mercredi 25 juillet 2012

Saint JACQUES de Zébédée, dit le MAJEUR, APÔTRE


Saint Jacques le Majeur

Apôtre

(† vers l'an 44)
Saint Jacques le Majeur, fils de Zébédée et de Salomé, était frère de saint Jean l'évangéliste. On le surnomma le Majeur, pour le distinguer de l'Apôtre du même nom surnommé le Mineur, qui fut évêque de Jérusalem. Il était de Galilée et vint au monde douze ans avant Jésus-Christ. Il exerçait la profession de pêcheur, ainsi que son père et Jean, son frère. Un jour qu'ils nettoyaient leurs filets dans une barque sur les bords du lac de Génésareth, Jésus appela les deux frères; à l'instant, quittant leur barque et leur père, ils se mirent à Sa suite et furent bientôt agrégés au collège des Apôtres.

Le choix que Jésus fit des deux frères pour être, avec Pierre, témoins de Sa Transfiguration, et plus tard de Sa prière au Jardin des Oliviers, montre assez l'affection dont Il les honorait. Après la dispersion des Apôtres, Jacques le Majeur vint en Espagne, dont Dieu le destinait à faire la conquête. Il la parcourut en tous sens et la féconda de ses sueurs; mais il ne put convertir que neuf disciples. N'est-ce pas un sujet de consolation pour les prédicateurs dont les efforts ne sont pas toujours couronnés de succès? Dieu Se plaît ainsi à éprouver Ses envoyés; ils sèment, d'autres recueilleront la moisson.

Du reste, Jacques eut une grande consolation: la Sainte Vierge, vivante encore, lui apparut et lui demanda de construire, en Son honneur, une chapelle qui serait une protection pour l'Espagne. La Sainte Vierge a maintes fois prouvé depuis aux Espagnols qu'ils étaient sous Sa sauvegarde.

Saint Jacques revint à Jérusalem, y prêcha la foi de Jésus-Christ et convertit beaucoup de personnes. L'Apôtre gagna à Jésus-Christ deux magiciens qui avaient cherché à le confondre par leur art diabolique. Un jour qu'il prêchait, une émeute, préparée à l'avance, se souleva contre lui; on le conduisit au gouverneur Hérode, en disant: "Il séduit le peuple, il mérite la mort." Hérode, homme sans conscience, visant avant tout à plaire, commanda de trancher la tête au saint Apôtre.

Le glorieux martyr appartenait à l'Espagne, qu'il avait évangélisée. Sa dépouille mortelle y fut conduite par quelques disciples. Il n'est peut-être pas au monde un ancien pèlerinage plus célèbre que celui de Saint-Jacques de Compostelle. Saint Jacques a été souvent le défenseur de l'Espagne contre les Sarrasins.

Abbé L. Jaud,Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/jacques-le-majeur_apotre.html



En la fête de Saint Jacques, frère de l’Apôtre et Évangéliste saint Jean, l’Église commémore aussi saint Christophe.

« La fête de saint Jacques, fils de Zébédée, apparaît d’abord au 27 décembre où, dès la seconde moitié du 4e siècle, elle était célébrée conjointement avec celle de son frère Jean, selon le martyrologe de Nicomédie. A Jérusalem, au Ve siècle, Jacques et Jean étaient commémorés le 29 décembre. On trouve à nouveau leur fête au 27 décembre dans les livres gallicans du 7e siècle [1]. C’est dans les mêmes jours qu’elle continue à être célébrée par l’Église arménienne. Comme les Actes des Apôtres rapportent que Jacques fut décapité à la veille de la Pâque (Act. 12,2-3), l’Église copte célèbre son martyre le 12 avril, tandis que les Églises de rite byzantin le font le 30 avril [2] et l’Église syrienne d’Antioche le 7 mai.

En Occident, dès le VIIIe siècle, la fête de saint Jacques est fixée au 25 juillet, aussi bien dans les calendriers que dans les sacramentaires gélasiano-francs. C’est la date qui est donnée dans la liste des fêtes des Apôtres qui se trouve en tête du martyrologe hiéronymien. On remarquera donc que la fête du 25 juillet est antérieure à l’instauration du culte de saint Jacques à Compostelle, la découverte du tombeau qui lui est attribué ne remontant pas au-delà de 830. Comme les autres fêtes d’Apôtres, celle de saint Jacques a dû pénétrer à Rome dans le cours du Xe siècle. Au XIe siècle, le sacramentaire de Saint-Pierre reproduit le formulaire des Gélasiens du VIIIe siècle, largement diffusé par les sacramentaires des IXe et Xe siècles. Au XIIe siècle, la fête est attestée à Rome par la quasi totalité des documents. Son absence ne peut s’expliquer dans l’antiphonaire de Saint-Pierre que par le fait que toutes les pièces chantées sont prises au Commun des Apôtres » [3].

Double depuis 1298, la fête fut élevée au rang de double de IInde classe après la réforme de St Pie V seulement.

[1] Voir Missale Gothicum, édit. L.C. Mohlberg, p. 12, et The Calendar of. St. Willibrord, l.c., p. 14 avec tous les textes parallèles cité dans le même ouvrage p. 45.

[2] Tandis que l’Horologion nomme bien au 30 avril saint Jacques, frère de Jean le Théologien (édit. de Venise 1870, p. 304), le Typicon annonce Jacques, frère du Seigneur.
[3] Cf. Pierre Jounel, Le Culte des Saints dans les Basiliques du Latran et du Vatican au douzième siècle, École Française de Rome, Palais Farnèse, 1977.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Saluons l’astre brillant qui se lève sur l’Église. Compostelle jadis resplendit par lui de l’éclat de tels feux que, pendant mille années, l’univers subit l’attraction de la ville obscure devenue, avec Jérusalem et Rome, l’un des foyers puissants de la piété des peuples. Tant que dura la chrétienté, Jacques le Grand le disputa, pour la gloire de sa tombe, à celle du sépulcre où Pierre repose soutenant l’Église.

Parmi les Saints de Dieu, il n’en est pas qui manifeste mieux la mystérieuse survivance des élus à leur carrière mortelle, dans la poursuite des intérêts que leur confia le Seigneur. La vie de Jacques fut courte après l’appel qui le faisait Apôtre ; le résultat de son apostolat apparut presque nul en cette Espagne qui lui était donnée. A peine l’avait-on vu comme prendre possession du sol de l’Ibérie dans sa course rapide ; et empressé à boire le calice qui devait satisfaire sa persévérante ambition d’être près du Seigneur [57], le premier des douze il ouvrait dans l’arène la marche glorieuse que l’autre fils de Zébédée devait clore. O Salomé, qui les mîtes au monde et fûtes près de Jésus l’interprète de leurs prétentions [58], tressaillez d’une double allégresse [59] : vous n’êtes point rebutée ; vous avez pour complice celui qui fit le cœur des mères. N’est-ce pas lui qui déjà dès ce monde, à l’exclusion de tous autres et en la compagnie du seul Simon son vicaire, appelait les enfants que vous lui aviez donnés au spectacle des plus profondes œuvres de sa puissance [60], à la contemplation de sa gloire au Thabor [61], à la divine confidence de son trouble mortel au jardin de l’agonie [62] ? Or voici qu’aujourd’hui l’aîné de votre sein devient le premier-né du collège sacré dans la mort ; protomartyr apostolique, ainsi quant à lui reconnut-il l’amour spécial du Seigneur Christ.

Comment pourtant sera-t il le messager de la foi, celui dont le glaive d’Hérode Agrippa [63] vient d’arrêter subitement la mission ? Comment justifiera-t-il son nom de fils du tonnerre [64], l’Apôtre dont quelques disciples au plus entendirent la voix dans le désert de l’infidélité ? Ce nom nouveau [65] qui mettait à part encore une fois les deux frères, Jean le réalisa en déchirant la nue par les éclairs sublimes qui révélèrent au monde dans ses écrits les profondeurs de Dieu [66] ; pour lui, comme pour Simon nommé Pierre par le Christ [67] et devenu à jamais le fondement du temple, l’appellation reçue de l’Homme-Dieu fut prophétie et non vain titre ; pour Jacques aussi bien que pour Jean, l’éternelle Sagesse ne peut s’être trompée.

Ne croyons pas que le glaive d’un Hérode quelconque puisse déconcerter le Très-Haut dans les appels qu’il fait entendre aux hommes de sa droite. La vie des Saints n’est jamais tronquée ; leur mort, toujours précieuse [68], l’est plus encore quand c’est pour Dieu qu’elle semble arriver avant l’heure. C’est alors doublement qu’on peut dire en toute vérité que leurs œuvres les suivent [69], Dieu même étant tenu d’honneur et pour eux et pour lui à ce que rien ne manque à leur plénitude. « Il les a reçus comme une hostie d’holocauste, dit l’Esprit-Saint ; mais ils reparaîtront dans leur temps. On les verra scintiller comme la flamme qui court parmi les roseaux. Ils jugeront les nations, dompteront les peuples ; et le « Seigneur régnera par eux éternellement » [70]. Oh ! Combien littéral devait, en ce qui touche notre Saint, se montrer l’oracle !


A l’extrémité nord de la péninsule ibérique, sur le tombeau où la piété de deux disciples avait jadis comme à la dérobée ramené son corps, près de huit siècles avaient passé, qui pour les habitants des cieux sont moins qu’un jour [71]. Durant ce temps, la terre de son héritage, si rapidement parcourue naguère, avait vu les Barbares ariens succéder aux Romains idolâtres, puis le Croissant ramener plus profonde la nuit un moment dissipée. Un jour, au-dessus des ronces recouvrant le monument oublié, ont étincelé des lueurs, appelant l’attention sur ce lieu qui ne sera plus connu désormais que sous le nom de champ des étoiles. Mais soudain quelles clameurs retentissent, descendant des montagnes, ébranlant les échos des vallées profondes ? Quel est le chef inconnu ramenant au combat, contre une armée immense, la petite troupe épuisée que le plus vaillant héroïsme n’a pu la veille sauver d’une défaite ? Prompt comme l’éclair, brandissant d’une main son blanc étendard à la croix rouge, il fond haut l’épée sur l’ennemi éperdu, dont soixante-dix mille cadavres teignent de leur sang les pieds de son cheval de bataille. Salut au chef de la guerre sainte dont tant de fois cette Année liturgique a rappelé le souvenir ! Saint Jacques ! Saint Jacques ! Espagne, en avant ! C’est la rentrée en scène du pêcheur galiléen, que l’Homme-Dieu appela autrefois de la barque où il raccommodait ses filets [72] ; c’est la réapparition de l’aîné des fils du tonnerre, libre enfin de lancer la foudre sur les Samaritains nouveaux [73] qui prétendent honorer l’unité de Dieu en ne voyant qu’un prophète dans son Christ [74]. Désormais Jacques sera pour l’Espagne chrétienne la torche ardente qu’avait vue le Prophète, le feu qui dévore à droite et à gauche les nations enserrant la cité sainte, jusqu’à ce qu’elle ait retrouvé ses anciennes limites, et soit habitée au même lieu qu’autrefois par ses fils [75].

Et quand, après six siècles et demi que la mémorable lutte doit durer encore, ses porte-enseigne, les rois Catholiques, auront rejeté par delà les flots les restes de la tourbe infidèle qui n’aurait jamais dû les franchir, le vaillant chef des armées des Espagnes déposera sa brillante armure, le tueur de Maures redeviendra le messager de la foi. Montant sur sa barque de pêcheur d’hommes et groupant autour d’elle les flottes intrépides des Christophe Colomb, des Vasco de Gama, des Albuquerque, il les guidera sur les mers inconnues à la recherche de rivages où jusque-là n’ait point été porté le nom du Seigneur. Pour sa part de contribution aux travaux des douze, Jacques amènera de l’Occident, de l’Orient, du Midi, des mondes nouveaux qui renouvelleront la stupeur de Pierre à la vue de telles prises [76]. Et celui dont on avait pu croire, au temps du troisième Hérode, l’apostolat brisé dans sa fleur avant d’avoir donné ses fruits, pourra dire lui aussi : « Je ne m’estime point inférieur aux plus grands des Apôtres [77] ; car, par la grâce de Dieu, j’ai travaillé plus qu’eux tous » [78].

Patron des Espagnes, n’oubliez pas l’illustre peuple qui vous dut à la fois sa noblesse dans les cieux et sa prospérité de ce monde ; protégez-le contre l’amoindrissement des vérités qui firent de lui en ses beaux jours le sel de la terre ; qu’il pense à la terrible sentence portant que, si le sel s’affadit, il n’est plus bon qu’à être foulé aux pieds [79]. Mais en même temps souvenez-vous, ô Apôtre, du culte spécial dont vous honore l’Église entière. Aujourd’hui encore, ne garde-t-elle pas sous la protection immédiate du Pontife romain et votre corps sacré si heureusement retrouvé dans nos temps [80], et le vœu d’aller en pèlerin vénérer ces restes précieux ?

Que sont devenus les siècles où, si grande que se manifestât votre force d’expansion au dehors, elle était dépassée par la merveilleuse puissance d’attirer tout à vous, que vous avait communiquée le Seigneur [81] ? Qui donc, sinon Celui qui compte les astres du firmament [82], pourrait nombrer les Saints, les pénitents, les rois, les guerriers, les inconnus de tout ordre, multitude infinie, renouvelée sans cesse, gravitant autour de vos reliques saintes comme sous l’empire de ces immuables lois qui règlent au-dessus de nos têtes les mouvements des cieux ; armée alors sans cesse en marche vers ce champ de l’étoile d’où s’exerçait votre rayonnement sur le monde ? Et n’était-ce donc pas le sens de la vision mystérieuse prêtée, dans nos antiques légendes, au grand empereur par qui l’Europe chrétienne était fondée, lorsqu’au soir d’une journée de labeur, des bords de la mer de Frise, il contemplait la longue zone étoilée qui, partageant le ciel, semblait passer entre les Gaules, l’Allemagne et l’Italie, pour de là, traversant Gascogne, pays Basque et Navarre, gagner les terres de la lointaine Galice ? On raconte que vous-même apparûtes alors à Charles, et lui dîtes : « Ce chemin d’étoiles marque la route qui s’offre à toi pour délivrer ma tombe, et que suivront après toi tous les peuples » [83]. Et Charlemagne, passant les monts, donna le signal pour la chrétienté de cette marche en avant sur les terres Sarrasines qu’on appela la Croisade ; ébranlement immense, qui fut le salut aussi bien que la gloire des races latines, en rejetant la peste musulmane sur le foyer où elle avait pris naissance.

Mais quand nous venons à considérer que deux tombeaux furent, aux deux points extrêmes, les pôles voulus par Dieu de ce mouvement absolument incomparable dans l’histoire des nations : l’un qui fut celui où Dieu même se coucha dans la mort, et l’autre, ô fils de Zébédée, qui garde vos cendres ; comment ne point nous écrier, dans la stupéfaction du Psalmiste : Vos amis sont honorés jusqu’à l’excès, ô Dieu [84] ! Et du Fils de l’homme à son humble Apôtre, quelles recherches de l’amitié n’agréant d’honneurs que ceux qu’elle partage, jusque dans l’établissement de ces Ordres hospitaliers et militaires qui, de part et d’autre, devenus la terreur du Croissant, n’eurent d’autre but à l’origine que de recueillir et de protéger les pèlerins dans leur route vers l’un ou l’autre des saints tombeaux ! Puisse l’impulsion d’en haut, dont le retour aux grands pèlerinages catholiques est un des signes les plus heureux de nos temps, ramener aussi vers Compostelle les fils de vos clients d’autrefois ! Pour nous du moins, avec notre saint Louis balbutiant encore de ses lèvres mourantes en face de Tunis la Collecte de votre fête, nous redirons en finissant : « Soyez, Seigneur, pour votre peuple, sanctificateur et gardien ; fortifié du secours de votre Apôtre Jacques, qu’il vous plaise dans ses mœurs et vous serve d’un cœur tranquille ».

[57] Marc, X 35-40.

[58] Matth. XX, 20-21.

[59] Prov. XXIII, 25.

[60] Marc, V, 37.

[61] Ibid. IX, 1.

[62] Ibid. XIV, 33.

[63] Act. XII, 2.

[64] Marc, III, 17.

[65] Apoc. II, 17.

[66] I Cor. II, 10.

[67] Marc, III, 10.

[68] Psalm. CXV, 15.

[69] Apoc. XIV, 13.

[70] Sap. III, 6-8.

[71] Psalm. LXXXIX, 4.

[72] Matth. IV, 21.

[73] Luc. IX, 52-54.

[74] Bataille de Clavijo, sous Ramire I, vers 843.

[75] Zach. XII, 6.

[76] Luc. V, 1-11.

[77] II Cor. XI, 5 ; XII, 11.

[78] I Cor. XV, 10.

[79] Matth. V, 13.

[80] Litterae Leonis XIII diei I. Novemb. 1884, ad archiep. Compostell.

[81] Johan. XII, 32.

[82] Psalm. CXLVI, 4.

[83] Pseudo Turpin. De vita Car. Magn.

[84] Ps. CXXXVIII, 17.



Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Le premier des fils du tonnerre (comme le Sauveur appela les deux frères Jacques et Jean) fut aussi le protomartyr du collège apostolique, car il fut décapité par Hérode Agrippa vers l’an 43. La fête de Pâques était proche, c’est pourquoi les Coptes célèbrent son martyre le 12 avril, et le Lectionnaire syrien d’Antioche le 30.

Il n’est pas impossible que, chez les Latins également, la fête du 1er mai [85] ait concerné primitivement saint Jacques, fils de Zébédée, et celle du 25 juillet le frère de Jude, cousin du Sauveur. Dom Morin en a trouvé des indices dans les Calendriers Cassiniens du moyen âge.

Au VIe siècle on vénérait encore, à Jérusalem, le tombeau des deux apôtres du nom de Jacques. On sait toutefois qu’au IXe siècle, les reliques de saint Jacques le Majeur étaient déjà en grande vénération à Compostelle, où elles furent sans doute transportées après que les Arabes se furent emparés de la Ville sainte. Durant tout le moyen âge, le pèlerinage en Galice, à la tombe de saint Jacques, fut l’un des plus populaires, tout à fait digne de la place de prédilection occupée par saint Jacques près du Divin Sauveur.

L’introït de la messe est le même que le 21 décembre. Suit la première collecte : « Sanctifiez et gouvernez, Seigneur, le peuple qui vous est fidèle, afin que, protégé par les prières de votre apôtre Jacques, il vive d’une manière qui vous soit agréable et, avec tranquillité d’esprit, se dévoue à votre service ». Le Christ est dit sanctificateur et gouverneur du peuple chrétien parce qu’il est le chef mystique de l’Église, duquel se répand dans tout le corps la vie surnaturelle et cet ordre merveilleux qui la mène à sa fin dernière, la gloire éternelle.

La première lecture est tirée de l’épître de saint Paul aux Corinthiens (I, IV, 9-15). Le crédit de l’Apôtre s’était beaucoup affaibli en cette ville capricieuse où plaisait davantage l’éloquence d’Apollo et la magnificence de nouveaux prédicateurs. Saint Paul flagelle ici avec le fouet de l’ironie l’arrogance des Corinthiens bouffis d’orgueil, et accepte volontiers d’être comme écrasé sous les travaux et les peines que lui coûte la prédication évangélique, et qu’il n’hésite pas à décrire sous les plus vives couleurs. Si cependant les Corinthiens, amollis et se croyant parfaits, dédaignent maintenant de reconnaître pour Apôtre un homme si humble et si éprouvé, ils doivent toutefois se souvenir que Paul est toujours leur père, parce que, le premier, il les a régénérés dans le Christ.

Le répons est le même que le 29 juin ; le verset alléluiatique est le suivant (Ioan., xv, 16) : « Je vous ai tirés du milieu du monde, afin que vous alliez et rapportiez du fruit ». Les maîtres de la vie spirituelle observent que le religieux est comme le sel qui, quoique extrait de l’eau, se dissout si on l’y remet. Ainsi en est-il de l’âme religieuse : elle a été tirée du milieu du monde, et pourtant elle se perd si elle vit de lui.

La lecture évangélique est la même que pour le 6 mai. Le Sauveur avait promis aux deux fils de Zébédée l’honneur de boire le calice de sa Passion, et il en fut ainsi, car l’histoire enregistre leur double martyre. Jacques le but entièrement le premier. Jean l’absorba goutte à goutte, pour ainsi dire, jusqu’à son extrême vieillesse. De toutes façons, les deux Fils du tonnerre ouvrent et ferment, dans le collège apostolique, la série des cruels martyres de ceux qui plantaverunt Ecclesiam sanguine suo [86].

L’antienne pour l’offrande des oblations est la même que le 21 décembre. Le Psalmiste avait dit que la voix des Apôtres se répandrait jusqu’aux confins du monde ; et voici que les pèlerins du moyen âge faisaient leur testament, puis, avec le bourdon et la coquille, ils se rendaient en Galice, la contrée la plus éloignée du monde, comme on le croyait alors, pour y vénérer le tombeau de l’apôtre Jacques et y recevoir sa bénédiction.

Suit la prière qui prélude à l’anaphore consécratoire : « Que la bienheureuse passion de votre apôtre Jacques vous rende agréables, Seigneur, les offrandes du peuple fidèle, et là où fait défaut notre mérite, que son intercession y supplée ».

Avec quelle insistance l’Église revient sur le dogme si consolant de la Communion des Saints, sur lequel s’appuie le culte de vénération que nous leur rendons : Ut ipsi pro nobis intercedere dignentur in cælis, quorum memoriam agimus in terris [87].

La préface est celle des Apôtres. Cependant les anciens Sacramentaires prescrivent celle-ci : Vere dignum etc... quia licet nobis semper salutem operetur divini celebratio Sacramenti, propensius tamen nobis confidimus profuturam, si beati Apostoli tui Iacobi intercessionibus adiuvemur. Per etc [88].

L’antienne pour la Communion du peuple est commune à la fête de saint Mathias le 24 février.

Voici la collecte d’action de grâces : « Que nous assiste, Seigneur, l’intercession de votre bienheureux apôtre Jacques, en la solennité duquel nous avons participé au sacrifice festif ». Percepimus tua Sancta lætantes. Tel est l’esprit de la piété chrétienne ; et quand les peuples allaient l’alimenter aux sources de l’Église, en prenant une part active à la sainte liturgie, aux sacrements, aux fêtes religieuses, à l’office divin, ils ne sentaient pas le besoin des cinématographes ni des spectacles qui aujourd’hui ruinent à la fois chez un si grand nombre l’âme et la santé du corps.

Dans les Sacramentaires du moyen âge, est indiquée pour ce jour la bénédiction ou oratio super populum, qui toutefois est tirée du Léonien où elle est assignée à l’octave des Princes des Apôtres. Super populum : « Solemnitatis Apostolicæ multiplicatione gaudentes, clementiam tuam deprecamur, omnipotens Deus ; ut tribuas iugiter nos eorum et confessione benedici, et patrociniis confoveri » [89]. Autrefois cette oraison représentait la bénédiction finale, récitée sur le peuple avant de le congédier avec la formule encore en usage : Ite, missa est. La formule actuelle : benedicat vos etc. était récitée seulement par le Pape quand il traversait l’église pour retourner au secretarium et que les clercs, les moines et les fidèles alignés lui demandaient sa bénédiction.

[85] 11 mai depuis 1955, cf. ici.

[86] Qui plantèrent l’Église par leur sang.

[87] Pour que daignent intercéder pour nous dans les cieux, ceux dont nous faisons mémoire sur la terre : prière Suscipe Sancta Trinitas de l’Offertoire.

[88] Vous permettez que la célébration du Sacrement divin opère toujours notre salut, mais plus encore nous avons confiance dans le salut à venir, si nous sommes aidés par l’intercession de votre bienheureux Apôtre Jacques.

[89] Réjouis par l’abondance de la solennité apostolique, nous prions votre clémence, Dieu tout-puissant : accordez-nous d’être tout à la fois bénis par la confession de leur foi et soutenus par leur patronage.


Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique

Pouvez-vous boire le calice que je boirai ?

1. Saint Jacques le Majeur. — Jour de mort : aux environs de la fête de Pâques, en l’an 42. (Le 25 juillet est la date de la translation de ses reliques). Tombeau : Au VIe siècle, on vénérait encore son tombeau à Jérusalem ; depuis le IXe siècle, il se trouve à Compostelle, en Espagne, un des plus anciens et des plus célèbres lieux de pèlerinage avec Rome et Jérusalem.

Vie : Saint Jacques le Majeur appartient au groupe des trois disciples préférés de Jésus. Un des premiers, il fut appelé à le suivre, et en reçut, avec Jean son frère, le surnom de « Fils du tonnerre ». Il fut le témoin de la Transfiguration du Maître et de sa suprême humiliation sur le mont des Oliviers. Parmi les Apôtres, il est le premier qui ait bu « la coupe du Seigneur Il, c’est-à-dire subi le martyre. Il eut la tête tranchée, en 42, sous Hérode. (« Il fit mourir par le glaive Jacques, frère de Jean », déclarent nettement les Actes des Apôtres, XII, 2). Sur son ministère apostolique nous ne savons absolument rien. « Celui qui l’avait amené au tribunal, raconte la légende, voyant avec quel courage il allait au martyre, se déclara sur-le-champ chrétien lui aussi. Tandis qu’on les entraînait au supplice, il implora le pardon de l’Apôtre. La paix soit avec toi ! lui répondit celui-ci en l’embrassant. Ils furent tous deux décapités ». On reconnaît à ce trait un vrai disciple du Maître ; et c’est ainsi que nous devons pratiquer, nous aussi, à la fois l’amour du Christ et l’amour de nos frères.

3. La Messe (Mihi autem). — Dans l’esprit de la liturgie, la messe d’un saint se célèbre toujours à son tombeau. Nous sommes donc aujourd’hui à Compostelle, belle occasion pour nous d’admirer comment la vie et l’action d’un saint se prolongent à travers l’histoire de l’Église. Quelle foi et quelle ardente piété, en effet, en ce lieu ! Outre certains textes communs aux fêtes des Apôtres, la messe de saint Jacques contient plusieurs parties propres d’une grande beauté.

Le « je » reparaît encore dans l’Introït, saint Jacques et les autres Apôtres se présentent à moi en amis du Christ et princes du Royaume de Dieu, et je leur rends mes hommages. Le psaume célèbre l’élection par la grâce, tant celle de l’Apôtre que la mienne. Mon Dieu, vous seul connaissez ma vie. C’est vous qui avez dirigé mes parents et ma propre jeunesse pour que je puisse être, à cette heure, votre enfant !

L’Oraison offre une grande richesse de pensées. Sa composition diffère nettement du type habituel. Qu’y demandons-nous ? Que Dieu soit le « sanctificateur » et le « gardien » de son peuple. Les juifs travaillaient autrefois à la construction du Temple, la truelle d’une main et l’épée de l’autre afin d’écarter l’ennemi. Que Dieu veuille, de même, élever son temple (l’Église et notre âme), en le sanctifiant et en le protégeant. De là ce double souhait : que les chrétiens soient

a) des pèlerins agréables à Dieu sur la terre (« Conversatio » signifie « conduite »), et

b) aussi de dignes serviteurs de Dieu.

Autrement dit : que les chrétiens mènent une vie riche de vertus et se consacrent en paix au service de Dieu. C’est ce que nous espérons par l’intercession de saint. Jacques.

Puis, voici l’austère avertissement de l’Épître : « Nous, les Apôtres, nous sommes voués à la mort ; nous allons par le monde, en proie à la faim, au dénuement, au mépris ». Et vous ; chrétiens, ne voulez pas nous imiter en cela ?

N’est-il pas remarquable que, le jour où nous honorons l’Apôtre saint Jacques, l’Évangile raconte un épisode de sa vie propre surtout à l’humilier ? L’Église a cependant choisi ce passage parce que le Maître y prédit son martyre.

Comparons les deux lectures de la messe. A l’Évangile, Jacques revendique une place de ministre dans le royaume terrestre du Messie ; à l’Épître, il nous apprend comment il a bu le calice du Seigneur, comment il a supporté les opprobres, la pauvreté, comment il est devenu le rebut des hommes. Pouvons-nous imaginer contraste plus grand entre l’objet de sa demande et ce qui lui est accordé. Nous avons ainsi ce diptyque : l’Apôtre avant. et après la mission du Saint-Esprit.

Au Graduel, nous entonnons le cantique nuptial de l’Église ; nous nous adressons à elle : Mère, ce sont vos enfants les plus fidèles ; ils sont princes dans le Royaume de Dieu ! Au verset de l’Alléluia, le Christ parle à ses Apôtres : « Je vous ai choisis du monde, afin que vous alliez et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure ». Ces paroles me concernent également.

L’Offertoire suggère la pensée d’un voyage apostolique. Saint Jacques se rend en Espagne. Quelle route radieuse ! — La Secrète suppose le cortège de la foule à l’offertoire. Puisse la « beata passio » (le glorieux martyre) de l’Apôtre en rendre les offrandes agréables au Seigneur !

A la Communion, nous voyons saint Jacques dans le triomphe du ciel, auquel nous sommes invités à participer. « Vous qui m’avez suivi, vous siégerez sur des trônes... » La satisfaction refusée à saint Jacques sur la terre, une place à la droite du Sauveur, lui a été accordée d’une manière beaucoup plus glorieuse : au paradis ; or, nous aussi, nous avons la promesse du même privilège. L’Évangile nous convie également à boire la coupe du Seigneur (l’Eucharistie et la participation aux souffrances du Christ), et à prendre place à ses côtés.


Benoît XVI, catéchèses (17 juin 2006)

Chers frères et sœurs,

En poursuivant la série de portraits des Apôtres choisis directement par Jésus au cours de sa vie terrestre, nous avons parlé de saint Pierre, de son frère André. Aujourd’hui, nous rencontrons la figure de Jacques. Les listes bibliques des Douze mentionnent deux personnes portant ce nom : Jacques fils de Zébédée et Jacques fils d’Alphée [90], que l’on distingue communément par les appellations de Jacques le Majeur et Jacques le Mineur. Ces désignations n’entendent bien sûr pas mesurer leur sainteté, mais seulement prendre acte de l’importance différente qu’ils reçoivent dans les écrits du Nouveau Testament et, en particulier, dans le cadre de la vie terrestre de Jésus. Aujourd’hui, nous consacrons notre attention au premier de ces deux personnages homonymes.

Le nom de Jacques est la traduction de Iákobos, forme grécisée du nom du célèbre Patriarche Jacob. L’apôtre ainsi appelé est le frère de Jean et, dans les listes susmentionnées, il occupe la deuxième place immédiatement après Pierre, comme dans Marc [91], ou la troisième place après Pierre et André dans les Évangiles de Matthieu [92] et de Luc [93], alors que dans les Actes, il vient après Pierre et Jean [94]. Ce Jacques appartient, avec Pierre et Jean, au groupe des trois disciples préférés qui ont été admis par Jésus à des moments importants de sa vie.

Comme il fait très chaud, je voudrais abréger et ne mentionner ici que deux de ces occasions. Il a pu participer, avec Pierre et Jean, au moment de l’agonie de Jésus dans le jardin du Gethsémani, et à l’événement de la Transfiguration de Jésus. Il s’agit donc de situations très différentes l’une de l’autre : dans un cas, Jacques avec les deux Apôtres fait l’expérience de la gloire du Seigneur. Il le voit en conversation avec Moïse et Elie, il voit transparaître la splendeur divine en Jésus ; dans l’autre, il se trouve face à la souffrance et à l’humiliation, il voit de ses propres yeux comment le Fils de Dieu s’humilie, en obéissant jusqu’à la mort. La deuxième expérience constitua certainement pour lui l’occasion d’une maturation dans la foi, pour corriger l’interprétation unilatérale, triomphaliste de la première : il dut entrevoir que le Messie, attendu par le peuple juif comme un triomphateur, n’était en réalité pas seulement entouré d’honneur et de gloire, mais également de souffrances et de faiblesse. La gloire du Christ se réalise précisément dans la Croix, dans la participation à nos souffrances.

Cette maturation de la foi fut menée à bien par l’Esprit Saint lors de la Pentecôte, si bien que Jacques, lorsque vint le moment du témoignage suprême, ne recula pas. Au début des années 40 du I siècle, le roi Hérode Agrippa, neveu d’Hérode le Grand, comme nous l’apprend Luc, "se mit à maltraiter certains membres de l’Église. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter" [95]. La concision de la nouvelle, privée de tout détail narratif, révèle, d’une part, combien il était normal pour les chrétiens de témoigner du Seigneur par leur propre vie et, de l’autre, à quel point Jacques possédait une position importante dans l’Église de Jérusalem, également en raison du rôle joué au cours de l’existence terrestre de Jésus. Une tradition successive, remontant au moins à Isidore de Séville, raconte un séjour qu’il aurait fait en Espagne, pour évangéliser cette importante région de l’empire romain. Selon une autre tradition, ce serait en revanche son corps qui aurait été transporté en Espagne, dans la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle. Comme nous le savons tous, ce lieu devint l’objet d’une grande vénération et il est encore actuellement le but de nombreux pèlerinages, non seulement en Europe, mais du monde entier. C’est ainsi que s’explique la représentation iconographique de saint Jacques tenant à la main le bâton de pèlerin et le rouleau de l’Évangile, caractéristiques de l’apôtre itinérant et consacré à l’annonce de la "bonne nouvelle", caractéristiques du pèlerinage de la vie chrétienne.

Nous pouvons donc apprendre beaucoup de choses de saint Jacques : la promptitude à accueillir l’appel du Seigneur, même lorsqu’il nous demande de laisser la "barque" de nos certitudes humaines, l’enthousiasme à le suivre sur les routes qu’Il nous indique au-delà de toute présomption illusoire qui est la nôtre, la disponibilité à témoigner de lui avec courage, si nécessaire jusqu’au sacrifice suprême de la vie. Ainsi, Jacques le Majeur se présente à nous comme un exemple éloquent de généreuse adhésion au Christ. Lui, qui avait demandé au début, par l’intermédiaire de sa mère, à s’asseoir avec son frère à côté du Maître dans son Royaume, fut précisément le premier à boire le calice de la passion, à partager le martyre avec les Apôtres. Et à la fin, en résumant tout, nous pouvons dire que le chemin non seulement extérieur, mais surtout intérieur, du mont de la Transfiguration au mont de l’agonie, symbolise tout le pèlerinage de la vie chrétienne, entre les persécutions du monde et les consolations de Dieu. En suivant Jésus comme saint Jacques, nous savons que, même dans les difficultés, nous marchons sur la bonne voie.

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[90] Cf. Marc. 3, 17.18 ; Matth. 10, 2-3.

[91] Marc. 3, 17.

[92] Matth. 10, 2.

[93] Luc. 6, 14.

[94] Act. 1, 13.

[95] Act. 12, 1-2.

SOURCE : http://www.introibo.fr/25-07-St-Jacques-apotre


Jacques de Zébédée (Saint Jacques de Majeur), Musée d'art sacré de Dijon, Dijon, Côte-d'Or, Bourgogne


25 juillet

Saint Jacques le Majeur,


apôtre


Jacques est un nom théophore, assez commun au temps du Christ, qui signifie « que (Dieu) protège », comme Jacob, dont il est la forme grécisée. Deux apôtres de Jésus portent le nom de Jacques : Jacques, dit le majeur, fils de Zébédée, dont on célèbre aujourd'hui la fête ; l'apôtre Jacques, dit le mineur, fils d'Alphée, premier évêque de Jérusalem et auteur de l'épître.

Frère aîné de Jean l'évangéliste, Jacques était fils de Zébédée et de Salomé ; il habitait Bethsaïde ou Capharnaüm et pratiquait la pêche sur le lac de Génésareth, en compagnie de son père et de mercenaires embauchés. Sans doute était-il par sa mère cousin de Jésus et appartenait-il au groupe des disciples de Jean-Baptiste, qui sur les bords du Jourdain furent conquis par Jésus. Sa famille jouissait d'une certaine aisance, puisque son père avait des mercenaires et que sa mère aura la possibilité d'accompagner le Seigneur dans ses randonnées apostoliques, de lui venir en aide et d'acheter des aromates d'embaumement.

Choisi comme Apôtre, Jacques ne tarda pas à figurer presque en tête des Douze, si l'on en juge par la place qu'il occupe dans les quatre listes apostoliques et par le comportement de Jésus à son égard. Avec Pierre et Jean, il formait le groupe des intimes de Jésus, seuls admis au spectacle de certains grands événements comme la résurrection de la fille de Jaïre, la Transfiguration et la sainte Agonie de Notre Seigneur au Mont des Oliviers. C'est sans doute cette situation privilégiée qui l'enhardit à faire plusieurs demandes intempestives, révélatrices de ses tendances naturelles. De passage en Samarie il réclama l'extermination par la foudre d'un village inhospitalier ; en route vers Jérusalem et dans la persuasion où il était d'une prochaine instauration sur terre du royaume messianique, il sollicita, ou poussa sa mère à solliciter, pour lui et son frère, les premières places dans ce royaume ; à l'annonce de la ruine du Temple, il s'enquit immédiatement de la date exacte de cet événement. Son impétuosité était telle qu'il reçut de Jésus, avec son frère Jean, le surnom de « Fils du tonnerre. » Il n'en imitera pas moins la défection des autres apôtres, après l'arrestation de son Maître au jardin de l'Agonie.

Figure importante de l'Eglise primi­ti­ve, c'est sur lui et sur Pierre que porte, vers 41-44, le choix meurtrier du roi Hérode Agrippa I° qui voulait abattre les têtes de l'Eglise pour plaire aux Juifs. Jacques le majeur périt alors par le glaive, donnant sa vie en témoignage de sa foi, comme Jésus le lui avait prédit.

Les traditions grecques et latines ne disent presque rien sur Jacques le Majeur ; il y est simplement fait mention ici ou là de son nom et de son martyre. Eusèbe de Césarée est le seul auteur des premiers siècles à rapporter une anecdote qu'il dit venir de Clé­ment d'Alexandrie qui la tenait des ancêtres. Jacques, dit Eusèbe de Césarée, à la suite d'une trahison, est mené devant le tribunal juif où il confesse sa foi ; à l'audition de son témoignage, l'homme qui l'avait livré se convertit. Tous deux sont condamnés à être décapités. Sur le chemin du supplice, le nouveau converti demande pardon à sa victime.

Les traditions postérieures parlent de la richesse de ses parents, de leur installation à Jérusalem, sur le mont Sion, de leurs re­la­tions avec le grand prêtre qui louait une partie de leur mai­son, de son apostolat en Judée, en Samarie et en Espagne, d'une épître, de sa mort et des prodiges qui la précédèrent, de son tombeau à Jérusalem, à Césarée ou en Espagne. Les dates de la fête de saint Jacques le Majeur, tant par l'Eglise latine (25 juillet) que par l'Eglise grecque (30 avril) ou l'Eglise syriaque (27 décembre), ne correspondent guère pas les Actes des Apôtres (XII 3) qui situent la mort de l'Apôtre juste avant la Pâque, fin mars ou début avril.

Saint Jacques serait venu en Espagne débarquant à l'extrémité ouest de la côte cantabrique à Iria Flavia (l'actuelle Padron). Il aurait prêché en Galice et sur les bords de l'Ebre. Un soir d'octobre 39, il priait près de l'Ebre, quand il fut ébloui par une lu­mière éclatante où lui ap­pa­rut la Vierge, assise sur un pilier de jaspe, escortée par des milliers d'anges. Marie lui dit : « C'est ici que je veux étre hono­rée. Tu vas me construire un temple où ce pilier restera jusqu'à la fin du monde. Là j'accomplirai des miracles ». Saint Jacques édifia une chapelle, qui aurait été à l'origine de la basilique Notre-Dame del Pilar, à Saragosse.

Revenu en Judée, après un séjour de sept ans en Espagne, saint Jacques y fut exécuté. La légende espagnole dit que sept de ses disciples s'embarquèrent à Jaffa avec son corps dans un sarco­pha­ge ; l'embarcation « poussée par les anges », franchit les Co­lon­nes d'Hercule (Gibraltar) et remonta le long de la péninsule pour venir s'echouer à l'extrémité ouest de la côte cantabérique à l'embouchure du rio Ulla. Le sarcophage fut enfoui, en sorte que le lieu de l'inhumation resta longtemps ignoré.

Au début du IX° siècle, la Reconquête ayant chassé les Maures de Galice, un ermite vit en songe le corps de saint Jacques et annonça la découverte prochaine de ses restes ; quelques jours plus tard, des bergers, guidés par la lumière d'une nouvelle étoile, découvrirent dans un champ le sarcophage ; d'où le nom de Campus stellæ (le champ de l'étoile), Compostelle. Dès qu'il l'ap­prit, Alphon­se II le Chaste, roi des Asturies, y fit bâtir un sanc­tu­ai­re ; il envoya l'os frontal du squelette à Charlemagne qui, ayant vu saint Jacques en songe, organisa l'expédition d'Espagne. Autour du premier sanctuaire naquit Saint-Jacques-de-Compos­telle, Santiago (par contraction des deux mots Sant et Jago).

Saint national des Espagnols, saint Jacques devint le guerrier qui force la victoire. La veille de la bataille de Clavijo qui opposa Abdérame III à Ramiro I° (844), saint Jacques apparut au roi des Asturies et lui promit la victoire. Au cours de la bataille, on vit descendre du ciel un cavalier revêtu d'une armure étincelante, brandissant une épée flamboyante, avec laquelle il fit un carnage parmi les Maures. D'où le nouveau surnom de Matamore, par déformation de matamoros (tueurs de Maures) donné à saint Jacques, et sa statue équestre, maintes fois recopiée, promenée dans les processions, le représentant coiffé d'un vaste feutre dont le bord est relevé sur le front et brandissant une courte épée qui ressemble à un cimeterre ; un Maure pourfendu par cette arme est foulé par les pieds de sa monture. D'où encore et désormais, le cri de guerre Santiago, poussé par les Espagnols, lorsqu'ils foncent contre leurs ennemis.






F. Lachat, en 1883, datait ce texte de 1688 ; l'abbé J. Lebarq, en 1890, datait ce texte de 1660, suivi en cela, en 1960, par le Professeur J. Truchet

Dites que mes deux fils soient assis dans votre royaume,

l'un à votre droite, et l'autre à votre gauche (Saint Matthieu XX 21).


Nous voyons trois choses dans l'Evangile : premièrement leur ambition réprimée : Vous ne savez pas ce que vous demandez ; secondement, leur ignorance instruite : Pouvez-vous boire le calice que je dois boire ? troisièmement, leur fidélité prophétisée : Vous boirez, il est vrai, mon calice.

PREMIER POINT

Il est assez ordinaire aux hommes de ne savoir ce qu'ils demandent, parce qu'ils ont des désirs qui sont des désirs de malades, inspirés par la fièvre, c'est-à-dire, par les passions ; et d'autres ont des désirs d'enfants, inspirés par l'imprudence. Il semble que celui de ces deux apôtres n'est pas de cette nature : ils veulent être auprès de Jésus-Christ, compagnons de sa gloire et de son triomphe : cela est fort désirable. L'ambition n'est pas excessive : il veut que nous régnons avec lui ; et lui qui nous promet de nous placer jusque dans son trône, ne doit pas trouver mauvais que l'on souhaite d'être à ses côtés. Néanmoins il leur répond : Vous ne savez pas ce que vous demandez.

Pour découvrir leur erreur, il faut savoir que les hommes peuvent se tromper doublement : ou en désirant comme bien ce qui ne l'est pas ; ou en désirant un bien véritable, sans considérer assez en quoi il consiste, ni les moyens pour y arriver. L'erreur des apôtres ne gît pas dans la première de ces fausses idées ; ce qu'ils désirent est un fort grand bien, puisqu'ils souhaitent d'être assis auprès de la personne du Sauveur des âmes. Mais ils le désirent avec un empressement trop humain ; et c'est là la nature de leur erreur, causée par l'ambition qui les anime. Ils s'étaient imaginé Jésus-Christ dans un trône, et ils souhaitaient d'être à ses côtés, non pas pour avoir le bonheur d'être avec lui, mais pour se montrer aux autres dans cet état de magnificence mondaine : tant il est vrai qu'on peut chercher Jésus-Christ même avec une intention mauvaise, pour paraître devant les hommes, afin qu'il fasse notre fortune. Il veut qu'on l'aime nu et dépouillé, pauvre et infirme, et non seulement glorieux et magnifique. Les apôtres avaient tout quitté pour lui, et néanmoins ils ne le cherchaient pas comme il faut, parce qu'ils ne le cherchaient pas seul. Voilà leur erreur découverte, et leur ambition réprimée : voyons maintenant, dans le deuxième point, leur ignorance instruite.

SECOND POINT

Il semble quelquefois que le Fils de Dieu ne réponde pas à propos aux questions qu'on lui fait. Ses apôtres disputent entre eux pour savoir quel est le plus grand ; et Jésus-Christ leur présente un enfant, et leur dit : Si vous ne devenez pas comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. Si donc le divin Sauveur en quelques occasions ne satisfait pas directement aux demandes qui lui sont faites, il nous avertit alors de chercher la raison dans le fond de la réponse. Ainsi en ce lieu on lui parle de gloire, et il répond en présentant l'ignominie qu'il doit souffrir : c'est qu'il va à la source de l'erreur. Les deux disciples s'étaient figuré qu'à cause qu'ils touchaient de plus près au Fils de Dieu par l'alliance du sang, ils devaient aussi avoir les premières places dans son royaume ; c'est pourquoi, pour les désabuser, il les rappelle à sa croix : Pouvez-vous boire le calice ? Et pour bien entendre cette réponse, il faut savoir qu'au lieu que les rois de la terre tirent le titre de leur royauté de leur origine et de leur naissance, Jésus-Christ tire le sien de sa mort. Sa naissance est royale, il est le fils et l'héritier de David ; et néanmoins il ne veut être roi que par sa mort. Le titre de sa royauté est sur sa croix : il ne confesse qu'il est roi qu'étant près de mourir. C'est donc comme s'il disait à ses disciples : Ne prétendez pas aux premiers honneurs parce que vous me touchez par la naissance : voyez si vous avez le courage de m'approcher par la mort. Celui qui touche le plus à ma croix, c'est celui à qui je donne la première place ; non pour le sang qu'il a reçu dans sa naissance, mais pour celui qu'il répandra pour moi dans sa mort : voilà le bonheur des chrétiens. S'ils ne peuvent toucher Jésus-Christ par la naissance, ils le peuvent par la mort, et c'est là la gloire qu'ils doivent envier.

TROISIEME POINT

Les disciples acceptent ce parti : Nous pouvons, disent-ils, boire votre calice ; et Jésus-Christ leur prédit qu'ils le boiront. Leur promesse n'est pas téméraire. Mais admirons la dispensation de la grâce dans le martyre de ces deux frères. Ils demandaient deux places singulières dans la gloire, il leur donne deux places singulières dans sa croix. Quant à la gloire, ce n'est pas à moi de vous la donner : je ne suis distributeur que des croix, je ne puis vous donner que le calice de ma Passion ; mais dans l'ordre des souffrances, comme vous êtes mes favoris, vous aurez deux places singulières. L'un mourra le premier, et l'autre le dernier de tous mes apôtres ; l'un souffrira plus de violences, mais la persécution plus lente de l'autre éprouvera plus longtemps sa persévérance. Jacques a l'avantage, en ce qu'il boit le calice jusqu'à la dernière goutte. Jean le porte sur le bord des lèvres : prêt à boire, on le lui ravit, pour le faire souffrir plus longtemps.

Apprenons par cet exemple à boire le calice de notre Sauveur, selon qu'il lui plaît de le préparer. Il nous arrive une affliction, c'est le calice que Dieu nous présente : il est amer, mais il est salutaire. On nous fait une injure : ne regardons pas celui qui nous déchire ; que la foi nous fasse apercevoir la main de Jésus-Christ, invisiblement étendue pour nous présenter ce breuvage. Figurons-nous qu'il nous dit : Avez-vous le courage de le boire ? Mais avez-vous la hardiesse, ou serez-vous assez lâches de le refuser de ma main, d'une main si chère ? Une médecine amère devient douce, en quelque façon, quand un ami, un époux, la présente : vous la buvez volontiers, malgré la répugnance de la nature. Quoi ! Jésus-Christ vous la présente, et votre main tremble, votre coeur se soulève ! Vous voudriez répandre par la vengeance la moitié de son amertume sur votre ennemi, sur celui qui vous a fait tort ! Ce n'est pas là ce que Jésus-Christ demande. Pouvez-vous boire, dit-il, ce calice des mauvais traitements, qu'on vous fera boire ? Et non pas : Pouvez-vous renverser sur la tête de l'injuste qui vous vexe ce calice de la colère qui vous anime ? La véritable force, c'est de boire tout jusqu'à la dernière goutte. Disons donc avec les apôtres : nous pouvons : mais voyons Jésus-Christ qui a tout bu comme il l'avait promis : le calice que je vais boire ; et quoiqu'il fût tout-puissant pour l'éloigner de lui, il n'a usé de son autorité pour réprimer celui qui, par l'affection tout humaine qu'il lui portait, voulait l'empêcher de le boire : Le calice que me donne mon Père, je ne le boirais pas ?


Nous fêtons à la fois saint Jacques le Majeur et saint Christophe qui sont l'un et l'autre patrons des pèlerins et des voyageurs : l'église de la Villette fut dédiée, le 20 juillet 1578, aux deux saints réunis dans un même vocable.

La rue Saint-Jacques, ancienne voie romaine de Paris à Orléans, ne reçoit son nom qu'au XIII° siècle ; il y existait, à l'entrée de la ville, une chapelle de Saint-Jacques le Majeur, dépendance d'un hôpital destiné aux pèlerins, celle-là même qui fut, en 1218, concédée par Jean de Barastre, doyen de Saint-Quentin, aux Dominicains que l'on appela dès lors les Jacobins. l'église et la paroisse de Saint-Jacques de la Boucherie qui dépendait du prieuré Saint-Martin-des-Champs, est pour la première fois mentionnée dans une bulle de Callixte II, datée de 1119 ; détruite par les révolutionnaires, il n'en subsiste aujourd'hui que le clocher achevé sous François I°. L'hôpital et l'église Saint-Jacques de l'Hôpital, rue Saint-Denis, dont une fausse chronique attribue la fondation à Charlemagne, ont été établis par une confrérie d'anciens pèlerins de Compostelle qui, après avoir tenu ses assemblées à Saint-Eustache, puis aux Quinze-Vingts, fit construire ses propres bâtiments, en 1317.

Dès le VII° siècle, il existait une église Saint-Christophe de la Cité, et, au IX° siècle, on signale un hôpital des pauvres sous le titre de Saint-Christophe. La paroisse Saint-Christophe, fondée au XII° siècle, qui était celle de l'Hôtel-Dieu, subsista jusqu'en 1747. Saint Christophe était le patron d'Aubervilliers. Il y avait, dans la forêt de Halatte, au hameau de Fleurines, un prieuré Saint-Christophe où les parisiens venaient en pèlerinage ; c'est là que Jean II le Bon signa les lettres établissant l'ordre de chevalerie de l'Etoile.

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/07/25.php


Membre de l'École de Cuzco. Saint Jacques combattant les Maures

Saint James The Greater

This James is the brother of John the Evangelist. The two were called by Jesus as they worked with their father in a fishing boat on the Sea of Galilee. Jesus had already called another pair of brothers from a similar occupation: Peter and Andrew. “He walked along a little farther and saw James, the son of Zebedee, and his brother John. They too were in a boat mending their nets. Then he called them. So they left their father Zebedee in the boat along with the hired men and followed him” (Mark 1:19-20).

James was one of the favored three who had the privilege of witnessing the Transfiguration, the raising to life of the daughter of Jairus and the agony in Gethsemani.

Two incidents in the Gospels describe the temperament of this man and his brother. St. Matthew tells that their mother came (Mark says it was the brothers themselves) to ask that they have the seats of honor (one on the right, one on the left of Jesus) in the kingdom. “Jesus said in reply, ‘You do not know what you are asking. Can you drink the cup that I am going to drink?’ They said to him, ‘We can’” (Matthew 20:22). Jesus then told them they would indeed drink the cup and share his baptism of pain and death, but that sitting at his right hand or left was not his to give—it “is for those for whom it has been prepared by my Father” (Matthew 20:23b). It remained to be seen how long it would take to realize the implications of their confident “We can!”

The other disciples became indignant at the ambition of James and John. Then Jesus taught them all the lesson of humble service: The purpose of authority is to serve. They are not to impose their will on others, or lord it over them. This is the position of Jesus himself. He was the servant of all; the service imposed on him was the supreme sacrifice of his own life.

On another occasion, James and John gave evidence that the nickname Jesus gave them—“sons of thunder”—was an apt one. The Samaritans would not welcome Jesus because he was on his way to hated Jerusalem. “When the disciples James and John saw this they asked, ‘Lord, do you want us to call down fire from heaven to consume them?’ Jesus turned and rebuked them…” (Luke 9:54-55).

James was apparently the first of the apostles to be martyred. “About that time King Herod laid hands upon some members of the church to harm them. He had James, the brother of John, killed by the sword, and when he saw that this was pleasing to the Jews he proceeded to arrest Peter also” (Acts 12:1-3a).

This James, sometimes called James the Greater, is not to be confused with James the Lesser (May 3) or with the author of the Letter of James and the leader of the Jerusalem community.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/james-the-greater/


José de Ribera (1591–1652). San Giacomo Maggiore, 1616-1617, 
78x95, Quadreria dei Girolamini, Napoli

St. James the Greater

(Hebrew Yakob; Septuagint Iakob; N.T. Greek Iakobos; a favourite name among the later Jews).

The son of Zebedee and Salome (Cf. Matthew 27:56; Mark 15:40; 16:1). Zahn asserts that Salome was the daughter of a priest. James is styled "the Greater" to distinguish him from the Apostle James "the Less", who was probably shorter of stature. We know nothing of St. James's early life. He was the brother of John, the beloved disciple, and probably the elder of the two.

His parents seem to have been people of means as appears from the following facts.
It is probable, according to Acts 4:13, that John (and consequently his brother James) had not received the technical training of the rabbinical schools; in this sense they were unlearned and without any official position among the Jews. But, according to the social rank of their parents, they must have been men of ordinary education, in the common walks of Jewish life. They had frequent opportunity of coming in contact with Greek life and language, which were already widely spread along the shores of the Galilean Sea.

Relation of St. James to Jesus

Some authors, comparing John 19:25 with Matthew 27:56 and Mark 15:40, identify, and probably rightly so, Mary the Mother of James the Less and of Joseph in Mark and Matthew with "Mary of Cleophas" in John. As the name of Mary Magdalen occurs in the three lists, they identify further Salome in Mark with "the mother of the sons of Zebedee" in Matthew; finally they identify Salome with "his mother's sister" in John. They suppose, for this last identification, that four women are designated by John 19:25; the Syriac "Peshito" gives the reading: "His mother and his mother's sister, and Mary of Cleophas and Mary Magdalen." If this last supposition is right, Salome was a sister of the Blessed Virgin Mary, and James the Greater and John were first cousins of the Lord; this may explain the discipleship of the two brothers, Salome's request and their own claim to the first position in His kingdom, and His commendation of the Blessed Virgin to her own nephew. But it is doubtful whether the Greek admits of this construction without the addition or the omission of kai (and). Thus the relationship of St. James to Jesus remains doubtful.

His life and apostolate

The Galilean origin of St. James in some degree explains the energy of temper and the vehemence of character which earned for him and St. John the name of Boanerges, "sons of thunder" (Mark 3:17); the Galilean race was religious, hardy, industrious, brave, and the strongest defender of the Jewish nation.

When John the Baptist proclaimed the kingdom of the Messias, St. John became a disciple (John 1:35); he was directed to "the Lamb of God" and afterwards brought his brother James to the Messias; the obvious meaning of John 1:41, is that St. Andrew finds his brother (St. Peter) first and that afterwards St. John (who does not name himself, according to his habitual and characteristic reserve and silence about himself) finds his brother (St. James). The call of St. James to the discipleship of the Messias is reported in a parallel or identical narration by Matthew 4:18-22; Mark 1:19 sq.; and Luke 5:1-11. The two sons of Zebedee, as well as Simon (Peter) and his brother Andrew with whom they were in partnership (Luke 5:10), were called by the Lord upon the Sea of Galilee, where all four with Zebedee and his hired servants were engaged in their ordinary occupation of fishing. The sons of Zebedee "forthwith left their nets and father, and followed him" (Matthew 4:22), and became "fishers of men".

St. James was afterwards with the other eleven called to the Apostleship (Matthew 10:1-4; Mark 3:13-19; Luke 6:12-16; Acts 1:13). In all four lists the names of Peter and Andrew, James and John form the first group, a prominent and chosen group (cf. Mark 13:3); especially Peter, James, and John. These three Apostles alone were admitted to be present at the miracle of the raising of Jairus's daughter (Mark 5:37; Luke 8:51), at the Transfiguration (Mark 9:1; Matthew 17:1; Luke 9:28), and the Agony in Gethsemani (Matthew 26:37; Mark 14:33). The fact that the name of James occurs always (except in Luke 8:51; 9:28; Acts 1:13 — Greek Text) before that of his brother seems to imply that James was the elder of the two. It is worthy of notice that James is never mentioned in the Gospel of St. John; this author observes a humble reserve not only with regard to himself, but also about the members of his family.

Several incidents scattered through the Synoptics suggest that James and John had that particular character indicated by the name "Boanerges," sons of thunder, given to them by the Lord (Mark 3:17); they were burning and impetuous in their evangelical zeal and severe in temper. The two brothers showed their fiery temperament against "a certain man casting out devils" in the name of the Christ; John, answering, said: "We [James is probably meant] forbade him, because he followeth not with us" (Luke 9:49). When the Samaritans refused to receive Christ, James and John said: "Lord, wilt thou that we command fire to come down from heaven, and consume them?" (Luke 9:54; cf. 9:49).

His martyrdom

On the last journey to Jerusalem, their mother Salome came to the Lord and said to Him: "Say that these my two sons may sit, the one on thy right hand, and the other on thy left, in thy kingdom" (Matthew 20:21). And the two brothers, still ignorant of the spiritual nature of the Messianic Kingdom, joined with their mother in this eager ambition (Mark 10:37). And on their assertion that they are willing to drink the chalice that He drinks of, and to be baptized with the baptism of His sufferings, Jesus assured them that they will share His sufferings (Mark 10:38-39).

James won the crown of martyrdom fourteen years after this prophecy, A.D. 44. Herod Agrippa I, son of Aristobulus and grandson of Herod the Great, reigned at that time as "king" over a wider dominion than that of his grandfather. His great object was to please the Jews in every way, and he showed great regard for the Mosaic Law and Jewish customs. In pursuance of this policy, on the occasion of the Passover of A.D. 44, he perpetrated cruelties upon the Church, whose rapid growth incensed the Jews. The zealous temper of James and his leading part in the Jewish Christian communities probably led Agrippa to choose him as the first victim. "He killed James, the brother of John, with the sword." (Acts 12:1-2). According to a tradition, which, as we learn from Eusebius (Church History II.9.2-3), was received from Clement of Alexandria (in the seventh book of his lost "Hypotyposes"), the accuser who led the Apostle to judgment, moved by his confession, became himself a Christian, and they were beheaded together. As Clement testifies expressly that the account was given him "by those who were before him," this tradition has a better foundation than many other traditions and legends respecting the Apostolic labours and death of St. James, which are related in the Latin "Passio Jacobi Majoris", the Ethiopic "Acts of James", and so on.

St. James in Spain

The tradition asserting that James the Greater preached the Gospel in Spain, and that his body was translated to Compostela, claims more serious consideration.

According to this tradition St. James the Greater, having preached Christianity in Spain, returned to Judea and was put to death by order of Herod; his body was miraculously translated to Iria Flavia in the northwest of Spain, and later to Compostela, which town, especially during the Middle Ages, became one of the most famous places of pilgrimage in the world. The vow of making a pilgrimage to Compostela to honour the sepulchre of St. James is still reserved to the pope, who alone of his own or ordinary right can dispense from it. In the twelfth century was founded the Order of Knights of St. James of Compostela.

With regard to the preaching of the Gospel in Spain by St. James the greater, several difficulties have been raised:
  • St. James suffered martyrdom A.D. 44 (Acts 12:2), and, according to the tradition of the early Church, he had not yet left Jerusalem at this time (cf. Clement of Alexandria, Stromata VI; Apollonius, quoted by Eusebius, Church History VI.18).
  • St. Paul in his Epistle to the Romans (A.D. 58) expressed the intention to visit Spain (Romans 15:24) just after he had mentioned (15:20) that he did not "build upon another man's foundation."
  • The argument ex silentio: although the tradition that James founded an Apostolic see in Spain was current in the year 700, no certain mention of such tradition is to be found in the genuine writings of early writers nor in the early councils; the first certain mention we find in the ninth century, in Notker, a monk of St. Gall (Martyrol., 25 July), Walafried Strabo (Poema de XII Apost.), and others.
  • The tradition was not unanimously admitted afterwards, while numerous scholars reject it. The Bollandists however defended it (see Acta Sanctorum, July, VI and VII, where other sources are given).
The authenticity of the sacred relic of Compostela has been questioned and is still doubted. Even if St. James the Greater did not preach the Christian religion in Spain, his body may have been brought to Compostela, and this was already the opinion of Notker. According to another tradition, the relics of the Apostle are kept in the church of St-Saturnin at Toulouse (France), but it is not improbable that such sacred relics should have been divided between two churches. A strong argument in favour of the authenticity of the sacred relics of Compostela is the Bull of Leo XIII, "Omnipotens Deus," of 1 November, 1884.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/08279b.htm

Camerlynck, Achille. "St. James the Greater." The Catholic Encyclopedia. Vol. 8. New York: Robert Appleton Company,1910. 10 Oct. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/08279b.htm>.

Voir aussi : http://www.sspx.ca/fr/Convictions/2010/F-CV_22_Saint_Jacques_Majeur.pdf