lundi 11 mai 2015

Saint MAMMERT (MAMERTUS) de VIENNE, évêque et confesseur

Saint Mamertus (or Mammertus), 
page 269 of Little Pictorial Lives of the Saints, Benzinger Brothers, 1878

Saint Mamert


Évêque de Vienne, en Dauphiné ( 477)

Il serait peut-être né à Lyon. Ce dont on est sûr c'est qu'il devint prêtre un demi-siècle avant le baptême de Clovis et toute sa vie dans l'Église se déroula durant les invasions des barbares. Évêque de Vienne, il était là quand les Burgondes s'installèrent dans la vallée du Rhône, répandant l'arianisme en même temps que leurs cousins, les Wisigoths de Toulouse. Il ne semble pas qu'il ait réussi à convertir ces Burgondes. Mais il est surtout célèbre pour avoir institué la prière des "Rogations" à la suite de plusieurs tremblements de terre, inondations et sécheresses. Il imagina de faire, trois jours de suite, des processions dans les champs pour demander au ciel la cessation de ces fléaux. Le pape Léon III les rendit obligatoires dans toute l'Église au IXe siècle.


"Le nom de saint Mamert, évêque de Vienne, apparaît en 463.

Son influence a certainement été grande sur cette famille exceptionnelle, dont le père et le fils cadet seront ses successeurs et, le fils aîné, notre saint Apollinaire.



On doit à Mamert l’organisation des Rogations; il en fit un triduum à date fixe, avec jeûne et rituel déterminé.

Il serait mort vers 477. Son corps, transporté au VIIe siècle à Orléans, y fut brûlé par les calvinistes et ses cendres dispersées.

Saint Mamert a laissé le souvenir d’un bon pasteur, soucieux des besoins de ses ouailles, même les plus élémentaires; il savait bien tout ce que Jésus veut nous dire quand il nous fait demander à son Père notre pain quotidien."




À Vienne en Gaule, vers 475, saint Mamert, évêque, qui établit dans cette ville trois jours de supplications publiques avec jeûne, avant la fête de l’Ascension du Seigneur, pour demander l’aide de Dieu et l’éloignement des calamités.


Martyrologe romain




Saint Mamert institue les Rogations.
Gravure. XVIIe.

11 mai. Saint Mamert, archevêque de Vienne, en Dauphiné. 477.

Pape : Saint Simplice


Rois des Francs saliens : Childéric Ier.

" Si les fléaux sont entre les mains de Dieu la verge qui châtie les hommes, la prière est entre les mains de l'homme la force qui peut apaiser Dieu et faire descendre ses bienfaits sur la terre."
L'antiquité nous a laissé peu de détails sur la vie de saint Mamert. Mais il s'est rendu fort célèbre par l'établissement des Rogations. Ce n'est pas qu'il soit le premier auteur de ces processions saintes, que l'on fait pour attirer lès bénédictions de Dieu sur les fruits de la terre mais, de son temps, elles étaient presque tombées en désuétude, ou bien se faisaient sans dévotion. Mamert les rétablit, et, y ajoutant la jeûne à la prière, il ordonna qu'on les ferait les trois jours qui précèdent l'Ascension. Cette pieuse réforme fut d'abord reçue de toutes les Eglises de France, suivant le décret du premier Concile d'Orléans, tenu sous Clovis le Grand, et le fut ensuite de l'Eglise de Rome, par l'autorité de Léon III.

Voici à quelle occasion saint Mamert eut cette pieuse pensée : il occupait dignement le siége archiépiscopal de Vienne, dans lequel il avait succédé à saint Simplicius, dans le milieu du Ve siècle. Outre les calamités publiques de toutes les Gaules, qui étaient alors exposées aux irruptions des nation barbares, spécialement des Huns et des Goths, la ville et le pays de Vienne se virent affligés par des malheurs particuliers qui les menaçaient d'une désolation universelle cette ville était souvent ébranlée par de si effroyables tremblements de terre, que ses habitants étaient contraints de l'abandonner, de peur d'être accablés sous ses ruines d'ailleurs, certains feux s'embrasaient sous terre, et, faisant fumer les montagnes et les forêts, en chassaient les cerfs, les ours, les sangliers et les autres bêtes sauvages, qui se sauvaient tout épouvantés dans les bourgs et dans les villes, où leur présence répandait la terreur. Le vigilant pasteur consola, encouragea son peuple par d'éloquents discours : il fit voir dans ces malheurs autant de coups de verges d'un père courroucé, dont-il fallait implorer la clémence par la soumission et par des prières ferventes et continuelles.

Il arriva de plus que, la nuit de Pâques, le feu prit à un édince public de Vienne, et y continua avec tant de violence, que chacun s'attendait à un embrasement général. Mamert, qui avait déjà opéré des prodiges semblables, se prosterna devant l'autel, et aes larmes, ses prières, arrêtèrent l'incendie. Saint Avite dit expressément que les flammes s'éteignirent d'une manière miraculeuse (Hom. de Rogat.).


Ce fut dans cette nuit épouvantable que Mamert conçut, devant Dieu, le projet des Rogations, en régla les psaumes et les prières ; il y ajouta le jeûne, la confession des péchés, les larmes, la componction du coeur. Quant au but de ces processions salutaires, le voici, d'après une homélie que l'on croit être de saint Mamert, et qui se trouve parmi les sermons attribués à Eusëbe d'Emèse :

" Nous y prierons, dit-il, le Seigneur, de nous delivrer de nos infirmités, de détourner ses fléaux de dessus nous, de nous préserver de tout malheur, de nous garantir de la peste, de la grêle, de la sécheresse et de la fureur de nos ennemis ; de nous donner un temps favorable pour la santé des corps et pour la fertilité de la terre, de nous faire jouir de la paix et du calme, et de nous pardonner nos péchés."

Tel est à peu près tout ce que l'on sait de saint Mamert. Saint Avite le nomme son parrain : " Spiritualem a baptismo patrem " (Hom. de Rogat.). Il bâtit à Vienne une nouvelle église en l'honneur de saint Ferréol, martyr, dont il avait transféré le corps, après l'avoir découvert.


On voit que saint Mamert fut au concile d'Arles de 475. Entre autres chose pour régler une affaire de préséance entre le siège d'Arles et celui de Vienne. Il mourut, dit-on, en 477. Son corps, inhumé à Vienne, fut ensuite, par l'ordre du pape Jean III et du roi Gontran, transporté à Orléans et déposé en la cathédrale de cette ville, où il était en grande vénération. Les protestants le brûlèrent dans le XVIe siècle.

Cependant, il est à croire que seules une partie des reliques de notre Saint furent transférées, car, en 1860, on découvrit dans l'église Saint-Pierre de Vienne le sarcophage ayant contenu le corps de saint Mamert. Siganlons que l'église Saint-Pierre, l'une des plus anciennes églises de France, est aujourd'hui un musée...


LE MOINE MAMERT CLAUDIEN

Saint Mamert avait un frère plus jeune que lui. Ce fut Mamert Claudien, moine, puis prêtre et coopérateur fisèle de l'évêque de Vienne. Il vivait au milieu da Ve siècle et mourut entre 470 et 474. Sidoine Apollinaire le regardait comme le plus beau génie de son siècle. Il était à la fois poète, philosophe et théologien : il pouvait répondre à toutes sortes de questions et combattre toutes les erreurs ; mais sa modestie et sa vertu le rendaient bien plus recommandable encore que son savoir.

Il enseigna au clergé de son frère les saintes Ecritures, le chant ecclésiastique et la liturgie, qu'il enrichit de plusieurs hymnes, entre autres de celle du dimanche de la Passion :

" Pange, lingua, gloriosi

Lauream certaminis."

" Redis, Ô ma langue,

Du Christ souffrant le combat glorieux."


Son ouvrage le plus important est son traité en trois livres sur la Nature de l'âme (T. LIII de la Patrologie de M. l'abbé Migne). Le but de Mamert Claudien est de réfuter Faust de Riez, en Provence, qui niait l'incorporéité des anges et des âmes humaines et n'admettait que l'incorporéité de Dieu. Il dédie son écrit Sidoine Apollinaire, encore laïque. On n'avait point encore si bien raisonné sur la nature du corps, sur celle de l'âme et sur la distinction de ces deux substances. L'auteur y enseigne clairement l'animisme :

" L'âme est la vie du corps en cette vie ; elle est également dans tout le corps et dans chacune de ses parties ; elle n'est point locale, elle est autant dans chaque partie du corps que dans le tout."

Il prouve, par dix syllogismes excellents, que l'Ame est incorporelle. On ne parle guère plus solidement ni plus clairement aujourd'hui que la science psychologique a fait d'incontestables progrès.




Saint MAMERT  († 477)

Évêque de Vienne en Dauphiné

 Fête le 11 mai

Mamert succéda à Simplicius en 463, sur le siège de Vienne. Il fut un prélat renommé pour sa sainteté, son savoir et ses miracles. Mamert est surtout connu pour avoir institué les prières des Rogations, destinées à invoquer le ciel contre les calamités. Car la région de Vienne au Vème siècle outre les irruptions des Huns et des Goths, eut à subir différents fléaux (incendies, tremblements de terre, invasions des loups...) Mamert régla les psaumes et les prières, qui avec le jeûne et la pénitence, devaient marquer les Rogations, c'est à dire les trois jours qui précèdent l'Ascension. Dès le VIème s. la pratique des Rogations née dans le diocèse de Vienne, s'étendit à toute la Gaule, au VIIIème s. Léon III l'adopta pour Rome et l'Église Universelle.


Le corps de Mamert transféré à Orléans sera brûlé au XVIème s. par les huguenots.

                                           (d'après Larousse des Prénoms et des Saints p.155)



St Mamert est le deuxième patron de l'église Sainte-Croix d'Orléans ; on l'invoque en Gâtinais contre la rage et en Dauphiné contre les épidémies. En divers endroits les pompiers sont sous son patronnage. Le grand séminaire de Vienne était sous le vocable de Saint Mamert, plusieurs églises lui étaient dédiées, entre autres celle du Grand-Serre, bourg du diocèse de Valence et celle de St Mamert des Côtes d'Areys, aux environs de Vienne. On trouve encore Saint Mamert chef-leu de canton dans le Gard.

                                     (d'après Vies des Saints éd. Maison de la Bonne Presse)

SOURCE : http://regard-et-regain.pagesperso-orange.fr/Saints/mamert.htm

LA LITANIE MAJEURE ET LA LITANIE MINEURE (LES ROGATIONS)

Deux fois par an arrivent les litanies ; à la fête de saint Marc, c'est la litanie majeure, et aux trois jours qui précèdent l’ascension du Seigneur, c'est la litanie mineure. Litanie veut dire supplication, prière ou rogation. La première a trois noms différents, qui sont : litanie majeure, procession septiforme, et croix noires.

I. On l’appelle litanie majeure, pour trois motifs, savoir : à raison de celui qui l’institua, ce fut saint Grégoire, le grand pape; à raison du lieu où elle fuit instituée qui est Rome, la maîtresse et la capitale du Inonde, parce qu'à Rome se trouvent le corps du prince (70) des apôtres et le saint siège apostolique ; à raison de la cause pour laquelle elle ut instituée : ce fut une grande et très grave épidémie. En effet les Romains, après avoir passé le carême dans la continence, et avoir reçu à Pâques le corps du Seigneur, s'adonnaient sans frein à la débauche dans les repas, aux jeux et à la luxure ; alors Dieu provoqué leur envoya une épouvantable peste qu'on nomme inguinale, autrement apostume ou enfle de l’aine. — Or, cette peste était si violente que les hommes mouraient subitement, dans les chemins, à table, au jeu, dans les réunions, de sorte que, s'il arrivait, comme on dit, que quelqu'un éternuât, souvent alors il rendait l’âme. Aussi entendait-on quelqu'un éternuer, aussitôt on courait et on criait : « Dieu vous bénisse » et c'est là, dit-on, l’origine de cette coutume, de dire : Dieu vous bénisse, à quelqu'un qui éternue.

Ou bien encore, d'après ce qu'on en rapporte, si quelqu'un bâillait, il arrivait souvent qu'il mourait tout de suite subitement. Aussi, dès qu'on se sentait l’envie de bâiller, tout de suite, on se hâtait de faire sur soi le signe de la croix; coutume encore en usage depuis lors. On peut voir dans la vie de saint Grégoire l’origine de cette peste.

II. On l’appelle procession septiforme, de la coutume qu'avait établie saint Grégoire de partager en sept ordres ou rangs les processions qu'il faisait de son temps. Au premier rang était tout le clergé, au second tous les moines et les religieux, au troisième les religieuses, au quatrième tous les enfants, au cinquième tous les laïcs, au sixième toutes les veuves et (71) les continentes, au septième toutes les personnes mariées. Mais comme il n'est plus possible à présent d'obtenir ces sept divisions de personnes, nous y suppléons par le nombre des litanies; car on doit les répéter sept fois avant de déposer les insignes.

III. On l’appelle les croix noires, parce que les hommes se revêtaient d'habits noirs, en signe de deuil, à cause de la mortalité, et comme pénitence, et c'est peut-être aussi pour, cela qu'on couvrait de noir les croix et les autels. Les fidèles doivent aussi revêtir alors des habits de pénitence.

On appelle litanie mineure, celle qui précède de trois jours la fête de l’Ascension. Elle doit son institution à saint Mamert, évêque de Vienne, du temps de l’empereur Léon qui commença à régner l’an du Seigneur 458. Elle fut donc établie avant la, litanie majeure. Elle a reçu le nom de litanie mineure, de rogations et de procession. On l’appelle litanie mineure pour la distinguer de la première, parce qu'elle fut établie par un moins grand évêque, dans un lieu inférieur et pour une maladie moindre. Voici la cause de son institution : Vienne était affligée de fréquents et affreux tremblements de terre qui renversaient beaucoup de maisons et d'églises. Pendant la nuit, on entendait, des bruits et des clameurs répétés. Quelque chose de plus : terrible encore arriva ; le feu du ciel tombale jour de Pâques et consuma le palais royal tout entier. Il y eut un autre fait plus merveilleux. De même que par la permission de Dieu, des démons entrèrent autrefois dans des pourceaux, de même aussi par la permission de Dieu, pour (72) les péchés des hommes, ils entraient dans des loups et dans d'autres bêtes féroces et sans craindre personne, ils couraient en plein jour non seulement par les chemins mais encore par la ville, dévorant çà et là des enfants, des vieillards et des femmes. Or, comme ces malheurs arrivaient journellement, le saint évêque Mamert ordonna un jeûne de trois jours et institua des litanies; alors cette tribulation s'apaisa. Dans la suite, cette pratique s'établit et fat approuvée par l’Église ; de sorte qu'elle s'observe universellement. — On l’appelle encore rogations, parce qu'alors nous implorons les suffrages de tous les saints : et nous avons raison d'observer cette pratique en ces temps-ci, de prier les saints et de jeûner pour différents motifs : 1° pour que Dieu apaise le fléau de la guerre, parce que c'est particulièrement au printemps qu'il éclate; 2° pour qu'il daigne multiplier par leur conservation les fruits tendres encore ; 3° pour mortifier chacun en soi les mouvements déréglés de la chair qui sont plus excités à cette époque. Au printemps en effet le sang a plus de chaleur et les mouvements déréglés sont plus fréquents ; 1° afin que chacun se dispose à la réception du Saint-Esprit ; car par le; ,jeûne, l’homme se rend plus habile, et par les prières il devient plus digne. Maître Guillaume d'Auxerre assigne deux autres raisons : 1° comme Jésus-Christ a dit en montant au ciel : « Demandez et vous recevrez », l’Église doit adresser ses demandes avec plus de confiance; 2° 1'Église jeûne et prie afin de se dépouiller de la chair par la mortification des sens, et de s'acquérir des ailes à l’aide de l’oraison ; car (73) l’oraison, ce sont les ailes au moyen desquelles l’âme s'envole vers le ciel, pour ainsi suivre les traces de J.-C. qui y est monté afin de nous ouvrir le chemin et qui a volé sur les ailes des vents. En effet l’oiseau, dont le corps est épais et les ailes petites, ne saurait bien voler, comme cela est évident, par l’autruche.

On l’appelle encore procession, parce qu'alors l’Eglise fait généralement la procession. Or, on y porte la croix, on sonne les cloches, on porte la bannière ; en quelques églises on porte un dragon avec une queue énorme, et on implore spécialement le patronage de tous les saints. Si l’on y porte la croix et si l’on sonne les cloches, c'est pour que les démons effrayés prennent, la fuite. Car de même qu'à l’armée le roi a les insignes royaux, qui sont les trompettes et les étendards, de même J.-C., le roi éternel dans son Église militante, a les cloches pour trompettes et les croix pour étendards ; et de même encore qu'un tyran serait en grand émoi, s'il entendait sur son domaine les trompettes d'un puissant roi son ennemi, et s'il envoyait les étendards, de même les démons, qui sont dans l’air ténébreux, sont saisis de crainte quand ils sentent sonner les trompettes de J.-C., qui sont les cloches; et qu'ils regardent les étendards qui sont les croix. — Et c'est la raison qu'on donne de la coutume de l’Église de sonner les cloches, quand on voit se former les tempêtes; les démons, qui en sont les auteurs, entendant les trompettes du roi éternel, prennent alors l’épouvante et la fuite, et cessent d'amonceler les tempêtes : il y en a bien encore une autre raison, c'est que les cloches, en cette occasion, avertissent les (71) fidèles et les provoquent à se livrer à la prière dans le péril qui les menace. La croix est réellement encore l’étendard du roi éternel, selon ces paroles de l’Hymne

Vexilla regis prodeunt ;

Fulget Crucis mysterium

Quo carne carnis conditor

Suspensus est patibulo .

L'étendard du Roi apparaît;

le mystère de la Croix éclate

le créateur de l’homme, homme lui-même,

est suspendu à un gibet.

(Ce sont les paroles de la 1re strophe de l’hymne du temps de la Passion, telle qu'elle se récitait avant la correction exécutée avec plus ou moins de piété et de bonheur au XVIIe siècle.)


Or, les démons ont une terrible peur de cet étendard, selon le témoignage de saint Chrysostome : « Partout où les démons aperçoivent le signe du Seigneur, ils fuient effrayés le bâton qui leur a fait leurs blessures. » C'est aussi la raison pour laquelle, en certaines élises, lors des tempêtes, on sort la croix de l’église et on l’expose contre la tempête, afin que les démons, voyant l’étendard du souverain roi, soient effrayés et prennent la fuite. C'est donc pour cela que la croix est portée à la procession, et que l’on sonne les cloches, alors les démons qui habitent les airs prennent l’épouvante et la fuite, et s'abstiennent de nous incommoder(Saint Paul, au IIe chapitre de la Lettre aux Ephésiens, appelle le démon, le Prince de la puissance de l’air, Principent potestatis aëris hujus.). Or, on y porte cet étendard pour représenter la victoire de la Résurrection et celle de l’Ascension de J.-C. qui est monté aux cieux avec un grand butin. Cet étendard qui s'avance dans les airs, c'est J.-C. montant au ciel. Or, ainsi que l’étendard porté à la procession est suivi de la multitude des fidèles, ainsi J.-C. montant au ciel est accompagné d'un cortège immense de saints. Le chant des processions représente les cantiques et les louanges des anges accourant au-devant de J.-C. qui monte au ciel, et l’accompagnant de leurs acclamations puissantes et unanimes jusque dans le ciel.

Dans quelques églises encore, et principalement dans les églises gallicanes, c'est la coutume de porter, derrière la croix, un dragon avec une longue queue remplie de paille ou de quelque autre matière semblable, les deux premiers jours ; mais le troisième jour cette queue est vide : ce qui signifie que le, diable a régné en ce monde au premier jour qui représente le temps avant la loi et le second jour qui marque le temps de la loi, mais au troisième jour c'est-à-dire, au temps de la grâce, après la Passion de J.-C., il a été expulsé de son royaume. En cette procession nous réclamons encore le patronage de tous les saints.

Nous avons donné plus haut quelques-unes des raisons pour lesquelles nous prions alors les saints: Il y en a encore d'autres générales pour lesquelles Dieu nous a ordonné de le prier; ce sont : notre indigence, la gloire des saints et l’honneur de Dieu. En effet les saints peuvent connaître les voeux de ceux qui leur adressent des supplications; car dans ce miroir éternel, il aperçoivent quelle joie c'est pour eux, et quel secours c'est pour nous. La première raison donc c'est notre indigence : elle provient ou bien de ce que nous méritons peu; quand donc ces mérites de notre part sont insuffisants, nous nous aidons de ceux d'autrui : ou bien cette indigence se manifeste dans la contemplation : Or, puisque nous ne pouvons contempler la souveraine lumière en soi, nous prions de pouvoir la regarder dans les saints : ou bien cette indigence réside dans l’amour : parce que le plus souvent l’homme étant imparfait ressent en soi-même plus d'affection pour un saint en particulier que pour Dieu même. La seconde raison, c'est la gloire des saints car Dieu veut que nous les invoquions pour obtenir par leurs suffrages ce que nous demandons, afin de les glorifier eux-mêmes et en les glorifiant de les louer. La troisième raison, c'est l’honneur de Dieu ; en sorte que le pécheur qui a offensé Dieu, honteux, pour ainsi dire, de s'adresser à Dieu personnellement, peut implorer ainsi le patronage de ceux qui sont les amis de Dieu, Dans ces sortes de processions on devrait répéter souvent ce cantique angélique : Sancte Deus, sancte fortis, sancte et immortalis, miserere nobis. En effet saint Jean Damascène, au livre III, rapporte que l’on célébrait des litanies à Constantinople, à l’occasion de certaines calamités, quand un enfant fut enlevé au ciel du milieu du peuple ; revenu au milieu de la foule, il chanta devant tout le monde ce cantique qu'il avait appris des anges et bientôt après cessa la calamité. Au concile de Chalcédoine, ce cantique fut approuvé. Saint Damascène conclut ainsi : « Pour nous, nous disons due par ce cantique les démons sont éloignés. » Or, il y a quatre motifs de louer et d'autoriser ce chant : 1° parce que ce fut un ange qui l’enseigna ; 2° parce qu'en le récitant cette calamité s'apaisa; 3° parce que le concile de Chalcédoine l’approuva; 4° parce que les démons le redoutent *. »

* Une lettre du pape Félix III; Marcel dans sa Chronique; Nicéphore, liv. IV, ch. XLVI ; le concile de C. P. racontent le même fait.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdcccci


LE LUNDI DES ROGATIONS.

Aujourd'hui commence une série de trois jours consacrés à la pénitence. Cet incident inattendu paraît au premier abord une sorte d'anomalie dans le Temps pascal; et néanmoins, quand on y réfléchit, on arrive à reconnaître que cette institution n'est pas sans une relation intime avec les jours auxquels elle se rapporte. Il est vrai que le Sauveur disait avant sa Passion que « durant le séjour de l'Époux au milieu de nous, il ne serait pas temps de jeûner (Luc. V, 34) ; » mais ces dernières heures qui précèdent son départ pour le ciel n'ont-elles pas quelque chose de mélancolique ? et n'étions-nous pas portés tout naturellement hier à penser à la tristesse résignée et contenue qui oppresse le cœur de la divine Mère et celui des disciples, à la veille de perdre celui dont la présence était pour eux l'avant-goût des joies célestes ?

Il nous faut maintenant raconter comment et à quelle occasion le Cycle liturgique s'est complète, dans cette saison, par l'introduction de ces trois jours durant lesquels la sainte Église, toute radieuse qu'elle était des splendeurs de la Résurrection, semble vouloir tout à coup rétrograder jusqu'au deuil quadragésimal. L'Esprit-Saint, qui la dirige en toutes choses, a voulu qu'une simple Église des Gaules, un peu après le milieu du V° siècle, vît commencer dans son sein ce rite imposant qui s'étendit rapidement à toute la catholicité, dont il fut reçu comme un complément de la liturgie pascale.

L'Église de Vienne, l'une des plus illustres et des plus anciennes de la Gaule méridionale, avait alors saint Mamert pour évêque. Des calamités de tout genre étaient venues désoler cette province récemment conquise par les Burgundes. Des tremblements de terre, des incendies, des phénomènes effrayants agitaient les populations, comme autant de signes de la colère divine. Le saint évêque, désirant relever le courage de son peuple, en le portant à s'adresser à Dieu dont la justice avait besoin d'être apaisée, prescrivit trois jours d'expiation durant lesquels les fidèles se livreraient aux œuvres de la pénitence, et marcheraient en procession en chantant des psaumes. Les trois jours qui précèdent l'Ascension furent choisis pour l'accomplissement de cette pieuse résolution. Sans s'en douter, le saint évêque de Vienne jetait ainsi les fondements d'une institution que l'Église entière allait adopter.

Les Gaules commencèrent, comme il était juste. Saint Alcime Avit, qui succéda presque immédiatement à saint Mamert sur le siège de Vienne, atteste que la pratique des Rogations était déjà consolidée dans cette Eglise (Homil. de Rogationibus.). Saint Césaire d'Arles, au commencement du VI° siècle, en parle comme d'une coutume sacrée déjà répandue au loin, désignant au moins par ces paroles toute la portion des Gaules qui se trouvait alors sous le joug des Visigoths (Serm. CLXXII, parmi les Sermons de saint Augustin). On voit clairement que la Gaule tout entière ne tarda pas d'adopter ce pieux usage, en lisant les canons portés à ce sujet dans le premier concile d'Orléans tenu en 511, et réuni de toutes les provinces qui reconnaissaient l'autorité de Clovis. Les règlements du concile au sujet des Rogations donnent une haute idée de l'importance que l'on attachait déjà à cette institution. Non seulement l'abstinence de chair est prescrite pendant les trois jours, mais le jeûne est de précepte. On ordonne également de dispenser de leur travail les gens de service, afin qu'ils puissent prendre part aux longues fonctions par lesquelles ces trois jours étaient pour ainsi dire remplis (Canon XXVII). En 567, le concile de Tours sanctionnait pareillement l'obligation du jeûne dans les Rogations (Canon XVII) ; et quant à l'obligation de férier durant ces trois jours, on la trouve reconnue encore dans les Capitulaires de Charlemagne et de Charles le Chauve.

Le principal rite des Eglises des Gaules durant ces trois jours consista, dès l'origine, dans ces marches solennelles accompagnées de cantiques de supplication, et que l'on a appelées Processions, parce que l'on se rend d'un lieu dans un autre. Saint Césaire d'Arles nous apprend que celles qui avaient lieu dans les Rogations duraient six heures entières ; en sorte que le clergé se sentant fatigué par la longueur des chants, les femmes chantaient en chœur à leur tour, afin de laisser aux ministres de l'Église le temps de respirer (Serm. CLXXIV. HERBERTUS TURRITANUS, Miracul. lib. I, c. 21.). Ce détail emprunté aux mœurs des Églises des Gaules à cette époque primitive, peut nous aider à apprécier l'indiscrétion de ceux qui, en nos temps modernes, ont poussé à l'abolition de certaines processions qui prenaient une partie notable de la journée, et cela dans l'idée que cette longueur devait être en elle-même considérée comme un abus.

Le départ de la Procession des Rogations était précédé de l'imposition des cendres sur la tête de ceux qui allaient y prendre part, et c'était le peuple tout entier. L'aspersion de l'eau bénite avait lieu ensuite; après quoi le pieux cortège se mettait en marche. La Procession était formée du clergé et du peuple de plusieurs églises d'un rang secondaire, qui marchaient sous la croix d'une église principale dont le clergé présidait la fonction. Tout le monde, clercs et laïques, marchait nu-pieds. On chantait la Litanie, des Psaumes, des Antiennes, et l'on se rendait à quelque basilique désignée pour la Station, où l'on célébrait le saint Sacrifice. Sur la route on visitait les églises qui se rencontraient, et l'on y chantait une Antienne à la louange du mystère ou du saint, sous le titre duquel elles avaient été consacrées.

Tels étaient à l'origine, et tels ont été longtemps les rites observés dans les Rogations. Le Moine de Saint-Gall, qui nous a laissé de si précieux mémoires sur Charlemagne, nous apprend que le grand empereur, en ces jours, quittait sa chaussure comme les plus simples fidèles, et marchait nu-pieds à la suite de la croix, depuis son palais jusqu'à l'église de la Station (De rebus bellicis Caroli Magni, cap. XVI). Au XIII° siècle, sainte Élisabeth de Hongrie donnait encore le même exemple; son bonheur était, durant les Rogations, de se confondre avec les plus pauvres femmes du peuple, marchant aussi nu-pieds, et couverte d'un grossier vêtement de laine (SURIUS, ad diem XIX Novembris). Saint Charles Borromée, qui renouvela dans son Eglise de Milan tant d'usages précieux de l'antiquité, n'eut garde de négliger les Rogations. Par ses soins et par ses exemples, il ranima dans son peuple l'ancien zèle pour une pratique si sainte. Il exigea de ses diocésains le jeûne pendant ces trois jours, et il l'accomplissait lui-même au pain et à l'eau. La Procession, à laquelle tout le clergé de la ville était tenu d'assister, et qui commençait par l'imposition des cendres, partait du Dôme au point du jour, et ne rentrait qu'à trois ou quatre heures après midi, ayant visité le lundi treize églises, neuf le mardi, et onze le mercredi. Le saint Archevêque célébrait le saint Sacrifice dans une de ces églises, et adressait la parole à son peuple (GIUSSANO, Vie de saint Charles Borromée).

Si l'on compare le zèle de nos pères pour la sanctification de ces trois journées avec l'insouciance qui accompagne aujourd'hui, surtout dans les villes, la célébration des Rogations, on ne saurait manquer de reconnaître ici encore une des marques de l'affaiblissement du sens chrétien dans la société actuelle. Combien cependant sont importantes les fins que se propose la sainte Église dans ces Processions auxquelles devraient prendre part tant de fidèles qui ont des loisirs pieux, et qui, au lieu de les consacrer à servir Dieu par les œuvres de la vraie piété catholique, les consument dans des exercices privés qui ne sauraient ni attirer sur eux les mêmes grâces, ni apporter à la communauté chrétienne les mêmes secours d'édification !

Les Rogations s'étendirent rapidement des Gaules dans toute l'Église d'Occident. Elles étaient déjà établies en Espagne au VII° siècle, et elles ne tardèrent pas à s'introduire en Angleterre, et plus tard dans les nouvelles Églises de la Germanie, à mesure qu'elles étaient fondées. Rome elle môme les adopta à la fin du VIII° siècle, sous le pontificat de saint Léon III. C'était peu de temps après que les Églises des Gaules ayant renoncé à la liturgie gallicane pour prendre celle de Rome, eurent à admettre dans leurs usages la Procession de saint Marc. Mais il y eut cette différence qu'à Rome on conserva à la Procession du 25 avril le nom de Litanie majeure, et l'on appela Litanies mineures celles des Rogations, tandis qu'en France on désigna ces dernières par l'appellation de Litanies majeures, en réservant le nom de mineure pour la Litanie de saint Marc. Mais l'Église romaine, sans blâmer la dévotion des Églises des Gaules qui avaient cru devoir introduire dans le Temps pascal trois journées d'observance quadragésimale, n'adopta pas cette rigueur. Il lui répugnait d'attrister par le jeûne la joyeuse quarantaine que Jésus ressuscité accorde encore à ses disciples ; elle s'est donc bornée à prescrire l'abstinence de la viande durant ces trois jours. L'Église de Milan qui garde si sévèrement, ainsi que nous l'avons vu, l'institution des Rogations, l'a placée au lundi, mardi et mercredi qui suivent le dimanche dans l'Octave de l'Ascension, c'est-à-dire au delà des quarante jours consacrés à célébrer la Résurrection.

Il faut donc, pour être dans cette véritable mesure dont l'Église romaine ne se départ jamais, envisager les Rogations comme une institution sainte qui vient tempérer nos joies pascales et non les anéantir. La couleur violette employée à la Procession et à la Messe de la Station n'a pas pour but de nous indiquer encore la fuite de l'Époux (Cant. VIII) ; mais elle nous avertit que son départ est proche ; et l'abstinence qui nous est imposée, bien qu'elle ne soit pas accompagnée du jeûne, est déjà comme un témoignage anticipé de nos regrets pour cette chère présence de notre Rédempteur qui va nous être sitôt ravi.

En écrivant ces lignes destinées à expliquer aux fidèles les motifs d'une institution que l'Église a sanctionnée par ses ordonnances, il nous vient en mémoire que, dans ces dernières années, l'abaissement des mœurs chrétiennes est venu à tel point parmi nous, que plusieurs Evêques ont cru devoir solliciter du Siège apostolique la remise de l'abstinence en ces trois jours, après tant de siècles, et dans cette même France qui, par son exemple, avait imposé à toute la chrétienté la solennité des Rogations. C'est donc une expiation de moins, une intercession de moins, un secours de moins, en un siècle déjà si appauvri des moyens par lesquels la vie chrétienne se conserve, par lesquels le ciel est fléchi, les grâces de salut obtenues. Puissent les vrais fidèles en conclure que l'assistance aux Processions de ces trois jours est devenue plus opportune que jamais, et qu'il est urgent de compenser, en s'unissant à la prière liturgique, l'abolition d'une loi salutaire qui datait de si loin, et qui, dans ses exigences, pesait si légèrement sur notre mollesse!

Selon la discipline actuelle de l'Église, les Processions des Rogations, dont l'intention est d'implorer la miséricorde de Dieu offensé par les péchés des hommes, et d'obtenir la protection céleste sur les biens de la terre, sont accompagnées du chant des Litanies des Saints, et complétées par une Messe spéciale qui se célèbre soit dans l'église de la Station, soit dans l'église même d'où la Procession est partie, si elle ne doit pas s'arrêter dans quelque sanctuaire

On ne saurait trop estimer les Litanies des Saints, à cause de leur puissance et de leur efficacité. L'Eglise y a recours dans toutes les grandes occasions, comme à un moyen de se rendre Dieu propice, en faisant un appel à la cour céleste tout entière. Si l'on ne pouvait prendre part aux Processions des Rogations, que l'on récite du moins ces Litanies en union avec la sainte Eglise : on aura part aux avantages d'une si sainte institution, et on contribuera à obtenir les grâces que la chrétienté sollicite de toutes parts en ces trois jours; enfin on aura fait acte de catholique.

Nous insérons ici lu Messe des Rogations, qui est la même pour les trois jours. Tout y parle de la nécessité et de la puissance de la prière. La sainte Église y revêt la couleur quadragésimale pour exprimer ses intentions expiatrices ; mais tout en elle respire la confiance et l'espoir d'être exaucée ; on sent qu'elle s'appuie sur l'amour de son Époux ressuscité.

LA MESSE DES ROGATIONS.

L'Introït tiré des Psaumes annonce d'avance la miséricorde du Seigneur, qui a exaucé la prière de son peuple, tout aussitôt qu'elle est montée vers lui.

INTROÏT.

De son temple saint, le Seigneur a exaucé ma prière, alleluia ; et le cri que j'ai poussé en sa présence a pénétré jusqu'à ses oreilles, alleluia, alleluia.
Ps. Je vous aimerai, Seigneur qui êtes ma force ; le Seigneur est mon appui, mon refuge et mon libérateur. Gloire au Père. De son temple.

Dans la Collecte, l'Église expose à Dieu les besoins de ses enfants, le priant de reconnaître la confiance avec laquelle ils recourent à lui, et implorant pour eux sa protection dans leurs nécessités.

ORAISON.

Faites, s'il vous plaît, ô Dieu tout-puissant, que nous qui, dans nos afflictions, mettons notre confiance en votre bonté, nous soyons fortifiés par votre protection contre toute adversité. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

On ajoute les autres Collectes, comme à la Messe du cinquième Dimanche après Pâques.

ÉPÎTRE.

Lecture de l'Épître de saint Jacques, Apôtre. Chap. V.

Mes bien-aimés, confessez vos fautes les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez sauvés ; car la prière persévérante du juste peut beaucoup. Elie était un homme semblable à nous, sujet à la souffrance; cependant, quand il eut prié avec instance pour obtenir que la pluie cessât de tomber sur la terre, il n'y eut pas de pluie durant trois ans et six mois; puis il pria de nouveau, et le ciel donna de la pluie, et la terre produisit son fruit. Mes frères, si l'un de vous s'écarte de la vérité, et que quelqu'un l'y fasse rentrer, il doit savoir que celui qui aura fait sortir un pécheur de l'erreur de sa voie, sauvera de la mort son âme à soi, et couvrira la multitude de ses péchés.

C’est encore à l'Apôtre saint Jacques le Mineur que la sainte Eglise emprunte I'Epître aujourd'hui ; et l'on ne saurait trop admirer l'à-propos que présentent les paroles de l'écrivain inspiré. L'une des fins de l'institution des Rogations est d'obtenir de la bonté de Dieu la température convenable pour les fruits de la terre, et saint Jacques nous montre, par l'exemple d'Elie, que la prière peut rendre le ciel serein, ou en faire descendre une pluie fécondante. Imitons la foi du prophète,

et recommandons au Seigneur les moissons, qui ont tant besoin encore de sa bonté pour arriver à leur maturité, et pour échapper aux fléaux qui pourraient fondre sur elles. Un autre but des Rogations est d'obtenir la rémission des péchés. Si nous prions avec ferveur pour nos frères qui sont égarés, nous obtiendrons en leur faveur des miséricordes particulières. Nous ne connaîtrons peut-être pas en ce monde ceux que notre prière, unie à celle de la sainte Eglise, aura retirés de la voie du péché; mais l'Apôtre nous apprend que notre charité recevra la plus précieuse récompense, l'effusion de la miséricorde de Dieu sur nous-mêmes.

Pour exprimer le deuil et la componction dans cette Messe des Rogations, l'Eglise, qui a revêtu la couleur violette, arrête la jubilation de ses cantiques; elle ne se permet qu'un seul Verset alléluiatique, lequel d'ailleurs continue d'exprimer ses espérances dans la bonté du Seigneur.

ALLELUIA.

V/. Louez le Seigneur, parce qu'il est bon, parce que sa miséricorde est à jamais.

ÉVANGILE.

La suite du saint Évangile selon saint Luc. Chap. XI.

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Si l'un de vous a un ami, et que, l'allant trouver au milieu delà nuit, il lui dise : Mon ami, prête-moi trois pains, parce qu'un de mes amis en voyage est venu chez moi, et je n'ai rien à lui donner; et que du dedans de la maison l'autre réponde : Ne m'importune pas, la porte est fermée, et mes serviteurs sont au lit comme moi; je ne puis me lever et te rien donner. Si cependant le premier continue de frapper, quand même il ne se lèverait pas d'abord et ne lui donnerait rien par le motif de l'amitié; à cause de son importunité, je vous le dis, il se lèvera et lui donnera ce dont il a besoin. Je vous dis de même : Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande, reçoit; et qui cherche, trouve ; et à qui frappe, on ouvrira. Est-il parmi vous un père qui donnât à son fils une pierre, lorsqu'il lui demande du pain? ou qui lui donnât un serpent, lorsqu'il lui demanderait un poisson ? ou qui lui donnât un scorpion, lorsqu'il lui demanderait un œuf? Si donc vous, quiètes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants ; combien plus votre Père céleste donnera-t-il l'Esprit bon à ceux qui le lui demandent !

Est-il rien, dans les saints Évangiles, qui soit plus expressif sur la toute-puissance de la prière que ces paroles de notre Sauveur ? La sainte Église, en nous les faisant lire aujourd'hui, nous montre assez sans doute l'importance des Rogations, puisque c'est en ces jours qu'elle nous révèle la vertu de l'intercession, qui triomphe des refus même de Dieu. Le choix des lectures de la sainte Écriture dans la Liturgie est un enseignement permanent et toujours à propos : on a dû le reconnaître jusqu'ici. En ces trois jours où il s'agit de fléchir le ciel offensé, rien n'était plus nécessaire que de faire bien comprendre aux chrétiens le pouvoir qu'exerce sur Dieu lui-même l'insistance dans la prière. Les Litanies qui ont été chantées dans le cours de la Procession nous offrent un modèle de cette sainte obstination dans la prière. Nous n'avons cessé de répéter : « Seigneur! ayez pitié; délivrez-nous, Seigneur ! Nous vous en supplions, exaucez-nous ! » En ce moment la médiation de notre divin Agneau pascal offert sur l'autel se prépare, et dans peu d'instants il joindra à nos faibles vœux son entremise toujours efficace. Muni d'un tel gage, nous nous retirerons, assurés de n'avoir pas prié en vain. Prenons donc aussi la résolution de ne plus nous tenir éloignés de la sainte Église dans ses pratiques, et de préférer toujours la prière faite avec elle à toute autre que nous offririons à Dieu en notre particulier, dans les jours où cette Épouse du Sauveur, cette mère commune, veut bien nous convier à prendre part aux devoirs de supplication que, dans notre intérêt, elle rend à son céleste Époux.

Dans l'Offertoire emprunté aussi à David, elle loue le Seigneur qui, malgré l'indignité de l'homme pécheur, s'est laissé vaincre par ses instances, et s'est levé pour le défendre et subvenir à ses besoins.

OFFERTOIRE.

Je louerai le Seigneur avec tous les accents de ma voix ; je chanterai ses louanges au milieu d'une nombreuse assemblée ; car il s'est tenu à la droite du pauvre, et il a sauvé mon âme des atteintes de ceux qui la poursuivaient, alleuia.

Les liens de nos péchés nous tenaient enchaînés, et nous ne pouvions pas nous-mêmes revenir à Dieu ; la victime pascale nous a rendus à la liberté, et chaque fois que son Sacrifice se renouvelle sur l'autel, c'est notre délivrance qui s'opère de nouveau. La sainte Eglise, dans la Secrète, représente au Dieu tout-puissant les motifs sur lesquels s'appuie notre confiance dans l'Hostie divine dont il nous a fait don.

SECRÈTE.

Par cette oblation, Seigneur, daignez nous dégager des liens de notre malice, et nous concilier les dons de votre miséricorde Par Jésus Christ.

On ajoute les autres Secrètes, comme à la Messe du cinquième Dimanche après Pâques, ci-dessus, page 96.

L'Antienne de la Communion répète avec jubilation les paroles du Sauveur que nous avons entendues dans notre Evangile. C'est lui-même qui nous autorise à tout oser dans la prière. Nul de nous n'aurait osé dire: « Quiconque demande à Dieu reçoit l'effet de sa demande; » mais maintenant que le Fils de Dieu est venu du ciel en terre pour nous l'apprendre, notre consolation doit être de le répéter sans cesse.

COMMUNION.

DEMANDEZ, et vous recevrez; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et on vous ouvrira. Car quiconque demande, reçoit; quiconque cherche, trouve; et à celui qui frappe, on ouvrira, alléluia.

Le Sacrifice de paix est consommé, et la confiance de l'Église s'épanche dans les paroles d'actions de grâces que renferme la Postcommunion. Le don sacré a apporté la consolation ; la sainte Église espère que ses enfants en profiteront pour faire de nouveaux progrès dans l'amour.

POSTCOMMUNION.

Daignez, Seigneur, agréer favorablement nos vœux ; afin qu'en recevant vos dons au milieu de notre tribulation, la consolation que vous nous donnez nous fasse croître dans votre amour. Par Jésus-Christ.

On ajoute les autres Postcommunions, comme à la Messe du cinquième Dimanche après Pâques.

Nous ajoutons ici un fragment liturgique tire de la Messe des Rogations selon l'antique rite gallican. Cette prière fait partie des supplications du premier jour, et doit remonter à la plus haute antiquité. On est à même d'y reconnaître l'importance que l'on attachait au jeûne des Rogations dans l'Église des Gaules, au tempo des Mamert de Vienne et des Césaire d'Arles.

POST NOMINA.

Ils sont à vous, Seigneur, ces aliments dont chaque jour nous nous servons pour soutenir nos forces ; ils sont à vous aussi, les jeûnes par lesquels nous contenons, pour vous obéir, nos sens entraînés par le désir d'être satisfaits. C'est vous qui, pour notre consolation, avez réglé l'ordre des temps, en sorte que nos corps eussent à attendre une réfection sobre destinée à les nourrir, dans la saison où il est opportun de le faire, et que, en d'autres temps, le devoir du jeûne les châtiât, et fît d'eux un hommage à votre justice. Daignez recevoir aujourd'hui et sanctifier l'hostie que nous vous offrons pour accompagner la sévérité de ce jeûne de trois jouis, et accordez-nous la grâce de sentir en notre âme le penchant au mal s'apaiser, en même temps que nous retirons à nos corps les satisfactions ordinaires. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

Dom Guéranger. L’Année liturgique


Mamertus of Vienne B (RM)

(also known as Mamertius, Mammertus)

Died 475. Mamertus of Vienne was responsible for the litanies and processions that once marked the Rogation days of spring, the three days before Ascension Day when solemn intercession was made for God's blessing on the crops and other fruit of the earth. "Bless all farmers in all their labors, and grant such seasonable weather that they may gather the fruits of the earth and ever rejoice in Your goodness, to the praise of Your holy Name."


Mamertus, the elder brother of the poet Claudian, lived in France, was known for his erudition, and was bishop of Vienne from 461 to 475. In 463, he was censured by Rome for consecrating, without the authority to do so, a new bishop of Die, which had been transferred to the jurisdiction of Arles; but no papal action seems to have been taken in the matter.

During his episcopate the Goths invaded Gaul. The countryside never seemed free from the perils of the enemy, as well as from natural dangers of pestilence, forest fires, and prowling wolves and bears, and when every night brought its unknown fears and each day was threatened with calamity.

During this period of catastrophe, Mamertus spent his days prostrate before the altar beseeching God to help his stricken people and tirelessly visiting his flock to comfort them in their distress. As a result of his prolonged vigils, he conceived the idea of an annual procession and litany, called a Rogation, to take place every spring, in which the whole community would together intercede with God to have mercy on His people and to bless their crops throughout the year.

He made this decision one Easter night as he watched before the altar, when there came through the windows of the darkened church the lurid reflection of flames from a fresh fire threatening to overwhelm Vienne. In that hour of fearful conflagration, for it was the worst of all the fires the village had known, he prayed to God to have pity. When he next preached to his flock, he set forth his plan. "We shall pray to God," he said, "that He will turn away the plagues from us, and preserve us from all ill, from hail and drought, fire and pestilence, and from the fury of our enemies; to give us favorable seasons, that our land may be fertile, good weather and good health, and that we may have peace and tranquility, and obtain pardon for our sins." Thus, out of that night of fire and storm came the custom of Rogationtide (Benedictines, Delaney, Gill).

In art, Saint Mamertius is shown as an archbishop walking in a procession with a lighted candle because he was the originator of Rogation Days (Roeder).


St. Mamertus

Bishop of Vienne, date of birth unknown; died shortly after 475. Concerning the life of Mamertus before his elevation to the See of Vienne, nothing certain is known. The fact that his brother, Claudianus Mamertus, the theological writer, received in his youth a sound training in rhetoric, and enjoyed the personal acquaintance of Bishop Eucherius of Lyons (434-50), suggests that the brothers belonged to a wealthy Gallic family from the neighbourhood of Lyons. Like his brother, St. Mamertus was distinguished for his knowledge of profane subjects as well as of theology, and, before his elevation to the episcopate, appears to have been married. His election and consecration took place shortly before 462. As bishop he enlisted the services of his brother, who had withdrawn to a cloister, and ordained him priest of Vienne. The activity of the brothers is described in a letter of Sidonius Apollinaris (Epist., IV, xi), another of whose letters (VII, i) is addressed to Bishop Mamertus. In 463 Mamertus was engaged in a dispute with Pope Hilarius on the question of the privileges of the Bishop of Arles. Pope Leo I had regulated the boundaries of the ecclesiastical provinces of Arles and Vienne: under the latter he left the Dioceses of Valence, Tarentaise, Geneva, and Grenoble, but all the other dioceses in this district were made subordinate to Arles. Regardless of this decision and infringing on the rights of his colleague of Arles, Mamertus consecrated in 463 a bishop for the city of Die (Dea). King Gundiac of Burgundy complained to Pope Hilary of this action, whereupon the latter wrote to Bishop Leontius of Arles on 10 Oct., 463, bidding him summon a synod of bishops from the different provinces to enquire into the matter. In a subsequent letter to the bishops of the provinces of Lyons, Vienne, Narbonnensis I and II, and Alpina, he also refers to the matter, and directs them to obey Leontius's summons to a regularly constituted synod (Thiel, "Epist. Rom. Pont.", I, cxlvi, cli; Jaffé, "Regesta Rom. Pont.", I, 2nd ed., dlvi, dlix). The synod decided against Mamertus, as we learn from another letter of the pope dated 25 February, 464 (Thiel, op. cit., I, cxlviii; Jaffé, op. cit., I, dlvii). In this Hilary declares that Mamertus and the bishop unlawfully consecrated by him should really be deposed; desiring, however that clemency be used, he commissioned Bishop Veranus to inform Mamertus that, if he did not recognize and submit to the regulations of Pope Leo, he would be deprived also of the four suffragan dioceses, still subject to Vienne. The bishop invalidly installed by Mamertus was to be confirmed in his office by Leontius, after which he might retain the bishopric. Mamertus evidently submitted, since we find no subsequent reference to the incident.

During his episcopate, the remains of St. Ferreolus were discovered, and were translated by Mamertus to a church in Vienne, built in honour of that holy martyr (Gregory of Tours, "De gloria mart.", II, ii). St. Mamertus was the founder of the Rogation Processions (see ROGATION DAYS), as we learn on the testimony of Sidonius Apollinaris (Epist., V, xiv; VII, i), and his second successor, Avitus ("Homilia de Rogat." in P.L., LIX, 289-94). In connexion with these intercessory processions, Mamertus summoned a synod at Vienne between 471 and 475. About 475 he attended a synod at Arles, which dealt with the predestination teaching of Lucidus, a Gallic priest. As this is the latest information we possess concerning him, we may assume that he died shortly afterwards. After his death he was venerated as a saint. His name stands in the "Martyrologium Hieronymianum" and in the "Martyrologium" of Florus of Lyons under 11 May, on which day his feast is still celebrated (Quentin, "Les martyrologes historiques", 348).

Sources

DUCHESNE, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule, I (Paris, 1894), 147; HEFELE, Konziliengesch., II (2nd ed.), 580 sqq., 596, 597; Acta SS., II. 629 sq.; TILLEMONT, Mémoires pour servir à l'hist. eccl, XVI, 104; TERREBASSE, Notice sur le tombeau de St. Mamert récemment découvert dans l'église de St. Pierre à Vienne (Vienne, 1861).

Kirsch, Johann Peter. "St. Mamertus." The Catholic Encyclopedia. Vol. 9. New York: Robert Appleton Company, 1910. 11 May 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/09580a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Douglas J. Potter. Dedicated to the Immaculate Heart of the Blessed Virgin Mary.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/09580a.htm

Saint Mamertus of Vienne

Also known as
  • Mamertius
  • Mammertus
Memorial
Profile

Well-educated, and probably born to the Gallic nobility. May have been married at one point. Archbishop of Vienne, France in 461. Known for his secular and theological learning, and for bringing back the faith to an indifferent region. Involved in a dispute with Pope Saint Hilarius in 463 about the privileges of the diocese of Arles, France. Brought back the tradition of rogation processions which soon gained papal approval and were used throughout Europe. Built a church in honor of Saint Ferreolus whose relics were discovered in his diocese. A miracle worker, he is reported to have ended an urban disaster – through prayer he stopped a fire that was destroying the city of Vienne one Easter night.

Born
Died
Canonized


May 11

St. Mammertus, Archbishop of Vienne, Confessor

From a homily of St. Avitus, his disciple, on the Institution of the Rogation-Days, t. 2, Op. Sirmond, p. 136; and from St. Sidonius Apollinaris, l. 7, ep. 1, p. 1014, l. 5, ep. 14. See Ceillier, t. 15, p. 23. Rivet, Hist. Littér. Fr. t. 2, p. 480.

A.D. 477.

ST. MAMMERTUS, archbishop of Vienne in Dauphiné, in which see he succeeded Simplicius in the fifth age, was a prelate renowned in the church, for his sanctity, learning, and miracles. He instituted in his diocess the fasts and supplications called the Rogations, on the following occasion: 1 Almighty God, to punish the sins of the people, visited them with wars and other public calamities, and awaked them from their spiritual lethargy by the terrors of earthquakes, fires, and ravenous wild beasts, which last were sometimes seen in the very market-places of cities; such was the desolate state to which the country was reduced. These evils the impious ascribed to blind chance; but religious and prudent persons considered them as tokens of the divine anger, which threatened them with entire destruction, unless they strove effectually to avert it by sincere repentance. Amidst these scourges, St. Mammertus received a token of the divine mercy. A terrible fire happened in the city of Vienne, which, baffled the efforts of men; but by the prayers of the good bishop, the fire on a sudden went out. This miracle strongly affected the minds of the people. The holy prelate took this opportunity to make them sensible of the necessity and efficacy of devout prayer, and to improve their salutary dispositions to sincere compunction and penance, and a thorough amendment of life. On Easter-night, a second great fire happened, which alarmed the city more than ever. The zealous pastor had recourse to his usual arms, and poured forth his prayers with many tears, lying prostrate before the altar till the flames were extinguished in a manner which his successor, St. Avitus, calls miraculous. 2 During this second conflagration, the archbishop formed a pious design of instituting an annual fast and supplication of three days, in which all the faithful should join, with sincere compunction of heart, to appease the divine indignation by fasting, prayer, tears, and the confession of sins. The church of Auvergne, of which St. Sidonius was bishop, adopted this pious institution before the year 475, as appears by the letter of St. Sidonius, quoted above; and it became in a very short time a universal practice. We have two sermons of St. Mammertus, one on the Rogations, the other on the repentance of the Ninevites, being the twenty-fourth and twenty-fifth among the discourses which bear the name of Eusebius of Emisa. It is clear from the homily of St. Avitus, On the Rogations, that St. Mammertus regulated the psalms to be sung, and the rite to be observed on the three Rogation days. The ancient mass and lessons appointed for them in Gaul, are found in the ancient Galliean liturgy, published by Mabillon. St. Mammertus’s younger brother, Mammertus Claudian, who is celebrated by St. Sidonius Apollinaris as the greatest scholar of his age, but was much more commendable for his modesty and virtue, being a priest, governed the affairs of his diocess under him. He was author of the hymn, Pange lingua gloriosi prælium certaminis, 3 and other elegant works. 4 He died about the year 474. Our saint survived him three years, dying in 477, and is commemorated in the Roman Martyrology.

Under temporal afflictions we are to remember that God chastises us in this life only in mercy: by these visits he desires to cure the disorderly attachments of our souls, and to compel us to acknowledge that he is our only salvation, comfort, and strength, and to seek him with our whole hearts. To neglect human precautions and remedies against temporal evils, would be to tempt God: but so to rely on the means of human prudence as not to have recourse to God by earnest prayer, is to refuse to acknowledge our dependence upon him, and to deprive ourselves of his blessing, which alone can give success even to natural means. St. Mammertus shows that prayer on these occasions must be accompanied with compunction, penance, and alms-deeds. We must begin to implore the divine mercy by renouncing sin as the greatest of evils, the cause of all the chastisements which are inflicted on us, and an evil of an order infinitely superior to all other calamities, insomuch, that it is really the only evil we ought truly to fear. Can we hope that God will hear our prayers if we only ask of him what will entertain in us the kingdom of the devil: not his grace, but the things of this world, and the objects of our irregular passions? Such petitions are not prayers, but inordinate desires. Have we not reason to fear that ours are often such if we cry to God with tears when any temporal calamity threatens us; but are insensible to the miseries of our souls, and cold and remiss under spiritual dangers? If we seek first the kingdom of God and its justice, all other things will be given to us.

Note 1. Sidon. Apollin. l, 7, ep. p. 1014. [back]

Note 2. Hom, de Rogat. p. 136. [back]

Note 3. It has been by some falsely ascribed to Venantius Fortunatus. [back]

Note 4. Bibl. Patr. Ludg. t. 6. p. 1062. His principal work is that in three books. On Nature and the Soul, Against Faustus of Riez, who had asserted that God alone is incorporeal, and that angels and human souls are material. Mammertus confutes his error, and treats that obscure question in a methodical and elegant manner. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume V: May. The Lives of the Saints.  1866.
SOURCE : http://www.bartleby.com/210/5/111.html

Saint Mamertus

Bishop of Vienne, date of birth unknown; died shortly after 475. Concerning the life of Mamertus before his elevation to the See of Vienne, nothing certain is known. The fact that his brother, Claudianus Mamertus, the theological writer, received in his youth a sound training in rhetoric, and enjoyed the personal acquaintance of Bishop Eucherius of Lyons (434-50), suggests that the brothers belonged to a wealthy Gallic family from the neighbourhood of Lyons.

Like his brother, St. Mamertus was distinguished for his knowledge of profane subjects as well as of theology, and, before his elevation to the episcopate, appears to have been married. His election and consecration took place shortly before 462. As bishop he enlisted the services of his brother, who had withdrawn to a cloister, and ordained him priest of Vienne. The activity of the brothers is described in a letter of Sidonius Apollinaris, another of whose letters is addressed to Bishop Mamertus. In 463 Mamertus was engaged in a dispute with Pope Hilarius on the question of the privileges of the Bishop of Arles. Mamertus evidently submitted, since we find no subsequent reference to the incident.

St. Mamertus is best remembered as he originator of the penitential practice of Rogation days. This practice is marked by processions and Psalms for the three days preceding the feast of the Ascension.