mercredi 26 juin 2013

Saint JOSEMARÍA ESCRIVÁ DE BALAGUER, religieux et fondateur


JOSEMARÍA ESCRIVÁ DE BALAGUER

Profil biographique du bienheureux Josémaria

Extrait du bref apostolique de béatification du Vénérable Serviteur de Dieu Josémaria Escrivá, prêtre, fondateur de l’Opus Dei :

" Le fondateur de l’Opus Dei a rappelé que, par suite de l’universalité de l’appel à la pleine union au Christ, toute activité humaine peut devenir un lieu de rencontre avec Dieu. […] Il fut un authentique maître de vie chrétienne et il sut atteindre les sommets de la contemplation par une prière continuelle, une mortification constante, un effort quotidien pour accomplir son travail avec une docilité exemplaire aux motions du Saint-Esprit, afin de servir l’Église comme l’Église veut être servie. "

*****

Un foyer lumineux et joyeux

Josémaria Escrivá de Balaguer est né à Barbastro (Espagne) le 9 janvier 1902. Il était le second des six enfants de José Escrivá et Maria Dolorès Albás. Ses parents, fervents catholiques, l’ont fait baptiser quatre jours plus tard, le 13 janvier. Ils lui ont transmis, grâce à leur vie exemplaire, les fondements de la foi et les vertus chrétiennes : l’amour de la confession et de la communion fréquente, le recours confiant à la prière, la dévotion à la très Sainte Vierge, et l’aide aux plus nécessiteux.

Le bienheureux Josémaria, un enfant gai, éveillé et naturel, espiègle, bon élève, intelligent et observateur, aimait beaucoup sa mère et avait une grande confiance, pleine d’amitié, en son père, qui l’invitait à s’épancher librement et qui répondait à ses questions avec affection et avec prudence. Très tôt le Seigneur commence à tremper l’âme de Josémaria dans la forge de la souffrance : ses trois petites sœurs meurent entre 1910 et 1913 et, en 1914, la famille se trouve ruinée. En 1915, les Escrivá déménagent à Logroño où le père a trouvé un emploi lui permettant de subvenir modestement aux besoins des siens.

L’hiver 1917-18 a lieu un fait qui aura une influence décisive sur le futur de Josémaria Escrivá : pendant les vacances de Noël, une abondante chute de neige recouvrit la ville. Un jour il voit par terre les traces gelées de pieds sur la neige : les pas d’un carme qui marchait pieds nus. Il se demande alors : Si d’autres font tant de sacrifices par amour de Dieu et du prochain, ne serais-je pas capable de lui offrir quelque chose ? Une inquiétude divine pointe alors dans son cœur. Je commençai à pressentir l’Amour, à me rendre compte que le cœur me demandait quelque chose de grand, qui relevait de l’ordre de l’amour. Sans savoir encore avec précision ce que Dieu lui demande, il décide de devenir prêtre, pensant ainsi qu’il sera plus disponible pour accomplir la volonté divine.

L’ordination sacerdotale

Après son baccalauréat, il entame des études ecclésiastiques au séminaire de Logroño, puis, en 1920, il rentre dans celui de Saragosse. Il achèvera la formation préalable à la prêtrise dans l’Université pontificale de cette ville. C’est aussi à Saragosse, capitale de l’Aragon, qu’il poursuit des études de droit, sur le conseil de son père et avec l’accord de ses supérieurs ecclésiastiques. Il sait se fait aimer de ses camarades par son caractère généreux et enjoué, sa simplicité et sa sérénité. Le soin qu’il apporte à sa vie de piété, tout comme son respect des normes disciplinaires du séminaire et le sérieux de ses études, font de lui un exemple pour tous les séminaristes. En 1922, alors qu’il n’avait que vingt ans, l’archevêque de Saragosse le nomme inspecteur du séminaire.

Durant cette période, il passe beaucoup d’heures à prier devant le Saint-Sacrement, enracinant profondément sa vie intérieure dans l’Eucharistie, et il se rend tous les jours à la basilique du Pilier pour demander à la Sainte Vierge de lui montrer ce que Dieu veut de lui : Depuis que j’ai pressenti l’amour de Dieu, disait-il le 2 octobre 1968, j’ai cherché, dans ma petitesse, à réaliser ce qu’il attendait de ce pauvre instrument. […] Et dans ces désirs ardents, je priais, je priais, j’étais continuellement en prière. Je ne cessais de répéter : Domine, ut sit ! Domine, ut videam ! comme le pauvre aveugle de l’Évangile qui implore, car Dieu peut tout. Seigneur, que je voie ! Seigneur, que cela soit ! Et je répétais aussi, […] plein de confiance en ma Mère du ciel : Domina, ut sit ! Domina, ut videam ! La très Sainte Vierge m’a toujours aidé à découvrir les souhaits de son Fils.

Le 27 novembre 1924 don José Escrivá meurt subitement, victime d’une syncope. Le 28 mars 1925, Josémaria est ordonné prêtre par monseigneur Miguel de los Santos Diaz Gómara, dans l’église du séminaire Saint-Charles, à Saragosse. Deux jours plus tard, il célèbre sa première messe solennelle à la sainte chapelle du Pilier. Le 31 de ce mois-là, il part pour Perdiguera, petit village, où il a été nommé régent auxiliaire de la paroisse.

En avril 1927, avec l’agrément de son archevêque, il s’installe à Madrid pour préparer un doctorat en droit civil qu’on ne pouvait obtenir, à l’époque, qu’à l’université Centrale de la capitale de l’Espagne. C’est là que son élan apostolique le met vite en contact avec des gens de tout bord : étudiants, artistes, ouvriers, intellectuels, prêtres. Et il se dépense sans relâche au service des enfants, des malades et des pauvres des bidonvilles.

En même temps, il subvient aussi aux besoins de sa mère, de sa sœur et de son frère, en donnant des petits cours de droit. C’est une époque de grande pénurie, que toute sa famille endure dans la dignité et avec beaucoup de courage. Le Seigneur le bénit avec d’abondantes grâces extraordinaires qui ont trouvé un terrain fertile dans son âme généreuse, et pu ainsi produire de nombreux fruits au service de l’Église et des âmes.

Fondation de l’Opus Dei

C’est le 2 octobre 1928 que naît l’Opus Dei. Le bienheureux Josémaria fait alors une retraite spirituelle. Il médite à partir des notes qu’il a prises les années précédentes des motions intérieures dont Dieu l’a gratifié quand, soudain, il voit — c’est toujours ce terme qu’il emploiera pour décrire son expérience de fondateur — la mission que le Seigneur veut lui confier : ouvrir dans l’Église un nouveau chemin à caractère de vocation, destiné à répandre la recherche de la sainteté et la réalisation de l’apostolat à partir de la sanctification du travail ordinaire, en plein dans le monde, sans changer d’état. Quelques mois plus tard, le 14 février 1930, le Seigneur lui fait comprendre que l’Opus Dei doit aussi s’étendre aux femmes.

À partir de ce moment, le bienheureux Josémaria se livre, corps et âme, à l’accomplissement de sa mission de fondateur : promouvoir chez les hommes et les femmes de tous les milieux sociaux, un engagement personnel de suivre le Christ, d’aimer le prochain, de rechercher de la sainteté dans la vie quotidienne. Il ne se prend ni pour un innovateur ni pour un réformateur, car il est convaincu que Jésus-Christ est la nouveauté éternelle et que le Saint-Esprit rajeunit continuellement l’Église, au service de laquelle Dieu à suscité l’Opus Dei. Sachant que la tâche qui lui a été confiée est de portée surnaturelle, il pose comme fondations de son travail sa prière, sa pénitence, sa joyeuse conscience de la filiation divine, son travail inlassable. Des gens de toutes les conditions sociales commencent alors à le suivre, en particulier des groupes d’étudiants, chez qui il éveille un élan sincère de servir leurs frères, en les faisant brûler du désir de mettre le Christ au cœur de toutes les activités humaines moyennant un travail sanctifié, sanctifiant et sanctificateur. Voilà l’objectif qu’il assignera aux initiatives des fidèles de l’Opus Dei : élever vers Dieu, à l’aide de la grâce, toutes les réalités créées, afin que le Christ règne en tous et en tout ; connaître Jésus-Christ ; le faire connaître ; le porter partout. On peut ainsi comprendre qu’il ait pu s’écrier : Les chemins divins de la terre se sont ouverts.

Expansion apostolique

En 1933, il promeut une académie universitaire parce qu’il est convaincu que le monde de la science et de la culture est un point névralgique pour l’évangélisation de toute la société. En 1934 il publie, — sous le titre de Considérations spirituelles —, la première édition de Chemin, livre de spiritualité tiré à plus de quatre millions et demi d’exemplaires avec 372 éditions en 44 langues.

L’Opus Dei fait ses premiers pas lorsque la guerre civile d’Espagne éclate, en 1936. Madrid est ravagé par la violence antireligieuse, mais malgré le danger Josémaria s’adonne de façon héroïque à la prière, à la pénitence et à l’apostolat. C’est une période de souffrance pour l’Église, mais ce sont aussi des années de croissance spirituelle et apostolique, de raffermissement de l’espérance. En 1939, à la fin du conflit, le fondateur de l’Opus Dei peut donner un nouvel élan à son travail apostolique dans toute la péninsule. Il mobilise en particulier beaucoup d’étudiants pour qu’ils portent le Christ dans tous les milieux et fassent ainsi connaître la grandeur de leur vocation chrétienne. Sa renommée de sainteté se répand alors : beaucoup d’évêques l’invitent à prêcher des retraites au clergé et aux laïcs des organisations catholiques. Les supérieurs de différents ordres religieux le sollicitent aussi dans ce sens et il accepte toujours.

Sa mère, qui avait tant aidé les activités apostoliques de l’Opus Dei, meurt en 1941 alors qu’il prêche une retraite à des prêtres, à Lérida. Le Seigneur permet aussi que de dures incompréhensions s’abattent sur lui. L’évêque de Madrid, monseigneur Eijo y Garay, l’assure de son appui le plus sincère et accorde à l’Opus Dei sa première approbation canonique. Le bienheureux Josémaria endure ces difficultés dans la prière et la bonne humeur, conscient que tous ceux qui veulent vivre dans le Christ avec piété seront persécutés (2 Tm 3, 12), et il demande à ses enfants spirituels de s’efforcer de pardonner et d’oublier les offenses: Se taire, prier, travailler, sourire.

En 1943, il reçoit une nouvelle grâce à caractère de fondation pendant qu’il célèbre la sainte messe: la Société sacerdotale de la Sainte-Croix voit le jour dans l’Opus Dei. Les prêtres qui proviennent des fidèles laïcs de l’Opus Dei pourront y être incardinés. L’appartenance plénière des fidèles laïcs et des prêtres à l’Opus Dei, ainsi que la coopération organique des uns et des autres à ses activités apostoliques est un trait propre au charisme de fondation, que l’Église a confirmé en 1982, lorsqu’elle a déterminé sa configuration juridique définitive en tant que prélature personnelle. Le 25 juin 1944, trois ingénieurs reçoivent l’ordination sacerdotale. Parmi eux se trouve Álvaro del Portillo, futur successeur du fondateur à la tête de l’Opus Dei. Depuis lors, le bienheureux Josémaria a conduit à la prêtrise près d’un millier de laïcs de l’Opus Dei.

La Société sacerdotale de la Sainte-Croix, intrinsèquement unie à l’Opus Dei, assure aussi, en pleine harmonie avec les pasteurs des Églises locales, des activités de formation spirituelle pour les prêtres diocésains et pour les candidats au sacerdoce. Les prêtres diocésains peuvent faire aussi partie de la Société sacerdotale de la Sainte-Croix, sans que cela affecte leur appartenance au clergé de leur diocèse respectif.

Esprit romain et universel

À la fin de la guerre mondiale, le bienheureux Josémaria commence à préparer le travail apostolique ailleurs qu’en Espagne, puisque, insistait-il, Jésus veut que son Œuvre ait, dès le premier instant, un cœur universel, catholique. En 1946, il s’installe à Rome, afin d’y préparer la reconnaissance pontificale de l’Opus Dei. Le 24 février 1947, Pie XII lui accorde le decretum laudis et, le 16 juin 1950, l’approbation définitive. À partir de cette date des hommes et des femmes non catholiques, voire non chrétiens, peuvent être admis comme coopérateurs de l’Opus Dei. Ils aident toutes les activités apostoliques avec leur travail, leur aumône et leur prière.

Le siège central de l’Opus Dei se trouve à Rome, afin de souligner de façon tangible ce qui informe tout son travail : servir l’Église comme l’Église veut être servie, dans une étroite adhésion au siège de Pierre et à la hiérarchie ecclésiastique. À plusieurs reprises, Pie XII et Jean XXIII lui montrent leur affection et leur estime ; Paul VI écrit au fondateur en 1964 cette définition de l’Opus Dei : " Une expression vivante de la jeunesse pérenne de l’Église. "

Cette période de la vie du fondateur est aussi marquée par toute une série d’épreuves : à sa santé détériorée par tant de souffrances (pendant presque dix ans, il a souffert d’une grave forme de diabète dont il a été miraculeusement guéri en 1954), viennent s’ajouter l’absence de moyens matériels et les difficultés inhérentes à l’expansion de l’apostolat dans le monde entier. Cependant, il est toujours rayonnant, parce qu’il sait que la vraie vertu n’est pas triste et antipathique, mais aimablement joyeuse. Sa bonne humeur permanente est un témoignage continuel de son attachement inconditionnel à la volonté de Dieu.

Le monde est tout petit lorsque l’Amour est grand : le désir d’inonder la terre de la lumière du Christ le pousse à répondre à l’appel de nombreux évêques qui, partout dans le monde, réclament l’aide des apostolats de l’Opus Dei à l’évangélisation. Des projets très variés voient alors le jour : des écoles de formation professionnelle, des centres de qualification pour paysans, des universités, des écoles, des hôpitaux et des dispensaires, etc. Ces activités, — une mer sans rivages, aimait-il dire —, sont le fruit de l’initiative de chrétiens courants qui souhaitent répondre aux besoins d’un endroit déterminé, avec une mentalité laïque et un sens professionnel. Elles sont ouvertes à des personnes de toute race, de toute religion et de toute condition sociale, puisque leur identité chrétienne est toujours compatible avec un profond respect de la liberté des consciences.

Dès que Jean XXIII annonce qu’il convoque un concile œcuménique, le bienheureux Josémaria se met à prier et à faire prier pour l’heureux aboutissement de cette grande initiative qu’est le concile œcuménique Vatican II, comme il l’écrit dans une lettre en 1962. Le magistère solennel de l’Église va alors confirmer des aspects fondamentaux de l’esprit de l’Opus Dei : l’appel universel à la sainteté ; le travail professionnel en tant que moyen de sainteté et d’apostolat ; la valeur et les limites légitimes de la liberté du chrétien dans les affaires temporelles, la sainte messe comme centre et racine de la vie intérieure, etc. Le bienheureux Josémaria rencontre de nombreux pères conciliaires et beaucoup d’experts qui voient en lui un authentique précurseur de beaucoup de lignes maîtresses de Vatican II. Profondément identifié à la doctrine conciliaire, il promeut sa mise en pratique, avec empressement, à travers les activités de formation de l’Opus Dei partout dans le monde.

Sainteté au milieu du monde

De loin, là-bas, à l’horizon, il semble que le ciel rejoigne la terre. N’oublie pas que c’est dans ton cœur d’enfant de Dieu que la terre et le ciel se rejoignent vraiment,. La prédication du bienheureux Josémaria souligne constamment la primauté de la vie intérieure sur toute activité d’organisation: Ces crises mondiales sont des crises de saints, a-t-il écrit dans Chemin. La sainteté demande toujours que la prière, le travail et l’apostolat fusionnent dans ce qu’il appelle l’unité de vie, dont sa conduite personnelle est le meilleur témoignage.

Il était profondément convaincu que pour atteindre la sainteté dans le travail, il faut s’efforcer d’être une âme de prière, une âme de vie intérieure profonde. Lorsqu’on vit de la sorte, tout est prière, tout peut et doit nous conduire à Dieu, si nous alimentons ce rapport continuel avec lui, du matin au soir. Tout travail peut être prière, et tout travail, devenu prière, est apostolat.

La racine de la prodigieuse efficacité de son ministère se trouve dans cette ardente vie intérieure qui fait du bienheureux Josémaria un contemplatif au milieu du monde : une vie intérieure nourrie de la prière et des sacrements, qui se traduit par son amour passionné de l’Eucharistie, par la profondeur avec laquelle il vit la messe, comme le centre et la racine de sa propre vie, par sa tendre dévotion envers la Sainte Vierge, saint Joseph et les saints anges gardiens ; par sa fidélité à l’Église et au pape.

Sa rencontre définitive avec la Très Sainte Trinité

Les dernières années de sa vie, le fondateur de l’Opus Dei entreprend des voyages de catéchèse dans de nombreux pays d’Europe et d’Amérique latine: partout il tient de nombreuses réunions de formation, simples et familiales, même si fréquemment des milliers de personnes se déplacent pour l’écouter. Il y parle de Dieu, des sacrements, des dévotions chrétiennes, de la sanctification du travail, d’amour de l’Église et du pape. Le 28 mars 1975, il célèbre son jubilé sacerdotal. Ce jour-là, sa prière est comme une synthèse de toute sa vie: Au bout de ces cinquante ans, je suis comme un enfant qui balbutie ; je commence, je recommence dans ma lutte intérieure de chaque jour. Et ainsi, jusqu’à la fin des jours qu’il me reste à vivre : recommençant sans cesse.

Le 26 juin 1975, à midi, le bienheureux Josémaria décède dans la pièce où il travaille, des suites d’un arrêt cardiaque, aux pieds d’un tableau de la très Sainte Vierge qui a reçu son dernier regard. À ce moment-là, l’Opus Dei est présent dans les cinq continents, il compte plus de 60 000 fidèles, de 80 nationalités. Les ouvrages spirituels de monseigneur Escriva (Chemin, Saint Rosaire, Entretiens avec monseigneur Escriva, Quand le Christ passe, Amis de Dieu, Aimer l’Église, Chemin de Croix, Sillon, Forge) sont diffusés à des millions d’exemplaires.

Après son décès, un grand nombre de fidèles demandent au pape d’ouvrir sa cause de canonisation. Le 17 mai 1992, à Rome, sa sainteté le pape Jean Paul II a béatifié Josémaria Escriva, au cours d’une cérémonie qui a réuni une grande foule. Le 21 septembre 2001, la congrégation ordinaire des cardinaux et des évêques membres de la congrégation pour les causes des saints, confirme, à l’unanimité, le caractère miraculeux d’une guérison et son attribution au bienheureux Josémaria. Le souverain pontife assiste à la lecture du décret sur le miracle qui a lieu le 20 décembre 2001. Le 26 février 2002, Jean Paul II préside le consistoire ordinaire publique des cardinaux et, après avoir entendu les cardinaux, les archevêques et les évêques présents, il décide que la cérémonie de canonisation du bienheureux Josémaria aura lieu le 6 octobre 2002.



Saint Josémaria Escriva a ouvert de nouveaux chemins de sainteté dans l'Église, rappelant que tous peuvent trouver la sainteté en accomplissant leur travail et leurs tâches quotidiennes avec un esprit chrétien.

ENFANCE ET JEUNESSE

Josémaria Escriva de Balaguer est né à Barbastro (province de Huesca, Espagne) le 9 janvier 1902. Ses parents s'appelaient José et Dolores. Il eut cinq frères et sœurs : Carmen (1899-1957), Santiago (1919-1994) et trois sœurs plus jeunes que lui, qui moururent étant encore enfants. Le couple Escriva donna à ses enfants une profonde éducation chrétienne.

En 1915, l'entreprise commerciale de son père ferma ses portes, et il dût s'installer à Logroño, où il trouva un autre travail. Dans cette ville, Josémaria perçut pour la première fois que Dieu l'appelait : après avoir vu des traces de pieds nus dans la neige laissées par un religieux, il compris que Dieu attendait quelque chose de lui, sans savoir quoi exactement. Il pensa alors qu'il pourrait mieux le découvrir en devenant prêtre ; il commença à s'y préparer tout d'abord à Logroño et plus tard au séminaire de Saragosse. Il poursuivit aussi des études de droit civil, comme auditeur libre.

LA FONDATION DE L'OPUS DEI

Son père mourut en 1924, et il devint alors comme le chef de la famille. Le 28 mars 1925, il fût ordonné prêtre et il commença à exercer son ministère dans une paroisse rurale dans les environs de Saragosse. En 1927, il s'installa, avec la permission de son évêque, à Madrid, pour pouvoir achever un doctorat en droit. Là, le 2 octobre 1928, durant des exercices spirituels, il vit ce que Dieu lui demandait et il fonda l'Opus Dei. Dès lors, il commença à travailler à cette fondation, en même temps qu'il exerçait son ministère sacerdotal, spécialement dans les milieux déshérités, auprès des pauvres et des malades. En outre, il prolongea ses études à l'Université de Madrid et dispensa des cours pour subvenir aux besoins de sa famille.

LA CROISSANCE DE L'OPUS DEI

En 1946, il fixa sa résidence à Rome. Il obtint le doctorat en Théologie à l'Université du Latran. Il fût nommé consulteur de deux congrégations vaticanes, membre honoraire de l'Académie Pontificale de Théologie et prélat d'honneur de Sa Sainteté. Depuis Rome, il voyagea à de nombreuses occasions dans différents pays d'Europe — et en 1970 au Mexique —, pour établir et consolider l'Opus Dei dans ces régions du monde. Animé de la même ambition, il entreprit, en 1974 et en 1975, deux grands voyages en Amérique centrale et du Sud, où il tînt des réunions catéchétiques avec de très nombreuses personnes.

Saint Josémaria mourut à Rome le 26 juin 1975. Des milliers de personnes, dont plus d'un tiers de l'épiscopat mondial, sollicitèrent du saint-siège l'ouverture de son procès en béatification et en canonisation.

BÉATIFICATION ET CANONISATION

Depuis sa mort, des milliers de lettres furent adressées à Rome pour demander au pape l'ouverture de sa cause en béatification et en canonisation. Parmi elles, celles de 69 cardinaux et près de 1300 évêques (plus d'un tiers de l'épiscopat mondial). Plusieurs miracles ont été attribués à l'intercession du saint, incluant quelques guérisons, médicalement inexpliqués.

Le miracle retenu pour la béatification de Mgr Escriva fut celui de la guérison, en 1976, d'un carmélite de la Charité, la sœur Concepción Boullón Rubio, qui, malade, était au bord de la mort.

Après un examen exhaustive de la vie et de l'œuvre de Mgr Escriva - un procès de 10 ans - le pape le béatifia le 17 mai 1992 sur la Place Saint-Pierre. La béatification de Mgr Escriva, aux côtés de la bienheureuse Joséphine Bakhita, eut lieu devant une des plus grandes foules réunie sur cette place au cours du XXème siècle, soit quelques 300 000 personnes dont 34 cardinaux et 200 évêques. Dans son homélie, Jean-Paul II dit aux fidèles : « Avec une intuition surnaturelle, le bienheureux Josémaria a prêché inlassablement l'appel universel à la sainteté et à l'apostolat.

Dans une société où le désir effréné de posséder transforme les biens matériels en idoles qui éloignent les hommes de Dieu, le nouveau bienheureux nous rappelle que ces réalités concrètes, créés par Dieu et par le génie de l'homme, si l'on s'en sert correctement pour la gloire du Créateur et au service de nos frères, peuvent être un chemin qui conduit les hommes à rencontrer le Christ. »

Jean-Paul II a canonisé Josémaria Escriva de Balaguer le 6 octobre 2002 sur la place Saint-Pierre.

© 2013, Service Information-communication de l'Opus Dei sur Internet



Saint Josémaria Escriva de Balaguer est né en 1902 à Barbastro (Espagne). Il est le deuxième de six enfants. Il apprend de ses parents et à l'école les fondements de la foi et incorpore très tôt à sa vie des coutumes chrétiennes telles que la confession et la communion fréquentes, la récitation du chapelet et l'aumône. La mort de ses trois petites s?urs et la faillite familiale lui font connaître très vite le malheur et la douleur : cette expérience forge son caractère, au naturel enjoué et expansif, et le fait mûrir. En 1915 sa famille s'installe à Logroño, où son père a trouvé du travail.

En 1918, Josémaria comprend que Dieu veut quelque chose de lui, sans savoir toutefois de quoi il s'agit. Il décide de se donner entièrement à Dieu et de devenir prêtre. Il pense qu'il sera ainsi plus disponible pour accomplir la volonté divine. Il commence ses études ecclésiastiques à Logroño puis, en 1920 entre au séminaire diocésain de Saragosse. Il complète sa formation préalable au sacerdoce à l'Université pontificale de cette ville. Il suit aussi des études de droit, sur la suggestion de son père et avec l'autorisation de ses supérieurs. En 1925, il reçoit le sacrement de l'ordre et commence à exercer son ministère pastoral, auquel dès lors son existence s'identifie.

En 1927 il se rend à Madrid pour y obtenir le doctorat en droit. Sa mère, sa soeur et son frère l'y accompagnent, car, après le décès de son père, en 1924, Josémaria est le chef de famille. Dans la capitale, il réalise une intense activité sacerdotale, principalement auprès des pauvres, des malades et des enfants. En même temps, il gagne sa vie et subvient aux besoins des siens en donnant des cours de matières juridiques. C'est une époque de grandes difficultés financières, vécue par toute sa famille avec dignité et courage. Son apostolat sacerdotal s'étend aussi à des étudiants, des artistes, des ouvriers et des intellectuels qui, au contact des pauvres et des malades dont Josémaria s'occupe, apprennent à vivre la charité et à s'engager avec un sens chrétien à améliorer la société.

À Madrid, au cours d'une retraite spirituelle, Dieu lui fait voir la mission à laquelle il l'a destiné : le 2 octobre 1928 naissait l'Opus Dei. L'Opus Dei a pour mission spécifique de promouvoir parmi des hommes et des femmes de tous les milieux de la société un engagement personnel de suivre le Christ, d'aimer Dieu et son prochain et de recherche la sainteté dans la vie quotidienne. À partir de 1928, Josémaria Escriva se livre corps et âme à l'accomplissement de la mission de fondation qu'il a reçue, car il est convaincu que Jésus-Christ est la nouveauté éternelle et que l'Esprit Saint rajeunit continuellement l'Église, au service de laquelle il a suscité l'Opus Dei. En 1930, à la suite d'une nouvelle lumière que Dieu allume dans son âme, il commence le travail apostolique des femmes de l'Opus Dei. Josémaria Escriva placera toujours la femme, en tant que citoyenne et que chrétienne, face à ses responsabilités - ni supérieures ni inférieures à celles de l'homme - dans la construction de la société civile et de l'Église.

Il publie en 1934, sous le titre de Consideraciones espirituales, la première édition de Chemin, son ouvrage le plus répandu, publié à plus de quatre millions d'exemplaires au fil des ans. Josémaria Escriva est également connu dans la littérature spirituelle par d'autres titres, tels que Saint Rosaire, Quand le Christ passe, Amis de Dieu, Chemin de Croix, Sillon ou Forge.

La guerre civile d'Espagne (1936-1939) sera un obstacle sérieux pour la fondation encore récente. Ce sont des années de souffrance pour l'Église, marquées, dans bien des cas, par la persécution religieuse, dont le fondateur de l'Opus Dei réussira à sortir vivant au prix de bien des souffrances. Ce sont aussi des années de croissance spirituelle et apostolique et de consolidation de l'espérance. À partir de 1940, Josémaria Escriva prêche des exercices spirituels à des centaines de prêtres dans toute l'Espagne, à la demande de nombreux évêques. Au cours de ces années, l'Opus Dei se développe dans toute la péninsule, en attendant que la fin de la deuxième Guerre mondiale (1939-1945) permette l'expansion du travail apostolique à d'autres pays. L'Espagne des années quarante sera aussi la scène de graves incompréhensions, dont l'écho retentira encore bien des années plus tard. Josémaria supporte les difficultés en priant et avec bonne humeur, certain que, dans l'Église comme dans la société civile, les jalousies et les envies accompagnent toujours les premiers pas de toute réalité nouvelle.

En 1943, une nouvelle grâce de fondation que Josémaria Escriva reçoit alors qu'il célèbre la messe, l'amène à fonder la Société sacerdotale de la Sainte-Croix, dans laquelle des prêtres provenant des fidèles laïcs de l'Opus Dei seraient incardinés. La pleine appartenance de fidèles laïcs et de prêtres à l'Opus Dei, ainsi que la coopération organique des uns et des autres dans leurs activités apostoliques, est un trait propre au charisme de fondation de l'Opus Dei que l'Église a confirmé en déterminant sa configuration juridique. La Société sacerdotale de la Sainte-Croix réalise aussi, en plein accord avec les pasteurs des Églises locales, des activités de formation spirituelle pour des prêtres diocésains et pour des candidats au sacerdoce. Les prêtres diocésains peuvent faire eux aussi partie de la Société sacerdotale de la Sainte-Croix, sans cesser pour autant d'appartenir au clergé de leurs diocèses respectifs.

Conscient de la racine et de la portée universelles de sa mission, Josémaria Escriva vient s'installer à Rome en 1946, dès la fin de la guerre mondiale. De 1946 à 1950, l'Opus Dei obtient diverses approbations pontificales qui viennent confirmer les éléments spécifiques de la fondation : sa finalité surnaturelle, qui se traduit par le fait de répandre le message chrétien de sanctification de la vie courante ; sa mission au service du pontife romain, de l'Église universelle et des Église locales ; son caractère universel ; la sécularité ; le respect de la liberté et de la responsabilité personnelles et du pluralisme dans les domaines politique, sociaux, culturels, etc. Sous l'impulsion du fondateur, l'Opus Dei va s'étendre peu à peu de Rome à trente pays des cinq continents entre 1946 et 1975.

À partir de 1948, des gens mariés, qui recherchent la sainteté dans leur état, peuvent aussi appartenir à part entière à l'Opus Dei. Le saint-siège approuve aussi, en 1950, que des hommes et des femmes non catholiques et non chrétiens (orthodoxes, luthériens, juifs, musulmans, etc.) soient admis en tant que coopérateurs et aident les activités apostoliques de l'Opus Dei.

Dans la décennie des années cinquante, Josémaria Escriva encourage le lancement de projets très variés : écoles de formation professionnelle, centres de formation pour paysans, universités, collèges, hôpitaux et dispensaires, etc. Ces activités, fruit de l'initiative de fidèles chrétiens courants qui veulent répondre, avec une mentalité laïque et un sens professionnel, aux besoins concrets d'un endroit déterminé, sont ouvertes à des personnes de toutes races, religions et conditions sociales : la claire identité chrétienne des initiatives promues par les fidèles de l'Opus Dei va de pair, en effet, avec un profond respect de la liberté des consciences.

Pendant le concile Vatican II (1962-1965), le fondateur de l'Opus Dei maintient des relations intenses et fraternelles avec de nombreux Pères conciliaires. Quelques-uns des thèmes qui constituent le noyau du magistère conciliaire sont l'objet de ses conversations fréquentes. C'est le cas, par exemple, de la doctrine sur l'appel universel à la sainteté ou sur la fonction des laïcs dans la mission de l'Église. Profondément identifié à la doctrine de Vatican II, Josémaria Escriva contribuera activement à sa mise en ?uvre au travers des activités de formation de l'Opus Dei dans le monde entier.

Entre 1970 et 1975, son zèle évangélisateur l'amène à entreprendre des voyages de catéchèse en Europe et en Amérique. Au cours de nombreuses réunions de formation, simples et familiales - même quand des milliers de personnes y prennent part - il parle de Dieu, des sacrements, des dévotions chrétiennes, de la sanctification du travail, avec la même vigueur spirituelle et la même capacité de communication qu'au cours des premières années de son sacerdoce.

Il meurt à Rome, le 26 juin 1975. Des milliers de personnes qui se sont approchées du Christ et de l'Église grâce à son travail sacerdotal, à son exemple et à ses écrits pleurent sa mort. Un grand nombre de fidèles demande au pape d'ouvrir sa cause de canonisation. Le 17 mai 1992, le pape Jean Paul II élève Josémaria sur les autels au cours d'une cérémonie de béatification à laquelle participait une foule immense de pèlerins, à Rome. Il a été canonisé le 6 octobre 2002.



JOSEMARÍA ESCRIVÁ DE BALAGUER

Déclarations à l’occasion de la prochaine canonisation

Transcription de quelques déclarations réalisées depuis que s’est diffusée la nouvelle de la canonisation du bienheureux Josémaria Escriva:

- Card. Christoph Schönborn, Archevêque de Vienne (Cathédrale de Vienne, 9 janvier 2002):

“Dieu a conféré à l’homme la dignité de pouvoir configurer la réalité. Le bienheureux Josémaria a reçu ce message fondamental comme une charge: le travail, compris comme chemin non seulement d’autoréalisation mais aussi de sainteté”.

- Rev. Brian Kolodiejchuck, M.C., Postulateur de la cause de canonisation de la Mère Teresa de Calcutta (Rome, 26 février 2002):

“Il est surprenant de constater la variété des charismes et des caractères des saints dans l’Église. Mais quand on arrive à connaître plus à fond la vie et l’esprit de chacun, on commence à percevoir le dénominateur commun qui les unit : être reflet de la manière d’être du Christ, le Saint par excellence. C’est ce qui arrive avec les deux grandes personnalités de l’Église Catholique du 20ème siècle : le bienheureux Josémaria et Mère Teresa. Parmi ces points communs il faut signaler le grand amour pour l’Église, le Pape, la confession sacramentelle (…). Parmi beaucoup d’autres, j’aimerais commenter un point particulièrement caractéristique du charisme de Mère Teresa : son amour pour les pauvres, les malades, les moribonds; en définitive, pour les plus nécessiteux. En eux, Mère Teresa voyait le Christ-même. Dans la vie du bienheureux Josémaria on trouve aussi un grand engagement pour aider le Christ présent dans les nécessiteux (...), un grand effort social pour améliorer les conditions de tous les êtres humains (...). Les pauvres, les malades, les laissés pour compte, étaient les armes pour gagner la bataille qui mettra en marche l’Opus Dei. Dans les deux cas, autant pour le fondateur de l’Opus Dei que pour Mère Teresa, dans la racine de cet engagement se trouve la foi, qui les pousse à découvrir le Christ dans chaque homme”.

- Card.Cardinal Camillo Ruini, vicaire général de Sa Sainteté pour le diocèse de Rome(Basilique de San Eugenio, Rome, 9 janvier 2002):

„Duc in altum.Devant cette perspective, l’esprit du bienheureux Josémaria est un point de référence ferme pour entrer dans le troisième millénaire. La vie et les oeuvres du bienheureux nous offrent une orientation précise pour ne pas perdre de vue la première et fondamentale “priorité pastorale” qu’a signalée le Pape pour toute l’Église: la sainteté”.

- Prof. Guzman Carriquiry Lecour, Sous-secrétaire du Conseil Pontifical pour les Laïcs (Rome, 26 février 2002):

“La nouvelle de la prochaine canonisation du bienheureux Josémaria Escriva me produit un vif sentiment d’action de grâces. Il était père et maître d’une multitude sur le chemin de la sainteté et de l’apostolat. Un promoteur infatigable de la responsabilité apostolique de tous les fidèles, et surtout des fidèles laïcs, dans tous les milieux et toutes les activités dans lesquels ils vivent. Sa compagnie et son intercession enrichissent toute l’Église et aident à renouveller partout des efforts féconds de sainteté et de l’apostolat pour une plus grande gloire de Dieu et pour le service des hommes”.

- Card. Joachim Meisner, Archevêque de Cologne (Cathédrale de Cologne, 19 janvier 2002):

“Des béatifications et canonisations signifient une déprivatisation de la personne qui appartient désormais au patrimoine de l’Église. Le bienheureux Josémaria est et sera toujours le fondateur de l’Opus Dei, mais il appartient à tous dans l’Église. C’est pour cela que nous nous réjouissons avec les membres de l’Opus Dei, parce que bientôt il sera canonisé”.

- Mme. Carla Cotignoli, Déclaration du Mouvement Focolari (Rome, 26 février):

“Nous partageons la grande joie de l’Opus Dei pour la canonisation de Mgr Escriva de Balaguer. Comme le Pape l’a dit tant de fois, “ les charismes sont don de Dieu et espérance pour les hommes ”. Le charisme du fondateur de l’Opus Dei — chercher la sainteté dans la vie ordinaire, dans le travail — se convertit encore plus en patrimoine de toute l’Église.

Particulièrement au début de ce nouveau siècle, quand le Pape réaffirme avec force, dans Novo millenio ineunte, la nécessité de vivre un “ haut degré de vie chrétienne ”, la sainteté, brillent avec plus de clarté la beauté et l’opportunité de ce don de l’Esprit Saint, pour qu’avec les autres charismes qu’il a suscités dans notre époque, les laïcs puissent contribuer efficacement à la rénovation du monde du travail, de la politique, de l’économie, de l’art et de la communication, et donner une âme aux divers milieux sociaux.”.

- Card. Norberto Rivera, Archevêque primat de Mexico (Basilique de Notre Dame de Guadalupe, Mexico, 9 janvier 2002):

“Pour tout le monde, mais spécialement pour le Mexicains, cette nouvelle tellement attendue nous a remplis d’une grande joie. Je me réjouis aussi de cette coïncidence spéciale que Sainte Marie de Guadalupe ait reuni de nouveau Juan Diego et Josémaria Escriva : les deux pèlerins du Tepeyac et amoureux de la Virgen Morena. Elle les a réunis dans leur cheminement vers les autels, car déjà en 1990, ils étaient déclarés vénérables le même jour quand ont été reconnues leurs vertus héroïques”.

- Mgr Riccardo Ruotolo, Directeur de la Casa Sollievo della Sofferenza, et Père Gerardo Di Flumeri, vice-postulateur de la cause de canonisation de Padre Pio (San Giovanni Rotondo, 26 avril 2002):

“ Remercions Dieu pour le grand don que Sa Sainteté Jean Paul II a voulu nous concéder cette année de grâce avec les canonisations du bienheureux Padre Pio de Pietrelcina et du bienheureux Josémaria Escriva. Cette coïncidence heureuse propose ces deux figures extraordinaires du 20ème siècle à la vénération des fidèles du monde entier et les signale comme guides spirituels et témoins d’une foi qui redécouvre ses valeurs les plus authentiques et les projette dans le coeur des générations futures”.

- Card. Jaime Sin, Archevêque de Manile, Philippines (Cathédrale de Manille, 9 janvier 2002):

“Mais peut-être plus importantes que cette ou beaucoup d’autres guérisons, sont les conversions nombreuses qui ont été attribuées à son intercession. Le message du bienheureux Josémaria — découvrir Dieu dans les circonstances ordinaires de la vie – a frappé beaucoup de personnes. Le bienheureux Josémaria est vraiment un grand intercesseur devant Dieu. Je vous encourage à recourir à son intercession dans vos besoins spirituels et matériels”.

- Prieure du couvent des Carmélites Déchaussées de Coimbra (Coimbra, 30 novembre 2001)

"En tant que coopératrices de l’Opus Dei depuis plusieurs décennies, nous voudrions manifester notre joie pour la prochaine canonisation du bienheureux Josémaria. Cette joie est partagée avec Soeur Lucie, qui a réaffirmé ce qu’elle avait déjà manifesté à l’occasion de la béatification du Serviteur de Dieu” (La voyante de Fatima a personnellement connu le bienheureux Josémaria et l’a “poussé” plein d’affection à commencer le travail apostolique de l’Opus Dei au Portugal)

- Card. Antonio María Rouco, Archevêque de Madrid (Cathédrale de la Almudena, 9 janvier):

“Remercions le Seigneur pour lui et demandons que, s’il le veut, ce soit aussi cette année, le plus tôt possible, le jour où l’Église terminera definitivement le chemin canonique de la reconnaissance de la sainteté du bienheureux Josémaria. Que le Seigneur concède à la Prélature, aux prêtres, à ses fidèles et à toute l’Église de le célébrer de telle manière que soit de nouveau visible le Christ qui passe parmi nous”.

- Card. Frédéric Etsou, Archevêque de Kinshasa (Cathédrale Notre Dame du Congo, Kinshasa, 9 janvier 2002):

“La violence et la division ont fréquemment comme causes l’intolérance et le mépris des différences. Il nous convient de découvrir et vivre la prédication du bienheureux Josémaria: un appel constant à apprendre à vivre ensemble, à travailler ensembre; sans donner importance à la race, au contexte culturel, aux convictions religieuses, à la condition sociale, aux options politiques. (...) Demandons à Dieu de nous donner, par l’intercession du bienheureux Josémaria, la paix de notre âme, la paix pour notre pays, la paix pour l’Église et finalement, la paix pour le monde entier”.

- Mgr Domenico Sigalini, Assistant Génèral Adjoint de l’Action Catholique en Italie (Rome, 26 février 2002):

“La sainteté, comme l’a toujours enseigné la doctrine catholique, est un don de Dieu pour tous. Et que quelqu’un obtienne que les laïcs cherchent à la convertir en une expérience vivante dans leur travail, dans leur compétence professionnelle, au milieu de leurs relations sociales, dans la vie quotidienne — que tant de gens vivent comme un supplice avec l’esprit pris par les distractions et les divertissements — est un autre grand don de Dieu. Cela veut dire que le bienheureux Josémaria Escriva a su capter les rêves de Dieu pour l’humanité, et a compris que Jésus s’est fait homme, a souffert, est mort et est ressuscité précisément pour que tout homme et toute femme puissent être prêtres, rois et prophètes — c’est à dire saints — même en tant que laïcs. La sainteté laïque est une recherche de chaque jour dans l’Action Catholique, qui avec joie et reconnaissance s’ouvre à ce don d’un nouveau saint que Dieu concède à son Église, pour approfondir et partager avec tous cette vocation”.

- Card. Jean-Marie Lustiger, Archevêque de Paris (Église Saint-Honoré d'Eylau, 8 janvier 2002):

“Josémaria Escriva est une de ces figures qui traversent les siècles et révèlent, d’une certaine façon, à l’observateur qui sait voir, ce que l’Esprit est en train de faire dans son Église. L’œuvre précise à laquelle la Providence a appelé le bienheureux Josémaria porte sur un de ces messages: mettre en œuvre l’appel à la sainteté de tout le peuple chrétien”.

- Mgr Juan José Omella, Evêque de Barbastro-Monzón (Barbastro, ville natale du bienheureux Josémaria, 22 décembre 2001):

“Cet événement suppose une grande joie et un motif d’orgueil pour la ville dans laquelle le bienheureux a connu la foi chrétienne; c’est un motif de profonde satisfaction pour toute l’Église diocésaine. C’est aussi un stimulant pour ce diocèse, parce qu’il nous rappelle que tous sont appelés à la sainteté et que c’est un but accessible”.

- Dr. Giancarlo Cesana, de Comunione e Liberazione (Rome, 26 février 2002):

“Tout travail est occasion de sainteté”. Avec cette phrase du bienheureux Josémaria Escriva –qui est en même temps affirmation et proposition– je sens tout l’attrait et la force du christianisme, comme expérience qui transforme et remplit de sens toutes les circonstances de la vie, même les plus rudimentaires et banales”.

- Card. Franz König, Evêque émérite de Vienne (21 décembre 2001):

“Escriva appartient au trésor de l’Église (…) J’ai connu le bienheureux Escriva de Balaguer à Rome pendant le Concile Vatican II. On m’avait dit qu’il donnait beaucoup d'importance aux laïcs dans la vie quotidienne, dans les professions, pour arriver à ce que l’Église agisse dans le monde à travers les laïcs, sans “ col romain ni ceinture épiscopale”. C’était un homme qui, selon moi, rayonnait d’une énorme grandeur d’esprit. Il s’intéressait au concile, je savais qu’il voyageait beaucoup et qu’il était intéressé par l’apostolat des laïcs. Il parlait beaucoup de ce qui se passait dans le monde, et je me rendais compte très vite qu'il y avait là une Église vivante”.

- Mgr Adam Exner, Archevêque de Vancouver, Canada (Holy Rosary Cathedral, 9 janvier 2002):

“Les saints ne sont pas des personnes qui planifient et organisent leur propre style de vie et de perfection, et le suivent au pied de la lettre avec leurs propre forces. Les saints sont des personnes qui aiment et ont confiance en Dieu jusqu’au point de permettre avec joie que Dieu les conduise et les mène là où lui il veut. Depuis sa jeunesse et tout au long de sa vie, le bienheureux Josémaria a permis que Dieu le guide et modèle sa vie. Et toujours, le thème de sa prière était : ‘Permets qu’arrive ce que tu veux et non pas ce que moi je veux’. Le bienheureux Josémaria n’a pas planifié la vie: il a laissé que Dieu soit son conducteur et son guide”.



CANONISATION DU BIENHEUREUX



JOSEMARÍA ESCRIVÁ DE BALAGUER



HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II



Dimanche, 6 octobre 2002


1. "En effet, tous ceux qu'anime l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu" (Rm 8, 14). Ces paroles de l'Apôtre Paul, qui viennent de retentir dans notre assemblée, nous aident à mieux comprendre le message significatif de la canonisation d'aujourd'hui de Josemaría Escrivá de Balaguer. Il s'est laissé guider docilement par l'Esprit, convaincu que ce n'est qu'ainsi qu'il est possible d'accomplir totalement la volonté de Dieu.

Cette vérité chrétienne si fondamentale était le thème récurrent de sa prédication. En fait, il ne se lassait pas d'inviter ses fils spirituels à invoquer l'Esprit Saint pour faire en sorte que leur vie intérieure, c'est-à-dire la vie de relation avec Dieu, et leur vie familiale, professionnelle et sociale, faite de petites réalités terrestres, ne soient pas séparées, mais constituent une seule existence "sainte et pleine de Dieu". "Découvrons Dieu, écrivait-il, dans les choses les plus visibles et les plus matérielles" (Entretiens avec Mgr Escriva, n. 114).

Son enseignement est, aujourd'hui encore, actuel et urgent. En vertu du baptême qui l'incorpore au Christ, le croyant est appelé à maintenir une relation ininterrompue et vitale avec le Seigneur. Il est appelé à être saint et à collaborer au salut de l'humanité.

2. "Yahvé Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d'Eden pour le cultiver et le garder" (Gn 2, 15). Le Livre de la Genèse, comme nous l'avons entendu dans la première lecture, nous rappelle que le Créateur a confié la terre à l'homme, pour la "cultiver" et la "garder". Les croyants agissant au sein des diverses réalités de ce monde, contribuent à réaliser ce projet divin universel. Le travail, et toute autre activité, menée à bien avec l'aide de la Grâce, se convertissent en instruments de sanctification quotidienne.

"La vie habituelle d'un chrétien qui a la foi, avait l'habitude d'affirmer Josemaría Escrivá, quand il travaille ou se repose, quand il prie ou quand il dort, à tout moment, est une vie dans laquelle Dieu est toujours présent" (Méditations, 3 mars 1954). Cette vision surnaturelle de l'existence ouvre un horizon extraordinaire de perspectives salvifiques, parce que, même dans le contexte, monotone en apparence, des événements terrestres ordinaires, Dieu se rend proche de nous et nous pouvons coopérer à son dessein de salut. Par conséquent, il est plus facile de comprendre ce qu'affirme le Concile Vatican II quand il dit: "le message chrétien ne détourne pas les hommes de la construction du monde [...], il leur en fait au contraire un devoir plus pressant" (Gaudium et Spes, n. 34).

3. Elever le monde vers Dieu et le transformer de l'intérieur: voici l'idéal que le saint fondateur vous indique, frères et soeurs bien-aimés, qui vous réjouissez aujourd'hui de son élévation à la gloire des autels. Il continue de vous rappeler la nécessité de ne pas vous laisser intimider par une culture matérialiste, qui menace de dissoudre l'identité la plus authentique des disciples du Christ. Il aimait répéter avec vigueur que la foi chrétienne s'oppose au conformisme et à l'inertie intérieure.

En suivant ses traces, diffusez dans la société, sans distinction de race, de classe, de culture ou d'âge, la conscience que nous sommes tous appelés à la sainteté. Efforcez-vous d'être saints vous-mêmes en premier lieu, en cultivant un style évangélique d'humilité et de service, d'abandon à la Providence et d'écoute constante de la voix de l'Esprit. Ainsi, vous serez "sel de la terre" (cf. Mt 5, 13), et "ainsi votre lumière doit-elle briller devant les hommes afin qu'ils voient vos bonnes oeuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux" (ibid., 5, 16).

4. Certainement, les difficultés et les incompréhensions ne manquent pas pour celui qui tente de servir avec fidélité la cause de l'Evangile. Le Seigneur purifie et modèle avec la force mystérieuse de la Croix ceux qu'il appelle à le suivre; mais dans la Croix, répétait le nouveau saint, nous trouvons lumière, paix et joie: Lux in Cruce, requies in Cruce, gaudium in Cruce!

Depuis que, le 7 août 1931, au cours de la célébration de la messe, résonnèrent dans son âme les paroles de Jésus: "Et moi, une fois élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi!" (Jn 12, 32), Josemaría Escrivá comprit plus clairement que la mission des baptisés consiste à élever la Croix du Christ au-dessus de toute réalité humaine, et il sentit naître en lui l'appel passionnant à évangéliser tous les milieux. Il accueillit alors sans hésiter l'invitation faite par Jésus à l'Apôtre Pierre et qui a résonné il y a peu sur cette place: "Duc in altum!". Il l'a transmise à toute sa famille spirituelle, pour qu'elle offre à l'Eglise une contribution vigoureuse de communion et de service apostolique. Cette invitation s'étend aujourd'hui à nous tous. "Avance en eau profonde, nous dit le divin Maître, et lâchez vos filets pour la pêche" (Lc 5, 4).

5. Pour accomplir une mission si exigeante, une croissance intérieure permanente alimentée par la prière est cependant indispensable. Saint Josemaría fut un maître dans la pratique de la prière, qu'il considérait comme une "arme" extraordinaire pour racheter le monde. Il recommandait toujours: "D'abord, la prière; ensuite, l'expiation; en troisième lieu, et seulement en "troisième lieu", l'action" (Chemin, n. 82). Ce n'est pas un paradoxe, mais une vérité éternelle: la fécondité de l'apostolat se trouve avant tout dans la prière et dans une vie sacramentelle intense et constante. Ceci est, au fond, le secret de la sainteté et du vrai succès des saints.

Que le Seigneur vous aide, très chers frères et soeurs, à recevoir cet exigeant héritage ascétique et missionnaire. Que Marie vous soutienne, que le saint fondateur invoquait sous les appellations de Spes nostra, Sedes sapientiae, Ancilla Domini!

Que la Madone fasse de chacun de nous un authentique témoin de l'Evangile, prêt à apporter en tous lieux une généreuse contribution à l'édification du Royaume du Christ. Que l'exemple et l'enseignement de saint Josemaría nous servent de stimulant, afin que, au terme de notre pèlerinage terrestre, nous puissions nous aussi participer au bienheureux héritage du Ciel. Là, avec les anges et tous les saints, nous contemplerons le visage de Dieu, et nous chanterons sa gloire pour toute l'éternité!

© Copyright 2002 - Libreria Editrice Vaticana



Commencer est à la portée de beaucoup, finir, à celle d’un petit nombre. Nous qui nous efforçons de nous comporter en enfants de Dieu, nous devons faire partie de ce petit nombre. Ne l’oubliez pas : seules les tâches qui sont finies avec amour, bien achevées, méritent l’éloge du Seigneur tel qu’on peut le lire dans la Sainte Écriture : Mieux vaut la fin d’une chose que son début.

Peut-être m’avez-vous déjà entendu raconter cette anecdote au cours d’autres causeries ; je tiens quand même à vous la rappeler, parce qu’elle est très parlante et très instructive. Il m’est arrivé, un jour, de chercher dans le Rituel romain la formule pour bénir la dernière pierre d’un édifice, la plus importante, car elle rassemble, symboliquement, le travail dur, acharné et persévérant de bien des personnes, pendant de longues années. Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’il n’y en avait pas, et que je devais me contenter d’une benedictio ad omnia, d’une bénédiction générique. Il me semblait difficile, je l’avoue, d’admettre l’existence d’une telle lacune, et je me remis à lire lentement, mais en vain, l’index du Rituel.

Bien des chrétiens ne sont plus convaincus que la vie intègre que le Seigneur réclame de ses enfants exige qu’ils apportent un soin tout particulier à exécuter leurs tâches individuelles, qu’ils doivent sanctifier ces tâches en descendant jusqu’aux moindres détails.

Nous ne pouvons pas offrir au Seigneur quelque chose qui, dans les limites de notre pauvre humanité, ne serait pas parfait, sans tache, soigneusement accompli, même dans les détails les plus infimes : Dieu n’accepte pas ce qui est bâclé. Vous n’offrirez rien qui ait une tare, nous enjoint la Sainte Écriture, car cela ne vous ferait pas agréer de Dieu. C’est pourquoi, le travail de chacun d’entre nous, cette tâche qui occupe nos journées et nos énergies, doit être une offrande digne du Créateur, operatio Dei, travail de Dieu et pour Dieu : en un mot, une activité bien accomplie, irréprochable.

Parmi les nombreux éloges de Jésus que prononcèrent ceux qui furent les témoins de sa vie, je vous demande d’en retenir un qui, d’une certaine manière, les comprend tous. Je veux parler de l’exclamation, empreinte d’accents d’étonnement et d’enthousiasme, que la multitude reprenait spontanément lorsqu’elle assistait, ébahie, à ses miracles : bene omnia fecit. Il a fait toutes choses admirablement bien, aussi bien les grands prodiges que les menus détails de la vie quotidienne qui n’ont ébloui personne, mais que le Christ a réalisés avec la plénitude de celui qui est perfectus Deus, perfectus homo, Dieu parfait et homme parfait.

C’est de la vie tout entière du Seigneur que je suis épris. J’ai en outre une faiblesse toute particulière pour ses trente ans de vie cachée à Bethléem, en Égypte et à Nazareth. Cette période, cette longue période, dont il est à peine question dans l’Évangile, semble dépourvue de signification particulière pour ceux qui l’envisagent de façon superficielle. Pourtant, j’ai toujours soutenu que ce silence sur la biographie du Maître est très éloquent, et qu’il renferme de merveilleux enseignements pour les chrétiens. Ce furent des années intenses de travail et de prière ; Jésus-Christ menait une existence ordinaire — semblable à la nôtre, si l’on veut — tout à la fois divine et humaine. Il accomplissait tout à la perfection, aussi bien dans l’atelier modeste et ignoré de l’artisan que, plus tard, en présence des foules.

Dès le début de la Création, l’homme a dû travailler. Ce n’est pas moi qui l’invente. Il suffit d’ouvrir la sainte Bible. Dès les premières pages — avant même que le péché ne fasse son apparition dans l’humanité et, en conséquence de cette offense, la mort, les souffrances et les misères —, on peut y lire que Dieu fit Adam avec la glaise du sol et créa, pour lui et pour sa descendance, ce monde si beau ut operaretur et custodiret illum, pour qu’il le travaillât et en fût le gardien.

Nous devons donc être pleinement convaincus que le travail est une réalité magnifique, qui s’impose à nous comme une loi inexorable à laquelle nous sommes tous soumis d’une manière ou d’une autre, bien que certains prétendent s’en exempter. Retenez bien ceci : cette obligation n’est pas née comme une séquelle du péché originel ; il ne s’agit pas davantage d’une trouvaille des temps modernes. C’est un moyen nécessaire que Dieu nous confie sur cette terre, en allongeant la durée de notre vie, et aussi en nous associant à son pouvoir créateur, afin que nous gagnions notre nourriture tout en récoltant du grain pour la vie éternelle ; l’homme est né pour travailler, comme les oiseaux pour voler.

À cela vous me répondrez que bien des siècles se sont écoulés, et que ceux qui pensent ainsi sont bien peu nombreux ; que la plupart, peut-être, sont mus par des motivations très diverses : les uns, par l’argent ; d’autres, par une famille à entretenir ; d’autres, par le désir d’obtenir une situation sociale déterminée, de développer leurs capacités, de satisfaire leurs passions déréglées, de contribuer au progrès social. Bref, en général, ils envisagent leurs occupations comme une nécessité dont ils ne peuvent s’évader.

Face à cette vision des choses étriquée, égoïste, terre à terre, nous devons, toi et moi, nous rappeler et rappeler aux autres que nous sommes des enfants de Dieu auxquels notre Père a adressé une invitation identique à celle que reçurent les personnages de la parabole évangélique : Mon enfant, va-t’en aujourd’hui travailler à ma vigne. Je vous assure que si nous nous efforçons, jour après jour, d’envisager nos obligations personnelles comme une requête divine, nous apprendrons à terminer notre travail avec la plus grande perfection humaine et surnaturelle dont nous serons capables. Il se pourrait que nous nous rebellions, un jour, comme l’aîné qui répondit : Je ne veux pas. Mais nous saurons réagir, repentis, et nous nous consacrerons alors avec une ardeur renouvelée à l’accomplissement de notre devoir.

Si la seule présence d’une personne d’un rang élevé et digne d’estime suffit pour que ceux qui sont avec elle améliorent leur conduite, comment se fait-il que la présence de Dieu, qui est constante, répandue partout, connue de nos facultés et aimée avec reconnaissance, ne nous rende pas toujours meilleurs dans toutes nos paroles, dans toutes nos actions et dans tous nos sentiments ? Si cette réalité d’un Dieu qui nous voit était bien gravée dans notre conscience, et si nous nous rendions compte que tout notre travail, absolument tout, car rien n’échappe à son regard, se déroule en sa présence, quel soin n’apporterions-nous pas à terminer notre travail, et comme nos réactions seraient différentes ! Tel est le secret de la sainteté que je prêche depuis tant d’années : Dieu nous a tous appelés à l’imiter ; et il nous a appelés, vous et moi, pour que, vivant au milieu du monde — étant des gens de la rue —, nous sachions placer le Christ notre Seigneur au sommet de toutes les activités honnêtes de l’homme.

Maintenant, vous êtes mieux à même de comprendre que si l’un d’entre vous n’aimait pas le travail, celui qui lui revient ! s’il ne se sentait pas authentiquement engagé, pour la sanctifier, dans une des nobles occupations terrestres, s’il n’avait pas de vocation professionnelle, il ne parviendrait jamais à saisir en profondeur la racine surnaturelle de la doctrine que vous expose le prêtre qui vous parle. Il lui manquerait, en effet, une condition indispensable : celle d’être un travailleur.

Et je vous préviens, sans aucune vanité de ma part, que je me rends tout de suite compte si ma conversation tombe dans l’oreille d’un sourd ou si elle glisse sur celui qui m’écoute. Permettez-moi de vous ouvrir mon cœur, et vous m’aiderez ainsi à rendre grâces à Dieu. Quand, en , j’ai vu ce que le Seigneur attendait de moi, je me suis mis aussitôt au travail. À cette époque-là — merci mon Dieu, car il a fallu souffrir beaucoup et aimer beaucoup — à cette époque-là on m’a pris pour un fou ; d’autres, dans un excès de compréhension, m’appelaient rêveur, mais rêveur de rêves impossibles. En dépit de tout, et malgré ma misère personnelle, j’ai poursuivi ma tâche sans me décourager. Parce que cela ne venait pas de moi, un chemin s’est ouvert au milieu des difficultés. Aujourd’hui, c’est une réalité répandue sur toute la terre, d’un pôle à l’autre. Et si elle semble tellement naturelle au plus grand nombre, c’est que le Seigneur a fait en sorte qu’on la reconnaisse comme sienne.

Je vous disais donc que j’ai à peine échangé deux mots avec quelqu’un que je me rends compte s’il me comprend ou non. Je ne suis pas comme la poule qui couve sa couvée et à qui une main étrangère fait endosser un œuf de canne. Les jours passent, les poussins brisent leur coquille, et elle voit folâtrer cette pelote de laine à la démarche dégingandée et clopinante ; ce n’est qu’alors qu’elle comprend qu’il ne s’agit point d’un des siens, et qu’il aura beau faire, il n’apprendra jamais à piailler. Je n’ai jamais maltraité quelqu’un qui s’est éloigné de moi, pas même quand l’affront a répondu à mon désir de l'aider. Aussi, aux alentours de , j’ai été frappé par une inscription que j’ai découverte dans un bâtiment où je prêchais une retraite à des étudiants. On y lisait : Que chaque voyageur suive sa route ; c’était un conseil dont on peut tirer profit.

Pardonnez-moi cette digression et, bien que nous ne nous soyons pas écartés du sujet, reprenons notre fil conducteur. La vocation professionnelle, soyez-en convaincus, est une partie essentielle, inséparable, de notre condition de chrétiens. Le Seigneur veut que vous soyez saints à la place que vous occupez, dans l’exercice du métier que vous avez choisi, quelle qu’en soit la raison : je les trouve tous bons et nobles — pourvu qu’ils ne s’opposent pas à la loi divine — et aptes à être élevés au plan surnaturel, c’est-à-dire à être greffés sur le courant d’Amour qui définit la vie d’un enfant de Dieu.

Je ne peux éviter d’éprouver un certain malaise lorsque quelqu’un, me parlant de son travail, se donne des airs de victime, affirme que cela lui prend je ne sais combien d’heures par jour, alors qu’en réalité il ne fait même pas la moitié de ce que font beaucoup de ses collègues qui, en fin de compte, ne sont peut-être mus que par des critères égoïstes ou, tout au plus, purement humains. Nous tous, ici présents, occupés à dialoguer personnellement avec Jésus, nous remplissons une tâche bien précise : médecin, avocat, économiste... Pensez un peu à vos collègues qui se distinguent par leur prestige professionnel, par leur honnêteté, par leur service dévoué. Ne consacrent-ils pas à ce travail de nombreuses heures de la journée, et même de la nuit ? N’avons-nous rien à apprendre d’eux ?

Tout en parlant j’examine aussi ma conduite, et je vous avoue que, lorsque je me pose cette question, je ressens de la honte et le désir immédiat de demander pardon à Dieu, en pensant à ma réponse, si faible, si éloignée de la mission que Dieu nous a confiée dans le monde. Le Christ, écrit un Père de l’Église, nous a laissés en ce monde pour que nous soyons comme des lampes ; pour que nous devenions les maîtres des autres hommes ; pour que nous agissions comme un levain ; pour que nous vivions comme des anges parmi les hommes, comme des adultes parmi les enfants, comme des êtres spirituels au milieu de personnes purement rationnelles ; pour que nous soyons une semence ; pour que nous portions du fruit. Si notre vie avait un tel éclat, nous n’aurions pas besoin d’ouvrir la bouche. Les mots seraient de trop, si nous pouvions montrer nos œuvres. Il n’y aurait pas un seul païen, si nous étions vraiment chrétiens.

Nous devons éviter l’erreur de croire que l’apostolat se réduit au témoignage de quelques pratiques pieuses. Nous sommes, toi et moi, des chrétiens, mais en même temps et sans solution de continuité, nous sommes des citoyens et des travailleurs aux obligations bien précises, que nous devons accomplir d’une façon exemplaire, si nous voulons nous sanctifier pour de bon. C’est Jésus-Christ qui nous presse : Vous êtes la lumière du monde. Une ville ne peut se cacher, qui est sise au sommet d’un mont. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, où elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Ainsi votre lumière doit-elle briller aux yeux des hommes pour que, voyant vos bonnes œuvres, ils en rendent gloire à votre Père qui est dans les cieux.

Le travail professionnel, quel qu’il soit, devient une lampe qui éclaire vos collègues et vos amis. C’est pourquoi j’ai l’habitude de répéter à ceux qui s’incorporent à l’Opus Dei, et mon affirmation s’adresse aussi à vous tous qui m’écoutez : que m’importe que l’on me dise d’un tel qu’il est un bon fils, un bon chrétien, s’il est un piètre cordonnier ! S’il ne s’efforce pas de bien apprendre son métier, et de l’exercer avec soin, il ne pourra ni le sanctifier, ni l’offrir au Seigneur. Et la sanctification du travail de tous les jours est, pour ainsi dire, la charnière de la véritable spiritualité pour nous tous qui, plongés dans les réalités temporelles, sommes décidés à fréquenter Dieu.

Luttez contre la compréhension excessive que chacun a pour soi ; soyez exigeants envers vous-mêmes ! Parfois, nous pensons trop à notre santé, au repos qui ne saurait manquer, dans la mesure précisément où il nous permet de reprendre notre travail avec des forces renouvelées. Mais le repos, je l’ai écrit il y a déjà si longtemps, ne consiste pas à ne rien faire : c’est se distraire dans des activités qui exigent moins d’efforts.

D’autre part, sous de faux prétextes, nous sommes trop nonchalants. Nous perdons de vue la responsabilité bénie qui pèse sur nos épaules. Nous nous limitons tout juste à ce qu’il faut pour nous tirer d’affaire. Nous nous laissons entraîner par des raisons qui n’en sont pas, pour nous tourner les pouces, alors que Satan et ses alliés, eux, ne prennent pas de vacances. Écoutez attentivement, et méditez ce que saint Paul écrivait aux chrétiens, esclaves de métier ; il les pressait d’obéir à leurs maîtres, non en ne les servant que lorsqu’ils vous regardent, comme si vous ne pensiez qu’à plaire aux hommes, mais comme des esclaves du Christ, qui font de toute leur âme la volonté de Dieu. Que votre service empressé s’adresse au Seigneur et non aux hommes. Bon conseil à suivre, toi et moi !

Nous allons demander sa lumière à notre Seigneur Jésus-Christ, et le prier de nous aider à découvrir, à chaque instant, ce sens divin qui transforme notre vocation professionnelle, et en fait l’axe sur lequel s’appuie et pivote l’appel à la sainteté qui nous a été adressé. Vous verrez dans l’Évangile que Jésus était connu comme faber, filius Mariæ, l’ouvrier, le fils de Marie. Eh bien, nous aussi, avec une sainte fierté, nous devons démontrer dans les faits que nous sommes des travailleurs, des hommes et des femmes qui peinent !

Puisque nous devons nous comporter à tout moment comme des envoyés de Dieu, nous devons avoir très présent à l’esprit que nous ne le servirons pas loyalement si nous désertons notre tâche ; si nous ne partageons pas avec les autres l’opiniâtreté et l’abnégation dans l’accomplissement de nos engagements professionnels ; si l’on pouvait dire que nous sommes fainéants, insouciants, frivoles, désordonnés, paresseux, inutiles... En effet, celui qui néglige ces obligations, apparemment moins importantes, peut difficilement vaincre dans celles de la vie intérieure, assurément plus coûteuses. Qui est fidèle pour très peu de chose est fidèle aussi pour beaucoup, et qui est malhonnête pour très peu est malhonnête aussi pour beaucoup.

Je ne vous parle pas d’idéaux imaginaires. Je m’en tiens à une réalité très concrète, d’une importance capitale, capable de transformer le milieu le plus païen et le plus hostile aux exigences divines, comme cela s’est produit aux premiers temps de l’ère de notre Salut. Savourez ces propos d’un auteur anonyme de cette époque, qui résume ainsi la grandeur de notre vocation : Les chrétiens sont pour le monde ce que l’âme est pour le corps. Ils vivent dans le monde mais ne sont pas mondains, de même que l’âme est dans le corps alors qu’elle n’est pas corporelle. Ils habitent toutes les nations comme l’âme qui est partout dans le corps. Ils agissent de par leur vie intérieure sans se faire remarquer, comme l’âme le fait de par son essence... Ils vivent en pèlerins au milieu des choses périssables dans l’espoir de l’incorruptibilité des cieux, comme l’âme immortelle vit maintenant sous une tente mortelle. Ils se multiplient jour après jour sous les persécutions comme l’âme s’embellit par la mortification... Et il ne leur est pas plus licite d’abandonner leur mission dans le monde, qu’il n’est permis à l’âme de se séparer volontairement du corps.

Aussi ferions-nous fausse route si nous nous désintéressions des affaires temporelles : là aussi, le Seigneur nous attend. Soyez-en convaincus, c’est au travers des circonstances de la vie ordinaire, ordonnées ou bien permises par la Providence, dans sa Sagesse infinie, que les hommes doivent se rapprocher de Dieu. Nous n’atteindrons pas cet objectif si nous ne cherchons pas à bien terminer notre tâche ; si nous ne persévérons pas dans l’élan du travail commencé avec un enthousiasme humain et surnaturel ; si nous ne remplissons pas notre tâche comme le meilleur de nos collègues et, si possible — je pense que ce le sera, si tu le veux réellement —, mieux que le meilleur, car nous nous servirons de tous les moyens honnêtes de la terre, ainsi que des moyens spirituels nécessaires pour offrir à notre Seigneur un travail soigné, achevé comme un filigrane, en un mot, accompli.

J’ai coutume de dire fréquemment que, durant ces moments de conversation avec Jésus qui, du tabernacle, nous voit et nous écoute, nous ne pouvons pas sombrer dans une prière impersonnelle. J’ajoute que si nous voulons que notre méditation aboutisse aussitôt à un dialogue avec le Seigneur — le bruit des mots n’est pas nécessaire — nous devons sortir de notre anonymat et nous mettre en sa présence tels que nous sommes, sans nous cacher parmi la foule qui remplit l’église, ni nous répandre dans un verbiage creux et interminable, qui ne viendrait pas du cœur mais tout au plus d’une habitude vide de contenu.

Et j’ajoute maintenant que ton travail doit être lui aussi une prière personnelle ; il doit devenir une grande conversation avec notre Père du Ciel. Si tu cherches à te sanctifier dans et à travers ton activité professionnelle, tu devras forcément faire en sorte qu’elle devienne une prière sans anonymat. Tes efforts ne peuvent pas non plus tomber dans l’obscurité anodine d’une tâche routinière, impersonnelle, car le stimulant divin qui anime ton travail quotidien aurait disparu à cet instant précis.

Voici que me reviennent à l’esprit mes voyages sur les fronts de bataille durant la guerre civile d’Espagne. Ne disposant d’aucun moyen matériel, j’accourais auprès de tous ceux qui attendaient de moi que j’exerce ma tâche de prêtre. Dans des circonstances aussi particulières, dont beaucoup tiraient peut-être prétexte pour justifier leurs abandons et leurs négligences, je ne me contentais pas de leur proposer un conseil purement ascétique. Alors comme aujourd’hui, j’étais habité par le même souci, celui que je demande au Seigneur d’éveiller en chacun d’entre vous : je m’intéressais au bien de leur âme et aussi à leur joie d’ici-bas ; je les encourageais à profiter de leur temps pour réaliser des tâches utiles ; à faire en sorte que la guerre ne constitue pas dans leur vie comme une parenthèse fermée ; je leur demandais de ne pas se laisser aller, de faire de leur mieux pour que tranchées et guérites ne deviennent pas une sorte de salle d’attente, comme celles des gares de chemins de fer d’alors, où les gens tuaient le temps, guettant des trains qui semblaient ne devoir jamais arriver...

Je leur suggérais concrètement de s’adonner à une activité utile — étudier, apprendre des langues, par exemple — compatible avec leur service de soldats ; je leur conseillais de ne jamais cesser d’être des hommes de Dieu et de faire en sorte que leur conduite tout entière fût operatio Dei, travail de Dieu. J’étais ému de constater que ces jeunes gens, placés dans des situations nullement faciles, répondaient magnifiquement bien : preuve de la trempe et de la solidité de leur vie intérieure.

Je me rappelle aussi mon séjour à Burgos, à cette même époque. Ils accouraient nombreux, pendant leurs permissions, y passer quelques jours avec moi, sans compter ceux qui étaient détachés dans des casernes proches. Pour tout logement, je partageais avec quelques-uns de mes fils la même chambre d’un hôtel délabré où nous manquions du strict nécessaire. Pourtant, nous nous arrangions pour fournir à ceux qui arrivaient, il y en avait des centaines, de quoi se reposer et reprendre des forces.

J’avais l’habitude de me promener le long des berges de l’Arlanzon, tout en leur parlant, en écoutant leurs confidences, en essayant de les orienter par un conseil opportun, capable de les raffermir ou de les ouvrir à de nouveaux horizons de vie intérieure ; et je ne cessais, avec l’aide de Dieu, de les encourager, de les stimuler, de les enflammer dans leur conduite chrétienne. Certains jours, nos promenades nous menaient jusqu’au monastère de Las Huelgas ; d’autres fois, nous faisions un détour par la cathédrale.

J’aimais monter à l’une des tours et leur faire contempler de près l’arête du toit, véritable dentelle de pierre, fruit d’un labeur patient, coûteux. Au cours de ces conversations, je leur faisais remarquer que d’en bas l’on n’apercevait pas cette merveille ; et, pour mieux matérialiser ce que je leur avais si souvent expliqué, je faisais ce commentaire : voilà le travail de Dieu, l’œuvre de Dieu ! achever son travail personnel à la perfection, avec la beauté et la splendeur de ces délicates dentelles de pierre. Ils comprenaient alors, devant cette réalité qui parlait d’elle-même, que tout cela était prière, magnifique dialogue avec le Seigneur. Ceux qui usèrent leurs forces à cette tâche, savaient parfaitement que leur effort ne pourrait pas être apprécié à partir des rues de la ville : il était uniquement pour Dieu. Comprends-tu maintenant que la vocation professionnelle peut rapprocher du Seigneur ? Essaye de faire comme ces tailleurs de pierre, et ton travail deviendra aussi operatio Dei, un travail humain, à l’âme et aux caractéristiques divines.

Nous sommes convaincus que Dieu se trouve partout. Aussi nous cultivons les champs en louant le Seigneur, nous sillonnons les mers et exerçons tous les autres métiers en chantant ses miséricordes. Nous demeurons ainsi unis à Dieu à tout instant. Même lorsque vous vous trouverez isolés, hors de votre cadre habituel — comme ces jeunes dans leurs tranchées —, vous serez entièrement plongés dans le Christ notre Seigneur, grâce à un travail personnel soutenu et assidu, que vous aurez su transformer en prière, l’ayant commencé et achevé en présence de Dieu le Père, de Dieu le Fils et de Dieu le Saint-Esprit.

Mais n’allez pas oublier que vous vivez aussi en présence des hommes, et qu’ils attendent de vous — de toi ! — un témoignage chrétien. Voilà pourquoi, dans notre occupation professionnelle, dans ce qui est humain, nous devons agir de telle sorte que si quelqu’un qui nous connaît et nous aime nous voit travailler nous n’ayons pas à en rougir, et que nous ne lui donnions pas de raison d’en avoir honte. Si votre conduite s’inspire de l’esprit que j’essaie de vous inculquer, ceux qui vous font confiance n’auront pas à piquer un fard, et le rouge ne vous montera pas au front. Il ne vous arrivera pas ce qui est arrivé au personnage d’une parabole qui avait décidé d’élever une tour : Après avoir posé les fondations et se trouvant ensuite incapable d’achever, tous ceux qui le voyaient se mettaient à se moquer de lui, en disant : voilà un homme qui a commencé de bâtir et a été incapable d’achever !

Je vous assure que si vous ne perdez pas le point de vue surnaturel, vous couronnerez votre travail, vous terminerez votre cathédrale jusqu’à en poser la dernière pierre.

Possumus ! nous pouvons remporter aussi cette bataille avec l’aide du Seigneur. Soyez persuadés qu’il n’est pas difficile de convertir votre travail en une prière dialoguée ! À peine l’avez-vous offert et avez-vous mis la main à l’ouvrage, que Dieu vous écoute et vous encourage. Nous atteignons l’allure des âmes contemplatives, au beau milieu de notre tâche quotidienne. Car nous sommes envahis par la certitude qu’il nous regarde tout en nous demandant une nouvelle victoire sur nous-mêmes : ce petit sacrifice, ce sourire devant la personne importune, cet effort pour donner la priorité au travail le moins agréable, mais le plus urgent, ce soin des détails d’ordre, cette persévérance dans l’accomplissement du devoir alors qu’il serait si facile de l’abandonner, cette volonté de ne pas remettre au lendemain ce que l’on doit terminer le jour même ; et tout cela pour faire plaisir à Dieu notre Père ! Peut-être as-tu aussi placé sur la table, ou dans un endroit discret qui n’attire pas l’attention, ce crucifix qui est pour toi comme un “ réveil ” de l’esprit contemplatif et un manuel où ton âme et ton intelligence apprennent des leçons de service.

Si tu es décidé — sans extravagance, sans abandonner le monde et au milieu de tes occupations habituelles — à t’engager sur cette voie de la contemplation, tu te sentiras aussitôt l’ami du Maître, avec la mission divine d’ouvrir à l’humanité tout entière les sentiers divins de la terre. Oui, grâce à ton travail, tu contribueras à étendre le royaume du Christ sur tous les continents. Et ce sera une succession d’heures de travail offertes, l’une après l’autre, pour les nations lointaines qui naissent à la foi, pour les peuples d’Orient sauvagement empêchés de professer librement leurs croyances, pour les pays de vieille tradition chrétienne où il semble que la lumière de l’Évangile se soit obscurcie et que les âmes se débattent dans l’obscurité de l’ignorance... Alors quelle valeur acquiert cette heure de travail, le fait de poursuivre ta tâche avec autant d’effort quelques instants de plus, quelques minutes de plus, jusqu’à son achèvement ! C’est ainsi que tu transformes, de façon réaliste et simple, la contemplation en apostolat, en répondant à un besoin impérieux de ton cœur, qui bat à l’unisson avec le Cœur très doux et très miséricordieux de Jésus notre Seigneur.

Et tu sembles me dire : comment vais-je parvenir à toujours œuvrer dans cet esprit, qui m’amènera à terminer mon travail professionnel à la perfection ? La réponse ne vient pas de moi, mais de saint Paul : Soyez des hommes, soyez forts. Que tout se passe chez vous dans la charité. Faites tout par amour et librement ; barrez la voie à la crainte et à la routine : servez Dieu notre Père.

Il me plaît de répéter, car j’en ai fait bien souvent l’expérience, ces quelques vers très expressifs malgré leur médiocre valeur : Toute ma vie est d’amour/ et si en amour je suis éprouvé/ c’est la vertu de ma souffrance/ car il n’est pas de meilleur amant/ que celui qui a beaucoup souffert. Consacre-toi par Amour à tes devoirs professionnels ; j’insiste, mène tout à bien par Amour et tu verras, précisément parce que tu aimes, même si tu goûtes l’amertume de l’incompréhension, de l’injustice, de l’ingratitude voire de l’échec humain, les merveilles que ton travail produit. Des fruits savoureux, une semence d’éternité !

Certains toutefois — ils sont bons, bonasses plutôt — assurent en paroles qu’ils aspirent à répandre le noble idéal de notre foi, mais se contentent en pratique d’une vie professionnelle légère, négligée : on dirait des têtes de linotte. Si nous rencontrons de ces chrétiens de façade, nous devrons les aider, avec affection et en toute clarté, et recourir aussi, le cas échéant, au remède évangélique de la correction fraternelle : Même dans le cas où quelqu’un serait pris en faute, vous les spirituels, rétablissez-le en esprit de douceur, te surveillant toi-même, car tu pourrais bien toi aussi être tenté. Portez les fardeaux les uns des autres et accomplissez ainsi la loi du Christ. Et si, à la profession qu’ils font d’être catholiques ils ajoutent de nouveaux motifs, tels qu’un âge plus mûr, une expérience ou des responsabilités plus grandes, alors nous devrons à plus forte raison leur parler, nous efforcer de les faire réagir pour qu’ils pèsent plus lourd dans leur vie de travail. Et nous les guiderons en bon père de famille, en bon maître, sans les humilier.

Il est très émouvant de méditer posément le comportement de saint Paul : Vous savez bien comment il faut nous imiter. Nous ne sommes pas restés oisifs parmi vous, nous ne nous sommes fait donner par personne le pain que nous mangions, mais de nuit comme de jour nous étions au travail, dans le labeur et la fatigue pour n’être à la charge d’aucun de vous... Et puis, quand nous étions près de vous, nous vous donnions cette règle : Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus.

Par amour de Dieu, par amour des âmes et pour répondre à notre vocation chrétienne, nous devons donner l’exemple. Si vous ne voulez pas scandaliser, si vous ne voulez pas que l’on soupçonne le moins du monde les enfants de Dieu d’être mous ou bons à rien, si vous ne voulez pas porter la responsabilité d’un contre-témoignage..., vous devez vous efforcer d’offrir, par votre conduite, la juste mesure, la bonne humeur de l’homme responsable. Le paysan qui laboure son champ en élevant sans cesse son cœur vers Dieu aussi bien que le charpentier, le forgeron, l’employé, l’intellectuel, et tous les chrétiens, tous doivent être des modèles pour leurs collègues. Sans orgueil, car nous sommes bien convaincus, au plus profond de notre âme, que c’est seulement en comptant sur lui que nous remporterons la victoire : seuls, nous ne pouvons même pas ramasser un brin de paille par terre. Aussi chacun doit-il ressentir dans son travail, à la place qu’il occupe dans la société, l’obligation d’accomplir un travail digne de Dieu, qui sème partout la paix et la joie du Seigneur. Le parfait chrétien est toujours habité par la sérénité et par la joie. Sérénité parce qu’il se sent en présence de Dieu ; joie, car il est entouré de ses dons. Un tel chrétien est véritablement un personnage royal, un saint prêtre de Dieu.

Pour atteindre ce but, nous devons toujours agir animés par l’Amour et jamais comme celui qui supporterait le poids d’un châtiment ou d’une malédiction : Et quoi que vous puissiez dire ou faire, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, rendant par lui grâces au Dieu Père ! Ainsi, nous terminerons notre tâche avec perfection, en utilisant à plein notre temps, car nous serons des instruments épris de Dieu, conscients de leur responsabilité et de la confiance mise en eux par le Seigneur malgré leur faiblesse personnelle. Parce que tu comptes sur la force de Dieu, tu dois te comporter, dans chacune de tes activités, comme quelqu’un qui agit exclusivement par Amour.

Mais ne fermons pas les yeux à la réalité, en nous contentant d’une vision des choses naïve, superficielle, qui nous amènerait à penser que le chemin qui nous attend est facile et qu’il suffit, pour le parcourir, d’avoir des résolutions sincères et un ardent désir de servir Dieu. Soyez-en persuadés : tout au long de la vie, peut-être plus tôt que vous le croyez, se présenteront des situations particulièrement pénibles qui exigeront un grand esprit de sacrifice et un plus grand oubli de vous-mêmes. Cultivez alors la vertu de l’espérance et faites vôtre sans réserve le cri de l’Apôtre : J’estime, en effet, que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous. Méditez ceci dans la paix et avec assurance : que sera l’Amour infini de Dieu répandu sur la pauvre créature que je suis ! Le moment est venu, au milieu de tes occupations ordinaires, de pratiquer la foi, de réveiller l’espérance, de stimuler l’amour, c’est-à-dire de mettre en œuvre les trois vertus théologales qui nous poussent à bannir aussitôt, sans arrière-pensées, sans faux-semblants, sans détours, les équivoques qui subsistent dans notre conduite professionnelle et dans notre vie intérieure.

Ainsi donc, mes frères bien-aimés, c’est à nouveau la voix de saint Paul qui se fait entendre, montrez-vous fermes, inébranlables, toujours en progrès dans l’Œuvre du Seigneur, sachant que votre labeur n’est pas vain dans le Seigneur. Le voyez-vous ? C’est un véritable réseau de vertus qui est mis en action lorsque nous remplissons notre métier avec le dessein de le sanctifier : la force d’âme pour persévérer dans notre tâche, malgré les difficultés naturelles et sans jamais nous laisser gagner par l’accablement ; la tempérance pour nous dépenser sans compter et pour surmonter la commodité et l’égoïsme ; la justice pour remplir nos devoirs envers Dieu, envers la société, envers la famille, envers nos collègues ; la prudence pour savoir ce qu’il convient de faire dans chaque cas et pour nous mettre au travail sans délai... Et le tout, j’y insiste, par Amour, avec le sens aigu et immédiat de la responsabilité des fruits de notre travail et de sa portée apostolique.

Les œuvres sont amour, et non les beaux discours, dit le proverbe populaire. Je pense qu’il est superflu d’ajouter quoi que ce soit.

Seigneur, accorde-nous ta grâce. Ouvre-nous la porte de l’atelier de Nazareth afin que nous apprenions à te contempler, toi et ta Mère Sainte Marie, avec saint Joseph, le Patriarche, que j’aime et que je vénère tant, tous les trois adonnés à une vie de travail sanctifié. Nos pauvres cœurs en seront émus. Nous te rechercherons et nous te trouverons dans notre travail journalier, que nous transformerons, selon ton désir, en œuvre de Dieu, en œuvre d’Amour.



St. Josemaria Escriva

One of six children born to Jose and Dolores Escriva; three of his siblings died in infancy. His fatherwas a small businessman, and when his business failed in 1915, the family moved to Logroño, Spain. As a young man, Josemaria saw the bare footprints left in the snow by a monk; the sight moved him, and kindled a desire for religious vocation. He studied for the priesthood in Logroño and Zaragoza,Spain. His father died in 1924, and Josemaria had to simultaneously support the family while studying.Ordained in Zaragoza on 28 March 1925.

Assigned for a while to a rural parish, and then in Zaragoza. Moved to Madrid, Spain in 1927 to studylaw. Following a profound spiritual retreat, Josemaria founded Opus Dei in Madrid on 2 October 1928, opening a new way for the faithful to sanctify themselves in the midst of the world through their work and fulfillment of their personal, family and social duties. The next few years were spent studying at the University of Madrid, teaching to support his mother and siblings, ministering to the poor and sick, and working to build the foundation of Opus Dei.

Religious persecution in the Spanish Civil War forced Josemaria into hiding, and he ministered covertly to his parishioners. He escaped across the Pyrenees to Burgos, Spain. At the end of the war in 1939, he returned to his studies in Madrid. Doctor of law. Retreat master for laity, priests, and religious.

On 14 February 1943 he founded the Priestly Society of the Holy Cross, united to Opus Dei. Josemaria moved to Rome, Italy in 1946, and earned a doctorate in theology from the Lateran University. Consultor to two Vatican Congregations. Honorary member of the Pontifical Academy of Theology. Named a prelate of honor by Pope Pius XII.

Opus Dei received the approval of the Holy See on 16 June 1950. Josemaria travelled frequently throughout Europe and Latin America to work for the growth of Opus Dei, and by the time of his death, it had spread to five continents with over 60,000 members of 80 nationalities, and today has over 80,000 members, most laymen.



JOSEMARÍA ESCRIVÁ DE BALAGUER

From the Apostolic Brief regarding the Beatification of the Venerable Servant of God Josemaría Escrivá, Priest, Founder of Opus Dei:

"The Founder of Opus Dei has recalled that the universality of the call to full union with Christ implies also that any human activity can become a place for meeting God. (…) He was a real master of Christian living and reached the heights of contemplation with continuous prayer, constant mortification, a daily effort to work carried out with exemplary docility to the motions of the Holy Spirit, with the aim of serving the Church as the Church wishes to be served."

*****

A bright and cheerful home

Josemaría Escrivá was born in Barbastro, Spain, on 9 January 1902, the second of six children born to José Escrivá and María Dolores Albás. His parents were devout Catholics and he was baptised on 13 January that year and received from them – first through the example of their life – a firm grounding in the faith and the Christian virtues: love for frequent Confession and Holy Communion, a trusting recourse to prayer, devotion to Our Lady, helping those in greatest need.

Blessed Josemaría grew up as a cheerful, lively and straightforward child, fun-loving, good at study, intelligent and with an observing eye. He had a great affection for his mother and a trusting friendship with his father, who encouraged him to feel free to open his heart and tell him his worries, and was always ready to answer his questions with affection and prudence. It was not long before Our Lord began to temper his soul in the forge of sorrow. Between 1910 and 1913 his three younger sisters died and in 1914 his family suffered financial ruin. In 1915 the Escrivás moved to Logroño, a nearby town, where their father found a job with which to keep his family.

In the winter of 1917-18 something happened which was to have a decisive influence on Josemaría Escrivá’s future. The snow fell very heavily that Christmas in Logroño, and one day he saw some frozen footprints in the snow. They had been left by a discalced Carmelite. Josemaría found himself wondering If others sacrifice so much for God and their neighbour, couldn’t I do something too? This was how God started to speak to his heart: I began to have an inkling of what Love is, to realise that my heart was yearning for something great, for love. He did not yet know what precisely God wanted of him, but he decided to become a priest, thinking that it would make him more available to fulfil God’s will.

Priestly ordination

Having completed his secondary education, he started his priestly studies at the Seminary of Logroño, passing on, in 1920, to the Seminary of Saragossa, at whose Pontifical University he completed his formation prior to ordination. At his father’s suggestion and with the permission of his ecclesiastical superiors, he also studied Law at the University of Saragossa. His generous and cheerful character and his straightforwardness and calm approach to things won him many friends. His life of piety, respect for discipline and endeavour in study were an example to his fellow seminarians and in 1922, when he was but twenty years of age, he was appointed an inspector or prefect in the Seminary by the Archbishop of Saragossa.

During that time he spent many hours praying before the Blessed Sacrament. His spiritual life became deeply rooted in the Eucharist. Each day he would also visit the Basilica of Our Lady of Pilar, asking Mary to request God to show him what He wanted him to do. As he recalled on 2 October 1968: Since I felt those inklings of God's love, I sought to carry out, within the limits of my smallness, what he expected from this poor instrument. (…) And, with those yearnings, I prayed and prayed and prayed, in constant prayer. I kept on repeating: Domine, ut sit!, Domine, ut videam!, like the poor fellow in the Gospel, who shouted out because God can do everything. Lord, that I may see! Lord, that it may come to be! And I also repeated (…) filled with confidence in my heavenly Mother: Domina, ut sit!, Domina, ut videam! The Blessed Virgin has always helped me to discover her Son's desires.

On 27 November 1924 his father, José Escrivá, died suddenly and unexpectedly. On 28 March 1925, Josemaría was ordained a priest by Bishop Díaz Gómara in the church of the Seminary of St Charles in Saragossa. Two days later he celebrated his first Solemn Mass in the Holy Chapel of the Basilica of Our Lady of Pilar and on 31 March he moved to Perdiguera, a small country village, where he had been appointed assistant regent to the parish.

In April 1927, with the consent of his Archbishop, he took up residence in Madrid to study for his doctorate in Civil Law, a degree which at that time was only granted by the Central University in the Spanish capital. In Madrid, his apostolic zeal soon brought him into contact with a wide variety of people: students, artists, workers, academics, priests. He spent many hours caring for children, and for sick and poverty-stricken people in the outer suburbs of the city.

At the same time he taught law to earn a living for himself and his mother and sister and young brother. For a good many years the family were in serious financial difficulties, which they bore with dignity and courage. Our Lord blessed Fr Josemaría with abundant graces, both ordinary and extraordinary. They found a fertile reception in his generous soul and produced much fruit in the service of the Church and souls.

The foundation of Opus Dei

Opus Dei was born on 2 October 1928. Blessed Josemaría was spending some days on retreat and, while doing his meditation on some notes regarding the inner motions he had received from God in the previous years, he suddenly saw – to see was the term he always used to describe the foundational experience – the mission the Lord wanted to entrust to him: to open up in the Church a new vocational path, aimed at spreading the quest for holiness and the practice of apostolate through the sanctification of ordinary work in the middle of the world, without changing one’s place. A few months later, on 14 February 1930, God made him understand that Opus Dei was to spread among women also.

From that moment onward, Blessed Josemaría devoted all his energies to the fulfilment of his foundational mission, fostering among men and women from all areas of society a personal commitment to follow Christ, to love their neighbour and seek holiness in daily life. He did not see himself as an innovator or reformer, for he was convinced that Jesus Christ is eternally new and that the Holy Spirit is constantly rejuvenating the Church, for whose service God has brought Opus Dei into existence. Fully aware that the task entrusted to him was supernatural by nature, he proceeded to dig deep foundations for his work, based on prayer and penance, on a joyous awareness of his being a son of God and on tireless work. People of all sorts began to follow him and, in particular, university students and teachers, among whom he awakened a genuine determination to serve everyone, firing in them a desire to place Christ at the heart of all human activities by means of work that is sanctified, and sanctifies both the doer and those for whom it is done. This was the goal he set for the initiatives of the faithful of Opus Dei: to lift up to God, with the help of grace, each and every created reality, so that Christ may reign in everyone and in everything; to get to know Christ Jesus; to get Him known by others; to take Him everywhere. One can understood why he was able to declare that The divine paths of the earth have been opened up.

Apostolic expansion

In 1933, he started a university Centre, the DYA Academy, because he grasped that the world of human knowledge and culture is a key to the evangelisation of society as a whole. In 1934 he published Spiritual Considerations, the first version of The Way. Since then there have been 372 printings of the book in 44 languages and its circulation has passed the four and a half million mark.

While Opus Dei was thus taking its first steps, the Spanish Civil War broke out. It was 1936. There were serious outbreaks of religious violence in Madrid. To these Fr Josemaría responded heroically with prayer, penance and apostolic endeavour. It was a time of suffering for the whole Church, but also a time of spiritual and apostolic growth, and for strengthening hope. By 1939, with the war over, the Founder of Opus Dei was able to give new vigour to his apostolic work all over the Spanish peninsula. In particular he mobilised many young university students to take Christ to every area of society and discover the greatness of the Christian calling. At the same time, with his reputation for holiness growing, many Bishops invited him to preach to their clergy and to lay people involved in Catholic organisations. Similar petitions came to him from the superiors of religious orders; he always said yes.

In 1941, while he was preaching a retreat to priests in Lerida, in the North of Spain, his mother who had been a great help to him in the apostolates of Opus Dei, died. God also let him become the butt of harsh misunderstandings. The Bishop of Madrid, Bishop Eijo y Garay gave him his fullest backing and granted the first canonical approval to Opus Dei. Blessed Josemaría accepted these difficulties with a prayerful and cheerful attitude, aware that all those desiring to live piously in Christ Jesus will meet persecution (2 Tim 3:12) and he recommended his spiritual children, in the face of these attacks, to forgive ungrudgingly: don’t answer back, but pray, work and smile.

In 1943, through a new foundational grace he received while celebrating Holy Mass, there came to birth – within Opus Dei – the Priestly Society of the Holy Cross, in which priests proceeding from the faithful of Opus Dei could be incardinated. The fact of all the faithful of Opus Dei, both laity and priests, belonging fully to Opus Dei, with both laity and priests cooperating organically in its apostolates, is a feature of the foundational charism, which the Church confirmed in 1982, when giving Opus Dei its definitive status in Church Law as a Personal Prelature. On 25 June 1944 three engineers were ordained to the priesthood. One of them was Alvaro del Portillo, who would eventually succeed the Founder as the head of Opus Dei. In the years that followed, close on a thousand laymen of Opus Dei reached the priesthood at the encouragement of Blessed Josemaría.

The Priestly Society of the Holy Cross, which is intrinsically united to the Prelature of Opus Dei, also carries out, in close harmony with the Pastors of the local Churches, activities of spiritual formation for diocesan priests and candidates to the priesthood. Diocesan priests too may belong to the Priestly Society of the Holy Cross, while maintaining unchanged their status as clergy of their respective dioceses.

A Roman and universal spirit

As soon as the end of the world war was in sight, Blessed Josemaría began to prepare apostolic work in other countries, because, as he pointed out, Jesus wants his Work from the outset to have a universal, Catholic heart. In 1946 he moved to Rome, in order to obtain papal recognition for Opus Dei. On 24 February 1947, Pius XII granted Opus Dei the decretum laudis, or decree of praise; and three years later, on 16 June 1950, the Church’s definitive approval. Since then it has been possible to admit as Cooperators of Opus Dei men and women who are not Catholic and not even Christian, but who wish to help its apostolic works, with their work, alms and prayer.

The headquarters of Opus Dei were fixed in Rome, to emphasise even more clearly the aspiration which is the guiding force of all its work, to serve the Church as the Church wishes to be served, in close union with the see of Peter and the hierarchy of the Church. On several occasions, Pius XII and John XXIII sent Blessed Josemaría expressions of their affection and esteem; Paul VI wrote to him in 1964 describing Opus Dei as "a living expression of the perennial youthfulness of the Church".

This stage too of the life of the Founder of Opus Dei was characterised by all kinds of trials. Not only was his health affected by many sufferings (for more than ten years he had a serious form of diabetes, from which he was miraculously cured in 1954), but also there were financial hardships and the difficulties arising from the expansion of the apostolic works worldwide. Nevertheless, he kept smiling throughout, because True virtue is not sad or disagreeable, but pleasantly cheerful. His permanent good humour was a constant witness to his unconditional love for God’s will.

The world is little, when Love is great: his desire to flood the earth with the light of Christ led him to follow up the calls that many Bishops made to him from all over the world, asking Opus Dei to help them in the work of evangelisation with its apostolates. Many varied projects were undertaken: colleges to impart professional training, schools for agricultural workers, universities, primary and secondary schools, hospitals and medical centres, etc. These activities, which he often compared to a shoreless sea, originate at the initiative of ordinary Christians who seek to meet specific local needs with a lay mentality and a professional approach. They are open to people of all races, religions and social backgrounds, because their unmistakably Christian outlook is always matched by a deep respect for the freedom of consciences.

When John XXIII announced his decision to call an Ecumenical Council, Blessed Josemaría began to pray and get others to pray for the happy outcome of this great initiative of the Second Vatican Ecumenical Council, as he wrote in a letter in 1962. As a result of the deliberations of the Council, the Church’s solemn Magisterium was to confirm fundamental aspects of the spirit of Opus Dei, such as the universal call to holiness; professional work as a means to holiness and apostolate; the value and lawful limits of Christian freedom in temporal affairs; and the Holy Mass as the centre and root of the interior life. Blessed Josemaría met numerous Council Fathers and experts, who saw him as a forerunner of many of the master lines of the Second Vatican Council. Profoundly identified with the Council’s teaching, he diligently fostered its implementation through the formative activities of Opus Dei all over the world.

Holiness in the midst of the world

Heaven and earth seem to merge, far away, on the horizon. But don’t forget that where they really meet is in your heart as a son of God. Blessed Josemaría preached constantly that interior life is more important than organising activities. In The Way he wrote that These world crises are crises of saints. He insisted that holiness always requires prayer, work and apostolate to be intertwined in what he called a unity of life, and practised this himself with cheerful perseverance.

He was utterly convinced that in order to attain sanctity through daily work, one needs to struggle to be a soul of prayer, of deep inner life. When a person lives this way, everything becomes prayer, everything can and ought to lead us to God, feeding our constant contact with Him, from morning till night. Every kind of work can become prayer, and every kind of work, become prayer, turns into apostolate.

The root of the astonishing fruitfulness of his ministry lies precisely in his ardent interior life which made Blessed Josemaría a contemplative in the midst of the world. His interior life fed on prayer and the sacraments, and expressed itself in a passionate love for the Eucharist, in the depth with which he lived the Mass as the centre and root of his own life, in his tender devotion to the Virgin Mary, to St Joseph and the Guardian Angels, and in his faithfulness to the Church and the Pope.

The definitive encounter with the Most Holy Trinity

During the last years of his life, the Founder of Opus Dei undertook a number of catechetical journeys to countries in Europe and Latin America. Wherever he went, there were meetings, which were always simple and familiar in tone, even though often those listening to him were to be counted in thousands. He would speak about God, the sacraments, Christian devotions, the sanctification of work, and his love for the Church and the Pope. On 28 March 1975 he celebrated his priestly Golden Jubilee. His prayer that day was like a summing up of his whole life: Fifty years have gone by, and I am still like a faltering child. I am just beginning, beginning again, as I do each day in my interior life. And it will be so to the end of my days: always beginning anew.

On 26 June 1975, at midday, Blessed Josemaría died in his workroom, of a cardiac arrest, before a picture of Our Lady which received his last glance. At the time, Opus Dei was present in all five continents, with over 60,000 members from 80 nationalities. His books of spirituality (The Way, Holy Rosary, Conversations with Mgr Escrivá, Christ is Passing By, Friends of God, Love for the Church, The Way of the Cross, Furrow, The Forge) have reached millions of copies.

After his death, many people asked the Holy Father for his canonisation. On 17 May 1992, in Rome, His Holiness Pope John Paul II raised Josemaría Escrivá to the altars, in a beatification ceremony before hundreds of thousands of pilgrims. On 21 September 2001, the Ordinary Congregation of Cardinal and Bishop members of the Congregation for the Causes of Saints, unanimously confirmed the miraculous character of a cure attributed to Blessed Josemaría. The decree regarding this miracle was read before the Holy Father on 20 December. On 26 February 2002, John Paul II presided over an Ordinary Public Consistory of Cardinals and, having heard the Cardinals, Archbishops and Bishops present, he established that the ceremony for the Canonisation of Blessed Josemaría Escrivá should take place on 6 October 2002.



CANONIZATION OF ST JOSEMARÍA ESCRIVÁ DE BALAGUER



HOMILY OF JOHN PAUL II



Sunday, 6 October 2002


1. "All who are led by the Spirit of God are sons of God" (Rom 8,14). These words of the Apostle Paul, which we have just heard, help us understand better the significant message of today's canonization of Josemaría Escrivá de Balaguer. With docility he allowed himself to be led by the Spirit, convinced that only in this way can one fully accomplish God's will.

This fundamental Christian truth was a constant theme in his preaching. Indeed, he never stopped inviting his spiritual children to invoke the Holy Spirit to ensure that their interior life, namely, their life of relationship with God and their family, professional and social life, totally made up of small earthly realities, would not be separated but would form only one life that was "holy and full of God". He wrote, "We find the invisible God in the most visible and material things" (Conversations with Josemaría Escrivá, n. 114).

This teaching of his is still timely and urgent today. In virtue of the Baptism that incorporates him into Christ, the believer is called to establish with the Lord an uninterrupted and vital relationship. He is called to be holy and to collaborate in the salvation of humanity.

2. "The Lord God took the man and put him in the garden of Eden to till it and keep it" (Gn 2,15). The Book of Genesis, as we heard in the first reading, reminds us that the Creator has entrusted the earth to man, to "till" it and "keep" it. Believers acting in the various realities of this world contribute to realize this divine universal plan. Work and any other activity, carried out with the help of grace, is converted into a means of daily sanctification.

"The ordinary life of a Christian who has faith", Josemaría Escrivá used to say, "when he works or rests, when he prays or sleeps, at all times, is a life in which God is always present" (Meditations, 3 March 1954). This supernatural vision of life unfolds an extraordinarily rich horizon of salvific perspectives, because, even in the only apparently monotonous flow of normal earthly events, God comes close to us and we can cooperate with his plan of salvation. So it is easier to understand what the Second Vatican Council affirmed: "there is no question, then, of the Christian message inhibiting men from building up the world ... on the contrary it is an incentive to do these very things" (Gaudium et spes, n. 34).

3. To elevate the world to God and transform it from within: this is the ideal the holy founder points out to you, dear brothers and sisters, who rejoice today to see him raised to the glory of the altars. He continues to remind you of the need not to let yourselves be frightened by a materialist culture that threatens to dissolve the genuine identity of Christ's disciples. He liked to repeat forcefully that the Christian faith is opposed to conformism and interior inertia.

Following in his footsteps, spread in society the consciousness that we are all called to holiness whatever our race, class, society or age. In the first place, struggle to be saints yourselves, cultivating an evangelical style of humility and service, abandonment to Providence and of constant listening to the voice of the Spirit. In this way, you will be the "salt of the earth" (cf. Mt 5,13) and "your light so shine before men, that they may see your good works and give glory to your Father who is in heaven" (ibid., 5,16).

4. Those who want to serve the cause of the Gospel faithfully will certainly encounter misunderstandings and difficulties. The Lord purifies and shapes all those he calls to follow him with the mysterious power of the Cross; but "in the Cross", the new saint repeated, "we find light, peace and joy: Lux in Cruce, requies in Cruce, gaudium in Cruce!".

Ever since 7 August 1931 when, during the celebration of holy Mass, the words of Jesus echoed in his soul: "when I am lifted up from the earth, I will draw all to myself" (Jn 12,32), Josemaría Escrivá understood more clearly that the mission of the baptized consists in raising the Cross of Christ above all human reality and he felt burning within him the impassioned vocation to evangelize every human setting. Then, without hesitation, he accepted Jesus' invitation to the Apostle Peter, which we just heard in this square: "Duc in altum!" (Put out into the deep). He transmitted it to his entire spiritual family so that they might offer the Church a valid contribution of communion and apostolic service. Today this invitation is extended to all of us: "Put out into the deep", the divine Teacher says to us, "and let down your nets for a catch" (Lk 5,4).

5. To fulfil such a rigorous mission, one needs constant interior growth nourished by prayer. St Josemaría was a master in the practice of prayer, which he considered to be an extraordinary "weapon" to redeem the world. He always recommended: "in the first place prayer; then expiation; in the third place, but very much in third place, action" (The Way, n. 82). It is not a paradox but a perennial truth: the fruitfulness of the apostolate lies above all in prayer and in intense and constant sacramental life. This, in essence, is the secret of the holiness and the true success of the saints.

May the Lord help you, dear brothers and sisters, to accept this challenging ascetical and missionary instruction. May Mary sustain you, whom the holy founder invoked as "Spes nostra, Sedes Sapientiae, Ancilla Domini!" (Our Hope, Seat of Wisdom, Handmaid of the Lord).

May Our Lady make everyone an authentic witness of the Gospel, ready everywhere to make a generous contribution to building the Kingdom of Christ! May the example and teaching of St Josemaría be an incentive to us so that at the end of the earthly pilgrimage, we too may be able to share in the blessed inheritance of heaven! There, together with the angels and all the saints, we will contemplate the face of God and sing his glory for all eternity.

© Copyright 2002 - Libreria Editrice Vaticana




JOSEMARÍA ESCRIVÁ DE BALAGUER

Comments by the Popes on Blessed Josemaria and Opus Dei

John Paul II

“A clear manifestation of divine Providence is the constant presence of men and women faithful to Christ down the centuries, who with their life and their message, shed light on various periods of history. Among these distinguished figures, Blessed Josemaria has an eminent place. As I had occasion to stress on the day of his beatification, he reminded the contemporary world of the universal call to holiness and of the Christian value which professional work can have in the ordinary life of each person”. (Address to the participants of the Congress on the teachings of Blessed Josemaria, October 14, 1993)

“With supernatural intuition, Blessed Josemaria preached untiringly the universal call to holiness and to apostolate. Christ calls everyone to be holy through all the circumstances and events of everyday life. Work becomes a means of personal holiness and apostolate when it is lived in union with Jesus Christ, the Son of God who, through his Incarnation, has in a certain way united himself with the whole reality of man and with the whole of creation (cf. Dominum et Vivificantem, 50). In a society where the unbridled craving for material things becomes man’s sole object, causing him to draw away from God, the new Blessed reminds us that these same realities, God’s creation and fruits of human industry, if used rightly for the glory of the Creator and in service of one's brothers and sisters, can be a way for men and women to meet Christ”. (Ceremony of the Beatification of Josemaria Escriva, May 17, 1992)

John Paul I

“Msgr. Escriva, with Gospel in hand, constantly taught: “Christ does not want us simply to be good, he wants us to be saints through and through. However, he wants us to attain that sanctity not by doing extraordinary things, but rather, through ordinary common activities. It is the way that they are done which must be uncommon”. There, nel bel mezzo della strada (in the middle of the street), in the office, in the factory, we can be holy provided we do our job competently, for love of God, and cheerfully, so that everyday work does not become ‘a daily tragedy’, but rather ‘a daily smile’”.(Article in Il Gazzettino, Venice, 25-VII-1978)

Paul VI

“We have seen in your words the vibration of the generous and enlightened spirit of the whole Institution, born in our times as an expression of the perennial youth of the Church (…). We consider with paternal satisfaction all that Opus Dei has done and continues to do for the kingdom of God: the desire to do good that guides it, the ardent love for the Church and its visible head which characterizes it, the ardent zeal for souls which leads it along the difficult and arduous paths of the apostolate of presence and of witness in all sectors of contemporary life”.(Handwritten letter to Msgr. Josemaria Escriva de Balaguer, October 1, 1964)



Life of Saint Josemaria Escriva, the founder of Opus Dei.

Josemaría Escrivá was born in Barbastro, Spain, on January 9, 1902. He had one older sister, Carmen (1899-1957); three younger sisters who died very young; and a younger brother, Santiago (1919-1994). His parents, José and Dolores, brought up their children with a devout Catholic faith.

Josemaría’s father’s textile business failed in 1915, so the family relocated to Logroño, where José found other work. It was in Logroño that Josemaría sensed his vocation for the first time. After seeing some bare footprints left in the snow by a friar who had walked that way a short time earlier, he felt that God wanted something from him, though he did not know exactly what. He thought that he could more easily discover what it was if he became a priest, so he began to prepare for the priesthood, first in Logroño and later in Saragossa. Following his father’s advice, he also studied for a law degree at the University of Saragossa. His father died in 1924 and Josemaría was left as head of the family. Ordained on March 28, 1925, he began his ministry in a rural parish, and afterwards in Saragossa.

In 1927, with the permission of his bishop, Fr. Josemaría moved to Madrid to work on his doctorate in law. There, on October 2, 1928, God showed him clearly the mission he had been hinting to him for several years; and he founded Opus Dei. From that day on he worked with all his energies to develop the foundation that God asked of him, while he continued to fulfill the various priestly responsibilities he had at that time. These brought him into daily contact with sickness and poverty in the hospitals and the poor districts of Madrid.

When the civil war broke out in 1936, Josemaría was in Madrid. The religious persecution forced him to take refuge in a variety of places. He exercised his priestly ministry in a clandestine fashion until he was finally able to leave Madrid. After escaping across the Pyrenees to southern France, he took up residence in Burgos.

At the end of the war in 1939 he returned to Madrid. In the years that followed he gave many retreats to lay people, priests, and members of religious orders. In the same year, 1939, he completed his doctorate in law.

In 1946 he took up residence in Rome. There he obtained a doctorate in theology from the Lateran University and was named consultor to two Vatican Congregations, as well as honorary member of the Pontifical Academy of Theology, and prelate of honor to His Holiness. He followed closely the preparations for the Second Vatican Council and its various sessions (1962-1965), keeping in touch with many of the council fathers. From Rome he frequently went to different countries in Europe, including Britain and Ireland, to spur on the apostolic work of Opus Dei. It was with the same objective that, between 1970 and 1975, he made long trips to Mexico, Spain, Portugal, South America, and Guatemala, holding catechetical gatherings which large numbers of men and women attended.

He died in Rome on June 26, 1975. Thousands of people, including many bishops (a third of all the bishops in the world), requested that the Holy See open his cause of beatification and canonization.

On May 17, 1992, Pope John Paul II beatified Josemaría Escrivá. He proclaimed him a saint ten years later, on October 6, 2002, in St. Peter’s Square, in Rome, before a great multitude. In his homily on that occasion, the Pope said: “Following in his footsteps, spread in society the awareness that we are called to holiness, without distinction of race, class, culture or age.”