lundi 26 mars 2012

Saint LUDGER d'UTRECHT, religieux bénédictin, missionnaire et évêque


Statue reliquaire de saint Ludger. Cathédrale Saint-Paul de Münster.

Saint Ludger, évêque

Originaire d'Utrecht, il fut étudiant à York pour suivre les leçons du célèbre Alcuin et d’Utrecht où il fut alors le disciple de saint Grégoire d'Utrecht. Missionnaire en Frise et en Saxe à la demande de Charlemagne, il y fonda un monastère qui donna son nom au diocèse dont il devint en 804 le premier évêque : Münster, en Westphalie. On raconte cette anecdote : convoqué un jour par Charlemagne, il disait son bréviaire en attendant son tour d'audience ; quand il fut appelé, il prit le temps de finir son office. « - Evêque, lui dit Charlemagne, ce n'est pas respectueux de m'avoir fait attendre - Dieu n'est-il pas au dessus de votre majesté ? - C'est vrai », lui répondit alors Charlemagne. Il meurt en 809.

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/03/26/5745/-/saint-ludger-eveque

SAINT LUDGER

Évêque de Munster

(+ 809)

Saint Ludger, contemporain de Charlemagne, était issu d'une noble famille de la Frise. Élevé par ses parents dans la vertu et la piété, il ne tarda pas à donner des marques évidentes d'une vocation extraordinaire; son enfance et sa jeunesse se passèrent dans un monastère où il reçut de saint Grégoire d'Utrecht les leçons de la science et de la sainteté. Sa vive intelligence pénétrait les questions les plus difficiles; les livres saints surtout faisaient ses plus chers délices; il y puisait cette onction suave qui devait plus tard caractériser sa parole apostolique et ramener tant d'âmes à Dieu.

Saint Grégoire envoya son jeune disciple en Angleterre auprès du célèbre Alcuin, pour y compléter ses études. Simple diacre, il reçut la mission d'aller rétablir l'Église de Deventer, ruinée par les Saxons infidèles; ce qu'il exécuta avec un tel succès qu'il y abolit les restes du paganisme.

Ordonné prêtre, il devint l'apôtre de la Frise et le digne émule de saint Wulfran. Ni les fatigues ni les persécutions ne purent l'arrêter: à la place des idoles renversées, il plantait la Croix et faisait entrer en masse ces populations barbares dans le sein de l'Église.

Obligé de fuir la persécution du redoutable Witikind, le saint pasteur se réfugia au monastère du Mont-Cassin, en Italie. Il y étudia la règle de saint Benoît en compagnie de son frère saint Hildegrin, qui l'y avait suivi, et y continua sa mission par ses prières et par ses austérités.

Charlemagne, vainqueur des Saxons, ayant demandé à l'infatigable apôtre le secours de sa parole, afin de conquérir à la foi ce peuple déjà conquis au royaume de France, Ludger accourut. Un nouveau diocèse est érigé, qui embrasse toute la Westphalie, et Ludger en est sacré évêque; sa ville épiscopale prend, dans la suite, le nom de Munster, d'un monastère d'Augustins, qu'il avait fondé. Mais sa vertu avait trop d'éclat pour être à l'abri de la jalousie et de la calomnie.

La frugalité de sa table, sa tendresse pour les pauvres, sa modestie, son humilité, ses austérités excessives déplurent aux hommes mondains, qui le décrièrent auprès du grand empereur des Francs, et l'accusèrent en même temps de dissiper les biens de l'Église par ses grandes charités.

Ludger fut mandé à la cour pour avoir à se justifier: appelé près du prince dans un moment où il récitait son bréviaire, le Saint voulut l'achever et se fit attendre. "Pourquoi, lui dit Charles, n'être pas venu tout d'abord? -- Prince, répond l'évêque, je priais Dieu; quand vous m'avez choisi pour évêque, vous m'avez recommandé de préférer toujours le service de ce Roi des rois à celui des hommes, même de l'empereur."

L'empereur, charmé de cette réponse n'en voulut pas entendre davantage: il renvoya avec honneur le pasteur vers ses ouailles, l'exhortant à montrer toujours la même ardeur dans le service du Seigneur et celui de Son Église.

Dieu honora les travaux apostoliques de Son humble serviteur par le don des miracles. Il rendit la vue à un aveugle en faisant le signe de la Croix sur ses yeux. Un autre aveugle ayant un jour demandé à lui parler: "Mon frère, que me voulez-vous, lui dit Ludger? -- Faites, dit-il, que je voie, pour l'amour de Dieu! -- Que vous voyiez, pour l'amour de Dieu?" reprit Ludger, s'étonnant de sa demande. Et à l'instant l'aveugle vit.

Il était sur le point de partir pour le Danemark et la Norvège, quand le Ciel mit un terme à sa course ici bas, le 26 mars 809. Les reliques de saint Ludger sont conservées au monastère de Werden. A Munster on vénère deux de ses os.

Frères des Écoles Chrétiennes, Vie des Saints, p. 133-134

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_ludger.html



Saint Ludger rendant la vue à l'aveugle Bernlef. Rotterdam.

Saint Ludger, d'une des premières maisons de Frise, naquit vers l'an 743. Son père, pour se conformer à ses désirs, le mit sous la conduite de saint Grégoire, disciple et successeur de saint Boniface dans le gouvernement de l'église d'Utrecht. Saint Grégoire l'ayant reçu dans son monastère, prit un soin particulier de son éducation. Charmé des progrès qu'il faisait dans les sciences et la vertu, il lui donna la tonsure cléricale. Ludger, qui voulait se perfectionner dans les connaissances propres à former l'esprit et le cœur, passa en Angleterre, avec la permission de saint Grégoire. Il y suivit quatre ans et demi le célèbre Alcuin, qui était à la tête de l'école d'York. Avare de son temps, il n'en perdait pas la plus petite partie ; il en partageait tous les moments entre les exercices de la religion et l'étude de l'Écriture et des Pères. Il retourna dans sa patrie en 773.

Saint Grégoire étant mort en 776, Albéric son successeur éleva Ludger à la dignité du sacerdoce, et l'employa plusieurs années à prêcher l'évangile dans la Frise. Le Saint s'acquitta de son ministère avec un grand succès ; il convertit une multitude innombrable d'infidèles et de mauvais chrétiens, fonda plusieurs monastères et bâtit des églises de toutes parts. Le ravage de la Frise par les Saxons l'obligea malheureusement d'interrompre ses travaux apostoliques ; il fut même forcé de quitter le pays. Se voyant libre, il fit un voyage à Rome, afin de consulter le Pape Adrien II sur le parti qu'il avait à prendre pour exécuter la volonté de Dieu ; il se retira ensuite au Mont-Cassin, où il resta trois ans et demi. Il pratiqua toutes les austérités de cette maison , dont il portait l'habit, sans y avoir fait toutefois des vœux monastiques.

Cependant Charlemagne vainquit les Saxons, et fit, en 787, la conquête de la Frise. Ludger retourna dans le pays qu'il avait été forcé d'abandonner, pour y continuer ses missions. Il annonça l'évangile aux Saxons, et en convertit un grand nombre. Il porta aussi la lumière de la foi dans la province de Sudergou, aujourd'hui la Westphalie ; il fonda ensuite le monastère de Werden, dans le comté de la Mark[1]. L'Empereur Charlemagne l'estimait beaucoup. Il avait été instruit de son mérite par Alcuin, qui était passé d'Angleterre en France.

En 802, Hildebaud, archevêque de Cologne, sacra Ludger, évêque de Mimigardefort, malgré la résistance de ce dernier. La ville de Mimigardefort prit ensuite le nom de Munster, du monastère que le Saint y bâtit pour les chanoines réguliers, destinés à faire l'office divin dans la cathédrale. Le nouvel évêque joignit à son diocèse cinq cantons de Frise, qu'il avait gagnés à Jésus-Christ. Il fonda encore dans le duché de Brunswick le monastère de Helmstad, qui fut appelé ensuite Ludger-Clooster, c'està-dire , monastère de Ludger.

Le saint évêque, qui, comme nous l'avons observé, était fort habile dans la connaissance de l'Écriture, ne passait aucun jour sans en expliquer quelque chose a ses disciple. Il mortifiait son corps par des jeûnes rigoureux et par de longues veilles ; il portait aussi le cilice, mais secrètement, et on ne s'en aperçut que fort peu de temps avant sa mort. S'il lui arrivait quelquefois de manger de la viande, par condescendance pour le prochain, il se renfermait dans les bornes de la tempérance la plus exacte. Lorsqu'il était obligé de se trouver dans quelque assemblée, il faisait tomber adroitement la conversation sur des matières spirituelles, et se retirait le plus tôt qu'il lui était possible. Il était doux et affable envers les pauvres, mais plein de fermeté et de résolution à l'égard des riches enflés de leurs trésors. Les pécheurs impénitents le trouvaient armé d'une rigueur inflexible. Une dame de qualité, coupable d'inceste, en fit l'expérience. En vain elle mit tout en œuvre pour gagner le saint évêque : il ne voulut rien entendre ; et comme la coupable ne se corrigeait point, il la retrancha de la communion des fidèles. Il ne prenait sur son patrimoine et sur les revenus de son évêché, que ce qui lui était absolument nécessaire pour subsister ; le reste était employé à faire des aumônes.

La conduite du Saint, toute irréprochable qu'elle était, trouva des censeurs. On le décria même auprès de Charlemagne ; on le lui représenta comme un homme qui ruinait son évêché, et qui négligeait l'embellissement des églises de sa juridiction. Le prince , qui aimait à voir des églises magnifiques, prêta l'oreille aux accusateurs de Ludger, et lui ordonna de se rendre à la. cour. Le Saint obéit. Le lendemain de son arrivée, un officier le vint avertir que l'Empereur l'attendait. Ludger, qui disait son office, répondit qu'il irait trouver le prince aussitôt qu'il aurait fini. On le vint chercher trois fois de suite, tant on s'ennuyait de son délai. Ses ennemis ne manquèrent pas de lui en faire un nouveau crime. Lorsqu'il fut arrivé, l'Empereur lui demanda avec un peu d'émotion, pourquoi il le faisait attendre si longtemps. « Je sais tout ce que je dois à Votre Majesté, répondit Ludger ; mais j'ai cru que vous ne trouveriez pas mauvais que Dieu eût la préférence. Quand on est avec lui, il faut oublier toutes les autres choses. D'ailleurs, en agissant de la i1 sorte , je me suis conformé aux intentions de Votre Majesté, puisqu'après m'avoir choisi pour évêque , elle m'a commandé de préférer le service de Dieu à celui des hommes. » Cette réponse fit une telle impression sur l'Empereur, qu'il tint Ludger pour justifié des accusations formées contre lui. Il le traita avec distinction, et disgracia tous ceux qui avaient voulu le perdre.

L'amour que saint Ludger avait pour la prière, la lui faisait recommander fortement aux autres. Un jour qu'il vaquait à ce saint exercice avec ses clercs, il reprit sévèrement l'un d'entre eux qui avait paru seulement à l'extérieur occupé d'autre chose que de Dieu ; il lui imposa même une pénitence de quelques jours. Outre le don des miracles, il avait aussi celui de prophétie. Il prédit les ravages que les Normands devaient faire dans l'empire français, et cela dans un temps où il ne paraissait pas qu'on eût rien à craindre de ces peuples. Il voulut aller travailler à leur conversion; mais il en fut empêché par Charlemagne, qui le jugeait nécessaire dans la Westphalie.

Quelque temps après, le Saint tomba malade. Il continua d'exercer ses fonctions malgré les douleurs qu'il ressentait. Le dimanche de la passion de l'année 809 , il prêcha de grand matin , dit la messe sur les neuf heures , et fit le soir un second sermon ; après quoi il prédit qu'il mourrait la nuit suivante, et marqua l'endroit du monastère de Werden où il voulait être enterré. La prédiction se vérifia à minuit, où Dieu l'appela à lui par une mort précieuse. Ses reliques sont encore à Werden.

Cet esprit de foi et de prière, qui animait continuellement saint Ludger, est bien rare. Le nombre des vrais adorateurs est infiniment petit ; on en est même venu jusqu'à ne pas garder la modestie extérieure dans les actes de religion les plus solennels. Il suffit, pour s'en convaincre, de jeter un coup d'œil sur ce qui se passe dans nos temples. On dirait que la plupart des chrétiens ont oublié qu'ils sont dans la maison de Dieu : car quelle autre raison rapporter de leur peu d'attention et de leur peu de ferveur? Qu'est devenu surtout ce silence respectueux dont les Saints nous ont donné l'exemple, silence qui prend sa source dans le sentiment intime de la présence de Dieu, et qui règle tous les mouvements extérieurs du corps ; silence si essentiel, qu'on ne peut y manquer sans perdre le fruit de ses prières ; silence dont le Seigneur est si jaloux, qu'il en fit une loi expresse pour le temple de Salomon , qui n'était pourtant que la figure des nôtres ? Ne semble-t-il pas que nos temples soient devenus des lieux profanes, où il est permis de tenir des discours frivoles, souvent même criminels ? Comment, après cela, voudrions-nous que Dieu nous exauçât ? Nous l'outrageons par nos prétendues prières ; aussi ne remportons-nous du temple que des malédictions.

SOURCE : Alban Butler : Vie des Pères, Martyrs et autres principaux Saints… – Traduction : Jean-François Godescard.

[1] Cette abbaye était située dans la ville du même nom, sur la Ruhr, dans la province de Cleve-Berg, arrondissement d'Essen, et dont on avait fait dans le temps une maison de correction. Quelques auteurs l'ont confondue mal à propos avec l'abbaye de Werden située dans la principauté de Werden, et fondée également sous Charlemagne, par un moine anglais, nommé Schwibrecht. En 890 l'évêque Wiegbert lui légua tout son patrimoine paternel ; en 994 Bruno, duc de Saxe et évêque de Werden, fut élu Pape sous le nom de Grégoire V. Par le traité de Westphalie cette abbaye, devenue le partage des luthériens, fut érigée en duché, et cédée à la couronne de Suède, qui la posséda à titre de fief héréditaire en Allemagne. En 1709 le Roi de Suède l'engagea pour deux tonnes d'or à l'Électeur de Hanovre qui finit par la garder. L'abbé de Werden appartenait anciennement aux prélats princiers d'Allemagne.

SOURCE : http://alexandrina.balasar.free.fr/ludger_de_munster.htm


Saint Ludger, premier évêque de Münster. 809.

26 mars.

- Saint Ludger, premier évêque de Münster. 809.

Pape : Saint Léon III. Empereur : Saint Charlemagne.

" Quis te docuit ? Respondens, ait : Deus me docuit."

" Qui t'a instruit ? Il répondait : Dieu m'a instruit."

Saint Ludger enfant. Vita, apud Bolland. et Pertz, II, 407.

Dans un canton de Frise, où la foi commençait à s'introduire, la femme d'un chef crétien avait mit au monde une fille. L'aïeule encore païenne, irritée contre sa bru, qui ne lui donnait pas de petit-fils, ordonna que l'nfant fût étouffée, comme le permettait les lois, avant qu'elle eût goûté le lait de sa mère, ou la nourriture des hommes. Un esclave l'emporta pour la noyer, et la plongea dans un grand vase plein d'eau. Mais l'enfant étendant ses petites mains, se retenait aux bords. Les cris attirèrent une femme qui l'arracha des bras de l'esclave, l'emporta dans sa maison et lui mouilla les lèvres d'un peu de miel ; dès lors, les lois ne permettait pas qu'elle mourût : ce fut la mère de saint Ludger.

Le signe de Dieu était sur cette maison, et l'on vit de bonne heure ce que Ludger serait un jour. Ses parents le mirent donc au monastère d'Utrecht, et il y fit tant de progrès dans les lettres sacrées, qu'on l'envoya aux écoles d'York, où les leçons d'Alcuin attiraient un grand concours de jeunes gens des contrées étrangères.

Il y passa quatre ans et revint en Frise avec un grand savoir et beaucoup de livres. Alors on l'appliqua à la prédication de l'Evangile dans le canton d'Ostracha. Mais au milieu des païens, il n'oubliait pas ses amis d'Angleterre. Pendant qu'il bâtissait un oratoire, Alcuin lui adressait des vers pour les inscrire au porche de l'édifice. Vers le même temps, il recevait de l'un de ses condisciples d'York une épître qui commençait ainsi :

" Frère, frère chéri de cet amour divin plus fort que le sang, Ludger que j'aime, puisse la grâce du Christ vous sauver. Prêtre honoré aux rivages occidentaux du monde, vous êtes savant, puissant par la parole, profond par la pensée. Tandis que vou sgrandissez dans le bien, ministre de Dieu, souvenez-vous de moi, et que vos prières recommandent au ciel celui qui vous célébra dans ses chants trop courts !"

Et le poëte finissait, demandant à son ami un bâton de bois blanc, humble don pour humble vers.

Ludger travailla sept ans, au bout desquels Witikind ayand soulevé les Saxons, les païens se jetèrent dans la Frise et chassèrent les prédicateurs de la foi. Alors Ludger se rendit à Rome, puis au mont Cassin, où il s'arrêta pour étudier la règle de saint Benoît et la rapporter parmi les moines de sa province. A son retour, le bienheurex roi Charlemagne, qui venait de vaincre les Barbares, le chargea d'évangéliser les cinq cantons de la Frise orientale. Ludger les parcourut, renversant les idoles et annonçant le vrai Dieu. Ensuite, ayant passé dans l'île de Fositeland, il détruisit les temples qui en faisait un lieu vénéré des nations du Nord et baptisa les habitants dans les eaux d'une fontaine qu'ils avaient adorée.

Vers ce temps-là, comme il voyageait de village en village, et qu'un jour il avait reçu l'hospitalité d'une noble dame, pendant qu'il mangeait avec ses disciples, on lui présenta un aveugle nommé Bernlef, que les gens du pays aimaient, parce qu'il savait bien chanter les récits des anciens temps et les combats des rois ; le serviteur de Dieu le pria de se trouver le lendemain en un lieu qu'il lui marqua. Le lendemain, quand il aperçut Bernlef, il descendit de cheval, l'emmena à l'écart, entendit sa confession, et, faisant le signe de la Croix sur ses yeux, lui demanda s'il voyait. L'aveugle vit d'abord les mains du prêtre, puis les arbres et les toits du hameau voisin. Mais Ludger exigea qu'il cachât ce miracle. Plus tard, il le prit à sa suite pour baptiser les païens, et il lui enseigna les psaumes pour les chanter au peuple.

Cependant le roi Charles, apprenant le grand bien que saint Ludger avait fait, l'établit à Mimigerford, qui fut depuis Münster, au canton de Suthergau, en Westphalie, et o, l'ordonna évêque malgré lui. Alors il éleva des églises et dans chacune il mit un prêtre du nombre de ses disciples. Lui-même instruisait tous les jours ceux qu'il destinait aux saints autels, et dont il avait choisi plusieurs parmi les enfants des Barbares. Il ne cessait pas non plus d'exhorter le peuple, invitant même les pauvres à sa table, afin de les entretenir plus longtemps.

Ses grandes aumônes vidaient les trésors de l'église, jusqu'au jour où il fut accusé auprès du bienheureux Charles comme dissipateur des biens du clergé. Il se rendit donc à la cour, et, comme il s'était mis à prier et à réciter son bréviaire en attendant l'heure de l'audience, un officier l'appela. Le Saint voulut achever sa prière et se fit attendre :

" Pourquoi, lui dit Charles, n'être pas venu tout d'abord ?

- Prince, répond l'évêque, je priais Dieu ; quand vous m'avez choisi pour évêque, vous m'avez recommandé de préférer toujours le service de ce Roi des rois à celui des hommes, à celui même de l'empereur."

L'empereur, charmé de cette réponse n'en voulut pas entendre davantage. Il renvoya avec honneur le pasteur vers ses ouailles, l'exhortant à montrer toujours la même ardeur dans le service du Seigneur et celui de Son Église.

Alors, toute la Westphalie était devenue chrétienne, et le serviteur de Dieu méditait de porter l'Evangile aux Scandinaves, quand il mourut à Münster, le 26 mars 809.

Le dernier jour de sa vie, il prêcha daux sermons, l'un à Coesfeld, l'autre à Billerbult (ou Billerbeck) et célébra la sainte messe. La nuit suivante, il rendit sa sainte âme à Dieu. Selon ce qu'il avait prescrit, il fut enseveli à Werden, monastère qu'il avait fondé dans le diocèse de Cologne ; et il s'y opéra beaucoup de miracles.

Signalons que c'est d'un monastère de chanoines réguliers que saint Ludger avait établi dans sa ville épiscopale, que celle-ci prit le nom de Münster.

Saint Ludger est le patron de Münster, de Werden, de la Frise orientale, de Helmstadt, de Deventer, de Kaiserwerth, etc.

L'essentiel de ses saintes reliques se trouvent toujours à Werden, même si Münster et Billerbeck en possèdent des fragments.

On représente saint Ludger :

1. soutenant une église ou s'appuyant dessus : ce symbole rappelant toujours les fondateurs d'églises ;

2. tenant un livre ou l'ayant à ses côtés : ce livre rappelant son amour rare pour l'étude dans sa jeunesse ou, mieux encore, la circonstance du bréviaire qu'il était en train de lire lorsqu'on vint le demander de la part de saint Charlemagne.

SOURCE : http://www.religion-orthodoxe.com/article-saint-ludger-premier-eveque-de-munster-809-70306364.html

St. Ludger

(Lüdiger or Liudger)

Missionary among the Frisians and Saxons, first Bishop of Munster in Westphalia, b. at Zuilen near Utrecht about 744; d. 26 March, 809. Feast, 26 March. Represented as a bishop reciting his Breviary, or with a swan at either side. His parents, Thiadgrim and Liafburg, were wealthy Frisians of noble lineage. In 753 Ludger saw the greatapostle of Germany, St. Boniface, and this sight and the subsequent martyrdom of the saint made deep impressions on his youthful mind. At his urgent request he was sent to the school which St. Gregory [of Utrecht,Abbot (c. 707-c. 775)] had founded at Utrecht, and made good progress. In 767 Gregory, who did not wish to receive episcopal consecration himself, sent Alubert, who had come from England to assist him in his missionary work, to York to be consecrated bishop. Ludger accompanied him to receive deaconship and to study underAlcuin, but after a year returned to Utrecht. Some time later he was granted an opportunity to continue his studies in the same school, and here contracted a friendship with Alcuin which lasted throughout life. In 773 a friction arose between the Anglo-Saxons and the Frisians, and Ludger, to provide for his personal safety, left for home, taking with him a number of valuable books. In 775 he was sent to Deventer to restore the chapeldestroyed by the heathen Saxons and to find the relics of St. Lebwin (Liafwin), who had laboured there as missionary, had built the chapel, and had died there. Ludger was successful in his undertaking, and then taught in the school of Utrecht. He and some others were next sent north to destroy the heathen places of worship west of the Lauwers Zee.


After Ludger had been ordained at Cologne in 777 the missions of Ostergau (Ostracha, i.e., Eastern Friesland) were committed to his charge, and Dokkum, the place of the martyrdom of St. Boniface, was made the centre. During each autumn he came to Utrecht to teach at the cathedral school. In this manner he toiled for about seven years, until Widukind, the indomitable leader of the Saxons, induced the Frisians to drive out themissionaries, burn the churches, and return to the heathen gods. Ludger escaped with his disciples. In 785 he visited Rome, was well received by Pope Adrian, and obtained from him good counsel and special faculties. FromRome he went to Monte Cassino, where he lived according to the Rule of St. Benedict, but did not bind himself byvows. The news of Widukind's submission, and the arrival of Charlemagne at Monte Cassino in 787, put an end toLudger's peaceful retirement. He was appointed missionary to the five districts at the mouth of the Ems, which was still occupied almost entirely by heathens. With his usual energy and unbounded confidence in God he began his work; and, knowing the language and habits of the people, he was able to turn to advantage many national traits in effecting their conversion. His zeal knew no bounds; the island of Bant, long since swallowed by the sea, is mentioned as the scene of his apostolic work. He visited Heligoland (Fossitesland), where St. Willibrord had preached; he destroyed the remaining vestiges of heathenism, and built a Christian temple. The well once sacredto the heathen gods became his baptismal font. On his return he met the blind bard Berulef, cured his blindness, and made him a devout Christian.

In 793 (Hist. Jahrb., I, 282) Charlemagne wished to make Ludger Bishop of Trier, but he declined the honour, while declaring himself willing to undertake the evangelizing of the Saxons. Charlemagne gladly accepted the offer, and North-western Saxony was thus added to Ludger's missionary field. To defray necessary expenses the income of the Abbey of Leuze, in the present Belgian Province of Hainaut, was given him, and he was told to pick his fellow-labourers from the members of that abbey. As Mimigernaford (Mimigardeford, Miningarvard) had been designated the centre of the new district, Ludger built a monastery (monasterium) there, from which the place took its name Munster. Here he lived with his monks according to the rule of St. Chrodegang of Metz, which in 789 had been made obligatory in the Frankish territories (Schmitz Kallenberg, "Monasticon Westphaliae", Munster, 1909, p. 62, places the date of foundation between 805 and 809). He also built a chapel on the left of the Aa in honour of the Blessed Virgin, besides the churches of Billerbeck, Coesfeld, Herzfeld, Nottuln, and others. Near the church of Nottuln he built a home for his sister, St. Gerburgis, who had consecrated herself toGod. Many pious virgins soon gathered about her, and so arose the first convent in Westphalia (c. 803). At the request of Charlemagne, Ludger received episcopal consecration some time between 13 Jan., 802, and 23 April, 805, for on the first date he is still styled abbot, while on the latter he is called bishop (Hist. Jahrb., I, 283). His principal care was to have a good and efficient clergy. He, to a great extent, educated his students personally, and generally took some of them on his missionary tours. Since his sojourn at Monte Cassino Ludger had entertained the idea of founding a Benedictine monastery. During the past years he had been acquiring propertyand looking for a suitable location. At length he decided upon Werden; but it was only in 799 that building began in earnest, and in 804 that he consecrated the church.

On Passion Sunday, 809, Ludger heard Mass at Coesfeld early in the morning and preached, then went toBillerbeck, where at nine o'clock he again preached, and said his last Mass. That evening he expired peacefully amidst his faithful followers. A dispute arose between Munster and Werden for the possession of his body. His brother Hildegrim being appealed to, after consultation with the emperor, decided in favour of Werden, and here the relics have rested for eleven centuries. Portions have been brought to Munster and Billerbeck. From 22 June to 4 July, 1909, the Diocese of Munster celebrated the eleventh centenary. "Bishop Hermann Dingelstad, the present successor of the apostle, celebrated the Jubilee, uniting it with the golden jubilee of his own priesthood. A most touching scene was witnessed when thousands of men, who had come from far and near, after a stirringsermon of the orator-bishop of Treves, Mgr Felix Korum, renewed their baptismal vows at the same well from which St. Ludgerus had baptized their forefathers. A Benedictine abbot and eleven bishops, among them thearchbishop of the saint's Frisian home, Utrecht, and Cardinal Fischer of Cologne, took part in the sacredcelebrations" ("America", I, 381).

Sources

BUTLER, Lives of the Saints; Revue Benedictine, III, 107; VII, 412; STADLER, Heiligenlex.; SCHWANE in Kirchenlex.; Geschichtsquellen der Diozese Munster, IV; PINGSMANN, Der hl. Ludgerus (Freiburg, 1879); BOSER, Am Grabe des hl. Ludger (Munster, 1908).

Mershman, Francis. "St. Ludger." The Catholic Encyclopedia. Vol. 9. New York: Robert Appleton Company, 1910. 5 Jun. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/09415a.htm>.


Transcription. This article was transcribed for New Advent by Herman F. Holbrook. O Saint Ludger, and all ye holy Pastors, pray for us.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/09415a.htm

Ludger of Utrecht, OSB B (RM)
(also known as Liudger)


Born near Zuilen, Frisia, the Netherlands, c. 744; died at Billerbeck, Westphalia, Germany, 809.


Everything in Ludger's life seems to have worked in favor of his becoming a great man and a saint: a good family, dedicated to the Church; a fine education; a native intelligence and a disposition that won him the affection of all with whom he came in contact. At the age of 14, he met Saint Gregory of Utrecht, who gave him the monastic habit. When he was 24, he was made a deacon; at 34, he was ordained a priest.

Ludger was first taught by Saint Gregory (whose vita he wrote), then he went to England, in 767, as a pupil of Blessed Alcuin of York. He would have stayed there longer than four years had one of his fellow countrymen not killed an English merchant and thus stirred up bad blood against the Netherlands.

In 775, Ludger was sent to revive the work begun by Saint Lebuin at Deventer. It was not until 777 that he was compelled by Gregory's successor Saint Alberic to be ordained priest. Then was stationed at Dokkum, where Saint Boniface had died and from where Ludger took the Gospel to the Frieslanders. For seven years he built churches (including the one at Dokkum for which Alcuin wrote some verses for the dedication), destroyed idols, and converted many pagans. Then, in 784, the Saxon leader Widekund invaded, destroying Christian foundations and driving out all the missionaries.

Ludger took the opportunity to make a pilgrimage to Rome and also spent two years at the great Benedictine foundation at Monte Cassino, where he planned the monastery he later established at Werden. There he may have met Charlemagne, perhaps through Alcuin who had passed over to France. Returning to Westphalia in 786, the emperor charged him with the spiritual care of five provinces. Ludger based himself on a place called Mimigerneford, which was later known as Münster because of the abbey founded there, which followed the Rule of Saint Chrodegang of Metz. His gentleness did more to attract the Saxons to Christ than did all the armies of Charlemagne.

He turned down the bishopric of Trier; and later, around 804, when he became the first bishop of Münster, Ludger himself did missionary work in Heligoland and Westphalia. Although he was denounced to Charlemagne for excessive almsgiving to the detriment of the ornamentation of churches, and kept the emperor waiting for an explanation until he had finished his devotions, he did not lose favor with the king.

Although in some pain from his final illness, the saint continued to preach until the very end of his life. In fact, Ludger died while on a preaching tour and was buried at the Benedictine monastery of Werden, on the Ruhr, which he had founded. Most of his relics remain in there. His feast is recorded in liturgical books from the 9th century (Attwater, Benedictines, Bentley, Encyclopedia, Farmer).

In art, Saint Ludger is portrayed as a bishop with a swan or goose near him (not to be confused with Saint Hugh). Sometimes he may be shown (1) with two swans at his feet; (2) saying his breviary; or (3) holding a model church (Roeder).


SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0326.shtml


St. Ludger, Bishop of Munster, Apostle of Saxony

From his life, written by Altfrid, one of his successors, and another compiled by a monk of Werden, about sixty years after the death of St. Ludger, of inferior authority to the former, both extant in Mabillon, Act. Bened. t. 4. p. 289: also a third life in Surius and the Bollandists, written by the monks of Werden, perhaps twenty years after the latter. See Hist. Liter. Fr. t. 5. p. 660

A.D. 809

ST. LUDGER was born in Friseland, about the year 743. His father, who was a nobleman of the first rank in that country, at the child’s own request, committed him very young to the care of St. Gregory, the disciple of St. Boniface, and his successor in the government of the see of Utrecht. Ludger had the happiness to have seen that holy martyr, and received from him strong impressions of virtue. Gregory educated him in his monastery, and admiring his progress in learning and piety, gave him the clerical tonsure. Ludger, desirous of further improvement, passed over into England, and spent four years and a half under Alcuin, who was rector of a famous school at York. He was careful to employ his whole time in the exercises of piety, and the study of the holy scriptures and fathers. In 773, he returned home, and St. Gregory dying in 776, his successor, Alberic, compelled our saint to receive the holy order of priesthood, and employed him for several years in preaching the word of God in Friseland, where he converted great numbers, both among the Pagans and vicious Christians, founded several monasteries, and built many churches. This was the state of affairs, when the pagan Saxons, ravaging the country obliged him to leave Friseland. Whereupon he travelled to Rome to consult Pope Adrian II. what course to take, and what he thought God required of him. He then retired for three years and a half to Mount Cassino, where he wore the habit of the Order, and conformed to the practice of the rule during his stay, but made no religious vows. In 787, Charlemagne overcame the Saxons and conquered Friseland, and the coast of the Germanic ocean as far as Denmark. Ludger hearing that by this revolution the mission was again opened, returned into east-Friseland, where he converted the Saxons to the faith; as he also did the province of Sudergou, now called Westphalia. He founded the monastery of Werden, 1 in the county of La Mark, twenty-nine miles from Cologne. His old master Alcuin being come into France, made his merit known to the Emperor Charlemagne. In 802, Hildebald, archbishop of Cologne, not regarding his strenuous resistance, ordained him bishop of Mimigardeford, (or ford of the river Mimigard,) a city which afterwards changed this name for that of Munster, from the great monastery of regular canons which St. Ludger built there, to serve for his cathedral. He joined to his diocess five cantons of Friseland which he had converted, and also founded the monastery of Helmstad, afterwards called Ludger-Clooster, or Ludger’s cloister, in the duchy of Brunswick.

He was very learned in the Holy Scriptures, and read daily lectures thereon to his disciples. He fasted and watched much, and always wore a hair shirt, but secretly, so that no one knew of it till a little before his death. He ate some flesh at certain times, chiefly to conform to others, but always observing a strict temperance. When invited to any entertainment, his discourse the whole time was on religious subjects, and he withdrew immediately after. To the poor he was affable and courteous, but firm and resolute to the proud rich. He exerted an episcopal vigour against impenitent sinners, and refused all manner of presents from an incestuous lady, and at length excommunicated her. Except what was absolutely necessary for his subsistence, he employed the revenues of his own estate and those of his bishopric in charities. He was accused to the emperor Charlemagne, among other things, of wasting his income, and neglecting the embellishment of churches within his jurisdiction. And this prince, who loved to see churches magnificent, giving ear to the information, ordered him to appear at court. The morning after his arrival, the emperor’s chamberlain brought him word that his attendance was required. The saint, being then at his prayers, told the officer that he would follow him as soon as he had finished them. He was sent for three several times before he was ready, which the courtiers represented as a contempt of his majesty; and the emperor with some emotion, asked him why he had made him wait so long, though he had sent for him so often? The bishop answered, that though he had the most profound respect for his majesty, yet God was infinitely above him; that whilst we are occupied with him, it is our duty to forget every thing else; and that in this he judged he had rather obeyed than neglected his majesty’s orders, who, when he was chosen bishop, had recommended to him ever to prefer the service of God to that of men. This answer made such an impression on the emperor, in favour of the saint, that he looked upon it as a complete justification of his conduct as to every particular that had been laid to his charge: he accordingly dismissed him with honour, and disgraced his accusers. The saint took this liberty with a religious prince, that he might condemn the sloth of many who suffer distractions or earthly trifles to interrupt their commerce with God; but they who leave prayer for necessary works of charity or obedience, find God still in the exercises of those virtues. St. Ludger required so devout an attention at divine service, that being at prayers one night with his clergy, and one of them stooping down to mend the fire and hinder it from smoking, the saint after prayer severely rebuked him for it, and inflicted on him a penance for some days. St. Ludger was favoured with the gift of miracles and prophecy. He foretold the invasion of the Normans from Denmark and Norway, and what ravages they would make in the French empire, and this at a time when there was not the least apprehension of any such thing. His great zeal inclined him to go and preach the faith to these northern nations, but the king would not allow of it. His last sickness, though violent, did not hinder him from continuing his functions to the very last day of his life, which was Passion-Sunday, on which day he preached very early in the morning, said mass towards nine, and preached again before night, foretelling withal to those that were about him, that he should die the following night, and fixing upon a place in his monastery of Werden where he chose to be interred. He died accordingly on the 26th of March, at midnight. His relics are still kept at Werden. Joseph, an Englishman, a disciple of Alcuin, whom he attended into France, wrote, in sixteen verses, an eulogium of St. Ludger, published by Vossius 2 and Mabillon, as a specimen of good poetry for that age.

Nothing so much scandalizes the very infidels, or shows the decay of piety, and loss of all sense of religion among Christians, as their disrespectful behaviour in the house of God and at the time of prayer. An awful strict silence, the most profound exterior respect, and penetrating inward devotion of heart, must essentially accompany our homages when we present them before the throne of God, in whose presence the highest seraphim annihilate themselves. This silence we must observe not only with our tongues, but also with our bodies and all our limbs, both out of respect to the presence of God and his altar, and also not to give the least occasion of distraction to others. Prayer is an action so sublime and supernatural, that the Church in her canonical hours teaches us to begin it by a fervent petition of grace to perform it well. What an insolence and mockery is it to join with this petition an open disrespect and a neglect of all necessary precautions against distractions! We ought never to appear before God, to tender him our homages or supplications, without trembling, and without being deaf to all creatures, and shutting all our senses to every object that can distract our minds from God. In the life of F. Simon Gourdan, a regular cannon of St. Victor’s at Paris, who died in the odour of sanctity, in the year 1729, the eighty-fifth of his age, it is related that King Lewis XIV. came to see him, and to recommend himself to his prayers. The servant of God made him wait till he had finished his thanksgiving after mass, which edified that great prince, who said, “he does well; for he is employed in attending on a much greater king.” Though St. Francis of Sales on the like occasions chose rather to forego or defer his own private devotions, than not to be ready immediately to wait on others, in order to give them all the spiritual advice they desired; yet at prayer, at least, he and all truly religious persons seemed in some degree to rival the heavenly spirits in their awe and reverence. Silence at that holy time, or place, has always been esteemed a thing so sacred, that when the temple of Solomon was building, God commanded that there should not be heard so much as the sound of a hammer, or any other instrument. Even when we come from conversing with God, we ought to appear all penetrated with the divine presence, and rather as angels than men. Sanctity, modesty, and the marks of an heavenly spirit, ought to shine in our exterior, and to inspire others by our very sight with religious awe and devotion.

Note 1. Some have, by mistake, confounded this place with Ferden, or Werden, beyond the Weser. [back]

Note 2. Voss. de histor. lat. l. 2. c. 3. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume III: March. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/3/261.html