mardi 27 mars 2012

Saint JEAN DAMASCÈNE, prêtre, confesseur et Docteur de l'Église



BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 6 mai 2009

Saint Jean Damascène


Chers frères et sœurs,

Je voudrais parler aujourd'hui de Jean Damascène, un personnage de premier plan dans l'histoire de la théologie byzantine, un grand docteur dans l'histoire de l'Église universelle. Il représente surtout un témoin oculaire du passage de la culture chrétienne grecque et syriaque, commune à la partie orientale de l'Empire byzantin, à la culture de l'islam, qui s'est imposée grâce à ses conquêtes militaires sur le territoire reconnu habituellement comme le Moyen ou le Proche Orient. Jean, né dans une riche famille chrétienne, assuma encore jeune la charge - remplie déjà sans doute par son père - de responsable économique du califat. Mais très vite, insatisfait de la vie de la cour, il choisit la vie monastique, en entrant dans le monastère de Saint-Saba, près de Jérusalem. C'était aux environs de l'an 700. Ne s'éloignant jamais du monastère, il consacra toutes ses forces à l'ascèse et à l'activité littéraire, ne dédaignant pas une certaine activité pastorale, dont témoignent avant tout ses nombreuses Homélies. Sa mémoire liturgique est célébrée le 4 décembre. Le Pape Léon XIII le proclama docteur de l'Eglise universelle en 1890.

En Orient, on se souvient surtout de ses trois Discours pour légitimer la vénération des images sacrées, qui furent condamnés, après sa mort, par le Concile iconoclaste de Hiéria (754). Mais ces discours furent également le motif fondamental de sa réhabilitation et de sa canonisation de la part des Pères orthodoxes convoqués par le second Concile de Nicée (787), septième Concile œcuménique. Dans ces textes, il est possible de retrouver les premières tentatives théologiques importantes de légitimer la vénération des images sacrées, en les reliant au mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu dans le sein de la Vierge Marie.

Jean Damascène fut, en outre, parmi les premiers à distinguer, dans le culte public et privé des chrétiens, l'adoration (latreia) de la vénération (proskynesis): la première ne peut être adressée qu'à Dieu, suprêmement spirituel, la deuxième au contraire peut utiliser une image pour s'adresser à celui qui est représenté dans l'image même. Bien sûr, le saint ne peut en aucun cas être identifié avec la matière qui compose l'icône. Cette distinction se révéla immédiatement très importante pour répondre de façon chrétienne à ceux qui prétendaient universel et éternel l'observance de l'interdit sévère de l'Ancien Testament d'utiliser des images dans le culte. Tel était le grand débat également dans le monde islamique, qui accepte cette tradition juive de l'exclusion totale d'images dans le culte. Les chrétiens, en revanche, dans ce contexte, ont débattu du problème et trouvé la justification pour la vénération des images. Damascène écrit: "En d'autres temps, Dieu n'avait jamais été représenté en image, étant sans corps et sans visage. Mais à présent que Dieu a été vu dans sa chair et a vécu parmi les hommes, je représente ce qui est visible en Dieu. Je ne vénère pas la matière, mais le créateur de la matière, qui s'est fait matière pour moi et a daigné habiter dans la matière et opérer mon salut à travers la matière. Je ne cesserai donc pas de vénérer la matière à travers laquelle m'a été assuré le salut. Mais je ne la vénère absolument pas comme Dieu! Comment pourrait être Dieu ce qui a reçu l'existence à partir du non-être?... Mais je vénère et respecte également tout le reste de la matière qui m'a procuré le salut, car pleine d'énergie et de grâces saintes. Le bois de la croix trois fois bénie n'est-il pas matière? L'encre et le très saint livre des Evangiles ne sont-ils pas matière? L'autel salvifique qui nous donne le pain de vie n'est-il pas matière?.... Et, avant tout autre chose, la chair et le sang de mon Seigneur ne sont-ils pas matière? Ou bien tu dois supprimer le caractère sacré de toutes ces choses, ou bien tu dois accorder à la tradition de l'Eglise la vénération des images de Dieu et celle des amis de Dieu qui sont sanctifiés par le nom qu'ils portent, et qui, pour cette raison, sont habités par la grâce de l'Esprit Saint. N'offense donc pas la matière: celle-ci n'est pas méprisable; car rien de ce que Dieu a fait n'est méprisable" (Contra imaginum calumniatores, I, 16, ed; Kotter, pp. 89-90). Nous voyons que, à cause de l'incarnation, la matière apparaît comme divinisée, elle est vue comme la demeure de Dieu. Il s'agit d'une nouvelle vision du monde et des réalités matérielles. Dieu s'est fait chair et la chair est devenue réellement demeure de Dieu, dont la gloire resplendit sur le visage humain du Christ. C'est pourquoi, les sollicitations du Docteur oriental sont aujourd'hui encore d'une très grande actualité, étant donnée la très grande dignité que la matière a reçue dans l'Incarnation, pouvant devenir, dans la foi, le signe et le sacrement efficace de la rencontre de l'homme avec Dieu. Jean Damascène reste donc un témoin privilégié du culte des icônes, qui deviendra l'un des aspects les plus caractéristiques de la théologie et de la spiritualité orientale jusqu'à aujourd'hui. Il s'agit toutefois d'une forme de culte qui appartient simplement à la foi chrétienne, à la foi dans ce Dieu qui s'est fait chair et s'est rendu visible. L'enseignement de saint Jean Damascène s'inscrit ainsi dans la tradition de l'Eglise universelle, dont la doctrine sacramentelle prévoit que les éléments matériels issus de la nature peuvent devenir un instrument de grâce en vertu de l'invocation (epiclesis) de l'Esprit Saint, accompagnée par la confession de la foi véritable.

Jean Damascène met également en relation avec ces idées de fond la vénération des reliques des saints, sur la base de la conviction que les saints chrétiens, ayant participé de la résurrection du Christ, ne peuvent pas être considérés simplement comme des "morts". En énumérant, par exemple, ceux dont les reliques ou les images sont dignes de vénération, Jean précise dans son troisième discours en défense des images: "Tout d'abord (nous vénérons) ceux parmi lesquels Dieu s'est reposé, lui le seul saint qui se repose parmi les saints (cf. Is 57, 15), comme la sainte Mère de Dieu et tous les saints. Ce sont eux qui, autant que cela est possible, se sont rendus semblables à Dieu par leur volonté et, par l'inhabitation et l'aide de Dieu, sont dits réellement dieux (cf. Ps 82, 6), non par nature, mais par contingence, de même que le fer incandescent est appelé feu, non par nature mais par contingence et par participation du feu. Il dit en effet: Vous serez saint parce que je suis saint (Lv 19, 2)" (III, 33, col. 1352 A). Après une série de références de ce type, Jean Damascène pouvait donc déduire avec sérénité: "Dieu, qui est bon et supérieur à toute bonté, ne se contenta pas de la contemplation de lui-même, mais il voulut qu'il y ait des êtres destinataires de ses bienfaits, qui puissent participer de sa bonté: c'est pourquoi il créa du néant toutes les choses, visibles et invisibles, y compris l'homme, réalité visible et invisible. Et il le créa en pensant et en le réalisant comme un être capable de pensée (ennoema ergon) enrichi par la parole (logo[i] sympleroumenon) et orienté vers l'esprit (pneumati teleioumenon)" (II, 2, PG, col. 865A). Et pour éclaircir ultérieurement sa pensée, il ajoute: "Il faut se laisser remplir d'étonnement (thaumazein) par toutes les œuvres de la providence (tes pronoias erga), les louer toutes et les accepter toutes, en surmontant la tentation de trouver en celles-ci des aspects qui, a beaucoup de personnes, semblent injustes ou iniques (adika), et en admettant en revanche que le projet de Dieu (pronoia) va au-delà des capacités cognitives et de compréhension (agnoston kai akatalepton) de l'homme, alors qu'au contraire lui seul connaît nos pensées, nos actions et même notre avenir" (II, 29, PG, col. 964C). Du reste, Platon disait déjà que toute la philosophie commence avec l'émerveillement: notre foi aussi commence avec l'émerveillement de la création, de la beauté de Dieu qui se fait visible.

L'optimisme de la contemplation naturelle (physikè theoria), de cette manière de voir dans la création visible ce qui est bon, beau et vrai, cet optimisme chrétien n'est pas un optimisme naïf: il tient compte de la blessure infligée à la nature humaine par une liberté de choix voulue par Dieu et utilisée de manière impropre par l'homme, avec toutes les conséquences d'un manque d'harmonie diffus qui en ont dérivées. D'où l'exigence, clairement perçue par le théologien de Damas, que la nature dans laquelle se reflète la bonté et la beauté de Dieu, blessées par notre faute, "soit renforcée et renouvelée" par la descente du Fils de Dieu dans la chair, après que de nombreuses manières et en diverses occasions Dieu lui-même ait cherché à démontrer qu'il avait créé l'homme pour qu'il soit non seulement dans l'"être", mais dans le "bien-être" (cf. La foi orthodoxe, II, 1, PG 94, col. 981°). Avec un enthousiasme passionné, Jean explique: "Il était nécessaire que la nature soit renforcée et renouvelée et que soit indiquée et enseignée concrètement la voie de la vertu (didachthenai aretes hodòn), qui éloigne de la corruption et conduit à la vie éternelle... C'est ainsi qu'apparut à l'horizon de l'histoire la grande mer de l'amour de Dieu pour l'homme (philanthropias pelagos)...". C'est une belle expression. Nous voyons, d'une part, la beauté de la création et, de l'autre, la destruction accomplie par la faute humaine. Mais nous voyons dans le Fils de Dieu, qui descend pour renouveler la nature, la mer de l'amour de Dieu pour l'homme. Jean Damascène poursuit: " Lui-même, le Créateur et le Seigneur, lutta pour sa créature en lui transmettant à travers l'exemple son enseignement... Et ainsi, le Fils de Dieu, bien que subsistant dans la forme de Dieu, abaissa les cieux et descendit... auprès de ses serviteurs... en accomplissant la chose la plus nouvelle de toutes, l'unique chose vraiment nouvelle sous le soleil, à travers laquelle se manifesta de fait la puissance infinie de Dieu" (III, 1. PG 94, coll. 981C-984B).

Nous pouvons imaginer le réconfort et la joie que diffusaient dans le cœur des fidèles ces paroles riches d'images si fascinantes. Nous les écoutons nous aussi, aujourd'hui, en partageant les mêmes sentiments que les chrétiens de l'époque: Dieu veut reposer en nous, il veut renouveler la nature également par l'intermédiaire de notre conversion, il veut nous faire participer de sa divinité. Que le Seigneur nous aide à faire de ces mots la substance de notre vie.

* * *

J’accueille avec plaisir les pèlerins de langue française. Je salue en particulier les pèlerins du diocèse de Bâle ainsi que les jeunes de Malines et de Buzançais ainsi que ceux de l’École internationale de formation et d’évangélisation de Paray-le-Monial. En ce temps pascal, je vous invite à entrer dans une relation toujours plus intime avec le Christ qui est vivant dans notre monde. Que Dieu vous bénisse!

Mes chers amis, vendredi je quitterai Rome pour une visite apostolique en Jordanie, Israël et dans les Territoires palestiniens. Je profite de l'occasion qui m'est donnée ce matin, à travers la radio et la télévision, pour saluer toutes les populations de ces pays. J'attends avec impatience de pouvoir être avec vous pour partager vos aspirations et vos espérances, tout comme vos souffrances et vos combats. Je viendrai parmi vous en pèlerin de paix. Mon intention principale est de visiter les lieux devenus saints par la vie de Jésus et de prier dans ces lieux pour le don de la paix et de l'unité pour vos familles et pour tous ceux dont la Terre Sainte et le Moyen Orient sont le foyer. Parmi les nombreux rassemblements religieux et civils qui se dérouleront au cours de la semaine, il y aura des rencontres avec les représentants des communautés musulmanes et juives avec qui ont été accomplis de grands progrès dans le dialogue et dans les échanges culturels. Je salue avec une affection particulière les catholiques de la région et je vous demande de vous unir à moi dans la prière afin que cette visite porte beaucoup de fruits pour la vie spirituelle et civile de ceux qui vivent en Terre Sainte. Prions tous Dieu pour sa bonté! Que nous puissions tous devenir un peuple d'espérance! Que nous puissions être tous fermes dans notre désir et nos efforts de paix!

© Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090506_fr.html


Docteur de l'Église

(776-880)

Saint Jean Damascène, ainsi nommé parce qu'il naquit à Damas, en Syrie, est le dernier des Pères grecs et le plus remarquable écrivain du huitième siècle.

Son père, quoique zélé chrétien, fut choisi comme ministre du calife des Sarrasins, et employa sa haute situation à protéger la religion de Jésus-Christ. Il donna comme précepteur à son fils un moine italien devenu captif, et auquel il rendit la liberté. Ce moine se trouvait être un saint et un savant religieux; à son école, Jean développa d'une manière merveilleuse son génie et sa vertu.

A la mort de son père, il fut choisi par le calife comme ministre et comme gouverneur de Damas. Dans ces hautes fonctions, il fut, par la suite d'une vile imposture et d'une basse jalousie, accusé de trahison. Le calife, trop promptement crédule, lui fit couper la main droite. Jean, ayant obtenu que cette main lui fût remise, se retira dans son oratoire, et là il demanda à la Sainte Vierge de rétablir le membre coupé, promettant d'employer toute sa vie à glorifier Jésus et Sa Mère par ses écrits. Pendant son sommeil, la Sainte Vierge lui apparut et lui dit qu'il était exaucé; il s'éveilla, vit sa main droite jointe miraculeusement au bras presque sans trace de séparation. Le calife, reconnaissant, à ce miracle, l'innocence de son ministre, lui rendit sa place; mais bientôt Jean, après avoir distribué ses biens aux pauvres, se retira au monastère de Saint-Sabas, où il brilla par son héroïque obéissance.

Ordonné prêtre, il accomplit sa promesse à la Sainte Vierge en consacrant désormais le reste de ses jours à la défense de sa religion et à la glorification de Marie. Il fut, en particulier, un vigoureux apologiste du culte des saintes Images, si violemment attaqué, de son temps, par les Iconoclastes.

Ses savants ouvrages, spécialement ses écrits dogmatiques, lui ont mérité le titre de docteur de l'Église. Il a été, par sa méthode, le précurseur de la méthode théologique qu'on a appelée Scholastique. Ses nombreux et savants ouvrages lui laissaient encore du temps pour de pieux écrits.

Sa dévotion envers la Très Sainte Vierge était remarquable; il L'appelait des noms les plus doux. A Damas, Son image avait occupé une place d'honneur dans le palais du grand vizir, et nous avons vu par quel miracle il en fut récompensé. Les discours qu'il a composés sur les mystères de Sa vie, et en particulier sur Sa glorieuse Assomption, font assez voir comment il était inspiré par Sa divine Mère. Ses immenses travaux ne diminuèrent point sa vie, car il mourut à l'âge de cent quatre ans.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_jean_damascene.html

Saint Jean Damascène

(environ 650-750)

Docteur de l'Eglise.

Jean naquit à Damas d'une famille chrétienne noble d'origine arabe, vers 650. La ville est alors soumise aux musulmans. Il reçut une éducation et une bonne connaissance de la culture grecque et arabe. Comme son père, il fut au service des califes Omeyyades, pendant quelques années.

Par fidélité à la foi chrétienne, il laissa tout, donna ses biens aux pauvres, et entra comme moine dans le monastère de Saint Saba, près de Jérusalem. il est ordonné prêtre par Jean IV, patriarche de Jérusalem (706 - 736), et il continua sa mission de professeur, prédicateur et écrivain, développant la théologie de l'incarnation surtout et de la transfiguration. Il mourut vers 750, à un âge très avancé.

Enseignements :

Damas était déjà une cité musulmane. Jean Damascène analysa le coran, le compara à la Bible, et en déduisit que l'islam était une hérésie.

Jean Damascène souligne le fait que, en prenant la condition humaine, le Christ lui apporte le salut et appelle l'être humain à partager la vie divine, à connaître la déification.

C'est ce qu'il met en évidence dans sa réflexion sur les icônes qui représentent l'humanité transfigurée ou dans sa célèbre Homélie sur la Transfiguration.

Le concile de Nicée II a reconnu et a repris sa pensée pour la défense du culte des icônes sacrées parce qu'il a su allier la théologie de l'incarnation et la théologie de la beauté, en créant un espace liturgique où "le ciel est descendu sur la terre."

La doctrine mariale de Jean Damascène peut être considérée comme une synthèse exhaustive et puissante de tout l'enseignement des auteurs chrétiens qui l'ont précédé.
Sont particulièrement importantes quatre homélies mariales : une sur la Nativité de la Vierge, trois sur la Dormition.

Avec Germain de Constantinople et André de Crète, Jean Damascène est cité dans le Munificentissimus Deus de Pie XII; et son nom apparaît aussi dans le chapitre VIII de la Lumen Gentium du concile Vatican II, et dans la lettre encyclique Redemptoris Mater de Jean Paul II.

Jean Damascène fut aussi un grand hymnographe qui a célébré la Vierge Marie par ses hymnes dont beaucoup sont entrés dans la liturgie byzantine.

Bibliografia

- M. SCHUMPP, Zur Mariologie des hl. Johannes Damascenus, in Divus Thomas 2 (1924), 222-234.
- A. MITCHEL, The Mariology of St John Damascene, Kirkwood, Missouri 1930.
- C. CHEV ALIER, La Mariologie de Saint Jean Damascène, Orientalia Christiana Analecta 109, Roma 1936.
- V. GRUMEL, « La Mariologie de Saint Jean Damascène », in Echos d'Orient 40 (1937),318-346.
- J. M. CANAL, « San Juan Damasceno, doctor de la muerte y de la asuncion de Maria », in Estudios Marianos 12 (1952),270-330.
- L. FERRONI, « La Vergine, nuova Eva, cooperatrice della divina economia e mediatrice, secondo il Damasceno », in Marianum 17 (1955),1-36.
- B. M. GARRIDO, « Lugar de la Virgen en la Iglesia, segun san Juan Damasceno », in Estudios Marianos 28 (1966),333-353.
- D. DIMITRIJEVIC, « Die Entwicklung der liturgischen Verehrung der Mutter Gottes nach dem Ephesinum bis rum 12. Jahrhundert », in De cultu mariano saeculis VI-XI, vol. IV, Roma 1972,101-1 lO.
- F. M. JELLY , « Mary's Mediation in the Distribution of Grace according to Sto Jobn Damascene's Homilies in her Dormition », Ibid., 301-312.

Françoise Breynaert

Saint Jean Damascène :

Marie et le Sinaï (St Jean Damascène)

Marie immaculée dans sa conception (St Jean Damascène)

Beauté de Marie, arbre de vie (St Jean Damascène)

Les vertus attirent Marie et Jésus en nous
Marie mère de Dieu (St Jean Damascène)

Elie et l’Assomption de Marie

L’arche d’Alliance et l’Assomption de Marie

Assomption et royauté de Marie (St Jean Damascène)

L'Assomption : du sanctuaire de Gethsémani à celui de Blacherne

Marie échelle de Jacob et médiatrice (St Jean Damascène)

Culte et consécration marials (St Jean Damascène)

Saint Jean Damascène et les icônes

SOURCE : http://www.mariedenazareth.com/2212.0.html?&L=0

Saint Jean Damascène

Jean de Damas, Docteur de l'Église (✝ 749)

Jean Mansour est né à Damas en Syrie, dans une famille de fonctionnaires des impôts, arabe et chrétienne. Son grand-père et son père ont servi successivement sous les Perses, les Byzantins et les Arabes. Mansour, à son tour, supervise durant des années la perception des impôts que les chrétiens doivent à l'émir de Damas. Vers 720, le nouveau calife décide d'islamiser son administration et en chasse les chrétiens. Mansour a 45 ans et il est désormais sans travail. Cette liberté lui permet de se rendre en Palestine où il entre au monastère de Mar Saba (saint Sabas) entre Jérusalem et Bethléem. Devenu prêtre, il prend le nom de Jean et partage désormais sa vie entre la prédication à Jérusalem où le patriarche l'a choisi comme conseiller théologique et l'étude dans son monastère. Son principal écrit "La source de la connaissance" résume toute la théologie byzantine. Il est aussi un grand défenseur des Saintes Images lors de la première crise iconoclaste. On lui doit de nombreux tropaires, des hymnes et des poèmes. C'est lui composa le canon que la liturgie chante à Pâques et il rédigea la plupart des hymnes de l'Octoèque (hymnes pour les dimanches selon les huit tons musicaux) en l'honneur de la résurrection du Seigneur. Le Pape Léon XIII l'a proclamé docteur de l'Église en 1890.

A l'audience générale du 6 mai 2009, Benoît XVI a tracé le portrait de saint Jean Damascène (675 - 749), qui occupe une place importante dans la théologie byzantine: "Il fut avant tout témoin de l'effondrement de la culture chrétienne gréco-syrienne, qui dominait la partie orientale de l'empire, devant la nouveauté musulmane qui se répandait avec les conquêtes militaires de l'actuel proche et moyen orient. Né dans une riche famille chrétienne, il devint jeune responsable des finances du califat. Vite insatisfait de la vie de cour, il choisit la voie du monachisme et entra vers 700 au couvent de St. Saba proche de Jérusalem, sans jamais plus s'en éloigner. Il se consacra alors totalement à l'ascèse et à l'étude, sans dédaigner l'activité pastorale dont témoignent ses nombreuses homélies... Léon XIII le proclama Docteur de l'Église en 1890".

Puis le Pape a rappelé que Jean Damascène est surtout resté fameux pour ses trois discours contre les iconoclastes, condamnés après sa mort au concile de Hieria (754). Il y développe les premiers arguments en défense de la vénération des icônes exprimant de mystère de l'Incarnation. "Ainsi fut-il l'un des premiers à distinguer entre cultes public et privé, entre adoration et vénération, la première étant réservée à Dieu seul. La seconde forme peut servir à s'adresser au saint représenté. "Cette distinction fut très importante pour répondre chrétiennement à qui prétendait universelle et définitive l'interdiction mosaïque des images dans le culte. Ayant débattu de la question, les chrétiens de l'époque ont alors trouvé une justification de la vénération des images... Mais le débat était de grande actualité dans le monde musulman, qui fit sienne l'interdiction hébraïque des images". Témoin du culte des icônes, Jean Damascène en fit une caractéristique de la théologie et de la spiritualité orientale. Jusqu'à nos jours, son enseignement porte la tradition de l'Église universelle, dont la doctrine sacramentale prévoit que des éléments matériels, repris de la nature, peuvent être source de grâces par le biais de l'invocation de l'Esprit, doublée de la confession de la vraie foi". Il admit aussi la vénération des reliques des saints car, participant à la Résurrection, on ne peut les considérer comme de simples morts. "L'optimisme chrétien de saint Jean Damascène -a conclu le Saint-Père- dans la contemplation de la nature, dans la capacité à voir le bon, le beau et le véritable dans la création, n'a rien d'ingénu. Il tient compte de la blessure infligée à la nature humaine par la liberté voulue de Dieu et souvent mal utilisée par l'homme, ce qui entraîne une disharmonie diffuse du monde et tout ce qui en découle. D'où l'exigence du théologien de Damas de clairement percevoir la nature, en tant que reflet de la bonté et de la beauté de Dieu, blessées par la faute de l'homme, mais renforcées et renouvelées par l'incarnation du Fils". (source: VIS 090506)

Mémoire de saint Jean Damascène, prêtre et docteur de l’Église, célèbre par sa sainteté et sa doctrine. Pour le culte des saintes images, il combattit avec vigueur par sa parole et ses écrits contre l’empereur Léon l’Isaurien et, devenu moine et prêtre dans la laure de Saint-Sabas près de Jérusalem, il composa des hymnes sacrées et y mourut, vers 749.

Martyrologe romain

A propos des icônes: Ce n’est pas la matière que j’adore mais le créateur de la matière qui, à cause de moi, s’est fait matière, a choisi sa demeure dans la matière. Par la matière, il a établi mon salut. En effet, le Verbe s’est fait chair et il a dressé sa tente parmi nous… Cette matière, je l’honore comme prégnante de l’énergie et de la grâce de Dieu.

Saint Jean Damascène-Discours sur les images

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saints_215.html


Saint Jean Damascène

Prêtre et docteur de l'Eglise

Jean naît, vers 650, dans une riche famille arabe et chrétienne de Damas, les Mansûr, dont les hommes occupent des postes officiels, tant sous les empereurs byzantins que, à partir de 636, sous les califes. Compagnon d'enfance du futur calife Yazid, il reçoit, avec son frère adoptif, Cosmas, une bonne éducation à la fois grecque et arabe. Ils ont comme précepteur un moine italien, autre Cosmas, naguère pris comme esclave en Sicile par les Sarrasins et que Sergius, père de Jean, avait racheté. Leur ayant appris tout ce qu'il pouvait savoir de rhétorique, de dialectique, d'arithmétique, de philosophie et de théologie, le savant Cosmas se retire au monastère de Saint-Sabas, tandis que son premier élève rejoint son père à la cour du calife pour être initié aux affaires de l'Etat, et que l'autre s'en va parfaire ses études ecclésiastiques à Jérusalem.

A la mort de Sergius, son fils lui succède et prend un tel ascendant sur l'esprit des califes qu'il est, vers 730, créé grand vizir. Lorsque l'empereur Léon d'Isaurien prescrit de détruire les saintes images (730), Jean Damascène s'y oppose très vigoureusement et publie trois adresses. Pour élimer cet intelligent adversaire, l'empereur byzantin envoie au Calife une lettre rédigée par des faussaires, selon laquelle Jean ne se proposait rien moins que de lui livrer Damas. En possession du faux, le Calife refuse d’écouter son grand vizir et le renvoie après lui avoir fait trancher la main droite ; Jean récupère sa main et se retire dans son oratoire pour s'adresser ainsi à la sainte Vierge : « Très pure Vierge Marie qui avez enfanté mon Dieu, vous savez pourquoi on m'a coupé la main droite, vous pouvez, s'il vous plaît, me la rendre et la rejoindre à mon bras. Je vous demande avec instance cette grâce pour que je l'emploie désormais à écrire les louanges de votre Fils et les vôtres. » La Vierge lui apparaît pendant son sommeil et lui dit : « Vous êtes maintenant guéri, composez des hymnes, écrivez mes louanges, accomplissez ainsi votre promesse. » Le Calife reconnaît l'innocence de Jean et le rétablit dans ses fonctions qu'il conserve le temps d'instruire son successeur et de mettre de l'ordre dans ses affaires.

Délivré des affaires du monde, il partage ses biens entre sa famille et les pauvres, puis rejoint les deux Cosmas, son ancien précepteur et son frère adoptif, appelé l'Hagiopolite, à la laure de Saint-Sabas ; après que de nombreux moines se sont jugés indignes sa formation, l'higoumène de Mar-Saba, Nicodème, le confie à un vieux moine triste, ennemi de la poésie et de la musique, qui lui interdit d'écrire et le livre à toutes sortes d'humiliations ridicules. Ayant supporté en silence cet affreux noviciat, Jean Damascène, autorisé à étudier et à écrire, compose ses fameuses hymnes. Ordonné prêtre, vers 735, par Jean de Jérusalem, un peu avant que son frère adoptif devienne évêque de Majuma (Palestine) Jean Damascène ne quitte plus son monastère que pour prêcher. Il mourut à Mar-Saba très vieux, dit-on, entre 754 et 780.


O fille du roi David et Mère de Dieu, roi universel.
O divin et vivant objet dont la beauté a charmé le Dieu créateur,
vous dont l'âme est toute sous l'action divine 
et attentive à Dieu seul ;
tous vos désirs sont tendus vers Celui-là seul 
qui mérite qu'on le cherche et qui est digne d'amour ;
vous n'avez de colère que pour le péché et son auteur.
Vous aurez une vie supérieure à la nature
mais vous ne l'aurez pas pour vous,
vous qui n'avez pas été créée pour vous.
Vous l'aurez consacrée tout entière à Dieu
qui vous a introduite dans le monde
afin de servir au salut du genre humain,
afin d'accomplir le dessein de Dieu,
l'Incarnation de son Fils et la déification du genre humain.
Votre coeur se nourrira des paroles de Dieu :
elles vous féconderont,
comme l'olivier fertile dans la maison de Dieu,
comme l'arbre planté au bord des eaux vives de l'Esprit,
comme l'arbre de vie qui a donné son fruit au temps fixé :
le Dieu incarné, la vie de toutes choses.
Vos pensées n'auront d'autre objet que ce qui profite à l'âme,
et toute idée non seulement pernicieuse, mais inutile,
vous la rejetterez avant même d'en avoir senti le goût.
Vos yeux seront toujours tournés vers le Seigneur,
vers la lumière éternelle et inaccessible ;
vos oreilles attentives aux paroles divines
et au son de la harpe de l'Esprit
par qui le Verbe est venu assumer notre chair. (...)
O Vous qui êtes à la fois fille et souveraine de Joachim et d'Anne,
Accueillez la prière de votre pauvre serviteur :
il n'est qu'un pécheur,
et, pourtant, de tout son coeur, il vous aime et vous honore.
C'est en vous
qu'il veut trouver la seule espérance de son bonheur,
le guide de sa vie,
la réconciliation auprès de votre Fils
et le gage assuré de son salut.
Délivrez-moi du poids de mes fautes,
dispersez l'obscurité accumulée autour de mon esprit,
débarrassez-moi de mon épaisse boue,
arrêtez mes tentations,
gouvernez ma vie avec bonheur
et conduisez-moi au bonheur du ciel.
Accordez la paix au monde.
Donnez à tous les chrétiens de cette ville
la joie parfaite et le salut éternel.

Nous vous en supplions,
obtenez-nous d'être sauvés,
d'être délivrés des passions de nos âmes,
d'être guéris des maladies de nos corps,
d'être délivrés de nos difficultés ;
obtenez-nous une vie tranquille dans la lumière de l'Esprit.
Enflammez-nous d'amour pour votre Fils.
Que notre vie lui soit agréable,
pour que, 
établis dans la béatitude du ciel, 
nous puissions vous voir un jour 
resplendir dans la gloire de votre Fils,
pour que nous puissions chanter, dans une joie sans fin,
des hymnes saintes d'une manière digne de l'Esprit,
au milieu de l'assemblée des élus,
en l'honneur de Celui qui, par vous, nous a sauvés,
le Christ, Fils de Dieu et notre Dieu.
A lui soient la puissance et la gloire,
avec le Père et l'Esprit,
maintenant et toujours,
dans les siècles des siècles.

Amen.

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/12/04.php

St Jean Damascène, confesseur et docteur

Mort probablement le 4 décembre vers 749. Inscrit par Baronius dans le martyrologe romain au 6mai. Déclaré Docteur de l’Église par Léon XIII en 1890, fête inscrite alors au calendrier sous le rite double à la date du 27 mars.

Leçons des Matines avant 1960

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Jean, surnommé Damascène du nom de sa patrie, était de naissance illustre, et fut instruit dans les lettres divines et humaines par te moine Cosme de Constantinople. Comme en ce temps, l’empereur Léon l’Isaurien avait déclaré une guerre impie au culte des saintes images, Jean, sur l’invitation du Pontife romain Grégoire III, défendit avec ardeur par sa parole et ses écrits la sainteté de ce culte. Ce zèle suscita contre lui les haines de l’empereur à ce point que celui-ci, par l’artifice de fausses lettres, le fit accuser de trahison auprès du calife de Damas dont Jean était le conseiller et le ministre. Le prince, trompé par cette fourberie, ordonna de couper la main droite de Jean, qui protestait avec serment contre cette infâme calomnie. Mais la Vierge bénie vint au secours de son fidèle serviteur, qui lui avait adressé de ferventes prières, et vengea son innocence. Par un insigne bienfait de sa part, la main qui avait été coupée lui fut rendue et si bien unie au bras qu’il ne restait aucune trace de la séparation. Profondément touché de ce miracle, Jean résolut d’accomplir le dessein qu’il avait conçu depuis longtemps. Ayant obtenu, quoiqu’avec peine, son congé du calife, il distribua tous ses biens aux pauvres et donna la liberté à ses esclaves. Il parcourut en pèlerin les lieux saints de la Palestine et se retira enfin avec Cosme, son ancien maître, près de Jérusalem, dans la laure de saint Sabbas, où il fut ordonné Prêtre.

Cinquième leçon. Dans la carrière de la vie religieuse, il donna aux autres moines d’illustres exemples de toutes les vertus, particulièrement de l’humilité et de l’obéissance. Il revendiquait comme son droit les emplois les plus vils du monastère, et s’y appliquait avec ardeur. Ayant eu l’ordre d’aller vendre de petites corbeilles à Damas, la ville où naguère il avait reçu les plus grands honneurs, il y recueillait avec une- sainte avidité les dérisions et les moqueries de la multitude. Il pratiquait si bien l’obéissance que, non seulement il se rendait au moindre signe des supérieurs mais encore qu’il ne se crut jamais permis de rechercher les motifs des ordres qu’il recevait, quelque difficiles et insolites qu’ils parussent être. Au milieu des exercices de ces vertus, il ne cessa jamais de défendre avec zèle le dogme catholique du culte des saintes images. Aussi fut-il en butte à la haine et aux vexations de Constantin Copronyme, comme il l’avait été auparavant à celles de l’empereur Léon ; d’autant plus qu’il reprenait avec liberté l’arrogance de ces empereurs, assez hardis pour traiter des choses de la foi et prononcer à leur gré sur ces matières.

Sixième leçon. On ne peut voir sans étonnement le grand nombre des écrits en prose et en vers que Jean Damascène a composés pour la défense de la foi et l’augmentation de la piété, digne assurément des éloges que le deuxième concile de Nicée lui a décernés et du surnom de Chrysorrhoas, c’est-à-dire de fleuve d’or, qui lui fut donné à cause de son éloquence. Non seulement il défendit la foi orthodoxe contre les Iconoclastes, mais il combattit avec zèle presque tous les hérétiques, principalement les Acéphales, les Monothélites, les Patripassiens. Il revendiqua les droits et la puissance de l’Église ; il affirma hautement la primauté du prince des Apôtres ; il le nomma le soutien des Églises, la pierre qui ne peut être brisée, le docteur et l’arbitre de l’univers. Tous ses écrits se distinguent non seulement par la science et la doctrine, mais encore respirent un profond sentiment de piété, surtout lorsqu’il adresse ses louanges à la Mère de Dieu, à laquelle il rendait un culte et un amour singuliers. Mais ce qui fait son plus grand mérite, c’est qu’il fut le premier à embrasser dans un ordre suivi toute la théologie, et qu’il ouvrit la voie à saint Thomas pour exposer ainsi méthodiquement la doctrine sacrée. Enfin cet homme très saint, rempli de mérites, et dans un âge avancé, s’endormit dans la paix du Christ vers l’an sept cent cinquante-quatre. Le souverain Pontife Léon XIII a concédé à l’Église universelle l’Office et la Messe de saint Jean Damascène avec l’addition du titre de Docteur.

Au troisième nocturne.

Lecture du saint Évangile selon saint Luc. Cap. 6, 6-11.

En ce temps-là : Il arriva un autre jour de Sabbat, que Jésus entra dans la synagogue et qu’il y enseignait ; or, il y avait là un homme dont la main droite était desséchée. Et le reste.

Homélie de S. Pierre Chrysologue.

Septième leçon. Cet homme est l’image de tous les hommes, sa guérison est celle de tous.- En lui la santé si longtemps attendue est rendue au genre humain. Cette main desséchée l’était plus par la paralysie de la foi, que par l’atrophie des nerfs, par le péché de l’âme plus que par l’affaiblissement de la chair. Cette maladie était très ancienne et remontait aux premiers jours du monde. Contractée par un châtiment divin, elle ne pouvait être guérie par l’art ou les soins de l’homme. L’homme avait touché à ce qui lui était interdit, il avait franchi les bornes posées à sa liberté, en portant la main sur l’arbre de la science du bien et du mal. Il avait besoin, non d’une main qui lui appliquât un remède corporel, mais d’un Maître qui pût révoquer la sentence portée contre lui et délier par son pardon ce qu’il avait lié par sa juste colère.

Huitième leçon. En cet homme était seulement la - figure de notre guérison, mais c’est dans le Christ que la santé parfaite nous est réservée ; notre main déplorablement desséchée reprend sa force, quand elle est arrosée du sang du Seigneur dans sa passion, quand elle est étendue sur le bois vivifiant de la Croix, quand elle recueille dans la douleur la vertu fructifiant en bonnes œuvres, quand elle embrasse tout l’arbre du salut, quand, attaché à ce bois par les clous du Seigneur, le corps ne peut plus revenir à l’arbre de la concupiscence et des voluptés qui l’ont desséché. « Et Jésus dit à l’homme qui avait la main desséchée : Lève-toi au milieu de l’assemblée », protestant de ta propre faiblesse, tirant ton salut de la pitié de Dieu, attestant sa puissance, rendant manifeste l’incrédulité des Juifs ; lève-toi dans l’assemblée, et qu’insensibles à de si grands miracles, endurcis devant une guérison si merveilleuse, ils se laissent du moins saisir et fléchir au sentiment de pitié qu’inspiré une faiblesse si déplorable.

Neuvième leçon. Il dit à l’homme : « Étends ta main, et il retendit, et sa main redevint saine ». Étends ta main : l’ordre divin la délie, comme l’ordre divin l’avait liée. Étends ta main : le châtiment cède à la voix du Juste ; la créature entend la voix de Dieu, et le Créateur se trahit à son pardon. Priez, mes frères, que le mal d’une telle faiblesse n’atteigne que la synagogue ; qu’il n’y ait point dans l’Église d’homme dont la main soit desséchée par la cupidité, contractée par l’avarice, affaiblie par la rapine, malade et resserrée par l’attachement aux richesses ; mais s’il est quelqu’un que ce malheur atteigne, qu’il entende la voix du Seigneur, et qu’aussitôt il étende la main dans les œuvres de la piété, qu’il en détende les nerfs endurcis dans la douceur de la miséricorde, qu’il l’ouvre pour répandre l’aumône. Il ne sait trouver le remède, celui qui ne sait donner aux pauvres pour le profit de son âme.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

On n’a point oublié que les Grecs célèbrent au premier dimanche de Carême une de leurs plus grandes solennités : la fête de l’Orthodoxie. La nouvelle Rome, montrant bien qu’elle ne partageait aucunement l’indéfectibilité de l’ancienne, avait parcouru tout le cycle des hérésies concernant le dogme du Dieu fait chair. Après avoir rejeté successivement la consubstantialité du Verbe, l’unité de personne en l’Homme-Dieu, l’intégrité de sa double nature, il semblait qu’aucune négation n’eût échappé à la sagacité de ses empereurs et de ses patriarches. Un complément pourtant des erreurs passées manquait encore au trésor doctrinal de Byzance.

Il restait à proscrire ici-bas les images de ce Christ qu’on ne parvenait pas à diminuer sur son trône du ciel ; en attendant qu’impuissante à l’atteindre même dans ces représentations figurées, l’hérésie laissât la place au schisme pour arriver à secouer du moins le joug de son Vicaire en terre : dernier reniement, qui achèvera de creuser pour Constantinople la tombe que le Croissant doit sceller un jour.

L’hérésie des Iconoclastes ou briseurs d’images marquant donc, sur le terrain de la foi au Fils de Dieu, la dernière évolution des erreurs orientales, il était juste que la fête destinée à rappeler le rétablissement de ces images saintes s’honorât, en effet, du glorieux nom de fête de l’Orthodoxie ; car en célébrant le dernier des coups portés au dogmatisme byzantin, elle rappelle tous ceux qu’il reçut dans les Conciles, depuis le premier de Nicée jusqu’au deuxième du même nom, septième œcuménique. Aussi était-ce une particularité de ladite solennité, qu’en présence de la croix et des images exaltées dans une pompe triomphale, l’empereur lui-même se tenant debout à son trône, on renouvelât à Sainte-Sophie tous les anathèmes formulés en divers temps contre les adversaires de la vérité révélée.

Satan, du reste, l’ennemi du Verbe, avait bien montré qu’après toutes ses défaites antérieures, il voyait dans la doctrine iconoclaste son dernier rempart. Il n’est pas d’hérésie qui ait multiplié à ce point en Orient les martyrs et les ruines. Pour la défendre, Néron et Dioclétien semblèrent revivre dans les césars baptisés Léon l’Isaurien, Constantin Copronyme, Léon l’Arménien, Michel le Bègue et son fils Théophile. Les édits de persécution, publiés pour protéger les idoles autrefois, reparurent pour en finir avec l’idolâtrie dont l’Église, disait-on, restait souillée.

Vainement, dès l’abord, saint Germain de Constantinople rappela-t-il au théologien couronné sorti des pâturages de l’Isaurie, que les chrétiens n’adorent pas les images, mais les honorent d’un culte relatif se rapportant à la personne des Saints qu’elles représentent. L’exil du patriarche fut la réponse du césar pontife. La soldatesque, chargée d’exécuter les volontés du prince, se rua au pillage des églises et des maisons des particuliers. De toutes parts, les statues vénérées tombèrent sous le marteau des démolisseurs. On recouvrit de chaux les fresques murales ; on lacéra, on mit en pièces les vêtements sacrés, les vases de l’autel, pour en faire disparaître les émaux historiés, les broderies imagées. Tandis que le bûcher des places publiques consumait les chefs-d’œuvre dans la contemplation desquels la piété des peuples s’était nourrie, l’artiste assez osé pour continuer de reproduire les traits du Seigneur, de Marie ou des Saints, passait lui-même par le feu et toutes les tortures, en compagnie des fidèles dont le crime était de ne pas retenir l’expression de leurs sentiments à la vue de telles destructions. Bientôt, hélas ! dans le bercail désolé, la terreur régna en maîtresse ; courbant la tête sous l’ouragan, les chefs du troupeau se prêtèrent à de lamentables compromissions.

C’est alors qu’on vit la noble lignée de saint Basile, moines et vierges consacrées, se levant tout entière, tenir tête aux tyrans. Au prix de l’exil, de l’horreur des cachots, de la mort par la faim, sous le fouet, dans les flots, de l’extermination par le glaive, ce fut elle qui sauva les traditions de l’art antique et la foi des aïeux. Vraiment apparut-elle, à cette heure de l’histoire, personnifiée dans ce saint moine et peintre du nom de Lazare qui, tenté par flatterie et menaces, puis torturé, mis aux fers, et enfin, récidiviste sublime, les mains brûlées par des lames ardentes, n’en continua pas moins, pour l’amour des Saints, pour ses frères et pour Dieu, d’exercer son art, et survécut aux persécuteurs.

Alors aussi s’affirma définitivement l’indépendance temporelle des Pontifes romains, lorsque l’Isaurien menaçant de venir jusque dans Rome briser la statue de saint Pierre, l’Italie s’arma pour interdire ses rivages aux barbares nouveaux, défendre les trésors de ses basiliques, et soustraire le Vicaire de l’Homme-Dieu au reste de suzeraineté que Byzance s’attribuait encore.

Glorieuse période de cent vingt années, comprenant la suite des grands Papes qui s’étend de saint Grégoire II à saint Paschal Ier, et dont les deux points extrêmes sont illustrés en Orient par les noms de Théodore Studite, préparant dans son indomptable fermeté le triomphe final, de Jean Damascène qui, au début, signifia l’orage. Jusqu’à nos temps, il était à regretter qu’une époque dont les souvenirs saints remplissent les fastes liturgiques des Grecs, ne fût représentée par aucune fête au calendrier des Églises latines. Sous le règne du Souverain Pontife Léon XIII, cette lacune a été comblée ; depuis l’année 1892, Jean Damascène, l’ancien visir, le protégé de Marie, le moine à qui sa doctrine éminente valut le nom de fleuve d’or, rappelle au cycle de l’Occident l’héroïque lutte où l’Orient mérita magnifiquement de l’Église et du monde.

La notice liturgique consacrée à l’illustre Docteur est assez complète pour nous dispenser d’y rien ajouter. Mais il convient de conclure en donnant ici les traits principaux des définitions parles quelles, au VIIIe siècle et plus tard au XVIe, l’Église vengea les saintes Images de la proscription à laquelle les avait condamnées l’enfer. « C’est légitimement, déclare le deuxième concile de Nicée, qu’on place dans les églises, en fresques, en tableaux, sur les vêtements, les vases sacrés, comme dans les maisons ou dans les rues, les images soit de couleur, soit de mosaïque ou d’autre matière convenable, représentant notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, notre très pure Dame la sainte Mère de Dieu, les Anges et tous les Saints ; de telle sorte qu’il soit permis de faire fumer l’encens devant elles et de les entourer de lumières [1]. — Non, sans doute, reprennent contre les Protestants les Pères de Trente, qu’on doive croire qu’elles renferment une divinité ou une vertu propre, ou que l’on doive pincer sa confiance dans l’image même comme autrefois les païens dans leurs idoles ; mais, l’honneur qui leur est rendu se référant au prototype [2], c’est le Christ à qui vont par elles nos adorations, ce sont les Saints que nous vénérons dans les traits qu’elles nous retracent d’eux [3]. »

Vengeur des saintes Images, obtenez-nous, comme le demande l’Église [4], d’imiter les vertus, d’éprouver l’appui de ceux qu’elles représentent. L’image attire notre vénération et notre prière à qui en mérite l’hommage : au Christ roi, aux princes de sa milice, aux plus vaillants de ses soldats, qui sont les Saints ; car c’est justice qu’en tout triomphe, le roi partage avec son armée ses honneurs [5]. L’image est le livre de ceux qui ne savent pas lire ; souvent les lettrés mêmes profitent plus dans la vue rapide d’un tableau éloquent, qu’ils ne feraient dans la lecture prolongée de nombreux volumes [6]. L’artiste chrétien, dans ses travaux, fait acte en même temps de religion et d’apostolat ; aussi ne doit-on pas s’étonner des soulèvements qu’à toutes les époques troublées la haine de l’enfer suscite pour détruire ses œuvres. Avec vous, qui compreniez si bien le motif de cette haine, nous dirons donc :

« Arrière, Satan et ton envie, qui ne peut souffrir de nous laisser voir l’image de notre Seigneur et nous sanctifier dans cette vue ; tu ne veux pas que nous contemplions ses souffrances salutaires, que nous admirions sa condescendance, que nous ayons le spectacle de ses miracles pour en prendre occasion de connaître et de louer la puissance de sa divinité. Envieux des Saints et des honneurs qu’ils tiennent de Dieu, tu ne veux pas que nous ayons sous les yeux leur gloire, de crainte que cette vue ne nous excite à imiter leur courage et leur foi ; tu ne supportes pas le secours qui provient à nos corps et à nos âmes de la confiance que nous mettons en eux. Nous ne te suivrons point, démon jaloux, ennemi des hommes [7]. »

Soyez bien plutôt notre guide, ô vous que la science sacrée salue comme un de ses premiers ordonnateurs. Connaître, disiez-vous, est de tous les biens le plus précieux [8]. Et vous ambitionnez toujours d’amener les intelligences au seul maître exempt de mensonge, au Christ, force et sagesse de Dieu : pour qu’écoutant sa voix dans l’Écriture, elles aient la vraie science de toutes choses ; pour qu’excluant toutes ténèbres du cœur comme de l’esprit, elles ne s’arrêtent point à la porte extérieure de la vérité, mais parviennent à l’intérieur de la chambre nuptiale [9].

Un jour, ô Jean, Marie elle-même prédit ce que seraient votre doctrine et vos œuvres ; apparaissant à ce guide de vos premiers pas monastiques auquel vous obéissiez comme à Dieu, elle lui dit : « Permets que la source coule, la source aux eaux limpides et suaves, dont l’abondance parcourra l’univers, dont l’excellence désaltérera les âmes avides de science et de pureté, dont la puissance refoulera les flots de l’hérésie et les changera en merveilleuse douceur. » Et la souveraine des célestes harmonies ajoutait que vous aviez aussi reçu la cithare prophétique et le psaltérion, pour chanter des cantiques nouveaux au Seigneur notre Dieu, des hymnes émules de ceux des Chérubins [10]. Car les filles de Jérusalem, qui sont les Églises chantant la mort du Christ et sa résurrection [11], devaient avoir en vous l’un de leurs chefs de chœurs. Des fêtes de l’exil, de la Pâque du temps, conduisez-nous par la mer Rouge et le désert à la fête éternelle, où toute image d’ici-bas s’efface devant les réalités des cieux, où toute science s’évanouit dans la claire vision, où préside Marie, votre inspiratrice aimée, votre reine et la nôtre.

[1] Concil. Nic. Il, sess. VII.

[2] Cette formule, où se trouve exprimée la vraie base théologique du culte des images, est empruntée par le concile de Trente au second de Nicée, qui lui-même l’a tirée textuellement de saint Jean Damascène : De fide orthodoxa, IV, XVI.

[3] Concil. Trident., sess. XXV.

[4] Collecte de la Messe.

[5] Damasc. De Imaginibus, I, 19-21.

[6] Ibid. Comment, in Basil.

[7] De Imaginibus, III, 3.

[8] Dialectica, I.

[9] Ibid.

[10] Joan. Hierosolymit. Vita J. Damasceni, XXXI.

[11] Ibid.


Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Cette fête fut introduite dans la liturgie romaine en 1890 et coïncide avec cette première période du pontificat de Léon XIII où la question d’Orient lui fut si chère. Si les efforts du Pape n’eurent pas tout le succès qu’on pouvait espérer, ce ne fut certes pas faute de zèle de la part de l’Église catholique qui alors, comme toujours d’ailleurs, ouvrit ses bras maternels pour accueillir ses filles déshéritées d’Orient, affaiblies par un schisme déjà presque millénaire, et avilies en outre par leur servitude sous le Croissant.

Quoique la messe ait été composée avec beaucoup de soin, elle révèle cependant son caractère moderne par les réminiscences historiques accentuées dont elle fait montre. Ce qui doit avoir frappé davantage le rédacteur, c’est l’épisode, très incertain, du bras coupé au Saint et la part prise par celui-ci en laveur des saintes images. La place éminente qui revient à Jean Damascène dans l’histoire de la théologie catholique, son influence sur la formation du système scolastique lui-même, et surtout le fait qu’il clôt chez les Grecs l’âge patristique, à ce point que toutes les générations byzantines venant après lui ne sont plus capables d’apporter aucune contribution à l’édifice théologique — d’ailleurs si admirable — élevé par lui, tout cela ne semble guère avoir influé sur l’esprit du rédacteur de la messe de ce jour.

Le deuxième Concile de Nicée, en 787, décerna les plus grands éloges à ce saint moine hiérosolymitain de la laure de Mar Sabbas, et l’exalta comme le plus valeureux champion de l’orthodoxie contre les erreurs des Iconoclastes. On l’appelait communément Chrysorrhoas, et déjà en 813 Théophane atteste que Jean portait ce titre honorifique pour sa grâce spirituelle, resplendissante comme l’or, s’épanouissant dans sa doctrine et dans sa vie.

Les Grecs célèbrent sa fête le 4 décembre ; mais le nom du Chrysorrhoas de Saint-Sabbas revient très souvent en tête de leurs hymnes liturgiques car les splendides compositions de saint Jean Damascène allèrent jusqu’à faire oublier celles de Romanos le Mélode, magnifiques pourtant elles aussi.

La lecture de la Sagesse (X, 10-17) révèle un choix très heureux. Ce qui est écrit de Joseph et de Moïse, à savoir que Dieu ne les abandonna pas dans la prison et dans l’exil, et les remplit d’une si grande sagesse qu’il les rendit terribles même aux rois, s’applique maintenant à Jean Damascène, qui eut fort à souffrir des calomnies des hérétiques au temps de Constantin Copronyme. Ce dernier changea par dérision le nom arabe de Jean, Mansour, en celui de Mánzêros, qui signifie bâtard. Le conciliabule iconoclaste réuni à Constantinople en 754 déversa sa fureur contre le Saint en le maudissant d’une quadruple malédiction, et en l’anathématisant, ainsi que le patriarche Germain de Constantinople et un certain Georges de Chypre : La Trinité a exterminé cette triade.

Dans le graduel, on revient avec insistance sur le souvenir du bras coupé auquel l’introït faisait déjà allusion.

Le souvenir du bras coupé à saint Jean Damascène a également inspiré le choix de la lecture évangélique (Luc., VI, 6-n11) où est racontée la guérison d’un homme qui avait la main paralysée. Symboliquement, ce miracle signifie l’impuissance des seules forces naturelles pour faire le bien, et la nécessité de la grâce divine. Ainsi est condamnée l’hérésie pélagienne qui prétendait que la nature humaine déchue peut arriver d’elle-même à la vie surnaturelle de la grâce et, dans l’autre monde, de la gloire. — Non pas moi, déclarait l’Apôtre, mais la grâce divine avec moi.

Dans l’antienne pour l’offrande des oblations par le peuple fidèle, revient la pensée du bras amputé et miraculeusement restitué à Jean Damascène. C’est une image très gracieuse que celle de l’arbre taillé qui acquiert un surcroît de vigueur pour bourgeonner plus abondamment.

La secrète veut introduire d’une manière un peu forcée le souvenir de l’œuvre de Jean Damascène dans la controverse sur les images sacrées ; il en résulte une composition quelque peu guindée bien que le style ne soit pas dépourvu d’élégance.

Voici de nouveau le souvenir du bras coupé, dans l’antienne pour la Communion.

Nous aimons à mentionner ici une belle pensée de saint Jean Chrysorrhoas sur l’indépendance de l’Église vis-à-vis du pouvoir civil qui alors, comme aujourd’hui en Orient, exerçait tant d’autorité sur les églises dites autocéphales : Ad imperatores spectat recta reipublicae administratio ; ecclesiae regimen, ad pastores et doctores. Eiusmodi invasio latrocinium est, fratres. Quum Samuelis pallium scidisset Saul, quid ei contigit ? Regnum ipsius abscidit Deus. [12]

Le christianisme ne condamne pas la science mais l’orgueil, parce que celui-ci empêche l’accès à la vérité. Les savants sont donc très utiles à l’Église, surtout quand ils unissent à la doctrine une éminente sainteté de vie, car non seulement ils marchent dans le sentier du salut en édifiant les fidèles par leur exemple, mais d’ordinaire ils y ramènent un très grand nombre d’âmes. Ainsi fit ce saint Moine de la laure de Saint-Sabbas à Jérusalem ; sur la terre, il n’occupa point une place sublime, il ne fut ni évêque ni chef. Et pourtant, parce qu’il aima la vérité et la prêcha d’une âme invincible, il mérita l’honneur d’être le vrai Chrysorrhoas, le dernier docteur de l’Église d’Orient, le flambeau qui devait seul resplendir dans la triste nuit du schisme qui dès lors se préparait.

[12] P. G.. XCIV, col. 1295.


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Le culte liturgique des images.

Saint Jean : Jour de mort : 6 mai 754. — Tombeau : au monastère de Saint-Sabbas, près de Jérusalem. Image : On le représente comme docteur de l’Église, avec un livre, et tenant sa main coupée. Vie : Saint Jean Damascène (de Damas) est le dernier des docteurs de l’Église orientale. C’est encore un porte-parole puissant de l’Église antique au moment où, dans l’empire grec, la décadence se faisait de plus en plus profonde. Peu de temps après sa mort, commença le schisme qui détacha l’Église grecque du rocher de Pierre. Son principal mérite est d’avoir réuni la doctrine de l’Église dans un système organique. C’est par là qu’il fut un précurseur et une des sources les plus importantes des grands scolastiques. Dans sa lutte contre les iconoclastes, il écrivit ces ardentes apologies qu’on ne cesse d’admirer. La défense du culte des images fit de lui un martyr. L’empereur Léon l’ !saurien l’accusa faussement de trahison auprès de son maître, le calife de Bagdad. Jean eut beau affirmer par serment son innocence, le calife prêta l’oreille à la calomnie et lui fit couper la main droite. Mais un miracle lui rendit sa main. Aussitôt, il distribua ses biens aux pauvres et entra comme moine à la laura (monastère) de Saint-Sabbas, près de Jérusalem. Il s’y adonna aux services les plus humbles, comme de tresser des paniers.

Pratique : L’oraison du jour dirige nos pensées vers le culte liturgique des images. — Nous prenons la messe du Carême avec mémoire du saint.

SOURCE : http://www.introibo.fr/27-03-St-Jean-Damascene-confesseur#nh12




1. Il y a chez les Ismaélites [Arabes] une superstition trompeuse qui est toujours agissante, et qui sert de précurseur à l’Antéchrist. Elle a pour origine Ismaël, qui est né d’Abraham et d’Agar, et c’est pour cette raison qu’ils s’appellent Agarènes et Ismaëlites. On les appelle également Saracènes du fait, parait-il, d’avoir été renvoyés sans rien par Sarah ; car Agar a dit à l’ange:  » Sarah m’a renvoyée sans rien « . [signifie en réalité « habitants du désert » en grec. Ce terme n’a rien à voir avec le nom de Sarah. Il a donné « Sarrasins » en français.]
Les Saracènes étaient idolâtres, et vénéraient l’étoile du matin ainsi qu’Aphrodite. Ce nom dans leur langue signifie Majestueux (Habar) c’est ainsi que jusqu’au temps d’Héraclius, ils étaient assurément idolâtres.
2. A partir de cette époque, un faux prophète survint au milieu d’eux ; il s’appelait Mohammed. Il a entendu quelquefois l’Ancien et le Nouveau Testament, et est censé avoir rencontré un moine arien, par la suite. Finalement il créera lui-même sa propre hérésie.
Puis déçu, il fit croire au peuple qu’il était un « craignant Dieu », et fit propager la rumeur qu’un écrit saint lui avait été apporté du ciel [le Coran]. Il mit par écrit des sentences, qu’on ne peut que railler, dans son livre et le leur donna pour qu’ils y obéissent.
Il disait qu’il n’existait qu’un seul Dieu, créateur de toutes choses, qui n’a ni engendré, ni été engendré. Il disait que le Christ était la parole de Dieu et son Esprit, qu’il a été créé et qu’il est un serviteur, qu’il est né de la semence de Marie, la soeur de Moïse et d’Aaron.
Car, dit-il, la Parole de Dieu et l’esprit entrèrent en Marie, et elle donna naissance à Jésus, qui fut un prophète et un serviteur de Dieu. Il affirme que les Juifs, ayant eux-mêmes violés la loi, voulaient le crucifier, et après l’avoir arrêté, ils crucifièrent son ombre, mais Christ lui-même, disent-ils, n’a pas été crucifié et n’est pas mort ; car Dieu l’a élevé auprès de lui dans le ciel, parce qu’il l’aimait.
Il affirme que lorsque Christ monta aux cieux, Dieu le questionna en disant :  » O Jésus, as-tu dit que je suis Fils de Dieu, et Dieu ? » Et Jésus, affirment-ils, répondit: « Aie pitié de moi Seigneur; tu sais que je ne me vanterai pas d’être ton serviteur, et que je ne leur ai pas dit cela ; mais les hommes qui se sont égarés ont écrit que c’est ainsi que j’ai parlé, et ils disent des mensonges à mon sujet, et ils se sont trompés. » Et ils disent que Dieu lui a répondu : « Je savais que tu ne dirais pas une telle chose« .
Et bien qu’il introduisit dans cet écrit beaucoup d’autres absurdités, dont on ne peut que se moquer, il insiste sur le fait que cela lui a été apporté du ciel par Dieu.
Quant à nous, nous nous demandons : « Et qui est celui qui peut témoigner que Dieu lui a donné les écrits ? Et lequel des prophètes a annoncé à l’avance qu’un tel prophète se lèverait ? » Et parce qu’ils sont étonnés et embarrassés, nous leur avons dit que Moïse reçut la Loi au Mont Sinaï à la vue de tout le peuple quand Dieu apparut dans la nuée et dans le feu, dans les ténèbres et dans la tempête ; ils sont étonnés de ce que tous les prophètes, en commençant par Moïse, puis ceux qui le suivirent ont prédit la venue du Christ, également le fait que le Christ est Dieu et que le Fils de Dieu viendra en s’incarnant, qu’il sera crucifié, qu’il mourra et qu’il sera le juge des vivants et des morts.
Et alors quand nous demandons : « Comment se fait-il que votre prophète ne soit pas venu de cette manière, en ayant d’autres personnes qui témoignent à son sujet ? Car contrairement à Moïse à qui Dieu a donné la Loi, pendant que le peuple regardait et que la montagne était enfumée, Dieu n’a pas donné à votre prophète l’écrit en votre présence. Autrement vous aussi pourriez en avoir l’assurance« . Ils répondent que Dieu fait ce qui lui plaît. Ceci, disons nous, nous le savons également ; mais comment l’écrit est-il descendu vers votre prophète ? Voilà ce que nous demandons.
Et à eux de répondre que, pendant qu’il était endormi, l’écrit saint est descendu sur lui. Alors nous leur disons en plaisantant que, puisque c’est pendant qu’il dormait qu’il a reçu l’écrit saint, il n’avait donc pas conscience de ce qui se passait, alors c’est à son sujet que le proverbe populaire s’accomplit [le proverbe n’est pas dans le texte].
Quant à nouveau nous leur demandons : « Comment se fait-il que bien que, dans vos écrits saints, il vous a commandé de ne rien faire ni de recevoir quoi que ce soit, sans la présence de témoins, vous ne lui ayez pas demandé :  » Prouve d’abord avec l’appui de témoins que tu es un prophète et que tu es venu de la part de Dieu, et quel écrit saint témoigne en ta faveur ? « , ils restent silencieux, car ils sont honteux.
Puisque vous n’avez pas l’autorisation de vous marier sans témoins, ni d’acheter quoi que ce soit, ni d’acquérir aucune propriété (vous n’avez même pas le droit de prendre un âne, ou tout autre animal, sans témoins), ainsi donc vous avez des femmes, des propriétés, des ânes et toute autre chose, en présence de témoins ; et donc uniquement votre foi et vos écrits saints vous les acceptez sans témoins.
Cela provient du fait que celui qui vous a donné les écrits, ne détient son autorité de nulle part. De plus il n’y a personne de connu qui ait témoigné à l’avance à son sujet. Il faut ajouter que le prophète reçut cela, alors qu’il dormait.
3. En outre ils nous appellent  » Associateurs « , car, affirment-ils, nous introduisons un associé aux côtés de Dieu, en disant que le Christ est le Fils de Dieu et est Dieu.
Nous leur répondons : « C’est cela que l’Ecriture et les prophètes nous ont rapporté et vous, comme vous le proclamez, acceptez l’autorité des prophètes. Si, pour cette raison, nous nous sommes trompés en affirmant que Christ est le Fils de Dieu, alors ceux qui nous ont ainsi enseignés et qui nous ont rapporté de tels écrits se sont également trompés« . Certains Saracènes maintiennent que c’est nous qui avons ajoutés de telles choses, en allégorisant les prophètes. D’autres proclament que ce sont les Juifs, qui remplis de haine, nous ont trompés avec de faux écrits de prophètes, et cela en vue de nous égarer.
A nouveau nous leur répondons : « Puisque que vous affirmez que le Christ est la Parole et l’Esprit de Dieu, comment donc pouvez-vous nous taxer d’associateurs ? Car la Parole et l’Esprit sont inséparables de celui en qui tout cela a son origine. Si donc, la parole est en Dieu, il est évident qu’elle est Dieu également. Si d’autre part, elle est en dehors de Dieu, alors Dieu, d’après vous, est sans Parole et sans Esprit. Ainsi donc en essayant de ne pas mettre d’associés auprès de Dieu, vous avez mutilé Dieu. Car il eût été avantageux pour vous de dire que Dieu a un associé, plutôt que de le mutiler et de le présenter de la même manière qu’on le ferait pour une pierre, du bois ou tout autre objet inanimé. C’est ainsi que vous nous appelez  » Associateurs  » à tort : nous par contre vous appelons  » Mutilateurs  » (koptas) de Dieu « 
4. Ils nous accusent injustement d’être idolâtres, car nous vénérons la croix, et qu’eux la méprisent. A cela nous leur répondons :  » Comment se fait-il que vous vous frottiez à une pierre, à votre Habathan, et que vous exprimiez votre vénération à la pierre en l’embrassant ? « 
Certains répondent en affirmant qu’Abraham y eut des relations sexuelles avec Agar ; d’autres disent que c’est là qu’il avait attaché son chameau avant de sacrifier Isaac.
Et à nous de leur répondre:  » Puisque l’Ecriture dit qu’il y avait une montagne et une forêt, d’où Abraham a coupé du bois pour l’holocauste sur lequel il coucha Isaac, et également qu’il laissa les ânes en arrière avec les serviteurs ; d’où tirez-vous alors votre histoire ? En cet endroit il n’y avait ni de bois provenant de la forêt, ni sentier pour les ânes« . Alors les voilà embarrassés. Toutefois, ils affirment bien qu’il s’agit de la pierre d’Abraham.
Nous leur répondons :  » Supposons que ce que vous affirmez de manière insensée soit vrai, n’éprouvez-vous pas de honte à embrasser cette pierre, uniquement parce qu’Abraham y a eu des rapports avec une femme, ou parce qu’il y attacha son chameau ? Et vous nous blâmez, parce que nous vénérons la croix du Christ, par laquelle le pouvoir des démons et la ruse du Diable ont été annihilés ! ! ! « 
Ainsi donc, ce qu’ils appellent  » pierre  » est la tête d’Aphrodite adoraient. Eux l’appelaient Haber et on voit des entailles dans la pierre encore aujourd’hui, ceux qui les comprennent y voient des gravures.
5. Comme nous l’avons déjà mentionné, Mohammed composa beaucoup d’histoires, et à chacune il attribua un titre, comme par exemple Le traité de la femme. Dans cet écrit, il admet que quelqu’un puisse d’une manière légale prendre quatre femmes et mille concubines, s’il pouvait se le permettre, donc autant qu’il pouvait entretenir en plus des quatre femmes. Chacun peut répudier chacune de ses femmes, selon son désir, et se remarier avec une autre femme.
Il a créé cette loi à cause de l’histoire suivante. Mohammed avait un ami nommé Zaid. Cet homme avait une belle femme, et Mohammed en est tombé amoureux. Alors que les deux amis étaient assis ensemble un certain jour, Mohammed dit :  » Ecoute mon ami, Dieu m’a commandé de prendre ta femme, pour qu’elle devienne la mienne. » Et celui-ci de répliquer:  » tu es un apôtre, fais comme Dieu t’a dit ; prends ma femme « . Et il la répudia.
Ou plutôt, pour raconter l’histoire dès le début ; il lui dit : « Dieu m’a ordonné (de te dire) que tu devais répudier ta femme » . Quelques jours plus tard il dit :  » Mais maintenant Dieu a ordonné que moi je la prenne pour femme. « . Ensuite, après l’avoir prise pour femme, et commis l’adultère avec elle, il a inventé la loi suivante :  » Quiconque le souhaite peut renvoyer sa femme. Mais, si après le divorce il veut retourner à elle, il faut que la femme ait auparavant été mariée à quelqu’un d’autre. Car il n’est pas permis de la reprendre, à moins qu’elle ne se soit mariée à quelqu’un d’autre. Un frère peut épouser la femme répudiée par son frère le souhaite  » (…)
7. Mohammed parle également du Traité de la Table. Il affirme que le Christ demanda à Dieu une table, et elle lui fut donnée. Parce que, rapporte-t-il, il lui répondit :  » Je t’ai donné, ainsi qu’à tes compagnons, une table incorruptible « .
Il y a aussi Le traité de La Génisse, et quelques autres contes, dont on ne peut que se moquer, et que nous ne mentionnerons pas tous, du fait de leur grand nombre.
Il créa une loi disant qu’hommes et femmes soient circoncis, et il leur ordonna de ne pas observer le sabbat et de ne pas se faire baptiser, et d’un côté de manger ce qui est interdit dans la Loi, de l’autre de s’abstenir des aliments (que la Loi permet) ; il a également interdit de boire du vin.
Saint Jean Damascène – « De Haeresibus » chapitres 100/101 – VIIIè siècle

SOURCE : https://bibliothequedecombat.wordpress.com/2013/08/31/saint-jean-damascene-face-a-lheresie-islamique/



St. John Damascene

Born at Damascus, about 676; died some time between 754 and 787. The only extant life of the saint is that byJohn, Patriarch of Jerusalem, which dates from the tenth century (P.G. XCIV, 429-90). This life is the single source from which have been drawn the materials of all his biographical notices. It is extremely unsatisfactory from the standpoint of historical criticism. An exasperating lack of detail, a pronounced legendary tendency, and a turgid style are its chief characteristics. Mansur was probably the name of John's father. What little is known of him indicates that he was a sterling Christian whose infidel environment made no impression on his religious fervour. Apparently his adhesion to Christian truth constituted no offence in the eyes of his Saracen countrymen, for he seems to have enjoyed their esteem in an eminent degree, and discharged the duties of chief financial officer for the caliph, Abdul Malek. The author of the life records the names of but two of his children, John and his half-brother Cosmas. When the future apologist had reached the age of twenty-three his father cast about for a Christian tutor capable of giving his sons the best education the age afforded. In this he was singularly fortunate. Standing one day in the market-place he discovered among the captives taken in a recent raid on the shores of Italy a Sicilian monk named Cosmas. Investigation proved him to be a man of deep and broad erudition. Through the influence of the caliph, Mansur secured the captive's liberty and appointed him tutor to his sons. Under the tutelage of Cosmas, John made such rapid progress that, in the enthusiastic language of his biographer, he soon equalled Diophantus in algebra and Euclid in geometry. Equal progress was made in music,astronomy, and theology.

On the death of his father, John Damascene was made protosymbulus, or chief councillor, of Damascus. It was during his incumbency of this office that the Church in the East began to be agitated by the first mutterings of the Iconoclast heresy. In 726, despite the protests of Germanus, Patriarch of Constantinople, Leo the Isaurian issued his first edict against the veneration of images. From his secure refuge in the caliph's court, John Damascene immediately entered the lists against him, in defence of this ancient usage of the Christians. Not only did he himself oppose the Byzantine monarch, but he also stirred the people to resistance. In 730 the Isaurianissued a second edict, in which he not only forbade the veneration of images, but even inhibited their exhibition in public places. To this royal decree the Damascene replied with even greater vigour than before, and by theadoption of a simpler style brought the Christian side of the controversy within the grasp of the common people. A third letter emphasized what he had already said and warned the emperor to beware of the consequences of this unlawful action. Naturally, these powerful apologies aroused the anger of the Byzantine emperor. Unable to reach the writer with physical force, he sought to encompass his destruction by strategy. Having secured an autograph letter written by John Damascene, he forged a letter, exactly similar in chirography, purporting to have been written by John to the Isaurian, and offering to betray into his hands the city of Damascus. The letter he sent to the caliph. Notwithstanding his councillor's earnest avowal of innocence, the latter accepted it as genuine and ordered that the hand that wrote it be severed at the wrist. The sentence was executed, but, according to his biographer, through the intervention of the Blessed Virgin, the amputated hand was miraculouslyrestored.

The caliph, now convinced of John's innocence, would fain have reinstated him in his former office, but theDamascene had heard a call to a higher life, and with his foster-brother entered the monastery of St. Sabas, some eighteen miles south-east of Jerusalem. After the usual probation, John V, Patriarch of Jerusalem, conferred on him the office of the priesthood. In 754 the pseudo-Synod of Constantinople, convened at the command of Constantine Copronymus, the successor of Leo, confirmed the principles of the Iconoclasts andanathematized by name those who had conspicuously opposed them. But the largest measure of the council'sspleen was reserved for John of Damascus. He was called a "cursed favourer of Saracens", a "traitorous worshipper of images", a "wronger of Jesus Christ", a "teacher of impiety", and a "bad interpreter of theScriptures". At the emperor's command his name was written "Manzer" (Manzeros, a bastard). But the Seventh General Council of Nicea (787) made ample amends for the insults of his enemies, and Theophanes, writing in 813, tells us that he was surnamed Chrysorrhoas (golden stream) by his friends on account of his oratorical gifts. In the pontificate of Leo XIII he was enrolled among the doctors of the Church. His feast is celebrated on 27 March.

John of Damascus was the last of the Greek Fathers. His genius was not for original theological development, but for compilation of an encyclopedic character. In fact, the state of full development to which theological thought had been brought by the great Greek writers and councils left him little else than the work of an encyclopedist; and this work he performed in such manner as to merit the gratitude of all succeeding ages. Some consider him the precursor of the Scholastics, whilst others regard him as the first Scholastic, and his "De fide orthodoxa" as the first work of Scholasticism. The Arabians too, owe not a little of the fame of their philosophy to hisinspiration. The most important and best known of all his works is that to which the author himself gave the name of "Fountain of Wisdom" (pege gnoseos). This work has always been held in the highest esteem in both theCatholic and Greek Churches. Its merit is not that of originality, for the author asserts, at the end of the secondchapter of the "Dialectic", that it is not his purpose to set forth his own views, but rather to collate and epitomize in a single work the opinions of the great ecclesiastical writers who have gone before him. A special interestattaches to it for the reason that it is the first attempt at a summa theologica that has come down to us.

The "Fountain of Wisdom" is divided into three parts, namely, "Philosophical Chapters" (Kephalaia philosophika), "Concerning Heresy" (peri aipeseon), and "An Exact Exposition of the Orthodox Faith" (Ikdosis akribes tesorthodoxou pisteos). The title of the first book is somewhat too comprehensive for its contents and consequently is more commonly called "Dialectic". With the exception of the fifteen chapters that deal exclusively with logic, it has mostly to do with the ontology of Aristotle. It is largely a summary of the Categories of Aristotle withPorphyry's "Isagoge" (Eisagoge eis tas kategorias). It seems to have been John Damascene's purpose to give his readers only such philosophical knowledge as was necessary for understanding the subsequent parts of the "Fountain of Wisdom". For more than one reason the "Dialectic" is a work of unusual interest. In the first place, it is a record of the technical terminology used by the Greek Fathers, not only against the heretics, but also in the exposition of the Faith for the benefit of Christians. It is interesting, too, for the reason that it is a partial exposition of the "Organon", and the application of its methods to Catholic theology a century before the first Arabic translation of Aristotle made its appearance. The second part, "Concerning Heresy", is little more than a copy of a similar work by Epiphanius, brought up to date by John Damascene. The author indeed expressly disclaims originality except in the chapters devoted to Islamism, Iconoclasm, and Aposchitae. To the list of eightyheresies that constitute the "Panarion" of Epiphanius, he added twenty heresies that had sprung up since histime. In treating of Islamism he vigorously assails the immoral practices of Mohammed and the corrupt teachings inserted in the Koran to legalize the delinquencies of the prophet. Like Epiphanius, he brings the work to a close with a fervent profession of Faith. John's authorship of this book has been challenged, for the reason that the writer, in treating of Arianism, speaks of Arius, who died four centuries before the time of Damascene, as still living and working spiritual ruin among his people. The solution of the difficulty is to be found in the fact thatJohn of Damascene did not epitomize the contents of the "Panarion", but copied it verbatim. Hence the passage referred to is in the exact words of Epiphanius himself, who was a contemporary of Arius.

"Concerning the Orthodox Faith", the third book of the "Fountain of Wisdom", is the most important of John Damascene's writings and one of the most notable works of Christian antiquity. Its authority has always been great among the theologians of the East and West. Here, again, the author modestly disavows any claim of originality — any purpose to essay a new exposition of doctrinal truth. He assigns himself the less pretentious task of collecting in a single work the opinions of the ancient writers scattered through many volumes, and of systematizing and connecting them in a logical whole. It is no small credit to John of Damascus that he was able to give to the Church in the eighth century its first summary of connected theological opinions. At the command of Eugenius III it was rendered into Latin by Burgundio of Pisa, in 1150, shortly before Peter Lombard's "Book of Sentences" appeared. This translation was used by Peter Lombard and St. Thomas Aquinas, as well as by othertheologians, till the Humanists rejected it for a more elegant one. The author follows the same order as doesTheodoret of Cyrus in his "Epitome of Christian Doctrine". But, while he imitates the general plan of Theodoret, he does not make use of his method. He quotes, not only form the pages of Holy Writ, but also from the writings of the Fathers. As a result, his work is an inexhaustible thesaurus of tradition which became the standard for the great Scholastics who followed. In particular, he draws generously from Gregory of Nazianzus, whose works he seems to have absorbed, from Basil, Gregory of Nyssa, Cyril of Alexandria, Leo the Great, Athanasius, John Chrysostum, and Epiphanius. The work is divided into four books. This division, however, is an arbitrary one neither contemplated by the author nor justified by the Greek manuscript. It is probably the work of a Latintranslator seeking to accommodate it to the style of the four books of Lombard's "Sentences".

The first book of "The Orthodox Faith" treats of the essence and existence of God, the Divine nature, and theTrinity. As evidence of the existence of God he cites the concurrence of opinion among those enlightened byRevelation and those who have only the light of reason to guide them. To the same end he employs the argument drawn from the mutability of created things and that from design. Treating, in the second book, of the physical world, he summarizes all the views of his times, without, however, committing himself to any of them. In the same treatise he discloses a comprehensive knowledge of the astronomy of his day. Here, also, place is given to the consideration of the nature of angels and demons, the terrestrial paradise, the properties of humannature, the foreknowledge of God, and predestination. Treating of man (c.xxvii), he gives what has been aptly called a "psychology in nuce". Contrary to the teachings of Plotinus, the master of Porphyry, he identifies mindand soul. In the third book the personality and two-fold nature of Christ are discussed with great ability. This leads up to the consideration of the Monophysite heresy. In this connexion he deals with Peter the Fuller's addition to the "Trisagion", and combats Anastasius's interpretation of this ancient hymn. The latter, who wasAbbot of the monastery of St. Euthymius in Palestine, referred the "Trisagion" only to the Second Person of theTrinity. In his letter "Concerning the Trisagion" John Damascene contends that the hymn applies not to the Sonalone, but to each Person of the Blessed Trinity. This book also contains a spirited defence of the Blessed Virgin'sclaim to the title of "Theotokos." Nestorius is vigorously dealt with for trying to substitute the title of "Mother of Christ" for "Mother of God". The Scriptures are discussed in the fourth book. In assigning twenty-two books to the Old Testament canon he is treating of the Hebrew, and not the Christian, Canon, as he finds it in a work ofEpiphanius, "De ponderibus et mensuris". His treatment in this book of the Real Presence is especially satisfactory. The nineteenth chapter contains a powerful plea for the veneration of images.

The treatise, "Against the Jacobites", was written at the request of Peter, Metropolitan of Damascus, who imposed on him the task of reconciling to the Faith the Jacobite bishop. It is a strong polemic against theJacobites, as the Monophysites in Syria were called. He also wrote against the Manicheans and Monothelites. The "Booklet Concerning Right Judgment" is little more than a profession of Faith, confirmed by arguments setting forth the mysteries of the Faith, especially the Trinity and the Incarnation. Though John of Damascus wrote voluminously on the Scriptures, as in the case of so much of his writing, his work bears little of the stamp of originality. His "Select Passages" (Loci Selecti), as he himself admits, are taken largely from the homilies of St. John Chrysostom and appended as commentaries to texts from the Epistles of St. Paul. The commentary on theEpistles to the Ephesians, Philippians, Colossians, and Thessalonians is taken from Cyril of Alexandria. The "Sacred Parallels" (Sacra parallela) is a kind of topical concordance, treating principally of God, man, virtues, andvices.

Under the general title of "Homilies" he wrote fourteen discourses. The sermon on the Transfiguration, whichLequien asserts was delivered in the church on Mt. Tabor, is of more than usual excellence. It is characterized by dramatic eloquence, vivid description, and a wealth of imagery. In it he discourses on his favorite topic, the twofold nature of Christ, quotes the classic text of Scripture in testimony of the primacy of Peter, and witnessesthe Catholic doctrine of sacramental Penance. In his sermon on Holy Saturday he descants on the Easter dutyand on the Real Presence. The Annunciation is the text of a sermon, now extant only in a Latin version of an Arabic text, in which he attributes various blessings to the intercession of the Blessed Virgin. The second of his three sermons on the Assumption is especially notable for its detailed account of the translation of the body of the Blessed Virgin into heaven, an account, he avers, that is based on the most reliable and ancient tradition. Both Liddledale and Neale regard John of Damascus as the prince of Greek hymnodists. His hymns are contained in the "Carmina" of the Lequien edition. The "canons" on the Nativity, Epiphany, and Pentecost are written in iambic trimeters. Three of his hymns have become widely known and admired in their English version — "Thoseeternal bowers", "Come ye faithful raise the strain", and "Tis the Day of Resurrection". The most famous of the "canons" is that on Easter. It is a song of triumph and thanksgiving — the "Te Deum" of the Greek Church. It is atraditional opinion, lately controverted, that John Damascene composed the "Octoëchos", which contains theliturgical hymns used by the Greek Church in its Sunday services. Gerbet, in his "History of Sacred Music", credits him with doing for the East what Gregory the Great accomplished for the West — substitution of notes and other musical characters for the letters of the alphabet to indicate musical quantities. It is certain he adapted choralmusic to the purposes of the Liturgy.

Among the several works that are dubiously attributed to John Damascene the most important is the romance entitled "Barlaam and Josaphat". Throughout the Middle Ages it enjoyed the widest popularity in all languages. It is not regarded as authentic by Lequien, and the discovery of a Syriac version of the "Apology of Aristides" shows that what amounts to sixteen printed pages of it was taken directly from Aristides. The panegyric of St. Barbara, while accepted as genuine by Lequien, is rejected by many others. The treatise entitled "Concerning those who have died in the Faith" is rejected as spurious by Francisco Suárez, Bellarmine, and Lequien, not only on account of its doctrinal discrepancies, but for its fabulous character as well. The first Greek edition of any of the works ofJohn Damascene was that of the "Exact Exposition of the Orthodox Faith" brought out at Verona (1531) under the auspices of John Matthew Gibertus, Bishop of Verona. Another Greek edition of the same work was published at Moldavia (1715) by John Epnesinus. It was also printed in a Latin edition at Paris (1507), by James Faber.Henry Gravius, O.P., published a Latin edition at Cologne (1546) which contained the following works: "Dialectic", "Elementary and Dogmatic Instruction", "Concerning the two Wills and Operations", and "Concerning Heresy". AGreek-Latin edition with an introduction by Mark Hopper made its appearance at Basle (1548). A similar edition, but much more complete was published at the same place in 1575. Another Latin edition, constituting a partial collection of the author's works is that by Michael Lequien,O.P., published at Paris (1712) and Venice (1748). To the reprint of this edition, P.G., XCIV-XCVI (Paris, 1864), Migne has added a supplement of works attributed by some to the authorship of John Damascene.

O'Connor, John Bonaventure. "St. John Damascene." The Catholic Encyclopedia. Vol. 8. New York: Robert Appleton Company, 1910. 5 May 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/08459b.htm>.
Transcription. This article was transcribed for New Advent by Anthony A. Killeen. In Memory of Fr. Cyril Power, S.J.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/08459b.htm


Les trois saints Georges, Jean Damascène et Éphrem le Syrien. 
Part d'un triptyque, peut-être constantinoplois.
Monastaire Sainte Catherine, Sinai (Egypte). Début du 14ième siècle. 21,4 X 9,5



St. John Damascene, Doctor of the Church


Saint John Damascene has the double honor of being the last, but one of the fathers of the Eastern Church, and the greatest of her poets. It is surprising, however, how little that is authentic is known of his life. The account of him by John of Jerusalem, written some two hundred years after his death, contains an admixture of legendary matter, and it is not easy to say where truth ends and fiction begins.

The ancestors of John, according to his biographer, when Damascus fell into the hands of the Arabs, had alone remained faithful to Christianity. They commanded the respect of the conqueror, and were employed in judicial offices of trust and dignity, to administer, no doubt, the Christian law to the Christian subjects of the Sultan. His father, besides this honorable rank, had amassed great wealth; all this he devoted to the redemption of Christian slaves on whom he bestowed their freedom. John was the reward of these pious actions. John was baptized immediately on his birth, probably by Peter II, bishop of Damascus, afterwards a sufferer for the Faith.

The father was anxious to keep his son aloof from the savage habits of war and piracy, to which the youths of Damascus were addicted, and to devote him to the pursuit of knowledge. The Saracen pirates of the seashore neighboring to Damascus, swept the Mediterranean, and brought in Christian captives from all quarters. A monk named Cosmas had the misfortune to fall into the hands of these freebooters. He was set apart for death, when his executioners, Christian slaves no doubt, fell at his feet and entreated his intercession with the Redeemer. The Saracens enquired of Cosmas who he was. He replied that he had not the dignity of a priest; he was a simple monk, and burst into tears. The father of John was standing by, and expressed his surprise at this exhibition of timidity. Cosmas answered, “It is not for the loss of my life, but of my learning, that I weep.”

Then he recounted his attainments, and the father of John, thinking he would make a valuable tutor for his son, begged or bought his life of the Saracen governor; gave him his freedom, and placed his son under his tuition. The pupil in time exhausted all the acquirements of his teacher. The monk then obtained his dismissal, and retired to the monastery of S. Sabas, where he would have closed his days in peace, had he not been compelled to take on himself the bishopric of Majuma, the port of Gaza.

The attainments of the young John of Damascus commanded the veneration of the Saracens; he was compelled reluctantly to accept an office of higher trust and dignity than that held by his father. As the Iconoclastic controversy became more violent, John of Damascus entered the field against the Emperor of the East, and wrote the first of his three treatises on the Veneration due to Images. This was probably composed immediately after the decree of Leo the Isaurian against images, in 730.

Before he wrote the second, he was apparently ordained priest, for he speaks as one having authority and commission. The third treatise is a recapitulation of the arguments used in the other two. These three treatises were disseminated with the utmost activity throughout Christianity.

Leo the Isaurian, having obtained, through his emissaries, one of John’s circular epistles in his own handwriting — so runs the tale — caused a letter to be forged, containing a proposal from John of Damascus to betray his native city to the Christians.

The emperor, with specious magnanimity, sent this letter to the Sultan. The indignant Mahommedan ordered the guilty hand of John to be cut off. John entreated that the hand might be restored to him, knelt before the image of the Virgin, prayed, fell asleep, and woke with his hand as before. John, convinced by this miracle, that he was under the special protection of our Lady, resolved to devote himself wholly to a life of prayer and praise, and retired to the monastery of Saint Sabas.

That the Sultan should have contented himself with cutting off the hand of one of his magistrates for an act of high treason is in itself improbable, but it is rendered more improbable by the fact that it has been proved by Father Lequien, the learned editor of his works, that Saint John Damascene was already a monk at Saint Sabas before the breaking out of the Iconoclastic dispute.

In 743, the Khalif Ahlid II persecuted the Christians. He cut off the tongue of Peter, metropolitan of Damascus, and banished him to Arabia Felix. Peter, bishop of Majuma, suffered decapitation at the same time, and Saint John of Damascus wrote an eulogium on his memory. Another legend is as follows: it is probably not as apocryphal as that of the severed hand: — The abbot sent Saint John in the meanest and most beggarly attire to sell baskets in the marketplace of Damascus, where he had been accustomed to appear in the dignity of office, and to vend his poor ware at exorbitant prices.

Nor did the harshness of the abbot end there. A man had lost his brother, and broken-hearted at his bereaval, besought Saint John to compose him a sweet hymn that might be sung at this brother’s funeral, and which at the same time would soothe his own sorrow. John asked leave of the abbot, and was curtly refused permission. But when he saw the distress of the mourner he yielded, and sang him a beautiful lament. The abbot was passing at the time, and heard the voice of his disciple raised in song. Highly incensed, he expelled him from the monastery, and only re- admitted him on condition of his daily cleaning the filth from all the cells of his brethren. An opportune vision rebuked the abbot for thus wasting the splendid talents of his inmate.

John was allowed to devote himself to religious poetry, which became the heritage of the Eastern Church, and to theological arguments in defense of the doctrines of the Church, and refutation of all heresies. His three great hymns or “canons,” are those on Easter, the Ascension, and Satin Thomas’s Sunday. Probably also many of the Idiomela an Stichera which are scattered about the office- books under the title of “John” and “John the Hermit” are his. His eloquent defense of images has deservedly procured him the title of “The Doctor of Christian Art.” The date of his death cannot be fixed with any certainty; but it lies between 754 and before 787.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-john-damascene/




St. John Damascen, Father of the Church

From the works of the saint, and the histories of those times. His life written by John IV. patriarch of Jerusalem, who lived two hundred years after him, borrows the first part, before his monastic profession, from uncertain memoirs. See Nat. Alex. sæc. S. Fleury, b. 42. Papebroke, May 6. Ceillier, t. 18, p. 110.

A.D. 780

MAHOMET, the great impostor, subdued a considerable part of Arabia before his death, which happened in 632. His successor, Abubeker, extended his conquests into Chaldea and Persia. Omar, the second caliph of the Saracens, subdued Palestine, Syria, Mesopotamia, and Egypt, before the death of the Emperor Heraclius, in 641. Othman, the third caliph, died in 655, and Ali the fourth, in 660. This last founded the sect of Mahometanism which the Persians follow, and which the Turks and others, who adhere to the interpretations of his predecessors, Omar and Othman, detest above all other religions. Such was the posture of affairs in the East, when St. John was born, in the declension of the seventh century, at Damascus, from which city he received his surname: by the Saracens he was called Mansur. He was of a noble and ancient family, and his father, though always a zealous and pious Christian, was held in great esteem by the Saracen caliphs for his high birth, probity, and abilities; was advanced by them to the first employments of the state, and made their chief secretary or counsellor. The pious statesman was the more watchful and fervent in all duties of religion, the greater the dangers were to which he saw his faith exposed. Being chiefly solicitous for the education of his son in innocence and piety, amidst the dangers of such a court, he purchased the liberty of a learned and devout Grecian monk, named Cosmas, who, having been taken prisoner by the Saracens, was brought to Damascus for sale. Him he appointed tutor to his son, and to another youth called Cosmas, the charge of whose education he had taken upon himself. The preceptor entered into the views of the zealous parent, and bent his whole attention to defend the tender plants from the rude winds of trials and temptations. The caliph was much taken with the capacity and virtue of John, and after the death of his father, made him governor of Damascus, his capital city. After Ali, the dignity of caliph had passed into another family, called the Ommiads. The name of the first of these was Moavia. This prince and his immediate successors treated the Christians with courtesy and mildness: and so great were the abilities, and such the transcendent virtue of John, that he enjoyed his prince’s favour without envy. But he always trembled at the sight of those spiritual dangers with which he saw himself surrounded. He was sensible, that, in a flow of plenty and prosperity, the heart is apt to warp towards vice and the world, and he dreaded the contagion of the air he breathed. He therefore, at length came to a resolution to resign his honours, and soon after disposed of his estates in favour of the church and the poor, and with Cosmas, his companion, withdrew secretly to the great Laura of St. Sabas, near Jerusalem. Cosmas was afterward chosen bishop of Majuma, in Palestine.

St. John in his solitude, rejoiced to see himself delivered from the slavery of the world, and placed in a happy state of uninterrupted tranquillity; where his years passed away without one heavy minute, and where he had no other occupation but that of employing, without distraction, all his thoughts and endeavours on the end of his creation, the securing the salvation of his soul. He considered the important work which he had upon his hands, and set himself in earnest to learn perfectly to subdue his passions, and walk in the paths of true virtue.—With this view he addressed himself to the superior of the Laura, who gave him for director an experienced old monk.—This great master in a spiritual life, conducting the novice to his cell, gave him the following short lessons: First, That he should never do his own will, but study in all things to die to himself, in order to divest himself of all inordinate self-love or attachment to creatures. Secondly, That he should frequently offer to God all his actions, difficulties, and prayers. Thirdly, That he should take no pride in his learning or any other advantage, but ground himself in a sincere and thorough conviction that he had nothing of his own stock but ignorance and weakness. Fourthly, That he should renounce all vanity, should always mistrust himself and his own lights, and never desire visions or the like extraordinary favours. Fifthly, That he should banish from his mind all thoughts of the world, nor ever disclose to strangers the instructions given him in the monastery; that he should keep strict silence, and remember that there may be harm even in saying good things without necessity. By the punctual observance of these rules, the fervent novice made great progress in an interior life and Christian perfection. His director, to promote his spiritual advancement, often put his virtue to severe trials. He once sent him to Damascus to sell some baskets, and having set an exorbitant price on them, forbade him to take less. The saint obeyed his director without the least demur, and appeared poor and ill clad in that great city, in which he had formerly lived in splendour. On being asked the price of his ware, he was abused and insulted for the unreasonableness of his demands. At length, one who had been formerly his servant, out of compassion, purchased his whole stock, at the price he asked; and the saint returned to his superior, victorious over vanity and pride. It happened that a certain monk, being inconsolable for the death of his brother, the saint, by way of comforting him, recited to him a Greek verse, importing, that all is vanity which time destroyeth. His director, for his greater security against the temptation of vanity or ostentation, on account of learning, called this a disobedience in speaking without necessity, and, by way of chastisement, turned him out of his cell. The humble saint wept bitterly to heal this wound of disobedience in his soul, as he confessed it to be; and without endeavouring to extenuate the fault, though in itself so excusable, begged the monks to intercede for him to his director for pardon. This was at length obtained, but only on condition that with his own hand, he should cleanse out and carry away all the filth that lay about the monastery; which condition the saint, to whom humiliations were always welcome, most cheerfully complied with.

So accomplished a virtue made his superiors judge him worthy to be promoted to the priesthood, which was then much more rare in monasteries than at present. This dignity served only to increase his humility and fervour. His director at length thought him sufficiently grounded in habits of profound humility and self-denial, to be permitted to employ his talents in writing for the edification of others and the service of the church, without falling into the dangerous temptations of self-conceit and pride. For a secret vanity or self-complacency often robs even the Christian writer of the fruit of his labours before God; and an eminent author calls this base weakness of vanity the last foible of great geniuses. John had given proof by long and severe trials, that an entire contempt of himself, and a feeling sense of his own weakness and absolute insufficiency, were deeply rooted in his heart, when his superiors thought him sufficiently armed against this snare, to be employed in teaching their theological schools. Soon after, they ordered him to take up his pen in defence of our holy faith, attacked by the Iconoclast heretics. The Emperor Leo, the Isaurian, had published his edicts against holy images, in 726, and had found many followers, when St. John entered the lists against that heresy.—He begins his first discourse, or oration, on this religious subject as follows: “Conscious to myself of my own baseness and unworthiness, I ought rather to condemn myself to an eternal silence, weeping, and confessing my sins before God. But seeing the church, which is founded on a rock, assailed by a furious storm, I think I ought no longer to remain silent, because I fear God more than an emperor of the earth.” He lays down for the foundation of the dispute, that the church cannot err; consequently it could never fall into idolatry. 1 He explains what is meant by the adoration due to God alone, which, with St. Austin and other fathers, he calls Latria; and that inferior veneration which is paid to the friends and servants of God, which is entirely different, and infinitely beneath the former; and no more inconsistent with it than the civil honour which the law of nature and the holy scriptures command us to pay to princes and superiors. He shows that the veneration which we pay to the things which belong to God, as altars, &c. is not less distinct from the supreme honour we give to God. He says, the precept in the old law, which forbade images, (if it be not to be restrained to idols,) was merely ceremonial, and only regarded the Jews: which law if we restore, we must equally admit circumcision and the sabbath. He testifies that the Iconoclasts allowed a religious honour to be due to the holy place on Mount Calvary, to the stone of the sepulchre, to the book of the gospels, to crosses and sacred vessels. Lastly, he proves the veneration of holy images by the testimony of the fathers. In his second discourse he teaches at large that the emperor is intrusted with the government of the state, but has no authority to make decisions in points of ecclesiastical doctrine. In the third, he demonstrates the use of holy images from the tradition of the fathers.

The dogmatical writings of this great doctor show the extent of his genius still more than his controversial; and in them the strength and clearness of his reasoning can be equalled only by the depth of his penetration, and the soundness of his judgment. 2 His most important and celebrated work is, The Exposition of the Orthodox Faith, divided into four books, in which he reduces all the branches of theology which the ancients explained in several scattered works into one regular body, which gives this sublime study the advantage of excellent method, connects all its parts in a short system, and sets them all together in one clear point of view. 3 This work was the first plan of the scholastic method of teaching divinity, which St. Anselm introduced much later among the Latins. St. John composed many holy canticles; and to his fellow-pupil, Cosmas, is the Greek church indebted for the greater part of the sacred hymns which it uses in the divine office.

St. John travelled into Palestine, and also to Constantinople, to encourage the faithful, and to defend the use of holy images in the very seat of the persecutor, Constantine Copronymus.—But he returned again to the Laura of St. Sabas, in Palestine, where, being in the dominions of the Saracen caliph, he continued to defend the church by his pen. We have the unexceptionable testimony of Dr. Cave, 4 that no man can have a sound judgment who, reading his works, doth not admire his extraordinary erudition, the justness and precision of his ideas and conceptions, and the strength of his reasoning, especially in theological matters. But Baronius observes, that he was sometimes led into mistakes with regard to historical facts by faulty memoirs. John IV., patriarch of Jerusalem, extols his great skill in mathematics. Amidst his studies he was careful to nourish in his heart a spirit of devotion by constant recollection, and daily contemplation. For it is the reflection of a great man, and an eminent scholar, 5 writing to contemplative persons, “that without assiduous prayer, reasoning is a great dissipation of the mind, and learning often extinguishes the humble interior spirit of prayer, as wind does a candle.” In another place he calls too close application to mathematics the death of the spirit of prayer, and adds: “Suffer not yourself to be bewitched with the enchantment of geometry. Nothing will sooner dry up in you the interior spirit of recollection and devotion.” St. John, to shun this rock, was careful that his studies should never degenerate into a passion; he never suffered them to dissipate his mind, or encroach on his exercises of devotion, or any other duties, and in his inquiries shunned all idle curiosity. Having by retirement prepared himself for his last passage, he died in his cell about the year 780. His tomb was discovered near the church porch of this Laura, in the twelfth century, as John Phocas testifies. 6

Note 1. Or. 1, de Cultu Imag. [back]

Note 2. Though the philosophy of Plato was then generally in vogue, this able master adopted that of Aristotle, as Boëtius had done among the Latins. He cleared his physical principles of that obscurity in which they lay involved, and set their truth in a proper light: and having made himself perfectly master of his system of logic or laws of the art of reasoning, he reduced them to certain general methodical rules, in which a tedious prolixity is avoided, and this noble art, the key of sciences, is rendered easy and clear, without any embarrassed questions, and that froth of school subtilties with which the Arabians afterwards clogged it. This eminently useful art hath, by the abuse of some, been made a nuisance, to perplex and cloud the understanding, and to engross all the attention and time which are due to more sublime attainments, for the sake of which logic is chiefly necessary. Whereas, when confined to its proper boundaries, it is not only introductory to science, by giving to our ideas the utmost clearness, precision, and justness, and by teaching us the laws of true and close reasoning, but it improves the judgment, and enlarges the faculties of the mind above all other studies. Theology, without its aid, is a science without arms. Nor are certain general principles of natural philosophy a less necessary foundation to it. To answer these purposes, our holy doctor compiled his abstract of Aristotle’s logic and physics. In his treatise On Heresies, he chiefly abridges St. Epiphanius, and in those which were posterior to him, Theodoret and some others, though he gives an account of several heresies not mentioned by any other writer, and adds a confutation of Mahometism. [back]

Note 3. In his first book On the Orthodox Faith, St. John treats of God and the divine attributes: in the second, of the creation, angels, man, liberty, and predestination: in the third, of the Incarnation: in the fourth, of the sacraments, &c.

That nothing might be wanting to this work, he wrote his Parallels, in which he laid down the principal rules of morality, in passages extracted from the fathers, confirmed by the oracles of the holy scripture. He wrote also a Disputation with a Saracen, and other treatises against the Eutychians, Nestorians, Menothelites, and Manichees, besides sermons and the life of St. Stephen the Younger, a monk and martyr under Constantine Copronymus, in 766. In his treatise Of the Trinity, he explains that mystery, and the Incarnation: in his letter to Jordan on the Trisagion, he shows that the church addresses this triple repetition of Holy to one God, subsisting in three persons, not to the Son alone; and rejects the additions of the Syrian Monophysites or Eutychians, showing that in these rites we are to make the tradition of the church our rule. (p. 186.) In his letter On the Fast of Lent, he commends the general discipline, which was that of the church of Jerusalem, according to which the fast was continued for seven weeks, every day till sun-set, except on Saturdays and Sundays: the abstinence was observed for the first week only from fleshmeat, yet with fasting till evening. This was called the preparation to Lent. The other six weeks the faithful abstained from all white meats, as eggs, cheese, and milk; and on the last or holy week, no food was allowed but Xerophagie, or dry meats. The saint condemns not those who added an eighth week to Lent, though he prefers the common rule, and repeats his favourite maxim: “What is in itself good is not good, unless it be well done.” (p. 499.) In his book On the Eight capital Vices, he shows in what each consists, and explains the means by which they are to be vanquished, which he executes with greater precision than Cassian and St. Nilus had done in their books on the same subject. With them, he mentions vain-glory as a distinct capital sin or mother-vice, which St. Gregory and the Latins place under pride. St. John Damascen gives a short description of virtues and vices in his book On Virtue and Vice. The discourse, On those who are dead in Faith, is falsely ascribed to this father. In the second volume of the new edition are contained his Commentaries on St. Paul’s epistles, and several homilies. The most complete edition of the works of St. John Damascen was given at Paris by F. Le Quien, a Dominican friar, in two volumes, folio, in 1712. This editor has added learned notes, and seventeen dissertations; and promised to add in a third volume, several works which some by mistake have attributed to this father. Among these we have a history of Barlaam, a holy hermit, and Josaphat, the son of an Indian king, whom he instructed in the faith and in virtue, after his father is said to have educated him in a palace, where, during his youth, he had never heard that men die. This life is ascribed to St. John Damascen, in the English, and some other editions: but in old manuscripts is attributed to other authors, and seems not to be the work of this father. It is entertaining and ingenious, and contains pious reflections. Though Barlaam and Josaphat are names of two holy persons, the greater part of this piece is thought to be a parable or allegory. See Huet sur l’Origine des Rom. p. 60. A MS. copy of an Etymolegicon of St. John Damascen (which furnishes many useful corrections of Hesychius and Suidas) is mentioned in the Catalogus MSS. Bibliothecæ Bernensis, anctore J. R. Sinner, Bibliothecario, an. 1760, t. 1. Le Quiest’s edition is more accurately republished at Verona, in 1748. [back]

Note 4. Hist. Liter. [back]

Note 5. Fenelon, ep. 155. [back]

Note 6. Phocas in Descript. Palestinæ. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume V: May. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/5/062.html

San Giovanni Damasceno Sacerdote e dottore della Chiesa


- Memoria Facoltativa

Damasco, 650 - 749

Nacque intorno al 675 a Damasco (da cui Damasceno) in Siria. Suo padre era ministro delle finanze. Colto e brillante, divenne consigliere e amico del Califfo cioè il prefetto arabo che guidava la regione. La frequentazione del monaco siciliano Cosmo, portato schiavo a Damasco, determinò in lui il desiderio di ritirarsi a vita solitaria, in compagnia del fratello, futuro vescovo di Maiouna. Andò dunque a vivere nella «laura» di San Saba, piccolo villaggio di monaci a Gerusalemme, dove ricevette l'ordinazione sacerdotale e in virtù della sua profonda preparazione teologica, ebbe l'incarico di predicatore titolare nella basilica del Santo Sepolcro. Tra le sue opere accanto agli inni e ai trattati teologici dedicati alla Madonna, è autore del compendio di teologia «Fonte della conoscenza» e de i «Tre discorsi in favore delle sacre immagini». Teologo illuminato e coltissimo, si meritò il titolo di «San Tommaso dell'Oriente». Nel 1890 Leone XIII lo ha proclamato dottore della Chiesa. (Avvenire)
Patronato: Pittori

Etimologia: Giovanni = il Signore è benefico, dono del Signore, dall'ebraico

Martirologio Romano: San Giovanni Damasceno, sacerdote e dottore della Chiesa, che rifulse per santità e dottrina e lottò strenuamente con la parola e con gli scritti contro l’imperatore Leone l’Isaurico in difesa del culto delle sacre immagini. Divenuto monaco nel monastero di Mar Saba vicino a Gerusalemme, si dedicò qui alla composizione di inni sacri fino alla morte. Il suo corpo fu deposto in questo giorno.

Catechesi di Benedetto XVI all’udienza generale di mercoledì 6 maggio 2009

Cari fratelli e sorelle,

vorrei parlare oggi di Giovanni Damasceno, un personaggio di prima grandezza nella storia della teologia bizantina, un grande dottore nella storia della Chiesa universale. Egli è soprattutto un testimone oculare del trapasso dalla cultura cristiana greca e siriaca, condivisa dalla parte orientale dell’Impero bizantino, alla cultura dell’Islàm, che si fa spazio con le sue conquiste militari nel territorio riconosciuto abitualmente come Medio o Vicino Oriente. Giovanni, nato in una ricca famiglia cristiana, giovane ancora assunse la carica – rivestita forse già dal padre - di responsabile economico del califfato. Ben presto, però, insoddisfatto della vita di corte, maturò la scelta monastica, entrando nel monastero di san Saba, vicino a Gerusalemme. Si era intorno all’anno 700. Non allontanandosi mai dal monastero, si dedicò con tutte le sue forze all’ascesi e all’attività letteraria, non disdegnando una certa attività pastorale, di cui danno testimonianza soprattutto le sue numerose Omelie. La sua memoria liturgica è celebrata il 4 Dicembre. Papa Leone XIII lo proclamò Dottore della Chiesa universale nel 1890.

Di lui si ricordano in Oriente soprattutto i tre Discorsi contro coloro che calunniano le sante immagini, che furono condannati, dopo la sua morte, dal Concilio iconoclasta di Hieria (754). Questi discorsi, però, furono anche il motivo fondamentale della sua riabilitazione e canonizzazione da parte dei Padri ortodossi convocati nel II Concilio di Nicea (787), settimo ecumenico. In questi testi è possibile rintracciare i primi importanti tentativi teologici di legittimazione della venerazione delle immagini sacre, collegando queste al mistero dell’Incarnazione del Figlio di Dio nel seno della Vergine Maria.

Giovanni Damasceno fu inoltre tra i primi a distinguere, nel culto pubblico e privato dei cristiani, fra adorazione (latreia) e venerazione (proskynesis): la prima si può rivolgere soltanto a Dio, sommamente spirituale, la seconda invece può utilizzare un’immagine per rivolgersi a colui che viene rappresentato nell’immagine stessa. Ovviamente, il Santo non può in nessun caso essere identificato con la materia di cui l’icona è composta. Questa distinzione si rivelò subito molto importante per rispondere in modo cristiano a coloro che pretendevano come universale e perenne l’osservanza del divieto severo dell’Antico Testamento sull’utilizzazione cultuale delle immagini. Questa era la grande discussione anche nel mondo islamico, che accetta questa tradizione ebraica della esclusione totale di immagini nel culto.
Invece i cristiani, in questo contesto, hanno discusso del problema e trovato la giustificazione per la venerazione delle immagini. Scrive il Damasceno: "In altri tempi Dio non era mai stato rappresentato in immagine, essendo incorporeo e senza volto. Ma poiché ora Dio è stato visto nella carne ed è vissuto tra gli uomini, io rappresento ciò che è visibile in Dio. Io non venero la materia, ma il creatore della materia, che si è fatto materia per me e si è degnato abitare nella materia e operare la mia salvezza attraverso la materia. Io non cesserò perciò di venerare la materia attraverso la quale mi è giunta la salvezza. Ma non la venero assolutamente come Dio! Come potrebbe essere Dio ciò che ha ricevuto l’esistenza a partire dal non essere?…Ma io venero e rispetto anche tutto il resto della materia che mi ha procurato la salvezza, in quanto piena di energie e di grazie sante. Non è forse materia il legno della croce tre volte beata?... E l’inchiostro e il libro santissimo dei Vangeli non sono materia? L’altare salvifico che ci dispensa il pane di vita non è materia?... E, prima di ogni altra cosa, non sono materia la carne e il sangue del mio Signore? O devi sopprimere il carattere sacro di tutto questo, o devi concedere alla tradizione della Chiesa la venerazione delle immagini di Dio e quella degli amici di Dio che sono santificati dal nome che portano, e che per questa ragione sono abitati dalla grazia dello Spirito Santo. Non offendere dunque la materia: essa non è spregevole, perché niente di ciò che Dio ha fatto è spregevole" (Contra imaginum calumniatores, I, 16, ed. Kotter, pp. 89-90). Vediamo che, a causa dell’incarnazione, la materia appare come divinizzata, è vista come abitazione di Dio. Si tratta di una nuova visione del mondo e delle realtà materiali. Dio si è fatto carne e la carne è diventata realmente abitazione di Dio, la cui gloria rifulge nel volto umano di Cristo. Pertanto, le sollecitazioni del Dottore orientale sono ancora oggi di estrema attualità, considerata la grandissima dignità che la materia ha ricevuto nell’Incarnazione, potendo divenire, nella fede, segno e sacramento efficace dell’incontro dell’uomo con Dio. Giovanni Damasceno resta, quindi, un testimone privilegiato del culto delle icone, che giungerà ad essere uno degli aspetti più distintivi della teologia e della spiritualità orientale fino ad oggi. E’ tuttavia una forma di culto che appartiene semplicemente alla fede cristiana, alla fede in quel Dio che si è fatto carne e si è reso visibile. L’insegnamento di san Giovanni Damasceno si inserisce così nella tradizione della Chiesa universale, la cui dottrina sacramentale prevede che elementi materiali presi dalla natura possano diventare tramite di grazia in virtù dell’invocazione (epiclesis) dello Spirito Santo, accompagnata dalla confessione della vera fede.

In collegamento con queste idee di fondo Giovanni Damasceno pone anche la venerazione delle reliquie dei santi, sulla base della convinzione che i santi cristiani, essendo stati resi partecipi della resurrezione di Cristo, non possono essere considerati semplicemente dei ‘morti’. Enumerando, per esempio, coloro le cui reliquie o immagini sono degne di venerazione, Giovanni precisa nel suo terzo discorso in difesa delle immagini: "Anzitutto (veneriamo) coloro fra i quali Dio si è riposato, egli solo santo che si riposa fra i santi (cfr Is 57,15), come la santa Madre di Dio e tutti i santi. Questi sono coloro che, per quanto è possibile, si sono resi simili a Dio con la loro volontà e per l’inabitazione e l’aiuto di Dio, sono detti realmente dèi (cfr Sal 82,6), non per natura, ma per contingenza, così come il ferro arroventato è detto fuoco, non per natura ma per contingenza e per partecipazione del fuoco. Dice infatti: Sarete santi, perché io sono santo (Lv 19,2)" (III, 33, col. 1352 A). Dopo una serie di riferimenti di questo tipo, il Damasceno poteva perciò serenamente dedurre: "Dio, che è buono e superiore ad ogni bontà, non si accontentò della contemplazione di se stesso, ma volle che vi fossero esseri da lui beneficati che potessero divenire partecipi della sua bontà: perciò creò dal nulla tutte le cose, visibili e invisibili, compreso l’uomo, realtà visibile e invisibile. E lo creò pensando e realizzandolo come un essere capace di pensiero (ennoema ergon) arricchito dalla parola (logo[i] sympleroumenon) e orientato verso lo spirito (pneumati teleioumenon)" (II, 2, PG 94, col. 865A). E per chiarire ulteriormente il pensiero, aggiunge: "Bisogna lasciarsi riempire di stupore (thaumazein) da tutte le opere della provvidenza (tes pronoias erga), tutte lodarle e tutte accettarle, superando la tentazione di individuare in esse aspetti che a molti sembrano ingiusti o iniqui (adika), e ammettendo invece che il progetto di Dio (pronoia) va al di là della capacità conoscitiva e comprensiva (agnoston kai akatalepton) dell’uomo, mentre al contrario soltanto Lui conosce i nostri pensieri, le nostre azioni, e perfino il nostro futuro" (II, 29, PG 94, col. 964C). Già Platone, del resto, diceva che tutta la filosofia comincia con lo stupore: anche la nostra fede comincia con lo stupore della creazione, della bellezza di Dio che si fa visibile.

L’ottimismo della contemplazione naturale (physikè theoria), di questo vedere nella creazione visibile il buono, il bello, il vero, questo ottimismo cristiano non è un ottimismo ingenuo: tiene conto della ferita inferta alla natura umana da una libertà di scelta voluta da Dio e utilizzata impropriamente dall’uomo, con tutte le conseguenze di disarmonia diffusa che ne sono derivate. Da qui l’esigenza, percepita chiaramente dal teologo di Damasco, che la natura nella quale si riflette la bontà e la bellezza di Dio, ferite dall anostra colpa, "fosse rinforzata e rinnovata" dalla discesa del Figlio di Dio nella carne, dopo che in molti modi e in diverse occasioni Dio stesso aveva cercato di dimostrare che aveva creato l’uomo perché fosse non solo nell’"essere", ma nel "bene-essere" (cfr La fede ortodossa, II, 1, PG 94, col. 981°). Con trasporto appassionato Giovanni spiega: "Era necessario che la natura fosse rinforzata e rinnovata e, fosse indicata e insegnata concretamente la strada della virtù (didachthenai aretes hodòn), che allontana dalla corruzione e conduce alla vita eterna… Apparve così all’orizzonte della storia il grande mare dell’amore di Dio per l’uomo (philanthropias pelagos)…" E’ una bella espressione. Vediamo, da una parte, la bellezza della creazione e, dall’altra, la distruzione fatta dalla colpa umana. Ma vediamo nel Figlio di Dio, che discende per rinnovare la natura, il mare dell’amore di Dio per l’uomo. Continua Giovanni Damasceno: "Egli stesso, il Creatore e il Signore, lottò per la sua creatura trasmettendole con l’esempio il suo insegnamento… E così il Figlio di Dio, pur sussistendo nella forma di Dio, abbassò i cieli e discese… presso i suoi servi… compiendo la cosa più nuova di tutte, l’unica cosa davvero nuova sotto il sole, attraverso cui si manifestò di fatto l’infinita potenza di Dio" (III, 1. PG 94, coll. 981C-984B).

Possiamo immaginare il conforto e la gioia che diffondevano nel cuore dei fedeli queste parole ricche di immagini tanto affascinanti. Le ascoltiamo anche noi, oggi, condividendo gli stessi sentimenti dei cristiani di allora: Dio vuole riposare in noi, vuole rinnovare la natura anche tramite la nostra conversione, vuol farci partecipi della sua divinità. Che il Signore ci aiuti a fare di queste parole sostanza della nostra vita.

Autore:
Benedetto XVI



Saint Jean Damascène. Le canon des Matines de Pâques



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