mardi 28 mai 2013

Saint BERNARD de MONTJOUX (ou de MONT-JOUX, ou de MENTHON, ou d'AOSTE), archidiacre


La Congrégation des Chanoines Réguliers du Grand-Saint-Bernard doit son origine à Bernard de Menthon, de Mont-Joux, d'Aoste ou du Mont-Blanc. Au service de l'évêque d'Aoste, dont il devint l'Archidiacre, il fut chargé du soin des pauvres, il accueillait régulièrement de nombreux passants (pèlerins, marchands, soldats, ou simples voyageurs) qui venaient de franchir le col du Mont-Joux (Mont Jupiter), reliant le Nord et le Sud de l'Europe, et qui arrivaient en plaine, blessés, dévalisés, à bout de force, encore sous le coup des épreuves de toutes sortes qu'ils avaient dû affronter : tempêtes, avalanches, brigandage; beaucoup de leurs compagnons y avaient même laissé leur vie.

En effet, situé à 2 473 mètres d'altitude, recouvert de neige sept mois par an, le passage du Mont-Joux était depuis toujours la hantise des voyageurs qui ne pouvaient choisir d'autres routes. Ému par les dangers auxquels sont ainsi affrontés les passants, Bernard décide de construire une maison d'accueil sur le col lui-même, afin de les secourir plus efficacement. Désormais, la route passe par un havre de paix. La tradition populaire représentera Bernard en habit religieux, portant une étole, au moyen de laquelle il tient le diable enchaîné.


   Fidèle également à sa vocation de prédicateur, Bernard ne cesse de parcourir la région pour y annoncer l' Evangile, jusqu'à essayer d'apaiser les conflits entre l'empereur Henri IV et le Pape Grégoire VII. Il meurt à Novare, en juin 1081, entouré de la vénération populaire.


   Refuge du voyageur en péril, la Maison d'accueil édifiée sur la montagne par Bernard portera dès lors le nom de "Hospice", et deviendra du même coup la demeure de Dieu par la vie de prière de ses habitants : "Ici, le Christ est adoré et nourri", telle est sa devise dès l'origine. Par ailleurs, Bernard confia son oeuvre à la protection de saint Nicolas de Myre, d'où l'appellation : "Congrégation des saints Nicolas et Bernard de Mont-Joux". Une communauté de Frères se groupa autour de Bernard, engagée, comme lui,  dans le ministère de secours sur la montagne et dans le ministère de la prédication alentour.


   C'est ainsi que, très tôt, la petite communauté adopta la Règle de saint Augustin, se rattachant par là à l'Ordre des Chanoines Réguliers et se vit confier la charge de desservir les paroisses de la région, sur les deux versants de la montagne.


   Par là se dessine dès l'origine la double mission fondamentale de notre Congrégation : l'accueil  et le ministère pastoral.


   Rappelons que Bernard fonda également un deuxième Hospice, au col du Petit-Saint-Bernard, reliant la Savoie et la Vallée d'Aoste. Cette maison fut habitée par des chanoines du Grand-Saint-Bernard jusqu'au 18è siècle. Une Fondation Internationale en a fait un gîte d'étape pour les randonneurs.
   A noter aussi, dès le 17è siècle - ou peut-être même plus tôt - la présence des fameux chiens, si précieux pour accompagner les religieux dans leurs expéditions à la recherche des voyageurs égarés dans la neige.

Saint Bernard de Mont-Joux est fêté le 15 juin.

Que savons-nous de ses origines? Comment lire sa vie au travers des légendes, des écrits et des représentations iconographiques qui traversent l'histoire?

Bernard de Menthon naît vers 1020. Archidiacre d'Aoste, il fonde vers 1050 un refuge, au col du Mont-Joux (2’473m. alt.), qui porte désormais son nom : l'hospice du Grand-Saint-Bernard. Il reconstruit un hospice à Colonne-Joux, celui du Petit-Saint-Bernard. Prédicateur itinérant, il meurt à Novare le 12 juin 1081 ou 1086 et y est enseveli le 15, jour retenu pour sa fête. Il est canonisé par l'évêque de Novare en 1123, puis déclaré « Patron des alpinistes, des voyageurs et habitants des Alpes » par le Pape Pie XI, en 1923.

Bernard, né d’une famille noble vers 1020, vit une enfance et une adolescence sereines, avant de s'orienter vers la vie ecclésiastique. Ordonné diacre, il devient membre du Chapitre de la cathédrale d'Aoste où il exerce la fonction d'archidiacre, qui est à cette époque le premier collaborateur de l'évêque. Prédicateur itinérant, il exhorte la population de son diocèse et des régions environnantes à la conversion, étant lui-même un exemple de sobriété et de vertus. Des miracles authentifient la véracité de ses paroles, ce qui lui donne un grand succès populaire.

Pour sécuriser les Alpes, Bernard établit un lieu d’accueil au col du Mont-Joux, vers 1045-1050. Il garantit la survivance de son œuvre d’hospitalité en lui affectant les revenus du monastère de Bourg-Saint-Pierre, désormais désaffecté. Les premières constructions, refuges de taille minuscule (1.50 mètre sur 3), permettent de s’abriter pour la nuit, la chaleur corporelle étant l’unique moyen de se réchauffer. Bernard et ses compagnons construisent dès que possible le premier hospice, bâtisse de 18 mètres sur 13.50 sur la partie nord du col, qui sera agrandie au cours des siècles. Ils utilisent les pierres des ruines voisines du temple de Jupiter et de ses annexes que les Romains avaient érigés à l’autre extrémité du lac . Bernard le place sous le patronage de saint Nicolas de Myre, patron des marchands, dont le culte est en expansion de l’Italie à l’Allemagne du Sud. Bernard reconstruit également un hospice au sommet du col de Colonne-Joux, l'actuel Petit-Saint-Bernard.

Prédicateur itinérant, Bernard exerce son ministère de la parole non seulement dans la région d'Aoste, mais encore dans régions limitrophes. Il se rend à Pavie, où se trouve alors l’empereur Henri IV, qui prépare une expédition belliqueuse contre le pape Grégoire VII. Bernard le rencontre et tente en vain de le détourner de son projet. Sur le chemin du retour, malade, Bernard s’arrête au monastère de saint Laurent-hors-les-murs, à Novare. C'est là qu'il meurt. Il y est enseveli 3 jours plus tard, le 15 juin 1081 (1086 ?). En raison des miracles obtenus sur la tombe de Bernard, Richard, évêque de Novare, le canonise en 1123. Les hospices fondés par saint Bernard ont marqué ses contemporains. Ils ont ainsi renommé en son honneur le col du Mont-Joux en "Grand-Saint-Bernard" et celui de Colonne-Joux en "Petit-Saint-Bernard".

La vie de saint Bernard est embuée de légendes. Le panégyrique de Novare, dont le texte le plus ancien se trouve dans le Passionale d'Intra, daté de 1128, raconte les dernières semaines de sa vie. Il a probablement été écrit à l'occasion de sa canonisation en 1123, par Richard, évêque de Novare. L'auteur de ce texte indique dans son prologue qu'il ne parlera que des faits qu'il connaît. Il précise qu'il laisse le soin à un parent du saint, Azolin, d'écrire sa vie, mais cette dernière ne nous est pas parvenue. En raison de l'absence de traces de cette vie dans les anciens ouvrages liturgiques des diocèses de Novare et Aoste, nous pouvons conclure que cette vie n'a probablement jamais été écrite. Il existe certes une vie du XV° siècle attribuée à un certain Richard de Valdisère, ainsi qu'un Mystère qui a popularisé les éléments de la légende, mais ces derniers n'ont aucune crédibilité historique.

Le jour de la mort et de la sépulture de Bernard, les 12 et 15 juin, sont contenus dans le panégyrique. La date traditionnelle retenue pour sa fête est celui de sa sépulture, « 17 des calendes de juillet », selon le calendrier romain, qui correspond au 15 juin. Saint Bernard est célébré le 15 juin tant à Novare, à Ivrée, Verceil, Sion qu'à l'hospice du Grand-Saint-Bernard. Cette date a également été retenue par le calendrier de l'église universelle, en 1681. Le pape Pie XI a déclaré saint Bernard patron des alpinistes le 20 août 1923. Pour la mort du saint, l'année 1086 est retenue par le convent de saint Laurent-hors-les-murs de Novare, où Bernard est décédé. Lorsque son crâne a été placé dans un reliquaire, le jeudi 15 juin 1424, un document notarié a été rédigé pour commémorer l'événement. Il s'appuie sur d'antiques documents, aujourd'hui disparus. On y lit que saint Bernard est mort en 1086 («anno millesimo octuagesimo sexto»). Une seconde année est également retenue pour la mort de Bernard: 1081. Elle est obtenue en reconstruisant l'itinéraire de l'empereur Henri IV, d'après les actes rédigés de son vivant. Si les éléments chronologiques du panégyrique sont exacts, saint Bernard l'y aurait vu entre le 15 et le 26 avril 1081 et serait mort un peu plus de six semaines plus tard à Novare.

La première représentation connue de saint Bernard remonte aux années 1200 à 1230. C'est son buste reliquaire de style roman, conservé à l'hospice du Grand-Saint-Bernard. Bernard présente de ses deux mains l'évangéliaire. Il porte les habits liturgiques du diacre durant la messe, c'est-à-dire qu'il a enfilé son aube blanche, serrée aux poignets, puis, au-dessus de l'étole diaconale non visible sur le reliquaire, il a passé la dalmatique, qui se reconnaît à ses manches larges arrivant entre les poignets et les coudes.

Une seconde iconographie présente le saint en habit de chœur de chanoine, c'est-à-dire avec la soutane, le rochet et l'aumusse en peaux d'écureuils, prêt à chanter les psaumes. Une fresque du château de Fénis, datée du14e siècle, présente le saint dans cette tenue, assailli par des gens qui lui présentent leurs requêtes, sous forme de rouleaux, et leurs offrandes. Les stalles de la cathédrale d'Aoste, à la place de l'archidiacre, présentent une iconographie comparable, datant du début du 15e siècle. Saint Bernard y est présenté debout, en tenue identique. Il tient de sa main gauche le bourdon, indiquant son rang d'archidiacre, et de sa main droite le livre des évangiles.

Dans sa troisième iconographie, dont les plus anciennes représentations semblent remonter au 15e siècle, saint Bernard est en habit ordinaire, qui est l'habit religieux des chanoine du Grand-Saint-Bernard de la fin du Moyen Âge. Il s'agit d'une soutane noire recouverte par un rochet blanc, dont les manches ont été coupées, mais qui descend presque jusqu'à ses mollets, dont le fond est lié sur le côté gauche. Cet habit ressemble à celui des moines cisterciens, mais en inversant les couleurs. Depuis 1487, les chanoines du Grand-Saint-Bernard peuvent porter, au-dessus de leur soutane, un rochet réduit à quatre doigt de largeur, passé en sautoir autour du cou, et qui est attaché à gauche, à mi-cuisse. Saint Bernard, dans cette iconographie est présenté en prédicateur, également avec le démon enchaîné à son étole.

L’iconographie dominante de saint Bernard est liée à la diffusion de légendes à son sujet. Le saint est présenté debout, en soutane noire, rochet blanc et aumusse en peaux d’écureuil. Il tient en main le bâton d’archidiacre, appelé le bourdon, ainsi que l’étole qui se transforme en chaîne pour mâter le démon, soumis, à ses pieds. Il existe des variantes à cette iconographie classique, principalement sur des tableaux. Les éléments ajoutés peuvent être des fragments du temple ou de la statue de Jupiter qui existaient autrefois au sommet du Mont-Joux. C'était d'ailleurs le temple dédié à Jupiter le plus haut de l'Empire romain. Un ajout plus fréquent, ce sont deux colonnes, situées en arrière-plan, de part et d'autre du saint. Elles symbolisent les cols du Mont-Joux et de Colonne-Joux avec, parfois, les hospices construits par saint Bernard à ces emplacements. Le démon soumis représente non seulement la victoire du christianisme sur les résidus de paganisme alpin, mais encore les hospices eux-mêmes. Du fait qu'ils existent et que leurs habitants allaient chaque jour de l'hiver à la rencontre des passants, souvent au risque de leur propre vie, la charité des habitants des hospices vainc les dangers de la montagne que sont le froid, la faim, la tempête, le brouillard, la neige, l'épuisement, voire la mort, sans oublier les brigands et autres détrousseurs de passants.

Notons une nouveauté iconographique remontant au 19e siècle. Au-lieu d'accompagner saint Bernard du démon, enchaîné et vaincu à ses pieds, comme il était coutume de le faire depuis le 15esiècle, le démon est parfois enlevé et remplacé par un chien saint-Bernard. La signification du chien est à l'opposé de celle du dragon. Ce ne sont plus les dangers de la montagne qui sont évoqués, avec l'iconographie monstrueuse des lieux désolés de haute altitude. Cette fois, c'est l’œuvre hospitalière avec les sauvetages qui sont évoqués. Nous sommes dans le registre de l'exaltation de la charité où l'homme trouve un collaborateur animal au flair légendaire. Cette iconographie suit l'esprit romantique qui change les mentalités face à la montagne. D'endroit mortel redouté, elle devient un endroit mythique, préservé de la civilisation, qui verra bientôt l'affluence des touristes.

Les différentes manières de représenter saint Bernard vont progressivement se mêler. Il est parfois représenté avec la dalmatique et le diable enchaîné. Depuis 1674, années où les chanoines de l'hospice abandonnent l'aumusse en fourrure d'écureuils au profit du camail en feutrine de couleur rosacée, le saint est parfois représenté en camail. Il faut également signaler que la réputation de saint Bernard de Clairvaux a surpassé celle de son homonyme, provoquant ainsi des mélanges iconographiques entre eux, au fur et à mesure de l'éloignement géographique de la région comprise entre Novare, le Grand-Saint-Bernard et la Savoie.

Bernard, le saint fondateur des hospices du Grand et du Petit-Saint-Bernard, est connu et vénéré sous le nom de Bernard de Menthon, nom diffusé par la légende du saint, remontant à la fin du 14e ou au début du 15e siècle. Il est également connu sous le nom de Bernard d'Aoste, ville dans laquelle il exerçait la fonction d'archidiacre. L'appellation saint Bernard de Mont-Joux (ou Montjou) est attestée depuis le 13e siècle, pour le relier à la fondation de l'hospice du Grand-Saint-Bernard. Depuis le début du 19e siècle, l'appellation Bernard des Alpes est également en circulation, pour signifier qu'il est le patron des habitants et des voyageurs des Alpes. Lors de la restructuration des paroisses du diocèse d'Annecy, en 2004, l'ensemble des paroisses de la région de Chamonix s'est placée sous son patronage, sous l'appellation de saint Bernard du Mont Blanc afin de magnifier les lieux de son action, rayonnant autour du Mont-Blanc.

SOURCE : http://www.gsbernard.ch/fr/100.php



Saint Bernard de Menthon

Archidiacre à Aoste (11ème s.)

Né au château de Menthon, sur les bords du lac d'Annecy, il entra chez les chanoines réguliers et fut ordonné prêtre.

Il fut quarante ans vicaire-général de l'évêque d'Aoste, visitant par monts et par vaux toutes les paroisses alpines, prenant un soin tout particulier des pèlerins et voyageurs qu'il rencontrait. Pour eux, il construisit les hospices du Grand et du Petit Saint Bernard et il fonda une congrégation pour les desservir, lui donnant la Règle de Saint Augustin qu'ils observent encore.

Homme des montagnes alpines et attentif à y faire régner la sécurité, saint Bernard est devenu le saint protecteur des troupes alpines au début des années 90, à l'initiative de l'aumônier de la B.I.M et du commandement de l'époque. Pour marquer ce parrainage, une grande statue du saint a été réalisée et placée dans le hall d'entrée de l'État-Major de la Brigade à Varces.

Déjà, en 1932, Pie XI avait proclamé saint Bernard patron des habitants des Alpes et de tous les alpinistes. (Diocèse aux Armées françaises)

Bernard de Menthon serait selon différentes sources, né en 923 ou en 1008.

Il meurt à Novare (Italie) au cours d'un voyage en 1008 ou en 1081 où est son tombeau.

Lire aussi:

"Éclaircissement sur la date de la mort de Saint Bernard de Menthon par un religieux du Grand St-Bernard." Ce religieux qui n'est autre que le prévôt Théophile Bourgeois démontre que la date de 1008 de la mort de S. Bernard ne peut être retenue et qu'on doit lui substituer celle de 1081 qui concorde avec l'entrevue avec l'empereur Henri IV.

"Bernard de Menthon, naquit en 923..."

Vie de Saint Bernard de Menthon (site de l'abbaye Saint Benoît - Suisse)

Au Mont-Joux dans le Valais suisse, en 1081, saint Bernard de Menthon, prêtre. Chanoine et archidiacre d’Aoste, il se fixa pendant de nombreuses années sur les passages des sommets alpins et établit un monastère très célèbre et des hospices pour les voyageurs sur deux monts qui portent encore son nom.

Martyrologe romain



Bernard de Menthon serait selon différentes sources, né soit en 923 soit en 1008. Des auteurs le rattachent à la famille qui possède aujourd'hui le château de Menthon (actuellement Menthon-Saibt-Bernard près du lac d'Annecy en Haute-Savoie), mais sans preuves. On le fête le 15 juin.
Voici en quels termes son biographe décrit sa naissance :
« Au Xe siècle, vers les derniers temps de la dynastie carlovingienne, quand la société était affligée de grands déchirements; que les invasions des Normands désolaient les provinces de France, et que les scandales n'étaient pas épargnés à l'Eglise, Dieu, qui a promis d'être avec les siens jusqu'à la fin des siècles, ne laissa pas de susciter dans la chrétienté de grands saints qui enseignèrent aux peuples à lever les yeux vers le ciel, à attendre ses grâces, à laisser passer les afflictions, à ne pas prendre la figure du monde pour la demeure permanente, à souffrir avec patience les douleurs du temps en vue de l'éternité.
Celui dont nous avons à raconter l'histoire, Bernard de Menthon, naquit en 923, au temps du roi Raoul, dans le château que l'on voit encore aujourd'hui sur la colline qui domine la rive septentrionale du lac d'Annecy. Son père, le baron Richard, n'était pas moins distingué par ses qualités personnelles que par sa naissance et sa fortune; Bernoline, sa mère, était de l'ancienne et illustre famille de Duin ; par ses parents , les seigneurs de Val d'Isère, vicomtes de Tarentaise , elle descendait, dit-on, du comte Olivier de Genève, pair de France.
Le jour où Bernoline mit au monde son premier-né, fût un jour dé bénédiction pour les époux, un jour de joie pour leurs parents et leurs amis.
On s'empressa de faire renaître spirituellement par le baptême l'enfant reçu du ciel, et rien ne fut négligé pour cette auguste solennité. On choisit pour parrain le chevalier Bernard, frère germain de Richard et seigneur de Beaufort, qui désira donner son nom à l'enfant dont il avait accepté la paternité devant Dieu. »
Un peu plus loin, quand Bernard est déjà un jeune garçon, et qu’il est temps de l’envoyer à l’école, le  même biographe raconte, parlant de l’école parisienne qui avait été fondée par Charlemagne en 792 :
« Elle — l’école — se recommandait par la réputation de ses maîtres et par la nombreuse affluence de jeunes gens qui , de toutes les parties de l'Europe, venaient y puiser la science, se former aux usages de la vie et achever leur éducation. Persuadé que son fils figurerait avantageusement dans cette brillante jeunesse, le père, impatient de tout retard, vient annoncer à son fils qu'il va commencer le cours complet des études qui avaient lieu à cette époque. Cette nouvelle attrista le cœur de Bernard. S'éloigner de parents tendrement aimés ; quitter le manoir solitaire de Menthon, pour s'aventurer dans le tourbillon d'une si grande ville ; entrer, si jeune encore, dans un monde si rempli de séductions, c'était faire en quelque sorte violence à ses inclinations autant qu'à ses habitudes. Mais il ne sait rien refuser à des parents chéris, dont il respecte les volontés, et Bernard reçoit leurs ordres comme venant du ciel. »
Il refuse le mariage que lui avait préparé son père pour devenir chanoine régulier d’Aoste.
Son biographe en rend compte en ces termes :
« Bernard, unique héritier d'un nom illustre et d'une grande fortune, n'ignorait point les intentions de ses parents sur son avenir. Richard , fier d'avoir un fils unissant aux qualités extérieures, la vertu , la science et les plus heureuses dispositions, ne négligeait rien pour lui frayer le chemin à une brillante carrière dans le monde. Voir son fils en faveur auprès de son Souverain, occuper un emploi élevé dans l'état, commander une armée, contracter une alliance illustre; se voir lui-même entouré, dans sa vieillesse, d'une nombreuse et florissante postérité, c'était le rêve du baron ; un tel avenir aurait mis le comblé aux prospérités de sa vie. Mais c'est en vain que l'on cherche à attirer de ce côté l'attention de Bernard; à toutes les propositions qui lui sont faites, il se renferme dans un silence absolu, il ne donne qu'une réponse évasive ; son air embarrassé ne satisfait point la confiance de ses parents. Jamais Bernard ne s'est senti d'attraits pour le monde; ce que l'Evangile et les Pères de l'Eglise lui en disent, ce qu'il voit de ses propres yeux à Paris, lui en décèle les dangers et en détourne son cœur de plus en plus. E se le représente comme une mer orageuse prête à engloutir ceux  qui s'y hasardent. Tant de souverains, tant de personnages illustres par leur naissance, par leur fortune, par leurs talents et par la science, l'auraient-ils quitté, ce monde, s'ils n'eussent reconnu le danger de s'y perdre, et la difficulté d'y faire leur salut ? Unit Dieu dès sa plus tendre enfance, c'est le service de Dieu qu'il veut choisir pour l'unique part de son héritage. Dieu habite par préférence dans l'âme des Vierges; Bernard embrassera le saint état de virginité. C'est le premier pas qu'il doit faire vers le sanctuaire auquel il se sent appelé.
Dans la crainte que cet élan ne soit moins une inspiration du ciel, qu'une illusion du démon, ou l'effet d'une ferveur passagère, avant de se lier définitivement, il va consulter son directeur spirituel, puis son précepteur en qui il a toute confiance et qu'il regardé comme son meilleur conseil après son ange gardien. »
Devenu chanoine de saint Augustin, Bernard revient vers sa terre natale exercer son apostolat.
Témoin des dangers qu'offrait le passage des Alpes, il fit construire en 962 sur le sommet de deux hauts passages montagnards les hospices des cols du Grand-Saint-Bernard et du Petit-Saint-Bernard pour subvenir aux besoins des voyageurs et pèlerins qui franchissaient les Alpes.
Il y installe des chanoines réguliers suivant la règle de saint Augustin : c'est l'origine de la congrégation hospitalière du Grand-Saint-Bernard. Ces généreux hospitaliers se font aider dans leurs recherches par des chiens intelligents dressés à ce service : le Saint-bernard, une race de chiens particulièrement bien adaptés à la montagne.
Il meurt à Novare (Italie) au cours d'un voyage en 1080 ou en 1081 où est son tombeau.
Il a été proclamé patron des skieurs et des alpinistes par Pie XI en 1923. Il était également considéré comme le protecteur des voyageurs en montagne et notamment de ceux qui passent des cols. D'où le nom de plusieurs cols alpins.


Saint Bernard de Menthon,

patron des troupes de montagne


Saint Bernard vécut à Annecy au XIème siècle, il était peut-être le fils du comte de Menthon, d'où son surnom traditionnel, mais on l'appelle aussi fréquemment Bernard de Montjoux, d'après l'hospice qu'il fonda sur le Mont Joux.

 La légende de saint Bernard dit qu'après avoir fait des études à Paris, il rentrait chez lui lorsqu'il appris que ses parents avaient arrangé son mariage. Cela lui déplut car il avait résolu d'être prêtre. Il s'enfuit donc, certains auteurs disent la veille du mariage, et se réfugia chez Pierre, archidiacre d'Aoste.

    Peu après son ordination, il est nommé vicaire général par l'évêque d'Aoste et se consacre à la visite des vallées alpines les plus reculées, fondant des écoles et restaurant la discipline ecclésiastique.

    Il est surtout connu pour la fondation des deux hospices qu'il a fondés, pour venir en aide aux pèlerins et aux voyageurs, sur le Mont Joux et la Colonne Joux qui portent aujourd'hui les noms de Grand saint Bernard et Petit saint Bernard.

Ces deux hospices ont été confiés par saint Bernard lui-même aux chanoines de saint-Augustin qui en ont toujours la charge. Ce sont eux qui ont introduit dans les hospices les élevages de chiens (les saint Bernard) pour venir au secours des voyageurs égarés dans la neige ou les glaces. Il y a eu un essai de fondation, dans l'esprit de saint Bernard, d'un hospice dans l'Himalaya qui poursuit les mêmes buts.

 La date de la mort de saint Bernard est incertaine, mais elle survint probablement en 1081. Sa fête se célébrait autrefois le 15 juin, mais elle a été transférée au 28 mai en 1922; l'année suivante, Pie XI a déclaré saint Bernard patron de tous les alpinistes ainsi que des habitants des alpes.


Bernard d'Aoste (saint)
15.6.1081/1086 à Novare. Cité également sous les noms de Bernard de Mont-Joux ou Bernard de Menthon. Né d'une famille de la haute noblesse, apparentée à la reine Ermengarde, B. devint archidiacre du chapitre d'Aoste. Vers 1050, il fit construire les hospices du Grand et du Petit-Saint-Bernard. Grand prédicateur itinérant à Aoste et dans le diocèse de Novare. En avril 1081, il rencontra à Pavie l'empereur Henri IV en guerre contre le pape Grégoire VII qu'il soutenait dans sa lutte. Inscrit dans le catalogue des saints en 1123, il apparaît pour la première fois comme saint protecteur de l'église de l'hospice en 1149. En 1681, il est cité dans le martyrologe romain. Patron des habitants des Alpes et des alpinistes dès 1923.
Bibliographie

– A. Colombo, éd., «Vita beati B.», in Biblioteca della società storica subalpina, 17, 1903, 291-312

– HS, IV/1, 27-30


Auteur(e): Gilbert Coutaz



Saint Bernard de Menthon en dalmatique avec un chien homonyme, 
huile sur toile, 1832 (autrefois à l'intérieur de l'église de l'hospice du Grand-Saint-Bernard, à l'entrée du chœur)


Statue de saint Bernard,  Église de Stella (Savone), 1770


VIE DE SAINT BERNARD DE MENTHONARCHIDIACRE D'AOSTEFONDATEUR DE L'HOSPICE DES MONT ET COLONNE-JOUX 

par un chanoine du Grand-Saint-Bernard. Paris. Victor Palmé, Libraire-Éditeur, rue Saint-Sulpice, 22.1862. Approbation de Monseigneur l'Évêque de Sion :

 http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/menthon/


St. Bernard of Menthon

Born in 923, probably in the castle Menthon near Annecy, in Savoy; died at Novara, 1008. He was descended from a rich, noble family and received a thorough education. He refused to enter an honorable marriage proposed by his father and decided to devote himself to the service of the Church. Placing himself under the direction of Peter, Archdeacon of Aosta, under whose guidance he rapidly progressed, Bernard was ordained priest and on account of his learning and virtue was made Archdeacon of Aosta (966), having charge of the government of the diocese under the bishop. Seeing the ignorance and idolatry still prevailing among the people of the Alps, he resolved to devote himself to their conversion. For forty two years he continued to preach the Gospel to these people and carried the light of faith even into many cantons of Lombardy, effecting numerous conversions and working many miracles.

For another reason, however, Bernard's name will forever be famous in history. Since the most ancient times there was a path across the Pennine Alps leading from the valley of Aosta to the Swiss canton of Valais, over what is now the pass of the Great St. Bernard. This pass is covered with perpetual snow from seven to eight feet deep, and drifts sometimes accumulate to the height of forty feet. Though the pass was extremely dangerous, especially in the springtime on account of avalanches, yet it was often used by French and German pilgrims on their way to Rome. For the convenience and protection of travelers St. Bernard founded a monastery and hospice at the highest point of the pass, 8,000 feet above sea-level, in the year 962. A few years later he established another hospice on the Little St. Bernard, a mountain of the Graian Alps, 7,076 feet above sea-level. Both were placed in charge of Augustinian monks after pontifical approval had been obtained by him during a visit to Rome.

These hospices are renowned for the generous hospitality extended to all travelers over the Great and Little St. Bernard, so called in honor of the founder of these charitable institutions. At all seasons of the year, but especially during heavy snow-storms, the heroic monks accompanied by their well-trained dogs, go out in search of victims who may have succumbed to the severity of the weather. They offer food, clothing, and shelter to the unfortunate travelers and take care of the dead. They depend on gifts and collections for sustenance. At present, the order consists of about forty members, the majority of whom live at the hospice while some have charge of neighboring parishes.

The last act of St. Bernard's life was the reconciliation of two noblemen whose strife threatened a fatal issue. He was interred in the cloister of St. Lawrence. Venerated as a saint from the twelfth century in many places of Piedmont (Aosta, Novara, Brescia), he was not canonized until 1681, by Innocent XI. His feast is celebrated on the 15th of June.

Sources

SURIUS, Vl, 358; DORSAZ, Vie d. S. Bernard de Menthon (Paris, 1862); BUTLER, Lives of the Saints, VI, 577; Miscell. Stor. Ital. (1894) xxxi, 341 sqq.; ALDEGUIER, Vie de St. Bernard, Apotre des Alpes (Toulouse, 1858).


St. Bernard of Montjoux

St. Bernard of Montjoux was probably born in Italy. He became a priest, was made Vicar General of Aosta, and spent more than four decades doing missionary work in the Alps. He built schools and churches in the diocese but is especially remembered for two Alpine hospices he built to aid lost travelers in the mountain passes named Great and Little Bernard, after him.

The men who ran them in time became Augustinian canons regular and built a monastery. The Order continued into the twentieth century. He was proclaimed the patron saint of Alpinists and mountain climbers by Pope Pius XI in 1923. He is sometimes fallaciously referred to as Bernard of Menthon and the son of Count Richard of Menthon, which he was not. His feast day is May 28th.

Bernard became patron and protector of skiers because of his four decades spent in missionary work throughout the Alps. The dog breed known as “St. Bernards” get their name from the Great St Bernard Hospice which our Saint founded.