dimanche 2 juin 2013

SOLENNITÉ du SAINT-SACREMENT (CORPUS DOMINI, FÊTE-DIEU)


Solennité du Saint Sacrement

Lecture du livre de la Genèse (XIV 18-20) [1]

Comme Abraham revenait d'une expédition victorieuse contre quatre rois [2], Melkisédek [3], roi de Salem [4], fit apporter du pain et du vin ; il était prêtre du Dieu très-haut. Il prononça cette bénédiction : « Béni soit Abraham par le Dieu très-haut, qui a fait le ciel et la terre ; et béni soit le Dieu très-haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains ». Et Abraham lui fit hommage du dixième de tout ce qu'il avait pris.

Textes liturgiques © AELF, Paris
________________________________________

[1] Ce texte a été retenu ici à cause d'une curieuse allusion à un rite d'offrande de pain et de vin. Ce rite encore très primitif est déjà constitué des deux éléments de la Cène : l'offrande du pain et du vin, puis la bénédiction. Jésus offre et dit une bénédiction qui a l'énergie de faire du pain et du vin le sacrement de son corps livré et de son sang versé. D'autre part, Abraham, par un geste très humble, prophétise en Melkisédek, roi de Salem, la lignée davidique d’où naît Jésus-Christ et la Nouvelle Jérusalem. L'offrande de Melkisédeck, roi-prêtre, figure et annonce de l'Eucharistie. La bénédiction donne sens à l'offrande : en retour de la bénédiction de Dieu sur l'homme, celui-ci offre à son tour. Le sacerdoce mystérieux de Melkisèdek préfigure celui du Christ (Hébreux, VII). Du Christ aussi on peut dire qu'il « était déjà en germe dans les reins de son ancêtre » (Hébreux, VII 10). La même lettre aux Hébreux note les deux signes du Royaume eschatologique : la Paix (Salem) et la Justice.

[2] « Au temps d'Amraphel roi de Shinéar, d'Aryok roi d'Ellasar, de Kedor-Laomer roi d'Elam et de Tidéal roi des Goyim, ceux-ci firent la guerre contre Béra roi de Sodome, Birsha roi de Gomorrhe, Shinéab roi d'Adma, Shémeéber roi de Ceboyim et le roi de Béla, c'est-à-dire de Coar. Ces derniers se liguèrent dans la vallée de Siddim, c'est-à-dire la mer du Sel. Douze ans ils avaient été soumis à Kedor-Laomer mais, la treizième année, ils se révoltèrent. En la quatorzième année, arrivèrent Kedor-Laomer et les rois qui étaient avec lui. Ils battirent les Rephaïm à Ashterot-Qarnayim, les Zuzim à Ham, les Emim dans la plaine de Qiryatayim, les Horites dans les montagnes de Séïr jusqu'à El-Parân, qui est à la limite du désert. Ils firent un mouvement tournant et vinrent à la Source du Jugement, c'est-à-dire Cadès ; ils battirent tout le territoire des Amalécites et aussi les Amorites qui habitaient Haçaçôn-Tamar. Alors le roi de Sodome, le roi de Gomorrhe, le roi d'Adma, le roi de Ceboyim et le roi de Béla, c'est-à-dire de Coar, s'ébranlèrent et se rangèrent en bataille contre eux dans la vallée de Siddim, contre Kedor-Laomer roi d'Elam, Tidéal roi des Goyim, Amraphel roi de Shinéar et Aryok roi d'Ellasar : quatre rois contre cinq ! Or la vallée de Siddim était pleine de puits de bitume; dans leur fuite, le roi de Sodome et le roi de Gomorrhe y tombèrent, et le reste se réfugia dans la montagne. Les vainqueurs prirent tous les biens de Sodome et de Gomorrhe et tous leurs vivres, et s'en allèrent. Ils prirent aussi Lot et ses biens (le neveu d'Abram), et s'en allèrent; il habitait Sodome. Un rescapé vint informer Abram l'Hébreu, qui demeurait au Chêne de l'Amorite Mambré, frère d'Eshkol et d'Aner; ils étaient les alliés d'Abram. Quand Abram apprit que son parent était emmené captif, il leva ses partisans, ses familiers, au nombre de 318, et mena la poursuite jusqu'à Dan. Il les attaqua de nuit en ordre dispersé, lui et ses gens, il les battit et les poursuivit jusqu'à Hoba, au nord de Damas. Il reprit tous les biens, et aussi son parent Lot et ses biens, ainsi que les femmes et les gens.Quand Abram revint après avoir battu Kedor-Laomer et les rois qui étaient avec lui, le roi de Sodome alla à sa rencontre dans la vallée de Shavé, c'est-à-dire la vallée du Roi » (livre de la Genèse, XIV 1-17).

[3] Melkisédek dont l’Ecriture dit qu’il était roi de Salem et prêtre du Très-Haut (El-Elyon), est une figure de Jésus-Messie, roi et prêtre (psaume CX 4), thème que développe longuement l'épître aux Hébreux qui répute le Christ prêtre « selon l'ordre de Melkisédeck », sacerdoce supérieur au sacerdoce lévitique. L'ancêtre du grand prêtre juif, Lévi, descendait d'Abraham (qui le portait dans ses « reins »). Si Abraham avait reçu de Melkisédeck une bénédiction, c’est qu'il lui était inférieur. Donc le grand prêtre juif était inférieur à Melkisédeck. Le sacerdoce lévitique n'avait rien de définitif, il appelait le sacerdoce absolu de la Nouvelle Alliance. Jésus est l'accomplissement de ce sacerdoce, il est le souverain prêtre selon l'ordre de Melchisédeck. « Nous ne pouvons douter que Melkisédeck ne fût la figure du Christ (…) Il était la figure du Christ en ceci qu’il était le prêtre du Très-Haut, qu’il offrit du pain et du vin, qu’il bénit Abraham. Qui fut autant que Notre-Seigneur Jésus-Christ prêtre du Très-Haut ? Comme Melkisédeck ce prêtre offrit du pain et du vin, c’est-à-dire son corps et son sang. Cette bénédiction donnée par Melkisédeck à Abraham se rapportait à tout le peuple des croyants ; ainsi la bénédiction donnée par Jésus-Christ s’étendra à tous les peuples (…) Pour pouvoir bénir Abraham avec autorité, Melkisédeck fit précéder sa bénédiction de l’image du sacrifice de Jésus-Christ dans le pain et le vin qu’il offrit : c’est cette figfure que Jésus-Christ réalisait quand il offrait le pain et le calice de vin mêlé d’eau (saint Cyprien : épître LXIII).

[4] Les traditions (juive et chrétienne) ont eu tendance à identifier Salem (la ville de la paix) avec Jérusalem (psaume LXXVI, 3).


Psaume 109

Oracle du Seigneur à mon seigneur :


" Siège à ma droite,


et je ferai de tes ennemis le marchepied de ton trône ".




De Sion le Seigneur te présente


le sceptre de ta force :


" Domine jusqu'au cœur de l'ennemi ".




Le jour où paraît ta puissance,


tu es prince, éblouissant de sainteté :



" Comme la rosée qui naît de l'aurore, je t'ai engendré ".




Le Seigneur l'a juré


dans un serment irrévocable :


“ Tu es prêtre à jamais selon l'ordre du roi Melkisédek [1] "

Textes liturgiques © AELF, Paris
________________________________________

[1] Melkisédek est une figure du Christ : n’étant pas juif de race mais cananéen, il anticipa, par son sacerdoce, celui du Fils de Dieu, comme le dit le psaume CIX : « Tu es prêtre à jamais selon l’ordre du roi Melkisédeck ». Cet ordre de Melkisédek a été interprété de façons très diverses : d’abord, seul, Melkisédek fut à la fois roi et prêtre. Puis, c’est avant l’établissement de la circoncision qu’il exerça son ministère : il montrait par là que ce n’est pas des Juifs que les païens ont reçu le sacerdoce, mais bien les Juifs des païens (...) Melkisédek enfin n'a pas immolé des victimes de chair et de sang, ni reçu dans ses mains des entrailles d'animaux privés de raison, mais il a inauguré le sacrement du Christ par un sacrifice simple et pur, l'offrande du pain et du vin. En outre, l'Epître aux Hébreux expose longuement d'autres ressemblances entre Melkisédek et le Christ. Melkisédek, dont le nom signifie « roi juste », était roi de Salem, c'est-à-dire « roi de paix ». I1 était sans père, sans mère, sans généalogie (...) Par ces mots, l'Apôtre souligne que Melkisédek apparaît subitement dans la Genèse, allant à la rencontre d'Abraham qui s'en revenait après le massacre de ses ennemis. Ni avant ni après, le nom de Melkisédek ne se retrouve dans le livre saint. Son sacerdoce est donc une figure du sacerdoce du Christ et de son Eglise, sacerdoce éternel, sans limites dans le passé comme dans l'avenir, tandis que le sacerdoce d'Aaron, chez les Juifs, eut un commencement et une fin. Tout ce passage de l'Epître aux Hébreux (...) montre bien qu'avant Lévi et Aaron, Melkisédek, un païen, fut véritablement prêtre. Bien mieux, un si grand prêtre, qu'il lui fut donné de bénir, en la personne d'Abraham, les futurs prêtres des Juifs qui descendraient du patriarche. Tout ce qui est dit ici à la louange de Melkisédek concerne le Christ dont il est la figure. Et le déploiement du sacerdoce du Christ, ce sont les sacrements de l'Eglise (saint Jérôme : épître LXXIII, 2-3).


Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (XI 23-26) [1].

Frères, moi, Paul, je vous ai transmis ce que j'ai reçu de la tradition qui vient du Seigneur : la nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce [2], il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi ». Après le repas, il fit de même avec la coupe en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi ». Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.

Textes liturgiques © AELF, Paris
________________________________________

[1] Il est tout normal que la seconde lecture de cette fête soit le récit de l'institution de l’Eucharistie, tel que saint Paul le rapporte, et tel qu'il l'avait reçu lui-même de la tradition. Comparé aux récits parallèles dans les évangiles synoptiques, on remarque que la relation paulinienne met bien en évidence la dimension d'attente, d'avenir, qui caractérise l'Eucharistie. Cet aspect de l'Eucharistie est très bien mis en relief par l'anamnèse de la prière eucharistique : « Nous proclamons... nous célébrons... nous attendons ta Venue dans la Gloire ». La Messe : Mémorial, Présence et Prophétie. Nous professons, à chaque Eucharistie, que Jésus est vivant et que ce qui a été commencé à Pâques est irréversible. C'est à travers la forme liturgique que Paul rappelle le repas du Seigneur, et présente les trois éléments du mémorial : proclamer un événement du passé (la mort) aujourd'hui sacramentellement présent (espèces) et annoncer ainsi son achèvement dans le Royaume (jusqu'à ce qu'il vienne).

[2] Pourquoi rend-il grâce ? Pour nous enseigner comment il faut accomplir ce mystère. Pour nous montrer qu'il ne va pas à la Passion malgré lui. Et il nous formait à supporter avec action de grâce ce que nous avons à souffrir, en y puisant même de grandes espérances (saint Jean Chrysostome : homélie sur l’évangile selon saint Matthieu, LXXXII, 1).


Suite du saint Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ selon Saint Luc (IX 11-17).

Jésus parlait du règne de Dieu à la foule et il guérissait ceux qui en avaient besoin [1]. Le jour commençait à baisser. Les Douze s'approchèrent de lui et lui dirent [2] : « Renvoie cette foule, ils pourront aller dans les villages et les fermes des environs pour y loger et y trouver de quoi manger : ici nous sommes dans un endroit désert ». Mais il leur dit [3] : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » [4]. Ils répondirent : « Nous n'avons pas plus de cinq pains [5] et deux poissons [6]... à moins d'aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce monde » [7]. Il y avait bien cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples [8] : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante » [9]. Ils obéirent et firent asseoir tout le monde [10]. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons et, levant les yeux au ciel [11], il les bénit [12], les rompit [13] et les donna à ses disciples [14] pour qu'ils les distribuassent à tout le monde [15]. Tous mangèrent à leur faim[16], et l'on ramassa les morceaux qui restaient : cela remplit douze paniers [17].

Textes liturgiques © AELF, Paris
________________________________________

[1] Remarquez aussi qu’il a guéri les malades avant de leur faire distribuer par ses disciples les pains qu’il a bénis. Maintenant encore ceux qui sont malades ne peuvent recevoir le pain de bénédiction que donne le Christ. Celui qui n’obéit pas à cette parole, « Que chacun s’éprouve soi-même, et qu’il mange ainsi de ce pain après s’être éprouvé ainsi », celui-là reçoit en téméraire le pain du Seigneur, il tombe dans une faiblesse et un sommeil léthargique, sous l’étourdissement que produit en lui la force de ce pain (Origène : commentaire de l’évangile selon saint Matthieu, X, 25).

[2] Déjà ils commencent à être à leurs fonctions de pasteurs ert à avoir le souci du peuple (saint Cyrille d’Alexandrie : commentaire de l’évangile selon saint Luc).

[3] Mais il ne voulait pas que le peuple qui le suivait retournât chercher sa nourriture chez le peuple juif (saint Hilaire de Poitiers : commentaire de l’évangile selon saint Matthieu, XIV, 10).

[4] Il nous apparaît là dans sa double nature : il se montre à nous avec la compassion de l’homme et la puissance de Dieu (saint Bède le Vénérable : commentaire de l’évangile selon saint Marc).

[5] Ces cinq pains ne représentent-ils pas les cinq livres de Moïse ? l'orge a une enveloppe très dure, il faut un effort pour la séparer de sa moëlle. Ainsi en est-il de la lettre de l’Ancien Testament : elle nourrit et rassasie quand on sait la dépouiller de son écorce (saint Augustin : Tractatus in Johannis evangelium, XXIV, 2).

[6] Ces deux poissons qui viennent s’ajouter au pain, ne représentent-ils pas cette nourriture plus délicate du Nouveau Testament qui est contenue dans les Evangiles et les écrits des Apôtres ? C'est en ajoutant aux choses anciennes les choses nouvelles que Jésus-Christ nourrit les âmes pour la vie éternelle (saint Cyrille d’Alexandrie : commentaire de l’évangile selon saint Jean).

[7] Il ne leur avait pas encore accordé la faculté de confectionner et d'administrer le pain céleste, nourriture de la vie éternelle. C’est pourquoi leur reponse réclame une interprétation spirituelle (...) Les cinq pains signifiaient qu'ils étaient encore soumis aux cinq livres de la Loi, et les deux poissons qu’ils étaient nourris par les enseignements des prophètes et de Jean. Des œuvres de la Loi comme du pain sortait la vie. L'enseignement de Jean et des prophètes restaurait l'espérance des hommes vivants, selon la vertu de l'eau. Voilà ce que les apôtres eurent à offrir en premier lieu, puisqu'ils en étaient encore là ; et c'est de là qu'est partie la prédication évangélique (saint Hilaire de Poitiers : commentaire de l’évangile selon saint Matthieu, XIV, 10).

[8] Il voulait que quand il s’agit de faire le bien, un chrétien ne se laissât effrayé par rien (saint Cyrille d’Alexandrie : commentaire de l’évangile selon saint Jean).

[9] Qu'était la Loi malgré toutes ses richesses, quand on regarde le nombre des âmes qui avaient besoin d'être rassasiées dans le monde entier, quand on sait quelle faim les dévorait ? Ne fallait-il pas dire : Qu'est cela pour une si grande multitude ? jusqu'à ce que vint celui qui nous a appris à entrer dans le sens de la Loi (saint Bède le Vénérable : commentaire de l’évangile selon saint Marc).

[10] Il les fait asseoir pour manger, comme si la nourriture était déjà sur place. N’est-il pas « celui qui appelle les choses qui ne sont pas encore comme si elles existaient déjà » ? Les apôtres croient à sa parole et ils s’empressent de faire ranger cette foule (saint Jean Chrysostome : homélie XLII sur l’évangile selon saint Jean, 2).

[11] Il prie en ce moment et il rend grâces, afin de nous apprendre à rendre grâces à Dieu toutes les fois que nous prenons notre nourriture (saint Jean Chrysostome : homélie XLIX sur l'évangile selon saint Matthieu, 2).

[12] Pourquoi Jésus a-t-il levé les yeux au ciel et dit la bénédiction ? Pour qu’on sache bien qu'il était sorti du Père et qu'il était égal à lui ; vérités qui semblent s'exclure l'une l'autre. L'égalité avec le Père, il la montrait en faisant tout avec puissance ; l'origine qu'il tirait de son Père, il ne pouvait la faire admettre qu'en rapportant au Père tous ses actes dans une humilité profonde et en l'invoquant en tout ce qu'il faisait. Aussi ne se borne-t-il pas à l'une de ces choses ; afin de démontrer ces deux vérités, tantôt il agit avec autorité, tantôt il accomplit ses prodiges après avoir prié. Ensuite, pour qu'on ne voie pas dans cette conduite une contradiction, il lève les yeux au ciel à propos de choses sans importance, et dans les choses plus importantes il agit avec puissance, afin de nous apprendre par là que son pouvoir à propos des choses les plus ordinaires n'a pas une origine différente et qu'il veut, en tous ses actes, honorer son Père. Qu il remette les péchés, qu'il ouvre le paradis au bon larron, qu'il détruise l'Ancienne Loi avec une grande autorité, qu'il rende la vie à de nombreux morts, qu'il dompte la mer, qu'il pénètre les secrètes pensées des hommes, qu'il rende la lumière à un aveugle-né, choses que Dieu seul, et aucun autre, peut faire, jamais tu ne le vois recourir à la prière ; mais lorsqu'il va multiplier les pains, prodige très inférieur aux précédents, alors il lève les yeux au ciel, à la fois pour établir la vérité dont je viens de parler et pour nous enseigner à ne toucher à nos repas qu’après avoir rendu grâce à Celui qui nous les donne (saint Jean Chrysostome : homélie sur l'évangile selon saint Matthieu, XLIX, 2).

[13] Il est venu, celui qui était annoncé par ces mystères. Il a rompu les pains, et en les rompant, il les a multipliés. Ces livres de Moise, que de livres ils ont créés ! Mais le voile qui couvrait les yeux de ce peuple n’avait pas encore eté enlevé ; cette ignorance est constatée par les questions que le Sauveur fait à ses disciples (saint Augustin : Tractatus in Johannis evangelium, XXIV, 2).

[14] C'est au soir que Jésus nourrit cette foule : c'est au soir de sa vie qu'il nous donnera la nourriture de nos âmes, et il continuera encore à nous la donner au déclin du siècle (saint Bède le Vénérable : commentaire de l’évangile selon saint Marc).

[15] Le ministère des apôtres, dans les mains desquels les pains se multiplient, nous annonce la mystérieuse multiplication du corps et du sang de Jésus-Christ qui se fera dans leurs mains, et la distribution par leurs mains de ce corps et de ce sang. Ainsi dans les mains des apôtres, ces pains deviennent comme les sources d’eau vive qui ne s’épuisent jamais, indiquant la présence de celui qui donne à la nature sa fécondité, toutefois avec cette différence que la source, si elle ne s’épuise pas, ne s’augmente pas, tandis que le pain que distribue Jésus-Christ va se multipliant sans cesse : toute parole qui vient de Jésus-Christ se multiplie dans la bouche de celui qui s’en nourrit (saint Ambroise : commentaire de l’évangile selon saint Luc, VI, 85-86).

[16] Mais vois aussi comment sa puissance créatrice atteint toutes choses. Ayant pris un peu de pain, notre Seigneur le multiplia en un clin d'œil. Ce que les hommes font et transforment en dix mois de travail, ses dix doigts l'ont fait dans l'instant même. Ses mains étaient sous le pain comme une terre, sa parole au-dessus de lui comme le tonnerre; le murmure de ses lèvres se répandit sur le pain comme une pluie, et le souffle de sa bouche fut comme le soleil ; en un très court instant il conduisit à son terme ce qui demande à tous un temps fort long. Alors le pain ne manqua plus ; d'un peu de pain sortit une multitude de pains, comme lors de la première bénédiction : « Soyez féconds, multipliez-vous, et remplissez la terre (Genèse, I, 28) » (saint Ephrem : commentaire de l’Evangile concordant, XII, 3).

[17] Les fragments de pain et de poisson, une fois les convives repus, étaient en telle abondance que douze corbeilles furent remplies. Cela veut dire que la foule est comblée par la parole de Dieu qui vient de l'enseignement de la Loi et des prophètes. C'est l'abondance de puissance divine, mise en réserve pour les peuples païens, qui déborde du service de la nourriture éternelle. Elle réalise une plénitude, celle du chiffre douze, celui des Apôtres. Or, il se trouve que le nombre de ceux qui ont mangé est le même que celui des croyants à venir. Selon un détail retenu par le livre des Actes (IV 4), sur l'immensité du peuple d'Israël, cinq mille hommes devinrent croyants. L'admiration suscitée par le fait s'étend jusqu'au chiffre mesurant la cause sous-jacente. Les pains rompus avec les poissons, une fois le peuple repu, produisent par leur accumulation l'accroissement qu'exige le nombre des futurs croyants, mais aussi celui des apôtres destinés au service de la grâce céleste. La mesure obéit au nombre, le nombre à la mesure ; la raison, enfermée dans ses limites, est conditionnée par l’effet à produire. Et cela, c’est la puissance divine qui le règle (saint Hilaire de Poitiers : commentaire de l’évangile selon saint Matthieu, XIV, 11).

SOURCE : http://missel.free.fr/Annee_C/paques/sacrement.html


Diplôme d'institution de la Fête-Dieu Document sur parchemin, 29 décembre 1252 
Musée du Grand Curtius, Liège

Lauda Sion

Sion, célèbre ton Sauveur,
Chante ton chef et ton pasteur
Par des hymnes et des chants.

Tant que tu peux, tu dois oser,
Car il dépasse tes louanges,
Tu ne peux trop le louer.

Le Pain vivant, le Pain de vie,
Il est aujourd’hui proposé
Comme objet de tes louanges.

Au repas sacré de la Cène,
Il est bien vrai qu’il fut donné
Au groupe des douze frères.

Louons-le à voix pleine et forte,
Que soit joyeuse et rayonnante
L’allégresse de nos coeurs !

C’est en effet la journée solennelle
Où nous fêtons de ce banquet divin
La première institution.

À ce banquet du nouveau Roi,
La Pâque de la Loi nouvelle
Met fin à la Pâque ancienne.

L’ordre ancien le cède au nouveau,
La réalité chasse l’ombre,
Et la lumière, la nuit.

Ce que fit le Christ à la Cène,
Il ordonna qu’en sa mémoire
Nous le fassions après lui.


Instruits par son précepte saint,
Nous consacrons le pain, le vin,
En victime de salut.

C’est un dogme pour les chrétiens
Que le pain se change en son corps,
Que le vin devient son sang.

Ce qu’on ne peut comprendre et voir,
Notre foi ose l’affirmer,
Hors des lois de la nature.

L’une et l’autre de ces espèces,
Qui ne sont que de purs signes,
Voilent un réel divin.

Sa chair nourrit, son sang abreuve,
Mais le Christ tout entier demeure
Sous chacune des espèces.

On le reçoit sans le briser,
Le rompre ni le diviser ;
Il est reçu tout entier.

Qu’un seul ou mille communient,
Il se donne à l’un comme aux autres,
Il nourrit sans disparaître.

Bons ou mauvais le consomment,
Mais pour un sort bien différent,
Pour la vie ou pour la mort.

Mort des pécheurs, vie pour les justes ;
Vois : ils prennent pareillement ;
Quel résultat différent !


Si l’on divise les espèces,
N’hésite pas, mais souviens-toi
Qu’il est présent dans un fragment
Aussi bien que dans le tout.

Le signe seul est partagé,
Le Christ n’est en rien divisé,
Ni sa taille ni son état
N’ont en rien diminué.

Le voici, le pain des anges,
Il est le pain de l’homme en route,
Le vrai pain des enfants de Dieu,
Qu’on ne peut jeter aux chiens.

D’avance il fut annoncé
Par Isaac en sacrifice,
Par l’agneau pascal immolé,
Par la manne de nos pères.

Ô bon Pasteur, notre vrai pain,
Ô Jésus, aie pitié de nous,
Nourris-nous et protège-nous,
Fais-nous voir les biens éternels
Dans la terre des vivants.

Toi qui sais tout et qui peux tout,
Toi qui sur terre nous nourris,
Conduis-nous au banquet du ciel
Et donne-nous ton héritage,
En compagnie de tes saints. Amen.


SOURCE : http://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?t=17847


3 JUIN 2018

 Le Saint Sacrement — Année B

Solennité

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE


« Voici le sang de l’Alliance que le Seigneur a conclue avec vous » (Ex 24, 3-8)

Jusepe de Ribera  (1591–1652). Moïse, 1638, 168 X 97,

Lecture du livre de l’Exode
En ces jours-là,
Moïse vint rapporter au peuple
toutes les paroles du Seigneur et toutes ses ordonnances.
Tout le peuple répondit d’une seule voix :
« Toutes ces paroles que le Seigneur a dites,
nous les mettrons en pratique. »
Moïse écrivit toutes les paroles du Seigneur.
Il se leva de bon matin et il bâtit un autel au pied de la montagne,
et il dressa douze pierres pour les douze tribus d’Israël.
Puis il chargea quelques jeunes garçons parmi les fils d’Israël
d’offrir des holocaustes,
et d’immoler au Seigneur des taureaux en sacrifice de paix.
Moïse prit la moitié du sang et le mit dans des coupes ;
puis il aspergea l’autel avec le reste du sang.
Il prit le livre de l’Alliance et en fit la lecture au peuple.
Celui-ci répondit :
« Tout ce que le Seigneur a dit,
nous le mettrons en pratique, nous y obéirons. »
Moïse prit le sang, en aspergea le peuple, et dit :
« Voici le sang de l’Alliance
que, sur la base de toutes ces paroles,
le Seigneur a conclue avec vous. »
– Parole du Seigneur.

PSAUME

(115 (116b), 12-13, 15-16ac, 17-18)
R/ J’élèverai la coupe du salut,
j’invoquerai le nom du Seigneur.
ou : Alléluia !
 (115, 13)
Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ?
J’élèverai la coupe du salut,
j’invoquerai le nom du Seigneur.
Il en coûte au Seigneur
de voir mourir les siens !
Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
moi, dont tu brisas les chaînes ?
Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
j’invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple.


Guido Cagnacci, Processione del Santissimo Sacramento, 1628, 

DEUXIÈME LECTURE

« Le sang du Christ purifiera notre conscience » (He 9, 11-15)
Lecture de la lettre aux Hébreux
Frères,
le Christ est venu, grand prêtre des biens à venir.
Par la tente plus grande et plus parfaite,
celle qui n’est pas œuvre de mains humaines
et n’appartient pas à cette création,
il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire,
en répandant, non pas le sang de boucs et de jeunes taureaux,
mais son propre sang.
De cette manière, il a obtenu une libération définitive.
S’il est vrai qu’une simple aspersion
avec le sang de boucs et de taureaux, et de la cendre de génisse,
sanctifie ceux qui sont souillés,
leur rendant la pureté de la chair,
le sang du Christ fait bien davantage,
car le Christ, poussé par l’Esprit éternel,
s’est offert lui-même à Dieu
comme une victime sans défaut ;
son sang purifiera donc notre conscience
des actes qui mènent à la mort,
pour que nous puissions rendre un culte au Dieu vivant.
Voilà pourquoi il est le médiateur d’une alliance nouvelle,
d’un testament nouveau :
puisque sa mort a permis le rachat des transgressions
commises sous le premier Testament,
ceux qui sont appelés
peuvent recevoir l’héritage éternel jadis promis.
– Parole du Seigneur.


Processione del Corpus Domini a San Cataldo

SÉQUENCE

« Lauda Sion » (ad libitum) ()
Sion, célèbre ton Sauveur,
chante ton chef et ton pasteur
     par des hymnes et des chants.
Tant que tu peux, tu dois oser,
car il dépasse tes louanges,
     tu ne peux trop le louer.
Le Pain vivant, le Pain de vie,
il est aujourd’hui proposé
     comme objet de tes louanges.
Au repas sacré de la Cène,
il est bien vrai qu’il fut donné
     au groupe des douze frères.
Louons-le
à voix pleine et forte,
que soit joyeuse et rayonnante
     l’allégresse de nos cœurs !
C’est en effet la journée solennelle
où nous fêtons de ce banquet divin
     la première institution.
À ce banquet du nouveau Roi,
la Pâque de la Loi nouvelle
     met fin à la Pâque ancienne.
L’ordre ancien le cède au nouveau,
la réalité chasse l’ombre,
     et la lumière, la nuit.
Ce que fit le Christ à la Cène,
il ordonna qu’en sa mémoire
     nous le fassions après lui.
Instruits par son précepte saint,
nous consacrons le pain, le vin,
     en victime de salut.
C’est un dogme pour les chrétiens
que le pain se change en son corps,
     que le vin devient son sang.
Ce qu’on ne peut comprendre et voir,
notre foi ose l’affirmer,
     hors des lois de la nature.
L’une et l’autre de ces espèces,
qui ne sont que de purs signes,
     voilent un réel divin.
Sa chair nourrit, son sang abreuve,
mais le Christ tout entier demeure
     sous chacune des espèces.
On le reçoit sans le briser,
le rompre ni le diviser ;
     il est reçu tout entier.
Qu’un seul ou mille communient,
il se donne à l’un comme aux autres,
     il nourrit sans disparaître.
Bons et mauvais le consomment,
mais pour un sort bien différent,
     pour la vie ou pour la mort.
Mort des pécheurs, vie pour les justes ;
vois : ils prennent pareillement ;
     quel résultat différent !
Si l’on divise les espèces,
n’hésite pas, mais souviens-toi
qu’il est présent dans un fragment
     aussi bien que dans le tout.
Le signe seul est partagé,
le Christ n’est en rien divisé,
ni sa taille ni son état
     n’ont en rien diminué.
* Le voici, le pain des anges,
il est le pain de l’homme en route,
le vrai pain des enfants de Dieu,
     qu’on ne peut jeter aux chiens.
D’avance il fut annoncé
par Isaac en sacrifice,
par l’agneau pascal immolé,
     par la manne de nos pères.
Ô bon Pasteur, notre vrai pain,
ô Jésus, aie pitié de nous,
nourris-nous et protège-nous,
fais-nous voir les biens éternels
     dans la terre des vivants.
Toi qui sais tout et qui peux tout,
toi qui sur terre nous nourris,
conduis-nous au banquet du ciel
et donne-nous ton héritage,
     en compagnie de tes saints.
Amen.

Andreas Meinrad von Au  (1712–1792).« Questo è il Mio Corpo offerto in sacrificio per voi » 
durante L'Ultima Cena, 1751, Église Saint Jakob, Pfullendorf, Allemagne

ÉVANGILE

« Ceci est mon corps, ceci est mon sang » (Mc 14, 12-16.22-26)
Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel,
dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Alléluia. (Jn 6, 51)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
Le premier jour de la fête des pains sans levain,
où l’on immolait l’agneau pascal,
les disciples de Jésus lui disent :
« Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs
pour que tu manges la Pâque ? »
Il envoie deux de ses disciples en leur disant :
« Allez à la ville ;
un homme portant une cruche d’eau
viendra à votre rencontre.
Suivez-le,
et là où il entrera, dites au propriétaire :
“Le Maître te fait dire :
Où est la salle
où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?”
Il vous indiquera, à l’étage,
une grande pièce aménagée et prête pour un repas.
Faites-y pour nous les préparatifs. »
Les disciples partirent, allèrent à la ville ;
ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit,
et ils préparèrent la Pâque.
Pendant le repas,
Jésus, ayant pris du pain
et prononcé la bénédiction,
le rompit, le leur donna,
et dit :
« Prenez, ceci est mon corps. »
Puis, ayant pris une coupe
et ayant rendu grâce,
il la leur donna,
et ils en burent tous.
Et il leur dit :
« Ceci est mon sang,
le sang de l’Alliance,
versé pour la multitude.
Amen, je vous le dis :
je ne boirai plus du fruit de la vigne,
jusqu’au jour où je le boirai, nouveau,
dans le royaume de Dieu. »
Après avoir chanté les psaumes,
ils partirent pour le mont des Oliviers.
– Acclamons la Parole de Dieu.




HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

Basilique Saint-Jean-de-Latran
Jeudi 23 juin 2011

Chers frères et sœurs!

La fête du Corpus Domini est inséparable du Jeudi Saint, de la Messe in Cena Domini, au cours de laquelle on célèbre solennellement l’institution de l’Eucharistie. Alors que dans la soirée du Jeudi Saint on revit le mystère du Christ qui s’offre à nous dans le pain rompu et dans le vin versé, aujourd’hui, en la fête du Corpus Domini, ce même mystère est proposé à l’adoration et à la méditation du Peuple de Dieu, et le Très Saint Sacrement est porté en procession dans les rues des villes et des villages, pour montrer que le Christ ressuscité marche parmi nous et nous guide vers le Royaume des cieux. Ce que Jésus nous a donné dans l’intimité du Cénacle, nous le manifestons aujourd’hui ouvertement, car l’amour du Christ n’est pas réservé à certains, mais il est destiné à tous. Dans la Messe in Cena Domini du Jeudi Saint, j’ai souligné que dans l’Eucharistie a lieu la transformation des dons de cette terre — le pain et le vin — ayant pour but de transformer notre vie et d’inaugurer ainsi la transformation du monde. Ce soir, je voudrais reprendre cette perspective.

Tout part, pourrait-on dire, du cœur du Christ, qui lors de la Dernière Cène, à la veille de sa passion, a remercié et loué Dieu et, en agissant ainsi, avec la puissance de son amour, a transformé le sens de la mort vers laquelle il allait. Le fait que le Sacrement de l’autel ait assumé le nom d’«Eucharistie» — «action de grâce» — exprime précisément cela: que la transformation de la substance du pain et du vin dans le Corps et le Sang du Christ est le fruit du don que le Christ a fait de lui-même, le don d’un Amour plus fort que la mort, un Amour divin qui l’a fait ressusciter d’entre les morts. Voilà pourquoi l’Eucharistie est nourriture de vie éternelle, Pain de la vie. Du cœur du Christ, de sa «prière eucharistique» à la veille de sa passion, naît ce dynamisme qui transforme la réalité dans ses dimensions cosmique, humaine et historique. Tout procède de Dieu, de la toute-puissance de son Amour Un et Trine, incarné en Jésus. Le cœur du Christ est plongé dans cet Amour; c’est pourquoi il sait rendre grâce et louer Dieu également face à la trahison et à la violence, et de cette manière il change les choses, les personnes et le monde.

Cette transformation est possible grâce à une communion plus forte que la division, la communion de Dieu lui-même. Le mot «communion», que nous utilisons également pour désigner l’Eucharistie, résume en lui la dimension verticale et la dimension horizontale du don du Christ. L’expression «prendre la communion», qui se réfère à l’acte de manger le Pain eucharistique, est belle et très éloquente. En effet, quand nous accomplissons cet acte, nous entrons en communion avec la vie même de Jésus, dans le dynamisme de cette vie qui se donne à nous et pour nous. De Dieu, à travers Jésus, jusqu’à nous: une unique communion se transmet dans la sainte Eucharistie. Nous l’avons entendu il y a peu, dans la deuxième lecture, dans les paroles de l’apôtre Paul adressées aux chrétiens de Corinthe: «La coupe d’action de grâce que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain» (1 Co 10, 16-17).

Saint Augustin nous aide à comprendre la dynamique de la communion eucharistique lorsqu’il fait référence à une sorte de vision qu’il eut, dans laquelle Jésus lui dit: «Je suis la nourriture des forts. Grandis et tu m’auras. Tu ne me transformeras pas en toi, comme la nourriture du corps, mais ce sera toi qui sera transformé en moi» (Conf. VII, 10, 18). Alors que la nourriture corporelle est donc assumée par notre organisme et contribue à son entretien, dans le cas de l’Eucharistie il s’agit d’un Pain différent: ce n’est pas nous qui l’assimilons, mais c’est lui qui nous assimile, de sorte que nous devenons conformes à Jésus Christ, membres de son corps, une seule chose avec Lui. Ce passage est décisif. En effet, c’est précisément parce que c’est le Christ qui, dans la communion eucharistique, nous transforme en Lui, que notre caractère individuel, dans cette rencontre, est ouvert, libéré de son égocentrisme et inséré dans la Personne de Jésus, qui à son tour est plongée dans la communion trinitaire. Ainsi l’Eucharistie, alors qu’elle nous unit au Christ, nous ouvre également aux autres, nous rend membres les uns des autres: nous ne sommes plus divisés, mais une seule chose en Lui. La communion eucharistique m’unit à la personne qui est à mes côtés, et avec laquelle je n’ai peut-être même pas un bon rapport, mais également aux frères éloignés, dans toutes les parties du monde. D’ici, de l’Eucharistie, dérive donc le sens profond de la présence sociale de l’Eglise, comme en témoignent les grands saints sociaux, qui ont toujours été de grandes âmes eucharistiques. Qui reconnaît Jésus dans la sainte Hostie, le reconnaît dans son frère qui souffre, qui a faim et soif, qui est étranger, nu, malade, emprisonné; et il est attentif à chaque personne, il s’engage, de manière concrète, pour tous ceux qui sont dans le besoin. Du don d’amour du Christ provient donc notre responsabilité particulière de chrétiens dans la construction d’une société solidaire, juste, fraternelle. A notre époque en particulier, où la mondialisation nous rend toujours plus dépendants les uns des autres, le christianisme peut et doit faire en sorte que cette unité ne se construise pas sans Dieu, c’est-à-dire sans le véritable Amour, ce qui laisserait place à la confusion, à l’individualisme, à la domination de tous contre tous. L’Evangile vise depuis toujours à l’unité de la famille humaine, une unité qui n’est pas imposée de l’extérieur, ni par des intérêts idéologiques ou économiques, mais bien à partir du sens de responsabilité des uns envers les autres, car nous nous reconnaissons membres d’un même corps, du corps du Christ, car nous avons appris et nous apprenons constamment du Sacrement de l’Autel que le partage, l’amour sont la voie de la véritable justice.

Revenons à présent à l’acte de Jésus lors de la Dernière Cène. Que s’est-il passé à ce moment? Lorsqu’Il dit: Ceci est mon corps qui est donné pour vous, ceci est mon sang versé pour vous et pour une multitude, que se passe-t-il? Dans ce geste, Jésus anticipe l’événement du Calvaire. Il accepte par amour toute la passion, avec son tourment et sa violence, jusqu’à la mort en croix; en l’acceptant de cette manière, il la transforme en un acte de donation. Telle est la transformation dont le monde a le plus besoin, car elle le rachète de l’intérieur, elle l’ouvre aux dimensions du Royaume des cieux. Mais ce renouvellement du monde, Dieu veut toujours le réaliser à travers la même voie suivie par le Christ, cette voie qui, d’ailleurs, est Lui-même. Il n’y a rien de magique dans le christianisme. Il n’y a pas de raccourcis, mais tout passe à travers la logique humble et patiente du grain de blé qui meurt pour donner la vie, la logique de la foi qui déplace les montagnes avec la force douce de Dieu. C’est pourquoi Dieu veut continuer à renouveler l’humanité, l’histoire et l’univers à travers cette chaîne de transformations dont l’Eucharistie est le sacrement. A travers le pain et le vin consacrés, dans lesquels sont réellement présents son Corps et son Sang, le Christ nous transforme, en nous assimilant à Lui: il nous fait participer à son opération de rédemption, en nous rendant capables, par la grâce de l’Esprit Saint, de vivre selon sa logique même de donation, comme des grains de blés unis à Lui et en Lui. C’est ainsi qu’on les sème et que mûrissent dans les sillons de l’histoire l’unité et la paix, qui sont l’objectif auquel nous tendons, selon le dessein de Dieu.

Sans illusions, sans utopies idéologiques, nous marchons sur les routes du monde, en portant en nous le Corps du Seigneur, comme la Vierge Marie dans le mystère de la Visitation. Avec l’humilité de savoir que nous sommes de simples grains de blé, nous conservons la ferme certitude que l’amour de Dieu, incarné dans le Christ, est plus fort que le mal, que la violence et que la mort. Nous savons que Dieu prépare pour tous les hommes des cieux nouveaux et une terre nouvelle, où règnent la paix et la justice — et dans la foi nous entrevoyons le monde nouveau, qui est notre véritable patrie. Ce soir aussi, alors que le soleil se couche sur notre bien-aimée ville de Rome, nous nous mettons en marche: avec nous il y a Jésus Eucharistie, le Ressuscité, qui a dit: «Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde» (Mt 28, 20). Merci, Seigneur Jésus! Merci de ta fidélité, qui soutient notre espérance. Reste avec nous, car le soir vient. «Bon Pasteur, Pain véritable, ô Jésus, aies pitié de nous, défends-nous, conduis-nous vers les biens éternels, dans la terre des vivants!» Amen.

© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana





HOMILY OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Square outside the Basilica of Saint John Lateran
Thursday, 23 June 2011

Dear Brothers and Sisters,

The Feast of Corpus Christi is inseparable from Holy Thursday, from the Mass in Caena Domini, in which the Institution of the Eucharist is solemnly celebrated. Whereas on the evening of Holy Thursday we relive the mystery of Christ who offers himself to us in the bread broken and the wine poured out, today, on the day of Corpus Christi, this same mystery is proposed for the adoration and meditation of the People of God, and the Blessed Sacrament is carried in procession through the streets of the cities and villages, to show that the Risen Christ walks in our midst and guides us towards the Kingdom of Heaven.

What Jesus gave to us in the intimacy of the Upper Room today we express openly, because the love of Christ is not reserved for a few but is destined for all. In the Mass in Caena Domini last Holy Thursday, I stressed that it is in the Eucharist that the transformation of the gifts of this earth takes place — the bread and wine — whose aim is to transform our life and thereby to inaugurate the transformation of the world. This evening I would like to focus on this perspective.

Everything begins, one might say, from the heart of Christ who, at the Last Supper, on the eve of his passion, thanked and praised God and by so doing, with the power of his love, transformed the meaning of death which he was on his way to encounter. The fact that the Sacrament of the Altar acquired the name “Eucharist” — “thanksgiving” — expresses precisely this: that changing the substance of the bread and wine into the Body and Blood of Christ is the fruit of the gift that Christ made of himself, the gift of a Love stronger than death, divine Love which raised him from the dead. This is why the Eucharist is the food of eternal life, the Bread of Life. From Christ’s heart, from his “Eucharistic prayer” on the eve of his passion flows that dynamism which transforms reality in its cosmic, human and historical dimensions. All things proceed from God, from the omnipotence of his Triune Love, incarnate in Jesus. Christ’s heart is steeped in this Love; therefore he can thank and praise God even in the face of betrayal and violence, and in this way changes things, people and the world.

This transformation is possible thanks to a communion stronger than division, the communion of God himself. The word “communion”, which we also use to designate the Eucharist, in itself sums up the vertical and horizontal dimensions of Christ’s gift.

The words “to receive communion”, referring to the act of eating the Bread of the Eucharist, are beautiful and very eloquent. In fact, when we do this act we enter into communion with the very life of Jesus, into the dynamism of this life which is given to us and for us. From God, through Jesus, to us: a unique communion is transmitted through the Blessed Eucharist.

We have just heard in the Second Reading the words of the Apostle Paul to the Christians of Corinth: “The cup of blessing which we bless, is it not a participation in the blood of Christ? The bread which we break, is it not a participation in the body of Christ? Because there is one bread, we who are many are one body, for we all partake of the one bread” (1 Cor 10:16-17).

St Augustine helps us to understand the dynamic of Eucharistic communion when he mentions a sort of vision that he had, in which Jesus said to him: “I am the food of strong men; grow and you shall feed on me; nor shall you change me, like the food of your flesh into yourself, but you shall be changed into my likeness” (Confessions, vii, 10, 18).

Therefore whereas food for the body is assimilated by our organism and contributes to nourishing it, in the case of the Eucharist it is a different Bread: it is not we who assimilate it but it assimilates us in itself, so that we become conformed to Jesus Christ, a member of his Body, one with him. This passage is crucial. In fact, precisely because it is Christ who, in Eucharistic communion changes us into him, our individuality, in this encounter, is opened, liberated from its egocentrism and inserted into the Person of Jesus who in his turn is immersed in Trinitarian communion. The Eucharist, therefore, while it unites us to Christ also opens us to others, makes us members of one another: we are no longer divided but one in him. Eucharistic communion not only unites me to the person I have beside me and with whom I may not even be on good terms, but also to our distant brethren in every part of the world.

Hence the profound sense of the Church’s social presence derives from the Eucharist, as is testified by the great social saints who were always great Eucharistic souls. Those who recognize Jesus in the sacred Host, recognize him in their suffering brother or sister, in those who hunger and thirst, who are strangers, naked, sick or in prison; and they are attentive to every person, they work in practice for all who are in need.

Therefore our special responsibility as Christians for building a supportive, just and brotherly society comes from the gift of Christ’s love. Especially in our time, in which globalization makes us more and more dependent on each other, Christianity can and must ensure that this unity is not built without God, that is, without true Love, which would give way to confusion, individualism and the tyranny of each one seeking to oppress the others. The Gospel has always aimed at the unity of the human family, a unity that is neither imposed from the outside nor by ideological or economic interests but on the contrary is based on the sense of reciprocal responsibility, so that we may recognize each other as members of one and the same Body, the Body of Christ, because from the Sacrament of the Altar we have learned and are constantly learning that sharing, love, is the path to true justice.

Let us now return to Jesus’ action at the Last Supper. What happened at that moment? When he said: “this is my body which is given for you, this is the cup of my blood which is poured out for many, what happened? In this gesture Jesus was anticipating the event of Calvary. Out of love he accepted the whole passion, with its anguish and its violence, even to death on the cross. In accepting it in this manner he changed it into an act of giving. This is the transformation which the world needs most, to redeem it from within, to open it to the dimensions of the Kingdom of Heaven.

However, God always wishes to bring about this renewal of the world on the same path followed by Christ, that way which is indeed he himself. There is nothing magic about Christianity. There are no short-cuts; everything passes through the humble and patient logic of the grain of wheat that broke open to give life, the logic of faith that moves mountains with the gentle power of God. For this reason God wishes to continue to renew humanity, history and the cosmos through this chain of transformations, of which the Eucharist is the sacrament. Through the consecrated bread and wine, in which his Body and his Blood are really present, Christ transforms us, conforming us to him: he involves us in his work of redemption, enabling us, through the grace of the Holy Spirit, to live in accordance with his own logic of self-giving, as grains of wheat united to him and in him. Thus are sown and continue to mature in the furrows of history unity and peace, which are the end for which we strive, in accordance with God’s plan.

Let us walk with no illusions, with no utopian ideologies, on the highways of the world bearing within us the Body of the Lord, like the Virgin Mary in the mystery of the Visitation. With the humility of knowing that we are merely grains of wheat, let us preserve the firm certainty that the love of God, incarnate in Christ, is stronger than evil, violence and death. We know that God prepares for all men and women new heavens and a new earth, in which peace and justice reign — and in faith we perceive the new world which is our true homeland.

This evening too, let us start out: while the sun is setting on our beloved city of Rome: Jesus in the Eucharist is with us, the Risen One who said: “I am with you always, to the close of the age” (Mt 28:20). Thank you, Lord Jesus! Thank you for your faithfulness which sustains our hope. Stay with us because night is falling. “Very bread, Good Shepherd, tend us, Jesus, of your love befriend us, You refresh us, you defend us, Your eternal goodness send us in the land of life to see”. Amen.

© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana   





OMELIA DEL SANTO PADRE BENEDETTO XVI


Giovedì, 23 giugno 2011

Cari fratelli e sorelle!

La festa del Corpus Domini è inseparabile dal Giovedì Santo, dalla Messa in Caena Domini, nella quale si celebra solennemente l’istituzione dell’Eucaristia. Mentre nella sera del Giovedì Santo si rivive il mistero di Cristo che si offre a noi nel pane spezzato e nel vino versato, oggi, nella ricorrenza del Corpus Domini, questo stesso mistero viene proposto all’adorazione e alla meditazione del Popolo di Dio, e il Santissimo Sacramento viene portato in processione per le vie delle città e dei villaggi, per manifestare che Cristo risorto cammina in mezzo a noi e ci guida verso il Regno dei cieli. Quello che Gesù ci ha donato nell’intimità del Cenacolo, oggi lo manifestiamo apertamente, perché l’amore di Cristo non è riservato ad alcuni, ma è destinato a tutti. Nella Messa in Caena Dominidello scorso Giovedì Santo ho sottolineato che nell’Eucaristia avviene la trasformazione dei doni di questa terra – il pane e il vino – finalizzata a trasformare la nostra vita e ad inaugurare così la trasformazione del mondo. Questa sera vorrei riprendere tale prospettiva.

Tutto parte, si potrebbe dire, dal cuore di Cristo, che nell’Ultima Cena, alla vigilia della sua passione, ha ringraziato e lodato Dio e, così facendo, con la potenza del suo amore, ha trasformato il senso della morte alla quale andava incontro. Il fatto che il Sacramento dell’altare abbia assunto il nome “Eucaristia” – “rendimento di grazie” – esprime proprio questo: che il mutamento della sostanza del pane e del vino nel Corpo e Sangue di Cristo è frutto del dono che Cristo ha fatto di se stesso, dono di un Amore più forte della morte, Amore divino che lo ha fatto risuscitare dai morti. Ecco perché l’Eucaristia è cibo di vita eterna, Pane della vita. Dal cuore di Cristo, dalla sua “preghiera eucaristica” alla vigilia della passione, scaturisce quel dinamismo che trasforma la realtà nelle sue dimensioni cosmica, umana e storica. Tutto procede da Dio, dall’onnipotenza del suo Amore Uno e Trino, incarnato in Gesù. In questo Amore è immerso il cuore di Cristo; perciò Egli sa ringraziare e lodare Dio anche di fronte al tradimento e alla violenza, e in questo modo cambia le cose, le persone e il mondo.

Questa trasformazione è possibile grazie ad una comunione più forte della divisione, la comunione di Dio stesso. La parola “comunione”, che noi usiamo anche per designare l’Eucaristia, riassume in sé la dimensione verticale e quella orizzontale del dono di Cristo. E’ bella e molto eloquente l’espressione “ricevere la comunione” riferita all’atto di mangiare il Pane eucaristico. In effetti, quando compiamo questo atto, noi entriamo in comunione con la vita stessa di Gesù, nel dinamismo di questa vita che si dona a noi e per noi. Da Dio, attraverso Gesù, fino a noi: un’unica comunione si trasmette nella santa Eucaristia. Lo abbiamo ascoltato poco fa, nella seconda Lettura, dalle parole dell’apostolo Paolo rivolte ai cristiani di Corinto: “Il calice della benedizione che noi benediciamo, non è forse comunione con il sangue di Cristo? E il pane che noi spezziamo, non è forse comunione con il corpo di Cristo? Poiché vi è un solo pane, noi siamo, benché molti, un solo corpo: tutti infatti partecipiamo all’unico pane” (1 Cor 10,16-17).

Sant’Agostino ci aiuta a comprendere la dinamica della comunione eucaristica quando fa riferimento ad una sorta di visione che ebbe, nella quale Gesù gli disse: “Io sono il cibo dei forti. Cresci e mi avrai. Tu non trasformerai me in te, come il cibo del corpo, ma sarai tu ad essere trasformato in me” (Conf. VII, 10, 18). Mentre dunque il cibo corporale viene assimilato dal nostro organismo e contribuisce al suo sostentamento, nel caso dell’Eucaristia si tratta di un Pane differente: non siamo noi ad assimilarlo, ma esso ci assimila a sé, così che diventiamo conformi a Gesù Cristo, membra del suo corpo, una cosa sola con Lui. Questo passaggio è decisivo. Infatti, proprio perché è Cristo che, nella comunione eucaristica, ci trasforma in Sé, la nostra individualità, in questo incontro, viene aperta, liberata dal suo egocentrismo e inserita nella Persona di Gesù, che a sua volta è immersa nella comunione trinitaria. Così l’Eucaristia, mentre ci unisce a Cristo, ci apre anche agli altri, ci rende membra gli uni degli altri: non siamo più divisi, ma una cosa sola in Lui. La comunione eucaristica mi unisce alla persona che ho accanto, e con la quale forse non ho nemmeno un buon rapporto, ma anche ai fratelli lontani, in ogni parte del mondo. Da qui, dall’Eucaristia, deriva dunque il senso profondo della presenza sociale della Chiesa, come testimoniano i grandi Santi sociali, che sono stati sempre grandi anime eucaristiche. Chi riconosce Gesù nell’Ostia santa, lo riconosce nel fratello che soffre, che ha fame e ha sete, che è forestiero, ignudo, malato, carcerato; ed è attento ad ogni persona, si impegna, in modo concreto, per tutti coloro che sono in necessità. Dal dono di amore di Cristo proviene pertanto la nostra speciale responsabilità di cristiani nella costruzione di una società solidale, giusta, fraterna. Specialmente nel nostro tempo, in cui la globalizzazione ci rende sempre più dipendenti gli uni dagli altri, il Cristianesimo può e deve far sì che questa unità non si costruisca senza Dio, cioè senza il vero Amore, il che darebbe spazio alla confusione, all’individualismo, alla sopraffazione di tutti contro tutti. Il Vangelo mira da sempre all’unità della famiglia umana, un’unità non imposta da fuori, né da interessi ideologici o economici, bensì a partire dal senso di responsabilità gli uni verso gli altri, perché ci riconosciamo membra di uno stesso corpo, del corpo di Cristo, perché abbiamo imparato e impariamo costantemente dal Sacramento dell’Altare che la condivisione, l’amore è la via della vera giustizia.

Ritorniamo ora all’atto di Gesù nell’Ultima Cena. Che cosa è avvenuto in quel momento? Quando Egli disse: Questo è il mio corpo che è donato per voi, questo è il mio sangue versato per voi e per la moltitudine, che cosa accadde? Gesù in quel gesto anticipa l’evento del Calvario. Egli accetta per amore tutta la passione, con il suo travaglio e la sua violenza, fino alla morte di croce; accettandola in questo modo la trasforma in un atto di donazione. Questa è la trasformazione di cui il mondo ha più bisogno, perché lo redime dall’interno, lo apre alle dimensioni del Regno dei cieli. Ma questo rinnovamento del mondo Dio vuole realizzarlo sempre attraverso la stessa via seguita da Cristo, quella via, anzi, che è Lui stesso. Non c’è nulla di magico nel Cristianesimo. Non ci sono scorciatoie, ma tutto passa attraverso la logica umile e paziente del chicco di grano che si spezza per dare vita, la logica della fede che sposta le montagne con la forza mite di Dio. Per questo Dio vuole continuare a rinnovare l’umanità, la storia ed il cosmo attraverso questa catena di trasformazioni, di cui l’Eucaristia è il sacramento. Mediante il pane e il vino consacrati, in cui è realmente presente il suo Corpo e Sangue, Cristo trasforma noi, assimilandoci a Lui: ci coinvolge nella sua opera di redenzione, rendendoci capaci, per la grazia dello Spirito Santo, di vivere secondo la sua stessa logica di donazione, come chicchi di grano uniti a Lui ed in Lui. Così si seminano e vanno maturando nei solchi della storia l’unità e la pace, che sono il fine a cui tendiamo, secondo il disegno di Dio.

Senza illusioni, senza utopie ideologiche, noi camminiamo per le strade del mondo, portando dentro di noi il Corpo del Signore, come la Vergine Maria nel mistero della Visitazione. Con l’umiltà di saperci semplici chicchi di grano, custodiamo la ferma certezza che l’amore di Dio, incarnato in Cristo, è più forte del male, della violenza e della morte. Sappiamo che Dio prepara per tutti gli uomini cieli nuovi e terra nuova, in cui regnano la pace e la giustizia – e nella fede intravediamo il mondo nuovo, che è la nostra vera patria. Anche questa sera, mentre tramonta il sole su questa nostra amata città di Roma, noi ci mettiamo in cammino: con noi c’è Gesù Eucaristia, il Risorto, che ha detto: “Io sono con voi tutti i giorni, fino alla fine del mondo” (Mt 28,20). Grazie, Signore Gesù! Grazie per la tua fedeltà, che sostiene la nostra speranza. Resta con noi, perché si fa sera. “Buon Pastore, vero Pane, o Gesù, pietà di noi; nutrici, difendici, portaci ai beni eterni, nella terra dei viventi!”. Amen.

© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana







HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

Basilique Saint-Jean-de-Latran
Jeudi 7 juin 2012

Chers frères et sœurs,

Ce soir, je voudrais méditer avec vous sur deux aspects, liés entre eux, du Mystère eucharistique: le culte de l’Eucharistie et son caractère sacré. Il est important de les prendre à nouveau en considération pour les préserver des visions incomplètes du Mystère lui-même, comme celles que l’on a pu constater dans un passé récent.

Avant tout, une réflexion sur la valeur du culte eucharistique, en particulier de l’adoration du Très Saint Sacrement. C’est l’expérience que nous vivrons aussi ce soir, après la messe, avant la procession, pendant son déroulement et à son terme. Une interprétation unilatérale du concile Vatican ii avait pénalisé cette dimension en réduisant en pratique l’Eucharistie au moment de la célébration. En effet, il a été très important de reconnaître le caractère central de la célébration, à travers laquelle le Seigneur convoque son peuple, le rassemble autour de la double table de la Parole et du Pain de vie, le nourrit et l’unit à lui dans l’offrande du Sacrifice. Cette mise en valeur de l’assemblée liturgique dans laquelle le Seigneur agit et réalise son mystère de communion, demeure naturellement valable, mais elle doit être replacée dans un juste équilibre. En effet — comme c’est souvent le cas — pour souligner un aspect, on finit par en sacrifier un autre. Ici, l’accent mis sur la célébration de l’Eucharistie s’est fait aux dépends de l’adoration, en tant qu’acte de foi et de prière adressée au Seigneur Jésus, réellement présent dans le Sacrement de l’autel. Ce déséquilibre a aussi eu des répercussions sur la vie spirituelle des fidèles. En effet, si l’on concentre tout le rapport avec Jésus Eucharistie dans le seul moment de la Sainte Messe, on risque de vider de sa présence le reste du temps et de l’espace existentiels. Et ainsi, l’on perçoit moins le sens de la présence constante de Jésus au milieu de nous et avec nous, une présence concrète, proche, au milieu de nos maisons, comme « Cœur battant » de la ville, du pays, du territoire avec ses différentes expressions et activités. Le Sacrement de la Charité du Christ doit pénétrer toute la vie quotidienne.

En réalité, c’est une erreur que d’opposer la célébration et l’adoration, comme si elles étaient concurrentes. C’est justement le contraire : le culte du Saint Sacrement constitue comme le « milieu » spirituel dans lequel la communauté peut célébrer l’Eucharistie d’une manière juste et vraie. C’est seulement lorsqu’elle est précédée, accompagnée et suivie de cette attitude intérieure de foi et d’adoration que l’action liturgique peut exprimer toute sa signification et sa valeur. La rencontre avec Jésus dans la Messe se réalise vraiment et pleinement lorsque la communauté est en mesure de reconnaître que, dans le Sacrement, il habite dans sa maison, nous attend, nous invite à sa table, et puis, après que l’assemblée s’est dispersée, qu’il reste avec nous, par sa présence discrète et silencieuse, et nous accompagne de son intercession, en continuant à recueillir nos sacrifices spirituels et à les offrir au Père.

A ce propos, je voudrais souligner l’expérience que nous allons vivre ensemble aussi ce soir. Au moment de l’adoration, nous sommes tous sur le même plan, agenouillés devant le Sacrement de l’Amour. Le sacerdoce commun et le sacerdoce ministériel se trouvent réunis dans le culte eucharistique. C’est une expérience très belle et très significative que nous avons vécue à différentes reprises dans la basilique Saint-Pierre, ainsi que lors des inoubliables veillées avec les jeunes — je me souviens par exemple de celles de Cologne, de Londres, de Zagreb, de Madrid. Il est évident pour tous que ces moments de veillée eucharistique préparent la célébration de la Messe, préparent les cœurs à la rencontre, si bien qu’elle en devient elle aussi plus féconde. Etre tous en silence de façon prolongée devant le Seigneur présent dans son Sacrement, est l’une des expériences les plus authentiques de notre être Eglise, qui est accompagnée de façon complémentaire par celle de célébrer l’Eucharistie, en écoutant la Parole de Dieu, en chantant, en s’approchant ensemble de la table du Pain de vie. Communion et contemplation ne peuvent pas être séparées, elles vont de pair. Pour communier vraiment avec une autre personne, je dois la connaître, savoir rester auprès d’elle en silence, l’écouter, la regarder avec amour. Le vrai amour et la vraie amitié vivent toujours de cette réciprocité de regards, de silences intenses, éloquents, pleins de respect, et de vénération, afin que la rencontre soit vécue en profondeur, de façon personnelle et non pas superficielle. Et hélas, s’il manque cette dimension, même la communion sacramentelle peut devenir, de notre part, un geste superficiel. En revanche, dans la vraie communion, préparée par l’entretien de la prière et de la vie, nous pouvons dire au Seigneur des paroles de confiance, comme celles qui viennent de résonner dans le psaume responsorial : « Je suis ton serviteur fils de ta servante, / tu as défait mes liens. / Je t'offrirai le sacrifice d'action de grâces, / j'appellerai le nom du Seigneur » (Ps 115, 16-17).

Je voudrais maintenant passer brièvement au deuxième aspect: le caractère sacré de l’Eucharistie. Là aussi, on a, dans un passé récent, senti les conséquences d’un certain malentendu sur le message authentique de la Sainte Ecriture. La nouveauté chrétienne concernant le culte a été influencée par une certaine mentalité sécularisée des années soixante et soixante-dix du siècle dernier. Il est vrai, et cela reste toujours valable, que le centre du culte n’est plus désormais dans les rites et dans les sacrifices anciens, mais dans le Christ lui-même, dans sa personne, dans sa vie, dans son mystère pascal. Et cependant, on ne doit pas déduire de cette nouveauté fondamentale que le sacré n’existe plus, mais qu’il a trouvé son accomplissement en Jésus Christ, Amour divin incarné. La Lettre aux Hébreux que nous avons écoutée ce soir dans la seconde lecture, nous parle justement de la nouveauté du sacerdoce du Christ, « grand prêtre des biens à venir » (He 9, 11), mais il ne dit pas que le sacerdoce est terminé. Le Christ « est médiateur d’une nouvelle alliance » (He 9, 15), scellée dans son sang, qui purifie « notre conscience des œuvres mortes » (He 9, 14). Il n’a pas aboli le sacré, mais il l’a porté à son accomplissement, en inaugurant un culte nouveau, qui est certes pleinement spirituel, mais qui cependant, tant que nous sommes en chemin dans le temps, se sert encore de signes et de rites, qui ne disparaîtront qu’à la fin, dans la Jérusalem céleste, là où il n’y aura plus aucun temple (cf. Ap 21, 22). Grâce au Christ, le caractère sacré est plus vrai, plus intense, et, comme il advient pour les commandements, plus exigeant aussi ! L’observance rituelle ne suffit pas, mais il faut la purification du cœur, et l’engagement de la vie.

Je voudrais aussi souligner que le sacré a une fonction éducative et que sa disparition appauvrit inévitablement la culture, en particulier la formation des nouvelles générations. Si, par exemple, au nom d’une foi sécularisée qui n’aurait plus besoin des signes sacrés, on abolissait la procession du Corpus Domini dans la ville, le profil spirituel de Rome se trouverait « aplati » et notre conscience personnelle et communautaire s’en trouverait affaiblie. Ou bien, pensons à une mère et à un père qui, au nom de la foi désacralisée, priveraient leurs enfants de tout rituel religieux: ils finiraient en réalité par laisser le champ libre aux innombrables succédanés présents dans la société de consommation, à d’autres rites et à d’autres signes, qui pourraient devenir plus facilement des idoles. Dieu, notre Père, n’a pas agi ainsi avec l’humanité : il a envoyé son Fils dans le monde, non pour abolir, mais pour porter le sacré aussi à son accomplissement. Au sommet de cette mission, lors de la Dernière Cène, Jésus a institué le sacrement de son Corps et de son Sang, le Mémorial de son Sacrifice pascal. En agissant ainsi, il s’est mis lui- même à la place des sacrifices anciens, mais il l’a fait à l’intérieur d’un rite, qu’il a commandé aux apôtres de perpétuer, comme le signe suprême du véritable Sacré, qui est Lui-même. C’est avec cette foi, chers frères et sœurs, que nous célébrons aujourd’hui et chaque jour le Mystère eucharistique et que nous l’adorons comme le centre de notre vie et le cœur du monde. Amen.

© Copyright 2012 - Libreria Editrice Vaticana





HOMILY OF HIS HOLINESS BENEDICT  XVI

Basilica of Saint John Lateran
Thursday, 7 June 2012


Dear Brothers and Sisters,

This evening I would like to meditate with you on two interconnected aspects of the Eucharistic Mystery: worship of the Eucharist and its sacred nature. It is important to reflect on them once again to preserve them from incomplete visions of the Mystery itself, such as those encountered in the recent past.

First of all, a reflection on the importance of Eucharistic worship and, in particular, adoration of the Blessed Sacrament. We shall experience it this evening, after Mass, before the procession, during it and at its conclusion. A unilateral interpretation of the Second Vatican Council penalized this dimension, in practice restricting the Eucharist to the moment of its celebration. Indeed it was very important to recognize the centrality of the celebration in which the Lord summons his people, gathers it round the dual table of the Word and of the Bread of life, nourishes and unites it with himself in the offering of the Sacrifice.

Of course, this evaluation of the liturgical assembly in which the Lord works his mystery of communion and brings it about still applies; but it must be put back into the proper balance. In fact — as often happens — in order to emphasize one aspect one ends by sacrificing another. In this case the correct accentuation of the celebration of the Eucharist has been to the detriment of adoration as an act of faith and prayer addressed to the Lord Jesus, really present in the Sacrament of the Altar.

This imbalance has also had repercussions on the spiritual life of the faithful. In fact, by concentrating the entire relationship with the Eucharistic Jesus in the sole moment of Holy Mass one risks emptying the rest of existential time and space of his presence. This makes ever less perceptible the meaning of Jesus’ constant presence in our midst and with us, a presence that is tangible, close, in our homes, as the “beating Heart” of the city, of the country, and of the area, with its various expressions and activities. The sacrament of Christ’s Charity must permeate the whole of daily life.

Actually it is wrong to set celebration and adoration against each other, as if they were competing. Exactly the opposite is true: worship of the Blessed Sacrament is, as it were, the spiritual “context” in which the community can celebrate the Eucharist well and in truth. Only if it is preceded, accompanied and followed by this inner attitude of faith and adoration can the liturgical action express its full meaning and value. The encounter with Jesus in Holy Mass is truly and fully brought about when the community can recognize that in the Sacrament he dwells in his house, waits for us, invites us to his table, then, after the assembly is dismissed, stays with us, with his discreet and silent presence, and accompanies us with his intercession, continuing to gather our spiritual sacrifices and offer them to the Father.

In this regard I am pleased to highlight the experience we shall be having together this evening too. At the moment of Adoration, we are all equal, kneeling before the Sacrament of Love. The common priesthood and the ministerial priesthood are brought together in Eucharistic worship. It is a very beautiful and significant experience which we have had several times in St Peter’s Basilica, and also in the unforgettable Vigils with young people — I recall, for example, those in Cologne, London, Zagreb and Madrid. It is clear to all that these moments of Eucharistic Vigil prepare for the celebration of the Holy Mass, they prepare hearts for the encounter so that it will be more fruitful.

To be all together in prolonged silence before the Lord present in his Sacrament is one of the most genuine experiences of our being Church, which is accompanied complementarily by the celebration of the Eucharist, by listening to the word of God, by singing and by approaching the table of the Bread of Life together. Communion and contemplation cannot be separated, they go hand in hand. If I am truly to communicate with another person I must know him, I must be able to be in silence close to him, to listen to him and look at him lovingly. True love and true friendship are always nourished by the reciprocity of looks, of intense, eloquent silences full of respect and veneration, so that the encounter may be lived profoundly and personally rather than superficially. And, unfortunately, if this dimension is lacking, sacramental communion itself may become a superficial gesture on our part.

Instead, in true communion, prepared for by the conversation of prayer and of life, we can address words of confidence to the Lord, such as those which rang out just now in the Responsorial Psalm: “O Lord, I am your servant; I am your servant, the son of your handmaid. / You have loosed my bonds./ I will offer to you the sacrifice of thanksgiving /and call on the name of the Lord” (Ps 116[115]:16-17).

I would now like to move on briefly to the second aspect: the sacred nature of the Eucharist. Here too so we have heard in the recent past of a certain misunderstanding of the authentic message of Sacred Scripture. The Christian newness with regard to worship has been influenced by a certain secularist mentality of the 1960s and 70s. It is true, and this is still the case, that the centre of worship is now no longer in the ancient rites and sacrifices, but in Christ himself, in his person, in his life, in his Paschal Mystery. However it must not be concluded from this fundamental innovation that the sacred no longer exists, but rather that it has found fulfilment in Jesus Christ, divine Love incarnate.

The Letter to the Hebrews, which we heard this evening in the Second Reading, speaks to us precisely of the newness of the priesthood of Christ, “high priest of the good things that have come” (Heb 9:11), but does not say that the priesthood is finished. Christ “is the mediator of a new covenant” (Heb 9:15), established in his blood which purifies our “conscience from dead works” (Heb 9:14). He did not abolish the sacred but brought it to fulfillment, inaugurating a new form of worship, which is indeed fully spiritual but which, however, as long as we are journeying in time, still makes use of signs and rites, which will exist no longer only at the end, in the heavenly Jerusalem, where there will no longer be any temple (cf. Rev 21:22). Thanks to Christ, the sacred is truer, more intense and, as happens with the Commandments, also more demanding! Ritual observance does not suffice but purification of the heart and the involvement of life is required.

I would also like to stress that the sacred has an educational function and its disappearance inevitably impoverishes culture and especially the formation of the new generations. If, for example, in the name of a faith that is secularized and no longer in need of sacred signs, these Corpus Christi processions through the city were to be abolished, the spiritual profile of Rome would be “flattened out”, and our personal and community awareness would be weakened.

Or let us think of a mother or father who in the name of a desacralized faith, deprived their children of all religious rituals: in reality they would end by giving a free hand to the many substitutes that exist in the consumer society, to other rites and other signs that could more easily become idols.

God, our Father, did not do this with humanity: he sent his Son into the world not to abolish, but to give fulfilment also to the sacred. At the height of this mission, at the Last Supper, Jesus instituted the Sacrament of his Body and his Blood, the Memorial of his Paschal Sacrifice. By so doing he replaced the ancient sacrifices with himself, but he did so in a rite which he commanded the Apostles to perpetuate, as a supreme sign of the true Sacred One who is he himself. With this faith, dear brothers and sisters, let us celebrate the Eucharistic Mystery today and every day and adore it as the centre of our life and the heart of the world. Amen.

© Copyright 2012 - Libreria Editrice Vaticana





OMELIA DEL SANTO PADRE BENEDETTO XVI

Basilica di San Giovanni in Laterano
Giovedì, 7 giugno 2012


Cari fratelli e sorelle!

Questa sera vorrei meditare con voi su due aspetti, tra loro connessi, del Mistero eucaristico: il culto dell’Eucaristia e la sua sacralità. E’ importante riprenderli in considerazione per preservarli da visioni non complete del Mistero stesso, come quelle che si sono riscontrate nel recente passato.

Anzitutto, una riflessione sul valore del culto eucaristico, in particolare dell’adorazione del Santissimo Sacramento. E’ l’esperienza che anche questa sera noi vivremo dopo la Messa, prima della processione, durante il suo svolgimento e al suo termine. Una interpretazione unilaterale del Concilio Vaticano II aveva  penalizzato questa dimensione, restringendo in pratica l’Eucaristia al momento celebrativo. In effetti, è stato molto importante riconoscere la centralità della celebrazione, in cui il Signore convoca il suo popolo, lo raduna intorno alla duplice mensa della Parola e del Pane di vita, lo nutre e lo unisce a Sé nell’offerta del Sacrificio. Questa valorizzazione dell’assemblea liturgica, in cui il Signore opera e realizza il suo mistero di comunione, rimane ovviamente valida, ma essa va ricollocata nel giusto equilibrio. In effetti – come spesso avviene – per sottolineare un aspetto si finisce per sacrificarne un altro. In questo caso, l’accentuazione giusta posta sulla celebrazione dell’Eucaristia è andata a scapito dell’adorazione, come atto di fede e di preghiera rivolto al Signore Gesù, realmente presente nel Sacramento dell’altare. Questo sbilanciamento ha avuto ripercussioni anche sulla vita spirituale dei fedeli. Infatti, concentrando tutto il rapporto con Gesù Eucaristia nel solo momento della Santa Messa, si rischia di svuotare della sua presenza il resto del tempo e dello spazio esistenziali. E così si percepisce meno il senso della presenza costante di Gesù in mezzo a noi e con noi, una presenza concreta, vicina, tra le nostre case, come «Cuore pulsante» della città, del paese, del territorio con le sue varie espressioni e attività. Il Sacramento della Carità di Cristo deve permeare tutta la vita quotidiana.

In realtà, è sbagliato contrapporre la celebrazione e l’adorazione, come se fossero in concorrenza l’una con l’altra. E’ proprio il contrario: il culto del Santissimo Sacramento costituisce come l’«ambiente» spirituale entro il quale la comunità può celebrare bene e in verità l’Eucaristia. Solo se è preceduta, accompagnata e seguita da questo atteggiamento interiore di fede e di adorazione, l’azione liturgica può esprimere il suo pieno significato e valore. L’incontro con Gesù nella Santa Messa si attua veramente e pienamente quando la comunità è in grado di riconoscere che Egli, nel Sacramento, abita la sua casa, ci attende, ci invita alla sua mensa, e poi, dopo che l’assemblea si è sciolta, rimane con noi, con la sua presenza discreta e silenziosa, e ci accompagna con la sua intercessione, continuando a raccogliere i nostri sacrifici spirituali e ad offrirli al Padre.

A questo proposito, mi piace sottolineare l’esperienza che vivremo anche stasera insieme. Nel momento dell’adorazione, noi siamo tutti sullo stesso piano, in ginocchio davanti al Sacramento dell’Amore. Il sacerdozio comune e quello ministeriale si trovano accomunati nel culto eucaristico. E’ un’esperienza molto bella e significativa, che abbiamo vissuto diverse volte nella Basilica di San Pietro, e anche nelle indimenticabili veglie con i giovani – ricordo ad esempio quelle di Colonia, Londra, Zagabria, Madrid. E’ evidente a tutti che questi momenti di veglia eucaristica preparano la celebrazione della Santa Messa, preparano i cuori all’incontro, così che questo risulta anche più fruttuoso. Stare tutti in silenzio prolungato davanti al Signore presente nel suo Sacramento, è una delle esperienze più autentiche del nostro essere Chiesa, che si accompagna in modo complementare con quella di celebrare l’Eucaristia, ascoltando la Parola di Dio, cantando, accostandosi insieme alla mensa del Pane di vita. Comunione e contemplazione non si possono separare, vanno insieme. Per comunicare veramente con un’altra persona devo conoscerla, saper stare in silenzio vicino a lei, ascoltarla, guardarla con amore. Il vero amore e la vera amicizia vivono sempre di questa reciprocità di sguardi, di silenzi intensi, eloquenti, pieni di rispetto e di venerazione, così che l’incontro sia vissuto profondamente, in modo personale e non superficiale. E purtroppo, se manca questa dimensione, anche la stessa comunione sacramentale può diventare, da parte nostra, un gesto superficiale. Invece, nella vera comunione, preparata dal colloquio della preghiera e della vita, noi possiamo dire al Signore parole di confidenza, come quelle risuonate poco fa nel Salmo responsoriale: «Io sono tuo servo, figlio della tua schiava: / tu hai spezzato le mie catene. / A te offrirò un sacrificio di ringraziamento / e invocherò il nome del Signore» (Sal 115,16-17).

Ora vorrei passare brevemente al secondo aspetto: la sacralità dell’Eucaristia. Anche qui abbiamo risentito nel passato recente di un certo fraintendimento del messaggio autentico della Sacra Scrittura. La novità cristiana riguardo al culto è stata influenzata da una certa mentalità secolaristica degli anni Sessanta e Settanta del secolo scorso. E’ vero, e rimane sempre valido, che il centro del culto ormai non sta più nei riti e nei sacrifici antichi, ma in Cristo stesso, nella sua persona, nella sua vita, nel suo mistero pasquale. E tuttavia da questa novità fondamentale non si deve concludere che il sacro non esista più, ma che esso ha trovato il suo compimento in Gesù Cristo, Amore divino incarnato. La Lettera agli Ebrei, che abbiamo ascoltato questa sera nella seconda Lettura, ci parla proprio della novità del sacerdozio di Cristo, «sommo sacerdote dei beni futuri» (Eb 9,11), ma non dice che il sacerdozio sia finito. Cristo «è mediatore di un’alleanza nuova» (Eb 9,15), stabilita nel suo sangue, che purifica «la nostra coscienza dalle opere di morte» (Eb 9,14). Egli non ha abolito il sacro, ma lo ha portato a compimento, inaugurando un nuovo culto, che è sì pienamente spirituale, ma che tuttavia, finché siamo in cammino nel tempo, si serve ancora di segni e di riti, che verranno meno solo alla fine, nella Gerusalemme celeste, dove non ci sarà più alcun tempio (cfr Ap 21,22). Grazie a Cristo, la sacralità è più vera, più intensa, e, come avviene per i comandamenti, anche più esigente! Non basta l’osservanza rituale, ma si richiede la purificazione del cuore e il coinvolgimento della vita.

Mi piace anche sottolineare che il sacro ha una funzione educativa, e la sua scomparsa inevitabilmente impoverisce la cultura, in particolare la formazione delle nuove generazioni. Se, per esempio, in nome di una fede secolarizzata e non più bisognosa di segni sacri, venisse abolita questa processione cittadina del Corpus Domini, il profilo spirituale di Roma risulterebbe «appiattito», e la nostra coscienza personale e comunitaria ne resterebbe indebolita. Oppure pensiamo a una mamma e a un papà che, in nome di una fede desacralizzata, privassero i loro figli di ogni ritualità religiosa: in realtà finirebbero per lasciare campo libero ai tanti surrogati presenti nella società dei consumi, ad altri riti e altri segni, che più facilmente potrebbero diventare idoli. Dio, nostro Padre, non ha fatto così con l’umanità: ha mandato il suo Figlio nel mondo non per abolire, ma per dare il compimento anche al sacro. Al culmine di questa missione, nell’Ultima Cena, Gesù istituì il Sacramento del suo Corpo e del suo Sangue, il Memoriale del suo Sacrificio pasquale. Così facendo Egli pose se stesso al posto dei sacrifici antichi, ma lo fece all’interno di un rito, che comandò agli Apostoli di perpetuare, quale segno supremo del vero Sacro, che è Lui stesso. Con questa fede, cari fratelli e sorelle, noi celebriamo oggi e ogni giorno il Mistero eucaristico e lo adoriamo quale centro della nostra vita e cuore del mondo. Amen.

© Copyright 2012 - Libreria Editrice Vaticana



Comment expliquer que Jésus est présent dans l'hostie ?

Il est difficile de plonger dans le mystère eucharistique en oubliant qu'il est tout entier situé dans le monde spirituel, en oubliant les mots de Jésus après le discours sur le Pain de vie.
"Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie" (Jean 6,63). Nos manières humaines nous portent à "matérialiser" la "Présence réelle", à comprendre le mot réel comme équivalent de matériel. La Présence réelle est une présence spirituelle.
Sur le pain et le vin, le célébrant, au nom de toute l'assemblée, invoque l'Esprit saint : "Sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit ; qu'elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus le Christ notre Seigneur". Dans le pain et le vin, ainsi changés par l'Esprit qui les a "couverts de son ombre", c'est la vie du Christ qui nous est donnée, son corps livré, son sang versé en sa Passion.
Il est présent au plus haut point dans le pain et le vin
Si vous demandez : "Où est la Présence réelle ?", le concile Vatican II répond que Jésus est présent quand la Parole est proclamée ; il est présent dans l'assemblée "réunie en son nom" et dans la personne du ministre ; enfin, et "au plus haut point", dans le pain et le vin de l'eucharistie ("La Sainte Liturgie", 7).
Des raisons pratiques ont rendu la communion au calice trop rare. D'où le risque d'oublier le double geste de recevoir le pain et la coupe, de manger et de boire : une partie des symboles eucharistiques n'apparaît plus dans nos célébrations...
Mais toutes ces formes de présence sont indissociables. Dans la messe, les membres de l'assemblée, fidèles et ministres, écoutant les lectures de la Bible, reçoivent la Parole qui est "Pain de vie", nourriture pour leur foi. Ils célèbrent ensuite l'action de grâces, l'eucharistie, et sont reçus dans le corps du Christ en communiant au "pain de la vie" et à la "coupe du salut".
Père Michel Souchon, jésuite.

L'eucharistie : un grand mystère !

L'eucharistie est bien la chose la plus étrange et la plus mystérieuse qui soit. Comment comprendre que ce morceau de pain rond devienne le corps du Christ livré pour nous ? Publié le 23 mai 2016
"Eucharistie" est la transposition française d'un mot grec qui veut tout simplement dire : "rendre grâces", "remercier". L'eucharistie, en fait, est un remerciement. Mais qui remercions-nous ? Dieu, le Père, le créateur du ciel et de la terre. Celui que la Bible dépeint comme un Dieu de miséricorde qui "fait briller son soleil sur les bons et sur les méchants". Celui qu'elle décrit comme un Dieu qui aime les hommes, inlassablement, sans toujours être payé de retour, qui les appelle sans cesse mais n'est guère entendu.
C'est ce Père très aimant qui a envoyé son Fils Jésus pour nous montrer jusqu'où va son amour et nous attirer tous à lui. C'est donc pour la création, pour la vie qui court dans nos veines et qui vient de lui que nous le remercions. Mais nous le remercions surtout pour son Fils, Jésus, venu vivre en homme parmi les hommes mourir comme l'un de nous, mais en affrontant le supplice de la Croix et l'abandon de tous.
Comment dire merci à Dieu ?
Remercier, c'est dire merci bien sûr mais c'est aussi bien souvent marquer sa joie d'un cadeau, d'un don. Mais comment fait-on pour remercier Celui qui nous a tout donné ? Quel est le mode d'emploi ? Y a-t-il un chemin particulier, une voie pour y parvenir ? C'est ici que Jésus lui-même intervient et nous offre le moyen de remercier son Père : la veille de sa passion, il prend du pain, le distribue à ses amis et dit ces paroles étranges : "Prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps, livré pour vous". Puis, il prend la coupe de vin, la bénit et la donne à ses disciples en disant : "Prenez en buvez-en tous car ceci est la coupe de mon sang versé pour vous et pour la multitude. Faites ceci en mémoire de moi".
Un lent apprentissage
Dès les tout premiers récits, on voit les disciples obéir à cette étrange consigne donnée par Jésus et se rassembler pour partager le Pain. Les Actes de Apôtres, les lettres de Paul et les récits des premiers chrétiens en font foi. Dès le début, et plus encore avec ces grands pasteurs et théologiens des premiers siècles que l'on appelle les "Pères de l'Eglise", les chrétiens ont vécu avec l'eucharistie et médité longuement sur elle en cherchant à comprendre et à approfondir cette réalité inépuisable qui est au coeur de la vie chrétienne.
En réalité, par l'eucharistie, nous entrons dans la vie de Dieu lui-même, dans le merci de Jésus à son Père et nous sommes entraînés dans ce mouvement. Du coup ce n'est plus à nous "remercier" Dieu, il nous suffit d'entrer dans le mouvement de remerciement du Fils à son Père.
Du sacrifice à la ressemblance
Dieu ne veut pas de ces prétendus "dons" ou "sacrifices" par lesquels les hommes cherchaient à s'attirer les bonnes grâces de la divinité. Tout au long de l'Ancien Testament il avertit : "C'est la miséricorde que je veux et non le sacrifice". Ce que recherche Dieu, ce qu'il désire, la meilleure manière de le "remercier", c'est d'aimer comme il aime, d'être miséricordieux comme il est miséricordieux, bref de lui ressembler.
Remercier Dieu, c'est accepter d'aller à la suite de Jésus dans ce grand mouvement d 'amour de Jésus à son Père que lui seul peut nous ouvrir. C'est accepter de se donner aux autres comme il l'a fait lui même en venant parmi nous. Entrer dans cette dynamique nous conduira jusqu'au don de soi, comme elle a conduit Jésus jusqu'à la mort sur une croix. Remercier Dieu c'est accepter de devenir, au moins un peu, comme lui
Une mystérieuse transformation
Devenir Dieu pour le remercier ? Quoi de plus étonnant. Pour y arriver on peut essayer de changer de vie, de transformer nos comportements, bref de "faire des efforts". Cela n'est pas négligeable mais on en perçoit vite le caractère dérisoire. En fait Jésus nous indique une autre voie, étonnante mais sûre, pour aimer comme il aime : se nourrir de lui, présent dans l'eucharistie.
"Car, dit-il, mon corps est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson". Ou encore : "Celui qui me mange vivra par moi". Ainsi, peu à peu, nous devenons d'autres Christ et nous pouvons dire, comme l'apôtre Paul : "Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi". Ou, pour le dire comme Thomas d'Aquin : "L'effet propre de l'eucharistie est la transformation de l'homme en Dieu". Et c'est ainsi que nous devenons nous-mêmes le merci de l'homme à son créateur.


Eucharist

(Greek eucharistia, thanksgiving).
The name given to the Blessed Sacrament of the Altar in its twofold aspect of sacrament and Sacrifice of Mass, and in which Jesus Christ is truly present under the appearances of bread and wine.
Other titles are used, such as "Lord's Supper" (Coena Domini), "Table of the Lord" (Mensa Domini), the "Lord's Body" (Corpus Domini), and the "Holy of Holies" (Sanctissimum), to which may be added the following expressions, and somewhat altered from their primitive meaning: "Agape" (Love-Feast), "Eulogia" (Blessing), "Breaking of Bread", "Synaxis" (Assembly), etc.; but the ancient title "Eucharistia" appearing in writers as early as Ignatius, Justin, and Irenæus, has taken precedence in the technical terminology of the Church and her theologians. The expression "Blessed Sacrament of the Altar", introduced by Augustine, is at the present day almost entirely restricted to catechetical and popular treatises.
This extensive nomenclature, describing the great mystery from such different points of view, is in itself sufficient proof of the central position the Eucharist has occupied from the earliest ages, both in the Divine worship and services of the Church and in the life of faith and devotion which animates her members.
The Church honors the Eucharist as one of her most exalted mysteries, since for sublimity and incomprehensibility it yields in nothing to the allied mysteries of the Trinity and Incarnation. These three mysteries constitute a wonderful triad, which causes theessential characteristic of Christianity, as a religion of mysteries far transcending the capabilities of reason, to shine forth in all its brilliance and splendor, and elevates Catholicism, the most faithful guardian and keeper of our Christian heritage, far above all pagan and non-Christian religions.
The organic connection of this mysterious triad is clearly discerned, if we consider Divine grace under the aspect of a personal communication of God. Thus in the bosom of the Blessed Trinity, God the Father, by virtue of the eternal generation, communicates His Divine Nature to God the Son, "the only begotten Son who is in the bosom of the Father" (John 1:18), while the Son of God, by virtue of the hypostatic union, communicates in turn the Divine Nature received from His Father to His human nature formed in the womb of the Virgin Mary (John 1:14), in order that thus as God-man, hidden under the Eucharistic Species, He might deliver Himself to His Church, who, as a tender mother, mystically cares for and nurtures in her own bosom this, her greatest treasure, and daily places it before her children as the spiritual food of their souls. Thus the Trinity, Incarnation, and Eucharist are really welded together like a precious chain, which in a wonderful manner links heaven with earth, God with man, uniting them most intimately and keeping them thus united. By the very fact that the Eucharistic mystery does transcend reason, no rationalistic explanation of it, based on a merely natural hypothesis and seeking to comprehend one of the sublimest truths of the Christian religion as the spontaneous conclusion of logical processes, may be attempted by a Catholic theologian.
The modern science of comparative religion is striving, wherever it can, to discover in pagan religions "religio-historical parallels", corresponding to the theoretical and practical elements of Christianity, and thus by means of the former to give a natural explanation of the latter. Even were an analogy discernible between the Eucharistic repast and the ambrosia and nectar of the ancient Greek gods, or the haoma of the Iranians, or the soma of the ancient Hindus, we should nevertheless be very cautious not to stretch a mere analogy to a parallelism strictly so called, since the Christian Eucharist has nothing at all in common with thesepagan foods, whose origin is to be found in the crassest idol- and nature-worship. What we do particularly discover is a new proof of the reasonableness of the Catholic religion, from the circumstance that Jesus Christ in a wonderfully condescending manner responds to the natural craving of the human heart after a food which nourishes unto immortality, a craving expressed in many pagan religions, by dispensing to mankind His own Flesh and Blood. All that is beautiful, all that is true in the religions of nature,Christianity has appropriated to itself, and like a concave mirror has collected the dispersed and not infrequently distorted rays oftruth into their common focus and again sent them forth resplendently in perfect beams of light.
It is the Church alone, "the pillar and ground of truth", imbued with and directed by the Holy Spirit, that guarantees to her children through her infallible teaching the full and unadulterated revelation of God. Consequently, it is the first duty of Catholics to adhere to what the Church proposes as the "proximate norm of faith" (regula fidei proxima), which, in reference to the Eucharist, is set forth in a particularly clear and detailed manner in Sessions XIII, XXI, and XXII of the Council of Trent.
The quintessence of these doctrinal decisions consists in this, that in the Eucharist the Body and Blood of the God-man are truly,really, and substantially present for the nourishment of our souls, by reason of the transubstantiation of the bread and wine into the Body and Blood of Christ, and that in this change of substances the unbloody Sacrifice of the New Testament is also contained.
These three principle truths  Sacrifice, Sacrament, and Real Presence — are given a more detailed consideration in the following articles:
Pohle, Joseph. "Eucharist." The Catholic Encyclopedia. Vol. 5. New York: Robert Appleton Company, 1909. 3 Jun. 2018 <http://www.newadvent.org/cathen/05572c.htm>.
Transcription. This article was transcribed for New Advent by Charles Sweeney, SJ.
Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. May 1, 1909. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.


Corpus Domini


Con questa festa onoriamo e adoriamo il “Corpo del Signore”, spezzato e donato per la salvezza di tutti gli uomini, fatto cibo per sostenere la nostra “vita nello Spirito”.  L’Eucaristia è la festa della fede, stimola e rafforza la fede. I nostri rapporti con Dio sono avvolti nel mistero: ci vuole un gran coraggio e una grande fede per dire: “Qui c’è il Signore!”.

Martirologio Romano: Solennità del Santissimo Corpo e Sangue di Cristo: con il suo sacro nutrimento egli offre rimedio di immortalità e pegno di risurrezione. 

La festa del Corpus Domini è la festa del Corpo del Signore, è la festa dell’Eucaristia. Per la presenza reale di Cristo, l’Eucaristia richiama direttamente alla memoria il mistero dell’Incarnazione, che costituisce l’asse portante e centrale della sua stessa realtà sia nella concezione teologica che pastorale. Poiché con il mistero dell’Incarnazione, l’uomo è stato come “divinizzato”, Cristo per per assicurare nel tempo questa delicata e speciale identità all’uomo, si è costituito “pane” per alimentarlo spiritualmente lungo l’arco del tempo. L’Eucaristia, pertanto, è fundamentum et forma o fons et culmen della Chiesa, che, così, diventa la “continuazione storica dell’Incarnazione”, con il compito specifico di amministra tutti i beni della Redenzione, operata liberamente dallo stesso Cristo, e consegnato specialmente nel settenario sacramentale. 

Pensiero magistralmente espresso e confermato modernamente dal concilio Vaticano II in diversi documenti. I principali. Attraverso questo settenario, i credenti “si uniscono in modo arcano e reale a Cristo sofferente e glorioso… [E specialmente] nella frazione del pane eucaristico, partecipando noi realmente nel Corpo del Signore, siamo elevati alla comunione con Lui e tra di noi… Così noi tutti diventiamo membri di quel Corpo… [di cui] il capo è Cristo… l’immagine dell’invisibile Dio, e in Lui tutto è stato creato” (LG 7). L’“Eucaristia, come centro vertice della storia della salvezza, rende presente quel Cristo, che della salvezza è l’autore” (AG 9). “Nell’Eucaristia è racchiuso tutto il bene spirituale della Chiesa, cioè lo stesso Cristo…che, mediante la sua Carne… dà vita agli uomini”, confermando “nel suo Sangue la Nuova Alleanza” (PO 5. 4). Per mezzo dell’Eucaristia “i fedeli hanno accesso al Padre per il Figlio, Verbo Incarnato, che ha sofferto ed è stato glorificato, nell’effusione dello Spirito santo, ed arrivano alla comunione con la santissima Trinità” (UR 15); “con il sacramento del pane eucaristico viene rappresentata e realizzata l’unità dei fedeli che costituiscono un solo corpo in Cristo” (LG 3).


Storia

L’origine storica della festa del Corpus Domini risale al 1247, in Belgio, per contrastare le conseguenze della tesi di vescovo Berengario di Tours, che, nel 1047, aveva affermato essere la presenza di Cristo nell’Eucaristia solo simbolica e non reale. La questione, però, rivela un diverso modo di considerare l’Eucaristia. Difatti, prima del XI secolo, l’attenzione era rivolta non tanto sul fatto dell’Eucaristia in sé stessa, quanto di essere offerta per nutrire e santificare l’uomo. Si riconosceva il fine dell’Eucaristia, ossia la presenza reale del Corpo e del Sangue di Cristo, solo indirettamente attraverso gli effetti santificanti nell’uomo che si comunicava. A partire dal XI secolo, invece, l’attenzione si concentra principalmente sul realismo eucaristico, per cui la presenza reale di Cristo diviene il fine principale. 

A questa diversa visione di considerare l’Eucaristia, si accompagnò anche una diversa manifestazione della devozione, imperniata direttamente sull’Ostia, per adorarla. Spesso, questo modo devozionale ha portato anche a delle esagerazioni: i fedeli, a volte, andavano da una chiesa all’altra per contemplare l’Ostia, e il sacerdote doveva tenerla in ostensione più del solito, per favorire la devozione; e la stessa contemplazione sostituì, a dirittura, la stessa Comunione eucaristica, tanto da indurre la Chiesa a porre l’obbligo al fedele a ricevere l’Eucaristia almeno una volta all’anno. Precetto valido ancora oggi (Codice di Diritto Canonico, can. 920). Urgeva, quindi, una presa di posizione ufficiale dell’autorità della Chiesa.  

Due le occasioni che favorirono l’intervento del Papa. Una, di carattere teologico, venne dalla tesi di Berengario, che, negando la possibilità di separare gli accidenti visibili dalla sostanza, senza negare la presenza reale di Cristo nell’Eucaristia, rifiutava la tesi della conversione di sostanza del pane e del vino nel corpo e sangue del Cristo. Dopo varie condanne contro Berengario (concilio di Parigi 1051, di Tours 1055, di Roma 1059, Poitiers 1075, di Saint Maixeut 1076 e nuovamente a Roma nel 1078), dove, in un concilio convocato in Laterano (1079) dall'amico Ildebrando, diventato nel frattempo Papa Gregorio VII, Berengario firmò un atto di fede, in cui ritrattava completamente le sue concezioni e affermava di credere alla presenza reale di Cristo nell’Eucaristia. Verità definita, poi, nel 1215, dal concilio Laterano IV, come dogma di fede.

L’altra occasione, di carattere devozionale, è dovuta alle visioni di suora benedettina Giuliana di Cornillon (1191-1258), che, tra gli anni 1207-1227, raccontò di avere visto una luna splendente, simbolo della Chiesa, turbata da una macchia opaca. Il segno venne interpretato, dagli esperti dell’epoca, come una richiesta di istituzione di una festa liturgica in onore dell’Eucaristia. E, il vescovo di Liegi, Roberto di Thourotte, nel 1246 istituì la festa del Corpus Domini nella sua diocesi; il suo esempio fu imitato da altri vescovi nelle rispettive diocesi. 

A questo movimento devozionale, è da aggiungere anche il miracolo di Bolsena nel 1263. Urbano IV, che si trovava a Orvieto, mandò sul luogo il Vescovo di Orvieto, Giacomo, per verificare il fatto. Questi, in compagnia dei teologi Tommaso d’Aquino e di Bonaventura da Bagnoregio, oltre a constatare il miracolo, portò le stesse reliquie al Papa, che le espose in cattedrale alla venerazione del popolo di Orvieto. E così, Urbano IV, l’11 agosto 1264, estese la festa del Corpus Domini alla Chiesa universale con la bolla Transiturus de hoc mundo: (“Quando stava per passare da questo mondo”), in cui dava anche la motivazione: “Sebbene l’Eucaristia ogni giorno venga solennemente celebrata riteniamo giusto che, almeno una volta l’anno, se ne faccia più onorata e solenne memoria. Le altre cose, infatti, di cui facciamo memoria, noi le afferriamo con lo spirito e con la mente, ma non otteniamo per questo la loro reale presenza. Invece, in questa sacramentale commemorazione del Cristo, anche se sotto altra forma, Gesù Cristo è presente con noi nella propria sostanza. Mentre stava, infatti, per ascendere al cielo disse: ‘Ecco io sono con voi tutti i giorni fino alla fine del mondo’“ (Mt 28, 20). 

Significato teologico

Il valore teologico della festa del Corpus Domini, in onore dell’Eucaristia, può considerarsi sia come sintesi dell’intero anno liturgico che come mistero di tutta la storia della salvezza, “le cui origini sono dall’antichità” (Mi 5,1) e la sua realtà perdura fino “alla fine del mondo” (Mt 28, 20), perché Cristo è “l’Alfa e l’Omega, il Primo e l’Ultimo, il Principio e la Fine” (Ap 22, 13). Per comodità espositiva, il contenuto di questa stupenda e meravigliosa sintesi eucaristica può essere espresso in quattro aspetti: come mistero; come sacrificio; come sacramento; e come Chiesa. Di essi, i primi tre sono di natura oggettiva, mentre l’ultimo, divisibile in “adorazione” e “redenzione”, di natura soggettiva. Tante altre caratteristiche o derivazioni applicative d’ordine dottrinale e spirituale, dipendendo essenzialmente da uno di questi aspetti fondamentali, non vengono descritti direttamente, ma solo indicate e lasciate alla libera applicazione del lettore di buona volontà.



Eucaristia come mistero

Il documento sulla Liturgia del concilio Vaticano II, il Sacrosanctum Concilium, recependo l’insegnamento liturgico di Pio XII nella Mediator Dei (20 novembre 1947), chiama per antonomasia l’Eucaristia fons et culmen (SC 10), cioè principio e fine, base e vertice, somma e centro della Liturgia e della stessa religione cristiana. Questi e altri titoli cristologici vogliono dire semplicemente che l’Eucaristia vive dello stesso mistero dell’Incarnazione, perché l’Eucaristia non è altro che il prolungamento storico della stessa Incarnazione. E questo perché Eucaristia e Cristo sono la stessa cosa, la medesima realtà, l’identico mistero: tutto ciò che di Cristo la Scrittura dice, lo si applica ugualmente e integralmente, mutandis mutandis, dell’Eucaristia. Come Cristo è il Summum Opus Dei, così lo è anche l’Eucaristia, chiamata dallo stesso Duns Scoto fumdamentum et forma, fondamento e perfezione di ogni azione cultuale, nel senso della massima espressione di latria a Dio.
Condizione indispensabile per avvicinarci all’Eucaristia è dev’essere la convinzione che è un “mistero”, cioè una realtà che, con tutti gli sforzi teologici possibili e immaginabili, non può minimamente essere compresa, ma unicamente accettata con fede e contemplata con amore. Soltanto così si concretizza l’espressione giovannea “chi crede in me… crede nel Padre che mi ha mandato [e] chi vede me, vede il Padre” (Gv 12, 44-45), ossia entra nel mistero divino della Trinità e ne resta affascinato e sublimato, dove né lingua né parola hanno accesso.

Tutto quest’alone di mistero è lo stesso alone che circonda la personalità di Cristo integrale e totale, il Christus totus, che la Scrittura rivela e presenta, specialmente in Giovanni e in Paolo. Tra i titoli cristocentrici più utilizzabile nel mistero eucaristico, piace ricordare quello della regalità o primato di Cristo, Re dell’universo intero (spirituale e materiale, storico e antropico, collettivo e personale). Così anche l’Eucaristia è il centro e il cuore del primato universale di Cristo, che, tradotto nel termine di “mistero pasquale”, riassume tutta la sua opera di salvezza liberamente scelta e compiuta per la “gloria” del Padre e per la “salvezza” del genere umano, come documenta la stessa Rivelazione nella notte di Natale quando canta “Gloria a Dio nel più alto dei cieli e pace agli uomini che egli ama” (Lc 2, 14). 

L’Eucaristia, pertanto, costituisce il cuore e il centro della Chiesa, per continuare, fino alla consumazione del tempo, la gloria del Padre e la salvezza dell’uomo, come cibo e bevanda del suo cammino esistenziale verso la patria celeste. Per questo, Duns Scoto ha avuto la geniale intuizione di considerare l’Eucaristia, come massima espressione della Chiesa e come il prolungamento dell’Incarnazione nella storia, per assicurare la presenza continuativa di Cristo tra gli uomini, secondo la profezia dell’“Emmanuele, Dio con noi” (Is 7, 14; Mt 1, 23).



Eucaristia come sacrificio

L’Eucaristia realizza alla perfezione la finalità propria dell’Incarnazione, cioè la gloria di Dio e la libera redenzione degli uomini, e questo perché il Cristo si presenta come Sommo Pontefice, Eterno Sacerdote, Vittima Santa, che realizza tutta la storia della salvezza preparata e annunciata fin dall’antichità. In questo contesto di perfetto culto latreutico, acquistano un’importanza tutta particolare le parole pronunciate dal Cristo nella sua avventura umana, specialmente quelle che indicano direttamente il mistero stesso dell’Eucaristia.

Solenni sono le espressioni dell’ultima cena, l’unico grande gesto sacerdotale compiuto da Gesù, che sono entrate nella formula della consacrazione eucaristica: “Questo è il mio corpo… Questo è il mio sangue... Fate questo in memoria di me” (Mt 26,26-28; Mc 14,22-24 Lc 22,19-20; Gv 6,53-58; 1Cor 11,23-29), che suonano come un eterno ritornello d’amore eterno e aiutano a interpretare tutte le più belle parole pronunciate da Cristo e significanti ciò che indicano, costituendo in anticipo il significato del termine “sacramento”. 

L’Eucaristia come “memoriale” realizza alla perfezione la finalità dell’Incarnazione: gloria a Dio e pace agli uomini. Cristo, infatti, nella Liturgia, e precisamente nel V Prefazio del Tempo di Pasqua, è presentato come “Vittima Altare e Sacerdote”. Termini che traducono plasticamente le parole del memoriale: “Questo è il mio corpo” (Mt 26, 26; Mc 14, 22); “Questo è il mio sangue sparso per voi” (Mt 26, 28; Mc 14, 24); “Fate questo in memoria di me” (Lc 22, 19; 1Cor 11, 24. 25). Cui si possono aggiungere le meravigliose e sublimi parole: “Io sono la vite e voi i tralci. Chi rimane in me, porterà molto frutto… senza di me non potete far nulla” (Gv 15, 1-8); “Io me ne vado” (Gv 16, 7), “ma non vi lascerò orfani” (Gv 14, 18); “Ecco, io sono con voi tutti i giorni, fino alla fine del mondo” (Mt 28, 20); “Chi mangia di me e beve il mio sangue, avrà la vita eterna, e Io lo risusciterò nell’ultimo giorno” (Gv 6, 54); “Chi vede me, vede anche il Padre” (Gv 14, 9); “Io sono la via, la verità e la vita” (Gv 14, 6). 

Per la circostanza, è importante tener vivo nello spirito le parole di sintesi: “Fate questo in memoria di me”, che suonano sia come un testamento accorato di Cristo e sia come ricordo-attualizzante del suo mistero di salvezza: “Ogni volta che mangiate di questo pane e bevete di questo calice, voi annunciate la morte e la risurrezione di Cristo”. È il memoriale del Signore! È il ricordo-attualizzante di Cristo totale: preistorico (Mediatore), storico (Redentore) e metastorico (Glorificatore). È il ricordo perenne del Christus totus! È il ricordo del Cristo vivo o del Primato assoluto di Cristo.

Al momento presente della celebrazione eucaristica, Duns Scoto vede legato implicitamente il passato e il futuro. Così nel momento eucaristico sono compresenti passato presente e futuro, secondo lo schema classico della completezza del tempo, che si identifica con lo stesso Cristo, “pienezza del tempo” (Gal 4, 4) e sua concreta realtà di immagine dell’eternità, in quanto “visibilità dell’invisibile” (Col 1, 15). Come a dire che la celebrazione eucaristica è sì un’azione nel tempo e nello spazio, ma che li trascende in una visione a-temporale e a-spaziale, perché Cristo vive eternamente nella gloria celeste: è contemporaneamente “Alfa e Omega” (Ap 1, 8; 22, 13); “Principio e Fine” (Ap 21, 6); “Primo e Ultimo” (Ap 1, 17; 2, 8; 22, 13).

L’Eucaristia è nello stesso tempo un “segno” “rimemorativo” del passato, “significativo” della grazia presente, e “glorificativo” della gloria futura. Come “memoria di Cristo”, l’Eucaristia ricorda il passato preistorico e storico del Cristo, attualizzandolo nel vivo del presente e proiettandolo nel futuro radioso e grandioso della realizzazione del tempo. Difatti, Paolo afferma: “Voi annunciate la morte del Signore fino a che egli venga ogni qualvolta che mangiate di questo pane e bevete di questo calice” (1Cor 11, 26).

L’Eucaristia come “sacrificio”, ricorda tutta la storia della salvezza, dalle antichissime origini fino alla consumazione del tempo, in cui si realizza ugualmente tutta la storia umana, che solo in Cristo riceve la sua giusta spiegazione: tutto e in funzione dell’uomo, l’uomo è in funzione di Cristo e Cristo è in funzione di Dio: “tutto è vostro! Ma voi siete di Cristo e Cristo è di Dio” (1Cor 3, 23).

In altre parole, l’Eucaristia è memoria della salvezza operata da Cristo e come tale è efficace e attualizzante, nel senso che l’efficace dell’attualizzazione ora dipende dalla fede con cui si fa memoria e si crede allo Spirito che attualizza il mistero, e l’ingresso nel mistero eucaristico esplode nella lode e nella glorificazione delle meraviglie operate da Dio in Cristo, il suo Capolavoro. E si ritorna così sempre alla lode a Dio per la sua autorivelazione in Cristo. È sempre la centralità del Cristo - o dell’Eucaristia - il perno della storia sacra passata presente e futura: tutto è in funzione dell’Eucaristia, il Cristo totale: predestinato morto risuscitato e glorificato.

Globalmente considerati questi eventi dell’unico mistero Cristo prendono nome mirabile di “sacrificio della Croce” e “mistero pasquale”, che ancora mirabilmente si rinnova sull’altare ogni qualvolta si celebra l’Eucaristia, “fate questo in memoria di me”, perché solo l’Eucaristia “toglie il peccato del mondo”. Il sacrificio eucaristico applica in modo mirabile il sacrificio della Croce, che ingloba passato e futuro, secondo l’immagine apocalittica di Giovanni: “Io sono l’Alfa e l’Omega”, “il Principio e la Fine”, “Io sono il Primo e l’Ultimo”.



Eucaristia come sacramento

L’Eucaristia, fondamentalmente, è il dono di Cristo agli uomini per salire a Dio con Lui. L’Eucaristia è “sacramento” in modo del tutto speciale, perché è sacramento da sempre, cioè dal quando avviene la transustanziazione, come a dire che sacrificio e sacramento, pur distinguendosi nel termine e nel significato, sono ed esprimono la medesima realtà, il Cristo integrale. Per questa sua singolarità, bisogna prima precisare la causalità dei sacramenti e poi analizzare l’Eucaristia sotto tre diversi aspetti principali: culmine e vertice dell’economia sacramentaria, nutrimento perfetto dell’anima, e fonte e cuore d’ogni culto nella Chiesa.



Causalità dei Sacramenti

A questa analisi è sottesa tutta la diversità d’impostazione tra la concezione teocentrica e la concezione cristocentrica, sintetizzabile nel rapporto tra fede e ragione, tra grazia e libertà, tra grazia e natura... Nella prospettiva cristocentrica, l’uomo è chiamato a partecipare della vita divina, mediante l’incorporazione a Cristo attraverso i Sacramenti amministrati dalla Chiesa e nella Chiesa, come continuazione della stessa Incarnazione. L’inizio dell’incorporazione a Cristo è segnato dal battesimo, mentre gli altri l’accrescono e la perfezionano, specialmente con l’Eucaristia. Ovvia sembra l’affermazione che Cristo sia l’autore dei sacramenti, mentre alla Chiesa è lasciato il compito di amministrarli e di precisarli nell’arco storico.

Importante è determinare la causalità dei sacramenti. Comunemente si afferma che i sacramenti producono la grazia che essi significano. La diversità di opinione riguarda il modo di interpretare il valore del segno nella produzione della grazia. Due le ipotesi: una intende la causalità in senso fisica, nel senso che il sacramento come segno efficace produce la grazia, a modo di causalità strumentale; e l’altra, invece, in senso morale, ossia il sacramento come segno efficace influisce nella produzione della grazia come causalità efficiente morale.

Poiché questa seconda interpretazione è seguita da molti autori, sembra opportuno precisare qualche aspetto, così da allontanare ogni eventuale ombra di dubbio in un campo così delicato. Prima di tutto, la causalità morale ha valore di efficienza e non di occasione nella produzione della grazia, onde il valore causale del segno sacramentale. Il segno sensibile del sacramento non ha alcun valore “magico”, nel senso che possa determinare Cristo a conferire la grazia, perché unico autore della grazia è solo Cristo, che agisce come un “ablativo assoluto”, cioè senza alcuna dipendenza creaturale. Onde, l’adagio che i sacramenti agiscono ex opere operato, nel senso che hanno in sé stessi, ma per virtù di Cristo, il potere di produrre la grazia, indipendentemente dal potere di colui che l’amministra (ex opere operantis). La loro causalità, perciò, tecnicamente si chiama strumentale, perché operano in virtù del potere causale dato loro da Cristo stesso. In breve, la natura della causa strumentale dei segni sacramentali è più dispositiva che fisica.

L’Eucaristia come fons et culmen dei sacramenti

La particolarità dell’Eucaristia nasce fin dal momento della sua costituzione: mentre gli altri sacramenti donano la grazia che significano nei loro specifici segni, l’Eucaristia è la stessa grazia, è lo stesso autore della grazia, è lo stesso Cristo, è lo stesso Verbo Incarnato, è lo stesso Capolavoro di Dio, è la stessa imago Dei.

Questa specificità dell’Eucaristia nei rapporti con gli altri sacramenti si può anche sintetizzare così: l’Eucaristia, in quanto è lo stesso Cristo - ieri oggi sempre - è il sacramento che continuamente dura, finché sussistono le “specie”; gli altri sacramenti, invece, sussistono solo nell’atto della loro costituzione o confezione. Nell’Eucaristia confezione del sacramento (o sacrificio) e sacramento coincidono, perché è lo stesso Cristo che perennemente si auto-dà, gli altri sacramenti danno la grazia e poi non sono più. Il sacramento dell’Eucaristia, invece, è, rimane e perdura dall’atto della sua confezione fino al perdurare delle specie.

In altre parole: l’Eucaristia è sacramento sia sull’altare dopo la consacrazione, sia nel tabernacolo quando viene conservata per l’adorazione e per essere portata gli ammalati. Questa è la presenza continuativa di Cristo tra gli uomini: “Io sono con voi tutti i giorni fino alla del mondo” (Mt 28, 20), cioè il Cristo dell’Eucaristia è lo stesso Cristo com’è nei cieli. 

Una delicatissima domanda, come tentativo di spiegazione del delicato e complesso concetto della “transustanziazione”: nella conversione totale della sostanza che cosa si muta o cambia? Lo stesso Cristo così com’è nei cieli, oppure si moltiplica la sua presenza? Entrambe le ipotesi della causalità sacramentale assicurano e garantiscono la presenza reale di Cristo nell’Eucaristia al momento della consacrazione. Mentre nella prima ipotesi la spiegazione della contemporaneità con la presenza nel Cielo diventa più difficile; nell’altra, sembra, possa essere più facile. Di conseguenza: non è “Cristo” che si moltiplica - sulla terra e nei cieli - ma è la sua “presenza” che si moltiplica “qui” e “là”. Questa speciale moltiplicazione di “presenza” costituisce l’essenza del grande e imperscrutabile mistero eucaristico.

La sacramentalità dell’Eucaristia è tutta speciale: è sacramento da sempre, cioè dal quando avviene la transustanziazione nella consacrazione, come a dire che sacrificio e sacramento, pur distinguendosi nel termine e nel significato, sono ed esprimono la medesima realtà, il Cristo integrale. La particolarità dell’Eucaristia nasce fin dal momento della sua costituzione. Difatti, mentre gli altri sacramenti donano la grazia che significano nei loro specifici segni, l’Eucaristia è la stessa grazia, l’autore della grazia, lo stesso Cristo. Questa sua specificità si può anche sintetizzare così: l’Eucaristia, in quanto è lo stesso Cristo - ieri oggi sempre -, è il sacramento che continuamente dura, finché sussistono le “specie”; gli altri sacramenti, invece, sussistono solo nell’atto della loro costituzione o confezione; mentre nell’Eucaristia confezione del sacramento (o sacrificio incruento) e sacramento coincidono, perché è lo stesso Cristo che perennemente si auto-dà, gli altri sacramenti danno la grazia e poi non sono più. Il sacramento dell’Eucaristia, invece, è, rimane e perdura dall’atto della sua confezione fino alla sussistenza delle specie. In altre parole: l’Eucaristia è sacramento sia sull’altare dopo la consacrazione, sia nel tabernacolo quando viene conservata per l’adorazione e per gli ammalati. Questa è la presenza continuativa di Cristo tra gli uomini: “Io sono con voi fino alla fine del mondo” (Mt 28, 20), cioè il Cristo dell’Eucaristia è lo stesso Cristo com’è nei cieli.



L’Eucaristia come nutrimento spirituale

L’Eucaristia è il cibo spirituale e soprannaturale per eccellenza, perché è lo stesso Cristo Gesù autore della grazia: chi mangia il mio Corpo, vive di me. La comunione di Gesù Eucaristico può essere fatta in due modi: durante il sacrificio e fuori del sacrificio. La comunione durante il sacrificio abbraccia il significato di riconciliazione, come naturalmente significa il banchetto, cioè segno di comunione, di riconciliazione, di amicizia, di amore, di perdono... Tutti questi e altri segni del banchetto sono realmente presenti nella comunione ricevuta durante il sacrificio eucaristico. L’Eucaristia è veramente il cibo che riconcilia, che perdona, che apre alla vita e all’amore.

Anche se, per giusta causa e diversa situazione, si riceve il Corpo di Cristo fuori del sacrificio, l’Eucaristia conserva, benché in modo meno evidente, le stesse caratteristiche della comunione durante il sacrificio, di cui ne è il coronamento o il complemento. Alla luce eucaristica, la parabola del “figliuol prodigo” acquista certamente una luce nuova e più penetrante, da arricchirne il significato. Tutto il “nuovo”, che il Padre ordina per celebrare il ritorno del figlio perduto, può indicarsi nell’Eucaristia, vero banchetto di festa... Anche la considerazione del “contatto” corporeo con il Corpo dell’Agnello Immacolato, rende più splendido e più forte il nostro essere, come ha reso per sempre virgineo e sublime il cuore della Madre Immacolata.

In proposito, simpatiche e veritiere sono le indicazioni di carattere mistico-spirituale che produce l’Eucaristia, pur senza trattare ex professo l’argomento. Quando si riceve con le dovute disposizioni, l’Eucaristia - dice Duns Scoto - produce due grazie specifiche: quella accidentale o santificante o abituale, indicata dal gesto della stessa manducazione delle specie eucaristiche, e quella essenziale o sussistente, che è il Cristo stesso, presente in modo permanente sotto le specie. E questa seconda grazia costituisce il significato autentico dello stesso sacramento.

Quando si riceve con le dovute disposizioni, l’Eucaristia produce due grazie specifiche: quella accidentale o santificante, indicata dal gesto della manducazione delle specie eucaristiche; e quella essenziale o sussistente, che è il Cristo stesso, presente in modo permanente sotto le specie. Questa seconda grazia costituisce il significato autentico dello stesso sacramento. E, utilizzando un pensiero caro ad Agostino, che parla in genere di Cristo: “Io sono il nutrimento degli adulti. Cresci, e mi mangerai, senza per questo trasformarmi in te, come il nutrimento della tua carne; ma tu ti trasformerai in me” (Confessioni, VII, c.10, n. 16), Duns Scoto, applicandolo direttamente all’Eucaristia, scrive: “Credi e mi mangerai, ma non sarai tu a trasformare me in te, ma tu ti trasformerai in me” (Ordinatio, IV, 8, 3, 2), così si gettano le basi di quella crescita spirituale in Cristo fino alla completa maturità dell’uomo perfetto. E ancora scrive: “Se non ci fosse il Corpo di Cristo nell’Eucaristia, tutti altri sacramenti perderebbero di importanza, e sparirebbe ogni devozione nella Chiesa, né sarebbe possibile offrire il culto di adorazione o latria a Dio” (Reportata Parisiensia, IV, 8, 1, 3); dal momento che “all’Eucaristia è dovuto il culto di latria come a Dio” (Ibidem, IV, 11, 3, 8). Parafrasando questo pensiero, si può anche dire che senza Eucaristia, le chiese sarebbero un luogo freddo e gelido, un ammasso di pietre, cioè come un corpo senz’anima, senza cuore e senza sangue…



L’Eucaristia come fons del culto latreutico

L’Eucaristia è il sacramento per eccellenza, perché contiene ciò che realmente significa, il Verbo Incarnato, il Cristo intero, il Christus totus. Mentre gli altri sacramenti significano la grazia accidentale conferita a colui che li riceve; l’Eucaristia invece significa e realmente contiene la grazia essenziale, cioè lo stesso Cristo, che è la fonte d’ogni grazia, “caput omnis gratiae”, oltre alla grazia accidentale che si riceve in forza della preparazione con cui la si riceve. Il significato primo e importante dell’Eucaristia non è tanto la grazia accidentale, quanto la grazia essenziale.

Poiché Cristo ha voluto restare tra noi in modo permanente, ha scelto anche il segno sacramentale di permanenza nell’Eucaristia. La sua presenza reale aiuta molto il credente a sviluppare la giusta devozione verso di Lui e amarlo in modo degno. Tanto è vero che ogni azione di culto nella Chiesa ha fondamento e perfezione solo in relazione all’Eucaristia. Lo si nota specialmente sia nel sacerdote che celebra con più diligenza i sacramenti, e sia il popolo che assiste con più devozione alla santa Messa. 

Si potrebbe anche pensare, per assurdo, se nell’Eucaristia non ci fosse la presenza reale di Cristo, tutti altri sacramenti perderebbero di importanza, e sparirebbe, forse, ogni devozione nella Chiesa, e non si potrebbe offrire il culto di adorazione o latria a Dio; dal momento che solo all’Eucaristia è dovuto il culto di latria come a Dio. Le stesse chiese non sarebbero che un luogo freddo e gelido, come un corpo senz’anima, senza cuore e senza sangue, un semplice ammasso ordinato di pietre.  



L’Eucaristia e la Chiesa

Il rapporto tra Eucaristia e Chiesa è molto stretto e intenso. E questo specialmente in ordine al sacramento dell’Ordine che produce l’Eucaristia, e l’Eucarestia a sua volta realizza e alimenta la Chiesa, intesa principalmente come Corpo Mistico di Cristo. Scopo preminente del Corpo Mistico di Cristo è l’unità più profonda di tutto il genere umano nella carità più perfetta e nella consumazione dell’unità.

Per quanto riguarda la struttura sacramentaria della Chiesa, fondata dallo stesso Cristo per stimolare e sviluppare la crescita spirituale della stessa realtà ecclesiale del Corpo Mistico, un posto privilegiato occupa certamente il “sacerdozio”. Onde la grande cura con cui bisogna trattare l’ordine sacerdotale, che attraverso il suo ministero unisce i fedeli allo stesso capo, che è Cristo. La dignità e la grandezza del sacerdote proviene direttamente dalla sua relazione con l’Eucaristia, nella cui offerta egli agisce sempre in nome di tutta la Chiesa. Per questo si può chiamare coi nomi più belli e di grande spessore teologico: “mediatore tra Dio e la Chiesa”, “ambasciatore della sposa allo sposo”, “vicario di Cristo”.



Culto

L’Eucaristia, come il continuo “presente” storico di Cristo, costituisce veramente il cuore della Chiesa, il culmine e il vertice del culto latreutico a Dio, come Cristo stesso dice: “Che siano tutti una cosa sola, come tu sei in me, o Padre, ed io in te; che essi siano una cosa sola in noi, affinché il mondo creda che tu mi hai mandato. E la gloria che tu mi desti, io l’ho data loro, perché siano una cosa sola, come noi siamo una cosa sola, io in essi e tu in me, affinché siano perfetti nell’unità” (Gv 17, 21-23).

La festa del Corpus Domini, essendo una delle più popolari della cristianità, viene festeggiata con imponenti processioni. A Roma, la processione è presieduta dallo stesso Papa. L’uso della processione nella festa del Corpus Domini è stata introdotta da Giovanni XXII, nel 1316.

Normalmente la celebrazione del Corpus Domini si festeggia quaranta giorni dopo la Pasqua, ossia il giovedì dopo la festa della SS. Trinità, nei paesi dove è festa di precetto; dove, invece, non è festa di precetto, si posticipa alla domenica successiva, come in Italia dal 1977.



Autore: P. Giovanni Lauriola ofm