Statue
de saint Mamert de Vienne dans la cathédrale Saint-Maurice de Vienne, en Isère.
Statue
of Saint Mamertus, Vienne Cathedral
An
engraving of Saint Mamertus from an 1878 book, Little Pictorial Lives of
the Saints
Saint Mamert
Évêque de Vienne, en
Dauphiné (+ 477)
Il serait peut-être né à
Lyon. Ce dont on est sûr c'est qu'il devint prêtre un demi-siècle avant le
baptême de Clovis et toute sa vie dans l'Église se déroula durant les invasions
des barbares. Évêque de Vienne, il était là quand les Burgondes s'installèrent
dans la vallée du Rhône, répandant l'arianisme en même temps que leurs cousins,
les Wisigoths de Toulouse. Il ne semble pas qu'il ait réussi à convertir ces
Burgondes. Mais il est surtout célèbre pour avoir institué la prière des
"Rogations" à la suite de plusieurs tremblements de terre,
inondations et sécheresses. Il imagina de faire, trois jours de suite, des
processions dans les champs pour demander au ciel la cessation de ces fléaux.
Le pape Léon III les rendit obligatoires dans toute l'Église au IXe siècle.
"Le nom de saint
Mamert, évêque de Vienne, apparaît en 463.
Son influence a
certainement été grande sur cette famille exceptionnelle, dont le père et le
fils cadet seront ses successeurs et, le fils aîné, notre saint Apollinaire.
On doit à Mamert
l’organisation des Rogations; il en fit un triduum à date fixe, avec jeûne et
rituel déterminé.
Il serait mort vers 477.
Son corps, transporté au VIIe siècle à Orléans, y fut brûlé par les calvinistes
et ses cendres dispersées.
Saint Mamert a laissé le
souvenir d’un bon pasteur, soucieux des besoins de ses ouailles, même les plus
élémentaires; il savait bien tout ce que Jésus veut nous dire quand il nous
fait demander à son Père notre pain quotidien."
(Saint
Mamert, Evêque de Vienne - diocèse de Valence)
À Vienne en Gaule, vers
475, saint Mamert, évêque, qui établit dans cette ville trois jours de
supplications publiques avec jeûne, avant la fête de l’Ascension du Seigneur,
pour demander l’aide de Dieu et l’éloignement des calamités.
Martyrologe romain
SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1139/Saint-Mamert.html
11 mai. Saint Mamert, archevêque de Vienne, en Dauphiné. 477.
Pape : Saint Simplice.
Rois des Francs saliens : Childéric Ier.
" Si les fléaux sont entre les mains de Dieu la verge qui châtie les
hommes, la prière est entre les mains de l'homme la force qui peut apaiser Dieu
et faire descendre ses bienfaits sur la terre."
L'antiquité nous a laissé
peu de détails sur la vie de saint Mamert. Mais il s'est rendu fort célèbre par
l'établissement des Rogations. Ce n'est pas qu'il soit le premier auteur de ces
processions saintes, que l'on fait pour attirer lès bénédictions de Dieu sur
les fruits de la terre mais, de son temps, elles étaient presque tombées en
désuétude, ou bien se faisaient sans dévotion. Mamert les rétablit, et, y
ajoutant la jeûne à la prière, il ordonna qu'on les ferait les trois jours qui
précèdent l'Ascension. Cette pieuse réforme fut d'abord reçue de toutes les
Eglises de France, suivant le décret du premier Concile d'Orléans, tenu sous
Clovis le Grand, et le fut ensuite de l'Eglise de Rome, par l'autorité de Léon
III.
Voici à quelle occasion
saint Mamert eut cette pieuse pensée : il occupait dignement le siége
archiépiscopal de Vienne, dans lequel il avait succédé à saint Simplicius, dans
le milieu du Ve siècle. Outre les calamités publiques de toutes les Gaules, qui
étaient alors exposées aux irruptions des nation barbares, spécialement des
Huns et des Goths, la ville et le pays de Vienne se virent affligés par des
malheurs particuliers qui les menaçaient d'une désolation universelle cette
ville était souvent ébranlée par de si effroyables tremblements de terre, que
ses habitants étaient contraints de l'abandonner, de peur d'être accablés sous
ses ruines d'ailleurs, certains feux s'embrasaient sous terre, et, faisant
fumer les montagnes et les forêts, en chassaient les cerfs, les ours, les
sangliers et les autres bêtes sauvages, qui se sauvaient tout épouvantés dans
les bourgs et dans les villes, où leur présence répandait la terreur. Le
vigilant pasteur consola, encouragea son peuple par d'éloquents discours : il
fit voir dans ces malheurs autant de coups de verges d'un père courroucé,
dont-il fallait implorer la clémence par la soumission et par des prières
ferventes et continuelles.
Il arriva de plus que, la
nuit de Pâques, le feu prit à un édince public de Vienne, et y continua avec
tant de violence, que chacun s'attendait à un embrasement général. Mamert, qui
avait déjà opéré des prodiges semblables, se prosterna devant l'autel, et aes
larmes, ses prières, arrêtèrent l'incendie. Saint Avite dit expressément que
les flammes s'éteignirent d'une manière miraculeuse (Hom. de Rogat.).
Ce fut dans cette nuit
épouvantable que Mamert conçut, devant Dieu, le projet des Rogations, en régla
les psaumes et les prières ; il y ajouta le jeûne, la confession des péchés,
les larmes, la componction du coeur. Quant au but de ces processions
salutaires, le voici, d'après une homélie que l'on croit être de saint Mamert,
et qui se trouve parmi les sermons attribués à Eusëbe d'Emèse :
" Nous y prierons,
dit-il, le Seigneur, de nous delivrer de nos infirmités, de détourner ses
fléaux de dessus nous, de nous préserver de tout malheur, de nous garantir de
la peste, de la grêle, de la sécheresse et de la fureur de nos ennemis ; de
nous donner un temps favorable pour la santé des corps et pour la fertilité de
la terre, de nous faire jouir de la paix et du calme, et de nous pardonner nos
péchés."
Tel est à peu près tout
ce que l'on sait de saint Mamert. Saint Avite le nomme son parrain : "
Spiritualem a baptismo patrem " (Hom. de Rogat.). Il bâtit à Vienne
une nouvelle église en l'honneur de saint Ferréol, martyr, dont il avait
transféré le corps, après l'avoir découvert.
On voit que saint Mamert
fut au concile d'Arles de 475. Entre autres chose pour régler une affaire de
préséance entre le siège d'Arles et celui de Vienne. Il mourut, dit-on, en 477.
Son corps, inhumé à Vienne, fut ensuite, par l'ordre du pape Jean III et du roi
Gontran, transporté à Orléans et déposé en la cathédrale de cette ville, où il
était en grande vénération. Les protestants le brûlèrent dans le XVIe siècle.
Cependant, il est à
croire que seules une partie des reliques de notre Saint furent transférées,
car, en 1860, on découvrit dans l'église Saint-Pierre de Vienne le sarcophage
ayant contenu le corps de saint Mamert. Siganlons que l'église Saint-Pierre, l'une
des plus anciennes églises de France, est aujourd'hui un musée...
LE MOINE MAMERT CLAUDIEN
Saint Mamert avait un
frère plus jeune que lui. Ce fut Mamert Claudien, moine, puis prêtre et
coopérateur fisèle de l'évêque de Vienne. Il vivait au milieu da Ve siècle et
mourut entre 470 et 474. Sidoine Apollinaire le regardait comme le plus beau
génie de son siècle. Il était à la fois poète, philosophe et théologien : il
pouvait répondre à toutes sortes de questions et combattre toutes les erreurs ;
mais sa modestie et sa vertu le rendaient bien plus recommandable encore que
son savoir.
Il enseigna au clergé de
son frère les saintes Ecritures, le chant ecclésiastique et la liturgie, qu'il
enrichit de plusieurs hymnes, entre autres de celle du dimanche de la Passion :
" Pange, lingua,
gloriosi
Lauream certaminis."
" Redis, Ô ma langue,
Du Christ souffrant le
combat glorieux."
Son ouvrage le plus
important est son traité en trois livres sur la Nature de l'âme (T. LIII de la
Patrologie de M. l'abbé Migne). Le but de Mamert Claudien est de réfuter Faust
de Riez, en Provence, qui niait l'incorporéité des anges et des âmes humaines
et n'admettait que l'incorporéité de Dieu. Il dédie son écrit Sidoine
Apollinaire, encore laïque. On n'avait point encore si bien raisonné sur la
nature du corps, sur celle de l'âme et sur la distinction de ces deux
substances. L'auteur y enseigne clairement l'animisme :
" L'âme est la vie
du corps en cette vie ; elle est également dans tout le corps et dans chacune
de ses parties ; elle n'est point locale, elle est autant dans chaque partie du
corps que dans le tout."
Il prouve, par dix
syllogismes excellents, que l'Ame est incorporelle. On ne parle guère plus
solidement ni plus clairement aujourd'hui que la science psychologique a fait
d'incontestables progrès.
Saint MAMERT (†
477)
Évêque de Vienne en
Dauphiné
Fête le 11 mai
Mamert succéda à
Simplicius en 463, sur le siège de Vienne. Il fut un prélat renommé pour sa
sainteté, son savoir et ses miracles. Mamert est surtout connu pour avoir
institué les prières des Rogations, destinées à invoquer le ciel contre les
calamités. Car la région de Vienne au Vème siècle outre les irruptions des Huns
et des Goths, eut à subir différents fléaux (incendies, tremblements de terre,
invasions des loups...) Mamert régla les psaumes et les prières, qui avec le
jeûne et la pénitence, devaient marquer les Rogations, c'est à dire les trois
jours qui précèdent l'Ascension. Dès le VIème s. la pratique des Rogations née
dans le diocèse de Vienne, s'étendit à toute la Gaule, au VIIIème s. Léon III
l'adopta pour Rome et l'Église Universelle.
Le corps de Mamert
transféré à Orléans sera brûlé au XVIème s. par les huguenots.
(d'après Larousse des Prénoms et des Saints
p.155)
St Mamert est le deuxième
patron de l'église Sainte-Croix d'Orléans ; on l'invoque en Gâtinais contre la
rage et en Dauphiné contre les épidémies. En divers endroits les pompiers sont
sous son patronnage. Le grand séminaire de Vienne était sous le vocable de
Saint Mamert, plusieurs églises lui étaient dédiées, entre autres celle du
Grand-Serre, bourg du diocèse de Valence et celle de St Mamert des Côtes
d'Areys, aux environs de Vienne. On trouve encore Saint Mamert chef-leu de
canton dans le Gard.
(d'après Vies des Saints éd. Maison de la Bonne Presse)
SOURCE : http://regard-et-regain.pagesperso-orange.fr/Saints/mamert.htm
LA LITANIE MAJEURE ET LA
LITANIE MINEURE (LES ROGATIONS)
Deux fois par an arrivent
les litanies ; à la fête de saint Marc, c'est la litanie majeure, et aux trois
jours qui précèdent l’ascension du Seigneur, c'est la litanie mineure. Litanie
veut dire supplication, prière ou rogation. La première a trois noms
différents, qui sont : litanie majeure, procession septiforme, et croix noires.
I. On l’appelle
litanie majeure, pour trois motifs, savoir : à raison de celui qui l’institua,
ce fut saint Grégoire, le grand pape; à raison du lieu où elle fuit instituée
qui est Rome, la maîtresse et la capitale du Inonde, parce qu'à Rome se
trouvent le corps du prince (70) des apôtres et le saint siège apostolique ; à
raison de la cause pour laquelle elle ut instituée : ce fut une grande et très
grave épidémie. En effet les Romains, après avoir passé le carême dans la
continence, et avoir reçu à Pâques le corps du Seigneur, s'adonnaient sans
frein à la débauche dans les repas, aux jeux et à la luxure ; alors Dieu provoqué
leur envoya une épouvantable peste qu'on nomme inguinale, autrement apostume ou
enfle de l’aine. — Or, cette peste était si violente que les hommes mouraient
subitement, dans les chemins, à table, au jeu, dans les réunions, de sorte que,
s'il arrivait, comme on dit, que quelqu'un éternuât, souvent alors il rendait
l’âme. Aussi entendait-on quelqu'un éternuer, aussitôt on courait et on criait
: « Dieu vous bénisse » et c'est là, dit-on, l’origine de cette coutume, de
dire : Dieu vous bénisse, à quelqu'un qui éternue.
Ou bien encore, d'après
ce qu'on en rapporte, si quelqu'un bâillait, il arrivait souvent qu'il mourait
tout de suite subitement. Aussi, dès qu'on se sentait l’envie de bâiller, tout
de suite, on se hâtait de faire sur soi le signe de la croix; coutume encore en
usage depuis lors. On peut voir dans la vie de saint Grégoire l’origine de
cette peste.
II. On l’appelle
procession septiforme, de la coutume qu'avait établie saint Grégoire de
partager en sept ordres ou rangs les processions qu'il faisait de son temps. Au
premier rang était tout le clergé, au second tous les moines et les religieux,
au troisième les religieuses, au quatrième tous les enfants, au cinquième tous
les laïcs, au sixième toutes les veuves et (71) les continentes, au septième
toutes les personnes mariées. Mais comme il n'est plus possible à présent
d'obtenir ces sept divisions de personnes, nous y suppléons par le nombre des
litanies; car on doit les répéter sept fois avant de déposer les insignes.
III. On l’appelle
les croix noires, parce que les hommes se revêtaient d'habits noirs, en signe
de deuil, à cause de la mortalité, et comme pénitence, et c'est peut-être aussi
pour, cela qu'on couvrait de noir les croix et les autels. Les fidèles doivent
aussi revêtir alors des habits de pénitence.
On appelle litanie
mineure, celle qui précède de trois jours la fête de l’Ascension. Elle doit son
institution à saint Mamert, évêque de Vienne, du temps de l’empereur Léon
qui commença à régner l’an du Seigneur 458. Elle fut donc établie avant la,
litanie majeure. Elle a reçu le nom de litanie mineure, de rogations et de
procession. On l’appelle litanie mineure pour la distinguer de la première,
parce qu'elle fut établie par un moins grand évêque, dans un lieu inférieur et
pour une maladie moindre. Voici la cause de son institution : Vienne était
affligée de fréquents et affreux tremblements de terre qui renversaient
beaucoup de maisons et d'églises. Pendant la nuit, on entendait, des bruits et
des clameurs répétés. Quelque chose de plus : terrible encore arriva ; le feu
du ciel tombale jour de Pâques et consuma le palais royal tout entier. Il y eut
un autre fait plus merveilleux. De même que par la permission de Dieu, des
démons entrèrent autrefois dans des pourceaux, de même aussi par la permission
de Dieu, pour (72) les péchés des hommes, ils entraient dans des loups et dans
d'autres bêtes féroces et sans craindre personne, ils couraient en plein jour
non seulement par les chemins mais encore par la ville, dévorant çà et là des
enfants, des vieillards et des femmes. Or, comme ces malheurs arrivaient
journellement, le saint évêque Mamert ordonna un jeûne de trois jours et institua
des litanies; alors cette tribulation s'apaisa. Dans la suite, cette pratique
s'établit et fat approuvée par l’Église ; de sorte qu'elle s'observe
universellement. — On l’appelle encore rogations, parce qu'alors nous implorons
les suffrages de tous les saints : et nous avons raison d'observer cette
pratique en ces temps-ci, de prier les saints et de jeûner pour différents
motifs : 1° pour que Dieu apaise le fléau de la guerre, parce que c'est
particulièrement au printemps qu'il éclate; 2° pour qu'il daigne multiplier par
leur conservation les fruits tendres encore ; 3° pour mortifier chacun en soi
les mouvements déréglés de la chair qui sont plus excités à cette époque. Au
printemps en effet le sang a plus de chaleur et les mouvements déréglés sont
plus fréquents ; 1° afin que chacun se dispose à la réception du Saint-Esprit ;
car par le; ,jeûne, l’homme se rend plus habile, et par les prières il devient
plus digne. Maître Guillaume d'Auxerre assigne deux autres raisons : 1° comme
Jésus-Christ a dit en montant au ciel : « Demandez et vous recevrez », l’Église
doit adresser ses demandes avec plus de confiance; 2° 1'Église jeûne et prie
afin de se dépouiller de la chair par la mortification des sens, et de
s'acquérir des ailes à l’aide de l’oraison ; car (73) l’oraison, ce sont les
ailes au moyen desquelles l’âme s'envole vers le ciel, pour ainsi suivre les
traces de J.-C. qui y est monté afin de nous ouvrir le chemin et qui a volé sur
les ailes des vents. En effet l’oiseau, dont le corps est épais et les ailes
petites, ne saurait bien voler, comme cela est évident, par l’autruche.
On l’appelle encore
procession, parce qu'alors l’Eglise fait généralement la procession. Or, on y
porte la croix, on sonne les cloches, on porte la bannière ; en quelques
églises on porte un dragon avec une queue énorme, et on implore spécialement le
patronage de tous les saints. Si l’on y porte la croix et si l’on sonne les
cloches, c'est pour que les démons effrayés prennent, la fuite. Car de même
qu'à l’armée le roi a les insignes royaux, qui sont les trompettes et les
étendards, de même J.-C., le roi éternel dans son Église militante, a les
cloches pour trompettes et les croix pour étendards ; et de même encore qu'un
tyran serait en grand émoi, s'il entendait sur son domaine les trompettes d'un
puissant roi son ennemi, et s'il envoyait les étendards, de même les démons,
qui sont dans l’air ténébreux, sont saisis de crainte quand ils sentent sonner
les trompettes de J.-C., qui sont les cloches; et qu'ils regardent les
étendards qui sont les croix. — Et c'est la raison qu'on donne de la coutume de
l’Église de sonner les cloches, quand on voit se former les tempêtes; les
démons, qui en sont les auteurs, entendant les trompettes du roi éternel,
prennent alors l’épouvante et la fuite, et cessent d'amonceler les tempêtes :
il y en a bien encore une autre raison, c'est que les cloches, en cette
occasion, avertissent les (71) fidèles et les provoquent à se livrer à la
prière dans le péril qui les menace. La croix est réellement encore l’étendard
du roi éternel, selon ces paroles de l’Hymne
Vexilla regis prodeunt ;
Fulget Crucis mysterium
Quo carne carnis conditor
Suspensus est patibulo .
L'étendard du Roi
apparaît;
le mystère de la Croix
éclate
le créateur de l’homme,
homme lui-même,
est suspendu à un gibet.
(Ce sont les paroles de
la 1re strophe de l’hymne du temps de la Passion, telle qu'elle se récitait
avant la correction exécutée avec plus ou moins de piété et de bonheur au XVIIe
siècle.)
Or, les démons ont une
terrible peur de cet étendard, selon le témoignage de saint Chrysostome : «
Partout où les démons aperçoivent le signe du Seigneur, ils fuient effrayés le
bâton qui leur a fait leurs blessures. » C'est aussi la raison pour laquelle, en
certaines élises, lors des tempêtes, on sort la croix de l’église et on
l’expose contre la tempête, afin que les démons, voyant l’étendard du souverain
roi, soient effrayés et prennent la fuite. C'est donc pour cela que la croix
est portée à la procession, et que l’on sonne les cloches, alors les démons qui
habitent les airs prennent l’épouvante et la fuite, et s'abstiennent de nous
incommoder(Saint Paul, au IIe chapitre de la Lettre aux Ephésiens, appelle le
démon, le Prince de la puissance de l’air, Principent potestatis aëris
hujus.). Or, on y porte cet étendard pour représenter la victoire de la
Résurrection et celle de l’Ascension de J.-C. qui est monté aux cieux avec un
grand butin. Cet étendard qui s'avance dans les airs, c'est J.-C. montant au
ciel. Or, ainsi que l’étendard porté à la procession est suivi de la multitude
des fidèles, ainsi J.-C. montant au ciel est accompagné d'un cortège immense de
saints. Le chant des processions représente les cantiques et les louanges des
anges accourant au-devant de J.-C. qui monte au ciel, et l’accompagnant de
leurs acclamations puissantes et unanimes jusque dans le ciel.
Dans quelques églises
encore, et principalement dans les églises gallicanes, c'est la coutume de
porter, derrière la croix, un dragon avec une longue queue remplie de paille ou
de quelque autre matière semblable, les deux premiers jours ; mais le troisième
jour cette queue est vide : ce qui signifie que le, diable a régné en ce monde
au premier jour qui représente le temps avant la loi et le second jour qui
marque le temps de la loi, mais au troisième jour c'est-à-dire, au temps de la
grâce, après la Passion de J.-C., il a été expulsé de son royaume. En cette
procession nous réclamons encore le patronage de tous les saints.
Nous avons donné plus
haut quelques-unes des raisons pour lesquelles nous prions alors les saints: Il
y en a encore d'autres générales pour lesquelles Dieu nous a ordonné de le
prier; ce sont : notre indigence, la gloire des saints et l’honneur de Dieu. En
effet les saints peuvent connaître les voeux de ceux qui leur adressent des
supplications; car dans ce miroir éternel, il aperçoivent quelle joie c'est
pour eux, et quel secours c'est pour nous. La première raison donc c'est notre
indigence : elle provient ou bien de ce que nous méritons peu; quand donc ces
mérites de notre part sont insuffisants, nous nous aidons de ceux d'autrui : ou
bien cette indigence se manifeste dans la contemplation : Or, puisque nous ne
pouvons contempler la souveraine lumière en soi, nous prions de pouvoir la
regarder dans les saints : ou bien cette indigence réside dans l’amour : parce
que le plus souvent l’homme étant imparfait ressent en soi-même plus
d'affection pour un saint en particulier que pour Dieu même. La seconde raison,
c'est la gloire des saints car Dieu veut que nous les invoquions pour obtenir
par leurs suffrages ce que nous demandons, afin de les glorifier eux-mêmes et
en les glorifiant de les louer. La troisième raison, c'est l’honneur de Dieu ;
en sorte que le pécheur qui a offensé Dieu, honteux, pour ainsi dire, de
s'adresser à Dieu personnellement, peut implorer ainsi le patronage de ceux qui
sont les amis de Dieu, Dans ces sortes de processions on devrait répéter
souvent ce cantique angélique : Sancte Deus, sancte fortis, sancte et
immortalis, miserere nobis. En effet saint Jean Damascène, au livre III,
rapporte que l’on célébrait des litanies à Constantinople, à l’occasion de
certaines calamités, quand un enfant fut enlevé au ciel du milieu du peuple ;
revenu au milieu de la foule, il chanta devant tout le monde ce cantique qu'il
avait appris des anges et bientôt après cessa la calamité. Au concile de
Chalcédoine, ce cantique fut approuvé. Saint Damascène conclut ainsi : « Pour
nous, nous disons due par ce cantique les démons sont éloignés. » Or, il y a
quatre motifs de louer et d'autoriser ce chant : 1° parce que ce fut un ange
qui l’enseigna ; 2° parce qu'en le récitant cette calamité s'apaisa; 3° parce
que le concile de Chalcédoine l’approuva; 4° parce que les démons le redoutent
*. »
* Une lettre du pape Félix III; Marcel dans sa Chronique; Nicéphore, liv. IV, ch. XLVI ; le concile de C. P. racontent le même fait.
La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en
français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par
l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard
Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdcccci
SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome02/071.htm
LE LUNDI DES ROGATIONS.
Aujourd'hui commence une
série de trois jours consacrés à la pénitence. Cet incident inattendu paraît au
premier abord une sorte d'anomalie dans le Temps pascal; et néanmoins, quand on
y réfléchit, on arrive à reconnaître que cette institution n'est pas sans une
relation intime avec les jours auxquels elle se rapporte. Il est vrai que le
Sauveur disait avant sa Passion que « durant le séjour de l'Époux au milieu de
nous, il ne serait pas temps de jeûner (Luc. V, 34) ; » mais ces dernières
heures qui précèdent son départ pour le ciel n'ont-elles pas quelque chose de
mélancolique ? et n'étions-nous pas portés tout naturellement hier à penser à
la tristesse résignée et contenue qui oppresse le cœur de la divine Mère et
celui des disciples, à la veille de perdre celui dont la présence était pour
eux l'avant-goût des joies célestes ?
Il nous faut maintenant
raconter comment et à quelle occasion le Cycle liturgique s'est complète, dans
cette saison, par l'introduction de ces trois jours durant lesquels la sainte
Église, toute radieuse qu'elle était des splendeurs de la Résurrection, semble
vouloir tout à coup rétrograder jusqu'au deuil quadragésimal. L'Esprit-Saint, qui la
dirige en toutes choses, a voulu qu'une simple Église des Gaules, un peu après
le milieu du V° siècle, vît commencer dans son sein ce rite imposant qui
s'étendit rapidement à toute la catholicité, dont il fut reçu comme un complément
de la liturgie pascale.
L'Église de Vienne, l'une
des plus illustres et des plus anciennes de la Gaule méridionale, avait
alors saint Mamert pour évêque. Des calamités de tout genre étaient
venues désoler cette province récemment conquise par les Burgundes. Des
tremblements de terre, des incendies, des phénomènes effrayants agitaient les
populations, comme autant de signes de la colère divine. Le saint évêque,
désirant relever le courage de son peuple, en le portant à s'adresser à Dieu
dont la justice avait besoin d'être apaisée, prescrivit trois jours d'expiation
durant lesquels les fidèles se livreraient aux œuvres de la pénitence, et
marcheraient en procession en chantant des psaumes. Les trois jours qui
précèdent l'Ascension furent choisis pour l'accomplissement de cette pieuse
résolution. Sans s'en douter, le saint évêque de Vienne jetait ainsi les
fondements d'une institution que l'Église entière allait adopter.
Les Gaules commencèrent,
comme il était juste. Saint Alcime Avit, qui succéda presque immédiatement
à saint Mamert sur le siège de Vienne, atteste que la pratique des Rogations
était déjà consolidée dans cette Eglise (Homil. de Rogationibus.).
Saint Césaire d'Arles, au commencement du VI° siècle, en parle comme d'une
coutume sacrée déjà répandue au loin, désignant au moins par ces paroles toute
la portion des Gaules qui se trouvait alors sous le joug des
Visigoths (Serm. CLXXII, parmi les Sermons de saint Augustin). On voit
clairement que la Gaule tout entière ne tarda pas d'adopter ce pieux usage, en
lisant les canons portés à ce sujet dans le premier concile d'Orléans tenu en
511, et réuni de toutes les provinces qui reconnaissaient l'autorité de Clovis.
Les règlements du concile au sujet des Rogations donnent une haute idée de
l'importance que l'on attachait déjà à cette institution. Non seulement
l'abstinence de chair est prescrite pendant les trois jours, mais le jeûne est
de précepte. On ordonne également de dispenser de leur travail les gens de
service, afin qu'ils puissent prendre part aux longues fonctions par lesquelles
ces trois jours étaient pour ainsi dire remplis (Canon XXVII). En 567, le
concile de Tours sanctionnait pareillement l'obligation du jeûne dans les
Rogations (Canon XVII) ; et quant à l'obligation de férier durant ces
trois jours, on la trouve reconnue encore dans les Capitulaires de Charlemagne
et de Charles le Chauve.
Le principal rite des
Eglises des Gaules durant ces trois jours consista, dès l'origine, dans ces
marches solennelles accompagnées de cantiques de supplication, et que l'on a
appelées Processions, parce que l'on se rend d'un lieu dans un autre. Saint
Césaire d'Arles nous apprend que celles qui avaient lieu dans les Rogations
duraient six heures entières ; en sorte que le clergé se sentant fatigué par la
longueur des chants, les femmes chantaient en chœur à leur tour, afin de
laisser aux ministres de l'Église le temps de respirer (Serm. CLXXIV.
HERBERTUS TURRITANUS, Miracul. lib. I, c. 21.). Ce détail emprunté
aux mœurs des Églises des Gaules à cette époque primitive, peut nous aider à
apprécier l'indiscrétion de ceux qui, en nos temps modernes, ont poussé à
l'abolition de certaines processions qui prenaient une partie notable de la
journée, et cela dans l'idée que cette longueur devait être en elle-même
considérée comme un abus.
Le départ de la
Procession des Rogations était précédé de l'imposition des cendres sur la tête
de ceux qui allaient y prendre part, et c'était le peuple tout entier.
L'aspersion de l'eau bénite avait lieu ensuite; après quoi le pieux cortège se
mettait en marche. La Procession était formée du clergé et du peuple de
plusieurs églises d'un rang secondaire, qui marchaient sous la croix d'une
église principale dont le clergé présidait la fonction. Tout le monde, clercs
et laïques, marchait nu-pieds. On chantait la Litanie, des Psaumes, des
Antiennes, et l'on se rendait à quelque basilique désignée pour la Station, où
l'on célébrait le saint Sacrifice. Sur la route on visitait les églises qui se
rencontraient, et l'on y chantait une Antienne à la louange du mystère ou du
saint, sous le titre duquel elles avaient été consacrées.
Tels étaient à l'origine,
et tels ont été longtemps les rites observés dans les Rogations. Le Moine de
Saint-Gall, qui nous a laissé de si précieux mémoires sur Charlemagne, nous
apprend que le grand empereur, en ces jours, quittait sa chaussure comme les
plus simples fidèles, et marchait nu-pieds à la suite de la croix, depuis son
palais jusqu'à l'église de la Station (De rebus bellicis Caroli Magni,
cap. XVI). Au XIII° siècle, sainte Élisabeth de Hongrie donnait encore le même
exemple; son bonheur était, durant les Rogations, de se confondre avec les plus
pauvres femmes du peuple, marchant aussi nu-pieds, et couverte d'un grossier
vêtement de laine (SURIUS, ad diem XIX Novembris). Saint Charles
Borromée, qui renouvela dans son Eglise de Milan tant d'usages précieux de
l'antiquité, n'eut garde de négliger les Rogations. Par ses soins et par ses
exemples, il ranima dans son peuple l'ancien zèle pour une pratique si sainte.
Il exigea de ses diocésains le jeûne pendant ces trois jours, et il
l'accomplissait lui-même au pain et à l'eau. La Procession, à laquelle tout le
clergé de la ville était tenu d'assister, et qui commençait par l'imposition
des cendres, partait du Dôme au point du jour, et ne rentrait qu'à trois ou
quatre heures après midi, ayant visité le lundi treize églises, neuf le mardi,
et onze le mercredi. Le saint Archevêque célébrait le saint Sacrifice dans une
de ces églises, et adressait la parole à son peuple (GIUSSANO, Vie de
saint Charles Borromée).
Si l'on compare le zèle
de nos pères pour la sanctification de ces trois journées avec l'insouciance
qui accompagne aujourd'hui, surtout dans les villes, la célébration des
Rogations, on ne saurait manquer de reconnaître ici encore une des marques de
l'affaiblissement du sens chrétien dans la société actuelle. Combien cependant
sont importantes les fins que se propose la sainte Église dans ces Processions
auxquelles devraient prendre part tant de fidèles qui ont des loisirs pieux, et
qui, au lieu de les consacrer à servir Dieu par les œuvres de la vraie piété
catholique, les consument dans des exercices privés qui ne sauraient ni attirer
sur eux les mêmes grâces, ni apporter à la communauté chrétienne les mêmes
secours d'édification !
Les Rogations
s'étendirent rapidement des Gaules dans toute l'Église d'Occident. Elles
étaient déjà établies en Espagne au VII° siècle, et elles ne tardèrent pas à
s'introduire en Angleterre, et plus tard dans les nouvelles Églises de la
Germanie, à mesure qu'elles étaient fondées. Rome elle môme les adopta à la fin
du VIII° siècle, sous le pontificat de saint Léon III. C'était peu de temps
après que les Églises des Gaules ayant renoncé à la liturgie gallicane pour prendre
celle de Rome, eurent à admettre dans leurs usages la Procession de saint Marc.
Mais il y eut cette différence qu'à Rome on conserva à la Procession du 25
avril le nom de Litanie majeure, et l'on appela Litanies mineures celles
des Rogations, tandis qu'en France on désigna ces dernières par l'appellation
de Litanies majeures, en réservant le nom de mineure pour la
Litanie de saint Marc. Mais l'Église romaine, sans blâmer la dévotion des
Églises des Gaules qui avaient cru devoir introduire dans le Temps pascal trois
journées d'observance quadragésimale, n'adopta pas cette rigueur. Il lui
répugnait d'attrister par le jeûne la joyeuse quarantaine que Jésus ressuscité
accorde encore à ses disciples ; elle s'est donc bornée à prescrire
l'abstinence de la viande durant ces trois jours. L'Église de Milan qui garde
si sévèrement, ainsi que nous l'avons vu, l'institution des Rogations, l'a
placée au lundi, mardi et mercredi qui suivent le dimanche dans l'Octave de
l'Ascension, c'est-à-dire au delà des quarante jours consacrés à célébrer la
Résurrection.
Il faut donc, pour être
dans cette véritable mesure dont l'Église romaine ne se départ jamais,
envisager les Rogations comme une institution sainte qui vient tempérer nos
joies pascales et non les anéantir. La couleur violette employée à la
Procession et à la Messe de la Station n'a pas pour but de nous indiquer encore
la fuite de l'Époux (Cant. VIII) ; mais elle nous avertit que son départ est
proche ; et l'abstinence qui nous est imposée, bien qu'elle ne soit pas
accompagnée du jeûne, est déjà comme un témoignage anticipé de nos regrets pour
cette chère présence de notre Rédempteur qui va nous être sitôt ravi.
En écrivant ces lignes
destinées à expliquer aux fidèles les motifs d'une institution que l'Église a
sanctionnée par ses ordonnances, il nous vient en mémoire que, dans ces
dernières années, l'abaissement des mœurs chrétiennes est venu à tel point
parmi nous, que plusieurs Evêques ont cru devoir solliciter du Siège
apostolique la remise de l'abstinence en ces trois jours, après tant de
siècles, et dans cette même France qui, par son exemple, avait imposé à toute
la chrétienté la solennité des Rogations. C'est donc une expiation de moins,
une intercession de moins, un secours de moins, en un siècle déjà si appauvri
des moyens par lesquels la vie chrétienne se conserve, par lesquels le ciel est
fléchi, les grâces de salut obtenues. Puissent les vrais fidèles en conclure
que l'assistance aux Processions de ces trois jours est devenue plus opportune
que jamais, et qu'il est urgent de compenser, en s'unissant à la prière
liturgique, l'abolition d'une loi salutaire qui datait de si loin, et qui, dans
ses exigences, pesait si légèrement sur notre mollesse!
Selon la discipline
actuelle de l'Église, les Processions des Rogations, dont l'intention est
d'implorer la miséricorde de Dieu offensé par les péchés des hommes,
et d'obtenir la protection céleste sur les biens de la terre, sont accompagnées
du chant des Litanies des Saints, et complétées par une Messe spéciale qui se
célèbre soit dans l'église de la Station, soit dans l'église même d'où la
Procession est partie, si elle ne doit pas s'arrêter dans quelque sanctuaire
On ne saurait trop
estimer les Litanies des Saints, à cause de leur puissance et de leur
efficacité. L'Eglise y a recours dans toutes les grandes occasions, comme à un
moyen de se rendre Dieu propice, en faisant un appel à la cour céleste tout
entière. Si l'on ne pouvait prendre part aux Processions des Rogations, que
l'on récite du moins ces Litanies en union avec la sainte Eglise : on aura part
aux avantages d'une si sainte institution, et on contribuera à obtenir les
grâces que la chrétienté sollicite de toutes parts en ces trois jours; enfin on
aura fait acte de catholique.
Nous insérons ici lu
Messe des Rogations, qui est la même pour les trois jours. Tout y parle de la
nécessité et de la puissance de la prière. La sainte Église y revêt la couleur
quadragésimale pour exprimer ses intentions expiatrices ; mais tout en elle
respire la confiance et l'espoir d'être exaucée ; on sent qu'elle s'appuie sur
l'amour de son Époux ressuscité.
LA MESSE DES ROGATIONS.
L'Introït tiré des
Psaumes annonce d'avance la miséricorde du Seigneur, qui a exaucé la prière de
son peuple, tout aussitôt qu'elle est montée vers lui.
INTROÏT.
De son temple saint, le
Seigneur a exaucé ma prière, alleluia ; et le cri que j'ai poussé en
sa présence a pénétré jusqu'à ses oreilles, alleluia, alleluia.
Ps. Je vous aimerai,
Seigneur qui êtes ma force ; le Seigneur est mon appui, mon refuge et
mon libérateur. Gloire au Père. De son temple.
Dans la Collecte,
l'Église expose à Dieu les besoins de ses enfants, le priant de reconnaître la
confiance avec laquelle ils recourent à lui, et implorant pour eux sa
protection dans leurs nécessités.
ORAISON.
Faites, s'il vous plaît,
ô Dieu tout-puissant, que nous qui, dans nos afflictions, mettons notre
confiance en votre bonté, nous soyons fortifiés par votre protection contre
toute adversité. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
On ajoute les autres
Collectes, comme à la Messe du cinquième Dimanche après Pâques.
ÉPÎTRE.
Lecture de l'Épître de
saint Jacques, Apôtre. Chap. V.
Mes bien-aimés, confessez
vos fautes les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous
soyez sauvés ; car la prière persévérante du juste peut beaucoup. Elie était un
homme semblable à nous, sujet à la souffrance; cependant, quand il eut prié
avec instance pour obtenir que la pluie cessât de tomber sur la terre, il n'y
eut pas de pluie durant trois ans et six mois; puis il pria de nouveau, et le
ciel donna de la pluie, et la terre produisit son fruit. Mes frères, si l'un de
vous s'écarte de la vérité, et que quelqu'un l'y fasse rentrer, il
doit savoir que celui qui aura fait sortir un pécheur de l'erreur de sa voie,
sauvera de la mort son âme à soi, et couvrira la multitude de ses péchés.
C’est encore à l'Apôtre
saint Jacques le Mineur que la sainte Eglise emprunte I'Epître aujourd'hui ; et
l'on ne saurait trop admirer l'à-propos que présentent les paroles de
l'écrivain inspiré. L'une des fins de l'institution des Rogations est d'obtenir
de la bonté de Dieu la température convenable pour les fruits de la terre, et
saint Jacques nous montre, par l'exemple d'Elie, que la prière peut rendre le
ciel serein, ou en faire descendre une pluie fécondante. Imitons la foi du
prophète, et recommandons au Seigneur les moissons, qui ont tant besoin
encore de sa bonté pour arriver à leur maturité, et pour échapper aux fléaux
qui pourraient fondre sur elles. Un autre but des Rogations est d'obtenir la
rémission des péchés. Si nous prions avec ferveur pour nos frères qui sont
égarés, nous obtiendrons en leur faveur des miséricordes particulières. Nous ne
connaîtrons peut-être pas en ce monde ceux que notre prière, unie à celle de la
sainte Eglise, aura retirés de la voie du péché; mais l'Apôtre nous apprend que
notre charité recevra la plus précieuse récompense, l'effusion de la
miséricorde de Dieu sur nous-mêmes.
Pour exprimer le deuil et
la componction dans cette Messe des Rogations, l'Eglise, qui a revêtu la
couleur violette, arrête la jubilation de ses cantiques; elle ne se permet
qu'un seul Verset alléluiatique, lequel d'ailleurs continue d'exprimer ses
espérances dans la bonté du Seigneur.
ALLELUIA.
V/. Louez le Seigneur,
parce qu'il est bon, parce que sa miséricorde est à jamais.
ÉVANGILE.
La suite du saint
Évangile selon saint Luc. Chap. XI.
En ce temps-là, Jésus dit
à ses disciples : Si l'un de vous a un ami, et que, l'allant trouver au milieu
delà nuit, il lui dise : Mon ami, prête-moi trois pains, parce qu'un de mes
amis en voyage est venu chez moi, et je n'ai rien à lui donner; et que du
dedans de la maison l'autre réponde : Ne m'importune pas, la porte est fermée,
et mes serviteurs sont au lit comme moi; je ne puis me lever et te rien donner.
Si cependant le premier continue de frapper, quand même il ne se lèverait pas
d'abord et ne lui donnerait rien par le motif de l'amitié; à cause de son
importunité, je vous le dis, il se lèvera et lui donnera ce dont il a besoin.
Je vous dis de même : Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous
trouverez; frappez, et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande, reçoit; et qui
cherche, trouve ; et à qui frappe, on ouvrira. Est-il parmi vous un père qui
donnât à son fils une pierre, lorsqu'il lui demande du pain? ou qui
lui donnât un serpent, lorsqu'il lui demanderait un poisson ? ou qui
lui donnât un scorpion, lorsqu'il lui demanderait un œuf? Si donc vous, quiètes
mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants ; combien plus votre Père
céleste donnera-t-il l'Esprit bon à ceux qui le lui demandent !
Est-il rien, dans les
saints Évangiles, qui soit plus expressif sur la toute-puissance de
la prière que ces paroles de notre Sauveur ? La sainte Église, en
nous les faisant lire aujourd'hui, nous montre assez sans doute l'importance
des Rogations, puisque c'est en ces jours qu'elle nous révèle la vertu de
l'intercession, qui triomphe des refus même de Dieu. Le choix des lectures de
la sainte Écriture dans la Liturgie est un enseignement permanent et toujours à
propos : on a dû le reconnaître jusqu'ici. En ces trois jours où il s'agit de
fléchir le ciel offensé, rien n'était plus nécessaire que de faire bien
comprendre aux chrétiens le pouvoir qu'exerce sur Dieu lui-même l'insistance
dans la prière. Les Litanies qui ont été chantées dans le cours de la
Procession nous offrent un modèle de cette sainte obstination dans la prière.
Nous n'avons cessé de répéter : « Seigneur! ayez pitié;
délivrez-nous, Seigneur ! Nous vous en supplions, exaucez-nous ! » En ce moment
la médiation de notre divin Agneau pascal offert sur l'autel se prépare, et
dans peu d'instants il joindra à nos faibles vœux son entremise toujours
efficace. Muni d'un tel gage, nous nous retirerons, assurés de n'avoir pas prié
en vain. Prenons donc aussi la résolution de ne plus nous tenir éloignés de la
sainte Église dans ses pratiques, et de préférer toujours la prière faite avec
elle à toute autre que nous offririons à Dieu en notre particulier, dans les
jours où cette Épouse du Sauveur, cette mère commune, veut bien nous convier à prendre
part aux devoirs de supplication que, dans notre intérêt, elle rend à son
céleste Époux.
Dans l'Offertoire
emprunté aussi à David, elle loue le Seigneur qui, malgré l'indignité de
l'homme pécheur, s'est laissé vaincre par ses instances, et s'est levé
pour le défendre et subvenir à ses besoins.
OFFERTOIRE.
Je louerai le Seigneur
avec tous les accents de ma voix ; je chanterai ses louanges au milieu d'une
nombreuse assemblée ; car il s'est tenu à la droite du pauvre, et il a sauvé
mon âme des atteintes de ceux qui la poursuivaient, alleluia.
Les liens de nos péchés
nous tenaient enchaînés, et nous ne pouvions pas nous-mêmes revenir à Dieu ; la
victime pascale nous a rendus à la liberté, et chaque fois que son Sacrifice se
renouvelle sur l'autel, c'est notre délivrance qui s'opère de nouveau. La
sainte Eglise, dans la Secrète, représente au Dieu tout-puissant les motifs sur
lesquels s'appuie notre confiance dans l'Hostie divine dont il nous a fait don.
SECRÈTE.
Par cette oblation,
Seigneur, daignez nous dégager des liens de notre malice, et nous concilier les
dons de votre miséricorde Par Jésus Christ.
On ajoute les autres
Secrètes, comme à la Messe du cinquième Dimanche après Pâques, ci-dessus, page
96.
L'Antienne de la
Communion répète avec jubilation les paroles du Sauveur que nous avons
entendues dans notre Evangile. C'est lui-même qui nous autorise à
tout oser dans la prière. Nul de nous n'aurait osé dire: « Quiconque demande à
Dieu reçoit l'effet de sa demande; » mais maintenant que le Fils de Dieu est
venu du ciel en terre pour nous l'apprendre, notre consolation doit être de le
répéter sans cesse.
COMMUNION.
DEMANDEZ, et vous
recevrez; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et on vous ouvrira. Car
quiconque demande, reçoit; quiconque cherche, trouve; et à celui qui frappe, on
ouvrira, alléluia.
Le Sacrifice de paix est
consommé, et la confiance de l'Église s'épanche dans les paroles d'actions de
grâces que renferme la Postcommunion. Le don sacré a apporté la consolation ;
la sainte Église espère que ses enfants en profiteront pour faire de nouveaux
progrès dans l'amour.
POSTCOMMUNION.
Daignez, Seigneur, agréer
favorablement nos vœux ; afin qu'en recevant vos dons au milieu de notre
tribulation, la consolation que vous nous donnez nous fasse croître dans votre
amour. Par Jésus-Christ.
On ajoute les autres
Postcommunions, comme à la Messe du cinquième Dimanche après Pâques.
Nous ajoutons ici un
fragment liturgique tire de la Messe des Rogations selon l'antique rite
gallican. Cette prière fait partie des supplications du premier jour, et doit
remonter à la plus haute antiquité. On est à même d'y reconnaître l'importance
que l'on attachait au jeûne des Rogations dans l'Église des Gaules, au tempo
des Mamert de Vienne et des Césaire d'Arles.
POST NOMINA.
Ils sont à vous,
Seigneur, ces aliments dont chaque jour nous nous servons pour soutenir nos
forces ; ils sont à vous aussi, les jeûnes par lesquels nous contenons, pour
vous obéir, nos sens entraînés par le désir d'être satisfaits. C'est vous qui,
pour notre consolation, avez réglé l'ordre des temps, en sorte que nos corps
eussent à attendre une réfection sobre destinée à les nourrir, dans la saison
où il est opportun de le faire, et que, en d'autres temps, le devoir du jeûne
les châtiât, et fît d'eux un hommage à votre justice. Daignez recevoir aujourd'hui
et sanctifier l'hostie que nous vous offrons pour accompagner la sévérité de ce
jeûne de trois jouis, et accordez-nous la grâce de sentir en notre âme le
penchant au mal s'apaiser, en même temps que nous retirons à nos corps les
satisfactions ordinaires. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Dom Guéranger. L’Année
liturgique
SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/gueranger/anneliturgique/paques/paques03/003.htm
Saint Mamertus (or Mammertus), page 269 of Little Pictorial Lives of the Saints, Benzinger Brothers, 1878
Also
known as
Mamerto
Mamertius
Mammertus
Memorial
Profile
Well-educated,
and probably born to the Gallic nobility. May have been married at
one point. Archbishop of Vienne, France in 461.
Known for his secular and theological learning,
and for bringing back the faith to
an indifferent region. Involved in a dispute with Pope Saint Hilarius in 463 about
the privileges of the diocese of Arles, France.
Brought back the tradition of rogation processions which
soon gained papal approval
and were used throughout Europe.
Built a church in honor of Saint Ferreolus
whose relics were
discovered in his diocese.
A miracle worker,
he is reported to have ended an urban disaster – through prayer he
stopped a fire that was destroying the city of Vienne one Easter night.
Born
near Lyons, France
c.477 at Vienne, France of
natural causes
interred in
the cathedral of
Orleans, France
relics burned
by Huguenots in
the 16th
century
Additional
Information
Book
of Saints, by the Monks of
Ramsgate
Little Pictorial Lives of
the Saints
Lives
of the Saints, by Father Alban
Butler
Roman
Martyrology, 1914 edition
Saints
of the Day, by Katherine Rabenstein
Short
Lives of the Saints, by Eleanor Cecilia Donnelly
books
Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
Saints
and Their Attributes, by Helen Roeder
other
sites in english
video
sitios
en español
Martirologio Romano, 2001 edición
fonti
in italiano
MLA
Citation
‘Saint Mamertus of
Vienne‘. CatholicSaints.Info. 20 February 2024. Web. 14 April 2026.
<https://catholicsaints.info/saint-mamertus-of-vienne/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-mamertus-of-vienne/
Article
(Saint) Bishop (May 11)
(5th
century) The successor of Saint Simplicius in the See of Vienne (France).
He is looked upon as the originator or reviver of the Rogation Day Processions,
which he established in his Diocese in consequence of the many calamities which
at that time afflicted his people. His learning and the miracles he wrought
were renowned, among the latter being the extinction of two fierce fires which
threatened to destroy Vienne, and which extinction Saint Avitus, his successor,
in his Homily on the Rogations, calls miraculous. This Saint Mammertus is said
to be the Bishop Mammertus who attended the Council of Aries (A.D. 475). He
died in that same year. His body was transferred from Vienne to the Cathedral
of Orleans in the middle of the sixth century, but was destroyed by the Calvinists
a thousand years afterwards. The Rogation devotion was gradually propagated to
the whole Western Church.
MLA
Citation
Monks of Ramsgate.
“Mammertus”. Book of Saints, 1921. CatholicSaints.Info.
16 November 2014. Web. 15 April 2026.
<https://catholicsaints.info/book-of-saints-mammertus/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/book-of-saints-mammertus/
St. Mamertius
Feastday: May 11
Archbishop of Vienne,
France, from 461 until his death, the originator of the penitential practice
ofrogation days. This practice is marked by processions and Psalms for the
three days preceding the feast of the Ascension. Mamertius, also listed as
Mamertus, was known for his learning.
SOURCE : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=4439
New Catholic
Dictionary – Saint Mamertus
Article
Confessor, archbishop of
Vienne, born near Lyons, France; died Vienne,
c.475. He was distinguished for both secular and theological learning and was
involved, 463, in a dispute with Pope Hilarius regarding the privileges of the
See of Arles. He is best known as the founder of the Rogation Processions.
During his episcopate the relics of Saint Ferreolus were discovered and
interred in the church which Mamertus built in honor of the saint. His remains
were burned at Orleans by the Huguenots. Feast, 11
May.
MLA
Citation
“Saint Mamertus”. New Catholic Dictionary. CatholicSaints.Info.
2 May 2013. Web. 15 April 2026.
<https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-saint-mamertus/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-saint-mamertus/
Saint Mamertus
Bishop of Vienne, date of
birth unknown; died shortly after 475. Concerning the life of Mamertus before
his elevation to the See of Vienne, nothing certain is known. The fact that his
brother, Claudianus Mamertus, the theological writer, received in his youth a
sound training in rhetoric, and enjoyed the personal acquaintance of Bishop
Eucherius of Lyons (434-50), suggests that the brothers belonged to a wealthy
Gallic family from the neighbourhood of Lyons.
Like his brother, St.
Mamertus was distinguished for his knowledge of profane subjects as well as of
theology, and, before his elevation to the episcopate, appears to have been
married. His election and consecration took place shortly before 462. As bishop
he enlisted the services of his brother, who had withdrawn to a cloister, and
ordained him priest of Vienne. The activity of the brothers is described in a
letter of Sidonius Apollinaris, another of whose letters is addressed to Bishop
Mamertus. In 463 Mamertus was engaged in a dispute with Pope Hilarius on
the question of the privileges of the Bishop of Arles. Mamertus evidently
submitted, since we find no subsequent reference to the incident.
St. Mamertus is best
remembered as he originator of the penitential practice of Rogation days. This
practice is marked by processions and Psalms for the three days preceding the
feast of the Ascension.
SOURCE : http://ucatholic.com/saints/mamertus/
Mamertus of Vienne B (RM)
(also known as Mamertius,
Mammertus)
Died 475. Mamertus of
Vienne was responsible for the litanies and processions that once marked the
Rogation days of spring, the three days before Ascension Day when solemn
intercession was made for God's blessing on the crops and other fruit of the
earth. "Bless all farmers in all their labors, and grant such seasonable
weather that they may gather the fruits of the earth and ever rejoice in Your
goodness, to the praise of Your holy Name."
Mamertus, the elder
brother of the poet Claudian, lived in France, was known for his erudition, and
was bishop of Vienne from 461 to 475. In 463, he was censured by Rome for
consecrating, without the authority to do so, a new bishop of Die, which had
been transferred to the jurisdiction of Arles; but no papal action seems to
have been taken in the matter.
During his episcopate the
Goths invaded Gaul. The countryside never seemed free from the perils of the
enemy, as well as from natural dangers of pestilence, forest fires, and
prowling wolves and bears, and when every night brought its unknown fears and
each day was threatened with calamity.
During this period of
catastrophe, Mamertus spent his days prostrate before the altar beseeching God
to help his stricken people and tirelessly visiting his flock to comfort them
in their distress. As a result of his prolonged vigils, he conceived the idea
of an annual procession and litany, called a Rogation, to take place every
spring, in which the whole community would together intercede with God to have
mercy on His people and to bless their crops throughout the year.
He made this decision one
Easter night as he watched before the altar, when there came through the
windows of the darkened church the lurid reflection of flames from a fresh fire
threatening to overwhelm Vienne. In that hour of fearful conflagration, for it
was the worst of all the fires the village had known, he prayed to God to have
pity. When he next preached to his flock, he set forth his plan. "We shall
pray to God," he said, "that He will turn away the plagues from us,
and preserve us from all ill, from hail and drought, fire and pestilence, and
from the fury of our enemies; to give us favorable seasons, that our land may
be fertile, good weather and good health, and that we may have peace and
tranquility, and obtain pardon for our sins." Thus, out of that night of
fire and storm came the custom of Rogationtide (Benedictines, Delaney, Gill).
In art, Saint Mamertius
is shown as an archbishop walking in a procession with a lighted candle because
he was the originator of Rogation Days (Roeder).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0511.shtml
St. Mamertus
Bishop of Vienne, date of
birth unknown; died shortly after 475. Concerning
the life of Mamertus before his elevation to the See
of Vienne, nothing certain is known.
The fact that his brother, Claudianus Mamertus, the theological writer,
received in his youth a sound training in rhetoric, and enjoyed the personal
acquaintance of Bishop Eucherius of Lyons (434-50),
suggests that the brothers belonged to a wealthy Gallic family from
the neighbourhood of Lyons.
Like his brother, St. Mamertus was distinguished for his knowledge of
profane subjects as well as of theology,
and, before his elevation to the episcopate, appears to have
been married. His election and consecration took
place shortly before 462. As bishop he
enlisted the services of his brother, who had withdrawn to a cloister,
and ordained him priest of Vienne.
The activity of the brothers is described in a letter
of Sidonius Apollinaris (Epist., IV, xi), another of whose
letters (VII, i) is addressed to Bishop Mamertus. In
463 Mamertus was engaged in a dispute with Pope
Hilarius on the question of the privileges of the Bishop of Arles. Pope
Leo I had regulated the boundaries of the ecclesiastical
provinces of Arles and Vienne: under the latter he left
the Dioceses of Valence, Tarentaise, Geneva,
and Grenoble, but all the other dioceses in
this district were made subordinate to Arles. Regardless of this
decision and infringing on the rights of
his colleague of Arles, Mamertus consecrated in
463 a bishop for
the city of Die (Dea). King Gundiac of Burgundy complained
to Pope Hilary of this action, whereupon the latter wrote
to Bishop Leontius of Arles on 10 Oct., 463, bidding
him summon a synod of bishops from
the different provinces to enquire into the matter. In a subsequent letter
to the bishops of
the provinces of Lyons, Vienne, Narbonnensis I
and II, and Alpina, he also refers to the matter, and directs them
to obey Leontius's summons to a regularly
constituted synod (Thiel, "Epist. Rom. Pont.", I,
cxlvi, cli; Jaffé, "Regesta Rom. Pont.", I, 2nd ed., dlvi,
dlix). The synod decided against Mamertus, as we learn from
another letter of the pope dated 25
February, 464 (Thiel, op. cit., I, cxlviii; Jaffé, op. cit., I, dlvii). In
this Hilary declares that Mamertus and the bishop unlawfully consecrated by
him should really be deposed; desiring, however that clemency be used, he
commissioned Bishop Veranus to inform Mamertus that,
if he did not recognize and submit to the regulations of Pope Leo, he
would be deprived also of the four suffragan dioceses,
still subject to Vienne. The bishop invalidly
installed by Mamertus was to be confirmed in his office
by Leontius, after which he might retain the bishopric. Mamertus evidently
submitted, since we find no subsequent reference to the incident.
During his episcopate,
the remains of St. Ferreolus were discovered, and were translated
by Mamertus to a church in Vienne, built in honour of
that holy martyr (Gregory
of Tours, "De gloria mart.", II, ii). St. Mamertus was the
founder of the Rogation Processions (see ROGATION
DAYS), as we learn on the testimony of Sidonius Apollinaris (Epist.,
V, xiv; VII, i), and his second successor, Avitus ("Homilia
de Rogat." in P.L., LIX, 289-94). In connexion with
these intercessory processions, Mamertus summoned a synod at Vienne between
471 and 475. About 475 he attended a synod at Arles, which dealt
with the predestination teaching
of Lucidus, a Gallic priest.
As this is the latest information we possess concerning him, we may assume that
he died shortly afterwards. After his death he was venerated as
a saint. His name stands in the "Martyrologium Hieronymianum"
and in the "Martyrologium" of Florus of Lyons under
11 May, on which day his feast is
still celebrated (Quentin, "Les martyrologes historiques", 348).
Sources
DUCHESNE, Fastes
épiscopaux de l'ancienne Gaule, I (Paris, 1894), 147; HEFELE, Konziliengesch.,
II (2nd ed.), 580 sqq., 596, 597; Acta SS., II. 629 sq.; TILLEMONT, Mémoires
pour servir à l'hist. eccl, XVI, 104; TERREBASSE, Notice sur le tombeau de
St. Mamert récemment découvert dans l'église de St. Pierre à Vienne (Vienne,
1861).
Kirsch, Johann Peter.
"St. Mamertus." The Catholic Encyclopedia. Vol. 9. New York: Robert
Appleton Company, 1910. 11 May 2015
<http://www.newadvent.org/cathen/09580a.htm>.
Transcription. This
article was transcribed for New Advent by Douglas J. Potter. Dedicated to the
Immaculate Heart of the Blessed Virgin Mary.
Ecclesiastical
approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort,
Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.
Copyright © 2023 by Kevin Knight.
Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.
SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/09580a.htm
May 11
St. Mammertus, Archbishop
of Vienne, Confessor
From a homily of St.
Avitus, his disciple, on the Institution of the Rogation-Days, t. 2, Op.
Sirmond, p. 136; and from St. Sidonius Apollinaris, l. 7, ep. 1, p. 1014, l. 5,
ep. 14. See Ceillier, t. 15, p. 23. Rivet, Hist. Littér. Fr. t. 2, p. 480.
A.D. 477.
ST. MAMMERTUS, archbishop
of Vienne in Dauphiné, in which see he succeeded Simplicius in the fifth age,
was a prelate renowned in the church, for his sanctity, learning, and miracles.
He instituted in his diocess the fasts and supplications called the Rogations,
on the following occasion: 1 Almighty
God, to punish the sins of the people, visited them with wars and other public
calamities, and awaked them from their spiritual lethargy by the terrors of
earthquakes, fires, and ravenous wild beasts, which last were sometimes seen in
the very market-places of cities; such was the desolate state to which the
country was reduced. These evils the impious ascribed to blind chance; but
religious and prudent persons considered them as tokens of the divine anger,
which threatened them with entire destruction, unless they strove effectually
to avert it by sincere repentance. Amidst these scourges, St. Mammertus
received a token of the divine mercy. A terrible fire happened in the city of
Vienne, which, baffled the efforts of men; but by the prayers of the good
bishop, the fire on a sudden went out. This miracle strongly affected the minds
of the people. The holy prelate took this opportunity to make them sensible of
the necessity and efficacy of devout prayer, and to improve their salutary dispositions
to sincere compunction and penance, and a thorough amendment of life. On
Easter-night, a second great fire happened, which alarmed the city more than
ever. The zealous pastor had recourse to his usual arms, and poured forth his
prayers with many tears, lying prostrate before the altar till the flames were
extinguished in a manner which his successor, St. Avitus, calls
miraculous. 2 During
this second conflagration, the archbishop formed a pious design of instituting
an annual fast and supplication of three days, in which all the faithful should
join, with sincere compunction of heart, to appease the divine indignation by
fasting, prayer, tears, and the confession of sins. The church of Auvergne, of
which St. Sidonius was bishop, adopted this pious institution before the year
475, as appears by the letter of St. Sidonius, quoted above; and it became in a
very short time a universal practice. We have two sermons of St. Mammertus, one
on the Rogations, the other on the repentance of the Ninevites, being the
twenty-fourth and twenty-fifth among the discourses which bear the name of
Eusebius of Emisa. It is clear from the homily of St. Avitus, On the Rogations,
that St. Mammertus regulated the psalms to be sung, and the rite to be observed
on the three Rogation days. The ancient mass and lessons appointed for them in
Gaul, are found in the ancient Galliean liturgy, published by Mabillon. St.
Mammertus’s younger brother, Mammertus Claudian, who is celebrated by St.
Sidonius Apollinaris as the greatest scholar of his age, but was much more
commendable for his modesty and virtue, being a priest, governed the affairs of
his diocess under him. He was author of the hymn, Pange lingua gloriosi prælium
certaminis, 3 and
other elegant works. 4 He
died about the year 474. Our saint survived him three years, dying in 477, and
is commemorated in the Roman Martyrology.
Under temporal
afflictions we are to remember that God chastises us in this life only in
mercy: by these visits he desires to cure the disorderly attachments of our
souls, and to compel us to acknowledge that he is our only salvation, comfort,
and strength, and to seek him with our whole hearts. To neglect human
precautions and remedies against temporal evils, would be to tempt God: but so
to rely on the means of human prudence as not to have recourse to God by
earnest prayer, is to refuse to acknowledge our dependence upon him, and to
deprive ourselves of his blessing, which alone can give success even to natural
means. St. Mammertus shows that prayer on these occasions must be accompanied
with compunction, penance, and alms-deeds. We must begin to implore the divine
mercy by renouncing sin as the greatest of evils, the cause of all the
chastisements which are inflicted on us, and an evil of an order infinitely
superior to all other calamities, insomuch, that it is really the only evil we
ought truly to fear. Can we hope that God will hear our prayers if we only ask
of him what will entertain in us the kingdom of the devil: not his grace, but
the things of this world, and the objects of our irregular passions? Such
petitions are not prayers, but inordinate desires. Have we not reason to fear
that ours are often such if we cry to God with tears when any temporal calamity
threatens us; but are insensible to the miseries of our souls, and cold and
remiss under spiritual dangers? If we seek first the kingdom of God and its
justice, all other things will be given to us.
Note 1. Sidon.
Apollin. l, 7, ep. p. 1014. [back]
Note 2. Hom, de
Rogat. p. 136. [back]
Note 3. It has been
by some falsely ascribed to Venantius Fortunatus. [back]
Note 4. Bibl. Patr.
Ludg. t. 6. p. 1062. His principal work is that in three books. On Nature and
the Soul, Against Faustus of Riez, who had asserted that God alone is
incorporeal, and that angels and human souls are material. Mammertus confutes
his error, and treats that obscure question in a methodical and elegant
manner. [back]
Rev. Alban
Butler (1711–73). Volume V: May. The Lives of the Saints. 1866.
SOURCE : http://www.bartleby.com/210/5/111.html
Saint
Mamert institue les Rogations. Gravure. XVIIe.
San Mamerto di Vienne Vescovo
Festa: 11 maggio
† 475 circa
Vescovo di Vienne nel V
secolo, noto per la sua influenza sulla liturgia e la devozione popolare. La
sua fama non deriva da cronache o biografie dedicate, ma dalle testimonianze di
Sidonio Apollinare e altri, che ci offrono uno spaccato della sua vita e delle
sue opere. Famoso per l'istituzione delle Rogazioni, processioni di preghiera
in vista dell'Ascensione, Mamerto diede ordine e ritualità a suppliche già
esistenti, trasformandole in un triduo con digiuno e liturgie specifiche. La
sua opera ebbe un impatto duraturo, diffondendosi in Gallia e oltre. Al di là
di questo, Mamerto si distinse per la consacrazione di Marcello a vescovo di
Die, evento che lo portò a scontrarsi con papa Ilaro, e per la collaborazione
con il fratello Gaudiano, uomo di grande cultura.
Martirologio
Romano: A Vienne nella Gallia lugdunense, ora in Francia, san Mamerto,
vescovo, che nell’imminenza di una calamità istituì in questa città il solenne
triduo di litanie in preparazione all’Ascensione del Signore.
E' soprattutto conosciuto attraverso le testimonianze dei contemporanei: nessun autore di cronache ha raccolto i suoi Atti né scritto la sua Vita.
Il nome di Mamerto (lat. Mamertus; fr. Mamert) compare per la prima volta nel 463, in occasione dell'elezione a vescovo di Die di Marcello, per la quale Mamerto fu biasimato. Per lungo tempo, infatti, Marcello aveva collaborato con suo fratello, il vescovo Petronio, e quando costui era venuto a morte, egli fu acclamato al suo posto e Mamerto, vescovo di Vienne, procedette alla consacrazione. Ma poiché Marcello, da qualche tempo (450), dipendeva dal metropolita di Arles, Mamerto, denunciato a Roma come usurpatore, fu rimproverato dal papa Ilaro, perché, a quanto pareva, aveva imposto la sua scelta con la forza. Vi furono certamente delle opposizioni, cosa allora comune nel caso di elezioni, ma pare che il papa, male informato, avesse esagerato la portata dell'incidente. In un’altra lettera, del resto, il papa riconobbe die Marcello aveva i suoi meriti.
Secondo Sidonio Apollinare, Mamerto fu costantemente aiutato, nell’amministrazione della diocesi, da suo fratello Gaudiano, uno degli spiriti più colti del suo tempo, autore di un trattato De statu animae che rivela una stupefacente erudizione.
Ma il maggior titolo del vescovo di Vienne gli proviene dalla definitiva adozione delle preghiere delle Rogazioni, che precedono la festa dell’Ascensione. Suppliche di tal genere, relative alle intemperie o alle svariate calamità erano di uso relativamente frequente, ma si compivano senza un preciso rituale e spesso nel disordine e nella noia, secondo una testimonianza dello stesso Sidonio. Mamerto trasformò quelle preghiere in un triduo a data fissa, con digiuno e rituale determinati, nell’anno 474, in un’epoca cioè in cui le calamità erano particolarmente dure. Tale rituale si diffuse rapidamente e durevolmente, essendo stato adottato in seguito da Sidonio Apollinare a Germont e da san Cesario ad Arles. Sidonio e Gregorio di Tours attribuiscono, infine, a Mamerto la traslazione delle spoglie di san Ferreolo, martire di Vienne, in una nuova basilica.
La data esatta della morte di Mamerto è sconosciuta; il suo corpo, dapprima inumato nella chiesa di san Pietro, nel VII secolo fu traslato in quella di Santa Croce a Orléans, dove gli fu dedicata una cappella. Questo spiega come il nome di Mamerto sia divenuto popolare nella regione di Orléans e non in quella di Vienne, tanto che fu dato a numerosi centri dell’Eure e dell'Eure-et-Loire. Disgraziatamente, nel 1563, i calvinisti ne bruciarono il corpo e ne dispersero le ceneri.
La festa di Mamerto era stabilita all'11 maggio e, poiché in tale periodo le gelate notturne sono frequenti, il santo è designato nelle zone rurali, soprattutto in Francia, come uno dei "santi del ghiaccio" unitamente a san Pancrazio e san Bonifacio.
Autore: Gerard Mathon