dimanche 5 février 2012

Sainte AGATHE de CATANE (de SICILE), vierge et martyre



SAINTE AGATHE,

Vierge et Martyre (+ 254)

Deux villes de Sicile, Palerme et Catane, se disputent l'honneur d'avoir donné naissance à sainte Agathe; ce qui est certain, c'est qu'elle fut martyrisée à Catane, sous l'empereur Dèce.

Dénoncée au préteur Quintianus, comme chrétienne, Agathe lui fut amenée. La beauté de la jeune fille le séduisit; il conçut pour elle une passion criminelle et crut venir à bout de son dessein en la remettant aux mains d'une femme débauchée, nommée Aphrodisia. Aphrodisia employa son art et son artifice afin de séduire Agathe, sans pouvoir y réussir; et après un mois de tentatives, elle s'en fut trouver le préfet pour lui annoncer l'inutilité de ses efforts.

Le juge alors fit comparaître la servante du Seigneur devant son tribunal."Qui es-tu?- Je suis noble et d'une illustre famille, toute ma parenté le fait assez connaître.- Pourquoi donc suis-tu la chétive condition des chrétiens?- Parce que la véritable noblesse s'acquiert avec Jésus-Christ dont je me dis la servante.- Quoi donc! sommes-nous dégradés de noblesse pour mépriser ton Crucifié?- Oui, tu perds la véritable liberté en te faisant esclave du démon jusqu'au point d'adorer des pierres pour lui faire honneur."

Afin d'apprendre à la jeune fille à mieux parler, Quintianus la fit frapper sur la joue, et commanda qu'on la conduisit en prison, lui disant qu'elle eût à se préparer à renier Jésus-Christ ou à mourir dans les tourments. Le lendemain, le juge essaya de gagner Agathe par des promesses, mais il la trouva inébranlable, et ses réponses excitèrent tellement la rage du persécuteur, que, sur son ordre, on tordit et on arracha une mamelle à la Sainte. Elle dit à Quintianus: "N'as-tu pas honte, ô cruel tyran, de me faire souffrir de cette façon, toi qui as sucé ta première nourriture du sein d'une femme?"

Quand elle fut rentrée dans la prison où le préfet avait défendu de lui rien donner, saint Pierre lui apparut et la guérit au nom du Sauveur; la Sainte s'écria: "Je Vous rends grâces, ô mon Seigneur Jésus-Christ, de ce qu'il Vous a plu de m'envoyer Votre Apôtre afin de guérir mes plaies et de me rendre ce que le bourreau m'avait arraché," et la prison fut remplie d'une si éclatante lumière que les gardiens s'enfuirent épouvantés, laissant les portes ouvertes.

Les autres prisonniers conseillaient à Agathe de prendre la fuite, mais elle répondit: "Dieu me garde de quitter le champ de bataille et de m'enfuir en voyant une si belle occasion de remporter la victoire sur mes ennemis."

Quatre jours après, Agathe fut ramenée devant le juge qui, la voyant saine et sauve, fut rempli d'étonnement; sa rage n'en devint que plus grande. Par son ordre, on roula la Sainte sur des têts de pots cassés et sur des charbons, en même temps que l'on perçait son corps de pointes aiguës. Pendant ce supplice, un tremblement de terre survint, et les principaux ministres de la cruauté de Quintianus furent écrasés. La ville, épouvantée, vit là un châtiment du Ciel, et le persécuteur, craignant qu'on ne lui enlevât sa victime, se hâta de la renvoyer en prison. Quand elle y fut rentrée, Agathe dit: "Ouvrez, Seigneur, les bras de Votre miséricorde, et recevez mon esprit qui désire Vous posséder avec tous les transports d'amour dont il est capable," et en achevant ces mots elle expira (254).

Aussitôt que la nouvelle de cette mort se fut répandue, toute la ville accourut pour honorer les restes de sainte Agathe, et au moment où on voulut la mettre dans le tombeau, cent Anges, sous la figure de jeunes hommes, apparurent, et au front d'Agathe inscrivirent ces mots: "C'est une âme sainte; elle a rendu un honneur volontaire à Dieu et elle est la rédemption de sa patrie." Quintianus, de son côté, était parti pour se mettre en possession des biens de la servante de Dieu, mais au passage d'une rivière, un cheval le mordit au visage et un autre, à coups de pieds, le précipita dans l'eau où il se noya.

La dévotion à sainte Agathe ne tarda pas de se répandre partout, mais nulle part elle ne fut plus honorée qu'à Catane. Plusieurs fois sa protection a sauvé cette ville des éruptions de l'Etna, et pour cela il suffisait aux habitants de donner, comme barrière aux torrents de lave qui descendaient de la montagne, un objet qui avait touché le corps de la Sainte.

P. Giry, Vie des Saints, p. 74-76

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/sainte_agathe.html

Sainte Agathe, vierge et martyre

Agathe est une jeune Sicilienne qui mourut pour le Christ à Catane lors de la persécution de Dèce (251). Ses concitoyens l'ont toujours invoquée avec confiance, spécialement lors des éruptions de l'Etna, et son culte s'est répandu aussi bien en Orient qu'en Occident.



Sainte Agathe Vierge et Martyre

Martyre en Sicile, son culte connu vite un grand essort. Le pape Symmaque (498-514) lui édifia une basilique à Rome.

Son nom figure au Canon de la Messe.

AUX PREMIÈRES VÊPRES. avant 1960

Ant.au Magnificat La bienheureuse Agathe, debout * au milieu de la prison, les mains étendues, priait le Seigneur, et disait : Seigneur Jésus-Christ, mon bon Maître, je vous rends grâces de m’avoir fait surmonter les tourments des bourreaux ; ordonnez, Seigneur, que je parvienne heureusement à votre gloire impérissable.

A MATINES. avant 1960

Au premier nocturne.

Ant. 1 Je suis de condition libre * et de race illustre, comme toute ma parenté le prouve.

Ant. 2 La plus haute noblesse * est celle où l’on se reconnaît serviteur du Christ.

Ant. 3 Je suis servante du Christ, * c’est pourquoi je veux bien paraître d’une condition servile.

V/. Dans votre dignité et votre beauté.

R/. Tendez à (votre but) avancez avec succès et régnez.

Du livre de l’Ecclésiastique. Cap. 51, 1-17.

Leçons du Commun des Vierges II, répons propres à la fête.

Première leçon. Je vous glorifierai, Seigneur Roi, et je vous louerai, vous qui êtes Dieu, mon Sauveur. Je glorifierai votre nom, parce que vous m’êtes devenu un aide et un protecteur. Et vous avez délivré mon corps de la perdition, du piège de la langue inique et des lèvres de ceux qui commettent le mensonge, et en présence de ceux qui se tenaient debout (près de moi), vous m’êtes devenu un aide. Et vous m’avez délivré, selon la multitude des miséricordes de votre nom, des lions rugissants prêts à me dévorer ; des mains de ceux qui recherchaient mon âme et des portes des tribulations qui m’ont environné ; de la violence de la flamme qui m’a environné, et au milieu du feu, je n’en ai pas senti la chaleur ; de la profondeur des entrailles de l’enfer, et de la langue souillée et de la parole du mensonge ; d’un roi inique et de la langue injuste.

R/. Pendant qu’on lui déchirait cruellement les mamelles, la bienheureuse Agathe dit au juge : * Impie, cruel et barbare tyran, n’as-tu point honte de mutiler dans une femme ce que tu as sucé dans ta mère ? V/. Je conserve intactes au fond de mon âme des mamelles que j’ai consacrées dès mon enfance au Seigneur. * Impie.

Deuxième leçon. Jusqu’à la mort mon âme louera le Seigneur ; car ma vie s’approchait de l’enfer, en bas. Ils m’ont environné de tous côtés, et il n’y avait personne qui me secourût. Je tournais mes regards vers le secours des hommes, et il n’en était point. Je me suis souvenu, Seigneur, de votre miséricorde et de votre œuvre, qui sont dès le commencement du monde ;• parce que vous délivrez, Seigneur, ceux qui vous attendent avec patience et vous les sauvez des mains des nations.

R/. Agathe se dirigeait vers la prison avec beaucoup de joie, et se glorifiait d’y aller. * Comme si elle eût été invitée à un festin, et, par ses prières, elle recommandait son combat au Seigneur. V/. Étant d’une très noble naissance, elle se voyait avec joie traînée en prison par un homme méprisable. * Comme.

Troisième leçon. Vous avez élevé sur la terre mon habitation ; et à cause de la mort qui découlait (sur moi), j’ai fait des supplications. J’ai invoqué le Seigneur, père de mon Seigneur, afin .qu’il ne me laisse point sans secours au jour de ma tribulation et au temps des superbes. Je louerai votre nom sans cesse et je le glorifierai dans mes louanges, car ma prière a été exaucée. Et vous m’avez délivré de la perdition, et vous m’avez arraché au temps de l’iniquité. C’est pourquoi je vous glorifierai, et je vous dirai une louange et je bénirai le nom du Seigneur.

R/. Qui es-tu, toi qui es venu vers moi pour guérir mes blessures ? Je suis l’Apôtre du Christ ; n’aie aucune crainte à mon égard, ma fille : lui-même m’a envoyé vers toi, * Lui que tu aimes en ton âme et avec un cœur pur. V/. Car, moi je suis son Apôtre, et sache que tu vas être guérie en son nom. * Lui. Gloire au Père. * Lui.

Au deuxième nocturne.

Ant. 1 Sainte Agathe * dit : Si vous m’exposez aux bêtes, elles s’adouciront en entendant prononcer le nom du Christ.

Ant. 2 Si tu emploies le feu, * les Anges répandront sur moi du ciel une rosée salutaire.

Ant. 3 Agathe * se dirigeait vers la prison avec beaucoup de joie, se glorifiant d’y aller, comme si elle eût été invitée à un festin, et, par ses prières, elle recommandait son combat au Seigneur.

V/. Dieu la protégera de sa face.

R/. Dieu est au milieu d’elle, elle ne sera pas ébranlée.

Quatrième leçon. La vierge Agathe naquit en Sicile, de parents nobles ; Palerme et Catane se disputent l’honneur d’avoir été le lieu de sa naissance. C’est à Catane qu’elle obtint la couronne d’un glorieux martyre pendant la persécution de l’empereur Dèce. Comme elle était également renommée pour sa beauté et sa chasteté, Quintianus, gouverneur de Sicile, s’éprit d’amour pour elle. Après avoir cherché par tous les moyens à la faire consentir à ce qu’il désirait, ne pouvant y parvenir, il la fit arrêter comme étant engagée dans la superstition chrétienne, et il la livra pour la corrompre, à une femme nommée Aphrodise. Les relations d’Agathe avec cette femme n’ayant pu ébranler sa fermeté dans sa foi, ni sa résolution de garder la virginité, Aphrodise annonça à Quintianus que tous ses efforts étaient inutiles. Alors le gouverneur ordonne qu’on lui amène la vierge : « N’as-tu pas honte, lui dit-il, étant d’une naissance illustre, de mener la vie humble et servile des chrétiens ? » Mais Agathe répond : « L’humilité et la servitude chrétienne sont préférables aux trésors et à l’élévation des rois ».

R/. Soutenue par le Seigneur, je persévérerai à confesser celui qui m’a sauvée. * Et qui m’a consolée. V/. Je vous rends grâces, Seigneur Jésus-Christ, qui avez envoyé vers moi votre Apôtre, pour guérir mes plaies. * Et.

Cinquième leçon. Irrité par cette réponse, le gouverneur lui donne le choix, ou d’honorer les dieux ou de subir la violence des tourments. Comme la Sainte demeure constante dans la foi, il la fait souffleter, puis conduire en prison. Le lendemain, elle en est tirée, et comme elle n’a pas changé de sentiment, on la tourmente sur le chevalet par l’application de lames ardentes ; ensuite, on lui coupe la mamelle. Pendant ce supplice, la vierge, s’adressant à Quintianus : « Cruel tyran, lui dit-elle, n’as-tu pas honte de mutiler dans une femme, ce que tu as sucé dans ta mère ? » Jetée de nouveau en prison, elle fut guérie la nuit suivante par un vieillard qui se disait être Apôtre du Christ. Appelée encore une fois devant le gouverneur et persévérant à confesser le Christ, on la roula sur des fragments de pots cassés et sur des charbons ardents.

R/. Celui-là m’a guérie qui m’a réconfortée dans la prison par l’Apôtre Pierre, parce qu’on a donné l’ordre de m’étendre sur le chevalet. * A cause de la fidélité avec laquelle je demeure chaste, secourez-moi, Seigneur mon Dieu, pendant qu’on me torture en mes mamelles. V/. Lui-même a daigné me guérir de toutes mes plaies et remettre ma mamelle à ma poitrine. * A cause.

Sixième leçon. Au même moment un grand tremblement de terre ébranla toute la ville, et deux murailles en s’écroulant écrasèrent Sylvain et Falconius, familiers du gouverneur. Aussi la ville étant en proie à une vive émotion, Quintianus, qui craignait une sédition dans le peuple, commande de ramener secrètement dans sa prison Agathe à demi morte. Elle pria Dieu en ces termes : « Seigneur, qui m’avez gardée dès mon enfance, qui avez enlevé de mon cœur l’amour du siècle et qui m’avez rendue victorieuse des tourments des bourreaux, recevez mon âme ». Achevant cette prière, elle s’en alla au ciel le jour des nones de février ; son corps fut enseveli par les chrétiens.

R/. Vous avez vu, Seigneur, mon combat, vous avez considéré de quelle sorte j’ai combattu dans la lice ; mais parce que je n’ai pas voulu obéir aux ordres des princes. * On a ordonné de me tourmenter en la mamelle. V/. A cause de la vérité, de la mansuétude et de la justice. * On. Gloire au Père. * On.

Au troisième nocturne.

Ant. 1 Si vous ne prenez soin * de faire tourmenter mon corps par les bourreaux, mon âme ne peut entrer dans le paradis du Seigneur avec la palme du martyre.

Ant. 2 Vous avez vu, Seigneur, * mon combat, et comment j’ai combattu dans la lice ; mais parce que je n’ai pas voulu obéir aux ordres des princes, on m’a déchiré le sein.

Ant. 3 A cause de ma fidélité à la chasteté, * on m’a fait étendre sur le chevalet : aidez-moi, Seigneur mon Dieu, dans la torture que je souffre.

V/. Dieu l’a élue et l’a choisie avec prédilection.

R/. Il l’a fait habiter dans son tabernacle.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu. Cap. 19, 3-12.

En ce temps-là : les pharisiens s’approchèrent de Jésus pour le tenter ; et ils lui dirent : Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour quelque cause que ce soit ?. Et le reste.

Homélie de saint Jean Chrysostome.

Leçons du Commun des Vierges II, répons propres à la fête.

Septième leçon. Comme il n’était point à propos d’aborder directement ce sujet, notre Seigneur cherche à amener ses disciples à l’amour de la virginité en leur parlant de l’obligation imposée par la loi, de ne point dissoudre un mariage. Après cela, pour leur montrer qu’il est possible de garder la continence, il ajoute : Il y a des eunuques sortis tels du sein de leur mère ; il y en a qui ont été rendus tels par la main des hommes, et il y en a qui se sont eux-mêmes voués à la chasteté à cause du royaume des cieux. Par ce langage, il les exhorte secrètement à faire choix de la virginité, tout en leur prouvant qu’il est possible de garder cette vertu.

R/. La bienheureuse Agathe, étant entrée dans la prison, étendit les mains vers Dieu et dit : Seigneur, qui m’avez fait vaincre les tourments des bourreaux. * Ordonnez que je parvienne au séjour de votre miséricorde. V/. Seigneur, qui m’avez créée, et qui avez ôté de mon cœur l’amour du siècle, qui avez préservé mon corps de toute souillure. * Ordonnez.

Huitième leçon. Songez, semble-t-il leur dire, à ce que vous feriez si vous étiez venus au monde dans des conditions vous interdisant le mariage, ou si vous étiez victime d’une injuste violence ayant le même résultat ? Que feriez-vous, obligés de renoncer aux joies des noces, et n’ayant droit à nulle récompense du fait de cette privation involontaire ? Rendez maintenant grâces à Dieu, car votre sacrifice aura sa récompense et ses couronnes tandis que ceux-là souffrent sans s’attirer ni couronnes ni récompense. De plus votre fardeau n’est pas le même que le leur, il est bien plus léger, tant en raison de l’espérance qui vous soulève et de la conscience de bien faire, que parce que vous ne serez pas comme eux roulés dans les flots des mauvais désirs.

R/. Je n’ai jamais procuré à mon corps de médecine corporelle, mais je possède le Seigneur Jésus-Christ. * Celui qui a daigné me guérir de toutes mes plaies et remettre ma mamelle à ma poitrine, c’est lui-même que j’invoque, le Dieu vivant. V/. Qui, d’une seule parole, rétablit toute choses. * Qui. Gloire au Père. * Qui.

Neuvième leçon. Après que Jésus-Christ a parlé des personnes chastes, qui le seraient en vain si elles ne réglaient en même temps tous les mouvements de leur âme, et de celles qui gardent la continence dans le but de, gagner le royaume des cieux il ajoute : « Qui peut comprendre ceci le comprenne. » Il dit ces paroles pour animer encore davantage les hommes à la recherche de cette vertu, en leur représentant combien elle est élevée. Dans son ineffable bonté il ne veut pas nous faire une loi de la virginité ; mais, en nous en parlant ainsi, le Seigneur nous démontre davantage encore qu’elle est possible, afin d’augmenter l’ardeur de nos désirs.

A LAUDES

Ant. 1 Qui es-tu, * toi qui es venu à moi guérir mes blessures ? Je suis l’Apôtre du Christ : n’aie aucune crainte à mon égard, ma fille.

Ant. 2 Les remèdes qu’on appli que à la chair, * je ne les ai jamais employés pour mon corps, mais je possède le Seigneur Jésus-Christ, qui, d’une seule parole, rétablit toutes choses.

Ant. 3 Je vous rends grâces, * Seigneur Jésus-Christ, parce que vous vous êtes souvenu de moi, et avez envoyé vers moi votre Apôtre pour guérir mes blessures.

Ant. 4 Je vous bénis, * Père de mon Seigneur Jésus-Christ, vous qui, par votre Apôtre, avez rendu ma mamelle à ma poitrine.

Ant. 5 Celui qui a daigné * me guérir de toutes mes blessures et remettre ma mamelle à ma poitrine, c’est lui, le Dieu vivant, que j’invoque.

Ant. au Bénédictus De païens, * toute une multitude fuyant au tombeau de la vierge, prirent le voile qui le couvrait pour l’opposer au feu ; en sorte que le Seigneur fit connaître qu’il les délivrait du danger de l’incendie par les mérites de la bienheureuse Agathe.

AUX DEUXIÈMES VÊPRES.

Ant. au Magnificat La bienheureuse Agathe, debout * au milieu de la prison, les mains étendues, priait ainsi le Seigneur : Seigneur Jésus-Christ, mon bon Maître, je vous rends grâces de m’avoir rendue victorieuse des tourments des bourreaux : ordonnez, Seigneur, que je parvienne heureusement à votre gloire immortelle.



Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Déjà deux de ces quatre illustres Vierges dont le souvenir est associé aux mérites de l’Agneau, dans la célébration du Sacrifice, ont passé devant nous dans leur marche triomphale sur le Cycle de la sainte Église ; la troisième se lève aujourd’hui sur nous, comme un astre aux plus doux rayons. Après Lucie et Agnès, Agathe vient nous consoler par sa gracieuse visite. La quatrième, l’immortelle Cécile, se lèvera en son temps, lorsque l’année inclinant à sa fin, le ciel de l’Église paraîtra tout à coup resplendissant de la plus magnifique constellation. Aujourd’hui fêtons Agathe, la Vierge de Sicile la sœur de Lucie. Que les saintes tristesses du temps où nous sommes n’enlèvent rien à la plénitude des hommages qui sont dus à Agathe. En chantant sa gloire, nous contemplerons ses exemples ; du haut du ciel elle daignera nous sourire, et nous encourager dans la voie qui seule peut nous ramener à celui qu’elle a suivi noblement jusqu’à la fin, et auquel elle est réunie pour jamais.

Les anciens Livres liturgiques sont remplis de compositions poétiques en l’honneur de sainte Agathe ; mais elles sont généralement assez faibles. Nous nous bornerons donc à donner ici la belle Hymne que lui a consacrée le Pape saint Damase.

HYMNE. [1]

Voici le jour de la Martyre Agathe, le jour illuminé par cette illustre Vierge ; c’est aujourd’hui qu’elle s’unit au Christ, et qu’un double diadème orne son front.

Noble de race et remarquable en beauté, elle brillait plus encore par ses œuvres et par sa foi ; le bonheur de la terre ne fut rien à ses yeux ; elle fixa sur son cœur les préceptes de Dieu.

Plus indomptable que le bras des bourreaux, elle livre à leurs fouets ses membres délicats ; sa mamelle arrachée de sa poitrine montre combien invincible est son courage.

Le cachot est pour elle un séjour de délices ; c’est là que Pierre le Pasteur vient guérir sa brebis ; pleine de joie et toujours plus enflammée, elle court avec une nouvelle ardeur au-devant des tourments.

Une cité païenne en proie à l’incendie l’implore et obtient son secours ; qu’elle daigne bien plus encore éteindre les feux impurs en ceux qu’honore le titre de chrétien.

O toi qui resplendis au ciel comme l’Épouse, supplie le Seigneur pour les pauvres pécheurs ; que leur zèle à célébrer ta fête attire sur eux tes faveurs.

Gloire soit au Père, au Fils et à l’Esprit divin ; daigne le Dieu unique et tout-puissant nous accorder l’intercession d’Agathe. Amen.

Que vos palmes sont belles, ô Agathe ! Mais que les combats dans lesquels vous les avez obtenues furent longs et cruels ! Vous avez vaincu ; vous avez sauvé en vous la foi et la virginité ; mais votre sang a rougi l’arène, et vos glorieuses blessures témoignent, aux yeux des Anges, du courage indomptable avec lequel vous avez gardé fidélité à l’Époux immortel. Après les labeurs des combats, vous vous tournez vers lui, et bientôt votre âme bénie s’élance dans son sein, pour aller jouir de ses embrassements éternels. Toute l’Église vous salue aujourd’hui, ô Vierge, ô Martyre ! Elle sait que vous ne l’oubliez jamais, et que votre inénarrable félicité ne vous rend point indifférente à ses besoins. Vous êtes notre sœur ; soyez aussi pour nous une mère. De longs siècles se sont écoulés depuis le jour où votre âme brisa son enveloppe mortelle, après l’avoir sanctifiée par la pureté et la souffrance ; mais, hélas ! jusqu’aujourd’hui et toujours, sur cette terre, la guerre existe entre l’esprit et la chair. Assistez vos frères dans leurs combats ; ranimez dans leurs cœurs l’étincelle du feu sacré que le monde et les passions voudraient éteindre.

En ces jours, où tout chrétien doit songer à se retremper dans les eaux salutaires de la componction, ranimez partout la crainte de Dieu qui veille sur les envahissements d’une nature corrompue, l’esprit de pénitence qui répare les faiblesses coupables, l’amour qui adoucit le joug et assure la persévérance. Plus d’une fois, votre voile virginal, présenté aux torrents enflammés des laves qui descendaient des flancs de l’Etna, les arrêta dans leur cours, aux yeux d’un peuple tout entier : opposez, il en est temps, la puissante influence de vos innocentes prières à ce torrent de corruption qui déborde de plus en plus sur nous, et menace d’abaisser nos mœurs au niveau de celles du paganisme. Le temps presse, ô Agathe ! Secourez les nations infectées des poisons d’une littérature infâme ; détournez cette coupe vénéneuse des lèvres de ceux qui n’y ont pas goûté encore ; arrachez-la des mains de ceux qui déjà y ont puisé la mort. Épargnez-nous la honte de voir le triomphe de l’odieux sensualisme qui s’apprête à dévorer l’Europe, et déjouez les projets que l’enfer a conçus.

[1] Voir plus bas la version latine et une traduction plus littérale du Bhx Schuster.



Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Le culte de cette Martyre sicilienne, vénérée également en Orient, et nommée dans les diptyques du Canon romain, est très ancien dans la Ville éternelle. Le pape Symmaque lui éleva une basilique sur la voie Aurélienne, et saint Grégoire le Grand en 593 lui dédia dans la Suburra une antique basilique, restaurée une première fois par Flavius Ricimer au temps des Goths ariens.

Nous avons encore, dans les dialogues de saint Grégoire, le souvenir de cette dédicace [2] :

Arianorum ecclesia, in regione Urbis huius quae Subura dicitur, cum clausa usque ante biennium remansisset, placuit ut in fide catholica, introductis illic beati Sebastiani et sanctae Agathae Martyrum Reliquiis, dedicari debuisset ; quod factum est.

Antérieurement à cette dédicace, la basilique s’élevait vraisemblablement sous le vocable du Sauveur et des Apôtres, qu’on voyait, en effet, représentés en mosaïque dans la courbe de l’abside.

L’introduction des reliques de la martyre sicilienne sainte Agathe dans l’antique sanctuaire arien des Goths fit parfois considérer cette basilique comme consacrée à une martyre orientale ; si bien qu’au temps des grandes translations des corps de saints des cimetières suburbains, l’on transporta aussi dans cette église les reliques des martyrs connus sous le nom de Martyrs grecs, du cimetière de Callixte, lesquelles reliques sont encore conservées sous l’autel principal de cette diaconie.

D’autres églises, dédiées à sainte Agathe, une dizaine environ, s’élevaient sur le Cœlius, au Transtevere, au Borgo et sur le Monte Mario ; toutes se réclament d’une grande antiquité, ayant été, pour le plus grand nombre, érigées par des Papes du haut moyen âge. Entre toutes, la plus célèbre était celle qui s’élève au Transtevere en face de la basilique de Saint-Chrysogone, et qu’érigea, après la mort de sa mère, le pape Grégoire II, dans sa propre maison paternelle.

L’introït de la messe, tiré du grec, a été rédigé pour la fête de sainte Agathe et il se retrouve, avec quelques petites variantes dans la liturgie milanaise. C’est pourquoi quand, à d’autres fêtes, Assomption, Toussaint, etc., l’on récite la même antienne d’entrée, c’est simplement en vertu d’une adaptation postérieure. La Communion, empruntée aux Actes de la Martyre, est très ancienne, mais elle s’éloigne du type romain habituel des antiennes scripturaires et trahit une origine sans doute sicilienne. L’influence des Siciliens dans l’antique liturgie de Rome est connue.

Antienne pour l’introït : « Réjouissons-nous tous dans le Seigneur, en célébrant une fête en l’honneur de la martyre Agathe, dont la passion réjouit les Anges qui en louent en chœur le Fils de Dieu. » Ps. 44 : « Que jaillisse de mon cœur une heureuse parole ; j’adresserai au Roi mon chant. »

Il est remarquable que, dans le Gélasien, la collecte après la communion semble vouloir répéter à la fin de la messe la pensée développée dans l’introït : Exultamus pariter, et de percepto Pane iustitiae, et de tuae, Domine, festivitate Martyrae Agathae etc [3].

L’oraison est celle du Commun des vierges, comme le jour de sainte Barbe, le 4 décembre ; d’accord en cela avec le Sacramentaire Grégorien qui toutefois en assigne trois autres de rechange.

Aujourd’hui, dans l’épître (I Cor., I, 26-31), saint Paul met en évidence le profond mystère de la grâce qui élève les instruments les plus faibles et les moins adaptés, à l’accomplissement des prodiges les plus merveilleux. Que peut-il y avoir en effet de plus faible qu’une jeune fille ? Et pourtant, sous l’action de l’Esprit Saint, sainte Agathe affronte intrépide la cruauté et l’obscène méchanceté des persécuteurs, et, ceinte de la double couronne de la virginité et du martyre, elle s’envole vers l’Époux céleste, pour devenu- la protectrice de sa ville natale, et même de toute l’Église. On sait en effet que non seulement sainte Agathe est invoquée à Catane contre les éruptions de l’Etna, mais aussi que l’antiquité chrétienne a attribué une efficacité spéciale à son intercession contre les tremblements de terre. C’est pourquoi en Italie, dans les villes et dans les campagnes, l’on voit de toutes parts, aujourd’hui encore, de nombreuses chapelles dédiées à la martyre de Catane.

Le verset alléluiatique, tiré du psaume 118, semble être en relation avec l’interrogatoire subi par la martyre devant les tribunaux. D’autre part ses Actes, tels qu’ils nous sont parvenus, ne sont pas exempts d’inexactitudes. « Alléluia. » Ps. 118 : « Je parlai de vos jugements en présence des rois, sans aucunement me troubler. »

Dans la lecture évangélique (Matth., XIX, 3-12) qui semble à présent mal s’accorder avec la réserve chrétienne (Jésus parlait à des Juifs grossiers), se trouve l’éloge de la virginité. Celle-ci n’est pas toutefois une loi universelle, mais une vocation spéciale, à laquelle Dieu appelle seulement quelques âmes choisies. Comme il y a des eunuques « qui sont nés tels et d’autres qui ont été faits tels par les hommes », ainsi y a-t-il des âmes généreuses qui, par le glaive spirituel de la mortification s’imposent volontairement la chasteté parfaite, afin d’être consacrées à Dieu et dans leur corps et dans leur cœur.

Il faut remarquer que la liste des Évangiles de Würzbourg assigne aujourd’hui comme lecture la parabole des dix Vierges, comme au jour de sainte Agnès.

Le verset de l’offertoire est semblable à celui de sainte Agnès : Ps. 44 : « Les vierges ses compagnes seront conduites au Roi ; ses amies vous seront présentées. »

Le Sacramentaire Grégorien assigne à la fête de sainte Agathe une de ses classiques préfaces : ...per Christum Dominum nostrum. Pro cuius nomine poenarum mortisque contemptum in utroque sexu fidelium cunctis aetatibus contulisti, ut inter felicium Martyrum palmas, Agathen quoque beatissimam virginem victrici patientia coronares. Quae nec minis territa, nec suppliciis superata, de diaboli saevitia triumphavit, quia in tuae Deitatis confessione permansit. Et ideo etc [4]].

Quand donc cette antique richesse de la liturgie romaine réacquerra-t-elle son prix, et donnant plus de variété aux formulaires du Missel actuel, contribuera-t-elle à exciter la dévotion des fidèles aux premiers martyrs de l’Église ? C’est un vœu que, humbles et soumis, nous déposons au pied du Siège apostolique.

Le verset pour la communion est tiré des Actes de la Martyre, qui toutefois, comme nous l’avons dit, ne sont pas très sûrs : « J’invoque mon Dieu, lui qui a daigné guérir toutes mes plaies et rendre ma mamelle à ma poitrine. »

La collecte d’action de grâces est comme pour la messe de sainte Barbe. Nous rapportons ici une ancienne hymne en l’honneur de sainte Agathe, faussement attribuée au pape Damase :

Martyris ecce dies Agathae,

Virginis emicat eximiae,

Christus eam sibi qua sociat,

Et diadema duplex decorat.

Stirpe decens, elegans specie,

Sed magis actibus atque fide,

Terrea prospera nil reputans,

Iussa Dei sibi corde ligans.

Fortior haec trucibusque viris,

Exposuit sua membra flagris,

Pectore quam fuerit valida

Torta mamilla docet patulo.

Deliciae cui carcer erat,

Pastor ovem Petrus hanc recreat ;

Inde gavisa magisque flagrans,

Cuncta flagella cucurrit ovans.

Ethnica turba rogum fugiens,

Huius et ipsa meretur opem ;

Quos fidei titulus decorat

His Venerem magis ipsa premat,

Voici luire le jour d’Agathe,

La martyre, la vierge illustre,

Jour où le Christ se l’unit

Et l’orne d’un double diadème.

De noble lignée et de grande beauté,

Mais plus belle encore en sa vie et sa foi,

Comptant pour néant le bonheur de la terre,

Son cœur s’est attaché aux ordres de Dieu.

Plus forte que les cruels bourreaux,

Elle expose aux fouets ses membres ;

Combien son cœur était vaillant,

Son sein déchiré l’a révélé.

La prison lui fut délices :

Le Pasteur des brebis, Pierre, l’y visite ;

Pleine d’une joie et d’une ardeur nouvelle.

Elle court allègre au-devant des tourments.

La foule des païens fuyant devant les flammes

Mérite, elle aussi, son secours ;

En ceux qu’a marqués le sceau de la foi

Qu’elle daigne surtout étouffer Vénus !

Au ciel maintenant, resplendissante épouse,

Pour les malheureux qu’elle prie le Seigneur :

Ainsi sa fête célébrée

Gagnera sa faveur à ceux qui l’honorent.

Ce ne sont point les forces du martyr, c’est la grâce qui le rend supérieur aux tourments ; et si les Anges se réjouissent, ce n’est pas pour ses souffrances elles-mêmes, mais parce que, au moyen de celles-ci, Dieu est glorifié, et que l’innocente victime, persécutée ici-bas, acquiert droit de cité dans la Jérusalem céleste.

[2] Dialog., 1. III, c. xxx, P. L., lxxvii, col. 288.

[3] Exultons pareillement Seigneur, et du Pain de justice que nous avons reçu et de la fête de la Martyre Agathe, etc.

[4] …Par le Christ Notre-Seigneur. Pour le nom duquel vous avez donné à toutes les époques le mépris des peines et de la mort dans l’un et l’autre sexe des fidèles : pour, parmi les palmes des bienheureux Martyrs, couronner aussi Agathe la bienheureuse Vierge victorieuse par la souffrance. Elle qui, ni terrifiée par les menaces, ni vaincue par les supplices, a triomphé de la cruauté du diable, parce qu’elle est demeurée dans la confession de votre Divinité. C’est pourquoi…



Sebastiano del Piombo (1485–1547), Martyre de Sainte Agathe, 1520, 
127 X 178, Florence , Pitti Palace


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Que notre âme soit bonne (Agathe = la bonne).

1. Sainte Agathe, la « Bonne », est la quatrième des quatre grandes vierges martyres de l’Église romaine (dont les fêtes tombent dans chacun des mois d’hiver : Cécile, en novembre, Lucie (la Brillante), en décembre, annonçant la lumière de Noël, Agnès (la Pure), en janvier, et Agathe (la Bonne), en février). Sainte Agathe souffrit le martyre sous l’empereur Dèce (254). Elle fut autrefois très honorée, son nom est au Canon de la messe. L’histoire de ses souffrances est empruntée aux antiques Actes des martyrs qui ont été utilisés dans les chants du bréviaire. Agathe était une jeune fille distinguée de Sicile. Le gouverneur Quintianus s’éprit pour elle d’un violent amour, mais il fut repoussé. Il la fit alors arrêter comme chrétienne et conduire devant son tribunal. Aux questions sur son origine elle répondit : « Je suis noble et issue d’une famille distinguée comme toute ma parenté en témoigne »

(1ère Ant. 1er Noct.) A la question du juge qui lui demandait pourquoi elle menait la vie d’esclave des chrétiens, elle répondit : « Je suis une servante du Christ et c’est pourquoi j’ai l’extérieur d’une esclave, mais la plus grande noblesse est d’être esclave du Christ (2. et 3. Ant. 1er Noct.) Le gouverneur la menaça des plus terribles supplices si elle refusait d’abandonner le Christ. La sainte lui répondit : « Si tu me menaces des bêtes féroces, sache qu’au nom du Christ elles s’apaiseront, si tu veux employer le feu, alors les anges feront tomber pour moi, du ciel, une rosée bien (I. et 2. Ant. 2e Noct). Après avoir été torturée « Agathe s’en alla rayonnante de joie et la tête haute, dans sa prison, comme si elle avait été invitée à un festin, et elle recommanda son agonie au Seigneur dans la prière » (3. Ant. 2e Noct).

Le jour suivant, elle fut de nouveau amenée devant le juge et lui dit : « Si tu n’ordonnes pas que mon corps soit déchiré par les bourreaux, mon âme ne pourra pas entrer au Paradis avec les martyrs » (I. Ant. 3e Noct.). Elle fut étendue sur le chevalet, on la brûla avec un fer rouge et on lui arracha les seins. Dans cette torture, elle priait ainsi : « Par amour pour la chasteté, j’ai été suspendue sur le chevalet, assiste-moi, Seigneur mon Dieu, dans la torture de mes seins » (2. Ant. 3e Noct, ). Agathe reprocha au gouverneur sa cruauté : « Impie, cruel et infâme tyran, tu n’as pas honte d’enlever à une femme ce avec quoi ta mère t’allaita ! » (I. Rép.).

De retour dans sa prison, elle pria ainsi : « Tu as vu, Seigneur, mon combat, comme j’ai combattu sur le champ de bataille, mais parce que je n’ai pas voulu obéir aux ordres des princes, j’ai été torturée dans mes seins » (3. Ant. 3e Noct.). Dans la nuit, lui apparut un vénérable vieillard, l’Apôtre Pierre, avec des remèdes. Agathe, dans sa délicate pudeur, ne voulut pas lui montrer les plaies de son corPs. « Je suis l’Apôtre du Christ, n’aie pas de doute à mon sujet, ma fille » (I. Ant. Laud.). « Je n’ai jamais employé pour mon corps de médecine terrestre, mais je m’en rapporte à Notre Seigneur Jésus-Christ qui, par sa parole, renouvelle toutes choses » (2. Ant. Laud.). Elle fut complètement guérie par saint Pierre : « Je te loue, Père de mon Seigneur Jésus-Christ, de ce que par ton Apôtre tu m’as restitué mes seins » (4. Ant. Laud.). Une lumière éclaira le cachot toute la nuit, si bien que les gardiens, effrayés, s’enfuirent. Ses compagnons de captivité l’exhortaient à fuir, mais elle refusa : « Je veux, maintenant qu’un secours m’a été accordé par le Seigneur, persister dans la confession de Celui qui m’a guérie et m’a apporté de la consolation » (4. Rép.). Quatre jours après, elle fut de nouveau amenée devant le juge. Celui-ci fut étonné de sa guérison. A la sommation d’adorer les idoles, elle répondit par une nouvelle profession de foi au Christ. Alors, le gouverneur la fit rouler sur des tessons et des charbons ardents. A ce moment, toute la ville fut ébranlée par un tremblement de terre. Deux murailles s’écroulèrent et ensevelirent sous leurs débris deux amis du gouverneur. Celui-ci, craignant un soulèvement populaire, fit ramener Agathe à demi-morte dans sa prison. Là, elle récita sa prière de mort : « La bienheureuse Agathe, debout dans sa prison, les bras étendus, priait le Seigneur : Seigneur Jésus-Christ, bon Maître, je te remercie de ce que tu m’as accordé la victoire sur les tortures du bourreau. Fais, Seigneur, que je parvienne heureusement à ta gloire immortelle. » Puis elle mourut.

Un an après sa mort, la ville de Catane fut éprouvée par une éruption de l’Etna. Dans leur frayeur, les païens eux-mêmes se précipitèrent au tombeau de la sainte. On prit son voile et on le tint en face du torrent de flammes, et, immédiatement, le péril fut écarté. C’est ce fait que rappelle l’antienne du lever du soleil : « La multitude des païens se précipita au tombeau de la vierge, ils tinrent son voile contre le feu et ainsi le Seigneur confirma que, par les mérites de la sainte martyre Agathe, il les avait sauvés du feu. » Son tombeau est vénéré à Catane, en Sicile.

2. La messe (Gaudeamus). — La messe commence solennellement : « Réjouissons-nous tous dans le Seigneur... ». Cet Introït, tiré du grec, fut composé pour la fête d’aujourd’hui et plus tard employé pour d’autres fêtes : l’Assomption de la Sainte Vierge, la Toussaint... Nous entendons le chœur joyeux des anges qui se réjouit de la Passion de la sainte. Dans la plupart des chants, nous entendons le cantique nuptial de l’Église (Ps. 44). Les deux lectures sont propres. Dans l’Épître, on entend l’écho de la justification de la sainte devant son juge païen, mais on y voit aussi le développement du thème de l’Oraison : Dieu choisit ce qui est petit et faible pour confondre ce qui est fort. « Le Christ est devenu pour nous, d’après l’ordonnance de Dieu, notre sagesse, notre justification, notre sanctification et notre Rédemption. » Ceci se réalise pour nous dans l’Eucharistie. Dans l’Évangile, le Christ nous parle de la virginité « à cause du royaume des cieux ». Agathe est de celles qui ont pu « saisir » ce langage et, pour sa couronne virginale, elle a versé son sang. Au Graduel, nous voyons la vierge « lutter contre les flots de la passion » ; à l’Alléluia, elle parle devant les « rois » des « témoignages de Dieu ». A la Communion, la communauté des fidèles chante une parole de la sainte : « Celui qui a daigné me guérir de toute blessure et rendre à ma poitrine mon sein arraché, je l’invoque comme le Dieu vivant. » De ce chant résultent des conséquences importantes pour notre vie liturgique. La communauté chrétienne s’approche de la Sainte Table, en quelque sorte, dans la personne de sainte Agathe. La sainte Eucharistie a une vertu de guérison. Cette guérison corporelle de sainte Agathe est l’image de la guérison spirituelle que nous apporte l’Eucharistie.

SOURCE : http://www.introibo.fr/05-02-Ste-Agathe-vierge-et-martyre#nh2


Sainte Agathe

Particulièrement honorée à en Italie, sainte Agathe était célèbre dans toute la chrétienté occidentale parce qu'elle est citée au canon de la messe. On attribue au pape saint Damase la composition d'une hymne en son honneur, saint Ambroise de Milan et le saint pape Gélase composèrent une préface particulière pour le jour de sa fête, saint Jérôme en fit mention dans son lectionnaire et saint Augustin en parla dans ses soliloques. Sainte Agathe était dans le calendrier de Carthage (VI° siècle) et dans tous les martyrologes latins et grecs.

Fêtée d'abord au 12 juillet, elle passa au 5 février, réputé jour anniversaire de son martyre où, après plusieurs jours de prières et de pénitences faites par les habitants de Catane menacés d'incendie, cessa une éruption de l'Etna.

Lors de l'irruption de l'Etna, les habitants de Catane étaient allés chercher le voile qui recouvrait le tombeau de sainte Agathe pour le porter en procession autour de la cité, et la coulée de lave s'était arrêtés aux portes de la ville.

En France, au Moyen-Age, on la trouve dans les litanies populaires des saints, dont une, au XV° siècle, la met au nombre des saints auxiliaires : Saint Blaise, glorieux martyr, avec madame sainte Agathe, garde mon âme au départir du corps, que l'enfer ne l'abatte ; une autre litanie du XIII° siècle disait : Sainte Agathe, vierge pucelle, qui souffris en ta mamelle, tu y souffris pour Dieu amour, prie pour moi notre Seigneur ; tandis qu'ailleurs on l'invoquait ainsi : Sainte Agathe, vierge piteuse, qui souffris peine douloureuse pour Jésus-Christ en ta poitrine, prie Dieu qu'il me donne son amour fine.

A Paris, en l'église Saint-Merry on exposait un riche reliquaire rond, en argent, offert la reine Isabeau de Bavière, les reliques venaient de la collégiale de Champeaux qui les avaient échangées contre des reliques de saint Merry ; il fut détruit par les révolutionnaires mais les reliques qui échappèrent à la profanation, sont encore à Saint-Merry.

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/02/05.php


SAINTE AGATHE, VIERGE *

Agathe tire son nom de agios, qui veut dire saint, et de Theos, Dieu. Sainte de Dieu : Trois qualités font les saints, comme dit saint Chrysostome : et elles furent toutes réunies en elle. Ce sont: la pureté du coeur, la présence de l’Esprit-Saint et l’abondance des bonnes oeuvres. Ou bien Agathe vient encore de a privatif, sans, de geos terre, et Theos, Dieu, comme on dirait une divinité sans terre, c'est-à-dire, sans amour des biens de la terre. Ce mot viendrait encore, de aga, qui signifie, parlant et thau, consommation, comme ayant parlé d'une manière consommée et parfaite, ainsi qu'on peut s'en assurer par ses réponses. Ou bien il viendrait d'agath, esclavage et thaas, souverain, ce qui voudrait dire servitude souveraine, par rapport à ces paroles qu'elle prononça : « C'est une souveraine noblesse que celle par laquelle on prouve qu'on est au service de J.-C. Agathe viendrait encore d'aga, solennel, et thau, consommé, comme si on disait consommée ; ensevelie solennellement; puisque les anges lui rendirent ce bon office.

Agathe, vierge de race noble et très belle de corps, honorait sans cesse Dieu en toute sainteté dans la ville de Catane. Or, Quintien, consulaire en Sicile, homme ignoble, voluptueux, avare et adonné à l’idolâtrie, faisait tous ses efforts pour se rendre maître d'Agathe (Bréviaire) . Comme il était de basse extraction, il espérait en imposer en s'unissant à une personne noble; étant voluptueux, il aurait joui de sa beauté; en s'emparant de ses biens, il satisfaisait son avarice; puisqu'il était idolâtre, il la contraindrait d'immoler aux dieux. Il se la fit donc amener. Arrivée en sa présence, et ayant connu son inébranlable résolution, il la livra entre les mains d'une femme de mauvaise vie nommée Aphrodisie (Bréviaire), et à ses neuf filles débauchées comme leur mère, afin que, dans l’espace de trente jours, elles la fissent changer de résolution. Elles espéraient; soit par de belles promesses, soit par des menaces violentes, qu'elles la détourneraient de son bon propos. La bienheureuse Agathe leur dit : « Ma volonté est assise sur la pierre et a J.-C. pour base ; vos paroles sont comme le vent, vos promesses comme la pluie, les terreurs que vous m’inspirez comme les fleuves. Quels que soient leurs efforts, les fondements de ma maison restent solides, rien ne pourra l’abattre. » En s'exprimant de la sorte, elle ne cessait de pleurer et chaque jour elle priait avec le désir de parvenir à la palme du martyre. Aphrodisie voyant Agathe rester inébranlable dit à Quintien : « Amollir les pierres, et donner au fer, la flexibilité du plomb serait plus facile que de détourner l’âme de cette jeune fille des pratiques chrétiennes et de la faire changer. » Alors Quintien la fit venir et lui dit: «De quelle condition es-tu? Elle, répondit : « Je suis noble et même d'une illustre famille, comme ma parenté en fait foi. * » Quintien lui dit : « Si tu es noble, pourquoi, par ta conduite as-tu des habitudes de personne servile ? » « C'est, dit-elle, que je suis servante de J.-C., voilà pourquoi je parais être une personne servile.» Quintien : «Puisque tu es noble, comment te dis-tu servante? » Elle répondit : « La souveraine noblesse, c'est d'être engagée au service de J.-C.( Bréviaire) » Quintien : « Choisis le parti que tu voudras, ou de sacrifier aux dieux, ou d'endurer différents supplices, » Agathe lui répondit: « Que ta femme ressemble à ta déesse Vénus, et toi-même, sois tel que l’a été ton dieu Jupiter. » Alors Quintien ordonna de la souffleter avec force en disant : « N'injurie pas ton juge par tes plaisanteries téméraires. » Agathe répliqua : «Je m’étonne qu'un homme prudent comme toi en soit arrivé à ce point de folie d'appeler tes dieux ceux dont tu ne voudrais pas que ta femme, ou bien toi, suivissiez les exemples, puisque tu dis que c'est te faire injure que de te souhaiter de vivre comme eux. En, effet si tes dieux sont bons, je ne t'ai souhaité que du bien ; mais si tu as horreur de leur ressembler, tu partages mes sentiments. » Quintien « Qu'ai je besoin d'entendre une série de propos superflus ? Ou sacrifie aux dieux, ou je vais te faire mourir par toute espèce de supplices. » Agathe : « Si tu me fais espérer d'être livrée aux bêtes, en entendant le nom de J.-C., elles s'adouciront ; si tu emploies le feu, les anges répandront du ciel sur moi une rosée salutaire ; si tu m’infliges plaies et tortures, je possède en moi le Saint-Esprit par la puissance duquel je méprise tout. »

Alors le consul la fit jeter en prison, parce qu'elle le confondait publiquement par ses discours. Elle y alla avec grande liesse et gloire, comme si elle fût invitée à un festin; et elle recommandait son combat au Seigneur. Le jour suivant, Quintien lui dit : « Renie le Christ et adore les dieux. » Sur son refus, il la fit suspendre à un chevalet et torturer (Bréviaire). Agathe dit : « Dans ces supplices, ma délectation est celle d'un homme qui apprend une bonne nouvelle, ou qui voit une personne longtemps attendue, ou qui a découvert de grands trésors. Le froment ne peut être serré au grenier qu'après avoir été fortement battu pour être séparé de sa balle; de même mon âme ne peut entrer au paradis avec la palme du martyre que mon corps n'ait été déchiré avec violence par les bourreaux. » Quintien en colère lui fit tordre les mamelles et ordonna qu'après les avoir longtemps tenaillées, on les lui arrachât. Agathe lui dit : « Impie, cruel et affreux tyran, n'as-tu pas honte de mutiler dans une femme ce que tu as sucé toi-même dans ta mère? J'ai dans mon âme des mamelles toutes saines avec lesquelles je nourris tous mes sens; et que j'ai consacrées au Seigneur dès mon enfance (Bréviaire). » Alors il commanda qu'on la fît rentrer en son cachot avec défense d'y laisser pénétrer les médecins, et de ne lui servir ni pain, ni eau. Et voilà que vers le milieu de la nuit, se présente à elle un vieillard précédé d'un enfant qui portait un flambeau, et ayant à la main divers médicaments. Et il lui dit : « Quoique ce magistrat insensé t'ait accablée de tourments, tu l’as encore tourmenté davantage par tes réponses, et quoiqu'il t'ait tordu ton sein; mais son opulence se changera en amertume : or comme j'étais présent lors de toutes tes tortures, j'ai vu que ta mamelle pourrait être guérie. » Agathe lui dit : « Je n'ai jamais employé la médecine pour mon corps, et ce me serait honte de perdre un avantage que j'ai conservé si longtemps. » Le vieillard : « Ma fille, je suis chrétien, n'aie pas de honte. » Agathe : « Et qui me pourrait donner de la honte, puisque vous êtes un vieillard fort avancé en âge ? d'ailleurs mon corps est si horriblement déchiré que personne ne pourrait concevoir pour moi aucune volupté : mais je vous rends grâces, mon seigneur et père, de l’honneur que vous me faites en vous intéressant à moi. » « Et pourquoi donc, répliqua le vieillard, ne me laisses-tu pas te guérir? » « Parce que, répondit Agathe, j'ai mon Seigneur J.-C. qui d'une seule parole guérit et rétablit toutes choses. C'est lui, s'il le veut, qui peut me guérir à l’instant. » Et le vieillard lui dit en souriant : « Et je suis son apôtre; et c'est lui-même qui m’a envoyé vers toi; sache que, en son nom, tu es guérie (Bréviaire). « Aussitôt l’apôtre saint Pierre disparut. La bienheureuse Agathe se prosterna et rendit grâces à Dieu ; elle se trouva guérie par tout son corps et sa mamelle était rétablie sur sa poitrine. Or, effrayés de l’immense lumière qui avait paru, les gardes avaient pris la fuite en laissant le cachot ouvert, alors quelques personnes la prièrent de s'en aller. « A Dieu ne plaise que je m’enfuie, dit-elle, et que je perde la couronne de patience! je mettrais mes gardiens dans la tribulations. »

Quatre jours après, Quintien lui dit d'adorer les dieux afin qu'elle n'eût pas à endurer de plus grands supplices. Agathe lui répondit : « Tes paroles sont insensées et vaines; elles souillent l’air et sont iniques, Misérable sans intelligence; comment veux-tu que j'adore des pierres et que je répudie le Dieu du ciel qui m’a guérie? » Quintien : « Et qui t'a guérie?». Agathe : «J.-C., le fils de Dieu.» Quintien ; « Tu oses encore proférer le nom du Christ que je ne veux pas entendre ? » Agathe : « Tant que je vivrai, j'invoquerai J.-C. du cœur et des lèvres. » Quintien : « Je vais voir si le Christ te guérira. » Et il ordonna qu'on parsemât la place de fragments de pots cassés, que sur ces tessons on répandit des charbons ardents, puis qu'on la roulât toute nue dessus. Pendant qu'on le faisait, voici qu'il survient un affreux tremblement de terre ; il ébranla tellement la ville entière que deux conseillers de Quintien furent écrasés sous les ruines du palais et que tout le peuple accourut vers le consul en criant que c'était uniquement pour l’injuste cruauté exercée contre Agathe que l’on souffrait ainsi (Bréviaire). Quintien craignant et le tremblement de terre, et une sédition du peuple, fit reconduire Agathe en prison; où elle fit cette prière : « Seigneur J.-C., qui m’avez créée, et m’avez gardée dès mon enfance, qui avez préservé mon coeur de souillure, qui l’avez sauvegardé contre l’amour du siècle, et qui m’avez fait vaincre les tourments, en m’octroyant la vertu de patience, recevez mon esprit et permettez-moi de parvenir jusqu'à votre miséricorde. » Après avoir adressé cette prière, elle jeta un grand cri, et rendit l’esprit vers l’an du Seigneur 253, sous l’empire de Dèce. Au moment où les fidèles ensevelissaient son corps avec des aromates et le mettaient dans le sarcophage, apparut un jeune homme vêtu de soieries, accompagné de plus de cent autres hommes fort beaux; ornés de riches vêtements blancs, qu'on n'avait jamais vus dans le pays; il s'approcha du corps de la sainte, à la tête de laquelle il plaça une tablette de marbre ; après quoi il disparut aussitôt. Or, cette table, partait cette inscription : « Ame sainte, généreuse, honneur de Dieu, et libératrice de sa patrie.» En voici le sens : Elle eut une âme sainte; elle s'offrit généreusement, elle rendit honneur à Dieu, et elle délivra sa patrie. Quand ce miracle eut été divulgué, les gentils eux-mêmes et les Juifs commencèrent à grandement vénérer son sépulcre. Pour Quintien, comme il allait faire l’inventaire des richesses de la sainte, deux de ses chevaux prirent le mors aux dents et se mirent à ruer; l’un le mordit et l’autre le frappa du pied et le fit tomber dans un fleuve, sans qu'on ait pu jamais retrouver son corps. Un an après, vers le jour de la fête de sainte Agathe, une montagne très haute qui est près de la ville, fit éruption et vomit du feu qui descendait comme un torrent de la montagne, mettait en fusion les rochers et la terre, et venait avec impétuosité sur la ville. Alors une multitude de païens descendirent de la montagne, coururent au sépulcre de la sainte, prirent le voile dont il était couvert et le placèrent devant le feu. Le jour du martyre de cette vierge le feu s'arrêta subitement et ne s'avança pas. Voici ce que dit saint Ambroise en parlant de cette vierge, en sa préface: « O heureuse et illustre vierge qui mérita de purifier son sang par, un généreux martyre pour la gloire du Seigneur! O glorieuse et noble vierge, illustrée d'une double gloire, pour avoir fait toutes sortes de miracles au, milieu des plus cruels tourments, et qui, forte d'un secours mystérieux, a mérité d'être guérie par la visite de l’apôtre! Les cieux reçurent cette épouse du Christ ; ses restes mortels sont l’objet d'un glorieux respect. Le chœur des anges y proclame la sainteté de son âme et lui attribue la délivrance de sa patrie.»

* Tiré de ses actes qui ont servi à la rédaction de son office au Bréviaire.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdccccii

St. Agatha

One of the most highly venerated virgin martyrs of Christian antiquity, put to death for her steadfast profession of faith in Catania, Sicily. Although it is uncertain in which persecution this took place, we may accept, as probably based on ancient tradition, the evidence of herlegendary life, composed at a later date, to the effect that her martyrdom occurred during the persecution of Decius (250-253).


Historic certitude attaches merely to the fact of her martyrdom and the public veneration paid her in the Church since primitive times. In the so-called Martyrologium Hieronymianum (ed. De Rossi and Duchesne, in Acta SS., Nov. II, 17) and in the ancient Martyrologium Carthaginiense dating from the fifth or sixth century (Ruinart, Acta Sincera, Ratisbon, 1859, 634), the name of St. Agatha is recorded on 5 February. In the sixth century Venantius Fortunatus mentions her in his poem on virginity as one of the celebrated Christian virgins andmartyrs (Carm., VIII, 4, De Virginitate: Illic Euphemia pariter quoque plaudit Agathe Et Justina simul consociante Thecla. etc.). Among the poems of Pope Damasus published by Merenda and others is a hymn to St. Agatha (P.L., XIII, 403 sqq.; Ihm, Damasi Epigrammata, 75, Leipzig, 1895). However, this poem is not the work of Damasus but the product of an unknown author at a later period, and was evidently meant for the liturgical celebration of the Saint's feast. Its content is drawn from the legend of St. Agatha, and the poem is marked by end-rhyme. From a letter of Pope Gelasius (492-496) to a certain Bishop Victor (Thiel. Epist. Roman. Pont., 495) we learn of a Basilica of St. Agatha in fundo Caclano, e.g., on the estate of that name. The letters of Gregory I make mention of St. Agatha at Rome, in the Subura, with which a diaconia or deaconry was connected (Epp., IV, 19; P.L., LXXVII, 688). It was in existence as early as the fifth century, for in the latter half of that century Rieimer enriched it with a mosaic. This same church was given the Arian Goths by Rieimer and was restored to Catholic worship by Pope Gregory I (590-604).

Although the martyrdom of St. Agatha is thus authenticated, and her veneration as a saint had even in antiquity spread beyond her native place, we still possess no reliable information concerning the details of her glorious death. It is true that we have the Acts of her martyrdom in two versions, Latin and Greek, the latter deviating from the former (Acta SS., I, Feb., 595 sqq.). Neither of these recensions, however, can lay any claim to historical credibility, and neither gives the necessary internal evidence that the information it contains rests, even in the more important details, upon genuine tradition. If there is a kernel of historical truth in the narrative, it has not as yet been possible to sift it out from the later embellishments. In their present form the Latin Acts are not older than the sixth century. According to them Agatha, daughter of a distinguished family and remarkable for her beauty of person, was persecuted by the Senator Quintianus with avowals of love. As his proposals were resolutely spurned by the pious Christian virgin, he committed her to the charge of an evil woman, whose seductive arts, however, were baffled by Agatha's unswerving firmness in the Christian faith. Quintianus then had her subjected to various cruel tortures. Especially inhuman seemed his order to have her breasts cut off, a detail which furnished to theChristian medieval iconography the peculiar characteristic of Agatha. But the holy virgin was consoled by a vision of St. Peter, whomiraculously healed her. Eventually she succumbed to the repeated cruelties practised on her. As already stated, these details, in so far as they are based on the Acts, have no claim to historical credibility. Allard also characterizes the Acts as the work of a later author who was more concerned with writing an edifying narrative, abounding in miracles, than in transmitting historical traditions.

Both Catania and Palermo claim the honour of being Agatha's birthplace. Her feast is kept on 5 February; her office in the Roman Breviaryis drawn in part from the Latin Acts. Catania honours St. Agatha as her patron saint, and throughout the region around Mt. Etna she is invoked against the eruptions of the volcano, as elsewhere against fire and lightning. In some places bread and water are blessed duringMass on her feast after the Consecration, and called Agatha bread.

Sources

Acta SS., loc. cit.; JOAN DE GROSSIS, Agatha Catanensis sive de natali patria S. Agathae, dissert. histor. (Paris, 1886), II, 301 sqq.; Hymnus de S. Agatha, in IHM, Damasi epigrammata (Leipzig, 1895), 75 sqq.; BUTLER, Lives, 5 Feb.

Kirsch, Johann Peter. "St. Agatha." The Catholic Encyclopedia. Vol. 1. New York: Robert Appleton Company, 1907. 5 Dec. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/01203c.htm>.


Transcription. This article was transcribed for New Advent by Michael T. Barrett.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. March 1, 1907. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/01203c.htm


ST. AGATHA, VIRGIN, MARTYR.

FEAST DAY: FEBRUARY 5TH

SAINT AGATHA was born in Sicily, of rich and noble parents—a child of benediction from the first, for she was promised to her parents before her birth, and consecrated from her earliest infancy to God. In the midst of dangers and temptations she served Christ in purity of body and soul, and she died for the love of chastity. Quintanus, who governed Sicily under the Emperor Decius, had heard the rumor of her beauty and wealth, and he made the laws against the Christians a pretext for summoning her from Palermo to Catania, where he was at the time. "O Jesus Christ!" she cried, as she set out on this dreaded journey, "all that I am is thine; preserve me against the tyrant."

And our Lord did indeed preserve one who had given herself so utterly to Him. He kept her pure and undefiled, while she was imprisoned for a whole month under charge of an evil woman. He gave her strength to reply to the offer of her life and safety, if but consent to sin, "Christ alone is my life and my salvation. When Quintanus turned from passion to cruelty, and cut off her breasts, Our Lord sent the Prince of His Apostles to heal her. And when, after she had been rolled naked upon potsherds, she asked that her torments might be ended, her Spouse heard her prayer, and took her to Himself.

St. Agatha gave herself without reserve to Jesus Christ; she followed Him in virginal purity, and then looked to Him for protection. And down to this day Christ has shown His tender regard for the very body of St. Agatha. Again and again, during the eruption of Mount Etna, the people of Catania have exposed for public veneration, and found safety by this means; and in modern times, on opening the tomb in which her body lies waiting for the resurrection, they beheld the skin still entire, and felt the sweet fragrance which issued from this temple of the Holy Ghost .

REFLECTION: Purity is a gift of God: we can gain it and preserve it only by care and diligence in avoiding all that may prove an incentive to sin.

SOURCE : http://jesus-passion.com/SAINT_AGATHA.htm

St. Agatha

Although we have evidence that Agatha was venerated at least as far back as the sixth century, the only facts we have about her are that she was born in Sicily and died there a martyr.

In the legend of her life, we are told that she belonged to a rich, important family. When she was young, she dedicated her life to God and resisted any men who wanted to marry her or have sex with her. One of these men, Quintian, was of a high enough rank that he felt he could force her to acquiesce. Knowing she was a Christian in a time of persecution, he had her arrested and brought before the judge – - himself. He expected her to give in to when faced with torture and possible death, but she simply affirmed her belief in God by praying: “Jesus Christ, Lord of all, you see my heart, you know my desires. Possess all that I am. I am your sheep: make me worthy to overcome the devil.”

Legend tells us that Quintian imprisoned her in a brothel in order to get her to change her mind. Quintian brought her back before him after she had suffered a month of assault and humiliation in the brothel, but Agatha had never wavered, proclaiming that her freedom came from Jesus. Quintian sent her to prison, instead of back to the brothel — a move intended to make her more afraid, but which probably was a great relief to her. When she continued to profess her faith in Jesus, Quintian had her tortured. He refused her any medical care but God gave her all the care she needed in the form of a vision of St. Peter. When she was tortured again, she died after saying a final prayer: “Lord, my Creator, you have always protected me from the cradle; you have taken me from the love of the world and given me patience to suffer. Receive my soul.”

Because one of the tortures she supposedly suffered was to have her breasts cut off, she was often depicted carrying her breasts on a plate. It is thought that blessing of the bread that takes place on her feast may have come from the mistaken notion that she was carrying loaves of bread.

Because she was asked for help during the eruption of Mount Etna she is considered a protector against the outbreak of fire. She is also considered the patroness of bellmakers for an unknown reason — though some speculate it may have something to do with the fact that bells were used as fire alarms.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-agatha/


Agatha of Catania VM (RM)

Born at Palermo or Catania, Sicily; died at Catania, Sicily, c. 250 (?). There certainly was a martyr named Agatha at Catania, who was venerated there from very early times as demonstrated by her inclusion in Saint Jerome's Martyrology, the calendar of Carthage (c. 530), the canon of the Roman Mass, and Carmina by Venantius Fortunatus, but nothing else is known of her. There are many versions of the basic legend included here. Agatha must have been beautiful and wealthy for the Sicilian consul Quintinian tried to force her to become his wife. When she refused because she had already dedicated herself to God as a virgin, he turned against her and decided to punish her by installing the pure girl in a brothel for a month. She resisted all attempts to shame her.



When this didn't work, Quintinian, who did not believe in God, brought her before the courts on the charge of belonging to the outlawed Christian sect. The accounts of her tortures are frightful--racked, scourged, branded. Even her breasts were cut off, and she was allowed no medicines or bandages or food when she was sent to a dark dungeon. It is said that Saint Peter appeared to her in a vision accompanied by a youth carrying a torch. He applied ointment and healed her wounds. Four days later, unmoved my the miraculous cure of her wounds, Quintinian caused her to be rolled naked over live coals mixed with potsherds.

Agatha would pray passionately throughout all this: "Lord Jesus Christ: you know what is in my heart and mind. Take me and all that I am and make me Your own." Naturally Agatha believed that death would be a happy release from her torturers into the arms of Jesus. They carried her broken body back to her prison, while she prayed for release. At that moment, just after an earthquake, Agatha died in prison of her injuries.

A saint who bore such trials was greatly revered, and her tomb became a sacred spot for Christians. Saint Gregory the Great, for example, took a church which the Goths used in Rome, and reconsecrated it to the saint. The church of Sant'Agata dei Goti still stands, preserving the memory of this virgin martyr.

In a later period pictures of Saint Agatha carrying her severed breasts on a platter were mistaken as bread, which led to the practice of blessing bread on Saint Agatha's Day.

Her intercession as patron of Malta is credited with preserving the island from the Turks in 1551. Her prayers were also efficacious in preventing the eruption of Mt. Etna on several occasions. Its torrent of burning sulphur and stones was averted from the walls of Catania several times by the silken veil of Saint Agatha (taken from her tomb), fixed on a lance, and carried in procession. As the sacred relic met the lava, the flow would stop and the eruption end. Her name is found in the litany of the saints and in all martyrologies:

Greek and Latin (Attwater, Benedictines, Bentley, Delaney, Encyclopedia, Farmer, Husenbeth, White). In art, Saint Agatha is a maiden martyr with a palm, two breasts held on a platter, and either pincers or shears (Tabor). Sometimes she is shown (1) with her breasts cut off or held in tongs; (2) crowned, with tongs and palms; (3) covering her shorn breasts as an angel brings her the martyr's palm; (4) holding a unicorn's horn; (5) with a torch and burning church in her hand (Roeder), or with a long veil (Tabor). She is depicted in the mosaics of Sant'Apolinare Nuovo in Ravenna, Italy (Farmer) and a picture of her martyrdom by Sebastiano del Piombo at the Pitti Palace in Florence, Italy (Tabor).

Agatha is the patroness of Catania, where she preserves Mt. Etna from erupting. She is also patroness of bell-founders (shaped like her breasts, or possibly because bells are used to warn of fire), firefighters, girdlers, jewellers, maltsters, nurses, wet-nurses, weavers, and shepherdesses. Agatha is invoked against earthquake, fire, lightning, storm, sterility, wolves, and diseases of the breast (Roeder, White).




Saint Agatha of Sicily

Also known as
  • Agatha of Catania
  • Agatha of Palermo
Profile

We have little reliable information about this martyr, who has been honoured since ancient times, and whose name is included in the canon of the Mass. Young, beautiful and rich, Agatha lived a life consecrated to God. When Decius announced the edicts against Christians, the magistrate Quinctianus tried to profit by Agatha’s sanctity; he planned to blackmail her into sex in exchange for not charging her. Handed over to a brothel, she refused to accept customers. After rejecting Quinctianus’s advances, she was beaten, imprisoned, tortured, her breasts were crushed and cut off. She told the judge, “Cruel man, have you forgotten your mother and the breast that nourished you, that you dare to mutilate me this way?” One version has it that Saint Peter healed her. She was then imprisoned again, then rolled on live coals; when she was near death, an earthquake stuck. In the destruction that followed, a friend of the magistrate was crushed, and the magistrate fled. Agatha thanked God for an end to her pain, and died.

Legend says that carrying her veil, taken from her tomb in Catania, in procession has averted eruptions of Mount Etna. Her intercession is reported to have saved Malta from Turkish invasion in 1551.

Born



Caravaggio-follower Giovanni Lanfranco, Saint Pierre guérissant Sainte Agathe, 1614


Sant' Agata Vergine e martire


Catania, 235? - 5 febbraio 251

Nacque nei primi decenni del III secolo a Catania in una ricca e nobile famiglia di fede cristiana. Verso i 15 anni volle consacrarsi a Dio. Il vescovo di Catania accolse la sua richiesta e le impose il velo rosso portato dalle vergini consacrate. Il proconsole di Catania Quinziano, ebbe l'occasione di vederla, se ne invaghì, e in forza dell'editto di persecuzione dell'imperatore Decio, l'accusò di vilipendio della religione di Stato, quindi ordinò che la portassero al Palazzo pretorio. I tentativi di seduzione da parte del proconsole non ebbero alcun risultato. Furioso, l'uomo imbastì un processo contro di lei. Interrogata e torturata Agata resisteva nella sua fede: Quinziano al colmo del furore le fece anche strappare o tagliare i seni con enormi tenaglie. Ma la giovane, dopo una visione, fu guarita. Fu ordinato allora che venisse bruciata, ma un forte terremoto evitò l'esecuzione. Il proconsole fece togliere Agata dalla brace e la fece riportare agonizzante in cella, dove morì qualche ora dopo. Era il 251. (Avvenire)

Patronato: Pompieri, Catania, Repubblica di San Marino

Etimologia: Agata = buona, virtuosa, dal greco

Emblema: Giglio, Palma, Pinze, Seni (su di un piatto)

Martirologio Romano: Memoria di sant’Agata, vergine e martire, che a Catania, ancora fanciulla, nell’imperversare della persecuzione conservò nel martirio illibato il corpo e integra la fede, offrendo la sua testimonianza per Cristo Signore.

Sant’Agata il cui nome in greco Agathé, significava buona, fu martirizzata verso la metà del III secolo, alcuni reperti archeologici risalenti a pochi decenni dalla morte, avvenuta secondo la tradizione il 5 febbraio 251, attestano il suo antichissimo culto. 


Agata nacque nei primi decenni del III secolo (235?) a Catania; la Sicilia, come l’intero immenso Impero Romano era soggetta in quei tempi alle persecuzioni contro i cristiani, che erano cominciate, sia pure occasionalmente, intorno al 40 d.C. con Nerone, per proseguire più intense nel II secolo, giustificate da una legge che vietava il culto cristiano. 


Nel III secolo, l’editto dell’imperatore Settimio Severo, stabilì che i cristiani potevano essere prima denunciati alle autorità e poi invitati ad abiurare in pubblico la loro nuova fede. Se essi accettavano di ritornare al paganesimo, ricevevano un attestato (libellum), che confermava la loro appartenenza alla religione pagana, in caso contrario se essi rifiutavano di sacrificare agli dei, venivano prima torturati e poi uccisi. 


Era un sistema spietato e calcolato, perché l’imperatore tendeva a fare più apostati possibile che martiri, i quali venivano considerati più pericolosi dei cristiani vivi. Nel 249 l’imperatore Decio, visto il diffondersi comunque del cristianesimo, fu ancora più drastico; tutti i cristiani denunciati o no, dovevano essere ricercati automaticamente dalle autorità locali, arrestati, torturati e poi uccisi. 


In quel periodo Catania era una città fiorente e benestante, posta in ottima posizione geografica; il suo grande porto, costituiva un vivace punto di scambio commerciale e culturale dell’intero Mediterraneo. 


E come per tutte le città dell’Impero Romano, anche Catania aveva un proconsole o governatore, che rappresentava il potere decentrato dell’impero, ormai troppo vasto; il suo nome era Quinziano, uomo brusco, superbo e prepotente e circondato da una corte numerosa, con i familiari, un numero enorme di schiavi e con le guardie imperiali, dimorava nel ricco palazzo Pretorio con annessi altri edifici, in cui si svolgevano tutte le attività pubbliche della città. 


Secondo la ‘Passio Sanctae Agathae’ risalente alla seconda metà del V secolo e di cui esistono due traduzioni, una latina e due greche, Agata apparteneva ad una ricca e nobile famiglia catanese, il padre Rao e la madre Apolla, proprietari di case e terreni coltivati, sia in città che nei dintorni, essendo cristiani, educarono Agata secondo la loro religione. 


Cresciuta nella sua fanciullezza e adolescenza in bellezza, candore e purezza verginale, sin da piccola sentì nel suo cuore il desiderio di appartenere totalmente a Cristo e quando giunse sui 15 anni, sentì che era giunto il momento di consacrarsi a Dio. Nei primi tempi del cristianesimo le vergini consacrate, con il loro nuovissimo stile di vita, costituivano un’irruzione del divino in un mondo ancora pagano e in disfacimento. 


Il vescovo di Catania accolse la sua richiesta e durante una cerimonia ufficiale chiamata ‘velatio’, le impose il ‘flammeum’, cioè il velo rosso portato dalle vergini consacrate. 


Nel mosaico di S. Apollinare Nuovo in Ravenna del VI secolo, è raffigurata con la tunica lunga, dalmatica e stola a tracolla, abbigliamento che lascia supporre che fosse diventata diaconessa. 


Il proconsole di Catania Quinziano, ebbe l’occasione di vederla e se ne incapricciò, e in forza dell’editto di persecuzione dell’imperatore Decio, l’accusò di vilipendio della religione di Stato, accusa comune a tutti i cristiani, quindi ordinò che la catturassero e la conducessero al Palazzo Pretorio. 


Qui subentrano varie tradizioni popolari, che indicano Agata che scappa per non farsi arrestare e si rifugia in posti indicati dalla tradizione, in una contrada poco distante da Catania, Galermo, oppure a Malta, oppure a Palermo; ma comunque ella viene catturata e condotta da Quinziano. 


Il proconsole quando la vede davanti viene conquistato dalla sua bellezza e una passione ardente s’impadronisce di lui, ma i suoi tentativi di seduzione non vanno in porto, per la resistenza ferma della giovane Agata. 


Egli allora mette in atto un programma di rieducazione della ragazza affidandola ad una cortigiana di facili costumi di nome Afrodisia, affinché la rendesse più disponibile. Trascorse un mese, sottoposta a tentazioni immorali di ogni genere, con festini, divertimenti osceni, banchetti; ma lei resistette indomita nel proteggere la sua verginità consacrata al suo Sposo celeste, al quale volle rimanere fedele ad ogni costo. 


Sconfitta e delusa, Afrodisia riconsegna a Quinziano Agata dicendo: “Ha la testa più dura della lava dell’Etna”. Allora furioso, il proconsole imbastì un processo contro di lei, che si presentò vestita da schiava come usavano le vergini consacrate a Dio; “Se sei libera e nobile” le obiettò il proconsole, “perché ti comporti da schiava?” e lei risponde “Perché la nobiltà suprema consiste nell’essere schiavi del Cristo”. 


Il giorno successivo altro interrogatorio accompagnato da torture, tralasciamo i testi degli interrogatori per motivo di spazio, del resto sono articolati diversamente da una ‘passio’ all’altra. Ad Agata vengono stirate le membra, lacerata con pettini di ferro, scottata con lamine infuocate, ma ogni tormento invece di spezzarle la resistenza, sembrava darle nuova forza, allora Quinziano al colmo del furore le fece strappare o tagliare i seni con enormi tenaglie. 


Questo risvolto delle torture, costituirà in seguito il segno distintivo del suo martirio, infatti Agata viene rappresentata con i due seni posati su un piatto e con le tenaglie. Riportata in cella sanguinante e ferita, soffriva molto per il bruciore e dolore, ma sopportava tutto per l’amore di Dio; verso la mezzanotte mentre era in preghiera nella cella, le appare s. Pietro apostolo, accompagnato da un bambino porta lanterna, che la risana le mammelle amputate. 


Trascorsi altri quattro giorni nel carcere, viene riportata alla presenza del proconsole, il quale visto le ferite rimarginate, domanda incredulo cosa fosse accaduto, allora la vergine risponde: “Mi ha fatto guarire Cristo”. Ormai Agata costituiva una sconfitta bruciante per Quinziano, che non poteva sopportare oltre, intanto il suo amore si era tramutato in odio e allora ordina che venga bruciata su un letto di carboni ardenti, con lamine arroventate e punte infuocate. 


A questo punto, secondo la tradizione, mentre il fuoco bruciava le sue carni, non brucia il velo che lei portava; per questa ragione “il velo di sant’Agata” diventò da subito una delle reliquie più preziose; esso è stato portato più volte in processione di fronte alle colate della lava dell’Etna, avendo il potere di fermarla. 


Mentre Agata spinta nella fornace ardente muore bruciata, un forte terremoto scuote la città di Catania e il Pretorio crolla parzialmente seppellendo due carnefici consiglieri di Quinziano; la folla dei catanesi spaventata, si ribella all’atroce supplizio della giovane vergine, allora il proconsole fa togliere Agata dalla brace e la fa riportare agonizzante in cella, dove muore qualche ora dopo. 


Dopo un anno esatto, il 5 febbraio 252, una violenta eruzione dell’Etna minacciava Catania, molti cristiani e cittadini anche pagani, corsero al suo sepolcro, presero il prodigioso velo che la ricopriva e lo opposero alla lava di fuoco che si arrestò; da allora s. Agata divenne non soltanto la patrona di Catania, ma la protettrice contro le eruzioni vulcaniche e poi contro gli incendi. 


L’ultima volta che il suo patrocinio si è rivelato valido, tramite il miracoloso velo, portato in processione dall’arcivescovo di Catania, è stata nel 1886, quando una delle ricorrenti eruzioni dell’Etna, minacciava la cittadina di Nicolosi, posta sulle pendici del vulcano e che venne risparmiata dalla distruzione. 


Nel 1040 le reliquie della santa, furono trafugate dal generale bizantino Giorgio Maniace, che le trasportò a Costantinopoli; ma nel 1126 due soldati della corte imperiale, il provenzale Gilberto ed il pugliese Goselmo, le riportarono a Catania dopo un’apparizione della stessa santa, che indicava la buona riuscita dell’impresa; la nave approdò la notte del 7 agosto ad Aci Castello, tutti i catanesi risvegliatisi e rivestitisi alla meglio, accorsero ad onorare la “Santaituzza”. 


Nei secoli le manifestazioni popolari legate al culto della santa, richiamavano gli antichi riti precristiani alla dea Iside, per questo s. Agata con il simbolismo delle mammelle tagliate e poi risanate, assume una possibile trasfigurazione cristiana del culto di Iside, la benefica Gran Madre, anche se era appena una quindicenne. 


Ciò spiegherebbe anche il patronato di s. Agata sui costruttori di campane, perché si sa, nei culti precristiani la campana era simbolo del grembo della Mater Magna. Le sue reliquie sono conservate nel duomo di Catania in una cassa argentea, opera di celebri artisti catanesi; vi è anche il busto argenteo della “Santaituzza”, opera del 1376, che reca sul capo una corona, dono secondo la tradizione, di re Riccardo Cuor di Leone. 


Il culto per s. Agata fu talmente grande, che fino al XVI secolo, essa era contesa come appartenenza anche da Palermo, la questione è stata a lungo discussa, finché a Palermo il culto per la santa, fu soppiantato da quello per s. Rosalia. Anche a Roma fu molto venerata, papa Simmaco (498-514) eresse in suo onore una basilica sulla Via Aurelia e un’altra le fu dedicata da S. Gregorio Magno nel 593. 


Nel XIII secolo nella sola diocesi di Milano si contavano ben 26 chiese a lei intitolate. Celebrazioni e ricorrenze per la sua festa avvengono un po’ in tutta Italia, perfino a San Marino, ma è Catania il centro più folcloristico e religioso del suo culto, le feste sono due il 5 febbraio e il 17 agosto, con caratteristiche processioni con il prezioso busto della santa, custodito nel Duomo. 


Vi sono undici Corporazioni di mestieri tradizionali, che sfilano in processione con le cosiddette ‘Candelore’ fantasiose sculture verticali in legno, con scomparti dove sono scolpiti gli episodi salienti della vita di s. Agata. Il busto argenteo, preceduto dalle ‘Candelore’ è posto a sua volta sul “fercolo”, una macchina trainata con due lunghe e robuste funi, da centinaia di giovani vestiti dal caratteristico ‘sacco’. 


Tante altre manifestazioni popolari e folcloristiche, oggi non più in uso, accompagnavano nei tempi trascorsi questi festeggiamenti, a cui partecipava tutto il popolo con le Autorità di Catania, devotissimo alla sua ‘Santaituzza’.


Autore: Antonio Borrelli

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0205.shtml