samedi 22 septembre 2012

Saint MAURICE et ses Compagnons, martyrs



Saint Maurice et ses compagnons

Martyrs

(† 286)

Le 22 septembre 286 vit un spectacle à la fois sublime et épouvantable: une légion romaine entière, général en tête, immolée par un barbare empereur pour n'avoir pas voulu renoncer à Jésus-Christ. Cette légion était la Légion Thébéenne; ce général, saint Maurice, et ce tyran, Maximien. La Légion Thébéenne portait ce nom parce qu'elle avait été recrutée en Thébaïde. Elle fut du nombre de celles que l'empereur emmena combattre la Gaule en révolte. Après le passage des Alpes, un sacrifice solennel fut ordonné. La légion chrétienne, ne voulant pas y prendre part, se retira près du lieu appelé aujourd'hui Saint-Maurice-d'Agaune. L'empereur les enjoignit de se réunir à l'armée pour la fête. Mais Maurice et ses compagnons, se rappelant qu'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, se virent dans la triste nécessité de désobéir.

Cette désobéissance, n'était pas, pour ces braves soldats, vainqueurs sur vingt champs de bataille, un acte de félonie, mais un acte d'héroïque loyauté. Aussitôt le prince barbare donna l'ordre de décimer la légion. A voir ce bataillon de six mille hommes rangés en ordre de combat, ayant à sa tête Maurice, à cheval, avec ses brillants officiers, Exupère, Maurice et Candide, il semble qu'on eût pu craindre une résistance par la force; mais non, les disciples de Jésus-Christ ne cherchaient et n'attendaient qu'une victoire pacifique, la victoire sur le monde, et la conquête du Ciel par le martyre. Les noms des soldats sont jetés dans les casques des centurions; six cents sur six mille vont périr; les victimes désignées embrassent leurs camarades, qui les encouragent et qui envient leur sort; bientôt le sacrifice est consommé, et la plaine ruisselle du sang des martyrs.

Les survivants persistent à se déclarer chrétiens, et la boucherie recommence; six cents nouveaux élus rougissent de leur sang les rives du Rhône. Les autres sauront mourir jusqu'au dernier; mais ils envoient au tyran un message avec une lettre admirable: "Empereur, nous sommes vos soldats; nous sommes prêts à combattre les ennemis de l'empire; mais nous sommes aussi chrétiens, et nous devons fidélité au vrai Dieu. Nous ne sommes pas des révoltés, nous aimons mieux être des victimes que des bourreaux: mieux vaut pour nous mourir innocents que de vivre coupables." Maximien, désespérant d'ébranler leur constance, les fit massacrer tous en masse.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_maurice_et_ses_compagnons.html


Saint Maurice et ses compagnons martyrs

Saint Eucher, évêque de Lyon dans la première moitié du V° siècle[1], écrivit, pour son confrère Salvius, le récit du massacre de la légion thébéenne à Agaune qu’il tenait d’amis d’Isaac, évêque de Genève[2], « afin, dit-il, que les martyrs ne tombassent pas dans l’oubli.[3] » Au cas où l’on serait tenté de ranger la lettre de saint Eucher dans les compositions légendaires parce que l’auteur vivait près de cent cinquante après les faits, on notera au passage qu’il dit l’avoir appris d’une tradition orale dont il indique avec soin les divers chaînons. Isaac de Genève avait reçu le récit de l’évêque Théodore d’Octodure[4]. Saint Eucher a fait une enquête : « J’ai demandé la vérité sur ces faits à des hommes capables de me l’apprendre. »

Saint Eucher racontait que l’empereur Maximien[5] qui résidait à Octodurum (Martigny), avait appelé une légion de Thébéens, venue d’Orient, pour persécuter les chrétiens, or, celle-ci, apprenant sa mission, s’arrêta dans les défilés d’Agaune. Maximien ordonna la décimation par le glaive de la légion mais les soldats qui survécurent refusant encore leur mission, sous l’impulsion de leurs officiers (Maurice, Exupère et Candide), l’Empereur fit exécuter une deuxième décimation. Après que la légion eut envoyé une délégation à Maximien pour lui signifier sa résolution de ne point renier les serments prêtés à son Dieu, l’Empereur ordonna de la massacrer toute entière. Le vétéran Victor, invité par les bourreaux à se joindre aux ripailles suivant le massacre, professa la foi chrétienne et fut immédiatement tué.

Le seul point faible du récit de saint Eucher tient en ce qu’il s'efforce de rattacher le massacre de la légion Thébéenne à la persécution générale de Dioclétien. A première vue, cette opinion paraît la plus vraisemblable, et l'on comprend qu'Eucher l'ait adoptée, mais elle ne résiste pas à l'examen. « Sous Maximien, qui gouverna la République romaine avec Dioclétien pour collègue, des peuples entiers de martyrs furent torturés ou tués dans les diverses provinces. Car Maximien non seulement était en proie à l'avarice, à la débauche et à tous les vices, mais encore se livrait aux rites exécrables des païens, blasphémait le Dieu du ciel, et proposait pour but de son impiété l'extinction du nom chrétien. Si quelques-uns, dans ce temps, osaient professer le culte du vrai Dieu, des troupes de soldats, répandues partout, les saisissaient pour les mener au supplice ou à la mort ; on laissait en repos les Barbares, pour tourner seulement les armes contre la religion. » C'est dans ces circonstances que, selon Eucher, eut lieu le martyre des légionnaires thébéens chrétiens qui s’opposèrent à l'ordre du persécuteur. « I1 y avait en ce ternps-là, dans l'armée, une légion de soldats, qui étaient appelés Thébéens. Une légion comptait alors six mille six cents hommes sous les armes. Ceux-ci avaient été mandés d'Orient, par Maximien, pour lui venir en aide : c'étaient des hommes rompus aux choses de la guerre, nobles par leur courage, plus nobles par leur foi : en eux rivalisaient l'ardeur pour le service de l’Empereur et la dévotion pour le Christ. Se souvenant, même sous les armes, du précepte évangélique, ils rendaient à Dieu ce qui était à Dieu et à César ce qui était à César. C'est pourquoi, quand ils se virent destinés, comme le reste des soldats, à poursuivre la multitude des chrétiens, seuls ils osérent refuser ce cruel service, et déclarer qu'ils n'obéiraient pas à un tel ordre. Maximien n'était pas loin, car il se reposait, aux environs d'Octodure, des fatigues de la route : quand des messagers lui annoncèrent qu’une légion rebelle à ses ordres s’était arrêtée dans les défilés d’Agaune, il fut saisi d’indignation et de fureur. »

La persécution générale, commencée en 303, fut bien ce que décrit saint Eucher : on fit donner les troupes. Cependant, à cette époque (depuis 292), les Gaules ne sont plus sous le pouvoir de Maximien mais de Constance Chlore[6] et on ne voit pas que Maximien y soit venu. Il passe l’année 303 à Rome et l’année suivante en Italie ; il ne reviendra en Gaule qu’en 307. De plus, comme Constance Chlore qui n’est pas un persécuteur, applique l’édit au minimum ; s’il faut garder Maximien, il faut aussi changer la date pour la ramener avant la persécution générale, sans doute à la guerre contre des Bagaudes (286). Dans ce cas là, les légionnaires thébéens ne furent pas exécutés pour avoir refusé de massacrer les chrétiens mais pour avoir refusé de prêter un serment où étaient mélangées des invocations idolâtriques, comme celui que l’on trouve dans Tite Live[7].

On remarquera que massacrer une légion, c’est-à-dire six mille six cents hommes, est impossible ; Il faut donc que Tite Live ait menti lorsqu’il dit que sous la République, quatre mille soldats furent tués à la hache sur le Forum de Rome (XXVIII 28) ; il faut aussi que l’abréviateur de Dion ait menti lorsqu’il montre Galba faisant massacrer les sept mille hommes d’une légion formée par Néron avec des soldats de la flotte[8].

Par ailleurs, rien n’oblige à croire que toutes les légions de l’armée romaine ont gardé le chiffre règlementaire de six mille hommes[9].
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[1] Probablement entre 435 et 450.

[2] Probablement entre 389 et 415.

[3] Epistola Eucherii episcopi ad Salvium episcopum.

[4] Théodore, évêque d’Octodure, assista au concile d’Aquilée (381). Tout permet de penser qu’il occupa le siège d’Octodure à partir de 349 et si l’on suppose, comme le suggèrent les traditions, qu’il avait quarante ans au moment de son élection, il serait né moins de vingt-cinq ans après le martyre de la légion Thébéenne, alors que la persécution de Dioclétien durait encore. L’évêque Théodore, sur le lieu du martyre et de la sépulture de la légion Thébéenne, fit élever une basilique dédiée en 352

[5] Marcus Aurelius Valerianus Maximianus, né près de Sirmium, vers 250, d’une obscure famille de colons pannoniens. Simple soldat brave, ignorant et grossier, il s’éleva jusqu’à être associé à l’Empire par Dioclétien (17 septembre 285) ; il prit le nom d’Hercule, fut déclaré frère de l’Empereur et fut proclamé Auguste (à Nicomédie le 1° avril 286). Il repoussa des Gaules les Alamans, les Hérules, les Chaves et les Burgondes, et, dans un nouveau partage qui se fit de l’Empire (292), il obtint le gouvernement de l’Italie, de l’Afrique et des Iles. Il repoussa les Germains qu’il poursuivit au-delà du Rhin, réprima en Gaule le soulèvement des Bagaudes et triompha de Julien qui avait usurpé la pourpre impériale en Italie. Contraint de suivre l’exemple de Dioclétien il abdiqua à Milan le 1° mai 305. devenu le collègue de Maxence, son fils, que les Prétoriens venaient de proclamer Auguste à Rome (306). Maxence ayant trahi la foi jurée de laisser la vie sauve à Sévère, battu à Ravenne (307), Maximien se brouilla avec son fils et fut forcé de fuir à Trêves, auprès de son gendre, Constantin, contre qui il conspira. Trahi par sa fille, Fausta, il s’enfuit en Arles d’où il essaya de soulever les Gaules, mais, assiégé dans Marseille, il se pendit (310). C’est à Maximien que l’on doit la construction des Thermes de Dioclétien sur le Quirinal.

[6] Flavius Valerius Constantius Chlorus, né vers 250 dans la Haute-Mœsie, d’une nièce de Claude II, servit avec distinction sous Aurélien et Probus. En récompense de ses victoires sur les Sarmates, Dioclétien le fit adopter par Maximien et lui fit donner le titre de César (292), avec le gouvernement des Gaules, de l’Espagne et de la Grande-Bretagne. Après l’abdication de Dioclétien et de Maximien (305), il devint Auguste et collègue de Galérius. Il mourut en 306 à Eboracum (York). Constance Chlore fut le père de Constantin qu’il eut de la future sainte Hélène qu’il avait épousé en première noce.

[7] Tite Live (XXII 53) : « Je jure que je n’abandonnerai jamais la République, ni ne souffrirai qu’aucun citoyen l’abandonne. Si je manque à cet engagement, que Jupiter, très bon et très grand, inflige à ma maison, à ma famille et à moi la plus cruelle mort. »

[8] Tacite se contenta de dire : trucidatis tot millibus inermium hominum.

[9] Moins d’un siècle plus tard le contingent d’une légion tombera à douze cents, voire sept cents hommes.

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/09/22.php


SAINT MAURICE ET SES COMPAGNONS

Maurice rient de mare, mer, et de cis; qui veut dire vomissant ou bien dur ; et de cis, signifiant conseilleur ou qui se hâte. Ou bien il vient de Mauron, qui, d'après Isidore, signifie noir, en grec. En effet, il eut amertume dans l’habitation de misère et dans l’éloignement de sa patrie. Il fut vomissant en rejetant le superflu; dur et ferme en souffrant les tourments; conseilleur, par les exhortations qu'il adressa à ses compagnons d'armes. Il se hâta par la ferveur et la multiplicité de ses bonnes oeuvres; il fut noir, parce qu'il se méprisa lui-même. Le bienheureux Eucher, archevêque de Lyon, écrivit et compila leur martyre.

Maurice passe pour avoir -été le chef de la légion qu'on appelle Thébaine. On les nomma ainsi deThèbes, qui fut leur ville. C'est un pays situé dans l’Orient, au delà des confins de l’Arabie. II est riche, fertile en fruits, et délicieux par les arbres dont il est planté. Ses habitants passent pour avoir une grande taille. Ils sont adroits à manier les armes, intrépides dans les combats, d'un caractère éclairé et très riches en sagesse. Cette ville eut cent portes ; elle était située sur le Nil qui sort du paradis et qui se nomme Gyon. C'est d'elle qu'on a dit :

Ecce vetus Thebea centum jacet obruta portis (Contemplez les débris de Thèbes aux cent portes).

Saint Jacques, frère du Seigneur, prêcha la parole du salut et en perfectionna les habitants dans la foi de J.-C. Or, Dioclétien et Maximien, qui régnèrent l’an du Seigneur 277, voulant détruire absolument la foi, envoyèrent des lettres ainsi conçues dans toutes les provinces habitées par les chrétiens : « S'il était besoin de déterminer et de savoir n'importe quoi, et que le monde entier fût assemblé d'un côté et que Rome seule se trouvât de l’autre, le monde entier vaincu s'enfuirait et Rome resterait seule au faîte de la science. Pourquoi donc vous, chétive populace, résistez-vous à ses ordres et vous enorgueillissez-vous si ridiculement contre ses prescriptions? Ou bien donc recevez la foi des dieux immortels, ou bien une sentence irrévocable de condamnation sera lancée contre vous. » Or, les chrétiens qui reçurent ces lettres renvoyèrent tous les messagers sans réponse. Alors Dioclétien et Maximien, poussés par la colère, envoyèrent dans toutes les provinces des ordres par lesquels tous ceux qui étaient en état de porter les armes devaient se rendre à Rome, afin de soumettre tous les rebelles à l’empire romain. Les lettres des empereurs furent portées au peuple de Thèbes, qui rendait, suivant le commandement divin, à Dieu ce qui était dû à Dieu, et à César ce qui appartenait à César. On leva donc une légion d'élite composée de 6,666 soldats qu'on envoya aux empereurs, afin de leur venir en aide dans les guerres justes, mais non pour porter les armes contre les chrétiens, qu'ils devaient défendre de préférence. A la tête de cette très sainte légion se trouvait l’illustre Maurice : les porte-étendards étaient Candide; Innocent, Exupère, Victor et Constantin. Dioclétien envoya contre les Gaules Maximien, qu'il s'était donné pour collègue à l’empire, avec une armée innombrable à laquelle il joignit la légion Thébaine. Ils avaient été exhortés par le pape Marcellin à se laisser égorger avant que de violer la foi de J.-C. qu'ils avaient reçue.

Quand toute l’armée eut franchi les Alpes et fut arrivée à Octodunum, l’empereur ordonna que tous ceux qui étaient avec lui offrissent un sacrifice aux idoles, et s'unissent par un serment unanime contre les rebelles à l’empire et principalement contre les chrétiens. Quand les saints soldats apprirent cela, ils se retirèrent de l’armée à une distance de huit milles, et se placèrent dans un endroit agréable nommé Agaune, sur le Rhône. Aussitôt informé, Maximien leur envoya, par des soldats, l’ordre de venir de suite pour sacrifier aux dieux. Ils répondirent qu'ils ne pouvaient le faire, attendu qu'ils suivaient la foi de J.-C. Alors l’empereur, enflammé de colère ; dit : « Au mépris qu'on fait de moi se joint une injure adressée au ciel, et avec moi la religion des Romains est méprisée. Que le soldat rebelle apprenne que je puis non seulement me venger, mais venger encore mes dieux. » Le César envoya alors de ses soldats, avec ordre de les forcer à sacrifier aux dieux ou de les décimer sur-le-champ. Les saints présentèrent donc la tête avec joie ; chacun disputait le pas à l’autre et se hâtait de parvenir à la mort. Alors saint Maurice se leva et les harangua en disant entre autres choses : « Je vous félicite de ce que vous êtes tous prêts à mourir pour la foi de J.-C. J'ai laissé tuer vos camarades, parce que je vous ai vus disposés à souffrir pour J.-C., et j'ai gardé le précepte du Seigneur qui dit à saint Pierre : « Mettez votre épée dans le fourreau. » Donc puisque les cadavres de nos camarades sont déjà comme un rempart autour de nous, et que nos vêtements sont rougis du sang de nos compagnons, nous aussi, suivons-les au martyre. Or, voici, si vous le trouvez bon, ce que nous répondrons à César : « Nous sommes vos soldats, Empereur, et nous avons pris les armes pour la défense de la république ; chez nous il n'y a point de trahison, point de peur, mais jamais nous n'abandonnerons la foi de J.-C. » Quand l’empereur apprit cela, il ordonna une seconde fois qu'on en décapitât un sur dix. Cette exécution achevée, Exupère, enseigne, prit le drapeau, et, debout au milieu de ses compagnons d'armes, il parla ainsi : « Notre glorieux commandant Maurice a dit la gloire de nos camarades, Exupère, votre enseigne, n'a pas non plus pris ces armes pour résister; Que nos mains droites jettent ces armes de la chair et qu'elles s'arment de vertus et si vous le trouvez bon, adressons cette réponse à César : «Nous sommes tes soldats, Empereur, mais nous sommes aussi les serviteurs de J.-C. ; nous le professons librement : nous te devons le service militaire, mais à lui notre innocence; de toi nous recevons la solde de notre labeur, et de lui nous avons reçu la vie dès le commencement: nous sommes disposés à souffrir pour lui tous les tourments, et jamais nous ne déserterons sa foi. » Alors l’impie César ordonna que son armée entourât la légion tout entière, en sorte que pas un ne pût échapper. Les soldats du Christ furent investis par les soldats du diable, et massacrés par leurs mains infâmes ; foulés aux pieds des chevaux, ils reçoivent la consécration du martyre. Or, ils souffrirent vers l’an du Seigneur 280 (Ce fut à Martigny-le-Bourg, où se conservent encore de remarquables fragments d'un temple de Jupiter, que fut imposé le sacrifice. Cf. Histoire de l’Architecture sacrée, par Blavignac, p. 38.). Dieu permit qu'il s'en échappât plusieurs; ils vinrent en d'autres pays prêcher le nom de J.-C., et obtinrent aussi les honneurs du triomphe dans des lieux, différents: Parmi eux, on dit que se trouvèrent Solutor, Adventor et Octavius qui vinrent à Turin, Alexandre à Pergame Second à Vintimille, ainsi que saint Constant, Victor, Ursus et plusieurs autres. Or, pendant que ces bourreaux se partageaient le butin et qu'ils mangeaient ensemble; passa un vieillard nommé Victor, qu'ils invitent à manger avec eux. Victor leur demanda comment ils pouvaient manger avec joie au milieu de tant de milliers de cadavres. Et quelqu'un lui ayant appris qu'ils étaient morts pour la foi de J.-C., il se mit à soupirer et à gémir amèrement, en disant tout haut qu'il eût été bienheureux s'il eût partagé leur martyre. Les soldats ayant découvert qu'il était chrétien, se ruèrent sur lui et l’égorgèrent à l’instant (Eucher, ibid.).

Plus tard, Maximien à Milan et Dioclétien à Nicomédie déposèrent la pourpre le même jour pour vivre en simples particuliers et pour que de plus jeunes qu'eux, savoir : Constance, Maxime et Galère qu'ils avaient faits césars, gouvernassent l’empire. Mais comme Maximien voulait encore gouverner tyranniquement, il fut poursuivi par Constance, son gendre, et étranglé. Toutefois, le corps de saint Innocent, de la même légion, qui avait été jeté dans le Rhône, fut enseveli avec d'autres dans une église par Domitien, évêque de Genève, Gratus, évêque d'Aoste, et Protaise, évêque du même pays. Quand on construisit cette église, il s'y trouva nu ouvrier païen qui, pendant la solennité des offices d’un dimanche auxquels les autres assistaient, travaillait seul de son métier. Alors paraît l’armée des saints ; cet ouvrier est saisi, battu et accusé de ce qu'il s'est mis à son oeuvre servile et que pendant le jour de dimanche, quand les autres assistaient au service divin, il travaillait. Quand il eut été corrigé, il courut à l’église et demanda à se faire chrétien. Saint Ambroise parle ainsi de ces martyrs dans sa préface : « Cette troupe de fidèles, éclairée de la lumière divine, vint des extrémités du monde pour vous adresser, Seigneur, ses supplications ; cette légion de guerriers, protégée par ses armes matérielles, était aussi bien défendue par les armes spirituelles, quand elle courut au martyre avec la plus généreuse constance.

Le cruel tyran, pour les effrayer par la crainte, les fait mourir en les décimant; mais comme tous persistaient imperturbablement à confesser la foi, il les fait égorger tous de la même manière. La ferveur, au reste, les animait, au point qu'ils se dépouillent de leurs armes, fléchissent le genou et reçoivent les coups de la main des bourreaux avec la joie au coeur. Parmi eux saint Maurice, embrasé d'amour pour votre foi, a gagné en ce combat la couronne du martyre. »

Une femme avait confié son fils pour l’instruire, à l’abbé du monastère, où reposent les corps des saints martyrs; cet enfant mourut et elle le pleurait sans pouvoir se consoler. Saint Maurice lui apparut et lui demanda pourquoi elle pleurait ainsi son fils. Elle lui répondit que tant qu'elle vivrait, elle ne cesserait de verser des larmes. Il lui dit: « Ne le pleure pas comme mort, mais sache qu'il habite avec nous : si tu désires en être certaine, demain et chaque jour de ta vie, si tu te lèves pour assister aux matines, tu pourras entendre sa voix parmi celles: des moines qui psalmodient. » Ce qu'elle fit toujours et toujours elle put distinguer la voix de son fils qui chantait avec les moines. — Après que le roi Gontran eut renoncé aux pompes du siècle et distribué ses trésors aux pauvres et aux églises, il envoya un prêtre pour lui apporter des reliques de ces saints. Comme ce prêtre revenait avec les reliques qu'il avait obtenues, une tempête qui s'éleva sur le lac de Lausanne allait engloutir le vaisseau ; il opposa la châsse avec les reliques contre les flots, et à l’instant il se fit un calme complet. — L'an du Seigneur 963, par l’entremise de Charles, des moines obtinrent du pape Nicolas les corps de saint Urbain, pape, et de saint Tiburce, martyr. A leur retour, ils visitèrent l’église des Saints-Martyrs, et demandèrent à l’abbé et aux moines de transporter le corps de saint Maurice et le chef de saint Innocent à Auxerre, dans l’église que saint Germain avait dédiée depuis longtemps à ces saints martyrs. — Pierre Damien rapporte qu'il y avait en Bourgogne un clerc orgueilleux et cupide qui s'était emparé d'une église dédiée à saint Maurice, malgré la résistance d'un puissant chevalier. Or, comme on chantait un jour la messe et que l’on disait à la fin de l’évangile : « Celui qui s'élève sera humilié et celui qui s'humilie sera élevé », ce misérable se mit à rire en disant : « C'est faux ; car si je m’étais humilié devant mes adversaires, je ne jouirais pas aujourd'hui des abondantes richesses de l’Eglise. » Et voici que la foudre entra comme un glaive dans la bouche de celui qui avait vomi ces paroles blasphématoires et le tua tout d'un coup.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdccccii

SOURCE : http://www.livres-mystiques.com/partieTEXTES/voragine/tome03/142.htm


Le récit de la passion de St Maurice date de 449 au plus tard. La fête se répandit suite à l’importance prise par l’abbaye de St-Maurice, fondée en 515. Elle fut adoptée à Rome au XIème siècle. Les saints Martyrs ne sont plus que commémorés depuis l’inscription de la fête de St Thomas de Villeneuve au calendrier (1694).

Leçon des Matines (avant 1960)

Neuvième leçon. L’empereur Maximien ayant conduit son armée en Gaule, s’arrêta sur les confins du territoire de Sion, pour offrir un sacrifice. Mais la légion thébaine, ne voulant pas se souiller en participant à des cérémonies sacrilèges, se tint à l’écart du reste des troupes L’empereur leur envoya des soldats les avertir en son nom que, s’ils voulaient avoir vie sauve, ils devaient se rendre au camp pour les sacrifices. Ils répondirent que la religion chrétienne le leur défendait. Indigné par cette réponse et encore plus irrité qu’auparavant, Maximien envoya une partie de ses troupes contre les Thébains, avec ordre de les décimer. Mais eux, de leur propre mouvement et animés surtout par les exhortations de Maurice, préférèrent se soumettre au martyre plutôt qu’aux injonctions impies de l’empereur ; celui-ci fit donc massacrer par son armée entière tous ceux de la légion, unanimes à confesser inébranlablement le nom du Christ. Ils moururent le dix des calendes d’octobre.

SOURCE : http://www.introibo.fr/22-09-St-Maurice-et-ses-Compagnons

Saint Maurice and The Theban Legion

St. Maurice and The Theban legion numbered more than six thousand men. The legion had been conscripted from the very Christian areas surrounding Thebes, Egypt hence the name of the legion. They marched from the East into Gaul, and proved their loyalty at once to their Emperor and to their God. They were encamped near the Lake of Geneva, under the Emperor Maximian, when they got orders to offer sacrifices to the Roman gods and turn their swords against the Christian population. This Christian legion refused to obey the order. In his fury Maximian ordered them to be “decimated”, meaning every tenth soldier killed as an example.
The order was executed once and again, but they endured this without a murmur or an effort to defend themselves. St. Maurice, the chief captain in this legion of martyrs, encouraged the rest to persevere and follow their comrades to heaven. “Know, O Emperor,” he said, “that we are your soldiers, but we are servants also of the true God. In all things lawful we will most readily obey, but we cannot stain our hands in this innocent blood. We, have seen our comrades slain, and we rejoice at their honor, We have arms, but we resist not, for we had rather die without shame than live by sin.” As the massacre began, these generous soldiers flung down their arms, offered their necks to the sword, and suffered themselves to be butchered in silence. When the rest of the men remained stubborn, he killed more, and finally slaughtered everyone who was left.
The name of the town of Saint-Moritz, Switzerland preserves the memory of St. Maurice and the Theban Legion.

Known members of the Legion include


Saint Alexander of Bergamo

Saint Candidus the Theban
Saint Exuperius
Saint Innocent the Theban
Saint Maurice
Saint Secundus the Theban
Saint Ursus the Theban
Saint Victor of Agaunum
Saint Victor of Xanten
Saint Victor the Theban
Saint Vitalis of Agaunum




St. Maurice

Leader (primicerius) of the Theban Legion, massacred at Agaunum, about 287 (286, 297, 302, 303), by order of Maximian Herculius. Feast, 22 Sept. The legend (Acta SS., VI, Sept., 308, 895) relates that the legion, composed entirely of Christians, had been called from Africa to suppress a revolt of the Bagandæ in Gaul. The soldiers were ordered to sacrifice to the gods in thanksgiving but refused. Every tenth was then killed. Another order to sacrifice and another refusal caused a second decimation and then a general massacre. (On the value of the legend, etc., see Agaunum and Theban Legion.) St. Maurice is represented as a knight in full armour (sometimes as a Moor), bearing a standard and a palm; in Italian paintings with a red cross on his breast, which is the badge of the Sardinian Order of St. Maurice. Many places in Switzerland, Piedmont, France, and Germany have chosen him as celestial patron, as have also the dyers, clothmakers, soldiers, swordsmiths, and others. He is invoked against gout, cramps, etc.

Sources

See CHEVALIER, Bio-Bibl., s.v.; Histor. Jahrbuch, XIII, 782.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/10068c.htm

September 22

St. Maurice and His Companions, Martyrs

From the authentic account of their martyrdom, compiled a hundred and fifty years after it happened, by St. Eucherius, bishop of Lyons, who quotes their acts, and the relation of Isaac, the holy bishop of Geneva. This last-mentioned prelate received the particulars of this history of these martyrs from Theodore, bishop of Octodurum, (in whose diocess they had suffered,) who assisted at the council of Aquileia in 381, and must have seen persons who had been eye-witnesses, or at least lived upon the spot when the inhuman butchery was committed. The gravity and sanctity of St. Eucherius are set off by the modest simplicity of his style in this piece, which is acknowledged a sincere and incontestable history by Ruinart, (Acta sincera, p. 290.) Tillemont, Baillet, and all Catholic critics. This account is perfectly conformable to the Acts of these martyrs which were common in that country in the fifth, nay, says Mosheim, in the fourth century, as appears from certain circumstances related from them by the author of the life of St. Romanus, who wrote before the close of the fifth century. The same is confirmed from the title of a sermon of St. Alcimus Avitus, written about the year 490, preserved among his works, though the sermon itself be lost. (Op. Sirmondi, t. 2.) The truth of this history is nevertheless attacked by some Protestant historians. The minister Dubordier raised the contest, and was followed by Hottinger; Moyle exerted more erudition and subtilty in the same controversy, and Dr. Gilbert Burnet (Præf. in Lactant. de Mort. Persec. &c.) retailed his objections with greater confidence than strength. The learned Dr. Hickes defended against him the authenticity of these Acts, and the controversy became warm between these eminent antagonists, when their opposite political principles concerning passive obedience were made to interfere. Dr. Hickes demonstrates no stress can be laid on the silence of Eusebius who lived in the East, or of others, and, that though Maximian at first favoured the Christians, yet in certain circumstances, especially in the army, he put many to death for the faith. Constantius spared the Christians; but was only made Cæsar in 293, whereas this massacre most probably happened soon after Maximian was associated to the empire in 286. Neither is it certain that the territory where it was committed was in Constantius’s dominions: and, were it so, his power as Cæsar could not tie up that of the emperor, especially over his own soldiers, wherever he marched with them. Mosheim, who allows these arguments of Moyle to lose their weight when they are put in that balance against the authority with which this history is supported; yet forms an objection from certain Greek Acts which place the martyrdom of St. Mauritius (after suffering many torments for the space of ten days) with his companions, under Maximian, at Apamea in Syria. (See Mosheim, Comm. de Rebus Eccl. ante Constantinum M. Helmstadii. 1753, p. 588.) He confounds St. Maurice of Agaunum with another St. Mauritius, M. who is mentioned by Theodoret; (Serm. 8, de curand. Græcor. Affect.) but his modern Greek Acts can claim no authority. Before Dr. Hickes entered the lists with Burnet, Bishop Stillingfleet had confuted the exceptions of Moyle to this history, which Dr. Burnet then began to urge in conversation. (Origin. Britann. p. 71.) To the authorities produced by Stillingfleet in favour of these martyrs and their Acts, we seem authorized to add the testimony of Prudentius Psychom. v. 36, whose silence some have falsely pleaded against these Acts. See F. Jos. Lisle, Ben. of the Congr. of St. Vannes, Défense de la Vérité du Martyre de la Légion Thebéenne, 1737, in octavo. Also Baldesano, Historia di S. Mauritio; F. John Clè the Bollandist, t. 6, Sept. p. 308 to 403, and App. ib. 895 to 920. N. B. The acts in Surius are interpolated: for mention is made in them of King Sigismund, and of the Rule of Agaunum which was instituted in 515, whereas St. Eucherius of Lyons subscribed the first council of Orange in 441. But F. Chifflet discovered an exact copy which he published, and which Ruinart proves to be the genuine work of St. Eucherius. It is from these acts we are to argue against Dubordier, &c. The martyrdom of SS. Maurice and his companions is mentioned in the life of St. Severin of Agaunum, written soon after the year 500; in the two works, still more ancient, already quoted; in the Martyrologies of St. Jerom, Florentinius, &c. in the council of Agaunum, an. 515, in St. Gregory of Tours, De Glor. Mart. l. 1, c. 75; in Fortunatus, l. 2, carm. 15. From all these authorities it is evident, that our holy martyrs were held in great veneration in the sixth age.

A.D. 286.

THE EMPEROR Carus, who had impiously assumed the title of a god, being killed by lightning, and his son Numerianus Augustus being cut off by the treachery of his uncle Aper, Dioclesian, a man of low birth, was saluted emperor by the army which he then commanded in the East, on the 17th of September, 284. He defeated and slew Carinus, the second debauched son of Carus, the year following, in Mæsia, and after this victory took the haughty name of Jovius from Jupiter, and creating Maximian Cæsar, allotted to him the care and defence of the West. The Bagaudæ, a people consisting chiefly of peasants in Gaul, who had been attached to the interest of Carinus, took up arms to revenge his death, under two commanders, Amandus and Ælian. Dioclesian ordered Maximian to march against them, and on that occasion declared him Augustus and partner in the empire; and this new emperor assumed the surname of Herculeus, from the god Hercules. In this expedition the most judicious historians place the martyrdom of the Thebean legion. It seems to have received its name from being raised in Thebais or Upper Egypt, a country full of zealous Christians. This legion was entirely composed of such; and St. Maurice, who seems to have been the first commanding officer who was then with it, might make it a point to admit no others among them.

Dioclesian, in the beginning of his reign, was no enemy to the Christian religion, and employed many who openly professed it, near his own person, and in posts of trust and importance, as Eusebius assures us. Yet even private governors, and the giddy populace were at liberty to indulge the blindest passion and fury against the servants of Christ; and Maximian, on certain extraordinary occasions, stained his progresses with the blood of many martyrs. The Thebean legion was one of those which were sent by Dioclesian out of the East to compose his army for his expedition into Gaul. Maximian in crossing the Alps made a halt with his army some days, that the soldiers might repose themselves in their tedious march, while some detachments filed off towards Triers. They were then arrived at Octodurum, at that time a considerable city on the Rhone, above the lake of Geneva, now a village called Martignac or Martigni in the Valais. Its episcopal see seems to have been transferred to Sion in the sixth century. Here Maximian issued out an order that the whole army should join in offering sacrifice to the gods for the success of their expedition. The Thebean legion hereupon withdrew itself, and encamped near Agaunum, now called St. Maurice, three leagues from Octodurum. The emperor sent them repeated orders to return to the camp, and join in the sacrifice; and, upon their constant and unanimous refusal, he commanded them to be decimated. Thus every tenth man was put to death, according as the lot fell; the rest exhorting one another all the while to perseverance. After the first decimation, a second was commanded, unless the soldiers obeyed the orders given; but they cried out over their whole camp, that they would rather suffer all extremities than do any thing contrary to their holy religion. They were principally encouraged by three of their general officers, Maurice or Mauricius, Exuperius, and Candidus. St. Eucherius does not style St. Mauricius the tribune, but Primicerius, which was the dignity of the first captain, next to that of the tribune or colonel. He calls Exuperius Campiductor or Major, and Candidus the senator of the troops.

The emperor sent forth fresh threats that it was in vain they confided in their multitude; and that if they persisted in their disobedience, not a man among them should escape death. The legion, by the advice of their generous leaders, answered him by a dutiful remonstrance, the substance of which was as follows: “We are your soldiers, but are servants of the true God. We owe you military service and obedience; but we cannot renounce Him who is our Creator and Master, and also yours, even whilst you reject him. In all things which are not against his law we most willingly obey you, as we have done hitherto. We readily oppose all your enemies, whoever they are; but we cannot dip our hands in the blood of innocent persons. We have taken an oath to God before we took one to you: you can place no confidence in our second oath, should we violate the first. You command us to punish the Christians: behold we are all such. We confess God the Father, author of all things, and his Son, Jesus Christ. We have seen our companions slain without lamenting them; and we rejoice at their honour. Neither this extremity to which we are reduced, nor any provocation hath tempted us to revolt. We have arms in our hands; but we do not resist, because we had rather die innocent than live by any sin.”

This legion consisted of about six thousand six hundred men, who were all well armed, and might have sold their lives very dear. But they had learned to give to God what is God’s, and to Cæsar what is Cæsar’s, and they showed their courage more in dying than they had ever done in the most hazardous enterprises. Maximian having no hopes of overcoming their constancy, commanded his whole army to surround them, and cut them to pieces. They made no resistance, but, dropping their arms, suffered themselves to be butchered like innocent sheep, without opening their mouths, except mutually to encourage one another; and not one out of so great a number failed in courage to the last. The ground was covered with their dead bodies, and streams of blood flowed on every side. Maximian gave the spoils of the slain to his army for their booty, and the soldiers were making merry over them, when Victor, a veteran soldier, who belonged not to that troop, happened to pass by. They invited him to eat with them; but he, detesting their feast, offered to retire. At this the soldiers inquired if he was also a Christian. He answered that he was, and would always continue one: upon which they instantly fell upon him and slew him. Ursus and Victor, two straggling soldiers of this legion, were found at Solodora, now Soleure, and massacred upon the spot. Their relics are still preserved at Soleure. There suffered at Turin, about the same time, SS. Octavius, Adventitius, and Solutor, who are celebrated by St. Maximus in his sermons, and by Ennodius of Pavia, in his poems. These martyrs were styled by Fortunatus, “The happy legion.” Their festival is mentioned on this day in the Martyrologies of St. Jerom, Bede, and others. St. Eucherius, speaking of their relics preserved at Agaunum, in his time, says: “Many come from divers provinces devoutly to honour these saints, and offer presents of gold, silver, and other things. I humbly present this monument of my pen, begging intercession for the pardon of my sins, and the perpetual protection of my patrons.” 1 He mentions many miracles to have been performed at their relics, and says of a certain woman who had been cured of a palsy by them: “Now she carries her own miracle about her.” 2 The foundation of the monastery of St. Maurice at Agaunum is generally ascribed to King Sigismund in 515; but Mabillon 3 demonstrates it to have been more early, and that Sigismund only repaired and enlarged it. 4

In the martyrs we learn the character of true fortitude, of which virtue many may form a very false idea. Real valour differs infinitely from that fury, rashness, and inconsiderate contempt of dangers, which the basest passions often inspire. It is founded in motives of duty and virtue; it doth brave and great things, and it beareth injuries and torments; nor this for hope or reward, the desire of honour, or the fear of punishment; but out of a conscience of duty, and to preserve virtue entire. So infinitely more precious is the least part of integrity than all the possessions of this world, and so much does it overbalance all torments, that, rather than suffer it to be lost or impaired in the least point, the good man is ready to venture upon all perils, and behaves amidst them without terror. This foundation of great and heroical performances, this just and rational, this considerate and sedate, this constant, perpetual, and uniform contempt of dangers, and of death in all its shapes, is only derived from the Christian principle. The characters of true virtue go along with it, especially patience, humility, and gentleness. The Christian hero obeys the precepts of loving his enemies, doing good to those who persecute him, bearing wrong, and being ready to give his coat, without repining, to him who would take away his cloak.

Note 1. P. 275. [back]

Note 2. P. 278. [back]

Note 3. Annal. Bened. t. 1, p. 568. [back]

Note 4. This monastery is still enriched with the relics of the holy martyrs, notwithstanding the several distributions made of them. In the cathedral of Sion a magnificent chapel is dedicated in honour of St. Maurice, who is the principal patron of the Valais.

  In 1489, were found two hundred bodies of the companions of St. Maurice at the village of Schoz about two leagues from Lucerne, where a chapel stood long before, famous for privileges and indulgences. (Murer, Helvet. Sacr. p. 30.) F. Chardon gives a history of the miracles wrought there. St. Maurice and his companions are honoured in many churches of France, Germany, Italy, Spain, and Portugal; and St. Maurice is principal patron of the royal house of Savoy.


  Amedeus VIII. duke of Savoy, having in 1434 resigned the sovereignty, retired to Rapaille, near the lake of Geneva, to lead an eremitical life; and was followed by six gentlemen, all widowers, and above the age of sixty. Here be laid the foundation of the military Order of St. Maurice; of which the king of Sardinia is grand master. The knights can marry but once, unless dispensed with. The Order, in its present state, was instituted by Emmanuel Philibert, duke of Savoy, and confirmed by Pope Gregory XIII. in 1572. See Augustinus Patricius, Hist. Conc. Basil. ap. Labbe, Concil. t. 13, col. 1488.
Joan. Gobelinus, seu Pontius Æneas Sylvius, post Pius II. (qui sub amanuensis sui nomine latere voluit) Comment. vitæ suæ. Petrus Monodus, in Amædæo pacifico (quem librum latine edidit initio sec. xvii.) p. 53.

Agaunum, now called St. Maurice, passed from the kings of Burgundy to the house of Savoy in the eleventh century; but was taken from Charles, father of Emmanuel Philibert, by Francis I. of France, assisted by the Swiss and Genevans. By one of the articles of the treaty of peace, the duke of Savoy consented to give it up to the canton of Valais, on condition that the relics of the martyrs of the Thebean legion should be removed to Turin. The bishop of Sion, protector and governor of Valais, sent notice to the inhabitants of St. Maurice to agree to the treaty, which had been ratified by the oath of the contending powers; and the bishop of Aoste presented himself in the name of the duke of Savoy to demand the relics. This demand threw the whole city into the utmost confusion; the people in exchange offered to give up their troops and money; they endeavoured to engage heaven itself in their interest, by a general fast and public prayers, and even bound themselves by oath at the foot of the altar, rather to sacrifice their lives, than part with the precious treasure. The bishop threatened them with the severest chastisement, but in vain. He then proposed to take half of the relics, which they at length consented to. The ceremony of the translation to Turin was most solemn. The bishops of Aoste, of Verceil, and of Yvree, the clergy, the governors of the towns, with the soldiers, and a number of musicians attended the procession, which was met within a mile of Turin by all the Orders of that city. The relics were deposited in the cathedral, and put into two silver shrines on the 16th of January, 1581. Duke Charles Emmanuel, by an edict of the 23rd of August, 1603, wherein he mentions the favours he had obtained from heaven through the intercession of St. Maurice, ordered his feast to be kept on the 22nd of September, forbidding any servile work on that day under the severest penalties. The same was done by Vincent, duke of Mantua. F. Bernardin Rossignoli, the learned Jesuit, under the name of William Baldesano, canon of Turin, published in Italian at the end of the sixteenth century, a history of St. Maurice, which was reprinted with additions in the beginning of the following century. It gives a detail of the translations we have mentioned, and of the miracles wrought through the intercession of the saint. This is the work which the Bollandists have followed. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume IX: September. The Lives of the Saints.  1866


Mershman, Francis. "St. Maurice." The Catholic Encyclopedia. Vol. 10. New York: Robert Appleton Company, 1911. 22 Sept. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/10068c.htm>.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/9/221.html