mercredi 3 octobre 2012

Sainte THÉRÈSE de l'ENFANT-JÉSUS et de la SAINTE-FACE, vierge carmélite et Docteur de l'Église



Thérèse de Lisieux, docteur de l'Église (+ 1897)

Thérèse Martin est la cinquième et dernière fille d'une famille chrétienne où elle grandit 'entourée d'amour'. Elle a 4 ans quand la mort de sa mère introduit une brisure dans sa vie. Le père et la quintette de ses filles s'installent alors à Lisieux pour se rapprocher d'une partie de sa famille.

Deuxième drame qui ébranle Thérèse enfant: sa sœur Pauline puis sa sœur Marie, qu'elle avait choisies successivement comme 'petite mère' entrent au Carmel. La nuit de Noël, par une grâce puissante, elle retrouve le joyeux équilibre de son enfance et s'élance, dans 'une course de géant', vers le Dieu-Amour qui l'a saisie. Non sans démarche, allant intrépidement jusqu'à Rome se jeter aux pieds du pape, elle obtient d'entrer au Carmel à quinze ans, le 9 avril 1888.

Avec une fidélité héroïque, elle y poursuit sa route vers la sainteté. Le Seigneur lui découvre peu à peu sa 'petite voie' d'abandon et de confiance audacieuse. Le 9 juin 1895, elle s'offre à l'amour miséricordieux de Dieu.

Durant sa longue maladie, la tuberculose, elle s'est conformée au Christ, dans le mystère de son agonie pour le salut des pécheurs qui n'ont pas la foi. Elle meurt à 24 ans, promettant de faire tomber sur la terre 'une pluie de roses' et de passer son ciel à faire du bien sur la terre.

Quelques années plus tard, le récit de sa vie, écrit par obéissance, connaît un succès populaire époustouflant et les  témoignages de grâces obtenues par son intercession affluent au monastère, si nombreux que le Pape parle d'un 'ouragan de gloire'. Proclamée patronne des missions de l'Église universelle et docteur de l'Église en 1997.



- Sainte Thérèse de la Sainte Face et de l'Enfant Jésus (1873-1897) La petite Thérèse est Docteur de l'Église, patronne des missions et copatronne de la France. Elle a été canonisée par Pie XI en 1925.


les Carmélites lisent Thérèse, Carmel de Lisieux.

- Voir aussi: Sainte Thérèse de Lisieux et le Patrimoine Religieux de l'Orne en Normandie.

Le 6 avril 2011, Benoît XVI a tracé un portrait de sainte Thérèse de Lisieux. Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face n'a vécu que 24 ans à la fin du XIX siècle. "Si sa vie fut très simple et cachée, la publication de ses écrits après sa mort en fit une des saintes les plus connues et aimées. La Petite Thérèse n'a cessé d'aider les âmes les plus simples, les humbles et les pauvres, les malades qui la priaient. Mais elle a aussi éclairé l'Église entière de sa profonde doctrine, au point que Jean-Paul II lui attribua en 1997 le titre de docteur de l'Église... qui s'ajouta à celui de patronne de la Mission décerné par Pie XI en 1939... Il la définit experte en Scientia Amoris, cette science qui fait resplendir dans l'amour toute la vérité de la foi, ainsi que Thérèse l'a raconté dans son Histoire d'une âme".

Thérèse naquit à Alençon (*) en 1873, cadette des neuf enfants de Louis et Zélie Martin, béatifiés en 2008. Elle perdit sa mère à 4 ans puis fut frappée d'une grave maladie nerveuse dont elle guérit en 1886 grâce au "sourire de la Vierge Marie". Reçue à Rome l'année suivante par Léon XIII, Thérèse fut autorisée à entrer à 15 ans au carmel de sa ville. Elle prononça ses vœux en 1890 et en 1896 commença la maladie qui la porta à la mort et qui fut "une passion de l'âme... Elle vécut la foi la plus héroïque, telle une lumière dans les ténèbres envahissant l'âme... Dans ce cadre de souffrance, elle vécut le plus grand des amours dans les choses les plus infimes de la vie quotidienne, portant à l'accomplissement sa vocation d'être l'amour au cœur de l'Église". Sainte Thérèse de Lisieux mourut le 30 septembre 1897 en disant simplement: "Mon Dieu, je vous aime", Jésus je t'aime étant au cœur de tous ses écrits. "Elle fut un des ces petits dont parle l'Évangile, qui se laissent conduire à Dieu dans la profondeur de son mystère, mais aussi un guide pour tous et en particulier pour" les théologiens. "Avec humilité et charité, foi et espérance, Thérèse entrait sans cesse dans l'Ecriture qui renferme le mystère du Christ. Nourrie de la science de l'amour, cette lecture biblique s'oppose à la science académique. En effet, la science des saints, dont parle la dernière page de l'Histoire d'une âme, est la science supérieure... Dans l'Évangile elle trouva avant tout la miséricorde de Jésus...et le point final de son récit furent la confiance et l'amour, des mots qui ont éclairé son chemin de sainteté, qui ont guidé ce qu'elle appelait son petit chemin de confiance et d'amour, celui de l'enfant qui s'abandonne". (source: VIS 20110406 470)

(*) un internaute nous signale: La maison natale de Sainte Thérèse peut se visiter dans le centre d'Alençon avec la chapelle familiale qui jouxte la maison, c'est une magnifique chapelle avec le lit où est née Saint Thérèse - la chapelle, Alençon sur les pas de la famille Martin et de Sainte Thérèse.

Mémoire de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, vierge et docteur de l'Église. Entrée encore adolescente au monastère des Carmélites de Lisieux, devenue par son innocence et sa simplicité de vie, maîtresse de sainteté dans le Christ, elle enseigna le chemin de la perfection chrétienne par l'enfance spirituelle, et mit tout son souci mystique au service du salut des âmes et du développement de l'Église, achevant sa vie à l'âge de vingt-quatre ans, le 30 septembre 1897.

Martyrologe romain

Je puis donc, malgré ma petitesse, aspirer à la sainteté. Me grandir, c'est impossible, mais je veux chercher le moyen d'aller au ciel par une petite voie bien droite, bien courte et toute nouvelle. Et j'ai lu: Si quelqu'un est tout petit, qu'il vienne à moi. Alors, je suis venue

Sainte Thérèse - Histoire d'une âme



Statue de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, église Notre-Dame-du-Rosaire de Paris.



Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face

Vierge, Carmélite

(1873-1897)

Peu de Saints ont excité autant d'admiration et d'enthousiasme aussitôt après leur mort; peu ont acquis une plus étonnante popularité dans le monde entier; peu ont été aussi rapidement élevés sur les autels, que cette jeune sainte Carmélite.

Thérèse Martin naquit à Alençon, en Normandie, de parents très chrétiens, qui regardaient leurs neuf enfants comme des présents du Ciel et les offraient au Seigneur avant leur naissance. Elle fut la dernière fleur de cette tige bénie qui donna quatre religieuses au Carmel de Lisieux, et elle montra, dès sa plus petite enfance, des dispositions à la piété qui faisaient présager les grandes vues de la Providence sur elle.

Atteinte, à l'âge de neuf ans, d'une très grave maladie, elle fut guérie par la Vierge Marie, dont elle vit la statue s'animer et lui sourire auprès de son lit de douleur, avec une tendresse ineffable.

Thérèse eût voulu, dès l'âge de quinze ans, rejoindre ses trois soeurs au Carmel, mais il lui fallut attendre une année encore (1888). Sa vie devint alors une ascension continuelle vers Dieu, mais ce fut au prix des plus douloureux sacrifices toujours acceptés avec joie et amour; car c'est à ce prix que Jésus forme les âmes qu'Il appelle à une haute sainteté.

Elle s'est révélée ingénument tout entière elle-même dans les Mémoires qu'elle a laissés par ordre de sa supérieure: "Jésus, comme elle l'a écrit, dormait toujours dans Sa petite nacelle." Elle pouvait dire: "Je n'ai plus aucun désir, si ce n'est d'aimer Jésus à la folie." C'est, en effet, sous l'aspect de l'amour infini que Dieu Se révélait en elle.

La voie de l'Amour, telle fut, en résumé, la voie de la "petite Thérèse de l'Enfant-Jésus"; mais c'était en même temps la voie de l'humilité parfaite, et par là, de toutes les vertus. C'est en pratiquant les "petites vertus", en suivant ce qu'elle appelle sa "petite Voie", Voie d'enfance, de simplicité dans l'amour, qu'elle est parvenue en peu de temps à cette haute perfection qui a fait d'elle une digne émule de sa Mère, la grande Thérèse d'Avila.

Sa vie au Carmel pendant neuf ans seulement fut une vie cachée, toute d'amour et de sacrifice. Elle quitta la terre le 30 septembre 1897, et, brûlant les étapes, fut béatifiée en 1923 et canonisée en 1925. Comme elle l'a prédit, "elle passe son Ciel à faire du bien sur la terre."

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/sainte_therese_de_l_enfant-jesus.html

À écouter AUJOURD'HUI :



LA VIE DE S.THÉRÈSE DE LISIEUX

THÉRÈSE MARTIN naquit à Alençon, en France, le 2 janvier 1873. Elle fut baptisée deux jours plus tard en l'église Notre-Dame, recevant les noms de Marie Françoise Thérèse. Ses parents étaient Louis Martin et Zélie Guérin. Après la mort de sa mère, le 28 août 1877, Thérèse s'installa avec toute sa famille à Lisieux.

Vers la fin de 1879, elle s'approche pour la première fois du sacrement de la Pénitence. Le jour de la Pentecôte 1883, elle reçoit la grâce insigne de la guérison d'une grave maladie, par l'intercession de Notre-Dame des Victoires. Formée par les Bénédictines de Lisieux, elle fait sa première communion le 8 mai 1884, après une préparation intense, couronnée par une expérience très vive de la grâce de l'union intime avec le Christ. Quelques semaines après, le 14 juin de la même année, elle reçoit le sacrement de la confirmation, accueillant en toute conscience le don de l'Esprit Saint dans une participation personnelle à la grâce de la Pentecôte.

Elle avait le désir d'entrer dans la vie contemplative, comme ses soeurs Pauline et Marie, au Carmel de Lisieux, mais son jeune âge l'en empêchait. Pendant un voyage en Italie, après avoir visité la Maison de Lorette et la Ville éternelle, au cours de l'audience accordée par le Pape aux pèlerins du diocèse de Lisieux le 20 novembre 1887, elle demanda à Léon XIII avec une audace filiale de pouvoir entrer au Carmel à l'âge de quinze ans.

Le 9 avril 1888, elle entra au Carmel de Lisieux. Elle prit l'habit le 10 janvier de l'année suivante et fit sa profession religieuse le 8 septembre 1890, en la fête de la Nativité de la Vierge Marie.

Au Carmel, elle s'engage sur le chemin de perfection tracé par la Mère fondatrice, Thérèse de Jésus, avec une ferveur et une fidélité authentiques, par l'accomplissement des divers services communautaires qui lui sont confiés. Éclairée par la Parole de Dieu, éprouvée très vivement par la maladie de son père bien-aimé, Louis Martin, qui meurt le 29 juillet 1894, elle avance vers la sainteté, inspirée par la lecture de l'Évangile, plaçant au centre de tout l'amour. Dans ses manuscrits autobiographiques, Thérèse nous a laissé non seulement les souvenirs de son enfance et de son adolescence, mais aussi le portrait de son âme, la description de ses expériences les plus intimes. Elle découvre et communique aux novices qui lui sont confiées la petite voie de l'enfance spirituelle; elle reçoit comme un don spécial la charge d'accompagner par le sacrifice et la prière deux « frères missionnaires ». Elle pénètre toujours plus le mystère de l'Église et sent croître en elle sa vocation apostolique et missionnaire, pour attirer tout le monde à sa suite, saisie par l'amour du Christ, son unique Époux.

Le 9 juin 1895, en la fête de la Très Sainte Trinité, elle s'offre en victime d'holocauste à l'Amour miséricordieux de Dieu. Elle rédige alors le premier manuscrit autobiographique qu'elle remet à Mère Agnès le jour de sa fête, le 21 janvier 1896.

Quelques mois après, le 3 avril, dans la nuit entre le jeudi et le vendredi saints, elle souffre d'une hémoptysie, première manifestation de la maladie qui la conduira à sa mort et qu'elle accueille comme une mystérieuse visite de l'Époux divin. Elle entre alors dans une épreuve de la foi qui durera jusqu'à sa mort et dont elle donnera un témoignage bouleversant dans ses écrits. Au mois de septembre, elle achève le manuscrit B qui illustre de manière impressionnante la maturité dans la sainteté à laquelle elle est parvenue, en particulier par la découverte de sa vocation au coeur de l'Eglise.

Alors que sa santé se dégrade et que le temps de l'épreuve se poursuit, elle commence au mois de juin le manuscrit C dédié à Mère Marie de Gonzague; de nouvelles grâces l'amènent à une plus haute perfection et elle découvre de nouvelles lumières pour la diffusion de son message dans l'Église au profit des âmes qui suivront sa voie. Le 8 juillet, elle est transférée à l'infirmerie. Ses soeurs et d'autres religieuses recueillent ses paroles, tandis que s'intensifient ses souffrances et ses épreuves, supportées avec patience, jusqu'à sa mort dans l'après-midi du 30 septembre 1897. «Je ne meurs pas, j'entre dans la vie», avait-elle écrit à son frère spirituel missionnaire, l'Abbé M. Bellier. Ses dernières paroles, « Mon Dieu..., je vous aime!», scellent une existence qui s'éteint sur la terre à l'âge de vingt-quatre ans pour entrer, suivant son désir, dans une phase nouvelle de présence apostolique en faveur des âmes, dans la communion des saints, pour répandre une pluie de roses sur le monde.

Elle fut canonisée par Pie XI le 17 mai 1925 et proclamée Patronne universelle des missions, en même temps que saint François Xavier, par le même Pape, le 14 décembre 1927.

Sa doctrine et son exemple de sainteté ont été reçus par toutes les catégories de fidèles de ce siècle avec un grand enthousiasme, et aussi en dehors de l'Église catholique et du christianisme.

De nombreuses Conférences épiscopales, à l'occasion du centenaire de sa mort, ont demandé au Pape qu'elle soit proclamée Docteur de l'Église, à cause de la solidité de sa sagesse spirituelle, inspirée par l'Évangile, à cause de l'originalité de ses intuitions théologiques où brille sa doctrine éminente, et à cause de l' universalité de la réception de son message spirituel, accueilli dans le monde entier et diffusé par la traduction de ses oeuvres dans une cinquantaine de langues.

Accueillant ces requêtes, le Saint-Père Jean-Paul II a voulu que soit étudiée l'opportunité de déclarer Thérèse de Lisieux Docteur de l'Église universelle par la Congrégation pour les Causes des Saints, compétente en la matière, avec l'avis de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en ce qui concerne sa doctrine éminente. Le 24 août, au terme de la célébration eucharistique de la XII Journée mondiale de la Jeunesse à Paris, en présence de centaines d'Évêques et devant une immense foule de jeunes du monde entier, Jean-Paul II a annoncé son intention de proclamer Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face Docteur de l'Église universelle le 19 octobre 1997, le dimanche où l'on célèbre la Journée mondiale des Missions.

SOURCE : http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_19101997_stherese_fr.html



HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II


Lisieux


Lundi 2 juin 1980


1. Je suis très heureux qu'il me soit donné de venir à Lisieux à l’occasion de ma visite dans la capitale de la France. Je suis ici en pèlerinage avec vous tous, chers Frères et Sœurs, qui êtes venus vous aussi de bien des régions de France, auprès de celle que nous aimons tant, la « petite Thérèse », dont la voie vers la sainteté est étroitement liée au Carmel de Lisieux. Si les personnes versées dans l’ascèse et la mystique, et ceux qui aiment les saints, ont pris l’habitude d’appeler cette voie de Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus « la petite voie », il est tout à fait hors de doute que l’Esprit de Dieu, qui l’a guidée sur cette voie, la fait avec la même générosité que celle par laquelle il a guidé autrefois sa Patronne la « grande Thérèse » d’Avila, et par laquelle il a guidé ― et continue de guider ― tant d’autres saints dans son Eglise. Gloire Lui soit donc rendue éternellement!

L’Eglise se réjouit de cette merveilleuse richesse des dons spirituels, si splendides et si variés, comme le sont toutes les œuvres de Dieu dans l’univers visible et invisible. Chacun d’eux reflète à la fois le mystère intérieur de l’homme, et il correspond aux besoins des temps dans l’histoire de l’Eglise et de l’humanité. Il faut le dire de sainte Thérèse de Lisieux qui, jusqu’à une époque récente, fut en effet notre sainte « contemporaine ». C’est ainsi que je la vois personnellement, dans le cadre de ma vie. Mais est-elle toujours la sainte « contemporaine »? N’a-t-elle pas cessé de l’être pour la génération qui arrive actuellement à maturité dans l’Eglise? Il faudrait le demander aux hommes de cette génération. Qu’il me soit toutefois permis de noter que les saints ne vieillissent pratiquement jamais, qu’ils ne tombent jamais dans la « prescription ». Ils restent continuellement les témoins de la jeunesse de l’Eglise. Ils ne deviennent jamais des personnages du passé, des hommes et des femmes d’« hier ». Au contraire: ils sont toujours les hommes et les femmes du « lendemain », les hommes de l’avenir évangélique de l’homme et de l’Eglise, les témoins « du monde futur ».

2. « En effet, tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Aussi bien n’avez-vous pas reçu un esprit d’esclaves pour retomber dans la crainte; vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier: Abba! Père! » [1].

Il serait peut-être difficile de trouver paroles plus synthétiques, et en même temps plus saisissantes, pour caractériser le charisme particulier de Thérèse Martin, c’est-à-dire ce qui constitue le don tout à fait spécial de son cœur, et qui est devenu, par son cœur, un don particulier pour l’Eglise. Le don merveilleux dans sa simplicité, universel et en même temps unique. De Thérèse de Lisieux, on peut dire avec conviction que l’Esprit de Dieu a permis à son cœur de révéler directement, aux hommes de notre temps, le mystère fondamental, la réalité de l’Evangile: le fait d’avoir reçu réellement « un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier: Abba! Père! ». La « petite voie » est la voie de la « sainte enfance ». Dans cette voie, il y a quelque chose d’unique, un génie de sainte Thérèse de Lisieux. Il y a en même temps la confirmation et le renouvellement de la vérité la plus fondamentale et la plus universelle. Quelle vérité du message évangélique est en effet plus fondamentale et plus universelle que celle-ci: Dieu est notre Père et nous sommes ses enfants?

Cette vérité la plus universelle qui soit, cette réalité, a été également « relue » de nouveau avec la foi, l’espérance et l’amour de Thérèse de Lisieux. Elle a été en certain sens redécouverte avec l’expérience intérieure de son cœur et la forme prise par toute sa vie, seulement vingt-quatre années de sa vie. Lorsqu’elle mourut ici, au Carmel, victime de la tuberculose dont elle portait depuis longtemps les bacilles, c’était presque un enfant. Elle a laissé le souvenir de l’enfant: de la sainte enfance. Et toute sa spiritualité a confirmé encore une fois la vérité de ces paroles de l’Apôtre: « Aussi bien n’avez-vous pas reçu un esprit d’esclaves pour retomber dans la crainte; vous avez reçu un esprit de fils adoptifs... ». Oui. Thérèse fut l’enfant. Elle fut l’enfant « confiant » jusqu’à l’héroïsme, et par conséquent « libre » jusqu’à l’héroïsme. Mais c’est justement parce que ce fut jusqu’à l’héroïsme, qu’elle seule connut la saveur intérieure et aussi le prix intérieur de cette confiance qui empêche de « retomber dans la crainte »; de cette confiance qui, jusque dans les obscurités et les souffrances les plus profondes de l’âme, permet de s’écrier: « Abba! Père! ».

Oui, elle a connu cette saveur et ce prix. Pour qui lit attentivement son Histoire d’une âme, il est évident que cette saveur de la confiance filiale provient, comme le parfum des roses, de la tige qui porte aussi des épines. Si en effet « nous sommes enfants, nous sommes donc héritiers; héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec Lui pour être aussi glorifiés avec Lui » [2]. C’est pour cela, précisément, que la confiance filiale de la petite Thérèse, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus mais aussi « de la Sainte-Face », est si « héroïque », parce qu'elle provient de la fervente communion aux souffrances du Christ.

Et quand je vois devant moi tous ces malades et infirmes, je pense qu’ils sont associés eux aussi, comme Thérèse de Lisieux, à la passion du Christ, et que, grâce à leur foi en l’amour de Dieu, grâce a leur propre amour, leur offrande spirituelle obtient mystérieusement pour l’Eglise, pour tous les autres membres du Corps mystique du Christ, un surcroît de vigueur. Qu’ils n’oublient jamais cette belle phrase de sainte Thérèse: « Dans le cœur de l’Eglise ma Mère je serai l’amour ». Je prie Dieu de donner à chacun de ces amis souffrants, que j’aime avec une affection toute spéciale, le réconfort et l’espérance.

3. Avoir confiance en Dieu comme Thérèse de Lisieux veut dire suivre la « petite voie » où nous guide l’Esprit de Dieu: il guide toujours vers la grandeur à laquelle participent les fils et les filles de l’adoption divine. Déjà comme enfant, comme enfant de douze ans, le Fils de Dieu a déclaré que sa vocation était de s’occuper des choses de son Père [3]. Etre enfant, devenir comme un enfant, veut dire entrer au centre même de la plus grande mission à laquelle l’homme ait été appelé par le Christ, une mission qui traverse le cœur même de l'homme. Elle le savait parfaitement, Thérèse.

Cette mission tire son origine de l’amour éternel du Père. Le Fils de Dieu comme homme, d’une manière visible et « historique », et l’Esprit Saint, de façon invisible et « charismatique », l’accomplissent dans l’histoire de l’humanité.

Lorsque, au moment de quitter le monde, le Christ dit aux Apôtres: « Allez dans le monde entier, et enseignez l’Evangile à toute créature » [4], il les insère, par la force de son mystère pascal, dans le grand courant de la Mission éternelle. A partir du moment où il les a laissés pour aller vers le Père, il commence en même temps à venir « de nouveau dans la puissance de l’Esprit Saint » que le Père envoie en son nom. Plus profondément que toutes les vérités sur l’Eglise, cette vérité a été mise en relief dans la conscience de notre génération par le Concile Vatican II. Grâce à cela, nous avons tous beaucoup mieux compris que l’Eglise est constamment « en état de mission », ce que veut dire le fait que toute l’Eglise est missionnaire. Et nous avons également mieux compris ce mystère particulier du cœur de la petite Thérèse de Lisieux, laquelle, à travers sa « petite voie », a été appelée à participer aussi pleinement et aussi fructueusement à la mission la plus élevée. C’est justement cette « petitesse » qu’elle aimait tant, la petitesse de l’enfant, qui lui a ouvert largement toute la grandeur de la Mission divine du salut, qui est la mission incessante de l’Eglise.

Ici, dans son Carmel, dans la clôture du couvent de Lisieux, Thérèse s’est sentie spécialement unie à toutes le missions et aux missionnaires de l’Eglise dans le monde entier. Elle s’est sentie elle-même « missionnaire », présente par la force et la grâce particulières de l’Esprit d’amour à tous le postes missionnaires, proche de tous les missionnaires, hommes et femmes, dans le monde. Elle a été proclamée par l’Eglise la patronne des missions, comme saint François Xavier, qui voyagea inlassablement en Extrême-Orient: oui, elle, la petite Thérèse de Lisieux, enfermée dans la clôture carmélitaine, apparemment détachée du monde.

Je suis heureux de pouvoir venir ici peu de temps après ma visite dans le continent africain, et, face à cette admirable « missionnaire », de rendre au Père de la vérité et de l’amour éternels tout ce qui, dans la puissance du Fils et de l’Esprit Saint, est déjà le fruit du travail missionnaire de l’Eglise parmi les hommes et les peuples du continent noir. Je voudrais en même temps, si je puis m’exprimer ainsi, me faire prêter par Thérèse de Lisieux, le regard perspicace de sa foi, sa simplicité et sa confiance, en un mot la « petitesse » juvénile de son cœur, pour proclamer devant toute l’Eglise combien la moisson est abondante, et pour demander comme elle, pour demander au Maître de la moisson d’envoyer, avec une générosité plus grande encore, des ouvriers dans sa moisson [5]. Qu’Il les envoie malgré tous les obstacles et toutes le difficultés qu’Il rencontre dans le cœur de l’homme, dans l’histoire de l’homme.

En Afrique, j’ai bien souvent pensé: quelle foi, quelle énergie spirituelle avaient donc ces missionnaires du siècle dernier ou de la première moitié de ce siècle, et tous ces Instituts missionnaires qui se sont fondés, pour partir sans hésiter dans ces pays alors inconnus, dans le seul but de faire connaître l’Evangile, de faire naître l’Eglise! Ils y voyaient avec raison une œuvre indispensable au salut. Sans leur audace, sans leur sainteté, les Eglises locales dont nous venons de célébrer le centenaire, et qui sont désormais guidées surtout par des évêques africains, n'auraient jamais existé. Chers Frères et Sœurs, ne perdons pas cet élan!

En fait, je sais que vous ne voulez pas vous y résoudre. Je salue parmi vous les anciens évêques missionnaires, témoins du zèle dont je parlais. La France a encore beaucoup de missionnaires de par le monde, prêtres, religieux, religieuses et laïcs, et certains Instituts se sont ouverts à la mission.

Je vois ici les membres du chapitre des Missions Etrangères de Paris, et j’évoque le bienheureux Théophane Vénard dont le martyre en Extrême-Orient fut une lumière et un appel pour Thérèse. Je pense aussi à tous les prêtres français qui consacrent au moins quelques années au service des jeunes Eglises, dans le cadre de Fidei donum. Aujourd’hui, on comprend d’ailleurs mieux la nécessité d’un échange fraternel entre les jeunes et les vieilles Eglises, au bénéfice des deux. Je sais par exemple que les Œuvres pontificales missionnaires, en liaison avec la Commission épiscopale des Missions à l’extérieur, ne visent pas seulement à susciter l’entraide matérielle, mais à former l’esprit missionnaire des chrétiens de France, et je m’en réjouis. Cet élan missionnaire ne peut surgir et porter des fruits qu’à partir d’une plus grande vitalité spirituelle, du rayonnement de la sainteté.

4. « Le beau existe afin qu’il nous enchante pour le travail », a écrit Cyprian Norwid, l’un des plus grands poètes et penseurs qu'ait donné la terre polonaise, et qu’a reçu ― et conservé au cimetière de Montmorency ― la terre française...

Rendons grâces au Père, au Fils et au Saint-Esprit pour les saints. Rendons grâces pour sainte Thérèse de Lisieux. Rendons grâces pour la beauté profonde, simple et pure, qui s’est manifestée en elle à l’Eglise et au monde. Cette beauté enchante. Et Thérèse de Lisieux a un don particulier pour enchanter par la beauté de son âme. Même si nous savons tous que cette beauté fut difficile et qu’elle a grandi dans la souffrance, elle ne cesse de réjouir de son charme particulier les yeux de nos âmes.

Elle enchante, donc, cette beauté, cette fleur de la sainteté qui a grandi sur ce sol; et son charme ne cesse de stimuler nos cœurs à travailler: « Le beau existe afin qu’il nous enchante pour le travail ». Pour le travail le plus important, dans lequel l’homme apprend à fond le mystère de son humanité. Il découvre en lui-même ce que signifie avoir reçu « un esprit de fils adopti », radicalement différent d’« un esprit d’esclave », et il commence à s’écrier de tout son être: « Abba! Père! » [6].

Par les fruits de ce magnifique travail intérieur se construit l’Eglise, le Règne de Dieu sur la terre, dans sa substance la plus profonde et la plus fondamentale. Et le cri « Abba! Père! », qui résonne largement dans tous les continents de notre planète, revient aussi par son écho dans la clôture carmélitaine silencieuse, à Lisieux, vivifiant toujours de nouveau le souvenir de la petite Thérèse, laquelle, par sa vie brève et cachée mais si riche, a prononcé avec une force particulière: « Abba! Père! ». Grâce à elle, l’Eglise entière a retrouvé toute la simplicité et toute la fraîcheur de ce cri, qui a son origine et sa source dans le cœur du Christ lui-même.

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[1] Rom. 8, 14-15.

[2] Rom. 8, 17.

[3] Cfr. Luc. 2, 49.

[4] Marc. 16, 15.

[5] Cfr. Matth. 9, 37-38.

[6] Rom. 8, 15.

© Copyright 1980 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/homilies/1980/documents/hf_jp-ii_hom_19800602_lisieux-francia_fr.html




JEAN-PAUL II


LETTRE APOSTOLIQUE



pour la proclamation de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face


Docteur de l'Église universelle


1. LA SCIENCE DE L'AMOUR DIVIN que répand le Père de toute miséricorde, par Jésus Christ en l'Esprit Saint, est un don, accordé aux petits et aux humbles afin qu'ils connaissent et qu'ils proclament les secrets du Royaume cachés aux sages et aux savants ; pour cela, Jésus a exulté dans l'Esprit Saint, bénissant le Père, qui en a ainsi disposé[10].


Mère, l’Eglise se réjouit aussi de voir que, dans le cours de l'histoire, le Seigneur continue à se révéler aux petits et aux humbles, rendant capables ceux qu'il a choisis, par l'Esprit qui « sonde tout, jusqu'aux profondeurs de Dieu »[11], de parler des « dons gracieux que Dieu nous a faits [...], non pas avec des discours enseignés par l'humaine sagesse, mais avec ceux qu'enseigne l'Esprit, exprimant en termes spirituels des réalités spirituelles »[12]. L'Esprit Saint guide ainsi l’Eglise vers la vérité tout entière, la pourvoit de dons divers, l'embellit de ses fruits, la rajeunit par la force de l’Evangile et lui permet de scruter les signes des temps pour mieux répondre à la volonté de Dieu[13].


Parmi les petits auxquels les secrets du Royaume ont été manifestés d'une manière toute particulière, resplendit Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, moniale professe de l'Ordre des Carmélites déchaussées, dont le centenaire de l'entrée dans la patrie céleste est célébré cette année[14].


Pendant sa vie, Thérèse a découvert « de nouvelles lumières, des sens cachés et mystérieux » et elle a reçu du divin Maître la « science d'Amour » qu'elle a montrée dans ses écrits avec une réelle originalité. Cette science est l'expression lumineuse de sa connaissance du mystère du Royaume et de son expérience personnelle de la grâce. Elle peut être considérée comme un charisme particulier de la sagesse évangélique que Thérèse, comme d'autres saints et maîtres de la foi, a puisée dans la prière.


2. En notre siècle, l'accueil réservé à l'exemple de sa vie et à sa doctrine évangélique a été rapide, universel et constant. En quelque sorte à l'instar de sa maturité spirituelle précoce, sa sainteté a été reconnue par l’Eglise en peu d'années. En effet, le 10 juin 1914, Pie X signait le décret d'introduction de la cause de béatification ; le 14 août 1921, Benoît XV déclarait l'héroïcité des vertus de la servante de Dieu et prononçait à cette occasion un discours sur la voie de l'enfance spirituelle ; Pie XI la proclamait bienheureuse le 29 avril 1923. Peu après, le 17 mai 1925, le même Pape la canonisait en la Basilique Saint-Pierre devant une foule immense, mettant en relief la splendeur de ses vertus ainsi que l'originalité de sa doctrine ; deux ans plus tard, le 14 décembre 1927, il la proclamait patronne des missions en même temps que saint François- Xavier, à la demande de nombreux évêques missionnaires.


A la suite de ces consécrations, le rayonnement spirituel de Thérèse de l'Enfant-Jésus a grandi dans l’Eglise et s'est répandu dans le monde entier. Nombre d'instituts de vie consacrés et de mouvements ecclésiaux, notamment dans les jeunes Eglises, l'ont choisie comme patronne et maîtresse de vie spirituelle, en s'inspirant de sa doctrine. Son message, souvent résumé dans ce qu'on appelle la « petite voie », qui n'est autre que la voie évangélique de la sainteté ouverte à tous, a été étudié par des théologiens et des spécialistes de la spiritualité. Sous le patronage de la sainte de Lisieux, de multiples cathédrales, basiliques, sanctuaires et églises ont été édifiés et consacrés au Seigneur dans le monde entier. Son culte est célébré par l’Eglise catholique dans les différents rites d'Orient et d'Occident. Beaucoup de fidèles ont pu éprouver la puissance de son intercession. Nombreux sont ceux qui, appelés au ministère sacerdotal ou à la vie consacrée, spécialement dans les missions ou dans la vie contemplative, attribuent la grâce divine de leur vocation à son intercession et à son exemple.


3. Les Pasteurs de l’Eglise, et d'abord mes prédécesseurs les Papes de ce siècle, qui ont proposé sa sainteté en exemple à tous, ont également souligné que Thérèse est maîtresse de vie spirituelle par une doctrine, à la fois simple et profonde, qu'elle a puisée aux sources de l’Evangile sous la conduite du Maître divin et qu'elle a ensuite communiquée à ses frères et sœurs de l’Eglise d'une manière très convaincante.


Cette doctrine spirituelle nous a été transmise surtout par son autobiographie qui, à partir des trois manuscrits qu'elle avait rédigés pendant les dernières années de sa vie, et publiée un an après sa mort sous le titre « Histoire d'une Ame » (Lisieux, 1898), a suscité un intérêt extraordinaire jusqu'à nos jours. Cette autobiographie, traduite avec d'autres de ses écrits en cinquante langues environ, a fait connaître Thérèse dans toutes les régions du monde et aussi en dehors de l’Eglise catholique. Un siècle après sa mort, Thérèse de l'Enfant-Jésus est toujours reconnue comme l'un des grands maîtres de vie spirituelle de notre temps.


4. Il n'est donc pas surprenant que de nombreuses requêtes aient été présentées au Siège apostolique pour qu'elle reçoive le titre de Docteur de l’Eglise universelle.


Depuis quelques années, et spécialement à l'approche de l'heureuse célébration du premier centenaire de sa mort, ces requêtes sont arrivées toujours en plus grand nombre de la part de Conférences épiscopales ; en outre, des Congrès d'études ont eu lieu et les publications abondent qui mettent en valeur le fait que Thérèse de l'Enfant-Jésus possède une sagesse extraordinaire et que sa doctrine aide d'innombrables hommes et femmes de toutes conditions à connaître et à aimer Jésus Christ et son Evangile.


A la lumière de ces éléments, j'ai décidé de faire faire une étude attentive afin de voir si la sainte de Lisieux avait les qualités requises pour pouvoir être honorée du titre de Docteur de l'Église universelle.


5. Dans ce contexte, il me plaît de rappeler brièvement quelques étapes de la vie de Thérèse de l'Enfant-Jésus. Elle naît à Alençon en France le 2 janvier 1873. Elle est baptisée deux jours plus tard en l'église Notre-Dame, recevant les noms de Marie Françoise Thérèse. Ses parents sont Louis Martin et Zélie Guérin, dont j'ai récemment reconnu l'héroïcité des vertus. Après la mort de sa mère, le 28 août 1877, Thérèse s'installe avec toute sa famille dans la ville de Lisieux où, entourée de l'affection de son père et de ses sœurs, elle reçoit une formation à la fois exigeante et pleine de tendresse.


Vers la fin de 1879, elle s'approche pour la première fois du sacrement de pénitence. Le jour de Pentecôte 1883, elle bénéficie de la grâce singulière de la guérison d'une grave maladie, par l'intercession de Notre-Dame des Victoires. Formée par les Bénédictines de Lisieux, elle fait sa première communion le 8 mai 1884, après une préparation intense, couronnée par une expérience marquante de la grâce de l'union intime avec Jésus. Quelques semaines après, le 14 juin de la même année, elle reçoit le sacrement de la confirmation, avec une vive conscience de ce que comporte le don de l'Esprit Saint dans sa participation personnelle à la grâce de la Pentecôte. A Noël 1886, elle vit une expérience spirituelle très profonde, qu'elle définit comme sa « complète conversion ». Grâce à cette expérience, elle surmonte la fragilité émotive qui avait résulté de la perte de sa mère et elle entreprend « une course de géant » sur la voie de la perfection.


Thérèse désire entrer dans la vie contemplative au Carmel de Lisieux, comme ses sœurs Pauline et Marie, mais son jeune âge l'en empêche. À l'occasion d'un pèlerinage en Italie, après avoir visité la Maison de Lorette et la Ville éternelle, lors de l'audience accordée par le Pape aux fidèles du diocèse de Lisieux, le 20 novembre 1887, elle demande avec une audace filiale à Léon XIII de pouvoir entrer au Carmel à l'âge de quinze ans.


Le 9 avril 1888, elle entre au Carmel de Lisieux ; elle y reçoit l'habit de l'Ordre de la Vierge le 10 janvier de l'année suivante et elle fait sa profession religieuse le 8 septembre 1890, fête de la Nativité de la Vierge Marie. Au Carmel, elle s'engage sur le chemin de perfection tracé par la Mère fondatrice, Thérèse de Jésus, avec une ferveur et une fidélité authentiques, par l'accomplissement des divers services communautaires qui lui sont confiés. Eclairée par la Parole de Dieu, éprouvée très vivement par la maladie de son père bien-aimé, Louis Martin, qui meurt le 29 juillet 1894, Thérèse avance vers la sainteté, en mettant l'accent sur le caractère central de l'amour. Elle découvre et elle communique aux novices confiées à ses soins la petite voie de l'enfance spirituelle, alors qu'en progressant elle-même sur cette voie elle pénètre toujours plus le mystère de l’Eglise et, attirée par l'amour du Christ, elle sent s'affermir en elle la vocation apostolique et missionnaire qui la pousse à entraîner tout le monde avec elle à la rencontre de l’Epoux divin.


Le 9 juin 1895, en la fête de la Très Sainte Trinité, elle s'offre en victime d'holocauste à l'Amour miséricordieux de Dieu. Le 3 avril de l'année suivante, dans la nuit du jeudi au vendredi saints, elle connaît une première manifestation de la maladie qui la conduira à la mort. Thérèse l'accueille comme une mystérieuse visite de l’Epoux divin. En même temps, elle entre dans l'épreuve de la foi, qui durera jusqu'à sa mort. Sa santé s'aggravant, elle est transférée à l'infirmerie le 8 juillet 1897. Ses sœurs et d'autres religieuses recueillent ses paroles, tandis que s'intensifient ses souffrances et ses épreuves, supportées avec patience, jusqu'à culminer en sa mort dans l'après-midi du 30 septembre 1897. « Je ne meurs pas, j'entre dans la vie » avait-elle écrit à un frère spirituel, l’Abbé Bellière[15]. Ses dernières paroles, « Mon Dieu ... je vous aime ! » scellent son existence.


6. Thérèse de l'Enfant-Jésus nous a laissé des écrits qui lui ont valu à juste titre d'être considérée comme maîtresse de vie spirituelle. Son œuvre principale reste le récit de sa vie dans les trois « Manuscrits autobiographiques A, B et C », publiés d'abord sous le titre devenu vite célèbre de « Histoire d'une Ame ».


Dans le Manuscrit A, qui fut rédigé sur la demande de sa sœur Agnès de Jésus, alors prieure du monastère, à laquelle elle le remit le 21 janvier 1896, Thérèse décrit les étapes de son expérience religieuse : les premières années de son enfance, notamment les événements de sa première communion et de sa confirmation, son adolescence, jusqu'à l'entrée au Carmel et la première profession.


Le Manuscrit B, rédigé au cours de la retraite spirituelle de la même année à la demande de sa sœur Marie du Sacré-Cœur, contient certaines des plus belles pages, des plus connues et des plus citées de la sainte de Lisieux. La pleine maturité de la sainte s'y manifeste, alors qu'elle parle de sa vocation dans l’Eglise, Epouse du Christ et Mère des âmes.


Le Manuscrit C, composé au mois de juin et les premiers jours de juillet 1897, peu de mois avant sa mort, et dédié à la prieure Marie de Gonzague, qui le lui avait demandé, complète les souvenirs du Manuscrit A sur la vie au Carmel. Ces pages montrent la sagesse surnaturelle de l'auteur. Thérèse retrace quelques expériences très fortes de cette période finale de sa vie. Elle consacre des pages impressionnantes à l'épreuve de la foi : une grâce de purification qui la plonge dans une longue et douloureuse nuit obscure, où elle est soutenue par sa confiance en l'amour miséricordieux et paternel de Dieu. Là encore, et sans se répéter, Thérèse fait resplendir la lumière rayonnante de l’Evangile. Nous trouvons là les plus belles pages qu'elle ait consacrées à l'abandon confiant entre les mains de Dieu, à l'unité qui existe entre l'amour de Dieu et l'amour du prochain, à sa vocation missionnaire dans l’Eglise.


Dans ces trois manuscrits, où se retrouvent une unité thématique et la description progressive de sa vie et de son itinéraire spirituel, Thérèse nous a laissé une autobiographie originale qui est l'histoire de son âme. Il en ressort que dans son existence Dieu a présenté un message spécifique au monde, en montrant une voie évangélique, la « petite voie », que tout le monde peut parcourir, parce que tous sont appelés à la sainteté.


Dans les deux cent soixante-six « Lettres » que nous conservons, adressées aux membres de sa famille, aux religieuses, à ses « frères » missionnaires, Thérèse communique sa sagesse et développe un enseignement qui constitue de fait une pratique profonde de la direction spirituelle des âmes.


Ses écrits comprennent aussi cinquante-quatre « Poésies », dont certaines ont une grande densité théologique et spirituelle, inspirées par l’Ecriture Sainte. Deux de ces poésies méritent une mention particulière : « Vivre d'amour ! » et « Pourquoi je t'aime, ô Marie! », cette dernière présentant une synthèse originale de l'itinéraire de la Vierge Marie selon l’Evangile. Il faut ajouter à cette production huit « Récréations pieuses » : des compositions poétiques et théâtrales, conçues et représentées par la sainte pour sa communauté à l'occasion de certaines fêtes, suivant la tradition du Carmel. Parmi les autres écrits, il faut rappeler une série de vingt et une « Prières ». Et l'on ne peut oublier le recueil des paroles qu'elle a prononcées au cours des derniers mois de sa vie. Ces paroles, dont on conserve plusieurs rédactions, connues comme « Novissima verba », ont aussi reçu le titre de « Derniers Entretiens ».


7. A partir de l'étude attentive des écrits de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et en fonction du rayonnement qu'ils ont eu dans l’Eglise, on peut relever les aspects saillants de l’« éminente doctrine » qui constitue l'élément essentiel sur lequel est fondée l'attribution du titre de Docteur de l’Eglise.


Avant tout, on constate la présence d'un « charisme particulier de sagesse ». Cette jeune carmélite, en effet, sans formation théologique spéciale, mais éclairée par la lumière de l’Evangile, se sent instruite par le Maître divin qui, comme elle le dit, est « le Docteur des docteurs », chez qui elle puise les « enseignements divins ». Elle éprouve en elle-même l'accomplissement des paroles de l’Ecriture : « Si quelqu'un est tout petit, qu'il vienne à moi ». [...] « La miséricorde est accordée aux petits »[16] ; et elle se sait instruite dans la science de l'amour, cachée aux sages et aux savants, que le divin Maître a bien voulu lui révéler, comme aux petits[17].


Pie XI, qui considérait Thérèse de Lisieux comme l’« Etoile de son pontificat », n'hésita pas à affirmer dans l'homélie du jour de sa canonisation, le 17 mai 1925 : « L'Esprit de vérité lui ouvrit et lui fit connaître ce qu'il a coutume de cacher aux sages et aux savants pour le révéler aux tout-petits. Ainsi, selon le témoignage de notre prédécesseur immédiat, elle a possédé une telle science des réalités d'en-haut qu'elle peut montrer aux âmes une voie sûre pour le salut ».


Son enseignement n'est pas seulement conforme à l’Ecriture et à la foi catholique, mais il excelle (eminet) par « la profondeur et la sagesse synthétique où il est parvenu ». Sa doctrine est à la fois une confession de la foi de l’Eglise, une expérience du mystère chrétien et une voie vers la sainteté. Faisant preuve de maturité, Thérèse donne une synthèse de la spiritualité chrétienne ; elle unit la théologie et la vie spirituelle, elle s'exprime avec vigueur et autorité, avec une grande capacité de persuasion et de communication, ainsi que le montrent la réception et la diffusion de son message dans le Peuple de Dieu.


L'enseignement de Thérèse exprime avec cohérence et intègre dans un ensemble harmonieux les dogmes de la foi chrétienne considérés comme doctrine de vérité et expérience de vie. Il ne faut pas oublier à ce sujet que l'intelligence du dépôt de la foi transmis par les Apôtres, ainsi que l'enseigne le Concile Vatican II, progresse dans l’Eglise sous l'assistance du Saint-Esprit : « En effet, la perception des réalités aussi bien que des paroles transmises s'accroît tant par la contemplation et l'étude des croyants qui les méditent dans leur cœur[18] que par l'intelligence intérieure des réalités spirituelles qu'ils expérimentent ainsi que par la prédication de ceux qui, avec la succession dans l'épiscopat, ont reçu un charisme certain de vérité »[19].


Dans les écrits de Thérèse de Lisieux, sans doute ne trouvons-nous pas, comme chez d'autres Docteurs, une présentation scientifiquement organisée des choses de Dieu, mais nous pouvons y découvrir un témoignage éclairé de la foi qui, en accueillant d'un amour confiant la condescendance miséricordieuse de Dieu et le salut dans le Christ, révèle le mystère et la sainteté de l’Eglise.


On peut donc à juste titre reconnaître dans la sainte de Lisieux le charisme d'enseignement d'un Docteur de l’Eglise, à la fois à cause du don de l’Esprit Saint qu'elle a reçu pour vivre et exprimer son expérience de foi et à cause de son intelligence particulière du mystère du Christ. En elle se retrouvent les dons de la loi nouvelle, c'est-à-dire la grâce de l'Esprit Saint, qui se manifeste dans la foi vivante agissant par la charité[20].


Nous pouvons appliquer à Thérèse de Lisieux ce que dit mon prédécesseur Paul VI d'une autre sainte jeune, Docteur de l’Eglise, Catherine de Sienne : « Ce qui frappe plus que tout dans la sainte, c'est la sagesse infuse, c'est-à-dire l'assimilation brillante, profonde et exaltante des vérités divines et des mystères de la foi [...] : une assimilation, certes favorisée par des dons naturels exceptionnels, mais évidemment prodigieuse, due à un charisme de sagesse de l'Esprit Saint ».


8. Avec sa doctrine propre et son style unique, Thérèse se présente comme une « authentique maîtresse de la foi et de la vie chrétiennes ». Dans ses écrits, comme dans les développements des saints Pères, passe la sève vivifiante de la tradition catholique dont les richesses, ainsi que l'atteste encore le Concile Vatican II, « passent dans la pratique et la vie de l'Église qui croit et qui prie »[21].


La doctrine de Thérèse de Lisieux, si on la considère dans son genre littéraire, dépendant de son éducation et de sa culture, et si on l'évalue en fonction des conditions particulières de son époque, se présente dans une harmonie providentielle avec la tradition la plus authentique de l'Église, tant pour la confession de la foi catholique que pour la promotion de la vie spirituelle la plus vraie, proposée à tous les fidèles dans un langage vivant et accessible.


Elle a fait resplendir en notre temps la beauté de l’Evangile ; elle a eu la mission de faire connaître et aimer l’Eglise, Corps mystique du Christ ; elle a aidé à guérir les âmes des rigueurs et des craintes de la doctrine janséniste, plus portée à souligner la justice de Dieu que sa divine miséricorde. Elle a contemplé et adoré dans la miséricorde de Dieu toutes les perfections divines, parce que « la Justice même (et peut-être encore plus que toute autre) me semble revêtue d'amour ». Elle est ainsi devenue une icône vivante de ce Dieu qui, selon la prière de l’Eglise, « donne la preuve suprême de sa puissance lorsqu'il patiente et prend pitié »[22].


Même si Thérèse n'a pas un corps de doctrine proprement dit, « de véritables éclairs de doctrine » se dégagent de ses écrits qui, comme par un charisme de l’Esprit Saint, touchent au centre même du message de la Révélation dans une vision originale et inédite, présentant un enseignement de qualité éminente.


De fait, au cœur de son message il y a le mystère même de Dieu Amour, de Dieu Trinité, infiniment parfait en soi. Si l'expérience chrétienne authentique doit être en accord avec les vérités révélées, dans lesquelles Dieu se fait connaître lui-même et fait connaître le mystère de sa volonté[23], il faut affirmer que Thérèse a fait l'expérience de la Révélation divine, parvenant à contempler les réalités fondamentales de notre foi réunies dans le mystère de la vie trinitaire. Au sommet, source et terme à la fois, il y a l'amour miséricordieux des trois Personnes divines, comme elle le dit, spécialement dans son « Acte d'offrande à l'Amour miséricordieux ». A la base, du côté du sujet, il y a l'expérience d'être enfant adoptif du Père en Jésus ; tel est le sens le plus authentique de l'enfance spirituelle, c'est-à-dire l'expérience de la filiation divine sous la motion de l'Esprit Saint. A la base encore, et devant nous, il y a le prochain, les autres, et nous devons coopérer à leur salut avec et en Jésus, avec le même amour miséricordieux que Lui.


Par l'enfance spirituelle, on éprouve que tout vient de Dieu, que tout retourne à Lui et demeure en Lui, pour le salut de tous, dans un mystère d'amour miséricordieux. Tel est le message doctrinal enseigné et vécu par cette sainte.


Comme pour les saints de l’Eglise de tous les temps, pour elle aussi, dans son expérience spirituelle, le Christ est le centre et la plénitude de la Révélation. Thérèse a connu Jésus, elle l'a aimé et l'a fait aimer avec la passion d'une épouse. Elle a pénétré les mystères de son enfance, les paroles de son Evangile, la passion du Serviteur souffrant gravée en sa sainte Face, la splendeur de son existence glorieuse, sa présence eucharistique. Elle a chanté toutes les expressions de la divine charité du Christ, telles qu'elles sont proposées par l’Evangile.


Thérèse a été particulièrement éclairée sur la réalité du Corps mystique du Christ, sur la diversité de ses charismes, des dons de l'Esprit Saint, sur la force éminente de la charité qui est comme le cœur même de l’Eglise, où elle a trouvé sa vocation de contemplative et de missionnaire.


Enfin, parmi les chapitres les plus originaux de sa science spirituelle, il faut rappeler la sage recherche qu'a développée Thérèse du mystère et de l'itinéraire de la Vierge Marie, parvenant à des résultats très voisins de la doctrine du Concile Vatican II, au chapitre VIII de la Constitution « Lumen gentium », et de ce que j'ai moi-même proposé dans mon encyclique « Redemptoris Mater » du 25 mars 1987.


9. La source principale de son expérience spirituelle et de son enseignement est la Parole de Dieu, dans l'Ancien et le Nouveau Testaments. Elle le reconnaît elle-même, mettant particulièrement en relief son amour passionné pour l’Evangile. Dans ses écrits, on dénombre plus de mille citations bibliques : plus de quatre cents de l'Ancien Testament et plus de six cents du Nouveau Testament.


Malgré sa formation insuffisante et l'absence d'instruments pour l'étude et l'interprétation des livres saints, Thérèse s'est immergée dans la méditation de la Parole de Dieu avec une foi et une connaturalité singulières. Sous l'influence de l’Esprit, elle est parvenue, pour elle-même et pour les autres, à une connaissance profonde de la Révélation. En se concentrant amoureusement sur l’Ecriture - elle aurait même voulu connaître l'hébreu et le grec pour mieux comprendre l'esprit et la lettre des livres saints -, elle a montré l'importance qu'ont les sources bibliques dans la vie spirituelle, elle a mis en relief l'originalité et la fraîcheur de l’Evangile, elle a cultivé sobrement l'exégèse spirituelle de la Parole de Dieu, de l'Ancien comme du Nouveau Testament. Elle a ainsi découvert des trésors cachés, en s'appropriant des paroles et des faits, parfois non sans audace surnaturelle comme lorsque, lisant les textes de Paul[24], elle a eu l'intuition de sa vocation à l'amour. Eclairée par la Parole révélée, Thérèse a écrit des pages géniales sur l'unité entre l'amour de Dieu et l'amour du prochain ; elle s'est identifiée à la prière de Jésus lors de la dernière Cène, comme expression de son intercession pour le salut de tous.


Sa doctrine est conforme à l'enseignement de l’Eglise, comme on l'a dit plus haut. Dès l'enfance, elle a été formée par sa famille à participer à la prière et au culte liturgique. Pour préparer sa première confession, sa première communion et le sacrement de la confirmation, elle a fait preuve d'un amour extraordinaire pour les vérités de la foi, et elle a appris, presque mot à mot, le « Catéchisme ». A la fin de sa vie, elle écrivit avec son sang le Symbole des Apôtres, comme expression de son attachement sans réserve à la profession de foi.


En dehors des paroles de l’Ecriture et de la doctrine de l’Eglise, Thérèse s'est nourrie très jeune de l'enseignement de l’« Imitation de Jésus Christ », qu'elle savait presque par cœur, comme elle l'a elle-même reconnu. Pour épanouir sa vocation carmélitaine, les écrits spirituels de la Mère fondatrice, Thérèse de Jésus, ont été déterminants, en particulier ceux qui exposent le sens contemplatif et ecclésial du charisme du Carmel thérésien. Mais Thérèse s'est nourrie tout particulièrement de la doctrine mystique de saint Jean de la Croix, qui a été son véritable maître spirituel. Il n'est donc pas surprenant qu'à l'école de ces deux saints, déclarés plus tard Docteurs de l’Eglise, elle aussi, excellente disciple, soit devenue Maîtresse de vie spirituelle.


10. La doctrine spirituelle de Thérèse de Lisieux a contribué à la croissance du Royaume de Dieu. Par son exemple de sainteté, de fidélité parfaite à l’Eglise Mère, de pleine communion avec le Siège de Pierre, ainsi que par les grâces particulières qu'elle a obtenues pour de nombreux frères et sœurs missionnaires, elle a rendu un service tout particulier au renouvellement de l'annonce et de l'expérience de l’Evangile du Christ et à l'expansion de la foi catholique dans toutes les nations de la terre.


Il n'est pas nécessaire de s'étendre sur l'universalité de la doctrine thérésienne et sur l'ampleur de l'accueil réservé à son message au cours du siècle qui nous sépare de sa mort : cela a été largement confirmé par les études réalisées en vue de l'attribution à la sainte du titre de Docteur de l’Eglise.


A ce sujet, le fait que le Magistère même de l’Eglise a non seulement reconnu la sainteté de Thérèse mais a aussi mis en lumière sa sagesse et sa doctrine revêt une particulièrement importance. Déjà Pie X dit d'elle qu'elle était « la plus grande sainte des temps modernes ». Accueillant avec joie la première édition italienne de l’« Histoire d'une âme », il souligna les fruits que l'on retirait de la spiritualité thérésienne. Benoît XV, à l'occasion de la proclamation de l'héroïcité des vertus de la Servante de Dieu, mit en lumière la voie de l'enfance spirituelle et loua la science des réalités divines, accordée par Dieu à Thérèse pour apprendre aux autres les voies du salut. Pie XI, lors de sa béatification comme de sa canonisation, voulut exposer la doctrine de la sainte et la recommander, en soulignant sa particulière illumination divine et en la disant maîtresse de vie. Lorsque la Basilique de Lisieux fut consacrée en 1954, Pie XII déclara, entre autres, que Thérèse était entrée par sa doctrine au cœur même de l’Evangile. Le Cardinal Angelo Roncalli, futur Pape Jean XXIII, se rendit plusieurs fois à Lisieux, surtout lorsqu'il était Nonce à Paris. Pendant son pontificat, il manifesta en plusieurs circonstances sa dévotion pour la sainte et il mit en relief les rapports entre la doctrine de la sainte d'Avila et celle de sa fille, Thérèse de Lisieux. Pendant la célébration du Concile Vatican II, les Pères évoquèrent à plusieurs reprises son exemple et sa doctrine. Paul VI, pour le centenaire de sa naissance, adressait une lettre à l’Evêque de Bayeux et Lisieux, le 2 janvier 1973, où il exaltait Thérèse dans sa recherche exemplaire de Dieu, il la proposait comme maîtresse de la prière et de l'espérance théologale, modèle de communion avec l’Eglise, conseillant l'étude de sa doctrine aux maîtres, aux éducateurs, aux pasteurs et aux théologiens eux-mêmes. Moi-même, en différentes circonstances, j'eus la joie d'évoquer la figure et la doctrine de la sainte, spécialement à l'occasion de mon inoubliable visite à Lisieux, le 2 juin 1980, quand j'ai voulu rappeler à tous : « De Thérèse de Lisieux, on peut dire avec conviction que l'Esprit de Dieu a permis à son cœur de révéler directement aux hommes de notre temps, le mystère fondamental, la réalité de l’Evangile [...] La petite voie est la voie de la sainte enfance. Dans cette voie, il y a quelque chose d'unique, un génie de sainte Thérèse de Lisieux. Il y a en même temps la confirmation et le renouvellement de la vérité la plus fondamentale et la plus universelle. Quelle vérité du message évangélique est en effet plus fondamentale et plus universelle que celle-ci : Dieu est notre Père et nous sommes ses enfants ? »


Ces simples rappels d'une série ininterrompue de témoignages des Papes de ce siècle sur la sainteté et la doctrine de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la diffusion universelle de son message montrent clairement dans quelle large mesure l’Eglise a accueilli, par ses pasteurs et ses fidèles, l'enseignement spirituel de cette jeune sainte.


Un signe de la réception ecclésiale de l'enseignement de la sainte se trouve dans le recours à sa doctrine dans de nombreux documents du Magistère ordinaire de l’Eglise, surtout quand il est question de la vocation contemplative et missionnaire, de la confiance en Dieu juste et miséricordieux, de la joie chrétienne, de la vocation à la sainteté. En témoigne la présence de sa doctrine dans le récent « Catéchisme de l’Eglise catholique » (127, 826, 956, 1011, 2011, 2558). Celle qui a tant aimé apprendre dans le catéchisme les vérités de la foi a mérité d'être comptée au nombre des témoins autorisés de la doctrine catholique.


Thérèse jouit d'une universalité exceptionnelle. Sa personne, son message évangélique de la « petite voie » de la confiance et de l'enfance spirituelle ont reçu et continuent de recevoir un accueil surprenant, qui a franchi toutes les frontières.


L'influence de son message touche avant tout des hommes et des femmes dont la sainteté ou l'héroïcité des vertus ont été reconnues par l’Eglise elle-même, des pasteurs de l’Eglise, des spécialistes de la théologie et de la spiritualité, des prêtres et des séminaristes, des religieux et des religieuses, des mouvements ecclésiaux et des communautés nouvelles, des hommes et des femmes de toutes les conditions et de tous les continents. Thérèse apporte à tous sa manière personnelle de confirmer que le mystère chrétien, dont elle est devenue témoin et apôtre, se faisant dans la prière, comme elle le dit avec audace, « apôtre des apôtres », doit être pris à la lettre, avec le plus grand réalisme possible, parce qu'il a une valeur universelle dans le temps et dans l'espace. La force de sa doctrine vient de ce qu'elle montre concrètement comment toutes les promesses de Jésus trouvent leur plein accomplissement dans le croyant qui sait accueillir avec confiance en sa vie la présence salvatrice du Rédempteur.


11. Tous ces motifs montrent clairement l'actualité de la doctrine de la sainte de Lisieux et l'influence particulière de son message sur les hommes et les femmes de notre siècle. Certaines circonstances interviennent pour rendre encore plus significative sa désignation comme Maîtresse pour l’Eglise de notre temps.


D'abord, Thérèse est une femme qui, en abordant l’Evangile, a su déceler des richesses cachées avec un sens du concret, une profondeur d'assimilation dans la vie et une sagesse qui sont propres au génie féminin. Son universalité lui confère une grande place parmi les saintes femmes qui brillent par leur sagesse évangélique.


Thérèse est aussi une contemplative. Dans le secret de son Carmel, elle a vécu la grande aventure de l'expérience chrétienne, jusqu'à connaître la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur de l'amour du Christ[25]. Dieu a voulu que ses secrets ne restent pas cachés, et il a permis à Thérèse de proclamer les secrets du Roi. Par sa vie, Thérèse donne un témoignage et une illustration théologique de la beauté de la vie contemplative, comme consécration totale au Christ, Epoux de l’Eglise, et comme affirmation du primat de Dieu sur toutes choses. Sa vie est une vie cachée qui possède une mystérieuse fécondité pour la diffusion de l’Evangile et qui remplit l’Eglise et le monde de la bonne odeur du Christ.


Thérèse de Lisieux, enfin, est jeune. Elle est arrivée à la maturité de la sainteté en pleine jeunesse. Comme telle, elle se montre Maîtresse de vie évangélique, particulièrement efficace pour éclairer les chemins des jeunes à qui il revient d'être des disciples actifs et des témoins de l'Évangile pour les nouvelles générations.


Thérèse de l'Enfant-Jésus est non seulement le Docteur de l’Eglise le plus jeune en âge, mais encore le plus proche de nous dans le temps, elle souligne en quelque sorte la constance avec laquelle l'Esprit du Seigneur envoie à l’Eglise ses messagers, hommes et femmes, comme maîtres et témoins de la foi. En effet, quelles que soient les variations constatées au cours de l'histoire et malgré les conséquences qu'elles ont ordinairement sur la vie et la pensée des personnes à chaque époque, nous ne devons pas perdre de vue la continuité qui lie entre eux les Docteurs de l’Eglise : ils restent, dans tous les contextes historiques, des témoins de l’Evangile qui ne change pas et, avec la lumière et la force qui leur viennent de l'Esprit, ils s'en font les messagers qui viennent l'annoncer dans sa pureté à leurs contemporains. Thérèse est une Maîtresse pour notre temps, assoiffé de paroles vivantes et essentielles, de témoignages héroïques et crédibles. C'est pourquoi elle est aimée et accueillie également par des frères et des sœurs des autres communautés chrétiennes et même par des personnes non chrétiennes.


12. En cette année où l'on célèbre le centenaire de la mort glorieuse de Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, alors que nous nous préparons à célébrer le grand Jubilé de l'An 2000, après que me soient parvenues des requêtes nombreuses et dignes de foi, spécialement de la part de Conférences épiscopales du monde entier, et après avoir reçu la requête officielle, ou « Supplex Libellus », qui m'a été adressée le 8 mars 1997 par l’Evêque de Bayeux et Lisieux, ainsi que par le Préposé général de l'Ordre des Carmes déchaux de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel et par le Postulateur général de cet Ordre, j'ai décidé de confier à la Congrégation pour les Causes des Saints, compétente en la matière, l'étude spécifique de la cause pour l'attribution du Doctorat à cette sainte, « après avoir obtenu l'avis de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi pour ce qui touche à l'éminence de la doctrine »[26].


Ayant rassemblé la documentation nécessaire, les deux Congrégations susdites ont abordé la question dans les réunions respectives de leurs consulteurs: celle de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi le 5 mai 1997, en ce qui concerne la « doctrine éminente », et celle de la Congrégation pour les Causes des Saints le 29 mai de la même année, pour examiner la « Positio » spéciale. Le 17 juin suivant, les Cardinaux et les Evêques membres des mêmes Congrégations, suivant une procédure que j'ai approuvée pour la circonstance, se sont réunis en session interdicastérielle plénière et ont étudié la cause, exprimant à l'unanimité un avis favorable à l'attribution à sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face du titre de Docteur de l’Eglise universelle. Cet avis m'a été communiqué personnellement par Monsieur le Cardinal Joseph Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et par le Pro-Préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, Monseigneur Alberto Bovone, Archevêque titulaire de Cesarée de Numidie.


En considération de cela, le 24 août dernier, au moment de la prière de l'Angélus, en présence de centaines d’Evêques et devant une foule immense de jeunes du monde entier réunis à Paris pour la XII° Journée mondiale de la Jeunesse, j'ai voulu annoncer personnellement mon intention de proclamer Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face Docteur de l’Eglise universelle à l'occasion de la célébration à Rome de la Journée mondiale des Missions.


Aujourd'hui, 19 octobre 1997, en la Place Saint-Pierre remplie de fidèles venus de toutes les régions du monde, en présence de nombreux Cardinaux, Archevêques et Evêques, au cours de la célébration solennelle de l'Eucharistie, j'ai proclamé Docteur de l’Eglise universelle Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face en prononçant ces paroles : « Répondant au vœu d'un très grand nombre de Frères dans l'épiscopat et d'une multitude de fidèles du monde entier, après avoir consulté la Congrégation pour les Causes des Saints et après avoir obtenu l'avis de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi pour ce qui touche à l'éminence de la doctrine, de science certaine et après en avoir longuement délibéré, en vertu de la plénitude du pouvoir apostolique, nous déclarons Docteur de l'Église universelle sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, vierge. Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit ».


Cela ayant été accompli légitimement, nous demandons que notre lettre soit reçue avec un religieux respect et qu'elle prenne tout son effet maintenant et à l'avenir; en outre, que cela soit considéré comme jugé et défini légitimement et, s'il arrivait que quelqu'un, quelle que soit son autorité, contredise sciemment ou non l'un de ces points, que son acte soit nul et non avenu.


Donné à Rome, près de Saint-Pierre, sous l'anneau du Pêcheur, le 19 octobre de l'an du Seigneur 1997.

S.S. le Pape Jean-Paul II


[10] Voir : évangile selon saint Luc, X 21-22 ; évangile selon saint Matthieu, XI 25-26.


[11] Première épître de saint Paul aux Corinthiens, II 10.


[12] Première épître de saint Paul aux Corinthiens, II 12 & 13.


[13] Voir : Vatican II,  « Lumen gentium », n° 4 & n°12 ; « Gaudium et spes », n° 4.


[14] Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, née le 2 janvier 1873, mourut le 30 septembre 1897.


[15] Maurice-Marie-Louis Bellière (né et mort à Caen, 1874-1907) est le premier frère spirituel de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Orphelin de mère à sa naissance, il est recueilli à Langrune par sa tante maternelle. Son père, remarié, vit à Paris. Petit séminariste à Villiers, Maurice pense à l'armée jusqu'à dix-huit ans. Entré au séminaire de Sommervieu (octobre 1894) et il demande une sœur spirituelle au Carmel de Lisieux (octobre 1896) ; Mère Agnès désigne Thérèse, avec laquelle il a une correspondance régulière à partir d'octobre 1896, et fréquente durant l'été 1897. Embarqué, le 29 septembre 1897, pour le noviciat des Pères Blancs à Alger, il sera ordonné prêtre à Carthage, le 29 juin 1901. Nommé au Nyassa en 1902, il revient après trois difficiles années. Soigné à Marseille puis en Belgique, il rentre dans son diocèse en 1906.


[16] Voir : Proverbes, IX 4 & Sagesse, VI 6.


[17] Evangile selon saint Luc, X 21-22.


[18] Evangile selon saint Luc, II 19 & 51.


[19] Vatican II : « Dei Verbum », n° 8.


[20] Voir : saint Thomas d'Aquin, « Somme théologique », I-II, question 106, a. 1 ; question 108, a. 1


[21] Vatican II : « Dei Verbum », n° 8.


[22] Voir : « Missale Romanum », collecte du vingt-sixième dimanche du temps ordinaire.


[23] Voir : Vatican II, « Dei Verbum », n° 2.


[24] Voir : première épître de saint Paul aux Corinthiens, II 12-13.


[25] Voir : épître de saint Paul aux Ephésiens, III 18-19.


[26] Jean-Paul II : Constitution apostolique « Pastor bonus », n° 73.


SOURCES: http://missel.free.fr/Sanctoral/10/01.php et :


http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_19101997_divini-amoris_fr.html


Tombeau de Sainte-Thérèse, Carmel de Lisieux


BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 6 avril 2011



Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus


Chers frères et sœurs,

Je voudrais vous parler aujourd’hui de sainte Thérèse de Lisieux, Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, qui ne vécut que 24 ans dans ce monde, à la fin du XIXe siècle, conduisant une vie très simple et cachée mais qui, après sa mort et la publication de ses écrits, est devenue l’une des saintes les plus connues et aimées. La «petite Thérèse» n’a jamais cessé d’aider les âmes les plus simples, les petits, les pauvres, les personnes souffrantes qui la priaient, mais elle a également illuminé toute l’Eglise par sa profonde doctrine spirituelle, au point que le vénérable Pape Jean-Paul II, en 1997, a voulu lui conférer le titre de Docteur de l’Eglise, s’ajoutant à celui de patronne des missions, qui lui avait été attribué par Pie XI en 1927. Mon bien-aimé prédécesseur la définit «experte en scientia amoris» (Novo Millennio ineunte, n. 42). Cette science, qui voit resplendir dans l’amour toute la vérité de la foi, Thérèse l’exprime principalement dans le récit de sa vie, publié un an après sa mort sous le titre Histoire d’une âme. C’est un livre qui eut immédiatement un immense succès, et qui fut traduit dans de nombreuses langues et diffusé partout dans le monde. Je voudrais vous inviter à redécouvrir ce petit-grand trésor, ce commentaire lumineux de l’Evangile pleinement vécu! L’Histoire d’une âme, en effet, est une merveilleuse histoire d’Amour, racontée avec une telle authenticité, simplicité et fraîcheur que le lecteur ne peut qu’en être fasciné! Mais quel est cet Amour qui a rempli toute la vie de Thérèse, de son enfance à sa mort? Chers amis, cet Amour possède un Visage, il possède un Nom, c’est Jésus! La sainte parle continuellement de Jésus. Reparcourons alors les grandes étapes de sa vie, pour entrer au cœur de sa doctrine.

Thérèse naît le 2 janvier 1873 à Alençon, une ville de Normandie, en France. C’est la dernière fille de Louis et Zélie Martin, époux et parents exemplaires, béatifiés ensemble le 19 octobre 2008. Ils eurent neuf enfants; quatre d’entre eux moururent en bas âge. Les cinq filles survécurent, et devinrent toutes religieuses. A l’âge de 4 ans, Thérèse fut profondément frappée par la mort de sa mère (Ms A, 13r). Son père s’installa alors avec ses filles dans la ville de Lisieux, où se déroulera toute la vie de la sainte. Plus tard, Thérèse, frappée d’une grave maladie nerveuse, fut guérie par une grâce divine, qu’elle-même définit comme le «sourire de la Vierge» (ibid., 29v-30v). Elle reçut ensuite la Première Communion, intensément vécue (ibid., 35r), et plaça Jésus Eucharistie au centre de son existence.

La «Grâce de Noël» de 1886 marque un tournant important, qu’elle appelle sa «complète conversion» (ibid., 44v-45v). En effet, elle guérit totalement de son hypersensibilité infantile et commence une «course de géant». A l’âge de 14 ans, Thérèse s’approche toujours plus, avec une grande foi, de Jésus Crucifié, et prend à cœur le cas, apparemment désespéré, d’un criminel condamné à mort et impénitent (ibid., 45v-46v). «Je voulus à tout prix l’empêcher de tomber en enfer» écrit la sainte, dans la certitude que sa prière le mettrait en contact avec le Sang rédempteur de Jésus. C’est sa première expérience fondamentale de maternité spirituelle: «tant j'avais de confiance en la Miséricorde infinie de Jésus», écrit-elle. Avec la très Sainte Vierge Marie, la jeune Thérèse aime, croit et espère avec «un cœur de mère» (cf. RP 6/10r).

En novembre 1887, Thérèse se rend en pèlerinage à Rome avec son père et sa sœur Céline (ibid. 55v-67r). Pour elle, le moment culminant est l’audience du Pape Léon XIII, auquel elle demande l’autorisation d’entrer, à l’âge de quinze ans à peine, au carmel de Lisieux. Un an plus tard, son désir se réalise: elle devient carmélite «pour sauver les âmes et prier pour les prêtres» (ibid., 69v). Dans le même temps, commence également la douloureuse et humiliante maladie mentale de son père. C’est une grande souffrance qui conduit Thérèse à la contemplation du Visage de Jésus dans sa passion (ibid., 71rv). Ainsi, son nom de religieuse — sœur Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face — exprime le programme de toute sa vie, dans la communion aux mystères centraux de l’Incarnation et de la Rédemption. Sa profession religieuse, en la fête de la Nativité de Marie, le 8 septembre 1890, est pour elle un véritable mariage spirituel dans la «petitesse» évangélique, caractérisée par le symbole de la fleur: «Quelle belle fête que la Nativité de Marie pour devenir l’épouse de Jésus! — écrit- elle — C’était la petite Sainte Vierge d’un jour qui présentait sa petite fleur au petit Jésus» (ibid., 77r). Pour Thérèse, être religieuse signifie être l’épouse de Jésus et mère des âmes (cf. Ms B, 2v). Le même jour, la sainte écrit une prière qui indique toute l’orientation de sa vie: elle demande à Jésus le don de l’Amour infini, d’être la plus petite, et surtout elle demande le salut de tous les hommes: «Qu’aucune âme ne soit damnée aujourd’hui» (Pri 2). Son Offrande à l’Amour miséricordieux, faite en la fête de la Très Sainte Trinité de 1895, est d’une grande importance (Ms A, 83v-84r; Pri 6): une offrande que Thérèse partagea immédiatement avec ses consœurs, étant déjà vice-maîtresse des novices.

Dix ans après la «Grâce de Noël», en 1896, arrive la «Grâce de Pâques», qui ouvre la dernière période de la vie de Thérèse, avec le début de sa passion en union profonde avec la Passion de Jésus. Il s’agit de la passion du corps, avec la maladie qui la conduira à la mort à travers de grandes souffrances, mais il s’agit surtout de la passion de l’âme, avec une très douloureuse épreuve de foi (Ms C, 4v-7v). Avec Marie à côté de la Croix de Jésus, Thérèse vit alors la foi la plus héroïque, comme une lumière dans les ténèbres qui envahissent son âme. La carmélite a conscience de vivre cette grande épreuve pour le salut de tous les athées du monde moderne, qu’elle appelle «frères». Elle vit alors encore plus intensément l’amour fraternel (8r-33v): envers les sœurs de sa communauté, envers ses deux frères spirituels missionnaires, envers les prêtres et tous les hommes, en particulier les plus lointains. Elle devient véritablement une «sœur universelle»! Sa charité aimable et souriante est l’expression de la joie profonde dont elle nous révèle le secret: «Jésus, ma joie est de T’aimer» (PN 45/7). Dans ce contexte de souffrance, en vivant le plus grand amour dans les petites choses de la vie quotidienne, la sainte conduit à son accomplissement sa vocation d’être l’Amour au cœur de l’Eglise (cf. Ms B, 3v).

Thérèse meurt le soir du 30 septembre 1897, en prononçant les simples paroles «Mon Dieu, je vous aime!», en regardant le Crucifix qu’elle serrait entre ses mains. Ces dernières paroles de la sainte sont la clé de toute sa doctrine, de son interprétation de l’Evangile. L’acte d’amour, exprimé dans son dernier souffle, était comme la respiration continuelle de son âme, comme le battement de son cœur. Les simples paroles «Jésus je T’aime» sont au centre de tous ses écrits. L’acte d’amour à Jésus la plonge dans la Très Sainte Trinité. Elle écrit: «Ah tu le sais, Divin Jésus je T’aime, / L’Esprit d’Amour m’embrase de son feu, / C’est en T’aimant que j’attire le Père» (PN 17/2).

Chers amis, nous aussi, avec sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, nous devrions pouvoir répéter chaque jour au Seigneur que nous voulons vivre d’amour pour Lui et pour les autres, apprendre à l’école des saints à aimer de manière authentique et totale. Thérèse est l’un des «petits» de l’Evangile qui se laissent conduire par Dieu dans les profondeurs de son Mystère. Un guide pour tous, surtout pour ceux qui, dans le Peuple de Dieu, accomplissent le ministère de théologiens. Avec l’humilité et la charité, la foi et l’espérance, Thérèse entre continuellement dans le cœur de la Sainte Ecriture qui renferme le Mystère du Christ. Et cette lecture de la Bible, nourrie par la science de l’amour, ne s’oppose pas à la science académique. La science des saints, en effet, dont elle parle elle-même dans la dernière page de l’Histoire d’une âme, est la science la plus élevée. «Tous les saints l’ont compris et plus particulièrement peut-être ceux qui remplirent l’univers de l’illumination de la doctrine évangélique. N’est-ce point dans l’oraison que les saints Paul, Augustin, Jean de la Croix, Thomas d’Aquin, François, Dominique et tant d’autres illustres Amis de Dieu ont puisé cette science divine qui ravit les plus grands génies?» (Ms C, 36r). Inséparable de l’Evangile, l’Eucharistie est pour Thérèse le Sacrement de l’amour divin qui s’abaisse à l’extrême pour s’élever jusqu’à Lui. Dans sa dernière Lettre, sur une image qui représente l’Enfant Jésus dans l’Hostie consacrée, la sainte écrit ces simples mots: «Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit! (...) Je l’aime car Il n’est qu’Amour et Miséricorde!» (LT 266).

Dans l’Evangile, Thérèse découvre surtout la Miséricorde de Jésus, au point d’affirmer: «A moi il a donné sa Miséricorde infinie, et c’est à travers elle que je contemple et adore les autres perfections divines! (…) Alors toutes m’apparaissent rayonnantes d’amour, la Justice même (et peut-être encore plus que toute autre) me semble revêtue d’amour» (Ms A, 84r). Ainsi s’exprime-t-elle dans les dernières lignes de l’Histoire d’une âme: «Je n'ai qu'à jeter les yeux dans le Saint Evangile, aussitôt je respire les parfums de la vie de Jésus et je sais de quel côté courir... Ce n’est pas à la première place, mais à la dernière que je m’élance... Oui je le sens, quand même j'aurais sur la conscience tous les péchés qui se peuvent commettre, j'irais, le cœur brisé de repentir, me jeter dans les bras de Jésus, car je sais combien Il chérit l'enfant prodigue qui revient à Lui» (Ms C, 36v-37r). «Confiance et Amour» sont donc le point final du récit de sa vie, deux mots qui comme des phares ont éclairé tout son chemin de sainteté, pour pouvoir guider les autres sur sa propre «petite voie de confiance et d’amour», de l’enfance spirituelle (cf. Ms C, 2v-3r; LT 226). Confiance comme celle de l’enfant qui s’abandonne entre les mains de Dieu, inséparable de l’engagement fort, radical du véritable amour, qui est un don total de soi, pour toujours, comme le dit la sainte en contemplant Marie: «Aimer c’est tout donner, et se donner soi-même» (Pourquoi je t’aime, ô Marie, PN 54/22). Ainsi Thérèse nous indique à tous que la vie chrétienne consiste à vivre pleinement la grâce du Baptême dans le don total de soi à l’Amour du Père, pour vivre comme le Christ, dans le feu de l’Esprit Saint, Son propre amour pour tous les autres.
* * *

Je salue cordialement les pèlerins de langue française, particulièrement les Frères du Sacré-Cœur, ainsi que les lycéens et les collégiens! N’ayez pas peur d’imiter sainte Thérèse de l’Enfant Jésus! La vie chrétienne consiste vraiment à vivre pleinement la grâce du baptême dans le don total de soi à l’amour du Père, pour manifester comme le Christ, dans le feu de l’Esprit Saint, son amour pour les autres. Ma prière vous accompagne!



APPEL

Je continue de suivre avec une grande préoccupation les événements dramatiques que vivent en ces jours les chères populations de Côte d’Ivoire et de Libye. Je souhaite, en outre, que le cardinal Turkson, que j’avais chargé de se rendre en Côte d’Ivoire pour exprimer ma solidarité, puisse entrer au plus tôt dans le pays. Je prie pour les victimes et je suis proche de tous ceux qui souffrent. La violence et la haine sont toujours un échec! C’est pourquoi j’adresse un nouvel appel pressant à toutes les parties en conflit afin que soit entamée l’œuvre de pacification et de dialogue et que l’on évite de nouvelles effusions de sang.

© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana




1er octobre

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face,
docteur de l'Eglise, patronne secondaire de la France

Sommaire :

 Un point d'histoire

 Dernière lettre de Sainte Thérèse à l'abbé Bellière

 Deux prières

 Méditations

 Réflexion

 Lettre apostolique pour la proclamation de Thérèse docteur de l'Eglise

 

Un point d'histoire

Le premier octobre 1049, le pape Léon IX fait la translation du corps de saint Remi dans l’église des Bénédictins de Reims qui reçoit son nom. Chaque année, le premier octobre, le saint roi Louis IX allait assister à l’office solennel chanté par les aveugles à l’hôpital des Quinze-Vingts, fondé en 1260, dont la chapelle était sous le patronage de saint Remi.

 


 

Dernière lettre de sainte Thérèse à l'abbé Bellière[1]


J.M.J.T.

Carmel de Lisieux 10 Août 1897

Jésus +


Mon cher petit Frère,


Je suis maintenant toute prête à partir, j'ai reçu mon passeport pour le Ciel et c'est mon père chéri qui m'a obtenu cette grâce, le 29 il m'a donné la garantie que j'irais bientôt le rejoindre[2]; le lendemain, le médecin étonné des progrès que la maladie avait faits en deux jours, dit à notre bonne Mère qu'il était temps de combler mes désirs en me faisant recevoir l'Extrême-Onction. J'ai donc eu ce bonheur le 30, et aussi celui de voir quitter pour moi le tabernacle, Jésus-Hostie que j'ai reçu comme Viatique de mon long voyage !... Ce Pain du Ciel m'a fortifiée, voyez, mon pèlerinage semble ne pouvoir s'achever. Bien loin de m'en plaindre je me réjouis que le bon Dieu me permette de souffrir encore pour son amour, ah ! qu'il est doux de s'abandonner entre ses bras, sans craintes ni désirs.


Je vous avoue, mon petit frère, que nous ne comprenons pas le Ciel de la même manière[3]. Il vous semble que participant à la justice, à la sainteté de Dieu, je ne pourrai comme sur la terre excuser vos fautes. Oubliez-vous donc que je participerai aussi à la miséricorde infinie du Seigneur ? Je crois que les Bienheureux ont une grande compassion de nos misères, ils se souviennent qu'étant comme nous fragiles et mortels, ils ont commis les mêmes fautes, soutenu les mêmes combats et leur tendresse fraternelle devient plus grande encore qu'elle ne l'était sur la terre, c'est pour cela qu'ils ne cessent de nous protéger et de prier pour nous.


Maintenant, mon cher petit frère, il faut que je vous parle de l'héritage que vous recueillerez après ma mort. Voici la part que notre Mère vous donnera : - 1° Le reliquaire que j'ai reçu le jour de ma prise d'habit et qui depuis ne m'a jamais quittée - 2° Un petit Crucifix qui m'est incomparablement plus cher que le grand car ce n'est plus le premier qui m'avait été donné que j'ai maintenant. Au Carmel, on change quelquefois les objets de piété, c'est un bon moyen pour empêcher que l'on s'y attache. Je reviens au petit Crucifix. Il n'est pas beau, la figure du Christ a presque disparu, vous n'en serez pas surpris quand vous saurez que depuis l'âge de 13 ans ce souvenir d'une de mes sœurs[4] m'a suivie partout. C'est surtout pendant mon voyage en Italie que ce Crucifix m'est devenu précieux, je l'ai fait toucher à toutes les reliques insignes que j'avais le bonheur de vénérer, dire le nombre me serait impossible ; de plus il a été béni par le St Père. Depuis que je suis malade je tiens presque toujours dans mes mains notre cher petit Crucifix ; en le regardant je pense avec joie qu'après avoir reçu mes baisers, il ira réclamer ceux de mon petit frère.  Voici donc en quoi consiste votre héritage ; de plus, notre Mère vous donnera la dernière image que j'ai peinte.[5] - Je vais finir, mon cher petit frère, par où j'aurais dû commencer en vous remerciant du grand plaisir que vous m'avez fait en m'envoyant votre photographie.


A Dieu, cher petit frère, qu'Il nous fasse la grâce de l'aimer et de lui sauver des âmes. C'est le vœu que forme

Votre indigne petite sœur
Thérèse de l'Enfant Jésus de la Ste Face.

(C'est par choix que je suis devenue votre sœur)

Je vous félicite de votre nouvelle dignité ; le 25, jour où je fête mon cher petit père, j'aurai le bonheur de fêter aussi mon frère Louis de France[6].



[1] L’abbé Maurice-Marie-Louis Bellière, (1874-1907), encore séminariste, était le premier frère spirituel de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Né et mort à Caen. Orphelin de mère à sa naissance, il est recueilli à Langrune par sa tante maternelle. Son père, remarié, vit à Paris où il mourra le 10 août 1897. Elève du petit séminaire de Villiers (Calvados), Maurice pense à l'armée jusqu'à dix-huit ans. Conversion (1892). Il entre au séminaire de philosophie de Sommervieu (octobre 1894) et il demande une sœur spirituelle au Carmel de Lisieux (octobre 1896), Mère Agnès désigne Thérèse, avec qui il a une correspondance régulière à partir d'octobre 1896, et fréquente durant l'été 1897. Embarqué, le 29 septembre 1897, pour le noviciat des Pères Blancs à Alger (Thérèse meurt le 30) il sera ordonné prêtre à Carthage, le 29 juin 1901. Nommé au Nyassa en 1902, il revient après trois difficiles années. Soigné à Marseille puis en Belgique, il rentre dans son diocèse en 1906.


[2] Le 29 juillet, troisième anniversaire de la mort de M. Martin.


[3] Le 5 août, il lui écrit : Chère petite Sœur, en vérité, je suis prêt à tout ce que le Maître voudra de moi - d'autant plus que je crois pleinement à votre parole et à vos projets pour l'autre vie. Quoi que vous en disiez, chère petite, les oignons crus étaient un mets délicieux dont je ne me rassasiais pas. Sans doute Jésus est le Trésor, mais je le trouvais en vous, et Il devenait plus abordable - c'est encore par vous que désormais il viendra jusqu'à moi, n'est-ce pas ? C'est vous dire que du Ciel comme d'ici, j'attends TOUT de vous - et ma confiance sera assez puissante pour attendre au besoin une action directe et manifeste de cette âme amie que Jésus fit sœur de la mienne, dans une union la plus étroite. Ma chère et bien chère petite sœur, je vous connais assez pour savoir que ma misère ne devait jamais ici-bas arrêter votre tendresse - mais, au ciel, participant à la Divinité, vous en acquérez les prérogatives de justice, de sainteté et toute tache doit devenir objet d'horreur pour vous - Voilà pourquoi je craignais - mais, comme j'espère que vous demeurerez l'Enfant gâtée, vous ferez ce que vous aurez voulu sur la terre pour moi et je crois et j'espère - j'attends de vous aussi cette confiance amoureuse qui me fait défaut encore et que je désire ardemment, estimant qu'avec elle on est heureux pleinement ici-bas et on ne trouve pas l'exil trop long. Que vous êtes bonne, petite Sœur, dans cette simplicité et cette ouverture qui me charment en me confondant. Je suis si peu habitué à trouver cela parmi les hommes que je suis comme étonné quelquefois mais grandement réjoui. Voulez-vous me dire aussi comment vous êtes devenue ma sœur, par choix ou par le sort.

[4] Léonie.


[5] Au verso de la dernière image qu’elle a peinte (mai-juin 1897), elle a écrit pour l’abbé : Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit ... je l’aime ! car il n’est qu’amour et miséricorde. Dernier souvenir d’une âme sœur de la vôtre.


[6] Nom pris par l'abbé dans le Tiers-Ordre de Saint-François.

 


Deux prières

Acte d'offrande

Afin de vivre dans un acte de parfait amour, je m'offre comme victime d'holocauste à votre amour miséricordieux, vous suppliant de me consumer sans cesse, laissant déborder en mon âme les flots de tendresse infinie qui sont renfermés en vous, et qu'ainsi je devienne martyre de votre amour, ô mon Dieu !

Que ce martyre, après m'avoir préparée à paraître devant vous, me fasse enfin mourir, et que mon âme s'élance sans retard dans l'éternel embrassement de votre miséricordieux amour !


Je veux, ô mon Bien-Aimé, à chaque battement de mon coeur, vous renouveler cette offrande un nombre infini de fois, jusqu'à ce que, les ombres s'étant évanouies, je puisse vous redire mon amour dans un face à face éternel.


O Jésus ! Les œuvres éclatantes me sont interdites, je ne puis prêcher l’Evangile, verser mon sang ... Qu’importe ? Mes frères travaillent à ma place, et moi, petit enfant, je me tiens tout près du trône royal, j’aime pour ceux qui combattent. Mais comment témoignerai-je mon amour. puisque l’amour se prouve par les œuvres ? Eh bien ! le petit enfant jettera des fleurs ... il embaumera de ses parfums le trône divin, il chantera de sa voix argentine le  cantique de l’amour ! Oui, mon Bien-Aimé, c’est ainsi que ma vie se consumera devant vous. Je n’ai pas d’autres moyens pour vous prouver mon amour que de jeter des fleurs : c’est-à-dire de ne laisser échapper aucun sacrifice, aucun regard, aucune parole ; de profiter des moindres actions et de les faire par amour.


Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face



Méditation

Si, comme l’a dit le pape Pie XI, « sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus a été faite une parole de Dieu », il nous faut recevoir sa doctrine avec un grand respect et une entière docilité, puisque Dieu nous parle par sa bouche. Elle nous apprend que Dieu est notre Père, que nous sommes ses enfants, et que, par conséquent, nous devons agir avec lui comme un petit enfant avec son père. C'est là son enseignement fondamental, la petite voie que Dieu l'a chargée d'apprendre au monde. Or quelles sont les dispositions du petit enfant envers son Père ? On peut les résumer en deux propositions : l’abandon et la confiance.


D'un mot sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face nous dit son étendue et son influence sur sa vie spirituelle : « Le total abandon, voilà ma seule loi. » C'est une remise sans réserve, sans limites au divin Maître. « Thérèse avait disparu, Jésus restait seul, il était le Maître, le Roi. » Thérèse est totalement livrée à sa sagesse et à son amour, à lui de la conduire comme il l'entend. Que dit-elle encore ? « Il n'y a que 1'amour qui puisse nous rendre agréables à Dieu... Or l'unique chemin qui conduit à cette fournaise, c'est l'abandon du petit enfant qui s'endort sans crainte dans les bras de son père. » Et encore : « Je ne crains qu'une chose, c'est de garder ma volonté, prenez-là car je choisis tout ce que vous voulez. » Et aussi : « Avec quelle douceur je lui ai remis ma liberté. » Et plus loin : « Je n'avais qu'un seul désir, celui de me rendre au sommet de la montagne de l'amour. Aussitôt des routes nombreuses s'offraient à mes regards, mais je me vis incapable d'en choisir aucune de mon plein gré. Je dis alors à mon divin Guide, menez-moi par les sentiers de votre choix. » Une fois remise à la conduite de Jésus, Thérèse le bénit de tout, des ténèbres aussi bien que de la lumière. Car, dit-elle, « tout est grâce … Je remercie mon Jésus de me faire marcher dans les ténèbres, j'y suis dans une paix profonde … Mon cœur est plein de sa volonté. » Et, en effet, le point de départ de tout service de Dieu, de tout amour de toute sainteté, c'est l'humilité : « J'ai compris l'humilité du cœur. » Et l'humilité rappelle à notre pensée la parole du Seigneur : « Sans moi vous ne pouvez rien. »


De nous-mêmes nous sommes faibles et ignorants : nous ignorons les desseins de Dieu sur nous, nous sommes incapables de nous conduire. C'est à Dieu de prendre l’initiative, la direction de notre âme, car la sainteté est bien plus son œuvre que la nôtre. Mais une fois remise en ses divines mains, notre âme n'a plus rien à craindre ; le Maître la dirigera, la portera en quelque sorte, et la conduira au but. « Ouvrez à Dieu les avenues de votre âme, et c'est lui qui agira », dit le psaume XXXVI ; « Le Seigneur est ma lumière et mon salut, je n'ai plus rien à craindre », dit le psaume XXVI. Il semble que le but principal de « l’acte d'offrande » est de livrer entièrement l'âme à Dieu. Rien de plus salutaire. Quand le petit enfant veut marcher seul, se conduire lui-même, il est exposé à bien des chutes. Mais, s'il prend la main de son père, s'il se place entre ses bras, il est en sécurité.


Mais pourrons-nous pratiquer ce total abandon ? De nous-mêmes, évidemment non, car nous ne recherchons que notre égoïsme et notre propre volonté. Il nous faut, pour cela, faire confiance à Dieu, nous appuyer sur sa force divine. La liturgie nous le dit : « O mon Dieu, nous sommes conscients de notre faiblesse, mais nous nous appuyons sur votre force, et ainsi nous triomphons de nos ennemis. » Et le psaume CXX de dire : « J'ai levé les yeux vers les montagnes d'où me viendra le secours. Mon secours il est dans le Seigneur qui a fait le ciel et la terre. » Sainte Thérèse l'avait compris qui disait : « Thérèse se sentait si faible, si fragile que pour jamais elle voulait s'unir à la force divine. »


Etre humble, reconnaître sa faiblesse, ne jamais s'appuyer sur soi, mais s'unir à la force divine et s'appuyer sur elle avec une absolue confiance. « Je sens toujours la même confiance audacieuse de devenir une grande sainte. Je ne compte pas sur mes mérites, n'en ayant aucun, mais j'espère en celui qui est la vertu, la sainteté même. C'est lui seul, qui se contentant de mes faibles efforts m'élèvera jusqu'à lui, me couvrira de ses mérites, et me fera sainte … Je suis trop petite pour gravir le rude escalier de la perfection ... l’ascenseur qui doit m'élever jusqu'au ciel, ce sont vos bras, ô Jésus. »


Voilà bien ce que nous devons faire : « Reconnaître notre néant, mais tout attendre du bon Dieu. » Sainte Thérèse s'est appuyée sur la force divine, c’est-à-dire sur la grâce. Avec saint Paul, elle pense : « C'est à la grâce que je dois ce que je suis. » L'Apôtre ajoute : « mais la grâce n'a pas été vaine en moi. » Elle n'a pas été vaine, non plus, en sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face. Elle y a correspondu avec une grande générosité. « Mais à la vérité, dit-elle, comme cela est peu de chose (auprès de l'action de Dieu) il est urgent de mettre sa confiance en celui qui, seul, sanctifie les œuvres. » S'appuyer sur la force divine, c'est encore et surtout se livrer à l'action de l'Esprit-Saint, car « les enfants de Dieu sont mus par l'Esprit de Dieu. ». Avec quelle confiance sainte Thérèse s'est livrée à l'Esprit d'amour. Avec quelle générosité elle a suivi toutes ses inspirations : « Je veux que Notre-Seigneur s'empare de mes facultés, de sorte que je ne fasse plus d'actions humaines et personnelles, mais des actions toutes divines, inspirées et dirigées par l'Esprit d'amour. » Comme il est nécessaire de s'appuyer toujours sur la force divine ! Thérèse fait remarquer que saint Pierre a faibli pendant la Passion parce qu'il comptait sur lui ; s'il s'était appuyé sur Notre-Seigneur il ne serait pas tombé. Sainte Thérèse a passé par beaucoup d'épreuves, de souffrances, de tentations. Elle a triomphé de tout parce que elle s'est toujours appuyée sur le bras de Dieu. « Seigneur vous êtes ma force » (Psaume XLII). Sa petite voie est très sure, parce que elle repose sur le solide fondement de la foi et de l'humilité.


Le petit enfant ne se confie pas seulement en la bonté de son père mais aussi en la tendresse de sa mère. Aussi la petite Thérèse ne s'appuie pas seulement sur l'amour miséricordieux de son Père des cieux, mais aussi sur les prières toutes puissantes de la très sainte Vierge. « La Vierge Marie, je l'aime tant ! … Quelle grande place elle tient dans mon cœur ... La Vierge Marie, elle n'est jamais cachée pour moi. » Thérèse recourt à elle pour sa vie de piété, pour son ministère. Elle compte sur elle pour l'assister dans les derniers combats ; « je l'ai priée avec une ferveur!... »



Une réflexion


Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus souffre, si l’on peut dire, d’une iconographie mièvre, propre à l’époque où son culte se développa, et beaucoup, s’arrêtant là, se refusent à faire plus ample connaissance avec elle et, ce faisant, abusés par un vocabulaire obsolète, d’en obtenir des lumières bien nécessaires à leur vie spirituelle. Or, la vie toute entière de cette carmélite que Seigneur dispensa de vieillesse, conjugue la ravissante image de l’Enfant Jésus et la douloureuse figure de la Sainte Face. Devant ces représentations affectées, sous des flots de couleurs doucereuses et des torrents de roses, beaucoup oublieront qu’elle gagna la sainteté par la souffrance, un souffrance insoupçonnée, une souffrance héroïque, telle que le Seigneur la réclame : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »


Certes, la piété populaire ne se trompe pas qui voit en Thérèse de l’Enfant Jésus une sainte aimable, sympathique et attirante, toute de grâce et de paix. Nul ne doute qu’elle a pris le bon Dieu par ses caresses et qu’elle a conquis les âmes par le rayonnement de sa simplicité. Dans sa mission singulière qui entend convaincre nos consciences que la véritable paix et le bonheur durable ne sont que dans la fidélité à Dieu, pour nous monter que la sainteté n’est ni impossible ni renfrognée, elle nous présente assurément le visage de la joie douce. Recourant au patronage de saint François de Sales, elle écrivit souvent, sur ses cahiers d’écolière : « Un saint triste et un triste saint » ; elle se refusait d’imiter les saints qui « étaient sérieux même en récréation » et, dans cet exercice, elle ne manquait jamais de réjouir le cloître de sa jeunesse, de ses réparties et de sa gaîté au point que, lorsque c’était son tour de vaisselle, les autres carmélites disaient à regret : « Alors, nous n’allons pas rire aujourd’hui. »


Or, cette joie, loin d’être une antithèse de la souffrance, se conjuguait avec elle, selon l’exemple qu’elle avait trouvé dans la vie du futur martyr Théophane Vénard[7] dont elle écrivit : « C’est une âme qui me plaît, parce qu’il a beaucoup souffert et qu’il était gai toujours. » Derrière la clôture du Carmel, elle est sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, par la joie, le sourire, l’épanouissement de paix et de bonheur parce qu’elle sainte Thérèse de la Sainte Face, par sa souffrance, ses épreuves, son acceptation et son offertoire. Son doux sourire épanoui et sa joyeuse vie ensoleillant, n’est pas seulement l’effet d’un bon naturel ou d’un heureux caractère, voire d’un optimisme à toute épreuve, comme si son tempérament l’avait insensibilisée à toutes les souffrances de la vie et à tous les renoncements de la vie religieuse.


Si vive et si expansive que nous apparaisse l’enfant des Buissonnets, nous savons que, jeune fille, elle était devenue timide et sensible à l’excès au point de devoir se cramponner à la rampe de l’escalier avant d’aborder sa supérieure.  Cette sainteté souriante ne s’est pas épanouie sur sa nature mais, au contraire, a dû contrecarrer cette nature, ce qui lui fit dire : Quelle paix inonde l’âme, lorsqu’elle s’élève au-dessus des sentiments de la nature! 


Outre la froideur de sa Supérieure et les déconvenues, Thérèse de l’Enfant Jésus eut à souffrir de la sensation de l’abandon de Dieu[8] ; elle connut de terribles tentations contre la foi, traversant un tunnel « noir à en étouffer et, cependant, elle chantait : Mon ciel c’est de sourire à ce Dieu que j’adore, lorsqu’il veut se cacher pour éprouver ma foi, sourire en attendant qu’il me regarde encore. » Pendant sa dernière maladie, à une religieuse qui lui dit qu’elle n’a jamais beaucoup souffert, elle répond en lui montrant un verre plein d’une potion rouge : « Voyez ce verre, on le croirait plein d’une liqueur délicieuse ; en réalité je ne prends rien de plus amer. Eh bien, c’est l’image de ma vie ; aux yeux des autres elle a revêtu toujours les plus riantes couleurs ; il leur a semblé que je buvais une liqueur exquise et c’était l’amertume. »


Au récit des mortifications héroïques, comme nous nous décourageons d’atteindre de telles hauteurs et que la sainteté nous semble un royaume réservé à quelques privilégiés[9], il faut nous tourner vers sainte Thérèse, la laissant nous instruire que la sainteté est possible à tous pour peu qu’elle reste l’enjeu de l’effort soutenu par la grâce divine. C’est la « Petite voie. » Pour la suivre, il nous faut d’abord considérer ce que nous sommes vraiment, sans nous  satisfaire de notre médiocrité et sans abaisser la hauteur du but ; ce faisant, regardant de si bas un but si haut, concevoir que, comme « le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables, je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté. » Incapable d’arriver par soi-même à la sainteté, l’âme se remet entièrement aux « bras de Jésus » et, soucieuse de bien faire ce qu’elle doit faire dans l’ordre spirituel comme dans l’ordre temporel, elle accepte de passer là où Jésus l’entraîne : aimables grâces ou terribles tentations, sécheresse du cœur ou pieuse exaltation. Quoi qu’il lui arrive, l’âme voit en toute choses la manifestation de la volonté divine qui l’emmène vers les sommets de la sainteté et s’efforce de recevoir les dispositions de l’amour fait d’acquiescement, de docilité, de confiance et d’humilité.



[7] Missionnaire français, né à Poitiers (21 novembre 1829),  martyrisé en Annam (au nord du Viet-Nam), le 15 février 1861.


[8] Quand je ne sens rien, quand je suis incapable de prier, de pratiquer la vertu, c’est alors le moment de chercher de petites occasions, des riens qui font plus de plaisir à Jésus que l’empire du monde, ou même que le martyre souffert généreusement. Par exemple, un sourire, une parole aimable, alors que j’aurais envie de rien dire ou d’avoir l’air ennuyé. Ce nest pas pour faire ma couronne, pour gagner des mérites, c’est afin de faire plaisir à Jésus. Quand les mots défaillent, il nous reste la prière par les actes. Nous ne parlons plus à Dieu par des paroles, c’est lui qui parle aux autre à travers nous.


[9] Vous le savez, ma Mère, j’ai toujours désiré d’être une sainte, mais, hélas ! j’ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu’il y a entre eux et moi la même différence qu’il existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé sous les pieds des passants ; au lieu de me décourager, je me suis dit : Le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections ; mais je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d’inventions, maintenant ce n’est plus la peine de gravir les marches d’un escalier, chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement. Moi je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. Alors j’ai recherché dans les livres saints l’indication de l’ascenseur, objet de mon désir et j’ai lu ces mots sortis de la bouche de la Sagesse Eternelle: «  Si quelqu’un est tout petit qu’il vienne à moi »  (Proverbes IX 4). Alors je suis venue. devinant que j’avais trouvé ce que je cherchais et voulant savoir, ô mon Dieu ! ce que vous feriez au tout petit qui répondrait à votre appel, j’ai continué mes recherches et voici ce que j’ai trouvé : « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous bercerai sur mes genoux ! » (Isaïe LXVI 13) Je désire accomplir parfaitement votre volonté et arriver au degré de gloire que vous m’avez préparé dans votre royaume, en un mot, je désire être sainte, mais je sens mon impuissance et je vous demande, ô mon Dieu ! d’être vous-même ma sainteté.

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/10/01.php



Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux



Office Romain

Leçons des Matines avant 1960

Quatrième leçon. Thérèse de l’Enfant Jésus naquit à Alençon, en France, de parents honorables, et remarquables par leur singulière et fervente piété envers Dieu. Aussi aspirait-elle dès sa plus tendre enfance à la vie religieuse. Elle fit dès lors sérieusement la promesse de ne rien refuser à Dieu de ce qu’il lui paraîtrait désirer d’elle, promesse à laquelle elle s’efforça d’être fidèle jusqu’à la mort. Ayant perdu sa mère au cours de sa cinquième année, elle s’abandonna totalement à la Providence de Dieu, sous la garde vigilante d’un père très aimant, et de ses sœurs aînées. A leur école, Thérèse s’élança comme un géant, pour courir dans la voie de la perfection. A l’âge de neuf ans elle fut confiée, pour son éducation, aux religieuses de l’ordre de Saint Benoît, à Lisieux, et se fit remarquer là par son intelligence supérieure des choses surnaturelles. A dix ans, une grave et mystérieuse maladie la fit longtemps souffrir. Elle en fut miraculeusement délivrée, comme elle le raconte elle-même, par le secours de la Bienheureuse Vierge qui lui apparut souriante, au cours d’une neuvaine où elle était invoquée sous son titre de Notre-Dame des Victoires. Pleine alors d’une angélique ferveur, elle se prépara avec le plus grand soin au banquet sacré, où le Christ se fait notre aliment.

Cinquième leçon. Sitôt qu’elle eut reçu pour la première fois le Pain Eucharistique, elle manifesta une faim insatiable de cette céleste nourriture. Comme inspirée, elle demandait à Jésus de changer pour elle, en amertume toutes les consolations du monde. Dès lors, toute brûlante d’amour pour le Christ notre Seigneur e pour l’Église, elle n’eut bien tôt de plus grand désir que d’entrer dans l’Ordre des Carmélites déchaussées, afin de pouvoir par son immolation et ses sacrifices, « aider les prêtres, les missionnaires toute l’Église », et de gagner des âmes sans nombre à Jésus-Christ, comme plus tard près de mourir, elle promit de continuer à le faire auprès de Dieu. Elle éprouva de grandes difficultés à embrasser la vie religieuse à cause de sa jeunesse, mais elle le : surmonta avec une force d’âme incroyable, et, à l’âge de quinze ans, entra avec bonheur au Carmel de Lisieux. Là, Dieu opéra d’admirables ascensions dans le cœur de Thérèse, qui, imitant la vie cachée de la Vierge Marie, produisit comme un jardin fertile, les fleurs de toutes les vertus, mais surtout celle d’une éminente charité pour Dieu et pour le prochain.

Sixième leçon. Ayant lu dans la Sainte Écriture cette invitation : « Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi », elle voulut, dans son désir de plaire davantage au Très-Haut, devenir petite selon l’esprit, et, avec une confiance toute filiale, elle se livra pour toujours à Dieu, comme au plus aimant des Pères. Cette « voie de l’enfance spirituelle » selon la doctrine de l’Évangile, elle l’enseigna aux autres, spécialement aux novices qu’elle était chargée, par obéissance, de former aux vertus religieuses ; et ainsi, toute remplie d’un zèle apostolique, elle montra le chemin de la simplicité évangélique à un monde enflé d’orgueil et attaché aux vanités. Jésus, son Époux, l’enflamma profondément du désir de souffrir et dans son âme et dans son corps. Bien plus, considérant avec une extrême douleur, combien l’amour de Dieu est universellement rejeté, deux ans avant sa mort, elle s’offrit en victime à l’Amour très miséricordieux de Dieu. Alors, comme elle le rapporte elle-même, elle fut blessée d’une flamme du céleste feu. Enfin, consumée d’amour, ravie en extase, et murmurant avec une ferveur extrême : « Mon Dieu, je vous aime ! » elle s’envola vers son Époux, le trente septembre de l’année mil huit cent quatre-vingt-dix-sept, étant âgée de vingt-quatre ans. La promesse qu’elle avait faite en mourant, de faire tomber sur la terre une perpétuelle pluie de roses, dès son entrée au Ciel elle l’a réalisée, et la réalise encore de nos jours, par d’innombrables miracles. C’est pourquoi le Souverain Pontife Pie XI l’a inscrite parmi les Vierges Bienheureuses et deux ans après, au cours du grand jubilé il l’a solennellement placée au nombre des Saintes, puis constituée et déclarée Patronne spéciale de tous les Missionnaires.



Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

« Être un petit enfant devant Dieu »

Sainte Thérèse. — Jour de mort : 30 septembre 1897, à l’âge de 24 : ans. Tombeau : à Lisieux, en France. Vie : La « petite Thérèse de l’Enfant Jésus » est actuellement une des saintes les plus populaires. Quelle profonde émotion devons-nous éprouver à la pensée qu’une de nos contemporaines a reçu l’honneur des autels et a été couronnée au ciel comme sainte[ — La sainte est née à Alençon, en France, de parents honorables. A neuf ans, elle fut confiée aux Bénédictines de Lisieux pour son éducation. A dix ans, elle fut guérie miraculeusement d’une grave maladie. A 15 ans, elle reçut du pape Léon XIII en personne la permission d’entrer au Carmel de Lisieux. « Thérèse avait lu dans la Sainte Écriture cette célèbre exhortation : Si quelqu’un est vraiment petit, alors qu’il vienne à moi ! (Prov. IX, 4 :). Aussi, pour plaire davantage au Très-Haut, voulut-elle être un petit enfant en esprit et s’abandonner pour toujours avec une confiance d’enfant à Dieu comme au plus aimant des pères. Elle en dirigea également d’autres dans cette petite voie de l’enfance spirituelle selon l’enseignement de l’Évangile, notamment les novices dont elle était devenue, par obéissance, la maîtresse pour les former à la pratique fervente des vertus de l’Ordre. Ainsi Thérèse, animée du véritable zèle apostolique, annonça au monde, consumé d’orgueil et épris de vaine frivolité, la voie de la simplicité évangélique... En outre, elle souffrit extrêmement de constater que l’amour de Dieu était partout dédaigné ; c’est pourquoi, deux ans avant sa mort, elle s’offrit comme victime à l’amour du Dieu de miséricorde. Peu après, Thérèse fut pénétrée, comme elle le rapporta elle-même, de la flamme du feu céleste et elle mourut en prononçant dans son dernier soupir, au milieu d’une extase, avec l’ardeur du saint amour, ces paroles : « Mon Dieu, je vous aime. » Elle s’envola vers son céleste Époux le 30 septembre 1897, à l’âge de 24 ans. En mourant, Thérèse avait promis qu’elle ferait descendre sur la terre une pluie ininterrompue de roses (de grâces célestes). Elle réalisa cette promesse après son entrée au ciel par un nombre incalculable de miracles et elle la réalise encore de nos jours » (Bréviaire).

La Messe (Veni de Libano). — La messe est composée entièrement d’un texte propre qui exprime fort bien les aspects caractéristiques de la vie de notre petite sainte. A l’Introït, nous entendons l’invitation du Seigneur à son épouse : « O, viens du Liban, mon épouse. Tu as blessé mon cœur. » Le verset invite les enfants à louer Dieu : « Enfants de Dieu, louez le Seigneur. » L’Oraison demande l’esprit d’enfance de la petite Thérèse « en union d’humilité et de simplicité de cœur avec elle ». La lecture d’Isaïe déborde d’enthousiasme : « Comme un torrent, je lui apporte la paix ; comme un fleuve gonflé de hautes eaux, la gloire éclatante des peuples. Oui, vous serez désaltérés ; je vous porterai dans mon cœur et je vous caresserai sur mes genoux... » L’Évangile montre de nouveau l’esprit d’enfance : « Alors Jésus appela un enfant, le plaça il au milieu et dit : « Si vous ne devenez pas semblables à des enfants, vous ne pourrez entrer dans le royaume des cieux. » A l’Offertoire, nous entendons notre sainte chanter le Magnificat : « Car il a abaissé les yeux sur son humble servante. » La Communion, elle aussi, est très joyeuse : « Il l’a dirigée, il l’a instruite et il l’a protégée comme la prunelle de son œil. Comme un aigle il étend ses ailes et il l’a portée sur ses ailes. » Il y a dans cette messe une chaleur et une solennité extraordinaires.



Saint Thérèse of Lisieux


Also known as

  • Francoise-Marie Therese Martin
  • Teresa of the Infant Jesus
  • the Little Flower of Jesus
  • the Little Flower
  • Therese of the Child Jesus

Memorial

Profile

Born to a pious middle-class French family of tradesmen; daughter of Blessed Louis Martin and Blessed Marie-Azelie Guérin Martin, and all four of her sisters became nuns. Her mother died when Francoise-Marie was only four, and the family moved to Lisieux, Normandy, France to be closer to family. Cured from an illness at age eight when a statue of the Blessed Virgin smiled at her. Educated by the Benedictine nuns of Notre-Dame-du-Pre. Confirmed there at age eleven. Just before her 14th birthday she received a vision of the Child Jesus; she immediately understood the great sacrifice that had been made for her, and developed an unshakeable faith. Tried to join the Carmelites, but was turned down due to her age. Pilgrim to RomeItaly at for the Jubilee of Pope Leo XIII whom she met and who knew of her desire to become a nun. Joined the Carmelites at Lisieux on 9 April 1888 at age 15, taking her final vow on 8 September 1890 at age 17. Known by all for her complete devotion to spiritual development and to the austerities of the Carmelite rule. Due to health problems resulting from her ongoing fight with tuberculosis, her superiors ordered her not to fast. Novice mistress at age 20. At age 22 she was ordered by her prioress to begin writing her memories and ideas, which material would turn into the book History of a Soul. Therese defined her path to God and holiness as The Little Way, which consisted of child-like love and trust in God. She had an on-going correspondence with Carmelite missionaries in China, often stating how much she wanted to come work with them. Many miracles attributed to her. Declared a Doctor of the Church in 1997 by Pope John Paul II.

Born

Died

Venerated

Beatified

Canonized

Patronage

Representation

Readings

For me, prayer is a surge of the heart; it is a simple look turned toward heaven, it is a cry of recognition and of love, embracing both trial and joy. – Saint Therese of Lisieux

What beauty? I don’t see my beauty at all; I see only the graces I’ve received from God. You always misunderstand me; you don’t know, then, that I’m only a little seedling, a little almond. – Saint Therese of Lisieux

You know well enough that Our Lord does not look so much at the greatness of our actions, nor even at their difficulty, but at the love with which we do them. – Saint Therese of Lisieux

O Jesus, Your little bird is happy to be weak and little. What would become of it if it were big? Never would it have the boldness to appear in Your presence, to fall asleep in front of You. Yes, this is still one of the weaknesses of the little bird: when it wants to fix its gaze upon the Divine Sun, and when the clouds prevent it from seeing a single ray of that Sun, in spite of itself, its little eyes close, its little head is hidden beneath its wing, and the poor little thing falls asleep, believing all the time that it is fixing its gaze upon its Dear Star. When it awakens, it doesn’t feel desolate; its little heart is at peace and it begins once again its work of love. It calls upon the angels and saints who rise like eagles before the consuming Fire, and since this is the object of the little bird’s desire the eagles take pity on it, protecting and defending it, and putting to flight at the same time the vultures who want to devour it. These vultures are the demons whom the little bird doesn’t fear, for it is not destined to be their prey but the prey of the Eagle whom it contemplates in the center of the Sun of Love. – Saint Therese of Lisieux, from Story of a Soul

Kneeling before the tabernacle, I can think of only one thing to say to our Lord: “My God, you know that I love You.” And I feel that my prayer does not weary Jesus; knowing my weakness, He is satisfied with my good will. – Saint Therese of Lisieux

Our Lord needs from us neither great deeds nor profound thoughts. Neither intelligence nor talents. He cherishes simplicity. – Saint Therese of Lisieux

The practice of charity, as I have said, dear Mother [Mother Agnes, i.e., her sister Pauline, prioress at the time], was not always so sweet for me, and to prove it to you I am going to recount certain little struggles which will certainly make you smile. For a long time at evening meditation, I was placed in front of a Sister who had a strange habit and I think many lights because she rarely used a book during meditation. This is what I noticed: as soon as this Sister arrived, she began making a strange little noise which resembled the noise one would make when rubbing two shells, one against the other. I was the only one to notice it because I had extremely sensitive hearing (too much so at times). Mother, it would be impossible for me to tell you how much this little noise wearied me. I had a great desire to turn my head and stare at the culprit who was very certainly unaware of her “click.” This would be the only way of enlightening her. However, in the bottom of my heart I felt it was much better to suffer this out of love for God and not to cause the Sister any pain. I remained calm, therefore, and tried to unite myself to God and to forget the little noise. Everything was useless. I felt the perspiration inundate me, and I was obliged simply to make a prayer of doing it without annoyance and with peace and joy, at least in the interior of my soul. I tried to love the little noise which was so displeasing; instead of trying not to hear it (impossible), I paid close attention so as to hear it well, as though it were a delightful concert, and my prayer (which was not the Prayer of Quiet) was spent in offering this concert to Jesus. – Saint Therese of Lisieux, from Story of a Soul

Our Lord does not come down from Heaven every day to lie in a golden ciborium. He comes to find another heaven which is infinitely dearer to him – the heaven of our souls, created in His Image, the living temples of the Adorable Trinity. – Saint Therese of Lisieux

Since my longing for martyrdom was powerful and unsettling, I turned to the epistles of Saint Paul in the hope of finally finding an answer. By chance the twelfth and thirteenth chapters of the first epistle to the Corinthians caught my attention, and in the first section I read that not everyone can be an apostle, prophet or teacher, that the Church is composed of a variety of members, and that the eye cannot be the hand. Even with such an answer revealed before me, I was not satisfied and did not find peace. I persevered in the reading and did not let my mind wander until I found this encouraging theme: “Set your desires on the greater gifts. And I will not show you the way which surpasses all others.” For the Apostle insists that the greater gifts are nothing at all without love and that this same love is surely the best path leading directly to God. At length I had found peace of mind. Love appeared to me to be the hinge for my vocation. Indeed, I knew that the Church had a body composed of various members, but in this body the necessary and more noble member was not lacking; I knew that the Church had a heart and that such a heart appeared to be aflame with love. I knew that one love drove the members of the Church to action, that if this love were extinguished, the apostles would have proclaimed the Gospel no longer, the martyrs would have shed their blood no more. I saw and realized that love sets off the bounds of all vocations, that love is everything, that this same love embraces every time and every place. In one word, that love is everlasting. – from the autobiography of Saint Theresa of the Child Jesus

Above all it’s the Gospels that occupy my mind when I’m at prayer; my poor soul has so many needs, and yet this is the one thing needful. I’m always finding fresh lights there, hidden and enthralling meanings. – Saint Therese of Lisieux

Really, I am far from being a saint, and what I have just said is proof of this; instead of rejoicing, for example, at my aridity, I should attribute it to my little fervor and lack of fidelity; I should be desolate for having slept (for seven years) during my hours of prayer and my thanksgivings after Holy Communion; well, I am not desolate. I remember that little children are as pleasing to their parents when they are asleep as well as when they are wide awake; I remember, too, that when they perform operations, doctors put their patients to sleep. Finally, I remember that: “The Lord knows our weakness, that he is mindful that we are but dust and ashes.” – Saint Therese of Lisieux, from Story of a Soul

Jesus set the book of nature before me and I saw that all the flowers he has created are lovely. The splendor of the rose and the whiteness of the lily do not rob the little violet of its scent nor the daisy of its simple charm. I realized that if every tiny flower wanted to be a rose, spring would lose its loveliness and there would be no wildflowers to make the meadows gay. It is just the same in the world of souls – which is the garden of Jesus. He has created the great saints who are like the lilies and the roses, but he has also created much lesser saints and they must be content to be the daisies or the violets which rejoice his eyes whenever he glances down. Perfection consists in doing his will, in being that which he wants us to be. Jesus, help me to simplify my life by learning what you want me to be – and becoming that person. – Saint Therese of Lisieux, from Story of a Soul

Oh! no, you will see…it will be like a shower of roses. After my death, you will go to the mail box, and you will find many consolations. – Saint Therese on 9 June 1897 after Sister Marie of the Sacred Heart told her we would be very sorry after she died

Merciful Father, in the name of Thy sweet Jesus, of the Blessed Virgin Mary, and of all the saints, I beg Thee to consume my sister with Thy Spirit of Love, and to grant her the grace to make Thee greatly loved. – composed by Saint Thérèse with the request that her missionary brother continue to say it for her also after her death

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  • “Saint Thérèse of Lisieux“. CatholicSaints.Info. 19 August 2020. Web. 30 September 2020. <https://catholicsaints.info/saint-therese-of-lisieux/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-therese-of-lisieux/



St. Therese of Lisieux

St. Therese of Lisieux was the ninth child of saintly parents, Louis and Zélie Martin, both of whom had wished to consecrate their lives to God in the cloister. The vocation denied them was given to their children, five of whom became religious, one to the Visitation Order and four in the Carmelite Convent of Lisieux. Brought up in an atmosphere of faith where every virtue and aspiration were carefully nurtured and developed, her vocation manifested itself when she was still only a child.

Tragedy and loss came quickly to Therese when her mother died of breast cancer when she was four and a half years old. Her sixteen year old sister Pauline became her second mother — which made the second loss even worse when Pauline entered the Carmelite convent five years later. A few months later, Therese became so ill with a fever that people thought she was dying. When Therese saw her sisters praying by a statue of Mary in her room, Therese also prayed. She saw Mary smile at her and suddenly she was cured.

Educated by the Benedictines, when she was fifteen she applied for permission to enter the Carmelite Convent, and being refused by the superior, went to Rome with her father, as eager to give her to God as she was to give herself, to seek the consent of the Holy Father, Leo XIII, then celebrating his jubilee. He preferred to leave the decision in the hands of the superior, who finally consented and on 9 April, 1888, at the unusual age of fifteen, Thérèse Martin entered the convent of Lisieux where two of her sisters had preceded her.

In 1896, Thérèse requested to become a missionary and was selected to join a convent in Hanoi, Vietnam. But before leaving for her new duties, she was told by Jesus Christ, her “Bridegroom”, that she would soon be joining Him. That same year, she contracted tuberculosis. She kept working without telling anyone until she became so sick a year later everyone knew it. Her pain was so great that she said that if she had not had faith she would have taken her own life without hesitation. But she tried to remain smiling and cheerful — and succeeded so well that some thought she was only pretending to be ill. Her one dream was the work she would do after her death, helping those on earth. “I will return,” she said. “My heaven will be spent on earth.” She died on September 30, 1897 at the age of 24 years old.

The account of the eleven years of her religious life, marked by signal graces and constant growth in holiness, is given by St. Thérèse in her autobiography, written in obedience to her superior and published two years after her death. In 1901 it was translated into English, and in 1912 another translation, the first complete edition of the life of the Servant of God, containing the autobiography, “Letters and Spiritual Counsels”, was published. Its success was immediate and it has passed into many editions, spreading far and wide the devotion to this “little” saint of simplicity, and abandonment in God’s service, of the perfect accomplishment of small duties.

The fame of her sanctity and the many miracles performed through her intercession caused the introduction of her cause of canonization only seventeen years after her death, 10 Jun, 1914. On October 19, 1997, Pope John Paul II declared her a Doctor of the Church because of the impact that her spirituality has had on the lives of so many of God’s children.

St. Therese of Lisieux is one of the patron saints of the missions, not because she ever went anywhere, but because of her special love of the missions, and the prayers and letters she gave in support of missionaries. This is reminder to all of us who feel we can do nothing, that it is the little things that keep God’s kingdom growing. She is also the patroness of aviators and florists.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-therese-of-lisieux/



BENEDICT XVI

GENERAL AUDIENCE

St. Peter's Square

Wednesday, 6 April 2011



Saint Theresa of Lisieux


Dear Brothers and Sisters,

Today I would like to talk to you about St Thérèse of Lisieux, Thérèse of the Child Jesus and of the Holy Face, who lived in this world for only 24 years, at the end of the 19th century, leading a very simple and hidden life but who, after her death and the publication of her writings, became one of the best-known and best-loved saints. “Little Thérèse” has never stopped helping the simplest souls, the little, the poor and the suffering who pray to her. However, she has also illumined the whole Church with her profound spiritual doctrine to the point that Venerable Pope John Paul II chose, in 1997, to give her the title “Doctor of the Church”, in addition to that of Patroness of Missions, which Pius XI had already attributed to her in 1939. My beloved Predecessor described her as an “expert in the scientia amoris” (Novo Millennio Ineunte, n. 42). Thérèse expressed this science, in which she saw the whole truth of the faith shine out in love, mainly in the story of her life, published a year after her death with the title The Story of a Soul. The book immediately met with enormous success, it was translated into many languages and disseminated throughout the world.

I would like to invite you to rediscover this small-great treasure, this luminous comment on the Gospel lived to the full! The Story of a Soul, in fact, is a marvellous story of Love, told with such authenticity, simplicity and freshness that the reader cannot but be fascinated by it! But what was this Love that filled Thérèse’s whole life, from childhood to death? Dear friends, this Love has a Face, it has a Name, it is Jesus! The Saint speaks continuously of Jesus. Let us therefore review the important stages of her life, to enter into the heart of her teaching.

Thérèse was born on 2 January 1873 in Alençon, a city in Normandy, in France. She was the last daughter of Louis and Zélie Martin, a married couple and exemplary parents, who were beatified together on 19 October 2008. They had nine children, four of whom died at a tender age. Five daughters were left, who all became religious. Thérèse, at the age of four, was deeply upset by the death of her mother (Ms A 13r). Her father then moved with his daughters to the town of Lisieux, where the Saint was to spend her whole life. Later Thérèse, affected by a serious nervous disorder, was healed by a divine grace which she herself described as the “smile of Our Lady” (ibid., 29v-30v). She then received her First Communion, which was an intense experience (ibid., 35r), and made Jesus in the Eucharist the centre of her life.

The “Grace of Christmas” of 1886 marked the important turning-point, which she called her “complete conversion” (ibid., 44v-45r). In fact she recovered totally, from her childhood hyper-sensitivity and began a “to run as a giant”. At the age of 14, Thérèse became ever closer, with great faith, to the Crucified Jesus. She took to heart the apparently desperate case of a criminal sentenced to death who was impenitent. “I wanted at all costs to prevent him from going to hell”, the Saint wrote, convinced that her prayers would put him in touch with the redeeming Blood of Jesus. It was her first and fundamental experience of spiritual motherhood: “I had such great trust in the Infinite Mercy of Jesus”, she wrote. Together with Mary Most Holy, young Thérèse loved, believed and hoped with “a mother’s heart” (cf. Pr 6/ior).

In November 1887, Thérèse went on pilgrimage to Rome with her father and her sister Céline (ibid., 55v-67r). The culminating moment for her was the Audience with Pope Leo XIII, whom she asked for permission to enter the Carmel of Lisieux when she was only just 15. A year later her wish was granted. She became a Carmelite, “to save souls and to pray for priests” (ibid., 69v).

At the same time, her father began to suffer from a painful and humiliating mental illness. It caused Thérèse great suffering which led her to contemplation of the Face of Jesus in his Passion (ibid., 71rc). Thus, her name as a religious — Sr Thérèse of the Child Jesus and of the Holy Face — expresses the programme of her whole life in communion with the central Mysteries of the Incarnation and the Redemption. Her religious profession, on the Feast of the Nativity of Mary, 8 September 1890, was a true spiritual espousal in evangelical “littleness”, characterized by the symbol of the flower: “It was the Nativity of Mary. What a beautiful feast on which to become the Spouse of Jesus! It was the little new-born Holy Virgin who presented her little Flower to the little Jesus” (ibid., 77r).

For Thérèse, being a religious meant being a bride of Jesus and a mother of souls (cf. Ms B, 2v). On the same day, the Saint wrote a prayer which expressed the entire orientation of her life: she asked Jesus for the gift of his infinite Love, to be the smallest, and above all she asked for the salvation of all human being: “That no soul may be damned today” (Pr 2).

Of great importance is her Offering to Merciful Love, made on the Feast of the Most Holy Trinity in 1895 (Ms A, 83v-84r; Pr 6). It was an offering that Thérèse immediately shared with her sisters, since she was already acting novice mistress.

Ten years after the “Grace of Christmas” in 1896, came the “Grace of Easter”, which opened the last period of Thérèse’s life with the beginning of her passion in profound union with the Passion of Jesus. It was the passion of her body, with the illness that led to her death through great suffering, but it was especially the passion of the soul, with a very painful trial of faith (Ms C, 4v-7v). With Mary beside the Cross of Jesus, Thérèse then lived the most heroic faith, as a light in the darkness that invaded her soul. The Carmelite was aware that she was living this great trial for the salvation of all the atheists of the modern world, whom she called “brothers”.

She then lived fraternal love even more intensely (8r-33v): for the sisters of her community, for her two spiritual missionary brothers, for the priests and for all people, especially the most distant. She truly became a “universal sister”! Her lovable, smiling charity was the expression of the profound joy whose secret she reveals: “Jesus, my joy is loving you” (P 45/7). In this context of suffering, living the greatest love in the smallest things of daily life, the Saint brought to fulfilment her vocation to be Love in the heart of the Church (cf. Ms B, 3v).

Thérèse died on the evening of 30 September 1897, saying the simple words, “My God, I love you!”, looking at the Crucifix she held tightly in her hands. These last words of the Saint are the key to her whole doctrine, to her interpretation of the Gospel the act of love, expressed in her last breath was as it were the continuous breathing of her soul, the beating of her heart. The simple words “Jesus I love you”, are at the heart of all her writings. The act of love for Jesus immersed her in the Most Holy Trinity. She wrote: “Ah, you know, Divine Jesus I love you / The spirit of Love enflames me with his fire, / It is in loving you that I attract the Father” (P 17/2).

Dear friends, we too, with St Thérèse of the Child Jesus must be able to repeat to the Lord every day that we want to live of love for him and for others, to learn at the school of the saints to love authentically and totally. Thérèse is one of the “little” ones of the Gospel who let themselves be led by God to the depths of his Mystery. A guide for all, especially those who, in the People of God, carry out their ministry as theologians. With humility and charity, faith and hope, Thérèse continually entered the heart of Sacred Scripture which contains the Mystery of Christ. And this interpretation of the Bible, nourished by the science of love, is not in opposition to academic knowledge. The science of the saints, in fact, of which she herself speaks on the last page of her The Story of a Soul, is the loftiest science.

“All the saints have understood and in a special way perhaps those who fill the universe with the radiance of the evangelical doctrine. Was it not from prayer that St Paul, St Augustine, St John of the Cross, St Thomas Aquinas, Francis, Dominic, and so many other friends of God drew that wonderful science which has enthralled the loftiest minds?” (cf. Ms C 36r). Inseparable from the Gospel, for Thérèse the Eucharist was the sacrament of Divine Love that stoops to the extreme to raise us to him. In her last Letter, on an image that represents Jesus the Child in the consecrated Host, the Saint wrote these simple words: “I cannot fear a God who made himself so small for me! […] I love him! In fact, he is nothing but Love and Mercy!” (LT 266).

In the Gospel Thérèse discovered above all the Mercy of Jesus, to the point that she said: “To me, He has given his Infinite Mercy, and it is in this ineffable mirror that I contemplate his other divine attributes. Therein all appear to me radiant with Love. His Justice, even more perhaps than the rest, seems to me to be clothed with Love” (Ms A, 84r).

In these words she expresses herself in the last lines of The Story of a Soul: “I have only to open the Holy Gospels and at once I breathe the perfume of Jesus’ life, and then I know which way to run; and it is not to the first place, but to the last, that I hasten…. I feel that even had I on my conscience every crime one could commit… my heart broken with sorrow, I would throw myself into the arms of my Saviour Jesus, because I know that he loves the Prodigal Son” who returns to him. (Ms C, 36v-37r).

“Trust and Love” are therefore the final point of the account of her life, two words, like beacons, that illumined the whole of her journey to holiness, to be able to guide others on the same “little way of trust and love”, of spiritual childhood (cf. Ms C, 2v-3r; LT 226).

Trust, like that of the child who abandons himself in God’s hands, inseparable from the strong, radical commitment of true love, which is the total gift of self for ever, as the Saint says, contemplating Mary: “Loving is giving all, and giving oneself” (Why I love thee, Mary, P 54/22). Thus Thérèse points out to us all that Christian life consists in living to the full the grace of Baptism in the total gift of self to the Love of the Father, in order to live like Christ, in the fire of the Holy Spirit, his same love for all the others.


APPEAL

I am continuing to follow with great apprehension the dramatic events which the beloved peoples of Côte d’Ivoire and Libya are living through in these days. I am hoping that Cardinal Turkson, whom I have charged to go to Côte d’Ivoire to express my solidarity will be able to enter the country soon. I pray for the victims and I am close to all those who are suffering. Violence and hatred are always a defeat! I therefore address a new heartfelt appeal to all the parties concerned, that the work of peace-making and dialogue be initiated so that further bloodshed may be avoided.

* * *

I offer a warm greeting to the members of the Conference on Parkinson’s Disease sponsored by the Pontifical Academy of Sciences. I also greet the group from the NATO Defense College, with prayerful good wishes for their important work in the service of peace. I also welcome the priests of the Institute for Continuing Theological Education of the North American College. To the choirs I express my gratitude for their praise of God in song. Upon all the English-speaking pilgrims present at today’s Audience, especially those from the Channel Islands, England, Scotland, Denmark, Finland, Norway, Sweden, South Korea and the United States, I cordially invoke the Lord’s blessings of joy and peace.

Lastly my greeting goes to the young people, the sick and the newlyweds. Dear young people, meeting you is always a cause of comfort and hope to me, because your age is the springtime of life. May you be able to respond to the love God has for you. Dear sick people, let yourselves be enlightened by the Cross of the Lord to be strong in trial. And you, dear newlyweds, may you be grateful to God for the gift of the family: counting always on his help, make your existence a mission of faithful and generous love.

© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana




Reliquaire de Sainte-Thérèse, église Saint-Sulpice, Paris

My Song of Today, by Saint Thérèse of Lisieux


Oh! how I love Thee, Jesus! my soul aspires to Thee –
And yet for one day only my simple prayer I pray!
Come reign within my heart, smile
tenderly on me,

Today, dear Lord, today.

But if I dare take thought of what the morrow brings –
That fills my fickle heart with dreary, dull dismay;
I crave, indeed, my God, trials and sufferings,

But only for today!

O sweetest Star of heaven!
O Virgin, spotless, blest,
Shining with Jesus’ light, guiding to Him my way!
O Mother! ‘neath thy veil let my tired spirit rest,

For this brief passing day!

Soon shall I fly afar among the holy choirs,
Then shall be mine the joy that never knows decay;
And then my lips shall sing, to heaven’s angelic lyres,

The eternal, glad today!

– Saint Teresa of Lisieux, June 1894, translated by S L Emery

SOURCE : https://catholicsaints.info/my-song-of-today-by-saint-therese-of-lisieux/



Canticle to the Holy Face, by Saint Thérèse of Lisieux


Dear Jesus! ’tis Thy Holy Face
Is here the start that guides my way;
They countenance, so full of grace,
Is heaven on earth, for me, today.
And love finds holy charms for me
In Thy sweet eyes with tear-drops wet;
Through mine own tears I smile at Thee,
And in Thy griefs my pains forget.
How gladly would I live unknown,
Thus to console Thy aching heart.
Thy veiled beauty, it is shown
To those who live from earth apart.
I long to fly to Thee alone!

Thy Face is now my fatherland,
The radiant sunshine of my days,
My realm of love, my sunlit land,
Where, all life long, I sing Thy praise;
It is the lily of the vale,
Whose mystic perfume, freely given,
Brings comfort, when I faint and fail,
And makes me taste the peace of heaven.
Thy face, in its unearthly grace,
Is like the divinest myrrh to me,
That on my heart I gladly place;
It is my lyre of melody;
My rest – my comfort – is Thy Face.

My only wealth, Lord! is thy Face;
I ask naught else than this from Thee;
Hid in the secret of that Face,
The more I shall resemble Thee!
Oh, leave on me some impress faint
Of Thy sweet, humble, patient Face,
And soon I shall become a saint,
And draw men to Thy saving grace.
So, in the secret of Thy Face,
Oh! hide me, hide me, Jesus blest!
There let me find its hidden grace,
Its holy fires, and, in heaven’s rest,
Its rapturous kiss, in Thy embrace!

– Saint Therese of Lisieux, 12 August 1895, translated by S L Emery

SOURCE : https://catholicsaints.info/canticle-to-the-holy-face-by-saint-therese-of-lisieux/



Jesus Only, by Saint Thérèse of Lisieux


Oh, how my heart would spend itself, to bless;
It hath such need to prove its tenderness!
And yet what heart can my heart comprehend?
What heart shall always love me without end?
All—all in vain for such return seek I;
Jesus alone my soul can satisfy.
Naught else contents or charms me here below;
Created things no lasting joy bestow.

My peace, my joy, my love, O Christ!
Tis Thou alone! Thou hast sufficed.

Thou didst know how to make a mother’s heart;
Tenderest of fathers, Lord! to me Thou art.
My only Love, Jesus, Divinest Word!
More than maternal is Thy heart, dear Lord!
Each moment Thou my way dost guard and guide;
I call – at once I find Thee at my side –
And if, sometimes, Thou hid’st Thy face from me,
Thou com’st Thyself to help me seek for Thee.

Thee, Thee alone I choose: I am Thy bride.
Unto Thy arms I hasten, there to hide.
Thee would I love, as little children love;
For Thee, like warrior bold, my love I’d prove.
Now, like to children full of joy and glee,
So come I, Lord! to show my love to Thee;
Yet, like a warrior bold, with high elation,
Rush I to combats in my loved vocation.

Thy Heart is Guardian of our innocence;
Not once shall It deceive my confidence.
Wholly my hopes are placed in Thee, dear Lord!
After long exile, I Thy face adored
In heaven shall see. When clouds the skies o’erspread.
To Thee, my Jesus! I lift up my head;
For, in Thy tender glance, these words I see:
“O child!
I made my radiant heaven for thee.”

I know it well – my burning tears and sighs
Are full of charm for Thy benignant eyes.
Strong seraphs form in heaven Thy court divine,
Yet Thou dost seek this poor weak heart of mine.
Ah! take my heart! Jesus, ’tis Thine alone;
All my desires I yield to Thee, my Own!
And all my friends that are so loved by me.
No longer will I love them, save in Thee!

– written for a novice by Soeur Theresa I’Enfant Jesus, translated by S L Emery

SOURCE : https://catholicsaints.info/jesus-only-by-saint-therese-of-lisieux/

 


Litany of Saint Thérèse, the Little Flower


Lord, have mercy on us.
  Christ, have mercy on us.
God the Father of Heaven,
  have mercy on us.
God the Son, Redeemer of the world,
  have mercy on us.
God the Holy Ghost,
  have mercy on us.
Holy Trinity, One God,
  have mercy on us.
Holy Mary, Immaculate Mother of God,
  pray for us.
Queen of Carmel,
  pray for us.
Our Lady of Victory,
  pray for us.
Saint Thérèse of the Child Jesus,
  pray for us.
Saint Thérèse of the Holy Face,
  pray for us.
Saint Thérèse, flower of innocence,
  pray for us.
Saint Thérèse, lily of purity,
  pray for us.
Saint Thérèse, rose of charity,
  pray for us.
Saint Thérèse, violet of humility,
  pray for us.
Saint Thérèse, devoted to mortification,
  pray for us.
Saint Thérèse, lover of crosses,
  pray for us.
Saint Thérèse, reflector of heavenly sweetness,
  pray for us.
Saint Thérèse, guide of little souls,
  pray for us.
Saint Thérèse, mirror of resignation,
  pray for us.
Saint Thérèse, rich in faith,
  pray for us.
Saint Thérèse, teacher of trust in God,
  pray for us.
Saint Thérèse, saint of childlike simplicity,
  pray for us.
Saint Thérèse, heroine of penance,
  pray for us.
Saint Thérèse, leader of the ‘sure way’
  pray for us.
Saint Thérèse, child of benediction,
  pray for us.
Saint Thérèse, affable with others,
  pray for us.
Saint Thérèse, example of gratitude and self-surrender,
  pray for us.
Saint Thérèse, beautiful in forgiveness,
  pray for us.
Saint Thérèse, remarkable for gentleness,
  pray for us.
Saint Thérèse, cheerful in sacrifices,
  pray for us.
Saint Thérèse, joyful in suffering,
  pray for us.
Saint Thérèse, steadfast in prayer,
  pray for us.
Saint Thérèse, example for every state,
  pray for us.
Saint Thérèse, wonder worker of our own time,
  pray for us.
Saint Thérèse, showering roses from Heaven,
  pray for us.
Saint Thérèse, zealous for souls,
  pray for us.
Saint Thérèse, fulfilling thy promises,
  pray for us.
Saint Thérèse, comforter of troubled hearts,
  pray for us.
Saint Thérèse, curing bodily ills,
  pray for us.
Saint Thérèse, leading souls back to God,
  pray for us.
Saint Thérèse, bringing earth nearer to Heaven,
  pray for us.
Saint Thérèse, drawing us closer to Jesus,
  pray for us.
Saint Thérèse, always sending some answer to our prayers,
  pray for us.
Saint Thérèse, hidden during life,
  pray for us.
Saint Thérèse, made glorious by thy Spouse after death,
  pray for us.
Lamb of God, who takest away the sins of the world,
  spare us, O Lord.
Lamb of God, who takest away the sins of the world,
  graciously hear us, O Lord.
Lamb of God, who takest away the sins of the world,
  have mercy on us.

SOURCE : https://catholicsaints.info/litany-of-saint-therese-the-little-flower/



Homily at the Canonization of Saint Thérèse of Lisieux, by Pope Pius XI, 17 May 1925


Blessed be God and the Father of Our Lord Jesus Christ, Father of mercies, and God of all consolation; who in the midst of the countless cares of our apostolic ministry, has granted Us the joy of inscribing as our first Saint in the calendar the Virgin who was also the first to be beatified by Us, at the beginning of our Pontificate. This maiden became a child in the order of grace, but her spirit of childhood was united to such greatness of soul that, in accordance with the promises of Christ, she merited to be glorified before the Church upon earth, as well as in the Heavenly Jerusalem.

We give thanks to God likewise for permitting Us, who hold the place of His Only Son, to repeat insistently today from this chair of Truth and during this solemn ceremony the salutary teaching of the Divine Master. When the disciples asked: “Who will be the greater in the Kingdom of Heave?” calling a child and setting him in their midst, He pronounced these memorable words: “Amen, I say to you, unless ye be converted and become as little children, ye shall not enter into the Kingdom of Heaven.” (Mat 18:2)

The new Saint Thérèse had learned thoroughly this teaching of the Gospels and had translated it into her daily life. Moreover she taught the way of spiritual childhood by word and example to the novices of her monastery. She set it forth clearly in all her writings, which have gone to the ends of the world, and which assuredly no one has read without being charmed thereby, or without reading them again and again with great pleasure and much profit. For this simple child, this flower that blossomed in the walled garden of Carmel, not content with adding to Thérèse the name of the “Child Jesus,” retraced in herself His living image, so that it may be said that whosoever honors Thérèse honors the Divine Model she reproduced.

Therefore We nurse the hope today of seeing springing up in the souls of the faithful of Christ a burning desire of leading a life of spiritual childhood. That spirit consists in thinking and acting, under the influence of virtue, as a child feels and acts in the natural order. Little children are not blinded by sin, or disturbed by the passions, and they enjoy in peace the possession of their innocence. Guiltless of malice or pretense, they speak and act as they think, so that they show themselves as they really are. Thus Thérèse appeared more angelic than human in her practice of truth and justice, endowed as she was with the simplicity of a child. The Maid of Lisieux had ever in memory the invitation and the promises of her Spouse: “Whosoever is a little one, let him come to Me.” (Prov. 9:4) “You shall be carried at the breasts, and upon the knees they shall caress you; as one whom the mother caresseth, so will I comfort you.” (Is. 64:12-13)

Conscious of her weakness she abandoned herself entirely to God, and leaning upon Him she labored to acquire – at the cost of every sacrifice, and of an utter yet joyous abdication of her own will — the perfection she arrived at. We need not be surprised if in Thérèse was accomplished the word of Christ: “Whosoever therefore shall humble himself as this little child, he is the greater in the Kingdom of Heaven.” (Mat 18:4) In her catechism lessons she drank in the pure doctrine of Faith, from the golden book of The Imitation of Christ she learned asceticism, in the writings of Saint John of the Cross she found her mystical theology. Above all, she nourished heart and soul with the inspired Word of God on which she meditated assiduously, and the Spirit of Truth taught her what He hides as a rule from the wise and prudent and reveals to the humble. Indeed, God enriched her with a quite exceptional wisdom, so that she was enabled to trace out for others a sure way of salvation.

That superabundant share of divine light and grace enkindled in Thérèse so ardent a flame of love, that she lived by it alone, rising above all created things, till in the end it consumer her; so much so that shortly before her death she could candidly avow she had never given God anything but Love.

Evidently it was under the influence of that burning charity that the Maid of Lisieux took the resolution of doing all things for love of Jesus, with the sole object of pleasing Him, of consoling His Divine Heart, and of saving a multitude of souls who would love Him eternally. We have proof that on entering into Paradise she began at once, there also, this work among souls, when we see the mystical shower of roses which God permitted her, and still permits her to let fall upon earth, as she had ingenuously foretold.

Therefore do We desire earnestly that all the Faithful of Christ should render themselves worthy of partaking in the abundant profusion of graces resulting from the intercession of “little Thérèse.” But We desire much more earnestly that all the faithful should study her in order to copy her, becoming children themselves, since otherwise they cannot, according to the oracle of the Master, arrive at the Kingdom of Heaven.

If the way of spiritual childhood became general, who does not see how easily would be realized the reformation of human society which We set ourselves to accomplish at the commencement of our Pontificate, and more especially in the promulgation of this Jubilee.1 We, therefore, adopt as our own the prayer of the new Saint Thérèse with which she ends her invaluable autobiography: “O Jesus, we beseech Thee to cast Thy glance upon the vast number of little souls, and to choose in this world a legion of little victims worthy of Thy love.” Amen.

SOURCE : https://catholicsaints.info/homily-at-the-canonization-of-saint-therese-of-lisieux-by-pope-pius-xi-17-may-1925/



Sculpture de Sainte Thérèse de Lisieux, Cathédrale Saint-Jean, Lyon.

Vehementer exultamus hodie – Bull of Canonization of Saint Therese of the Child Jesus and the Holy Face, by Pope Pius XI, 17 May 1925


Vehemently do We exult this day, and We are filled with the greatest joy, because it is granted to Us who beatified the daughter of Carmel — Thérèse of the Child Jesus, and proposed her as a model, to celebrate now her canonization, under the authority of Our Lord Jesus Christ, of the holy Apostles Saint Peter and Saint Paul, and under our own authority.

This Virgin, truly wise and prudent, walked in the way of the Lord in the simplicity of her soul, and being made perfect in a short space, fulfilled a long time. Thereafter while still in the flower of her years, she was called to Paradise to receive the crown which her heavenly Spouse had prepared for her. During her lifetime she was known only to a few, but immediately after her saintly death her fame spread abroad in marvellous fashion throughout the whole Christian world, on account of the innumerable wonders wrought by Almighty God at her intercession. Indeed, it seemed as if, in accordance with her dying promise, she were letting fall upon earth a shower of Roses. Hence it came to pass that Holy Church decided to bestow upon her the high honors reserved for the Saints without observing the statutory delays.

The child was born at Alençon in the diocese of Séez, in France, on January 2, 1873, of a father and amother remarkable for their piety — Louis Stanislaus Martin and Marie Zélie Guérin. [ They were declared Venerable on 26 March 1994.] On January 4 she was baptized, receiving the name of Marie Françoise Thérèse.

Scarcely had she passed the age of four years and a half when she was bereft of her mother, and so became a prey to the deepest sorrow. Her education was thenceforth entrusted to her sisters, Marie and Pauline, whom she strove to obey perfectly in all things, the while she lived under the watchful care of her well-beloved father. Thanks to her teachers, Thérèse hastened like a giant along the way to perfection. From her earliest years it was her chief delight to talk frequently of God, and she always kept before her mind the thought that she must not inflict the slightest pain on the Holy Child Jesus.

Inspired by the Holy Spirit she longed to lead a most holy life and promised earnestly that she would refuse God nothing He should seem to ask of her, a resolution she endeavored to keep until death. As soon as she had reached the age of nine she was given into the charge of the Benedictine nuns of Lisieux, with whom she spent the day, returning home at nightfall. Though younger than the other scholars, she outstripped them all in progress and piety, studying the mysteries of our Faith with such zeal and insight that the chaplain of the convent styled her his “theologian,” or the “little doctor.” As time passed she learned by heart the whole of that admirable book, The Imitation of Christ, while the Sacred Scriptures became so familiar to her, that in her writings she used them aptly, frequently, and with authority.

In her tenth year, she was long afflicted by a mysterious and deadly disease from which, as she herself narrates, she was freed through Our Blessed Lady, to whom she had been making a novena under the invocation of Our Lady of Victories, and who appeared to her with a smile upon her lips. Thereafter, filled with angelic fervor, she made her soul ready for the sacred Banquet in which we partake of the Body of Christ.

As soon as she had tasted of the Eucharistic Bread, she felt an insatiable hunger for that heavenly Food, and, as if inspired, she begged of Jesus, her sole delight, to “change for her into bitterness all human consolation.” Then, all aflame with love for Christ and His Church, she had a most keen desire to enter among the Discalced Carmelites, so that by her self-denial and continual sacrifices “she might bring help to priests and missionaries and the entire Church,” and might gain innumerable souls for Jesus Christ At the approach of death she promised that when with God she would continue this work.

While yet but fourteen years old, on account of her tender age, she met with serious opposition on the part of the ecclesiastical authorities regarding her vocation to the cloister. These difficulties she surmounted with a strength of soul well-nigh incredible, and in spite of her natural shyness, she revealed her intention to our predecessor, Leo XIII of happy memory. The Pontiff remitted the matter to the decision of the Superiors. though balked of her desire, and stricken with grief, nevertheless she was perfectly submissive to the divine will.

After this stern trial of her patience and her vocation, on the night day of April 1888, with the approval of her Bishop, she entered the Carmelite Monastery of Lisieux. In Carmel God wonderfully trained the heart of Thérèse, who, imitating the hidden life of Our Lady at Nazareth, like a well-watered garden put forth the flowers of every virtue, but most of all those of a burning love for God and most ardent charity of her neighbor, inasmuch as she had thoroughly understood that commandment of the Lord: “Love one another as I have loved you.”

In order more and more to give pleasure to Jesus Christ, having dwelt upon the invitation given in Scripture: “If anyone is little, let him come unto Me,” she desired to be a little one in spirit, and thenceforth with a childlike and perfect trust she surrendered herself entirely and for ever to God, as to a most loving Father. This way of spiritual childhood, in keeping with the doctrine of the Gospel, she taught to others, especially to the novices, whom out of obedience she had undertaken to train in the exercise of the virtues of the religious life, and then filled with a holy and apostolic zeal [by her writings] she enthusiastically opened up the way of evangelical simplicity to a world puffed up with pride, “loving vanity and searching after falsehood.”

Jesus, her Spouse, set her completely on fire with a longing to suffer both in body and in soul. Realizing with the utmost sorrow how Divine Love was on all sides forgotten, two years before her death she offered herself wholeheartedly as a victim to “God’s Merciful Love.” Then, as it is reported, she was wounded by a flaming dart, so that, consumed by the divine fire, rapt in ecstasy, with the cry of “My God, I love Thee!” upon her lips, she went to her reward at the age of twenty-four. It was on September 30, 1897, that she took flight to her Spouse, and thus, according to the well-known eulogy of Holy Scripture: “having been made perfect in a short space, she fulfilled a long time.”

The funeral rites were duly carried out, and she was buried in the cemetery of Lisieux. From there her fame spread throughout the world and her sepulcher became glorious. Scarcely had she entered Paradise than she began to fulfill by innumerable miracles — as she still continues to fulfill — her promise of sending down to earth a perpetual shower of Roses, that is, of graces. The high esteem which she enjoyed among those who knew her in life was wonderfully increased after her death.

Urged by her great reputation for holiness, many Cardinals, Bishops, and Religious Superiors sent petitions to Pope [St.] Pius X, begging that her cause of canonization would be introduced. the Holy Father hearkened to the many prayers, and on the ninth of June, 1914, signed the decree of the Commission of the Introduction of the Cause, which was entrusted to the Postulator-General of the Discalced Carmelites, Reverend Father Rodrigo of Saint Francis of Paula.

The Process having been carried through its various stages, and the heroic nature of the virtues practiced by Thérèse having been duly inquired into, the General Congregation was held on August 2, 1921, in presence of Pope Benedict XV. His Eminence, Cardinal Vico, Ponent of the Cause, submitted for discussion the question of the heroism of the Servant of God in practicing the theological virtues of Faith, Hope, and Charity, as also the cardinal virtues of Prudence, Fortitude, Justice, and Temperance. The Cardinals and Consulters present gave their vote, and after delaying in order to obtain further light from God, Our Predecessor promulgated his decision on the eve of the Assumption, to the effect that the Venerable Thérèse had practiced the above virtues to an heroic degree.

So rapid and triumphant was the progress of the Cause that at once two miracles were proposed for examination, chosen out of a multitude of prodigies said to have been wrought throughout the Christian world by the powerful intercession of the Venerable Thérèse. The first concerned Sister Louise of Saint Germain, of the Daughters of the Cross, victim of an organic disease, namely, a grave ulcer in the stomach, of hemorragic nature. On having recourse to the intercession of Thérèse, she was restored to perfect health, as three eminent doctors have unanimously testified at the request of the Sacred Congregation of Rites. The second miracle, somewhat similar to the first, was the cure of the young seminarist, Charles Anne, victim of pulmonary haemoptysis, of the cavitary stage. He confidently invoked the aid of the Servant of God and was perfectly cured. This is clear from the testimony of the three doctors, and from the reasons on which they based their decisions.

After the Antepreparatory and Preparatory Congregation, the General Congregation, on January 30, 1923, discussed in our presence the miraculous nature of three cures. According to custom, We reserved our decision in order to obtain further assistance from God, and on Quinquagesima Sunday, February 11, 1923, Feast of the Apparition of Our Lady at Lourdes, and eve of the first anniversary of our coronation, We decided to make it known. In the presence of Cardinal Vico, Prefect of the Congregation of Rites, and others of its members, We solemnly declared the above instantaneous and complete cures to be beyond doubt miraculous, and We gave orders for the promulgation of a Decree to that effect.

Shortly after, on March 6, Cardinal Vico, at another general reunion of the Congregation of Rites, put the question: “The virtues of the Venerable Servant of God and the two miracles required having been formally recognized, can the beatification safely be proceeded with?” The decision was unanimously in the affirmative. After a brief delay, on the Feast of Saint Joseph, We solemnly declared that in all safety Sister Thérèse of the Child Jesus could receive the honors of beatification, and We ordained the publication of the Brief for the ceremony in the Vatican Basilica. In the same Patriarchal Basilica of the Prince of the Apostles amid an outpouring of universal joy, the Servant of God became Blessed Thérèse.

Hearing of the fresh prodigies accomplished by Thérèse of the Child Jesus, We commissioned the Sacred Congregation of Rites on July 27, 1923, to take up anew the Cause of the Beata. On July 11, 1924, We ratified a decree of the Sacred Congregation which declared that the examinations in the dioceses of Parma [Italy] and Malines [Belgium], concerning miracles attributed to Blessed Thérèse were valid processes.

Gabriella Trimusi, who at the age of twenty-three had entered the Convent of the Poor Daughters of the Sacred Heart in Parma, began in 1913 to suffer in her left knee. She was in the habit of breaking the firewood across her knee, and this caused a lesion at the joint which prepared the way for a tuberculous infection. The trouble began with a dull pain, then the knee became swollen, and finally loss of appetite brought about emaciation. She was attended by two physicians, but without success, so that three years later she was sent to Milan, where injections, sunbaths, and various other forms of treatment were tried in vain; at the end of four years the spine itself became affected. The invalid returned to Parma, where several doctors diagnosed it as a case of tuberculous lesion, and prescribed general remedies. A radiograph of the knee revealed at this period the existence of periostitis at the head of the tibia. Taken to the hospital, she was once more subjected to X-rays, but while there was attacked by Spanish influenza, and began to suffer fresh and constantly increasing pain in the vertebral column. All remedies proving ineffective, she was recommended by a priest on June 13, 1923, to join in a public novena in honor of Blessed Thérèse. She joined in the prayers, more concerned, however, over the health of the other nuns than her own. The close of the novena coincided with the close of a triduum in a neighboring Carmel, and several of the nuns — Gabriella among the rest — sought permission to attend the ceremony. On her return, after slowly and painfully effecting the short journey, she entered the chapel of the Community, where the others were already assembled. The Superioress exhorted her to pray with confidence, and bade her go to her place. Strange to say, the invalid knelt down unconsciously on her knee without feeling the slightest pain, nor did she realize what she had done, on account of the increase of suffering at the moment in the spine. She next went to the refectory with others, and, the meal finished, slowly mounted the stairs. Going into the first room she saw, she took off the apparatus she wore to support the spine, and cried out loudly: “I am cured, I am cured!”

Sister Gabriella Trimusi returned at once to her labors and the exercises of religious life, without either pain or fatigue. The doctors appointed by the Sacred Congregation discussed the miracle at great length, and decided that the lesion at the knee was chronic arthrosynovitis and the spinal trouble was chronic spondulitis. These two lesions, rebellious to all other treatment, yielded to God’s power, and Sister Gabriella by a miracle recovered the health which she still enjoys.

The story of the second miracle is more brief. In October 1919, Maria Pellemans was a victim of pulmonary tuberculosis, and this was followed by gastritis and enteritis, both of them likewise of a tuberculous nature. She was medically attended at home, then in a sanatorium. In August 1920, she went to Lourdes, but all to no purpose. In March, 1923, she accompanied a small band of pilgrims to Lisieux, and while kneeling at the tomb of the Blessed Thérèse she was suddenly restored to perfect health. Three specially appointed doctors made a favorable report to the Sacred Congregation on both miracles.

In these cures, the reality of the miraculous nature admitted of no doubt whatsoever, indeed it shone with unwonted splendor on account of the special circumstances in which the prodigies occurred.

For that reason, on 17 March 1925, in a General Congregation, Cardinal Vico sought the verdict of the Cardinals and Consulters, based on the unanimous decision of the medial experts.

We ourselves reserved our opinion until March 19, Feast of Saint Joseph, when in the presence of the Cardinal Prefect and other dignitaries of the Sacred Congregation of Rite We solemnly proclaimed the two cures to be of a certainty miraculous. On March 29, after having received the unanimous vote of the Cardinals and the Consulters, We solemnly declared the Canonization of the Blessed Thérèse could be proceeded with in safety.

After all these preliminaries, in order to comply with the prescriptions laid down by our Predecessors, and to enhance the splendor of the august ceremony, We convoked a Secret Consistory of the Cardinals on March 30, to ask their advice on the question of the solemn canonization.

Cardinal Vico spoke eloquently on the life and miracles of Blessed Thérèse of the Child Jesus, and warmly begged that she be raised to the highest honors. Each of the Cardinals expressed his opinion on the matter in question. On April 2 We held a Public Consistory, at which after an able discourse by the Consistorial advocate, John Gusco, all the Cardinals exhorted Us to give a final decision. We, however, invited by special letters not merely the neighboring Bishops, but also those most remote to come to Us and pronounce their opinion. Many came from various countries, and on April 22 took part in a semi-public Consistory, after having acquainted themselves — by means of an abridgment — with the life and miracles of the Beta, and all the process gone through by the Congregation of Rites. Patriarchs, Archbishops, and Bishops united themselves to the Cardinals, urging upon Us to celebrate this canonization.

We therefore decided to celebrate it on May 17, in the Vatican Basilica, and exhorted the faithful to redouble their prayers, both for their own spiritual benefit and for our guidance by the Spirit of God.

On this most happy and desired day, the secular and regular clergy of Rome, the Prelates and Officials of the Curia, and finally all the Patriarchs, Bishops and Abbots then in the Eternal City gathered in the Vatican Basilica, the same being magnificently decorated. We ourselves brought up the rear of the procession. Then our Venerable Brother, Anthony Cardinal Vico, after a speech by Virgil Jacoucci, Consistorial advocate, set forth to Us the desire of the Episcopate, and the Order of Discalced Carmelites, that We should place among the Saints Blessed Thérèse of the Child Jesus, whom already We had proclaimed the patroness of the Missions and Noviciates of the Order. A second and third time they renewed their petition. Then after earnest prayers for light: “In honor of the Holy and Undivided Trinity, for the glory of the Catholic Faith, by the authority of Jesus Christ, of Peter and Paul, and by our own authority, after mature deliberation and at the request of the Cardinals, Patriarchs and Bishops, We declared that the professed nun of the Order of Discalced Carmelites, Thérèse of the Child Jesus, was a Saint and was to be inscribed in the calendar of the Saints, memory of her to be kept on October the third of each year. [With the change of the liturgical calendar, Saint Thérèse’s feast day was moved to October 1st .] Finally, We returned fervent thanks to God for so great a favor, celebrated the Holy Sacrifice, granted a Plenary Indulgence, and ordained the publication of the Decree, to be signed by all the Cardinals and by ourselves.

Today, faithful flock of Christ, the Church offers a new and most noble model of virtue for all of you to contemplate unceasingly. For the peculiar characteristic of the sanctity to which God called Thérèse of the Child Jesus lies chiefly in this, that having heard the Divine call she obeyed with the utmost promptness and fidelity. Without going beyond the common order of things, in her way of life she followed out and fulfilled her vocation with such alacrity, generosity, and constancy that she reached an heroic degree of virtue. In our own day, when men seek so passionately after temporal goods, this young maiden lived in our midst practicing in all simplicity and devotedness the Christian virtues in order to honor God and to win eternal life. May her example strengthen in virtue and lead to amore perfect life, not only the cloistered souls but those living in the world.

In our present needs let us all invoke the patronage of Saint Thérèse of the Child Jesus, that by her intercession a shower of Roses, that is, of the graces we require, may descend upon us. All of which We solemnly affirm out of the fullness of the Apostolic authority, and if anyone contravene our Decree — he shall incur the wrath of God and of Saint Peter and Saint Paul. Given in Rome, at Saint Peter’s, May 17, 1925, in the fourth year of our Pontificate, I, Pius, Bishop of the Catholic Church, et cetera.

SOURCE : https://catholicsaints.info/vehementer-exultamus-hodie-bull-of-canonization-of-saint-therese-of-the-child-jesus-and-the-holy-face-by-pope-pius-xi-17-may-1925/




Teresa of the Child (Infant) Jesus V (RM) +

(also known as Thérèse of Lisieux, Marie Francoise Martin)

Born in Alençon, France, January 2, 1873; died in Lisieux, Normandy, France, on September 30, 1897; canonized in 1925 by Pope Pius XI, who in 1927 declared patron of foreign missions (together with Saint Francis Xavier); in 1997, she was named a Doctor of the Church by Pope John Paul II.


"I had offered myself . . . to the Child Jesus as His little plaything. I told Him not to use me as a valuable toy . . . but like a little ball of no value. . . . He let His little ball fall to the ground and He went to sleep. What did He do during His gentle sleep and what became of the abandoned ball? Jesus dreamed He was still playing with His toy, leaving it and taking it up in turns, and then, having seen it roll quite far, He pressed it to His heart, no longer allowing it to ever go far from His little hand."

--St. Thérèse of Lisieux

Thérèse was the ninth child of Louis Martin, a watchmaker, and Azélie-Marie Geurin, a maker of point d'Alençon lace. She was baptized Marie-Fran‡oise- Thérèse. Her mother died in 1877 when Thérèse was five, and the father moved the family to Lisieux, where the children could be overseen by their aunt.

Thérèse's two older sisters became Carmelite nuns at Lisieux. When she was 15, Thérèse told her father that she was so much devoted to Jesus that she wished to do the same but the Carmelites and her bishop thought that she was too young. A few months later during a pilgrimage to Rome for the jubilee of Pope Leo XIII, she met the pope. As she knelt before him, she broke the rule of silence and asked him, "In honor of your jubilee, allow me to enter Carmel at fifteen. . . ." The pope was impressed by her fervor, but upheld the decision to make her wait.

At the end of the year, she was received in the Carmel and took the name Thérèse of the Child Jesus. Her father suffered a nervous breakdown and was institutionalized for three years. Despite her fragile health, she lived the austere life faithfully. At 22, she was appointed assistant novice mistress, although in fact she fulfilled the duties of the novice mistress. After her father died in 1894, the fourth sister joined the convent.

Her prioress Mother Agnes (her blood-sister Pauline) requested the she write her autobiography, L'histoire d'une âme (The story of a soul). She began in 1894 to write the story of her childhood, and in 1897, after finishing it the previous year, she was ordered by the new prioress, Mother Marie de Gonzague, to tell of her life in the convent. Both were combined in the final book, which was revised and circulated to all the Carmelite houses.

Thérèse of Lisieux's autobiography was three sections written specifically to her sister Pauline, her sister Marie, and her prioress. It was edited by Pauline (Sister Agnes) and made to appear as though written to her prioress. Highly edited book sold without notation until 1956. In 1952 the unedited manuscripts were published in their original form. The first English version, translated by Ronald Knox, appeared in 1958 under the title Autobiography of a saint. Thérèse was childlike, not polished, and she was sentimental. Surprisingly, Thérèse found it hard to say the rosary, which should be a comfort to those saints-in-the-making who find it difficult, too.

The appeal of the book was immediate and astonishing: It had an instant appeal in every language into which it was translated. Her "little way" of searching for simplicity and perfection in everyday tasks became a model for ordinary people. The saint's nine years in the convent were uneventful and 'ordinary,' such as could be paralleled in the lives of numberless other young nuns: the daily life of prayer and work, faults of pride and obstinacy to be overcome, a certain moodiness to be fought, inward and outward trials to be faced. Sister Thérèse stuck bravely to her 'little way' of simple trust in and love for God.

Afflicted with tuberculosis, Thérèse hemorrhaged but endured her illness with patience and fortitude. She wished to join the Carmelites at Hanoi in Indochina at their invitation, but her illness became worse. She moved into the infirmary in 1897 and died at the age of 24. Her last words were, "I love him. My God I love you." Since her death she has worked innumerable miracles, and her cultus has spread throughout the world. She had become the most popular saint of modern times: Thérèse had shown innumerable people that sainthood is attainable by anybody, however, obscure, lowly, untalented, by doing the small things and discharging daily duties in a perfected spirit of love for God. Her popularity was so great that a large church was built in Lisieux to accommodate the crowds of pilgrims to her shrine.

In contemplating her death, Thérèse said, "I will let fall a shower of roses," meaning favors through her intercession. From this we get the novena of St. Thérèse which requires the praying of 24 Our Fathers each day for nine days in honor of the 24 years of life that God granted the saint. It is said that when the prayer has been heard and answered, the petitioner will receive a rose from the heavenly garden as a sign. For this reason, she is called "the Little Flower of Jesus."

Thérèse's attraction is her utter simplicity. She was no scholar; no great student of the Bible or the Fathers. She simply longed to be a saint, as she believed her person could. "In my little way," she wrote, "are only very ordinary things. Little souls can do everything that I do."

She was full of fun. She drew a coat of arms for herself and Jesus, surmounted with her initials M.F.T., and the divine ones I.H.S. She made superbly innocent and happy jokes. She recorded that she would pretend she was at Nazareth in the Holy Family's home. "If I am offered salad, cold fish, wine or anything with a strong flavor, I give that to good Saint Joseph. I give the warm dishes and the ripest fruits to the Holy Virgin. I give the infant Jesus soup, rice, and jam. But if I am offered a bad meal, I say gaily to myself, 'My little girl, today it is all yours'."

Thérèse was a happy saint. Even as she suffered pain--physical and emotional (being scolded for pulling up flowers rather than weeds in the garden)--she always thanked God for everything (Attwater, von Balthasar, Benedictines, Bentley, Day, Delaney, Gorres, Robo, Sackville-West, Sheppard, White).

In art, St. Thérèse is a Discalced Carmelite holding a bouquet of roses or with roses at her feet. She is the patron saint of foreign missions (due to her prayers for and correspondence with missions), all works for Russia, France, florists and flower growers (White); aviators, and, in 1944, was named copatroness of France with Saint Joan of Arc (Delaney). 

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/1001.shtml



St. Thérèse of Lisieux

(Sister Teresa of the Child Jesus)

Carmelite of Lisieux, better known as the Little Flower of Jesus, born at Alençon, France, 2 January, 1873; died at Lisieux 30 September, 1897.

She was the ninth child of saintly parents, Louis and Zélie Martin, both of whom had wished to consecrate their lives to God in the cloister. The vocation denied them was given to their children, five of whom became religious, one to the Visitation Order and four in the Carmelite Convent of Lisieux. Brought up in an atmosphere of faith where every virtue and aspiration were carefully nurtured and developed, her vocation manifested itself when she was still only a child. Educated by the Benedictines, when she was fifteen she applied for permission to enter the Carmelite Convent, and being refused by the superior, went to Rome with her father, as eager to give her to God as she was to give herself, to seek the consent of the Holy Father, Leo XIII, then celebrating his jubilee. He preferred to leave the decision in the hands of the superior, who finally consented and on 9 April, 1888, at the unusual age of fifteen, Thérèse Martin entered the convent of Lisieux where two of her sisters had preceded her.

The account of the eleven years of her religious life, marked by signal graces and constant growth in holiness, is given by Soeur Thérèse in her autobiography, written in obedience to her superior and published two years after her death. In 1901 it was translated into English, and in 1912 another translation, the first complete edition of the life of the Servant of God, containing the autobiography, "Letters and Spiritual Counsels", was published. Its success was immediate and it has passed into many editions, spreading far and wide the devotion to this "little" saint of simplicity, and abandonment in God's service, of the perfect accomplishment of small duties.

The fame of her sanctity and the many miracles performed through her intercession caused the introduction of her cause of canonization only seventeen years after her death, 10 Jun, 1914.

Editor's Note: After the publication of this article, St. Thérèse was canonized and later declared a Doctor of the Church.]

Donovan, Edith. "St. Thérèse of Lisieux." The Catholic Encyclopedia. Vol. 17 (Supplement). New York: The Encyclopedia Press, 1922. 1 Oct. 2017 <http://www.newadvent.org/cathen/17721a.htm>.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. 1922. Arthur J. Scanlan, D.D., Censor. Imprimatur. +Patrick J. Hayes, Archbishop of New York.

Copyright © 2020 by Kevin Knight. Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.




Santa Teresa di Gesù Bambino (di Lisieux) Vergine e dottore della Chiesa


Alençon (Francia), 2 gennaio 1873 - Lisieux, 30 settembre 1897

La Francia dell'Ottocento è il primo paese d'Europa nel quale cominciò a diffondersi la convinzione di poter fare a meno di Dio, di poter vivere come se egli non esistesse. Proprio nel paese d'Oltralpe, tuttavia, alcune figure di santi, come Teresa di Lisieux, ricordarono che il senso della vita è proprio quello di conoscere e amare Dio. Teresa nacque nel 1873 in un ambiente profondamente credente. Di recente anche i suoi genitori sono stati dichiarati beati. Ella ricevette, dunque, una educazione profondamente religiosa che presto la indusse a scegliere la vita religiosa presso il carmelo di Lisieux. Qui ella si affida progressivamente a Dio. Su suggerimento della superiora tiene un diario sul quale annota le tappe della sua vita interiore. Scrive nel 1895: «Il 9 giugno, festa della Santissima Trinità, ho ricevuto la grazia di capire più che mai quanto Gesù desideri essere amato». All'amore di Dio Teresa vuol rispondere con tutte le sue forze e il suo entusiasmo giovanile. Non sa, però, che l'amore la condurrà attraverso la via della privazione e della tenebra. L'anno successivo, il 1896, si manifestano i primi segni della tubercolosi che la porterà alla morte. Ancor più dolorosa è l'esperienza dell'assenza di Dio. Abituata a vivere alla sua presenza, Teresa si trova avvolta in una tenebra in cui Le è impossibile vedere alcun segno soprannaturale. Vi è, però, un'ultima tappa compiuta dalla santa. Ella apprende che a lei, piccola, è affidata la conoscenza della piccola via, la via dell'abbandono alla volontà di Dio. La vita, allora, diviene per Teresa un gioco spensierato perché anche nei momenti di abbandono Dio vigila ed è pronto a prendere tra le sue braccia chi a Lui si affida.

Patronato: Missionari, Francia

Etimologia: Teresa = cacciatrice, dal greco; oppure donna amabile e forte, dal tedesco

Emblema: Giglio, Rosa

Martirologio Romano: Memoria di santa Teresa di Gesù Bambino, vergine e dottore della Chiesa: entrata ancora adolescente nel Carmelo di Lisieux in Francia, divenne per purezza e semplicità di vita maestra di santità in Cristo, insegnando la via dell’infanzia spirituale per giungere alla perfezione cristiana e ponendo ogni mistica sollecitudine al servizio della salvezza delle anime e della crescita della Chiesa. Concluse la sua vita il 30 settembre, all’età di venticinque anni.

(30 settembre: A Lisieux in Francia, anniversario della morte di santa Teresa di Gesù Bambino, la cui memoria si celebra domani).

Si arrampica a Milano sul Duomo fino alla Madonnina, a Pisa sulla Torre, e a Roma si spinge anche nei posti proibiti del Colosseo. La quattordicenne Teresa Martin è la figura più attraente del pellegrinaggio francese, giunto in Roma a fine 1887 per il giubileo sacerdotale di Leone XIII. Ma, nell’udienza pontificia a tutto il gruppo, sbigottisce i prelati chiedendo direttamente al Papa di poter entrare in monastero subito, prima dei 18 anni. Cauta è la risposta di Leone XIII; ma dopo quattro mesi Teresa entra nel Carmelo di Lisieux, dove l’hanno preceduta due sue sorelle (e lei non sarà l’ultima). 

I Martin di Alençon: piccola e prospera borghesia del lavoro specializzato. Il padre ha imparato l’orologeria in Svizzera. La madre dirige merlettaie che a domicilio fanno i celebri pizzi di Alençon. Conti in ordine, leggendaria puntualità nei pagamenti come alla Messa, stimatissimi. E compatiti per tanti lutti in famiglia: quattro morti tra i nove figli. Poi muore anche la madre, quando Teresa ha soltanto quattro anni. 

In monastero ha preso il nome di suor Teresa di Gesù Bambino e del Volto Santo, ma non trova l’isola di santità che s’aspettava. Tutto puntuale, tutto in ordine. Ma è scadente la sostanza. La superiora non la capisce, qualcuna la maltratta. Lo spirito che lei cercava, proprio non c’è, ma, invece di piangerne l’assenza, Teresa lo fa nascere dentro di sé. E in sé compie la riforma del monastero. Trasforma in stimoli di santificazione maltrattamenti, mediocrità, storture, restituendo gioia in cambio delle offese. 

E’ una mistica che rifiuta il pio isolamento. La fanno soffrire? E lei è quella che "può farvi morir dal ridere durante la ricreazione", come deve ammettere proprio la superiora grintosa. Dopodiché, nel 1897 lei è già morta, dopo meno di un decennio di vita religiosa oscurissima. Ma è da morta che diviene protagonista, apostola, missionaria. Sua sorella Paolina (suor Agnese nel Carmelo) le ha chiesto di raccontare le sue esperienze spirituali, che escono in volume col titolo Storia di un’anima nel 1898. Così la voce di questa carmelitana morta percorre la Francia e il mondo, colpisce gli intellettuali, suscita anche emozioni e tenerezze popolari che Pio XI corregge raccomandando al vescovo di Bayeux: "Dite e fate dire che si è resa un po’ troppo insipida la spiritualità di Teresa. Com’è maschia e virile, invece! Santa Teresa di Gesù Bambino, di cui tutta la dottrina predica la rinuncia, è un grand’uomo". Ed è lui che la canonizza nel 1925. 

Non solo. Nel 1929, mentre in Urss trionfa Stalin, Pio XI già crea il Collegio Russicum, allo scopo di formare sacerdoti per l’apostolato in Russia, quando le cose cambieranno. Già allora. E come patrona di questa sfida designa appunto lei, suor Teresa di Gesù Bambino.

Autore:
Domenico Agasso




VISITA PASTORALE A PARIGI E LISIEUX

OMELIA DI GIOVANNI PAOLO II

Lisieux, 2 giugno 1980


1. Sono molto felice che mi sia dato di venire a Lisieux in occasione della mia visita nella capitale della Francia. Sono qui in pellegrinaggio con voi tutti cari fratelli e sorelle, che siete venuti da diverse regioni della Francia anche voi presso colei che amiamo tanto, la “piccola Teresa”, la cui via verso la santità è strettamente legata al Carmelo di Lisieux. Se le persone esperte nell’ascetica e nella mistica e coloro che amano i santi, hanno preso l’abitudine di chiamare questa via di suor Teresa del Bambino Gesù “la piccola via” è senz’altro fuor di dubbio che lo Spirito di Dio, che l’ha guidata su questa via, l’ha fatto con quella stessa generosità con cui ha guidato altrimenti la sua patrona la “grande Teresa” d’Avila e con la quale ha guidato - e continua a guidare - tanti altri santi nella sua Chiesa. A lui sia dunque resa gloria eternamente!

La Chiesa gioisce di questa meravigliosa ricchezza di doni spiritual, così splendidi e così vari, come sono tutte le opere di Dio nell’universo visibile e invisibile. Ciascuna di esse riflette allo stesso tempo il mistero interiore dell’uomo e corrisponde ai bisogni del tempo nella storia della Chiesa e dell’umanità. Bisogna dire di santa Teresa di Lisieux che, fino ad un’epoca recente, è stata in effetti la nostra santa “contemporanea”. È così che io la vedo personalmente, nel quadro della mia vita. Ma è ancora la santa “contemporanea”? Non ha cessato di esserlo per la generazione che giunge ora a maturità nella Chiesa? Bisognerebbe domandarlo agli uomini di questa generazione. Che mi sia tuttavia permesso notare che i santi non invecchiano praticamente mai, che essi non cadono mai in “proscrizione”. Essi restano continuamente i testimoni della giovinezza della Chiesa. Essi non diventano mai personaggi del passato, uomini e donne di “ieri”. Al contrario: essi sono sempre gli uomini e le donne di “domani”, gli uomini dell’avvenire evangelico dell’uomo e della Chiesa, i testimoni “del mondo futuro”.

2. “Tutti quelli infatti che sono guidati dallo Spirito di Dio, costoro sono figli di Dio. E voi non avete ricevuto uno spirito da schiavi per ricadere nella paura, ma avete ricevuto uno spirito da figli adottivi per mezzo del quale gridiamo: “Abbà, Padre!”” (Rm 8,14-15).

Sarebbe forse difficile trovare parole più sintetiche e nello stesso tempo più incisive per caratterizzare il carisma particolare di Teresa Martin, vale a dire ciò che costituisce il dono tutto speciale del suo cuore, e che è diventato, mediante il suo cuore, un dono particolare per la Chiesa. Il dono meraviglioso nella sua semplicità, universale e nello stesso tempo unico. Di Teresa di Lisieux, si può dire con convinzione, che lo Spirito di Dio ha permesso al suo cuore di rivelare direttamente, agli uomini del nostro tempo, il mistero fondamentale, la realtà del Vangelo: il fatto di aver ricevuto realmente “uno spirito da figli adottivi che ci fa gridare: Abbà! Padre!” La “piccola via” è la via della “santa infanzia”. In questa via c’è qualche cosa di unico, il genio di santa Teresa di Lisieux. C’è nello stesso tempo la conferma e il rinnovamento della verità più fondamentale e più universale. Quale verità del messaggio evangelico è infatti più fondamentale e più universale di questa: Dio è nostro Padre e noi siamo suoi figli?

Questa verità, la più universale che esista, questa realtà è stata “letta” di nuovo con la fede, la speranza e l’amore di Teresa di Lisieux. Essa è stata in un certo senso riscoperta con l’esperienza interiore del suo cuore e con la forma presa da tutta la sua vita, durata solo ventiquattro anni.

Quand’ella morì qui al Carmelo, vittima della tubercolosi di cui portava già da lungo tempo i bacilli, era quasi una bambina. Ella ha lasciato il ricordo dell’infanzia: della santa infanzia. E tutta la sua spiritualità ha confermato ancora una volta la verità di quelle parole dell’apostolo: “E voi non avete ricevuto uno spirito da schiavi per ricadere nella paura, ma avete ricevuto uno spirito da figli adottivi...”. Sì. Teresa fu figlia. Fu la figlia “confidente” fino all’eroismo e di conseguenza “libera” fino all’eroismo. Ma è proprio perché lo fu fino all’eroismo che ella sola ha conosciuto il sapore interiore ed anche il prezzo interiore di quella fiducia che impedisce di “ricadere nella paura”: di quella fiducia che anche nelle oscurità e nelle sofferenze più profonde dell’anima, permette di gridare: “Abbà! Padre!”.

Sì, ella ha conosciuto questo sapore e questo prezzo. Per chi legge attentamente la sua “Storia di un’anima”, è evidente che questo sapore della confidenza filiale, proviene, come il profumo delle rose dal fiore che porta anche spine. Infatti se “siamo figli, siamo anche eredi; eredi di Dio e coeredi di Cristo, dal momento che soffriamo con Lui per essere con Lui glorificati” (Rm 8,17). È precisamente per questo che la fiducia filiale della piccola Teresa, santa Teresa del Bambin Gesù ma anche “del Volto Santo”, e così “eroica” perché essa proviene dalla fervida comunione con le sofferenze di Cristo.

E quando vedo davanti a me tanti malati e infermi penso che anch’essi come Teresa di Lisieux sono associati alla passione di Cristo e che, grazie alla loro fede nell’amore di Dio, grazie al loro proprio amore, la loro offerta spirituale ottiene misteriosamente per la Chiesa, per tutte le altre membra del corpo mistico di Cristo, un accrescimento di vigore. Che essi non dimentichino mai questa bella frase di santa Teresa: “Nel cuore della Chiesa mia Madre, io sarò l’amore”. Prego Dio di dare a ciascuno di questi amici sofferenti che amo con un affetto tutto speciale, il conforto e la speranza.

3. Aver confidenza con Dio come Teresa di Lisieux significa seguire la “piccola via” dove ci guida lo Spirito di Dio: egli guida sempre verso la grandezza di cui partecipano i figli e le figlie di adozione divina. Ancora fanciullo, fanciullo di dodici anni, il Figlio di Dio ha dichiarato che la sua vocazione era di occuparsi delle cose di suo Padre (cf. Lc 2,49). Essere fanciulli, diventare come fanciulli, significa entrare nel centro stesso della più grande missione alla quale l’uomo è stato chiamato da Cristo, una missione che attraversa il cuore stesso dell’uomo. Teresa lo sapeva perfettamente.

Questa missione trae la sua origine dall’amore eterno del Padre. Il Figlio di Dio come uomo, in una maniera visibile e “storica” e lo Spirito Santo in modo invisibile e “carismatico” la compiono nella storia dell’umanità.

Quando, al momento di lasciare il mondo, Cristo dice agli apostoli: “Andate nel mondo intero, insegnate il Vangelo a tutte le creature” (Mc 16,15) egli li inserisce, con la forza del suo mistero pasquale, nella grande corrente della missione eterna. A partire dal momento in cui li ha lasciati per andare al Padre, egli comincia a venire “di nuovo nella potenza dello Spirito Santo” che il Padre invia in suo nome. Più profondamente che tutte le verità sulla Chiesa, questa verità è stata messa in rilievo nella coscienza della nostra generazione dal Concilio Vaticano II. Grazie ad esso, noi tutti abbiamo molto meglio compreso che la Chiesa è costantemente “in stato di missione” vale a dire che tutta la Chiesa è missionaria. E abbiamo ugualmente meglio compreso questo mistero particolare del cuore della piccola Teresa di Lisieux, la quale, attraverso la sua “piccola via” è stata chiamata a partecipare così pienamente e così fruttuosamente alla missione più elevata. È proprio questo “essere piccola” che ella amava tanto, la piccolezza del bambino che le ha ampiamente aperto la grandezza della missione divina di salvezza che è la missione incessante della Chiesa.

Qui, nel suo Carmelo, nella clausura del convento di Lisieux, Teresa si è sentita specialmente unita a tutte le missioni e ai missionari della Chiesa nel mondo intero. Ella stessa si è sentita missionaria, presente, per la forza e la grazia particolari dello Spirito d’amore, in tutti i luoghi di missione, vicina a tutti i missionari, uomini e donne, nel mondo. Ella è stata proclamata dalla Chiesa la patrona delle missioni, come san Francesco Saverio, che viaggiò incessantemente in estremo oriente: sì, ella, la piccola Teresa di Lisieux, chiusa nella clausura carmelitana, apparentemente distaccata dal mondo.

Sono felice di essere venuto qui poco tempo dopo la mia visita nel continente africano, e, di fronte a questa ammirabile “missionaria” offrire al Padre della verità e dell’amore eterno tutto ciò che, nella potenza del Figlio e dello Spirito Santo, è già divenuto frutto del lavoro missionario della Chiesa fra gli uomini e i popoli del continente nero. Vorrei nello stesso tempo, se mi posso così esprimere, farmi prestare da Teresa di Lisieux lo sguardo perspicace della sua fede, la sua semplicità e la sua fiducia, in una parola la “piccolezza” giovanile del suo cuore, per proclamare davanti a tutta la Chiesa come la messe è abbondante e per domandare, come lei, al padrone della messe d’inviare, con una generosità più grande ancora, operai nella sua messe (cf. Mt 9,37-38).

Che egli li invii malgrado tutti gli ostacoli e tutte le difficoltà che egli incontra nel cuore dell’uomo, nella storia dell’uomo.

In Africa ho spesso pensato: quale fede, quale energia spirituale avevano i missionari del secolo scorso o della prima metà di questo secolo, e tutti quegli istituti missionari che sono stati fondati, per partire senza esitare verso paesi allora sconosciuti, con il solo scopo di far conoscere il Vangelo, di far nascere la Chiesa! Essi vi scorgevano, con ragione, un’opera indispensabile alla salvezza. Senza la loro audacia, senza la loro santità, le Chiese locali di cui abbiamo celebrato il centenario e che sono ormai guidate per lo più da Vescovi africani, non sarebbero mai esistite. Cari fratelli e sorelle, non perdiamo questo slancio!

Ma so che non lo volete perdere. Saluto fra voi gli anziani Vescovi missionari testimoni dello zelo di cui ho parlato. La Francia ha ancora molti missionari nel mondo, sacerdoti, religiosi, religiose e laici e certi istituti si sono aperti alla vita missionaria. Vedo qui i membri del capitolo delle Missioni Estere di Parigi e ricordo il beato Teofano Venard, il cui martirio in estremo oriente fu una luce e un richiamo per Teresa. Penso anche a tutti i sacerdoti francesi che consacrano almeno qualche anno al servizio delle giovani Chiese, nel quadro della “Fidei Donum”. Oggi si comprende meglio la necessità di uno scambio fraterno fra le giovani e le vecchie Chiese a reciproco beneficio. So per esempio che le pontificie opere missionarie in collegamento con la commissione episcopale per le Missioni Estere non mirano solo a promuovere le offerte materiali, ma a formare lo spirito missionario dei cristiani di Francia e me ne rallegro. Questo slancio missionario non può sorgere e portare frutti se non partendo da una più grande vitalità spirituale, dall’irradiazione della santità.

4. “Il bello esiste perché ci affascini per il lavoro” ha scritto Cyprian Norwid, uno dei più grandi poeti e pensatori che ci ha dato la terra polacca e che ha accolto - e custodisce nel cimitero di Montmorency - la terra francese...

Ringraziamo il Padre, il Figlio e lo Spirito Santo per i santi. Ringraziamo per santa Teresa di Lisieux. Ringraziamo per la bellezza profonda, semplice e pura, che si è manifestata in lei alla Chiesa e al mondo. Questa bellezza incanta. E Teresa di Lisieux ha un dono particolare per affascinare con la bellezza della sua anima. Anche se sappiamo che tutta questa bellezza fu difficile e che è cresciuta nella sofferenza, non cessa di rallegrare col suo fascino particolare gli occhi delle nostre anime.

Ella affascina dunque, questa bellezza, questo fiore di santità che è cresciuto su questo suolo e il suo fascino non cessa di stimolare i nostri cuori a lavorare: “Il bello esiste perché ci affascini per il lavoro”. Per il lavoro più importante nel quale l’uomo apprende a fondo il mistero della sua umanità. Egli scopre in se stesso che cosa significa aver ricevuto “uno spirito di figlio adottivo”, radicalmente diverso da “uno spirito di schiavo”, ed egli comincia a gridare con tutto il suo essere: “Abbà! Padre!” (cf. Rm 8,15).

Con i frutti di questo magnifico lavoro interiore si costruisce la Chiesa, il regno di Dio sulla terra nella sua sostanza più profonda e più fondamentale. E il grido di “Abbà! Padre!” che risuona largamente in tutti i continenti del nostro pianeta, ritorna così con la sua eco nella clausura carmelitana silenziosa a Lisieux, vivificando sempre di nuovo il ricordo della piccola Teresa, la quale, con la sua vita breve e nascosta ma così ricca, ha pronunciato con una forza particolare “Abbà! Padre!”.Grazie a lei, la Chiesa intera ha ritrovato tutta la semplicità e tutta la freschezza di questo grido, che ha la sua origine e la sua sorgente nel cuore di Cristo stesso.

© Copyright 1980 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/content/john-paul-ii/it/homilies/1980/documents/hf_jp-ii_hom_19800602_lisieux-francia.html



Sainte Thérèse of Lisieux, Thoongampara, Thiruvananthapuram, India


BENEDETTO XVI

UDIENZA GENERALE

Piazza San Pietro
Mercoledì, 6 aprile 2011

 

Santa Teresa di Lisieux

Cari fratelli e sorelle,

oggi vorrei parlarvi di santa Teresa di Lisieux, Teresa di Gesù Bambino e del Volto Santo, che visse in questo mondo solo 24 anni, alla fine del XIX secolo, conducendo una vita molto semplice e nascosta, ma che, dopo la morte e la pubblicazione dei suoi scritti, è diventata una delle sante più conosciute e amate. La "piccola Teresa" non ha mai smesso di aiutare le anime più semplici, i piccoli, i poveri e i sofferenti che la pregano, ma ha anche illuminato tutta la Chiesa con la sua profonda dottrina spirituale, a tal punto che il Venerabile Papa Giovanni Paolo IInel 1997, ha voluto darle il titolo di Dottore della Chiesa, in aggiunta a quello di Patrona delle Missioni, già attribuitole da Pio XI nel 1927. Il mio amato Predecessore la definì "esperta della scientia amoris" (Novo Millennio ineunte27). Questa scienza, che vede risplendere nell'amore tutta la verità della fede, Teresa la esprime principalmente nel racconto della sua vita, pubblicato un anno dopo la sua morte sotto il titolo di Storia di un'anima. E’ un libro che ebbe subito un enorme successo, fu tradotto in molte lingue e diffuso in tutto il mondo. Vorrei invitarvi a riscoprire questo piccolo-grande tesoro, questo luminoso commento del Vangelo pienamente vissuto! La Storia di un'anima, infatti, è una meravigliosa storia d'Amore, raccontata con una tale autenticità, semplicità e freschezza che il lettore non può non rimanerne affascinato! Ma qual è questo Amore che ha riempito tutta la vita di Teresa, dall’infanzia fino alla morte? Cari amici, questo Amore ha un Volto, ha un Nome, è Gesù! La Santa parla continuamente di Gesù. Vogliamo ripercorrere, allora, le grandi tappe della sua vita, per entrare nel cuore della sua dottrina.

Teresa nasce il 2 gennaio 1873 ad Alençon, una città della Normandia, in Francia. E' l'ultima figlia di Luigi e Zelia Martin, sposi e genitori esemplari, beatificati insieme il 19 ottobre 2008. Ebbero nove figli; di essi quattro morirono in tenera età. Rimasero le cinque figlie, che diventarono tutte religiose. Teresa, a 4 anni, rimase profondamente ferita dalla morte della madre (Ms A, 13r). Il padre con le figlie si trasferì allora nella città di Lisieux, dove si svolgerà tutta la vita della Santa.  Più tardi Teresa, colpita da una grave malattia nervosa, guarì per una grazia divina, che lei stessa definisce il "sorriso della Madonna" (ibid., 29v-30v). Ricevette poi la Prima Comunione, intensamente vissuta (ibid., 35r), e mise Gesù Eucaristia al centro della sua esistenza.

La "Grazia di Natale" del 1886 segna la grande svolta, da lei chiamata la sua "completa conversione" (ibid., 44v-45r). Guarisce, infatti, totalmente dalla sua ipersensibilità infantile e inizia una "corsa da gigante". All'età di 14 anni, Teresa si avvicina sempre più, con grande fede, a Gesù Crocifisso, e si prende a cuore il caso, apparentemente disperato, di un criminale condannato a morte e impenitente (ibid., 45v-46v). "Volli ad ogni costo impedirgli di cadere nell'inferno", scrive la Santa, con la certezza che la sua preghiera lo avrebbe messo a contatto con il Sangue redentore di Gesù. E' la sua prima e fondamentale esperienza di maternità spirituale: "Tanta fiducia avevo nella Misericordia Infinita di Gesù", scrive. Con Maria Santissima, la giovane Teresa ama, crede e spera con "un cuore di madre" (cfr PR 6/10r).

Nel novembre del 1887, Teresa si reca in pellegrinaggio a Roma insieme al padre e alla sorella Celina (ibid., 55v-67r). Per lei, il momento culminante è l'Udienza del Papa Leone XIII, al quale domanda il permesso di entrare, appena quindicenne, nel Carmelo di Lisieux. Un anno dopo, il suo desiderio si realizza: si fa Carmelitana, "per salvare le anime e pregare per i sacerdoti" (ibid., 69v). Contemporaneamente, inizia anche la dolorosa ed umiliante malattia mentale di suo padre. E’ una grande sofferenza che conduce Teresa alla contemplazione del Volto di Gesù nella sua Passione (ibid., 71rv). Così, il suo nome da Religiosa - suor Teresa di Gesù Bambino e del Volto Santo - esprime il programma di tutta la sua vita, nella comunione ai Misteri centrali dell'Incarnazione e della Redenzione. La sua professione religiosa, nella festa della Natività di Maria, l’8 settembre 1890, è per lei un vero matrimonio spirituale nella “piccolezza” evangelica, caratterizzata dal simbolo del fiore: "Che bella festa la Natività di Maria per diventare la sposa di Gesù! - scrive - Era la piccola Vergine Santa di un giorno che presentava il suo piccolo fiore al piccolo Gesù" (ibid., 77r). Per Teresa essere religiosa significa essere sposa di Gesù e madre delle anime (cfr Ms B, 2v). Lo stesso giorno, la Santa scrive una preghiera che indica tutto l'orientamento della sua vita: chiede a Gesù il dono del suo Amore infinito, di essere la più piccola, e sopratutto chiede la salvezza di tutti gli uomini: "Che nessuna anima sia dannata oggi" (Pr 2). Di grande importanza è la sua Offerta all'Amore Misericordioso, fatta nella festa della Santissima Trinità del 1895 (Ms A, 83v-84r; Pr 6): un'offerta che Teresa condivide subito con le sue consorelle, essendo già vice maestra delle novizie.

Dieci anni dopo la "Grazia di Natale", nel 1896, viene la "Grazia di Pasqua", che apre l'ultimo periodo della vita di Teresa, con l'inizio della sua passione in unione profonda alla Passione di Gesù; si tratta della passione del corpo, con la malattia che la condurrà alla morte attraverso grandi sofferenze, ma soprattutto si tratta della passione dell'anima, con una dolorosissima prova della fede (Ms C, 4v-7v). Con Maria accanto alla Croce di Gesù, Teresa vive allora la fede più eroica, come luce nelle tenebre che le invadono l’anima. La Carmelitana ha coscienza di vivere questa grande prova per la salvezza di tutti gli atei del mondo moderno, chiamati da lei "fratelli". Vive allora ancora più intensamente l'amore fraterno (8r-33v): verso le sorelle della sua comunità, verso i suoi due fratelli spirituali missionari, verso i sacerdoti e tutti gli uomini, specialmente i più lontani. Diventa veramente una "sorella universale"! La sua carità amabile e sorridente è l'espressione della gioia profonda di cui ci rivela il segreto: "Gesù, la mia gioia è amare Te" (P 45/7). In questo contesto di sofferenza, vivendo il più grande amore nelle più piccole cose della vita quotidiana, la Santa porta a compimento la sua vocazione di essere l’Amore nel cuore della Chiesa (cfr Ms B, 3v).

Teresa muore la sera del 30 settembre 1897, pronunciando le semplici parole "Mio Dio, vi amo!", guardando il Crocifisso che stringeva nelle sue mani. Queste ultime parole della Santa sono la chiave di tutta la sua dottrina, della sua interpretazione del Vangelo. L'atto d'amore, espresso nel suo ultimo soffio, era come il continuo respiro della sua anima, come il battito del suo cuore. Le semplici parole “Gesù Ti amo” sono al centro di tutti i suoi scritti. L'atto d'amore a Gesù la immerge nella Santissima Trinità. Ella scrive: "Ah tu lo sai, Divin Gesù Ti amo, / Lo Spirito d'Amore m'infiamma col suo fuoco, / E' amando Te che io attiro il Padre" (P 17/2).

Cari amici, anche noi con santa Teresa di Gesù Bambino dovremmo poter ripetere ogni giorno al Signore che vogliamo vivere di amore a Lui e agli altri, imparare alla scuola dei santi ad amare in modo autentico e totale. Teresa è uno dei “piccoli” del Vangelo che si lasciano condurre da Dio nelle profondità del suo Mistero. Una guida per tutti, soprattutto per coloro che, nel Popolo di Dio, svolgono il ministero di teologi. Con l'umiltà e la carità, la fede e la speranza, Teresa entra continuamente nel cuore della Sacra Scrittura che racchiude il Mistero di Cristo. E tale lettura della Bibbia, nutrita dalla scienza dell’amore, non si oppone alla scienza accademica. La scienza dei santi, infatti, di cui lei stessa parla nell'ultima pagina della Storia di un'anima, è la scienza più alta"Tutti i santi l'hanno capito e in modo più particolare forse quelli che riempirono l'universo con l'irradiazione della dottrina evangelica. Non è forse dall'orazione che i Santi Paolo, Agostino, Giovanni della Croce, Tommaso d'Aquino, Francesco, Domenico e tanti altri illustri Amici di Dio hanno attinto questa scienza divina che affascina i geni più grandi?" (Ms C, 36r). Inseparabile dal Vangelo, l'Eucaristia è per Teresa il Sacramento dell'Amore Divino che si abbassa all'estremo per innalzarci fino a Lui. Nella sua ultima Lettera, su un'immagine che rappresenta Gesù Bambino nell'Ostia consacrata, la Santa scrive queste semplici parole: "Non posso temere un Dio che per me si è fatto così piccolo! (...) Io Lo amo! Infatti, Egli non è che Amore e Misericordia!" (LT 266).

Nel Vangelo, Teresa scopre soprattutto la Misericordia di Gesù, al punto da affermare: "A me Egli ha dato la sua Misericordia infinita, attraverso essa contemplo e adoro le altre perfezioni divine! (...) Allora tutte mi paiono raggianti d'amore, la Giustizia stessa (e forse ancor più di qualsiasi altra) mi sembra rivestita d'amore" (Ms A, 84r). Così si esprime anche nelle ultime righe della Storia di un'anima: "Appena do un'occhiata al Santo Vangelo, subito respiro i profumi della vita di Gesù e so da che parte correre... Non è al primo posto, ma all'ultimo che mi slancio… Sì lo sento, anche se avessi sulla coscienza tutti i peccati che si possono commettere, andrei, con il cuore spezzato dal pentimento, a gettarmi tra le braccia di Gesù, perché so quanto ami il figliol prodigo che ritorna a Lui" (Ms C, 36v-37r). "Fiducia e Amore" sono dunque il punto finale del racconto della sua vita, due parole che come fari hanno illuminato tutto il suo cammino di santità, per poter guidare gli altri sulla stessa sua "piccola via di fiducia e di amore", dell’infanzia spirituale (cf Ms C, 2v-3r; LT 226). Fiducia come quella del bambino che si abbandona nelle mani di Dio, inseparabile dall'impegno forte, radicale del vero amore, che è dono totale di sé, per sempre, come dice la Santa contemplando Maria: "Amare è dare tutto, e dare se stesso" (Perché ti amo, o Maria, P 54/22). Così Teresa indica a tutti noi che la vita cristiana consiste nel vivere pienamente la grazia del Battesimo nel dono totale di sé all'Amore del Padre, per vivere come Cristo, nel fuoco dello Spirito Santo, il Suo stesso amore per tutti gli altri. Grazie.


Saluti:

Je salue cordialement les pèlerins de langue française, particulièrement les Frères du Sacré-Cœur, ainsi que les lycéens et les collégiens! N’ayez pas peur d’imiter sainte Thérèse de l’Enfant Jésus! La vie chrétienne consiste vraiment à vivre pleinement la grâce du baptême dans le don total de soi à l’amour du Père, pour manifester comme le Christ, dans le feu de l’Esprit Saint, son amour pour les autres. Ma prière vous accompagne!

I offer a warm greeting to the members of the Conference on Parkinson’s Disease sponsored by the Pontifical Academy of Sciences. I also greet the group from the NATO Defense College, with prayerful good wishes for their important work in the service of peace. I also welcome the priests of the Institute for Continuing Theological Education of the North American College. To the choirs I express my gratitude for their praise of God in song. Upon all the English-speaking pilgrims present at today’s Audience, especially those from the Channel Islands, England, Scotland, Denmark, Finland, Norway, Sweden, South Korea and the United States, I cordially invoke the Lord’s blessings of joy and peace.

Von Herzen grüße ich alle Pilger und Besucher deutscher Sprache. Die heilige Therese von Lisieux lädt uns ein, den »kleinen Weg« zu gehen. Sie sagt: Auf dem Marathon des Glaubens will ich die allerletzte sein, aber es reicht mir anzukommen. Und wenn ich die größte Sünderin wäre, würde ich mich voll Vertrauen in die Hände Gottes stürzen. Sie lädt uns ein, den »kleinen Weg« zu gehen, den einfachen Weg des Vertrauens, darauf zu vertrauen, daß Christus in uns wirkt und wir mit unserer Liebe zu den Menschen darauf antworten. So können wir dem Wirken Gottes in der Welt Raum geben. Der Herr begleite euch auf allen euren Wegen.

Saludo cordialmente a los peregrinos de lengua española, en particular a los de las diócesis de Alcalá de Henares y Plasencia, al grupo de Religiosas Siervas de María, que celebran el cincuenta aniversario de su consagración religiosa, así como a los demás fieles provenientes de España, Argentina, México y otros países latinoamericanos. A ejemplo de santa Teresita del Niño Jesús, invito a todos a descubrir en la lectura orante de la Biblia, en participación fructuosa en la Eucaristía y en la contemplación del Crucificado la ciencia del amor misericordioso que impregna el misterio de Cristo. Muchas gracias.

Queridos peregrinos lusófonos, a todos saúdo e dou as boas-vindas, particularmente, aos portugueses vindos de Espinho e aos brasileiros de Divinópolis. Possa essa peregrinação reforçar o vosso zelo apostólico para fazerdes crescer o amor a Jesus Cristo na própria casa e na sociedade! Que Deus vos abençoe!

Saluto in lingua polacca:

Serdecznie pozdrawiam obecnych tu Polaków. Święta Teresa od Dzieciątka Jezus przypomniała wszystkim, że istotnym świadectwem wiary jest życie pełnią łaski sakramentu Chrztu Świętego i pokorne oddanie siebie Chrystusowi, który jest Miłością. Uczmy się od niej całkowitego zawierzenia Chrystusowi, by jak On, w mocy Ducha Świętego pełnić czyny miłości wobec bliźnich. Niech będzie pochwalony Jezus Chrystus.

Traduzione italiana:

Saluto cordialmente i polacchi qui presenti. Santa Teresa di Gesù Bambino ha ricordato a tutti che l’essenziale testimonianza della fede è il vivere la pienezza della grazia del Sacramento del Battesimo e l’umile dono di sé a Cristo che è Amore. Impariamo da lei il totale abbandono a Cristo, affinché come Lui, con la forza dello Spirito Santo, possiamo compiere opere di carità verso il prossimo. Sia lodato Gesù Cristo.

Saluto in lingua croata:

Upućujem srdačan pozdrav hrvatskim hodočasnicima, a na poseban način policajcima i djelatnicima hrvatskog Ministarstva unutarnjih poslova.

U svojoj časnoj dužnosti služenja drugima, slijedite Isusa koji nas je ljubio do kraja i dao svoj život da bismo mi živjeli. Zahvalite mu svjedočeći svakodnevno svoju vjeru. Hvaljen Isus i Marija!

Traduzione italiana:

Rivolgo un cordiale saluto aipellegriniCroati, particolarmente ai poliziotti e dipendenti del Ministero dell’interno Croato. Nel vostro nobile compito di servizio agli altri, seguite Gesù che ci ha amato sino alla fine e ha dato la sua vita affinché noi vivessimo. RingraziateLo testimoniando quotidianamente la vostra fede. Siano lodati Gesù e Maria!

Saluto in lingua lituana:

Nuoširdžiai sveikinu piligrimus lietuvius. Brangūs bičiuliai, Gavėnia mus ragina atpažinti Jėzų Kristų kaip mūsų viltį. Kviečiu Jus visur būti ištikimais išganymo Gerosios Naujienos liudytojais. Nuoširdžiai laiminu Jus ir Jūsų šeimas. Garbė Jėzui Kristui!

Traduzione italiana:

Saluto con affetto i pellegrini lituani. Cari amici, la Quaresima ci esorta a riconoscere Gesù Cristo come nostra speranza. Vi invito ad essere dappertutto testimoni fedeli della Buona Novella della salvezza. Di cuore benedico voi e le vostre famiglie. Sia lodato Gesù Cristo!

Saluto in lingua ungherese:

Nagy szeretettel köszöntöm a magyar híveket, különösképpen azokat, akik Debrecenből és Murakeresztúrról érkeztek.


A nagyböjt legyen számotokra a személyes megtérés és lelki megújulás ideje, hogy örömteli szívvel tudjátok követni Krisztust szavaitokban és tetteitekben.
Szívesen adom apostoli áldásomat Kedves Mindannyiotokra.
Dicsértessék a Jézus Krisztus!

Traduzione italiana:

Un saluto cordiale ai pellegrini di lingua ungherese, specialmente ai gruppi che sono arrivati da Debrecen e da Murakeresztúr. Il tempo quaresimale vi conduca alla conversione personale e al rinnovo spirituale affinché possiate seguire con gioia Cristo con le parole e le opere di carità. Volentieri vi imparto la Benedizione Apostolica.
Sia lodato Gesù Cristo!


APPELLO

Continuo a seguire con grande apprensione le drammatiche vicende che le care popolazioni della Costa d’Avorio e della Libia stanno vivendo in questi giorni. Mi auguro, inoltre, che il Cardinale Turkson, che avevo incaricato di recarsi in Costa d’Avorio per manifestare la mia solidarietà possa presto entrare nel Paese. Prego per le vittime e sono vicino a tutti coloro che stanno soffrendo. La violenza e l’odio sono sempre una sconfitta! Per questo rivolgo un nuovo e accorato appello a tutte le parti in causa, affinché si avvii l’opera di pacificazione e di dialogo e si evitino ulteriori spargimenti di sangue.

* * *

Rivolgo un cordiale benvenuto ai pellegrini di lingua italiana. In particolare, saluto il folto gruppo di fedeli legati con speciale devozione al Santuario della Santissima Trinità in Vallepietra. Carissimi, nel ringraziarvi per la vostra presenza, vi esorto a tenere viva la tradizione del pellegrinaggio a tale Santuario, tanto radicata nella vostra terra. Saluto, inoltre, gli studenti ebrei e palestinesi e li incoraggio ad impegnarsi sempre per testimoniare la fraternità e la pace.

Infine il mio saluto va ai giovani, ai malati e agli sposi novelli. Cari giovani, incontrarvi è sempre per me motivo di consolazione e di speranza, perché la vostra età è la primavera della vita. Sappiate rispondere all'amore che Dio ha per voi. Cari ammalati, lasciatevi illuminare dalla Croce del Signore per essere forti nella prova. E voi, cari sposi novelli, siate grati a Dio per il dono della famiglia: contando sempre sul suo aiuto, fate della vostra esistenza una missione di amore fedele e generoso.

 

© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/content/benedict-xvi/it/audiences/2011/documents/hf_ben-xvi_aud_20110406.html

The Maid of Lisieux, by Father Albert Power, S.J.

https://catholicsaints.info/the-maid-of-lisieux-by-father-albert-power-s-j/


Joy in Suffering, by Archbishop Adolph Alexander Noser

https://catholicsaints.info/joy-in-suffering-by-archbishop-adolph-alexander-noser/