lundi 3 septembre 2012

Sainte SÉRAPHIE ou SÉRAPIE


Sainte Séraphie ou Sérapie

Vierge et Martyre

vers 119

Sainte Séraphie ou Sérapie naquit à Antioche, de parents chrétiens, qui passèrent bientôt en Italie. C'est là que la jeune fille devint orpheline. Pour éviter les obsessions de ceux qui la recherchaient en mariage, elle vendit tous ses biens, en donna le prix aux pauvres et se vendit elle-même comme esclave pour vivre au service d'une dame romaine nommée Sabine.

La douceur de Séraphie, sa docilité, son amour pour le travail, sa charité, lui gagnèrent l'affection de sa maîtresse, et elle en profita pour l'attirer à Jésus-Christ. Elle réussit à lui faire comprendre la folie des superstitions du paganisme, plus encore par ses exemples que par ses paroles. Sabine reçut le baptême dans les sentiments de la foi la plus vive, et se consacra au service de Dieu. Sabine n'était pas la seule conquête de Séraphie; aussi cette dernière fut-elle dénoncée comme propagatrice de la foi de Jésus-Christ et saisie par les soldats romains. Sabine ne voulait point se séparer d'elle; mais elle ne subit le martyre que plusieurs années après.

"Sacrifie aux dieux, dit le juge à Séraphie.

-- Je crains et j'adore le Dieu tout-puissant, répond la courageuse vierge; quant à vos dieux, ils sont des démons, un chrétien ne peut les adorer.

-- Eh bien! Sacrifie à ton Dieu sur cet autel!

-- Je lui offre chaque jour le sacrifice qu'Il aime.

-- Où est le temple de ton Christ, et quel sacrifice Lui offres-tu?

-- Je suis moi-même Son temple, si je suis pure; je Lui offre le sacrifice d'une vie sainte et les âmes que je convertis à la foi."

Le juge eut alors l'idée diabolique de la corrompre: mais Dieu sut la protéger. Le lendemain elle opéra un grand miracle en présence d'une foule de personnes.

"Apprends-moi tes secrets magiques, Séraphie, dit le juge, et tu seras mise en liberté.

-- Je ne connais point la magie, mais je suis chrétienne, et mon Dieu accorde des merveilles à ceux qui Le prient.

-- Sacrifie, ou tu vas mourir.

-- Fais ce que tu voudras, je suis chrétienne."

Séraphie fut alors battue de verges. Pendant que le juge cruel présidait à ce supplice, un éclat de verge lui sauta dans l'oeil et le blessa grièvement, si bien qu'il perdit l'oeil complètement, trois jours après. La jeune martyre fut aussitôt condamnée à avoir la tête tranchée. C'était le 29 juillet 119. Sabine recueillit son corps comme un trésor inestimable, l'embauma et lui donna la sépulture dans le tombeau qu'elle avait préparé pour elle-même.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/sainte_seraphie_ou_serapie.html


LES ACTES DE SAINTE SÉRAPIE ET DE SAINTE SABINE

(Au commencement du II e siècle)
Les jours de la persécution étant arrivés pour les chrétiens, et un grand nombre d'entre eux étant appelés à souffrir le martyre dans les divers pays, il y avait à Rome, dans le quartier des Vindinates, une vierge née à Antioche et nommée Sérapie. Elle habitait la maison de sa mère nommée Sabine, qui avait en pour mari Valentin et qui était fille d'Hérodes surnommé Métallarius, lequel avait trois fois donné les jeux aux Romains, sous Vespasien. Sérapie, étant chrétienne, avait fait connaître Jésus Christ à sa mère, et celle-ci faisait chaque jour de nouveaux progrès dans la foi et dans la sainte vie. Le préfet Bérillus envoya chercher Sérapie dans la maison de Sabine, pour la citer à son tribunal. Sabine résista d'abord avec l’aide de ses gens à ce mandat; mais bientôt Sérapie lui dit : «Ma dame et ma mère, laisse-moi partir; prie seulement, et aie confiance dans le Seigneur Jésus Christ; car je crois, toute indigne et pécheresse que je suis, que le Seigneur Jésus Christ veut me rendre digne d'être sa servante avec ses saints.» Sabine lui dit : «Ma fille et ma dame Sérapie, je veux vivre ou mourir avec toi; je ne te quitterai pas.»

Comme les gens du préfet pressaient de partir, Sabine fit préparer une litière, et se rendit avec Sérapie au prétoire. Le préfet ayant su qu'une dame aussi illustre que l'était Sabine était aux portes du prétoire avec la chrétienne Sérapie, il se leva et vint sous le portique du prétoire pour lui faire honneur. Il lui dit alors : «Comment déroges-tu de cette manière ? As-tu donc oublié de qui tu es fille ? Tu t’es jointe aux chrétiens, oubliant ta naissance, et ce que tu dois à un homme aussi distingué que l'a été ton mari. Je crains que tu n'encoures la colère des dieux que, tu as abandonnés. Retourne dans ta maison et laisse ici cette méchante femme, qui par ces maléfices, t'a détournée et plusieurs autres encore du service des dieux.» Sabine répondit : «Combien je désirerais que toi-même fusses l'objet des prétendus maléfices de cette sainte fille, et qu'elle te persuadât comme à moi de renoncer aux idoles impures et de reconnaître le Dieu véritable qui appelle les bons à la vie éternelle, et livre les méchants à des supplices sans fin !» Le préfet, saisi de respect en présence de cette femme courageuse, rentra dans le prétoire, et Sabine retournait à sa maison avec Sérapie.

Trois jours après, le préfet ayant fait préparer un théâtre pour des jeux publies, près du pont qui avoisine l'arc de Binius, fit dresser selon l'usage, un autel en cet endroit, et commanda qu'on amenât de nouveau Serapie. Lorsque les gardes furent enlevée, Sabine la suivit à pied et vint au lieu où se tenaient les jeux. Voyant qu'elle ne pouvait plus l'arracher des mains du préfet, elle cria à ce malheureux, dans son indignation : «Méchant asiatique, homme furieux plus qu’un animal sans raison, garde-toi pour ton propre intérêt de faire injure à cette vierge de Dieu qui est si fort au-dessus de toi. Le Christ notre Seigneur est proche, Il va venir, et Il livrera à des tourments éternels toi et tes empereurs, qui avez imaginé de faire souffrir tant de maux aux serviteurs du Dieu vivant.» Et elle se retira, toute baignée de pleurs, dans sa maison.

Le préfet fit amener devant lui la bienheureuse Sérapie et lui dit : «Sacrifie aux dieux immortels que révèrent les empereurs.» Sérapie répondit : «Je crains et j'honore le Dieu tout-puissant qui a fait le ciel et la terre et tout ce qu'il renferme; quant aux dieux que tu m'ordonnes d'adorer, je ne les adore pas. Ce ne sont pas des dieux mais des démons; c'est pourquoi il ne m'est pas permis de les adorer, car je suis chrétienne.» Le préfet dit : «Approche ici et sacrifie, à ton Christ.» Séraphie répondit : «Chaque jour, je Lui offre le sacrifice de mes adorations et de mes prières, jour et nuit.» Le préfet dit : «Où est le temple de ton Christ ? Quel sacrifice Lui offres-tu ?» Sérapie répondit : «Mon sacrifice consiste à me garder toujours chaste et pure à ses Yeux, et aussi par sa Miséricorde, à amener les autres à croire en Lui.» Le préfet dit : «C'est donc là le temple de ton Dieu et le sacrifice de ton Christ ?» Sérapie répondit : «Il n'est rien de plus grand que de connaître le vrai Dieu et de le servir en vivant avec piété.» Le préfet dit : «Tu dis donc que tu es toi-même le temple de ton Dieu ?» Sérapie répondit : «Si par son secours je demeure pure, je suis son temple; car l'Écriture divine nous dit : Vous êtes le temple du Dieu vivant; et encore : l'Esprit de Dieu habite en vous.» Le préfet dit : «Si je te fais violer, tut cesseras bien d'être le temple de ton Dieu.» Sérapie répondit : «La divine Écriture a dit : Si quelqu'un viole le temple de Dieu, Dieu le perdra.»

Le préfet, dans sa brutalité, ordonna qu'on la livrerait toute la nuit à deux jeunes Égyptiens débauchés. Ces malheureux la conduisirent dans un lieu secret où régnait une obscurité profonde. La bienheureuse Sérapie étant entrée dans ce lieu, fit cette prière : «Saint des saints , Seigneur Jésus Christ, vous qui êtes le véritable gardien, je vous invoque. Seigneur Jésus Christ, lumière et joie éternelle, je vous implore. Ô vous qui avez visité et fortifié les saints apôtres en pénétrant auprès d'eux, les portes fermées, assistez-moi maintenant; ayez pitié de votre pauvre servante Sérapie, et délivrez-moi de l'infâme projet que ces jeunes gens ont formé contre moi. Que leurs yeux soient obscurcis; rendez-les sans pouvoir contre votre servante qui met en vous sa confiance, et qu'ils ne souillent point celle qui vous est consacrée. Confondez leur impudence; gardez-moi de toute souillure, appelez-moi à vous, Seigneur Jésus Christ, et assistez aussi Sabine votre servante. Fortifiez-la dans votre Puissance, afin que le démon ennemi ne triomphe pas d'elle, qui déjà a beaucoup souffert pour votre saint Nom, à cause de moi votre servante. Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, exaucez-moi, vous qui êtes béni, plein de gloire et digne de toute louange, avec le Père et le saint Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.»

Vers la première lueure de la nuit, les deux jeunes gens voulurent approcher de la vierge du Christ; mais tout à coup un bruit effrayant se fit entendre, et un violent tremblement de terre que l'on ressentit aussi dans toute la ville ébranla la maison. Au même moment, les deux jeunes gens, saisis d'effroi, tombent par terre, privés de la vue, sans mouvement et ayant perdu l’usage de leurs membres. La servante de Dieu ayant reconnu la Protection divine, étendit vers le ciel ses mains, puis elle passa la nuit en prières.

Le lendemain matin, le préfet envoya chercher les jeunes gens, afin de savoir s'ils avaient exécuté ses ordres. Les envoyés trouvèrent la vierge du Seigneur en prière, et les jeunes gens étendus à terre, sans mouvement, sans parole; cependant leurs yeux étaient ouverts. Il se rassembla sur le lieu beaucoup de monde. À cette nouvelle, le préfet fit dresser son tribunal et amener devant lui la servante de Dieu. Quand elle fut en sa présence, il lui dit : «Qu'y a-t-il? ces jeunes gens ont-ils exécuté mes ordres ? es-tu satisfaite ?» La bienheureuse Sérapie répondit : «Tu parles avec moquerie et selon l'intention perverse que le démon t'a suggérée; quant à ces jeunes gens, ils n'ont pas approché de moi.» Le préfet dit : «Quoi donc ? est-ce qu'ils ne sont pas entrés cette nuit près de toi ?» Sérapie répondit : «Celui à qui j'appartiens a été avec moi.» Le préfet dit : «Quel est celui-là ?» Sérapie répondit : «Le Seigneur Jésus Christ, qui veille sur moi.» Le préfet dit : «À quoi bon toutes ces paroles ? dis-moi comment et par quel maléfice tu as renversé ces jeunes gens ?» Sérapie répondit : «Il ne nous est pas permis, à nous autres chrétiens, de faire des maléfices; loin de là, quand on invoque le Seigneur Jésus Christ sur ceux que vous avez mis au pouvoir de Satan par ces moyens détestables, ils recouvrent la vie et la liberté. »

Le préfet dit : « Si ton Christ a plus de force que tout l'art de la magie, invoque-Le en faveur de ces jeunes gens, afin qu'ils recouvrent la santé, et qu'ils nous disent ce qui s'est passé. Moi, je sais bien que tu les as mis dans cet état par tes maléfices, de peur qu'ils ne fassent connaître ta honte.» Sérapie répondit : «Le Dieu dont je suis la servante est tout-puissant, et il n'est rien d'impossible pour Lui.» Le préfet dit : «Eh bien ! si rien n'est impossible à ton Dieu, fais en sorte que ces jeunes gens recouvrent le sentiment et la parole.» Sérapie répondit : «Quoi que tu en penses, j'ignore les maléfices; mais je puis prier mon Dieu et au moyen de la prière, Il accorde ses bienfaits non seulement à moi, mais encore, à tous ceux qui L'invoquent de bon cœur.» Le préfet dit : «Fais ce que tu voudras pourvu que ces jeunes gens parlent; alors nous verrons si tu es pure.» Sérapie répondit : «Je te l'ai déjà dit, j’ignore les maléfices; je ne sais que prier Dieu et lui demander secours.» Le préfet dit : «Va au lieu où sont ces jeunes gens et prie ton Dieu sur eux.» Sérapie répondit : «Quel besoin y a-t-il que j'aille moi-même; il vaut mieux que toute l'assistance ne soit pas privée de la vue du prodige et n’ait pas occasion de mal penser de moi, comme tu fais toi-même. Donne plutôt l'ordre de les amener ici devant tout le monde.» Le préfet ordonna qu'on amenât les jeunes gens, et on les apporta devant le tribunal. Ils étaient sans voix et sans mouvement, comme s'ils n'eussent jamais eu l'usage de leurs membres.

Ce spectacle fit une grande impression sur les assistants. Le préfet dit alors : «Sérapie, prie maintenant ton Christ pour la santé de ceux-ci.» La bienheureuse Sérapie étendant ses mains au ciel, dit : «Seigneur, Dieu tout-puissant, qui avez fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qu'ils contiennent; vous qui, par vos saints apôtres, avez ressuscité les morts, guéri les lépreux, mis en faite les démons, rendu la parole aux muets et l'ouïe aux sourds; je vous en prie, à cette heure, exaucez votre servante qui met sa confiance en vous. Manifestez votre Puissance à cause de ce malheureux qui ne veut pas croire, et guérissez ces jeunes gens, par ma prière, aux yeux de cette assistance, pour confondre cet insensé qui exerce sa fureur contre vos fidèles. Hâtez-vous, Seigneur, afin que tous connaissent que vous êtes le seul Dieu qui faites des prodiges, et qu'il n'en est point d'autre que vous; et s'approchant, elle toucha les jeunes gens, disant ces paroles : «Au nom de notre Seigneur Jésus Christ, levez-vous, et reprenez vos forces.» Aussitôt, ils se levèrent sur leurs pieds et se mirent à parler.

Le peuple, étant saisi d'admiration à la vue de ce miracle le président dit : «Vous le voyez, elle n'aurait pu accomplir son maléfice si elle ne les eût touché de ses mains.» S'adressant ensuite aux jeunes gens : «Par quel moyen, leur dit-il, cette femme vous avait-elle mis dans cet état ?» Les jeunes gens répondirent : «Seigneur préfet, lorsque nous voulûmes approcher d'elle, selon vos ordres, tout à coup, un jeune homme de la plus grande beauté, et brillant comme le soleil, vint se mettre entre nous et cette jeune fille. Son éclat nous a saisi de terreur, nos yeux se sont obscurcis, une défaillance s'est emparée de nous, et nous sommes restés sans connaissance jusqu'à ce moment. C'est à vous , seigneur préfet, de juger si cette fille est une magicienne, ou si son Dieu est aussi puissant qu'elle le dit.»

Le préfet dit à la jeune fille : «Sérapie, dis-moi par quel genre de maléfice tu fais ces choses, et je te rendrai la liberté ?» Sérapie répondit : «J'ai les maléfices en horreur, et tous les chrétiens, en prononçant le nom de Jésus Christ, les réduisent à néant, en sorte qu'ils n'en peuvent être atteints.» Le préfet dit : «Je vais voir si ton art pourra te défendre, et si tu ne sacrifies pas, je te ferai trancher la tête.» Sérapie répondit : «Fais ce que tu voudras; je ne sacrifie pas aux démons, et je ne fais pas la volonté de ton père Satan.»

Le préfet ordonna qu’on la brûlât avec deux torches ardentes; mais quand on voulut approcher ces torches du corps de la vierge, elle s'éteignirent aussitôt, et ceux qui les tenaient tombèrent à la renverse. Sérapie levant les yeux au ciel, disait : «Seigneur Jésus Christ, que tous mes ennemis soient confondus; qu'ils soient repoussés et couverts de honte au plus tôt.» Le préfet dit : «Sacrifie aux dieux, où tu mourras.» Sérapie répondit «Je ne sacrifie pas à vos démons, afin de ne pas mourir comme vous.» Le préfet dit : «Misérable magicienne, écoute l'ordre de l'empereur : sacrifie aux dieux immortels, et délivre-toi des tourments et de la mort.» Sérapie répondit : «C'est vous qui êtes un misérable et un magicien, vous qui niez le Dieu vivant et véritable, et qui, adorant les démons, devez périr avec eux. Pour moi, je m’offre moi-même en sacrifice au Dieu immortel, S'il daigne me recevoir, moi pécheresse, mais chrétienne.»

Le préfet la fit alors battre a coups de bâtons. Pendant qu'on la frappait, un tremblement de terre se fit sentir, et un éclat de bois détaché d’un des bâtons dont on frappait la vierge du Christ vint sauter à l'œil du préfet, qui en fut tellement blessé, qu'il perdit cet œil trois jours après. Dans sa fureur, il rendit cette sentence contre la vierge : «Sérapie étant coupable de mépris pour les ordres de l'empereur et convaincue de maléfices, j'ordonne qu'elle périsse par le glaive.» Sérapie eut la tête tranchée près de l’arc de Faustin, situé près de la place de Vindicianus. Elle souffrit le quatre des Calendes d'août, sous le règne de notre Seigneur Jésus Christ qui vit et règne avec Dieu le Père, en l'unité du saint Esprit, dans les siècles des siècles. Amen.

La très noble dame Sabine recueillit les restes de la vierge du Christ Sérapie; elle embauma le corps de parfums, lui rendit les derniers devoirs, et le plaça comme un trésor précieux dans son propre tombeau qu'elle avait fait construire avec magnificence. À partir de ce jour, elle se mit à faire d'abondantes aumônes, étant pleine de confiance dans le Nom de Jésus Christ, et persévérant dans la foi que la vierge Sérapie lui avait enseignée. Tous les jours elle visitait les malades et les prisonniers, leur procurant tout ce qui leur était nécessaire. Le préfet Helpidius, plein d'une ardeur sanguinaire, ayant voulu prendre des informations, le juge aveugle qui avait condamné Sérapie lui fit un rapport sur la conduite de la pieuse dame Sabine. Elle fut donc introduite dans le prétoire, et le préfet lui fit cet interrogatoire : «N'es-tu pas Sabine, autrefois épouse de l'illustre Valentin, et fille d'Hérodes ?» Sabine répondit : «C'est moi-même.» Le préfet dit : «Pourquoi t'es-tu oubliée au point de te joindre aux chrétiens, qui sont voués à la mort, et pourquoi n'adores-tu pas plutôt les dieux que servent les empereurs nos augustes maîtres ?» Sabine répondit : «Je rends grâces à Jésus Christ notre Seigneur qui par sa servante Sérapie m'a délivrée de beaucoup de souillures et de la puissance des démons, afin que je ne tombe plus dans l'erreur, comme je vois que vous faites en adorant les démons.» Le préfet dit : «Ainsi tu prétends que non seulement nous, mais encore nos maîtres les Augustes, adorons des démons et non pas des dieux.» Sérapie répondit : «Combien je voudrais vous voir adorer le Dieu qui a fait toutes choses, qui gouverne à son gré les êtres visibles et invisibles, au lieu d’adorer les statues insensibles de ces démons, avec lesquels vous et vos empereurs brûlerez dans des feux éternels !»

Le préfet dit : «Si tu ne sacrifies pas, je jure par tous les dieux que je ne tarderai pas à prononcer contre toi la peine capitale : tu périras par le glaive.» Sabine répondit : «Démon insensé, je ne sacrifierai pas à tes démons; car je suis chrétienne, et mon Dieu est le Christ; je suis sa servante et son adoratrice; c'est à Lui seul que je dois sacrifier.» Alors le préfet, ministre du diable, publia contre elle cette sentence : «Nous ordonnons que Sabine, qui désobéit aux dieux et qui blasphème nos maîtres les Augustes, soit frappée du glaive, et que tous ses biens soient confisqués.»

Sabine ayant donc eu la tête tranchée, les chrétiens enlevèrent son corps avec empressement, et le déposèrent dans le monument qu'elle avait fait construire au quartier des Vindinales, près de l'arc de Faustin, où déjà elle-même avait enseveli la vierge Sérapie, sa maîtresse dans la foi.

La bienheureuse Sabine souffrit le quatre des Calendes de septembre, et fut couronnée comme Sérapie, la très courageuse vierge du Christ, qui donne à tous ceux qui croient en lui la constance et la récompense éternelle. À lui honneur et gloire avec Dieu le Père, en l'unité du saint Esprit, dans les siècles des siècles. Amen.

SOURCE : http://orthodoxievco.net/ecrits/vies/martyrs/aout/seraphie.htm