dimanche 21 octobre 2012

Sainte URSULE et ses COMPAGNES : les ONZE MILLE VIERGES, martyres


Vittore CARPACCIO. Apothéose de Sainte Ursule et de ses multiples compagnes, 
Vierges et Martyres, 1491, Venise, Gallerie dell'Accademia

Sainte Ursule et ses compagnes

Martyres

(† 383)

Ursule était fille d'un prince écossais. Sa beauté et ses vertus attiraient sur elle tous les regards, mais elle répudia toute alliance humaine pour appartenir à Jésus-Christ. Elle fut embarquée avec un grand nombre de vierges et de femmes chrétiennes, qu'un conquérant romain voulait donner pour épouses à ses soldats. Mais une tempête s'étant élevée, par la permission de Dieu, pendant la traversée, les navires, au lieu d'atteindre l'Armorique, leur destination, allèrent s'échouer jusqu'à l'embouchure du Rhin.

Les Huns, qui ravageaient alors l'Europe, rencontrèrent ces vaisseaux et se préparaient à les piller et à infliger à ces vierges et à ces femmes un déshonneur pire pour elles que la mort. Commandées par Ursule, elles résistent avec héroïsme, si bien que, les sentiments des barbares changeant tout à coup, ils saisissent leurs armes et se précipitent sur cette armée pacifique; bientôt les victimes tombent en foule sous les coups des bourreaux, et leurs âmes s'envolent au Ciel. Le prince des Huns, frappé de la beauté d'Ursule, l'épargne d'abord; il essaye de la consoler de la mort de ses compagnes et lui promet de l'épouser. Ursule repoussant cette parole avec horreur, le barbare la perce d'un coup de flèche. Ainsi tomba cette vierge, que la tradition nous montre comme le chef des onze mille vierges ou femmes amenées par les Romains de la Grande-Bretagne.

Beaucoup d'églises possèdent des reliques de cette armée de martyres; mais aucune n'est aussi richement partagée que la ville de Cologne; car c'est dans cette cité, voisine du lieu du supplice, que les chrétiens de l'endroit portèrent avec dévotion les restes sacrés des saintes martyres. Une magnifique église s'éleva bientôt sur leur tombeau, illustré déjà par des miracles. On y accourait de toutes parts; les jeunes filles surtout venaient en foule recommander à sainte Ursule et à ses compagnes leur virginité.

Un religieux, qui avait pour les saintes martyres une grande dévotion, étant tombé dangereusement malade, vit apparaître près de lui une vierge qui lui dit: "Je suis une de ces vierges que tu honores; en récompense des onze mille Pater que tu as récités pour nous honorer, tu auras notre assistance à l'heure de la mort." La troupe glorieuse vint bientôt, en effet, chercher son âme.

Sainte Ursule est regardée comme le modèle et la patronne des personnes qui s'appliquent à instruire chrétiennement la jeunesse. Plusieurs congrégations de religieuses sont placées sous son invocation.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/sainte_ursule_vierge_et_martyre_et_ses_compagnes.html


La légende de sainte Ursule
et des Onze Mille Vierges

1 Sainte Ursule

L’histoire relative à sainte Ursule est difficile à vérifier en raison de témoignages écrits fiables. On sait qu’une jeune fille nommée Ursule, fille d’un roi chrétien breton, vécut à la toute fin du IIIe et au début du IVe siècle. On sait également que cette jeune fille, ainsi que plusieurs autres, aurait été demandée en mariage par un prince païen d’origine germanique. Mais comme Ursule voulait demeurer vierge et chrétienne, son refus pouvait attirer des représailles graves pour son père. Ursule et ses amis — dix vierges — décidèrent donc de s’enfuir et de partir à l’aventure. Les jeunes filles se seraient rendues en pèlerinage à Rome, puis se seraient embarquées sur un navire sur le Rhin à destination de Cologne (Allemagne). Une tempête aurait les aurait jetées sur les rives du Rhin où elle auraient été capturées à Cologne par les Huns, puis martyrisées et mises à mort parce qu’elles ne voulaient pas trahir leur foi. Les jeunes filles furent enterrées dans une église de Cologne.

2 L’épopée d’Ursule et de ses compagnes

La légende d’Ursule et de ses compagnes ne débuta qu’en 1155 lorsqu’on découvrit dans une église (appelée maintenant Sainte-Ursule) une petite inscription latine gravée sur une pierre et datant du début du Ve siècle. Il était écrit: XIMV. Cette inscription référait au massacre de plusieurs vierges martyres au IIIe siècle. Toutefois, comme il ne subsistait aucun nom sur l’inscription, l'Église ne pouvait honorer aucune de ces martyres en particulier. Les fouilles archéologiques permirent de découvrir des ossements de jeunes femmes décédées quelques siècles plus tôt; la croyance populaire les attribua aussitôt à Ursule et à ses compagnes.

3 La légende des 11 000 vierges

C’est au XIe siècle que le nombre des compagnes d’Ursule, les vierges martyres, fut fixé à 11 000. Il n’existe aucun fait vérifiable démontrant que les compagnes d’Ursule était dix ou 11 000. Cependant, on croit que les gens de l’époque auraient probablement mal interprété la numération romaine trouvée près des ossements attribués aux saintes vierges martyres. En effet, on pouvait lire XIMV, ce qui signifie plutôt XI pour «onze», M pour «martyres» et V pour «vierges». Autrement dit, l’inscription «XI Martyres et Vierges» aurait été interprétée comme étant «XI Mille Vierges».

Le culte d'Ursule et des Onze Mille Vierges a connu un immense succès au Moyen Âge, surtout en Allemagne, aux Pays-Bas, dans le nord de la France et en Italie. Ursule et ses compagnes furent canonisées, une «confrérie de pieuses gens» nommée La nacelle de Sainte-Ursule fut fondée, des artistes et des églises célébrèrent l’épopée de sainte Ursule et ses compagnes. Sainte Ursule fut reconnue comme la patronne des jeunes filles et des drapiers, car elle aurait été protégée par un manteau miraculeux. La légende n’explique pas comment la sainte a pu être martyrisée et tuée malgré son manteau miraculeux.

Le calendrier grégorien a fixé la date d’anniversaire de sainte Ursule et de ses Onze Mille Vierges au 21 octobre. Lorsque le navigateur portugais José Alvarez Faguendes découvrit officiellement, le 21 octobre 1520, l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, il constata que ce jour était celui de la fête de sainte Ursule et des Onze Mille Vierges. Christophe Colomb avait fait de même en 1493 en découvrant les îles Vierges (nommées Las Vírgenes).

SOURCE: D’après Christian Vanden BERGHEN, "Sainte Ursule et les Onze Mille Vierges" dans Bienvenue sur le site de Rota Solis.


La Chasse se de sainte Ursule - Panneau latéral

Cette scène figure le pape Cyriaque qui après une vision se joint au voyage de retour et rembarque à Bâle avec sainte Ursule et sa suite. Puis à Cologne, elles sont massacrées par les païens. Leur chef roi des Huns, ému par la beauté d’Ursule, lui promet la vie sauve si elle l’épouse. Suite à son refus, elle est tuée par un archer.


LES ONZE MILLE VIERGES

Les onze mille vierges furent martyrisées ainsi qu'il suit : Il y avait en Bretagne un roi fort chrétien nommé Notlhus, ou Maurus, dont la fille s'appelait Ursule. Elle se faisait distinguer par la douceur admirable de ses mœurs, sa sagesse et sa beauté; de sorte que sa renommée était répandue en tout lieu. Or, le roi d'Angleterre, prince fort puissant, qui avait subjugué à ses lois une quantité de nations, en entendant parler de cette jeune vierge, avouait qu'il serait le plus heureux des hommes si elle épousait son fils unique. Le jeune homme en témoignait aussi un ardent désir. On envoie donc une ambassade solennelle au père de la jeune fille; à des flatteries et à de grandes promesses on ajoute des menaces, si les ambassadeurs reviennent sans une réponse favorable. Le roi de Bretagne se trouva dans une extrême anxiété. Il regardait comme une indignité de donner à un adorateur des idoles une personne qui s'était rangée sous la foi de J.-C. ; il savait bien d'ailleurs qu'elle n'y consentirait jamais ; enfin, il redoutait singulièrement la férocité du roi anglais. Mais Ursule, inspirée de Dieu, conseilla à son père d'accéder à la demande du prince à condition toutefois que le roi son père, de concert avec son futur époux, lui donnerait dix vierges très distinguées pour la consoler; qu'on lui confierait à elle et aux autres, mille vierges ; qu'on équiperait des vaisseaux ; qu'on lui accorderait un délai de trois ans pour faire le sacrifice de sa virginité, et due le jeune homme lui-même se ferait baptiser et instruire dans la foi, dans le même espace de trois ans. C'était prendre un sage parti en effet, ou bien détourner le jeune homme de son dessein car les conditions qu'elle mettait devaient sembler difficiles à accepter, ou bien pour avoir le moyen de pouvoir consacrer à Dieu toutes ces vierges avec elle. Mais le jeune homme souscrivit de bon coeur à ces conditions, insista lui-même auprès de son père; et s'étant fait baptiser, il commanda de hâter l’exécution de tout ce que la jeune vierge avait exigé. Le père d'Ursule régla que cette fille chérie eût aussi pour cortège des hommes qui la protégeraient elle-même et ses compagnes. De toutes parts donc les vierges s'empressent, de toutes parts les hommes accourent à un si grand spectacle. Grand nombre d'évêques se joignent à Ursule et à ses compagnes qu'ils veulent suivre; parmi eux se trouvait Pantulus, évêque de Bâle, qui les conduisit jusqu'à Rome, et qui, à son retour, reçut avec elles le martyre.

Sur l’avis officiel que lui en avait donné par lettres le père de sainte Ursule, sainte Gérasime, reine de Sicile (dont le mari, fort cruel, était devenu, grâce à elle, un agneau pour ainsi dire, de loup qu'il était), soeur de l’évêque Marcirisus et de Daria, mère de sainte Ursule, suivit l’inspiration divine, laissa le royaume à un de ses fils et mit à la voile pour la Bretagne avec ses quatre filles, Babille, Julienne, Victoire et Aurée. Hadrien, un de ses enfants encore tout petit, se mit aussi de lui-même, en pèlerinage, par amour pour ses soeurs. De l’avis de sainte Gérasime se rassemblèrent des vierges de différents royaumes : elle fut constamment leur conductrice et souffrit enfin le martyre avec elles. D'après ce dont il avait été convenu, la reine s'étant procuré des trirèmes bien approvisionnées, dévoile aux vierges qui devaient l’accompagner le secret de son dessein, et toutes jurent d'être fidèles à ce nouveau genre de milice. Bientôt, en effet, elles préludent aux exercices de la guerre ; tantôt elles courent ici, tantôt là. Quelquefois elles font semblant de fuir; tout ce qui se peut présenter à leur esprit pour s'exercer à tous les genres de jeux, elles l’exécutent; quelquefois elles revenaient à midi, quelquefois à peine au soir. Il y avait affluence de princes, de seigneurs pour jouir d'un pareil spectacle et tous en étaient comblés d'admiration et de joie. Enfin, quand Ursule eut converti toutes les vierges à la foi, après un jour de traversée et sous un vent favorable, elles abordèrent à un port de la Gaule nommé Tyelle, et de là à Cologne, où un ange apparut à Ursule et lui prédit qu'elles reviendraient toutes ensemble en ce lieu où elles recevraient la couronne du martyre. Sur l’avis de l’ange, et se dirigeant vers Rome, elles abordèrent à Bâle, où, ayant quitté leurs navires, elles vinrent à pied à Rome. A leur arrivée, le pape Cyriaque fut tout joyeux ; il était originaire lui-même de la Bretagne, et comptait parmi elles beaucoup de parentes. Il les reçut avec tout son clergé en grande pompe. Cette nuit-là même, le pape eut du ciel révélation qu'il devait recevoir la couronne du martyre avec les vierges. Il ne parla de cela à qui que ce fut, et conféra le baptême à beaucoup de ces jeunes personnes qui n'avaient point encore reçu ce sacrement. Voyant une circonstance si favorable, après avoir gouverné l’église, le 19° après saint Pierre (Ce fut saint Antère qui régna un an et le 19e après saint Pierre, 235-236), pendant un an et onze semaines, il découvrit son projet au public, et devant tout le monde, il résigna sa dignité et son office. Les réclamations furent unanimes surtout de la part des cardinaux qui pensaient que le pape était dans le délire pour vouloir quitter les honneurs du pontificat afin de suivre quelques petites femmes folles; il ne tint cependant aucun compte de leurs observations; mais il ordonna pontife à sa place un saint homme qui fut nommé Amétus. Et pour avoir quitté le siège apostolique malgré le clergé, celui-ci effaça son nom du catalogue des pontifes, et cette sainte compagnie de vierges perdit dès ce moment tous les égards qu'on avait eus pour elles à la cour de Rome. Il v avait alors à la tête des armées romaines deus mauvais princes, Maxime et Africanus, qui, en voyant cette multitude de vierges accompagnées de beaucoup d'hommes et de femmes, craignirent que, par elles, la religion des chrétiens ne prit trop d'accroissements. Ils eurent donc soin de s'informer exactement du chemin. qu'elles devaient prendre, et envoyèrent des députés à Jules, leur parent, et prince de la nation des Huns, afin que, marchant contre elles avec une armée, il les massacrât à leur arrivée à Cologne, parce qu'elles étaient chrétiennes. Alors le bienheureux Cyriaque sortit de Rome avec cette illustre multitude de vierges. Il fut suivi par Vincent, cardinal-prêtre et par Jacques qui, de la Bretagne, sa patrie, venu à Antioche, y avait exercé la dignité archiépiscopale pendant sept ans. Il était à cette époque en visite auprès du pape, et déjà il avait quitté la ville, lorsqu'il entendit parler de l’arrivée des vierges ; il se hâta de revenir et il fut le compagnon de leur route et de leur martyre. Maurice, évêque de Lévicane, oncle de Babile et de Julienne, Foillau, évêque de Lucques, et Sulpice, évêque de Ravenne, alors à Rome, se joignirent encore à ces vierges. Ethéré, époux de sainte Ursule, qui était resté en Bretagne, avait été averti du Seigneur, par l’entremise d'un ange, d'exhorter sa mère à se faire chrétienne. Car son,père était mort un an après avoir été converti à la foi, et Ethéré lui avait succédé dans le gouvernement du royaume. Quand les vierges sacrées revinrent de Rome avec les évêques, (221) dont il a été parlé, Ethéré reçut du Seigneur l’avertissement d'aller de suite à la rencontre de sa fiancée, afin de recevoir avec elle, dans Cologne, la palme du martyre. Il acquiesça aux avertissements de Dieu, fit baptiser sa mère et, avec elle, une toute petite soeur nommée Florentine déjà chrétienne; accompagné de l’évêque Clément, il alla au-devant des vierges pour s'associer à leur martyre. Marculus, évêque de Grèce et sa nièce Constance, fille de Dorothée; roi de Constantinople, qui avait fait voeu de virginité après la mort de son fiancé, un fils de roi, prévenus par une vision, vinrent à Rome et se joignirent aussi à ces vierges pour avoir part à leur martyre. Toutes donc, et ces évêques revinrent à Cologne alors assiégée par les Huns. Quand ces barbares les virent, ils se jetèrent sur elles en poussant des cris affreux et comme des loups qui se jettent sur des brebis, ils massacrèrent toute la multitude. Quand, après le massacre des autres, on arriva au tour de sainte Ursule, le chef, voyant sa merveilleuse beauté, resta stupéfait, et en la consolant de la mort de ses compagnes, il lui promit de s'unir à elle par le mariage. Mais comme elle rejeta sa proposition bien loin, cet homme, se voyant méprisé, prit une flèche et en perça Ursule qui consomma ainsi son martyre. — Une des vierges, nommée Cordula, saisie de frayeur, se cacha, cette nuit-là, dans le vaisseau ; mais le lendemain, elle s'offrit de plein gré à la mort et reçut la couronne du martyre. Or, comme ou ne faisait pas sa fête parce qu'elle n'avait pas souffert avec les autres, elle apparut longtemps après à une recluse, en lui (222) ordonnant de célébrer sa fête le lendemain de celle des vierges. Elles souffrirent l’an du Seigneur 238. La supputation des époques, d'après l’opinion de quelques-uns, ne permet pas de penser que ces choses se soient passées alors. La Sicile, ni Constantinople n'étaient pas des royaumes, et cependant on dit ici que les reines de ces pays accompagnèrent ces vierges: Il vaut mieux croire que ce fut après Constantin, au moment où les Huns et les Goths exerçaient leurs ravages, que ce martyre eut lieu, c'est-à-dire, du temps de l’empereur Martien (selon qu'on le lit dans une chronique) qui régna l’an du Seigneur 352. — Un abbé avait demandé. à l’abbesse de Cologne le corps d'une vierge, avec promesse de le placer en son église dans une châsse d'argent; mais l’ayant laissé, une année entière, sur un autel, dans une châsse de bois, une nuit, que l’abbé de ce monastère chantait matines avec sa communauté, cette vierge descendit corporellement de dessus l’autel et après avoir fait une profonde révérence devant l’autel, elle passa, en présence de tous les moines effrayés, à travers le choeur et se retira. L'abbé courut alors à la châsse qu'il trouva vide. Il vint en toute hâte à Cologne et exposa la chose en détail à l’abbesse. Ils allèrent à l’endroit Où ils avaient pris le corps et l’y, trouvèrent. L'abbé, après avoir fait ses excuses, demanda le même corps ou au moins un autre, avec les promesses les plus certaines de faire confectionner au plus tôt fine châsse précieuse ; mais il ne put l’obtenir. — Un religieux, qui avait une grande dévotion pour, ces saintes vierges, vit, un jour qu'il était gravement malade, une vierge d'une grande beauté, lui (223) apparaître et lui demander s'il la connaissait. Comme il était surpris de cette vision, et avouait qu'il ne la connaissait aucunement, elle lui dit : « Je suis une des vierges, à l’égard desquelles vous avez une touchante dévotion ; et afin de vous en récompenser, si par amour et par honneur pour nous, vous récitez onze mille fois l’oraison dominicale, vous éprouverez, à l’heure de votre mort, les effets de notre protection et de notre consolation. » Alors elle disparut, et le religieux accomplit ce qu'on lui avait demandé le plus tôt qu'il put; et aussitôt après il fit appeler l’abbé pour recevoir l’extrême-onction. Au milieu de la cérémonie, ce religieux s'adressa tout à coup aux assistants en leur criant de se retirer, pour faire place aux vierges saintes qui arrivaient. L'abbé lui ayant demandé ce que cela signifiait, le religieux lui raconta la promesse qu'il avait faite à la vierge, alors tous se retirèrent, et revenant un moment après, ils trouvèrent que le religieux avait rendu son âme a Dieu.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdccccii

SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome03/159.htm


Caravage. Le Martyre de sainte Ursule (Martirio di sant'Orsola),1610
, 154 x 178, Naples, palais Zevallos Stigliano

Sainte Ursule et ses Compagnes, martyres.

Les soldats huns sont habillés comme ceux du temps des contemporains du peintre.

Sous l’empire de Gratien, Flavius-Clemens Maximus, commandant l’armée romaine en Bretagne, ayant saisi le pouvoir, fut proclamé empereur par ses soldats. Envoyant des troupes en Gaules, il fut reçu avec faveur par les légions, que Gratien s’était aliénées, et fortifia son autorité.

Comme il avait partagé à ses légions bretonnes une riche contrée de l’Armorique, de laquelle il avait expulsé les anciens habitants, il demanda, afin d’assurer la perpétuité de sa colonie, et par le conseil de Conan, petit roi de Bretagne qui avait un commandement dans son armée, de faire venir de Bretagne des jeunes filles qu’il destinait pour épouses à ses colons militaires.

« La demande, dit le Bréviaire romain, ne parut pas aux petits rois bretons de nature à être rejetée. Comme ils savaient que, par la faveur du nouvel empereur, leurs filles ne devaient être mariées qu’à leurs compatriotes et aux plus riches, ils choisirent autant de jeunes vierges qu’il y avait de soldats.

« À leur tête était la princesse Ursule, fille de Dionoc, roi de Cornouailles, fiancée à Conan, général des Bretons qui faisaient partie de l’armée de Maxime. Réunies à Londres, elles furent embarquées malgré elles sur des navires ; on lève l’ancre et pendant que les matelots se dirigent vers l’Armorique, une violente tempête les jette sur les rivages de la Germanie.

« Il arriva qu’alors, les hordes des Huns, appelées par Gratien contre Maxime, occupaient ce littoral. Ayant rencontré cette belle troupe de jeunes filles, ils se précipitèrent sur elles pour assouvir leurs brutales passions. Mais sainte Ursule exhorte ses compagnes à subir la mort plutôt que le déshonneur, et elles se déterminent toutes à résister aux barbares.

« Les Huns, transportés de fureur, les massacrèrent toutes sans exception. Sainte Ursule, victime illustre, succombe la dernière, couchée sur ses compagnes comme sur un précieux monceau de perles précieuses ; puis elle leur sert de guide au Ciel, où elle entre victorieuse avec elles, ornée de la pourpre d’un sang virginal, et conduisant cette armée de jeunes Saintes couronnées du double laurier de la virginité et du martyre.

« Leurs corps furent ensevelis à Cologne avec les plus grands honneurs, et la Chrétienté entière célèbre, avec une mémoire toujours présente, le triomphe de ces Vierges héroïques. » C’était l’an 383, saint Damase Ier étant pape et Gratien empereur romain.

Sainte Ursule est patronne de la ville de Cologne.

SOURCE : http://www.cassicia.com/FR/Vie-de-sainte-Ursule-et-de-ses-Compagnes-vierges-et-martyres-Fete-le-21-octobre-No_657.htm



L’histoire de sainte Ursule est issue de différentes légendes. On sait qu’une jeune fille nommée Ursule (la petite ourse), fille d’un roi chrétien breton, vécut à la toute fin du IIIe et au début du IVe siècle. On sait également que cette jeune fille, ainsi que plusieurs autres, aurait été demandée en mariage par un prince païen d’origine germanique. Mais comme Ursule voulait demeurer vierge et chrétienne, son refus pouvait attirer des représailles graves pour son père. Ursule et ses amis - dix vierges - décidèrent donc de s’enfuir et de partir à l’aventure. Les jeunes filles se seraient rendues en pèlerinage à Rome, puis se seraient embarquées sur un navire sur le Rhin à destination de Cologne. Une tempête les aurait jetées sur les rives du Rhin où elle auraient été capturées à Cologne par les Huns, puis martyrisées et mises à mort parce qu’elles ne voulaient pas trahir leur foi. Les jeunes filles furent enterrées dans une église de Cologne.

La légende d’Ursule et de ses compagnes ne débuta qu’en 1155 lorsqu’on découvrit dans une église une petite inscription latine gravée sur une pierre et datant du début du Ve siècle. Il était écrit : XIMV. Cette inscription référait au massacre de plusieurs vierges martyres au IIIe siècle. Toutefois, comme il ne subsistait aucun nom sur l’inscription, l’Église ne pouvait honorer aucune de ces martyres en particulier. Les fouilles archéologiques permirent de découvrir des ossements de jeunes femmes décédées quelques siècles plus tôt ; la croyance populaire les attribua aussitôt à Ursule et à ses compagnes.

C’est au XIe siècle que le nombre des compagnes d’Ursule, les vierges martyres, fut fixé à 11 000. Il n’existe aucun fait vérifiable démontrant que les compagnes d’Ursule étaient dix ou 11’000. Cependant, on croit que les gens de l’époque auraient probablement mal interprété la numération romaine trouvée près des ossements attribués aux saintes vierges martyres. En effet, on pouvait lire XIMV, ce qui signifie plutôt XI pour « onze », M pour « martyres » et V pour « vierges ». Autrement dit, l’inscription « XI Martyres et Vierges » aurait été interprétée comme étant « XI Mille Vierges ».

Aujourd’hui encore, les onze flammes ornant les armoiries de la ville de Cologne témoignent de l’importance de sainte Ursule en tant que patronne de la ville. Ses reliques sont vénérées à la basilique qui porte son nom.

SOURCE : http://www.pasaj.ch/sainte-ursule-article267.html



St. Ursula and the Eleven Thousand Virgins

The history of these celebrated virgins of Cologne rests on ten lines, and these are open to question. This legend, with its countless variants and increasingly fabulous developments, would fill more than a hundred pages. Various characteristics of it were already regarded with suspicion by certain medieval writers, and since Baronius have been universally rejected. Subsequently, despite efforts more ingenious than scientific to save at least a part, the apocryphal character of the whole has been recognized by degrees. Briefly, for the solid reconstruction of the true history of the virgin martyrs, there is only the inscription of Clematius and some details furnished by ancient liturgical books. Unfortunately, these latter are very meager, and the inscription is in part extremely obscure. This document, carved on a stone which may be seen in the choir of the Church of St. Ursula at Cologne, is couched in the following terms:

DIVINIS FLAMMEIS VISIONIB. FREQVENTER 

ADMONIT. ET VIRTVTIS MAGNÆ MAI 
IESTATIS MARTYRII CAELESTIVM VIRGIN 
IMMINENTIVM EX PARTIB. ORIENTIS 
EXSIBITVS PRO VOTO CLEMATIVS V. C. DE 
PROPRIO IN LOCO SVO HANC BASILICA 
VOTO QVOD DEBEBAT A FVNDAMENTIS 
RESTITVIT SI QVIS AVTEM SVPER TANTAM 
MAIIESTATEM HVIIVS BASILICÆ VBI SANC 
TAE VIRGINES PRO NOMINE. XPI. SAN 
GVINEM SVVM FVDERVNT CORPVS ALICVIIVS 
DEPOSVERIT EXCEPTIS VIRCINIB. SCIAT SE 
SEMPITERNIS TARTARI IGNIB. PVNIENDVM


Its authenticity, which is accepted beyond the shadow of a doubt by the most eminent epigraphists (de Rossi, Ritschl), has sometimes been suspected without good reason, and Domaszewski (C. I. L., XIII, ii, 2, no. 1313) is mistaken in asserting that the stone was not carved until the fifteenth century. It belongs indisputably to the fifth century at the latest, and very probably to the fourth. The recent hypothesis of Reise, according to which the first eight lines, as far as RESTITVIT, belong to the fourth century, while the rest were added in the ninth, is more elegant than solid. With still greater reason must we reject as purely arbitrary that of J. Ficker, which divides the first eight lines into two parts, the first being of pagan origin and dating from before the Christian Era, the second dating from the second century. But despite its authenticity the inscription is far from clear. Many attempts have been made to interpret it, none of them satisfactory, but at least the following import may be gathered: A certain Clematius, a man of senatorial rank, who seems to have lived in the Orient before going to Cologne, was led by frequent visions to rebuild in this city, on land belonging to him, a basilica which had fallen into ruins, in honour of virgins who had suffered martyrdom on that spot.

This brief text is very important, for it testifies to the existence of a previous basilica, dating perhaps from the beginning of the fourth century, if not from the pre-Constantinian period. For the authentic cult and hence for the actual existence of the virgin martyrs, it is a guarantee of great value, but it must be added that the exact date of the inscription is unknown, and the information it gives is very vague. It does not indicate the number of the virgins, their names, or the period of their martyrdom. Nor does any other document supply any probable details on the last point. Our ignorance on the first two is lessened to a certain extent by the mention on 21 Oct. in various liturgical texts (martyrologies, calendars, litanies) of virgins of Cologne, now five, now eight, now eleven, for example: Ursula, Sencia, Gregoria, Pinnosa, Martha, Saula, Britula, Saturnina, Rabacia, Saturia, and Palladia. Without doubt none of these documents is prior to the ninth century, but they are independent of the legend, which already began to circulate, and their evidence must not be entirely overlooked. It is noteworthy that in only one of these lists Ursula ranks first.

After the inscription of Clematius there is a gap of nearly five hundred years in our documents, for no trace of the martyrs is found again until the ninth century. The oldest written text, "Sermo in natali sanctarum Coloniensium virginum", which seems to date from this period, serves to prove that there was at Cologne no precise tradition relating to the virgin martyrs. According to this, they were several thousand in number, and suffered persecution during the reign of Diocletian and Maximian. The names of only a few of them were known, and of these the writer gives only one, that of Pinnosa, who was then regarded as the most important of the number. Some persons, probably in accordance with an interpretation, certainly questionable, of the inscription of Clematius, considered them as coming from the East, and connected them with the martyrs of the Theban Legion; others held them to be natives of Great Britain, and this was the opinion shared by the authors of the "Sermo". Apparently some time after the "Sermo" we find the martyrology of Wandalbert of Prüm, compiled about 850, which speaks of several thousand virgins. On the other hand Usuard, in his martyrology dating from about 875, mentions only "Martha and Saula with several others". But as early as the end of the ninth century or the beginning of the tenth, the phrase "the eleven thousand virgins" is admitted without dispute. How was this number reached? All sorts of explanations have been offered, some more ingenious than others. The chief and rather gratuitous suppositions have been various errors of reading or interpretation, e.g., "Ursula and her eleven thousand companions" comes from the two names Ursula and Undecimillia (Sirmond), or from Ursula and Ximillia (Leibniz), or from the abbreviation XI. M. V. (undecim martyres virgines), misinterpreted as undecim millia virginum, etc. It has been conjectured, and this is less arbitrary, that it is the combination of the eleven virgins mentioned in the ancient liturgical books with the figure of several thousand (millia) given by Wandalbert. However it may be, this number is henceforth accepted, as is also the British origin of the saints, while Ursula is substituted for Pinnosa and takes the foremost place among the virgins of Cologne.

The experiences of Ursula and her eleven thousand companions became the subject of a pious romance which acquired considerable celebrity. Besides the subsequent revisions of this story there are two ancient versions, both originating at Cologne. One of these (Fuit tempore pervetusto) dates from the second half of the ninth century (969-76), and was only rarely copied during the Middle Ages. The other (Regnante Domino), also compiled in the ninth century, had a wide circulation, but adds little of importance to the first. The author of the latter, probably in order to win more credence for his account, claims to have received it from one who in turn heard it from the lips of St. Dunstan of Canterbury, but the serious anachronisms which he commits in saying this place it under suspicion. This legendary account is well known: Ursula, the daughter of a Christian king of Great Britain, was asked in marriage by the son of a great pagan king. Desiring to remain a virgin, she obtained a delay of three years. At her request she was given as companions ten young women of noble birth, and she and each of the ten were accompanied by a thousand virgins, and the whole company, embarking in eleven ships sailed for three years. When the appointed time was come, and Ursula's betrothed was about to claim her, a gale of wind carried the eleven thousand virgins far from the shores of England, and they went first by water to Cologne and thence to Basle, then by land from Basle to Rome. They finally returned to Cologne, where they were slain by the Huns in hatred of the Faith.

The literary origin of this romance is not easy to determine. Apart from the inscription of Clematius, transcribed in the Passion "Fuit tempore" and paraphrased in the "Regnante Domino" Passion and the "Sermo in natali", the writers seem to have been aware of a Gallic legend of which a late version is found in Geoffrey of Monmouth: the usurper Maximus (as Geoffrey calls the Emperor Maximian), having conquered British Armorica, sent there from Great Britain 100,000 colonists and 30,000 soldiers, and committed the government of Armorica to his former enemy, now his friend, the Breton prince, Conanus Meriadocus. The latter decided to bring women from Great Britain to marry them to his subjects, to which end he appealed to Dionotus, King of Cornwall, who sent him his daughter Ursula, accompanied by 11,000 noble virgins and 60,000 other young women. As the fleet which carried them sailed towards Armorica, a violent storm destroyed some of the ships and drove the rest of them to barbarian islands in Germany, where the virgins were slain by the Huns and the Picts. The improbabilities, inconsistencies, and anachronisms of Geoffrey's account are obvious, and have often been dealt with in detail: moreover the story of Ursula and her companions is clothed with a less ideal character than in the Passions of Cologne. However, this account has been regarded by several writers since Baronius as containing a summary of the true history of the holy martyrs. Like the Passions of Cologne, it has been subjected to the anti-scientific method, which consists in setting aside as false the improbabilities, impossibilities, and manifest fables, and regarding the rest as authentic history. As a consequence two essential traits remain: the English origin of the saints and their massacre by the Huns; and then, according as adherence is given to the "Sermo in natali", Geoffrey of Monmouth, or the Passion "Regnante Domino", the martyrdom of St. Ursula is placed in the third, fourth, or fifth century. In order to account for all the details, two massacres of virgins at Cologne have been accepted, one in the third century, the other in the fifth. The different solutions with their variations suggested by scholars, sometimes with levity, sometimes with considerable learning, all share the important defect of being based on relatively late documents, unauthoritative and disfigured by manifest fables.

No conclusion can be drawn from these texts. Nevertheless, the fables they contain are insignificant in comparison with those which were invented and propagated later. As they are now unhesitatingly rejected by everyone, it suffices to treat them briefly. In the twelfth century there were discovered in the Ager Ursulanus at Cologne, some distance from the Church of St. Ursula, skeletons not only of women, but of little children, and even of men, and with them inscriptions which it is impossible not to recognize as gross forgeries. All this gave rise to a number of fantastic legends, which are contained in the accounts of the vision of St. Elizabeth of Schonau, and of a religious who has been regarded as identical with Blessed Hermann Joseph of Steinfeld. It may be remarked in passing that visions have played an important part in the question of the Eleven Thousand Virgins, as may be seen in those of Clematius and of the nun Helintrude contained in the Passion "Regnante Domino". Those of the twelfth century, in combination with the inscriptions of the Ager Ursulanus, resulted in furnishing the names of a great many of the male and female companions of Ursula, in particular — and this will suffice to give an idea of the rest — that of a Pope Cyriacus, a native of Great Britain, said to have received the virgins at the time of their pilgrimage to Rome, to have abdicated the papal chair in order to follow them, and to have been martyred with them at Cologne. No doubt it was readily acknowledged that this Pope Cyriacus was unknown in the pontifical records, but this, it was said, was because the cardinals, displeased with his abdication, erased his name from all the books. Although the history of these saints of Cologne is obscure and very short, their cult was very widespread, and it would require a volume to relate in detail its many and remarkable manifestations. To mention only two characteristics, since the twelfth century a large number of relics have been sent from Cologne, not only to neighbouring countries but throughout Western Christendom, and even India and China. The legend of the Eleven Thousand Virgins has inspired a host of works of art, several of them of the highest merit, the most famous being the paintings of the old masters of Cologne, those of Memling at Bruges, and of Carpaccio at Venice.

The Order of Ursulines, founded in 1535 by St. Angela de Merici, and especially devoted to the education of young girls, has also helped to spread throughout the world the name and the cult of St. Ursula

Sources

For the inscription of Clematius, often published and commentated see KRAUS, Die Christliche Inshriften der Rheinlande, I (1890), 143-47. The Latin accounts of the Eleven Thousand Virgins, with mention of all editions, have been catalogued by the Bollandists in Bibliotheca hagiographica latina, no. 8426-51. See also KROMBACH, S. Ursula vindicata (Cologne, 1847), a large but uncritical compilation; RETTBERG, Kirchengeschichte Deutschlands, I (1846), III, 23; SCHADE, Die Sage von der heiligen Ursula (Hanover, 1854), an essay in which the exegesis is unfortunately mythological; DE BUCK in Acta SS., Oct. III, 73-303; FRIEDRICH, Kirchengeshichte Deutschlands, I (1867), 141-66; KLINKENBERG in Jahrbücher des Vereins von Alterthumsfreunden im Rheinland, LXXXVIII (1889), 79- 95; LXXXIX (1890), 105-34; XCIII (1892), 130-79; DÜNTZER, ibidem (1890), 150-63; DELPY, Die Legende von der heiligen Ursula in der Kölner Malerschule (Cologne, 1901); TOUT, Legend of St. Ursula in Historical Essays, by members of Owens College, Manchester (London, 1902), 17-56; MAIN, L'inscription de Clematius in Mélanges Paul Fabre (Paris, 1902), 51-64; HAUCK, Kirchengeschichte Deutschlands, I (1887), 24-25 (3rd-4th ed., 1904), 25; REISE, Die Inschrift des Clematius in Bonner Jahrbücher, CXVIII (1909), 236-45; ZILLIKEN, ibid., CXIX (1910) 108-09; cf. Analecta bollandiana, X, 476; XVI, 97-99; XXII, 109-11; XXIII, 351-55; XXX, 339; 362-63.


 Poncelet, Albert. "St. Ursula and the Eleven Thousand Virgins." The Catholic Encyclopedia. Vol. 15. New York: Robert Appleton Company, 1912. 21 Oct. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/15225d.htm>.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/15225d.htm

Ursula and the 11,000 Virgins of Cologne (RM)

A group of virgins who were martyred at Cologne, Germany, perhaps under Diocletian in the 4th c. Their number probably 11 rather than 11,000, an exaggeration due to a misreading of Roman numerals and letters (Encyclopedia), or because of later events. During the 12th century a pious romance was preposterously elaborated through the mistakes of imaginative visionaries; a public burial ground uncovered at Cologne was taken to be the grave of the martyrs, false relics came into circulation, and forged epitaphs of non- existent persons were produced (Attwater).



There are two forms of the legend: one in Cologne and another Gallic. The legend says that Ursula was the daughter of a Christian king of Britain, who was granted a three-year postponement of a marriage she did not wish to a pagan prince, set sail with 10 companions in 11 ships. Each of her companions travelled with 1,000 maid-servants. They sailed to Cologne and then along the Rhein to Basel. At Basel they moored their ships and crossed the Alps in order to visit Rome. Ursula decided to lead her companions back to Cologne. There the leader of the Huns fell in love with her, was spurned, and massacred both the British princess and her 11,000 companions.

According to another legend, Amorica was settled by British colonizers and soldiers after Emperor Magnus Clemens Maximu conquered Britain and Gaul in 383. The ruler of the settlers, Cynan Meiriadog, called on King Dionotus of Cornwall for wives for the settlers, whereupon Dionotus sent his daughter Ursula, who was to marry Cynan, with 11,000 noble maidens and 60,000 common women. Their fleet was shipwrecked and all the women were enslaved or murdered (Delaney).

The story is difficult to believe as it stands. The earliest reference to the legend of her speaks only of 10 companions. The present story began to be told only in the 8th or 9th century. Yet some truth attaches itself to the tale, as is generally the case. An ancient stone let into the wall of Saint Ursula's Church in Cologne records that a certain senator Clematius rebuilt a memorial church in the 4th century over on the site of the martyrdom of a number of maidens. Nothing more is said about them for another 400 years, when in the ninth century the ramifying legend appears as taking shape (Attwater).

Baring-Gould suggests that Saint Ursula with her bow and arrow, her ship and company of maidens, sails up the Rhine as Urschel, the Teutonic moon goddess, sailed before her, with all the graceful attributes of Isis and Diana. She is likely to be one of the saints who has become confused with the old gods, that is, a real martyr's story has been embellished with that particulars of an old myth (Roeder).

Saint Ursula is represented as a princess holding an arrow. Sometimes (1) with maidens under her mantle; (2) an angel comes to her as she sleeps (Vittore Carpaccio's The Dream of St. Ursula); (3) she takes leave of her royal parents; (4) in a boat surrounded by maidens and ecclesiastics, as she sails down the Rhein; or (5) she and her companions massacred by bowmen (Roeder).

Other images include:

Giovanni Bellini's Virgin with Saints Mary Magdalene and Ursula

Vittore Carpaccio's The Apotheosis of St. Ursula, 1491, Venice.

Claude Lorrain's The Embarkation of St. Ursula.

Saint Ursula is venerated at Cologne. She is considered the patroness of maidens, drapers, and teachers; invoked for chastity and holy wedlock, and against the plague (Roeder).


SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/1021.shtml






SS. Ursula and Her Companions, Virgins and Martyrs

Middle of the Fifth Age.

WHEN the pagan Saxons laid waste our island from sea to sea, many of its old British inhabitants fled into Gaul, and settled in Armorica, since called, from them, Little Britain. Others took shelter in the Netherlands, and had a settlement near the mouth of the Rhine, at a castle called Brittenburgh, as appears from ancient monuments and Belgic historians produced by Usher. These holy martyrs seem to have left Britain about that time, and to have met a glorious death in defence of their virginity from the army of the Huns, which in the fifth age plundered that country, and carried fire and the sword wherever they came. It is agreed that they came originally from Britain, and Ursula was the conductor and encourager of this holy troop. 1 Though their leaders were certainly virgins, it is not improbable that some of this company had been engaged in a married state. Sigebert’s Chronicle 2 places their martyrdom in 453. It happened near the Lower Rhine, and they were buried at Cologne, where, according to the custom of those early ages, a great church was built over their tombs, which was very famous in 643, when St. Cunibert was chosen archbishop in it. St. Anno, who was bishop of Cologne in the eleventh age, out of devotion to these holy martyrs, was wont to watch whole nights in this church in prayer at their tombs, which have been illustrated by many miracles. These martyrs have been honoured by the faithful for many ages, with extraordinary devotion in this part of Christendom. St. Ursula, who was the mistress and guide to heaven to so many holy maidens, whom she animated to the heroic practice of virtue, conducted to the glorious crown of martyrdom, and presented spotless to Christ, is regarded as a model and patroness by those who undertake to train up youth in the sentiments and practice of piety and religion. She is patroness of the famous college of Sarbonne, and titular saint of that church. Several religious establishments have been erected under her name and patronage for the virtuous education of young ladies. The Ursulines were instituted in Italy for this great and important end, by B. Angela of Brescia, in 1537, approved by Paul III. in 1544, and obliged to inclosure and declared a religious Order under the rule of St. Austin, by Gregory XIII., in 1572, at the solicitation of St. Charles Borromeo, who exceedingly promoted this holy institute. The first monastery of this Order in France was founded at Paris, in 1611, by Madame Magdalen l’Huillier, by marriage, de Sainte-Beuve. Before this, the pious mother, Anne de Xaintonge of Dijon, had instituted in Franche-Compte, in 1606, a religious congregation of Ursulines for the like purpose, which is settled in many parts of France, in which strict inclosure is not commanded.

Nothing, whether in a civil or religious view, is more important in the republic of mankind than a proper and religious education of youth, nor do any establishments deserve equal attention and encouragement among men with those which are religiously and wisely calculated for this great end. Yet, alas! is anything in the world more neglected either by parents at home, or by the wrong methods which are too frequently pursued in the very nurseries which are founded for training up youth? A detail would be too long for this place. There is certainly no duty which requires more virtue, prudence, and experience, or which parents, tutors, masters, mistresses, and others are bound more diligently to study in its numberless branches. 3 But it is the height of our misfortune, that there is scarcely a person in the world, howsoever unqualified, who does not think it an easy task, and look upon himself as equal to it; who is not ready to undertake it without reflection; and who consequently is not supinely careless both in studying and discharging its obligations; though no employment more essentially requires an extensive knowledge of all duties, of human nature, and its necessary accomplishments; the utmost application, attention, and patience; the most consummate prudence and virtue, and an extraordinary succour of divine light and grace.

Note 1. Ancient calendars, copied by Usuard, mentions SS. Saula, Martha, and Companions, Virgins and Martyrs, at Cologne, on the 20th of October. Natalis, Alexander, and the authors of the New Paris Breviary take this Saula to be the same with Ursula. The Bollandists promise new memoirs relating to these martyrs; all the acts which have been published are universally rejected. Baronius thinks the ground of the account given of them by Geoffrey of Monmouth, in his MS. history of the British affairs, kept in the Vatican library, preferable to the rest. This author tells us, that Ursula was daughter to Dionoc, king or prince of Cornwall; and that she was sent by her father to Conan, a British prince who had followed the tyrant Maximus, who had commanded the imperial forces in Britain under Gratian, and assuming the imperial diadem, in 382, had passed into Gaul. But several circumstances in this relation show it to be of no better a stamp than the rest. It appears by the tombs of these martyrs at Cologne, that their number was very great. Wandelbert, a monk of Pruin, in Ardenne, in a private Martyrology which he compiled in verse, in 850, makes their number to amount to thousands; but he had seen their false acts. Sigebert, in 1111, makes them eleven thousand. Some think this a mistake arising from the abbreviation XI. MV. for eleven martyrs and virgins: for the chronicle of St. Tron’s seems to count eleven companions. (Spicileg. t. 7, p. 475.) The Roman Martyrology mentions only St. Ursula and her companions; nor is their number determined in any authentic records. Geoffrey of Monmouth places their martyrdom in the reign of Maximus, towards the close of the fourth age: but Otho of Frisingen, (l. 4, c. 28,) the interpolator of Sigebert’s Chronicle, and Bishop Usher, in the middle of the fifth. As to the fancy, that Undecimilla might have been the name of one of these virgins, (see Valesiana, p. 49,) it is destitute of all shadow of the least foundation, and exploded by all critics. [back]

Note 2. Chron. Usher Ant. Britan. c. 8, p. 108, and c. 12, p. 224. [back]

Note 3. Read Fenelon, Sur l’Education des Filles; and another older French book, printed in English, in 1678, under this title, The Christian Education of Children; and Dr. Gobinet’s Instructions of Youth; also, his treatise of The Imitation of the holy Youth of J. C. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume X: October. The Lives of the Saints.  1866.


SOURCE : http://www.bartleby.com/210/10/211.html