mardi 21 février 2012

Saint PIERRE DAMIEN, évêque, confesseur et Docteur de l'Église



Saint Pierre Damien, évêque et docteur de l'Eglise

Pierre Damien, né à Ravenne en 1007, mena la vie érémitique à Fonte-Avellana avant de devenir le collaborateur des papes pour la réforme de l'Eglise. Fait cardinal-évêque d'Ostie en 1057 et chargé de multiples légations en Italie, en France et en Allemagne, il mena une lutte énergique pour rendre au clergé sa dignité et à l'Eglise la liberté. Il mourut en 1072.

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/02/21/5405/-/saint-pierre-damien-eveque-et-docteur-de-l-eglise

Saint Pierre Damien

Pierre est le dernier-né (1007) d'une famille nombreuse Ravenne si pauvre qu’il est abandonné aux soins d’une servante pendant sa prime enfance. Repris par sa famille peu avant la mort de sa mère, il est employé par un ses frères à des travaux grossiers dont la garde des pourceaux jusqu'à ce qu'un autre de ses frères, Damien, pris de pitié, le prenne avec lui ; c’est par reconnaissance pour ce frère qu’il se fera nommer Pierre Damien. Damien fait étudier Pierre à Ravenne où il se montre si brillant qu’il lui fait poursuivre des études à Faenza, puis à Parme.

Prodigieusement intelligent, il gagne ses grades et devient un professeur très renommé. Cependant, Pierre Damien, assailli de violentes tentations d’orgueil et de sensualité, ne voit pas d’autres moyens d’échapper aux dangers du monde que d’entrer chez les moines camaldules de l’abbaye Sainte-Croix de Fonte Avellana, aux confins de la Marche et de l’Ombrie, où il s'adonne à une vie extrêment austère (1035). Appelé par ses supérieurs à restaurer et à renforcer la discipline, il prêche dans son couvent et dans d'autres. Il est élu prieur de Fonte Avellana (1043) d'où il fonde d'autres monastères. Le savant Pierre Damien ne manque pas d’avertir ses moines : « prenons garde à la science qui ne vire point en amour. Souvent, le désir de trop embrasser intellectuellement peut devenir dangereux pour la vie spirituelle. »

Soucieux des intérêts de l'Eglise, il dénonce à Grégoire VI (1045-1046) les clercs et les évêques incontinents et simoniaques dont la race avait augmenté démesurément sous le lamentable pontificat de Benoît IX (1032-1045). Conseiller de Clément II (1046-1047), il lui écrit : « Travaillez à relever la justice qu'on foule aux pieds avec mépris ; usez des rigueurs de la discipline ecclésiastiques pour que les méchants soient humiliés et que les humbles se reprennent à l'espérance. » Près d'être condamné par Léon IX (1048-1054) circonvenu par ses ennemis, Pierre Damien écrit au Pape : « Je ne cherche la faveur d'aucun mortel ; je ne crains la colère de personne ; je n'invoque que le témoignage de ma propre conscience. » Après avoir déserté la cour pontificale pendant la fin du pontificat de Léon IX et celui de Victor II (1055-1057), il est rappelé d'Ostie par Etienne IX (1057-1058) qui le fait cardinal-évêque ; il dénonce l'élection de Benoît X (1058-1059) entachée de simonie et, avec Hildebrand (futur saint Grégoire VII), après avoir contribué à l'élection de Nicolas II (1059-1061), il obtient le décret de 1059 qui réserve l'élection du pape aux seuls cardinaux. A peine a-t-il fait l'élection d'Alexandre II (1061-1073) qu'il se retire dans son monastère dont il doit bien vite partir pour veiller sur l'Eglise déchirée par le schisme de l'antipape Honorius II (condamné en 1062). « Nous n'en connaissons pas dont l'autorité soit plus grande, après la nôtre, dans l'Eglise romaine, dit Alexandre II , il est notre œil et le ferme appui du siège apostolique. » Il est envoyé comme légat à Milan (1059), en France (1063), à Florence (1063), puis en Germanie (1069). Après avoir remis de l’ordre dans le diocèse de Ravenne dont le défunt archevêque Henri a soutenu l’antipape, Pierre Damien, terrassé par la fièvre, au monastère Sainte-Marie-des-Anges, à Faenza, le 22 février 1072.





BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 9 septembre 2009

Saint Pierre Damien


 
Chers frères et sœurs,

Au cours des catéchèses de ces mercredis, je traite certaines grandes figures de la vie de l'Eglise depuis ses origines. Je voudrais m'arrêter aujourd'hui sur l'une des personnalités les plus significatives du xi siècle, saint Pierre Damien, moine, amant de la solitude et dans le même temps, intrépide homme d'Eglise, engagé personnellement dans l'œuvre de réforme commencée par les Papes de l'époque. Il est né à Ravenne en 1007 dans une famille noble, mais pauvre. Devenu orphelin de ses deux parents, il vécut une enfance marquée par les privations et les souffrances, même si sa sœur Roselinda s'engagea à lui servir de mère et son grand frère Damien l'adopta comme son enfant. C'est précisément pour cela qu'il sera appelé par la suite Pierre de Damien, Pierre Damien. Il suivit une formation d'abord à Faenza, puis à Parme où, à l'âge de 25 ans déjà, nous le trouvons engagé dans l'enseignement. A côté d'une bonne compétence dans le domaine du droit, il acquit une grande habileté et un raffinement dans l'art de composer - l'ars scribendi - et, grâce à sa connaissance des grands classiques latins, il devint l'"un des meilleurs latinistes de son époque, l'un des plus grands écrivains du Moyen Age latin" (J. Leclercq, Pierre Damien, ermite et homme d'Eglise, Rome, 1960, p. 172).

Il se distingua dans les genres littéraires les plus divers: des lettres aux sermons, des hagiographies aux prières, des poèmes aux épigrammes. Sa sensibilité pour la beauté le conduisait à la contemplation poétique du monde. Pierre Damien concevait l'univers comme une "parabole" inépuisable et une étendue de symboles, à partir de laquelle il interprétait la vie intérieure et la réalité divine et surnaturelle. Dans cette perspective, aux alentours de l'an 1034, la contemplation de l'absolu de Dieu le poussa à se détacher progressivement du monde et de ses réalités éphémères, pour se retirer dans le monastère de Fonte Avellana, fondé quelques décennies plus tôt seulement, mais déjà célèbre en raison de son austérité. Pour édifier les moines, il écrivit la Vie du fondateur, saint Romuald de Ravenne, et s'engagea dans le même temps à en approfondir la spiritualité, en exposant son idéal de monachisme érémitique.

Il faut immédiatement souligner un détail: l'ermitage de Fonte Avellana était consacré à la Sainte Croix, et la Croix sera le mystère chrétien qui, plus que tout autre, fascinera Pierre Damien. "Celui qui n'aime pas la croix du Christ n'aime pas le Christ", affirme-t-il (Sermo, XVIII 11, p. 117) et il se qualifie comme: "Petrus crucis Christi servorum famulus - Pierre serviteur des serviteurs de la croix du Christ" (Ep 9, 1). Pierre Damien adresse à la croix de très belles prières, dans lesquelles il révèle une vision de ce mystère aux dimensions cosmiques, car il embrasse toute l'histoire du salut: "O bienheureuse Croix - s'exclame-t-il - la foi des patriarches, les prophéties des prophètes, le sénat des apôtres chargé de juger, l'armée victorieuse des martyrs et les foules de tous les saints te vénèrent, te prêchent et t'honorent" (Sermo, XVIII 14, p. 304). Chers frères et sœurs, que l'exemple de saint Pierre Damien nous pousse nous aussi à regarder toujours la Croix comme l'acte suprême d'amour de Dieu à l'égard de l'homme, qui nous a donné le salut.

Pour le déroulement de la vie érémitique, ce grand moine rédige une Règle, dans laquelle il souligne profondément la "rigueur de l'ermitage": dans le silence du cloître, le moine est appelé à passer une longue vie de prière, diurne et nocturne, avec des jeûnes prolongés et austères; il doit s'exercer à une généreuse charité fraternelle et à une obéissance au prieur toujours prête et disponible. Dans l'étude et la méditation quotidienne, Pierre Damien découvre les significations mystiques de la Parole de Dieu, trouvant dans celle-ci une nourriture pour sa vie spirituelle. C'est dans ce sens qu'il qualifie la cellule de l'ermitage de "parloir où Dieu converse avec les hommes". La vie érémitique est pour lui le sommet de la vie chrétienne, elle se trouve "au sommet des états de vie", car le moine, désormais libre des liens du monde et de son propre moi, reçoit "les arrhes de l'Esprit Saint et son âme s'unit heureuse à l'Epoux céleste" (Ep 18, 17; cf. Ep 28, 43sq). Cela apparaît important également pour nous aujourd'hui, même si nous ne sommes pas des moines: savoir faire le silence en nous pour écouter la voix de Dieu, chercher, pour ainsi dire un "parloir" où Dieu parle avec nous: apprendre la Parole de Dieu dans la prière et dans la méditation est le chemin de la vie.

Saint Pierre Damien, qui fut substantiellement un homme de prière, de méditation, de contemplation, fut également un fin théologien: sa réflexion sur différents thèmes doctrinaux le conduit à des conclusions importantes pour la vie. Ainsi, par exemple, il expose avec clarté et vivacité la doctrine trinitaire en utilisant déjà, dans le sillage des textes bibliques et patristiques, les trois termes fondamentaux, qui sont ensuite devenus déterminants également pour la philosophie de l'Occident, processio, relatio et persona (cf. Opusc. XXXVIII: PL CXLV, 633-642; et Opusc. II et III: ibid., 41sq et 58sq). Toutefois, étant donné que l'analyse théologique du mystère le conduit à contempler la vie intime de Dieu et le dialogue d'amour ineffable entre les trois Personnes divines, il en tire des conclusions ascétiques pour la vie en communauté et pour les relations entre chrétiens latins et grecs, divisés sur ce thème. La méditation sur la figure du Christ a elle aussi des conséquences pratiques significatives, toute l'Ecriture étant axée sur Lui. Le "peuple des juifs - note saint Pierre Damien -, à travers les pages de l'Ecriture Sainte, a comme porté le Christ sur ses épaules" (Sermo XLVI, 15). Le Christ, ajoute-t-il, doit donc se trouver au centre de la vie du moine: "Que le Christ soit entendu dans notre langue, que le Christ soit vu dans notre vie, qu'il soit perçu dans notre cœur" (Sermo VIII, 5). L'union intime avec le Christ engage non seulement les moines, mais tous les baptisés. Nous trouvons ici un rappel puissant, également pour nous, à ne pas nous laisser totalement prendre par les activités, par les problèmes et par les préoccupations de chaque jour, en oubliant que Jésus doit vraiment être au centre de notre vie.

La communion avec le Christ crée l'unité d'amour entre les chrétiens. Dans la lettre 28, qui est un traité d'ecclésiologie de génie, Pierre Damien développe une profonde théologie de l'Eglise comme communion. "L'Eglise du Christ - écrit-il - est unie dans le lien de la charité au point que, de même qu'elle est une en plusieurs membres, elle est tout entière mystiquement dans chacun des membres; si bien que toute l'Eglise universelle se dénomme à juste titre unique Epouse du Christ au singulier, et chaque âme élue, par le mystère sacramentel, est considérée comme pleinement Eglise". Cela est important: non seulement l'Eglise universelle tout entière est unie, mais en chacun de nous devrait être présente l'Eglise dans sa totalité. Ainsi le service de l'individu devient "expression de l'universalité" (Ep 28, 9-23). Toutefois, l'image idéale de la "sainte Eglise" illustrée par Pierre Damien ne correspond pas - il le savait bien - à la réalité de son temps. C'est pourquoi il ne craint pas de dénoncer l'état de corruption existant dans les monastères et parmi le clergé, en raison, avant tout, de la pratique de laisser les autorités laïques remettre l'investiture des charges ecclésiastiques: plusieurs évêques et abbés se comportaient en gouverneurs de leurs propres sujets plus qu'en pasteurs des âmes. Souvent, leur vie morale laissait beaucoup à désirer. C'est pourquoi, avec une grande douleur et tristesse, en 1057, Pierre Damien quitte le monastère et accepte, bien qu'avec difficulté, la nomination comme cardinal évêque d'Ostie, entrant ainsi pleinement en collaboration avec les Papes dans l'entreprise difficile de la réforme de l'Eglise. Il a vu que la contemplation n'était pas suffisante et il a dû renoncer à la beauté de la contemplation pour apporter son aide à l'œuvre de renouveau de l'Eglise. Il a ainsi renoncé à la beauté de l'ermitage et avec courage il a entrepris de nombreux voyages et missions.

Pour son amour de la vie monastique, dix ans plus tard, en 1067, il obtient la permission de retourner à Fonte Avellana, en renonçant au diocèse d'Ostie. Mais la tranquillité à laquelle il aspirait dure peu de temps: à peine deux ans plus tard, il est envoyé à Francfort dans le tentative d'empêcher le divorce d'Henri iv de sa femme Berthe; et de nouveau deux ans plus tard, en 1071, il se rend au Mont Cassin pour la consécration de l'église abbatiale et au début de 1072 il va à Ravenne pour rétablir la paix avec l'archevêque local, qui avait soutenu l'antipape en frappant la ville d'interdiction. Pendant le voyage de retour à son ermitage, une maladie subite le contraint à s'arrêter à Faenza dans le monastère bénédictin de "Santa Maria Vecchia fuori porta", et il y meurt dans la nuit du 22 au 23 février 1072.

Chers frères et sœurs, c'est une grande grâce que dans la vie de l'Eglise, le Seigneur ait suscité une personnalité aussi exubérante, riche et complexe que celle de saint Pierre Damien et il n'est pas commun de trouver des œuvres de théologie et de spiritualité aussi pointues et vives que celles de l'ermite de Fonte Avellana. Il fut moine jusqu'au bout, avec des formes d'austérité qui aujourd'hui, pourraient presque nous sembler excessives. Mais de cette manière, il a fait de la vie monastique un témoignage éloquent du primat de Dieu et un rappel pour tous à cheminer vers la sainteté, libres de tout compromis avec le mal. Il se consuma, avec une cohérence lucide et une grande sévérité, pour la réforme de l'Eglise de son temps. Il consacra toutes ses énergies spirituelles et physiques au Christ et à l'Eglise, en restant toujours, comme il aimait se définir, Petrus ultimus monachorum servus, Pierre, le dernier serviteur des moines.

* * *

Je salue avec joie les pèlerins francophones, particulièrement les Petites Sœurs de Jésus, ainsi que les pèlerins de Richmond, au Canada, et ceux provenant des Diocèses de Belley-Ars et de Dijon, en France. En cette année du sacerdoce, je vous invite à prier pour vos prêtres et à les soutenir dans leur ministère. Que Dieu vous bénisse !

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SOURCE :



Saint Pierre Damien

Pierre est le dernier-né (1007) d'une famille nombreuse Ravenne si pauvre qu’il est abandonné aux soins d’une servante pendant sa prime enfance. Repris par sa famille peu avant la mort de sa mère, il est employé par un ses frères à des travaux grossiers dont la garde des pourceaux jusqu'à ce qu'un autre de ses frères, Damien, pris de pitié, le prenne avec lui ; c’est par reconnaissance pour ce frère qu’il se fera nommer Pierre Damien. Damien fait étudier Pierre à Ravenne où il se montre si brillant qu’il lui fait poursuivre des études à Faenza, puis à Parme.

Prodigieusement intelligent, il gagne ses grades et devient un professeur très renommé. Cependant, Pierre Damien, assailli de violentes tentations d’orgueil et de sensualité, ne voit pas d’autres moyens d’échapper aux dangers du monde que d’entrer chez les moines camaldules de l’abbaye Sainte-Croix de Fonte Avellana, aux confins de la Marche et de l’Ombrie, où il s'adonne à une vie extrêment austère (1035). Appelé par ses supérieurs à restaurer et à renforcer la discipline, il prêche dans son couvent et dans d'autres. Il est élu prieur de Fonte Avellana (1043) d'où il fonde d'autres monastères. Le savant Pierre Damien ne manque pas d’avertir ses moines : « prenons garde à la science qui ne vire point en amour. Souvent, le désir de trop embrasser intellectuellement peut devenir dangereux pour la vie spirituelle. »

Soucieux des intérêts de l'Eglise, il dénonce à Grégoire VI (1045-1046) les clercs et les évêques incontinents et simoniaques dont la race avait augmenté démesurément sous le lamentable pontificat de Benoît IX (1032-1045). Conseiller de Clément II (1046-1047), il lui écrit : « Travaillez à relever la justice qu'on foule aux pieds avec mépris ; usez des rigueurs de la discipline ecclésiastiques pour que les méchants soient humiliés et que les humbles se reprennent à l'espérance. » Près d'être condamné par Léon IX (1048-1054) circonvenu par ses ennemis, Pierre Damien écrit au Pape : « Je ne cherche la faveur d'aucun mortel ; je ne crains la colère de personne ; je n'invoque que le témoignage de ma propre conscience. » Après avoir déserté la cour pontificale pendant la fin du pontificat de Léon IX et celui de Victor II (1055-1057), il est rappelé d'Ostie par Etienne IX (1057-1058) qui le fait cardinal-évêque ; il dénonce l'élection de Benoît X (1058-1059) entachée de simonie et, avec Hildebrand (futur saint Grégoire VII), après avoir contribué à l'élection de Nicolas II (1059-1061), il obtient le décret de 1059 qui réserve l'élection du pape aux seuls cardinaux. A peine a-t-il fait l'élection d'Alexandre II (1061-1073) qu'il se retire dans son monastère dont il doit bien vite partir pour veiller sur l'Eglise déchirée par le schisme de l'antipape Honorius II (condamné en 1062). « Nous n'en connaissons pas dont l'autorité soit plus grande, après la nôtre, dans l'Eglise romaine, dit Alexandre II , il est notre œil et le ferme appui du siège apostolique. » Il est envoyé comme légat à Milan (1059), en France (1063), à Florence (1063), puis en Germanie (1069). Après avoir remis de l’ordre dans le diocèse de Ravenne dont le défunt archevêque Henri a soutenu l’antipape, Pierre Damien, terrassé par la fièvre, au monastère Sainte-Marie-des-Anges, à Faenza, le 22 février 1072.



Saint Pierre Damien

Cardinal, Évêque d'Ostie

(988-1072)

Saint Pierre Damien, né à Ravenne, d'une famille honnête, mais pauvre et nombreuse, fut, étant encore à la mamelle, abandonné par sa mère découragée; mais une femme charitable le recueillit à demi mort de faim, et lui donna tous les soins d'une vraie mère. Rendu à ses parents devenus plus humains, il resta orphelin très jeune encore et fut le souffre-douleur d'un de ses frères, qui le traitait comme un esclave et l'envoyait garder les pourceaux. Dans ce misérable état, le pauvre enfant montrait des dispositions intellectuelles et morales vraiment remarquables.

Un jour il trouva par hasard une pièce d'argent; un enfant s'en serait servi pour satisfaire sa gourmandise, mais le jeune Pierre sut résister à cette tentation et eut l'attention délicate de porter cet argent à un prêtre, afin de faire dire des Messes pour son père défunt.

Un autre frère de l'enfant, archiprêtre de Ravenne, prit pitié de sa misère et s'occupa de son éducation; ce frère s'appelait Damien, et on croit que Pierre ajouta plus tard ce nom au sien par reconnaissance. Dès lors tout changea pour notre Saint; après avoir émerveillé ses maîtres et ses disciples par ses talents et ses vertus, il chercha dans le cloître un refuge contre les périls du monde.

Pendant le reste de sa longue vie de quatre-vingt-trois ans, il fut l'ami, le conseiller, la lumière de tous les Papes de son temps. Ses vertus dépassaient encore sa science profonde; il brilla surtout par la mortification et l'humilité.

Dans sa jeunesse, tourmenté de tentations impures, il se plongea, la nuit, dans un étang demi-glacé, jusqu'à ce qu'il eût éteint le feu de la concupiscence. Cilice, jeûnes effrayants, lit de planches nues, discipline, cercles de fer, aucune pénitence ne lui fut étrangère.

Étant moine, quand, au chapitre, il avait dû reprendre ses religieux de leurs fautes, il descendait de son siège, se prosternait à terre devant tous, s'accusait de toutes ses imperfections, se donnait la discipline publique, et, reprenant sa place, continuait ses avis.

On l'invoque contre les maux de tête, probablement en sa qualité d'homme d'étude.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950


Giovanni di Paolo. Dante et Béatrice rencontrent saint Pierre Damien, qui leur raconte sa vie, et leur parle de la prédestination, La Divine Comédie, Canto 21.

St Pierre Damien, évêque, confesseur et docteur

Né en 1007, mort le 22 février 1072. Docteur de l’Église en 1823, fête la même année.

Leçons des Matines avant 1960

Quatrième leçon. Pierre, né à Ravenne, de parents considérés, était encore à la mamelle quand il fut rejeté par sa mère, mécontente d’avoir un grand nombre d’enfants. Mais une .domestique le recueillit demi-mort et le sauva par ses soins, puis le rendit à sa mère, après l’avoir rappelée à des sentiments plus humains. Privé des auteurs de ses jours, il fut réduit à une dure servitude sous la tutelle d’un de ses frères qui le traita comme un vil esclave. Il donna alors un exemple remarquable de religion envers Dieu et de piété filiale. Ayant trouvé par hasard une pièce de monnaie, il ne l’employa point à soulager sa propre indigence, mais la donna à un Prêtre, afin qu’il offrît le divin Sacrifice pour le repos de l’âme de son père. Un autre de ses frères, nommé Damien, l’accueillit avec bienveillance, et prit soin de le faire instruire. On rapporte que c’est à cause de ce frère que Pierre prit le surnom de Damien. Il fit de si rapides progrès dans les lettres qu’il devint un objet d’admiration pour ses maîtres. Il s’acquit une grande réputation par son talent et ses brillants succès dans les sciences libérales, et il les enseigna lui-même avec honneur. Pendant ce temps, afin de soumettre les sens à la raison, il portait un cilice sous des habits recherchés, persévérant avec soin dans le jeûne, les veilles et l’oraison. Comme dans l’ardeur de la jeunesse, il se sentait vivement pressé des aiguillons de la chair, il éteignait la nuit ces flammes rebelles dans les eaux glacées d’un fleuve. De plus, il avait coutume de visiter les sanctuaires en vénération et de réciter tout le Psautier. Il secourait assidûment les pauvres, les conviait souvent à sa table et les servait de ses propres mains.

Cinquième leçon. Désireux de mener une vie plus parfaite, il entra dans le monastère d’Alvellane, au diocèse de Gubbio, de l’Ordre des moines de Sainte-Croix Font-Avellane, fondé par le bienheureux Ludolphe, disciple de saint Romuald. L’Abbé l’envoya peu après au monastère de Pomposia, puis à celui de Saint-Vincent de Petra-Pertusa. H édifia ces deux abbayes par ses saintes prédications, ses enseignements remarquables et sa manière de vivre Étant revenu dans son monastère, il fut, après la mort de l’Abbé, mis à la tête dé la communauté d’Avellane, et la rendit si prospère par les saintes institutions qu’il lui donna, par les nouvelles maisons qu’il fonda en divers lieux, qu’on le regarde avec raison comme le second père de son Ordre et son principal ornement. D’autres monastères dé différents instituts, des chapitres de chanoines et des peuples mêmes, éprouvèrent les salutaires effets de la sollicitude du Saint, il fut, sous plus d’un rapport, utile au diocèse d’Urbin ; il secourut l’Évêque Theuzon dans une circonstance très grave, et l’aida par ses conseils et ses travaux, dans la bonne administration de son évêché. Il excella dans la contemplation des choses divines, pratiqua de grandes macérations corporelles et se fit remarquer par d’autres exemples d’une sainteté éprouvée. Le souverain Pontife Etienne IX, appréciant son mérite, le créa contre son gré et malgré sa résistance, Cardinal de la sainte Église romaine et Évêque d’Ostie. Il s’illustra dans ces dignités par les plus éclatantes vertus, et par des œuvres dignes du ministère épiscopal.

Sixième leçon. Dans des temps très difficiles, Pierre fut d’un grand secours à l’Église romaine et aux souverains Pontifes par sa science, ses légations, et les autres travaux qu’il entreprit. Il combattit vaillamment jusqu’à la mort l’hérésie simoniaque et celle des Nicolaïtes ; et après avoir remédiera ces maux, il réconcilia l’Église de Milan avec celle de Rome. Il s’opposa avec courage aux antipapes Benoît et Cadaloüs ; il détourna Henri IV, roi de Germanie, de son injuste projet de divorce ; il ramena les habitants de Ravenne à l’obéissance qu’ils devaient au Pontife romain, et donna aux chanoines de Velletri des lois qui les amenèrent à une vie plus sainte. A peine y avait-il dans la province d’Urbin une Église qui n’eût reçu de lui quelque service ; celle de Gubbio, qu’il administra pendant quelque temps, fut par lui soulagée d’un grand nombre de maux ; et on le vit ailleurs, quand cela était opportun, pourvoir au bien d’autres Églises, avec autant de soin que si elles eussent été confiées à sa garde. Ayant déposé les charges du cardinalat et de la dignité épiscopale, il ne relâcha rien de son assiduité à secourir le prochain. Il propagea le jeûne du vendredi en l’honneur de la sainte croix de Jésus-Christ, ainsi que le petit Office de la bienheureuse Mère de Dieu et le culte qu’on lui rend le samedi. 11 étendit l’usage de se donner la discipline pour l’expiation des péchés commis. Enfin, illustre par sa sainteté, sa doctrine, ses miracles et ses grandes actions, son âme s’envola vers le Christ, à Faënza. le huit des calendes de mars, tandis qu’il revenait d’une ambassade à Ravenne. Son corps, gardé en la même ville, chez les Cisterciens, devint célèbre par beaucoup de miracles, et il y est honoré par le concours et la vénération continuelle des peuples. Les habitants de Faënza ayant éprouvé plus d’une fois les effets de la protection de saint Pierre Damien dans des circonstances critiques, le choisirent pour leur patron auprès de Dieu. Le Pape Léon XIII a étendu à l’Église universelle, de l’avis de la Congrégation des Rites sacrés, l’Office et la Messe qui se célébraient déjà en son honneur dans quelques diocèses et dans l’Ordre des Camaldules, et au titre de Confesseur Pontife, il a ajouté la qualité de Docteur.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

L’austère réformateur des mœurs chrétiennes au XIe siècle, le précurseur du saint pontife Grégoire VII, Pierre Damien en un mot, paraît aujourd’hui sur le Cycle. A lui revient une partie de la gloire de cette magnifique régénération qui s’accomplit en ces jours où le jugement dut commencer par la maison de Dieu [1]. Dressé à la lutte contre les vices sous une sévère institution monastique, Pierre s’opposa comme une digue au torrent des désordres de son temps, et contribua puissamment à préparer, par l’extirpation des abus, deux siècles de foi ardente qui rachetèrent les hontes du Xe siècle. L’Église a reconnu tant de science, de zèle et de noblesse, dans les écrits du saint Cardinal, que, par un jugement solennel, elle l’a placé au rang de ses Docteurs. Apôtre de la pénitence, Pierre Damien nous appelle à la conversion, dans les jours où nous sommes ; écoutons-le et montrons-nous dociles à sa voix.

Le zèle de la maison du Seigneur consumait .L votre âme, ô Pierre ! C’est pourquoi vous fûtes donné à l’Église dans un temps où la malice des hommes lui avait fait perdre une partie de sa beauté. Rempli de l’esprit d’Elie, vous osâtes entreprendre de réveiller les serviteurs du Père de famille qui, durant leur fatal sommeil, avaient laissé l’ivraie prévaloir dans le champ. Des jours meilleurs se levèrent pour l’Épouse du Christ ; la vertu des promesses divines qui sont en elle se manifesta ; mais vous, ami de l’Époux [2], vous avez la gloire d’avoir puissamment contribué à rendre à la maison de Dieu son antique éclat. Des influences séculières avaient asservi le Sanctuaire ; les princes de la terre s’étaient dit : Possédons-le comme notre héritage [3] ; et l’Église, qui surtout doit être libre, n’était plus qu’une vile servante aux ordres des maîtres du monde. Dans cette crise lamentable, les vices auxquels la faiblesse humaine est si facilement entraînée avaient souillé le temple : mais le Seigneur se souvint de celle à laquelle il s’est donné. Pour relever tant de ruines, il daigna employer des bras mortels ; et vous fûtes choisi des premiers, ô Pierre, pour aider le Christ dans l’extirpation de tant de maux. En attendant le jour où le sublime Grégoire devait prendre les Clefs dans ses mains fortes et fidèles, vos exemples et vos fatigues lui préparaient la voie. Maintenant que vous êtes arrivé au terme de vos travaux, veillez sur l’Église de Dieu avec ce zèle que le Seigneur a couronné en vous. Du haut du ciel, communiquez aux pasteurs cette vigueur apostolique sans laquelle le mal ne cède pas. Maintenez pures les mœurs sacerdotales qui sont le sel de la terre [4]. Fortifiez dans les brebis le respect, la fidélité et l’obéissance envers ceux qui les conduisent dans les pâturages du salut. Vous qui fûtes non seulement l’apôtre, mais l’exemple de la pénitence chrétienne, au milieu d’un siècle corrompu, obtenez que nous soyons empressés à racheter, par les œuvres satisfactoires, nos péchés et les peines qu’ils ont méritées. Ranimez dans nos âmes le souvenir des souffrances de notre Rédempteur, afin que nous trouvions dans sa douloureuse Passion une source continuelle de repentir et d’espérance. Accroissez encore notre confiance en Marie, refuge des pécheurs, et donnez-nous part à la tendresse filiale dont vous vous montrâtes animé pour elle, au zèle avec lequel vous avez publié ses grandeurs.

[1] I Petr. IV, 17.

[2] Iohan. III, 29.

[3] Psalm. LXXXII

[4] Matth. V, 13.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Ce saint évêque d’Ostie, fils intrépide et gloire de l’Ordre de Saint-Benoît, qui, au XIe siècle, — période très agitée d’antipapes, d’hérésies et de douloureux affaiblissement de l’esprit ecclésiastique, — fut comme une colonne de feu indiquant aux fidèles la voie étroite de la Croix du Christ qui mène sûrement- au Ciel, passa au Seigneur le 22 février 1072. A cause de la fête de la Chaire de saint Pierre, c’est aujourd’hui seulement qu’on célèbre sa commémoration annuelle. Léon XII étendit son office — d’abord en usage seulement chez les moines Bénédictins — à l’Église universelle.

La messe est celle du Commun des docteurs In médio, mais la première collecte est propre et rappelle la renonciation de saint Pierre Damien aux insignes cardinalices et à l’évêché d’Ostie.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Principe du saint : La langue qui à l’honneur de se rougir du sang de l’Agneau immaculé, du Verbe suprême, devrait considérer comme indigne d’elle de se souiller dans la lie des vains propos. »

Saint Pierre Damien : Jour de mort : 22 février 1072. Tombeau : dans l’église des cisterciens de Faënza (Italie). Image : On le représente en ermite, le chapeau de cardinal à côté de lui, ou encore comme pénitent, avec une discipline. Vie : Saint Pierre Damien est du nombre des grands et véritables réformateurs de l’Église au Moyen Age ; c’est même un des hommes les plus extraordinaires de tous les temps. Dans le savant, on admire la profondeur et la variété des connaissances ; dans le prédicateur de la parole divine, la franchise apostolique ; dans le moine, l’austérité et la mortification ; dans le prêtre, la piété et le zèle des âmes ; dans le cardinal, la fidélité et l’attachement au Saint-Siège. On admire, en général, son dévouement sans réserve pour le bien de l’Église. Il mourut en 1072. La messe (In médio) est du commun des docteurs de l’Église.

Quelques traits de sa vie. Des saints comme Pierre Damien ont aussi des tentations à combattre et des faiblesses à surmonter. C’est ce que nous montrent les aveux suivants :

« Malheur à moi, misérable. Tout ce qui est mauvais, je l’ai fait. Dans une vie si longue, je n’ai, pour ainsi dire, accompli aucun commandement de Dieu... Il est surtout un défaut que je dois pleurer amèrement, c’est mon goût pour les propos bouffons. De tout temps, ce défaut m’a donné bien du tracas et, même après mon entrée au monastère, il ne m’a pas entièrement quitté. J’ai, certes, lutté contre ce monstre ; avec le marteau de l’austérité je lui ai brisé ses dents méchantes... J’ai réussi pour un temps à l’enchaîner, mais je n’ai jamais pu le vaincre complètement. Même sous le prétexte de joie spirituelle, quand je veux me montrer joyeux à mes frères, je tombe dans de vains propos. »

« Moi aussi, pauvre écrivain, je souffre de ma nature excitable. Souvent la plus petite injure m’enlève la paix de l’âme. Mais quelles que soient les exigences de la colère, qu’elle fasse rage, qu’elle écume, qu’elle grince des dents, je lui refuse mon secours extérieur autant que cela m’est possible. Je ne lui donne pas ma main pour frapper. Je ne remue ni ma langue ni mes lèvres pour qu’elle ne puisse pas exhaler sa bile amère. Qu’on me fasse ce qu’on voudra, je pense ainsi : Je dois conserver en moi la patience, et ce n’est pas de la vertu des autres que je puis attendre ma récompense. Là où aucune attaque n’oblige au combat, il n’y a pas non plus de couronne de victoire. »

« Parfois, s’enflamme en moi le feu de la sensualité qui excite mon cœur et mes membres. Quoi qu’elle fasse, elle non plus n’aura pas mon secours. Je puis bien contenir la nature par ma raison, mais il est impossible de l’anéantir. Je puis la réduire au silence, mais non l’étouffer. »

Il écrit une fois à son jeune neveu : « Pour chasser de ton champ la bête enragée — s’il est permis de s’exprimer en figure — ne néglige jamais de te soutenir chaque jour par la réception du corps et du sang du Seigneur. L’ennemi secret doit voir tes lèvres rougies du sang du Christ. Cette vue le fait frémir et reculer ; il s’enfuit immédiatement, plein d’effroi, dans sa sombre retraite. »

« Je connais un frère dans le Christ qui est, pour ainsi dire, toujours prêt à partir. S’il lui survient une tentation de sensualité, il dit à son âme : « Viens, nous allons faire une promenade. » Il parcourt alors en esprit tous les lieux de sépultures et tous les cimetières. Quand il songe que toute la chair, qui est, là, soumise à une telle calamité, fut autrefois fraîche et florissante, il ne doute pas que son corps aura bientôt le sort de ceux-là Il en a bientôt fini avec la volupté celui qui dirige son regard vers la pourriture. Là où se trouve un tombeau, la volupté ne s’élève pas. »


St. Peter Damian, born in 988, was the youngest of a large family; his parents were noble, but poor. At his birth an elder brother protested against this new charge on the resources of the family with such effect that his mother refused to suckle him and the babe nearly died. A family retainer, however, fed the starving child and by example and reproaches recalled his mother to her duty. Left an orphan in early years, he was at first adopted by an elder brother, who ill-treated and under-fed him while employing him as a swineherd. Finally, his other brother, who was archpriest of Ravenna, took him under his wing. His brother sent him to good schools and Peter became a professor.


Already in those days Peter was very strict with himself. He wore a hair shirt under his clothes, fasted rigorously and spent many hours in prayer. Soon, he decided to leave his teaching and give himself completely to prayer with the Benedictines of the reform of St. Romuald at Fonte Avellana. They lived two monks to a hermitage. Peter was so eager to pray and slept so little that he soon suffered from severe insomnia. He found he had to use some prudence in taking care of himself. When he was not praying, he studied the Bible.

The abbot commanded that when he died Peter should succeed him. Abbot Peter founded five other hermitages. He encouraged his brothers in a life of prayer and solitude and wanted nothing more for himself. The Holy See periodically called on him, however, to be a peacemaker or troubleshooter, between two abbeys in dispute or a cleric or government official in some disagreement with Rome.

Finally, Pope Stephen IX made Peter the cardinal-bishop of Ostia. He worked hard to wipe out simony (the buying of church offices), and encouraged his priests to observe celibacy and urged even the diocesan clergy to live together and maintain scheduled prayer and religious observance.

He wished to restore primitive discipline among religious and priests, warning against needless travel, violations of poverty and too comfortable living. He even wrote to the bishop of Besancon, complaining that the canons there sat down when they were singing the psalms in the Divine Office.

He wrote many letters. Some 170 are extant. We also have 53 of his sermons and seven lives, or biographies, that he wrote. He preferred examples and stories rather than theory in his writings. The liturgical offices he wrote are evidence of his talent as a stylist in Latin.

He asked often to be allowed to retire as cardinal-bishop of Ostia, and finally Alexander II consented. Peter was happy to become once again just a monk, but he was still called to serve as a papal legate. When returning from such an assignment in Ravenna, he was overcome by a fever. With the monks gathered around him saying the Divine Office, he died on February 22, 1072. In 1828 he was declared a Doctor of the Church.


St. Peter Damian

(Or Damiani).

Doctor of the Church, Cardinal-Bishop of Ostia, b. at Ravenna "five years after the death of the Emperor Otto III," 1007; d. at Faenza, 21 Feb., 1072.


He was the youngest of a large family; his parents were noble, but poor. At his birth an elder brother protested against this new charge on the resources of the family with such effect that his mother refused to suckle him and the babe nearly died. A family retainer, however, fed the starving child and by example and reproaches recalled his mother to her duty. Left an orphan in early years, he was at first adopted by an elder brother, who ill-treated and under-fed him while employing him as a swineherd. The child showed signs of great piety and of remarkableintellectual gifts, and after some years of this servitude another brother, who was archpriest at Ravenna, had pity on him and took him away to be educated. This brother was called Damian and it was generally accepted that St. Peter added this name to his own in grateful recognition of his brother's kindness. He made rapid progress in his studies, first at Ravenna, then at Faenza, finally at the University of Parma, and when about twenty-five years old was already a famous teacher at Parma and Ravenna. But, though even then much given to fasting and to other mortifications, he could not endure the scandals and distractions of university life and decided (about 1035) to retire from the world. While meditating on his resolution he encountered two hermits of Fonte-Avellana, was charmed with their spirituality and detachment, and desired to join them. Encouraged by them Peter, after a forty days' retreat in a small cell, left his friends secretly and made his way to the hermitage of Fonte-Avellana. Here he was received, and, to his surprise, clothed at once with the monastic habit.

Both as novice and as professed religious his fervour was remarkable and led him to such extremes of penancethat, for a time, his health was affected. He occupied his convalescence with a thorough study of Holy Scriptureand, on his recovery, was appointed to lecture to his fellow-monks. At the request of Guy of Pomposa and other heads of neighbouring monasteries, for two or three years he lectured to their subjects also, and (about 1042) wrote the life of St. Romuald for the monks of Pietrapertosa. Soon after his return to Fonte-Avellana he was appointed economus of the house by the prior, who also pointed him out as his successor. This, in fact, he became in 1043, and he remained prior of Fonte-Avellana till his death. His priorate was characterized by a wise moderation of the rule, as well as by the foundation of subject-hermitages at San Severino, Gamugno, Acerata, Murciana, San Salvatore, Sitria, and Ocri. It was remarkable, too, for the introduction of the regular use of thediscipline, a penitential exercise which he induced the great abbey of Monte Cassino to imitate. There was much opposition outside his own circle to this practice, but Peter's persistent advocacy ensured its acceptance to such an extent that he was obliged later to moderate the imprudent zeal of some of his own hermits. Another innovation was that of the daily siesta, to make up for the fatigue of the night office. during his tenure of the priorate a cloister was built, silver chalices and a silver processional cross were purchased, and many books added to the library. (See Fonte-Avellana.)

Although living in the seclusion of the cloister, Peter Damian watched closely the fortunes of the Church, and like his friend Hildebrand, the future Gregory VII, he strove for her purification in those deplorable times. In 1045 when Benedict IX resigned the supreme pontificate into the hands of the archpriest John Gratian (Gregory VI),Peter hailed the change with joy and wrote to the pope, urging him to deal with the scandals of the church inItaly, especially with the evil bishops of Pesaro, of Città di Castello, and of Fano (see BENEDICT IX; GREGORY VI.) He was present in Rome when Clement II crowned Henry III and his wife Agnes, and he also attended asynod held at the Lateran in the first days of 1047, in which decrees were passed against simony. After this he returned to his hermitage (see CLEMENT II; DAMASUS II). Pope St. Leo IX was solemnly enthroned at Rome, 12 Feb., 1049, to succeed Damasus II, and about two years later Peter published his terrible treatise on the vices of the clergy, the "Liber Gomorrhianus", dedicating it to the pope. It caused a great stir and aroused not a little enmity against its author. Even the pope, who had at first praised the work, was persuaded that it was exaggerated and his coldness drew from Damian a vigorous letter of protest. Meanwhile the question arose as to the validity of the ordinations of simoniacal clerics. The prior of Fonte-Avellana was appealed to and wrote (about 1053) a treatise, the "Liber Gratissimus", in favour of their validity, a work which, though much combatted at the time, was potent in deciding the question in their favour before the end of the twelfth century. In June, 1055, during the pontificate of Victor II, Damian attended a synod held at Florence, where simony and clericalincontinence were once more condemned. About two years later he fell ill at Fonte-Avellana and nearly died, but suddenly, after seven weeks of pain, recovered, as he believed, through a miracle.

During his illness the pope died, and Frederic, abbot of Monte Cassino, was elected as Stephen X. In the autumn of 1057, Stephen X determined to create Damian a cardinal. For a long time he resisted the offer, but was finally forced, under threat of excommunication, to accept, and was consecrated Cardinal-Bishop of Ostia on 30 Nov., 1057. In addition he was appointed administrator of the Diocese of Gubbio. The new cardinal was impressed with the great responsibilities of his office and wrote a stirring letter to his brother-cardinals, exhorting them to shine by their example before all. Four months later Pope Stephen died at Florence and the Church was once moredistracted by schism. The Cardinal of Ostia was vigorous in his opposition to the antipope Benedict X, but force was on the side of the intruder and Damian retired to Fonte-Avallana. (See NICHOLAS II; GREGORY VII.)

About the end of the year 1059 Peter was sent as legate to Milan by Nicholas II. The Church at Milan had been, for some time, the prey of simony and incontinence. So bad was the state of things, that benefices were openly bought and sold and the clergy publicly "married" the women they lived with. But the faithful of Milan, led by St. Ariald the Deacon and St. Anselm, Bishop of Lucca, strove hard to remedy these evils. At length the contest between the two parties became so bitter that an appeal was made to the Holy See to decide the matter.Nicholas II sent Damian and the Bishop of Lucca as his legates. But now the party of the irregular clerics took alarm and raised the cry that Rome had no authority over Milan. At once Peter took action. Boldly confronting the rioters in the cathedral, he proved to them the authority of the Holy See with such effect that all parties submitted to his decision. He exacted first a solemn oath from the archbishop and all his clergy that for the future no preferment should be paid for; then, imposing a penance on all who had been guilty, he re-instated in their benefices all who under took to live continently. This prudent decision was attacked by some of therigourists at Rome, but was not reversed. Unfortunately, on the death of Nicholas II, the same disputes broke out; nor were they finally settled till after the martyrdom of St. Ariald in 1066. Meanwhile Peter was in vain pleading to be released from the cares of his office. Neither Nicholas II nor Hildebrand would consent to spare him.

In July, 1061, the pope died and once more a schism ensued. Damian used all his powers to persuade theantipope Cadalous to withdraw, but to no purpose. Finally Hanno, the Regent of Germany, summoned a councilat Augsburg at which a long argument by St. Peter Damian was read and greatly contributed to the decision in favour of Alexander II. In 1063 the pope held a synod at Rome, at which Damian was appointed legate to settle the dispute between the Abbey of Cluny and the Bishop of Mâcon. He proceeded to France, summoned a councilat Châlon-sur-Saône, proved the justice of the contentions of Cluny, settled other questions at issue in theChurch of France, and returned in the autumn to Fonte-Avellana. While he was in France the antipope Cadaloushad again become active in his attempts to gain Rome, and Damian brought upon himself a sharp reproof fromAlexander and Hildebrand for twice imprudently appealing to the royal power to judge the case anew. In 1067 the cardinal was sent to Florence to settle the dispute between the bishop and the monks of Vallombrosa, who accused the former of simony. His efforts, however, were not successful, largely because he misjudged the case and threw the weight of his authority on the side of the bishop. The matter was not settled till the following year by the pope in person. In 1069 Damian went as the pope's legate to Germany to prevent King Henry from repudiating his wife Bertha. This task he accomplished at a council at Frankfort and returned to Fonte-Avellana, were he was left in peace for two years.


Early in 1072 he was sent to Ravenna to reconcile its inhabitants to the Holy See, they having beenexcommunicated for supporting their archbishop in his adhesion to the schism of Cadalous. On his return thence he was seized with fever near Faenza. He lay ill for a week at the monastery of Santa Maria degl'Angeli, nowSanta Maria Vecchia. On the night preceding the feast of the Chair of St. Peter at Antioch, he ordered the office of the feast to be recited and at the end of the Lauds he died. He was at once buried in the monastery church, lest others should claim his relics. Six times has his body been translated, each time to a more splendid resting-place. It now lies in a chapel dedicated to the saint in the cathedral of Faenza in 1898. No formal canonizationever took place, but his cultas has existed since his death at Faenza, at Fonte-Avellana, at Monte Cassino, and atCluny. In 1823 Leo XII extended his feast (23 Feb.) to the whole Church and pronounced him a Doctor of the Church. The saint is represented in art as a cardinal bearing a discipline in his hand; also sometimes he is depicted as a pilgrim holding a papal Bull, to signify his many legations.

Sources

Acta SS. Boll., III, Feb. (Venice, 1736), 406-27; BIRON, St. Pierre Damien, 1007-72 (Paris, 1908); CAPECELATRO, Storia di San Pier Damiano (Rome, 1887); KLEINERMANNS, Der heilige Petrus Damiani (Steyl, 1882); LADERCHI, Vita S. Petri Damiani (3 vols., Rome, 1702); MABILLON, Acta SS. O.S.B., Sæc. VI, P. ii (Venice, 1733), 253-273; MARTIN, Saint Léon IX 1002-54 (Paris, 1904); MIGNE, Dictionnaire de Patrologie, V (Paris, 1864), 959-1000; P.L., CXLIV, CXLV (Paris, 1867); MITTAREELLI ET COSTADONI, Annales Camaldulenses, II (Venice, 1756), 40-359; NEUKIRCH, Das Leben des Petrus Damiani . . . bis zur . . . 1059 (Göttingen, 1875); PFÜLF, Damiani's Zwist mit Hildebrand in Stimmen aus Maria-Laach, XLI (1891), 281-307, 400-416, 508-525; ROTH, Der heilige Petrus Damiani, O.S.B., in Studien O.S.B., VII (1886), i, 110-134; ii, 357-374; iii, 43-66; iv, 321-336; VIII (1887), i, 56-64; ii, 210-216.

Toke, Leslie. "St. Peter Damian." The Catholic Encyclopedia. Vol. 11. New York: Robert Appleton Company, 1911. 21 Feb. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/11764a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Joseph C. Meyer.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. February 1, 1911. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.


ST. PETER DAMIAN.

SAINT PETER DAMIAN was born in 988, and lost both parents at an early age. His eldest brother, in whose hands he was left, treated him so cruelly that a younger brother, a priest, moved by his piteous state, sent him to the university of Parma, where he acquired great distinction. His studies were sanctified by vigils, fasts, and prayers, till at last, thinking that all this was only serving God by halves, he resolved to leave the world. He joined monks the of Font-Avellano, then in the greatest repute, and by his wisdom and sanctity rose to be Superior. He was employed on the most delicate and difficult missions, amongst others, the reform of ecclesiastical communities, which was effected by his zeal. Seven Popes in succession made him their constant adviser, and he was at last created Cardinal Bishop of Ostia. He withstood Henry IV. of Germany, and labored in defence of Alexander II. against the Antipope, whom he forced to yield and seek for pardon. He was charged, as Papal Legate, with the repression of simony; again was commissioned to settle discords amongst various bishops; and finally, in 1072, to adjust the affairs of the Church at Ravenna. He was laid low by a fever on his homeward journey, and died at Faenza, in a monastery of his order, on the eighth day of his sickness, whilst the monks chanted matins around him.

REFLECTION.—The Saints studied, not in order to be accounted learned, but to become perfect. This only is wisdom and true greatness, to account ourselves as ignorant, and to adhere in all things to the teachings and instincts of the Church.

SOURCE : http://jesus-passion.com/Saint_Peter_Damian_.htm

Peter Damian, B Doctor (RM)

Born in Ravenna, Italy, 1001; died at Faenza, Italy, February 22, 1072; declared Doctor of the Church in 1828.



"Here they live in endless being:

Passingness hath passed away:

Here they bloom, they thrive, they flourish,

For decayed is all decay."

--Saint Peter Damian from his Hymn on the Glory of Paradise.

The parents of this brilliant teacher and writer died shortly after his birth. Peter's elder brother used the young lad as an unpaid servant until another brother, Damian, found Peter tending pigs and rescued him, sending him to be educated at Faenza and Parma. This brother was a priest and Peter took his Christian name--Damian--as his own surname.

Peter Damian responded readily to his teachers and became proficient enough in grammar, rhetoric, and law that he later taught at Ravenna. He began to practice austerities by himself, gave liberal alms, seldom went without some poor persons at his table, and took pleasure in serving them with his own hands. But he longed to do more for his Lord. The Lord answered his prayer by sending two religious of Fonte Avellana to visit his home. They told him much about their way of life. So, at age 34 (1035) he became a Benedictine monk at Fonte Avellana, a monastery founded 20 years earlier by Blessed Rudolph.

The brothers of Fonte Avellana lived as hermits in bare cells, utterly disciplined and given to constant study of the Bible. Their regimen was so austere that, for a time, Peter's health broke down. Nevertheless, Peter became a model monk who occupied himself by studying Scripture and patristic theology, and transcribing manuscripts. He was elected prior of this small, poor community in 1043. Others were attracted to imitate his life, and Peter founded five more religious houses for them. He became famous for his uncompromising attitude toward worldliness and denunciations of simony and clerical marriage.

In 1057, Peter was named cardinal-bishop of Ostia by Pope Stephen IX. His fame spread as he took a leading role in the Gregorian Reform. In 1059, he participated in the Lateran synod that proclaimed the right of the cardinals alone to elect future bishops of Rome. After a brief time as bishop, with the permission of Pope Alexander II (which previously had been denied by Nicholas II) and under the condition that he continue to serve the Holy See as needed, Peter returned to his cell. There he wrote unceasingly, on purgatory, the Eucharist, and other theological and ascetical topics, but he also wrote poetry. While his Latin verse is among the very best of the Middle Ages, especially that in honor of Pope Saint Gregory, which begins "Anglorum iam Apostolus," Peter Damian never considered his learning something of which to boast. What counted, he said, was to worship God, not to write about Him. What use was it to construct a grammatically correct sentence containing the word 'God,' if you could not pray to him properly.

In his ideas about monasticism, the saint always looked back to the example of the early desert monks. Although he regarded the monastic life as inferior to eremitic life, he advocated regular canoical life for cathedral clergy, and was a precursor of the devotional development to the Passion of Christ. In some respects he was not unlike the highly-critical Saint Jerome in character, fervor, and impatience. Although he was kind to his monks and indulgent to penitents, his writings reveal his severity. It may seem odd to us that Peter Damian reproved the bishop of Florence for playing a single game of chess, or objected strenuously to monks seating themselves as they chanted the Divine Office. His onslaught on clerical misconduct is called The Gomorrah Book. But the austerities he prescribed for others, he practiced himself. When not employed in prayer or work, he made wooden spoons and other utensils to get his hands from idleness.

Peter also continued the work of ecclesiastical reform. He opposed the antipopes, especially Honorius II. And he went on missions for the pope--once even managing to persuade the king of Germany not to divorce his wife, Bertha. When Henry, archbishop of Ravenna, had been excommunicated for grievous enormities, Peter was sent by Alexander II as legate to settle the troubles. When he arrived at Ravenna, he found the bishop had died and brought his accomplices to repentance. Peter died at Faenza on route back to from Ravenna, which he had just reconciled with the Holy See. His vita was written by his disciple John of Lodi. Although he was never formally canonized, local cults arose at his death, and, in 1828, Pope Leo XII extended his feast to the Universal Church (Attwater, Benedictines, Bentley, Blum, Delaney, Encyclopedia, Farmer, Gill, Walsh, White).


In art, Saint Peter is portrayed as a cardinal archbishop holding a birch and a book. Sometimes he may be shown (1) as a bishop with the cardinal's hat above his head or by his side, (2) as an old hermit, dead in a cave, lying on a stone slab with a crucifix on his breast; books, miter, cardinal's hat, and angels near him (Roeder), or (3) praying before a cross with a miter and cardinal's hat on the ground (White).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0221.shtml

San Pier Damiani Vescovo e dottore della Chiesa


- Memoria Facoltativa

Ravenna, 1007 – Faenza, 22 febbraio 1072

Nacque a Ravenna nel 1007. Ultimo di una famiglia numerosa, orfano di padre, ebbe come riferimento educativo il fratello maggiore Damiano. Di qui, probabilmente l'appellativo «Damiani». Dopo aver studiato a Ravenna, Faenza, Padova e insegnato all'università di Parma, entrò nel monastero camaldolese di Fonte Avellana. Nel 1057 il Papa lo chiamò a Roma per averlo accanto in un momento di crisi della Chiesa, dilaniata da discordie e scismi e alle prese con la piaga della simonìa. Nominato vescovo di Ostia e poi creato cardinale, aiutò i sei Papi che si succedettero al Soglio pontificio, a svolgere un'opera moralizzatrice. In quest'azione si avvalse particolarmente dell'abate benedettino di San Paolo Fuori le Mura, Ildebrando che nel 1073 fu eletto Papa con il nome di Gregorio VII. Pier Damiani, fu delegato pontificio in Germania, Francia e nell'Italia settentrionale. Morì a Faenza nel 1072. Nel 1828 Leone XII lo proclamò dottore della Chiesa. (Avvenire)

Etimologia: Piero = accorciativo e dimin. di Pietro

Emblema: Bastone pastorale

Martirologio Romano: San Pier Damiani, cardinale vescovo di Ostia e dottore della Chiesa: entrato nell’eremo di Fonte Avellana, promosse con forza la disciplina regolare e, in tempi difficili per favorire la riforma della Chiesa, richiamò con fermezza i monaci alla santità della contemplazione, i chierici all’integrità di vita, il popolo alla comunione con la Sede Apostolica.

(22 febbraio: A Faenza in Romagna, anniversario della morte di san Pier Damiani, la cui memoria si celebra il giorno prima di questo).

Questo santo, tutto fuoco, nacque a Ravenna nel 1007 da poveri genitori carichi di figli. Sua madre lo abbandonò, per fortuna momentaneamente, ancora lattante. Quando mori, l'orfano fu educato con grande durezza dal fratello Rodelinda, che lo fece guardiano di porci. Possedeva però un'intelligenza talmente viva che il fratello maggiore, Damiano, più benevolo, pensò di avviarlo agli studi prima a Faenza, poi a Parma. In essi Pietro fece prodigiosi progressi. A venticinque anni si acquistò un nome nell'insegnamento.

Verso il 1035 cattivi esempi e violente tentazioni determinarono il santo a entrare segretamente nel monastero benedettino di Fonte Avellana, sul monte Catria (Pesaro), dove si abbandonò a così rigorose penitenze da contrarre violenti mal di testa e insonnia. Durante la convalescenza approfondì lo studio delle Scritture. La fama di esegeta che si acquistò tra i pochi confratelli lo fece richiedere come oratore dall'abbazia di Pomposa, dal monastero di S. Vincenzo di Petra Pertusa, e da altri centri in relazione con Fonte Avellana.

Quando ritornò nel suo eremo, il Damiani fu eletto priore. Il suo governo segnò per la comunità un'era di prosperità materiale e spirituale, tant'era innamorato dell'ideale della vita claustrale di cui divenne il teorico. I novizi accorsero numerosi alla sua scuola, motivo per cui gli fu possibile moltiplicare le case filiali nelle regioni limitrofe, e dare origine a una Congregazione eremitica d'ispirazione camaldolese, anche se in sé autonoma. Penetrato dello spirito di S. Agostino e di S. Benedetto, egli seguì le orme dei grandi monaci del suo secolo: S. Romualdo, fondatore dei Camaldolesi; S. Odilone e S. Ugo il Grande, abati di Cluny e Desiderio, abate di Montecassino. Nulla sfuggiva al suo vigile occhio. Egli esigeva l'assiduità alle ore canoniche diurne e notturne, voleva che i monaci praticassero la rigorosa povertà, non uscissero dall'eremo, e non si occupassero di negozi secolari. Alla preghiera i religiosi dovevano aggiungere il lavoro, la pratica di frequenti digiuni e mortificazioni in proporzione dei propri peccati. Il santo fu un grande sostenitore delle flagellazioni corporali supererogatorie. Ai più ferventi religiosi permise di flagellarsi ogni giorno durante la recita di una quarantina di salmi.

L'epoca in cui Pier Damiani visse fu triste per la Chiesa a causa della simonia e dell'immoralità del clero. Per oltre trent'anni i conti di Tuscolo avevano disposto della sede romana come di un bene di famiglia. Il primo papa che fece sperare una riforma fu Gregorio VI, il quale aveva persuaso il dodicenne Benedetto IX a rinunciare al papato, sborsandogli una somma dì denaro. I romani lo avevano eletto al posto di lui, ma nel concilio di Sutri del 1046, radunato da Enrico III, fu costretto a dimettersi perché sospettato di simonia. Al suo posto fu eletto Clemente II. L'imperatore invitò più volte Pier Damiani a stabilirsi a Roma in qualità di consigliere del papa, ma egli si limitò a scrivere all'eletto, per notificargli il disordine che regnava nelle chiese della sua provincia a causa del fasto dei vescovi, la maggior parte dei quali era carica di crimini.

La riforma della Chiesa fu iniziata con coraggio da S. Leone IX (10481054) coadiuvato da Ildebrando, monaco e cardinale. Sotto il suo pontificato prese forme concrete l'opera del Damiani a favore del risanamento della gerarchia, che nel suo zelo irruente, voleva casta e feconda di opere buone. Scrisse allora i suoi due più famosi trattati, il Liber Gratissimus riguardante gli ecclesiastici ordinati gratuitamente e, secondo lui, validamente da vescovi simoniaci, e il Liber Gomorrhianus, dedicato al papa stesso, nel quale flagella spietatamente i costumi del clero corrotto. Leone IX lodò l'autore per l'aiuto che gli prestava nella lotta contro i mali del tempo, ma furono tanto vive le rimostranze che sollevò con il suo scritto che lo ritenne un po' frutto della sua fantasia.

Fu Stefano IX, succeduto a Vittore II (+ 1057), che impose per ubbidienza al Damiani il titolo di cardinale vescovo di Ostia, ma morì troppo presto per compiere l'opera di riforma che l'irruente santo perseguiva. Nel 1058 i conti di Tuscolo fecero eleggere papa Giovanni, vescovo di Velletri, col nome di Benedetto X, ma il nuovo cardinale lo trattò come intruso e simoniaco. Raggiunse a Siena Ildebrando, di ritorno da una missione presso l'imperatrice Agnese, e con lui provvide all'elezione del vescovo di Firenze, Gerardo di Borgogna, che prese il nome di Niccolò II. Da questo momento il Damiani dichiarò guerra senza quartiere ai perturbatori della Chiesa e si adoperò con le sue lettere di fuoco e i suoi trattati perché fosse osservato il decreto di Leone IX contro i chierici simoniaci e incontinenti, che avvilivano il sacerdozio e scandalizzavano i fedeli. Sotto il pontificato di Niccolò II, nel 1059, svolse la sua prima missione a Milano per la riforma di quella chiesa, e di altre della Lombardia. Egli vi riportò la pace applicando la sua teoria della validità delle ordinanze simoniache, in contrasto con quella del cardinal Umberto di Selva Candida. Molto verosimilmente, fu dietro consiglio di Ildebrando e di Pier Damiani che Niccolò II emanò in quello stesso anno il celebre decreto per cui, onde assicurare in futuro l'indipendenza delle elezioni pontificie, la scelta del papa era esclusivamente affidata al collegio dei cardinali. L'ultima parola spettava ai cardinali-vescovi, mentre l'imperatore conservava soltanto il diritto di conferma e il popolo quello d'approvazione.

Pur amando svisceratamente la Chiesa, il Damiani non vedeva l'ora di deporre la carica che gli era stata affidata contro voglia, per ritirarsi nella solitudine del chiostro. Il papa non lo esaudì perché un uomo come lui era indispensabile al suo fianco. Inoltre i nuovi torbidi sorti alla morte di Niccolò II (+1061), rendevano molto utile la sua presenza a Roma. Elevato al pontificato per interessamento suo e di Ildebrando Anselmo da Baggio, vescovo di Lucca, col nome di Alessandro II (+ 1073), il Damiani ne sostenne caldamente le parti contro l'antipapa Càdalo, vescovo di Parma, abusivamente eletto a Basilea per interessamento dell'imperatrice Agnese, ingannata dal partito favorevole ai simoniaci. Non tutti i suoi passi furono approvati dai sostenitori della riforma. Egli difatti pensava che convenisse mantenere ad ogni costo l'armonia tra il papato e l'impero germanico, mentre era risaputo che le maggiori difficoltà per la desiderata e improrogabile riforma provenivano proprio dall'impero e dal laicato.

Il nuovo papa acconsenti che Pier Damiani si ritirasse nel chiostro. Il cardinale arcidiacono Ildebrando, invece, riteneva indispensabile la sua permanenza alla corte pontificia. Fosse dipeso da lui gli avrebbe imposto di restare in virtù di santa ubbidienza. Il Damiani trovò il suo intervento indiscreto e giunse a tacciarlo di "Verga di Assur", Dio supremo degli Assiri, e di"Santo Satana".

A Fonte Avellana il santo si rinchiuse in un'angusta cella per darsi al digiuno quotidiano, alle intense discipline, alla meditazione e al canto dei salmi. Per umiltà prendeva il suo pane nello stesso piatto che serviva a lavare i piedi ai poveri, e dormiva per terra sopra un graticcio di giunchi. Nel capitolo, dopo aver rivolto le sue esortazioni ai monaci, si accusava pubblicamente delle proprie colpe come un religioso qualunque, e si dava la disciplina a due mani. Da ogni parte giungevano all'eremo persone desiderose dei suoi consigli. Alessandro II lo pregò di scrivergli più sovente. Il santo ne approfittò per dirgli con franchezza quel che pensava riguardo a due abusi invalsi nella curia romana: quello di moltiplicare gli anatemi senza motivo, e di impedire ai chierici e ai laici di riprendere gli eccessi dei loro vescovi.

All'occorrenza seppe accettare e portare a termine con zelo le missioni che gli furono affidate dal sommo pontefice. Nel 1063 andò a Cluny per difendere, contro le pretese del vescovo di Mâcon, l'esenzione dell'abate S. Ugo, direttamente dipendente dal papa, e a Firenze per un'indagine sul vescovo Pietro, accusato dai monaci vallombrosani di simonia, e da lui assolto per mancanza di prove. Nel 1069 fu inviato a Magonza per distogliere Enrico IV dal divorzio con Berta di Torino, e nel 1071 a Montecassino per la consacrazione della chiesa. Alla scomparsa nel 1072 dell'antipapa Càdalo (Onorio II), già apostrofato dal Damiani "voragine di libidine, ignominia del sacerdozio, fetore del mondo", e del suo principale sostenitore, Enrico, arcivescovo di Ravenna, il santo fu inviato a riconciliare con il papa gl'interdetti ravennati. Mentre ritornava a Roma per dar conto della sua legislazione, a Faenza fu colto da febbre e morì il 22-2-1072 nel monastero di Santa Maria fuori Porta. Sul suo sepolcro fece porre questo epitaffio: “Io fui ciò che tu sei; tu sarai ciò che io sono. Di grazia, ricordati di me. Guarda con pietà le ceneri di Pietro. Prega, piangi e ripeti: "Signore, risparmialo!"”. Fu subito universalmente venerato come santo. Leone XII il 1-10-1828 gli decretò il titolo di dottore. Le sue ossa sono custodite nel duomo di Faenza.

Autore:
Guido Pettinati



http://catholicismpure.wordpress.com/2012/02/21/st-peter-damian-camaldolese-order-and-dantes-divina-commedia/

http://plato.stanford.edu/entries/peter-damian/