dimanche 8 juillet 2012

Sainte ÉLISABETH du PORTUGAL, reine et tertiaire franciscaine



SAINTE ÉLISABETH

Reine de Portugal

(1271-1336)

Sainte Élisabeth reçut ce nom à son Baptême, en souvenir de sainte Élisabeth de Hongrie, sa tante. A l'âge de huit ans, elle récitait chaque jour l'office divin et conserva cette pratique jusqu'à sa mort; elle méprisait le luxe, fuyait les divertissements, soulageait les pauvres, multipliait ses jeûnes et menait une vie vraiment céleste. Toutes les oeuvres de piété d'Élisabeth étaient accompagnées de larmes que l'amour faisait monter de son coeur à ses yeux. Le temps que ses exercices religieux lui laissaient libre, elle aimait à l'employer à l'ornementation des autels ou aux vêtements des pauvres.

Élevée sur le trône de Portugal par son mariage avec Denys, roi de ce pays, elle fut d'une patience remarquable dans les épreuves qu'elle eut souvent à subir de la part de son mari, et ne lui montra jamais, en échange de ses procédés injustes, qu'une amabilité croissante, une douceur toute affectueuse et un dévouement sans bornes, qui finirent par triompher de ce coeur rebelle. Élisabeth est célèbre par le don que lui fit le Ciel de rétablir la paix entre les princes et les peuples.

Peu de Saintes ont montré tant de charité pour les membres souffrants de Jésus-Christ; jamais aucun pauvre ne partait du palais sans avoir rien reçu; les monastères qu'elle savait dans le besoin recevaient abondamment le secours de ses aumônes; elle prenait les orphelins sous sa protection, dotait les jeunes filles indigentes, servait elle-même les malades.

Tous les vendredis de Carême, elle lavait les pieds à treize pauvres, et après les leur avoir baisés humblement, elle les faisait revêtir d'habits neufs. Le Jeudi saint, elle remplissait le même office près de treize femmes pauvres. Or, un jour qu'elle lavait les pieds à ces pauvres, il se trouva dans le nombre une femme qui avait au pied une plaie dont la mauvaise odeur était insupportable: la reine, malgré toutes les répugnances de la nature, prit ce pied infect, en pansa l'ulcère, le lava, l'essuya, le baisa et le guérit. Même miracle arriva en faveur d'un pauvre lépreux.

Un jour qu'elle portait dans les pans de sa robe de l'argent pour les pauvres, son mari lui demanda à voir ce qu'elle portait, et il fut émerveillé d'y voir des roses hors de saison. Après la mort du roi, elle voulait se retirer chez les Clarisses, mais on lui fit observer qu'elle ferait une meilleure oeuvre en continuant ses libéralités. Enfin, après une vie toute d'oeuvres héroïques, elle mourut en saluant la Très Sainte Vierge, qui lui apparut, accompagnée de sainte Claire et de quelques autres Saintes.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/sainte_elisabeth_de_portugal.html

Sainte Elisabeth (ou Isabelle) de Portugal

Fille du roi Pierre d'Aragon, elle naît en 1271. A douze ans elle épouse le roi Denys de Portugal qui régna trente-six ans (1279-1325). Elle lui donna deux enfants : Constance qui devint reine de Castille et Alphonse qui régna sur le Portugal de 1325 à 1357. Trouvant sa consolation dans l'amour divin, Elisabeth ne tint jamais rigueur à son mari de ce qu'il lui fit endurer et s'efforçait de le faire aimer. Elle fut une reine excellente. A la mort de son mari, elle se retira comme tertiaire franciscaine chez les Clarisses de Coïmbra. Elle mourut le 4 juillet 1336 à Estremoz où elle s'était rendue pour réconcilier son fils et son gendre. Au moment de fermer les yeux, elle dit encore : « donnez donc un siège à cette belle dame en blanc qui vient d'entrer. » C'était la Vierge Marie, venue la conduire, à l'heure de la mort, vers son Maître et Seigneur.

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/07/04/835/-/sainte-elisabeth-ou-isabelle-de-portugal

Sainte Elisabeth du Portugal

Née en 1271, probablement à Saragosse, Isabelle (ou Elisabeth) est la dernière des six enfants de Pierre III d'Aragon[1] et de Constance, petite-fille de Frédéric II. L’enfant reçoit au baptême le nom de sa grand-tante, sainte Elisabeth de Thuringe (ou de Hongrie), que le pape Grégoire IX a canonisé en 1235[2]. Lors de sa naissance, son père n'est encore qu'infant d'Espagne, constamment opposé à son père, Jacques I°[3] . La naissance d'Isabelle permet la réconciliation familiale. En effet, Pierre confie l’enfant à Jacques I° qui, pendant cinq ans (1271-1276), veille tendrement sur sa petite-fille. Devenu cistercien, l'aïeul qui n'est nullement gâteux mais lucide, surnomme sa chère Isabelle par une appellation prémonitoire : « mon bel ange de la paix. » L'existence entière de l'enfant confirmera ce diagnostic.

En 1283, l'adolescente est demandée en mariage par les princes héritiers d'Angleterre et de Naples, et aussi par le roi Denis de Portugal[4] pour qui opte la chancellerie espagnole. Après avoir magnifiquement accueilli sa jeune fiancée à Bragance, résidence de la cour, le prince paraît d'abord filer le parfait amour, d’autant plus qu’Elisabeth lui donne deux enfants : Constance[5] (3 janvier 1290) et Alphonse (8 févier 1291), prince-hériter du royaume[6].

Premier des rois-organisateurs, Denis promeut une parfaite mise en valeur de ses états : plantation de pins pour construire une flotte puissante, développement rationnel du commerce et de l'industrie. Prenant ses distances envers la Castille, il crée à Lisbonne, l'Estudo geral, embryon de l'université future. Sa nationalisation des ordres militaires de Calatrava et de Santiago conforte l'unité de son royaume. En 1312, il transforme et rénove les Templiers en Ordre du Christ.

Cependant, un surnom infâmant lui est attribué : Denis, le faiseur de bâtards ; juste reproche. De fait, souverain intelligent et éclairé, bon administrateur autant que brave soldat, bon, pondéré et juste, le roi Denis laisse échapper ses sens dans une sexualité débridée. Et pourtant, il chérit son épouse qu’il trompe régulièrement : « C'est plus fort que moi, avoue-t-il à Elisabeth, pourtant, je vous aime. » La noble offensée lui rétorque : « Certes, vous m'offensez et j'en pleure. Pourtant, c'est le divin amour que vous bafouez. Devant lui, nous sommes unis à jamais. »

Autant pour se faire pardonner que par bonté, le roi Denis permet que sa femme distribue d'opulentes aumônes que les courtisans reprochent à leur reine : « Vous en faites trop, Majesté, certains vous comparent à une bonne poire que l'on savoure à volonté. » Elle répond : « Ami, je ne puis entendre les gémissements de tant de pauvres mères et la voix des petits-enfants. Je ne puis voir les larmes des vieillards et les misères de tant de pauvres gens sans m'employer à soulager les malheurs du pays. Les biens que Dieu m'a confiés, je n'en suis que l'intendante, pour secourir toutes détresses. » Plus encore, la reine prend soin des enfants illégitimes de son époux. On s'exclame autour d'elle : « N'est-ce pas un comble ? » L'interpellée fournit ses motivation, couronnées d'excuses sublimes : « Ces bâtards du roi sont des petits innocents. Je leur procure donc bonnes nourrices et chrétienne éducation. Sans doute ai-je mal su retenir mon mari qui est pourtant si bon ! »

Atteint de jalousie morbide, le Roi est irritable, furieux à l'excès par crises subites. Fâché contre lui-même, le malheureux croit devoir séquestrer la Reine au château d'Alemquer. « Vous êtes plus mère qu'amante en me préférant votre fils. » Alors que les courtisans plaignent l'exilée, elle leur répond : « La divine providence veillera parfaitement sur mes intérêts. Je les lui abandonne. Finalement, Dieu saura faire éclater mon innocence et enlever de l'esprit du roi, mon seigneur, les mauvaises impressions que j'ai pu lui causer. » De fait, le colérique pour cause d'incontinence, s'excuse bientôt à genoux et la comble de cadeaux : « La ville de Torres-Vedras en Estrémadure, sur le fleuve côtier Sizandro, sera votre propriété. Que ce don témoigne de ma repentance pour les peines dont je vous ai abreuvée. »

Un jour d’hiver le roi Denis en colère, avise son épouse dont il croit le tablier rempli de pièces d'argent destinées aux pauvres. Il l’arrête brusquement lui ordonne : « Ouvrez votre tablier, Madame, et découvrez votre fardeau. » Au lieu de l'argent qu'il escomptait récupérer, le roi découvre des fleurs magnifiques, spécialement des roses épanouies, totalement hors-saison. Honteux et confus, il s'excuse mais demeure songeur : « Je croyais bien trouver de l'argent destiné aux gueux. J'ai trouvé une brassée de belles fleurs, largement épanouies en plein hiver. Mon épouse serait-elle une sainte ? » A cause de ce miracle des fleurs, elle sera représentée : tablier ouvert sur une jonchée de roses.

En 1315, un page, gracieux et vertueux, admire respectueusement la reine dont il est le secrétaire. Un autre page, envieux, dit au souverain : « Majesté, ne seriez-vous pas enclin à croire que ce jeune et dévoué serviteur de votre gracieuse épouse, suscite en elle plus d'attention affectueuse que ne le permet la loi divine ? » Le roi Denis qui s'estime trompeur trompé, en éprouve un si vif dépit qu’il projette de faire mourir son rival. Lors d'une promenade à cheval, le roi Denis qui passe près d'un four à chaux, dit au chef du chantier : « Attention mon ami ; affaire d'état ! Demain matin, se présentera devant vous l'un des mes pages. De ma part, il vous posera la question : Avez-vous exécuté l'ordre du roi Denis ? Assurez-vous de sa personne et jetez-le dans votre four. »

Le lendemain, le roi Denis avise le page dévoué à la reine : « Tu sais où se trouve le four à chaux proche du palais. Vas-y et, sur place, interroge les responsables : Avez-vous exécuté les ordres du roi Denis ? Ensuite, reviens vite m'apporter leur réponse. » Le page se met en route sur le champ, mais passant devant une église où la cloche, annonce l'élévation, il entre et s'attarde dans le sanctuaire. Au palais, le souverain s'impatiente ; une voix intérieure insinue : « Tes ordres ont-il été exécutés ? Il faudrait t'en assurer ! » Le roi appelle un serviteur qui est justement le calomniateur et lui ordonne : « Prends un bon cheval dans nos écuries et galope jusqu'au four à chaux qui jouxte nos domaines. Là, tu interrogeras les ouvriers par le simple mot-de-passe : Avez-vous exécuté les ordres du roi Denis ? » Dès son arrivée sur le chantier, il demande : « Avez-vous exécuté les ordres du roi Denis ? » Il est saisi et jeté au feu sans autre forme de procès.

Quand survient le pieux page, réconforté par sa longue halte priante, on lui répond : « Travail accompli. Sa majesté sera satisfaite. » Le vertueux page rentre au palais. Sidéré, le roi Denis lui dit : « Tu en as mis du temps pour exécuter cette mission de confiance. Qu'est-il arrivé ? » Le page répond : « Sire, veuillez me pardonner. » Le Roi ordonne : « Mais encore : explique-toi franchement. » Et le page de répondre : « Voilà mon excuse, Sire, veuillez l'accepter. » Le roi insiste : « Je te somme de me dire la vérité, rien que la vérité, toute la vérité. » Le page répond : « Mieux vaut tout vous avouer, voici l'affaire. A vos ordres, je faisais diligence lorsque, passant près d'une église où l'on célébrait la messe, j'entendis la clochette de l'élévation. J'entre et attends la fin. Ensuite, j'assiste une seconde, puis à une troisième messe. En effet, mon père mourant me fis jurer sur son lit de mort : Beau fils, sois fidèle à la tradition des trois messes à la suite. Dieu te protègera ! » Enfin, le roi demande : « Ensuite, bien sûr, tu es allé au four à chaux. » Et le page répond : « Certes et rapidement. Là les ouvriers me confièrent le message qui vous rassurera : Travail accompli. Sa majesté sera satisfaite. »

Honteux d'avoir pu causer la mort d'un homme par jalousie, le roi Denis s'exclame : « le doigt de Dieu est là. » Converti, il s'applique à réparer ses erreurs passées. Quant au page, il comprend parfaitement qu'un autre est mort à sa place, à cause de son providentiel retard. Les courtisans disent au Roi : « Après tout, le calomniateur est puni. La divine justice y a pourvu. »

En 1317, le prince-héritier Alphonse, marié à l'infante de Castille, craignant d'être supplanté par les bâtards de son père, fomente une conspiration contre Denis et s'avance avec une armée. Elisabeth s'interpose : « Fils bien-aimé, renoncez à cet affrontement. Je ferai tout pour préserver vos droits. De plus, quant au fond, votre père n'est-il pas juste et bon ? » Bientôt, la réconciliation est accomplie, et Jean XXII félicite la souveraine : « Vous êtes admirable d'avoir pu réconcilier votre époux et votre fils, tellement montés l'un contre l'autre ! »

Bientôt, elle obtiendra la réconciliation de Ferdinand IV, roi de Castille avec Alphonse de Cerda, son cousin germain, qui se disputent la couronne. Elle réconciliera aussi Jacques II, roi d'Aragon, son propre frère, avec le roi de Castille, son gendre. Toujours apaisante et tutélaire, la reine de Portugal arrange les affaires et réconcilie les antagonistes. Son talent de pacificatrice est tellement connu et reconnu que le bon peuple s'y repose : « Tant que vivra Dame Elisabeth, nous vivrons en paix. » De fait, ce charisme d'apaiseuse s'exerce jusqu'au seuil de l'éternité.

En 1324, le roi Denis tombe gravement malade et son épouse s'applique à bien le préparer à la mort : « Somme toute, Majesté, les rois ne sont que les bergers de leur peuple. Ensemble, détestons nos péchés. Ils nous seront remis par la divine Bonté qui nous ouvrira les portes du ciel. » L'année suivante, à Santarem, sur la rive droite du Tage, meurt saintement le roi Denis.

La reine Elisabeth qui rappelle souvent le conseil de saint Paul[7], assiste aux funérailles solennelles de son époux et accompagne le corps jusqu'au monastère cistercien d'Odiversa, sépulture royale. Pour le salut de son mari, elle fait un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle où elle offre au sanctuaire la couronne d'or qu'elle avait portée le jour de son mariage. Ensuite, elle voudrait se retirer du monde au couvent de Coïmbre[8], dont elle était la seconde fondatrice pour finir sa vie, mais elle recule par charité réaliste et, sans trêve ni relâche, secourt les pauvres et travaille à établir ou rétablir la paix. Elisabeth prend toutefois l'habit du tiers-ordre de Saint-François, et se contente d'habiter une maison proche du monastère, vivant elle-même selon la règle du tiers-ordre. Ayant obtenu du Saint-Siège le privilège d'entrer dans le cloître, elle va souvent chez les moniales pour s'entretenir avec elles[9]. Dans sa maison il y a toujours cinq religieuses du monastère avec lesquelles elle prie, récite l'office et vit en communauté. Elle le fait à pied, déjà âgée de soixante-quatre ans, un deuxième pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, demandant l'aumône en route.

Alors qu’elle vient de fonder à Lisbonne le couvent de la Trinité, le premier sanctuaire où l'on vénère l'Immaculée Conception, et qu'elle y fait ses dévotions, on lui annonce subitement : « Noble dame, nouveau malheur ! La guerre paraît imminente entre Alphonse IV, roi du Portugal, votre fils et Alphonse XI, souverain de Castille, votre neveu. » A cette nouvelle, la sexagénaire décide : « Partons immédiatement pour Extremoz : il faut rétablir la concorde. » Ce qui fut dit, fut fait. Une fois encore, succès de la fine diplomate. Cette bien-avisée meurt irradiée de joie d'avoir pu éviter le conflit. Elle résume sa dernière démarche par une exclamation qui constitue son mot-de-passe pour l'éternité : « Procedamus un pace » (avançons en paix !)

Apprenant peu après que son fils Alphonse et son petit-fils, le roi de Castille, entraient en guerre, elle se rendit à Estremoz chez son fils. A peine arrivée, elle tomba malade. Béatrice tient affectueusement la main de sa belle-mère, lorsqu'elle sent une légère pression et entend un appel : « Approchez donc un siège, mamie. » La princesse répond : « Mais il n'y a personne pour l'occuper. » La Reine réplique : « Sûrement que si, en effet, j'aperçois une belle dame radieuse, vêtue d'une robe éclatante de blancheur. Elle vient me chercher. Je la reconnais : c'est Marie, mère de tout grâce. » Ce furent ces dernières paroles (4 juillet 1336).

Le corps de la reine Elisabeth, transféré d'Estremoz à Coïmbre, est déposé au monastère des Clarisses où le peuple pieux, en foule, le vénère. En 1520, à la demande du roi Manuel I° de Portugal[10], le pape Léon X autorise le culte, dans le diocèse de Coïmbre ; trente ans après, Paul IV l’étend à tout le royaume. En 1612 on retire du tombeau de marbre le corps entier d'Elisabeth, enseveli dans un drap de soie et placé dans un coffret de bois précieux recouvert de cuir : le visage de la sainte reine est encore régulier et souriant. Alphonse, évêque de Coïmbre, édifie une splendide chapelle. On y dépose les restes de la souveraine, dans une magnifique châsse d'argent massif. Canonisée par Urbain VIII le 25 mai 1625, Elisabeth suscite grande dévotion et se trouve exaltée par de nombreux panégyristes. La fête qui avait été transférée du 4 juillet au 8 juillet, par Innocent XII (1695) fut de nouveau fixée au 4 juillet par Paul VI.

[1] Pierre III leGrand (né en 1239) fut roi d'Aragon (1276-1285) et roi de Sicile (1282-1285). Fils de Jacques I° d’Aragon, il acquit des droits sur les anciennes possessions des Hohenstaufen en Italie par son mariage avec Constance, fille de Manfred, roi de Sicile, et héritière des Hohenstaufen (1262). Il accueillit à la cour d'Aragon les chefs siciliens dressés contre la tyrannie angevine, tels Roger de Lauria et Jean de Procida, et fut l'instigateur des Vêpres siciliennes (30 mars 1282) qui renversèrent la domination française. Dès le 4 septembre 1282, il s'emparait du pouvoir à Palerme et prit en Sicile le nom de Pierre I°. Charles d'Anjou obtint du pape Martin IV l'excommunication de Pierre III, et organisa une croisade d'Aragon (1284-1285) qui, menée par Philippe III le Hardi, roi de France, se termina par la victoire de l'Aragonais. Pierre lII avait fait de l'Aragon la pre¬miè¬re puissance de la Méditerranée occidentale, et c'est avec lui que commença l'intrusion de l'Espagne dans les affaires ita¬lien¬nes. En Aragon, il se trouva aux prises avec l'opposition de la no¬blesse et des villes, qui obtinrent de lui le Grand Privilège (1283). Il mourut à Villafranca del Panadès (Catalogne) le 10 novembre 1285.

[2] Sainte Elisabeth de Thuringe (ou de Hongrie) est fêtée le 17 novembre.

[3] Jacques I° le Conquérant (né à Montpellier, en 1208), fils et suc¬cesseur de Pierre II, fut roi d'Aragon de 1213 à 1276. Il conquit sur les Maures les royaumes de Valence (1238) et de Murcie (1266) ; il conquit et annexa les îles Baléares (1229-1335). Au trai-té de Corbeil (1258), saint Louis renonça aux comtés de Bar¬ce¬lone et de Roussillon, tandis que Jacques I° re¬nonçait à toute prétention au-delà des Pyrénées, excepté Montpellier. Un de ses fils, Pierre III, régna sur l'Aragon, un autre Jacques I°, régna sur Majorque. Jacques I° qui écrit la chronique de son règne, mourut à Valence le 27 juillet 1276.

[4] Denis I° est le fils et le successeur du roi Alphonse III de Portugal qui mourut à Libonne le 16 novembre 1279.

[5] Constance épousera Ferdinand IV l’Ajourné (1289-1312), roi de Castille et de Léon (1295-1312) ; elle meurt en 1313.

[6] Alphonse IV le Brave fut roi d’Aragon de 1325 à 1357.

[7] « Que tout se fasse avec bienséance et dans l'ordre » (première épître de saint Paul aux Corinthiens, XIV, 10),

[8] La reine Elisabeth avait acquis l’église et le couvent inachevés qu’une chanoinesse de Saint-Jean-des-Dames avait voulu établir sur la rive gauche du fleuve ; elle y installa une communauté de Pauvres Dames de Sainte-Claire, venue de Zamora. L’église fut consacrée en 1330.

[9] « Publicas et privatas identidem ad eas adhortationes habebat », disent les textes de la relation faite au consistoire secret d'Urbain VIII, le 13 janvier 1625.

[10] Manuel I° le Grand ou le Fortuné (né en 1469) était le fils du duc Ferdinand de Viseu qui appartenait à une branche cadette de la maison de Portugal. En 1495, le roi Jean II étant mort sans enfant légitime, Manuel lui succéda sur le trône du Portugal. Il soutint activement les grandes explorations maritimes : sous son règne que Vasco de Gama doubla le cap de Bonne-Espérance et que Cabral aborda au Brésil (1500). Il fit de sa cour un grand centre d'activité littéraire et scientifique réforma les lois, bannit les Juifs et les Maures qui s'étaient réfugiés au Portugal après la prise de Grenade. On appela « manuélin » le style qui in¬troduisit de la Renais¬sance dans l'architecture portugaise (châ¬teau de Cintra, église du Christ à Setubal, cloître de Belem). Par sa politique de mariages Manuel espérait assurer à ses héri¬tiers la couronne d’Espagne Il mourut à Lisbonne le 13 décembre 1521.

Anecdotes

A partir d'anecdotes typiques, se constitue une riche tradition pour peintres, graveurs et sculpteurs. Voici les dominantes et symbolismes de ces représentations.

- Puisque le roi Denis se montre inquisiteur, soupçonneux et jaloux voilà qu'un jour, au cœur de l'hiver, il avise son épouse dont le tablier, croit-il, est rempli de pièces d'argent destinées aux pauvres. Le limier stoppe brusquement la donatrice et lui intime l'ordre : Ouvrez votre tablier, Madame, et découvrez votre fardeau. - Prodige ! Au lieu de l'argent qu'il escomptait récupérer, le souverain découvre des fleurs magnifiques, spécialement des roses épanouies, totalement hors-saison. Honteux et confus, il s'excuse mais demeure songeur.

Ce miracle des fleurs n'est-il pas enregistré en d'autres biographies, spécialement chez l'italienne Zite ou Zita (+ 1278) et pour la française Germaine Cousin (+ 1601). Nos trois saintes seront donc représentées : tablier ouvert sur une jonchée de roses. En tout cas, à partir de sa déconditure comme enquêteur, le roi Denis exprime cet aveu : Je croyais bien toruver de l'argent destiné aux gueux. J'ai trouvé une brassée de belles fleurs, largement épanouies en plein hiver. Mon épouse serait-elle une sainte ?

- Seconde représentation typique : la reine au broc. Pour expliciter, voici l'essai. Les médecins prescrivent à la reine, à cause de ses mots d'estomac : Buvez, lors de vos deux repas principaux, un verre de bon vin, c'est prudence, au lieu de vous abreuver d'eau, par pénitence ! Le roi qui connaît l'ordonnance des mires, en vérifie l'exécution. Le broc dans lequel Elisabeth puise sa boisson serait-il rempli d'eau ? Non pas car le roi qui est un fin palais apprécie : excellent vin : rien à dire ! Toutefois, le subtil s'interroge encore : Le miracle de Cana se serait-il renouvelé, à notre table ?

Enfin, compte-tenu de son option ternale chez les pauvres Dames, la reine apparaît, vêtue du costume franciscain : bure grise, ceinte par une corde. D'autres accentuent l'admirable échange : la souveraine foule aux pieds la couronne terrestre, pour mieux ceindre le diadème céleste.

Titre éminent : martyre du mariage chrétien

Ange de la paix, mère des pauvres, reine charitable : Elisabeth cumule les titres. Pourtant, elle semble demeurer, pour la postérité : patronne toujours secourable, sinon pleinement imitable, des épouses fidèles bien que trompées. En 42 ans de mariage elle supporte, durant plus de 30 ans, les favorites de son mari. cet euphémisme ne désigne-t-il pas les maîtresses préférées d'un souverain ? En cet environnement, se résoudre à l'infidélité de l'époux, passe encore : élever ses bâtards : suréminente vertu! On pèsera, en ces perspectives, le placide constat du vieil hagiographe :

Non seulement la sainte femme endure sans se plaindre peines et chagrins ; plus encore, elle éduque comme siens les enfants qui ne sont pas les siens. Surtout, jamais ne se plaint des infidélités du roi.

Une décennie de bonheur conjugal après la conversion du roi Denis, récompense cette longanimité exemplaire. Aux antipodes du pharisaïsme, la reine contate : La bonté de mon époux couvre ses péchés. Que la charité efface les miens !

Somme toute, avant d'envisager le divorce - conduite d'échec -, toute épouse trompée invoquera noble Dame Elisabeth. Son existence illustre en effet par exemples vivants, deux directives évangéliques :

- Par la patience, vous sauverez les âmes (Lc XXI, 19).

- Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni (Mt XIX, 6).

Facile à répéter, difficile à vivre !

Sainte Elisabeth, priez pour nous.

Un couple d'élus : Elisabeth et Denis

A partir de cette longue union, maintenue malgré tous obstacles accumulés et failles crusées, on pourrait tracer les linéaments théologiques du mariage chrétien. Les leçons paraissent s'inscrire en filigrane des faits : l'épouse sauve son époux et, par sa foi maintenue, le ramène à Jésus-Christ. Sur ces composantes, quelques remarques.

- La fidélité (contance dans l'attachement promis), incombe à l'homme aussi bien qu'à la femme. Le masculin ne peut se prévaloir d'aucun privilège pour justifier une tromperie. En l'occurrence, Denis se révèle donc pécheur. elisabeth, par sa fidélité héroïque, retire finalement son mari de l'abîme du mal.

- tous seraient-ils capables de ce support exceptionnel ? La séparation de corps, sans remariage avant le décès du conjoint, demeure admise et pratiquée en église. Bien sûr, toutes les épouses ne se montrent pas : aimables comme rachel, sages comme Rébecca, fidèles comme Sara. Nombre de maris se révèlent, à l'image du bon roi Denis : infidèle et jaloux. Il faut pourtant tenter la pratique du support mutuel, dans la trame du terrible quotidien.

- Denis, par son infidélité, rompt le ocntra qu'il a signé : Moi, Denis, je te prends, toi, Elisabeth, pour être ma femme, pour le meilleur et pour le pire - richesse et pauvreté, maladie et santé - jusqu'à ce que la mort nous sépare. A cet effet, je te donne ma foi. Certes, ce n'est pas l'amour qui fait le mariage ; ce n'est pas l'enfant qui fait le mariage. Ce sacrement que se confèrent les époux par l'échange des anneaux, réside dans le libre consentement. Denis le renie, par débauche longtemps pratiquée ; Elisabeth le respecte, à travers des larmes de sang.

- Dernier point, non le moindre : comment doivent s'orienter veufs ou veuves : célibat, remariage ou vie religieuse ? Tout dépend des cas et du second appel qui n'est nullement secondaire ? Dame Elisabeth devient tertiaire, membre laïque de la grande famille franciscaine. Elle le fit et fit bien. Bonne preuve : la prière d'introduction de sa messe qui résume son message spirituel :

Seigneur, source de paix, ami de la charité, tu accordes à sainte Elisabeth de Portugal une grâce merveilleuse pour réconcilier les hommes désunis. accorde-nous, par ton intercession, de travailler au service de la paix et de pouvoir être appelés fils de Dieu.

Tous fidèles, en route vers la béatitude

Mariés ou célibataires, veufs ou remariés, laïcs, religieux ou prêtres, riches ou pauvres, simples ou rois : les vocaitons et les états différent, dans la bénéfique complémentarité écclésiale et sociétaire. L'important demeure simple : savoir fleurir, d'un cœur fidèle, contant et persévérant, là même où Dieu nous sema.

La vraie et tragique histoire conjugale du bon roi Henri, longtemps infidèle et de sa noble et fidèle épouse Elisabeth, mérite attention méditative. Le premier se sauve par chasteté recouvrée ; la seconde est élue, par chasteté conservée. A nous de les suivre, sur l'une de ces deux voies : les seules qui débouchent sur l'éternité de l'amour, dans la définitive fidélité.

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/07/04.php


Sainte Elisabeth du Portugal

Reine (✝ 1336)

ou Isabelle d'Aragon.

Fille du roi Pierre d'Aragon, elle épousa à douze ans le roi Denys du Portugal qui régna trente-six ans, laissant le souvenir d'un bon souverain et d'un trouvère talentueux et célèbre. Trouvant sa consolation dans l'amour divin, sainte Elisabeth ne tint jamais rigueur à son mari d'avoir des maîtresses. Elle éleva leurs enfants comme si c'était les siens. Elle resta une épouse discrète et attentive et fut une reine excellente, ne sortant de l'ombre que lorsque son mari le désirait. Elle s'efforçait de le faire aimer de ses sujets. Par deux fois, elle le réconcilia avec son fils Alphonse qui avait pris les armes contre son père. Dès que Denys fut mort, elle entra chez les clarisses de Coïmbra, au centre du Portugal.

....En écoutant la vie de Sainte Élisabeth de Portugal, nous pouvons trouver de quoi raviver notre espérance. Certes la «culture» de ce temps n’est pas celle d’aujourd’hui, les contraintes sont différentes heureusement, mais il y en d’autres!... (Paroisse de la Vallée de l'Aisne)

Elle fut admirable pour apaiser les discordes entre les rois et pour sa charité envers les pauvres. Après la mort de son mari, le roi Denis, elle revêtit l’habit de sainte Claire et vécut à Coïmbre auprès du couvent des Tertiaires franciscaines qu’elle avait fait construire. Au cours d’un voyage entrepris, en 1336, pour essayer de réconcilier son fils et son petit-fils, à Estremoz elle s’en alla vers le Seigneur.

Martyrologe romain

Seigneur, source de paix, ami de la charité, tu as donné à sainte Elisabeth de Portugal une grâce merveilleuse pour réconcilier les hommes désunis. Accorde-nous, par son intercession, de travailler au service de la paix et de pouvoir être appelés fils de Dieu.

Oraison de sa fête

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1599/Sainte-Elisabeth-du-Portugal.html


Sainte Élisabeth naquit l’an 1271, à la fin d’une vacance du Siège apostolique de trois ans, le Bienheureux Grégoire X accédant au trône pontifical, Michel Paléologue empereur de Byzance et saint Louis IX roi de France étant dans la dernière année de sa vie terrestre.

Sainte Élisabeth reçut ce nom à son Baptême, en souvenir de sainte Élisabeth de Hongrie, sa tante. À l’âge de huit ans, elle récitait chaque jour l’Office divin et conserva cette pratique jusqu’à sa mort ; elle méprisait le luxe, fuyait les divertissements, soulageait les pauvres, multipliait ses jeûnes et menait une vie vraiment céleste.

Toutes les œuvres de piété de sainte Élisabeth étaient accompagnées de larmes que l’amour faisait monter de son cœur à ses yeux. Le temps que ses exercices religieux lui laissaient libre, elle aimait à l’employer à l’ornementation des autels ou aux vêtements des pauvres. Toutes ces vertus de la jeune sainte ne faisaient que s’accroître avec l’âge. Élevée sur le trône de Portugal par son mariage avec Denys, roi de ce pays, elle fut d’une patience remarquable dans les épreuves qu’elle eut souvent à subir de la part de son mari, et ne lui montra jamais, en échange de ses procédés injustes, qu’une amabilité croissante, une douceur tout affectueuse et un dévouement sans bornes, qui finirent par triompher de ce cœur rebelle et l’amener à une conversion sincère.

Sainte Élisabeth est célèbre par le don que lui fit le Ciel de rétablir la paix entre les princes et les peuples. Peu de Saintes ont montré tant de charité pour les membres souffrants de Jésus-Christ ; jamais aucun pauvre ne partait du palais sans avoir rien reçu ; les monastères qu’elle savait dans le besoin recevaient abondamment le secours de ses aumônes ; elle prenait les orphelins sous sa protection, dotait les jeunes filles indigentes, servait elle-même les malades. Tous les vendredis de Carême, elle lavait les pieds à treize pauvres, et, après les leur avoir baisés humblement, elle les faisait revêtir d’habits neufs. Le Jeudi Saint, elle remplissait le même office près de treize femmes pauvres. Or, un jour qu’elle lavait les pieds aux pauvres, il se trouva dans le nombre une femme qui avait au pied un ulcère dont la mauvaise odeur était insupportable : la reine, malgré toutes les répugnances de la nature, prit ce pied infect, en pansa l’ulcère, le lava, l’essuya, le baisa et le guérit. Un même miracle arriva un jour en faveur d’un pauvre lépreux.

Un jour qu’elle portait dans les pans de sa robe de l’argent pour les pauvres, son mari lui demanda à voir ce qu’elle portait, et il fut émerveillé d’y voir des roses hors de saison.

Après la mort du roi, elle voulait se retirer chez les Clarisses, mais on lui fit observer qu’elle ferait une meilleure œuvre en continuant ses libéralités envers les pauvres. Enfin,après une vie toute d’œuvres héroïques, elle fit une mort admirable, en saluant la très sainte Vierge, qui lui apparut, accompagnée de sainte Claire et de quelques autres saintes religieuses, le 4 juillet 1336, Benoît XII étant pape, Andronic III empereur de Byzance et Philippe VI de Valois roi de France.

SOURCE : http://www.cassicia.com/FR/Vie-de-sainte-Elisabeth-reine-de-Portugal-Fete-le-8-juillet-No_400.htm


Ste Elisabeth, reine et veuve

Déposition le 4 juillet 1336. Canonisée par Urbain VIII en 1625 ; fête inscrite au 4 juillet comme semidouble ad libitum. En 1722, semidouble de précepte, mais transféré au 8 juillet après l’Octave des Sts Apôtres.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Après Marguerite d’Écosse et Clotilde de France, une autre souveraine éclaire de ses rayons le Cycle sacré. Sur la limite extrême qui sépare au midi la chrétienté de l’infidélité musulmane, l’Esprit-Saint veut affermir par elle dans la paix les conquêtes du Christ, et préparer d’autres victoires. Élisabeth est son nom : nom béni, qui, à l’heure où elle vient au monde, embaume depuis un demi-siècle déjà la terre de ses parfums ; présage que la nouvellement née, séduite par les roses qui s’échappent du manteau de sa tante de Thuringe, va faire éclore en Ibérie les mêmes fleurs du ciel.

Hérédité mystérieuse des saints ! En l’année même où notre Élisabeth naissait loin du berceau où la première avait ravi les cieux à son lever si doux et pacifié la terre, une autre nièce de celle-ci, la Bienheureuse Marguerite, partie de Hongrie, quittait la vallée d’exil. Vouée à Dieu dès le sein de sa mère pour le salut des siens au milieu de désastres sans nom, elle avait rempli les espérances qui de si bonne heure étaient venues reposer sur sa tête ; les Mongols refoulés d’Occident, les loups chassés à leur suite de l’antique Pannonie redevenue quelque temps un désert, la civilisation fleurissant à nouveau sur les bords du Danube et de la Theiss : tant de bienfaits furent les fruits des vingt-huit années de prière et d’innocence que Marguerite passa ici-bas, attendant l’heure où elle transmit à la sainte que nous fêtons présentement la mission de continuer sous d’autres cieux l’œuvre de ses devancières.

Il était temps que le Seigneur dirigeât sur l’Espagne un rayon de sa grâce. Le treizième siècle finissait, laissant le monde à la dislocation et à la ruine. Las de combattre pour le Christ et bannissant l’Église de leurs conseils, les rois se retranchaient dans un isolement égoïste, où le conflit des ambitions tendait chaque jour à remplacer l’aspiration commune de ce grand corps qui avait été la chrétienté. Désastreuse pour tout l’Occident, pareille tendance l’était plus encore en face du Maure, dans cette noble contrée où la croisade avait multiplié les royaumes en autant de postes avancés contre l’ennemi séculaire. L’unité de vues, sacrifiant tout à l’achèvement de la délivrance, pouvait seule, dans ces conditions, maintenir les successeurs de Pelage à la hauteur des illustres souvenirs qui les avaient précédés. Malheureusement il s’en fallut que ces princes, presque tous héros sur les champs de bataille, trouvassent toujours la force d’âme suffisante pour mettre au-dessus de mesquines rivalités le rôle sacré que leur confiait la Providence. Vainement alors le Pontife romain s’efforçait de ramener les esprits au sentiment des intérêts de la patrie et du nom chrétien ; les tristes passions de l’homme déchu étouffaient sa voix en des cœurs magnanimes par tant d’autres côtés, et le Croissant applaudissait aux luttes intestines qui retardaient sa défaite. Navarre, Castille, Aragon, Portugal, sans cesse aux prises, voyaient dans chaque royaume le fils armé contre le père, le frère disputant au frère par lambeaux l’héritage des aïeux.

Qui rappellerait l’Espagne aux traditions, encore récentes, grâce à Dieu, de son Ferdinand III ? Qui grouperait de nouveau les volontés discordantes en un faisceau terrible au Sarrasin et glorieux au Christ ? Jacques Ier d’Aragon, le digne émule de saint Ferdinand dans la valeur et la victoire, avait épousé Yolande, fille d’André de Hongrie ; le culte de la sainte duchesse de Thuringe, dont il était devenu le beau-frère, fleurit dès lors au delà des Pyrénées ; le nom d’Élisabeth, transformé le plus souvent en celui d’Isabelle, devint comme un joyau de famille dont aimèrent à s’orner les princesses des Espagnes. La première qui le porta fut la fille de Jacques et d’Yolande, mariée à Philippe III de France, successeur de notre saint Louis ; la seconde fut la petite-fille du même Jacques Ier, l’objet des hommages de l’Église en ce jour, et dont le vieux roi, par un pressentiment prophétique, aimait à dire qu’elle l’emporterait sur toutes les femmes sorties du sang d’Aragon.

Héritière des vertus comme du nom de la chère sainte Élisabeth, elle devait mériter en effet d’être appelée mère de la paix et de la patrie. Au prix d’héroïques renoncements et par la vertu toute-puissante de la prière, elle apaisa les lamentables dissensions des princes. Impuissante un jour à empêcher la rupture de la paix, on la vit se jeter sous une grêle de traits entre deux armées aux prises, et faire tomber des mains des soldats leurs armes fratricides. Ainsi prépara-t-elle, sans avoir la consolation de le voir de ses yeux, le retour à la grande lutte qui ne devait prendre fin qu’au siècle suivant, sous les auspices d’une autre Isabelle, digne d’être sa descendante et de joindre à son nom le beau titre de Catholique. Quatre ans après la mort de notre sainte, la victoire de Salado, remportée sur six cent mille infidèles par les guerriers confédérés de l’Espagne entière, montrait déjà au monde ce qu’une femme avait pu, malgré les circonstances les plus contraires, pour ramener son pays aux nobles journées de l’immortelle croisade qui fait sa gloire à jamais.

Urbain VIII, qui inscrivit Élisabeth au nombre des Saints, a composé en son honneur un Office propre entier.

Selon l’invitation que l’Église adresse en ce jour à tous ses fils [7], nous louons Dieu pour vos œuvres saintes, ô bienheureuse Élisabeth ! Plus forte que tous ces princes au milieu desquels vous apparûtes comme l’ange de la patrie, vous portiez dans la vie privée l’héroïsme que vous saviez au besoin déployer comme eux sur les champs de bataille. Car c’était Dieu qui, par sa grâce, était le principe de votre conduite, comme sa gloire en était l’unique but. Or la divine gloire se complaît dans les renoncements qui ont le Seigneur pour seul témoin, autant et souvent plus que dans les œuvres admirées justement de tout un peuple. C’est qu’en effet sa grâce souvent y paraît plus puissante ; et presque toujours, dans l’ordre de sa Providence, les bénédictions éclatantes accordées aux nations relèvent de ces renoncements ignorés. Que de combats célèbres dans les fastes des peuples, ont été tout d’abord livrés et gagnés, sous l’œil de la Trinité sainte, en quelque point ignoré de ce monde surnaturel où les élus sont aux prises avec tout l’enfer et parfois Dieu lui-même ! Que de traités de paix fameux furent premièrement conclus dans le secret d’une seule âme, entre le ciel et la terre, comme prix de ces luttes de géants que les hommes méconnaissent ou méprisent ! Laissons passer la figure de ce monde [8] ; et ces profonds politiques qui dirigent, assure-t-on, la marche des événements, les négociateurs vantés, les fiers guerriers qu’exalte la renommée, apparaîtront pour ce qu’ils sont an palais de l’éternelle histoire : vains trompe-l’œil, masques d’un jour, ornements de façade qui voilèrent ici-bas les noms seuls dignes de l’immortalité.

Gloire donc à vous, par qui le Seigneur daigne dès maintenant lever un coin de ce voile qui dérobe aux humains les réalités du gouvernement de ce monde ! Votre noblesse, au livre d’or des élus, repose sur des titres meilleurs que ceux que vous teniez de votre naissance. Fille et mère de rois, vous aussi pourtant étiez reine, et commandiez sur une terre glorieuse ; mais plus glorieux est au ciel le trône de famille, où vous rejoignez la première Élisabeth, Marguerite, Hedwige, où d’autres vous suivront à leur tour, justifiant du même sang généreux qui coula dans vos veines.

Souvenez-vous cependant, ô mère de la patrie, que la puissance qui vous fut donnée ici-bas n’a point cessé de vous appartenir, quand le Dieu des armées vous a rappelée de ce monde pour triompher dans les cieux. La situation n’est plus la même qu’autrefois sur ce sol ibérique, qui vous doit plus qu’à bien d’autres son indépendance ; mais si les factions d’aujourd’hui ne risquent plus de ramener le Maure, il s’en faut qu’elles maintiennent le Portugal et l’Espagne à la hauteur de leurs nobles traditions : faites que ces peuples retrouvent enfin la voie des glorieuses destinées que leur marque la Providence. Du ciel où votre pouvoir ne connaît plus de frontières, jetez aussi un regard miséricordieux sur le reste du monde ; voyez les formidables armements dans lesquels les nations, oublieuses de tout autre droit que celui de la violence, engloutissent leurs richesses et leurs forces vives ; l’heure est-elle venue de ces guerres atroces, signal de la fin, où l’univers se détruira lui-même ? O mère de la paix, entendez l’Église, la mère des peuples, vous supplier d’user jusqu’au bout de votre auguste prérogative : apaisez la fureur des combats ; que cette vie mortelle soit pour nous un chemin pacifique conduisant aux joies de l’éternité [9].

[7] Invitat. festi.

[8] I Cor. VII, 31.

[9] Collecta diei.


Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Ce fut le pape Urbain VIII qui, en 1625, inscrivit cette attrayante figure de reine († 4 juillet 1336) vrai ange de paix, dans le catalogue des saints, et introduisit sa fête dans le Calendrier romain. La messe es du commun. Cependant la première collecte est propre et se rapporte à la grâce spéciale attribuée à la Sainte, de ramener à la concorde les peuples et les princes, alors en lutte entre eux. On sait en effet que la joie éprouvée à l’occasion de la naissance d’Élisabeth détermina, à la cour aragonaise, la réconciliation de son père et de son aïeul ; les historiens remarquent aussi que la mort surprit la bonne reine durant un voyage entrepris afin de rétablir la paix entre son fils et son gendre.

Prière. — « O Seigneur très clément qui, parmi tant d’autres dons splendide ?, avez accordé à la bienheureuse reine Élisabeth la prérogative d’apaiser la fureur de la guerre, par ses prières accordez à nos jours mortels cette paix que nous vous demandons instamment et qui nous conduira ensuite aux joies éternelles ».

La paix est l’harmonie dans l’ordre, c’est pourquoi il ne peut y avoir de paix que dans la juste sujétion de l’homme à Dieu, de la chair à l’esprit, du temporel à l’éternel. Cette harmonie dans l’ordre, c’est la grâce même de Jésus-Christ, qui, après que le péché est détruit, nous réunit à Dieu ut sint unum, comme Lui et son Père sont une identique essence.


Dom Pius Parsch, Le Guide dans l’année liturgique

Sainte Élisabeth, mère de la paix et mère de la patrie, obtenez-nous la paix.

1. Sainte Élisabeth. — Jour de mort : 4 juillet 1336. Tombeau : à Coïmbre (Portugal), au monastère des Clarisses. Image : une reine, avec des roses. Vie : une sainte sur le trône ! Élisabeth, reine de Portugal, née en 1271, fut une souveraine sainte, une mère de famille et une, mère du peuple exemplaire ; la grâce particulière que l’on demande par son intercession est le rétablissement de la paix (Or. : « Seigneur qui avez accordé à sainte Élisabeth, avec d’autres faveurs remarquables, l’insigne prérogative d’apaiser les ardeurs belliqueuses »). La prière des Heures rapporte entre autres détails sur sa vie les faits suivants : Dès sa naissance elle fit voir comment elle réussirait plus tard à établir la paix entre les rois et entre les peuples, car sa naissance causa une si grande joie que son père et son grand-père, séparés jusque-là par la discorde, se réconcilièrent... Elle donna sa main au roi Denys de Portugal (1279-1325). Pendant tout le temps de leur union, elle mit tout son zèle à progresser dans la vertu, à élever leurs enfants dans la crainte de Dieu, à plaire à son époux, mais avant tout au Seigneur. Elle jeûnait au pain et à l’eau à peu près la moitié de l’année. Pour échapper aux regards du roi, l’argent qu’elle voulait distribuer aux pauvres se changea en roses au cœur de l’hiver. De même qu’elle avait été jadis, jeune fille, un modèle pour les jeunes filles, épouse, un modèle pour les épouses, ainsi, après la mort du roi Denys, elle fut, dans sa retraite, pour les veuves un modèle de toutes les vertus. Elle assista avec la plus ferme résignation aux funérailles de son époux, revêtue du costume des Clarisses.

2. La Fête. — La messe est du [10]. — La grâce spécialement soulignée dans l’oraison est celle de l’affermissement de la paix. — La prière des Heures met notre sainte en relief par des antiennes propres. « Toi, la gloire de Jérusalem ; toi, la joie d’Israël ; toi, l’honneur de ton peuple ». (Ant. de Bened.). « Élisabeth, mère de la paix et de la patrie, toi qui triomphes au ciel, obtiens-nous la paix ! » (Ant. de Magn.).

[10] commun des saintes femmes (Cognóvi)->343

SOURCE : http://www.introibo.fr/08-07-Ste-Elisabeth-reine-et-veuve#nh6


St. Elizabeth of Portugal

Queen (sometimes known as the PEACEMAKER); born in 1271; died in 1336. She was named after her great-aunt, the great Elizabeth of Hungary, but is known in Portuguese history by the Spanish form of that name,Isabel. The daughter of Pedro III, King of Aragon, and Constantia, grandchild of Emperor Frederick II, she waseducated very piously, and led a life of strict regularity and self-denial from her childhood: she said the full Divine Office daily, fasted and did other penances, and gave up amusement. Elizabeth was married very early to Diniz (Denis), King of Portugal, a poet, and known as Rei Lavrador, or the working king, from his hard work in his country's service. His morals, however, were extremely bad, and the court to which his young wife was brought consequently most corrupt. Nevertheless, Elizabeth quietly pursued the regular religious practices of hermaidenhood, whilst doing her best to win her husband's affections by gentleness and extraordinary forbearance. She was devoted to the poor and sick, and gave every moment she could spare to helping them, even pressing her court ladies into their service. Naturally, such a life was a reproach to many around her, and caused ill will in some quarters. A popular story is told of how her husband's jealousy was roused by an evil-speaking page; of how he condemned the queen's supposed guilty accomplice to a cruel death; and was finally convinced of her innocence by the strange accidental substitution of her accuser for the intended victim.


Diniz does not appear to have reformed in morals till late in life, when we are told that the saint won him torepentance by her prayers and unfailing sweetness. They had two children, a daughter Constantia and a son Affonso. The latter so greatly resented the favours shown to the king's illegitimate sons that he rebelled, and in 1323 war was declared between him and his father. St. Elizabeth, however, rode in person between the opposing armies, and so reconciled her husband and son. Diniz died in 1325, his son succeeding him as Affonso IV. St. Elizabeth then retired to a convent of Poor Clares which she had founded at Coimbra, where she took theFranciscan Tertiary habit, wishing to devote the rest of her life to the poor and sick in obscurity. But she was called forth to act once more as peacemaker. In 1336 Affonso IV marched his troops against the King of Castile, to whom he had married his daughter Maria, and who had neglected and ill-treated her. In spite of age and weakness, the holy queen dowager insisted on hurrying to Estremoz, where the two king's armies were drawn up. She again stopped the fighting and caused terms of peace to be arranged. But the exertion brought on her final illness; and as soon as her mission was fulfilled she died of a fever, full of heavenly joy, and exhorting her son to the love of holiness and peace. St. Elizabeth was buried at Coimbra, and miracles followed her death. She was canonized by Urban VIII in 1625, and her feast is kept on 8 July.


Capes, Florence. "St. Elizabeth of Portugal." The Catholic Encyclopedia. Vol. 5. New York: Robert Appleton Company, 1909.8 Jul. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/05391a.htm>.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/05391a.htm


.July 8

St. Elizabeth, Queen of Portugal

From her Authentic Life, written by a Franciscan friar; Mariana, and other Spanish historians. See Janning the Bollandist, Julij, t. 2, ad diem. 4, p. 169.

A.D. 1336.

ST. ELIZABETH was daughter of Peter III. king of Arragon, and granddaughter of James I. who had been educated under the care of St. Peter Nolasco, and was surnamed the Saint, and from the taking of Majorca and Valentia, Expugnator or the Conqueror. Her mother, Constantia, was daughter of Manfred king of Sicily, and grandchild to the emperor Frederic II. Our saint was born in 1271, and received at the baptismal font by the name of Elizabeth, from her aunt, St. Elizabeth of Hungary, who had been canonized by Gregory IX. in 1235. Her birth established a good understanding between her grandfather James, who was then on the throne, and her father, whose quarrel had divided the whole kingdom. The former took upon himself the care of her education, and inspired her with an ardour for piety above her age, though he died in 1276 (having reigned sixty-three years,) before she had completed the sixth year of her age. 1

Her father succeeded to the crown, and was careful to place most virtuous persons about his daughter, whose example might be to her a constant spur to all virtue. The young princess was of a most sweet and mild disposition, and from her tender years had no relish for anything but what was conducive to piety and devotion. It was doing her the most sensible pleasure if any one promised to lead her to some chapel to say a prayer. At eight years of age she began to fast on vigils, and to practise great self-denials; nor could she bear to hear the tenderness of her years and constitution alleged as a reason that she ought not to fast or macerate her tender body. Her fervour made her eagerly to desire that she might have a share in every exercise of virtue which she saw practised by others, and she had been already taught that the frequent mortification of the senses, and still more of the will, is to be joined with prayer to obtain the grace which restrains the passions, and prevents their revolt. How little is this most important maxim considered by those parents who excite and fortify the passions of children, by teaching them a love of vanities, and indulging them in gratifications of sense! If rigorous fasts suit not their tender age, a submission of the will, perfect obedience, and humble modesty are in no time of life more indispensably to be inculcated; nor is any abstinence more necessary than that by which children are taught never to drink or eat out of meals, to bear several little denials in them without uneasiness, and never eagerly to crave anything. The easy and happy victory of Elizabeth over herself was owing to this early and perfect temperance, submissiveness, and sincere humility. Esteeming virtue her only advantage and delight, she abhorred romances and idle entertainments, shunned the usual amusements of children, and was an enemy to all the vanities of the world. She could bear no other songs than sacred hymns and psalms; and from her childhood said every day the whole office of the breviary, in which no priest could be more scrupulously exact. Her tenderness and compassion for the poor, made her even in that tender age to be styled their mother.

At twelve years of age she was given in marriage to Dionysius, king of Portugal. That prince had considered in her, birth, beauty, riches, and sprightliness of genius more than virtue; yet he allowed her an entire liberty in her devotions, and exceedingly esteemed and admired her extraordinary piety. She found no temptation to pride in the dazzling splendour of a crown, and could say with Esther, that her heart never found any delight in the glory, riches, and grandeur with which she was surrounded. She was sensible that regularity in our actions is necessary to virtue, this being in itself most agreeable to God, who shows in all his works how much he is the lover of order; also, a prudent distribution of time fixes the fickleness of the human mind, hinders frequent omissions of pious exercises, and is a means to prevent our being ever idle and being governed by humour and caprice in what we do, by which motives a disguised self-love easily insinuates itself into our ordinary actions. Our saint therefore planned for herself a regular distribution of her whole time, and of her religious exercises, which she never interrupted, unless extraordinary occasions of duty or charity obliged her to change the order of her daily practices. She rose very early every morning, and after a long morning exercise, and a pious meditation, she recited matins, lauds and prime of the church office. Then she heard mass, at which she communicated frequently every week. She said every day also the little office of our Lady, and that of the dead: and in the afternoon had other regular devotions after even-song or vespers. She retired often into her oratory to her pious books, and allotted certain hours to attend her domestic affairs, public business, or what she owed to others. All her spare time she employed in pious reading, or in working for the altar, or the poor, and she made her ladies of honour do the like. She found no time to spend in vain sports and recreations, or in idle discourse or entertainments. She was most abstemious in her diet, mean in her attire, humble, meek, and affable in conversation, and wholly bent upon the service of God in all her actions. Admirable was her spirit of compunction, and of holy prayer; and she poured forth her heart before God with most feeling sentiments of divine love, and often watered her cheeks and the very ground with abundant tears of sweet devotion. Frequent attempts were made to prevail with her to moderate her austerities; but she always answered, that if Christ assures us that his spirit cannot find place in a life of softness and pleasure, mortification is no where more necessary than on the throne, where the passions find more dangerous incentives. She fasted three days a week, many vigils besides those prescribed by the church; all Advent; a Lent of devotion, from the feast of St. John Baptist to the feast of the Assumption; and soon after this she began another Lent, which she continued to St. Michael’s day. On all Fridays and Saturdays, on the eves of all festivals of the Blessed Virgin and the apostles, and on many other days her fast was on bread and water. She often visited churches and places of devotion on foot. 3

Charity to the poor was a distinguishing part of her character. She gave constant orders to have all pilgrims and poor strangers provided for with lodging and necessaries. She made it her business to seek out, and secretly relieve persons of good condition who were reduced to necessity, yet out of shame durst not make known their wants. She was very liberal in furnishing fortunes to poor young women, that they might marry according to their condition, and not be exposed to the danger of losing their virtue. She visited the sick, served them, and dressed and kissed their loathsome sores. She founded in different parts of the kingdom many pious establishments, particularly an hospital near her own palace at Coïmbra, a house for penitent women who had been seduced into evil courses, at Torres-Novas, and an hospital for foundlings, or those children who, for want of due provision, are exposed to the danger of perishing by poverty, or the neglect and cruelty of unnatural parents. She was utterly regardless of her own conveniences, and so attentive to the poor and afflicted persons of the whole kingdom, that she seemed almost wholly to belong to them; not that she neglected any other duties which she owed to her neighbour, for she made it her principal study to pay to her husband the most dutiful respect, love, and obedience, and bore his injuries with invincible meekness and patience. Though King Dionysius was a friend of justice, and a valiant, bountiful, and compassionate prince, yet he was, in his youth, a worldly man, and defiled the sanctity of the nuptial state with abominable lusts. The good queen used all her endeavours to reclaim him, grieving most sensibly for the offence against God, and the scandal given to the people; and she never ceased to weep herself, and to procure the prayers of others for his conversion. She strove to gain him only by courtesy, and with constant sweetness and cheerfulness cherished his natural children, and took great care of their education. By these means she softened the heart of the king, who, by the succour of a powerful grace, rose out of the filthy puddle in which he had wallowed for a long time, and kept ever after the fidelity that was due to his virtuous consort. He instituted the Order of Christ in 1318; founded, with a truly royal magnificence, the university of Coïmbra, and adorned his kingdom with public buildings. His extraordinary virtues, particularly his liberality, justice, and constancy, are highly extolled by the Portuguese, and after his entire conversion, he was the idol and glory of his people. A little time before his perfect conversion there happened an extraordinary accident. The queen had a very pious, faithful page, whom she employed in the distribution of her secret alms. A wicked fellow-page envying him on account of this favour, to which his virtue and services entitled him, treacherously suggested to his majesty that the queen showed a fondness for that page. The prince, who by his own sensual heart was easily inclined to judge ill of others, gave credit to the slander, and resolved to take away the life of the innocent youth. For this purpose he gave order to a lime-burner, that if on such a day he sent to him a page with this errand to inquire, “Whether he had fulfilled the king’s commands?” he should take him and cast him into the lime-kiln, there to be burnt; for that death he had justly incurred, and the execution was expedient for the king’s service. On the day appointed he despatched the page with this message to the lime-kiln; but the devout youth on the road passing by a church, heard the bell ring at the elevation at mass, went in and prayed there devoutly; for it was his pious custom, if ever he heard the sign given by the bell for the elevation, always to go thither, and not depart till mass was ended. It happened, on that occasion, that as the first was not a whole mass, and it was with him a constant rule to hear mass every day, he staid in the church, and heard successively two other masses. In the meantime, the king, who was impatient to know if his orders had been executed, sent the informer to the lime-kiln, to inquire whether his commands had been obeyed; but as soon as he was come to the kiln, and had asked the question, the man supposing him to be the messenger meant by the king’s order, seized him, and threw him into the burning lime, where he was soon consumed. Thus was the innocent protected by his devotion, and the slanderer was overtaken by divine justice. The page who had heard the masses went afterwards to the lime-kiln, and having asked whether his majesty’s commands had been yet executed, brought him word back that they were. The king was almost out of himself with surprise when he saw him come back with this message, and being soon informed of the particulars, he easily discovered the innocence of the pious youth, adored the divine judgments, and ever after respected the great virtue and sanctity of his queen. 4

St. Elizabeth had by the king two children, Alphonsus, who afterwards succeeded his father, and Constantia, who was married to Ferdinand IV., king of Castille. This son, when grown up, married the infanta of Castille, and soon after revolting against his own father, put himself at the head of an army of malecontents. St. Elizabeth had recourse to weeping, prayer, fasting, and almsdeeds, and exhorted her son in the strongest terms to return to his duty, conjuring her husband at the same time to forgive him. Pope John XXII. wrote to her, commending her religious and prudent conduct; but certain court flatterers whispering to the king that she was suspected of favouring her son, he, whom jealousy made credulous, banished her to the city of Alanquer. The queen received this disgrace with admirable patience and peace of mind, and made use of the opportunity which her retirement afforded, to redouble her austerities and devotions. She never would entertain any correspondence with the malecontents, nor listen to any suggestions from them. The king himself admired her goodness, meekness, and humility under her disgrace; and shortly after called her back to court, and showed her greater love and respect than ever. In all her troubles she committed herself to the sweet disposal of divine providence, considering that she was always under the protection of God, her merciful father. 5

Being herself of the most sweet and peaceable disposition, she was always most active and industrious in composing all differences between neighbours, especially in averting war, with the train of all the most terrible evils which attend it. She reconciled her husband and son, when their armies were marching one against the other; and she reduced all the subjects to duty and obedience. She made peace between Ferdinand IV., king of Castille, and Alphonsus de la Cerda, his cousin-german, who disputed the crown: likewise between James II., king of Arragon, her own brother, and Ferdinand IV., the king of Castille, her son-in-law. In order to effect this last she took a journey with her husband into both those kingdoms, and to the great satisfaction of the Christian world, put a happy period to all dissensions and debates between those states. After this charitable work, king Dionysius, having reigned forty-five years, fell sick. St. Elizabeth gave him most signal testimonies of her love and affection, scarcely ever leaving his chamber during his illness, unless to go to the church, and taking infinite pains to serve and attend him. But her main care and solicitude was to secure his eternal happiness, and to procure that he might depart this life in sentiments of perfect repentance and piety. For this purpose she gave bountiful alms, and caused many prayers and masses to be said. During his long and tedious illness he gave great marks of sincere compunction, and died at Santaren, on the 6th of January, 1325. As soon as he had expired, the queen retired into her oratory, commended his soul to God, and consecrating herself to the divine service, put on the habit of the third Order of St. Francis. She attended the funeral procession, with her husband’s corpse, to Odiveras, where he had chosen his burying-place in a famous church of Cistercian monks. After a considerable stay there, she made a pilgrimage to Compostella, and returning to Odiveras, celebrated there her husband’s anniversary with great solemnity; after which she retired to a convent of Clares, which she had begun to rebuild before the death of her husband. She was desirous to make her religious profession, but was diverted from that design for some time upon a motive of charity, that she might continue to support an infinity of poor people by her alms and protection. She therefore, contented herself at first with wearing the habit of the third Order, living in a house which she built contiguous to her great nunnery, in which she assembled ninety devout nuns. She often visited them, and sometimes served them at table, having for her companion in this practice of charity and humility her daughter-in-law, Beatrix, the queen then reigning. However, by authentic historical proofs it is evinced that before her death she made her religious profession in the aforesaid third Order, as Pope Urban VIII., after mature discussion of those monuments, has declared. 1

A war being lighted up between her son Alphonsus IV., surnamed the Brave, king of Portugal, and her grandson, Alphonsus XI., king of Castille, and armies being set on foot, she was startled at the news, and resolved to set out to reconcile them, and extinguish the fire that was kindling. Her servants endeavoured to persuade her to defer her journey, on account of the excessive heats; but she made answer that she could not better expend her health and her life than by seeking to prevent the miseries and calamities of a war. The very news of her journey disposed both parties to peace. She went to Estremoz, upon the frontiers of Portugal and Castille, where her son was; but she arrived ill of a violent fever, which she looked upon as a messenger sent by God to warn her that the time was at hand wherein he called her to himself. She strongly exhorted her son to the love of peace and to a holy life; she confessed several times, received the holy viaticum on her knees at the foot of the altar, and shortly after extreme unction; from which time she continued in fervent prayer, often invoking the Blessed Virgin, and repeating these words: “Mary, mother of grace, mother of mercy, defend us from the wicked enemy, and receive us at the hour of our death.” She appeared overflowing with heavenly joy, and with those consolations of the Holy Ghost which make death so sweet to the saints; and in the presence of her son, the king, and of her daughter-in-law, she gave up her happy soul to God on the 4th of July, in the year 1336, of her age sixty-five. She was buried with royal pomp in the church of her monastery of poor Clares, at Coïmbra, and honoured by miracles. Leo X., and Paul IV., granted an office on her festival; and in 1612 her body was taken up and found entire. It is now richly enshrined in a magnificent chapel, built on purpose. She was canonized by Urban VIII., in 1625, and the 8th of July appointed for her festival. 7

The characteristical virtue of St. Elizabeth was a love of peace. Christ, the prince of peace, declares his spirit to be the spirit of humility and meekness; consequently the spirit of peace. Variance, wrath, and strife are the works of the flesh, of envy, and pride, which he condemns, and which exclude from the kingdom of heaven. Bitterness and contention shut out reason, make the soul deaf to the motives of religion, and open the understanding to nothing but what is sinful. To find the way of peace we must be meek and patient, even under the most violent provocations; we must never resent any wrong, nor return railing for railing, but good for evil; we must regard passion as the worst of monsters, and must judge it as unreasonable to hearken to its suggestions as to choose a madman for our counsellor in matters of concern and difficulty; above all, we must abhor it not only as a sin, but as leading to a numberless variety of other grievous sins and spiritual evils. Blessed are the peacemakers, and all who love and cultivate this virtue among men, they shall be called the children of God, whose badge and image they bear. 8

Note 1. Urban VIII. Constit. 58. Com sicut. An. 1626. Bullar. Roman, t. 5. p. 120.

Rev. Alban Butler (1711–73). Volume VII: July. The Lives of the Saints. 1866

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/7/081.html


ST. ELIZABETH OF PORTUGAL.

FEAST DAY: JULY 4TH

ELIZABETH was born in 1271. She was daughter of Pedro III. of Arragon, being named after her aunt, St. Elizabeth of Hungary. At twelve years of age, she was given in marriage to Denis, King of Portugal, and from a holy child became a saintly wife. She heard Mass and recited the Divine Office daily, but her devotions were arranged with such prudence that they in- terfered with no duty of her state. She prepared for her frequent communions by severe austerities, fasting thrice a week, and by heroic works of charity. She was several times called on to make peace between her husband and her son Alphonso, who had taken up arms against him. Her husband tried her much, both by his unfounded jealousy and by his infidelity to herself. A slander affecting Elizabeth and one of her pages made the king determine to slay the youth, and he told a lime-burner to cast into his kiln the first page who should arrive with a royal message. On the day fixed the page was sent; but the boy, who was in the habit of hearing Mass daily, stopped on his way to do so. The king, in suspense, sent a second page, the very originator of the calumny, who, coming first to the kiln, was at once cast into the furnace and burned. Shortly after, the first page arrived from the church, and took back to the king the lime-burner's reply that his orders had been fulfilled. Thus hearing Mass saved the page's life and proved the queen's innocence. Her patience, and the wonderful sweetness with which she even cherished the children of her rivals, completely won the king from his evil ways, and he became a devoted husband and a truly Christian king. She built many charitable institutions and religious houses, among others a convent of Poor Clares. After her husband's death, she wished to enter their order; but being dissuaded by her people, who could not do without her, she took the habit of the Third Order of St. Francis, and spent the rest of her life in redoubled austerities and alms-giving. She died at the age of sixty-five, while in the act of making peace between her children.

REFLECTION.—In the Holy Sacrifice of the Altar, St. Elizabeth daily found strength to bear with sweetness suspicion and cruelty and by that same Holy Sacrifice her innocence was proved. What succor do we forfeit by neglect of daily Mass!

SOURCE : http://jesus-passion.com/saint_elizabeth_of_portugal.htm


ST ELIZABETH OF PORTUGAL, WIDOW (A.D. 1336)

This Elizabeth was daughter of Peter III, King of Aragon. She was born in 1271, and received at the font the name of Elizabeth, from her great-aunt, St Elizabeth of Hungary, but she is known in her own country by the Spanish form of that name, Isabella. Her birth was an omen of that title of "the Peacemaker" which she was to earn in after-life, for by it was established a good understanding between her grandfather James, who was then on the throne, and her father, whose quarrelling had divided the whole kingdom. The young princess was of a sweet disposition, and from her early years had relish for anything that was conducive to devotion and goodness. She desired to emulate every virtue which she saw practiced by others, for she had been already taught that mortification of the will is to be joined with prayer to obtain the grace which restrains our tendency to sin. This is often insufficiently considered by those parents who excite the wilfulness and self-indulgence of their children by teaching them a love of worthless things and giving in to every whim and want. Certainly, fasting is not good for them; but submission of the will, obedience, and consideration for others are never more indispensable than at this time; nor is any abstinence more fruitful than that by which children are taught not to drink or eat between meals, to bear little denials without impatience, and never to make a fuss about things. The victory of Elizabeth over herself was owing to this early training.

At twelve years of age she was married to Denis, King of Portugal. That prince admired her birth, beauty, riches and personality more than her virtue; yet he allowed her an entire liberty in her devotion, and esteemed her piety without feeling called on to imitate it. Elizabeth therefore planned for herself a regular distribution of her time, which she never interrupted unless extraordinary occasions of duty or charity obliged her. She rose early every morning, and recited Matins, Lauds and Prime before Mass; in the afternoon she had other regular devotions after Vespers. Certain hours were allotted to her domestic affairs, public business, or what she owed to others. She was abstemious in her food, modest in her dress, humble and affable in conversation, and wholly bent upon the service of God. Frequent attempts were made to induce her to modify her life, but without success. Charity to the poor was a distinguishing part of her character. She gave orders to have pilgrims and poor strangers provided with lodging and necessaries, and made it her business to seek out and relieve persons who were reduced to necessity. She provided marriage dowries for girls, and founded in different parts of the kingdom charitable establishments, particularly a hospital at Coïmbra, a house for penitent women at Torres Novas, and a refuge for foundlings. Nor with it all did Elizabeth neglect any of her immediate duties, especially those of respect, love and obedience to her husband, whose neglect and infidelity she bore with much patience.

For Denis, though a good ruler, was a bad subject: just, brave, generous and compassionate in public life, devoted to his realm, but in his private relations selfish and sinful. The queen used all her endeavours to reclaim him, grieving deeply for the offence to God and the scandal given to the people; she never ceased to pray for his conversion. She strove to gain him by courtesy and constant sweetness, and cheerfully cherished his natural children and took care of their education.

St Elizabeth had two children, Alfonso, who afterwards succeeded his father, and a daughter, Constance. This son when he grew up showed a very rebellious spirit, partly due to the favour in which his father held his illegitimate sons. Twice he rose in arms and twice his mother brought about a reconciliation, riding out between the opposing forces. But evil tongues suggested to the king that she secretly favoured her son and for a time she was banished from the court. Her love for concord and qualities as a peacemaker were indeed very notable; she stopped or averted war between Ferdinand IV of Castile, and his cousin, and between that prince and her own brother, James II of Aragon.

Her husband Denis became seriously ill in 1324, and Elizabeth gave all her attention to him, scarcely ever leaving his room unless to go to the church. During his long and tedious illness the king gave marks of sincere sorrow for the disorders of his life, and he died at Santarem on January 6, 1325. After his burial the queen made a pilgrimage to Compostela, after which she wished to retire to a convent of Poor Glares which she had founded at CoÏmbra. However, she was dissuaded, and instead she was professed in the third order of St Francis, and lived in a house which she built near to her convent, leading a life of great simplicity.

The cause of peace that had been so dear to her all her life was the occasion of Elizabeth's death, which came about on July 4, 1336 at Estremoz, whither she had gone on an errand of reconciliation in spite of her age and the great heat. She was buried in the church of her monastery of Poor Clares at CoÏmbra, and honoured by miracles; and eventually in 1626 her cultus was crowned by canonization.

The Bollandists in the Acta Sanctorum, July, vol. ii, have printed a life of the queen which seems to be of almost contemporary date, and a good deal of information may also be found in the chronicles of the period. See also P. de Moucheron, Ste Elisabeth d'Aragon (1896); and a short sketch by Fr V. McNabb (1937). The story (told by Butler in company with many others) of the innocent page saved miraculously from death in a lime-kiln is a mere fiction which can be traced back to the folk-lore of ancient India. See Cosquin in the Revue des Questions historiques, vol. lxxiii (1903), pp. 3-12, with vol. lxxiv, pp. 207-217; and Formichi in Archivio delle tradizioni populari, vol. xxii (1903), pp. 9-30. It is only in 1562 that we find it christianized and told in connection with St Elizabeth.

SOURCE : http://www.katolikus.hu/hun-saints/elizabeth-po.html

Elizabeth (Isabel) of Portugal, OFM Tert. Queen (RM)

Born in Aragon, Spain, 1271; died at Estremoz on July 4, 1336; canonized in 1625 (1626?); feast day formerly on July 8.


Elizabeth, daughter of King Peter III of Aragon, was named after her great-aunt, Saint Elizabeth of Hungary, but she is known in Portugal by the Spanish form of that name, Isabella. At age 12 she married the dissolute and selfish Denis, king of Portugal. The first of their two children was born seven years later. King Denis was not a good man, but he was a strong, effective ruler and did not interfere with her commitment to good works though he did not join her in them.

She rose early each morning to pray, made provision for pilgrims and poor strangers, and sought out and relieved the distress of those in want. She provided dowries for girls and founded many charitable establishments: a hospital at Coimbra, hospices for travellers, a residence in Torres Novas for wayward women who wanted to leave a life of sin, shelters for wayward girls, and an orphanage. She herself would tend the sick.

With heroic patience she endured the infidelity of her husband and even provided for the education of his illegitimate children. Her son Alfonso, who was to succeed his father, grew up rebellious, partly in response to his father's treating his illegitimate sons favorably. Twice he sought to start wars, and in both cases his mother brought about a reconciliation between the opposing parties.

She also suffered persecution when unjustly accused of inciting her son against the king. All her goods were confiscated and she was banished from court. Despite all this, she refused to join with insurrectionists and urged loyalty to the king. She was finally vindicated of the false charges brought against her.

Elizabeth was a gifted arbitrator, and she cut short of prevented war between Ferdinand IV of Castile, and his cousin Alfonso IV of Aragon; and between Ferdinand and her brother, James II of Aragon. She came to be called the "Peacemaker."

When King Denis fell ill in 1324 and was dying, she forgave all his cruelties and nursed him in his last illness until he died in Santarem in 1325. The only time she left his side was to attend Mass. During his illness the king, who had been a capable leader, repented.

Elizabeth was 54 at the time of her husband's death. After his funeral, Elizabeth made a pilgrimage to Compostella. She then tried unsuccessfully to enter the convent of the Poor Clares that she had founded at Coimbra, Portugal. Failing that, she became a Franciscan tertiary and lived the monastic rule very simply in a house she built near her convent. It was her lifelong practice to pray the Liturgy of the Hours. There she devoted herself wholly to the service of God and the needy people of the neighborhood.

Elizabeth died seeking peace and reconciliation amongst the fierce monarchs of her age. Her son was now King Alfonso IV, and in 1336, he set out to do battle with his son-in-law the King of Castile. Elizabeth, though sick, set off to bring peace between them. She succeeded in her mission, but the exertions and heat were too much for her ailing body and she died before she could return to her beloved nuns at Coimbra. Nevertheless, Elizabeth was buried in the magnificent convent she founded in Coimbra, where she had often humbly served the other nuns at table.

Her chapel in honor of the Immaculate Virgin at the convent of the Trinity in Lisbon is perhaps one of the first sanctuaries in which the Immaculate Conception was venerated. It is said that Saint Elizabeth's last words were, "Mary, Mother of grace." One of her favorite sayings was, "If you love peace, all will be well." Miracles were reported at her tomb (Attwater, Benedictines, Bentley, Delaney, Martindale, White).

In art, Saint Elizabeth is depicted carrying roses in her lap in winter; crowned with roses; or as a Franciscan tertiary nun, sometimes with a beggar near her or with a rose or jug in her hand (Roeder, White). She is easily confused with Saint Elizabeth of Hungary, who is also a queen and Franciscan tertiary. Elizabeth is venerated in Saragossa and is invoked in time of war (Roeder).



Voir aussi : http://www.traditioninaction.org/SOD/j245sd_ElizabethPort_07_081.html