mardi 17 juillet 2012

Saint ALEXIS, confesseur, pélerin et mendiant


SAINT ALEXIS

Confesseur, Pèlerin et Mendiant

(+ 404)

Saint Alexis fut un rare modèle de mépris du monde. Fils unique d'un des plus illustres sénateurs de Rome nommé Euphémien, il reçut une éducation brillante et soignée.

L'exemple de ses parents apprit au jeune Alexis que le meilleur usage des richesses consistait à les partager avec les pauvres. Cédant aux désirs de sa famille, le jeune Alexis dut choisir une épouse. Mais le jour même de ses noces, se sentant pénétré du désir d'être uniquement à Dieu et de L'aimer sans partage, il résolut de s'enfuir secrètement, s'embarqua sur un vaisseau qui se dirigeait vers Laodicée, et gagna la ville d'Edesse.

Là, distribuant aux indigents tout ce qui lui restait d'argent, il se mit à mendier son pain. Il passait la plus grande partie de son temps à prier sous le portail du sanctuaire de Notre-Dame d'Edesse, devant une image de la Vierge. Après dix-sept années passées dans l'abjection et l'oubli le plus total, il plut à Marie de glorifier Son serviteur par un éclatant miracle. Un jour, comme le trésorier de l'église passait sous le porche, l'image de Notre-Dame s'illumina d'une clarté soudaine. Frappé de ce merveilleux spectacle, le trésorier se prosterna devant la Madone. La Très Sainte Vierge lui montra Alexis et lui dit: «Allez préparer à ce pauvre un logement convenable. Je ne puis souffrir qu'un de Mes serviteurs aussi dévoué soit délaissé de la sorte.»

La nouvelle de cette révélation se répandit aussitôt dans la ville. L'humilité du Saint s'alarma devant les témoignages de vénération dont il était devenu subitement l'objet. Il quitta donc la ville d'Edesse pour se rendre à Tarse, mais une tempête poussa l'embarquation sur les rivages d'Italie. L'Esprit-Saint lui inspira l'idée de retourner à Rome, sa ville natale, et de mendier une petite place dans la maison paternelle. A la requête de l'humble pèlerin, le sénateur Euphémien consentit à le laisser habiter sous l'escalier d'entrée de son palais, lui demandant, en reconnaissance de ce bienfait, de prier pour le retour de son fils disparu.

Saint Alexis vécut inconnu, pauvre et méprisé, à l'endroit même où il avait été entouré de tant d'estime et d'honneurs. Tous les jours, il voyait couler les larmes du vieux patricien, il entendait les soupirs d'une mère inconsolable et entrevoyait cette noble fiancée dont la beauté s'était empreinte d'une indicible tristesse. Malgré ce déchirant spectacle, saint Alexis eut le courage surhumain de garder son secret et de renouveler perpétuellement son sacrifice à Dieu.

Ce Saint, plus qu'admirable, demeura dix-sept nouvelles années dans le plus complet oubli, vivant caché sous les marches de cet escalier que tous gravissaient pour entrer dans une maison qui était la sienne, en sorte qu'il semblait foulé aux pieds de tous. Avec une humilité consommée, il subit sans jamais se plaindre, les odieux procédés et les persécutions des valets qui l'avaient servi autrefois avec tant de respect et d'égards. Saint Alexis passa donc trente-quatre ans dans une âpre et héroïque lutte contre lui-même. Ce temps écoulé, Dieu ordonna à Son serviteur d'écrire son nom et de rédiger l'histoire de sa vie. Alexis comprit qu'il allait mourir bientôt, et obéit promptement.

Le dimanche suivant, au moment où le pape Innocent Ier célébrait la messe dans la basilique St-Pierre de Rome, en présence de l'empereur Honorius, tout le peuple entendit une voix mystérieuse qui partait du sanctuaire: «Cherchez l'homme de Dieu, dit la voix, il priera pour Rome, et le Seigneur lui sera propice. Du reste, il doit mourir vendredi prochain.»

Durant cinq jours, tous les habitants de la ville s'épuisèrent en vaines recherches. Le vendredi suivant, dans la même basilique, la même voix se fit entendre de nouveau au peuple assemblé: «Le Saint est dans la maison du sénateur Euphémien.» On y courut, et on trouva le pauvre pèlerin, qui venait de mourir. Quand le Pape eu fait donner lecture du parchemin que le mort tenait en sa main, ce ne fut de toutes parts, dans Rome, qu'un cri d'admiration. Innocent Ier ordonna d'exposer le corps de saint Alexis à la basilique St-Pierre, pendant sept jours. Ses funérailles eurent lieu au milieu d'un immense concours de peuple.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950. -- F. Paillart, édition 1900, p. 209-201 -- L'abbé Jouve, édition 1886, p. 87-89 -- Les Petits Bollandistes, Paris, 1874, tome XIII, p. 403-405 -- l'Abbé J. Sabouret, édition 1922, p. 275-277

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/alexis-de-rome.html

 
Leçons des Matines avant 1960.

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Alexis, Romain de très noble origine, poussé par un vif amour de Jésus-Christ, et docile à un avertissement divin tout particulier, partit le premier soir de ses noces laissant son épouse vierge, et entreprit à travers le monde le pèlerinage des plus célèbres sanctuaires. Pendant ces voyages, il resta dix-sept ans inconnu, jusqu’au jour où une image de la sainte Vierge Marie divulgua son nom. C’était à Édesse, en Syrie. Ayant pris la mer pour s’éloigner, il aborda au port Romain et fut reçu chez son père, à titre de pauvre étranger. Il vécut dix-sept ans sous le toit paternel sans être connu de personne. Mais, en mourant, il laissa par écrit, avec l’indication de son nom et de sa naissance, le récit abrégé de toute sa vie. Il passa de la terre au ciel, sous le Pontificat d’Innocent 1er.

Du livre des Morales de saint Grégoire, Pape. (du commun)

Cinquième leçon. « La simplicité du juste est tournée en dérision » [1]. La sagesse de ce monde consiste à employer toutes sortes de ruses pour cacher le fond de son cœur, à se servir de la parole pour déguiser sa pensée, à faire paraître vrai ce qui est faux et faux ce qui est vrai. Cette sagesse, les jeunes gens l’acquièrent par l’usage ; les enfants l’apprennent à prix d’argent ; ceux qui la savent s’enorgueillissent et méprisent le reste des hommes ; ceux qui l’ignorent sont un objet d’étonnement pour les autres, qui les regardent comme des êtres timides et dégradés. Ils aiment cette inique duplicité sous le nom qui la recouvre, car on qualifie d’urbanité une telle perversité d’esprit. La sagesse mondaine enseigne à ses disciples à rechercher le faîte des honneurs, à se réjouir, par vanité, de l’acquisition d’une gloire temporelle, à rendre abondamment aux autres le mal qu’ils nous ont fait ; à ne jamais céder, tant qu’ils sont assez forts pour cela, aux adversaires qui leur résistent ; mais, si le courage leur fait défaut, à dissimuler sous des apparences de bonté et de douceur, l’impuissance de leur malice.

Sixième leçon. La sagesse des justes consiste, au contraire, à ne jamais agir par ostentation, à dire ce que l’on pense, à aimer le vrai tel qu’il est, à éviter le faux, à faire le bien gratuitement, à souffrir très volontiers des peines plutôt que d’en causer aux autres, à ne pas tirer vengeance des injures reçues, à estimer comme un gain l’outrage qu’on endure pour J’amour de la vérité. « Mais cette simplicité des justes est tournée en dérision ». Car les sages de ce monde regardent la pureté de la vertu comme une sottise. Tout ce qu’on fait innocemment, ils le taxent de folie, tout ce que la vérité approuve dans nos œuvres paraît insensé à cette sagesse charnelle. Rien semble-t-il, en effet, plus stupide aux yeux du monde, que de montrer sa pensée .quand on parle, de ne rien feindre par d’habiles expédients, de ne pas rendre des affronts pour des injures, de prier pour ceux qui nous maudissent, de rechercher la pauvreté, d’abandonner ses biens, de ne pas résister à ceux qui nous pillent, de présenter l’autre joue à ceux qui nous frappent.

Au troisième nocturne.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu. Cap. 19, 27-29.

En ce temps-là : Pierre dit à Jésus : Voici que nous avons tout quitté, et que nous vous avons suivi ; qu’y aura-t-il donc pour nous ? Et le reste.

Homélie de saint Jérôme, Prêtre. Lib. 3 in Matth. Cap. 19

Septième leçon. Confiance admirable ! Pierre était pêcheur, il était loin d’être riche, il gagnait sa vie par le travail de ses mains, et cependant il dit avec la plus grande assurance : « Nous avons tout quitté ». Et, comme tout quitter ne suffit pas, il ajoute ce qui est parfait : « Et nous vous avons suivi » ; nous avons fait ce que vous avez commandé, que nous donnerez-vous en récompense ? Jésus leur répondit : « Je vous dis en vérité que pour vous qui m’avez suivi, lorsqu’au temps de la régénération le Fils de l’homme sera assis sur le trône de sa gloire, vous serez aussi assis sur douze trônes et vous jugerez les douze tribus d’Israël. » Le Sauveur ne dit pas : vous qui avez tout quitté ; car cela le philosophe Cratès l’a fait, et une foule d’autres ont méprisé les richesses, mais il dit : « vous qui m’avez suivi », ce qui est le propre des Apôtres et des fidèles.

Huitième leçon. Lorsqu’au jour de la résurrection, le Fils de l’homme sera assis sur le trône de sa gloire, quand les morts sortiront, incorruptibles désormais, de la corruption du tombeau, vous serez, vous aussi, assis sur des trônes de juges et vous condamnerez les douze tribus d’Israël, parce que, tandis que vous embrassiez la foi, elles l’ont repoussée. « Et quiconque aura quitté pour moi, ou maison, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, ou terres, recevra le centuple et possédera la vie éternelle ». Ce passage concorde avec cette autre déclaration du Sauveur : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive ; car je suis venu séparer le fils d’avec le père, la fille d’avec la mère, la belle-fille d’avec la belle-mère, et l’homme aura pour ennemis ceux de sa propre maison ». Ceux donc qui pour la foi de Jésus-Christ et la prédication de l’Évangile, auront sacrifié toutes les affections, renoncé aux richesses et aux plaisirs du monde, recevront le centuple et posséderont la vie éternelle.

Neuvième leçon. Certains esprits s’appuient sur cette promesse pour imaginer une période de mille ans après la résurrection, période pendant laquelle nous recevrions le centuple de ce que nous avons quitté et ensuite la vie éternelle ; ils ne réfléchissent pas que si cela paraît convenable pour la plupart des biens, il serait ridicule, sous le rapport des femmes, que celui qui aurait quitté son épouse pour le Seigneur, en reçoive cent dans la vie future. Voici dons le sens de cette promesse : celui qui, pour l’amour du Sauveur aura quitté les biens charnels recevra des biens spirituels, lesquels, par leur valeur propre et comparés aux premiers, leur sont aussi supérieurs que le nombre cent l’est à un petit nombre.

[1] Job. 12, 4.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

S’il n’est commandé à personne de suivre les Saints jusqu’aux extrémités où les conduit l’héroïsme de leurs vertus, ils n’en demeurent pas moins, du haut de ces inaccessibles sommets, les guides de ceux qui marchent par les sentiers moins laborieux de la plaine. Comme l’aigle en présence de l’astre du jour, ils ont fixé de leur regard puissant le Soleil de justice ; et s’enivrant de ses divines splendeurs, ils ont vers lui dirigé leur vol bien au delà de la région des nuages sous lesquels nos faibles yeux se réjouissent de pouvoir tempérer la lumière. Mais, si différent que puisse être son éclat pour eux et pour nous, celle-ci ne change pas de nature, à la condition d’être pour nous comme pour eux de provenance authentique. Quand la débilité de notre vue nous expose à prendre de fausses lueurs pour la vérité, considérons ces amis de Dieu ; si le courage nous fait défaut pour les imiter en tout dans l’usage de la liberté que les préceptes nous laissent, conformons du moins pleinement notre manière de voir à leurs appréciations : leur vue est plus sûre, car elle porte plus loin ; et leur sainteté n’est autre chose que la rectitude avec laquelle ils suivent sans vaciller, jusqu’à son foyer même, le céleste rayon dont nous ne pouvons soutenir qu’un reflet amoindri. Que surtout les feux follets de ce monde de ténèbres [2] ne nous égarent pas au point de prétendre contrôler à leur vain éclat les actes des Saints : l’oiseau de nuit préférera-t-il son jugement à celui de l’aigle touchant la lumière ?

Descendant du ciel très pur de la sainte Liturgie jusqu’aux plus humbles conditions de la vie chrétienne, la lumière qui conduit Alexis par les sommets du plus haut détachement se traduit pour tous dans cette conclusion que formule l’Apôtre : « Quiconque prend femme ne pèche pas, ni non plus la vierge qu’il épouse ; ceux-là pourtant connaîtront les tribulations de la chair, et je voudrais vous les épargner. Voici donc ce que je dis, mes Frères : le temps est court ; en conséquence, que ceux qui ont des épouses soient comme n’en ayant pas, et ceux qui pleurent comme ne pleurant pas, et ceux qui se réjouissent comme ne se réjouissant pas, et ceux qui achètent comme ne possédant pas, et ceux qui usent de ce monde comme n’en usant point ; car la figure de ce monde passe » [3].

Elle ne passe point si vite cependant cette face changeante du monde et de son histoire, que le Seigneur ne se réserve toujours de montrer en sa courte durée que ses paroles à lui ne passent jamais [4]. Cinq siècles après la mort glorieuse d’Alexis, le Dieu éternel pour qui les distances ne sont rien dans l’espace et les temps, lui rendait au centuple la postérité à laquelle il avait renoncé pour son amour. Le monastère qui sur l’Aventin garde encore son nom joint à celui du martyr Boniface, était devenu le patrimoine commun de l’Orient et de l’Occident dans la Ville éternelle ; les deux grandes familles monastiques de Basile et de Benoît unissaient leurs rameaux sous le toit d’Alexis ; et la semence féconde cueillie à son tombeau par l’évêque-moine saint Adalbert engendrait à la foi les nations du Nord.

Homme de Dieu, c’est le nom que vous donna le ciel, ô Alexis, celui sous lequel l’Orient vous distingue, et que Rome même a consacré par le choix de l’Épître accompagnant aujourd’hui l’oblation du grand Sacrifice [5] ; nous y voyons en effet l’Apôtre appliquer ce beau titre à son disciple Timothée, en lui recommandant les vertus que vous avez si éminemment pratiquées. Titre sublime, qui nous montre la noblesse des cieux à la portée des habitants de la terre ! Vous l’avez préféré aux plus beaux que le monde puisse offrir. Il vous les présentait avec le cortège de tous les bonheurs permis par Dieu à ceux qui se contentent de ne pas l’offenser. Mais votre âme, plus grande que le monde, dédaigna ses présents d’un jour. Au milieu de l’éclat des fêtes nuptiales, vous entendîtes ces harmonies qui dégoûtent de la terre, que, deux siècles plus tôt, la noble Cécile écoutait elle aussi dans un autre palais de la cité reine. Celui qui voilant sa divinité quitta les joies de la céleste Jérusalem et n’eut pas même où reposer sa tête [6] se révélait à votre cœur si pur [7] ; et, en même temps que son amour, entraient en vous les sentiments qu’avait Jésus-Christ [8]. Usant de la liberté qui vous restait encore d’opter entre la vie, parfaite et la consommation d’une union de ce monde, vous résolûtes de n’être plus qu’étranger et pèlerin sur la terre [9], pour mériter de posséder dans la patrie l’éternelle Sagesse [10]. O voies admirables ! ô mystérieuse direction de cette Sagesse du Père pour tous ceux qu’a conquis son amour [11] ! On vit la Reine des Anges applaudir à ce spectacle digne d’eux [12], et révéler aux hommes sous le ciel d’Orient le nom illustre que leur cachaient en vous les livrées de la sainte pauvreté. Ramené par une fuite nouvelle après dix-sept ans dans la patrie de votre naissance, vous sûtes y demeurer par la vaillance de votre foi comme dans une terre étrangère [13]. Sous cet escalier de la maison paternelle aujourd’hui l’objet d’une vénération attendrie, en butte aux avanies de vos propres esclaves, mendiant inconnu pour le père, la mère, l’épouse qui vous pleuraient toujours, vous attendîtes dix-sept autres années, sans vous trahir jamais, votre passage à la céleste et seule vraie patrie [14]. Aussi Dieu s’honora-t-il lui-même d’être appelé votre Dieu [15], lorsque, au moment de votre mort précieuse, une voix puissante retentit dans Rome, ordonnant à tous de chercher l’Homme de Dieu.

Souvenez-vous, Alexis, que la voix ajouta au sujet de cet Homme de Dieu qui était vous-même : « Il priera pour Rome, et sera exaucé ». Priez donc pour l’illustre cité qui vous donna le jour, qui vous dut son salut sous le choc des barbares, et vous entoure maintenant de plus d’honneurs a coup sûr qu’elle n’eût fait, si vous vous étiez borné à continuer dans ses murs les traditions de vos nobles aïeux ; l’enfer se vante de l’avoir arrachée pour jamais à la puissance des successeurs de Pierre et d’Innocent : priez, et que le ciel vous exauce à nouveau contre les modernes successeurs d’Alaric. Puisse le peuple chrétien, à la lumière de vos actes sublimes, s’élever toujours plus au-dessus de la terre ; conduisez-nous sûrement par l’étroit sentier [16] à la maison du Père qui est aux cieux.

[2] Eph VI, 12.

[3] I Cor. VII, 28-31.
[4] Matth. XXIV, 33.
[5] 1 Tim, VI, 11.
[6] Matth. VIII, 20.
[7] Ibid. V, 8.
[8] Philip. II, 5.
[9] Heb. XI, 13.
[10] Prov. IV, 7.
[11] Rom. XI, 33.
[12] I Cor. IV, 9.
[13] Heb. XI. 9.
[14] Ibid. 16.
[15] Ibid.
[16] Matth. VII, 14.



Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Le culte de saint Alexis vint à Rome de l’Orient où l’Homme de Dieu, ou Mar-Risà — ainsi en effet l’appellent les Syriens — fut l’objet d’une grande vénération. Ses Actes sont très douteux ; et quant à la résidence de saint Alexis à Rome, il semble qu’il s’agisse d’une adaptation de la légende importée de Syrie sur les rives du Tibre et localisée ensuite sur le Mont Aventin par un métropolite nommé Serge de Damas, qui s’y installa avec la permission de Benoît VII et y fonda un monastère gréco-latin. Le phénomène d’une vie cachée, passée dans la pénitence et les pèlerinages, et embrassée spontanément pour l’amour du Christ, n’est ni nouveau ni rare dans les fastes de l’Église. Au siècle dernier, saint Benoît-Joseph Labre reproduisit à Rome la vie héroïque décrite dans les Actes de saint Jean Calybite et de saint Alexis, — si toutefois ces deux saints sont deux personnages distincts.

L’homme de Dieu, selon la narration syriaque primitive qui semble postérieure d’un demi-siècle à peine aux événements, vécut à Édesse sous l’évêque Rabula (412-435). Sa sainteté fut reconnue seulement après sa mort, mais son culte se répandit immédiatement dans l’Orient grec, qui, nous ne savons pourquoi, donna au pèlerin anonyme le nom d’Alexis.

Son histoire fut chantée au IXe siècle par Joseph l’Hymnographe, et, transportée à Rome sur l’Aventin, elle trouva un panégyriste enthousiaste en saint Adalbert, évêque de Prague, devenu moine au monastère de Saint-Boniface.

Les Grecs célèbrent la fête d’Alexis le 17 mars : Ἀλεξίου τοῦ άνθρώπου τοῦ Θεοῦ.

La messe est du Commun, sauf les deux lectures. L’Évangile est celui de la fête des Abbés ; — le titre : homme de Dieu, chez les Syriens, désigne probablement la profession monastique du saint mendiant. Quant à l’épître (I Timot., VI, 6-12), l’Apôtre y traite des périls qu’entraîné la possession des richesses. Tel un hydropique altéré, plus le riche possède, plus il veut posséder. Il n’a jamais assez, et pour thésauriser davantage, il sacrifie parfois l’honnêteté, l’amitié, la santé corporelle et jusqu’à la religion et au salut de son âme. L’apôtre conclut donc en observant que l’intime racine de tout péché est la cupidité.

Voilà les motifs surnaturels sur quoi se fonde la pauvreté évangélique que professent par vœu les religieux. Selon l’observation du Docteur angélique, ceux-ci, moyennant un tel renoncement, éloignent efficacement d’eux-mêmes tout ce qui aurait pu créer un obstacle au développement de la charité et de la grâce de Dieu dans leur âme.

Les Menées des Grecs contiennent les vers suivants en l’honneur de l’homme de Dieu :

Toi seul portas sur la terre le nom d’homme de Dieu.

Toi seul au ciel également as obtenu, ô Père, un nom nouveau.

Le dix-septième jour t’apporte la mort, ô Alexis.

Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique

Il quitta sa maison, son père et son épouse pour l’amour de Dieu.

1. Saint Alexis. — Qui fut-il exactement et dans quelle mesure les faits qu’on lui attribue sont-ils exacts ? Cet « homme de Dieu », comme on l’appelle en Orient, a-t-il vécu en Orient ou à Rome ? Ce sont des questions que nous n’avons pas à discuter ici.

La légende de saint Alexis compte parmi les plus touchantes que nous possédions. Fort instructive et édifiante, elle illustre à merveille l’idéal de la perfection chrétienne : savoir endurer pour le Sauveur la pauvreté et les humiliations. Peut-il y avoir héroïsme plus grand que d’habiter pendant dix-sept ans sous l’escalier de la demeure paternelle, exposé aux railleries de ses propres esclaves, de passer pour un mendiant inconnu aux yeux de son père, de sa mère et de son épouse inconsolable ? Et tout cela, résultat de l’amour du Christ qui triomphe de tout. En supposant que la légende soit dépourvue de fondement historique, il y aurait encore lieu d’admirer la foi capable de concevoir un tel idéal.

« Alexis, lisons-nous dans le bréviaire, romain de très noble origine, poussé par un vif amour de Jésus-Christ, et sur un avertissement particulier de Dieu, partit le premier soir de ses noces, laissant vierge son épouse, et entreprit à travers le monde le pèlerinage des plus célèbres sanctuaires. Pendant ces voyages, il resta dix-sept ans inconnu, jusqu’au jour où à Édesse, en Syrie, son nom fut divulgué par une image de la Très Sainte Vierge. Quittant donc ce pays, il aborda au port de Rome et fut reçu chez son père comme un pauvre étranger. Il y vécut dix-sept ans sans que personne ne le reconnût ; mais, à sa mort, il laissa un écrit où il révélait son nom, sa naissance et les diverses circonstances de son existence. Il passa de la terre au ciel sous le pontificat d’Innocent 1er (17 juillet 417) ».La vie de ce saint offre un exemple extraordinaire des voies et des volontés divines que nous pouvons sinon suivre, du moins admirer. Il montre à quel héroïsme peut conduire l’amour de Dieu. Efforçons-nous aujourd’hui de nous laisser pénétrer de cet amour, et qu’il nous incite à l’accomplissement de multiples bonnes actions.

2. Messe (Os justi). — La messe, composée en partie de textes du commun et en partie de textes propres, parle de la pauvreté (Épître et Évangile) : « Nous n’avons rien apporté en ce monde, et nul doute que nous n’en pouvons rien emporter. Ayant donc la nourriture et le vêtement, estimons-nous satisfaits. Les avides de richesses deviennent victimes des tentations et des filets du diable... Car la cupidité est la racine de tous les vices » (Ép.). Quelle force en ces paroles dans la bouche d’un saint qui en a tiré les conséquences les plus dures ! Son séjour dans la demeure paternelle fut une grande « épreuve qu’il supporta » (All.). Il a « tout quitté et suivi le Sauveur » ; c’est pourquoi « lorsque, au jour du renouvellement, le Fils de l’homme sera assis sur le trône de sa gloire », il régnera avec lui. Il a suivi à la lettre la parole du Maître, et, « ayant quitté pour l’amour du Christ sa maison, son père, son épouse, il a reçu le centuple et la vie éternelle ». Nous aussi nous pouvons, à la messe, participer à cette gloire. L’église de Saint-Bonaventure et Saint-Alexis, à Rome, sur l’Aventin, conserve un certain nombre de souvenirs de notre saint : on y montre dans la crypte le lieu de sa mort ; plus loin la fontaine de sa maison, et, enfin, l’escalier sous lequel il a longtemps habité.

SOURCE : http://www.introibo.fr/17-07-St-Alexis-confesseur

SAINT ALEXIS *

Alexis vient de a, qui veut dire beaucoup, et lexis, qui signifie sermon. De là Alexis, qui est très fort sur la parole de Dieu.

Alexis fut le fils d'Euphémien, homme d'une haute noblesse à Rome, et le premier à la cour de l’empereur : il avait pour serviteurs trois mille jeunes esclaves revêtus de ceintures d'or et d'habits de soie. Or, le préfet Euphémien était rempli de miséricorde, et tous les jours, dans sa maison, on dressait trois tables pour les pauvres, les orphelins, les veuves et les pèlerins qu'il servait avec empressement; et à l’heure de none, il prenait lui-même son repas dans la crainte du Seigneur avec des personnages religieux. Sa femme nommée Aglaë avait la même dévotion et les mêmes goûts. Or, comme ils n'avaient point d'enfant, à leurs prières Dieu accorda un fils, après la naissance duquel ils prirent la ferme résolution de vivre désormais dans la chasteté. L'enfant fut instruit dans les sciences libérales, et après avoir brillé dans tous les arts de la philosophie, et avoir atteint l’âge de puberté, on lui choisit une épouse de la maison de; l’empereur et on le maria. Arriva l’heure de la nuit où il alla avec son épouse dans la chambre nuptiale : alors le saint jeune homme commença par instruire cette jeune personne de la crainte de Dieu, et à la porter à conserver la pudeur de la virginité. Ensuite il lui donna son anneau d'or et le bout de la ceinture qu'il portait en lui disant de les conserver: « Reçois ceci, et conserve-le tant qu'il plaira à Dieu, et que le Seigneur soit entre nous. » Après quoi il prit de ses biens, alla. à la mer et s'embarqua à la dérobée sur un vaisseau qui faisait voile pour Laodicée, d'où il partit pour Edesse, ville de Syrie, dans laquelle on conservait un portrait de Notre-Seigneur J.-C. peint sur .un linge sans que l’homme y ait mis la main. Quand il y fut arrivé, il distribua aux pauvres tout ce qu'il avait apporté avec soi, puis se revêtant de mauvais habits, il commença par se joindre aux autres pauvres qui restaient sous le porche de l’église de la Vierge Marie. Il gardait des aumônes ce qui pouvait lui suffire; le reste, il le donnait aux pauvres. Cependant, son père; inconsolable de la disparition de son fils, envoya ses serviteurs par tous pays, afin de le chercher avec soin. Quelques-uns vinrent à Edesse et Alexis les reconnut; mais eux ne le reconnurent point, et même ils lui donnèrent l’aumône comme aux autres pauvres. En l’acceptant, il rendit grâces à Dieu en disant « Je vous rends grâces, dit-il, Seigneur, de ce que vous  m’avez fait recevoir l’aumône de mes serviteurs. » A leur retour, ils annoncèrent au père qu'on n'avait pu le trouver en aucun lieu. Quant à sa mère, à partir du Jour de son départ, elle étendit un sac sur le pavé de sa chambre, où au milieu de ses veilles, elle poussait ces cris lamentables : « Toujours je demeurerai ici dans le deuil, jusqu'à ce que j'aie retrouvé mon fils. » Pour son épouse, elle dit à sa belle-mère : « Jusqu'à ce que j'entende parler de mon très cher époux, semblable à une tourterelle; je resterai dans la solitude avec vous.» Or, la dix-septième année qu'Alexis demeurait dans le. service de Dieu sous le porche dont il a été question plus haut, une image de la Sainte Vierge qui se trouvait là, dit enfin au custode de l’église : « Fais entrer l’homme de Dieu, parce qu'il est digne du royaume du ciel et l’Esprit divin repose sur lui : sa prière s'élève comme l’encens en la présence de Dieu. » Et comme le custode ne savait de qui la Vierge parlait, elle ajouta : « C'est celui qui est assis dehors sous le porche. » Alors le custode se hâta de sortir et fit entrer Alexis dans l’église. Ce fait étant venu à la connaissance du public, on se mit à lui donner dés marques de vénération; mais Alexis, fuyant la vaine gloire, quitta Edesse et vint à Laodicée, où il s'embarqua dans l’intention d'aller à Tharse de Cilicie ; cependant Dieu en disposa autrement, car le navire, poussé par le vent, aborda au port de Rome. Quand Alexis eut vu cela, il se dit en lui-même : « Je resterai inconnu dans la maison de mon père et je ne serai à charge à aucun autre. » Il rencontra son père qui revenait du palais entouré d'une multitude de gens obséquieux, et il se mit à lui crier : « Serviteur de Dieu, je suis un pèlerin, fais-,moi recevoir dans ta maison, et laisse-moi me nourrir des miettes de ta table, afin que le Seigneur daigne avoir pitié de toi, à ton tour, qui es pèlerin aussi. » En entendant ces mots, le père, par amour pour son fils, l’introduisit chez lui ; il lui donna un lieu particulier dans sa maison, lui envoya de la nourriture de sa table; en chargeant quelqu'un d'avoir soin de lui. Alexis persévérait dans la prière, macérait son corps par les jeûnes et par les veilles. Les serviteurs de la maison se moquaient de lui à tout instant; souvent ils lui jetaient sur la tête l’eau qui avait servi, et l’accablaient d'injures : mais il supportait tout avec une grande patience. Il demeura donc inconnu de la sorte pendant dix-sept ans dans la maison de son père.

Ayant vu en esprit que le terme de sa vie était proche, il demanda du papier, et de l’encre; et il écrivit le récit de toute sa vie. Un jour de dimanche, après la messe solennelle, une voix se fit entendre dans le sanctuaire en disant : « Venez à moi, vous tous qui travaillez et qui êtes fatigués et je vous soulagerai. », Quand on entendit cela, on fut effrayé; tout le monde e jeta la face contre terre, quand pour la seconde fois, la voix se fit entendre et dit : « Cherchez l’homme de Dieu afin qu'il prie pour Rome. » Les recherches n'ayant abouti à rien, la voix dit de nouveau: « C'est dans la maison d'Euphémien que vous devez chercher. » On s'informa auprès de lui, et il dit qu'il ne savait pas de qui on voulait parler. Alors les empereurs Arcadius et Honorius vinrent avec le pape Innocent à la maison d'Euphémien : et voilà que celui qui était chargé d'Alexis vint trouver son maître et lui dire : « Voyez, Seigneur, si ce ne serait pas notre pèlerin ; car vraiment c'est un homme d'une grande patience. » Euphémien courut aussitôt, mais il le trouva mort: il vit sa figure toute resplendissante comme celle d'un ange: ensuite il voulut prendre le papier qu'il avait dans la main, mais il ne put l’ôter. En sortant il raconta ces détails aux empereurs et aux pontifes qui, étant entrés dans le lieu où gisait le pèlerin, dirent : « Quoique pécheurs, nous avons cependant le gouvernement du royaume; et l’un de nous a la charge du gouvernement pastoral de l’Eglise universelle, donne-nous donc ce papier :afin que nous sachions ce qui y est écrit: » Le pape s'approchant prit le papier, que le défunt laissa aussitôt échapper, et il le fit lire devant tout le peuple, en présence du père lui-même. Alors Euphémien, qui entendait cela, fut saisi d'une violente douleur; il perdit connaissance et tomba pâmé sur la terre. Revenu un peu à lui, il déchira ses vêtements, s'arracha les cheveux blanchis, se tira la barbe, et se déchira lui-même de ses propres mains, puis se jetant sur le corps de son fils, il criait : « Malheureux que je suis ! pourquoi, mon fils, pourquoi  m’as-tu contristé de la sorte ? pourquoi pendant tant d'années  m’as-tu plongé dans la douleur et les gémissements ? Ah! que je suis malheureux de te voir, toi, le bâton de ma vieillesse, étendu sur un grabat! tu ne parles pas : ah! misérable que je suis ! quelle consolation pourrai-je jamais goûter maintenant? » Sa mère en entendant cela, semblable à une lionne qui a brisé le piège où elle était prise, s'arrache les vêtements, se rue échevelée, lève les yeux au ciel, et comme la foule était si épaisse qu'elle ne pouvait arriver jusqu'au saint corps, elle criait: « Laissez-moi passer, que je voie mon fils, que je voie la consolation de mon âme, celui qui a,sucé mes mamelles. » Arrivée au corps, elle se jeta sur, lui en criant : « Quel malheur pour moi! mon fils,, la lumière de mes yeux, qu'as-tu fait là? pourquoi avoir agi si cruellement envers nous? Tu voyais ton père et ta malheureuse mère en larmes, et tu ne te faisais pas connaître à nous ! Tes esclaves t'injuriaient et tu le supportais ! » Et à chaque instant elle se jetait sur le corps, tantôt étendant les bras sur lui, tantôt caressant de ses mains ce visage angélique, tantôt l’embrassant : « Pleurez tous avec moi, s'écriait-elle ; puisque, pendant dix-sept ans, je l’ai eu dans ma maison et je n'ai pas su que ce fût mon fils. Et encore il y avait des esclaves qui l’insultaient et qui l’outrageaient en le souffletant! Suis-je malheureuse! qui donnera à mes yeux une fontaine de larmes pour pleurer nuit et jour celui qui est la douleur de mon âme ? » La femme d'Alexis, vêtue d'habits de deuil, accourut baignée de larmes. « Quel malheur pour moi! quelle désolation! me voici veuve, je n'ai plus personne à regarder et sur lequel j'aie à lever les yeux. » Mon miroir est brisé, l’objet de mon espoir a péri. Aujourd'hui. commence pour moi une douleur qui n'aura point de fin. » Le peuple témoin de ce spectacle versait d'abondantes larmes. Alors le pontife et les empereurs avec lui placèrent le corps sur un riche brancard, et le conduisirent au milieu de la ville. On annonçait au peuple qu'on avait trouvé l’homme de Dieu que tous les citoyens recherchaient. Tout le monde courait au-devant du saint. Y avait-il un infirme? il touchait ce très saint corps, et aussitôt il était guéri ; les aveugles recouvraient la vue, les possédés du démon étaient délivrés; tous ceux qui étaient souffrants de n'importe quelle infirmité recevaient guérison. Les empereurs, à la vue de tous ces prodiges, voulurent porter eux-mêmes, avec le souverain pontife, le lit funèbre, pour être sanctifiés aussi par ce corps saint. Alors les empereurs firent jeter une grande quantité d'or et d'argent sur les places publiques, afin que la foule, attirée par l’appât de cette monnaie, laissât parvenir le corps du saint jusqu'à l’église. Mais la populace qui ne tint aucun compte de l’argent, se portait de plus en plus auprès du corps saint pour le toucher. Enfin ce fut après de grandes difficultés qu'on parvint à le conduire à l’église de saint Boniface, martyr; on l’y laissa sept jours qui furent consacrés à la prière. Pendant ce temps on éleva un tombeau avec de l’or et des pierres précieuses de toute nature, et on y plaça le saint corps avec grande vénération. Il en émanait une odeur si suave que tout le monde le pensait plein d'aromates. Or, saint Alexis mourut le 16 des calendes d'août, vers l’an 398.

* Sigebert de Gemblours, Chron, an., 405.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdcccci


SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome02/094.htm

Saint Alexis


Saint Alexis was the only son of a rich Roman senator. From his good Christian parents, he learned to be charitable to the poor. Alexis wanted to give up his wealth and honors but his parents had chosen a rich bride for him. Because it was their will, he married her. Yet right on his wedding day, he obtained her permission to leave her for God. Then, in disguise, he traveled to Syria in the East and lived in great poverty near a Church of Our Lady.
One day, after seventeen years, a picture of our Blessed Mother spoke to tell the people that this beggar was very holy. She called him “The man of God.” when he became famous, which was the last thing he wanted, he fled back to Rome. He came as a beggar to his own home. His parents did not recognize him, but they were very kind to all poor people and so they let him stay there. In a corner under the stairs, Alexis lived for seventeen years.
He used to go out only to pray in church and to teach little children about God. The servants were often very mean to him, and though he could have ended all these sufferings just by telling his father who he was, he chose to say nothing. What great courage and strength of will that took!
After Alexis died, his family found a note on his body which told them who he was and how he had lived his life of penance from the day of his wedding until then, for the love of God.


SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/alexis/

St. Alexius

Confessor.

According to the most recent researches he was an Eastern saint whose veneration was transplanted from the Byzantine empire to Rome, whence it spread rapidly throughout western Christendom. Together with the name and veneration of the Saint, his legend was made known to Rome and the West by means of Latin versions and recensions based on the form current in the Byzantine Orient. This process was facilitated by the fact that according to the earlier Syriac legend of the Saint, the "Man of God," of Edessa (identical with St. Alexius) was a native of Rome. The Greek legend, which antedates the ninth century and is the basis of all later versions, makes Alexius the son of a distinguished Roman named Euphemianus. The night of his marriage he secretly left his father's house and journeyed to Edessa in the Syrian Orient where, for seventeen years, he led the life of a pious ascetic. As the fame of his sanctity grew, he left Edessa and returned to Rome, where, for seventeen years, he dwelt as a beggar under the stairs of his father's palace, unknown to his father or wife. After his death, assigned to the year 417, a document was found on his body, in which he revealed his identity. He was forthwith honoured as a saint and his father's house was converted into a church placed under the patronage of Alexius. In this expanded form the legend is first found in a hymn (canon) of the Greek hymnographer Josephus (d. 883). It also occurs in a Syrian biography of Alexius, written not later than the ninth century, and which presupposes the existence of a Greek life of the Saint. The latter is in turn based on an earlier Syriac legend (referred to above), composed at Edessa between 450 and 475. Although in this latter document the name of Alexius is not mentioned, he is manifestly the same as the "Man of God" of whom this earlier Syriac legend relates that he lived in Edessa during the episcopate of Bishop Rabula (412-435) as a poor beggar, and solicited alms at the church door. These he divided among the rest of the poor, after reserving barely enough for the absolute necessities of life. He died in the hospital and was buried in the common grave of the poor. Before his death, however, he revealed to one of the church servants that he was the only son of distinguished Roman parents. After the Saint's death, the servant told this to the Bishop. Thereupon the grave was opened, but only his pauper's rags were now found therein. How far this account is based on historical tradition is hard to determine. Perhaps the only basis for the story is the fact that a certain pious ascetic at Edessa lived the life of a beggar and was later venerated as a saint. In addition to this earlier Syriac legend, the Greek author of the later biography of St. Alexius, which we have mentioned above as having been written before the ninth century, probably had in mind also the events related in the life of St. John Calybata, a young Roman patrician, concerning whom a similar story is told. In the West we find no trace of the name Alexius in any martyrology or other liturgical book previous to the end of the tenth century; he seems to have been completely unknown. He first appears in connection with St. Boniface as titular saint of a church on the Aventine at Rome. On the site now occupied by the church of Sant' Alessio there was at one time a diaconia, i.e. an establishment for the care of the poor of the Roman Church. Connected with this was a church which by the eighth century had been in existence for some time and was dedicated to St. Boniface. In 972 Pope Benedict VII transferred the almost abandoned church to the exiled Greek metropolitan, Sergius of Damascus. The latter erected beside the church a monastery for Greek and Latin monks, soon made famous for the austere life of its inmates. To the name of St. Boniface was now added that of St. Alexius as titular saint of the church and monastery. It is evidently Sergius and his monks who brought to Rome the veneration of St. Alexius. The Oriental Saint, according to his legend a native of Rome, was soon very popular with the folk of that city. Among the frescoes executed towards the end of the eleventh century in the Roman basilica of St. Clement (now the lower church of San Clemente) are very interesting representations of events in the life of St. Alexius. His feast is observed on the 17th of July, in the West; in the East, on the 17th of March. The church of Sts. Alexius and Boniface on the Aventine has been renovated in modern times but several medieval monuments are still preserved there. Among them the visitor is shown the alleged stairs of the house of Euphemianus under which Alexius is said to have lived.

Sources

Acta SS., July, IV, 238 sqq.; Analecta Bollandiana, XIX, 241 sqq. (1900); DUCHESNE, Les légendes chrétiennes de l'Aventin; Notes sur la topographie de Rome au moyen-age, N. VII, in Mélanges d'archeol. et d'hist., X, 234 sqq. (1890); AMIAND, La légende Syriaque de S. Alexis, l'Homme de Dieu (Paris, 1899); KONRAD VON WURZBURG, Das Leben des hl. Alexius (Berlin, 1898); MASSMANN, St. Alexius Leben (Quedlinburg and Leipzig, 1843); NERINIUS, De templo et coenobio Sanctorum Bonifatii et Alexii (Rome, 1752); BUTLER, Lives, 17 July.

Kirsch, Johann Peter. "St. Alexius." The Catholic Encyclopedia. Vol. 1. New York: Robert Appleton Company, 1907. 23 Apr. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/01307b.htm>.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/01307b.htm