jeudi 19 juillet 2012

Saint VINCENT de PAUL, prêtre et fondateur



SAINT VINCENT de PAUL

Prêtre, Fondateur d'Ordres

(1576-1660)

Ce Saint, dont le nom est devenu synonyme de charité, est l'une des plus pures gloires de la France et de l'humanité tout entière. Il naquit à Pouy, près de Dax, le 24 août 1576. Ses parents faisaient valoir une petite ferme et vivaient du travail de leurs mains. Les premières années de Vincent se passèrent à la garde des troupeaux. Un jour qu'il avait ramassé jusqu'à trente sous, somme considérable pour lui, il la donna au malheureux qui lui parut le plus délaissé. Quand ses parents l'envoyaient au moulin, s'il rencontrait des pauvres sur sa route, il ouvrait le sac de farine et leur en donnait à discrétion.

Son père, témoin de sa charité et devinant sa rare intelligence, résolut de s'imposer les plus durs sacrifices pour le faire étudier et le pousser au sacerdoce: "Il sera bon prêtre, disait-il, car il a le coeur tendre." A vingt ans, il étudie la théologie à Toulouse et reçoit bientôt le grade de docteur.

Un an après son ordination au sacerdoce, il se rend à Marseille pour recueillir un legs que lui a laissé un de ses amis. Au retour, voyageant par mer pour se rendre à Narbonne, il est pris par des pirates et emmené captif en Afrique. Sa captivité, d'abord très dure et accompagnée de fortes épreuves pour sa foi, se termina par la conversion de son maître, qui lui rendit la liberté. C'est alors que Vincent va se trouver dans sa voie.

Les circonstances le font nommer aumônier général des galères, et il se dévoue au salut de ces malheureux criminels avec une charité couronnée des plus grands succès. La Providence semble le conduire partout où il y a des plaies de l'humanité à guérir.

A une époque où la famine et les misères de toutes sortes exercent les plus affreux ravages, il fait des prodiges de dévouement; des sommes incalculables passent par ses mains dans le sein des pauvres, il sauve à lui seul des villes et des provinces entières. Ne pouvant se multiplier, il fonde, en divers lieux, des Confréries de Dames de la Charité, qui se transforment bientôt dans cette institution immortelle et incomparable des Filles de la Charité, plus connues sous le nom des Soeurs de Saint-Vincent-de-Paul. Nulle misère ne le laisse insensible; il trouve le moyen de ramasser lui-même et de protéger partout des multitudes d'enfants, fruits du libertinage, exposés à l'abandon et à la mort, et mérite le nom de Père des enfants trouvés.

Il a formé des légions d'anges de charité; mais il lui faut des légions d'apôtres, et il fonde les Prêtres de la Mission, destinés à évangéliser la France et même les peuples infidèles.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

Mort à Paris le 27 septembre 1660. Canonisé en 1737 par Clément XII, fête fixée comme semidouble au 19 juillet. Benoît XIV l’érigea en fête double en 1753.




Leçons des Matines avant 1960.

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Vincent de Paul, français de nation, naquit à Pouy, non loin de Dax, en Aquitaine, et manifesta dès son enfance une grande charité pour les pauvres. Étant passé de la garde du troupeau paternel à la culture des lettres, il étudia la littérature à Aix, et la théologie à Toulouse et à Saragosse. Ordonné Prêtre et reçu bachelier en théologie, il tomba aux mains des Turcs qui l’emmenèrent captif en Afrique. Pendant sa captivité, il gagna son maître lui-même à Jésus-Christ ; grâce au secours de la Mère de Dieu, il put s’échapper avec lui de ces pays barbares, et prit le chemin de Rome. De retour en France, il gouverna très saintement les paroisses de Clichy et de Châtillon. Nommé par le roi grand aumônier des galères de France, il apporta dans cette fonction un zèle merveilleux pour le salut des officiers et des rameurs ; saint François de Sales le donna comme supérieur aux religieuses de la Visitation, et, pendant près de quarante ans, il remplit cette charge avec tant de prudence, qu’il justifia de tout point le jugement du saint Prélat, qui déclarait ne pas connaître de Prêtre plus digne que Vincent.

Cinquième leçon. Il s’appliqua avec une ardeur infatigable jusqu’à un âge très avancé à évangéliser les pauvres, et surtout les paysans, et astreignit spécialement à cette œuvre apostolique, par un vœu perpétuel que le Saint-Siège a confirmé, et lui-même et les membres de la congrégation qu’il avait instituée, sous le titre de Prêtres séculiers de la Mission. Combien Vincent eut à cœur de favoriser la discipline ecclésiastique, on en a la preuve par les séminaires qu’il érigea pour les Clercs aspirant aux Ordres, par le soin qu’il mit à rendre fréquentes les réunions où les Prêtres conféraient entre eux sur les sciences sacrées, et à faire précéder la sainte ordination d’exercices préparatoires. Pour ces exercices et ces réunions, comme aussi pour les retraites des laïques, il voulut que les maisons de son institut s’ouvrissent facilement. De plus, afin de développer la foi et la piété, il envoya des ouvriers évangéliques, non seulement dans les provinces de la France, mais en Italie, en Pologne, en Écosse, en Irlande, et même chez les Barbares et les Indiens. Quant à lui, après avoir assisté Louis XIII à ses derniers moments, il fut appelé par la reine Anne d’Autriche, mère de Louis XIV, à faire partie d’un conseil ecclésiastique. Il apporta tout son zèle à ne laisser placer que les plus dignes à la tête des Églises et des monastères, à mettre fin aux discordes civiles, aux duels, aux erreurs naissantes, aussitôt détestées de lui que découvertes ; enfin, à ce que les jugements apostoliques fussent reçus de tous avec l’obéissance qui leur est due.

Sixième leçon. Il n’y avait aucun genre d’infortune qu’il ne secourût paternellement. Les Chrétiens gémissant sous le joug des Turcs, les enfants abandonnés, les jeunes gens indisciplinés, les jeunes filles dont la vertu était exposée, les religieuses dispersées, les femmes tombées, les hommes condamnés aux galères, les étrangers malades, les artisans invalides, les fous même et d’innombrables mendiants, furent secourus par lui, reçus et charitablement soignés dans des établissements hospitaliers qui subsistent encore. Il vint largement en aide à la Lorraine et à la Champagne, à la Picardie et à d’autres régions ravagées par la peste, la famine et la guerre. Pour rechercher et soulager les malheureux, il fonda plusieurs congrégations, entre autres celles des Dames et des Filles de la Charité, que l’on connaît et qui sont répandues partout ; il institua aussi les Filles de la Croix, de la Providence, de sainte Geneviève, pour l’éducation des jeunes filles. Au milieu de ces importantes affaires et d’autres encore il était continuellement occupé de Dieu, affable envers tous, toujours semblable à lui-même, simple, droit et humble : son éloignement pour les honneurs, les richesses, les plaisirs, ne se démentit jamais, et on l’a entendu dire que rien ne lui plaisait, si ce n’est dans le Christ Jésus, qu’il s’étudiait à imiter en toutes choses. Enfin, âgé de quatre vingt-cinq ans et usé par les mortifications, les fatigues et la vieillesse, il s’endormit paisiblement, le vingt-septième jour de septembre, l’an du salut mil six cent soixante. C’est à Paris qu’il mourut, dans la maison de Saint-Lazare, qui est la maison-mère de la congrégation de la Mission. L’éclat de ses vertus, de ses mérites et de ses miracles ont porté Clément XII à le mettre au nombre des Saints, en fixant sa Fête annuelle au dix-neuvième jour du mois de juillet. Sur les instances de plusieurs Évêques, Léon XIII a déclaré et constitué cet illustre héros de la divine charité, qui a si bien mérité de tout le genre humain, le patron spécial auprès de Dieu de toutes les associations de charité existant dans l’univers catholique et lui devant en quelque manière leur origine.

Au troisième nocturne. [1]

Lecture du saint Évangile selon saint Luc. Cap. 10, 1-9.

En ce temps-là : Le Seigneur désigna encore soixante-douze autres disciples, et les envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et tous les lieux où lui-même devait venir. Et le reste.

Homélie de saint Grégoire, Pape. Homilía 17 in Evangelia

Septième leçon. Notre Seigneur et Sauveur nous instruit, mes bien-aimés frères, tantôt par ses paroles, et tantôt par ses œuvres. Ses œuvres elles-mêmes sont des préceptes, et quand il agit, même sans rien dire, il nous apprend ce que nous avons à faire. Voilà donc que le Seigneur envoie ses disciples prêcher ; il les envoie deux à deux, parce qu’il y a deux préceptes de la charité : l’amour de Dieu et l’amour du prochain, et qu’il faut être au moins deux pour qu’il y ait lieu de pratiquer la charité. Car, à proprement parler, on n’exerce pas la chanté envers soi-même ; mais l’amour, pour devenir charité, doit avoir pour objet une autre personne.

Huitième leçon. Voilà donc que le Seigneur envoie ses disciples deux à deux pour prêcher ; il nous fait ainsi tacitement comprendre que celui qui n’a point de charité envers le prochain ne doit en aucune manière se charger du ministère de la prédication. C’est avec raison que le Seigneur dit qu’il a envoyé ses disciples devant lui, dans toutes les villes et tous les lieux où il devait venir lui-même. Le Seigneur suit ceux qui l’annoncent. La prédication a lieu d’abord ; et le Seigneur vient établir sa demeure dans nos âmes, quand les paroles de ceux qui nous exhortent l’ont devancé, et qu’ainsi la vérité a été reçue par notre esprit.

Neuvième leçon. Voilà pourquoi Isaïe a dit aux mêmes prédicateurs : « Préparez la voie du Seigneur ; rendez droits les sentiers de notre Dieu » [2]. A son tour le Psalmiste dit aux enfants de Dieu : « Faites un chemin à celui qui monte au-dessus du couchant » [3]. Le Seigneur est en effet monté au-dessus du couchant ; car plus il s’est abaissé dans sa passion, plus il a manifesté sa gloire en sa résurrection. Il est vraiment monté au-dessus du couchant : car, en ressuscitant, il a foulé aux pieds la mort qu’il avait endurée [4]. Nous préparons donc le chemin à Celui qui est monté au-dessus du couchant quand nous vous prêchons sa gloire, afin que lui-même, venant ensuite, éclaire vos âmes par sa présence et son amour.

[1] L’évangile de la Messe reprenant celui des Messes des Évangélistes, les lectures du 3ème nocturne sont celles de ce Commun.

[2] Is. 40, 3.

[3] Ps 67, 5.

[4] La passion du Christ peut être comparée au couchant parce que la gloire de cet astre divin y a comme disparu et la mort du Sauveur également puisqu’elle l’a couché inanimé dans le tombeau.


Vincent Depaul présentant Louise de Marillac et les premières Filles de la Charité à la reine Anne d'Autriche.
Tableau de frère André, religieux dominicain, dans l'église de sainte Marguerite à Paris, XVIIIe siècle. 
À droite, Anne d'Autriche est assise. Saint-Vincent, debout, présente à la reine une religieuse agenouillée, 
peut-être Mlle Le Gras, qui tient à la main un livre ouvert, les constitutions des filles de la charité. 
Reproduction issue de : Arthur Loth, Saint Vincent et sa mision locale, Paris, Dumoulin, 1880


Dom Guéranger, l’Année Liturgique


Vincent fut l’homme de la foi qui opère par la charité [5]. Venu au monde sur la fin du siècle où naquit Calvin, il trouvait l’Église en deuil de nombreuses nations que l’erreur avait récemment séparées de la catholicité. Sur toutes les côtes de la Méditerranée, le Turc, ennemi perpétuel du nom chrétien, redoublait ses brigandages. La France, épuisée par quarante années de guerres religieuses, n’échappait à la domination de l’hérésie au dedans que pour bientôt lui prêter main forte à l’extérieur par le contraste d’une politique insensée. Sur ses frontières de l’Est et du Nord d’effroyables dévastations promenaient la ruine, et gagnaient jusqu’aux provinces de l’Ouest et du Centre à la faveur des luttes intestines qu’entretenait l’anarchie. Plus lamentable que toute situation matérielle était dans cette confusion l’état des âmes. Les villes seules gardaient encore, avec un reste de tranquillité précaire, quelque loisir de prier Dieu. Le peuple des campagnes, oublié, sacrifié, disputant sa vie à tous les fléaux, n’avait pour le relever dans tant de misères qu’un clergé le plus souvent abandonné comme lui de ses chefs, indigne en trop de lieux, rivalisant presque toujours avec lui d’ignorance.

Ce fut alors que pour conjurer ces maux et, du même coup, mille autres anciens et nouveaux, l’Esprit-Saint suscita Vincent dans une immense simplicité de foi, fondement unique d’une charité que le monde, ignorant du rôle de la foi, ne saurait comprendre. Le monde admire les œuvres qui remplirent la vie de l’ancien pâtre de Buglose ; mais le ressort secret de cette vie lui échappe. Il voudrait lui aussi reproduire ces œuvres ; et comme les enfants qui s’évertuent dans leurs jeux à élever des palais, il s’étonne de trouver en ruines au matin les constructions de la veille : le ciment de sa philanthropie ne vaut pas l’eau bourbeuse dont les enfants s’essaient à lier les matériaux de leurs maisons d’un jour ; et l’édifice qu’il prétendait remplacer est toujours debout, défiant la sape, répondant seul aux multiples besoins de l’humanité souffrante. C’est que la foi connaît seule en effet le mystère de la souffrance, que seule elle peut sonder ces profondeurs sacrées dont le Fils de Dieu même a parcouru les abîmes, qu’elle seule encore, associant l’homme aux conseils du Très-Haut, l’associe tout ensemble à sa force et à son amour. De là viennent aux œuvres bienfaisantes qui procèdent de la foi leur puissance et leur durée. La solidarité tant prônée de nos utopistes modernes n’a point ce secret ; et pourtant elle descend aussi de Dieu, quoi qu’ils veuillent ; mais elle enchaîne plus qu’elle ne lie : elle regarde plus la justice que l’amour ; et à ce titre, dans l’opposition qu’on en fait à la divine charité venue du ciel, elle semble une lugubre ironie montant du séjour des châtiments.

Vincent aima les pauvres d’un amour de prédilection, parce qu’il aimait Dieu et que la foi lui révélait en eux le Seigneur. « O Dieu, disait-il, qu’il fait beau voir les pauvres, si nous les considérons en Dieu et dans l’estime que Jésus-Christ en a faite ! Bien souvent ils n’ont pas presque la figure ni l’esprit de personnes raisonnables, tant ils sont grossiers et terrestres. Mais tournez la médaille, et vous verrez, par les lumières de la foi, que le Fils de Dieu, qui a voulu être pauvre, nous est représenté par ces pauvres ; qu’il n’avait presque pas la figure d’un homme en sa passion, et qu’il passait pour fou dans l’esprit des Gentils, et pour pierre de scandale dans celui des Juifs ; et avec tout cela il se qualifie l’évangéliste des pauvres, evangelizare pauperibus misit me [6] ».

Ce titre d’évangéliste des pauvres est l’unique que Vincent ambitionna pour lui-même, le point de départ, l’explication de tout ce qu’il accomplit dans l’Église. Assurer le ciel aux malheureux, travailler au salut des abandonnés de ce monde, en commençant par les pauvres gens des champs si délaissés : tout le reste pour lui, déclarait-il, « n’était qu’accessoire ». Et il ajoutait, parlant à ses fils de Saint-Lazare : « Nous n’eussions jamais travaillé aux ordinands ni aux séminaires des ecclésiastiques, si nous n’eussions jugé qu’il était nécessaire, pour maintenir les peuples en bon état, et conserver les fruits des missions, de faire en sorte qu’il y eût de bons ecclésiastiques parmi eux ». C’est afin de lui donner l’occasion d’affermir son œuvre à tous les degrés, que Dieu conduisit l’apôtre des humbles au conseil royal de conscience, où Anne d’Autriche remettait en ses mains l’extirpation des abus du haut clergé et le choix des chefs des Églises de France. Pour mettre un terme aux maux causés par le délaissement si funeste des peuples, il fallait à la tête du troupeau des pasteurs qui entendissent reprendre pour eux la parole du chef divin : « Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » [7].

Nous ne pourrions, on le comprend, raconter dans ces pages l’histoire de l’homme en qui la plus universelle charité fut comme personnifiée. Mais du reste, il n’eut point non plus d’autre inspiration que celle de l’apostolat dans ces immortelles campagnes où, depuis le bagne de Tunis où il fut esclave jusqu’aux provinces ruinées pour lesquelles il trouva des millions, on le vit s’attaquer à tous les aspects de la souffrance physique et faire reculer sur tous les points la misère ; il voulait, par les soins donnés aux corps, arriver à conquérir l’âme de ceux pour lesquels le Christ a voulu lui aussi embrasser l’amertume et l’angoisse. On ne peut que sourire de l’effort par lequel, dans un temps où l’on rejetait l’Évangile en retenant ses bienfaits, certains sages prétendirent faire honneur de pareilles entreprises à la philosophie de leur auteur. Les camps aujourd’hui sont plus tranchés ; et l’on ne craint plus de renier parfois jusqu’à l’œuvre, pour renier logiquement l’ouvrier. Mais aux tenants d’un philosophisme attardé, s’il en est encore, il sera bon de méditer ces mots, où celui dont ils font un chef d’école déduisait les principes qui devaient gouverner les actes de ses disciples et leurs pensées : « Ce qui se fait pour la charité se fait pour Dieu. Il ne nous suffit pas d’aimer Dieu, si notre prochain ne l’aime aussi ; et nous ne saurions aimer notre prochain comme nous-mêmes, si nous ne lui procurons le bien que nous sommes obligés de nous vouloir a nous-mêmes, c’est à savoir, l’amour divin, qui nous unit à celui qui est notre souverain bien. Nous devons aimer notre prochain comme l’image de Dieu et l’objet de son amour, et faire en sorte que réciproquement les hommes aiment leur très aimable Créateur, et qu’ils s’entr’aiment les uns les autres d’une charité mutuelle pour l’amour de Dieu, qui les a tant aimés que de livrer son propre Fils à la mort pour eux. Mais regardons, je vous prie, ce divin Sauveur comme le parfait exemplaire de la charité que nous devons avoir pour notre prochain ».

On le voit : pas plus que la philosophie déiste ou athée, la théophilanthropie qui apporta plus tard à la déraison du siècle dernier l’appoint de ses fêtes burlesques, n’eut de titre à ranger Vincent, comme elle fit, parmi les grands hommes de son calendrier. Ce n’est point la nature, ni aucune des vaines divinités de la fausse science, mais le Dieu des chrétiens, le Dieu fait homme pour nous sauver en prenant sur lui nos misères, qui fut l’unique guide du plus grand des bienfaiteurs de l’humanité dans nos temps. Rien ne me plaît qu’en Jésus-Christ, aimait-il à dire. Non seulement, fidèle comme tous les Saints à l’ordre de la divine charité, il voulait voir régner en lui ce Maître adoré avant de songer à le faire régner dans les autres ; mais, plutôt que de rien entreprendre de lui-même par les données de la seule raison, il se fût réfugié à tout jamais dans le secret de la face du Seigneur [8], pour ne laisser de lui qu’un nom ignoré.

« Honorons, écrivait-il, l’état inconnu du Fils de Dieu. C’est là notre centre, et c’est ce qu’il demande de nous pour le présent et pour l’avenir, et pour toujours, si sa divine majesté ne nous fait connaître, en sa manière qui ne peut tromper, qu’il veuille autre chose de nous. Honorons particulièrement ce divin Maître dans la modération de son agir. Il n’a pas voulu faire toujours tout ce qu’il a pu, pour nous apprendre à nous contenter, lorsqu’il n’est pas expédient de faire tout ce que nous pourrions faire, mais seulement ce qui est convenable à la charité, et conforme, aux ordres de la divine volonté... Que ceux-là honorent souverainement notre Seigneur qui suivent la sainte Providence, et qui n’enjambent pas sur elle ! N’est-il pas vrai que vous voulez, comme il est bien raisonnable, que votre serviteur n’entreprenne rien sans vous et sans votre ordre ? Et si cela est raisonnable d’un homme à un autre, à combien plus forte raison du Créateur à la créature ? »

Vincent s’attachait donc, selon son expression, à côtoyer la Providence, n’ayant point de plus grand souci que de ne jamais la devancer. Ainsi fut-il sept années avant d’accepter pour lui les avances de la Générale de Gondi et de fonder son établissement de la Mission. Ainsi éprouva-t-il longuement sa fidèle coadjutrice, Mademoiselle Le Gras, quand elle se crut appelée à se dévouer au service spirituel des premières Filles de la Charité, sans lien entre elles jusque-là ni vie commune, simples aides suppléantes des dames de condition que l’homme de Dieu avait assemblées dans ses Confréries. « Quant à cet emploi, lui mandait-il après instances réitérées de sa part, je vous prie une fois pour toutes de n’y point penser, jusqu’à ce que notre Seigneur fasse paraître ce qu’il veut. Vous cherchez à devenir la servante de ces pauvres filles, et Dieu veut que vous soyez la sienne. Pour Dieu, Mademoiselle, que votre cœur honore la tranquillité de celui de notre Seigneur, et il sera en état de le servir. Le royaume de Dieu est la paix au Saint-Esprit ; il régnera en vous, si vous êtes en paix. Soyez-y donc, s’il vous plaît, et honorez souverainement le Dieu de paix et de dilection ».

Grande leçon donnée au zèle fiévreux d’un siècle comme le nôtre par cet homme dont la vie fut si pleine ! Que de fois, dans ce qu’on nomme aujourd’hui les œuvres, l’humaine prétention stérilise la grâce en froissant l’Esprit-Saint ! Tandis que, « pauvre ver rampant sur la terre et ne sachant où il va, cherchant seulement à se cacher en vous, ô mon Dieu ! Qui êtes tout son désir », Vincent de Paul voit l’inertie apparente de son humilité fécondée plus que l’initiative de mille autres, sans que pour ainsi dire il en ait conscience. « C’est la sainte Providence qui a mis votre Compagnie sur le pied où elle est, disait-il vers la fin de son long pèlerinage à ses filles. Car qui a-ce été, je vous supplie ? Je ne saurais me le représenter. Nous n’en eûmes jamais le dessein. J’y pensais encore aujourd’hui, et je me disais : Est-ce toi qui as pensé à faire une Compagnie de Filles de la Charité ? Oh ! Nenni. Est-ce Mademoiselle Le Gras ? Aussi peu. Oh ! Mes filles, je n’y pensais pas, votre sœur servante n’y pensait pas, aussi peu Monsieur Portail (le premier et plus fidèle compagnon de Vincent dans les missions) : c’est donc Dieu qui y pensait pour vous ; c’est donc lui que nous pouvons dire être l’auteur de votre Compagnie, puisque véritablement nous ne saurions en reconnaître un autre ».

Mais autant son incomparable délicatesse à l’égard de Dieu lui faisait un devoir de ne le jamais prévenir plus qu’un instrument ne le fait pour la main qui le porte ; autant, l’impulsion divine une fois donnée, il ne pouvait supporter qu’on hésitât à la suivre, ou qu’il y eût place dans l’âme pour un autre sentiment que celui de la plus absolue confiance. Il écrivait encore, avec sa simplicité si pleine de charmes, à la coopératrice que Dieu lui avait donnée : « Je vous vois toujours un peu dans les sentiments humains, pensant que tout est perdu dès lors que vous me voyez malade. O femme de peu de foi, que n’avez-vous plus de confiance et d’acquiescement à la conduite et à l’exemple de Jésus-Christ ! Ce Sauveur du monde se rapportait à Dieu son Père pour l’état de toute l’Église ; et vous, pour une poignée de filles que sa Providence a notoirement suscitées et assemblées, vous pensez qu’il vous manquera ! Allez, Mademoiselle, humiliez-vous beaucoup devant Dieu ».

Faut-il s’étonner que la foi, seule inspiratrice d’une telle vie, inébranlable fondement de ce qu’il était pour le prochain et pour lui-même, fût aux yeux de Vincent de Paul le premier des trésors ? Lui qu’aucune souffrance même méritée ne laissait indifférent, qu’on vit un jour par une fraude héroïque remplacer un forçat dans ses fers, devenait impitoyable en face de l’hérésie, et n’avait de repos qu’il n’eût obtenu le bannissement des sectaires ou leur châtiment. C’est le témoignage que lui rend dans la bulle de sa canonisation Clément XII, parlant de cette funeste erreur du jansénisme que notre saint dénonça des premiers et poursuivit plus que personne. Jamais peut-être autant qu’en cette rencontre, ne se vérifia le mot des saints Livres : La simplicité des justes les guidera sûrement, et l’astuce des méchants sera leur perte [9]. La secte qui, plus tard, affectait un si profond dédain pour Monsieur Vincent, n’en avait pas jugé toujours de même. « Je suis, déclarait-il dans l’intimité, obligé très particulièrement de bénir Dieu et de le remercier de ce qu’il n’a pas permis que les premiers et les plus considérables d’entre ceux qui professent cette doctrine, que j’ai connus particulièrement, et qui étaient de mes amis, aient pu me persuader leurs sentiments. Je ne vous saurais exprimer la peine qu’ils y ont prise, et les raisons qu’ils m’ont proposées pour cela ; mais je leur opposais entre autres choses l’autorité du concile de Trente, qui leur est manifestement contraire ; et voyant qu’ils continuaient toujours, au lieu de leur répondre je récitais tout bas mon Credo : et voilà comme je suis demeuré ferme en la créance catholique ».

L’année 1883, cinquantième anniversaire de la fondation des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul à Paris, voyait notre Saint proclamé le Patron de toutes les sociétés de charité de France ; ce patronage fut, deux ans plus tard, étendu aux sociétés de charité de l’Église entière.

Quelle gerbe, ô Vincent, vous emportez au ciel [10] ! Quelles bénédictions vous accompagnent, montant de cette terre à la vraie patrie [11] ! O le plus simple des hommes qui furent en un siècle tant célébré pour ses grandeurs, vous dépassez maintenant les renommées dont l’éclat bruyant fascinait vos contemporains. La vraie gloire de ce siècle, la seule qui restera de lui quand le temps ne sera plus [12], est d’avoir eu dans sa première partie des saints d’une pareille puissance de loi et d’amour, arrêtant les triomphes de Satan, rendant au sol de France stérilisé par l’hérésie la fécondité des beaux jours. Et voici que deux siècles et plus après vos travaux, la moisson qui n’a point cessé continue par les soins de vos fils et de vos filles, aidés d’auxiliaires nouveaux qui vous reconnaissent eux aussi pour leur inspirateur et leur père. Dans ce royaume du ciel qui ne connaît plus la souffrance et les larmes [13], chaque jour pourtant comme autrefois voit monter vers vous l’action de grâces de ceux qui souffrent et qui pleurent.

Reconnaissez par des bienfaits nouveaux la confiance de la terre. Il n’est point de nom qui impose autant que le vôtre le respect de l’Église, en nos temps de blasphème. Et pourtant déjà les négateurs du Christ en viennent, par haine de sa divine domination [14], à vouloir étouffer le témoignage que le pauvre à cause de vous lui rendait toujours. Contre ces hommes en qui s’est incarné l’enfer, usez du glaive à deux tranchants remis aux saints pour venger Dieu au milieu des nations [15] : comme jadis les hérétiques en votre présence, qu’ils méritent le pardon ou connaissent la colère ; qu’ils changent, ou soient réduits d’en haut à l’impuissance de nuire. Gardez surtout les malheureux que leur rage satanique s’applaudit de priver du secours suprême au moment du trépas ; eussent-ils un pied déjà dans les flammes, ces infortunés, vous pouvez les sauver encore [16]. Élevez vos filles à la hauteur des circonstances douloureuses où l’on voudrait que leur dévouement reniât son origine céleste ou dissimulât sa divine livrée ; si la force brutale des ennemis du pauvre arrache de son chevet le signe du salut, il n’est règlements ni lois, puissance de ce monde ou de l’autre, qui puissent expulser Jésus de l’âme d’une Fille de chanté, ou l’empêcher de passer de son cœur à ses lèvres : ni la mort, ni l’enfer, ni le feu, ni le débordement des grandes eaux, dit le Cantique, ne sauraient l’arrêter [17].

Vos fils aussi poursuivent votre œuvre d’évangélisation ; jusqu’en nos temps leur apostolat se voit couronné du diadème de la sainteté et du martyre. Maintenez leur zèle ; développez en eux votre esprit d’inaltérable dévouement à l’Église et de soumission au Pasteur suprême. Assistez toutes ces œuvres nouvelles de charité qui sont nées de vous dans nos jours, et dont, pour cette cause, Rome vous défère le patronage et l’honneur ; qu’elles s’alimentent toujours à l’authentique foyer que vous avez ravivé sur la terre [18] ; qu’elles cherchent avant tout le royaume de Dieu et sa justice [19], ne se départant jamais, pour le choix des moyens, du principe que vous leur donnez de « juger, parler et opérer, comme la Sagesse éternelle de Dieu, revêtue de notre faible chair, a jugé, parlé et opéré ».

[5] Gal. V, 6.

[6] Luc. IV, 18.
[7] Johan. X, 14.
[8] Psalm. XXX, 2 1.
[9] Prov. XI, 3.
[10] Psalm. CXXV, 6.
[11] Prov. XXII, 9 ; Eccli. XXXI, 28.
[12] Apoc. X, 6.
[13] Ibid. XXI, 4.
[14] Jud. 4.
[15] Psalm. CXLIX, 6-9.
[16] Jud. 23.
[17] Cant. VIII, 6-7.
[18] Luc. XII, 40.
[19] Matth. VI, 33.



Émilien Cabuchet. Monument de Saint Vincent de Paul. Châtillon-sur-Chalaronne, 

Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Alors que la France était désolée par la peste, la famine et la guerre, la Providence sembla avoir chargé saint Vincent de Paul de la représenter. Cela ne suffit-il pas pour louer ce Saint, l’un de ceux qui, aux siècles derniers, cherchèrent davantage à exprimer en eux-mêmes les vertus du Christ.

Par les mains de ce pauvre Monsieur Vincent, comme on l’appelait, passèrent des sommes considérables et des secours de tout genre, distribués ensuite aux foules affamées.

L’autorité de saint Vincent était immense et indiscutée dans tout le royaume. Il faisait partie du conseil royal de conscience, en sorte que les nominations aux évêchés et aux plus riches bénéfices de l’Église de France étaient soumises à son contrôle. Néanmoins Vincent, doux et humble de cœur, gravissait les splendides escaliers du palais royal et prenait part aux conseils de la couronne avec la même évangélique simplicité et les mêmes vêtements pauvres et négligés que lorsqu’il circulait dans les rues de Paris pour y recueillir les orphelins et les malades abandonnés.

Saint Vincent de Paul fonda la Congrégation des Prêtres de la Mission et la Compagnie des Filles de la Charité, et mourut dans une vieillesse avancée le 27 septembre 1660.

La messe est du Commun, sauf les parties suivantes :

Voici la première collecte, où sont bien mis en relief les deux champs spéciaux où se déroula l’activité de Vincent : le soin matériel et spirituel des pauvres, et la réforme de l’esprit ecclésiastique : « Seigneur qui avez conféré une force apostolique au bienheureux Vincent, pour qu’il évangélisât vos pauvres et rappelât les ecclésiastiques au sentiment de leur dignité ; accordez-nous, comme aujourd’hui nous vénérons ses mérites, d’imiter aussi ses illustres exemples ».

Puisqu’il s’agit du fondateur de la Congrégation de la Mission, la lecture de l’Évangile ne peut être autre en ce jour que celle où est narrée la vocation des soixante-douze disciples à l’apostolat, et que nous avons déjà rencontrée le 3 décembre.

Arrêtons-nous de préférence sur une vertu de saint Vincent de Paul et tâchons de l’imiter. Il est dit que rien ne plaisait à ce cher Saint, sinon en Jésus-Christ, en qui il vivait, et conformément à l’esprit de qui il agissait. C’est pourquoi, dans les cas un peu douteux, il s’arrêtait un instant pour réfléchir, se demandant : en cette circonstance, qu’aurait fait Jésus ? Et selon l’inspiration intérieure du Saint-Esprit, ainsi il agissait.



Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique

« Vincent était toujours égal à lui-même » (sibi semper constans), dit le bréviaire.

1. Saint Vincent. — Jour de mort : 27 septembre 1660. Tombeau : à Paris, dans la chapelle des Prêtres de la Mission. Vie : saint Vincent est le fondateur des Lazaristes et des Filles de la Charité, le patron de toutes les sociétés charitables. « Vincens » signifie « vainqueur » : il a vaincu le monde par sa charité. Tout enfant, il montra une grande tendresse envers les pauvres. Il commença par être berger, puis il étudia la théologie. Prêtre, il tomba aux mains des « Turcs », devint esclave, convertit son maître et s’enfuit avec lui à Rome et en France. Il fut d’abord curé, puis grand aumônier des galères. Pendant quarante ans environ, il dirigea les religieuses de la Visitation. Innombrables sont ses entreprises charitables : rachat des esclaves chrétiens, aide aux enfants abandonnés, aux garçons exposés au danger, aux filles tombées, aux forçats, aux pèlerins malades, aux fous, aux mendiants... Comme conseiller du roi, il exerça une grande influence sur la distribution des dignités ecclésiastiques. Bien qu’il eût à disposer de cinquante millions, il pratiqua toujours la douceur, l’humilité et la pauvreté. A lui seul, a-t-on dit, il retarda la Révolution Française.

2. La messe (Justus ut palma). — C’est celle du commun avec l’Évangile qui relate la mission des Apôtres.

La messe des fondateurs d’ordres nous met en présence non seulement du saint, mais de l’œuvre dont il fut le promoteur : elle est comme un grand rameau qui s’élance de l’arbre du Christ chargé de fleurs toujours nouvelles. A la messe s’accomplit l’œuvre de la rédemption de cette façon encore : nous nous embrasons au feu de la vive charité de ces héros, et puisons dans l’Eucharistie les grâces nécessaires pour tendre à un semblable amour. Il est également important de concrétiser les textes du commun en y reconnaissant les traits de la vie du saint.

Saint Vincent de Paul nous apparaît comme le palmier et le cèdre dans le vaste jardin de Dieu (Introït). A l’Épître, il s’adresse à nous pour notre confusion : il fut méprisé, persécuté, traité comme le rebut du monde, et nous, nous recherchons les honneurs, l’admiration... A l’Évangile, nous le voyons avec les prêtres de la Mission (Lazaristes) se répandre à travers le monde ; nous, nous les accompagnons du moins par notre prière (« Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers ») et par nos aumônes. La Communion est « le gage de la récompense au centuple et de la vie éternelle ».

SOURCE : http://www.introibo.fr/19-07-St-Vincent-de-Paul



Statue de Saint-Vincent de Paul à Clichy (Hauts de Seine)

St. Vincent De Paul

St. Vincent was born of poor parents in the village of Pouy in Gascony, France, about 1580. He enjoyed his first schooling under the Franciscan Fathers at Acqs. Such had been his progress in four years that a gentleman chose him as subpreceptor to his children, and he was thus enabled to continue his studies without being a burden to his parents. In 1596, he went to the University of Toulouse for theological studies, and there he was ordained priest in 1600.

In 1605, on a voyage by sea from Marseilles to Narbonne, he fell into the hands of African pirates and was carried as a slave to Tunis. His captivity lasted about two years, until Divine Providence enabled him to effect his escape. After a brief visit to Rome he returned to France, where he became preceptor in the family of Emmanuel de Gondy, Count of Goigny, and General of the galleys of France. In 1617, he began to preach missions, and in 1625, he lay the foundations of a congregation which afterward became the Congregation of the Mission or Lazarists, so named on account of the Prioryof St. Lazarus, which the Fathers began to occupy in 1633.

It would be impossible to enumerate all the works of this servant of God. Charity was his predominant virtue. It extended to all classes of persons, from forsaken childhood to old age. The Sisters of Charity also owe the foundation of their congregation to St. Vincent. In the midst of the most distracting occupations his soul was always intimately united with God. Though honored by the great ones of the world, he remained deeply rooted in humility. The Apostle of Charity, the immortal Vincent de Paul, breathed his last in Paris at the age of eighty in 1660.  His feast day is September 27th. He is the patron of charitable societies.

St. Vincent De Paul is among the Incorruptibles. The Incorruptibles are Catholic Saints who’s bodies show no decay after their death. The Incorruptibles are a consoling sign of Christ’s victory over death, a confirmation of the dogma of the Resurrection of the Body, a sign that the Saints are still with us in the Mystical Body of Christ, as well as a proof of the truth of the Catholic Faith – for only in the Catholic Church do we find this phenomenon.

Reliquaire de Saint Vincent de Paul, Paris


St. Vincent de Paul

Born at Pouy, Gascony, France, in 1580, though some authorities have said 1576; died at Paris, 27 September, 1660. Born of a peasant family, he made his humanities studies at Dax with the Cordeliers, and his theological studies, interrupted by a short stay at Saragossa, were made at Toulouse where he graduated in theology. Ordained in 1600 he remained at Toulouse or in its vicinity acting as tutor while continuing his own studies. Brought to Marseilles for an inheritance, he was returning by sea in 1605 when Turkish pirates captured him and took him to Tunis. He was sold as a slave, but escaped in 1607 with his master, a renegade whom he converted. On returning to France he went to Avignon to the papal vice-legate, whom he followed to Rome to continue his studies. He was sent back to France in 1609, on a secret mission to Henry IV; he became almoner to the Queen Marguerite of Valois, and was provided with the little Abbey of Saint-Léonard-de-Chaume. At the request of M. de Berulle, founder of the Oratory, he took charge of the parish of Clichy near Paris, but several months later (1612) he entered the services of the Gondi, an illustrious French family, to educate the children of Philippe-Emmanuel de Gondi. He became the spiritual director of Mme de Gondi. With her assistance he began giving missions on her estates; but to escape the esteem of which he was the object he left the Gondi and with the approval of M. de Berulle had himself appointed curé of Chatillon-les-Dombes (Bresse), where he converted several Protestants and founded the first conference of charity for the assistance of the poor. He was recalled by the Gondi and returned to them (1617) five months later, resuming the peasant missions. Several learned Paris priests, won by his example, joined him. Nearly everywhere after each of these missions, a conference of charity was founded for the relief of the poor, notably at Joigny, Châlons, Mâcon, Trévoux, where they lasted until the Revolution.

After the poor of the country, Vincent's solicitude was directed towards the convicts in the galleys, who were subject to M. de Gondi as general of the galleys of France. Before being convoyed aboard the galleys or when illness compelled them to disembark, the condemned convicts were crowded with chains on their legs onto damp dungeons, their only food being black bread and water, while they were covered with vermin and ulcers. Their moral state was still more frightful than their physical misery. Vincent wished to ameliorate both. Assisted by a priest, he began visiting the galley convicts of Paris, speaking kind words to them, doing them every manner of service however repulsive. He thus won their hearts, converted many of them, and interested in their behalf several persons who came to visit them. A house was purchased where Vincent established a hospital. Soon appointed by Louis XIII royal almoner of the galleys, Vincent profited by this title to visit the galleys of Marseilles where the convicts were as unfortunate as at Paris; he lavished his care on them and also planned to build them a hospital; but this he could only do ten years later. Meanwhile, he gave on the galley of Bordeaux, as on those of Marseilles, a mission which was crowned with success (1625).

Congregation of the Mission

The good wrought everywhere by these missions together with the urging of Mme de Gondi decided Vincent to found his religious institute of priests vowed to the evangelization of country people--the Congregation of Priests of the Mission.

Experience had quickly revealed to St. Vincent that the good done by the missions in country places could not last unless there were priests to maintain it and these were lacking at that time in France. Since the Council of Trent the bishops had been endeavoring to found seminaries to form them, but these seminaries encountered many obstacles, the chief of which were the wars of religion. Of twenty founded not ten had survived till 1625. The general assembly of the French clergy expressed the wish that candidates for Holy Orders should only be admitted after some days of recollection and retreat. At the request of the Bishop of Beauvais, Potierdes Gesvres, Vincent undertook to attempt at Beauvais (September, 1628) the first of these retreats. According to his plan they comprised ascetic conferences and instructions on the knowledge of things most indispensable to priests. Their chief service was that they gave rise to the seminaries as these prevailed later in France. At first they lasted only ten days, but in extending them by degrees to fifteen or twenty days, then to one, two, or three months before each order, the bishops eventually prolonged the stay of their clerics to two or three years between philosophy and the priesthood and there were what were called seminaries d'ordinands and later grands seminaries, when lesser ones were founded. No one did more than Vincent towards this double creation. As early as 1635 he had establish a seminary at the Collége des Bons-Enfants. Assisted by Richelieu, who gave him 1000 crowns, he kept at Bons-Enfants only ecclesiastics studying theology (grand seminarie) and he founded besides Saint-Lazare for young clerics studying the humanities a lesser seminary called the Seminary of St. Charles (1642). He had sent some of his priests to the Bishop of Annecy (1641) to direct his seminary, and assisted the bishops to establish others in their dioceses by furnishing priests to direct them. At his death he had thus accepted the direction of eleven seminaries. Prior to the Revolution his congregation was directing in France fifty-three upper and nine lesser seminaries, that is a third of all in France.

The ecclesiastical conference completed the work of the seminaries. Since 1633 St. Vincent held one every Tuesday at Saint-Lazare at which assembled all the priests desirous of conferring in common concerning the virtues and the functions of their state. Among others Bossuet and Tronson took part. With the conferences, St. Vincent instituted at St-Lazare open retreats for laymen as well as priests. It is estimated that in the last twenty-five years of St. Vincent's life there came regularly more than 800 persons yearly, or more than 20,000 in all. these retreats contributed powerfully to infuse a Christian spirit among the masses, but they imposed heavy sacrifices on the house of St-Lazare. Nothing was demanded of the retreatants; when there was question of the good of souls Vincent thought little of expense. At the complaints of his brethren who desired that the admission of the retreatants should be made more difficult he consented one day to keep the door. Towards evening there had never been so many accepted and when the embarrassed brother came to inform him that there was no more room he merely replied "well, give mine".

Work for the poor

Vincent de Paul had established the Daughters of Charity almost at the same time as the exercises des ordinands. At first they were intended to assist the conferences of charity. When these conferences were established at Paris (1629) the ladies who joined them readily brought their alms and were willing to visit the poor, but it often happened that they did not know how to give them care which their conditions demanded and they sent their servants to do what was needful in their stead. Vincent conceived the idea of enlisting good young women for this service of the poor. They were first distributed singly in the various parishes where the conferences were established and they visited the poor with these ladies of the conferences or when necessary cared for them during their absence. In recruiting, forming, and directing these servants of the poor, Vincent found able assistance in Mlle Legras. When their number increased he grouped then into a community under her direction, coming himself every week to hold a conference suitable to their condition. (For further details see Sisters of Charity.) Besides the Daughters of Charity Vincent de Paul secured for the poor the services of the Ladies of Charity, at the request of the Archbishop of Paris. He grouped (1634) under this name some pious women who were determined to nurse the sick poor entering the Hotel-Dieu to the number of 20,000 or 25,000 annually; they also visited the prisons. Among them were as many as 200 ladies of the highest rank. After having drawn up their rule St. Vincent upheld and stimulated their charitable zeal. It was due to them that he was able to collect the enormous sums which he distributed in aid of all the unfortunates. Among the works, which their co-operation enabled him to undertake, that of the care of foundlings was one of the most important. Some of the foundlings at this period were deliberately deformed by miscreants anxious to exploit public pity. Others were received into a municipal asylum called "la couche", but often they were ill-treated or allowed to die of hunger. The Ladies of Charity began by purchasing twelve children drawn by lot. who were installed in a special house confided to the Daughters of Charity and four nurses. Thus years later the number of children reached 4000; their support cost 30,000 livres; soon with the increase in the number of children this reached 40,000 livres.

With the assistance of a generous unknown who placed at his disposal the sum of 10,000 livres, Vincent founded the Hospice of the Name of Jesus, where forty old people of both sexes found a shelter and work suited to their condition. This is the present hospital of the uncurables. The same beneficence was extended to all the poor of Paris but the creation of the general hospital which was first thought of by several Ladies of Charity, such as the Duchesse d'Aiguillon. Vincent adopted the idea and did more than anyone for the realization of what has been called one of the greatest works of charity of the seventeenth century, the sheltering of 40,000 poor in an asylum where they would be given a useful work. In answer St. Vincent's appeal the gifts poured in. The king granted the lands of the Salpétriere for the erection of the hospital, with a capital of 50,000 liveres and an endowment of 3000; Cardinal Mazarin sent 100,000 livres as first gift, Président de Lamoignon 20,000 crowns, a lady of the Bullion family 60,000 livres. St. Vincent attached the Daughters of Charity to the work and supported it with all his strength.

St. Vincent's charity was not restricted to Paris, but reached to all the provinces desolated by misery. In that period of the Thirty Years War known as the French period, Lorraine, Trois-Evechés, Franche-Comté, and Champagne underwent for nearly a quarter of a century all the horrors and scourges which then more than ever war drew in its train. Vincent made urgent appeals to the Ladies of Charity; it has been estimated that at his reiterated requests he secured 12,000 livres equivalent to $60,000 in our time (1913). When the treasury was empty he again sought alms which he dispatched at once to the stricken districts. When contributions began to fail Vincent decided to print and sell the accounts sent him from those desolated districts; this met with great success, even developing a periodical newspaper called "Le magasin charitable". Vincent took advantage of it to fund in the ruined provinces the work of the potages économiques, the tradition of which still subsists in our modern economic kitchens. He himself compiled with minute care instructions concerning the manner of preparing these potages and the quantity of fat, butter, vegetables, and bread which should be used. He encouraged the foundation of societies undertaking to bury the dead and to clean away the dirt which was a permanent cause of plague. They were often headed by the missionaries and the Sisters of Charity. Through them also Vincent distributed to their land. At the same time, in order to remove them from the brutality of the soldiers, he brought to Paris 200 young women whom he endeavored to shelter in various convents. and numerous children whom he received at St-Lazare. He even founded a special organization for the relief of the nobility of Lorraine who had sought refuge in Paris. After the general peace he directed his solicitude and his alms to the Irish and English Catholics who had been driven from their country.

All these benefits had rendered the name of Vincent de Paul popular in Paris and even at the Court. Richelieu sometimes received him and listened favorably to his requests; he assisted him in his first seminary foundations and established a house for his missionaries in the village of Richelieu. On his deathbed Louis XIII desired to be assisted by him: "Oh, Monsieur Vincent", said he, "if I am restored to health I shall appoint no bishops unless they have spent three years with you." His widow, Ann of Austria, made Vincent a member of the council of conscience charged with nominations to benefices. These honors did not alter Vincent's modesty and simplicity. He went to the Court only through necessity, in fitting but simple garb. He made no use of his influence save for the welfare of the poor and in the interest of the Church. Under Mazarin, when Paris rose at the time of the Fronde (1649) against the Regent, Anne of Austria, who was compelled to withdraw to St-Fermain-en-Laye, Vincent braved all dangers to go and implore her clemency in behalf of the people of Paris and boldly advised her to sacrifice at least for a time the cardinal minister in order to avoid the evils which the war threatened to bring on the people. He also remonstrated with Mazarin himself. His advice was not listened to. St. Vincent only redoubled his efforts to lessen the evils of the war in Paris. Through his care soup was distributed daily to 15,000 or 16,000 refugees or worthy and poor; 800 to 900 young women were sheltered; in the single parish of St. Paul the Sisters of Charity made and distributed soup every day to 500 poor, besides which they had to care for 60 to 80 sick. During this time Vincent, indifferent to dangers which he ran, multiplied letters and visits to the Court at St-Denis to win minds to peace and clemency; he even wrote a letter to the pope asking him to intervene and to interpose his mediation to hasten peace between the two parties.

Jansenism also made evident his attachment to the Faith and the use to which he put his influences in its defense. When Duvergier de Hauranne, later celebrated as the Abbé de St-Cyran, came to Paris (about 1621), Vincent de Paul showed some interest in him as in a fellow countryman and a priest in whom he discerned learning and piety. But when he became better acquainted with the basis of his ideas concerning grace, far from being misled by them, he endeavored to arrest him in the path of error. When the "Augustinus" of Jansenius and "Frequent Communion" of Arnauld revealed the true ideas and opinions of the sect, Vincent set about combating; he persuaded the Bishop of Lavaur, Abra de Raconis, to write against them. In the Council of Conscience he opposed the admission to benefices of anyone who shared them, and joined the chancellor and the nuncio in seeking means to stay their progress. Stimulated by him some bishops at St-Lazare took the initiative in relating these errors to the pope. St. Vincent induced 85 bishops to request the condemnation of the five famous propositions, and persuaded Anne of Austria to write to the pope to hasten his decision. When the five propositions had been condemned by Innocent X (1655) and Alexander VII (1656), Vincent sought to have this sentence accepted by all. His zeal for the Faith, however, did not suffer him to forget his charity; he gave evidence in behalf of St-Cyran, whom Richelieu had imprisoned (1638), and is said to have assisted at his funeral. When Innocent X had announced his decision he went to the solitaries of Port-Royal to congratulate them on the intention they had previously manifested of submitting fully; he even begged preachers renowned for their anti-Jansenist zeal to avoid in their sermons all that might embitter their adversaries. The religious orders also benefited by the great influence of Vincent. Not only did he long act as director to the Sisters of the Visitation, founded by Francis de Sales, but he received at Paris the Religious of the Blessed Sacrament, supported the existence of the Daughters of the Cross (whose object was to teach girls in the country), and encouraged the reform of the Benedictines, Cistercians, Antonines, Augustinians, Premonstratensians, and the Congregation of Grandmont; and Cardinal de Rochefoucault, who was entrusted with the reform of the religious orders in France, called Vincent his right hand and obliged him to remain in the Council of Conscience.

Vincent's zeal and charity went beyond the boundaries of France. As early as 1638 he commissioned his priests to preach to the shepherds of the Roman Campagna; he had them give at Rome and Genoa the exercices des ordinands and preach missions on Savoy and Piedmont. He sent others to Ireland, Scotland, the Hebrides, Poland, and Madagascar (1648-60). Of all the works carried on abroad none perhaps interested him so much as the poor slaves of Barbary, whose lot he had once shared. These were from 25,000 to 30,000 of these unfortunates divided chiefly between Tunis, Algiers, and Bizaerta. Christians for the most part, they had been carried off from their families by the Turkish corsairs. They were treated as veritable beasts of burden, condemned to frightful labour, without any corporal or spiritual care. Vincent left nothing undone to send them aid as early as 1645 he sent among them a priest and a brother, who were followed by others. Vincent even had one of these invested with the dignity of consul in order that he might work more efficaciously for the slaves. They gave frequent missions to them, and assured them the services of religion. At the same time they acted as agents with their families, and were able to free some of them. Up to the time of St. Vincent's death these missionaries had ransomed 1200 slaves, and they had expended 1,200,000 liveres in behalf of the slaves of Barbary, not to mention the affronts and persecutions of all kinds which they themselves had endured from the Turks. This exterior life so fruitful in works had its source in a profound spirit of religion and in an interior life of wonderful intensity. He was singularly faithful to the duties of his state, careful to obey the suggestions of faith and piety, devoted to prayer, meditation, and all religious and ascetic exercises. Of practical and prudent mind, he left nothing to chance; his distrust of himself was equalled only by his trust in Providence; when he founded the Congregation of the Mission and the Sisters of Charity he refrained from giving them fixed constitutions beforehand; it was only after tentatives, trials, and long experience that he resolved in the last years of his life to give them definitive rules. His zeal for souls knew no limit; all occasions were to him opportunities to exercise it. When he died the poor of Paris lost their best friend and humanity a benefactor unsurpassed in modern times.

Forty years later (1705) the Superior-General of the Lazarists requested that the process of his canonization might be instituted. Many bishops, among them Bossuet, Fénelon, Fléchier, and Cardinal de Noailles, supported the request. On 13 August, 1729, Vincent was declared Blessed by Benedict XIII, and canonized by Clement XII on 16 June, 1737. In 1885 Leo XIII gave him as patron to the sisters of Charity. In the course of his long and busy life Vincent de Paul wrote a large number of letters, estimated at not less than 30,000. After his death the task of collecting them was begun; in the eighteenth century nearly 7000 had been gathered; many have since been lost. Those which remained were published rather incorrectly as "Lettres et conferérences de s. Vincent de Paul" (supplement, Paris, 1888); "Lettres inédites de saint Vincent de Paul" (Coste in"Revuede Gascogne", 1909, 1911); Lettres choisies de saint Vincent de Paul" (Paris, 1911); the total of letters thus published amounts to about 3200. There have also been collected and published the saint's "Conférences aux missionaires" (Paris, 1882) and "Conférences aux Filles de la Charite" (Paris, 1882).


Dégert, Antoine. "St. Vincent de Paul." The Catholic Encyclopedia. Vol. 15. New York: Robert Appleton Company, 1912. 26 Sept. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/15434c.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Claudia C. Neira.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1912. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/15434c.htm


Rilievo nella cappella di San Vincenzo della chiesa di San Carlo al Corso a Milano
Foto di Giovanni Dall'Orto, 22-6-2007


Vincent de Paul, Priest (RM)

September 27


While serving in the poverty-stricken Clichy district of Paris, St. Vincent said to Cardinal de Retz, "I think the pope himself is not so happy as a parish priest in the midst of such kind-hearted people." He spent his life in self-giving ministry with and to the poor. St. Vincent said that such ministry liberates the one who serves as much or more than it sustains, relieves, and liberates the served. He didn't begin his priesthood with this attitude but rather grew into it. St. Vincent was ordained in 1600. In 1605 he was captured by pirates and taken to Tunis, sold as a slave, and remained there for two years. He convinced his second master, a former monk, to return to France for absolution.

In France, St. Vincent found a patron in the papal vice-legate, who took Vincent back to Rome with him. He was sent back to France in 1609 and became the almoner (person who gives out alms) to the former wife of King Henry IV--Marguerite de Valois--and dispensed alms on a grand scale.

After serving in various other privileged posts, in 1617 he began a new life while in Chatillon-des-Domes near Lyons, where he founded the Confraternity of Charity to encourage ladies to minister "as if she were dealing with her son, or rather with God, who refers to Himself whatever good is done to the poor." There primary role was nursing the sick. The Confraternity served as the seed for the Sisters of Charity (co-founded with Louise de Marillac with pontifical approval in 1668) and the Ladies of Charity. The book says that he gave women their first public role in the Church in 800 years.

For St. Vincent social commitment and the spiritual life were united. He founded seminaries to mold missionary priests for rural France. He integrated acts of corporal and spiritual mercy. He combined unselfish commitment to the poor with his connections to the rich and powerful.

St. Vincent said, "I will set out to serve the poor. I will try to do so in a gay and modest manner, so as to console and edify them; I will speak to them as though they were my lords and masters. . . . Even when one scolds me and finds fault with me, I will not omit the fulfillment of my duty but pay . . . the respect and the honor due."

From G. Markus. The Radical Tradition: Revolutionary Saints in the Battle for Justice and Human Rights. NY: Doubleday, 1993, pp. 116-125. 


SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0927.shtml



San Vincenzo de' Paoli Sacerdote e fondatore


Pouy, Guascogna, Francia, 1581 - Parigi, Francia, 27 settembre 1660

Nato a Pouy in Guascogna il 24 aprile 1581 e fu ordinato sacerdote a 19 anni. Nel 1605 mentre viaggiava da Marsiglia a Narbona fu fatto prigioniero dai pirati turchi e venduto come schiavo a Tunisi. Venne liberato dal suo stesso «padrone», che convertì. Da questa esperienza nacque in lui il desiderio di recare sollievo materiale e spirituale ai galeotti. Nel 1612 diventò parroco nei pressi di Parigi. Alla sua scuola si formarono sacerdoti, religiosi e laici che furono gli animatori della Chiesa di Francia, e la sua voce si rese interprete dei diritti degli umili presso i potenti. Promosse una forma semplice e popolare di evangelizzazione. Fondò i Preti della Missione (Lazzaristi) e insieme a santa Luisa de Marillac, le Figlie della Carità (1633). Diceva ai sacerdoti di S. Lazzaro: «Amiamo Dio, fratelli miei, ma amiamolo a nostre spese, con la fatica delle nostre braccia, col sudore del nostro volto». Per lui la regina di Francia inventò il Ministero della Carità. E da insolito «ministro» organizzò gli aiuti ai poveri su scala nazionale. Morì a Parigi il 27 settembre 1660 e fu canonizzato nel 1737. (Avvenire)

Patronato: Società caritatevoli

Etimologia: Vincenzo = vittorioso, dal latino

Martirologio Romano: Memoria di san Vincenzo de’ Paoli, sacerdote, che, pieno di spirito sacerdotale, a Parigi si dedicò alla cura dei poveri, riconoscendo nel volto di ogni sofferente quello del suo Signore e fondò la Congregazione della Missione, nonché, con la collaborazione di santa Luisa de Marillac, la Congregazione delle Figlie della Carità, per provvedere al ripristino dello stile di vita proprio della Chiesa delle origini, per formare santamente il clero e per assistere i poveri.

«Il cristianesimo dipende dai preti», questa l’idea-forza di san Vincenzo de’ Paoli, idea condivisa dai riformatori cattolici della prima metà del XVII secolo, quando la Controriforma rispose efficacemente al Protestantesimo. San Vincenzo de’ Paoli è l’autentico ritratto di che cosa sia vivere la terza virtù teologale.

Il come vivere la carità dipende dai preti e san Vincenzo de’ Paoli è stato un sacerdote di piena carità perché pienamente santo. Lo storico e critico letterario francese Henri Brémond scrisse di lui: «Non è la sua carità che ha fatto di lui un santo, ma la sua santità che l’ha reso veramente caritatevole».

Vincent de Paul nacque il 24 aprile del 1581 a Pouy in Guascogna (oggi Saint-Vincent-de-Paul) e morì a Parigi il 27 settembre 1660. Benché dotato di acuto intelletto, fino a 15 anni lavorò nei campi per la sua povera famiglia. Nel 1595 venne iscritto al collegio francescano di Dax, sostenuto finanziariamente da un avvocato e giudice che venne colpito dalla sua intelligenza. Vincenzo ricevette la tonsura e gli Ordini minori il 20 dicembre 1596, poi si iscrisse all’Università di Tolosa per gli studi di teologia.

Fu ordinato sacerdote a 19 anni, il 23 settembre 1600, e si laureò nell’ottobre 1604. Venduto come schiavo, dopo un rapimento, avvenuto alla fine di luglio del 1605, per mano di pirati turchi su una nave (tratta Marsiglia-Narbona), riacquistò la libertà fuggendo due anni dopo con il suo terzo padrone, un frate rinnegato che si fece musulmano per denaro e che lui convertì.

Nel 1612 fu nominato parroco di Clichy, alla periferia di Parigi. È di questo periodo l’incontro con il teologo e Cardinale Pierre de Bérulle, uno dei protagonisti della Contro-Riforma francese che, ispirandosi a san Filippo Neri, fondò a Parigi l’Oratorio di Gesù e di Maria Immacolata. Grazie a questa eccezionale guida spirituale, Padre Vincenzo iniziò a non badare più ai suoi problemi economici, dedicandosi alla vita apostolica fatta prevalentemente di catechismo e di carità.

Tuttavia accettò l’incarico di precettore del primogenito di Filippo, Emanuele Gondi, governatore generale delle galere, un incontro che si rivelerà provvidenziale per l’innesto delle sue molteplici attività. Lasciato momentaneamente il castello della famiglia Gondi, Vincenzo fu invitato dagli oratoriani di de Bérulle, ad esercitare il suo ministero nella parrocchia di campagna di Chatillon-le-Dombez.

Il contatto con la povertà rurale e gli ammalati mossero il santo alla costituzione di una confraternita di pie persone, impegnate a turno ad assistere gli ammalati della parrocchia. Il 20 agosto 1617 nasceva così la prima Carità, le cui associate presero il nome di Serve dei poveri e in tre mesi l’Istituzione ebbe un suo regolamento, approvato dal Vescovo di Lione. La signora Gondi riuscì a convincerlo a tornare nelle sue terre, in tal modo, dopo la parentesi di sei mesi come parroco, Padre Vincenzo divenne cappellano di ottomila contadini. Prese così a predicare le Missioni nelle zone rurali, fondando le Carità in numerosi villaggi, intanto, nel 1623, si laureò in diritto canonico a Parigi e anche qui fondò le Carità; sei anni dopo le Suore dei poveri presero il nome di Dame della Carità.

L’istituzione cittadina più importante fu quella detta dell’Hotel Dieu (Ospedale), che san Vincenzo organizzò nel 1634. Fra le centinaia di associate a questa Carità, vi furono la futura regina di Polonia Luisa Maria Gonzaga e la duchessa d’Auguillon, nipote del Primo Ministro, il Cardinale Richelieu. Le Carità vincenziane comparvero anche a Roma (1652), Genova (1654), Torino (1656).

Nel 1618 prese consistenza la predicazione rurale, tanto che altri sacerdoti si unirono a lui, i signori Gondi incrementarono il finanziamento a Padre Vincenzo e l’Arcivescovo di Parigi diede il suo appoggio, approvando la Congregazione della Missione il 24 aprile 1626, mentre il beneplacito del Re di Francia giunse nel maggio 1627 e quello di papa Urbano VIII il 12 gennaio 1632.

Nel frattempo sacerdoti missionari si raccolsero nel priorato di San Lazzaro, da cui prenderanno il nome di Lazzaristi. Per la formazione delle suore, affidò le giovani (1633) a santa Luisa de Marillac, vedova Le Gras. La nuova Congregazione prese il nome di Figlie della Carità, approvate nel 1646 dall’Arcivescovo di Parigi e nel 1668 dalla Santa Sede. Con il loro alare bianco copricapo, mantenuto fino alle nuove disposizioni del 1964, hanno sparso in ogni dove caritatevole assistenza ai malati negli ospedali, agli orfani, ai carcerati, ai feriti di guerra, agli invalidi e ad ogni sorta di miseria umana. Ancora oggi le Figlie della Carità costituiscono la Famiglia religiosa femminile più numerosa della Chiesa.

Attraverso l’Opera degli Esercizi Spirituali, i Lazzaristi divennero prestigiosi e qualificati formatori dei futuri sacerdoti, al punto che l’Arcivescovo di Parigi dispose che i nuovi ordinandi trascorressero quindici giorni di preparazione nelle loro case, in particolare nel parigino Collegio dei Bons-Enfants, di cui de’ Paoli era superiore. Più tardi, nel priorato di San Lazzaro, l’Opera degli Esercizi Spirituali si estese a tutti gli ecclesiastici che avessero voluto fare un ritiro annuale e anche a folti gruppi laici. A partire dal 1633, un ampio gruppo di ecclesiastici, con la guida di Vincenzo de’ Paoli, prese a riunirsi il martedì, dando vita alle celebri Conferenze del martedì.

Il Cardinale Richelieu volle essere informato sulla loro attività e chiese al fondatore una lista di nomi degni di essere elevati all’episcopato. Lo stesso re Luigi XIII chiese a monsieur Vincent una lista di degni ecclesiastici idonei a reggere diocesi francesi e quando fu sul punto di morte lo volle accanto al suo letto per ricevere gli ultimi conforti spirituali. Significativo poi che la direzione dei costituendi Seminari delle diocesi, disposti dal Concilio di Trento, venne assegnata nel 1660 a ben dodici rettori appartenenti ai Lazzaristi.

Nel 1643 de’ Paoli fu chiamato a far parte del Consiglio della Coscienza o Congregazione degli Affari Ecclesiastici, dalla reggente Anna d’Austria; ma l’opportunistica presenza del Cardinale Giulio Mazzarino impedì di fatto l’azione benefica di Padre Vincenzo, il quale giunse a chiedere alla regina (1649), invano, l’allontanamento di Mazzarino stesso. Fu lui ad essere rimosso, ma in compenso divenne Ministro della Carità, ministero mai esistito prima e preposto all’organizzazione, su scala nazionale,degli aiuti ai poveri.

Nei dodici capitoli delle Regulae, san Vincenzo ha riunito lo spirito che deve distinguere i suoi figli: la spiritualità contemplativa secondo il pensiero del Cardinale de Bérulle, sotto la cui direzione egli rimase per oltre un decennio; l’umanesimo devoto di san Francesco di Sales, suo grande amico, del quale lesse più e più volte le opere spirituali; l’ascetismo di sant’Ignazio di Loyola, del quale assimilò il temperamento pratico. Da queste tre fonti elaborò quella carità che vede nel povero e nel malato le sembianze di Cristo, e a quel povero e a quel malato viene portato Cristo, attraverso la carità. 

Le virtù caratteristiche dello spirito vincenziano, secondo la Regola dei Missionari, sono le cosiddette cinque pietre di Davide: la semplicità, l’umiltà, la mansuetudine, la mortificazione, lo zelo per la salvezza delle anime. Suoi libri prediletti: L’imitazione di Cristo; Filotea. Introduzione della vita devota; il Trattato dell’Amor di Dio (gli ultimi due di san Francesco di Sales). Che cosa è, allora, per san Vincenzo de’ Paoli la carità? È ciò che la Tradizione insegna in merito.

Il termine carità deriva dal latino chiarita (benevolenza, affetto, sostantivo di carus, cioè caro, amato). Fra le migliori definizioni sicuramente è da annoverare quella del Dizionario Treccani: «L’amore che, secondo il concetto cristiano, unisce gli uomini con Dio e tra loro, attraverso Dio.
Il termine latino caritas, che implica insieme l’idea di stima e di benevolenza, è stato preferito dagli scrittori cristiani ad amor, e quasi contrapposto a questo, come più preciso equivalente del grecoἀγάπη (contrapposto all’ἔρως)».

La carità è la terza delle tre virtù teologali, anzi, la maggiore di tutte (Mc 12, 28-31 – Cor 13, 1-13), quella per cui gli uomini possono attuare il fondamentale precetto di amare Dio sopra ogni cosa e il prossimo come se stessi per amore di Dio. «La caritade» secondo sant’Agostino, censisce il Vocabolario degli Accademici della Crusca del 1612, il secolo di san Vincenzo, «è un movimento d’animo a servíre a Dio, per se, e a se, e al prossimo, per Domeneddio».

Ed ecco cosa diceva a proposito della carità il santo guascone: «La carità quando dimora in un’anima occupa interamente tutte le sue potenze; nessun riposo; è un fuoco che agita continuamente: tiene sempre in esercizio, sempre in moto la persona una volta che ne è infiammata». Nella carità Dio è al primo posto e in quest’ordine l’Onnipotente agisce con un dispiegamento soprannaturale di forze elargite a chi Lo amasinceramente, a chi si impegna, per puro amore di Gesù, con vera carità.

I giorni e le notti di san Vincenzo de’ Paoli, che visse come consigliava ai suoi, «nel riposo e nella fiducia in Dio, addirittura nell’allegria di Dio», erano inanellati di Santa Messa, lodi, adorazione al Santissimo, meditazioni, Angelus, vespri, compieta, come lui stesso rivela in una lettera del 1640 a santa Giovanna di Chantal. E proprio quella quotidianità, che iniziava alle 4:00 e terminava alle 21:00, edificata al cospetto di Dio, era in grado di concretizzare divinamente ciò che la solidarietà non potrà mai realizzare, perché dominata dai limiti umani. «Quando lascerete la preghiera per curare un malato», diceva alle sue Figlie della Carità, «lascerete Dio per Dio: curare un malato è come recitare la preghiera» e la preghiera compie miracoli, per sé e per gli altri.

Autore: Cristina Siccardi




Nella storia della cristianità, fra le innumerevoli schiere di martiri e santi, spiccano in ogni periodo storico delle figure particolari, che nel proprio campo di apostolato, sono diventate dei colossi, su cui si fonda e si perpetua la struttura evangelica, caritatevole, sociale, mistica, educativa, missionaria, della Chiesa.

E fra questi suscitatori di Opere, fondatori e fondatrici di Congregazioni religiose, pastori zelanti di ogni grado, ecc., si annovera la luminosa figura di san Vincenzo de’ Paoli, che fra i suoi connazionali francesi era chiamato “Monsieur Vincent”.

Gli anni giovanili

Vincenzo Depaul, in italiano De’ Paoli, nacque il 24 aprile del 1581 a Pouy in Guascogna (oggi Saint-Vincent-de-Paul); benché dotato di acuta intelligenza, fino ai 15 anni non fece altro che lavorare nei campi e badare ai porci, per aiutare la modestissima famiglia contadina.

Nel 1595 lasciò Pouy per andare a studiare nel collegio francescano di Dax, sostenuto finanziariamente da un avvocato della regione, che colpito dal suo acume, convinse i genitori a lasciarlo studiare; che allora equivaleva avviarsi alla carriera ecclesiastica.

Dopo un breve tempo in collegio, visto l’ottimo risultato negli studi, il suo mecenate, giudice e avvocato de Comet senior, lo accolse in casa sua affidandogli l’educazione dei figli.

Vincenzo ricevette la tonsura e gli Ordini minori il 20 dicembre 1596, poi con l’aiuto del suo patrono, poté iscriversi all’Università di Tolosa per i corsi di teologia; il 23 settembre 1600 a soli 19 anni, riuscì a farsi ordinare sacerdote dall’anziano vescovo di Périgueux (in Francia non erano ancora attive le disposizioni in materia del Concilio di Trento), poi continuò gli studi di teologia a Tolosa, laureandosi nell’ottobre 1604.

Sperò inutilmente di ottenere una rendita come parroco, nel frattempo perse il padre e la famiglia finì ancora di più in ristrettezze economiche; per aiutarla Vincent aprì una scuola privata senza grande successo, anzi si ritrovò carico di debiti.

Fu di questo periodo la strabiliante e controversa avventura che gli capitò; verso la fine di luglio 1605, mentre viaggiava per mare da Marsiglia a Narbona, la nave fu attaccata da pirati turchi ed i passeggeri, compreso Vincenzo de’ Paoli, furono fatti prigionieri e venduti a Tunisi come schiavi.

Vincenzo fu venduto successivamente a tre diversi padroni, dei quali l’ultimo, era un frate rinnegato che per amore del denaro si era fatto musulmano.

La schiavitù durò due anni, finché riacquistò la libertà fuggendo su una barca insieme al suo ultimo padrone da lui convertito; attraversando avventurosamente il Mediterraneo, giunsero il 28 giugno 1607 ad Aigues-Mortes in Provenza.

Ad Avignone il rinnegato si riconciliò con la Chiesa, nelle mani del vicedelegato pontificio Pietro Montorio, il quale ritornando a Roma, condusse con sé i due uomini.

Vincenzo rimase a Roma per un intero anno, poi ritornò a Parigi a cercare una sistemazione; certamente negli anni giovanili Vincenzo de’ Paoli non fu uno stinco di santo, tanto che alcuni studiosi affermano, che i due anni di schiavitù da lui narrati, in realtà servirono a nascondere una sua fuga dai debitori, per la sua fallimentare conduzione della scuola e pensionato privati.

Riuscì a farsi assumere tra i cappellani di corte, ma con uno stipendio di fame, che a stento gli permetteva di sopravvivere, senza poter aiutare la sua mamma rimasta vedova.

Parroco e precettore

Finalmente nel 1612 fu nominato parroco di Clichy, alla periferia di Parigi; in questo periodo della sua vita, avvenne l’incontro decisivo con Pierre de Bérulle, che accogliendolo nel suo Oratorio, lo formò a una profonda spiritualità; nel contempo, colpito dalla vita di preghiera di alcuni parrocchiani, padre Vincenzo ormai di 31 anni, lasciò da parte le preoccupazioni materiali e di carriera e prese ad insegnare il catechismo, visitare gli infermi ed aiutare i poveri.

Lo stesso de Brulle, gli consigliò di accettare l’incarico di precettore del primogenito di Filippo Emanuele Gondi, governatore generale delle galere.

Nei quattro anni di permanenza nel castello dei signori Gondi, Vincenzo poté constatare le condizioni di vita che caratterizzavano le due componenti della società francese dell’epoca, i ricchi ed i poveri.
I ricchi a cui non mancava niente, erano altresì speranzosi di godere nell’altra vita dei beni celesti, ed i poveri che dopo una vita stentata e disgraziata, credevano di trovare la porta del cielo chiusa, a causa della loro ignoranza e dei vizi in cui la miseria li condannava.

Anche la signora Gondi condivideva le preoccupazioni del suo cappellano, pertanto mise a disposizione una somma di denaro, per quei religiosi che avessero voluto predicare una missione ogni cinque anni, alla massa di contadini delle sue terre; ma nessuna Congregazione si presentò e il cappellano de’ Paoli, intimorito da un compito così grande per un solo prete, abbandonò il castello senza avvisare nessuno.

Gli inizi delle sue fondazioni – Le “Serve dei poveri”

Le fondazioni di Vincenzo de’ Paoli, non scaturirono mai da piani prestabiliti o da considerazioni, ma bensì da necessità contingenti, in un clima di perfetta aderenza alla realtà.

Lasciato momentaneamente il castello della famiglia Gondi, Vincenzo fu invitato dagli oratoriani di de Bérulle, ad esercitare il suo ministero in una parrocchia di campagna a Chatillon-le-Dombez; il contatto con la realtà povera dei contadini, che specie se ammalati erano lasciati nell’abbandono e nella miseria, scosse il nuovo parroco.

Dopo appena un mese dal suo arrivo, fu informato che un’intera famiglia del vicinato, era ammalata e senza un minimo di assistenza, allora lui fece un appello ai parrocchiani che si attivassero per aiutarli, appello che fu accolto subito e ampiamente.

Allora don Vincenzo fece questa considerazione: “Oggi questi poveretti avranno più del necessario, tra qualche giorno essi saranno di nuovo nel bisogno!”. Da ciò scaturì l’idea di una confraternita di pie persone, impegnate a turno ad assistere tutti gli ammalati bisognosi della parrocchia; così il 20 agosto 1617 nasceva la prima ‘Carità’, le cui associate presero il nome di “Serve dei poveri”; in tre mesi l’Istituzione ebbe un suo regolamento approvato dal vescovo di Lione.

La Carità organizzata, si basava sul concetto che tutto deve partire da quell’amore, che in ogni povero fa vedere la viva presenza di Gesù e dall’organizzazione, perché i cristiani sono tali solo se si muovono coscienti di essere un sol corpo, come già avvenne nella prima comunità di Gerusalemme.
La signora Gondi riuscì a convincerlo a tornare nelle sue terre e così dopo la parentesi di sei mesi come parroco a Chatillon-les-Dombes, Vincenzo tornò, non più come precettore, ma come cappellano della massa di contadini, circa 8.000, delle numerose terre dei Gondi.

Prese così a predicare le Missioni nelle zone rurali, fondando le ‘Carità’ nei numerosi villaggi; s. Vincenzo avrebbe voluto che anche gli uomini, collaborassero insieme alle donne nelle ‘Carità’, ma la cosa non funzionò per la mentalità dell’epoca, quindi in seguito si occupò solo di ‘Carità’ femminili.

Quelle maschili verranno riprese un paio di secoli dopo, nel 1833, da Emanuele Bailly a Parigi, con un gruppo di sette giovani universitari, tra cui la vera anima fu il beato Federico Ozanam (1813-1853); esse presero il nome di “Conferenze di S. Vincenzo de’ Paoli”.

Intanto nel 1623 Vincenzo de’ Paoli, si laureò in diritto canonico a Parigi e restò con i Gondi fino al 1625.

Le “Dame della Carità”

Vincenzo de’ Paoli, vivendo a Parigi si rese conto che la povertà era presente, in forma ancora più dolorosa, anche nelle città e quindi fondò anche a Parigi le ‘Carità’; qui nel 1629 le “Suore dei poveri” presero il nome di “Dame della Carità”.

Nell’associazione confluirono anche le nobildonne, che poterono dare un valore aggiunto alla loro vita spesso piena di vanità; ciò permise alla nobiltà parigina di contribuire economicamente alle iniziative fondate da “monsieur Vincent”.

L’istituzione cittadina più importante fu quella detta dell’”Hotel Dieu” (Ospedale), che s. Vincenzo organizzò nel 1634, essa fu il più concreto aiuto al santo nelle molteplici attività caritative, che man mano lo vedevano impegnato; trovatelli, galeotti, schiavi, popolazioni affamate per la guerra e nelle Missioni rurali.

Fra le centinaia di associate a questa meravigliosa ‘Carità’, vi furono la futura regina di Polonia Luisa Maria Gonzaga e la duchessa d’Auguillon, nipote del Primo Ministro, cardinale Richelieu.

Le prime ‘Carità’ vincenziane sorsero in Italia a Roma (1652), Genova (1654), Torino (1656).

I “Preti della Missione” o “Lazzaristi”

Anche in questa fondazione ci fu l’intervento munifico dei signori Gondi; la sua origine si fa risalire alla fortunata predicazione che il fondatore tenne a Folleville il 25 gennaio 1617; le sue parole furono tanto efficaci che non bastarono i confessori.

Il bene ottenuto in quel villaggio, indusse la signora Gondi ad offrire una somma di denaro a quella comunità che si fosse impegnata a predicare periodicamente ai contadini; come già detto non si presentò nessuno, per cui dopo il suo ritorno a Parigi, Vincenzo de’ Paoli prese su di sé l’impegno, aggregandosi con alcuni zelanti sacerdoti e cominciò dal 1618 a predicare nei villaggi.

Il risultato fu ottimo, ed altri sacerdoti si unirono a lui, i signori Gondi aumentarono il finanziamento e anche l’arcivescovo di Parigi diede il suo appoggio, assegnando a Vincenzo ed ai suoi missionari rurali, una casa nell’antico Collegio dei Bons-Enfants in via S. Vittore; il contratto fra Vincenzo de’ Paoli ed i signori Gondi porta la data del 17 aprile 1625.

La nuova comunità, si legge nel contratto, doveva fare vita comune, rinunziare alle cariche ecclesiastiche, e predicare nei villaggi di campagna; inoltre occuparsi dell’assistenza spirituale dei forzati e insegnare il catechismo nelle parrocchie nei mesi estivi.

La “Congregazione della Missione” come si chiamò, fu approvata il 24 aprile 1626 dall’arcivescovo di Parigi, dal re di Francia nel maggio 1627 e da papa Urbano VIII il 12 gennaio 1632.

Intanto i missionari si erano spostati nel priorato di San Lazzaro, da cui prenderanno anche il nome di “Lazzaristi”.

In seguito Vincenzo accettò che i suoi Preti della Missione o Lazzaristi, riuniti in una Congregazione senza voti, si dedicassero alla formazione dei sacerdoti, con Esercizi Spirituali, dirigendo Seminari e impegnandosi nelle Missioni all’estero come in Madagascar, nell’assistenza agli schiavi d’Africa.

Quando morì nel 1660, la sola Casa di San Lazzaro, aveva già dato 840 missioni e un migliaio di persone si erano avvicendate in essa, per turni di Esercizi Spirituali.

Le “Figlie della Carità”

La feconda predicazione nei villaggi, suscitò la vocazione all’apostolato attivo, prima nelle numerose ragazze delle campagne poi in quelle della città; desiderose di lavorare nelle ‘Carità’ a servizio dei bisognosi, ma anche consacrandosi totalmente.

Vincenzo de’ Paoli intuì la grande opportunità di estendere la sua opera assistenziale, lì dove le “Dame della Carità” per la loro posizione sociale, non potevano arrivare personalmente.

Affidò il primo gruppo per la loro formazione, ad una donna eccezionale s. Luisa de Marillac (1591-1660) vedova Le Gras, era il 29 novembre 1633; Luisa de Marillac le accolse in casa sua e nel luglio dell’anno successivo le postulanti erano già dodici.

La nuova Congregazione prese il nome di “Figlie della Carità”; i voti erano permessi ma solo privati ed annuali, perché tutte svolgessero la loro missione nella più piena libertà e per puro amore; l’approvazione fu data nel 1646 dall’arcivescovo di Parigi e nel 1668 dalla Santa Sede.

Nel 1660, anno della morte del fondatore e della stessa cofondatrice, le “Figlie della Carità” avevano già una cinquantina di Case.

Con il loro caratteristico copricapo, che le faceva assomigliare a degli angeli, e a cui le suore hanno dovuto rinunciare nel 1964 per un velo più pratico, esse allargarono la loro benefica attività d’assistenza ai malati negli ospedali, ai trovatelli, agli orfani, ai forzati, ai vecchi, ai feriti di guerra, agli invalidi e ad ogni sorta di miseria umana.

Ancora oggi le Figlie della Carità, costituiscono la Famiglia religiosa femminile più numerosa della Chiesa.

La formazione del clero

Attraverso l’Opera degli Esercizi Spirituali, i Preti della Missione divennero di fatto, i più prestigiosi e qualificati formatori dei futuri sacerdoti, al punto che l’arcivescovo di Parigi dispose che i nuovi ordinandi, trascorressero quindici giorni di preparazione nelle Case dei Lazzaristi, in particolare nel Collegio dei Bons-Enfants di cui Vincenzo de’ Paoli era superiore.

Più tardi, nel priorato di San Lazzaro, l’Opera degli Esercizi Spirituali si estese a tutti gli ecclesiastici che avessero voluto fare un ritiro annuale e anche a folti gruppi di laici.

Da ciò scaturì nei sacerdoti il desiderio di riunirsi settimanalmente, per esortarsi a vicenda nel cammino di una santa vita sacerdotale; così a partire dal 1633, un folto gruppo di ecclesiastici, con la guida di Vincenzo de’ Paoli, prese a riunirsi il martedì, dando vita appunto alle “Conferenze del martedì”.

Tale meritoria opera di formazione non sfuggì al potente cardinale Richelieu, il quale volle essere informato sulla loro attività e chiese pure al fondatore, una lista di nomi degni di essere elevati all’episcopato.

Lo stesso re Luigi XIII, chiese a ‘monsieur Vincent’, una seconda lista di degni ecclesiastici adatti a reggere diocesi francesi; il sovrano poi lo volle accanto al suo letto di morte, per ricevere gli ultimi conforti spirituali.

Anche la direzione dei costituendi Seminari delle diocesi francesi, voluti dal Concilio di Trento, vide sempre nel 1660, ben dodici rettori appartenenti ai Preti della Missione

Alla corte di Francia

Nel 1643, Vincenzo de’ Paoli fu chiamato a far parte del Consiglio della Coscienza o Congregazione degli Affari Ecclesiastici, dalla reggente Anna d’Austria; presieduto dal card. Giulio Mazzarino, il compito del Consiglio era la scelta dei vescovi ed il rilascio di benefici ecclesiastici. 

Il potente Primo Ministro faceva scelte di opportunità politica, soprassedendo sulle qualità morali e religiose; era inevitabile lo scontro fra i due, Vincenzo gli si oppose apertamente, anche criticandolo nelle sue scelte di politica interna, specie nei giorni oscuri della Fronda, quando Mazzarino tentò di mettere alla fame Parigi in rivolta, Vincenzo allora organizzò una mensa popolare a San Lazzaro, dando da mangiare a 2000 affamati al giorno.

Nel 1649 giunse a chiedere alla regina, l’allontanamento del Mazzarino per il bene della Francia; la richiesta non poté aver seguito e quindi Vincenzo de’ Paoli cadde in disgrazia e fu definitivamente allontanato dal Consiglio di Coscienza nel 1652.

La reggente Anna d’Austria gli concesse l’incarico di Ministro della Carità, per organizzare su scala nazionale gli aiuti ai poveri; si disse che dalle sue mani passasse più denaro che in quelle del ministro delle Finanze.

Altri aspetti della sua opera

Vincenzo de’ Paoli divenne il maggiore oppositore alle idee gianseniste propugnate in Francia dal suo amico Giovanni du Vergier, detto San Cirano († 1642) e poi da Antonio Arnauld; dopo la condanna del giansenismo da parte dei papi Innocenzo X nel 1653 e Alessandro VIII nel 1656, Vincenzo si adoperò, affinché la decisione pontificia fosse accettata con sottomissione da tutti gli aderenti alle idee del vescovo olandese Giansenio (1585-1638).

Il movimento eterodosso del giansenismo affermava, che per la salvezza dell’uomo, a causa della profonda corruzione scaturita dal peccato originale, occorreva l’assoluta necessità della Grazia, la quale sarebbe stata concessa solo ad alcuni, per imperscrutabile disegno di Dio.

Fu riformatore della predicazione, fino allora barocca, introducendo una semplice tecnica oratoria: della virtù scelta per argomento, ricercare la natura, i motivi di praticarla, ed i mezzi più opportuni

Per lui apostolo della carità fra i prigionieri ed i forzati, re Luigi XIII, su suggerimento di Filippo Emanuele Gondi, istituì la carica di Cappellano capo delle galere (8 febbraio 1619), questo gli facilitò il compito e l’accesso nei luoghi di pena e di partenza dei galeotti rematori; dal 1640 il compito passò anche ai suoi Missionari e alle Dame e Figlie della Carità.

Inoltre si calcola che tra il 1645 e il 1661, Vincenzo de’ Paoli e i suoi Missionari, liberarono non meno di 1200 schiavi cristiani in mano ai Turchi musulmani.

Monsieur Vincent fu fin dai primi anni, membro attivo della potente “Compagnia del SS. Sacramento”, sorta a Parigi nel 1630, composta da ecclesiastici e laici insigni e dedita ad “ogni forma di bene”.

Vincenzo de’ Paoli fu spesso ispiratore della benefica attività della Compagnia e da essa ricevé aiuto e collaborazione, per le sue tante opere assistenziali.

Il pensiero spirituale

Nei dodici capitoli delle “Regulae”, Vincenzo ha condensato lo spirito che deve distinguere i suoi figli come religiosi: la spiritualità contemplativa del pensiero del card. de Bérulle, sotto la cui direzione egli rimase per oltre un decennio; l’umanesimo devoto di s. Francesco di Sales, suo grande amico, del quale lesse più volte le opere spirituali e l’ascetismo di s. Ignazio di Loyola, del quale assimilò il temperamento pratico; elaborando da queste tre fonti una nuova dottrina spirituale. 

Le virtù caratteristiche dello spirito vincenziano, secondo la Regola dei Missionari, sono le “cinque pietre di Davide”, cioè la semplicità, l’umiltà, la mansuetudine, la mortificazione e lo zelo per la salvezza delle anime.

La morte, patronati

Il grande apostolo della Carità, si spense a Parigi la mattina del 27 settembre 1660 a 79 anni; ai suoi funerali partecipò una folla immensa di tutti i ceti sociali; fu proclamato Beato da papa Benedetto XIII il 13 agosto 1729 e canonizzato da Clemente XII il 16 giugno 1737.

I suoi resti mortali, rivestiti dai paramenti sacerdotali, sono venerati nella Cappella della Casa Madre dei Vincenziani a Parigi.

È patrono del Madagascar, dei bambini abbandonati, degli orfani, degli infermieri, degli schiavi, dei forzati, dei prigionieri. Leone XIII il 12 maggio 1885 lo proclamò patrono delle Associazioni cattoliche di carità.

In San Pietro in Vaticano, una gigantesca statua, opera dello scultore Pietro Bracci, è collocata nella basilica dal 1754, rappresentante il “padre dei poveri”.
La sua celebrazione liturgica è il 27 settembre.

Autore:
Antonio Borrelli