samedi 15 septembre 2012

Sainte CATHERINE de GÊNES, veuve et mystique



Sainte Catherine de Gênes

Veuve

(1447-1510)

Catherine Fieschi, fille d'un vice-roi de Naples, naquit à Gênes. Sa famille, féconde en grands hommes, avait donné à l'Église deux Papes, neuf cardinaux et deux archevêques. Dès l'âge de huit ans, conduite par l'Esprit de Dieu, elle se mit à pratiquer de rudes mortifications; elle dormait sur une paillasse, avec un morceau de bois pour oreiller; mais elle avait soin de cacher ses pénitences. Elle pleurait toutes les fois qu'elle levait les yeux sur une image de Marie tenant Jésus mort dans Ses bras.

Malgré son vif désir du cloître, elle se vit obligée d'entrer dans l'état du mariage, où Dieu allait la préparer par de terribles épreuves à une vie d'une incroyable sainteté. Après cinq ans d'abandon, de mépris et de froideur de la part de son mari, après cinq ans de peines intérieures sans consolation, elle fut tout à coup éclairée de manière définitive sur la vanité du monde et sur les joies ineffables de l'amour divin: "Plus de monde, plus de péché," s'écria-t-elle. Jésus lui apparut alors chargé de Sa Croix, et couvert de sang de la tête aux pieds: "Vois, Ma fille, lui dit-Il, tout ce sang a été répandu au Calvaire pour l'amour de toi, en expiation de tes fautes!" La vue de cet excès d'amour alluma en Catherine une haine profonde contre elle-même: "O amour! Je ne pécherai plus," s'écria-t-elle.

Trois jours après, elle fit sa confession générale avec larmes, et désormais elle communia tous les jours. L'Eucharistie devint la nourriture de son corps et de son âme, et pendant vingt-trois ans il lui fut impossible de prendre autre chose que la Sainte Communion; elle buvait seulement chaque jour un verre d'eau mêlée de vinaigre et de sel, pour modérer le feu qui la dévorait, et, malgré cette abstinence, elle jouissait d'une forte santé.

À l'abstinence continuelle se joignaient de grandes mortifications; jamais de paroles inutiles, peu de sommeil; tous les jours six à sept heures de prière à genoux; jamais Catherine ne se départit de ces règles; elle était surtout si détachée d'elle-même, qu'elle en vint à n'avoir plus de désir et à se trouver dans une parfaite indifférence pour ce qui n'était pas Dieu.

Ses trois maximes principales étaient de ne jamais dire: Je veux, je ne veux pas, mien, tien: – de ne jamais s'excuser, – de se diriger en tout par ces mots: Que la Volonté de Dieu soit faite! Elle eut la consolation de voir son époux revenir à Dieu, dans les derniers jours de sa vie, et de l'assister à sa mort. À partir de ce moment, Catherine se donna tout entière au soin des malades, et y pratiqua les actes les plus héroïques.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/sainte_catherine_de_genes.html


BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI

Mercredi 12 janvier 2011

Catherine de Gênes


Chers frères et sœurs, née en 1447, Catherine de Gênes fit une expérience de conversion étonnante. Mariée à 16 ans avec un homme qui s’adonnait aux jeux de hasard, et insatisfaite du type de vie mondain qui était le sien, elle éprouvait vide et amertume en son cœur. Se rendant un jour à l’église pour se confesser, elle reçut alors «une blessure au cœur d’un immense amour de Dieu», qui lui montra à la fois ses misères et la bonté de Dieu. Immédiatement, elle décida de fuir le péché et le monde. Pendant 25 années, elle vécut, instruite intérieurement par le seul amour du Seigneur et nourrie par la prière constante et la communion quotidienne. Elle se dévoua au service des malades de l’hôpital de Pammatone qu’elle dirigea. Au cours de sa vie toute centrée sur Dieu et sur le prochain, Catherine reçut une connaissance particulière du purgatoire qu’elle décrit comme «un feu non extérieur mais intérieur» sur le chemin de la pleine communion avec Dieu. Devant l’amour de Dieu, l’âme fait une expérience de profonde douleur pour les péchés commis, alors qu’elle est liée par les désirs et la peine du péché qui la rendent incapable de jouir de la vision de Dieu. Il s’agit en effet, d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. Chers amis, les saints, dans leur expérience d’union à Dieu, atteignent un «savoir» si profond des mystères divins, qu’ils sont une aide pour tous et pour les théologiens dans la recherche de l‘intelligence de la foi.

* * *

Je salue cordialement les pèlerins francophones présents à cette audience. Puissiez-vous, avec sainte Catherine de Gênes, découvrir que l’amour de Dieu est comme un fil d’or unissant notre cœur à Dieu Lui-même ! Avec ma Bénédiction apostolique.

© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2011/documents/hf_ben-xvi_aud_20110112_fr.html

Sainte Catherine de Gênes

Mystique italienne ( 1510)

Fille d'une noble famille de Gênes, Catherine Fieschi aspire dès son enfance à se consacrer à Dieu. Mais sa noble famille ne l'entend pas de cette oreille, car, à cette époque, le mariage d'une fille est chose importante pour les stratégies familiales. A 16 ans, la jeune fille qui voulait entrer au couvent doit épouser un homme violent et mécréant, mais dont l'alliance est souhaitable pour la famille Fieschi. Désemparée, elle se livre aux frivolités de la vie mondaine. Mais elle n'y gagne que tristesse et amertume. Subitement à 26 ans, elle change de vie. Une vision du Christ crucifié lui fait mesurer l'inanité de sa conduite. Dès lors le feu de l'amour de Dieu la brûle continuellement. Elle vit tout d'abord une vie de pénitence et de dures austérités afin d'expier ses fautes passées, puis dépassant le souvenir de ses fautes, elle vit dans l'union à Dieu, au milieu d'extases et de phénomènes mystiques. D'un même mouvement, elle convertit son mari, qui mourra tertiaire franciscain, lui le mécréant et le violent. Elle visite les malades, soigne les lépreux et les pestiférés. On lui attribue des écrits qui témoignent de ses expériences mystiques. Mais il faut rendre à la vérité qu'elle n'en est pas l'auteur.


Le 12 janvier 2011, Benoît XVI a consacré sa catéchèse à sainte Catherine de Gênes (1447-1510), auteur de deux livres: "Le traité sur le purgatoire" et "Le dialogue entre l'âme et le corps".


Catherine reçut dans sa famille une bonne éducation chrétienne. Elle se maria à seize ans, et sa vie matrimoniale ne fut pas facile. Au début elle menait une existence mondaine qui suscita en elle un profond sentiment de vide et d'amertume. Suite à une expérience spirituelle particulière, dans laquelle elle vit clairement ses misères et ses défauts mais aussi la bonté de Dieu, elle prit la décision de changer de vie et d'entamer un chemin de purification et de communion mystique avec Dieu. Le lieu de son ascension vers les sommets de la mystique fut l'hôpital de Pammatone, le plus grand de Gênes, dont elle fut la directrice.

"De sa conversion jusqu'à sa mort, a observé le Pape, il n'y eut pas d'évènements extraordinaires, mais deux éléments caractérisèrent toute son existence: d'une part l'expérience mystique, la profonde union avec Dieu (...) et d'autre part (...) le service du prochain, surtout aux plus nécessiteux et aux abandonnés".

"Nous ne devons jamais oublier - a souligné le Saint-Père - que plus nous aimons Dieu et plus nous sommes constants dans la prière, plus nous aimerons ceux qui nous sont proches, car nous serons capables de voir en toute personne le visage du Seigneur, qui aime sans limites et sans distinctions".
Benoît XVI s'est ensuite référé aux œuvres de la sainte, et a rappelé que "dans son expérience mystique, Catherine n'a pas eu de révélations spécifiques sur le purgatoire ou sur les âmes qui s'y purifient". La sainte ne présente pas le purgatoire "comme un élément du paysage des entrailles de la terre: c'est un feu non pas extérieur, mais intérieur (...). On ne part pas de l'au-delà pour raconter les tourments du purgatoire (...) et indiquer ensuite le chemin pour la purification et la conversion, mais on part de l'expérience intérieure de l'homme en marche vers l'éternité".

C'est pourquoi, pour Catherine, "l'âme est consciente de l'immense amour et de la parfaite justice de Dieu et, par conséquent, souffre de ne pas avoir répondu de façon parfaite à cet amour, tandis que l'amour même de Dieu (...) la purifie des scories de son péché".

Chez la mystique génoise on trouve une image typique de Denys l'Aréopagite, a expliqué le Pape: celle du fil d'or qui unit le cœur humain à Dieu. "Ainsi le cœur humain est-il envahi par l'amour de Dieu qui devient l'unique guide, l'unique moteur de son existence. Cette situation d'élévation vers Dieu et d'abandon à sa volonté, exprimée dans l'image du fil, est utilisée par Catherine pour exprimer l'action de la lumière divine sur les âmes du purgatoire, lumière qui les purifie et les élève jusqu'aux splendeurs de la lumière resplendissante de Dieu".

"Les saints, dans leur expérience d'union avec Dieu - a insisté le Pape - atteignent un "savoir" si profond sur les mystères divins, dans lequel amour et connaissance se compénètrent presque, qu'ils aident les théologiens dans leur étude".

"Par sa vie - a conclu le Pape - Catherine nous enseigne que plus nous aimons Dieu et plus nous entrons dans l'intimité avec Lui par l'oraison, plus Il se révèle à nous et enflamme notre cœur de son amour. Dans ses écrits sur le Purgatoire, la sainte nous rappelle une vérité fondamentale de la foi, qui pour nous représente une invitation à prier pour les défunts, pour qu'ils arrivent à la vision de Dieu dans la communion des saints".

"Le service humble, fidèle et généreux, que la sainte a rendu toute sa vie dans l'hôpital de Pammatone, est d'autre part un exemple lumineux de charité pour tous, et un encouragement particulier pour les femmes qui apportent une contribution fondamentale à la société et à l'Église par leur précieuse œuvre, enrichie par leur sensibilité et par leur attention aux plus pauvres et aux plus nécessiteux."

(source: VIS 20110112 670)

À Gênes en Ligurie, en 1510, sainte Catherie Fieschi, veuve, remarquable par son mépris du monde, ses jeûnes répétés, son amour de Dieu et sa charité envers les pauvres et les malades.


Martyrologe romain



Sainte Catherine de Gênes, une sainte en Purgatoire

Florent Thibout

Sainte Catherine de Gênes (1447-1510) a été gratifiée d’une expérience mystique par laquelle il lui fut donné d’éprouver dans sa chair la souffrance des âmes du purgatoire mais surtout d’en comprendre, autant que faire se peut, la nature et les raisons.

Rappelons en passant que la doctrine du purgatoire n’est pas, comme on le croit aujourd’hui trop souvent, une trouvaille tardive de l’Église. Son existence est attestée dans les Évangiles (Mt 5,25-26 ; Lc 12,58-59), surtout dans saint Paul (1 Co 3,15), mais aussi dans l’Ancien Testament. Dans le deuxième Livre des Maccabées (ch.12), il est question de prier pour les morts, donc pour des âmes qui ne sont ni au ciel ni en enfer.

Les curieux seront déçus. La révélation de sainte Catherine de Gênes ne donne lieu a aucune imagerie fantastique mais à un véritable traité théologique dont les informations (et c’est évidemment une garantie) concordent en tous points avec l’enseignement de l’Église, qu’elles éclairent sans rien y ajouter, avec sa foi, qui est la même hier, aujourd’hui et demain. Le Traité du purgatoire est, stricto sensu, une œuvre traditionnelle.

Il pourrait aussi bien s’appeler « traité du péché » ou « traité de la justice divine », ou encore « traité de la miséricorde de Dieu ». Ce sont des pages de feu dont la lecture donne vraiment envie de gagner ici-bas notre paradis sans faire le détour par un purgatoire que l’on a tendance aujourd’hui (dans la mesure, et elle est faible, où l’on s’en soucie encore et où les paroissiens entendent prêcher les fins dernières) à considérer comme une salle d’attente assez tranquille, un peu ennuyeuse sans doute, mais guère plus, avant la vision béatifique. Détrompons-nous. Les souffrances du purgatoire sont aussi vives que celles de l’enfer quand même elles s’accompagnent, mais sans les diminuer, d’une joie intense due à la certitude d’être sauvé et, au terme de la purification, d’être pleinement uni à Dieu.

C’est dans cette tension que réside l’essentiel des souffrances des âmes du purgatoire. Elles sont unies à Dieu par un lien de charité parfaite (elles veulent ce que Dieu veut) et elles voient par conséquent toute l’horreur du péché. C’est une souffrance d’amour. Leurs peines sont d’autant plus intenses qu’elles sont attirées vers Dieu et qu’elles voient toute la laideur des souillures qui les empêchent de Lui être déjà unies. Un raisonnement hâtif pourrait faire croire que leurs souffrances diminuent à mesure que le feu de l’amour les débarrasse de leurs scories. Il est vrai qu’à mesure qu’elles sont purifiées, elles voient de mieux en mieux la bonté, la beauté et la pureté de Dieu, et c’est le motif d’une paix grandissante. Mais en même temps, c’est aussi leur regard sur leurs péchés, sur tout ce qui les sépare encore de Dieu, qui gagne en acuité, et c’est la source de la plus vive souffrance. Le temps de la peine diminue, pas l’intensité des souffrances.

C’est l’amour de Dieu, l’amour que Dieu a pour les âmes, qui les attire à Lui et suscite en elles un amour toujours plus grand :

L’amour divin, en subjuguant cette âme, lui confère une paix inimaginable, quoique celle-ci ne diminue en rien ses souffrances, puisque c’est l’amour différé qui les occasionne, et elles sont d’autant plus grandes que Dieu l’a faite plus capable de son amour ». (chapitre XII)

Et pourtant,comme la volonté de ces âmes est si complètement unie à celle de Dieu par la charité parfaite, et qu’elles se trouvent si heureuses d’être placées sous sa divine dépendance, on ne peut pas dire que leur peine (qualifiée néanmoins ailleurs « d’épouvantable ») soit une souffrance. (Chapitre II)

Les peines du purgatoire ne sont pas d’ordre « psychologique ». L’âme y souffre, elle ne se torture pas. C’est une souffrance sans médiation aucune. L’âme souffre parce qu’elle n’est pas encore unie à ce Dieu pour lequel elle est faite : la souffrance est l’effet direct de son exil ontologique et non pas la conséquence d’une quelconque ratiocination, de quelque rumination de ses fautes. Une âme exilée, oui, mais pas une conscience malheureuse.

Ses souffrances ne peuvent pas être de type psychologique parce qu’à l’heure de la mort, les âmes sauvées sont débarrassées de toute intériorité.

A l’instant où elles quittent la terre, elles voient pourquoi elles sont envoyées en purgatoire, mais plus jamais après ; autrement, elles retiendraient encore quelque chose de personnel, ce qui ne peut avoir accès en ce lieu. Étant affermies en la charité, elles ne peuvent plus en dévier par aucun défaut (la peine du purgatoire, c’est donc d’être dans un rapport de pleine charité avec Dieu mais non encore satisfait par une pleine union avec Lui) et n’ont plus d’autres désirs que la pure volonté du parfait amour, ne pouvant en être séparé par quoi que ce soit. Elles ne peuvent ni commettre le péché, ni mériter en s’en abstenant. (chapitre I)

C’en est fini du remords, de la contrition, de la considération du temps passé et des fautes commises. Nous sommes dans l’éternité. Affranchis du temps et de l’espace. Il y a un mystère de cet état qui nécessairement est hors temps, puisque nous avons franchi les portes de la mort, mais où, pourtant, l’on endure. Mystère, puisque toute endurance suppose une forme de temporalité. Au moins pouvons-nous supposer qu’au purgatoire celle-ci ne se compte plus en jours [1]. Elle doit être une sorte d’écoulement mais sans possibilité pour l’âme de se projeter vers un lendemain ou de se retourner vers un hier. Donc une sorte de durée sans passé ni avenir..., sans être pour autant l’Instant éternel, sans durée ni endurance, le perpétuel présent de l’éternité bienheureuse.

Où l’on voit aussi confirmé ce que nous avons l’occasion de constater ici-bas bien souvent : que la temporalité est peineuse et pénible. Certes, l’endurance du temps peut être sereine puisque l’espace temporel est la carrière qui nous est ouverte pour la course vers le ciel. Mais le temps demeure le milieu où la psyché trouve à languir et à souffrir ici-bas et apparemment, mais d’une façon nouvelle (plus pure dans son être donc plus dure), dans l’au-delà. Ainsi, les damnés, bien que se retrouvant dans l’éternité propre à ce qui est post mortem, semblent, d’après sainte Catherine et contrairement aux âmes du purgatoire, ne pas être affranchis de la rumination du passé, de la considération de soi et donc de l’enlisement dans la temporalité qui en est la condition. Les âmes du purgatoire souffrent de la peine de leur péché mais pas de la culpabilité. Les damnés, si. Ils demeurent dans la prison de leur moi, à jamais rongés par le désespoir, entre un passé qui les condamne et un avenir sans avenir, animés d’une éternelle volonté mauvaise que la bonté de Dieu ne peut plus toucher puisqu’avec la mort, ils sont fixés dans l’état où leur liberté les a mis.

L’intensité des souffrances des âmes du purgatoire et même celles des damnés ne doivent pas nous faire douter de la miséricorde de Dieu. Bien au contraire. Ces souffrances sont dans l’ordre. Cet ordre est juste et cette justice est miséricordieuse. Ce n’est pas Dieu qui veut la souffrance, c’est le péché qui les imposent.

On se plaît depuis quelques années à opposer de façon caricaturale (et pas toujours innocente) une Église d’aujourd’hui qui aurait « redécouvert » que Dieu est miséricorde à une Église du passé (n’y en a-t-il pas qu’une ?), dite « janséniste », qui aurait été exclusivement préoccupée, pour ne pas dire obsédée, par la justice d’un Dieu vengeur. Et d’invoquer, pour soutenir ce poncif lancinant, l’enseignement de Thérèse de Lisieux dont aucune parole, pourtant, n’a jamais opposé justice et miséricorde, mais qui toujours rappelle que la justice de Dieu est d’autant plus miséricordieuse qu’elle inclut la considération de notre faiblesse (et cela jusqu’au purgatoire où, d’après sainte Catherine, pour ne pas désespérer l’âme qui Le désire, Dieu a la bonté de la libérer de la considération réflexive des fautes dont elle doit être purifiée. Considération qui, vu leur nouvelle et entière lucidité, serait la source d’une douleur, d’un désespoir insupportable). Oui, la justice de Dieu inclut la charité mais inversement, comme dit saint Vincent de Paul, « il n’y a point de charité qui ne soit accompagnée de Justice ».

La justice de Dieu est miséricordieuse, même aux damnés. Les âmes sont conduites dans le « lieu » qui correspond à l’état de péché mortel ou de sainteté où elles sont trouvées, du fait de leur liberté, à l’heure de la mort. Ce n’est pas Dieu qui les y conduit.

A l’instant même où l’âme se sépare du corps, elle va au lieu qui lui est assigné, n’ayant besoin d’autres guides que la nature du péché lui-même, si elle a quitté le corps en état de péché mortel. Et si l’âme était empêchée d’obéir à ce décret (procédant de la justice de Dieu), elle se trouverait dans un enfer plus profond encore, car elle serait en dehors de l’ordre divin, dans lequel la miséricorde trouve toujours place et mitige la peine complète que l’âme a méritée. C’est pourquoi, ne trouvant pas de lieu mieux approprié, ni dans lequel la peine serait moindre, elle se précipite d’elle-même dans celui qui l’attend. (chapitre VII)

Il n’est nulle « partie » de l’ordre voulu par Dieu qui ne soit habitée de la présence de Celui qui l’a instituée. L’enfer est dans l’ordre des choses divines. Il faut donc croire que Dieu n’en est pas absent, pas complètement, même si l’enfer se définit comme l’état de séparation définitive d’avec Dieu — « Si descendero in infernum, ades » (Psaume 138). Il y a au moins une relation entre l’enfer et Dieu, c’est qu’il appartient à l’ordre voulu par la divine prudence. Il y a donc pire que les pires décrets de l’ordre divin, et ce serait, s’il était possible, le désordre : une situation (ou plutôt non-situation) sans aucun référent pour dire même en quoi elle serait désordonnée, une situation où Dieu serait alors, en tout sens absolument absent.

La vision de sainte Catherine nous est aussi l’occasion d’évacuer un autre lieu commun, lié au premier en ce qu’il est lui aussi l’effet d’une allergie très moderne à la notion même de justice. Il se manifeste par l’incompréhension des notions de peines et de rachats. On n’y voit guère autre chose que l’exigence d’un Dieu rémunérateur, comptable, et finalement bien peu généreux, pour ne pas dire cruel. En général, on ne manque pas de conclure la tirade en parlant de « juridisme ».

Mais ce n’est pas Dieu qui veut la peine, elle est le fruit (amer, sans doute) de la liberté — de la liberté de l’homme dans son rapport à la vérité, donc, le fruit de la justice.

On se demandera alors, pourquoi Dieu ne passe-t-il pas tout simplement l’éponge ? Ce serait Lui demander d’aller contre son ordre, au Logos d’aller contre sa Logique et de commettre une absurdité, au Tout-puissant de commettre l’impossible. Sans doute, Dieu est-il maître de l’ordre des choses, puisque celui-ci est un décret de son infinie liberté. Cela n’implique pourtant pas que Dieu puisse se contredire en le bouleversant (l’exception du miracle est une exception, qui, d’ailleurs, loin de bouleverser l’ordre, le manifeste avec plus d’éclat). La liberté de Dieu est infinie, elle n’est pas arbitraire. L’ordre qu’Il a voulu Lui est, de quelque façon, « co-naturel » (même si, évidemment, la création n’est pas pour Dieu une nécessité).

Qui réfute la nécessité des peines de l’enfer et du purgatoire, réfute aussi, contre toute évidence (quelques catholiques, ou prétendus tels, catholiques à gros tirage, le font aujourd’hui volontiers), la nécessité des souffrances que doit endurer sur terre celui qui veut se sanctifier, et même celle des souffrances du Fils pour la rédemption des hommes (et pourtant, « Il faut qu’il souffre beaucoup », dit l’évangile). A chaque fois, c’est faire peu de cas du péché originel, méconnaître la nature du mal et celle de la créature qui doit être sauvée puis, sauf accès direct au Paradis, être encore purifiée.

Récrimination classique : Dieu ne pouvait-Il pas nous sauver autrement ? D’un coup de force, ou de baguette magique, faire notre salut en expulsant à tout jamais le péché du monde ? Mais c’est l’homme que Dieu veut sauver. Et l’homme est une créature libre : une personne. Ce coup de force reviendrait à nier sa liberté. Il n’y aurait alors plus personne à sauver puisque l’objet du salut ne serait plus une personne... Sauver l’homme, c’est s’adresser à sa liberté, c’est sauver sa liberté faussée par le péché originel. Or, en toute logique (logique ontologique, certes mise à mal depuis notre père Adam), une liberté ne peut être sauvée que par elle-même. Elle se perd ou elle se sauve elle-même. Sinon, elle n’est plus libre. Le salut est son affaire, son choix. Situation paradoxale : pour se sauver, il faut une liberté parfaitement libre ; or, non seulement, celle-ci ne l’est plus — depuis la Chute, elle est bien incapable de se restaurer elle-même — mais si elle l’était encore, elle n’aurait pas besoin d’être sauvée, étant alors d’elle-même toujours en accord avec la vérité, avec la volonté de Dieu.

Cercle vicieux dont seul Dieu peut nous... libérer. Et cela, seulement par l’Incarnation, qui fait paraître sur terre, une liberté humaine authentique, parfaitement libre, qui veut toujours ce que veut Dieu parce qu’elle est aussi celle d’un Dieu : la liberté du Christ, seule liberté humaine qui n’a pas besoin d’être sauvé mais qui a le pouvoir de faire l’humainement impossible : sauver toutes les autres libertés, les libérer du péché, les sauver à leur place. A la seule condition que celles-ci acceptent de prendre place en Lui, de faire corps avec Lui. Donc, aussi de souffrir avec Lui.

Nécessité de la souffrance. L’œuvre du salut est nécessairement une souffrance. Souffrance d’une liberté parfaite, qui, dans un monde de péché, veut absolument ce que veut le Père. Souffrance du pur qui se fait impur (le sans péché s’est fait péché pour nous, dit saint Paul) pour le purifier. Abaissement de l’Incarnation : pour un Dieu, c’est la première (« Il ne s’est pas prévalu de sa condition divine, mais il s’est anéanti... devenant semblable aux hommes... », Ph 2,6) Le Christ souffrira les injures, les coups et la croix. Dans sa chair, mais plus encore, et plus durement que tout homme soumis à un même calvaire, dans son âme, avec une sensibilité surhumaine, avec une inimaginable aversion pour le mal, parce qu’il est le Bien en personne.

Une pure souffrance, plus qu’humaine, plus que physique et psychologique, une souffrance vraiment ontologique, où le Bien souffre du Mal. Et cela n’est pas arbitraire, ce n’est pas l’exigence d’un Dieu cruel, c’est dans la nature du bien et mal, de l’être et du non être. Le Christ, qui n’est que Bien et Bonheur, pur esprit qui ne peut donc souffrir, ne peut néanmoins que souffrir, et jusqu’à la croix, dès qu’Il s’incarne. C’est nécessaire et volontaire. Il veut souffrir ce que nous devrions souffrir, si nous le pouvions et le voulions, pour vaincre le mal et redevenir les êtres bons que la bonté divine avait créés à son image et ressemblance.

Toutes proportions gardées, c’est une souffrance du même ordre — en ce qui concerne la nécessité, l’acuité dans la sensibilité, et le consentement — qu’endure l’âme du purgatoire (avec, bien sûr, au moins cette différence que la sensibilité du Christ au mal est extrême et que ses souffrances sont d’autant plus cruelles qu’il ne les a mérité en rien). Elle voit en toute lucidité le mal, ce qui la sépare encore de Dieu et elle veut sa purification. Elle souffre de ses impuretés « comme » le Christ souffrait de l’impureté de sa création ; et, « comme » Lui, bien plus que physiquement (bien obligée : elle n’a plus de corps).

L’âme du purgatoire, qui est une âme sauvée, est désormais en pleine communion de charité avec Dieu. Elle veut ce que veut Dieu, à la façon dont le Fils veut tout ce que veut le Père) et elles ont donc désormais une aversion semblable pour le péché. Une aversion, en tout cas, bien plus grande que le plus grand saint sur terre, qui souffre et mérite, qui se bat contre la chair, mais qui aussi sera toujours empêché par cette même chair, jusqu’à la mort, de voir parfaitement l’horreur du péché. Le Christ a été le seul homme pour qui la chair n’a pas été une telle limite.

Le Christ devait souffrir parce qu’il est Dieu jeté dans le péché. Le Sauf dans la perdition. L’âme du purgatoire doit souffrir parce qu’elle est sauvée mais encore embarrassée par ses péchés, brûlants comme la tunique de Nessus ; parce qu’elle est dans un pur amour avec Dieu, mais pas encore avec Lui. Elle est du bien qui doit encore se séparer de ses maux, de l’être qui doit laisser se résorber le non-être qui la mine encore, afin d’être comme Dieu et pouvoir le rejoindre.

Nécessité, enfin, de la souffrance des damnés. De ce point de vue, les peines de l’enfer sont l’inverse de celles du purgatoire. Ce ne sont pas les souffrances du pur encore flétri par de l’impur, mais qui sait qu’il rejoindra le Saint. Ce sont les souffrances de l’impur qui sait qu’il ne rejoindra jamais le Pur (c’est donc, s’il est vrai que seul le même connaît le même — « nous serons comme Lui parce que nous Le connaîtrons », dit saint Jean — c’est donc que le damné garde une idée de Dieu. Comment souffrirait-il, sinon, de son éternelle séparation d’avec Dieu, le parfaitement Pur ? Une parcelle, non pour sa consolation, mais pour son désespoir. Encore que l’on puisse y voir aussi l’effet de la miséricorde divine dont parle sainte Catherine, selon laquelle, on l’a vu, il y a pire que l’enfer).

Si, à la mort corporelle, les jeux sont faits ; si l’âme ne peut plus mériter, elle n’en reste pas moins l’âme immortelle d’un être créé libre. Même en enfer, l’homme reste libre en quelques façons : non plus libre de choisir entre le bien et le mal, non plus libre de se purifier en participant aux souffrances du Christ, mais libre parce qu’il reste une personne, non une chose ni un animal. Il reste donc affronté aux conséquences de sa liberté (une liberté qui désormais a un bilan mais plus de champs d’action, une liberté qui s’est détruite en se séparant de Dieu). Il reste une liberté au sens où il reste esprit, qui pense, veut, considère, et souffre (il est, dit sainte Catherine, animé d’une éternelle volonté mauvaise). Et comme être séparé de Dieu est toujours une souffrance, il souffre pour toujours d’être à jamais séparé de Dieu.

On souffre sur terre de n’être pas à Dieu (et c’est vrai même du pire incroyant, puisqu’objectivement Dieu manque à tous — sans, en un autre sens, Lui qui est toujours fidèle, avoir jamais manqué à personne). Au purgatoire de n’être pas encore à Lui. En enfer, de n’être plus jamais à Lui, mais séparé de Dieu comme personne ne l’a jamais été sur terre.

On souffre de n’être pas ce pour quoi, ce pour Qui on a été fait. Sur terre, notre liberté souffre de n’être pas libre. On souffre, pour parler comme Nietzsche, parfois chrétien malgré lui, d’être humains, trop humains. Il aurait dû lire sainte Catherine de Gênes :

Finalement, pour tout conclure, comprenez bien que tout ce qui est humain est entièrement transformé par notre Dieu tout puissant et miséricordieux et que c’est l’œuvre du purgatoire.

Florent Thibout, né en 1959. Maîtrise de Philosophie. Auteur de Après le déluge (Gallimard).

[1] Ce qui, soit dit en passant, n’ôte rien à la pertinence des indulgences partielles que l’Église accordait naguère (elle n’en accorde plus que des plénières pour éviter justement toute équivoque dans les esprits modernes, donc calculateurs), en vertu du pouvoir que son Fondateur lui a donné de remettre les péchés et de dispenser sur terre les grâces divines. On croit souvent qu’une indulgence, par exemple de 100 jours, signifie 100 jours de purgatoire en moins. En vérité, il s’agit d’une rémission de la peine « temporelle » qui reste due (sur terre ou au purgatoire) quand le péché a été confessé et que l’âme est de nouveau en état de grâce — non pas une rémission de 100 jours de purgatoire mais une rémission équivalente à celle qu’aurait obtenu une pénitence de 100 jours, telle qu’elle se pratiquait couramment dans l’Église primitive. L’Église garantit la réalité de la réduction de peine, mais c’est Dieu seul qui connaît les termes de l’équivalence, qui sait ce que valent ces 100 jours, Lui seul qui se charge de faire la conversion de ces jours de pénitence terrestre en telle ou telle durée de cette mystérieuse temporalité propre au purgatoire.

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Sainte Catherine de Génes

Veuve (1447-1510)
Catherine Fieschi, fille d’un vice-roi de Naples, naquit à Gênes. Sa famille, féconde en grands hommes, avait donné à l’Église deux Papes, neuf cardinaux et deux archevêques. Dès l’âge de huit ans, conduite par l’Esprit de Dieu, elle se mit à pratiquer de rudes mortifications ; elle dormait sur une paillasse, avec un morceau de bois pour oreiller ; mais elle avait soin de cacher ses pénitences. Elle pleurait toutes les fois qu’elle levait les yeux sur une image de Marie tenant Jésus mort dans Ses bras.

Malgré son vif désir du cloître, elle se vit obligée d’entrer dans l’état du mariage, où Dieu allait la préparer par de terribles épreuves à une vie d’une incroyable sainteté. Après cinq ans d’abandon, de mépris et de froideur de la part de son mari, après cinq ans de peines intérieures sans consolation, elle fut tout à coup éclairée de manière définitive sur la vanité du monde et sur les joies ineffables de l’amour divin : "Plus de monde, plus de péché," s’écria-t-elle. Jésus lui apparut alors chargé de Sa Croix, et couvert de sang de la tête aux pieds : "Vois, Ma fille, lui dit-Il, tout ce sang a été répandu au Calvaire pour l’amour de toi, en expiation de tes fautes !" La vue de cet excès d’amour alluma en Catherine une haine profonde contre elle-même : "O amour ! Je ne pécherai plus," s’écria-t-elle.

Trois jours après, elle fit sa confession générale avec larmes, et désormais elle communia tous les jours. L’Eucharistie devint la nourriture de son corps et de son âme, et pendant vingt-trois ans il lui fut impossible de prendre autre chose que la Sainte Communion ; elle buvait seulement chaque jour un verre d’eau mêlée de vinaigre et de sel, pour modérer le feu qui la dévorait, et, malgré cette abstinence, elle jouissait d’une forte santé.

À l’abstinence continuelle se joignaient de grandes mortifications ; jamais de paroles inutiles, peu de sommeil ; tous les jours six à sept heures de prière à genoux ; jamais Catherine ne se départit de ces règles ; elle était surtout si détachée d’elle-même, qu’elle en vint à n’avoir plus de désir et à se trouver dans une parfaite indifférence pour ce qui n’était pas Dieu.

Ses trois maximes principales étaient de ne jamais dire : Je veux, je ne veux pas, mien, tien : - de ne jamais s’excuser, - de se diriger en tout par ces mots : Que la Volonté de Dieu soit faite ! Elle eut la consolation de voir son époux revenir à Dieu, dans les derniers jours de sa vie, et de l’assister à sa mort. A partir de ce moment, Catherine se donna tout entière au soin des malades, et y pratiqua les actes les plus héroïques.


Prière de Sainte Catherine de Gênes

Voici la Prière « Ô mon Amour doux Jésus » de Sainte Catherine de Gênes (1447-1510), Religieuse et auteur mystique qui visitait les malades, soignait les lépreux et les pestiférés et qui fut canonisée en 1737 par le pape Clément XII. La pensée de Sainte Catherine de Gênes se concentre en un seul point à quoi tout se ramène et de quoi tout jaillit : la pureté de l'amour.


La Prière de Sainte Catherine de Gênes « Ô mon Amour doux Jésus » :


« Ô Amour, le cœur qui te goûte atteint déjà en ce monde le commencement de la vie éternelle. Mais toi, Seigneur, tu gardes cachée cette œuvre à celui qui la possède, pour qu'il n'aille point gâter ton œuvre par son amour-propre. Ô Amour, que peut-on dire de toi ? Qui te ressent ne te comprend pas, qui te veut comprendre ne peut te connaître. Ô Amour, je ne puis plus me taire et jamais je ne pourrai parler comme je le voudrais de tes suaves et douces opérations. Ton amour me remplit de toute part, il me donne un vif mouvement de parler et aussitôt je m'en trouve empêchée. Je me parle alors à moi-même de cœur et d'esprit, mais quand je veux prononcer les mots et exprimer ce que je sens, aussitôt je suis arrêtée et déçue par cette langue impuissante. Je voudrais donc me taire et je ne puis, parce que l'instinct de parler m'aiguillonne ; j'ai l'impression que si je pouvais exprimer cet amour que je ressens au cœur, tout autre cœur s'enflammerait, si loin soit-il de l'amour. Ô Amour fort et suave, heureux celui que tu possèdes ! Tu le fortifies, tu le défends, tu le gardes de toute opposition de 1'âme et du corps. Tu mènes doucement toute chose à sa fin et jamais tu n'abandonnes l'homme, tu lui es fidèle, tu lui donnes lumière contre les tromperies du démon, contre la malice du monde et contre lui-même. Ô Amour, ta douceur brise les cœurs plus durs que le diamant et les liquéfie comme la cire au feu. Ô Amour, tu chasses du cœur tout chagrin, toute dureté, toute propriété et toute délectation terrestre. Ô Amour, ton nom est si suave qu'il rend suave toute chose. Douce est la bouche qui te nomme. Ô Amour, qu'elle est douce ta suavité et suave la douceur que tu apportes avec toi ! Tu en fais part à chacun et à mesure que tu te répands en plus de créatures, à mesure aussi s'accomplit ta volonté. Plus l'homme ressent et connaît ton ardeur suave, plus il en est embrasé, étourdi, affolé. Ô Amour, bienheureux le cœur que tu possèdes et que tu emprisonnes ! Ô Amour, tout ce qui se fait par toi se fait sans peine, avec joie, avec élan. Ô Amour, tes liens sont si suaves et si forts qu'ils lient ensemble les anges et les saints, ils tiennent ferme et serré et jamais ne se rompent. Les hommes liés de ce lien restent si fortement unis qu'ils n'ont qu'une volonté, un seul objet; on voit que toute chose leur est commune, soit temporelle, soit spirituelle. Dans ce lien il n'est fait nulle différence de riche à pauvre, de nation à nation, toute sorte d'opposition est exclue dès qu'existe cet amour qui redresse tout ce qui est tortu et unit les contraires. Ô mon Amour, doux Jésus, qui t'a fait venir du ciel en terre ? L'amour. Qui t'a fait subir jusqu'à la mort tant et de si horribles tourments ? L'amour. Qui t'a fait donner toi-même en nourriture à l'âme ta bien-aimée ? L'amour. Qui t'a mû au point que tu nous as envoyé et continuellement tu nous envoies, pour être notre force et notre guide, ton Saint-Esprit ? L'amour. Amen.» 

Sainte Catherine de Gênes (1447-1510)




Catherine (Caterinetta) of Genoa, Widow (RM)

Born in Genoa, Italy, 1447; died there, September 14, 1510; beatified in 1737 and equipollently canonized by Pope Benedict XIV a few years later (others say she was canonized in 1737); feast day formerly on March 22.


"He who purifies himself from his faults in the present life, satisfies with a penny a debt of a thousand ducats; and he who waits until the other life to discharge his debts, consents to pay a thousand ducats for that which he might before have paid with a penny."

--Saint Catherine, Treatise on Purgatory.

The biography of Saint Catherine of Genoa, who combined mysticism with practicality, was written by Baron Friedrich von Hügel. She was the fifth and youngest child of James Fieschi and his wife Francesca di Negro, members of the noble Guelph family of Fieschi, which had produced two popes (Innocent IV and Adrian V). After her birth, her father later became viceroy of Naples for King René of Anjou.

From the age of 13 Catherine sought to became a cloistered religious. Her sister was already a canoness regular and her confessor was the chaplain of that convent. When she asked to be received, they decided that she was too young. Then her father died and, for dynastic reasons, her widowed mother insisted that the 16-year-old marry the Genoese Ghibelline patrician, Guiliano Adorno. Her husband was unfaithful, violent, and a spendthrift. The first five years of their marriage, Catherine suffered in silence. In some ways it seems odd that he did not find her attractive, because Catherine was a beautiful woman of great intelligence, and deeply religious. But they were of completely different temperaments: she was intense and humorless; he had a zest for life.

Then she determined to win her husband's affection by adopting worldly airs. As it turns out, this only made her unhappy because she lost the only consolation that had previously sustained her-- her religious life. Ten years into her marriage, Catherine was a very unhappy woman; her husband had reduced them to poverty by his extravagance. On the eve of his feast in 1473, Catherine prayed, "Saint Benedict, pray to God that He make me stay three months sick in bed." Two days later she was kneeling for a blessing before the chaplain at her sister's convent. She had visited her sister and revealed the secrets of her heart. Her sister advised her to go to confession.

In following her sister's advice, Catherine experienced a sort of ecstasy. She was overwhelmed by her sins and, at the very same time, by the infinite love of God for her. This experience was the foundation for an enduring awareness of the presence of God and a fixed attitude of soul. She was drawn back to the path of devotion of her childhood. Within a few days she had a vision of our Lord carrying His cross, which caused her to cry out, "O Love, if it be necessary I am ready to confess my sins in public!" On the Solemnity of the Annunciation she received the Eucharist, the first time with fervor for ten years.

Thus began her mystical ascent under very severe mortifications that included fasting throughout Lent and Advent almost exclusively on the Eucharist. She became a stigmatic. A group of religious people gathered around Catherine, who guided them to a spirit- filled life.

Eventually her husband was converted, became a Franciscan tertiary, and they agreed to live together in continence. Catherine and Giuliano devoted themselves to the care of the sick in the municipal hospital of Genoa, Pammatone, where they were joined by Catherine's cousin Tommasina Fieschi. In 1473, they moved from their palazzo to a small house in a poorer neighborhood than was necessary. In 1479, they went to live in the hospital and Catherine became its director in 1490. The heroism of Catherine's charity revealed itself in a special way during the plagues of 1493 and 1501. The first one killed nearly 75 percent of the inhabitants. Catherine herself contracted the disease. Although she recovered, she was forced to resign due to ill health three years later.

After Giuliano's death the following year (1497), Catherine's spiritual life became even more intense. In 1499, Catherine met don Cattaneo Marabotto, who became her spiritual director. Her religious practices were idiosyncratic; for instance, she went to communion daily when it was unusual to do so. For years she made extraordinarily long fasts without abating her charitable activities. Catherine is an outstanding example of the religious contemplative who combines the spiritual life with competence in practical affairs. Yet she was always fearful of "the contagion of the world's slow stain" that had separated her from God in the early years of her marriage.

Her last three years of life were a combination of numerous mystical experiences and ill health that remained undiagnosed by even John-Baptist Boerio, the principal doctor to King Henry VII. In addition to her body remaining undecomposed and one of her arms elongating in a peculiar manner shortly before her death, the blood from her stigmata gave off exceptional heat.

A contemporary painting of Catherine, now at the Pammatone Hospital in Genoa, possibly painted by the female artist Tomasina Fieschi, shows Catherine in middle age. It reveals a slight woman with a long, patrician nose; pronounced, cleft chin; easy smile of broad but thin lips (and, surprisingly, deep laugh lines); high cheekbones; and large dark eyes punctuated by thin, graceful eyebrows.

Dialogue between the soul and the body and Treatise on purgatory are outstanding works in the field of mysticism, which were inspired by her and contain the essence of her, but were actually composed by others under her name. She is the patron of Genoa and of Italian hospitals (Attwater, Benedictines, Delaney, Farmer, Harrison, Schamoni, Schouppe, Walsh).

Of interest may be The Life and Doctrine of Saint Catherine of Genoa.



SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0915.shtml

St. Catherine of Genoa

(CATERINA FIESCHI ADORNO.)

Born at Genoa in 1447, died at the same place 15 September, 1510. The life of St. Catherine of Genoa may be more properly described as a state than as a life in the ordinary sense. When about twenty-six years old she became the subject of one of the most extraordinary operations of God in the human soul of which we have record, the result being a marvellous inward condition that lasted till her death. In this state, she received wonderful revelations, of which she spoke at times to those around her, but which are mainly embodied in her two celebrated works: the "Dialogues of the Soul and Body", and the "Treatise on Purgatory". Her modern biographies, chiefly translations or adaptations of an old Italian one which is itself founded on "Memoirs" drawn up by the saint's own confessor and a friend, mingle what facts they give of her outward life with accounts of her supernatural state and "doctrine", regardless of sequence, and in an almost casual fashion that makes them entirely subservient to her psychological history. These facts are as follows:

St. Catherine's parents were Jacopo Fieschi and Francesca di Negro, both of illustrious Italian birth. Two popesInnocent IV and Adrian V — had been of the Fieschi family, and Jacopo himself became Viceroy of Naples. Catherine is described as an extraordinarily holy child, highly gifted in the way of prayer, and with a wonderful love of Christ's Passion and of penitential practices; but, also, as having been a most quiet, simple, and exceedingly obedient girl. When about thirteen, she wished to enter the convent, but the nuns to whom her confessor applied having refused her on account of her youth, she appears to have put the idea aside without any further attempt. At sixteen, she was married by her parents' wish to a young Genoese nobleman, Giuliano Adorno. The marriage turned out wretchedly; Giuliano proved faithless, violent-tempered, and a spendthrift. And made the life of his wife a misery. Details are scanty, but it seems at least clear that Catherine spent the first five years of her marriage in silent, melancholy submission to her husband; and that she then, for another five, turned a little to the world for consolation in her troubles. The distractions she took were most innocent; nevertheless, destined as she was for an extraordinary life, they had the effect in her case of producing lukewarmness, the end of which was such intense weariness and depression that she prayed earnestly for a return of her old fervour. Then, just ten years after her marriage, came the event of her life, in answer to her prayer. She went one day, full of melancholy, to a convent in Genoa where she had a sister, a nun. The latter advised her to go to confession to the nuns' confessor, and Catherine agreed. No sooner, however, had she knelt down in the confessional than a ray of Divine light pierced her soul, and in one moment manifested her own sinfulness and the Love of God with equal clearness. The revelation was so overwhelming that she lost consciousness and fell into a kind of ecstacy, for a space during which the confessor happened to be called away. When he returned, Catherine could only murmur that she would put off her confession, and go home quickly.

From the moment of that sudden vision of herself and God, the saint's interior state seems never to have changed, save by varying in intensity and being accompanied by more or less severe penance, according to what she saw required of her by the Holy Spirit Who guided her incessantly. No one could describe it except herself; but she does so, minutely, in her writings, from which may here be made one short extract: — "[The souls in Purgatory] see all things, not in themselves, nor by themselves, but as they are in God, on whom they are more intent than on their own sufferings. . . . For the least vision they have of God overbalances all woes and all joys that can be conceived. Yet their joy in God does by no means abate their pain. . . . This process of purification to which I see the souls in Purgatory subjected, I feel within myself." (Treatise on Purgatory, xvi, xvii.) For about twenty-five years, Catherine, though frequently making confessions, was unable to open her mind for direction to anyone; but towards the end of her life a Father Marabotti was appointed to be her spiritual guide. To him she explained her states, past and present, in full, and he compiled the "Memoirs" above referred to from his intimate personal knowledge of her. Of the saint's outward life, after this great change, her biographies practically tell us but two facts: that she at last converted her husband who died penitent in 1497; and that both before and after his death — though more entirely after it — she gave herself to the care of the sick in the great Hospital of Genoa, where she eventually became manager and treasurer. She died worn out with labours of body and soul, and consumed, even physically, by the fires of Divine love within her. She was beatified in 1675 by Clement X, but not canonized till 1737, by Clement XII. Meantime, her writings had been examined by the Holy Office and pronounced to contain doctrine that would be enough, in itself, to prove her sanctity.

Sources

The first published life, based on early MSS., is GENUTI, "Vita mirabile e dotrrina santa della Beata Caterina da Genova" (Florence, 1551). Founded on the above: FLICHE, "St. Catherine de Gênes, sa vie et son esprit' (1881); "Life and Doctrine of St. Catherine of Genoa" (Eng. Tr., New York, 1874). For a discussion of her doctrine, PARPERA, "Beata Caterina Genuensis illustrata (Genoa, 1682). See also BUTLER "Lives of the Saints", IX, 14 Sept., and a modern life by DE BUSSIERE.

Capes, Florence. "St. Catherine of Genoa." The Catholic Encyclopedia. Vol. 3. New York: Robert Appleton Company, 1908. 14 Sept. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/03446b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by John Looby.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. November 1, 1908. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.




St. Catherine of Genoa, Widow

CATHERINE or Catterinetta Fieschi Adorno, was born at Genoa in 1447. Her father, James Fieschi, died viceroy of Naples under Renatus of Anjou, king of Sicily. 1 From the first dawn of her reason, she appeared to be a child of spiritual benedictions. By a singular privilege of divine grace, and the attention of virtuous parents, she seemed from the cradle entirely exempt from frowardness, and little passions of anger or the like vices, with which infancy itself is often stained. It was something still more admirable and more edifying in her, to see a tender child, to join with the most perfect simplicity of heart, and obedience to her parents and others, a serious love of prayer, the most heroic practices of self-denial, and the most tender devotion, particularly towards the sacred passion of Christ. That at twelve years of age she was favoured by God with extraordinary supernatural comforts and illustrations of the Holy Ghost in prayer, we are assured by her own testimony. Experience teaches, that by humble obedience, and fervent love of prayer, the most tender age is capable of making great advancement in the paths of divine love and interior solid virtue; and that the Holy Ghost delights wonderfully to communicate himself to those who so early open their hearts entirely to him. But whilst he attracts them after the sweet odour of his ointments, he prepares them for the most severe trials, which furnish them with occasions for the exercise of the most heroic virtues, and perfects the crucifixion of inordinate attachments in their hearts. This conduct of divine providence St. Catherine experienced.

At thirteen years of age she earnestly desired to consecrate herself to the divine service in a religious state, thinking a contemplative life the most secure for her, and it best suited her inclinations. But she was overruled by obedience to her parents, and by the advice of those from whom she hoped to learn what the divine will required of her. Three years after, she was married by her father to Julian Adorno, a gay young nobleman of Genoa. Her husband, drunk with youth, and giddy with ambition, brought on her a long series of grievous afflictions, which she suffered during ten years, and which, by the good use she made of them, exceedingly contributed to her more perfect sanctification. His brutish humour afforded a perpetual trial to her patience; his dilapidation of his own patrimony, and of the great fortune she had brought him, perfected the disengagement of her heart from the world, and his profligate life was to her a subject of continual tears to God for his conversion. This, her prayers, patience, and example at length effected, and he died a penitent in the third Order of St. Francis. Catherine had a cousin named Tommasa Fieschi, who being left a widow about the same time, made her religious profession in an austere nunnery of the Order of St. Dominic, and died prioress in 1534. Our saint seeing herself freed from the servitude of the world, and in a condition now to pursue the native bent of her inclination to live altogether to herself and God, deliberated some time in what manner she might best execute her holy desire. At length, in order to join the active life with the contemplative, and to have the happiness of ministering to Christ in his most distressed and suffering members, she determined to devote herself to the service of the sick in the great hospital of the city. Of this house she lived many years the mother superior, attending assiduously upon the patients with incredible tenderness, performing for them the meanest offices, and dressing herself their most loathsome ulcers. So heroic is this charity, that with regard to the institutions set apart for the relief of the poor, and attendance on the sick, Voltaire forgets his usual censorious malignant disposition in regard to religious institutions, to give them due praise. He declares that nothing can be nobler than the sacrifice which the fair sex made of beauty and youth, and oftentimes of high birth, to employ their time at the hospitals in relieving those miserable objects, the sight of which alone is humbling to our pride, and shocking to our delicacy. In overcoming this repugnance of nature in doing many offices about certain patients it cost our saint much difficulty in the beginning, till by perseverance she had gained a complete victory over herself.

Her charity could not be confined to the bounds of her own hospital; she extended her care and solicitude to all lepers and other distressed sick persons over the whole city, and she employed proper persons, with indefatigable industry, to discover, visit, and relieve such objects. Her fasts and other austerities were incredible, and it was her constant study to deny her senses every superfluous gratification, and still more vigorously to humble her heart, and overcome her own will in every thing. Even whilst she lived in the world with her husband, it was a rule with her never to excuse herself when blamed by others, but always to be readily inclined sincerely to accuse and condemn herself. She made it her constant earnest request to God, that his pure and holy love might reign in her heart, and in her whole conduct, by the extinction of all inordinate self-love, and in this sense she took for her device that petition of our Lord’s prayer: Thy will be done on earth, as it is in heaven. The necessity of the spirit of universal mortification and perfect humility to prepare the way for the pure love of God to be infused into the soul, is the chief lesson which she inculcates in the two principal treatises, which she wrote, the first entitled, On Purgatory, and the second called, A Dialogue. In this latter work, she paints strongly the powerful effects of divine love in a soul, and the wonderful sweetness and joy which frequently accompany it. 2 St. Catherine having suffered the martyrdom of a tedious and painful illness, in which, for a considerable time, she was scarcely able to take any nourishment, though she received every day the holy communion, expired in great peace and tranquillity, and her soul went to be united to the centre of her love on the 14th day of September, 1510, she being sixty-two years old. The author of her life relates certain miracles by which God was pleased to testify her sanctity to men. Her body was taken up eighteen months after her death, and found without the least sign of putrefaction. From that time it was exposed aloft in a marble monument in the church of the hospital, as the body of a saint; and she was honoured with the title of Blessed, which Pope Benedict XIV. changed into that of Saint, styling her in the Martyrology St. Catherine Fieschi (in Latin Flisca) Adorno. 3 See her life compiled by Marabotti, her confessor, published in 1551; also her works. And the comments of Sticker the Bollandist, ad 15 Sept. t. 5, p. 123. For the justification of her doctrine, and the commendations of her sanctity, see Parpera, the Oratorian’s book entitled B. Catherina Genuensis illustrata. Printed at Genoa A. D. 1682.

Note 1. The family of the Fieschi was for many ages one of the most illustrious in Italy. Its chiefs were counts of Lavagna in the territory of Genoa. They were for some ages perpetual vicars of the empire in Italy, and afterwards enjoyed very extraordinary privileges in the republic of Genoa, and among others that of coining money. This house gave to that commonwealth its greatest generals during its long wars, both in the East and against the Venetians; and to the church many cardinals and two popes, Innocent IV. and Adrian V. The family of Fieschi suffered much by the miscarriage of the conspiracy formed by count John Lewis Fieschi against the Dorias, then masters of the commonwealth, in 1547. The plot only failed by the death of count Fieschi, who was drowned by falling into the sea, as he was going out of one galley into another. [back]

Note 2. These treatises are not written for the common class of readers. [back]

Note 3. Bened. XIV. De Canoniz. Sanct. l. 3, c. 3, p. 20. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume IX: September. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/9/142.html

Santa Caterina Fieschi Adorno da Genova Vedova


Nasce nel 1447 in una delle principali famiglie genovesi. A sedici anni viene data in moglie a Giuliano Adorno, appartenente ad una importante famiglia ghibellina. Vive una vita frivola e mondana ma dopo un incontro con la sorella suora, decide di cambiare vita e condivide le sue esperienze mistiche e caritative con un piccolo gruppo di figli spirituali. Muore il 15 settembre 1510. Dopo la conversione, la vita di Caterina ha il proprio centro nel rapporto con Cristo. Non si dedica però solo alla contemplazione, ma anche all'azione, rivolgendo il suo impegno concreto soprattutto agli ammalati. Opera nella Compagnia delle dame della Misericordia e inizia a visitare il lebbrosario di san Lazzaro, svolge le mansioni più umili; cura pure i bambini abbandonati e fronteggia varie epidemie di peste. Nel 1497 fonda la prima «Compagnia del divino amore», che sarà il modello per analoghe istituzioni di altre città italiane nel quadro di quella che è stata chiamata la Riforma cattolica. Il suo corpo è conservato nella chiesa genovese della Santissima Annunziata in Portoria. (Avvenire)

Etimologia: Caterina = donna pura, dal greco

Martirologio Romano: A Genova, santa Caterina Fieschi, vedova, insigne per il disprezzo del mondo, i frequenti digiuni, l’amore per Dio e la carità verso i bisognosi e gli infermi.

Nel 1494-95 l’esercito del re francese Carlo VIII ha percorso l’Italia, portando con sé, come dice Francesco Guicciardini, i semi "di orribilissimi accidenti... e infermità fino a quel dì non conosciute". L’infermità che atterrisce è la sifilide. Esisteva già, ma lo scorrazzare degli eserciti l’ha propagata in dimensioni catastrofiche e con effetti ripugnanti. I malati ricchi chiamano i medici in casa, quelli poveri muoiono per le strade, nei fossi. Ma a Genova, nel 1497, emerge un gruppo che si dedica a questi scarti umani, li accoglie, li nutre, li cura. Animatrice: una signora di rango, Caterina Fieschi, moglie del nobile Giuliano Adorno. Li hanno sposati le famiglie e sono due malmaritati, che stanno insieme per ragioni di facciata; e delle avventure di lui parla tutta Genova.Lei però si libera da questa situazione attraverso un’esperienza mistica che la porta a guidare in Genova la reazione evangelica alla decadenza della Chiesa, anche attraverso la dedizione agli abbandonati; a diventare riformatrice con largo anticipo, attirando nell’impresa anche il marito, e dirigendo l’impegno dei rinnovatori verso un obiettivo preciso: vivere l’esperienza dell’amore di Dio andando dai più infelici e disprezzati. "Andava lei e nettava le miserie e brutture di detti infermi e poveri... con puzze quasi intollerabili et trovava anche quelli che dicevano parole terribili di disperazione". Qui c’è un aspetto applicato della sua esperienza, che non si ferma a quest’opera com’è descritta dai suoi discepoli. Caterina è una mistica che si tuffa nella realtà, con singolari doti che nel XX secolo si chiameranno manageriali: cambia organizzazione negli ospedali, cerca il nuovo e il meglio tra medici e cure. Ma parte sempre dall’idea di Dio-Amore, di quest’amore che va trasmesso subito a tutti, cominciando dai disperati.Il notaio e umanista genovese Ettore Vernazza, su impulso di lei, dà vita alla fraternità del Divino Amore, movimento di clero e di laici protesi a una riforma radicale della vita cristiana, che servirà di modello ad altre associazioni simili, tutte fondate sulla riforma interiore da un lato e sullo spendersi dall’altro, in ogni necessità. “Madonna Caterinetta”, come la chiamano, si ammala anche di peste curando una malata. E i suoi discepoli scrivono che, "sanata che fu, ritornò al servizio dell’hospidal con gran cura e diligenzia". Il movimento di riforma cattolica, dall’interno e senza ribellione, reagisce all’indifferenza colpevole di Roma insegnando e facendo, dando coraggio a molti cristiani anche nei tempi più demoralizzanti. Bisogna "piantare in li cori nostri il divino amore, cioè la carità". Questo è l’insegnamento di Caterina, dispensato e vissuto fino alla morte; la ricetta contro l’inerzia, la premessa per la ripresa. Morta nel 1510, Caterina Fieschi Adorno sarà canonizzata da Clemente XII nel 1737.
La Diocesi di Genova ne celebra il culto il 12 settembre.

Autore: Domenico Agasso


Catherine de Gênes, Traité du purgatoire, 1571, tr. fr. 1598, tiré du Vita mirabile e dottrina santa della Beata Caterina de Genova (Corpus catharinianum) :
http://christus-web.com/traite-du-purgatoire-de-catherine-de-genes/

Catherine de Gênes, Dialogues : http://voiemystique.free.fr/catherine_de_genes_dialogues_01.htm

Vie de Sainte Catherine de Gênes : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Textes/index.html