samedi 11 février 2012

NOTRE-DAME DE LOURDES



Notre-Dame de Lourdes

La Vierge Marie est apparue 18 fois à Bernadette Soubirous, entre le 11 février et le 16 juillet 1858, à la grotte de Massabielle, près de Lourdes. Elle demande à Bernadette de devenir sa messagère et de travailler, à sa manière, à la conversion des pécheurs. Elle lui demande d'établir un lieu de prière et de pèlerinage. Elle lui confirme le dogme proclamé trois ans plus tôt par le Pape Pie IX : "Je suis l'Immaculée Conception". Bernadette sera une humble servante qui s'efface quand l'Eglise accepte le message de la Vierge Marie. Aujourd'hui plusieurs millions de visiteurs, de pèlerins et de malades viennent chaque année, du monde entier, prier Notre-Dame de Lourdes, afin d'obtenir la grâce de la conversion et le soulagement de leurs épreuves.

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/02/11/4905/-/notre-dame-de-lourdes

APPARITION de NOTRE-DAME de LOURDES, 1858

Proclamée Immaculée dans Sa Conception, le 8 décembre 1954, Marie ne devait pas tarder à montrer combien Elle agréait ce nouvel hommage de la sainte Église. Quatre ans plus tard, en 1858, elle daigna Se montrer, à dix-huit reprises, à une petite fille de Lourdes, bourgade des Pyrénées.

L'enfant, ignorante et candide, s'appelait Bernadette. La Vierge paraissait dans une grotte sauvage. Son visage était gracieux et vermeil; Elle était enveloppée dans les plis d'un long voile blanc; une ceinture bleue flottait autour d'Elle; sur chacun de Ses pieds brillait une rose épanouie. L'enfant regarda longtemps, étonnée et ravie; elle prit son chapelet et le récita pieusement. L'apparition lui ordonna de revenir.

La dix-huitième fois, Bernadette supplia la vision de Se faire connaître. Alors, l'Être mystérieux, joignant les mains devant Sa poitrine, et revêtant une majesté toute divine, disparut en disant: "JE SUIS L'IMMACULÉE CONCEPTION!" C'était la Sainte Vierge, patronne de l'Église et de la France, qui venait appeler Son peuple à la prière et à la pénitence.

A partir de cette époque, la ville de Lourdes devenait immortelle. L'Apparition triompha de toutes les impiétés et de toutes les persécutions. Des foules immenses sont venues, selon le désir exprimé par l'Apparition, saluer la Vierge Immaculée dans Sa grotte bénie et dans les splendides sanctuaires érigés à Sa demande et en Son honneur, sur le flanc de la montagne.

De nombreux et éclatants miracles ont récompensé et récompensent toujours la foi des pieux pèlerins; et chaque jour ce grand mouvement catholique va croissant; c'est par centaines de mille, chaque année, que les dévôts de Marie affluent, à Lourdes, de toutes les parties du monde.

La piété catholique a multiplié les Histoires et les Notices de Notre-Dame de Lourdes; mille et mille cantiques de toutes langues ont été chantés au pied de la Grotte bénie; partout, en France et dans toutes les parties du monde, se sont multipliées les représentations de la Grotte de Lourdes et de sa basilique, les images et les statues de la Vierge Immaculée. Les féeriques processions aux flambeaux, les merveilleuses illuminations, les grandioses manifestations qui s'y renouvellent souvent, ont fait de Lourdes comme un coin du Paradis.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/apparition_de_notre-dame_de_lourdes.html

Notre-Dame de Lourdes

Extraits d'une homélie prononcée par le Pape Jean-Paul II, le 11 février 1988, dans la Basilique Saint Pierre, pour célébrer la mémoire de la première apparition de la Vierge de Lourdes

Aujourd'hui rappelons, chers Frères et Sœurs, une présence significative de cette nouvelle Femme dans notre histoire. Nous célébrons la mémoire liturgique de la première apparition de la Bienheureuse Vierge Marie à Bernadette Soubirous dans la grotte de Massabielle.

Rappelons ensuite que - comme je le disais dans mon encyclique Redemptoris Mater - “ Marie est présente dans la mission de l'Église, présente dans l'action de l'Église qui fait entrer dans le monde le Règne de son Fils ” (n. 28). Cette présence se manifeste aussi, entre autre, “ par la force d'attraction et de rayonnement des grands sanctuaires où non seulement les individus ou les groupes locaux, mais parfois des nations et des continents cherchent la rencontre avec la Mère du Seigneur ”.

Lourdes, comme tant d'autres lieux, est un signe particulier de cette action de Marie dans le cours de notre histoire. En effet -comme le dit Vatican II (Const. Dogm. Lumen Gentium, 62) - “ après son Assomption au ciel, son rôle dans le salut ne s'interrompt pas ; par son intercession répétée elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel. Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n'est pas achevé, ou qui se trouvent engagés dans les périls et les épreuves, jusqu'à ce qu'ils parviennent à la patrie bienheureuse ”.

A Lourdes Marie accomplit une mission de soulagement de la souffrance et de réconciliation des âmes avec Dieu et avec le prochain.

Les grâces que cette Mère de Miséricorde obtient aux foules immenses d'une humanité endolorie et égarée, ont toutes le but de les conduire au Christ et de leur obtenir le don de son Esprit.

A Lourdes, Marie, par l'intermédiaire de Sainte Bernadette, s'est révélée, de façon éminente, comme “ porte-parole de la volonté du Fils ” (cf. Enc. Redemptoris Mater, n. 21).

Tout ce que la Madone dit à la Voyante, tout ce qu'elle l'exhorta à faire, tout ce qui ensuite est né, est arrivé et arrive, reflète, en un certain sens, la “ volonté ” de la Madone : mais au nom de qui a-t-Elle obtenu tout ceci, à la grâce de qui, si ce n'est de son Fils divin ? Donc, Lourdes, nous pouvons le dire, appartient au Christ encore plus qu'à sa Très Sainte Mère. A Lourdes, nous apprenons à connaître le Christ à travers Marie. Les miracles de Lourdes sont les miracles du Christ, obtenus par l'intercession de Marie.

Pour cela, Lourdes est un lieu privilégié d'expérience chrétienne. A Lourdes, on apprend à souffrir comme le Christ a souffert. On accepte la souffrance comme Il l'a acceptée.

A Lourdes la souffrance s'allège parce qu'on la vit avec le Christ. Pourvu qu'on la vive avec le Christ. Soutenus par Marie.

A Lourdes, on apprend que la foi soulage la souffrance, mais pas tellement dans le sens de la diminuer physiquement. C'est le devoir de la médecine, ou cela peut arriver exceptionnellement de façon miraculeuse.

A Lourdes, on apprend que la foi soulage la souffrance en ce qu'elle la rend acceptable comme moyen d'expiation et comme expression d'amour. A Lourdes, on apprend à s'offrir non seulement à la justice divine, mais aussi - comme le disait Sainte Thérèse de Lisieux - à l'Amour miséricordieux de Celui qui, comme je l'ai dit dans ma lettre apostolique Salvifici Doloris (n. 18), a souffert “ volontairement et innocemment ”.

Litanies

Seigneur, ayez pitié de nous Seigneur, ayez pitié de nous

O Christ, ayez pitié de nous O Christ, ayez pitié de nous

Seigneur, ayez pitié de nous Seigneur, ayez pitié de nous

Père du Ciel qui êtes Dieu, ayez pitié de nous


Fils, Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Saint-Esprit qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Sainte Trinité qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous


Sainte Mère de Dieu, priez pour nous

Sainte Marie, Vierge très-sainte, priez pour nous

Sainte Marie, Vierge très-digne, priez pour nous

Sainte Marie, Vierge très-pure, priez pour nous

Sainte Marie, Vierge très-illustre, priez pour nous

Sainte Marie, Vierge très-glorieuse, priez pour nous

Sainte Marie, Vierge très-précieuse, priez pour nous

Sainte Marie, Vierge très-juste, priez pour nous

Sainte Marie, Mère de la miséricorde, priez pour nous

Sainte Marie, Mère de la prudence, priez pour nous

Sainte Marie, Mère de l'obéissance, priez pour nous

Sainte Marie, Mère de la grâce, priez pour nous

Sainte Marie, Mère de la pureté, priez pour nous

Sainte Marie, Mère de la confiance, priez pour nous

Sainte Marie, Mère de la patience, priez pour nous

Sainte Marie, Reine des cieux, priez pour nous

Sainte Marie, Reine des Anges, priez pour nous

Sainte Marie, Reine des Patriarches, priez pour nous

Sainte Marie, Reine des Apôtres, priez pour nous

Sainte Marie, Reine des Martyrs, priez pour nous

Sainte Marie, Reine de tous les saints, priez pour nous

Sainte Marie, source de l'humilité, priez pour nous

Sainte Marie, source de la piété, priez pour nous

Sainte Marie, source de la charité, priez pour nous

Sainte Marie, source de la grandeur, priez pour nous

Sainte Marie, source de la bonté, priez pour nous

Sainte Marie, source de la vérité, priez pour nous

Sainte Marie, source de la consolation, priez pour nous

Sainte Marie, source du salut, priez pour nous

Sainte Marie, source de la réparation, priez pour nous

Sainte Marie, source de la douceur, priez pour nous

Sainte Marie, source de la béatitude, priez pour nous

Sainte Marie, source de la beauté, priez pour nous

Sainte Marie, source de la perfection, priez pour nous

Sainte Marie, plus élevée que les cieux, priez pour nous

Sainte Marie, placée au-dessus des puissances, priez pour nous

Sainte Marie, plus estimable qu'une pierre précieuse, priez pour nous

Sainte Marie, plus belle que la lune, priez pour nous

Sainte Marie, plus précieuse qu'un trésor, priez pour nous

Sainte Marie, plus brillante que les étoiles, priez pour nous

Sainte Marie, qui êtes au-dessus de tout éloge, priez pour nous

Sainte Marie, fleur de la véritable sagesse, priez pour nous

Sainte Marie, fleur de la véritable science, priez pour nous

Sainte Marie, fleur de la véritable indulgence, priez pour nous

Sainte Marie, fleur de la véritable excellence, priez pour nous

Sainte Marie, fleur de la véritable justice, priez pour nous

Sainte Marie, fleur de la véritable milice, priez pour nous

Sainte Marie, fleur de la véritable joie, priez pour nous

Sainte Marie, pierre la plus précieuse du ciel, priez pour nous

Sainte Marie, qui êtes sans tache, priez pour nous

Sainte Marie, porte du paradis, priez pour nous

Sainte Marie, route du bon conseil, priez pour nous

Sainte Marie, avocate des pécheurs, priez pour nous

Sainte Marie, élevée au-dessus de toutes les créatures, priez pour nous

Sainte Marie, pendant toute l'éternité, priez pour nous

Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.

Afin que nous soyons dignes des promesses du Christ.

Seigneur, protégez vos serviteurs, en leur accordant les bienfaits de la paix, et faites que, pleins de confiance en la protection de la bienheureuse vierge Marie, ils soient à l'abri des attaques de tous leurs ennemis. Par Jésus-Christ, notre Seigneur. - Amen.

Méditations

Il semble que le seul maintien d'une personne, son attitude, nous la révèlent tout entière, comme si son extérieur semblait sculpter son âme. Certes, la Vierge de Lourdes, en se montrant à sainte Bernadette, vient nous apporter un message qui redit l'essentiel de l'Evangile : prière et pénitence. Presque toutes les apparitions de la Sainte Vierge reprennent cet enseignement qui, pour en être capital, est trop souvent bien vite oublié. Mais, avant de l’entendre, il suffit de la regarder pour recevoir sa leçon : la révélation de son état d'âme à l'image duquel ses enfants doivent se conformer afin de porter la ressemblance maternelle. Contemplons cette image de l'Immaculée, tant reproduite dans nos églises, regardons dans le recueillement son visage, ses mains, ses pieds. Avant que de parler, elle apparaît et sa seule apparition comporte une leçon morale.

Notre-Dame de Lourdes regarde le ciel. Dans ce visage, les yeux, qui sont le sens le plus parlant, sont levés vers Dieu et semblent porter tout son être vers Dieu seul d'un même élan total.

Ainsi, vient-elle nous révéler son nom d'Immaculée, en nous rappelant aux lois fondamentales de la prière et de la pénitence. Sa seule attitude nous livre son âme et nous invite à y faire la nôtre semblable par le seul mystérieux attrait de sa beauté morale. Beau reflet de son privilège d'Immaculée, que ce don entier d'elle-même à Dieu. Ce privilège, que notre pauvre langage humain exprime d'une façon négative : « immaculée, sans tache, sans péché », est une réalité positive, profonde et splendide. Il s’agit d’une plénitude de grâce de la part de Dieu à laquelle correspond l'offrande totale de Marie au Seigneur.

Cette attitude d'âme est celle à laquelle nous devons tendre. Enfants de Dieu, parce que nous tenons du Seigneur et la vie naturelle et la vie surnaturelle, le premier mouvement en tout et toujours doit être de s'orienter vers Dieu. Dès nos premières leçons de catéchisme, nous avons appris que Dieu nous a créés pour le connaître, l'aimer, le servir et lui plaire, aussi, quelle que soit notre vocation, notre état, nos occupations, tout ce qui fait notre vie cherche Dieu et aboutit à lui.

A peine avons-nous commencé notre chapelet, qu’en récitant le Pater, reçu de la bouche de Jésus, nous affirmons ne pas vouloir autre chose que sanctifier le Nom divin, que faire advenir son règne et que faire sa volonté. Le saint apôtre Paul, entrant plus avant dans le détail de nos vies, jusqu’aux actions les plus simples et les plus naturelles, dira : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (I Corinthiens X 31).

Les saints, singulièment les fondateurs d'Ordres, ont tracé à leurs disciples un chemin de perfection. Si, à première vue, ces chemins peuvent paraître différents, en réalité, tous, avec des expressions semblables, portent au même but : saint Ignace de Loyola veut que ses Jésuites travaillent « pour la plus grande de Dieu », comme saint Louis-Marie Grignion de Montfort veut que ses religieux n’aient en tête que « Dieu seul », comme sainte Anne-Marie Javouhey ordonne ses religieuses à « la sainte volonté de Dieu. » Voilà, en définitive, ce que nous dit, la figure extatique de la Vierge de Massabielle au regard fixé vers Dieu.

Habituellement, lorsqu’elle apparaissait à sainte Bernadette, l'Immaculée avait les mains jointes sur sa poitrine, même s’il lui arriva d'ouvrir les bras. Lorsqu’elle égrainait son chapelet avec Bernadette, tout le temps que la voyante le récitait, ses mains devenaient jointes aux doigts entrelacés. Mains jointes paume contre paume, ou mains jointes aux doigts entrelacés, c'est toujours l’attitude de la prière. Par là, elle nous souligne que la prière est le moyen de rester fixés à Dieu et de nous unir à lui.

Par la prière, mouvement de l'esprit et du cœur, avant d'être mouvement des lèvres, se fait notre union à Dieu. Par la foi, l'adoration, la demande, la prière donne à tout le reste de notre activité valeur d'hommage à Dieu. Reconnaissons que la faiblesse de nos conceptions et de nos interprétations humaines nous font souvent négliger la prière ; sous prétexte que le saint apôtre Jacques nous enseigne que la foi sans les œuvres est une foi morte, bien des chrétiens n'accordent pas leur vie extérieure à leurs pratiques de piété ; sous prétexte qu'il existe des dévots égoïstes, paresseux, orgueilleux, avares, médisants et peu charitables, les beaux esprits entendent minimiser le rôle cultuel de la religion et la veulent concentrer dans les activités extérieures ; c'est tout juste s’ils ne placent pas ce que le monde appellait autrefois l’honnête homme, sans aucune religion et vaguement altruiste, au-dessus du catholique pratiquant et observant. Assurément, Jésus lui-même demandait des « adorateurs en esprit et en vérité »; il dit à des pharisiens, hypocrites : « Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi » ; il déclara : « Ce ne sont pas ceux qui disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux, mais ceux qui font la volonté de mon Père qui m'a envoyé. » Mais n'oublions pas non plus qu'il a recommandé : « Il faut toujours prier ». Et pour toujours prier, pour que nos activités les plus charitables, pour que nos œuvres de zèle restent toujours prière et ne dévient pas en satisfactions personnelles, en quête de vaine gloire ou de popularité, voire même en simple altruisme naturel, il est nécessaire de faire souvent retour à Dieu par la prière bien comprise : élévation de notre âme vers Dieu pour reconnaître que tout vient de lui et doit aller à lui, qu'il est tout et que nous ne sommes rien. Telle est la leçon que nous donne l'Immaculée aux mains jointes et jusque dans le concret, en tenant le chapelet qui est la prière des humbles.

Sur chacun des pieds nus de Notre-Dame de Lourdes, on voit une rose jaune qui brillait comme de l'or. Ses pieds disparaissaient, pour ainsi dire, sous le pan de la robe et les deux roses lui faisaient comme une chaussure. Comment ne pas se rappeler ici l'enthousiasme du prophète : « Qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix ! » Il exalte les pieds des missionnaires parce qu'ils sont le signe de leur activité et de leur zèle. Ces deux roses, sur les pieds de l'Immaculée, sont, comme toujours, symbole d'amour, de l'amour de Dieu et du prochain, du double amour qui se résoud en un seul, la charité, vertu théologale. Mais symbole de son amour agissant puisqu'elles fleurissent sur ses pieds. Amour qui s'active, qui se dépense, qui s'épuise pour Dieu et pour les âmes. Ainsi son union à Dieu indiquée par son regard, formée par la prière, s'achève dans l'amour véritable, non celui des mots mais celui des actes. Parfait modèle de la pleine justice, de la totale religion, de la dédicace sans réserve à Dieu et, à cause de Dieu, aux autres.

Le montre-t-elle assez, Notre-Dame de Lourdes, qu'elle est venue secourir ceux qui souffrent, par les innombrables miracles qui se répètent depuis un siècle ! Le montre-t-elle assez, Notre-Dame de Lourdes, qu'elle est venue purifier les âmes aux piscines de la pénitence non moins miraculeuses que celles de la Grotte ! Mais, déjà, sa seule attitude le révèle à tous ceux qui la regardent. Si deux roses d'or ornent ses pieds, c'est qu'elle unit la contemplation de Marie à l'activité de Marthe. Et, à son exemple, l'âme chrétienne qui tend à la perfection ne doit pas s'isoler dans une sorte de recherche de Dieu qui ne serait plus qu'une recherche de soi-même, de sa tranquillité ou de sa paix.

Si on aime Dieu, peut-on supporter de le voir méconnu et ignoré par tant et tant d'âmes ? Si, pour Dieu, on aime le prochain, peut-on ne pas s’efforcer de lui procurer ce qui peut l’aider à trouver les biens célestes ? Qu’elle est petite, cette pauvre charité des biens matériels nécessaires qui ne vise pas à communiquer le bien suprême de la sanctification ! Certes, qui peut le plus doit le moins, mais le moins n’a jamais remplacé le plus. Faisons du bien quand nous le pouvons, secourons les pauvres, adonnons-nous aux œuvres de misécorde, mais que nos actions n’aient pour but et pour mobile que la plus grande gloire de Dieu, en dehors de quoi il n'y a qu'agitation humaine, activité naturelle de solidarité et don passager de soi.

Ne méritons pas ce reproche du prophète qui disait : « Ils ont des yeux et ne verront pas » ; agenouillons devant la statue de Notre-Dame de Lourdes pour recevoir la leçon de sa religieuse et charitable attitude. Son image est une prédication vivante : elle nous enseigne la primauté de Dieu, vers qui nous avons à tourner notre visage et à fixer nos yeux ; elle nous enseigne la prière par laquelle on se relie à Dieu ; elle nous enseigne la charité effective, entreprenante, active qui en a fini avec le prétexte égoïste.

Daigne, l'Immaculée, prendre notre cœur avec le sien pour lui communiquer l’amour de Jésus Dieu, afin que nous soyons fondus avec elle dans le cœur de Jésus, pour aimer avec lui. Amen.

Abbé Chr.Ph Chanut

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/02/11.php


AUX PREMIÈRES VÊPRES. avant 1960

Ant. 1 Elle est un resplendissement * de la lumière éternelle, et son miroir sans tache.

Ant. 2 C’est la femme * revêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles.

Ant. 3 Vous êtes la gloire de Jérusalem, * vous êtes la joie d’Israël, vous êtes l’honneur de notre peuple.

Ant. 4 Vous êtes bénie, * Vierge Marie, par le Seigneur Dieu ! très-haut, plus que toutes les femmes sur la terre.

Ant. 5 Aujourd’hui *le Seigneur a donné à votre nom tant de grandeur, que votre louange ne cessera plus de se trouver sur les lèvres des hommes,

Capitule. Cant. 2, 13-14.Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens ; ma colombe cachée dans les trous de la pierre, dans le creux du mur d’enclos, montre-moi ta face, que ta voix retentisse à mes oreilles.

Hymnus

Ave, maris stella,

Dei Mater alma,

Atque semper Virgo,

Felix cæli porta.

Sumens illud Ave

Gabriélis ore,

Funda nos in pace,

Mutans Hevæ nomen.

Solve vincla reis,

Profer lumen cæcis,

Mala nostra pelle,

Bona cuncta posce.

Monstra te esse matrem,

Sumat per te preces,

Qui pro nobis natus

Tulit esse tuus.

Virgo singuláris,

Inter omnes mitis,

Nos, culpis solútos,

Mites fac et castos.

Vitam præsta puram,

Iter para tutum,

Ut, vidéntes Iesum,

Semper collætémur.

Hymne

Salut, astre des mers,

Mère de Dieu féconde,

Salut, ô toujours Vierge,

Porte heureuse du ciel !

Vous qui de Gabriel

Avez reçu l’Ave,

Fondez-nous dans la paix,

Changeant le nom d’Eva.

Délivrez les captifs,

Éclairez les aveugles,

Chassez loin tous nos maux,

Demandez tous les biens.

Montrez en vous la Mère,

Vous-même offrez nos vœux

Au Dieu qui, né pour nous,

Voulut naître de vous.

O Vierge incomparable,

Vierge douce entre toutes !

Affranchis du péché,

Rendez-nous doux et chastes

Donnez vie innocente,

Et sûr pèlerinage,

Pour qu’un jour soit Jésus

Notre liesse à tous.

Louange à Dieu le Père,

Gloire au Christ souverain ;

Louange au Saint-Esprit ;

Aux trois un seul hommage.

Amen.

V/. Rendez-moi digne de vous louer, Vierge sainte.

R/. Donnez-moi de la force contre vos ennemis.

Ant.au Magnificat Celle-ci * est ma colombe, ma parfaite, mon immaculée.

A MATINES. avant 1960

Invitatoire. Célébrons l’Immaculée Conception de la Vierge, * Adorons son Fils, le Christ, le Seigneur.

Hymnus

Te dícimus præcónio,

Intácta Mater Núminis,

Nostris benígna láudibus

Tuam repénde grátiam.

Sontes Adámi pósteri,

Infécta proles gígnimur ;

Labis patérnæ néscia

Tu sola, Virgo, créderis.

Caput dracónis ínvidi

Tu cónteris vestígio,

Et sola glóriam refers

Intaminátæ oríginis.

O gentis humánæ decus,

Quæ tollis Hevæ oppróbrium,

Tu nos tuére súpplices,

Tu nos labántes érige.

Serpéntis antíqui potens

Astus retúnde et ímpetus,

Ut Cǽlitum perénnibus

Per te fruámur gáudiis.

Hymne

Nous vous célébrons dans nos chants,

Immaculée Mère de Dieu ;

répondez avec bonté à nos louanges,

en nous donnant votre grâce.

Postérité coupable d’Adam,

nous sommes engendrés enfants de corruption ;

vous seule, ô Vierge, n’avez point connu la tache

de notre premier père : la foi nous l’enseigne.

Votre pied écrase

la tête du dragon jaloux,

et seule vous avez la gloire

d’une origine sans souillure.

Honneur du genre humain,

vous qui effacez l’opprobre d’Ève,

protégez-nous, nous vous en supplions

et relevez-nous dans nos chutes.

Vierge puissante, confondez les ruses

et les attaques de l’antique serpent,

afin que, grâce à vous, nous partagions

les joies éternelles des habitants des cieux.

Gloire soit à vous, ô Jésus,

qui êtes né de la Vierge,

ainsi qu’au Père et à l’Esprit vivificateur,

dans les siècles éternels. Amen.

Au premier nocturne.

Ant. 1 Je vous salue, pleine de grâce, * le Seigneur est avec vous.

Ant. 2 Vous êtes bénie entre les femmes, * et le fruit de votre sein est béni.

Ant. 3 Ne craignez point, Marie, * vous avez trouvé grâce devant le Seigneur.

V/. Le Dieu tout-puissant m’a revêtue de vertu.

R/. Et il a fait ma voie sans tache.

Des Paraboles de Salomon. Cap. 8, 12-25 ; 34-36 ; 9, 1-5.

Première leçon. Moi, sagesse, j’habite dans le conseil, et je suis présente aux savantes pensées. La crainte du Seigneur hait le mal : l’arrogance et l’orgueil, une voie dépravée, et une langue double, je les déteste. A moi est le conseil et l’équité : à moi est la prudence, à moi est la force. Par moi les rois règnent et les législateurs décrètent des choses justes. Par moi les princes commandent, et les puissants rendent la justice. Moi, j’aime ceux qui m’aiment et ceux qui dès le matin veillent pour me chercher me trouveront.

R/. La sagesse qui atteint avec force d’une extrémité à une autre extrémité, et dispose toutes choses avec douceur, s’est bâti une maison : * Voici le tabernacle de Dieu parmi les hommes. V/. Je vis la sainte cité, la nouvelle Jérusalem, descendant du ciel, parée comme une épouse et ornée pour son époux. * Voici.

Deuxième leçon. Avec moi sont les richesses et la gloire [1] des biens superbes et la justice. Car mieux vaut mon fruit que l’or et les pierres précieuses, et mieux valent mes produits que l’argent le meilleur. Je marche dans les voies de la justice, au milieu des sentiers du jugement, afin d’enrichir ceux qui m’aiment, et de remplir leurs trésors. Le Seigneur m’a possédée au commencement de ses voies ; avant qu’il fît quelque chose dès le principe. Dès l’éternité, j’ai été établie ; dès les temps anciens, avant que la terre fût faite. Les abîmes n’étaient pas encore, et moi déjà j’avais été conçue : les sources d’eaux n’avaient pas encore jailli : les montagnes à la pesante masse n’étaient pas encore affermies, et mol, avant les collines, j’étais engendrée [2].

R/. Comme l’arc resplendissant au milieu des nuées, comme la fleur des rosiers aux jours du printemps, comme les lis près d’un courant d’eau. * Ainsi brille la Vierge immaculée. V/. Je placerai mon arc dans les nues, et il sera un signe de mon alliance avec vous. * Ainsi.

Troisième leçon. Bienheureux l’homme qui m’écoute, et qui veille tous les jours à l’entrée de ma demeure, et se tient en observation auprès de ma porte [3]. Celui qui me trouvera, trouvera la vie et puisera le salut dans le Seigneur : mais celui qui péchera contre moi blessera son âme. Tous ceux qui me haïssent aiment la mort. La sagesse s’est bâti une maison, elle a taillé sept colonnes [4]. Elle a immolé ses victimes, mêlé le vin, et .dressé sa table. Elle a envoyé ses servantes pour appeler ses conviés à la forteresse et aux murs de la cité. Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi. Et à des insensés elle a dit : Venez, mangez mon pain et buvez le vin que je vous ai mêlé [5].

R/. Lève-toi, mon amie viens, ma toute belle, et ma colombe : * Montre-moi ta face, que ta voix retentisse à mes oreilles. V/. La voix de la tourterelle a été entendue dans notre terre. * Montre-moi. Gloire au Père. * Montre-moi.

Au deuxième nocturne.

Ant. 1 Il a fait en moi de grandes choses, * celui qui est puissant ; et son nom est saint.

Ant. 2 Il a sanctifié * son tabernacle, le Très-Haut : Dieu est au milieu d’elle, elle ne sera pas ébranlée.

Ant. 3 Le Seigneur t’a possédée * au commencement de ses voies et il t’a aimée d’un amour éternel.

V/. Dieu l’aidera de son regard.

R/. Dieu est au milieu d’elle, elle ne sera pas ébranlée.

Quatrième leçon. La quatrième année depuis la définition dogmatique de l’Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge, aux bords de la rivière du Gave, près de la ville de Lourdes, du diocèse de Tarbes, en France, la Vierge elle-même s’est fait voir plusieurs fois dans le creux d’un rocher, au-dessus de la grotte de Massabielle, à une jeune fille, appelée Bernadette dans l’idiome populaire, très pauvre, il est vrai, mais candide et pieuse. L’aspect de l’Immaculée Vierge respirait la jeunesse et la bonté ; elle était vêtue d’une robe et d’un voile blancs comme la neige, et portait une ceinture bleue ; ses pieds nus étaient parés d’une rosé d’or. Le jour de la première apparition, qui fut le onze février de l’an mil huit cent cinquante-huit, elle apprit à la jeune fille à faire dignement et pieusement le signe de la croix, et, prenant en main un chapelet qui auparavant pendait à son bras, elle l’encouragea par son exemple à la récitation du saint rosaire : ce qu’elle fit aussi pendant les autres apparitions. Le jour de la seconde apparition, la jeune fille, redoutant une ruse du démon, jeta, dans la simplicité de son cœur, de l’eau bénite vers la Vierge : mais la bienheureuse Vierge, souriant avec grâce, lui montra un visage encore plus bienveillant. Lorsqu’elle apparut pour la troisième fois, elle invita la jeune fille à venir à la grotte pendant quinze jours. Depuis lors, elle lui parla souvent et l’exhorta à prier pour les pécheurs, à baiser la terre et à faire pénitence ; puis elle lui ordonna de dire aux Prêtres qu’on devait bâtir dans ce lieu une chapelle et y venir en processions solennelles. De plus, elle lui donna l’ordre de boire et de se laver à l’eau d’une fontaine qui était encore cachée sous le sable, mais qui bientôt allait jaillir. Enfin, le jour de la fête de l’Annonciation, la jeune fille demanda avec instance le nom de celle qui tant de fois avait daigné lui apparaître, et la Vierge ayant rapproché les mains sur sa poitrine, et levé les yeux vers le ciel, lui répondit : « Je suis l’Immaculée Conception, »

R/. Quelle est celle-ci qui s’avance comme l’aurore se levant. * Belle comme la lune, pure comme le soleil ? V/. Celle-ci est ma colombe, ma parfaite, mon immaculée. * Belle.

Cinquième leçon. Le bruit de bienfaits qui, disait-on, avaient été reçus par les fidèles dans la sainte grotte, allait en grandissant, et l’on voyait aussi augmenter de jour en jour le concours des hommes attirés à la grotte par vénération pour ce lieu. C’est pourquoi, déterminé par la célébrité des prodiges et la candeur de la jeune fille, l’Évêque de Tarbes, quatre ans après les événements précités et à la suite d’un examen juridique des faits, reconnut dans son jugement que les caractères de l’apparition étaient surnaturels, et autorisa le culte de la Vierge Immaculée dans cette même grotte. Bientôt la chapelle fut bâtie : à partir de ce jour, des roules presque innombrables de fidèles, venant accomplir des vœux et présenter des prières, y accourent chaque année, de France, de Belgique, d’Italie, d’Espagne, des autres contrées de l’Europe : et même des lointaines régions de l’Amérique, et le nom de l’Immaculée de Lourdes de-lent célèbre par tout l’univers. L’eau de la fontaine, portée dans toutes les parties du monde, rend la santé aux malades. L’univers catholique, reconnaissant pour tant de bienfaits, a élevé près de la grotte des monuments sacrés d’un travail merveilleux. Des étendards sans nombre, qui témoignent des bienfaits reçus, et ont été envoyés par les cités et les nations, forment au temple de la Vierge une parure et une décoration admirables. Ce lieu qui semble la demeure de la Vierge Immaculée, la voit honorée sans interruption : le jour, par des prières, des chants religieux et d’autres cérémonies solennelles ; la nuit, par ces processions sacrées dans lesquelles des foules presque infinies de pèlerins s’avancent à la lumière des cierges et des flambeaux, et chantent les louanges de la bienheureuse Vierge.

R/. Il arrivera dans les derniers jours que la montagne préparée pour la Vierge Marie sera établie sur le sommet des montagnes, et elle sera élevée au-dessus des cieux, et beaucoup de peuples iront et diront : * Venez, et montons à la montagne. V/. Ceux qui habitent en toi font la joie de tous ceux qui se livrent à l’allégresse. * Venez.

Sixième leçon. Ces pèlerinages ont ravivé la foi dans un siècle plein de froideur ; ils ont donné plus de courage pour professer la loi chrétienne, et fait grandir d’une façon merveilleuse le culte de la Vierge Immaculée ; tout le monde le sait. Dans cette admirable manifestation de foi, le peuple chrétien a pour chefs les Prêtres qui conduisent leurs peuples à la Grotte. Les Évêques eux mêmes visitent souvent le saint lieu, président aux pèlerinages et assistent aux fêtes les plus solennelles. Il n’est pas rare de voir même des princes de l’Église romaine, revêtus de la pourpre, s’y rendre comme d’humbles pèlerins. A leur tour, les Pontifes romains, dans leur dévotion pour l’Immaculée de Lourdes, ont comblé le saint temple des faveurs les plus précieuses. Pie IX l’a honoré de saintes indulgences, du privilège d’une Archiconfrérie et du titre de Basilique mineure. Il a aussi voulu faire couronner solennellement, par son nonce apostolique en France, la statue de la Mère de Dieu qu’on y vénère. Léon XIII lui a également conféré d’innombrables bienfaits. Il a concédé des indulgences sous forme de jubilé lors du vingt-cinquième anniversaire de l’apparition, provoqué le développement des pèlerinages par ses actes et sa parole, et fait faire en son nom là dédicace solennelle d’une église sous le titre du Rosaire. Il a mis le comble à tant de faveurs, en accordant avec bonté, sur la demande d’un grand nombre d’Évêques, de célébrer une fête solennelle, sous le titre de l’Apparition de la bienheureuse Vierge Marie Immaculée, par un Office et une Messe propres. Enfin le souverain Pontife Pie X, mû par sa piété envers la Mère de Dieu, et accédant au vœu de beaucoup de saints prélats, a étendu la même fête à l’Église universelle.

R/. Vous l’avez prévenue Seigneur, des bénédictions les plus douces ; vous avez mis sur sa tête. * Une couronne de pierres précieuses. V/. Grande est sa gloire par votre salut, vous la couvrirez de gloire et de beauté. * Une. Gloire au Père. * Une.

Au troisième nocturne.

Ant. 1 La main du Seigneur * vous a fortifiée, et c’est pour cela que vous serez bénie éternellement.

Ant. 2 Ne craignez point, * car cette loi n’a pas été établie pour vous, mais pour tous fies autres.

Ant. 3 Le Seigneur vous a bénie * en sa puissance, puisque par vous il a réduit à néant nos ennemis.

V/. La grâce est répandue sur vos lèvres.

R/. C’est pourquoi Dieu vous a bénie pour l’éternité.

Lecture du saint Évangile selon saint Luc. Cap. 1, 26-31.

En ce temps-là : L’Ange Gabriel fut envoyé de Dieu, en la ville de Galilée, appelée Nazareth, à une vierge qu’un homme de la maison de David, nommé Joseph, avait épousée, et le nom de la vierge était Marie. Et le reste.

Homélie de saint Bernard, Abbé.

Septième leçon. Réjouis-toi, ô Adam, notre père, mais toi surtout, ô Ève, notre mère, tressaille d’allégresse. Comme vous avez été les premiers parents de tous les hommes, vous êtes aussi la cause de leur mort ; et ce qui est plus malheureux vous avez été meurtriers avant de donner la vie. Consolez-vous à cause de votre fille et d’une telle fille ; consolez-vous, dis-je à tous deux, mais principalement à celle qui fut la première cause du mal dont l’opprobre s’est transmis à toutes les femmes. En effet, le temps vient où cet opprobre sera effacé, où l’homme n’aura plus sujet d’accuser la femme ; cherchant inconsidérément à s’excuser lui-même, il n’avait pas hésité à l’accuser cruellement, disant : « La femme que vous m’avez donnée, m’a présenté du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. » O Ève, cours donc à Marie ; ô mère, cours à ta fille ; que la fille réponde pour la mère, qu’elle délivre sa mère de l’opprobre ; qu’elle donne satisfaction à son père pour sa mère ; car si l’homme est tombé par une femme, il n’est relevé maintenant que par une femme._ R/. Vous donc, invoquez le Seigneur, parlez au Roi pour nous. * Et délivrez-nous de la mort. V/. ous tous qui avez soif, venez vers les eaux, et vous puiserez le salut dans le Seigneur. * Et.

Huitième leçon. Que disais-tu, ô Adam ? « La femme que vous m’avez donnée, m’a présenté du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. » Ce sont là des paroles artificieuses par lesquelles tu augmentes plutôt ta faute que tu ne la diminues. Cependant la Sagesse a vaincu ta malice ; Dieu, en t’interrogeant, cherchait à trouver en toi une occasion de pardon et tu n’as pas su la lui fournir, mais il l’a trouvée dans le trésor de son inépuisable bonté. Pour la première femme, une autre femme est donnée à la terre : une femme prudente pour une femme insensée, une femme humble pour une femme orgueilleuse ; au lieu d’un fruit de mort, elle te fera goûter un fruit de vie ; à la place d’un aliment amer et empoisonné, elle t’apporte la douceur d’un fruit éternel. Change donc, ô Adam, une excuse injuste en paroles d’actions de grâces et dis : Seigneur, la femme que vous m’avez donnée, m’a présenté du fruit de l’arbre de vie, j’en ai mangé, et il a été à ma bouche plus doux que le miel, parce que c’est par lui que vous m’avez rendu la vie. Et voilà pourquoi l’Ange a été envoyé à la Vierge. O Vierge admirable et Incomparablement digne de tout honneur ! O femme singulièrement vénérable, admirable au-dessus de toutes les femmes, réparatrice de tes parents et source de vie pour toute leur postérité !

R/. Le Seigneur Dieu planta un jardin de délices, et l’arbre de vie, au milieu du paradis : * De ce lieu de délices sortait un fleuve. V/. Ce qui sort de vous est le paradis, Vierge Marie. * De. Gloire au Père. * De.

Neuvième leçon. Quelle autre femme te semble-t-il que Dieu ait annoncée, quand il dit au serpent : « je mettrai des inimitiés entre toi et la femme ? » Et si tu doutes encore qu’il ait parlé de Marie, écoute ce qui suit : « Elle te brisera la tête. » A qui est réservée cette victoire, si ce n’est à Marie ? C’est elle, sans aucun doute, qui a brisé la tête venimeuse du serpent ; elle qui a réduit à néant toute suggestion de l’esprit malin, soit qu’il tente par les séductions de la chair ou par l’orgueil de l’esprit. Quelle autre femme Salomon cherchait-il quand il disait : « Qui trouvera la femme forte ? » Cet homme sage connaissait, l’infirmité de ce sexe, la fragilité de son corps, la mobilité de son esprit. Mais comme il avait lu la promesse divine, et qu’il lui paraissait convenable que celui qui avait vaincu par une femme fût, à son tour, vaincu par une femme, dans l’ardeur de son admiration, il s’écriait : « Qui trouvera la femme forte ? » Ce qui revient à dire : Si de la main d’une femme dépend ainsi, et notre salut commun, et la restitution de l’innocence, et la victoire sur l’ennemi, il est absolument nécessaire de trouver une femme forte qui puisse être capable d’une telle œuvre.

A LAUDES

Ant. 1 Elle est un resplendissement * de la lumière éternelle, et son miroir sans tache.

Ant. 2 C’est la femme * revêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles.

Ant. 3 Vous êtes la gloire de Jérusalem, * vous êtes la joie d’Israël, vous êtes l’honneur de notre peuple.

Ant. 4 Vous êtes bénie, * Vierge Marie, par le Seigneur Dieu ! très-haut, plus que toutes les femmes sur la terre.

Ant. 5 Aujourd’hui *le Seigneur a donné à votre nom tant de grandeur, que votre louange ne cessera plus de se trouver sur les lèvres des hommes,

Capitule. Cant. 2, 13-14.Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens ; ma colombe cachée dans les trous de la pierre, dans le creux du mur d’enclos, montre-moi ta face, que ta voix retentisse à mes oreilles.

Hymnus

Auróra soli prævia,

Felix salútis núntia,

In noctis umbra plebs tua

Te, Virgo, supplex ínvocat.

Torrens nefástis flúctibus

Cunctos trahens vorágine,

Leni resídit æquore

Cum transit Arca fœderis.

Dum torret aréscens humus,

Tu rore sola spárgeris ;

Tellúre circum rórida,

Intácta sola pérmanes.

Fatále virus évomens

Attolit anguis vérticem ;

At tu dracónis túrgidum

Invicta cónteris caput.

Mater benígna, réspice

Fletus precésque súpplicum,

Et dimicántes, tártari

Victrix, tuére ab hóstibus.

Hymne

Aurore qui précédez le soleil,

heureuse messagère du salut,

ô Vierge, c’est vous que votre peuple invoque

et supplie, dans l’ombre de la nuit.

Le torrent aux flots néfastes

qui entraîne tous les hommes vers l’abîme,

arrête doucement ses eaux

quand passe l’Arche d’alliance.

Tandis que la terre est desséchée et brûlante,

vous seule recevez la rosée ;

tout autour de vous la rosée couvre la terre,

et vous seule restez sans être atteinte.

Le serpent lève la tête,

vomissant son fatal poison ;

mais vous , invincible,

vous écrasez la tête orgueilleuse du dragon.

O bonne Mère, voyez les pleurs

et les prières de ceux qui vous supplient ;

vous qui triomphez de l’enfer, protégez-nous

dans le combat que nous soutenons contre nos ennemis.

Gloire soit à vous, ô Jésus,

qui êtes né de la Vierge ;

ainsi qu’au Père et à l’Esprit vivificateur,

dans les siècles éternels. Amen.

V/. La grâce est répandue sur vos lèvres

R/. C’est pourquoi Dieu vous a bénie pour l’éternité.

Ant. au Bénédictus Brillante aurore du salut, * c’est de vous, Vierge Marie, qu’est sorti le soleil de justice, qui nous a visités, venant d’en haut.

AUX DEUXIÈMES VÊPRES.

Hymnus

Omnis expértem máculæ Maríam

Edocet summus fídei magíster ;

Vírginis gaudens célebrat fidélis

Terra triúmphum.

Ipsa se præbens húmili puéllæ

Virgo spectándam, récreat pavéntem,

Seque concéptam sine labe, sancto

Prædicat ore.

O specus felix, decoráte divæ

Matris aspéctu ! veneránda rupes,

Unde vitáles scatuére pleno

Gúrgite lymphæ !

Huc catervátim pia turba nostris,

Huc ab extérnis peregrína terris

Affluit supplex, et opem poténtis

Vírginis orat.

Excipit Mater lácrimas precántum,

Donat optátam míseris salútem ;

Compos hinc voti pátrias ad oras

Turba revértit.

Súpplicum, Virgo, miseráta casus,

Semper o nostros réfove labóres,

Impetrans mæstis bona sempitérnæ

Gáudia vitæ.

Hymne

Le maître suprême de la foi enseigne

que Marie est exempte de toute souillure ;

la terre croyante célèbre avec joie

le triomphe de la Vierge.

La Vierge elle-même se fait voir à une humble enfant,

dont elle calme la frayeur,

et, de sa bouche sainte, se proclame

conçue sans tache.

O heureuse grotte, honorée

de l’apparition de la divine Mère !

rocher vénérable, duquel ont jailli à pleins flots

des eaux vivifiantes.

Ici se rendent par troupes la foule pieuse

de nos contrées et celle des pèlerins des terres étrangères,

suppliant la Vierge puissante

et implorant son secours.

La céleste Mère regarde tes larmes de ceux qui la prient ;

elle accorde aux malheureux la santé qu’ils désirent,

et la foule revient, ayant ses vœux exaucés,

au pays de ses pères.

O Vierge, soyez sensible aux malheurs de ceux qui vous supplient ;

soulagez toujours nos peines, et obtenez-nous,

après la tristesse présente, les douces joies

de l’éternelle vie.

Gloire soit au Père, et au Fils engendré de lui,

et à vous, vertu de l’un et de l’autre, Esprit

toujours égal à eux, ô Dieu unique,

dans toute la durée des temps. Amen.

Ant. au Magnificat Aujourd’hui la glorieuse Reine du ciel * est apparue sur la terre ; aujourd’hui elle a apporté a son peuple des paroles de ^salut et des gages de paix ; aujourd’hui les chœurs des Anges et des fidèles tressaillent de joie en célébrant l’Immaculée Conception, alléluia.

[1] Marie fut pauvre en ce monde ; mais « le Seigneur a placé en ses mains toutes les richesses de sa grâce pour qu’elle en enrichisse ceux qui l’aiment ». (Saint Liguori).

[2] « A cause de la sagesse, Dieu a créé le ciel et la terre ; c’est-à-dire, qu’il a créé le ciel et la terre pour l’amour du Messie, son divin Fils, à qui dans les choses divines on attribue la sagesse, et pour l’amour de l’Immaculée Vierge qui est la sagesse du monde. » (Onkélos) « Jésus-Christ et sa Mère ont donc précédé la création en tant que cause finale. » (Corn. a Lapide).

[3] « Bienheureux celui qui se tient aux portes de Marie, pour la prier, comme les pauvres assiègent les portes des riches. Quiconque a recours à Marie trouve non seulement le remède mais encore la vie. » (Saint Liguori). « Marie est appelée porte du ciel, parce que nul ne peut entrer au ciel que par Marie. » (Saint Bonaventure).

[4] « La sagesse qui était de Dieu et qui était Dieu même, s’est bâti une demeure, a savoir sa mère, la Vierge Marie, dans laquelle il s’est taillé sept colonnes ; c’est-à-dire, qu’il l’a rendue digne de lui par la foi et les œuvres. Le nombre trois se rapporte à la foi, à .cause de la Trinité, et le nombre quatre aux quatre vertus principales. » (Saint Bernard). Ces sept colonnes s’entendent aussi des sept dons du Saint-Esprit.

[5] « La Sainte Vierge ne désire rien tant de ses serviteurs que de les voir approcher de la Table Sainte. Venez, nous dit-elle ; mangez mon pain, le pain céleste formé de ma chair et de mon sang, nul ne fortifie davantage le cœur de l’homme, il est le Pain de vie. — Et que boirons-nous, ô Marie, nous n’avons point de vin ? — Buvez, dit-elle, le vin que je vous ai moi- même préparé. Je suis Vierge, mon Fils est Vierge, ce vin engendre les vierges et rend les âmes pures. » ( Saint Liguori).


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Mon arc apparaîtra sur les nuées, et je me souviendrai de mon alliance [6]. Dans la nuit du onze février de l’année 1858 [7], les lectures liturgiques avaient rappelé cette parole à la terre ; et bientôt le monde apprenait que ce jour même Marie s’était montrée, plus belle que le signe d’espérance qui fut au temps du déluge sa figure gracieuse.

C’était l’heure où se multipliaient pour l’Église les signes précurseurs d’un avenir devenu le présent que nous connaissons. L’humanité vieillie semblait menacée de sombrer bientôt dans un déluge pire que l’ancien.

Je suis l’immaculée conception, déclarait la Mère de la divine grâce à l’humble enfant choisie pour porter en un tel moment son message aux guides de l’arche du salut. Aux ténèbres montant de l’abîme elle opposait, pour phare, le privilège auguste que le pilote suprême avait, trois ans auparavant, proclamé comme dogme à sa gloire.

Si, en effet, d’après Jean le bien-aimé, c’est notre foi qui possède ici-bas les promesses de victoire [8] ; si, d’autre part, la foi se nourrit de lumière : quel dogme aussi bien que celui-ci,-supposant et rappelant tous les autres, les illumine en même temps d’un éclat si doux ? Au front de la triomphatrice redoutée de l’enfer, il est vraiment la royale couronne où, comme en l’arc vainqueur des orages, se donnent rendez-vous les diverses splendeurs des cieux.

Mais pourtant fallait-il encore ouvrir les yeux des aveugles à ces splendeurs, rendre courage aux cœurs angoissés par l’audace des négations d’enfer, relever de leur impuissance à former l’acte de foi tant d’intelligences débilitées par l’éducation des écoles de nos jours. Et convoquant les multitudes aux lieux de son apparition bénie, l’Immaculée subvenait aussi forte-^ ment que suavement à la faiblesse des âmes en guérissant les corps ; souriant à la publicité, accueillant tout contrôle, elle confirmait de l’autorité du miracle en permanence sa propre parole et la définition rendue par le Vicaire de son Fils.

Aussi bien que le Psalmiste chantait des œuvres de Dieu qu’elles racontent en toutes langues la gloire de leur auteur [9] ; aussi bien que saint Paul taxait de folie, non moins que d’impiété, quiconque ne se rendait pas à leur témoignage [10] : on peut dire des hommes de notre temps qu’ils sont sans excuse, s’ils ne reconnaissent pas à ses œuvres la Vierge très sainte. Puisse-t-elle étendre ses bienfaits, prendre en pitié les pires malades : ces âmes infirmes qui, dans la crainte inavouée d’importunes conclusions, refusent de voir ; ou, luttant de front contre la vérité, contraignent au paradoxe leur pensée, enténèbrent leur cœur, comme dit l’Apôtre [11], et donneraient à redouter que le sens réprouvé dont les païens portaient le châtiment dans la chair [12] ait frappé leur raison.

« O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ! ». C’était la prière que, dès l’année 183o, vous-même nous appreniez devant les menaces de l’avenir. En 1846, les deux bergers de la Salette nous rappelaient vos exhortations et vos larmes. « Priez pour les pauvres pécheurs, pour le monde si agité », nous redit de votre part aujourd’hui la voyante des grottes Massabielle : « pénitence ! pénitence ! pénitence ! »

Nous voulons, Vierge bénie, vous obéir, combattre en nous et partout l’universel autant qu’unique ennemi : le péché, mal suprême d’où dérivent tous les maux. Louange au Tout-Puissant qui daigna vous en épargner la souillure, et réhabiliter tout d’abord en vous si pleinement notre race humiliée ! Louange à vous qui, sans nulles dettes, avez soldé les nôtres dans le sang de votre Fils, dans les larmes de sa Mère, réconciliant la terre et le ciel, écrasant la tête de l’odieux serpent [13] !

Prière ; expiation : n’était-ce pas dès longtemps, dès les temps apostoliques, en ces jours d’introduction plus ou moins immédiate chaque année au Carême, l’instante recommandation de l’Église ? O notre Mère du Ciel, soyez bénie d’être venue si opportunément joindre votre voix, à celle de notre Mère de la terre. Le monde ne voulait plus, ne comprenait plus le remède infaillible, mais indispensable, offert par la miséricorde et la justice de Dieu à sa misère ; il semblait avoir bientôt oublié pour toujours l’oracle : Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous [14].

Votre pitié nous réveille de l’engourdissement fatal, ô Marie ! Sachant notre faiblesse, vous accompagnez de mille suavités la coupe amère ; pour amener l’homme à implorer de vous les bienfaits éternels, vous lui prodiguez ceux du temps. Nous ne serons point de ces enfants qui reçoivent volontiers, les caresses maternelles, et négligent les instructions, les corrections que ces tendresses avaient pour but de leur faire accepter. Nous saurons désormais avec vous et Jésus prier et souffrir ; durant la sainte Quarantaine, avec votre aide, nous nous convertirons et ferons pénitence.

[6] Gen. ix, 14-15.

[7] Jeudi de Sexagésime.

[8] I Johan. V, 4.

[9] Psalm. XVII, 2-5.

[10] Rom. I, 18-22.

[11] Rom. I, 21.

[12] Ibid. 28.

[13] Gen. III, 15.

[14] Luc. XIII, 3, 5.


Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Cette fête fut étendue à toute l’Église latine sous Pie X seulement, un demi-siècle après l’apparition de la Vierge à la Bienheureuse Bernadette Soubirous. Comme jadis un grand nombre de diocèses fêtaient l’apparition de l’Archange Michel sur le mont Gargan, ainsi maintenant que la dévotion envers le sanctuaire marial de Lourdes a atteint une renommée mondiale, il a semblé convenable que toute l’Église occidentale fêtât pareillement les multiples apparitions de la Vierge Immaculée à la candide et naïve pastourelle. Ces révélations, authentiquées par des milliers de miracles, étaient certainement, dans l’intention de la Providence, comme le sceau du Ciel à la promulgation du dogme de l’Immaculée Conception de Marie, faite par Pie IX quelques années plus tôt. Elles font donc partie en quelque sorte de l’histoire de nos dogmes catholiques, et sous cet aspect la fête liturgique de ce jour a une haute signification apologétique, en tant qu’elle démontre que l’Esprit Saint, selon la promesse divine, deducet... in omnem veritatem.

L’antienne pour l’introït est tirée de l’Apocalypse (XXI, 2) : « J’ai vu la sainte cité, la nouvelle Jérusalem, qui descendait du ciel où est Dieu, et elle était toute ornée comme une épouse parée pour son époux. » Suit le premier verset du psaume 44. La beauté extérieure de la Vierge, alors que, vêtue de blanc, avec la ceinture bleue à la taille et les rosés sur les pieds, elle apparut à la pieuse Bernadette, indique les sublimes vertus par lesquelles elle attira à elle le Verbe de Dieu, de telle sorte qu’il se la choisit pour Mère.

La première partie de la collecte est prise de la messe de l’Immaculée Conception. Comme Dieu a voulu l’Immaculée Conception de Marie en vue de l’Incarnation de son Christ, qui s’épanouit comme une fleur sur une tige plantée dans une terre vierge et sans souillure, qu’ainsi il garde également de tout mal notre corps et notre âme, afin que nous aussi puissions être à notre tour le temple digne et sans tache du Saint-Esprit et le tabernacle de la divinité.

La lecture est tirée de l’Apocalypse (XI, 19 ; XII, 1, 10) là où saint Jean décrit le temple céleste et l’arche du Testament, figures sous lesquelles l’Esprit Saint désigne précisément Marie. Elle est en effet cette femme dont il est parlé dans les versets suivants, à laquelle le soleil sert de manteau, la lune d’escabeau sous ses pieds, les étoiles de diadème, et qui apparut à l’Apôtre toute remplie de majesté et de gloire, préludant ainsi au triomphe définitif du Christ.

Le répons-graduel est tiré du Cantique (II, 12-14) : « Les fleurs s’épanouirent dans notre champ ; c’est le temps de tailler, parce que l’on entend déjà roucouler les tourterelles. Lève-toi, ô ma bien-aimée, ma belle, et viens, ma colombe, entre les fentes des roches, entre les pierres des cavernes. » -— Cette application à la grotte de l’apparition est vraiment heureuse.

Le verset alléluiatique est tiré du même texte (Cant. II, 14 : « Montre-moi ton visage, que ta voix résonne à mes oreilles, car ta voix est suave et ton visage splendide. » — En la Vierge Marie, tout était sainteté et grâce, parce que tout procédait de cet Esprit Paraclet dont elle était le tabernacle.

Après la Septuagésime, au lieu du verset précédent, on devrait chanter le psaume-trait. Toutefois le rédacteur moderne semble en avoir ignoré la structure, car, au lieu d’un psaume, il nous a fait une petite rapsodie de versets enchaînés tant bien que mal.

Marie est l’honneur et la gloire du genre humain, car en elle la postérité d’Adam a remporté la victoire sur le dragon infernal dont le souffle empoisonné n’arriva jamais à flétrir le cœur de la Vierge.

La lecture évangélique de ce jour est constituée par un simple passage de celle du mercredi des Quatre-Temps d’Avent. La Vierge est saluée par l’Ange, qui lui annonce la sublime dignité à laquelle Dieu l’élève, la choisissant pour Mère de son Fils unique incarné. C’est Marie qui imposa à son divin Fils le nom de Jésus, l’Esprit Saint voulant nous indiquer par ce fait que, si Jésus est le Sauveur du genre humain, Marie toutefois est la dispensatrice de ces trésors de rédemption.

Le verset de l’offertoire est le même que pour la fête de l’Immaculée Conception, sauf l’Alléluia que l’on omet aujourd’hui.

Le rédacteur moderne des collectes de cette messe est trop préoccupé des guérisons prodigieuses qui se font à la grotte de Lourdes, pour que, après avoir demandé déjà la santé du corps et de l’âme dans la première collecte, il croie pouvoir se dispenser de répéter la même supplication dans la prière sur l’oblation. Il nous fait donc demander au Seigneur que, par les mérites de la Vierge Immaculée, le Sacrifice que nous allons offrir à la Divine Majesté monte au ciel comme un parfum délicieux, et nous obtienne la santé physique et morale désirée.

Le verset pour la communion est tiré du psaume 64 : « Vous avez visité la terre et l’avez désaltérée, vous l’avez rendue immensément riche. » Cette visite qui fait déborder le cœur d’œuvres saintes est celle que nous fait Jésus dans la sainte Communion.

C’est aux trésors de Jésus que Marie puise à son tour cette source abondante de- grâces symbolisée à Lourdes par cette eau jaillissant de la roche vive de la grotte, et qui, recueillie dans les piscines, donne la santé à tant de malades.

A Lourdes, les pèlerins, après la messe et la communion, demandent à la Vierge une dernière bénédiction, avant de prendre le chemin de retour. C’est le concept dont s’inspire la collecte d’action de grâces de ce jour : « Que la bienheureuse Vierge réconforte par sa droite puissante tous ceux que vous avez rassasiés de l’aliment céleste, afin qu’ainsi tous puissent arriver heureusement à l’éternelle patrie. »



Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

La femme vêtue du soleil avec la lune à ses pieds.

Il faut que nous comprenions bien la fête d’aujourd’hui. La liturgie utilise souvent un fait historique pour représenter et développer une idée plus haute. C’est ainsi que nous devrons interpréter les fêtes de la Croix et d’autres messes votives. Au reste, depuis des siècles, on célèbre aussi l’apparition de saint Michel. Nous verrons donc, dans la fête d’aujourd’hui, une extension de la fête de l’Immaculée-Conception.

1. L’Apparition de la Sainte Vierge. Les nombreux miracles qui se sont produits par l’intercession de Marie, sur la terre privilégiée de Lourdes, en France, ont déterminé l’Église à instituer une fête spéciale de « l’Apparition de la Bienheureuse Vierge Marie Immaculée ». Le bréviaire raconte les événements historiques, sur lesquels s’appuie cette fête. Quatre ans s’étaient écoulés depuis la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception de Marie (1854), quand la Sainte Vierge apparut plusieurs fois, dans une grotte, aux bords du Gave, auprès de Lourdes, à une pauvre et pieuse jeune fille nommée Bernadette. L’Immaculée, qui avait un visage juvénile, était vêtue d’une robe blanche et d’un manteau blanc, avec une ceinture bleue et elle avait une rose d’or sur ses pieds. Le premier jour des apparitions, c’était le 11 février 1858, la sainte Vierge exhorta l’enfant à faire pieusement la signe de Croix et à réciter son chapelet. Elle-même prit dans ses mains le rosaire qui pendait à son bras, elle fit de même aux apparitions suivantes. A la seconde apparition, Bernadette, dans sa simplicité enfantine ; lui jeta de l’eau bénite, car elle craignait d’être victime d’une illusion du Malin Esprit, mais la sainte Vierge, souriant doucement, montra un visage encore plus bienveillant. A la troisième apparition, Marie invita la jeune fille à venir pendant deux semaines à la grotte. A partir de ce moment, elle parla assez souvent à Bernadette. Plus tard, elle lui ordonna de demander au clergé de lui bâtir là une chapelle et d’organiser des processions. Elle reçut de même l’ordre de boire de l’eau à la source, qui était encore cachée sous le sable, mais ne devait pas tarder à jaillir, et de s’y laver. Enfin, le Jour de la fête de l’Annonciation, la Vierge indiqua à la jeune fille son nom : « Je suis l’Immaculée Conception. » Plus se répandait le bruit des guérisons qui, au dire des croyants, se produisaient dans la sainte grotte, plus les chrétiens se rendaient en foule au lieu saint. Poussé par la renommée des événements merveilleux et par l’innocence de la jeune fille, l’évêque de Tarbes fit faire une enquête juridique et déclara ensuite, quatre ans après les apparitions, que celles-ci étalent surnaturelles et il autorisa le culte public de la Vierge Immaculée, dans la grotte. Bientôt on éleva, au-dessus de la grotte, une chapelle et, depuis, les foules de pèlerins affluèrent à Lourdes tous les ans, soit pour accomplir un vœu soit pour implorer une grâce.

2. La messe (Vidi civitatem). — La plupart des textes de la messe sont propres et se rapportent à l’apparition miraculeuse de Lourdes. L’Immaculée est la cité sainte qui descend comme une fiancée parée (Intr.) L’Oraison reprend, dans sa première partie, les termes de celle du 8 décembre. « Un grand signe nous est apparu dans le ciel, la femme vêtue du soleil, avec, sur la tête, une couronne de douze étoiles » (Leç.). « Lève toi, ma bien aimée, ma toute belle, viens, ma colombe, dans le creux de la pierre, dans la grotte » (Grad.). Ce verset s’applique ici à la grotte de l’apparition. L’ »Ave » qui retentit sans cesse à Lourdes se fait entendre à l’Évangile et dans le chant de l’Offertoire. L’Eucharistie est la source jaillissante qui fertilise la terre de l’âme. La source miraculeuse de Lourdes en est le symbole (Comm.). Dans la post-communion, le pèlerinage de Lourdes est encore une image et un symbole ; nous demandons la protection pour notre pèlerinage vers la céleste patrie.

SOURCE : http://www.introibo.fr/11-02-Apparition-de-la-Vierge


Notre-Dame de Lourdes

Notre-Dame de Lourdes, in the Department of Hautes Pyrenées, France, is far-famed for the pilgrimage of which it is a centre and for the extraordinary events that have occurred and still occur there.

History

The pilgrimage of Lourdes is founded on the apparitions of the Blessed Virgin to a poor, fourteen-year-old girl, Bernadette Soubiroux. The first apparition occurred 11 February, 1858. There were eighteen in all; the last took place 16 July, of the same year. Bernadette often fell into an ecstasy. The mysterious vision she saw in the hollow of the rock Massabielle was that of a young and beautiful lady. "Lovelier than I have ever seen" said the child. But the girl was the only one who saw the vision, although sometimes many stood there with her. Now and then the apparition spoke to the seer who also was the only one who heard the voice. Thus, she one day told her to drink of amysterious fountain, in the grotto itself, the existence of which was unknown, and of which there was no sign, but which immediately gushed forth. On another occasion the apparition bade Bernadette go and tell the priests she wished a chapel to be built on the spot andprocessions to be made to the grotto. At first the clergy were incredulous. It was only four years later, in 1862, that the bishop of thediocese declared the faithful "justified in believing the reality of the apparition". A basilica was built upon the rock of Massabielle by M. Peyramale, the parish priest. In 1873 the great "national" French pilgrimages were inaugurated. Three years later the basilica wasconsecrated and the statue solemnly crowned. In 1883 the foundation stone of another church was laid, as the first was no longer large enough. It was built at the foot of the basilica and was consecrated in 1901 and called the Church of the Rosary. Pope Leo XIIIauthorized a special office and a Mass, in commemoration of the apparition, and in 1907 Pius X extended the observance of this feast to the entire Church; it is now observed on 11 February.

Never has a sanctuary attracted such throngs. At the end of the year 1908, when the fiftieth anniversary of the apparition was celebrated, although the record really only began from 1867, 5297 pilgrimages had been registered and these had brought 4,919,000pilgrims. Individual pilgrims are more numerous by far than those who come in groups. To their number must be added the visitors who do not come as pilgrims, but who are attracted by a religious feeling or sometimes merely by the desire to see this far-famed spot. The Company of the Chemins de Fer du Midi estimates that the Lourdes station receives over one million travellers per annum. Every nation in the world furnishes its contingent. Out of the total of pilgrimages given above, four hundred and sixty-four came from countries other than France. They are sent by the United States, Germany, Belgium, Austria, Hungary, Spain, Portugal, Italy, England, Ireland, Canada,Brazil, Bolivia, etc. The bishops lead the way. At the end of the year of the fiftieth anniversary, 2013 prelates, including 546 archbishops, 10 primates, 19 patriarchs, 69 cardinals, had made the pilgrimage to Lourdes. But more remarkable still than the crowd of pilgrims is the series of wonderful occurrences which take place under the protection of the celebrated sanctuary. Passing over spiritual cures, which more often than not escape human observance, we shall confine ourselves to bodily diseases. The writer of this article has recorded every recovery, whether partial or complete, and in the first half-century of the shrine's existence he has counted 3962. Notwithstanding very careful statistics which give the names and surnames of the patients who have recovered, the date of the cure, the name of the disease, and generally that of the physician who had charge of the case, there are inevitably doubtful or mistaken cases, attributable, as a rule, to the excited fancy of the afflicted one and which time soon dispels. But it is only right to note: first, that these unavoidableerrors regard only secondary cases which have not like the others been the object of special study; it must also be noted that the number of cases is equalled and exceeded by actual cures which are not put on record. The afflicted who have recovered are not obligedto present themselves and half of them do not present themselves, at the Bureau des Constatations Médicales at Lourdes, and it is from this bureau's official reports that the list of cures is drawn up.

The estimate that about 4000 cures have been obtained at Lourdes within the first fifty years of the pilgrimage is undoubtedly considerably less than the actual number. The Bureau des Constatations stands near the shrine, and there are recorded and checked the certificates of maladies and also the certificates of cure; it is free to all physicians, whatever their nationality or religious belief. Consequently, on an average, from two to three hundred physicians annual visit this marvellous clinic. As to the nature of the diseases which are cured, nervous disorders so frequently mentioned, do not furnish even the fourteenth part of the whole; 278 have been counted, out of a total of 3962. The present writer has published the number of cases of each disease or infirmity, among them tuberculosis, tumours, sores, cancers, deafness, blindness, etc. The "Annales des Sciences Physiques", a sceptical review whose chief editor is Doctor Ch. Richet, Professor at the Medical Faculty of Paris, said in the course of a long article, apropos of this faithful study: "On reading it, unprejudiced minds cannot but be convinced that the facts stated are authentic."

Their cause

There exists no natural cause capable of producing the cures witnessed at Lourdes which dispense an unbiassed mind from tracing them back to the particular agency of God. Those who refused to believe in a miraculous intervention sought at first the scientific interpretation of the occurrences in the chemical composition of the water of the Grotto. But it was then declared by an eminent chemist officially appointed to make the analysis and his statement has since been corroborated, that the water contains no curative properties of anatural character. Then the incredulous said, perhaps it operates through its temperature, or the results obtained at Lourdes may be accounted for by the bathing in cold water. However, every one knows that hydrotherapy is practised elsewhere than at Lourdes, and that it does not work the miracle of curing every kind of disease, from cancers to troubles which bring on blindness. Besides, many ailing ones are cured without ever bathing in the basins of the Grotto; this decides the question. Therefore, those who deny supernaturalintervention attribute the wonderful results seen at Lourdes to two other causes. The first is suggestion. To this we answer unhesitatingly that suggestion is radically powerless to furnish the hoped-for explanation. Omitting nervous or functional diseases, since they are in the minority among those registered as cured at the Medical Office of the Grotto, and the fact we are now establishing does not require them to be taken into account, we may confine our attention to organic diseases. Can suggestion be used efficaciously in diseases of thisnature? The most learned and daring of the suggestionists of the present day, Bernheim, a Jew, head of the famous school of Nancy, the more advanced rival of the Ecole de la Salpétrière, answers in the negative in twenty passages of the book in which he has recorded the result of his observations: "Hypnotisme, Suggestion, Psychotherapie" (Paris, 1903, 2nd edition). Studying this work, we find also that in the very cases where suggestion has a chance of success, as in certain functional diseases, it requires the co-operation of time, it cures slowly and progressively, while the complete cures of Lourdes are instantaneous. Therefore curative suggestion is no explanation. It is not suggestion that operates at Lourdes; the cause which cures acts differently and is infinitely more powerful.


There remains the last resource of having recourse to some unknown law and of saying, for instance, "How do we know that some naturalforce of which we are still ignorant does not operate the marvellous cures which are attributed directly to God?" How do we know? In the first place, if a law of this nature did exist, the pilgrims of Lourdes would not be cognizant of it any more than the rest of mankind; neither would they know any better than others how to set it in motion. Why should this law operate for them and not for others? Is it because they deny its existence and the others believe in it? Moreover, not only there does not exist, but there cannot exist, and consequentlywill never exist, a natural law producing instantaneously the generation of tissues affected with lesion, that is to say, the cure of an organic disease. Why so? Because any growth and consequently any restoration of the tissues of the organism is accomplished — and this is a scientific fact — by the increase and growth of the protoplasms and cells which compose every living body. Every existing protoplasm comes from some former protoplasm, and that from a previous one and so on, back to the very beginning; these generation (the fact is self-evident) are necessarily successive, that is, they require the co-operation of time. Therefore, in order that a natural force should be able to operate a sudden cure in an organic disease, the essential basis of life as it is in the present creation would have to be overthrown; nature as we know it would have to be destroyed and another created on a different plan. Therefore, the hypothesis of unknown forces of nature cannot be brought forward to explain the instantaneous cures of Lourdes. It is logically untenable. As a matter of fact, no natural cause, known or unknown, is sufficient to account for the marvellous cures witnessed at the foot of the celebrated rock where the Virgin Immaculate deigned to appear. They can only be from the intervention of God.

Sources

LASSERRE, Notre-Dame de Lourdes; BOISSARIE, L'oeuvre de Lourdes; BERTRIN, Histoire critique des événements de Lourdes, apparitions et guérisons (Paris, 1909), tr. GIBBS; IDEM, Un miracle d'aujourd'hui avec une radiographie (Paris, 1909).

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/09389b.htm

Le Pelerinage de Lourdes

Encyclical Warning Against Materialism 


His Holiness Pope Pius XII 


Promulgated on July 2, 1957

To the Cardinals, Archbishops, and Bishops of France in Peace and Communion with the Apostolic See.

Beloved Sons and Venerable Brethren, Greetings and Apostolic Benediction.

DEEP IN OUR SOUL are profound and pleasant memories of the pilgrimage to Lourdes which We had the privilege of making when We went to preside, in the name of Our Predecessor, Pius XI, over the Eucharistic and Marian celebrations marking the close of the Jubilee of the Redemption.

2. We are particularly pleased, therefore, to learn that, on the initiative of the Bishop of Tarbes and Lourdes, this Marian city is preparing an appropriate celebration for the centenary of the apparitions of the Immaculate Virgin at the grotto of Massabielle, and that an international committee has been set up for this purpose under the presidency of His Eminence Eugene Cardinal Tisserant, Dean of the Sacred College of Cardinals.

3. We wish to join with you, Beloved Sons and Venerable Brothers, in thanking God for the great favor granted your country, and for the many graces He has bestowed on multitudes of pilgrims during the past century.

4. We wish to invite all Our children to renew in this jubilee year their confident and generous devotion to her who, in the words of Saint Pius X, deigned to establish at Lourdes "the seat of her immense kindness."[1]

5. Every Christian land is a Marian land; there is not a nation redeemed in the blood of Christ which does not glory in proclaiming Mary its Mother and Patroness. This truth is brought into sharp relief by reflection on the history of France. Devotion to the Mother of God dates back to the early days of France's evangelization, and Chartres, one of the most ancient Marian shrines, still attracts a great number of pilgrims, including thousands of young people.

6. The Middle Ages, which, especially through Saint Bernard, sang Mary's glory and celebrated her mysteries, witnessed a marvelous flowering of French cathedrals dedicated to our Lady: Le Puy, Rheims, Amiens, Paris, and so many others. . . With their spires upthrust they announce from afar the glory of the Immaculate; they heighten its splendor in the pure light of their stained-glass windows and in the harmonious beauty of their statues. They bear witness above all to the faith of a people which outdid itself in a magnificent display of energy, erecting against the sky of France the permanent homage of its devotion to Mary.

7. In the cities and the countryside, on the hilltops and overlooking the sea, shrines consecrated to Mary--whether humble chapels or splendid basilicas--little by little enfolded the country in their protective shadow. Princes and shepherds of souls and the faithful without number have come to these shrines through the centuries, to the holy Virgin whom they have greeted with titles expressive of their hope or gratitude.

8. Here they invoke Notre Dame de Misericorde [Our Lady of Mercy], de Toute Aide [of All Help], de Bon Secours [of Prompt Succor]. There the pilgrim seeks refuge near Notre Dame de la Garde [Our Lady of Watchfulness], de Pitie, or de Consolation. Elsewhere the pilgrim's prayer rises to Notre Dame de Lumiere [Our Lady of Light], de Paix, de Joie, or d'Esperance [of Hope]. Or he implores the intercession of Notre Dame des Vertus, des Miracles, or des Victoires. It is a wonderful litany of invocations whose unceasing recital tells, from province to province, the blessings which the Mother of God has bestowed on the land of France through the ages.

9. In many ways the nineteenth century was to become, after the turmoil of the Revolution, a century of Marian favors. To mention but a single instance, everyone is familiar today with the "miraculous medal." This medal, with its image of "Mary conceived without sin," was revealed to a humble daughter of Saint Vincent de Paul whom We had the joy of inscribing in the catalogue of Saints, and it has spread its spiritual and material wonders everywhere.

10. A few years later, from February 11 to July 16, 1858, the Blessed Virgin Mary was pleased, as a new favor, to manifest herself in the territory of the Pyrenees to a pious and pure child of a poor, hardworking, Christian family. "She came to Bernadette," We once said. "She made her her confidante, her collaboratrix, the instrument of her maternal tenderness and of the merciful power of her Son, to restore the world in Christ through a new and incomparable outpouring of the Redemption."[2]

11. You are quite familiar with the events which took place at Lourdes at that time, the spiritual proportions of which are better measured today. You know, Beloved Sons and Venerable Brethren, the astonishing circumstances under which the voice of that child, the messenger of the Immaculate, compelled the world's recognition despite ridicule, doubt, and opposition. You know the steadfastness and purity of her testimony, wisely put to the test by episcopal authority and approved as early as 1862.

12. Crowds flocked even then and they still surge into the grotto of the apparitions, to the miraculous spring, and into the shrine erected at Mary's request.

13. There is the moving procession of the lowly, the sick, and the afflicted. There is the impressive pilgrimage of thousands of the faithful from a particular diocese or country. There is the quiet visit of a troubled soul seeking truth. "No one," We once said, "has ever seen such a procession of suffering in one spot on earth, never such radiance of peace, serenity, and joy!"[3]

14. Nor will anyone ever know, We might add, the full sum of the benefits which the world owes to the aid of the Virgin! "O specus felix, decorate divae Matris aspectu! Veneranda rupes, unde vitales scatuere pleno gurgite Iymhae!"[4]

15. This century of Marian devotion has also in a certain way woven close bonds between the See of Peter and the shrine in the Pyrenees, bonds which We are pleased to acknowledge.

16. The Virgin Mary herself desired this tie. "What the Sovereign Pontiff defined in Rome through his infallible Magisterium, the Immaculate Virgin Mother of God, blessed among all women, wanted to confirm by her own words, it seems, when shortly afterward she manifested herself by a famous apparition at the grotto of Massabielle. . ."[5] Certainly the infallible word of the Roman Pontiff, the authoritative interpreter of revealed truth, needed no heavenly confirmation that it might be accepted by the faithful. But with what emotion and gratitude did the Christian people and their pastors receive from the lips of Bernadette this answer which came from heaven: "I am the Immaculate Conception!"

17. It is therefore not surprising that it should have pleased Our Predecessors to multiply their favors toward this sanctuary.

18. As early as 1869 Pius IX of holy memory rejoiced that the obstacles created against Lourdes by the malice of men "rendered stronger and more evident the clarity of the fact."[6] And strengthened by this assurance, he heaped spiritual benefits upon the newly erected church and crowned the statue of our Lady of Lourdes.

19. In 1892 Leo XIII granted the proper Office and Mass of the feast "In apparitione Beatae Mariae Virginis Immaculatae," which his successor was to extend to the Universal Church a short time later. Henceforth the ancient appeal of the Scriptures was to have a new application: "Arise, my love, my beautiful one, and come. My dove in the clefts of the rock, in the hollow place of the wall. . ."[7]

20. Near the end of his life, this great Pontiff decided to install and bless a reproduction of the grotto of Massabielle in the Vatican gardens, and in those days his voice rose to the Virgin of Lourdes in an ardent and trusting prayer: "In her power may the Virgin Mother, who once cooperated through her love with the birth of the faithful into the Church, now be the means and guardian of our salvation; may she return the tranquillity of peace to troubled souls; may she hasten the return of Jesus Christ in private and public life."[8]

21. The fiftieth anniversary of the definition of the dogma of the Immaculate Conception of the Blessed Virgin gave Saint Pius X occasion to bear witness in a solemn document to the historic connection between this act of the Magisterium and the apparitions at Lourdes. "Pius IX," he wrote, "had hardly defined it to be of Catholic faith that Mary was from her very origin exempt from sin, when the Virgin herself began performing miracles at Lourdes."[9]

22. Soon afterward he created the episcopal title of Lourdes, attached it to that of Tarbes, and signed the introduction of the cause for the beatification of Bernadette. It was especially reserved to this great Pope of the Eucharist to emphasize and promote the wonderful harmony existing at Lourdes between Eucharistic worship and Marian prayer. "Devotion to the Mother of God," he noted, "has led to a flowering at Lourdes of remarkable and ardent devotion to Christ our Lord."[10]

23. It could not have been otherwise. Everything about Mary directs us to her Son, our only Savior, in anticipation of whose merits she was immaculate and full of grace. Everything about Mary raises us to the praise of the adorable Trinity; and so it was that Bernadette, praying her rosary before the grotto, learned from the words and bearing of the Blessed Virgin how she should give glory to the Father, Son, and Holy Spirit.

24. We are pleased in this centenary year to adopt as Our home the homage rendered by Saint Pius X: "The unique glory of the shrine of Lourdes lies in the fact that people are drawn there from everywhere by Mary to adore Jesus Christ in the august Sacrament, so that this shrine--at once a center of Marian devotion and a throne of the Eucharistic mystery--surpasses in glory, it seems, all others in the Catholic world.[11]

25. Benedict XV wanted to enrich this shrine, already loaded down with favors, with new and valuable indulgences, and though the tragic circumstances of his Pontificate did not allow him to multiply public expressions of his devotion, he nevertheless willed to honor the Marian city by granting to its bishop the privilege of the pallium at the place of the apparitions.

26. Pius XI, who had been to Lourdes himself as a pilgrim, continued the work of Benedict XV. He had the joy of raising to the honors of the altar the girl who had been favored by the Virgin and who, in the habit of the Congregation of Charity and Christian Instruction, had become Sister Marie Bernard. Did he not, so to say, authenticate on his part the promise made by the Immaculate to young Bernadette that she would "be happy not in this world, but in the next"?

27. From that time on, Nevers, which takes pride in keeping Bernadette's precious relics, has attracted a great number of Lourdes pilgrims who have wanted to learn from her how the message of Lourdes applies to our day.

28. Soon the illustrious Pontiff who, like his predecessors, had honored the anniversary celebrations of the apparitions by sending a legate, decided to conclude the Jubilee of the Redemption at the Grotto of Massabielle where, in his own words, "the Immaculate Virgin Mary appeared several times to Blessed Bernadette Soubirous, and, in her kindness, exhorted all men to do penance at the scene of these wondrous apparitions, a place she has showered with graces and miracles."[12] Truly, Pius XI concluded, is this sanctuary "now justly considered one of the principal Marian shrines in the world."[13]

29. We could not refrain from adding Our voice to this unanimous chorus of praise. We did so particularly in Our Encyclical Fulgens corona, by recalling, in the spirit of Our Predecessors, that "the Blessed Virgin Mary herself wanted to confirm by some special sign the definition which the Vicar on earth of her Divine Son had pronounced amidst the vigorous approbation of the whole Church."[14]

30. On that occasion We recalled how the Roman Pontiffs, conscious of the importance of this pilgrimage, had never ceased to "enrich it with spiritual favors and generous benefits."[15]

31. The history of the past century, which We have recalled in its broad outlines, is a constant illustration of this Pontifical generosity, the most recent manifestation of which has been the closing at Lourdes of the centenary year of the definition of the dogma of the Immaculate Conception.

32. But We would like especially to recall to your attention, Beloved Sons and Venerable Brothers, a recent document in which We encouraged the growth of a missionary apostolate in your beloved country. We intended by this message to call to mind the "singular merits which France had acquired through the centuries in the progress of the Catholic faith," and for this reason "We turned Our mind and heart to Lourdes where, four years after the definition of the dogma, the Immaculate Virgin herself gave supernatural confirmation to the declaration of the Supreme Teacher, by appearances, conversations, and miracles."[16]

33. Today once again We turn to the famous shrine as it prepares to receive the crowds of centenary pilgrims on the shores of the River Gave. In the past century ardent public and private prayers have obtained from God many graces of healing and conversion at Lourdes through Mary's intercession, and We are firmly confident that in this jubilee year our Lady intends to respond open-handedly once more to the expectation of her children. But We are particularly convinced that she urges us to master the spiritual lessons of the apparitions and set ourselves upon the path which she has so clearly traced for us.

34. These lessons, a faithful echo of the Gospel message, accentuate in a striking way the differences which set off God's judgments from the vain wisdom of this world.

35. In a society which is barely conscious of the ills which assail it, which conceals its miseries and injustices beneath a prosperous, glittering, and trouble-free exterior, the Immaculate Virgin, whom sin has never touched, manifests herself to an innocent child. With a mother's compassion she looks upon this world redeemed by her Son's blood, where sin accomplishes so much ruin daily, and three times makes her urgent appeal: "Penance, penance, penance!" She even appeals for outward expressions: "Go kiss the earth in penance for sinners." And to this gesture must be added a prayer: "Pray to God for sinners."

36. As in the days of John the Baptist, as at the start of Jesus' ministry, this command, strong and rigorous, shows men the way which leads back to God: "Repent!"[17] Who would dare to say that this appeal for the conversion of hearts is untimely today?

37. But the Mother of God could come to her children only as a messenger of forgiveness and hope. Already the water flows at her feet: "Omnes sitientes, venite ad aquas, et haurietis salutem a Domino."[18] At this spring where gentle Bernadette was the first to go to drink and wash, all miseries of soul and body will flow away. "And I went and washed and I see," the grateful pilgrim will be able to reply, in the words of the blind man of the Gospel.[19]

38. But as was true for the crowds which pressed around Jesus, the healing of bodily ills is still a gesture of mercy and a sign of that power which the Son of Man has to forgive sins.[20] The Virgin invites us to the blessed grotto in her Divine Son's name for the conversion of our hearts and in the hope of forgiveness. Will we heed her?

39. The true greatness of this jubilee year is in the humble answer of the man who admits that he is a sinner. Great blessings for the Church could be justly anticipated if every pilgrim to Lourdes--in fact, every Christian united in spirit with the centenary celebrations--would first realize within himself this work of sanctification, "not in word, neither with the tongue, but in deed and in truth."[21] Moreover, everything invites him to this work, for nowhere, perhaps, except at Lourdes does one feel so moved to prayer, to the forgetting of oneself, and to charity.

40. When they see the devotion of the stretcher-bearers and the serene peace of the invalids, when they consider the spirit of brotherhood which unites the faithful of all races in a single prayer, when they observe the spontaneous mutual assistance and the sincere fervor of the pilgrims kneeling before the grotto, then the best of men are seized by the appeal of a life more completely dedicated to the service of God and their brothers; the less fervent become conscious of their lukewarmness and return to the road of prayer; quite hardened and skeptical sinners are often touched by grace, or at least, if they are honest, are moved by the testimony of this "multitude of believers of one heart and one soul."[22]

41. But in itself this experience of a few brief days of pilgrimage is not usually sufficient to engrave in indelible letters the call of Mary to a genuine spiritual conversion. That is why We exhort the shepherds of dioceses and all priests to outdo one another in zeal that the centenary pilgrimages may benefit by preparation, and, above all, by a follow-up which will be as conducive as possible to a profound and lasting action of grace.

42. Only on condition of a return to regular reception of the sacraments, a regard for Christian morals in everyday life, entry into the ranks of Catholic Action and other apostolates recommended by the Church, can the great crowds expected to gather at Lourdes in 1958 yield-- according to the expectations of the Immaculate Virgin herself--the fruits of salvation so necessary to mankind today.

43. But however important it may be, the conversion of the individual pilgrim is not enough. We exhort you in this jubilee year, Beloved Sons and Venerable Brothers, to inspire among the faithful entrusted to your care a common effort for the Christian renewal of society in answer to Mary's appeal.

44. "May blind spirits . . . be illumined by the light of truth and justice," Pius XI asked during the Marian feasts of the Jubilee of the Redemption, "so that those who have gone astray into error may be brought back to the straight path, that a just liberty may be granted the Church everywhere, and that an era of peace and true prosperity may come upon all the nations."[23]

45. But the world, which today affords so many justifiable reasons for pride and hope, is also undergoing a terrible temptation to materialism which has been denounced by Our Predecessors and Ourselves on many occasions.

46. This materialism is not confined to that condemned philosophy which dictates the policies and economy of a large segment of mankind. It rages also in a love of money which creates ever greater havoc as modern enterprises expand, and which, unfortunately, determines many of the decisions which weigh heavy on the life of the people. It finds expression in the cult of the body, in excessive desire for comforts, and in flight from all the austerities of life. It encourages scorn for human life, even for life which is destroyed before seeing the light of day.

47. This materialism is present in the unrestrained search for pleasure, which flaunts itself shamelessly and tries, through reading matter and entertainments, to seduce souls which are still pure. It shows itself in lack of interest in one's brother, in selfishness which crushes him, in justice which deprives him of his rights--in a word, in that concept of life which regulates everything exclusively in terms of material prosperity and earthly satisfactions.

48. "And I will say to my soul. the rich man said, Soul, thou hast many good things laid up for many years; take thy ease, eat, drink, be merry. But God said to him, Thou fool, this night do they demand thy soul of thee."[24]

49. To a society which in its public life often contests the supreme rights of God, to a society which would gain the whole world at the expense of its own soul[25] and thus hasten to its own destruction, the Virgin Mother has sent a cry of alarm.

50. May priests be attentive to her appeal and have the courage to preach the great truths of salvation fearlessly. The only lasting renewal, in fact, will be one based on the changeless principles of faith, and it is the duty of priests to form the consciences of Christian people.

51. Just as the Immaculate, compassionate of our miseries, but discerning our real needs, came to men to remind them of the essential and austere steps of religious conversion, so the ministers of the Word of God should, with supernatural confidence, point out to souls the narrow road which leads to life.[26] They will do this without forgetting the spirit of kindness and patience which they profess, but also without concealing anything of the Gospel's demands.[27] In the school of Mary they will learn to live not only that they may give Christ to the world, but also, if need be, to await with faith the hour of Jesus and to remain at the foot of the cross.
52. Assembled around their priests, the faithful must cooperate in this effort for renewal. Wherever Providence has placed a man, there is always more to be done for God's cause. Our thoughts turn first to the host of consecrated souls who, within the framework of the Church, devote themselves to innumerable good works. Their religious vows dedicate them more than others to fight victoriously under Mary's banner against the onslaught which inordinate lust for freedom, riches, and pleasure makes on the world. In response to the Immaculate, they will resolve to oppose the attacks of evil with the weapons of prayer and penance and by triumphs of charity.

53. Our thoughts turn also to Christian families. to ask them to remain faithful to their vital mission in society. May they consecrate themselves in this jubilee year to the Immaculate Heart of Mary! For married couples this act of piety will be a valuable aid in performing their conjugal duties of chastity and faithfulness. It will keep pure the atmosphere in which their children grow up. Even more, it will make the family, inspired by its devotion to Mary, a living center of social rebirth and apostolic influence.

54. Beyond the family circle, professional and civic affairs offer a vast field of action for Christians who desire to work for the renewal of society. Gathered about the Virgin's feet, docile to her exhortations, they will first take a searching look at themselves and will try to uproot from their consciences any false judgments and selfish impulses, fearing the falsehood of a love for God which does not translate itself into effective love for their brothers.[28]

55. Christians of every class and every nation will try to be of one mind in truth and charity, and to banish misunderstanding and suspicion. Without doubt, social structures and economic pressures of enormous weight burden the good will of men and often paralyze it. But if it is true, as Our predecessors and We Ourselves have insistently stressed, that the quest for social and political peace among men is, above all, a moral problem, then no reform can bear fruit, no agreement can be lasting without a conversion and cleansing of heart. In this jubilee year the Virgin of Lourdes reminds all men of this truth!

56. And if in her solicitude Mary looks upon some of her children with a special predilection, is it not, Beloved Sons and Venerable Brothers, upon the lowly, the poor, and the afflicted whom Jesus loved so much? "Come to me, all you who labor and are burdened, and I will give you rest," she seems to say along with her divine Son.[29]

57. Go to her, you who are crushed by material misery, defenseless against the hardships of life and the indifference of men. Go to her, you who are assailed by sorrows and moral trials. Go to her, beloved invalids and infirm, you who are sincerely welcomed and honored at Lourdes as the suffering members of our Lord. Go to her and receive peace of heart, strength for your daily duties, joy for the sacrifice you offer.

58. The Immaculate Virgin, who knows the secret ways by which grace operates in souls and the silent work of this supernatural leaven in this world, knows also the great price which God attaches to your sufferings united to those of the Savior. They can greatly contribute, We have no doubt, to this Christian renewal of society which We implore of God through the powerful intercession of His Mother.

59. In response to the prayers of the sick, of the humble, of all the pilgrims to Lourdes, may Mary turn her maternal gaze upon those still outside the limits of the only fold, the Church, that they may come together in unity. May she look upon those who are in search, who are thirsty for truth, and lead them to the source of living waters.

60. May she cast her glance upon the vast continents and their limitless human areas where Christ is unfortunately so little known, so little loved; and may she obtain for the Church freedom and the joy of being able to respond everywhere, always youthful, holy, and apostolic, to the longing of men.

61. "Kindly come . . . ," said the Virgin to Bernadette. This discreet invitation, which does not compel but is addressed to the heart and requests with delicacy a free and generous response, the Mother of God addresses again to her children in France and the whole world. Christians will not remain deaf to this appeal; they will go to Mary. It is to each of them that We wish to say at the conclusion of this letter with St. Bernard: "In periculis, in angustiis, in rebus dubiis, Mariam cogita, Mariam invoces. . . Ipsam sequens, non devias; ipsam rogans, non desperas; ipsam cogitans, non erras; ipsa tenente, non corruis; ipsa protegente, non metuis; ipsa duce, non fatigaris, ipsa propitia, pervenis. . . "[30]

62. We are confident, Dear Sons and Venerable Brothers, that Mary will hear your prayer and Ours. We ask her this on the feast of the Visitation, which fittingly honors her who a century ago visited the land of France.

63. And in inviting you to sing to God together with the Immaculate Virgin the Magnificat of your gratitude, We invoke upon you and your faithful, on the shrine of Lourdes and its pilgrims, on all those who bear the responsibilities of the centenary celebration, the most bounteous outpouring of grace. In token of which We impart with all Our heart, and with Our constant and paternal best wishes, the Apostolic Benediction. 64. Given at Rome, from Saint Peter's, on the feast of the Visitation of the Most Holy Virgin, July 2, 1957, the nineteenth year of Our Pontificate.

REFERENCES

1. Letter of July 12, 1914: Acta Apostolicae Sedis 6: 1914, p. 376.
2. Discourse delivered at Lourdes on April 28, 1935: Eugenio Cardinal Pacelli, Discorsi e panegirici (2nd ed., Vatican, 1956) p. 435.
3. Ibid., p. 437.
4. "O blessed grotto, favored by Mary's presence! O hallowed rock whence spring the living waters of a flowing stream!"--Office of feast of the Apparitions, Hymn for II Vespers.
5. Decree de Tuto for the Canonization of Saint Bernadette, July 2, 1933: AAS 25: 1933, p. 377.
6. Letter of September 4, 1869, to Henri Lasserre: Vatican Secret Archives, Ep. lat. anno 1869, n. 388, f. 695.
7. Cant. 2. 13-14. Gradual of the Mass of the feast of the Apparitions.
8. Brief of September 8, 1901: 21 Acta Leonis XIII, 159-160.
9. Encyclical letter Ad diem illum, February 2, 1904: I Acta Pii X 149.
10. Letter of July 12, 1914: AAS 6: 1914, p. 377.
11. Brief of April 25, 1911: Arch. brev. ap., Pius X, an. 1911, Div. Lib. IX, pars 1, f. 337.
12. Brief of January 11, 1933: Arch. brev. ap. Pius XI, Ind. Perpet. f. 128.
13. Ibid.
14. Encyclical letter Fulgens corona, September 8, 1953: AAS 45: 1953, p. 578. [English tr. in The Pope Speaks, Vol.l, No. 1,p.43-Ed.
I[5]. Ibid.
16. Apostolic constitution Omnium Ecclesiarum, August 15, 1954: AAS 46: 1954, p. 567.
17. Matt. 3.2; 4.17.
18. Office of the feast of the Apparitions, first Response of Third Nocturne.
19. John 9. 11 .
20. Cf. Mark 2.10.
21. I John 3.18.
22. Acts 4.32.
23. Letter of January 10, 1935: AAS 27, p. 7.
24. Luke 12.19-20.
25. Cf. Mark 8.36.
26. Cf. Matt. 7.14.
27. Cf. Luke 9.55.
28. I John 4.20.
29. Matt. 11.28.
30. "Amid dangers, difficulties, and doubts, think of Mary, invoke Mary's aid.... If you follow her, you will not stray; if you entreat her, you will not lose hope; if you reflect upon her, you will not err; if she supports you, you will not fall; if she protects you, you will not fear; if she leads you, you will not grow weary; if she is propitious, you will reach your goal...." Second Homily on the Missus est: PL CLXXXIII, 70-71.

SOURCE : http://www.newadvent.org/library/docs_pi12lp.htm