jeudi 26 juillet 2012

Sainte ANNE, Mère de la Très Sainte VIERGE MARIE


Sainte Anne


Mère de la très Sainte Vierge Marie

Sainte Anne appartenait à ce peuple choisi qui, dans les desseins de Dieu, devait donner naissance au Sauveur des hommes; elle était de la tribu de Juda et de la race de David. Ses parents, recommandables par leur origine, devinrent surtout illustres entre tous leurs concitoyens par l'éclat d'une vie pleine de bonnes oeuvres et de vertus.

Dieu, qui avait prédestiné cette enfant à devenir l'aïeule du Sauveur, la combla des grâces les plus admirables. Après Marie, aucune femme plus que sainte Anne ne fut bénie et privilégiée entre toutes les autres. Mais si elle reçut tant de grâces, comme elle sut y répondre par la sainteté de sa vie!

Toute jeune enfant, elle était douce, humble, modeste, obéissante et ornée des naïves vertus de son âge. Plus tard, comme elle sut bien garder intact le lis de sa virginité! Comme elle dépassait toutes les filles, ses compagnes, par sa piété, par la réserve de sa tenue, son recueillement et la sainteté de toute sa conduite! Puis, quand il plut à Dieu d'unir son sort à celui de Joachim, combien Anne fut une épouse prévenante, respectueuse, laborieuse, charitable et scrupuleusement fidèle à tous les devoirs de son état, vaquant à propos au travail et à la prière.

Dieu lui refusa longtemps de devenir mère; elle se soumit humblement à cette épreuve et l'utilisa pour sa sanctification. Mais à l'épreuve succéda une grande joie, car de Joachim et d'Anne, déjà vieux, naquit miraculeusement Celle qui devait être la Mère du Sauveur et la Corédemptrice du genre humain. C'est sans doute un grand honneur pour sainte Anne, que d'avoir donné naissance à la Mère de Dieu; mais il lui revient beaucoup plus de gloire d'avoir formé le coeur de Marie à la vertu et à l'innocence! L'église célébrera dans tous les âges la piété maternelle de sainte Anne, et la gloire de sa Fille rejaillira sur elle de génération en génération.

Le culte de sainte Anne a subi diverses alternatives. Son corps fut transporté dans les Gaules, au premier siècle de l'ère chrétienne, et enfoui dans un souterrain de l'église d'Apt, en Provence, à l'époque des persécutions. A la fin du VIIIe siècle, il fut miraculeusement découvert et devint l'objet d'un pèlerinage. Mais c'est surtout au XVIIe siècle que le culte de sainte Anne acquit la popularité dont il jouit. De tous les sanctuaires de sainte Anne, le plus célèbre est celui d'Auray, en Bretagne; son origine est due à la miraculeuse découverte d'une vieille statue de la grande Sainte, accompagnée des circonstances les plus extraordinaires et suivies de prodiges sans nombre. Sainte-Anne d'Auray est encore aujourd'hui l'objet d'un pèlerinage national.

Abbé L. Jaud,Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/anne.html


PRIÈRES À LA BONNE SAINTE ANNE

1 ère prière (Pour obtenir une faveur spéciale.)


Souvenez-vous, ô Bonne Sainte Anne,

vous dont le nom signifie

grâce et miséricorde,

qu'on n'a jamais entendu dire

qu'aucun de ceux qui ont eu recours

à votre protection,

imploré votre assistance

ou réclamé votre secours,

ait été abandonné.

Animé d'une pareille confiance,

ô bonne et tendre Mère,

j'ai recours à vous;

je me réfugie à vos pieds,

tout pécheur que je suis,

et j'ose paraître devant vous,

gémissant sous le poids de mes péchés.

Ne méprisez pas mes prières,

ô Bonne Sainte Anne,

Mère de l'Immaculée Vierge Marie,

particulièrement celles

que je vous fais pour obtenir...

(Faites votre demande ici...)

mais écoutez-les,

favorablement et daignez les exaucer.

Ainsi soit-il.

Dire 9 fois: Je vous salue, Marie...

Dire 3 fois: Bonne Sainte Anne, priez pour nous.

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2 ème prière

O bienheureuse sainte Anne,

me voici prosterné devant vous,

le coeur plein de la plus sincère vénération.

Vous êtes cette créature privilégiée

et particulièrement chérie,

qui, par vos vertus extraordinaires

et votre sainteté,

avez mérité de Dieu l'insigne faveur

de donner le jour à la Trésorière

de toutes les grâces,

à la Femme bénie entre toutes les femmes,

à la Mère du Verbe incarné,

la très sainte Vierge Marie.

En considération de si sublimes privilèges,

daignez, je vous en prie,

ô très douce sainte,

me recevoir au nombre

de vos véritables serviteurs,

auxquels j'appartiens

et veux appartenir tous les jours de ma vie.

Entourez-moi de votre efficace protection,

et obtenez-moi de Dieu,

l'imitation des vertus dont

vous avez été si libéralement ornée.

Obtenez-moi la grâce de connaître mes péchés

et d'en concevoir une sincère douleur,

d'aimer ardemment Jésus et Marie,

et de remplir avec fidélité

et persévérance mes devoirs d'état.

Délivrez-moi de tous les dangers de la vie,

et assistez-moi à l'heure de ma mort,

afin que je sois sauvé,

et qu'arrivé au ciel je puisse avec vous,

ô très heureuse Mère,

louer et bénir le Verbe divin

qui s'est fait homme

dans le sein de votre Fille très pure,

la Vierge Marie.

Ainsi soit-il.

(300 jours d'indulgences une fois le jour.)


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3 ème prière (Pour l'année mariale 1988)


Bénie sois-tu, sainte Anne,

pour être la mère de Marie!

Bénie sois-tu

d'être la grand-mère de Jésus!

En cette année mariale, avec toi,

nous voulons louer Marie;

Avec toi, nous voulons la prier.

Que Marie soit bénie

pour être la comblée de grâce!

Que Marie soit bénie

pour être la Mère du Rédempteur!

Que Marie nous apprenne à grandir sans la foi.

Que son "oui", son "Fiat", soit notre modèle

pour répondre à l'amour de Dieu.

Que sa façon de garder toutes les choses

de Dieu dans son coeur soit notre façon.

Que tous les pèlerins découvrent Celle

qui est "le commencement de l'Église".

Avec toi, ô bonne sainte Anne, nous confions

à Marie, notre ère, l'Église entière,

l'avenir de notre monde, les malades

et les souffrants de toutes sortes.

Nous disons, avec foi, prie pour nous,

pauvres pécheurs et quête d'espérance.

SOURCE : http://www.catholicdoors.com/prayers/french/fran065.htm



Sainte Anne

Latin : Anna ;

Allemand : Ann ;

Anglais : Ann, Anna, Nancy ;

Espagnol : Ana ;

Italien : Anna.

Mère de Marie. Fête le 26 juillet en Occident, le 25 juillet en Orient.

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Anne et Joachim, parents de Marie

La mère de la Vierge Marie était de la tribu de Juda et de la lignée royale de David. Anne et Joachim, son époux, lui aussi de la tribu de Juda, étaient riches et possédaient de grands troupeaux. Ils menaient une vie sainte, mais malgré leurs prières ferventes, n'avaient malheureusement pas d'enfant. C'était pour les Juifs la pire des malédictions et elle valut à Joachin de voir refusée l'offrande qu'il portait au temple. Enfin, après bien des prières et des humiliations, ils sont exaucés : Marie, mère de Dieu est conçue et sa conception est immaculée.

Tradition

Aucun texte du Nouveau testament ne mentionne le nom d'Anne. Elle apparaît pour la première fois dans le Protévangile de Jacques, évangile apocryphe du IIe siècle de notre ère. Les circonstances de sa maternité tardive sont empruntées à l'Ancien Testament et à l'histoire d'Anne, mère de Samuel (1 S 2, 11). Une scène de sa vie légendaire est la rencontre miraculeuse d'Anne et de son futur mari Joachim à la Porte dorée, à Jérusalem.

Sainte Anne est honorée en Orient dès le Ve siècle où l'empereur Justinien élève une basilique en son honneur. En Occident, la dévotion à sainte Anne semble avoir pris son essor à l'époque des croisades. Son culte est reconnu par Urbain VI en 1382. Sa fête sera successivement supprimée par saint Pie V, puis rétablie par Grégoire XIII, déclarée fête chômée par Grégoire XV, puis réduite au rite de 2e classe par Léon XIII. Enfin, c'est Paul VI qui fusionne la fête de sainte Anne avec les deux fêtes que possédait jusque-là saint Joachim le 20 mars et le 16 août.

Apt et Auray

On vénère dans l'ancienne cathédrale d'Apt une partie du corps de sainte Anne. D'après la tradition, le corps de sainte Anne aurait été apporté d'Orient à Marseille ou en Arles à l'époque gallo-romaine, confié à un évêque d'Apt par une religieuse, caché au temps des invasions et retrouvé sous le règne de Charlemagne. Une grande partie des reliques de sainte Anne maintenant dispersées proviennent d'Apt.

Mais nulle part au monde sainte Anne n'est honorée comme en Bretagne où, de 1623 à 1625, elle apparaît à Yves Nicolazic de Keranna, près d'Auray.

Représentations

Anne, dans un jardin, envie la fécondité d'un couple de passereaux dans le feuillage d'un laurier. Un ange lui annonce qu'elle enfantera une fille, Marie.

Joachim arrive à cheval à la Porte dorée (linteau de la porte Sainte-Anne, Notre-Dame de Paris, XIIIe siècle). Au XIVe siècle, Giotto peint le baiser des époux (La Rencontre à la Porte d'or, 1304-1306, chapelle de l'Arena à Padoue).

À partir de la fin du XIVe siècle, le thème de la rencontre des époux et de leur baiser est remplacé par le nouveau symbole de l'Immaculée Conception, évoquée par la Vierge des litanies descendant du ciel.

Anne est souvent représentée avec Marie enfant dans ses bras, ou l'instruisant dans l'art de lire ou de coudre (école de Caravage, début XVIIe siècle, Rome, galerie Spada). Ainsi est-elle la patronne de l'éducation chrétienne et des libraires.

Anne figure enfin dans différentes scènes de la vie de Marie. Léonard de Vinci peint Marie dans le giron de sainte Anne (La Vierge, l'Enfant et sainte Anne, 1510, Paris, Louvre).

Quelques exemples d'iconographie de sainte Anne.

Attributs

Lis. Livre ouvert (dans les scènes de l'éducation de Marie)

Bibliographie

[G. Duchet-Suchaux, M. Pastoureau, La Bible et les saints, guide iconographique, Flammarion, Paris, 1994]

[Le livre des bannières, Association pour le XVe centenaire de la France, 1996]

SOURCE : http://damien.jullemier.pagesperso-orange.fr/sts/ste-anne.htm


Statue de saint Joachim et de sainte Anne à la Porte dorée.
Troyes. Champagne. XVIIe.


La vénération envers les parents de la Vierge Marie se répandit en Orient grâce au Protévangile apocryphe de Jacques. Une église est consacrée à Ste Anne à Constantinople au VIème siècle. A Rome, une peinture du VIIIème siècle, attribuée au Pape Constantin (708-715) représente trois mères avec leurs enfants : Ste Anne et la Vierge, Ste Élisabeth et St Jean, enfin Notre-Dame et l’Enfant Jésus.

Le Calendrier byzantin mentionne au 9 septembre la mémoire de Ste Anne et de S. Joachim, au 9 décembre la Conception de Ste Anne et au 25 juillet sa Dormition. Peut-être cette dernière date est-elle en relation avec la dédicace de la basilique élevée en son honneur à Constantinople vers 550. Mais la fête de la Mère de Marie n’a pénétré en Occident qu’à la faveur des Croisades. On la trouve au 26 juillet en divers lieux aux XIIe et XIIIe siècles, avant qu’elle n’atteigne son apogée aux XIVe et XVe. Le plus ancien Missel romain qui comporte la fête de Ste Anne est celui de 1505. Supprimée par St Pie V en 1568, elle fut rétablie en 1584 par Grégoire XIII comme fête double. Clément XII en fit un double-majeur (1738) et Léon XIII un double de IInde classe (1879).


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Joignant le sang des rois à celui des pontifes, Anne apparaît glorieuse plus encore de son incomparable descendance au milieu des filles d’Ève. La plus noble de toutes celles qui conçurent jamais en vertu du Croissez et multipliez des premiers jours [88], à elle s’arrête, comme parvenue à son sommet, comme au seuil de Dieu, la loi de génération de toute chair ; car de son fruit Dieu même doit sortir, fils uniquement ici-bas de la Vierge bénie, petit-fils à la fois d’Anne et de Joachim.

Avant d’être favorisés de la bénédiction la plus haute qu’union humaine dût recevoir, les deux saints aïeuls du Verbe fait chair connurent l’angoisse qui purifie l’âme. Des traditions dont l’expression, mélangée de détails de moindre valeur, remonte pourtant aux origines du christianisme, nous montrent les illustres époux soumis à l’épreuve d’une stérilité prolongée, en butte à cause d’elle aux dédains de leur peuple, Joachim repoussé du temple allant cacher sa tristesse au désert, et Anne demeurée seule pleurant son veuvage et son humiliation. Quel exquis sentiment dans ce récit, comparable aux plus beaux que nous aient gardes les saints Livres !

« C’était le jour d’une grande fête du Seigneur. Maigre sa tristesse extrême, Anne déposa ses vêtements de deuil, et elle orna sa tête, et elle se revêtit de sa robe nuptiale. Et vers la neuvième heure, elle descendit au jardin pour s’y promener ; et voyant un laurier, elle s’assit à son ombre et répandit sa prière en présence du Seigneur Dieu, disant : « Dieu de mes pères, bénissez-moi « et exaucez mes supplications, comme vous avez « béni Sara et lui avez donné un fils ! »

Et levant les yeux au ciel, elle vit sur le laurier un nid de passereau, et gémissant elle dit : « Hélas ! quel sein m’a portée, pour être ainsi malédiction en Israël ?

A qui me comparer ? Je ne puis me comparer aux oiseaux du ciel ; car les oiseaux sont bénis de vous, Seigneur.

A qui me comparer ? Je ne puis me comparer aux animaux de la terre ; car eux aussi sont féconds devant vous.

A qui me comparer ? Je ne puis me comparer aux eaux ; car elles ne sont point stériles en votre présence, et les fleuves et les océans poissonneux vous louent dans leurs soulèvements ou leur cours paisible.

A qui me comparer ? Je ne puis me comparer à la terre même ; car la terre elle aussi porte ses fruits en son temps, et elle vous bénit, Seigneur ».

Or voici qu’un Ange du Seigneur survint, lui disant :

« Anne, Dieu a exaucé ta prière ; tu concevras et enfanteras, et ton fruit sera célébré dans toute terre habitée ».

Et le temps venu, Anne mit au monde une fille, et elle dit : « Mon âme est magnifiée à cette heure ».

Et elle nomma l’enfant Marie ; et lui donnant le sein, elle entonna ce cantique au Seigneur :

« Je chanterai la louange du Seigneur mon Dieu ; car il m’a visitée, il a éloigné de moi l’opprobre, il m’a donné un fruit de justice. Qui annoncera aux fils de Ruben qu’Anne est devenue féconde ? Écoutez, écoutez, douze tribus : voici qu’Anne allaite ! » [89]

La fête de Joachim, que l’Église a placée au Dimanche dans l’Octave de l’Assomption de sa bienheureuse fille [90], nous permettra de compléter bientôt l’exposé si suave d’épreuves et de joies qui furent aussi les siennes. Averti par le ciel de quitter le désert, il avait rencontré son épouse sous la porte Dorée donnant accès au temple du côté de l’Orient. Non loin, près de la piscine Probatique, où les agneaux destinés à l’autel lavaient leur blanche toison avant d’être offerts au Seigneur, s’élève aujourd’hui la basilique restaurée de Sainte-Anne, appelée primitivement Sainte-Marie de la Nativité. C’est là que, dans la sérénité du paradis, germa sur la tige de Jessé le béni rejeton salué du Prophète [91] et qui devait porter la divine fleur éclose au sein du Père avant tous les temps. Séphoris, patrie d’Anne, Nazareth, où vécut Marie, disputent, il est vrai, à la Ville sainte l’honneur que réclament ici pour Jérusalem d’antiques et constantes traditions. Mais nos hommages à coup sûr ne sauraient s’égarer, quand ils s’adressent en ce jour à la bienheureuse Anne, vraie terre incontestée des prodiges dont le souvenir renouvelle l’allégresse des cieux, la fureur de Satan, le triomphe du monde.

Anne, point de départ du salut, horizon qu’observaient les Prophètes, région du ciel la première empourprée des feux de l’aurore ; sol béni, dont la fertilité si pure donna dès lors à croire aux Anges qu’Éden nous était rendu ! Mais dans l’auréole d’incomparable paix qui l’entoure, saluons en elle aussi la terre de victoire éclipsant tous les champs de bataille fameux : sanctuaire de l’Immaculée Conception, là fut repris par notre race humiliée le grand combat [92] commencé près du trône de Dieu par les célestes phalanges ; là le dragon chassé des deux vit broyer sa tête, et Michel surpassé en gloire remit joyeux à la douce souveraine qui, dès son éveil à l’existence, se déclarait ainsi, le commandement des armées du Seigneur.

Quelle bouche humaine, si le charbon ardent ne l’a touchée [93], pourra dire l’admiratif étonnement des angéliques principautés, lorsque la sereine complaisance de la Trinité sainte, passant des brûlants Séraphins jusqu’aux derniers rangs des neuf chœurs, inclina leurs regards de feu à la contemplation de la sainteté subitement éclose au sein d’Anne ? Le Psalmiste avait dit de la Cité glorieuse dont les fondations se cachent en celle qui auparavant fut stérile : Ses fondements sont posés sur les saintes montagnes [94] ; et les célestes hiérarchies couronnant les pentes des collines éternelles découvrent là des hauteurs inconnues qu’elles n’atteignirent jamais, des sommets avoisinant la divinité de si presque déjà elle s’apprête à y poser son trône. Comme Moïse à la vue du buisson ardent sur Horeb, elles sont saisies d’une frayeur sainte, en reconnaissant au désert de notre monde de néant la montagne de Dieu, et comprennent que l’affliction d’Israël va cesser [95]. Quoique sous le nuage qui la couvre encore, Marie, au sein d’Anne, est en effet déjà cette montagne bénie dont la base, le point de départ de grâce, dépasse le faîte des monts où les plus hautes saintetés créées trouvent leur consommation dans la gloire et l’amour.

Oh ! Combien donc justement Anne, par son nom, signifie grâce, elle qui, neuf mois durant, resta le lieu des complaisances souveraines du Très-Haut, de l’extase des très purs esprits, de l’espoir de toute chair ! Sans doute ce fut Marie, la fille et non la mère, dont l’odeur si suave attira dès lors si puissamment les cieux vers nos humbles régions. Mais c’est le propre du parfum d’imprégner de lui premièrement le vase qui le garde, et, lors même qu’il en est sorti, d’y laisser sa senteur. La coutume n’est-elle pas du reste que ce vase lui aussi soit avec mille soins préparé d’avance, qu’on le choisisse d’autant plus pure, d’autant plus noble matière, qu’on le relève d’autant plus riches ornements que plus exquise et plus rare est l’essence qu’on se propose d’y laisser séjourner ? Ainsi Madeleine renfermait-elle son nard précieux dans l’albâtre [96]. Ne croyons pas que l’Esprit-Saint, qui préside à la composition des parfums du ciel, ait pu avoir de tout cela moins souci que les hommes. Or le rôle de la bienheureuse Anne fut loin de se borner, comme fait le vase pour le parfum, à contenir passivement le trésor du monde. C’est de sa chair que prit un corps celle en qui Dieu prit chair à son tour ; c’est de son lait qu’elle fut nourrie ; c’est de sa bouche que, tout inondée qu’elle fût directement de la divine lumière, elle reçut les premières et pratiques notions de la vie. Anne eut dans l’éducation de son illustre fille la part de toute mère ; non seulement, quand Marie dut quitter ses genoux, elle dirigea ses premiers pas ; elle fut en toute vérité la coopératrice de l’Esprit-Saint dans la formation de cette âme et la préparation de ses incomparables destinées : jusqu’au jour où, l’œuvre parvenue à tout le développement qui relevait de sa maternité, sans retarder d’une heure, sans retour sur elle-même, elle offrit l’enfant de sa tendresse à celui qui la lui avait donnée.

Sic fingit tabernaculum Deo, ainsi elle crée un tabernacle à Dieu : c’était la devise que portaient, autour de l’image d’Anne instruisant Marie, les jetons de l’ancienne corporation des ébénistes et des menuisiers, qui, regardant la confection des tabernacles de nos églises où Dieu daigne habiter comme son œuvre la plus haute, avait pris sainte Anne pour patronne et modèle auguste. Heureux âge que celui où ce que l’on aime à nommer la naïve simplicité de nos pères, atteignait si avant dans l’intelligence pratique des mystères que la stupide infatuation de leurs fils se fait gloire d’ignorer ! Les travaux du fuseau, de tissage, de couture, de broderie, les soins d’administration domestique, apanage de la femme forte exaltée au livre des Proverbes [97], rangèrent naturellement aussi dans ces temps les mères de famille, les maîtresses de maison, les ouvrières du vêtement, sous la protection directe de la sainte épouse de Joachim. Plus d’une fois, celles que le ciel faisait passer par l’épreuve douloureuse qui, sous le nid du passereau, avait dicté sa prière touchante, expérimentèrent la puissance d’intercession de l’heureuse mère de Marie pour attirer sur d’autres qu’elle-même la bénédiction du Seigneur Dieu.

L’Orient précéda l’Occident dans le culte public de l’aïeule du Messie. Vers le milieu du VIe siècle, Constantinople lui dédiait une église. Le Typicon de saint Sabbas ramène sa mémoire liturgique trois fois dans l’année : le 9 septembre, en la compagnie de Joachim son époux, au lendemain de la Nativité de leur illustre fille ; le 9 décembre, où les Grecs, qui retardent d’un jour sur les Latins la solennité de la Conception immaculée de Notre-Dame, célèbrent cette fête sous un titre qui rappelle plus directement la part d’Anne au mystère ; enfin le 25 juillet, qui, n’étant point occupé chez eux par la mémoire de saint Jacques le Majeur anticipée au 30 avril, est appelé Dormition ou mort précieuse de sainte Anne, mère de la très sainte Mère de Dieu : ce sont les expressions mêmes que le Martyrologe romain devait adopter par la suite.

Si Rome, toujours plus réservée, n’autorisa que beaucoup plus tard l’introduction dans les Églises latines d’une fête liturgique de sainte Anne, elle n’avait point attendu cependant pour diriger de ce côté, en l’encourageant, la piété des fidèles. Dès le temps de saint Léon III [98],et parle commandement exprès de l’illustre Pontife, on représentait l’histoire d’Anne et de Joachim sur les ornements sacrés destinés aux plus nobles basiliques de la Ville éternelle [99]. L’Ordre des Carmes, si dévot à sainte Anne, contribua puissamment, par son heureuse transmigration dans nos contrées, au développement croissant d’un culte appelé d’ailleurs comme naturellement par les progrès de la dévotion des peuples à la Mère de Dieu. Cette étroite relation des deux cultes est en effet rappelée dans les termes de la concession par laquelle, en 1381, Urbain VI donnait satisfaction aux vœux des fidèles d’Angleterre et autorisait pour ce royaume la fête de la bienheureuse Anne [100]. Déjà au siècle précédent, l’Église d’Apt en Provence était en possession de cette solennité : priorité s’expliquant chez elle par l’honneur insigne qui lui échut pour ainsi dire avec la foi, lorsqu’au premier âge du christianisme elle reçut en dépôt le très saint corps de l’aïeule du Messie.

Depuis que le Seigneur remonté aux cieux a voulu que, comme lui, Notre-Dame y fût couronnée sans plus tarder dans la totalité de son être virginal, n’est-il pas vrai de dire que les reliques de la Mère de Marie doivent être doublement chères au monde : et comme toutes autres, en raison de la sainteté de celle dont ils sont les restes augustes ; et plus qu’aucunes autres, par ce côté qui nous les montre en voisinage plus immédiat qu’aucune avec le mystère de la divine Incarnation ? Dans son abondance, l’Église d’Apt crut pouvoir se montrer prodigue ; si bien qu’il nous serait impossible d’énumérer les sanctuaires qui, soit de cette source incomparable, soit d’ailleurs pour de plus ou moins notables portions, se trouvent aujourd’hui enrichis d’une part de ces restes précieux. Nous ne pouvons omettre de nommer cependant, parmi ces lieux privilégiés, l’insigne Basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs ; dans une apparition à sainte Brigitte de Suède [101], Anne voulut confirmer elle-même l’authenticité du bras que l’église où repose le Docteur des nations, conserve d’elle comme un des plus nobles joyaux de son opulent trésor.

Ce fut seulement en 1584, que Grégoire XIII ordonna la célébration de la fête du 26 juillet dans le monde entier, sous le rit double. C’était Léon XIII qui devait, de nos jours (1879), l’élever en même temps que celle de saint Joachim à la dignité des solennités de seconde Classe. Mais auparavant, en 1622, Grégoire XV, guéri d’une grave maladie par sainte Anne, avait déjà mis sa fête au nombre des fêtes de précepte entraînant l’abstention des œuvres serviles.

Anne recevait enfin ici-bas les hommages dus au rang qu’elle occupe au ciel ; elle ne tardait pas à reconnaître par des bienfaits nouveaux la louange plus solennelle qui lui venait delà terre. Dans les années 1623, 1624, 1625, au village de Keranna près Auray en Bretagne, elle se manifestait à Yves Nicolazic, et lui faisait trouver au champ du Bocenno, qu’il tenait à ferme, l’antique statue dont la découverte allait, après mille ans d’interruption et de ruines, amener les peuples au lieu où l’avaient jadis honorée les habitants de la vieille Armorique. Les grâces sans nombre obtenues en ce lieu, devaient en effet porter leur renommée bien au delà des frontières d’une province à laquelle sa foi, digne des anciens âges, venait de mériter la faveur de l’aïeule du Messie ; Sainte-Anne d’Auray allait compter bientôt parmi les principaux pèlerinages du monde chrétien.

Plus heureuse que l’épouse d’Elcana, qui vous avait figurée par ses épreuves et son nom même [102], ô Anne, vous chantez maintenant les magnificences du Seigneur [103]. Où est la synagogue altière qui vous imposait ses mépris ? Les descendants de la stérile sont aujourd’hui sans nombre ; et nous tous, les frères de Jésus, les enfants comme lui de Marie votre fille, c’est dans la joie qu’amenés par notre Mère, nous vous présentons avec elle nos vœux en ce jour. Quelle fête plus touchante au foyer que celle de l’aïeule, quand autour d’elle, comme aujourd’hui, viennent se ranger ses petits-fils dans la déférence et l’amour ! Pour tant d’infortunés qui n’eussent jamais connu ces solennités suaves, ces fêtes de famille, de jour en jour, hélas ! Plus rares, où la bénédiction du paradis terrestre semble revivre en sa fraîcheur, quelle douce compensation réservait la miséricordieuse prévoyance de notre Dieu ! lia voulu, ce Dieu très haut, tenir à nous de si près qu’il fût un de nous dans la chair ; il a connu ainsi que nous les relations, les dépendances mutuelles résultant comme une loi de notre nature, ces liens d’Adam dans lesquels il avait projeté de nous prendre [104] et où il se prit le premier. Car, en élevant la nature au-dessus d’elle-même, il ne l’avait pas supprimée ; il faisait seulement que la grâce, s’emparant d’elle, l’introduisît jusqu’aux cieux : en sorte qu’alliées dans le temps par leur commun auteur, nature et grâce demeurassent pour sa gloire unies dans l’éternité. Frères donc par la grâce de celui qui reste à jamais votre petit-fils par nature, nous devons à cette disposition pleine d’amour de la divine Sagesse de n’être point, sous votre toit, des étrangers en ce jour ; vraie fête du cœur pour Jésus et Marie, cette solennité de famille est aussi la nôtre.

Donc, ô Mère, souriez à nos chants, bénissez nos vœux. Aujourd’hui et toujours, soyez propice aux supplications qui montent vers vous de ce séjour d’épreuves. Dans leurs désirs selon Dieu, dans leurs douloureuses confidences, exaucez les épouses et les mères. Maintenez, où il en est temps encore, les traditions du foyer chrétien. Mais déjà, que de familles où le souffle de ce siècle a passé, réduisant à néant le sérieux de la vie, débilitant la foi, ne semant qu’impuissance, lassitude, frivolité, sinon pis, à la place des fécondes et vraies joies de nos pères ! Oh ! Comme le Sage, s’il revenait parmi nous, dirait haut toujours : « Qui trouvera la femme forte [105] ? » Elle seule, en effet, par son ascendant, peut encore conjurer ces maux, mais à la condition de ne point oublier où réside sa puissance ; à savoir dans les plus humbles soins du ménage exercés par elle-même, le dévouement qui se dépense obscurément, veilles de nuit, prévoyance de chaque heure, travaux de la laine et du lin, jeu du fuseau : toutes ces fortes choses [106] qui lui assurent confiance et louange de la part de l’époux [107], autorité sur tous [108], abondance au foyer [109], bénédiction du pauvre assisté par ses mains [110], estime de l’étranger [111], respect de ses fils [112], et pour elle-même, dans la crainte du Seigneur [113], noblesse et dignité [114], beauté autant que force [115], sagesse, douceur et contentement [116], sérénité du dernier jour [117].

Bienheureuse Anne, secourez la société qui se meurt parle défaut de ces vertus qui furent vôtres. Vos maternelles bontés, dont les effusions sont devenues plus fréquentes, ont accru la confiance de l’Église ; daignez répondre aux espérances qu’elle met en vous. Bénissez spécialement votre Bretagne fidèle ; ayez pitié de la France malheureuse, que vous avez aimée si tôt en lui confiant votre saint corps, que vous avez choisie plus tard de préférence comme le lieu toujours cher d’où vous vouliez vous manifester au monde, que naguère encore vous avez comblée en lui remettant le sanctuaire qui rappelle dans Jérusalem votre gloire et vos ineffables joies : ô vous donc qui, comme le Christ, aimez les Francs, qui dans la Gaule déchue daignez toujours voir le royaume de Marie, continuez-nous cet amour, tradition de famille pour nous si précieuse. Que votre initiative bénie vous fasse connaître par le monde à ceux de nos frères qui vous ignoreraient encore. Pour nous qui dès longtemps avons connu votre puissance, éprouvé vos bontés, laissez-nous toujours chercher en vous, ô Mère, repos, sécurité, force en toute épreuve ; à qui s’appuie sur vous, rien n’est à craindre ici-bas : ce que votre bras porte est bien porté.

Présentons notre couronne liturgique à la bienheureuse Anne ; et, comme premiers en date, offrons-lui d’abord ces accents empruntés aux Menées des Grecs.

MENSIS JULII DIE XXV.

Ex Officio vespertino.

Fête solennelle, toute de lumière, allégresse du monde ! Aujourd’hui, dans une sainteté digne de toute louange, s’est endormie la glorieuse Anne qui donna naissance à la Mère de la Vie.

Sur la stérile et l’inféconde ont germé les prémices du salut. Elle prie le Christ d’accorder le pardon de leurs fautes à ceux qui le louent dans la foi.

Salut, messagère du printemps de la grâce ! Salut, brebis dont reçut vie l’agnelle en qui l’Agneau qui ôte les péchés du monde, le Verbe, d’un mot fut conçu !

Salut, terre bénie d’où sortit la branche qui fleurit divinement ! Ton enfantement met en fuite la stérilité, Anne en Dieu bienheureuse, aïeule du Christ Dieu, qui as mis au monde la Mère de Dieu comme un flambeau brillant : daigne avec elle intercéder pour qu’à nos âmes soit faite miséricorde grande.

Toutes créatures, venez ; sur les cymbales et le psaltérion acclamons la pieuse Anne : de ses entrailles elle engendra la Montagne de Dieu, et fut enlevée jusqu’aux célestes monts dans les tabernacles du Paradis. Disons-lui : Bienheureuses les entrailles qui portèrent en toute vérité celle qui porta en elle la lumière du monde ! Gloire au sein dont fut allaitée celle qui nourrit le Christ notre nourriture ! Prie-le qu’il nous garde de toute attaque de l’ennemi et que nos âmes soient sauvées.


J. Stella. Sainte Anne avec Notre Dame allant au Temple. XVIIe.

Passant dans nos contrées occidentales, unissons-nous aux chants des diverses Églises. Les Mozarabes interpréteront les sentiments de la stérile, enfin si splendidement exaucée :

ANTIPHONA.

Confitebor tibi, Domine, in toto corde meo : quia exaudisti verba oris mei.

R/. In conspectu Angelorum psallam tibi.

V/. Deus meus es tu, et confitebor tibi : Deus meus, et exaltabo te.

R/. In conspectu.

V/. Gloria et honor Patri, et Filio, et Spiritui Sancto in sæcula sæculorum. Amen.

Je vous louerai, Seigneur, de tout mon cœur, parce que vous avez exaucé les paroles de ma bouche.

R/. En présence des Anges, je vous chanterai des psaumes.

V/. Vous êtes mon Dieu, et je célébrerai vos louanges ; vous êtes mon Dieu, et je dirai vos grandeurs.

R/. En présence.

V/. Gloire et honneur au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Amen.

R/. En présence.

Apt dira la gloire dont la Provence est en elle honorée :

ANTIENNE.

O Splendor Provinciæ, nobilis mater Mariæ Virginis, et Davidis filia ; avia Redemptoris, nobis opem feras veniæ ut vivamus cum beatis.

O gloire de la Provence, noble Mère de la Vierge Marie, fille de David, aïeule du Rédempteur, soyez-nous secourable pour obtenir grâce et vie bienheureuse.

La Bretagne proclamera la confiance qu’elle met dans son illustre protectrice :

RÉPONS.

Hæc est Mater nobis electa a Domino, Anna sanctissima, Britonum spes et tutela : * Quam in prosperis adjutricem, in adversis auxiliatricem habemus.

V/. Populi sui memor sit semper ; adsitque grata fihis suis, terra marique laborantibus. * Quam in prosperis.

Voici la Mère qu’a choisie pour nous le Seigneur, Anne la très sainte, des Bretons l’espérance et la garde : * Dans la prospérité notre aide, notre secours dans l’adversité.

V/. Que de son peuple toujours elle ait souvenir ; qu’elle sourie à ses fils sur la terre et sur l’onde. * Dans la prospérité.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. * Dans la prospérité.

Tous, avec elle, nous ferons nôtre l’Hymne suivante :

HYMNE.

Lucis beatæ gaudiis,

Gestit parens Ecclesia,

Annamque Judææ decus

Matrem Mariæ concinit.

Regum piorum sanguini

Jungens Sacerdotes avos,

Illustris Anna splendidis

Vincit genus virtutibus.

Cœlo favente nexuit

Vincli jugalis fœdera,

Alvoque sancta condidit

Sidus perenne virginum.

O mira cœli gratia !

Annæ parentis in sinu

Concepta virgo conterit

Sævi draconis verticem.

Tanto salutis pignore

Jam sperat humanum genus :

Orbi redempto prævia

Pacem columba nuntiat.

Lumière bienheureuse, dont les joies

font tressaillir la Mère Église !

En ce jour elle chante Anne, l’honneur de la Judée,

la Mère de Marie.

Joignant au sang des saints Rois

celui de ses aïeux les Pontifes,

Anne surpasse par l’éclat des vertus

l’illustration d’une telle race.

Sous le regard du ciel,

elle contracte une alliance bénie ;

dans sa chair sainte prend vie

l’astre immortel des vierges.

Merveille de la céleste grâce !

Au sein la céleste d’Anne sa mère,

la vierge écrase en sa conception

la tête du dragon cruel.

Nantie d’un tel gage de salut,

la race humaine espère enfin :

au monde racheté la colombe

annonce la paix qui la suit.

Soit louange au Père, ainsi qu’au Fils,

et à vous, Esprit-Saint !

Aux pieux clients d’Anne

donnez la grâce éternelle.

Amen.

Milan, dans son Missel ambrosien, conclura par ces belles formules de louange et de prière au Seigneur :

PRÉFACE.

Æterne Deus : qui beatam Annam singulari tuæ gratiæ privilegio sublimasti. Cui desideratæ fœcunditatis munus magnificum, et excellens adeo contulisti ; ut ex ipsa Virgo virginum, Maria, Angelorum Domina, Regina mundi, maris Stella, Mater Filii tui Dei et hominis nasceretur. Et ideo cum Angelis.

ORATIO SUPER SINDONEM.

Il est digne de vous rendre grâces, Dieu éternel qui avez par un privilège singulier de votre grâce exalté la bienheureuse Anne. A son désir de fécondité vous répondîtes par un don magnifique et dépassant tout, faisant que d’elle naquît Marie, Vierge des vierges, souveraine des Anges, Reine du monde, Etoile de la mer, Mère de votre Fils Dieu et homme. C’est pourquoi donc, avec les Anges.

Dieu tout-puissant, éternel, qui par votre grâce avez, après l’épreuve d’une longue stérilité, rendu féconde d’un fruit glorieux la bienheureuse Anne ; faites, nous vous en supplions, que, par l’appui de ses mérites auprès de vous, nous obtenions la fécondité d’une foi pure et produisions les fruits du salut dans nos œuvres. Par Jésus-Christ.

[88] Gen. I, 28.

[89] Protevangelium Jacobi.

[90] Jusqu’à la réforme de St Pie X où elle fut fixée au 16 août.

[91] Isai. XI, 1.

[92] Apoc. XII, 7-9.

[93] Isai. VI, 6-7.

[94] Psalm. LXXXVI, 1.

[95] Ex. III, 1-10.

[96] Marc, XIV, 3.

[97] Prov. XXXI, 10-31.

[98] 795-816.

[99] Lib. pontif. in Leon. III.

[100] Labb. Concil. XI, p. II, col. 2050.

[101] Revelationes S. Birgittae, Lib. VI, cap. 104.

[102] I Reg. I.

[103] Ibid. II.

[104] Ose. XI, 4.

[105] Prov. XXXI, 10.

[106] Ibid. 13-18.

[107] Ibid. 11-28.

[108] Ibid. 15.

[109] Ibid. 11.

[110] Ibid. 20.

[111] Ibid. 24, 31.

[112] Ibid. 28.

[113] Ibid. 3o.

[114] Ibid. 22-23.

[115] Ibid. 25.

[116] Prov. XXXI, 26, 27.

[117] Ibid. 25.




Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Les privilèges et les grâces dont Dieu avait entouré la conception immaculée de Marie, sa Mère bénie, ne pouvaient pas ne pas se refléter sur ses heureux parents auxquels l’apocryphe Protoevangelium Iacobi donne le nom de Ioachim et d’’Anna. Nous savons que, dès le VIe siècle, Justinien érigea à Constantinople une église en l’honneur de sainte Anne, à qui, avec saint Joachim, le Ménologe dédia comme jour de fête le 9 septembre.

La vénération envers les aïeuls du Divin Rédempteur se répandit un peu partout en Orient. Les Syriens vénèrent sainte Anne sous le nom de Dîna le 25 juillet ; mais généralement les autres Orientaux tendent à rapprocher la fête des parents de la Mère de Dieu, de la solennité de sa naissance ou de son assomption au ciel. Dans le Calendrier byzantin, les saints Joachim et Anne sont honorés des titres de τῶν ἁγίων καὶ δικαίων θεοπατόρων Ἰωακεὶμ καὶ Ἄννηϛ [118].

Dans le monde latin, une des premières traces de culte envers les parents de la sainte Vierge se trouve dans la biographie de Léon III qui fit reproduire leurs images à Sainte-Marie-Majeure.

On s’accorde généralement à reconnaître une autre représentation de sainte Anne dans une niche de la basilique de Sainte-Marie-Antique au Forum romain, où sont peintes trois mères avec leurs enfants dans les bras : sainte Anne avec la Vierge Marie, sainte Élisabeth avec saint Jean-Baptiste et enfin Notre-Dame avec l’Enfant Jésus. Cette peinture est du VIIIe siècle, et a été attribuée au pape Constantin (708-715).

La fête liturgique de sainte Anne commence à apparaître ça et là chez les Latins durant le bas moyen âge ; cependant elle ne fut définitivement introduite dans le Missel romain que sous Grégoire XIII en 1584.

Rome a érigé à la mémoire de la sainte Mère de la bienheureuse Vierge une dizaine d’églises et chapelles au moins. La Basilique patriarcale de Saint-Paul était déjà en possession de la précieuse relique du bras de sainte Anne au temps de sainte Brigitte de Suède qui en obtint une parcelle. Sainte Anne lui apparut alors, et lui enseigna la manière de garder et de vénérer ses saintes reliques. En ces dernières années, Léon XIII et Benoît XV ont donné des fragments du même bras de sainte Anne à quelques insignes sanctuaires, à elle dédiés, au Canada et en Bretagne, où Dieu s’est également complu à les illustrer par de nombreux miracles.

La messe emprunte l’introït à celle du 16 juillet, en changeant le nom de la Fille en celui de la Mère.

Collecte. — « Seigneur qui avez accordé à la bienheureuse Anne la grâce de mettre au monde la Mère de votre Fils unique ; faites que, célébrant aujourd’hui sa fête, nous soyons assistés par son patronage ». L’Église considère donc comme une grâce, plus encore qu’un honneur, le privilège accordé à sainte Anne de donner le jour à la Mère de Dieu, et cela à bon droit, car, étant données les intimes relations de mère et d’aïeule, qui devaient exister entre sainte Anne, Notre-Dame et Jésus, l’épouse de Joachim ne put pas ne pas être enrichie avec munificence de toutes les grâces d’état convenant à la place et aux fonctions qui lui étaient assignées. La dignité de Jésus et de Marie exigeait en celle qui fut pour eux aïeule ou mère, une sainteté s’approchant de la leur.

La première lecture, qui contient les louanges de la femme forte se sanctifiant dans le sanctuaire de sa famille, se trouve le 9 mars dans le Missel. Le graduel, le verset alléluiatique et la lecture évangélique sont communs à la fête de sainte Praxède le 21 juillet.

Le champ dans lequel se trouve le trésor caché peut être le gracieux symbole de l’enfant d’Anne et de Joachim, la tige de Jessé, d’où procéda Jésus-Christ. Il faut dire la même chose du filet jeté dans la mer, lequel prend l’ΙΧΘΥΣ divin qui nourrit les hommes pour l’immortalité.

L’antienne pour l’offrande des oblations est la même que le 10 février. Le cortège nuptial de l’Époux divin et de l’Épouse est formé de filles de rois, parce que Marie, comme le chante l’Église : Regali ex progenie exorta refulget [119].

Secrète. — « Regardez favorablement, Seigneur, ce Sacrifice, afin que, grâce à l’intercession de la bienheureuse Anne, qui donna le jour à la Mère de votre Fils, il augmente notre piété et soit la cause de notre salut ». Il existe un lien intime entre le divin Sacrifice et sainte Anne ; car cette humanité et ce Sang que Jésus offrit sur la Croix et qu’il prit du sein très pur de Marie, celle-ci, à son tour, les doit à sa sainte mère Anne, dont elle fut conçue sans le péché originel.

Voici l’antienne pour la Communion (Ps. 44) : « La grâce est répandue sur vos lèvres. C’est pourquoi Dieu vous bénit éternellement et pour tous les siècles ». La grâce qu’Anne apporta au monde, c’est la Vierge Marie. Ses lèvres sont en outre baignées de grâce, parce que, dans ses fonctions de mère et d’aïeule, elle dut souvent couvrir de baisers le visage de Marie et de l’Enfant Jésus. C’est pour mettre en relief cette relation spéciale d’intimité de Joachim et d’Anne avec le Sauveur, que les Grecs leur donnent le glorieux titre de θεοπατόρων, c’est-à-dire d’aïeuls de Dieu.

Après la Communion : « Nourris du Sacrement céleste, nous vous demandons, ô Dieu tout-puissant, que par les mérites de la bienheureuse Anne, choisie par vous pour engendrer la Mère de votre Fils, nous puissions arriver au salut éternel ». Il faut remarquer l’insistance avec laquelle l’Église demande le salut des âmes. Pourquoi ? Parce que le salut est une œuvre gratuite de Dieu, à laquelle nous devons coopérer sans présomption, mais en toute humilité et avec confiance dans les mérites de Jésus-Christ. Durant la vie, nescit homo utrum odio an amore dignus sit [120] ; et c’est pourquoi, au dire de saint Pierre, nous devons, par nos bonnes œuvres, assurer de mieux en mieux notre éternelle prédestination.

Avant les bouleversements politiques de 1870, une des traditions de la Rome chrétienne comportait une cérémonie spéciale à l’occasion de la fête de sainte Anne. La confrérie des palefreniers pontificaux lui avait élevé une église, aux portes mêmes du palais du Vatican. Or le 26 juillet, cette confrérie organisait une procession grandiose qui accompagnait la statue de la Sainte jusqu’à la demeure du Cardinal Protecteur. Lorsque l’image de sainte Anne arrivait sur le pont Saint-Ange, le canon du Môle d’Hadrien faisait entendre plusieurs salves tirées en son honneur. Quoique depuis 1870 le Pape ne sortît plus du Vatican, Benoît XV voulut cependant, par une entrée latérale communiquant avec le palais pontifical, visiter cet ancien sanctuaire de sainte Anne où il avait fait exécuter des restaurations.

[118] Les saints et justes Parents de Dieu Joachim et Anne.

[119] Resplendit, issue d’une lignée royale.

[120] L’homme ne sait pas si’il est digne d’amour et de haine.



Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique

« Anne » signifie « grâce ». Vous êtes enfant de la grâce.

1. Sainte Anne. — « Mère de la Bienheureuse Vierge Marie », tel est le titre officiel que lui décerne l’Église ; c’est aussi son plus beau titre de gloire. Par suite, il convient de ranger la fête de ce jour plus encore parmi les fêtes du Sauveur que parmi celles des saints. Anne ! La grand-mère du Seigneur selon la chair ! Le Protévangile apocryphe de Jacques raconte que les pieux époux Joachim et Anne jouissaient d’une certaine aisance dont ils usaient généreusement. De leurs revenus annuels ils faisaient trois parts : l’une pour les pauvres, l’autre pour le temple, et la dernière pour leur propre subsistance. Mais un grand chagrin désolait leurs jours : malgré leurs persévérantes prières ils restaient sans enfant. C’était pour Anne une grande humiliation aux yeux de ses servantes, et il arriva à son époux d’être publiquement chassé du temple au moment où il voulait y déposer son offrande parce que Dieu lui avait refusé sa bénédiction.

Le cœur plein d’une immense douleur, Joachim s’enfuit dans la solitude et cria à Dieu sa détresse. Et voici qu’un ange lui fit alors entendre ce message : « Joachim, ta prière a été exaucée. Une fille te sera donnée et tu l’appelleras Marie. Elle sera, dès son enfance, consacrée à Dieu et remplie du Saint-Esprit ». A la même heure Anne eut une révélation semblable. Tous deux s’empressèrent alors d’aller au temple pour y remercier le Seigneur, et se rencontrèrent, rayonnants de joie, à la porte d’or du sanctuaire.

Quelle est la part de vérité en cette légende ? Nous l’ignorons ; elle apprend du moins que les grandes âmes mûrissent à l’école de la souffrance, et que, pour coopérer à l’œuvre de la Rédemption, il faut soi-même porter sa croix. Alors même que nous ignorerions tout de sainte Anne, ne pouvons-nous pas toujours nous la représenter comme la mère de la Sainte Vierge et la grand-mère de Notre-Seigneur, comme la femme noble, forte, éprouvée ? « Tel fruit, tel arbre » dit le proverbe.

Ce que fut Anne, les textes liturgiques nous le laissent entendre. L’Épître la dépeint sous les traits de la « femme forte » qui vaque assidûment à ses travaux domestiques, veille sur ses servantes, assiste les pauvres et se dévoue pour son mari.

L’Évangile révèle la source et le secret de sa grandeur : elle a trouvé un trésor, celui de l’amour de Dieu. Pour acquérir cette richesse elle renonce à tout, elle met en œuvre toute son énergie. Autre réflexion : pensons aujourd’hui avec reconnaissance à nos grand-mères. Représentons-les-nous, ces douces et braves femmes, assises au foyer, le chapelet à la main, priant pour leurs enfants et leurs petits-enfants. Immédiatement après Dieu, c’est à nos mères et à nos grand-mères que nous devons notre foi.

2. La Messe (Gaudeamus). — Elle est en grande partie celle du commun des saintes femmes. Aux fêtes solennelles, l’Église se sert volontiers d’un chant d’introduction (emprunté à la liturgie grecque) immuable quant au texte et à la mélodie : « Réjouissons-nous tous dans le Seigneur en célébrant ce jour de fête en l’honneur de la bienheureuse Anne. De cette solennité les anges se réjouissent et ils louent le Fils de Dieu ». Avec joie, nous nous réunissons aussi pour fêter sainte Anne par le Sacrifice de son petit-fils. Et ce n’est pas seulement la terre, mais le ciel qui prend part à cette allégresse (introït).

Les chants psalmodiques de la messe sont tous tirés du psaume 44, qui proclame l’alliance du Christ et de l’Église. L’entrée du clergé est un cortège nuptial : en tête, Anne comme fiancée, nous ensuite. A 1"Offertoire, nous apportons aujourd’hui des cadeaux de noce. Sur la table est déposée la parure nuptiale ; l’épouse royale est véritablement près de l’Époux en sa robe de fiançailles. La Leçon donne la célèbre description de « la femme forte » tirée du livre de la Sagesse : « Qui peut trouver une femme forte ?... » Nous l’avons trouvée aujourd’hui en sainte Anne. Et que furent dans sa vie la perle et le trésor dont parle l’Évangile ? L’amour de Dieu, l’amour du Christ pour nous, le Royaume de Dieu. « Anne » signifie « enfant de la grâce », idée que semble vouloir souligner l’oraison. Au Saint-Sacrifice, notre âme doit devenir aujourd’hui une nouvelle « Anne », une « enfant de la grâce ».

SOURCE : http://www.introibo.fr/26-07-Ste-Anne-mere-de-la-T-S



Vie de sainte Anne
Sainte Anne etait la mère de la sainte Vierge et  Mère de Dieu Marie. Le père de la Vierge Marie s'appelait Joachim. Il descendait de la tribu royale de David par la branche de Nathan, son fils. Nathan engendra Lévi, Lévi engendra Melchi et Panthère, Panthère engendra Barpanthère, père de Joachim. Anne, l'épouse de Joachim, descendait elle-aussi de la tribu royale; car elle était la petite-fille de Mattha, lui-même petit-fils de David par Salomon. Mattha épousa une certaine Marie de la tribu de Juda, et ils donnèrent naissance à Jacob, le père de Joseph le charpentier et à trois filles: Marie, Sobée et Anne. Marie donna naissance à Salomée la sage-femme; Sobée à Elisabeth, la mère du Précurseur, et Anne à la Mère de Dieu, Marie, qui portait ainsi le nom de sa grand-mère et de sa tante. Elisabeth et Salomée, les nièces d'Anne, étaient donc les cousines de la Mère de Dieu.

Selon une divine économie, et pour montrer la stérilité de la nature humaine avant la venue du Christ, Dieu avait laissé Joachim et Anne sans progéniture jusqu'à un âge avancé. Comme Joachim était riche et pieux, il ne cessait de s'adresser à Dieu par la prière et de Lui offrir des présents, pour qu'Il les délivre, lui et son épouse, de leur opprobre. Un jour de fête, alors qu'il s'était présenté au Temple pour déposer son offrande, un des fidèles s'adressa à lui en disant: «Il ne t'est pas permis de présenter ton offrande avec nous, car tu n'as pas d'enfant». Alors, le coeur ulcéré, Joachim ne rentra pas chez lui, mais se retira dans la montagne, seul, pour prier et verser des larmes devant Dieu. Pendant ce temps, Anne versait elle aussi d'abondantes larmes et élevait de ferventes supplications vers le ciel, dans son jardin. Notre Dieu, riche en miséricorde et plein de compassion, entendit leurs supplications et envoya auprès d'Anne l'Archange Gabriel, l'Ange de la bienveillance de Dieu et l'annonciateur du salut, pour lui annoncer qu'elle allait concevoir et donner naissance à un enfant, malgré son âge, et que l'on parlerait de cette progéniture par toute la terre. Elle répondit, pleine de joie et de surprise: «Aussi vrai que vit le Seigneur mon Dieu, si j'enfante soit un fils, soit une fille, je le consacrerai au Seigneur mon Dieu, pour qu'il Le serve tous les jours de sa vie». Joachim, lui aussi,reçut la visite d'un Ange qui lui ordonna de se mettre en chemin avec Ses troupeaux pour rentrer chez lui et se réjouir avec sa femme et toute leur maison, car Dieu avait décidé de mettre fin à leur opprobre.

En ce jour, par la conception de Sainte Anne, c'est la stérilité de toute la nature humaine, séparée de Dieu par la mort, qui prend fin, et par l'enfantement surnaturel de celle qui était restée stérile jusqu'à l'âge où les femmes ne peuvent plus porter de fruit, Dieu annonçait et confirmait le miracle plus étonnant de la conception sans semence et de l'enfantement immaculé du Christ dans le sein de la Très Sainte Vierge et Mère de Dieu.

Or, neuf mois étant passés, Anne enfanta. Elle demanda à la sage femme: - «Qu'ai-je mis au monde?» Celle-ci répondit: - « Une fille. » Et Anne reprit: - «Elle a été glorifiée en ce jour, mon âme!» Et elle coucha délicatement l'enfant. Les jours de la purification de la mère exigés par la Loi étant accomplis, elle se releva, se lava, donna le sein à son enfant, et lui donna le nom de Marie: le nom qu'avaient attendu confusément les Patriarches, les Justes et les Prophètes, et par lequel Dieu devait réaliser le projet qu'il tenait caché depuis l'origine du monde.

Bien qu'elle fut née par une intervention miraculeuse de Dieu, la Sainte Vierge Marie fut cependant conçue par l'union de l'homme et de la femme, selon les lois de notre nature humaine déchue et soumise à la mort et à la corruption depuis le péché d'Adam (voir Génèse 3:16). Vase d'élection, Ecrin précieux.préparé par Dieu depuis l'origine des siècles, elle est certes la représentante la plus pure et la plus parfaite de l'humanité, mais elle n'a pas été toutefois mise à part de notre héritage commun et des conséquences du péché de nos premiers parents. Tout comme il convenait que le Christ, en son Incarnation, se rendît semblable aux hommes en tout hormis le péché, afin de les délivrer de la mort par sa mort volontaire (cf. Hébreux 2:14), de même il fallait que Sa Mère, dans le sein de laquelle le Verbe de Dieu allait s'unir à la nature humaine, fût en tout point semblable à nous, soumise à la mort et à la corruption, de peur que le Salut et la Rédemption ne nous concernent pas pleinement, nous tous fils d'Adam. La Mère de Dieu a été élue et choisie entre toutes les femmes, non pas de manière arbitraire, mais parce que Dieu vit à l'avance qu'elle saurait préserver et garder parfaitement sa pureté pour être digne de Le recevoir. Conçue et née comme nous tous, elle a été digne de devenir la Mère du Fils de Dieu et notre mère à tous. Tendre et compatissante, elle peut ainsi intercéder pour nous devant son Fils, pour qu'Il nous prenne en pitié.

Tout comme le Seigneur Jésus-Christ fut le fruit de sa virginité, la Sainte Mère de Dieu fut quant à elle le fruit de la chasteté de Joachim et Anne. Et c'est en suivant cette voie de la pureté que nous aussi, moines et chastes couples chrétiens, feront naître et grandir en nous le Christ Sauveur.

Après sa naissance de jour en jour, l'enfant Marie se fortifiait. Quand elle eut six mois, sa mère la posa à terre, pour voir si elle tiendrait debout. Marie avança alors de sept pas assurés, puis revint se blottir dans le giron de sa mère. Anne la souleva en disant: «Aussi vrai que vit le Seigneur mon Dieu, tu ne fouleras plus ce sol avant que je ne t'emmène au Temple du Seigneur. » Et elle établit un sanctuaire dans la chambre de l'enfant, où rien de vil ni de souillé par le monde n'entrait. Et elle fit venir des filles d'Hébreux de race pure, pour jouer avec l'enfant.

La première année de la petite étant écoulée, Joachim donna un grand festin. Il invita des Prêtres, des scribes et les membres du Conseil, et tout le peuple d'Israël. Joachim présenta aux Prêtres la petite fille, ceux-ci la bénirent en disant: «Dieu de nos pères, bénis cette petite fille et donne lui un nom qui soit nommé éternellement et par toutes les générations. » Et tout le peuple répondit: «Qu'il en soit ainsi, qu'il en soit ainsi! Amen!» Joachim la présenta aussi aux princes des Prêtres. Ceux-ci la bénirent en disant: «Dieu des hauteurs sublimes, abaisse Ton regard sur cette petite fille, et donne lui une bénédiction suprême, une bénédiction à nulle autre pareille!»

Sa mère emporta Marie dans le sanctuaire de sa chambre et lui donna le sein, en adressant au Seigneur Dieu cette hymne:

-«Je veux chanter au Seigneur mon Dieu une hymne, parce qu'Il m'a visitée et qu'Il a écarté de moi l'outrage de mes ennemis. Car le Seigneur m'a donné un fruit de Sa justice, cette justice qui est une et multiple tout ensemble. Qui annoncera maintenant aux fils de Ruben qu'Anne est Mère? Apprenez, apprenez, vous les douze tribus dIsraël, qu'Anne est mère!» Puis elle posa l'enfant dans la chambre du sanctuaire, sortit et alla servir les invités, qui se réjouissaient et louaient le Dieu.  

Après avoir placé l'enfant dans le Temple, à l'âge de trois ans, telle une offrande pure et immaculée, Saint Anne passa le reste de sa vie dans le jeûne, la prière et les oeuvres de miséricorde, attendant l'accomplissement des promesses divines. Elle remit en paix son âme à Dieu à l'âge de soixante-neuf ans.

Saint Joachim, lui, mourut à l'âge de quatre-vingts ans; mais l'on ignore lequel des deux décéda le premier. La seule chose que la Tradition de l'Église nous ait transmise est que la toute Sainte Mère de Dieu se trouva privée de ses parents à l'âge de onze ans, alors qu'elle était encore dans le Temple.
SOURCE : http://www.st-anne.be/fr/node/10


St. Anne

Anne (Hebrew, Hannah, grace; also spelled Ann, Anne, Anna) is the traditional name of the mother of the Blessed Virgin Mary.

All our information concerning the names and lives of Sts. Joachim and Anne, the parents of Mary, is derived from apocryphal literature, the Gospel of the Nativity of Mary, the Gospel of Pseudo-Matthew and the Protoevangelium of James. Though the earliest form of the latter, on which directly or indirectly the other two seem to be based, goes back to about A.D. 150, we can hardly accept as beyond doubt its various statements on its sole authority. In the Orient the Protoevangelium had great authority and portions of it were read on the feasts of Mary by the Greeks, Syrians, Copts, and Arabians. In the Occident, however, it was rejected by the Fathers of the Church until its contents were incorporated by Jacobus de Voragine in his "Golden Legend" in the thirteenth century. From that time on the story of St. Anne spread over the West and was amply developed, until St. Anne became one of the most popular saints also of the Latin Church.

The Protoevangelium gives the following account: In Nazareth there lived a rich and pious couple, Joachim and Hannah. They were childless. When on a feast day Joachim presented himself to offer sacrifice in the temple, he was repulsed by a certain Ruben, under the pretext that men without offspring were unworthy to be admitted. Whereupon Joachim, bowed down with grief, did not return home, but went into the mountains to make his plaint to God in solitude. Also Hannah, having learned the reason of the prolonged absence of her husband, cried to the Lord to take away from her the curse of sterility, promising to dedicate her child to the service of God. Their prayers were heard; an angel came to Hannah and said: "Hannah, the Lord has looked upon thy tears; thou shalt conceive and give birth and the fruit of thy womb shall be blessed by all the world". The angel made the same promise to Joachim, who returned to his wife. Hannah gave birth to a daughter whom she called Miriam (Mary). Since this story is apparently a reproduction of the biblical account of the conception of Samuel, whose mother was also called Hannah, even the name of the mother of Mary seems to be doubtful.

The renowned Father John of Eck of Ingolstadt, in a sermon on St. Anne (published at Paris in 1579), pretends to know even the names of the parents St. Anne. He calls them Stollanus and Emerentia. He says that St. Anne was born after Stollanus and Emerentia had been childless for twenty years; that St. Joachim died soon after the presentation of Mary in the temple; that St. Anne then married Cleophas, by whom she became the mother of Mary Cleophae (the wife of Alphaeus and mother of the Apostles James the Lesser, Simon and Judas, and of Joseph the Just); after the death of Cleophas she is said to have married Salomas, to whom she bore Maria Salomae (the wife of Zebedaeus and mother of the Apostles John and James the Greater). The same spurious legend is found in the writings of Gerson (Opp. III, 59) and of many others. There arose in the sixteenth century an animated controversy over the marriages of St. Anne, in which Baronius and Bellarmine defended her monogamy. The Greek Menaea (25 July) call the parents of St. Anne Mathan and Maria, and relate that Salome and Elizabeth, the mother of St. John the Baptist, were daughters of two sisters of St. Anne. According to Ephiphanius it was maintained even in the fourth century by some enthusiasts that St. Anne conceived without the action of man. This error was revived in the West in the fifteenth century. (Anna concepit per osculum Joachimi.) In 1677 the Holy See condemned the error of Imperiali who taught that St. Anne in the conception and birth of Mary remained virgin (Benedict XIV, De Festis, II, 9). In the Orient the cult of St. Anne can be traced to the fourth century. Justinian I (d. 565) had a church dedicated to her. The canon of the Greek Office of St. Anne was composed by St. Theophanes (d. 817), but older parts of the Office are ascribed to Anatolius of Byzantium (d. 458). Her feast is celebrated in the East on the 25th day of July, which may be the day of the dedication of her first church at Constantinople or the anniversary of the arrival of her supposed relics in Constantinople (710). It is found in the oldest liturgical document of the Greek Church, the Calendar of Constantinople (first half of the eighth century). The Greeks keep a collective feast of St. Joachim and St. Anne on the 9th of September. In the Latin Church St. Anne was not venerated, except, perhaps, in the south of France, before the thirteenth century. Her picture, painted in the eighth century, which was found lately in the church of Santa Maria Antiqua in Rome, owes its origin to Byzantine influence. Her feast, under the influence of the "Golden Legend", is first found (26 July) in the thirteenth century, e.g. at Douai (in 1291), where a foot of St. Anne was venerated (feast of translation, 16 September). It was introduced in England by Urban VI, 21 November, 1378, from which time it spread all over the Western Church. It was extended to the universal Latin Church in 1584.

The supposed relics of St. Anne were brought from the Holy Land to Constantinople in 710 and were still kept there in the church of St. Sophia in 1333. The tradition of the church of Apt in southern France pretends that the body of St. Anne was brought to Apt by St. Lazarus, the friend of Christ, was hidden by St. Auspicius (d. 398), and found again during the reign of Charlemagne (feast, Monday after the octave of Easter); these relics were brought to a magnificent chapel in 1664 (feast, 4 May). The head of St. Anne was kept at Mainz up to 1510, when it was stolen and brought to Düren in Rheinland. St. Anne is the patroness of Brittany. Her miraculous picture (feast, 7 March) is venerated at Notre Dame d'Auray, Diocese of Vannes. Also in Canada, where she is the principal patron of the province of Quebec, the shrine of St. Anne de Beaupré is well known. St. Anne is patroness of women in labour; she is represented holding the Blessed Virgin Mary in her lap, who again carries on her arm the child Jesus. She is also patroness of miners, Christ being compared to gold, Mary to silver.

Holweck, Frederick. "St. Anne." The Catholic Encyclopedia. Vol. 1. New York: Robert Appleton Company, 1907. 4 Jul. 2017 <http://www.newadvent.org/cathen/01538a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Paul T. Crowley. In Memoriam, Mrs. Margaret Crowley & Mrs. Margaret McHugh.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. March 1, 1907. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.


Sant' Anna Madre della Beata Vergine Maria


Gerusalemme, I secolo a.C.

Anna e Gioacchino sono i genitori della Vergine Maria. Gioacchino è un pastore e abita a Gerusalemme, anziano sacerdote è sposato con Anna. I due non avevano figli ed erano una coppia avanti con gli anni. Un giorno mentre Gioacchino è al lavoro nei campi, gli appare un angelo, per annunciargli la nascita di un figlio ed anche Anna ha la stessa visione. Chiamano la loro bambina Maria, che vuol dire «amata da Dio». Gioacchino porta di nuovo al tempio i suoi doni: insieme con la bimba dieci agnelli, dodici vitelli e cento capretti senza macchia. Più tardi Maria è condotta al tempio per essere educata secondo la legge di Mosè. Sant'Anna è invocata come protettrice delle donne incinte, che a lei si rivolgono per ottenere da Dio tre grandi favori: un parto felice, un figlio sano e latte sufficiente per poterlo allevare. È patrona di molti mestieri legati alle sue funzioni di madre, tra cui i lavandai e le ricamatrici. (Avvenire)

Etimologia: Anna = grazia, la benefica, dall'ebraico

Emblema: Libro

Martirologio Romano: Memoria dei santi Gioacchino e Anna, genitori dell’immacolata Vergine Maria Madre di Dio, i cui nomi sono conservati da antica tradizione cristiana.

Nonostante che di s. Anna ci siano poche notizie e per giunta provenienti non da testi ufficiali e canonici, il suo culto è estremamente diffuso sia in Oriente che in Occidente.

Quasi ogni città ha una chiesa a lei dedicata, Caserta la considera sua celeste Patrona, il nome di Anna si ripete nelle intestazioni di strade, rioni di città, cliniche e altri luoghi; alcuni Comuni portano il suo nome.

La madre della Vergine, è titolare di svariati patronati quasi tutti legati a Maria; poiché portò nel suo grembo la speranza del mondo, il suo mantello è verde, per questo in Bretagna dove le sono devotissimi, è invocata per la raccolta del fieno; poiché custodì Maria come gioiello in uno scrigno, è patrona di orefici e bottai; protegge i minatori, falegnami, carpentieri, ebanisti e tornitori. 

Perché insegnò alla Vergine a pulire la casa, a cucire, tessere, è patrona dei fabbricanti di scope, dei tessitori, dei sarti, fabbricanti e commercianti di tele per la casa e biancheria.

È soprattutto patrona delle madri di famiglia, delle vedove, delle partorienti, è invocata nei parti difficili e contro la sterilità coniugale.

Il nome di Anna deriva dall’ebraico Hannah (grazia) e non è ricordata nei Vangeli canonici; ne parlano invece i vangeli apocrifi della Natività e dell’Infanzia, di cui il più antico è il cosiddetto “Protovangelo di san Giacomo”, scritto non oltre la metà del II secolo.

Questi scritti benché non siano stati accettati formalmente dalla Chiesa e contengono anche delle eresie, hanno in definitiva influito sulla devozione e nella liturgia, perché alcune notizie riportate sono ritenute autentiche e in sintonia con la tradizione, come la Presentazione di Maria al tempio e l’Assunzione al cielo, come il nome del centurione Longino che colpì Gesù con la lancia, la storia della Veronica, ecc.

Il “Protovangelo di san Giacomo” narra che Gioacchino, sposo di Anna, era un uomo pio e molto ricco e abitava vicino Gerusalemme, nei pressi della fonte Piscina Probatica; un giorno mentre stava portando le sue abbondanti offerte al Tempio come faceva ogni anno, il gran sacerdote Ruben lo fermò dicendogli: “Tu non hai il diritto di farlo per primo, perché non hai generato prole”.

Gioacchino ed Anna erano sposi che si amavano veramente, ma non avevano figli e ormai data l’età non ne avrebbero più avuti; secondo la mentalità ebraica del tempo, il gran sacerdote scorgeva la maledizione divina su di loro, perciò erano sterili.

L’anziano ricco pastore, per l’amore che portava alla sua sposa, non voleva trovarsi un’altra donna per avere un figlio; pertanto addolorato dalle parole del gran sacerdote si recò nell’archivio delle dodici tribù di Israele per verificare se quel che diceva Ruben fosse vero e una volta constatato che tutti gli uomini pii ed osservanti avevano avuto figli, sconvolto non ebbe il coraggio di tornare a casa e si ritirò in una sua terra di montagna e per quaranta giorni e quaranta notti supplicò l’aiuto di Dio fra lacrime, preghiere e digiuni.

Anche Anna soffriva per questa sterilità, a ciò si aggiunse la sofferenza per questa ‘fuga’ del marito; quindi si mise in intensa preghiera chiedendo a Dio di esaudire la loro implorazione di avere un figlio.

Durante la preghiera le apparve un angelo che le annunciò: “Anna, Anna, il Signore ha ascoltato la tua preghiera e tu concepirai e partorirai e si parlerà della tua prole in tutto il mondo”.

Così avvenne e dopo alcuni mesi Anna partorì. Il “Protovangelo di san Giacomo” conclude: “Trascorsi i giorni necessari si purificò, diede la poppa alla bimba chiamandola Maria, ossia ‘prediletta del Signore’”.

Altri vangeli apocrifi dicono che Anna avrebbe concepito la Vergine Maria in modo miracoloso durante l’assenza del marito, ma è evidente il ricalco di un altro episodio biblico, la cui protagonista porta lo stesso nome di Anna, anch’ella sterile e che sarà prodigiosamente madre di Samuele.

Gioacchino portò di nuovo al tempio con la bimba, i suoi doni: dieci agnelli, dodici vitelli e cento capretti senza macchia.

L’iconografia orientale mette in risalto rendendolo celebre, l’incontro alla porta della città, di Anna e Gioacchino che ritorna dalla montagna, noto come “l’incontro alla porta aurea” di Gerusalemme; aurea perché dorata, di cui tuttavia non ci sono notizie storiche.

I pii genitori, grati a Dio del dono ricevuto, crebbero con amore la piccola Maria, che a tre anni fu condotta al Tempio di Gerusalemme, per essere consacrata al servizio del tempio stesso, secondo la promessa fatta da entrambi, quando implorarono la grazia di un figlio.

Dopo i tre anni Gioacchino non compare più nei testi, mentre invece Anna viene ancora menzionata in altri vangeli apocrifi successivi, che dicono visse fino all’età di ottanta anni, inoltre si dice che Anna rimasta vedova si sposò altre due volte, avendo due figli la cui progenie è considerata, soprattutto nei paesi di lingua tedesca, come la “Santa Parentela” di Gesù.

Il culto di Gioacchino e di Anna si diffuse prima in Oriente e poi in Occidente (anche a seguito delle numerose reliquie portate dalle Crociate); la prima manifestazione del culto in Oriente, risale al tempo di Giustiniano, che fece costruire nel 550 ca. a Costantinopoli una chiesa in onore di s. Anna.
L’affermazione del culto in Occidente fu graduale e più tarda nel tempo, la sua immagine si trova già tra i mosaici dell’arco trionfale di S. Maria Maggiore (sec. V) e tra gli affreschi di S. Maria Antiqua (sec. VII); ma il suo culto cominciò verso il X secolo a Napoli e poi man mano estendendosi in altre località, fino a raggiungere la massima diffusione nel XV secolo, al punto che papa Gregorio XIII (1502-1585), decise nel 1584 di inserire la celebrazione di s. Anna nel Messale Romano, estendendola a tutta la Chiesa; ma il suo culto fu più intenso nei Paesi dell’Europa Settentrionale anche grazie al libro di Giovanni Trithemius “Tractatus de laudibus sanctissimae Annae” (Magonza, 1494).

Gioacchino fu lasciato discretamente in disparte per lunghi secoli e poi inserito nelle celebrazioni in data diversa; Anna il 25 luglio dai Greci in Oriente e il 26 luglio dai Latini in Occidente, Gioacchino dal 1584 venne ricordato prima il 20 marzo, poi nel 1788 alla domenica dell’ottava dell’Assunta, nel 1913 si stabilì il 16 agosto, fino a ricongiungersi nel nuovo calendario liturgico, alla sua consorte il 26 luglio.

Artisti di tutti i tempi hanno raffigurato Anna quasi sempre in gruppo, come Anna, Gioacchino e la piccola Maria oppure seduta su una alta sedia come un’antica matrona con Maria bambina accanto, o ancora nella posa ‘trinitaria’ cioè con la Madonna e con Gesù bambino, così da indicare le tre generazioni presenti.

Dice Gesù nel Vangelo “Dai frutti conoscerete la pianta” e noi conosciamo il fiore e il frutto derivato dalla annosa pianta: la Vergine, Immacolata fin dal concepimento, colei che preservata dal peccato originale doveva diventare il tabernacolo vivente del Dio fatto uomo.

Dalla santità del frutto, cioè di Maria, deduciamo la santità dei suoi genitori Anna e Gioacchino.


Autore: Antonio Borrelli




Voir aussi : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/anne.html

http://notredamedesneiges.over-blog.com/article-11174591.html

http://www.maria-valtorta.org/Personnages/AnneAaron.htm#MA1