samedi 8 septembre 2012

La NATIVITÉ de la TRÈS SAINTE VIERGE MARIE


Nativité de la Vierge Marie

Les évangélistes ne nous disent pas où est née Marie. On sait seulement qu'elle était parente d'Élisabeth qui habitait en Judée. Il n'est donc pas impossible qu'elle soit elle-même originaire de Jérusalem comme le veut une antique tradition dont on trouve trace dans l'évangile apocryphe de Jacques, qui nous parle des parents de la Vierge, Joachim et Anne Il existait également et très anciennement, à Jérusalem, une maison appelée "la Maison d'Anne." Près de cette maison fut érigée une église dont la dédicace eut lieu un 8 septembre. L'anniversaire de cette dédicace fut commémoré chaque année. La fête s'étendit à Constantinople au Ve siècle puis en Occident. Plus tard, on lui adjoignit la fête de sa conception, neuf mois auparavant d'où le 8 décembre. La Nativité de Marie est une des grandes fêtes de l'année liturgique byzantine car elle inaugure l'économie du salut et l'inscription du Verbe de Dieu dans l'histoire des hommes.

"Depuis le VIe siècle, on vénère à Jérusalem, près de la piscine de Bézatha, le lieu où serait née la Vierge Marie. C’est dans la basilique de la Nativité de Marie, que saint Jean Damascène proclamait de fêter dans la joie ce jour qui a vu naître la Mère du Christ, elle qui est le 'commencement du salut'. Elle est la patronne principale du diocèse de Tarbes et Lourdes.

Elle est actuellement sainte patronne de la Cathédrale de Tarbes, mais aussi à Ansost, Auriébat, Banios, Bénac, Bourisp, Houeydets, Lagarde, Lahitte-Bonnefont, Lutilhous, Montastruc, Oléac-Debat, Péré, Pinas, Ségalas et Villenave-près-Marsac." (diocèse de Tarbes et Lourdes)

Aie pitié de moi, pécheur et viens à mon aide, ô ma Dame. Ta glorieuse naissance de la race d’Abraham, de la tribu de Juda, de la souche de David, n’a-t-elle pas apporté la joie au monde entier? Qu’elle me remplisse aussi de joie et me purifie de tout péché.

Prière anonyme du Moyen Age

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/fetes/8/9/2012/8-Septembre-2012.html



La Nativité de la très Sainte Vierge

Tout est miracle dans l'histoire de la Sainte Vierge; Sa naissance ne fait point exception, et, bien que pauvre et vulgaire aux yeux du monde, elle apparaît aux yeux de la foi entourée des plus éclatantes merveilles. Aussi est-ce avec raison que l'Église s'écrie en ce jour: "Votre naissance, ô Marie, Mère de Dieu, a rempli tout le monde de consolation et d'allégresse, parce que le Soleil de justice, Jésus-Christ, notre Dieu, est né de Vous, Lui qui nous a tirés de la malédiction où nous étions plongés et nous a comblés de bénédictions; Lui, qui, ayant ruiné l'empire de la mort, nous a introduits dans la vie éternelle." Cette fête, en effet, doit être une réjouissance universelle; ce n'est pas un heureux présage pour une ville ou pour un peuple, mais pour l'humanité tout entière.

Joachim et Anne, Ses parents, étaient de la race de David, de laquelle devait naître le Sauveur promis au monde; mais ils étaient avancés en âge et n'avaient point d'enfants; donc nulle espérance humaine pour eux de donner naissance au Rédempteur attendu. Dieu, qui aime à confondre les calculs des hommes et les prévisions naturelles, jugea autrement et renouvela pour Joachim et Anne la merveille dont l'Ancien Testament nous rapporte plusieurs exemples. Les deux vieillards reçurent l'annonce des desseins de Dieu, et au temps marqué Marie paraissait au monde. Toute pure, toute immaculée avait été Sa conception, toute pure et toute privilégiée fut Sa naissance.

Quelle joie ce jour-là dans la maison de Joachim! Quelles félicitations de la part des amies de la vertueuse Anne! Figurons-nous combien devait être ravissante cette enfant de bénédiction, sanctifiée dès le premier instant de Sa vie, et dont les facultés n'avaient pas connu un seul instant le sommeil ni l'imperfection! Les Saints ne tarissent pas d'éloges sur la naissance de Marie: "Avant la naissance de Marie, disent-ils, le monde était enseveli dans les ténèbres du péché; avec Elle paraît l'Aurore qui annonce le Soleil de Justice. Parfaite dès Sa naissance, Marie ne fit que croître chaque jour en vertus..."

Astre toujours progressant en lumière, si beau dès Son apparition, qu'il devait être éblouissant au terme de Sa course! Quel bonheur pour les élus de contempler au Ciel les merveilles opérées par Dieu en Marie! En attendant, unissons-nous à l'Église qui L'honore aujourd'hui sous cent titres différents dans une multitude de sanctuaires vénérés.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/la_nativite_de_la_tres_sainte_vierge.html


Domenico Ghirlandaio, Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, vers 1490,


ÉVANGILE DE LA NATIVITÉ DE SAINTE MARIE.

Durant plusieurs siècles, cette légende jouit, en Orient, de la plus grande célébrité ; elle fut d'abord accueillie avec un peu plus de froideur en Occident. Une tradition, que l'on ne discutait point alors, l'attribuait à saint Mathieu, et voulait qu'elle eût été écrite en hébreu ; la traduction, qui s'en répandit vers le sixième siècle, fut donnée comme l'œuvre de saint Jérôme ; et les éditeurs des œuvres complètes de ce Père ont cru pouvoir l'admettre dans leurs éditions, tout en s’inscrivant en faux contre une assertion qui n'est plus susceptible d'avoir un seul partisan.
Cet Évangile est l'un des moins chargés de circonstances fabuleuses et de miracles supposés ; quelques-uns des récits qu'il renferme sont mentionnés et signalés comme dénués de fondement dans les écrits de divers Pères de l'Église, tels que saint Augustin et saint Jérôme. Tel qu'il nous est parvenu, nous penchons à le regarder comme rédigé au sixième siècle, et il fut en possession durant tout le moyen-âge d’une célébrité soutenue. Au neuvième siècle, la célèbre religieuse de Gandesheim, Hroswitha (01), en reproduisit les principaux traits dans un poème latin en vers hexamètres que nous rencontrons dans ses œuvres (Historia nativatis laudabilisque conversationis intactœ Dei genitricis, p. 73 de l'édit de 1707). Ils passèrent dans la Légende dorée ; ils figurèrent dans la Vie de Jésus-Christ, que composa Ludolphe le Saxon, prieur des Chartreux de Strasbourg, ouvrage dont la vogue fut extrême au quatorzième et au quinzième siècle (02). Les poètes les intercalèrent dans leurs vers, les artistes en multiplièrent les images.
L’Évangile de la nativité de Marie ne nous est parvenu qu'en latin ; plusieurs fois réimprimé dans des collections étendues, inséré dans les recueils spéciaux de Fabricius, de Jones, de Schmid et de Thilo, il présente partout un texte uniforme, et il ne paraît point qu'il en existe de manuscrits où se rencontrent des variantes dignes d'attention.
Nous pourrions ici, à l'exemple du docteur Borberg, placer en tête de la traduction de cet Évangile la correspondance échangée entre saint Jérôme et les évêques Chromatien et Héliodore ; ces lettres se trouvent dans un grand nombre de manuscrits joints à la composition qu'elles concernent; elles sont incontestablement sinon supposées, du moins défigurées par des interpolations, mais elles remontent à une époque éloignée (probablement au sixième siècle), elles ont longtemps passé pour authentiques, et, bien qu'on n'en connaisse pas le véritable auteur, on doit les regarder comme retraçant des opinions qui exercèrent un empire étendu et prolongé.

CHAPITRE Ier.

La bienheureuse et glorieuse Marie toujours vierge, de la race royale et de la famille de David, naquit dans la ville de Nazareth, et fut élevée à Jérusalem, dans le temple du Seigneur. Son père se nommait Joachim et sa mère Anne. La famille de son père était de Galilée et de la ville de Nazareth, celle de sa mère était de Bethléem. Leur vie était simple et juste devant le Seigneur, pieuse et irréprochable devant les hommes : car, ayant partagé tout leur revenu en trois parts, ils dépensaient la première pour le temple et pour les ministres du temple ; la seconde, ils la distribuaient aux pèlerins et aux pauvres, et ils réservaient la troisième pour leurs besoins et pour ceux de leur famille. Ainsi chéris de Dieu et des hommes, il y avait près de vingt, ans qu'ils vivaient chez eux dans un chaste mariage sans avoir des enfants (03). Ils firent vœu, si Dieu leur en accordait un, de le consacrer au service du Seigneur, et c'était dans ce dessein qu'à chaque fête de l'année ils avaient coutume d'aller au temple du Seigneur.

CHAPITRE II.

Or, il arriva que, comme la fête de la Dédicace approchait, Joachim monta à Jérusalem avec quelques-uns de sa tribu. C'était alors Isaschar qui était grand-prêtre. Lorsqu'il aperçut Joachim parmi les autres avec son offrande, il le rebuta et méprisa ses dons, en lui demandant comment étant stérile, il avait la hardiesse de paraître parmi ceux qui ne l’étaient pas, et disant que, puisque Dieu l'avait jugé indigne d'avoir des enfants, ses dons n'étaient nullement dignes de Dieu ; l’Écriture portant :« Maudit celui qui n'a point engendré de mâle en Israël (04) ; » et il dit que Joachim n'avait qu'à commencer d'abord par se laver de la tache de cette malédiction en ayant un enfant, et qu’ensuite il pourrait paraître devant le Seigneur avec ses offrandes. Joachim, rempli de confusion de ce reproche outrageant, se retira auprès des bergers qui étaient avec ses troupeaux dans ses pâturages : car il ne voulut pas revenir en sa maison de peur que ceux de sa tribu qui étaient avec lui ne lui fissent le même reproche humiliant qu'ils avaient entendu de la bouche du prêtre (05).

CHAPITRE III.

Or, quand il y eut passé quelque temps, un jour qu'il était seul, l'Ange du Seigneur lui apparut avec une immense lumière (06). Cette vision l’ayant troublé, l'Ange calma sa crainte, lui disant : « Ne crains point, Joachim, et ne te trouble pas à mon aspect ; car je suis l'Ange du Seigneur ; il m'a envoyé vers toi pour t'annoncer que tes prières sont exaucées, et que tes aumônes sont montées jusqu'en en sa présence. Car il a vu ta honte, et il a entendu le reproche de stérilité qui t'a été adressé injustement. Or, Dieu punit le péché et non la nature ; c'est pourquoi lorsqu'il rend quelqu'un stérile, ce n'est que pour faire ensuite éclater ses merveilles et montrer que l'enfant qui naît est un don de Dieu, et non pas le fruit d'une passion désordonnée. Car Sara, la première mère de votre nation, ne fut-elle pas stérile jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans ? et cependant au dernier âge de la vieillesse elle engendra Isaac, auquel la bénédiction de toutes les nations était promise. De même Rachel, si agréable au Seigneur et si fort aimée du saint homme Jacob, fut longtemps stérile, et cependant elle engendra Joseph, qui devint le maître de l'Egypte et le libérateur de plusieurs nations prêtes à mourir de faim. Lequel de vos chefs a été plus fort que Samson, ou plus saint que Samuel ? et cependant ils eurent tous les deux des mères stériles. Si donc la raison ne te persuade pas par mes paroles, crois à la force des exemples qui montrent que les conceptions longtemps différées et les accouchements stériles n'en sont d'ordinaire que plus merveilleux. Ainsi ta femme Anne enfantera une fille et tu la nommeras Marie, elle sera consacrée au Seigneur dès son enfance, comme vous en avez fait le vœu, et elle sera remplie du Saint-Esprit, même dès le sein de sa mère. Elle ne mangera ni ne boira rien d'impur ; elle n'aura aucune société avec la foule du peuple au dehors, mais sa demeure sera dans le temple du Seigneur, de peur qu'on ne puisse soupçonner ou dire quelque chose de désavantageux sur elle. C'est pourquoi en avançant en âge, comme elle-même doit naître d'une mère stérile, de même cette Vierge incomparable engendrera le Fils du Très-Haut, qui sera appelé Jésus, et sera le Sauveur de toutes les nations selon l'étymologie de ce nom. Et voici le signe que tu auras des choses que je t'annonce. Lorsque tu arriveras à la porte d'or qui est à Jérusalem (07), tu y v trouveras Anne ton épouse, Anne qui viendra au devant de toi, laquelle aura autant de joie de te voir qu'elle avait eu d'inquiétude du délai de ton retour. » Après ces paroles, l'Ange s'éloigna de lui.

CHAPITRE IV.

Ensuite il apparut à Anne, l'épouse de Joachim, disant : « Ne crains point, Anne, et ne pense pas que ce que tu vois soit un fantôme. Car je suis ce même Ange qui ai porté en présence de Dieu vos prières et vos aumônes (08), et maintenant je suis envoyé vers vous pour annoncer qu'il vous naîtra une fille, laquelle sera appelée Marie, et qui sera bénie sur toutes les femmes. Elle sera remplie de la grâce du Seigneur aussitôt après sa naissance ; elle restera trois ans dans la maison paternelle pour être sevrée, après quoi elle ne sortira point du temple, où elle sera engagée au service du Seigneur jusqu'à l'âge de raison, servant Dieu nuit et jour par des jeunes et des oraisons ; elle s'abstiendra de tout ce qui est impur, ne connaîtra jamais d'homme, mais seule sans exemple, sans tache, sans corruption, cette Vierge, sans mélange d'homme, engendrera un fils, cette servante enfantera le Seigneur, le Sauveur du monde par sa grâce, par son nom et par son œuvre. Lève-toi donc, va à Jérusalem, et lorsque tu seras arrivée à la porte d'or, ainsi nommée parce qu'elle est dorée, tu auras pour signe au devant toi ton mari dont l'état de la santé te rend inquiète. Lors donc que ces choses seront arrivées, sache que les choses que je t'annonce s'accompliront indubitablement. »

CHAPITRE V.

Se conformant donc au commandement de l'Ange, l'un et l'autre, partant du lieu où ils étaient, montèrent à Jérusalem, et, lorsqu'ils furent arrivés au lieu désigné par la prédiction de l'Ange, ils s'y trouvèrent l'un au devant de l'autre. Alors, joyeux de se revoir mutuellement et rassurés par la certitude de la race promise, ils rendirent grâce comme ils le devaient au Seigneur qui élève les humbles. C'est pourquoi, ayant adoré le Seigneur, ils retournèrent à leur maison, où ils attendaient avec assurance et avec joie la promesse divine. Anne conçut donc, et elle mit au monde une fille, et suivant le commandement de l'Ange, ses parents l'appelèrent du nom de Marie.

CHAPITRE VI.

Et lorsque le terme de trois ans fut révolu et que le temps de la sevrer fut accompli, ils amenèrent au temple du Seigneur celte Vierge avec des offrandes. Or, il y avait autour du temple quinze degrés à monter (09), selon les quinze Psaumes des degrés. Car, parce que le temple était bâti sur une montagne, il fallait monter des degrés pour aller à l'autel de l'holocauste qui était par dehors. Les parents placèrent donc la petite bienheureuse Vierge Marie sur le premier degré. Et comme ils quittaient les habits qu'ils avaient eus en chemin, et qu'ils en mettaient de plus beaux et de plus propres selon l'usage, la Vierge du Seigneur monta tous les degrés un à un sans qu'on lui donnât la main pour la conduire ou la soutenir, de manière qu'en cela seul on eût pensé qu'elle était déjà d'un âge parfait. Car le Seigneur, dès l'enfance de sa Vierge, opérait déjà quelque chose de grand et faisait voir d'avance par ce miracle quelle serait la sublimité des merveilles futures. Ayant donc célébré le sacrifice selon la coutume de la loi, et accompli leur vœu, ils l'enrayèrent dans l'enclos du temple pour y être élevée avec les autres Vierges et ils retournèrent à leur maison.

CHAPITRE VII.

Or la Vierge du Seigneur, en avançant en âge profitait en vertus (10), et suivant l'expression du Psalmiste, « son père et sa mère l'avaient délaissée, mais le Seigneur prit soin d'elle. » Car tous les jours elle était fréquentée par les Anges, tous les jours elle jouissait de la vision divine qui la préservait de tous les maux et qui la comblait de tous les biens. C'est pourquoi elle parvint à l'âge de quatorze ans sans que non seulement les méchants pussent rien découvrir de répréhensible en elle, mais tous les bons qui la connaissaient trouvaient sa vie et sa manière d'agir dignes d'admiration. Alors le grand-prêtre annonçait publiquement que les Vierges que l'on élevait soigneusement dans le temple et qui avaient cet âge accompli s'en retournassent cher elles pour se marier selon la coutume de la nation et la maturité de l'âge. Les autres ayant obéi à cet ordre avec empressement, la Vierge du Seigneur Marie fut la seule qui répondit qu'elle ne pouvait agir ainsi, et elle dit : « Que non seulement ses parents l'avaient engagée au service du Seigneur, mais encore qu'elle avait voué au Seigneur sa virginité qu'elle ne voulait jamais violer en habitant avec un homme. » Le grand-prêtre fut dans une grande incertitude, car il ne pensait pas qu'il fallût enfreindre son vœu (ce qui serait contre l'Écriture, qui dit : « Vouez et rendez »), ni qu'il fallût se hasarder à introduire une coutume inusitée chez la nation; il ordonna que tous les principaux de Jérusalem et des lieux voisins se trouvassent à la solennité qui approchait, afin qu'il pût savoir par leur conseil ce qu'il y avait à faire dans une chose si douteuse. Ce qui ayant été fait, l'avis de tous fut qu'il fallait consulter le Seigneur sur cela. Et tout le monde étant en oraison, le grand-prêtre selon l'usage se présenta pour consulter Dieu. Et sur le champ tous entendirent une voix qui sortit de l'oracle et du lieu de propitiation, qu'il fallait, suivant la prophétie d'Isaïe, chercher quelqu'un à qui cette Vierge devait être recommandée et donnée en mariage. Car on sait qu'Isaïe dit : « Il sortira une Vierge de la racine de Jessé, et de cette racine il s'élèvera une fleur sur laquelle se reposera l'esprit du Seigneur, l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de science et de piété, et elle sera remplie de l'esprit de la crainte du Seigneur. » Le grand-prêtre ordonna donc, d'après cette prophétie, que tous ceux de la maison et de la famille de David qui seraient nubiles et non mariés, vinssent apporter chacun une baguette sur l'autel, car l'on devait recommander et donner la Vierge en mariage à celui dont la baguette, après avoir été apportée, produirait une fleur, et au sommet de laquelle l'esprit du Seigneur se reposerait sous la forme d'une colombe.

CHAPITRE VIII.

Il y avait parmi les autres de la maison et de la famille de David, Joseph, homme fort âgé, et tous portant leurs baguettes selon l’ordre donné, lui seul cacha la sienne. C'est pourquoi, rien n'ayant apparu de conforme à la voix divine, le grand-prêtre pensa qu'il fallait derechef consulter Dieu, et le Seigneur répondit que celui qui devait épouser la Vierge était le seul de tous ceux qui avaient été désignés qui n'eût pas apporté sa baguette. Ainsi Joseph fut découvert Car lorsqu'il eut apporté sa baguette, et qu'une colombe, venant du ciel, se fut reposée sur le sommet, il fut manifeste pour tous que la Vierge devait lui être donnée en mariage. Ayant donc célébré les fiançailles selon l'usage accoutumé (11), il se retira dans la ville de Bethléem, pour arranger sa maison et pourvoir aux choses nécessaires pour les noces. Mais la Vierge du Seigneur Marie, avec sept autres Vierges de son âge et sevrées avec elle, qu'elle avait reçues du prêtre, s'en retourna en Galilée dans la maison de ses parents.

CHAPITRE IX.

Or, en ces jours-là, c'est-à-dire au premier temps de son arrivée en Galilée, l'Ange Gabriel lui fut envoyé de Dieu pour lui raconter qu'elle concevrait le Seigneur et lui exposer la manière et l'ordre de la conception. Etant entré vers elle, il remplit la chambre où elle demeurait d'une grande lumière, et, la saluant avec une très grande vénération, il lui dit : « Je te salue, Marie, Vierge du Seigneur, très agréable à Dieu, pleine de grâce ; le Seigneur est avec toi ; tu es bénie par-dessus toutes les femmes, tu es bénie par-dessus tous les hommes nés jusqu'à présent. » Et la Vierge, qui connaissait déjà bien les visages des Anges, et qui était accoutumée à la lumière céleste, ne fut point effrayée de voir un Ange, ni étonnée de la grandeur de la lumière, mais son seul discours la troubla, et elle commença à penser quelle pouvait être cette salutation si extraordinaire, ce qu'elle présageait ou quelle fin elle devait avoir. L'Ange, divinement inspiré, allant au devant de cette pensée : « Ne crains point, dit-il, Marie, comme si je cachais par cette salutation quelque chose de contraire à ta chasteté. C'est pourquoi, étant Vierge, tu concevras sans péché et tu enfanteras un fils. Celui-là sera grand, parce qu'il dominera depuis la mer jusqu'à la mer, et depuis le fleuve jusqu'aux extrémités de la terre. Et il sera appelé le Fils du Très-Haut, parce qu'en naissant humble sur la terre, il règne élevé dans le Ciel. Et le Seigneur Dieu lui donnera le siège de David son père, et il régnera à jamais dans la maison de Jacob, et son règne n'aura point de fin. Il est lui-même le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, et son trône subsistera dans le siècle du siècle. » La Vierge crut à-ces paroles de l'Ange, mais, voulant savoir la manière, elle répondit : « Comment cela pourra-t-il se faire? car, puisque, suivant mon vœu, je ne connais point d'homme, comment pourrai-je enfanter sans cesser d'être vierge ? » A cela l'Ange lui dit : « Ne pense pas, Marie, que tu doives concevoir d'une manière humaine. Car, sans avoir de rapport avec nul homme, tu concevras en restant vierge ; vierge, tu enfanteras ; vierge, tu nourriras. Car le Saint-Esprit surviendra en toi, et la vertu du Très-Haut te couvrira de son ombre contre toutes les ardeurs de l'impureté. Car tu as trouvé grâce devant le Seigneur, parce que tu as choisi la chasteté. C'est pourquoi ce qui naîtra de toi sera seul Saint, parce que seul conçu et né sans péché, il sera appelé le Fils de Dieu. » Alors Marie, étendant les mains et levant les yeux, dit : « Voici la servante du Seigneur (car je ne suis pas digne du nom de maîtresse) ; qu'il me soit fait suivant ta parole. » (Il serait trop long et même ennuyeux de rapporter ici tout ce qui a précédé ou suivi la naissance du Seigneur. C'est pourquoi passant ce qui se trouve plus au long dans l'Évangile, finissons par ce qui n'y est pas si détaillé.[1]

chapitre X.

Joseph donc venant de la Judée dans la Galilée avait intention de prendre pour femme la Vierge avec laquelle il était fiancé. Car trois mois s'étaient déjà écoulés, et le quatrième approchait depuis le temps que les fiançailles avaient eu lieu. Cependant le ventre de la fiancée grossissant peu à peu, il commença à se manifester qu'elle était enceinte, et cela ne put pas être caché à Joseph. Car entrant auprès de la Vierge plus librement comme étant son époux, et parlant plus familièrement avec elle, il s'aperçut qu'elle était enceinte. C'est pourquoi il commença à avoir l'esprit agité et incertain; parce qu'il ignorait ce qu'il avait à faire de mieux. Car il ne voulut point la dénoncer, parce qu'il était juste, ni la diffamer par le soupçon de fornication, parce qu'il était pieux. C'est pourquoi il pensait à rompre son mariage secrètement et à la renvoyer en cachette. Comme il avait ces pensées, voici que l'Ange du Seigneur lui apparut en songe disant : « Joseph, fils de David, n'aie aucune crainte, et ne conserve aucun soupçon de fornication contre la Vierge, et ne pense rien de désavantageux à son sujet, et ne redoute point de la prendre pour femme. Car ce qui est né en elle, et qui tourmente actuellement ton esprit, est l'œuvre, non d'un homme, mais du Saint-Esprit, Car, seule entre toutes les Vierges, elle enfantera le Fils de Dieu, et tu l'appelleras du nom de Jésus, c'est-à-dire Sauveur, car c'est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés. » Joseph, se conformant au précepte de l'Ange, prit donc la Vierge pour femme ; cependant il ne la connut pas, mais en ayant soin chastement, il la garda. Et déjà le neuvième mois depuis la conception approchait, lorsque Joseph, ayant pris sa femme et les autres choses qui lui étaient nécessaires, s'en alla à la ville de Bethléem d'où il était. Or, il arriva, lorsqu'ils y furent, que le terme étant accompli, elle enfanta son fils premier-né, comme l'ont enseigné les Saints Évangélistes, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, étant Dieu avec le Père, le Fils et l'Esprit-Saint vit et règne pendant tous les siècles des siècles.

NOTES.

(01) Cette dixième muse, nom que lui décerna l'admiration de ses contemporains, ne fut pas seulement une merveille pour la Saxe ; elle est une gloire pour l'Europe entière ; dans la nuit poétique du moyen-âge, on trouverait difficilement une étoile poétique plus éclatante. On nous saura gré d'indiquer à son égard les travaux si remarquables d'un critique aussi judicieux qu'instruit, M. Ch. Magnin ; voyez la Revue des Deux-Mondes, 1839, tom. iv, la Biographie universelle, t. lxvii, (où Hroswitha obtient les honneurs d'un article de 27 colonnes et demi), et l'édition spéciale du Théâtre de celte religieuse, Paris, 1843, 8°. Consultez aussi le Cours de littérature du moyen-âge, de M. Villemain, tom. ii, p. 258-264, l'Histoire des langues romanes, par M. Bruce-Whyte, 1840, t. i. p. 305-407, un article de M. Philarète Chasles dans la Revue des Deux-Mondes, 15 août 1845; un autre de M. Cyprien Robert dans l’Université Catholique, tom. vi, p. 419. Au sujet du travail de M. Magnin, consultez le Journal des Savants, octobre 1846 (article de M. Patin), et la Revue de Philologie, t, i, p. 466.
(02) La première édition paraît avoir été imprimée à Cologne vers 1470 ; c'est un in-folio de 373 feuillets ; Haïn, dans son Repertorium bibliographicum, 1831, n° 10288-10296, mentionne huit autres éditions latines antérieures à 1500. Ce livre fut traduit dans toutes les langues de l'Europe, sans oublier le catalan; l'on en connaît cinq ou six éditions françaises. Il en fut imprimé à Lisbonne en 1495, une version portugaise en quatre vols. in fol. ; l'auteur florissait vers 1330.
(03) Quelques mystiques avaient cru pouvoir donner à sainte Anne le titre de Vierge, ainsi que le remarque J. B. Thiers, ce fécond et caustique écrivain, dans son Traité des superstitions, (tom. ii, p. 302.) Cette idée a trouvé fort peu de partisans.
Les Bollandistes ont recueilli avec soin tout ce qui concerne sainte Anne. (Voir les Acta Sanctorum, tom. vi de juillet, p. 233-297). Quant à la manière dont on peut et doit représenter cette sainte, consulter Molanus, Histor. imaginum sacrarum.
(04) On chercherait en vain cette phrase dans les Ecritures, mais l’on y trouve, surtout dans les livres de Moïse, (Exode, xxiii, 26; Deutér, vii, 14), le grand nombre des enfants mentionné comme un effet de la bénédiction céleste.
(05) On sait que chez diverses nations des peines étaient infligées aux célibataires. Voir ce qu'ont réuni à ce sujet les Bénédictins dans les notes de leur édition de saint Ambroise, tom. i, p. 1319.
(06) L'apparition de l'ange à Joachim pour lui annoncer la naissance de Marie, est également relatée dans saint Epiphane, (Haeres. LXXXIX, n. 5).
(07) II paraît que cette porte était à l'orient de la ville et l’on conjecture qu'elle était en bronze de Corinthe. Des exemples de portes désignées sous le nom de portes d'or ou dorées seraient faciles à accumuler. Suivant le rabbin Petachia, qui parcourut l'Europe et l'Asie au douzième siècle, les portes de Babylone, hautes de cent coudées et larges de dix, étaient forgées d'un airain pur dont la splendide réverbération faisait briller cette cité comme une ville d'or. Il fallut les bronzer. Les chevaux croyant voir marcher devant eux d'innombrables escadrons, reculaient épouvantés.
(08) Le Talmud rapporte que les anges portent à Dieu les prières et les bonnes œuvres des hommes, mais que les démons les attaquent en chemin et font leurs efforts pour que ces prières et ces actions méritoires n'arrivent point jusqu'au Seigneur.
(09) Le prophète Ezéchiel a fait mention de ces quinze degrés, (ch. XL, 6 et 34). Josèphe en parle aussi dans son Histoire de la guerre judaïque. (V. 5.). Selon le rabbin Judas Léon, ils avaient une demi-coudée de hauteur et de largeur. On trouvera d'ailleurs dans un volumineux commentaire sur le prophète que nous venons de nommer, (H. Pradi et J. B. Villalpandi Explanationes in Ezechielem, Romae, 1596-1604, 3 vol. in fol.) de longs détails sur le nombre de ces degrés, leur hauteur, etc. Les psaumes graduels étaient ainsi appelés parce qu'ils étaient, on le croit du moins, solennellement chantés sur chaque degré, l'un après l'autre; ce sont les psaumes 124-135. Nous connaissons à cet égard deux dissertations spéciales, celte de Tilling : de ratione inscriptionis XV Psalmorurn qui dicuntur cantica, adcensionum, Bremae, 1765, 4°, et celle de F. A. Clarisse ; Specimen exgeticum de psalmis quindecim Hamaaloth, Lugd. Bat. 1819. Voici à ce propos un petit conte extrait du Talmud.
Lorsque David fit creuser les fondements du Temple, l’on trouva bientôt l'abîme des eaux qui occupent l'intérieur de la terre ; on craignit que le monde, ne fut inondé. Achitophel écrivit le nom ineffable du Très-Haut sur une plaque d'airain, et dès qu'elle eut été posée sur l'eau, l'abîme s'enfonça tout d'un coup à une profondeur de seize mille coudées. Toutefois, comme la terre était alors menacée d'une stérilité complète, David fit chanter les quinze psaumes graduels, et à chaque psaume, l'abîme montait de mille coudées, et c'est aussi de mille coudées qu'il est resté éloigné de la surface de notre planète. — Tout étrange qu'elle puisse paraître, cette historiette est peu de chose à côté d'une foule d'autres que renferment les écrits des rabbins. Il n'est point de livres qui trouvent maintenant moins de lecteurs que les ouvrages de ces vieux docteurs Israélites; il faudrait pour les ouvrir la connaissance d'une langue que bien peu d'érudits sont en état de comprendre, et une patience à toute épreuve, car les sujets que discutent très prolixement les doctes maîtres de la synagogue n'ont plus aujourd'hui le moindre intérêt Quelques laborieux investigateurs ont pris la peine de fouiller dans ces mines presqu'inexplorées, mais personne ne s'en est occupé avec autant de zèle et de persévérance que le dominicain, Bartolocci. Sa Bibliotheca rabbinica, (Rome, 1675-1693), ne forme pas moins de quatre volumes in foliot auxquels vient s'adjoindre le volume publié en 1694 par Jos. Imbonati : Bibliotheca latina hebraica, sive de scriptoribus latinis qui contra Judœos scripsere. Nous avons parcouru ce vaste répertoire ; nous y avons trouvé une foule de contes dignes des Mille et une Nuits, et parfois d'une extrême indécence. Bien plus que le latin, l'hébreu, dans les mots, brave toute honnêteté. Voici du moins deux faits pris à l'ouverture du livre et qu'il est permis de transcrire.
En hora Salomon duxit in uxorem filiam Pharaonis, descendit Gabriel infixit calamum in mare et ascendit limus et super eam aedificata est magna Arx munita quae Roma est — Initio creatus est (Adam tantae molis) ut e terra ad cœlum usque pertingeret. At quando Angeti ministerii illum viderunt, commoti sunt timueruntque ; quid fecerunt ? ascenderunt omnes coram Deo in superiore (habitaculo) et dixerunt : Domine mundi, duae potestates sunt in mondo. Tunc Deus posuit manum suam super caput Adae, illumque ad mille cubitos redegit.
Veut-on quelques autres échantillons de ce qu'affirment les écrivains qu'a analysés Bartolocci : Il y a 60.000 villes dans les montagnes de la Judée, et chacune contient 60.000 habitants. — Il existe un oiseau dont la taille est telle que lorsqu'il vole, ses ailes interceptent la lumière du soleil. — Lorsque le Messie sera venu, Jérusalem acquerra un développement immense ; il y aura 10.000 palais et 10.000 tours. Rabbi Siméon ben Jachia affirme que les boutiques des seuls marchands de parfums seront au nombre de 180.000. Alors chaque grain de raisin donnera trente tonneaux de vin. — Adam avait deux visages et une queue. — D'une épaule à l'autre de Salomon, la distance n'était pas moindre de soixante coudées. — D'un seul coup de hache, David tua huit cents hommes.
(10) Plusieurs écrivains, M. Peignot entre autres, (Recherches historiques sur la personne et les portraits de Jésus-Christ et de Marie, Paris et Dijon, 1829, 8°), ont recueilli les témoignages épars, et contrôlé les opinions au sujet de la figure, du teint, de la taille de Marie ; selon l’Historia Christi du père Xavier, dont nous parlons ailleurs, elle était fort bien faite et brune; les yeux grands et tirant sur le bleu, les cheveux blonds. Maria fuit mediocris staturœ, triticei coloris, extensa facie ; oculi ejus magni et vergentes ad cœruleum, capillus ejus aureus. Manus et digiti ejus longi, pulchra forma, in omnibus proportionata. (p. 30) Voir aussi l'historien Nicéphore, l. ii, ch. 23. Il existe un Traité de N. Sacius, imprimé dans ses Opuscula (Antverpiae, 1620), de pulchritudine B. Marias Virginie disseptatio quodlibetica.
(11) L'usage était qu'il s'écoulât un certain temps entre la cérémonie des fiançailles et la célébration des noces. Tout ce qui regarde pareil sujet a été discuté fort savamment et fort longuement dans l'ouvrage du docte Selden, homme d'Etat du temps de Charles Ier : Uxor hebrœa, livre dont nous connaissons trois éditions, Londres, 1646, Francfort, 1673 et 1695. Les œuvres complètes de cet érudit ont été recueillies par les soins de David Wilkins, Londres, 1726, 3 vols. in-folio.

[1] Les mots entre parenthèses ont été ajoutés par l'écrivain qui, sous le nom supposé de saint Jérôme, a rédigé la traduction latine.


LA NATIVITÉ DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

La glorieuse Vierge Marie tire son origine de la tribu de Juda et de la race royale de David. Or, saint Mathieu et saint Luc ne donnent pas la généalogie de Marie, mais celle de saint Joseph, qui ;ne fut cependant pour rien dans la conception de J.-C. C'est, diton, la coutume de l’Écriture sainte de ne pas établir la suite de la génération des femmes, mais celle des hommes. Il est très vrai pourtant. que la sainte Vierge descendait de David; ce qui est évident parce que (9) l’Ecriture atteste en beaucoup d'endroits que J.-C. est issu de la race de David. Mais comme J.-C. est né seulement de la Vierge, il est manifeste que la Vierge elle-même. descend de David par la lignée de Nathan. Car entre autres enfants, David eut deux fils, Nathan et Salomon. De la lignée de Nathan, fils de David, d'après le témoignage de saint Jean Damascène, Lévi engendra Melchi et Panthar, Panthar engendra Barpanthar, et Barpanthar engendra Joachim, et Joachim la Vierge Marie. Par la lignée de Salomon, Nathan eut une femme de laquelle il engendra Jacob. Nathan étant mort, Melchi de la tribu de Nathan, qui fut fils de Lévi, mais frère de Panthar, épousa la femme de Nathan, mère de Jacob, et engendra d'elle Héli. Jacob et Héli étaient donc frères utérins, mais Jacob était de la tribu de Salomon et Héli de celle de Nathan. Or, Héli, de la tribu de Nathan, vint à mourir, et Jacob, son frère, qui était de la tribu de Salomon, se maria avec sa femme, suscita un enfant à son frère et engendra Joseph. Joseph est donc par la nature fils de Jacob; en descendant de Salomon, et selon la loi; fils d'Héli qui descend de Nathan. Selon la nature, en effet, le fils qui venait alors au monde était fils de, celui qui l’engendrait, mais selon la loi, il était le fils du défunt. C'est ce que dit le Damascène. Mais, d'après l’Histoire ecclésiastique et le témoignage du vénérable Bède en sa Chronique, comme les généalogies tout entières des Hébreux ainsi que celles des étrangers étaient conservées dans les archives les plus se. crêtes du temple, Hérode les fit toutes briller, dans l’idée de pouvoir se faire passer pour noble, si, les preuves venant à manquer, sa race était crue appartenir à celle d'Israël. Cependant quelques-uns qu'on appelait seigneuriaux, ainsi nommés à cause de leur parenté avec J.-C. et qui étaient des Nazaréens, donnaient des renseignements comme ils le pouvaient sur l’arbre généalogique de J.-C. et cela, en partie d'après la tradition reçue de leurs agents, et en partie d'après les livres qu'ils possédaient chez eux.

Or, Joachim épousa une femme, nommée Anne,qui eut une soeur appelée Hismérie. Cette Hismérie donna le jour à Elizabeth et à Eliud. Elizabeth donna le jour à Jean-Baptiste. D'Eliud naquit Eminen, d'Eminen naquit saint Servais, dont le corps est en la ville de Maestricht sur la Meuse, dans l’évêché de Liège. Or, Anne eut, dit-on, trois maris, savoir: Joachim, Cléophas et Salomé. De son premier mari, c'est-à-dire de Joachim, elle eut une fille qui était Marie, la mère de J.-C., qu'elle donna en mariage à Joseph, et Marie engendra et mit au monde Notre-Seigneur J.-C. A la mort de Joachim, elle épousa Cléophé, frère de Joseph, et elle en eut une autre fille qu'elle appela Marie comme la première et qu'elle maria dans la suite avec Alphée. Marie, cette seconde fille, engendra d'Alphée, son mari, quatre fils, qui sont Jacques le mineur, Joseph le juste qui est le même que Barsabas, Simon et Jude. Aune, après la mort de son second mari, en prit un troisième; c'était Salomé, de qui elle engendra une autre fille qu'elle appela encore Marie et qu'elle maria à Zébédée. Or, cette Marie engendra de ce Zébédée deux fils, savoir: Jacques le majeur et Jean l’évangéliste. C'est ce qui a donné lieu à ces vers :

Anna solet dici tres concepisse Marias,
Quas genuere viri Joachim, Cleophas, Salomeque.
Has duxere viri Joseph, Alphoeus, Zebedoeus.
Prima parit Christum, Jacobum secunda minorera,
Et Joseph justum peperit cura Simone, Judam,
Tertia majorera Jacobum, volucremque Johannem (1).

Mais ce qui paraît singulier, c'est que la sainte Vierge ait pu être la cousine d'Elizabeth, comme il a été dit ci-dessus. Il est constant qu'Elizabeth fut la femme de Zacharie, qui était de la tribu de Lévi, et cependant, d'après la loi, chacun devait prendre femme dans sa tribu et dans sa famille, et saint Luc assure qu'elle fut de la tribu d'Aaron. Anne, d'après saint Jérôme, était de Bethléem qui appartenait à là tribu de Juda : mais il faut savoir qu'Aaron lui-même et Joiada, son frère, grands prêtres, prirent femme tous les deux dans la tribu de Juda, ce qui prouve que la tribu sacerdotale et la royale furent toujours unies ensemble par des alliances. Bède dit que cette alliance a pu s'opérer dans des temps postérieurs, en faisant passer les femmes d'une tribu dans l’autre, afin qu'il devînt constant que la bienheureuse vierge Marie, qui descendait de la famille royale, fût alliée avec la tribu sacerdotale. Donc, la sainte Vierge était de l’une et de l’autre tribu tout à la fois : car le Seigneur voulut que ces tribus privilégiées se mêlassent ensemble en raison du mystère par lequel Notre-Seigneur qui devait sortir d'elles, pût s'offrir lui-même pour nous en qualité de roi et de prêtre, afin de gouverner ses fidèles qui combattent dans la milice de cette vie, et afin de les couronner après leur victoire: ce qui est donné à entendre par le nom de Christ, qui signifie oint, parce que, dans l’ancienne loi, il n'y avait que les prêtres, les rois et les prophètes qui fussent oints; et de là encore nous sommes nommés chrétiens et appelés la race choisie et le sacerdoce royal. Quand on disait que les femmes étaient mariées à des hommes de leur tribu, c'était évidemment afin que le partage des terres ne fût pas détruit. Mais parce que la tribu de Lévi n'avait pas eu de terres à partager comme les autres, les femmes de cette tribu pouvaient se marier avec qui elles voulaient.

Pour ce qui est de l’Histoire de la Nativité de la Vierge, saint Jérôme (2) dit, dans son prologue, l’avoir lue dans un opuscule, alors qu'il était assez jeune, mais que ce fut seulement de longues années après que sur la prière qui lui en fut faite il la coucha par écrit de la manière qu'il se rappelait l’avoir lue. Joachim donc, qui était de la Galilée et de la ville de Nazareth, épousa sainte Anne de Bethléem. Tous les deux justes et marchant avec droiture dans l’accomplissement des commandements du Seigneur, faisaient trois parts de leurs biens : l’une affectée au temple et aux personnes employées dans le service du temple; une seconde donnée aux pèlerins et aux pauvres, une troisième consacrée à leur usage particulier et à celui de leur famille. Pendant vingt ans de mariage, ils n'eurent point d'enfants, et ils firent voeu à Dieu, s'il leur accordait un rejeton, de le consacrer au service du Seigneur. Pour obtenir cette faveur, chaque année, ils allaient à Jérusalem aux trois fêtes principales. Or, à la fête de la Dédicace, Joachim alla à Jérusalem avec ceux de sa tribu, et quand il voulut présenter son offrande, il s'approcha de l’autel avec les, autres. Mais le prêtre, en le voyant, le repoussa avec une grande indignation ; il lui reprocha sa présomption de s'approcher de l’autel en ajoutant qu'il était inconvenant pour un homme, sous le coup de la malédiction de la loi, de faire des offrandes au Seigneur, qu'il ne devait pas, lui qui était stérile et qui n'avait pas augmenté le peuple de Dieu, se présenter en compagnie de ceux qui n'étaient pas infectés de cette souillure. Alors Joachim tout confus, fut honteux de revenir chez lui, de peur de s'entendre adresser les mêmes reproches par ceux de sa tribu qui avaient ouï les paroles du prêtre. Il se retira donc auprès de ses bergers, et après avoir passé quelque temps avec eux, un jour qu'il était seul, un ange tout resplendissant lui' apparut et l’avertit de ne pas craindre (il était troublé de cette vision)(3) : « Je suis, lui dit-il, un ange du Seigneur envoyé vers vous pour vous annoncer que vos prières ont été exaucées, et que vos aumônes sont montées jusqu'en la présence de Dieu. J'ai vu votre honte, et j'ai entendu les reproches de stérilité qui vous ont été adressées à tort. Dieu est le vengeur du péché, mais non de la nature, et s'il a fermé le sein d'une femme c'est pour le rendre fécond plus tard d'une manière qui paraisse plus merveilleuse, et pour faire connaître que l’enfant qui naît alors, loin d'être le fruit de la passion, sera un don de Dieu. Sara, la première mère de votre race, n'a-t-elle pas enduré l’opprobre de la stérilité jusqu'à sa quatre-vingt-dixième année? et cependant elle mit au monde Isaac auquel avaient été promises les bénédictions de toutes les nations ? Rachel encore n'a-t-elle pas été longtemps stérile? toutefois elle enfanta Joseph qui fut à la tête de toute l’Egypte. Y eut-il quelqu'un plus fort que Samson et plus saint que Samuel ? tous les deux eurent pourtant des mères stériles. Croyez donc à ma parole et à ces exemples, que les conceptions tardives et les enfantements stériles sont d'ordinaire plus merveilleux. Eh bien ! Anne, Votre femme, vous enfantera une fille et vous l’appellerez Marie. Dès son enfance, elle sera, comme vous en avez fait Voeu, consacrée au Seigneur; dès le sein de sa mère, elle sera remplie du Saint-Esprit ; elle ne restera point avec le commun du peuple, mais elle demeurera toujours dans le temple du Seigneur, afin d'éviter le moindre mauvais soupçon. Or, de même qu'elle naîtra d'une mère stérile, de même elle deviendra, par un prodige merveilleux, la mère du Fils du Très-haut, qui se nommera Jésus, et qui sera le salut de toutes les nations. Maintenant voici le signe auquel vous reconnaîtrez la vérité de mes paroles ; quand vous serez arrivé à Jérusalem à la porte Dorée, vous rencontrerez Anne, votre femme; et en vous voyant elle éprouvera fine joie égale à l’inquiétude qu'elle a ressentie de votre absence prolongée. » Quand fange eut parlé ainsi il quitta Joachim. Or, Anne tout en pleurant dans l’ignorance de l’endroit où était allé son mari, vit lui apparaître le même ange qu'avait vu Joachim ; et il lui déclara les mêmes choses qu'il avait dites à celui-ci, en ajoutant que, pour marque de la vérité de sa parole, elle allât à Jérusalem, à la porte Dorée où elle rencontrerait son mari qui revenait. D'après l’ordre de l’ange, tous deux vont au-devant l’un de l’autre, enchantés de la vision qu'ils avaient eue, et assurés d'avoir l’enfant qui leur avait été promise. Après avoir adoré le Seigneur, ils revinrent chez eux, attendant joyeusement la réalisation de la promesse divine. Anne conçut donc, enfanta une fille et lui donna le nom de Marie. A l’âge de trois ans, la sainte Vierge fut sevrée, et amenée avec des offrandes au temple du Seigneur. Il y avait autour du temple quinze degrés selon les quinze Psaumes graduels ; car, le temple était bâti sur une montagne, on ne pouvait arriver à l’autel des holocaustes, qui se trouvait en dehors, qu'en montant ces degrés. Quand la sainte Vierge eut été placée sur le premier de tous, elle les gravit sans le secours de personne, comme si elle fût déjà parvenue à un âge mûr et après l’offrande achevée, ses parents laissèrent leur fille dans le temple avec les autres vierges et revinrent chez eux. La sainte Vierge faisait des progrès incessants dans la sainteté, était visitée chaque jour parles anges et jouissait du bonheur d'avoir tous les jours une vision de Dieu. Saint Jérôme, dans une épître à Chromace et à Héliodore, dit que la sainte Vierge s'était tracé pour règle de passer en prière le temps depuis le matin jusqu'à tierce; de tierce jusqu'à none elle s'occupait à tisser; et à partir de none elle ne cessait plus de prier jusqu'au moment, où l’ange, qui lui apparaissait, lui donnât à manger.

Quand elle eut atteint l’âge de quatorze ans, le pontife annonça publiquement que les vierges élevées dans le temple, qui avaient accompli leur temps, eussent à retourner chez elles, afin de se marier selon la loi. Toutes ayant obéi, seule la sainte Vierge Marie répondit qu'elle ne pouvait le faire, d'abord parce que ses parents l’avaient consacrée au service du Seigneur, ensuite parce qu'elle lui avait voué sa virginité. Alors le Pontife fut incertain de ce qu'il avait à faire ; d'une part, il n'osait aller contre l’Ecriture qui dit: « Accomplissez les vœux que vous avez faits » ; d'une autre part, il n'osait induire une nouvelle coutume dans les pratiques suivies par la nation. Une fête des Juifs étant sur le point d'arriver ; il convoqua alors tous les anciens ; leur avis unanime fut que dans une affaire si délicate, on devait consulter le Seigneur. Or, comme on était en prière et que le Pontife s'était approché pour connaître la volonté de Dieu, à l’instant du lieu de l’oratoire, tout le monde entendit une voix qui disait, que tous ceux de la maison de David qui étant disposés à se marier, ne l’étaient pas encore, apportassent chacun une verge à l’autel, et que celui dont la verge aurait donné des feuilles, et sur le sommet de laquelle, d'après la prophétie d'Isaïe, le Saint-Esprit se reposerait sous la forme d'une colombe, celui-là, sans aucun doute, devait se marier avec la Vierge. Parmi ceux de la maison de David, se trouvait Joseph, qui, jugeant hors de convenance qu'un homme d'un âge avancé comme lui (4) épousât une personne si jeune, cacha, lui tout seul, sa verge, quand chacun avait apporté la sienne. Il en résulta que rien ne parut de ce qu'avait annoncé la voix divine ; alors le pontife pensa qu'il fallait derechef consulter le Seigneur, lequel répondit que celui-là seul qui n'avait pas apporté sa verge, était celui auquel la Vierge devait être mariée  Joseph ainsi découvert apporta sa verge qui fleurit aussitôt, et, sur le sommet se reposa une colombe venue du ciel. Il parut évident à tous que Joseph devait être uni avec la sainte Vierge (5). Joseph s'étant donc marié, retourna dans sa ville de Bethléem afin de disposer sa maison et de se procurer ce qui lui était nécessaire pour ses noces. Quant à la Vierge Marie, elle revint chez ses parents à Nazareth avec sept vierges de son âge, nourries du même lait et qu'elle avait reçues de la part du prêtre pour témoigner du miracle. Or, en ce temps-là, l’ange Gabriel lui apparut pendant qu'elle était en prière et lui annonça que le Fils de Dieu devait naître d'elle.

Le jour de la naissance de la sainte Vierge resta pendant un certain temps ignoré des fidèles. D'après le récit de Jean Beleth (6), un saint homme, qui se livrait à une contemplation assidue, entendit, chaque année, le 6 des ides de septembre, au moment de ses prières, la société des anges qui célébraient avec des transports de joie une grande solennité. Et comme il demandait très dévotement qu'il lui fût révélé pourquoi chaque année, c'était seulement. en ce jour et non en un autre qu'il entendît cela, il reçut une réponse d'en haut que la glorieuse Vierge Marie était née au monde à pareil jour, et qu'en conséquence il fit connaître aux enfants de la Sainte Église qu'ils eussent à s'unir pour cette solennité à la cour céleste. Or, quand il eut instruit de cela le souverain pontife et les autres et qu'on se fût mis à prier et à jeûner, après avoir découvert la vérité par les écritures et par les témoignages antiques, il fut résolu que, par tout l’univers, on solenniserait en ce jour, la fête de la Nativité de la Vierge. Autrefois on ne faisait pas l’octave de cette fête, mais le seigneur Innocent IV, Génois d'origine, en institua la solennité. Et en voici le motif : Après la mort de Grégoire IX, tous les cardinaux romains s'enfermèrent en conclave pour pourvoir au plus tôt aux besoins de l’Église : mais comme plusieurs jours s'étaient écoulés sans qu'on ait pu s'entendre, et qu'ils étaient en butte aux insultes nombreuses des Romains, ils firent voeu à la Reine du ciel, si, par son secours, ils parvenaient à s'accorder et à s'en aller librement, d'établir pour l’avenir les octaves de sa nativité qu'on avait négligé d'instituer depuis longtemps. Alors ils réunirent leurs suffrages sur le seigneur Célestin, et après avoir été rendus à la liberté, ils accomplirent leur vœu par le seigneur Innocent, car Célestin, ayant survécu peu de temps, ne put l’accomplir par lui-même. Remarquez que l’Église fait la fête de trois Nativités, savoir : de J.-C. de sainte Marie et de saint Jean, qui toutes trois marquent trois naissances spirituelles : avec saint Jean nous renaissons dans l’eau, avec Marie, dans la pénitence, et avec J.-C., dans la gloire. Et comme il faut que la naissance du baptême, comme aussi celle de la gloire, dans les adultes, soit précédée de la contrition, c'est pour cela que ces deux fêtes ont des vigiles : mais comme la pénitence est une vigile tout entière, elle ne doit pas en avoir. Toutes ont des octaves, parce que toutes aspirent à l’octave de la Résurrection.

Un chevalier très vaillant et fort dévot à la sainte Vierge Marie, en allant à un tournoi, rencontra en son chemin un monastère bâti en l’honneur de la Sainte Vierge. Il y entra tout d'abord pour entendre la messe. Mais comme à une messe en succédait une autre, et qu'il ne voulait en laisser échapper aucune, en l’honneur de la bienheureuse Vierge, il se hâta, quand il fut sorti du monastère, d'aller au lieu où se donnait le tournoi. Or, ceux qui en revenaient lui dirent qu'il a lui-même très vaillamment combattu. Comme tous ceux qui se trouvaient là confirmaient cette assertion et acclamaient à l’envi son courage dans la lutte, et qu'en outre, des chevaliers se présentaient à lui en se déclarant ses prisonniers; cet homme discret comprenant que la courtoise Reine l’avait honoré courtoisement, fit connaître ce qui était arrivé ; il revint au monastère et se voua désormais à la milice du Fils de la Vierge. — Un évêque (7) qui avait la bienheureuse Vierge Marie en grande révérence et dévotion, allait par piété, au milieu de la nuit, à une église dédiée en son nom. Et voici que la Vierge des vierges, accompagnée du choeur entier des vierges, vint à la rencontre du prélat; après l’avoir accueilli avec honneur, elle le conduisit à l’église où il se rendait, en même temps que deux choeurs de jeunes filles chantaient ces paroles :

Cantemus Domino, sociae, cautemus honorera;
Dulcis amor Christi resonet ore pio (8).

Ces vers sont repris et chantés par tout un autre choeur,de vierges; et les premières chantent deux à deux alternativement les deux vers qui suivent:

Primus ad ima ruit inalna de lace superbus,
Sic homo cum tumuit primus ad ima ruit (9).

Ce fut ainsi que cet évêque fut conduit au milieu de cette procession, jusqu'à l’église ; enmême temps deux vierges commençaient le cantique que toutes les autres répétaient.

            Une femme, privée de l’appui de son mari, avait un fils unique qu'elle chérissait avec la plus grande tendresse. Or, ce fils fut pris par les ennemis, qui le jetèrent chargé de chaînes dans un cachot. Quand cette mère apprit cela, rien ne put la consoler ni tarir ses pleurs; elle priait avec importunité la sainte Vierge à laquelle elle était fort dévote, pour la délivrance de son fils. Enfin comme elle voyait qu'elle n'obtenait rien, elle entra seule dans une église oit était une statue de la bienheureuse Vierge Marie, et là debout devant l’image, elle lui adressa- la parole

Bienheureuse Vierge, dit-elle, souvent je vous ai priée pour la délivrance de mon fils, et vous n'êtes point du tout venue au secours d'une mère misérable. J'implore votre protection pour mon fils, et je n'y gagne rien. Eh bien donc! Comme mon fils m’a été enlevé, de même aussi je vous enlèverai votre Fils, et je le tiendrai en otage à sa place. » Et en disant ces mots, elle s'approcha de plus près, et enlevant la statue de l’enfant que la Vierge portait sur son giron, elle s'en alla chez soi, enveloppa l’image du petit enfant d'un linge très blanc, et le cacha dans une armoire qu'elle ferma soigneusement à la clef, heureuse d'avoir un bon otage à la place de son fils. Or, elle le garda avec précaution. Et voilà que la nuit suivante, la sainte Vierge apparut au jeune homme, et après lui avoir ouvert la porte de la prison, elle lui commanda d'en sortir en disant: « Mon fils, tu diras à ta mère de me rendre mon Fils, puisque je lui ai rendu le sien. » Le jeune homme sortit et revint chez sa mère : il lui raconta comment la sainte Vierge l’avait délivré. Cette mère tressaillant de joie prit la statue de l’enfant Jésus, vint à l’église et rendit l’enfant à la bienheureuse Vierge Marie, en lui disant : « Je vous remercie, ma Dame, de  m’avoir rendu mon fils unique, maintenant à mon tour je vous rends le vôtre, parce que je confesse avoir recouvré le mien. »

Un voleur se livrait souvent à des actes de brigandage; mais il avait beaucoup de dévotion pour la sainte Vierge et souvent il la saluait. Une fois, il est pris en flagrant délit de vol et condamné à être pendu. Quand on le pendit, tout aussitôt vint la sainte Vierge, qui, à ce qu'il lui semblait, le soutint eu l’air pendant trois jours, en sorte qu'il ne ressentit aucune douleur. Or, ceux qui l’avaient attaché vinrent à passer par là et trouvant le pendu vivant et le visage gai, ils pensèrent que la corde n'avait pas été bien mise; ils se disposaient à lui couper la gorge avec une épée: mais la sainte Vierge opposait sa main aux coups de ceux qui frappaient ce malheureux sans pouvoir lui faire aucun mal. Mais quand ils eurent appris de la bouche du voleur que c'était la sainte Vierge qui le protégeait de la sorte, ils le descendirent et par amour pour la Vierge, ils le laissèrent s'en aller libre. Alors il entra dans un monastère, où tant qu'il vécut, il resta au service clé la mère de Dieu. — Un clerc, plein d'amour pour la bienheureuse Vierge Marie, récitait ses heures sans y manquer. Ses parents étant morts, sans avoir d'autre héritier, lui laissèrent leurs biens. Alors ses amis le poussèrent à se marier et à se mettre à la tète de son héritage. En allant célébrer son mariage, il rencontra en chemin une église et se rappelant ce qu'il avait coutume de faire en l’honneur de la sainte Vierge il entra et se mit à réciter ses heures. Et voici que la sainte Vierge lui apparut et lui dit avec un ton plein de sévérité : « Insensé et infidèle, pourquoi  m’abandonnes-tu, moi ton amie et ton épouse ? Et pourquoi me préfères-tu une autre femme? » A ces mots, il fut tout contrit, revint trouver ses compagnons et ne fit rien connaître de ce qui lui était survenu. Mais quand son mariage eut été célébré, au milieu de la nuit, il quitta tout le monde, s'enfuit de la maison, après quoi entrant dans un monastère, il servit dévotement la bienheureuse Marie. — Le prêtre d'une paroisse, homme d'honnête vie, ne savait pas d'autre messe que celle de la sainte Vierge et il la récitait chaque jour. Il est dénoncé à l’évêque (10) qui le mande aussitôt.

Arrivé devant le prélat, il dit qu'il ne sait pas d'autre messe; alors il est traité durement comme un séducteur, suspendu de son office, et on lui interdit de célébrer dorénavant cette messe.

La nuit suivante la bienheureuse Vierge Marie apparut à l’évêque qu'elle gourmanda beaucoup et auquel elle demanda pourquoi il avait ainsi maltraité son chancelier. Elle ajouta qu'il mourrait trente jours après, s'il ne rendait pas au prêtre ses pouvoirs ordinaires. L'évêque enrayé fit venir le prêtre, lui demanda pardon, et lui commanda de ne célébrer aucune autre messe que celle de la Bienheureuse Marie qu'il savait.

Un clerc, adonné à la vanité et à la débauche, avait cependant un grand amour pour la mère de Dieu, dont il récitait les saintes heures avec dévotion et joie. Or, il arriva qu'une nuit il se vit traduit au tribunal de Dieu. Alors le Seigneur dit à ceux qui l’entouraient : « Quant à celui qui a les yeux sur vous, décidez vous-mêmes quelle peine il mérite : depuis si longtemps que je le souffre, je n'ai encore trouvé en lui aucun signe d'amendement. » Le Seigneur porta, de l’avis de tous, une sentence de damnation contre lui mais voici que la sainte Vierge se lève et dit à son Fils : « Mon bon Fils, je réclame pour celui-là votre clémence; mitigez la sentence de damnation que vous venez de porter contre lui : qu'il vive donc par amour pour moi, lui que ses propres pauvres ont conduit à la mort. » Le Seigneur lui répondit : « C'est, bien à votre demande que je l’accorde, mais ce ne sera qu'autant que, dès à présent, je verrai qu'il se corrige. » Alors la Vierge se tournant vers lui : « Va, lui dit-elle, et ne pêche plus, de peur, qu'il ne t'arrive pis. » Le clerc, à son réveil, changea de conduite, entra en religion, et finit sa vie dans les bonnes pauvres.

L'an du Seigneur 537, un homme nommé Théophile, dit Fulbert de Chartres (11), administrait en cilice, sous l’évêque, dont il était le vidame, les biens de l’Eglise avec tant de prudence, que tout le peuple le proclama digne de l’épiscopat à la mort de son maître. Mais comme il se contentait de son vidame, il aima mieux qu'un autre fût ordonné à sa place. Cependant il fut déposé malgré lui de sa charge par le successeur, et tomba dans un si grand désespoir que, pour recouvrer sa dignité, il demanda conseil à un juif qui était magicien.

Celui-ci appela donc le diable qui vint aussitôt. Alors Théophile, par l’ordre du démon, renia le Christ et sa mère, renonça à faire profession de la religion chrétienne, écrivit, de son propre sang, l’acte de sa renonciation et de son abnégation, le scella ensuite de son sceau, le donna tout scellé au démon, et se lia ainsi à son service. Or, le lendemain, par l’artifice du démon, Théophile recouvre les bonnes grâces de l’évêque et est rétabli dans sa dignité. Rentré enfin en lui-même, il gémit beaucoup de son crime et eut recours de tout coeur à la glorieuse Vierge, afin qu'elle vînt à son aide.

Une fois donc la Bienheureuse Marie, dans une vision, lui reprocha son impiété, et lui commanda de renoncer au diable. Ensuite elle lui fit confesser J.-C., Fils de Dieu, ainsi que tout ce qui est proposé à croire en chrétienté. De cette manière il recouvra les bonnes grâces de son Fils et les siennes. Pour preuve que son pardon lui avait été octroyé, elle lui apparut une seconde fois, et lui rendit l’acte qu'il avait souscrit au diable, en le posant sur sa poitrine, afin qu'il n'eût plus à craindre d'être l’esclave de Satan, mais qu'il eût la joie d'avoir été libéré par la Vierge.

Quand Théophile eut reçu cet acte, il fut rempli de joie, et en présence de l’évêque et de tout le peuple, il rapporta ce qui lui était arrivé. Tous en furent dans l’admiration et adressèrent des louanges à la glorieuse Vierge. Trois jours après Théophile reposa en paix. — Auprès de Laon (12), vers l’an du Seigneur 1100, un homme et une femme avaient une fille unique qu'ils donnèrent en mariage à un jeune homme. Par amour pour leur fille, ils gardaient avec eux leur gendre à la maison. Or, la mère de la. jeune personne avait, par amour pour sa fille, tant d'égards envers le jeune homme, que l’amour de la jeune femme pour son jeune époux n'était pas plus grand que celui de la belle-mère pour son gendre. Alors les gens malicieux se mirent à dire que la mère ne se comportait pas ainsi à cause de sa fille, mais que c'était pour se mettre à sa place. Cette imposture affreuse ébranla l’esprit de cette femme, et dans la crainte d'être le sujet des moqueries du public, elle s'adresse à deux paysans à chacun desquels elle promet 20 sols s'ils veulent étrangler son gendre secrètement. Un jour donc elle les enferme dans son cellier, elle a l’adresse de faire aller son mari ailleurs, et envoie sa fille dehors. Alors le jeune homme, par l’ordre de sa dame, entre dans le cellier pour aller chercher du vin; aussitôt il est étranglé par les larrons. A l’instant la belle-mère le porte dans le lit de sa fille et le couvre de ses habits comme une personne qui dort. Le mari et sa fille étant rentrés, et s'étant assis à table, la mère dit à sa fille qu'elle aille éveiller son mari et lui dire de venir se mettre à table. L'ayant trouvé mort, elle l’annonça à l’instant; toute la famille se lamente ; cette femme homicide paraît affligée et se lamente avec les autres. Enfin, elle gémit singulièrement du crime qu'elle avait commis, et déclara tout exactement à un prêtre. Quelque temps après, un différend s'étant élevé entre  la femme et le prêtre, celui-ci accuse l’autre de l’homicide du gendre. Ceci vint à la connaissance des parents du jeune homme. La femme est traduite devant le juge qui la condamne à être brûlée. Quand elle vit que sa fin approchait, elle se tourna vers la sainte Vierge, entra dans une de ses églises, et se prosterna toute en pleurs pour faire sa prière. Un instant après, on. la force de sortir; elle est jetée dans un grand feu, et tout le monde la voit debout, au milieu des flammes qui la respectent et la laissent saine et sauve. Mais les parents du jeune homme pensant que le feu était maigre, courent chercher du bois et le jettent dans le (28) foyer. Quand ils virent qu'elle n'en souffrait pas plus, ils se mirent à la harceler avec des lances et des haches. Alors le juge, qui était présent, fut tout stupéfait, et les empêcha de tourmenter ainsi cette femme, qu'il considéra de près et sur laquelle il ne remarqua aucune trace de brûlure, et ne trouva que les blessures produites par les lances. Ses parents l’avant ramenée à la maison, la ranimèrent avec des l’avant et des bains; mais Dieu, qui ne voulait plus lui laisser endurer les soupçons des hommes, lui reprit la vie trois jours après, sans qu'elle cessât de louer la Vierge. (Guibert de Nogent.)

(1) Anne mit au monde trois Marie,
Leurs pères furent Joachim, Cléophas et Salomé.
Elles se marièrent avec Joseph, Alphée et Zébédée.
La première conçut J.-C., la seconde, Jacques le mineur,
Joseph le juste et Jude avec Simon.   La troisième eut pour fils Jacques le majeur et le sublime Jean.
Gerson, dans un sermon sur la nativité de la sainte Vierge, cite des vers presque semblables à ceux-ci.

(2) Le récit de saint Jérôme est regardé comme apocryphe par ses éditeurs; mais il a toujours fait partie des oeuvres de ce père. Il n'est pas étonnant que le bienheureux Jacques ne l’ait pas signalé comme faussement attribué à Jérôme. Quel en est l’auteur? L'ouvrage était intitulé : Evangile de la Nativité de là bienheureuse Vierge Marie. Les traditions qu'il renferme ont été connues, d'après les critiques modernes (Thilo, Codex Apocriph., N. T., prolegom., § 4), . par Origène, saint Grégoire de Nysse, Eustache d'Antioche, saint Epiphane, André de Crète, saint Jean Damascène, Photius, et tous les autres auteurs qui viennent après eux. Leurs écrits en font foi. Cette histoire paraît avoir aussi été insinuée par Clément d'Alexandrie, saint Irénée et probablement saint Justin, martyr. (Voyez Ballerini, Monitum sur un sermon de Jean d'Eubée).

(3) S. Epiphane, 79, Hérésie, n° 5, parle de cette apparition, ainsi que de celle d'Anne.

(4) S. Epiphane, 51, Hérésie, X, donne 80 ans à saint Joseph, lors de son mariage.

(5) Idem, in Anchorato, LX ; — Hérésie, LXXVIII, n° 7.

(6) Rationale divinorum officiorum, cap. CXLIX; — Honorius d'Autun.

(7) C'était saint Dunstan de Cantorbéry. Voyez Eadmer : Vie de ce saint.

(8) Chantons, compagnes, chantons la gloire du Seigneur ; que nos pieux accords exaltent le tendre amour de J.-C.

(9) Le démon superbe tomba le premier au fond de l’abîme du haut de son trône lumineux; de même le premier homme, que l’orgueil a dompté, a été précipité dans l’abîme.

(10) C'était saint Thomas de Cantorbéry. Voyez la légende de ce saint.

(11) Sermon IV; — saint Pierre Damien, Sermon I.

(12) Pierre Canis, De Deipara Virg., l. V, c. XX ; — Sigebert, Chronique; — Guibert de Nogent.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdcccci



The Nativity of the Blessed Virgin

The Feast of the Birth of the Blessed Virgin Mary has been celebrated in the Church at least since the 8th Century. The Church’s calendar observes the birthdays of only two saints: Saint John the Baptist (June 24), and Mary, Mother of Jesus.

John the Baptist is considered especially sanctified even before his birth. His birth to Elizabeth and Zachariah is foretold in the first chapter of Luke, and it is also recorded (Lk 1:41) that Elizabeth felt the infant John “leap in her womb” when Mary approached her soon after the Annunciation.

The birth of Mary was also miraculous. She was conceived without sin as a special grace because God had selected her to become the mother of His Son (the feast of her Immaculate Conception is celebrated on December 8). The dogma of the Immaculate Conception of the Virgin Mary, though generally believed throughout the Church for many centuries, was formally declared by Pope Pius IX in 1854.

There is nothing contained in Scripture about the birth of Mary or her parentage, though Joseph’s lineage is given in the first chapter of the Gospel of Matthew. The names of Mary’s parents, Joachim and Anna, appear in the apocryphal “Gospel of James”, a book dating from the 2nd Century AD, not part of the authentic canon of Scripture. According to this account, Joachim and Anna were also beyond the years of child-bearing, but prayed and fasted that God would grant their desire for a child.
According to one tradition, the house in which Mary was born in Nazareth is the same one in which the Annunciation took place. By another tradition, the Annunciation site is beneath the Crusader church of Saint Anna in Jerusalem, under a 3rd Century oratory known as the “Gate of Mary”.

In celebrating the nativity of Mary, Christians anticipate the Incarnation and birth of her Divine Son, and give honor to the mother of Our Lord and Savior.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/the-nativity-of-mary/

Feast of the Nativity of the Blessed Virgin Mary

The earliest document commemorating this feast comes from the sixth century. St. Romanus, the great ecclesiastical lyrist of the Greek Church, composed for it a hymn (Card. Pitra, "Hymnogr. Graeca", Paris, 1876, 199) which is a poetical sketch of the apocryphal Gospel of St. James. St. Romanus was a native of Emesa in Syria, deacon of Berytus and later on at the Blachernae church in Constantinople, and composed his hymns between 536-556 (P. Maas in "Byzant. Zeitschrift", 1906). The feast may have originated somewhere in Syria or Palestine in the beginning of the sixth century, when after the Council of Ephesus, under the influence of the "Apocrypha", the cult of the Mother of God was greatly intensified, especially in Syria. St. Andrew of Crete in the beginning of the eight century preached several sermons on this feast (Lucius-Anrich, "Anfänge des Heiligenkultus", Tübingen, 1906, 468). Evidence is wanting to show why the eighth of September was chosen for its date. The Church of Rome adopted it in the seventh century from the East; it is found in the Gelasian (seventh cent.) and the Gregorian (eighth to ninth cent.) Sacramentaries. Sergius I (687-701) prescribed a litany and procession for this feast (P.L. cxxviii, 897 sqq.). Since the story of Mary's Nativity is known only from apocryphal sources, the Latin Church was slow in accepting this oriental festival. It does not appear in many calendars which contain the Assumption, e.g. the Gotho-Gallican, that of Luxeuil, the Toledan Calendar of the tenth century, and the Mozarabic Calendar. The church of Angers in France claims that St. Maurilius instituted this feast at Angers in consequence of a revelation about 430. On the night of 8 Sept., a man heard the angels singing in heaven, and on asking the reason, they told him they were rejoicing because the Virgin was born on that night (La fête angevine N.D. de France, IV, Paris, 1864, 188); but this tradition is not substantiated by historical proofs. The feast is found in the calendar of Sonnatius, Bishop of Reims, 614-31 (Kellner, Heortology, 21). Still it cannot be said to have been generally celebrated in the eighth and ninth centuries. St. Fulbert, Bishop of Chartres (d. 1028), speaks of it as of recent institution (P.L., cxli, 320, sqq.); the three sermons he wrote are the oldest genuine Latin sermons for this festival (Kellner, "Heortology", London, 1908, 230). The octave was instituted by Innocent IV (a. 1243) in accordance with a vow made by the cardinals in the conclave of the autumn of 1241, when they were kept prisoners by Frederick II for three months. In the Greek Church the apodosis (solution) of the feast takes place 12 Sept., on account of the feast and the solemnity of the Exaltation of the Cross, 13 and 14 Sept. The Copts in Egypt and the Abyssinians celebrate Mary's Nativity on 1 May, and continue the feast under the name of "Seed of Jacob" 33 days (Anal. Juris Pont., xxi, 403); they also commemorate it on the first of every month (priv. letter from P. Baeteman, C.M., Alikiena). The Catholic Copts have adopted the Greek feast, but keep it 10 Sept. (Nilles, "Kal. Man.", II, 696, 706).

Sources

LUCIUS-ANRICH, Anfange des Heiligenkultus (Tübingen, 1904); HOLWECK, Fasti Mariani (Freiburg, 1894), 118 sqq.

Holweck, Frederick. "Feast of the Nativity of the Blessed Virgin Mary." The Catholic Encyclopedia. Vol. 10. New York: Robert Appleton Company, 1911. 7 Sept. 2017 <http://www.newadvent.org/cathen/10712b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Thomas M. Barrett. Dedicated to the Blessed Virgin Mary.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1911. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.







The Nativity of the Blessed Virgin


THE BIRTH of the Blessed Virgin Mary announced joy and the near approach of salvation to the lost world; therefore is this festival celebrated by the church with praise and thanksgiving. It was a mystery of sanctity, and distinguished by singular privileges. Mary was brought forth into the world, not like other children of Adam, infected with the loathsome contagion of sin, but pure, holy, beautiful, and glorious, adorned with all the most precious graces which became her who was chosen to be the Mother of God. She appeared indeed in the weak state of our mortality; but in the eyes of heaven she already transcended the highest seraph in purity, brightness, and the richest ornaments of grace. I am black, but beautiful, O ye daughters of Jerusalem. 1 The spouse says to her much more emphatically than to other souls sanctified by his choicest graces: As the lily among thorns, so is my beloved among the daughters. 2 Thou art all fair, and there is not a spot in thee. 3 Man was no sooner fallen in paradise through the woman seduced by the infernal spirit, but God promised another woman whose seed should crush that serpent’s head. I will put enmities, said he to the serpent, between thee and the woman, and thy seed and her seed: she shall crush thy head, and thou shalt lie in wait for her heel. 4 This curse is evidently to be understood of the devil who seduced Eve, and with implacable malice sought the destruction of her posterity. It is not the real serpent that is here meant: the sense would be too low: and why should the serpent, which was not in fault, be so treated, and the true offender the devil, who had either taken the figure of the crafty serpent, or concealed himself in that reptile, escape all punishment? The Hebrew original expresses the latter part of this prophecy as follows: It (i. e. her seed) shall crush thy head. 5 In the birth of the Virgin Mary was the accomplishment of this solemn prediction begun.

To understand the great present that in her God bestowed on the world, we must consider her transcendant dignity, and the singular privileges by which she was distinguished above all other pure creatures. Her dignity is expressed by the evangelist when he says, That of her was born Jesus, who is called the Christ. 6 From this text alone is that article of the Catholic faith sufficiently evinced, that she is truly Mother of God. It is clear this is not to be understood as if she could be in any sense mother of the Divinity, the very thought whereof would imply contradiction and blasphemy, but by reason that she conceived and brought forth that Blessed Man who subsisting by the second divine person of the adorable Trinity, is consequently the natural, not the adopted Son of God, which was the Semi-Nestorian error broached by Felix and Elipandus. In the Incarnation the human nature of Christ was assumed by, and hypostatically, that is, intimately and substantially, united to the person of God the Son, so that the actions done by this nature, are the actions of that Divine Person, whose assumed or appropriated nature this is. Hence we truly say with St. Paul, that we are redeemed by the blood of a God; and with the Church, that God was born of the Virgin Mary, suffered and died on the cross: all which he did in that human nature which he had wonderfully taken upon him.

Nestorius, a man ignorant in ecclesiastical learning, but vain, opinionated, and presumptuous to a degree of extravagance, introduced a new heresy, teaching that there are in Christ two persons no less than two natures, the divine and human united; not intrinsically, but only morally, by the divinity dwelling in the humanity of Christ as in its temple. Thus the heresiarch destroyed the incarnation, held two Christs, the one God, and the other man, and denied the Blessed Virgin to be the mother of God, saying she was mother of the man Christ, whom he distinguished from the Christ who is God. The constant faith of the Catholic Church teaches, on the contrary, that in Christ the divine and human nature subsist both by the same divine person, that Christ is both truly God and truly man, and that the Virgin Mary is the Mother of God by having brought forth him who is God, though he derived from her only his assumed nature of man. The errors of Nestorius were condemned in the general council of Ephesus in 431, and from the ancient tradition of the church, the title of the Mother of God was confirmed to the Virgin Mary. Socrates and St. Cyril of Alexandria, prove that this epithet 7 was given her by the church from primitive tradition; and it occurs in the writings of the fathers who flourished before that time, as in the letter of St. Dionysius of Alexandria to Paul of Samosata, 8 in the Alexandrian manuscript of the Bible, which, according to Grabe, 9 was written before the year 390, &c. So notorious and ordinary was this appellation, that, as St. Cyril of Alexandria testifies, Julian the Apostate reproached the Christians that they never ceased calling Mary Mother of God: 10 and so clearly was Nestorius convicted in this point, as to be obliged to confess this title, though he never departed from his heretical tenets.

The dignity of mother of God is the highest to which any mere creature is capable of being raised. 11 What closer alliance could any pure creature have with the Creator of all things? What name could be more noble, what prerogative more singular, or more wonderful? He who was born of the Father from all eternity, the only-begotten and consubstantial Son, Maker and Lord of all things, is born in time, and receives a being in his nature of man from Mary. “Listen and attend, O man,” cries out St. Anselm. 12 “and be transported in an ecstacy of astonishment, contemplating this prodigy. The infinite God had one only-begotten co-eternal Son: yet he would not suffer him to remain only his own, but would also have him to be made the only Son of Mary.” And St. Bernard says: 13 “Choose which you will most admire, the most beneficent condescension of the Son, or the sublime dignity of the Mother. On each side it is a subject of wonder and astonishment; that a God should obey a woman is a humility beyond example, and that a woman commands a God, is a pre-eminence without a rival.” The first which is the humiliation of him who is infinite, in itself can bear no comparison with the other; but the astonishing exaltation of Mary transcends what we could have imagined any creature capable of. No creature can be raised to what is infinite; yet the object or term of this dignity of Mary is infinite, and the dignity has a nearer and closer relation to that object than could have been imagined possible by creatures, had not omnipotence made it real. 14 To this transcendant dignity all graces and privileges, how great and singular soever, seem in some measure due. We admire her sanctity, her privileged virginity, all the graces with which she was adorned, and the crown with which she is exalted in glory above the cherubim; but our astonishment ceases when we reflect that she is the Mother of God. In this is every thing great and good that can suit a mere human creature, naturally comprised

To take a review of some other singular privileges of this glorious creature, we must further consider that she is both a mother and a spotless virgin. This is the wonderful prerogative of Mary alone; a privilege and honour reserved to her, which shall not be given to any other, says St. Bernard. The ancient prophets spoke of it as the distinguishing mark of the Mother of the Messiah, and the world’s Redeemer, and frequently call the Christ Jehovah or the true God, as Dr. Waterland demonstrates by many passages. This was the miraculous token of the assured deliverance of mankind by the long-expected Saviour, which God himself was pleased to give to the incredulous King Achaz, doubtful and anxious about his present deliverance from his temporal enemies. The Lord himself shall give you a sign, said Isaias: Behold, a Virgin shall conceive, and bear a son, and his name shall be called Emmanuel. 15 This must evidently be understood of the Messiah, to whom alone many qualities and epithets in this and the following chapter can agree, though a son of the prophet mentioned afterwards was also a present type of the king’s temporal deliverance. The title of Virgin must here mean one who remained such when a mother; for this circumstance is mentioned as a stupendous miracle. 16 Jeremy also, contemplating this mystery in spirit, 17 expressed his astonishment at this prodigy, unheard of on earth, that a woman should encompass in her womb a man, the great Redeemer of the world.

The perpetual virginity of the Mother of God has been denied by several heretics. Ebion and Cerinthus had the insolence to advance that she had other children before Jesus; but this impious error is condemned by all who receive the holy gospels, by which it is manifest that Jesus is the first-born. In the fourth age Helvidius, and soon after him Jovinian, pretended she had other children after Christ. Jovinian, and among modern Protestants, Beza, Albertin, and Basnage, 18 will not allow her the title of Virgin in the birth of Christ. Against these errors the Catholic Church has always inviolably maintained that she was a virgin before, in, and after his birth; whence she is styled ever Virgin. This article is defended in all its points by St. Jerom, 19 St. Epiphanius, 20 and other fathers. St. Jerom shows that the expression of the evangelist, that Joseph knew her not till she had brought forth her first-born, 21 no ways intimates that he knew her afterwards, as no one will infer that because God says: I am till you grow old, he should then cease to be, &c. The same father proves, that first-born in the sacred writings means the first son, whether any other children followed or no; and that those who were called the brothers of our Lord according to the Hebrew phrase, were only cousins-german, sons of another Mary, called of Alphæus and of Cleophas, sister to the Blessed Virgin. He confirms the belief of her perpetual virginity from the testimony of St. Ignatius, St. Polycarp, St. Irenæus, St. Justin, &c. St. Epiphanius further observes, that no one ever named Mary without adding the title of Virgin; and that had she had other children, Jesus would not have recommended her on the cross to St. John, &c. The fathers apply to her many emblems and types of the old law and the prophets expressive of this prerogative, calling her the Eastern Gate of the Sanctuary shown to Ezechiel, through which only our Lord passed; 22 the bush which Moses saw burning without being consumed; Gideon’s fleece continuing dry whilst the earth all round it was wet, &c. Her virginity was not only a miraculous privilege, but also a voluntary virtue, she having, by an early vow, consecrated her chastity to God, as the fathers infer from her answer to the angel. 23 Such a privileged mother became the Son of God. The earth, defiled by the abominations of impurity, was loaded with the curses of God, who said: My spirit shall not remain in man for ever, because he is flesh. 24 But God choosing Mary to take himself flesh of, prepared her for that dignity by her spotless virginity, and on account of that virtue said to her: The Holy Ghost shall come upon thee, and the power of the Most High shall overshadow thee. 25 It is by imitating her perfect purity according to our state, that we shall recommend ourselves to our heavenly spouse, who is the lover of chaste souls, and is called by St. Gregory Nazianzen, the virgin by excellence, and the first of virgins. In the example and patronage of Mary we have a powerful succour against the opposite most abominable and destroying vice. We can only be victorious in its most dangerous conflicts by arming ourselves with her sincere humility, perfect distrust in ourselves, constant spirit of prayer and flight of the shadow of danger, and with the mortification of our own will, and of our senses and flesh.

The Virgin Mary was the most perfect model of all virtues. St. Ambrose, in the beginning of his second book, On Virginity, exhorts virgins in particular to make her life the rule of their conduct: “Let the life and virginity of Mary,” says he, “be set before you as in a looking-glass, in which is seen the pattern of chastity and virtue. The first spur to imitation is the nobility of the master. What more noble than the Mother of God!—she was a virgin in body and mind, whose candour was incapable of deceit or disguise; humble in heart; grave in words; wise in her resolutions. She spoke seldom and little; read assiduously, and placed her confidence, not in inconstant riches, but in the prayers of the poor. Being always employed with fervour, she would have no other witness of her heart but God alone, to whom she referred herself, and all things she did or possessed. She injured no one, was beneficent to all, honoured her superiors, envied not equals, shunned vain-glory, followed reason, ardently loved virtue. Her looks were sweet, her discourse mild, her behaviour modest. Her actions had nothing unbecoming, her gait nothing of levity, her voice nothing of overbearing assurance. Her exterior was all so well regulated that in her body was seen a picture of her mind, and an accomplished model of all virtues. Her charities knew no bounds; temperate in her diet, she prolonged her fasts several days, and the most ordinary meats were her choice, not to please the taste, but to support nature. The moments which we pass in sleep, were to her a time for the sweetest exercises of devotion. It was not her custom to go out of doors, except to the temple, and this always in the company of her relations,” &c. The humble and perfect virtue of Mary raised in St. Joseph the highest opinion of her sanctity, as appeared when he saw her with child. “This is a testimony of the sanctity of Mary,” says St. Jerom, 26 “that Joseph knowing her chastity, and admiring what had happened, suppresses in silence a mystery which he did not understand.” Another ancient writer improves the same remark, crying out: 27 “O inestimable commendation of Mary! Joseph rather believed her virtue than her womb, and grace rather than nature. He thought it more possible that Mary should have conceived by miracle without a man, than that she should have sinned.” Yet this sanctity of Mary, which was a subject of admiration to the highest heavenly spirits, consisted chiefly in ordinary actions, and in the purity of heart and the fervour with which she performed them. All her glory is from within! 28 From her we learn that our spiritual perfection is to be sought in our own state, and depends very much upon the manner in which we perform our ordinary actions. True virtue loves to do all things in silence, and with as little show and noise as may be; it studies to avoid whatever would recommend it to the eyes of men, desiring to have no other witness but him who is its rewarder, and whose glory alone it seeks. A virtue which wants a trumpet to proclaim it, or which affects only public, singular, or extraordinary actions, is to be suspected of subtle pride, vanity, and self-love.

To study these lessons in the life of Mary, to praise God for the graces which he has conferred upon her, and the blessings which through her he has bestowed on the world, and to recommend our necessities to so powerful an advocate, we celebrate festivals in her honour. This of her nativity has been kept in the church with great solemnity above a thousand years. The Roman Order mentions the homilies and litany which were appointed by Pope Sergius in 688 to be read upon it; and a procession is ordered to be made on this day from St. Adrian’s church to the Liberian basilic or St. Mary Major. 29 In the Sacramentary of St. Gregory the Great, published by Dom. Menard, particular collects or prayers are prescribed for the mass, procession, and matins on the Nativity of the Blessed Virgin Mary, with a special preface for the mass. 30 A mass with particular collects for this festival occurs in the old Roman Sacramentary or Missal, published by Cardinal Thomasius, which is judged by the learned to be the same that was used by Pope Leo the Great, and some of his predecessors. 31 This feast is mentioned by St. Ildefonsus, in the seventh century. 32 The Greeks (as appears from the edict of the Emperor Emmanuel Comnenus), the Copths in Egypt, and the other Christian churches in the East, keep with great solemnity the feast of the Nativity of the Blessed Virgin. 33 St. Peter Damian pathetically exhorts all the faithful to celebrate it with great devotion. 34

We celebrate the anniversaries of the birth-days of earthly princes, who on those occasions dispense freely their favours and liberalities. How ought we to rejoice in that of the Virgin Mary, presenting to God the best homage of our praises and thanksgiving for the great mercies he has shown in her, and imploring her mediation with her Son in our behalf! We shall doubtless experience the particular effects of her compassion and goodness on a day observed by the whole church with so great devotion in her honour. Christ will not reject the supplications of his mother, whom he was pleased to obey whilst on earth. Her love, care, and tenderness for him, and the sorrows which she felt for his sake in the state of his mortality: those breasts which gave him suck, those hands which served him, must move him to hear her; the titles and qualities which she bears, the charity and graces with which she is adorned, and the crown of glory with which she is honoured, must incline him readily to receive her recommendations and petitions.

Note 1. Cant. i. 4. [back]

Note 2. Ib. ii. 2. [back]

Note 3. Ib. iv. 7. [back]

Note 4. Gen. iii. 15. [back]

Note 5. See Houbigand, t. 1, p. 159; also A. Lap. ib. and Bp. Sherlock, on Prophecy. [back]

Note 6. Matt. i. 16. [back]

Note 7. [Greek] Deipara. [back]

Note 8. Conc. t. 1, p. 853. [back]

Note 9. Grabe Proleg. in 70. [back]

Note 10. [Greek], St. Cyr. Alex. l. 8, contra Julian. [back]

Note 11. The words mere and pure creature are used to except the sacred humanity of Christ, which though created, is, by the hypostatical union, raised above the class of all other created beings. [back]

Note 12. St. Anselm. Monol. [back]

Note 13. Hom. 1. super Missus est. See also St. Bonaventure, Spec. B. Virginis, c. 8. [back]

Note 14. See St. Thomas Aquinas, l. p. q. 25, a. 8, ad 4. [back]

Note 15. Isa. vii. 14; Rosweide, Vit. Patr. l. 3, n. 105; l. 5; Libello, 7, n. 1. [back]

Note 16. See Abbadie, t. 2; also the dissertation on the prophecy prefixed to the new French Commentary on Isaiah, (t. 8,) and chiefly Houbigand, (t. 4, p. 5,) who sets the literal sense of the prophecy in a clear light, and enforces this genuine authentic proof of the perpetual virginity of the Mother of God. [back]

Note 17. Jer. xxxi. 22. [back]

Note 18. See Basnage, Annal. t. 1, p. 113. [back]

Note 19. L. Contra Helvid. &c. [back]

Note 20. Hær. 78. See on each part Nat. Alex. Hist. Eccles. Witasse and Tournely, Tr. de Incarn. &c. [back]

Note 21. Matt. i. 25. [back]

Note 22. Ezech. xliv. 2. [back]

Note 23. St. Jerom. l. adv. Helvid. S. Ambr. l. 2, in Luc. pp. 14, 15; S. Austin, &c. [back]

Note 24. Gen. vi. [back]

Note 25. Luke i. 35. [back]

Note 26. S. Hier. in c. 1, Matt. [back]

Note 27. Op. imp. in Matt. c. 1, apud S. Chrysost. [back]

Note 28. Ps. xliv. 14. [back]

Note 29. Liber Pontificalis in Vitâ Sergii I. apud Thomassin, Tr. des Fêtes, l. 2, c. 20, et Card. Lambertini, part. 2, de Festis B. M. Virg. c. 135. [back]

Note 30. P. 128. [back]

Note 31. L. 2, p. 172. [back]

Note 32. S. Ildefons. l. de Perpetuâ Virginit, B. M. Virg. t. 12, Bibl. Patr. p. 566. [back]

Note 33. On the history of this festival see Florentines and F. Fronto, each in their notes on the old calendars, which they published; (Martenne l. de Antiq. Eccles. disciplina in div. Officiis, c. 34, n. 1; Tillemont, n. 4, sur la Vie de la Ste. Vierge; Baillet, Hist. de cette Fête; Pagius in Breviar. Gestorum Rom. Pontif. in Vitâ Innoc. IV. n. 18; Thomassin Tr. des Fêtes, l. 2, ch. 20, and principally Card. Prosper Lambertini, Part 2; De Festis B. M. Virg. p. 301. cap. 131–136.) Schmidius objects (Prolus Marian.) that the feast of the B. Virgin’s Nativity is not mentioned in the Capitulars of Charlemagne; but it was certainly celebrated in Italy long before that time. Thomassin did not find the feast of the Nativity of the B. V. mentioned by any authors before Fulbert of Chartres in the year 1000; but it is expressed on the 8th of September in the famous MS. calendar, kept in the treasury of the cathedral of Florence, written in 813. (See F. Leonard Ximenes, Del Gnomene Fiorentino, at Florence, in 1757.) In France it is spoken of by Walter, Bp. of Orleans, in 871, cap. 18, Conc. Labb. t. 8, p. 648. [back]

Note 34. S. Pet. Dam. Serm. 2 et 3, de Nativ. B. M. Virg. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume IX: September. The Lives of the Saints.  1866.


SOURCE : http://www.bartleby.com/210/9/081.html



Natività della Beata Vergine Maria


Questa celebrazione, che ricalca sul Cristo le prerogative della Madre, è stata introdotta dal papa Sergio I (sec VII) nel solco della tradizione orientale. La natività della Vergine è strettamente legata alla venuta del Messia, come promessa, preparazione e frutto della salvezza. Aurora che precede il sole di giustizia, Maria preannunzia a tutto il mondo la gioia del Salvatore. (Mess. Rom.)

Martirologio Romano: Festa della Natività della Beata Vergine Maria, nata dalla discendenza di Abramo, della tribù di Giuda, della stirpe del re Davide, dalla quale è nato il Figlio di Dio fatto uomo per opera dello Spirito Santo per liberare gli uomini dall’antica schiavitù del peccato.

Nella data odierna le chiese d’Oriente e d’Occidente celebrano la nascita di Maria, la madre del Signore. La fonte prima che racconta l’evento è il cosiddetto Protovangelo di Giacomo secondo il quale Maria nacque a Gerusalemme nella casa di Gioacchino ed Anna. Qui nel IV secolo venne edificata la basilica di sant’Anna e nel giorno della sua dedicazione veniva celebrata la natività della Madre di Dio. La festa si estese poi a Costantinopoli e fu introdotta in occidente da Sergio I, un papa di origine siriana. «Quelli che Dio da sempre ha conosciuto, li ha anche predestinati»: Dante sembra quasi parafrasare il versetto di san Paolo quando definisce Maria «termine fisso d’eterno consiglio».

Dall’eternità, Il Padre opera per la preparazione della Tuttasanta, di Colei che doveva divenire la madre del Figlio suo, il tempio dello Spirito Santo. La geneaologia di Gesù proposta dal Vangelo di Matteo culmina nell’espressione «Giuseppe, lo sposo di Maria, dalla quale è nato Gesù chiamato Cristo». Con Maria, dunque, è venuta l’ora del Davide definitivo, della instaurazione piena del regno di Dio. Con la sua nascita inoltre prende forma il grembo offerto dall’umanità a Dio perché si compia l’incarnazione del Verbo nella storia degli uomini. Maria bambina infine è anche immagine dell’umanità nuova, quella da cui il Figlio suo toglierà il cuore di pietra per donarle un cuore di carne che accolga in docilità i precetti di Dio.

Onorando la natività della Madre di Dio si va al vero significato e il fine di questo evento che è l'incarnazione del Verbo. Infatti Maria nasce, viene allattata e cresciuta per essere la Madre del Re dei secoli, di Dio". E’ questo del resto il motivo per cui di Maria soltanto (oltre che di S. Giovanni Battista e naturalmente di Cristo) non si festeggia unicamente la " nascita al cielo ", come avviene per gli altri santi, ma anche la venuta in questo mondo. In realtà, il meraviglioso di questa nascita non è in ciò che narrano con dovizia di particolari e con ingenuità gli apocrifi, ma piuttosto nel significativo passo innanzi che Dio fa nell'attuazione del suo eterno disegno d'amore. Per questo la festa odierna è stata celebrata con lodi magnifiche da molti santi Padri, che hanno attinto alla loro conoscenza della Bibbia e alla loro sensibilità e ardore poetico. Leggiamo qualche espressione del secondo Sermone sulla Natività di Maria di S. Pier Damiani: “Dio onnipotente, prima che l'uomo cadesse, previde la sua caduta e decise, prima dei secoli, l'umana redenzione. Decise dunque di incarnarsi in Maria”.

"Oggi è il giorno in cui Dio comincia a mettere in pratica il suo piano eterno, poiché era necessario che si costruisse la casa, prima che il Re scendesse ad abitarla. Casa bella, poiché, se la Sapienza si costruì una casa con sette colonne lavorate, questo palazzo di Maria poggia sui sette doni dello Spirito Santo. Salomone celebrò in modo solennissimo l'inaugurazione di un tempio di pietra. Come celebreremo la nascita di Maria, tempio del Verbo incarnato? In quel giorno la gloria di Dio scese sul tempio di Gerusalemme sotto forma di nube, che lo oscurò. Il Signore che fa brillare il sole nei cieli, per la sua dimora tra noi ha scelto l'oscurità (1 Re 8,10-12), disse Salomone nella sua orazione a Dio. Questo nuovo tempio si vedrà riempito dallo stesso Dio, che viene per essere la luce delle genti.

"Alle tenebre del gentilesimo e alla mancanza di fede dei Giudei, rappresentate dal tempio di Salomone, succede il giorno luminoso nel tempio di Maria. E’ giusto, dunque, cantare questo giorno e Colei che nasce in esso".



Voir aussi : http://lespetitschanteursdelaresurrection.unblog.fr/2007/09/08/nativite-de-la-vierge-marie/