samedi 15 septembre 2012

NOTRE-DAME des SEPT-DOULEURS (OUR LADY OF SORROWS, BEATA VIRGINE MARIA ADDOLORATA)

Carlo Dolci  (1616–1686). Mater dolorosa, vers 1650, 67 X 82,5, National Museum of Western Art, Tokyo



Notre-Dame des Sept-Douleurs

La fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs a pour but de nous rappeler le martyre inouï qu'endura l'auguste Vierge en tant que co-rédemptrice du genre humain. L'Eglise honore en ce jour Ses incomparables douleurs, spécialement celles qu'Elle ressentit au pied de la croix au moment de la consommation du mystère de notre Rédemption. Après s'être concentré sur le déchirement de l'âme de Marie au jour de la Passion de Son Fils, jour où Ses souffrances atteignirent leur maximum d'intensité, la piété des fidèles s'est étendue à d'autres douleurs que la divine Mère éprouva à différentes occasions de Sa très sainte vie.

Pour illustrer les douleurs de la Vierge-Mère, les peintres représentent Son Coeur percé de sept glaives, symbole des sept principales douleurs de la Mère de Dieu, qui la couronnèrent Reine des martyrs. Voici la liste de ces sept douleurs dont le souvenir est cher aux vrais enfants de Marie:

1. La prophétie du saint vieillard Siméon.

2. La fuite en Egypte.

3. La disparition de Jésus au Temple pendant trois jours.

4. La rencontre de Jésus portant Sa croix et montant au Calvaire.

5. Marie debout au pied de la croix.

6. La descente de Jésus de la croix et la remise à Sa Mère.

7. L'ensevelissement de Jésus dans le sépulcre.

La très Sainte Vierge S'est plue à manifester au monde combien la dévotion à Ses douleurs infinies Lui était agréable et nous était salutaire. A plusieurs reprises, Elle est venue stimuler la foi et la piété des fidèles en apparaissant toute inondée de larmes, dans différents pays. Citons par exemple l'apparition de Notre-Dame de La Salette, en France, en 1846, la manifestation des larmes de la Vierge de Quito, en Equateur, celle de Notre-Dame des Sept-Douleurs de Campocavallo, à Osimo, en Italie, et en 1956, la touchante intervention de la Vierge de Syracuse, dans le port de Sicile, sur la côte est de l'Italie.

Contemplons dans les bras de Marie, l'Homme-Dieu crucifié pour nos iniquités et compatissons aux douleurs excessives de notre Mère du ciel. Joignons nos larmes aux Siennes et détestons nos péchés qui ayant provoqué la mort de Son divin Fils, ont également été la cause de Son intime martyre. Prions-La de nous obtenir du Sauveur les grâces nécessaires pour profiter de Ses exemples et imiter Ses vertus lorsqu'Il Lui plaira de nous faire part de Ses humiliations, de Ses douleurs et de Sa croix.

Résumé O.D.M.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/notre-dame_des_sept-douleurs.html

Beata Vergine Maria Addolorata. Statua conservata a Castellaneta, provincia di Taranto, in Puglia.

Notre-Dame des sept Douleurs

Mémoire liturgique

Debout au pied de la Croix de son fils agonisant, la Mère de Dieu et toujours Vierge, Marie connut le glaive de douleurs que lui avait annoncé le vieillard Syméon dans le Temple au jour de la Présentation de Jésus.

- vidéo: Notre Dame des sept douleurs, webTV de la CEF.

Notre Dame des douleurs (Portail de la liturgie)

- Dans une chapelle latérale de l'église de Couches (en Saône et Loire) un grand tableau représente Notre Dame des 7 douleurs.

Mémoire de Notre-Dame des Douleurs, la Vierge Marie, qui, debout au pied de la Croix de Jésus, a été associée très intimement et dans la foi à la passion salutaire de son fils.

Martyrologe romain

On a tué le fils et la mère, les transperçant de dure mort. On trouvera la mère et le fils, embrassés sur une même croix.

Poème attribué à Jacopone de Todi, auteur du "Stabat Mater"

SOURCE : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/1857/Notre-Dame-des-sept-Douleurs.html

Adriaen Isenbrant  (vers 1485 –1551). Notre-Dame des Sept Douleurs, 1521, huile sur panneau de bois, 144 x 133, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique  


Les sept grâces à recueillir des sept douleurs de Notre-Dame

Jean-Michel Castaing - Publié le 14/09/21

La fête de Notre-Dame des Douleurs, le 15 septembre, nous invite à méditer les sept douleurs de la Vierge et les fruits que nous pouvons tirer de chacune d'entre elles.

Au lendemain de la fête de la Croix glorieuse, l’Église célèbre la compassion de Marie au pied de la croix : Notre Dame des sept douleurs. Marie ne souffrit pas seulement avec son fils crucifié, mais tout au long de sa vie, elle s’unit avec lui à la peine des hommes pour leur rédemption. Les « sept douleurs » font référence à sept événements particuliers, relatés dans les évangiles, qui firent souffrir la mère de Jésus.


1- La prophétie de Syméon : le courage

Le jour de la présentation de Jésus au temple de Jérusalem, le vieillard qui le reçut dans ses bras prophétisa à sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction — et toi même, un glaive te transpercera l’âme ! » Par cette première douleur, le chrétien demande à Dieu la force de regarder la réalité en face sans perdre courage et de conserver la paix de l’âme dans les moments critiques.


2- La fuite en Égypte : le désir du Ciel

Marie et Joseph sont obligés de s’exiler en toute hâte pour échapper aux tueurs d’Hérode qui recherchent l’Enfant. Le fruit à demander à l’Esprit, par cette seconde douleur, est de comprendre que nous n’avons pas ici-bas de demeure permanente et que notre patrie définitive est aux cieux (Ph 3,20).

Lire aussi :Prier comme un enfant la Mère des Douleurs


3- La perte de Jésus au Temple : la consolation

Jésus est resté à Jérusalem lors de la fête de Pâques, tandis que ses parents rentraient à Nazareth. S’apercevant de son absence dans le caravansérail des pèlerins, ils se mettent à le chercher avec une angoisse mortelle. La grâce liée à cette troisième douleur consiste dans le réconfort à demander à Marie quand notre âme est désolée de ne plus sentir la présence de Jésus en elle. La Vierge nous enseigne alors que la nuit de la foi n’est pas la perte de la grâce.


4- La rencontre de Jésus sur le chemin du Calvaire : la patience dans les épreuves

Le fruit de cette douleur est la patience dans les épreuves, ainsi que la pleine compréhension de notre coopération à la Rédemption du monde lorsque nous portons nos croix, grandes ou petites, héroïques ou plus ternes, en union avec Jésus.


5- La mort de Jésus : le renoncement au péché

Sur le Calvaire, Marie est clouée spirituellement à la croix avec Jésus. En la contemplant dans cet état, le croyant est appelé à s’ausculter lui-même afin de renoncer au péché qui a conduit à ce résultat paradoxal : les deux êtres les plus aimants qui parurent jamais sur terre furent aussi ceux qui souffrirent le plus de la main des hommes ! Et de cet effet pitoyable, nul ne peut se déclarer quitte. 

Lire aussi :Notre Dame des Sept Douleurs : et si vous méditiez avec saint Alphonse de Liguori ?


6- Le coup de lance et la descente de la croix : l’entrée dans le cœur de Jésus

Jésus est mort. C’est donc sa mère qui reçoit le coup de lance du soldat qui ouvre le cœur de son Fils. La douleur est pour elle. Puis, elle recueille le corps inerte de son Fils supplicié. Par cette douleur, la grâce à demander à la Vierge est de pouvoir entrer dans le Cœur de Jésus que la lance a ouvert, mais aussi la résolution de ne plus la faire souffrir par nos péchés, causes de la mort de Celui qu’elle aime plus qu’elle-même. À cet égard, on se souviendra avec profit que le Père ne refuse aucune prière formulée par la mère de son Fils au nom des douleurs qu’elle endura durant la Passion. 


7- L’ensevelissement de Jésus : la force de pardonner

Jésus était toute la vie de Marie. Elle le perd. La grâce à demander par cette ultime douleur est de quitter les fausses lumières du monde pour être caché avec le Christ en Dieu. Accompagnée de Jean, Marie rentre chez elle. Là, tout lui parle de Jésus. Cependant, elle n’a pas renoncé à aimer les hommes. Dans la septième douleur, le croyant puise la foi dans le pardon de ses fautes de la part de Dieu, mais aussi la force de pardonner à son tour comme le Fils et la Mère pardonnèrent aux bourreaux du Golgotha, la force de rendre le bien pour le mal. Et enfin la certitude que la Vierge l’invite dorénavant à se confier à elle pour le conduire à son Fils, comme saint Jean la reçut pour sa mère et confidente au Calvaire.

SOURCE : https://fr.aleteia.org/2021/09/14/quelles-sont-les-sept-graces-a-recueillir-des-sept-douleurs-de-notre-dame/?utm_campaign=Web_Notifications&utm_medium=notifications&utm_source=onesignal

Vergine Addolorata venerata a Pozzallo

15 septembre

Saint Notre-Dame des douleurs

Sommaire :

 Historique

 Méditation (St Bonaventure)

 Stabat Mater (histoire)

 Stabat Mater (suite)

 La compassion de la Sainte Vierge (Bossuet)

Addolorata della proprietà della Confraternita del CarmineGallipoli (Italia)

Historique

On trouve les premières traces de la dévotion aux douleurs de la Vierge, à la fin du XI° siècle, particulièrement dans les écrits de saint Pierre Damien (+1072), de saint Anselme (+ 1109), d’Eadmer de Cantorbéry (+ 1124), de saint Bernard (+ 1153) et de moines bénédictins et cisterciens qui méditent le passage de l'Evangile qui montre Marie et Jean au pied de la Croix.[1]

Saint Anselme[2] écrit : Votre peine, Vierge sacrée, a été la plus grande qu'une pure créature ait jamais endurée ; car toutes les cruautés que nous lisons que l'on a fait subir aux martyrs, ont été légères et comme rien en comparaison de votre douleur. Elle a été si grande et si immense, qu'elle a crucifié toutes vos entrailles et a pénétré jusque dans les plus secrets replis de votre cœur. Pour moi, ma très pieuse Maîtresse, je suis persuadé que vous n'auriez jamais pu en souffrir la violence sans mourir, si l'esprit de vie de votre aimable Fils, pour lequel vous souffriez de si grands tourments, ne vous avait soutenue et fortifiée par sa puissance infinie.

La Compassion de la Vierge au pied de la Croix alimenta la piété des fidèles jusqu'au XV° siècle et l'on connaît bien des morceaux composés sur ce thème, qui n'ont rien perdu de leur fraîcheur, quoique la plupart soient bien oubliés, puisque la dévotion privée ne s'alimente plus de prières latines. Jacopone de Todi nous a laissé le chef d'œuvre du genre dans le Stabat Mater, poème de l'amour qui souffre sans désespérer, du contrit qui s'attache au Christ et à Marie, et qui goûte la joie surnaturelle retrouvée par son union aux douleurs du Fils et de la Mère. La messe de Notre-Dame des  douleurs comprend ce poème de compassion.

Les XIII° et XIV° siècles ne contemplent que la douleur de Marie au pied de la Croix, comme en témoignent les écrits franciscains[3] de saint Bonaventure ou de saint Bernardin de Sienne (1380-1444), et les écrits dominicains de Jean Tauler (1294-1361)du bienheureux Henri Suso (1295-1366) ou de saint Antonin (1389-1459) ; c’est encore l’objet unique de l’office de la Compassion de la bienheureuse Vierge Marie instituée par le concile de Cologne (1423), comme de celui que les Annonciades4 célébraient, au début du XV° siècle, le lundi de la semaine de la Passion. A cette époque, le culte de Marie sous le titre de Mater Dolorosa prend une extension considérable, singulièrement dans les Flandres où abondent les livres liturgiques, les monuments d’art religieux et les opuscules de piété.

Il faut attendre le XIV° siècle pour que l'on parle communément des sept douleurs (sept glaives) de la Vierge : la prophétie du vieillard Siméon, le massacre des Innocents et la fuite en Egypte, la perte de Jésus au Temple de Jérusalem, l'arrestation et les jugements du Christ, la mise en croix et la mort du Christ, la déposition de la croix et la mise au tombeau.

Au cours des temps, comme elle l’avait déjà fait pour ses joies, la piété populaire étendit la compassion de la Vierge à toute sa vie, mais il est assez difficile d'en suivre l'évolution. Peut-être a-t-on commencé à opposer aux cinq joies de la Vierge ses cinq douleurs : la prophétie de Siméon, la perte de Notre-Seigneur à Jérusalem, l'arrestation, la Passion et la mort du Christ. Rapidement, le nombre augmenta : on a des séries de dix, de quinze, voire de cent cinquante[5]. Le nombre sept allait bientôt l'emporter, sans doute en rapport avec la célébration des sept joies de la Mère de Dieu que les fondateurs de l’Ordre des Servites[6] célébraient chaque samedi et que saint Louis d’Anjou, franciscain et archevêque de Toulouse[7] (+ 1297) offrait après les Complies. Signalons quelques schémas.

Les sept heures sont une méditation des peines de la Vierge pendant la Passion : à matines, l'arrestation et les moqueries ; à prime, la comparution devant Pilate ; à tierce, la condamnation ; à sexte, la mise en croix ; à none, la mort ; à vêpres, la descente de croix ; à complies, la mise au tombeau.

Les sept glaives s'étendent à toute la vie de la Vierge : le premier glaive est la prophétie de Siméon à qui la métaphore est empruntée (Vois, cet enfant est fait pour la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en but à la contradiction, et toi-même, un glaive te transpercera l'âme, afin que se révèlent les pensées de bien des cœurs) ; le second glaive est le massacre des Innocents ; le troisième, la perte de Jésus à Jérusalem ; le quatrième, l'arrestation et les jugements du Christ ; le cinquième, la mise en croix entre deux larrons et la mort ; le sixième, la déposition de croix ; le septième, la mise au tombeau.

Les sept tristesses de la Vierge forment une série un peu différente : la prophétie de Siméon, la fuite en Egypte, la perte de Jésus au Temple, son arrestation et sa condamnation, sa mise en croix et sa mort, sa descente de croix, enfin la tristesse de la Vierge restant sur la terre après l'Ascension.

Le chiffre de sept, si aimé des symbolistes chrétiens, imposait un choix parmi les épisodes de la vie de la Vierge et l'on s'explique assez les fluctuations des auteurs ; la série suivante finit par l'emporter : la prophétie de Siméon, la fuite en Egypte, la perte de Jésus à Jérusalem, la rencontre de Jésus sur le chemin du Calvaire, le crucifiement, la descente de croix, la mise au tombeau.

Ces sept douleurs furent pour la première fois exprimées d’une façon formelle, par Jean de Coudenberghe, doyen de Saint-Gilles d’Abbenbroeck, curé de Saint-Pierre-Saint-Paul de Reimerswal, et de Saint-Sauveur de Bruges : pendant la guerre civile qui suivit la mort de Marie d’Autriche, duchesse de Bourgogne[8], il fit placer dans ses églises une image de la Vierge avec une inscription mentionnant ses sept douleurs, pour qu’on la vénérât en lui demandant la cessation des fléaux. Là, en 1492, il se forma une confrérie de Notre-Dame des Sept Douleurs, favorisée par le duc de Bourgogne, Philippe le Beau[9], dont le confesseur, le dominicain Michel François de Lille, avait composé un ouvrage sur les douleurs de Marie (1495) ; cette confrérie qui célébrait la fête de Notre-Dame des Sept Douleurs le dimanche dans l’octave de l’Ascension, fut approuvée par le pape Alexandre VI Borgia (1495). C’est encore à cette confrérie, dans un livre de miracles (1510), que l’on doit la première représentation de la Vierge avec les sept glaives. En action de grâce pour les miracles on établit une fête à Delft (1° octobre) et à Bruges (13 novembre) où Marguerite d’Autriche[10] fonda un couvent en l’honneur de Notre-Dame des sept douleurs.

Les artistes devaient bientôt choisir et traiter avec prédilection le plus douloureux épisode de la vie de la Vierge, quand le corps de son fils, détaché de la croix, est déposé sur ses genoux. Les Pieta, et les Mater Dolorosa abondent et si certains artistes modernes ont eu plus de virtuosité, ils n'ont jamais atteint à ce degré d'émotion ; assez souvent, avec une audace que les Primitifs peuvent seuls se permettre, les sculpteurs ont ramené le corps du Christ aux proportions de celui d'un enfant, pour montrer que, de la Crèche au Crucifiement, nous célébrons un profond et même mystère. A la Vierge, soutenue par saint Jean, personnage central des mises au tombeau monumentales, les artistes ont su donner une expression de douleur calme, bien loin du conventionnel.

La dévotion ne fit que croître. Saint Ignace de Loyola avait un culte particulier à l’image connue sous le nom de Notre-Dame du Cœur ; de 1603 à 1881, sans compter les traités, les panégyrique et les méditations, les Jésuites ne publièrent pas moins de quatre-vingt-douze ouvrages sur cette dévotion aux douleurs de Marie. En 1617, Antoinette d’Orléans[11], aidée par le P. Joseph, fonda les Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire (les Filles du Calvaire).

La fête de la Compassion, de Notre-Dame des Douleurs ou de Notre-Dame de Pitié, ou encore de la Transfixion[12] de Notre-Dame, est instituée au concile de Cologne (1423) contre les Hussites[13] qui désolent les églises et détruisent les saintes images et fixée au vendredi après le dimanche de la Passion : afin d’honorer l’angoisse et la douleur qu’éprouva Marie lorsque, les bras étendus sur l’autel de la Croix, notre Rédempteur Jésus-Christ s’immola pour nous et recommanda cette Mère bénie à saint Jean (...) surtout afin que soit réprimée la perfidie des impies hérétiques Hussites. Cette fête est célébrée pour la première fois à Bruges en 1494, puis ailleurs ; elle entre en France par Paris, Angers et Poitiers. et Benoît XIII l'étendit à toute l'Eglise latine (22 avril 1727) elle a été inscrite au martyrologe par Sixte IV (1471-1484).

Après avoir été fixée à des dates différentes (on l'a connue en France au 17 mars, au lundi de la Passion et à la veille des Rameaux), elle est définitivement marquée au vendredi de la première semaine de la Passion, avec le titre des Sept Douleurs. Benoît XIII l’étend à toute l'Eglise latine (22 avril 1727).

La fête de Notre-Dame des douleurs qui a subsisté dans la liturgie postérieure à Vatican II, vient des Servites qui l'obtinrent de Clément IX. Depuis 1668 l’Ordre des Servites commémorait les Sept Douleurs au troisième dimanche de septembre, ce qu’Innocent XI leur confirma comme un privilège propre. Adoptée par le Saint-Empire (1672) elle fut enrichie d'indulgences pour les fidèles par Clément XI (1704). Rendu à la liberté, Pie VII étendit cette fête à l'Eglise universelle (18 septembre 1814) ; lors de la réforme du bréviaire Pie X la fixa au jour octave de la Nativité de Notre-Dame, le 15 septembre (1908). Dans le calendrier festif de Paul VI, la première fête, celle du vendredi après le dimanche de la Passion, la plus ancienne, disparut, mais l’on conserva la seconde, celle du 15 septembre[14].

D'aucuns auraient bien voulu profiter des bouleversements que nous savons pour rejeter la Mater Dolorosa, sous prétexte que saint Ambroise affirme : Je lis qu'elle se tenait debout, je ne lis pas qu'elle pleurât. L'objection n'est pas nouvelle et Benoît XIV y répondait déjà, au milieu du XVIII° siècle : Plusieurs autres écrivains ne craignent point de la dépeindre arrosée de pleurs. Les larmes et les sanglots ne sont point toujours l'indice d'un courage abattu. Les larmes de Jésus sur Jérusalem, devant le tombeau de Lazare ou à l’Agonie, seraient-elles le signe de la faiblesse du Rédempteur ? Au siècle précédent, le franciscain Ambroise Saxius soulignait : Qu'on admette le premiers mouvements de la nature, quelques gémissements modérés et quelques larmes : l'amour ne souffre aucune atteinte, et la magnanimité conserve toute son énergie ; saint Antonin avait dit qu'elle se tenait debout, pleurant sans doute et noyée dans la douleur, mais calme, modeste, pleine d'un réserve virginale.

[1] Ce passage de l’évangile de saint Jean (XIX 25-27) a été retenu pour la messe mais l’on peut aujourd’hui le remplacer par la prophétie du vieillard Siméon : « Syméon les bénit, puis il dit à Marie, sa mère : Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. - Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. - Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre. » (évangile selon saint Luc II 33-35)

[2] Saint Anselme : De l'exercice de la Vierge, I 5.

[3] Les Franciscains de Terre Sainte font faire de nuit, aux pèlerins de Jérusalem, une rapide excursion (la maison de Pilate, la pierre où Marie s’évanouit, le Calvaire et le Sépulcre) qui est à la base du Chemin de Croix (voir au Vendredi Saint).

[4] Ordre fondé à Bourges par sainte Jeanne de France au début du XV° siècle : voir au 4 février.

[5] Le bienheureux Alain de La Roche (+ 1475) à qui est due en grande partie la dévotion du Rosaire, n’en compte en effet pas moins de cent cinquante.

[6] Les saints fondateurs de l’Ordre des Servites : voir au 17 février.

[7] Saint Louis d’Anjou : voir au 19 août.

[8] Fille unique de Charles le Téméraire et d’Isabelle de Bourbon, née à Bruxelles en 1457, morte à Bruges en 1482, d’une chute de cheval. En 1477, pour conserver l’héritage de son père, menacé par Louis XI qui encourageait la révolte de ses sujets, elle épousa l’archiduc Maximilien d’Autriche (fils de l’empereur Frédéric III). Les Etats de Bourgogne passèrent ainsi à la Maison d’Autriche. Du mariage de Marie de Bourgogne et de Maximlien de Habsbourg (devenu empereur en 1493) naquit Philippe le Beau qui épousa Jeanne la Folle, fille de Ferdinand d’Aragon et d’Isabelle la Catholique, d’où naquit Charles Quint (1500-1558).

[9]Fils de Marie de Bourgogne et de Maximilien de Habsbourg, archiduc d’Autriche et roi de Castille, né en 1478, mort en 1506. Il épousa Jeanne la Folle dont lui naquit le futur Charles Quint.

[10] Fille de Marie de Bourgogne et de Maximilien de Habsbourg, née en 1480, morte en 1530. D’abord fiancée à Louis XI, elle épousa Jean (fils de Ferdinand d’Aragon et d’Isabelle la Catholique) qui mourut aussitôt (1493) ; elle se maria avec Philippe II le Beau, duc de Savoie (1501) qui mourut trois ans plus tard et à qui elle fit élever un magnifique mausolée à Broue. Son père lui donna le gouvernement des Pays-Bas (1506) où elle fit merveille.

[11] Antoinette d’Orléans, fille de Léonor d’Orléans, duc de Longueville, et de Marie de Bourbon, duchesse d’Estouville, née au château de Trie en 1572, morte à Poitiers en 1618. Veuve de Charles de Gondi, marquis de Belle-Isle (1596), elle entre au monastère des Feuillantines de Toulouse où elle reçoit l'habit de novice (1599) et fait profession (1601) sous le nom de Sœur Antoinette de Sainte-Scholastique ; elle est élue prieure (1604). Henri IV l'en tire (bref du pape de1605) pour entreprendre la réforme de l'ordre de Fontevraud et être coadjutrice de l'abbesse de Fontevraud, Éléonore de Bourbon, sa tante, avec future succession. Elle y entre à Fontevraud mais ne veut prendre que la charge de grande-vicaire. Une bulle lui commande d'accepter et d'exercer la coadjuterie du gouvernement et de l'administration de l'Ordre avec future succession à la charge et à la dignité d'abbesse (1607). Après la mort de l'abbesse (1611) elle refuse de lui succéder et se retire au prieuré de Lencloître, tout en conservant la coadjuterie de Fontevraud. Le pape PauI V l'autorise à se séparer de Fontevraud (1617) et à fonder à Poitiers une nouvelle congrégation, nommée du Calvaire, ordre de Saint-Benoît, où elle entre (1617) et où elle meurt (25 avril 1618). Elle est inhumée aux Feuillantines de Toulouse ; en 1792, sa dépouille est transportée à l’église Saint-Nicolas puis, en 1818, chez les Bénédictines du Saint-Sacrement d’où elle est déposée au Calvaire de Machecoul.

[12] Transfixion : du latin transfigere qui signifie transpercer. En français, cela signifie traverser d’un seul coup.

[13] Les Hussites, disciples de l’hérétique Jean Hus qui fut brûlé au concile de Constance (6 juillet 1415), se divisaient en deux groupes principaux : les calixtins ou utraquistes qui réclamaient la communion sous les deux espèces, et les taborites qui rejetaient la doctrine du Purgatoire et le culte des saints. Jean Hus professait que l'Eglise est un corps mystique dont Jésus-Christ est le chef et dont les justes et les prédestinés sont les membres exclusifs. Les pécheurs et les réprouvés n'en font point partie. Les justes ne peuvent être séparés de l'Église et l'excommunication ne prévaut pas contre eux. Enfin, quand il n'y aurait ni pape ni évêques, l'Eglise n'en subsisterait pas moins par ses élus. Ces prémisses posées, Hus en venait au problème de l'autorité civile et ecclésiastique que le péché mortel annule. Quand, par le péché, cette autorité est perdue, la révolte des fidèles est licite. Car, en réalité, seul le Christ a le droit de lier ou de délier ; seul il a le pouvoir d'absoudre, la responsabilité de l'autorité ecclésiastique se limitant à entériner le pardon. L'Écriture enfin est l'unique règle de foi et de conduite. Tout ce qui n’est pas strictement dans l'Ecriture est condamnable et ne mérite ni respect ni obéissance.

[14] A Paris, c'est la fête de la confrérie Notre-Dame de la Compassion, érigée par Léon XIII, le 23 août 1897, pour la conversion de l'Angleterre, dans l'église Saint-Sulpice.

Beata Vergine Maria Addolorata. Statua conservata a Castellaneta.

Méditations

Voyez ce qu'ajoutait à ses plaies, dans la Passion de Jésus, la compassion de sa Mère. Il la voyait, le cœur tout broyé, les mains serrées par la douleur, les yeux ruisselants de larmes, le visage crispé, la voix plaintive, mais tout le corps dressé, virile et debout auprés de son gilbet. Je la devine, la tête voilée sans doute, tant sa modestie demeurait virginale, tant sa douleur passait toute mesure. Que de gémissements dut-elle pousser, pleurant son Fils et répétant : « Jésus, mon Fils Jésus, qui me donnera de mourir avec toi et pour toi, mon Fils, mon très doux Jésus ? » Que de fois dut-elle lever respectueusement les yeux vers ces blessures sauvages, si même elle put les en détourner un instant, ou si, du moins, à travers le flot de ses larmes, elle pouvait encore les contempler !

Comment croire qu’elle eût pu ne pas défaillir de l’immensité de la douleur imposée à son cœur, alors que je demeure stupéfait qu'elle n’en ait pas reçu la mort ? Vivante, elle partage sa mort, la vie faisant peser sur elle une douleur plus cruelle que la mort.

« Regardez et voyez s'il y a douleur pareille à  ma douleur ? » Ecoutons cette lamentation de Marie, la Vierge Mère. Contemplons cette douleur poignante et nous le verrons : il n'est pas de douleur pareille à sa douleur, si ce n'est la douleur de ce Fils où la sienne se modèle ; puisque, ô surprise à peine croyable, c'est une vraie compassion qui l’étreint, et que les mots d’une langue humaine ne sauraient exprimer. Car faisant rejaillir sur soi les douleurs, les blessures, les outrages de son Fils, elle les subissait dans sa propre personne, ressentant ce qui se trouvait dans le Christ Jésus. En son âme, debout près du Christ, elle partageait son martyre ; blessée de sa blessure, crucifiée au crucifix, percée du même glaive. Car son âme fut transpercée par le glaive de la passion du Christ.

Saint Bonaventure

Maria Addolorata. Statua conservata a ZeitunMalta.

Stabat mater, histoire

L'auteur présumé, mais probable, du Stabat Mater est un assez curieux personnage surtout connu pour cent deux petits poèmes en dialecte ombrien, rythmés comme des chansons, tour à tour doctrinaux, hagiographiques, liturgiques et mystiques, encore que les plus célèbres sont des satires terribles.

Jacome de' Benedetti, que nous connaissons généralement sous le nom de Jacopone de Todi, naquit, vers 1236, d'une bonne famille bourgeoise de Todi, dans la province ombrienne de Pérouse, où, après de solides études de droit à l'université de Bologne, il remplit avec succès les fonctions de procureur légal et notarial.

La tradition veut qu'il mena une vie frivole et bien peu chrétienne jusqu'à ce que sa jeune épouse, la belle Vanna di Bernardino di Guidone, issue de la famille des puissants comtes de Coldimezzo, mourût écrasée sous le plancher d'une salle de bal (1268). Veuf inconsolable qui avait trouvé un cilice sur le corps de sa femme, il resta dans le siècle où, après avoir distribué ses biens aux pauvres, il vécut en pénitent pendant dix ans. Incroyablement original, il se plaisait, par toutes sortes de farces grossières, à dénoncer les vanités du monde ; en même temps, il prêchait au petit peuple des campagnes pour l'éveiller aux merveilles de l'amour de Dieu : 0 Amour, Amour divin, Amour qui n'est pas aimé ! D'abord admis dans le Tiers-Ordre franciscain, il finit par être accepté comme frère convers par le gardien du couvent des Franciscains de San Fortunato, de Todi (1278), mais, malgré ses désirs, il dut, par obéissance, accepter l'ordination sacerdotale.

Lorsque le pape Boniface VIII revint, au profit des Franciscains conventuels, sur les privilèges que son prédécesseur, Célestin V, avait accordé aux Franciscains spirituels, Jacopone de Todi se lança dans la bataille avec toute l'ardeur que l'on imagine. Les Franciscains spirituels, rejetant tous les autres textes, fussent-ils pontificaux, entendaient rester fidèles à la première règle de saint François d'Assise et à son testament dans une intégrale pauvreté ; il étaient opposés à la vie conventuelle des villes au profit d'une vie érémitique dans la nature et rejetaient les études au profit de l'humilité : Paris a détruit Assise, écrivit Jacopone de Todi. En 1294, Célestin V sépara les Spirituels de l'Ordre franciscain et leur permit de former une congrégation nouvelle, appelée les pauvres ermites du pape Célestin, qu'il mit sous la protection du cardinal Napoléon Orsini et de l'abbé général des Célestins. Lorsque que Célestin eut abdiqué (1294), son successeur, Boniface VIII, abolit ses prescriptions et, les Spirituels, privés d'existence légale, entrèrent d'autant mieux en opposition avec le Pape que leur cardinal protecteur en était l'ennemi ; Jacopone de Todi signa le manifeste des cardinaux Colonna qui exigeaient la déposition de Boniface VIII dont ils contestaient la légitimité (10 mai 1297). Jacopone de Todi fit tant et si bien, par des vers fougueux et irrévérencieux, que Boniface VIII, l'ayant en son pouvoir après la prise de Palestrina, le fit enfermer dans un cachot et l'excommunia pour qu'il fût privé des sacrements (septembre 1298). Un jour, dit-on, que Boniface VIII visitant ses prisons lui demanda : Quand sortiras-tu de là ? Jacopone répondit : Quand tu me remplaceras ! Jacopone eut beau faire amende honorable dans des vers admirables d'humilité, il ne fut libéré qu'après la mort du terrible pontife (1303) ; il fut l'objet de la sollicitude des Clarisses de San Lorenzo a Collazzone, près de Todi, où il mourut saintement le jour de Noël 1306. Longtemps après, en 1433, son corps fut transporté au couvent des Franciscains de San Fortunato qui, en 1596, le placèrent dans leur crypte avec l'inscription suivante : Reliques du bienheureux Jacopone de Benedictis, de Todi, frère de l'ordre des Mineurs. Sa folie pour le Christ fut une ruse inédite pour piper le monde et ravir le ciel.

High altar with "Seven swords" in the baptistry of the parish church Holy Stephanus, municipality Grafenstein, district Klagenfurt Land, Carinthia, Austria


Stabat Mater

Stabat Mater dolorosa
Juxta Crucem lacrimosa
Dum pendebat Filius.

Debout, la Mère douloureuse
Serrait la Croix, la malheureuse,
Où son pauvre enfant pendait.

Cujus animam gementem,
Contristatam et dolentem,
Pertransivit gladius.

Et dans son âme gémissante,
Inconsolable, défaillante,
Un glaive aigu s'enfonçait.

O quam tristis et afflicta
Fuit illa benedicta
Mater Unigeniti !

Ah ! qu'elle est triste et désolée,
La Mère entre toutes comblée !
Il était le Premier-Né !

Quae moerebat et dolebat
Pia Mater, dum videbat
Nati poenas inclyti.

Elle pleure, pleure, la Mère,
Pieusement qui considère
Son enfant assassiné.

Quis est homo qui non fleret,
Matrem Christi si videret
In tanto supplicio ?

Qui pourrait retenir ses pleurs
A voir la Mère du Seigneur
Endurer un tel Calvaire ?

Quis non posset contristari,

Christi Matrem contemplari
Dolentem cum Filio ?

Qui peut, sans se sentir contrit,
Regarder près de Jésus-Christ
Pleurer tristement sa Mère ?

Pro peccatis suae gentis,
Vidit Jesum in tormentis,
Et flagellis subditum.

Pour les péchés de sa nation,
Elle le voit, dans sa Passion,
Sous les cinglantes lanières.

Vidit suum dulcem natum
Moriendo desolatum,
Dum emisit spiritum.

Elle voit son petit garçon
Qui meurt dans un grand abandon
Et remet son âme à son Père.

Eia Mater, fons amoris,
Me sentire vim doloris
Fac, ut tecum lugeam.

Pour que je pleure avec toi,
Mère, source d'amour, fais-moi
Ressentir ta peine amère !

Fac, ut ardeat cor meum
In amando Christum Deum,
Ut sibi complaceam.

Fais qu'en mon coeur brûle un grand feu,
L'amour de Jésus-Christ mon Dieu,
Pour que je puisse lui plaire !

Sancta Mater, istud agas,
Crucifixi fige plagas
Cordi meo valide.

Exauce-moi, ô sainte Mère,
Et plante les clous du Calvaire
Dans mon coeur, profondément !

Tui nati vulnerati,
Tam dignati pro me pati,
Poenas mecum divide.

Pour moi ton Fils, couvert de plaies,
A voulu tout souffrir ! Que j'aie
Une part de ses tourments !

Fac me tecum pie flere,
Crucifixo condolore,
Donec ego vixero.

Que je pleure en bon fils avec toi,
Que je souffre avec lui sur la Croix
Tant que durera ma vie !

Juxta Crucem tecum stare,
Et me tibi sociare
In planctu desidero.

Je veux contre la Croix rester
Debout près de toi, et pleurer
Ton fils en ta compagnie !

Virgo virginum proeclara,
Mihi jam non sis amara,
Fac me tecum plangere.

O Vierge, entre les vierges claire,
Pour moi ne sois plus si amère :
Fais que je pleure avec toi !

Fac, ut portem Christi mortem,
Passionis fac consortem,
Et plagas recolere.

Fais que me marque son supplice,
Qu'à sa Passion je compatisse,
Que je m'applique à sa Croix !

Fac me plagis vulnerari,
Fac me Cruce inebriari,
Et cruore Filii.

Fais que ses blessures me blessent,
Que je goûte à la Croix l'ivresse
Et le sang de ton enfant !

Flammis ne urar succensus,
Per te, Virgo, sim defensus
In die judicii.

Pour que j'échappe aux vives flammes,
Prends ma défense, ô notre Dame,
Au grand jour du jugement !

Christe, cum sit hinc exire,
Da per Matrem me venire
Ad palmam victoriae.

Jésus, quand il faudra partir,
Puisse ta Mère m'obtenir
La palme de la victoire.

Quando corpus morietur,
Fac, ut animae donetur
Paridisi gloria.

Et quand mon corps aura souffert,
Fais qu'à mon âme soit ouvert
Le beau paradis de gloire !

La Madonna Addolorata di Bisceglie. Bisceglie. Festa della Madonna Addolorata. La statua lignea, realizzata verso la metà del Settecento, è opera dell'artista Nicola Antonio Brudaglio, mentre l'abito sacro della Madonna, fatto con cento ricami, è stato realizzato dalla stilista biscegliese Maria Napoletano. 


La compassion de la sainte Vierge

Stabat autem juxta crucem Jesu mater ejus. (S. Jean XIX 25)

Marie, mère de Jésus, était debout au pied de sa croix.

Il n'est point de spectacle plus touchant que celui d'une vertu affligée, lorsque dans une extrême douleur elle sait retenir toute sa force, et qu'elle se soutient par son propre poids contre tout l'effort de la tempête ; sa constance lui donne un nouvel éclat, qui, augmentant la vénération que l'on a pour elle, fait qu'on s'intéresse plus dans ses maux : on se croit plus obligé de la plaindre, en cela même qu'elle se plaint moins ; et on compatit à ses peines avec une pitié d'autant plus tendre, que la fermeté qu'elle montre la fait juger digne d'une condition plus tranquille. Mais si ces deux choses concourant ensemble ont jamais dû émouvoir les hommes, je ne crains point de vous assurer que c'est dans le mystère que nous honorons. Quand je voie l'âme de la sainte Vierge blessée si vivement au pied de la croix des souffrances de son Fils unique, je sens déjà à la vérité que la nôtre doit être attendrie. Mais quand je considère d'une même vue et la blessure du cœur et la sérénité du visage, il me semble que ce respect mêlé de tendresse, qu'inspire une tristesse si majestueuse, doit produire des émotions beaucoup plus sensibles, et qu'il n'y a qu'une extrême dureté qui puisse s'empêcher de donner des larmes. Approchez donc, mes frères, avec pleurs et gémissements, de cette Mère également ferme et affligée : et ne vous persuadez pas que sa constance diminue le sentiment qu'elle a de son mal. Il faut qu'elle soit semblable à son Fils : comme lui elle surmonte toutes les douleurs ; mais comme lui elle les sent dans toute leur force et dans toute leur étendue ; et Jésus-Christ, qui veut faire en sa sainte Mère une vive image de sa passion, ne manque pas d'en imprimer tous les traits sur elle. C'est à ce spectacle que je vous invite : vous verrez bientôt Jésus en la croix ; attendant ce grand jour, l'Église vous invite aujourd'hui à en voir la peinture en la sainte Vierge. Peut-être, messieurs, arrivera-t-il que, de même que les rayons du soleil redoublent leur ardeur étant réfléchis, ainsi les douleurs du Fils réfléchies sur le cœur de la Mère auront plus de force pour toucher les nôtre. C'est la grâce que je vous demande, ô Esprit divin, par l'intercession de la sainte Vierge.

Ne croyez pas, mes frères, que la sainte Mère de notre Sauveur soit appelée au pied de sa croix pour y assister seulement au supplice de son Fils unique, et pour y avoir le cœur déchiré par cet horrible spectacle. Il y a des desseins plus hauts de la Providence divine sur cette mère affligée . et il nous faut entendre aujourd'hui qu'elle est conduite auprès de son Fils, dans cet état d'abandon, parce que c'est la volonté du Père éternel qu'elle soit non seulement immolée avec cette victime innocente, et attachée à la croix du Sauveur par les mêmes clous qui le percent, mais encore associée à tout le mystère qui s'y accomplit par sa mort. Mais comme cette vérité importante doit faire le sujet de cet entretien, donnez-moi vos attentions pendant que je poserai les principes sur lesquels elle est établie.

Pour y procéder avec ordre, remarquez, s'il vous plaît, messieurs, que trois choses concourent ensemble au sacrifice de notre Sauveur, et en font la perfection. Il y a premièrement les souffrances par lesquelles son humanité est toute brisée : il y a secondement la résignation par laquelle il se soumet humblement  à la volonté de son Père : il y a troisièmement la fécondité par laquelle il nous engendre à la grâce, et nous donne la vie en mourant. Il souffre comme la victime qui doit être détruite et froissée de coups : il se soumet comme le prêtre qui doit sacrifier volontairement : Voluntarie sacrificabo tibi : enfin il nous engendre en souffrant, comme le père d'un peuple nouveau qu'il enfante par ses blessures : et voilà les trois grandes choses que le Fils de Dieu achève en la croix. Les souffrances regardent son humanité ; elle a voulu se charger des crimes, elle s'est donc exposé à la vengeance. La soumission regarde son Père ; la désobéissance l'a irrité, il faut que l'obéissance l'apaise. La fécondité nous regarde ; un malheureux plaisir, que notre père criminel a voulu goûter, nous a donné le coup de la mort : ah ! les choses vont être changées, et les douleurs d'un innocent nous rendront la vie.

Paraissez maintenant, Vierge incomparable, venez prendre part au mystère : joignez vous à votre Fils, et à votre Dieu ; et approchez-vous de sa croix, pour y recevoir de plus près les impressions de ces trois sacrés caractères par lesquels le Saint-Esprit veut former en vous une image vive et naturelle de Jésus-Christ crucifié. C'est ce que nous verrons bientôt accompli, sans sortir de notre évangile ; car, mes frères, ne voyez-vous pas comme elle se met auprès de la croix, et de quels yeux elle y regarde son Fils tout sanglant, tout couvert de plaies, et qui n'a plus de figure d'homme ? Cette vue lui donne la mort : si elle s'approche de cet autel, c'est qu'elle y veut être immolée ; et c'est là en effet qu'elle sent le coup du glaive tranchant, qui, selon la prophétie du bon Siméon, devait déchirer ses entrailles, et ouvrir son cœur maternel par de si cruelles blessures. Elle est donc auprès de son Fils ; non tant par le voisinage du corps, que par la société des douleurs : Stabat juxta crucem : Elle se tient vraiment auprès de la croix, parce que la Mère porte la croix de son Fils avec une douleur plus grande que celle dont tous les autres sont pénétrés.

Mais suivons l'histoire de notre évangile, et voyons en quelle posture elle se présente à son Fils. La douleur l'a-t-elle abattue, a-t-elle été jetée à terre par la défaillance ? Au contraire, ne voyez-vous pas qu'elle est droite, qu'elle est assurée ? Stabat juxta crucem : Elle est debout auprès de la croix. Non, le glaive qui a percé son cœur n'a pu diminuer ses forces : la constance et l'affliction vont d'un pas égal ; et elle témoigne par sa contenance, qu'elle n'est pas moins soumise qu'elle est affligée. Que reste-t-il donc, Chrétiens, sinon que son Fils bien-aimé, qui lui voit sentir ses souffrances et imiter sa résignation, lui communique encore sa fécondité ? C'est aussi dans cette pensée qu'il lui donne saint Jean pour son Fils : Femme, dit-il, voilà votre fils. O femme qui souffrez avec moi, soyez aussi féconde avec moi ; soyez la mère de mes enfants, que je vous donne tous sans réserve en la personne de ce seul disciple ; je les enfante par mes douleurs ; comme vous en goûtez l'amertume, vous en aurez aussi l'efficace, et votre affliction vous rendra féconde. Voilà, mes frères, en peu de mots, tout le mystère de cette journée ; et je vous ai dit en peu de paroles ce que j'expliquerai par tout ce discours avec le secours de la grâce. Marie est auprès de la croix, et elle en ressent les douleurs ; elle s'y tient debout, et elle en supporte constamment le poids ; elle y devient féconde, et elle en reçoit la vertu. Ecoutez attentivement ; et surtout ne résistez pas si vous sentez attendrir vos cœurs.

Mater Dolorosa, illustrazione della statua della Madonna Addolorata che si conserva nella Chiesa rettoria di San Rocco ad Aversa

PREMIER POINT

Il faut donc vous entretenir des afflictions de Marie ; il faut que j'expose à vos yeux cette sanglante blessure qui perce son cœur, et que vous voyiez, s'il se peut, encore saigner cette plaie. Je sais bien qu'il est difficile d'exprimer la douleur d'une mère : on ne trouve pas aisément des traits qui nous représentent au vif des émotions si violentes ; et si la peinture y a de la peine, l'éloquence ne s'y trouve pas moins empêchée. Aussi, mes frères, ne prétends-je pas que mes paroles fassent cet effet : c'est à vous de méditer en vous-mêmes quel était l'excès de son déplaisir. Ah ! si vous y voulez seulement penser avec une attention sérieuse, votre cœur parlera pour moi, et vos propres conceptions vous endiront plus que tous mes discours. Mais afin de vous occuper en cette pensée, rappelez en votre mémoire ce qu'on vous a prêché tant de fois ; que comme toute la joie de la sainte Vierge, c'est d'être mère de Jésus-Christ, c'est aussi de là que vient son martyre, et que son amour a fait son supplice.

Non il ne faut point allumer de feux ; il ne faut point armer les mains des bourreaux, ni animer la rage des persécuteurs, pour associer cette mère aux souffrances de Jésus-Christ. Il est vrai que les saints leur fallait des roues et des chevalets ; il leur fallait des ongles de fer pour marquer leurs corps de ces traits sanglants qui les rendaient semblables à Jésus-Christ crucifié. Mais si cet horrible appareil était nécessaire pour les autres saints, il n'en est pas ainsi de Marie ; et c'est peu connaître quel est son amour, que de croire qu'il ne suffit pas pour son martyre : il ne faut qu'une même croix pour son bien-aimé et pour elle. Voulez-vous, ô Père éternel, qu'elle soit couverte de plaies : faites qu'elle voie celles de son Fils, conduisez-la seulement au pied de la croix, et laissez ensuite agir son amour.

Pour bien entendre cette vérité, il importe que nous fassions tous ensemble quelque réflexion sur l'amour des mères ; et ce fondement étant supposé, comme celui de la sainte Vierge passe de bien loin toute la nature, nous porterons aussi plus haut nos pensées. Mais voyons auparavant quelque ébauche de ce que la grâce a fait dans son cœur, en remarquant les traits merveilleux que la nature a formés dans les autres mères. On ne peut assez admirer les moyens dont elle se sert pour unir les mères avec leurs enfants : car c'est le but auquel elle vise, et elle tâche de n'en faire qu'une même chose ; il est aisé de le remarquer dans tout l'ordre de ses ouvrages. Et n'est-ce pas pour cette raison que le premier soin de la nature, c'est d'attacher les enfants au sein de leurs mères ? Elle veut que leur nourriture et leur vie passent par les mêmes canaux ; ils courent ensemble les mêmes périls ; ce n'est qu'une même personne. Voilà une liaison bien étroite ; mais peut-être pourrait-on se persuader que les enfants en venant au monde rompent le nœud de cette union. Non, messieurs ; ne le croyez pas ; nulle force ne peut diviser ce que la nature a si bien lié ; sa conduite sage et prévoyante y a pourvu par d'autres moyens. Quand cette première union finit, elle en fait naître une autre en sa place ; elle forme d'autres liens qui sont ceux de l'amour et de la tendresse, la mère porte ses enfants d'une autre façon : et ils ne sont pas plutôt sortis des entrailles, qu'ils commencent à tenir plus au cœur. Telle est la conduite de la nature, ou plutôt de celui qui la gouverne ; voilà l'adresse dont elle se sert pour unir les mères avec leurs enfants, et empêcher qu'elles s'en détachent : l'âme les reprend par l'affection en même temps que le corps les quitte ; rien ne les leur peut arracher du cœur : la liaison est toujours si ferme, qu'aussitôt que les enfants sont agités, les entrailles des mères sont encore émues, et elle sentent tous leurs mouvement d'une manière si vive et si pénétrante qu'à peine leur permet-elle de s'apercevoir que leurs entrailles en soient déchargées.

En effet considérez, Chrétiens, car un exemple vous en dira plus que tous les discours, considérez les empressements d'une mère que l'Évangile nous représente. J'entends parler de la Chananée, dont la fille est tourmentée du démon : regardez-la aux pieds du Sauveur ; voyez ses pleurs, entendez ses cris, et voyez si vous pourrez distinguer qui souffre le plus de sa fille ou d'elle : Ayez pitié de moi, ô fils de David ; ma fille est travaillée du démon. Remarquez qu'elle ne dit pas : Seigneur, ayez pitié de ma fille. Ayez, dit-elle, pitié de moi. Mais si elle veut qu'on ait pitié d'elle, qu'elle parle donc de ses maux. Non, je parle, dit-elle, de ceux de ma fille. Pourquoi exagérer mes douleurs ? n'est-ce pas assez des maux de ma fille pour me rendre digne de pitié ? Il me semble que je la porte toujours en mon sein ; puisqu'aussitôt qu'elle est agitée, toutes mes entrailles sont encore émues : In illa vim patior ; c'est ainsi que la fait parler saint Basile de Séleucie : Je suis tourmentée en sa personne ; si elle pâtit, j'en sens la douleur, ejus est passio, meus vero dolor : le démon la frappe, et la nature me frappe moi-même : hanc dœmon, me natura vexat : tous les coups tombent sur mon cœur ; et les traits de la fureur de Satan passent par elle jusque sur mon âme : hanc dœmon, me natura vexat ; et ictus quos infligit, per illam ad me usque pervadunt.Vous soyez dans ce bel exemple une peinture bien vive de l'amour des mères ; vous voyez la merveilleuse communication par laquelle il les lie avec leurs enfants, et c'est assez pour vous faire entendre que les douleurs de Marie sont inexplicables.

Mais, mes frères, je vous ai promis d'élever plus haut vos pensées ; il est temps de tenir parole, et de vous montrer des choses bien plus admirables.

Tout ce que vous avez vu dans la Chananée n'est qu'une ombre très imparfaite de ce qu'il faut croire en la sainte Vierge. Son amour plus fort sans comparaison fait une correspondance beaucoup plus parfaite : et encore qu'il soit impossible d'en comprendre toute l'étendue ; toutefois vous en prendrez quelque idée, si vous en cherchez le principe en suivant ce raisonnement ; que l'amour de la sainte Vierge, par lequel il aime son Fils est né en elle de la même source d'où lui est venue sa fécondité. La raison en est évidente : tout ce qui produit aime son ouvrage ; il n'est rien de plus naturel : le même principe qui nous fait agir, nous fait aimer ce que nous faisons ; tellement que la cause qui rend les mères fécondes pour produire, les rend aussi tendres pour aimer. Voulons-nous savoir, Chrétiens, quelle cause a formé l'amour maternel qui unit Marie avec Jésus-Christ ? voyons d'où lui vient sa fécondité.

Dites-le-nous, ô divine Vierge, dites-nous par quelle vertu vous êtes féconde ; est-ce par votre vertu naturelle ? Non, mes frères, cela est impossible. Au contraire, me voyez-vous pas qu'elle se condamne elle-même à une stérilité bienheureuse, par cette ferme résolution de garder sa pureté virginale ? Comment cela se pourra-t-il faire ? Puis-je bien concevoir un fils, moi qui ai résolu de demeurer vierge ? Si elle confesse sa stérilité, de quelle sorte devient-elle mère ? Ecoutez ce que lui dit l'ange : La vertu du Très-haut vous couvrira toute. Il paraît donc manifestement que sa fécondité vient d'en haut, et c'est de là par conséquent que vient son amour.

En effet, il est aisé de comprendre que la nature ne peut rien en cette rencontre. Car figurez-vous, Chrétiens, qu'elle entreprenne de former en la sainte vierge l'amour qu'elle doit avoir pour son Fils ; dites-moi, quels sentiments inspirera-t-elle ? Pour aimer dignement un Dieu, il faut un principe surnaturel : sera-ce du respect ou de la tendresse, des caresses ou des adorations ; des soumissions d'une créature, ou des embrassements d'une mère ? Marie aimera-t-elle Jésus-Christ comme homme, ou bien comme un homme-Dieu ? De quelle sorte embrassera-t-elle en la personne de Jésus-Christ la divinité et la chair que le Saint-Esprit a si bien liées ? La nature ne les peut unir, et la foi ne permet pas de les séparer : que peut donc ici la nature ? Elle presse Marie à aimer ; parmi tant de mouvements qu'elle cause, elle ne peut pas en trouver un seul qui convienne au Fils de Marie.

Que reste-t-il donc, ô Père éternel, sinon que votre grâce s'en mêle, et qu'elle vienne prêter la main à la nature impuissante ? C'est vous qui, communiquant à Marie votre divine fécondité, la rendez Mère de votre Fils, il faut que vous acheviez votre ouvrage ; et que, l'ayant associée en quelque façon à la chaste génération éternelle par laquelle vous produisez votre Verbe, vous fassiez couler dans son sien quelque étincelle de cet amour infini que vous avez pour ce Bien-Aimé qui est la splendeur de votre gloire et la vive image de votre substance. Voilà d'où vient l'amour de Marie : amour qui passe toute la nature ; amour tendre, amour unissant, parce qu'il naît du principe de l'unité même ; amour qui fait une entière communication entre Jésus-Christ et la sainte Vierge, comme il y en a une très parfaite entre Jésus-Christ et son Père.

Vous étonnez-vous, Chrétiens, si je dis que son affliction n'a point d'exemple, et qu'elle opère des effets en elle que l'on ne peut voir nulle part ailleurs ; il n'est rien qui puisse produire des effets semblables ? Le Père et le Fils partagent dans l'éternité une même gloire, la Mère et le Fils partagent dans le temps les mêmes souffrances ; le Père et le Fils une même source de plaisirs, la Mère et le Fils un même torrent d'amertume ; le Père et le Fils un même trône, la Mère et le Fils une même croix. Si on perce sa tête d'épines, Marie est déchirée de toutes leurs pointes ; si on lui présente du fiel et du vinaigre, Marie en boit toute l'amertume ; si on étend son corps sur une croix, Marie en souffre toute la violence. Qui fait cela, sinon son amour ? et ne peut-elle pas dire dans ce triste état, en un autre sens que saint Augustin : Mon amour est mon poids ? Car, ô amour, que vous lui pesez ! ô amour, que vous pressez son cœur maternel !

 Cet amour fait un poids de fer sur sa poitrine, qui la serre et l'oppresse si violemment, qu'il y étouffe jusqu'aux sanglots : il amasse sur sa tête une pesanteur en cela plus insupportable, que la tristesse ne lui permet pas de s'en décharger par des larmes : il pèse incroyablement sur tout son corps par une langueur qui l'accable, et dont tous ses membres sont presque rompus. Mais surtout cet amour est un poids, parce qu'il pèse sur Jésus-Christ même : car Jésus n'est pas le seul, en cette rencontre, qui fasse sentir ses douleurs. Marie est contrainte malheureusement de le faire souffrir à sont tour : ils se percent tous deux de coups mutuels : il est de ce Fils et de cette Mère comme de deux miroirs opposés, qui se renvoyant réciproquement tout ce qu'ils reçoivent par une espèce d'émulation, multiplient les objets jusqu'à l'infini. Ainsi leur douleur s'accroît sans mesure, pendant que les flots qu'elle élève se repoussent les uns sur les autres par un flux et reflux continuel : si bien que l'amour de la sainte Vierge est en cela plus infortuné, qu'il compatit avec Jésus-Christ et ne le console pas, qu'il partage avec lui ses douleurs et ne le diminue pas : au contraire il se voit forcé de redoubler les peines du Fils, en les communiquant à la Mère.

Mais arrêtons ici nos pensées ; n'entreprenons pas de représenter quelles sont les douleurs de Marie, ni de comprendre une chose incompréhensible. Méditons l'excès de son déplaisir, mais tâchons de l'imiter plutôt que de l'entendre ; et, à nous tellement le cœur de la passion de son Fils, pendant le cours de cette semaine où nous en célébrons le mystère, que l'abondance de cette douleur ferme à jamais la porte à la joie du monde. Ah ! Marie ne peut plus supporter la vie ; depuis la mort de son Bien-Aimé, rien n'est plus capable de plaire à ses yeux. Ce n'est pas pour elle, ô Père éternel, qu'il faut faire éclipser votre soleil, ni éteindre tous les feux du ciel ; ils n'ont déjà plus de lumière pour cette Vierge : il n'est pas nécessaire que vous ébranliez les fondements de la terre, ni que vous couvriez d'horreur toute la nature, ni que vous menaciez tous les éléments de les envelopper dans leur premier chaos ; après la mort de son Fils, tout lui paraît déjà couvert de ténèbres ; la figure de ce monde est passée pour elle ; et, de quelque côté qu'elle tourne les yeux, elle ne découvre partout qu'une ombre de mort : Quidquid aspiciebam, mors erat.

C'est ce que doit faire en nous la croix de Jésus. Si nous ressentons ses douleurs, le monde ne peut plus avoir de douceurs pour nous : les épines du Fils de Dieu doivent avoir arraché ses fleurs ; et l'amertume qu'il nous donne à boire doit avoir rendu fade le goût des plaisirs. Heureux mille fois, ô divin Sauveur, heureux ceux que vous abreuvez de votre fiel ; heureux ceux à qui votre ignominie a rendu les vanités ridicules, et que vos clous ont tellement attachés à votre croix, qu'ils ne peuvent plus élever leurs mains ni étendre leurs bras qu'au ciel ! Ce sont, mes frères, les sentiments qu'il nous faut concevoir durant ces saints jours à la vue de la croix de Jésus. C'est là qu'il nous faut puiser dans ses plaies une salutaire tristesse ; tristesse vraiment sainte, vraiment fructueuse, qui détruise en nous tout l'amour du monde, qui en fasse évanouir tout l'éclat, qui nous fasse porter un deuil éternel de nos vanités passées, dans les regrets amers de la pénitence. Mais peut-être que cette tristesse vous paraît trop sombre, cet état vous semble trop dur : vous ne pouvez vous accoutumer aux souffrances. Jetez donc les yeux sur Marie ; sa constance vous inspirera de la fermeté ; et sa résignation va vous faire voire que ses déplaisirs ne sont pas sans joie : c'est ma deuxième partie.

Statua della Madonna Addolorata di SambiaseLamezia Terme (CZ): ha il cuore trafitto da sette spade, uno dei più ricorrenti simboli nella classica iconografia dell'Addolorata.

SECOND POINT

Pour entendre solidement jusqu'où va la résignation de la bienheureuse Marie, il importe que vous remarquiez attentivement qu'on peut surmonter les afflictions en trois manières très considérables, et que vous devez peser attentivement. On surmonte premièrement les afflictions, lorsqu'on dissipe toute sa tristesse et qu'on en perd tout le sentiment : la douleur est tout apaisée, et l'on est parfaitement consolé. On les surmonte secondement, lorsque l'âme, encore agitée et troublée du mal qu'elle sent, ne laisse pas de le supporter avec patience : elle se résout, mais elle est troublée. On les surmonte en troisième lieu, lorsqu'on ressent toute la douleur, et qu'on n'en ressent aucun trouble : c'est ce qu'il faut mettre dans un plus grand jour.

Au premier de ces trois états, toute la douleur est passée, et l'on jouit d'un parfait repos. Je suis rempli de consolation, je nage dans la joie, dit saint Paul ; au milieu des afflictions, une joie divine et surabondante semble m'en avoir ôté tout le sentiment. Au second, l'on combat la douleur avec patience ; mais dans un combat si opiniâtre, quoique l'âme soit victorieuse, elle ne peut pas être sans agitation. Au contraire, dit Tertullien, elle s'agite elle-même par le grand effort qu'elle fait pour ne se pas agiter, et quoique la faiblesse ne l'abatte pas, elle s'agite par sa grande résistance, et sa fermeté même l'ébranle par sa propre contention. Mais il y a encore un troisième état, où l'on n'arrive point sans un grand miracle ; où Dieu donne une telle force contre la douleur, qu'on en souffre la violence sans que la tranquillité soit troublée. Si bien que dans le premier de ces trois états il y a tranquillité, qui bannit toute la douleur ; dans le second, douleur qui empêche la tranquillité ; mais le troisième les unit tous deux, et joint une extrême douleur avec une tranquillité souveraine.

Mais tout ceci peut-être est confus, et il faut le proposer si distinctement, que tout le monde puisse le comprendre. Cette comparaison vous l'éclaircira, et je l'ai prise dans les Écritures. C'est avec beaucoup de raison qu'elles comparent ordinairement la douleur à une mer agitée. En effet, la douleur a ses eaux amères, qu'elle fait entrer jusqu'au fond de l'âme ; elle a ses vagues impétueuses, qu'elle pousse avec violence ; elle s'élève par ondes, ainsi que la mer ; et lorsqu'on la croit apaisée, elle s'irrite souvent avec une nouvelle furie. Comme donc elle ressemble à la mer, je remarque aussi, Chrétiens, que Dieu réprime la douleur par les trois manières dont je vois dans l'histoire sainte que Jésus-Christ a dompté les eaux.

Tantôt il commande aux eaux et aux vents, il leur ordonne de s'apaiser ; et de là s'ensuit, dit l'évangéliste, une grande tranquillité. Ainsi, répandant son esprit sur une âme agitée par l'affliction, il calme, quand il lui plaît, tous les flots ; et, apaisant toutes les tempêtes, il ramène la sérénité. Nous n'avons eu aucune relâche selon la chair, dit saint Paul : vous voyez les flots qui l'agitent ; mais Dieu, qui console les humbles et les affligés, nous a consolés : voilà Dieu, qui, calmant les flots, leur rend la tranquillité qu'ils n'avaient pas. Tantôt il laisse murmurer les eaux, il permet que les vagues s'élèvent avec une furieuse impétuosité : le vaisseau, poussé avec violence, est menacé d'un prochain naufrage. Pierre qui est porté sur les eaux appréhende d'être enseveli dans leurs abîmes, cependant Jésus-Christ conduit le vaisseau et donne la main à Pierre tremblant de frayeur, pour le soutenir. Ainsi, dans les douleurs violentes, l'âme paraît tellement troublée, qu'il semble qu'elle va être bientôt engloutie : La pesanteur des maux dont nous nous sommes trouvés accablés a été excessive, et au-dessus de nos forces. Néanmoins Jésus-Christ la soutient si bien, que les vents ni les tempêtes ne l'emportent pas ; c'est la seconde manière. Enfin la dernière façon dont Jésus-Christ a dompté la mer, la plus noble, la plus glorieuse, c'est qu'il lâche la bride aux tempêtes, il permet aux vents d'agiter les ondes, et de pousser leurs flots jusque au ciel, cependant il n'est pas ému de cet orage ; au contraire il marche dessus avec une merveilleuse assurance, et, foulant aux pieds les flots irrités, il semble qu'il se glorifie de braver cet élément indomptable, même dans sa grande furie. Ainsi il lâche la bride à sa douleur, il la laisse agir dans toute sa force : afin que nous ne mettions point notre confiance en nous-mêmes, mais en Dieu qui ressuscite les morts.

Cependant la constance, toujours assurée au milieu de ce bruit et de ce tumulte, marche d'un pas égal et tranquille sur ces flots vraiment émus : qui la touchent sans l'ébranler et sont contraints, contre leur nature, de lui servir de soutien : et c'est la troisième manière dont Jésus-Christ surmonte les afflictions.

Représentez-vous, Chrétiens, que vous avez vu une image de ce qui se passe en la sainte Vierge, quand elle regarde Jésus-Christ mourant. Il est vrai que la tristesse élève avec une effroyable impétuosité ses flots, qui semblent tantôt menacer le ciel en attaquant la constance de cette vierge-mère par tout ce que la douleur a de plus terrible : elle creuse tantôt les abîmes, lorsqu'elle ne découvre à ses yeux que les horreurs de la mort ; mais ne croyez pas qu'elle en soit troublée. Marie ne veut point voir cesser ses douleurs, parce qu'elles la rendent semblable à son Fils : elle ne donne point de bornes à son affliction, parce qu'elle ne peut contraindre son amour : elle ne veut point être consolée, parce que son Fils ne trouve point de consolateur ; elle ne vous demande pas, ô Père éternel, que vous modériez sa tristesse ; elle n'a garde de demander ce secours dans le moment qu'elle voit votre colère si fort déclarée contre votre Fils, qu'elle le contraint de se plaindre que vous-même le délaissez. Non, elle ne prétend pas d'être mieux traitée : il faut qu'elle dise, avec Jésus-Christ, que tous vos flots ont passé sur elle ; elle n'en veut pas perdre une goutte, et elle serait fâchée de ne pas sentir tous les maux de son Bien-Aimé. Donc, mes frères, que ses douleurs s'élèvent, s'il se peut, jusqu'à l'infini ; il est juste de les laisser croître : le Saint-Esprit ne permettra pas ni que son temple soit ébranlé : il en a posé les fondements sur le haut des saintes montagnes : Fundamenta ejus in montibus sanctis, les flots n'arriveront pas jusque-là ; ni que cette fontaine si pure, qu'il a conservée avec tant de soin des ordures de la convoitise, devienne trouble et mêlée par le torrent des afflictions. Cette haute partie de l'âme, en laquelle il a mis son siège, gardera toujours sa sérénité, malgré les tempêtes qui grondent au-dessous.

Que si vous en voulez savoir la raison, permettez que je vous découvre en peu de paroles un mystère que vous pourrez méditer à loisir durant ces saints jours. Le docte et éloquent saint Jean Chrysostôme, considérant le Fils de Dieu prêt à rendre l'âme, ne se lasse point d'admirer comme il se possède dans son agonie : et méditant profondément cette vérité, il fait cette belle observation. La veille de sa mort, dit ce saint évêque, il sue, il tremble, il frémit, tant l'image de son supplice lui paraît terrible ; et dans le fort des douleurs il paraît changé tout à coup, et les tourments ne lui sont plus rien. Il s'entretient avec ce bienheureux larron d'un sens rassis, et sans s'émouvoir ; il considère et reconnaît distinctement ceux des siens qui sont auprès de sa croix, il leur parle et il les console ; après il lit dans les prophètes qu'on lui prépare encore un breuvage amer, il élève la voix pour le demander, il le goûte sans s'émouvoir ; et enfin, ayant remarqué que tout ce qu'il avait à faire était accompli, il rend son âme à son Père ; et le fait avec une action si libre, si paisible, si préméditée, qu'il est bien aisé à juger que personne ne la lui ravit, mais qu'il la donne lui-même de son plein gré : Nemo tollit eam a me, sed ego pono eam a me ipso.

Qu'est-ce à dire ceci, Chrétiens ? Comment est-ce que l'appréhension du mal l'afflige si fort, puisqu'il semble que le mal même ne le touche pas ? Je sais bien qu'on pourrait répondre que l'économie de notre salut est un ouvrage de force et d'infirmité. Ainsi il voulait montrer, par sa crainte, qu'il était comme nous sensible aux douleurs, et faire voir, par sa constance, qu'il savait bien modérer tous ses mouvements, et les faire céder comme il lui plaisait à la volonté de son Père. Cette raison sans doute est solide ; mais si nous savons pénétrer au fond du mystère, nous verrons quelque chose de plus relevé dans cette conduite de notre Sauveur. Je dis donc que la cause la plus apparente de ce que le Calvaire le voit si paisible, lui que le mont des Olives a vu si troublé, c'est qu'à la croix et sur le Calvaire il est dans l'action même de son sacrifice, et aucune action ne doit être faite avec un esprit plus tranquille. Toi qui, assistant au saint sacrifice, laisse inconsidérément errer ton esprit, suivant que le pousse deçà et delà la curiosité ou la passion, arrête le cours de ces mouvements. Ah ! tu n'as pas encore assez entendu ce que c'est que le sacrifice.

Le sacrifice est une action par laquelle tu rends à Dieu tes hommages : or qui ne sait, par expérience, que toutes les actions de respect demandent une contenance remise et posée ? c'est le caractère du respect. Dieu donc, qui pénètre jusqu'au fond des cœurs, croit qu'on manque de respect pour sa majesté, si l'âme ne se compose elle-même, en réglant tous ses mouvements. Par conséquent il n'est donc rien de plus véritable que le pontife doit sacrifier d'un esprit tranquille ; et cette huile, dont on le sacre, dans le Lévitique, ce symbole sacré de la paix qu'on répand abondamment sur sa tête, l'avertit qu'il doit avoir la paix dans l'esprit, en éloignant toutes les pensées qui en détournent l'application, et qu'il la doit aussi avoir dans le cœur, en calmant tous les mouvements qui en troublent la sérénité. O Jésus, mon divin pontife, c'est sans doute pour cette raison que vous vous montrez si tranquille dans votre agonie. Il est vrai qu'il paraît troublé au mont des Olives ; mais c'est un trouble volontaire, dit saint Augustin, qu'il lui plaisait d'exciter lui-même. Pour quelle raison, Chrétiens ? c'est qu'il se considérait comme la victime ; il voulait agir comme victime ; il prenait, si l'on peut parler de la sorte, l'action et la posture d'une victime, et il la laissait traîner à l'autel avec frayeur et tremblement. Mais aussitôt qu'il est à l'autel, et qu'il commence à faire la fonction de prêtre ; aussitôt qu'il a eu élevé ses mains innocentes pour présenter la victime au ciel irrité, il ne veut plus sentir aucun trouble, il ne fait plus paraître de crainte ; parce qu'elle semble marquer quelque répugnance : et encore que ses mouvements dépendent tellement de sa volonté ; que la paix de son âme n'en est point troublée, il ne veut plus souffrir la moindre apparence de trouble ; afin, mes frères, que vous entendiez que c'est un pontife miséricordieux, qui, sans force et sans violence, d'un esprit tranquille et d'un sens rassis, s'immole lui-même volontairement, poussé par l'amour de notre salut. De là cette action remise et paisible qui fait qu'au milieu de tant de douleurs il meurt plus doucement, dit saint Augustin, que nous n'avons accoutumé de nous endormir.

Voilà, Chrétiens, ce grand mystère que j'avais promis de vous découvrir ; mais ne croyez pas qu'il soit achevé en la personne de Jésus-Christ : il inspire ce sentiment à sa sainte Mère, parce qu'elle doit avoir part à ce sacrifice ; elle doit aussi immoler ce Fils : c'est pourquoi elle se compose aussi bien que lui, elle se tient droite au pied de la croix, pour marquer une action plus délibérée ; et, malgré toute sa douleur, elle l'offre de tout son cœur au Père éternel, pour être la victime de sa vengeance. Mes frères, réveillez vos attentions, venez apprendre de cette Vierge à sacrifier à Dieu constamment tout ce que vous avez de plus cher. Voilà Marie au pied de la croix, qui s'arrache le cœur, pour livrer son Fils unique à la mort : elle l'offre, non pas une fois, elle n'a cessé de l'offrir depuis que le bon Siméon lui eut prédit, par l'ordre de Dieu, les étranges contradictions qu'il devait souffrir. Depuis ce temps-là, Chrétiens, elle l'offre tous les moments de sa vie ; elle en achève l'oblation à la croix. Avec quelle résignation ? c'est ce qu'il n'est pas possible que je vous explique : jugez-en vous-mêmes par l'Évangile, et par la suite de ses actions.

Ah ! votre Fils, lui dit Siméon, sera mis en butte aux contradictions ; et votre âme, ô mère, sera percée d'un glaive ! Parole effroyable pour une mère. Il est vrai que le bon vieillard ne lui dit rien en particulier des persécutions de son Fils ; mais ne croyez pas, Chrétiens, qu'il veuille épargner sa douleur : non, non, Chrétiens, ne le croyez pas ; c'est ce qui l'afflige le plus, en ce que, ne lui disant rien en particulier, il lui laisse appréhender toutes choses. Car est-il rien de plus rude et de plus affreux que cette cruelle suspension d'une âme menacée de quelque grand mal, et qui ne peut savoir ce que c'est ? Ah ! cette pauvre âme, confuse, étonnée, qui se voit menacée de toutes parts, qui ne voit de toutes parts que des glaives pendants sur sa tête, qui ne sait de quel côté elle se doit mettre en garde, meurt en un moment de mille morts. C'est là que sa crainte, toujours ingénieuse pour la tourmenter, ne pouvant savoir son destin, ni le mal qu'on lui prépare, va parcourant tous les maux les uns après les autres, pour faire son supplice de tous ; si bien qu'elle souffre toute la douleur que donne une prévoyance assurée, avec toute cette inquiétude importune, toute l'angoisse et l'anxiété qu'apporte une crainte douteuse.

 Dans cette cruelle incertitude, c'est une espèce de repos que de savoir de quel coup il faudra mourir ; et saint Augustin a raison de dire qu'il est moins dur sans comparaison de souffrir une seule mort, que de les appréhender toutes.

C'est ainsi qu'on traite la divine Vierge. O Dieu ! qu'on ménage peu sa douleur ! Pourquoi la frappez-vous de tant de côtés ? Qu'elle sache du moins à quoi se résoudre : ou ne lui dites rien de son mal, pour ne la point tourmenter par la prévoyance ; ou dites-lui tout son mal, pour lui en ôter du moins la surprise. Chrétiens, il n'en sera pas de la sorte, on la veut éprouver : on le lui prédira, afin qu'elle le sente longtemps ; on ne lui dira pas ce que c'est, pour ne pas ôter à la douleur la secousse que la surprise y ajoute. O prévoyance ! ô surprise ! ô ciel ! ô ciel ! ô terre ! ô mortels ! étonnez-vous de cette constance ! Obstupescite ! Ce qu'on lui prédit lui fait tout craindre, ce qu'on exécute lui fait tout sentir. Voyez cependant sa tranquillité ; là elle ne demande point : qu'arrivera-t-il ? quoi qu'il arrive (ici elle ne murmure pas de ce qui est arrivé : Dieu l'a voulu, il faut le vouloir). La crainte n'est pas curieuse : la douleur n'est pas impatiente : la première ne s'informe pas de l'avenir ; quoi qu'il arrive, il faut s'y soumettre : la seconde ne se plaint pas du présent : Dieu l'a voulu, il faut se résoudre. Voilà les deux actes de résignation ; se préparer à tout ce qu'il veut, se résoudre à tout ce qu'il fait.

Marie alarmée dans sa prévoyance, regarde déjà son Fils comme une victime : elle le voit déjà tout couvert de plaies ; elle le voit dans ses langes comme enseveli ; il lui est, dit-elle, un faisceau de myrrhe, qui repose entre ses mamelles. C'est, dit-elle, un faisceau de myrrhe, à cause de sa mort, qui est toujours présente à ses yeux. Spectacle horrible pour une mère ! O Dieu il est à vous ; je consens à tout, faites-en votre volonté ; elle lui voit donner le coup à la croix. Achevez, ô Père éternel ! ne faut-il plus que mon consentement pour livrer mon Fils à la mort ? je le donne, puisqu'il vous plaît ; je suis ici pour souscrire à tout ; mon action vous fait voir que je suis prête : déchargez sur lui toute votre colère : ne vous contentez pas de frapper sur lui ; prenez votre glaive pour percer mon âme, déchirez toutes mes entrailles, arrachez-moi le cœur , en m'ôtant ce Fils bien-aimé.

Ah ! mes frères, je n'en puis plus. Je voulais vous exhorter ; c'est Marie qui vous parlera ; c'est elle qui vous dira que vous ne sortiez point de ce lieu, sans donner à Dieu tout ce que vous avez de plus cher. Est-ce un mari, est-ce un fils ? ah ! vous ne le perdrez pas pour le déposer entre ses mains ; il rendra le tout au centuple. Marie reçoit plus qu'elle ne lui donne. Dieu lui rendra bientôt ce Fils bien-aimé, et en attendant, Chrétiens, en le lui ôtant pour trois jours il lui donne pour la consoler tous les chrétiens pour enfants : c'est par où je m'en vais conclure.


TROISIEME POINT

C'est au disciple bien-aimé de notre Sauveur, c'est au cher fils de la sainte Vierge et au premier-né des enfants que Jésus-Christ son Fils lui donne à la croix, de vous représenter le mystère de cette fécondité merveilleuse : et il le fait aussi dans l'Apocalypse par une excellente figure. Il parut, dit-il, un grand signe au ciel ; une femme environnée du soleil, qui avait la lune à ses pieds et la tête couronnée d'étoiles, et elle faisait de grands cris dans le travail de  l'enfantement. Saint Augustin nous assure que cette femme, c'est la sainte Vierge ; et il serait aisé de le faire voir par plusieurs raisons convaincantes.

Mais de quelle sorte expliquerons-nous cet enfantement douloureux ? Ne savons-nous pas, Chrétiens, puisque c'est la foi de l'Église, que Marie a été exempte de cette commune malédiction de toutes les mères, et qu'elle a enfanté sans douleur, comme elle a conçu sans corruption ? Comment donc démêlerons-nous ces contrariétés apparentes ?

C'est ici qu'il nous fait entendre deux enfantements de Marie : elle a enfanté Jésus-Christ, elle a enfanté les fidèles ; c'est-à-dire elle a enfanté l'innocent, elle a enfanté les pécheurs : elle enfante l'innocent sans peine : mais il fallait qu'elle enfantât les pécheurs parmi les douleurs et les cris : et vous en serez convaincus, si vous considérez attentivement à quel prix elle les achète. Il faut qu'il lui en coûte son Fils unique ; elle ne peut être mère des chrétiens, qu'elle ne donne son Bien-Aimé à la mort : ô fécondité douloureuse ! Mais il faut, messieurs, vous la faire entendre, en rappelant à votre mémoire cette vérité importante que c'était la volonté du Père éternel de faire naître les enfants adoptifs par la mort du Fils véritable. Ah ! qui pourrait ne pas s'attendrir à la vue d'un si beau spectacle !

Il est vrai qu'on ne peut pas admirer cette immense charité de Dieu, par laquelle il nous a choisis pour enfants. Il a engendré dans l'éternité un fils qui est égal à lui-même, qui fait des délices de son cœur, qui contente entièrement son amour, comme il épuise sa fécondité ; et néanmoins, ô bonté ! ô miséricorde ! ce Père, ayant un Fils si parfait, ne laisse pas d'en adopter d'autres : cette charité qu'il a pour les hommes, cet amour inépuisable et surabondant fait qu'il donne des frères à ce premier-né, des compagnons à cet unique, et enfin des cohéritiers à ce bien-aimé de son cœur : il fait quelque chose de plus, et vous le verrez bientôt au Calvaire. Non seulement il joint à son propre Fils des enfants qu'il adopte par miséricorde, mais ce qui passe toute créance, il livre son propre Fils à la mort, pour faire naître les adoptifs. Qui voudrait adopter à ce prix, et donner un fils pour des étrangers ? C'est néanmoins ce que fait le Père éternel.

Et ce n'est pas moi qui le dis, c'est Jésus qui nous enseigne dans son Évangile. Dieu a tant aimé le monde ; écoutez, hommes mortels, voilà l'amour de Dieu, qui paraît sur nous, c'est le principe de notre adoption : qu'il a donné son Fils unique : ah ! voilà le Fils unique livré à la mort, paraissez maintenant, enfants adoptifs ; afin que ceux qui croient ne périssent pas, mais qu'ils aient la vie éternelle. Ne voyez-vous pas manifestement qu'il donne son propre fils à la mort, pour faire naître les enfants d'adoption, et que cette même charité du Père qui le livre, qui l'abandonne, qui le sacrifie, nous adopte, nous vivifie et nous régénère comme si le Père éternel ayant vu que l'on n'adopte des enfants que lorsqu'on n'en a point de véritables, son amour et inventif et ingénieux lui avait heureusement inspiré pour nous ce dessein de miséricorde, de perdre en quelque sorte son Fils pour donner lieu à l'adoption, et de faire mourir l'unique héritier pour nous faire entrer en ses droits. Par conséquent, enfants d'adoption, que vous coûtez donc au Père éternel !

Mais ne vous persuadez pas que Marie en soit quitte à meilleur marché : elle est l'Ève de la nouvelle alliance, et la mère commune de tous les fidèles ; mais il faut qu'il lui en coûte la mort de son premier-né, il faut qu'elle se joigne au Père éternel, et qu'ils livrent leur commun Fils d'un commun accord au supplice. C'est pour cela que la Providence l'a appelée au pied de la croix ; elle y vient immoler son Fils véritable : qu'il meure, afin que les hommes vivent. Elle y vient immoler son Fils véritable : qu'il meure, afin que les hommes vivent. Elle y vient recevoir de nouveaux enfants : Femme, dit Jésus, voilà votre fils. O enfantement vraiment douloureux ! ô fécondité qui lui est à charge ! car quels furent ses sentiments, lorsqu'elle entendit cette voix mourante du dernier adieu de son fils ! Non, je ne crains point de vous assurer que de tous les traits qui percent son âme, celui-ci est sans doute le plus douloureux.

Je me souviens ici, Chrétiens, que saint Paulin, évêque de Nole, parlant de sa parente, sainte Mélanie, à qui d'une nombreuse famille il ne restait plus qu'un petit enfant, nous peint sa douleur par ces mots : Elle était, dit-il, avec cet enfant, reste malheureux d'une grande ruine, qui bien loin de la consoler, ne faisait qu'aigrir ses douleurs, et semblait lui être laissé pour la faire ressouvenir de son deuil, plutôt que pour réparer son dommage.

Ne vous semble-t-il pas, mes frères, que ces paroles ont été faites pour représenter les douleurs de la divine Marie ? Femme, dit Jésus, voilà votre fils. Ah ! c'est ici, dit-elle, le dernier adieu : mon Fils, c'est à ce coup que vous me quittez : mais, hélas ! quel fils me donnez-vous en votre place ? et faut-il que Jean me coûte si cher ? Quoi, un homme mortel pour un homme-Dieu ! Ah ! cruel et funeste échange ! triste et malheureuse consolation !

Je le vois bien, ô divin Sauveur, vous n'avez pas tant dessein de la consoler, que de rendre ses regrets immortels. Son amour accoutumé à un Dieu, ne rencontrant en sa place qu'un homme mortel, en sentira beaucoup mieux ce qui lui manque ; et ce fils que vous lui donnez semble paraître toujours à ses yeux, plutôt pour lui reprocher son malheur que pour réparer son dommage. Ainsi cette parole la tue, et cette parole la rend féconde : elle devient mère des Chrétiens, parmi l'effort d'une affliction sans mesure. On tire de ses entrailles ces nouveaux enfants avec le glaive et le fer, et on entrouvre son cœur avec une violence incroyable, pour y entrer cet amour de mère qu'elle doit avoir pour tous les fidèles.

Chrétiens, enfants de Marie, mais enfants de ses déplaisirs, enfants de sang et de douleurs, pouvez-vous écouter sans larmes les maux que vous avez faits à votre Mère ? pouvez-vous oublier ses cris, parmi lesquels elle vous enfante ? L'Ecclésiastique disait autrefois : N'oublie pas les gémissements de ta mère. Chrétien, enfant de la croix, c'est à toi que ces paroles s'adressent : quand le monde t'attire par ses voluptés ; pour détourner l'imagination de ses délices pernicieuses, souviens-toi des pleurs de Marie, et n'oublie jamais les gémissements de cette Mère si charitable. Dans les tentations violentes, lorsque tes forces sont presque abattues, que tes pieds chancellent dans la droite voie, que l'occasion, le mauvais exemple, ou l'ardeur de la jeunesse te presse, n'oublie pas les gémissements de ta Mère. Souviens-toi des pleurs de Marie, souviens-toi des douleurs cruelles dont tu as déchiré son cœur au Calvaire, laisse-toi émouvoir au cri d'une Mère. Misérable, quelle est ta pensée ? veux-tu élever une autre croix pour y attacher Jésus-Christ ? veux-tu faire voir à Marie son Fils crucifié encore une fois ? veux-tu couronner sa tête d'épines, fouler aux pieds à ses yeux le sang du Nouveau Testament, et par un si horrible spectacle rouvrir encore toutes les blessures de son amour maternel ? A Dieu ne plaise, mes frères, que nous soyons si dénaturés ! laissons-nous émouvoir aux cris d'une Mère.

Mes enfants, dit-elle, jusque ici je n'ai rien souffert, je compte pour rien toutes les douleurs qui m'ont affligée à la croix ; le coup que vous me donnez par vos crimes, c'est là véritablement celui qui me blesse. J'ai vu mourir mon Fils bien-aimé ; mais comme il souffrait pour votre salut, j'ai bien voulu l'immoler moi-même ; j'ai bu cette amertume avec joie. Mes enfants, croyez-en mon amour ! il me semble n'avoir pas senti cette plaie, quand je la compare aux douleurs que me donne votre impénitence. Mais quand je vous vois sacrifier vos âmes à la fureur de Satan ; quand je vous vois perdre le sang de mon Fils en rendant sa grâce inutile, faire un jouet de sa croix par la profanation de ses sentiments, outrager sa miséricorde en abusant si longtemps de sa patience ; quand je vois que vous ajoutez l'insolence au crime, qu'au milieu de tant de péchés vous méprisez le remède de la pénitence, ou que vous le tournez en posons par vos rechutes continuelles, amassant sur vous des trésors de haine et de fureur éternelle par vos cœurs, endurcis et impénitents ; c'est alors que je me sens frappée jusqu'au vif ; c'est là, mes enfants, ce qui me perce le cœur, c'est ce qui m'arrache les entrailles.

Voilà, mes frères, si vous l'entendez, ce que vous dit Marie au Calvaire. C'est de ces cris, c'est de ces paroles que vous entendrez retentir tous les coins de cette montagne, si vous y allez durant ces saints jours. C'est en ce lieu que je vous invite, durant ce temps sacré de la passion : c'est là que le sang et les larmes, les douleurs cruelles du Fils, la compassion de la Mère, la rage des ennemis, la consternation des disciples, les cris des femmes pieuses, la voix des blasphèmes que vomissent les juifs, celle du larron qui demande pardon, celle du sang qui sollicite miséricorde, celle de vos péchés qui provoque la justice, feront sur vos cœurs des impressions propres à vous faire entrer dans tous les sentiments qu'exigent de vous les grands mystères qui s'opèrent pour votre rédemption ; et après en avoir recueilli le fruit et les avoir accomplis en vous, vous en recevrez la consommation dans la gloire, que je vous souhaite.

Jacques-Bénigne Bossuet

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/09/15.php


Our Lady of Sorrows Chapel on Golgotha in Church of the Holy Sepulchre

En septembre, dix façons d’alléger ses peines grâce à Notre-Dame des Douleurs

Annabelle Moseley | 14 septembre 2020

Dans les moments difficiles, s’en remettre à la dévotion de la Sainte Vierge peut être d’un grand secours. Elle-même a traversé de nombreuses épreuves douloureuses avec grâce.

Traditionnellement, le mois de septembre est consacré à Notre-Dame des Douleurs. Cette année, dans ce contexte de pandémie qui vient perturber les vies personnelles et professionnelles de chacun, ainsi que la rentrée à l’école, puiser de la force dans cette dévotion semble particulièrement à propos. En cette période difficile, la Vierge apporte la meilleure consolation possible. 

Tournez vos yeux incessamment vers la Vierge Marie, elle qui est Mère de douleurs mais aussi Mère de consolation.

Entre le mois d’août, marqué par la dévotion au Cœur Immaculé et le mois d’octobre, consacré à Notre-Dame du Rosaire, septembre est le moment idéal pour renforcer sa relation à Marie. Et communier à ses douleurs est un bon moyen pour y parvenir. 

« Tournez vos yeux incessamment vers la Vierge Marie, elle qui est Mère de douleurs mais aussi Mère de consolation. Elle peut vous comprendre pleinement et vous aider. En regardant vers elle, en la priant, votre torpeur deviendra sérénité, votre angoisse se transformera en espérance, votre deuil en amour », disait saint Jean Paul II.

En ce mois de septembre, il est recommandé d’unir ses peines à celles de Marie. Aussi étonnant que cela puisse paraître, cela peut remplir le coeur de joie. Voici dix façons de le faire : 

DONNER DU SENS À SA SOUFFRANCE

Prenez les souffrances que vous endurez et offrez-les pour la réparation du Cœur Immaculé de Marie. Faire quelque chose de sa peine permet de ne pas conserver un cœur tiède, mais au contraire de se laisser enflammer par la dévotion et l’amour, en contemplant les douleurs de Marie et en offrant des sacrifices et des actes de réparation tels que la dévotion du premier samedi du mois. Donner du sens à sa souffrance à travers ces actes est une démarche qui guérit à la fois l’esprit et le cœur. 

CULTIVER LA JOIE

En ce mois des douleurs de Marie, essayez de moins vous attarder sur vos problèmes mais au contraire de cultiver la joie en pensant à la merveilleuse bienheureuse mère que nous avons au ciel. Vous n’avez pas le moral ? Dites tout de suite un Je vous salue Marie. Vous pouvez aussi noter vos peines dans un carnet et écrire une prière pour demander à la Vierge de vous aider à les soulager. 

SOULAGER LA PEINE DE QUELQU’UN D’AUTRE

Aidez quelqu’un d’autre à porter sa croix un moment, à l’image de Simon de Cyrène. Il existe de nombreuses manières de le faire : en envoyant une carte, en prêtant une oreille attentive à quelqu’un qui a besoin de confier un souci, une souffrance, un deuil ; en dégageant du temps et en tenant compagnie à une personne qui se sent seule. On peut aussi envoyer un bouquet à une personne qui traverse une période difficile, avec des roses ou des lis pour rappeler la Vierge ! Cuisiner un bon plat pour quelqu’un qui souffre est une autre manière d’apporter du réconfort et de rendre service. 

Lire aussi :

Le pape François invite à prier Notre-Dame des Douleurs

PRIER LE CHAPELET OU LA DÉVOTION DES SEPT DOULEURS

La dévotion des sept douleurs consiste à dire sept Je vous salue Marie, en méditant à chaque fois sur l’une des douleurs de la Vierge, à savoir : 

La prophétie de Siméon

La fuite en Égypte

La disparition de l’enfant Jésus au temple pendant trois jours

La rencontre entre Jésus et Marie sur le chemin de croix

La crucifixion et la mort de Jésus

La descente du corps de Jésus de la croix et la remise à sa Mère

La mise au tombeau

Le chapelet des sept douleurs, quant à lui, consiste à méditer chaque douleur comme on le ferait pour un mystère, en disant sept Je vous salue Marie au lieu de dix. Commencer à chaque fois par un Notre Père.  

PRIER LE ROSAIRE, PARTICULIÈREMENT LES MYSTÈRES DOULOUREUX

Alors que vous contemplez l’agonie de Jésus, la flagellation, le couronnement d’épines, le portement de la croix et la crucifixion, imaginez-vous marchant aux côtés de Marie, lui offrant votre présence aimante et votre soutien, refusant de la quitter alors qu’elle assiste aux souffrances de son Fils bien-aimé. 

FAIRE UN DON, MÊME MODESTE

Donnez ce que vous pouvez à une association qui en a besoin. 

PRIER EN COMMUNION AVEC QUELQU'UN

Priez quotidiennement pour une personne qui en a besoin, et dites-lui que vous vous associez à elle dans la prière afin qu’elle se sente moins seule. Ce mois-ci, vous pouvez dire cette prière écrite pour la fête de Notre-Dame des Douleurs le 15 septembre : Ô Dieu, dont la Passion perça d’un glaive de douleur la si précieuse âme de la glorieuse Vierge Marie, comme l’avait prédit Siméon, permets que nous qui commémorons pieusement ses douleurs, recevions les grâces issues de Ta Passion. Toi qui vis et règnes dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles, Amen. 

CRÉER UN PETIT AUTEL À NOTRE-DAME DES DOULEURS DANS SON COIN PRIÈRE

Choisissez une carte, une statue ou une œuvre d’art représentant la Vierge et accompagnez-la d’un bouquet de fleurs que vous entretiendrez tous les jours en signe de tendresse. Vous pouvez aussi agrémenter le coin de bougies à allumer pendant le temps de prière. Enfin, mettez une petite boîte et demandez à chaque membre de la famille d’écrire un acte de charité ou de miséricorde qu’il/elle s’engagera à effectuer au cours du mois de septembre pour la consolation des douleurs de la Vierge. Cela peut aussi être une intention pour laquelle ils souhaitent prier. Demandez à la Vierge de vous faire la grâce d’un peu de sa foi et de son courage ! Cette petite boîte est une bonne idée de projet à faire avec les enfants. 

CONTEMPLER UNE REPRÉSENTATION DE NOTRE-DAME DES DOULEURS

Admirez sa beauté poignante et nourrissez-en votre prière. Prêtez une attention particulière aux larmes qui coulent sur ses joues. Elles ressemblent à des perles et nous rappellent que, de même que les huîtres transforment le sable en perles, nos peines peuvent être transformées par l’intermédiaire de  Jésus et de Marie. 

ÉCOUTER DES CHANTS À LA VIERGE

Écouter un Ave Maria ou tout autre chant consacré à la Vierge est une autre façon d’entrer en communion avec elle et de nous confier plus spécialement à son intercession pendant ce mois de septembre. 

SOURCE : https://fr.aleteia.org/2020/09/14/en-septembre-dix-facons-dalleger-ses-peines-grace-a-notre-dame-des-douleurs/?utm_campaign=NL_fr&utm_source=daily_newsletter&utm_medium=mail&utm_content=NL_fr



Cette fête, à l’origine propre à l’Ordre des Servites, trouve son origine dans la dévotion du XVIIème siècle ; elle fut étendue à toute l’Église par le pape Pie VII en 1817, afin de rappeler les souffrances que venait de traverser l’Épouse du Christ, et d’abord célébrée comme fête mobile le 3ème dimanche de septembre, puis fixée au 15 septembre, jour octave de la Nativité de la Ste Vierge, par la réforme de Pie X en 1914.

(Leçons des Matines)

AU PREMIER NOCTURNE.

Du Prophète Jérémie.

Première leçon. Pleurant, elle a pleuré pendant la nuit, et ses larmes [coulent] sur ses joues ; et il n’est [personne] qui la console parmi ceux qui lui étaient chers ; tous ses amis l’ont méprisée et sont devenus ses ennemis. Voyez, Seigneur, que je suis dans la tribulation ; mes entrailles sont émues ; mon cœur est bouleversé au dedans de moi, parce que je suis remplie d’amertume ; au dehors le glaive tue ; au dedans, c’est la même mort. Ils ont appris que je gémis et qu’il n’y a [personne] qui me console.

R/. Siméon, homme juste et craignant Dieu, dit à Marie : * Un glaive traversera votre âme. V/. Ne m’appelez plus belle, mais amère, car le Tout-Puissant m’a remplie d’une grande amertume. * Un glaive.

Deuxième leçon. A qui te comparerai-je, où à qui t’assimilerai-je, fille de Jérusalem ? à qui t’égalerai-je pour te consoler, vierge, fille de Sion ? car grande est comme la mer, ta ruine ; qui t’apportera du remède ? Ils ont frappé des mains à ton sujet, tous ceux qui passaient par la voie ; ils ont sifflé et secoué la tête sur la fille de Jérusalem : Est-ce là, disaient-ils, cette ville d’une parfaite beauté, la joie de toute la terre ? Ils ont ouvert la bouche contre toi, tous tes ennemis ; ils ont sifflé et ils ont grincé des dents et ils ont dit : Nous la dévorerons.

R/. Lève-toi, prends l’enfant et sa mère, fuis en Egypte, * Et restes-y jusqu’à ce que je te parle. V/. J’ai rappelé mon fils de l’Egypte, pour que le salut vienne en Israël. * Et restes.

Troisième leçon. Le Seigneur a fait ce qu’il a résolu ; il a accompli la parole qu’il a décrétée, dès les jours anciens ; il a détruit et il n’a pas épargné ; il a réjoui ton adversaire à ton sujet, et il a exalté la corne de tes ennemis. Leur cœur a crié vers le Seigneur, sur les murs de la fille de Sion. Fais couler comme un torrent de larmes pendant le jour et pendant la nuit ; ne te donne pas de repos, et que la prunelle de ton œil ne se taise pas.

R/. Mon fils, pourquoi avez-vous agi ainsi avec nous ? * Voilà que votre père et moi, * Fort affligés, nous vous cherchions. V/. Pourquoi me cherchiez-vous ? Ignorez-vous qu’il faut que je sois aux choses qui regardent mon Père ? * Voilà. Gloire au Père. * Fort affligés.



AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Sermon de saint Bernard, Abbé.

Quatrième leçon. Le martyre de la Vierge nous est révélé tant par la prophétie de Siméon que par l’histoire même de la passion du Seigneur. « Celui-ci, dit le saint vieillard, en parlant de l’enfant Jésus, a été établi en signe que l’on contredira ; et un glaive traversera votre âme, » ajoutait-il en s’adressant à Marie. Oui, ô bienheureuse Mère, un glaive a vraiment percé votre âme, car ce n’est qu’en passant par votre cœur, qu’il a pu pénétrer la chair de votre Fils. Et même, quand ce Jésus, qui est vôtre, eut rendu l’esprit, la lance cruelle n’atteignit pas son âme, c’est votre âme qu’elle traversa l’âme de Jésus n’était déjà plus là, mais la vôtre ne pouvait s’en détacher.

R/. Jésus portant sa croix, * Une troupe de femmes le suivaient, pleurant et se la mentant sur lui. V/. Filles de Jérusalem, pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants. * Une troupe.

Cinquième leçon. La violence de la douleur a donc transpercé votre âme, et ce n’est pas sans raison que nous vous proclamons plus que martyre, puisque le sentiment de la compassion a surpassé en vous toutes les souffrances que peut endurer le corps. Ne fut-elle pas pour vous plus qu’un glaive, cette parole qui traversa réellement votre âme et « atteignit jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit » : « Femme, voilà votre fils ? » Quel échange ! Jean vous est donné à la place de Jésus, le serviteur au lieu du Seigneur, le disciple au lieu du Maître, le fils de Zébédée pour le Fils de Dieu, un homme à la place du vrai Dieu ! À cette parole, comment votre âme si aimante n’aurait-elle pas été transpercée, quand son souvenir seul déchire nos cœurs, bien qu’ils soient de pierre et d’airain ?

R/. Lorsqu’ils furent arrivés au lieu qui est appelé Calvaire, ils le crucifièrent ; * Près de la croix de Jésus, sa Mère se tenait debout. V/. Alors un glaive de douleur transperça son âme bienheureuse. * Près de la Croix.

Sixième leçon. Ne soyez donc pas surpris, mes frères, d’entendre que Marie a été martyre dans son âme. Celui-là seul peut s’en étonner, qui ne se souvient pas d’avoir entendu Paul compter entre les plus grands crimes des Gentils d’avoir été « sans affection. » Un tel défaut est resté loin du cœur de Marie, qu’il soit loin de ses serviteurs. Mais quelqu’un dira peut-être : Marie ne savait-elle pas d’avance que son Fils devait mourir ? Elle le savait sans aucun doute. N’espérait-elle pas qu’il ressusciterait bientôt ? Elle l’espérait avec confiance. Et cependant elle a été affligée de le voir crucifier ? Oui, profondément affligée. Mais qui êtes-vous, mon frère, et à quelle source puisez-vous votre sagesse, pour vous étonner davantage de voir Marie compatir que de voir le Fils de Marie pâtir ? Il aurait pu mourir de la mort du corps, et elle n’aurait pu ressentir celle du cœur ? Jésus est mort par une charité qu’on ne surpasse pas : et le martyre de Marie a eu son principe dans cette charité qui, après celle de Jésus n’a point d’égale.

R/. Joseph d’Arimathie * demanda le corps de Jésus, qui fut détaché de la croix et que sa Mère reçut dans ses bras. V/. La Sunamite affligée tint contre son sein et sur ses genoux son fils mort. * Demanda. Gloire au Père. * Demanda.

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Lecture du saint Évangile selon saint Jean.

En ce temps-là : Étaient debout près de la croix de Jésus, sa mère, et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine. Et le reste.

Homélie de saint Ambroise, Évêque.

Septième leçon. La Mère de Jésus était debout près de la croix ; et quand les hommes s’enfuyaient, elle restait là, intrépide. Voyez si la Mère de Jésus a pu devenir timide, n’ayant point changé de sentiments ? Ses yeux pleins de tendresse contemplaient les blessures de son Fils, qu’elle savait être la rédemption de tous. Elle n’était pas indigne d’assister à ce spectacle, cette Mère qui n’aurait pas craint pour sa propre vie. Le Fils était suspendu en croix, la Mère s’offrait aux bourreaux.

R/. Qu’avez-vous ressenti, ô Mère des douleurs, * Quand Joseph enveloppa votre Fils du suaire et le déposa dans le sépulcre ? V/. Prêtez attention et voyez s’il est une douleur comme ma douleur. * Quand.

Huitième leçon. En face de la croix de son Fils, Marie, la Mère du Seigneur, se tenait debout. De tous les Évangélistes, saint Jean est le seul à m’apprendre ce détail. Les autres nous ont raconté comment, durant la passion, la terre avait tremblé, le ciel s’était couvert de nuages, le larron avait obtenu le paradis après l’humble aveu de ses fautes. Mais Jean m’a enseigné ce que je ne trouve dans nul autre : la manière dont le Sauveur crucifié adressa la parole à Marie. Il semble attacher plus d’importance aux pieux devoirs que Jésus, vainqueur des supplices, rendait à sa Mère, qu’à la promesse même du royaume des cieux. Le pardon que reçut le larron doit, il est vrai, exciter notre piété, mais il y a encore une douceur plus abondante à contempler le Christ honorant sa Mère d’une si grande affection. R/. * , y. Afin. Gloire au Père. Afin.

R/. Que dans votre cœur ne cessent de retentir les gémissements de votre Mère, * Afin que, dans leur plénitude, vous receviez miséricorde et bénédiction. V/. Salut, Reine magnanime, première rose des Martyrs, ô vous, le lis des Vierges. * Afin. Gloire au Père. * Afin.

Neuvième leçon. « Voici, dit-il, ton fils ; voici ta mère. » Le Christ, du haut de la croix, faisait son testament ; il partageait entre sa mère et son disciple les devoirs de la piété. Le Seigneur établissait non seulement un testament général1, mais encore un testament dans sa propre famille et, ce testament, Jean le signait en digne témoin d’un tel testateur. Testament excellent, où il s’agit non d’argent, mais de vie éternelle ; testament écrit non avec de l’encre, mais par l’Esprit du Dieu vivant, qui dit : « Ma langue est celle d’un écrivain qui écrit avec rapidité. »

SOURCE : http://www.introibo.fr/15-09-Notre-Dame-des-Douleurs


Our Lady of Sorrows


Memorial

Also known as

  • Beata Maria Virgo Perdolens
  • Beata Vergine Addolorata
  • Dolorosa
  • Maria Santissima Addolorata
  • Mater Dolorosa
  • Mother of Sorrows
  • Our Lady of the Seven Dolours
  • Our Lady of the Seven Sorrows
  • Sorrowful Mother

Profile

Names by which the Blessed Virgin Mary is referred to in relation to sorrows in her life

  • The Prophecy of Simeon over the Infant Jesus (Luke 2:34)
  • The Flight into Egypt of the Holy Family (Matthew 2:13)
  • The Loss of the Child Jesus for Three Days (Luke 2:43)
  • The Meeting of Jesus and Mary along the Way of the Cross (Luke 23:26)
  • The Crucifixion, where Mary stands at the foot of the cross (John 19:25)
  • The Descent from the Cross, where Mary receives the dead body of Jesus in her arms (Matthew 27:57)
  • The Burial of Jesus (John 19:40)

Patronage

Representation

Images

SOURCE : https://catholicsaints.info/our-lady-of-sorrows/




Memorial of Our Lady of Sorrows

The seven founders of the Servite Order, in 1239, five years after they established themselves on Monte Senario, took up the sorrows of Mary, standing under the Cross, as the principal devotion of their order. The feast originate by a provincial synod of Cologne (1413) to expiate the crimes of the iconoclast Hussites; it was to be kept on the Friday after the third Sunday after Easter under the title: “Commemoratio angustix et doloris B. Marix V”. Its object was exclusively the sorrow of Mary during the Crucifixion and Death of Christ. Before the sixteenth century this feast was limited to the dioceses of North Germany, Scandinavia, and Scotland. Being termed “Compassio” or “Transfixio”, Commendatio, Lamentatio B.M.V.”, it was kept at a great variety of dates, mostly during Eastertide or shortly after Pentecost, or on some fixed day of a month. Dreves and Blume (Analecta hymnica) have published a large number of rhythmical offices, sequences and hymns for the feast of the Compassion, which show that from the end of the fifteenth century in several dioceses the scope of this feast was widened to commemorate either five dolours (sorrows), from the imprisonment to the burial of Christ, or seven dolours, extending over the entire life of Mary.

Towards the end of the end of the sixteenth century the feast spread over part of the south of Europe; in 1506 it was granted to the nuns of the Annunciation under the title “Spasmi B.M.V.”, Monday after Passion Sunday; in 1600 to the Servite nuns of Valencia, “B.M.V. sub pede Crucis”, Friday before Palm Sunday. After 1600 it became popular in France and was termed “Dominx N. de Pietate”, Friday before Palm Sunday. To this latter date the feast was assigned for the whole German Empire (1674). By a Decree of April 22, 1727, Benedict XIII extended it to the entire Latin Church, under the title “Septem dolorum B.M.V.”, although the Office and Mass retain the original character of the feast, the Compassion of Mary at the foot of the Cross. At both Mass and Office the “Stabat Mater” of Giacopone da Todi (1306) is sung (see words in Latin and English below).

A second feast was granted to the Servites, June 9 and September 15, 1668. Its object of the seven dolours of Mary (according to the responsories of Matins).

The sorrows:

• at the prophecy of Simeon;

• at the flight into Egypt;

• having lost the Holy Child at Jerusalem;

• meeting Jesus on his way to Calvary;

• standing at the foot of the Cross;

• Jesus being taken from the Cross;

• at the burial of Christ.

This feast was extended to Spain (1735); to Tuscany (1807). After his return from his exile in France Pius VII extended the feast to the Latin Church (September 18, 1814). A feast, “B.M.V. de pietate”, with a beautiful medieval office, is kept in honor of the sorrowful mother at Goa in India and Braga in Portugal, on the third Sunday of October; in the ecclesiastical province of Rio de Janeiro in Brazil, last Sunday of May, etc. A special form of devotion is practiced in Spanish-speaking countries under the term of “N.S. de la Soledad”, to commemorate the solitude of Mary on Holy Saturday. Its origin goes back to Queen Juana, lamenting the early death of her husband Philip I, King of Spain (1506).

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/lady-of-sorrows/


Our Lady’s Feasts – Our Lady of Sorrows


“O all ye that pass by the way, attend, and see, if there be any sorrow like to my sorrow.”

In accepting the angel’s message at the Annunciation, Mary knew that her path was marked for suffering. She did not need to wait for holy Simeon to tell her at the Presentation that a sword would pierce her heart. All devout Jews knew the prophecies relating to the Messiah. Without knowing exactly how God’s Will would be worked out in the Redeemer’s sufferings, Mary was nevertheless well aware that He must suffer and die to save His people. By the bond of nature which makes any mother suffer with every sorrow of her children’s lives, Mary would be bound to suffer when she saw her Son die upon the cross. But more than the great love of earthly mothers did she bear to this perfect Son; for He had Himself made her more capable of love than others, since, unspotted by sin, she could understand more clearly the beauty of God. This meant that Mary must suffer, more than had any other woman on earth.

Christ the Redeemer had to die, to be “lifted up,” that the whole world might be drawn to Him. Why God arranged it that His Mother should suffer too is something we do not understand, but in His infinite wisdom He saw it as an essential part of the scheme of redemption. It is certain that whatever its first purpose, Mary’s presence on Calvary gave to all of us a much-needed lesson of love and courage.

“Love” is a word that is much battered about in an age of materialism. Looking at Mary, we know that love is not the selfish and grasping thing that the world would have us believe: love does not take, it gives. And to give means sacrifice – a word we do not like, because it means to give up something we want for ourselves. To be able to give it up at all, we must love someone else better than ourselves. Our very Christian way of life commands us to love God “above all things,” but few of us are brave enough to take the command literally. Some are, and we call them saints. Some people on the other extreme build about their hearts a shell of selfishness, not leaving room for the God Who made them. They are almost incapable of love. But because of Mary, because of her Divine Son Who sacrificed even His life for us, the world still has also many generous souls. They have learned that nothing is valuable unless it costs a great deal – not in money, but in tears, or in pain, or in silent disappointment. Sacrifice is not a word to make them afraid, because they remember that day of supreme sacrifice. They are brave enough to say – and mean:

“Holy Mother, this impart.
Deeply print upon my heart
All the wounds my Saviour bore.

Let me share His pains with thee.
Who so tenderly for me
Deigned His sacred blood to pour.”

There was enough to frighten any woman on Calvary that first Good Friday afternoon. Terrified apostles had fled, all but John. No one knew what the mob’s next move might be. Rough soldiers, shouting and cursing, pushed back the crowds that pressed hooting about the top of the hill, shouting:

“…come down from that cross, if thou art the Son of God.”

When Jesus gave up His spirit, the earth rocked in a frightful quake. Graves opened, the dead walked in the eerie noonday darkness. The mob that had demanded His death milled about the mount where He hung between earth and heaven. At that moment, when even strong men fled in terror, Calvary was no place for a gentle woman. But Mary, her heart fixed on her only One, stood steadfast by the cross of her Son, regardless of what the mob might do. As His Mother, that was her place, and there she remained, with no thought of personal danger such as might have troubled a less courageous heart.

There is a sweetness to sacrifice that small hearts never know, a sweetness that Mary tasted to its depths on Calvary when she lost herself in Christ. It is a joy to suffer for someone we love. That is a secret that only the courageous ever find out, and it has to be learned the hard way, by experience. For inspiration our eyes turn back to a windy hill on which three crosses are stark against the sky and where there stands a woman unafraid in the terrible darkness because her love is so much greater than all human fear.

“Let thy heart take courage and be brave for the Lord.”

Perhaps more today than at any time in the world’s history do women need to be courageous. The age is past when great physical courage is demanded of them as it was of our pioneer ancestors: moral courage was never more needed than now. Sacrifice is a word that has been put on the shelf (until war or disaster brings it once more into use) because people would so much rather be comfortable than brave. But those who shrink from making a sacrifice, for fear it will hurt too much, never taste the joy of that real love which Mary knew.

We have a special claim on the love of Mary because she is our very own. On that bitter afternoon when the Son of God hung dying on the throne man had built for Him, He made a last will and testament leaving to us His dearest possession – His Mother. “Behold thy Mother” was said to each of us in the person of Saint John, who stood then grieving beneath the cross, where sooner or later each of us must stand.

None of us will ever be called upon to stand, as Mary stood, beneath a cross where a Son dearer than life itself hangs dying. Even martyrdom, and all the pains of all the martyrs of the last nineteen hundred years, cannot measure up to the sorrows of Mary. But to each of us, some day, sorrow will come, and death will take away those we love. In that day we shall need to remember Mary’s love, her courage, her Faith. More than that do we need her help to make us courageous in the crosses of every day, so that we may stand unafraid before a jeering world and do what we know to be right, whatever the mob might think.

“O holy Mary, most compassionate of all the compassionate, and holiest of all the holy, make intercession for us. Through thee, O Virgin, may He receive our prayers. Who, born for us of thee, reigneth above the skies; that so, by His loving-kindness, our sins may be cleansed away.”

SOURCE : https://catholicsaints.info/our-ladys-feasts-our-lady-of-sorrows/


Church of the Holy Sepulchre, Jerusalem כנסיית הקבר הקדוש ירושלים ישראל

The Queen of the Seven Swords, by Venerable Fulton Sheen, 30 March 1934


Dedicated to Mary Immaculate Mother of God, Advocate of Sinners at the Triune Throne, Daughter of the Father, Mother of the Son, Spouse of the Holy Spirit.


1. The Prophecy of Simeon

Forty days had passed since the angels sang their Gloria to the white chalked hills of Bethlehem. It was now the second day of February. According to Jewish Law, every mother after giving birth to a male child was to present herself at the Temple of Jerusalem to be purified, and to offer her child to God in testimony that all gifts come from Him. And thus it was that the Lord of the Temple was brought to the Temple of the Lord.

The priest at the Temple on that day was Simeon, a devout Israelite already bent with the burden of years, but happy in the divine intimation that he would not die until he had seen the Messias.

When Our Blessed Mother laid the Divine Child in his arms, it was the moment of union of the Old and New Testaments, or better, the passage from the Old to the New.

Once Simeon’s weary arms bore the weight of the Eternal and yet refused to break; once aged Simeon embraced Youth Who was before all ages; he could now take his leave, close the book of prophecies and bid adieu to his own life. And so in that age when old men cease to sing, Simeon opened the vents of song, and in the silence of the Temple, there arose like sweet-smelling incense, the sweet strains of the Nunc Dimittis. It was the compline of his life, as it is now the daily compline of the Church, the song the Church will sing in her old age when the Lord comes in the clouds of heaven on the day of the sunset of the world.

But all the light which flooded Mary’s soul was soon obscured, as a black cloud sometimes hides from us the face of the sun. Simeon’s words of joy turned into sorrow, as he spoke of the part Mother and Son were to play in the Redemption of the world: “Behold this child is set for the fall, and for the resurrection of many in Israel, and for a sign which shall be contradicted; And thy own soul a sword shall pierce.”

It was a solemn announcement that she was to guard the Victim until the Hour of Sacrifice and be the Shepherdess until the Lamb should be led to slaughter on the sign of contradiction, which is the cross. It was an echo back to the Garden of Eden, where a tree brought the ruin of the first Adam, and at whose gates stood an angel with a flaming sword to guard the gates until the appointed hour of salvation. Simeon was now saying that the hour had come. The tree of Paradise that brought ruin would be transplanted to Calvary and be His cross; the sword of the angel would be lifted from his hands and driven into Mary’s heart, as a first witness that only those who are pierced through and through with the sword of sacrificial love shall enter the everlasting Eden of heaven.

“A sign of contradiction”! Mary did not need to wait for Calvary’s cross! She saw now that He Who is Love, would be hated; that He Who is Peace, would be a pretext for war; that He Who is Life, would be an occasion for death; that He Who is Truth, would be the theme of all errors and heresies until the end of time; that He Who is Light would drive souls away by the very splendor of His Light; that He Who came to save the world, would be contradicted and crucified by the world; that He would be the touchstone of all hearts that from now on men would have to take sides; that there would be no more one-fisted battles, no more halfdrawn swords, no more divided loyalties; that souls would either gather with Him, or they would scatter, and that their contradiction of Mercy would make their rejection the more fatal and merciless.

As Mary left the Temple that day she understood as she never understood before why the Magi brought with their joyous gifts of gold and incense, the bitter, sad, and sorrowful gift of myrrh.

Prayer

Mary, if thou hadst been separated from thy Divine Son, like a quiet peaceful garden with the sun playing on it, far away from the storm-enveloped glory of Calvary, thou wouldst never have been really our Mother. How terrible the sea of human sorrows would be were not thy moonlight shining upon it! But now that thou art called to suffer with Our Redeemer, thou dost become the Mother of the afflicted! Wipe away our tears, for thou understandest sorrow; mend our broken hearts, for thine was broken. Draw out all swords, for the hilt is in thy hand. Mary, thou art the Mother of Sorrows, but if thou were not, then thou couldst never be the Cause of Our Joy.


2. The Flight Into Egypt

Centuries and centuries ago, the people of Israel in Egyptian bondage made their Exodus to the Promised Land. History now reverses itself. The Exodus is toward Egypt, and the leader is not Moses but the Infant Saviour. The occasion which prompted it was the order of Herod the Great, that all male children under two years of age in Bethlehem should be put to death by the sword. Herod heard from the Wise Men that they sought a Child Who was to be a King, and he was fearful of His power, as if He Who brought the golden Kingship of heaven would ever think of taking away the tinsel kingship of earth. It was not hard for Herod to order a slaughter of the babes, for their blood was but a drop in the crimson river of crime. It was hard on the poor mothers of Bethlehem whose cries mingled with Rachel who would not be consoled, but it was harder still on Mary, whose only crime was that she bore in her arms a Child Who sheathed the beautiful grandeur of the Godhead in the scabbard of an infant’s flesh.

On a dark night when poor mothers who denied her a home on Christmas eve wandered homeless through the streets, an angel appeared and bade Joseph take Mary and the Child and flee into Egypt. Mary had no treasures to gather up, but only the Treasure which she bore in her arms. The wilderness, the desert, heathendom confronted her. And as the night winds stirred, and the moon, which was one day to be pictured beneath her feet, now shone upon her head, she stole out of Bethlehem into the sands.

This exile of the Creator from His chosen creatures was the second sword to pierce the heart of Mary. It was all the more keen, because her Child was hated!

Why should any one hate a Babe? What had He done to a king that he should be so unkingly? Jesus was hated!

The bitterness of this sorrow was that it seemed – I say only seemed – to be so much outside the order of Divine Providence. We all can easily bear the sorrows which come to us directly from God; His very fingers which reach tiny crosses to us seem to lighten them by His touch. A sickness we can bear, or even a death, because they too come directly from God. But the injustice and ingratitude of men! That is the more terrible, because we never know when it will end! God is more merciful. Thus when David, because of his sin of pride, was offered a choice of punishment, the injustice of men or a pestilence, he cried out: “It is better that I should fall into the hands of the Lord (for his mercies are many) than into the hands of men.” And so he chose the pestilence.

Mary’s sorrow was of that more bitter kind – it came from the wickedness of men! From the injustice of a pagan! It therefore seemed all the more terrible because God did not seem to have a hand in it. But added to it all, was the tragedy that this sad note had to be struck far down in the scale of sorrows – in a stranger’s land, away from home.

Prayer

Mary, by this thy second dolor teach us that God’s ways are hidden in everything, even in those things that seem as far away as Egypt. Often during our life, when we are bidden to leave the peace and quiet of religious contemplation where we are so much at home, to take up those duties and tasks of a workaday world, which seem in comparison like an Egyptian exile, remind us that there is nothing in life that cannot be spiritualized and turned into a prayer,provided we do it in union with thy Son! Mary, I am slow to learn, tardy to understand, reluctant to dare, but do thou impress me with the great truth that we can make a Holy Land out of the pagan Egypt of our daily toil, provided we bring with us thy Infant Child.


3. The Three Days’ Loss

The only time artists ever represent Our Blessed Mother without her Child is when she is joyfully looking up to heaven, as in the Immaculate Conception. But there was one time when she was childless and did not look up, and that was when she looked down to the desert in the sorrowful quest of her Child. Our Blessed Lord was then twelve years of age.

In that year, He went up to Jerusalem at the Pasch with Mary and Joseph.

When the Feast was over, the throngs departed, the men by one gate, the women by the other, to be reunited at the resting place for the night. The children went either with the father or the mother. Each suspecting the Divine Child was with the other, it was not until nightfall that His loss was discovered. Never before were there two such lonely hearts in all the world, not even when Adam and Eve were driven from the Garden of Pleasure. For three days they searched and finally found Him in the Temple expounding the Law to the Doctors and astounding them with His wisdom.

But Mary and Joseph must have searched for Him in the Temple the first day. Where was He then, and during the nights? We can only conjecture, but I love to think that He probably visited the future scenes of His Passion; stopped outside the Fortress of Antonia where Pilate would later try to wash His Blood from his hands; gazed in at the house of Annas who would later charge Him with blasphemy; made His way outside the city walls to a little hill where the world would erect a Cross and call it His Throne; and, finally, spent a night in the Garden of Gethsemane under the full Paschal moon where twenty-one years later His Apostles would sleep as He drank the bitter dregs from the Chalice of man’s sin.

But wherever He was until the third day, in this third dolor Mary’s soul was plunged into the densest darkness, for she had lost her God! It was in this dolor that the Mother Immaculate became in a more true sense the Refuge of Sinners. It strikes us first as a bit incongruous that she who was sinless should be the harbor of the sinful. How could she who never had remorse of conscience be a refuge for those whose conscience is full of bitterness? How could she who never lost her God know the pangs of a soul that through sin lost its God?

The answer is this. What is sin? Sin is separation from God. Now in these three days’ loss Mary was physically separated from her Child, and she too had lost her God! The physical separation from her Child was but a symbol of the spiritual separation of men from God. The third dolor makes it possible for her to divine the feelings of sinners and still keep her soul inviolate. Thus she was suffering in atonement then for all minds who once had faith, and lost it; for all those souls who once loved God, and then forgot Him; for all those hearts who once prayed, and then abandoned Him. All the spiritual homesickness for Divinity, all the nostalgia for Heaven, and all the emptiness of hearts who emptied them of God, Mary felt as if it were her own – for now she was without the Redeemer. If an earthly mother weeps at the physical death of one of her children, what must have been Mary’s grief at the spiritual death of millions of men whose Mother she was called to be by God!

Prayer

Mary, by this thy third dolor, teach us that if we should be so unfortunate as to lose God, we must not seek Him in new faiths, new cults, and new fads, for He can be found only where we lost Him – in the Temple, in prayer, in His Church. Those other times when our soul is as arid as a desert, our hearts seem cold, and we find it hard to pray, and even begin to believe that perhaps God has forgotten us, because He seems to be so far away, whisper gently to us the sweet reminder that even when we seem to have lost Him, He is still about His Father’s business.


4. Mary Meets Jesus Carrying the Cross

Twenty-one years have whirled away into space since the third dolor. During that time, eighteen years were passed in the calm and quiet of a Nazarene home. Mary’s life was an endless ascension in love of her role as the Co-Redemptrix of the world. Each hour was like a novitiate in which she learned more deeply her share of the Cross.

It is simply impossible to describe what it means to spend eighteen years mothering God and still being fathered by Him; eighteen years of receiving obedience from Him, and still being His sweet slave of love! If God were not Love, we could never use that word to describe the ecstatic life of Mary!

After those eighteen years she parted with Him. He was now thirty, and He must be about His Father’s business. He had His thirty years of obeying; He would now have His three years of teaching; and then His three hours of Redeeming. The three years quickly passed, and He Who came to give Testimony of the Truth saw Pilate, standing between the pillars of his Judgment seat, wash his hands of Truth. The world had succeeded in contradicting Him, and in symbol of their triumph they gave Him the Cross. The procession began: There was the centurion leading; following were the heralds bearing the sign that would be nailed over the cross, the two thieves with their crosses, and the Scribes and Pharisees who sent Him to death in the name of loyalty to Caesar – but the irony of that procession was, that it moved over a road scattered with withered palm branches. Mary followed, treading on the very Blood which she worshipped. She saw every drop of it; she saw the glittering spears, too, which looked like palms; she saw the thieves; she saw the weeping women; and yet she saw only one thing: Jesus bearing Eden’s transplanted tree as she was wearing the angel’s transported sword.

This new dolor of Mary’s was a revelation of her Son’s words, that if we are to be His Disciples we must take up our cross and follow Him. Every life must climb to Calvary, not alone and unburdened with hands white and empty, but bearing the very instruments of crucifixion, the very elements of the sacrifice itself. As Isaac carried the wood of sacrifice, as Jesus carried His cross, as the priest carries bread and wine to the altar, so Mary carries a cross in her own heart. The cross need not always be on one’s shoulders : the sick in bed with burning fevers, the mother with her arms embracing children, the father at his daily toil, have no shoulders free for a cross, but they have a heart free for it, as Mary did. The spirit must go on even doing that which the flesh cannot do, for every act in the heart will be accounted equivalent to the work done. Simon for a moment relieved the shoulders of Jesus of His cross, but He did not relieve His Will to suffer. The crowd saw at the moment but one cross, and that was on the shoulders of the Cyrenian. There really were two, both hidden in the hearts of Mother and Son carrying their burden to the altar of Sacrifice.

Prayer

Mary, by this new sorrow, impress thy poor children with the lesson of cross-bearing. Remind me that I am not free to accept His cross or to leave it. The choice is not between going through life with a cross, or going through life without it. I must take it. The choice is whether I shall accept it like thee, or have it thrust upon me like Simon. Shall I be impelled to embrace it, or shall I be compelled to take it? Mary, let me see that the only real cross is the refusal to take it, and that by embracing it through love like thee, it ceases to be a cross and becomes a scaffolding leading me on to the Kingdom of God.


5. The Crucifixion

Christ is now on His Cross. And as that great Chalice of all common miseries dripped silently, slowly, and mysteriously the red drops of salvation, the hungry earth at its quaking opened its mouth to receive them, as if groaning more for redemption than the thirsty souls of men. The Seven Words rang from the Cross like seven swords into Mary’s soul. It seemed that she was listening to Him sing His Own funeral dirge. Any mother’s heart would have broken at the sight of that Great Sanctuary Lamp of Life and Truth and Love emitting not red rays over Calvary, but dropping red beads in a rosary of redemption. Any mother would have collapsed at the vision of the beautiful wick of His Soul flickering in death as the wax of His Body and Blood burned itself away. Not all mother hearts have the same capacity for suffering; they vary with tenderness. The more delicate and tender the heart, the keener the suffering. But no mother in all the world has a heart as tender as the Mother of Motherhood. She was as delicate as a rose-leaf, responsive to the gentlest breath of the evening breeze; hence her sorrow was so deep that even the greatest of martyrs have saluted her as their Queen. It was all the more bitter because there was nothing she could do to ease her suffering Son. Grief must always be doing something, even if it is only stroking a fever stricken brow, for the very wants of the one who suffers are the luxuries of the one who consoles. And yet what could Mary do? The pillow of the crown of thorns could not be smoothed; the bed of the cross could not be freshened; the nails which folded in His hands and feet could not be taken away; even when He cried, “I thirst,” there was nothing she could offer but her tears. Magdalene collapsed at His feet – it seemed she was always there in an attitude of penance. But Mary would not give way. The Evangelist who was at the cross tells us that she stood. If Eve stood at the foot of the tree, she, the new Eve, would stand at the foot of the Cross – gazing upon a Crucifix.

And because she stood ready to serve, there came to her from the cross her second Annunciation, not from the lips of an angel, but from the very mouth of God. Looking down from His Throne, Jesus saw her and John, His beloved disciple, and “He saith to His mother: ‘Woman, behold thy son’: After that, He saith to the disciple: ‘Behold thy mother.'” He called her not ‘Mother,’ but ‘Woman,’ to denote that she was now to become the universal mother of the human race which John symbolized. It was seemingly a poor exchange: a disciple for a Master; a creature for a Creator; a fisherman for a King; a son of Zebedee for the Son of God – and yet Mary accepted it gladly. She saw that just as at Bethlehem she became the Mother of God, she was now on Calvary to become the Mother of Men, and that just as at the Crib she begot the Captain of Salvation, so now at the cross she would bring forth His soldiers. She saw too that this could not be done without suffering, for although she brought forth the Innocent without pain, she could not bring forth sinners without sorrow. It would cost her her own Divine Son to become the Mother of Men but she would pay the price.

And thus her title as Mother of Men became hers not by mere external proclamation, but by the right of birth. She loved Him, because He was God; but she loved us, because it was God’s will to save us. The first love was her martyrdom; the other her sacrifice. The one was like a tempest on the ocean, but the other was like its calm. Even in sorrow, peace was hers, for she was joined to an Eternal Father in the offering of a common Son.

Prayer

Mary, in thy fourth dolor thou didst show us how we are to carry our cross, and in this, the fifth, thou dost show us how to stand by it. Thy Son has told us that only those who persevere until the end will be saved. But perseverance is sometimes so difficult. Few of us are, like thee, willing to stand by the Cross for three full hours until the Crucifixion is ended. Most of us are deserters from Calvary, half-crucified souls. Many of us have high resolve in the dawn ; but few sustain it through the day. Thy own soul did not falter, because thy Son’s did not. He kept till evening the promise He had made to the morning sun rising red like blood. He had finished the work given Him to do. Beg for us the grace then, like thee, to remain three full hours on Golgotha, so that when the lease on our life has ended, we can pray with Him and thee: “I have finished the work. Now God, take me down, and lift me up into everlasting union with Thee.”


6. The Taking Down From the Cross

And after three hours Christ died of thirst – not of a thirst for the pure water of Galilean brooks, nor the refreshing draughts of Jacob’s well, nor the heart-warming wine of the Last Supper, but of a thirst for love, which came nearest to being quenched, not as a Roman reached him vinegar and gall, but as an obscure thief reeling in the darkness of death gave Him the love of his bleeding heart. Christ was dead! The last chord of the Divine Harp snapped – it was the rupture of a heart through the rapture of love.

There now came to the hill of sorrow two notable citizens of Jerusalem and the Sanhedrin: Joseph of Arimathea and Nicodemus – the twilight companions who before wanted to be friends of Christ and yet not appear as such. With gentle hands and adoring hearts the King Who staggered to His throne is now lifted from it in seeming defeat. Each nail is extracted from hands that even then might have lifted the portals of all the kingdoms of earth from their hinges. One wonders as the Nails, the Crown of Thorns, and the Cross came into Mary’s hands if all Nature did not respond. The very iron in the dark womb of earth must have shuddered, because it had nailed its God. Every thorn must for the moment have hidden itself for shame under the petals of every red rose. Every tree must have shook in sorrow, because it bore the burden of the Crucified, and lifted its leafy arms in prayer that henceforth it would be cut by a sacrificial ax to become a cross beckoning hearts back again to God.

Finally the Body of the Saviour was taken down and given to His Mother. It was like a red rose withering on her knee. The Prodigal Son was coming home again!

Mothers live on last looks, and Mary must now take hers. As she looked, the sun setting in the golden tabernacle of the west threw on the hill the lengthening shadow of the Cross, as sorrow was now throwing its lengthening cross upon the heart of the Mother of the world. When she delivered her Son over for burial, she came as close to priesthood as any woman ever came, for was she not equivalently offering on the paten of her arms, the Immaculate Host of the Bread of Life. It was a great sorrow to give Him up; it seemed the world had Him so long, and she had Him so little – but that was because she loved Him so much more. To her, sorrow is God’s revelation; it is the wounded hand of Christ pushing aside the clouds which curtain His throne where all sorrow is turned to joy.

Prayer

Mary, most of us in moments of sorrow dispense ourselves from duties, refrain from work in the hour or our grieving, and look to human sympathy to ease our aching heart. But thou, O sorrowful Mother, during this sixth dolor, sought out no human consolation, in order to remind us that God loves most to come to lonely hearts which no other love can fill. Neither didst thou make thy grief a burden to any one; thou didst help lay the Host on the Immaculate Corporal of thy lap; thy heart was broken, but no one knew it. By thy calm resignation, dear Mother, teach us that our sorrow must never be in the way; that every cross we carry must be a cross only to ourselves; that heaven most consoles the inconsolables of earth, and that a broken heart, like thine own, is the favorite sanctuary of God.


7. The Burial of Jesus

The night had now come when Mary became the sower of seed, for was she not bearing the Eternal Word to the grave where in three days He would break the bonds of death and rise forth to everlasting life? She had borne her Son in many sorrowful journeys before, once through Bethlehem to a stranger’s cave; now over Golgotha to a stranger’s grave – an eloquent reminder, indeed, that human birth and human death were equally foreign to Him. There was only one sacrifice left for Mary to make; only one rich consolation which she could put off to be utterly poor, and that was to leave her Son in the rocks under the guard of Roman soldiers. She would keep for herself only one thing – a pierced heart as Simeon’s last sword found in it its scabbard. By that token Mary would be the consolation of all those who have lost dear ones; of all mothers who mourn over sons; and of all loved ones who grieve over spouses. She understands sorrows, because she lost more than any one else. Some have lost a mother; others a son; others a spouse; but Mary lost everything, for she lost God.

Mary now leans on John, a symbol of the poor compensation we all are to her and steals a glance at the cross – the first one ever to see hope in it. Tens of thousands of hearts, under her sweet inspiration, have looked on it since, and were glad their hearts were broken by it, that through the rent God’s love might enter.

Mary retraces her morning pilgrimage, making for the second time the way of the Cross, from the fourteenth station to the first. This time it seemed more terrible than the first, because of the very nature of sorrow. All love tends to unify, and in a love such as that of Jesus and Mary, their two hearts were but as one. No power but death could dare render asunder so exquisite a union – and yet death did it. The result was that when she left Him her heart was rent in two; now that she is left alone, the stream of her life can hardly flow; it is not merely that half her life and love is gone. It is something more than that. It is as if her own fountain had run dry like a summer stream. Their lives were one; their deaths are also one. Her sorrow then was deeper than any sorrow on the earth before; it made her weep not just because she lost Him, but because she loved Him. Hers was a love bent wholly on Jesus; a love greater than all mothers’ love, even if they might compact their myriad loves into one intensest, nameless act; a love that could bear anything, because what was within her was stronger than anything without ; in a word, a love so ecstatic and heavenly that if she could have had her will she would have built all her Thabors on Calvary. With such a love in her heart, who then can doubt that as she tramped over the bloodstained streets of Jerusalem she once more, in tones more enraptured than ever, chanted the Magnificat?

Prayer

Mary, Mother of Sorrows, thy Seven Dolors are like a Holy Mass. In thy first dolor, thou wert appointed sacristan by Simeon to keep the Host until the Hour of sacrifice; in thy second dolor, thou didst leave the sacristy to serve the altar as thy Son’s visit sanctified Egypt; in the third dolor, thou didst recite the Confiteor at the foot of the altar as thy Son recited His Confiteor to the Doctors of the Law; thy fourth Dolor was the Offertory as thou didst make the oblation of His Body and Blood on the way to Calvary; thy fifth dolor was the Consecration in which thou didst offer thine own body and blood in union with thy Son’s for the redemption of the world; thy sixth dolor was the Communion when thou didst receive the body of thy Son from the altar of the Cross; and thy seventh dolor was the Ite Missa est, as thou didst end thy sorrow with an adieu to the tomb.

Mary, thy Heart is everything to us; it is a living altar-stone on which the sacrifice is offered; it is the sanctuary lamp which jumps with joy before its God; it is the server, the beatings of which are like the responses of the liturgy; it is the Paschal candle which lights the sanctuary of our souls by the sacrifice of self; it is the thurible which gives the sweet odor of incense as it burns in love for us; it is a whole angelic choir singing voiceless songs into ravished ears of the bleeding Host, Our Lord and Saviour Jesus Christ.

Mary, sacristan of souls as thou wert the sacristan of Jesus, a good life is worth nothing if it be not crowned with a happy death. We shall spend our whole life therefore asking this of thee, if it be only to gain it at the end. Thy Divine Son said He would not leave us orphans. But Mary, we shall be orphans unless thou art our Mother.

– text from the booklet The Queen of the Seven Sword, by Venerable Fulton Sheen, 30 March 1934; Impratur by Bishop John Francis Noll, Diocese of Fort Wayne, Indiana; published by Our Sunday Visitor Press

SOURCE : https://catholicsaints.info/the-queen-of-the-seven-swords-by-venerable-fulton-sheen-30-march-1934/



Roman Martyrology, September 15th


This Day, the Fifteenth Day of September

The Octave of the Nativity and the Feast of the Seven Dolors of the Blessed Virgin Mary.

At Rome, on the Nomentan road, the birthday of blessed Nicomedes, priest and martyr. As he said to those who would compel him to sacrifice: “I sacrifice only to the Omnipotent God who reigns in Heaven”, he was for a long time scourged with leaded whips, and thus went to our Lord.

In the diocese of Chalons, Saint Valerian, martyr, who was suspended on high by the governor Priscus, and tortured with iron hooks. Remaining immovable in the confession of Christ, and continuing joyfully to praise Him, he was struck with the sword by order of the same magistrate.

At Marcianopolis, in Thrace, Saint Melitina, a martyr, in the time of the emperor Antoninus and the governor Antiochus. She was twice led to the temples of the Gentiles, and as the idols fell to the ground each time, she was hanged and torn, and finally decapitated.

At Adrianople, the holy martyrs Maximus, Theodore, and Asclepiodotus, who were crowned under the emperor Maximian.

Also, Saint Porphyrius, a comedian, who, in the presence of Julian the Apostate, being baptized in jest, and suddenly converted by the power of God, declared himself a Christian. Forthwith, by order of the emperor, he was struck with an axe, and thus crowned with martyrdom.

The same day, Saint Nicetas, a Goth, who was burned alive for the Catholic faith, by order of king Athanaric.

At Cordova, the holy martyrs Emilas, deacon, and Jeremias, who ended their martyrdom in the persecution of the Arabs by being beheaded, after a long detention in prison.

At Toul, in France, Saint Aper, bishop.

Also, Saint Leobinus, bishop of Chartres.

At Lyons, Saint Albinus, bishop.

The same day, the decease of Saint Aichard, abbot.

In France, Saint Eutropia, widow.

And elsewhere in divers places, many other holy martyrs, confessors, and holy virgins.

V: All ye Holy Martyrspray for us
R: Thanks be to 
God

– Roman Martyrology, 1914, revised edition with the imprimatur of Cardinal James Gibbons

SOURCE : https://catholicsaints.info/roman-martyrology-september-15th/



The Feast of the Seven Dolors, by Father B Rohner, OSB


Something more than four hundred years ago, in the kingdom of Bohemia, a wicked, if not demented, monk, by the name of John Huss, fell into heresy and founded a sect. His wild followers, who were known as Hussites, made themselves notorious by various atrocities, one of which was to break and destroy most maliciously the images of the crucified Redeemer and of His blessed Mother. Naturally this conduct incensed the Catholics very much. Among those whose hearts were deeply lacerated by the insults offered to the pictures, and indirectly to the persons of Our Lord and His blessed Mother, was Theodoric, archbishop of Cologne, and this prelate, eager to make amends for these outrages on religion, consulted the other bishops of his province. A council was called at Cologne in 1412, at which it was resolved to commemorate every year on a Friday in Lent the seven sorrows of our blessed Mother. In the wording of their decree are beautifully expressed the sentiments that animated their hearts. The festival was to be celebrated “to honor the holy and immaculate Mother of God, Mary, who prayed with such confidence and fortitude at the foot of the cross for poor sinners, and whose praises cannot be sufficiently lauded, even if all the sands on the seashore had tongues to sing them.” It also further decreed that the feast shall contribute “to commemorate and honor the pain and anguish which the sorrowing Mother suffered when Our Saviour, Jesus Christ, hanging with outstretched arms on the cross. commended her to the care of the holy evangelist, Saint John.” Finally, the bishops desired the feast to be observed in order that “Our Lord, Jesus Christ, being thus appeased, might lift the cloud of error from the eyes and hearts of the Hussites, bring them back to the Catholic faith, and preserve the faithful from the evils of heresy.” From Germany the observance of this feast spread into other lands. This was the more easily effected inasmuch as, by the zealous efforts of the Order of the Servites, or, as they were also called, the Servants of Mary Sorrowing, this pious devotion was well known and well beloved in the Church. Although the festival of the Seven Sorrows of the Blessed Virgin is not a holy day of obligation in the Church, yet, on the Friday preceding Palm Sunday, the Christian faithful frequent in large numbers those churches and chapels in which are found the venerated pictures or statues of Our Lady of Sorrows. Such places of pilgrimage are very numerous, especially in Catholic countries. In order to foster this devotion among her children the Church has generously opened her treasury and poured out bountifully her treasures of graces and enriched the various exercises of devotion to the Mother of Sorrows with many indulgences. Thus, for example, we can gain an indulgence of a hundred days as often as we recite piously the beautiful hymn, “Stabat Mater,” in the tender words of which we can best learn the meaning of this festival. (Pope Innocent XI, September 1681)

Holy Mother! pierce me through,
In my heart each wound renew
Of my Saviour crucified;
Let me share with thee His pain,
Who for all my sins was slain,
Who for me in torments died.

Prayer of Holy Church

O God, at whose sufferings the tender soul of the glorious Virgin Mother Mary was, according to the prophecy of the venerable Simeon, pierced by a sword of grief, mercifully grant that we, who solemnly honor her sad martyrdom, may, through her glorious merits, and by the prayers of all the saints who persevered under the cross in fidelity, be made sharers in the precious fruit of Thy Passion and death.

O Lord Jesus Christ, in humble supplication we bring Thee our petitions and other offerings, while meditating affectionately on the sorrows of Thy Mother’s gentle heart. Amen.

– text taken from Veneration of the Blessed Virgin Mary, Her Feasts, Prayers, Religious Orders, and Sodalities, by Father B Rohner, OSB, adapted by Father Richard Brennan, LLD, published in 1898 by Benziger Brothers; it has the Imprimatur of Archbishop Michael Augustine, Archdiocese of New York, New York, 22 June 1898

SOURCE : https://catholicsaints.info/the-feast-of-the-seven-dolors-by-father-b-rohner-osb/



Beata Vergine Maria Addolorata

15 settembre

La memoria della Vergine Addolorata ci chiama a rivivere il momento decisivo della storia della salvezza e a venerare la Madre associata alla passione del figlio e vicina a lui innalzato sulla croce. La sua maternità assume sul calvario dimensioni universali. Questa memoria di origine devozionale fu introdotta nel calendario romano dal papa Pio VII (1814). (Mess. Rom.)

Etimologia: Maria = amata da Dio, dall'egiziano; signora, dall'ebraico

Martirologio Romano: Memoria della beata Maria Vergine Addolorata, che, ai piedi della croce di Gesù, fu associata intimamente e fedelmente alla passione salvifica del Figlio e si presentò come la nuova Eva, perché, come la disobbedienza della prima donna portò alla morte, così la sua mirabile obbedienza porti alla vita.

Il 15 settembre ricorre la festa della Beata Vergine Maria Addolorata, di Colei che ha vissuto il più purissimo martirio, consumato attimo per attimo, e terribile al momento estremo della Croce. Così ornata della Corona del martirio, è gloriosamente invocata dalla Chiesa col titolo di “Regina dei martiri”.

Perché il martirio di Maria fu da Gesù...

Questo titolo di Regina dei martiri pare che non rechi onore a Maria, dal momento che non darebbe onore alla rosa il chiamarsi “regina delle spine”. Tuttavia, avendo Maria fatto suo proprio il martirio di Gesù, venne a coronarsi con le spine di Lui e ad imporporarsi con il suo Sangue divino. E siccome è gloria di Gesù essere il Re dei martiri, così pure è vanto di Maria l’esserne Regina. Ha Ella poi questa grande supremazia su tutti i martiri per molte potentissime ragioni.

La prima è: perché tutta la ragione del suo martirio fu da Dio. Tutti gli altri martiri furono tormentati da tiranni, e da carnefici, che con spade e mannaie straziarono i loro corpi; mentre Maria fu sommamente afflitta da Dio nell’anima, che assai più del corpo risente del dolore. Ed essendo stato strumento delle sue pene l’amore verso Gesù, ne segue che, essendo l’amabilità di Gesù infinita, siccome sommo fu l’amore di Maria verso di Lui, così sommo fu anche il suo dolore.

La pena di Maria fu tanto maggiore delle pene degli altri martiri, quanto è maggiore il dolore che può cagionare un Dio crocifisso che un uomo che crocifigga, più la mano di Dio che la mano di un uomo, più un Soggetto incarnato che un soggetto terreno. Perciò il serafico san Bonaventura giunge a preferire il dolore di Maria al dolore di Cristo medesimo! Poiché le piaghe divise nel Corpo di Gesù, furono invece unite, e perciò di dolore più intenso, nel Cuor di Maria. Tuttavia si ha a ritenere più vero con l’Angelico, che fosse maggiore il dolore di Cristo, poiché patì nell’anima e nel corpo; laddove Maria patì solo nell’anima.

Patì inoltre nell’anima ch’è più nobile e perciò più sensibile; e patì fino a restare priva di vita: Eius dolor fuit maximum inter dolores praesentis vitae. Ah Maria! E chi può mai comprendere i vostri dolori, se questi hanno in qualche modo a misurarsi con le forze della divina Onnipotenza che vi volle afflitta, e se sono tali che, per così dire, fanno a gara coi dolori stessi di Cristo!

...e fu il più vicino a quello di Gesù

Siccome Maria qui in terra fu la più simile nelle virtù al suo Divin Figlio, e siccome in Cielo gli siede più vicina nella gloria (In regni solio – dice san Girolamo – sublimata post Christum gloriosa resedit), così gli è stata più vicina nelle pene di un crudo martirio. Come Gesù fu coronato dalla madrigna Sinagoga con un diadema di pene, così similmente gli venne appresso, coronata di pene, Maria sua madre.

E così si avvera il vaticino di Gioele (cap. 2): Il sole si cambia in tenebra, la luna in sangue: il sole, la luna si oscurano, poiché quella stessa eclissi della Passione, che oscurò il vero Sole di giustizia, Gesù, riempì di tenebre e di sangue la mistica luna Maria. Così, se impallidiva Gesù, languiva Maria; se era ferito Gesù, tramortiva Maria; se era crocifisso Gesù, restava ancor crocifissa Maria. Avevano insomma Gesù e Maria due Cuori accordati in tanto bel concerto, che gli stessi affetti che concepiva l’Una concepiva anche l’Altro: In corde, et corde loquuti sunt. Solo la Vergine fu santa di due Cuori, cioè di un Cuore a Lei donato da Dio Creatore e di un Cuore a Lei donato da Cristo Redentore. Cosicché Ella si rattristava in corde, et corde; ed il suo dolore era insieme regolato dal suo Cuore e dal Cuore di Cristo penetrato nel suo.

Quindi: essendo stata Maria martire con Cristo, ed avendo fatto suo proprio il martirio di Cristo, il suo martirio fu più nobile di tutti gli altri: ed Ella con tutta ragione si invoca Regina dei martiri. Ah Maria! È talmente illustre il vostro martirio, ch’io non so se debba piuttosto contemplarlo o invidiarlo.

...fu tutto per Gesù nella maniera più nobile e più dolorosa

Sant’Ildefonso, parlando dei dolori di Maria, non temette di asserire che questi furono maggiori di tutti insieme i tormenti di tutti i martiri. E la verità di quanto detto può provarsi con molte ragioni:
1) perché tutti i martiri hanno patito nel corpo e Maria nell’anima;

2) perché, come argomenta sant’Antonino, arcivescovo di Firenze, tanto più è nobile e doloroso il martirio quanto è più nobile la vita che si dà per Dio. Avendo, dunque, Maria sacrificata la vita di suo Figlio, che era insieme la più nobile di tutte, e amata da Lei più della sua propria vita, ne segue che la corona di Maria fu maggiore di tutte, e che la rende Regina di tutti i martiri;

3) perché gli altri martiri patirono solo per il tempo in cui erano straziati dai tiranni; mentre il martirio di Maria durò per tutto il corso della sua vita;

4) perché Maria amava suo Figlio più di se stessa. Di conseguenza, furono per Lei di assai maggior pena i tormenti e la morte del Figlio, che non sarebbero stati i tormenti e la morte di se stessa, come afferma il beato Amedeo. E in fine perché, come dice Alberto Magno, Maria soffrì un dolore così grande, che bastava a darle più volte la morte; e perciò fu avvalorata da Dio con un miracolo per sostenere uno spasimo insoffribile alla vita umana. Così conclude che con tutta ragione si deve a Maria la preminenza sopra tutti i martiri: “Dunque ebbe la grazia del martirio e la corona dei martiri, e la sua corona fu più grande della corona di tutti gli altri martiri”. Ah Maria! Poiché Voi siete martire, più che martire e Regina dei martiri, siete degna altresì di esser compatita Voi sola più che tutti i martiri insieme.

Quante belle corone di gloria splendono sul vostro capo, o Maria! Voi siete Regina del Cielo e della terra: e siete Regina degli Angeli e dei santi; e siete persino Regina dei martiri. Però a me pare che vi adorni in modo particolare questo doloroso diadema; sì, perché vi rende più simile a Gesù Re dei martiri; sì, perché il Sangue di un Dio Crocifisso spruzzato sul vostro manto sul Calvario, vi ha dato una porpora più bella di quanto lo sia l’ammanto di sole che avete in Cielo.

Ave, dunque, Regina augusta: mi congratulo vivamente con Voi, mentre siete non meno gloriosa tra le pene, che tra i gaudi; e vi prego d’impetrarmi una cristiana costanza nelle croci di questo mondo, da riconoscermi per vostro parzialissimo suddito nel vostro impero doloroso.

Autore: Padre Liborio Siniscalchi


La Madonna è venerata nel mondo cristiano con un culto di iperdulia, che si estrinseca in vari titoli, quanti le sono stati attribuiti nei millenni per le sue virtù, il suo patrocinio, la sua posizione di creatura prediletta da Dio, per il posto primario occupato nel piano della Redenzione, per la sua continua presenza accanto all’uomo evidenziata anche dalle tante apparizioni.

Nel calendario delle celebrazioni mariane vi sono: 1° gennaio la B.V.M. Madre di Dio; 23 gennaio lo Sposalizio della B.V.M.; 2 febbraio la Presentazione al Tempio di Gesù e la Purificazione di Maria; 11 febbraio Beata Vergine di Lourdes; 25 marzo l’Annunciazione; 26 aprile B.V.M. del Buon Consiglio; 13 maggio Beata Vergine di Fatima; 24 maggio Madonna Ausiliatrice; 31 maggio Visitazione di M.V.; a giugno Cuore Immacolato di Maria; 2 luglio Madonna delle Grazie; 16 luglio B.V. del Carmelo; 5 agosto Madonna della Neve; 15 agosto Assunzione della Vergine; 22 agosto B.V.M. Regina; 8 settembre Natività di Maria; 12 settembre SS Nome di Maria; 15 settembre B. V. Addolorata; 19 settembre B. V. de La Salette; 24 settembre B.V. della Mercede; 7 ottobre B.V. del Rosario, 21 novembre Presentazione della B.V.M.; 8 dicembre Immacolata Concezione, 10 dicembre B. V. M. di Loreto.

Inoltre l’intero mese di Maggio è dedicato alla Madonna, senza dimenticare la suggestiva e devota Novena dell’Immacolata, poi vi sono le celebrazioni locali per i tantissimi Santuari Mariani esistenti; come si vede la Vergine ha un culto così diffuso, che non c’è mese dell’anno in cui non la si ricordi e veneri.

A mio parere però, fra i tanti titoli e celebrazioni, il più sentito perché più vicino alla realtà umana, è quello di Beata Vergine Maria Addolorata; il dolore è presente nella nostra vita sin dalla nascita, con il primo angosciato grido del neonato, che lascia il sicuro del grembo materno per proiettarsi in un mondo sconosciuto, non più legato alla madre e in preda alla paura e spavento; poi il dolore ci segue più o meno intenso, più o meno costante, nei suoi vari aspetti, fisici, morali, spirituali, lungo il corso della vita, per ritrovarlo comunque al termine del nostro cammino, per l’ultimo e definitivo distacco da questo mondo.

E il dolore di Maria, creatura privilegiata sì, ma sempre creatura come noi, è più facile comprenderlo, perché lo subiamo anche noi, seppure in condizioni e gradi diversi, al contrario delle altre prerogative che sono solo sue, Annunciazione, Maternità divina, Immacolata Concezione, Assunzione al Cielo, Apparizioni, ecc. le quali da parte nostra richiedono un atto di fede per considerarle.

Veder morire un figlio è per una madre il dolore più grande che ci sia, non vi sono parole che possano consolare, chi naturalmente aspettando di poter morire dopo aver generato, allevato ed educato, l’erede e il continuatore della sua umanità, vede invece morire il figlio mentre lei resta ancora in vita, quel figlio al quale avrebbe voluto ridare altre cento volte la vita e magari sostituirsi ad esso nel morire.

I milioni di madri che nel tempo hanno subito questo immenso dolore, a lei si sono rivolte per trovare sostegno e consolazione, perché Maria ha visto morire il Figlio in modo atroce, consapevole della sua innocenza, soffrendo per la cattiveria, incomprensione, malvagità, scatenate contro di lui, personificazione della Bontà infinita.

Ma non fu solo per la repentina condanna a morte, il dolore provato da Maria fu l’epilogo di un lungo soffrire, in silenzio e senza sfogo, conservato nel suo cuore, iniziato da quella profezia del vecchio Simeone pronunziata durante la Presentazione di Gesù al Tempio: “E anche a te una spada trapasserà l’anima”.

Quindi anche tutti coloro che soffrono nella propria carne e nel proprio animo, le pene derivanti da malattie, disabilità, ingiustizia, povertà, persecuzione, violenza fisica e mentale, perdita di persone care, tradimenti, mancanza di sicurezza, solitudine, ecc. guardano a Maria, consolatrice di tutti i dolori; perché avendo sofferto tanto già prima della Passione di Cristo, può essere il faro a cui guardare nel sopportare le nostre sofferenze ed essere comprensivi di quelle dei nostri fratelli, compagni di viaggio in questo nostro pellegrinare terreno.

Ma la Madonna è anche corredentrice per Grazia del genere umano, perché partecipe dell’umanità sofferente ed offerta del Cristo, per questo lei non si è ribellata come madre alla sorte tragica del Figlio, l’ha sofferta indicibilmente ma l’ha anche offerta a Dio per la Redenzione dell’umanità.

E come dalla Passione, Morte e Sepoltura di Gesù, si è passato alla trionfale e salvifica Resurrezione, anche Maria, cooperatrice nella Redenzione, ha gioito di questa immensa consolazione e quindi maggiormente è la più adatta ad indicarci la via della salvezza e della gioia, attraversando il crogiolo della sofferenza in tutte le sue espressioni, della quale comunque non potremo liberarci perché retaggio del peccato originale.

CULTO

La devozione alla Madonna Addolorata, che trae origine dai passi del Vangelo, dove si parla della presenza di Maria Vergine sul Calvario, prese particolare consistenza a partire dalla fine dell’XI secolo e fu anticipatrice della celebrazione liturgica, istituita più tardi.

Il “Liber de passione Christi et dolore et planctu Matris eius” di ignoto (erroneamente attribuito a s. Bernardo), costituisce l’inizio di una letteratura, che porta alla composizione in varie lingue del “Pianto della Vergine”.

Testimonianza di questa devozione è il popolarissimo ‘Stabat Mater’ in latino, attribuito a Jacopone da Todi, il quale compose in lingua volgare anche le famose ‘Laudi’; da questa devozione ebbe origine la festa dei “Sette Dolori di Maria SS.” Nel secolo XV si ebbero le prime celebrazioni liturgiche sulla “compassione di Maria” ai piedi della Croce, collocate nel tempo di Passione.

A metà del secolo XIII, nel 1233, sorse a Firenze l’Ordine dei frati “Servi di Maria”, fondato dai Ss. Sette Fondatori e ispirato dalla Vergine. L’Ordine che già nel nome si qualificava per la devozione alla Madre di Dio, si distinse nei secoli per l’intensa venerazione e la diffusione del culto dell’Addolorata; il 9 giugno del 1668, la S. Congregazione dei Riti permetteva all’Ordine di celebrare la Messa votiva dei sette Dolori della Beata Vergine, facendo menzione nel decreto che i Frati dei Servi, portavano l’abito nero in memoria della vedovanza di Maria e dei dolori che essa sostenne nella passione del Figlio.

Successivamente, papa Innocenzo XII, il 9 agosto 1692 autorizzò la celebrazione dei Sette Dolori della Beata Vergine la terza domenica di settembre.

Ma la celebrazione ebbe ancora delle tappe, man mano che il culto si diffondeva; il 18 agosto 1714 la Sacra Congregazione approvò una celebrazione dei Sette Dolori di Maria, il venerdì precedente la Domenica delle Palme e papa Pio VII, il 18 settembre 1814 estese la festa liturgica della terza domenica di settembre a tutta la Chiesa, con inserimento nel calendario romano.

Infine papa Pio X (1904-1914), fissò la data definitiva del 15 settembre, subito dopo la celebrazione dell’Esaltazione della Croce (14 settembre), con memoria non più dei “Sette Dolori”, ma più opportunamente come “Beata Vergine Maria Addolorata”.

Le devozioni

I Sette Dolori di Maria, corrispondono ad altrettanti episodi narrati nel Vangelo: 1) La profezia dell’anziano Simeone, quando Gesù fu portato al Tempio “E anche a te una spada trafiggerà l’anima”. – 2) La Sacra Famiglia è costretta a fuggire in Egitto “Giuseppe destatosi, prese con sé il Bambino e sua madre nella notte e fuggì in Egitto”. – 3) Il ritrovamento di Gesù dodicenne nel Tempio a Gerusalemme “Tuo padre ed io angosciati ti cercavamo”. – 4) Maria addolorata, incontra Gesù che porta la croce sulla via del Calvario. – 5) La Madonna ai piedi della Croce in piena adesione alla volontà di Dio, partecipa alle sofferenze del Figlio crocifisso e morente. – 6) Maria accoglie tra le sue braccia il Figlio morto deposto dalla Croce. – 7) Maria affida al sepolcro il corpo di Gesù, in attesa della risurrezione.

La liturgia e la devozione hanno compilato anche le Litanie dell’Addolorata, ove la Vergine è implorata in tutte le necessità, riconoscendole tutti i titoli e meriti della sua personale sofferenza.

La tradizione popolare ha identificato la meditazione dei Sette Dolori, nella pia pratica della ‘Via Matris’, che al pari della Via Crucis, ripercorre le tappe storiche delle sofferenze di Maria e sempre più numerosi sorgono questi itinerari penitenziali, specie in prossimità di Santuari Mariani, rappresentati con sculture, ceramiche, gruppi lignei, affreschi.

Le processioni penitenziali, tipiche del periodo della Passione di Cristo, comprendono anche la figura della Madre dolorosa che segue il Figlio morto, l’incontro sulla salita del Calvario, Maria posta ai piedi del Crocifisso; in certi Comuni le processioni devozionali, assumono l’aspetto di vere e proprie rappresentazioni altamente suggestive, specie quelle dell’incontro tra il simulacro di Maria vestita a lutto e addolorata e quello di Gesù che trasporta la Croce tutto insanguinato e sofferente.

In certe località queste processioni, che nel Medioevo diedero luogo anche a rappresentazioni sacre dette “Misteri”, assumono un’imponenza di partecipazione popolare, da costituire oggi un’attrattiva oltre che devozionale e penitenziale, anche turistica e folcloristica, cito per tutte la grande processione barocca di Siviglia.

Le espressioni artistiche

Al testo del celebre “Stabat Mater”, si sono ispirati musicisti di ogni epoca; tra i più illustri figurano Palestrina, Pergolesi, Rossini, Verdi, Dvorak.

La Vergine Addolorata è stata raffigurata lungo i secoli in tante espressioni dell’arte, specie pittura e scultura, frutto dell’opera dei più grandi artisti che secondo il proprio estro, hanno voluto esprimere in primo luogo la grande sofferenza di Maria.

La vergine Addolorata è di solito vestita di nero per la perdita del Figlio, con una spada o con sette spade che le trafiggono il cuore.

Altro soggetto molto rappresentato è la Pietà, penultimo atto della Passione, che sta fra la deposizione e la sepoltura di Gesù. Il termine ‘Pietà’ sta ad indicare nell’arte, la raffigurazione dei due personaggi principali Maria e Gesù, la madre e il figlio; Maria lo sorregge adagiato sulle sue ginocchia, oppure sul bordo del sepolcro insieme a s. Giovanni apostolo (Michelangelo e Giovanni Bellini). Capolavoro dell’intensità del dolore dei presenti, è il ‘Compianto sul Cristo morto’ di Giotto.

Nel Santuario dell’Addolorata di Castelpetroso (Isernia), secondo l’apparizione del 1888, Gesù è adagiato a terra e Maria sta in ginocchio accanto a lui e con le braccia aperte lo piange e lo offre nello stesso tempo.

In virtù del culto così diffuso all’Addolorata, ogni città e ogni paese ha una chiesa o cappella a lei dedicata; varie Confraternite assistenziali e penitenziali, come pure numerose Congregazioni religiose femminili e alcune maschili, sono poste sotto il nome dell’Addolorata, specie se collegate all’antico Ordine dei Servi di Maria.

L’amore e la venerazione per la Consolatrice degli afflitti e per la sua ‘compassione’, ha prodotto, specie nell’Ordine dei Servi splendide figure di santi, ne citiamo alcuni: I Santi Sette Fondatori, s. Giuliana Falconieri, s. Filippo Benizi, s. Pellegrino Laziosi, s. Antonio Maria Pucci, s. Gabriele dell’Addolorata (passionista), senza dimenticare, primo fra tutti, s. Giovanni apostolo ed evangelista, sempre accanto a lei per confortarla e condividerne l’indicibile dolore, accompagnandola fino al termine della sua vita.

Il nome Addolorata ebbe larga diffusione nell’Italia Meridionale, ma per l’evidente significato, ora c’è la tendenza a sostituirlo con il suo derivato spagnolo Dolores.

Autore: Antonio Borrelli

SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/24450


Voir aussihttp://leblogdumesnil.unblog.fr/2010/03/26/le-chapelet-des-sept-douleurs-de-notre-dame/