vendredi 2 mars 2012

Le Bienheureux HENRI SUSO (ou SUZO), religieux dominicain et mystique



(1300-1365)

Le bienheureux Henri Suzo naquit en Souabe. Dès son jeune âge, il entendit la voix de Dieu et s'ensevelit à treize ans dans un couvent de Dominicains. Les premières années de sa vie religieuse furent caractérisées par des hésitations continuelles dans le service de Dieu; le démon tourmenta son coeur par la pensée des plaisirs et des vanités du monde, mais la grâce l'aida à triompher de tous ces pièges.

Henri Suzo avait dix-huit ans quand la lumière se fit dans son âme. Un jour, il entendit lire ces paroles de Salomon: La Sagesse est plus éclatante que le soleil, Elle est plus belle que l'harmonie des Cieux. Aussi je L'ai aimée dès mon enfance, je suis l'adorateur de Ses charmes.

A dater de ce jour, plus que jamais il aima la divine Sagesse, dont le nom seul faisait éclater ses transports: "Mon coeur est jeune et ardent, se disait-il, il est porté à l'amour; il m'est impossible de vivre sans aimer; les créatures ne sauraient me plaire et ne peuvent me donner la paix; oui, je veux tenter fortune et gagner les bonnes grâces de cette divine et sainte Amie, dont on raconte des choses si admirables et si sublimes!"

Peu de Saints ont eu pour Jésus un amour plus vif et plus tendre. Un jour, il prit un canif, et, l'amour guidant sa main, il se lacéra la poitrine avec le tranchant, jusqu'à ce qu'il eût formé les lettres du saint nom de Jésus sur son coeur. Alors il s'écria: "O amour unique de mon coeur et de mon âme! Ô mon Jésus! Voyez donc l'ardeur de ma passion pour Vous; je Vous ai imprimé dans ma chair, mais je voudrais aller jusqu'au centre de mon coeur; gravez-y Vous-même Votre saint nom avec des lettres éternelles qui ne s'effacent jamais!"

Rien de plus admirable que la manière dont il sanctifiait ses actions: à table il s'imaginait être à côté de Jésus et reposer parfois sur Sa poitrine; il offrait sa nourriture, il présentait son verre à Jésus-Christ; le peu qui lui était nécessaire pour étancher sa soif, il le prenait à cinq fois, pour honorer les cinq plaies du Sauveur; à chaque bouchée, il s'occupait à quelque sainte pensée. Sa vie entière fut un continuel ravissement, une perpétuelle jubilation d'amour.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/bienheureux_henri_suzo.html

Henri Suso (1296-1366)

L'horloge de la sagesse

Heinrich Seuse naît au bord du lac de Constance, dans une famille de drapiers.

Après cinq années de noviciat chez les Dominicains, inspiré par l'exemple des Pères du Désert, il se livre à de redoutables austérités et macérations corporelles, quasiment morbides.

En 1320 il écoute les sermons de Maîtres Eckhart dont la doctrine l'éblouit. Bientôt, au terme d'une crise spirituelle intense, il jette dans le Rhin ses instruments de mortification, et commence une quête mystique plus intériorisée.

Suso, comme Eckhart et Tauler, est chargé par son Ordre de visiter les couvents de moniales où il enseigne et guide les consciences dont il a la charge sur la voie de la sagesse éternelle. Mais la vénération dont il devient l'objet de la part de ses "filles spirituelles" engendre une campagne calomnieuse. Alertés, ses supérieurs l'expédient à Ulm où il meurt en 1366. Il sera béatifié en 1831.

Suso adoucit la rigueur eckhartienne en se référant souvent à l'humanité du Christ. Sa langue plus tempérée, apparentée aux poètes courtois, évoque la douleur de l'absence et, inspirée par la vision tragique de la crucifixion, décrit le monde comme une ville en ruines où errent les âmes en quête de Dieu.

Seule l'âme dénudée, détachée des contingences sensuelles et mentales, peut remonter à sa source, participer de l'effusion de la Déité, "tranquille obscurité demeurant en elle-même"."...Dans cette ténébreuse absence de mode, toute multiplicité disparaît et l'esprit perd son être propre, il disparaît selon sa propre activité. Et tel est le but suprême, le "où" infini où aboutit la spiritualité de tous les esprits ; s'être perdu ici pour toujours est la suprême béatitude". Mais Suso, probablement inspiré par les exemples que sa direction spirituelle lui offraient chaque jour, mit constamment en garde ses disciples contre les égarements que peut engendrer une formulation métaphysique trop abrupte et dénonça : "ces sauvages sans nom qui se croient libérés parce qu'ils ont accomplis toutes leurs volontés sans distinction". Si l'homme, anéanti dans la déité, se trouve au delà de tout péché, il ne peut en être ainsi pour les esprits trompés par les subterfuges de l'intellect qui assimilent le rien de toutes choses au néant... La créature est tenue d'admettre sa différence, sa "nullité" avant de recevoir, au sein de l'abîme propre à sa condition, l'effusion de la générosité divine. La mystique négative est effectivement dangereuse, semée de pièges et de sortilèges; rappelons l'avertissement de Grégoire Palamas : "Nous savons que l'intellect comprend tout ce que l'apophase nie..." ; et Suso, préoccupé par la confusion et l'indétermination spirituelle que peut susciter la procession négative, pointe constamment sur la générosité de Dieu vis-à-vis de sa créature. Sur la ligne de crête aride et désolée dont Eckhart avait montré le chemin, Suso a voulu indiquer le terme : la croix sur laquelle fut torturé le fils de Dieu.

" Ici l'esprit est dépouillé de cette obscure lumière qui l'avait accompagné suivant le monde humain depuis la révélation des choses. Là, il en est dépouillé, car il se trouve lui-même suivant le monde de la lumière qui lui était donné auparavant ; et il est ainsi dénudé et dépouillé de tout mode, dans l'absence de mode de la simple essence divine. "

SOURCE : http://spiritualite3.free.fr/suso.html


Henri Suso est né vers 1295 dans la région du lac de Constance. Selon la tradition, sa maison natale, conservée aujourd'hui encore, se situerait à Überlingen. Son père semble avoir appartenu à la famille de Berg, originaire de Thurgovie. Sa mère, d'une nature aussi douce et pieuse que son père était impulsif et violent, était issue de la famille de Suse. C'est ce nom qui sera adopté par le jeune homme. Son enfance est marquée par la mésentente de ses parents et la fragilité de sa santé. Sous l'influence de sa mère, il renonce à embrasser la carrière des armes et se tourne vers la vie religieuse. A l'âge de 13 ans, il entre au couvent des Dominicains de Constance. Suso évoque lui-même dans le Livre de la Vie le manque de ferveur de ses cinq premières années dans cette maison. Un changement profond survient en lui à l'âge de 18 ans. A la suite d'une vision, il décide de rompre avec la dissipation de ses jeunes années et de mener une vie de renoncement. Dans le souci de dompter une nature qu'il sent rétive et dont il désespère, il se soumet dès lors à de terribles mortifications qui éprouvent durement sa faible constitution. Son noviciat terminé, Suso commence des études philosophiques et théologiques. Après une première formation à Constance (mais aussi probablement à Strasbourg où les Dominicains avaient un studium provinciale réputé), Suso est reçu au studium generale de Cologne. Suso y suit les cours de Maître Eckhart dans les dernières années de son enseignement. Il s'ouvre à lui de ses doutes et de ses tourments intimes et reçoit ses encouragements. Les brèves notations contenues à cet égard dans le Livre de la Vie laissent à penser que Suso fut assez proche de Maître Eckhart. Une tradition largement diffusée assure que Suso suivit l'enseignement de Maître Eckhart en même temps que Jean Tauler, son cadet de quelques années, mais aucun document ne permet de l'établir. A la fin de ses études, Suso refuse la charge de Magister regens qui lui était proposée et retourne au couvent de Constance. Dans cette grande maison construite au bord du lac sur une presqu'île que seule une mince langue de terre relie au rivage, Suso mène une vie de recueillement et de pénitence. C'est à cette époque qu'il écrit ses deux grandes oeuvres, le Livre de la Sagesse et le Livre de Vérité. Ce dernier traité, qui lui a été largement inspiré par les démêlés de Maître Eckhart avec son ordre, par sa mort en 1328 et par la condamnation de ses thèses en 1328, l'amène à devoir répondre lui aussi devant sa hiérarchie de différents points de sa pensée. Les fonctions de lecteur, c'est-à-dire de directeur d'études, qu'il occupait au couvent lui sont retirées et il reçoit pour charge d'assurer la direction spirituelle des religieuses dans les communautés voisines. Les difficultés que rencontre Suso avec son ordre coïncident avec un profond changement intérieur : après de longues années de réclusion, il se sent appelé désormais à témoigner auprès des hommes de son époque, en un monde ravagé par la guerre et les épidémies. Du couvent de Constance où il continue de résider, il fait rayonner son activité jusqu'à la Suisse et à l'Alsace et acquiert rapidement une grande réputation de directeur de conscience et de prédicateur auprès des religieuses mais aussi de la noblesse et de la bourgeoisie. Une nouvelle épreuve frappe Suso dans cette période de sa vie lorsque le pape lance l'interdit sur Constance. La ville ordonne au clergé, sous peine de privation des privilèges et de confiscation des biens, de continuer de célébrer les offices. Suso fait partie de ceux qui refusent de céder. Avec sept frères dominicains, il est contraint de quitter la ville en 1339 et se réfugie au couvent de Diessenhoven. Cette situation dure sept ans. En 1346, l'évêque obtient le retour des Dominicains bannis par le Conseil de la ville. Mais Suso ne reste que peu de temps à Constance. Il est assigné par ses supérieurs au couvent d'Ulm. Là, il reprend avec la même ardeur infatigable son activité de directeur spirituel et de prédicateur. C'est dans les dernières années de sa vie qu'il aurait, si l'on en croit la tradition, révisé lui-même ses écrits et les aurait regroupés en un unique recueil, L'Exemplaire. Suso meurt à Ulm le 25 janvier 1366. Il est enterré dans le cloître du couvent des Dominicains. Vénéré depuis sa mort comme «bienheureux», Suso a été officiellement béatifié par l'Eglise le 16 avril 1831.
Texte © Editions Arfuyen



Après Maître Eckart et Jean Tauler, Henri Suso est représentatif de l'Ecole de spiritualité dominicaine des "mystiques rhénans" du XIVe siècle. Elle garde la vision de l'univers que lui donne saint Thomas, exalte le primat de la contemplation et, pour y arriver, le dépouillement progressif du sensible, la purification de ce qui agite et distrait, le regard sur le Christ, Vérité éternelle.

Suso insiste sur l'union au Christ par la contemplation de ses perfections et de ses souffrances. Après lui, l'accent sera mis davantage sur l'affection que sur la connaissance : on cherche ce qui émeut, on s'applique à méditer les plaies du Crucifié, les sept douleurs de la Vierge : c'est l'ère des représentations tragiques de la Passion, des Pieta, des descentes de croix... L'oeuvre de Suso annonce déjà ce tournant à la fin du XIVe et au XVe siècle.

Henri Suso est né sur les bords du lac de Constance, à la fin du XIIIe siècle. Un père mondain et violent, une mère douce et pieuse d'où lui vient cette nature tendre et aimante que nous trouvons dans ses écrits. Il entre chez les dominicains de Constance à l'âge de 13 ans. Pendant cinq ans il y mène une vie plutôt médiocre et relâchée et, à l'âge de 18 ans, ayant été favorisé d'une vision, il se convertit. Dès lors il se livre à de très rudes austérités pour réduire son corps en servitude, si bien qu'à 40 ans il était proche de la mort. Sur un signe du Très-Haut, il jeta dans le Rhin tous ses instruments de pénitence.

Après ses premières études théologiques, on l'avait envoyé à Cologne où il connut Maître Eckart vers 1320-1325. Devenu lecteur, il revient à Constance de 1329 à 1336. Il y est lecteur conventuel, puis prieur. Il y écrit, pour la défense d'Eckart, "Le livre de la vérité". Cet ouvrage lui vaut de grands ennuis de la part du Chapitre provincial, puis du Chapitre général qui le dépose de sa charge priorale. Il reste alors dans son couvent et travaille à son "Livre de la Sagesse" dédié au Maître de l'Ordre sous le titre "L'Horloge de la Sagesse". Il se donne également à la prédication dans toute la région.

S'il a mis fin volontairement à ses mortifications corporelles, le Seigneur ne lui épargne pas les autres : il devient l'objet de calomnies et de détractions de toutes sortes. De nature extrêmement sensible et aimante, il se voit abandonné par plusieurs de ses amis. Il exerce pourtant un ministère très apprécié auprès de plusieurs couvents de religieuses dominicaines. C'est à l'une d'elles, Elisabeth Stagel, qu'il confie l'histoire de sa vie qu'elle mettra par écrit.

Refusant d'obéir aux ordres schismatiques de Louis de Bavière, les dominicains quittent Constance et se réfugient à Diessenhoven. Suso est envoyé à Ulm. On ne sait que très peu de choses sur les dernières années de sa vie. Il y mourut en 1366 vers sa 70ème année. Le concile de Constance le considéra comme bienheureux, mais sa béatification officielle est due à Grégoire XVI en 1831.

Il nous reste de lui sa Vie, sous la forme que nous avons dite, avec quelques retouches postérieures à la révision qu'il en fit, le Livre de la Vérité, l'Horloge de la Sagesse, deux collections de lettres et quelques Sermons. Le succès du Livre de la Sagesse fut énorme : aux XIVe et XVe siècles, ce fut le livre le plus lu en Allemagne ; aucun autre n'est représenté par autant de manuscrits, pas même l'Imitation de Jésus-Christ. (Source : Chéry, Henri-Charles. Saints et bienheureux de la famille dominicaine. Fraternité dominicaine Lacordaire. Lyon. 1991.)



Blessed Henry Suso

(Also called Amandus, a name adopted in his writings). German mystic, born at Constance on 21 March, about 1295; died at Ulm, 25 January, 1366; declared Blessed in 1831 by Gregory XVI, who assigned his feast in theDominican Order to 2 March.

His life

His father belonged to the noble family of Berg; his mother, a holy woman from whom he took his name, to afamily of Sus (or Süs). When thirteen years of age he entered the Dominican convent at Constance, where he made his preparatory, philosophical, and theological studies.

From 1324 to 1327 he took a supplementary course in theology in the Dominican studium generale at Cologne, where he sat at the feet of Johann Eckhart, "the Master", and probably at the side of Tauler, both celebratedmystics. Returning to Constance, he was appointed to the office of lector, from which he seems to have been removed some time between 1329 and 1334. In the latter year he began his apostolic career. About 1343 he waselected prior of a convent, probably at Diessenhofen. Five years later he was sent from Constance to Ulm where he remained until his death.

Suso's life as a mystic began in his eighteenth year, when giving up his careless habits of the five preceding years, he made himself "the Servant of the Eternal Wisdom", which he identified with the Divine essence and, in a concrete form, with the personal Eternal Wisdom made man. Henceforth a burning love for the Eternal Wisdom dominated his thoughts and controlled his actions. He had frequent visions and ecstasies, practised severeausterities (which he prudently moderated in maturer years), and bore with rare patience corporal afflictions, bitter persecutions and grievous calumnies.

He became foremost among the Friends of God in the work of restoring religious observance in the cloisters. His influence was especially strong in many convents of women, particularly in the Dominican convent of Katherinenthal, a famous nursery of mysticism in the thirteenth and fourteenth centuries, and in that of Toss, where lived the mystic Elsbeth Stagel, who turned some of his Latin into German, collected and preserved most of his extant letters, and drew from him the history of his life which he himself afterwards developed and published.

In the world he was esteemed as a preacher, and was heard in the cities and towns of Swabia, Switzerland,Alsace, and the Netherlands. His apostolate, however, was not with the masses, but rather with individuals of all classes who were drawn to him by his singularly attractive personality, and to whom he became a personal director in the spiritual life.


It has often been incorrectly said that he established among the Friends of God a society which he called theBrotherhood of the Eternal Wisdom. The so-called Rule of the Brotherhood of the Eternal Wisdom is but a free translation of a chapter of his "Horologium Sapientiae", and did not make its appearance until the fifteenth century.


Heinrich Seuse / Henri Suso / Henry Suso. Via Mystica 
(ed. Karl Bihlmeyer, Stuttgart 1907, p. 195)

His writings

The first writing from the pen of Suso was the "Büchlein der Wahrheit", which he issued while a student atCologne. Its doctrine was unfavourably criticized in some circles — very probably on account of its author's closerelations with Eckhart, who had just been called upon to explain or to reject certain propositions — but it was found to be entirely orthodox.

As in this, so in his other writings Suso, while betraying Eckhart's influence, always avoided the errors of "theMaster". The book was really written in part against the pantheistic teachings of the Beghards, and against the libertine teachings of the Brethren of the Free Spirit. Father Denifle considers it the most difficult "little book" among the writings of the German mystics.
Whereas in this book Suso speaks as a contemplative and to the intellect, in his next, "Das Büchlein der ewigenWeisheit", published early in 1328, he is eminently practical and speaks out of the fullness of his heart to "simplemen who still have imperfections to be put off". Bihlmeyer accepts Denifle's judgment that it is the "most beautiful fruit of German mysticism", and places it next to the "Homilies" of St. Bernard, and the "Imitation of Christ" by Thomas à Kempis. In the second half of the fourteenth and in the fifteenth century there was no more widely read meditation book in the German language.

In 1334 Suso translated this work into Latin, but in doing so added considerably to its contents, and made of it an almost entirely new book, to which he gave the name "Horologium Sapientiae". Even more elevating than the original, finished in language, rich in figure, rhythmic in movement, it became a favourite book in the cloisters at the close of the Middle Ages, not only in Germany, but also in the Netherlands, France, Italy, and England.

To the same period of Suso's literary activity may belong "Das Minnebüchlein" but its authenticity is doubtful.

After retiring to Ulm Suso wrote the story of his inner life ("Vita" or "Leben Seuses"), revised the "Büchlein der Wahrheit", and the "Büchlein der ewigen Weisheit", all of which, together with eleven of his letters (the "Briefbüchlein"), and a prologue, he formed into one book known as the "Exemplar Seuses".

Besides the above-mentioned writings we have also five sermons by Suso and a collection of twenty-eight of his letters (Grosses Briefbuch), which may be found in Bihlmeyer's edition.

Suso is called by Wackernagel and others a "Minnesinger in prose and in the spiritual order." The mutual love ofGod and man which is his principal theme gives warmth and colour to his style. He used the full and flexibleAlamannian idiom with rare skill, and contributed much to the formation of good German prose, especially by giving new shades of meaning to words employed to describe inner sensations. His intellectual equipment was characteristic of the schoolmen of his age. In his doctrine there was never the least trace of an unorthodoxtendency.

For centuries he exercised an influence upon spiritual writers. Among his readers and admirers were Thomas à Kempis and Bl. Peter Canisius.

McMahon, Arthur. "Blessed Henry Suso." The Catholic Encyclopedia. Vol. 7. New York: Robert Appleton Company, 1910. 2 Apr. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/07238c.htm>.