jeudi 18 octobre 2012

Saint LUC, ÉVANGÉLISTE


Saint Luc

Évangéliste

(Ier siècle)

Saint Luc, né à Antioche, est une des principales gloires de cette ville. On sait peu de chose de ses premières années; on ignore même si, avant sa conversion, il était païen ou observait la religion juive; cette dernière opinion est la plus généralement adoptée. Doué d'un caractère ferme et d'une belle intelligence, il fut, paraît-il, très habile médecin, et ne dédaignait pas, dans ses loisirs, de cultiver l'art de la peinture, pour lequel il avait un goût prononcé.

Luc serait sûrement arrivé à l'une des premières charges de la cité, quand il renonça à son brillant avenir pour aller voir, en Judée, ce Jésus qui venait d'inaugurer Sa vie publique, et dont le nom, la doctrine, les miracles, faisaient grand bruit dans tous les pays voisins. Il Le vit, crut en Sa mission divine, et prenant pour lui la parole du Maître: Que celui qui veut être Mon disciple quitte tout et Me suive, il suivit dès lors le Sauveur pas à pas dans Ses courses apostoliques; il fut témoin de Sa Passion, de Sa Résurrection, de Son Ascension, reçut le Saint-Esprit au Cénacle, le jour de la Pentecôte, et partit pour évangéliser Antioche sa patrie.

Plein d'enthousiasme pour le génie de saint Paul, il le prit pour son maître et se joignit à lui pour l'aider dans ses travaux; il lui fut si fidèle, qu'il l'accompagna dans tous ses voyages et supporta patiemment avec lui fatigues, souffrances et persécutions.

Saint Luc écrivit, sous l'inspiration de l'Esprit-Saint et avec une compétence personnelle qui est incontestable, l'Évangile qui porte son nom et les Actes des Apôtres. Son Évangile est surtout précieux par ses récits assez détaillés des mystères de l'Incarnation et de la Nativité du Sauveur, de l'Annonciation et de la Visitation. Les Actes des Apôtres servirent à faire disparaître beaucoup de mensonges qu'on répandait sur le christianisme naissant, et à confirmer les fidèles dans la foi.

Qui n'a entendu parler des Vierges peintes par saint Luc? D'après une tradition, il aurait obtenu de Marie la grâce de faire Son portrait, et la divine Mère aurait consenti à poser devant lui; le travail terminé, la Sainte Vierge l'aurait béni en disant: "Ma grâce sera toujours avec cette image." Les Madones de saint Luc sont vénérées en plusieurs lieux.

Après la mort du grand Apôtre, Luc continua son apostolat en Italie, dans les Gaules, la Dalmatie, la Macédoine. Il répandit son sang pour la foi, soit dans le Péloponèse, soit en Bithynie. – Les peintres et les médecins le regardent comme leur patron.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_luc.html



SAINT LUC, ÉVANGÉLISTE

Luc veut dire s'élevant ou montant, ou bien il vient de Lux, lumière. En effet il s'éleva au-dessus de l’amour du monde, et il a monté jusqu'à l’amour de Dieu. II fut la lumière du monde qu'il éclaira tout entier : « Vous êtes la lumière du monde », dit J.-C. (Math., V), or, la lumière du monde est le soleil lui-même. Cette lumière est située en haut (Eccl., XXVI): « Le soleil se lève sur le monde au haut du trône de Dieu » ; elle est agréable à voir (Eccl., XI) : « La lumière est douce, et l’oeil se plait à voir le soleil, elle est rapide dans sa course» (III, Esdras, c. IV, p. 34) : La terre est grande, le ciel est élevé et la course du soleil est rapide. » Elle est utile en ses effets, parce que, d'après le Philosophe, l’homme engendre l’homme, et le soleil en fait autant. De même saint Luc eut cette élévation par la contemplation des choses célestes; par sa douceur dans sa (200) manière de vivre, par sa rapidité dans sa fervente prédication et par l’utilité de la doctrine qu'il a écrite.

Luc, Syrien de nation, originaire d'Antioche, médecin de profession, fut, selon quelques auteurs, un des soixante-douze disciples du Seigneur. Puisque saint Jérôme dit, avec raison, qu'il fut disciple des apôtres et non du Seigneur, et comme la Glose remarque (sur l’Exode, XXV) qu'il ne s'attacha pas à suivre le Seigneur dans sa prédication, mais qu'il ne vint à la foi qu'après sa résurrection, il vaut mieux dire qu'il ne fut pas un des soixante-douze disciples, malgré l’opinion de certains auteurs. Sa vie fut si parfaite qu'il remplit exactement ses devoirs envers Dieu, envers le prochain, envers soi-même, et conformément à son ministère. En raison de ces quatre qualités, il est peint sous quatre faces, celle de l’homme, du lion, du boeuf et de l’aigle. « Chacun des animaux, dit Ezéchiel (I), avait quatre faces et quatre ailes. » Et pour mieux comprendre cela, figurons-nous un animal quelconque ayant une tête carrée, comme un carré de bois sur chacun de ses côtés figurons-nous une face, sur le devant celle d'un homme, à droite celle d'un lion, à gauche celle d'un veau, et par derrière la face d'un aigle. Or, comme la face de l’aigle s'élevait au-dessus des autres en raison de la longueur de son cou, c'est pour cela qu'on dit que l’aigle était par dessus. Chacun de ces animaux avait quatre ailes ; car comme nous nous figurons chaque animal comme un carré et que dans un carré il se trouve quatre angles, à chaque angle se trouvait une aile. Par ces quatre animaux, (201) d'après quelques saints, on entend les quatre Évangélistes dont chacun eut quatre faces dans ses écrits, savoir : celles de l’humanité, de la passion, de la résurrection et de la divinité; cependant on attribue plus spécialement à chacun d'eux la face d'un seul animal, D'après saint Jérôme, saint Mathieu est représenté sous la figure d'un homme, parce qu'il s'appesantit principalement sur l’humanité du Sauveur; saint Luc sous celle d'un veau, car il traite du sacerdoce du Christ ; saint Marc, sous celle d'un lion, évidemment parce qu'il a décrit la résurrection. Les lionceaux, dit-on, restent morts trois jours en venant au monde, mais ils sont tirés de cet engourdissement le troisième jour; par les rugissements du lion. En outre, saisit Marc commence son évangile par la prédication de saint Jean-Baptiste. Saint Jean est représenté sous la figure d'un aigle, parce qu'il s'élève plus haut que les autres, quand il traite de la divinité du Christ. Or, J.-C. dont les évangélistes ont écrit la vie eut aussi les propriétés de ces quatre animaux : il fut homme en tant que né d'une vierge, veau dans sa passion, lion dans sa résurrection, et aigle dans son ascension. Par ces quatre faces sous lesquelles est désigné saint Luc, aussi bien que chacun des évangélistes, on a voulu montrer les quatre qualités qui le distinguent. En effet par la face d'homme, on montre quelles furent ses qualités envers le prochain qu'il a dû instruire par la raison, attirer par la douceur et encourager par la libéralité ; car l’homme est une créature raisonnable, douce et libérale. Par la face d'aigle on montré ses dispositions par rapport à Dieu ; parce qu'en lui, l'oeil (202) de l’intelligence regarde Dieu par la contemplation, son affection s'aiguise par la méditation, comme le bec de l’aigle par l’usage qu'il en fait, et il se dépouille de sa vieillesse en prenant un nouvel état de vie. L'aigle en effet a la vue perçante, en sorte qu'il regarde le soleil sans que la réverbération des rayons de cet astre lui fasse fermer les yeux; et quand il est élevé au plus haut des airs, il voit: les petits poissons dans la mer. Son bec est très recourbé pour qu'il ne soit pas gêné pour saisir sa proie, qu'il écrase sur les pierres de manière qu'elle peut lui servir de nourriture. Brûlé ensuite par l’ardeur du soleil, il se précipité avec grande impétuosité dans une fontaine et se dépouille de sa vieillesse. La chaleur du soleil dissipe les ténèbres qui obscurcissent ses yeux et fait muer son plumage. — Par la face du lion, on voit qu'il fut parfait en soi, car il posséda la générosité dans sa conduite, la sagacité nécessaire pour échapper aux embûches des ennemis, et des habitudes de compassion envers les affligés. Le lion en effet est un animal généreux, puisqu'il est le roi des animaux : il a la sagacité, puisque dans sa fuite, il détruit avec sa queue les vestiges de ses pas afin que personne ne le trouve, il a l’habitude des souffrances, car il souffre de la fièvre quarte. Par la face de veau ou de boeuf, on voit qu'il remplit avec exactitude les fonctions de son ministère, qui consista à écrire son évangile. Il procéda dans ce livre avec circonspection; en commençant par la naissance du Précurseur, celle du Christ et son enfance, et il décrit ainsi avec enchaînement toutes les actions du Sauveur jusqu'au dernier sacrifice. Son récit est fait avec (203) discernement, parce qu'écrivant après deux évangélistes, il supplée ce qu'ils ont omis et il omet les faits sur lesquels ils ont donné des renseignements suffisants. Il s'appesantit sur ce qui regarde le temple et les sacrifices ; ce qui est évident dans toutes les parties qui composent son livre. Le boeuf est, en effet, un animal lent, aux pieds fendus, ce qui désigne le discernement dans les sacrificateurs.

Au reste, il est aisé de s'assurer d'une manière plus exacte encore que saint Luc eut les quatre qualités dont il vient d'être question, pour peu qu'on examine soigneusement l’ensemble de sa vie. En effet, il eut les qualités qui lui étaient nécessaires par rapport à Dieu. Elles sont au nombre de trois, d'après saint Bernard : l’affection, la pensée et l’intention. 1° L'affection doit être sainte, les pensées pures, et l’intention droite. Or, dans saint Luc, l’affection fut sainte, puisqu'il fut rempli du Saint-Esprit. Saint, Jérôme, dans son prologue de l’évangile de saint Luc, dit de lui qu'il mourut en Béthanie, plein du Saint-Esprit. 2° Ses pensées furent pures ; car il fut vierge de corps et d'esprit, ce qui démontre évidemment la pureté de ses pensées. 3° Son intention fut droite, car, dans tous ses actes, il recherchait l’honneur qui est dû à Dieu. Ces deux dernières vertus font dire dans le prologue sur les Actes des Apôtres : « Il se préserva de toute souillure en restant vierge » ; voici pour la pureté de ses pensées ; « il aima mieux servir le Seigneur », c'est-à-dire, pour l’honneur du Seigneur, ce qui a trait à la droiture de ses intentions. Venons à ses qualités par rapport au prochain : Nous remplissons nos devoirs à son (204) égard quand nous accomplissons envers lui ce à quoi le devoir nous oblige. Or, d'après Richard de Saint Victor, nous devons au prochain notre pouvoir, notre savoir et notre vouloir, qui engagent à un quatrième devoir, les bonnes oeuvres. Nous lui devons notre pouvoir en l’aidant, notre savoir en le conseillant, notre vouloir en concevant en sa faveur de bons désirs, et nos actions en lui rendant de bons offices. Or, saint Luc eut ces quatre qualités. Il donna au prochain ce qu'il put pour le soulager : ce qui est évident par sa conduite envers saint Paul auquel il resta constamment attaché dans toutes les tribulations du Docteur des Gentils, qu'il ne quitta jamais, mais auquel il vint en aide dans la prédication. « Luc est seul avec moi », dit saint Paul à Timothée (I, IV). Et quand il dit ces mots « avec moi » il veut dire que saint Luc l’aide, le défend, fournit à ses besoins. Quand il dit : « Luc est seul », saint Paul montre qu'il lui est constamment attaché. Saint Paul dit encore dans la IIe Ep. aux Corinthiens (VIII), en parlant de saint Luc : « Il a été choisi par les Églises pour nous accompagner dans nos voyages. » Il donna au prochain son savoir, par les conseils, lorsqu'il écrivit, pour l’utilité du prochain, ce qu'il avait appris de la doctrine des apôtres et de l’Évangile. Il se rend à lui-même ce témoignage, dans son prologue, quand il dit : « J'ai cru, très excellent Théophile, qu'après avoir été informé exactement de toutes ces choses depuis leur commencement, je devais aussi vous en représenter par écrit toute la suite, afin que vous reconnaissiez la vérité de ce qui vous a été annoncé. » Il servit le prochain de ses conseils, (205), puisque saint Jérôme dit en son prologue, que ses paroles sont des remèdes pour les âmes languissantes. Il fut plein de bons désirs, puisqu'il souhaita aux fidèles le salut éternel (Coloss., IV) : « Luc, médecin, vous salue » — il vous salue, c'est-à-dire qu'il souhaite le salut éternel. 4° Ses actions étaient de bons services chose évidente par cela qu'il reçut chez lui Notre-Seigneur qu'il prenait pour un voyageur. Car il était le compagnon de Cléophas qui allait à Emmaüs, au dire de quelques-uns; ainsi le rapporte saint Grégoire, dans ses Morales, bien que saint Ambroise dise que ce fut un autre, dont il cite même le nom, (Saint Ambroise, in Luc.)

Troisièmement il posséda les vertus requises pour sa propre sanctification. Trois vertus disposent l’homme à la sainteté, dit saint Bernard : la sobriété dans la manière de vivre, la justice dans les actes, et la piété du coeur; chacune de ces qualités se subdivise encore en trois, toujours d'après saint Bernard. C'est vivre sobrement que de vivre avec retenue, politesse et humilité : les actes seront dirigés par la justice s'il existe en eux droiture, discrétion et profit : droiture dans l’intention qui doit être bonne, discrétion s'il y a modération, et profit par l’édification : il y aura piété de coeur, si notre foi nous fait voir Dieu souverainement puissant, souverainement sage, et souverainement bon : en sorte que nous croyons notre faiblesse soutenue par sa puissance, notre ignorance rectifiée par sa sagesse, et, notre iniquité détruite par sa bonté. Or, saint Luc posséda toutes ces qualités. 1° Il y eut sobriété dans sa manière de vivre, en trois (206) choses : a) en vivant dans la continence ; car saint Jérôme dit de lui en son prologue sur saint Luc, qu'il ne se maria point, et qu'il n'eut pas d'enfants; b) en vivant avec politesse, comme on l’a vu tout à l’heure en parlant de Cléophas, supposé qu'il eût été l’autre disciple : « Deux des disciples de Jésus allaient ce jour-là à Emmaüs. » Il fut poli, ce qui est indiqué par le mot « deux » ; c'étaient des disciples, donc c'étaient des personnes bien disciplinées et de bonne conduite; c) en vivant avec humilité, vertu insinuée en cela qu'il cite Cléophas son compagnon, mais sans se nommer lui-même. D'après l’opinion de quelques auteurs, il ne se nomme pas par humilité. 2° Il y eut justice en ses actes et chacun d'eux procéda d'une intention droite; vertu indiquée dans l’oraison de son office où il est dit que, « pour la gloire du nom du Seigneur, il a continuellement porté sur son corps la mortification de la Croix. » : il y eut discernement dans sa conduite calme; aussi est-il représenté sous la face du boeuf qui a la corne du pied fendue, c'est le signe de la vertu de discernement. Ses actes produisirent des fruits d'édification; car il était grandement chéri de tous. Ce qui le fait appeler très cher par saint Paul en son épître aux Colossiens (IV) : « Luc, notre très cher médecin, vous salue. » 3° Il eut des sentiments pieux, car il eut la foi; et dans son évangile il proclama la souveraine puissance de Dieu, comme sa souveraine sagesse, et sa souveraine bonté. Les deux premiers attributs de Dieu sont énoncés clairement au chap. IV: « Le peuple était tout étonné de la doctrine de J.-C., parce qu'il parlait avec autorité. » Le troisième est (207) énoncé dans le ch. XVIII : « Il n'y a que Dieu seul qui soit bon. » 4° Enfin, il remplit exactement les fonctions de son ministère qui était d'écrire l’Évangile. Or, son évangile est appuyé sur la vérité, il est rempli de choses utiles, il est orné de beaux passages, et confirmé par de nombreuses autorités. I. Il est appuyé sur la vérité. Il y en a de trois sortes : la vérité de la vie, de la justice et de la doctrine. La vérité de la vie est l’équation qui s'établit entre la main et la langue; la vérité de la justice est l’équation de la substance à la cause; la vérité de la doctrine est l’équation qui s'établit entre la chose perçue et l’intellect. Or, l’évangile de saint Lue est appuyé sur ces trois sortes de vérités qui y sont enseignées, car cet évangéliste montre que J.-C. posséda ces trois sortes de vérités et les enseigna aux autres; d'abord par le témoignage de ses adversaires : « Maître, est-i1 dit dans le chap. XX nous savons que vous ne dites et n'enseignez rien que de juste » : voici la vérité de la doctrine , « et que vous n'avez point d'égard aux personnes » : voilà la vérité de la justice, « mais que vous enseignez la voie de Dieu dans la vérité » : voilà la vérité de la vie. La voie qui est bonne s'appelle la voie de Dieu. Saint Luc montre dans son évangile que J.-C. a enseigné cette triple vérité : 1° la vérité de la vie qui consiste dans l’observation des commandements de Dieu. Au chapitre X il est écrit : « Vous aimerez le Seigneur votre Dieu, de tout votre coeur... Faites cela et vous vivrez. » Au chapitre XXIII, « un homme de qualité demanda à J.-C. : « Bon maître, que faire pour que j'obtienne « la vie éternelle? » Il lui est répondu : « Vous savez (208) les commandements : « Vous ne tuerez point, etc... » 2° La vérité de la doctrine. Le Sauveur dit en s'adressant à certaines personnes qui altéraient la vérité de la doctrine : « Malheur à vous, pharisiens, qui payez la dîme, c'est-à-dire qui enseignez qu'il faut payer la dîme de la menthe, de la rue, et de toutes sortes d'herbes, et qui négligez la justice et l’amour de Dieu. (XI) » Il dit encore au même endroit : « Malheur à vous, docteurs de la loi, qui vous êtes saisis de la clef de la science, et qui n'y étant point entrés vous-mêmes, l’avez encore fermée à ceux qui voulaient y entrer. » 3 ° La vérité de la justice est énoncée au chapitre XX : « Rendez donc à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu. » Au chapitre XIX : « Quant à mes ennemis, qui n'ont point voulu m’avoir pour roi, qu'on les amène ici, et qu'on les tue en ma présence. » Au chapitre XIII, où il est question du jugement, quand J.-C. doit dire aux réprouvés: « Retirez-vous de moi, vous tous qui faites des oeuvres d'iniquité. »

II. Son évangile est d'une grande utilité. Aussi fut-il médecin pour nous montrer qu'il nous prépara une médecine très salutaire. Or, il y a trois sortes de médecine: la curative, la préservative et l’améliorative. Saint Luc montre dans son évangile que cette triple médecine nous a été préparée par le céleste médecin. La médecine curative guérit des maladies; or, c'est la pénitence qui guérit toutes les maladies spirituelles. C'est cette médecine que saint Luc dit nous avoir été offerte par le céleste médecin, dans le chapitre IV : «J'ai été envoyé par l’Esprit du Seigneur (209) pour guérir ceux qui ont le coeur brisé; pour annoncer aux captifs qu'ils vont être délivrés, etc. Je ne suis pas venu appeler tes justes, mais les pécheurs (V). » La médecine qui améliore fortifie la santé, et c'est l’observance des conseils qui rend l’homme meilleur et plus parfait. C'est elle que le grand médecin nous a préparée, quand il dit (ch. XVIII) : « Tout ce que vous avez, vendez-le et le donnez aux pauvres. » « Si quelqu'un prend votre manteau, laissez-lui prendre aussi votre robe. » (ch. VI.) La médecine préservative prévient la chute, et c'est la fuite des occasions du péché et des mauvaises compagnies qui nous est, enseignée au chapitre XII : « Gardez-vous du levain des pharisiens, qui est l’hypocrisie » ; par où il nous apprend à fuir la compagnie des méchants. On peut dire encore que l’Evangile de saint Luc est fort utile, en ce sens que tous les principes de la sagesse y sont renfermés. Voici comme en parle saint Ambroise : « Saint Luc embrasse toutes les parties de la sagesse, dans soli évangile. Il y enseigne ce qui a rapport à la nature, lorsqu'il attribue au Saint-Esprit l’Incarnation de N.-S. » David avait aussi enseigné cette sagesse naturelle, quand il dit: « Envoyez votre Esprit et ils seront créés. » Ce que saint Luc fait encore, en parlant des ténèbres qui accompagnèrent la Passion de J.-C., des tremblements de terre et du soleil qui retira ses rayons. Il enseigna la morale, puisqu'il donna une règle de moeurs dans le récit des Béatitudes. Son enseignement est conforme à la raison, quand il dit : « Celui qui est fidèle dans les petites choses le sera dans les grandes. » Sans cette triple science, la (210) naturelle, la morale et la rationnelle, point de foi, point de mystère de la Trinité possible. » (Saint Ambroise.)

III. Son évangile est embelli par toutes sortes de grâces : son style, en effet, et son langage sont fleuris et fort clairs. Or, pour qu'un écrivain atteigne à cette grâce et à cet éclat, trois qualités sont nécessaires, d'après saint Augustin, plaire, éclairer et toucher. Pour plaire, il faut un style orné ; pour éclairer, il le faut clair; pour toucher, il faut. parler avec feu.. Qualités que saint Luc posséda dans ses écrits et dans sa prédication. Lés deus premières, d'après ce témoignage de la II° aux Corinthiens : « Nous avons envoyé avec lui un frère (La Glose entend par ce frère saint Barnabé ou saint Luc) qui est devenu célèbre dans toutes les églises par son évangile. » Par ces mots « qui est devenu célèbre », saint Paul fait entendre que son style est orné. Par ceux-ci « dans toutes les églises », on voit qu'il a parlé avec clarté. Qu'il ait parlé avec feu, cela est évident, parce qu'il posséda un coeur ardent, selon qu'il le dit lui-même « Notre cour n'était-il pas embrasé en nous, lorsqu'il nous parlait dans le chemin et qu'il nous expliquait les Ecritures ? »

IV. Son évangile a été confirmé par de nombreuses autorités : 1° par celle du Père, qui dit dans Jérémie (XXXI) : « Le temps vient, dit le Seigneur,où je ferai une nouvelle alliance avec la maison d'Israël et la maison de Juda ; non selon l’alliance que je fis avec leurs pères, mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d'Israël, après que ce temps-là sera venu, dit le Seigneur : j'imprimerai ma loi dans leurs entrailles (211) et je l’écrirai dans leur coeur. » A la lettre, il parle ici de la doctrine évangélique. 2° Il a été corroboré par l’autorité du Fils, qui dit an chapitre XXI : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » 3° Son évangile fut inspiré par l’Esprit-Saint, d'après ces paroles de saint Jérémie dans son prologue sur saint Luc : « Par le mouvement du Saint-Esprit, il a écrit son évangile dans l’Achaïe. » 4° Il fut figuré d'avance par les anges ; c'est à ce sujet qu'il est dit dans l’Apocalypse (XIV) : « Je vis l’ange de Dieu qui volait par le milieu du ciel, portant l’Evangile éternel. » Or, cet Evangile est appelé éternel, parce qu'il a nue origine éternelle, c'est-à-dire J.-C. qui est éternel, dans sa nature, dans sa fin et dans sa durée.

V. Il a été annoncé par les prophètes. En effet, le prophète Ezéchiel a en vue l’évangile de saint Luc; quand il dit qu'un des animaux avait une face de veau. Le même prophète veut en parler encore (II), quand il raconte avoir vu un livre écrit en dedans et en dehors, et dans lequel on avait écrit des plaintes lugubres, des cantiques et des malédictions. Ce qui a rapport à l’évangile de saint Luc, qui est écrit, en dedans par les mystères qu'il renferme, et en dehors, par le récit historique. On y trouve encore les plaintes de la Passion, le cantique de la Résurrection et les malédictions de la Damnation éternelle, dans le chapitre XI, où se rencontrent beaucoup d'imprécations.

VI. Il a été expliqué et manifesté par la Sainte Vierge, qui en conservait toutes les particularités dans son cour et les ruminait, est-il dit en saint Luc (II), afin de pouvoir les faire connaître dans la suite aux (212) écrivains sacrés; d'après ce que dit la Glose : « Tout ce qu'elle savait des actions et des paroles du Seigneur, elle le recueillit dans sa mémoire, afin qu'au moment de prêcher et d'écrire les circonstances de l’Incarnation, elle prît expliquer, d'une manière satisfaisante, à qui le demanderait, tolet ce qui s'était passé. C'est ce qui fait que saint Bernard, expliquant pourquoi l’ange annonça à la Sainte Vierge la grossesse d'Elisabeth, dit : « Si la conception d'Elisabeth est découverte à Marie, c'est afin que la venue du Sauveur et celle du Précurseur étant connues, elle pût, en conservant dans son esprit la suite et l’enchaînement des faits, en révéler, dans la suite la vérité aux écrivains et aux prédicateurs, puisque, dès le principe, elle fut pleinement instruite miraculeusement de tous ces mystères. » Aussi croit-on que les évangélistes lui demandaient bien des renseignements, sur lesquels elle les éclairait.

On a pensé de saint Luc en particulier qu'il eut recours à elle comme à l’arche du Testament, et qu'il en apprit avec certitude bien des faits, surtout ceux qui la concernaient personnellement, comme l’Annonciation de l’ange, la naissance de J.-C. et autres semblables dont saint Luc est le seul qui fasse état.

VII. L'Evangile lui fut notifié par les apôtres. Puisque saint Luc ne fut pas témoin de toutes les actions et des miracles de J.-C. if fut obligé d'écrire son évangile selon les données et le rapport des apôtres qui avaient été présents : il le donne à entendre dans son prologue quand il dit : « J'ai écrit sur le rapport que nous en ont fait ceux qui dès le commencement ont (213) vu ces choses de leurs propres yeux et qui ont été les ministres de ta parole. » Comme on a coutume de rendre témoignage soit de ce que l’on a vu, soit de ce que l’on a entendu, dit saint Augustin; c'est pour cela que le Seigneur a voulu avoir deux témoins qui l’eussent vu, savoir saint Mathieu et saint Jean, et deux qui eussent entendu, savoir saint Marc et saint Luc. Mais parce que le témoignage de ce qu'on a vu est plus sûr et plus certain que celui de ce qu'on a entendu, c'est pour cette même raison, ajoute saint Augustin, que les deux évangélistes qui ont vu sont l’un au commencement et l’autre à la fin, et les deux qui ont entendu sont placés au milieu, afin que, tenant le milieu comme les plus faibles, ils soient protégés et défendus par ceux qui se trouvent au commencement et à la fin comme étant plus certains.

VIII. Il fut merveilleusement approuvé par saint Paul, qui, en preuve de ce qu'il disait, apportait le témoignage de l’évangile de saint Luc. Ce qui fait (lire à saint Jérôme, dans son livre des Hommes illustres, que plusieurs estiment que si saint Paul parle ainsi dans ses épîtres : « Selon mon évangile », il veut parler de l’ouvrage de saint Luc. Saint Paul approuvait encore merveilleusement l’évangile de saint Lire quand il écrit aux Corinthiens (II, c. VIII) que « saint Luc est devenu célèbre dans toutes les églises par son évangile. » — On lit dans l’Histoire d'Antioche que les chrétiens qui habitaient cette ville s'étant livrés à d'affligeants et nombreux désordres, furent assiégés par les Turcs, et en proie à une grande misère et à la famine. Mais étant revenus tout à fait (214) au Seigneur par la pénitence, il apparut à quelqu'un qui veillait dans l’église de Sainte-Marie de Tripoli un personnage éclatant de lumière et revêtu d'habits blancs ; et quand l’homme qui veillait eut demandé à celui-ci qui il était, il lui fut répondu, qu'il était saint Luc, venu d'Antioche, où le Seigneur avait convoqué la milice céleste, avec les apôtres et les martyrs, afin de combattre pour ses serviteurs. Alors les chrétiens, pleins d'ardeur, taillèrent en pièces l’armée entière des Turcs.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdccccii

SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome03/157.htm



Fête à Rome au IXème siècle.

(Leçons des Matines)

Du livre de saint Jérôme, Prêtre : Des écrivains ecclésiastiques.

Quatrième leçon. Luc, médecin d’Antioche, instruit, comme ses écrits l’indiquent, dans la langue grecque, fut le disciple de l’apôtre saint Paul, et son compagnon en ses diverses pérégrinations. Il a écrit un Évangile, et c’est de lui que le même Apôtre dit : « Nous avons envoyé avec lui un de nos frères dont on fait l’éloge, à cause de l’Évangile, dans toutes les Églises ; » et aux Colossiens : « Luc, le médecin bien-aimé, vous salue ; » et à Timothée : « Luc est seul avec moi. » Il a aussi laissé un autre livre excellent intitulé : Les Actes des Apôtres, et qui renferme l’histoire de ces temps-là jusqu’à la seconde année du séjour de Paul à Rome, c’est-à-dire la quatrième de Néron : d’où nous inférons que l’ouvrage fut composé dans cette même ville.

Cinquième leçon. Aussi regardons-nous les voyages de Paul, de Thècle et toute la fable du Lion baptisé, comme des livres apocryphes. Car est-il possible que, parmi tant d’autres choses, un compagnon de l’Apôtre n’ait oublié que celles-là ? D’ailleurs Tertullien, peu éloigné de ces temps-là, rapporte qu’en Asie, un certain prêtre, qui affectionnait l’Apôtre, ayant été convaincu par saint Jean d’être l’auteur de l’ouvrage et ayant avoué qu’il l’avait fait par affection pour saint Paul, fut déposé précisément pour ce sujet-là. Au sentiment de quelques-uns, toutes les fois que Paul, en ses Épîtres, écrit ces mots : « selon mon Évangile, » c’est de l’Évangile selon saint Luc qu’il entend parler.

Sixième leçon. Et ce n’est pas seulement de l’Apôtre saint Paul, qui n’avait point été avec le Seigneur au temps de sa vie mortelle, mais encore des autres apôtres, que saint Luc recueillit les récits de son Évangile. C’est ce qu’il déclare lui-même au commencement de son livre, en ces termes : « Suivant que ces choses nous ont été transmises par ceux qui, dès le commencement, les ont eux-mêmes vues, et qui ont été les ministres de la parole. » Ainsi donc, il a rédigé son Évangile sur le rapport d’autrui, et les Actes des Apôtres, d’après ce qu’il avait vu lui-même. Il vécut quatre-vingt-quatre ans et ne fut point marié ; on l’ensevelit à Constantinople, ses ossements y ayant été transportés d’Achaïe, avec les reliques de l’apôtre saint André, l’an vingtième de Constantin.

SOURCE : http://www.introibo.fr/18-10-St-Luc-evangeliste



Bonne fête aux Luc et aux Lucas, aux paroisses qui sont sous le patronage de saint Luc, ainsi qu'aux médecins, infirmières et infirmiers, aux aides-soignantes, aux étudiants en médecine.

Selon le témoignage de saint Paul, à la fin de sa Lettre aux Colossiens (4, 14), saint Luc était médecin. Luc l'Évangéliste : personne n'a autant mérité que lui le titre de "porteur de la Bonne Nouvelle de Jésus Sauveur" ! Son oeuvre comporte deux parties reliées par Jérusalem : son évangile en est comme l'ascension depuis Bethléem et Nazareth (l'évangile de l'Enfance), et le témoignage des Actes de Apôtres nous conduit de Jérusalem à Rome. Saint Luc nous a ainsi laissé, avec saint Paul, la plus importante contribution personnelle au Nouveau Testament ; il est l'historien de l'Église naissante. Ami et compagnon de saint Paul, il se convertit grâce à lui au christianisme. Avec Timothée, il sera l'un des amis les plus intimes de l'Apôtre des Nations, spécialement au cours des 2e et 3e missions, à travers l'Asie mineure, la Grèce, la Méditerranée et enfin Rome.

Saint Luc, en communion étroite avec le témoignage des Apôtres et de l'Église de Jérusalem, se fera, selon l'expression de Dante, "le chantre de la mansuétude du Christ" ! Dans la personne et le visage de Jésus le Sauveur, Luc met d'abord en relief, avec une très vive sensibilité, l'amour qui est tendresse et miséricorde. C'est dans son évangile qu'on trouve les récits les plus "forts" : de l'Agonie de Jésus au Jardin des oliviers, de l'accueil sans limites à tous les pécheurs, à tous les "malades" d'où qu'ils viennent. On y trouve les paraboles du publicain et du bon Samaritain et le témoignage du bandit qui meurt dans la paix, en croix près de Jésus. Les femmes, dans l'oeuvre de saint Luc, ont une place considérable qui correspond parfaitement aux attitudes du Seigneur : l'accueil de la pécheresse, l'hospitalité de Marthe et l'écoute de Marie à Béthanie, les veuves de Naïm et du Temple…et surtout la place faite à Marie, Mère de Jésus. Luc nous en a laissé la plus belle Icône en témoignant : "Quant à Marie, elle conservait tous ces évènements, les méditant dans son coeur".

Le prénom Luc signifie en grec "pur" (leukos). Pur se dit également katharos en grec, ce qui a donné naissance au prénom Catherine.

Rédacteur : Frère Bernard Pineau, OP

SOURCE : http://www.lejourduseigneur.com/Web-TV/Saints/Luc-Evangeliste


Nicolas Fouquet, Saint Luc

Le taureau et saint Luc l'évangéliste

Le taureau est le symbole de l'évangéliste saint Luc dans notre tradition chrétienne. C'est une image qui paraît lui être tout à fait bien adaptée pour plusieurs raisons.

La première raison consiste dans ce trait biologique propre aux bovins : ils ruminent. Longuement, pour bien digérer le foin ou toute autre nourriture, ils la mâchent et la remâchent comme saint Luc l'a fait pour les paroles de Jésus. À lire l'évangile de Luc, on sent que son auteur a bien assimilé chaque enseignement du Christ. C'est peut-être pourquoi les phrases sont disposées avec tant d'harmonie, juste à l'endroit qu'il faut.

De plus, saint Luc a donné du relief à des personnes qui « ruminaient » la parole de Dieu. Les personnalités contemplatives ont retenu son intérêt. La Vierge Marie ressort comme un de ces êtres qui s'attachent à l'approfondissement des événements du salut. Elle a creusé le sens des paroles de l'ange Gabriel et les a comprises un peu plus à la naissance de Jésus. Après la visite des bergers à la crèche, Marie, selon les mots de saint Luc, conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son coeur (Luc 2,19). L'autre Marie, la sœur de Marthe, appartenait à la même classe de personnalités contemplatives (Luc 10,39).

Le taureau, dans l'imaginaire humain de tous les temps, représente également la puissance de travail. Le regard porte alors sur les bêtes toutes en muscles qui tirent une charrue ou une charge pesante. Le travail d'écrivain que saint Luc a accompli révèle sa capacité de réaliser une grande oeuvre fort exigeante. Quand on sait que l'écrivain antique met trois minutes à écrire une syllabe sur une feuille rude de papyrus (contre une seconde à notre époque), on évalue ce que représentent les 24 chapitres de l'évangile et les 28 chapitres des Actes des Apôtres. Tout un exploit de force morale et de zèle laborieux! Saint Luc, le taureau, nous donne une leçon bien actuelle de contemplation et de travail.

Pierre Bougie, PSS

Professeur au Grand séminaire de Montréal

SOURCE : http://www.interbible.org/interBible/ecritures/symboles/2002/sym_021112.htm


Saint Luc, évangéliste

Nous fêtons aujourd’hui saint Luc évangéliste. Sa personnalité est mal connue. Papias de Hiérapolis en Asie Mineure vers 120, qui nous renseigne sur les évangiles et leurs auteurs, demeure muet à son sujet. Le canon de Muratori nous donne sur lui quelques informations générales : « Le 3ème livre de l’Evangile est selon saint Luc. Luc est ce médecin, qui après l’ascension du Christ, fut emmené par Paul comme compagnon de ses voyages et qui écrivit en son nom selon la pensée ; cependant, il ne vit pas lui-même le Seigneur en chair ; pour cela, il commença son récit à partir de la naissance de Jean, comme il put l’atteindre. » Irénée, Tertullien et Origène confirment ces données et y apportent même quelques éléments supplémentaires sans pour autant être exhaustifs. On apprend d’eux notamment que Luc était syrien de culture païenne et que dans son évangile, il entend s’adresser aux grecs. Il est donc bien « l’évangéliste des païens ». En ce sens, l’évangile de ce jour qui nous décrit l’envoi des soixante-douze disciples - soixante-douze faisant référence aux soixante-douze nations de Genèse 11 qui peuplent l’ensemble de la terre – s’applique tout particulièrement à lui.

Si Luc n’a pas de son vivant croisé la route de Jésus, il a pourtant dans la foi fait l’expérience personnelle d’une rencontre avec lui qui a bouleversé sa vie et qui fit de lui son disciple. Luc accueillit la seigneurie du Christ c’est-à-dire la réalité d’un Dieu venu jusqu’à lui pour le sauver de son péché. « Seigneur » est d’ailleurs un des titres favoris qu’il utilise pour désigner Jésus. Ne peut être envoyé en mission que celui qui a reconnu Jésus comme tel et l’a reçu comme tel au cœur de son histoire : « Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze » (Cf. Evangile). Ne portera du fruit que celui qui aura fait l’expérience de ce Père qui le sauve en son Fils, de ce Dieu qui vient à sa rencontre pour le prendre sur ses épaules et le ramener à lui, la source de vie. Les paraboles de la miséricorde du chapitre quinze de saint Luc en sont le témoignage éloquent ! Dante Alighieri l’avait bien compris, lui qui appelait saint Luc le « scribe de la mansuétude du Christ », « scriba mansuetudinis Christi ».

L’œuvre de saint Luc témoigne aussi qu’il a fait cette expérience de Jésus Seigneur et Sauveur « en Eglise » et non pas de façon isolée ou solitaire. A travers son évangile et le récit des Actes, il nous montre que la rencontre avec le Christ se fait à travers des communautés de témoins concrètes et variées, animées par le dynamisme de l’Esprit Saint.

« Seigneur, ravive en nous la mémoire de ce jour où nous t’avons reçu comme le Seigneur de nos vies. Merci pour ceux que tu as mis sur notre route et qui nous ont conduits jusqu’à toi. Seigneur, que devant l’abîme de ta miséricorde nos yeux s’ouvrent sur la profondeur de notre misère. Car nous ne pourrons être des témoins authentiques de toi que dans la mesure où nous recevrons ton Amour qui tout en nous comblant nous dépouillera de ce qui nous rendait grands (Lc 9, 46) à nos propres yeux. »



1.LUC, médecin d’Antioche comme le mentionnent ses écrits, n’était pas ignorant du grec (1) ; disciple de l’apôtre Paul et le compagnon de tous ses voyages (2), il écrivit un Évangile dont Paul parle aussi : « Nous avons envoyé avec lui un frère dont on trouve l’éloge dans l’évangile adressé à toutes les Églises » (2 Co 8, 18) ; il dit aussi dans sa Lettre aux Colossiens : « Luc, notre très cher médecin, vous salue » (Col 4, 14), et dans sa Lettre à Timothée : « Luc seul est avec moi » (2 Tm 4, 11) (3). 2. Luc publia aussi un autre ouvrage remarquable qui a comme titre les Actes des Apôtres et qui raconte l’histoire de ce temps jusqu’à la deuxième année du séjour de Paul à Rome, c’est-à-dire jusqu’à la quatrième année du règne de Néron. Cela nous fait conclure qu’il a écrit ce livre dans cette ville (4). 3. Aussi devons-nous compter parmi les écrits apocryphes les Voyages de Paul et de Thècle, ainsi que l’histoire entière du lion baptisé (5). En effet, comment le compagnon inséparable de l’apôtre Paul aurait-il pu ignorer ce fait seul alors qu’il avait connaissance de tous les autres ? Et Tertullien aussi, proche de cette époque, rapporte (6) qu’un prêtre en Asie, admirateur de l’apôtre Paul, convaincu par Jean d’être l’auteur de ce livre et ayant avoué qu’il l’avait composé par amour pour Paul, fut destitué de sa charge. 4. Certains supposent que, chaque fois que Paul dit dans ses Lettres : « selon mon évangile (7) », il fait allusion au livre de Luc, et que Luc a appris son évangile non seulement de l’apôtre Paul, qui n’avait pas fréquenté personnellement le Seigneur, mais aussi de tous les autres apôtres (8). 5. C’est ce que lui-même déclare aussi au début (9) : « Comme nous l’ont rapporté ceux qui dès les débuts ont été des témoins oculaires et des serviteurs de la Parole » (Lc 1, 2). Par conséquent, il écrivit son Évangile selon ce qu’il avait entendu raconter et composa les Actes des Apôtres, selon ce qu’il avait lui-même vu.
6.Il est enterré à Constantinople, ville dans laquelle, la vingtième année du règne de Constantin, ses ossements furent transférés avec les reliques de l’apôtre André (10).

(1)    Luc, qui usait d’une langue très élaborée, faisait un usage très précis des temps et des modes. Il recherchait aussi un style très raffiné.
(2)    Paul le rencontra lors de son second voyage missionnaire à Troas et l’emmena avec lui jusqu’à Philippes. Plus tard Luc l’accompagna jusqu’à Jérusalem, puis à Rome depuis Césarée – si du moins les passages des Actes des Apôtres usant  du « nous » sont bien à interpréter comme un témoignage  personnel de Luc et non comme la trace du journal de voyage, utilisé par Luc, d’un compagnon de Paul non identifié.
(3)    Paul, pressentant sa mort prochaine, déplore que ses compagnons l’aient abandonné et appelle Timothée à son secours.
(4)    Les Actes auraient donc, selon Jérôme, été rédigés en 62-63. Cela supposerait que l’évangile selon Luc ait déjà été écrit à cette date, alors que les exégètes situent maintenant cet évangile vers 70 au plus tôt. Luc était aux côtés de Paul lors de son premier emprisonnement à Rome, ainsi que lorsque l’apôtre attendait la mort. Il aurait ensuite quitté Rome.
(5)   Ces écrits apocryphes très lus à l’époque de Jérôme racontent l’histoire de la rencontre entre sainte Thècle et saint Paul. La jeune femme vivait à Iconium quand Paul la convertit : elle le suivit dans ses voyages et fut condamnée à subir le martyre. Sa foi l’en sauva à trois reprises, dont la première fois par une lionne, qui devint, avec le temps, un lion baptisé, cf. Écrits apocryphes chrétiens, t. 1, 1127-1142.
(6)    Tertullien, Du Baptême, 17, 5.
(7)    Rm 2, 16 ; 16, 25 ; 2 Tm 2, 8.
(8)    Les exégètes débattent la question de savoir si Matthieu et Luc disposaient du même texte de Marc, ou d’un texte narratif plus ancien suivi de près par Marc.
(9)    On doit remarquer que Jérôme utilise le même terme – principium – pour désigner aussi bien le début de l’évangile de Luc que le début de la vie publique du Christ.
(10)                       Jérôme vit sans doute cette information confirmée lors de son séjour à Constantinople en 381.

JÉRÔME. Les hommes illustres. Paris, Migne. « Les pères dans la foi, 2010, 67-69 (notes de Delphine Vieillard)Redécouvrir l’évangéliste Saint Luc (historien, médecin, peintre et évangéliste)


« Luc est né à Antioche. L’on ignore s’il était païen ou juif non croyant. Il exerçait la profession de médecin. Cet homme cultivé connaissait la langue grecque. Il se présente comme écrivain, soucieux de vérité historique. La visée théologique d’un missionnaire de la fin du 1e siècle apparaît cependant derrière la construction littéraire de ses écrits. Luc a réalisé un travail d’écrivain qui révèle sa capacité d’écrire une œuvre harmonieuse. Sur le plan de l’écriture, Luc est l’écrivain le plus doué des évangélistes.

Ses écrits, parus dans les années 60, font partie des trois évangiles dits « synoptiques ». Les deux autres évangiles ont été réalisés par Matthieu et Marc. »

1 – Luc, un homme avec plusieurs cordes à son arc, mais qui ne dit rien de lui.

Qui est Luc ?

Historien, médecin, peintre… Luc, un homme avec plusieurs cordes à son arc, mais qui ne dit rien de lui. Luc est le compagnon de Paul. Il est l’auteur du 3e évangile et des Actes de Apôtres. Il adresse ces deux textes à un certain Théophile. C’est aussi l’évangéliste qui raconte la naissance et l’enfance de Jésus.

Luc historien

Luc n’a pas connu Jésus pendant sa vie terrestre. Son évangile et les Actes des Apôtres qui s’achèvent avec l’arrivée de Paul à Rome forme un tout. Ils ont été rédigés autour des années 60. Luc écrit une biographie de Jésus, puis l’histoire des premiers chrétiens.

Dans le prologue de son évangile, il présente la manière dont il travaille. Comme un historien, il a mené l’enquête de manière à présenter des faits reconnus dans lesquels, il veut que son lecteur reconnaisse l’œuvre de Dieu. «Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début des témoins oculaires et serviteurs de la Parole, après m’être informé exactement de tout depuis les origines, d’en écrire pour toi l’exposé suivi, excellent Théophile, pour que tu te rendes bien compte de la sûreté des enseignements que tu as reçus.»

Il recommence dans le prologue des Actes des Apôtres. Toujours dans les Actes, il présente les différents lieux où le christianisme est annoncé : à Jérusalem, en Judée, en Samarie jusqu’aux extrémités de la terre (Actes 1,8). Il agit en reporter : il énonce des faits, les illustrent et montrent leurs cohérences.

Celui qui raconte l’enfance de Jésus

Luc donne une place importante à Marie. Les récits de l’enfance de Jésus sont racontés de son point de vue. Elle est celle qui a vu l’amour de Dieu. Il fait d’elle la première messagère de la Bonne Nouvelle.

Luc commence par raconter la naissance de Jean-Baptiste parce que, pour lui, l’histoire de Jésus commence avec celui qui le précède. Puis vient l’annonce faite à Marie : «Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils : tu lui donneras le nom de Jésus» (Luc 1, 31). Marie questionne, dialogue avec l’ange et finalement dit oui : «je suis la servante du Seigneur. Qu’il m’advienne selon sa parole» (Luc 1, 38). Le signe donné à Marie est la naissance proche attendue par Elisabeth. Elle part la rejoindre. Les histoires de Jean-Baptiste et de Jésus se mêlent quand Elisabeth et Marie se rencontrent (la Visitation). De cette rencontre surgit une prière : le Magnificat, le chant d’action de grâce de Marie. A cette prière, une autre vient comme en écho : celle de Zacharie, mari d’Elisabeth, lors de la naissance de Jean-Baptiste.

Luc nous donne ensuite quelles informations sur Joseph. Il est issu de la maison et de la famille de David. C’est la raison pour laquelle il quitte Nazareth où il est installé, pour Bethléem, ville de David, pour se faire recenser comme le demande l’empereur César Auguste.

Jésus naît à Bethléem. Ce sont les bergers gardant leurs troupeaux qui seront les premiers à recevoir la nouvelle : «Aujourd’hui, vous est né un Sauveur» (Luc 2, 11). On apprend également que huit jours après sa naissance, Jésus est circoncis, puis, un peu plus tard présenté au temple. C’était la coutume de consacrer le premier d’une famille au Seigneur.

Le récit de Jésus à douze ans qui discute avec les docteurs de la loi du Temple de Jérusalem est fait uniquement par Luc. Cela lui permet de marquer une étape dans la vie de Jésus et de montrer qu’il est humain. «Il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes» (Luc 2, 52). Il est à la fois vrai homme et vrai Dieu.

Luc a vécu au cours du 1er siècle, il est grec. Il est né à Antioche (dans l’actuelle Turquie), ville connue à cette époque pour ses écoles dans tout l’Orient.

Luc rencontre Paul et se convertit. Il devient son fidèle collaborateur et l’accompagne dans ses déplacements à partir de 51. Paul le décrit comme un éminent médecin : «notre cher médecin» (lettre aux Colossiens 4, 14). Vers l’an 56, Luc est envoyé à Corinthe par Paul. Lorsque Paul est mis en prison à Rome, une première fois en 61, une seconde en 65 ou 66, Luc partage sa captivité. Quand Paul est décapité, Luc quitte Rome. On ne sait plus grand chose de sa vie ensuite.

Luc, médecin

Il est le seul des quatre Evangélistes à décrire les maladies avec une précision médicale, pour désigner par exemple la localisation d’une paralysie et pour utiliser des termes médicaux. Vers la fin du Moyen-Age, les médecins l’adoptent comme leur saint patron. A partir du 15ème siècle, la rentrée en Faculté de Médecine se fait le jour de la fête de saint Luc, le 18 octobre. Les médecins militaires, aussi bien dans leurs hôpitaux qu’en opérations, fêtent la saint Luc.

Luc est renommé également comme peintre de la Vierge, peut-être parce qu’il est celui qui décrit avec le plus d’attention Marie. Certains tableaux en Syrie et à Rome, sont dit peints par lui. Il arrive que sur des gravures ou des peintures du XVe siècle, Luc soit représenté à la fois en écrivain (évangéliste) et en peintre ; et quelquefois, avec les habits du médecin. Actuellement quelques établissements médicaux et quelques galeries de peintures portent le nom de Luc.

Les représentations de Luc

Les plus anciennes représentations de Luc le montrent écrivant son évangile. La tradition a donné comme symbole à Luc, un taureau. Le début de son évangile (Luc 1, 9) s’ouvre sur Zacharie au temple – lieu dans la Bible des sacrifices.

On le représente aussi, selon une tradition, en train de peindre la sainte Vierge.

Par Geneviève Pasquier, le 10/01/2007



2Évangile selon saint Luc

L’Évangile selon saint Luc (kata Lukas, où kata signifie selon) a pour auteur Luc (médecin et, selon la légende, peintre, compagnon de saint Paul). Il n’a pas connu lui-même le Christ, durant son ministère public. Il a également composé les Actes des Apôtres, qui sont la suite de son évangile. Les deux livres sont pareillement dédiés à « Théophile » (personnage réel, ou peut-être fictif, figure de l’ « ami de Dieu », Théo-phile).

Les deux ouvrages ont été rédigés probablement dans les années 60, avant la destruction du Temple (en 70), et avant le martyre des saints apôtres Pierre et Paul à Rome (en 64 ou 67).

Avec l’Évangile selon saint Marc et l’Évangile selon saint Matthieu, il fait partie des évangiles dits synoptiques. C’est le plus long de nos quatre évangiles, retenus dans le Nouveau Testament.

Il y a deux traditions relatives à l’auteur du Troisième Évangile.

L’une, orale, fut transmise par Gégoire le grand puis Théophylacte jusqu’à Jacques de Voragine et Anne Catherine Emmerich: L’évangéliste n’était autre que le compagnon anonyme de Cléopas. Épiphane de Salamine lui donnait pour nom Nathanaël [1]

L’autre, scripturaire, voyait en lui le compagnon de Paul. Saint Irénée note dans son Adversus Haereses (vers 180): « De son côté, Luc, le compagnon de Paul, consigna en un livre l’Évangile que prêchait celui-ci. » (Adv. Hae. III, Prologue)

Un ancien prologue grec de l’évangile de Luc, daté de la fin du second siècle, décrivait ainsi la genèse de cet évangile, et son auteur: « Luc était un syrien d’Antioche, médecin de profession, disciple des apôtres, et plus tard un accompagnateur de Paul jusqu’à son martyre. Il servit le Seigneur sans divertissement, sans femme et sans enfants. Il mourut à l’âge de 84 ans, en Béotie, rempli du Saint Esprit. » Ce prologue poursuit: « Quoique des évangiles existassent déjà, celui selon Matthieu, composé en Judée, et celui selon Marc en Italie, il fut incité par le Saint Esprit, et composa cet évangile entièrement dans la région avoisinant l’Achaïe; il rend très clair dans le prologue que les autres (évangiles) avaient été écrits avant le sien [...] Plus tard le même Luc écrivit les Actes des Apôtres. » (Cf. Joseph A.Fitzmyer, The Gospel according to Luke, I-IX, 1981, page 38-39).

De même le Canon de Muratori (document romain du milieu du IIe s.) : « Troisièmement, le livre de l’évangile selon Luc. Ce Luc était médecin. Après l’Ascension du Christ, Paul l’ayant pris pour second à cause de sa connaissance du droit, il écrivit avec son assentiment ce qu’il jugeait bon. » Il continue: « Cependant lui non plus ne vit pas le Seigneur dans la chair. Et par conséquent selon ce dont il avait pu s’informer il commença à le dire à partir de la Nativité de Jean. »

Saint Paul de Tarse se réfère à Luc en Col 4,14 où il l’appelle « le cher médecin »; de même dans l’épître à Philémon (24) où Luc se trouve en compagnie de Marc, pendant la première captivité romaine de Paul, et dans la deuxième à Timothée (4,11): « Seul Luc est avec moi. » Luc pourrait avoir été, sous les directives de Paul, le rédacteur des épîtres dites pastorales (1 Tm ; 2 Tm ; Tt). En effet, on croit y reconnaître son style.

Les trois cantiques

C’est dans Luc que l’on trouve les trois célèbres cantiques, repris dans la liturgie des heures :

• Le Benedictus (ou cantique de Zacharie)

• Le Magnificat (ou cantique de Marie)

• Le Nunc dimittis (ou cantique de Siméon)

Marie livrant ses souvenirs, soit à l’apôtre Jean soit directement à l’évangéliste Luc, affirme à deux reprises qu’ « elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. » (Lc 2,19; cf. 2,51). Si elle a conservé tous ces souvenirs, c’était pour la postérité. Si elle les a médités, c’est qu’elle a dû chanter bien souvent dans son cœur les cantiques qui y sont contenus. Toute cette poésie est emplie de réminiscences bibliques. Effectivement, si de tels souvenirs sont parvenus à la connaissance de Luc, et à la nôtre, ce ne peut être que par Marie.



Luc, l’évangéliste de la miséricorde

L’analyse des sources de l’Évangile selon saint Luc met en évidence son originalité.

Saint Irénée a puissamment résumé, dans une page célèbre (cf. Adv. Hae. III, 14, 3), la nouveauté de l’évangile de Luc. Il recoupe notre exposé du précédent titre.

Luc en personne, dans son Prologue, a précisé sa méthode et sa préoccupation première.

« Puisque plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la Parole, j’ai décidé, moi aussi, après m’être informé exactement de tout depuis les origines d’en écrire pour toi l’exposé suivi, excellent Théophile. » (Lc 1,1-3).

Théophile devait être un éditeur de Rome par lequel Luc a publié son double ouvrage de l’évangile et des Actes (cf. Ac 1,1), mais aussi un chrétien fervent qui, en l’espèce, nous représente tous.

Luc a décidé de suivre l’exemple de plusieurs confrères : Matthieu l’apôtre qui (en hébreu ?), avait publié l’enseignement du Seigneur et plusieurs de ses faits et gestes. Marc l’interprète et le confident de Pierre et qui lui-même avait assisté, au sortir de l’enfance, à la Passion du Sauveur et qui avait fréquenté, chez sa mère, les apôtres et la première communauté chrétienne.

Philippe enfin, le diacre et compagnon d’Étienne, qui, selon une hypothèse, entreprenait avec l’aide de Luc de confectionner un évangile original reprenant les logia de Matthieu, mais qu’il n’écrirait et ne publierait qu’après le départ pour Rome de Luc et de Paul.

Luc a interrogé les « témoins oculaires et [les] serviteurs de la Parole », ceux de la première génération qui avaient connu le Seigneur: avant tous Jean, l’apôtre, et même la mère de Jésus, ainsi que les « frères du Seigneur »: Jacques, Simon et Jude, et avec eux toute l’Église de Jérusalem, héritière au premier chef de la pensée et de la mémoire de Jésus le Nazaréen. Il enquêta sur place en Palestine, profitant de son séjour forcé et prolongé dans la patrie du Christ. Philippe et Luc, dans leurs investigations, travaillèrent en commun avec Paul, puisqu’il nous est précisé que ce dernier pouvait recevoir librement dans sa prison (cf. Ac 24,23).

Luc est allé aux sources, ainsi qu’aux documents originaux, comme lui-même l’affirme avec insistance. Il l’a fait en historien consciencieux, même si son œuvre demeure artisanale à bien des égards, comme l’analyse l’a montré.

Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec les autres synoptiques, on observe sur le vif l’activité d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une manière qui lui est propre, évitant ou atténuant tout ce qui peut froisser, ou bien ce qui serait peu compréhensible au lecteur, ménageant les personnes des apôtres, ou les excusant, interprétant les termes obscurs, ou précisant la géographie.

En vrai « scriba mansuetudinis Christi », écrivain de la mansuétude du Christ (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs (15,1.7.10), à raconter des scènes de pardon (7,36-50). Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et pour les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités (16,19-31).

Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde (13,6-9). Il faut seulement qu’on se repente. Ici Luc tient à répéter l’exigence d’un détachement décisif et absolu des richesses (14,25-33).

On notera les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière (18,1-8) et l’exemple qu’en a donné Jésus (6,12).

Enfin comme chez saint Paul, et dans les Actes (suites de l’évangile), l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne (4,1; 24,49).

Ceci avec l’atmosphère de reconnaissance et d’allégresse spirituelle qui enveloppe tout le troisième évangile achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche.


Extraits

Lc 1,26-28 : Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, vers une vierge qui était fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph ; et le nom de la vierge était Marie. Etant entré où elle était, il lui dit : » Salut, pleine de grâce ! Le Seigneur est avec vous… »

Lc 2,4-7 : Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, qui s’appelle Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter s’accomplit, et elle mit au monde son fils premier-né, l’emmaillota et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie.

Lc 2,44-47 : Pensant qu’il était avec la caravane, ils marchèrent tout un jour, puis ils le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances. Ne l’ayant point trouvé, ils s’en retournèrent à Jérusalem en le recherchant. Or, au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; et tous ceux qui l’entendaient étaient ravis de son intelligence et de ses réponses.

Lc 13,34-35 : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés ! Que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule sa couvée sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu ! Voici que votre maison va vous être laissée (déserte). Je vous le dis, vous ne me verrez plus que ne [soit venu quand] vous direz : Béni celui qui vient au nom du Seigneur ! «

Lc 22,60-62 : Pierre dit : » Homme, je ne sais ce que tu dis. » Et à l’instant, comme il parlait encore, un coq chanta. Et le Seigneur, s’étant retourné, arrêta son regard sur Pierre, et Pierre se souvint de la parole du Seigneur, comme il lui avait dit : » Avant que le coq ait chanté aujourd’hui, tu me renieras trois fois. » Et étant sorti, il pleura amèrement.

Voir ahttp://fr.orthodoxwiki.org/%C3%89vangile_selon_saint_Lucussi

3 L’œuvre de Saint Luc :

L’oeuvre de Luc, calquée sur les livres des Rois ?

Dans le Nouveau Testament, c’est l’évangéliste Luc qui raconte le plus nettement l’ascension de Jésus. Il le fait même à deux reprises : une fois à la fin de son évangile (Lc 24, 50-53), puis au début des Actes des Apôtres, second tome, en quelque sorte, de son évangile.

Depuis longtemps, les exégètes ont remarqué la proximité entre l’oeuvre de Luc et ce que l’on nomme les cycles d’Elie et d’Elisée aux livres des Rois (1R 17 – 2 R 1 pour Elie, 2 R 2-13 pour Elisée). Luc aime calquer ses récits, ou certains de ses récits, sur ces grands modèles bibliques. Et la figure d’Elie, dans son immense stature de prophète, lui permet une approche du mystère de Jésus. Mais Jésus est plus grand qu’Elie, Luc ne cessera de le montrer. Ainsi trouve-t-on, dans la finale de l’évangile de Luc et le début des Actes, des récits qui reprennent les grands et beaux textes concernant Elie et son disciple.

L’ascension de Jésus

Nous tenons ainsi de Luc deux récits de l’Ascension de Jésus. Le premier, à la fin de son évangile, est christologique : il parle de Jésus. Venu de Dieu, il repart vers lui. Il est le Fils. L’accent du texte porte donc sur l’identité de Jésus : « Il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Et il advint, comme il les bénissait, qu’il se sépara d’eux et fut emporté au ciel. Pour eux, s’étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie, et ils étaient constamment dans le Temple à louer Dieu » (Luc 24, 50-53).

Le second récit ouvre les Actes des Apôtres. Il raconte encore l’Ascension de Jésus, mais porte un accent différent. La pointe du récit est alors ecclésiologique : il dit qui est le disciple et quelle est sa mission. Il parle de la naissance de l’Eglise, constituée de disciples fragiles, que l’Esprit de Dieu emporte dans son souffle pour les envoyer jusqu’au bout du monde (Actes 1, 8). Telle est en effet la mission que Jésus leur donne au moment de son départ. Désormais ils sont pleinement apôtres, c’est-à-dire envoyés : « Vous allez recevoir, dit Jésus, une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes 1, 8). Le relais leur est passé, c’est désormais le temps de l’Eglise.

Un langage théologique

Après ces paroles, poursuit le récit des Actes, ils le virent s’élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se tenaient devant eux et disaient : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel » (Actes 1, 9-11).

Ainsi Jésus s’élève et disparaît dans une nuée. L’image de la nuée est présente tout au long de la Bible pour évoquer la présence mystérieuse de Dieu auprès de son peuple. C’est dans une nuée que le Seigneur accompagne son peuple à la sortie d’Egypte, dans le passage de la mer et la marche au désert. Et sous la forme d’une colonne de feu, la nuit ! Une nuée entoure Jésus et ses disciples à la Transfiguration. C’est le signe de la présence et d’une révélation de Dieu. Et c’est bien sûr aussi vers le ciel que Jésus est emporté, puisque le ciel est ce lieu d’en haut, le lieu de Dieu.



Le langage des peintres

Notre habitude du langage des évangiles nous met aussi en alerte lorsque le récit évoque deux hommes vêtus de blanc. Comme à la résurrection ! Le blanc est la couleur de Dieu, le chiffre deux celui du témoignage parfait, confirmé par cette double présence.

L’Assomption de Marie

Ce que la Bible exprime dans une dimension spatiale est avant tout une vision ou une compréhension théologique. La théologie s’exprimera en termes semblables pour évoquer le mystère de Marie. Comprenant que Marie, mère de Jésus, est en même temps Mère de Dieu, elle exprimera en des images forgées au creuset biblique, sa proximité infinie de Dieu. Marie sera dite Immaculée conception, épargnée absolument par le péché. Et le langage de la foi dira de même que Marie ne meurt pas, mais qu’elle est emportée auprès de Dieu.

L’Assomption n’est pas plus un voyage stratosphérique que l’Ascension de Jésus. La théologie orientale, utilisant d’autres images, parle de la Dormition de Marie. Les peintres l’ont également magnifiquement représentée, à grand renfort de fleurs printanières surgissant en abondance : Marie n’est pas morte, elle dort, de ce sommeil dans lequel veille la vie de Dieu tout entière.

4 Saint Luc évangéliste, historien et peintre

Luc est né à Antioche. L’on ignore s’il était païen ou juif non croyant. Il exerçait la profession de médecin. Cet homme cultivé connaissait la langue grecque. Il se présente comme écrivain, soucieux de vérité historique. La visée théologique d’un missionnaire de la fin du 1e siècle apparaît cependant derrière la construction littéraire de ses écrits. Luc a réalisé un travail d’écrivain qui révèle sa capacité d’écrire une oeuvre harmonieuse. Sur le plan de l’écriture, Luc est l’écrivain le plus doué des évangélistes.

Ses écrits, parus dans les années 60, font partie des trois évangiles dits « synoptiques ». Les deux autres évangiles ont été réalisés par Matthieu et Marc.

Luc est l’auteur du livre des Actes des Apôtres qui suit les quatre Evangiles dans le Nouveau Testament. Il distingue clairement le temps de Jésus et celui des débuts de l’Église et est le seul évangéliste qui apporte des précisions sur l’enfance de Jésus. L’évangile selon Saint Luc peut être divisé en trois grandes parties :

- Le ministère de Jésus en Galilée

- De la Galilée à Jérusalem

- A Jérusalem.

Luc veut montrer que l’histoire de Jésus et celle de l’Église constituent l’accomplissement des promesses qui avaient été faites dans l’Ancien Testament.

Sa conversion fit suite à sa rencontre avec Paul de Tarse dont il devint le principal disciple. Il accompagna Paul de Tarse lors de son deuxième voyage missionnaire aux environs de l’an 49. Ils se retrouvent ensuite à Philippes. Lorsque Paul de Tarse fut décapité, Luc quitta Rome.

Luc fut également peintre et iconographe de la Vierge Marie. Plusieurs artistes l’ont représenté ainsi et nous vous invitons à lire, page suivante, l’histoire de la vierge noire vénérée en Pologne.

Le taureau est le symbole de l’évangéliste saint Luc dans notre tradition chrétienne.

Cet animal représente la puissance de travail dans l’imaginaire humain.

Pour prendre connaissance du texte concernant Paul de Tarse.


5 SAINT LUC : L’Évangéliste (Patron des peintres et des médecins) fêté le 18 octobre

LUC naquit à Antioche en Syrie. Il était grec de naissance et médecin de profession.

Luc fut un des premiers à être convertis. Plus tard, il devint le compagnon missionnaire de saint Paul pendant une partie de son deuxième et troisième voyage. Il prit soin de Paul lors de son incarcération à Césarée et à Rome. Paul en parle comme étant « le plus attentionné des médecins » et comme étant aussi « un travailleur acharné ». Avec Paul, il s’embarqua sur un bateau les menant de Troas à la Macédoine et demeura pendant sept ans à Philippes, partageant les naufrages et les périls du voyage jusqu’à Rome. En lisant les épîtres de Paul, nous apprenons que Luc est demeuré son compagnon fidèle.

Luc est l’auteur du troisième Evangile écrit avant l’an 63. Il a aussi écrit les Actes des Apôtres. Son symbole est le boeuf car celui-ci représente l’animal du sacrifice et on le retrouve dans son Evangile avec l’histoire de Zacharie le prêtre, offrant le sacrifice à Dieu. Luc parle de la prêtrise du Christ. Il mentionne aussi les oeuvres merveilleuses de Dieu lors de la construction de son Eglise et des événements et miracles qui eurent lieu de par saint Paul et auxquels il fut lui-même témoin.

Les icônes de Saint Luc (Biographie selon le Monastère Orthodoxe des Saints Elie et Elisée)

D’après la tradition, ce fut Saint Luc qui, le premier, exécuta trois Images de la sainte Mère de Dieu portant dans ses bras l’Enfant Dieu. Il les soumit à l’approbation de la Sainte Vierge, alors qu’elle était encore en vie. Celle-ci accueillit avec joie ces Saintes Images et dit: « Que la grâce de Celui qui a été enfanté par moi, soit en elles! ». Par la suite, Saint Luc, représenta en Image les Saints Apôtres et transmit à l’Eglise cette pieuse et Sainte Tradition de la vénération des Icônes du Christ et de ses Saints.

Saint Luc était originaire de la ville d’Antioche la Grande. De noble naissance, il excellait en particulier dans les domaines de la science médicale et de l’art pictural. Sous le règne de l’empereur Claude (vers 42 ap. J.C.), alors qu’il dispensait ses soins aux malades de la région de Thèbes en Béotie, il rencontra l’Apôtre Paul, dont les paroles de feu le convainquirent que la vérité absolue qu’il recherchait depuis tant d’années se trouvait effectivement chez les disciples de Jésus-Christ. Après avoir été séparé de son maître, Luc retourna en Grèce pour y proclamer l’Evangile. Il se fixa à nouveau dans la région de Thèbes, où il mourut dans la paix à l’âge de quatre-vingts ans.

Voulant rendre gloire à son fidèle serviteur, Dieu fit couler de son tombeau un liquide miraculeux, qui guérissait les maladies des yeux de ceux qui s’en oignaient avec foi. C’est ainsi que même après sa mort, Saint Luc continua d’exercer la médecine. De longues années plus tard (3 mars 357), l’empereur Constance, fils du Grand Constantin fit transporter la Relique du Saint à Constantinople par l’intermédiaire de Saint Artémios, duc d’Egypte, et la fit déposer sous l’Autel de l’église des Saints-Apôtres, auprès des Saintes Reliques des Apôtres André et Timothée.

Selon des traditions, Saint Luc a peint à trois reprises la Vierge, ouvrant la voie aux icônes peintes. C’est à l’une de ces icônes, acquise en Palestine par la femme de Théodose II et rapportée à Constantinople, que remonterait le type, très populaire, de la « Vierge Hodigitria », Vierge qui indique la Voie (le Christ enfant sur le bras gauche, la main droite ramenée devant le buste, désignant le Christ).

Plusieurs icônes sont traditionnellement attribuées à Saint Luc. Entre autres, les icônes Russes de la Vierge de Vladimir, de Jérusalem, de Tikhvine, de Smolensk, ainsi que, en Pologne, la Vierge de Czestochowa. Les icônes russes de la Vierge correspondent à des compositions iconographiques différentes. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ic%C3%B4ne_(religion))


SOURCE : http://www.paixetdeveloppement.net/religion-chretienne-redecouvrir-levangeliste-saint-luc-historien-medecin-peintre-et-evangeliste/

St. Luke

St. Luke’s name – of Latin origin – indicates that he apparently was not of Jewish derivation. The earliest surviving testimony describes him as a Syrian from Antioch. His abundant acquaintance with the Antiochean Church, as well as his knowledge of literary Greek, both illustrated in his writings, supports this testimony. Tradition and one text of St. Paul’s (Colossians 4:14) say that St. Luke was a trained physician. His Gospel exhibits a Greek literary style absent from the other Gospels and documents of the New Testament. Luke, apparently, was a well-educated man. His Greek was as polished as that of such classical writers as Xenophon.

Luke’s association with the disciples of Jesus probably began after Christ’s death, in the early 30s of the 1st century. His Gospel reveals a special acquaintance with Mary, the mother of Jesus, and tradition describes him as a friend and companion of St. Paul and of St. Mark. When St. Paul began his second missionary journey, about 49 A.D., St. Luke became a member of the party, joining St. Paul at the town of Troas and traveling to Macedonia with him (Acts 16: 11-12). Luke then probably remained at Philippi, rejoining St. Paul when he had finished his third missionary journey and was returning to Jerusalem (Acts 20:5, 26:18).

The Acts further say that St. Luke accompanied St. Paul when St. Paul was taken as a prisoner to Rome to be judged by Caesar (Acts 27:1, 28:26). The contents of St. Paul’s letters to Philemon (24) and Timothy (II, 4:11) reveal that St. Luke probably stayed with St. Paul until St.Paul’s death. A document called the Anti-Marcionite Prologue, which dates from the end of the 2nd century, says that St. Luke died unmarried in Boeotia or Bithynia at the age of 84 toward the end of the 1st century.

St. Luke’s authorship of the Third Gospel has not been seriously disputed. Nor has the attribution of the Acts of the Apostles to him been questioned. Luke’s Gospel is clearly related to the Gospels of St. Mark and St. Matthew both in content and in structure; all three drew on a common source. St. Luke, however, used a second source unknown to either St. Matthew or St. Mark. Scholars have surmised that this source may have been Mary, the mother of Jesus, and her closest friends, all of whom knew Jesus intimately.

The story of Jesus is presented by St. Luke within a tripartite view of human history. According to his view, the lifetime of Jesus occupied the central position, being preceded by the time of the Law and the Prophets and being followed by the time of the Christian Church. Scholars have assigned the composition  of St. Luke’s Gospel to between 70 and 80. Both internal and external evidence indicates that it was composed outside Palestine and intended for use by non-Jews.




Gospel of Saint Luke


The subject will be treated under the following heads:


Biography of Saint Luke


The name Lucas (Luke) is probably an abbreviation from Lucanus, like Annas from Ananus, Apollos from Apollonius, Artemas from Artemidorus, Demas from Demetrius, etc. (Schanz, "Evang. des heiligen Lucas", 1, 2; Lightfoot on "Col.", iv, 14; Plummer, "St. Luke", introd.)

The word Lucas seems to have been unknown before the Christian Era; but Lucanus is common in inscriptions, and is found at the beginning and end of the Gospel in some Old Latin manuscripts (ibid.). It is generally held that St. Luke was a native of Antioch. Eusebius (Church History III.4.6) has: Loukas de to men genos on ton ap Antiocheias, ten episteuen iatros, ta pleista suggegonos to Paulo, kai rots laipois de ou parergos ton apostolon homilnkos--"Lucas vero domo Antiochenus, arte medicus, qui et cum Paulo diu conjunctissime vixit, et cum reliquis Apostolis studiose versatus est." Eusebius has a clearer statement in his "Quæstiones Evangelicæ", IV, i, 270: ho de Loukas to men genos apo tes Boomenes Antiocheias en--"Luke was by birth a native of the renowned Antioch" (Schmiedel, "Encyc. Bib."). Spitta, Schmiedel, and Harnack think this is a quotation from Julius Africanus (first half of the third century). In Codex Bezæ (D) Luke is introduced by a "we" as early as Acts 11:28; and, though this is not a correct reading, it represents a very ancient tradition. The writer of Acts took a special interest in Antioch and was well acquainted with it (Acts 11:19-27; 13:1; 14:18-21, 14:25, 15:22, 23, 30, 35; 18:22). We are told the locality of only one deacon, "Nicolas, a proselyte of Antioch", 6:5; and it has been pointed out by Plummer that, out of eight writers who describe the Russian campaign of 1812, only two, who were Scottish, mention that the Russian general, Barclay de Tolly, was of Scottish extraction. These considerations seem to exclude the conjecture of Renan and Ramsay that St. Luke was a native of Philippi.

St. Luke was not a Jew. He is separated by St. Paul from those of the circumcision (Colossians 4:14), and his style proves that he was a Greek. Hence he cannot be identified with Lucius the prophet of Acts 13:1, nor with Lucius of Romans 16:21, who was cognatus of St. Paul. From this and the prologue of the Gospel it follows that Epiphanius errs when he calls him one of the Seventy Disciples; nor was he the companion of Cleophas in the journey to Emmaus after the Resurrection (as stated by Theophylact and the Greek Menologium). St. Luke had a great knowledge of the Septuagint and of things Jewish, which he acquired either as a Jewish proselyte (St. Jerome) or after he became a Christian, through his close intercourse with the Apostles and disciples. Besides Greek, he had many opportunities of acquiring Aramaic in his native Antioch, the capital of Syria. He was a physician by profession, and St. Paul calls him "the most dear physician" (Colossians 4:14). This avocation implied a liberal education, and his medical training is evidenced by his choice of medical language. Plummer suggests that he may have studied medicine at the famous school of Tarsus, the rival of Alexandria and Athens, and possibly met St. Paul there. From his intimate knowledge of the eastern Mediterranean, it has been conjectured that he had lengthened experience as a doctor on board ship. He travailed a good deal, and sends greetings to the Colossians, which seems to indicate that he had visited them.

St. Luke first appears in the Acts at Troas (16:8 sqq.), where he meets St. Paul, and, after the vision, crossed over with him to Europe as an Evangelist, landing at Neapolis and going on to Philippi, "being assured that God had called us to preach the Gospel to them" (note especially the transition into first person plural at verse 10). He was, therefore, already an Evangelist. He was present at the conversion of Lydia and her companions, and lodged in her house. He, together with St. Paul and his companions, was recognized by the pythonical spirit: "This same following Paul and us, cried out, saying: These men are the servants of the most high God, who preach unto you the way of salvation" (verse 17). He beheld Paul and Silas arrested, dragged before the Roman magistrates, charged with disturbing the city, "being Jews", beaten with rods and thrown into prison. Luke and Timothy escaped, probably because they did not look like Jews (Timothy's father was a gentile). When Paul departed from Philippi, Luke was left behind, in all probability to carry on the work of Evangelist. At Thessalonica the Apostle received highly appreciated pecuniary aid from Philippi (Philippians 4:15-16), doubtless through the good offices of St. Luke. It is not unlikely that the latter remained at Philippi all the time that St. Paul was preaching at Athens and Corinth, and while he was travelling to Jerusalem and back to Ephesus, and during the three years that the Apostle was engaged at Ephesus. When St. Paul revisited Macedonia, he again met St. Luke at Philippi, and there wrote his Second Epistle to the Corinthians.

St. Jerome thinks it is most likely that St. Luke is "the brother, whose praise is in the gospel through all the churches" (2 Corinthians 8:18), and that he was one of the bearers of the letter to Corinth. Shortly afterwards, when St. Paul returned from Greece, St. Luke accompanied him from Philippi to Troas, and with him made the long coasting voyage described in Acts 20. He went up to Jerusalem, was present at the uproar, saw the attack on the Apostle, and heard him speaking "in the Hebrew tongue" from the steps outside the fortress Antonia to the silenced crowd. Then he witnessed the infuriated Jews, in their impotent rage, rending their garments, yelling, and flinging dust into the air. We may be sure that he was a constant visitor to St. Paul during the two years of the latter's imprisonment at Cæarea. In that period he might well become acquainted with the circumstances of the death of Herod Agrippa I, who had died there eaten up by worms" (skolekobrotos), and he was likely to be better informed on the subject than Josephus. Ample opportunities were given him, "having diligently attained to all things from the beginning", concerning the Gospel and early Acts, to write in order what had been delivered by those "who from the beginning were eyewitnesses and ministers of the word" (Luke 1:2, 3). It is held by many writers that the Gospel was written during this time, Ramsay is of opinion that the Epistle to the Hebrews was then composed, and that St. Luke had a considerable share in it. When Paul appealed to Cæsar, Luke and Aristarchus accompanied him from Cæsarea, and were with him during the stormy voyage from Crete to Malta. Thence they went on to Rome, where, during the two years that St. Paul was kept in prison, St. Luke was frequently at his side, though not continuously, as he is not mentioned in the greetings of the Epistle to the Philippians (Lightfoot, "Phil.", 35). He was present when the Epistles to the Colossians, Ephesians and Philemon were written, and is mentioned in the salutations given in two of them: "Luke the most dear physician, saluteth you" (Colossians 4:14); "There salute thee . . . Mark, Aristarchus, Demas, and Luke my fellow labourers" (Philem., 24). St. Jerome holds that it was during these two years Acts was written.

We have no information about St. Luke during the interval between St. Paul's two Roman imprisonments, but he must have met several of the Apostles and disciples during his various journeys. He stood beside St. Paul in his last imprisonment; for the Apostle, writing for the last time to Timothy, says: "I have fought a good fight, I have finished my course. . . . Make haste to come to me quickly. For Demas hath left me, loving this world. . . . Only Luke is with me" (2 Timothy 4:7-11). It is worthy of note that, in the three places where he is mentioned in the Epistles (Colossians 4:14; Philemon 24; 2 Timothy 4:11) he is named with St. Mark (cf. Colossians 4:10), the other Evangelist who was not an Apostle (Plummer), and it is clear from his Gospel that he was well acquainted with the Gospel according to St. Mark; and in the Acts he knows all the details of St. Peter's delivery—what happened at the house of St. Mark's mother, and the name of the girl who ran to the outer door when St. Peter knocked. He must have frequently met St. Peter, and may have assisted him to draw up his First Epistle in Greek, which affords many reminiscences of Luke's style. After St. Paul's martyrdom practically all that is known about him is contained in the ancient "Prefatio vel Argumentum Lucæ", dating back to Julius Africanus, who was born about A.D. 165. This states that he was unmarried, that he wrote the Gospel, in Achaia, and that he died at the age of seventy-four in Bithynia (probably a copyist's error for Bœotia), filled with the Holy Ghost. Epiphanius has it that he preached in Dalmatia (where there is a tradition to that effect), Gallia (Galatia?), Italy, and Macedonia. As an Evangelist, he must have suffered much for the Faith, but it is controverted whether he actually died a martyr's death. St. Jerome writes of him (De Vir. III., vii). "Sepultus est Constantinopoli, ad quam urbem vigesimo Constantii anno, ossa ejus cum reliquiis Andreæ Apostoli translata sunt [de Achaia?]."

St. Luke its always represented by the calf or ox, the sacrificial animal, because his Gospel begins with the account of Zachary, the priest, the father of John the Baptist. He is called a painter by Nicephorus Callistus (fourteenth century), and by the Menology of Basil II, A.D. 980. A picture of the Virgin in S. Maria Maggiore, Rome, is ascribed to him, and can be traced to A.D. 847 It is probably a copy of that mentioned by Theodore Lector, in the sixth century. This writer states that the Empress Eudoxia found a picture of the Mother of God at Jerusalem, which she sent to Constantinople (see "Acta SS.", 18 Oct.). As Plummer observes. it is certain that St. Luke was an artist, at least to the extent that his graphic descriptions of the Annunciation, Visitation, Nativity, Shepherds. Presentation, the Shepherd and lost sheep, etc., have become the inspiring and favourite themes of Christian painters.

St. Luke is one of the most extensive writers of the New Testament. His Gospel is considerably longer than St. Matthew's, his two books are about as long as St. Paul's fourteen Epistles: and Acts exceeds in length the Seven Catholic Epistles and the Apocalypse. The style of the Gospel is superior to any N.T. writing except Hebrews. Renan says (Les Evangiles, xiii) that it is the most literary of the Gospels. St. Luke is a painter in words. "The author of the Third Gospel and of the Acts is the most versatile of all New Testament writers. He can be as Hebraistic as the Septuagint, and as free from Hebraisms as Plutarch. . . He is Hebraistic in describing Hebrew society and Greek when describing Greek society" (Plummer, introd.). His great command of Greek is shown by the richness of his vocabulary and the freedom of his constructions.

Authenticity of the Gospel

Internal evidence

The internal evidence may be briefly summarized as follows:
  • The author of Acts was a companion of Saint Paul, namely, Saint Luke; and
  • the author of Acts was the author of the Gospel.
The arguments are given at length by Plummer, "St. Luke" in "Int. Crit. Com." (4th ed., Edinburgh, 1901); Harnack, "Luke the Physician" (London, 1907); "The Acts of the Apostles" (London, 1909); etc.

(1) The Author of Acts was a companion of Saint Paul, namely, Saint Luke

There is nothing more certain in Biblical criticism than this proposition. The writer of the "we" sections claims to be a companion of St. Paul. The "we" begins at Acts 16:10, and continues to 16:17 (the action is at Philippi). It reappears at 20:5 (Philippi), and continues to 21:18 (Jerusalem). It reappears again at the departure for Rome, 27:1 (Greek text), and continues to the end of the book.
Plummer argues that these sections are by the same author as the rest of the Acts:
  • from the natural way in which they fit in;
  • from references to them in other parts; and
  • from the identity of style.
The change of person seems natural and true to the narrative, but there is no change of language. The characteristic expressions of the writer run through the whole book, and are as frequent in the "we" as in the other sections. There is no change of style perceptible. Harnack (Luke the Physician, 40) makes an exhaustive examination of every word and phrase in the first of the "we" sections (xvi, 10-17), and shows how frequent they are in the rest of the Acts and the Gospel, when compared with the other Gospels. His manner of dealing with the first word (hos) will indicate his method: "This temporal hos is never found in St. Matthew and St. Mark, but it occurs forty-eight times in St. Luke (Gospels and Acts), and that in all parts of the work." When he comes to the end of his study of this section he is able to write: "After this demonstration those who declare that this passage was derived from a source, and so was not composed by the author of the whole work, take up a most difficult position. What may we suppose the author to have left unaltered in the source? Only the 'we'. For, in fact, nothing else remains. In regard to vocabulary, syntax, and style, he must have transformed everything else into his own language. As such a procedure is absolutely unimaginable, we are simply left to infer that the author is here himself speaking." He even thinks it improbable, on account of the uniformity of style, that the author was copying from a diary of his own, made at an earlier period. After this, Harnack proceeds to deal with the remaining "we" sections, with like results. But it is not alone in vocabulary, syntax and style, that this uniformity is manifest. In "The Acts of the Apostles", Harnack devotes many pages to a detailed consideration of the manner in which chronological data, and terms dealing with lands, nations, cities, and houses, are employed throughout the Acts, as well as the mode of dealing with persons and miracles, and he everywhere shows that the unity of authorship cannot be denied except by those who ignore the facts. This same conclusion is corroborated by the recurrence of medical language in all parts of the Acts and the Gospel.


That the companion of St. Paul who wrote the Acts was St. Luke is the unanimous voice of antiquity. His choice of medical language proves that the author was a physician. Westein, in his preface to the Gospel ("Novum Test. Græcum", Amsterdam, 1741, 643), states that there are clear indications of his medical profession throughout St. Luke's writings; and in the course of his commentary he points out several technical expressions common to the Evangelist and the medical writings of Galen. These were brought together by the Bollandists ("Acta SS.", 18 Oct.). In the "Gentleman's Magazine" for June, 1841, a paper appeared on the medical language of St. Luke. To the instances given in that article, Plummer and Harnack add several others; but the great book on the subject is Hobart "The Medical Language of St. Luke" (Dublin, 1882). Hobart works right through the Gospel and Acts and points out numerous words and phrases identical with those employed by such medical writers as Hippocrates, Arctæus, Galen, and Dioscorides. A few are found in Aristotle, but he was a doctor's son. The words and phrases cited are either peculiar to the Third Gospel and Acts, or are more frequent than in other New Testament writings. The argument is cumulative, and does not give way with its weakest strands. When doubtful cases and expressions common to the Septuagint, are set aside, a large number remain that seem quite unassailable. Harnack (Luke the Physician! 13) says: "It is as good as certain from the subject-matter, and more especially from the style, of this great work that the author was a physician by profession. Of course, in making such a statement one still exposes oneself to the scorn of the critics, and yet the arguments which are alleged in its support are simply convincing. . . . Those, however, who have studied it [Hobart's book] carefully, will, I think, find it impossible to escape the conclusion that the question here is not one of merely accidental linguistic coloring, but that this great historical work was composed by a writer who was either a physician or was quite intimately acquainted with medical language and science. And, indeed, this conclusion holds good not only for the 'we' sections, but for the whole book." Harnack gives the subject special treatment in an appendix of twenty-two pages. Hawkins and Zahn come to the same conclusion. The latter observes (Einl., II, 427): "Hobart has proved for everyone who can appreciate proof that the author of the Lucan work was a man practised in the scientific language of Greek medicine--in short, a Greek physician" (quoted by Harnack, op. cit.).

In this connection, Plummer, though he speaks more cautiously of Hobart's argument, is practically in agreement with these writers. He says that when Hobart's list has been well sifted a considerable number of words remains. "The argument", he goes on to say "is cumulative. Any two or three instances of coincidence with medical writers may be explained as mere coincidences; but the large number of coincidences renders their explanation unsatisfactory for all of them, especially where the word is either rare in the LXX, or not found there at all" (64). In "The Expositor" (Nov. 1909, 385 sqq.), Mayor says of Harnack's two above-cited works: "He has in opposition to the Tübingen school of critics, successfully vindicated for St. Luke the authorship of the two canonical books ascribed to him, and has further proved that, with some few omissions, they may be accepted as trustworthy documents. . . . I am glad to see that the English translator . . . has now been converted by Harnack's argument, founded in part, as he himself confesses, on the researches of English scholars, especially Dr. Hobart, Sir W. M. Ramsay, and Sir John Hawkins." There is a striking resemblance between the prologue of the Gospel and a preface written by Dioscorides, a medical writer who studied at Tarsus in the first century (see Blass, "Philology of the Gospels"). The words with which Hippocrates begins his treatise "On Ancient Medicine" should be noted in this connection: 'Okosoi epecheiresan peri iatrikes legein he graphein, K. T. L. (Plummer, 4). When all these considerations are fully taken into account, they prove that the companion of St. Paul who wrote the Acts (and the Gospel) was a physician. Now, we learn from St. Paul that he had such a companion. Writing to the Colossians (iv, 11), he says: "Luke, the most dear physician, saluteth you." He was, therefore, with St. Paul when he wrote to the Colossians, Philemon, and Ephesians; and also when he wrote the Second Epistle to Timothy. From the manner in which he is spoken of, a long period of intercourse is implied.

(2) The Author of Acts was the Author of the Gospel

"This position", says Plummer, "is so generally admitted by critics of all schools that not much time need be spent in discussing it." Harnack may be said to be the latest prominent convert to this view, to which he gives elaborate support in the two books above mentioned. He claims to have shown that the earlier critics went hopelessly astray, and that the traditional view is the right one. This opinion is fast gaining ground even amongst ultra critics, and Harnack declares that the others hold out because there exists a disposition amongst them to ignore the facts that tell against them, and he speaks of "the truly pitiful history of the criticism of the Acts". Only the briefest summary of the arguments can be given here. The Gospel and Acts are both dedicated to Theophilus and the author of the latter work claims to be the author of the former (Acts 1:1). The style and arrangement of both are so much alike that the supposition that one was written by a forger in imitation of the other is absolutely excluded. The required power of literary analysis was then unknown, and, if it were possible, we know of no writer of that age who had the wonderful skill necessary to produce such an imitation. It is to postulate a literary miracle, says Plummer, to suppose that one of the books was a forgery written in Imitation of the other. Such an idea would not have occurred to anyone; and, if it had, he could not have carried it out with such marvellous success. If we take a few chapters of the Gospel and note down the special, peculiar, and characteristic words, phrases and constructions, and then open the Acts at random, we shall find the same literary peculiarities constantly recurring. Or, if we begin with the Acts, and proceed conversely, the same results will follow. In addition to similarity, there are parallels of description, arrangement, and points of view, and the recurrence of medical language, in both books, has been mentioned under the previous heading.

We should naturally expect that the long intercourse between St. Paul and St. Luke would mutually influence their vocabulary, and their writings show that this was really the case. Hawkins (Horæ Synopticæ) and Bebb (Hast., "Dict. of the Bible", s.v. "Luke, Gospel of") state that there are 32 words found only in St. Matt. and St. Paul; 22 in St. Mark and St. Paul; 21 in St. John and St. Paul; while there are 101 found only in St. Luke and St. Paul. Of the characteristic words and phrases which mark the three Synoptic Gospels a little more than half are common to St. Matt. and St. Paul, less than half to St. Mark and St. Paul and two-thirds to St. Luke and St. Paul. Several writers have given examples of parallelism between the Gospel and the Pauline Epistles. Among the most striking are those given by Plummer (44). The same author gives long lists of words and expressions found in the Gospel and Acts and in St. Paul, and nowhere else in the New Testament. But more than this, Eager in "The Expositor" (July and August, 1894), in his attempt to prove that St. Luke was the author of Hebrews, has drawn attention to the remarkable fact that the Lucan influence on the language of St. Paul is much more marked in those Epistles where we know that St. Luke was his constant companion. Summing up, he observes: "There is in fact sufficient ground for believing that these books. Colossians, II Corinthians, the Pastoral Epistles, First (and to a lesser extent Second) Peter, possess a Lucan character." When all these points are taken into consideration, they afford convincing proof that the author of the Gospel and Acts was St. Luke, the beloved physician, the companion of St. Paul, and this is fully borne out by the external evidence.

External evidence

The proof in favour of the unity of authorship, derived from the internal character of the two books, is strengthened when taken in connection with the external evidence. Every ancient testimony for the authenticity of Acts tells equally in favour of the Gospel; and every passage for the Lucan authorship of the Gospel gives a like support to the authenticity of Acts. Besides, in many places of the early Fathers both books are ascribed to St. Luke. The external evidence can be touched upon here only in the briefest manner. For external evidence in favour of Acts, see ACTS OF THE APOSTLES.

The many passages in St. Jerome, Eusebius, and Origen, ascribing the books to St. Luke, are important not only as testifying to the belief of their own, but also of earlier times. St. Jerome and Origen were great travellers, and all three were omnivorous readers. They had access to practically the whole Christian literature of preceding centuries; but they nowhere hint that the authorship of the Gospel (and Acts) was ever called in question. This, taken by itself, would be a stronger argument than can be adduced for the majority of classical works. But we have much earlier testimony. Clement of Alexandria was probably born at Athens about A.D. 150. He travelled much and had for instructors in the Faith an Ionian, an Italian, a Syrian, an Egyptian, an Assyrian, and a Hebrew in Palestine. "And these men, preserving the true tradition of the blessed teaching directly from Peter and James, John and Paul, the holy Apostles, son receiving it from father, came by God's providence even unto us, to deposit among us those seeds [of truth] which were derived from their ancestors and the Apostles". (Stromata I.1.11; cf. Euseb., Church History V.11). He holds that St. Luke's Gospel was written before that of St. Mark, and he uses the four Gospels just as any modern Catholic writer. Tertullian was born at Carthage, lived some time in Rome, and then returned to Carthage. His quotations from the Gospels, when brought together by Rönsch, cover two hundred pages. He attacks Marcion for mutilating St. Luke's Gospel. and writes: "I say then that among them, and not only among the Apostolic Churches, but among all the Churches which are united with them in Christian fellowship, the Gospel of Luke, which we earnestly defend, has been maintained from its first publication" (Adv. Marc., IV, v).

The testimony of St. Irenæus is of special importance. He was born in Asia Minor, where he heard St. Polycarp give his reminiscences of St. John the Apostle, and in his numerous writings he frequently mentions other disciples of the Apostles. He was priest in Lyons during the persecution in 177, and was the bearer of the letter of the confessors to Rome. His bishop, Pothinus, whom be succeeded, was ninety years of age when he gained the crown of martyrdom in 177, and must have been born while some of the Apostles and very many of their hearers were still living. St. Irenæus, who was born about A.D. 130 (some say much earlier), is, therefore, a witness for the early tradition of Asia Minor, Rome, and Gaul. He quotes the Gospels just as any modern bishop would do, he calls them Scripture, believes even in their verbal inspiration; shows how congruous it is that there are four and only four Gospels; and says that Luke, who begins with the priesthood and sacrifice of Zachary, is the calf. When we compare his quotations with those of Clement of Alexandria, variant readings of text present themselves. There was already established an Alexandrian type of text different from that used in the West. The Gospels had been copied and recopied so often, that, through errors of copying, etc., distinct families of text had time to establish themselves. The Gospels were so widespread that they became known to pagans. Celsus in his attack on the Christian religion was acquainted with the genealogy in St. Luke's Gospel, and his quotations show the same phenomena of variant readings.

The next witness, St. Justin Martyr, shows the position of honour the Gospels held in the Church, in the early portion of the century. Justin was born in Palestine about A.D. 105, and converted in 132-135. In his "Apology" he speaks of the memoirs of the Lord which are called Gospels, and which were written by Apostles (Matthew, John) and disciples of the Apostles (Mark, Luke). In connection with the disciples of the Apostles he cites the verses of St. Luke on the Sweat of Blood, and he has numerous quotations from all four. Westcott shows that there is no trace in Justin of the use of any written document on the life of Christ except our Gospels. "He [Justin] tells us that Christ was descended from Abraham through Jacob, Judah, Phares, Jesse, David--that the Angel Gabriel was sent to announce His birth to the Virgin Mary—that it was in fulfillment of the prophecy of Isaiah . . . that His parents went thither [to Bethlehem] in consequence of an enrolment under Cyrinius--that as they could not find a lodging in the village they lodged in a cave close by it, where Christ was born, and laid by Mary in a manger", etc. (Westcott, "Canon", 104). There is a constant intermixture in Justin's quotations of the narratives of St. Matthew and St. Luke. As usual in apologetical works, such as the apologies of Tatian, Athenagoras, Theophilus, Tertullian, Clement of Alexandria, Cyprian, and Eusebius, he does not name his sources because he was addressing outsiders. He states, however, that the memoirs which were called Gospels were read in the churches on Sunday along with the writings of the Prophets, in other words, they were placed on an equal rank with the Old Testament. In the "Dialogue", cv, we have a passage peculiar to St. Luke. "Jesus as He gave up His Spirit upon the Cross said, Father, into thy hands I commend my Spirit?' [Luke, xxiii. 46], even as I learned from the Memoirs of this fact also." These Gospels which were read every Sunday must be the same as our four, which soon after, in the time of Irenæus, were in such long established honour, and regarded by him as inspired by the Holy Ghost. We never hear, says Salmon, of any revolution dethroning one set of Gospels and replacing them by another; so we may be sure that the Gospels honoured by the Church in Justin's day were the same as those to which the same respect was paid in the days of Irenæus, not many years after. This conclusion is strengthened not only by the nature of Justin's quotations, but by the evidence afforded by his pupil Tatian, the Assyrian, who lived a long time with him in Rome, and afterwards compiled his harmony of the Gospels, his famous "Diatessaron", in Syriac, from our four Gospels. He had travelled a great deal, and the fact that he uses only those shows that they alone were recognized by St. Justin and the Catholic Church between 130-150. This takes us back to the time when many of the hearers of the Apostles and Evangelists were still alive; for it is held by many scholars that St. Luke lived till towards the end of the first century.

Irenæus, Clement, Tatian, Justin, etc., were in as good a position for forming a judgment on the authenticity of the Gospels as we are of knowing who were the authors of Scott's novels, Macaulay's essays, Dickens's early novels, Longfellow's poems, no. xc of "Tracts for the Times" etc. But the argument does not end here. Many of the heretics who flourished from the beginning of the second century till A.D. 150 admitted St. Luke's Gospel as authoritative. This proves that it had acquired an unassailable position long before these heretics broke away from the Church. The Apocryphal Gospel of Peter, about A.D. 150, makes use of our Gospels. About the same time the Gospels, together with their titles, were translated into Latin; and here, again, we meet the phenomena of variant readings, to be found in Clement, Irenæus, Old Syriac, Justin, and Celsus, pointing to a long period of previous copying. Finally, we may ask, if the author of the two books were not St. Luke, who was he?

Harnack (Luke the Physician, 2) holds that as the Gospel begins with a prologue addressed to an individual (Theophilus) it must, of necessity, have contained in its title the name of its author. How can we explain, if St. Luke were not the author, that the name of the real, and truly great, writer came to be completely buried in oblivion, to make room for the name of such a comparatively obscure disciple as St. Luke? Apart from his connection, as supposed author, with the Third Gospel and Acts, was no more prominent than Aristarchus and Epaphras; and he is mentioned only in three places in the whole of the New Testament. If a false name were substituted for the true author, some more prominent individual would have been selected.

Integrity of the Gospel

Marcion rejected the first two chapters and some shorter passages of the gospel, and it was at one time maintained by rationalistic writers that his was the original Gospel of which ours is a later expansion. This is now universally rejected by scholars. St. Irenæus, Tertullian, and Epiphanius charged him with mutilating the Gospel; and it is known that the reasons for his rejection of those portions were doctrinal. He cut out the account of the infancy and the genealogy, because he denied the human birth of Christ. As he rejected the Old Testament all reference to it had to be excluded. That the parts rejected by Marcion belong to the Gospel is clear from their unity of style with the remainder of the book. The characteristics of St. Luke's style run through the whole work, but are more frequent in the first two chapters than anywhere else; and they are present in the other portions omitted by Marcion. No writer in those days was capable of successfully forging such additions. The first two chapters, etc., are contained in all the manuscripts and versions, and were known to Justin Martyr and other competent witnesses. On the authenticity of the verses on the Bloody Sweat, see AGONY OF CHRIST.

Purpose and contents

The Gospel was written, as is gathered from the prologue (i, 1-4), for the purpose of giving Theophilus (and others like him) increased confidence in the unshakable firmness of the Christian truths in which he had been instructed, or "catechized"--the latter word being used, according to Harnack, in its technical sense. The Gospel naturally falls into four divisions:
We owe a great deal to the industry of St. Luke. Out of twenty miracles which he records six are not found in the other Gospels: draught of fishes, widow of Naim's son, man with dropsy, ten lepers, Malchus's ear, spirit of infirmity. He alone has the following eighteen parables: good Samaritan, friend at midnight, rich fool, servants watching, two debtors, barren fig-tree, chief seats, great supper, rash builder, rash king, lost groat, prodigal son, unjust steward, rich man and Lazarus, unprofitable servants, unjust judge, Pharisee and publican, pounds. The account of the journeys towards Jerusalem (ix, 51-xix, 27) is found only in St. Luke; and he gives special prominence to the duty of prayer.

Sources of the Gospel; synoptic problem

The best information as to his sources is given by St. Luke, in the beginning of his Gospel. As many had written accounts as they heard them from "eyewitnesses and ministers of the word", it seemed good to him also, having diligently attained to all things from the beginning, to write an ordered narrative. He had two sources of information, then, eyewitnesses (including Apostles) and written documents taken down from the words of eyewitnesses. The accuracy of these documents he was in a position to test by his knowledge of the character of the writers, and by comparing them with the actual words of the Apostles and other eyewitnesses.

That he used written documents seems evident on comparing his Gospel with the other two Synoptic Gospels, Matthew and Mark. All three frequently agree even in minute details, but in other respects there is often a remarkable divergence, and to explain these phenomena is the Synoptic Problem. St. Matthew and St. Luke alone give an account of the infancy of Christ, both accounts are independent. But when they begin the public preaching they describe it in the same way, here agreeing with St. Mark. When St. Mark ends, the two others again diverge. They agree in the main both in matter and arrangement within the limits covered by St. Mark, whose order they generally follow. Frequently all agree in the order of the narrative, but, where two agree, Mark and Luke agree against the order of Matthew, or Mark and Matthew agree against the order of Luke; Mark is always in the majority, and it is not proved that the other two ever agree against the order followed by him. Within the limits of the ground covered by St. Mark, the two other Gospels have several sections in common not found in St. Mark, consisting for the most part of discourses, and there is a closer resemblance between them than between any two Gospels where the three go over the same ground. The whole of St. Mark is practically contained in the other two. St. Matthew and St. Luke have large sections peculiar to themselves, such as the different accounts of the infancy, and the journeys towards Jerusalem in St. Luke. The parallel records have remarkable verbal coincidences. Sometimes the Greek phrases are identical, sometimes but slightly different, and again more divergent. There are various theories to explain the fact of the matter and language common to the Evangelists. Some hold that it is due to the oral teaching of the Apostles, which soon became stereotyped from constant repetition. Others hold that it is due to written sources, taken down from such teaching. Others, again, strongly maintain that Matthew and Luke used Mark or a written source extremely like it. In that case, we have evidence how very closely they kept to the original. The agreement between the discourses given by St. Luke and St. Matthew is accounted for, by some authors, by saying that both embodied the discourses of Christ that had been collected and originally written in Aramaic by St. Matthew. The long narratives of St. Luke not found in these two documents are, it is said, accounted for by his employment of what he knew to be other reliable sources, either oral or written. (The question is concisely but clearly stated by Peake "A Critical Introduction to the New Testament", London, 1909, 101. Several other works on the subject are given in the literature at the end of this article.)

Saint Luke's accuracy

Very few writers have ever had their accuracy put to such a severe test as St. Luke, on account of the wide field covered by his writings, and the consequent liability (humanly speaking) of making mistakes; and on account of the fierce attacks to which he has been subjected.

It was the fashion, during the nineteenth century, with German rationalists and their imitators, to ridicule the "blunders" of Luke, but that is all being rapidly changed by the recent progress of archæological research. Harnack does not hesitate to say that these attacks were shameful, and calculated to bring discredit, not on the Evangelist, but upon his critics, and Ramsay is but voicing the opinion of the best modern scholars when he calls St. Luke a great and accurate historian. Very few have done so much as this latter writer, in his numerous works and in his articles in "The Expositor", to vindicate the extreme accuracy of St. Luke. Wherever archæology has afforded the means of testing St. Luke's statements, they have been found to be correct; and this gives confidence that he is equally reliable where no such corroboration is as yet available. For some of the details see ACTS OF THE APOSTLES, where a very full bibliography is given.

For the sake of illustration, one or two examples may here be given:

(1) Sergius Paulus, Proconsul in Cyprus

St. Luke says (Acts 13) that when St. Paul visited Cyprus (in the reign of Claudius) Sergius Paulus was proconsul (anthupatos) there. Grotius asserted that this was an abuse of language, on the part of the natives, who wished to flatter the governor by calling him proconsul, instead of proprætor (antistrategos), which he really was; and that St. Luke used the popular appellation. Even Baronius (Annales, ad Ann. 46) supposed that, though Cyprus was only a prætorian province, it was honoured by being ruled by the proconsul of Cilicia, who must have been Sergius Paulus. But this is all a mistake. Cato captured Cyprus, Cicero was proconsul of Cilicia and Cyprus in 52 B.C.; Mark Antony gave the island to Cleopatra; Augustus made it a prætorian province in 27 B.C., but in 22 B.C. he transferred it to the senate, and it became again a proconsular province. This latter fact is not stated by Strabo, but it is mentioned by Dion Cassius (LIII). In Hadrian's time it was once more under a proprætor, while under Severus it was again administered by a proconsul. There can be no doubt that in the reign of Claudius, when St. Paul visited it, Cyprus was under a proconsul (anthupatos), as stated by St. Luke. Numerous coins have been discovered in Cyprus, bearing the head and name of Claudius on one side, and the names of the proconsuls of Cyprus on the other. A woodcut engraving of one is given in Conybeare and Howson's "St. Paul", at the end of chapter v. On the reverse it has: EPI KOMINOU PROKAU ANTHUPATOU: KUPRION--"Money of the Cyprians under Cominius Proclus, Proconsul." The head of Claudius (with his name) is figured on the other side. General Cesnola discovered a long inscription on a pedestal of white marble, at Solvi, in the north of the island, having the words: EPI PAULOU ANTHUPATOU--"Under Paulus Proconsul." Lightfoot, Zochler, Ramsay, Knabenbauer, Zahn, and Vigouroux hold that this was the actual (Sergius) Paulus of Acts 13:7.

(2) The Politarchs in Thessalonica

An excellent example of St. Luke's accuracy is afforded by his statement that rulers of Thessalonica were called "politarchs" (politarchai--Acts 17:6, 8). The word is not found in the Greek classics; but there is a large stone in the British Museum, which was found in an arch in Thessalonica, containing an inscription which is supposed to date from the time of Vespasian. Here we find the word used by St. Luke together with the names of several such politarchs, among them being names identical with some of St. Paul's converts: Sopater, Gaius, Secundus. Burton in "American Journal of Theology" (July, 1898) has drawn attention to seventeen inscriptions proving the existence of politarchs in ancient times. Thirteen were found in Macedonia, and five were discovered in Thessalonica, dating from the middle of the first to the end of the second century.

(3) Knowledge of Pisidian Antioch, Iconium, Lystra, and Derbe

The geographical, municipal, and political knowledge of St. Luke, when speaking of Pisidian Antioch, Iconium, Lystra, and Derbe, is fully borne out by recent research (see Ramsay, "St. Paul the Traveller", and other references given in EPISTLE TO THE GALATIANS).

(4) Knowledge of Philippian customs

He is equally sure when speaking of Philippi, a Roman colony, where the duumviri were called "prætors" (strategoi--Acts 16:20, 35), a lofty title which duumviri assumed in Capua and elsewhere, as we learn from Cicero and Horace (Sat., I, v, 34). They also had lictors (rabsouchoi), after the manner of real prætors.

(5) References to Ephesus, Athens, and Corinth

His references to Ephesus, Athens, Corinth, are altogether in keeping with everything that is now known of these cities. Take a single instance: "In Ephesus St. Paul taught in the school of Tyrannus, in the city of Socrates he discussed moral questions in the market-place. How incongruous it would seem if the methods were transposed! But the narrative never makes a false step amid all the many details as the scene changes from city to city; and that is the conclusive proof that it is a picture of real life" (Ramsay, op. cit., 238). St. Luke mentions (Acts 18:2) that when St. Paul was at Corinth the Jews had been recently expelled from Rome by Claudius, and this is confirmed by a chance statement of Suetonius. He tells us (ibid., 12) that Gallio was then proconsul in Corinth (the capital of the Roman province of Achaia). There is no direct evidence that he was proconsul in Achaia, but his brother Seneca writes that Gallio caught a fever there, and went on a voyage for his health. The description of the riot at Ephesus (Acts 19) brings together, in the space of eighteen verses, an extraordinary amount of knowledge of the city, that is fully corroborated by numerous inscriptions, and representations on coins, medals, etc., recently discovered. There are allusions to the temple of Diana (one of the seven wonders of the world), to the fact that Ephesus gloried in being her temple-sweeper her caretaker (neokoros), to the theatre as the place of assembly for the people, to the town clerk (grammateus), to the Asiarchs, to sacrilegious (ierosuloi), to proconsular sessions, artificers, etc. The ecclesia (the usual word in Ephesus for the assembly of the people) and the grammateus or town-clerk (the title of a high official frequent on Ephesian coins) completely puzzled Cornelius a Lapide, Baronius, and other commentators, who imagined the ecclesia meant a synagogue, etc. (see Vigouroux, "Le Nouveau Testament et les Découvertes Archéologiques", Paris, 1890).

(6) The Shipwreck

The account of the voyage and shipwreck described in Acts (27 and 28) is regarded by competent authorities on nautical matters as a marvellous instance of accurate description (see Smith's classical work on the subject, "Voyage and Shipwreck of St. Paul" (4th ed., London, 1880). Blass (Acta Apostolorum, 186) says: "Extrema duo capita habent descriptionem clarissimam itineris maritimi quod Paulus in Italiam fecit: quæ descriptio ab homine harum rerum perito judicata est monumentum omnium pretiosissimum, quæ rei navalis ex tote antiquitate nobis relicta est. V. Breusing, 'Die Nautik der Alten' (Bremen, 1886)." See also Knowling "The Acts of the Apostles" in "Exp. Gr. Test." (London, 1900).

Lysanias tetrarch of Abilene

Gfrörer, B. Bauer, Hilgenfeld, Keim, and Holtzmann assert that St. Luke perpetrated a gross chronological blunder of sixty years by making Lysanias, the son of Ptolemy, who lived 36 B.C., and was put to death by Mark Antony, tetrarch of Abilene when John the Baptist began to preach (iii, 1). Strauss says: "He [Luke] makes rule, 30 years after the birth of Christ, a certain Lysanias, who had certainly been slain 30 years previous to that birth--a slight error of 60 years." On the face of it, it is highly improbable that such a careful writer as St. Luke would have gone out of his way to run the risk of making such a blunder, for the mere purpose of helping to fix the date of the public ministry. Fortunately, we have a complete refutation supplied by Schürer, a writer by no means over friendly to St. Luke, as we shall see when treating of the Census of Quirinius. Ptolemy Mennæus was King of the Itureans (whose kingdom embraced the Lebanon and plain of Massyas with the capital Chalcis, between the Lebanon and Anti-Lebanon) from 85-40 B.C. His territories extended on the east towards Damascus, and on the south embraced Panias, and part, at least, of Galilee. Lysanias the older succeeded his father Ptolemy about 40 B.C. (Josephus, "Ant.", XIV, xii, 3; "Bell Jud.", I, xiii, 1), and is styled by Dion Cassius "King of the Itureans" (XLIX, 32). After reigning about four or five years he was put to death by Mark Antony, at the instigation of Cleopatra, who received a large portion of his territory (Josephus, "Ant.", XV, iv, 1; "Bel. Jud.", I, xxii, 3; Dion Cassius, op. cit.).

As the latter and Porphyry call him "king", it is doubtful whether the coins bearing the superscription "Lysanias tetrarch and high priest" belong to him, for there were one or more later princes called Lysanias. After his death his kingdom was gradually divided up into at least four districts, and the three principal ones were certainly not called after him. A certain Zenodorus took on lease the possessions of Lysanias, 23 B.C., but Trachonitis was soon taken from him and given to Herod. On the death of Zenodorus in 20 B.C., Ulatha and Panias, the territories over which he ruled, were given by Augustus to Herod. This is called the tetrarchy of Zenodorus by Dion Cassius. "It seems therefore that Zenodorus, after the death of Lysanias, had received on rent a portion of his territory from Cleopatra, and that after Cleopatra's death this 'rented' domain, subject to tribute, was continued to him with the title of tetrarch" (Schürer, I, II app., 333, i). Mention is made on a monument, at Heliopolis, of "Zenodorus, son of the tetrarch Lysanias". It has been generally supposed that this is the Zenodorus just mentioned, but it is uncertain whether the first Lysanias was ever called tetrarch. It is proved from the inscriptions that there was a genealogical connection between the families of Lysanias and Zenodorus, and the same name may have been often repeated in the family. Coins for 32, 30, and 25 B.C., belonging to our Zenodorus, have the superscription, "Zenodorus tetrarch and high priest.' After the death of Herod the Great a portion of the tetrarchy of Zenodorus went to Herod's son, Philip (Jos., "Ant.", XVII, xi, 4), referred to by St. Luke, "Philip being tetrarch of Iturea" (Luke 3:1).

Another tetrarchy sliced off from the dominions of Zenodorus lay to the east between Chalcis and Damascus, and went by the name of Abila or Abilene. Abila is frequently spoken of by Josephus as a tetrarchy, and in "Ant.", XVIII, vi, 10, he calls it the "tetrarchy of Lysanias". Claudius, in A.D. 41, conferred "Abila of Lysanias" on Agrippa I (Ant., XIX, v, 1). In a. D. 53, Agrippa II obtained Abila, "which last had been the tetrarchy of Lysanias" (Ant., XX., vii, 1). "From these passages we see that the tetrarchy of Abila had belonged previously to A.D. 37 to a certain Lysanias, and seeing that Josephus nowhere previously makes any mention of another Lysanias, except the contemporary of Anthony and Cleopatra, 40-36 B.C. . . . criticism has endeavoured in various ways to show that there had not afterwards been any other, and that the tetrarchy of Abilene had its name from the older Lysanias. But this is impossible" (Schürer, 337). Lysanias I inherited the Iturean empire of his father Ptolemy, of which Abila was but a small and very obscure portion. Calchis in Coele-Syria was the capital of his kingdom, not Abila in Abilene. He reigned only about four years and was a comparatively obscure individual when compared with his father Ptolemy, or his successor Zenodorus, both of whom reigned many years. There is no reason why any portion of his kingdom should have been called after his name rather than theirs, and it is highly improbable that Josephus speaks of Abilene as called after him seventy years after his death. As Lysanias I was king over the whole region, one small portion of it could not be called his tetrarchy or kingdom, as is done by Josephus (Bel. Jud., II, xii, 8). "It must therefore be assumed as certain that at a later date the district of Abilene had been severed from the kingdom of Calchis, and had been governed by a younger Lysanias as tetrarch" (Schürer, 337). The existence of such a late Lysanias is shown by an inscription found at Abila, containing the statement that a certain Nymphaios, the freedman of Lysanias, built a street and erected a temple in the time of the "August Emperors". Augusti (Sebastoi) in the plural was never used before the death of Augustus, A.D. 14. The first contemporary Sebastoi were Tiberius and his mother Livia, i.e. at a time fifty years after the first Lysanias. An inscription at Heliopolis, in the same region, makes it probable that there were several princes of this name. "The Evangelist Luke is thoroughly correct when he assumes (iii, 1) that in the fifteenth year of Tiberius there was a Lysanias tetrarch of Abilene" (Schürer, op. cit., where full literature is given; Vigouroux, op. cit.).




Who spoke the Magnificat?

Lately an attempt has been made to ascribe the Magnificat to Elizabeth instead of to the Blessed Virgin. All the early Fathers, all the Greek manuscripts, all the versions, all the Latin manuscripts (except three) have the reading in Luke 1:46: Kai eipen Mariam--Et ait Maria [And Mary said]: Magnificat anima mea Dominum, etc. Three Old Latin manuscripts (the earliest dating from the end of the fourth cent.), a, b, l (called rhe by Westcott and Hort), have Et ait Elisabeth. These tend to such close agreement that their combined evidence is single rather than threefold. They are full of gross blunders and palpable corruptions, and the attempt to pit their evidence against the many thousands of Greek, Latin, and other manuscripts, is anything but scientific. If the evidence were reversed, Catholics would be held up to ridicule if they ascribed the Magnificat to Mary. The three manuscripts gain little or no support from the internal evidence of the passage. The Magnificat is a cento from the song of Anna (1 Samuel 2), the Psalms, and other places of the Old Testament. If it were spoken by Elizabeth it is remarkable that the portion of Anna's song that was most applicable to her is omitted: "The barren hath borne many: and she that had many children is weakened." See, on this subject, Emmet in "The Expositor" (Dec., 1909); Bernard, ibid. (March, 1907); and the exhaustive works of two Catholic writers: Ladeuze, "Revue d'histoire ecclésiastique" (Louvain, Oct., 1903); Bardenhewer, "Maria Verkündigung" (Freiburg, 1905).

The census of Quirinius

No portion of the New Testament has been so fiercely attacked as Luke 2:1-5. Schürer has brought together, under six heads, a formidable array of all the objections that can he urged against it. There is not space to refute them here; but Ramsay in his "Was Christ born in Bethlehem?" has shown that they all fall to the ground:--

(1) St. Luke does not assert that a census took place all over the Roman Empire before the death of Herod, but that a decision emanated from Augustus that regular census were to be made. Whether they were carried out in general, or not, was no concern of St. Luke's. If history does not prove the existence of such a decree it certainly proves nothing against it. It was thought for a long time that the system of Indictions was inaugurated under the early Roman emperors, it is now known that they owe their origin to Constantine the Great (the first taking place fifteen years after his victory of 312), and this in spite of the fact that history knew nothing of the matter. Kenyon holds that it is very probable that Pope Damasus ordered the Vulgate to be regarded as the only authoritative edition of the Latin Bible; but it would be difficult to Prove it historically. If "history knows nothing" of the census in Palestine before 4 B.C. neither did it know anything of the fact that under the Romans in Egypt regular personal census were held every fourteen years, at least from A.D. 20 till the time of Constantine. Many of these census papers have been discovered, and they were called apographai, the name used by St. Luke. They were made without any reference to property or taxation. The head of the household gave his name and age, the name and age of his wife, children, and slaves. He mentioned how many were included in the previous census, and how many born since that time. Valuation returns were made every year. The fourteen years' cycle did not originate in Egypt (they had a different system before 19 B.C.), but most probably owed its origin to Augustus, 8 B.C., the fourteenth year of his tribunitia potestas, which was a great year in Rome, and is called the year I in some inscriptions. Apart from St. Luke and Josephus, history is equally ignorant of the second enrolling in Palestine, A.D. 6. So many discoveries about ancient times, concerning which history has been silent, have been made during the last thirty years that it is surprising modern authors should brush aside a statement of St. Luke's, a respectable first-century writer, with a mere appeal to the silence of history on the matter.

(2) The first census in Palestine, as described by St. Luke, was not made according to Roman, but Jewish, methods. St. Luke, who travelled so much, could not be ignorant of the Roman system, and his description deliberately excludes it. The Romans did not run counter to the feelings of provincials more than they could help. Jews, who were proud of being able to prove their descent, would have no objection to the enrolling described in Luke 2. Schürer's arguments are vitiated throughout by the supposition that the census mentioned by St. Luke could be made only for taxation purposes. His discussion of imperial taxation learned but beside the mark (cf. the practice in Egypt). It was to the advantage of Augustus to know the number of possible enemies in Palestine, in case of revolt.

(3) King Herod was not as independent as he is described for controversial purposes. A few years before Herod's death Augustus wrote to him. Josephus, "Ant.", XVI, ix., 3, has: "Cæsar [Augustus] . . . grew very angry, and wrote to Herod sharply. The sum of his epistle was this, that whereas of old he used him as a friend, he should now use him as his subject." It was after this that Herod was asked to number his people. That some such enrolling took place we gather from a passing remark of Josephus, "Ant.", XVII, ii, 4, "Accordingly, when all the people of the Jews gave assurance of their good will to Cæsar [Augustus], and to the king's [Herod's] government, these very men [the Pharisees] did not swear, being above six thousand." The best scholars think they were asked to swear allegiance to Augustus.

(4) It is said there was no room for Quirinius, in Syria, before the death of Herod in 4 B.C. C. Sentius Saturninus was governor there from 9-6 B.C.; and Quintilius Varus, from 6 B.C. till after the death of Herod. But in turbulent provinces there were sometimes times two Roman officials of equal standing. In the time of Caligula the administration of Africa was divided in such a way that the military power, with the foreign policy, was under the control of the lieutenant of the emperor, who could be called a hegemon (as in St. Luke), while the internal affairs were under the ordinary proconsul. The same position was held by Vespasian when he conducted the war in Palestine, which belonged to the province of Syria--a province governed by an officer of equal rank. Josephus speaks of Volumnius as being Kaisaros hegemon, together with C. Sentius Saturninus, in Syria (9-6 B.C.): "There was a hearing before Saturninus and Volumnius, who were then the presidents of Syria" (Ant., XVI, ix, 1). He is called procurator in "Bel. Jud.", I, xxvii, 1, 2. Corbulo commanded the armies of Syria against the Parthians, while Quadratus and Gallus were successively governors of Syria. Though Josephus speaks of Gallus, he knows nothing of Corbulo; but he was there nevertheless (Mommsen, "Röm. Gesch.", V, 382). A similar position to that of Corbulo must have been held by Quirinius for a few years between 7 and 4 B.C.

The best treatment of the subject is that by Ramsay "Was Christ Born in Bethlehem?" See also the valuable essays of two Catholic writers: Marucchi in "Il Bessarione" (Rome, 1897); Bour, "L'lnscription de Quirinius et le Recensement de S. Luc" (Rome, 1897). Vigouroux, "Le N. T. et les Découvertes Modernes" (Paris, 1890), has a good deal of useful information. It has been suggested that Quirinius is a copyist's error for Quintilius (Varus).

Saint Luke and Josephus

The attempt to prove that St. Luke used Josephus (but inaccurately) has completely broken down. Belser successfully refutes Krenkel in "Theol. Quartalschrift", 1895, 1896. The differences can be explained only on the supposition of entire independence. The resemblances are sufficiently accounted for by the use of the Septuagint and the common literary Greek of the time by both. See Bebb and Headlam in Hast., "Dict. of the Bible", s. vv. "Luke, Gospel" and "Acts of the Apostles", respectively. Schürer (Zeit. für W. Th., 1876) brushes aside the opinion that St. Luke read Josephus. When Acts is compared with the Septuagint and Josephus, there is convincing evidence that Josephus was not the source from which the writer of Acts derived his knowledge of Jewish history. There are numerous verbal and other coincidences with the Septuagint (Cross in "Expository Times", XI, 5:38, against Schmiedel and the exploded author of "Sup. Religion"). St. Luke did not get his names from Josephus, as contended by this last writer, thereby making the whole history a concoction. Wright in his "Some New Test. Problems" gives the names of fifty persons mentioned in St. Luke's Gospel. Thirty-two are common to the other two Synoptics, and therefore not taken from Josephus. Only five of the remaining eighteen are found in him, namely, Augustus Cæsar, Tiberius, Lysanias, Quirinius, and Annas. As Annas is always called Ananus in Josephus, the name was evidently not taken from him. This is corroborated by the way the Gospel speaks of Caiphas. St. Luke's employment of the other four names shows no connection with the Jewish historian. The mention of numerous countries, cities, and islands in Acts shows complete independence of the latter writer. St. Luke's preface bears a much closer resemblance to those of Greek medical writers than to that of Josephus. The absurdity of concluding that St. Luke must necessarily be wrong when not in agreement with Josephus is apparent when we remember the frequent contradictions and blunders in the latter writer.

Appendix: Biblical Commission decisions

The following answers to questions about this Gospel, and that of St. Mark, were issued, 26 June, 1913, by the Biblical Commission. That Mark, the disciple and interpreter of Peter, and Luke, a doctor, the assistant and companion of Paul, are really the authors of the Gospels respectively attributed to them is clear from Tradition, the testimonies of the Fathers and ecclesiastical writers, by quotations in their writings, the usage of early heretics, by versions of the New Testament in the most ancient and common manuscripts, and by intrinsic evidence in the text of the Sacred Books. The reasons adduced by some critics against Mark's authorship of the last twelve versicles of his Gospel (xvi, 9-20) do not prove that these versicles are not inspired or canonical, or that Mark is not their author. It is not lawful to doubt of the inspiration and canonicity of the narratives of Luke on the infancy of Christ (i-ii), on the apparition of the Angel and of the bloody sweat (xxii, 43-44); nor can it be proved that these narratives do not belong to the genuine Gospel of Luke.

The very few exceptional documents attributing the Magnificat to Elizabeth and not to the Blessed Virgin should not prevail against the testimony of nearly all the codices of the original Greek and of the versions, the interpretation required by the context, the mind of the Virgin herself, and the constant tradition of the Church.
It is according to most ancient and constant tradition that after Matthew, Mark wrote his Gospel second and Luke third; though it may be held that the second and third Gospels were composed before the Greek version of the first Gospel. It is not lawful to put the date of the Gospels of Mark and Luke as late as the destruction of Jerusalem or after the siege had begun. The Gospel of Luke preceded his Acts of the Apostles, and was therefore composed before the end of the Roman imprisonment, when the Acts was finished (Acts 28:30-31). In view of Tradition and of internal evidence it cannot be doubted that Mark wrote according to the preaching of Peter, and Luke according to that of Paul, and that both had at their disposal other trustworthy sources, oral or written.


Aherne, Cornelius. "Gospel of Saint Luke." The Catholic Encyclopedia. Vol. 9. New York: Robert Appleton Company, 1910.28 Oct. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/09420a.htm>.


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October 18

St. Luke the Evangelist

See Tillem. t. 2. p. 148. Calmet, t. 7, p. 378. Six different Greek histories of St. Luke’s Acts are extant, all modern, and of no account. See Jos. Assemani, in Calend. Univ. t. 5, p. 308.

THE GREAT apostle of the Gentiles, or rather the Holy Ghost by his pen, is the panegyrist of this glorious evangelist, and his own inspired writings are the highest, standing, and most authentic commendation of his sanctity, and of those eminent graces which are a just subject of our admiration, but which human praises can only extenuate. St. Luke was a native of Antioch, the metropolis of Syria, a city famous for the agreeableness of its situation, the riches of its traffic, its extent, the number of its inhabitants, the politeness of their manners, and their learning and wisdom. Its schools were the most renowned in all Asia, and produced the ablest masters in all arts and sciences. St. Luke acquired a stock of learning in his younger years, which, we are told, he improved by his travels in some parts of Greece and Egypt. He became particularly well skilled in physic, which he made his profession. They who from hence infer the quality of his birth and fortune, do not take notice that this art was at that time often managed by slaves who were trained up to it, as Grotius proves, who conceives that St. Luke perhaps had lived servant in some noble family in quality of physician, till he obtained his freedom; after which he continued to follow his profession. This he seems to have done after his conversion to the faith, and even to the end of his life; the occasional practice of physic without being drawn aside by it from spiritual functions, being a charity very consistent with the ministry of the gospel. St. Jerom assures us he was very eminent in his profession, and St. Paul, by calling him his most dear physician, 1 seems to indicate that he had not laid it aside. Besides his abilities in physic, he is said to have been very skilful in painting. The Menology of the emperor Basil, compiled in 980, Nicephorus, 2 Metaphrastes, and other modern Greeks quoted by F. Gretzer, in his dissertation on this subject, speak much of his excelling in this art, and of his leaving many pictures of Christ and the B. Virgin. Though neither the antiquity nor the credit of these authors is of great weight, it must be acknowledged, with a very judicious critic, that some curious anecdotes are found in their writings. In this particular, what they tell us is supported by the authority of Theodorus Lector, who lived in 518, and relates 3 that a picture of the B. Virgin painted by St. Luke was sent from Jerusalem to the empress Pulcheria, who placed it in the church of Hodegorum which she built in her honour at Constantinople. Moreover, a very ancient inscription was found in a vault near the church of St. Mary in viâ latâ in Rome, in which it is said of a picture of the B. Virgin Mary, discovered there, “One of the seven painted by St. Luke.” 4 Three or four such pictures are still in being; the principal is that placed by Paul V. in the Burghesian chapel in St. Mary Major.

St. Luke was a proselyte to the Christian religion, but whether from Paganism or rather from Judaism is uncertain; for many Jews were settled at Antioch, but chiefly such as were called Hellenists, who read the Bible in the Greek translation of the Septuagint. St. Jerom observes from his writings, that he was more skilled in Greek than in Hebrew, and that therefore he not only always makes use of the Septuagint translation, as the other authors of the New Testament who wrote in Greek do, but he refrains sometimes from translating words when the propriety of the Greek tongue would not bear it. Some think he was converted to the faith by St. Paul at Antioch: others judge this improbable, because that apostle no where calls him his son, as he frequently does his converts. St. Epiphanius makes him to have been a disciple of our Lord; which might be for some short time before the death of Christ, though this evangelist says, he wrote his gospel from the relations of those who from the beginning were eyewitnesses and ministers of the word. 5 Nevertheless, from these words, many conclude that he became a Christian at Antioch only after Christ’s ascension. Tertullian positively affirms that he never was a disciple of Christ whilst he lived on earth. 6 No sooner was he enlightened by the Holy Ghost, and initiated in the school of Christ, but he set himself heartily to learn the spirit of his faith, and to practise its lessons. For this purpose he studied perfectly to die to himself, and, as the Church says of him, “He always carried about in his body the mortification of the cross for the honour of the divine name.” He was already a great proficient in the habits of a perfect mastery of himself, and of all virtues, when he became St. Paul’s companion in his travels, and fellow-labourer in the ministry of the gospel. The first time that in his history of the missions of St. Paul 7 he speaks in his own name in the first person, is when that apostle sailed from Troas into Macedon, in the year 51, soon after St. Barnabas had left him, and St. Irenæus begins from that time the voyages which St. Luke made with St. Paul. 8 Before this he had doubtless been for some time an assiduous disciple of that great apostle; but from this time he seems never to have left him unless by his order upon commissions for the service of the churches he had planted. It was the height of his ambition to share with that great apostle all his toils, fatigues, dangers, and sufferings. In his company he made some stay at Philippi in Macedon; then he travelled with him through all the cities of Greece, where the harvest every day grew upon their hands. St. Paul mentions him more than once as the companion of his travels; he calls him Luke the beloved physician, 9 his fellow-labourer. 10 Interpreters usually take Lucius, whom St. Paul calls his kinsman, 11 to be St. Luke, as the same apostle sometimes gives a latin termination to Silas, calling him Sylvanus. Many with Origen, Eusebius, and St. Jerom say, that when St. Paul speaks of his own gospel, 12 he means that of St. Luke, though the passage may be understood simply of the gospel which St. Paul preached. He wrote this epistle in the year 57, four years before his first arrival at Rome.

St. Matthew and St. Mark had written their gospels before St. Luke. The devil, who always endeavours to obscure the truth by falsehood, stirred up several to obtrude upon the world fabulous relations concerning Christ, to obviate which St. Luke published his gospel. In this undertaking some imagine he had also in view to supply some things which had been omitted by the two former; but it does not clearly appear that he had read them, as Calmet and others observe. Tertullian tells us, that this work of the disciple was often ascribed to St. Paul, who was his master. 13 That apostle, doubtless, assisted him in the task, and approved and recommended it; but St. Luke mentions others from whom he derived his accounts, who from the beginning had been eye-witnesses of Christ’s actions. He delivered nothing but what he received immediately from persons present at, and concerned in the things which he has left upon record, having a most authentic stock of credit and intelligence to proceed upon, as Tertullian speaks, and being under the direction and influence of the Holy Ghost, from whose express revelation he received whatever he has delivered concerning all divine mysteries, and without whose special assistance and inspiration he wrote not the least tittle, even in his historical narrative. What the ancients aver of the concurrence of St. Paul in this work, seems to appear in the conformity of their expressions in mentioning the institution of the blessed eucharist, 14 also in relating the apparition of Christ to St. Peter. 15 St. Jerom and St. Gregory Nazianzen tell us, 16 that St. Luke wrote his gospel in Achaia when he attended St. Paul preaching there and in the confines of Bœotia. He was twice in these parts with that apostle, in 53 and 58. He must have wrote his gospel in 53, if St. Paul speaks of it in his epistle to the Romans, as the ancients assure us. Those titles in some Greek manuscripts, which say this gospel was written at Rome during St. Paul’s first imprisonment, are modern, and seem to confound this book with the Acts of the Apostles.

St. Luke mainly insists in his gospel upon what relates to Christ’s priestly office; for which reason the ancients, in accommodating the four symbolical representations, mentioned in Ezechiel, to the four evangelists, assigned the ox or calf, as an emblem of sacrifices, to St. Luke. It is only in the gospel of St. Luke that we have a full account of several particulars relating to the Annunciation of the mystery of the Incarnation to the Blessed Virgin, her visit to St. Elizabeth, the parable of the prodigal son, and many other most remarkable points. The whole is written with great variety, elegance, and perspicuity. An incomparable sublimity of thought and diction is accompanied with that genuine simplicity which is the characteristic of the sacred penman; and by which the divine actions and doctrine of our Blessed Redeemer are set off in a manner which in every word conveys his holy spirit, and unfolds in every tittle the hidden mysteries and inexhausted riches of the divine love and of all virtues to those who with an humble and teachable disposition of mind make these sacred oracles the subject of their assiduous devout meditation. The dignity with which the most sublime mysteries, which transcend all the power of words, and even the conception and comprehension of all created beings, are set off without any pomp of expression, has in it something divine; and the energy with which the patience, meekness, charity, and beneficence of a God made man for us, are described, his divine lessons laid down, and the narrative of his life given, but especially the dispassionate manner in which his adorable sufferings and death are related, without the least exclamation or bestowing the least harsh epithet on his enemies, is a grander and more noble eloquence on such a theme, and a more affecting and tender manner of writing than the highest strains or the finest ornaments of speech could be. This simplicity makes the great actions speak themselves, which all borrowed eloquence must extenuate. The sacred penmen in these writings were only the instruments or organs of the Holy Ghost; but their style alone suffices to evince how perfectly free their souls were from the reign or influence of human passions, and in how perfect a degree they were replenished with all those divine virtues and that heavenly spirit which their words breathe.

About the year 56 St. Paul sent St. Luke with St. Titus to Corinth, with this high commendation, that his praise in the gospel resounded throughout all the churches. 17 St. Luke attended him to Rome, whither he was sent prisoner from Jerusalem in 61. The apostle remained there two years in chains: but was permitted to live in a house which he hired, though under the custody of a constant guard; and there he preached to those who daily resorted to hear him. From ancient writings and monuments belonging to the church of St. Mary in viâ latâ, which is an ancient title of a cardinal deacon, Baronius 18 and Aringhi 19 tell us, that this church was built upon the spot where St. Paul then lodged, and where St. Luke wrote the Acts of the Apostles. On this account Sixtus V. caused a statue of St. Paul to be placed, with a new inscription, upon the famous pillar of Antoninus, in that neighbourhood. St. Luke was the apostle’s faithful assistant and attendant during his confinement, and had the comfort to see him set at liberty in 63, the year in which this evangelist finished his Acts of the Apostles. This sacred history he compiled at Rome, 20 by divine inspiration, as an appendix to his gospel, to prevent the false relations of those transactions which some published, and to leave an authentic account of the wonderful works of God in planting his church, and some of the miracles by which he confirmed it, and which were an invincible proof of the truth of Christ’s resurrection, and of his holy religion. Having in the first twelve chapters related the chief general transactions of the principal apostles in the first establishment of the church, beginning at our Lord’s ascension, he from the thirteenth chapter, almost confines himself to the actions and miracles of St. Paul, to most of which he had been privy and an eye-witness, and concerning which false reports were spread. St. Luke dedicated both this book and his gospel to one Theophilus, who, by the title of Most Excellent, which he gives him, according to the style of those times, must have been a person of the first distinction, and a public magistrate, probably of Antioch, who perhaps was a convert of this evangelist. These books were not intended only for his use, but also for the instruction of all churches, and all succeeding ages. As amongst the ancient prophets the style of Isaias was most elegant and polite, and that of Amos, who had been a shepherd, rough; so that of St. Luke, by its accuracy and elegance, and the purity of the Greek language, shows the politeness of his education at Antioch: yet it is not wholly free from Hebraisms and Syriacisms. It flows with an easy and natural grace and sweetness, and is admirably accommodated to an historical design.

St. Luke did not forsake his master after he was released from his confinement. That apostle in his last imprisonment at Rome writes, that the rest had all left him, and that St. Luke alone was with him. 21 St. Epiphanius says, 22 that after the martyrdom of St. Paul, St. Luke preached in Italy, Gaul, Dalmatia, and Macedon. By Gaul some understand Cisalpine Gaul, others Galatia. Fortunatus and Metaphrastes say he passed into Egypt, and preached in Thebais. Nicephorus says he died at Thebes in Bœotia, and that his tomb was shown near that place in his time; but seems to confound the evangelist with St. Luke Stiriote, a hermit of that country. St. Hippolytus says, 23 St. Luke was crucified at Elæa in Peloponnesus near Achaia. The modern Greeks tell us, he was crucified on an olive tree. The ancient African Martyrology of the fifth age 24 gives him the title of evangelist and martyr. St. Gregory Nazianzen, 25 St. Paulinus, 26 and St. Gaudentius of Brescia, 27 assure us that he went to God by martyrdom. Bede, Ado, Usuard, and Baronius in the Martyrologies only say he suffered much for the faith, and died very old in Bithynia. That he crossed the straits to preach in Bithynia is most probable, but then he returned and finished his course in Achaia; under which name Peloponnesus was then comprised. The modern Greeks say he lived four score and four years: which assertion had crept into St. Jerom’s account of St. Luke, 28 but is expunged by Martianay, who found those words wanting in all old manuscripts. The bones of St. Luke were translated from Patras in Achaia in 357, by order of the emperor Constantius, and deposited in the church of the apostles at Constantinople, 29 together with those of St. Andrew and St. Timothy. On the occasion of this translation some distribution was made of the relics of St. Luke: St. Gaudentius procured a part for his church at Brescia. 30 St. Paulinus possessed a portion in St. Felix’s church at Nola, and with a part enriched a church which he built at Fondi. 31 The magnificent church of the apostles at Constantinople was built by Constantine the Great, 32 whose body was deposited in the porch in a chest of gold, the twelve apostles standing round his tomb. 33 When this church was repaired by an order of Justinian, the masons found three wooden chests, or coffins, in which, as the inscriptions proved, the bodies of St. Luke, St. Andrew, and St. Timothy were interred. 34 Baronius mentions that the head of St. Luke was brought by St. Gregory from Constantinople to Rome, and laid in the church of his monastery of St. Andrew. 35 The ancient picture of St. Luke, together with all the instruments used formerly in writing, is copied by Montfaucon from old manuscript books of his gospel. 36 Some of his relics are kept in the great Grecian monastery on Mount Athos in Greece. 37

Christ, our divine Legislator, came not only to be our Model by his example, and our Redeemer by the sacrifice of his adorable blood, but also to be our doctor and teacher by his heavenly doctrine. He who, from the beginning of the world, had inspired and opened the mouths of so many prophets, vouchsafed to become himself our instructor, teaching us what we are to believe, and what we are to do, that through his redemption we may escape eternal torments and attain to everlasting life. With what earnestness and diligence, with what awful respect ought we to listen to, and assiduously meditate upon his divine lessons, which we read in his gospels, or hear from the mouths of his ministers, who announce to us his word, and in his name, or by his authority and commission! As by often iterating the same action the nail is driven into the wood, and not a stroke of the hammer is lost or superfluous; so it is by repeated meditation, that the divine word sinks deep into our hearts. What fatigues and sufferings did it cost the Son of God to announce it to us! How many prophets! how many apostles, evangelists, and holy ministers has he sent to preach the same for the sake of our souls! How intolerable is our contempt of it! our sloth and carelessness in receiving it!

Note 1. Coloss. i. 14. [back]

Note 2. L. 2, c. 43. [back]

Note 3. L. 1, pp. 551, 552. [back]

Note 4. Una ex vii. a Lucá depictis. Bosius et Aringhi, Roma Subterran. l. 3, c. 41. On St. Luke’s pictures of the B. Virgin, see Jos. Assemani in Calend. Univers. ad 18, Oct. t. 5, p. 306. [back]

Note 5. Luke i. 2. [back]

Note 6. L. 4, contr. Marcion, c. 2. [back]

Note 7. Acts xvi. 8–10. [back]

Note 8. St. Iren. 3, c. 14. [back]

Note 9. Col. iv. 14. [back]

Note 10. Philem. v. 24. [back]

Note 11. Rom. xvi. 21. [back]

Note 12. Rom. ii. 16. [back]

Note 13. L. 4. contra Marcion, c. 5. [back]

Note 14. Luke xvii. 17–20, and 1 Cor. xi. 23–25. [back]

Note 15. Luke xxiv. 34, and 1 Cor. xv. 5. [back]

Note 16. St. Hieron. Proleg. in Matt. et. S. Greg. Naz. Carm. 33. [back]

Note 17. 2 Cor. viii. 18, 19. [back]

Note 18. Baron. in Annal. t. 1, ad an. 55, ed. nov. Luccens. [back]

Note 19. Roma Subterr. l. 3, c. 41, Lorinus in Acta Apost. [back]

Note 20. St. Hieron. Catal. Vir. Illustr. c. 7. [back]

Note 21. 2 Tim. iv. 11. [back]

Note 22. St. Epiph. hær. 51. [back]

Note 23. St. Hippolytus in MS. Bodleianæ Bibl. ap. Milles in Præf. in Luc. p. 120. [back]

Note 24. Mabil. Ann. t. 3, p. 414. [back]

Note 25. Naz. or. 3. [back]

Note 26. Paulin. ep. 12, p. 155. [back]

Note 27. S. Gaud. Serm. 17. [back]

Note 28. De Vir. Illustr. c. 7. [back]

Note 29. St. Hieron. Ib. Philostorg. Idat. in Chron. Theodor Lector, p. 567. [back]

Note 30. Serm. 17. [back]

Note 31. S. Paulin. ep. 24 et 12. [back]

Note 32. Eus. Vit. Constant. l. 4, c. 58. [back]

Note 33. Socrates, Hist. Eccl. [back]

Note 34. See Procop. de Ædif. Justiniani; also Mr. Ball, On the Antiquities of Constantinople, App. to Gyllius, p. 45. [back]

Note 35. Baron. ad an. 586, n. 25. [back]

Note 36. Palæographia Græca, l. 1, pp. 22, 23. [back]

Note 37. Ib. l. 7, p. 456. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume X: October. The Lives of the Saints.  1866.

San Luca Evangelista


Antiochia di Siria - Roma (?) - Primo secolo dopo Cristo

Figlio di pagani, Luca appartiene alla seconda generazione cristiana. Compagno e collaboratore di san Paolo, che lo chiama «il caro medico», è soprattutto l’autore del terzo Vangelo e degli Atti degli Apostoli. Al suo Vangelo premette due capitoli nei quali racconta la nascita e l’infanzia di Gesù. In essi risalta la figura di Maria, la «serva del Signore, benedetta fra tutte le donne». Il cuore dell’opera, invece, è costituito da una serie di capitoli che riportano la predicazione da Gesù tenuta nel viaggio ideale che lo porta dalla Galilea a Gerusalemme. Anche gli Atti degli Apostoli descrivono un viaggio: la progressione gloriosa del Vangelo da Gerusalemme all’Asia Minore, alla Grecia fino a Roma.

Protagonisti di questa impresa esaltante sono Pietro e Paolo. A un livello superiore il vero protagonista è lo Spirito Santo, che a Pentecoste scende sugli Apostoli e li guida nell’annuncio del Vangelo agli Ebrei e ai pagani. Da osservatore attento, Luca conosce le debolezze della comunità cristiana così come ha preso atto che la venuta del Signore non è imminente. Dischiude dunque l’orizzonte storico della comunità cristiana, destinata a crescere e a moltiplicarsi per la diffusione del Vangelo. Secondo la tradizione, Luca morì martire a Patrasso in Grecia.


Patronato: Artisti, Pittori, Scultori, Medici, Chirurghi

Etimologia: Luca = nativo della Lucania, dal latino

Emblema: Bue

Martirologio Romano: Festa di san Luca, Evangelista, che, secondo la tradizione, nato ad Antiochia da famiglia pagana e medico di professione, si convertì alla fede in Cristo. Divenuto compagno carissimo di san Paolo Apostolo, sistemò con cura nel Vangelo tutte le opere e gli insegnamenti di Gesù, divenendo scriba della mansuetudine di Cristo, e narrò negli Atti degli Apostoli gli inizi della vita della Chiesa fino al primo soggiorno di Paolo a Roma.

I medici-chirurghi sono cristianamente sotto la protezione dei Santi Cosma e Damiano, i martiri guaritori anargiri vissuti nel III secolo e attivi gratuitamente in Siria. Anche altri santi “minori “ sono invocati, specialmente per alcune branche specialistiche come l’oculistica e l’odontoiatria. Ma il principe patrono della categoria è, senza ombra di dubbio, San Luca evangelista, che una lunga tradizione vuole originario di Antiochia, tanto da essere denominato “il medico antiocheno”.

  Come è noto, tale importante città, che corrisponde all’attuale Antakia nella Turchia sudorientale, fu fondata quale capitale del regno di Siria nel 301 a.C.; vi fiorì una numerosa colonia giudaica e fu poi sede di una delle più antiche comunità cristiane. Luca, il cui nome è probabilmente abbreviazione di Lucano, vi nacque come pagano, ma diventò proselita o quanto meno simpatizzante della religione ebraica.

  Egli non era discepolo di Gesù di Nazaret; si convertì dopo, pur non figurando nemmeno come uno dei primitivi settantadue discepoli. Diventò membro della comunità cristiana antiochena, probabilmente verso l’anno 40. Fu poi compagno di San Paolo (Tarso, inizio I° secolo/ forse 8 d.C.-Roma, 67 ca.) in alcuni suoi viaggi. Lo si trova con l’apostolo delle genti a Filippi, Gerusalemme e Roma. Sostanzialmente suo discepolo, condivise la visione universale paolina della nuova religione e, allorché decise di scrivere le proprie opere, lo fece soprattutto per le comunità evangelizzate da Paolo, ossia in genere per convertiti dal paganesimo. Si incontrò tuttavia anche con San Giacomo il Minore, capo della Chiesa di Gerusalemme, con San Pietro, più a lungo con San Barnaba e forse con San Marco. 

  La qualifica di medico attribuita a Luca viene confermata, secondo gli studiosi, dall’esame interno delle sue opere. La sua cultura e la preparazione specifica erano sicuramente note tra le comunità di cui faceva parte; potrebbe addirittura avere curato la Madre del Signore. Certamente la sua cultura generale e la sua esperienza degli uomini erano piuttosto notevoli. Prove ne siano lo stile e l’uso della lingua greca nonché la struttura stessa dei suoi scritti: il terzo Vangelo e gli Atti degli Apostoli. La data di composizione degli Atti viene fatta risalire agli anni 63-64, quella del Vangelo ad un anno o due prima. Luca coltivava anche l’arte e la letteratura. Un’antica tradizione lo vuole addirittura autore di alcune “Madonne” che si venerano ancora ai nostri giorni, come in Santa Maria Maggiore a Roma.
  Egli è il solo evangelista a dilungarsi sull’infanzia di Gesù ed a narrare episodi della vita della Madonna che gli altri tre non hanno riferito. Le fonti della sua narrazione furono i racconti dei discepoli e delle donne che vissero al seguito di Gesù; quasi sicuramente i Vangeli di Matteo e di Marco, che lui conosceva. Con la precisione cronologica e spesso geografica con la quale riferì delle vicende del Vangelo, così egli, insieme a tanta passione, raccontò negli Atti i primi passi della comunità cristiana dopo la Pentecoste.

  Per alcuni studiosi Luca avrebbe scritto parecchio nella regione della Beozia, regione dell’antica Grecia confinante a sud con il golfo di Corinto e l’Attica. Tale regione fu sede di regni importanti come quello di Tebe. Per i Greci addirittura l’evangelista sarebbe morto in quei luoghi all’età di ottantaquattro anni, senza essersi mai sposato e senza avere avuto figli. Per altri invece egli sarebbe morto in Bitinia, regione nord-occidentale dell’odierna Turchia.

  Per la verità nulla di certo si sa della vita di Luca dopo la morte di San Paolo. Addirittura non si conosce sicuramente se egli abbia terminato la propria esistenza terrena con una morte naturale oppure come martire appeso ad un olivo. Ovviamente ignoto è il luogo della prima sepoltura. Vi sono tre città soprattutto che si appellano ad una tradizione di traslazione del corpo dell’evangelista: Costantinopoli, Padova e Venezia. Sono città quindi intorno alle quali e dalle quali si diffuse il suo culto. Recentissimi studi avrebbero dimostrato che sue sono le spoglie mortali, eccezione fatta per il capo, conservate a Padova nella basilica benedettina di Santa Giustina. In tale città veneta sarebbero giunte per sottrarle alla distruzione degli iconoclasti e là già nel XIV secolo fu per loro costruita una cappella ed un’Arca, detta appunto di San Luca.

  II simbolo di San Luca evangelista è il vitello, animale sacrificale. II 18 ottobre viene celebrata nella Chiesa universale la sua solennità, la solennità di Colui che Dante ha definito lo “scriba della mansuetudine di Cristo” per il predominio, nel suo Vangelo, di immagini di mitezza, di gioia e di amore.


Autore: Mario Benatti



Voir aussi : Saint Thomas d'Aquin. Catena Aurea. Explications sur L'Évangile de Saint Luc :


http://spiral.univ-lyon1.fr/files_m/M4337/WEB/St%20Luc%20M%C3%A9decin%20P.pdf

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rhr_0035-1423_1992_num_209_2_1607