mercredi 18 juillet 2012

Saint CAMILLE de LELLIS, prêtre, fondateur et confesseur




SAINT CAMILLE de LELLIS

Fondateur d'Ordre

(1549-1614)

Saint Camille de Lellis, Napolitain, fut privé de sa mère dès le berceau. Malgré les heureux présages donnés par un songe qu'avait eu sa mère avant sa naissance, il eut une enfance peu vertueuse; sa jeunesse fut même débauchée. Jusque vers l'âge de vingt-cinq ans, on le voit mener une vie d'aventures; il se livre au jeu avec frénésie, et un jour en particulier il joue tout, jusqu'à ses vêtements. Sa misère le fait entrer dans un couvent de Capucins, où il sert de commissionnaire.

Un jour, en revenant d'une course faite à cheval, pour le service du monastère, il est pénétré d'un vif rayon de la lumière divine et se jette à terre, saisi d'un profond repentir, en versant un torrent de larmes: "Ah! Malheureux que je suis, s'écria-t-il, pourquoi ai-je connu si tard mon Dieu? Comment suis-je resté sourd à tant d'appels? Pardon, Seigneur, pardon pour ce misérable pécheur! Je renonce pour jamais au monde!"

Transformé par la pénitence, Camille fut admis au nombre des novices et mérita, par l'édification qu'il donna, le nom de frère Humble. Dieu permit que le frottement de la robe de bure rouvrît une ancienne plaie qu'il avait eue à la jambe, ce qui l'obligea de quitter le couvent des Capucins. Lorsque guéri de son mal, il voulut revenir chez ces religieux, saint Philippe de Néri, consulté par lui, lui dit: "Adieu, Camille, tu retournes chez les Capucins, mais ce ne sera pas pour longtemps." En effet, peu après, la plaie se rouvrit, et Camille, obligé de renoncer à la vie monastique, s'occupa de soigner et d'édifier les malades dans les hôpitaux.

C'est en voyant la négligence des employés salariés de ces établissements que sa vocation définitive de fondateur d'un Ordre d'infirmiers se révéla en lui: "Nous porterons, se dit-il, la Croix sur la poitrine; sa vue nous soutiendra et nous récompensera." Les commencements de cet Institut nouveau furent faibles et biens éprouvés; mais bientôt le nombre des religieux s'étendit au-delà de toute espérance.

Camille, après des études opiniâtres, s'était fait ordonner prêtre, et il était en mesure de soutenir sa tâche. Pendant une peste affreuse, le Saint fit des prodiges de charité; il allait partout à la recherche de la misère, se dépouillait lui-même et donnait jusqu'aux dernières ressources de son monastère. Dieu bénissait le désintéressement de Son serviteur, car des mains généreuses arrivaient toujours à temps pour renouveler les provisions épuisées.

Plein de vertus, épuisé de travaux, Camille mourut à Rome, les bras en croix, la prière sur les lèvres.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

Saint Camille de Lellis

Saint Camille de Lellis (mort le 14 juillet 1614) est le fondateur des Clercs réguliers ministres des infirmes, plus connus sous le nom de Camilliens, qu'il institue à Rome, le 8 septembre 1584, que le pape Sixte V approuve le 18 mars 1586 et que le pape Grégoire XIV érige en ordre religieux le 21 septembre 1591. Fortement centralisé sous son préfet général, l'ordre qui comprend déjà trois cents membres répartis en cinq provinces à la mort de son fondateur, connaît au XVII° siècle un essor rapide en Italie, en Espagne, au Portugal et aux Amériques. Les Camilliens portent l'habit clérical ordinaire (soutane noire) surchargée d'une croix latine rouge cousue.

Fils d’un officier au service de Charles-Quint qui avait pris part au sac de Rome (1527), Camille de Lellis naquit à Bocchianico, au sud de Chieti, dans les Abruzzes (royaume de Naples) le 25 mai 1550. Orphelin de mère, à treize ans, et de père, à dix-neuf ans, ce géant, joueur invétéré qui s’était ruiné dans les jeux de hasard, était sans ressource lorsqu’atteint d’une plaie au pied, il alla se faire soigner à l’hôpital romain de Saint-Jacques des Incurables où, ne pouvant payer, il fut employé un mois comme infirmier. Comme il avait transformé sa chambre en salle de jeux, on le chassa de l’hôpital et, à la fin de 1569, il s’enrôla dans l’armée vénitienne qui allait combattre le sultan Sélim II, puis il servit sous don Juan d’Autriche mais la dysenterie l’empêcha de participer à la bataille de Lépante (1571). Il embarqua sur les galères napolitaines en route vers Tunis.

Libéré du service, il vécut plus ou moins bien du jeu. Ayant rencontré deux franciscains dans les rues de Zermo, il fit vœu de renoncer aux désordres de sa vie mais il oublia très vite ses bonnes dispositions qui le reprirent, sans plus d’effet, lorsqu’il fut près de périr dans une tempête qui dura trois jours et trois nuits. Ayant perdu au jeu son épée, son arquebuse, son manteau et sa chemise, il fut réduit à la mendicité jusqu’au début de 1575 où il se fit engager comme manœuvre chez un entrepreneur qui construisait le couvent des Capucins de Manfredonia.

Un soir que l’entrepreneur l’avait envoyé faire une course au couvent, le père gardien le prit à part et l’entretint de la nécessité de se donner à Dieu ; le lendemain, alors qu’il revenait à cheval, songeant à la conversation de la veille, il tomba de sa monture et, dans une intense lumière intérieure, il vit ses péchés avec le jugement de Dieu : « Ah ! malheureux, misérable que je suis, pourquoi ai-je connu si tard mon Seigneur et mon Dieu ? Comment suis-je resté sourd à tant d’appels ? Que de crimes ! Ne vaudrait-il pas mieux que je ne fusse jamais né ? Pardon, Seigneur, pardon pour ce misérable pécheur : laissez-lui le temps de faire une vraie pénitence. Je ne veux plus rester dans le monde, j’y renonce à jamais. » Admis par les capucins de Manfredonia, il se montra si bien converti qu’on l’envoya faire son noviciat à Trivento. En chemin, un soir, comme il s’apprêtait à traverser une rivière, il entendit une voix lui crier du haut d’unemontagne : « Ne va pas plus loin, ne passe pas ! » Il regarda pour voir qui lui parlait, et, n’apercevant personne, il continua d’avancer ; la même voix l’appela trois fois et parvint enfin à l’arrêter ; il revint sur ses pas et s’endormit sous un arbre : le lendemain, il apprit que la rivière était là si profonde qu’il y eût certainement perdu la vie s’il ne se fût arrêté. Au couvent de Trivento, sa vie fut parfaite mais la plaie de sa jambe s’étant rouverte et envenimée, il dut retourner à l’hôpital romain de Saint-Jacques des Incurables où il se mit sous la direction de saint Philippe Néri. Guéri, il resta, comme infirmier et devint le maître de maison (économe). Bon gestionnaire, il fit passer les revenus annuels de l’hôpital de cent à quatorze cent quatre-vingt-seize écus bien qu’il exigeât la meilleure marchandise et qu’il refusât le blé de mauvaise qualité.

Il envisagea de réformer les soins et, avec le chapelain et quatre infirmiers, de créer une association d’infirmiers (août 1582) mais il échoua devant l’incompréhrension des directeurs de l’hôpital ; c’est alors qu’il songea à fonder une congrégation entièrement consacrée au soin des malades. Pour mettre en œuvre son projet, il comprit qu’il lui fallait être prêtre, aussi, tout en continuant son travail d’économe de l’hôpital, alla-t-il suivre les cours du Collège Romain.

Ordonné prêtre, il célébra sa première messe dans la chapelle de l’hôpital Saint-Jacques des Incurables (10 juin 1584) dont les directeurs le nommèrent chapelain de la Madonnina des Miracles. Contre l’avis de saint Philippe Néri, il abandonna sa charge d’économe, quitta l’hôpital et, dans sa chapelle, le 8 septembre 1584, il reçut ses premiers disciples qui furent employés à l’hôpital du Saint-Esprit : « Parfois, il y a jusqu’à deux cents lits occupés, et c’est à qui vomira, toussera, criera, tirera le souffle, rendra l’âme, se démènera frénétiquemenl tant qu’il faut le lier; et c’est à qui gemira et qui se lamentera... Se pourvoir de pain, de viande, d’épices, de draps et de couver- tures, c’est à quoi l’argent réussit sans grande fatigue. Mais le service est mauvais superlativement, abominable. Pensez si on tient a venir vider les vases de ces gens-là, à six giuli par mois ; on en donnerait dix que ce serait la même chose. »

Les nouveaux religieux n’ayant pas de chapelle, ils obtinrent le couvent de la Madeleine et les logis adjacents (1586). Approuvé par les papes, Camille de Lellis fut le premier préfet général de son ordre, charge qu’il abandonna en 1607. Après que Grégoire XIV eut fulminé la bulle qui érigeait l’Ordre des Ministres des infirmes sous la règle de Saint-Augustin (21 septembre 1591), le 8 septembre 1591, fête de la Nativité de la Sainte Vierge, en l’église du couvent de la Madeleine, les vingt-cinq premières professions purent être faites où chaque camillien disait à Dieu : « Je vous promets de servir les pauvres malades, vos fils et mes frères, tout le temps de ma vie, avec le plus de charité possible. »

Atteint de graves infirmités, épuisé par de nombreux voyages, Camille de Lellis mourut à Rome, au couvent de la Madeleine, le 14 juillet 1614, un heure après le commencement de la nuit. Quand le cardinal Ginnasio lui porta le viatique, il dit : « Je reconnais, Seigneur, que je suis le plus grand des pécheurs et que je ne mérite pas de recevoir la faveur que vous daignez me faire; mais sauvez-moi par votre infinie miséricorde. Je mets toute ma confiance dans les mérites de votre précieux sang. » Il laissait 15 maisons et 8 hôpitaux à 242 profès, répartis en 5 provinces. Benoît XIV béatifia (2 février 1742) et canonisa (29 juin 1746) Camille de Lellis. Un décret de la congrégation des Rites (15 décembre 1762), signé par Clément XIII le 18 juillet, étend sa fête à toute l’Eglise. Avec saint Jean de Dieu, Léon XIII le proclame patron des malades et des hôpitaux (22 juin 1886), Pie XI le proclame patron du personnel des hôpitau (28 août 1930).

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/07/14.php

Leçons des Matines avant 1960.

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Camille naquit à Bucchianico au diocèse de Chieti, de la noble famille des Lellis et d’une mère sexagénaire qui, tandis qu’elle le portait encore dans son sein, crut voir, durant son sommeil, qu’elle avait donné le jour à un petit enfant, muni du signe de la croix sur la poitrine et précédant une troupe d’enfants qui portaient le même signe. Camille ayant embrassé dans son adolescence la carrière militaire, se laissa pendant quelque temps gagner par les vices du siècle. Mais dans sa vingt-cinquième année, il fut soudain éclairé d’une telle lumière surnaturelle et saisi d’une si profonde douleur d’avoir offensé Dieu, qu’ayant versé des larmes abondantes, il prit la ferme résolution d’effacer sans retard les souillures de sa vie passée et de revêtir l’homme nouveau. Le jour même où ceci arriva, c’est-à-dire en la fête de la Purification de la très sainte Vierge, il s’empressa d’aller trouver les Frères Mineurs, appelés Capucins, et les pria très instamment de l’admettre parmi eux. On lui accorda ce qu’il désirait, une première fois, puis une deuxième, mais un horrible ulcère, dont il avait autrefois souffert à la jambe, s’étant ouvert de nouveau, Camille, humblement soumis à la divine Providence qui le réservait pour de plus grandes choses, et vainqueur de lui-même, quitta deux fois l’habit de cet Ordre, qu’à deux reprises il avait sollicité et reçu.

Cinquième leçon. Il partit pour Rome et fut admis dans l’hôpital dit des incurables, dont on lui confia l’administration, à cause de sa vertu éprouvée. Il s’acquitta de cette charge avec la plus grande intégrité et une sollicitude vraiment paternelle. Se regardant comme le serviteur de tous les malades, il avait coutume de préparer leurs lits, de nettoyer les salles, de panser les ulcères, de secourir les mourants à l’heure du suprême combat, par de pieuses prières et des exhortations, et il donna dans ces fonctions, des exemples d’admirable patience, de force invincible et d’héroïque charité. Mais ayant compris que la connaissance des lettres l’aiderait beaucoup à atteindre son but unique qui était de venir en aide aux âmes des agonisants, il ne rougit pas, à l’âge de trente-deux ans, de se mêler aux enfants pour étudier les premiers éléments de la grammaire. Initié dans la suite au sacerdoce, il jeta, de concert avec quelques amis associés à lui pour cette œuvre, les fondements de la congrégation des Clercs réguliers consacrés au service des infirmes ; et cela, malgré l’opposition et les efforts irrités de l’ennemi du genre humain. Miraculeusement encouragé par une voix céleste partant d’une mage du Christ en croix, qui, par un prodige admirable, tendait vers lui ses mains détachées du bois, Camille obtint du Siège apostolique l’approbation de son Ordre, où, par un quatrième vœu très méritoire, les religieux s’engagent à assister les malades, même atteints de la peste. Il parut que cet institut était singulièrement agréable à Dieu et profitable au salut des âmes ; car saint Philippe de Néri, confesseur de Camille, attesta avoir assez souvent vu les Anges suggérer des paroles aux disciples de ce dernier, lorsqu’ils portaient secours aux mourants.

Sixième leçon. Attaché par des liens si étroits au service des malades, et s’y dévouant jour et nuit jusqu’à son dernier soupir, Camille déploya un zèle admirable à veiller à tous leurs besoins, sans se laisser rebuter par aucune fatigue, sans s’alarmer du péril que courait sa vie. Il se faisait tout à tous et embrassait les fonctions les plus basses d’un cœur joyeux et résolu, avec la plus humble condescendance ; le plus souvent il les remplissait à genoux, considérant Jésus-Christ lui-même dans la personne des infirmes. Afin de se trouver prêt à secourir toutes les misères, il abandonna de lui-même le gouvernement général de son Ordre et renonça aux délices célestes dont il était inondé dans la contemplation. Son amour paternel à l’égard des pauvres éclata surtout pendant que les habitants de Rome eurent à souffrir d’une maladie contagieuse, puis d’une extrême famine, et aussi lorsqu’une peste affreuse ravagea Nole en Campanie. Enfin il brûlait d’une si grande charité pour Dieu et pour le prochain, qu’il mérita d’être appelé un ange et d’être secouru par des Anges au milieu des dangers divers courus dans ses voyages. Il était doué du don de prophétie et de guérison, et découvrait les secrets des cœurs grâce à ses prières, tantôt les vivres se multipliaient, tantôt l’eau se changeait en vin. Épuisé par les veilles, les jeûnes, les fatigues continuelles, et semblant ne plus avoir que la peau et les os, il supporta courageusement cinq maladies longues et fâcheuses, qu’il appelait des miséricordes du Seigneur. A l’âge de soixante cinq ans, au moment où il prononçait les noms si suaves de Jésus et de Marie, et ces paroles : « Que le visage du Christ Jésus t’apparaisse doux et joyeux » il s’endormit dans le Seigneur, muni des sacrements de l’Église, à Rome, à l’heure qu’il avait prédite, la veille des ides de juillet, l’an du salut mil six cent quatorze. De nombreux miracles l’ont rendu illustre, et Benoît XIV l’a inscrit solennellement dans les fastes des Saints. Léon XIII, se rendant au vœu des saints Évêques de l’Univers catholique, après avoir consulté la Congrégation des rites, l’a déclaré le céleste Patron de tous les hospitaliers et des malades du monde entier, et il a ordonné que l’on invoquât son nom dans les Litanies des agonisants.

Au troisième nocturne.

Lecture du saint Évangile selon saint Jean. Cap. 15, 12-16.

En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Ceci est mon commandement : que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés. Et le reste.

Homélie de saint Augustin, Évêque. Tract. 83 in Joannem

Septième leçon. Que pensons-nous, mes frères ? Est-ce que le précepte qui veut qu’on s’entr’aime est le seul ? Et n’y en a-t-il pas un autre plus grand, celui d’aimer Dieu ? Ou plutôt Dieu ne nous a-t-il rien commandé de plus que la dilection, en sorte que nous n’ayons aucun souci du reste ? Évidemment l’Apôtre recommande trois choses, quand il dit : « La foi, l’espérance, la charité demeurent ; elles sont trois, mais la plus grande des trois, c’est la charité » [1]. Et si la charité ou dilection, parce qu’elle renferme ces deux préceptes, est donnée comme étant plus grande, elle n’est pas donnée comme étant seule. Ainsi au sujet de la foi, quel nombre de commandements y a-t-il ? Quel nombre aussi en ce qui touche l’espérance ? Qui peut les rassembler tous ? Qui peut suffire à les énumérer ? Mais étudions cette parole du même Apôtre : « La charité est la plénitude de la loi » [2].

Huitième leçon. Là où se trouve la charité, que peut-il donc manquer ? et où elle n’existe pas, que peut-il y avoir de profitable ? Le démon croit, mais il n’aime pas, l’homme qui ne croit pas, n’aime pas non plus. De même l’homme qui n’aime pas, quoique l’espérance du pardon ne lui soit pas enlevée, l’espère en vain ; mais celui qui aime, ne peut désespérer. Ainsi où est la dilection, se trouvent la foi et l’espérance ; et là où est l’amour du prochain se trouve nécessairement aussi l’amour de Dieu. En effet, comment celui qui n’aime pas Dieu aimerait-il le prochain comme lui-même ; puisqu’il ne s’aime pas soi-même, impie qu’il est et ami de l’iniquité ? Or celui qui aime l’iniquité, celui-là, à coup sûr, n’aime pas son âme, il la hait au contraire [3].

Neuvième leçon. Observons donc le précepte d’aimer le Seigneur afin de nous entr’aimer, et par là nous accomplirons tout le reste, puisque tout le reste y est compris. Car l’amour de Dieu se distingue de l’amour du prochain, et le Sauveur a marqué cette distinction en ajoutant : « Comme je vous ai aimés » [4] ; or à quelle fin le Christ nous aime-t-il, si ce n’est pour que nous puissions régner avec lui ? Aimons-nous donc les uns les autres de manière à nous distinguer du reste des hommes, qui ne peuvent aimer les autres, par la raison qu’ils ne s’aiment pas eux-mêmes. Quant à ceux qui s’aiment en vue de posséder Dieu, ils s’aiment véritablement. Ainsi donc, qu’ils aiment Dieu pour s’aimer. Un tel amour n’existe pas chez tous les hommes ; il en est peu qui s’aiment afin que Dieu soit tout en tous.

[1] I Cor. 13, 13.

[2] Rom. 13, 10.

[3] Ps. 10, 6.

[4] Jn. 15, 12.


Pierre Hubert Subleyras(1699-1749). Saint Camille de Lellis 
sauvant des malades lors des inondations du Tibre en 1598
1746, 208 X 280, Rome, Museo di Roma

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Ne croyons pas que l’Esprit-Saint, dans son désir d’élever nos âmes au-dessus de la terre, n’ait que mépris pour les corps. C’est l’homme tout entier qu’il a reçu mission de conduire à l’éternité bienheureuse, comme tout entier l’homme est sa créature et son temple [5]. Dans l’ordre de la création matérielle, le corps de l’Homme-Dieu fut son chef d’œuvre ; et la divine complaisance qu’il prend dans ce corps très parfait du chef de notre race, rejaillit sur les nôtres dont ce même corps, formé par lui au sein de la Vierge toute pure, a été dès le commencement le modèle. Dans l’ordre de réhabilitation qui suivit la chute, le corps de l’Homme-Dieu fournit la rançon du monde ; et telle est l’économie du salut, que la vertu du sang rédempteur n’arrive à l’âme de chacun de nous qu’en passant par nos corps avec les divins sacrements, qui tous s’adressent aux sens pour leur demander l’entrée. Admirable harmonie de la nature et de la grâce, qui fait qu’elle-même celle-ci honore l’élément matériel de notre être au point de ne vouloir élever l’âme qu’avec lui vers la lumière et les cieux ! Car dans cet insondable mystère de la sanctification, les sens ne sont point seulement un passage : eux-mêmes éprouvent l’énergie du sacrement, comme les facultés supérieures dont ils sont les avenues ; et l’âme sanctifiée voit dès ce monde l’humble compagnon de son pèlerinage associé à cette dignité de la filiation divine, dont l’éclat de nos corps après la résurrection ne sera que l’épanouissement.

C’est la raison qui élève à la divine noblesse de la sainte chargé les soins donnés au prochain dans son corps ; car, inspirés par ce motif, ils ne sont autres que l’entrée en participation de l’amour dont le Père souverain entoure ces membres, qui sont pour lui les membres d’autant de fils bien-aimés. J’ai été malade et vous m’avez visité [6], dira le Seigneur au dernier des jours, montrant bien qu’en effet, dans les infirmités mêmes de la déchéance et de l’exil, le corps de ceux qu’il daigne appeler ses frères [7] participe de la propre dignité du Fils unique engendré au sein du Père avant tous les âges. Aussi l’Esprit, chargé de rappeler les paroles du Sauveur à l’Église [8], n’a-t-il eu garde d’oublier celle-ci ; tombée dans la bonne terre des âmes d’élite [9] elle a produit cent pour un en fruits de grâce et d’héroïque dévouement. Camille de Lellis l’a recueillie avec amour ; et par ses soins la divine semence est devenue un grand arbre [10] offrant son ombre aux oiseaux fatigués qu’arrête plus ou moins longuement la souffrance, ou pour lesquels l’heure du dernier repos va sonner. L’Ordre des Clercs réguliers Ministres des infirmes, ou du bien mourir, mérite la reconnaissance de la terre ; depuis longtemps celle des cieux lui est acquise, et les Anges sont ses associés, comme on l’a vu plus d’une fois au chevet des mourants.

Ange de la charité, quelles voies ont été les vôtres sous la conduite du divin Esprit ! Il fallut un long temps avant que la vision de votre pieuse mère, quand elle vous portait, se réalisât : avant de paraître orné du signe de la Croix et d’enrôler des compagnons sous cette marque sacrée, vous connûtes la tyrannie du maître odieux qui ne veut que des esclaves sous son étendard, et la passion du jeu faillit vous perdre. O Camille, à la pensée du péril encouru alors, ayez pitié des malheureux que domine l’impérieuse passion, arrachez-les à la fureur funeste qui jette en proie au hasard capricieux leurs biens, leur honneur, leur repos de ce monde et de l’autre. Votre histoire montre qu’il n’est point de liens que la grâce ne brise, point d’habitude invétérée qu’elle ne transforme : puissent-ils comme vous retourner vers Dieu leurs penchants, et oublier pour les hasards de la sainte charité ceux qui plaisent à l’enfer ! Car, elle aussi, la charité a ses risques, périls glorieux qui vont jusqu’à exposer sa vie comme le Seigneur a donné pour nous la sienne : jeu sublime, dans lequel vous fûtes maître, et auquel plus d’une fois applaudirent les Anges. Mais qu’est-ce donc que l’enjeu de cette vie terrestre, auprès du prix réservé au vainqueur ?

Selon la recommandation de l’Évangile que l’Église nous fait lire aujourd’hui en votre honneur, puissions-nous tous à votre exemple aimer nos frères comme le Christ nous a aimés [11] ! Bien peu, dit saint Augustin [12], ont aujourd’hui cet amour qui accomplit toute la loi ; car bien peu s’aiment pour que Dieu soit tout en tous [13]. Vous l’avez eu cet amour, ô Camille ; et de préférence vous l’avez exercé à l’égard des membres souffrants du corps mystique de l’Homme-Dieu, en qui le Seigneur se révélait plus à vous, en qui son règne aussi approchait davantage. A cause de cela, l’Église reconnaissante vous a choisi pour veiller, de concert avec Jean de Dieu, sur ces asiles de la souffrance qu’elle a fondés avec les soins que seule une mère sait déployer pour ses fils malades. Faites honneur à la confiance de la Mère commune. Protégez les Hôtels-Dieu contre l’entreprise d’une laïcisation inepte et odieuse qui sacrifie jusqu’au bien-être des corps à la rage de perdre les âmes des malheureux livrés aux soins d’une philanthropie de l’enfer. Pour satisfaire à nos misères croissantes, multipliez vos fils ; qu’ils soient toujours dignes d’être assistés des Anges. Qu’en quelque lieu de cette vallée d’exil vienne à sonner pour nous l’heure du dernier combat, vous usiez de la précieuse prérogative qu’exalte aujourd’hui la Liturgie sacrée, nous aidant par l’esprit de la sainte dilection à vaincre l’ennemi et à saisir la couronne céleste [14].

[5] I Cor. VI, 19, 20.

[6] Matth. XXV, 36.

[7] Heb. II, 11-17.

[8] Johan. XIV, 26.

[9] Luc. VIII, 8, 15.

[10] Ibid. XIII, 19.

[11] Johan XV, 12.

[12] Homilia diei Aug. In Joh. tract. LXXXIII.

[13] I Cor. XV, 28.

[14] Collecta diei.



Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

La gloire et l’importance historique de saint Camille de Lellis proviennent de ce qu’il appartient à ce groupe choisi d’apôtres doués d’une charité sublime et héroïque, humblement soumis à l’Église, et qui, en son nom, réalisèrent dans son sein cette réforme générale dont, au XVIe siècle, on sentait partout le besoin, et dont on parlait parfois dans un sens fort peu catholique.

Saint Camille, après une vie laborieusement dépensée à assister les malades dans les hôpitaux publics de Saint-Jacques des Incurables et du Saint-Esprit, mourut à Rome le 14 juillet 1614. Saint Philippe Néri, qui fut son confesseur, avait vu les anges eux-mêmes mettre sur les lèvres des religieux institués par saint Camille les paroles les plus aptes à réconforter les mourants, et Léon XIII le proclama céleste Patron des agonisants.

La messe suivante s’inspire de la pensée du sublime mérite de la charité chrétienne, laquelle atteint son sommet le plus héroïque quand on méprise sa propre vie pour venir au secours de son frère en danger, comme cela fut imposé par le Saint à la Congrégation qu’il fonda.

L’antienne d’introït est tirée de l’Évangile selon saint Jean (XV, 13) : « Personne n’aime davantage que celui qui donne sa vie pour ses amis ». — Saint Bernard fait à ce propos une charmante remarque : « Seigneur, on peut concevoir une charité encore plus grande, et c’est la vôtre, vous qui avez donné votre vie pour vos ennemis ». Suit le premier verset du psaume 40 : « Bienheureux celui qui se souvient du pauvre et du misérable ; le Seigneur le sauvera au jour du malheur ». — L’aumône, c’est la compassion qu’on a pour le pauvre (à la vérité, la Vulgate parle ici de l’intelligence de la pauvreté) ; c’est comme un capital qu’on donne à Dieu, et qui produit un intérêt de cent pour un.

Voici la première collecte : « Seigneur, qui avez orné le bienheureux Camille d’une charité spéciale pour assister les malades dans les angoisses de l’agonie ; accordez-nous par ses mérites l’esprit de dilection, afin qu’au moment de notre trépas, nous arrivions à surmonter l’adversaire et à mériter la céleste couronne ».

La première lecture, tirée de saint Jean (I, III, 13-18) est commune au deuxième dimanche après la Pentecôte. La charité est une flamme qui s’éteint, si elle ne consume ; elle vit donc de sacrifice.

Le graduel et le verset alléluiatique sont empruntés à la messe Os iusti.

La lecture évangélique est identique à celle de la vigile de saint Thomas. La charité est le précepte spécial du Christ, en sorte que la foi catholique et l’espérance ne nous serviraient de rien, si ces deux vertus n’agissaient pas ensuite au moyen de l’amour. Præceptum Domini est — répétait à Éphèse le Disciple bien-aimé, quand, à la fin du premier siècle, il était porté à cause de son grand âge par ses disciples dans les synaxes liturgiques — et si hoc solum fiat, sufficit.

Voici la collecte sur les oblations : « Que l’Hostie immaculée qui renouvelle ici sur l’autel l’excès d’amour de notre Seigneur Jésus, par l’intercession de saint Camille nous protège contre tous les maux du corps et de l’esprit et soit aussi pour les agonisants réconfort et salut ».

Le génie chrétien a donné un nom très expressif à la divine Eucharistie reçue parles malades près de mourir : elle s’appelle le viatique, c’est-à-dire la nourriture qui sert pour le voyage du temps à l’éternité. Il existe une mystérieuse relation entre l’Eucharistie et notre passage à l’autre vie. En effet, comme l’agneau pascal et les pains azymes furent mangés pour la première fois par les Hébreux à leur départ d’Égypte ; comme Jésus lui-même, la veille de sa mort, institua le divin Sacrement, et y participa lui-même le premier ; ainsi voulut-il que l’Eucharistie fût aussi pour nous le Sacrement qui consacre notre sacrifice suprême et couronne notre vie chrétienne.

L’antienne pour la Communion est tirée de saint Matthieu (XXV, 36 et 40) : « J’ai été malade et vous m’avez visité. Je vous le dis en vérité : ce que vous avez fait à un seul de mes plus petits frères, vous me l’avez fait à moi ». Le malade reflète d’une manière spéciale l’image de Jésus, parce que celui-ci dans sa charité languores nostros ipse tulit et dolores nostros ipse portavit, comme le dit Isaïe [15].

La collecte d’action de grâces a les mêmes caractères que les précédentes. Elle manque de rythme, ne suit pas les lois du cursus et, pour vouloir dire trop, elle se soutient mal. La piété seule supplée à ces lacunes de style. « Par ce divin Sacrement que nous avons pieusement reçu en la fête de saint Camille votre confesseur ; accordez-nous, Seigneur, qu’au moment de mourir, munis des Sacrements et absous de tout péché, nous soyons heureusement accueillis au sein de votre miséricorde ».

Voilà le dernier réconfort d’une âme chrétienne : la douce espérance dans l’ineffable miséricorde de Dieu ; parce que, comme le dit l’Apôtre : spes autem non confondit [16] ; et Celui qui alimente dans notre cœur la douce espérance est le même qui veut ensuite la réaliser au ciel.

[15] LIII, 4 : Il a porté nos langueurs, et Il s’est chargé Lui-même de nos douleurs.

[16] Rom. 5, 5 : l’espérance n’est point trompeuse.



Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique

J’étais malade et vous m’avez visité.

L’Église célèbre, les 18, 19 et 20 juillet, trois héros de la charité : saint Camille de Lellis, saint Vincent de Paul et saint Jérôme Émilien. Leur fête n’arrive pas le jour de leur mort, et l’intention de l’Église en les rapprochant apparaît manifeste : C’est que le premier pratiqua une charité héroïque envers les malades, le second envers les pauvres, et le troisième envers les orphelins.

1. Saint Camille. — Jour de mort : 14 juillet 1614. Tombeau : à Rome, dans l’église de Sainte-Marie Madeleine (sous un autel latéral du côté de l’Épître). Saint Camille naquit d’une mère déjà sexagénaire. Dans sa jeunesse, il se laissa, quelque temps, aller aux vices du siècle, mais, à vingt-cinq ans, le jour de la Purification, il se convertit. A deux reprises il voulut se faire admettre chez les Frères Mineurs Capucins ; un ulcère à la jambe l’en empêcha. A Rome, on le reçoit à l’hôpital des Incurables. Tel est l’éclat de ses vertus qu’on lui en confie l’administration. De mille manières il prodigue aux malades ses soins spirituels et corporels. A trente-deux ans, il commence ses études, sans rougir d’avoir pour condisciples des enfants. Prêtre, il fonde la Congrégation des Clercs réguliers ministres des infirmes qui, en plus des trois vœux ordinaires, font celui de soigner les pestiférés au péril de leur vie. Les malades le voient, nuit et jour, inlassable à leur service, s’acquittant des plus serviles besognes. Mais c’est surtout aux heures où une épidémie, suivie de la famine, éprouve Rome, et où la peste exerce à Nole ses ravages, que brille sa charité. Il supporte courageusement cinq maladies. Il les appelle des miséricordes du Seigneur, et expire à Rome, âgé de soixante-cinq ans, avec aux lèvres ces paroles de la prière des agonisants : « Que le visage du Christ Jésus t’apparaisse doux et joyeux ! » Léon XIII l’a déclaré le céleste patron des hôpitaux, et a prescrit l’invocation de son nom aux litanies des mourants.

2. Messe (Majórem hac). — Elle est un exemple d’un formulaire nouveau qui retrace la vie et les vertus du saint. L’Introït fournit le titre et le thème de la messe : « Personne ne peut donner une plus grande marque d’amour que de donner sa vie pour ses amis ». Suit le psaume 40, le psaume des malades. Le thème reparaît dans l’Épître et l’Évangile tirés de saint Jean, l’apôtre de la charité.

L’Épître parle de l’amour du prochain : l’amour du prochain est la marque de la vie divine en nous. « Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie parce que nous aimons nos frères... Quiconque hait son frère est un homicide... A ceci nous avons connu l’amour (du Christ), c’est que Lui a donné sa vie pour nous. Nous aussi ; nous devons donner notre vie pour nos frères. Mes petits enfants, n’aimons pas de parole et de langue, mais en action et en vérité ». Ces mots de l’Épître contiennent, dans toute sa profondeur, le précepte de la charité.

A l’Évangile ; nous entendons le Maître lui-même dans son discours d’adieu : « C’est mon commandement que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. Personne ne peut avoir de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ». Paroles à graver profondément en nous, et qui ne doivent pas être de simples formules.

Au Saint-Sacrifice elles deviennent « action et vérité » : nous y « renouvelons cette œuvre de l’immense amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ » (Secrète), le sacrifice de la Croix. La Communion est également très expressive : la sainte communion est une anticipation du retour du Sauveur. « J’ai été malade, dit-il, et vous m’avez visité... Ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ».

A la Postcommunion, nous demandons la grâce d’une bonne mort ; que notre communion d’aujourd’hui soit un viatique pour notre trépas !

3. La prière liturgique pour les agonisants. — « Puissions-nous à l’heure de notre mort triompher de l’ennemi et recevoir la couronne céleste ! » Voici le vœu que nous formulons aujourd’hui dans notre prière. Connaît-on bien la prière liturgique pour les agonisants ? En prévision de la mort, avons-nous chez nous un cierge bénit ? Nous devons également tenir prêts, pour l’administration des derniers sacrements, un crucifix, des bougies et une nappe blanche. Sait-on que l’Église a composé pour qu’on les récite à l’approche de la mort des prières spéciales, la « recommandation de l’âme » ? Malheureusement, ce sont des prières que les prêtres ne récitent presque jamais. Dès maintenant demandons donc à l’un ou à l’autre de ceux que nous connaissons de nous rendre ce service, le moment venu. Dès maintenant aussi, pendant que nous jouissons de la santé, familiarisons-nous avec les prières des agonisants. Elles commencent par une litanie spéciale où sont invoqués les patrons de la bonne mort. Vient ensuite l’oraison bien connue : « Quitte ce monde, âme chrétienne, au nom de Dieu, le Père tout-puissant, qui t’a créée ; au nom de Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant, qui a souffert pour toi ; au nom du Saint-Esprit, qui a été répandu en toi... » Puis, c’est encore une prière de forme litanique dans laquelle on rappelle à Dieu les circonstances de l’Ancien et du Nouveau Testament où les justes furent sauvés de la détresse et du danger ; cette évocation, par exemple : « Délivre, Seigneur, l’âme de ton serviteur, comme tu as déchargé Suzanne d’une fausse accusation ». Lorsque le mourant a rendu le dernier soupir, on supplie Dieu aussitôt de lui faire bon accueil : « Venez à son aide, saints de Dieu ; accourez à sa rencontre, anges du Seigneur, Recevez son âme et présentez-la devant la face du Très-Haut. » C’est en nous familiarisant ainsi avec ces prières que notre âme sera prête pour l’heure de la mort.




Saint Camillus de Lellis

Born at Bucchianico, Abruzzo, 1550; died at Rome, 14 July, 1614.

He was the son of an officer who had served both in the Neapolitan and French armies. His mother died when he was a child, and he grew up absolutely neglected. When still a youth he became a soldier in the service of Venice and afterwards of Naples, until 1574, when his regiment was disbanded. While in the service he became a confirmed gambler, and in consequence of his losses at play was at times reduced to a condition of destitution. The kindness of a Franciscan friar induced him to apply for admission to that order, but he was refused. He then betook himself to Rome, where he obtained employment in the Hospital for Incurables. He was prompted to go there chiefly by the hope of a cure of abscesses in both his feet from which he had been long suffering. He was dismissed from the hospital on account of his quarrelsome disposition and his passion for gambling. He again became a Venetian soldier, and took part in the campaign against the Turks in 1569. After the war he was employed by the Capuchins at Manfredonia on a new building which they were erecting. His old gambling habit still pursued him, until a discourse of the guardian of the convent so startled him that he determined to reform. He was admitted to the order as a lay brother, but was soon dismissed on account of his infirmity. He betook himself again to Rome, where he entered the hospital in which he had previously been, and after a temporary cure of his ailment became a nurse, and winning the admiration of the institution by his piety and prudence, he was appointed director of the hospital.

While in this office, he attempted to found an order of lay infirmarians, but the scheme was opposed, and on the advice of his friends, among whom was his spiritual guide, St. Philip Neri, he determined to become a priest. He was then thirty-two years of age and began the study of Latin at the Jesuit College in Rome. He afterwards established his order, the Fathers of a Good Death (1584), and bound the members by vow to devote themselves to the plague-stricken; their work was not restricted to the hospitals, but included the care of the sick in their homes. Pope Sixtus V confirmed the congregation in 1586, and ordained that there should be an election of a general superior every three years. Camillus was naturally the first, and was succeeded by an Englishman, named Roger. Two years afterwards a house was established in Naples, and there two of the community won the glory of being the first martyrs of charity of the congregation, by dying in the fleet which had been quarantined off the harbour, and which they had visited to nurse the sick. In 1591 Gregory XIV erected the congregation into a religious order, with all the privileges of the mendicants. It was again confirmed as such by Clement VIII, in 1592. The infirmity which had prevented his entrance among the Capuchins continued to afflict Camillus for forty-six years, and his other ailments contributed to make his life one of uninterrupted suffering, but he would permit no one to wait on him, and when scarcely able to stand would crawl out of his bed to visit the sick. He resigned the generalship of the order, in 1607, in order to have more leisure for the sick and poor. Meantime he had established many houses in various cities of Italy. He is said to have had the gift of miracles and prophecy. He died at the age of sixty-four while pronouncing a moving appeal to his religious brethren. He was buried near the high altar of the church of St. Mary Magdalen, at Rome, and, when the miracles which were attributed to him were officially approved, his body was placed under the altar itself. He was beatified in 1742, and in 1746 was canonized by Benedict XIV.

[Note: In 1930, Pope Pius XI named St. Camillus de Lellis, together with St. John of God, principal Co-Patron of nurses and of nurses' associations

Sources


BUTLER, Lives of the Saints (Derby, 1845); Bullar. Roman., XVI, 83; CICATELLO, Life of St. Camillus (Rome, 1749); GOSCHLER, Dict. de theol. cath. (Paris, 1869), III.

Campbell, Thomas. "St. Camillus de Lellis." The Catholic Encyclopedia. Vol. 3. New York: Robert Appleton Company, 1908.14 Jul. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/03217b.htm>.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/03217b.htm


Camillus de Lellis, Priest (RM)

Born at Bucchianico, Abruzzi, Italy, 1550; died 1614; canonized in 1746; feast day formerly July 18. To Saint Camillus de Lellis the only people that mattered were the sick, for in serving them he was serving God. With other people he was hard, brusque and obstinate, but with the sick he was gentle and loving. In his eyes charity was the only thing that made life worth living, the surest way of bringing man closer to God, the only true life-blood of the Church; charity that Saint Paul had said was greater even than faith and hope. What makes the life of Saint Camillus all the more amazing is that he himself suffered from a disease of the feet and legs that forced him to leave the Capuchins.


Once a cardinal asked to see him while he was busy tending the sick. "His Excellency will have to excuse me," said Camillus. "For the moment I am with Our Lord. I will see His Excellency when I have finished." To another cardinal, who was a member of the administrative council for the hospitals in Rome, he said: "Monsignor, if some of my poor people suffer from hunger or die because of this shortage of food, I swear to God that I will accuse you in front of his mighty Judgment Seat."

Camillus made sweeping reforms in the hospitals that were nothing short of revolutionary. His ideas were few and simple, but they were full of common sense and nobility of heart. At a time when medicine was backward, when attendants and orderlies were recruited from among hardened criminals and chaplains and almoners from among priests who had been suspended from their regular duties.

The filth and squalor that had been a standard feature of hospitals were eliminated, and he himself would often get down on his knees and scrub the floor. New arrivals were washed, their beds were made regularly, the dirty linens were changed, wounds were dressed carefully, and for the first time the patients were separated into different wards according to the nature of their maladies.

From the moment of entry, each patient was given personal attention. Day and night, Camillus would go from bed to bed, listening to complaints, watching over the dying, giving Communion and Extreme Unction, making sure that a person was properly cured before being allowed to leave, and seeing to it that the food served was of good quality and properly cooked.

If the administration was slow in giving him the supplies that he needed, he would go out on foot or with a little donkey and beg from door to door. "I do not think," he said, "that in the whole world there is a field of flowers whose scent could be sweeter to me than is the small of these hospitals." "These holy places," as he once called the hospital, were also the best places to convert souls to God.
But his charity was not confined within the walls of the hospitals. He sought out the destitute who lived on the Quirinal or under the arches of the Coliseum. He visited the sick in their homes and organized a soup kitchen on the Piazza Maddalena.

Nor did he confine himself to Rome, for he and his companions, the Camillans, extended their activities to Milan, Genoa, Florence, Mantua, Messina, Palermo, to the battlefields of Hungary where the Austrian and Italian armies were fighting against the Turks (1595- 1601), travelling on foot in shabby and travel-stained clothes, indifferent to the bitter cold of winter the scorching heat of summer. "The sun is one of God's creatures," he said, "and will do me no more harm than God allows him to."

Like many other saints, this man of genius had a wild and reckless youth before discovering his vocation. His mother was nearly 60 when he was born. His father was a minor nobleman who had been a captain in the army of Charles V. At the age of 17, the 6'6" youth went with his father to fight in the service of Venice against the Turks, but at the last moment he was prevented from joining his troops by an ulcerous growth in his right leg, a painful, ugly problem that was to remain with him throughout his life.

After another attempt to serve in the Venetian forces, he went in 1571 to the hospital of Saint James (San Giacomo) in Rome for incurables as a patient and servant, but was soon dismissed. "This young man is incorrigible, and completely unsuited to be an infirmarian," said the report on him; but in fact he returned there several times, for the ulcer in his leg kept opening, and the only way in which he could have it attended to was by working in the hospital.

He entered the service of Spain, but the expedition against Tunis for which he enlisted was called off and the fleet was taken out of commission. Depressed, demoralized, and out of work, Camillus drifted about until he came to Naples where he fell into the habit of compulsive gambling. His few possessions--his sword, his cloak, his shirt--were soon lost, and he was reduced to a state of penury in the fall of 1574.

For a while he lived by begging alms in church doors. Chastened by his penury and remembering a vow he had once made in a fit of remorse to join the Franciscans, Camillus contracted a job as a laborer on some Capuchins buildings in Manfredonia. On Candlemas Day, when he was 25, he entered the novitiate of Capuchins but could not be professed because of his leg. He was also denied by the Franciscan Recollects.

Camillus returned to and was admitted to the hospital of Saint James, where he found his true vocation. Abandoning his attempts to become a Franciscan, at which he had tried and failed four times, he devoted himself to remedying the appalling conditions he found there. Two other members of the staff, Bernardino Norcino, a storeman, and Curtio Lodi, a steward, joined him to form the nucleus of the Camillans. Encouraged by Saint Philip Neri, he resigned from Saint James and in 1584 was ordained a priest by the exiled Thomas Goldwell of Saint Asaph, the last English bishop of the old hierarchy. He was given an annuity by Fermo Calvi, a gentleman of Rome. Camillus decided to leave Saint James, against the advice of his confessor, Philip Neri.

After moving two or three times, he and his companions settled down in an establishment in the street called Botteghe Oscure. The short rules he prescribed for his order required going daily to the hospital of the Holy Ghost to serve.

Gradually the seed that he planted grew into a mighty tree. On March 18, 1586, Pope Sixtus V approved his congregation and in the same year the order received its distinctive habit--a black cloak with a red cross on the right shoulder. Soon afterwards they were given the hospice of the Magdalen near the Pantheon, and on September 21, 1591, Pope Gregory XIV raised them to the rank of an order, that of the "Ministers of the Sick."

In 1588, he was invited to Naples, and with 12 companions founded a new house. Galleys holding plague victims were forbidden to dock, and Camillus and his members would embark to minister to the sick. Two brothers died, becoming the first martyrs of this order.

Camillus himself was the first Prefect General of the order, which spread so rapidly that by 1607, seven years before his death, it had eight hospitals, 15 houses, and over 300 members; and already over 170 members had already died while carrying out their duties. To the three great vows of poverty, chastity, and obedience, the Camillans added a fourth: "O Lord, I promise to serve the sick, who are Your sons and my brothers, all the days of my life, with all possible charity"

By 1591, Camillus was suffering several other painful diseases in addition to his ulcerous leg, but he refused to be waited upon. He resigned as superior in 1607. He assisted at the general chapter in 1613 and visited the houses with the new superior general. In Genoa, he became very ill, but recovered and continued the visitation. Camillus suffered a relapse and received the last sacraments from Cardinal Ginnasi. He had revolutionized nursing, insisting upon fresh air, suitable diets, isolation of infectious patients, and spiritual assistance to the dying, for which reason the order was also called "the Fathers of a Good Dying" or "Agonizantes" (Benedictines, Encyclopedia, White).

In art, Saint Camillus is a layman tending the sick (Roeder). He was declared the patron of the sick and their nurses by Leo XIII (Benedictines). 




St. Camillus de Lellis, Confessor

HE was born in 1550 at Bacchianico, in Abruzzo, in the kingdom of Naples. He lost his mother in his infancy, and six years after his father, who was a gentleman, and had been an officer, first in the Neapolitan and afterwards in the French troops in Italy. Camillus having learned only to read and write, entered himself young in the army, and served first in the Venetian, and afterwards in the Neapolitan troops, till, in 1574, his company was disbanded. He had contracted so violent a passion for cards and gaming, that he sometimes lost even necessaries. All playing at lawful games for exorbitant sums, and absolutely all games of hazard for considerable sums are forbidden by the law of nature, by the imperial or civil law, 1 by the severest laws of all Christian or civilized nations, and by the canons of the church. 2 No contract is justifiable in which neither reason nor proportion is observed. Nor can it be consistent with the natural law of justice for a man to stake any sum on blind chance, or to expose, without a reasonable equivalent or necessity, so much of his own or antagonist’s money, that the loss would notably distress himself or any other person. Also many other sins are inseparable from a spirit of gaming, which springs from avarice, is so hardened as to rejoice in the loss of others, and is the source and immediate occasion of many other vices. The best remedy for this vice is, that those who are infected with it be obliged, or at least exhorted, to give whatever they have won to the poor.

Camillus was insensible of the evils attending gaming, till necessity compelled him to open his eyes; for he at length was reduced to such straits, that for a subsistence he was obliged to drive two asses, and to work at a building which belonged to the Capuchin friars. The divine mercy had not abandoned him through all his wanderings, but had often visited him with strong interior calls to penance. A moving exhortation which the guardian of the Capuchins one day made him, completed his conversion. Ruminating on it as he rode from him upon his business, he at length alighted, fell on his knees, and vehemently striking his breast, with many tears and loud groans deplored his past unthinking, sinful life, and cried to heaven for mercy. This happened in February, in the year 1575, the twenty-fifth of his age; and from that time to his last breath he never interrupted his penitential course. He made an essay of a novitiate both among the Capuchins and the Grey Friars; but could not be admitted to his religious profession among either on account of a running sore in one of his legs, which was judged incurable. Therefore leaving his own country he went to Rome, and there served the sick in St. James’s hospital of incurables four years with great fervour. He wore a knotty hair shirt, and a rough brass girdle next his skin; watched night and day about the sick, especially those who were dying, with the most scrupulous attention. He was most zealous to suggest to them devout acts of virtue and to procure them every spiritual help. Fervent humble prayer was the assiduous exercise of his soul, and he received the holy communion every Sunday and holiday, making use of St. Philip Neri for his confessarius. The provisors or administrators having been witnesses to his charity, prudence, and piety, after some time appointed him director of the hospital.

Camillus grieving to see the sloth of hired servants in attending the sick, formed a project of associating certain pious persons for that office who should be desirous to devote themselves to it out of a motive of fervent charity. He found proper persons so disposed; but met with great obstacles in the execution of his design. With a view of rendering himself more useful in spiritually assisting the sick, he took a resolution to prepare himself to receive holy orders. For this purpose he went through a course of studies with incredible alacrity and ardour, and received all his orders from Thomas Goldwell, bishop of St. Asaph’s, suffragan to Cardinal Savelli, the bishop vicegerent in Rome, under Pope Gregory XIII. A certain gentleman of Rome, named Firmo Calmo, gave the saint six hundred Roman sequines of gold (about two hundred and fifty pounds sterling), which he put out for an annuity of thirty-six sequines a year during his life; this amounting to a competent patrimony for the title of his ordination, required by the council of Trent and the laws of the diocess. The same pious gentleman, besides frequent great benefactions during his life, bequeathed his whole estate real and personal on Camillus’s hospital at his death. The saint was ordained priest at Whitsuntide in 1584, and being nominated to serve a little chapel called our Lady’s ad miracula, he quitted the direction of the hospital. Before the close of the same year he laid the foundation of his congregation for serving the sick, giving to those who were admitted into it a long black garment with a black cloth for their habit. The saint prescribed them certain short rules, and they went every day to the great hospital of the Holy Ghost, where they served the sick with so much affection, piety, and diligence, that it was visible to all who saw them, they considered Christ himself as lying sick or wounded in his members.
They made the beds of the patients, paid them every office of charity, and by their short pathetic exhortations disposed them for the last sacraments, and a happy death. The founder had powerful adversaries and great difficulties to struggle with; but by confidence in God he conquered them all. In 1585 his friends hired for him a large house, and the success of his undertaking encouraged him to extend further his pious views; for he ordained that the members of his congregation should bind themselves by the obligation of their institute, to serve persons infected with the plague, prisoners, and those who lie dying in private houses.

Sickness is often the most severe and grievous of all trials, whence the devil made it his last assault in tempting Job. 3 It is a time in which a Christian stands in need of the greatest constancy and fortitude; yet through the weakness of nature, is generally the least able to keep his heart united with God, and usually never stands more in need of spiritual comfort and assistance. The state of sickness is always a visitation of God, who by it knocks at the door of our heart, and puts us in mind of death; it is the touchstone of patience, and the school or rather the harvest of penance, resignation, divine love, and every virtue; yet by a most fatal abuse is this mercy often lost and perverted by sloth, impatience, sensuality, and frowardness. Those who in time of health were backward in exercising fervent acts of faith, hope, charity, contrition, &c., in sickness are still more indisposed for practices with which they are unacquainted; and to their grievous misfortune sometimes pastors cannot sufficiently attend them, or have not a suitable address which will give them the key of their hearts, or teach them the art of insinuating into the souls of penitents the heroic sentiments and an interior relish of those essential virtues.

This consideration moved Camillus to make it the chief end of his new establishment, to afford or procure the sick all spiritual succour, discreetly to suggest to them short pathetic acts of compunction and other virtues, to read by them, and to pray for them. For this end he furnished his priests with proper books of devotion, especially on penance and on the sufferings of Christ; and he taught them to have always at hand the most suitable ejaculations extracted from the psalms and other devotions. 4 But dying persons were the principal object of our saint’s pious zeal and charity. A man’s last moments are the most precious of his whole life; and are of infinite importance, as on them depends his eternal lot. Then the devil useth his utmost efforts to ruin a soul, and cometh down, having great wrath, knowing that he hath but a short time. 5 The saint therefore redoubled his earnestness to afford every spiritual help to persons who seemed in danger of death. He put them early in mind to settle their temporal concerns, that their thoughts might be afterwards employed entirely on the affair of their soul. He advised those friends not to approach them too much, whose sight or immoderate grief could only disturb or afflict them. He disposed them to receive the last sacraments by the most perfect acts of compunction, resignation, faith, hope, and divine love; and he taught them to make death a voluntary sacrifice of themselves to the divine will, and in satisfaction for sin; of which it is the punishment. He instructed them to conjure their blessed Redeemer by the bitter anguish which his divine heart felt in the garden and on the cross, and by his prayer with a loud voice and tears, in which he deserved to be heard for his reverence, that he would show them mercy, and give them the grace to offer up their death in union with his most precious death, and to receive their soul as he with his last breath recommended his own divine soul into the hands of his heavenly Father, and with it those of all his elect to the end of the world. He instituted prayers for all persons in their agony, or who were near their death.

Every one was charmed at so perfect a project of charity, and all admired that such noble views, and so great an undertaking should have been reserved to an obscure, illiterate person.

Pope Sixtus V. confirmed this congregation in 1586, and ordered that it should be governed by a triennial superior. Camillus was the first, and Roger, an Englishman, was one of his first companions. The church of St. Mary Magdalen was bestowed on him for the use of his congregation. In 1588 he was invited to Naples, and with twelve companions founded there a new house. Certain galleys having the plague on board were forbidden to enter the harbour. Wherefore these pious Servants of the sick (for that was the name they took) went on board, and attended them; on which occasion two of their number died of the pestilence, and were the first martyrs of charity in this holy institute. St. Camillus showed a like charity in Rome when a pestilential fever swept off great numbers, and again when that city was visited by a violent famine. In 1591 Gregory XV. erected this congregation into a religious Order, with all the privileges of the mendicant Orders, and under one obligation of the four vows of poverty, chastity, obedience, and perpetually serving the sick, even those infected with the plague; he forbade these religious men to pass to any other Order except to that of the Carthusians. Pope Clement VIII. in 1592 and 1600 again confirmed this Order, with additional privileges. Indeed the very end of this institution engaged all men to favour it; especially those who considered how many thousands die, even in the midst of priests, without sufficient help in preparing themselves for that dreadful hour which decides their eternity; what superficial confessions, what neglect in acts of contrition, charity, restitution, and other essential duties, are often to be feared; which grievous evils might be frequently remedied by the assiduity of well qualified ministers.

Among many abuses and dangerous evils which the zeal of St. Camillus prevented, his attention to every circumstance relating to the care of dying persons soon made him discover that in hospitals many are buried alive, of which Cicatello relates several examples, 6 particularly of one buried in a vault, who was found walking about in it when the next corpse was brought to be there interred. Hence the saint ordered his religious to continue the prayers for souls yet in their agony for a quarter of an hour after they seem to have drawn their last breath, and not to suffer their faces to be covered so soon as is usual, by which means those who are not dead are stifled. This precaution is most necessary in cases of drowning, apoplexies, and such accidents and distempers which arise from mere obstructions or some sudden revolution of humours. 7 St. Camillus showed still a far greater solicitude to provide all comfort and assistance for the souls of those who are sick, suggesting frequent short pathetic aspirations, showing them a crucifix, examining their past confessions and present dispositions, and making them exhortations with such unction and fervour that his voice seemed like a shrill trumpet, and pierced the hearts of all who heard him. He encouraged his disciples to these duties with words of fire. He did not love to hear any thing spoken unless divine charity made part of the subject; and if he heard a sermon in which it was not mentioned, he would call the discourse a gold ring without a stone.

He was himself afflicted with many corporal infirmities, as a sore in his leg for forty-six years; a rupture for thirty-eight years which he got by serving the sick; two callous sores in the sole of one of his feet, which gave him great pain; violent nephritic colics, and for a long time before he died, a loss of appetite. Under this complication of diseases he would not suffer any one to wait on him, but sent all his brethren to serve poor sick persons. When he was not able to stand he would creep out of his bed, even in the night, by the sides of the beds, and crawl from one patient to another to exhort them to acts of virtue, and see if they wanted anything. He slept very little, spending greater part of the night in prayer and in serving the sick. He used often to repeat with St. Francis: “So great is the happiness which I hope for, that all pain and suffering is a pleasure.” His friars are not obliged to recite the church office unless they are in holy Orders; but confess and communicate every Sunday and great holiday, have every day one hour’s meditation, hear mass, and say the litany, beads, and other devotions. The holy founder was most scrupulously exact in every word and ceremony of the holy mass, and of the divine office. He despised himself to a degree that astonished all who knew him. He laid down the generalship in 1607, that he might be more at leisure to serve the poor. He founded religious houses at Bologna, Milan, Genoa, Florence, Ferrara, Messina, Palermo, Mantua, Viterbo, Bocchiano, Theate, Burgonono, Sinuessa, and other places. He had sent several of his friars into Hungary, and to all other places which in his time were afflicted with the plague. When Nola was visited with that calamity in 1600, the bishop constituted Camillus his vicar general, and it is incredible what succours the sick received from him and his companions, of whom five died of that distemper. God testified his approbation of the saint’s zeal by the spirit of prophecy and the gift of miracles, on several occasions, and by many heavenly communications and favours

He assisted at the fifth general chapter of his Order in Rome, in 1613, and after it, with the new general, visited the houses in Lombardy, giving them his last exhortations, which were every where received with tears. At Genoa he was extremely ill, but being a little better, duke Doria Tursi sent him in his rich galley to Civita Vecchia, whence he was conveyed in a litter to Rome. He recovered so as to be able to finish the visitation of his hospitals, but soon relapsed, and his life was despaired of by the physicians. Hearing this he said: I rejoice in what hath been told me: We shall go into the house of the Lord. He received the viaticum from the hands of Cardinal Ginnasio, protector of his Order, and said with many tears: “O Lord, I confess I am the most wretched of sinners, most undeserving of thy favour; but save me by thy infinite goodness. My hope is placed in thy divine mercy through thy precious blood.” Though he had lived in the greatest purity of conscience ever since his conversion, he had been accustomed to go every day to confession with great compunction and many tears. When he received the extreme-unction he made a moving exhortation to his religious brethren, and having foretold that he should die that evening, he expired on the 14th of July, 1614, being sixty-five years, one month, and twenty days old. He was buried near the high altar in St. Mary Magdalen’s church; but upon the miracles which were authentically approved, his remains were taken up and laid under the altar; they were enshrined after he was beatified in 1742, and in 1746 he was solemnly canonized by Benedict XIV. See the life of St. Camillus by Cicatello his disciple, and the acts of his canonization with those of SS. Fidelis of Sigmaringa, Peter Regalati, Joseph of Leonissa, and St. Catharine de Ricci, printed at Rome in 1749, pp. 10, 65, and 529; and Bullar. Rom. t. 16, p. 83. Helyot, Hist. des Orders Relig. t. 4, p. 263.

Note 1. Tit de Aleatoribus tam in Digesto quam in Codice. [back]

Note 2. See St. Bonav. in 4 dist. 14. St. Raymund. St. Antonin. Comitolus, l. 3, 7, 9, p. 348, &c. Aristotle (l. 4, Ethic, c. 1,) places gamesters in the same class with highwaymen and plunderers. St. Bernardin of Sienna (Serm. 33, Domin. 5, Quadrag. t. 4,) says they are worse than robbers, because more treacherous, and covering their rapine under seducing glosses. [back]

Note 3. Job ii. 4. [back]

Note 4. On the methods of varying every day these acts, see Polancus, De modo juvandi morientes; Joan. a S. Thoma. Card. Bona, &c. [back]

Note 5. Apoc. xii. 12. [back]

Note 6. Cicat. l. 2, c. 1, p. 446. [back]

Note 7. This observation of St. Camillus has been since confirmed by many instances of persons who were found to have been buried alive, or to have recovered long after they had appeared to have been dead. Accounts of several such examples are found in many modern medical and philosophical memoirs of literature which have appeared during this century, especially in France and Germany: and experience evinces the case to have been frequent. Boerhaave (Not. in Instit. Medic.) and some other men, whose names stand among the foremost in the list of philosophers, have demonstrated by many undoubted examples, that where the person is not dead, an entire cessation of breathing and of the circulation of the blood may happen for some time, by a total obstruction in the organical movements of the springs and fluids of the whole body, which obstruction may sometimes be afterwards removed, and the vital functions restored. Whence the soul is not to be presumed to leave the body in the act of dying, but at the moment in which some organ or part of the body absolutely essential to life is irreparably decayed or destroyed. Nor can any certain mark be given that a person is dead till some evident symptom of putrefaction commenced appears sensible.

Duran and some other eminent surgeons in France, in memorials addressed, some to the French king, others to the public, complain that two customs call for redress, first, that of burying multitudes in the churches, by which experience shows that the air is often extremely infected; the second is that of which we speak. To prevent the danger of this latter, these authors insist that no corpse should be allowed to be buried, or its face close covered, before some certain proof of putrefaction, for which they assign as usually one of the first marks, if the lower jaw being stirred does not restore itself, the spring of the muscles being lost by putrefaction. See Doctor Bruhier, Mémoire présenté au Roi, sur la Nécessité d’un Règlement Général au Sujet des Enterments et Embaumements, in 1745; also Dissertation sur l’Incertitude des Signes de la Mort, in 1749, 2 vols. in 12mo.; and Dr. Louis, Lettres sur la Certitude des Signes de la Mort, contre Bruhier, in 1752, in 12mo.

The Romans usually kept the bodies of the dead eight days, and practised a ceremony of often calling upon them by their names, of which certain traces remain in many places from the old ceremonial for the burial of kings and princes. Servabantur cadavera octo diebus, et calida abluebantur, et post ultimam conclamationem abluebantur. Servius in Virgilii Æneidon, l. 8, ver. 2, 8. The corpse was washed whilst warm, and again after the last call addressed to the deceased person, which was the close of the ceremony before the corpse was burnt or interred; and to be deprived of it was esteemed a great misfortune. Corpora nondum conclamata jacent, Lucan, l. 2, ver. 22. Jam defletus et conclamatus es. Apulieus, l. 1. Metam, et l. 11, ib. Desine, jam conclamatum est. Terent. Eunuch. 2, 3, ver. 56. St. Zeno of Verona, describing a wife who immoderately laments her deceased husband, says: Cadaver amplectitur conclamatum. St. Zeno, l. 1, Trac. 16, p. 126, nov. ed Veron. This ceremony, trivial in itself, was of importance to ascertain publicly the death of the person. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume VII: July. The Lives of the Saints.  1866.