lundi 9 juillet 2012

Sainte VÉRONIQUE GIULIANI, vierge clarisse


SAINTE VÉRONIQUE GIULIANI

Vierge, Clarisse

(1660-1727)

Sainte Véronique Giuliani eut une enfance tout extraordinaire: le mercredi, le vendredi et le samedi, jours consacrés à honorer la Passion de Jésus-Christ et la Sainte Vierge, elle n'acceptait le lait de sa mère ou toute autre nourriture que deux fois et en petite quantité, prélude des grands jeûnes de sa vie. Six mois après sa naissance, elle s'échappa des bras de sa mère et alla d'un pas ferme, toute seule, vénérer un tableau attaché à la muraille et représentant le mystère du jour. À partir de ce moment, elle marcha sans le secours de personne. Un an après, accompagnant sa mère dans un magasin, elle dit d'une voix claire au marchand, qui trompait sur le poids: "Soyez juste, car Dieu vous voit."

À trois ans, elle avait des communications familières avec Jésus et Marie. Quelques fois l'image de Marie portant Jésus devenait vivante, et, se détachant du cadre, descendait dans ses bras. Un matin qu'elle cueillait des fleurs pour orner l'image de Jésus et de Marie, Jésus lui dit: "Je suis la Fleur des champs." Charitable pour les indigents dès son bas âge, un jour elle donna une paire de souliers à un pauvre, et, quelques temps après, elle les vit aux pieds de la Sainte Vierge, tout éclatants de pierreries.

Elle fit, à douze ans, voeu de se consacrer à Dieu. Bientôt, recherchée par de brillants partis, elle répondit simplement: "C'est inutile, je serai religieuse." Elle entra à dix-sept ans chez les Clarisses. Elle ne connut point les essais de cette nouvelle vie, et se trouva dès le premier jour religieuse parfaite.

Sa grâce spéciale fut de porter en elle la ressemblance de Jésus crucifié, dont elle méditait sans cesse la Passion. Elle eut son couronnement d'épines, qui laissa des traces douloureuses et inguérissables sur sa tête; elle sentit, un jour de Vendredi saint, la douleur du crucifiement, et le Sauveur, lui apparaissant, laissa sur ses pieds, ses mains et sa poitrine, des stigmates tout saignants. Les grâces extraordinaires que reçut Véronique furent achetées au prix de grandes épreuves.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/sainte_veronique_giuliani.html



BENOÎT XVI



AUDIENCE GÉNÉRALE



Salle Paul VI



Mercredi 15 décembre 2010



Sainte Véronique Giuliani


Chers frères et sœurs,

Je voudrais présenter aujourd'hui une mystique qui n'est pas de l'époque médiévale; il s'agit de sainte Véronique Giuliani, une moniale clarisse capucine. La raison en est que le 27 décembre prochain nous fêterons le 350ème anniversaire de sa naissance. Città di Castello (Italie), le lieu où elle vécut la majeure partie de sa vie et où elle mourut, tout comme Mercatello — son village natal — et le diocèse d'Urbin, vivent avec joie cet événement.

Véronique naît donc le 27 décembre 1660 à Mercatello, dans la vallée du Metauro, de Francesco Giuliani et Benedetta Mancini; elle est la dernière de sept sœurs, dont trois autres embrasseront la vie monastique; elle reçoit le nom d'Ursule. A l'âge de sept ans, elle perd sa mère, et son père part s'installer à Piacenza comme surintendant des douanes du duché de Parme. Dans cette ville, Ursule sent grandir en elle le désir de consacrer sa vie au Christ. L'appel se fait de plus en plus pressant, si bien qu'à 17 ans, elle entre dans la stricte clôture du monastère des clarisses capucines de Città di Castello, où elle demeurera toute sa vie. Elle y reçoit le nom de Véronique, qui signifie «image véritable » et, en effet, elle devient l'image véritable du Christ crucifié. Un an plus tard elle prononce sa profession religieuse solennelle: pour elle commence le chemin de configuration au Christ à travers beaucoup de pénitences, de grandes souffrances et plusieurs expériences mystiques liées à la Passion de Jésus: le couronnement d'épines, le mariage mystique, la blessure au cœur et les stigmates. En 1716, à 56 ans, elle devient abbesse du monastère et sera reconfirmée dans ce rôle jusqu'à sa mort, en 1727, après une terrible agonie de 33 jours, qui culmine dans une joie profonde, si bien que ses dernières paroles furent: «J'ai trouvé l'Amour, l'Amour s'est laissé voir! C'est la cause de ma souffrance. Dites-le à toutes, dites-le à toutes!» (Summarium Beatificationis, 115-120). Le 9 juillet, elle quitte sa demeure terrestre pour la rencontre avec Dieu. Elle a 67 ans, cinquante desquels passés dans le monastère de Città di Castello. Elle est proclamée sainte le 26 mai 1839 par le Pape Grégoire XVI.

Véronique Giuliani a beaucoup écrit: des lettres, des textes autobiographiques, des poésies. La source principale pour reconstruire sa pensée est toutefois son Journal, commencé en 1693: vingt-deux mille pages manuscrites, qui couvrent une période de trente-quatre ans de vie de clôture. L'écriture coule avec spontanéité et régularité, on n'y trouve pas de ratures ou de corrections, ni de signes de ponctuation ou de division en chapitres ou parties selon un dessein préalable. Véronique ne voulait pas composer une oeuvre littéraire: elle fut obligée par le Père Girolamo Bastianelli, religieux de Saint-Philippe, en accord avec l'évêque diocésain Antonio Eustachi, de mettre ses expériences par écrit.

Sainte Véronique a une spiritualité fortement christologique et sponsale: c'est l'expérience d'être aimée par le Christ, Epoux fidèle et sincère, et de vouloir y répondre avec un amour toujours plus intense et passionné. En elle, tout est interprété dans une perspective d'amour, et cela lui donne une profonde sérénité. Toute chose est vécue en union avec le Christ, par amour pour lui et avec la joie de pouvoir Lui démontrer tout l'amour dont est capable une créature.

Le Christ auquel Véronique est profondément uni est le Christ souffrant de la passion, la mort et la résurrection; c'est Jésus dans l'acte de s'offrir au Père pour nous sauver. De cette expérience dérive aussi l'amour intense et souffrant pour l'Eglise, sous la double forme de la prière et de l'offrande. La sainte vit dans cette optique: elle prie, elle souffre, elle cherche la «pauvreté sainte», comme une «expropriation», une perte de soi (cf. ibid., III, 523), pour être précisément comme le Christ qui a tout donné de lui-même.

A chaque page de ses écrits, Véronique recommande quelqu'un au Seigneur, dans des prières d'intercession et par l'offrande d'elle-même dans toute souffrance. Son cœur s'ouvre à tous «les besoins de la Sainte Eglise», en vivant avec anxiété le désir de salut de «tout l'univers et du monde» (ibid., III-IV, passim). Véronique s’écrie: «O hommes et femmes pécheurs... tous et toutes venez au cœur de Jésus; venez au bain de son précieux sang... Il vous attend les bras ouverts pour vous embrasser » (ibid., II, 16-17). Animée d'une ardente charité, elle apporte à ses sœurs du monastère attention, compréhension, pardon; elle offre ses prières et ses sacrifices pour le Pape, son évêque, les prêtres, et pour toutes les personnes dans le besoin, y compris les âmes du purgatoire. Elle résume sa mission contemplative par ces mots: «Nous ne pouvons pas aller prêcher par le monde et convertir les âmes, mais nous sommes obligées de prier sans cesse pour toutes les âmes qui offensent Dieu... en particulier par nos souffrances, c'est-à-dire par un principe de vie crucifiée» (ibid., IV, 877). Notre sainte conçoit cette mission comme «être au milieu» entre les hommes et Dieu, entre les pécheurs et le Christ crucifié.

Véronique vit en profondeur la participation à l'amour souffrant de Jésus, certaine que «souffrir avec joie» est la «clé de l'amour» (cf. ibid., I, 299.417; III, 330.303.871; IV, 192). Elle souligne que Jésus souffre pour les péchés des hommes, mais aussi pour les souffrances que ses fidèles serviteurs allaient devoir supporter au cours des siècles, au temps de l'Eglise, précisément pour leur foi solide et cohérente. Elle écrit: «Son Père éternel lui fit voir et entendre à ce moment-là toutes les souffrances que devaient endurer ses élus, les âmes qui lui étaient le plus chères, celles qui profiteraient de Son Sang et de toutes ses souffrances» (ibid., II, 170). Comme le dit de lui-même l'apôtre Paul: «Je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous, car ce qu'il reste à souffrir des épreuves du Christ, je l'accomplis dans ma propre chair, pour son corps qui est l'Eglise» (Col 1, 24). Véronique en arrive à demander à Jésus d'être crucifié avec Lui: «En un instant — écrit-elle —, je vis sortir de ses très saintes plaies cinq rayons resplendissants; et tous vinrent vers moi. Et je voyais ces rayons devenir comme de petites flammes. Dans quatre d'entre elles, il y avait les clous; et dans l'une il y avait la lance, comme d'or, toute enflammée: et elle me transperça le cœur, de part en part... et les clous traversèrent mes mains et mes pieds. Je ressentis une grande douleur; mais, dans la douleur elle-même, je me voyais, je me sentais toute transformée en Dieu» (Journal, I, 897).

La sainte est convaincue qu'elle participe déjà au Royaume de Dieu, mais dans le même temps elle invoque tous les saints de la patrie bienheureuse pour qu'ils viennent à son aide sur le chemin terrestre de sa donation, dans l'attente de la béatitude éternelle; telle est l'aspiration constante de sa vie (cf. ibid. II, 909; v. 246). Par rapport à la prédication de l'époque, souvent axée sur le «salut de l'âme» en termes individuels, Véronique fait preuve d'un profond sens de «solidarité», de communion avec tous ses frères et sœurs en marche vers le Ciel, et elle vit, elle prie et elle souffre pour tous. En revanche, les choses qui ne sont pas ultimes, terrestres, bien qu'appréciées au sens franciscain comme un don du Créateur, apparaissent toujours relatives, entièrement subordonnées au «goût» de Dieu et sous le signe d'une pauvreté radicale. Dans la communio sanctorum, elle éclaircit son don ecclésial, ainsi que la relation entre l'Eglise en pèlerinage et l'Eglise céleste. «Tous les saints — écrit-elle — sont là-haut grâce aux mérites et à la passion de Jésus; mais ils ont coopéré à tout ce qu'a fait notre Seigneur, si bien que leur vie a été entièrement ordonnée, réglée par ses œuvres elles-mêmes» (ibid., III, 203).

Dans les écrits de Véronique, nous trouvons de nombreuses citations bibliques, parfois de manière indirecte, mais toujours ponctuelle: elle fait preuve d'une familiarité avec le Texte sacré, dont se nourrit son expérience spirituelle. Il faut en outre noter que les moments forts de l'expérience mystique de Véronique ne sont jamais séparés des événements salvifiques célébrés dans la liturgie, où trouvent une place particulière la proclamation et l'écoute de la Parole de Dieu. Les Saintes Ecritures illuminent, purifient, confirment donc l'expérience de Véronique, la rendant ecclésiale. D'autre part, cependant, c'est précisément son expérience, ancrée dans les Saintes Ecritures avec une intensité sans égale, qui conduit à une lecture plus approfondie et «spirituelle» du Texte sacré luimême, entre dans la profondeur cachée du texte. Non seulement elle s'exprime avec les paroles des Saintes Ecritures, mais réellement, elle vit aussi de ces paroles, elles se font vie en elle.

Par exemple, notre sainte cite souvent l'expression de l'apôtre Paul: «Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?» (Rm 8, 31, cf. Journal, 1, 714 ; II, 116.1021; III, 48). En elle, l'assimilation de ce texte paulinien, cette grande confiance et cette joie profonde, devient un fait accompli dans sa personne elle-même: «Mon âme — écrit-elle — a été liée par la volonté divine et je me suis vraiment établie et arrêtée pour toujours dans la volonté de Dieu. Il me semblait que je n'aurais plus jamais à me séparer de cette volonté de Dieu et je revins en moi avec ces paroles précises: rien ne pourra me séparer de la volonté de Dieu, ni les angoisses, ni les peines, ni les tourments, ni le mépris, ni les tentations, ni les créatures, ni les démons, ni l'obscurité, et pas même la mort, car, dans la vie et dans la mort, je veux entièrement, et en tout, la volonté de Dieu» (Journal, IV, 272). Ainsi avons-nous, nous aussi, la certitude que la mort n'a pas le dernier mot, nous sommes enracinés dans la volonté de Dieu et ainsi réellement dans la vie, à jamais.

Véronique se révèle, en particulier, un témoin courageux de la beauté et de la puissance de l'Amour divin, qui l'attire, l'envahit, l'embrase. C'est l'amour crucifié qui s'est imprimé dans sa chair, comme dans celle de saint François d'Assise, avec les stigmates de Jésus. «Mon épouse — me murmure le Christ crucifié — les pénitences que tu accomplis pour ceux que j'ai en disgrâce me sont chères... Ensuite, détachant un bras de la croix, il me fit signe de m'approcher de son côté... Et je me retrouvais entre les bras du Crucifié. Je ne peux pas raconter ce que j'éprouvais à ce moment: j'aurais voulu être toujours dans son très saint côté» (ibid., I, 37). Il s'agit également de son chemin spirituel, de sa vie intérieure: être dans les bras du crucifié et être aimé dans l'amour du Christ pour les autres. Avec la Vierge Marie également, Véronique vit une relation de profonde intimité, témoignée par les paroles qu'elle entend un jour la Vierge lui adresser et qu'elle rapporte dans son Journal: «Je te fis reposer en mon sein, tu connus l'union avec mon âme, et par celle-ci tu fus, comme en vol, conduite devant Dieu» (IV, 901).

Sainte Véronique Giuliani nous invite à faire croître, dans notre vie chrétienne, l'union avec le Seigneur dans notre proximité avec les autres, en nous abandonnant à sa volonté avec une confiance complète et totale, et l'union avec l'Eglise, Epouse du Christ; elle nous invite à participer à l'amour souffrant de Jésus Crucifié pour le salut de tous les pécheurs; elle nous invite à garder le regard fixé vers le Paradis, but de notre chemin terrestre où nous vivrons avec un grand nombre de nos frères et sœurs la joie de la pleine communion avec Dieu; elle nous invite à nous nourrir quotidiennement de la Parole de Dieu pour réchauffer notre cœur et orienter notre vie. Les dernières paroles de la sainte peuvent être considérées comme la synthèse de son expérience mystique passionnée: «J'ai trouvé l'Amour, l'Amour s'est laissé voir!». Merci.

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Je salue cordialement les pèlerins de langue française, particulièrement les lycéens de Toulon. Avec sainte Véronique, puissiez-vous dire de votre rencontre avec le Christ: «J'ai trouvé l'Amour, l'Amour s'est laissé voir»! A tous je souhaite une bonne préparation aux fêtes de Noël.

© Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2010/documents/hf_ben-xvi_aud_20101215_fr.html


Sainte Véronique Giuliani


Véronique Giuliani, née le 27 décembre 1660 à Mercatello, dans les Marches en Italie, jouit dès son enfance d'une familiarité inouïe avec le Christ ; elle est saisie très jeune par le désir de Dieu et elle supporte mal l'indifférence des gens envers son Seigneur. A dix-sept ans elle entre au monastère des Clarisses Capucines de Citta di Castello (près de Pérouse), où elle reçoit le nom de Véronique et, à l'école de Claire, est fascinée par le Christ crucifié. Elle devient bientôt abbesse et perd son intransigeance, se montre patiente et miséricordieuse, proportionnant les exigences aux conditions personnelles des Sœurs. Sa vie d'union au Christ est si intense qu'elle est favorisée des stigmates (marques dans sa chair de la Passion du Christ) et des empreintes de la Couronne d'épines, ce qui provoque la méfiance et plusieurs enquêtes du Saint-Office de l'époque. Dans son Diario (journal), écrit par ordre de son confesseur, elle rapporte en une langue limpide et fort belle, ses multiples et singulières expériences mystiques. Elle meurt le 9 juillet 1727 et est canonisée en 1839 par le Pape Grégoire XVI.

L'Amour s'est laissé rencontrer

Parmi les illustres sœurs de sainte Claire, sainte Véronique Giuliani est sans doute l'une des plus remarquables. Elle est aussi particulièrement représentative de la réforme capucine.

Après la fondation par Maria Lorenza Longo, les monastères de Clarisses capucines se multiplièrent rapidement en Italie et c'est dans l'un d'eux, à Citta di Castello, en Ombrie, que sainte Véronique entra, en plein âge d'or de la vie capucine. Elle est considérée comme l'une des plus sublimes figures de la mystique baroque.

« Tous m'appelaient feu »

Ursule voit le jour à Mercatello d'Urbino en 1660 ; elle est la dernière d'un foyer aisé et très pieux où vécurent cinq filles dont quatre devinrent clarisses ! Dans ses écrits, elle nous a laissé mille épisodes de son enfance choyée de petite fille affectueuse et turbulente. Sa mère meurt alors qu'elle n'a que 7 ans. Adolescente adulée par son père, elle aime les divertissements mais depuis sa tendre enfance, Dieu la fascine. Très tôt, elle vit dans une étonnante familiarité avec l'Enfant Jésus et sa Mère, elle se sait aimée d'un amour de prédilection ; elle découvre l'insondable mystère d'amour et de souffrance du Christ Jésus et se sent poussée à lui rendre « sang pour sang », dans l'imitation, la compassion, l'expiation.

À 17 ans, elle entre chez les capucines de Citta di Castello et se plonge avec fougue dans sa nouvelle vie. Elle fait profession le 1er novembre 1678 sous le nom de Véronique. En 1688, elle est nommée maîtresse des novices. Mais lorsque (après bien d'autres manifestations qui nous déroutent aujourd'hui) elle reçoit le 5 avril 1697 l'impression des stigmates de la Passion, l'abbesse avertit le Saint Office.

Cela valut à sainte Véronique de multiples épreuves, des examens humiliants qu'elle supporta avec patience et douceur : elle est privée de voix active et passive au Chapitre du monastère, isolée du monde extérieur. En 1716 enfin, le Saint Office lève les interdictions : sainte Véronique est alors élue abbesse et se révèle une supérieure remarquable tant pour l'animation spirituelle de la communauté que pour son étonnant sens pratique. Elle restera à la tête du monastère jusqu'à sa mort, survenue le 9 juillet 1727 à la suite d'une attaque d'hémiplégie. Béatifiée en 1804, elle fut canonisée en 1839.

" J'écris pour obéir "

Sur l'ordre de ses confesseurs, sainte Véronique écrivit son « Diario » son journal (22 000 pages manuscrites, écrites au jour le jour et qui couvrent 37 années de sa vie) ainsi que diverses relations autobiographiques. Nous sont parvenues également quelques 500 lettres d'elle. Cet ensemble est d'une grande richesse : dans une langue sobre et belle, Véronique dépeint sur le vif, avec précision et simplicité, ses expériences spirituelles. Aux dires des spécialistes, « il n'est pas de phénomènes de l'âme et du corps, de tous ceux que dénombre l'hagiographie, qu'elle n'ait éprouvés et décrits, et elle en a expérimenté d'autres absolument inédits » (P. Lazare Iriarte).

Elle étonne les théologiens par ses intuitions doctrinales, n'hésitant pas à forger des termes nouveaux (« intrinsection ») lorsqu'elle n'a pas de mot adéquat à sa disposition. Pourtant, à certaines pages, ses propos délirants d'amour, la relation de ses pénitences cruelles, l'extravagance de son comportement, découragent facilement les lecteurs modernes.

" L'amour en est la cause"

Certains auteurs contemporains qui se penchent sur elle, mettent en lumière les étapes de son évolution spirituelle : l’amour inconditionnel de Dieu et des hommes en est la ligne de fond ; quant aux phénomènes spectaculaires à remettre dans le contexte d'une époque et d'un tempérament , ils se situent dans les jeunes années de Véronique. Ils culminent avec l'impression des stigmates ; à partir de cette date, la configuration au Christ crucifié ira s'intériorisant. Sa soif de pénitences sanglantes disparaîtra et se transformera en un renoncement vigilant à toute volonté propre et en don de soi joyeux à ses sœurs. Les épreuves qu'elle s'était imposées, celles qui sont venues de l'extérieur, sa docilité ardente à la volonté de Dieu, sa familiarité avec la Vierge Marie la conduisirent peu à peu à cette transformation déifiante qu'elle a décrite comme un « être avec Dieu », un « nager en Dieu ».

Actualité de Véronique

Si les grâces mystiques de sainte Véronique nous déroutent un peu, il faut souligner aussi combien elle est attachante, proche de nous. De tempérament enjoué, elle aimait rire et faire rire. Elle avait de l'imagination à revendre ; sa générosité envers les pauvres confinait à la prodigalité. Affectueuse et sensible, elle était une compagne agréable.

La vie religieuse développa et affina ces qualités. Dans les emplois qui lui furent confiés (cuisine, infirmerie), elle se montre dévouée et discrète. Responsable du noviciat puis de la communauté, elle entraîne sur les chemins de la prière et de la sainteté. Son amour des pauvres s'élargit en amour du Pauvre par excellence, le Christ Jésus, et en amour des pauvres pécheurs. Femme au coeur tendre, elle tremble devant les pénitences qu'elle est inspirée de s'infliger, mais courageuse et cocasse, elle se moque de sa pauvre nature affolée, son « humanité », comme elle la nomme : « Mon humanité regimbait sous l'aiguillon, mais je fermais l'oreille à ses lamentations et je la faisais taire à coups de pénitences. »

Avec l'évêque, les confesseurs, elle fait preuve d'une sincérité, d'une humilité et d'une obéissance bouleversantes. Perplexe sur son propre cas, elle écrit même: « Je me défie toujours de moi, d'autant que nous, femmes, sommes expertes en tromperie. Aussi laissai je tout cela comme c'est sous le regard de Dieu. »

À la fin de sa vie, parvenue au sommet de son expérience mystique, elle garde étonnamment les pieds sur terre : abbesse, elle fait construire une nouvelle aile au monastère et installer l'eau courante dans les dépendances avec un système d'avant-garde... qui fonctionnait encore en 1990 !

Fidèle disciple de François et de Claire, ses dernières paroles sont un cri d'amour triomphant, une vibrante action de grâce qu'elle veut partager avec ses sœurs :

« L'Amour s'est laissé rencontrer ! C'est la cause de ma langueur. Dites le à toutes : j'ai trouvé l'Amour ! »

SOURCE : http://monasteresigolsheim.free.fr/suite.php?newsid=52


Sainte Véronique Giuliani, vierge

e Véronique est la gloire féminine de l’Ordre des Capucins, comme son pendant, St Laurent de Brindes, Docteur de l’Église.

Sainte Véronique Giuliani (en italien Veronica Giuliani ou Veronica de Julianis ou Orsola Giuliani) est née le 27 décembre 1660 à Mercatello sul Metauro, dans la province de Pesaro et Urbino, dans les Marches, rentre chez les Capucines à 17 ans. Stigmatisée, elle meurt le 9 juillet 1727 à Città di Castello, dans la province de Pérouse, en Ombrie). Béatifiée le 17 juin 1804, et canonisée le 26 mars 1839.

L’exemple que nous a donné sainte Véronique Giuliani nous pousse à réfléchir sur la façon dont le bon Dieu se manifeste dans toute son omnipotence aux humbles, aux simples….

Que de saints même les plus proches de nous, en sont le témoignage… La question qui se pose est la suivante : comment peut-on nommer « Docteur de l’Église » quelqu’un qui ne sait rien de théologie ? C’est le cas de Véronique. La réponse est simple : Elle a eu le meilleur maître que l’on puisse désirer : Jésus. Il lui a fait vivre Sa Passion, a été son époux et, après la vie terrestre si difficile, l’a amenée avec Lui, au ciel. Pour Sainte Thérèse de Lisieux il s’est passé la même chose, en 1997 elle a été proclamée Docteur de l’Église, par Jean Paul II.

Véronique Giuliani montre l’importance de la souffrance si on l’offre à Dieu… si on la « joint » aux souffrances du Christ…. Cette souffrance, que nous fuyons toujours, a été le cœur de la vie de cette âme mystique qui a choisi de s’immoler comme victime pour le salut des âmes. Et nous, comment pourrions-nous nous comparer à ce personnage qui nous bouleverse et épouvante en même temps…. ? Nous devrions, peut-être, remettre en cause notre façon de penser, trop liée aux biens de ce monde, et, surtout, notre façon d’agir qui ne suit pas toujours la volonté divine….

Qui était Véronique… ?

Dans un paysage si ample de personnages extraordinaires, de saints doués de qualités exceptionnelles, non seulement à cause de leurs miracles (et qu’on vénère pour obtenir des grâces…), mais surtout à cause de leur grand amour pour Dieu qui les pousse à l’anéantissement total d’eux-mêmes Orsola Giuliani, appelée après avoir prononcé ses vœux, Véronique, , représente l’un des exemples les plus éclatants d’élévation spirituelle mais surtout de lutte épuisante contre sa corporéité, « la partie humaine » comme elle l’appelle, en vertu des visions et des inspirations que Jésus lui envoie pour qu’elle comprenne quels sont Ses desseins.

Elle n’a reculé devant aucun obstacle : même devant les peines corporelles les plus atroces que ses confesseurs, la croyant une créature du démon, lui infligeaient. Mais outre à désirer de souffrir toujours davantage, pour vivre dans son corps la passion envers son céleste époux et pour sauver les âmes du purgatoire, elle eut toujours une attitude de totale humilité et, surtout, d’obéissance envers ses pères spirituelles. C’est à cette obéissance qu’on doit la rédaction de son journal, que l’on peut trouver à la bibliothèque de Città di Castello où elle passa la plus grande partie de sa vie de religieuse au couvent des capucines ; il s’agit de 22.000 pages recueillies en dix tomes

Son confesseur, père Ubaldo Cappelletti, un oratorien, lui imposa, le premier, d’écrire son autobiographie, sans relire ni méditer sur ce qu’elle écrivait. Les confesseurs qui remplacèrent père Cappelletti ne cessèrent jamais de lui imposer de continuer à écrire. Elle ne leur désobéit jamais, malgré les nombreuses difficultés qu’elle rencontra au cours de la rédaction. Comme elle travaillait sans arrêt pendant toute la journée il lui arrivait souvent, en pleine nuit, de devoir écrire à nouveau des chapitres entiers.

Le journal fut publié dans les années 1895-1905, et monseigneur Annibale Maria di Francia (1851-1927) choisit le titre : Trésor caché. Pour les huit premiers tomes collabora un jésuite, père Pietro Pizzicarla ( 1895-1905 )pour les deux derniers le Prof. Umberto Bucchioni ( 1881-1946 ).

Le titre de cet ouvrage a une signification cachée : oui, un trésor caché, parce que c’est dans les endroits les plus cachés que se réfugient les huîtres qui contiennent les perles les plus rares … trésor caché, comme la vie de Véronique… renfermée dans un couvent, mais non pour cela détachée de la vie extérieure ; elle a fait siennes les fautes du monde entier et s’est soumise aux peines les plus rudes pour la conversion des pécheurs… et pourtant elle voulait être à l’écart, cachée…

Quant à ses stigmates qui déchiraient son corps et la faisaient souffrir énormément elle n’avait qu’une seule pensée dictée par sa grande humilité : pas de marques visibles sur son corps puisqu’elle jugeait être indigne de les avoir reçues. Tout à fait différents étaient les projets de Dieu à son égard : elle devait être l’image vivante de la passion du Christ, de la vraie âme qui brûle d’amour pour Lui…

Véronique a toujours « brûlé » d’amour pour son Époux. A sa Première Communion, le 2 février 1670, à l’âge de dix ans, un feu intense s’empara d’elle, et la sensation fut si belle et douce qu’en rentrant à la maison elle demanda à sa mère et à ses sœurs, combien de temps durerait cet « état ». C’est qu’elle ne se rendait pas compte, étant donné son jeune âge et sa simplicité innée, que le don qu’elle avait reçu n’était pas pour tous… c’était Jésus qui voulait qu’elle mène une vie hors du commun, à côté de Lui. Il l’avait déjà décidé quand elle était dans ses langes. Mais pour répondre à cet appel elle aurait dû être prête à souffrir énormément pendant toute sa vie.

On se demande l’influence que peut avoir sur nous Véronique, une Sainte douée d’une spiritualité immense. Comme il est dans nos habitudes de nous plaindre à tout moment pour n’importe quoi, nous oublions qu’il faut toujours remercier notre Seigneur pour tout ce qu’il nous a donné. Nous L’implorons pour obtenir ce qui nous plaît, sans songer que le but principal de notre existence c’est d’obéir à sa volonté et non pas d’exiger qu’Il se conforme à la nôtre…

Pour les croyants Véronique devrait représenter un exemple à émuler pour les nombreuses mortifications corporelles qu’elle s’est infligées et pour la grande valeur qu’elle donnait à la souffrance ; n’oublions pas que les savants du siècle passé la classèrent comme une folle et que son procès de canonisation fut très compliqué : comment aborderions-nous les épreuves douloureuses de notre vie si nous pensions non seulement de les offrir à Dieu, mais de participer par notre souffrance à la passion du Christ… ? Peut-être affronterions-nous plus paisiblement les adversités de la vie en nous unissant spirituellement à Jésus qui dans l’Évangile nous invite à porter le joug avec Lui…

Cette argumentation peut-être acceptée par ceux qui croient en Dieu, mais, il faut se rappeler que, outre à notre volonté , la véritable foi, pour exister, a besoin de la grâce divine qui n’est pas donnée à tous… quel message peut donner la vie de Sainte Véronique aux gens qui ne croient même pas dans une force surnaturelle… ?

Peut- être nous mènera-t-il vers une plus grande conscience de nous-mêmes, nous fera-t-il comprendre que nous ne sommes que de simples créatures douées d’une intelligence limitée, nous poussera-t-il vers une meilleure capacité d’introspection, en ne rien tenant pour acquis, en désignant, comme on l’a absurdement fait, Véronique comme un excellent sujet à étudier en psychiatrie. On l’a jugée une femme atteinte par des troubles du comportement, peut-être même par des psychoses réactives, et non comme un exemple d’altruisme et de vertu, exemple essentiel pour ceux qui sont convaincus que la vie ne se base pas sur la nourriture, sur l’achat de biens matériels et, surtout qu’elle ne cesse pas avec la mort.

Quelques aperçus sur sa biographie et sur sa spiritualité

Toute la vie de Sainte Véronique, depuis le giron maternel, est pleine de prodiges : pendant la grossesse sa mère Thérèse Mancini, femme très pieuse qui avait enfanté sept filles (deux mortes à la naissance), éprouvait une sensation inexplicable de « feu » dans son ventre. C’était comme si elle pressentait que l’enfant qui allait naître serait un être spécial… jamais un pareil instinct maternel n’a été plus digne de foi…

Orsola naquit le 27 décembre 1660 à Mercatello. Âgée de moins d’un an elle fut tellement frappée par une image de la Sainte Trinité qu’elle commença à marcher pour s’approcher d’elle et là elle demeura en sa contemplation pendant des heures, en pleine extase mystique. Sa mère et ses sœurs en furent témoins.

Si on voulait décrire tous les dons extraordinaires de cet enfant « prodige » il faudrait plusieurs tomes… C’est pourquoi on se bornera à indiquer les événements les plus éclatants qui nous aideront à comprendre la nature de notre sainte et sa capacité de cardioknosie, un don qu’elle avait eu du bon Dieu à sa naissance. En effet, un jour, âgée de moins d’un an, sa nourrice la tenait entre ses bras lorsqu’elle comprit qu’un vendeur allait les arnaquer en leur vendant de l’huile à un faux poids ; Véronique lui ordonna de peser juste et de faire bien attention parce que Dieu le regardait… Vous imaginez la tête du commerçant et des gens qui étaient là… ? À cet âge là… à cette époque là, (mais de nos jours aussi on serait fortement étonnés), les gens songèrent à un phénomène inexplicable, mais cela servit à faire réveiller la conscience endormie du vendeur malhonnête. D’ailleurs, n’oublions pas ce que nous disait Sainte Catherine de Syène, notre conscience est comparable à un chien qui ne cesse jamais d’aboyer : c’est la voix du bon Dieu, et tôt ou tard on va forcément l’écouter.

La petite grandissait à l’écoute des biographies des saints lues par sa mère. Elle fut particulièrement frappée par la vie de Sainte Rose de Lima, par son désir de s’immoler pour expier les péchés du monde ; par « sa folie d’amour » pour Jésus dont Orsola avait déjà vu l’image dans l’Hostie Consacrée… et ce n’est pas tout : son lien avec le Christ et l’Eucharistie était si singulier que, avant sa Première Communion, la petite comprenait à l’odeur qu’émanaient sa mère et ses sœurs, qu’elles venaient d’avoir reçu la Communion… et une folie s’emparait d’elle, elle courait dans l’appartement toute joyeuse poussée par l’espoir que bientôt elle aussi elle recevrait Jésus.

Âgée de moins de quatre ans un jour où le prêtre vint apporter l’Eucharistie à sa mère malade, elle exprima son désir de recevoir la Communion. Quand le prêtre lui répondit que c’était impossible car il n’avait qu’une seule hostie la petite riposta, en éblouissant tout le monde, que dans un « petit morceau », dans une moindre particule Jésus était toujours présent…

Qui pouvait lui avoir fait comprendre cette grande vérité sinon le Saint Esprit… ?!

Même si les enseignements de sa mère ont contribué à coup sûr à son éducation dans l’amour de Dieu et de son prochain (d’ailleurs deux de ses sœurs aussi se firent religieuses), sa façon d’aimer le Seigneur était fort étrange : elle désirait toujours davantage d’anéantir son ego, choisissait le chemin de la souffrance, surtout parce qu’elle était poussée par une grande envie de prendre sur elle les souffrances du Christ, jusqu’au point d’enlever, d’une manière fort naïve, étant donné son jeune âge, les clous des mains d’un grand Crucifix placé très haut, au risque de se faire vraiment mal… C’est qu’elle voulait s’habituer à la souffrance physique : un jour où une de ses sœurs coinça, sans le vouloir, ses doigts dans une porte, elle en fut heureuse, ne pleura pas, ne se désespéra pas puisque son seul but était d’offrir cette souffrance au bon Dieu.

Pendant son enfance elle aimait à construire de petits autels pour Jésus et la Sainte Trinité qu’elle vénérait et poussait tous ceux qui étaient autour d’elle, y compris les pauvres gens à qui elle donnait toujours de l’aumône, à en faire autant. Fort beau : elle aimait beaucoup les souliers que sa maman lui avait achetés mais un jour à la vue d’un pauvre et n’ayant rien à lui donner, voilà qu’elle enlève un de ses souliers et le lui donne. L’homme se plaint et lui dit qu’il ne sait que l’esprit de charité était si ardent chez elle qu’elle était capable d’en assujettir la partie « humaine » d’enfant attirée par les biens matériels aussi. Un témoignage nous est donné par un épisode fort beau : elle aimait beaucoup les souliers que sa maman lui avait achetés, un jour à la vue d’un pauvre et n’ayant rien à lui donner, voilà qu’elle enlève un de ses souliers et le lui donne. L’homme se plaint et lui dit qu’il ne sait que faire d’un seul soulier, sans trop y penser, elle resta nu-pieds…

Quelques années plus tard elle prit l’habitude de se confesser publiquement devant ses consœurs puisque, selon elle, ses défauts étaient nombreux et qu’elle se sentait coupable à cause de ses péchés. Mais un jour la Vierge Marie lui apparut pour lui dire de ne pas se sentir coupable puisque, depuis son enfance, elle avait été une fillette généreuse. Elle lui rappela l’affaire des souliers et lui avoua que c’était à son Fils qu’elle les avait donnés…

Malgré cela le chemin que la Vierge et Jésus lui avaient frayé était plein de douleurs et de souffrances, elle aurait dû les accepter avec patience, toujours dans le but d’être plus près de Celui qui, depuis son enfance, avait désiré être son Époux.

Les difficultés et les obstacles qu’elle eut à surmonter furent innombrables, soit à cause de sa nature humaine source de doutes qui lui faisaient apprécier les biens matériels, soit à cause de la forte opposition de la part de son père, Francesco, qui ne voulait pas qu’elle entre au couvent.

Sa mère mourut quand elle avait quatre ans et avant d’exhaler son dernier souffle, elle confia spirituellement ses cinq petites filles aux cinq plaies de Jésus, plaies que la petite Orsola « sentait » plus que tout autre puisqu’elle avait déjà eu une apparition de Jésus souffrant.

Resté veuf, son père s’établit à Plaisance où Orsola reçut sa Première Communion et commença à s’adonner toujours davantage à la prière, même si les gens qui l’entouraient la poussaient à mener une existence plus mondaine. Vers ses treize ans elle revint à Mercatello et là aussi elle ne cessa jamais de dire qu’elle voulait servir Dieu ; en tout cela elle était soutenue par les apparitions de Jésus qui lui imposait de rester « tranquille » parce qu’elle deviendrait son épouse.

Deux de ses sœurs étaient religieuses et l’une d’entre elles chercha à lui faire changer d’avis, en lui conseillant de s’ouvrir une famille, elle lui répondit promptement en disant que Sainte Chiara, ne fit pas d’obstacle, mais aida de toutes ses forces sa sœur Sant’Agnese qui voulait se dédier totalement à Dieu…

A 17 ans grâce à une lettre chargée de tristesse et de supplications, elle réussit à convaincre son père : le 17 juillet 1677, elle franchit le seuil du couvent des Capucines de Città del Castello, le 28 octobre endossa l’habit de l’ordre et le Ier novembre elle fit sa profession de foi.

A la cérémonie participèrent, dans l’espoir de la voir changer d’avis, beaucoup de jeunes hommes qui avaient demandé sa main et avaient reçu un ferme refus ; quelquefois elle avait même rendu de façon assez brusque les cadeaux qu’on lui avait apportés...

Elle ne fut pas capable de décrire même pas par de simples mots la joie qu’elle éprouva au moment de prononcer ses vœux : son rêve se réalisait : elle devenait enfin l’épouse du Christ. Dans cette occasion aussi une de ses consœurs la vit tomber en extase au moment de l’oraison.

Nous avons déjà dit que son prénom, Orsola, fut changé en celui de Véronique non seulement en l’honneur de la Véronique qui essuya le visage du Christ, mais aussi pour l’étymologie du mot qui signifie : « Vraie image » (dans son cas, « porteuse de vérité »…) et qui pouvait choisir le bon Dieu pour accomplir une pareille mission ?... mais Orsola naturellement … ?

Véronique a été une sainte extraordinaire : elle ne reculait devant aucune difficulté au nom de la vérité, même quand il était question de réalités qu’elle jugeait « brûlantes », comme, par exemple, les marques de la passion de Jésus sur son corps. Non seulement elle pensait être indigne de les avoir reçues, mais ce qu’elle craignait c’était que le démon pouvait en être la cause. Il est sous entendu que le fait d’en parler avec ses confesseurs lui créait beaucoup de soucis ;…

L’obéissance, la soumission la guidèrent pendant toute sa vie l’emportant sur tous les soucis de nature humaine ; elle eut à surmonter un grand obstacle : sa pudeur quand elle dut montrer sa blessure au flanc aux prêtres qui comprirent enfin que ces phénomènes n’étaient pas de nature diabolique mais divine. Tout au début, croyant à l’intervention du démon, on la renferma dans sa cellule sans lui donner l’Eucharistie.

C’était sa façon d’agir qui aurait dû faire comprendre qu’elle n’était pas possédée par des esprits malins : elle était toujours humble, toujours prête à accomplir sans hésitation les services les plus humbles et les plus épuisants ; elle ne sentait pas la fatigue tout en étant assez maladive. Quand elle fut élue maîtresse des novices en 1694, et plus tard abbesse, elle pensait être indigne de recevoir une charge pareille (d’ailleurs elle-même se définissait une âme « ingrate » à qui le bon Dieu avait élargi tant de grâces…). Elle passa trente-trois ans avec les novices ; en 1716 on la nomma abbesse et cela dura onze ans, jusqu’au 7 juin 1727 où elle fut atteinte par un coup d’apoplexie. Elle revint à la vie simple de religieuse mais son boulot fut toujours des plus fatigants…

Pendant la période où elle fut abbesse au couvent, Véronique ne fit rien manquer à ses consœurs, ni du point de vue matériel, ni du point de vue spirituel. Les gens qui travaillaient au couvent étaient payés au juste. Elle voulait suivre l’exemple de celui qu’elle appelait le « père » Saint François, et dans ce but elle demanda à son Évêque d’administrer lui même l’argent du couvent pour lui permettre de vivre en toute pauvreté. Au nom de la pauvreté elle endossait des vêtements très usés et se servait de couvertures encore plus abîmées. Naturellement elle n’imposait pas à ses consœurs son style de vie.

Véronique renonçait très souvent à se nourrir pour expier les péchés du monde entier et pour le salut des âmes du purgatoire, c’était Dieu qui le voulait et quand ses confesseurs le comprirent, ils la laissèrent enfin libre de jeûner tant qu’elle le voulait.

Ses confesseurs eurent encore une autre preuve qu’elle ne faisait que ce que notre Seigneur lui demandait quand ils se rendirent compte de l’effet bénéfique d’une liqueur miraculeuse que Jésus lui avait donnée pour qu’elle s’alimente, sans parler de sa mine qui masquait fort bien ses souffrances corporelles…

Quand ses confesseurs s’étaient enfin convaincus que le bon Dieu lui avait envoyé les stigmates, voilà qu’après sa mort ils découvrent des marques sur son corps, et c’est à ce moment-là qu’ils comprennent qu’elle s’infligeait des peines corporelles très douloureuses. Elle souffrait, oui, et même énormément, mais son visage exprimait toujours une grande sérénité et sa façon de parler aux autres était toujours joviale. Une lumière particulière enveloppait sa personne comme sa « sainte mère » Claire dont le visage s’illuminait, très souvent, quand elle priait. Et que dire alors de l’exemple qu’elle donnait à ses consœurs ? : grâce à son caractère très doux elles l’admiraient de plus en plus, , sans parler de son humilité et de sa façon de supporter les souffrances : tout était dicté par son grand amour envers Dieu.

Qu’on se souvienne du morceau de l’Évangile où Jésus dit : « Et quand vous jeûnez ne prenez pas un air mélancolique comme le font les hypocrites qui changent de mine pour que les autres remarquent qu’ils jeûnent. En vérité je vous dis : ils ont déjà reçu leur récompense. Toi, par contre, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage afin que les gens ne se rendent pas compte que tu jeûnes, ton père seulement connaît ton secret ; et ton Père qui voit dans ton secret va te récompenser » [1].

Au cours de sa vie Véronique nous a donné un témoignage extraordinaire de l’acceptation de la souffrance : elle souffrait énormément, mais les autres ne devaient voir aucune marque de cette souffrance sur son visage, ni ne devaient la féliciter s’ils s’en apercevaient. Malgré son état de santé des plus maladifs, elle soignait constamment ses consœurs infirmes et supportait, non seulement, les malaises causés par leur état de santé, mais leur mauvaise humeur aussi… Il y en avait une, en particulier, qui, toutes les fois où Véronique allait la voir et donc la soigner, ne faisait que l’insulter, mais l’attitude de la sainte, toujours calme et tendre, lui fit comprendre l’absurdité de son comportement. En effet, avant de mourir elle la pria de la pardonner. Mais que pouvaient représenter des phrases méchantes, des plaies à l’odeur nauséabonde et le travail incessant si l’on songeait au sacrifice sur la croix du Christ… ?!

Voilà la pensée qui l’a accompagnée pendant toute sa vie : le désir de se conformer en tout au Christ, sachant être une créature humaine et donc finie face à l’Être infini. Son journal, qui est un testament spirituel extraordinaire, montre sa recherche non de la souffrance en elle-même, mais d’une souffrance qui doit compléter la passion du Christ. En outre elle était bien convaincue d’être une « pécheresse » tandis que, d’après ce que disaient ses pères spirituels, elle n’avait que de tous petits défauts... Un autre exemple de simplicité et d’humilité est représenté par les nombreuses confessions publiques où elle demandait pardon à ses consœurs d’avoir été un mauvais exemple pour elles et se définissait la plus « misérable » d’entre elles…

Les miracles qu’elle fit de son vivant ne servirent pas à lui faire comprendre qu’elle n’était pas si « misérable » que ça. Quand elle fut abbesse elle fit d’autres miracles : la multiplication des fruits, des œufs et du fromage. Nombreuses furent les preuves que ses confesseurs et ses consœurs eurent de sa façon de lire dans leurs cœurs, en effet il lui arrivait de devancer leurs pensées et de leur parler d’évènements qui concernaient leur avenir. Tous ces dons, y compris celui de la prophétie ne faisaient que lui faire louer le bon Dieu, puisqu’elle comprenait que c’était Lui l’auteur de tant de prodiges et qu’elle n’avait qu’à faire Ses volontés.

Que de choses nous pourrions apprendre de son attitude si humble… Il est dans notre naturel de vouloir toujours être au premier rang, mais quelquefois nous oublions que c’est au bon Dieu que nous devons tous nos dons et que s’Il ne l’avait pas voulu nous ne serions même pas sur cette terre… Nous savons fort bien que le mal est contagieux mais, heureusement il en est de même pour le bien. En effet dans le monastère où vécut Véronique beaucoup de ses disciples, parmi lesquelles Maria Maddalena Boscaini (1704-1765) et Florida Cevoli (1685-1767) sont mortes en odeur de sainteté.

Véronique avait un don inné pour préparer ses filles spirituelles à leur rencontre avec le bon Dieu : sévérité et austérité dominaient chez elle mais quand il était question des autres elle était d’une tendresse extrême, et avec la même tendresse elle soignait leur âme et leur corps. C’est pourquoi ses filles spirituelles avaient une confiance extrême en Véronique et lui confiaient leurs pensées les plus secrètes, ce qui lui permettait de leur donner de bons conseils.

Véronique aimait ceux qui étaient à côté d’elle, son prochain et même les « infidèles » et au nom de cet amour elle priait notre Seigneur de lui permettre de prendre sur soi tous les maux de ce monde dans le but de voir guérir les malades, de sauver les âmes du purgatoire et pour la conversion du monde entier.

Comme elle avait eu la vision de l’enfer et du purgatoire et en avait été bouleversée, elle demanda au bon Dieu d’être placée juste « au seuil de l’enfer » prête à supporter n’importe quel supplice dans le but de sauver les âmes. Il ne faut pourtant pas croire, et l’on se tromperait fortement, que pour songer à la spiritualité, elle délaissait les aspects matériels : elle guida fort bien le monastère, en agrandit le dortoir, fit passer l’eau par la cuisine, l’infirmerie et songea à l’irrigation du verger ; en outre elle fit ériger une chapelle dédiée à la Vierge du Rosaire.

Ses écrits et les « attaques » du démon

Le démon ne pouvait pas rester indifférent à tout ce qu’elle faisait contre lui et la persécutait de mille manières dans l’espoir de lui faire abandonner ses saintes intentions. Puisque les épreuves qu’elle avait à affronter tous les jours étaient bien pénibles il espérait toujours dans une défaillance de sa part. Comme il avait fait avec tant d’autres saints, qui avaient laissé bien des témoignages, il lui rendait la vie impossible et souvent prenait l’aspect de son ange gardien ou du Christ.

Mais il suffisait d’un seul mot à Véronique pour comprendre que c’était lui. Elle en parlait toujours à ses confesseurs dans la crainte de confondre les apparitions divines avec des signes diaboliques. Dans toutes ses vicissitudes elle fut aidée par ses pères spirituels et par la Sainte Vierge qui ne cessa jamais, pendant toute sa vie, de lui faire ressentir son amour maternel. Elle l’a même aidée contre les attaques du démon qui avait l’habitude de détruire ses écrits, mais elle était toujours prête à le combattre et, pendant la nuit, elle recommençait à écrire ce qu’il lui avait détruit.

La Vierge ne l’abandonna jamais, dans une vision Elle lui promit de l’aider à rédiger son journal et à diriger le couvent. En 1700 et en 1714, le Saint-Office la sépara de la communauté, mais la ségrégation n’était rien en comparaison du fait qu’on lui interdit de recevoir la Communion : mais… Miracle… La Sainte Eucharistie lui fut apportée par les Anges et par le Christ lui-même.

On l’avait condamnée parce que même si on savait que chez elle il se passait quelque chose de prodigieux on était poussé à croire qu’elle simulait ou, encore pire, qu’elle était possédée par le démon. Mais cela ne dura pas pour longtemps. Ceux qui lui avaient infligé les supplices les plus atroces comprirent enfin que devant eux il n’y avait pas une créature possédée par le démon mais une sainte.

A la lecture des poésies de Sainte Véronique ce n’est sûrement pas l’ars poetandi, qui frappe le lecteur mais une grande simplicité, on se rend vite compte qu’on a à faire à une créature extraordinaire et l’on songe très vite à ce que disait Jésus : « En vérité je vous dis : si vous ne vous convertissez pas et ne redevenez pas des enfants, vous n’entrerez pas au royaume des cieux : Donc quiconque se fera petit comme cet enfant, sera le plus grand au royaume des cieux » [2].

Sainte Véronique est un exemple éclatant de l’action du Saint Esprit : quand elle supplia le prélat de lui permettre de faire partie de l’ordre des capucines, celui-ci lui demanda de lire un morceau de l’Écriture Sainte en latin, langue que Véronique ne connaissait pas. L’étonnement des gens qui étaient là, y compris son oncle, fut immense : c’était comme si elle avait, depuis toujours, connu le latin, sa prononciation fut parfaite … C’est que Jésus, dans une apparition, lui avait ordonné de ne lire qu’en lui-même…

C’est ce qu’on remarque à la lecture de ses écrits chargés de spiritualité et caractérisés par son grand amour pour le Christ qui est décrit avec une tendresse extrême. En lisant ces poésies on a l’impression d’assister à l’épanouissement du premier amour d’un adolescent qui, pourtant, n’a rien à voir avec ce qu’éprouvait Véronique : c’est tout autre chose, c’est un sentiment qui a la profondeur du véritable « feu » de l’amour immortel. Au couvent les religieuses prirent la belle habitude de chanter ou de réciter ses écrits avant le carême ou pendant les périodes de pénitence ; il y en a qui sont sous forme de dialogue entre plusieurs personnages, cela pour permettre à beaucoup de religieuses de prendre partie aux représentations.

Pendant toute la période de sa vie de religieuse Sainte Véronique suivit avec tendresse et amour la croissance spirituelle de ses consœurs. Elle ne les obligea pas à subir ses mêmes épreuves, mais cherchait, par sa parole, et surtout sa conduite, à les inciter à aimer Dieu par-dessus tout. Elle était très jeune quand elle entra au couvent et confia à la mère abbesse que, pendant la nuit, elle ne pouvait s’empêcher de pleurer à la pensée qu’il pouvait y avoir quelqu’un qui la dépassait dans son amour pour le Seigneur…

Et sur cela il faudrait s’arrêter un instant pour essayer de comprendre ce contresens : étant donné son grand amour pour notre Seigneur pourquoi souffrait-elle à la pensée qu’on pouvait L’aimer plus qu’elle ?! La réponse nous est fournie par la lecture de son journal où elle souhaite que tout le monde aime Dieu ; sa souffrance venait du fait qu’elle se sentait toujours « coupable » d’être loin de Lui à cause de ses péchés.…

Sainte Véronique a écrit beaucoup de poésies dont le sujet est représenté par le conflit éternel entre la « chair » et l’esprit,, ce qui a été amplement traité par Saint Paul : « La chair a des envies contraires à l’Esprit, et L’Esprit a des envies contraires a la chair. Ces deux choses s’opposent réciproquement, de sorte que vous ne faites pas ce que vous auriez envie de faire » [3] et encore : « Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire du bien, le mal est à côté de moi… » [4].

Le journal de Sainte Véronique est plein d’écrits qui concernent ce thème et surtout ces combats intimes qui aboutissent à la victoire de sa sainteté, fruit de l’action du Saint Esprit. Elle a écrit le poème qui suit toute jeune, pendant qu’elle s’occupait du ménage et l’a déclamé, pendant la période qui précède le carême, en compagnie de sa consœur mère Chiara Felice.

Pendant le procès de canonisation ses confesseurs qui lui avaient infligé tant de tourments furent les défenseurs les plus acharnés de ses vertus. Ils témoignèrent de la véridicité des marques miraculeuses que Véronique avait sur son corps : la blessure au flanc, la couronne d’épines, les Stigmates ; il est à remarquer que les marques de la Passion étaient imprimées dans son cœur (elle avait demandé à une de ses consœurs de les dessiner) et qu’au moment de l’autopsie on les découvrit.

Malgré les marques « extérieures » qui contribuaient à faire d’elle un être spécial, ce qui a influé sur sa figure de médiatrice et, surtout, de victime immolée pour le salut des autres, c’était son désir de faire éprouver à toutes les âmes un amour envers Dieu si fort au point de les pousser à Le servir et à s’éloigner du péché.

Tout ce qu’elle faisait était au nom de « la gloire de Dieu ». Quant à ses fautes, même les plus petites, elle cherchait toujours, tout en les reconnaissant, à les corriger ; ainsi faisant elle poussait ses consœurs à suivre son exemple, jamais elle ne les reprochait ni ne les vexait mais tendrement et humblement elle veillait à ce que leur esprit s’élève.

On pourrait parler longtemps de cette Sainte qui, pendant 57 ans a donné l’exemple de comment il faut aimer Dieu et notre prochain jusqu’au point de s’anéantir totalement. Mais il y a plein de livres sur elle, on se bornera donc à étudier quelques-uns de ses écrits et le jour de sa mort où elle s’est enfin réunie à son Divin Époux.

Comme on l’a déjà dit son journal est le témoignage le plus important de toute son existence. Il comprend des lettres (dont quelques-unes ne sont pas repérables puisqu’on en a fait des reliques) et plusieurs poésies religieuses où il est toujours question de « son amour pour Dieu, fou, brûlant et ardent ».

A la lecture de ses poésies on reste charmé, fasciné : tout est écrit de manière simple, loin d’elle le désir d’écrire un traité philosophique. Quant à sa valeur spirituelle elle mériterait d’être élue Docteur de l’Église, tout comme Sainte Catherine de Syène

Véronique mourut le 9 juillet 1727, son agonie fut terrible et dura 33 jours : c’était ce que Jésus lui avait prophétisé. Même avant de mourir son comportement fut des meilleurs : elle demanda même la permission de mourir à son confesseur et ainsi faisant elle se montra obéissante jusqu’au dernier moment de sa vie.…

Le Pape Pie VII la béatifia le 8 juin 1804, Grégoire XVI la canonisa le 26 mai 1839 au bout d’un long procès où l’on examina minutieusement tous les innombrables phénomènes mystiques qui la concernaient ; tout cela pour que les illuministes du siècle n’accusent pas l’église d’une excessive crédulité.

A la lecture de ses écrits il résulte toujours son immense amour pour Jésus joint à l’acceptation des souffrances qui l’unissaient à Lui ; on remarque encore le lien indissoluble qui l’avait liée à son Époux tant aimé depuis son enfance. Dans son journal il y a beaucoup de témoignages de ses visions où Jésus lui parle pendant qu’elle Le contemple extasiée et étonnée en même temps.

Pour pouvoir en comprendre sa véritable signification il faut la rattacher à son journal tout entier, à toute sa vie de mystique qui s’offrit comme victime pour l’expiation des péchés de l’humanité tout entière.

Ce sentiment d’altruisme n’a rien à voir avec le pur masochisme ou avec le fait d’être des malades mentaux. Ici, il n’est pas question d’un cas de psychiatrie comme l’ont cru ceux qui, d’après leurs convictions ne croient pas aux phénomènes surnaturels. Il s’agit de la réalité d’une créature humaine qui s’est élevée en dessus des autres et a choisi de vivre dans l’amour de Dieu et de son prochain. Et dans le but de servir le Seigneur et d’obtenir tant de bienfaits pour les autres, elle a accepté toutes les souffrances le sourire aux lèvres.

La vie acquiert sa vraie signification si l’on comprend qu’il faut servir Dieu…c’est ce que nous tous, nous devrions comprendre…

C’est ce que font les membres de l’Apostolat de la Prière, ils offrent tous les jours leurs actions, leurs souffrances et leurs joies au Seigneur et, sans jamais oublier la présence du Saint Esprit, ils font en sorte que leur existence acquière une valeur divine. C’est ce que prêchait le Pape Paul VI, il disait qu’on ne peut rien faire sans la grâce divine : c’est elle qui engendre de véritables transformations.

On ne peut pas se passer, après avoir parlé un peu de l’« univers spirituel » de Sainte Véronique, d’examiner le mot : « Per crucem ad lucem », où l’accent n’est pas seulement posé sur les « croix » qu’il faut porter pour atteindre à la lumière éternelle, mais sur la grandeur du bien où l’on aboutit au bout de ce parcours.

Comme exemple il suffit de rappeler que lorsque Véronique reçut les Stigmates, le 5 avril 1697, le Seigneur lui apparut dans toute Sa gloire : de Ses plaies sortirent des rayons lumineux qui frappèrent son corps, d’où les saintes blessures. C’était comme si le bon Dieu avait voulu graver à son âme la certitude qu’après tant de souffrances il y aurait eu une une grande récompense.

D’ailleurs il est à remarquer qu’à plusieurs reprises quand Jésus lui demandait quel était son plus grand désir, Sainte Véronique Lui répondait toujours : « Je ne voudrais jamais me séparer de Vous » ; Nous pouvons être sûrs que son « rêve » s’est réalisé le 9 juillet 1727 quand son âme a quitté la terre.

Pour conclure…

De nos jours, où l’on se plaint d’avoir égaré « les vraies valeurs » pour poursuivre de faux dieux, Sainte Véronique en offrant ses énormes souffrances à Dieu nous fait comprendre l’importance de la vie si nous sommes capables d’offrir chagrins et joies à Notre Seigneur.

Mais ce qu’il ne faut absolument pas faire c’est d’accuser « l’époque contemporaine » de nos insatisfactions : de tout temps il y a toujours eu des ennuis, des souffrances et de tout ce qui, de nos jours aussi, nous chagrine…mais, malgré cela, il y a toujours eu des personnages extraordinaires comme Sainte Véronique. Des murs de son couvent elle a contribué a diffuser un grand message de salut : l’importance de la souffrance et du véritable amour pour notre Seigneur.

Les derniers mots qu’elle prononça, à la pointe du jour du 9 juillet 1727, en s’adressant à un groupe de religieuses, furent les suivants : « L’amour s’est fait retrouver ! Voilà la cause de ma souffrance : dites-le à toutes vos consœurs ! » [5]

On oublie souvent, étant donné notre vie frénétique, ce que Dieu doit être pour nous : Dieu est amour, un amour immense… il ne s’agit pas d’un Dieu juge et punisseur, comme on le remarque à la lecture de l’Ancien testament, et encore moins d’un Dieu instigateur ou provocateur de guerres, comme le pensent encore certains fanatiques…

Dans l’Encyclique : « Deus caritas est », notre Pape Benoît XVI a justement voulu réaffirmer le concept que Dieu est amour et que dans son immense amour il nous laisse libres d’accepter ou de refuser le grand don qu’Il nous fait. Il ne nous oblige pas à L’aimer, c’est à nous de choisir ! …mais qui pourrait refuser d’être dans les bras d’un Père si tendre… ?!

Peut-être ceux qui Le croient responsable de tous leurs malheurs ? Mais voilà l’importance qu’il faut donner à l’étude de personnages tels que celui de Sainte Véronique Giuliani : ne pas songer à la souffrance en elle-même, mais pour ce qu’elle est, c’est-à-dire projetée vers un autre univers spirituel qui est, en définitive, réel. Nous aimons à penser qu’aujourd’hui aussi, peut-être dans les lieux les plus impensables, tant d’autres personnes, en vivant avec grande humilité, contribuent au dessin de Dieu, et s’efforcent d’entreprendre un véritable chemin vers la sainteté dont Sainte Véronique, comme tant d’autres saints, a été un véritable témoin.

[1] Matth. 6, 16, 18.

[2] Matth. 18, 3-5.

[3] Gal. 5, 17-18.

[4] Rom. 7, 21-22

[5] Summarium p.114.

SOURCE : http://www.introibo.fr/09-07-Ste-Veronique-Giuliani#nh6


BENEDICT XVI



GENERAL AUDIENCE



Paul VI Hall



Wednesday, 15 December 2010



Saint Veronica Giuliani



Dear Brothers and Sisters,

Today I would like to present a mystic who did not live in the Middle Ages. She is St Veronica Giuliani, a Poor Clare Capuchin nun. The reason is that 27 December will be the 350th anniversary of her birth. Città di Castello, the place where she lived the longest and where she died, as well as Mercatello — her birthplace — and the Diocese of Urbino are celebrating this event with joy.

Indeed, Veronica was born on 27 December 1660 in Mercatello, in the Metauro Valley to Francesco Giuliani and Benedetta Mancini. She was the last of seven sisters, three of whom were to embrace the monastic life.

She was given the name “Orsola” [Ursula]. She was seven years old when her mother died and her father moved to Piacenza as customs superintendent of the Duchy of Parma. It was in this city that Ursula felt a growing desire to dedicate her life to Christ. The call to her became ever more pressing so that, when she was 17, she entered the strict cloister of the monastery of Capuchin Poor Clares in Città di Castello. She was to remain here for the rest of her life. Here she received the name of “Veronica”, which means “true image” and she was in fact to become a true image of the Crucified Christ.

A year later she made her solemn religious profession and the process of configuration to Christ began for her, through much penance, great suffering, and several mystic experiences linked to the Passion of Jesus: being crowned with thorns, the mystical espousal, the wound in her heart and the stigmata.

In 1716, when she was 56, she became Abbess of the monastery. She was reconfirmed in this office until her death in 1727, after a very painful prolonged agony that lasted 33 days and culminated in a joy so profound that her last words were: “I have found Love, Love has let himself be seen! This is the cause of my suffering. Tell everyone about it, tell everyone!” (Summarium Beatificationis, 115-120).

On 9 July she left her earthly dwelling place for the encounter with God. She was 67 years old; 50 of those years she spent in the monastery of Città di Castello. She was canonized on May 26, 1893, by Pope Gregory XVI.

Veronica Giuliani wrote prolifically: letters, autobiographical reports, poems. However, the main source for reconstructing her thought is her Diary, which she began in 1693: about 22,000 handwritten pages that cover a span of 34 years of cloistered life.

Her writing flows spontaneously and continuously. There are no crossings-out, corrections or punctuation marks in it, nor was the material divided into chapters or parts according to a plan.

Veronica did not intend to compose a literary work; on the contrary, Fr Girolamo Bastianelli, a Filippini religious, in agreement with the diocesan Bishop Antonio Eustachi, obliged her to set down her experiences in writing.

St Veronica has a markedly Christological and spousal spirituality: She experienced being loved by Christ, her faithful and sincere Bridegroom, to whom she wished to respond with an ever more involved and passionate love. She interpreted everything in the key of love and this imbued her with deep serenity. She lived everything in union with Christ, for love of him, and with the joy of being able to demonstrate to him all the love of which a creature is capable.

The Christ to whom Veronica was profoundly united was the suffering Christ of the Passion, death and Resurrection; it was Jesus in the act of offering himself to the Father in order to save us.

Her intense and suffering love for the Church likewise stemmed from this experience, in its dual form of prayer and offering. The Saint lived in this perspective: she prayed, suffered and sought “holy poverty”, as one “dispossessed” and the loss of self (cf. ibid., III, 523), precisely in order to be like Christ who gave the whole of himself.

In every page of her writings Veronica commends someone to the Lord, reinforcing her prayers of intercession with the offering of herself in every form of suffering. Her heart dilated to embrace all “the needs of the Holy Church”, living anxiously the desire for the salvation of “the whole world” (ibid., III-IV, passim).

Veronica cried: “O sinners... all men and all women, come to Jesus’ heart; come to be cleansed by his most precious blood.... He awaits you with open arms to embrace you” (ibid., II, 16-17).

Motivated by ardent love, she gave her sisters in the monastery attention, understanding and forgiveness. She offered her prayers and sacrifices for the Pope, for her Bishop, for priests and for all those in need, including the souls in Purgatory.

She summed up her contemplative mission in these words: “We cannot go about the world preaching to convert souls but are bound to pray ceaselessly for all those souls who are offending God... particularly with our sufferings, that is, with a principle of crucified life” (ibid., IV, 877). Our Saint conceived this mission as “being in the midst” of men and God, of sinners and the Crucified Christ.

Veronica lived profound participation in the suffering love of Jesus, certain that “to suffer with joy” is the “key to love” (cf. ibid., I, 299.417; III, 330.303.871; IV, 192). She emphasizes that Jesus suffers for humanity’s sins, but also for the suffering that his faithful servants would have to endure down the centuries, in the time of the Church, precisely because of their solid and consistent faith.

She wrote: “His Eternal Father made them see and feel the extent of all the suffering that his chosen ones would have to endure, the souls dearest to him, that is, those who would benefit from his Blood and from all his sufferings" (ibid., II, 170).

As the Apostle Paul says of himself: “Now I rejoice in my sufferings for your sake, and in my flesh I complete what is lacking in Christ's afflictions for the sake of his Body, that is, the Church” (Col 1:24).

Veronica reached the point of asking Jesus to be crucified with him. “In an instant”, she wrote, “I saw five radiant rays issue from his most holy wounds; and they all shone on my face. And I saw these rays become, as it were, little tongues of fire. In four of them were the nails; and in one was the spear, as of gold, red hot and white hot: and it went straight through my heart, from one side to the other ... and the nails pierced my hands and feet. I felt great pain but in this same pain I saw myself, I felt myself totally transformed into God” (Diary, I, 897).

The Saint was convinced that she was already participating in the Kingdom of God, but at the same time she invoked all the Saints of the Blessed Homeland to come to her aid on the earthly journey of her self-giving while she waited for eternal beatitude; this was her undying aspiration throughout her life (cf. ibid., II, 909; V, 246).

With regard to the preaching of that time which often focused on “saving one’s soul” in individual terms, Veronica shows a strong “sense of solidarity”, a sense of communion with all her brothers and sisters on their way towards Heaven and she lives, prays and suffers for all. The penultimate, earthly things, although appreciated in the Franciscan sense as gifts of the Creator, were always relative, altogether subordinate to “God’s taste” and under the sign of radical poverty.

In the communio sanctorum, she explains the gift of herself to the Church, as the relationship between the pilgrim Church and the heavenly Church. “All the Saints”, she wrote, “are up there thanks to the merit and the Passion of Jesus; but they cooperated with all that the Lord did, so that their life was totally ordered ... regulated by these same works (his)” (ibid., III, 203).

We find many biblical citations in Veronica's writings, at times indirectly, but always precise. She shows familiarity with the Sacred Text, by which her spiritual experience was nourished. Furthermore, it should be pointed out that the intense moments of Veronica's mystical experience are never separate from the salvific events celebrated in the Liturgy, where the proclamation of the Word of God and listening to it has a special place. Hence Sacred Scripture illumines, purifies and confirms Veronica’s experience, rendering it ecclesial. On the other hand, however, her experience itself, anchored in Sacred Scripture with uncommon intensity, guides one to a more profound and “spiritual” reading of the text itself, to enter into its hidden depths. Not only does she express herself with the words of Sacred Scripture but she also really lives by them, they take on life in her.

For example, our Saint often quotes the words of the Apostle Paul: “If God is for us, who is against us?” (Rom 8:31; cf. Diary, I, 714; II 116.1021; III, 48).

The assimilation of this Pauline text, her great trust and profound joy, becomes a fait accompli within her. “My soul”, she wrote, “was bound to the divine will and I was truly established and fixed for ever in the will of God. It seemed to me that I should never again have to be separated from this will of God and I came to myself with these precise words: nothing will be able to separate me from the will of God, neither anxieties, nor sorrows nor toil nor contempt nor temptation nor creatures nor demons nor darkness, not even death itself, because, in life and in death, I want all, and in all things, the will of God” (Diary, IV, 272). Thus we have the certainty that death is not the last word, we are fixed in God’s will, hence, truly, in eternal life.

In particular, Veronica proved a courageous witness of the beauty and power of Divine Love which attracted her, pervaded her and inflamed her. Crucified Love was impressed within her flesh as it was in that of St Francis of Assisi, with Jesus’ stigmata. “‘My Bride’, the Crucified Christ whispers to me, ‘the penance you do for those who suffer my disgrace is dear to me’.... Then detaching one of his arms from the Cross he made a sign to me to draw near to his side... and I found myself in the arms of the Crucified One. What I felt at that point I cannot describe: I should have liked to remain for ever in his most holy side” (ibid., I, 37). This is also an image of her spiritual journey, of her interior life: to be in the embrace of the Crucified One and thus to remain in Christ's love for others.

Veronica also experienced a relationship of profound intimacy with the Virgin Mary, attested by the words she heard Our Lady say one day, which she reports in her Diary: “I made you rest on my breast, you were united with my soul, and from it you were taken as in flight to God” (IV, 901).

St Veronica Giuliani invites us to develop, in our Christian life, our union with the Lord in living for others, abandoning ourselves to his will with complete and total trust, and the union with the Church, the Bride of Christ.

She invites us to participate in the suffering love of Jesus Crucified for the salvation of all sinners; she invites us to fix our gaze on Heaven, the destination of our earthly journey, where we shall live together with so many brothers and sisters the joy of full communion with God; she invites us to nourish ourselves daily with the Word of God, to warm our hearts and give our life direction. The Saint’s last words can be considered the synthesis of her passionate mystical experience: “I have found Love, Love has let himself be seen!”. Thank you.

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To Special Groups

Dear Brothers and Sisters,

I extend a warm welcome and prayerful good wishes to the priest alumni of the Pontifical North American College celebrating their fortieth anniversary of priestly ordination. Upon all the English-speaking visitors present at today's Audience, especially those from Ireland and the United States of America, I cordially invoke God's abundant blessings.

Lastly, I address a special greeting to the young people, the sick and the newlyweds. I hope that you, dear young people, especially you, the young members of Catholic Action, will prepare your hearts to welcome Jesus who comes to save us with the force of his love. May the forthcoming Christmas festivities bring you, dear sick people, who in your experience of illness share the weight of the Cross with Christ, serenity and comfort. I invite you, dear newlyweds, who have recently founded your family, to grow increasingly in that love which Jesus has given us by his Nativity.

© Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2010/documents/hf_ben-xvi_aud_20101215_en.html

St. Veronica Giuliani


Veronica’s desire to be like Christ crucified was answered with the stigmata. Veronica was born in Mercatelli. It is said that when her mother Benedetta was dying she called her five daughters to her bedside and entrusted each of them to one of the five wounds of Jesus. Veronica was entrusted to the wound below Christ’s heart.
At the age of 17, Veronica joined the Poor Clares directed by the Capuchins. Her father had wanted her to marry, but she convinced him to allow her to become a nun. In her first years in the monastery, she worked in the kitchen, infirmary, sacristy and served as portress. At the age of 34, she was made novice mistress, a position she held for 22 years. When she was 37, Veronica received the stigmata. Life was not the same after that.
Church authorities in Rome wanted to test Veronica’s authenticity and so conducted an investigation. She lost the office of novice mistress temporarily and was not allowed to attend Mass except on Sundays or holy days. Through all of this Veronica did not become bitter, and the investigation eventually restored her as novice mistress.
Though she protested against it, at the age of 56 she was elected abbess, an office she held for 11 years until her death. Veronica was very devoted to the Eucharist and to the Sacred Heart. She offered her sufferings for the missions. Veronica was canonized in 1839.


ST. VERONICA GIULIANI

Born at Mercatello in the Duchy of Urbino, Italy, 1660; died at Citt' di Castello, 9 July, 1727. Her parents, Francesco Giuliana and Benedetta Mancini, were both of gentle birth. In baptism she was named Ursula, and showed marvelous signs of sanctity. When but eighteen months old she uttered her first words to upbraid a shopman who was serving a false measure of oil, saying distinctly: "Do justice, God sees you." At the age of three years she began to be favoured with Divine communications, and to show great compassion for the poor. She would set apart a portion of her food for them, and even part with her clothes when she met a poor child scantily clad. These traits and a great love for the Cross developed as she grew older. When others did not readily join in her religious practices she was inclined to be dictatorial. In her sixteenth year this imperfection of character was brought home to her in a vision in which she saw her own heart as a heart of steel. In her writings she confesses that she took a certain pleasure in the more stately circumstances which her family adopted when her father was appointed superintendent of finance at Piacenza. But this did not in any way affect her early-formed resolution to dedicate herself to religion, although her father urged her to marry and procured for her several suitors as soon as she became of marriageable age. Owing to her father's opposition to her desire to enter a convent, Veronica fell ill and only recovered when he gave his consent.

In 1677 she was received into the convent of the Capuchin Poor Clares in Citt' di Castello, taking the name of Veronica in memory of the Passion. At the conclusion of the ceremony of her reception the bishop said to the abbess: "I commend this new daughter to your special care, for she will one day be a great saint." She became absolutely submissive to the will of her directors, though her novitiate was marked by extraordinary interior trials and temptations to return to the world. At her profession in 1678 she conceived a great desire to suffer in union with our Saviour crucified for the conversion of sinners. About this time she had a vision of Christ bearing His cross and henceforth suffered an acute physical pain in her heart. After her death the figure of the cross was found impressed upon her heart. In 1693 she entered upon a new phase in her spiritual life, when she had a vision of the chalice symbolizing the Divine Passion which was to be re-enacted in her own soul. At first she shrank from accepting it and only be great effort eventually submitted. She then began to endure intense spiritual suffering. In 1694 she received the impression of the Crown of Thorns, the wounds being visible and the pain permanent. By order of the bishop she submitted to medical treatment, but obtained no relief. Yet, although she lived in this supernaturally mystical life, she was a practical woman of affairs. For thirty-four years she was novice-mistress, and guided the novices with great prudence. It is noticeable that she would not allow them to read mystical books. In 1716 she was elected abbess and whilst holding that office enlarged the convent and had a good system of water-pipes laid down, the convent hitherto having been without a proper water supply. She was canonized by Gregory XVI in 1839. She is usually represented crowned with thorns and embracing the Cross.

Father Cuthbert

Transcribed by Paul T. Crowley

Dedicated to Mother Veronica of the Holy Face, PCC, Vicaress, Poor Clare Monastery of Our Lady of Guadalupe, Roswell, NM

From the Catholic Encyclopedia, copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Electronic version copyright © 1996 by New Advent, Inc.

Taken from the New Advent Web Page (www.knight.org/advent).

Provided Courtesy of: Eternal Word Television Network. 5817 Old Leeds Road. Irondale, AL 35210

www.ewtn.com


SOURCE : http://www.ewtn.com/library/MARY/15363A.HTM

St. Veronica Giuliani (1660-1727

Veronica was born of devout parents at Mercatello in Italy. As a child she, too, was of a devout disposition, but inclined to be quite irritable, and, as she herself admits, would stamp her feet at the least provocation.

Her mother died when Veronica was only four years old. In her last moments she assigned each of her five children to one of the five wounds of Christ and bade them take their refuge there whenever they were troubled. Veronica was the youngest. She was assigned to the wound in the side of our Lord, and from that time on her heart became more tempered. Co-operating with the grace of God, her soul gradually went through a refining process by which she became an object of admiration in later years.

When Veronica came of age, her father believed she should marry, and so he desired her to take part in the social activities of the young people. But she had been made aware of another call, and she pleaded so earnestly with her father that, after much resistance, he finally permitted her to choose her own state in life.

At the age of 17, then, the young woman entered the convent of the Capuchin nuns at Citta di Castello in Umbria, where the primitive rule of St. Clare was observed. Imbued with sincere humility she considered herself the lowliest member of the community. At the same time she greatly edified all by her obedience and love of poverty and mortification. Sometimes she was favored with interior conversations and revelations. She resolved that she would reveal all such matters to her superiors and her confessor; she had neglected to do that when she was still in the world, and as a result she had often been misled by the father of lies.

When Veronica had spent 17 years in various offices in her community, she was entrusted with the guidance of the novices. She endeavored to imbue them with the spirit of simplicity and to lay a firm foundation for humility. She directed them to the truths of the Faith and the rules of the order as their safest guides on the way of perfection, and warned them against reading idly speculative books as well as against everything unusual.

Meanwhile, extraordinary things were beginning to happen to her. On Good Friday she received the stigmata, and later the Crown of Thorns was impressed on her head amid untold sufferings. After careful examination of the matters, the bishop sent a report to Rome. Then Rome appointed a commission, which was to put her humility to the severest test, in order to determine whether she was an imposter, a person deluded by the devil, or a person favored by God. She was deposed from her office as novice mistress, and deprived of every suffrage in the community. She was even imprisoned in a remote cell, no sisters were permitted to talk to her, and a lay sister who was made her warden was ordered to treat her like a deceiver. Finally, she was even deprived of holy Communion and was permitted to attend holy Mass only on Sundays and holy days near the door of the church.

At the conclusion of these trials, the bishop reported to Rome that she scrupulously obeyed every one of his ordinances, and showed not the least sign of sadness amid all his harsh treatment, but rather an inexpressible peace and joy of spirit.

The test had proved the admirable manifestations to be the work of God. But Veronica did not on that account deem herself a saint, but rather a great sinner, whom God was leading on the way to conversion by means of His holy wounds.

Having filled the office of novice mistress during a space of 22 years, Veronica was unanimously elected abbess. Only in obedience could she be prevailed upon to accept the responsibility.

Purified more and more by many sufferings, to which she added many austere mortifications, she went to her eternal reward on July 9, 1727, after spending 50 years in the convent. Because of her heroic virtues and the many miracles that were continually being worked at her tomb, she was canonized by Pope Gregory XVI in 1839.

ON THE MARKS OF HUMILITY

1. Consider the marks of humility as evident in the life of St. Veronica. She considered herself the lowliest of her sisters. He who is truly humble reflects upon his misery and weakness. He acknowledges that whatever good there is in him has been given to him by God, and that according to the measure of His gifts to him he ought to have achieved much greater perfection. Veronica, therefore, was sincere in believing that she was the least among her fellow sisters, just as St. Francis sis, and before his day St. Paul, who said: "Christ Jesus came into this world so save sinners, of whom I and the chief" (1 Tim 1:15). For the same reason, the humble man never rates his opinion over that of others, his merits above those of others, nor his abilities above other people's abilities. In his humility he considers others as being above him, and cheerfully takes the lowest place. -- Are these traits evident in you?

2. Consider how the humility of Veronica was tested by extraordinary humiliations. The evil spirit as well as our evil self-love can conjure up great things before a person, but neither of them can stand the test of humility. To endure humiliations is the way to humility and also an evidence of how much of it we possess. No matter how much they hurt human nature, the soul that wishes to become humble will say with the prophet: "It is good for me that thou hast humbled me" (Psalm 118:71). The more calmly and joyfully a person accepts humiliation, the greater progress has he made in humility. -- At what degree of humility have you arrived? Do you at least earnestly desire to acquire this virtue?

3. Consider that humility, which is the root of all other virtues, will also be evident in these virtues. If these virtues flourish and produce good fruit, it is a sure sign that humility is deeply rooted in the soul. There are especially three virtues that manifest the measure of our humility; they are patience, obedience, and mortification. The truly humble person calmly accepts adversities as his due; moreover, he is patient with himself and is not disturbed over his weakness and misery, which he has long since recognized. He takes pleasure in being guided by obedience and protected against his own frailty. And because he recognizes that he has been guilty in more points than one, he seeks to make satisfaction by penance and mortification. St. Veronica regarded the stigmata as a penance for her sins. We who are sinners can hope to participate in her glory only through the performance of works of penance.

PRAYER OF THE CHURCH

O Lord Jesus Christ, who did glorify St. Veronica by the marks of Thy suffering, grant us the grace to crucify our flesh and thus become worthy of attaining to the joys of eternity. Who lives and reigns forever and ever. Amen.

from: The Franciscan Book of Saints, ed. by Marion Habig, ofm., © 1959 Franciscan Herald Press

SOURCE : http://franciscan-sfo.org/sts/S0710vero.htm

Saint Veronica Giuliani

Jan 122009

Also known as

• Ursula Giuliani

• Veronica de Julianis

Memorial

• 9 July

Profile

Born wealthy, the daughter of Francesco Giuliana and Benedetta Mancini. In her youth, Ursula developed a deep spirituality and desired nothing more than to dedicate her life to God. She received visions as a child, and her first words were reported to be “Do justice, God sees you,” said to a crooked merchant. Ursula’s father presented suitors in hopes that she would marry her; the girl became ill at the idea of not devoting her life to God, and she finally received her father‘s blessing on her call to religious life.

She joined the Poor Clares in Città di Castello, Umbria, Italy, on 17 July 1677 at age 17, receiving the veil on 28 October and taking the name Veronica. In 1693 she received visions that indicated that the Passion would be re-enacted in her own soul; in 1694 she received the first sign of the stigmata, in her case the visible wounds of the crown of thorns; on Good Friday in 1697 she received the wounds on her hands, feet and side. She submitted to medical treatment and many examinations, never trying to prove the stigmata was real, just suffering through the wounds, the exams and the scorn of her peers.

Veronica served as novice mistress for over thirty years; she refused to let them read any related to visions or mysticism, insisting that they become practical brides of Christ. Chosen abbess of her house in 1716, and served for more than a decade. Her 10-volume Diary of the Passion catalogues her religious experiences.

Born

• 1660 at Mercatello, Duchy of Urbino (part of modern Italy) as Ursula Giuliani

Died

• 9 July 1727 at Città di Castello, Italy of natural causes

• the figure of the cross was found impressed upon her heart

• body incorrupt

Beatified

• 17 June 1804 by Pope Pius VII

Canonized

• 26 May 1839 by Pope Gregory XVI

Representation

• crowned with thorns and embracing the Cross

• holding a heart marked with a cross

SOURCE : http://saints.sqpn.com/saint-veronica-giuliani/

St. Veronica Giuliani

Born at Mercatello in the Duchy of Urbino, Italy, 1660; died at Citt' di Castello, 9 July, 1727. Her parents, Francesco Giuliana and Benedetta Mancini, were both of gentle birth. In baptism she was named Ursula, and showed marvelous signs of sanctity. When but eighteen months old she uttered her first words to upbraid a shopman who was serving a false measure of oil, saying distinctly: "Do justice, God sees you." At the age of three years she began to be favoured with Divine communications, and to show great compassion for the poor. She would set apart a portion of her food for them, and even part with her clothes when she met a poor child scantily clad. These traits and a great love for the Cross developed as she grew older. When others did not readily join in her religious practices she was inclined to be dictatorial. In her sixteenth year this imperfection of character was brought home to her in a vision in which she saw her own heart as a heart of steel. In her writings she confesses that she took a certain pleasure in the more stately circumstances which her family adopted when her father was appointed superintendent of finance at Piacenza. But this did not in any way affect her early-formed resolution to dedicate herself to religion, although her father urged her to marry and procured for her several suitors as soon as she became of marriageable age. Owing to her father's opposition to her desire to enter a convent, Veronica fell ill and only recovered when he gave his consent.

In 1677 she was received into the convent of the Capuchin Poor Clares in Citt' di Castello, taking the name of Veronica in memory of the Passion. At the conclusion of the ceremony of her reception the bishop said to the abbess: "I commend this new daughter to your special care, for she will one day be a great saint." She became absolutely submissive to the will of her directors, though her novitiate was marked by extraordinary interior trials and temptations to return to the world. At her profession in 1678 she conceived a great desire to suffer in union with our Saviour crucified for the conversion of sinners. About this time she had a vision of Christ bearing His cross and henceforth suffered an acute physical pain in her heart. After her death the figure of the cross was found impressed upon her heart. In 1693 she entered upon a new phase in her spiritual life, when she had a vision of the chalice symbolizing the Divine Passion which was to be re-enacted in her own soul. At first she shrank from accepting it and only by great effort eventually submitted. She then began to endure intense spiritual suffering. In 1694 she received the impression of the Crown of Thorns, the wounds being visible and the pain permanent. By order of the bishop she submitted to medical treatment, but obtained no relief. Yet, although she lived in this supernaturally mystical life, she was a practical woman of affairs. For thirty-four years she was novice-mistress, and guided the novices with great prudence. It is noticeable that she would not allow them to read mystical books. In 1716 she was elected abbess and whilst holding that office enlarged the convent and had a good system of water-pipes laid down, the convent hitherto having been without a proper water supply. She was canonized by Gregory XVI in 1839. She is usually represented crowned with thorns and embracing the Cross.

Hess, Lawrence. "St. Veronica Giuliani." The Catholic Encyclopedia. Vol. 15. New York: Robert Appleton Company, 1912. 19 Mar. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/15363a.htm>.



Filippo Maria Salvatori, The Lives of S. Veronica Giuliani, Capuchin Nun : http://www.veronicagiuliani.com/