vendredi 24 mai 2013

Bienheureux LOUIS-ZÉPHIRIN MOREAU, évêque


Bienheureux Louis-Zéphirin Moreau

1er avril 1824 - 24 mai 1901

Commémoration : le 24 mai

Louis-Zéphirin Moreau est né le le 1er avril 1824 à Bécancour, petit village situé dans le diocèse de Nicolet, au Québec. Il était le 5e d'une famille de 13 enfants. Ses parents, quoique de conditions modestes, lui permirent de poursuivre ses études au séminaire de Nicolet.

Son entourage devina très tôt qu'il avait les qualités requises pour devenir prêtre: piété solide, caractère sociable et dévouement remarquable. De santé fragile, son parcours scolaire fut ardu et sa vocation fut maintes fois mise à rude épreuve.

Le jeune homme

L'étape la plus cruciale de son cheminement sacerdotal fut certainement celle où, épuisé par sa fonction de professeur au petit séminaire de Nicolet et la poursuite de ses études théologiques, il dut retourner dans sa famille pour refaire ses forces. À l'automne de 1846, une autre épreuve l'attendait: l'archevêque de Québec, Mgr Signay, refuse de l'intégrer parmi les jeunes hommes qui se préparent au sacerdoce. Le prélat l'invite à voir dans cet événement un signe de Dieu et lui conseille même de mettre en veilleuse son désir de devenir prêtre.

Mais le curé de Bécancour et les professeurs du séminaire voient les choses tout autrement. Muni de lettres de recommandations, le jeune Moreau se présente à l'évêque de Montréal, Mgr Bourget, le priant de l'accepter comme aspirant au sacerdoce en dépit d'une santé qui est loin d'être rétablie. Pour l'aider à rattraper son retard, on le confie à Mgr Jean-Charles Prince, alors évêque coadjuteur à Montréal. Ce dernier lui fait compléter ses études théologiques. C'est lui également qui lui confère la prêtrise le 19 décembre 1846. Louis-Zéphirin a 22 ans.

Le prêtre

L'abbé Moreau séjourne à Montréal durant six ans. Il est affecté aux bureaux de l'évêché. Mgr Bourget et Mgr Prince sont à même d'apprécier les qualités humaines, la richesse de coeur et la profondeur spirituelle de leur protégé devenu leur collaborateur. En effet, la fonction de secrétaire lui demande un esprit d'obéissance et de souplesse. Sa constance au travail et sa ponctualité le rendent efficace. Sa prédilection pour les blessés de la vie est vite reconnue; aussi on lui confie la fonction d'aumônier des pauvres du Convent de la Providence. Il gardera jusqu'à sa mort cette affection privilégiée pour les démunis de la société. Les gens qu'il côtoient commencent à l'appeler « le bon Monsieur Moreau. » Sa charité et sa bienveillance ne peuvent passer inaperçues, surtout aux yeux de tous ceux qui en sont les bénéficiaires.

Le 8 juin 1852, sous le pontifical de Pie IX, le diocèse de Saint-Hyacinthe est érigé par la division du diocèse de Montréal. Mgr Prince en devient le premier évêque. Celui-ci demande à l'abbé Moreau s'il veut bien le suivre dans le nouveau diocèse pour y devenir son secrétaire et y occuper, en plus, la fonction de chancelier. Par la suite, d'autres charges lui seront confiées: chapelain de communautés religieuses, procureur, curé de la Cathédrale, vicaire général. À plusieurs reprises, il occupera le poste d'administrateur du diocèse.

À son arrivée à Saint-Hyacinthe, l'abbé Moreau ne tarde pas, à son insu, à se faire une renommée: on le disait homme de grande vertu et d'aucuns affirmaient qu'il était un saint bien avant que l'Église le confirme. On aime ce pasteur attentif aux plus petits, on apprécie ce collaborateur intègre. C'est donc sans surprise que, à la Mort de Mgr Charles Larocque, troisième évêque de Saint-Hyacinthe, il est pressenti pour le remplacer. De fait, le 19 novembre 1875, le Pape Pie IX annonce sa nomination. Il avait 51 ans.

L'évêque

Monseigneur Moreau ne changera pas grand-chose à sa manière de vivre. C'était toujours le même personnage attachant: simple, humble, surnaturel et combien charitable. Au quotidien « le bon Monsieur Moreau » devint le « le bon Monseigneur Moreau. » Il choisit comme devise ce passage de la lettre de Paul aux Philippiens (4, 13): « Je puis tout en Celui qui me fortifie. » Nous pouvons y lire entre les lignes l'histoire de sa vie et le reflet de sa personnalité profonde. En lui s'harmonisent hardiesse et prudence, fermeté et douceur, grandeur d'âme et simplicité, zèle et abandon à la Providence. Sa faiblesse de santé ne l'a pas empêché d'accomplir une tâche immense qui étonne encore. Il entretenait une volumineuse correspondance où il est facile de déceler une profonde compréhension de l'être humain et une fine analyse des événements de l'Église et du monde.

Voulant assurer à son diocèse les institutions nécessaires, il fonda, avec Élisabeth Bergeron, la communauté des Soeurs de Saint-Joseph destinée, à l'origine, à l'enseignement des garçons et des filles dans les écoles primaires. C'est également sous son pontificat que fut fondée la communauté des Soeurs de Sainte-Marthe. Il fit aussi venir de nombreuses communautés religieuses et favorisa la consolidation de plusieurs autres.

Sur un tout autre plan, il figure également comme précurseur en fondant l'Union Saint-Joseph alors qu'il n'était pas encore nommé à l'épiscopat. Devenu évêque il suit de près cette société de secours mutuel, ancêtre de l'assurance-emploi et même des caisses Desjardins. Il enjoint aux curés à multiplier ces sociétés caritatives dans toutes les paroisses. Rien de ce qui pouvait améliorer le sort de ses ouailles ne lui était indifférent. La société d'alors était pauvre et des hommes de Dieu de cette envergure lui était d'un précieux secours.

Mgr Moreau s'éteignit paisiblement le 24 mai 1901. Le 30 mai, la population du diocèse lui fit des funérailles à la hauteur de sa réputation et de sa fonction. Peu de temps après sa mort « le bon Mgr Moreau » devint « le saint Mgr Moreau ». Le 10 mai 1987, le Pape Jean-Paul II procéda à sa béatification. L'Église entière peut maintenant dire avec fierté et prier « le bienheureux Mgr Moreau ».

Ghislaine Salvail, s.j.s.h


MGR LOUIS-ZÉPHIRIN MOREAU

(1824-1901)

par M. L’Abbé Elie-J. AUCLAIR

Mgr Louis Zéphirin Moreau, le quatrième évêque de Saint Hyacinthe, est né à Bécancourt, d'une modeste famille de cultivateurs, le ler avril 1824. Ses études faites à Nicolet, il passa au diocèse de Montréal, où il fut ordonné prêtre le 19 décembre 1846. Il vécut ses premières années de sacerdoce auprès de Mgr Bourget, à l'évêché de Montréal. En 1852, à la fondation du diocèse de Saint Hyacinthe, il y suivit Mgr Prince, qui en devenait le premier évêque, de coadjuteur de Montréal qu'il était depuis quelques années. Au nouvel évêché, pendant vingtquatre ans (1852 1876), l'abbé Moreau travailla à l'oeuvre du bien auprès des trois premiers évêques, Mgr Jean Charles Prince (1852 1860), Mgr Joseph LaRocque (18601866) et Mgr Charles LaRocque (18661875) , et il devint successivement, ou en même temps, secrétaire, chancelier, curé de cathédrale, chanoine et vicaire général. A plusieurs reprises, il fut administrateur du diocèse. Le 19 novembre 1875, il était élu évêque de Saint Hyacinthe, et, le 16 janvier 1876, il était sacré, dans sa cathédrale, par Mgr Taschereau, le futur cardinal. Il gouverna son diocèse, pendant un quart de siècle, jusqu'à sa mort, arrivée le 24 mai 1901. En 1893, Rome lui avait donné, comme coadjuteur, Mgr Maxime Decelles, qui lui a succédé.

Les prédécesseurs de Mgr Moreau sur le siège épiscopal de Saint Hyacinthe, Mgr Prince et les deux Mgr LaRocque, avaient été, sans doute, de dignes, sages et pieux évêques. Mais, dans l'histoire des premiers cinquante ans de ce diocèse, Mgr Moreau brille d'un éclat de sainteté particulière. Un évêque nouvellement élu demandait un jour, a t on raconté, à l'un des maîtres les plus vénérés de Saint Sulpice, M. Rouxel, sur qui, au Canada, il pourrait avec plus d'avantage modeler sa vie et son action ? Observez Mgr Moreau, lui fut il répondu, et inspirez vous de sesmendements. [sic] A cette époque, Mgr Bourget venait de mourir et de grands évêques comme Mgr Laflèche et Mgr Taché vivaient encore. La réponse de M. Rouxel était donc bien significative. I1 y a maintenant quarante ans passés que Mgr Moreau est parti de ce monde. Sa réputation de sainteté n'a pas cessé de grandir. En ces dernières années, une commission d'enquête diocésaine a été constituée à Saint Hyacinthe, avec l'autorisation de Rome, qui s'occupe de préparer sa cause de béatification. L'avenir est à Dieu seul, je ne l'ignore pas, et c'est à son Eglise qu'il appartient d'en juger. Qu'il me soit pourtant permis de constater en toute simplicité que, depuis longtemps, le peuple de Saint Hyacinthe a dénommé Mgr Moreau le saint évêque, tout comme celui de Montréal dit de Mgr Bourget.

S':,.1 était doué des plus solides qualités de l'esprit et du coeur et s'il fut un saint évêque, Mgr Moreau, il faut en convenir, n'avait pas un physique bien attrayant. Il était de stature moyenne et de mine peu avantageuse. Souvent malade, il fut toujours maigre et d'apparence chétive, avec une figure aux traits saillants, plutôt disproportionnés. Il se rendait compte lui même qu'il n'était pas précisément beau, et il en souriait avec bonhomie.

Un mécontent il y en a toujours osa lui écrire un jour avec impertinence "qu'il était trop laid pour figurer avec honneur dans les cérémonies". Le bon évêque montra cette lettre à ses familiers en disant joyeusement

"Le pauvre homme, il perd son temps et son encre. Je le sais que je ne suis pas beau depuis plus longtemps que lui."

Mais quelle belle âme il avait, le saint prélat, faite d'humilité, de renoncement, de piété et de bonté ? Dans son palais épiscopal, il occupait la plus modeste pièce. L'on n'y voyait qu'un simple bureau de travail, quelques chaises et des images de saints appendues aux murs. Pour tapis, il se contentait de pauvres "catalognes", et il n'avait pas même de prie Dieu où s'agenouiller. Dieu sait pourtant s'il s'agenouillait souvent ?

Il priait sans cesse et volontiers il eut donné aux pauvres tout ce qui était à son usage personnel. Son procureur, a t on dit, était obligé d'intervenir parfois pour mettre un frein à ses générosités. Monseigneur allait jusqu'à discuter doucement avec lui pour se faire payer à l'avance ses modiques honoraires afin de faire la charité plus vite ! Ses visites pastorales étaient pour tous des occasions de bénédictions et de grâces. On répétait qu'il répandait sur son passage des faveurs et des guérisons de toutes sortes, qu'il accomplissait des merveilles. Il gouvernait, en tout cas, et il administrait, avec douceur et bonté autant qu'avec sagesse et prudence: La série de ses mandements, pas moins de neuf forts volumes, constitue tout un traité de haute doctrine et de solide discipline. Parce qu'il s'oubliait lui même et qu'il était avant tout surnaturel, il fut un chef d'Eglise ferme et pitoyable tout ensemble, et, par suite, un évêque puissant en actes.

J'ai eu l'honneur et la joie d'assister, en janvier 1901, à Saint Hyacinthe même, aux noces d'argent épicopales du vénérable prélat. Ce fut une fête inoubliable. Mgr Moreau avait alors 76 ans. Il était prêtre depuis plus de cinquante ans. Ses oeuvres étaient nombreuses et connues de tous. Ses hautes vertus, sa piété et sa bonté en particulier, l'étaient tout autant. On l'accabla naturellement d'éloges. Mgr Bruchési, qui prêcha l'allocution de circonstance, et Mgr le coadjuteur Decelles, qui avait vu à l'organisation des fêtes, entre autres, célébrèrent à l'envi les rares mérites du jubilaire. Lui, le digne vieillard, il resta calme et modeste. On aurait cru qu'il n'entendait pas tout le bien qu'on disait de lui. Quand il prit la parole à son tour, ce fut pour rendre gloireà Dieu et remercier ses prêtres et ses diocésains d'avoir tout fait. Aux mains de la Providence, il l'affirmait avec une évidente sincérité, il n'avait été, disait il, qu'un pauvre et faible instrument. Rarement, je pense, pareille gloire s'enveloppa de tant d'humilité vraie.

Quatre mois plus tard, en mai 1901, ce fut, au lendemain de sa mort, l'apothéose de ses funérailles, dans sa cathédrale en deuil, au milieu d'une affluence considérable du clergé et des citoyens les plus marquants. Mgr Bruchési prononça l'éloge funèbre. Il loua comme il convenait les qualités naturelles, le savoir et les talents d'administrateur de l'évêque défunt. I1 insista sur sa piété et sa bonté.

"Pieux, disait il, Mgr Moreau l'a été dans toute la force et dans toute la beauté du terme. De son berceau à sa tombe, la piété n'a fait que grandir en lui. Elle faisait le fond de son âme, elle a imprimé son cachet sur chacun de ses actes. Tout était surnaturel dans sa vie. Il s'est constamment oublié lui même. Il n'a recherché que le bon plaisir de Dieu. Il n'a travaillé que pour sa gloire . . . Et puis, il était bon . . . L'évêque doit avant tout être père, car c'est la bonté plus que tout le reste qui domine les âmes. L'homme résiste à la science, à la puissance, au génie. Il est désarmé par la bonté. Fénelon disait à ses prêtres :

"Soyez pères, ce n'est pas assez, soyez mères!"... Mgr Moreau a été un tendre père pour chacun de ses prêtres et de ses diocésains. Dites moi, mes frères, j'en appelle à vous tous, était il bon ? Etait il bon, parents chrétiens, quand vous lui apportiez vos petits enfants pour qu'il les bénît ? Etait il bon, âmes affligées et tourmentées, quand vous cherchiez auprès de lui des conseils et des encouragements ? Etait il bon, pauvres malades, quand ,vous veniez le supplier de vous guérir au nom du Sauveur ? Etait il bon, religieux et vierges du cloître, quand il allait vous. visiter et vous laissait épancher vos coeurs dans le sien ? Etait il bon, prêtres du Christ, vous surtout ses fils, quand vous recouriez à son expérience dans vos anxiétés et à sa tendresse dans vos douleurs ? De toute part, j'entends la même réponse . . . "Oui, il était bon !" On disait de lui : "Le bon Mgr Moreau", comme on disait jadis de Vincent de Paul : "Le bon Monsieur Vincent". En vérité, je ne sache pas de titre plus touchant et plus glorieux que celui là . . ."

Source : Abbé Elie-J. AUCLAIR, Figures canadiennes. Première série, Montréal, éditions Albert Lévesque, 1933, 201p., pp. 76-82.

© 2003 Claude Bélanger, Marianopolis College



BÉATIFICATION DE ANDREA CARLO FERRARI, 

LOUIS ZÉPHIRIN MOREAU,


PIERRE-FRANÇOIS JAMET 

ET BENEDETTA CAMBIAGIO FRASSINELLO


HOMÉLIE DE JEAN-PAUL II


Place Saint-Pierre


Dimanche, 10 mai 1987



1. “In verità, in verità vi dico: io sono la porta delle pecore” (Gv 10, 7).

Così Cristo dice di se stesso. Nell’odierna domenica, Giornata Mondiale di Preghiera per le Vocazioni, leggiamo il testo del Vangelo di Giovanni in cui Gesù chiama se stesso “il buon pastore”.

Il buon pastore è “la porta delle pecore”.

Egli portò sul suo corpo i nostri peccati sul legno della croce, perché, non vivendo più per il peccato, vivessimo per la giustizia; dalle sue piaghe siamo stati guariti (cf. 1 Pt 2, 24-25).

Tale dottrina è proclamata dall’apostolo Pietro con la sua viva voce di testimone, il giorno della Pentecoste, ed è esposta nella sua prima Lettera.

Cristo è “la porta delle pecore”, perché, mediante il sacrificio della croce, ci ha introdotti nella vita nuova. E questa nuova vita in Dio è stata confermata dalla Risurrezione.

2. La Chiesa vive della fede nel mistero pasquale di Cristo.

Da questa fede nasce la coscienza della vita nuova, della vita divina, alla quale sono introdotti tutti coloro che appartengono all’ovile del buon Pastore.

Tale coscienza si manifesta in modo particolarmente solenne e gioioso, quando alla Chiesa è dato di rendere testimonianza alla santità dei suoi figli e delle sue figlie. Così avviene in questo giorno.

Ecco, Cristo crocifisso e risorto è divenuto “la porta” della santità per questi servi di Dio, che oggi sono elevati alla gloria degli altari come beati.

3. Cristo fu la “porta” della santità per il Cardinale Andrea Carlo Ferrari, il quale, dopo essere stato Vescovo di Guastalla e di Como, resse per ben ventisette anni l’arcidiocesi di Milano, seguendo con appassionato fervore pastorale le orme dei grandi predecessori Ambrogio e Carlo.

Sorretto da fede robusta e zelo illuminato, egli seppe indicare con giudizio sicuro la via da percorrere fra le nuove e difficili realtà emergenti nel contesto religioso e sociale del suo tempo. Seppe vedere i problemi pastorali che le circostanze storiche ponevano, con l’occhio del buon Pastore, indicando i modi per affrontarli e risolverli. Egli è pertanto un esempio di grande attualità.

Consapevole che l’ignoranza dei principi essenziali della fede e della vita morale esponeva i fedeli alla propaganda atea e materialista, organizzò una forma di catechesi moderna ed incisiva. Anche lo stile pastorale fu da lui rinnovato: ispirandosi al “buon Pastore”, egli ripeteva con forza che non si doveva attendere passivamente che i fedeli si avvicinassero alla Chiesa, ma che era indispensabile tornare a percorrere, come Gesù, le vie e le piazze per andare loro incontro, parlando il loro linguaggio. Egli visitò per quasi quattro volte la vasta arcidiocesi ambrosiana, recandosi nelle località più lontane ed impervie, anche a dorso di mulo ed a piedi, ove da tempo immemorabile non si era veduto un Vescovo. Per questo, di fronte alla sua pastorale infaticabile, alcuni dicevano: “È tornato san Carlo!” (Positio super virtutibus, 267).

La sollecitudine del pastore ebbe espressione anche nella promozione di forme nuove di assistenza, adeguate al mutare dei tempi. Primi destinatari dell’ammirevole fiorire di iniziative sociali furono i fanciulli ed i giovani abbandonati, i lavoratori, i poveri.

Maturò così nel cuore del Cardinale Ferrari il progetto di una opera, che costituisce oggi una sua eredità preziosa; la Compagnia di san Paolo, chiamata anche Opera Cardinal Ferrari. Dall’idea originaria di una Casa del Popolo, che raccogliesse le organizzazioni di apostolato dei laici e di assistenza dell’arcidiocesi, si sviluppò una serie di attività ispirate al geniale e coraggioso dinamismo pastorale dell’Arcivescovo: il “Segretariato del Popolo”, le mense aziendali, le missioni agli operai, la Casa del Fanciullo e quella per la rieducazione degli scarcerati, le grandi iniziative nell’editoria cattolica, l’organizzazione dei pellegrinaggi di massa.

Merito insigne del Cardinale Ferrari fu proprio quello di percepire con felice intuito l’urgenza di coinvolgere i laici nella vita della comunità ecclesiale, organizzandone le forze per una più incisiva presenza cristiana nella società. Fu solerte promotore dell’Azione Cattolica maschile e femminile che, sotto il suo determinante impulso, crebbe e da Milano ebbe un benefico influsso su tutta l’Italia. Si prodigò anche per l’erigenda Università Cattolica ed ebbe la gioia di vederne l’incipiente attuazione.

Ma il segreto dell’instancabile azione apostolica del nuovo beato resta la sua vita interiore, fondata su profonde convinzioni teologiche, soffusa di tenera e filiale devozione alla Madonna, incentrata su Gesù eucaristico e sul crocifisso, espressa in un atteggiamento costante di grande bontà verso tutti, di commossa sollecitudine verso i poveri di eroica pazienza nel dolore. Il 29 settembre 1920, tra i lancinanti dolori del male che lo soffocava, scrisse nel suo diario queste estreme parole: “Sia fatta la volontà di Dio sempre e in tutto!”. Il Cardinale Andrea Carlo Ferrari, che ora invochiamo come “beato”, aiuti anche noi a compiere sempre la volontà di Dio, in cui sta la nostra santificazione.

4. A la suite du Bon Pasteur, Louis-Zéphirin Moreau consacra sa vie à conduire le troupeau qui lui fut confié à Saint-Hyacinthe, au Canada. Prêtre, puis évêque de ce jeune diocèse, il connaissait ses brebis. Il travaillait inlassablement à leur donner la nourriture, “ pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance ”. En lui, les fidèles ont trouvé un homme entièrement donné à Dieu, puis un intercesseur véritable. Il est bon que l’Eglise l’honore aujourd’hui et le présente comme un modèle pastoral.

Le bon Monseigneur Moreau” savait quotidiennement accorder son attention à toute personne. Il respectait chacun, pratiquait la charité la plus concrète pour les pauvres accueillis chez lui. Il aimait visiter les paroisses et les écoles. Il était proche des prêtres qu’il consultait, qu’il stimulait dans leur action, dans leur vie spirituelle, dans l’approfondissement intellectuel, afin qu’ils apportent aux chrétiens une catéchèse illuminée par une foi comprise et vécue. L’évêque faisait preuve d’un discernement lucide et l’on pouvait s’appuyer sur sa parole claire et courageuse, aussi bien dans l’enseignement adressé a tous que dans les réponses données à chacun.

Conscient des besoins d’un diocèse qui grandissait, Mgr Moreau a multiplié les initiatives pous l’éducation religieuse et scolaire des jeunes, les soins des malades, l’organisation de l’entraide mutuelle, et aussi la constitution de nouvelles paroisses, la formation des candidats au sacerdoce. Dans tous ces domaines, il était audacieux et surmontait avec patience les obstacles.

Il a cherché la coopération des congrégations religieuses pour de nombreuses tâches. Comprenant toute la valeur de la vie consacrée, il a su favoriser des fondations hardies dans leur pauvreté. Il a personnellement contribué en profondeur à l’animation spirituelle et à l’orientation des instituts religieux naissants ou nouvellement établis dans son diocèse.

Au-delà de Saint-Hyacinthe, Mgr Moreau était reconnu comme un homme d’Eglise exemplaire. Il analysait avec lucidité les problèmes de son époque; ferme et modéré, il défendait les principes et les valeurs essentiels, travaillait pour l’unité entre chrétiens, assurait d’utiles médiations. Interlocuteur attentif du Saint-Siège, il demeurait en pleine communion avec le successeur de Pierre dont il présentait avec soin l’enseignement.

Malgré sa fragilité physique, il vécut dans une austérité exigeante. Il n’a pu faire face à ses énormes tâches que par la force qu’il puisait dans la prière. Il se dépeint lui-même en écrivant: “ Nous ne ferons bien les grandes choses dont nous sommes chargés que par une union intime avec Notre Seigneur ”. On a pu l’appeler l’évêque du Sacré-Cœur: au jour le jour, le pasteur donnait sa vie pour ses brebis, car il les aimait de l’amour brûlant du Christ.

5. Et maintenant, nous regardons le prêtre français Pierre-François Jamet. Il a vécu la même charité ardente dans les multiples formes de son activité sacerdotale. Il nous impressionne par son courage, par son aptitude à poursuivre à la fois un itinéraire d’homme de haute culture, de prêtre fidèle, de serviteur des pauvres.

A peine ordonné prêtre, il était déjà nommé confesseur et conseiller des Sœurs du Bon-Sauveur. Il prendra tous les risques pour le demeurer pendant la Révolution française. Il donne l’exemple d’un attachement ferme à l’Eglise et il n’abandonne pas les chrétiens. Dans la clandestinité, il célèbre les sacrements avec joie. Il discerne clairement les menaces qui pèsent sur la foi, mais il met toute sa confiance dans les dons de Dieu.

Universitaire respecté, l’abbé Jamet exerce un temps une lourde charge académique. Une éducation équilibrée, une formation exigeante sur le plan intellectuel comme sur le plan moral et spirituel, telles sont les préoccupations qui orientent simultanément son action. Dans un milieu où s’opposent des convictions et des fidélités antagonistes, le Recteur Jamet respecte les personnes, mais il assure avec fermeté le développement des institutions dont il a la responsabilité. Disponible et dévoué, il est un vrai serviteur de l’homme tant qu’il peut accomplir sa tâche en conscience.

Pierre-François Jamet n’a quitté le service des pauvres à aucun moment. Il stimule les Sœurs du Bon-Sauveur et les encourage à développer leurs œuvres, devenant leur “ second fondateur ”. Nous admirons sa générosité intrépide, son souci de ne pas laisser sans soins les plus handicapés de ses frères. Il organisera toujours mieux l’accueil des malades mentaux: il les aime au point d’apprendre à les guérir. Précurseur dans l’aide aux sourds muets, il leur donne un moyen de s’exprimer, il leur permet de retrouver un langage, il leur rend leur dignité. Nous saluons en lui un inventeur et un bâtisseur de la charité.

Par l’ampleur de son activité, Pierre-François Jamet témoigne, lui aussi, de ce qu’un homme peut accomplir quand la présence de Dieu l’habite. Il a pu dire: “ Mon Dieu, je suis à vous, comme vous êtes à moi ”. Pasteur, il conduit ses brebis sur les sentiers de vie. Il entraîne particulièrement les Sœurs du Bon-Sauveur à la suite du Rédempteur et dans l’intimité de la Sainte Trinité. Nous le reconnaissons lorsqu’il reprend la prière de Jésus: “ Père Saint, conservez, pour la gloire de votre nom, les enfants que vous m’avez donnés, et qu’ils soient toujours unis ”.

6. “Porta” della santità, infine, Gesù è stato per Benedetta Cambiagio, fondatrice dell’istituto delle Suore Benedettine della Provvidenza. Donna forte e intraprendente, ella seppe conquistare al suo ideale di donazione totale a Cristo anche lo sposo, Giovanni Battista Frassinello, avviando con lui una famiglia aperta all’accoglienza delle giovani bisognose di sostegno materiale e di guida morale. Ebbe così inizio un’opera che tanto bene avrebbe fatto, soccorrendo fanciulle prive di assistenza ed educandole ad essere buone cristiane e generose madri di famiglia, capaci di onorare se stesse, la società e la Chiesa.

Le fatiche che dovette sostenere per tradurre in atto tale piano apostolico, furono sempre sorrette da una fede intrepida, radicata in una profonda umiltà, che ella alimentava nella quotidiana contemplazione del Crocifisso. Pur nella sua semplicità, ella poggiava la sua azione su basi fortemente teologiche: l’Eucaristia, fonte di coraggio, di luce e di costanza; il pieno abbandono alla “amorosa divina Provvidenza”, il fare tutto e solo per amore di Dio e per piacere a lui. Sta qui il segreto della forza interiore che la nuova beata seppe dimostrare in mezzo alle più gravi difficoltà: ebbe ragione delle ostilità suscitate contro di lei, perché s’abbandonò totalmente alla potenza di Dio, convinta che “quando Dio vuole una cosa non manca di accordare gli opportuni mezzi”.

La beata Benedetta Cambiagio Frassinello si pone quindi a tutti noi come esempio di fede viva e di speranza coraggiosa, tradotte in un infaticabile impegno di carità, che mediante i mezzi più semplici e più umili sa arrivare al cuore e suscitarvi il proposito di una vita autenticamente cristiana.

7. Cari nostri fratelli e sorelle! Andrea! Luigi–Zefirino! Pietro–Francesco! Benedetta!

Ecco “Cristo patì per voi, lasciandovi un esempio, perché ne seguiate le orme” (1 Pt 2, 21).

Il buon Pastore conosce le sue pecore ed esse conoscono lui.

Ecco, oggi, lo stesso Cristo crocifisso e risorto. Cristo nostra Pasqua, chiama ciascuno di voi per nome:

Andrea!

Louis–Zéphirin!

Pierre–François!

Benedetta!

Su di voi si è compiuta la chiamata del buon Pastore perché abbiate la vita e l’abbiate in abbondanza (cf. Gv 10, 10).

La Chiesa ascoltando la testimonianza della vostra vita gioisce con una vera gioia pasquale.

“Agnus redemit oves”.

La Chiesa adora il suo Redentore e Sposo. E rallegrandosi della vostra elevazione alla gloria dei beati, proclama la potenza dell’amore di colui che di generazione in generazione, di età in età non cessa di essere “porta”.

La porta della santità, la porta della vita eterna, “la porta delle pecore”!
© Copyright 1987 - Libreria Editrice Vaticana


Bienheureux Louis Zéphyrin Moreau

évêque au Canada (✝ 1901)

Évêque de Saint Hyacinthe au Québec, dont il fut l'un des pasteurs fidèles et dynamiques pour l'approfondissement de la foi dans un peuple croyant dont il encouragea la vie ecclésiale.

"Le quatrième évêque de Saint-Hyacinthe (1875-1901) laissera pour ainsi dire une marque indélébile de son passage à la tête de cette Église diocésaine. Il sera proche de ses prêtres et dotera le diocèse du Chapitre-cathédrale qui existe encore. Il aura à cœur de développer l'éducation en ayant recours à plusieurs communautés religieuses, tant féminines que masculines. Il fondera lui-même deux communautés religieuses : les Sœurs de Saint-Joseph à qui il confie l'éducation de la foi des jeunes dans le monde rural et la communauté des Sœurs de Sainte-Marthe pour répondre aux besoins du Séminaire de Saint-Hyacinthe et du clergé en s'adonnant aux tâches ménagères.

Homme d'une grande piété et grand ami des pauvres, il s'est déjà gagné une réputation de sainteté durant son vivant. Les gens l'appellent le bon Mgr Moreau. Il s'endort définitivement dans le Seigneur le 24 mai 1901. Le 10 mai 1973, l'Église, de façon officielle, reconnaît l'héroïcité de ses vertus, et le 10 mai 1987, Mgr Louis-Zéphirin Moreau est déclaré bienheureux par le Pape Jean Paul II, à Rome. Il est le premier évêque d'origine canadienne à être déclaré bienheureux." (source: diocèse de Saint Hyacinthe - Canada)

(...)
Dans la ville de Saint-Hyacinthe au Canada, en 1901, le bienheureux Louis-Zéphyrin Moreau, évêque, qui se donna toujours comme but, dans les divers travaux de son activité pastorale, d’être en accord de sentiment avec l’Église.

Martyrologe romain

«Il faut veiller à ce que notre zèle et notre désir du bien soient toujours accompagnés de la plus tendre charité.»

(Louis-Zéphirin Moreau)



Monseigneur Louis-Zéphirin Moreau

Quatrième évêque de Saint-Hyacinthe (1875-1901)

A la suite du décès du troisième évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe, le 15 juillet 1875, M. l'abbé Moreau écrit au cardinal préfet de la Propagande en ces termes: Par ces lettres en date du 10 juillet courant, Charles LaRocque m'a nommé Administrateur du diocèse avec tous les pouvoirs qu'il pouvait me communiquer en vertu du 16e Décret du dernier concile Provincial de Québec approuvé par le Saint-Père, le 1er septembre de l'année dernière. C'est en obéissance à ce Décret que je me hâte d'annoncer à votre Éminence la triste nouvelle de la mort du Vénérable Titulaire du diocèse de Saint-Hyacinthe et ma nomination à la charge d'Administrateur du même diocèse, Sede Vacante.

Le 22 octobre suivant, Mgr Agnozzi, pro-secrétaire de la Propagande écrivait à l'abbé Moreau pour lui faire part de la décision du pape Pie IX qui venait de le désigner comme successeur de Mgr Charles LaRocque en le nommant au siège épiscopal de Saint-Hyacinthe. Mgr Louis-Zéphirin Moreau devenait ainsi le IVe évêque de Saint-Hyacinthe.

Le nouvel évêque est originaire de Bécancour dans le diocèse de Nicolet où il voit le jour le 1er avril 1824. Sa mère, Marie-Marguerite Champoux et son père Louis Moreau appartenaient à deux respectables familles de cultivateurs. Très tôt, il manifeste des signes évidents d'une vocation sacerdotale. Il fait ses études au Séminaire de Nicolet. A l'âge de vingt ans, il manifeste son désir de devenir prêtre. Accepté tout d'abord par l'évêque de Québec, il doit interrompre ses études théologiques en raison d'une santé fragile. Devant cette situation, Mgr Signay croit plus prudent de demander à M. Moreau de se retirer définitivement du Grand Séminaire. Après quelques mois de réflexion, il s'adresse donc aux autorités du diocèse de Montréal afin d'y être admis au nombre des futurs prêtres. Mgr Ignace Bourget qui est alors évêque du diocèse de Montréal est sur le point de partir pour un voyage à Rome. Il accepte donc M. Moreau comme futur prêtre dans son diocèse et le confie aux bons soins de son auxiliaire, Mgr Jean-Charles Prince. Louis-Zéphirin Moreau reçoit l'ordination presbytérale le 19 décembre 1846.

Lorsque Mgr Jean-Charles Prince devient le premier évêque de Saint-Hyacinthe, en 1852, le jeune abbé Moreau l'accompagne à titre de secrétaire. Dans les diverses fonctions qu'il exerce auprès des trois premiers évêques du diocèse, M. l'abbé Moreau s'est mérité l'affection et l'admiration de tous par le rayonnement de ses vertus. Il fut entre autre curé de la cathédrale à deux périodes différentes, de 1854 à 1860 et de 1869 à 1870. On le retrouve comme procureur de l'évêché de 1860 à 1866 et vicaire général du diocèse de 1869 à 1875. À quatre reprises, il fut administrateur du diocèse en l'absence de l'évêque titulaire ou pendant la vacance du siège épiscopal, à la mort de Mgr Prince et sous les deux évêques Joseph et Charles LaRocque. Il est élu évêque de Saint-Hyacinthe par le pape Pie IX en novembre 1875 et reçoit l'ordination épiscopale le 16 janvier 1876, en la cathédrale de Saint-Hyacinthe.

Le IVe évêque de Saint-Hyacinthe laissera pour ainsi dire une marque indélébile de son passage à la tête de cette Église diocésaine. Il sera proche de ses prêtres et dotera le diocèse du Chapitre-cathédrale qui existe encore. Il aura à coeur de développer l'éducation en ayant recours à plusieurs communautés religieuses, tant féminine que masculine. Il fondera lui-même deux communautés religieuses : les Soeurs de Saint-Joseph à qui il confie l'éducation de la foi des jeunes dans le monde rural et la communauté des Soeurs de Sainte-Marthe pour répondre aux besoins du Séminaire de Saint-Hyacinthe et du clergé en s'adonnant aux tâches ménagères.

Homme d'une grande piété et grand ami des pauvres, il s'est déjà gagné une réputation de sainteté durant son vivant. Les gens l'appellent le bon Mgr Moreau. Il s'endort définitivement dans le Seigneur le 24 mai 1901. Le 10 mai 1973, l'Église, de façon officielle, reconnaît l'héroïcité de ses vertus, et le 10 mai 1987, Mgr Louis-Zéphirin Moreau est déclaré bienheureux par le Pape Jean Paul II, à Rome. Il est le premier évêque d'origine canadienne à être déclaré bienheureux.

(Extrait de « 150 ans de vie ecclésiale » sous la direction de Mgr Jean Marc Robillard, p.h.,v.g., pp. 71-94).


Bienheureux Louis-Zéphirin Moreau

Un évêque fondateur et ami des pauvres

«Je peux tout grâce à celui qui me donne sa force.»

Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom! Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Lc 1, 49.52

Fêté le 24 mai

Né à Bécancour le 1eravril 1824 – décédé à Saint-Hyacinthe le 24 mai 1901

Béatifié par Jean-Paul II le 10 mai 1987

Vocation et mission

Né dans une famille de cultivateurs, dû à une santé fragile, il s’intéresse aux études plus qu’aux travaux manuels de la ferme.

Il étudie au séminaire de Nicolet. Il est pieux, modeste et bon élève. Il désire alors devenir un prêtre. On le refuse, d’abord à Québec, à cause de sa santé. Il se tourne donc vers le diocèse de Montréal où Mgr Bourget l’accueille comme séminariste. Dans beaucoup de vie de saints, la vocation commence par des épreuves de refus. Il n’y a pas échappé!

Il travaille dans l’administration à l’évêché de Montréal. À la fondation du diocèse de Saint-Hyacinthe, en 1852, il est nommé secrétaire de l’Évêque. Il a 28 ans! Il est curé de la cathédrale, procureur(les finances), aumônier des religieuses. Bref, il apprend tout ce qui concerne la vie d’un pasteur de l’Église. En 1872, le pape le nomme évêque de Saint-Hyacinthe.

Il est proche de ses prêtres, des besoins éducatifs des enfants. Il fonde d’ailleurs une congrégation de sœurs enseignantes : les Sœurs de Saint-Joseph, et une congrégation pour s’occuper des besoins des prêtres : les Sœurs de Sainte-Marthe.

Il est reconnu comme proche des pauvres et de leur situation. Il donne même, à partir de son propre salaire, des aumônes. Il vient ainsi en aide aux travailleurs frappés par des accidents, des maladies ou par le chômage.

Il a aussi une dévotion à l’Eucharistie, au Sacré-Cœur et vit d’un grand amour pour l’Église.

On l’appelle le Bon monseigneur Moreau.

Pertinence pour aujourd’hui

Cet homme mène une vie simple et modeste. Si l’on se situe dans cette époque où un évêque est nommé « votre grandeur » par les gens et son clergé, sa façon de vivre est déjà un témoignage.

Son intérêt pour la justice sociale et son implication dans les événements de son histoire contemporaine en font un homme au cœur de son temps et très incarné.

Il se soucie de ses prêtres, de leur formation spirituelle et intellectuelle. Il entretient avec eux des relations franches et directes.

Cet évêque est au cœur de la vie. Il tente de vivre et faire vivre la présence agissante de l’action de Dieu.

Il se préoccupe également de l’œcuménisme en étant ouvert à ses frères protestants. Pour cette époque, c’est très avant-gardiste!

Un pasteur ouvert et ancré dans la vie.



MOREAU, LOUIS-ZÉPHIRIN, prêtre catholique et évêque, né le 1er avril 1824 à Bécancour, Bas-Canada, fils de Louis-Zéphirin Moreau, cultivateur, et de Marie-Marguerite Champoux ; décédé le 24 mai 1901 à Saint-Hyacinthe, Québec.

Louis-Zéphirin Moreau est le cinquième enfant d’une famille de 13, dont 11 atteindront l’âge adulte. Enfant prématuré, il est peu choyé par la nature : constitution délicate, santé précaire, laideur..., que compensent certains dons d’intelligence. Ses parents le trouvent peu fait pour les travaux des champs et, sur les conseils du curé Charles Dion, le poussent aux études, d’abord à Bécancour, où il apprend le latin sous la direction de l’instituteur Jean Lacourse, puis, de 1839 à 1844, au séminaire de Nicolet. En mai 1844, tout à la fin de ses études classiques, les autorités de l’établissement lui demandent de remplacer, au pied levé, le professeur de versification tombé malade. Présenté à l’archevêque de Québec, Mgr Joseph Signay*, en visite pastorale à Nicolet, le jeune Moreau est agréé par l’évêque, qui lui permet de revêtir la soutane et lui confère la tonsure. À l’automne de la même année, il suit ses élèves en belles-lettres, tout en entreprenant ses études théologiques.

En novembre 1845, la fatigue l’oblige à quitter le séminaire et à se réfugier au presbytère de Bécancour pour y poursuivre ses études au ralenti. Sa santé ne s’est guère améliorée quand, en septembre 1846, il rencontre Mgr Signay, qui lui conseille de retourner dans sa famille et de déposer l’habit ecclésiastique. Guidé par le curé Dion et ses professeurs de Nicolet, et muni de leurs recommandations, Louis-Zéphirin va offrir ses services à Montréal. Il rencontre Mgr Ignace Bourget* qui, sur son départ pour l’Europe, le confie à son coadjuteur, Mgr Jean-Charles Prince*. Celui-ci l’accepte immédiatement à l’évêché pour lui faire terminer ses études théologiques qu’il surveille de loin. Il lui fait brûler les étapes : ordres mineurs en octobre 1846, sous-diaconat le 6 décembre, diaconat le 13 et prêtrise le 19. Un examen, jugé satisfaisant, prouve que l’ordinand a les connaissances théologiques requises et permet de conclure plus tard qu’il a reçu « la formation normale d’un prêtre de son temps au Canada ». Même si le nouvel ordonné continue à étudier à plein temps pendant cinq mois et révise les principaux traités de théologie à l’occasion des examens des jeunes prêtres, il souffrira toute sa vie d’un manque de connaissances approfondies en théologie.

Dès le retour de Mgr Bourget en 1847, Moreau devient maître des cérémonies à la cathédrale et apporte son aide au secrétariat (chancellerie). Très tôt, de sous-secrétaire, il devient assistant-secrétaire, puis secrétaire en titre. Il est en même temps aumônier des pauvres au couvent des Sœurs de la charité de la Providence. Le 19 décembre 1847, le chapitre le nomme chapelain de la cathédrale ; sa tâche consiste à y assurer la messe quotidienne, la prédication du dimanche et les confessions. Elle s’avère, cependant, trop lourde pour sa jeune expérience et il l’abandonne bientôt pour devenir directeur de la communauté du Bon-Pasteur et reprendre son travail au secrétariat. Ces années d’initiation à la pastorale et à l’administration diocésaine sont cruciales pour le futur évêque : il aime particulièrement la vie de communauté de l’évêché de Montréal et il est très marqué par la spiritualité de Mgr Bourget – vie d’oraison et de prière, dévotion à l’Eucharistie, au Sacré-Cœur et à Marie, lecture de la Bible – et la forte personnalité de celui qui est au cœur du renouveau religieux des années 1840–1850. Son travail d’aumônier vaut déjà au jeune prêtre d’être appelé « le bon Monsieur Moreau ».

En 1852, âgé de 28 ans, l’abbé Moreau accepte de devenir le principal collaborateur et le plus proche conseiller du premier évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr Prince. Fort de l’expérience acquise à Montréal, il devient le secrétaire-chancelier de ce dernier, mais aussi de ses successeurs, Mgr Joseph La Rocque* (1860–1865) et Mgr Charles La Rocque* (1866–1875). À cette charge déjà importante, il ajoute celles de procureur de la corporation épiscopale (1858–1875) et de secrétaire du conseil diocésain (1869–1875). C’est également lui qui administre le diocèse pendant les vacances du siège en 1860, 1865–1866 et 1875, et durant les absences de l’évêque en 1862 et 1870. Bien plus, quand, pour soulager les finances diocésaines laissées en mauvais état par Mgr Joseph La Rocque, « peu soucieux des chiffres et des affaires », Mgr Charles La Rocque quitte sa ville épiscopale pour aller vivre au presbytère de Belœil, il confie l’administration courante du diocèse à l’abbé Moreau.

Malgré ses tâches administratives absorbantes, le secrétaire accepte diverses activités pastorales : il est chapelain du pensionnat des Dames de la Congrégation de Notre-Dame (1853–1858), des religieuses de l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe (1859–1866), puis des Sœurs de la Présentation de Marie (1867–1869). Il est, par deux fois, curé de la cathédrale, de 1854 à 1860 – son départ est considéré par certains comme une disgrâce – et de 1869 à 1875. C’est aussi en 1869 qu’il devient grand vicaire.

Comme bras droit des évêques, Moreau révèle de grandes capacités de travail, d’ordre et d’efficacité. En tant que procureur, « il eut d’abord, selon son contemporain Alexis-Xiste Bernard, à supporter le souci des embarras financiers, et ensuite le travail des affaires considérables qui furent transigées pour le paiement de la dette de l’évêché ». Ce sont ces embarras qui l’amènent à Paris et à Rome en 1866, avec un succès plutôt mitigé. Comme pasteur de la paroisse Saint-Hyacinthe-le-Confesseur, Moreau se préoccupe tout particulièrement du sort des ouvriers et il fonde pour eux, en 1874, l’Union Saint-Joseph, société catholique de secours mutuels chargée de protéger ses membres et leur famille contre les coups durs (chômage, accidents, mort précoce) et de renforcer leur vie spirituelle. Après des débuts lents avec 75 membres fondateurs, l’association prend une ampleur qui lui permet de publier en 1891 un hebdomadaire, l’Écho, de posséder, à la fin du siècle, « un bel édifice en pierre » et de fusionner, en 1937, avec La Survivance, compagnie mutuelle d’assurance-vie.

Quand Mgr Charles La Rocque meurt le 15 juillet 1875, le clergé et la population désignent spontanément le grand vicaire Moreau comme son successeur. Mais l’évêque défunt avait déjà prévenu Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau*, archevêque de Québec, que son vicaire général avait trop de faiblesses en administration temporelle et qu’il ne voyait aucun prêtre de son diocèse à recommander ; il suggérait de transférer Mgr Antoine Racine* de Sherbrooke à Saint-Hyacinthe. À leur réunion du 21 juillet 1875, les évêques de la province ecclésiastique de Québec rejettent à l’unanimité la proposition de Mgr La Rocque. Ils envoient plutôt une terna (recommandation) qui place loin devant les deux autres (Joseph-Alphonse Gravel et Jean-Remi Ouellette) le nom de Moreau, candidat dignissimus à tous points de vue. La Propagande entérine ce choix à sa séance du 21 septembre 1875 et Léon XIII signe les bulles de nomination le 19 novembre. Louis-Zéphirin Moreau est sacré quatrième évêque de Saint-Hyacinthe le 16 janvier 1876.

Mgr Moreau dirige le diocèse pendant 25 ans, même si, à partir de 1893, il abandonne à son coadjuteur Mgr Maxime Decelles l’administration extérieure et tout ce qui exige des déplacements fatigants. Dès le départ, il confirme qu’il connaît bien les dossiers diocésains et il lance une série d’initiatives parfois audacieuses : réouverture de l’évêché à Saint-Hyacinthe, construction d’une cathédrale, érection d’un chapitre, création d’une officialité et d’un tribunal pour les causes matrimoniales, fondation des Sœurs de Saint-Joseph en 1877 et des Sœurs de Sainte-Marthe en 1883. Il prend aussi plusieurs mesures (synodes, conférences ecclésiastiques, retraites pastorales annuelles) qui lui permettent d’avoir des collaborateurs mieux formés intellectuellement et spirituellement. Selon l’historien Rolland Litalien, c’est, pendant tout son règne, la première de ses préoccupations que traduisent un souci constant « pour la sainteté et le bonheur de ses prêtres, les relations étroites et fraternelles qu’il entretenait avec eux, son sens de la collégialité, la vie communautaire qu’il a su développer dans son diocèse entre évêque, prêtres, religieux et laïcs, [...] l’impulsion extraordinaire qu’il a donnée aux études ecclésiastiques tant chez ses séminaristes que chez ses prêtres ».

Mgr Moreau poursuit l’œuvre sociale déjà commencée. Il suit de près le développement de l’Union Saint-Joseph, qui s’étend désormais à l’ensemble du diocèse. Dans les paroisses agricoles, il stimule les cercles agricoles et, pour lutter contre l’émigration vers les États-Unis – l’une des causes qui font passer son diocèse de 120 000 fidèles en 1886 à 115 000 en 1901 –, il appuie fortement l’établissement des missionnaires agricoles ; il s’intéresse aussi de très près au sort des catholiques de langue française, dont son propre frère, en Nouvelle-Angleterre. Dans la même veine, il multiplie les démarches et les appels pour venir en aide aux catholiques démunis des cantons de son diocèse « où tout est à créer : Églises, presbytères, écoles, soutien des prêtres ». Il manifeste la même sollicitude pour les pauvres, qu’il reçoit chaque lundi à l’évêché, et pour ses diocésains éprouvés par les incendies : le feu détruit les deux tiers de la ville de Saint-Hyacinthe en 1876, cinq paroisses en 1880 et la Métairie Saint-Joseph, refuge pour les malades et les prêtres âgés ou infirmes, en 1898. Enfin, convaincu des effets néfastes de l’ivrognerie, au point de vue religieux et économique, il appuie de tout son prestige deux campagnes de tempérance dans son diocèse, en 1880 et en 1885–1889.

Pendant les 25 ans de son administration, Mgr Moreau fonde 13 paroisses et 22 établissements, surtout d’enseignement (collèges commerciaux ou académies). Ce développement est possible grâce, d’abord, à son clergé, qui passe de 154 prêtres en 1876 à 203 en 1901, mais surtout aux nombreuses communautés religieuses déjà implantées ou qu’il fait venir : huit communautés de frères enseignants, sept communautés féminines vouées à l’éducation ou au bien-être social, sans compter les dominicains et les Sœurs adoratrices du Précieux-Sang, qui s’adonnent respectivement à la prédication et à la vie contemplative. L’évêque laisse au clergé séculier la direction des deux collèges classiques de Saint-Hyacinthe et Marieville, malgré les difficultés que rencontre ce dernier.

En 1876, Mgr Moreau avait joint un épiscopat divisé par les questions politiques, telle que l’ingérence cléricale dans les élections, et par le problème universitaire (attitude de l’université Laval et création d’une université à Montréal). De convictions ultramontaines profondes, même s’il vit dans une ville qui a la réputation d’être un foyer libéral, le nouvel évêque prend volontiers le parti des suffragants, menés par Mgrs Bourget et Louis-François Laflèche*, en lutte contre l’archevêque Taschereau ; de même, il appuie son maître et ami Laflèche contre le projet de division du diocèse de Trois-Rivières. Cependant, il prend prétexte de son jeune âge et de la grande célébrité des aînés pour demeurer au second plan des controverses.

La mission du délégué apostolique George Conroy*, qui vient, d’ordre du pape, mettre fin à la division des évêques et à l’ingérence du clergé dans les élections, et la série de décisions de Rome, qui favorisent unilatéralement les opinions de Mgr Taschereau contre les ultramontains intransigeants, amènent l’évêque de Saint-Hyacinthe à s’éloigner du clan Laflèche, et à appuyer l’archevêque et l’université Laval. Il place au-dessus de ses idées et de ses amitiés l’obéissance au pape ; c’est ainsi qu’au début des années 1880 il prend une part active – notamment par de nombreuses lettres au pape et à la Propagande – à la nouvelle campagne pour la division du diocèse de Trois-Rivières et la création de celui de Nicolet. Malgré des jugements parfois très durs pour ceux qui n’obéissent pas à Rome, il cherche constamment à rapprocher les vues opposées et à réconcilier les adversaires. En 1885, par exemple, il accompagne le premier évêque de Nicolet, Mgr Elphège Gravel, chez Mgr Laflèche, « pour apaiser les choses et lui montrer qu’il n’y [a] pas d’antipathie contre lui ».

Les malheurs qui s’abattent sur l’évêque de Trois-Rivières, Mgr Laflèche, qui n’est pas persona grata à Rome, et la maladie du cardinal Taschereau, qui doit céder les rênes du pouvoir à un coadjuteur, font de Mgr Moreau, avec Mgr Louis-Nazaire Bégin*, un des principaux porte-parole de l’épiscopat canadien. Il retrouve toute sa ferveur ultramontaine et étale ses convictions nationalistes lors du long débat à propos des écoles du Manitoba [V. Thomas GREENWAY]. Il appuie sans réserve la position de Mgr Adélard Langevin*, archevêque de Saint-Boniface, et il multiplie les lettres aux hommes politiques et à Rome (une trentaine) pour dénoncer l’injustice dont sont victimes les catholiques manitobains. Il juge sévèrement le délégué apostolique Rafael Merry del Val, qui lui paraît « donner son oreille et son attention aux prêtres libéraux et aux hommes de la politique du Premier ministre fédéral, M. Laurier [Wilfrid Laurier*], qui ont eu soin de le circonvenir ». Il n’en accueille pas moins avec obéissance l’encyclique Affari vos de Léon XIII, du 8 décembre 1897, et il exhorte ses diocésains « à recevoir la parole du Vicaire de Jésus-Christ avec un profond esprit de foi et dans les sentiments d’une vive reconnaissance ». Dès le 8 janvier 1898, il écrit à Rome qu’il obéira et, le 26 janvier, il exprime au pape sa « filiale gratitude » et l’espoir d’une « heureuse solution de la grave question des écoles du Manitoba ».

À ce moment, les facultés physiques de Mgr Moreau sont gravement amoindries, même si ses facultés intellectuelles demeurent intactes. Ses diocésains ne le voient qu’en des circonstances exceptionnelles le cinquantième anniversaire de son ordination sacerdotale en 1896, le jubilé d’argent de sa consécration épiscopale en 1901. Sa réputation de bonté et de sainteté ne fait que croître, et on lui demande ou on lui attribue des miracles. Cette vénération populaire éclate au grand jour à l’occasion des ses obsèques en mai 1901 et ne diminue pas avec les ans. Elle pousse les autorités diocésaines à commencer, en 1925, les longues procédures qui révèlent sans équivoque les vertus exceptionnelles de ce grand pasteur : foi, charité, bonté, piété, fermeté, détachement... et qui aboutissent à sa béatification par le pape Jean-Paul 11, le 10 mai 1987.

NIVE VOISINE

Les écrits de L.-Z. Moreau ont été colligés à l’occasion du processus de béatification et sont conservés aux Arch. de la chancellerie de l’évêché de Saint-Hyacinthe, Québec ; ces textes sont les suivants : Copies des lettres du serviteur de Dieu d’après les « Reg. des lettres concernant l’administration diocésaine », expédiées de l’évêché de Saint-Hyacinthe à la sacrée congrégation des rites le 2 oct. 1933 ; Autres copies des lettres du serviteur de Dieu, expédiées de l’évêché de Saint-Hyacinthe à la sacrée congrégation des rites le 2 oct. 1933 ; Statuts du chapitre de la cathédrale de Saint-Hyacinthe, 1878 ; et, sous forme d’imprimés, Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Saint-Hyacinthe, A.-X. Bernard et al., édit. (27 vol. et 370 feuillets parus, Montréal et Saint-Hyacinthe, 1893– ), volumes 5 à 12, et Constitutiones synodales Sancti Hyacinthi [...] (Saint-Hyacinthe, 1880).

Ces documents et plusieurs autres qui concernent Mgr Moreau sont reproduits ou cités dans : Congregatio Pro Causis Sanctorum, Beatificationis et canonizationis servi Dei Ludovici Zephyrini Moreau, episcopi Sancti Hyacinthi ; peculiaris congressus super virtutibus die 6 octobris 1970 ; relatio et vota, A. M. Larraone, relateur (Rome, 1970) ; Canonizationis ven. servi Dei Ludovici Zephyrini Moreau, episcopi Sancti Hyacinthi (1824–1901) ; positio super miraculo (Rome, 1986) ; Canonizationis ven. servi Dei Ludovici Zephyrini Moreau, episcopi Sancti Hyacinthi (1824–1901) ; relatio et vota congressus peculiaris super miras die 13 junii an. 1986 habiti (Rome, 1986) ; Officium Historicum, Beatifrcationis et canonizationis servi Dei Ludovici Zephyrini Moreau, episcopi Sancti Hyacinthi (†1901) ; peculiaris dilucidationes exfficio concinnatae (Rome, 1972) ; Sacra Rituum Congregatione, Beatificationis et canonizationis servi Dei Ludovici Zephyrini Moreau, episcopi S. Hyacinthi ; positio super introduction causae, Adeodato Piazza, relateur (Rome, 1952) ; Beatificationis et canonizationis servi Dei Ludovici Zephyrini Moreau, episcopi S. Hyacinthi ; positio super virtutibus, A. M. Larraone, relateur (Rome, 1967).

Presque tous les archevêchés et les évêchés du Canada ont des dossiers qui peuvent éclairer l’un ou l’autre aspect de la vie de Mgr Moreau, mais plus riche encore est l’Archivio della Propaganda Fide (Rome), et plus particulièrement les séries : Acta, vol. 243 ; Nuova série, vol. 240–242 ; Scritture originali riferite nelle Congregazioni generali, vol. 1004, 1044.

Les actes de naissance et de sépulture de Mgr Moreau se trouvent respectivement aux ANQ-MBF, CE1-4, 1er avril 1824, et aux ANQ-M, CE2-1, 30 mai 1901.

Parmi les biographies à consulter, retenons : A.-X. Bernard, « Monseigneur L.-Z. Moreau », dans les Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Saint-Hyacinthe, 5 : 5–25 ; Jean Houpert, Monseigneur Moreau, quatrième évêque de Saint-Hyacinthe (Montréal et Paris, 1986) ; Frédéric Langevin, Monseigneur Louis-Zéphyrin Moreau, quatrième évêque de Saint-Hyacinthe, 1824–1901 (Québec, 1937) ; et Rolland Litalien, le Prêtre québécois à la fin du XIXe siècle ; style de vie et spiritualité d’après Mgr L.-Z. Moreau (Montréal, 1970).

Enfin, on consultera les études suivantes : J.-P. Bernard, « les Fonctions intellectuelles de Saint-Hyacinthe à la veille de la Confédération », SCHEC Sessions d’études, 47 (1980) : 5–17 ; J.-A.-I. Douville, Histoire du collège-séminaire de Nicolet, 1803–1903 [...] (2 vol., Montréal, 1903) ; A[ugustin] Leduc, « Notes historiques (1854–1913) », Saint-Hyacinthe et la tempérance (1854–1913) (Saint-Hyacinthe, 1914), 22–24 ; Rolland Litalien, « Se mettre à l’écoute du bienheureux Mgr Moreau », l’Église canadienne (Montréal), 20 (1986–1987) : 525–528 ; Roberto Perin, « la Raison du plus fort est toujours la meilleure : la représentation du Saint-Siège au Canada, 1877–1917 », SCHEC Sessions d’études, 50 (1983) : 99–117 ; J.-J. Robillard, « Histoire du collège Sainte-Marie-de-Monnoir (1853–1912) », SCHEC Sessions d’études, 47 : 35–53 ; et Nive Voisine, « la Création du diocèse de Nicolet (1885) », les Cahiers nicolétains (Nicolet, Québec), 5 (1983) : 3–41 ; 6 (1984) : 147–214 ; Louis-François Laflèche, deuxième évêque de Trois-Rivières (I vol. paru, Saint-Hyacinthe, 1980– ) ; « Rome et le Canada : la mission de Mgr Conroy », RHAF, 33 (1979–1980) : 499–519. [N. V.]



Né le 1er avril 1824 à Bécancour, Louis-Zéphirin Moreau est le fils de Louis-Zéphirin Moreau, cultivateur, et de Marie-Marguerite Champoux.

Moreau suit une formation classique auprès de l'instituteur Jean Lacourse à Bécancour, puis au séminaire de Nicolet, de 1839 à 1844. Il commence ses études théologiques en 1844 au séminaire de Nicolet, études qu'il poursuit au presbytère de Bécancour l'année suivante et qu'il termine à Montréal.

Ordonné prêtre en 1846, Moreau oeuvre à l'évêché de Montréal jusqu'en 1852. Il est alors imprégné de la spiritualité de Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal, qui est au coeur du renouveau religieux de l'époque. Secrétaire à la cathédrale Saint-Jacques de Montréal et aumônier des pauvres au couvent de la communauté des Soeurs de la Providence, le prêtre devient chapelain de la cathédrale en 1847.

En 1852, Moreau est le principal collaborateur du premier évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr Jean-Charles Prince, et occupe les postes de procureur de la corporation épiscopale de 1858 à 1875 et de secrétaire du conseil diocésain de 1869 à 1875. Il est également actif auprès des communautés religieuses à titre de chapelain du pensionnat des Soeurs de la congrégation de Notre-Dame de 1853 à 1858, des Filles de la Charité de l'Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe (Soeurs de la Charité de Saint-Hyacinthe) de 1859 à 1866, puis des Soeurs de la Présentation de Marie de 1867 à 1869.

En 1876, Moreau est sacré quatrième évêque de Saint-Hyacinthe. Il entreprend de lutter contre l'immigration aux États-Unis et les mauvaises conditions de vie des ouvriers. Pour ce faire, il lance une série d'initiatives, notamment la fondation d'écoles et de plusieurs paroisses. Il favorise également le développement de l'Union Saint-Joseph, une société catholique de secours mutuels qu'il a créée en 1874. Ultramontain, il prend le parti des suffragants en 1876 et dénonce plus tard le traitement réservé aux catholiques du Manitoba.

Il est décédé à Saint-Hyacinthe le 24 mai 1901. Il est béatifié par le pape Jean-Paul II en 1987.


Bienheureux Louis-Zéphyrin MOREAU

Évêque

(1824-1901)

Zéphyrin Moreau naît en 1824 à Bécancour dans la province du Québec au Canada, cinquième d'une famille de treize enfants. Après sa scolarité au petit séminaire de Nicolet, il est refusé au séminaire de Québec à cause de sa mauvaise santé, mais il est accepté à celui de Montréal par le célèbre et dynamique évêque Mgr Bourget. Il est ordonné prêtre en 1846.

Le diocèse de Montréal ayant été scindé en deux donnant naissance au nouvel évêché de Saint Hyacinthe, l'abbé Moreau en est le chancelier, puis il en devient évêque en 1876. En ce dix-neuvième siècle, le Canada, spécialement dans sa partie francophone, connait une croissance rapide et une remarquable vitalité. Mgr Moreau, malgré sa faible santé, mène une vie austère et déploie une impressionnante activité. À son propos, Jean-Paul II donne cette définition : « Le ministère épiscopal n'a pas d'autre raison d'être que de rassembler et de stimuler les membres de l'Église dans leur complémentarité. »

Bravant la pauvreté, l'évêque fonde deux congrégations religieuses. Homme prudent et réfléchi, il a pourtant des initiatives hardies pour répondre aux besoins des temps nouveaux, si bien que son action s'étend au-delà de son diocèse, notamment pour les rapports œcuméniques. Il encourage les écoles, veille à la formation des séminaristes, se dévoue pour les pauvres. Sa devise épiscopale est : « Je peux tout en celui qui me fortifie ». Il s'agit donc d'appuyer sa faiblesse sur la force de Dieu ; c'est pourquoi il écrit : « Nous ne ferons bien les grandes choses dont nous sommes chargés que par une union intime avec Notre-Seigneur ».

Après avoir aimé son troupeau de l'amour brûlant du Christ, Mgr Moreau, qu'on a pu appeler l'évêque du Sacré-Cœur, meurt en 1901. C'est le premier évêque canadien béatifié natif du Canada.


Prière au Bienheureux Louis Zéphirin Moreau

Nous Te bénissons, Père très Saint, d’avoir donné à l’Église locale de Saint-Hyacinthe le Bienheureux Louis Zéphirin Moreau, pasteur attentif aux besoins de ses ouailles et initiateur de nombreuses associations de charité.

Sa devise : « Je puis tout en Celui qui me fortifie »* invite à renouveler notre Foi en Toi.

Accorde-nous, par son intercession, la Grâce de savoir annoncer aujourd’hui la Bonne Nouvelle avec la même ferveur qui fut la sienne. Par Jésus, notre modèle. Amen.

* Philippiens 4:13

" Je puis tout par celui qui me fortifie."

(Louis Segond)

" Je peux tout, grâce à celui qui me fortifie."

(La Bible du Semeur)

" Je peux faire face à toutes les difficultés

grâce au Christ qui m'en donne la force."

(La Bible en français courant)

" Je suis capable de tout cela

grâce au Christ qui me rend fort."

(La Bible Parole de Vie)

" Je puis tout par celui qui me fortifie."

(La Colombe)

" Je peux tout en celui qui me rend puissant."

(La Nouvelle Bible Segond)

" Je peux tout en celui qui me rend fort."

(Traduction Œcuménique de la Bible)

" I can do all things through Christ

which strengtheneth me."

(King James Version: Philippians Chapter 4)

" πάντα ἰσχύω ἐν τῶ ἐνδυναμοῦντί με."

(Greek NT: Philippians Chapter 4)

" Omnia possum in eo qui me confortat."

(Vulgate)


Bienheureux LOUIS-ZÉPHIRIN MOREAU, évêque

Louis-Zéphirin naquit en 1824, à Bécancour (Québec), d’une famille de cultivateurs. Il fit ses études au séminaire de Nicolet et, se préparant au sacerdoce, accepta d’enseigner la versification, pendant qu’il poursuivait ses études théologiques. De faible santé et refusé par l’évêque de Québec, il dut se présenter à Mgr Bourget, qui l’accepta pour le diocèse de Montréal (1846) et le chargea, entre autres, de s’occuper des pauvres du couvent de La Providence, qui seront les premiers à l’appeler «le bon Mgr Moreau».

Passé au diocèse nouvellement fondé de Saint-Hyacinthe, il assista les trois premiers évêques qui s’y succédèrent, toujours disponible et agréé de chacun dans la difficulté et diversité de ses tâches. Après la mort de son troisième évêque, Mgr Charles Larocque, remarquable orateur sacré, il est appelé à lui succéder en dépit de ses protestations – le Pape lui ayant commandé «d’accepter généreusement le joug du Seigneur». Deux incendies ayant ravagé sa ville épiscopale, lui, qui avait aidé à payer la dette du diocèse, reprend la besace du mendiant et recommence à solliciter des dons de partout. Finalement sa ville est relevée de ses ruines et lui se révèle alors homme d’initiative et penseur d’avant-garde.

Les industries se multiplient dans son diocèse, mais la condition des ouvriers est précaire. Il n’y a encore ni assurance-chômage ni bien-être social: il fonde alors la première caisse d’épargnes et favorise l’entraide ouvrière. Dans les campagnes, il fonde des cercles agricoles, et fait venir des communautés enseignantes. Modèle de pionnier et d’organisateur, il est béatifié le 10 mai 1987.



MOREAU, LOUIS-ZÉPHIRIN, Roman Catholic priest and bishop; b. 1 April 1824 in Bécancour, Lower Canada, son of Louis-Zéphirin Moreau, a farmer, and Marie-Marguerite Champoux; d. 24 May 1901 in Saint-Hyacinthe, Que.

Louis-Zéphirin was the fifth in a family of 13 children, 11 of whom reached adulthood. Not favoured by nature, he was born premature, delicate, sickly, and homely, but he did have certain gifts of intelligence. His parents felt he was unsuited for farm work, and on the advice of parish priest Charles Dion they pushed him to study, first in Bécancour, where he learned Latin under the schoolteacher Jean Lacourse, and then from 1839 to 1844 at the Séminaire de Nicolet. In May 1844, on the completion of his classical studies, the authorities in the seminary immediately asked him to replace the teacher of the fourth form (Poetry), who had fallen ill. Upon being introduced to Archbishop Joseph Signay* of Quebec, who was making a pastoral visit to Nicolet, young Moreau was accepted as a candidate for the priesthood by Signay, who let him enter holy orders and tonsured him. That autumn Moreau accompanied his pupils into the fifth form (Belles-Lettres), and also began his theological studies.

In November 1845 fatigue forced him to leave the seminary and seek refuge in the presbytery at Bécancour, where he went on studying at a slower pace. His health had not improved much by September 1846 when he met Signay. The archbishop advised him to return home and give up the religious life. At the suggestion of Dion and his teachers at Nicolet, Louis-Zéphirin went to Montreal to offer his services, armed with their letters of recommendation. He had a meeting in secret with Bishop Ignace Bourget*, who was leaving for Europe and put him in the hands of his coadjutor, Bishop Jean-Charles Prince*. Prince immediately accepted him into the episcopal palace to have him finish his theological studies, which he kept an eye on from a distance. He moved Moreau swiftly through the various stages to ordination, conferring minor orders in October 1846, the subdiaconate on 6 December, diaconate on the 13th, and priesthood on the 19th. An examination that was judged satisfactory proved he had the requisite theological knowledge and later was the basis for the conclusion that he had received “the normal training for a priest at the time in Canada.” Although Moreau devoted himself to studying for five more months and reviewed the principal theological treatises for the examinations given young priests, he would suffer all his life from a lack of depth in theological matters.

When Bishop Bourget returned in 1847, Moreau became master of ceremonies at the cathedral and gave assistance in the secretariat (chancellery). He soon advanced from under-secretary to assistant and then titular secretary. At the same time he served as chaplain to the poor at the convent of the Sisters of Charity of Providence. On 19 Dec. 1847 the chapter appointed him chaplain of the cathedral; his duties there included looking after daily mass, preaching on Sunday, and hearing confessions. They proved too onerous, however, for an inexperienced priest, and he soon left to become the director for the community of the Good Shepherd and to resume his work at the secretariat. These years of initiation into pastoral activity and diocesan administration were crucial for the future bishop: he particularly liked communal life in the Montreal episcopal palace, and he was profoundly marked by Bourget’s spirituality – a life of meditation and prayer, devotion to the Eucharist, the Blessed Heart, and Mary, and reading the Bible – and by the strong personality of this bishop who was at the heart of the religious revival of the 1840s. As a result of his work as chaplain, the young priest was already being called “good Monsieur Moreau.”

In 1852, at the age of 28, Abbé Moreau agreed to become the principal colleague and closest adviser to the first bishop of Saint-Hyacinthe, Mgr Prince. Armed with the experience acquired in Montreal, he became secretary and chancellor to Prince, and then to his episcopal successors, Joseph La Rocque* (1860–65) and Charles La Rocque* (1866–75). In addition to this heavy load he assumed the offices of procurator for the episcopal corporation (1858–75) and secretary of the diocesan council (1869–75). He also administered the diocese during periods when the see was vacant, in 1860, 1865–66, and 1875, and during the bishop’s absence in 1862 and 1870. Furthermore, Charles La Rocque entrusted the routine administration of the diocese to Moreau when, because diocesan finances had been left in poor shape by Joseph La Rocque, “who had little concern for figures and business,” the bishop moved from his cathedral city to the presbytery in Belœil.

Despite his absorbing administrative tasks the secretary took on various pastoral roles. He was chaplain to the boarding-school run by the Congregation of Notre-Dame (1853–58), to the nuns at the Hôtel-Dieu of Saint-Hyacinthe (1859–66), and then to the Soeurs de la Présentation de Marie (1867–69). He was curé of the cathedral twice, from 1854 to 1860, when some thought his departure a sign of disgrace, and from 1869 to 1875. In 1869 he also became vicar general.

As the bishops’ right-hand man Moreau displayed a great capacity for work, order, and efficiency. According to his contemporary Alexis-Xiste Bernard, as procurator “he first had to endure the worry about the financial difficulties, and then the labour entailed by the extensive deals that were finally worked out for paying off the bishopric’s debt.” It was these financial difficulties that sent him to Paris and Rome in 1866, with somewhat limited success. As parish priest of Saint-Hyacinthe-le-Confesseur, Moreau concerned himself particularly with the workers’ lot, and in 1874 he founded the Union Saint-Joseph, a Roman Catholic mutual aid society to provide protection for members and their families from severe blows (unemployment, accidents, early death) and to strengthen their spiritual life. After a slow beginning with 75 charter-members, the association reached a size enabling it to publish a weekly paper, L’Écho, in 1891, to become the owner at the end of the century of “a handsome stone building,” and to amalgamate in 1937 with La Survivance, a mutual life insurance company.

When Charles La Rocque died on 15 July 1875, the clergy and the people spontaneously proposed vicar general Moreau as his successor. But the late bishop had warned Archbishop Elzéar-Alexandre Taschereau* of Quebec that his vicar general had displayed too many weaknesses in administering temporal affairs and that he did not see any priest in his diocese whom he could recommend; he suggested moving Bishop Antoine Racine* from Sherbrooke to Saint-Hyacinthe. At their meeting on 21 July 1875 the bishops of the ecclesiastical province of Quebec unanimously rejected La Rocque’s proposal. Instead, they sent a terna (a recommendation) that listed Moreau, the candidate dignissimus from all points of view, far ahead of the other two candidates (Joseph-Alphonse Gravel and Jean-Remi Ouellette). This choice was ratified by the Sacred Congregation of Propaganda on 21 Sept. 1875 and Pope Leo XIII signed the appointment bulls on 19 November. Louis-Zéphirin Moreau was consecrated fourth bishop of Saint-Hyacinthe on 16 Jan. 1876.

Moreau administered the diocese for 25 years, although from 1893 he left the external administration and anything that required tiring voyages to his coadjutor, Bishop Maxime Decelles. From the outset he proved well acquainted with diocesan matters, and he set in motion a series of initiatives that were sometimes bold: reopening the episcopal palace in Saint-Hyacinthe, building a cathedral, establishing a chapter, creating an officiality and a court for matrimonial cases, and founding the Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe in 1877 and the Sœurs de Sainte-Marthe in 1883. He also took several measures (holding synods, ecclesiastical conferences, and annual pastoral retreats) that enabled him to have colleagues who were better trained intellectually and spiritually. According to historian Rolland Litalien, throughout his rule this goal was his foremost concern, as he showed by his constant care for “the saintliness and happiness of his priests, the close and fraternal relations he maintained with them, his sense of collegiality, the community life that he was able to foster in his diocese between bishop, priests, religious, and laity, . . . the extraordinary impetus he gave to ecclesiastical studies among both his seminarists and his priests.”

Bishop Moreau continued the social work already in progress. He kept a close eye on the development of the Union Saint-Joseph, which from then on was extended to the whole diocese. In the farming parishes he encouraged agricultural clubs, and to combat emigration to the United States – one of the reasons his diocese declined from 120,000 faithful in 1886 to 115,000 in 1901 – he strongly supported the establishment of agricultural missionaries; he also took a keen interest in the lot of the French-speaking Catholics in New England, of whom his own brother was one. Likewise he multiplied his efforts and appeals to help Catholics in the townships of his diocese “where everything has to be created: churches, presbyteries, schools, support for the priests.” The same solicitude was shown for the poor, whom he received every Monday at the episcopal palace, and for members of his flock who had been sorely tried by fires. (Two-thirds of the town of Saint-Hyacinthe was destroyed in 1876, five parishes suffered from fires in 1880, and the Métairie Saint-Joseph, a shelter for the sick and for elderly or infirm priests, burned in 1898.) And finally, convinced of the baneful effects of drunkenness, from both religious and economic points of view, he threw the full weight of his prestige behind two temperance campaigns in his diocese, in 1880 and 1885–89.

During his 25 years of episcopal administration Moreau founded 13 parishes and 22 institutions, most of which were educational (académies, or commercial colleges). This development depended first upon his clergy, which grew from 154 priests in 1876 to 203 in 1901, but above all upon the many religious communities already established or introduced by him: eight communities of teaching brothers, seven women’s communities devoted to education or social welfare, not to mention the Dominicans and the Sisters Adorers of the Precious Blood, the former dedicated to preaching and the latter to the contemplative life. The bishop let the secular clergy run the two classical colleges, at Saint-Hyacinthe and Marieville, despite the difficulties the latter one was encountering.

In 1876 Moreau had joined an episcopacy divided by political issues such as the intervention of the clergy in elections, and by the university problem (the attitude of the Université Laval and the founding of a university in Montreal). Holding profound ultramontane convictions, even though he lived in a city reputed to be a centre of liberalism, Moreau readily sided with the suffragans, led by Bourget and Louis-François Laflèche*, in a struggle against Archbishop Taschereau; he also supported his teacher and friend Laflèche in opposing a plan to divide the diocese of Trois-Rivières. However, he used the renown of his elders and the fact that he was much younger as pretexts to remain in the background during the controversies.

Partly because of the mission of Bishop George Conroy*, the apostolic delegate sent to end the division among the episcopate and halt the intervention of the clergy in elections, and partly because of a series of decisions from Rome that were one-sidedly favourable to Taschereau’s opinions in his battle with the intransigent ultramontanes, the bishop of Saint-Hyacinthe distanced himself from the Laflèche clan and backed the archbishop and the Université Laval. He placed obedience to the pope ahead of his ideas and friendships. In the early 1880s, for example, he played an active role, particularly through numerous letters to the pope and to Propaganda, in a new campaign to divide Trois-Rivières and create the diocese of Nicolet. Despite some harsh judgements on those who did not obey Rome, he constantly sought to bring people who held opposing views together and reconcile the adversaries. In 1885, for instance, he accompanied Elphège GRAVEL, the first bishop of Nicolet, on a visit to Bishop Laflèche, “to calm things down and show him that there is no antipathy to him.”

The misfortunes besetting Laflèche, who was persona non grata in Rome, and the illness of Cardinal Taschereau, who had to hand over the reins of power to a coadjutor, made Moreau one of the principal spokesmen, along with Louis-Nazaire Bégin*, for the Canadian bishops. At the time of the lengthy debate on the Manitoba school question [see Thomas GREENWAY], he rediscovered all his ultramontane fervour and made plain his nationalist convictions. He supported unreservedly the position taken by Archbishop Adélard Langevin* of Saint-Boniface, and he multiplied his letters to politicians and to Rome (some 30 of them) to denounce the injustice being done the Roman Catholics in Manitoba. The apostolic delegate Monsignor Rafael Merry del Val drew his severe criticism for seeming “to lend his ear and his attention to the liberal priests and men of the political persuasion of the federal prime minister, Monsieur Laurier [Wilfrid Laurier*], who have taken care to circumvent him.” Moreau none the less accepted obediently the encyclical Affari vos, issued by Leo XIII on 8 Dec. 1897, and he exhorted the people of his diocese “to receive the word of the Vicar of Christ in a profound spirit of faith and feelings of intense gratitude.” On 8 Jan. 1898 he wrote to Rome that he would obey, and on 26 January he expressed his “filial gratitude” to the pope and the hope for a “happy solution to the serious question of the schools in Manitoba.”

At that time Bishop Moreau was infirm physically, even though his intellectual faculties remained unimpaired. His people saw him only in exceptional circumstances: the 50th anniversary of his ordination as a priest in 1896, and the silver jubilee of his consecration as bishop in 1901. His reputation for kindness and saintliness grew steadily, and miracles were asked of him or attributed to him. Popular veneration was manifest at his funeral in May 1901 and did not diminish with the passage of time. Thus the diocesan authorities were impelled to begin in 1925 the lengthy procedure that revealed unequivocally the exceptional virtues of this great priest: faith, charity, kindness, piety, firmness, and unworldliness. His beatification was proclaimed by Pope John Paul II on 10 May 1987.

NIVE VOISINE

[L.-Z. Moreau’s writings were brought together during the procedure for his beatification and are held at the Arch. de la Chancellerie de l’Évêché de Saint-Hyacinthe, Qué. The following are in manuscript: Copies des lettres du serviteur de Dieu d’après les “Reg. des lettres concernant l’administration diocésaine,” expédiées de l’évêché de Saint-Hyacinthe à la Sacrée Congrégation des Rites le 2 oct. 1933; Autres copies des lettres du serviteur de Dieu, expédiées de l’évêché de Saint-Hyacinthe à la Sacrée Congrégation des Rites le 2 oct. 1933; and Statuts du chapitre de la cathédrale de Saint-Hyacinthe, 1878. The remainder are in published form: Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Saint-Hyacinthe, A.-X. Bernard et al., édit. (27v. et 370 feuillets parus, Montréal et Saint-Hyacinthe, 1893– ), vols.5 to 12, and Constitutiones synodales Sancti Hyacinths . . . (Saint-Hyacinthe, 1880).

These documents and others relating to Moreau are either reproduced or cited in: Congregatio pro Causis Sanctorum, Beatificationis et canonizationis servi Dei Ludovici Zephyrini Moreau, episcopi Sancti Hyacinthi; peculiaris congressus super virtutibus die 6 octobris 1970; relatio et vota, A. M. Larraone, reporter (Rome, 1970); Canonizationis ven. servi Dei Ludovici Zephyrini Moreau, episcopi Sancti Hyacinthi (1824–1901); positio super miraculo (Rome, 1986); Canonizationis ven. servi Dei Ludovici Zephyrini Moreau, episcopi Sancti Hyacinthi (1824–1901); relatio et vota congressus peculiaris super miro die 13 junii an. 1986 habiti (Rome, 1986); Officium Historicum, Beatificationis et canonizationis servi Dei Ludovici Zephyrini Moreau, episcopi Sancti Hyacinthi (†1901); peculiaris dilucidationes ex officio concinnatae (Rome, 1972); Sacra Rituum Congregatione, Beatificationis et canonizationis servi Dei Ludovici Zephyrini Moreau, episcopi S. Hyacinthi; positio super introduction causae, Adeodato Piazza, reporter (Rome, 1952); and Beatificationis et canonizationis servi Dei Ludovici Zephyrini Moreau, episcopi S. Hyacinthi; positio super virtutibus, A. M. Larraone, reporter (Rome, 1967).

The archives of almost all the archdioceses and dioceses in Canada possess files which can illustrate some aspect or other of Bishop Moreau’s life but the richest source of information is the Archivio della Propaganda Fide (Rome), especially the following series: Acta, vol.243; Nuova serie, vols.240–42; and Scritture originali riferite nelle Congregazioni generali, vols.1004, 1044. Moreau’s birth and burial records are in ANQ-MBF, CE1-4, 1er avril 1824, and ANQ-M, CE2-1, 30 mai 1901.

Biographies of Moreau include A.-X. Bernard, “Monseigneur L.-Z. Moreau,” in Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Saint-Hyacinthe, 5: 5–25; Jean Houpert, Monseigneur Moreau, quatrième évêque de Saint-Hyacinthe (Montréal et Paris, 1986); Frédéric Langevin, Monseigneur Louis-Zéphyrin Moreau, quatrième évêque de Saint-Hyacinthe, 1824–1901 (Québec, 1937); and Rolland Litalien, Le prêtre québécois à la fin du XIXe siècle; style de vie et spiritualité d’après Mgr L.-Z. Moreau (Montréal, 1970).

Useful secondary works include the following: J.-P. Bernard, “Les fonctions intellectuelles de Saint-Hyacinthe à la veille de la Confédération,” CCHA Sessions d’études, 47 (1980): 5–17; J.-A.-I. Douville, Histoire du collège-séminaire de Nicolet, 1803–1903 . . . (2v., Montréal, 1903); A[ugustin] Leduc, “Notes historiques (1854–1913),” Saint-Hyacinthe et la tempérance (1854–1913) (Saint-Hyacinthe, 1914), 22–24; Rolland Litalien, “Se mettre à l’écoute du bienheureux Mgr Moreau,” L’Église canadienne (Montréal), 20 (1986–87): 525–28; Roberto Perin, “La raison du plus fort est toujours la meilleure: la représentation du Saint-Siège au Canada, 1877–1917,” CCHA Sessions d’études, 50 (1983): 99–117; J.-J. Robillard, “Histoire du collège Sainte-Marie-de-Monnoir (1853–1912),” CCHA Sessions d’études, 47: 35–53; and Nive Voisine, “La création du diocèse de Nicolet (1885),” Les Cahiers nicolétains (Nicolet, Qué.), 5 (1983): 3–41; 6 (1984): 147–214; Louis-François Laflèche, deuxième évêque de Trois-Rivières (1 vol. paru, Saint-Hyacinthe, 1980– ); and “Rome et le Canada: la mission de Mgr Conroy,” RHAF, 33 (1979–80): 499–519. n.v.]