mercredi 26 septembre 2012

Les SAINTS MARTYRS CANADIENS



Les Saints Martyrs Canadiens

(XVIIe siècle)

Vers le milieu du XVIIe siècle (1642-1649) une vaillante légion de Jésuites travaillait, dans le Canada encore à peu près sauvage, à la conversion de peuplades féroces, parmi lesquelles étaient surtout les Iroquois. Alors s'ouvrit pour les missionnaires ce que l'on a justement appelé «l'ère des martyrs».

Parmi les premières victimes, on compte le Père Isaac Jogues qui aurait pu se soustraire une première fois au martyre en 1642; mais il ne voulut pas se séparer de ses chrétiens, prisonniers des Iroquois. Après des supplices aussi inouïs que variés, il fut arraché à la mort et ramené en France. Mais son cœur était resté au Canada. Il y revint en 1646, et y reçut bientôt la palme d'un martyre glorieux. Parmi ses compagnons d'apostolat, les coadjuteurs René Goupil et Jean de la Lande, tombèrent aussi sous la hache des iroquois, en haine de la religion chrétienne.

En 1648, le Père Antoine Daniel fut percé de flèches, achevé d'un coup de feu, dépouillé de ses habits et jeté dans le brasier de sa chapelle devenue la proie des flammes.

Quelques mois plus tard, le Père Jean de Brébeuf et le Père Gabriel Lalemant subissent à leur tour les plus affreux supplices. On pique d'abord le Père de Brébeuf avec des alènes rougies au feu, on promène sur ses membres des tisons embrasés, on lui enlève la peau de la tête en forme de couronne. Pour l'empêcher d'exhorter ses fidèles, les bourreaux lui coupent les lèvres, la langue et le nez, lui fendent la bouche jusqu'aux oreilles, enfoncent un fer rouge dans sa gorge; ils coupent des lambeaux de sa chair, les font rôtir et les mangent sous ses yeux. Ils jettent ensuite de l'eau bouillante sur sa tête, enduisent son corps de résine et le font griller lentement; enfin, un chef iroquois lui arrache le cœur, le dévore et boit le sang du martyr. Le Père Lalemant subit un supplice du même genre pendant seize heures et eut enfin le crâne fracassé à coups de hache.

Au nombre des autres victimes des Iroquois furent, en 1649, les Pères Charles Garnier et Noël Chabanel, massacrés dans l'héroïque exercice de leur apostolat.

Le pape Pie XI béatifia ces admirables martyrs, dignes de ceux des premiers siècles, le 21 juin 1925; il les canonisa le 29 juin 1930. Le pape Pie XII a déclaré les saints martyrs canadiens, Patrons secondaires du Canada. – Quelle est divine la religion qui inspire de tels courages et suscite de tels apôtres.

Résumé O.D.M.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/les_saints_martyrs_canadiens.html



À partir du haut vers la droite : Père Jean de Brébeuf († 16 mars 1649), Père Antoine Daniel († 4 juillet 1648), Père Charles Garnier († 7 décembre 1649), Père Isaac Jogues († 18 octobre 1646), Père Noël Chabanel († 8 décembre 1649), Père Grabriel Lalemant († 17 mars 1649). Au centre : Jean de La Lande († 18 octobre 1646) et René Goupil, coadjuteurs(† 29 septembre 1642)

À la gloire de nos Martyrs canadiens

Pour conquérir à Jésus-Christ ce vaste royaume du Canada, entièrement soumis à l’empire du démon, la France envoie un bataillon d’âmes d’élite assoiffées du salut des barbares et du désir du martyre. Québec est le centre des opérations de cette héroïque phalange que rien n’effraye, ni la famine, ni la fatigue, ni les traitements barbares, ni la mort.

Parmi ces héroïques ecclésiastiques qui ont osé traverser l’Atlantique sur des frêles bateaux, risquant leur vie avant même de débarquer sur les rives du Saint-Laurent, pour venir évangéliser les Amérindiens et soutenir la foi de nos vaillants ancêtres, il nous faut nommer nos saints martyrs:

Saint Jean de Brébeuf, saint Gabriel Lallemant, saint Isaac Jogues, saint Charles Garnier, saint Jean de Lalande, saint Noël Chabanel, saint Antoine Daniel, saint René Goupil. Dans ce bref résumé, nous ne pouvons donner les détails de leur glorieux martyre, tous aussi admirables les uns que les autres. Nous ne raconterons que celui de Jean de Brébeuf:

Né le 25 mars (fête de l’Annonciation) 1593 à Condé-sur-Vire en Normandie, Jean de Brébeuf était un des premiers pères jésuites à venir en Nouvelle-France. Il arriva à Québec en juin 1625 et alla vivre auprès des Montagnais et plus tard des Hurons. Il décrivit de façon admirable dans son journal le mode de vie et les moeurs de ces premiers peuples. Ces notes qui furent par la suite reproduites dans les Relations des Jésuites sont aujourd’hui précieuses pour nous aider à comprendre la vie des Hurons avant les guerres et les épidémies qui décimèrent leurs populations. Jean de Brébeuf traduisit un catéchisme et plusieurs prières dans la langue des Hurons et entreprit même la rédaction d’un dictionnaire et d’une grammaire.

A peine arrivé au Canada, le Père de Brébeuf veut pénétrer chez les sauvages. Les sorciers hurons, ministres du démon, lui barrent la route de leur pays. Le Père brise leur résistance et s’élance vers les pays des Grands Lacs. Les difficultés le harcèlent. La mort menace parfois: «Quelle consolation, s’écrie-t-il, de se voir par les chemins abandonnés par les sauvages, languir de maladie ou mourir de faim dans les bois!...»

Pourquoi fuir la mort? Il a promis à Dieu de ne jamais faillir à la grâce du martyre? Ce héros craint pourtant sa faiblesse. Il se cramponne au bras de Dieu. Tout au long du jour, il se tient en communication avec le Tout-Puissant. Celui-ci le comble de consolations, lui montre des visions symboliques qui lui redonnent courage: un jour, au-dessus du pays huron, il aperçoit une large croix, présage de son martyre, que notre saint salue avec transport. Peu de temps après, il meurt pour le nom de Jésus et le salut des âmes.

Le 4 juillet 1648, alors que les guerriers hurons étaient partis pour échanger avec des voisins, les Iroquois attaquèrent les missions de Saint-Joseph et Saint-Michel en Huronnie. Plusieurs habitants furent massacrés dont le père Antoine Daniel qui fut criblé de flèches. Les Iroquois prirent 700 prisonniers.

Le 16 mars 1649, plus de 1000 Iroquois attaquèrent les missions de Saint-Ignace et de Saint-Louis où se trouvaient alors les pères Brébeuf et Lalemant. Les deux hommes furent fait prisonniers et amenés dans un village dans l’actuelle région de Midland, en Ontario. Le père Jean de Brébeuf subit alors un des plus horribles et atroces martyres des annales de la chrétienté.

Le soir même, il est mis à la torture. Debout les deux mains serrant le poteau, il supporte sans broncher les plus affreux tourments. On lui enfonce des alênes dans l’avant-bras jusqu’au coude. On lui fend la bouche, on lui scie le nez, on lui scalpe la tête. Les sauvages taillent sur son corps frémissant, des bandes de chair, qu’ils mangent avec appétit. On lui fait couler de l’eau bouillante sur le crâne, pour ridiculiser le sacrement du baptême. Les Iroquois avaient également placé un collier de haches rougies autour de son cou et de son ventre et lui avaient arraché les lèvres parce qu’il ne cessait de parler de Dieu alors qu’ils le torturaient. Finalement, il fut scalpé et on lui arracha le coeur de la poitrine, pour le dévorer (les Iroquois espéraient ainsi acquérir le courage de ce «Lion des missions canadiennes».

Ces tortures furent rapportées par Christophe Regnault qui put observer le cadavre. Le corps avait été sauvagement battu et avait reçu au moins 200 coups de bâtons. La nation huronne tout entière fut bientôt décimée. Quelques survivants se réfugièrent chez des nations alliées du nord ou encore allèrent chercher refuge près de Québec où leurs descendants vivent toujours. Saint Jean de Brébeuf fut proclamé Saint Patron du Canada en 1940 par le Pape Pie XII.

Tiré du livre Nos Gloires du Frère Gérard Champagne e.c.

SOURCE : http://www.michaeljournal.org/martyrscanadiens.asp



LES SAINTS MARTYRS CANADIENS


L’ALLIANCE DOIT ÊTRE SCELLÉE


À la suite de Jacques Cartier et de Samuel de Champlain, les Français sont venus en terre canadienne pour y planter la Croix afin que « soient illuminées les âmes qui gisent dans les ténèbres ». En cela, ils correspondent à un dessein particulier de Dieu, dessein manifesté à maintes reprises, nous l’avons vu, par des vocations exceptionnelles. Ces interventions divines fondent une alliance qui doit être encore scellée et doit engager Dieu et son peuple élu par un acte solennel et sacré. Cet acte est l’immolation de victimes pures, aussi parfaites que possible, offertes par le peuple à l’agrément de Dieu. Le mémorial ou souvenir de cet événement rappelle à tout le peuple son élection et ses devoirs.

C’est le sacrifice des saints martyrs canadiens qui tient lieu, dans notre Histoire sainte du Canada, de solennel sceau de l’alliance divine. On en trouve la confirmation sous la plume du P. Le Jeune, supérieur des jésuites du Canada lorsqu’il écrit en 1637 : « Le grand prêtre n’entrait point jadis dans le Saint des saints qu’après l’effusion du sang de quelque victime. J’ai bien de la peine à me persuader que ces peuples entrent en l’Église sans sacrifice, je veux dire, sans que quelqu’un de ceux qui les instruiront soit mis à mort ».

Le P. Le Jeune exprime bien ainsi comment la mission canadienne s’intègre dans la grande mystique de la Rédemption, celle de l’Alliance éternelle scellée dans le Précieux Sang de Notre-Seigneur par le Sacrifice du Calvaire. Nous allons voir les saints martyrs canadiens s’affirmer tout à fait conscients et enthousiastes d’avoir reçu cette vocation.

LA COMPAGNIE DE JÉSUS

Dès sa fondation, la chrétienté canadienne a des liens très étroits avec les Pères jésuites. À l’époque précise où Champlain pose les bases de l’installation française au Canada, la Compagnie de Jésus connaît un remarquable essor. Ses quinze mille membres se montrent parmi les plus zélés propagateurs des réformes du Concile de Trente et du renouveau mystique qui en est issu. En 1622, la double canonisation de saint Ignace de Loyola, le fondateur, et de saint François Xavier, l’apôtre, a fait resplendir tout l’ordre d’une gloire bien méritée. C’est le Très Révérend Père Mutius Vitelleschi, général de la Compagnie de 1617 à 1647, qui anime la ferveur de tous en accordant plus d’importance à l’oraison et aux progrès spirituels des Pères qu’à leurs succès apostoliques.

La province de Paris est illustrée par des Pères de grand renom. Citons le P. Coton, longtemps provincial et qui manifeste un grand zèle pour le Canada. Il conserve filialement la spiritualité des premiers jésuites, une spiritualité reçue au noviciat de Rome où il fut condisciple de saint Louis de Gonzague et élève de saint Robert Bellarmin. Un autre jésuite célèbre est le Père Louis Lalemant. Il forme à sa haute spiritualité plusieurs missionnaires du Canada, entre autres les PP. Ragueneau, Jogues, Daniel et Le Jeune. C’est donc la province de Paris qui a pris en charge les missions de Nouvelle-France.

LES JÉSUITES AU CANADA

Au Canada, les bons Pères travaillent beaucoup, d’abord en Acadie, puis, à partir de 1625, sur les rives du Saint-Laurent. Non seulement ils construisent leurs habitations et défrichent des terres, mais ils se sont aussi mis à l’étude des langues indiennes. Ainsi ils peuvent commencer la prédication auprès des tribus nomades et envoyer, dès 1626, saint Jean de Brébeuf en mission chez les Hurons.

Malheureusement, la prise de Québec en 1629, les chasse du pays avant même d’avoir pu récolter les premiers fruits de cet apostolat. Le Canada ne sort pourtant ni du cœur ni de la pensée des premiers missionnaires. Saint Jean de Brébeuf, convaincu que ses péchés sont la cause de la défaite, est poussé à faire en 1630 le vœu suivant : « Seigneur Jésus-Christ, mon Rédempteur, je promets de te servir toute ma vie dans la Compagnie de Jésus et de ne servir nul autre si ce n’est toi ou à cause de toi ; je signe cela de mon sang et de ma main, prêt à répandre ma vie aussi volontiers que cette goutte. » De son côté le Père Ennemond Massé se mortifie pour mériter la grâce de retourner au Canada : « Une vocation si sublime, en un mot le Canada et ses délices qui sont la Croix, dit-il, ne se peut obtenir que par des dispositions conformes à la Croix. »

Après la signature du traité de Saint-Germain et la restitution du Canada, les candidatures affluent pour les missions de la Nouvelle-France. Parmi elles il faut citer celles du bienheureux Julien Maunoir, le futur apôtre de la Bretagne, et de saint François Régis qui écrit deux lettres au Père général pour demander le Canada. La généreuse ardeur qui soulève ces candidats apparaît dans la lettre de l’un d’eux à sa mère : « Nous sommes poussés, écrit saint Isaac Jogues, à demander avec importunité d’être envoyés dans ces contrées où, comme il y a plus à souffrir, on témoigne aussi à Dieu plus sincèrement l’amour qu’on a pour lui. »

Mais, si beaucoup se sentent appelés, peu sont élus. Ils commencent à revenir au Canada à partir de 1632, sous la direction du P. Le Jeune. En 1633, les Pères de Brébeuf et Massé voient leurs vœux exaucés.

L’ŒUVRE MISSIONNAIRE SUR LES BORDS DU SAINT-LAURENT

Le P. Paul Le Jeune doit reprendre toute l’œuvre si difficilement commencée et si rapidement ruinée. Mais ce protestant excellemment converti est un génie de l’organisation et un apôtre au zèle débordant. Nous avons déjà dit comment il avait ouvert un séminaire pour jeunes garçons et fondé la réduction de Sillery. Il en a conçu l’idée après avoir suivi quelques familles indiennes tout un hiver dans les bois et la neige sans autre résultat que de revenir très malade.

Cela lui a fait comprendre qu’« on ne doit pas espérer grand-chose des sauvages tant qu’ils seront errants ». Il veut donc organiser des villages indigènes sur le modèle des réductions d’Amérique du Sud dont l’efficacité apostolique fait alors merveille. Quand les Indiens seront fixés en un lieu bien choisi, on pourra leur enseigner les vérités de la foi en même temps qu’on leur apprendra à vivre de la culture de la terre ; sinon « vous les instruisez aujourd’hui, demain la faim vous enlèvera vos auditeurs », et alors, « ils sont tellement occupés à quêter leur vie parmi ces bois qu’ils n’ont pas le loisir de se sauver, pour ainsi dire ».

Le projet du P. Le Jeune vise donc à assurer aux Indiens la vie surnaturelle et la prospérité temporelle. Ainsi naît le village de Sillery, aux portes de Québec. En 1637, deux familles algonquines, soit vingt personnes, viennent s’y établir et en 1641 on y peut compter trente familles. Sillery devient un important foyer de conversion : les Indiens qui sont venus vendre des fourrures à Québec vont visiter les néophytes avant de retourner dans leurs montagnes. En 1645, les registres comptent déjà 167 baptêmes.

Les Attikamègues, nomades de la vallée du Saint-Maurice ont aussi réclamé des missionnaires. Dès 1634, Champlain y a envoyé le sieur Laviolette édifier les fortifications d’une place qu’on nomme Trois-Rivières. C’est là que le P. Buteux va se dévouer.

La nouvelle résidence est placée sous le patronage de l’Immaculée Conception en exécution d’un vœu solennel fait le 8 septembre 1635 par les jésuites : « Nous reconnaissons évidemment qu’il faut que ce soit le Ciel qui convertisse la terre de Nouvelle-France. C’est pourquoi nous avons tous été d’avis de recourir à la Très Sainte Vierge, Mère de Dieu, par laquelle Dieu a coutume de faire ce qui ne peut se faire et convertir les cœurs les plus abandonnés. Nous promettons et faisons vœu de célébrer douze fois, dans les douze mois suivants, le sacrifice de la sainte messe pour ceux qui sont prêtres et pour les autres de réciter douze fois le chapelet de la Vierge en l’honneur et en action de grâces de son Immaculée Conception, promettant en outre que si on érige quelque église ou chapelle stable dans ces pays, dans le cours de ce temps limité, nous la ferons dédier à Dieu sous le titre de l’Immaculée Conception. »

Le P. Buteux va passer dans cette région plus de quinze années d’apostolat et remonter très loin le long du Saint-Maurice afin d’évangéliser les tribus nomades. Plusieurs familles indiennes se fixent autour de la résidence des Pères ; par la suite, cette réduction sera transportée au cap de la Madeleine qui est concédé en fief aux jésuites. Le Père Buteux sera tué par des Iroquois alors qu’il remontait encore une fois la vallée du Saint-Maurice.

La veille de ce dernier départ, cet intrépide Picard écrit : « Dieu veuille qu’enfin nous partions une bonne fois et que le Ciel soit le terme de notre voyage. Je pars accompagné de mes misères, j'ai grand besoin de prières. Le cœur me dit que le temps de mon bonheur approche. »

Le Saint-Maurice est son tombeau, son corps ayant été jeté dans la rivière, probablement à proximité de l’actuelle Shawinigan.

Il y a également une réduction à Tadoussac, mais les grands espoirs que le P. Le Jeune plaçait dans ces établissements sont souvent déçus. Les Indiens les quittent, attirés par la vie nomade moins monotone et astreignante que la culture. Puis la terreur des Iroquois achève de vider ces réductions. Elles sont pourtant d’excellents instruments de prédication et la piété qui y règne fait l’admiration de tous. « Il semble que la ferveur de la primitive Église soit passée dans la Nouvelle-France et qu’elle embrase les cœurs de nos bons néophytes », écrit Marie de l’Incarnation après avoir visité Sillery.

LA MISSION CHEZ LES HURONS

Ces différents établissements ne font pas oublier au P. Le Jeune l’apostolat auprès des Hurons. Ainsi saint Jean de Brébeuf est envoyé, peu après son arrivée, reprendre la mission entreprise, à plus de trois cents lieues de Québec, sur les bords de la baie Georgienne, vaste prolongement oriental du lac Huron. Bientôt d’autres Pères arrivent en renfort et sont répartis par le P. de Brébeuf dans différentes bourgades.

Les Hurons, au total dix mille âmes à cette époque, exercent une grande influence sur toutes les autres nations indiennes de la région ; par un système d’alliances, ils sont parvenus à monopoliser le commerce avec les Français. Leur vie à la fois nomade, pour la chasse et la pêche, et sédentaire, pour la culture du blé d’inde (ou maïs) et des citrouilles, leur confère une stabilité propice à l’évangélisation. Ils habitent une vingtaine de bourgades réparties entre la baie Georgienne, à l’ouest, et le lac Simcoe, à l’est. Plus loin, au sud, le lac Ontario les sépare des cinq nations iroquoises, leurs redoutables ennemis héréditaires.

Pour accéder au pays des Hurons, le voyage est harassant et dure généralement un mois. Après avoir remonté le Saint-Laurent jusqu’à l’île de Montréal, il faut emprunter la rivière des Outaouais afin d’éviter le territoire des Iroquois. Chaque rapide, et ils sont nombreux sur cette rivière, oblige à faire un portage. « Vous êtes en danger cinquante fois le jour de verser ou de briser sur les roches. Vous montez quelquefois cinq ou six sauts en un jour et n’avez le soir pour tout réconfort qu’un peu de blé battu entre deux pierres et cuit avec de la belle eau claire. Pour lit la terre et bien souvent des roches inégales et raboteuses. »

Les Hurons acceptent les Robes noires, plus pour bénéficier de la protection française que par désir de conversion. Les débuts sont très difficiles et même décevants. En trois ans, les Pères ne peuvent compter qu’un seul baptême d’adulte, mis à part ceux donnés aux mourants. En 1637, le P. de Brébeuf prévient de ces difficultés les jésuites qui, en France, demandent la mission canadienne : « Jésus-Christ est notre vraie grandeur, c’est lui seul et sa croix qu’on doit chercher, courant après ces peuples. Mais ayant trouvé Jésus-Christ en sa croix, vous avez trouvé les roses dans les épines, et la douceur dans l’amertume, le tout dans le néant. »

Cela incite le P. Le Jeune à être exigeant : « Je demande les meilleurs ouvriers que je peux, parce qu’il faut ici, en vérité, des esprits qui viennent à la croix et non aux conversions et qui soient extrêmement souples et dociles, autrement il n’y a plus de paix et par conséquent point de fruit. » Une profonde vie mystique est donc nécessaire pour endurer des conditions de vie tout à fait héroïques : « Les cinq ou six mois de l’hiver se passent dans ces incommodités presque continuelles, les froidures excessives, la fumée et l’importunité des sauvages. Nous avons bâti une cabane bâtie de simples écorces, mais si bien jointes que nous n’avons que faire de sortir dehors pour savoir quel temps il fait. »

Comme toujours, les sorciers sont les ennemis les plus acharnés des missionnaires qui dénoncent leurs mascarades. Alors, utilisant l’immense crédulité superstitieuse des Hurons, ils font croire que les Européens sont la cause des calamités. Il n’y a donc nulle sécurité pour nos apôtres. « Il faut s’attendre journellement à mourir de leur main, si la fantaisie leur en prend, si un songe les y porte, si nous ne leur donnons la pluie et le beau temps à commandement. » Quelques événements malheureux vont aider les sorciers à détourner des missionnaires tous les Hurons, même les catéchumènes : ce sont les épidémies meurtrières.

Généralement, les auteurs affirment que les Européens portent des maladies contre lesquelles les Indiens ne disposent d’aucune immunité naturelle héréditaire. Cependant, dans son savant ouvrage : “ La mission des jésuites chez les Hurons ”, le P. Lucien Campeau prouve par une étude exhaustive qu’aucune des plus violentes épidémies n’a eu comme foyer la petite colonie française. Néanmoins, lors de la grave épidémie de 1637, la calomnie l’emporte et suffit à faire décréter par les délégués de tous les villages, la mise à mort des missionnaires afin de conjurer les mauvais sorts. Les jésuites l’apprennent et chargent le P. de Brébeuf d’écrire à leurs supérieurs de Québec et de France qu’ils sont prêts à verser leur sang :

« C’est une faveur singulière que Notre-Seigneur nous fait de nous faire endurer quelque chose pour son amour. C’est maintenant que nous estimons vraiment être de sa Compagnie. Qu’il soit béni à jamais de nous avoir, entre plusieurs autres meilleurs que nous, destinés en ce pays pour lui aider à porter sa Croix. S’il veut que dès cette heure nous mourions, ô la bonne heure pour nous ! S’il veut nous réserver à d’autres travaux, qu’il soit béni ! »

Dans un danger si extrême, ils se recommandent à saint Joseph et lui promettent chacun une neuvaine de messes en son honneur. La neuvaine n’est pas achevée qu’il se produit parmi les Hurons un revirement inattendu. Non seulement on cesse de parler de mise à mort, mais bien plus, des jeunes gens viennent demander aux Pères de les instruire des mystères de la foi. Le changement, obtenu par saint Joseph, dans l’attitude des anciens, fait « espérer qu’un jour, le grand Patron de nos Infidèles fera paraître des effets encore plus admirables dans le changement de leurs cœurs. »

La résidence de Sainte-Marie (1639-1649) comprenait trois sections, séparées par des palissades : celle des Français (Pères et Frères, “ donnés ”, employés salariés, jeunes garçons, quelques soldats) ; celle des Hurons chrétiens, qui y venaient prier, s'y faire catéchiser ou soigner ; celle des Hurons païens, attirés là par les nécessités de la vie et la charité de l'accueil. À Sainte-Marie se faisait la retraite annuelle des missionnaires, se discutait l'orientation de la pastorale, se rédigeaient lettres et relations.

LA MISSION SAINTE-MARIE-DES-HURONS

En 1638, le P. Jérôme Lalemant est envoyé comme nouveau supérieur des missionnaires. Avec lui, la mission huronne va prendre un autre visage. Le P. Lalemant est un homme de grande envergure. Effrayé par la misère où vivent les Pères et par leur dépendance constante des Indiens qui envahissent leur cabane, il décide de créer une mission stable, Sainte-Marie-des-Hurons, d’où les jésuites pourront rayonner. Établie en dehors des villages, elle comprendra une maison et une chapelle assez vastes pour regrouper tous les Pères et leurs auxiliaires, un hôpital et une hospitalité pour les catéchumènes et néophytes indiens. Puis viendront s’y adjoindre une maison pour les catéchismes, une réserve de vivres et un atelier de forgeron.

À l’écart, on trouvera encore une maison d’hospitalité pour les païens qui ont besoin de quelque secours, le tout entouré d’une palissade de pieux, flanquée de quatre bastions surmontés d’une grande croix chacun. Cela constitue un bon refuge pour les Pères et les Hurons en cas d’attaque iroquoise. Des fouilles récentes ont mis au jour les fondations de cet établissement modèle, découvrant de belles voûtes en maçonnerie ainsi qu’un canal à quatre écluses, d’une conception ingénieuse, probablement due à saint Charles Garnier. Ces écluses permettent le déchargement à l’intérieur des palissades et au niveau de la mission des canots arrivant par la rivière proche. L’ensemble, entièrement reconstitué sur une surface de 9000 m2, donne une idée de l’œuvre qu’ont pu accomplir les missionnaires et leurs auxiliaires malgré l’éloignement.

LES DONNÉS

Pour assister les Pères et s’occuper des tâches multiples, les frères jésuites ne suffisent pas. Aussi, après de nombreuses démarches, le P. Lalemant obtient des supérieurs français et romains l’autorisation de créer une nouvelle catégorie d’auxiliaires : les donnés. Ces pieux laïcs désireux de servir l’œuvre des missions se donnent à l’Ordre comme bénévoles et la Compagnie de Jésus s’engage à les nourrir. Ils ne prononcent pas de vœux mais sont pour ainsi dire tenus au célibat. Ils rendent possibles la vie et l’apostolat des missionnaires en les aidant dans tous leurs travaux : culture du blé d’inde, soin du bétail, courses à Québec, conduite des canots et pêche sur les lacs ; ils sont surtout précieux pour la chasse, car les religieux ont l’interdiction de porter des armes.

Dans les lettres des missionnaires on ne relève jamais de critiques contre les donnés, jamais occasion de scandales. C’est qu’ils entrent parfaitement dans l’esprit des missionnaires et partagent d’une manière cachée et périlleuse leurs ardeurs apostoliques. Libérés de leurs engagements, certains fonderont des familles exemplaires, tels Guillaume Couture et Eustache Lambert. Mais la plupart entrent dans la vie religieuse ou restent donnés. Deux donnés ont reçu la palme du martyre : saint René Goupil et saint Jean de la Lande.

Il y a enfin à la mission quelques jeunes garçons confiés par leur famille aux jésuites afin d’apprendre les langues indigènes et de devenir interprètes. Deux d’entre eux joueront un grand rôle dans la vie canadienne : Pierre Boucher, futur gouverneur de Trois-Rivières et fondateur de Boucherville, et Charles Le Moyne qui fondera Longueil et dont les fils s’illustreront dans la défense du pays.

LA VIE À LA MISSION

Sainte-Marie-des-Hurons est avant tout une maison religieuse, un foyer pour les missionnaires. La mission est placée sous le patronage de Notre-Dame de la Conception. L’église des indigènes est consacrée à saint Joseph, patron du pays, « pour ne pas séparer ceux que Dieu a unis si étroitement », explique la Relation de 1640. Malgré les rudes conditions de vie, la discipline religieuse est grandement à l’honneur parmi les Pères. D'ailleurs, le Père Jérôme Lalemant y veille.

Sa précision coutumière se retrouve dans l’horaire : lever à 4 heures, messes et dévotions jusqu’à 8 heures, visite des cabanes jusqu’à midi. Leçon de catéchisme au son de la cloche et, à 5 heures, conférence spirituelle pour y faire le point des travaux et étudier les progrès à obtenir. Un tel cadre suppose une ardente vie de communauté qui transparaît dans les lettres et les écrits laissés par les missionnaires. Nous ne pourrons en citer que quelques extraits mais ils nous feront déjà entrer un peu dans l’intimité de ces âmes d’élite marchant vers les sommets de la sainteté.

LA VIE SPIRITUELLE DES MISSIONNAIRES

C’est avant tout la dévotion à la sainte Eucharistie qui fournit à ces jésuites la force nécessaire dans toutes leurs difficultés. Le P. Buteux a écrit son édification d’avoir vu saint Isaac Jogues faire son action de grâces « comme d’une âme collée, s’il faut ainsi dire, au Saint-Sacrement ». « Il est la source de toute douceur et tout le soutien de notre cœur », s’exclame saint Charles Garnier. Dans la misère des cabanes, Jésus-Hostie est le réconfort de tous. « N’est-ce pas être en Paradis jour et nuit, dit saint Jean de Brébeuf, de n’être séparé de ce Bien-Aimé des nations que de quelque écorce ou branche d’arbre ? »

C’est devant le tabernacle que ce saint missionnaire reçoit le plus de grâces mystiques : « Il semble que Dieu, suppléant à ce qui nous manque, comme en récompense de lui avoir trouvé place dans ces pauvres cabanes, nous veuille combler de bénédictions. » Et de fait, Notre-Seigneur lui apparaît souvent “ sans forme ni beauté ”, ou crucifié. Mort à lui-même, saint Jean de Brébeuf est orné de dons précieux : la douceur à l’égard de tous, l’indifférence à tous les événements et la patience pour supporter l’adversité.

CONSOLATIONS ET COMBATS SPIRITUELS

Tous les Pères reçoivent la direction spirituelle du P. Chastelain. Certains jouissent de fortes consolations spirituelles. Ainsi, le P. Chaumonot écrit à la fin de sa vie : « Depuis cinquante-cinq ans au moins, je n’ai éprouvé ni sécheresse, ni ennui, ni dégoût dans mes oraisons. La divine bonté montre plus de tendresse au plus petit et au plus faible de ses enfants. Ce n’est pas qu’elle l’aime plus mais elle connaît que, sans ce secours, il ne ferait que languir. » Tout autre est la vie spirituelle d’un jeune missionnaire de la Province de Toulouse, le P. Noël Chabanel.

Le P. Ragueneau écrit de lui : « Son humeur était si éloignée des façons d’agir des sauvages qu’il ne pouvait quasi rien agréer en eux ; leur vue lui était onéreuse, leur entretien rebutant, et il ne pouvait se faire aux vivres du pays. » En plus de ces épreuves matérielles, Dieu se cache, le laissant en proie au dégoût. Tenté violemment par le désir de revoir la France, « jamais pour tout cela il n’a voulu se détacher de la croix où Dieu l’avait mis ; au contraire, il s’obligea par vœu d’y demeurer jusqu’à la mort afin de mourir en la croix. » Il prononce son « vœu de perpétuelle stabilité en cette mission des Hurons », le jour de la Fête-Dieu de l’an 1647, se disposant au sacrifice suprême.

L’AMOUR DE LA CROIX

C’est par l’amour de Jésus, et de Jésus crucifié, que tous les Pères se ressemblent. Sans cesse revient dans leurs textes le désir d’être attachés avec Jésus à la croix pour le salut des âmes. Dès son arrivée, saint Charles Garnier soupire : « Si j’eusse eu assez de cœur et de courage, je ne doute point que Notre-Seigneur ne m’eût donné un bout de sa croix à porter », « car c’est un témoignage assuré que Dieu nous aime, que de nous faire porter la croix de son Fils ». Il écrit encore à son frère : « Si le Canada est pour moi un temple saint, le pays des Hurons en est le Saint des saints : on y doit jouir des chastes embrassements de l’Époux sacré, et tout ensemble on y est attaché à la croix car Jésus et la croix sont inséparablement unis. »

LE DÉSIR DU MARTYRE

Cette croix tant aimée prend corps davantage chaque jour et se dresse sur l’horizon, du côté des Iroquois, comme la voit apparaître dans le ciel saint Jean de Brébeuf. « Cette croix était assez grande pour y attacher tous les Pères », elle signifie le martyre. Tous s’y préparent depuis le moment où ils ont demandé d’être envoyés dans cette mission. Dès 1639, saint Jean de Brébeuf prononce ce vœu sublime : « Oui, mon Seigneur Jésus, je fais vœu de ne jamais manquer la grâce du martyre si, dans votre miséricorde, Vous l’offrez à votre indigne serviteur (...). Je vous offre donc dès aujourd’hui et de grand cœur, ô mon Seigneur Jésus, et mon sang et ma vie, afin que si vous m’en accordez la grâce, je meure pour vous qui avez daigné mourir pour moi. Faites que je vive de manière à accepter ce genre de mort. Ainsi, Seigneur Jésus, je prendrai votre calice et j’invoquerai votre nom, Jésus, Jésus, Jésus. »

À cette vocation de victime pour l’extension de la foi au Canada, chacun se livre de grand cœur. « Ô mon cher frère, écrit saint Charles Garnier, bénissez Dieu de ce qu’il m’a donné des frères martyrs et des saints qui aspirent tous les jours à cette couronne. Je me regarde dorénavant comme une hostie qui est à immoler. » Et saint Noël Chabanel, que nous avons vu si tourmenté par la nature, n’est pas en reste : « Hélas, il faut une vertu d’une autre trempe que la mienne pour mériter l’honneur du martyre. Ce sera quand il plaira à la divine bonté pourvu que de mon côté je tâche de me faire martyr dans l’ombre, d’un martyre sans effusion de sang. Souvenez-vous de moi au saint autel comme d’une victime destinée peut-être au feu des Iroquois. » Il obtiendra, lui aussi, la palme du martyre.

LA PRÉDICATION CHEZ LES HURONS

Fortifiés spirituellement par leur vie de communauté à Sainte-Marie, les missionnaires sont prêts à affronter toutes les peines. Après le retour des hommes de la chasse, le P. Lalemant envoie ses prédicateurs, le plus souvent deux par deux, dans les différents villages hurons. On signale qu’à l’arrivée des PP. Garnier et Le Moyne à Teanaustaie, la principale bourgade, se produisent plusieurs guérisons extraordinaires, ce qui facilite les débuts.

Mais ce fait est exceptionnel et le véritable miracle, selon le jugement de leur supérieur, est la vie même des missionnaires. « Quand je les vois embrasser la croix avec plaisir, les souffrances avec joie et les mépris avec amour, étant continuellement exposés à mille dangers de la mort, il me vient en pensée que Dieu voulait qu’une vertu si forte suppléât au défaut de miracles. »

Les différents villages sont placés sous le patronage de grands saints chers à nos jésuites : outre l’Immaculée Conception (Ossossané) et saint Joseph (Teanaustaïe), il y a saint Ignace, saint Michel, saint Louis, saint Jean-Baptiste. Lorsqu’ils y arrivent, les Pères doivent trouver l’hospitalité d’une cabane qui sera également le cadre de la prédication.

La cabane huronne, comme celle des Iroquois, se présente comme une voûte allongée que forment des perches jointes au sommet. Les cabanes les plus importantes peuvent atteindre 60 mètres de longueur. Sur l’allée centrale, qui court d’un bout à l’autre, s’alignent des feux, chacun servant pour deux ménages établis de part et d’autre de l’allée. Des écorces recouvrent l’armature de perches, laissant le sommet découvert pour qu’entrent l’air et la lumière et sorte la fumée quand le vent ne la refoule pas.

À l’intérieur, ce que découvrent les missionnaires est plutôt différent de l’imagerie romantique maintenant popularisée : « Si vous les allez trouver dans leurs cabanes, vous y trouverez une petite image de l’enfer, n’y voyant pour l’ordinaire que feu et fumée et des corps nus de çà et de là, noirs et à demi rôtis, pêle-mêle avec des chiens qui sont aussi chéris que les enfants de la maison, dans une communauté de lit, de plat et de nourriture avec leurs maîtres. » Les Hurons sont difficiles à convertir. Ils se vantent de leurs impudicités et beaucoup s’éloignent quand on leur parle de “ crucifier leur chair ”, selon l’expression du P. de Brébeuf.

Malgré les difficultés rencontrées par les missionnaires jésuites dans leur prédication chez les Hurons, plusieurs âmes droites se convertissent, même parmi les capitaines les plus réputés. Leur exemple produit alors plus d’effet que beaucoup d’efforts des prédicateurs.

Les Relations ont conservé le portrait de plusieurs de ces convertis exemplaires. Il faut évoquer d’abord ce Joseph Chiouatenhoua qui est le premier Huron à suivre les Exercices de Saint-Ignace en huit jours. Son confesseur, le P. Lemercier, a heureusement consigné une méditation du néophyte : « Seigneur Dieu, je me réjouis de te connaître enfin. Tu as fait le ciel et la terre. Tu nous as créés, les hommes. Tu es notre maître comme nous le sommes du canot et de la cabane que nous avons faits (...). Oui, tu nous aimes. Je me consacre à toi. Tu es mon seul maître. Fais de moi ce que tu voudras. C’est en ta parole que j’espère. On ne doit plus craindre la souffrance dans la vie. Car nous en retirerons un accroissement de joie dans le Ciel et plus de courage dans l’affliction. Vraiment la mort n’est pas à craindre car c’est précisément ce qui nous ouvre le bonheur du Ciel. »

Ce bon chrétien se porte souvent au secours des Pères, et il décide un jour d’agrandir sa cabane afin qu’une chapelle assez décente pour son Dieu puisse y trouver place. En ayant reçu la garde, il s’écrie : « Hélas, mon Dieu, il faut un saint pour garder les choses saintes. J’ai soin de votre temple, ayez soin de mon âme, mon Dieu c’est à vous de me sanctifier. »

Joseph est le seul baptisé qui reste ouvertement fidèle durant la tempête provoquée par l’épidémie de 1639. Chose rare parmi les Hurons, il tient à s’instruire et passe même un hiver entier à Sainte-Marie pour apprendre à lire et à écrire. Un jour de 1640, il succombe dans son champ sous les coups de deux Iroquois embusqués, mais son frère Teondechoren se fait alors baptiser et perpétue ses vertus et son exemple.

Étienne Totihri, lui, est un ancien. À la mission Saint-Joseph, il rassemble les chrétiens dans sa cabane pour le catéchisme et pour la prière du matin et du soir. Il avoue recevoir des grâces mystiques. « Ce n’est point un mensonge que Jésus-Christ soit en l’Hostie : je l’y sentis le jour de Noël après avoir communié. » Il aime passer plusieurs jours de suite à Sainte-Marie pour prier. Un jour, une grâce intime le pousse à aller prêcher la nation des Neutres, tribus païennes qui ont repoussé les missionnaires. Il y reste plus d’un mois, gardant toujours son chapelet bien visible autour du cou, ce qui attire les questions des indigènes et lui permet de prêcher la foi avec succès.

Dans les villages, les convertis doivent souvent affronter les païens de leur entourage et certains sont même obligés de partir, chassés par le parti des sorciers. Quelquefois les missionnaires ont la douleur de voir des néophytes apostasier et devenir parmi les plus acharnés persécuteurs. Mais dans l’ensemble, la persécution fortifie plutôt la foi des chrétiens. La plupart ont pris l’habitude de se confesser une fois par semaine et ceux qui sont admis à communier s’y préparent plusieurs jours à l’avance. Vers midi, ils s’assemblent au son de la cloche pour le sermon ou le catéchisme, et ensuite récitent le chapelet.

Les baptêmes ont généralement lieu très solennellement à la mission Sainte-Marie ; c’est là aussi que les chrétiens affluent un dimanche sur deux, lorsque les chemins sont libres ; ils s’édifient alors mutuellement entre convertis des différents villages et nourrissent leur piété et leur admiration de l’Église en de grandioses cérémonies. À partir de 1646, grâce aux progrès du christianisme un peu partout dans le pays, des missions stables sont créées dans chaque village. Les baptêmes se multiplient : 164 en 1646, 525 en 1647.

La moisson commence à lever. Mais, parallèlement, les Iroquois accroissent leur menace et resserrent leur étreinte.

LES PRÉMICES DU SACRIFICE : SAINT ISAAC JOGUES ET SES COMPAGNONS

LA GUERRE IROQUOISE

Les Iroquois, établis au sud du lac Ontario et le long de la rivière Mohawk, pratiquent le commerce des fourrures avec la colonie hollandaise qui s’étend le long de la rivière Hudson, depuis Fort-Orange (maintenant Albany) jusqu’à la Nouvelle-Amsterdam (aujourd’hui New York). Ce ne sont pas seulement des intérêts économiques qui poussent les Iroquois à la guerre contre toutes les autres nations voisines, mais aussi de vieilles revanches à prendre. Aussi, devenus maîtres de la voie du Saint-Laurent, se soucient-ils moins d’exploiter cet important réseau de traite à leur profit que d’exterminer les nations qu’ils n’ont pu encore atteindre : Algonquins, Outaouais, Pétuns, Neutres, Ériés...

Jusqu’en 1639, il n’y a pas de vrai vainqueur. La guerre, perpétuelle, consiste surtout à utiliser contre les hommes les techniques de la chasse. Or à cette date, les états généraux de Hollande décident d’établir dans leur colonie américaine la liberté du commerce. Les trafiquants anglais et hollandais affluent alors, venant s’installer près des Iroquois. Ils accumulent de gros profits en échangeant les peaux de castor contre de l’eau-de-vie et des armes à feu, ce que les colons français s’interdisaient de pratiquer.

Dès ce moment, dans les guerres indiennes la lutte est déséquilibrée ; les Hurons, comme toutes les nations avoisinantes, sont menacés. Ce n'est qu'à partir de 1641 que le gouverneur français Montmagny va autoriser la vente des armes à feu aux Hurons chrétiens uniquement. Il offre lui-même une arquebuse à son filleul Charles Sondatsaa. Mais il est déjà trop tard : pour s'approvisionner, les Hurons doivent franchir les lignes iroquoises, ce qui est bientôt une impossibilité.

Car en peu de temps, la tribu des Agniers, la plus proche de la Nouvelle-Hollande, est équipée de quatre cents arquebuses. Forts de cet armement, ses guerriers descendent la rivière Richelieu, ou “ Rivière des Iroquois ”, pour barrer le passage du Saint-Laurent. Cette voie de communication est vitale, non seulement pour les Hurons et leurs missionnaires, mais aussi pour toute la colonie française. Il faut se rappeler que les bénéfices tirés du commerce des fourrures constituent l’unique contrepartie des immenses capitaux engagés par la compagnie des Cent-Associés dans l’œuvre colonisatrice et que seuls ils justifient l’armement chaque année des navires pour le Canada.

PRISONNIERS DES IROQUOIS

En 1642, une vingtaine de Hurons parmi les meilleurs chrétiens décident de forcer le passage et de porter les peaux à Québec. Ils y parviennent sans encombre, mais au retour, le 2 août, près de Trois-Rivières, ils sont capturés par les Iroquois. Le P. Jogues qui les accompagne réussit à se cacher au milieu des roseaux. Mais, pour ne pas abandonner ses chrétiens ni le donné René Goupil, il se livre et baptise aussitôt un vieillard qui sera tué quelques heures plus tard sur le lieu même de son baptême. Le jeune et agile Guillaume Couture avait lui aussi réussi à s’échapper en compagnie de quelques Hurons. Mais pour ne pas laisser « son Père », il revient sur ses pas et se constitue prisonnier à son tour. Comme tous les autres, il ne tarde pas à subir les supplices rituels que les Iroquois réservent à leurs prisonniers : ongles arrachés, doigts broyés sous les dents des vainqueurs et, lorsqu’on arrive en territoire iroquois, bastonnade dans chaque village. Et ce n’est qu’un début d’horribles récits dont la lecture remplit d’admiration pour ces Indiens chrétiens.

Voici Eustache Ahatsistari, le plus vaillant chef de guerre huron, dont le baptême a été déterminant pour le progrès de la foi en Huronie. Tandis qu’on le brûle avec des raffinements de cruauté, il pardonne à ses bourreaux, attitude tout à fait nouvelle dans ces contrées. Tous les Hurons prisonniers sont baptisés ou confessés par le P. Jogues qui donne l’exemple de la sainteté. Quand on lui coupe un pouce, le jésuite le ramasse de l’autre main et l’offre à Dieu en sacrifice ; mais ce n'est pas son seul supplice comme le montre son récit : « Ils me suspendirent au milieu de la cabane par le haut des bras avec des écorces. Pour m’apprendre que, si jusqu’alors j’avais supporté quelque chose avec courage ou avec patience, cela venait non de moi, mais de celui “ qui donne la force à qui est fatigué ”, voici que dans ce supplice, comme si j’étais rendu à moi-même, je gémis et, à cause de la violente douleur, je priai mes bourreaux de relâcher un peu mes liens. Mais, avec raison, Dieu faisait que, plus je les priais, plus ils les resserraient. Après un quart d’heure environ passé en cette posture, j’aurais bientôt rendu l’âme s’ils n’eussent défait mes liens. » Et le futur martyr tire de cette faiblesse une admirable méditation : « Je vous rends grâce, Seigneur Jésus, de ce que j’ai appris par cette légère épreuve combien vous avez daigné souffrir pour moi sur la Croix, alors que le poids de tout votre corps très saint était suspendu non par des cordes mais par vos mains et par vos pieds cruellement percés de clous. » L’Indien qui a eu pitié de lui est un étranger de passage. Or, un an plus tard, à plus de trois cents kilomètres, le P. Jogues, devenu esclave, le retrouve moribond. Il peut le baptiser et assister à sa mort paisible.

Le missionnaire ainsi que les deux donnés et quelques autres Hurons ont eu en effet la vie sauve. Mais c’est pour connaître le long martyre de l’esclavage, « une vie plus cruelle que toute mort », dit-il lui-même. Cinq mois après les premiers supplices, leurs doigts ne sont pas encore cicatrisés et l’hiver est terrible, « surtout la nuit lorsque j’étais contraint de coucher nu sur la terre nue ou sur de dures écorces d’arbres ». Par haine, on veille à ce qu’il n’ait pas à son usage de couverture en peau d’orignal. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à réconforter, dès qu’il le peut, ses pauvres compagnons de captivité.

René Goupil, de son côté, supporte avec grand amour tous les mauvais traitements. Il demande au missionnaire de pouvoir prononcer les vœux de religion des frères jésuites. Le P. Jogues le lui permet. Quelques jours plus tard, ils venaient de réciter ensemble le chapelet, quand un Iroquois furieux le frappe mortellement pour le châtier d’avoir tracé le signe de la Croix sur un enfant. L’humble Frère devient ainsi le premier martyr de l’Église canadienne.

À partir de ce jour, le P. Jogues n’a plus la possibilité d’exercer le moindre ministère. Après seize mois de captivité, n’ayant plus d’utilité au milieu des Iroquois, il accepte de s’échapper grâce aux Hollandais qui, sur les instances de la régente de France, Anne d’Autriche, payent rançon pour sa libération. Il rentre en France pour Noël 1643, portant les stigmates de sa captivité. Le pape Urbain VIII lui octroie un indult particulier afin de pouvoir célébrer la messe malgré ses mains mutilées : « Il serait indigne, affirme le Souverain Pontife, qu’un martyr de Jésus-Christ ne pût pas boire le sang de Jésus-Christ. » Mais Isaac Jogues n’aspire qu’à retrouver le champ d’apostolat canadien ; ses confrères le voient « aussi gai comme s’il n’avait rien souffert et aussi zélé pour retourner aux Hurons aller secourir ces pauvres peuples et achever le sacrifice commencé ». Et il ne tarde pas à recevoir la permission de regagner “ le pays des croix ”.

En 1645, il se trouve à Ville-Marie où il fait l’édification de toute la colonie naissante : « Il restait une grande partie de ses jours devant le Saint-Sacrement et assistait à autant de messes qu’il pouvait et à son dire il n’avait aucune dévotion mais il voulait compenser le temps qu’il n’avait pu offrir ce divin Sacrifice et prévenir celui auquel il serait privé de ce bonheur. »

Au printemps 1646, on apprend que les Iroquois veulent faire la paix. Le gouverneur Montmagny décide alors l’envoi au pays iroquois d’une ambassade française composée de l’ingénieur de la colonie, Jean Bourdon et du P. Jogues. Celui-ci écrit à son supérieur : « Mon cœur au commencement a été comme saisi de crainte que ce que souhaite et doit extrêmement priser mon esprit n’arrivât. La pauvre nature qui se souvient du passé a tremblé. Oui, mon Père, je veux tout ce que Notre-Seigneur veut, et je le veux au prix de mille vies ; car c’est beaucoup d’être au milieu d’une nation pervertie, seul et sans messe. » L’ambassade pacifique revient au bout de deux mois : le Père a baptisé des enfants mourants et confessé des chrétiens hurons, jetant ainsi les bases d’une future Chrétienté.

On note également que ce grand mystique a collaboré à l’établissement d’une carte très précise de cette contrée. Il envoie même au gouverneur une description historique, géographique et militaire minutieuse de la colonie hollandaise. On y lit l’état des fortifications, la navigabilité des rivières, le nombre des défenseurs et même la marque des canons : « cinq pièces de canon de Breteuil et autant de pierriers ». Ces renseignements pourraient être utiles le jour où l’on déciderait de mater les Iroquois en empruntant le chemin le plus court, celui de l’Océan, et d’empêcher les Hollandais de leur fournir des arquebuses. Dans ce but, le P. Le Jeune a déjà présenté en France un plan audacieux d’attaque de la colonie de l’Hudson pour couper le mal à sa racine. Il n’aura aucune suite ; après les guerres espagnoles, la France connaît les ravages de la guerre civile, c’est la Fronde.

Les supérieurs jésuites décident pendant ce temps que, dès le mois de septembre 1646, le P. Jogues retournera avec le donné Jean de la Lande consolider ce qu’on appelle déjà la mission des martyrs. « J’irai et ne reviendrai pas, écrit une dernière fois saint Isaac Jogues, mais je serais heureux si Notre-Seigneur voulait achever le sacrifice là où il l’a commencé. Ce peuple-là est pour moi “ un époux de sang ”, je l’ai épousé par mon sang. À Dieu mon cher Père, priez-le qu’il m’unisse inséparablement à lui. » Le 18 octobre 1646, trois semaines seulement après son retour en pays iroquois, le missionnaire tombe, à Ossernenon, sous la hache d’un Indien de la tribu de l’Ours, la seule de la nation des Agniers (ou Mohawks) qui voulait poursuivre la guerre. Jean de la Lande, lui, est livré toute la nuit à la férocité de la jeunesse du village, et un coup de hache scelle le lendemain son martyre.

L’effet immédiat de ces trois premiers martyres est de multiplier les conversions chez les Hurons. C’est au tour du P. Bressani de s’y montrer un ardent apôtre. Ancien prisonnier des Iroquois, il conserve lui aussi la marque de leurs sévices. Le P. Lalemant rapporte que « ses mains mutilées, ses doigts coupés l’ont rendu meilleur prédicateur que nous ne sommes », car les Hurons disent : « Tes doigts que je vois tronçonnés sont la réponse à tous mes doutes » ; ou : « Montre-nous seulement tes plaies, elles nous disent plus efficacement que tu ne pourras faire quand tu sauras entièrement parler notre langue. »

C’est ainsi que lève la moisson au pays huron : 732 baptêmes sont administrés en 1648 et 1700 dans les premiers mois de 1649. Mais l’holocauste ne fait pourtant que commencer.

LA CONSOMMATION DE L’HOLOCAUSTE

LE MARTYRE DU PÈRE DANIEL

Au cours de l’été 1648, les Iroquois reprennent leurs attaques contre les Hurons en commençant par les villages de la frontière. Le 4 Juillet, Saint-Joseph est investi. Le P. Daniel, missionnaire en Huronie depuis quatorze ans, encourage tout le monde avec des accents si touchants que des païens qui étaient demeurés jusque-là parmi les plus rebelles viennent lui demander le baptême. Ils sont si nombreux qu’il doit recourir au baptême par aspersion. Puis il donne une dernière absolution à ses chrétiens en leur annonçant : « Mes frères, nous serons aujourd’hui dans le Ciel. » Il sort alors du côté par où arrivent les ennemis qui s’arrêtent d’étonnement et reculent même. Mais, s’étant ressaisis, ils le transpercent de flèches. Le P. Daniel tombe en prononçant le nom de Jésus. Comme le bon Pasteur, il donne ainsi sa vie pour ses brebis dont plusieurs prennent la fuite tandis que les Iroquois s’acharnent sur le corps du missionnaire avant de le jeter dans l’église en flamme où est consommé l’holocauste.

Les escarmouches se poursuivent jusqu’à l’hiver, et les Relations décrivent à l’envi la ferveur qui règne parmi les Hurons. La grâce transforme ces natures autrefois si barbares. Quelle joie de voir le zèle de tous les chrétiens à s’assembler pour les prières communes, le matin avant le lever du soleil et le soir au retour des travaux. Et les enfants ne sont pas les derniers pour prier : on voit des fillettes aller couper du bois dans la forêt en récitant ensemble le chapelet. À la Conception, tous les anciens se sont groupés pour demander au missionnaire de réformer leurs coutumes selon la loi chrétienne, si bien que les villages voisins en parlent maintenant comme le village des chrétiens.

LE MARTYRE DU PÈRE DE BRÉBEUF

L’accalmie due à l’hiver est de courte durée. Dès mars 1649, l’attaque générale est menée. Un millier d’Iroquois armés d’arquebuses hollandaises montent au petit matin à l’assaut du village de Saint-Ignace : ils y massacrent la plupart des habitants et se dirigent vers Saint-Louis distant d’une heure de marche. Là se trouve le P. Jean de Brébeuf assisté du P. Gabriel Lalemant.

Le frêle neveu du P. Jérôme est arrivé à la mission huronne depuis six mois à peine. Sa faible complexion est compensée par l’ardeur qui l’a poussé à demander ce poste dangereux : « Sus donc mon âme, perdons-nous saintement pour donner ce contentement au Cœur Sacré de Jésus-Christ ; il le mérite et tu ne peux t’en dispenser si tu ne voulais vivre ingrate à son amour. » Le village de Saint-Louis a été alerté par des rescapés de Saint-Ignace ; seuls y demeurent les guerriers et les Pères pour assister ceux qui vont mourir : « Nos armes sont les sacrements », disent-ils.

Sous les assauts répétés, les quatre-vingts défenseurs sont irrésistiblement submergés et les survivants, dont les Pères, sont emmenés captifs à Saint-Ignace. Là commencent, dès le soir, les supplices, spécialement pour les missionnaires qui sont brûlés avec des tisons et des haches rougies au feu ; scalpés, ils sont ensuite ondoyés d’eau bouillante en dérision du saint baptême ; on leur coupe des morceaux de chair qui sont grillés et mangés sous leurs yeux.

Au milieu des tourments, saint Jean de Brébeuf exhorte ses chrétiens : « Mes enfants, souvenons-nous que Dieu est le témoin de nos souffrances et en sera bientôt notre trop grande récompense. Soutenez avec courage le peu qui reste de tourments : ils finiront avec nos vies ; la gloire qui les suit n’aura jamais de fin. » « Père, répondent les Hurons, notre esprit sera dans le Ciel lorsque nos corps souffriront en terre. Prie Dieu pour nous qu’il nous fasse miséricorde, nous l’invoquerons jusqu’à la mort. » Le P. de Brébeuf souffre “ comme un rocher ” et son silence étonne ses bourreaux eux-mêmes. Au bout de trois heures, ils lui arrachent le cœur tout vivant pour se nourrir à la source même de ce courage inouï. De son côté saint Gabriel Lalemant endure jusqu’au lendemain matin un martyre de quinze heures, levant les yeux au Ciel, joignant les mains, jetant des soupirs à Dieu qu’il invoque à son secours.

L’ABANDON DE LA MISSION SAINTE-MARIE

L’objectif suivant des Iroquois est la mission Sainte-Marie, à une heure de marche de Saint-Louis. Elle abrite beaucoup de réfugiés venus de tous les villages ; de plus, les missionnaires sont responsables de toute une maisonnée de donnés et de pensionnaires. Le Père Ragueneau, leur supérieur, raconte : « Nous voyant à la veille de la fête du glorieux Saint Joseph, patron de ce pays, nous nous sentîmes obligés d’avoir recours à un protecteur si puissant. » Tous font un vœu à Saint Joseph et, le lendemain, jour de sa fête, les Iroquois, pourtant vainqueurs, prennent la fuite, pris d’une panique subite dont on n’a pas d’explication convaincante. Ce providentiel salut de la résidence Sainte-Marie n’empêche pas cependant les Hurons affolés de fuir la région.

Puisque les missionnaires ont été envoyés pour la conversion de ces Indiens, le P. Ragueneau choisit de suivre son troupeau. La mort dans l’âme, il décide l’abandon de la mission Sainte-Marie. On en retire donc tout ce qui peut être emporté, après quoi les flammes auxquelles on la livre anéantissent en quelques instants le labeur de dix rudes années.

Pour les Hurons, les missionnaires sont devenus de vrais pères et doivent déterminer leur avenir. Une assemblée représentant tous les Hurons a déclaré, en 1648, au P. Ragueneau : « Mon frère, nous ne sommes plus qu’une poignée de gens ; c’est toi seul qui soutiens ce pays et le portes entre tes mains. Si tu cessais de le soutenir, nous tomberions dans l’abîme. » Le supérieur de l’ex-mission Sainte-Marie décide donc de regrouper tous ceux qui n’ont pas fui et le fait sur l’île Saint-Joseph (appelée depuis l’île des Chrétiens) située dans le lac Huron.

Là, les jésuites et leurs auxiliaires bâtissent un fort « qui ne craignait point ni le feu ni la sape, ni l’escalade des Iroquois », et ils fortifient également le village huron qui abrite maintenant six mille âmes. Cette île inculte connaît une famine effroyable au cours d’un hiver terrible, sous trois ou quatre pieds de neige.

LE MARTYRE DE SAINT CHARLES GARNIER

Les Iroquois continuent de rôder et tuent tous ceux qui sortent de l’île. Ils se déterminent d’abord à attaquer au sud de la baie Georgienne, du côté des montagnes Bleues, la nation des Pétuns, ainsi que les Hurons qui s’y sont réfugiés. Les Pétuns, trop confiants, étaient en embuscade alors que les rusés Iroquois arrivent par un autre chemin et fondent sur le principal village, dégarni de guerriers. C’est un vrai carnage. Saint Charles Garnier se précipite à la chapelle et encourage les chrétiens en ces termes : « Nous sommes morts, mes frères ; priez, prenez la fuite. Portez votre foi avec vous le reste de vos vies et que la mort vous trouve songeant à Dieu. » Lui veut rester pour baptiser quelques catéchumènes. Il est abattu et on le voit, avant de mourir, ramper encore vers un agonisant pour l’assister. On est aux premières vêpres du 8 décembre, jour où l’Église va fêter l’Immaculée Conception, pour laquelle tous les jésuites, et particulièrement saint Charles Garnier, ont une grande dévotion. Ce même 8 décembre 1649 saint Noël Chabanel tombe à terre à son tour, d’un “ martyre dans l’ombre ”, selon sa propre expression : un Pétun apostat le tue, alors que le missionnaire se mettait en route pour rejoindre l’île Saint-Joseph.

LA FUITE À QUÉBEC

Les débris du peuple huron rassemblé sur cette île ne pensent qu’à fuir au plus loin des Iroquois. Le Père Ragueneau doit bientôt prendre la douloureuse décision de rapatrier la mission jésuite à Québec. Trois cents Hurons chrétiens demandent à suivre. Le long du chemin, ce ne sont plus que ruines et désolation : Outaouais et Algonquins ont été, eux aussi, vaincus et dispersés. À Québec, toute la population, notamment les communautés religieuses, se sacrifie pour héberger et nourrir ces frères dans le besoin. Plus tard, les jésuites les installeront dans un domaine loué sur l’île d’Orléans et trois cents autres Hurons viendront rejoindre, les premiers réfugiés.

ÉCHEC HUMAIN, VICTOIRE MYSTIQUE

À vues humaines, c’est l’échec. Mais aux yeux de la foi, de cette foi ardente qui anime la jeune colonie, les vœux les plus chers des saints missionnaires sont maintenant réalisés : l’Alliance est scellée, l’Église au Canada peut vraiment naître et se développer désormais.

Les prémices en sont les Hurons. Par des calculs très précis, le Père Campeau a répertorié 9421 baptêmes administrés par les missionnaires de Huronie. Ainsi cette nation, qui comptait environ 10 000 âmes lors du recensement organisé en 1640 par le Père Jérôme Lalemant a presque été totalement gagnée au Christ.

Saints Jean de Brébeuf, Isaac Jogues et leurs compagnons

Jésuites, martyrs au Canada (17ème s.)




Fête en France le 19 octobre

Au Canada, solennité le 26 septembre. (4 février ailleurs)

Au 19 octobre au martyrologe romain: Mémoire des saints martyrs Jean de Brébeuf, Isaac Jogues, prêtres et leurs compagnons de la Compagnie de Jésus, au jour où saint Jean de la Lande, religieux, fut tué, en 1646, par des païens, à Ossernenon, alors en territoire canadien, là où, quelques années auparavant, saint René Goupil avait obtenu la palme du martyre. On célèbre en ce jour dans une seule et même vénération, leurs autres confrères, les saints Gabriel Lalemant, Antoine Daniel, Charles Garnier et Noël Chabanel, qui, sur le territoire du Canada, après beaucoup de travaux menés dans la mission après des Hurons pour annoncer aux peuples de cette région l’Évangile du Christ, sont tombés, martyrs, à des jours divers entre 1642 et 1649.


Martyrologe romain

Saint René Goupil

Martyr au Canada ( 1642)

Médecin, frère lai (laïc) jésuite et coopérateur de saint Isaac Jogues, il était missionnaire chez les Indiens. Il fut tué par un païen d’un coup de hache, à Ossernenon au Canada (*), le 29 septembre. Sa mémoire est célébrée le 19 octobre.

Il fut canonisé par Pie XI le 29 juin 1930 avec les sept autres martyrs canadiens:

René Goupil (né en Anjou), Isaac Jogues (né à Orléans), Jean de Brébeuf (né à Condé sur Vire) et cinq autres missionnaires jésuites: Antoine Daniel (né à Dieppe), Gabriel Lallement (né à Paris), Charles Garnier (né à Paris), Noël Chabanel (né à Saugues) et Jean de la Lande (né à Dieppe). Tous furent cruellement mis à mort par les Iroquois et les Hurons alors qu'ils leur apportaient la paix et la liberté de l'Évangile. Ils ont été canonisés ensemble en 1930 et déclarés patrons secondaires du Canada.

(*) un internaute nous signale: le lieu d’Ossernenon est maintenant dans la vallée du fleuve Mohawk dans l’état de New York. Le lieu dit aujourd’hui est Auriesville.


Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, Isaac Jogues, René Goupil, Jean de La Lande, canonisés en 1930, patrons secondaires du Canada depuis 1940, ils sont devenus des figures nationales proposées en exemples à l'Église universelle. Avec nos découvreurs et nos fondateurs, ils sont nos architectes: leurs courses ont tracé nos routes d'eau et de fer; ils ont fixé le site de maintes de nos cités et donné leurs noms à d'innombrables institutions (hôpitaux, universités, collèges, écoles), à des villages, des paroisses, des routes et des rues du Québec. Davantage, c'est jusqu'au cœur même du sol qu'ils ont pénétré par leur sang répandu. (Les saints martyrs canadiens - diocèse d'Edmundston)

La célébration liturgique des saints martyrs canadiens a lieu le 26 septembre au Canada et le 19 octobre dans l'Église universelle.



À Ossernenon au Canada, en 1642, la passion de saint René Goupil, martyr. Médecin et coopérateur de saint Isaac Jogues, il fut tué par un païen d’un coup de hache. Sa mémoire est célébrée le 19 octobre.


Martyrologe romain

GOUPIL, RENÉ, chirurgien, frère jésuite, missionnaire et martyr, baptisé le 15 mai 1608 à Saint-Martin-du-Bois, France, fils d’Hypolite Goupil et de Luce Provost ; décédé en Iroquoisie le 29 septembre 1642, canonisé par le pape Pie XI le 29 juin 1930.

Nous savons avec certitude que René Goupil était déjà chirurgien, à son entrée au noviciat de Paris le 16 mars 1639. Son nom n’apparaît pas dans les listes officielles pour les années suivantes. Mais une note conservée aux archives des Jésuites de Chantilly, près de Paris, nous apprend qu’il dut discontinuer son noviciat, parce qu’il était affecté de surdité : « Renatus Goupil a tirocinio Parisiensi exclusus erat, quia surdaster ».

Quand il arriva au Canada en 1640, il voulait, semble-t-il, réaliser sa vocation missionnaire en qualité de laïc. Et tout nous porte à croire qu’il était lié à la compagnie par la promesse des donnés. On le trouve à la mission Saint-Joseph de Sillery, près de Québec, de 1640 à 1642. Il est au service des missionnaires qui apprécient surtout ses talents de chirurgien.

Le 1er août 1642, il quitte Trois-Rivières en compagnie d’Isaac Jogues, de Guillaume Couture*, de plusieurs chefs hurons, parmi lesquels Eustache Ahatsistari, Joseph Teondechoren, et la nièce de celui-ci, fille du célèbre Joseph Chihouatenha, Thérèse Oionhaton, qui s’était formée à la pratique des vertus chrétiennes chez les Ursulines. Cette flotille qui comprenait 12 canots et qui comptait quelque 40 personnes se dirigeait vers la Huronie, où Goupil allait exercer désormais son métier de chirurgien. Quelques jours plus tard, tout le groupe tombait aux mains des Iroquois qui emmenèrent Goupil dans leur pays. C’est là, à Ossernenon (Auriesville, N.Y.) qu’il succombait sous la hache d’un Iroquois irrité parce qu’il l’avait vu faire le signe de la croix sur un enfant. C’était le 29 septembre 1642. Quelques jours plus tôt, il avait prononcé ses vœux de religion entre les mains de saint Isaac Jogues. On le vénère comme le premier jésuite martyr du Canada.

Le récit de sa mort, contenu dans la Relation de 1643, est à l’origine de la venue au Canada d’un de ses camarades : « un autre jeune Chirurgien bien versé dans son art, & bien cognu dans l’Hospital d’Orléans, où il a donné des preuves de sa vertu, & de sa suffisance, a voulu prendre la place de son camarade, il est passé en la Nouvelle France. » Ce texte, ajouté à celui du catalogue de la compagnie, suffit à établir que Goupil avait étudié la chirurgie et qu’il n’était pas tout simplement chirurgien-barbier.


ACSM, Mémoires touchant la mort et les vertus des pères Isaac Jogues, etc. (Ragueneau), repr. RAPQ, 1924–25 : 1, 3, 30, 34, 38, 89–93.— ARSI, Codex Franc. 22, f.359v.— JR (Thwaites), XXIII, XXIV, XXXI et surtout XXVIII : 116–134, notice biographique rédigée par Isaac Jogues qui constitue le document le plus important sur Goupil et qui est reproduite dans Jésuites de la N.-F. (Roustang), 254–261.— Positio causae.

Bibliographie de la version révisée :


Arch. départementales de Maine-et-Loire (Angers, France), « Reg. paroissiaux et d’état civil », Saint-Martin-du-Bois, 15 mai 1608 : www.archives49.fr/acces-directs/archives-en-ligne (consulté le 10 juill. 2012).



Bibliographie générale


Saint Isaac Jogues

Missionnaire jésuite au Canada ( 1646)

Originaire d'Orléans, il fut missionnaire jésuite et fut envoyé au Canada. En 1642, alors qu'il évangélise les indiens Hurons, il est capturé par les Iroquois qui le mutilent atrocement et en font leur esclave. Libéré par les Hollandais, il rentre en France. Mais il veut revenir sur la terre indienne et c'est là qu'il sera massacré par les indiens Mohawks en pays iroquois, à Ossernenon, actuellement dans l'État de New York.

Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, Isaac Jogues, René Goupil, Jean de La Lande, canonisés en 1930, patrons secondaires du Canada depuis 1940, ils sont devenus des figures nationales proposées en exemples à l'Église universelle. Avec nos découvreurs et nos fondateurs, ils sont nos architectes: leurs courses ont tracé nos routes d'eau et de fer; ils ont fixé le site de maintes de nos cités et donné leurs noms à d'innombrables institutions (hôpitaux, universités, collèges, écoles), à des villages, des paroisses, des routes et des rues du Québec. Davantage, c'est jusqu'au cœur même du sol qu'ils ont pénétré par leur sang répandu. (Les saints martyrs canadiens - diocèse d'Edmundston)

La célébration liturgique des saints martyrs canadiens a lieu le 26 septembre au Canada et le 19 octobre dans l'Église universelle.


Illustration: saints Jean de Brébeuf, Isaac Jogues et leurs compagnons prêtres martyrs, site des Jésuites de la Province de France.

À Ossernenon, alors en territoire canadien, en 1646, la passion de saint Isaac Jogues, prêtre de la Compagnie de Jésus et martyr. Réduit d’abord en esclavage par des païens, il eut les doigts coupés, puis la tête fracassée d’un coup de hache.


Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/8609/Saint-Isaac-Jogues.html

JOGUES, ISAAC, prêtre, jésuite, missionnaire chez les Hurons puis chez les Iroquois, ambassadeur de la paix auprès des Iroquois, né le 10 janvier 1607 à Orléans (France), assassiné par les Iroquois à Ossernenon (Auriesville, N.Y.) le 18 octobre 1646, canonisé le 29 juin 1930 avec sept de ses compagnons martyrs.

Cinquième de neuf enfants, il était né dans une famille à l’aise qui comptait des notaires, des avocats, des apothicaires et des marchands. Jogues commença ses études à la maison paternelle, sous la direction d’un maître privé, et les poursuivit au collège des Jésuites qui venait d’être fondé à Orléans en septembre 1617. Il termina ses cours à 17 ans. Il aurait pu prendre en main le commerce prospère laissé par son père où encore, comme ses oncles, opter pour le droit où le fonctionnarisme. Mais il préféra suivre ses maîtres, les Jésuites, et en octobre 1624, il fut le premier jésuite orléanais à entrer au noviciat de Rouen, où il se mit à l’école du père Louis Lallemant, auteur spirituel et maître de novices réputé. Il prononça ses premiers vœux deux ans plus tard et entreprit ses études philosophiques au collège de La Flèche, où survivait encore l’intense esprit missionnaire qu’y avait implanté en 1613 le père Énemond Massé.

En 1634, Jogues commença d’étudier la théologie à Clermont (Paris), institution renommée qui comptait alors 2 000 élèves. Il était en même temps préfet de discipline des étudiants laïcs. Pour des raisons mystérieuses, il ne voulut point continuer les études théologiques que ses aptitudes intellectuelles lui auraient aisément permis de poursuivre. En effet, il avait toujours été studieux, avait une connaissance approfondie du latin et du grec, s’exprimait dans un style coulant et fleuri qui correspondait fort bien à ses manières courtoises et raffinées de gentilhomme de la Renaissance. Pourtant, il demanda d’être dispensé du reste de ses études. Peut-être était-il impatient de se rendre dans les missions d’Amérique que la lecture des Relations des Jésuites lui avaient fait connaître ?

L’ordination sacerdotale, qui fut conférée à Jogues dès la fin de janvier 1636 dans la chapelle de Clermont, avançait d’autant son départ pour les missions. Sa première messe, dite dans l’église d’Orléans le Premier dimanche du carême, fut un mélange de joie et de tristesse pour sa famille. Sa mère se consola en préparant des vêtements sacerdotaux et quelques accessoires, les seuls cadeaux que le missionnaire accepta pour sa traversée dans le Nouveau Monde. Le jeune prêtre, qui achevait sa formation, se sentait de plus en plus engagé dans sa vocation religieuse et missionnaire. Il se détachait de toute préoccupation terrestre, même de sa famille, mais avec beaucoup de délicatesse et d’affection. Les lettres qu’il écrivit à sa mère à cette époque et durant les années suivantes nous le montrent sous son vrai jour.

Le départ, plusieurs fois remis, eut lieu le 8 avril 1636. Dans le convoi des huit navires, Jogues prit place avec le père Georges d’Endemare sur le vaisseau qui devait faire escale à l’île de Miscou, près de la baie des Chaleurs. Après huit semaines de navigation, le missionnaire arriva à ce poste de traite qui comptait 25 Français et 2 jésuites. Une semaine plus tard, il reprit la route, passa deux jours à Tadoussac où il prît contact avec les Indiens, puis continua vers Québec, d’où il repartit immédiatement pour Trois-Rivières. La vue de ses confrères Ambroise Davost et Antoine Daniel, amaigris et terriblement vieillis après quelques années de vie missionnaire, l’impressionna fortement. Il assista au supplice d’un prisonnier iroquois aux mains des guerriers hurons. Malgré le fameux « « avertissement d’importance » du père de Brébeuf, il ne put rester indifférent. Ses lettres ne portent pourtant aucun signe d’effroi ; elles ne respirent que zèle et force d’âme. Il débarqua à Ihonatiria (Saint-Joseph I) le 11 septembre après 16 jours de voyage ; on lui donna le surnom d’Ondessonk (oiseau de proie).

Jogues, qui avait échappé à toutes les indispositions durant la traversée, fut le premier atteint par la fièvre en septembre. Les épidémies qui sévissaient à cette époque parmi les Hurons mettaient la vie des missionnaires en danger, car les Indiens en attribuaient la cause à la présence des religieux. En 1637, la situation devint si critique que la mort des pères fut décidée par le grand conseil huron. C’est cette année-là que les missionnaires se réunirent à Ossossané pour un festin d’adieu à la mode huronne et que Brébeuf rédigea la célèbre lettre – testament que tous les Jésuites présents signèrent. L’épidémie cessa sans que l’arrêt de mort fût exécuté. Auparavant, le 16 août, avait été conféré le premier baptême à un Huron, Joseph Chihouatenha, une âme d’élite dont l’esprit profondément chrétien devait favoriser le travail apostolique. Toute sa famille suivit son exemple le 19 mars 1638.

En août suivant, la supériorité de la mission huronne passait du père de Brébeuf au père Jérôme Lalemant. Le nouveau supérieur, procédant à une réorganisation de la mission huronne, décida d’établir une résidence centrale pour les missionnaires. La construction du fort Sainte-Marie fut confiée au père Jogues. Dans la suite, celui-ci fut envoyé avec le père Garnier vers la nation du Pétun. En septembre 1641, Jogues et Charles Raymbaut se rendaient chez les Sauteux (Chippewas). Ils poussèrent assez loin vers l’Ouest jusqu’au saut Sainte-Marie. L’accueil fut chaleureux, la rencontre profitable, et les pères durent promettre de revenir prêcher l’Évangile.

En juin 1642, les Hurons préparaient une expédition commerciale vers les établissements français, mais le Saint-Laurent était continuellement surveillé par les Iroquois entre Ville-Marie et Trois-Rivières. Il fallait d’autre part que les missionnaires se réapprovisionnent et échangent des nouvelles avec l’Europe. De plus, le père Raymbaut, gravement malade, devait être hospitalisé. Jogues fut désigné par Lalemant pour accompagner le convoi, qui se rendit à Québec. Une fois leurs affaires réglées, les voyageurs s’embarquèrent pour le retour. Ils parvinrent à Trois-Rivières dans les derniers jours de juillet. En plus de Jogues, le groupe comprenait Guillaume Couture*, le donné René Goupil, un autre Français et des Hurons, dont Ahatsistari : en tout une quarantaine de personnes réparties dans 12 canots. La troupe s’ébranla définitivement le 1er août 1642. Le lendemain du départ, les canots furent attaqués sournoisement par des Iroquois en embuscade. Les historiens ne s’accordent pas tout à fait sur l’endroit où se fit l’assaut. Quoi qu’il en soit, il à dû avoir lieu dans la région de Sorel, de Berthier ou, plus vraisemblablement, de Lanoraie. Après une courte fusillade, Jogues, Goupil, Couture et une partie des Hurons furent emmenés en captivité chez les Agniers et soumis aux plus effroyables tortures : bastonnade, morsures, mutilations, dénuement, marches forcées, injures.

Les souffrances morales, pires encore que la torture physique, Jogues les supporta avec une extraordinaire force d’âme. Il les endurait avec d’autant plus d’amour qu’il les avait recherchées. Car, comme il nous le déclare lui-même, c’est volontairement qu’il s’était jeté dans les mains des Iroquois : « Je contemplois ce desastre [...] d’un lieu fort advantageux pour me desrober de la veuë de l’ennemy, me pouvant cacher dans des haliers & dans des roseaux fort grands & fort espais ; mais ceste pensée ne pût jamais entrer dans mon esprit. Pourrois-je bien, disois-je à par moi, abandonner nos François, & quitter ces bons Neophytes, & ces pauvres Catechumenes, sans leur donner le secours que l’Eglise de mon Dieu m’a confié. La fuite me sembloit horrible, il faut disois-je en mon cœur, que mon corps souffre le feu de la terre, pour delivrer ces pauvres ames des flammes de l’Enfer, il faut qu’il meure d’une mort passagere, pour leur procurer une vie eternelle, ma conclusion prise sans grandes oppositions de mon esprit, j’appelle l’un des Hiroquois qui estoient restez à la garde des prisonniers. »

René Goupil fut assassiné (29 septembre 1642) par un Iroquois, à la vue de Jogues, qui fut gardé captif jusqu’en novembre 1643 sous la menace constante de la mort. Une vieille Iroquoise l’avait adopté et il servait de domestique. Il avait été tellement affaibli par les coups et les privations que le seul travail qu’il pouvait accomplir était une tâche réservée aux femmes : cueillir le bois pour alimenter le feu dans la cabane, à la chasse.

Avec la complicité des Hollandais, Jogues s’embarqua, au début de novembre 1643, sur un navire qui toucha l’Angleterre à la fin de décembre. Il prit un autre bateau et, le lendemain, jour de Noël, il descendit sur la côte de la Bretagne. Enfin, le 5 janvier 1644, il arriva à la plus proche maison des Jésuites, le collège de Rennes. Ses supérieurs ne purent le reconnaître, tellement les souffrances et les mutilations l’avaient transformé. Il prit du repos pour se remettre de ses fatigues et de ses souffrances, tâchant de se dissimuler à l’admiration dont on voulait l’entourer. Il dut céder aux instances de la reine régente, Anne d’Autriche, qui voulait absolument contempler ce martyr. Auprès d’elle, de Mazarin et des directeurs de la Compagnie des Cent-Associés, il apporta le témoignage de la misère et des besoins de la Nouvelle-France.

Pendant qu’il était en France, des démarches furent entreprises pour solliciter du pape un indult qui permettrait à Jogues de célébrer la messe malgré la mutilation de ses doigts. Le souverain pontife lui accorda volontiers cette faveur, jugeant qu’il n’était pas convenable qu’un martyr du Christ ne puisse offrir le sang du Christ (« Indignum esset Christi martyrern Christi non bibere sanguinem »).

Dans la colonie, on ignorait encore tout sur Jogues et on n’apprit sa libération que lorsqu’il descendit à Québec au début de juillet 1644. Malgré le supplice qu’il avait subi, il demanda vivement à ses supérieurs la faveur de se consacrer à l’évangélisation des Iroquois. Mais la paix n’était pas revenue chez les Agniers et le père Vimont préféra assigner le père Jogues au poste de Ville-Marie, fondé deux ans plus tôt. Cette période allait être plus calme pour Jogues et lui permettre de rédiger divers textes importants pour la postérité : le récit de sa captivité, de la mort de son compagnon Goupil et ce qu’on peut considérer comme la plus ancienne description de New York.

La paix, qui ne s’annonçait toujours pas du côté iroquois, finit par poindre au lendemain de la libération du père Bressani, en août 1644. Des échanges de prisonniers, proposés par le gouverneur Huault de Montmagny, favorisèrent les pourparlers. Jogues devint un personnage important devant le conseil tenu par le gouverneur à Trois-Rivières, le 12 juillet 1645, et lors duquel l’orateur agnier Kiotseaeton joua un rôle de premier plan. Du 15 au 25 septembre, un nouveau conseil vint confirmer les intentions pacifiques des Iroquois, mais les Français conservaient des doutes sérieux sur leur sincérité.

Dès que le père Jérôme Lalemant fut nommé supérieur général des Jésuites de la Nouvelle-France, Jogues exprima à nouveau son désir d’aller travailler à l’évangélisation des Iroquois. Mais les garanties de paix n’étaient pas encore assez sûres et ne s’accumulèrent que progressivement avec les conseils du 22 février et du 13 mai 1646. Jogues fut alors accepté par le père Lalemant et par le gouverneur comme ambassadeur de paix auprès des Agniers. C’est avec une joie mêlée d’une appréhension bien légitime que Jogues reçut la nouvelle de sa nomination. Au père Jérôme Lalemant, il répondit : « croiriez-vous bien qu’à l’ouverture des lettres de votre R[évérence] mon cœur à esté comme saisi de crainte au commencement apprehendant que ce que je souhaite & que mon esprit doit extremément priser n’arrivast. La pauvre nature qui s’est souvenuë du Passé à tremblé, mais nostre Seigneur par sa bonté y à mis & mettra le calme encore davantage. Ouy mon Pere, je veux tout ce que nostre Seigneur veut au peril de mille vies, ô que j’aurois de regret de manquer à une si belle occasion, pourrois-je, souffrir qu’il tint à moy que quelque ame ne fut sauvée, j’espere que sa bonté qui ne m’a pas abandonné dans les rencontres m’assistera encore, luy & moy sommes capables de passer sur le ventre de toutes les difficultez qui se pourroient apposer. » Le missionnaire songea à préparer immédiatement son futur apostolat en apportant une caisse de vêtements chauds pour l’hiver, le nécessaire de la messe et des cadeaux pour les Indiens.

Partie le 16 mai 1646 de Trois-Rivières, l’expédition remonta le Richelieu et traversa le lac Champlain. Jogues fut le premier Blanc à voir le lac Georges, qu’il nomma Saint-Sacrement, comme le nota son compagnon Jean Bourdon sur sa carte. Les Agniers furent intrigués par la mystérieuse caisse que Jogues voulait laisser chez eux. Une fois les pourparlers terminés, les diplomates prirent le chemin du retour le 16 juin, passèrent au fort Richelieu le 27, à Trois-Rivières le 29 et arrivèrent à Québec le 3 juillet. Jogues fit part de sa mission aux autorités, qui refusèrent une autre fois de le laisser partir pour hiverner chez les Iroquois. De retour à Montréal, Jogues fut, en fin d’août, rappelé à Trois-Rivières où le conseil de paix l’autorisa à participer à une nouvelle ambassade que les Hurons projetaient. Cette fois, Jogues avait décidé d’hiverner. Il partit avec Jean de La Lande, le 24 septembre, et avec les Hurons, qui les abandonnèrent au fort Richelieu. Les deux Français continuèrent avec un seul Huron. L’accueil fut hostile ; vers la mi-octobre, ils furent faits prisonniers. L’esprit des Iroquois avait complètement tourné parce que, mystifiés par le coffret laissé par Jogues au village agnier, ils voyaient une confirmation de leurs doutes sur la cause de l’épidémie, de la sécheresse et de la disette qui avaient suivi son ambassade d’été. Le 18 octobre, à Ossernenon, Jogues fut assassiné d’un coup de hache à la tête. La Lande périt de la même façon, probablement le lendemain.

Parkman à affirmé que Jogues aurait pu véritablement aspirer à une renommée littéraire. On à même ajouté que, chez lui, l’humaniste ne pouvait mourir qu’avec le saint, tellement les qualités d’esprit complétaient celles de l’âme pour lui donner sa pleine valeur d’écrivain. Comme plusieurs de ses confrères missionnaires de la Nouvelle-France, il était mystique, mais, en un sens, il les surpassa tous parce qu’il savait exprimer l’expérience qu’il avait comme eux d’abord vécue. Ses écrits spirituels, tout aussi limpides que ceux du père de Brébeuf, les déclassent par un lyrisme qui s’épanouit dans une grande perfection littéraire. Il domine sa plume comme il maîtrise sa sensibilité, sa mémoire et toutes ses facultés. Même dans la plus forte douleur, jamais il n’explose, mais on sent qu’il est conscient de vivre une aventure qui le dépasse sans l’écraser. C’est que, sous des dehors timides et frêles, il cachait une force d’âme et une liberté spirituelle étonnantes. C’était un sensible, un passionné d’amour dont la joie intérieure ne cédait jamais à la douleur. L’amour divin avait définitivement envahi tout son être.


ACSM, Mémoires touchant la mort et les vertus des pères Isaac Jogues, etc. (Ragueneau), repr. RAPQ, 1924–25 : 3–41 ; divers écrits autographes et apographes de Jogues dont une notice sur René Goupil (mai 1646) et quelques lettres.— JR (Thwaites), source imprimée importante ; information bibliographique.— Lettre du père Jogues, captif chez les Iroquois, au gouverneur de Montmagny, BRH, XXXVI (1930) : 48s.— Positio causae.— John Joseph Birch, The saint of the wilderness : St Isaac Jogues (New York, 1936).— BRH, V (1899) : 88–90 ; XVIII (1912) : 91.— Lucien Campeau, Un site historique retrouvé, RHAF, VI (1952) : 31–41.— Charlevoix, Histoire de la N.-F., I : 232–277.— Daniel-Rops, Les Aventuriers de Dieu (Paris, 1951) : 121–142.— N.-E. Dionne, Le Père Jogues et les Hollandais, BRH, X (1904) : 60–64.— Jésuites de la N.-F. (Roustang),.— Louis-Raoul de Lorimier, Jogues (en marge de l’histoire, 1607–1646), RC, XIX (1917) : 336–351.— Lucien Lusignan, Essai sur les écrits de deux martyrs canadiens, BRH, L (1944) : 174–192.— Félix Martin, Le RPIsaac Jogues de la Compagnie de Jésus, premier apôtre des Iroquois (Paris, 1873).— Rochemonteix, Les Jésuites et la N.-F. au XVIIe siècle, I : 11, 429–443.— Francis Talbot, Saint among savages (New York & London, 1935) ; Un saint parmi les sauvages (Paris, 1937).— W. H. Withrow, The Adventures of Isaac Jogues, S.J., MSRC, III (1885), sect. ii : 45–53.


Saint Jean de la Lande

martyr au Canada ( 1646)

"L'engagement des 'donnés' René Goupil et Jean de la Lande aux côtés des Pères Jésuites aux origines de l'Église canadienne annonce ces cohortes de missionnaires laïcs envoyés par nos communautés chrétiennes aux quatre coins du monde. Les 'donnés', ces généreux serviteurs, se consacraient pour la vie entière au service des missionnaires. Si on en comptait six ou sept en 1639, ils étaient une trentaine dix ans plus tard. Leur supérieur les voit ainsi: C'étaient des hommes choisis; la plupart sont décidés à vivre et à mourir avec nous; ils nous assistent avec un courage, une fidélité et une sainteté qui ne sont pas de cette terre. Ils n'attendent que de Dieu leur récompense. Saint Charles Garnier ne peut taire son admiration à leur égard: 'Séculiers d'habit, ils sont religieux de cœur'."

Il a été canonisé en 1930 par Pie XI.

Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, Isaac Jogues, René Goupil, Jean de La Lande, canonisés en 1930, patrons secondaires du Canada depuis 1940, ils sont devenus des figures nationales proposées en exemples à l'Église universelle. Avec nos découvreurs et nos fondateurs, ils sont nos architectes: leurs courses ont tracé nos routes d'eau et de fer; ils ont fixé le site de maintes de nos cités et donné leurs noms à d'innombrables institutions (hôpitaux, universités, collèges, écoles), à des villages, des paroisses, des routes et des rues du Québec. Davantage, c'est jusqu'au cœur même du sol qu'ils ont pénétré par leur sang répandu. (Les saints martyrs canadiens - diocèse d'Edmundston)


La célébration liturgique des saints martyrs canadiens a lieu le 26 septembre au Canada et le 19 octobre dans l'Église universelle.


Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/12396/Saint-Jean-de-la-Lande.html

LA LANDE, JEAN DE, donné des Jésuites, originaire de Dieppe, tué par les Iroquois en octobre 1646, canonisé par le pape Pie XI le 29 juin 1930.

La Lande était donné, et nous entendons par là qu’il n’était pas lié à la Compagnie de Jésus par les vœux de religion, mais par un contrat en vertu duquel il se mettait tout entier au service des missionnaires, qui lui assuraient en retour le gîte, le couvert et l’assistance en cas de maladie. Sa présence au pays est signalée la première fois le 14 décembre 1642, quand, à l’encan des effets de feu Jean Nicollet, il se porte acquéreur de deux livres de piété ayant appartenu au célèbre interprète des Algonquins. De 1642 à 1646, il semble qu’il ait été attaché de façon habituelle à la résidence de Trois-Rivières. Le père Anne de Nouë avait alors charge du personnel de la maison ; et la mort héroïque de ce missionnaire qui fut enterré à Trois-Rivières stimula la générosité de Jean de La Lande.

Le 21 août 1646, le père Jérôme Lalemant, supérieur des Jésuites de Québec, décide d’envoyer le père Jogues au pays des Iroquois pour y, entretenir des sentiments de paix. On lui donne pour compagnon Jean de La Lande, qui n’ignore pas la gravité du danger auquel il s’expose. Le 24 septembre de la même année, Jogues, La Lande et quelques Hurons quittent Québec. La petite troupe est à peine éloignée de Trois-Rivières que les Hurons, moins un, rebroussent chemin, tant ce voyage leur paraît dangereux. Chez Jean de La Lande, le sentiment du devoir domine tous les autres ; il à promis de suivre Jogues, et il tiendra parole. Arrivés à destination, les ambassadeurs de la paix sont traités en ennemis. Ils sont tués en haine de la foi, Jogues le 18, La Lande le 18 ou le 19 octobre de la même année.

La nouvelle ne fut connue à Québec qu’au mois de juin 1647. La Relation raconte longuement le martyre de Jogues. De son compagnon, elle dit : « Il ne faut pas mettre en oubly le jeune François qui à esté massacré avec le Pere. Ce bon garçon, appelé Jean de la Lande, natif de la ville de Dieppe, comme à esté dit cy-dessus, voyant les dangers où il s’engageoit dans un si perilleux voyage, protesta à son despart, que le desir de servir Dieu, le portoit en un pays, où il s’attendoit bien d’y rencontrer la mort. Cette disposition l’a fait passer dans une vie qui ne craint plus, ny la rage de ces Barbares, ny la fureur des Demons, ny les affres de la mort ».


JR (Thwaites), XXXI : 122 (seul passage des Relations concernant Jean de La Lande).— Positio causae.— Archange Godbout, Les Pionniers de la région trifluvienne, 67.



Saint Antoine Daniel

jésuite martyr au Canada ( 1648)

- Antoine Daniel 1600-1648 prêtre jésuite (les saints de chez nous - diocèse d'Edmundston)

- Le 4 juillet 1648, alors que les guerriers hurons étaient partis pour échanger avec des voisins, les Iroquois attaquèrent les missions de Saint-Joseph et Saint-Michel en Huronie. Plusieurs habitants furent massacrés dont le père Antoine Daniel qui fut criblé de flêches. (République libre du Québec)
- Antoine Daniel canonisé par Pie XI en 1930. (Jean de Brébeuf et ses compagnons - site des Jésuites)

Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, Isaac Jogues, René Goupil, Jean de La Lande, canonisés en 1930, patrons secondaires du Canada depuis 1940, ils sont devenus des figures nationales proposées en exemples à l'Église universelle. Avec nos découvreurs et nos fondateurs, ils sont nos architectes: leurs courses ont tracé nos routes d'eau et de fer; ils ont fixé le site de maintes de nos cités et donné leurs noms à d'innombrables institutions (hôpitaux, universités, collèges, écoles), à des villages, des paroisses, des routes et des rues du Québec. Davantage, c'est jusqu'au cœur même du sol qu'ils ont pénétré par leur sang répandu. (Les saints martyrs canadiens - diocèse d'Edmundston)


La célébration liturgique des saints martyrs canadiens a lieu le 26 septembre au Canada et le 19 octobre dans l'Église universelle.

Chez les Hurons, au Canada, en 1648, saint Antoine Daniel, prêtre de la Compagnie de Jésus et martyr. Après avoir achevé la messe, il se tint à la porte de l’oratoire pour protéger les néophytes des ennemis païens qui faisaient irruption. Transpercé de flèches, il fut à la fin jeté dans le feu.


Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/11894/Saint-Antoine-Daniel.html


DANIEL, ANTOINE, prêtre, jésuite, missionnaire chez les Hurons, né à Dieppe le 27 mai 1601, tué en Huronie le 4 juillet 1648, canonisé par le pape Pie XI, le 29 juin 1930.

Antoine Daniel avait déjà commencé ses études de droit quand il entra au noviciat de la Compagnie de Jésus, à Rouen, le 1er octobre 1621. Il fut professeur des classes de grammaire au collège de Rouen (1623–1627), étudia la théologie au collège de Clermont (1627–1630), enseigna les humanités (1630–1631) et fut ministre au collège d’Eu (1631–1632). Le 1er août 1626, le père Charles Lalemant écrivait de Québec à son frère Jérôme : « Voicy un petit Huron qui s’en va vous voir, il est passionné de voir la France. Il nous affectionne grandement & fait paroistre un grand desir d estre instruict. [...] Il est fort important de le bien contenter ; car si une fois cet enfant est bien instruit, voila une partie ouverte pour entrer en beaucoup de nations où il servira grandement ». Amantacha, dit Louis de Sainte-Foy, fut baptisé à Rouen pendant que le père Daniel était professeur au collège. Certains historiens ont affirmé que le père Daniel avait préparé Amantacha au baptême. La chose n’est pas prouvée avec certitude. Mais la présence du jeune Huron à Rouen n’a pas échappé à la connaissance de Daniel ; et il se peut qu’elle entre pour quelque chose dans sa vocation missionnaire.

En 1632, le père Daniel arrive au Cap-Breton, dont l’habitation est commandée par son frère, le capitaine Charles. L’année suivante, le 24 juin 1633, il est à Québec et il est destiné avec Jean de Brébeuf à la mission huronne, mais le départ n’a lieu qu’en 1634. Aucun missionnaire n’a connu autant que le père Daniel les fatigues et les dangers que présentait alors le voyage de la Huronie ; en 1634 comme en 1638, il est abandonné en chemin par ses guides ; à l’isolement s’ajoute la maladie, et il attribue à une protection spéciale du Ciel d’avoir pu se rendre à destination. Le voyage de retour qu’il fit en 1636 fut également pénible, et quand il arriva à Trois-Rivières, il était littéralement épuisé.
Ses progrès dans la langue furent rapides, et il eut tôt fait d’apprendre aux enfants à chanter le Pater et le Credo en huron. Sa bonté, sa douceur, ses talents pédagogiques le firent désigner à un apostolat nouveau que les missionnaires, dans leur inexpérience des circonstances concrètes, jugeaient possible et riche de promesses pour l’avancement de la foi : la fondation à Québec d’un séminaire où les jeunes Hurons viendraient se former à la science et aux vertus chrétiennes. Si grands étaient les espoirs suscités par cette fondation que la Huronie y sacrifiait un de ses meilleurs missionnaires et les pères de Québec se privaient des services de cinq domestiques fort utiles. Une expérience de deux ans allait révéler que les enfants de la Huron ie étaient inadaptés et inadaptables à ce mode européen d’éducation. Ce fut l’écroulement d’un beau rêve et le retour du père Daniel à la vie active du missionnaire.

Il se dévoua inlassablement et avec succès pendant dix ans. Le 4 juillet 1648, les Iroquois envahissent la mission Saint-Joseph Il (Téanaostaiaé, près de Hillsdale, Simcoe Co., Ontario), au moment où le père Daniel finissait sa messe. Il encourage les néophytes, il parle avec un tel accent des vérités de la foi que les infidèles en grand nombre demandent le baptême. Après avoir semé la désolation dans le village, les Iroquois s’attaquent à la chapelle : « Fuyez, mes Freres, dit le Pere à ses nouveaux chrestiens, & portez avec vous vostre foy jusqu’au dernier soupir ». Quant à lui, il doit sa vie aux âmes. Il sort de la chapelle, va droit à l’ennemi qu’un pareil courage étonne. Ce premier moment de stupeur passé, le corps du missionnaire est criblé de flèches. Une balle le frappe à la poitrine qu’elle traverse de part en part, et il tombe en prononçant le nom de Jésus. Après avoir profané son corps, on le jette dans le feu qui consume la chapelle. Premier martyr de la Huronie, le père Daniel garde, même après sa mort, des trésors de tendresse et d’encouragement pour ses frères d’apostolat. La Relation de 1649 nous en a conservé deux exemples.

Les Hurons avaient surnommé le père Daniel Anounnen.


ACSM, Mémoires touchant la mort et les vertus des pères Isaac Jogues, etc. (Ragueneau), repr. RAPQ 1924–25 : 3, 51.— JR (Thwaites), XXXIV : 89–96 ; passim.— Positio causœ.— Campbell, Pioneer priests, II : 197–244.— Lucien Campeau, Lettres du Bas Canada, II (1948) : étude critique des trois récits de la mort du père Daniel qui sont parvenus jusqu’à nous. – Fernand Potvin, Saint Antoine Daniel, martyr canadien, RHAF, VIII (l 954–55) : 395–414, 556–564 ; IX (1955–56) : 74–92, 236–249, 392–409, 562–570 ; X (1956–57) : 77–92, 252–256. La meilleure étude sur Daniel.— Rochemonteix, Les Jésuites et la N.-F. au XVIIe siècle, II : 74.




Saint Charles Garnier

martyr jésuite ( 1649)

Né à Paris, le missionnaire jésuite Charles Garnier (1606-1649) arrive au Canada à l'âge de 30 ans. De Québec, il gagne le pays des Hurons et fonde une mission sur les rives de la baie Géorgienne. C'est là qu'il est massacré par les Iroquois le 7 décembre 1649, au cours d'un des nombreux assauts qui aboutissent à la destruction de la Huronie. 

Charles Garnier fait partie des «saints martyrs canadiens» canonisés par le pape Pie XI le 29 juin 1930.


Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, Isaac Jogues, René Goupil, Jean de La Lande, canonisés en 1930, patrons secondaires du Canada depuis 1940, ils sont devenus des figures nationales proposées en exemples à l'Église universelle. Avec nos découvreurs et nos fondateurs, ils sont nos architectes: leurs courses ont tracé nos routes d'eau et de fer; ils ont fixé le site de maintes de nos cités et donné leurs noms à d'innombrables institutions (hôpitaux, universités, collèges, écoles), à des villages, des paroisses, des routes et des rues du Québec. Davantage, c'est jusqu'au cœur même du sol qu'ils ont pénétré par leur sang répandu. (Les saints martyrs canadiens - diocèse d'Edmundston)


Dans la région de l’Ontario au Canada, en 1649, la passion de saint Charles Garnier, prêtre de la Compagnie de Jésus et martyr. Alors qu’il répandait l’eau du baptême sur des catéchumènes, il fut grièvement blessé par des païens qui firent irruption, puis mourut, frappé d’un coup de hache. (martyrologe romain - 7 décembre)


Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/9991/Saint-Charles-Garnier.html

GARNIER, CHARLES (surnommé Ouracha par les Amérindiens), prêtre, jésuite, missionnaire, martyr, né en 1606 (al. 1605) à Paris, décédé en Huronie en 1649.

Baptisé à la paroisse Saint-Gervais le 25 mai (al. 26), il était le second fils de Jean Garnier, sous-secrétaire du cabinet de Henri III puis maître des comptes en Normandie, et d’Anne de Garault, issue d’une famille noble d’Orléans. Après avoir fréquenté le collège de Clermont, à Paris, dirigé par les Jésuites, il entra au noviciat de la Compagnie de Jésus en 1624. Ordonné prêtre en 1635, il fut désigné pour les missions de la Nouvelle-France et débarqua à Québec en même temps que le gouverneur Huault de Montmagny, le 11 juin 1636. Dès le mois de juillet, accompagné du père Pierre Chastellain, il gagna le pays des Hurons. En 1639 et 1640, il passa l’hiver chez les Pétuns qu’il tenta vainement de convertir. De 1641 à 1646, Garnier fut employé à la mission de Saint-Joseph de Téanaostaiaé, auprès du clan de la Corde. Enfin, à l’automne de 1646, il fut de nouveau envoyé auprès des Pétuns, sur les bords de la baie Georgienne, et y fonda une mission florissante cette fois ; c’est là qu’il trouva la mort, lors de la destruction de la Huronie, massacré par les Iroquois dans l’assaut du village de Saint-Jean, le 7 décembre 1649. On retrouva son corps meurtri de deux balles et de deux coups de hache, à quelques pas des ruines de sa chapelle. Il a été canonisé par le pape Pie XI le 29 juin 1930.


ACSM, De la prise et désolation de la mission de Saint-Jean, par les Iroquois, et de la mort du père Charles Garnier, qui y était en mission, et Abrégé de la vie du père Charles Garnier, dans Mémoires touchant la mort et les vertus des pères Isaac Jogues, etc. (Ragueneau), repr. RAPQ, 1924–25 : 76–85.— JR (Thwaites), XXXV : 118–144 ; et passim.— Lettres de saint Charles Garnier, RAPQ, 1929–30 : 1–43.— Positio causae.— Florian Larivière, La Vie ardente de saint Charles Garnier (Montréal, 1957).— Rochemonteix, Les Jésuites et la N.-F. au XVIIe siècle, I : 97–100, 409–418.



Saint Gabriel Lalemant

Martyr au Canada ( 1649)

Il était originaire de Paris, mais il ne pouvait rester à enseigner la théologie ou la philosophie. Il arrive à convaincre son provincial jésuite à devenir missionnaire au Canada. Il y rejoint Jean de Brébeuf et évangélise avec lui les indiens Hurons. En 1649, les tribus indiennes des Iroquois reprennent le sentier de la guerre contre les Hurons et les deux religieux jésuites sont faits prisonniers, torturés, avec d'autres prisonniers chrétiens. Les souffrances sont insoutenables à décrire. Ils entrent dans la paix de Dieu en 1649.

Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, Isaac Jogues, René Goupil, Jean de La Lande, canonisés en 1930, patrons secondaires du Canada depuis 1940, ils sont devenus des figures nationales proposées en exemples à l'Église universelle. Avec nos découvreurs et nos fondateurs, ils sont nos architectes: leurs courses ont tracé nos routes d'eau et de fer; ils ont fixé le site de maintes de nos cités et donné leurs noms à d'innombrables institutions (hôpitaux, universités, collèges, écoles), à des villages, des paroisses, des routes et des rues du Québec. Davantage, c'est jusqu'au cœur même du sol qu'ils ont pénétré par leur sang répandu. (Les saints martyrs canadiens - diocèse d'Edmundston)


La célébration liturgique des saints martyrs canadiens a lieu le 26 septembre au Canada et le 19 octobre dans l'Église universelle.

Chez les Hurons au Canada, en 1649, la passion de saint Gabriel Lalemant, prêtre de la Compagnie de Jésus. Avec toute la vigueur de son zèle, il répandit la connaissance de Dieu dans ce peuple, et dans sa propre langue, jusqu’au jour où des ennemis, adorateurs d’idoles, le traînèrent aux supplices les plus cruels.


Martyrologe romain

Saint Jean de Brébeuf

Martyr au Canada ( 1649)


Fête en France le 19 octobre

Au Canada, solennité le 26 septembre. (4 février ailleurs)

Né en 1593 à Condé-sur-Vire, Jean de Brébeuf désira très tôt devenir missionnaire, au Canada. Il entra dans la Compagnie de Jésus et fut envoyé en pays Huron, où il fonda une mission. Mais en 1649, les Iroquois, entrés en guerre contre les Hurons, pillèrent et envahirent les villages de la mission. Jean de Brébeuf fut torturé deux jours complets, sans cesser de soutenir les siens et de prier pour ses bourreaux. Pleins d'admiration, ces derniers lui arrachèrent le cœur et le dévorèrent pour hériter de son courage...



Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, Isaac Jogues, René Goupil, Jean de La Lande, canonisés en 1930, patrons secondaires du Canada depuis 1940, ils sont devenus des figures nationales proposées en exemples à l'Église universelle. Avec nos découvreurs et nos fondateurs, ils sont nos architectes: leurs courses ont tracé nos routes d'eau et de fer; ils ont fixé le site de maintes de nos cités et donné leurs noms à d'innombrables institutions (hôpitaux, universités, collèges, écoles), à des villages, des paroisses, des routes et des rues du Québec. Davantage, c'est jusqu'au cœur même du sol qu'ils ont pénétré par leur sang répandu. (Les saints martyrs canadiens - diocèse d'Edmundston)

Au 16 mars au martyrologe romain: Chez les Hurons au Canada, en 1649, la passion de saint Jean de Brébeuf, prêtre de la Compagnie de Jésus, qui fut envoyé de France dans la mission chez les Hurons et, après bien des travaux apostoliques, fut massacré par quelques païens du lieu et succomba pour le Christ, ayant fait le vœu de ne jamais fuir l’occasion du martyre. Sa mémoire est célébrée avec ses compagnons le 19 octobre.


Martyrologe romain

Saint Noël Chabanel

prêtre de la Compagnie de Jésus et martyr ( 1649)

"Né à Saugues, Noël Chabanel entra à seize ans dans la Compagnie de Jésus. Après ses études à Toulouse, il fut envoyé au Québec et s’obligea par un vœu à demeurer dans les missions du Canada. Le 8 décembre 1649, un Huron, qu’il avait baptisé, le massacra et jeta son corps dans un fleuve."



Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, Isaac Jogues, René Goupil, Jean de La Lande, canonisés en 1930, patrons secondaires du Canada depuis 1940, ils sont devenus des figures nationales proposées en exemples à l'Église universelle. Avec nos découvreurs et nos fondateurs, ils sont nos architectes: leurs courses ont tracé nos routes d'eau et de fer; ils ont fixé le site de maintes de nos cités et donné leurs noms à d'innombrables institutions (hôpitaux, universités, collèges, écoles), à des villages, des paroisses, des routes et des rues du Québec. Davantage, c'est jusqu'au cœur même du sol qu'ils ont pénétré par leur sang répandu. (Les saints martyrs canadiens - diocèse d'Edmundston)

La célébration liturgique des saints martyrs canadiens a lieu le 26 septembre au Canada et le 19 octobre dans l'Église universelle.

Dans la région de l’Ontario au Canada, en 1649, la passion de saint Noël Chabanel, prêtre de la Compagnie de Jésus et martyr. Il avait fait à Dieu le vœu de demeurer jusqu’à sa mort dans la mission qu’il chérissait, parmi les Hurons. Alors qu’il faisait route en forêt avec un apostat, celui-ci le tua en haine de la foi.


Martyrologe romain

Seigneur, tu as donné à ton prêtre saint Noël Chabanel le courage de supporter pour toi le martyre; accorde-nous, à son exemple, la force de porter chaque jour notre croix en te restant fidèles jusqu’à la mort. 
(Propre des fêtes du diocèse du Puy)

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/10614/Saint-No%EBl-Chabanel.html

CHABANEL, NOËL, prêtre, jésuite, missionnaire chez les Hurons, né à Saugues (Haute-Loire) le 2 février 1613, tué en haine de la foi par un Huron apostat le 8 décembre 1649, canonisé par le pape Pie XI le 29 juin 1930.

Noël Chabanel entre au noviciat de Toulouse le 9 février 1630. Il enseigne au collège de cette même ville (1632–1639), y étudie la théologie (1639–1641), y fait sa troisième probation (1641–1642). Après avoir été professeur de rhétorique au collège de Rodez, il arrive à Québec le 15 août 1643, y reste un an, puis monte en Huronie.

Des huit Martyrs canadiens, il est le seul qui n’eut pas de facilité pour l’étude des langues. Brillant professeur de rhétorique en France, il éprouvait une indicible répugnance pour les us et coutumes des Amérindiens. « Jamais pour tout cela, écrit le père Ragueneau, il n’a voulu se détacher de la Croix où Dieu l’avoit mis ; jamais il n’a demandé d’en sortir. Mais au contraire, pour s’y attacher plus inviolablement, il s’obligea par vœu d’y demeurer jusques à la mort, afin de mourir en la Croix ». La Relation de 1650 nous a conservé le texte de ce vœu héroïque.

Au début de décembre 1649, il était à la mission Saint-Jean, chez les Pétuns, quand il reçut l’ordre de se rendre à la résidence centrale Sainte-Marie II de l’île Saint-Joseph. Parti le 7 décembre, il était le lendemain traîtreusement assassiné par un Huron apostat. La Relation de 1650 raconte la mort de Chabanel, mais elle ignore les motifs de l’assassinat. Dans le « Manuscrit de 1652 », le père Ragueneau est mieux renseigné. Il fait état de l’aveu du meurtrier, Louis Honarreennha, qui a déclaré avoir tué Chabanel en haine de la foi.


ACSM, Félix Martin, Notice manuscrite sur le père Chabanel ; Mémoires touchant la mort et les vertus des pères Isaac Jogues, etc. (Ragueneau), repr. RAPQ, 1924–25 : 3, 85–89.— JR (Thwaites).— Positio causae.— Jésuites de la N.-F. (Roustang), 315–322.— Rochemonteix, Les Jésuites et la N.-F. au XVIIe siècle, II.— Alfred Raymond, Saint Noël Chabanel, martyr du Canada (1613–1649) (Montréal, 1946).— Frédéric Saintonge, Martyr dans l’ombre : saint Noël Chabanel (Montréal, 1958).



The North American Martyrs

St . Jean de Brébeuf was a Jesuit missionary, born at Condé-sur-Vire in Normandy, 25 March, 1593; died in Canada, near Georgian Bay, 16 March, 1649. His desire was to become a lay brother, but he finally entered the Society of Jesus as a scholastic, 8 November, 1617. According to Ragueneau it was 5 October. Though of unusual physical strength, his health gave way completely when he was twenty-eight, which interfered with his studies and permitted only what was strictly necessary, so that he never acquired any extensive theological knowledge.
On 19 June, 1625, he arrived in Quebec, with the Recollect, Joseph de la Roche d’ Aillon, and in spite of the threat which the Calvinist captain of the ship made to carry him back to France, he remained in the colony. He overcame the dislike of the colonists for Jesuits and secured a site for a residence on the St. Charles, the exact location of a former landing of Jacques Cartier. He immediately took up his abode in the Indian wigwams, and has left us an account of his five months’ experience there in the dead of winter. In the spring he set out with the Indians on a journey to Lake Huron in a canoe, during the course of which his life was in constant danger. With him was Father de Noüe, and they established their first mission near Georgian Bay, at Ihonatiria, but after a short time his companion was recalled, and he was left alone.
Brébeuf met with no success. He was summoned to Quebec because of the danger of extinction to which the entire colony was then exposed, and arrived there after an absence of two years, 17 July, 1628. On 19 July, 1629, Champlain surrendered to the English, and the missionaries returned to France. Four years afterwards the colony was restored to France, and on 23 March, 1633, Brébeuf again set out for Canada. While in France he had pronounced his solemn vows as spiritual coadjutor. As soon as he arrived, viz., May, 1633, he attempted to return to Lake Huron. The Indians refused to take him, but during the following year he succeeded in reaching his old mission along with Father Daniel. It meant a journey of thirty days and constant danger of death. The next sixteen years of uninterrupted labours among these natives were a continual series of privations and sufferings which he used to say were only roses in comparison with what the end was to be. The details may be found in the “Jesuit Relations”.
In 1640 he set out with Father Chaumonot to evangelize the Neutres, a tribe that lived north of Lake Erie, but after a winter of incredible hardship the missionaries returned unsuccessful. In 1642 he was sent down to Quebec, where he was given the care of the Indians in the Reservation at Sillery. About the time the war was at its height between the Hurons and the Iroquois, Jogues and Bressani had been captured in an effort to reach the Huron country, and Brébeuf was appointed to make a third attempt. He succeeded. With him on this journey were Chabanel and Garreau, both of whom were afterwards murdered. They reached St. Mary’s on the Wye, which was the central station of the Huron Mission.
By 1647 the Iroquois had made peace with the French, but kept up their war with the Hurons, and in 1648 fresh disasters befell the work of the missionaries — their establishments were burned and the missionaries slaughtered. On 16 March, 1649, the enemy attacked the city of St. Louis and seized Brébeuf and Lallemant, who could have escaped but rejected the offer made to them and remained with their flock. The two priests were dragged to the city of St. Ignace, which the Iroquois had already captured.
On entering the village, they were met with a shower of stones, cruelly beaten with clubs, and then tied to posts to be burned to death. Brébeuf is said to have kissed the stake to which he was bound. The fire was lighted under them, and their bodies slashed with knives. Brébeuf had scalding water poured on his head in mockery of baptism, a collar of red-hot tomahawk-heads placed around his neck, a red-hot iron thrust down his throat, and when he expired his heart was cut out and eaten. Through all the torture he never uttered a groan. The Iroquois withdrew when they had finished their work. The remains of the victims were gathered up subsequently, and the head of Brébeuf is still kept as a relic at the Hôtel-Dieu, Quebec.
His memory is cherished in Canada more than that of all the other early missionaries. Although their names appear with his in letters of gold on the grand staircase of the public buildings, there is a vacant niche on the façade, with his name under it, awaiting his statue. His heroic virtues, manifested in such a remarkable degree at every stage of his missionary career, his almost incomprehensible endurance of privations and suffering, and the conviction that the reason of his death was not his association with the Hurons, but hatred of Christianity, has set on foot a movement for his canonization as a saint and martyr. An ecclesiastical court sat in 1904 for an entire year to examine his life and virtues and the cause of his death, and the result of the inquiry was forwarded to Rome.
St. Jean de Brébeuf  and the other North American Martyrs were canonized by Pope Pius XI in 1930. The Martyrs’ Shrine church in Midland, Ontario, the site of their missionary work among the Huron, and the National Shrine of the North American Martyrs in Auriesville, New York, along the Mohawk River, are dedicated to them. They are collectively patron saints of Canada, and form part of the dedication of the Canadian national church in Rome. Their feast day is celebrated on September 26 in Canada and among Traditional Roman Catholics, and on October 19 in the United States under the title of “The North American Martyrs.”
Saint Antoine Daniel

Saint Charles Garnier


Saint Gabriel Lalemant


Saint Isaac Jogues


Saint Jean de Brebeuf

Saint Jean de la Lande

Saint Noel Chabanel

Saint Rene Goupil


SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/the-north-american-martyrs/

North American Martyrs (RM)

All born in France; died 1642-49; canonized in 1930. The main feast day on the Roman calendar is September 26; however, the Jesuits commemorate six priests (Antony Daniel, Charles Garnier, Gabriel Lalemant, Isaac Jogues, John de Brébeuf, and Noel Chabanel) and two laybrothers (John Lalande and René Goupil) on March 16. They were working among the Hurons when they met their deaths at the hands of the Iroquois, the mortal enemies of the Hurons. The Iroquois were animated by bitter hatred of the missionaries, whom they subjected to indescribable tortures before putting them to death. Further information and biographies of each are presented for their main feast (Attwater, Benedictines, Parkman, Wynne). 


SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0316.shtml

René Goupil

Jesuit missionary; born 1607, in Anjou; martyred in New York State, 23 September, 1642. Health preventing him from joining the Society regularly, he volunteered to serve it gratis in Canada, as a donné. After working two years as a surgeon in the hospitals of Quebec, he started (1642) for the Huron mission with Father Jogues, whose constant companion and disciple he remained until death. Captured by the Iroquois near Lake St. Peter, he resignedly accepted his fate. Like the other captives, he was beaten, his nails torn out, and his finger-joints cut off. On the thirteen days' journey to the Iroquois country, he suffered from heat, hunger, and blows, his wounds festering and swarming with worms. Meeting half way a band of two hundred warriors, he was forced to march between their double ranks and almost beaten to death. Goupil might have escaped, but he stayed with Jogues. At Ossernenon, on the Mohawk, he was greeted with jeers, threats, and blows, and Goupil's face was so scarred that Jogues applied to him the words of Isaias (53:2) prophesying the disfigurement of Christ. He survived the fresh tortures inflicted on him at Andagaron, a neighbouring village, and, unable to instruct his captors in the faith, he taught the children the sign of the cross. This was the cause of his death. Returning one evening to the village with Jogues, he was felled to the ground by a hatchet-blow from an Indian, and he expired invoking the name of Jesus. He was the first of the order in the Canadian missions to suffer martyrdom. He had previously bound himself to the Society by the religious vows pronounced in the presence of Father Jogues, who calls him in his letters "an angel of innocence and a martyr of Jesus Christ."

Sources

Bressani, Les Jésuites Martyrs du Canada (Montreal, 1877); Shea, The Catholic Church in Colonial Days (New York, 1886); Rochemontiex, Les Jésuites et la Nouvelle France (Paris, 1896); Martin, Le Pére Isaac Jogues (Paris, 1882).

Lindsay, Lionel. "René Goupil." The Catholic Encyclopedia. Vol. 6. New York: Robert Appleton Company, 1909. 26 Sept. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/06684a.htm>.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. September 1, 1909. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.



GOUPIL, RENÉ, surgeon, brother, Jesuit, missionary, and martyr; baptized 15 May 1608 at Saint-Martin-du-Bois, France, son of Hypolite Goupil and of Luce Provost; d. 29 Sept. 1642 in the Iroquois country; canonized by Pope Pius XI on 29 June 1930.

We know for certain that René Goupil was already a surgeon at the time he entered the noviciate at Paris on 16 March 1639. His name does not appear in the official lists for the ensuing years. But a note preserved in the archives of the Jesuits of Chantilly, near Paris, informs us that he had to discontinue his noviciate because he was afflicted with deafness: “Renatus Goupil a tirocinio Parisiensi exclusus erat, quia surdaster.”

When he arrived in Canada in 1640 he seems to have sought to carry out his missionary vocation as a layman. And all the evidence inclines us to believe that he was bound to the Society by the promise of the donnés (“given men”). We find him at the Saint-Joseph de Sillery mission, near Quebec, from 1640 to 1642. He was in the service of the missionaries, who valued above all his gifts as a surgeon.
On 1 Aug. 1642, he left Trois-Rivières along with Isaac Jogues, Guillaume Couture*, several Huron chiefs, among them Eustache Ahatsistari and Joseph Teondechoren, and the latter’s niece, daughter of the famous Joseph Chihwatenha, Thérèse Oionhaton, who had been trained in the practice of the Christian virtues by the Ursulines. This flotilla, which comprised 12 canoes and included about 40 persons, set out for the Huron country where Goupil was henceforth to follow his surgeon’s calling. A few days later the whole party fell into the hands of Iroquois who carried Goupil off into their own territory. There, at Ossernenon (Auriesville, N.Y.), he met his death by the hatchet of an Iroquois who had been provoked by seeing him make the sign of the cross over a child. This was on 29 Sept. 1642. A few days earlier, he had taken his religious vows before St. Isaac Jogues. He is venerated as the first Jesuit martyr in Canada.

The account of his death, contained in the Relation for 1643, prompted the coming to Canada of one of his comrades: “. . . another young surgeon, well versed in his art, and well known in the Hospital at Orléans, where he has given proofs of his virtue and of his competence, has chosen to take the place of his comrade; he has crossed into New France.” This text, in conjunction with that in the Society’s list, is sufficient to establish that Goupil had studied surgery and that he was not merely a barber-surgeon.


For the life, virtues, and death of René Goupil one may profitably consult the Relations for 1643 and 1647 (JR (Thwaites), XXIII, XXIV, XXXI), and ACSM, “Mémoires touchant la mort et les vertus des pères Isaac Jogues . . .” (Ragueneau), repr. APQ Rapport, 1924–25, 1, 3, 30, 34, 38, 89–93. But the most important document is undoubtedly the biographical note devoted to him by St. Isaac Jogues (JR (Thwaites), XXVIII, 116–34), which is reprinted in Jésuites de la N.-F. (Roustang), 254–61. Archivum Romanum Societatis Iesu, codex Franc. 22, f.359v. Positio causæ.

Revisions based on:

Arch. Départementales de Maine-et-Loire (Angers, France), “Reg. paroissiaux et d’état civil,” Saint-Martin-du-Bois, 15 mai 1608: www.archives49.fr/acces-directs/archives-en-ligne (consulted 10 July 2012).



SOURCE : http://www.biographi.ca/en/bio/goupil_rene_1F.html

St. Isaac Jogues

French missionary, born at Orléans, France, 10 January, 1607; martyred at Ossernenon, in the present State of New York, 18 October, 1646. He was the first Catholic priest who ever came to Manhattan Island (New York). He entered the Society of Jesus in 1624 and, after having been professor of literature at Rouen, was sent as a missionary to Canada in 1636. He came out with Montmagny, the immediate successor of Champlain. From Quebec he went to the regions around the great lakes where the illustrious Father de Brébeuf and others were labouring. There he spent six years in constant danger. Though a daring missionary, his character was of the most practical nature, his purpose always being to fix his people in permanent habitations. He was with Garnier among the Petuns, and he and Raymbault penetrated as far as Sault Ste Marie, and "were the first missionaries", says Bancroft (VII, 790, London, 1853), "to preach the gospel a thousand miles in the interior, five years before John Eliot addressed the Indians six miles from Boston Harbour". There is little doubt that they were not only the first apostles but also the first white men to reach this outlet of Lake Superior. No documentary proof is adduced by the best-known historians that Nicholet, the discoverer of Lake Michigan, ever visited the Sault. Jogues proposed not only to convert the Indians of Lake Superior, but the Sioux who lived at the head waters of the Mississippi.

His plan was thwarted by his capture near Three Rivers returning from Quebec. He was taken prisoner on 3 August, 1642, and after being cruelly tortured was carried to the Indian village of Ossernenon, now Auriesville, on the Mohawk, about forty miles above the present city of Albany. There he remained for thirteen months in slavery, suffering apparently beyond the power of natural endurance. The Dutch Calvinists at Fort Orange (Albany) made constant efforts to free him, and at last, when he was about to be burnt to death, induced him to take refuge in a sailing vessel which carried him to New Amsterdam (New York). His description of the colony as it was at that time has since been incorporated in the Documentary History of the State. From New York he was sent; in mid-winter, across the ocean on a lugger of only fifty tons burden and after a voyage of two months, landed Christmas morning, 1643, on the coast of Brittany, in a state of absolute destitution. Thence he found his way to the nearest college of the Society. He was received with great honour at the court of the Queen Regent, the mother of Louis XIV, and was allowed by Pope Urban VII the very exceptional privilege of celebrating Mass, which the mutilated condition of his hands had made canonically impossible; several of his fingers having been eaten or burned off. He was called a martyr of Christ by the pontiff. No similar concession, up to that, is known to have been granted.

In early spring of 1644 he returned to Canada, and in 1646 was sent to negotiate peace with the Iroquois. He followed the same route over which he had been carried as a captive. It was on this occasion that he gave the name of Lake of the Blessed Sacrament to the body of water called by the Indians Horicon, now known as Lake George. He reached Ossernenon on 5 June, after a three weeks' journey from the St. Lawrence. He was well received by his former captors and the treaty of peace was made. He started for Quebec on 16 June and arrived there 3 July. He immediately asked to be sent back to the Iroquois as a missionary, but only after much hesitation his superiors acceded to his request. On 27 September he began his third and last journey to the Mohawk. In the interim sickness had broken out in the tribe and a blight had fallen on the crops. This double calamity was ascribed to Jogues whom the Indians always regarded as a sorcerer. They were determined to wreak vengence on him for the spell he had cast on the place, and warriors were sent out to capture him. The news of this change of sentiment spread rapidly, and though fully aware of the danger Jogues continued on his way to Ossernenon, though all the Hurons and others who were with him fled except Lalande. The Iroquois met him near Lake George, stripped him naked, slashed him with their knives, beat him and then led him to the village. On 18 October, 1646, when entering a cabin he was struck with a tomahawk and afterwards decapitated. The head was fixed on the Palisades and the body thrown into the Mohawk.

In view of his possible canonization a preliminary court was established in Quebec by the ecclesiastical authorities to receive testimony as to his sanctity and the cause of his death.

[Note: Isaac Jogues was canonized by Pope Pius XI on June 29, 1930, with seven other North American martyrs. Their collective feast day is October 19.]


Campbell, Thomas. "St. Isaac Jogues." The Catholic Encyclopedia. Vol. 8. New York: Robert Appleton Company, 1910. 26 Sept. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/08420b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Thomas J. Lynch. In memory of Jayne E. Lynch.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.


JOGUES, ISAAC, Jesuit, missionary among the Hurons and later among the Iroquois, ambassador for peace to the Iroquois; b. 10 Jan. 1607 at Orléans (France); murdered by the Iroquois 18 Oct. 1646 at Ossernenon (Auriesville, N.Y.); canonized 29 June 1930 with seven of his fellow martyrs.

The fifth of nine children, Jogues was born in a prosperous family that included notaries, lawyers, apothecaries, and merchants. He began his studies in the family home under the direction of a private tutor and continued them at the Jesuit college which had just been founded at Orléans in September 1617. He completed his courses at the age of 17. He could have taken up the flourishing business left by his father, or else he might, like his uncles, have chosen law or officialdom. But he preferred to follow his teachers, the Jesuits, and in October 1624 he was the first Jesuit from Orléans to enter the noviciate at Rouen, where he became a disciple of Father Louis Lallemant, an author of spiritual writings and a novice-master of repute. He made his first vows two years later and entered upon his studies in philosophy at the Collège at La Flèche, where the intense missionary spirit implanted there in 1613 by Father Énemond Massé still prevailed.

In 1634 Jogues began to study theology at Clermont (Paris), a celebrated institution that then numbered 2,000 students. He was at the same time the prefect responsible for discipline among the lay students. For reasons that are obscure, he was unwilling to continue the theological studies which his intellectual gifts would easily have allowed him to carry on. Indeed, he had always been studious; he had a thorough knowledge of Latin and Greek, and he expressed himself in a smooth flowery style that corresponded admirably to the courteous and refined manners of this renaissance gentleman. And yet he asked to be released from the rest of his studies. Was he perhaps impatient to set out for the American missions about which his reading of the Jesuit Relations had informed him?

Jogues’s ordination to the priesthood, which was conferred upon him at the end of January 1636 in the chapel of Clermont, brought all the closer his departure for the missions. His first mass, said in the church at Orléans on the first Sunday in Lent, brought joy mingled with sadness to his family. His mother consoled herself by preparing some priestly vestments and a few accessories, the only gifts that the missionary accepted for his crossing to the New World. The young priest, concluding his training, felt himself ever more deeply committed to his religious and missionary vocation. He detached himself from every worldly preoccupation, even those connected with his family, but did so with great delicacy and affection. The letters he wrote to his mother at this period and in subsequent years reveal him to us in his true light.

The departure, after several postponements, took place 8 April 1636. In the convoy of eight ships, Jogues took his place with Father Georges d’Endemare on the vessel that was to call at the Île de Miscou near Baie des Chaleurs. After eight weeks of sailing, the missionary arrived at this trading post which numbered 25 Frenchmen and 2 Jesuits. A week later he resumed his sea voyage, spending two days at Tadoussac where he made contact with the Indians, and then continuing towards Quebec, which he left immediately again to go on to Trois-Rivières. The sight of his colleagues Ambroise Davost and Antoine Daniel, emaciated and terribly aged after a few years of life as missionaries, made, a deep impression on him. He witnessed the torture of an Iroquois prisoner at the hands of Huron warriors. Despite the famous “important admonition” of Father Brébeuf, he could not remain unmoved. Still, his letters do not contain any evidence of fright; they exude only zeal and strength of character. He landed at Ihonatiria (Saint-Joseph I) on 11 September after 16 days’ travelling; he was given the name “Ondessonk” (bird of prey).

Jogues, who had been free of any illness during the crossing, was the first to be overcome by fever in September. The epidemics that raged among the Hurons at this period imperilled the lives of the missionaries, for the Indians believed them to be caused by the presence of the religious. In 1637 the situation became so acute that the Huron grand council decided upon the death of the priests. It was in that year that the missionaries met at Ossossanë for a farewell feast in Huron style, at which Brébeuf drew up the celebrated testamentary letter that all the Jesuits present signed. The epidemic ended without the execution of the death sentence. Some time before, 16 Aug. 1637, the first baptism had been administered to a Huron, Joseph Chihwatenha, a sublime spirit whose profoundly Christian temperament was to lend support to the missionary effort. His whole family followed his example on 19 March 1638.

The following August Father Jérôme Lalemant succeeded Father Brébeuf as superior of the Huron mission. The new superior, proceeding to reorganize the mission, decided to set up a central residence for the missionaries. The building of Fort Sainte-Marie was entrusted to Father Jogues. Subsequently the latter was sent with Father Garnier to the Tobacco nation. In September 1641, Jogues and Charles Raymbaut went into the territory of the Sauteurs (Chippewas). They pushed on a considerable distance to the west and came to the Sainte-Marie falls (Sault Ste. Marie). They were warmly welcomed, the meeting was a productive one, and the priests had to promise to come back to preach the gospel.

In June 1642 the Hurons were preparing a trading expedition to the French settlements, but the St. Lawrence River was under constant surveillance by the Iroquois between Ville-Marie (Montreal) and Trois-Rivières. Moreover the missionaries needed to replenish their supplies and to exchange news with Europe. Furthermore Father Raymbaut, gravely ill, required hospitalisation. Jogues was designated by Lalemant to accompany the convoy, which set off for Quebec. When their business was done, the travellers embarked for the return trip. They reached Trois-Rivières in the last few days of July. In addition to Jogues, the group included Guillaume Couture*, the donné René Goupil, another Frenchman, and some Hurons, one of whom was Ahatsistari; in all there were about 40 persons divided among 12 canoes. The party finally got under way 1 Aug. 1642. The day following their departure, the canoes were craftily attacked by some Iroquois in ambush. Historians are not entirely agreed on the location of the attack. Be that as it may, it must have occurred around Sorel, around Berthier, or, more likely around Lanoraie. After a brief exchange of gunfire, Jogues, Goupil, Couture, and a group of the Hurons were carried off as prisoners into Mohawk territory and put to the most appalling tortures: floggings, bites, mutilations, strippings, forced marches, and insults.

The moral anguish, even more acute than the physical torment, Jogues bore with extraordinary fortitude. He endured it all the more fondly because he had sought it out. For, as he himself assures us, he had cast himself into the hands of the Iroquois of his own free will. “I was watching this disaster,” says the father, “from a place very favorable for concealing me from the sight of the enemy, being able to hide myself in thickets and among very tall and dense reeds; but this thought could never enter my mind. ‘Could I, indeed,’ I said to myself, ‘abandon our French and leave those good Neophytes and those poor Catechumens, without giving them the help which the Church of my God has entrusted to me?’ Flight seemed horrible to me; ‘It must be,’ I said in my heart, ‘that my body suffer the fire of earth, in order to deliver those poor souls from the flames of Hell; it must die a transient death, in order to procure for them an eternal life.’ My conclusion being reached without great opposition from my feelings, I called the one of the Hiroquois who had remained to guard the prisoners.”

René Goupil was killed (29 Sept. 1642) by an Iroquois in front of Jogues, who was kept captive under constant threat of death until November 1643. An old Iroquois woman had adopted him and he acted as a servant. He had been so weakened by blows and hardships that the only work he could do was a task reserved for women: gathering wood to feed the fire in the lodge on the hunt.

With the complicity of the Dutch, Jogues embarked at the beginning of November 1643 on a ship that reached England at the end of December. He took another ship and the next day, Christmas Day, he disembarked on the coast of Brittany. Finally, 5 Jan. 1644, he reached the nearest Jesuit house, the Collège at Rennes. His superiors were unable to recognize him, so transformed was he by his sufferings and mutilations. He took some rest in order to recover from his fatigue and pain, attempting to hide from the admiration that people wanted to lavish on him. He was obliged, however, to yield to the entreaties of the queen regent, Anne of Austria, who insisted upon beholding this martyr. Before her and before Mazarin and the directors of the Compagnie des Cent-Associés, he bore witness to the wretchedness and the needs of New France.

While he was in France, steps were taken to seek from the pope an indult that would permit Jogues to celebrate mass despite his mutilated fingers. The sovereign pontiff readily granted him this favour, believing that it was not proper that a martyr for Christ should not be able to offer Christ’s blood (“Indignum esset Christi martyrem Christi non bibere sanguinem”).

In the colony nothing was yet known of Jogues’s fate, and his escape was learned of only when he landed at Quebec early in July 1644. Despite the torment he had suffered, he eagerly sought from his superiors the privilege of devoting himself to the evangelizing of the Iroquois. But peace had not been restored among the Mohawks, and Father Vimont preferred to assign Father Jogues to the post at Ville-Marie, founded two years earlier. This was to be a calmer period for Jogues, which would allow him to compose various important texts for posterity: the account of his captivity and that of the death of his companion Goupil, and what may be considered the earliest description of New York.
Peace, of which there was still no sign on the Iroquois side, finally came about following the freeing of Father Bressani in August 1644. Exchanges of prisoners, as proposed by Governor Huault de Montmagny, encouraged negotiations. Jogues became an important personnage when he appeared before the council meeting held by the governor at Trois-Rivières 12 July 1645, in the course of which the Mohawk orator Kiotseaeton played a prominent part. From 15 to 25 September, a new council brought confirmation of the peaceful intentions of the Mohawks, but the French persisted in having serious doubts about their good faith.

As soon as Father Jérôme Lalemant was appointed superior-general of the Jesuits in New France, Jogues again expressed his desire to go and work for the evangelizing of the Iroquois. But the guarantees of peace were not yet sufficiently firm, and were built up only gradually during the councils held on 22 Feb. and 13 May 1646. Jogues was then accepted by Father Lalemant and by the governor as an ambassador for peace to the Mohawks. The joy with which Jogues received the news of his appointment was tinged with very justifiable misgivings. To Father Jérôme Lalemant he made this reply: “Would you believe that, on opening the letters from your Reverence, my heart was, as it were, seized with dread at the beginning, apprehending lest what I desire, and what my spirit should most prize, might happen. Poor nature, which remembered the past, trembled; but our Lord, through his goodness, has calmed it and will calm it still further. Yes, my Father, I desire all that our Lord desires, at the peril of a thousand lives. Oh, what sorrow I would have, to fail at so excellent an opportunity! Could I endure that it should depend on me that some soul were not saved? I hope that his goodness, which has not forsaken me on [past] occasions, will assist me still; he and I are able to trample down all the difficulties which might oppose themselves.” The missionary took thought for immediate preparations for his future apostolate by bringing together a box of warm clothes for the winter, the sacred vessels for masses, and gifts for the Indians.

After leaving Trois-Rivières 16 May 1646, the expedition ascended the Richelieu and crossed Lake Champlain. Jogues was the first white man to see Lake George, which he named Saint-Sacrement, as his companion Jean Bourdon noted on his map. The Mohawks were intrigued by the mysterious box that Jogues wanted to leave with them. At the conclusion of the parleys, the diplomats set out on the return trip on 16 June, called at Fort Richelieu on 27 June, at Trois-Rivières on 29 June, and arrived at Quebec on 3 July. Jogues gave an account of his mission to the authorities, who once again refused to allow him to leave to spend the winter among the Iroquois. Having returned to Montreal, Jogues was recalled at the end of August to Trois-Rivières, where the peace council authorized him to take part in a new embassy being planned by the Hurons. This time Jogues had decided to stay the winter. He left on 24 September with Jean de La Lande and with the Hurons, who abandoned them at Fort Richelieu. The two Frenchmen pushed on with a single Huron. They met a hostile reception; towards the middle of October, they were taken prisoner. The feeling of the Iroquois had completely changed because, mystified by the small box left at the Mohawk village by Jogues, they saw in it the confirmation of their suspicions about the cause of the epidemic, the drought, and the famine that had followed his summer embassy. On 18 October, at Ossernenon, Jogues was killed by a hatchet blow in the head. La Lande perished in the same way, probably the next day.

Parkman has asserted that Jogues might truthfully have aspired to literary fame. It has even been said that in him the humanist could die only with the saint, so completely did his intellectual qualities complement his spiritual ones and thus give him his maximum value as a writer. Like several of his fellow missionaries in New France, he was a mystic, but in one sense he surpassed them all because he knew how to express the experience that he, like them, had previously undergone. His spiritual writings, equally as limpid as those of Father Brébeuf, surpass the latter’s by a lyricism which achieves great literary perfection. He controls his pen as readily as he disciplines his sensibility, his memory, and all his faculties. Even in the depths of grief, he never bursts out, but makes us feel that he is aware of living through an adventure that overpowers him, but does not crush him. The truth is that under a timid and frail exterior he concealed an astonishing fortitude and spiritual independence. He was a sensitive person, fired with love, whose interior joy never yielded to grief. Divine love had once and for all enveloped his whole being.


ACSM, “Mémoires touchant la mort et les vertus des pères Isaac Jogues . . .” (Ragueneau), repr. APQ Rapport, 1924–25, 3–41, passing; various autographed writings and apographes by Jogues, including a note on René Goupil (May 1646) and several letters. JR (Thwaites); an important printed source, with bibliographical information. Lettre du père Jogues, captif chez les Iroquois, au gouverneur de Montmagny,” BRH, XXXVI (1930), 48–49. Positio causae. John Joseph Birch, The saint of the wilderness: StIsaac Jogues (New York, 1936). BRH, V (1899), 88–90; XVIII (1912), 91. Lucien Campeau, “Un site historique retrouvé,” RHAF, VI (1952), 31–41. Charlevoix, Histoire, I, 232–77. N.-E. Dionne, “Le père Jogues et les Hollandais,” BRH, X (1904), 60–4. Jésuites de la N.-F. (Roustang). Louis-Raoul de Lorimier, “Jogues (en marge de l’histoire, 1607–1646),” RC, XIX (1917), 336–51. Lucien Lusignan, “Essai sur les écrits de deux martyrs canadiens,” BRH, L (1944), 174–92. Félix Martin, Le R.PIsaac Jogues de la Compagnie de Jésus, premier apôtre des Iroquois (Paris, 1873). Henri Petiot [Daniel-Rops], Les aventuriers de Dieu (Paris, 1951), 121–42. Rochemonteix, Les Jésuites et la Nouvelle-France au XVIIe siècle, I, II, 429–43. Francis Talbot, Saint among savages (New York and London, 1935); Un saint parmi les sauvages (Paris, 1937). W. H. Withrow, “The adventures of Isaac Jogues, s.j.,” RSCT, 1st ser., III (1885), sect.ii, 45–53.



SOURCE : http://www.biographi.ca/en/bio/jogues_isaac_1F.html

Isaac Jogues and Companions MM (RM)
(also known as the North American Martyrs)


Born in France; died 1642-1649; canonized in 1930 by Pope Pius XI; feast day formerly on March 16 and September 26; cultus extended universally in 1969 as the protomartyrs of North America.


These martyrs probably mean nothing to our European friends, but they were among the earliest saints of North America. All were French born Jesuits: Jean de Brébeuf, Isaac Jogues, Antony Daniel, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, and Noel Chabanel, priests; and John Lalande and René Goupil, lay-brothers. They selflessly worked among the native Hurons until they met their death at the hands of mortal enemies of the Hurons: the Iroquois and the Mohawks. The Iroquois were animated by the bitter hatred of the missionaries, whom they subjected to indescribable tortures before putting them to death.

René (Renatus) Goupil (1606 to September 29, 1642) was born at Anjou, France. Amazingly, ill health forced him to leave the Jesuits, yet he was willing and able to accompany the missionaries after he had become a successful surgeon. In 1638, he went to Quebec to work among the Jesuit missions as an attaché to the hospital in Quebec. He became a lay assistant for the mission to the Hurons in 1640. While on a journey with Isaac Jogues in 1642, he was captured by a group of Iroquois and tomahawked to death on September 29 at Osserneon near Albany, New York, for making the sign of the cross on the brow of some children. He was the North American protomartyr.
Isaac Jogues (Born at Orléans, France, on January 1, 1607; died October 18, 1646) was the son of wealthy parents. He studied at the Jesuit school in his home town and entered the Society of Jesus at Rouen in 1624. He continued his education at Le Flèche. After his ordination in 1636, he requested and received permission to work as a missionary in Quebec, Canada. He took the Gospel to the Mohawks and in the course of his labors penetrated to the eastern entrance of Lake Superior, one thousand miles inland--the first European to do so. Fr. Jogues' plan to preach the Gospel to the Sioux Indians in the region of the Mississippi headwaters came to an end when he was captured, together with René Goupil and other Jesuits, by an Iroquois war party on October 3, 1642. They had just completed a mission of mercy to the Hurons, who were suffering from famine and disease, when they were ambushed by the enemies of the Hurons. Saint René was killed. The rest were held for 13 months in slavery and so cruelly tortured that Father Jogues lost the use of his hands. (Pope Urban VIII permitted him to say Mass despite this deformity. This was a unique dispensation in the history of the Church. The holy father observed, "It would be unfitting to refuse permission to drink the blood of Jesus Christ to one who has testified to Christ with his blood.")

The Dutch Calvinists from Fort Orange (Albany, New York) negotiated continuously for his release. When he was about to be slowly roasted to death they helped him to escape to New York--thus, he became the first Catholic priest to come to that state. From New Amsterdam (as New York was then called), he travelled by small ship to England, arriving there on Christmas Day completely destitute. He finally reached France, where the Queen Mother received him with extreme deference, but in 1644 he requested to be allowed to return to Quebec.

Less than three years after his captivity, he set out with Jean de Lalande for his place of imprisonment (Osserneon, now Auriesville, NY), this time as a missionary to the Iroquis with whom a peace treaty had been signed. During this second visit, Father Isaac left behind a box of religious objects. These were wrongly believed to be the cause of an epidemic and a crop failure that occurred soon after his departure.

On his third visit, a member of the Mohawk Bear clan, believing him to be a sorcerer, blamed him for the suffering of his people. One afternoon the Mohawk invited Jogues for a meal. The priest was seized, together with the Jesuit lay-brother, Saint John Lalande. The other missionaries with them had fled at that change of attitude they sensed among the natives. Jogues and Lalande were beaten and slashed with knives and that evening Isaac Jogues was tomahawked. The next day Lalande was killed in the same way. Their heads were struck off and impaled on the settlement palisade, and their trunks thrown into the Mohawk River about 40 miles west of Albany, NY, near Midland, Ontario.

There is a portrait of Father Isaac that was painted in 1644 during his visit to France. In it you can see that only the middle and ring fingers remain of his right hand. He is a slender, white- haired man with a very long and flaring nose, deep-set eyes, curly hair, beard, and mustache. After his death, the fatal tom ahawk wound was added.

John de Lalande (Born at Dieppe, France; died 1646) travelled to Quebec to become a donné (lay assistant) to the Jesuit missionaries. In 1646, he accompanied Isaac Jogues on a trip to the territory of the Iroquois after a peace treaty with them had just been signed. They were captured by a war party of Mohawks. John was tomahawked and beheaded at Osserneon near Albany, on October 19, the day after Fr. Jogues had suffered a similar fate there.

Antony Daniel (Born at Dieppe, France, on March 27, 1601; died July 4, 1648) studied law but abandoned it to join the Jesuits at Rouen in 1621. He taught in Rouen for four years, studied theology at Clermont, was ordained in 1630, and was then assigned to the college at Eu. With three other priests he was sent as a missionary to Cape Breton Island, Arcadia, New France (Canada), in 1632. A year later Fr. Daniel went to Quebec. He was successful in his missionary work among the Hurons, even founding a school for Native American boys at Quebec in 1636. In 1648, Fr. Daniel was martyred by a party of Iroquois at the Indian village of Teanaustaye near Hillsdale, Ontario.

Charles Garnier (Born at Paris, France, c. 1605; died 1649), son of the treasurer of Normandy, was educated at Louis-le-Grand College and joined the Jesuits in Paris in 1624. He continued his studies at Clermont, taught at the Jesuit college at Eu for three years, and was ordained in 1635. The following year he was sent to Quebec, Canada, with Father Pierre Chastellain and two other priests as missionaries to the Hurons. Charles was murdered by a war party of Iroquois on December 7, 1949, at the Indian village of Etarita, where he was stationed.

Noel Chabanel (Born near Mende, France, on February 2, 1613; died December 8, 1649), after joining the Jesuits in 1630, was sent to New France in 1643 to evangelize the Hurons. He became assistant to Fr. Garnier at Etarita in 1649 and was murdered by an apostate Indian while returning from a visit to neighboring Sainte Marie.

John de Brébeuf (Born at Condé-sur-Vire, Normandy, France, on March 25, 1593; died March 16, 1649) was the son of farmers. He attended the university at nearby Caen and worked on his parent's farm before joining the Jesuits at Rouen in 1617. Although he was almost forced to leave the society when he contracted tuberculosis and was so affected that he could neither study or teach for the customary periods, he was ordained in 1622. It is remarkable, therefore, that in 1625 he requested to be sent to Canada as a missionary. There, despite opposition from the Protestant Huguenots, trading company officials, and renegade Indians, Father de Brébeuf labored among the Hurons for the next 24 years--but not without interruption.

In 1629, when the English captured Quebec, he was ousted with other Jesuits and forced to return to France. For a time Fr. Brébeuf was treasurer at the Jesuit college in Eu until the English returned Canada to the French in 1633. At that time he went back into the mission field. From this time until his death, his evangelizing efforts were richly rewarded.

At the request of the Hurons, Father de Brébeuf lived among them, sometimes with companions, and sometimes alone. He preached and catechized in their own language. But his work had to overcome superstition, violence, cannibalism, and the fact that he belonged to an alien, conquering race. He founded schools and baptized over 200 neophytes in one year.

When smallpox killed thousands of Indians in 1637, the missionaries were blamed by the tribal medicine men for the disaster. Brébeuf was condemned to death, but spoke so eloquently of the after-life that he was given a reprieve. He stayed with the Indians until 1640, when he went to Quebec for four years. Then returned to the Indians.

He was captured together with Gabriel Lalemant by Iroquois, enemies of the Hurons, on March 16 at Sainte-Marie, near Georgian Bay, and was cruelly tortured for hours, mutilated, burned to death, and finally eaten. Known for his holiness and courage, he was responsible for some 7,000 conversions among the Indians, and composed a dictionary and catechism in Huron.

Gabriel Lalement (Born at Paris, France, 1610; died 1649) joined the Jesuits in 1630. He taught at Moulins for three years, and after further study at Bourges, was ordained in 1638. After teaching at La Flèche and Moulins, he was sent to Canada at his request in 1646 as a missionary.

He, too, worked among the Hurons, became assistant to Saint John de Brébeuf at Saint Ignace in 1649, and was with him in the village when the Iroquois attacked and destroyed it on March 16, killing all the inhabitants except the two priests. After torturing them, the Iroquois tomahawked them to death the next day (Attwater, Benedictines, Delaney, Farmer, Melady, Parkman, Schamoni, Wynne).



LA LANDE, JEAN DE, a donné of the Society of Jesus, native of Dieppe, canonized by Pope Pius XI, 29 June 1930; killed by the Iroquois in October 1646.

La Lande was a donné, and by that we mean that he was not bound to the Society of Jesus by religious vows, but by a contract under the terms of which he placed himself completely at the disposal of the missionaries, who in return guaranteed him lodging, food, and help in case of illness, The first indication of his presence in the colony was on 14 Dec, 1642, when the effects of the late Jean Nicollet were up for auction and he came forward as purchaser of two books of piety which had belonged to the famous intepreter of the Algonkins. From 1642 to 1646 he seems to have been attached regularly to the Trois-Rivières residence. Father Anne de Nouë was then in charge of the residents of the house; this missionary was later buried at Trois-Rivères after an heroic death which was a noble inspiration to Jean de La Lande.

On 21 Aug. 1646 Father Jérôme Lalemant, the superior of the Jesuits of Quebec, decided to send Father Ignace Jogues to the Iroquois country in order to maintain peaceful relations with the Indians. For an associate he was given Jean de La Lande, who was not unaware of the danger to which he was exposing himself. Jogues, La Lande and a few Hurons left Quebec on 24 Sept. of that year. The little band had scarcely got beyond Trois-Rivières when all the Hurons save one turned back, so impressed were they with the dangers of such a journey. With Jean de La Lande the sense of duty prevailed over everything else; he had promised to follow Jogues, and he was going to keep his word. When they reached their destination, the ambassadors of peace were treated as enemies. Victims for their faith, they were both killed: Jogues on 18 October, La Lande on 18 or 19 Oct. 1646.

The news did not reach Quebec until June 1647. The Relation gives a long account of Jogues’s martyrdom. Of his associate it says: “One must not forget the young Frenchmen who was slain with the Father. That good youth, called Jean de la Lande, – a native of the City of Dieppe, as has been said, – seeing the dangers in which he was involving himself in so perilous a journey, protested at his departure that the desire of serving God was leading him into a country where he surely expected to meet death. This frame of mind has enabled him to pass into a life which no longer fears either the rage of those Barbarians, or the fury of the Demons, or the pangs of death.”


JR (Thwaites), XXXI, 122 (the one passage in the Relations concerning Jean de La Lande). Additional information may be found in Positio causae and in Archange Godbout, Les pionniers de la région trifluvienne, 67.




DANIEL, ANTOINE, priest, Jesuit, missionary to the Hurons; canonized by Pope Pius XI on 29 June 1930; b. 27 May 1601 at Dieppe; killed 4 July 1648 in Huronia.

Antoine Daniel had already begun his legal studies when he entered the noviciate of the Society of Jesus at Rouen on 1 Oct. 1621. He was a teacher of junior classes at the Collège in Rouen (1623–27), studied theology at the Collège in Clermont (1627–30), taught humanities (1630–1631), and was minister at the Collège in Eu (1631–32). On 1 Aug. 1626 Father Charles Lalemant wrote from Quebec to his brother Jérôme: “A little Huron is going to see you; he longs to see France. He is very fond of us and manifests a strong desire to be instructed; nevertheless, his father and the Captain of the nation wishes to see him next year, assuring us that, if he is satisfied, he will give him to us for some years. It is of importance that he should be thoroughly satis fied, for if this child is once instructed, it will open the way to many tribes where he will be very useful.” Amantacha dit Louis de Sainte-Foi, was baptized at Rouen during the time that Father Daniel was a teacher at the college. Certain historians have asserted that Father Daniel had prepared Amantacha for baptism; this affirmation has not been completely proved. But the presence of the young Huron at Rouen did not escape Daniel’s notice, and it may be that it played some part in his missionary vocation.

In 1632 Father Daniel arrived at Cape Breton, where the habitation was under the command of his brother, Capt. Charles Daniel. The following year, on 24 June 1633, he was at Quebec and was assigned, with Jean de Brébeuf, to the Huron mission, but their departure did not take place until 1634. No missionary experienced the hardships and perils offered at that period by the trip into Huronia as much as Father Daniel did; in 1634, and again in 1638, he was abandoned on the way by his guides; he soon found himself not only alone but ill, and he attributed to special divine protection the fact that he was able to reach his destination at all. The return trip he made in 1636 was equally arduous, and when he arrived at Trois-Rivières he was literally exhausted.

He made rapid progress in learning the language, and he had soon taught the children to sing the Pater and the Credo in Huron. His kindness, his gentleness, and his gifts as a teacher caused him to be assigned to a new apostolate that the missionaries, in their lack of experience of the actual circumstances, thought both feasible and full of promise for the propagation of the faith: the founding at Quebec of a seminary to which young Hurons would come to be trained in Christian knowledge and virtues. So great were the hopes aroused by this foundation that Huronia sacrificed for it one of its best missionaries, and the Jesuits at Quebec deprived themselves of the services of five very useful servants. Two years’ experience was to show that the children of Huronia were not suited to, and not suitable for, this European type of education. The splendid dream came to naught, and brought about Father Daniel’s return to active missionary life. He devoted himself to it indefatigably and effectively for ten years. On 4 July 1648 the Iroquois overran the Saint-Joseph II mission (Teanaostaiaë, near Hillsdale, Simcoe County, Ontario) just as Father Daniel was finishing his mass. He encouraged the neophytes and spoke so movingly of the truths of the faith that the pagans in large numbers asked him to baptize them. After wreaking havoc in the village, the Iroquois attacked the chapel: “Flee,” said the missionary to his congregation, “and keep the faith to your dying breath.” As for himself, his life belonged to the souls in his charge. He left the chapel and strode towards the enemy, who were astonished by such courage. When the first moment of stupefaction had passed, his body was riddled with arrows. A bullet struck him in the chest, passing through his body, and he fell uttering the name of Jesus. After desecrating his body, the Iroquois threw it into the fire that was consuming the chapel. As the first martyr of Huronia, Father Daniel, even after his death, inspired in his brother missionaries a wealth of tenderness and encouragement. The Relation for 1649 has preserved two instances of this for us.

The Hurons had given Father Daniel the name of Anȣennen.


ACSM, “Mémoires touchant la mort et les vertus des pères Isaac Jogues . . .” (Ragueneau), repr. APQ Rapport, 1924–25, 3, 51. JR (Thwaites), in particular the Relation of 1649 (XXXIV, 86–96) et passimPositio causae. Campbell, Pioneer priests, II, 197–244. Lucien Campeau, in Lettres du Bas-Canada, II (1948), gives a critical study of the three accounts of the death of Father Daniel that have come down to us. Much the best study is by Fernand Potvin, “Saint Antoine Daniel, martyr canadien,” RHAF, VIII (1954–55), 395–414, 556–64; IX (1955–56), 74–92, 236–49, 392–409 562–70; X (1956–57), 77–92, 252–56. Rochemonteix, Les Jésuites et la Nouvelle-France au XVIIe siècle, II, 74.



SOURCE : http://www.biographi.ca/en/bio/daniel_antoine_1E.html

Charles Garnier

Jesuit Missionary, born at Paris, 1606, of Jean G. and Anne de Garault; died 7 December, 1649. He studied classics, philosophy, and theology at the Jesuit college of Clermont, joining the order in 1624. He begged to be sent to the Canadian mission, and sailed in 1636 on the same fleet as Governor Montmagny. He was sent forthwith to the Huron country, where he was to spend the fourteen years of his heroic apostolate without once returning to Quebec. In six months he mastered the difficult language, and began a career of unceasing charity which was to be crowned by martyrdom. His zeal for the conversion of infidels brooked no hindrance nor delay. Neither distance nor weather, nor danger of death could prevent him from hastening to the stake to baptize and exhort captives of war. Filth, vermin, fetid and loathsome disease could not deter him from tending and redeeming dying sinners. His frail frame miraculously resisted the intense strain. His angelic patience amidst endless trials won him the title of "lamb" of the mission, whereof Brébeuf was styled the "lion". Several times — first in 1637, then in 1639 with Jogues, and later with Pijart — he strove to convert the Tobacco nation. His constancy finally overcame their obstinacy. They asked for the black robes (1646), and Garnier went to dwell with them until death. After the martyrdom of Fathers Daniel (1648), Brébeuf, and Lalemant (March 1649), he calmly awaited his turn. After decimating the Hurons, the Iroquois attacked the Tobacco nation. During the massacre of St. John's village, Garnier went about exhorting his neophytes to be faithful. Mortally wounded he dragged himself towards a dying Indian to absolve him, and received the final blow in the very act of charity (1649) on the eve of the Immaculate Conception, a dogma he had vowed to defend. His letters to his brother, a carmelite, reveal his sanctity. Ragueneau testifies to his heroic spirit of sacrifice. Parkman compares his life to that of St. Peter Claver among the blacks and styles it a voluntary martyrdom.

Lindsay, Lionel. "Charles Garnier." The Catholic Encyclopedia. Vol. 6. New York: Robert Appleton Company, 1909. 26 Sept. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/06388b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Joseph P. Thomas. In memory of Laurence La Bombard.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. September 1, 1909. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.



GARNIER, CHARLES (called Ouracha by the Indians), priest, Jesuit, missionary, martyr; b. 1606 (or 1605) in Paris; d. 1649 in the Huron country.

He was baptized on 25 (or 26) May in the parish of Saint-Gervais, and was the second son of Jean Garnier, an under-secretary in Henri III’s private household and later maître des comptes in Normandy, and of Anne de Garault, who came from a noble family of Orléans. After attending the Collège de Clermont in Paris, which was under the direction of the Jesuits, he entered the noviciate of the Society of Jesus in 1624. He was ordained priest in 1635, was nominated for the missions in New France, and landed at Quebec on 11 June 1636, at the same time as Governor Huault de Montmagny. In July, together with Father Pierre Chastellain, he reached the territory of the Hurons. In 1639 and 1640 he wintered in the land of the Tobacco nation, which he vainly tried to convert. From 1641 to 1646 Garnier was employed at the Saint-Joseph (Teanaostaiaë) mission, among the Cord clan. Finally, in the autumn of 1646, he was again sent to the Tobacco nation, on the shores of Georgian Bay, and there he established a mission that this time flourished; he also met his death there, being slaughtered by the Iroquois on 7 Dec. 1649 when they attacked the village of Saint-Jean, at the time of the destruction of the Huron missions. His body, lacerated by two bullet wounds and two blows from a hatchet, was found a few steps from the ruins of his chapel. He was canonized by Pope Pius XI on 29 June 1930.


“De la prise et désolation de la mission de Saint-Jean, par les Iroquois, et de la mort du P. Charles Garnier, qui y était en mission” and “Abrégé de la vie du Père Charles Garnier,” in ACSM, “Mémoires touchant la mort et les vertus des pères Isaac Jogues . . .” (Ragueneau), repr. APQ Rapport, 1924–25, 76–85. APQ Rapport, 1929–30, 1–43, “Lettres de Saint Charles Garnier.” JR (Thwaites), XXXV, 118–44; et passim. Positio causae. Florian Larivière, La vie ardente de Saint Charles Garnier (Montréal, 1957). Rochemonteix, Les Jésuites et la Nouvelle-France au XVIIe siècle, I, 97–100, 409–18.



SOURCE : http://www.biographi.ca/en/bio/garnier_charles_1F.html

Gabriel Lalemant

Jesuit missionary, b. at Paris, 10 October, 1610, d. in the Huron country, 17 March 1649. He was the nephew of Charles and Jerome Lalemant, and became a Jesuit at Paris, 24 March 1630. He arrived in Canada, 20 September, 1646 and after remaining in Quebec for two years, was sent to the Huron missions as de Brébeuf's assistant. He was scarcely there a month when the Iroquois attacked the settlement of St. Ignatius which they burned, and then descended on the mission of St. Louis where they found de Brébeuf and Lalemant. After setting fire to the village and killing many of the inhabitants, they led the two priests back to St. Ignatius where they were tied to stakes and after horrible torture put to death. Lalemant stood by while his companion was being killed. De Brébeuf expired at three in the afternoon. Lalemant's suffering began at six that evening and lasted until nine o'clock next morning. When the Iroquois withdrew, the bodies of the two priests were carried over to St. Mary's where they were interred. Some of the relics of Lalemant were subsequently carried to Quebec.

Sources

Relations, passim; ROCHEMONTEIX, Les Jésuites de la Nouvelle France; MARTIN, Hurons et Iroquois; FERLAND, Histoire du Canada; Journal des Jésuites.

Campbell, Thomas. "Gabriel Lalemant." The Catholic Encyclopedia. Vol. 8. New York: Robert Appleton Company, 1910. 26 Sept. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/08752b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Joseph E. O'Connor.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.


Jean de Brébeuf

Jesuit missionary, born at Condé-sur-Vire in Normandy, 25 March, 1593; died in Canada, near Georgian Bay, 16 March, 1649. His desire was to become a lay brother, but he finally entered the Society of Jesus as a scholastic, 8 November, 1617. According to Ragueneau it was 5 October. Though of unusual physical strength, his health gave way completely when he was twenty-eight, which interfered with his studies and permitted only what was strictly necessary, so that he never acquired any extensive theological knowledge. On 19 June, 1625, he arrived in Quebec, with the Recollect, Joseph de la Roche d' Aillon, and in spite of the threat which the Calvinist captain of the ship made to carry him back to France, he remained in the colony. He overcame the dislike of the colonists for Jesuits and secured a site for a residence on the St. Charles, the exact location of a former landing of Jacques Cartier. He immediately took up his abode in the Indian wigwams, and has left us an account of his five months' experience there in the dead of winter. In the spring he set out with the Indians on a journey to Lake Huron in a canoe, during the course of which his life was in constant danger. With him was Father de Noüe, and they established their first mission near Georgian Bay, at Ihonatiria, but after a short time his companion was recalled, and he was left alone.

Brébeuf met with no success. He was summoned to Quebec because of the danger of extinction to which the entire colony was then exposed, and arrived there after an absence of two years, 17 July, 1628. On 19 July, 1629, Champlain surrendered to the English, and the missionaries returned to France. Four years afterwards the colony was restored to France, and on 23 March, 1633, Brébeuf again set out for Canada. While in France he had pronounced his solemn vows as spiritual coadjutor. As soon as he arrived, viz., May, 1633, he attempted to return to Lake Huron. The Indians refused to take him, but during the following year he succeeded in reaching his old mission along with Father Daniel. It meant a journey of thirty days and constant danger of death. The next sixteen years of uninterrupted labours among these savages were a continual series of privations and sufferings which he used to say were only roses in comparison with what the end was to be. The details may be found in the "Jesuit Relations".

In 1640 he set out with Father Chaumonot to evangelize the Neutres, a tribe that lived north of Lake Erie, but after a winter of incredible hardship the missionaries returned unsuccessful. In 1642 he was sent down to Quebec, where he was given the care of the Indians in the Reservation at Sillery. About the time the war was at its height between the Hurons and the Iroquois, Jogues and Bressani had been captured in an effort to reach the Huron country, and Brébeuf was appointed to make a third attempt. He succeeded. With him on this journey were Chabanel and Garreau, both of whom were afterwards murdered. They reached St. Mary's on the Wye, which was the central station of the Huron Mission. By 1647 the Iroquois had made peace with the French, but kept up their war with the Hurons, and in 1648 fresh disasters befell the work of the missionaries — their establishments were burned and the missionaries slaughtered. On 16 March, 1649, the enemy attacked St. Louis and seized Brébeuf and Lallemant, who could have escaped but rejected the offer made to them and remained with their flock. The two priests were dragged to St. Ignace, which the Iroquois had already captured.

On entering the village, they were met with a shower of stones, cruelly beaten with clubs, and then tied to posts to be burned to death. Brébeuf is said to have kissed the stake to which he was bound. The fire was lighted under them, and their bodies slashed with knives. Brébeuf had scalding water poured on his head in mockery of baptism, a collar of red-hot tomahawk-heads placed around his neck, a red-hot iron thrust down his throat, and when he expired his heart was cut out and eaten. Through all the torture he never uttered a groan. The Iroquois withdrew when they had finished their work. The remains of the victims were gathered up subsequently, and the head of Brébeuf is still kept as a relic at the Hôtel-Dieu, Quebec.

His memory is cherished in Canada more than that of all the other early missionaries. Although their names appear with his in letters of gold on the grand staircase of the public buildings, there is a vacant niche on the façade, with his name under it, awaiting his statue. His heroic virtues, manifested in such a remarkable degree at every stage of his missionary career, his almost incomprehensible endurance of privations and suffering, and the conviction that the reason of his death was not his association with the Hurons, but hatred of Christianity, has set on foot a movement for his canonization as a saint and martyr. An ecclesiastical court sat in 1904 for an entire year to examine his life and virtues and the cause of his death, and the result of the inquiry was forwarded to Rome. [He was canonized in 1930. --Ed.]

Campbell, Thomas. "Jean de Brébeuf." The Catholic Encyclopedia. Vol. 2. New York: Robert Appleton Company, 1907. 26 Sept. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/02751b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Joseph P. Thomas.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. 1907. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.



Noel Chabanel

A Jesuit missionary among the Huron Indians, born in Southern France, 2 February, 1613; slain by a renegade Huron, 8 December, 1649. Chabanel entered the Jesuit novitiate at Toulouse at the age of seventeen, and was professor of rhetoric in several colleges of the society in the province of Toulouse. He was highly esteemed for virtue and learning. In 1643, he was sent to Canada and, after studying the Algonquin language for a time, was appointed to the mission of the Hurons, among whom he remained till his death. In these apostolic labours he was the companion of the intrepid missionary, Father Charles Garnier. As he felt a strong repugnance to the life and habits of the Indians, and feared it might result in his own withdrawal from the work, he nobly bound himself by vow never to leave mission, and he kept his vow to the end. In the "Relation" of 1649-50, Father Ragueneau describes the martyr deaths of Chabanel and Garnier, with biographical sketches of these two fathers.

Spillane, Edward. "Noel Chabanel." The Catholic Encyclopedia. Vol. 3. New York: Robert Appleton Company, 1908. 26 Sept. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/03551a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Joseph P. Thomas.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. November 1, 1908. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.



CHABANEL, NOËL, priest, Jesuit, missionary to the Hurons; canonized by Pope Pius XI on 29 June 1930; b. 2 Feb. 1613 at Saugues (Haute-Loire); killed out of hatred for the faith by a Huron apostate on 8 Dec. 1649.

Noël Chabanel entered the noviciate at Toulouse on 9 Feb. 1630. He taught in the college of that city (1632–39), studied theology there (1639–41), and did his third probationary year there (1641–42). After teaching rhetoric at the college of Rodez, he arrived at Quebec on 15 Aug. 1643, spent one year there, and then went on to the Huron country.

Of the eight Canadian martyrs, he is the only one who had no flair for the study of languages. A brilliant teacher of rhetoric in France, he felt an inexpressible loathing for the ways and customs of the Indians. “Never, for all that,” writes Father Paul Ragueneau, “would he break away from the Cross on which God had placed him; never did he ask that he might come down from it. On the contrary, in order to bind himself to it more inviolably, he obliged himself, by a vow, to remain there till death, so that he might die upon the Cross.” The Relation for 1650 has preserved for us the wording of this heroic vow.

At the beginning of December 1649, he was at the Saint-Jean mission among the Tobacco Indians, when he received orders to go to the main residence, Sainte-Marie II, on the Île Saint-Joseph. Having set out on 7 December, he was the next day treacherously slain by a Huron apostate. The Relation for 1650 recounts Chabanel’s death, but reveals no knowledge of the motives for the slaying. In the “Manuscrit de 1652,” Father Ragueneau is better informed. He takes cognizance of the confession of the murderer, Louis Honarreennha, who stated that he had killed Chabanel because of his hatred for the faith.


ACSM, Notice manuscrite du P. Chabanel, rédigée par le père Félix Martin; “Mémoires touchant la mort et les vertus des pères Isaac Jogues . . .” (Ragueneau), repr. APQ Rapport, 1924–25, 3, 85–89. Jésuites de la N.-F. (Roustang), 315–22. JR (Thwaites). Positio causae. Rochemonteix, Les Jésuites et la Nouvelle France au XVIIe siècle, II.

Father Chabanel, who aspired to be a martyr in obscurity and without bloodshed, has had two biographers in our own day: Alfred Raymond, Saint Noël Chabanel, martyr du Canada (1613–1649) (Montréal, 1946); Frédéric Saintonge, Martyr dans l’ombre: Saint Noël Chabanel (Montréal, 1958).



Voir aussi : http://www.republiquelibre.org/cousture/MARTYRS.HTM

http://echo.franco.ca/robesnoires/index.cfm?Id=32926&Sequence_No=&Repertoire_No=2137985654&Voir=journal