mardi 13 mars 2012

Sainte EUPHRASIE de CONSTANTINOPLE, vierge et martyre


Sainte Euphrasie

Alliée à la famille impériale de Théodose le jeune, fille d’un sénateur de Constantinople, sainte Euphrasie refusa à l’empereur d’accomplir le mariage par lequel il l’avait lui-même fiancée à l’âge de cinq ans ; et, pour fuir les instances de son fiancé, se retira en Egypte avec sa mère.

Elle y fit vœu de virginité et entra dans un monastère. Vainement Théodose voulut la rappeler à la cour ; elle lui répondit une lettre qui le pénétra d’admiration et qu’il fit lire au palais, à l’applaudissement de tous les Chrétiens.

L’humilité, l’obéissance, l’austérité, était les vertus favorites de la jeune religieuse, qui eut souvent à exercer sa douceur et sa patience dans l’intérieur même de son monastère.

Des miracles, la guérison d’un sourd-muet, celle d’une possédée, célébrèrent ses mérites.

Elle avait trente ans à peine quand elle fut divinement avertie de sa mort, qui la saisit vingt-quatre heures après, l’an 412 pour les uns, l’an 460 selon d’autres, au milieu des joies de la plus profonde dévotion.

Sainte Euphrasie, née vers l’an 382, saint Damase Ier étant pape, Gratien et Valentinien II empereurs en Occident et Théodose en Orient, était de race royale, et son père occupait l’une des charges les plus importantes à la cour de Constantinople. Après la mort de ses saints parents, elle renonça à une brillante alliance, et fit distribuer aux pauvres ses immenses richesses, afin que, délivrée des soucis de la terre, elle ne pensât plus qu’à servir Jésus-Christ.

C’est un monastère de la Thébaïde qui eut la joie de la recevoir, et elle en devint bientôt, malgré sa jeunesse, l’édification et le modèle. Dès sa douzième année, elle pratiqua les jeûnes du monastère et ne mangea qu’une fois le jour ; plus tard, elle demeura jusqu’à deux et trois jours sans prendre de nourriture ; elle put même parfois jeûner sans manger une semaine entière. Les occupations les plus viles avaient sa préférence : cette fille de prince balayait le couvent, faisait le lit de ses sœurs, tirait de l’eau pour la cuisine, coupait du bois, et faisait tout cela avec une joie parfaite.

Pour éprouver son obéissance, l’Abbesse lui commanda un jour de transporter d’un endroit du jardin à l’autre d’énormes pierres que deux sœurs ensemble pouvaient à peine mouvoir. Elle obéit sur-le-champ, saisit les pierres les unes après les autres et les transporta sans difficulté au lieu indiqué. Le lendemain, elle dut les reporter à leur première place. Pendant trente jours on l’employa au même travail, sans qu’on pût remarquer sur son visage aucune marque d’impatience.

Le démon, furieux de voir tant de vertu dans une frêle créature, lui fit une guerre acharnée. Un jour, il la jetait dans le puits où elle tirait de l’eau ; une autre fois il la précipitait d’un troisième étage, ou encore il la renversait sur la chaudière d’eau bouillante où elle faisait cuire le maigre repas de ses sœurs ; mais la jeune Sainte appelait Jésus à son secours et se riait des vains efforts de Satan.

Les attaques les plus terribles furent celles où le malin esprit lui représentait, pendant son sommeil, les vanités et les plaisirs du siècle qu’elle avait quittés ; mais elle en triomphait par un redoublement de mortifications et par le soin de découvrir à son Abbesse tous les pièges de son infernal ennemi.

L’existence de sainte Euphrasie était un miracle perpétuel ; car malgré ses effrayantes austérités elle n’était jamais malade, et son teint ne perdit rien de sa beauté ni de sa fraîcheur. Pendant une année entière on ne la vit jamais s’asseoir, et elle ne prit qu’un peu de sommeil sur la terre nue. Il n’est pas étonnant que Dieu lui ait accordé de guérir les sourds-muets et de délivrer les possédés.

Sa bienheureuse mort arriva en 412 (en 460 pour d’autres), saint Innocent Ier étant pape, Honorius empereur d’Occident et Théodose II en Orient ; elle avait trente ans : mais, malgré sa jeunesse, elle était mûre pour le Ciel et digne d’entrer dans la joie de son Époux.

SOURCE : http://www.cassicia.com/FR/Vie-de-sainte-Euphrasie-vierge-Fete-le-13-mars-Le-demon-furieux-de-voir-tant-de-vertu-dans-une-frele-creature-lui-fit-une-guerre-acharnee-No_1247.htm


SAINTE EUPHRASIE

Vierge

(382-412)

Sainte Euphrasie était de race royale, et son père occupait l'une des charges les plus importantes à la cour de Constantinople. Après la mort de ses saints parents, elle renonça à une brillante alliance, et fit distribuer aux pauvres ses immenses richesses pour ne penser plus qu'à servir Jésus-Christ. C'est un monastère de la Thébaïde qui eut la joie de la recevoir, et elle en devint bientôt, malgré sa jeunesse, l'édification et le modèle.

Dès sa douzième année, elle pratiqua les jeûnes du monastère, et ne mangea qu'une fois le jour; plus tard, elle demeura jusqu'à deux ou trois jours sans prendre de nourriture; elle put même parfois jeûner sans manger, une semaine entière. Les occupations les plus viles avaient sa préférence: cette fille de prince balayait le couvent, faisait le lit de ses soeurs, tirait de l'eau pour la cuisine, coupait du bois, et faisait tout cela avec une joie parfaite.

Pour éprouver son obéissance, l'abbesse lui commanda un jour de transporter d'un endroit du jardin à l'autre d'énormes pierres que deux soeurs ensemble pouvaient à peine mouvoir. Elle obéit sur-le-champ, saisit les pierres les unes après les autres et les transporta sans difficulté au lieu indiqué. Le lendemain, elle dut les reporter à leur première place. Pendant trente jours on l'employa au même travail, sans qu'on put remarquer sur son visage aucune marque d'impatience.

Le démon, furieux de voir tant de vertu dans une frêle créature, lui fit une guerre acharnée. Un jour, il la jetait dans le puits où elle tirait de l'eau; une autre fois il la renversait sur la chaudière d'eau bouillante où elle faisait cuire le maigre repas de ses soeurs; mais la jeune sainte appelait Jésus à son secours et se riait des vains efforts de Satan. Les attaques les plus terribles furent celles où le malin esprit lui représentait, pendant son sommeil, les vanités et les plaisirs du siècle qu'elle avait quittés; mais elle en triomphait par un redoublement de mortifications et par le soin de découvrir à son abbesse tous les pièges de son infernal ennemi.

L'existence d'Euphrasie était un miracle perpétuel; car, malgré ses effrayantes austérités, elle n'était jamais malade, et son teint ne perdit rien de sa beauté ni de sa fraîcheur. Pendant un an, on ne la vit jamais s'asseoir, et elle ne prit qu'un peu de sommeil sur la terre nue. Dieu lui accorda le don de guérir les sourds-muets et de délivrer les possédés.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/sainte_euphrasie.html


Sainte Euphrasie

Fête le 13 mars

Cinquième siècle

Naissance de la sainte

Sous le règne de l’empereur Théodose le Jeune, on remarquait à la cour de Constantinople un sénateur de haute naissance nommé Antigone, connu de tous par sa bonté et sa libéralité envers les pauvres. Son épouse Euphrasie, comme lui de sang royal, se distinguait par sa piété, une douceur et une simplicité bien rares chez les grands. Tous deux se rendirent agréables à Dieu par leurs bonnes œuvres et pour prix de leur fidélité, le ciel leur accorda une fille qui devint la Sainte dont nous rapportons ici la vie.

Quelques jours après la naissance de l’enfant, les deux époux cédant aux sollicitations de la grâce, résolurent de fuir les plaisirs du monde et de vivre de la vie des anges. Mais après une année passée dans la continence, Antigone mourut. L’empereur pleura un parent et un ami dévoué, la cour un conseiller fidèle et les pauvres un père véritable.

Premières années d’Euphrasie

L’étroite affection de l’empereur pour Antigone se reporta sur sa veuve qui fut entourée d’honneurs, et sur sa fille qu’il fiança dès l’âge de cinq ans à un jeune sénateur. Ce dernier toutefois, jetant les yeux sur la mère, conçut un vif désir de l’épouser. Il fit part de son projet à l’impératrice qui se chargea de le réaliser ; mais la veuve d’Antigone, fidèle à son vœu, refusa énergiquement la main qui lui était offerte, et, pour couper court à tout embarras, elle se retira en Egypte avec sa fille, dans les domaines de son mari.

Durant son voyage, elle fit d’abondantes aumônes aux monastères pauvres et aux indigents et demandait en retour des prières pour l’âme de son mari et pour sa fille.

Or il arriva que dans une ville de Thébaïde, Euphrasie rencontra un monastère de femmes, alors très en renom. Les religieuses y étaient au nombre de cent trente environ. Leur nourriture se composait de légumes cuits à l’eau ; elles ne faisaient jamais usage de vin, ni d’huile ni de fruits. Leur jeûne était continuel, elles ne faisaient qu’un repas, après le coucher du soleil, quelques-unes même jeûnaient deux et trois jours entiers. L’abbesse, pour vaincre de terribles tentations était restée une fois durant l’espace de quarante jours sans prendre aucune nourriture.

Un tel centre de piété fit les délices de la fervente Euphrasie qui fixa sa demeure à peu de distance de là. Ses visites y étaient fréquentes, elle aimait à s’y entretenir des douceurs de la vie contemplative et s’appliquait surtout à faire profiter sa fille de ses pieux entretiens pour mieux former son cœur à la pratique et à l’amour de la vertu.

Un jour l’abbesse du couvent eut avec la jeune Euphrasie une curieuse conversation :

- Euphrasie aimez-vous ce couvent et aimez-vous les religieuses ?

- Certainement, madame, je les aime de tout mon cœur.

- Si vous nous aimez, il faut demeurer avec nous et revêtir notre habit.

- Si je ne craignais point de contrarier ma bonne mère, répondit l’enfant, je ne sortirais jamais de ce lieu.

- Nous aimez-vous plus que l’époux qui vous est destiné ?

- Je ne le connais point cet époux, répondit naïvement Euphrasie, mais vous, je vous connais et je vous aime. Et vous, m’aimez-vous aussi ?

- Nous vous aimons tendrement, mon enfant, et nous aimons aussi Jésus-Christ.

- Je vous aime beaucoup, et aussi Jésus-Christ de tout mon cœur.

La mère écoutait en silence ce singulier entretien, elle remerciait Dieu à l’intérieur de son cœur, d’avoir placé de telles paroles sur les lèvres de son enfant ; puis comme le jour commençait à baisser, elle interrompit l’entretien en disant :

- Retirons-nous, mon enfant, car il est tard.

- Ma mère, je veux rester ici, répondit vivement Euphrasie.

- Cela est impossible, lui dit alors l’abbesse car personne ne peut rester ici sans se consacrer entièrement au service de Jésus-Christ !

- Où est Jésus-Christ ?

L’abbesse lui mit alors entre les mains l’image du divin crucifié, et l’enfant la baisant avec transport s’écria d’une voix ferme : « Je me consacre entièrement à Jésus-Christ et je veux tout quitter pour le suivre. »

La nuit commençait à venir, la mère insistait toujours, mais ni ses paroles ni celles de l’Abbesse ne purent la fléchir.

- Vous ne pouvez pas rester ici aujourd’hui, lui dit alors gravement l’Abbesse, car il n’y a point de place ici pour vous recevoir.

- Où vous resterez, répondit doucement l’enfant, je resterai aussi.

Rien ne put ébranler cette volonté affermie en un instant par la grâce de Jésus-Christ, la mère dut s’éloigner seule.

Plusieurs jours s’écoulèrent ainsi, Euphrasie persistait dans son pieux dessein.

- Si vous voulez devenir religieuse, lui dit une dernière fois l’abbesse devant sa mère qui la venait visiter chaque jour, vous devez étudier, travailler, apprendre de mémoire tout le psautier et jeûner tous les jours.

- Rien de tout cela ne m’effraye ; je ne vous demande qu’une faveur, celle de m’admettre au milieu de vous.

Reconnaissant alors que sa fille obéissait à l’appel de Dieu, la mère la conduisit devant l’image de Jésus crucifié et, d’une voix entrecoupée de sanglots, elle s’écria : « Seigneur Jésus ! recevez vous-même cette enfant ! elle ne désire que vous, elle ne cherche que vous, soyez donc son unique récompense. Et toi, ma fille, que Celui qui a créé les montagnes inébranlables sur leur base, te confirme dans la crainte de son nom ! »

Puis, remettant sa fille aux mains de l’abbesse, la pieuse mère se retira en versant des larmes, mais le cœur inondé de la joie que Jésus-Christ se plaît à répandre dans les âmes de ceux qui savent s’imposer de généreux sacrifices. Elle fit de grandes aumônes aux pauvres pour attirer les bénédictions du ciel sur les résolutions de sa fille. Peu de jours après, la jeune postulante recevait des mains de l’abbesse la robe grossière de religieuse.

Vertus religieuses de sainte Euphrasie

Ses combats

Un coup bien sensible allait l’éprouver ; sa mère quitta cette terre et Euphrasie restait orpheline à douze ans. Malgré son jeune âge, elle supporta avec une résignation parfaite cette nouvelle épreuve, ne soupirant désormais plus qu’après l’heureux moment où elle pourrait rejoindre sa mère. Mais dès que Théodose apprit la mort de l’épouse d’Antigone, il envoya des lettres à la jeune Euphrasie pour la prier de venir à la cour épouser le sénateur, son fiancé. La jeune vierge lui fit cette belle réponse : « Vous ne me persuaderez pas, ô empereur, de répudier le Christ Dieu éternel pour m’attacher à un époux mortel dont le corps doit dans peu d’années devenir la nourriture des vers. Ce qui est plein de beauté aujourd’hui ne sera que cendre demain. N’insistez pas, ô empereur, ma résolution est inébranlable, distribuez mes biens aux pauvres et souvenez-vous devant Dieu d’Antigone, de son épouse et de sa fille. »

Dès lors, Euphrasie embrassa avec ardeur la vie religieuse. Malgré son jeune âge et sa faible complexion, on la voyait toujours la première aux travaux matériels et elle choisissait de préférence ceux qui paraissaient l’humilier davantage. Pleine de zèle pour l’observance de la règle, elle devint en peu de temps un modèle de régularité et un sujet d’édification pour tout le couvent. Le jeûne qui effraye tant d’âmes dans le monde, n’était rien pour elle ; souvent elle demeurait deux ou trois jours sans manger et sans cesser de remplir tous ses emplois, ni d’assister au chant de l’office. Elle domptait ainsi son corps pour dégager davantage l’esprit et lui permettre de s’élever dans les hauteurs de la contemplation.

Le démon qui ne pouvait souffrir tant de piété ne tarda pas à livrer à la jeune religieuse de redoutables assauts. Mais la vertu était si grande dans cette âme d’élite et son obéissance si parfaite que l’esprit malin ne put rien contre elle. Euphrasie révéla tout à l’abbesse et l’esprit de ténèbres qui ne redoute rien tant que l’aveu sincère des tentations à une personne éclairée, se retira honteusement. Néanmoins, pour mieux en triompher à l’avenir, la sainte ajouta un jour de jeûne aux trois qu’elle pratiquait déjà.

Pour éprouver son obéissance, l’abbesse commanda un jour à Euphrasie de transporter d’un endroit du jardin à l’autre d’énormes pierres que deux sœurs ensemble pouvaient à peine mouvoir. Tout autre aurait hésité devant un tel ordre aussi étrange, mais Euphrasie obéit sur-le-champ. L’abbesse a parlé ; c’est assez, elle saisit les pierres les unes après les autres et les transporte sans difficulté au lieu indiqué.

Le lendemain, elle dut les reporter à leur première place. Pendant trente jours, on l’employa au même travail sans qu’on pût apercevoir sur son visage une seule marque de mécontentement ou d’impatience.

Elle était unie à Dieu par une oraison continuelle, et le démon ne pouvant triompher d’elle pendant le jour, résolut de l’attaquer pendant son sommeil. Il lui apparut sous la figure du sénateur qu’elle devait épouser, à la tête de nombreux soldats qui venaient l’arracher à sa retraite. Elle poussa un cri, s’éveilla au même instant, et commença aussitôt à faire oraison jusqu’au matin. L’esprit malin revint à plusieurs reprises, mais la jeune vierge usa du remède si puissant et si commun de tout avouer à l’abbesse qui l’encouragea par des conseils salutaires et lui permit sur sa demande de jeûner huit jours entiers. La courageuse vierge observa fidèlement ce jeûne rigoureux sans rien omettre de ses emplois journaliers. Les religieuses n’avaient que des paroles d’admiration pour la plus jeune de leurs sœurs ; son existence était un miracle perpétuel, car malgré son austérité et ses nombreuses charges, elle n’était jamais malade ; son teint ne perdit pas de sa beauté ni de sa fraîcheur quoique pendant un an, au dire de quelques religieuses qui assurèrent l’avoir rigoureusement observée, elle ne se fût jamais assise, pas même pour prendre ses repas et qu’elle n’ait jamais goûter d’autre repos que les courtes heures qu’elle passait la nuit, couchée sur la terre.

Néanmoins le démon ne se lassait point de la tourmenter. Il vint troubler de nouveau son sommeil en lui représentant les vanités et les plaisirs du siècle. Mais Jésus-Christ veillait sur son épouse fidèle. Euphrasie quittant aussitôt sa couche, sort du couvent, va faire son oraison en plein air malgré le froid de la nuit, et levant les mains au ciel, elle implore avec larmes le secours du Tout Puissant. Depuis dix jours déjà elle était plongée dans la prière quand les sœurs touchées de compassion demandèrent à l’abbesse de l’en retirer, mais celle-ci défendit de la déranger. Trente jours s’écoulèrent ainsi et la courageuse vierge poursuivait sa prière sans prendre ni nourriture ni repos. Enfin le quarante-cinquième jour, épuisée de fatigue, elle tombe sur le sol privée de connaissance. On la porte au couvent, mais à ses membres raidis on aurait cru porter un cadavre. L’abbesse se présenta à elle et faisant le signe de la croix, elle lui dit en lui donnant un peu de bouillon chaud : «  Au nom de Jésus-Christ, Euphrasie, prenez cette nourriture. »

Euphrasie reprenant aussitôt connaissance but ce qu’on lui offrit et ne tarda pas à recouvrer toutes ses forces.

Satan veut lui ôter la vie

De plus en plus irrité, Satan essaya de lui ôter la vie. Un jour que la sainte puisait de l’eau pour les besoins de la cuisine, et que, comme de coutume, elle faisait oraison, l’esprit malin la saisit avec violence et la précipita au fond du puits, la tête en bas. Dès qu’elle se sentit tomber, la servante du Christ s’écria : « O Christ, venez à mon aide. » A ce cri, les religieuses accoururent en toute hâte et la retirèrent à grand peine du gouffre.

Sitôt qu’elle fut hors de danger, la sainte fit le signe de la croix : « Vive Jésus-Christ, s’écria-t-elle toute joyeuse, tu ne me vaincra pas, Satan, et je ne céderai point. » Et sans perdre un instant, elle saisit ses deux vases pleins d’eau et s’élance vers la cuisine.

Une autre fois le démon la jeta du haut d’une tour très élevée mais la sainte ne se fit aucun mal. Dès qu’elle fut à terre, elle courut au-devant des sœurs qui pensaient ne relever que son cadavre et déclara à l’abbesse qu’elle ne s’était pas aperçue qu’elle tombait. Celle-ci considérant de quelle hauteur elle était tombée regarda ce prodige comme la plus grande marque de la protection de Dieu sur la sainte, et ordonna de suite des prières et actions de grâces.

Vaincu tant de fois, Satan essaya une dernière tentative. Euphrasie faisait cuire les légumes pour le repas des sœurs. L’esprit du mal profita du moment où elle transportait une marmite pleine d’eau bouillante pour la faire tomber et lui renverser ainsi une grande quantité d’eau sur le visage. Les sœurs témoins du malheur ne purent retenir un cri d’effroi et se regardèrent consternées, mais quelle ne fut pas leur surprise quand elles virent Euphrasie se relever en sursaut, et la face radieuse. Euphrasie voyant leur étonnement leur dit : « Pourquoi mes sœurs, êtes-vous ainsi troublées ? » Celles-ci ne surent que répondre, mais regardant une seconde fois l’eau contenue dans la marmite et voyant que le peu qu’elle contenait bouillait encore, elles s’écrièrent avec admiration : « Dieu protège Euphrasie, que son nom soit béni ! » La sainte leur dit alors qu’elle n’avait pas senti autre chose que de l’eau froide qui lui tombait sur le visage.

Cet échec vint terminer la longue série de ceux que le prince des ténèbres avait subis dans ses luttes contre la sainte. Dieu avait éprouvé sa servante et il témoigna qu’elle était agréable à son cœur en accomplissant par elle plusieurs prodiges éclatants.

Miracles de la sainte. – Un enfant guéri. – Le démon chassé

C’était la coutume dans la contrée de porter au monastère tous les enfants malades ou infirmes pour obtenir leur guérison. Les religieuses les portaient à l’oratoire et adressaient pour eux de ferventes prières qui souvent leur procuraient la santé. On apporta un jour un petit enfant, à la fois sourd-muet et paralytique. L’abbesse commanda à Euphrasie d’aller le recevoir des mains de la mère. La sainte obéit aussitôt ; mais dès qu’elle vit dans ses bras une créature si chétive, elle fut touchée de compassion et lui faisant le signe de la croix sur le front, elle dit : « Que celui qui t’a créé te guérisse. » Et elle le porta à l’abbesse. Durant le trajet l’enfant poussa quelques cris, puis se débattit si fort que la sainte dut le mettre à terre, mais à peine fut-il en liberté qu’il partit en courant rejoindre sa mère. On rapporta le fait à l’abbesse qui, faisant appeler la mère :

- Pourquoi ma sœur, avez-vous voulu nous tenter.

- Par Jésus-Christ, répondit cette femme, je n’ai jamais eu pareille intention, et je vous jure que jamais mon enfant n’a parlé, ni entendu, ni marché.

L’abbesse connut alors que Dieu glorifiait son humble servante. La mère se retira joyeuse en remerciant Dieu, et Euphrasie retourna humblement à ses occupations.

Or, il y avait dans le couvent une femme possédée du démon dès son enfance. Ses parents ne sachant qu’en faire la confièrent aux religieuses qui étaient obligées de la tenir constamment enchaînée. A certains moments, elle grinçait des dents, écumait de la bouche et poussait des hurlements affreux. On lui donnait à manger au moyen d’un bâton au bout duquel était placé un pot contenant sa nourriture. Longtemps on avait prié pour sa délivrance sans jamais rien obtenir. Connaissant la sainteté d’Euphrasie, l’Abbesse lui confie le soin de cette malheureuse et la prie un jour de porter à manger à cette femme, si toute fois elle ne la craignait point. – « Je ne crains rien, dit la Sainte, puisque vous me le commandez ». Et prenant aussitôt quelques légumes, elle se présenta devant la possédée qui cria, grinça des dents et s’élançant sur la sainte voulut briser le vase qu’elle portait ; mais Euphrasie lui prenant aussitôt les mains lui dit d’une voix ferme : « Vivement Dieu et ses anges ; si tu te révoltes je t’étends à terre et je te flagelle durement. » Le démon s’apaisa : « Asseyez-vous ma sœur, dit alors la sainte, ne vous tourmentez point et manger. »

Dès ce jour la possédée fut plus douce et si parfois le démon reprenait son empire, la seule présence d’Euphrasie suffisait à le mettre en fuite.

La sainte pria beaucoup pour cette malheureuse créature, et l’Abbesse voyant quel était son empire sur le démon, et avec quelle charité elle s’acquittait de sa pénible fonction, après avoir consulté les religieuses les plus expérimentées du couvent, commanda à Euphrasie de chasser l’esprit infernal.

- Je sais, lui dit l’Abbesse, que le Christ vous a donné ce pouvoir, ne vous effrayez donc point et marchez sans crainte contre le démon.

- Quoi, répondit humblement la sainte qui ne revenait point de sa surprise, vos prières ont été impuissantes jusqu’ici et vous voulez que je fasse cela ! »

Euphrasie se retire sur-le-champ à l’oratoire, et se prosternant devant l’autel le front contre terre, elle implore avec larmes le secours du ciel pour accomplir la mission qui lui était confiée. Elle se releva toute réconfortée et sur un signe de l’Abbesse elle alla droit au démon. La sainte fit d’abord un signe de croix sur le front de la malheureuse en disant : « Que Jésus-Christ Notre-Seigneur qui t'a créée te guérisse. »

- O folie et témérité, répondit le démon, depuis si longtemps que je suis en ce lieu personne n’a pu m’en chasser et c’est une luxurieuse qui veut le faire aujourd’hui !

- Ce n’est point moi qui te chasse, mais c’est le Christ, ton Dieu !

- Tu n’as point le pouvoir de me chasser, je ne partirai point.

- Obéis au Christ ! dit avec fermeté la sainte en levant une verge sur la tête de la possédée, ou je te flagelle violemment !

- Si je m’en vais où irai-je ?

- Au feu éternel préparé à ton père Satan et à ceux qui t’écoutent !

Le démon commença à se débattre violemment, les cris recommencèrent, et la malheureuse se tordit en écumant. Les sœurs priaient avec ferveur. Euphrasie levant les mains au ciel s’écria : « Seigneur Jésus, n’humiliez point votre servante à cette heure, et terrassez l’ennemi du genre humain ! » Jésus entendit cette prière et le démon, infligeant les dernières tortures à la malheureuse, la traîne à terre et s’enfuit en faisant un bruit infernal. On se rendit de suite à l’oratoire pour remercier Dieu d’un aussi grand bienfait ; quant à Euphrasie, elle augmenta ses jeûnes et ses mortifications pour se rendre digne de la faveur que Dieu lui avait faite.

Mort de la sainte

Quelques années après ces événements, l’Abbesse connut par une vision le jour de la mort d’Euphrasie et la gloire que Jésus lui réservait dans l’éternité. Elle en avertit la sainte qui fondit en larmes en apprenant que son jugement était si proche et supplia l’Abbesse de demander à Dieu de lui accorder un an de vie pour faire pénitence de ses fautes. Mais ce fruit était mûr pour le ciel, et l’épouse avait été jugée digne du lit nuptial. Elle fut tout à coup saisie d’une fièvre violente et en peu de temps on vit qu’il n’y avait plus d’espoir.

Les sœurs entouraient son lit en pleurant ; celle qui avait été délivrée du démon veut lui embrasser les mains, et une sœur qui avait toujours été sa compagne et son amie lui demande à ce moment suprême de ne la point laisser longtemps séparée d’elle. Elle la suivit en effet au ciel trois jours après. La sainte recouvra sa connaissance pour demander pardon aux sœurs des peines involontaires qu’elle leur avait causées, se recommanda encore à leurs prières, puis son âme alla recevoir dans le ciel la récompense qu’elle avait méritée. C’était en l’an 412, sous le pontificat de saint Innocent 1er.

SOURCE : http://viedessaints.free.fr/vds/euphrasie.html

Saint Euphrasia (382-412), born in Constantinople, was the daughter of noble and pious parents, honored by the pious Emperor Theodosius and the Empress of that city. After the early death of Antigonus, her father, her mother consecrated her widowhood to God, and retired with their only child into Egypt, where she possessed a very large estate. In those days there were many monasteries of nuns as well as of holy cenobites; in one single city there were twenty thousand such holy women, consecrated to Jesus Christ. Euphrasia’s mother chose to reside near a monastery of one hundred and thirty nuns, which she often visited, accompanied by Euphrasia. When the little girl, seven years of age, begged that she might be permitted to serve God in this monastery, the pious mother wept for joy.

Then the mother led her before an image of our Redeemer, and lifting up her hands to heaven said, “Lord Jesus Christ, receive this child under Your special protection. It is You alone whom she loves and seeks; to You she recommends herself.” Then leaving her in the hands of the abbess, she went out of the monastery weeping. She continued her life of prayer and mortification, and a few years later, when this good mother fell sick, she slept in peace.

On receiving the news of her death, Theodosius sent for the noble virgin to come to court, as he considered himself her protector, and already during her childhood had arranged for her to be married to a young senator of Constantinople, when she would reach a suitable age. But the virgin wrote him letter. In it she said, “I belong to Jesus, and I cannot give myself to anyone else. My only desire is that the world should forget about me completely. I humbly beg Your Majesty to take all the riches my parents left me and give them to the poor. I ask Your Majesty to free all the slaves of my family. Please cancel all the debts people owe me.”. The emperor punctually executed all her wishes, shortly before his death in 395.

Saint Euphrasia was a perfect pattern of humility, meekness, and charity. If she found herself assaulted by any temptation, she immediately sought the advice of the abbess, who often on such occasions assigned to her some humbling and painful penitential labor, which she would execute to perfection. Once she moved a pile of great rocks from one place to another, continuing for thirty days with wonderful simplicity, until the devil, vanquished by her humble obedience, left her in peace. She became powerful over the demons, and delivered many possessed persons. She cured a child who was paralyzed, deaf and dumb, making the sign of the cross over him and saying, “May He who created you, heal you!” She was favored with other miracles also, both before and after her death, which occurred in the year 412, the thirtieth of her age.

SOURCE :
http://www.ucatholic.com/saints/saint-euphrasia/

St. Euphrasia (Eupraxia)

Virgin, b. in 380; d. after 410. She was the daughter of Antigonus, a senator of Constantinople, and a relation of Emperor Theodosius. Her father died shortly after her birth, and her mother, also Euphrasia, devoted her life thenceforth exclusively to the service of God. To carry out this ideal she abandoned the capital, and, with her seven-year-old daughter, repaired to Egypt, where she dwelt on one of her estates, near a convent, and adopted the nuns' austere mode of life. This example aroused in her daughter the desire to enter the convent, and her mother gave her into the care of the superior, that she might be trained in the ascetic life. After her mother's death she declined an offer of marriage made, by the Emperor Theodosius, on behalf of a senator's son, transferred to the emperor her entire fortune, to be used for charitable purposes, and took up, with a holy ardour, the rigorous practices of Christian perfection. She was about thirty when she died. Her feast is celebrated in the Greek Church on 25 July, and in the Latin Church on 13 March. She is mentioned by St. John Damascene, in his third "Oratio de imaginibus".


Kirsch, Johann Peter. "St. Euphrasia (Eupraxia)." The Catholic Encyclopedia. Vol. 5. New York: Robert Appleton Company,1909. 13 Mar. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/05606b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Gerald M. Knight.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. May 1, 1909. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.


SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/05606b.htm

Euphrasia of Constantinople V (RM)
(also known as Euphraxia)


Born in Constantinople, Byzantium; died c. 420. Saint Euphrasia's father, Antigonus, was a blood relative of Emperor Theodosius I. Her mother, Eupraxia, was no less illustrious for her birth and virtue. Because of his close ties with her parents and the fact that she was an only child, the emperor took an interest in Euphrasia and, when she was only five, found her a rich senator for her future husband. After her birth, her pious parents mutually consented and vowed themselves to perpetual continence. From that time they lived together as brother and sister in order to devote themselves to prayer, alms-giving, and penance.


Antigonus died within a year, and the holy widow withdrew with her daughter to her large estates in Egypt in order to avoid importunate suitors for marriage and the distraction of friends. Near her home in Tabenisi was a monastery of one hundred and thirty austere nuns, who fasted severely and regularly, wore and slept on sackcloth that they made themselves, and prayed almost without interruption. When sick, they bore their pains with patience and thanksgiving, esteeming them an effect of the divine mercy: nor did they seek relief from physicians, except in cases of absolute necessity. Delicate and excessive attention to health nourishes self-love and often destroys the health that it anxiously tries to preserve.

The example of these holy virgins, moved the devout mother to greater fervor in the exercise of faith and charity. She frequently visited these servants of God, and earnestly entreated them to accept a considerable annual revenue, with an obligation that they should always be bound to pray for the soul of her deceased husband. But the abbess refused the estate, saying: "We have renounced all the conveniences of the world, in order to purchase heaven. We are poor, and such we desire to remain." She could only be prevailed upon to accept a continuous supply of oil for the votive lamp and incense for the altar.

The seven-year-old Euphrasia asked her mother for permission to serve God in this convent. Eupraxia joyfully gave permission and soon after presented Euphrasia to the abbess, who, taking up an image of Christ, gave it into her hands. The tender virgin kissed it, saying: "By vow I consecrate myself to Christ." Then the mother led her before an image of our Redeemer, and lifting up her hands to heaven, said: "Lord Jesus Christ, receive this child under your special protection. She seeks and loves You alone and commends herself only to You." Then turning to her dear daughter, she said: "May God, who laid the foundations of the mountains, strengthen you always in his holy fear." And leaving her in the hands of the abbess, she left the monastery weeping.

At first the nuns supposed the youngster would soon tire of the austerities of religious life. None of the burdens, however, discouraged Euphrasia. Of course, she probably wondered at times whether she had missed some great pleasure by quitting the world, but her greatest joy was in serving God by serving others.

When Eupraxia later fell deathly ill, she gave her last instructions to her daughter: "Fear God, honor your sisters, and serve them with humility. Never think of what you have been, nor say to yourself that you are of royal extraction. Be humble and poor on earth, that you may be rich in heaven." The good mother then died.

When news of her death reached the ears of the emperor, Theodosius sent for the noble virgin to court, having promised her in marriage to a favorite young senator. But in her own hand the virgin wrote him: "Invincible emperor, having consecrated myself to Christ in perpetual chastity, I cannot be false to my engagement, and marry a mortal man, who will shortly be the food of worms. For the sake of my parents, be pleased to distribute their estates among the poor, the orphans, and the church. Set all my slaves at liberty, and discharge my vassals and servants, giving them whatever is their due. Order my father's stewards to acquit my farmers of all they owe since his death, that I may serve God without let or hindrance, and may stand before him without the solicitude of temporal affairs. Pray for me, you and your empress, that I may be made worthy to serve Christ."

The messengers returned with this letter to the emperor, who shed many tears in reading it. The senators who heard it burst also into tears, and said to his majesty; "She is the worthy daughter of Antigonus and Eupraxia, of your royal blood, and the holy offspring of a virtuous stock." The emperor punctually executed all she desired, a little before his death, in 395.

Saint Euphrasia was to her pious sisters a perfect pattern of humility, meekness, and charity. If she found herself assaulted by any temptation she immediately confessed it to the abbess, to drive away the devil by that humiliation, and to seek a remedy. The discreet superioress often enjoined her on such occasions, some humbling and painful penitential labor; as sometimes to carry great stones from one place to another; which employment she once under an obstinate assault, continued thirty days together with wonderful simplicity, till the devil being vanquished by her humble obedience and chastisement of her body, he left her in peace. Her diet was only herbs or pulse, which she took after sunset, at first every day, but afterwards only once in two or three, or sometimes seven days. But her abstinence received its chief merit from her humility; without which it would have been a fast of devils.

She cleaned out the chambers of the other nuns, carried water to the kitchen, and, out of obedience, cheerfully employed herself in the meanest drudgery; making painful labor a part of her penance. To mention one instance of her extraordinary meekness and humility: it is related, that one day a maid in the kitchen asked her why she fasted whole weeks, which no other attempted to do besides the abbess. Her answer was, that the abbess had enjoined her that penance. The other called her a hypocrite. Upon which Euphrasia fell at her feet, begging her to pardon and pray for her. In which action it is hard to say, whether we ought more to admire the patience with which she received so unjust a rebuke and slander or the humility with which she sincerely condemned herself; as if, by her hypocrisy and imperfections, she had been a scandal to others.

She was favored with miracles both before and after her death at the age of 30. Her name is still mentioned in the preparation of the Byzantine Mass (Benedictines, Bentley, Encyclopedia, Husenbeth).

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0313.shtml


St. Euphrasia, Virgin

ANTIGONUS, the father of this saint, was a nobleman of the first rank and quality in the court of Theodosius the younger, nearly allied in blood to that emperor, and honoured by him with several great employments in the state. He was married to Euphrasia, a lady no less illustrious for her birth than virtue, by whom he had only one daughter and heiress, called also Euphrasia, the saint of whom we treat. After her birth, her pious parents, by mutual consent, engaged themselves by vow to pass the remainder of their lives in perpetual continency, that they might more perfectly aspire to the invisible joys of the life to come; and from that time they lived together as brother and sister, in the exercises of devotion, alms-deeds, and penance. Antigonus died within a year, and the holy widow, to shun the importunate addresses of young suitors for marriage, and the distraction of friends, not long after withdrew privately, with her little daughter, into Egypt, where she was possessed of a very large estate. In that country she fixed her abode near a holy monastery of one hundred and thirty nuns, who never used any other food than herbs and pulse, which they took only after sun-set, and some only once in two or three days; they wore and slept on sackcloth, wrought with their hands, and prayed almost without interruption. When sick, they bore their pains with patience, esteeming them an effect of the divine mercy, and thanking God for the same: nor did they seek relief from physicians, except in cases of absolute necessity, and then only allowed of ordinary general remedies, as the monks of La Trappe, do at this day. Delicate and excessive attention to health nourishes self-love and immortification, 1 and often destroys that health which it studied anxiously to preserve. By the example of these holy virgins, the devout mother animated herself to fervour in the exercises of religion and charity, to which she totally dedicated herself. She frequently visited these servants of God, and earnestly entreated them to accept a considerable annual revenue, with an obligation that they should always be bound to pray for the soul of her deceased husband. But the abbess refused the estate, saying: “We have renounced all the conveniences of the world, in order to purchase heaven. We are poor, and such we desire to remain.” She could only be prevailed upon to accept a small matter to supply the church-lamp with oil, and for incense to be burned on the altar.

The young Euphrasia, at seven years of age, made it her earnest request to her mother, that she might be permitted to serve God in this monastery. The pious mother, on hearing this, wept for joy, and not long after presented her to the abbess, who, taking up an image of Christ, gave it into her hands. The tender virgin kissed it, saying: “By vow I consecrate myself to Christ.” Then the mother led her before an image of our Redeemer, and lifting up her hands to heaven, said: “Lord Jesus Christ, receive this child under your special protection. You alone doth she love and seek: to you doth she recommend herself.” 2 Then turning to her dear daughter, she said: “May God, who laid the foundations of the mountains, strengthen you always in his holy fear.” And leaving her in the hands of the abbess, she went out of the monastery weeping. Some time after this she fell sick, and being forewarned of her death, gave her last instructions to her daughter in these words. “Fear God, honour your sisters, and serve them with humility. Never think of what you have been, nor say to yourself that you are of royal extraction. Be humble and poor on earth, that you may be rich in heaven.” The good mother soon after slept in peace. Upon the news of her death, the emperor Theodosius sent for the noble virgin to court, having promised her in marriage to a favourite young senator. But the virgin wrote him with her own hand the following answer: “Invincible emperor, having consecrated myself to Christ in perpetual chastity, I cannot be false to my engagement, and marry a mortal man, who will shortly be the food of worms. For the sake of my parents, be pleased to distribute their estates among the poor, the orphans, and the church. Set all my slaves at liberty, and discharge my vassals and servants, giving them whatever is their due. Order my father’s stewards to acquit my farmers of all they owe since his death, that I may serve God without let or hinderance, and may stand before him without the solicitude of temporal affairs. Pray for me, you and your empress, that I may be made worthy to serve Christ.” The messengers returned with this letter to the emperor, who shed many tears in reading it. The senators who heard it burst also into tears, and said to his majesty: “She is the worthy daughter of Antigonus and Euphrasia, of your royal blood, and the holy off-spring of a virtuous stock.” The emperor punctually executed all she desired, a little before his death, in 395.

St. Euphrasia was to her pious sisters a perfect pattern of humility, meekness and charity. If she found herself assaulted by any temptation, she immediately discovered it to the abbess, to drive away the devil by that humiliation, and to seek a remedy. The discreet superioress often enjoined her, on such occasions, some humbling and painful penitential labour; as sometimes to carry great stones from one place to another; which employment she once, under an obstinate assault, continued thirty days together with wonderful simplicity, till the devil being vanquished by her humble obedience and chastisement of her body, he left her in peace. Her diet was only herbs or pulse, which she took after sunset, at first every day, but afterwards only once in two or three, or sometimes seven days. But her abstinence received its chief merit from her humility; without which it would have been a fast of devils. She cleaned out the chambers of the other nuns, carried water to the kitchen, and out of obedience, cheerfully employed herself in the meanest drudgery; making painful labour a part of her penance. To mention one instance of her extraordinary meekness and humility: it is related, that one day a maid in the kitchen, asked her why she fasted whole weeks, which no other attempted to do besides the abbess? Her answer was that the abbess had enjoined her that penance. The other called her a hypocrite. Upon which Euphrasia fell at her feet, begging her to pardon and pray for her. In which action it is hard to say, whether we ought more to admire the patience with which she received so unjust a rebuke and slander, or the humility with which she sincerely condemned herself; as if, by her hypocrisy and imperfections, she had been a scandal to others. She was favoured with miracles both before and after her death, which happened in the year 410, and the thirtieth of her age. Her name is recorded on this day in the Roman Martyrology. See her ancient authentic life in Rosweide, p. 351, D’Andilly, and most correct in the Acta Sanctorum by the Bollandists.

Note 1. It is severely condemned by St. Bernard, Ep. 345. ol. 321. p. 316, and Serm. 50. in Cant. St. Ambrose. Serm. 22. in Ps. 118. and by Abbot Rance, the reformer of La Trappe. [back]

Note 2. This passage is quoted by St. John Damascene, Or. 3. de Imagin. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume III: March. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/3/132.html

Sant' Eufrasia di Nicomedia Vergine e Martire


sec. IV

Una giovane cristiana che coronò col martirio la sua fedeltà a Cristo all'inizio del secolo IV.

Etimologia: Eufrasia = che rallegra, che dà gioia, dal greco

Emblema: Palma

I Sinassari bizantini commemorano al 19 gennaio sant’Eufrasia vergine di Nicomedia, la stessa santa viene riportata in altri Martirologi fra cui quello Romano al 13 marzo.

Essa era una cristiana molto pia , vissuta all’inizio del secolo IV; sotto la persecuzione di Massimiano, fu catturata e al suo rifiuto di sacrificare agli dei fu consegnata ad un "barbaro" perché ne abusasse.

Preferendo perdere la propria vita piuttosto che la sua castità, ella mise in atto, quello che gli agiografi chiamano "lo stratagemma della vergine" e che è comune ad alcune altre sante morte allo stesso modo.

Per sviare l’aggressore dal suo proposito Eufrasia disse di conoscere un unguento capace di rendere inviolabile il corpo di chiunque se ne spalmasse e quindi per rafforzare il suo dire propose al "barbaro" di provarlo su se stessa.

Ingannato dalle sue parole egli con la spada la colpì violentemente al capo decapitandola.
L’episodio posto al tempo del vescovo s. Autimio è riferito nella "Storia Ecclesiastica" di Niceforo Callisto.
Il nome deriva dal greco Eyphrasia e significa ‘gioia, letizia’.

Autore:
Antonio Borrelli