans l’Esprit Saint, et c’est pourquoi le prédicateur doit parler, non selon son esprit propre, mais avec celui de Dieu. Les saints Apôtres agirent ainsi ; ayant confié aux diacres le ministère extérieur, ils se réservèrent la prière et l’incessante prédication de la parole du Seigneur. Nos autem orationi et prædicationi verbi instantes erimus [4]. Ils firent donc de la prédication l’un des devoirs les plus essentiels de la vie épiscopale, et saint Luc nous indique les dispositions dans lesquelles ils se trouvaient pour accomplir un si grand ministère : Repleti sunt omnes Spiritu Sancto, et cœperunt loqui [5].

[4] Act. 6, 4:Et pour nous, nous nous appliquerons entièrement à la prière, et à la dispensation de la parole.

[5] Act. 2, 4 : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils commencèrent à parler.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Offrons aujourd’hui nos prières et nos sacrifices pour l’Ordre des Prémontrés.

1. Saint Norbert. — Jour de mort : 6 juin 1134. Tombeau : d’abord à Magdebourg. Pendant la guerre de Trente Ans, ses ossements furent transportés au monastère de Starhow, à Prague. Image : On le représente en évêque, avec un ostensoir clans les mains. Vie : Le saint fondateur des Prémontrés mena, dans sa jeunesse, bien qu’il fût clerc, une vie très mondaine. En 1115, il se produisit un changement complet dans sa vie. Au cours d’une promenade à cheval, il fut soudain surpris par un orage. La foudre tomba ; son cheval le jeta à bas, et il crut entendre une voix qui lui reprochait sa vie passée. Cela le transforma complètement, comme saint Paul sur le chemin de Damas. Il résolut de renoncer à toutes ses richesses et à ses plaisirs, de mener une vie de renoncement et de se consacrer surtout à la prédication. Il tint sa promesse. En 1121, il fonda l’Ordre des Prémontrés d’après la règle de Saint-Augustin. Cet ordre fut approuvé par le pape Honorius II (1126). En 1125, il fut élu archevêque de Magdebourg. L’archevêque Norbert fit son entrée, pieds nus, dans la ville et dans la cathédrale. Quand il voulut entrer dans le palais archiépiscopal, le portier le repoussa à cause de ses vêtements misérables. « Tu m’as mieux connu et regardé avec des yeux plus clairvoyants que ceux qui me poussent vers ce palais, moi, pauvre homme de rien, qui n’aurais pas dû être élevé à cette dignité ». Telle fut sa réponse au serviteur quand celui-ci, averti par d’autres, demanda pardon de son erreur. Saint Norbert mourut, le 6 juin 1134, à Magdebourg. Il est le patron de la Bohême.

SOURCE : http://www.introibo.fr/06-06-St-Norbert-eveque-et


Saint Norbert de Xanten

Archevêque de Magdebourg (✝ 1134)

Évêque de Magdebourg. Norbert était un jeune noble, apparenté à l'empereur d'Allemagne, chanoine prébendé de la collégiale de Xanten en Rhénanie, délaissant ses devoirs de clerc pour vivre à sa guise une vie bien agréable et vide. A 35 ans, la route de Wreten en Westphalie fut pour lui un chemin de Damas. Il y est foudroyé par une conversion subite. Délaissant ses biens, il se consacre au service de l'Église dans l'esprit de la réforme grégorienne. Fidèle à son époque, il embrasse la pauvreté et devient prédicateur itinérant dans toute l'Europe, incitant les clercs à mener la vie commune, propre à leur état. Pour enraciner cette réforme profonde des mœurs ecclésiastiques, il fonde à Prémontré, près de Laon, une communauté de chanoines réguliers alliant la pratique de leur sacerdoce séculier avec la vie régulière des moines. Nommé archevêque de Magdebourg (où les clercs, mécontents de ses réformes, tenteront de l'assassiner), il verra de son vivant la fondation d'une dizaine de communautés prémontrées à travers l'Europe.

Quelques abbayes de Prémontrés:

- Abbaye Notre-Dame de Leffe

- Abbaye Saint-Michel de Frigolet

- Abbaye Saint-Martin de Mondaye

- Abbaye de Pont-à-Mousson

Norbert de Gennep, né vers 1080, fut dès son jeune âge chanoine de la collégiale Saint-Victor à Xanten... En prêchant, il recrute des disciples: Evermode à Cambrai, Antoine à Nivelles... A Pâques 1120, au nombre de quatorze, tous s’installent à Prémontré. Ils décident entre eux qu’ils seront des chanoines réguliers et qu’ils se conformeront à la Règle de Saint Augustin... Laissant au prieur Hugues de Fosses la direction de la communauté, Norbert ne cessera d’aller prêcher... L’Empereur avait convoqué une diète à Spire en 1126, pour régler, entre autres, la nomination d’un archevêque à Magdebourg. Pour Norbert qui était également convié à cette assemblée, la vie allait changer... A Magdebourg, le nouvel archevêque trouvait dans l’administration et le personnel ecclésiastiques bien des abus à punir, des malversations à faire cesser, des mœurs à réformer. et des aliénations à supprimer. Il s’y attacha sans tarder. La réforme du clergé était son principal objectif, mais ses décisions se heurtèrent à de vives oppositions... Les dernières années furent dominées par une activité politique au service de l’Eglise et de l’Empire... Il put encore consacrer les Saintes Huiles le Jeudi-Saint et il célébra sa dernière messe assis, le jour de Pâques. Il mourut saintement le 6 juin 1134... Le pape Grégoire XII le canonisa le 28 juillet 1582...

Vie des Saints et Bienheureux - Postulator Generalis Ordinis Praemonstratensis

Mémoire de saint Norbert, évêque. De mœurs austères, tout entier donné à l’union avec Dieu et à la prédication de l’Évangile, il fonda à Prémontré près de Laon l’Ordre des Chanoines Réguliers et, devenu évêque de Magdebourg en Saxe, il réforma dans son Église la vie chrétienne et s’employa à répandre la foi chez les peuples voisins. Il mourut en 1134.

Martyrologe romain


S. Norbert (6 juin)

Norbert de Gennep, né vers 1080, fut dès son jeune âge chanoine de la collégiale Saint-Victor à Xanten. Il y reçut le sous-diaconat, sans toutefois s’engager définitivement sur la voie de la cléricature. Vers 1108-1109, on le trouve chapelain à la cour de l’archevêque Frédéric de Cologne, et avant 1110, déjà dans l’entourage de l’empereur Henri V, qu’il accompagne à Rome où surgit une querelle concernant l’investiture. Norbert en revient terriblement perplexe. Est-ce la raison pour laquelle, en 1113, il refuse le diocèse de Cambrai que lui propose l’empereur ?

Au printemps 1115, sur la route de Freden, il est jeté à bas de son cheval lors d’un violent orage. C’est le commencement de sa conversion. Il démissionne de sa fonction de chapelain impérial et s’adonne à la méditation, sous la conduite de l’abbé bénédictin de Siegburg. Aux Quatre-temps de décembre 1115, il reçoit le même jour le diaconat et la prêtrise. Avant son ordination il se dépouille de ses vêtements précieux et prend un simple habit de peau d’agneau. Sitôt ordonné il repart pour Siegburg et se retire quarante jours dans la prière. Ensuite seulement, il célèbre sa première messe. A Xanten, aux chanoines de la cathédrale, il déclare qu’il désire la réforme du chapitre, mais il n’est pas écouté. Norbert comprend son échec et se retire. Deux années durant, chez l’ermite Liutolf et chez les chanoines réguliers de Rolduc, dans le silence, il précise son projet de vie et en prépare la mise à exécution.

Il commence alors à se livrer à la prédication itinérante. S’il suscite l’admiration de beaucoup, il en inquiète cependant quelques uns et en agace d’autres. En 1118, il doit se justifier devant le concile de Fritzlar. Puis il décide de tout quitter et de renoncer à son canonicat ainsi qu’à ses bénéfices. Il entame alors une vie de pèlerin. Il rencontre le pape Gélase II à Saint-Gilles en Provence. Le Pontife régularise sa situation canonique et fait de lui un prédicateur apostolique. Au cours de l’hiver suivant, il se rend nu-pieds, à marches forcées à Valenciennes, où ses premiers compagnons se meurent d’épuisement. Il y rencontre Burchard, évêque de Cambrai, son ancien ami à la cour impériale. Hugues de Fosses, le chapelain de l’évêque, est très impressionné par le personnage de Norbert et sollicite de l’accompagner. En 1119 Norbert est présent au concile de Reims. Le nouveau pape Calixte II le recommande à son neveu Barthélemy, évêque de Laon. Dans cette dernière ville, Norbert fréquente la célèbre école épiscopale. Sur la suggestion du pape, il accepte de réformer le chapitre de Saint-Martin, mais c’est de nouveau un échec, comme à Xanten. L’évêque lui propose ensuite de chercher dans son diocèse un lieu où il pourrait se fixer. La solitude de Prémontré lui plaît. Entre temps, il continue ses prédications apostoliques. En prêchant, il recrute des disciples : Evermode à Cambrai, Antoine à Nivelles. A Laon, il en accueille sept autres à la suite d’un sermon.

A Pâques 1120, au nombre de quatorze, tous s’installent à Prémontré. Ils décident entre eux qu’ils seront des chanoines réguliers et qu’ils se conformeront à la Règle de Saint Augustin. A Noël 1121 se déroule, à Prémontré, la cérémonie de la profession. Ils sont désormais une trentaine et se proposent de vivre selon l’institution apostolique en s’inspirant de la vie des chrétiens dans l’Eglise primitive à Jérusalem. Ils se trouvent dans le sillage de la réforme grégorienne. Leur habit sera de laine écrue plutôt qu’en étoffe noire. A cette couleur, Norbert ajoute le symbole du blanc dont était revêtu l’ange, témoin de la Résurrection. L’Eucharistie est au centre de la vie journalière des premiers frères, et ils manifestent une profonde dévotion à Notre-Dame qu’ils ont choisie comme patronne de l’église. A côté des chanoines vivent un grand nombre de frères laïcs, ainsi que des sœurs qui s’occupent de l’hôpital que Norbert a fait construire pour accueillir pauvres et pèlerins : tous sont engagés dans la réforme ecclésiale.

Laissant au prieur Hugues de Fosses la direction de la communauté, Norbert ne cessera d’aller prêcher. Avant Noël 1121, il s’était rendu à Cologne dans l’espoir d’y trouver des reliques pour sa fondation. A son retour, il promit déjà au comte de Namur d’installer une abbaye à Floreffe. En 1123, on le trouve en Westphalie où le comte Godefroid de Cappenberg lui cède son château pour le transformer en monastère. Cappenberg fut l’avancée de l’Ordre en pays allemand. A la demande de Burchard de Cambrai, il se rendit également à Anvers en 1124 pour y prêcher contre l’hérésie de Tanchelin et fonder l’abbaye de Saint-Michel. En 1125 enfin, il alla à Rome et reçut l’approbation papale pour les huit maisons déjà constituées. Or l’Empereur avait convoqué une diète à Spire en 1126, pour régler, entre autres, la nomination d’un archevêque à Magdebourg. Pour Norbert qui était également convié à cette assemblée, la vie allait changer. On le choisit en effet comme nouvel archevêque, et il lui fallut quitter Prémontré définitivement pour aller dans la lointaine Saxe. Le 18 juillet 1126, il entra dans sa ville épiscopale pieds-nus et en habits de pénitent, façon de vivre qu’il dut certes modifier parce qu’il était devenu évêque d’Empire. A Magdebourg, le nouvel archevêque trouvait dans l’administration et le personnel ecclésiastiques bien des abus à punir, des malversations à faire cesser, des mœurs à réformer. et des aliénations à supprimer. Il s’y attacha sans tarder. La réforme du clergé était son principal objectif, mais ses décisions se heurtèrent à de vives oppositions. Il appela bientôt des frères de Prémontré à Magdebourg pour leur confier l’église Sainte-Marie. Il fonda également les maisons prémontrées de Pöhlde et de Gottesgnaden. Comme pasteur d’un diocèse, il orienta la vie religieuse de ses frères vers l’apostolat plutôt que vers une retraite du monde à la façon de Prémontré. Les huit années de son épiscopat ne suffirent pas à l’exécution de tous ses projets, aux tâches missionnaires notamment : ce n’est qu’après sa mort que ses frères se consacrèrent à la conversion des Wendes. Les dernières années furent dominées par une activité politique au service de l’Eglise et de l’Empire. Il intervint notamment pour maintenir la paix entre l’empereur Lothaire et le pape Innocent II. Il défendit particulièrement ce dernier contre l'anti-pape Anaclet. En 1132, au titre de chancelier, il accompagna Lothaire à Rome pour son couronnement. Au retour de cette expédition, il tomba gravement malade à Goslar.

Affaibli, Norbert dut se faire transporter dans sa ville de Magdebourg où il vécut encore trois mois. Il put encore consacrer les Saintes Huiles le Jeudi-Saint et il célébra sa dernière messe assis, le jour de Pâques. Il mourut saintement le 6 juin 1134. On l’ensevelit dans l’église de ses frères, à Saint-Marie, devant l’autel de la Sainte-Croix. Quelques années plus tard, on le transféra dans le chœur. Le pape Grégoire XII le canonisa le 28 juillet 1582. Lorsque Magdebourg devint protestante, l’abbé Gaspar de Questemberg transféra son corps en 1626 et le déposa dans une magnifique chapelle de l’église de Strahov à Prague.

Dieu qui as fait de saint Norbert un pasteur fidèle, excellent prédicateur de ta Parole, qui as appelé par lui une multitude d'âmes à la conversion, par ses mérites, accorde-nous la grâce d'imiter ce qu'il a enseigné par sa parole et son action. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.



Norbert est né aux environs de 1080 à Xanten, au nord de Cologne. Originaire de la petite noblesse, Français par sa mère, cousin de l’empereur germanique par son père, il est confié tout jeune aux bons soins du chanoine écolâtre du chapitre de Xanten. Enfant de chœur, il commence ses études en vue du sacerdoce à Laon.

Il devient ensuite chapelain de l’archevêque de Cologne et fait partie de la chapelle impériale, tout en vivant une vie mondaine.

Bouleversé par une conversion foudroyante, Norbert se livre à un examen de conscience approfondi, fait pénitence et retraite puis sollicite le diaconat, très vite suivi du sacerdoce. Il persévère dans sa conversion et cherche à y entraîner ses confrères, chanoines de Xanten. Au chapitre, sa vie devient intenable ; aussi cherche-t-il une forme de vie régulière en fréquentant les abbayes bénédictines environnantes (Siegburg), des chanoines réguliers (Rolduc) et l’ermite Ludolphe, tout acquis à la réforme grégorienne.

Norbert, prédicateur itinérant

Après s’être démuni de son canonicat de Xanten, Norbert partage ses biens auprès des plus pauvres. Il reçoit du pape la mission de prédicateur itinérant. Son charisme particulier semble aider à la réconciliation des seigneurs, aux prises avec les luttes féodales. À Valenciennes, sa rencontre avec Hugues de Fosses, chapelain de l’évêque de Cambrai, est déterminante. Hugues se lie d’amitié avec Norbert et ne le quitte plus. Norbert poursuit sa vocation itinérante en passant par Fosses-la-Ville, le pays de Hugues, Gembloux, Corroy puis Laon où il retrouve son ami l’évêque Barthélémy et un ancien condisciple de Xanten, Evermode.

Barthélémy tente tout d’abord de le mettre à la tête du chapitre de Saint-Martin de Laon, mais les chanoines ne veulent pas de lui. Barthélémy est en quête d’une église où Norbert pourra, avec les premiers disciples qui l’accompagnent, constituer un chapitre qui s’adonnera à la contemplation et à la prédication dans un cadre de vie communautaire. Après bien des recherches, ils arrêtent leur choix sur une chapelle en pierre abandonnée de la forêt de Saint-Gobain, dédiée à Saint Jean Baptiste et propriété des bénédictins de l’abbaye Saint-Vincent de Laon, lieu désolé surnommé « Prémontré ».

Norbert à Prémontré

Pour Norbert, Prémontré est une escale d’où il partira pour prêcher. Mais son premier souci est de construire une nouvelle abbaye, sur le modèle cistercien, comprenant l’église, le cloître et les dépendances dont le point central demeure le sanctuaire avec ses autels. Accompagné de Hugues, il regagne le pays rhénan pour demander et recevoir des reliques destinées à la dédicace des autels.

Norbert à Floreffe et de retour à Prémontré

Il fait étape à Namur, au château comtal. La comtesse Ermesinde accueille généreusement le pieux cortège et donne à Norbert une fondation richement dotée : Floreffe, sur la Sambre. Ermesinde et son époux désirent une « nouvelle » communauté acquise à la réforme grégorienne pour desservir Floreffe. Nous sommes le 27 novembre 1121. Ainsi curieusement, la fondation de Floreffe précède celle de Prémontré.

En effet, à cette date, il n’y a encore ni chanoine profès, ni abbaye dûment constituée à Prémontré. Aussi, rentré sur les lieux de la fondation, Norbert organise, pendant le temps préparatoire de Noël, une retraite qui se clôture par la profession religieuse au cours de la messe de minuit. Avec les frères qui accompagnaient Norbert depuis Cologne et ceux que Hugues avait rassemblés.

A Floreffe, on pense qu’environ 80 candidats firent profession et revêtirent l’habit blanc (de laine non teintée en signe de pauvreté) choisi par Norbert. Une église, des religieux, cela ne suffit pas pour constituer un Ordre. Après bien des tergiversations, un choix est porté sur la Règle de saint Augustin.

Norbert, Archevêque de Magdebourg

Mais Norbert ne réside guère à Prémontré. Il reprend bien vite ses voyages dans l’empire germanique et dans les bas pays.

Le 16 février 1126, Norbert reçoit à Rome du pape Honorius II la bulle de confirmation « Apostolicae disciplinae ». Son choix de la Règle de saint Augustin, est approuvé, les possessions de Prémontré sont confirmées et toutes ses fondations sont reconnues. La même année, Norbert est nommé archevêque de Magdebourg et archichancelier de l’empire. Cette position de choix le conduira à réconcilier à Rome le pape Innocent II et le nouvel empereur, Lothaire III, assurant ainsi à toute l’Europe une paix durable et féconde. Auparavant, à Magdebourg, Norbert fonde de nouvelles communautés. L’obligation d’établir des supérieurs locaux pour les diriger le conduit à se détacher de la communauté de Prémontré au profit du siège de Magdebourg. Il désigne Hugues de Fosses pour le remplacer. Hugues rédige sur le modèle de la « carta caritatis » de saint Bernard l’Ordinaire (codification de la liturgie) et les Statuts (compléments à la Règle de saint Augustin). Il est aidé dans cette tâche par ses confrères de Prémontré et les assemblées annuelles des représentants de tout l’Ordre.

Le 6 juin 1134, épuisé, Norbert meurt à Magdebourg. Il est enseveli huit jours plus tard non à la cathédrale, mais dans l’église Notre-Dame auprès de ses frères, chanoines de Prémontré. Le 27 juillet 1582, le pape Grégoire XII, par une simple bulle, reconnaît le culte de saint Norbert en même temps que celui de saint Romuald et de saint Bruno. En 1625, son corps est transféré à l’abbaye de Strahov, sur les hauteurs de Prague, où il est depuis vénéré et veillé par ses fils spirituels.



St. Norbert

Born at Xanten on the left bank of the Rhine, near Wesel, c. 1080; died at Magdeburg, 6 June, 1134. His father, Heribert, Count of Gennep, was related to the imperial house of Germany, and his house of Lorraine. A stately bearing, a penetrating intellect, a tender, earnest heart, marked the future apostle. Ordained subdeacon, Norbert was appointed to a canonry at Xanten. Soon after he was summoned to the Court ofFrederick, Prince-Bishop of Cologne, and later to that of Henry V, Emperor of Germany, whose almoner he became. The Bishopric of Cambray was offered to him, but refused. Norbert allowed himself to be so carried away by pleasure that nothing short of a miracle of grace could make him lead the life of an earnest cleric. One day, while riding to Vreden, a village near Xanten, he was overtaken by a storm. A thunderbolt fell at his horse's feet; the frightened animal threw its rider, and for nearly an hour he lay like one dead. Thus humbled, Norbert became a sincere penitent. Renouncing his appointment at Court, he retired to Xanten to lead a life ofpenance.


Understanding, however, that he stood in need of guidance, he placed himself under the direction of Cono,Abbot of Siegburg. In gratitude to Cono, Norbert founded the Abbey of Fürstenberg, endowed it with a portion of his property, and made it over to Cono and his Benedictine successors. Norbert was then in his thirty-fifth year. Feeling that he was called to the priesthood, he presented himself to the Bishop of Cologne, from whose hands he received Holy Orders. After a forty days' retreat at Siegburg Abbey, he celebrated his first Mass at Xanten and preached an earnest discourse on the transitory character of this world's pleasures and on man'sduties toward God. The insults of some young clerics, one of whom even spat in his face, he bore with wonderful patience on that occasion. Norbert often went to Siegburg Abbey to confer with Cono, or to the cell of Ludolph, a holy and learned hermit-priest, or to the Abbey or Klosterrath near Rolduc. Accused as an innovator at the Council of Fritzlar, he resigned all his ecclesiastical preferments, disposed of his estate, and gave all to the poor, reserving for himself only what was needed for the celebration of Holy Mass. Barefootedand begging his bread, he journeyed as far as St. Giles, in Languedoc, to confer with Pope Gelasius concerning his future life. Unable to keep Norbert at his court, Gelasius granted him faculties to preach wherever hejudged proper. At Valenciennes Norbert met (March, 1119) Burchard, Bishop of Cambray, whose chaplain joined him in his apostolic journeys in France and Belgium. After the death of Pope Gelasius (29 January, 1119) Norbert wished to confer with his successor, Calixtus II, at the Council of Reims (Oct., 1119). The pope and Bartholomew, Bishop of Laon, requested Norbert to found a religious order in the Diocese of Laon, so that his work might be perpetuated after his death. Norbert chose a lonely, marshy valley, shaped in the form of across, in the Forest of Coucy, about ten miles from Laon, and named Prémontré. Hugh of Fosses, Evermode ofCambray, Antony of Nivelles, seven students of the celebrated school of Anselm, and Ralph at Laon were his first disciples. The young community at first lived in huts of wood and clay, arranged like a camp around thechapel of St. John the Baptist, but they soon built a larger church and a monastery for the religious who joined them in increasing numbers. Going to Cologne to obtain relics for their church, Norbert discovered through avision, the spot where those of St. Ursula and her companions, of St. Gereon, and of other martyrs lay hidden.

Women also wished to become members of the new religious order. Blessed Ricwera, widow of CountRaymond of Clastres, was St. Norbert's first spiritual daughter, and her example was followed by women of the best families of France and Germany. Soon after this, Norbert returned to Germany and preached in Westphalia, when Godfrey, Count of Kappenberg, offered himself and gave three of his castles to be made into abbeys. On his return from Germany, Norbert was met by Theobald, Count of Champagne, who wished to become a member of the order; but Norbert insisted that God wished Theobald to marry and do good in the world. Theobald agreed to this, but begged Norbert to prescribe a rule of life. Norbert prescribed a few rules and invested Theobald with the white scapular of the order, and thus, in 1122, the Third Order of St. Norbert was instituted. The saint was soon requested by the Bishop of Cambrai to go and combat the infamousheresies which Tanchelin had promulgated, and which had their centre at Antwerp. As a result of his preaching the people of the Low Countries abjured their heresies, and many brought back to him the Sacred Specieswhich they had stolen and profaned. In commemoration of this, St. Norbert has been proclaimed the Apostleof Antwerp, and the feast of his triumph over the Sacramentarian heresy is celebrated in the Archdiocese of Mechlin on 11 July.

The rapid growth of the order was marvellous, and bishops entreated Norbert to found new houses in theirdioceses. Floreffe, Viviers, St-Josse, Ardenne, Cuissy, Laon, Liège, Antwerp, Varlar, Kappenberg and others were founded during the first five years of the order's existence. Though the order had already been approved by the pope's legates, Norbert, accompanied by three disciples, journeyed to Rome, in 1125, to obtain itsconfirmation by the new pope, Honorius II. The Bull of Confirmation is dated 27 February, 1126. Passing through Würzburg on his return to Prémontré, Norbert restored sight to a blind woman; the inhabitants were so full of admiration for him that they spoke of electing him successor to the bishop who had just died, but Norbert and his companions fled secretly. Soon after this, on his way to Ratisbon, he passed through Spier, where Lothair, King of the Romans, was holding a diet, the papal legate being present. Deputies formMagdeburg had also come to solicit a successor to their late archbishop, Rudger.

The papal legate and Lothair used their authority, and obliged Norbert to accept the vacant see. On takingpossession of it, he was grieved to find that much property belonging to the Church and the poor had been usurped by powerful men, and that many of the clergy led scandalous lives. He succeeded in converting some of the transgressors, but others only became more obstinate, and three attempts were made on his life. He resisted Pietro di Leoni, who, as antipope, had assumed the name of Anacletus and was master in Rome, exerting himself at the Council of Reims to attach the German Emperor and the German bishops and princes more firmly to the cause of Pope Innocent II.

Though his health was increasingly delicate, Norbert accompanied Lothair and his army to Rome to put the rightful pope on the Chair of St. Peter, and he resisted the pope's concession of the investiture to the emperor. Norbert, whose health was now much impaired, accompanied the Emperor Lothair back to Germany and for some time remained with him, assisting him as his chancellor and adviser. In March, 1134, Norbert had become so feeble that he had to be carried to Magdeburg where he died on the Wednesday after Pentecost. By order of the emperor, his body was laid at rest in the Norbertine Abbey of St. Mary, at Magdeburg. His tombbecame glorious by the numerous miracles wrought there. The Bollandists say that there is no document toprove that he was canonized by Innocent III. His canonization was by Gregory XIII in 1582, and his cultus wasexecuted to the whole church by Clement X.

On 2 May, 1627, the saint's body was translated from Magdeburg, then in the hands of Protestants, to theAbbey of Strahov, a suburb of Prague in Bohemia. The Chancery of Prague preserved the abjurations of six hundred Protestants who, on the day, or during the octave, of the translation, were reconciled to the CatholicChurch. On that occasion the Archbishop of Prague, at the request of the civil and ecclesiastical authorities, proclaimed St. Norbert the Patron and Protector of Bohemia. (For history of the order, see PREMONSTRATENSIAN CANONS.)

Sources

Until the middle of the last century, the principal source for the biography of St. Norbert was a MS. usually attributed to HUGO, the saint's first disciple and successor, of which numerous copies had been made. That belonging to the Abbey of Romersdorf, near Coblentz, Vita Norberti, auctore canonico præadjuvante Hugone abbate, Fossense is now in the British Museum. An abridgment of this by SURIUS was printed in 1572; the whole MS., with variants, was published by ABBOT VANDER STERRE in 1656; again, with commentaries and notes, by PAPEBROCH in Acta SS., XX. Then followed: VANDER STERRE, Het leven van den H. Norbertus (Antwerp, 1623); DU PRÉ, La Vie de S. Norbert (Paris, 1627); CAMUS, L'Homme apostolique en S. Norbert (Caen, 1640); C. L. HUGO, La Vie de S. Norbert (Luxemburg, 1704); ILLANA, Historia del Gran Padre y Patriarca S. Norberto (Salamanca, 1755).

In 1856, a MS. Life of St. Norbert discovered in the Royal Library, Berlin, was published in PERTZ, Mon. Germ. Hist., differing in many particulars from the HUGO MSS. mentioned above. The discovery occasioned a great revival of interest in the subject, and there followed: TENKOFF, De S. Norberto Ord. Præm. Conditore commentatio historica (Münster, 1855); SCHOLZ, Vita S. Norberti (Breslau, 1859); WINTER, Die Prämonstratenser der 12. Jahrh. Berlin, 1865); ROSENMUND, Die ältesten Biographien des h. Norbertus (Berlin, 1874); HERTEL, Leben des h. Norbert (Leipzig, 1881). MÜHLBACHER, Die streitige Papstwahl des Jahres 1130 (Innsbruck, 1876). In the following three works, the publication of Pertz and other lately discovered documents have been used: GEUDENS, Life of St. Norbert (London, 1886); MADELAINE, Histoire de S. Norbert (Lillie, 1886) (the fullest and best-written biography of the saint so far published); VAN DEN ELSEN, Levensgeschiedenis van den H. Norbertus (Averbode, 1890).

Geudens, Francis Martin. "St. Norbert." The Catholic Encyclopedia. Vol. 11. New York: Robert Appleton Company, 1911. 6 Jun. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/11100b.htm>.





St. Norbert, Archbishop of Magdebourg, Confessor

From his life, faithfully written by Hugh, his first disciple, and successor in the government of his Order, abridged by Helyot, Hist. des Ordres Relig. t. 2, p. 164. Fleury, Papebroke, t. 1. Junii, p. 808, and several works of F. Charles Lewis Hugo, abbot of Etival, in Lorraine, of this Order, and bishop of Ptolemais, in partibus Infidelium, who died at Etival in 1739. See especially his life of St. Norbert, with curious notes, in 4to. printed at Luxembourg, 1704. His letters to the abbé de Lorkot, in defence of this life, at Nancy, 1705, and his Annales Ordinis Præmonstratensis, in fol. t. 2, at Nancy, 1736.

A.D. 1134.

[Founder of the Premonstratensian Order.]  ST. NORBERT was born at Santen, in the duchy of Cleves, in 1080. His father Heribert, count of Gennep, was related to the emperor, and his mother derived her pedigree from the house of Lorraine. The rank which his birth gave him was rendered more illustrious by the excellent qualifications of his mind and body. His application to his studies was equal to the quickness of his parts, and he went through his academical exercises with extraordinary applause. But being at first blinded by the flattery of the world, he suffered himself to be carried away by its pleasures and pastimes, and had no higher thoughts than how he might live in honour and at his ease. He even received the ecclesiastical tonsure with a worldly spirit; and though he was instituted to a canonry at Santen, and ordained subdeacon, he neither changed his spirit nor his conduct. Being naturally inclined to mirth and gaiety, he was the soul of all parties of pleasure, and by living in a circle of diversions, he drowned his soul in a round of vanities and trifling amusements, and was a stranger to serious reflection on himself, which would have opened his eyes. He would not be prevailed on to receive any higher orders for fear of a greater restraint on his conduct; and he led the same manner of life in the court of his cousin, the Emperor Henry IV. who appointed him his almoner. God beheld with compassion the heart of this young nobleman enslaved to the world, in which he in vain sought that contentment and quiet of mind which no earthly advantages can afford, and which it is in the power of virtue alone to give. But to break his secret chains an extraordinary grace was necessary; and God awakened him from his spiritual lethargy by an alarming accident. Norbert was riding to a village in Westphalia called Freten, in pursuit of his pleasures, mounted on a horse richly caparisoned, and attended by only one servant, when, in the midst of a pleasant meadow, he was overtaken by a violent storm, accompanied with dreadful thunder and lightning. Finding himself at a great distance from any shelter, he was overwhelmed with perplexity and fear; and whilst he was going on briskly, having set spurs to his horse, a ball of fire or lightning, with a loud clap of thunder, fell just before his horse’s feet, burned the grass, and cleft the earth. The poor beast, thus affrighted, threw his rider, who lay like one dead for near an hour. At last coming to himself, like another Saul, he cried out to God, in the bitter compunction of his heart: “Lord, what wouldst thou have me to do?” To which the divine grace interiorly suggested this reply: “Turn away from evil, and do good: seek after peace, and pursue it.” Being thus humbled in the full career of his passions, he became upon the spot a sincere penitent. Returning no more to the court, he withdrew to his canonry at Santen, there led a life of silence and retirement, wore a hair shirt next his skin, and spent his time in tears, holy prayer, and meditation. Now taking a serious review of himself and the world, he detested his past ingratitude to God, and his folly in serving a deceitful world which mingles in all its delights much gall and bitterness, far outweighing the false and momentary pleasure. The remembrance of the divine mercy which had spared him, whilst many others had been cut off in their sins, and in a moment been buried in hell, pierced his heart to the quick, and drew daily from his eyes streams of tears, by which he endeavoured to wash away the stains of his soul. The fire of divine love thus kindled in his heart, gained strength every day by his fidelity, and by fresh supplies of grace. But his conversion was completed by a retreat which he made in St. Sigebert’s monastery near Cologne, and by the pious exhortations of Conon, the holy abbot of that house, who was made soon after bishop of Ratisbon. Norbert was at this time in the thirtieth year of his age.

After his conversion, he employed two years in preparing himself for the priesthood, which he received from the hands of the archbishop of Cologne, together with the order of deacon, his fervour seeming a sufficient cause for such a dispensation. At the time of his ordination, he appeared in a lambskin cassock tied with a cord, and thus published to the world, that from that moment he renounced all its vanities. After his ordination he returned to Conon, and made, under his direction, a severe retreat of forty days to dispose himself by tears, prayer, and fasting to say his first mass, which he came back to Santen to celebrate with his chapter. After the gospel was sung at high mass, he mounted the pulpit, and made a most pathetic sermon on the vanity of the world, the shortness of human life, and the insufficiency of all created beings to satisfy the heart of man; and he indirectly inveighed against the disorders of his colleagues. In a chapter which was held the next day, he pointed them out more distinctly, and pressed a reformation so vigorously, that several of them became perfect converts, and loudly condemned their past irregularities. But others, who could not bear that their sores should be touched to the quick, burst out into intemperate rage against him, and not content with ill usage, they accused him to the pope’s legate as an innovator, a hypocrite, and one who covered pernicious designs under the specious pretence of zeal for a reformation of manners. The saint, having before his eyes the sins of his past life, confessed that he deserved all manner of contempt and ill treatment, and rejoiced under injuries and afflictions. Nevertheless, reflecting on what he owed to God’s honour, he purged himself before the legate, in a council held at Fritzlar, in 1118. Soon after, inflamed with an ardent zeal to live to God alone, he resigned all his ecclesiastical preferments into the hands of the archbishop of Cologne, and sold his own estate, giving the money to the poor, reserving only to himself ten marks of silver, a mule, and sacred vestments and ornaments for the altar. Thus divested of all that could engage his stay in his own country, he travelled barefoot to St. Giles’s in Languedoc, where Pope Gelasius II. was at that time. He threw himself at his holiness’s feet, and with extraordinary compunction, made to him a general confession of his whole life, begging absolution of all his past disorders, especially of the irregularity committed in his receiving the holy orders of deacon and priest at the same time, without observing the interstices prescribed by the canons, though it had been done by the dispensation of his diocesan; and cheerfully offered himself to make any satisfaction. He obtained of the pope faculties to preach the gospel where he judged proper. It was then the depth of winter; yet he walked barefoot through the snow, and, inflamed with an ardent love of God, and desire of promoting his glory, seemed insensible to the rigours of the season. His whole life was a perpetual lent, and he never took his meal till evening, except on Sundays. He preached penance with incredible fruit over the provinces of Languedoc, Guienne, Poitou, and Orleanois. Till he came to Orleans, he had been accompanied only by two laymen; but, passing through that city, was joined by a subdeacon, who desired to assist him in his mission. His three disciples all fell sick, and died at Valenciennes, in Haynault, in 1119. In that city Burchard, bishop of Cambray, who had been acquainted with the saint in the emperor’s court, meeting him was extremely edified with his humility, penance, and zeal; and Hugh, his chaplain, quitting his hopes and prospects in the world, resolved to accompany Norbert in his apostolical labours: this great man afterwards succeeded him in the government of his Order. With this companion, the saint preached penance through all Haynault, Brabant, and the territory of Liege. The people crowded to hear him wherever he came, and his sermons, enforced and illustrated by an evangelical life, procured the conversion of great numbers, reconciled those who were at variance, and engaged usurers and others to make restitution of their ill-gotten goods.

Pope Calixtus II. having succeeded Gelasius II. in 1119, Norbert went to Rheims, where his Holiness held a council soon after his exaltation. The prelates of that assembly were no less charmed with the eloquence, wisdom, and piety, of this great servant of God, than amazed at the austerity of his penance, which some advised him in vain to moderate. He was introduced to the pope, who was one of the greatest men that had filled the apostolic chair, by Bartholomew bishop of Laon, and obtained a fresh grant of the privileges and faculties he had received from his predecessor. That prelate earnestly requested, that his holiness would allow him to fix the holy man in his diocess, that he might employ him in reforming the regular canons of St. Martin’s church at Laon. The pope readily consented, but these canons could not be induced to submit to his severe regulations. Wherefore, the zealous bishop gave the holy man the choice of several places to build a house. The saint pitched upon a lonesome valley called Premontré, in the forest of Coucy, where he found the remains of a small chapel which bore the name of St. John, but stood in so barren a soil, that the monks of St. Vincent at Laon, the proprietors of it, had abandoned it. The bishop bought of them this desert piece of land, and there built a monastery for the saint, who assembled out of Brabant thirteen brethren, desirous to serve God under his direction. Their number soon increased to forty, who made their profession on Christmas Day, 1121. The saint gave them the rule of St. Austin, with a white habit, destining them, in imitation of the angels in heaven, to sing the divine praises on earth. Their manner of living was very austere; but their Order is no other than a reformation of Regular Canons. It was soon spread over several parts of Europe. Among the foundations made by our saint, that of St. Michael’s at Antwerp was attended with circumstances which were illustrious proofs of his zeal. That town was then in the diocess of Cambray, and consisted at that time but of one parish, which fell into the hands of an unworthy pastor, by whose sloth and irregular conduct the flock was sunk into great disorders. Tankelin, a bold and eloquent heretic, took his advantage of this unhappy state of the church at Antwerp, and openly asserted that the institution of the priesthood is a fiction, and that the eucharist and other sacraments are of no service to salvation. He drew after him three thousand persons, who believed him a great prophet, and were ready to commit any outrages to support his impious extravagances. After he had spread his errors in the diocesses of Utrecht, Cambray, and the adjacent churches, luring the people with magnificent banquets, and practising the most filthy abominations of the Gnostics, he was slain in 1115, in those tumults which himself had raised, meeting with the usual fate of the authors of seditions and disturbers of the public peace.

The combustion, however, continued still to rage with no less fury than ever, and to fill the whole country with desolation. The reputation of the sanctity and erudition of Norbert attracted the eyes of all Europe; and the canons of Antwerp, in this distress of their church, being joined by Burchard their bishop, who resided at Cambray, implored his charitable assistance. The saint lost no time, and arrived at Antwerp with a select number of his canons who laboured under his direction. Such was the success of this mission, that in a short time the people were undeceived, the heretics converted, abuses reformed, and the city restored to its former tranquillity and lustre. The clergy of Antwerp settled St. Michael’s church on the saint and his Order; and removed the ancient college of secular canons to our Lady’s, which in 1559 was erected by Pope Paul IV. into a cathedral, when Antwerp was made a bishop’s see. The bishop of Cambray confirmed the donation of St. Michael’s to the saint in 1124. St. Norbert revived the devotion of the people to the holy sacrament of the altar, and its frequent use, which heresy had interrupted, and had the comfort to see this church flourish in piety before he returned to his first settlement. His Order was then much increased, and contained ten abbeys and eight hundred religious men. Amongst others who embraced his rule, Count Godfrey, a nobleman of high renown in the empire, put on the habit at Floreff near Namur, and led an exemplary life in that convent, serving God in the humble quality of a lay-brother. Several other persons of distinction fled from the corruption of the world to the sanctuaries established by this great director in the paths of salvation. His institute had been approved by the legates of Calixtus II., but a more solemn confirmation being judged necessary, St. Norbert undertook a journey to Rome in 1125. Pope Honorius II. who had succeeded Calixtus II. in the close of the foregoing year, and was a great encourager of learning and of good men, received him with all possible marks of respect and affection, and granted all he desired, as appears by his bull, dated in the February following. The saint at his return to Premontré, put the abbey of St. Martin’s at Laon under his rule, which the canons then demanded, though they had rejected it six or seven years before. The abbey of Viviers in the diocess of Soissons made the same step. Theobald, a prime nobleman of France, desired to embrace his Order; but the saint diverted him from that design, showing him that God, by the situation in which he had placed him in the world, pointed out what he required at his hands; he made him sensible that his obligations to his family and bleeding country were ties in conscience, and that by faithfully acquitting himself of them, he would most effectually labour to advance the honour, and accomplish the will of God.

Norbert having completed the great work of the establishment of his Order, was obliged to quit his monastery, to be placed in a more exalted station for the benefit of many. The Count of Champagne, who did nothing of importance without the advice and direction of our saint, took him into Germany, whither he was going to conclude a treaty of marriage between himself and Maud, a niece to the bishop of Ratisbon. After the death of the unhappy Emperor Henry V., Lothaire II. Duke of Saxony, was chosen king of the Romans in 1125, though he was only crowned emperor at Rome in 1132, by Pope Innocent II. This excellent prince, whose reign was equally glorious and religious, was holding a diet at Spire when the count and St. Norbert arrived at that city. Deputies from the city of Magdeburg were come to the same place to solicit Lothaire for an archbishop in the room of Roger, who died the year before. Two persons were proposed for that dignity; but Lothaire preferred Norbert to them both. At his name the deputies rejoiced exceedingly; and indeed the saint was the only person not pleased with the nomination. The pope’s legate, Cardinal Gerard, who afterwards sat in St. Peter’s chair under the name of Lucius II., made use of his authority to oblige him to comply. The deputies of Magdeburg took him with them to that city, where he was met at a distance by the principal persons and by his clergy. He followed the procession barefoot, and was conducted to the church, and thence to his palace. But his dress was so mean and poor, that the porter shut the door against him, saying: “Why will you go in to disturb my lords?” Those that followed cried out: “He is our bishop.” The saint said to the porter: “Brother, you know me better than they do who have raised such a one to this dignity.” In this high station the austerity of his life was the same he had practised in a cloister, only his humility was more conspicuous. By the joint weight of his authority, eloquence, and example, he made a great reformation both in the clergy and laity of his diocess; and by his strenuous and undaunted resolution, he recovered a considerable part of the lands of his church which had fallen into the hands of certain powerful secular princes. But his zeal made those his enemies whom his charity could not gain to their duty. They loaded him with injuries, decried him among themselves, and encouraged one another in their disobedience and contempt of his person, calling him a stranger, whose manners were opposite to theirs. To such an excess did their rage carry them, that some even made attempts upon his life. One who saw himself obliged by the saint to renounce his licentious manner of life, hired a villain to assassinate him under pretence of going to confession on Maunday Thursday. The saint was apprized of his design, as some authors affirm, by revelation, and he caused him to be searched as he came in, and a dagger was found upon him. Another shot an arrow at the saint, which only missed him to wound another that was near him. Of these villanies Norbert only said, without the least emotion: “Can you be surprised that the devil, after having offered violence to our divine head, should assault his members?” He always pardoned the assassins, and showed himself ever ready to lay down his life in the defence of truth and justice. By his patience and unshaken courage he in three years broke through the chief difficulties which obstructed the reformation of manners he laboured to introduce, and from that time he carried on the work, and performed the visitation of his diocess with ease and incredible success. He continued still to superintend the observance of discipline in his Order, though upon his episcopal consecration he had left the government thereof to his first disciple Hugh. The fourth general chapter consisted of eighteen abbots.

After the death of Pope Honorius II., an unhappy schism divided the church. Innocent II. was duly chosen on the 14th of February, 1130: notwithstanding which, Peter, the son of Leo, under the name of Anacletus II., was acknowledged at Rome, and by Roger Duke of Sicily. The true pope was obliged to fly into France, where he held councils at Clermont, Rheims, and Puy in Velay. St. Bernard and St. Norbert laboured vigorously to prevent or remedy the disorders which the schism brought into many places. St. Norbert assisted for this purpose at the council which the pope assembled at Rheims in 1131. Upon his return home, the Emperor Lothaire, who resolved to march with an army to Rome to put Innocent II. in possession of the Lateran church in 1132, carried our holy bishop with him in that expedition, trusting that his piety, prayers, and zealous exhortations would contribute very much to the success of his undertaking; and the event answered his expectations. The saint returned to Magdeburg, where he fell ill, and after four months’ tedious sickness, died the death of the just on the 6th of June, in the eighth year of his episcopal dignity, the fifty-third of his age, of our redemption 1134. He was canonized by Gregory XIII. in 1582. Pope Urban VIII. appointed his festival to be kept on the 10th of June. 1 His body remained at Magdeburg till that city embraced the Lutheran doctrine and revolted. The Emperor Charles V. laid siege to it; but was prevailed upon to withdraw his army for a great sum of money. In the reign of Ferdinand II. the Lutheran magistrates, at the request of the Norbertine Order, and of many princes, consented that the body of St. Norbert should be removed out of their city. The emperor ordered that it should be translated to Prague; which was done with great pomp in 1627. The sacred treasure was carried into that city by fourteen abbots with their mitres on, and laid in the church called of Mount Sion, all the orders of the city attending the ceremony in the most solemn and magnificent procession. 2

St. Norbert is usually painted holding a ciborium in his hand. He is distinguished by this symbol on account of his extraordinary devotion to the blessed sacrament. He inculcated in all his sermons the frequent use of this divine food, being sensible from daily experience, and from the words of truth itself, that a neglect, and much more a distaste or loathing of the holy communion, is a deplorable symptom of a most dangerous state in a spiritual life. A short interval in order to a better preparation is often a wholesome counsel, and sometimes a necessary duty. But “he who seldom approaches, because he is tepid and cold, is like one who should say, I never approach the fire, because I am cold: I have not recourse to the physician, because I am sick,” as the devout Gerson writes. 3 This divine sacrament is the most powerful strengthener of our weakness, the sovereign remedy of our spiritual miseries, and the source of heavenly comfort to alleviate the labours and sorrows of our mortal pilgrimage. The deeper sense we have of our spiritual indigence, with so much the greater eagerness ought we continually to cry out: If I shall but touch the hem of his garment, I shall be saved. 4 Can we slight the most tender invitations of our divine Redeemer? Can we disobey his repeated commands, and contemn his threats? 5 Above all, can we be insensible to that excess of infinite love by which he has wrought so many wonders, that he might here abide in us by the strongest alliance? 6 That person cannot love Jesus who is not solicitous to unite himself often with him in this sacrament of love. The devil employs all his artifices to deprive us of this seed of immortality, as the fathers style it. Holofernes, when he besieged Bethulia, seeing the place impregnable, attempted to take it by stopping the pipes which conveyed water to the city, being sure by this stratagem to reduce it. In like manner the devil seeks to draw a soul from this banquet, that when she has lost her strength he may make her an easy prey. St. Ambrose 7 applies to this spiritual food that passage of the psalmist: They that go far from thee, shall perish. 8

Note 1. Urban VIII. Anno 1643. Bullar. Roman, t. 5, p. 421. [back]

Note 2. The Order of the Premonstratensians, or Norbertins, according to Helyot, is divided into thirty provinces, and contains one thousand three hundred monasteries of men, and four hundred of women. In its primitive institution it was very austere. The religious never wore linen, and observed a perpetual abstinence from flesh, and a yearly rigorous fast of many months. For Hubert de Romanis, the disciple of St. Dominic, and general of his order, writes that this holy founder borrowed these observances from the Premonstratensian rule. But several mitigations were introduced into it; which gave occasion to various reformations approved by Gregory IX. and Eugenius IV. and one in Spain, of all others the most rigorous, confirmed by Gregory XIII. The Premonstratensians were called by our ancestors White Canons, and had in England thirty-five houses, according to Bishop Tanner. Not. Monast. Pref. [back]

Note 3. Gerson, l. de Præpar. Missæ. [back]

Note 4. Matt. ix. [back]

Note 5. John iv. 52, 54. [back]

Note 6. John vi. 57. [back]

Note 7. St. Ambr. in Psalm cxviii. Domine, de hoc pane scriptum est, &c. [back]

Note 8. Psalm lxxii. 27. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume VI: June. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/6/061.html

ST. NORBERT, BISHOP

FEAST DAY: JUNE 6TH

OF noble rank and rare talents, Norbert passed a most pious youth, and entered the ecclesiastical state. By a strange contradiction, his conduct now became a scandal to his sacred calling, and at the court of the emperor, Henry IV., he led, like many clerics of that age, a life of dissipation and luxury. One day, when he was thirty years of age, he was thrown half dead from his horse, and on recovering his senses, resolved upon a new life. After a severe and searching preparation, he was ordained priest, and began to expose the abuses of his Order. Silenced at first by a local council, he obtained the Pope's sanction and preached penance to listening crowds in France and the Netherlands. In the wild vale of Prémontré he gave to some trained disciples the rule of St. Austin, and a white habit to denote the angelic purity proper to the priesthood. The canons regular, or Premonstratensians, as they were called, were to unite the active work of the country clergy with the obligations of the monastic life. Their fervor renewed the spirit of the priesthood, quickened the faith of the people, and drove out heresy. A vile heretic, named Tankelin, appeared at Antwerp, in the time of St. Norbert, and denied the reality of the priesthood, and especially blasphemed he Blessed Eucharist. The Saint was sent for to drive out the pest. By his burning words, he exposed the impostor and rekindled the faith in the Blessed Sacrament. Many of the apostates had proved their contempt for the Blessed Sacrament by burying it in filthy places. Norbert bade them search for the Sacred Hosts. They found them entire and uninjured, and the Saint bore them back in triumph to the tabernacle. Hence he is generally painted with the monstrance in his hand. In 1126, Norbert found himself appointed Bishop of Magdeburg; and there, at the risk of his life, he zealously carried on his work of reform, and died, worn out with toil, at the age of fifty-three.

REFLECTION.—Reparation for the injuries offered to the Blessed Sacrament was the aim of St. Norbert's great work of reform -- in himself, in the clergy, and in the faithful. How much does our present worship repair for our own past irreverences, and for the outrages offered by others to the Blessed Eucharist?

SOURCE : http://jesus-passion.com/Saint_Norbert1.htm

St. Norbert

St. Norbert was born at Xanten in the Rhineland, about the year 1080. The early part of his life was devoted to the world and its pleasures. He entered upon the ecclesiastical state in a worldly spirit.

The thunderstorm had boiled up suddenly as Norbert was out riding. Norbert, who had always chosen the easy way, would never have deliberately gone on a journey that promised danger, risk, or discomfort. He had moved easily from the comforts of the noble family he was born into at about 1080 to the pleasure-loving German court. He had no hesitations about joining in any opportunity to enjoy himself, no matter what the source of that pleasure. To ensure his success at court, he also had no qualms about accepting holy orders as a canon and whatever financial benefices that came with that position, although he did hesitate at becoming a priest and the implied responsibilities that came with that vocation.

But now high winds pushed and pulled at his fashionable coif, rain slashed at his fancy clothes, and dark roiling clouds pressed night down upon his light thoughts. A sudden flash of lightning split the dark and his horse bucked, throwing Norbert to the ground.

For almost an hour, the still form of the courtier lay unmoving. Even the rain soaking his clothes and the howl of thunder did not bring him back to consciousness and life. When he awoke his first words were, “Lord, what do you want me to do?” — the same words Saul spoke on the road to Damascus. In response Norbert heard in his heart, “Turn from evil and do good. Seek peace and pursue it.”

He immediately returned to the place of his birth, Xanten, to devote himself to prayer and penance. He now embraced the instruction for the priesthood he had avoided and was ordained in 1115. His complete conversion and new ways caused some to denounce the former courtier as a hypocrite. Norbert’s response was to give everything he owned to the poor and to go to the pope for permission to preach.

With this commission in hand, he became an itinerant preacher, traveling through Europe with his two companions. In an extreme response to his old ways, he now chose the most difficult ways to travel — walking barefoot in the middle of winter through snow and ice. Unfortunately the two companions who followed him died from the ill-effects of exposure. But Norbert was gaining the respect of those sincere clerics who had despised him before. The bishop of Laon wanted Norbert to help reform the canons in his see, but the canons wanted nothing to do with Norbert’s type of reform which they saw as far too strict. The bishop, not wanting to lose this holy man, offered Norbert land where he could start his own community. In a lonely valley called Prmontr, began his community with thirteen canons. Despite the strictness of his regulation, or perhaps because it, his reforms attracted many disciples until eight abbeys and two convents were involved. Even the canons who had originally rejected him asked to be part of the reform.

In Norbert’s community we have the first evidence of lay affiliation with a religious order. This came about when a count Theobald wanted to join Norbert. Norbert realized that Theobald was not called to holy orders but to marriage and worldly duties. But he did not entirely reject Theobald, giving him a rule and devotions as well as a scapular to wear to identify him as part of the community.

It was on the trip accompanying Theobald to his marriage, that Norbert was spotted by Emperor Lothair and chosen as bishop of Magdebourg. Legend has it the porter refused to let Norbert into his new residence, assuming he was a beggar. When the crowd pointed out to the flustered porter that this was the new bishop Norbert told the porter, “You were right the first time.” Norbert carried the love of reform that he had found in his own life to his new diocese. As usual, this made him many enemies and he was almost assassinated. Disgusted with the citizens desire to keep to their old ways, he left the city, but was soon called back — not because the citizens missed him but because the emperor and the pope pressured them.

When two rival popes were elected after the death of Honorius II, Norbert helped try to heal the Church by getting his admirer the emperor to support the first elected, Innocent II. At the end of his life he was made an archbishop but he died soon after on June 6, 1134 at the age of 53.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-norbert/

San Norberto Vescovo


- Memoria Facoltativa

Xanten, Germania, 1080-1085 - Magdeburgo, 6 giugno 1134

San Norberto è il fondatore, nel 1121, di un antico ordine monastico, che però si dedicò anche all'evangelizzazione "ad extra", anticipando così l'avvento degli ordini mendicanti: i Premostratensi. Il nome viene dalla valle francese di Prémontré, nei pressi di Laon, dove il santo si era fermato insieme ad alcuni compagni. Norberto era nato a Xanten, in Germania, tra il 1080 e il 1085. Fece vita mondana, ma poi un evento lo sconvolse e lo indusse a cambiare. Un fulmine gli cadde vicino, per fortuna solo tramortendolo. Divenne prete, fondò l'ordine - che presto si diffuse in Europa e anche in Palestina - dal 1126 fu vescovo di Magdeburgo. Morì nel 1134 ed è santo dal 1582. (Avvenire)

Etimologia: Norberto = uomo illustre del settentrione, dal tedesco

Emblema: Bastone pastorale

Martirologio Romano: San Norberto, vescovo, che, uomo di austeri costumi e tutto dedito all’unione con Dio e alla predicazione del Vangelo, vicino a Laon in Francia istituì l’Ordine dei Canonici regolari Premostratensi; divenuto poi vescovo di Magdeburgo in Sassonia, in Germania, rinnovò la vita cristiana e si adoperò per diffondere la fede tra le popolazioni vicine.

Uno dei santi patroni delle partorienti è un tedesco, ancorché proveniente da una regione oggi appartenente all’Olanda. Fu arcivescovo di Magdeburgo, capoluogo della Sassonia-Anhalt, sulle rive dell’Elba ad una cinquantina di chilometri a nord-ovest della città di Lutero. Si tratta di San Norberto, l’“illustre del Nord”, nato nel 1085 . Morto nel 1134 nella città sassone, venne traslato poi nel 1627 nella chiesa del cenobio dei Canonici Premostratensi a Strahow nella città di Praga. Sulla scia gregoriana egli fu un grande riformatore e fondò un Ordine religioso nuovo a Premontré in Francia, da cui la denominazione di premostratense. Norberto si meritò, fra l’altro, lo splendido attributo di “angelo della pace”. La ricorrenza liturgica rimane quasi dovunque il 6 giugno, il dies natalis.

  Il suo patronato nel riguardi delle donne durante il parto potrebbe risalire ad un secondo parto che lo riguarda e dal quale egli iniziò una nuova vita, dopo i primi trent’anni passati senza avvertire particolari preoccupazioni morali né entusiasmi religiosi. Vuole infatti la leggenda che la sua conversione sostanziale, in quanto già sacerdote, sia avvenuta in modo simile a quella di San Paolo sulla via di Damasco. Colpito nel mezzo di un furioso temporale da un fulmine che stava per ucciderlo, Norberto cadde a terra, accecato ed assordato, mentre il cavallo, sul quale viaggiava, fuggiva terrorizzato. Pensando che il tutto fosse voce e mano di Dio, egli abbandonò i precedenti intrighi nella corte imperiale. Si fece monaco benedettino e intraprese un cammino intensamente religioso e fertile, andando a predicare in Germania, Belgio e Francia nonché agendo da indefesso pacificatore in un tempo di gravi lotte politiche e civili.

  Norberto diventava in sostanza un predicatore ambulante o Wanderprediger, cioè uno di quegli uomini che avevano scelto di aderire totalmente a Cristo, peregrinando per le varie regioni per insegnare, con l’esempio e con la parola, una via spirituale nuova di distacco dalle vanità del mondo. Fondato l’Ordine, cui sopra si è accennato, che proponeva la regola di Sant’Agostino (354-430) unita ai motivi benedettini del lavoro e della contemplazione, si attivò per la sua diffusione. Lui ed i suoi compagni e compagne, che vivevano, sia pure separati, nello stesso complesso monastico, andavano però incontro a qualche rischio di errori dogmatici e morali. Fu perciò intenso il lavoro di correzione da parte di Norberto e il suo sforzo notevole nell’ottenere il riconoscimento papale.

  Indicato a Speyer, quasi casualmente, arcivescovo di Magdeburgo e confermato tale dal papa Onorio II, il santo intraprese una vivace opera di evangelizzazione dei Wendi, popolazione pagana delle regioni orientali della Germania. Nello stesso tempo esercitò fino alla morte un proficuo impegno pastorale, inserendosi altresì come efficace mediatore tra l’imperatore Lotario e il nuovo papa Innocenzo II al fine di superare i gravi contrasti insorti circa il problema delle investiture degli uffici ecclesiastici.

Autore:
Mario Benatti