vendredi 31 mai 2013

La FÊTE de la VISITATION



La fête de la Visitation

Cette fête liturgique est le mémorial de la Visitation (cf. Lc 1, 39-56).

Après l’Annonciation, la Vierge Marie, qui par l'Esprit Saint a conçu le Verbe divin, part visiter sa parente Elisabeth, enceinte de Jean-Baptiste.

Jean tressaille. Elisabeth est remplie de l'Esprit Saint. Elle prophétise et reconnaît en Marie la mère de son Seigneur.

La Vierge Marie exulte et chante de Magnificat.

La fête de la Visitation est célébrée en Orient le 2 juillet, pour tenir compte que Marie est demeurée chez sa parente trois mois, jusqu'à la circoncision de Jean.

La fête de la Visitation a été instituée dans toute l'Eglise d'Occident en l'an 1389, à l'époque du grand schisme (quand il y avait un pape et un antipape), à la demande de l'évêque de Prague, comme un appel à Marie, à Jésus et à l'Esprit Saint, pour l'unité de l'Eglise.

Après le concile de Trente, la fête a été déplacée le 31 mai, dans le "mois de Marie", et généralement aussi dans le temps liturgique de la Pentecôte.

Les textes liturgiques reflètent tout cela.

F. Breynaert

SOURCE : http://www.mariedenazareth.com/8069.0.html?&L=0

Dimension liturgique du récit Luc 1,39-56, la Visitation

« En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. Elle entra chez Zacharie et salua Elisabeth. Et il advint, dès qu'Elisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l'enfant tressaillit dans son sein et Elisabeth fut remplie d'Esprit Saint. Alors elle poussa un grand cri et dit :

"Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! Et comment m'est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? Car, vois-tu, dès l'instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l'enfant a tressailli d'allégresse en mon sein. Oui, bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur !" »

(Luc 1,39-45)

Les paroles d'Elisabeth sont une louange liturgique

Elisabeth s’écrie à grande voix une bénédiction : c’est la première louange à Marie après le premier salut venu de Dieu à travers l’ange. La louange adressée à Marie est d’abord celle de Dieu avec l’ange, puis celle de l’humanité en la personne d’Elisabeth, non pas d’elle même, mais sous la motion de l’Esprit Saint, c’est par l’Esprit Saint en effet que l’on peut croire (1 CO 12,3) et prier (Ga 4,6, Rm 8,15).

Le texte de Luc dit d’Elisabeth qu’elle « s’exclame », elle « pousse un cri de joie » : ceci correspond tout à fait à la tradition liturgique juive, nous lisons par exemple, « Et le peuple tout entier poussait de grandes clameurs en louant Yahvé, parce que le Temple de Yahvé avait ses fondations. » (Esdras 3,11). Dans la liturgie chrétienne on parlera plutôt « d’acclamation ».

Les paroles d’Elisabeth sont une bénédiction, Elisabeth agit comme les lévites : « Les prêtres fils de Lévi s'approcheront ; car ce sont eux que Yahvé ton Dieu a choisis pour son service et pour donner la bénédiction au nom de Yahvé… » (Dt 21,5)

La bénédiction biblique a trois mouvements :

1) De Dieu vers l’homme : « parce que Dieu l’aime, il bénit l’homme et le rend fécond » (Dt 7,13) ;

2) L’homme reconnaît les merveilles de Dieu et le bénit (ps 31, 22) ;

3) La bénédiction peut s’exprimer d’une personne à une autre, lorsqu’on reconnaît une vertu (Rt 3,10) , un don particulier, une œuvre éclatante accomplie ; dans certain cas, l’expression hébraïque «le» signifie que celui qui bénit transmet et reconnaît la bénédiction de Dieu lui-même qui a un dessein particulier (par exemple quand Melchisédech bénit Abraham Gn 14,19).

Ainsi, ici, Elisabeth reconnaît que Dieu dans sa bénédiction montre à Marie sa faveur, lui donne des dons pour une mission (sa maternité messianique, salvifique, divine)… que Dieu te gardes, qu’il soit en communion avec toi !

L'action de Dieu inspire une crainte sacrée

La cause du voyage de Nazareth vers la Judée est l’ange qui annonça à Marie qu’Elisabeth mettrait au monde. Marie obéit dans la foi pour rendre service mais aussi d’abord pour se réjouir avec elle, pour remercier avec elle. L’action de Dieu suscite une crainte sacrée, une vénération. Dieu est intervenu et suscite une attitude de respect.

La présence de Dieu inspire aussi une crainte sacrée

Elisabeth remplie de l’Esprit Saint a perçu la présence du Seigneur et elle a un mouvement de crainte sacrée et de révérence : « comment la mère du Seigneur vient jusqu’à moi ? » Marie est arche l’alliance, cette arche que l’on ne pouvait toucher sans mourir ou avoir la main desséchée… Toute la tradition s’extasiera : comment Marie peut-elle porter le Seigneur sans se consumer ?

« Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! »

La formule a la forme d’un distique de la poésie hébraïque, comme par exemple lorsque Osias bénit Judith et bénit le Seigneur (Jdt 13,18) ou lorsque Melchisédech bénit Abraham et bénit le Très Haut. (Gn 14, 19-20), Marie, comme Judith ou Abraham est bénie parce que Dieu est à la racine de sa bénédiction.

La maternité de Marie et sa foi provoquent l'émerveillement

Elisabeth exprime encore sa stupeur par ce titre « la mère de mon Seigneur ». Puis vient l’expression « bienheureuse celle qui a cru ». Dans l’Ancien Testament les expressions « Bienheureux… » sont données comme encouragement ou pour accueillir les pèlerins quand ils entrent dans le temple.

On remarque aussi que dans le Nouveau Testament, les expressions qui commence par « bienheureux (se) » sont suivies d’une explication : « bienheureux … parce que… » il en est de même ici, Elisabeth en donne l’explication : elle a cru et elle a conçu. Il en est de même dans le Magnificat, Marie affirme « toutes le générations me diront bienheureuse » et elle en donne l’explication, elle est l’humble servante et amie du Seigneur qui fait pour elle des merveilles(comme Moïse ou Abraham).

La dernière expression analogue concerne aussi la foi: « heureux ceux qui croient sans avoir cru » (Jn 20,29). Marie est « celle qui a cru » : elle est la croyante. Comme Abraham, père de notre foi, Marie est mère de notre la foi. Elle a cru possible une conception dans la virginité. Elle a cru possible l’Incarnation.

L’exclamation d’Elisabeth a un caractère litanique

Comme à chaque événement (Lc 1-2) correspond un cantique, à chaque titre de Marie exprimant son mystère peut répondre une prière litanique :

Sainte Marie, Mère du Seigneur, prie pour nous

Sainte Marie, Bénie entre les femmes, prie pour nous

Sainte Marie, Bienheureuse, prie pour nous

Sainte Marie, Toi qui as cru, prie pour nous

Une bénédiction qui n'exclut personne

L’hymne aux Ephésiens exprime aussi une bénédiction :

« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ. C'est ainsi qu'Il nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l'amour… »

(Eph 1,3-5)

C’est une bénédiction qui s’adresse à tous et qui est donnée par l’œuvre du Christ. Marie est incluse dans cette bénédiction de façon particulière car dans le grand dessein de la création, elle fut élue pour être la mère du Christ.

Marie est (la) bénie entre toutes les femmes non pas dans un sens exclusif mais dans le sens où Marie est éminente et qu’elle est un modèle, à cause du lien particulier qui l’unit à Jésus.

L’encyclique Redemptoris Mater cite quatre fois la bénédiction d’Elisabeth et développe ensuite l’union de Marie à Jésus tout au long de son pèlerinage de la foi, jusque dans le mystère eucharistique, telle est la démarche authentique à laquelle nous invite l’Evangile.
F. Breynaert

cf. Mario MARSINI, Il saluto di Elisabetta a Maria (Lc 1,42),

dans la revue Marianum n°58, Rome, 1988, pp. 138-158



Fête de la Visitation de la Vierge Marie

Saint Luc 1, 39-56

En ces jours-là, Marie se leva, et s’en alla en hâte vers les montagnes, dans une ville de Juda.

Elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Élisabeth. Dès qu’Élisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint Esprit.

Elle s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni.

Comment m’est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi ?

Car voici, aussitôt que la voix de ta salutation a frappé mon oreille, l’enfant a tressailli d’allégresse dans mon sein. Heureuse celle qui a cru, parce que les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur auront leur accomplissement. »

Et Marie dit : « Mon âme exalte le Seigneur,

Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur,

Parce qu’il s’est penché sur son humble servante ; désormais toutes les générations me diront bienheureuse,

Parce que le Tout Puissant a fait pour moi de grandes choses. Son nom est saint,

Et sa miséricorde s’étend d’âge en âge Sur ceux qui le craignent.

Il a déployé la force de son bras ; Il a dispersé ceux qui avaient dans le coeur des pensées orgueilleuses.

Il a renversé les puissants de leurs trônes, Et il a élevé les humbles.

Il a rassasié de biens les affamés, Et il a renvoyé les riches à vide.

Il a secouru Israël, son serviteur, Et il s’est souvenu de sa miséricorde, -

Comme il l’avait dit à nos pères, -en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais. »

Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois. Puis elle retourna chez elle.

Réflexion

1. Marie s’en alla en hâte. La première réponse de la « servante du Seigneur » à l’annonce de l’ange découle de son « Fiat » : elle se met au service. Au lieu de se concentrer sur elle-même, Marie veut apporter l’amour et la joie de sa vocation de Mère du Sauveur aux autres. Elle quitte sa maison et devient le premier apôtre du Royaume. « Marie s’en alla en hâte » : cette attitude montre une certaine détermination de la part de Marie. Elle a une idée précise de ce qu’elle veut faire et elle est toute décidée à le faire. Elle comprend les besoins de celle qu’elle vient servir. Et elle s’en va tout de suite accomplir la volonté du Seigneur. Faire la volonté de Dieu, satisfaire ses désirs, fait la joie de Marie. Est-ce que notre « oui » à Dieu se traduit par une action apostolique concrète et efficace ? Est-ce que nous travaillons avec la même clarté d’esprit, le même amour, aussi prompte et joyeuse que Marie ?

2. Une réponse personnelle

Marie comprend fort bien une chose : son travail consiste à aller à la rencontre des âmes. Elle se rend chez Elisabeth pour l’accompagner, la soutenir, l’encourager, et finalement pour partager sa joie. L’aider avec les tâches ménagères n’est pas sa priorité ! Marie apporte à Elisabeth son cœur qu’elle lui transmet par de nombreux gestes d’attention personnelle. Est-ce que notre travail d’apostolat est centré sur les actions à accomplir ou plutôt sur les personnes ? Est-ce que notre amour pour les âmes s’exprime par notre manière de traiter chaque personne dans notre travail apostolique ? Est-ce que nous nous efforçons de transmettre l’amour du Seigneur aux autres par des petits détails délicats et attentionnés ?

3. Communiquer la joie. Dans ce récit, Elisabeth sait que Marie est la « Mère de son Seigneur ». Marie n’est pas venue pour apprendre la nouvelle de sa vocation à sa cousine mais plutôt pour partager sa joie avec elle. Et sa joie, c’est Jésus-Christ lui-même. Quand nous cherchons à partager notre joie de connaître le Christ, Il y prend un rôle actif. Jésus seul a le pouvoir de toucher les âmes. Il a touché Elisabeth et son fils, Jean. Elisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, l’esprit de foi et de joie. Quel plus grand don puis-je partager dans mon apostolat que celui-ci ! Et Marie a reçu d’Elisabeth en retour la joie de partager le don de la foi. Cette joie, est-elle vivante dans notre travail apostolique ?

Prière

Seigneur, illumine mon esprit afin que je connaisse Ta volonté. Apprend-moi à voir clairement les priorités et les objectifs de mon travail apostolique. Accorde-moi la foi afin d’être un apôtre des âmes et d’aimer toutes celles que Tu mets sur mon chemin. Que la joie de Ton cœur remplisse tout ce que je fais. Libère-moi de mon amour-propre afin que je n’essaye plus de me donner moi-même mais à Te donner, Toi, et Ton amour.

Résolution

Faire de manière anonyme trois actes de charité pour des amis.

SOURCE : http://viechretienne.catholique.org/meditation/9822-fete-de-la-visitation-de-la-vierge-marie


The Feast of the Visitation

The Feast of the Visitation recalls to us the following great truths and events: The visit of the Blessed Virgin Mary to her cousin Elizabeth shortly after the Annunciation; the cleansing of John the Baptist from original sin in the womb of his mother at the words of Our Lady’s greeting; Elizabeth’s proclaiming of Mary—under the inspiration of the Holy Ghost—as Mother of God and “blessed among women”; Mary’s singing of the sublime hymn, Magnificat (“My soul doth magnify the Lord”) which has become a part of the daily official prayer of the Church. The Visitation is frequently depicted in art, and was the central mystery of St. Francis de Sales’ devotions.
The Mass of today salutes her who in her womb bore the King of heaven and earth, the Creator of the world, the Son of the Eternal Father, the Sun of Justice. It narrates the cleansing of John from original sin in his mother’s womb. Hearing herself addressed by the most lofty title of “Mother of the Lord” and realizing what grace her visit had conferred on John, Mary broke out in that sublime canticle of praise proclaiming prophetically that henceforth she would be venerated down through the centuries:
“My soul doth magnify the Lord, and my spirit hath rejoiced in God my Savior. Because he that is mighty, hath done great things to me, and holy is His name” (Lk. 1:46).
This feast is of medieval origin, it was kept by the Franciscan Order before 1263, and soon its observance spread throughout the entire Church. Previously it was celebrated on July 2. Now it is celebrated between the solemnity of the Annunciation of the Lord and the birth of St. John the Baptist, in conformity with the Gospel accounts. Some places appropriately observe a celebration of the reality and sanctity of human life in the womb. The liturgical color is white.
According to the 1962 Missal of Bl. John XXIII the Extraordinary Form of the Roman Rite, today is the feast of the Queenship of the Blessed Virgin Mary and St. Petronilla. The feast of the Queenship of Mary is now celebrated in the Ordinary Rite on August 22.




The Feast of the Visitation

The event

Assuming that the Annunciation and the Incarnation took place about the vernal equinox, Mary left Nazarethat the end of March and went over the mountains to Hebron, south of Jerusalem, to wait upon her cousinElizabeth, because her presence and much more the presence of the Divine Child in her womb, according to the will of God, was to be the source of very great graces to the Blessed John, Christ's Forerunner.

The event is related in Luke 1:39-57. Feeling the presence of his Divine Saviour, John, upon the arrival ofMary, leaped in the womb of his mother; he was then cleansed from original sin and filled with the grace of God. Our Lady now for the first time exercised the office which belonged to the Mother of God made man, that He might by her mediation sanctify and glorify us. St. Joseph probably accompanied Mary, returned toNazareth, and when, after three months, he came again to Hebron to take his wife home, the apparition of theangel, mentioned in Matthew 1:19-25, may have taken place to end the tormenting doubts of Joseph regardingMary's maternity. (Cf. also MAGNIFICAT.)

The feast

The earliest evidence of the existence of the feast is its adoption by the Franciscan Chapter in 1263, upon the advice of St. Bonaventure. The list of feasts in the "Statuta Synodalia eccl. Cenomanensis" (1237, revised 1247; Mansi, supplem., II, 1041), according to which this feast was kept 2 July at Le Mans in 1247, may not be genuine.

With the Franciscan Breviary this feast spread to many churches, but was celebrated at various dates — atPrague and Ratisbon, 28 April; in Paris, 27 June, at Reims and Geneva, 8 July (cf. Grotefend, "Zeitrechnung", II, 2, 137). It was extended to the entire Church by Urban VI, 6 April, 1389 (Decree published by Boniface IX, 9 Nov., 1389), with the hope that Christ and His Mother would visit the Church and put an end to the Great Schism which rent the seamless garment of Christ.

The feast, with a vigil and an octave, was assigned to 2 July, the day after the octave of St. John, about thetime when Mary returned to Nazareth. The Office was drawn up by an Englishman, Adam Cardinal Easton,Benedictine monk and Bishop of Lincoln (Bridgett, "Our Lady's Dowry", 235). Dreves (Analecta Hymnica, xxiv, 89) has published this rhythmical office with nine other offices for the same feast, found in the Breviaries of the fourteenth and fifteenth centuries. Since, during the Schism, many bishops of the opposing obedience would not adopt the new feast, it was confirmed by the Council of Basle, in 1441.


Pius V abolished the rhythmical office, the vigil, and the octave. The present office was compiled by order ofClement VIII by the Minorite Ruiz. Pius IX, on 13 May, 1850, raised the feast to the rank of a double of the second class. Many religious orders — the Carmelites, Dominicans, Cistercians, Mercedarians, Servites, and others — as well as Siena, Pisa, Loreto, Vercelli, Cologne, and other dioceses have retained the octave. InBohemia the feast is kept on the first Sunday of July as a double of the first class with an octave.

Sources

HOLWECK, Fasti Mariani (Freiburg, 1892); GROTEFEND, Zeitrechnung (Leipzig, 1892). On the iconography of the event, see GUENEBRAULT, Dictionnaire iconographique (Paris, 1850), 645; COLERIDGE, The Mother of the King (London, 1890).

Holweck, Frederick. "Visitation of the Blessed Virgin Mary." The Catholic Encyclopedia. Vol. 15. New York: Robert Appleton Company, 1912. 31 May 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/15480a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Michael T. Barrett. Dedicated to the Immaculate Heart of the Virgin Mary.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1912. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.


The Spirit at Work in Mary's Visitation



General Audience

 June 13, 1990

The truth about the Holy Spirit is clearly given in the Gospel texts which describe moments in the life and mission of Christ. We have already paused to reflect on Jesus' virginal conception and birth from Mary by the power of the Holy Spirit. There are other pages of the infancy Gospel, to which we must direct our attention, because these highlight the working of the Holy Spirit in a special way.

One of these moments is surely the passage in which the evangelist Luke recounts the visit of Mary to the house of Elizabeth. We read that "during those days Mary set out and traveled to the hill country in haste to a town of Judah" (Lk 1:39). It is commonly understood that he is referring to the locality of Ain-Karim, six kilometers west of Jerusalem. Mary went there to be near her relative Elizabeth, who was older than she. Mary went there after the annunciation, to which the visitation was almost a complement. The angel had said to Mary: "Behold, Elizabeth your relative has also conceived a son in her old age, and this is the sixth month of her who was called barren; for nothing is impossible with God" (Lk 1:36-37).

Mary undertook the journey to Elizabeth "in haste," certainly out of a heartfelt need to offer her loving service as a sister during those months of advanced pregnancy. Within her sensitive and gentle spirit a feeling of feminine solidarity was blossoming, as is characteristic of such circumstances. But against that psychological backdrop, there was probably a special communion which was forged between her and Elizabeth during the announcement made by the angel. The son whom Elizabeth was expecting would be the precursor of Jesus and the one who would baptize him in the Jordan.

On the basis of that communion of spirits we understand why the evangelist Luke took so much care in accenting the working of the Holy Spirit during the meeting of the two future mothers: Mary "entered the house of Zechariah and greeted Elizabeth, and when Elizabeth heard Mary's greeting, the infant leaped in her womb, and Elizabeth was filled with the Holy Spirit" (Lk 1:40-41). Elizabeth experienced this work of the Holy Spirit in a particularly profound way as she met Mary. It was related to the mysterious destiny of the son whom she was carrying in her womb. Earlier the baby's father Zechariah was heard to say, as he received the news about the birth of his son during his priestly service in the temple: "He will be filled with the Holy Spirit even from his mother's womb" (Lk 1:15).

At the moment of the visitation when Mary crossed the threshold of Elizabeth's house (and, with her, he who was already the "fruit of her womb" crossed it too), that presence of the Holy Spirit was felt in an experiential way by Elizabeth. She herself bore witness to that in the greeting which she addressed to the young mother who came to visit her.

According to Luke's Gospel, Elizabeth "cried out in a loud voice and said, 'Most blessed are you among women and blessed is the fruit of your womb. And how does this happen to me, that the mother of my Lord should come to me? For at the moment the sound of your greeting reached my ears, the infant in my womb leaped for joy. Blessed are you who believed that what was spoken to you by the Lord would be fulfilled'" (Lk 1:42-45).

In a few lines, the evangelist reveals to us the surprise of Elizabeth, the joyous leaping of the baby in her womb, and her at least somewhat confused understanding of the messianic identity of the baby that Mary was carrying in her womb. The text shows Elizabeth's recognition of Mary's faith in the revelation which was given her by the Lord. Beginning with these passages Luke uses the divine title "Lord" not only to speak of the God who reveals and promises ("the works of the Lord"), but also of the son of Mary, Jesus. In the New Testament the title is attributed to Jesus especially as the risen one (cf. Acts 2:36; Phil 2:11). Here he is yet to be born. But Elizabeth no less than Mary perceived his messianic greatness.

That means that Elizabeth, "filled with the Holy Spirit," was introduced into the depths of the mystery of the coming of the Messiah. Within her the Holy Spirit worked a special enlightenment which found expression in the salutation she addressed to Mary. Elizabeth spoke as if she were participating in and witnessing the annunciation in Nazareth. In her words, she defined the essence of the mystery which was at work at that moment in Mary. By saying "the mother of my Lord comes to me," she called the baby which Mary has been carrying in her womb "my Lord." Then she proclaimed Mary herself "blessed among women," and added: "Blessed is she who has trusted." It was as if she wished to refer to the attitude and behavior of the handmaid of the Lord, who answered the angel with her fiat: "May it be done to me according to your word!" (Lk 1:38).

The text of Luke shows his conviction that the Holy Spirit was acting, enlightening and inspiring both Mary and Elizabeth. Just as the Holy Spirit helped Mary perceive the mystery of her messianic motherhood brought about within her virginity, so the Spirit gave Elizabeth the ability to discover him whom Mary was carrying in her womb. She discovered what Mary was called to be in the economy of salvation: the "mother of the Lord." And the Spirit gave her the inner energy which prompted her to proclaim what she had learned "in a loud voice" (Lk 1:42), with a kind of enthusiasm and joy which are also the result of the Holy Spirit.

The mother of the future preacher and baptizer in the Jordan attributed that joy to the baby whom she had been carrying for sixth months in her womb: "The infant in my womb leaped for joy." Mother and son were united in a kind of spiritual symbiosis, by which the exultation of the baby almost infected her who conceived him. Elizabeth broke out into that shout to express the joy which she profoundly shared with her son, as Luke testifies.

Continuing with the Lucan narrative, the Magnificat, the hymn of joy, welled up from the soul of Mary. In it she too expressed her joy: "My spirit rejoices in God my Savior" (Lk 1:4-7). Raised as she was in the Word of God by reading and meditating on the Sacred Scripture, Mary in that moment felt welling up from the depths of her soul the verses of the canticle of Anna, Samuel's mother (cf. 1 Sam 2:1-10) as well as other Old Testament verses. She gave free expression to the feelings of the "daughter of Sion," which found highest fulfillment in her.

That is what the evangelist came to know so well, on the basis of the private conversations which he directly or indirectly shared with Mary. Among what was passed on there must have been news of that joy which the two mothers shared in common during that meeting, as the fruit of the love which beat in their hearts. It was the trinitarian Spirit-Love, who was revealing himself on the threshold of the "fullness of time" (Gal 4:4), inaugurated in the mystery of the Incarnation of the Word. Already in that blessed moment what Paul would later say was being fulfilled: "The fruit of the Holy Spirit...is love, joy, peace" (Gal 5:22).


JUAN PABLO II



AUDIENCIA GENERAL



Miércoles 13 de junio de 1990



El Espíritu Santo en el episodio de la visitación


1. La verdad acerca del Espíritu Santo aparece claramente en los textos evangélicos que describen algunos momentos de la vida y de la misión de Cristo. Ya nos hemos detenido a reflexionar sobre la concepción virginal y sobre el nacimiento de Jesús por obra del Espíritu Santo. Hay otras páginas en el “evangelio de la infancia” en las que conviene fijar nuestra atención, porque en ellas se pone de relieve de modo especial la acción del Espíritu Santo.

Una de estas es seguramente la página en que el evangelista Lucas narra la visita de María a Isabel. Leemos que “en aquellos días, se levantó María y se fue con prontitud a la región montañosa, a una ciudad de Judá” (Lc 1, 39). Por lo general se cree que se trata de la localidad de Ain-Karim, a 6 kilómetros al oeste de Jerusalén. María acude allí para estar al lado de su pariente Isabel, mayor que ella. Acude después de la Anunciación, de la que la visitación resulta casi un complemento. En efecto, el ángel había dicho a María: “Mira, también Isabel, tu pariente, ha concebido un hijo en su vejez, y este es ya el sexto mes de aquella que llamaban estéril porque ninguna cosa es imposible para Dios” (Lc 1, 36-37).

María se puso en camino “con prontitud” para dirigirse a la casa de Isabel, ciertamente por una necesidad del corazón, para prestarle un servicio afectuoso, como de hermana, en aquellos meses de avanzado embarazo. En su espíritu sensible y gentil florece el sentimiento de la solidaridad femenina, característico de esa circunstancia. Pero sobre ese fondo psicológico se inserta probablemente la experiencia de una especial comunión establecida entre ella e Isabel con el anuncio del ángel: el hijo que esperaba Isabel será precursor de Jesús y el que lo bautizará en el Jordán.

2. Gracias a esa comunión de espíritu se explica por qué el evangelista Lucas se apresura a poner de relieve la acción del Espíritu Santo en el encuentro de las dos futuras madres: María “entró en casa de Zacarías y saludó a Isabel. Y sucedió que, en cuanto oyó Isabel el saludo de María, saltó de gozo el niño en su seno, e Isabel quedó llena de Espíritu Santo” (Lc 1, 40-41). Esta acción del Espíritu Santo, experimentada por Isabel de modo particularmente profundo en el momento del encuentro con María, está en relación con el misterioso destino del hijo que lleva en su seno. Ya el padre del niño, Zacarías, al recibir el anuncio del nacimiento de su hijo durante su servicio sacerdotal en el templo, escuchó que el ángel le decía: “Estará lleno de Espíritu Santo ya desde el seno de su madre” (Lc 1, 15). En el momento de la visitación, cuando María cruza el umbral de la casa de Isabel (y juntamente con ella lo cruza también Aquel que ya es el “fruto de su seno”), Isabel experimenta de modo sensible aquella presencia del Espíritu Santo. Ella misma lo atestigua en el saludo que dirige a la joven madre que llega a visitarla.

3. En efecto, según el evangelio de Lucas, Isabel “exclamando con gran voz, dijo: ‘Bendita tú entre las mujeres, y bendito el fruto de tu seno; y ¿de dónde a mí que la madre de mi Señor venga a mí? Porque, apenas llegó a mis oídos la voz de tu saludo, saltó de gozo el niño en mi seno. ¡Feliz la que ha creído que se cumplirán las cosas que le fueron dichas de parte del Señor!’” (Lc 1, 42-45).

En pocas líneas el evangelista nos da a conocer el estremecimiento de Isabel, el salto de gozo del niño en su seno, la intuición, al menos confusa, de la identidad mesiánica del niño que María lleva en su seno, y el reconocimiento de la fe de María en la revelación que le hizo el Señor. Lucas usa desde esta página el título divino de “Señor” no sólo para hablar de Dios que revela y promete (“Las palabras del Señor”), sino también del hijo de María, Jesús, a quien el Nuevo Testamento atribuye ese título sobre todo una vez resucitado (cf. Hch 2, 36; Flp 2, 11). Aquí él debe aún nacer. Pero Isabel, igual que María, percibe su grandeza mesiánica.

4. Eso significa que Isabel, “llena de Espíritu Santo”, es introducida en las profundidades del misterio de la venida del Mesías. El Espíritu Santo obra en ella esta particular iluminación, que encuentra expresión en el saludo dirigido a María. Isabel habla como si hubiese sido partícipe y testigo de la Anunciación en Nazaret. Define con sus palabras la esencia misma del misterio que en aquel momento se realizó en María. Al decir “¿de dónde a mí que la madre de mi Señor venga a mí?”, llama “mi Señor” al niño que María (desde hacía poco) lleva en su seno. Y además proclama a María misma “bendita entre las mujeres”, y añade: “Feliz la que ha creído”, como queriendo aludir a la actitud y al comportamiento de la esclava del Señor, que responde al ángel con su “fiat”: “Hágase en mí según tu palabra” (Lc 1, 38).

5. El texto de Lucas manifiesta su convicción de que tanto en María como en Isabel actúa el Espíritu Santo, que las ilumina e inspira. Así como el Espíritu hizo percibir a María el misterio de la maternidad mesiánica realizada en la virginidad, de la misma manera da a Isabel la capacidad de descubrir a Aquel que María lleva en su seno y lo que María está llamada a ser en la economía de la salvación: la “Madre del Señor”. Y le da el transporte interior que la impulsa a proclamar ese descubrimiento “con gran voz” (Lc 1, 42), con aquel entusiasmo y aquella alegría que son también fruto del Espíritu Santo. La madre del futuro predicador y bautizador del Jordán atribuye ese gozo al niño que desde hace seis meses lleva en su seno: “saltó de gozo el niño en mi seno”. Pero tanto el hijo como la madre se encuentran unidos en una especie de simbiosis espiritual, por la que el júbilo del niño casi contagia a la que lo concibió, e Isabel lanza aquel grito con el que expresa el gozo que la une a su hijo en lo más íntimo, como atestigua Lucas.

6. Siempre según la narración de Lucas, del alma de María brota un canto de júbilo, el Magnificat, en el que también ella expresa su alegría: “Mi espíritu se alegra en Dios mi salvador” (Lc 1, 47). Educada como estaba en el culto de la palabra de Dios, conocida mediante la lectura y la meditación de la Sagrada Escritura, María en aquel momento sintió que subían de lo más hondo de su alma los versos del cántico de Ana, madre de Samuel (cf. 1 S 2, 1-10) y de otros pasajes del Antiguo Testamento, para dar expresión a los sentimientos de la “hija de Sión”, que en ella encontraba la más alta realización. Y eso lo comprendió muy bien el evangelista Lucas gracias a las confidencias que directa o indirectamente recibió de María. Entre estas confidencias debió de estar la de la alegría que unió a las dos madres en aquel encuentro, como fruto del amor que vibraba en sus corazones. Se trataba del Espíritu-Amor trinitario, que se revelaba en los umbrales de la “plenitud de los tiempos” (Ga 4, 4), inaugurada en el misterio de la encarnación del Verbo. Ya en aquel feliz momento se realizaba lo que Pablo diría después: “El fruto del Espíritu es amor, alegría, paz” (Ga 5, 22).

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Saludos

Amadísimos hermanos y hermanas:

Presento ahora mi más cordial bienvenida a esta Audiencia a todos los peregrinos y visitantes de lengua española. En particular a la numerosa peregrinación venida de Colombia y a los componentes del Grupo Coral Colombiano “ Ballestrinque ”.

A todas las personas, familias y grupos procedentes de los diversos países de América Latina y de España imparto con afecto la bendición apostólica.

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